• The role of trade in the greenhouse gas footprints of EU diets
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2211912418300361


    Fig. 3. Dietary emissions presented in A) food item groups (categories ‘Meat, eggs’ and ‘Dairy’ also include the emissions from feed production), B) production regions.

    Meat and egg consumption represents the largest share of food supply #emissions in all EU countries (Fig. 3A), ranging from 49% to 64% (EU average 56%), followed by the consumption of dairy products that account for 16–36% of the dietary emissions (EU average 27%). Direct consumption of cereals, rice, and maize account for 2–8% of the emissions (EU average 4%). Beverages and stimulants, and the consumption of vegetable oils for food account on average for less than 5% each. Emissions related to feed embedded in animal product consumption account for approximately 37% of the total emissions.

    Most emissions from the production and trade of the EU food supply are caused by the consumption of domestic products or imports from other European countries (EU average 64%) (Fig. 3B). Latin America (EU average 25%) is the second most important import region followed by Asia (EU average 7%) and Africa (EU average 3%). The dominance of domestic production and intra-EU trade is expected, as most of the emissions accounted in our study are related to animal product consumption. Animal products in the EU are generally produced in nearby countries, and food and feed crops are also traded from regions further away.

    #climat #agriculture


    • Fig. 2. Production- and trade-related dietary emissions of the average diets in EU countries.

      Emissions here account for the direct food consumption and the feed used in the production of the animal products that were consumed. Enteric fermentation (14–30%, EU average 22%) and manure management (15–25%, EU average 22%) are major emission sources followed by inorganic (8–26%, EU average 14%) and organic (2–6%, EU average 3%) fertilizer use (Fig. 2). International transportation emissions account only for approximately 6% of the emissions (3–20%). Non-CO2 emissions dominate the picture and account on average for over 60% of the total emissions. Land use change emissions account for on average 30% of the emissions (min 17% Latvia, max 43% the Netherlands).

    • #agriculture_et_climat

      Stocker du carbone dans le sol, un enjeu majeur - Revue Critique d’Ecologie Politique
      http://ecorev.org/spip.php?article920

      Le sol n’est pas seulement un milieu vivant support de la fertilité et de l’agronomie, c’est également un formidable « puits de carbone », c’est à dire qu’il est capable de fixer des quantités considérables de carbone sous forme de matière organique - à condition d’adopter des pratiques agricoles favorables. L’agronome Claude Aubert, co-fondateur des éditions Terre vivante et de la revue Les quatre saisons du jardinage, nous présente les données du problème et les principales solutions.

      Agriculture et climat - Revue Critique d’Ecologie Politique
      http://ecorev.org/spip.php?article959

      Fortement émettrice de gaz à effet de serre, l’agriculture est trop mal appréhendée à cet égard pour constituer un chantier important de lutte contre les dérèglements climatiques. C’est pourtant à cela que nous engage Diane Vandaele, en charge de ces questions au Réseau Action Climat.


  • Les bactéries résistantes aux antibiotiques ont fait 33 000 morts en Europe en 2015
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/11/06/les-bacteries-resistantes-aux-antibiotiques-ont-fait-33-000-morts-en-europe-

    En 2015, 33 000 personnes sont mortes dans l’Union européenne à cause de #bactéries résistantes aux #antibiotiques, selon les calculs de chercheurs européens publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases. Les chercheurs ont élaboré un modèle de calcul des contaminations et des morts pour cinq types d’infections à partir des données du réseau européen de surveillance EARS (European Antimicrobia Resistance Surveillance Network).

    Pour l’année 2015, ils estiment à 671 689 le nombre de personnes contaminées et à 33 110 le nombre de morts attribuables aux bactéries #multirésistantes. L’impact est « comparable à l’effet cumulé de la grippe, de la tuberculose et du virus du sida », sur la même période, notent les auteurs.

    La majorité des morts touchent les jeunes enfants de moins de 12 mois et les plus de 65 ans.

    #santé


  • Trajectories of the Earth System in the Anthropocene | PNAS
    http://www.pnas.org/content/115/33/8252

    This analysis implies that, even if the Paris Accord target of a 1.5 °C to 2.0 °C rise in temperature is met, we cannot exclude the risk that a cascade of feedbacks could push the Earth System irreversibly onto a “Hothouse Earth” pathway.


  • Protect the last of the wild
    http://www.nature.com/articles/d41586-018-07183-6

    A century ago, only 15% of Earth’s surface was used to grow crops and raise livestock1. Today, more than 77% of land (excluding Antarctica) and 87% of the ocean has been modified by the direct effects of human activities2,3. This is illustrated in our global map of intact ecosystems (see ‘What’s left?’).

    #terre #étendues_sauvages


  • Face à la pénurie, l’école parfois contrainte d’embaucher n’importe qui (Marie Piquemal, Libération)
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/29/face-a-la-penurie-l-ecole-parfois-contrainte-d-embaucher-n-importe-qui_16

    Recrutés à la va-vite pour boucher les trous, les contractuels sont désormais utilisés largement par l’éducation nationale. Peu ou pas formés, certains s’en sortent. D’autres sombrent mais sont reconduits, pour ne pas laisser les classes sans enseignant.
    […]
    « C’est violent pour tout le monde. Pour eux. Pour nous, enseignants. Comme si notre métier, au fond, tout le monde pouvait le faire. Comme si la mission de l’éducation nationale c’était de mettre un adulte devant les gosses. Point à la ligne. Mais le pire, c’est pour ces parents et ces élèves qui font confiance à l’école et à qui on ment. »

    #éducation #remplacements #précarité #vacataire #formation #pénurie


  • Genève : #OMS : « la #pollution est le nouveau #tabac » - Monde - tdg.ch
    https://www.tdg.ch/monde/oms-pollution-nouveau-tabac/story/12625105

    La pollution de l’air « constitue l’une des principales menaces pour la santé publique », a [...] affirmé [le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus] au début de la première Conférence mondiale sur ce lien, prévue jusqu’à jeudi. Jusqu’à un tiers des décès en raison de maladies non transmissibles - 7 millions par an - sont liés à ce problème. Dans les pays en développement, 97% des villes importantes n’atteignent pas les standards de l’OMS sur la qualité de l’air.

