Lukas Stella

INTOXICATION MENTALE, Représentation, confusion, aliénation et servitude, Éditions L’Harmattan, 2018. — L’INVENTION DE LA CRISE, 
Escroquerie sur un futur en perdition, Éditions L’Harmattan, 2012. — STRATAGÈMES DU CHANGEMENT De l’illusion de l’invraisemblable à l’invention des possibles Éditions Libertaires, 2009. — ABORDAGES INFORMATIQUES (La machine à réduire) Croyances informatisées dans l’ordre des choses marchandes, Éditions du Monde libertaire - Alternative Libertaire, 2002 — http://inventin.lautre.net/linvecris.html

  • 2ÉME APPEL DE COMMERCY

    45 groupes inscrits et de très nombreuses prises de contact pour l’Assemblée des Assemblées des Gilets Jaunes, les 26 et 27 janvier 2018.

    https://www.youtube.com/watch?v=GB1-Sg4jt7Y&feature=ytmp4

    https://www.facebook.com/assembleedesassemblees/videos/2217532768504823

    Appel des Gilets Jaunes de Montreuil : réponse à Commercy
    https://www.youtube.com/watch?v=mfjcqj001Rc&feature=youtu.be

    Assemblée des assemblée nationale de Gilets Jaunes
    https://fr.scribd.com/document/397298527/Guide-de-l-Assemblee-des-Assemblees-des-Gilets-Jaunes-de-Commercy


  • GILETS JAUNES, DES ANARCHISTES QUI S’IGNORENT ENCORE

    « Anarchistes », voilà qui est dit ! Mais quelle locution horripilante, maculée de sombres réminiscences violentes, d’aberrations philosophiques et d’extrémismes politiques, le tout se résumant à une seule inclinaison : le chaos. C’est ainsi qu’est défini l’anarchisme dans le langage quotidien, quand la moins péjorative des définitions se résume à « rejet de l’autorité ». En fait de chaos, l’interprétation généralement faite est une définition de l’anomie. Peut importe la confusion, c’est désormais entré dans le langage courant comme dans les dictionnaires : « se dit d’un état de désordre et de trouble résultant de l’absence d’autorité politique : Une situation anarchique » ou « Qui échappe à toute direction ou organisation, qui n’obéit à aucune règle » L’interprétation de l’ anarchisme est assez variable souvent paradoxale, mais elle se résume en réalité à une conception politique et sociale qui se fonde sur le rejet de toute tutelle (ou leadership) qu’elle soit gouvernementale, administrative, religieuse et qui privilégie la liberté et l’initiative individuelle dans le cadre d’un intérêt général, de bien vivre en communauté, équilibrant l’intérêt du particulier aux exigences de la collectivité. 
Un premier point que le Gilets Jaunes auront adopté sans le savoir : le rejet de leadership, ou le jeu politique qu’ils bannissent naturellement privilégiant logiquement une gouvernance horizontale quant à toute prise de décision pour la collectivité.

    La péjoration du terme et du mouvement « anarchiste » est considérablement similaire au traitement actuel du mouvement des Gilets Jaunes. L’histoire du courant anarchiste, qui a pourtant duré plus de deux siècles, n’aura retenu que celle d’une frange du mouvement anarchiste. Oubliés le combat, le nombre de victimes et martyrs de répressions sanglantes, on ne se souviendra que d’une minorité, qui lassée de tant de victimes et de violences policières (plusieurs milliers de morts) proclama le « fait insurrectionnel », « moyen de propagande le plus efficace », présenta la « révolte permanente » comme la « seule voie menant à la révolution ». Toujours est il que ces actions furent peu fréquentes, peu suivies, mais furent spectaculaires et choquèrent les bourgeois au pouvoir.. Beaucoup d’attentats, de crimes, braquage en tout genre, furent attribués improprement par les autorités et les médias au mouvement anarchiste. La technique de l’amalgame fonctionnera sans cesse à la moindre étincelle pour anéantir l’image des anarchistes et ce, jusqu’à nos jours. L’histoire des anarchistes est ainsi écrite, par leurs tortionnaires pour n’aboutir à ce que l’on sait aujourd’hui de l’anarchisme, c’est à dire, pratiquement rien sinon « violence et chaos ».. Il en va de même pour le mouvement des gilets jaunes. Une péjoration sans limites, orchestrée au plus haut niveau de l’État, qualifiant de « casseurs « d’ultra violence inadmissible d’attentats à la république ou sur les institutions, de volonté de putsch etc etc.. Occultant en même temps et sans scrupules une répression démesurée et le nombre de victimes chez les gilets jaunes comme si le fait d’être un manifestant mériterait la punition d’une amputation, d’une énucléation, de traumatismes crâniens etc.. Car l’autorité ne s’attardera que sur les « violences et chaos » attribués non sans amalgames aux Gilets Jaunes. L’histoire se répète donc. La méthode se réitère pareillement avec les Gilets Jaunes, comme par le passé pour les anarchistes. La similitude de traitement, médiatico-politique est sans équivoque, est démontre les mêmes intentions malfaisantes, ou craintes, du pouvoir s’y opposant.

    Voilà que l’émergence de cette population rejetant les étiquettes politiques ou une représentation verticale de leur propre mouvement, choque les autorités et les médias qui s’offusquent de ne pas savoir avec qui négocier. Le mouvement des Gilets Jaunes est né telle la résurgence de la pensée anarchiste. Son autogestion, sa spontanéité, son aversion au jeu politique, son hétérogénéité sociale, son organisation horizontale et même sa frange ultra minoritaire partisane d’actions plus spectaculaires et violentes révèle son hérédité. Médias et politiques s’étonnent de ce mouvement social qu’ils disent inédit, mais ils n’oseront jamais le rapprocher à son aîné anarchiste. L’histoire convenue de l’anarchisme ne dira jamais que ce courant fut le premier à inventer le pacifisme comme moyen de manifestation. Selon la pensée anarchiste, des le début, la violence est le fondement du pouvoir, donc l’utilisation de la violence par un anarchiste revient précisément à légitimer le principe qu’il combat. La majorité des gilets Jaunes aujourd’hui partagent aussi cette idée.

    On dira des revendications des Gilets Jaunes, qu’elles sont diffuses ou hétéroclites, or, toutes se rejoignent en une seule doléance, « plus de justice » ou « retour à plus de justice » « La liberté n’est qu’un vain fantôme, quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. L’égalité n’est qu’un fantôme, quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort de son semblable. La république n’est qu’un vain fantôme, quand la contre-révolution s’opère de jour en jour par le prix des denrées auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes. » Disait Jacques Roux, précurseur de la pensée anarchiste en 1793 : « Le despotisme qui se propage sous le gouvernement de plusieurs, le despotisme sénatorial est aussi terrible que le sceptre des rois, puisqu’il tend à enchaîner le peuple, sans qu’il s’en doute, puisqu’il se trouve avili et subjugué par les lois qu’il est censé dicter lui-même. » dénonçant déjà un mécanisme d’une gouvernance accouchant d’ injustices sociales injustices fiscales injustices démocratiques.. le propos d’un fantôme qui résume celui des Gilets Jaunes aujourd’hui.

    Parmi les doléances des Gilets Jaunes vient le RIC.. referendum d’initiative citoyenne. Le principe du RIC remonte déjà à la révolution. Révocation des élus, mandats impératifs, vote blanc, abrogation de loi, autant de prérogatives que les gilets jaunes souhaitent obtenir. Une revendication qui fait renaître un vieux débat entre démocratie directe et représentative. « La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point » disait JJ Rousseau en 1762. Il faudra attendre 1871, Jacobins et anarchistes forment une ébauche d’autogestion avec la Commune de Paris, qui institue des dispositifs de démocratie directe comme le mandat impératif et la révocabilité permanente des élus. Le courant anarchiste objectant pour une forme d’autogestion plus ouverte, refusant d’accorder un pouvoir supérieur à toute représentation. « La politique est la science de liberté : le gouvernement de l’homme par l’homme, sous quelque nom qu’il se déguise, est oppression ; la plus haute perfection de la société se trouve dans l’union de l’ordre et de l’anarchie. » appuiera Proudhon. Aujourd’hui les Gilets Jaunes croisent le même chemin que leurs ancêtres socialistes libertaires jacobins ou républicains. Sur les ronds points, leur mode d’organisation se rappelle à l’ histoire des anars, des communards. Certains se revendiquent même du municipalisme libertaire. Mais ce souvenir lointain ne doit pas effacer la fin tragique de chacune de ces expériences écrasées dans le sang par les pouvoirs bourgeois successifs.

