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Craignosse, les turlutosses !

  • De 9 heures à 21 heures, six jours par semaine : l’émergence des rythmes de travail « 996 » dans les start-up françaises

    Portées par la course à l’intelligence artificielle, certaines start-up françaises valorisent l’engagement total de leurs salariés et la disponibilité permanente comme conditions de réussite.

    Le vrai sujet, c’est : est-ce que les meilleurs de ta boîte sont prêts à venir un dimanche pour régler les vrais problèmes ?

    https://www.lemonde.fr/emploi/article/2026/03/09/de-9-heures-a-21-heures-six-jours-par-semaine-l-emergence-des-rythmes-de-tra
    Quelqu’un.e aurait cet article en complet ?
    #996

    • Portées par la course à l’intelligence artificielle, certaines start-up françaises valorisent l’engagement total de leurs salariés et la disponibilité permanente comme conditions de réussite.

      « Tout le monde parle du 996, mais le vrai sujet, c’est : est-ce que les meilleurs de ta boîte sont prêts à venir un dimanche pour régler les vrais problèmes ? » La phrase est signée Jérémy Goillot, fondateur de The Mobile-First Company, start-up française créée en 2023, spécialisée dans les applications professionnelles, qui vient de lever 10 millions d’euros. Pour illustrer son propos, le dirigeant raconte avoir envoyé, un samedi soir, un message à son équipe : « Demain, 9 heures-19 heures, on se met en salle et on règle nos trois plus gros sujets. Vous êtes chauds ? » Le lendemain, quatre jeunes hommes, tous visiblement âgés de moins de 30 ans, ont répondu présent – la scène est immortalisée sur LinkedIn.

      Derrière la photo conviviale, le message est clair : pour intégrer la start-up, il faut accepter une forte implication et une disponibilité presque permanente, présentées comme des valeurs essentielles de la culture d’entreprise. Sans mentionner explicitement le « 996 », ce rythme de travail consistant à travailler de 9 heures à 21 heures, six jours par semaine, certains dirigeants de start-up en France en adoptent déjà la philosophie et n’hésitent pas à s’en vanter sur les réseaux sociaux : travail le week-end, disponibilité étendue, mise à distance de toute vie extérieure à l’entreprise.

      Ce rythme extrême, aux allures de « dépassement de soi », porté par les success stories américaines de la Silicon Valley, s’est intensifié avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA) outre-Atlantique. A titre d’exemple, Daksh Gupta, président de la start-up américaine Greptile, résumait récemment pour le San Francisco Standard la norme chez les jeunes entrepreneurs là-bas : « Pas d’alcool, pas de drogue, 996, gym, courir, se marier tôt, surveiller son sommeil, steaks et œufs. »

      Intensification des cadences

      Présenté comme le prix à payer pour une croissance rapide et sans limites, le modèle gagne la France de manière plus insidieuse. Pourtant, la loi est claire : repos quotidien de 11 heures entre deux journées et durée hebdomadaire limitée à 35 heures. Même les cadres en forfait jours, rémunérés à l’année sans décompte horaire, sont protégés : leur employeur doit garantir que leur charge de travail ne mettra pas leur santé en danger.

      Jérémy Goillot, aujourd’hui expatrié aux Etats-Unis pour développer sa start-up, revendique dans ses offres d’emploi l’organisation de « retreats », présentée comme une tradition interne. Concrètement, il s’agit de périodes de travail intensif durant lesquelles les équipes françaises, américaines et argentines s’isolent pendant quatorze jours dans une villa, « en mode 996 », avec pour objectif affiché d’« accomplir en deux semaines ce qui prendrait normalement un mois ». Contacté par Le Monde, le PDG n’a pas donné suite.

      Même si le « 996 » n’est pas appliqué à la lettre dans toutes les start-up, la logique d’engagement intensif reste bien présente. Côté salariés, l’incentivity, mot anglais désignant la motivation par récompense, souvent sous forme de parts dans la start-up ou de bonus sur le salaire variable, pousse bon nombre de salariés à se dépasser sans compter leurs heures.

      Jean-Romans, 30 ans, commercial en transformation IA pour les entreprises, l’a observé dans son ancienne start-up Agicap (un logiciel de trésorerie piloté par intelligence artificielle) : « Il y avait une tradition de podium à la fin de chaque mois pour mettre en avant ceux qui performent le mieux par rapport aux autres. » S’il organise ses horaires comme il l’entend, il reconnaît que cette intensification des cadences est aussi liée aux investisseurs : « De plus en plus de fonds américains investissent dans les start-up françaises et attendent que les entreprises copient leur modèle en matière de rythme et de mentalité », analyse-t-il.

      « Changement de paradigme »

      Même constat pour Charles (le prénom a été modifié), 28 ans, designer fondateur dans une start-up française financée majoritairement par des fonds américains. En développant le marché américain de sa start-up, il découvre aussi une nouvelle mentalité : « Là-bas, celui qui réussit le plus, c’est souvent celui qui travaille le plus », explique-t-il. Un état d’esprit qui infuse rapidement dans ses habitudes… et dans celle de l’organisation de sa start-up. Il accepte d’expérimenter, par périodes, des rythmes proches du « 996 » lors de projets spécifiques. « Sur le moment, ça crée une vraie dynamique collective et une connexion avec les collègues, mais c’est impossible à tenir sur le long terme », admet-il, évoquant sa vie à l’extérieur de la boîte. Contrairement à certains collègues, plus jeunes ou célibataires, « qui peuvent se le permettre », il se dit prêt à faire du « 996 » ponctuellement pour « sortir un produit », tout en veillant, aidé par ses proches, à ce que cela ne devienne pas habituel.

      Ces expériences illustrent un phénomène plus large dans la tech française, un « changement de paradigme depuis 2023 », observe Christophe Pasquier, fondateur et PDG de Slite, base de connaissances pour les entreprises, alimentée par l’IA, où les salariés travaillent à 100 % à distance. Selon lui, l’arrivée de l’IA, d’abord aux Etats-Unis puis en France, constitue un « moment charnière » et un « terreau parfait pour les entrepreneurs », mais entraîne aussi une « intensité de travail extrême ». Cette accélération s’explique par la « peur de rater le coche » et la nécessité, pour de nombreuses start-up, de se réinventer rapidement. « Dans trois ans, ce sera peut-être trop tard », estime-t-il.

      Interrogé sur le modèle du « 996 », Christophe Pasquier nuance : « Le vrai enjeu, c’est de savoir à quel point tu le fais peser sur tes employés, et ça dépend de l’ambition de ta boîte », explique-t-il. « Ces horaires extrêmes ? C’est un passage obligé pour tous les fondateurs de start-up », affirme-t-il, balayant d’un revers de la main l’« hypocrisie » à ce sujet. « Tous les entrepreneurs que je connais sont passés par là, et beaucoup apprécient ça. » Pour autant, Christophe Pasquier trace une ligne claire : « Chez Slite, pas question d’imposer ces cadences aux salariés. » L’entreprise mise sur un management fondé sur l’autonomie : « S’il y a des gens qui veulent se donner à fond, tant mieux, on ne les y oblige pas », admet-il, tout en reconnaissant un recrutement exigeant, axé sur des profils « très engagés ».

      Les chiffres

      1114

      C’est le nombre de start-up spécialisées en intelligence artificielle recensées en France, selon France digitale. L’écosystème affiche une croissance importante, avec 750 jeunes pousses l’an dernier et 590 il y a deux ans. Le nombre d’entreprises a ainsi quasiment doublé.

      109

      C’est, en milliard d’euros, le montant des investissements « privés français et étrangers » dans l’intelligence artificielle annoncé, le 9 février 2025, par Emmanuel Macron pour « les prochaines années ».

  • Washington Moves to Break Hormuz Shipping Paralysis With $20B Maritime Insurance Plan – gCaptain
    pour permettre une reprise du trafic dans le Golfe Persique, les États-Unis vont proposer une réassurance sur fonds fédéraux couvrant le risque de guerre
    https://gcaptain.com/washington-moves-to-break-hormuz-shipping-paralysis-with-20b-maritime-insu

    The Trump administration on Friday unveiled a $20 billion maritime reinsurance facility aimed at restoring confidence in commercial shipping through the Persian Gulf, moving to operationalize a federal insurance backstop proposed earlier this week as missile and drone attacks and insurance withdrawals triggered a collapse in vessel traffic through the Strait of Hormuz.

    The plan, announced by the U.S. International Development Finance Corporation in coordination with the United States Department of the Treasury, would provide reinsurance coverage—including war risk—for vessels operating in the Gulf region during the escalating conflict with Iran.

    According to officials, the facility will insure losses of up to approximately $20 billion on a rolling basis and will initially focus on coverage for hull and machinery as well as cargo.

    The initiative follows a directive earlier this week from Donald Trump ordering the government to provide political risk insurance and financial guarantees for maritime trade transiting the Gulf after insurers rapidly pulled back from the region amid a surge in missile and drone attacks targeting commercial vessels.

    In a statement announcing the plan, DFC Chief Executive Officer Ben Black said the program is designed to help restore the flow of global energy shipments through one of the world’s most critical maritime chokepoints.

    “Working alongside CENTCOM, DFC coverage will offer a level of security no other policy can provide,” Black said. “We are confident that our reinsurance plan will get oil, gasoline, LNG, jet fuel, and fertilizer through the Strait of Hormuz and flowing again to the world.”

    Officials said the coverage will apply only to vessels that meet specific eligibility criteria, which it did not provide details on, and will be delivered through preferred American insurance partners identified by the agency. The DFC and Treasury are coordinating closely with United States Central Command as the program is implemented.

    The reference to CENTCOM raises questions about the potential for military support to accompany the insurance initiative. Earlier this week, Trump said the United States Navy could begin escorting tankers through the Strait of Hormuz “as soon as possible” if conditions require it.

    The announcement marks the most significant government intervention yet in maritime insurance markets since the conflict involving the United States, Israel, and Iran erupted last weekend.

    The rapidly deteriorating security environment has pushed the regional maritime threat level to “CRITICAL,” according to the Joint Maritime Information Center, while insurers have reassessed their exposure to Gulf waters after several commercial vessels were struck by projectiles or drones in recent days.