    Ce taux est inférieur à 50% dans les pays riches. Face à ces chiffres, Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est dit « optimiste » parce que les solutions existent. De nombreuses villes prennent des mesures et de nombreux citoyens revendiquent des droits sur cette question, a-t-il expliqué lors de la conférence à laquelle était attendue notamment la reine d’Espagne Letizia.

    « Le problème est urgent », a affirmé de son côté le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) Petteri Taalas. Il peut être atténué avec les mêmes moyens que le changement climatique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, a-t-il dit.

    Lundi, Tedros Adhanom Ghebreyesus avait affirmé que la pollution est « le nouveau tabac ». Un rapport de l’OMS publié le même jour relève que quelque 600’000 enfants par an décèdent en raison de ce fléau.

    #santé


  • Quatre hôpitaux, privatisés, se sont déclarés en faillite aux Pays-Bas Antoine Mouteau/kkub - 27 Octobre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/9949646-quatre-hopitaux-privatises-se-sont-declares-en-faillite-aux-pays-bas.htm

    Aux Pays-Bas, quatre hôpitaux ont été déclarés en faillite mercredi. Privatisés, aux mains de compagnies d’assurance, les établissements ont été contraint de fermer leurs portes ces deux dernier jours.
    Depuis, des centaines d’employés se sont retrouvés sans emploi et des patients transférés en urgence dans d’autres établissements. Le paiement des salaires d’octobre n’est pas garanti. La situation provoque la colère d’une partie des Néerlandais contre de la classe politique du pays.

    Le système de santé des Pays-Bas, complètement privatisé, est aux mains des compagnies d’assurances depuis 2006.

    Refus d’injecter des fonds
    L’objectif de la privatisation du système était la réduction des coûts de la santé. En renforçant la concurrence pour offrir des garanties à meilleur prix aux assurés, les compagnies ont négocié au plus serré avec les hôpitaux.

    Sous le joug de l’assurance Zilveren Kruis, les quatre hôpitaux en cessation de paiement ont été acculés par le refus de cette compagnie de débloquer des crédits malgré l’urgence.

     #santé #privatisation #services_publics #santé #hôpital #médecine #privatisations  #it_has_begun @sinehebdo (Si c’est pas de la #collapsologie , ça y ressemble !)



  • « Un buzz malveillant à des fins politiques et commerciales. »
    http://www.editionslibertalia.com/blog/veronique-decker-a-propos-de-inch-allah-davet-lhomme-181022

    Véronique Decker à propos du livre Inch’ Allah. L’islamisation à visage découvert, par Ivanne Trippenbach, Célia Mebroukine, Romain Gaspar, Hugo Wintrebert et Charles Delouche, sous la direction de Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Fayard, octobre 2018)

    Ce qui me pose souci, ce ne sont pas seulement les conditions de la fabrication du livre, avec des « témoins » qui ne sont pas autorisés à relire les passages les citant alors que des extraits étaient commentés à la télévision, à la radio, dans un hebdomadaire réac-publicain ou sur les réseaux sociaux. Ce qui me pose souci, c’est le projet politique douteux du livre, c’est l’accumulation d’anecdotes non datées, mettant bout à bout dans un inventaire à la Prévert un rebouteux islamique, une femme de ménage mécontente d’avoir à passer l’aspirateur dans une salle pleine de tapis, une école salafiste, des hommes qui refusent de serrer la main des femmes, 143 absents dans une école le jour de l’Aïd, des jeunes croulant sous une montagne de préjugés… sans aucune réflexion. Mais avec des incises tendancieuses, comme le fait de me présenter comme « une enseignante soldat », ou pire : d’imaginer que mon projet serait de « contenir l’islam ».

    #médias #presse #journalisme #islamophobie


  • Eduqués, formés et… discriminés : les injustices au travail des Français d’origine maghrébine

    Malgré les efforts, le travail et les beaux discours, les discriminations à l’embauche des jeunes diplômés d’origine maghrébine persistent. Pour y remédier, chacun a sa méthode : accepter un poste en dessous de ses compétences ou créer sa propre entreprise. D’autres encore décident de quitter la France, contraints de devoir se réaliser en dehors des frontières.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/211018/eduques-formes-et-discrimines-les-injustices-au-travail-des-francais-d-ori
    #discriminations #travail #racisme #xénophobie #France


  • « Les raisins de la misère » : comment les grands crus du Bordelais prospèrent sur une pauvreté extrême
    https://www.bastamag.net/Les-raisins-de-la-misere-comment-les-grands-crus-du-Bordelais-prosperent-s

    A l’ombre des luxueux châteaux du Bordelais se cache une pauvreté et une injustice saisissantes. C’est ce que révèle une enquête de la journaliste Ixchel Delaporte. Les saisonniers qui s’échinent dans la vigne, indispensables à la bonne tenue d’un grand cru, sont sans cesse plus précarisés. Les habitants les plus pauvres – chômeurs, mères célibataires, malades des pesticides... – ne voient pas les retombées économiques du négoce et du tourisme. Pire : ils doivent se rendre invisibles. Les raisins de la (...)

    #Décrypter

    / Quelle agriculture pour demain ?, #Inégalités, #Classes_populaires, #Conditions_de_travail, #Fractures_sociales, A la une, (...)