    Ils semblent donc qu’aujourd’hui, en dépit de ces naufrages passés, que renaisse naturellement cette notion de souveraineté du peuple pour mettre fin à cette délégation d’un pouvoir qui leur a échappé ou que l’on leur a ôté. Il semble tout autant que les pouvoirs actuels réagissent avec fermeté s’arque-boutant sur une idéologie qui atteint ses limites. Il faut souhaiter une issue à cette confrontation autrement que dramatique, car de ce mouvement comme par ceux du passé en sortira quelque chose de grand. Nos ancêtres anarchistes nous ont laissé, le principe de la commune, le premier mai, la journée de 8 heures, la bourse du travail, les syndicats, la mutualité, les coopératives paysannes ouvrières et autant d’avancées sociales aujourd’hui menacées et grignotées pas à pas. Les anarchistes ont été les premiers à se préoccuper de l’environnement, ils sont les inventeurs de l’écologie tout comme certains d’entre eux ont développé le végétarisme.

    Sans probablement en avoir conscience, sans le savoir, les Gilets Jaunes forment un fier hommage à ces populations du passé, à ces martyrs en leur faisant l’honneur de reprendre le combat. Peu importe comme ils s’appellent, car de ce que les Gilets Jaunes feront pour notre avenir, cette fois, l’histoire n’oubliera pas.

    Un “Rien“ citoyen

    Emmanuel Roussel, 14 janvier 2019
https://www.facebook.com/notes/emmanuel-roussel/gilets-jaunes-des-anarchistes-qui-signorent-encore-/10157173281770921


  • POUR LA MARSEILLAISE LE PEUPLE N’EST QUE DE LA CHAIR À CANON !

    L’hymne national sera toujours le chant de la soumission à cette république bourgeoise qui nous exploite, nous impose sa dictature économique qui nous traine dans la misère pour les profits exorbitants de quelques milliardaires. Pour ne pas être récupéré par ce monde immonde qui nous saigne, laissons tomber pour de bon cet hymne et son drapeau ! Se soumettre ou se révolter on n’a plus d’autre choix !

    LA MARSEILLAISE C’EST LA GUERRE
    (La bourgeoisie contre le mouvement populaire)

    « Ce que je regrette, c’est que nos soldats n’aient pas un chant de guerre bien à eux pour courir sus à l’ennemi », se plaint le baron Frédéric de Dietrich, le maire de Strasbourg, à ses invités réunis dans son salon où se croisent les notables de la ville et des militaires, dont un jeune capitaine, Rouget de Lisle… Il règne dans cette auguste assemblée une atmosphère de fête car est arrivée la bonne nouvelle tant espérée : le 20 avril 1792, la France a déclaré la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie » (soit, en substance, aux deux autres grandes puissances continentales, l’Autriche et la Prusse).

    « Ô guerre sublime ! Guerre pacifique, pour fonder la paix universelle ! Ô le grand cœur de la France ! Quelle tendresse pour le monde ! Quelle ardeur de sacrifice ! Et comme tous les biens de la terre pesaient peu en ce moment ! » Une guerre altruiste en quelque sorte, voudra nous faire croire Jules Michelet. Lequel, tout à son délire patrioticomystique, posera au XIXe siècle les bases d’une histoire officielle de la Révolution française, le « récit national » qui hante encore les manuels scolaires, qui ne s’embarrasse pas de la vérité historique. C’est du côté des Jean Jaurès, George Lefebvre, Albert Mathiez, Daniel Guérin, Albert Soboul, Henri Guillemin, William Doyle, Timothy Tackett… que l’on peut s’en approcher.

    Donc, contrairement à l’idée répandue selon laquelle la Révolution a dû, à contre-cœur, « former ses bataillons » contre l’assaut des « rois conjurés », c’est la France, par la voix de Louis XVI (qui joue ainsi une politique du pire qui lui sera fatale), au nom de l’Assemblée nationale dans sa quasi unanimité, qui va prendre l’initiative de la guerre.

    Une guerre voulue par la classe politique bourgeoise qui y voit la solution pour éviter la banqueroute qui se profile à nouveau. La vente des biens de l’église a fait la fortune des spéculateurs, agioteurs et autres profiteurs mais les caisses de l’État sont pratiquement vides, alors, au nom des « Lumières » (« Personne n’aime les missionnaires armés » s’exclamera Robespierre, un des rares opposants à la guerre), la nouvelle classe dominante lancera la France dans une guerre de rapine. Pour commencer, se sera sus à la Belgique et à la Rhénanie. « Prenez tout, il faut vider le pays ! » s’écriera le ministre des armées, Lazare Carnot, s’adressant aux généraux.

    Une guerre offensive qui va, en quelque sorte, forcer la main des monarchies européennes qui regardent ailleurs et vont rentrer dans le conflit armé à reculons. On connaît la suite : la catastrophe militaire, la « patrie en danger » et la levée en masse des volontaires, la contre attaque victorieuse jusqu’à ce mois de juin 1794 où le territoire national est entièrement libéré. « La paix, analyse Henri Guillemin, devient possible, souhaitable, […] une paix sérieuse et digne, qui permettrait — enfin ! – de consacrer à la politique sociale les sommes colossales qu’engloutit l’armée. » Làs « il ferait beau voir qu’on arrêtât la guerre quand elle commence vraiment […] à “rapporter”, ainsi que l’avaient, dès le début, rêvé les girondins sous leurs artifices oratoires. »

    Alors la « guerre sublime », la « guerre pacifique » vantée par Michelet va continuer, une guerre de « rafles nourrissantes » qui dévastera l’Europe pendant 23 ans et qui laissera derrière elle des montagnes de cadavres et des multitudes de blessés lorsqu’elle s’achèvera, en 1815, à Waterloo, par la défaite du « truand corse », au soulagement général.

    GUERRE DE DIVERSION

    Une guerre voulue par une nouvelle puissance, la grande bourgeoisie d’affaires, qui, si elle est parvenue à prendre la place de l’aristocratie dans les avenues du pouvoir, pénétrée de la conception voltairienne de l’État « où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et gouverne », est néanmoins engagée dans une lutte sans merci avec le prolétariat de l’époque, les « bras nus » des villes et des campagnes qui sont 80% des 27 millions de Français.

    Comme l’écrit alors Germaine Necker, baronne de Staël, fille du banquier suisse et ancien Premier ministre de Louis XVI, à partir de 1789, le « drame caché de la Révolution » c’est que « les gens de la classe ouvrière » s’imaginèrent « que le joug de la disparité des fortunes allait cesser de peser sur eux » ! En fait, si les « indigents » et autres « va-nu-pieds » n’ont pas encore une claire conscience de classe (cela viendra plus tard, en particulier en 1848 et en 1871), ils n’en ont pas moins un sens aigu de leurs intérêts immédiats. Et ils sont armés !... Du combat pour se nourrir à la remise en cause de la propriété, devenue « sacrée » avec la Déclaration des droits de l’Homme, il n’y a pas loin. Cauchemar des nantis qui n’auront de cesse de dénoncer ces « anarchistes » (déjà !) qui veulent remettre en cause « l’ordre naturel » et « préparent un sac universel ».

    Après la proscription des organisations ouvrières, avec la loi Le Chapelier, en juin 1791, la guerre sera l’arme fatale contre le mouvement populaire, LA grande diversion (fort de sa réussite, il y en aura d’autres, notamment la boucherie impérialiste de 1914-1918 qui fera 18,6 millions de morts).

