• Bay Nature Magazine : The Sea Beneath Us
    https://baynature.org/article/the-sea-beneath-us

    Une conséquence méconnue de l’élévation du niveau de la #mer : la #remontée_de_nappes (http://www.georisques.gouv.fr/dossiers/inondations/remontee_nappe)

    In a nutshell, as a warming climate raises sea levels, the sea won’t only move inland, flooding low-lying land near the shore; it may also push water up from beneath our feet. That’s because for those of us living near the shore, a sea lurks in the ground—a saltwater water table. On top of that salt water floats a layer of lighter fresh water. As the salt water rises with rising seas, Hill and others think, it will push the fresh water upward. In low-lying areas, that water may emerge from the ground.

    #eau #inondation #climat

  • Montée des océans : les littoraux en danger
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-mercredi-24-avril-2019

    Que faire pour protéger la population grandissante des littoraux face à la montée des eaux ? Comment faire face à la submersion marine potentielle ? Quels plans de prévention sont mis en place sur les risques littoraux ? Comment repenser la ville de demain ?

    http://rf.proxycast.org/1562385005592715264/14312-24.04.2019-ITEMA_22044130-1.mp3

    #littoral #climat #montée_des_eaux

  • One in six people dying of lung #cancer in UK are non-smokers, experts say | Society | The Guardian
    https://www.theguardian.com/society/2019/apr/26/one-in-six-people-dying-of-lung-cancer-in-uk-are-non-smokers-experts-sa

    Growing numbers of non-smokers are being diagnosed with lung cancer, many at a stage when it is incurable, experts in the disease have revealed.

    They blame the rise on car fumes, secondhand smoke and indoor air #pollution, and have urged people to stop using wood-burning stoves because the soot they generate increases risk.

    About 6,000 non-smoking Britons a year now die of the disease, more than lose their lives to ovarian or cervical cancer or leukaemia, according to research published on Friday in the Journal of the Royal Society of Medicine.

    That is about a sixth of the 36,000 deaths a year from lung cancer.

  • Semaine internationale de la rébellion
    Face au militantisme, “nous sommes revenus à un système de répression des années 1960 et 1970”

    Lycéens fichés S, écolos entendus par la police, Gilets jaunes renvoyés en correctionnelle : Vanessa Codaccioni explique comment l’#antiterrorisme a contaminé l’appareil répressif. Et comment la France a fait un bond de 40 ans en arrière.

    La chercheuse en sciences politiques Vanessa Codaccioni s’inquiète de la #criminalisation croissante du #militantisme. En refusant la #politisation des mouvements de #contestation, le pouvoir va jusqu’à les assimiler à du #terrorisme. Suite et fin de notre série d’articles consacrée à la Semaine internationale de la rébellion qui se déroule du 12 au 19 avril.

    https://www.telerama.fr/idees/face-au-militantisme,-nous-sommes-revenus-a-un-systeme-de-repression-des-an


    illustration photo : Abdulmonam Eassa/AFP : Manifestation des Gilets jaunes, à Paris, le 1er décembre 2018.

    En quatre mois de mobilisation des Gilets jaunes, 8 645 personnes ont été placées en garde à vue, 2 000 ont été condamnées, et 1 800 sont en attente de jugement. A titre de comparaison, environ 11 000 individus avaient été arrêtés pendant les grèves de mineurs sous Thatcher entre 1984 et 1985. Ce qui est inédit, c’est ce niveau de contestation politique, ou la vigueur de la punition ?

    /.../

    ++ SEMAINE DE LA REBELLION, MODE D’EMPLOI
    C’est quoi : la Semaine internationale de la rébellion a été lancée par Extinction Rebellion, https://extinctionrebellion.fr, un mouvement né en Angleterre en octobre 2018 et qui depuis essaime dans de nombreux pays – parmi lesquels la France, l’Italie, l’Allemagne et les Etats-Unis. L’idée : mener des actions de #désobéissance civile non-violente afin d’intensifier la protestation contre l’inaction politique en matière de lutte contre le changement climatique et la disparition des espèces. D’autres organisations environnementales ont annoncé qu’elles participeraient à cette semaine internationale de la rébellion.
    C’est quand : la semaine internationale de la rébellion se déroule du 12 au 19 avril.
    Quelles actions : Impossible de tenir un agenda précis. Car si certains collectifs communiquent depuis plusieurs semaines sur leurs prochaines actions pour s’assurer une médiatisation maximale, d’autres cultivent au contraire le secret, afin d’amplifier l’effet de surprise.
    En France, citons une « action contre l’industrie du textile et la fast fashion » menée par #Extinction #Rebellion, qui s’est déroulée le vendredi 12 avril. Et « bloquons la République des pollueurs », une action en Ile-de-France organisée par les Amis de la Terre, ANV-COP21 et Greenpeace. Des actions de « swarming » (blocages éphémères de la circulation) sont annoncées à travers le monde…
    Marc Belpois

    #répression

  • Le « localisme » signe la victoire des identitaires au RN - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160419/le-localisme-signe-la-victoire-des-identitaires-au-rn?onglet=full

    Une frange dissidente de ce mouvement va rejoindre le Front national, à l’instar de Pierre Vial, fondateur de l’association Terre et peuple et ardent défenseur d’un régionalisme identitaire. Pour cet identitaire influent, les migrants, dans une conception foncièrement biologique des « peuples », sont conçus comme « une espèce invasive dans un écosystème donné », explique Stéphane François.

    En 2011, Marine Le Pen fait aussi venir au bureau politique Laurent Ozon, fondateur d’un nouveau mouvement politique localiste et identitaire, la « Maison commune », et longtemps proche de la mouvance de la Nouvelle droite d’Alain de Benoist. Deux ans plus tôt, Ozon participait à Orange à une table ronde sur le thème « localisme ou globalisation » entre l’ancien du GRECE Jean-Yves Le Gallou et un représentant du bloc identitaire.

    Alors que Marine Le Pen lui confie la stratégique formation des cadres départementaux, Ozon développe devant eux sa conception du « localisme » : « 1/ relocalisation des activités humaines (travail, production, consommation) ; 2/ limitation des pratiques de prédations (grand patronat) et de parasitisme social (immigration sociale et économique). »

    #rassemblement_national #nomadisme #écologie #propriété

  • #Perturbateurs_endocriniens : les #rivières françaises regorgent de #pesticides
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/04/16/les-rivieres-francaises-regorgent-de-pesticides-suspectes-d-etre-des-perturb

    Les rivières et les #lacs français débordent de pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Glyphosate, atrazine, chlordécone… des résidus d’#herbicides et d’#insecticides particulièrement néfastes pour la #santé sont omniprésents dans les #eaux de surface en #France, révèle une étude inédite publiée mardi 16 avril à laquelle Le Monde a eu accès.

    Réalisé par Générations futures, association en pointe dans le combat contre les pesticides, le rapport montre qu’en moyenne plus de 41 substances actives de pesticides ou de métabolites supposés perturbateurs endocriniens (PE) sont présents dans les cours d’eau.

    Ce cocktail de molécules menace directement la #faune aquatique et les #écosystèmes, contribue à l’érosion de la biodiversité et n’est pas sans conséquence sur notre santé, alerte le rapport. Les PE sont en effet des substances capables d’interférer avec le système hormonal et impliquées dans une variété de troubles et de pathologies : de l’#obésité à la baisse du quotient intellectuel en passant par des #cancers des systèmes reproducteurs masculin et féminin.

    Depuis une note de 2015 du Commissariat général au développement durable, on savait que la grande majorité (92 %) des cours d’eau français étaient contaminés par les pesticides utilisés massivement par les agriculteurs. Générations futures a cherché à quantifier la part de ces pesticides aux effets de perturbation endocrinienne.

    L’association a d’abord identifié, à partir de deux bases de données (EU Pesticides database et TEDX qui porte spécifiquement sur les perturbateurs endocriniens), les pesticides (autorisés ou non) potentiellement PE. Elle a ensuite vérifié lesquels avaient été analysés par les agences de l’eau et répertoriés (département par département) dans la base de données nationale Naïades sur la qualité des eaux de surface.

    Générations futures a dû remonter jusqu’à l’année 2015 pour obtenir la couverture territoriale la plus complète. Elle s’est également heurtée à des difficultés liées à l’absence d’harmonisation des méthodes et des listes de substances recherchées : les agences de l’eau n’utilisent pas les mêmes seuils de quantification et de détection et certaines substances ne sont pas testées dans tous les départements.

