Lyco

Craignosse, les turlutosses !

  • Le « racisme systémique » : un conglomérat problématique | Daniel Sabbagh, dans Mouvements (2022/HS)
    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2022-HS-page-56.htm

    En pratique, l’invocation systématique du « #racisme_systémique » tend à faire obstacle à sa nécessaire décomposition, à sa désagrégation qu’exige la mise au jour des mécanismes spécifiques conjointement générateurs des inégalités observées (Wimmer 2015). Distinguer ces mécanismes, évaluer l’ampleur de leurs effets respectifs et repérer précisément leurs modalités d’articulation et d’interaction dans un contexte délimité : tel devrait être le programme empirique des travaux sur le racisme (Wacquant 2022 : 185-187). C’est à cette condition que pourront éventuellement être identifiés des contre-mécanismes et des instruments d’action transformatrice intégrés à des politiques publiques relevant d’une stratégie de démantèlement de l’ordre racial potentiellement efficace. Au regard de cet objectif impérieux, la fixation verbale sur le « racisme systémique » est inadéquate et potentiellement néfaste.

  • Je me suis toujours intéressé aux prix de l’immobilier (politiquement) je trouve que c’est un indice clair et fiable des tournants sociaux, des territoires, du vécu quotidien, de ce qui se profile. En plus, comme les maires ont eu des difficultés à masquer qu’ils devenaient les promoteurs immobiliers de leur ville (balkany ou moudenc à toulouse plus proche, ou muzeau à clichy etc). On peut reconstruire assez bien comment fonctionne leurs réseaux d’influence.

    Bon là, j’ai demandé à un site plutôt fiable en terme de recroisement des ventes, l’estimation d’une villa cossue à Reuil Malmaison de 900m2 avec piscine et un terrain de 1.600 m2. Oh ben tiens, c’est étonnant, c’est beaucoup plus élevé que le prix de vente annoncé.

    Résultat de votre estimation en ligne
    Rue Hortense, 92500 Rueil-Malmaison

    Maison 300 m² 9 pièces piscine

    Estimation basse 3 426 023 €
    Estimation moyenne 3 773 200 €
    Estimation haute 4 120 283 €

    Marine Le Pen vend la villa de son père au milliardaire catholique ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin pour 2,5 millions d’euros –
    https://www.liberation.fr/politique/marine-le-pen-vend-la-villa-de-son-pere-au-milliardaire-catholique-ultrac

    Marine Le Pen vend la villa de son père au milliardaire catholique ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin pour 2,5 millions d’euros
    D’après une information de « Challenges », la famille Le Pen a vendu sa villa de Rueil-Malmaison où habite Jean-Marie Le Pen à une société détenue par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin et le gestionnaire de son fonds d’investissement.

    Oups, plus d’un million d’euros de différence.

    Sinon voila un vieil article du 28/02/2016, à l’époque où le JDD n’appartenait pas à l’extrême droite sur les soupçons de la justice lors de l’achat.
    https://www.lejdd.fr/Societe/Soupcons-sur-la-villa-des-Le-Pen-pere-et-fille-774921-3157730

    • Il faut quand même que tu saches que le nouveau propriétaire qui a acheté à si petit prix leur cahute aux Lepen est exilé fiscal en Belgique et grand ami de Bolloré et qu’il amasse sa fortune en investissements immobiliers.

      Qui est Pierre-Edouard Stérin, ce milliardaire catholique candidat au rachat de « Marianne » ?
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/02/pierre-edouard-sterin-milliardaire-catholique-pret-a-racheter-marianne_62311

      En ce début de 2023, Vincent Bolloré accueille à la Villa Montmorency, dans le 16e arrondissement de Paris, le timide et souriant Pierre-Edouard Stérin. Cet autre milliardaire, fervent catholique et désireux comme lui de « sauver la France », est venu lui parler de ses rêves du moment, dont l’offre de rachat du groupe Editis – avortée depuis. Face au Breton, qui se dit né avec une cuillère d’argent dans la bouche, lui, originaire d’Evreux, se vit en vilain petit canard qui a enchaîné les échecs et « bossé toute sa vie comme un chien » pour réussir. Vingt ans à faire fructifier les coffrets Smartbox, qu’il a créés et délocalisés en Irlande, pour se bâtir une fortune de 1,2 milliard d’euros, la 104e de France.

      Peu connu du public, exilé fiscal en Belgique, le quinquagénaire mû par l’envie de « give back » (« redonner » en français) entend, en outre, déshériter ses cinq enfants pour léguer ce milliard à son propre fonds de « philanthropie ». Et voudrait, chagrin que la France boude ses grandes fortunes, que cela se sache. Il n’en admire pas moins en Bolloré le « superentrepreneur » et son puissant groupe, dont la chaîne d’opinion ultra-conservatrice CNews grignote les parts de marché de BFM-TV. Que la rédaction du Journal du dimanche (JDD) ait été décimée ne le choque pas : un propriétaire « fait ce qu’il veut chez lui ». Les journaux n’y font pas exception.

  • Menacé de fermeture, le cinéma associatif parisien La Clef racheté par son collectif de soutien
    https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/menace-de-fermeture-le-cinema-associatif-la-clef-rachete-par-son-collec

    Menacé de fermeture, le cinéma associatif parisien La Clef racheté par son collectif de soutien
    Après plus de cinq années de combat, rythmé par des occupations, des bras de fer politiques et autres pétitions, le collectif « La Clef Revival » a réussi à sauver le cinéma le plus alternatif de Paris.

    « On a réussi, la Clef est sauvée ». Le collectif « La Clef Revival » a annoncé mercredi 19 juin avoir signé le rachat du dernier cinéma associatif de Paris, menacé depuis des années de fermeture, moyennant un total de 2,7 millions d’euros. L’acte de vente auprès de la Caisse d’épargne a été conclu lundi, a révélé mercredi le collectif lors d’une conférence de presse.

    « C’est notre fonds de dotation, Cinéma Revival, qui sera propriétaire du bâtiment, précise le communiqué du collectif. Sa mission est de garantir que La Clef reste pour toujours un cinéma associatif et indépendant, protégé des appétits spéculatifs et administré librement par ses [usagers] ».

    ❤️On a les Clefs❤️

    Réouverture avant travaux du 27 au 30 juin 2024

    Notre communiqué 👉https://t.co/GDr0Agnkg0 pic.twitter.com/SB8mS0COhX
    — Cinéma La Clef Revival (@LaClefRevival) June 19, 2024

    « On a presque du mal à y croire, tant le chemin a été long », poursuit le collectif. Ce rachat est l’aboutissement d’un feuilleton de six ans, pour l’un des rares lieux culturels alternatifs et indépendants à subsister au cœur du Quartier Latin, à Paris, jusqu’ici détenu par le Conseil social et économique (CSE) de la Caisse d’Epargne Ile-de-France.

    A l’écart des grands circuits, La Clef s’est fait une place à part en offrant une visibilité à des cinéastes africains, asiatiques ou sud-américains peu programmés ailleurs. Et compte bien rester un cinéma militant, pas comme les autres, « lieu de diffusion de films rares ».
    Une salle de cinéma au fonctionnement inédit

    Ceux « qui le souhaitent pourront rejoindre le collectif [d’usagers], apprendre à organiser une projection et proposer un film », promettent les repreneurs, qui ont conclu un accord avec le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) pour légaliser leur pratique, hors du commun dans le monde du cinéma, de séances à prix libre.

    Ce montage complexe s’inspire de l’économie coopérative, avec une société foncière spécialisée et deux collèges d’administrateurs. Il doit permettre de « sortir durablement le cinéma La Clef du marché immobilier » et d’assurer son indépendance à long terme.