    « Nos soldats ne savent chanter que le Ça ira ! » se lamente le baron Frédéric de Dietrich qui partage avec ses convives son idée d’ouvrir un concours pour la composition d’un hymne guerrier. Qui sera remporté par Rouget de Lisle, un officier de l’Ancien régime, royaliste et partisan d’une monarchie constitutionnelle (ce qui lui vaudra d’être emprisonné, il échappera de justesse à la guillotine). D’abord intitulée « Le chant de guerre de l’armée du Rhin », la future Marseillaise a tout pour satisfaire les possédants, au contraire de ce Ça ira qui prétend que « partout l’égalité régnera » ou de cette Carmagnole, l’hymne des Sans culottes, qui proclame :
    « Que faut-il au républicain ? (bis) 
Du fer, du plomb et puis du pain (bis) 
Du fer pour travailler, 
Du plomb pour se venger. »

    On comprend pourquoi La Marseillaise leur sera préférée comme hymne national. Une première fois, en 1795, pour neuf ans, par une Convention en pleine réaction thermidorienne et tout occupée à écraser le mouvement populaire. Une seconde et dernière fois, en 1879, par une Troisième République, née de l’humiliante défaite face à la Prusse en 1870 et dans le sang de la répression de la Commune de Paris (de laquelle naîtra L’Internationale…). Dans la foulée, en 1880, sera instauré le défilé militaire du 14 juillet, qui aujourd’hui fait de la France le seul pays d’Europe à se livrer à ce genre de parade guerrière.

    Chant de guerre, quand c’est un message de paix dont la France devrait être porteuse, quand il s’agit aujourd’hui d’enfin donner corps à la république sociale dont rêvaient les « bras nus » de la Révolution, La Marseillaise n’est plus qu’un symbole décati. Comme l’écrivait Cornélius Castoriadis, « ce qui est requis est une nouvelle création imaginaire d’une importance sans pareille dans le passé, une création qui mettrait au centre de la vie humaine d’autres significations que l’expansion de la production et de la consommation, qui poserait des objectifs de vie différents pouvant être reconnus par les êtres humains comme valant la peine. » « Une nouvelle création imaginaire » qui attend encore son hymne.

    Jean-Pierre Anselme (extrait)


  • MOINS DE RETRAITE C’EST PLUS DE CHÔMAGE

    Plus le gouvernement recule l’âge de la retraite, actuellement 67 ans à taux plein, plus il produit de chômeurs. Toutes les politiques depuis plus de 20 ans augmentent le nombre effectif de chômeurs qui serait actuellement près de 30 %. Mais le bidouillage des statistiques et le trucage des chiffres font croire que le chômage ne progresse pas, et même diminue grâce à des licenciements de chômeurs à la pelle, des radiations en constante augmentation.

    L’État de tous les français n’assiste que les privilégiés, rejette les victimes de sa politique élitiste, les stigmatise et les exclut de la société comme des déchets. En donnant tout pour les profits de quelques milliardaires, l’État souverain produit toujours plus de misère avec un discours arrogant, hypocrite, méprisant, insultant et humiliant pour la grande majorité de la population.

    La mégalomanie narcissique des gestionnaires de la dictature économique les mène à leur perte par le désastre incontrôlable qu’ils génèrent, la ruine de l’avenir et l’inflation galopante de la destruction de la vie.

    Lukas


  • UN PETIT RIC ET PUIS S’EN VONT !

    Lettre jaune #14

    Le Référendum d’Initiative Citoyenne permettra-t-il au pouvoir politique et citoyen de prendre le dessus sur le pouvoir économique ? Les rédacteurs des lettres jaunes exposent ici leurs quelques doutes en s’appuyant sur l’histoire récente, tant française qu’européenne.

    Depuis quelques jours, une partie des gilets jaunes semble avoir enfin trouvé le Graal : le RIC. Un acronyme en trois lettres digne des fameux OMS, ONU, OMC, OGM, FMI, BCE. Des sigles qui nous rappellent toute la technique des professionnels de la politique pour coller un slogan publicitaire sur le front des contestataires. Un nom de code aux accents réformistes ; un nom de code pour dire tout bonnement Référendum d’Initiative Citoyenne.

    Dans les rangs des gilets jaunes, certains affichent leur engouement pour cette trouvaille. Et leurs arguments ne manquent pas de séduire : ceux d’en bas pourront s’exprimer ! Ceux d’en bas pourront destituer le Président ! Ceux d’en bas seront écoutés ! Ceux d’en bas ne seront plus bâillonnés ! Ceux d’en bas influenceront les destinées politiques d’en haut ! Bref, ceux d’en bas pourront enfin décider à la place de ceux d’en haut...

    Malheureusement, ces gilets jaunes ont la mémoire courte. En 2005, il y a déjà eu un référendum populaire, à l’échelle européenne. Dix pays sur 27 organisèrent une consultation pour demander l’avis du peuple sur l’établissement d’une nouvelle constitution pour l’Europe. Mais les Français ont dit Non ! Les Hollandais aussi ont dit Non ! Le Traité est alors enterré. Deux ans plus tard, il renaît sous un autre nom : le Traité de Lisbonne. Plus question cette fois de demander au peuple européen son accord. Un seul pays sur 27 sera consulté sous forme d’initiative populaire : l’Irlande. Mais les Irlandais sont têtus : l’Irlande dit Non ! Alors, l’année d’après, les Irlandais revotent. Et enfin, l’Irlande dit Oui. Qu’importe les Non dans le royaume d’en haut ! Un Non devient toujours un Oui ! En 2008, le nouveau Traité européen est adopté. Voilà un exemple concret de toutes les entourloupes d’en haut pour confisquer la parole d’en bas.

    Aujourd’hui, pendant que le feu couve et se répand dans les chaumières d’en haut, un extincteur RIC est lancé ! Alors Edouard Philippe, le visage plein de suie et suffocant, ouvre grand sa porte, jusqu’alors fermée à double tour : « Je ne vois pas comment on peut être contre le principe du RIC ! ». Les gilets jaunes voulaient destituer le système de ceux d’en haut ! Les gilets jaunes voulaient renverser Macron ! Le RIC est en train de sauver et l’un et l’autre !

    Le « RIC en toutes matières » fait croire qu’il peut modifier une Constitution, un Traité, congédier un élu ou un président pour changer les règles du système ! Or cela fait bien longtemps que le système politique est soumis au système économique ; cela fait bien longtemps que les décisions nationales ignorent ceux d’en bas ; cela fait bien longtemps aussi que les décisions nationales sont soumises au système globalisé d’en haut. Il suffit simplement d’écouter Laurent Fabius, l’actuel gardien de la Constitution française, pour comprendre comment tout référendum d’en bas sera toujours balayé juridiquement par les élites mondialisées d’en haut : « D’une façon générale, nous devons inscrire nos décisions dans le contexte international et notamment européen. »

    Concrètement, si les Gilets jaunes proposent un RIC pour mettre fin aux concessions privées des autoroutes octroyées à Vinci, il sera refusé au nom de la croissance, de la concurrence libre et non faussée, des traités internationaux… Alors ceux d’en haut nous expliqueront dans leur jargon habituel que cette proposition d’initiative citoyenne n’est pas constitutionnelle. N’est pas conforme à la Constitution tout ce qui est contraire à la loi du marché ! Est conforme à la Constitution tout ce qui est conforme à la loi du marché ! Un « RIC en toutes matières » est donc par principe impossible.

    Pour ceux qui en doutent encore, les Croates, membres de l’Union européenne depuis 2013, ont déjà la possibilité de proposer des RIC. En 2014, 530.000 citoyens, soit 25 % de la population, avaient soumis un référendum d’initiative citoyenne contre la privatisation des autoroutes de leur pays. Verdict ? « La Cour constitutionnelle croate a confirmé que la question posée par les citoyens n’était pas en conformité avec la Constitution, et qu’il n’y aurait donc pas de référendum. » CQFD.

    Mes chers amis, ce gouvernement n’a pas été sage, et ne le sera jamais. Ne leur offrons pas un si joli cadeau de Noël !

