• Selon une étude, 50 % des offres de Pôle #Emploi_sont illégales voire inexistantes
    https://www.bastamag.net/Selon-une-etude-50-des-offres-de-Pole-emploi-sont-illegales-voire-inexista

    Le Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires (CNTPEP-CGT) vient de publier les résultats d’une étude réalisée les 30 et 31 août 2018, portant sur les offres disponibles sur le site internet de Pôle emploi. Résultat : sur les 1708 offres étudiées, 50% contenaient, selon cette étude, des mentions illégales . « Cela signifie que ces annonces contreviennent au code du travail, mais aussi au référentiel interne de Pôle emploi qui reprend cette réglementation en y ajoutant quelques précisions (...)

    En bref

    / #Syndicalisme, Emploi , #Services_publics

    • J’ai déjà signalé à Pôle les offres d’emploi que je reçois dans ma boîte : emplois de factotums pour du secrétariat (je suis secrétaire... de rédaction) ou du recouvrement de dettes (ouf !), rémunérations trop basses (temps très partiel) ou très élevées (je n’ai pas cherché quelle escroquerie ça pouvait être), parfois exprimées à la semaine (comme jadis), pour des particuliers, des hommes qui n’ont pas même une adresse postale (c’est embêtant, je n’ai aucun indice sur le lieu de travail !).

      Visiblement, n’importe qui a accès à mon CV, probablement qu’un numéro de Siret n’est pas requis pour le consulter parce que ces employeurs sont chelous (« #secteur_informel », on va dire, pour les plus réglos). J’ai donc décidé de le dépublier. Depuis, je suis tranquille, je n’ai plus à envoyer d’insultes à des sales mecs qui me dérangent en me faisant miroiter un boulot de merde.

    • Moi je les ai signalés à mon conseiller, les emplois de recouvreur de dettes, alors il a dû me répondre, par politesse. Mais bah...

      @monolecte, tous les sites qui prévoient d’avoir des visites se font aider pour examiner a posteriori les publis... Mais pas Pôle, alors qu’ils n’ont aucune modération a priori ?

      Aujourd’hui, la moitié des 600 000 annonces publiées chaque année le sont par l’un des 123 partenaires de l’institution. Contrairement aux offres issues de Pôle emploi, elles ne sont pas validées par un agent avant d’être diffusées.

    • Je me suis inscris à une réunion d’information et de présentation d’une formation d’accompagnement vers l’emploi, sur les conseils de madame DuDu ma conseillère pôle-emploi.
      Une formation pour seniors qui doit durer 4 mois quand même avec une période d’immersion en entreprise (ça sent la noyade) rémunéré que dalle sinon avec les allocs des chômedu·e·s
      Je vais quand même y aller à cette réunion et plutôt 2 fois qu’une sinon je suis radié et histoire de montrer un peu d’enthousiasme. ça sent le piège à cons et la coercition déguisé. J’ai pas fini de trimer en intérim, plutôt que de marner pour un taulier je me fais torpiller par deux exploiteur. C’est vous dire si je suis volontaire.


      #ça_sent_le_sapin #madame_DuDu


  • Contaminations : « Les zones mortes, prélude d’une planète sans vie »

    https://www.lemonde.fr/contaminations/article/2018/09/01/contaminations-les-zones-mortes-prelude-d-une-planete-sans-vie_5348955_53475

    Les dégâts environnementaux infligés par l’homme sont irréversibles, alertent Gerald Markowitz et David Rosner, deux historiens des sciences américains, dans une tribune au « Monde ».

    Par Gerald Markowitz (historien des sciences) et David Rosner (historien des sciences)

    [Dans le cadre de notre opération « Contaminations », nous avons sollicité deux historiens des sciences, Gerald Markowitz (John Jay College of Criminal Justice) et David Rosner (université Columbia à New York) qui ont consacré toute leur carrière à l’étude des pollutions industrielles, notamment le plomb et les polychlorobiphényles. En janvier, les deux Américains ont mis en ligne des milliers de documents internes de firmes (« Toxic Docs ») qui dévoilent les stratégies des industriels pour dissimuler ces crimes environnementaux. Ils lancent une mise en garde sur les conséquences tragiques de notre usage de la planète.]

    La planète est un endroit remarquablement résilient. Au fil des siècles, l’homme en a détruit les forêts naturelles, brûlé les sols et pollué les eaux pour finalement constater que, dans l’ensemble, la planète s’en remettait. Longtemps, les villes se débarrassaient de leurs déchets dans les rivières, tandis que les premières usines construites le long de leurs rives disposaient de ces cours d’eau comme de leurs propres égouts ; autrefois sans vie, ces rivières peuvent retrouver une vie foisonnante pour peu qu’on leur en laisse le temps.

    Ceux d’entre nous qui ont atteint un certain âge et ont grandi à New York se souviennent sans doute des bancs de poissons morts qui venaient s’échouer sur les rives de notre fleuve Hudson, zone morte il y a peu encore, et aujourd’hui si belle. Les forêts, rasées pour laisser place à des champs, reviendront vite une fois l’homme parti. Il suffit de se promener dans les bois verdoyants de la Nouvelle-Angleterre et d’imaginer, comme le poète Robert Frost, être les premiers à s’émerveiller de leur beauté pour tomber aussitôt sur des ruines des murets de pierre qui clôturaient autrefois les pâturages.

    UNE NOUVELLE RÉALITÉ ÉBRANLE LES FONDEMENTS DE NOTRE DROIT DE POLLUER À VOLONTÉ EN CROYANT QUE LA NATURE FINIRA PAR TRIOMPHER

    C’est alors seulement que nous en prenons conscience : ces arbres sont encore jeunes, et, il n’y a pas si longtemps, l’homme dénudait ces terres pour y développer pâturages et cultures. Nous nous sommes consolés en pensant que l’on pouvait gommer les atteintes que nous infligeons à l’environnement et que la nature pouvait guérir, à condition de la laisser en paix et de mettre fin à nos comportements destructeurs.

    Mais une nouvelle réalité ébranle les fondements de notre droit de polluer à volonté en croyant que la nature finira par triompher. Et de plus en plus, cette réalité met au défi ce réconfort sur lequel nous nous étions reposés. Au cours du XXe siècle, nous avons non seulement modifié la surface de la Terre pour satisfaire notre dessein, mais nous l’avons fait de manière irréversible, au point qu’elle pourrait menacer notre existence même. Nous avons créé des environnements toxiques en faisant usage de technologies inédites et de matériaux de synthèse que la planète n’avait jamais connus.

    Au début du XXe siècle, des usines gigantesques employant des dizaines de milliers d’ouvriers ont remplacé la fabrication à domicile et les artisans qualifiés pour devenir les lieux de production de nos vêtements, de nos chaussures et d’une myriade d’objets de consommation. La quasi-totalité des objets de notre quotidien provient de ces usines, depuis les plaques de plâtre jusqu’aux revêtements de toit et de sol en passant par nos ordinateurs ou nos environnements de travail. Dans notre cadre de vie, il n’y a rien, ou presque, qui ne sorte pas d’une usine.

    Nous savons depuis longtemps que nombre de ces matériaux sont toxiques et peuvent détruire des vies. Si la nature peut se régénérer, certaines de ces substances toxiques tuent des travailleurs qui, eux, ne peuvent pas reprendre leurs vies : dans l’industrie, les ouvriers sont frappés depuis plus de deux siècles par ce fléau qu’est l’empoisonnement au plomb contenu dans les pigments des peintures ; on sait depuis le début du XXe siècle que le mercure tue les travailleurs ; et la poussière de charbon est identifiée comme cause de cancer du scrotum depuis l’époque de William Blake [artiste britannique de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle].

    AUJOURD’HUI NOUS SOMMES PEUT-ÊTRE CONFRONTÉS AU SACRIFICE DE L’ENSEMBLE DE LA POPULATION

    Mais les matériaux que nous fabriquons en usine n’ont plus rien à voir avec les produits naturels dont ils sont dérivés. Ils sont à l’origine de maladies nouvelles et de dangers auparavant inconnus. Ce sont les ouvriers qui, pour l’essentiel, ont payé le prix de la découverte de ces maladies : angiosarcome du foie causé par l’exposition au chlorure de vinyle monomère, élément constitutif des plastiques PVC ; mésothéliome causé par l’inhalation de poussière d’amiante ; leucémies causées par l’exposition au benzène et à d’autres hydrocarbures aromatiques.

    Nous avons toujours sacrifié les travailleurs, victimes d’accidents industriels et de produits chimiques toxiques, mais aujourd’hui nous sommes peut-être confrontés au sacrifice de l’ensemble de la population. Plastiques et produits chimiques : des produits de synthèse que ni l’être humain ni la planète n’avaient côtoyés avant le XXe siècle sont maintenant déversés en permanence sur nos sols, dans les océans et dans l’air. Ces polluants provoquent des maladies, anéantissent les espèces et mettent l’environnement en danger.

    A Anniston, plus de 50 ans maisons et deux églises ont été rasées. Tout le monde est parti. Ici, on peut relever des taux de PCB 140 fois supérieurs aux limites tolérées .
    Dans les années 1980, les scientifiques ont identifié les impacts environnementaux majeurs de cette cupidité : pluies acides menaçant nos forêts, trous de la couche d’ozone laissant les rayonnements dangereux atteindre la surface de la Terre. Nous avons permis aux industriels de faire usage de notre monde comme de leur décharge privée et la source de leurs profits au point de menacer l’existence même de la vie telle que nous la connaissons. Des espèces disparaissent à un rythme inédit ; les températures moyennes augmentent sur toute la planète, entraînant guerres, famines et migrations de masse.