    Members of the International Group of P&I Clubs—which collectively insure roughly 90% of the world’s ocean-going tonnage—issued 72-hour cancellation notices earlier this week for certain war-risk coverages tied to Iranian waters and adjacent Gulf areas after reinsurers withdrew capacity from the market.

    Although insurers say war-risk coverage remains available on a voyage-by-voyage basis under specific agreement, the tightening insurance environment has emerged as a primary factor shaping operational decisions for shipowners.

    Industry estimates suggest roughly 1,000 vessels remain anchored or sheltering in the Persian Gulf and nearby waters as operators weigh security risks, insurance costs, and contractual obligations.

    Traffic through the Strait of Hormuz—one of the world’s most important energy shipping corridors—has slowed dramatically as a result, with vessel movements falling some 90% from the historical average of about 138 transits per day.

    By stepping into the insurance market with a federal reinsurance facility, Washington is attempting to address what industry analysts increasingly view as one of the key bottlenecks preventing ships from returning to the region.

    Whether the program succeeds in restoring vessel movements will depend on how quickly the coverage can be deployed and whether shipowners judge the combined security and insurance environment to be acceptable for transit.

    For now, officials say additional details will be released as the program is rolled out. Businesses and financial institutions seeking access to the reinsurance facility have been directed to contact the DFC directly as implementation moves forward.

  • France Travail tente d’encadrer le régime décrié de #sanctions contre les bénéficiaires du #RSA
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/07/france-travail-tente-d-encadrer-le-regime-decrie-de-sanctions-contre-les-ben

    Le mécanisme prévu par le décret est censé s’articuler autour d’une logique de progressivité. Lors d’un premier manquement, le demandeur d’emploi peut voir ses allocations suspendues « d’au moins 30 % » pour une durée d’un à deux mois. En cas de persistance ou de récidive, une nouvelle suspension du versement de 30 % à 100 % ou une suppression allant d’un à quatre mois peut-être décidée. Si l’allocataire du RSA se conforme à « tout ou partie » de ses obligations, les sommes suspendues lui sont reversées.

    « Faisceau de manquements »

    Le dispositif avait prévu quelques garde-fous. Quelle que soit la suspension, elle ne peut dépasser 50 % de l’allocation si elle concerne un foyer composé de plus d’une personne. Plus fondamentalement, ce nouveau régime était censé modifier la philosophie même de la sanction. Celle-ci ne devait plus être automatique, déclenchée par un critère isolé comme un rendez-vous manqué, mais définie sur un « faisceau de manquements ». L’intention affichée était d’installer une individualisation de la sanction.

    Dans la pratique, la réalité se révèle souvent éloignée de ces principes. Selon un document de #France_Travail, que Le Monde a obtenu, plusieurs #départements se sont emparés du décret de manière très répressive. Sur les 51 conseils départementaux pour lesquels l’opérateur public a eu l’information qu’un barème a été adopté, 48 ont fait le choix d’un taux fixe dès le premier manquement. Treize ont décidé d’une suspension à 50 %, 14 ont choisi un barème à 80 %, et 17 ont appliqué le taux maximal de 100 %. Seuls trois départements utilisent la sanction minimale de 30 % prévue par le décret.

    https://justpaste.it/n33oj

  • Comment les discours antimigrants ont gagné une partie de la gauche en Europe
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/07/comment-les-discours-antimigrants-ont-gagne-une-partie-de-la-gauche-en-europ

    Comment les discours antimigrants ont gagné une partie de la gauche en Europe
    Par Anne Chemin
    Certains partis progressistes européens ont aligné leur argumentaire au sujet de l’immigration sur celui de l’extrême droite, au nom de la protection des acquis sociaux. S’il est peu présent en France, ce débat, apparu avec la naissance du socialisme au XIXᵉ siècle, a connu un renouveau au début des années 2000.
    De loin, leur petite musique a la tonalité martiale d’un hymne d’extrême droite. Eloge des expulsions, diatribes contre le regroupement familial, critique du multiculturalisme : les gouvernements britannique et, surtout, danois promettent à leurs électeurs une sévérité exemplaire en matière d’immigration. Ces nouveaux procureurs des sociétés ouvertes plaident avec fermeté pour le « chacun chez soi » : la libre circulation des hommes leur semble une dangereuse chimère.
    La première ministre danoise, Mette Frederiksen, clame ainsi haut et fort que son pays vise désormais « zéro demande d’asile » et offre à la Lituanie des kilomètres de fils barbelés afin de protéger sa frontière. Son ministre de l’immigration, Rasmus Stoklund, compare les migrants condamnés par la justice à de mauvaises herbes et prône leur retour au pays, même s’ils y risquent la peine de mort. La ministre de l’intérieur du Royaume-Uni, Shabana Mahmood, tonne contre le « golden ticket » offert, selon elle, aux migrants dès l’instant où ils posent un pied sur la terre britannique.
    Ces dirigeants européens sont-ils issus d’un parti nationaliste situé à l’extrême droite de l’échiquier politique ? D’une formation populiste anti-immigration ? D’un mouvement xénophobe qui aspire à verrouiller les frontières ? Non : tous trois appartiennent à des formations solidement ancrées à gauche depuis plus d’un siècle – le parti social-démocrate danois est né en 1871, et le Parti travailliste britannique a été fondé en 1893 notamment par le socialiste écossais Keir Hardie avant de devenir, en 1900, sous l’impulsion des syndicats, l’Independant Labour Party.