    Occupations, bras de fer politiques, pétitions : la mobilisation des amis de la Clef, qui ont su fédérer autour d’eux le gratin du cinéma d’auteur français, a fini par payer. D’anciens salariés de la salle, entourés de cinéphiles, ont mené la tête de la fronde, refusant la vente et finissant par occuper les lieux. Leur mobilisation a finalement triomphé des dissensions internes, des confinements, d’une expulsion par la police et des assignations en justice.

    « La Clef sera un lieu où partager des idées, des films et des combats, où renouer sans cesse les liens entre les œuvres et le temps présent, le cinéma et la politique », souligne le collectif dans son communiqué. « On a hâte d’en rouvrir bientôt les portes, pour que s’y engouffre l’imagination collective ! »

  • L’orientation des #filles vers les filières scientifiques :
 cause acceptable ou discutable ? | #Marianne_Blanchard, février 2024
    https://carnetsrouges.fr/lorientation-des-filles-vers-les-filieres-scientifiques-cause-acceptab

    Cette focalisation sur les #stéréotypes masque aussi la réalité des violences sexistes et sexuelles à laquelle sont encore confrontées les #femmes dans certaines formations et milieux professionnels. En 2019, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) qualifiait par exemple les #écoles_d’ingénieurs de « bastion virilistes » où 63% des étudiantes déclaraient avoir déjà subi directement, ou avoir été témoin de violence sexistes ou sexuelles (#vss) sur le campus. Depuis, les révélations sur les vss dans certains établissements prestigieux (Polytechnique, CentraleSupélec) n’ont fait que renforcer ce constat. Or la question du #sexisme et des vss est presque totalement absente des discours sur la féminisation des filières scientifiques.

    #orientation

  • Hausse des viols signalés à Polytechnique : pour sa présidente, « aucun cas ne doit rester lettre morte »
    https://www.leparisien.fr/essonne-91/hausse-des-viols-signales-a-polytechnique-pour-sa-presidente-aucun-cas-ne

    À la question « a-t-on essayé ou est-on parvenu à avoir un rapport sexuel avec vous contre votre gré », 23 personnes ont répondu « oui ». Soit la révélation de 23 cas de viols ou tentatives de viols, et de 118 agressions sexuelles. Des chiffres en hausse par rapport à l’enquête menée sur l’année scolaire 2022-2023, où 8 cas de viols ou tentatives de viols avaient été signalés et 91 atteintes sexuelles.

    L’élite du pays.

  • A Blendecques, les « réfugiés climatiques » qui ont vécu de multiples inondations rejettent les écologistes et votent massivement pour le RN
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/06/19/a-blendecques-les-refugies-climatiques-qui-ont-vecu-de-multiples-inondations

    Pourtant, le parti censé incarner la lutte contre le réchauffement climatique n’a pas vraiment bénéficié d’un raz de marée dans les urnes. Au contraire. La liste emmenée par Marie Toussaint a obtenu 1,72 % des voix. Troisième en 2019 avec Yannick Jadot (7,12 %), elle a chuté à la 10e place. Très loin du Rassemblement national (RN) et de ses 50,7 %, devancée par l’Alliance rurale de Jean Lassalle (2,52 %) et par le Parti animaliste (2,22 %). Les assesseurs ont même décompté davantage de bulletins nuls (2,52 %) et blancs (2,23 %).

    « Les premiers réfugiés climatiques, c’est nous », reconnaît pourtant Vincent Maquignon, adjoint (sans étiquette) aux sports à la mairie de Blendecques. Sa jolie maison en brique rouge va être rasée, comme une dizaine d’autres dans sa rue, prise en étau entre deux bras de l’Aa. L’Etat doit les racheter pour y construire un bassin de rétention.

  • Femme enceinte tuée d’un coup de fusil : « Pour nous elle n’était pas une Rom, elle était Angela »
    Par Christel Brigaudeau, envoyée spéciale à Chenex (Haute-Savoie) et Genève (Suisse)
    Le 17 juin 2024 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/femme-enceinte-tuee-dun-coup-de-fusil-pour-nous-elle-netait-pas-une-rom-e
    https://www.leparisien.fr/resizer/6G03VQsJQ4VU65tF5TOiJgXFBP0=/1248x782/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/UNU4PXO4ZREWBGOENKJ77IXGGY.jpg

    Angela Rostas, 40 ans, était une mère de famille rom, enceinte de sept mois. Elle a été tuée d’une balle de fusil de chasse le 22 février au seuil de son mobile home, à Chênex, en Haute-Savoie. Deux hommes originaires de villages voisins ont été écroués et mis en examen pour meurtre à caractère raciste.

    (...) Deux adolescentes aux yeux noirs se tiennent près de leur mère, prostrées. Le mari est perdu. Qui a pu faire ça ? Angela Rostas, enceinte de sept mois d’un petit garçon qu’elle aurait appelé Ferdino, vient d’être tuée à l’heure du dîner, d’une balle dans l’abdomen sur le seuil de son mobile home. Les coups de feu ont surgi depuis la forêt, en face.

    Au terme d’une enquête de trois mois, menée par neuf enquêteurs de la section de recherches des Savoie, à Chambéry, la silhouette derrière les feuillages a été identifiée. M., 26 ans, artisan et chasseur connu dans le Vuache, du nom de cette région frontalière de la Suisse, a été arrêté et incarcéré le 7 juin, ainsi qu’un de ses meilleurs amis, F., âgé de 30 ans. M. et F. ont été mis en examen pour « meurtre et tentative de meurtre commis en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion ». Un troisième jeune homme est placé sous contrôle judiciaire, soupçonné de « destruction de preuves ».
    Mobile raciste

    Les deux amis ne connaissaient pratiquement pas leur victime, hormis de vue. D’après les premières conclusions de l’enquête, Angela est morte pour la seule raison qu’elle était rom, victime d’une glaçante expédition punitive menée à l’aveugle contre des gens du voyage.

    M. a admis être l’auteur des tirs, « tout en contestant avoir délibérément touché la victime », a indiqué la procureure d’Annecy, Line Bonnet-Mathis. Son complice a avoué « avoir déposé le tireur avec son fusil sur le lieu du crime » et l’avoir récupéré ensuite. Leurs avocates n’ont pas souhaité s’exprimer.

    #racisme

  • Israel and the Leahy Law

    https://www.justsecurity.org/96522/israel-leahy-law

    United States law requires foreign nations, including Israel, to comply with international human rights standards and international humanitarian law to receive U.S. security assistance. The best known of these laws, the “Leahy law,” mandates that U.S. security assistance may not be provided to units of foreign security forces that are alleged to have committed gross violations of human rights.

    For seven and a half years, I served as director of the State Department office that leads Leahy vetting of foreign security units. I have seen how even and fair application of the Leahy law is key to U.S. foreign policy and credibility abroad. But when it comes to Israel — the story so far is about a lack of application.

    U.S. State Department spokespersons assert that the department complies with the Leahy law via “ongoing processes,” and that treatment of Israel under the Leahy law is the same as for any other country.

    Both assertions are incorrect.

  • French businesses court Marine Le Pen after taking fright at left’s policies
    https://www.ft.com/content/e28f9753-1770-4c8c-91d8-e7bb7ed44feb

    France’s corporate bosses are racing to build contacts with Marine Le Pen’s far right after recoiling from the radical tax-and-spend agenda of the rival leftwing alliance in the country’s snap parliamentary elections.

    Four senior executives and bankers told the Financial Times that the left — which polls suggest is the strongest bloc vying with Le Pen — would be even worse for business than the Rassemblement National’s unfunded tax cuts and anti-immigration policies.

    “The RN’s economic policies are more of a blank slate that business thinks they can help push in the right direction,” a Cac 40 corporate leader said of Le Pen’s party, which is ahead of other groupings in the run-up to the two-round vote on June 30 and July 7. “The left is not likely to water down its hardline anti-capitalist agenda.”

