• Combien de philosophEs ?
    https://www.liberation.fr/debats/2018/10/16/combien-de-philosophes_1685772

    La tribune de nos collègues et amies historiennes, publiée dans le Monde le 4 octobre, a su esquisser le tableau d’une situation intolérable, que nous, #femmes philosophes, ne connaissons que trop bien. Nos expériences ressemblent largement aux leurs : asymétrie des carrières, plafond de verre, discriminations dans les recrutements - ce qui est commun à toutes les travailleuses -, mais trop souvent encore invisibilité de nos recherches et donc de nos concepts, mépris pour nos contributions à la discipline ; voire déni pur et simple de notre statut même de philosophes. Si la reconnaissance collective de cet état de fait appelle de nouvelles solidarités entre intellectuelles, elle se double d’un sentiment de colère lorsque, désirant nous compter en vue de lancer notre propre appel, nous constatons que nous ne sommes pas 440 philosophEs en poste à l’université. En France, les départements de philosophie sont de petites unités. Il n’empêche, dans cette matière, les maîtresses de conférences sont minoritaires en comparaison de leurs homologues masculins (87 sur 240 soit 36 %), et pour ce qui est des professeures (39 sur 169 soit 23 %), leur nombre se réduit à peau de chagrin si on regarde les Professeur·e·s en « classe exceptionnelle » : 4 femmes pour 51 hommes. Sur la fin ou en début de carrière, une même problématique : on a ainsi régulièrement assisté, ces dernières années, à des campagnes de recrutement (à l’université ou au CNRS) où seuls des hommes sont finalement classés, en dépit d’un sex ratio équilibré des candidat·e·s, à compétences strictement égales. En 2018, la campagne de recrutement de MCF : 12 hommes, 2 femmes.

    Quelques jours avant les très masculins Rendez-vous de l’histoire de Blois, évoqués par les historiennes, s’est tenu un rendez-vous incontournable de notre discipline, dans ce qu’elle a de plus académique : les 4, 5 et 6 octobre, les Rencontres philosophiques de Langres étaient consacrées à « l’art ». Sur 10 conférences, 8 étaient assurées par des hommes. Un tour d’horizon des auteurs mobilisés lors de ces sessions permet de mesurer une autre dimension du problème : aucune philosophE. Combien d’autrices sont enseignées au programme de philosophie de terminale ? Au sein des cursus universitaires ? Quasiment aucune. L’« exception » Hannah Arendt ne nous satisfait plus. Des philosophEs dans l’histoire, il y en a bien des centaines : elles ne sont pas « mineures » mais minorisées. Y compris dans les pratiques contemporaines, on ne compte plus le nombre de soutenances de thèse, de colloques en « non-mixité » : entre-soi des hommes qui pensent sur des hommes pour des hommes. Les travaux de philosophEs sont moins lus, moins cités, moins débattus ou avec moins de probité intellectuelle. Bien plus qu’un préjugé, il y a ici une production d’ignorance arrogante. Ne nous trompons pas de débat : il n’est pas question de féminiser la #philosophie mais bien plutôt de la démasculiniser ! Puisqu’en l’état, la philosophie pense majoritairement « en tant qu’homme » tout en s’obstinant à prétendre au neutre. Une fois établi ce constat, le débat se resserre communément sur celui de « la parité », dont on nous assure qu’elle constitue une réponse politique adaptée aux inégalités de genre (obligation de parité dans les assemblées et comités élus ou nommés). Même si elle est un moyen pragmatique de pallier la persistance des discriminations, il n’en reste pas moins que la parité n’entame pas le stigmate, comme en témoignent les remarques des hommes philosophes lorsqu’il s’agit de dégoter une femme philosophe (n’importe laquelle pourvu qu’elle soit une femme) pour parvenir au quota imposé. Du côté des femmes, le manque d’outil efficace pour lutter contre l’inégalité génère des mécanismes d’effacement et de renoncement : nombreuses sont celles qui sont encore contraintes de travailler à l’écart, de travailler dans l’ombre. Le temps des petites mains (et) des Grands Hommes est révolu. Or, inversement, nous ne devrions pas être dans la nécessité d’en faire deux, trois fois plus que nos collègues, pour faire carrière : à prendre des responsabilités au sein des équipes, des comités, des instances dirigeantes, éditoriales, etc. souvent aux dépens de nos propres recherches.

    Enfin, ce dispositif suscite aussi des formes pernicieuses de division entre femmes. Combien de cabales laisserons-nous encore se mener contre les « féministes », mais aussi contre les collègues qui, dit-on, « geignent » sur les discriminations sexistes, racistes, sur le harcèlement, les réunions prévues aux heures de la sortie d’école, du bain ou du dîner - ou tout simplement aux heures où on est en droit de faire autre chose -, sur les mails le dimanche, sur les colloques, les congrès, souvent inconciliables avec nos vies matérielles ? Sans aucun doute, des hommes parmi nos collègues assument les « tâches domestiques ». La réponse véritable n’est donc pas dans la parité mais plutôt dans l’édification de pratiques solidaires visant à contester des normes dominantes, empêcher que se perpétuent des rapports de pouvoirs iniques dont quasiment seules les femmes font les frais.

    Mais à l’évocation de nos vies de philosophes, on oppose une fin de non-recevoir. L’idée même que se développent les philosophies sur le genre, le #féminisme, la sexualité, les antagonismes sociaux, environnementaux, sur le décolonial, le handicap ou tout autre courant « hétérodoxe », suscite souvent des silences entendus qu’accompagnent parfois des pratiques effectives d’exclusion de celles et ceux qui s’y spécialisent. Or, ces recherches se font, envers et contre toutes les résistances, même si le plus souvent, elles obligent à un décentrement (géographique, institutionnel, professionnel), par rapport au parcours jusque-là « classique » des carrières. Il est donc regrettable qu’il y ait, en lieu et place de débats dignes de ce nom au sein de la discipline, des formes d’appropriation « sans risque » de ces recherches encore largement disqualifiées comme « militantes » ou des formes de retraduction de ces problématiques en des termes plus policés. Les frontières entre ce qui serait « politique » et ce qui serait purement « théorique » sont souvent poreuses et à trop les rigidifier on vide la pensée critique de sa capacité à créer de nouvelles coordonnées de réflexion et d’investigation. Enfin, espérons que la publication d’ouvrages qui s’avèrent des critiques délirantes de la philosophie féministe témoigne non de la prégnance mais des derniers soubresauts d’un positivisme paternaliste : le sexisme ne doit plus définir l’ethos du philosophe patenté et ses expressions licites ne doivent plus constituer un mode de reconnaissance entre pairs.