    Sur la base des données 2015, le rapport établit qu’un total de 232 substances actives de pesticides ou de métabolites supposés PE ont été recherchés, soit une moyenne de 183 par département. En moyenne, plus de 41 (soit environ 23 %) ont été quantifiés. Avec des différences notables selon les départements.

    • le sang des bébés est pollué : les dangers de l’effet cocktail
      https://www.franceculture.fr/sciences/le-sang-des-bebes-est-pollue-les-dangers-de-leffet-cocktail

      Qu’appelle-t-on « effet cocktail » ?

      Barbara Demeneix : L’effet cocktail est un mélange complexe de produits chimiques qui ne devraient pas être dans notre sang. La question qui se pose aujourd’hui : étant donné les centaines de milliers de substances auxquelles on pourrait être exposé, quelles sont les interactions entre ces différentes substances au niveau de notre physiologie ? Chez des femmes enceintes ou chez des enfants qui naissent, on a mesuré des taux de produits chimiques dans le sang du cordon ombilical, et on a trouvé des centaines de produits chimique. Nous savons que ces produits passent la barrière placentaire et se retrouvent dans le liquide amniotique. Les enfants sont donc contaminés pendant tout le début de leur vie intra-utérine. La période de développement dans le ventre de la mère est très importante parce que c’est là où le cerveau se forme, c’est là où tous les organes se forment et se mettent en place. Beaucoup de maladies que l’on va avoir, que l’on soit adolescent, adulte ou vieux, ont pour origine cette vie fœtale qui détermine toute notre santé d’adulte.

      https://www.youtube.com/watch?v=UAi7-CyTFDg&list=RDUAi7-CyTFDg&start_radio=1&t=596


      Alertez les bébés - Jacques Higelin

  • Apocalypse Now ?

    Le pays va-t-il se retourner contre les riches ? Contre l’innovation technologique ? Est-ce que ça va se transformer en désordre civil ? En tout cas, plus de 50 % des milliardaires de la Silicon Valley ont pris, d’une manière ou d’une autre, une assurance contre l’apocalypse.

    Tout aussi irrationnel, les mêmes qui font construire un mur de la honte pour se « proteger » des populations du Sud sont en train de coloniser la Nouvelle-Zélande :

    S’ils ne s’accordent pas sur la cause de cette apocalypse, beaucoup trouvent que la Nouvelle-Zélande est le meilleur endroit pour y faire face. Un pays qui ne connaît pas d’ennemi, a peu de chance d’être la cible d’une bombe nucléaire, et composé de nombreuses îles où s’isoler, avec de l’altitude pour faire face à la montée du niveau de la mer, de larges territoires inhabités, peu de pollution… Rien qu’en 2016, 13 000 riches américains y ont demandé un permis de construire. Le pays a dû restreindre par la loi la vente de logements à des étrangers, pour maîtriser la hausse des prix de l’immobilier.

    Ce sont aussi les mêmes qui, déplaçant les populations, détruisant lieux de vie indigènes et zones à défendre, se construisent des rêves d’autonomie :

    Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, voit plus grand. Il a acheté un domaine dans le pacifique, sur une petite île au large de Hawaï. Il a payé les poignées de familles présentes sur ses terres, qui y cultivaient de la canne à sucre, pour partir. Il entend s’y faire bâtir une propriété et une ferme bio de 27 hectares, en autosuffisance totale. Un investissement à plus de cent millions de dollars pour assurer sa seule survie et celle de sa famille…

    Là où fleurissent les bunkers de milliardaires : https://www.humanite.fr/nouvelle-zelande-la-ou-fleurissent-les-bunkers-de-milliardaires-670945

    • Nouvelle-zélande. Là où fleurissent les bunkers de milliardaires | L’Humanité
      https://www.humanite.fr/nouvelle-zelande-la-ou-fleurissent-les-bunkers-de-milliardaires-670945


      La bonne nouvelle, c’est que maintenant, nous savons très exactement où trouver les responsables de ce merdier !

      De la Californie à Auckland, les entrepreneurs de la Silicon Valley construisent des abris par peur de la fin d’un monde qu’ils ont participé à créer.

      Les magnats de la Silicon Valley et autres startupers croient-ils sincèrement, comme ils aiment le répéter à longueur de conférences et de plateaux télé, que la technologie va sauver le monde ? La réponse se trouve certainement en Nouvelle-Zélande, où plusieurs dizaines d’entre eux achètent des terres pour se préparer à l’apocalypse. Un haut cadre de Facebook, qui venait de s’offrir quelques hectares boisés sur une île où il a fait installer des générateurs, panneaux solaires et un stock de munitions, le disait clairement à la BBC : « Notre société s’apprête à vivre des changements économiques et technologiques spectaculaires et je ne pense pas que les gens le réalisent. Mais nous, oui, la Silicon Valley vit dans le futur. Avec l’automatisation et l’intelligence artificielle, presque la moitié des emplois américains n’existeront plus dans vingt, trente ans. »
      Une assurance contre l’apocalypse pour les ultrariches

      Un drame social est à venir, qu’ils anticipent d’autant plus qu’ils commencent à avoir conscience qu’ils en sont la cause. Le milliardaire Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn, s’interroge donc, dans le New Yorker : « Le pays va-t-il se retourner contre les riches ? Contre l’innovation technologique ? Est-ce que ça va se transformer en désordre civil ? En tout cas, plus de 50 % des milliardaires de la Silicon Valley ont pris, d’une manière ou d’une autre, une assurance contre l’apocalypse. » Pour eux, lorsque le peuple aussi s’en rendra compte et se demandera qui s’est enrichi à milliards en détruisant le travail et en creusant les inégalités, mieux vaudra pour les responsables être à plusieurs milliers de kilomètres de là. Et bien préparés.

      D’autres ultrariches craignent plutôt les bouleversements climatiques, le soulèvement des robots dominés par une intelligence artificielle hostile, Kim Jong-un, un virus… La preuve, il est 23 h 58 sur l’horloge de la fin du monde, tenue à l’heure par l’université de Chicago. S’ils ne s’accordent pas sur la cause de cette apocalypse, beaucoup trouvent que la Nouvelle-Zélande est le meilleur endroit pour y faire face. Un pays qui ne connaît pas d’ennemi, a peu de chance d’être la cible d’une bombe nucléaire, et composé de nombreuses îles où s’isoler, avec de l’altitude pour faire face à la montée du niveau de la mer, de larges territoires inhabités, peu de pollution… Rien qu’en 2016, 13 000 riches américains y ont demandé un permis de construire. Le pays a dû restreindre par la loi la vente de logements à des étrangers, pour maîtriser la hausse des prix de l’immobilier.

      Le milliardaire Peter Thiel, fondateur de PayPal et de Palantir, a lancé le mouvement en 2015, en achetant pour près de 12 millions d’euros une ferme et près de 200 hectares de terrain sur les rives du lac Wanaka, dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Il y a fait construit une pièce ultrasécurisée. Avec quatre autres entrepreneurs de la Silicon Valley, dont Sam Altman, patron de Y Combinator, il garde toujours un avion prêt à s’envoler et à traverser 7 000 kilomètres au-dessus du Pacifique au moindre signe d’apocalypse ou de révolte sociale. L’un d’entre eux avoue même conserver dans son garage de San Francisco une moto et des armes, pour rejoindre au plus vite l’avion privé.

      Julian Robertson, milliardaire et président d’un fonds d’investissement californien, a, lui, choisi le lac voisin de Wakatipu. Une dizaine d’autres multimillionnaires californiens ont acheté des propriétés dans la région. Tandis que le financier Bill Foley et le réalisateur de Titanic, James Cameron, ont, eux, opté pour des villas sécurisées sur l’île plus au nord. Sept autres pontes de la Silicon Valley ont opté pour des bunkers blindés, construits à plus de trois mètres sous le sol, et localisables uniquement par GPS dans des grandes prairies de la Nouvelle-Zélande. Et cela au bénéfice d’une entreprise californienne, Terra Vivos, qui fait son beurre en proposant ses solutions contre l’apocalypse. L’entreprise avait déjà pu roder son produit d’appel, un grand bunker antiatomique médicalisé, avec cinéma, armurerie et cellules individuelles, à destination des nombreux Américains qui ont cru à la fin du monde pour le 21 décembre 2012, date de fin d’un calendrier maya. Elle le recycle aujourd’hui pour les cadres de la Silicon Valley qui ont moins de moyens que les hauts dirigeants, et propose des places autour de 35 000 euros par personne dans ces abris collectifs conçus pour trois cents à mille personnes.