    Ces dirigeants de gauche qui ont aligné leurs discours concernant l’immigration sur ceux de la droite, voire de l’extrême droite, ont fait école sur le continent européen. En Allemagne, Sahra Wagenknecht, figure de l’aile gauche de Die Linke et fondatrice du parti Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), ne cesse de tempêter contre l’« immigration incontrôlée », tandis que Lawen Redar, l’une des porte-parole du Parti social-démocrate suédois, prône une politique migratoire « restrictive » et refuse que les nouveaux arrivants puissent choisir le lieu où ils souhaitent s’installer.
    Pour se distinguer des nationalistes qui proclament ouvertement leur hostilité, voire leur haine, envers les étrangers, cette gauche « antimigrants » brandit un argumentaire progressiste : si elle combat fermement l’ouverture des frontières, ce n’est pas au nom de l’attachement aux racines chrétiennes de l’Europe ou de la hantise du « grand remplacement », la théorie complotiste et raciste développée par Renaud Camus, mais parce qu’elle souhaite protéger les acquis sociaux des classes populaires exposées aux ravages de la mondialisation – et, plus prosaïquement, reconquérir l’électorat ouvrier.
    La marxiste allemande Sahra Wagenknecht dénonce ainsi les dangers d’une « concurrence pour les emplois, en particulier dans le secteur des bas salaires », tandis que la première ministre sociale-démocrate du Danemark, Mette Frederiksen, affirme défendre les intérêts des « classes inférieures » de la population danoise. « Le modèle de société nordique, financé universellement, avec un accès gratuit et égal à la santé, à l’éducation et aux services sociaux, n’est pas compatible avec une politique de l’immigration ouverte », déclarait-elle en 2016.
    Ces discours font renaître des controverses idéologiques très anciennes – celles de l’Europe du XIXe siècle. Dans un monde où les travailleurs franchissent les frontières « avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich », selon les mots de Stefan Zweig, les premiers socialistes s’interrogent alors, comme les sociaux-démocrates danois et les travaillistes anglais d’aujourd’hui, sur les dangers de la concurrence sur le marché du travail : faut-il défendre le prolétariat national menacé par une main-d’œuvre venue d’ailleurs ou soutenir les étrangers exploités par le capitalisme ?
    C’est en France que cette question se pose avec le plus d’acuité. Pendant la première mondialisation – entre 1850 et 1914 –, l’Hexagone est le premier pays d’immigration du continent : alors que, en 1900, 1 million d’Européens s’embarquent tous les ans pour les Amériques ou les colonies, le pays embauche à tour de bras dans ses mines et ses usines les travailleurs des pays voisins – la France est, après les Etats-Unis et l’Argentine, la troisième destination des émigrants européens. En 1881, elle compte près de 500 000 Belges, plus de 200 000 Italiens et des dizaines de milliers d’Allemands, de Suisses et d’Espagnols.
    Sur le marché du travail, ce gigantesque brassage engendre une concurrence qui ne va pas sans heurts. « Il y a en France, avant la seconde guerre mondiale, trois grands moments de flambée xénophobe – les années 1848-1849, les années 1880-1890, et les années 1930, précise Delphine Diaz, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’université Reims-Champagne-Ardenne. A chaque fois, la gauche est confrontée à un douloureux dilemme : choisir entre la solidarité internationale entre les travailleurs et la protection des ouvriers nationaux. »
    Parmi les grandes figures du socialisme du XIXe siècle, nul ne peut, bien sûr, ignorer ces fortes tensions entre nationaux et étrangers. Dans une lettre rédigée en 1870, Karl Marx (1818-1883) constate ainsi que dans les centres industriels et commerciaux d’Angleterre, la classe ouvrière est désormais « divisée en deux camps hostiles : les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais ». « Cet antagonisme, ajoute le philosophe allemand, est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C’est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste. »
    Pour Karl Marx, ces millions d’ouvriers étrangers qui ont quitté leurs pays pour venir travailler dans les usines des pays voisins constituent, à leur corps défendant, une « armée de réserve » qui permet aux patrons de faire baisser les salaires. Citée par le philosophe, en 1847, à Bruxelles, cette expression figure à nouveau, vingt ans plus tard, dans son œuvre majeure, Le Capital. « Pris comme un tout, les mouvements généraux des salaires sont exclusivement régulés par la dilatation et la contraction de l’armée industrielle de réserve », écrit-il.
    A la fin du XIXe siècle, les socialistes français reprennent cette analyse à leur compte. Rédigé entre 1879 et 1883 avec Karl Marx et son grand ami Friedrich Engels, le programme du Parti ouvrier de Jules Guesde et Paul Lafargue proclame que le patronat puise dans le « réservoir des crève-la-faim de Belgique, d’Italie, d’Allemagne – et de Chine au besoin – les bras dont il a besoin pour avilir le prix de la main-d’œuvre et affamer ses compatriotes ». Ces ouvriers étrangers, ajoute Jean Jaurès en 1894, sont jetés « sans contrôle et sans réglementation sur le marché français ».
    Les tensions sociales sont si fortes, en ce tournant du siècle, que les socialistes se font parfois « les porte-voix » d’une classe ouvrière hantée par la xénophobie, constate Gilles Ivaldi, chargé de recherche CNRS au Cevipof. Le quotidien guesdiste Le Citoyen dénonce ainsi en 1882 l’« invasion », à Paris, de « grossiers ouvriers » allemands dont l’accent « a le don de déchirer les oreilles et de crisper les nerfs », tandis que Paul Lafargue proclame en 1893 que les socialistes sont les « ennemis de l’immigration » : « Nous ne voulons pas que le prolétaire quitte son pays natal », écrit-il.
    Mais si les socialistes de la IIIe République estiment, comme les sociaux-démocrates danois ou les travaillistes britanniques d’aujourd’hui, que les travailleurs étrangers constituent une menace, ils ne défendent pas pour autant la fermeture des frontières – au contraire. Il faut, estiment-ils, opposer à l’internationalisme capitaliste un internationalisme ouvrier : c’est cette solidarité par-delà les frontières qui assurera, selon eux, le succès de la lutte des classes. « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », conclut, en 1848, le Manifeste du Parti communiste, de Karl Marx et Friedrich Engels.
    Cette conviction internationaliste empêche les responsables politiques et syndicaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle de sombrer dans la haine de l’autre. « Les discours de la gauche ou des syndicats – Jules Guesde, la CGT ou même Jean Jaurès – sont très différents de ceux de l’extrême droite – Maurice Barrès ou Paul Déroulède, analyse le politiste Gilles Ivaldi. Les premiers se contentent de dénoncer la concurrence déloyale des étrangers, les seconds expriment une xénophobie culturelle qui fait des étrangers des “inassimilables”. » Malgré les flambées sociales, l’internationalisme, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, reste donc la boussole des socialistes. « Pour lutter contre la concurrence sur le marché du travail, ils préfèrent l’instauration d’un salaire minimum pour tous les travailleurs à l’imposition de taxes qui pénaliseraient les étrangers, analyse Delphine Diaz, autrice d’En exil. Les réfugiés en Europe de la fin du XVIIIᵉ siècle à nos jours (Gallimard, 2021). Leur volonté de protéger le travail national n’est pas assortie d’un nationalisme d’exclusion. »
    La tourmente de la seconde guerre mondiale, puis les espérances de la Libération inaugurent un nouveau chapitre dans ce débat sur la concurrence « déloyale » entre Français et étrangers, qui a divisé les socialistes au XIXe et au début du XXe siècle. Dans un monde qui célèbre solennellement le principe de l’égale dignité de tous les hommes, la France crée en 1945 la Sécurité sociale, une « vaste organisation nationale d’entraide obligatoire » qui, au nom de la justice sociale, aspire à débarrasser les travailleurs de l’« incertitude du lendemain ».
    Si certains avantages sont réservés aux Français, les travailleurs étrangers peuvent très largement bénéficier de cette toute jeune « Sécu ». Les controverses sur leurs droits économiques et sociaux s’en trouvent bouleversées. « A partir de 1945, la construction de l’Etat social fait émerger un nouveau paradigme, observe Delphine Diaz. Se pose, comme sous la IIIe République, la question de la concurrence entre Français et étrangers sur le marché du travail, mais surtout, et c’est nouveau, de cette concurrence dans le domaine de la protection sociale – allocations, logement, santé. »
    Les controverses du XIXe et du début du XXe siècle sur la taxation de la main-d’œuvre étrangère ou sur les quotas de travailleurs étrangers dans les entreprises s’éloignent : la prospérité des « trente glorieuses » affaiblit la revendication protectionniste qui régnait au sein de la classe ouvrière de la IIIe République. L’hostilité aux immigrés se déplace alors sur un autre terrain : les controverses portent désormais sur leur accès, non plus au marché du travail, mais aux allocations familiales, aux aides sociales, aux logements à loyer modéré, à l’hôpital public.
    L’offensive contre l’accès des étrangers aux bienfaits de l’Etat-providence émerge, dans les années 1980, au sein des droites radicales européennes : la solidarité, clament-elles, n’est pas compatible avec la diversité. « L’idéologie de ces mouvements est le nativisme, c’est-à-dire la défense des intérêts des natifs contre ceux des immigrés, précise le politiste Gilles Ivaldi. Cette notion est au cœur du principe de la “préférence nationale”, qui vise à réserver aux nationaux l’accès à l’Etat-providence, mais aussi au logement ou à l’emploi. »
    Pour qualifier cet étrange mélange de générosité et d’égoïsme, les politistes norvégiens Jorgen Goul Andersen et Tor Bjorklund inventent, en 1990, l’expression « welfare chauvinism » (« chauvinisme de l’Etat-providence »). « Ce concept apparaît dans leurs travaux sur le populisme de droite en Norvège et au Danemark, poursuit Gilles Ivaldi. Il est ensuite utilisé, plus largement, pour décrire l’une des stratégies possibles de mobilisation par les partis de droite radicale : la défense d’un système de protection sociale généreux uniquement réservé au groupe des natifs ou des nationaux. »Pendant des années, ce discours dualiste sur l’accès à l’Etat social reste l’apanage de l’extrême droite, voire de la droite, mais, à partir des années 2000, il gagne peu à peu une partie de la gauche. Confrontés au « dilemme des progressistes », selon le mot de l’essayiste anglais David Goodhart, les sociaux-démocrates sont sommés de choisir « entre ouverture des frontières et extension de l’Etat-providence, entre solidarité et identité », résument, en 2020, les chercheurs Michel Forsé (CNRS) et Maxime Parodi (Sciences Po, Observatoire français des conjonctures économiques, OFCE) dans un article de la Revue de l’OFCE, « Redistribution et immigration en Europe : y a-t-il un dilemme ? ».
    La controverse s’ouvre en 2004 avec la publication, dans le magazine britannique de centre gauche Prospect, d’un long article de David Goodhart intitulé « Too diverse ? » (« trop de diversité ? »). L’essayiste, qui deviendra en 2011 le responsable du think tank blairiste Demos, y interpelle la gauche. « Le partage et la solidarité peuvent entrer en conflit avec la diversité, écrit-il. Ce dilemme est particulièrement aigu pour les progressistes, qui aspirent à la fois à une forte solidarité – une cohésion sociale élevée et une protection sociale généreuse financée par un système fiscal progressif – et à la diversité – le respect égal de tous les peuples, valeurs et modes de vie. »
    Selon David Goodhart, l’immigration venue du Commonwealth, des Antilles et d’Asie dans les années 1950 et 1960, puis d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient à partir des années 1990, a nourri une telle « diversité des modes de vie » que les Britanniques vivent désormais avec des « inconnus ». Parce que le multiculturalisme affaiblit, d’après lui, le « sentiment d’obligation mutuelle », il érode le socle de la solidarité : le partage « se négocie plus facilement et plus généreusement si l’on peut tenir pour acquis un ensemble limité de valeurs et de présupposés communs ».
    L’homogénéité de la société britannique s’est tellement fissurée, ajoute David Goodhart, que l’Etat-providence doit désormais renoncer à son aspiration universaliste : si certains citoyens enfreignent les règles du « comportement civilisé » (« civilised behaviour »), il faut les exclure de la solidarité nationale. La conclusion de cet article, qui célèbre les vertus du modèle social « restrictif » et « nativiste » du Danemark, est sans appel : « Une politique sociale généreuse est incompatible avec l’ouverture des frontières. »
    Ce texte polémique suscite un déluge de contestations. Le mois suivant, les colonnes du magazine s’ouvrent ainsi à un philosophe politique australien, à une ancienne conseillère du Trésor britannique, à un ex-ministre de l’intérieur travailliste, à un sociologue de Harvard, à un économiste de University College (Londres), à un professeur de littérature de l’université de Leicester, à un écrivain écossais, à une historienne de l’immigration européenne – et à bien d’autres encore : en mars 2004, 14 contributions mettent en pièces l’argumentaire de David Goodhart.
    Keith Banting et Will Kymlicka, respectivement politiste et philosophe à l’université Queen’s (Ontario) et auteurs d’une étude citée par David Goodhart, dénoncent des idées « simples et séduisantes » qui esquivent l’infinie complexité des relations entre diversité et redistribution, tandis que Bhikhu Parekh, philosophe politique britannique, ancien président de l’Académie des sciences sociales et membre de la Chambre des lords, se demande avec perplexité quelles entorses au fameux « comportement civilisé » pourraient bien justifier que des citoyens britanniques soient exclus de l’Etat-providence.
    Tous ces intellectuels contestent, chacun à leur manière, la thèse qui sous-tend l’ensemble du raisonnement de David Goodhart : la solidarité supposerait, selon l’essayiste, une forte cohésion sociale, culturelle, voire ethnique – une idée qu’il emprunte à trois chercheurs américains. Dans une étude publiée en 2001, Alberto Alesina, Edward Glaeser et Bruce Sacerdote affirment, en effet, que l’absence, aux Etats-Unis, d’un Etat-providence solidaire « à l’européenne » est liée à la persistance, en Amérique, de relations « chaotiques entre les différentes ethnies ».
    Depuis le début des années 2000, cette théorie « très schématique », selon les mots de Michel Forsé et Maxime Parodi, a pourtant été contestée, voire réfutée, par de nombreux travaux. « Elle est tout d’abord fausse historiquement, précise Bruno Palier, chercheur au Centre d’études européennes et de politique comparée. L’argument de la cohérence culturelle n’a jamais été utilisé par les théoriciens de la protection sociale : né dans les pays nordiques, l’Etat-providence a été fondé non sur une rhétorique nationale, encore moins sur une rhétorique ethnique, mais sur un compromis de classe passé dans les années 1920-1930 entre la classe ouvrière et le patronat. »
    La théorie d’Alesina, Glaeser et Sacerdote est, en outre, démentie par la longue expérience de la France et de la Suède, ajoute le politiste. « Ces deux pays ont une forte protection sociale, alors que l’Hexagone est un pays d’immigration depuis plus d’un siècle et que le premier ministre social-démocrate Olof Palme avait, dans les années 1970 et 1980, accueilli une bonne part de la “misère du monde”, souligne Bruno Palier. Rien ne démontre scientifiquement qu’il est plus facile d’être solidaire dans une société où les gens se ressemblent que dans une société multiculturelle. Ce n’est vrai ni dans l’histoire ni dans les comparaisons internationales. »
    Le sociologue Nicolas Duvoux, professeur à l’université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, va plus loin encore. « En France, c’est précisément la construction de l’Etat social qui a contribué à intégrer les immigrés, observe-t-il. La dynamique de la protection sociale a permis à ces personnes que beaucoup jugeaient inassimilables de participer à la machine économique et sociale. En agrégeant des forces hétérogènes, elle est parvenue, au fil des décennies, à forger un destin commun. En France comme ailleurs, le “nous” n’est jamais donné : il est construit – notamment par les politiques de solidarité. » Chercheuse émérite à l’Ecole d’anthropologie et d’ethnographie muséale de l’université d’Oxford, ancienne présidente de la Commission pour l’égalité raciale du Royaume-Uni, Sarah Spencer ne disait pas autre chose, en 2004, dans le texte de réponse à David Goodhart qu’elle avait adressé au magazine Prospect. Les immigrés, écrivait-elle, ne développeront des sentiments d’appartenance et d’obligation mutuelle que s’ils sont traités comme des « égaux » : c’est justement en les incluant « économiquement et socialement » que les « eux » deviendront des « nous ». Si la « gauche antimigrants » est puissante au Danemark, forte au Royaume-Uni et embryonnaire en Allemagne, elle reste, sauf exceptions, très marginale dans le paysage politique français. « Jean-Luc Mélenchon avait, en 2018, évoqué les “problèmes posés par les vagues migratoires”, mais il avait rapidement fait marche arrière, constate le politiste Gilles Ivaldi. D’une manière générale, la gauche défend, en France, des positions modérées en matière d’immigration. Elle ne s’aventure pas sur ce terrain-là. » Pas encore ?