    À Nous.

    https://lundi.am/Lettre-jaune-14-Un-petit-RIC-et-puis-s-en-vont


  • COULEUR GROGNE
    En reprenant le drapeau et l’hymne de la république bourgeoise, les gilets jaunes abandonnent toute volonté révolutionnaire pour une soumission réformiste conservatrice. Le RIC ne comblera pas le vide d’un mouvement aux apparences insurrectionnelles. Les frondeurs ne veulent pas renverser le système d’exploitation mais seulement la chute du régime sans toucher à la dictature économique. Si le capitalisme semble avoir gagné, c’est qu’il s’est rendu maître des représentations et des apparences. Mais dans le fond il a déjà perdu la guerre sociale parce qu’il a ruiné son avenir.


  • SUR LA ROUTE D’EXARCHEIA

    Un film documentaire de Eloïse Lebourg et Maxime Gatineau, de 57 mn, récit d’un convoi solidaire en utopie.
    Le 28 mars 2017, un mystérieux convoi de 26 fourgons venus de France, Belgique, Suisse et Espagne arrive au centre d’Athènes, dans le quartier rebelle d’Exarcheia. Les chaînes de télé grecques évoquent une grave menace. Le ministre de l’intérieur annonce qu’une enquête est ouverte. La fabrique de la peur tourne à plein régime. En réalité, il s’agit d’un convoi solidaire qui vient apporter un soutien matériel, politique et financier au mouvement social grec et aux réfugiés bloqués aux frontières de l’Europe. Parmi les 62 visiteurs, 4 enfants participent à cette aventure humaine : Achille, Nino, Capucine et Constance. Ce film raconte cette odyssée fraternelle et rend hommage aux solidarités par-delà les frontières.

    https://vimeo.com/284106841


  • NI RIC NI RÉPUBLIQUE NI RÉCUPÉRATION

    Nous ne voulons plus d’illusions démocratiques qui permettent de faire passer une dictature économique. Nous voulons reprendre le pouvoir sur nos conditions d’existence.

    Rendre le pouvoir au peuple c’est donner tout le pouvoir aux assemblées de la population, réaliser une auto-organisation égalitaire, par la base à tout les niveaux, sans parti ni représentant, où les mandataires temporaires sont révocables à tout moment.

    Nous ne voulons pas gérer le désastre d’un système mortifère, imposé et indiscutable qui accentue sans cesse des inégalités insupportables. Nous ne tolérons plus le droit divin qu’une petite minorité d’accapareurs de richesses s’est donnée en usurpant tous les pouvoirs par l’instauration d’un système économique, qui grâce à ses serviteurs bureaucratiques et son État policier, impose sa tyrannie à une population asservie.

    Nous ne nous laisserons pas berner d’illusions soi-disant démocratiques où la liberté se restreint aux choix de ses maîtres, au choix de la forme de son esclavage, où l’égalité n’est plus qu’une escroquerie bureaucratique.

    Nous refusons les référendums parcellaires et les nouvelles républiques bourgeoises, illusions politicardes qui n’ont d’autre but que celui de nous faire accepter notre exploitation par le travail et notre aliénation par la consommation. C’est notre existence qu’on nous vole, notre vie qui nous échappe au profit de représentations marchandisées.

    Nous ne voulons pas le pouvoir, mais seulement pouvoir vivre dans la liberté et l’égalité générale, et non pas survivre dans une servitude misérable. Gilets jaunes ou prolétaires, reversons ce système inhumain par une révolution de tous les moments en tout lieu.

    Terriens révoltés




  • POUR UNE JOURNÉE DE RÉSISTANCE SIMULTANÉE, SANS FRONTIÈRES, LE 10 DÉCEMBRE 2018, CONTRE LE DURCISSEMENT DU CAPITALISME ET DE LA SOCIÉTÉ AUTORITAIRE

    Partout dans le monde, au prétexte de la dette des États, le pouvoir ne cesse d’accroitre les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres et de détruire la planète.
    Partout dans le monde, ce recul de nos droits et ce saccage de la vie s’accompagnent d’une amplification de la surveillance et de la répression contre tous ceux qui s’y opposent.

    Partout dans le monde, le pouvoir tente de diviser pour mieux régner en détournant la colère sur le dos des migrants qu’il fait passer pour les principaux responsables du malheur des opprimés.
    Partout dans le monde, le fascisme ne cesse de monter, stade ultime du capitalisme, paroxysme de la société autoritaire, prêt à éliminer ses opposants et tous ceux qui lui déplaisent.

    Partout dans le monde, le pouvoir se prétend légitime au prétexte, d’une part, de lois qu’il écrit lui-même pour conserver et renforcer sa position, et, d’autre part, d’élections périodiques qui n’ont rien de démocratiques puisqu’elles sont le produit de la fabrique de l’opinion par les médias de masse qui appartiennent à la classe dominante.

    Partout dans le monde, le pouvoir usurpe sa position et nous vole nos vies.
    À la différence des classes opprimées du 19ème siècle, au temps où elles commencèrent à s’organiser au niveau international et à se révolter, nous sommes aujourd’hui face à deux problèmes nouveaux qui s’ajoutent aux précédents : la course contre la montre technologique face à un pouvoir qui ne cesser de se renforcer grâce à de nouveaux moyens de surveillance et de répression, ce qui rappelle les œuvres prophétiques de Orwell et de Huxley, et la course contre la montre écologique face à un capitalisme qui, en plus de nous exploiter, arrive maintenant à un stade où la destruction de la Terre sera bientôt irréversible.

    Nous ne pouvons donc plus attendre. Nous ne pouvons plus nous contenter de lutter chacun de notre côté, chacun à l’intérieur de nos frontières, chacun dans le cadre de nos luttes spécifiques sur toutes sortes de sujets, chacun avec nos différentes façons de penser et d’agir.

    Il devient urgent de faire converger nos résistances, un jour par mois, à compter du 10 décembre 2018 et, par la suite, tous les 10 de chaque mois, en même temps, partout dans le monde, parallèlement à nos luttes locales quotidiennes.

    Nous proposons un jour par mois d’actions simultanées contre le durcissement du capitalisme et de la société autoritaire. Un jour par mois pour rappeler partout que cette lutte est globale. Un jour par mois pour évoquer l’urgence de nous mobiliser partout et d’en finir avec le pouvoir et l’exploitation. Un jour par mois pour entrer dans un compte à rebours, reprendre confiance en nous, devenir plus nombreux, et préparer ensemble la fin de la société autoritaire et du capitalisme.

    Le 10 de chaque mois est le premier jour à deux chiffres, comme un changement d’ère, d’époque, de maturité. Car nous devons sortir de la préhistoire politique et économique de l’humanité avant qu’il ne soit trop tard.
    Parmi nous, pas de chef, pas de responsable, pas de direction syndicale, pas de bureau d’un parti, pas d’homme providentiel, pas de d’avant-garde éclairée : nous proposons uniquement et simplement un jour de convergence globale par mois, mais nous ne voulons en rien diriger ni coordonner quoi que ce soit. Juste donner une impulsion de départ, avec ce texte et les actes qui vont s’ensuivre.

    Nous ne proposons pas non plus une marche à suivre, une façon de faire, un cadre précis à nos actes ce jour-là : à chacun de lutter comme il l’entend là où il se trouve et de cibler ce qui lui semble important. Descendre dans la rue un même jour, partout dans le monde, est déjà quelque chose d’important, ne serait-ce que pour parler et préparer la suite en occupant des places, des terres, des usines, et plus, beaucoup plus, si certains le souhaitent.

    À chacun d’imaginer sa façon de résister ce jour-là et de la faire savoir, éventuellement avec des photos ou des vidéos, à travers nos médias libres et autogérés partout dans le monde, comme les indymedia, par exemple.
    À chacun de traduire dans d’autres langues ce message et de le propager, sur Internet et jusque sur les murs des villes, pour que chaque 10 du mois, nous soyons toujours plus nombreux et plus déterminés.