    Another major business leader and investor in France added: “If you had told me two weeks ago that the business world would be rooting for the RN and counting [President Emmanuel] Macron out, I would not have believed it.”

  • Le faible enneigement de l’Himalaya menace l’approvisionnement en eau de près de 2 milliards de personnes, alerte un rapport
    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/le-faible-enneigement-de-l-himalaya-menace-l-approvisionnement-en-eau-d

    La neige et la glace de l’Himalaya constituent une source d’eau essentielle pour les 240 millions de personnes vivant dans les régions montagneuses et les 1,65 milliard d’autres personnes vivant dans les vallées dans plusieurs pays.

    #yzonkavotéhairehaine_et_tout_va_s_arranger

  • « Les stages de 2de risquent de renforcer les inégalités sociales »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/06/18/les-stages-de-2de-risquent-de-renforcer-les-inegalites-sociales_6241006_3224

    En septembre 2023, Gabriel Attal, alors ministre de l’éducation nationale, annonçait vouloir « reconquérir le mois de juin », souvent marqué par un fort taux d’absentéisme à l’école. Il propose alors, pour les élèves de 2de générale et technologique, un stage d’observation. Si les #entreprises sont « incitées » par le gouvernement à accueillir des stagiaires de 2de la dernière quinzaine du mois de juin, la circulaire reste floue quant à l’implication des équipes éducatives, des parents et quant à la mobilisation éventuelle d’associations dans sa mise en œuvre.

    Une possibilité supplémentaire de « découvrir le monde économique et professionnel » et de réfléchir à l’orientation, pour reprendre la circulaire, est a priori une bonne idée, mais est-ce possible à moyens constants et sans temps d’organisation dévolus sur l’ensemble des territoires ? C’est sans doute l’anticipation de la difficile mise en application de cette circulaire qui a conduit le Conseil supérieur de l’éducation, organe consultatif du ministère de l’éducation, à rejeter massivement le projet de texte le 16 novembre dernier.
    A quelques jours du début de la période de stage, des syndicats d’enseignants estiment à 25 % le nombre d’élèves ayant trouvé un stage, laissant penser qu’il ne suffit pas d’une plate-forme (1jeune1solution. gouv) pour mettre en relation les élèves et les potentiels lieux de stage.

    Les élèves se débrouillent seuls

    Des leçons sont à tirer du très inégalitaire #stage_de_3e. La grande difficulté pour trouver un stage de 3e que rencontrent les #collégiens dont les parents ne peuvent puiser dans leur réseau professionnel et personnel aurait dû conduire à organiser des moyens d’accompagner l’accès à ces stages d’observation en milieu professionnel, en particulier dans les établissements où les enfants de milieux populaires sont surreprésentés. Dans ces collèges, où la grande majorité des élèves se débrouillent seuls pour trouver un stage et sont contraints de multiplier les candidatures (CV, lettre de motivation), le stage de 3e est d’abord l’expérience de multiples refus, voire de discriminations raciale et territoriale.

    Une étude de l’Institut national de la jeunesse et de l’#éducation populaire de 2018 note que 30 % des élèves de collèges en réseau d’éducation prioritaire (REP) ont dû contacter cinq entreprises et plus (alors que c’est le cas de seulement 17 % des élèves des établissements hors REP). Conséquence de ce parcours du combattant : selon cette même enquête, dans le département des Yvelines, seuls 43 % des élèves d’établissements #REP font le stage de leur choix, contre 69 % dans les établissements hors REP.

    La nature des stages est également très connotée socialement, puisque ceux-ci sont réalisés dans une diversité de lieux et de domaines dans les établissements les plus favorisés, ce qui contraste avec l’homogénéité des stages dans les établissements les moins favorisés. Des différences qui s’accentuent encore davantage lorsque l’on ajoute à l’origine sociale la variable du genre. Les trois quarts des filles en #collège_REP réalisent leur stage dans le commerce, la grande distribution, l’enseignement, l’artisanat et en pharmacie.

    Tâches impensées

    Les moyens nécessaires à la mise en place de ces stages ne sont pas pensés et l’accompagnement invisibilisé. Pour les équipes éducatives, et plus encore celles des établissements en REP ou en zone rurale, les stages en 3e sont loin de se limiter à cinq jours dans l’année. L’organisation d’une semaine ou d’un forum des métiers, l’aide à la réalisation d’un CV, l’ouverture d’une boîte mail et l’inscription sur les plates-formes sont anticipées bien en amont des stages. Si, dans quelques établissements très privilégiés, les associations de parents (voire des clubs d’entrepreneurs) prennent en charge l’organisation de forums des métiers, la mise en relation des élèves avec des entreprises et l’organisation des oraux, dans la majorité des cas, ce sont les #enseignants qui accompagnent l’accès à ces stages, parfois soutenus par des associations.

    Pour permettre à des élèves en REP de trouver le stage de leur choix, l’association couple la mise à disposition d’une plate-forme à un accompagnement tout au long de l’année, qui commence parfois dès la 4e par des ateliers thématiques qui visent à décrypter les annonces publiées sur la plate-forme, oser postuler un stage, rédiger des éléments de motivation, échanger par mail avec les tuteurs… En amont des stages, l’association forme les entreprises à la rédaction d’annonces et d’objectifs de stage compréhensibles pour les élèves.

    Autant de tâches impensées mais essentielles à la réalisation des stages, qui s’ajoutent aux missions des équipes éducatives et qui ont facilement fait de déborder sur les heures de cours ou de rajouter du travail supplémentaire non rémunéré, puisqu’elles ne font pas l’objet de ressources supplémentaires pour les établissements scolaires. La charge de travail déléguée à l’équipe éducative, souvent au professeur de technologie qui parfois réduit ses heures de cours pour se consacrer au stage, est d’autant plus importante que l’établissement est socialement ségrégué, et que la part de stages pris en charge par le réseau familial est faible.

    Nouveau moyen de distinction

    Le risque est clair : le #stage_de_2de pourrait être un nouveau moyen de distinction profitant aux #lycéens les plus favorisés. Comme pour d’autres politiques éducatives, le gouvernement s’est ici hâté dans la mise en place d’une réforme en théorie intéressante, mais qui, en pratique, présente de nombreuses limites et ignore les retours d’expérience des acteurs de terrain sur des dispositifs similaires.

    Les possibilités pour tous les élèves de trouver un stage en même temps sont encore plus contraintes par la synchronicité des dates, qui correspondent également aux stages des lycéens professionnels pour beaucoup d’établissements. L’écueil du stage de 2de est d’être, encore davantage que pour le stage de 3e, un objet de distinction, à un an et demi des procédures d’admission pour les formations d’études supérieures, par Parcoursup.

    Expérience de #stage subi dans un secteur dévalorisé ou de stage prestigieux dans une structure internationale, service national universel ou mobilité européenne et internationale (deux dérogations possibles au stage) risquent de s’ajouter aux multiples étapes de la scolarité conduisant à la reproduction sociale.

    Aude Kerivel est sociologue et directrice du Laboratoire d’évaluation des politiques publiques et des innovations (Leppi), Yassir Mamodbakar est étudiant en master à Sciences Po et stagiaire du Leppi et Chloé Michaud est économiste au Leppi.

    #SNU #école

  • Le lobbying gagnant des industriels pour sauver les milliards de pots de yaourt et de barquettes de viande en polystyrène de l’interdiction
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/06/17/le-lobbying-gagnant-des-industriels-pour-sauver-les-milliards-de-yaourts-et-

    Pour échapper à l’interdiction prévue par la loi, les industriels s’étaient engagés à créer une filière française de recyclage du polystyrène avant 2025. A six mois de l’échéance, ils ne sont pas prêts. « Le Monde » et Franceinfo ont eu accès à un rapport confidentiel de 2021 qui aurait dû alerter le gouvernement sur cette « impasse ».