    Au-delà de ces persistants effets de forclusion intellectuelle, il est urgent de s’interroger aussi sur ce qui en constitue le terreau : la division sexuelle du travail intellectuel et la reproduction sociale d’une élite dont les déterminations en termes de genre ne sont pas le seul impensé. L’entre-soi des philosophes, comme le pré carré de leur bibliothèque, a un sexe, une classe, une couleur. Combien sommes-nous de filles et fils de prolétaires, combien de « Noir·e·s », « d’Arabes », combien de descendant·e·s de la colonisation, combien sommes-nous issu·e·s de l’histoire des migrations ? Aujourd’hui, la reproduction sociale n’aura jamais été aussi totale dans les Grandes Ecoles dont sont issu·e·s la plupart des philosophes. En marge, dans les universités les plus paupérisées, l’enseignement de la philosophie peine à ne pas être dilué dans des parcours « découverte ». Ce qui se joue à marche forcée, c’est la transformation de la philosophie en un produit de luxe, permettant à quelques happy few de continuer à croire que leurs conditions matérielles d’existence se confondent avec l’Universel. Pointer le solipsisme masculin, au moment même où les réformes universitaires n’en finissent pas de menacer notre discipline, nous oblige à objectiver tous les privilèges qui s’érigent en dogmes et participent d’un régime disciplinaire du savoir philosophique et de ses productions. Par contraste, il s’agit de mettre en lumière d’autres points de vue, d’autres perspectives depuis lesquelles nous philosophons : témoigner de la richesse des œuvres et des manières de faire de la philosophie qui ont permis, depuis des années, de renouveler la recherche, de réformer les pédagogies, de décentrer, décloisonner les corpus que nous partageons avec nos étudiant·e·s.

    Au-delà de cette tribune, première en son genre en France, nous appelons à des assises des femmes philosophes afin de réfléchir et d’œuvrer ensemble à l’égalité.


  • La gauche française devrait-elle se détourner davantage de minorités qu’elle n’a jamais choyées ?
    https://www.liberation.fr/debats/2018/10/12/la-gauche-francaise-devrait-elle-se-detourner-davantage-de-minorites-qu-e

    La gauche française n’a aucun discours, aucune revendication en direction des minorités, et tout particulièrement des minorités ethno-raciales. L’enjeu des discriminations pourtant systémiques qui pèsent sur la société française n’est tout simplement pas discuté par la gauche partisane, qui n’a aucune proposition à faire sur la question. L’enjeu pour la gauche française n’est donc pas tant d’en faire moins pour les minorités que d’en dire un peu plus, si elle veut reconquérir un segment de l’électorat qu’elle a pour partie perdu et qui constitue une population largement abstentionniste. Où sont passés le droit de vote des étrangers et le récépissé d’identité pour freiner les contrôles au faciès par la police promis en 2012 par François Hollande dans un programme pour le moins frileux sur la question ? Si la gauche ne parvient plus non plus à parler aux classes populaires blanches, ce n’est pas tant parce qu’elle a trop choyé les minorités que parce qu’elle s’est concentrée sur les classes supérieures, et a délaissé ses horizons égalitaires en adoptant une théorie du ruissellement qui n’a pourtant jamais marché.


  • « Petite histoire de la prise de son naturaliste. Épisode 1 : récitals d’oiseaux et d’oiselles (années 1880 – 1920). »
    http://syntone.fr/petite-histoire-de-la-prise-de-son-naturaliste-episode-1-recitals-doiseaux-e

    En écoutant – voire en réalisant – des enregistrements animaliers et paysagers, l’on espère peut-être trouver une échappatoire, même momentanée, à la société technicienne. Ce serait oublier, néanmoins, que ces sons eux-mêmes ont une histoire, extrêmement brève comparée à celle de leurs objets, et qu’ils dépendent étroitement de l’évolution des technologies aussi bien que des sociétés. Retour sur 130 ans de prises de sons naturels, depuis les concerts de volatiles captifs jusqu’aux tentatives de préserver le vivant dans toute sa diversité biologique et sonore.


    #écologie_sonore #audionaturalisme #création_sonore #histoire


  • Histoire populaire de la France | l’Egrégore
    http://audioblog.arteradio.com/post/3088124/20181008__histoire_pop_de_la_france

    A l’occasion de la sortie en librairie du livre de Gérard Noiriel “Une histoire populaire de la France”, nous diffusons l’enregistrement d’une intervention enregistrée le 26 septembre à Paris au CICP. L’ambition de l’historien est à travers cette domme d’éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grans événements et les grandes luttes qui ont scandé son histoire depuis la fin du Moyen Age : les guerres, l’affirmation de l’Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations et les crises, l’esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale. Durée : 2 épisodes d’1h chacun. Source : Radio (...)

    http://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/sons/3047541/3090401_20181008_Une_histoire_populaire_de_la_France.mp3


  • Emmanuelle Wargon, l’ex-lobbyiste en chef de Danone à la Transition écologique - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/16/emmanuelle-wargon-l-ex-lobbyiste-en-chef-de-danone-a-la-transition-ecolog

    Cette énarque de 47 ans, ancienne camarade de promotion d’Edouard Philippe, a été nommée secrétaire d’Etat auprès de François de Rugy. Une nouvelle illustration du « rétro-pantouflage », ou quand un haut-fonctionnaire passé au privé revient exercer des fonctions importantes au cœur de l’Etat.

    « Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? » Fin août, pour justifier sa démission spectaculaire, Nicolas Hulot avait dénoncé « la présence des #lobbys dans les cercles du pouvoir », estimant que cela pose « un problème de démocratie ». L’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire ne croyait pas si bien dire… Moins de deux mois plus tard, voici qu’arrive dans son ancien ministère, comme secrétaire d’Etat, Emmanuelle Wargon, rien moins que la directrice des affaires publiques et de la communication de Danone.