    NOUS SOMMES EN TRAIN D’ENGENDRER UN MONDE DYSTOPIQUE OÙ SEULS LES PUISSANTS ET LES RICHES SERONT EN MESURE DE SURVIVRE, CLOÎTRÉS DERRIÈRE LES MURS DE LEURS ENCLAVES PRIVILÉGIÉES

    Nous avons accepté que les ouvriers et le reste de la population soient les principales victimes de cette cupidité, mais nous risquons désormais d’accepter que des régions entières deviennent inhabitables. Tchernobyl (Ukraine) et Fukushima (Japon) sont sans doute les cas les plus connus. Mais le péril, en Europe et aux Etats-Unis, n’est plus un secret : Anniston (Alabama), Dzerjinsk (Russie), les océans et d’autres endroits à travers le monde sont pratiquement devenus des zones mortes où les produits industriels ont endommagé l’environnement de manière irrémédiable.

    Alors que nous observons les effets du réchauffement climatique submerger les nations, de nouvelles questions, d’ordre plus existentiel, surgissent aujourd’hui. Nous produisons des matériaux « contre nature » pour l’être humain et la planète ; leurs conséquences sont irréversibles et rendent la vie impossible pour des millions de personnes. Nous sommes en train d’engendrer un monde dystopique où seuls les puissants et les riches seront en mesure de survivre, cloîtrés derrière les murs de leurs enclaves privilégiées. La planète est certes résiliente : elle continuera de tourner sur son axe et d’accueillir la vie. Mais que cette vie prenne la forme d’êtres humains, rien n’est moins sûr.


  • La grève des prisonniers aux États-Unis
    http://www.laviedesidees.fr/La-greve-des-prisonniers-aux-Etats-Unis.html

    Depuis le 21 août dernier, les détenus des États-Unis sont appelés à la grève par plusieurs de leurs organisations. Une telle mobilisation n’est pas inédite ; une mise en perspective socio-historique illustre les contradictions du système carcéral et de l’action collective.

    #Essais

    / #syndicalisme, #prison


  • Dossier : politiques racistes, antiracisme politique – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/dossier-racisme

    Le racisme n’est pas un simple préjugé mais un ensemble de pratiques et de représentations qui, se déployant en particulier dans le cadre de l’État et du marché du travail, conduisent à la stigmatisation et à l’infériorisation de groupes en raison de caractéristiques généralement imaginaires, toujours essentialisées. Le racisme n’a ainsi nullement besoin d’une conception biologique de la race (comme dans le cas de l’antisémitisme nazi) ; il peut parfaitement, et c’est même le cas le plus fréquent, se fonder sur des propriétés culturelles – religion, langue, coutumes, etc. – que l’on prête à des groupes et à partir desquelles ces derniers vont être altérisés, discriminés et marginalisés, voire considérés comme de potentiels traîtres à la nation et donc menacés d’expulsion ou d’extermination. Il se présente donc à la fois comme système d’inégalités et comme idéologie justifiant ce sytème.

    Le racisme n’est pas non plus un archaïsme, une survivance d’un autre temps avec lequel nous en aurions fini mais qui perdurerait d’une manière incompréhensible. S’il est bien le produit d’un héritage ancien – l’islamophobie est ainsi ancrée dans toute l’histoire de l’impérialisme français, colonial puis néocolonial -, cet héritage s’actualise en chaque moment à travers des politiques, des dispositifs, des discours qui façonnent une discrimination systémique. On ne saurait donc combattre le racisme par la seule mise en œuvre d’une éducation antiraciste, d’une pédagogie égalitaire aussi habile soit-elle, mais par une lutte politique visant à démanteler les structures de l’inégalité raciale, à décoloniser l’État et les esprits, une lutte pour l’égalité et la dignité, une lutte qui n’oublie rien d’un passé qui ne passe pas, qui ne pardonne rien des crimes et des injustices, mais qui cible le racisme tel qu’il fonctionne au présent, y compris dans ses ruses visant à le présenter sous des formes respectables.

    Ce dossier vise à défendre un tel antiracisme politique et à fournir quelques armes dans un combat qui doit enfin devenir central pour la gauche radicale, particulièrement française. Celle-ci ne l’a jamais pris suffisamment au sérieux, a bien souvent justifié le colonialisme voire contribué à sa perpétuation, n’a pas saisi la potentialité génocidaire du racisme (qu’il s’agisse de l’antisémitisme ou du racisme colonial), plus récemment n’a pas compris les mutations du racisme et l’émergence de l’islamophobie comme figure centrale du racisme contemporain et, là encore, a même joué un rôle important dans sa diffusion. Il n’y aura pas de paix sans justice, mais également pas d’unité dans la lutte pour l’émancipation sociale et politique, donc pas d’émancipation du tout, sans un combat obstiné contre l’oppression raciste.


  • Aux États-Unis, la révolte des enseignants et des élèves face à une école publique laissée à l’abandon
    https://www.bastamag.net/Aux-Etats-Unis-la-revolte-des-enseignants

    Ils se sont rebellés contre « le choix de réduire les impôts des riches au lieu d’investir dans l’éducation publique ». Confrontés à l’abandon des pouvoirs publics, des milliers d’enseignants se sont mis en grève ces derniers mois dans plusieurs villes et États des États-Unis. Leurs actions ont été menées avec le soutien de l’opinion, des élèves et des parents. Et ils commencent à obtenir gain de cause, notamment en matière d’augmentation de salaire. Ce mouvement de base, qui surprend même les syndicats, (...)

    #Résister

    / A la une, #Luttes_sociales, #Syndicalisme, #Amériques, #Conditions_de_travail, #Education



  • L’#Écosse, premier pays à distribuer gratuitement des #protections_hygiéniques
    https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/08/30/l-ecosse-premier-pays-a-distribuer-gratuitement-des-protections-hygieniques_

    Le gouvernement écossais a annoncé la mise en place d’un programme destiné à fournir gratuitement des protections périodiques aux 395 000 élèves et étudiantes du pays. Une première mondiale, qui coûtera 6,4 millions d’euros.

    « Dans un pays aussi riche que l’Écosse, il est inacceptable que des personnes soient obligées de lutter pour s’acheter des produits sanitaires de base, a déclaré le 24 août Aileen Campbell, membre du Parlement. Je suis fière que l’Ecosse prenne la tête du mouvement contre la #pauvreté liée aux règles et je salue le soutien des autorités locales, des #écoles et des #universités. »

    #femmes #fille


  • Dans les paradis fiscaux, « l’ampleur des flux financiers liés à la destruction environnementale est effarante » - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/08/22/dans-les-paradis-fiscaux-l-ampleur-des-flux-financiers-lies-a-la-destruct

    Dans quelle mesure les paradis fiscaux participent-ils à la destruction d’espaces naturels ? Plusieurs chercheurs du Centre sur la résilience de Stockholm, de l’Académie royale des sciences de Suède et de l’université d’Amsterdam, sous la direction de Victor Galaz, ont creusé le sujet pendant trois ans. Leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue Nature Ecology and Evolution. Le biologiste français Jean-Baptiste Jouffray est un des coauteurs de l’étude.

    Comment les paradis fiscaux sont-ils liés aux activités destructrices pour l’environnement ?
    Nous nous sommes concentrés sur deux cas emblématiques que sont la déforestation de l’Amazonie brésilienne et la pêche illégale. En moyenne, 68 % des capitaux étrangers étudiés, qui ont été investis entre 2001 et 2011 dans des secteurs liés à la déforestation de l’Amazonie, industrie du soja et du bœuf, ont été transférés par le biais de paradis fiscaux. En ce qui concerne la pêche, 70 % des navires reconnus comme ayant été impliqués dans la pêche illicite, non déclarée et non réglementée sont, ou ont été, enregistrés dans des paradis fiscaux. En revanche, notre étude n’a pas réussi à établir de preuves directes de causalité entre une entreprise utilisant des paradis fiscaux et un cas précis de dégradation environnementale. Cela, à cause de l’opacité maintenue par les autorités ces lieux sur les montants, l’origine et la destination des flux financiers qu’ils gèrent.

    Avez-vous été étonné par les résultats de vos recherches ?
    Rien que dans ces deux cas, l’ampleur des flux financiers liés à la destruction environnementale est effarante. Elle prouve qu’il est nécessaire d’ajouter la dimension environnementale au débat sur les paradis fiscaux.

    • CR de la même étude par Le Monde (derrière #paywall)

      Une étude montre les liens entre paradis fiscaux et dégradation environnementale
      https://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/08/13/une-etude-montre-les-liens-entre-paradis-fiscaux-et-degradation-environnemen

      Les « Panama Papers » et autres « Paradise Papers » – ces fuites de documents confidentiels qui, passés au crible par le Consortium international des journalistes d’investigation, ont, en 2016 et 2017, braqué les projecteurs sur le système tentaculaire des sociétés offshore et des paradis fiscaux – ont surtout été analysés sous l’angle économique, politique ou social. Mais leurs possibles implications environnementales sont restées dans l’ombre. C’est sur ce volet qu’une étude, publiée lundi 13 août dans la revue Nature Ecology & Evolution, apporte un éclairage inédit.

      Ce travail a été mené par des chercheurs de l’université de Stockholm (Suède), de l’Académie royale des sciences de Suède et de l’université d’Amsterdam (Pays-Bas), sous la direction de Victor Galaz, directeur adjoint du Stockholm Resilience Centre. Ils se sont intéressés à des activités économiques prédatrices de ressources naturelles. D’une part, la pêche industrielle qui, à l’échelle mondiale, épuise les stocks de poissons - dont ils ont ciblé le volet illégal -. D’autre part, les filières du soja et de la viande de bœuf qui, au Brésil, contribuent massivement à la déforestation de l’Amazonie.

      En consultant les données les plus récentes, datant de septembre 2017, de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), ainsi que les registres d’organismes régionaux, ils ont établi que sur 209 navires impliqués dans des activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (« illegal, unreported and unregulated fishing »), 70 % étaient enregistrés, ou l’avaient été, dans un pays répertorié comme un paradis fiscal. En tête de liste arrivent le Belize et la République du Panama, suivis de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Costa Rica, des Seychelles et de la Dominique.