    Personne ne nous libérera que nous-mêmes : c’est à nous de prendre au plus tôt nos vies en mains.
    Le pouvoir n’est pas à conquérir, il est à détruire.

    Des anarchistes, libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes et anti-autoritaires de plusieurs régions du monde (Grèce, France, Argentine, Espagne, Algérie, Italie, Mexique, Belgique, Canada, Allemagne…)


  • CES MILLIARDAIRES QUI NOUS FONT LES POCHES
    Interview de Denis Robert
    Théophile Kouamouo a reçu le journaliste d’investigation Denis Robert. Dans son dernier livre « Les Prédateurs : des milliardaires contre les États », il traque les profits de deux milliardaires discrets passés maîtres dans l’art de piller les États, dont la France : le Canadian Pierre Desmarais et le Belge Albert Frère. Ils sont notamment impliqués dans le rachat de GDF Suez, dans le scandale de la vente de Quick à caisse des dépôts et des consignations, dans le scandale UraMin, et le scandale Petrobas au Brésil.
    https://youtu.be/aCcjA7QVUdY



  • Quelques lignes sur la fin du monde
    http://inventin.lautre.net/contributions.html#findumonde

    D’autres l’avaient prévu, mais nous sommes en train de le vivre : la fin du monde est un spectacle de plus. Cet arrêt de mort qui concerne tout le monde ne semble concerner personne, et surtout ne nécessiter aucune action digne de ce nom. Jamais il n’a été plus brûlant que la réalité soit transformée, et jamais elle n’a été si désertée au profit de son reflet spectaculaire.


  • L’imposition sur les bénéfices des entreprises a baissé de plus de 20 % en 50 ans, et 100 % pour les évadés fiscaux aujourd’hui protégés par le gouvernement.
    La seule politique des pouvoirs gestionnaires de la dictature économique, c’est toujours plus de chômage et plus d’exploitation au travail, plus de radiation de Pôle Emploi pour truquer les chiffres, toujours plus de flics et de militaires…
    Que la fascisme économique crève avant qu’il ne nous crève !
    Pas de trêve à nos rêves.


  • L’imposition sur les bénéfices des entreprise a baissé de plus de 20 % en 50 ans, et 100 % pour les évadés fiscaux aujourd’hui protégé par le gouvernement.
    La seule politique des pouvoirs gestionnaires de la dictature économique, c’est toujours plus de chômage et plus d’exploitation au travail, plus de radiation de Pôle Emploi pour truquer les chiffres, toujours plus de flics et de militaires…


  • CONDITIONNEMENT TOXIQUE

    La culture dominante, le formatage de l’éducation, l’abdication aux idéologies économiques, les pressions médiatiques répandues en permanence par les technologies de l’information nous influencent malgré nous, à petites doses sur le long terme. Nous nous adaptons à ces contraintes de manière inconsciente, devenant peu à peu malléables et manipulables, dans une accoutumance pouvant aller jusqu’à une réelle toxicomanie psychologique.
    Croire que ce que l’on voit est la seule véritable réalité est un principe erroné. Il s’agit de comprendre comment notre point de vue n’a plus besoin de partir du constat d’un monde objectif véridique, unique et indépendant de l’être humain qui le décrit, réalité extérieure où évoluent des individus subjectifs soumis à cette réalité étrangère, mais plutôt d’hommes libres vivant dans un monde partagé, composé de multiples réalités personnalisées dépendantes de la situation.

    Il s’agit de voir ce que cela peut nous apporter ; quel intérêt pour appréhender les nouveaux changements d’envergures qui ne manqueront pas d’arriver ; quelle importance cela peut avoir pour dépasser les contradictions insurmontables qui s’annoncent, et pour détourner les conflits qui menacent de se répandre en cette fin de civilisation, période où s’achève une société en ruine où tout dysfonctionne, et où le “chacun-pour-soi “ entraîne une guerre barbare de tous contre tous.

    Il y a urgence de développer des pratiques ouvertes sur de nouvelles possibilités collectives par l’utilisation d’une pensée dialectique situationnelle et antiautoritaire, qui seule nous permettra d’effectuer le renversement de perspective nécessaire à la construction collective d’un changement radical, et ceci, avant de ne plus pouvoir ne pas sombrer, emporté par l’écroulement d’un système nécrosé en décomposition.
    Il est maintenant primordial, dans cette société dite de communication où prolifèrent les prothèses communicantes, là où la communication brille par son absence, de bien comprendre comment fonctionne la communication entre individus, base de la vie sociale, afin de ne pas rester bloquée par ses pièges qui pullulent de partout. Les productions de marchandises de “non-communication », développées par la caste dominante, nous enferment dans des représentations mises en spectacle, envahissant tout l’espace, tout le temps.

    Libérer notre manière d’appréhender le monde de cette aliénation pathologique, nous permettra de nous reconstruire une vie commune dans l’auto-organisation libertaire d’un nouveau monde humain, devenu incontournable en cette fin de société, où règnent confusions et barbaries. Notre pensée contextuelle sans certitude, avec ses contestations dialectiques, est incontrôlable, car elle ne sera pas comprise ni récupérée par les gens de pouvoir. Ils sont dans l’incapacité d’appréhender le vécu dans ses contradictions à partir d’un extérieur possible, un devenir désiré émergeant dans son expérimentation situationnelle, un combat en codérives incertaines et créatives.

    En quelques années, la société marchande s’est mondialisée et informatisée de toutes parts. La confusion a envahi le monde de la pensée, par de nouvelles convictions aveugles, des croyances absolues. La réflexion s’est figée dans la contemplation d’une réalité immuable, qu’on ne peut plus remettre en question. Notre conception du monde a été insidieusement polluée par les médiations d’une réalité mise en représentation par les multinationales de la communication. Nos représentations ont été conditionnées, et ont modifié nos perceptions des réalités qui nous sont devenues étrangères. Nous avons été possédés par la dépossession de notre monde directement vécu. Cette séparation toxique nous a dessaisies de tout pouvoir sur nos conditions d’existence, et les possibilités de changement réel nous apparaissent inaccessibles.

    L’économie n’est qu’une façon de regarder le fonctionnement de la société qui donne à tout ce qui existe, une valeur marchande. Le marché dirige le monde, et les décideurs essaient de suivre sans vraiment comprendre. Avec l’abandon des régulations et la privatisation des décisions par la libéralisation du marché, les dirigeants de l’État ont perdu le pouvoir sur l’économie et la finance, et se retrouvent réduits aux fonctions de simples gestionnaires d’un système qui leur échappent. Alors que tout se complexifie dans de multiples interactions mondialisées, les experts, référents de l’exactitude, spécialiste de leur domaine restreint, sont dépassés par les évènements. Parce qu’ils ne peuvent pas concevoir d’ailleurs à leur totalitarisme économique, les décideurs ne peuvent pas comprendre le système dans son ensemble, n’ayant aucun recul, et c’est pour cela qu’ils ne peuvent pas le gérer rationnellement.

    La majorité des hommes ne voient pas, ou refusent simplement d’admettre, l’agonie du dieu économique, intoxiqué par ses contradictions, et ce, à cause de l’anxiété qui en découle. La mort de l’économie capitaliste commençant à devenir largement envisagée, le désespoir croît et le nihilisme gagne du terrain. Quand le capital menace de s’écrouler comme un château de cartes de crédit, et que l’argent conditionne toutes relations, c’est l’échange généralisé sous la forme barbare du non-partage, le profit égoïste comme seule morale, qui produit l’escroquerie générale, qui répand la misère et la confusion.

    On ne voit que ce que l’on veut bien voir. L’observateur modèle sa vision à son image sans s’en rendre compte, il crée ainsi sa propre réalité intransigeante. C’est alors que nos croyances conditionnent nos perceptions et nos actes. Lorsqu’elles sont partagées par un grand nombre elles constituent un environnement propice, un système sectaire qui renforce cette croyance en une doctrine systématique intransigeante.
    En séparant le monde du sujet observant, on le réduit à une réalité d’objets extérieurs, étrangers au sujet agissant. Le monde est alors objectivé, c’est-à-dire transformé en une accumulation d’objets séparés du vécu. Un monde objectif apparaît comme la seule réalité apparente d’un monde en représentation qu’on ne peut plus saisir directement. L’objectivation réalise son objectif qui est de prendre tout phénomène comme objet de commerce, réifiant l’existence dans ses interactions avec les autres. Toute relation devient échange de marchandises dont on doit, à tout prix, tirer profit aux dépens de l’autre.