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ? #Entretiens


  • How Tuberculosis Shaped Victorian Fashion | Science | Smithsonian
    https://www.smithsonianmag.com/science-nature/how-tuberculosis-shaped-victorian-fashion-180959029

    By the mid-1800s, tuberculosis had reached epidemic levels in Europe and the United States. The disease, now known to be infectious, attacks the lungs and damages other organs. Before the advent of antibiotics, its victims slowly wasted away, becoming pale and thin before finally dying of what was then known as consumption.

    The Victorians romanticized the disease and the effects it caused in the gradual build to death. For decades, many beauty standards emulated or highlighted these effects. And as scientists gained greater understanding of the disease and how it was spread, the disease continued to keep its hold on fashion.

    “Between 1780 and 1850, there is an increasing aestheticization of tuberculosis that becomes entwined with feminine beauty,” says Carolyn Day, an assistant professor of history at Furman University in South Carolina and author of the forthcoming book Consumptive Chic: A History of Fashion, Beauty and Disease, which explores how tuberculosis impacted early 19th century British fashion and perceptions of beauty.

    During that time, consumption was thought to be caused by hereditary susceptibility and miasmas, or “bad airs,” in the environment. Among the upper class, one of the ways people judged a woman’s predisposition to tuberculosis was by her attractiveness, Days says. “That’s because tuberculosis enhances those things that are already established as beautiful in women,” she explains, such as the thinness and pale skin that result from weight loss and the lack of appetite caused by the disease.

    The 1909 book Tuberculosis: A Treatise by American Authors on Its Etiology, Pathology, Frequency, Semeiology, Diagnosis, Prognosis, Prevention, and Treatment confirms this notion, with the authors noting: “A considerable number of patients have, and have had for years previous to their sickness, a delicate, transparent skin, as well as fine, silky hair.” Sparkling or dilated eyes, rosy cheeks and red lips were also common in tuberculosis patients—characteristics now known to be caused by frequent low-grade fever.

    “We also begin to see elements in fashion that either highlight symptoms of the disease or physically emulate the illness,” Day says. The height of this so-called consumptive chic came in the mid-1800s, when fashionable pointed corsets showed off low, waifish waists and voluminous skirts further emphasized women’s narrow middles. Middle- and upper-class women also attempted to emulate the consumptive appearance by using makeup to lighten their skin, redden their lips and color their cheeks pink.




  • Combien de philosophEs ?
    https://www.liberation.fr/debats/2018/10/16/combien-de-philosophes_1685772

    La tribune de nos collègues et amies historiennes, publiée dans le Monde le 4 octobre, a su esquisser le tableau d’une situation intolérable, que nous, #femmes philosophes, ne connaissons que trop bien. Nos expériences ressemblent largement aux leurs : asymétrie des carrières, plafond de verre, discriminations dans les recrutements - ce qui est commun à toutes les travailleuses -, mais trop souvent encore invisibilité de nos recherches et donc de nos concepts, mépris pour nos contributions à la discipline ; voire déni pur et simple de notre statut même de philosophes. Si la reconnaissance collective de cet état de fait appelle de nouvelles solidarités entre intellectuelles, elle se double d’un sentiment de colère lorsque, désirant nous compter en vue de lancer notre propre appel, nous constatons que nous ne sommes pas 440 philosophEs en poste à l’université. En France, les départements de philosophie sont de petites unités. Il n’empêche, dans cette matière, les maîtresses de conférences sont minoritaires en comparaison de leurs homologues masculins (87 sur 240 soit 36 %), et pour ce qui est des professeures (39 sur 169 soit 23 %), leur nombre se réduit à peau de chagrin si on regarde les Professeur·e·s en « classe exceptionnelle » : 4 femmes pour 51 hommes. Sur la fin ou en début de carrière, une même problématique : on a ainsi régulièrement assisté, ces dernières années, à des campagnes de recrutement (à l’université ou au CNRS) où seuls des hommes sont finalement classés, en dépit d’un sex ratio équilibré des candidat·e·s, à compétences strictement égales. En 2018, la campagne de recrutement de MCF : 12 hommes, 2 femmes.

    Quelques jours avant les très masculins Rendez-vous de l’histoire de Blois, évoqués par les historiennes, s’est tenu un rendez-vous incontournable de notre discipline, dans ce qu’elle a de plus académique : les 4, 5 et 6 octobre, les Rencontres philosophiques de Langres étaient consacrées à « l’art ». Sur 10 conférences, 8 étaient assurées par des hommes. Un tour d’horizon des auteurs mobilisés lors de ces sessions permet de mesurer une autre dimension du problème : aucune philosophE. Combien d’autrices sont enseignées au programme de philosophie de terminale ? Au sein des cursus universitaires ? Quasiment aucune. L’« exception » Hannah Arendt ne nous satisfait plus. Des philosophEs dans l’histoire, il y en a bien des centaines : elles ne sont pas « mineures » mais minorisées. Y compris dans les pratiques contemporaines, on ne compte plus le nombre de soutenances de thèse, de colloques en « non-mixité » : entre-soi des hommes qui pensent sur des hommes pour des hommes. Les travaux de philosophEs sont moins lus, moins cités, moins débattus ou avec moins de probité intellectuelle. Bien plus qu’un préjugé, il y a ici une production d’ignorance arrogante. Ne nous trompons pas de débat : il n’est pas question de féminiser la #philosophie mais bien plutôt de la démasculiniser ! Puisqu’en l’état, la philosophie pense majoritairement « en tant qu’homme » tout en s’obstinant à prétendre au neutre. Une fois établi ce constat, le débat se resserre communément sur celui de « la parité », dont on nous assure qu’elle constitue une réponse politique adaptée aux inégalités de genre (obligation de parité dans les assemblées et comités élus ou nommés). Même si elle est un moyen pragmatique de pallier la persistance des discriminations, il n’en reste pas moins que la parité n’entame pas le stigmate, comme en témoignent les remarques des hommes philosophes lorsqu’il s’agit de dégoter une femme philosophe (n’importe laquelle pourvu qu’elle soit une femme) pour parvenir au quota imposé. Du côté des femmes, le manque d’outil efficace pour lutter contre l’inégalité génère des mécanismes d’effacement et de renoncement : nombreuses sont celles qui sont encore contraintes de travailler à l’écart, de travailler dans l’ombre. Le temps des petites mains (et) des Grands Hommes est révolu. Or, inversement, nous ne devrions pas être dans la nécessité d’en faire deux, trois fois plus que nos collègues, pour faire carrière : à prendre des responsabilités au sein des équipes, des comités, des instances dirigeantes, éditoriales, etc. souvent aux dépens de nos propres recherches.

