Lukas Stella

INTOXICATION MENTALE, Représentation, confusion, aliénation et servitude, Éditions L’Harmattan, 2018. — L’INVENTION DE LA CRISE, 
Escroquerie sur un futur en perdition, Éditions L’Harmattan, 2012. — STRATAGÈMES DU CHANGEMENT De l’illusion de l’invraisemblable à l’invention des possibles Éditions Libertaires, 2009. — ABORDAGES INFORMATIQUES (La machine à réduire) Croyances informatisées dans l’ordre des choses marchandes, Éditions du Monde libertaire - Alternative Libertaire, 2002 — http://inventin.lautre.net/linvecris.html

  • LA RÉVOLUTION SERA UNE FÊTE OU NE SERA PAS

    La fête du travail a été instaurée par le fasciste Pétain. N’oublions pas que la devise affichée à l’entrée des camps de concentration était « le travail rend libre ! ».
    La libération des contraintes est une fête, le travail une servitude et une mortification. Quant à ceux qui fêtent le travail ce sont des fascistes ou des staliniens.

    Le 1er mai est une fête de la révolte en souvenir de la grande grève générale impulsée par les anarchistes américains en 1886. Ce jour international de combat réalise quelques pas de plus vers l’émancipation humaine par l’abolition de l’esclavage du travail.

  • LA RÉVOLUTION SERA UNE FÊTE OU NE SERA PAS

    La fête du travail a été instaurée par le fasciste Pétain. N’oublions pas que la devise affichée à l’entrée des camps de concentration était « le travail rend libre ! ».
    La libération des contraintes est une fête, le travail une servitude et une mortification. Quant à ceux qui fête le travail ce sont des fascistes ou des staliniens.
    Le 1er mai est une fête de la révolte en souvenir de la grande grève générale impulsée par les anarchistes américains en 1886. Ce jour international de combat réalise quelques pas de plus vers l’émancipation humaine par l’abolition de l’esclavage du travail.

  • CONTRE LA MALADIE CAPITALISTE, CEUX QUI VIVENT SONT CEUX OUI LUTTENT
    http://inventin.lautre.net/contributions.html#garap

    La période que nous vivons est une accélération de ce que nous avons connu ces dernières décennies. La « crise du covid » est la suite logique de la stratégie menée à notre encontre par la classe dominante pour maintenir l’exploitation capitaliste. Dans la continuité de ce que nous avons vécu ces dernières années, cette crise annonce toujours plus de précarité, d’injustice et de souffrance.

  • L’ABÎME

    Les jeunes n’en peuvent plus des restrictions sociales, ils sont au bout du rouleau. (...)
    Les jeunes sont sur le point de s’auto-déconfiner. (...)
    Nous sommes apolitiques et contre toute forme de violence. Mais penser que l’on peut taire un tel cri collectif de détresse avec des autopompes et des lacrymogènes est un leurre. Tant que nos autorités continueront à s’enfermer dans ce mutisme, à nier cette autre catastrophe sanitaire (...), nous continuerons à manifester et nous espérons que ce mouvement s’étendra dans tous les parcs de Bruxelles et dans toutes les villes en confinement depuis trop longtemps.

    Le collectif L’Abîme, communiqué de presse 2 avril (extraits).

    https://youtu.be/7UnzH9WwP6I

  • CONTRE LA MALADIE CAPITALISTE, CEUX OUI VIVENT SONT CEUX OUI LUTTENT

    La période que nous vivons est une accélération de ce que nous avons connu ces dernières décennies. La « crise du covid » est la suite logique de la stratégie menée à notre encontre par la classe dominante pour maintenir l’exploitation capitaliste. Dans la continuité de ce que nous avons vécu ces dernières années, cette crise annonce toujours plus de précarité, d’injustice et de souffrance.

    Attentats, épidémies, sont des prétextes utilisés pour restreindre nos libertés. Ces restrictions servent à nous désorienter et à nous rendre passifs par la peur. Cela permet à la bourgeoisie et à leurs gouvernements de mettre en place leur programme de destruction sociale, nécessaire à la survie d’un capitalisme en crise.

    Les attaques contre nos libertés sont toujours présentées comme une nécessité pour le bien commun. En réalité, depuis un an, nous sommes confrontés à un État qui nous dit quoi faire, quoi penser... mais qui nous invite à rester chez nous plutôt que de nous soigner. A un Etat qui continue d’entreprendre la destruction des hôpitaux et qui enferme les plus anciens et les condamne à une mort certaine.
    Des mesures telles que le couvre-feu n’ont jamais été entreprises pour lutter contre une épidémie, mais bien pour exercer un pouvoir dictatorial. Les récents décrets autorisant le fichage de la population en témoignent. La censure s’intensifie également sur Internet, au prétexte de combattre les discours « complotistes ». Et ce faisant, toute critique du discours officiel est assimilée à des propos réactionnaires.

    Dans ce contexte, d’autres s’en sortent bien, Amazon et Netflix ont respectivement gonflés leur chiffre d’affaires de 40 et 25% par rapport à l’année précédente ; Air France, Renault et d’autres, se sont vu offrir un prêt garanti par l’Etat, évidemment sans contre-partie en faveur du salariat. A contrario, les entreprises licencient massivement et durcissent les conditions d’exploitation. Quant aux syndicats, en plus de soutenir les mesures répressives du gouvernement, ils accompagnent cette restructuration économique. Ils neutralisent notre colère en organisant des journées de grève symboliques, en veillant à ce que chaque secteur reste isolé.

    Chacun essaye à son niveau de continuer à vivre par une désobéissance silencieuse afin de se rassembler en famille ou entre amis, afin de ne pas mourir de solitude. Cependant, la classe capitaliste, elle, continue d’agir avec méthodologie pour défendre ses intérêts. Nous devons être à la hauteur de ses efforts si nous voulons défendre les nôtres.

    LE GOUVERNEMENT VEUT-IL NOUS PROTÉGER ?

    Cela fait maintenant un an que nous subissons un déferlement de restrictions de nos libertés les plus basiques. Il est devenu quasiment impossible de sortir de chez nous sans avoir l’impression d’être suspect, sans devoir se justifier de nos moindres faits et gestes. Dans tout le pays, et au-delà des frontières, la vie sociale a été réduite à son minimum. Il nous est interdit de nous rassembler, certains d’entre nous sont en télétravail et ne voient plus leurs collègues, d’autres continuent d’aller au travail et doivent se plier à des rituels absurdes en guise de « protocole sanitaire »,tandis que d’autres n’ont pas cette « chance » et n’ont plus de travail.

    Il est devenu normal de passer des mois sans voir le visage d’autres personnes que ceux de nos proches. Il est également devenu normal que la nuit soit un moment où il est strictement interdit de sortir de chez soi. Il deviendra bientôt normal d’avoir l’interdiction de parler dans les transports en commun.

    Comment une épidémie, dont la dangerosité est relative à l’état du système de santé, peut-elle justifier des mesures dictatoriales ?

    On peut facilement constater que les gou­vernants utilisent les statistiques épidémi­ques pour justifier n’importe quoi, n’importe quand, et que leurs décisions n’ont aucun rapport avec des mesures sanitaires. Ce prétexte de l’épidémie n’est pas toujours utilisé, par exemple en décembre dernier lorsque le gouvernement et sa police politique se sont empressés de ficher les opinions politiques de l’ensemble de la population.

    Et remettre en question ce discours officiel, tel qu’il est dicté par le gouvernement et les médias, est aujourd’hui systématiquement qualifié de « complotiste ».Toute critique est automatiquement associée aux absurdités d’extrême-droite. Ce n’est pourtant pas complotiste que de dire que la bourgeoisie s’organise, elle ne s’en cache d’ailleurs pas vraiment. Ce n’est pas complotiste de dire qu’elle peut mentir et déformer la réalité pour servir ses intérêts, c’est aussi ce qu’elle fait en permanence. Lorsqu’un discours critiquant les décisions, stratégies et objectifs du pouvoir est pour­ chassé, il n’est pas exagéré de dire que la société est entrée dans le totalitarisme.

    Tout en nous conditionnant à rester passifs, les capitalistes s’activent partout dans le monde. Ils continuent de s’organiser. Ils se préparent sur tous les plans : politiques, juridiques, militaires... Leurs décisions de détruire une partie de l’économie en fermant certains commerces n’est pas contradictoire avec leurs intérêts. En cherchant à rétablir leur taux de profit, ils peuvent sacrifier une partie du capital, l’histoire l’a déjà montré. L’histoire a également montré que cela ne se faisait pas sans conséquences
    Lorsque les aides de l’Etat au chômage partiel et aux entreprises seront supprimées, les effets déjà visibles de la crise seront dévastateurs : chômage, sécurité sociale, salaire, tout ce qui nous permettait de survivre aura terminé d’être réduit à presque rien.

    Devons-nous accepter de vivre isolés les uns des autres ?
    Devons-nous accepter d’être déshumanisés ?
    Devons-nous accepter une exploitation encore plus dure ?

    La société capitaliste est bloquée, elle n’a plus rien d’autre à offrir à l’humanité que la dictature et la destruction du lien social. Seule notre classe sociale, le prolétariat, a la force de renverser le cours des choses. Nous devons affûter notre critique, partir de notre vécu. Nous regrouper où nous le pouvons, entre voisins, entre collègues. Contrairement à ce qu’on nous répète, nous devons discuter et enfin nous organiser pour nous défendre. Cela peut commencer par des choses simples : diffusions de tract, entraide, organisation et soutien de grèves. Des choses simples, mais qui mises ensemble, nous permettront de nous retrouver et de construire un« monde d’après » qui n’est pas celui de nos exploiteurs.