    Lobbying et pollution

    Soit la lobbyiste en chef du groupe alimentaire… l’un des plus gros pollueurs de la planète, en termes de plastique. La semaine dernière, Break Free From Plastic, une coalition de 1 300 organisations du monde entier, révélait que sur les 180 000 déchets plastiques ramassés dans l’environnement dans 42 pays en juin et septembre, ceux produits par Danone figuraient en quatrième position, après ceux provenant de Coca-Cola, de Pepsi et de Nestlé. Danone fait aussi partie des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus les écosystèmes de la planète, pointait l’ONG WWF en 2016.

    Emmanuelle Wargon, 47 ans, rejoint au gouvernement l’ancienne directrice des ressources humaines de Danone, Muriel Pénicaud, devenue ministre du Travail. Au ministère de la Transition énergétique, où elle remplace Sébastien Lecornu – qui au sein du ministère s’était vu confier les dossiers « énergie », dont plusieurs dossiers brûlants, de Fessenheim à Bure –, elle rejoindra une autre secrétaire d’Etat venue d’un géant du privé : Brune Poirson, ancienne cadre de Veolia. Et Wargon, la fille unique de Lionel Stoléru, ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing et de François Mitterrand, est issue de la même promotion de l’ENA que le Premier ministre Edouard Philippe, lui-même ancien lobbyiste en chef du groupe nucléaire Areva (devenu Orano).

    « Rétro-pantouflage »

    Comme ce dernier, Emmanuelle Wargon, qui a aussi fait Sciences-Po et HEC, illustre parfaitement une pratique de plus en plus répandue : le « rétro-pantouflage », soit un cadre dirigeant du privé, souvent issu des grandes écoles (ENA, Polytechnique), qui revient exercer des fonctions importantes au sommet de l’Etat après avoir « pantouflé » en quittant la haute fonction publique pour un poste bien payé dans le privé. De quoi faire réagir mardi sur Twitter le secrétaire d’EE-LV David Cormand : « Avec Macron, l’écologie, c’est jamais sans les lobbys. »

    Décrite comme pugnace et opiniâtre, Emmanuelle Wargon a commencé sa carrière en 1997 comme auditrice à la Cour des comptes. En 2001, elle est devenue conseillère technique auprès du ministre délégué à la Santé Bernard Kouchner, dans le gouvernement Jospin. De 2007 à 2010, sous le gouvernement Fillon, elle a dirigé le cabinet du Haut-Commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, où elle a géré entre autres le dossier RSA, mis en œuvre sous Nicolas Sarkozy en 2008. Elle a aussi été adjointe au directeur général de l’Afssaps (aujourd’hui ANSM), l’agence de sécurité des produits de santé.

    Puis, avant Danone et après un passage au ministère des Affaires sociales, elle a été pendant trois ans déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle au ministère du Travail, un poste clé, pilotant notamment la réforme de la formation professionnelle ou encore la gestion des crédits de la politique de l’emploi. Pas grand-chose à voir, donc, avec l’écologie ou l’énergie. Même si son ancien patron, le PDG de Danone Emmanuel Faber, a twitté mardi que « pendant trois ans, Emmanuelle Wargon a coordonné les engagements de Danone en matière de santé, d’environnement et d’inclusion ». Lui souhaitant « une pleine réussite au service de l’enjeu majeur qu’est la transition écologique et solidaire ».
    Coralie Schaub

    De mieux en mieux ici…

    #Wargon #Danone #écologie #lobbying #agro-industrie #agro-alimentaire


  • Le retour de la 3e classe ? - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/Le-retour-de-la-3eme-classe.html

    La privatisation du service public n’apparaît alors que comme la partie émergée de l’iceberg : une segmentation plus visible que l’autre, alors que dans le service public les choses semblent souvent ne pas mériter, ne pas avoir besoin – voire se voir interdire – d’être dites. Bien sûr ici le désir peut être ici de fait non satisfait, mais non explicitement : parmi les candidats de Parcoursup toujours en attente de réponses concernant leurs vœux, il y a, de fait, chez ces bacheliers des filières professionnelles et technologiques, un nombre croissant d’abandon pur et simple [16] … mais ce n’était pas la visée explicite du système. Il suffit en revanche que soit introduit entre le désir et sa satisfaction un délai, un temps supplémentaire : pas même un interdit définitif. Le terme de « sélection » s’efface ainsi devant le fonctionnement même de l’algorithme Parcoursup : comme dans tous les secteurs de « première classe », les mieux dotés en ressources scolaires seront les plus vite servis. Dans les cliniques, dans le secteur 2, on attend à peine. En revanche la vitesse des TGV OUIGO est illusoire puisque qu’il faut près d’une heure supplémentaire pour les rejoindre (et désormais une heure supplémentaire sur certaines lignes pour les quitter), et les retards terribles des trains qui ne font pas les trajets socialement valorisés en témoignent : la représentation de l’excellence passe désormais bien autrement que dans l’affichage des 1re, 2e, 3e classes des wagons de métro et des enterrements d’antan. La chose ne s’énonce guère qu’à travers une forme : le temps pour obtenir le service, et les égards dont il s’accompagne. Les usagers qui attendent, ou sont rabroués pour leur impatience, le savent bien : ils ne sont pas ici de « vrais » clients, l’attente « parle d’elle-même ». Luc Boltanski a cru pouvoir faire le constat d’un glissement de l’idéologie dominante vers un « affaiblissement considérable en volume et surtout en sophistication du discours idéologique” [17] : si la chose se vérifiait, la silencieuse segmentation des usagers jusque dans le secteur public en constituerait une forme nouvelle méritant l’attention.


  • Discriminer pour gouverner - Gagnants et perdants du jeu communautaire à Marseille
    https://laviedesidees.fr/Discriminer-pour-gouverner.html

    Contrairement au discours consensuel sur le #Marseille fraternel, le travail sociohistorique et l’observation empirique des relations entre pouvoirs municipaux et groupes « communautaires » de la société urbaine [1] montrent que les communautés n’existent pas naturellement mais qu’elles sont construites de façon relationnelle. Le gouvernement local (et plus amplement les autorités politico-institutionnelles) joue un très rôle important dans la construction différentielle de « #communautés » qu’il ne dote pas des mêmes avantages et légitimations.