      Le fondateur de Terra Vivos se frotte les mains depuis que, en 2017, le sujet privilégié des patrons réunis à Davos lors du forum économique mondial était la peur d’une « révolution ou d’un conflit social qui s’en prendrait au 1 % » le plus riche, raconte-t-il. Pour lui qui doit recycler ses bunkers antiatomiques dans les grandes étendues états-uniennes, la Nouvelle-Zélande n’est pas idéale puisqu’elle est sensible aux tsunamis, notamment en cas de chute de météorite… Mais, sentant l’air du temps, il a investi huit millions pour y bâtir un bunker de trois cents places.
      Le PDG de Facebook a payé les habitants d’une île pour partir

      Le discours prend et les patrons de la Silicon Valley s’arment. Si certains stockent du carburant et des munitions, un autre startuper préfère prendre des cours de tir à l’arc. Steve Huffman, le fondateur de Reddit, s’est fait opérer des yeux parce qu’en cas de désastre, il veut augmenter ses chances de survie sans lunettes ni lentilles de contact. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, voit plus grand. Il a acheté un domaine dans le pacifique, sur une petite île au large de Hawaï. Il a payé les poignées de familles présentes sur ses terres, qui y cultivaient de la canne à sucre, pour partir. Il entend s’y faire bâtir une propriété et une ferme bio de 27 hectares, en autosuffisance totale. Un investissement à plus de cent millions de dollars pour assurer sa seule survie et celle de sa famille… Comme quoi, « après moi le déluge » n’est pas qu’un proverbe, mais bien une philosophie de vie.

      #it_has_begun

  • Vers l’État plateforme - La dématérialisation de la relation administrative
    https://laviedesidees.fr/Vers-l-Etat-plateforme.html

    En l’état actuel, l’obligation administrative à se connecter demeure très inégale entre les individus : une personne bénéficiaire de #droits_sociaux soumis à déclaration de ressources trimestrialisées a mécaniquement davantage l’obligation de se connecter qu’une personne ne percevant pas de prestations sociales. La #connectivité étant socialement distribuée, l’on assiste ainsi à une double [14] peine (Credoc 2016) : les individus les plus précaires, aussi bien économiquement que sur le plan de l’isolement social (Défenseur des Droits 2017) sont moins connectés alors que, dépendants davantage de droits et prestations sociales, ils ont davantage l’obligation de le faire.

    Davantage que d’exclusion #numérique, qui renverrait à un manque de compétences d’individus qui ne seraient pas à l’aise avec le numérique, cette inégale exposition à l’obligation de connexion conduit à parler d’exclusion par le numérique : ce sont prioritairement les normes implicites de la dématérialisation qui rendent ici les usagers incapables de demander leurs droits.

    Il y a en effet un enjeu à considérer la #dématérialisation à partir des exigences qu’elle impose et non seulement à partir des capacités, ou non capacités, des individus. À centrer autrement dit l’analyse sur l’incapacitation produite par les dispositifs plutôt que sur les (in)capacités des individus [15] et à porter le regard sur la production d’exclusions par les processus techniques davantage que sur les incapacités (numériques) des individus, qui les rendraient personnellement responsables du retrait de leurs droits.

    Dans nombre de situations, les individus sont placés dans l’impossibilité de demander par les normes matérielles et comportementales exigées. Le support matériel du recours lui-même, dans sa dimension technique et cognitive, devient un obstacle et un facteur de #non-recours. Cette mise en incapacité porte sur toutes les séquences du parcours d’accès au droit : sur le processus de demande, mais aussi sur l’accès à l’information (de plus en plus exclusivement en ligne), le suivi de sa démarche ou encore la prise de rendez-vous ; elle concerne aussi des personnes en capacité d’utilisation (« autonomes numériquement »), mais dépourvues d’équipement ou de connexion satisfaisante, rendant l’engagement de la démarche d’autant plus difficile et son abandon plus probable [16].

    #services_publics

  • Plongée dans les dérives des écoles hors contrat (Challenges)
    https://www.challenges.fr/education/plongee-dans-les-derives-des-ecoles-hors-contrat_653365

    Pédagogie et programmes farfelus, business sans scrupule… Ces établissements 100 % privés se sont multipliés sans réel contrôle. L’Etat réagit depuis peu.

    Mic-mac à Espérance Banlieues (Challenges)
    https://www.challenges.fr/politique/mic-mac-a-esperance-banlieues_652392

    Suite à un rapport d’audit sévère, que Challenges a pu consulter, le réseau d’écoles ultra médiatiques pour les enfants des banlieues est sous le coup d’une plainte contre X pour « abus de confiance ». La Fondation pour l’école, qui abrite le projet depuis l’origine, réunit son conseil d’administration mardi 9 avril, pour décider de l’avenir d’Espérance Banlieues, qui compte aujourd’hui 16 écoles et quelque 600 élèves.

    Mauvaise passe pour les écoles de banlieue financées par les grands patrons (Le Point)
    https://www.lepoint.fr/societe/mauvaise-passe-pour-les-ecoles-de-banlieue-financees-par-les-grands-patrons-

    Pas de reprise de cette information dans les autres médias à ma connaissance. Pas de nouvelles sur ce Conseil d’Administration du 9 avril.

    Rappelons qu’avant de devenir Ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer frayait avec ce réseau très ancré dans une Droite conservatrice voire traditionaliste et accessoirement catholique.
    Hors contrat : le changement de pied de Jean-Michel Blanquer (Luc Cédelle, Blog)
    http://education.blog.lemonde.fr/2018/02/21/hors-contrat-le-changement-de-pied-de-jean-michel-blanquer

    Nous en avions régulièrement parlé sur #Seenthis :
    https://seenthis.net/messages/682881#message682884

    #éducation #école #privatisation #écoles_alternatives #Espérance_Banlieues #laïcité #école_privée #abus_confiance

  • Grosse journée pour la #police #prédictive : convocation de Olivier Cyran pour un tweet moqueur et arrestation de 15 nantais-e-s qui préparaient des banderoles pour la manifestation de demain :

    Du côté d’Olivier Cyran :

    Surprise, surprise : je viens de recevoir une convocation à la direction de la police judiciaire dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « provocation publique à la commission de destructions, dégradations et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes ».
    https://twitter.com/OlivierCyran/status/1116687402041532416
    À l’origine de ce branle-bas de combat diligenté par le parquet de Paris, un tweet humoristique posté il y a trois mois :


    /.../ En ce sens, les services du procureur de Paris ne manquent pas d’humour (?#EspritCharlie). L’ennui, c’est que leur trait d’esprit m’expose, si j’en crois la loi, à cinq ans de taule et 45 000 euros d’amende, ce qui a tendance à provoquer chez moi une hilarité modérée. /.../

    A mettre dans la ligné des délits de création / artistiques / humoristiques précédents ( @lundimatin / #Nick_Conrad...)

    Du côté de #Nantes, une quinzaine d’arrestations dont des potes, certain-e-s sont encore en GàV lors d’un ATELIER BANDEROLES PUBLIC (!) contre la #Loi_Anticasseurs & limitations de manif !!!

    "C’était un rendez-vous public. On s’était donné rendez-vous pour un atelier créa. L’idée, c’était de fabriquer ensemble des banderoles pour la manif de demain. Cela avait été voté en AG publique #Gilets_Jaunes. On ne se cachait pas..."
    /.../
    Quinze ont été interpellées et quatorze placées en garde à vue pour "participation à un attroupement formé en vue de la préparation de violences volontaires ou de destructions et dégradations", ce vendredi soir, confirment les autorités, avant d’ajouter avoir découvert sur place « différents artifices et pétards artisanaux ».
    https://www.presseocean.fr/actualite/nantes-ils-setaient-reunis-a-la-veille-de-la-manif-quinze-interpellation

    La criminalisation des pétards et feux d’artifices, considérés à priori comme armes par destination, c’est complètement ouf... d’autant qu’il y a pas mal de teufs ce week-end dans le coin ! Rien ne prouve que les pétards et les bidouilles artisanales, trouvées sur place, et non en cours de fabrication, étaient destinées aux manifs... Pourtant, Ouest France fait une fois encore du #journalisme_de_préfecture en titrant initialement du faux scoop de flic, hélas encore visible dans l’adresse et les caches : « nantes-ils-preparaient-banderoles-et-petards-artisanaux-pour-la-manif-de-samedi-6307535 »

    Pour rappel, le « Journalisme de Préfecture » c’est une grande partie des #Infox & #FakeNews des autorités, de la police ou de la justice balancées sans aucune enquête par les rédactions des mainstream et d’extreme-droite. #Acrimed en parlait par là : https://www.acrimed.org/Medias-et-violences-policieres-aux-sources-du (et visiblement, on l’avait même pas #seenthissé !)