    • L’étude, dont seul le résumé est accessible
      Tax havens and global environmental degradation | Nature Ecology & Evolution
      https://www.nature.com/articles/s41559-018-0497-3


      Fig. 1 Fishing vessels and tax havens

      Abstract
      The release of classified documents in the past years have offered a rare glimpse into the opaque world of tax havens and their role in the global economy. Although the political, economic and social implications related to these financial secrecy jurisdictions are known, their role in supporting economic activities with potentially detrimental environmental consequences have until now been largely ignored. Here, we combine quantitative analysis with case descriptions to elaborate and quantify the connections between tax havens and the environment, both in global fisheries and the Brazilian Amazon. We show that while only 4% of all registered fishing vessels are currently flagged in a tax haven, 70% of the known vessels implicated in illegal, unreported and unregulated fishing are, or have been, flagged under a tax haven jurisdiction. We also find that between October 2000 and August 2011, 68% of all investigated foreign capital to nine focal companies in the soy and beef sectors in the Brazilian Amazon was transferred through one, or several, known tax havens. This represents as much as 90–100% of foreign capital for some companies investigated. We highlight key research challenges for the academic community that emerge from our findings and present a set of proposed actions for policy that would put tax havens on the global sustainability agenda.


      Fig. 2: Foreign capital and tax havens in the Amazon.

    • Une étude montre les liens entre paradis fiscaux et dégradation environnementale, Le Monde, suite

      Le nombre de bateaux concernés – 146 – peut paraître faible. Mais il reste vraisemblable que le gros de la pêche illégale échappe à la surveillance d’Interpol et que le chiffre réel se révèle donc très supérieur. En outre, les chercheurs soulignent que, parmi les près de 258 000 navires de pêche en situation régulière recensés, sur tous les océans du globe par la base de données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), un peu plus de 4 % seulement sont sous pavillon d’un paradis fiscal. C’est donc la forte propension des armateurs de bateaux aux pratiques illicites à se faire enregistrer dans un Etat à la fiscalité opaque qui, à leurs yeux, pose question.

      S’agissant cette fois de la filière agro-industrielle brésilienne, les chercheurs ont épluché les données publiques de la Banque centrale du Brésil, sur la période d’octobre 2000 à août 2011, date à laquelle elles n’ont plus été accessibles. Ils se sont focalisés sur les neuf plus grandes multinationales intervenant dans le secteur du soja (cultivé dans ce pays sur 35 millions d’hectares) et de la viande bovine (dont le Brésil est le premier exportateur mondial, avec 23 millions de têtes abattues en 2017). Ces deux activités qui parfois gagnent des terrains au prix de brutalité et de destruction d’espaces forestiers, sont en partie liées, les tourteaux de soja servant à nourrir le cheptel.

      Lire aussi : La déforestation de l’Amérique du Sud nourrit les élevages européens

      Il apparaît que 68 % des capitaux étrangers investis dans ces sociétés entre 2000 et 2011, soit 18,4 milliards de dollars (16 milliards d’euros), ont été transférés par le biais d’un ou plusieurs paradis fiscaux, principalement les îles Caïman (Royaume-Uni), les Bahamas et les Antilles néerlandaises. L’article ne cite pas les entreprises concernées, les auteurs voulant pointer l’absence de transparence des réseaux de financement plutôt que montrer du doigt tel ou tel groupe agroalimentaire.

      Quelles conclusions tirer de cette étude ? « Il est impossible d’établir une relation de causalité directe entre paradis fiscaux et dégradation environnementale, conduisant dans un cas à plus de surpêche, dans l’autre à davantage de déforestation, commente Jean-Baptiste Jouffray, doctorant au Stockholm Resilience Centre et cosignataire de la publication. Nous mettons simplement en évidence, pour la première fois dans un article scientifique, un lien entre des pays où les pratiques fiscales sont frappées du sceau du secret et des activités économiques préjudiciables aux écosystèmes. »

      Ce travail, ajoute-t-il, est « un appel à une prise de conscience politique de la nécessité d’ajouter la dimension environnementale aux débats sur les paradis fiscaux ». Les capitaux transitant par ces pays favorisent-ils le prélèvement de ressources naturelles ? Aident-ils à contourner les législations environnementales ? Les pertes de recettes publiques dues à l’évasion fiscale amputent-elles la capacité des Etats à agir pour protéger la nature ? Ces mêmes pertes ne constituent-elles pas des subventions indirectes à des activités nocives pour l’environnement ?

      Autant de questions qui, pour les auteurs de l’étude, doivent être traitées « si l’on veut atteindre les objectifs de développement durables des Nations unies ». Paradis fiscal, enfer écologique ?


  • La couleur du #droit
    http://www.laviedesidees.fr/La-couleur-du-droit.html

    Une nouvelle anthologie rassemble les textes majeurs de la « théorie critique de la #race » développée aux États-Unis depuis près de 40 ans. Où l’on comprend, entre autres, le rôle décisif joué par le discours et la pratique juridiques dans la construction sociale, historique et culturelle de la race.

    #Recensions

    / race, droit, #ségrégation


  • The future of water infrastructure goes beyond dams and reservoirs — Quartz
    https://qz.com/1353828/dams-and-reservoirs-cant-save-us-this-is-the-new-future-of-water-infrastructure

    #eau #eau_potable #épuration #eaux_usées #désalinisation #eau_saumâtre

    Treating brackish water is expensive, but it’s getting cheaper as the technology matures. In his work at the University of New Mexico, Hightower, the civil engineering professor, has been collecting data on desalination costs for decades. His research shows that in the US, starting in 2005, treating brackish groundwater from nearby sources has been less expensive on average than piping in fresh water from a remote source—especially if that source is 75 miles or more away, a common solution for arid places as their local supply of freshwater dwindles.

    Texas is on it: the 2017 state water plan set a goal to turn 111,000 acre-feet of brackish groundwater a year into drinking water by 2070.

    Toilet-to-tap

    Water engineers politely call it “direct potable reuse.” Others call it “toilet-to-tap.” The United Nations calls it a massive untouched resource that could nudge society into a “circular economy,” where economic development is “balanced with the protection of natural resources…and where a cleaner and more sustainable economy has a positive effect on the water quality.”

    In Singapore, an island nation lacking any freshwater resource big enough to sate its growing population (pdf), they’re a bit more direct: “Basically, you drink the water, you go to the toilet, you pee, and we collect it back and clean it,” George Madhavan, ‪a director at Singapore’s public utility, told USA Today in 2015.

    Since 2003, Singapore has been treating sewage to drinking-water standards. For now, most of that water is used for industrial purposes, but the volumes are impressive. About 40% of the nation’s total water needs are met by toilet-to-tap, significantly reducing the pressure on the rest of its freshwater sources—rainwater, desalinated seawater, and imports. In the last few years, the country started handing out bottles of the reclaimed water at events, to get its citizens used to the idea of drinking it directly. Singapore plans to squeeze a full 55% of its water supply from sewage by 2060. By then, they hope, drinking it will be the norm.

    In Namibia, the driest country in sub-Saharan Africa, the capital city Windhoek has been doing “toilet-to-tap” for so long that several generations of residents don’t bat an eye at drinking the stuff. The city has been turning raw sewage into drinking water for 50 years. Windhoek has never had a single illness attributed to the reclaimed wastewater.

    “Public confidence is that very, very fragile link that keeps the system going,” Pierre van Rensburg, Windhoek’s strategic executive for urban and transport planning, told the American Water Works Association, an international nonprofit, in 2017. “I think if there is ever one incident that could be linked back to the [direct potable reuse] plant, the public would lose all confidence.”

    “It tastes like bottled water, as long as you can psychologically get past the point that it’s recycled urine.”

    The science behind this isn’t new. In fact, a high-tech version of direct potable reuse has been used by American astronauts since humans first left Earth. In space, humans have no choice but to drink their own distilled urine. On the US side of the International Space Station, a high-tech water system collects astronauts’ urine, sweat, shower water, and even the condensate they breathe into the air, and then distills it all to drinking-water standards.

    “It tastes like bottled water, as long as you can psychologically get past the point that it’s recycled urine and condensate,” Layne Carter, who manages the ISS’s water system out of the Marshall Flight Center in Alabama, told Bloomberg Businessweek (paywall) in 2015. The Russian astronauts, however, decline to include their urine in their water-purification system. So the US astronauts go over to the Russian side of the ISS and pick up their urine, bring it back over to the American side, and purify it. Water is precious, after all.

    Back on Earth, the technology is more rudimentary. Whereas in space, urine is spun in a centrifuge-like system until water vapor emerges, is recondensed, then heated, oxidized, and laced with iodine, the process on Earth involves a combination of extracting waste through membrane filters and exposure to UV light to kill bacteria. (And in Namibia, they use waste-eating bacteria before zapping the microorganisms with UV.) To keep up with the ever-expanding number of chemicals and pharmaceuticals that show up in water, these water-reuse will have to keep evolving. Still, it’s proven technology, and cost-effective at scale.

    Outside of a few examples, however, communities have been slow to adopt them as viable solutions to water scarcity, likely because of cultural stigma around drinking filtered sewage water. That’s slowly changing as rising temperatures, dwindling freshwater, and more frequent, more extreme droughts have cities looking around for options.