  • Gidra vit encore
    1969 à 1974 : histoire des activistes asiatiques-américain·es et mythe de la « minorité modèle »

    Par Clio Chang

    Traduction par Elvina Le Poul et Xavier Bonnefond

    Texte original : « The Forgotten History of America’s Radical Asian Activists », Splinter News , 6 déc. 2017

    http://jefklak.org/gidra-vit-encore

    Aux États-Unis comme en France, la minorité asiatique est souvent décrite comme un véritable modèle d’intégration, fondée sur le travail et la discrétion. Cette représentation, si généreuse qu’elle se croit, occulte les discriminations dont cette minorité est l’objet, et exige qu’elle reste à sa place dans une hiérarchie raciale. Or, de nombreuses voix ont remis en cause de l’intérieur et montré le coût du mythe de la minorité modèle. Retour sur l’histoire de la revue Gidra qui, de 1969 à 1974, a servi de matrice à un activisme souvent méconnu, même chez les Asiatiques-Américain⋅es…


  • « Vous mangerez mieux demain » : les auxiliaires de vie scolaire landais se rassemblent - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2018/10/11/landes-les-auxiliaires-de-vie-scolaire-se-rassemblent-contre-le-mepris-de-l

    une grande partie des AVS (Auxiliaires de vie scolaire) et des Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) des Landes n’ont pas été rémunérés au mois de septembre par l’administration. Employés généralement à temps partiel (souvent en contrats de 20 heures), ils interviennent dans les écoles et les collèges au côté des enfants en situation de handicap.

    Mais devant leur colère, l’administration a seulement répondu qu’ils toucheraient, à partir du 12 octobre, 70% de leur salaire. « Et quand ils essaient de demander la raison de ce report, explique Éric Boulagnon, secrétaire du syndicat Snuipp-FSU, on leur répond qu’ils peuvent faire un emprunt pour tenir le coup, aller aux Restos du coeur, ou on leur dit tout simplement : “Vous mangerez mieux demain !” »

    • " CE VOTE VOUS COLLERA À LA PEAU COMME UNE INFAMIE ! "
      https://youtu.be/sVIt6RT7Nn0?t=13


      « Sur ce thème, les enfants handicapés, leurs accompagnants, j’espère que le pays ne vous le pardonnera pas.
      Nous demandons un scrutin public !
      Les noms des votants seront publics !
      Je les publierai sur ma page Facebook.
      Ils circuleront à travers la France.
      Et ce vote, j’en suis convaincu, ce vote vous collera à la peau comme une infamie. »

      Chose promise, chose due. Voici les noms des 70 députés qui ont empêché qu’un débat ait lieu sur le statut des accompagnant.es pour enfants handicapés. Nulle délation, juste de l’information sur les choix de vos élus.

      Damien Adam
      Aude Amadou
      Didier Baichère
      Aurore Bergé
      Pascal Bois
      Céline Calvez
      Émilie Cariou
      Lionel Causse
      Jean-René Cazeneuve
      Sylvie Charrière
      Fannette Charvier
      Fabienne Colboc
      François Cormier-Bouligeon
      Dominique David
      Marc Delatte
      Nicolas Démoulin
      Jacqueline Dubois
      Laurence Gayte
      Perrine Goulet
      Véronique Hammerer
      Pierre Henriet
      Sacha Houlié
      Yannick Kerlogot
      Rodrigue Kokouendo
      Aina Kuric
      Frédérique Lardet
      Célia de Lavergne
      Fiona Lazaar
      Gaël Le Bohec
      Fabrice Le Vigoureux
      Jean-Claude Leclabart
      Roland Lescure
      Monique Limon
      Richard Lioger
      Didier Martin
      Thomas Mesnier
      Amélie de Montchalin
      Sandrine Mörch
      Zivka Park
      Patrice Perrot
      Béatrice Piron
      Pierre-Alain Raphan
      Cécile Rilhac
      Véronique Riotton
      Stéphanie Rist
      Mireille Robert
      Laurianne Rossi
      Laurent Saint-Martin
      Jean-Bernard Sempastous
      Bertrand Sorre
      Bruno Studer
      Marie Tamarelle-Verhaeghe
      Adrien Taquet
      Stéphane Testé
      Huguette Tiegna
      Laurence Vanceunebrock-Mialon
      Annie Vidal
      Patrick Vignal
      Brigitte Kuster
      Philippe Berta
      Marguerite Deprez-Audebert
      Marc Fesneau
      Isabelle Florennes
      Jean-Luc Lagleize
      Fabien Lainé
      Philippe Latombe
      Jean-Paul Mattéi
      Philippe Michel-Kleisbauer
      Bruno Millienne
      Michèle de Vaucouleurs


  • Police spies infiltrated UK leftwing groups for decades
    https://www.theguardian.com/uk-news/2018/oct/15/undercover-police-spies-infiltrated-uk-leftwing-groups-for-decades

    About one-third of the total number of undercover officers embedded in political organisations that have so far been publicly identified infiltrated the #SWP, a Trotskyite party of a few thousand members that advocates the abolition of capitalism through revolutionary means.

    [...] The database lists 124 groups that have been spied on by undercover #police officers since 1968.

    [...] The list so far compiled, however, suggests police spies overwhelmingly monitored leftwing and progressive groups that challenged the status quo, with only three far-right groups infiltrated – the British National party, Combat 18 and the United British Alliance.

    Undercover officers spied on 22 leftwing groups, 10 environmental groups, nine anti-racist campaigns and nine anarchist groups, according to the database.

    They also spied on campaigns against apartheid, the arms trade, nuclear weapons and the monarchy, as well as trade unions. Among those spied on were 16 campaigns run by families or their supporters seeking justice over alleged police misconduct.

    #surveillance


  • Les ultrariches, grands gagnants de la fiscalité Macron
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/12/les-ultrariches-grands-gagnants-de-la-fiscalite-macron_5368373_823448.html

    Voilà qui devrait relancer une fois de plus la polémique sur le « président des riches », étiquette qui colle à Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat. Alors que les députés viennent d’achever en commission des finances l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2019, et que le texte sera débattu dans l’Hémicycle à partir de lundi 15 octobre, l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme de recherche indépendant, a publié, jeudi 11 octobre, une évaluation approfondie des conséquences des mesures fiscales et sociales contenues dans les deux premiers budgets de l’ère Macron.