    Le « journalisme de préfecture » recouvre un ensemble de réflexes et de pratiques médiatiques qui conduisent à relayer, sans aucun recul, le discours « officiel » (celui des autorités, de la police ou de la justice) à propos d’opérations de « maintien de l’ordre ». Plusieurs éléments entrent en compte pour expliquer la prégnance de cette forme de journalisme dans le traitement des violences policières. Le premier concerne la proximité et la dépendance des journalistes vis-à-vis de leurs sources policières. Le second concerne une certaine conception du journalisme comme partie prenante du maintien de l’ordre social

  • Aider un proche au RSA peut lui faire perdre ses allocations - Journal L’Union
    http://www.lunion.fr/id57699/article/2019-04-12/aider-un-proche-au-rsa-peut-lui-faire-perdre-ses-allocations

    La raison ? Depuis 2016, les comptes des bénéficiaires du RSA sont scrutés à la loupe par les Départements, qui versent cette allocation mensuelle.

    Les allocataires ont l’obligation de déclarer tous leurs revenus. Une mesure très décriée. Le Défenseur des droits avait ouvert une enquête à ce sujet en 2017.

    « On parle de libéralités lorsque les sommes versées démontrent un caractère régulier. Il va de soi que nous regardons surtout les proportions des libéralités à l’égard de l’allocation. La jurisprudence considère que, oui, c’est de la fraude dans ce cas  », indique de son côté le département du Bas-Rhin à 20 Minutes.

    Des cas « ubuesques »
    Ce système produit des cas jugés « ubuesques » par les délégués du Défenseur des droits. Même quand il ne s’agit pas de dons familiaux.

    « Il y a par exemple une quadragénaire qui a prêté une somme d’argent et se retrouve avec un trop-perçu réclamé par la CAF parce qu’elle perçoit le remboursement de cette dette sur son compte. Ou un homme proche de la retraite, auto-entrepreneur et allocataire au RSA qui se fait rembourser des frais kilométriques. Des sommes considérées comme un revenu régulier par la CAF, qui lui réclame un trop-perçu de plusieurs milliers d’euros. Ces personnes se retrouvent dans une situation financière très délicate alors qu’elles sont déjà fragilisées. C’est une incitation à verser ces sommes en liquide  », regrette le délégué Jacques Dentz.

    « Si les sommes sont modiques, elles ne seront pas prises en compte », tempère le Département du Haut-Rhin qui indique que « les sorties du dispositif au seul motif des libéralités perçues par les parents sont quasi inexistantes », sans donner plus de précisions.

    Une position assumée

    Dans le Bas-Rhin, le Département assume sa position et indique, chiffres à la clef, que 330 000 euros ont été récupérés en 2018 pour cette raison, soit près d’un tiers du total des sommes récupérées au titre « d’indus  » pour l’année.

    Ce chiffre a quasiment doublé par rapport à 2017. « Pour perdre complètement le bénéfice du RSA, il doit être constaté une aide mensuelle familiale au montant du RSA, soit 559 euros au 1er avril 2019  », est-il précisé. Un allocataire averti en vaut deux.

    #RSA #CAF #contrôle #revenu

  • Silence, l’Iran coule - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/110419/silence-l-iran-coule?onglet=full

    Il n’en demeure pas moins que face au désastre, l’Iran apparaît bien seule sur la scène internationale. « Les pays étrangers et les organisations internationales ont prêté peu d’attention à la situation humanitaire », déplore Radio Farda, qui établit un parallèle avec le tremblement de terre d’une magnitude de 6,6 qui avait ravagé, le 26 décembre 2003, la vieille ville historique de Bam, dans la province de Kerman (Sud-Est). À cette époque, indique-t-elle, « les États-Unis étaient le fer de lance des pays qui s’étaient précipités pour envoyer de l’aide dans les régions dévastées, dont un hôpital de campagne et des chiens de sauvetage. Des douzaines d’autres gouvernements – une soixantaine – avaient suivi ». On n’en est plus là. Et Téhéran peut mesurer à l’occasion de ces dramatiques inondations sa grande solitude.

    #inondation #iran #terrorisme_économique #guerre_climatique

  • Un projet de licence universitaire financée par BNP Paribas fait débat
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/22/un-projet-de-licence-universitaire-financee-par-bnp-paribas-fait-debat_54269

    La dizaine d’élus représentant les enseignants, les personnels et les étudiants du conseil d’administration – qui réunit 30 membres – du regroupement universitaire PSL (comptant dans ses rangs l’université Paris-Dauphine, l’Ecole normale supérieure Paris, l’Observatoire de Paris…) s’est mobilisée, quand elle a découvert qu’une licence sur les questions de développement durable était sur les rails avec la grande banque française pour seul mécène. Le projet a néanmoins été adopté à une large majorité (19 pour, trois contre, sur le total des 22 votants), lors du conseil d’administration de PSL, jeudi 21 février, délocalisé au rectorat de Paris, à la suite d’une tentative de blocage d’étudiants, mobilisés sur cette question.

    ça fait envie, hein ?
    https://www.youtube.com/watch?v=cGrzjSuMq8k


    #enseignement_supérieur #formation #privatisation

    • Argent public, profits privés : BNP Paribas et la « School of Positive Impact »
      http://pssp-lab.org/Argent-public-profits-prives-BNP-Paribas-et-la-School-of-Positive-Impact.h

      Les premiers articles parus dans la presse ont largement mis en avant le financement par le seul groupe BNP Paribas : « Un projet de licence universitaire financée par BNP Paribas fait débat », « BNP Paribas se paye un cursus universitaire pour se reverdir », etc. Or, cette manière de présenter les choses tend à occulter le fait que les dépenses de mécénat effectuées par les entreprises sont défiscalisées à hauteur de 60 %, dans les limites de 0,5 % de leur chiffre d’affaire (soit un plafond confortable de 212 millions d’euros pour BNP Paribas, selon les résultats du groupe en 2018). Autrement dit, le coût réel de cette « School of Positive Impact » pour la banque serait de seulement 3,2 millions d’euros, le reste (4,8 millions d’euros) étant à la charge de l’État, sous la forme de perte de recettes budgétaires. BNP Paribas engage ainsi, de manière irrévocable, de l’argent public, sans que le ministère du Budget (sans même mentionner le Parlement !) puisse se prononcer sur le bon emploi de cet argent.

      Reste également à savoir pour qui l’impact sera positif. Cet argent, qui est dans sa composition davantage public que privé, bénéficierait à un regroupement d’universités et de grandes écoles déjà très bien dotées par rapport à d’autres établissements dans l’enseignement supérieur. De manière classique, mais contrairement aux idées reçues sur la #philanthropie et le #mécénat, les riches donnent d’abord... aux riches. C’est ce qu’illustre bien le cas des « #fondations_académiques », créées en 2007 par la loi relative aux libertés et responsabilités des universités : les fondations qui ont réussi à collecter le plus grand volume de dons sont celles de grandes écoles telles que HEC (160 millions d’euros collectés entre 2008 et 2017) ou l’École polytechnique (80 millions), loin devant celles des universités, accueillant pourtant un bien plus grand nombre d’étudiants (35 millions pour la fondation la mieux dotée des universités françaises – celle de l’Université de Strasbourg –, seulement 1,5 million pour celle de l’Université Paris-Sud) (2)... Bien loin de réduire les inégalités de dotation déjà criantes au sein de l’enseignement supérieur, les dons effectués par les entreprises et les riches particuliers les renforcent.

  • Concours PE : Chutes brutales dans les académies
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/04/08042019Article636903044060799321.aspx

    Ce n’était pas passé inaperçu : publiée habituellement en février ou début mars, la répartition des postes mis aux concours du premier degré avait du retard. Et le Snuipp Fsu avait réagi à ce retard. A la veille de l’épreuve écrite, le Journal officiel du 5 avril a enfin fait connaitre le volume et la répartition des postes. C’est une très mauvaise nouvelle pour les candidats : dans la plupart des académies la chute est sévère. C’est même la moitié des postes qui s’évaporent dans 6 académies. Des choix politiques qui vont peser aussi sur la rentrée 2020.

    [...] Depuis l’arrivée de JM Blanquer rue de Grenelle, ces chiffres n’ont fait que baisser. En 2017 on comptait 13 001 postes pour ces concours, 11 840 en 2018 et maintenant 10 785.