    Enfin, ce dispositif suscite aussi des formes pernicieuses de division entre femmes. Combien de cabales laisserons-nous encore se mener contre les « féministes », mais aussi contre les collègues qui, dit-on, « geignent » sur les discriminations sexistes, racistes, sur le harcèlement, les réunions prévues aux heures de la sortie d’école, du bain ou du dîner - ou tout simplement aux heures où on est en droit de faire autre chose -, sur les mails le dimanche, sur les colloques, les congrès, souvent inconciliables avec nos vies matérielles ? Sans aucun doute, des hommes parmi nos collègues assument les « tâches domestiques ». La réponse véritable n’est donc pas dans la parité mais plutôt dans l’édification de pratiques solidaires visant à contester des normes dominantes, empêcher que se perpétuent des rapports de pouvoirs iniques dont quasiment seules les femmes font les frais.

    Mais à l’évocation de nos vies de philosophes, on oppose une fin de non-recevoir. L’idée même que se développent les philosophies sur le genre, le #féminisme, la sexualité, les antagonismes sociaux, environnementaux, sur le décolonial, le handicap ou tout autre courant « hétérodoxe », suscite souvent des silences entendus qu’accompagnent parfois des pratiques effectives d’exclusion de celles et ceux qui s’y spécialisent. Or, ces recherches se font, envers et contre toutes les résistances, même si le plus souvent, elles obligent à un décentrement (géographique, institutionnel, professionnel), par rapport au parcours jusque-là « classique » des carrières. Il est donc regrettable qu’il y ait, en lieu et place de débats dignes de ce nom au sein de la discipline, des formes d’appropriation « sans risque » de ces recherches encore largement disqualifiées comme « militantes » ou des formes de retraduction de ces problématiques en des termes plus policés. Les frontières entre ce qui serait « politique » et ce qui serait purement « théorique » sont souvent poreuses et à trop les rigidifier on vide la pensée critique de sa capacité à créer de nouvelles coordonnées de réflexion et d’investigation. Enfin, espérons que la publication d’ouvrages qui s’avèrent des critiques délirantes de la philosophie féministe témoigne non de la prégnance mais des derniers soubresauts d’un positivisme paternaliste : le sexisme ne doit plus définir l’ethos du philosophe patenté et ses expressions licites ne doivent plus constituer un mode de reconnaissance entre pairs.

    Au-delà de ces persistants effets de forclusion intellectuelle, il est urgent de s’interroger aussi sur ce qui en constitue le terreau : la division sexuelle du travail intellectuel et la reproduction sociale d’une élite dont les déterminations en termes de genre ne sont pas le seul impensé. L’entre-soi des philosophes, comme le pré carré de leur bibliothèque, a un sexe, une classe, une couleur. Combien sommes-nous de filles et fils de prolétaires, combien de « Noir·e·s », « d’Arabes », combien de descendant·e·s de la colonisation, combien sommes-nous issu·e·s de l’histoire des migrations ? Aujourd’hui, la reproduction sociale n’aura jamais été aussi totale dans les Grandes Ecoles dont sont issu·e·s la plupart des philosophes. En marge, dans les universités les plus paupérisées, l’enseignement de la philosophie peine à ne pas être dilué dans des parcours « découverte ». Ce qui se joue à marche forcée, c’est la transformation de la philosophie en un produit de luxe, permettant à quelques happy few de continuer à croire que leurs conditions matérielles d’existence se confondent avec l’Universel. Pointer le solipsisme masculin, au moment même où les réformes universitaires n’en finissent pas de menacer notre discipline, nous oblige à objectiver tous les privilèges qui s’érigent en dogmes et participent d’un régime disciplinaire du savoir philosophique et de ses productions. Par contraste, il s’agit de mettre en lumière d’autres points de vue, d’autres perspectives depuis lesquelles nous philosophons : témoigner de la richesse des œuvres et des manières de faire de la philosophie qui ont permis, depuis des années, de renouveler la recherche, de réformer les pédagogies, de décentrer, décloisonner les corpus que nous partageons avec nos étudiant·e·s.

    Au-delà de cette tribune, première en son genre en France, nous appelons à des assises des femmes philosophes afin de réfléchir et d’œuvrer ensemble à l’égalité.


  • La gauche française devrait-elle se détourner davantage de minorités qu’elle n’a jamais choyées ?
    https://www.liberation.fr/debats/2018/10/12/la-gauche-francaise-devrait-elle-se-detourner-davantage-de-minorites-qu-e

    La gauche française n’a aucun discours, aucune revendication en direction des minorités, et tout particulièrement des minorités ethno-raciales. L’enjeu des discriminations pourtant systémiques qui pèsent sur la société française n’est tout simplement pas discuté par la gauche partisane, qui n’a aucune proposition à faire sur la question. L’enjeu pour la gauche française n’est donc pas tant d’en faire moins pour les minorités que d’en dire un peu plus, si elle veut reconquérir un segment de l’électorat qu’elle a pour partie perdu et qui constitue une population largement abstentionniste. Où sont passés le droit de vote des étrangers et le récépissé d’identité pour freiner les contrôles au faciès par la police promis en 2012 par François Hollande dans un programme pour le moins frileux sur la question ? Si la gauche ne parvient plus non plus à parler aux classes populaires blanches, ce n’est pas tant parce qu’elle a trop choyé les minorités que parce qu’elle s’est concentrée sur les classes supérieures, et a délaissé ses horizons égalitaires en adoptant une théorie du ruissellement qui n’a pourtant jamais marché.