    Leurs conclusions sont sans appel : les effets cumulés des réformes 2018 et 2019 mèneront à une perte de « revenu disponible » – c’est-à-dire de pouvoir d’achat – pour les 20 % de Français les plus modestes (recul de l’ordre de – 0,5 % à – 1%). Pour les 60 % de ménages « intermédiaires » (entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches), il y aura un gain, jusqu’à près de 1 %. Le manque à gagner le plus important est enregistré par les 20 % les plus aisés (près de – 1 %), à l’exception notable des 1 % de ménages ultrariches : ces derniers verront leurs revenus dopés de près de 6 %.


  • Amiante : un lycée mobilisé contre le déni - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/11/amiante-un-lycee-mobilise-contre-le-deni_1684755

    Au groupe Georges-Brassens, en banlieue parisienne, les professeurs exercent leur droit de retrait depuis une semaine. Une manifestation nationale est prévue ce vendredi.

    En temps normal, il est discret. « Une petite souris », disent les collègues. Consciencieux comme les scientifiques de son espèce (prof de physique-chimie) et réservé comme tout fonctionnaire dès qu’il s’agit de mettre en cause sa hiérarchie. Pas du style à s’enflammer devant un journaliste. Mercredi, à 8 heures, nous avons vu tout l’inverse. Cédric (1) s’est avancé, la colère contenue mais glacée : « La circulaire de juillet 2018 prévoit un droit d’alerte pour les fonctionnaires en cas de danger grave et imminent et de risque irréversible. Je considère que c’est le cas, la santé de mes élèves est menacée. » Ses mains tremblent, il parle fort. Il faut dire aussi que toutes les deux minutes, un avion passe si bas qu’il faut élever la voix pour s’entendre. La route qui borde l’établissement n’arrange rien.

    Bienvenue dans la cité scolaire Georges-Brassens, à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne). Le cadre est idyllique : dans un couloir aérien d’Orly, l’établissement jouxte une déchetterie et une zone industrielle très fréquentée par les camions. Dans les parages, il y a aussi un dépôt pétrolier, classé Seveso. Les bâtiments ont été construits dans les années 60, sur une sablière… un sol instable, qui s’affaisse par endroits. « Nous avons toujours eu des problèmes de toutes sortes ici, l’histoire de l’amiante est venue s’y ajouter », résume Laurence, prof de SVT à Brassens depuis vingt-neuf ans.

    Preuves à revendre

    L’émotion est forte. Quasiment toute la salle des profs est devant les grilles du lycée, refusant en bloc de rejoindre les classes. Ils exercent leur droit de retrait depuis une semaine, estimant que leur santé et celle de leurs élèves étaient menacées par la présence d’amiante dans les plafonds de l’établissement « en mauvais état et encore plus fragilisé depuis l’incendie et l’inondation du 29 septembre », poursuit Cédric. Le matin de notre venue, l’équipe avait reçu une injonction du recteur pour qu’ils rejoignent fissa leurs postes. « Au vu des dernières analyses qui nous sont parvenues par la région - qui a la charge des bâtiments, j’insiste -, il n’y a pas de danger imminent. Donc le droit de retrait n’est pas valable », justifie l’académie de Créteil. Sauf que les 70 enseignants ont l’intime conviction du contraire. Et des preuves à revendre.

    « Nous ne prétendons pas que l’amiante tombe en permanence du plafond, encore heureux ! Mais, avec le vieillissement du bâti, elle peut tomber n’importe quand. Et il suffit d’une fois, on sait que l’amiante peut contaminer quelle que soit la durée d’exposition », déplore un ancien professeur qui a quitté l’établissement l’an dernier « sur les rotules ».

    Alain Bobbio, secrétaire général de l’Association nationale des victimes de l’amiante (Andeva), acquiesce. Il est de plus en plus sollicité par des professeurs et parents d’élèves : « Il y a un vrai problème d’amiante dans les écoles de ce pays, largement sous-estimé et méconnu. Le danger n’est pas derrière nous. Bien au contraire. Il s’aggrave avec le temps, à mesure que les bâtiments vieillissent. »

    L’Andeva organise une manifestation nationale ce vendredi pour alerter l’opinion sur la présence d’amiante dans les écoles, et « qu’enfin, les responsables agissent ». Trop souvent, dit Alain Bobbio, les autorités sont dans le déni. A commencer par les collectivités territoriales qui ont la charge de la construction et l’entretien des établissements scolaires. A l’écouter, elles préfèrent parfois fermer les yeux comme si le problème n’existait pas car, vu son ampleur, elles ne savent comment s’y atteler. Le cas du lycée Brassens à Villeneuve-le-Roi en est, pour lui, la parfaite illustration.

    Devant les grilles, les profs empilent les épisodes dans le désordre, alignent les termes techniques. On cause « flocages », « score », « fibres », « cancérogénicité sans seuil »… « Nous n’avons pas eu d’autres choix que de devenir des experts scientifiques en amiante, justifie Cyril, jeune professeur de lettres. C’est compliqué pour nous de remettre en cause notre hiérarchie, mais à partir du moment où le doute s’installe… » Cécile, prof de lettres, le coupe. « Il ne s’agit pas d’un combat politique ou syndical. Là, il est question de santé publique. Je ne ferais pas entrer mes filles dans ce bâtiment, donc je ne fais pas entrer les élèves. C’est aussi simple que ça. » Tous parlent de « responsabilité morale ». Et ce sentiment d’être abandonnés par leur institution, comme si elle ne prenait pas la mesure de ce qui est en train de se jouer.