  • Le roman noir de la prise de conscience du changement climatique :

    Losing Earth : The Decade We Almost Stopped Climate Change - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2018/08/01/magazine/climate-change-losing-earth.html

    Editor’s Note

    This narrative by Nathaniel Rich is a work of history, addressing the 10-year period from 1979 to 1989: the decisive decade when humankind first came to a broad understanding of the causes and dangers of climate change. Complementing the text is a series of aerial photographs and videos, all shot over the past year by George Steinmetz. With support from the Pulitzer Center, this two-part article is based on 18 months of reporting and well over a hundred interviews. It tracks the efforts of a small group of American scientists, activists and politicians to raise the alarm and stave off catastrophe. It will come as a revelation to many readers — an agonizing revelation — to understand how thoroughly they grasped the problem and how close they came to solving it. Jake Silverstein


  • L’école en banlieue : « Territoires vivants de la république » (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/08/24082018Article636706973525101475.aspx

    Dans ce livre, les nombreux auteurs rappellent tout simplement que l’école poursuit son travail dans les territoires si souvent stigmatisés par le discours ambiant. Ils rappellent qu’enseigner en éducation prioritaire, dans les banlieues, c’est possible. Que les enseignants n’y vont pas contraints et forcés. Malgré les difficultés que le livre ne nie pas, ils prennent même plaisir à le faire. La parole est donnée à tous les acteurs, même les élèves.
    […]
    Parce que ce livre n’est pas rédigé par des prêcheurs de salon mais par des praticiens il montre le travail, souvent invisible, des enseignants. Et il ne nous épargne rien. « Territoires vivants de la République » parle de l’importance de l’accueil des parents dans les établissements. Il décrit les gestes qui tissent la confiance entre les élèves et l’école. Et il aborde de façon frontale, au ras du vécu quotidien des classes, les questions chaudes, celles qui dérangent : enseigner les sciences face au discours religieux, les conflits de mémoire, l’enseignement du colonialisme, de la guerre d’Algérie, de la Shoah et aussi les questions de genre. Oui on peut enseigner tout cela en banlieue.

    #éducation #REP #éducation_prioritaire #banlieues #stigmatisation


  • The battle for the soul of biodiversity
    http://www.nature.com/articles/d41586-018-05984-3

    Although the current controversy has roots that reach back decades, it has heated up since 2016, when #IPBES published an 800-page assessment on pollination5. This helped to focus attention on the fact that #pesticide use has contributed to falling bee populations at a time when the global volume of pollinator-dependent crops has been increasing.

    The report says that crops with a market value of up to $577 billion (in 2015 prices) rely on animal pollination, and it includes a chapter on the economics of pollination. However, economic information is largely omitted from the report’s summary, even though this is the section that most policymakers would read. Sukhdev and other scientists argue for greater prominence for such economic analysis as a way of quantifying the importance of species such as pollinators. But for the IPBES leadership, doing so would privilege one branch of economics above other disciplines and neglect non-monetary ways to value species.

    Many in developing countries see monetary valuation as a ‘Western’ view of nature, says Unai Pascual, an ecological economist at the Basque Centre for Climate Change near Bilbao in Spain who is jointly leading the IPBES study on valuing biodiversity. “It is a product of a particular #culture and world view and a particular economic system,” he says.

    #économie #biodiversité


  • Queer attitude et incrimination.
    https://vacarme.org/article3177.html

    L’affaire Ronell/Reitman fait symptôme d’une difficulté à faire tenir ensemble police des mœurs et subversion de l’ordre patriarcal. Car la question du fameux Title IX, de son usage et mésusage, est aussi celle de sa dérive. En 1972, il s’agit de lutter contre des discriminations dues au sexe, à savoir l’interdiction faite aux femmes de pouvoir avoir les mêmes activités physiques, sportives, intellectuelles que les hommes. Aujourd’hui il semble être le point d’appui des plaintes pour abus de pouvoir (...)

    #Autour_d'Avital_Ronell

    / #Avital_Ronell

    • Je regroupe mes réaction aux 3 textes sur l’affaire Ronell proposé par vacarme ici :

      –----
      https://vacarme.org/article3176.html

      Dans le cas présent, il faut mettre en balance une femme de cœur, unanimement reconnue pour sa force et sa générosité, et un étudiant qui n’a pas réussi à obtenir la place qu’il souhaitait – à tort ou à raison – dans le monde redoutablement concurrent des chercheurs américains.

      Ca fait mal au coeur de voire le #victime_blaming utilisé par Nathalie Koble (même si je sais pas qui elle est, elle semble se revendiqué féministe).

      En l’occurrence, confondre sans discernement harcèlement – dans un cadre professionnel – et vie privée – hors de ce cadre - relève à la fois du lynchage et de l’atteinte aux droits de l’homme et de la femme : ira-t-on reprocher à une femme libre toute une vie intime, librement consentie, et ses affinités intellectuelles comme une opprobre, parce qu’elle est en procès avec un étudiant ? N’est-on pas là en train de confondre la liberté du consentement et le harcèlement pour verser dans un faux moralisme, puisqu’il ne prend les visages du puritanisme que pour n’être au fond que le prétexte à l’exposition la plus dégradante possible de l’intégrité d’une femme ?

      Elle est peut être féministe mais elle semble avoir raté l’idée que le privé est politique. Ce discours me semble malhonnete. Elle utilise exactement les technique de protection des dominant·es.
      – l’agresseur·e présumé est quelqu’un de respectable.
      – la personne qui dénonce l’agression est blamé (accusé de mentir pour chantage, vengeance, cupidité, ou par regrets pudibonds...)
      – C’est de la séduction mal comprise - drague un peu lourde
      – C’est une affaire privé -
      – C’est pas du vrai harcelement car la victime un homme et l’accusée une femme.

      Sinon sur ce texte, il est ecrit au masculin, avec l’expression « La femme » et « l’homme » qui témoigne d’une vision essentialiste. Du coup Nathalie Koble elle me semble modérément féministe mais ca me rassure pas pour autant. J’ai pas encor lu les autres textes de vacarme sur ce sujet mais j’espère qu’il n’y a pas que ce type de discours nauséabond.

      –------
      https://vacarme.org/article3177.html

      Car le projet d’une femme queer est d’agir en refusant les assignations normatives et les rapports de domination. Or chacun sait que quand un être domine, il n’est plus libre, et que la liberté ne consiste pas à dominer mais bien à refuser tout rapport de domination, qu’on soit dominant ou dominé socialement. D’où cette difficulté structurelle pour la liberté humaine du consentement des dominés ou de leur servitude volontaire ou de leur capacité à récupérer un statut victimaire, quand ils ont simplement renoncé à leur liberté. Pour un étudiant est-ce si impossible de dire non à son professeur ?

      Celui là est plus tordu. J’ai l’impression que là l’idée c’est qu’elle fesait de la poésie surréaliste ou une expérience BDSM queer et du coup c’est pas que agression. Elle est queer alors elle peu pas harcelé. Et la victime n’avait qu’a se défendre -

      Le final c’est le ponpon :

      Non l’affaire Ronell/Reitman n’est pas symétrique des affaires #MeToo. Et l’on peut s’étonner malgré tout de la célérité à sanctionner une femme quand tant d’hommes ne sont jamais inquiétés.

      Je suis pas d’accord sur ce deux poids deux mesures. Les harceleuses, agresseuses, violeuses... doivent etre dénoncé autant que les hommes qui commettent ces actes. Ni plus ni moins.

      #metoo dénonce le harcelement sexuel sur le lieu de travail. Entre collègues, dans la hiérarchie, vis à vis de client·es... Dès le début il y a eu des hommes victimes. Dans le travail les discriminations font que la position de pouvoir est plutot aux hommes, mais il y a des femmes qui ont du pouvoir et peuvent l’utiliser pour harceler. c’est pas possible de donner une autorisation de harcelé aux dominé·es (ni à personne !).

      Simone de Beauvoir avait été renvoyé de son poste d’enseignante pour avoir couché avec des élèves, ca lui vaut le titre de #grand_homme dans mes archives.

      –-----

      Le dernier :
      https://vacarme.org/article3175.html

      À titre personnel, mais peut-être parce que je suis viriliste, j’aurais tendance à penser que les femmes professeurs sont davantage en droit que les hommes professeurs à se sentir a priori protégées d’accusations de harcèlement sexuel et de contact sexuel : même en position d’autorité, elles ne bénéficient pas de cette menace constante de pouvoir pénétrer l’autre ou de le faire bander sans son consentement — à moins d’être sacrément équipée de prothèses technologiques et de breuvages magiques, ce qui est assez rare et compliqué (en d’autres termes, il me semble qu’il faudrait toujours tenir compte d’une inégalité de genre irréductible dans les affaires de harcèlement sexuel).

      Lui c’est le grand portnawak, le penis est donc un « genre » à ses yeux et il y a pas moyen pour une femme de commettre des violences sexuelles. Le vrai viol c’est avec un penis et sans penis pas de violence sexuelle possible.
      Les agressions sexuelles commises par des femmes ne sont pas de bourdes. Et parlé de bourde au sujet d’une femme ca me semble connoté sexiste. Ca me rappel les attaques sexistes contre S.Royal.
      –--------

      Je trouve tout ca malhonnete. Ces 3 textes utilisent quantité d’arguments qui sont justement ceux utilisé habituellement par les masculinistes. En fait ces trois personnes sont surtout 3 universitaires de pouvoir qui veulent garder leur droit à harceler les étudant·es et qui défendent ce droit à travers cette affaire.

    • J’avais raté celui là ! merci @marielle

      Voilà deux personnes qui flirtent (on efface ici toutes attributions de genre, toujours douteuses et modifiables). Deux adultes, en pleine possession de leurs droits et de leurs consciences. L’un est le professeur de l’autre et l’autre, par conséquent, son étudiant. Ils flirtent c’est-à-dire s’amadouent, se donnent de gentils noms, en paroles et en mails, se caressent un peu. Sur le plan du sexe et du sentiment ça ne va pas plus loin.