    Groupe d’Action pour la Recomposition de l’Autonomie Prolétarienne
    https://garap.org
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  • DEUXIÈME FÊTE SAUVAGE
    Une deuxième fête sauvage prévue au Bois de la Cambre (Bruxelle)

    « Se rassembler dans un parc, à l’air libre, pour tenter de profiter ensemble d’un instant musical ne peut se résumer à un vulgaire poisson d’avril. C’est un besoin vital. Il est de notre devoir de prendre nos responsabilités et de concrétiser cette grande fête car nous revendiquons notre droit de nous réunir entre citoyens informés et libres. C’est l’un des piliers de notre Constitution, de nos libertés fondamentales. De notre humanité. »

    « Certains affirment que nous sommes tombés dans une dictature sanitaire. Nous ne voulons pas le croire. Nous souhaitons prouver qu’il est encore possible de vivre et donc de faire la fête même en pleine pandémie, comme nos grands-parents le faisaient durant la guerre. »

    « Vu la dégradation de l’état psychique des jeunes, nous pensons que les conditions proposées pour cette fête ne représentent dès lors aucun danger sanitaire. Nous voulons nous persuader que ni la police, ni les autorités, ni la justice ne souhaitent exercer une répression à l’encontre de cette jeunesse au bord du burn out. Une jeunesse qui s’est déjà beaucoup sacrifiée alors qu’elle n’est pas menacée par ce virus. »

    « Notre seul but est de célébrer la vie, même si cela comporte un risque. Car la vie sans risque, ça n’existe pas. Et nous voulons tout simplement VIVRE. »

    « Le contexte actuel nous amène à enfreindre une mesure que nous estimons liberticide. »

    « Cette fête sera donc aussi un mouvement citoyen de désobéissance civile qui dansera pour récupérer son droit à se réunir. »

    « L’union fait la force et la fête fait l’amorce ! Telle est notre devise. »

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    https://collectif-feignasse.over-blog.com/2021/04/chaos-au-bois-de-la-cambre.html

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  • CHAOS AU BOIS DE LA CAMBRE
    Jeunes bruxellois démontés contre la police montée.

    La police estime qu’il y avait plus de 2.000 personnes rassemblées au bois de la Cambre dans l’après-midi du 1er avril, ce qui contrevenait aux mesures sanitaires.
    L’événement La Boum avait été posté sur les réseaux sociaux pour proposer aux internautes de se rendre à un faux festival de musique organisé gratuitement dans le bois de la Cambre.
    Des agents à pied et à cheval ont été mobilisés pour disperser la foule. La police a utilisé le canon à eau et a eu recours au soutien de drones et de l’hélicoptère. La manifestation a durée une partie de la nuit...

    Cela préfigure le totalitarisme... Non ! Nous y sommes. (Kairos)

    https://fb.watch/4CH1ANZO-T
    https://fb.watch/4CGTHpAn2b
    https://fb.watch/4CGYDgg1sG
    https://fb.watch/4CG-rec08g
    https://fb.watch/4CH4C4vaHY
    https://fb.watch/4CLqJLpbur
    https://fb.watch/4CLvGT7NLG

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    Promenons-nous dans le bois
    Montage (01/04/21)
    https://youtu.be/lH8xZfdbIP4

  • ​POLLUTION PIÈGE A CONS ?

    La plupart des révolutionnaires ont rapidement compris l’intérêt profond de la bourgeoisie lorsqu’elle s’empare du problème de la pollution. Ils ont bien vu qu’il s’agissait d’un nouveau moyen pour perpétuer le capitalisme et améliorer son image de marque. De là à conclure : « Pollution piège à cons, laissons les bourgeois se débrouiller seuls », il n’y a qu’un pas que beaucoup s’apprêteraient à franchir allègrement. Si la bourgeoisie parle de « changer la qualité de la vie » à propos de la pollution, c’est qu’elle sait, elle, pourquoi le prolétariat parle de plus en plus de la révolution. Il s’agit là d’une grossière récupération idéologique de la critique radicale de la vie quotidienne exprimée par l’I.S. (21) et reprise par tous les révolutionnaires. C’est parce qu’ils ont toujours négligé et saboté tout combat sur ce terrain que les vieilles gauches (des staliniens aux ultra-gauchistes compris), partis et syndicats restent désarmés devant la pollution. Prendre la pollution pour un piège à cons c’est oublier un peu trop vite que la pollution est un danger réel, immédiat, et qu’il va s’amplifiant. Elle est l’aboutissement mortel d’un système qui a dégradé tous les aspects de la vie.

    (21) « Internationale Situationniste »

    DOMINATION DE LA NATURE ET REBOISEMENT DE LA VIE

    Le projet prolétarien ne sera pas seulement de changer la vie, il sera aussi de la conserver et de la redonner. Ce projet va devenir de moins en moins obscur pour un nombre toujours plus grand de prolétaires. La domination de la nature reste et restera toujours la base de l’émancipation humaine. Dominer la nature ne veut pas dire la piller et la gaspiller pour finalement la détruire, mais l’utiliser rationnellement et passionnément. Seul le prolétariat (23), en mettant fin au règne de l’économie du profit et du travail, mettra fin, par là même, à la destruction de la nature. Dans la société communiste (c’est-à-dire la société sans classe et sans État et non les caricatures totalitaires qui sévissent en U.R.S.S., à Cuba, en Chine et ailleurs...), les hommes ne produiront que ce dont ils auront besoin (23) et utiliseront harmonieusement et avec imagination tout l’espace (abolition des "réserves" et autres "parcs").

    Avec l’ampleur que va prendre le problème de la pollution, de nombreux groupes et organisations vont se créer dans les années à venir. Aux U.S.A. certains de ces groupes deviennent naturellement des groupes révolutionnaires. Ici comme ailleurs, marchands, curés, bureaucrates, humanistes vont utiliser la pollution pour récupérations électorales et autres sottises (24). En France, le pouvoir a déjà mis en place ses propres organisations et groupes. Tous ceux qui vont engager le combat sur le terrain de la pollution sauront désormais que ce problème, comme tous les autres, est inséparable de l’urgence de la révolution. Les hommes qui viendront après nous ne pourront pas et ne devront pas se payer le luxe de l’héritage bourgeois de la pollution. La lutte contre la pollution sera révolutionnaire ou ne sera pas.

    Montpellier, avril 1971.

    (23) qui en s’émancipant lui-même émancipe l’humanité entière.

    (23) Ils auront le pouvoir sur la production et sur la consommation. La séparation entre le producteur et le consommateur sera abolie.

    (24) Il faut combattre également l’idéologie du mythe du retour à la nature que soutiennent les réactionnaires de tout poil et qui rêvent à un retour à la société pré-industrielle.

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    Extraits d’une brochure éditée en avril 1971 (il y a un demi siècle) intitulée "De la pollution considérée sous tout ses aspects".

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  • FIN DE L’ÉPIDÉMIE

    En semaine 2021s12 (du 22 au 28 mars)

    2,6 % des virus respiratoires était positif au SARS-CoV-2 (Symptômes possiblement dus au COVID-19)
    10,3 % étaient positifs au rhinovirus (hRV)
    21,4 % étaient positifs au virus respiratoire syncytial (VRS)
    17,9 % étaient positifs au métapneumovirus (hMPV)
    Aucun n’était positif pour un virus grippal

    Le réseau Sentinelles est un réseau de recherche et de veille sanitaire en soins primaires (médecine générale et pédiatrie) en France métropolitaine. La participation des médecins libéraux est bénévole et volontaire. Actuellement, 755 médecins participent à l’activité de surveillance continue.
    Ce réseau est coordonné par l’équipe « Surveillance et Modélisation des maladies transmissibles » de l’Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique (UMR-S 1136, anciennement UMR-S 707, 444 et 263) de l’Inserm et de Sorbonne Université, en collaboration avec l’agence nationale de Santé publique, Santé publique France.

    https://www.sentiweb.fr/france/fr/?page=bulletin

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  • DOUBLE MONDE

    L’ère informatique s’impose dans une société numérique, au temps dévastateur des ondes électromagnétiques. Après les compteurs communicants, les objets connectés, c’est la 5G qui sera la clé de cette smart city que les marchands mettent en place sur tout le territoire. Cette dictature technologique élimine l’humain visible de la prise de décision. Seuls les fabricants et les utilisateurs de machines, accompagnés de leurs programmeurs, détiennent l’emprise sur la pensée et le pouvoir sur les comportements. Ce pilotage centralisé automatisé du fonctionnement de l’entreprise-ville traite ses populations comme des marchandises à gérer, des stocks en flux tendus qu’il faut rentabiliser. L’humain est une erreur qu’il faut corriger, un ensemble de données statistiques qui permet le contrôle par la machinerie générale.
    La ville, dite intelligente, ôte la liberté à une population entièrement soumise à la machinerie générale, supprimant le hasard, abolissant l’imprévu, détruisant toute initiative spontanée, bannissant toute personnalité non conforme. Les habitants deviennent les passagers de leur propre existence, les spectateurs des personnages qu’ils jouent au cœur des représentations mises en scène par la machinerie des marchandises en spectacle. Avoir l’air d’être dans le coup pour se donner de grands airs dans l’air du temps. Toute communication se réduit ici à la consommation d’images de marque et de jeux de rôles où l’individu se consume comme sa propre représentation. Marquer son image c’est se faire remarquer comme objet conforme, dans les étals de la concurrence des jeux d’apparence, s’afficher pour gagner à se vendre aux autres.

    Plus l’informatisation de la gestion et du contrôle se généralise, plus la société se fragilise. Le devenir de la société numérique est déjà menacé. (...) La robotisation de la société l’a transformée en un système machinique, un mécanisme à décerveler pour une productivité optimale et des affaires toujours plus bénéfiques. Ce sont des machines à gérer les gains de certains en faisant régner l’ordre nécessaire à cette rafle. Plus besoin de penser, un système dit intelligent tourne pour nous.