    Mousse blanche

    Leur combat remonte au 23 novembre 2017. Ce jour-là, une collègue découvre dans sa classe une sorte de mousse blanche au sol, visiblement tombée du plafond. Elle a le réflexe d’avertir sa proviseure, et un professeur en lutte à l’époque contre la ventilation défectueuse. Lui comprend tout de suite. Il suspecte la présence d’amiante, cette fibre 400 fois plus fine qu’un cheveu et très cancérogène. Ce matériau isolant, interdit dans les constructions depuis 1997, était largement utilisé avant cette date. La proviseure enclenche la procédure de mise en sécurité, les autorités sont prévenues, la salle fermée par précaution. Le 1er décembre, un employé de la société Innax, envoyé par la région Ile-de-France, pénètre dans la salle pour effectuer des prélèvements de flocages et constate « un taux de 11,4 fibres d’amiante par litre d’air, très supérieur à la norme de 5 fibres par litre d’air ». Les jours passent. L’équipe continue de faire cours dans les salles d’à côté, les agents d’entretien lavent les sols. « Le 15 décembre, notre proviseure reçoit un coup de fil : une équipe spécialisée dans le désamiantage est dépêchée pour enlever les ordinateurs de la salle, car ils sont contaminés… voilà comment on a appris officiellement la présence d’amiante », raconte un enseignant.

    Les professeurs entrent alors dans une lutte ouverte. Ils perdent confiance dans les autorités et entreprennent de farfouiller dans les caves du lycée, à la recherche des archives. Bingo ! La présence d’amiante apparaît dans des documents écrits dès 1987, dans une lettre d’une association de parents : « Le danger augmente à mesure que les plafonds se dégradent. Faudra-t-il alerter la presse et organiser une journée portes ouvertes ? » Cette lettre figure dans l’enquête du CHSCT académique transmise à la région et à l’éducation nationale, et que Libération a pu consulter. A l’époque, face à la mobilisation des parents, les plafonds avaient été recouverts d’une couche pour isoler l’amiante - « Les remplacer coûtait plus cher… le problème, c’est qu’avec le temps, cette deuxième couche s’est à son tour détériorée », précise l’association Andeva qui aide les enseignants dans leur lutte. Sylvette, professeure d’arts plastiques au lycée depuis 1991 : « Pendant des années, à chaque fois qu’on posait la question, les autorités nous répondaient dans les yeux : "Non, il n’y a pas d’amiante". Ils nous soutenaient que c’était une légende urbaine ! Mes élèves manipulaient les dalles du plafond pour y suspendre leurs travaux… je le porte sur la conscience, je ne leur pardonnerai jamais. »

    Contre-expertises

    Dans toute cette histoire, le décalage est saisissant entre l’angoisse et la colère du corps enseignant et le discours calme et rassurant des autorités, pourtant adeptes du principe de précaution, a fortiori quand il est question de santé et d’enfants. Après l’épisode du 23 novembre 2017 et les six semaines de droit de retrait exercé par les professeurs, la région a diligenté des expertises et contre-expertises, par plusieurs sociétés. « Toutes les analyses montrent que la qualité de l’air est normale. Il n’y a pas de dissimulation, d’aucune façon », insiste encore aujourd’hui la région, ne niant pas la présence d’amiante dans les plafonds. Et celle réalisée par Innax, avec un taux deux fois supérieur ? « Cela reste un mystère », admet-on du côté de l’académie. La salle où les taux ont été mesurés est néanmoins toujours fermée. « Nous avons mis en place le protocole requis », reprend la région. Un technicien vient chaque semaine avec des « pompes à air » (pour prélever des échantillons en vue d’analyses) dans certaines classes. Et la région de tacler les anciens élus d’Ile-de-France : « Le lycée Brassens est symptomatique de l’état dans lequel l’ancienne majorité a laissé les lycées franciliens. Un tiers d’entre eux sont vétustes. Nous avons engagé un plan exceptionnel de 5 milliards d’euros entre 2017 et 2027. » Les travaux de reconstruction de Brassens, promis depuis des lustres, doivent débuter prochainement. Des préfabriqués sont en train d’être installés à l’arrière du lycée, le déménagement est prévu début novembre. « Il n’y aura plus de problème, il va être démoli et reconstruit. »

    Braham, jeune prof de philo, parle bas. Son père a un cancer à cause de l’amiante. Pour lui, « jamais une telle situation ne se serait passée dans une banlieue chic. Ils auraient agi. »

    (1) Nous avons choisi de ne pas mentionner le nom de famille des professeurs.
    Marie Piquemal Photos Stéphane Remael

    #amiante #quartiers_populaires #discriminations #santé #droit_de_retrait #école #éducation


  • Accord a minima de l’#UE sur les réductions d’émissions de #CO2 des #voitures
    https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/10/10/l-allemagne-et-les-pays-de-l-est-freinent-les-reductions-d-emissions-de-co2-

    Au lendemain de la publication du dernier rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les conditions pour contenir le réchauffement à 1,5 °C....

    ...à la fin… c’est l’Allemagne – et les constructeurs automobiles – qui gagne.


  • AP Investigation: Deported parents may lose kids to adoption
    https://apnews.com/97b06cede0c149c492bf25a48cb6c26f

    It had been 10 weeks since Ramos had last held her 2-year-old, Alexa. Ten weeks since she was arrested crossing the border into Texas and U.S. immigration authorities seized her daughter and told her she would never see the girl again.

    What followed — one foster family’s initially successful attempt to win full custody of Alexa — reveals what could happen to some of the infants, children and teens taken from their families at the border under a Trump administration policy earlier this year. The “zero-tolerance” crackdown ended in June, but hundreds of children remain in detention, shelters or foster care and U.S. officials say more than 200 are not eligible for reunification or release.

    Federal officials insist they are reuniting families and will continue to do so. But an Associated Press investigation drawing on hundreds of court documents, immigration records and interviews in the U.S. and Central America identified holes in the system that allow state court judges to grant custody of migrant children to American families — without notifying their parents.

    And today, with hundreds of those mothers and fathers deported thousands of miles away, the risk has grown exponentially.


  • La loi Blanquer pour réformer l’Ecole.
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/10/09102018Article636746666169351714.aspx

    « Il n’y aura pas de ’’loi Blanquer’’, et j’en serai fier », avait promis le 26 mai 2017 Jean-Michel Blanquer. Mais voilà : le gouvernement a entrepris une réforme de fond de l’Education nationale. Le premier ministre avait annoncé le 2 août 2018 qu’une « instance d’évaluation (de l’Ecole) sera créée par voie législative au 1er trimestre 2019 ». Et il faut aussi une loi pour modifier le Code de l’Education et instituer la scolarisation obligatoire à 3 ans.