      C’etait pas un flirt puisque l’une des deux parties a porter plainte. On retrouve la thèse complotiste, la mise en cause de la victime, la négation du rapport hierarchique. C’est un peu moins bourrin que les autres car il y a un peu de contexte et de perspective dans celui là. Je vais pas y passer la journée, les profs qui flirts avec leurs etudiant·es sont en faute et celleux qui les harcelent sont bien sur encore plus et cela qu’illes soient queer ou pas.

    • @mad_meg,

      L’agression sexuelle est bien un rapport de domination structurel des hommes sur les femmes et non l’inverse. À ce titre le consentement ou non-consentement des dominés hommes ne peut quoiqu’on en dise, sinon avoir la même légitimité à être entendu, du moins être soumis à la même interprétation que celui des dominées femmes.
      De même que nous ne considérons pas qu’il est légitime dans les sociétés occidentales de parler de racisme anti-blanc quand structurellement les blancs dominent, de même il faut trouver d’autres lunettes pour comprendre l’accusation de harcèlement et d’abus sexuel d’un homme gay à l’égard d’une femme lesbienne queer.

      (#Sophie_Wahnich)

      J’ai déjà été accusée de « harcèlement » par un amant qui me gardait sous le coude au cas où et à qui je demandais d’être plus explicite sur la suite. « Reloue » aurait déjà été peu élégant, alors « harcèlement » était vraiment hors de propos. Depuis, je sais que les mecs se défendent bien plus facilement que les meufs et que pour en mettre un dans le même désarroi que les femmes vivent quand elles sont harcelées, il faut se lever tôt. Non, c’est pas les mêmes relations, c’est pas la même violence, sauf à multiplier les rapports de domination pour renverser le handicap fondamental d’être une meuf qui n’a pas appris à dire non avec autant d’assurance qu’un gars : race, âge, position sociale, rapport hiérarchique. Ce qui est peut-être le cas ici, j’en sais rien.

      Je n’ai toujours pas compris de quoi il était question, ça mouline grave mais sans explications terre à terre ou rappel des faits.

    • Bien d’accord sur le manque de contexte. Le figaro à l’air d’en parlé sous #paywall : http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/22/01003-20180822ARTFIG00215-metoo-une-universitaire-feministe-reconnue-coupab
      –------

      Non, c’est pas les mêmes relations, c’est pas la même violence, sauf à multiplier les rapports de domination pour renverser le handicap fondamental d’être une meuf qui n’a pas appris à dire non avec autant d’assurance qu’un gars : race, âge, position sociale, rapport hiérarchique. Ce qui est peut-être le cas ici, j’en sais rien.

      Ici on sais que c’était sa directrice de thèse et cette position de domination est évacué et niée par tou·tes les universitaires pro Ronell publié par Vacarme.

    • Plusieurs texte là dessus dans libé aujourd’hui dont un qui donne un peu le contexte.
      http://www.liberation.fr/debats/2018/08/24/l-excentrique-philosophe-avital-ronell-suspendue-de-l-universite-de-new-y

      Selon le New York Times, qui a sorti l’affaire mi-août, Nimrod Reitman, aujourd’hui âgé de 34 ans quand Ronell en a 66, lui reproche de lui avoir envoyé pendant trois ans des mails déplacés, mais aussi d’avoir eu des gestes à connotation sexuelle à plusieurs reprises. Reitman raconte ainsi une journée de 2012, à Paris, où la philosophe l’avait invité à l’accompagner. Elle lui aurait demandé de lui lire des poésies, dans sa chambre, pendant qu’elle faisait la sieste. Puis l’aurait invité dans son lit, lui aurait touché la poitrine, l’aurait embrassé. Reitman explique ne pas avoir osé réagir par peur de représailles sur son avenir universitaire. Dès le lendemain, il lui aurait pourtant dit son désaccord et sa gêne. Mais la situation se serait répétée à plusieurs reprises. Avital Ronell, elle, dément catégoriquement tout contact sexuel. Quant à ses mails : « Nos communications étaient entre deux adultes, un homme gay et une femme queer, qui partagent un héritage israélien, aussi bien qu’un penchant pour une communication imagée et familière, née de sensibilités et d’un contexte académique communs », a-t-elle déclaré au New York Times.
      Excentricité

      Au terme d’une enquête de onze mois, l’université a conclu que Ronell s’était bien livrée à du harcèlement sexuel et que son comportement avait été « suffisamment envahissant pour altérer les termes et les conditions de l’environnement d’apprentissage de M. Reitman ». Elle a en revanche rejeté les accusations d’agression sexuelle, estimant qu’elle n’avait pas de preuve.

      Au printemps, plusieurs dizaines d’intellectuels et de professeurs d’université avaient signé un texte de soutien, initié par Judith Butler, la grande figure des études de genre, destiné à l’Université de New York, pour plaider la cause de la philosophe lors de l’enquête interne de la fac. Le courrier confidentiel a fuité sur un blog - sans doute était-ce aussi l’occasion de porter un coup aux études de genre et au poststructuralisme. Très malhabile, le texte reprenait les arguments classiques de la défense des hommes harceleurs…

      ...

      Le véritable « abus fait du Title IX » n’est pas là pour l’historienne Joan Scott, qui a signé elle aussi la lettre de soutien à Ronell : « Le Title IX est récemment devenu uniquement centré sur le harcèlement sexuel, a-t-elle expliqué dans un mail à Libération. Depuis 1972, les universités confrontées à une plainte dans le cadre du Title IX ont répondu de manière diverse au fil des ans : elles ont protégé leurs éminents universitaires, choisissant d’ignorer les plaintes d’étudiants ; elles ont protégé leurs athlètes et tous ceux qu’elles considéraient comme vitaux pour leurs programmes ; elles ont parfois puni les accusés après une prudente investigation. Mais plus récemment, la réponse la plus typique est de considérer une plainte comme prouvée, sans trop d’efforts pour examiner les faits afin d’agir vite et de punir l’accusé. […] Au lieu d’un jury composé de ses pairs, l’accusé fait face à des équipes d’avocats décidés à protéger l’université de coûteuses poursuites en justice ou de la perte de fonds fédéraux. […] C’est ce qui s’est passé dans le cas Ronell. » Ce qui ne suffira peut-être pas : Nimrod Reitman réfléchit à porter plainte, cette fois en justice, contre Avital Ronell et l’Université de New York.

    • Aux Etats-Unis, l’affaire de la professeure Avital Ronell questionne #MeToo
      https://www.mediapart.fr/journal/international/280818/aux-etats-unis-l-affaire-de-la-professeure-avital-ronell-questionne-metoo

      Le pouvoir. Pour Corey Robin, figure de la gauche intellectuelle américaine, voilà bien la question centrale. « La question qui hante tous ces échanges est celle du pouvoir, écrit-il. Voilà un doctorant qui essaie de faire son chemin dans une institution où tout dépend d’un bon, ou d’un mauvais mot, de son superviseur. (...) Je ne doute pas que Ronell ait pu croire, parfois, que le langage qu’elle utilisait était partagé. Ceux qui sont en position de pouvoir, et qui abusent de ce pouvoir, le croient souvent. »

      « Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est moins la dimension sexuelle que cette demande incessante, et fatigante, que Ronell exigeait de son élève, juge Claire Potter, professeur d’histoire à la New School de New York. Lorsque vous êtes professeur, vous devez penser aux barrières. Des amitiés fortes ne sont pas exclues. Mais il doit y avoir des barrières claires dans l’intimité. »

      Professeur à l’institut de French Studies de NYU, le sociologue Frédéric Viguier est frappé par la dimension générationnelle de la polémique, qui révèle les profondes disparités de condition dans l’université américaine, système hyperconcurrentiel et privé où des « stars » très bien payées dans les meilleures universités, souvent des centaines de milliers de dollars par an, disposent d’un pouvoir exorbitant sur des doctorants dont elles peuvent accélérer, ou entraver, les carrières.

      https://justpaste.it/5h1k4

    • Je vois. Évidemment que le système de compagnonnage qui a cours à l’université est super dangereux et que le premier boulot de profs féministes, c’est de ne pas abuser de la vulnérabilité de leurs élèves comme de gros cochons de mandarins.

    • Et le tout s’inscrit dans un contexte où les féministes ont montré que les violences sexuelles étaient un problème structurel là où on voulait entendre qu’il s’agissait de monstruosités. Le backlash, c’est de montrer que les femmes aussi sont prédatrices : Asia Argento, etc.


  • L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » ! Jean Gadrey, Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/jean-gadrey/lassistanat-riches-coute-un-pognon-de-dingue/00085130

    L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par an aux finances publiques, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ces prestations contribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.

    Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.

    Le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales Twitter

    On peut retenir trois grands postes de « cadeaux » aux plus riches. Chacun d’eux a été développé et amplifié par étapes depuis le milieu des années 1980. C’est aussi depuis ce moment que les inégalités, qui avaient nettement reculé depuis 1900 et au cours des « Trente Glorieuses », ont repris une tendance à la hausse. Cette dernière s’est certes avérée moins forte qu’aux Etats-Unis, mais elle est néanmoins nette, comme l’indique entre autres constats l’évolution de la part du revenu des ménages « accaparée » par les 1 % les plus riches :

    Niches fiscales et niches sociales
    Une fiscalité de plus en plus douce
    Fraude et évasion fiscale, 100 à 150 milliards par an

    #inégalités #riches #assistanat


    • Au cours des huit derniers mois, les volontaires associatifs ont ainsi été victimes de 666 incidents de surveillance policière, contrôles d’identité répétés, arrestations et fouilles, ainsi que de violences physiques et verbales. Ils ont aussi été empêchés par la force de fournir une aide humanitaire aux exilés vivant dans le dénuement à la frontière franco-britannique.