    Le système machinique qui contrôle et dirige nos existences s’est accaparé l’intelligence de l’instant dans la permanence de son manque. Cette intelligence artificielle n’est qu’un artifice d’intelligence conçu pour éblouir la crédibilité et glorifier la technologie. Les individus formatés à suivre le programme croient religieusement en l’intelligence de la machine. Cette simulation d’une intelligence informatisée autorise la gouvernance totalitaire par la programmation inconsciente des perceptions et de la compréhension. La dictature économique mondiale a maintenant comme instrument de sa domination une technologie informatique et robotique aliénante.
    La technologie numérique imposée par le système marchand est la réification permanente de la contrainte en tout lieu. Ce progrès du contrôle global se réalise dans la régression accélérée des libertés et le conditionnement de la pensée. Les machines numériques du capitalisme ont surmultiplié les profits et la répression de la non-conformité. L’aspect spectaculaire des représentations numériques se réalise par la machinerie publicitaire qui martèle les pensées sous air conditionné pour se rendre indispensable par intoxication addictive. L’administration bureaucratique conditionne la survie par une technologie du contrôle qui rend la misère et la révolte invisibles. La machinisation dispense l’humain de ses responsabilités et l’ampute de sa liberté. L’État accapare la sphère commune, la dépolitise en la rendant technique, économique et complexe, ne pouvant plus être gérée que par des spécialistes éclairés. Nos conditions d’existence sont restreintes à des lignes comptables, à des statistiques de rentabilité marchande. La liberté de penser et de décider est volée par les usurpateurs de pouvoir, l’économie se fait tyrannique.

    La pensée informatisée se réifie par respect du code, reproduction des modèles conçus par les directives du programmeur, soumissions aux conventions et procédures des applications. La logique binaire de la machine sépare et reproduit. Elle ne communique pas, elle transfère des données séparées, elle ne choisit pas, elle conditionne des mises en relations selon sa programmation (computer/mettre ensemble). Ce découpage en petits morceaux dissocie les ensembles en éléments, dissèque à vif les relations, exclut tout ce qui relie à l’ensemble, élimine la compréhension générale, l’intelligence pertinente du moment.
    Soumise à une addition de vérités préfabriquées, cloisonnées, opposées et intransigeantes, la compréhension est maintenue dans l’ignorance des séparations contradictoires, occultant le contexte et l’histoire. Ayant tout coupé en parties distinctes, et séparé tout ce qui était relié structurellement, la technologie nous fait percevoir une accumulation d’images-objets figées dans la réalité immuable des affaires marchandes. Cette déformation pétrifiante des apparences du monde nous sépare des mouvances incertaines du vivant, ainsi que mentalement de nous-mêmes. La cohérence unitaire de notre être vivant est taillée en pièces. La nature et les autres nous sont rendus étrangers comme nous sommes devenus étrangers à notre propre nature, expropriés de l’usage de nos vies. Notre faculté à vivre pleinement est mutilée par nos prothèses numériques.
    L’informatisation du monde c’est la destruction de la communication entre personnes, cet échange partagé où chacun accepte d’être modifié dans un copilotage à plusieurs. De la communication, l’informatique n’utilise que l’échange de données figées, supprimant des rapports tout ce qu’il y a d’interactif, de vivant et d’humain.

    Lukas Stella, Double monde,
    Confinement en confusion, démence sous air conditionné, 2020 (extraits)
    http://inventin.lautre.net/linvecris.html#double-monde

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  • LA NOUVELLE MARCHANDISE DE LA CONTESTATION SPECTACLE

    "La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire."
    "Le spectacle est le discourt ininterrompu que l’ordre présent tient sur lui-même, son monologue élogieux. C’est l’auto-portrait du pouvoir à l’époque de sa gestion totalitaire des conditions d’existence."
    "L’origine du spectacle est la perte d’unité du monde."
    "Le spectacle n’est que le langage commun de cette séparation. Ce qui relie les spectateurs n’est qu’un rapport irréversible au centre même qui maintient leur isolement. Le spectacle réunit le séparé, mais il le réunit en tant que séparé."
    "L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et
    son propre désir. L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représentent.
    C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout."
    "L’homme séparé de son produit, de plus en plus puissamment produit lui-même tous les détails de son monde, et ainsi se trouve de plus en plus séparé de son monde."

    Guy Debord, La société du spectacle,1967 (extraits)
    http://inventin.lautre.net/livres/Debord-La-societe-du-spectacle.pdf

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    "Le culte de la marchandise disséminé par une publicité toute puissante a été intégré dans la culture."
    "Parce qu’elle n’a pas évolué par elle-même, lentement et naturellement, mais par pressions médiatiques continues, et aussi culturelles et éducatives (le soft Power), la culture marchande autoreprésentée dans une mise en spectacle de tous les instants se réalise effectivement comme une non-culture qui n’est l’expression que de l’asservissement généralisé, une aliénation nécessaire à la domination du monde par un groupuscule de privilégiés. C’est une non-culture qui désocialise les rapports humains et déstructure la société en détruisant les liens qui la composent."
    "Pour pouvoir imposer de partout sa non-culture marchande, le capitalisme a dû déposséder les individus de leurs subjectivités en les mettant en représentation dans le spectacle des objets de commerce. La vie en représentation est contemplée dans l’isolement, désagrégeant la vie sociale dont l’apparente unité n’est plus qu’affaire de spectacle et de propagandes publicitaires."
    "Nous sommes immergés dans une « société du spectacle » où les représentations ont remplacé l’expérience personnelle, directement vécue avec d’autres dans une situation particulière. Ces représentations abstraites et impersonnelles sont considérées comme la seule réalité objective."
    "Il n’y aura pas de libération ni de changement radical si l’on ne parvient pas à se dégager de l’emprise de la culture marchande inconsciente."
    "De nos jours, l’individu a constamment à composer avec l’incompréhensible, car ses projections ont à la fois augmenté son espace exploitable et rétréci son univers."

    Lukas Stella, Intoxication mentale, 2018
    http://inventin.lautre.net/linvecris.html#intoxment

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  • DU PAIN OU LA MORT

    Le 9 mars 1883, à Paris, une manifestation des « sans-travail », d’abord dispersée par la police, réussit néanmoins à défiler. Sur son trajet, plusieurs boulangeries sont pillées et de violents affrontements ont lieu avec les forces de « l’ordre ». Louise MICHEL, drapeau noir en tête et Emile POUGET (qui sont à l’initiative de cette manifestation) sont arrêtés et poursuivis pour « excitation au pillage ».
    Ils seront condamnés le 22 juin à 6 et 8 ans de prison.

    https://collectif-feignasse.over-blog.com/2021/03/du-pain-ou-la-mort.html
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  • FUKUSHIMA 10 ANS : QUELLES RÉALITÉS ?

    Il y a 10 ans au Japon : un accident majeur survenait à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, à la suite d’un tremblement de terre et d’un tsunami. Des citoyens japonais s’organisaient pour comprendre les impacts sanitaires et tenter de mieux assurer leur propre protection en dépit des discours rassurants des autorités. La CRIIRAD s’était alors rapidement mobilisée afin de les soutenir.

    Mais les impacts d’une telle catastrophe, toujours en cours, sont durables. 10 ans après, les citoyens japonais doivent en supporter les conséquences sanitaires et sociales. Quelles réalités font suite à une telle contamination ? A quels enjeux la population japonaise est-elle toujours confrontée ?

    La CRIIRAD réunit 7 experts japonais et français afin d’analyser la situation de 2021 et de répondre à vos questions. Rendez-vous le 6 mars 2021 entre 11h et 13h, puis de 14h à 15h30, pour suivre notre webinaire "Fukushima 10 ans : quelles réalités ?"
    – sur Zoom : INSCRIVEZ-VOUS ICI : https://urlz.fr/eUmD puis suivez les instructions dans le mail de confirmation pour vous connecter le jour J
    – ou en direct depuis cette chaîne YouTube : https://www.youtube.com/user/criirad

    L’enregistrement du webinaire sera disponible sur cette même chaîne à la suite de la diffusion en direct. Cette vidéo a été réalisée à partir des images du film « Invisibles retombées » disponible gratuitement au lien suivant : https://urlz.fr/eSWM

    https://www.facebook.com/CRIIRAD-144638258935124
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    https://youtu.be/WfbCBjZJxj0

  • UN SYSTÈME DE CROYANCES RÉGI PAR LA PEUR

    Agrippés à nos croyances normalisantes, nous nous retrouvons confinés dans nos certitudes. Le monde qu’on nous présente dans ses représentations spectaculaires, est une escroquerie. Cette réalité mise en scène sous air conditionné, réfléchit l’image de soi selon l’air qu’on lui donne dans les apparences trompeuses de la société du spectacle. Un deuxième monde apparaît qui se substitue au temps vécu qui nous échappe.

    Nous sommes séparés du monde sur lequel nous n’avons plus de prise. Cette réalité séparée nous échappe. On nous fait croire que chaque chose a sa place, qu’il ne faut pas tout mélanger et que cette dissociation favorise l’étude scientifique qui permet de différencier le vrai du faux. L’ignorance volontaire de la compréhension de l’ensemble, compartimente la pensée et limite la réflexion à des oppositions contradictoires bien cloisonnées, réduit l’intelligence à une soumission maladive, à une accumulation de vérités préfabriquées séparées, intransigeantes et autoritaires. La compréhension globale pertinente est diminuée et aliénée par les omissions, la focalisation, le cadrage, les séparations, la dissection, la décomposition. Tout est bien rangé dans des cases et n’est qu’affaire de spécialistes experts. La bonne convenance en vigueur impose une totale soumission à la conformité admise.
    Tout ce qui était structurellement relié est tranché dans le vif, disséqué, isolé puis bien séparé. Cette conception qui détruit la cohérence de la vie est pathologique. Nous sommes coupés mentalement de notre nature vivante par cette doctrine réductrice dominante. Étrangers à nous-mêmes, nous sommes étrangers aux autres et à notre monde qui devient un environnement extérieur, un objet à maîtriser, une marchandise à optimiser pour les affaires. Cette réalité objective prédéfinie, composée d’objets de commerce, se présente comme une évidence à laquelle on doit impérativement se soumettre, une fatalité.
    L’expérience de l’existence se limite à la consommation de ses représentations. L’absence d’expérimentation vécue fabrique un monde abstrait d’objets désincarnés. Dans une réalité dominée par les objets, se confondent dans la confusion, la perception d’un fait et son interprétation, l’observation et l’idée qu’on s’en fait, la description et son commentaire, l’expérience directement vécue et des jeux d’apparences préfabriqués. Notre vision du monde est troublée, détériorée, dénaturée et falsifiée par cette manière de voir, réelle toxine mentale qui nous empoisonne la vie.
    Pour nous émanciper de ce conditionnement uniformisé, nous devons expérimenter des pratiques personnelles situationnelles, d’où émerge une compréhension dont le sens dépend du contexte et du cours des événements. On peut ainsi commencer à comprendre les transformations des processus de la vie, dans le cours de leur histoire propre. Pour éviter de se faire enfermer et figer dans des vérités obtuses et autoritaires à prétention universelle, il nous faut partir de points de vue plus larges qui facilitent le partage de communications sur nos propres communications dans l’émergence d’une coopération collective égalitaire, indispensable au renversement de l’ordre des choses marchandes.