    #éducation

  • L’histoire de M., première personne #intersexe au monde à porter #plainte pour #mutilations

    Dès les premiers jours de sa vie, on lui injecte des #hormones. Entre 1980 et 1993, iel subit cinq #interventions_chirurgicales lourdes. M. devra suivre des traitements à vie et ne pourra pas avoir d’enfant.


    http://www.slate.fr/story/175530/histoire-m-premiere-personne-intersexe-plainte-mutilations
    #LGBT #LGBTIQ #genre #justice

    • Les mutilations sexuelles des femmes sont la plus part du temps désigné comme des pratiques d’autres cultures, on parle de l’excision pour le continent africain, parfois pour l’Asie, pas pour nos pratiques. Les épisiotomies à la chaine additionnées du « point du mari » sont comparable à l’infibulation. Les piercings gynécologiques, la labioplastie, le blanchiment des muqueuses... et autres pratiques « esthétiques » sont à destination du regard masculin hétéro #male_gaze
      Ca me fait pensé aussi aux premières visites des jeunes femmes chez les gynecos que j’avais vu être comparé à des rituels de préparations au sexe hétéro et donc au confort des penis qui sont dispensés de contraception et qui ne sont aucunement préparés de leur coté au sexe des femmes (cf l’obsession des gros penis et l’ignorance du clito dont tu parlait il y a quelques jours).

  • A Brasilia, le garde-à-vous s’invite dans des #écoles
    https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/A-Brasilia-garde-vous-sinvite-ecoles-2019-04-07-1201014011

    Le collège 03 de Sobradinho, en banlieue de Brasilia, est pourtant un établissement public. Mais il fait partie des quatre écoles de la capitale choisies par le tout nouveau gouverneur de Brasilia, en fonction depuis le 1er janvier, pour mener une expérience pilote d’« #école_militarisée ». Une vingtaine d’hommes de la #police #militaire – équivalent de notre gendarmerie – font désormais régner l’ordre et la sécurité dans les locaux.

    #Brésil #extrême_droite

  • Artificialisation des sols : en France, on bétonne même quand ce n’est pas nécessaire Marina Fabre - 8 Avril 2019 - Novethic
    https://www.novethic.fr/actualite/environnement/agriculture/isr-rse/l-artificialisation-des-sols-progresse-plus-vite-que-la-croissance-demograp

    L’artificialisation des terres progresse plus vite que la croissance démographie et économique. Autrement dit, en France, même quand il n’y a pas de besoin spécifique, les sols sont bétonnés. À ce rythme d’ici la fin du siècle, 18 % du territoire sera artificialisé, prévient l’Iddri. Une situation qui pose question quand à la souveraineté alimentaire de la France et sa capacité à résister au changement climatique. 


    L’artificialisation des sols consiste à convertir des terres agricoles, forestières ou naturelles pour l’urbanisation ou le développement d’infrastructures. ©CC0

    C’est un phénomène que les politiques publiques ont dû mal à endiguer malgré les promesses. En 2015, l’artificialisation de sols représentait 9,4 % du territoire métropolitain contre 8,3 % en 2006. "La France a perdu un quart de sa surface agricole sur les 50 dernières années", a ainsi rappelé Emmanuel Macron lors de sa visite au Salon de l’Agriculture. Aujourd’hui, c’est l’équivalent de la superficie d’un département moyen qui est bétonné tous les 7 à 10 ans.

    Or selon une nouvelle étude menée par l’Institut du développement durable et des relations internationales (#Iddri), « un nombre préoccupant de territoires connaissent une forte artificialisation malgré une faible croissance démographique et économique ». Autrement dit l’artificialisation progresse même quand elle n’est pas nécessaire. « En dix ans, la superficie des terres artificialisées a augmenté de 13 % alors que la croissance du produit intérieur brut est de 6 % et celle de la démographie de 5 % », détaille Alice Colsaet, doctorante à l’Iddri et autrice de l’étude.

    L’habitat et les zones d’activité responsables de l’artificialisation
    Plusieurs facteurs sont évoqués, notamment l’évolution de nos modes de vie. Les Français vivent de plus en plus seuls, les familles sont moins nombreuses et ont besoin de plus d’espace. Ils privilégient les maisons individuelles pourtant responsables d’un hectare sur deux artificialisé et achètent de plus en plus de maisons secondaires. Mais les collectivités sont également pointées du doigt.

    « Il y a une tendance à consommer de l’espace pour essayer de créer un dynamisme », décrypte Alice Colsaet, « certaines collectivités vont construire des zones d’activité même s’il n’y a pas de demande et qu’elles sont en concurrence avec la zone d’activité de la collectivité voisine. C’est une offre surabondante qui est déconnectée des besoins et qui créé des zones vides ». Il n’y a pas un responsable, c’est le cumul entre les nouveaux logements, les complexes commerciaux, les réseaux routiers… qui favorise cette artificialisation galopante. 

    Moins de terres agricoles, un enjeu de sécurité alimentaire
    Selon les estimations de l’Iddri, si la France continue à ce rythme, d’ici la fin du siècle, 18 % de son territoire sera artificialisé contre 9,7 % aujourd’hui. Cela paraît peu mais les conséquences pourraient être terribles. « D’abord cela signifierait une perte d’autonomie alimentaire dans l’Hexagone alors qu’il y a une croissance démographique », alerte Emmanuel Hyest, président des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (#Safer), « ensuite les terres agricoles participent à la lutte contre le changement climatique. Elles permettent de capter le carbone mais également l’eau qui recharge les nappes phréatiques ».

    Pour Emmanuel Hyest, pas de doute, il faut considérer les terres agricoles comme des surfaces intouchables, à l’instar des forêts. Emmanuel Macron, lui, vise l’objectif de zéro artificialisation nette. Cette ambition, introduite dans le Plan biodiversité de 2018, « suppose que toute nouvelle construction devrait être compensée par une déconstruction équivalente, par exemple dans des zones d’activités devenues vacantes ou des parkings surdimensionnés », rappelle l’Iddri. Reste à voir, dans le temps, les effets de cette nouvelle réforme. 

     #artificialisation #agriculture #écologie #sols #urbanisme #bétonnage #artificialisation_des_terres #terres_agricoles #bétonnage #changement_climatique

    • déconstruction équivalente ? ? ? ? ?
      Juste avant la construction d’une zone soit disant industrielle, de la chaux vive est mélangée à la terre, par chez moi.

      Question : Que reste il après la déconstruction ?
      La notion de déconstruction équivalente, c’est du pur macron.

    • La communication est une science toujours inexacte, et parfois mensongère. La majorité actuelle en fait la démonstration quotidienne. Car de la même façon que le président de la République dénonce officiellement les comptes anonymes utilisés sur les réseaux sociaux pour mieux s’en servir dans sa propagande (voir ici notre article), il ne cesse de propager des mensonges tout en prétendant combattre les « fake news ».

      C’est Emmanuel Macron lui-même qui s’est approprié cet anglicisme. Mais qu’on les nomme fake news, informations fallacieuses, « infox », fausses nouvelles, ou juste mensonges, l’intention est la même. Tromper en toute connaissance de cause.

      Il ne s’agit en effet pas ici de faire part de divergences d’analyse, de prétendre que le président ment quand il affirme que la suppression de l’impôt sur la fortune est une bonne chose pour l’économie française. Il est probable que le président croie en ce qu’il dit.

      Il ne s’agit pas non plus de s’attarder sur ses jugements à l’emporte-pièce, du type « Je traverse la rue et je vous trouve du travail ». Il est ici question de mensonges purs et durs. De faits sciemment déformés, omis ou transformés.

      Sibeth Ndiaye, la nouvelle porte-parole du gouvernement, anciennement chargée des relations presse à l’Élysée, doit se mordre les doigts d’avoir un jour dit la vérité à L’Express à propos des bobards de l’exécutif : « J’assume de mentir pour protéger le président. »

      Depuis, elle a nié avoir tenu ces propos. Mais ne dément-elle pas pour « protéger le président » ?

      Comme s’il voulait décrédibiliser par avance les informations à paraître, Emmanuel Macron assurait le 26 juillet 2018 à ses amis, aux prémices de l’affaire Benalla, que « nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité ». En réalité, c’est l’Élysée qui cherche à l’en détourner.

      Les fausses vidéos de l’affaire Benalla (Emmanuel Macron)

      Ismaël Emelien, en promotion pour la sortie de son livre écrit avec David Amiel, a eu les plus grandes difficultés à se défendre. Le 19 juillet 2018, au lendemain des révélations du journal Le Monde sur les agissements d’Alexandre Benalla, le conseiller spécial du chef de l’État avait orchestré la riposte en faisant diffuser par un compte anonyme sur les réseaux sociaux des vidéos censées dédouaner Benalla.