    #Covid-19#migrant#migration#france#droit#sante#politiquemigratoire#integration

  • Mort de Nahel : pourquoi le policier ne sera finalement pas jugé pour meurtre mais pour « violences ayant entraîné la mort »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/05/mort-de-nahel-merzouk-pourquoi-le-policier-ne-sera-finalement-pas-juge-pour-

    Florian M. avait-il l’intention de tuer Nahel, en lui tirant dessus une balle de 9 millimètres, à un mètre de distance environ, à travers le pare-brise de la Mercedes jaune que conduisait le mineur le 27 juin 2023 ? Le parquet et les juges d’instructions avaient répondu oui, la cour d’appel de Versailles vient de dire que non.

    Dans son arrêt rendu jeudi 5 mars, que Le Monde a pu consulter, la juridiction a estimé les charges « insuffisantes » pour établir cette intentionnalité.

    #police #impunité_policière

  • Beef and lamb get 580 times more in EU subsidies than legumes, study finds

    Report says common agricultural policy provides ‘unfair’ levels of support to unhealthy, meat-heavy diets

    Beef and lamb receive 580 times more in EU subsidies than legumes, a report has found, despite scientists urging people to get more of their protein from less harmful sources.

    Analysis by the charity Foodrise found the EU’s common agricultural policy (CAP) provides “unfair” levels of support to meat-heavy diets that doctors consider unhealthy and climate scientists consider environmentally destructive.

    It found beef and lamb were subsidised 580 times more than legumes in 2020, while pork was subsidised nearly 240 times more. Dairy, meanwhile, received 554 times more in subsidies than nuts and seeds.

    The EU spends almost a third of its budget supporting farmers, with the bulk of CAP funds allocated on the basis of farm size, rather than strategic considerations. Meat and dairy – which use land to grow crops to feed animals – take a larger share than plants, particularly once the subsidies in feed have been counted.

    Martin Bowman, a campaigner at Foodrise and author of the report, said the analysis showed livestock benefited from disproportionate support even before counting hidden societal costs, such as pollution.

    “It’s scandalous that billions of euros of EU taxpayer money is being used to prop up such a high-emissions industry at a time when scientists are telling us that we need – on health and environmental grounds – to shift to lower-meat diets,” he said.

    The data comes from an academic study, available as a preprint, that traced EU subsidies for different foods in 2020 using the same methods as a study published in Nature Food in 2024. Some experts expressed caution about the scale of the disparity the first study found, but did not dispute it existed.

    Anniek Kortleve, a researcher at Leiden University and lead author of the academic study, said it showed that reforms needed to consider the full chain of subsidies flowing through feed to livestock, rather than just direct payments to livestock farms.

    “Our analysis shows CAP support is highly concentrated in animal-sourced foods relative to the calories they provide, while plant proteins like legumes receive very little support,” she said. This was happening “even though EU strategies increasingly call for more plant-rich diets for health and sustainability”.

    The report found meat and dairy received €39bn in subsidies in 2020, fruit and vegetables €3.6bn, and cereals €2.4bn. Cattle and sheep, which require more land than animals such as pigs or chickens, tend to benefit from subsidies that target struggling regions and sectors on top of hectare-based payments.

    A number of green strings have been tied to CAP payments since 2023 but experts do not expect the overall composition of EU farms to have changed significantly.

    In 2024, a “strategic dialogue” between farmers, supermarkets, scientists and green groups – formed by Ursula von der Leyen, the European Commission president, to quell furious farmer protests – resulted in an acknowledgment that Europeans eat more animal protein than scientists recommend and a call for support to shift diets toward plants.

    Donal Murphy-Bokern, an agricultural scientist who used to work for food and agriculture ministries in the UK and Germany, and who was not involved in the study, said Europe’s protein economy was “not operating within sustainable limits”.

    Considering public health in policy would challenge current levels of livestock production, he said. “We now need a common agrifood policy that explicitly integrates environmental and public health goals into how EU farmers are supported.”

    Improvements in alternative proteins and an emerging consumer shift to reducing meat consumption have been resisted by big farming lobbies and some politicians. In November, the EU parliament voted to ban plant-based foods from using terms such as “steak”, “burger” and “sausage” unless they contained animal flesh.

    The vote was ridiculed by green groups, which pointed to accepted terms such as peanut butter, which does not contain dairy, or hotdogs, which do not contain canines. The proposal also divided conservatives, with some feeling it violated free market ideals.

    Bowman said politicians were deeply involved in influencing food production and consumption. “Don’t believe the meat and dairy companies who say that politicians promoting healthy and sustainable diets are telling people what to eat,” he said. “It’s a very cynical position.”

    https://www.theguardian.com/environment/2026/feb/19/beef-lamb-legumes-eu-subsidies-study
    #agriculture #PAC #politique_agricole_commune #subsides #UE #Union_européenne #élevage #légumes #boeuf #agneau #rapport #viande #alimentation #élevage_bovin #élevage_ovin

    • CAP at the Crossroads – Reforming EU CAP subsidies to support healthy sustainable diets

      New report reveals the scale of EU CAP subsidies being used to prop up unsustainable livestock production, and makes the case for reform.

      What’s the problem?

      Animal-sourced foods are estimated to cause a staggering 81-86% of the total greenhouse gas emissions from EU food production, yet only supply an estimated 32% of calories and 64% of protein consumed in the EU.

      This new report reveals that a hugely unfair share of EU CAP subsidies, worth billions of euros of EU taxpayers’ money, are directed to propping up high-emissions meat and dairy production, and to promote meat and dairy products.

      The EU is at a crossroads – poised to make crucial decisions on the future of CAP for 2028–2034. Right now, it has the opportunity to support a transition to healthy sustainable diets – a huge economic opportunity with multiple benefits for EU food security, climate mitigation, nature and health. Or continue with a broken status quo.

      Key findings:

      – Beef and lamb received an estimated 580 times more CAP subsidies than legumes such as lentils and beans in 2020.

      – Dairy received an estimated 554 times more CAP subsidies than nuts and seeds in 2020.

      – Meat and dairy received over 10 times more CAP subsidies than fruit and vegetable production, and more than 16 times more than cereal production.

      – Overall, the EU directed three times more CAP subsidies to production of high-emitting animal-sourced foods than to plant-based foods in 2020 – around 77% of total CAP subsidies (€39 billion out of €51 billion).

      – The estimated €39 billion in CAP subsidies spent on animal-sourced foods in 2020 makes up nearly a quarter (23%) of the EU’s total budget of €168.7 billion for 2020.

      Solutions

      Calls have been growing for agricultural subsidies to be reformed to support a shift to healthy sustainable diets and reduced livestock numbers – including the EU’s Group of Chief Scientific Advisors, the European Court of Auditors, the World Bank, and the 2025 EAT-Lancet Commission.

      The benefits this could bring are huge.

      The adoption of the plant-rich Planetary Health Diet in high-income countries could reduce agricultural production emissions by an estimated 61%. It could also reduce the EU’s reliance on food imports, boost agricultural incomes, reduce EU fertiliser use by about a quarter, reduce deaths from air pollution, and prevent up to up to 10–39% of cancers in Europe.

      Policy recommendations

      We recommend that EU policymakers:

      – Support protein diversification through increased CAP funding and support for farmers engaged in growing plant-based foods for direct human consumption.

      – Increase CAP funds available for the promotion and marketing of plant-based wholefoods and alternative proteins.

      – CAP subsidies for livestock farmers should be made conditional on meeting limits on livestock stocking density per hectare.

      – End all use of EU funds for the promotion and marketing of meat and dairy.

      - Support a just transition in the livestock sector, through an Agri-food Just Transition Fund (AJTF).

      – Ensure that CAP subsidies support nature restoration, of habitats such as peatlands, wild grasslands and woodlands.

      - Introduce an EU Action Plan for Plant-based Foods to support the production and consumption of more plant-based foods across every stage of the supply chain, which:

      - Promotes the public procurement of healthy sustainable plant-rich diets in public institutions like schools and hospitals

      – Provides increased financial support through CAP and other means, for the increased production and processing of plant-based foods for direct human consumption – particularly agroecologically produced foods.