    L’information répandue par la presse, soumise aux directives de ses actionnaires a été mise sous la tutelle de quelques trusts médiatiques. L’opinion uniformisée est aujourd’hui manipulée et programmée dans la mise en scène de sa représentation. Le pouvoir illimité des agences de presse internationale permet la centralisation, le contrôle et la censure des infos mondialisées. La focalisation simultanée des mass-médias révèle et dissimule cette censure à la base de la construction de toute information déformante. Les faits sont récupérés, détournés dans un point de vue conforme aux intérêts des affairistes milliardaires, puis transformés en actualités événementielles, vision contemplative du désastre présentées en drames obsessionnels, qui servent prétexte au développement de politiques liberticides et antisociales. Ces grands organes de presse mettent la pression sur notre mental en organisant et conditionnant la vision et l’entendement de la réalité d’un monde en perpétuelle représentation.
    Le réel est ce qui est visible, ce qui n’apparaît pas n’existe pas. Tout ce qui sort du cadre, ce qui est hors champ n’a pas de réalité. Ce qui est derrière l’objectif n’a pas d’apparence, et est effacé. Cette omission forme l’angle mort du contexte dans l’observation restreinte d’une vision bornée, obtuse et étriquée. En changeant de point de vue, en recadrant plus large avec un contexte plus étendu, on change le sens accordé à la situation, ce qui en modifie la compréhension en l’enrichissant dans une dimension plus globale.
    Mais dans le monde des apparences, les convictions sont prises pour des vérités, des principes dogmatiques que l’on croit naturels. La vérité n’est qu’une croyance arrogante qui méprise les autres considéré comme étant fatalement dans l’ignorance et l’erreur. Ce qui est pris pour la vérité n’est qu’une approximation partielle prétentieuse. Ce n’est que l’illusion mégalomane de la perfection qui ne peut que s’imposer autoritairement comme le seul point de vue possible, la seule réalité. Ce n’est qu’une conception de l’esprit de l’observateur, à un moment de son histoire, qui ignore les autres, en les niant comme individus libres et égaux.
    Pour nous enrichir et nous accomplir nous pouvons affiner nos différences ensemble par une coopération égalitaire, en partageant, comparant et confrontant nos observations, nos réflexions et nos compréhensions du moment. Le réel se concrétise dans le monde que nous habitons en le vivant, en prenant les dimensions de notre cohabition avec les autres. L’accomplissement personnel se vit dans cette mise en commun qui construit nos existences. Nos dérives spontanées engendrent notre devenir dans le cours des hasards partagés.

    Dans le monde des apparences, l’utilisation de certains mots, la critique de certaines idées reçues intouchables déclenchent un processus d’identification arbitraire, la réduction d’une personne à une simple étiquette, catégorisée et stigmatisée. La science des marchands en est un exemple garanti, comme vérité incontestable d’une unique réalité qui s’impose comme une évidence. C’est la dictature des experts du pouvoir dominant.
    Méfions-nous de ce scientisme mercantile, et ne prenons pas la propagande conformiste de nos ennemis oppresseurs pour des réalités irréfutables. Remettons en cause leur pensée unique, discutons des faits, des démonstrations, des interprétations et des déductions, critiquons leurs évidences autoritaires, comparons les chiffres dans un contexte historique élargi, sans utiliser d’étiquettes exclusives et dénigrantes, qui jugent arbitrairement sans réflexion ni débat possible. Le bannissement ne rend pas intelligent. Tous ceux qui condamnent une personne, la stigmatisant comme hérétique, parce qu’elle n’est pas dans la norme admise, en lui collant une étiquette méprisante et colomnieuses, sans exprimer leurs analyses critiques sur les arguments et les démarches explicatives, n’expriment que leur arrogance prétentieuse, leur manque de réflexion, leur nuisance et leur confusion, qui entretiennent une soumission volontaire à la conformité dont ils se rendent complices.
    Ceux qui traitent de “complotistes” les personnes qui comprennent les situations avec une perspective différente des idées admises, sans se référer explicitement à l’analyse du spectacle répandue par les médias comme idéologie de la caste dominante, s’économisent tout discernement et toute argumentation critique, et restent ainsi les esclaves du système de représentation de ce vieux monde marchand en perdition.
    Notre diversité vivante est bien plus riche et créative que leur normalité intolérante. Nous n’avons personne à convaincre, nous souhaitons seulement réfléchir ensemble avec nos points de vue divergents. Nous n’avons pas de ligne directrice à laquelle tout le monde doit se plier. Méfions-nous des détenteurs de vérités qui censurent et qui méprisent les ignorants pour les convaincre et mieux les vaincre. C’est une attitude guerrière, militaire, sectaire, voire stalinienne. Le partage et le débat sont la base des pratiques antiautoritaires et égalitaires.

    La croyance aveugle en sa propre vérité n’est pas dans l’observation de la réalité, mais dans la relation qu’on a avec les gens qui ne croient pas à la même réalité. L’explication des phénomènes dépend des rapports qu’a l’observateur avec des gens qui partagent plus ou moins le point de vue dont il parle. Le mot n’est que l’étiquette de l’opération qu’il représente, mais pas une chose abstraite, extraite de sa propre expression. Cette opération, partagée avec d’autres, fait distinguer dans son contexte, les phénomènes en les faisant exister. On n’observe pas des objets étrangers et désincarnés, on contextualise nos observations dans nos relations avec d’autres qui sont différents.
    Le show de la société a inventé la réalité imuable. L’objectivité réaliste invente un monde figé chosifié, étranger à toute expérimentation humaine, à tout partage. L’omission volontaire du sujet vivant observateur, marchandise sa pensée en idéologie, séparée de son vécu incarné dans l’expérience de la situation vécue au cours de son évolution incertaine. Cette idéologie s’invente un autre monde, dans l’abstraction de sa représentation.
    Dans le monde du vécu, la réel n’est pas séparée de nous, il ne nous est pas extérieur, il fait partie intégrante de notre existence. En l’expérimentant avec d’autres, nous l’incarnons en le vivant. Comprendre notre expérimentation du monde nous fait prendre corps au cours de sa réalisation. Il ne nous échappe plus. On peut ainsi reprendre le pouvoir sur nos conditions d’existence et se réapproprier nos vies librement.
    Notre expérience personnelle ouverte aux autres et construite avec eux engendre une intelligence situationnelle incarnée dans le moment vécu, avec ses doutes, ses incertitudes, ses hasards, ses intuitions, ses inventions, son humour et sa spontanéité.
    L’intelligence ne se possède pas, ce n’est pas un stock de marchandises informatives que l’on peut se payer, mais bien un processus instable et irrégulier que l’on construit, qui nous défait et nous refait en permanence. C’est une suite d’expériences qui permettent le développement spontané de notre compréhension, une recherche d’équilibre qui convient, qui rend viable la situation vécue et qui enrichit nos capacités à avancer en s’assumant, avec nos doutes et nos incroyances, sur ce chemin que nous choisissons et inventons au fur et à mesure, dans la dérive naturelle de notre propre histoire. L’intelligence se réalise par une volonté de comprendre et par le développement des capacités à avancer par soi-même sur le chemin de cette compréhension.

    Plus l’organisation de la société est autoritaire, procurant à un petit nombre tous les pouvoirs de décision, plus la stabilité sociale est fragile. Plus le nombre de décisionnaires est important plus les excès sont régulés par le nombre et la diversité. Plus la société est dictatoriale plus elle détruit son équilibre, sa cohérence sociale et plus elle est fragilisée dans une insécurité croissante. De même, le nombre de points de vue différents crée la richesse et la justesse de l’observation d’un phénomène. Comme l’explique la relativité restreinte d’Einstein, plus le nombre de coordonnées est important, plus l’observation se rapproche de l’exactitude. L’intelligence collective émerge des interrelations et de la coopération entre individus particuliers différents.
    Comprendre le fonctionnement d’un système c’est appréhender ses parties dans l’ensemble de ses interactions, dans l’entendement des relations qui composent les réseaux de sa structure particulière. La compréhension des relations, en tant que facteurs constitutifs d’une structure, génère une connaissance humaine évolutive.
    La collectivité crée une intelligence qui devance, et de loin, la simple addition de ses éléments. De la totalité se manifeste une pertinence irréductible qui dépasse ce qui la compose. Les concessions opportunistes des critiques partielles, aménagements de détails, améliorations de la forme, emprisonnent l’entendement dans un réformisme collaborateur et conformiste. Il importe de rattacher chaque critique à la totalité pour l’appréhender dans la complexité situationnelle de son vécu, et l’émanciper dans un renversement de perspective révolutionnaire.

    Lukas Stella, Double monde, 2020 (extraits)
    Livre gratuit et reproduction libre
    http://inventin.lautre.net/linvecris.html#double-monde
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  • L’APPEL

    Mesdames, Messieurs les Ministres, membres des conseils scientifiques, ministres-présidents et autres « décideurs »,

    Par la présente, nous vous informons que nous avons désobéi, que nous désobéissons et que nous désobéirons encore.

    Nous désobéirons encore parce que nous ne pouvons pas rester cloîtrés chez nous sans juste motif. Nous avons besoin de respirer sans peur et sans masque l’air plus pur de nos campagnes et celui pollué de nos villes. Nous demeurons, plus que jamais, dans le besoin d’entourer nos parents et grands-parents, d’embrasser et câliner nos enfants et petitsenfants, d’enlacer et soutenir nos frères, nos sœurs, nos amis.

    Nous ne nous arrêterons plus de chanter, de crier, de rigoler et d’aimer. Nous désobéirons encore parce que nous n’accepterons jamais que vous déclariez dangereuses et hors la loi les joies de la vie, les rencontres, les fêtes familiales et culturelles.