    Les rapports marchands, ayant envahi tout le temps et tout l’espace disponible, s’imposent de partout par un automatisme des attitudes. La répétition de certaines situations entraîne une prédisposition réflexe à la reprise de comportements familiers, intégrés comme étant opérationnels. La stéréotypie des habitudes échappe à toute volonté. Les automatismes accommodateurs procèdent par associations analogiques ou par adaptations systématiques à un contexte spécifique, ils déclenchent des procédures inconscientes empêchant la réflexion et rendant inaccessible toute remise en question. La répétition des routines crée l’accoutumance qui engendre des attitudes conservatrices dans une conformité autoprotectrice. C’est un sous-programme tournant en arrière-plan qui n’autorise aucun changement. On croit tout comprendre sans se rendre compte qu’on ne cherche même plus à comprendre.
    On pense trop souvent que ce que l’on voit ou entend est vrai parce que “ça” existe, et que c’est la bonne réalité qu’il faut apprendre aux autres qui ne la partage pas. On doit absolument les convaincre et les persuader. Tant que nous ne permettrons pas aux autres d’être eux-mêmes, comme ils l’entendent, et à nous-mêmes d’être libres de nos choix, il sera impossible de ne pas chercher à posséder les autres, à les soumettre à sa convenance, impossible d’aimer authentiquement, sans névrose, un autre être humain.

    La réalité est une croyance qui n’est pas dans ce qui est observé, mais dans la relation qu’a l’observateur avec des gens qui ne croient pas à la même réalité. Les choses ou les évènements ne sont réels que relativement à la manière dont on les observe. L’explication de l’observateur dépend des rapports qu’il a avec la réalité dont il parle. Le mot n’est qu’une étiquette d’une opération, mais pas la chose elle-même. C’est l’opération d’observation qui fait distinguer les choses et les phénomènes, et par là même, les fait exister. On n’observe pas des objets, on les contextualise dans nos relations avec les autres.
    L’expérience du monde réel n’est pas séparée de nous, sa réalité ne nous est pas extérieure, nous l’expérimentons avec d’autres et l’incarnons en la vivant. C’est notre monde que nous construisons à partir de ce que nous en percevons, que nous formalisons avec nos interprétations et lui donnons du sens avec nos représentations. Quand nous comprenons notre expérimentation du monde, nous faisons corps avec lui, il ne nous échappe plus, et nous pouvons commencer à nous le réapproprier. C’est alors que l’on peut reprendre librement le pouvoir sur notre vie.

    Lukas Stella
    INTOXICATION MENTALE,
    représentation, confusion, aliénation et servitude, 2018 (extraits du premier chapitre).

    http://inventin.lautre.net/linvecris.html


  • INTOXICATION MENTALE
    Représentation, confusion, aliénation et servitude

    Nous oublions trop souvent que nos points de vue varient selon les situations, notre histoire et notre culture. Si notre mode de vie influe sur nos perceptions, voir d’une certaine façon crée sa propre réalité. Nous survivons sous influence d’un système qui formate nos conditions d’existences.

    De notre éducation jusqu’au travail et son monde de fétiches, les religions, les croyances et les idéologies manipulent notre esprit. Le matraquage publicitaire nous bourre le crâne de clichés et de comportements à reproduire pour se donner l’illusion d’exister dans la mise en scène de nos apparences. Dépossédés de nos personnalités nous sommes conditionnés par nos représentations spectaculaires.

    Intoxiqués par nos prothèses numériques, programmés par des machines omniprésentes, emportés par un désastre de confusions, nous sommes aliénés dans une soumission béate, une consommation exaltée et frénétique.

    Mais cette intoxication mentale n’est que superficielle et manque de cohésion. Tout n’est qu’affaire d’apparences trompeuses se fissurant à la surface des choses marchandes en perte de crédit. Cette société en faillite dysfonctionne et se désagrège, mais renaît aussitôt par métamorphose à l’envers du décor.

    « L’expérience du monde réel n’est pas séparée de nous, sa réalité ne nous est pas extérieure, nous l’expérimentons avec d’autres et l’incarnons en la vivant. C’est notre monde que nous construisons à partir de ce que nous en percevons, que nous formalisons avec nos interprétations et lui donnons du sens avec nos représentations. Quand nous comprenons notre expérimentation du monde, nous faisons corps avec lui, il ne nous échappe plus, et nous pouvons commencer à nous le réapproprier. C’est alors que l’on peut reprendre librement le pouvoir sur notre vie. »

    Lukas Stella
    http://inventin.lautre.net/linvecris.html#intoxment



  • CHANGER LA CONTRAINTE DU TEMPS ?..

    Ni heure d’hiver ni heure d’été ! Nous voulons l’heure solaire, soit une heure plus tard que l’heure d’hiver. Selon le temps universel, l’heure naturelle c’est le soleil à son point culminant à midi, au zénith à la mi-journée.

    L’heure d’été, que certains imbéciles préconisent, est fixée 2 heures plus tôt que l’heure scientifique. Ceux qui magnifient le travail esclavage pour les profits d’une petite minorité, glorifient ceux qui se lèvent tôt pour trimer.
    Nous voulons nous libérer de la contrainte temporel imposé par le travail. Le temps n’est qu’une construction mentale, une représentation simplificatrice.

    Ne respectons plus le découpage temporel imposé par le capital exploiteur, cette contrainte mensongère, fondement de l’escroquerie économique.

    C’est une dictature qui détruit les harmonies de la vie, un vaste désastre inhumain.


  • LA CRISE GRECQUE EST-ELLE FINIE ?
     
    Aujourd’hui, 20 août 2018, c’est la fin officielle du plan d’aide à la Grèce qui, selon les dirigeants européens et les médias, serait enfin sortie de la crise grâce à la cure d’austérité.
     
    Qu’en pensent les premiers concernés ? La crise grecque est-elle vraiment finie ?
    Réponse collective dans cette vidéo de Yannis Youlountas de 4 minutes.
    https://www.youtube.com/watch?v=nXnA6o4DDH8


  • NOUVELLES VAGUES RÉVOLUTIONNAIRES

    Devant l’expansion de la guerre au Moyen-Orient et les nouvelles vagues révolutionnaires en Iran-Irak : Vers une rencontre internationale au Kurdistan 

    Au cours des dernières décennies, la société capitaliste dans son ensemble se divise de plus en plus en deux grandes armées ennemies se faisant directement face : la bourgeoisie et le prolétariat. Notre époque, l’époque de l’approfondissement de la crise industrielle et commerciale mondiale et donc de l’intensification de la lutte des classes dans le monde a déjà franchi diverses étapes de développement, à travers lesquelles le prolétariat a dépassé sa première phase des phénomènes isolés et sporadiques. La croissance de la guerre de classe prendra de plus en plus une forme toujours plus internationale. Et malgré la guerre capitaliste au Moyen-Orient, et les nouvelles tentatives du capitalisme mondial pour élargir le cercle de la guerre sous prétexte de démanteler les armes nucléaires de l’Iran, le prolétariat de cette région s’est engagé dans l’actuelle vague internationale de lutte des classes. Les grèves et les manifestations en Iran se sont étendues à plus de 249 villes dans l’ensemble des 31 provinces iraniennes. Ces vagues révolutionnaires n’avaient pas pris fin en Iran que le prolétariat en Irak entrait à son tour dans cette arène de lutte historique.