      - Reform dietary guidelines to factor in both health and sustainability – aligning more with the Planetary Health Diet.

      https://foodrise.org.uk/CAPCrossroads

  • War on Iran Costs Limited Munitions and Critical Minerals
    https://foreignpolicy.com/2026/03/05/iran-war-munitions-critical-minerals


    U.S. sailors prepare to stage ordnance on the USS Abraham Lincoln aircraft carrier during Operation Epic Fury while at sea, on Feb. 28, 2026.
    U.S. NAVY HANDOUT PHOTO VIA GETTY IMAGES

    Replenishing stockpiles depends on vulnerable critical mineral chains.

    The first 36 hours of the U.S.-Israeli campaign against Iran consumed more than 3,000 precision-guided munitions and interceptors, exposing a critical vulnerability in the supply chain. Much is unknown about the future of the war and its wider implications, but one thing is clear: the need to replenish munition stockpiles.

    Utilizing a proprietary Payne Institute open-source ledger and data-scraper tool that breaks out minerals and materials from demand scenarios, our team—drawing from the technical expertise across the Colorado School of Mines—conservatively identified the number of Iranian missile launches and drone attacks across the Middle East during the first 36 hours of the conflict.

    Iranian Weapons Expended


    TABLE 1
    SOURCE: PAYNE INSTITUTE ESTIMATES

    Iran’s launch of more than 1,000 munitions across the region prompted numerous intercept attempts by U.S., Israeli, and allied forces. As the Soufan Center has indicated, “Iran appears to be pursuing an asymmetric war of attrition focused on exhausting U.S., Israeli, and allied defensive resources.” The minimal use of Iranian air defenses is likely due to U.S.-Israeli superiority in electronically suppressing and physically destroying most of Iran’s air defense and command-and-control infrastructure.

    Yet while the interceptions have been largely successful, they are also costly. The expended munitions, and the minerals required to build them, are a defense-industrial problem for the West, and especially the United States. Our calculations of U.S., Israeli, and allied expenditures show that the United States relied on a familiar mix: standoff strike missiles for early waves, suppression weapons against radars, ground-launched rockets for time-sensitive targets, and large volumes of precision-guided bombs. Israel’s arsenal shows a preference for the practical: large runs of guidance kits and air-launched munitions that can be produced in quantity, married to aircraft that can generate relentless sortie rates.

    Add in regional partner defensive shots, and the result is a striking picture of high-end combat that is as much about volume as it is about elegance. Precision has not removed mass from war. It has simply moved mass into the parts of the weapon you cannot see.

    Munitions Expended


    SOURCE: PAYNE INSTITUTE ESTIMATES

    The purpose of this analysis is to translate the conflict’s opening phase into an urgent signal of the need to ensure munitions availability—recognizing that this initial assessment cannot be immediately extrapolated for the future of this conflict. This raises a simple question that strategists and defense planners often forget: How quickly can the West refill its arsenals?

    While emergency supplemental funding is required, it cannot instantly reverse decades of consolidated production lines and atrophied mineral processing capacity. It is constrained by time, chemistry, and industrial physics. The input of missiles is not just money; it’s a supply chain that starts with minerals, processing, and sub-tier capacity that does not surge on command.

    The concern of U.S. Gen. Dan Caine, chairman of the Joint Chiefs of Staff, about a lack of American munitions prior to the attack drove our Payne Institute research team to focus on this very issue. These concerns are not new; U.S. Navy operations in the Red Sea have already highlighted that missiles are being expended faster than they can be replaced, straining an already taxed defense industrial base.
    Every weapon fired needs replacement, and creating that replacement requires a chain running from raw material, through refining and processing, into specialized components, and finally into certified production lines. The bottlenecks are not always in the places politicians think. The narrowest points are often in obscure corners: a sub-tier supplier with a single furnace; a capacitor supply dependent on a narrow set of inputs; a rocket-motor ecosystem that cannot expand without years of plant construction.

    Even supposedly simple munitions depend on complex chains. For example, modern guidance kits for munitions are dependent on high-performance components that can only be made from rare earths, a market that China dominates. The West’s industrial base can surge some things such as raw material orders, contract awards, or funding authorizations quickly. It cannot conjure trained labor, qualified tooling, and certified production capacity overnight.

    Defense planning, however, still behaves as if inventories are a rounding error. Deterrence is discussed in terms of posture and platforms, yet adversaries are watching a different set of indicators. They want to know how fast missile magazines and munition stockpiles get emptied and whether they can be refilled logistically in a timely manner.

    In a world of simultaneous pressures, a prolonged campaign in the Gulf does not merely shape events there; it eats into military options elsewhere. A force that has burned deep into its interceptor stockpile must accept more risk in another theater or ration its defenses.
    This is a polite way of saying the American military should be hoping the next salvo with Iran is smaller—and that China won’t do the math to figure out what is left of American precision-guided munitions to defend Taiwan. This is highly problematic; a 2023 report by the Center for Strategic and International Studies determined, based on a series of war game simulations, that the U.S. military would run out of key munitions within a week of trying to defend Taiwan from a Chinese invasion.

    That is why the first 36 hours of operations against Iran matter. They are a stress test of Western industrial endurance. A campaign that forces defenders to spend interceptors at a rate that outruns replenishment is not just tactically demanding; it is strategically corrosive.

    Using another proprietary Payne Institute tool, we converted the munition expenditure in Table 2 into a mineral replacement burden, expressed in kilograms of the most strategically exposed inputs. Table 3 identifies the critical materials required to replenish the weapons expended. Our recent research has demonstrated how these are some of the most defense-critical minerals, which are difficult to source in peacetime—and almost impossible in a crisis.

    Mineral Replacement in Munitions
    Burden to replace expended munitions, in kilograms of the most strategically exposed critical minerals


    SOURCE: PAYNE INSTITUTE ESTIMATES

    Replacing what was expended requires not just more production on an abstract scale, but significant amounts of specific minerals and materials for which China controls most of the supply. Beyond the quantities involved, there are numerous issues with the concentration of processing, long timelines for capacity expansion, and the fragility of sub-tier suppliers.

    Beyond the sheer volume of munitions, the loss of high-value assets introduces another layer of complexity. The destruction of two advanced U.S. radars, the AN/FPS-132 in Qatar and the AN/TPS-59 in Bahrain, highlights a problem where the total weight of the “mineral bill” is less of a concern than the extreme fragility of the supply chain and the extensive timelines for replacement.

    Per our analysis, for the AN/FPS-132, it will take five to eight years for Raytheon to build a new radar at a cost of $1.1 billion. Meanwhile, Lockheed Martin will require at least 12 to 24 months and an estimated $50 million to $75 million to replace the AN/TPS-59, based on the original Bahrain Foreign Military Sales contract adjusted for inflation. The biggest issue for the defense industrial base will be sourcing the 77.3 kilograms of gallium needed for both systems, a material for which China controls 98 percent of the global supply. This is not to mention the 30,610 kilograms of copper that will also be needed, a commodity facing surging demand from the technology sector.

    The broader point is that the West’s theory of military readiness is incomplete. As the long conflict in Ukraine has already illustrated, war is being costed in the wrong units. The relevant metric is not merely how many launchers there are at the start of the war, but how many precision weapons and interceptors can be fired on days two, 20, and 200, and how quickly industry can replace them. This turns a battlefield question into an industrial one, and an industrial one into a minerals-and-processing question. Table 4 illustrates the daunting timelines for replenishing these critical weapon systems.

    Months Needed to Replenish Expended Weapons


    SOURCE: PAYNE INSTITUTE ESTIMATES

    Individual bottlenecks slow down this replenishing. The BGM-109 Tomahawk, for example, depends on the F107 turbofan, solely produced by Williams International. Patriot PAC-3 production is split between the United States, Gulf partners, and Poland, which began producing PAC-3 MSE launch tubes at the WZL-1 facility in 2024. Some systems, such as the Popeye Turbo (also known as Crystal Maze II in its extended-range variant), are legacy assets being drawn down from a finite stock. Others are critically strained: Only around 25 GBU-57 MOPs have been produced to date, with Boeing as their sole assembler. The weapon is currently certified for delivery only by the B-2 Spirit—a fleet of just 20 airframes. The B-21 Raider will provide an additional delivery platform but will not reach operational status until 2027. The THAAD system requires a bespoke kill vehicle, which has no commercial analogue. All of these convoluted production processes are dependent on critical minerals that cannot be surged.

    The mineral bill is the price of deterrence, and this is just the opening price. It cannot be waved away with press conferences, social media posts, or even congressional hearings. The West’s most sophisticated weapons are also its most dependent on long, complex supply chains, and the limiting factor in future conflicts will be the capacity to reload. The duration of the campaign against Iran now hinges on a critical question: Can the West replenish its arsenals fast enough for its strategy to matter?

    • je répète…

      Beyond the sheer volume of munitions, the loss of high-value assets introduces another layer of complexity. The destruction of two advanced U.S. radars, the AN/FPS-132 in Qatar and the AN/TPS-59 in Bahrain, highlights a problem where the total weight of the “mineral bill” is less of a concern than the extreme fragility of the supply chain and the extensive timelines for replacement.

      Per our analysis, for the AN/FPS-132, it will take five to eight years for Raytheon to build a new radar at a cost of $1.1 billion. Meanwhile, Lockheed Martin will require at least 12 to 24 months and an estimated $50 million to $75 million to replace the AN/TPS-59, based on the original Bahrain Foreign Military Sales contract adjusted for inflation. The biggest issue for the defense industrial base will be sourcing the 77.3 kilograms of gallium needed for both systems, a material for which China controls 98 percent of the global supply. This is not to mention the 30,610 kilograms of copper that will also be needed, a commodity facing surging demand from the technology sector.

  • Journée internationale des femmes : à la poursuite d’un mythe | Françoise Picq, Travail, genre et sociétés, 2000
    https://shs.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2000-1-page-161

    La décision de célébrer chaque année une “journée des femmes” avait bien été prise en 1910, à la IIè Conférence Internationale des femmes socialistes de Copenhague, selon la proposition de Clara Zetkin. Il s’agissait de mobiliser les #femmesen accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat dotées de la conscience de classe” et d’éclairer la revendication du droit de vote “conformément à la conception socialiste d’ensemble de la question des femmes”.