    C’est un nouveau renoncement sur le front de la transition écologique. Les industriels de l’#agroalimentaire et du #plastique pourront continuer à écouler les milliards de pots de yaourt, de compote et de barquettes de viande en polystyrène malgré l’interdiction qui devait entrer en vigueur en 2025 en cas d’absence de filière française de recyclage. Interrogé par Franceinfo et Le Monde, le ministère de la transition écologique n’en fait plus mystère : « Les ambitions de la loi étaient trop ambitieuses. Nous sommes dans une impasse. » A moins de six mois de l’échéance, les industriels ne sont pas prêts et la filière française de #recyclage du #polystyrène reste une chimère. Ce renoncement enterre définitivement l’un des principaux objectifs de la loi antigaspillage et pour une économie circulaire de 2020 : tendre vers 100 % d’#emballages en #plastique recyclés avant 2025.

    https://justpaste.it/7u1bg

    #pollution #loi #entreprises #écologie

  • L’écrivaine indienne Arundhati Roy menacée de poursuites… pour un discours prononcé il y a 14 ans - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/monde/inde/lecrivaine-indienne-arundhati-roy-menacee-de-poursuites-pour-un-discours-pr

    Lauréate du Booker Prize en 1997 et du Prix européen de l’essai en 2023, l’écrivaine Arundhati Roy est poursuivie pour avoir défendu l’indépendance du Cachemire… en 2010. L’auteure, figure emblématique de l’opposition au régime de Narendra Modi, n’a eu de cesse de dénoncer la « dérive fasciste » et le « suprématisme hindou ».

  • Pour un soulèvement antifasciste | SLT
    https://blogs.mediapart.fr/les-soulevements-de-la-terre/blog/150624/pour-un-soulevement-antifasciste

    Gardons en mémoire le front populaire de 1936. Il est né dans la rue d’une manifestation anti-fasciste. Ses mesures phares - comme l’instauration des congés payés - sont le fruit d’une longue grève générale avec occupations d’usines enclenchée au lendemain de sa victoire aux élections. L’annonce par Nouveau Front Populaire (NFP) d’un moratoires sur les mégabassines et les autoroutes dans son programme des 15 premiers jours est le fruit du rapport de force que nos #luttes ont su imposer au cours des 3 dernières années. 

    Le terrain et le tempo des Soulèvements de la terre sont ceux de la lutte, de l’#auto-organisation des mouvements et de l’action directe populaire. Que le gouvernement soit néo-faciste, macroniste ou de gauche, nous continuerons à lutter contre l’accaparement des terres par l’agro-industrie et la bétonisation du monde. Quel que soit le résultat, nos luttes et nos actions doivent franchir un cap face aux menaces conjointes du ravage écologique et de la fascisation.
    Nous vivons pour l’heure un moment historique. Il ne suffit pas de faire barrage au Rassemblement National par les urnes, il faut lui barrer physiquement la route. Il ne doit pas prendre le pouvoir, ni dans trois semaines, ni dans trois ans !

  • Le nombre de déplacements forcés dans le monde atteint des « niveaux historiques »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/13/le-nombre-de-deplacements-forces-dans-le-monde-atteint-des-niveaux-historiqu

    Le nombre de déplacements forcés dans le monde atteint des « niveaux historiques »
    Par Camille Tavitian
    Le nombre de personnes déplacées de force dans le monde continue d’augmenter, suivant une tendance à la hausse depuis plus d’une décennie. Selon le rapport annuel du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rendu public le 13 juin, le monde compte, début 2024, plus de 120 millions de personnes déracinées, qui ont fui la persécution, la violence ou des conflits. Il s’agit là de « niveaux historiques » qui reflètent « la naissance de nouveaux conflits, la mutation de certaines situations existantes, ainsi que l’incapacité à résoudre des crises persistantes », alerte le HCR. Une majorité de ces personnes demeurent dans leur pays, mais le HCR dénombre 43,4 millions de réfugiés.
    « Affirmer qu’il s’agit d’une invasion, de personnes mal intentionnées qui viennent voler vos emplois, menacer vos valeurs, votre sécurité, et qu’elles doivent donc partir, que nous devons construire des barrières ne résout pas le problème », a dénoncé le chef du HCR, Filippo Grandi, dans un entretien à l’AFP.Alors que les élections européennes marquent la montée des formations politiques d’extrême droite, hostiles à l’immigration, M. Grandi estime que ces mesures ne font qu’aggraver la situation car elle favorise l’immigration irrégulière, plus « difficile à gérer ».
    Il relativise les mouvements migratoires en direction du continent européen et rappelle, à titre d’exemple, que le Tchad a accueilli 600 000 Soudanais en 2023, « soit dix fois plus » que le nombre de personnes arrivées en Europe par la mer depuis le début de l’année. Le HCR sonne d’ailleurs l’alarme sur la situation au Soudan, décrite comme « l’une des plus importantes crises humanitaires et de déplacement au monde ». Depuis avril 2023, plus de 7,1 millions de nouveaux déplacements ont été enregistrés, auxquels s’ajoutent 1,9 million de déplacements au-delà des frontières du pays.
    L’année écoulée a aussi été marquée par des millions de déplacements à l’intérieur des frontières de la République démocratique du Congo et de la Birmanie, en raison de violents combats, de même que par l’aggravation de la situation au Proche-Orient. L’Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) estime que, entre octobre et décembre 2023, 1,7 million d’habitants, soit plus de 75 % de la population, de la bande de Gaza ont été contraints de se déplacer dans l’enclave « en raison de violences dévastatrices » dues à la guerre qu’y mène Israël depuis l’attaque du Hamas sur son sol en octobre 2023.
    Par ailleurs, le HCR souligne la persistance de situations difficiles comme en Afghanistan, où l’instabilité politique et la famine continuent de pousser des centaines de milliers de personnes à quitter leur lieu de vie. Au total, un peu plus de 6,4 millions d’Afghans sont déracinés, la plupart vivent dans les pays voisins tels que l’Iran et le Pakistan, ce qui fait d’eux, aujourd’hui, la plus importante population de réfugiés, juste devant les Syriens (6,4 millions de réfugiés), les Vénézuéliens (6,1 millions) et les Ukrainiens (6 millions).
    Si l’Allemagne est le quatrième pays qui accueille le plus de réfugiés (2,6 millions), la plupart des exilés se rendent dans des pays de leur voisinage immédiat tels que l’Iran, la Turquie, la Colombie ou le Pakistan, une situation sur laquelle le HCR alerte : « Les pays à faible revenu ont continué d’accueillir une part disproportionnée des personnes déplacées dans le monde, souligne le rapport. Ces pays représentent 9 % de la population mondiale et seulement 0,5 % du PIB mondial, mais ils ont accueilli 16 % des réfugiés. »
    L’agence onusienne rappelle par ailleurs que le réchauffement climatique constitue une menace dans l’accélération du phénomène de déplacements forcés. Ainsi, en Somalie, en plus de l’insécurité persistante qui a déplacé à l’intérieur du pays 1,3 million de personnes, 1 million de réfugiés supplémentaires ont été déracinées du fait des conditions météorologiques extrêmes, « avec des inondations soudaines en avril 2023 », après une période de sécheresse prolongée.
    Le HCR s’inquiète enfin de la baisse de 22 % du nombre de réfugiés ayant pu retourner chez eux en 2023. La majorité d’entre elles sont des Ukrainiens ou des Sud-Soudanais. « La plupart des retours spontanés ont eu lieu dans des contextes qui ne sont pas entièrement propices au retour dans la sécurité et la dignité, et ils peuvent ne pas être durables ».