    En juillet 2018, une nouvelle vague de lutte de classe s’est déclenchée en Irak, avec 30 victimes tuées et 700 blessées au cours des 10 derniers jours, plus de 50 policiers et agents de sécurité ont été blessés – le prolétariat en Irak a également commencé à se déplacer vers la scène universelle de la lutte des classes. Au cours de la même semaine, des manifestations ont éclaté dans toutes les villes du centre et du sud de l’Irak, où des dizaines de manifestants ont été blessés et des centaines arrêtés. Des manifestants ont attaqué un palais de justice, le quartier général du gouvernorat, le quartier général du Hezbollah irakien à Nadjaf, incendiant leur bureau et provoquant la suspension du trafic aérien. Les manifestants de Nadjaf ont occupé l’aéroport international et incendié les bâtiments de la municipalité. Le gouvernement a coupé l’Internet et bloqué les médias sociaux et il a lancé un ordre national aux forces de sécurité d’être en alerte maximale afin d’endiguer le mouvement révolutionnaire. Et au contraire, la ville de Bagdad a rejoint le mouvement. Enfin, le mouvement a montré son développement dans des tentatives répétées de mise en place de comités à Bagdad qui est une tentative de coordonner les manifestations dans tout le pays.

    Tous ces événements témoignent de la montée en puissance du prolétariat, non seulement en nombre, mais en concentration dans des masses plus grandes. C’est une preuve que le mouvement a une capacité intérieure tendant à l’auto-organisation et l’auto-armement du prolétariat. Et tandis que des manifestants partout en Irak criaient : « Révolution de la faim », et confirmaient ce qu’une agence de l’ONU affirmait en avril 2017 en disant que plus de la moitié des familles irakiennes risquaient d’avoir faim à cause de la guerre contre Daech ; aux yeux des différentes écoles du socialisme et du communisme bourgeois, ces événements ne sont rien de plus que des conflits entre l’Islam et la Démocratie, les Chiites et les Sunnites, les Arabes et les Kurdes. Ils sont donc à la recherche d’une nouvelle doctrine politique, une philosophie ou une science pour créer les conditions du mouvement et, partant, de la société qu’ils imaginent. Main dans la main avec les différentes catégories de bourgeois, ils s’efforcent constamment de faire reculer le mouvement prolétarien et de réconcilier les classes sociales en transformant la forme religieuse de l’État en un État véritablement laïque, accompagné de la protection de la liberté et l’établissement d’un Etat laïc en Irak et en Iran et d’un État démocratique indépendant pour le peuple kurde où le pouvoir politique est autorisé et contrôlé par le peuple à travers ses partis politiques élus, et en transformant ainsi l’antagonisme de classe en conflits nationaux et en conflits entre la démocratie et le fascisme ou entre la laïcité et la religion, alors que la tâche des socialistes et des communistes est de rejeter tout ce qui dans leur littérature atténue le conflit entre les classes sociales. Ces différentes écoles du gauchisme ne voient rien d’autre que la contradiction entre l’État politique et la société civile, entre l’État et les droits de l’homme de sa citoyenneté, même si une telle société exempte d’antagonisme de classe n’existe que dans l’imagination. L’antagonisme social reflète l’existence de deux classes sociales antagonistes : la bourgeoisie et le prolétariat. Dans cet antagonisme, la bourgeoisie représente partout le parti conservateur et le prolétariat représente le parti destructeur de la société. Ainsi, le mouvement spontané et l’organisation graduelle du prolétariat partout dans le monde n’est rien de plus que l’identification de la structure de classe similaire des différents pays qui crée une base internationale pour les actions communes du prolétariat.

    De ce point de vue, des militants au Kurdistan proposent une rencontre internationale dans notre région. En l’honneur des progrès constants du mouvement prolétarien, nous invitons tous les socialistes, communistes et anarchistes internationaux désireux de développer des liens entre des individus et des groupes révolutionnaires. Cette avancée est une base réelle pour des activités internationales communes et de telles réunions peuvent constituer une base pour une grande conférence internationale dans un proche avenir. Le but de cette réunion est d’établir premièrement un comité international pour l’échange d’informations sur les questions intéressant les prolétaires de tous les pays et de discuter des tâches pratiques liées à la lutte des classes, d’organiser des réunions périodiques, de créer un site web commun, de collecter des fonds pour accomplir des tâches spécifiques, etc. La réunion peut au moins briser l’isolement entre les internationalistes et sera une expression des intérêts communs du prolétariat mondial. Elle peut déterminer un centre pour ces tâches communes et faire un programme commun pour tous les groupes internationalistes. Ce sera au moins une réponse commune internationale à l’alliance capitaliste qui exorcise le spectre de la révolution sociale. La seule réponse à cette alliance capitaliste, surtout pour étendre la guerre, c’est la guerre révolutionnaire du prolétariat. De la militarisation capitaliste permanente, qui est le plus grand fait fondamental de notre époque, découle indubitablement l’armement du prolétariat. Ce phénomène, le phénomène de l’armement prolétarien, qui a été une réalité en Irak/Kurdistan, même s’il n’en est qu’à ses prémisses, repose sur tout le développement du militarisme capitaliste de notre époque. C’est l’accomplissement de la condition matérialiste historique de la révolution prolétarienne.
     
    Des militants au Kurdistan, Irak, le 24 juillet 2018
    http://www.myinternetpages.com/meetingfrench.html


  • ACCÈS LIBRE À L’AMOUR ET LA RÉVOLUTION

    Nouveau film « L’amour et la révolution » de Yannis Youlountas, téléchargeable en version juillet 2018.
    Après quelques péripéties, puis deux mois de tournage supplémentaires en juin et juillet, nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie du film « L’Amour et la révolution » dans sa version finale actualisée. Parmi les nouveautés : la naissance d’une ZAD en Crète contre le projet d’un nouvel aéroport, l’échec du grand procès de Rouvikonas ou encore une réponse collective à l’affirmation incroyable selon laquelle la crise grecque serait finie ! Le film est désormais en accès libre sur Youtube.
    https://www.youtube.com/watch?v=wNSfoTYY3hA


  • MACRON, OU LE RETOUR DES MILICIENS

    Le journal Le Monde, révèle ce mercredi 18 juillet qu’un haut responsable du parti au pouvoir, et très proche du Président de la République a tabassé des manifestants le 1er mai dernier, à Paris.

    Alexandre Benalla se serait porté volontaire pour « assurer le maintien de l’ordre » aux côtés des policiers. C’est donc en tant que milicien volontaire, en dehors de tout cadre légal, qu’on lui a prêté un casque de policier, et qu’il a commis des exactions volontaire sur les opposants au gouvernement.
    Notamment le tabassage en règle d’un manifestant au sol. Des méthodes de mafieux, ou de fascistes. Ces violences volontaires ont été filmées.

    Alexandre Benalla a été chargé de la sécurité de Macron. Il est aujourd’hui chargé de mission à l’Elysée, au sein du cabinet présidentiel. Il fait donc partie de la garde rapprochée du président.

    Des proches du gouvernement peuvent aller cogner impunément des opposants, avec l’accord de l’Etat qui leur offre du matériel de police. Cela ne se passe pas sous l’Ancien Régime. Ni à Téhéran, Moscou ou Caracas. Mais à Paris, en 2018, sous le règne de Macron.

    Source :
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/07/18/le-monde-identifie-sur-une-video-un-collaborateur-de-m-macron-frappant-un-ma

    https://www.youtube.com/watch?v=MDSmwM6Z3hU

    • Alexandre Benalla licencié ! Enfin une pétition victorieuse :)
      À la lecture des articles, le dircab de Macron Patrick Strzoda semble administrer la milice, il doit faire valoir ses droits à la retraite en octobre, il pourrait anticiper. À moins que le milicien en sache décidémment trop sur le fric de la campagne ou d’autres turpitudes...

      En attendant la suite, un chef de parti, une garde des sceaux, un président de l’Assemblée nationale et un président de groupe accordant leurs violons hier

      #affaire_d'État

    • Donc le gars qui est responsable de la sécurité du président et qui va se délasser un jour chômé en s’adonnant à un loisir un peu pervers, mais très à la mode, tabasser du manifestant, il intervient assez lâchement, nous l’avons vu, en étant finalement sous la protection des CRS autour de lui, et donc je pose la question, soit les CRS autour de lui sont au courant de qui il est et ils sont complices, ou soit encore ils ne savent pas qui le type est et ils n’interviennent pas pour protéger les deux jeunes personnes attaquées, et là ce n’est plus de la complicité mais non assistance à personnes en danger (qui plus est dans l’exercice de leur fonction qui est justement de protéger la population).