    Nous nous engageons à ne pas mettre en danger la vie des autres, au contraire, nous respecterons des règles d’hygiène fondamentales à la vie en société, nous renforcerons notre immunité collective, sans devenir fous d’angoisse, ce qui comme vous le savez affaiblirait notre santé et celle d’autrui.

    Nous continuerons à aider nos parents « vulnérables », nos proches, et aînés, à ne pas mourir de solitude ; nos femmes et nos enfants à ne pas être victimes de violence intrafamiliale, qu’elle soit physique, morale ou psychologique. Nous continuerons à faire découvrir en premier nos visages à nos nouveau-nés.

    Nous avons décidé de désobéir parce que nous côtoyons chaque jour des femmes et des hommes extrêmement anxieux face à cette « nouvelle » maladie, et qui, parfois, ont souffert, eux-mêmes ou leurs proches. Nous respectons notre prochain et comprenons parfaitement leur légitime désarroi. Mais nous ne mourrons pas par peur de vivre. Nous prônerons le dialogue, ainsi que le bon sens. Nous sommes conscients que, parmi nos semblables, nombreux sont ceux qui doutent et ont, par conséquent, eux aussi, transgressé quelques interdits. A bout de souffle, il n’y a que ces « écarts » qui nous permettent une certaine forme de survie.
    D’autant plus que les « flagrants délits » sont les vôtres en premier.

    Nous désobéirons encore parce que nous ne supportons plus vos incohérences, vos mensonges, votre manque d’empathie, votre intolérance, votre censure et votre refus de répondre aux questions légitimes, votre manque de transparence et hostilité à tout débat démocratique.

    Quand l’état que vous pilotez infantilise et condamne des pans entiers de sa population, qu’il conduit nos aînés, nos commerçants, nos restaurateurs, nos artisans, nos artistes, nos coiffeurs, nos étudiants, nos jeunes et leurs familles, à la ruine, à la misère, à la rue et au suicide !

    Quand cet état s’érige en donneur de leçons, en sauveur, alors qu’il a détruit et détruit encore nos services publics, qu’il étrangle nos hôpitaux et nos soignants par des décennies de coupes budgétaires. Et un an de crise sanitaire n’a vu aucune amélioration de leur situation.

    Alors que l’État se prétend à la hauteur de la situation, nous demeurons dubitatifs : où étiez-vous donc quand il aurait fallu agir contre ce qui nous rend malades ? … Les polluants qui saturent nos poumons, la malbouffe qui détruit notre santé au quotidien, le travail toujours plus abrutissant voué au bien-être des actionnaires, les écrans et jouets connectés qui nous empêchent de penser ? Vous allez maintenant nous faire croire que vous vous souciez du bien commun ?

    Nous désobéirons encore parce que nous ne croyons pas aux coûteux remèdes miracles sortis des boites de Pandore des firmes pharmaceutiques, en lice pour celle qui touchera le pactole en premier, alors que ces multinationales se protègent préventivement contre les effets secondaires d’un vaccin que l’État nous vend comme inoffensif, tout en avouant qu’il ne sait même pas s’il nous protège.

    Nous rejetons l’arrogance de ceux qui gèrent une maladie nouvelle à coup de protocoles d’interdictions et bannissent toute autre option, alors que l’absence de débat est flagrante et la censure sévit sans vergogne.

    Nous pensons que l’écoute respectueuse d’opinions divergentes, tout comme les compétences acquises par les praticiens de terrain, l’utilisation de remèdes anciens, bon marché, la recherche indépendante et le débat public permettraient de gérer et d’anticiper de futurs développements de cette maladie, mais aussi de « sauver des vies » et d’éviter les « dégâts collatéraux », pour employer le vocabulaire guerrier que certains parmi vous affectionnent… Nous savons que nous avons une probabilité de 99 % de mourir d’un cancer, d’une maladie cardiovasculaire, cérébrovasculaire, et même, pourquoi pas, de vieillesse plutôt que de ce virus.

    N’oublions pas ce qu’a répété toute sa vie Albert Jacquard, ce grand humaniste, généticien et biologiste français, mort en 2013 des suites d’une leucémie (époque où l’on pouvait mourir d’autre chose que du virus SARS-CoV-2…) : « Je suis les liens que je tisse avec les autres. Les autres ne sont pas notre enfer parce qu’ils sont autres ; ils créent notre enfer lorsqu’ils n’acceptent pas d’entrer en relation avec nous ».

    Nous désobéirons donc pour ne pas être contaminés par votre enfer, vos muselières, vos anathèmes, vos diktats et vos discours relayés servilement par des médias aux ordres. Nous désobéirons pour que le monde de demain ne soit pas pire que celui d’avant et, surtout, qu’il soit meilleur, juste et décent, respectueux de la Terre et de tout ce qui y vit.

    Nous appelons à boycotter tous ceux qui nous méprisent et nous précarisent sans complexe. Nous souhaitons vivement rendre la désobéissance contagieuse pour qu’ensemble nous prenions conscience de notre pouvoir de guérison. Que nous décidions ensemble de notre avenir commun, par des mesures prises en respectant les droits et nos institutions démocratiques, et non en les bafouant à coup d’état d’exception et autres.

    Si l’argent et le pouvoir sont vos moteurs, les nôtres sont la liberté, ainsi que le droit, dans le respect du bien commun.

    Comme le citait avec tant de justesse l’auteur Frédéric Gros, « À partir du moment où on obéit comme des machines, désobéir devient un acte d’humanité ».

    https://liberanos.eu
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  • COMMUNICATION VIRTUELLE, LE NOUVEL OPIUM DU PEUPLE

    Il ne s’agit pas de mégoter sur les services réels que rendent les échanges à distance mais fonder un projet de société sur des relations virtuelles par l’intermédiaire de l’internet, c’est détruire la société. Analogue à la cité construite dans les airs dont se moquait Aristophane dans Les Oiseaux, celle que nous construisons dans les « nuages » est une anti-société. Les relations en face-à-face, dont l’importance est de fait relativisée, sont absolument essentielles. Il faut y revenir.

    Télétravail, visioconférences, apéros virtuels, partage d’écran, brainstorming à distance, webinaire vidéo, téléprésence… ce sont des termes que la période de confinement nous a rendus familiers. L’entreprise californienne Zoom a enregistré depuis décembre 2019 une hausse du nombre d’utilisateurs de 3 000 %. Les échanges à distance via les TIC (technologies de l’information et de la communication) ont rendu de grands services dans une situation exceptionnelle.

    Mais vont-ils devenir la norme ? Les géants du numérique, les présidents d’universités et les patrons d’entreprise nous promettent des avantages majeurs et semblent de plus en plus séduits. Jeudi 21 mai, le patron de Facebook, Marc Zuckerberg, a annoncé, après Twitter, Google, et en France, PSA, Blackmarket, Alan, etc., que la moitié de ses employés pourraient travailler depuis chez eux d’ici cinq à dix ans. Sous prétexte d’un accès égal à l’internet, une priorité nationale s’exprime : « N’attendons plus pour déclarer l’état d’urgence numérique : le « monde d’après » doit être celui de l’inclusion numérique ».

    Après le stade de l’émerveillement face aux possibilités du télétravail, du téléenseignement, de la télémédecine, de la téléjustice, arrive le stade d’une éventuelle pérennisation. Ceux qui rechignent, arguant du fait que leur temps libre est rogné, que les échanges sont laborieux, que les « vrais » contacts leur manquent, etc., tendent à être identifiés aux fossiles d’un monde disparu.

    À mon avis, s’il ne s’agit pas de mégoter sur les services réels que rendent les échanges via les divers cloud meetings, fonder un projet de société sur des relations virtuelles par l’intermédiaire de l’internet, c’est détruire la société. Analogue à la cité construite dans les airs dont se moquait Aristophane dans Les Oiseaux, celle que nous construisons dans les « nuages » est une anti-société. Les relations en face-à-face, dont l’importance est de fait relativisée, sont absolument essentielles. Il faut y revenir.

    Confrontés à l’épanouissement de la société industrielle dont ils avaient identifié qu’elle allait saper les liens sociaux « normaux », la plupart des fondateurs des sciences sociales à partir des années 1890 les avaient mises en exergue, usant de termes tels que « relations directes », « groupes primaires », « communauté », « union sociale locale » par opposition à la « Grande Société ». Simmel par exemple avaient repéré dans les relations face-à-face le fait social par excellence, le building block sans lequel la société que forment les individus ne pourrait pas vraiment être une société, mais équivaudrait plutôt à un agrégat.

    De même, Dewey avait jugé essentielle non la question de savoir comment des individus x et y en viennent à s’associer, mais qu’est ce qui distingue ou devrait distinguer une association humaine d’un troupeau de moutons ou d’un ensemble d’électrons. La réponse est le face-à-face. En son absence, on peut bien avoir des foules, des masses, des agrégats statistiques, des réseaux, on n’a pas la société « spécifiquement » humaine. Pour que la « vraie » société se réalise, il faut, écrivait déjà Aristote, cette forme d’amitié qu’on appelle aujourd’hui sociabilité ou convivialité.

    Le régime envahissant des images fait perdre de vue les effets d’une réduction du réel à une chose optique face à laquelle on ne peut être que spectateur.

    Simmel est à cet égard indépassable : les relations face-à-face qu’il étudie à travers la danse ou la conversation, sont, dit-il, les formes les plus « pures » du phénomène social. « La sociabilité crée, si l’on veut, un monde sociologiquement idéal : en elle, la joie de l’individu particulier est absolument liée au fait que les autres soient également à leur aise ». Car la raison d’être de ces relations est simplement de créer le contact et de le maintenir le temps souhaité. Elles instaurent une égalité entre les participants qui la recherchent pour la simple raison qu’ils éprouvent du plaisir à se trouver en compagnie les uns des autres. N’obéissant à aucune contrainte, ne devant se conformer à aucun impératif, ne visant aucune utilité et n’étant motivé par aucun besoin, cette forme primaire d’association, qu’on trouve absolument partout, est un « lien de réciprocité, qui flotte en quelque sorte librement entre les individus. »

    Malinowski, à qui l’on doit une analyse célèbre de la fonction dite « phatique » du langage, va dans le même sens. Ce qui explique les sociétés, si multiples qu’elles soient, n’est pas un prétendu « instinct grégaire » ni le besoin matériel les uns des autres, c’est la « tendance à être ensemble, à prendre plaisir à la compagnie des autres ». Être en compagnie, voilà une « tendance fondamentale qui fait que la simple présence des autres est nécessaire à l’homme ».