    • (tribune entière)

      Par #Julien_Talpin , Chercheur en sciences politiques — 12 octobre 2018 à 10:35

      Pour le chercheur au CNRS Julien Talpin, opposer revendications sociales et défense des droits minoritaires n’est pas une nécessité pour l’emporter électoralement comme le défend l’historien des idées américain Mark Lilla dans son dernier essai, « la Gauche identitaire ».

      L’essai de l’historien américain Mark Lilla, la Gauche identitaire (Stock), rencontre un certain succès éditorial depuis sa sortie en France. Ce qui surprend n’est pas tant son constat relatif à la fragmentation de la gauche américaine, qui est réelle, que l’importation de ses thèses pour penser les conditions de reconquête du pouvoir par la gauche française. La gauche devrait abandonner les minorités pour se concentrer sur des revendications de classe – et encore, le mot n’est pas formulé en ces termes – seules capables de rassembler largement et de permettre la construction d’une majorité électorale. Or il n’y a rien à abandonner, puisque la gauche française ne propose rien en direction des minorités. Si bien que l’invitation de Mark Lilla à approfondir le sillon républicain ne semble pas en mesure d’infléchir l’éloignement de la gauche française de toutes les classes populaires. Une autre voie, pleinement égalitaire, serait pourtant possible.

      Aux Etats-Unis comme en France, la race ne joue pas contre la classe

      La thèse de Mark Lilla est simple. Si Donald Trump a gagné, c’est qu’Hillary Clinton a perdu. Sa défaite serait liée à une focalisation excessive sur le vote des minorités et les revendications sociétales : en courtisant les suffrages des Noir·e·s et des Latinos, des femmes et des minorités sexuelles, la candidate démocrate aurait oublié les mesures sociales. A l’inverse, un candidat comme Bernie Sanders aurait pu l’emporter car il avançait de réelles propositions en direction des classes populaires. Cette thèse est malheureusement trop simple et déforme la réalité. S’il ne fait aucun doute qu’Hillary Clinton était une candidate de l’Amérique qui va bien, et s’est peu adressée aux classes populaires, en faire un héraut des revendications minoritaires est pour le moins osé tant elle a été attaquée à ce sujet par un mouvement comme Black Lives Matter par exemple. A l’inverse, Bernie Sanders, s’il a aussi fait l’objet de critiques sur ses positions en matière d’égalité raciale avait sur ce point des positions beaucoup plus progressistes qu’Hillary Clinton. Ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir de bons résultats dans la rust belt et auprès de la classe ouvrière blanche. Bref, opposer revendications sociales et défense des droits minoritaires n’est pas une nécessité pour l’emporter comme le défend Lilla. Barack Obama, en dépit de toutes les déceptions qui ont suivi, avait également réussi à forger une telle majorité électorale. La construction de majorités politiques, et plus encore d’une hégémonie, n’est en outre pas une simple question d’arithmétique électorale mais de travail politique et organisationnel pour façonner des intérêts communs entre des groupes sociaux qui se fréquentent peu.

      Quand la gauche française s’est-t-elle réellement préoccupée des minorités ?

      Tout n’est pas à jeter dans le livre de Mark Lilla. Il souligne à raison l’immense fragmentation de la gauche américaine et les difficultés de créer des alliances. Le problème essentiel vient davantage de sa réception française autour d’un message simple : ne prenez pas le même chemin que nous ! Attention à la politique identitaire ! Seule une politique républicaine, de défense du bien commun et d’invisibilisation de la question minoritaire permettra à la gauche de gagner les élections. Or ce parallèle est pour le moins discutable.

      Tout d’abord, les mouvements minoritaires pèsent bien moins auprès de la gauche française que ce n’est le cas aux Etats-Unis. Si le Parti démocrate a dans l’histoire pu être contraint de prendre en compte certaines revendications minoritaires – le droit de vote pour les Noir·e·s par exemple, la non-discrimination, la fin de la ségrégation, etc. – on en est loin en France. La gauche française n’a aucun discours, aucune revendication en direction des minorités, et tout particulièrement des minorités ethno-raciales. L’enjeu des discriminations pourtant systémiques qui pèsent sur la société française n’est tout simplement pas discuté par la gauche partisane, qui n’a aucune proposition à faire sur la question. L’enjeu pour la gauche française n’est donc pas tant d’en faire moins pour les minorités que d’en dire un peu plus, si elle veut reconquérir un segment de l’électorat qu’elle a pour partie perdu et qui constitue une population largement abstentionniste. Où sont passés le droit de vote des étrangers et le récépissé d’identité pour freiner les contrôles au faciès par la police promis en 2012 par François Hollande dans un programme pour le moins frileux sur la question ? Si la gauche ne parvient plus non plus à parler aux classes populaires blanches, ce n’est pas tant parce qu’elle a trop choyé les minorités que parce qu’elle s’est concentrée sur les classes supérieures, et a délaissé ses horizons égalitaires en adoptant une théorie du ruissellement qui n’a pourtant jamais marché.