    #Covid-19#migrant#migration#HCR#refugie#deplace#crise#climat#insecurite#sante

  • Les hommes de la rue du Bac : des faits glaçants et un récit à visage découvert – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/les-hommes-de-la-rue-du-bac-des-faits-glacants-et-un-recit-a-visage-decou
    https://www.liberation.fr/resizer/uKbwj-6JSGX5Iy4XG_6F-ZEkwc0=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1498x1488:1508x1498)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/GHHGOAJDJZGNNGZVG22Z77BBQ4.jpg

    Mais cette histoire a aussi un lieu, le triangle du VIIe arrondissement de Paris où le pouvoir politique, culturel et médiatique régnait dans une totale impunité. « Jusqu’au dernier moment, j’ai pensé ne pas y arriver », nous dit Inès Chatin de son audition, qui fait aujourd’hui partie d’un dossier judiciaire de centaines de pages documentant l’univers pédocriminel de la rue du Bac, dans un somptueux appartement acheté à la famille d’Ormesson par le docteur Jean-François Lemaire, l’homme qui livra entre autres ses enfants adoptifs, dans des séances sordides dont la mise en scène cauchemardesque n’a d’égal que l’infâme sadisme, à l’écrivain Gabriel Matzneff et ses amis. « Si l’adolescent sait qu’il se soumet à des règles condamnées par la société mais qui apportent finalement une certaine jouissance, euh pourquoi pas ? » expliquera froidement le docteur Lemaire à sa fille adoptive, que Matzneff surnommait « ma petite chose exotique ». Eu égard à l’extrême violence des scènes rapportées par Inès Chatin, il a été convenu, avec elle et ses avocats, de ne pas en rapporter certaines à la première personne du singulier. Libération publiera donc dans les jours à venir son récit, et s’appuiera sur le dossier judiciaire, pour raconter ces faits glaçants qui témoignent de la cruauté de ces hommes de pouvoir, et du courage de la femme qui leur a survécu. Et qui parle aujourd’hui.

    #viols_collectifs #pédocriminalité #matzneff #mephitis #germanopratins

    #Jean-François_Lemaire
    #Claude_Imbert
    #Jean-François_Revel
    #académie_française
    #le_point

  • Pentagon ran secret anti-vax campaign to undermine China during pandemic
    https://www.reuters.com/investigates/special-report/usa-covid-propaganda

    At the height of the #COVID-19 pandemic, the U.S. military launched a secret campaign to counter what it perceived as China’s growing influence in the Philippines, a nation hit especially hard by the deadly virus.

    [...]

    The U.S. military’s anti-vax effort began in the spring of 2020 and expanded beyond Southeast Asia before it was terminated in mid-2021, Reuters determined. Tailoring the propaganda campaign to local audiences across Central Asia and the Middle East, the Pentagon used a combination of fake social media accounts on multiple platforms to spread fear of China’s vaccines among Muslims at a time when the virus was killing tens of thousands of people each day. A key part of the strategy: amplify the disputed contention that, because vaccines sometimes contain pork gelatin, China’s shots could be considered forbidden under Islamic law.

    The military program started under former President Donald Trump and continued months into Joe Biden’s presidency, Reuters found – even after alarmed social media executives warned the new administration that the Pentagon had been trafficking in COVID misinformation. The Biden White House issued an edict in spring 2021 banning the anti-vax effort, which also disparaged vaccines produced by other rivals, and the Pentagon initiated an internal review, Reuters found.

    [...]

    To implement the anti-vax campaign, the Defense Department overrode strong objections from top U.S. diplomats in Southeast Asia at the time, Reuters found. Sources involved in its planning and execution say the Pentagon, which ran the program through the military’s psychological operations center in Tampa, Florida, disregarded the collateral impact that such propaganda may have on innocent Filipinos.

    We weren’t looking at this from a public health perspective,” said a senior military officer involved in the program. “We were looking at how we could drag China through the mud.”

    [...]

    Days later [in July 2020], China’s foreign minister announced Beijing would grant Duterte’s plea for priority access to the vaccine, as part of a “new highlight in bilateral relations.

    China’s growing influence fueled efforts by U.S. military leaders to launch the secret propaganda operation Reuters uncovered.

    We didn’t do a good job sharing vaccines with partners,” a senior U.S. military officer directly involved in the campaign in Southeast Asia told Reuters. “So what was left to us was to throw shade on China’s.”

    U.S. military leaders feared that China’s COVID diplomacy and propaganda could draw other Southeast Asian countries, such as Cambodia and Malaysia, closer to Beijing, furthering its regional ambitions.

    A senior U.S. military commander responsible for Southeast Asia, Special Operations Command Pacific General Jonathan Braga, pressed his bosses in Washington to fight back in the so-called information space, according to three former Pentagon officials.

    [...]

    Facebook executives had first approached the Pentagon in the summer of 2020, warning the military that Facebook workers had easily identified the military’s phony accounts, according to three former U.S. officials and another person familiar with the matter. The government, Facebook argued, was violating Facebook’s policies by operating the bogus accounts and by spreading COVID misinformation.

    The military argued that many of its fake accounts were being used for counterterrorism and asked Facebook not to take down the content, according to two people familiar with the exchange. The Pentagon pledged to stop spreading COVID-related propaganda, and some of the accounts continued to remain active on Facebook.

    Nonetheless, the anti-vax campaign continued into 2021 as Biden took office.

    [...]

    By spring 2021, the National Security Council ordered the military to stop all anti-vaccine messaging. [...]

    Nevertheless, the Pentagon’s clandestine propaganda efforts are set to continue. In an unclassified strategy document last year, top Pentagon generals wrote that the U.S. military could undermine adversaries such as China and Russia using “disinformation spread across social media, false narratives disguised as news, and similar subversive activities [to] weaken societal trust by undermining the foundations of government.”

    And in February, the contractor that worked on the anti-vax campaign – General Dynamics IT – won a $493 million contract. Its mission: to continue providing clandestine influence services for the military.

    #Chine #Philippines #vaccin #psyop #désinformation

  • Comment Eric Ciotti a orchestré avec Vincent Bolloré l’annonce de son ralliement au RN
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/13/comment-eric-ciotti-a-orchestre-avec-vincent-bollore-l-annonce-de-son-rallie

    Lundi 10 juin, juste au lendemain des élections européennes, Eric Ciotti a pris contact avec Jordan Bardella et Marine Le Pen. Il s’est aussi rendu au 51, boulevard de Montmorency, dans le 16e arrondissement à Paris, pour rencontrer Vincent Bolloré. Le président du parti Les Républicains (LR) n’a encore rien dit dans son propre parti de sa décision de faire alliance avec le Rassemblement national (RN), mais il est venu en imaginer l’annonce avec le grand patron, propriétaire notamment de CNews, Paris Match, Europe 1 et Le Journal du dimanche.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les Républicains envoient à Eric Ciotti son avis d’expulsion après une folle journée

    Cela fait longtemps, déjà, que Vincent Bolloré caresse l’idée d’une « union des droites », comme il appelle cette potentielle alliance entre le RN et LR. A plusieurs reprises, il en a esquissé la possibilité devant des journalistes et des éditeurs, collaborateurs de son groupe. Devant quelques élus, aussi, qui viennent le visiter dans cet immeuble de trois étages sur le perron duquel flotte un drapeau breton et qui abrite sa holding familiale, La Compagnie de l’Odet. Eric Ciotti en fait partie.