    • Cette milice (ils étaient trois ou davantage) agit sous le contrôle « administratif » du dircab de la présidence, l’ex préfet de Ille et Villaine qui a géré la flicaille à Rennes, Patrice Strzoda qui étaient parmi les préfets donnant pour consigne orale (?) aux policiers de pas exhiber leur « numéro d’immatriculation administrative » (loi de sécurité 2017) / matricule.

      Il est vraisemblable que les diverses attaques dont LREM a été l’objet partout en France (meetings perturbés, interpellations publiques, permanences vandalisées) a convaincu tout ce beau monde qu’une extrême gauche et des anarchistes allait continuer à s’en prendre à Salcon et qu’il fallait prendre les devants par l’action (on ne sait pas trop ce qu’il en est en matière de renseignement).

      Ils sont pas bien malins, tout le monde l’aura compris. Mais c’est bien le préfet de Paris qui intègre à ses troupes ces deux observateurs auréolés du prestige Élysée (ça s’entend « laissez nous les coudées franches »). Par exemple pour passer vraiment pour un baqueux, il aurait été de bon ton d’utiliser une matraque télescopique et d’avoir un casque qui ne soit pas très étonnamment siglé CRS (usuellement ils ont des casques civils), et mieux, de mettre une cagoule ou de se masquer ( ce que font les policiers, y compris en uniforme).

      A priori, même schéma qu’à la fac de Montpellier où c’est le recteur lui même qui coordonnait les profs et doctorants qui ont fait office de nervis pour attaquer les étudiants en lutte. Ils aiment les patrons, il leur en faut.
      Ce qui est dur pour Salcon dans cette affaire est que le geste initial (ne pas se débarrasser d’un collaborateur filmé à diverses reprises lors d’actions troubles) semble devoir être tenu pour des raisons qui pourraient être impératives (le fric de la campagne, durant laquelle Benalla n’était pas armé pour des prunes ? d’autres affaires).

      #terroriser

    • Ce qui m’étonne dans cette histoire, c’est l’amateurisme incroyable de l’Elysée qui envoie un de ses proches, quasiment à visage découvert, pour faire la basse besogne. Pourquoi envoyer un type aussi aisément reconnaissable et aussi proche du chef de l’état ? Ca n’a aucun sens. Si ce Benalla s’est simplement laissé emporter par son « enthousiasme » sans avoir obéi à des ordres directs dans ce cas précis, c’est tout aussi incroyable, voire plus incroyable encore : comment votre présidence peut-elle embaucher un type pareil à un poste pareil ? Il n’y a aucune évaluation psychologique lors d’une embauche ? En Belgique c’est incontournable.

    • @marie_lou, je pense que nos bonshommes se lâchent, que leur arrogance se déchaîne. Macron président qui se met à tapoter la tête du pape, à se déchaîner comme un supporter en rut dans la loge VIP, ça correspond à une idée du pouvoir qui extrait du vil peuple et permet tout, comme d’aller casser du manifestant (et de la manifestante, si je me souviens bien) parce qu’on est assez proche du pouvoir pour en être aussi ivre. Ce n’est pas une surprise : on l’a vu, christique, lors de ses meetings, on se demandait s’il prenait des substances mais c’était ça : le pouvoir et les privilèges qu’il apporte dans notre pays. C’est une idée assez française, monarchiste, de se penser au-dessus des autres, des lois et de la morale. Il me semble que les chevilles enflent moins ailleurs.

      Peut-être qu’ailleurs on scanne les gens qui ont accès au pouvoir, qu’on s’inquiète qu’ils et elles soient psychologiquement équilibrées, mais en France c’est bien un certain déséquilibre qui est moteur chez ceux et celles qui ont soifs de pouvoir et qui espèrent pouvoir en être un jour ivres. Et derrière, on a toute une structure complaisante qui accorde ses passe-droits : pouvoir aller casser du gaucho avec une compagnie de CRS sous prétexte d’observation alors que plein de mini-fafs piaffent d’envie devant ce privilège.

    • @alain1, il y a bien des faits spécifiquement français, sans être essentiellement français. La Ve République est parmi les régimes les plus monarchiques au monde, ça encourage des personnalités un peu mégalo et qui ont moins le sens du compromis que dans les pays où gouverner, c’est faire alliance... Quant à savoir d’où elle vient, c’est peut-être d’un soubresaut de l’histoire, assez anecdotique mais qui s’est enkysté. Si on avait gardé la IVe, notre vie politique serait peut-être très différente. Je ne psychologise pas l’histoire et encore moins les peuples, j’observe des structures.

      « Monarchie ploutocratique » ? La ploutocratie, c’est un régime où une classe de riches gouverne, ça correspond assez bien au système US. Mais monarchique ? Il est présidentiel (et à ce titre un peu monarchique) mais les personnalités passent vite et les appareils restent, ce sont eux qui font la loi d’habitude. Je crois qu’ils sont rares, les moments où ils se font déborder par des individus seuls, comme l’était Trump en 2015 (seul avec son pognon et son bagout).

    • @aude_v Je pense que le pouvoir est une drogue, du moins il agit sur les hommes comme une drogue dont ils ne peuvent se passer pour vivre. ça me fait penser au Syndrome d’hubris. Ce sont des symptômes d’une maladie mentale récemment répertoriée qui se développerait durant l’exercice du pouvoir. Perte du sens des réalités, intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir. Ce n’est pas rassurant tout ça. Vu d’ici on sent que le peuple français gronde et il a raison d’être en colère...

      Ici aussi rien ne va notre gouvernement fédéral doit trouver 2,6 milliards d’euros pour maintenir son budget dans la trajectoire européenne. Nous avons une monarchie constitutionnelle, parlementaire dont la succession au trône est déterminée par primogéniture. Alors que le pays tout entier se voit imposer des mesures d’austérité. Cette monarchie inutile possède toujours des privilèges de l’Ancien Régime et ça coute 37millions d’euros au contribuable sans oublier l’entretien de plusieurs palais pour toute la famille royale. Mais chut ! Ce n’est pas correct de parler de tout ça. Si je commence, je n’arrêterais pas...

    • Encore inconnu du grand public il y a quelques jours, le profil d’Alexandre #Benalla se précise au fil des révélations. En déplacements officiels ou en vacances : le jeune homme de 26 ans à la carrure imposante n’est jamais loin d’Emmanuel #Macron.


      Dessin de Deligne pour #Urtikan.net
      http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/alexandre-benalla-emmanuel-macron-une-affaire-detat


    • Pas forcément :) Tu ne crains rien en France a dire ce que tu dis. Pour moi cela fait plus folklore.
      Après « enculé » c’est assez homophobe.
      Sur la concurrence c’est la base du capitalisme.
      Sur la critique du sport, tu trouvera des éléments de sociologie par ex. chez Jean Marie Bhrom.
      A mon avis l’intérêt de ta vidéo c’est vraiment la forme, et je pense qu’elle plaira a des adeptes du rap, mais c’est pas du tout mon centre d’intérêt. Désolé si tu t’es senti agressé par mon commentaire, mais de mon côté je vois aussi beaucoup de militant qui sont dans le folklorisme viriliste, avec une posture romantique révolutionnaire et je trouve ça ridicule et excluant vis a vis d’autres personnes.
      Mais bon, dans le cadre d’une vidéo ça reste cool, c’est plutôt dans les manifs que le problème se pose.
      Sinon je pense qu’on partage beaucoup de chose dans les critiques, mais je trouve étrange ta valorisation de la famille d’une part, ou encore dire que les personnes sont folles parce que elles acceptent le monde, alors que les expériences sociales de Milgram montre précisément l’inverse. Et le lien entre l’aluminium et Alzheimer a ma connaissance n’est pas établi.