    Début octobre encore, devant l’Assemblée nationale puis le Sénat, le ministre n’a rien dit du contenu de la loi. Le projet de loi vient d’en être présenté aux syndicats le 8 octobre. Sa première caractéristique est d’être un fourre tout comprenant même des mesures très locales à cote de sujets d’ampleur nationale.

    Un cadeau au privé

    Il s’ouvre sur « le lien de confiance » entre enseignants, parents ,élèves et institution scolaire, une mention sans doute chère au ministre.

    L’article 2 introduit la scolarité obligatoire à 3 ans et est suivi d’un article qui prévoit la compensation par l’Etat des dépenses des communes du fait de cette mesure au bénéfice des écoles privées. La mesure, voulue par E Macron, apparait donc comme une opportunité pour l’enseignement privé. « Il n’y a pas de changement en ce qui concerne le privé lié à cette évolution », nous avait pourtant dit le ministre le 27 mars 2018...❞


  • Pesticides domestiques : un lien établi avec les cancers pédiatriques - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/pesticides-domestiques-un-lien-etabli-avec-les-cancers-pedi

    L’utilisation domestique de pesticides, en particulier d’insecticides, est bien liée à un risque accru de cancers chez l’enfant, dont les leucémies et les tumeurs cérébrales, révèle des travaux présentés lors de rencontres scientifiques organisées mardi 2 octobre par l’Anses.

    #cancer #pesticides #insecticides


    • En Italie, le maire « promigrants » de la ville de Riace arrêté
      LE MONDE | 03.10.2018 à 10h10 • Mis à jour le 03.10.2018 à 13h59 | Par Margherita Nasi et Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)
      https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/10/03/en-italie-le-maire-de-la-ville-pro-migrants-de-riace-arrete_5363815_3214.htm

      Domenico Lucano, sympathisant communiste de 60 ans, est une des « bêtes noires » du ministre de l’intérieur italien d’extrême droite Matteo Salvini.

      Difficile d’imaginer symbole plus parfait du virage opéré par l’Italie, ces derniers mois, sur la question migratoire. Lundi 1er octobre, près de cinq ans jour pour jour après le terrible naufrage au large de Lampedusa – 366 morts – qui avait poussé le gouvernement Letta à mettre sur pied l’opération « Mare Nostrum » (visant à secourir les migrants en mer), le maire de la petite ville de Riace (Calabre), Domenico (dit « Mimmo ») Lucano, a été arrêté, puis placé aux arrêts domiciliaires.

      « Attendons ce que diront les “droits-de-l’hommiste” », a aussitôt claironné le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), sur les réseaux sociaux, se félicitant de l’arrestation d’un élu qu’il avait traité de « zéro » dès son arrivée au pouvoir, et qui passait pour une de ses bêtes noires.

    • Solidarietà con Mimmo Lucano
      06.10.2018 - Redazione Italia
      https://www.pressenza.com/it/2018/10/solidarieta-con-mimmo-lucano

      In tutta Italia si è sentita la solidarietà con Mimmo Lucano, sindaco di Riace per ribadire che esiste un’Italia che accoglie, italiani che si sentono cittadini del mondo non intenzionati a alzare barriere con gli altri.

      Le registe e produttrici del film documentario Un Paese di Calabria hanno deciso di condividere la loro visione su Riace e per 48 ore, sabato 6 e domenica 7 ottobre, il film è disponibile in streaming gratuito a questo link: https://vimeo.com/153128275

      A casa sua, a Riace, si sono concentrate migliaia di persone provenienti da tutta Italia e andando a salutare il sindaco dell’accoglienza sotto casa sua.

      Da Cagliari ci arrivano queste foto della manifestazione svoltasi oggi nella piazza dove di solito si incontrano gli immigrati e dove si protesta anche perché il sindaco ha cancellato il wi-fi libero che serviva agli immigrati per comunicare con le loro famiglie. Espressa solidarietà per Mimmo e opposizione alla politica violenta e repressiva contro gli immigrati e al decreto sicurezza.


  • Grand hôtel, petit personnel

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/grand-hotel-petit-personnel

    Alors que la Fashion Week bat son plein à Paris, les employés de quatre établissements de grand luxe défilent devant l’Hôtel de Vendôme, rue de la Paix. Un rassemblement festif en apparence, qui dénonce pourtant les conditions de travail dégradées des salariés de l’hôtellerie.

    Reportage sur la lutte des travailleurs et travailleuses des hôtels de luxe à Paris. Témoignages sur la manière dont se comportent les riches : ça chie dans les baignoires, ça mate du porno devant les femmes de chambres, ça méprise le « petit personnel »... Édifiant.


  • Maps Mania: Unboxing the Shetlands
    http://googlemapsmania.blogspot.com/2018/10/unboxing-shetlands.html

    Yesterday the Scottish government passed a law which makes it illegal to place the Shetlands Islands in an inset box on a map of Scotland.

    Just as Hawaii is often shown in an inset box on maps of the United States the Shetland Islands are often placed in an inset box on maps of Scotland. By making it illegal to place the Shetland Islands inside an inset box the politicians have created a huge problem for cartographers.

    Or have they?

    My solution to this problem is simply Unboxing the Shetlands and placing the rest of Scotland in an inset box instead. This simple and elegant solution to the new law will hopefully satisfy everybody.

    Obviously my solution does not quite fit the letter of the new law which requires that the islands be “displayed in a manner that accurately and proportionately represents their geographical location in relation to the rest of Scotland”. However I think it does fit the spirit of the law in that it more accurately reflects the huge cultural and historical significance of the islands. My map obviously has the additional benefit of putting Scotland back in the box where it belongs.

    #cartographie #Écosse #Shetlands #LOL

    • À quand une loi du même genre pour la Corse ?

      Note : ça me rappelle mes débuts sur le module de cartographie de SAS, il y a vraiment longtemps. Les fonds de carte fournis par SAS Institute plaçait la Corse en encart dans le Golfe de Gascogne. Ça n’avait pas duré très longtemps.