    Les deux hommes se connaissent depuis quelques années. « Nous sommes tous deux préoccupés par la préservation de l’identité française », reconnaissait en novembre 2021 devant Le Monde le très droitier président des Républicains en évoquant ses liens avec le milliardaire. Chaque été, depuis plusieurs années, Eric Ciotti, qui rêve de conquérir Nice et domine la puissante fédération LR des Alpes-Maritimes, rencontre en effet le patron breton dans le sud de la France, lorsque ce dernier vient passer les vacances dans sa maison de Saint-Tropez, dans le Var. Ils ont aussi pris l’habitude de déjeuner régulièrement ensemble, de retour à Paris.

  • Ilan Pappe: Zionism began as a Christian project
    https://x.com/MiddleEastMnt/status/1800914022172127686

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1800913411733118976/pu/vid/avc1/720x1280/0E-as0y3qCeS3MP_.mp4

    Renowned Israeli historian Ilan Pappe explains the origins of the Israel lobby, which was advocacy for the creation of a Jewish state in Palestine by Christian Zionists who wanted the Jews to leave Europe as far back as the 19th century. Pappe’s book ’Lobbying for Zionism on Both Sides of the Atlantic’ was launched in London on 11 June at a packed event organised by MEMO and the Cordoba Foundation.

  • La défiance envers l’école, facteur clé du vote #RN | #Félicien_Faury
    https://theconversation.com/la-defiance-envers-lecole-facteur-cle-du-vote-rn-231458

    L’offre scolaire locale est ainsi perçue comme faisant partie d’un système concurrentiel, avec des classements informels des établissements circulant selon leur réputation. Dans les discours des personnes interrogées, ces perceptions s’avèrent souvent profondément racialisées. La proportion de personnes identifiées comme immigrées fréquentant les #écoles fonctionne comme une sorte de signal du niveau scolaire global de l’établissement, orientant les stratégies parentales de placement scolaire. Dans certains quartiers, le déclassement social des écoles publiques est ainsi d’autant plus visible qu’il est perçu racialement, et d’autant plus difficile à enrayer que cette perception renforce, par circularité, les pratiques d’évitement des ménages blancs.

    Cette situation suscite des désirs de #protectionnisme non plus seulement sur le terrain de l’emploi, mais également sur celui de l’accès aux ressources communes et aux services publics. Le problème n’est plus ici l’immigré travailleur, mais les #familles_immigrées, dont les enfants vont être scolarisés dans les écoles du quartier. De ce fait, les discours politiques comme ceux du RN prônant la réduction de l’#immigration et l’arrêt du regroupement familial trouvent ici des échos favorables.

    [...]

    Le rapport à l’école a aussi des conséquences sur les manières de percevoir les autres groupes sociaux et, derrière eux, les formations politiques. Comme suggéré plus haut, pour beaucoup d’électeurs du RN, c’est le travail, plus que l’école, qui leur a permis d’accéder à un emploi (relativement) stable et à un petit patrimoine (souvent leur propre logement dont ils sont propriétaires). Ils se caractérisent ainsi par un capital économique supérieur à leur capital culturel. Cette structure du capital que l’on retrouve de façon transversale au sein de l’électorat lepéniste se traduit par la valorisation de styles de vie orientés davantage vers la réussite économique que vers « des ressources culturelles distinctives ».

    [...] À bien des égards, le mépris de classe dont s’estiment parfois victimes les électeurs du RN fait écho aux formes de violence symbolique dont l’école est un des principaux foyers. Comme si la distance à l’univers scolaire, aux positions professorales, à la culture dite légitime et aux styles de vie qui lui sont associés exprimait une réaction de défense face à une domination scolaire subie antérieurement.

    L’institution scolaire reste pour beaucoup avant tout un lieu de classements, de frustrations et d’humiliations. Il faut donc s’interroger sur ce que produit politiquement notre école, sur les visions du monde et les préférences électorales qu’elle engendre sur le long terme chez les individus.

  • « Plasticulture » : quand le plastique remplace la paille dans les champs
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/06/12/plasticulture-quand-le-plastique-remplace-la-paille-dans-les-champs_6238955_

    Durant près d’une semaine, au début du mois de février, d’épaisses colonnes de fumées noires ont obscurci le ciel bleu de la Camargue entre Saint-Gilles (Gard) et Arles (Bouches-du-Rhône). A l’origine de ces fumées nauséabondes : des amas de plastiques utilisés pour les cultures de salades et de melons, mélangés à des déchets verts, qui se consument dans des champs ou sur le bord de la route.

    Plusieurs riverains alertent alors la gendarmerie et l’Office français de la biodiversité (OFB). Les feux ont été allumés au sein de la plus grande zone humide de France, une réserve biotope classée en site Natura 2000 située au cœur du parc naturel régional de Camargue, avec le Petit-Rhône à proximité. « Il y a une biodiversité remarquable mais fragilisée, on s’inquiète des risques de pollution », relate, sous le couvert de l’anonymat, un témoin de la scène. « On ne peut pas laisser faire n’importe quoi, il y a des lois. Nos enfants respirent ça. Il faut respecter nos poumons et notre environnement ! », dénonce une mère de famille habitant le village de Saliers, près d’Arles.

    Les feux ont été déclenchés sur l’une des propriétés de Didier Cornille, un grand propriétaire terrien qui cultive des salades et des melons sur plusieurs milliers d’hectares entre le Gard et les Bouches-du-Rhône. Accusant l’agriculteur de ne pas respecter les obligations définies par le code de l’environnement, selon lequel tout détenteur de déchets est responsable de leur gestion, jusqu’à leur valorisation et leur élimination, plusieurs associations écologistes, dont France Nature Environnement (FNE) et la Ligue de protection des oiseaux, portent l’affaire en justice.

    #plastique #agriculture #agro-alimentaire

  • « L’abstention ne constitue plus un obstacle à la victoire électorale du Rassemblement national »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/12/l-abstention-ne-constitue-plus-un-obstacle-a-la-victoire-electorale-du-rasse

    À peine plus d’un inscrit sur deux s’est déplacé le 9 juin pour prendre part à l’élection des députés français au Parlement européen (51,4 %). Si la participation a gagné un point et demi par rapport à 2019, ce qui frappe reste la stabilité de l’#abstention à un niveau très élevé dans ce scrutin traditionnellement peu mobilisateur. Il en résulte qu’aucune liste n’a massivement séduit les citoyens : la liste gouvernementale conduite par Valérie Hayer n’a rassemblé que 7,3 % des inscrits, la liste Parti socialiste-Place publique de Raphaël Glucksmann 6,9 %, et même celle du Rassemblement national (#RN), grand vainqueur du scrutin, ne représente que 15,7 % des inscrits.

    Dans un contexte où la France qui vote est minoritaire, les facteurs sociodémographiques de la participation ont joué à plein. Le 9 juin, les catégories âgées, les catégories les plus diplômées et les plus aisées ont davantage voté que les plus jeunes, les plus fragiles et les moins diplômées. Comme le montrent les sondages, le différentiel de participation a été d’environ 30 points entre la tranche d’âge la moins votante, les 18-34 ans, et la plus votante, les 60-75 ans. Les enquêtes confirment également la mobilisation plus massive des cadres, par comparaison avec celle des ouvriers et des employés.
    Le revenu est également hautement prédictif de la participation au vote de dimanche : là aussi, l’écart entre les plus bas revenus – inférieur ou égal à 1 000 euros – et les plus hauts revenus – plus de 5 000 euros – est d’environ 30 points de participation. D’un scrutin à l’autre, les logiques sociales de l’abstention sont d’une régularité impressionnante, et, dans cette perspective, rien n’est plus facilement prévisible que la sociologie de l’abstention et, par conséquent, puisqu’elle est en quelque sorte son image inversée, de la participation.