    Ces expressions, qu’on pourra trouver un peu vieillottes, expriment une donnée fondamentale des relations interhumaines. Elle est à la fois une évidence et quelque chose d’assez mystérieux. D’abord, en français, l’expression « relations face-à-face » manque au registre des locutions courantes. On recourt à des expressions comme « relations interpersonnelles » ou « relations intersubjectives » qui n’ont pas le même sens, la « face » n’étant ni la personne ni la subjectivité : la « face », c’est plutôt l’aspect de soi-même que l’on souhaite présenter ou montrer aux autres, comme dans l’expression « sauver la face ». C’est le sujet humain tel qu’il s’est socialement façonné en fonction de ce qu’il a compris être les attentes des autres.

    Cette « face » exprime moins le rôle social de l’individu que la personnalité singulière, unique, de l’individu socialisé. Ni purement individuelle ni purement sociale, elle résulte du fait très général que le comportement social que forge un individu depuis sa toute petite enfance dépend de l’usage personnel qu’il fait des formes sociales communes disponibles, et non du fait qu’on aurait déversé en lui de l’extérieur telle ou telle disposition, ni du fait que ses facultés se seraient spontanément développées parce qu’on l’aurait laissé tranquille.

    Ensuite, le face-à-face implique la coprésence physique des faces (et non des dos ou des épaules, comme dans une foule) dont les avantages en termes d’établissement et de maintien de contact sont si nombreux qu’il est difficile de les identifier. Qu’est ce qui différencie un téléapéro d’un apéro « en chair et en os » ? Une téléconsultation médicale d’une consultation en vis-à-vis ? Un vrai cours dans une vraie salle avec de vrais étudiants et un vrai professeur d’un MOOC ? Le régime envahissant des images fait perdre de vue les effets d’une réduction du réel à une chose optique face à laquelle on ne peut être que spectateur. Même une photographie, avec son grain, son format, son papier, son contexte d’exposition, son histoire, etc., est irréductible à une « image ».

    Il entre dans le face-à-face de la chimie, du subliminal, une gestuelle complexe, des émotions et des intuitions, des micro-événements qui influent sur le déroulement de l’interaction, une flexibilité dans l’ajustement grâce au déchiffrement instantané des expressions faciales d’émotion, une grande attention pour éviter tout malaise qui mettrait fin à l’échange.

    J’y vois deux avantages majeurs, aisément transposables en termes de culture politique : le premier, c’est que les partenaires se préoccupent activement de leur interaction, ils en font l’objet de leur soin en évitant autant que possible les embarras, les gaffes et les ratages que Erving Goffman a si minutieusement analysés. Les relations face-à-face génèrent de l’égalité et de la mutualité. Il n’y a de face que par rapport à d’autres faces. Et le second, c’est que l’union sociale qui se forme ne repose que sur l’égale considération que les partenaires ont à son endroit, et non sur le postulat d’une identité quelconque relativement à la race, au sexe, à la classe sociale, à la religion, à l’ethnie, etc. Le face-à-face exclut l’identification. Il n’y a de faces que dans un monde social pluriel.

    Cette qualité d’interaction, pour être énigmatique, est parfaitement ordinaire. Nous la recherchons et la trouvons sans cesse dans la vie quotidienne. Du moins, cela est souhaitable. Elle se glisse dans tous les échanges y compris les plus utilitaires. Les cas où elle existe à l’état pur sont plus rares et ponctuels que ceux où elle émaille les interactions dont la finalité est l’atteinte de tel ou tel résultat. Comme l’avait expliqué Malinowski, la fonction de mise en contact (« phatique ») du langage qui s’accompagne de gestes et d’affects, (sorte de communication intercorporelle), et ses fonctions informatives, ne sont pas séparables : ce n’est que quand s’établit une « communion » dont la fonction est « de joindre, mettre ensemble, connecter », par l’intermédiaire d’une parole incarnée, que l’information « passe ».

    Sans coprésence, difficile de « s’engager » (Goffman) dans une interaction sociale. De même, Michel Maffesoli a bien montré l’importance de la fonction tactile dans la communication. Au cours d’un échange, les interlocuteurs associent spontanément l’échange d’information et le fait de vouloir métaphoriquement se toucher.

    « Les cafés, les salons, les boutiques, les lieux quelconques où l’on cause, sont les vraies fabriques du pouvoir »

    Il est donc trompeur d’opposer d’un côté le bavardage, le papotage, la conversation de café, toutes ces occasions où l’on se parle « pour ne rien dire » ; et de l’autre, la communication dite rationnelle, l’échange d’arguments bien pesés, le débat public et scientifique. Or toutes les études portant sur les échanges digitalisés concluent à la perte du phatique au profit d’un informatif qui peine du coup à « passer ». En l’absence d’une certaine dose de small talk et de contact physique, les échanges les plus maîtrisés, les plus utilitaires, perdent en efficacité, voire deviennent incompréhensibles.

    Si des chercheurs du monde entier se rassemblent physiquement dans des lieux concrets, c’est parce que ce qui se passe en face-à-face dans les couloirs et les repas est aussi important, voire plus, que les phases de communication très formalisées et de communication à distance via les articles, les visioconférences et les rapports. Même dans les start-up, face à l’engouement des managers pour le télétravail qui réduit considérablement les coûts, on commence à se demander ce que deviendront les entreprises tech sans leurs légendaires baby-foots, leurs bars à graines et leurs soirées bières.

    Quant à une médecine sans contact, dont les avantages dans la lutte contre les déserts médicaux, les économies de fonctionnement et le recoupement des informations sur les patients, sont plébiscités, est-elle vraiment La Médecine du futur ? La palpation des organes, le secret médical, le contact visuel, l’auscultation, la relation de confiance apaisante si indispensable pour un malade toujours plus ou moins angoissé, l’état de santé forgé dans une coopération étroite entre soignant et soigné qui est au cœur de la philosophie holistique de Hippocrate (dont on se demande quel peut bien être encore le sens du serment fait en son nom), rien de tout cela ne passe à travers les écrans.

    Bien qu’après divers sondages et statistiques big data, nous ayons reçu la bonne nouvelle d’un engouement général pour la communication TIC, des signaux de détresse de plus en plus nombreux commencent à perturber un prétendu consensus initial qui, en période de confinement, s’était établi « faute de mieux ». Non, « le télétravail ne convient pas à tout le monde » : au bout de deux mois, des télétravailleurs expriment un sentiment d’usure, d’inefficacité, de tension, de stress, de burn-out. Les cas de comportements toxiques et de harcèlement de la part d’un responsable qui, derrière son écran, se sent tout puissant, et dont la confiance envers les salariés s’érode, faute du réconfort dont seul le face-à-face est capable, se multiplient.

    Il ne faudrait pas que ça dure. Les « risques psycho sociaux » du télétravail forment un champ d’études appelé à se développer. Si le téléenseignement a rendu de grands services, il a fait aussi de nombreuses victimes. Beaucoup d’élèves et d’étudiants ont décroché, jusqu’à 60 % dans les lycées professionnels ; les professeurs se sont épuisés, parfois en vain, tant la distance qui sépare le cours digitalisé d’une situation de coprésence dans une salle de classe est infranchissable. Les directeurs ont plaidé pour la réouverture, même brève, de leur établissement en juin, au nom de la sociabilité, du plaisir de « retrouver les copains et la Maîtresse », du fait de se revoir et de se dire au revoir avant la grande dispersion de l’été, de l’importance d’un cadre physique pour l’ensemble des membres de la « communauté » scolaire.

    Gabriel Tarde avait fait remarquer qu’afin de régner sans plus rencontrer aucune opposition, il suffirait au pouvoir de supprimer tous les lieux où l’on discute et d’instituer « le mutisme universel. Dans cette hypothèse, le suffrage universel lui-même serait impuissant à rien démolir (…) Les cafés, les salons, les boutiques, les lieux quelconques où l’on cause, sont les vraies fabriques du pouvoir », concluait-il.

    Bien qu’il fut l’un des premiers penseurs de la communication mondiale, Tarde avait plus confiance en la conversation en face-à-face qu’en la lecture simultanée du journal quotidien. Car en l’absence de conversations, les nouvelles du jour habilement tournées peuvent bien enrôler les gens : elles ne peuvent, faute d’être commentées et partagées, accompagner le processus de formation d’une opinion publique véritable, ce qui lui semblait la finalité même de la presse quotidienne dans les pays libres. En contrôlant la presse mais aussi, et en priorité, les libertés de réunion, d’assemblée, d’expression, les petites comme les grandes causeries, les systèmes fascistes leur accordent paradoxalement une importance plus grande que nous autres qui pourrions être prêts, si on n’y prend pas garde, à les sacrifier sur l’autel des technologies de l’information et de la communication.

    Le face-à-face est un écosystème général dans lequel chacun trouve une place et prend place. Faute de face-à-face, les places ne sont pas choisies et négociées mais distribuées et attribuées de manière unilatérale. Dans les queues, les foules et les masses, qui sont les dispositifs des régimes autoritaires et les effets d’une architecture adaptée, le face-à-face n’a pas lieu. Certains administrateurs en connaissent l’importance, eux qui ont démontré qu’en l’absence d’interaction face-à-face, l’engagement et la coopération des individus déclinent.

    Les individus très puissants qui représentent de « grands » intérêts le savent tout aussi bien. Jamais quant à eux ils ne prendraient une décision à distance. Pour négocier un contrat, conclure une alliance, sceller un traité, mener à terme une fusion d’entreprise, faire efficacement pression, les personnes concernées se déplacent, parfois sur une très longue distance, et se mettent autour d’une table où, pour commencer, leur est servi un bon repas.