      Du 1er novembre 2017 au 1er juillet 2018, l’Auberge des Migrants et ses associations partenaires ont collecté des données dans le cadre du projet Human Rights Observers, leur permettant d’établir que :

      il y a eu 37 incidents de violence physique où des policiers ont poussé des volontaires au sol, arraché des téléphones portables et les ont écartés par la force des lieux de distribution en brandissant des cartouches de gaz et des armes à feu ;
      les bénévoles ont été victimes de 104 incidents de violences verbales, dont des menaces de détention, de poursuites et de contraventions (plusieurs ayant été concrétisées) ;
      à certaines occasions, les autorités ont construit des barrières physiques pour empêcher que l’aide humanitaire ne parvienne aux réfugiés ;
      enfin, la police mène une opération de surveillance constante, suivant les véhicules associatifs, filmant les volontaires et effectuant des contrôles d’identité répétés ainsi que des palpations de sécurité et fouilles – pratique parfois discriminante car ciblant spécifiquement les femmes.

      La plupart des incidents rapportés impliquent les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), déployées à Calais pour le maintien de l’ordre.

      La systématicité et la persistance du harcèlement des volontaires ainsi révélé interrogent fortement sur le dévoiement de l’utilisation par forces de l’ordre des moyens de coercition mis à leur disposition dans le cadre de leurs missions et sur un possible laisser-aller quant à ces débordements. De tels manquements sont particulièrement choquants des institutions qui devraient maintenir la loi et l’ordre public.

      Les pratiques illégales récurrentes des forces de l’ordre envers les volontaires associatifs engagés à Calais ne peuvent qu’inquiéter quant à ce qu’elles laissent imaginer dans le comportement des policiers vis-à-vis des exilés, lesquels vivent dans une clandestinité et donc une exclusion qui les écartent largement de l’accès aux voies légales permettant de dénoncer de tels abus.

      C’est conscients de leur chance de pouvoir s’exprimer publiquement et de témoigner des dérives qu’ils constatent et dont ils sont victimes dans leur travail quotidien de soutien aux exilés que les volontaires des associations ont souhaité faire connaître ces problématiques.

    • http://www.balibari.com/films/la-ville-monde-the-world-city

      Depuis plusieurs mois, l’afflux de migrants s’est considérablement accru dans le nord de la France. Effarés par les conditions d’insalubrité du camp sauvage du Basroch qui s’était développé au coeur de sa commune, le maire de #Grande-Synthe, soutenu par Médecins Sans Frontières et contre l’avis de l’État, a ouvert au lieu-dit La Linière, un camp « humanitaire et provisoire » pour 2 500 réfugiés.

    • @vanderling j’ai vu ce film l’autre nuit sur france2 (Mais non FR3 !), je le conseille vivement. On voit se débattre ceux qui tentent d’aider, les campeurs, leurs conditions de vie, de jeunes architectes, une géniale prof, le maire de La Linière, et en face l’Etat qui se fout d’eux. Ça se termine sur l’incendie du campement et l’espoir de reconstruire mieux, autrement, ensemble.

    • oui @touti j’ai regardé ce documentaire sur FR3 après celui-ci
      https://seenthis.net/messages/713693
      au début je regardais « The World City » d’un oeil distrait, déjà il était tard et il est assez long. Mais pas trop long, les témoignages, le travail des associations, la commune de Grande-Synthe, le reportage dans un camp en Grèce mon redonné de l’optimisme.
      Dommage, une fois de plus, qu’un tel documentaire soit diffusé dans la nuit. Il se termine sur la prof qui ramasse les affaires laissé par les enfants après l’incendie.
      Je me demande si je vais pas partir en « vacances » dans le Nord-Pas-de-Calais.


  • Innovation : En Angleterre, on scanne les sans-abri - Société - lematin.ch
    https://www.lematin.ch/societe/angleterre-scanne-sansabri/story/26072939

    Mais l’application donne surtout accès aux objectifs du SDF. L’un voudra récolter telle somme pour un dépôt de garantie de loyer, un autre pour une formation professionnelle, un dernier pour pouvoir refaire des papiers d’identité. L’utilisateur est donc censé savoir précisément à qui il donne et pourquoi. Il est précisé qu’un travailleur social accompagne les sans-abri et s’assurent qu’ils utilisent l’argent versé comme ils l’ont promis.

    #guerre_aux_pauvres


  • Les bailleurs HLM résolus à expulser les familles des trafiquants, Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde 7 août 2018
    https://www.lemonde.fr/logement/article/2018/08/07/les-bailleurs-hlm-resolus-a-expulser-les-familles-des-trafiquants_5339982_16

    Les bailleurs HLM résolus à expulser les familles des trafiquants
    Dans plusieurs affaires récentes, des juges ont validé les demandes dans ce sens, estimant qu’il s’agit d’une violation grave des obligations locatives.

    Expulser de leur logement HLM les familles de trafiquants de drogue n’est plus tabou depuis que, dans plusieurs affaires récentes, des juges ont validé les demandes dans ce sens des bailleurs sociaux. Les juges estiment de plus en plus souvent que perpétrer ou être complice d’un trafic de stupéfiants au domicile constitue, outre l’aspect pénal, une violation grave des obligations locatives justifiant la résiliation du bail.

    Un pas a donc été franchi puisque ce ne sont plus seulement les fauteurs de troubles qui se voient sanctionnés au pénal, mais également leurs familles au civil. Ainsi, entre juin et octobre 2016, à l’initiative de Paris Habitat, neuf familles ont été expulsées manu militari, au grand soulagement des voisins, de la cité Bonnier (20e arrondissement) gangrenée depuis des années par le trafic de drogue. Dans la capitale, les trois bailleurs sociaux de la ville, Paris Habitat, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) et Elogie Siemp ont engagé 80 procédures de ce type pour « graves troubles de nuisance ».

    Le 27 février 2018, la cour d’appel d’Amiens a ordonné l’expulsion d’une mère de famille et de ses deux enfants mineurs dont une fille handicapée, logés cité du Clos des roses, propriété de l’OPAC de l’Oise, car trois des fils désormais majeurs étaient condamnés pour trafic de stupéfiant à grande échelle.

    Lire aussi : A Compiègne, la justice ordonne l’expulsion d’une famille dont les fils dealent dans la cité

    Le 10 janvier 2017, à la demande de l’Office Seine-Saint-Denis Habitat, la cour d’appel de Paris avait confirmé l’expulsion d’une locataire, à Saint-Ouen, dont le fils avait été condamné à huit mois de prison avec sursis pour détention de plus d’un kilo de cannabis. Le juge a rappelé la responsabilité de la titulaire du bail qui doit « user paisiblement des locaux » et répondre « de ses propres agissements mais également de ceux des personnes qu’elle accueille ». Cette femme avait argué du soutien de quelques voisins : « Il peut arriver que les mêmes locataires qui se plaignaient d’une famille refusent, ensuite, de témoigner, voire signent une pétition en sa faveur tant la peur de représailles est forte », raconte Cécile Mage, directrice générale adjointe de Seine-Saint-Denis Habitat.

    Coopération avec la justice et la police

    Les magistrats de la cour d’appel d’Angers ont confirmé, le 7 juin 2017, l’expulsion d’une femme, de ses quatre enfants mineurs et de sa nièce alors qu’il n’y avait, à leur encontre, ni plainte ni pétition, et que son fils de 21 ans, dûment condamné, avait quitté le domicile : « Cet arrêt est intéressant car l’absence de plainte et le départ du fauteur de trouble n’atténuent pas la gravité des faits et la responsabilité du locataire, remarque Yann Bisiou, maître de conférences en droit à l’université Paul-Valéry de Montpellier. Il est inutile et dangereux d’ajouter à la loi une résiliation automatique du bail comme l’envisage le projet de loi pour l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (loi ELAN), en cours de discussion. Au juge d’apprécier la situation. »

    La loi Egalité et citoyenneté du 27 janvier 2017 avait tenté d’instaurer cette résiliation de plein droit d’un bail lorsque le locataire ou l’un des occupants a fait l’objet d’une condamnation définitive pour consommation ou trafic de stupéfiants et si les faits se sont produits dans le logement, l’immeuble ou le groupe d’immeubles. La disposition avait été invalidée, le 26 janvier 2017, par le Conseil constitutionnel, pour une raison de procédure et la loi ELAN y revient.

    Lire aussi : HLM, accès aux handicapés, littoral... La grande déréglementation de la loi ELAN

    Les bailleurs sociaux s’organisent pour fournir aux tribunaux un dossier étayé par les condamnations pénales de leurs locataires. Cela suppose une coopération avec la justice et la police. Ainsi, 13 Habitat, bailleur social des Bouches-du-Rhône, propriétaire de 400 cités dont 26 sont des lieux de trafic de drogue, a décidé d’engager d’un coup une dizaine de procédures d’expulsions : « Nous avons pris attache avec les procureurs de la République de Marseille, Tarascon et Aix-en-Provence pour qu’ils nous transmettent tous les jugements au pénal concernant nos locataires, détaille Lionel Royer-Perreaut, son président, et nous allons introduire dans les contrats de location une clause résolutoire en précisant les obligations des locataires. Notre but est de combattre le sentiment d’impunité des délinquants et de leurs familles. »

    Lire aussi : « Priver les plus pauvres de logement est une injustice et une grave erreur »

    « Judiciariser ces situations, pourquoi pas, mais les procédures sont longues, surtout en Seine-Saint-Denis où elles peuvent durer quatre à cinq ans, déplore Patrice Roques, directeur de Seine-Saint-Denis Habitat, et elles ne visent que quelques familles alors qu’une trentaine de nos 200 halls d’immeubles sont, à des degrés divers, théâtres de nuisances et de trafics. »

    #logement #bailleurs_sociaux #condamnation #résiliation_automatique_du_bail #expulsion


  • Ponts, routes, rail : un inquiétant manque d’entretien en France (titre qui a remplacé « Route, rail, canaux… La grande souffrance des infrastructures françaises »), Grégoire Allix et Philippe Jacqué, Le Monde 17/08/2018
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/08/17/route-rail-canaux-la-grande-souffrance-des-infrastructures-francaises_534328

    Un récent audit commandé par le ministère des transports a rappelé que le patrimoine routier français était, lui aussi, fragilisé par des décennies de manque d’entretien.