    Le 9 juin à 20 heures, comme lors de chaque scrutin, c’est dans les périphéries jeunes et populaires des grandes agglomérations métropolitaines que l’on a le moins voté : 10 points de moins qu’en moyenne nationale à Roubaix (Nord) ou Vaulx-en-Velin (Grand Lyon). A l’intérieur de ces territoires, les bureaux de vote des quartiers de grands ensembles ont enregistré une abstention encore plus élevée : un quart de votants seulement dans le bureau de la cité des Cosmonautes [à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis], que nous étudions depuis 2002.

    Forte abstention structurelle

    Symétriquement, les bureaux de vote des centres-villes ou des périphéries bourgeoises, à la fois plus âgés et plus aisés, ont enregistré un taux de participation de 10 points supérieurs à la moyenne, comme à Versailles, Arcachon [Gironde] ou Paris centre. Les mondes ruraux plus âgés et mieux inscrits sur les listes électorales, parce que plus stables géographiquement, ont également confirmé leur plus forte disposition à voter.

    Dans ce contexte marqué par une forte abstention structurelle, le score impressionnant du RN est d’autant plus remarquable. Pendant longtemps, les scrutins de second ordre ont été défavorables au Front national devenu Rassemblement national. Jean-Marie Le Pen faisait ses meilleurs scores à la présidentielle et sous-performait lors d’un scrutin tel que les européennes. La sociologie de l’électorat frontiste expliquait une bonne part du phénomène : plus populaire, plus ouvrier, moins diplômé, plus urbain aussi, cet électorat était plus difficile à mobiliser lors d’élections de faible intensité, a fortiori pour un parti sans grande implantation locale.

    La perspective d’une alternance à venir a consolidé son socle électoral. En atteste le très bon report des voix obtenues par le RN en 2022 au profit de la liste conduite par Jordan Bardella, de l’ordre de 85 %. En attestent également la certitude de choix et la détermination à se rendre aux urnes de cet électorat, plus élevée que la moyenne. Le RN a, de toute évidence, été porté par une dynamique politique. Mais, dans le contexte abstentionniste de dimanche, ce score historique s’explique surtout par les mutations sociologiques de son électorat. On peut même considérer que ce score constitue, par lui-même, la preuve empirique de cette grande transformation.

    Séquence électorale inédite

    Ces dernières années, l’expansion électorale du RN s’est réalisée en grande partie sur les segments de l’ancien électorat de la droite. En schématisant, le RN « normalisé » de Marine Le Pen a très largement prospéré au sein de la coalition électorale qui avait porté Nicolas Sarkozy au pouvoir, dans les classes moyennes, chez les retraités, dans les mondes ruraux. Parmi les électeurs qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy en 2007 et ont voté le 9 juin, quatre sur dix l’ont ainsi fait en faveur de la liste conduite par Jordan Bardella.
    Cette évolution se vérifie dans toutes les enquêtes. Ce ne sont plus seulement les artisans, les commerçants, les ouvriers les moins qualifiés et les employées sans diplôme qui placent le RN en première position quand ils votent. Ce sont également les classes moyennes propriétaires de leur résidence principale en périphérie urbaine, les agriculteurs, les entrepreneurs et les retraités résidant dans les villes moyennes et à la campagne.

    Tout cela entraîne des conséquences sur le profil sociologique des électeurs : dimanche, le RN a obtenu plus de 30 % des voix parmi les 65-74 ans et 24 % des voix parmi les individus dont les revenus sont supérieurs à 3 000 euros mensuels. A la manière de ce qu’on observe aux Etats-Unis au sein de l’électorat républicain ou en Italie au sein de l’électorat de Giorgia Meloni, le RN est devenu, de fait, un parti interclassiste et intergénérationnel, surreprésenté, et ce n’est pas un détail en matière de participation, dans les mondes ruraux. Compte tenu de cette profonde transformation, l’abstention alimentée par les facteurs sociodémographiques ne constitue plus un obstacle à la victoire électorale du RN.

    La séquence électorale inédite des 30 juin et 7 juillet s’annonce donc particulièrement risquée pour la majorité présidentielle qui a, en quelques années, perdu sur ce plan une bonne part de l’avantage concurrentiel dont elle disposait face au RN. Le résultat de ces législatives 2024 pourrait donc se jouer sur des facteurs beaucoup plus strictement politiques qu’à l’accoutumée et donner paradoxalement à la campagne improvisée qui se prépare une importance primordiale.

    Céline Braconnier est professeure des universités en science politique, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, chercheuse au Cesdip-CY Université.

    Jean-Yves Dormagen est professeur de science politique à l’université de Montpellier, président de Cluster 17.

    #sociologie électorale

    • Oups, mon collègue est devenu RN… ou la « ciottisation » de la vie professionnelle, Nicolas Santolaria
      https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2024/06/20/oups-mon-collegue-est-devenu-rn-ou-la-ciottisation-de-la-vie-professionnelle

      « Work in progress ». Hier encore, ils sifflotaient « Le Chant des partisans » à la cantine. Aujourd’hui, les mêmes n’hésitent plus à clamer « Vivement Bardella ! ». La submersion idéologique touche désormais tous les milieux.

      Nous vivons un moment troublant de « ciottisation » de nos vies professionnelles. Président des Républicains – ayant proposé une alliance au Rassemblement national pour les élections législatives anticipées rejetée par les autres responsables du parti –, Eric Ciotti est emblématique de ces collègues que vous pensiez il y a peu encore indéfectiblement allergiques à l’extrême droite, et qui s’affichent désormais tout feu, tout flamme, pour le RN.

      Bien entendu, chacun est libre de ses opinions mais, dans les faits, beaucoup d’entreprises ou d’institutions fonctionnaient jusqu’alors comme des cocons idéologiques, représentant des communautés de valeurs plus ou moins implicites. Cet entre-soi – questionnable, bien entendu – opérait également à une échelle catégorielle plus large : la sociologie du vote d’extrême droite, traditionnellement ancrée chez les employés et les ouvriers, a longtemps pu laisser penser aux membres de groupes sociaux plus favorisés que le RN, c’était ailleurs, que le RN, c’étaient les autres.

      Depuis les résultats des élections européennes, le 9 juin, où la liste emmenée par Jordan Bardella a recueilli 31,6 % des suffrages, ce sentiment rassurant s’est dissipé : d’après une enquête Ipsos réalisée les 6 et 7 juin 2024, le RN a progressé, entre 2019 et aujourd’hui, de 13 % à 20 % chez les cadres, tout en renforçant son socle traditionnel. Le RN est ainsi devenu le premier parti des salariés (36 % des voix), dans le public (34 %) comme dans le privé (37 %). Croiser à la cafèt un type qui porte un tee-shirt « Jordan je t’aime » sous sa chemise n’est donc plus une hypothèse farfelue, et la suspicion est désormais de mise. « Là, j’ai la haine. Je me rappelle de mon collègue, ce fumier qui tenait des propos tendancieux, je suis sûr à 99 % qu’il a voté RN », s’énervait un utilisateur de X au lendemain des européennes.

      Mue traumatisante

      Cette mue traumatisante du collègue lambda en électeur d’extrême droite constitue la scène inaugurale de l’enquête prophétique Les Grands-Remplacés (Arkhê, 2020), de Paul Conge. Le journaliste y évoque notamment Joël, informaticien toulousain un peu gris, fils de socialistes, qui finit par se persuader que son monde est gangrené par l’immigration et le renoncement. Il se met alors à la muscu : « Happé progressivement par la propagande radicale de la “dissidence” sur Internet, il déroule désormais son “prêt-à-penser” sur ses collègues, ces “bobos” aux “corps de lâches”. »

      Le plus déstabilisant en la matière est la progression de cet agglomérat d’idées rances dans des univers qui y étaient jusqu’alors totalement étanches. Dispensant des formations dans les univers professionnels pour dénoncer l’« imposture sociale » du Rassemblement national, l’association intersyndicale Visa (pour Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes) tente d’enrayer la séduction que ce parti opère, depuis son ravalement de façade, sur des publics historiquement ancrés à gauche. Car, manifestement, les « cordons », les « barrières », les « barrages » et autres vocables incantatoires d’endiguement ne suffisent plus à empêcher la submersion idéologique du « populisme Ultrabrite ». Y compris dans l’esprit de ceux qui, l’an dernier encore à la cantine, sifflotaient Le Chant des partisans.