      Deux problèmes se posent. Tout d’abord, Ismaël Emelien a utilisé une vidéo issue des caméras de surveillance de la police, ce qui est illégal. Il prétend qu’il ne connaissait pas l’origine de ces vidéos. Qu’il n’a pas pensé à se renseigner.

      Mais l’Élysée a aussi fait circuler, avec la bénédiction de Sibeth Ndiaye qui a conseillé aux journalistes d’aller consulter ces vidéos, le film d’un homme très agité poursuivant un groupe d’hommes vêtus de noir, chaise à la main.

      Le problème, comme l’a raconté Le Monde, est qu’il ne s’agit pas du tout du jeune homme immobilisé par Alexandre Benalla place de la Contrescarpe. La vidéo a été tournée le soir, bien après l’intervention musclée d’Alexandre Benalla. Et selon une enquête publiée jeudi 4 avril par le site la-bas.org, l’homme à la chaise poursuivait en réalité des militants « antifas ».

      Mais Emmanuel Macron lui-même a endossé ce mensonge, alors que la comparaison des deux hommes sur ces vidéos ne tromperait pas un enfant familier du jeu des sept erreurs (chaussures de couleurs différentes, blouson sans fourrure…).

      Quelques jours plus tard, le 26 juillet, à la Maison de l’Amérique latine, outre le fait qu’il se plaint de cette « presse qui ne recherche plus la vérité », Emmanuel Macron lance : « Les images tournent en boucle d’une scène inadmissible et que je condamne. Je ne vois jamais la scène d’avant, la scène d’après. Quel est le contexte, qu’est-ce qui s’est passé ? S’agissait-il d’individus qui buvaient gentiment un café en terrasse ? Que s’est-il passé juste ensuite ? »

      Le chef de l’État fait ensuite clairement référence à cette vidéo tournée postérieurement. « J’ai cru comprendre qu’il y avait des images, poursuit-il. Où sont-elles ? Sont-elles montrées avec la même volonté de rechercher la vérité et d’apporter de manière équilibrée les faits ? Non. » Avant de conclure : « Je vois un pouvoir médiatique qui veut devenir un pouvoir judiciaire. »

      La réalité est tout autre. Des investigations journalistiques ont mis en lumière des faits avérés sur lesquels la justice enquête aujourd’hui.

      La perquisition à Mediapart sur les enregistrements Crase/Benalla (Nicole Belloubet)

      Après que nous avons diffusé les extraits d’une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, Mediapart a reçu, le vendredi 1er février, une demande de réquisition de ces extraits par les juges d’instruction de l’affaire du 1er Mai.

      Nous avons tout de suite fait savoir que nous ne nous opposions pas à cette réquisition judiciaire, de façon que des juges indépendants puissent authentifier les documents publiés et statuer, notamment, sur la violation du contrôle judiciaire.

      Cet accord a été renouvelé le lundi 4 février, à 9 heures.

      Pourtant, ce même lundi 4 février, peu après 11 heures, notre journal a fait l’objet d’une tentative de perquisition après l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris des chefs d’« atteinte à l’intimité de la vie privée » et de « détention illicite d’appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interception et de télécommunications ou de conversations ».

      Deux procureurs du parquet de Paris se sont présentés à notre journal et nous ont annoncé qu’ils venaient pour procéder à une perquisition, et non réquisitionner les enregistrements publiés.

      Vu que nous avions déjà donné notre accord pour la réquisition judiciaire, la tentative de perquisition n’avait qu’un seul objectif : identifier nos sources, et faire peur à tous ceux susceptibles de nous parler.

      Devant l’Assemblée nationale, et pour justifier cette tentative de perquisition, la ministre de la justice Nicole Belloubet a cependant déclaré le 5 février : « Mediapart a dans un premier temps refusé cette remise, mais comme la presse s’en est fait l’écho, depuis, les bandes sonores ont été remises à la justice, ce qui est une très bonne chose, je crois, pour que toute la vérité soit faite dans cette affaire. »

      En mélangeant sciemment les deux procédures, Nicole Belloubet a menti.

      Geneviève Legay, blessée à Nice par un policier (Emmanuel Macron)

      Lors de rassemblements à Nice, le 23 mars, Geneviève Legay, porte-parole d’Attac, est blessée lors d’un rassemblement de gilets jaunes.

      Le lundi 25 mars, le procureur de la République indique, lors d’une conférence de presse, que Geneviève Legay « n’a pas été touchée par des policiers. Il n’y a aucun contact direct entre un policier et cette dame ».

      Dans un entretien avec Nice Matin, publié le lundi 25 mars, le président de la République déclare à son tour, sans la moindre prudence, que « cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre ». Il ajoute quelques phrases qui ont profondément irrité Geneviève Legay : « Pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. […] Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci. »

      Or dès le 23 mars, comme nous l’avons révélé, un policier expliquait le jour même du rassemblement sur procès-verbal qu’au vu des premiers éléments de l’enquête, la victime, âgée de 73 ans, avait été heurtée par « un homme portant un bouclier ».

      Au cours de son audition, un autre policier, ayant participé à la charge, avait précisé : « Nous avons chargé, donc effectivement nous avons poussé les personnes devant nous. […] C’est après la charge en me retournant que j’ai constaté qu’une femme était à terre. »

      Le gouvernement et les chômeurs « trop » indemnisés (Édouard Philippe)

      Le premier ministre et la ministre du travail affirment qu’un chômeur sur cinq gagnerait plus au chômage que dans son travail précédent. Ce chiffre est en réalité totalement vicié et aboutit à un mensonge qui salit 600 000 personnes.

      Comment est-ce possible ? Le gouvernement compare deux périodes qui ne sont pas les mêmes. Avec une méthode de calcul différente, l’Unédic aboutit au chiffre de moins d’un salarié sur 25 se retrouvant dans la situation décrite par l’exécutif.

      Pour le sociologue spécialisé dans les politiques de l’emploi Mathieu Grégoire, il s’agit donc d’« un artefact statistique » et d’« une manipulation assez troublante des chiffres ».

      Selon le gouvernement, ce sont les salariés en contrats courts, généralement peu qualifiés et peu rémunérés, qui sont censés « trop » profiter de l’assurance-chômage. Et en dépit du calcul erroné, c’est sur eux que le gouvernement devrait faire porter l’essentiel des économies à venir.

      Le nombre d’ultras parmi les gilets jaunes (Emmanuel Macron)

      Le jeudi 31 janvier, Emmanuel Macron reçoit cinq journalistes pour une « discussion informelle » autour d’un café. Le président de la République se montre très offensif au moment de dénoncer les violences commises lors des manifestations des « gilets jaunes ». Selon lui, elles seraient l’œuvre « de 40 à 50 000 militants ultras qui veulent la destruction des institutions ». « Face aux violences orchestrées par les extrêmes », rapporte Paris-Match, le chef de l’État « met en garde contre la ‘‘fachosphère’’ et la ‘‘gauchosphère’’ qui ont surinvesti les réseaux sociaux ».

      Pourtant, dans les jours précédents, selon nos enquêtes, des notes des services de renseignement sont remontées à l’Élysée. Et elles disent précisément l’inverse de ce que prétend Macron.

      En effet, à ce moment-là, l’ultradroite se désengage « à Paris comme en province ». Selon la DGSI, « la scène d’ultradroite est quasi inexistante au sein des cortèges ». Même au plus fort de leur mobilisation les premières semaines du mouvement, les services ne comptaient que « quelques centaines d’individus » relevant de cette mouvance.

      À l’ultragauche, alors ? Pas plus. « L’ultragauche s’est impliquée de manière limitée dans un mouvement perçu comme populiste et réactionnaire », écrit-on à la DGSI. Des sources dans différents services de renseignement donnent un même chiffre de 300 militants « au grand maximum » d’ultras de droite et de gauche réunis au plus fort du mouvement, début décembre. En mars, ils n’étaient plus que quelques dizaines.

      Dans la même interview, le président de la République décrit le mouvement des gilets jaunes comme « une manipulation des extrêmes, avec le concours d’une puissance étrangère : la Russie de Poutine ». Or la DGSI et la DGSE n’auraient toujours pas trouvé la moindre trace d’ingérence russe. Et l’Élysée n’a jamais voulu nous faire part de ses sources sur le sujet.