      Refaire de l’égalité le cœur de la matrice à gauche

      Une façon de répondre à la désertion des classes populaires est de suivre la voie tracée par Mark Lilla, Laurent Bouvet ou Manuel Valls. Abandonner un peu plus les minorités, droitiser son discours pour tenter de reconquérir les classes populaires passées à l’extrême droite. Bref, choisir les bons pauvres contre les mauvais. Une autre option, celle de Jean-Luc Mélenchon, consiste à formuler une offre politique reposant essentiellement sur la classe : les problèmes sont essentiellement économiques et sociaux, c’est uniquement par un discours classiste qu’on pourra réunifier les classes populaires, majoritaires et minoritaires. Le problème d’un tel discours est qu’il a peu de chances de séduire ces dernières, qui verraient une nouvelle fois certains de leurs intérêts et de leurs problèmes passer à la trappe. Car si les pauvres minorisés sont (majoritairement) pauvres c’est certes pour des raisons sociales, mais également parce qu’ils sont discriminés à l’embauche, dans l’accès à des logements de qualité, par la police ou dans l’orientation scolaire. Les inégalités sociales et raciales ne s’annulent pas, elles se cumulent. Prendre en compte ces enjeux-là n’implique en rien de formuler des propositions particularistes ou « identitaires ».

      La troisième voie, alternative aux deux précédentes, consiste à défendre un discours d’égalité, sociale, territoriale et ethno-raciale. C’est à cette condition qu’une unification des classes populaires peut être possible, pas en choisissant les pauvres à qui l’on veut parler. Plus encore, croire que la reconquête des classes populaires n’est qu’une question d’offre politique et programmatique – c’est-à-dire de discours – c’est oublier un peu vite que la politisation est surtout une affaire pratique. Sans un travail politique, organisationnel et militant pour construire des intérêts communs, quelle que soit la voie choisie elle ne rencontrera que ce qu’elle a produit jusqu’à présent : le désintérêt et la résignation.

      #Mark_Lilla


  • « Petite histoire de la prise de son naturaliste. Épisode 1 : récitals d’oiseaux et d’oiselles (années 1880 – 1920). »
    http://syntone.fr/petite-histoire-de-la-prise-de-son-naturaliste-episode-1-recitals-doiseaux-e

    En écoutant – voire en réalisant – des enregistrements animaliers et paysagers, l’on espère peut-être trouver une échappatoire, même momentanée, à la société technicienne. Ce serait oublier, néanmoins, que ces sons eux-mêmes ont une histoire, extrêmement brève comparée à celle de leurs objets, et qu’ils dépendent étroitement de l’évolution des technologies aussi bien que des sociétés. Retour sur 130 ans de prises de sons naturels, depuis les concerts de volatiles captifs jusqu’aux tentatives de préserver le vivant dans toute sa diversité biologique et sonore.


    #écologie_sonore #audionaturalisme #création_sonore #histoire


  • Histoire populaire de la France | l’Egrégore
    http://audioblog.arteradio.com/post/3088124/20181008__histoire_pop_de_la_france

    A l’occasion de la sortie en librairie du livre de Gérard Noiriel “Une histoire populaire de la France”, nous diffusons l’enregistrement d’une intervention enregistrée le 26 septembre à Paris au CICP. L’ambition de l’historien est à travers cette domme d’éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grans événements et les grandes luttes qui ont scandé son histoire depuis la fin du Moyen Age : les guerres, l’affirmation de l’Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations et les crises, l’esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale. Durée : 2 épisodes d’1h chacun. Source : Radio (...)

    http://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/sons/3047541/3090401_20181008_Une_histoire_populaire_de_la_France.mp3


  • Emmanuelle Wargon, l’ex-lobbyiste en chef de Danone à la Transition écologique - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/10/16/emmanuelle-wargon-l-ex-lobbyiste-en-chef-de-danone-a-la-transition-ecolog

    Cette énarque de 47 ans, ancienne camarade de promotion d’Edouard Philippe, a été nommée secrétaire d’Etat auprès de François de Rugy. Une nouvelle illustration du « rétro-pantouflage », ou quand un haut-fonctionnaire passé au privé revient exercer des fonctions importantes au cœur de l’Etat.

    « Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? » Fin août, pour justifier sa démission spectaculaire, Nicolas Hulot avait dénoncé « la présence des #lobbys dans les cercles du pouvoir », estimant que cela pose « un problème de démocratie ». L’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire ne croyait pas si bien dire… Moins de deux mois plus tard, voici qu’arrive dans son ancien ministère, comme secrétaire d’Etat, Emmanuelle Wargon, rien moins que la directrice des affaires publiques et de la communication de Danone.

    Lobbying et pollution

    Soit la lobbyiste en chef du groupe alimentaire… l’un des plus gros pollueurs de la planète, en termes de plastique. La semaine dernière, Break Free From Plastic, une coalition de 1 300 organisations du monde entier, révélait que sur les 180 000 déchets plastiques ramassés dans l’environnement dans 42 pays en juin et septembre, ceux produits par Danone figuraient en quatrième position, après ceux provenant de Coca-Cola, de Pepsi et de Nestlé. Danone fait aussi partie des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus les écosystèmes de la planète, pointait l’ONG WWF en 2016.

    Emmanuelle Wargon, 47 ans, rejoint au gouvernement l’ancienne directrice des ressources humaines de Danone, Muriel Pénicaud, devenue ministre du Travail. Au ministère de la Transition énergétique, où elle remplace Sébastien Lecornu – qui au sein du ministère s’était vu confier les dossiers « énergie », dont plusieurs dossiers brûlants, de Fessenheim à Bure –, elle rejoindra une autre secrétaire d’Etat venue d’un géant du privé : Brune Poirson, ancienne cadre de Veolia. Et Wargon, la fille unique de Lionel Stoléru, ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing et de François Mitterrand, est issue de la même promotion de l’ENA que le Premier ministre Edouard Philippe, lui-même ancien lobbyiste en chef du groupe nucléaire Areva (devenu Orano).