    Un tiers des ponts du réseau routier national à réparer, dont 7 % présentent un « risque d’effondrement »… Après l’écroulement catastrophique du viaduc Morandi à Gênes, mardi 14 août, la France n’est pas épargnée par les débats qui divisent l’Italie concernant le mauvais état des infrastructures routières.

    Si le réseau italien, avec une dizaine de ponts écroulés ces cinq dernières années, apparaît particulièrement vulnérable, un récent audit commandé par le ministère des transports a rappelé que le patrimoine routier de l’Hexagone était, lui aussi, fragilisé par des décennies de manque d’entretien.

    C’est la maladie des infrastructures de transports en France : tout comme la route, le rail et les canaux souffrent d’un sous-investissement chronique, qui a entraîné pendant des années un manque de maintenance aux conséquences potentiellement dramatiques. Tour d’horizon des réseaux les plus vulnérables, alors que le gouvernement doit annoncer, à la rentrée, une loi de programmation des infrastructures.

    Un réseau routier qui se dégrade

    Rendu public par le ministère des transports en juin, l’audit réalisé par deux sociétés suisses sur les 10 000 km et les 12 000 ponts du réseau routier national non concédé au privé est passé relativement inaperçu jusqu’à la catastrophe de Gênes. Ses conclusions sont pourtant alarmistes : un pont sur trois à réparer, 17 % des chaussées qui nécessitent des réparations structurelles, des équipements menacés de vétusté…

    Surtout, les budgets ne suivent pas. La France investit 50 000 euros par kilomètre dans son réseau chaque année, quand le Royaume-Uni y consacre 80 000 euros. Dans l’Hexagone, un pont n’est réparé en moyenne que vingt-deux ans après l’apparition des premières dégradations, souligne l’audit.

    Quant aux 380 000 km de routes départementales, aucune raison de penser qu’elles sont en meilleur état, vu les baisses de dotations auxquelles les collectivités sont confrontées. « On est dans des pourcentages de mauvais entretien similaires à ceux des routes nationales révélés par l’audit suisse », estime-t-on à l’Observatoire national de la route, qui mène actuellement une analyse de l’état de ce patrimoine.

    « Le réseau routier français est plutôt très performant, mais il se dégrade très rapidement. D’année en année, il y a un sous-investissement de 200 millions à 300 millions d’euros », note Matthieu Orphelin, député La République en marche (LRM) du Maine-et-Loire et membre du Conseil d’orientation des infrastructures (COI).

    « Cela remonte à quinze ans, estime le président du COI, l’ancien député (PS) du Calvados Philippe Duron. Il y a d’abord la disparition du ministère de l’équipement, qui fait passer cette priorité au second plan. Puis le déni de la route à partir des années 2000, renforcé par le Grenelle de l’environnement. Et enfin les politiques de restriction budgétaire. »

    Pas de péril imminent, à en croire les experts. « Il n’y a pas d’urgence absolue dans les cinq ans qui viennent et, étant donné les inspections auxquelles les ouvrages sont soumis en France, le risque n’est pas forcément que les ponts s’effondrent, mais plutôt qu’on soit obligés de les fermer. Mais plus on attend pour réaliser ces travaux de maintenance, plus il y aura urgence et plus ça coûtera cher », prévient Jean-Michel Torrenti, ingénieur des ponts et directeur du département matériaux et structures de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar).

    Un effort tardif sur le rail

    Le réseau ferré national a été le premier à sonner l’alarme, en 2005. Alors que la France s’enorgueillissait à l’époque de ses succès sur la grande vitesse, qui concentrait l’essentiel des investissements, les gros nœuds ferroviaires, qui accueillent l’immense majorité des passagers, étaient jugés en voie d’obsolescence par Robert Rivier, le rapporteur d’un audit. « Si la situation actuelle devait perdurer, ne subsisterait à l’horizon 2025 qu’un tiers des 50 000 kilomètres du réseau », insistait l’ingénieur suisse dans cette étude.

    « Sur le rail, ça a longtemps été la folie des grandeurs, le mythe du TGV partout, au détriment de la mobilité du quotidien, rappelle Matthieu Orphelin. Résultat : des nœuds ferroviaires congestionnés, avec des trains qui arrivent en retard et repartent encore plus en retard ».

    Depuis ce rapport-choc, les gouvernements successifs ont augmenté les budgets alloués à la régénération du réseau. Ils sont passés de moins de 800 millions d’euros en 2004 à une fourchette de 2,5 milliards à 3 milliards d’euros par an aujourd’hui. Un effort trop tardif pour empêcher, en juillet 2013, l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui a fait sept morts et une trentaine de blessés, et les multiples incidents qui compliquent les trajets des passagers.

    Sur le front de la régénération et de la modernisation du rail, l’Etat devrait aller plus loin en portant les moyens de rénovation à près de 3,6 milliards d’euros par an. Et à partir de 2022, il vient de s’engager à ajouter encore 200 millions d’euros par an.

    Si les sommes sont remarquables, cela pourrait ne pas suffire. En 2018, un quart des lignes sont au-delà de leur durée de vie théorique, contre 10 % à 20 % en 2012. En début d’année, Jean-Cyril Spinetta, auteur d’un rapport sur la SNCF, prévenait : « Si l’investissement reste constant, près de la moitié des 9 000 km de “petites” lignes pourraient être fermés aux voyageurs d’ici à 2026 en raison de leur obsolescence. »

    Des canaux prometteurs, mais négligés

    Le secteur ne fait jamais parler de lui. Pourtant, les canaux constituent l’un des réseaux de transport les plus prometteurs. Et les plus négligés. « Les plus mal lotis, ce sont les voies d’eau, confirme Philippe Duron. Beaucoup de gens ont cru que le fluvial n’avait pas d’avenir. Or il connaît une croissance à deux chiffres depuis quelques années, mais l’état préoccupant des infrastructures pourrait entraîner des pépins. »

    Avec 6 700 km de voies d’eau (canaux, fleuves, rivières) et quelque 4 000 ouvrages installés (écluses, déversoirs, ponts, aqueducs, etc.), gérés par Voies navigables de France (VNF) et ses 4 300 agents, ce patrimoine est essentiel pour le pays à l’heure de la transition énergétique. Deux audits remis début 2018 au gouvernement soulignent le sous-investissement chronique et l’extrême fragilité de ce réseau.

    Alors que VNF investissait encore, en 2013, 157 millions d’euros dans ses infrastructures, il n’en a investi que 136 millions en 2017. Or, selon ces audits, il faudrait dépenser plus du double pour les dix ans à venir pour maintenir un réseau, dont de nombreuses voies sont aujourd’hui déclarées impropres à la navigation.

    Problème : VNF, doté d’un budget de 500 millions d’euros, ne dispose que de 8 % de ressources propres, trop peu aujourd’hui pour espérer investir davantage. Le COI encourage le gouvernement à investir, pour ce seul réseau, 150 % de plus qu’aujourd’hui.

    #infrastructures #routes #ponts #rail #canaux #transports


  • Heat: the next big inequality issue | Cities | The Guardian
    https://www.theguardian.com/cities/2018/aug/13/heat-next-big-inequality-issue-heatwaves-world

    But air conditioning will remain out of reach for many, even as it increasingly becomes a necessity. In 2014, Public Health England raised concerns that “the distribution of cooling systems may reflect socioeconomic inequalities unless they are heavily subsidised,” adding that rising fuel costs could further exacerbate this. And when we need to use less energy and cool the planet, not just our homes and offices, relying upon air conditioning is not a viable long-term plan – and certainly not for everyone.

    ‘In Cairo everything is suffocating’


    Most of the research into heatwaves and public health has focused on western countries; Benmarhnia says more studies have been done on the city of Phoenix, Arizona, than the entire continent of Africa. But the problem is global, and especially pronounced across urban slums such as the ashwiyyat in Cairo, where temperatures during the city’s five-month-long summers have peaked at 46C (115F).

    Traditionally Egyptians built low buildings close together, forming dense networks of shaded alleyways where people could keep cool during summer. But the rapid construction of high-rises and decreasing green spaces have made one of the fastest-growing cities in the world increasingly stifling. Subsidy cuts have brought about a rise of 18-42% in electricity costs, affecting many poor residents’ options for cooling down.

    Um Hamad, 41, works as a cleaner and lives with his family in a small flat in Musturad in the city’s north. Though he considers them lucky to live on the relatively cool first floor, “in Cairo everything is suffocating”, he says. Hamad use fans and water to keep cool inside, but the water bill is becoming expensive . “There’s always that trick of sleeping on the floor, and we wear cotton clothes ,” he says. “The temperatures are harder to deal with for women who wear the hijab, so I always tell my daughters to wear only two layers and to wear bright colours.”

    In a tight-knit cluster of urban dwellings in Giza, to Cairo’s south, Yassin Al-Ouqba, 42, a train maintenance worker, lives in a house built from a mixture of bricks and mud-bricks. In August, he says, it becomes “like an oven”. “I have a fan and I place it in front of a plate of ice so that it spreads cold air throughout the room. I spread cold water all over the sheets.”

    Compounding the threat posed by the changing climate is the refugee crisis. The two are intimately linked, with extreme weather events often a factor in social, political and economic instability. A paper published in the journal Science in December found that if greenhouse gas emissions were not meaningfully reduced global asylum applications would increase by almost 200% by the end of the century.

    On a plain north of Amman, some 80,000 Syrians live in the Za’atari refugee camp, a semi-permanent urban settlement set up six years ago and now considered Jordan’s fourth-largest city. Hamda Al-Marzouq, 27, arrived three years ago, fleeing airstrikes on her neighbourhood in the outskirts of Damascus.