      Le retour des djihadistes français (Emmanuel Macron)

      « Contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre, il n’y a pas un programme de retour des djihadistes qui est aujourd’hui conçu, nous restons sur la même doctrine », explique à l’occasion du « grand débat » Emmanuel Macron à des élus de la Région Grand Est. Selon lui, il n’y aurait donc jamais eu de programme de retour des djihadistes français. Pas question de donner l’impression de tergiverser.

      Selon nos informations, les services des ministères des affaires étrangères, de la défense, de l’intérieur et de la justice travaillaient pourtant bien depuis l’automne 2018 au retour des djihadistes détenus par les Kurdes de Syrie.

      Les conditions du programme de retour étaient tenues pour acquises par les principaux acteurs du dossier lorsque, dans la première quinzaine de février, le président de la République a changé d’avis.

      Qu’est-ce qui a fait changer Emmanuel Macron de position et l’a ainsi fait aller à l’encontre des préconisations de son administration ? L’Élysée n’a pas répondu à nos sollicitations.

      Le chlordécone ne serait pas cancérigène (Emmanuel Macron)

      « Il ne faut pas dire que ce pesticide est cancérigène. » En une phrase, le président de la République a soulevé l’indignation, en particulier des élus d’outre-mer qui lui faisaient face le vendredi 1er février, à l’Élysée, pour une rencontre dans le cadre du grand débat national.

      La discussion portait sur la dangerosité du chlordécone, un pesticide extrêmement toxique et perturbateur endocrinien, classé « cancérigène possible » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dès 1979 et utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies en Guadeloupe et en Martinique. Ce jour-là, pour le président, « il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs ».

      Presque tous les Guadeloupéens et les Martiniquais sont contaminés au chlordécone, selon une étude publiée par Santé publique France en 2018. Et les sols sont pollués pour quatre cents à sept cents ans.

      Estomaqués par les propos du président, l’urologue Pascal Blanchet et le chercheur à l’Inserm Luc Multigner ont répondu en rappelant, entre autres, que « l’exposition au chlordécone est associée à une augmentation de risque de survenue du cancer de la prostate ».

      Face à la polémique, l’Élysée a maladroitement tenté de faire machine arrière, plaidant le malentendu, sans convaincre personne.

      La mort de Jamal Khashoggi (Jean-Yves Le Drian)

      Dès le 6 octobre 2018, soit quatre jours après la disparition de Jamal Khashoggi, un notable saoudien exilé aux États-Unis et devenu chroniqueur au Washington Post, qui n’est jamais ressorti de son consulat à Istanbul où il venait chercher des papiers administratifs, les autorités turques commencent à laisser filtrer des informations auprès de la presse indiquant que le journaliste a été tué dans l’enceinte diplomatique.

      Les jours suivants, la police et le gouvernement turcs distillent de plus en plus de preuves des agissements d’une équipe de tueurs saoudiens composée de proches du prince hériter Mohammed ben Salamane, qui aurait interrogé, torturé, puis découpé en morceaux la victime.

      Le 11 octobre, Ankara laisse entendre qu’elle possède un enregistrement audio de ce qui s’est déroulé à l’intérieur du consulat, qui ne laisserait aucune doute sur la culpabilité des Saoudiens.

      Le 10 novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan affirme que l’enregistrement a été fourni aux États-Unis, au Royaume-Uni, à la France, à l’Allemagne et au Canada.

      Pourtant, Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères bien timide sur le dossier, nie le 12 novembre sur France 2 avoir eu connaissance de l’enregistrement. Et il ajoute : « Si le président turc a des informations à nous donner, il faut qu’il nous les donne », soulevant l’indignation des autorités turques.

      Après une longue enquête, Mediapart a obtenu la confirmation auprès de sept diplomates et fonctionnaires du renseignement français que le Quai d’Orsay, à son plus haut niveau, avait bien eu accès à ces enregistrements à la date où le ministre s’exprimait.

      L’hommage au maréchal Pétain (Florence Parly)

      À l’occasion des cent ans de l’Armistice, l’état-major des armées souhaitait organiser, « en présence du président de la République », un hommage aux huit maréchaux de la Grande Guerre, dont Philippe Pétain. Dans un premier temps, l’Élysée laisse passer cette option, qui se retrouve inscrite dans le programme officiel des célébrations.

      Mais face à l’ampleur de la polémique, l’hommage est finalement retiré in extremis. Ce qui n’empêche pas la ministre des armées Florence Parly de jurer au micro de BFM-TV que « l’État-major n’a jamais imaginé rendre hommage au maréchal Pétain », mais qu’il souhaitait uniquement « rendre hommage aux maréchaux qui sont aux Invalides ».

      Cette cérémonie était pourtant bel et bien prévue, comme l’a d’ailleurs confirmé l’Élysée à Mediapart. Et il n’y a pas de place pour le doute. Chaque étape de cette « itinérance mémorielle » avait été minutieusement préparée : les dossiers de presse sur le site de la Mission du centenaire et sur celui du ministère de l’éducation nationale ne faisaient pas mystère de la présence du président de la République.

      Pataugeant dans ses dénégations, Emmanuel Macron aura au passage jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain, soulignant que le dirigeant du régime de Vichy avait été « pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat », même s’il a « conduit des choix funestes » pendant la Seconde. Des déclarations qui ont fait bondir la plupart des historiens.

      Un paparazzi placé en garde à vue pour rien (l’Élysée)

      Le Palais n’a pas attendu les derniers mois pour diffuser des craques. Dès septembre 2017, l’Élysée fait fuiter dans Challenges une information censée montrer à quel point Emmanuel Macron est un président magnanime. « EXCLUSIF. Emmanuel Macron vient de décider d’abandonner ses poursuites judiciaires qu’il avait engagé [sic] contre un paparazzi. »

      La réalité est autre. Selon des informations obtenues à l’époque par Mediapart, s’il est mis un terme à cette affaire très médiatisée, c’est en fait parce que le parquet de Marseille a classé sans suite l’enquête préliminaire ouverte en août pour « harcèlement » et « atteinte à la vie privée ». La plainte de l’Élysée ne tenait pas la route : le photographe mis en cause, Thibaut Daliphard, n’avait commis aucun des délits que l’Élysée lui reprochait.

      Ce photographe avait été contrôlé une première fois par un officier de sécurité devant la résidence privée de Marseille où les époux Macron passaient quelques jours de vacances au mois d’août, et s’était vu répondre qu’il n’y aurait pas de possibilité de prendre des clichés ce jour-là.

      Le lendemain, l’Élysée venant de confirmer que le couple présidentiel y passait ses vacances, le photographe s’était présenté à nouveau devant la résidence pour aller aux nouvelles, sans appareil photo.

      Selon Thibaut Daliphard, il s’était alors heurté à un homme qu’il avait pris pour un policier et qui lui avait déclaré : « Je n’aime pas votre métier », « Ce que vous faites, c’est du harcèlement », puis « Je vais vous placer en garde à vue, je vais vous faire coffrer pour 48 heures ».

      Selon Thibaut Daliphard, alors qu’il attend les forces de l’ordre, son téléphone sonne. « Je décroche le téléphone, il me saute dessus, essaie de me l’arracher, je me débats, puis il me dit : vous êtes en garde à vue, vous n’avez pas le droit de téléphoner. » Puis arrivé au commissariat du VIIIe arrondissement de Marseille, le commissaire présent sur place lui aurait confié : « Je suis désolé, on me demande de vous placer en garde à vue. »

      Thibaut Daliphard restera six heures en cellule. Le matériel, la carte-mémoire et l’ordinateur de ce journaliste sont fouillés.

      Ce n’est qu’un an plus tard, à l’été 2018, que Thibaut Daliphard découvrira que l’homme qui l’a violenté n’était pas un policier. Mais Alexandre Benalla.

  • Éducation. La #répression des #professeurs est déjà en marche | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/education-la-repression-des-professeurs-est-deja-en-marche-670419

    Il faut dire que les profs visés ne sont pas n’importe qui dans le collège. Unanimement décrits comme des « piliers » de l’établissement, trois d’entre eux y sont présents depuis dix-huit, vingt-deux et même vingt-sept ans. Un choix qui témoigne d’un engagement professionnel indiscutable, dans un collège d’un quartier populaire de Bobigny qui est classé REP + (enseignement prioritaire), qui comprend une section Segpa (enseignement adapté), un dispositif Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire)… Un de ces collèges où l’un des principaux problèmes tient justement au manque d’expérience et à la difficulté de stabiliser les équipes. Mélanie (1), une mère d’élève, témoigne de leur rôle : « Je suis effondrée, nous dit-elle. Ce sont des enseignants aguerris, qui accueillent et épaulent les novices. Si on les fait partir, je crains pour le fonctionnement même du collège. »

    • (puisque #paywall) :

      Jean-Michel Blanquer a-t-il, comme Janus, deux visages ? Celui, lisse et bonhomme, qu’il a montré tous ces derniers jours pour expliquer notamment que l’article 1 de sa loi n’a pas pour but de faire taire, au prix de la liberté d’expression, toute velléité de contestation. Et celui, raide et coupant, qu’il arbore dans les arcanes de la rue de Grenelle, où il multiplie les tentatives d’intimidation à l’encontre de celles et ceux qui tentent de contester sa politique et les effets qu’elle produit.