    L’apologie de la communication virtuelle n’est pas destinée aux gens les plus puissants qui, comme Bill Gates protège ses enfants des écrans, en font un usage limité. Elle est faite pour les masses constituées de générations d’élèves lambda, de salariés dont la rentabilité est toujours en question, d’innombrables patients, de plaignants toujours plus nombreux, d’hommes et de femmes superflus, de gens comme vous et moi, dont les actes de décision ou d’innovation ne comptent guère par rapport à leur comportement de consommateur docile et isolé. De manière insidieuse, c’est le simple plaisir de la compagnie d’autrui, dont tout le reste procède, que le « nuage » des échanges à distance nous retire. À la manière d’une pipe d’opium, il nous embrume l’esprit.
     
    Joëlle Zask
    Philosophe, Professeure de philosophie politique à l’université d’Aix-Marseille

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    Halte au contrôle numérique
    http://resistance-verte.over-blog.com/2021/02/communication-virtuelle-le-nouvel-opium-du-peuple.html

  • ÉCHEC DU CONFINEMENT ET DES VACCINS

    Après nous avoir chanté les vertus des confinements, des autres mesures prétendument sanitaires et des vaccins pendant presque un an, cinq membres du comité scientifique, dont le président, reconnaissent que le confinement est nocif et que les vaccins ne résoudront vraisemblablement pas la crise, voire l’aggraveront !

    http://resistance-verte.over-blog.com/2021/02/echec-du-confinement-et-des-vaccins.html
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  • DES PAYSANS PAS DES MILICIENS DU GRAND CAPITAL

    SÉCURITÉ GLOBALE
    LA FRANCE, PIRE ÉTAT POLICIER D’EUROPE
    AVEC 450 000 FORCES DE RÉPRESSION

    Avec la « Loi de sécurité globale », le Régime policier s’enracine en France. Un chiffre vertigineux : près d’un demi-millions d’agents de contrôle et de répression. Le journal Le Monde dresse ce décompte : « en additionnant les 30 000 policiers municipaux aux 150 000 fonctionnaires de la police nationale et aux 170 000 employés des sociétés privées de sécurité, l’Etat pourrait disposer d’environ 350 000 membres des forces de maintien de l’ordre et de sécurité intérieure, sans compter les 99 000 militaires de la gendarmerie nationale […] l’Etat pourrait avoir à sa disposition répressive, au quotidien, pas loin d’un demi million d’agents du maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure, soit un potentiel ratio d’environ un fonctionnaire des forces intérieures pour 150 habitants (contre un pour 281 en 2018), la France devenant le premier pays sécuritaire de l’Union européenne. »

    Signe des temps, il y aurait donc plus de miliciens que de paysans en France. Aujourd’hui, le nombre d’agriculteurs est tombé à environ 400.000 personnes selon une étude de L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) d’octobre 2020. Il y a donc plus de personnes payées pour nous contrôler que pour nous nourrir dans un pays mur pour le fascisme.

    Nantes Révoltée
    https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee

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    Source
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/26/loi-securite-globale-la-france-devient-le-premier-pays-securitaire-de-l-unio

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  • ÉCOLOGIE ET THÉORIE DE L’EFFONDREMENT

    Une mouvance de collapsologues s’est imposée dans les milieux écologistes. Le grand spectacle de la destruction de la planète prime sur la pensée critique.

    La théorie de l’effondrement ne propose aucune véritable perspective de changement social et écologique.
 
La destruction de la planète et de l’humanité apparaît comme la principale conséquence de la catastrophe écologique. Le capitalisme devient toujours plus vorace en énergies naturelles et reste obsédé par la croissance. L’extinction de la faune et de la flore ne cesse de s’approfondir chaque jour. Pandémies, épuisement des sols, raréfaction des énergies fossiles, dérèglement climatique, pollution, déforestation ou incendies dessinent une période apocalyptique. Des écologistes et des intellectuels développent alors la théorie de l’effondrement ou la collapsologie.

    Mais la mise en avant de l’urgence écologique occulte d’autres dimensions de la critique sociale. L’exploitation économique et la propriété privée, l’uniformisation marchande et la société consumériste semblent alors secondaires. Raphaël Stevens et Pablo Servigne, collapsologues réputés, insistent sur le danger de l’effondrement pour se donner une légitimité intellectuelle et politique. L’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet date la fin du monde entre 2030 et 2040. La pandémie du covid-19 permet à ces catastrophistes de savourer leur triomphe. Ces théories s’appuient moins sur la réflexion et l’analyse critique que sur un imaginaire de peur et d’émotions fortes.
    Ensuite, les collapsologues ne remettent pas en cause le capitalisme néolibéral. Le documentariste Cyril Dion, qui montre les expérimentations alternatives, n’hésite pas à collaborer avec le gouvernement. Il lance une « Convention citoyenne pour le climat » qui se contente d’émettre des propositions qui n’engagent à rien. Le tout pour accompagner un capitalisme vert. Le succès médiatique de Greta Thunberg dévoile également l’hypocrisie des discours écologistes grandiloquents. La théorie de l’effondrement semble davantage nourrie par les films catastrophes du cinéma hollywoodien. Elle apparaît comme une forme de divertissement plus qu’elle n’alimente un véritable débat de fond.
    Une nouvelle génération se politise autour des questions écologiques. Des étudiants de grandes écoles renoncent au mode de vie de cadre supérieur qui repose sur un système capitaliste de surconsommation. Les collapsologues sont parvenus à diffuser leur discours à travers la force des émotions. Cette prise de conscience écologique doit permettre d’affiner et de radicaliser les analyses. Des mouvements comme les luttes contre les Grands Projets, les Marches pour le climat ou Extinction Rebellion se développent. Même si l’activisme semble primer sur la réflexion critique. Il semble indispensable de penser les objectifs, le sens et la cohérence des diverses actions. Le philosophe Renaud Garcia propose ses réflexions sur cette théorie de l’effondrement dans son livre La collapsologie ou l’écologie mutilée.
 


    ÉCOLOGIE RÉFORMISTE

    L’idéologie de la catastrophe débouche vers un « présentisme ». Des injonctions ignorent le passé et ne se projettent pas dans l’avenir. « Autrement dit, l’expérience angoissante d’un présent perpétuel, dénué d’assise dans le passé, incapable d’ouvrir sur un avenir et pourtant happé constamment par le futur immédiat », précise Renaud Garcia. Aucun projet à long terme n’émerge. Les propositions des collapsologues se limitent à une gestion de la catastrophe sans remise en cause du mode de production capitaliste.

    L’anarchiste Carlos Taibo propose une « transition écologique » qui s’appuie sur l’égalité et la solidarité. Mais son utopie repose sur les certitudes optimistes du progrès. Plus généralement, la catastrophe débouche vers la « résilience », concept à la mode qui permet d’accepter l’inacceptable. La transition écologique portée par les écologistes reste ambiguë. « Elle oscille entre promesse de transformation sociale et adaptation continue à une société entièrement artificialisée », souligne Renaud Garcia.
    La théorie de l’effondrement agite l’angoisse de la fin du monde. Mais elle occulte l’angoisse liée à la civilisation industrielle. L’écologiste Wendell Berry propose une critique du mode de vie urbain, avec le travail, les loisirs, la famille qui ne parviennent pas à donner un sens à la vie. Il évoque « l’expérience de la vacuité au sein de l’abondance frelatée, une forme de pauvreté modernisée où le standard de vie se paie d’une dépendance intégrale à une gigantesque machinerie », décrit Renaud Garcia.
 
Une mouvance écosocialiste tente de noyauter les marches pour le climat sous la bannière de l’anticapitalisme. Leur discours se contente de dénoncer l’oligarchie et la mauvaise répartition des richesses. Anselm Jappe attaque ce discours qui veut se contenter d’aménager le capitalisme. Au contraire, il insiste sur la nécessaire remise en cause de la logique du capital avec sa dimension autodestructrice. La recherche constante du profit et l’accumulation de la valeur mènent la société humaine à sa perte.
    Les collapsologues évoquent peu la critique de l’aliénation numérique et les réseaux sociaux qui participent à l’effondrement des relations sociales et intimes. De plus, Internet et le capitalisme technologique participent fortement à la consommation d’électricité. Au contraire, les collapsologues s’appuient sur la diffusion de vidéos chocs sur les réseaux sociaux, accompagnées de grotesques pétitions en ligne.
 
Néanmoins, certains collapsologues interrogent les besoins, les modes de vie et les mécanismes de l’aliénation marchande. Pourtant, ils évoquent une transition écologique après la catastrophe plutôt que de lutter pour changer de société dès maintenant. Ainsi, « des formes actives de "transition" sont placées après l’effondrement envisagé, qu’elles revêtent une forme subie et non choisie, alors qu’œuvrent d’ores et déjà nombre de personnes qui tiennent pour essentiel de commencer à se détacher du règne de l’abstraction marchande », souligne Renaud Garcia.
    Mais la question sociale devient l’angle mort de l’écologie. Un décroissant comme Vincent Mignero insiste sur la nécessité de vivre dans la misère pour préserver la planète. Il va jusqu’à dénoncer les luttes sociales qui améliorent les conditions matérielles. Il se contente donc de se soumettre au désastre écologique et social pour mieux préparer sa petite survie individuelle.

    ÉMOTIONS CONTRE LA RÉVOLTE 


    La collapsologie se confond avec le survivalisme. J.G.Ballard propose des romans de science fiction qui décrivent un monde post-apocalyptique avec une bourgeoisie retranchée dans un monde sous contrôle. Le romancier parvient bien à décrire les tendances de la société moderne. Yves Cochet, avec sa retraite de ministre, se réfugie dans une maison à la campagne pour faire l’apologie du survivalisme. Tant pis pour les prolétaires qui n’ont pas les moyens de se payer une retraite à la campagne. Au contraire, l’anarchiste Pierre Kropotkine valorise l’entraide contre toute forme de darwinisme social.