    [...] Clara Zetkin avait, on le sait, une stratégie double : elle voulait obtenir la prise en compte des revendications des femmes par les dirigeants socialistes qui ne s’en préoccupaient guère, pour les intégrer dans la cause ouvrière et contrecarrer l’influence des groupes féministes sur les femmes du peuple.

    [...] Après lecture des comptes-rendus de la Conférence de Copenhague et du dépouillement du journal de Clara Zetkin, Die Gleichheit, nous avons constaté que celle-ci n’avait aucunement évoqué les couturières new-yorkaises, pas plus qu’elle n’avait choisi la date du #8_mars. Elle proposait en fait de la célébrer “au moment des fêtes annuelles de mai”.

    L’objectif poursuivi par la Conférence de Copenhague se trouvait par ailleurs éclairé par une autre décision prise par celle-ci : créer partout des groupes de femmes socialistes refusant toute alliance avec les féministes “de la bourgeoisie”. La “Journée internationale des femmes” s’inscrivait bien dans une stratégie de division des femmes selon une ligne de classe et de compétition à l’égard du mouvement féministe. Le point de vue de Clara Zetkin pour qui “Marx a forgé le glaive qui a tranché les attaches entre mouvement féminin prolétarien et bourgeois” l’emportait, contre celui qu’avait défendu en vain Madeleine Pelletier lors de la première Conférence Internationale des femmes socialistes, à Stuttgart en 1907 : la nécessaire alliance entre #féminisme et #socialisme. La tradition de la Journée internationale des femmes était bien, au départ un choix sectaire, pour lequel féminisme et socialisme étaient exclusifs l’un de l’autre.

    C’est donc sur cette ligne anti-féministe que fut fondé en France, en 1913, le Groupe des femmes socialistes, qui sous la houlette de Louise Saumonneau se consacra à la dénonciation du “féminisme bourgeois”, et à la lutte contre celles des femmes socialistes qui ne partageaient pas son hostilité au féminisme.

    [...]

    Comment comprendre ce changement [dans le récit des origines] au milieu des années 1950 dans la presse communiste et syndicaliste ? Pourquoi a-t-il semblé nécessaire, en pleine guerre froide, de donner à la célébration de la Journée des femmes une origine plus ancienne, plus spontanée que la décision de femmes de partis ? Pourquoi a-t-il fallu détacher le 8 mars de son histoire soviétique ?

    Un livre de souvenirs de Madeleine Colin, Traces d’une vie, suggère une hypothèse inattendue. L’auteure évoque la commémoration d’une grande grève menée par les ouvrières de l’habillement de New-York en 1857, dans le cadre d’une bataille menée “pour que la CGT s’affranchisse de la prédominance de l’UFF [union des femmes françaises] et du parti, pour qu’elle ait ses propres mots d’ordre et ses propres formes d’action”. La CGT, dit-elle, “n’était conviée à la célébration de cette journée que pour soutenir des mots d’ordre déjà établis et pour faire participer des travailleuses aux manifestations décidées”. Madeleine Colin, alors responsable de la CGT, marque ses distances avec l’UFF, “organisation féminine, née de la Résistance”, dirigée par des communistes et qui “groupait un grand nombre de femmes, essentiellement des ménagères et quelques intellectuelles” Elle dit avoir eu dans ce combat “le soutien total de Benoît Frachon…contre Jeannette Vermeersch, dirigeante de l’UFF et membre du bureau politique du parti”. Et elle insiste sur son désaccord avec celle-ci à propos de la contraception et de l’avortement.

    On se souvient de la campagne communiste dans les années 1950 contre Jacques Derogy et “le néo-malthusianisme” et du violent discours de Jeannette Vermeersch : “Mais depuis quand les femmes prolétaires luttent pour les mêmes droits que les dames de la bourgeoisie ? Jamais… Depuis quand les femmes travailleuses réclameraient le droit d’accéder aux vices de la bourgeoisie ? Jamais !”.

    L’argumentation de Madeleine Colin ouvre de nouvelles interrogations. Notre esprit critique avait soupçonné une visée antiféministe dans le choix d’une lutte d’ouvrières contre la dureté de leurs conditions de travail. Cela correspondait incontestablement à la conception de la Conférence de Copenhague : la lutte des femmes n’est légitime que si elle s’intègre dans la lutte des classes et ne soulève d’autres contradictions que celles qui opposent les ouvrières aux patrons. Mais “l’invention” des couturières n’a pas été le fait de cette Conférence et elle pourrait avoir un tout autre but : opposer une lutte de femmes travailleuses à une célébration communiste des femmes, devenue beaucoup plus traditionaliste et réactionnaire. Celle qu’on trouve effectivement dans les publications de l’UFF de l’époque, appelant “les travailleuses, les ménagères, les mères” à protéger l’enfance, à se mobiliser “contre la vie chère, pour la famille et pour la paix" ; celle aussi qui dans les pays de l’Est honore les femmes comme mères...

  • Strategic lunacy: Why Europeans must stand up to Trump’s illegal war in Iran – European Council on Foreign Relations
    https://ecfr.eu/article/strategic-lunacy-why-europeans-must-stand-up-to-trumps-illegal-war-in-iran

    Too many Europeans are quietly aligning with America and Israel’s war against Iran. Instead, they urgently need to pursue difficult diplomacy to halt a spiralling conflict that is significantly undermining European security and economic interests

  • Le collectif Questions de classe(s) attaqué en justice !
    https://www.questionsdeclasses.org/le-collectif-questions-de-classes-attaque-en-justice-2

    Le collectif Questions de classe(s), en la personne de Grégory Chambat directeur de publication du site, a reçu une convocation devant le juge des référés délivrée à l’initiative de René Chiche et de son syndicat, Action & Démocratie CFE-CGC, au sujet de la publication de la cartographie intitulée « L’extrême droite, ses allié·es et l’école » qu’ils estiment diffamatoires.

    [...] Notre camarade Grégory Chambat est donc convoqué au tribunal le 30 mars prochain, à Lyon.

    Cartographie de l’extrême droite et de l’éducation [juin 2024]
    https://www.questionsdeclasses.org/cartographie-de-lextreme-droite-et-de-leducation

    Les syndicats
    Après l’échec des « syndicats FN » lancés par Bruno Megret dans les années 90 (invalidés par la justice pour non-respect de l’indépendance politique), la stratégie de l’extrême droite n’est plus de monter ses propres structures professionnelles mais plutôt d’en infiltrer certaines plus ou moins poreuses à l’idéologie réactionnaire. Elle distribue ainsi les « bons points » aux unes et aux autres, tout en relayant un discours antisyndical. À deux reprises (2014, 2018), lors des élections professionnelles, le Collectif Racine [collectif d’enseignants créé par le Rassemblement Bleu Marine] a appelé à voter pour FO (où sont passé·es plusieurs de ses mili­tant·es), le Snalc ou Action et Démocratie.

    Aujourd’hui, Action et démocratie, dont le vice-président est René Chiche, suspendu de l’Éducation nationale 3 mois pour ses prises de position complotistes et réactionnaires, relaie certaines campagnes, comme celles contre l’enseignement à la vie affective et sexuelle (mail aux boîtes professionnelles septembre 2023) ou contre « une “école inclusive” en roue libre, une multiplication des élèves allophones dans nos classes ». Le syndicat se refuse à exclure ses représentants s’affichant à Reconquête (comme Joost Fernandez).

    Sur l’affaire René Chiche [mai 2023] :

    Pap Ndiaye a notamment lu à haute voix le propos d’un des deux professeurs, comparant les députés ayant voté le passe vaccinal à « ceux qui votèrent le statut des juifs ».

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/05/07/pap-ndiaye-justifie-la-suspension-de-deux-professeurs-de-philosophie-pour-de

    Sur Joost Fernandez [janvier 2025] :

    Et, selon à quel syndicat écrit VISA [Vigilances et initiatives syndicales antifascistes], ils savent « plus ou moins à quelle réponse s’attendre à l’avance ». Les relations sont particulièrement tendues avec FO et la CFE-CGC. Pour la seconde, les crispations ont récemment concerné leur affilié Action et démocratie, un syndicat de l’Éducation nationale. Son secrétaire fédéral, Joost Fernandez, est adhérent Reconquête et même responsable du « pôle école » du parti d’Eric Zemmour. Alerté, VISA a prévenu le mouvement. Dans un mail que StreetPress a pu consulter, le président d’Action et démocratie a répondu que son organisation se revendiquait d’une « neutralité politique ». Et que si les adhérents « ont fort heureusement leur propre sensibilité », la direction « ne veut pas la connaître, car cela n’a aucun intérêt quand ces personnes sont animées par le désir d’aider leur prochain ». Vu le programme du parti zemmouriste, c’est une certaine idée du prochain. La CFE-CGC, à qui une copie de tous les échanges a été adressée, n’a jamais répondu.

    https://www.streetpress.com/sujet/1736868396-exclusions-dialogues-dilemme-syndicats-extreme-droite-RN-com

    Rappelons également que la CFE-CGC, « syndicat des cadres », compte en son sein le syndicat de policiers Alliance.
    #école #syndicat #extrême_droite

  • Comme disait l’autre : « les mensonges n’engagent que ceux qui y croient ». Des avions américains ne participant pas aux opérations en Iran "acceptés" sur la base militaire d’Istres
    https://www.laprovence.com/article/france-monde/1823388865857214/des-avions-americains-ne-participant-pas-aux-operations-en-iran-acceptes

    Des avions militaires américains « de soutien » ont été autorisés sur la base française d’Istres a annoncé ce jeudi l’État-major français, affirmant avoir obtenu la « complète garantie » que ces appareils « ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran ».

    « Des avions américains de soutien aux opérations (pas des avions de combat) ont été acceptés sur la base aérienne d’Istres en France. […] Compte tenu du contexte, la France a exigé que les moyens concernés ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran, mais strictement pour l’appui à la défense de nos partenaires dans la région. Elle en a obtenu la complète garantie », a annoncé dans une déclaration l’État-major français. « Il s’agit d’une procédure de routine dans le cadre de l’Otan », assure l’État-major.