      Au collège République de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, on ne connaît que ce deuxième visage. Le 27 mars, quatre professeurs ont reçu des courriers officiels. Deux d’entre eux y ont appris qu’une procédure disciplinaire était engagée à leur encontre ; les deux autres, qu’ils feraient l’objet d’une « mutation dans l’intérêt du service ». Une mesure « qui n’est pas considérée comme une sanction », ainsi qu’on nous l’a précisé au rectorat de Créteil… mais qui est peut-être encore plus brutale, puisque décidée à la discrétion de la hiérarchie, sans passage devant une commission disciplinaire.

      Dès vendredi 29 mars, puis le lundi suivant, avec le soutien de l’intersyndicale (CGT Educ’Action, FO, Snes, Snep et SUD éducation), un certain nombre d’enseignants du collège se sont mis en grève pour soutenir leurs collègues. Un comité de soutien s’est mis en place, qui demande l’arrêt des procédures. Il est également actif sur les réseaux sociaux (« Répression collège République » sur Facebook et Twitter) et a d’ores et déjà lancé une cagnotte, pour couvrir d’éventuelles dépenses de justice.

      Il faut dire que les profs visés ne sont pas n’importe qui dans le collège. Unanimement décrits comme des « piliers » de l’établissement, trois d’entre eux y sont présents depuis dix-huit, vingt-deux et même vingt-sept ans. Un choix qui témoigne d’un engagement professionnel indiscutable, dans un collège d’un quartier populaire de Bobigny qui est classé REP + (enseignement prioritaire), qui comprend une section Segpa (enseignement adapté), un dispositif Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire)… Un de ces collèges où l’un des principaux problèmes tient justement au manque d’expérience et à la difficulté de stabiliser les équipes. Mélanie (1), une mère d’élève, témoigne de leur rôle : « Je suis effondrée, nous dit-elle. Ce sont des enseignants aguerris, qui accueillent et épaulent les novices. Si on les fait partir, je crains pour le fonctionnement même du collège. »

      Vice-président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, siégeant depuis quinze ans au conseil d’administration du collège, Abdel Sadi connaît bien les professeurs visés. Il s’est lui aussi ému de la situation, au point d’écrire mercredi au recteur, Daniel Auverlot. Ces enseignants « développent de nombreux projets de qualité pour leurs élèves », écrit-il, et « ont toujours été très bien notés durant leurs carrières ». Puis l’élu pose la question qui fâche : « Je ne peux donc m’empêcher de penser que ces professeurs, tous syndiqués (…), sont sanctionnés aujourd’hui en raison de leurs activités syndicales et pour avoir, au fil des ans, manifesté avec énergie pour la défense de leurs conditions de travail et contre les inégalités territoriales subies dans nos collèges de Seine-Saint-Denis. »

      C’est que, outre leur engagement professionnel, ces profs sont aussi des militants syndicaux, dont trois à SUD éducation, syndicat très actif dans ce collège. L’un d’eux a même été tête de liste académique et nationale lors d’élections professionnelles. Notons aussi que Jean-Michel Blanquer, recteur de l’académie de 2007 à 2009, connaît bien le collège République… et ses professeurs. Mais évidemment, au rectorat, on nie toute intention de discrimination syndicale. « Nous ne nous sommes pas dit que nous allions viser explicitement SUD éducation ! » ose la responsable des relations presse. Elle préfère évoquer les « relations extrêmement tendues » dans l’établissement, des « cas d’intimidation entre collègues », voire – sans plus de précisions – des « conduites inappropriées envers des élèves », et au final la nécessité de « garantir une atmosphère sereine » dans le collège.

      Sabine, l’une des profs visés, bondit : « On a une expérience, on connaît les textes… on s’en prend à nous parce que nous ne sommes pas impressionnables. » Elle comme ses collègues peuvent fournir une liste longue comme le bras de leurs interventions : refus d’affichage des listes électorales, extincteurs absents ou défectueux, élèves qui se voient attribuer une AVS (assistante de vie scolaire) individuelle par la maison départementale du handicap et doivent finalement se partager une seule AVS à plusieurs, absence de consultation du conseil d’administration sur des suppressions de postes… « Nous avons un principal qui communique exclusivement par mail », témoigne Damien Green, un prof d’anglais syndiqué, lui, au Snes et qui soutient ses collègues. Sabine reconnaît d’ailleurs les tensions qui existent au sein de l’établissement, mais les attribue d’abord « au contexte de manque de moyens : avec de moins en moins d’heures pour nos projets, cela crée de la concurrence entre collègues. Et face à cela, il y a ceux qui acceptent la situation, et ceux qui refusent… ».

      Eux refusent. Et se battent. Ils ne sauront que les 9 et 12 avril, dates auxquelles ils auront le droit de prendre connaissance de leurs dossiers, ce qui leur est reproché exactement. À partir de là, ils pourront se défendre, avec tous ceux qui les soutiennent.

      Olivier Chartrain

      (1) Le prénom a été changé à sa demande.

      #répression_syndicale #liberté_d'opinion #école_de_la_confiance (mon cul)

  • À Saint-Nazaire, l’Assemblée des assemblées veut sortir du capitalisme | Hervé Kempf
    https://reporterre.net/A-Saint-Nazaire-l-Assemblee-des-assemblees-veut-sortir-du-capitalisme

    L’Assemblée des assemblées des Gilets jaunes s’est réunie à Saint-Nazaire du 5 au 7 avril 2019. Réunissant près de 800 délégués venus de toute la France, elle a marqué la détermination du mouvement, sa radicalité, et sa volonté d’organiser les Gilets jaunes démocratiquement et sans leader. Source : Reporterre

  • A Mysterious Infection, Spanning the Globe in a Climate of Secrecy - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/04/06/health/drug-resistant-candida-auris.html

    Un effet méconnu de l’utilisation des #pesticides (qui s’additionne à l’utilisation intempestive des #antibiotiques) : le développement de #mycoses résistantes aux antimycosiques chez l’être humain.

    Antibiotics and antifungals are both essential to combat infections in people, but antibiotics are also used widely to prevent disease in farm animals, and antifungals are also applied to prevent agricultural plants from rotting. Some scientists cite evidence that rampant use of fungicides on crops is contributing to the surge in drug-resistant fungi infecting humans.

    #agriculture #élevage_industriel #candida #santé

  • Livreurs pour Amazon : « Ici, si tu te plains, t’es viré »
    https://www.liberation.fr/france/2019/04/07/livreurs-pour-amazon-ici-si-tu-te-plains-t-es-vire_1719985

    Après avoir été licencié de Star Service, une entreprise sous-traitante du géant américain, Jean-François a décidé de poursuivre en justice son ancien employeur. Avec une dizaine d’autres collègues, il dénonce des conditions de travail délétères. A peine reçu le courrier recommandé lui notifiant son licenciement pour faute grave, que Jean-François M.T. s’interroge à haute voix : « Comment ai-je fait pour tenir aussi longtemps ? » Ce quadragénaire d’origine congolaise devenu chauffeur-livreur sur le tard a (...)

    #Carrefour #Monoprix #Amazon #Amazon's_Prime #bénéfices #travail #StarService

  • Tout est dit là :

    Comme un délinquant ordinaire, le policier va nier et mentir. Le préfet peut-être aussi. À leur suite, le ministre de l’intérieur va contester un tir de lanceur de balle de défense. Le président de la République va nier la violence d’une charge policière. Après de nombreuses victimes de tirs policiers ces quinze dernières années, les « gilets jaunes » blessés constatent chaque semaine le poids de l’impunité des forces de l’ordre responsables de mutilations, et autres blessures graves, infligées par des lanceurs de balles de défense ou des grenades, ces armes dites « sub-létales ».

    Les victimes des tirs policiers face à l’impunité - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/060419/les-victimes-des-tirs-policiers-face-l-impunite?onglet=full

    #impunité