    « Rétro-pantouflage »

    Comme ce dernier, Emmanuelle Wargon, qui a aussi fait Sciences-Po et HEC, illustre parfaitement une pratique de plus en plus répandue : le « rétro-pantouflage », soit un cadre dirigeant du privé, souvent issu des grandes écoles (ENA, Polytechnique), qui revient exercer des fonctions importantes au sommet de l’Etat après avoir « pantouflé » en quittant la haute fonction publique pour un poste bien payé dans le privé. De quoi faire réagir mardi sur Twitter le secrétaire d’EE-LV David Cormand : « Avec Macron, l’écologie, c’est jamais sans les lobbys. »

    Décrite comme pugnace et opiniâtre, Emmanuelle Wargon a commencé sa carrière en 1997 comme auditrice à la Cour des comptes. En 2001, elle est devenue conseillère technique auprès du ministre délégué à la Santé Bernard Kouchner, dans le gouvernement Jospin. De 2007 à 2010, sous le gouvernement Fillon, elle a dirigé le cabinet du Haut-Commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, où elle a géré entre autres le dossier RSA, mis en œuvre sous Nicolas Sarkozy en 2008. Elle a aussi été adjointe au directeur général de l’Afssaps (aujourd’hui ANSM), l’agence de sécurité des produits de santé.

    Puis, avant Danone et après un passage au ministère des Affaires sociales, elle a été pendant trois ans déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle au ministère du Travail, un poste clé, pilotant notamment la réforme de la formation professionnelle ou encore la gestion des crédits de la politique de l’emploi. Pas grand-chose à voir, donc, avec l’écologie ou l’énergie. Même si son ancien patron, le PDG de Danone Emmanuel Faber, a twitté mardi que « pendant trois ans, Emmanuelle Wargon a coordonné les engagements de Danone en matière de santé, d’environnement et d’inclusion ». Lui souhaitant « une pleine réussite au service de l’enjeu majeur qu’est la transition écologique et solidaire ».
    Coralie Schaub

    De mieux en mieux ici…

    #Wargon #Danone #écologie #lobbying #agro-industrie #agro-alimentaire


  • Le retour de la 3e classe ? - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/Le-retour-de-la-3eme-classe.html

    La privatisation du service public n’apparaît alors que comme la partie émergée de l’iceberg : une segmentation plus visible que l’autre, alors que dans le service public les choses semblent souvent ne pas mériter, ne pas avoir besoin – voire se voir interdire – d’être dites. Bien sûr ici le désir peut être ici de fait non satisfait, mais non explicitement : parmi les candidats de Parcoursup toujours en attente de réponses concernant leurs vœux, il y a, de fait, chez ces bacheliers des filières professionnelles et technologiques, un nombre croissant d’abandon pur et simple [16] … mais ce n’était pas la visée explicite du système. Il suffit en revanche que soit introduit entre le désir et sa satisfaction un délai, un temps supplémentaire : pas même un interdit définitif. Le terme de « sélection » s’efface ainsi devant le fonctionnement même de l’algorithme Parcoursup : comme dans tous les secteurs de « première classe », les mieux dotés en ressources scolaires seront les plus vite servis. Dans les cliniques, dans le secteur 2, on attend à peine. En revanche la vitesse des TGV OUIGO est illusoire puisque qu’il faut près d’une heure supplémentaire pour les rejoindre (et désormais une heure supplémentaire sur certaines lignes pour les quitter), et les retards terribles des trains qui ne font pas les trajets socialement valorisés en témoignent : la représentation de l’excellence passe désormais bien autrement que dans l’affichage des 1re, 2e, 3e classes des wagons de métro et des enterrements d’antan. La chose ne s’énonce guère qu’à travers une forme : le temps pour obtenir le service, et les égards dont il s’accompagne. Les usagers qui attendent, ou sont rabroués pour leur impatience, le savent bien : ils ne sont pas ici de « vrais » clients, l’attente « parle d’elle-même ». Luc Boltanski a cru pouvoir faire le constat d’un glissement de l’idéologie dominante vers un « affaiblissement considérable en volume et surtout en sophistication du discours idéologique” [17] : si la chose se vérifiait, la silencieuse segmentation des usagers jusque dans le secteur public en constituerait une forme nouvelle méritant l’attention.


  • Discriminer pour gouverner - Gagnants et perdants du jeu communautaire à Marseille
    https://laviedesidees.fr/Discriminer-pour-gouverner.html

    Contrairement au discours consensuel sur le #Marseille fraternel, le travail sociohistorique et l’observation empirique des relations entre pouvoirs municipaux et groupes « communautaires » de la société urbaine [1] montrent que les communautés n’existent pas naturellement mais qu’elles sont construites de façon relationnelle. Le gouvernement local (et plus amplement les autorités politico-institutionnelles) joue un très rôle important dans la construction différentielle de « #communautés » qu’il ne dote pas des mêmes avantages et légitimations.


  • Gidra vit encore
    1969 à 1974 : histoire des activistes asiatiques-américain·es et mythe de la « minorité modèle »

    Par Clio Chang

    Traduction par Elvina Le Poul et Xavier Bonnefond

    Texte original : « The Forgotten History of America’s Radical Asian Activists », Splinter News , 6 déc. 2017

    http://jefklak.org/gidra-vit-encore

    Aux États-Unis comme en France, la minorité asiatique est souvent décrite comme un véritable modèle d’intégration, fondée sur le travail et la discrétion. Cette représentation, si généreuse qu’elle se croit, occulte les discriminations dont cette minorité est l’objet, et exige qu’elle reste à sa place dans une hiérarchie raciale. Or, de nombreuses voix ont remis en cause de l’intérieur et montré le coût du mythe de la minorité modèle. Retour sur l’histoire de la revue Gidra qui, de 1969 à 1974, a servi de matrice à un activisme souvent méconnu, même chez les Asiatiques-Américain⋅es…


  • « Vous mangerez mieux demain » : les auxiliaires de vie scolaire landais se rassemblent - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2018/10/11/landes-les-auxiliaires-de-vie-scolaire-se-rassemblent-contre-le-mepris-de-l

    une grande partie des AVS (Auxiliaires de vie scolaire) et des Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) des Landes n’ont pas été rémunérés au mois de septembre par l’administration. Employés généralement à temps partiel (souvent en contrats de 20 heures), ils interviennent dans les écoles et les collèges au côté des enfants en situation de handicap.