    « Un avion ravitailleur, c’est une station-service, ce n’est pas un avion de chasse. Et donc le sujet, c’est clairement la capacité de ravitailler, c’est la seule autorisation qui est donnée par le Président de la République », a insisté devant la presse la ministre française des Armées Catherine Vautrin, en marge d’un déplacement à la Direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique de Valduc (Côte d’Or).

  • Un ministre israélien menace la banlieue sud de Beyrouth de la même dévastation que Gaza - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260305-liban-isra%C3%ABl-renforce-sa-pression-sur-tout-le-territoire-libanais-

    L’armée israélienne a lancé jeudi après-midi un ordre d’évacuation massif aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth, peuplée de plus de 700 000 personnes. Un mouvement de panique sans précédent s’est emparé de la population. Le ministre israélien d’extrême-droite Bezalel Smotrich a affirmé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux que « la banlieue sud de Beyrouth ressemblera bientôt à Khan Younès », en référence à la ville du sud de la bande de Gaza, largement rasée après plus de deux ans d’offensive israélienne

  • Autoroute A69 : l’Etat indemnise à hauteur de 79 millions d’euros le concessionnaire pour l’interruption du chantier en 2025
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/03/03/autoroute-a69-l-etat-indemnise-a-hauteur-de-79-millions-d-euros-le-concessio

    Une « autoroute sur fonds publics »

    Ce bouleversement a rendu nécessaire une négociation au terme de laquelle un dédommagement a été arrêté, autour de 79 millions d’euros, selon la même source, un montant « quasiment divisé par deux par rapport aux demandes initiales » d’Atosca, a-t-elle précisé.

    Dans un communiqué à l’Agence France-Presse (AFP), le concessionnaire a simplement fait savoir qu’« une médiation a été menée par deux tiers indépendants entre l’Etat et Atosca afin de définir les conditions d’une reprise des travaux ». « Cela permet de venir prendre en charge les surcoûts qui s’imposent à l’entreprise, au concessionnaire, et n’étaient pas prévus dans le contrat initial, à cause de l’arrêt du chantier », a détaillé la source ministérielle.

    Le ministère des transports, qui « déplore » cette situation, note qu’elle « est le résultat des recours judiciaires qu’il y a eu contre ce chantier qui était déjà très engagé » et d’une « quasi-obstruction judiciaire par les opposants ». Ces quelque 80 millions de « surcoût » viennent « renchérir » le budget total, qui était estimé entre 400 et 500 millions d’euros, a ajouté le ministère.

    « L’Etat est un larbin servile qui se couche devant NGE-Atosca et les forceurs de l’A69 », a fustigé le collectif d’opposants La voie est libre, dénonçant un « système organisé pour offrir à un groupe privé son autoroute sur fonds publics ». « Le chantier est pleinement mobilisé, avec une livraison prévue au second semestre 2026 », a de son côté souligné Atosca dans son communiqué.

    79 millions de plus dans la machine à cash mais c’est la faute aux opposants ...

    #A69 #Atosca

    • L’idée de départ était bien de verser un maximum de pognon public à des intérêts privés. Iels y sont parvenus de façon infect, peu importe les vies, les maisons, les arbres, l’environnement.

    • 🎥#A69 - 🧐 Le responsable du réseau autoroutier pour le ministère aurait-il menti sous serment ou bien l’exécution du marché public A69 échapperait à tout cadre légal ?
      Mr Balderelli assurait ainsi en mai 2024 qu’Atosca avait gagné le contrat A69 car il réduisait la subvention de l’Etat à 23 M€ 🥴, que le concessionnaire devait assumer les risques financiers de sa proposition, et qu’il n’y aurait « pas de concours public supplémentaire »
      79M€ + 42M€ de nouvelles subventions publiques plus tard, on s’interroge : qui enfreint la loi ? Les déclarations sous serment de Mr Balderelli ou l’exécution du marché public A69 ?⁩

      https://www.youtube.com/watch?v=CYTkhpU7fGg

      source : https://piaille.fr/@LaVoieEstLibre_/116177866657770088

  • Dans le Finistère, des allocataires du RSA se lèvent contre des contrôles « irréalistes » et un « harcèlement moral institutionnel »
    https://www.liberation.fr/economie/social/dans-le-finistere-des-allocataires-du-rsa-se-levent-contre-des-controles-

    Après avoir subi de lourds contrôles administratifs et une suspension de leur #allocation, six personnes, ainsi que la CGT, citent à comparaître le président du département, Maël de Calan. Celui-ci annonce qu’il demandera « leur condamnation pour procédure abusive ».

    L’huissier de justice s’est présenté ce mardi 3 mars auprès du président du #conseil_départemental du #Finistère, Maël de Calan, et de Romain Chantelot, directeur emploi, insertion et logement au sein de la collectivité. Selon les informations de Libération, il leur a remis une citation à comparaître au tribunal correctionnel de Brest le lundi 30 mars à 13 h 30, où ils devront se présenter ou se faire représenter par un avocat, à l’audience.

    L’union départementale CGT et six autres plaignants les attendront. Ils ont choisi la citation directe, qui consiste à faire convoquer l’auteur suspecté des faits devant le tribunal correctionnel, et permet l’ouverture d’un procès en l’absence d’enquête approfondie. Ils veulent faire reconnaître leur qualité de victimes de harcèlement moral de la part des deux hommes, dans le cadre d’une procédure plus large pour #harcèlement_moral_institutionnel, appuyée par 18 témoignages supplémentaires. Pierre Dauly, Vianney Begos, Jeanne Degude, Cécile Weyer, Guilvic Le Cam Mesplomb et Patricia Koryga (qui avait témoigné dans Libération cet été) ont en commun d’être allocataires du revenu de solidarité active (#RSA) et d’avoir été privés de ressources après un contrôle administratif, qui les a plongés dans l’angoisse et a aggravé leur précarité.

    Pour chacun d’entre eux, tout a commencé par un courrier reçu avec le logo de leur département de résidence, « Finistère. Penn-ar-Bed ». L’objet indiquait « contrôle RSA ». Quelques paragraphes précisaient vouloir « s’assurer de l’application du juste droit ». Plusieurs semaines plus tard, le versement de leur RSA a été suspendu ou supprimé. Le versement de ce revenu vital est en effet aux mains des départements, qui sont donc aussi habilités à radier des bénéficiaires qui, selon eux, le percevraient de manière indue.

    https://justpaste.it/a9ydj

    edit

    Me Carpentier. "On voit les courriers qui se multiplient pour leur demander : ’Merci de justifier les 10 euros versés sur le compte de votre fils’",

    https://www.nextplz.fr/societe/538783-apres-avoir-verse-10e-sur-le-compte-de-son-fils-un-allocataire-du-rsa

    #contrôle #radiations

    • Où l’on retrouve à la manœuvre un certain Maël de Calan, président du conseil départemental :

      Maël de Calan, élu président du conseil départemental en 2021, fut, pendant la primaire de la droite et du centre de 2016, le porte-parole d’Alain Juppé, qui lui a d’ailleurs remis, le 19 février au Conseil constitutionnel, la médaille de Chevalier de la légion d’honneur. Sollicité, il a fait transmettre un communiqué de presse du conseil départemental en début de soirée. Il y assure que « ces contrôles sont légitimes » et que ceux qui les « contestent demandent à ne pas appliquer la loi » : « Ces contrôles sont prévus et strictement encadrés par la loi. » Il estime que « la mise en cause nominative de représentants du département est une ligne rouge qui est franchie. » Dénonçant par ailleurs une « procédure abusive », « une brutalisation de la vie publique » et des « méthodes qui détournent les voies de droit », il annonce que « le département demandera en conséquence leur condamnation pour procédure abusive. »

      #brutalisation (lol)

    • Ce plan RSA initié en 2022(...) visait, selon Maël de Calan, à faire baisser le nombre d’allocataires dans un département où le taux de pauvreté est quatre points en deçà de la moyenne nationale. Objectif quantitatif rempli. Les allocataires étaient 17 760 en juillet 2021, seulement 13 420 en septembre 2025. Une baisse de 24,4 %, sept fois plus importante que celle constatée au niveau national (3,4 %)

  • Baisse démographique et dynamiques public-privé : vers une ségrégation scolaire accrue dans les grandes villes ?
    https://www.ipp.eu/actualites/baisse-demographique-et-dynamiques-public-prive-vers-une-segregation-scolaire-ac

    - Dans la capitale, le secteur privé sous contrat a maintenu des classes remplies malgré la baisse démographique, si bien que la quasi-intégralité de la diminution des effectifs a été absorbée par le secteur public.

    – À effectifs presque constants dans le privé mais en forte contraction au niveau global, la part de l’enseignement privé augmente mécaniquement à Paris : +4,5 points de pourcentage en CP depuis 2016 et +3,3 points en 6e depuis 2020.

    – Si l’évolution des effectifs du privé parisien prolonge la tendance observée depuis le début de la baisse démographique, cette dynamique se poursuivra au cours de la prochaine décennie (horizon pour lequel les effectifs peuvent être anticipés avec fiabilité) : la part du privé atteindrait 33,6% en CP en 2030 et 49,4% en 6e en 2035.

    – À Paris, entre 2020 et 2024, la part des élèves de 6e issus de catégories sociales très favorisées qui s’inscrivent dans un collège privé sous contrat est passée de 49% à 55%. Sous les hypothèses retenues pour les projections, cette proportion atteindrait 72% en 2035.

    #école #Paris #enseignement_privé #mixité_sociale

    • Pour enrayer cette dynamique ségrégative et maintenir un équilibre entre secteurs d’enseignement dans les villes confrontées à la baisse démographique, il apparaît nécessaire de répartir plus équitablement les fermetures entre les établissements publics et privés sous contrat. À Paris, le maintien de la part actuelle du privé en CP (27,5 %) impliquerait que, pour trois classes fermées dans le public, une classe soit également fermée dans le privé. En 6e, le maintien de la part actuelle du privé (38,7 %) supposerait un ajustement plus marqué : pour trois classes fermées dans le public, deux devraient l’être dans le privé.

      Cette année à Paris il y aura 90 suppressions de postes dans le privé, pour 224 dans le public, ce qui fait une contribution du privé de 28.7%. Ce qui me semble être une évolution notable, même si elle n’est toujours pas à la hauteur... et que le public a accumulé un « excès » de suppression de postes par rapport au privé les années précédentes, qu’il faudrait corriger en mettant bien plus à contribution le privé dans les années à venir.