      Nicolas Santolaria

    • « La question décisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/21/legislatives-la-question-decisive-est-de-savoir-dans-quelle-proportion-l-ele

      Les commentateurs ont dit et répété que la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), forgée dans l’urgence afin d’éviter la débâcle aux législatives de 2022, avait été définitivement enterrée durant la campagne des européennes. Le 9 juin au soir, la #gauche paraissait à ce point divisée que le président fit – selon toute vraisemblance – le calcul qu’elle ne s’en relèverait pas, offrant à Renaissance un boulevard pour un troisième duel (après 2017 et 2022) avec le Rassemblement national.

      Une semaine plus tard, ce scénario semble pourtant pouvoir être déjoué. Sous la menace de l’#extrême_droite et grâce à la pression de la société civile, mais aussi des organisations de jeunesse des partis politiques, les dirigeants de ces derniers sont parvenus à trouver un accord. La donne s’en trouve bouleversée : au second tour, le Rassemblement national (#RN) pourrait devoir ferrailler avec le Nouveau Front populaire (#NFP), et non avec la majorité présidentielle. Le NFP sera-t-il en mesure de transformer l’essai ?
      ​Si l’on projette le résultat des élections européennes du 9 juin sur les législatives du 30 juin, c’est-à-dire si les résultats du 30 juin étaient strictement équivalents à ceux du 9 juin, on obtient le résultat suivant : au second tour, 461 des 577 circonscriptions donneront lieu à un duel Rassemblement national-Nouveau Front populaire.

      L’unité paye

      Si la gauche était restée divisée, le scénario aurait été radicalement différent : il y aurait seulement 236 duels entre le RN et une force de gauche au second tour, et 275 duels RN-Renaissance au second tour. Autrement dit : l’unité paye, elle permet à la gauche d’être deux fois mieux représentée au second tour et de disputer la victoire finale à l’extrême droite.
      Bien sûr, cet exercice de politique-fiction doit être manié avec précaution : les enjeux du 30 juin ne sont pas les mêmes que ceux du 9 juin, les règles de scrutin diffèrent et la temporalité de la campagne législative n’a rien à voir avec celle des européennes. Par ailleurs, nous sommes dans une situation électorale inédite : pour la première fois depuis la réforme du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral (en l’an 2000), les #législatives ne seront pas une ratification du résultat de la présidentielle, une simple formalité pour l’exécutif.

      ​Malgré ces inconnues, il faut affronter la question : l’électorat de gauche suivra-t-il les partis dans leur aspiration à l’unité ? L’accord par le haut entre appareils politiques se prolongera-t-il par un plébiscite par le bas de la part des citoyens et citoyennes ? Il convient ici de rappeler trois faits.

      Premièrement, au cours des deux dernières décennies, les électeurs de gauche se sont montrés plus unitaires que les candidats et les partis pour lesquels ils votaient. La Nupes en 2022, le Nouveau Front populaire, aujourd’hui, sont d’abord des réponses à des demandes, formulées depuis longtemps, par le peuple de gauche, et renouvelées dès le 9 juin au soir à travers une série de rassemblements spontanés.

      La lutte contre le terrorisme

      Une deuxième donnée à avoir en tête est qu’il existe désormais, au sein de l’électorat de gauche, une importante volatilité. D’un scrutin à l’autre, des fractions significatives du peuple de gauche changent de bulletin. La logique du _vote utile s’est généralisée.

      Pour donner quelques exemples de cette fluidité : 35 % des électeurs de Mélenchon au premier tour de 2022 qui sont allés voter le 9 juin 2024 ont glissé un bulletin Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ou PS-Place publique. Réciproquement, 31 % de ceux qui avaient voté pour François Hollande en 2012 ont choisi Mélenchon en 2022. Cette porosité électorale, qui concerne ici le couple PS-LFI, est encore plus prononcée entre LFI et le PC, et entre EELV et le PS.

      Une troisième et dernière donnée importante est que, selon de nombreuses enquêtes d’opinion (Baromètre de la confiance politique, European Value Survey), les différents électorats de gauche partagent un large socle de valeurs. Ce qui les rassemble (la lutte contre les inégalités, les droits des minorités, l’attachement à la démocratie, les services publics) est plus fort que ce qui les divise (l’Europe, la laïcité, le nucléaire), même si des nuances existent.
      Selon l’enquête effectuée par l’IFOP le soir du 9 juin, la lutte contre le terrorisme préoccupe autant les électeurs de Manon Aubry (43 %) que ceux de Raphaël Glucksmann (46 %) et de Marie Toussaint (42 %) [respectivement LFI, Place publique et EELV].

      En revanche, concernant la lutte contre le #racisme et les discriminations, il s’agit d’un enjeu jugé déterminant par 69 % des électeurs « insoumis », contre 49 % des électeurs socialistes et 41 % des écologistes.

      ​Vieillissement et embourgeoisement

      La vraie question n’est donc pas de savoir si les électeurs de gauche plébisciteront dans les urnes, le 30 juin, les candidats de l’unité. On peut annoncer sans risque que ceux qui iront voter le feront en faveur de ce Nouveau Front populaire. Il y aura certainement des candidatures dissidentes, comme l’ont déjà laissé entendre d’anciens ministres socialistes, des dirigeants de Place publique et des déçus ou exclus de LFI et des Verts, mais les sondages indiquent que ces échappées solitaires semblent vouées à l’échec.

      La question décisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera. L’électorat de gauche (toutes tendances confondues) est globalement plus jeune et plus populaire que celui de Renaissance et du Rassemblement national – le 9 juin 2024, la vraie nouveauté de l’électorat lepéniste est son vieillissement et son embourgeoisement.

      Les jeunes votent majoritairement pour la gauche, mais ils votent moins que leurs aînés. Par ailleurs, en 2017 comme en 2022 et en 2024, on constate que la gauche (à nouveau toutes tendances confondues) a son centre de gravité électoral plus proche des #classes_populaires que Renaissance et le RN. Or les jeunes et les classes populaires sont les catégories de la population les plus enclines à s’abstenir.

      ​Les candidats du NFP parviendront-ils à contrer cette #abstention différentielle, à remobiliser leur base en moins de trois semaines ? Cela à la veille des vacances d’été ? Alors que l’extrême droite est galvanisée par son résultat des élections européennes et la promesse d’une arrivée à Matignon, que ses adversaires oscillent entre la stupeur et la sidération ? Et que le dimanche 30 juin pourrait correspondre avec le huitième de finale de l’équipe de France de football ?

      Manuel Cervera-Marzal est enseignant-chercheur en science politique à l’université de Liège/Fonds de la recherche scientifique (FNRS), auteur des « Nouveaux Désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ? » (Le Bord de l’eau, 2016).

      #électorat_volatile

  • Les statines, vous savez ce que c’est ?
    C’est les molécules qui vous sauvent du cholestérol.

    Petite marque de respect pour Akira Endo qui m’a surement sauvé la vie (sauf quand j’ai faillit me noyer tout seul accroché à un cable au fond de l’eau). Je fais du cholestérol héréditaire 😎 A 4 ans, j’avais le taux d’un vieux de 80 ans.
    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2024/06/11/le-chercheur-japonais-akira-endo-le-decouvreur-des-statines-est-mort-a-l-age