    Mais devant leur colère, l’administration a seulement répondu qu’ils toucheraient, à partir du 12 octobre, 70% de leur salaire. « Et quand ils essaient de demander la raison de ce report, explique Éric Boulagnon, secrétaire du syndicat Snuipp-FSU, on leur répond qu’ils peuvent faire un emprunt pour tenir le coup, aller aux Restos du coeur, ou on leur dit tout simplement : “Vous mangerez mieux demain !” »

    • " CE VOTE VOUS COLLERA À LA PEAU COMME UNE INFAMIE ! "
      https://youtu.be/sVIt6RT7Nn0?t=13


      « Sur ce thème, les enfants handicapés, leurs accompagnants, j’espère que le pays ne vous le pardonnera pas.
      Nous demandons un scrutin public !
      Les noms des votants seront publics !
      Je les publierai sur ma page Facebook.
      Ils circuleront à travers la France.
      Et ce vote, j’en suis convaincu, ce vote vous collera à la peau comme une infamie. »

      Chose promise, chose due. Voici les noms des 70 députés qui ont empêché qu’un débat ait lieu sur le statut des accompagnant.es pour enfants handicapés. Nulle délation, juste de l’information sur les choix de vos élus.

      Damien Adam
      Aude Amadou
      Didier Baichère
      Aurore Bergé
      Pascal Bois
      Céline Calvez
      Émilie Cariou
      Lionel Causse
      Jean-René Cazeneuve
      Sylvie Charrière
      Fannette Charvier
      Fabienne Colboc
      François Cormier-Bouligeon
      Dominique David
      Marc Delatte
      Nicolas Démoulin
      Jacqueline Dubois
      Laurence Gayte
      Perrine Goulet
      Véronique Hammerer
      Pierre Henriet
      Sacha Houlié
      Yannick Kerlogot
      Rodrigue Kokouendo
      Aina Kuric
      Frédérique Lardet
      Célia de Lavergne
      Fiona Lazaar
      Gaël Le Bohec
      Fabrice Le Vigoureux
      Jean-Claude Leclabart
      Roland Lescure
      Monique Limon
      Richard Lioger
      Didier Martin
      Thomas Mesnier
      Amélie de Montchalin
      Sandrine Mörch
      Zivka Park
      Patrice Perrot
      Béatrice Piron
      Pierre-Alain Raphan
      Cécile Rilhac
      Véronique Riotton
      Stéphanie Rist
      Mireille Robert
      Laurianne Rossi
      Laurent Saint-Martin
      Jean-Bernard Sempastous
      Bertrand Sorre
      Bruno Studer
      Marie Tamarelle-Verhaeghe
      Adrien Taquet
      Stéphane Testé
      Huguette Tiegna
      Laurence Vanceunebrock-Mialon
      Annie Vidal
      Patrick Vignal
      Brigitte Kuster
      Philippe Berta
      Marguerite Deprez-Audebert
      Marc Fesneau
      Isabelle Florennes
      Jean-Luc Lagleize
      Fabien Lainé
      Philippe Latombe
      Jean-Paul Mattéi
      Philippe Michel-Kleisbauer
      Bruno Millienne
      Michèle de Vaucouleurs


  • Police spies infiltrated UK leftwing groups for decades
    https://www.theguardian.com/uk-news/2018/oct/15/undercover-police-spies-infiltrated-uk-leftwing-groups-for-decades

    About one-third of the total number of undercover officers embedded in political organisations that have so far been publicly identified infiltrated the #SWP, a Trotskyite party of a few thousand members that advocates the abolition of capitalism through revolutionary means.

    [...] The database lists 124 groups that have been spied on by undercover #police officers since 1968.

    [...] The list so far compiled, however, suggests police spies overwhelmingly monitored leftwing and progressive groups that challenged the status quo, with only three far-right groups infiltrated – the British National party, Combat 18 and the United British Alliance.

    Undercover officers spied on 22 leftwing groups, 10 environmental groups, nine anti-racist campaigns and nine anarchist groups, according to the database.

    They also spied on campaigns against apartheid, the arms trade, nuclear weapons and the monarchy, as well as trade unions. Among those spied on were 16 campaigns run by families or their supporters seeking justice over alleged police misconduct.

    #surveillance


  • Les ultrariches, grands gagnants de la fiscalité Macron
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/12/les-ultrariches-grands-gagnants-de-la-fiscalite-macron_5368373_823448.html

    Voilà qui devrait relancer une fois de plus la polémique sur le « président des riches », étiquette qui colle à Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat. Alors que les députés viennent d’achever en commission des finances l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2019, et que le texte sera débattu dans l’Hémicycle à partir de lundi 15 octobre, l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme de recherche indépendant, a publié, jeudi 11 octobre, une évaluation approfondie des conséquences des mesures fiscales et sociales contenues dans les deux premiers budgets de l’ère Macron.

    Leurs conclusions sont sans appel : les effets cumulés des réformes 2018 et 2019 mèneront à une perte de « revenu disponible » – c’est-à-dire de pouvoir d’achat – pour les 20 % de Français les plus modestes (recul de l’ordre de – 0,5 % à – 1%). Pour les 60 % de ménages « intermédiaires » (entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches), il y aura un gain, jusqu’à près de 1 %. Le manque à gagner le plus important est enregistré par les 20 % les plus aisés (près de – 1 %), à l’exception notable des 1 % de ménages ultrariches : ces derniers verront leurs revenus dopés de près de 6 %.