  • Heureusement, c’est notre camp qui bombarde systématiquement tes enfants et tes hôpitaux, alors ça va, c’est pour ton bien.

    Tehran an ‘apocalypse’ of hospitals in flames and children buried beneath rubble
    https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/03/03/apocalypse-tehran-heaviest-day-strikes-war

    The Iranian Red Crescent reported 787 dead across 153 cities by Tuesday morning, with the toll rising as strikes expanded to 504 locations in 1,039 recorded attacks since Saturday.

    […]

    However, nearly 200 children have been killed since the bombing started. Residents said the official count vastly understated casualties in Tehran, where rescue operations struggle to reach victims buried under collapsed buildings.

    […]

    “They are striking buildings where families live,” he said. “After each explosion, people rush to help – and then another bomb hits the same area.”

    […]

    A hospital in southern Bushehr was destroyed, with emergency workers frantically evacuating newborn babies as the building was struck.

    Kamran said: “Many people are trapped under the rubble. Hospitals are filled with injured patients, and staff are overwhelmed. They are even striking hospitals where the wounded are being treated.”

    The scene echoed strikes on Gandhi Hospital in Tehran and multiple other medical facilities across the country.

    The destruction of hospitals means the wounded have nowhere to go. Nurses carry premature infants through smoke-filled corridors as bombs fall on maternity wards.

    Burn victims lie on floors because all beds are full. Surgeons operate by torchlight when electricity fails.

    • Je regarde rapidement Gougoule Niouze ce matin, et en français il me semble difficile de savoir qu’il y a déjà plus de 1000 morts, dont 200 enfants, qu’Israël cible les hôpitaux et pratique le « double tap ».

      Comme d’habitude, on va avoir le fossé entre les gens qui s’informent avec internet et les réseaux sociaux, subissent chaque jour des images de massacres, et les gens qui regargent la télé et trouvent qu’il est charmant, ce petit monsieur Barrot, un peu sévère parfois, mais charmant et pondéré.

    • (Journalistes du service public étasunien sur place)

      On the ground in Tehran, reporter describes tense and volatile conditions | PBS News
      https://www.pbs.org/newshour/show/on-the-ground-in-tehran-reporter-describes-tense-and-volatile-conditions

      Earlier today, more airstrikes, intense airstrikes targeting the heart of the city. Israeli officials have repeatedly said they’re targeting the security apparatus, buildings related to the military, Revolutionary Guard.

      But, increasingly, we are seeing on the ground non-military targets either being hit or severely damaged, hospitals. We had a school on Saturday. Earlier today, I went to a major square here where a police headquarters was hit. The police station was destroyed, but surrounding it were scores of residential buildings.

      They too, they were either destroyed or severely damaged. I went to a cafe across from the police station, talked to a patron there who was there during the airstrike. He was smoking a hookah when the missiles hit. He showed me some gruesome video of a fellow patron with his head severed.

      And he described what sounded like a double-tap strike, where he said the initial strike wasn’t much, wasn’t much of an explosion, a few minutes later, massive explosion. And that gives you an idea of the cycle of violence we’re experiencing.

  • Minab school bombing : how the worst mass casualty event of the Iran war unfolded – a visual guide
    https://www.theguardian.com/global-development/2026/mar/03/minab-school-bombing-how-the-worst-mass-casualty-event-of-the-iran-war-

    Photographs and verified videos from the site, which the Guardian has not published due to their graphic nature, show children’s bodies lying partly buried under the debris. In one video, a very small child’s severed arm is pulled from the rubble. Colourful backpacks covered with blood and concrete dust sit among the ruins. One girl wears a green dress with gingham patches on her pockets and the collar, her form partly obscured by a black body bag. Screams can be heard in the background.

    […]

    Shortly after the attack, misinformation began to proliferate online. Some social media accounts claimed the footage of the school was old footage shot in Pakistan, a claim that has been debunked. Several X accounts also made viral claims that the school had been struck by a misfired IRGC missile, but the photographs of the misfire that they present as evidence were taken about 1,600km (994 miles) away from Minab, in the city of Zanjan.

    Les négationnistes sionistes étant déjà à la manœuvre, s’attendre à ce que les journaux français reprennent la thèse du « missile contesté », « peut-être d’origine iranienne ». Ou, plus simplement, on ne va pas trop en parler.

    L’article gagnerait tout de même à citer Pete Hegseth qui se vante que son armée n’a pas besoin de « stupides règles d’engagement ».

  • L’Allemagne te fait savoir qu’elle commence à en avoir un peu marre, de ces histoires de « droit international ». (Je n’ai jamais cru aux prétentions européennes à la clarté éthique, m’enfin là, le suicide moral de l’Europe est parfaitement achevé. Visiblement on est même passé au stade où l’on s’en vante.)

    Merz : Iran should not be protected by international law
    https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/03/02/friedrich-merz-iran-not-be-protected-international-law

    Friedrich Merz has appeared to suggest that Iran should not be protected by international law.

    In a major intervention, the German chancellor expressed fears that such rules were becoming redundant in a world where rogue states broke them with impunity and allies did not enforce them.

    He went on to say that “now is not the time” for Europeans to “lecture” the United States and Israel about legality, as he turned a blind eye to accusations that their attacks on Iran broke international law.

  • Course à l’armement nucléaire : la France accélère

    https://reporterre.net/Course-a-l-armement-nucleaire-la-France-accelere

    La France a officialisé sa participation à l’escalade nucléaire. Le 2 mars à l’Île-Longue, base navale militaire située sur la presqu’île de Crozon (Finistère), Emmanuel Macron a annoncé l’augmentation du nombre de têtes nucléaires de l’arsenal français, qui en compte actuellement moins de 300.

    « Nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire, contrairement à ce qui avait pu être le cas par la passé », a-t-il précisé. Il a aussi confirmé la construction d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins « qui battra pavillon français, se nommera “L’Invincible” et naviguera en 2036 ». Paris, Londres et Berlin vont « travailler ensemble à des projets de missiles de très longue portée », ont également indiqué Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz dans une déclaration conjointe publiée dans la foulée.

    Par ailleurs, le président de la République a annoncé la mise en place « progressive » d’une « dissuasion avancée », nouvelle doctrine ambiguë suggérant que la France pourrait protéger ses alliés européens. Ces derniers pourraient ainsi « participer aux exercices de dissuasion » et « le déploiement de circonstances, d’éléments de force stratégique » pourrait être mis en œuvre « chez nos alliés ».

  • Dans son allocution, Rubio commence par dénoncer le régime iranien parce qu’il est dirigé par des religieux « qui ne prennent pas de décisions géopolitiques, mais des décisions fondées sur la théologie, leur conception de la théologie est de nature apocalyptique — cela doit également être pris très au sérieux ». Pourtant son collègue « ministre de la guerre » a des tatouages religieux, a fait des déclarations sur la construction du 3e temple, la base électorale de Trump est largement constituée de sionistes chrétiens dont la vision du Moyen-Orient est purement apocalyptique, et on pourrait multiplier ce genre de dingueries de son clan de suprémacistes chrétiens.

    https://www.youtube.com/watch?v=ee8WIxGCnr0

    Mais je prends son « on the basis of theology, their view of theology » pour une façon de se rattraper in extremis avant de rapidement changer de sujet quand il s’est rendu compte qu’il ne fallait pas trop aller par là…

    Parce que si on va par là… U.S. Troops Were Told Iran War Is for “Armageddon,” Return of Jesus
    https://jonathanlarsen.substack.com/p/us-troops-were-told-iran-war-is-for

    Un commandant d’unité de combat a déclaré à des sous-officiers lors d’un briefing lundi que la guerre contre l’Iran faisait partie du plan de Dieu et que le président Donald Trump avait été « oint par Jésus pour allumer le feu de signal en Iran afin de provoquer l’Armageddon et marquer son retour sur Terre », selon une plainte déposée par un sous-officier.

    Du samedi matin au lundi soir, plus de 110 plaintes similaires concernant des commandants dans toutes les branches de l’armée ont été enregistrées par la Military Religious Freedom Foundation (MRFF).

    Les plaintes provenaient de plus de 40 unités différentes réparties sur au moins 30 installations militaires, a indiqué la MRFF lundi soir.

    La MRFF préserve l’anonymat des plaignants afin d’éviter d’éventuelles représailles du département de la Défense. Le Pentagone n’a pas immédiatement répondu à ma demande de commentaire.

    Un plaignant s’est identifié comme sous-officier (NCO) dans une unité actuellement en dehors de la zone de combat iranienne mais en statut de soutien prêt au déploiement, mobilisable à tout moment. Le sous-officier a précisé qu’il était chrétien et a contacté la MRFF au nom de 15 militaires, dont au moins 11 chrétiens, un musulman et un juif. (Courriel complet reproduit ci-dessous.)

    Le sous-officier a écrit à la MRFF que leur commandant « nous a exhortés à dire à nos troupes que tout cela faisait “partie du plan divin de Dieu” et il a spécifiquement cité de nombreux passages du Livre de l’Apocalypse faisant référence à l’Armageddon et au retour imminent de Jésus-Christ. »

    […] L’an dernier, le Pentagone m’a confirmé que Hegseth participe à une étude biblique hebdomadaire à la Maison-Blanche. Elle est dirigée par un prédicateur qui affirme que Dieu ordonne à l’Amérique de soutenir Israël.

  • « Autour de 50 000 » foyers fortunés échappent à l’impôt, selon l’ex-ministre de l’économie Eric Lombard
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/27/autour-de-50-000-foyers-fortunes-echappent-a-l-impot-selon-l-ex-ministre-de-

    Selon des sénateurs, 13 335 personnes concernées par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ont un revenu fiscal de référence si faible qu’ils ont été dispensés d’impôt sur le revenu ou sur les plus-values et dividendes. Mais, d’après Eric Lombard, le chiffre des Français fortunés non imposés est encore plus élevé.

    #Fiscalité #riches (très) #patrimoine_financier #niches_fiscales #optimisation_fiscale #suroptimisation_fiscale #fraude_fiscale