      C’est vrai qu’il y a de la place à utiliser ; d’ailleurs, c’est souvent là que sont placés les encarts pour les DOM.


  • Des insectes pour disséminer des virus : une arme incontrôlable ?
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/04/des-insectes-pour-disseminer-des-virus-une-arme-incontrolable_5364811_3244.h

    Les #insectes pourraient-ils bientôt être utilisés comme #arme_biologique ? C’est la question que se pose une équipe de chercheurs dans un article paru dans la revue Science, jeudi 4 octobre. Composé de juristes (université de Fribourg) et de scientifiques (Max-Planck Institute de Plön et université de Montpellier), ce groupe de recherche a étudié un projet américain nommé « #Insect_Allies ».

    Ce programme, financé à hauteur de 27 millions de dollars par l’agence pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa) du département de la défense des Etats-Unis, prévoit d’utiliser des insectes pour modifier génétiquement des plantes.

    Il a attiré l’attention des chercheurs par l’utilisation de nouveaux agents : les Horizontal Environmental Genetic Alteration Agents (#HEGAAs). Il s’agit de virus qui ont été génétiquement modifiés pour les rendre capables de transformer les chromosomes d’une espèce cible, animale ou végétale. Ces agents vont permettre d’altérer l’ADN de certaines plantes directement dans leur environnement. Ils pourraient donc rendre une plante résistante à un certain pathogène en cours de saison.

    #paywall


  • « Les multinationales n’ont jamais affranchi aucun peuple de la domination coloniale »
    http://www.zite.fr/les-multinationales-nont-jamais-affranchi-aucun-peuple-de-la-domination-colonia

    Il arrive que les bons mots sortent le bon jour au bon endroit. C’est ce qui s’est passé dans la commune d’Awala-Yalimapo pendant la réunion sur le projet de mine d’or organisée par la Commission nationale du débat public, en présence d’agents de la Compagnie Montagne d’or.

    Texte : Anna Lochard et Celia Izoard Illustrations : Sylvie Bello À l’une des extrémités de la salle municipale, les quatre représentant·es de l’entreprise, aligné·es, présentent des sourires figés et – blague à part – des mines un peu grises. En face, quelque 200 personnes ont pris place sur les rangées de sièges en plastique rouge et bleu, puis par terre ou debout le long des murs. Il aura fallu que France Nature Environnement fasse pression pour que la Commission nationale du débat public (CNDP)se déplace en Guyane afin d’organiser cette série de (...)

    #Article_à_la_Une #Z12


  • Essonne : « A la mairie, ils disent qu’on n’a pas le droit d’aller à l’école »
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/04/essonne-a-la-mairie-ils-disent-qu-on-n-a-pas-le-droit-d-aller-a-l-ecole_1

    Il a retrouvé de l’assurance. « En France, les enfants vont à l’école. Chilly-Mazarin, c’est la France ou c’est pas la France ? » Joseph, 45 ans, se tient droit, les bras croisés. Il a fui son pays - il était membre actif de l’opposition politique en république démocratique du Congo et électricien de métier.


    Demandeur d’asile, il est logé dans une chambre d’hôtel prise en charge par le Samu social dans l’Essonne, à Chilly-Mazarin. Il dort avec ses trois enfants : Herik, 10 ans, Souverain, 9 ans et Angélique, 7 ans. « Je suis papa et maman à la fois », résume-t-il.

    Encouragés par l’association et ragaillardis, Joseph et Makanda tentent un coup. C’était il y a quinze jours. Un matin, ils déposent leurs enfants devant les grilles de l’école Pasteur à Chilly-Mazarin, près de leur hôtel. « Ils étaient là, avec leurs cartables, prêts à apprendre. Ils ont bien parlé à la directrice », raconte Joseph, esquissant un sourire de fierté. La directrice : « J’ai fait ce que je devais faire. J’ai procédé à l’admission provisoire, je les ai répartis dans les classes. Puis j’ai prévenu la hiérarchie, ainsi que la mairie. »

    La suite de l’histoire est à peine croyable. L’inspectrice a déboulé dans l’école « demandant de lui montrer les enfants du doigt. J’ai évidemment refusé, ils n’ont pas à être mêlés à ces histoires d’adultes », confiait-elle un peu sonnée au lendemain de l’affaire, et insistant pour que l’on précise qu’elle a de très bons rapports avec la direction académique de l’Essonne. « Elle m’a demandé de faire une information préoccupante [procédure pour les enfants en danger, ndlr] et d’appeler le commissariat afin que la police vienne sortir les enfants de l’école. J’ai refusé. »


  • La folie de la course vers une société sans argent liquide, avec la disparition des DAB dans certaines villes britanniques : devinez qui en paie le prix...

    The rise of cashless Britain : the poor suffer as banks and ATMs are closed | Money | The Guardian
    https://www.theguardian.com/money/2018/oct/01/cashless-britain-banks-atms

    Last year, at the start of the summer, the last bank in Dorset seaside resort of Lyme Regis closed. The only way for its 3,600 residents and thousands of tourists to get hold of their money was to join the lengthy queue at the post office or via a single ATM which regularly ran out of bank notes. Those who needed an over-the-counter service had to make the six-mile commute to the nearest bank, in Axminster. Residents with no access to a car or online banking have been left stranded and even ice-cream sellers have been forced to invest in card-payment technology.

    “It’s caused real hardship,” says a spokesperson for the local ironmongers, Arthur Fordham. “If you didn’t accept card payments, you faced going out of business because customers couldn’t get cash, but card payments are more expensive to process.” A year on, the shop has agreed to host an ATM to get cash flowing through the town again, and the queues to use it often stretch down the street.

    #ATM #DAB #cashless #cartes_de_paiement #visa #mastercard #especes #cash #Grande-Bretagne #UK #The_Observer #commerce #retail #credit_cards

    • C’est anecdotique mais j’ai eu l’occasion de jouer au Monopoly avec un système sans argent liquide (une sorte de calculatrice qui garde les comptes).
      J’ai trouvé ça encore plus violent que le jeu normal : pas de petits arrangements entre amis, pas de prêts à court terme etc.. Monopoly revenu à son objectif initial en quelques sorte ! (A l’origine, le jeu avait été développé pour mettre en garde contre les dangers du capitalisme)