    Une partie de la haute-bourgeoisie s’inscrit dans une démarche survivaliste avec achats de bunkers anti-atomiques. Cette approche individualiste révèle que la guerre de tous contre tous est déjà-là. La survie n’est pas un horizon à célébrer. « Nous devons créer une société écologique – non simplement parce qu’elle est souhaitable mais parce qu’elle est tragiquement nécessaire. Il nous faut commencer à vivre si nous voulons survivre », indique Murray Bookchin.
 
La collapsologie privilégie les émotions, les sentiments et les récits plutôt que la réflexion critique. Ce courant vise donc à séparer la raison de l’émotion. Ce qui correspond à la séparation entre le travail et le plaisir valorisée dans la société capitaliste. « Or, le problème est que la dichotomie entre la raison froide et la sphère chaude du sentiment reproduit, à l’intérieur du sujet, la structure de la société industrielle, qui segmente la vie entre la contrainte au travail d’un côté, et le temps d’épanouissement personnel hors travail de l’autre », observe Renaud Garcia. La discipline du travail impose cette séparation entre la rationalisation et la sphère des sentiments.
    Dans la revue Yggdrasil, référence des collapsologues, la magie, la nature, la spiritualité, la communication animale et autres délires priment sur l’analyse critique du monde industriel. « Réflexologie sexuelle issue du Tantra, sacralisation de la pureté de l’enfance, danses rituelles, magie : rien n’est épargné au lecteur. Lorsque la réalité perd tout sens ou contenu objectif, on s’efforce de lui en redonner par la magie », ironise Renaud Garcia.
 
La collapsologie colporte une idéologie New Age qui vise à se relier à la Terre. Des communautés alternatives et non-violentes multiplient les ateliers pour se racheter une conscience planétaire. Cette démarche rejoint l’impasse du mouvement hippie. Theodor Roszak, dès les années 1960, a théorisé ces nouvelles communautés. « Elles aussi s’efforçaient, pêle-mêle de faire vivre un habitat partagé, de suivre un régime végétarien, de pratiquer le yoga, de monter une coopérative ou d’imiter la vie du Christ », rappelle Renaud Garcia. Mais ces communautés remplacent le désir d’une vie humaine libre par l’attente morbide de l’effondrement. La collapsologie dévitalise l’utopie de la contre-culture et de Theodor Roszak au profit d’un encadrement thérapeutique des émotions.
    Le catastrophisme débouche vers l’adaptation et la résignation, plutôt que vers la lutte. « Mais l’adaptation peut prendre une forme passive, celle de l’acceptation par la méditation d’un destin sur lequel nous n’avons pas de prise », observe Renaud Garcia. La collapsologie valorise le deuil et l’acceptation de l’effondrement plutôt que la révolte. Le désespoir apparaît comme le seul horizon. « Ni le discours, ni les pratiques n’auront la même teneur, selon qu’ils s’enracinent dans une perspective thérapeutique ou dans une perspective révoltée », souligne Renaud Garcia.
 


    LIMITES DE L’IDÉOLOGIE ÉCOLOGISTE 
 


    Renaud Garcia propose une critique percutante de la collapsologie. Après avoir écorné la mode postmoderne dans son Désert de la critique, il s’attaque à une autre idéologie particulièrement en vogue dans les milieux intellectuels et militants. La collapsologie dispose également de puissants relais médiatiques avec ses figures intellectuelles, comme Paolo Servigne ou Yves Cochet, et surtout son imaginaire de films catastrophe.

    Renaud Garcia adopte une critique plutôt bienveillante de la collapsologie. Il manifeste une profonde sympathie pour les mouvements écologistes. Il observe que la théorie de l’effondrement révèle un goût pour la pensée critique et même un désir d’agir sur le terrain écologiste. Plutôt de balayer la collapsologie dans un ricanement hautain, il décide de s’adresser aux nouveaux militants tentés par cette idéologie pour en montrer les impasses d’un point de vue écologiste.
    Il propose plusieurs critiques fortes. La première, reprise dans le titre, reste celle de la pensée mutilée. La collapsologie apparaît comme une vision étroite du monde qui ne permet pas une analyse globale de la situation. Les collapsologues évoquent la fin du monde, mais jamais la fin du capitalisme. Ils n’évoquent qu’un seul aspect de l’écologie, le plus spectaculaire, avec la destruction de la planète. Ils n’évoquent pas l’artificialisation des modes de vie. Surtout, ils ne remettent pas en cause l’exploitation et l’aliénation marchande. Les rapports sociaux de classe et les diverses hiérarchies qui fondent le monde capitaliste sont niés.
    L’autre critique forte, c’est celle de l’émotion qui prime sur l’action. La collapsologie laisse place à une sidération qui ne permet pas de s’organiser pour lutter. L’imaginaire de films catastrophe nourrit la peur de la fin du monde. Si Renaud Garcia moque la spiritualité néo-hippie, il prend en compte la force de l’imaginaire. Mais, là encore, il refuse de se cantonner à la niche du catastrophisme. Son imaginaire, c’est celui de la science-fiction et notamment des romans cyber-punk. Cette littérature permet d’observer les tendances de la société moderne pour imaginer un futur proche. Elle permet de comprendre la société de surveillance et les horreurs de la société marchande. Cet imaginaire ne provoque pas uniquement de la sidération, mais surtout de la réflexion.
    Les perspectives de luttes restent le grand point mort de la collapsologie. Les alternatives néo-hippies à la Cyril Dion ou le sauve-qui-peut égoïste d’Yves Cochet sont érigés en solutions miracles. La collapsologie ne favorise pas la solidarité et encore moins l’action collective. Face à la catastrophe, les collapsologues veulent avant tout survivre. Pourtant, il semble plus pertinent de remettre en cause le mode de production capitaliste avant la destruction de la planète. Surtout, le désir d’une vie épanouie doit primer sur le survivalisme morbide.
    Renaud Garcia adopte une idéologie décroissante qui émousse sa critique. Il s’inscrit dans la filiation de l’écologie chrétienne avec la sainte trinité Illich, Ellul, Charbonneau. Ces auteurs peuvent proposer de bonnes critiques du monde moderne. Mais deux travers dévoilent toutes leurs limites. Ces chrétiens se vautrent dans la vieille posture réactionnaire. Face à la modernité et le progrès technique, il faut retourner à un mode de vie rural et archaïque. Un purisme décroissant condamne le mode de vie individuel, comme les jeunes écolos qui utilisent les réseaux sociaux, plutôt que de remettre en cause l’ordre existant.
    Ensuite, ces pasteurs de la décroissance baignent dans une spiritualité qui n’a rien à envier à celle des collapsologues. Cette approche religieuse n’ouvre aucune véritable perspective en dehors du retour à l’austérité monastique et au puritanisme protestant. Au mieux, le changement provient de l’espérance plutôt que de l’action collective. C’est sans doute la plus grande limite du livre de Renaud Garcia de ne proposer aucune piste de lutte. Sa critique se cantonne au domaine intellectuel. Pourtant, la jeunesse qui se tourne vers l’écologie montre son désir d’action. L’écologie doit être critiquée comme une spécialité de plus dans le magasin de la contestation politique. Face à l’exploitation et à l’aliénation, c’est une lutte globale qui semble important d’engager. Renaud Garcia évoque les Gilets jaunes. C’est sans doute la grande force de ce mouvement que de proposer une perspective globale, contre toutes les critiques spécialisées.

    Source : Renaud Garcia, La collapsologie ou l’écologie mutilée

    http://www.zones-subversives.com/2021/02/ecologie-et-theorie-de-l-effondrement.html
    Le 18 Février 2021
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  • FIN DE L’ÉPIDÉMIE
    Bulletin hebdomadaire du réseau Sentinelles du 17 février 2021

    Les bulletins hebdomadaires reprennent l’ensemble des données de surveillance (ambulatoire et hospitalière) de la COVID-19 et de la grippe.

    Cette surveillance réalisée en collaboration avec Santé publique France, le Centre National de Référence des infections respiratoires (Institut Pasteur et Hospices civils de Lyon) et l’Université de Corse, permet de suivre l’évolution de la pandémie de COVID-19, ainsi que les épidémies dues aux autres virus respiratoires (grippe, VRS, rhinovirus et métapneumovirus notamment).

    Actuellement, 774 médecins participent à l’activité de surveillance continue (700 généralistes et 74 pédiatres libéraux), permettant la réalisation des bulletins hebdomadaires.

    https://www.sentiweb.fr
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    • Il s’agit des cas de covid vus en consultation chez un médecin généraliste.

      Ce n’est clairement pas là que les choses se passent : pour indication, le taux d’incidence de la covid-19 qu’ils calculent est de 3,8%, soit 1 cas sur les 26 tests effectués pendant la semaine du 8 au 14/02/2021.

      Sans surprise, les mécanismes de propagation étant les mêmes, la carte pour cette même semaine 6 pour les IRA (infections respiratoires aiguës, dont la covid représente pour eux une très faible part) coïncide bien avec ce que remontent les indicateurs covid de SPF : Metz et Nice.

  • LES NOUVEAUX CAS ONT CHUTÉ DE 16% SELON L’OMS

    Le nombre de contaminations dans le monde a diminué pour la cinquième semaine consécutive. Il représente désormais la moitié des cinq millions de nouveaux cas enregistrés dans la semaine du 4 janvier.

    Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 signalés dans le monde a chuté de 16% la semaine dernière, pour atteindre 2,7 millions, a annoncé mardi 16 février au soir l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le nombre de nouveaux décès signalés a également diminué de 10% par rapport à la semaine précédente, atteignant 81.000, selon la mise à jour épidémiologique hebdomadaire de l’OMS, basée sur les données jusqu’à dimanche.

    Cinq des six régions du monde prises en compte par l’OMS ont signalé une baisse à deux chiffres du nombre de nouveaux cas, seule la Méditerranée orientale affichant une hausse, de 7%. Le nombre de nouveaux cas a chuté de 20% la semaine dernière en Afrique et dans le Pacifique occidental, de 18% en Europe, de 16% sur le continent Américain et de 13% en Asie du Sud-Est.

    Par Le Figaro avec AFP
    https://www.lefigaro.fr/sciences/les-nouveaux-cas-de-covid-19-ont-chute-de-16-selon-l-oms-20210217

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