    Her husband had gone missing during the war, and she was desperate to save her young son and extended family. Eight of them now live in a prefabricated shelter, essentially a large metal box, which Al-Marzouq says turns into an oven during the summer.

    It’s suffocating. We soak the towels and try to breathe through them

    Hamda Al-Marzouq, Za’atari camp resident
    “It’s a desert area, and we’re suffering,” she says by phone from the camp. “We have different ways of coping. We wake in the early morning and soak the floor with water. Then we sprinkle water on ourselves.” There is no daytime electricity, so fans are useless. When power does arrive at night, the desert has already cooled.

    Many days, her family will wait until the evening to walk outside, wrapping wet towels around their heads. But the biggest problem are sandstorms, which can arrive violently during the summer months and engulf the camp for days. “We have to close the caravan windows,” she says, adding the room then gets hotter. “It’s suffocating. We soak the towels and try to breathe through them.”

    Al-Marzouq’s five-year-old son suffers respiratory problems and keeps getting infections, while asthma is rife across the camp.

    Water has also been an issue, with demand in northern Jordan – one of the most water-scarce countries in the world – surging following the refugee arrivals. A Unicef-led operation will see all households connected to a water network by October, which Al-Marzouq says has been a significant help.

    “We used to collect water with jerry cans and had to carry it for long distances. Now, with the water network being operational, things are much easier. We don’t have to fight in a long queue to get our share of water. Now there is equity.”

    #climat #Amman #Le_Caire #réfugiés


  • #Canicule : d’ici 2050, « des #températures records de l’ordre de 55 degrés dans l’Est de la #France »
    http://www.europe1.fr/sciences/canicule-dici-2050-des-temperatures-records-de-lordre-de-55-degres-dans-lest

    Pour le climatologue, le monde est présentement « au pied du mur ». « Dans la deuxième partie de ce siècle, on a des risques de canicules de plus en plus importants, y compris en France et sur l’ensemble de l’#Europe, qui est aussi un continent vulnérable », alerte-t-il. "Quand on regarde les températures en France, elles ne dépassent pas actuellement les 42-49 degrés. Dans un contexte de réchauffement climatique, dans la deuxième partie du siècle, on pourrait craindre des températures records de l’ordre de 50 degrés, voire 55 degrés sur l’Est de la France. On passe dans un autre monde", s’inquiète-t-il.

    #climat


  • Toulouse frôle les 40 degrés à l’ombre, un ciel bas et lourd de couleur jaune gris pèse sur la ville depuis plusieurs jours. Les automobilistes sur la rocade périphérique limitée habituellement à 90km/h (si si y’a encore des aficionados malades de la bagnole qui va vite pour apprécier) peuvent lire sur les panneaux lumineux « risque de pollution réduisez votre vitesse ».
    Je me demande ce que cela veut dire.
    Est-ce que si je roule à 89km/h je suis une bonne citoyenne qui va éviter au pôle nord de fondre ? Est-ce normal qu’on me klaxonne si je roule à 60km/h alors que je m’évertue à offrir trois jours de survie à un ours blanc ? Enfin, dans une société qui nous presse d’obligations diverses, de règlements abscons, nous profiterions du choix individuel des pétales de marguerite du je réduis ma vitesse pour combattre la pollution d’un peu, beaucoup, passionnément et cela suivant son humeur ? Est-ce que le réchauffement climatique n’est pas encore assez important pour légiférer et imposer des réductions de vitesses à tout le monde ? Seuls ceux et celles qui se sentent responsables ont à ralentir ? illes peuvent se dispatcher les responsabilités en créant des mutuelles de conducteurs raisonnables ? des associations de je roule moins vite ? Mais c’est quoi ce foutage de gueule cette bouffonnade ? Ceux qui se préoccupent d’écologie ont le droit de se faire insulter face à ceux qui roulent encore avec des diesels qui les transforment en assassins ambulants ?
    #toulouse
    #écologie

    • #greenwashing : ceux et celles qui en ont quelque chose à foutre apprécient de se voir investi·es d’une telle responsabilité (choisir sa vitesse max !) et les autres, qui s’en branlent, remercient de ne pas avoir à subir une écologie punitive. Restent les esprits chagrins comme @touti et autres. Au passage, le différentiel de vitesse étant accidentogène, demander des réductions de vitesse aux un·es et pas aux autres, c’est en rajouter. Pas capables de te faire une mini-réduction en pleine canicule !


  • Gene-edited plants and animals are GM foods, EU court rules
    https://www.theguardian.com/environment/2018/jul/25/gene-editing-is-gm-europes-highest-court-rules

    Plants and animals created by innovative gene-editing technology have been genetically modified and should be regulated as such, the EU’s top court has ruled.

    The landmark decision ends 10 years of debate in Europe about what is – and is not – a GM food, with a victory for environmentalists, and a bitter blow to Europe’s biotech industry.

    [...] The court sided with the French agricultural trades union, Confédération Paysanne, which brought the case, arguing that new and unconventional in vitro mutagenesis techniques were likely to be used to produce herbicide-resistant plants, with potential health risks.

    A study published in the journal Nature last week found that the gene-editing technology #Crispr-Cas9 can cause significantly greater genetic distortions than expected, with potential “pathogenic consequences”.

    #ogm #agriculture #union_européenne


  • En pleine affaire Benalla, la police gaze des agriculteurs en colère et le peloton sur le Tour de France Henri Carmona - 24 Juillet 2018 - Revolution Permanente
    http://www.revolutionpermanente.fr/En-pleine-affaire-Benalla-la-police-gaze-des-agriculteurs-en-co

    Ce 24 juillet, après 30km de course, des agriculteurs en colère entendaient bloquer la route du Tour de France. La police, comme à l’accoutumée, a largement arrosé de lacrymogène les manifestants... au point que les coureurs eux mêmes ont dû mettre pied à terre et être soigné !

    https://www.dailymotion.com/video/x6q01b9


    Vidéo que j’ai ajouté à l’article


    La répression au grand air / Crédit photo : Reuters

    La répression a encore frappée. Une fois de plus, à coup de lacrymogène, et les traditionnelles images voyant les victimes se soigner avec du sérum physiologique qui vont avec. Sauf que, surprise, il s’agit aujourd’hui des coureurs du Tour de France qui ont dû recourir à la petite pipette bien connue des manifestants, surtout depuis 2016.


    Un coureur soigné après l’intervention musclée de la police / Crédit photo : F. Mons / L’Équipe

    La raison de ce gazage massif ? Des agriculteurs entendaient bloquer la route pour exprimer leur colère après la fin du classement en zone défavorisée de l’Ariège. Et comme il est de coutume en macronie, les forces de répression ont eu recourt à la force pour disperser les manifestants. Les images sont explicites, tandis que les commentateurs de la course parlait de violents affrontements pour légitimer l’acte répressif des policiers.

    Sauf que les quelques images disponibles ne révèlent aucune violence des manifestants, mais au contraire une intervention musclée des CRS où la grosse dizaine d’agriculteurs présents avait disposé de bottes de pailles. Le comble du grotesque semble même être atteint lorsque les forces de répression décident de faire face, matraque à la main, à... des moutons ! En effet, les agriculteurs semblaient vouloir bloquer la route, si besoin, à l’aide du troupeau. C’est ainsi que l’agence Reuters a saisi ce cliché, où l’on voit les policiers prêt à en découdre... On ne rigole pas avec le « monopole de la violence légitime ».

     ?
    La police face au sheep block ? / Crédits photo : Reuters

    Alors que l’affaire Benalla ébranle l’ensemble de la V° République, il semble que les forces (officielles) de répression ont tenu à « remettre les points sur les i », et démontrer que leurs méthodes d’intervention sont dignes des barbouzes de l’Élysée. Un épisode répressif de plus en macronie.

    #police #violence #en_marche #etat_de_guerre #Agriculteurs #Tour_de_France #répression #politique


  • Opinion | The Lesson of the Château de Calberte - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/07/19/opinion/chateau-de-calberte-france-history.html

    When lunch was finished, Mr. Darnas insisted that I had to see something. He took me for a tour along the exterior wall. The Château de Calberte is jammed onto a steep, rocky outcrop and the wall in some places is at least 20 feet high.

    He explained that when he and Ms. Darnas had first seen the place the walls had long since caved in on themselves. The couple pulled the stones out and eventually solved the jigsaw puzzle of how they had originally been assembled. He pointed to the different layers of stone just above our heads. The first layers were flat and had been cut by masons in such a way that they fit together effortlessly with very little mortar. He asked me to look a little higher. The stones were smaller and more haphazardly arranged.

    His theory was the workmen who initially built the chateau had very advanced masonry skills. But over the centuries, as the region suffered war, plague and economic collapse, those skills had been lost. The last workmen who expanded the chateau simply didn’t know the advanced stonecutting techniques. The upper layer of the walls with the tinier stones was weak, more easily breached, and the walls were broken down again and again by brigands until the place was abandoned.

    Do you understand why I’m telling you this story? he asked in a schoolmasterly way.

    Yes, I said. Human progress isn’t a one-way process. We can forget how to build things. We can go backward as well as forward. He nodded.

    And, of course, it isn’t just technological #innovation that can go backward. Societies can forget the social and political innovations that allowed them to flourish.

    #régression #progrés

    Via naked capitalism

    • Je suis subjugué de lire dans le New York Times un discours dont je fais régulièrement la démonstration aux amis et amies qui me rendent visite dans les Cévennes (où se trouve donc ce fameux château de Calberte et d’autres du même tonneau, comme le château de Brésis ou celui d’Aujac), les Cévennes où ce genre de pertes de savoirs, de compétences, et tout simplement de force et d’endurance, sont considérables. Très peu de maçons cévenols savent encore construire un toit en lauzes ou même en réparer un. De telles compétences sont à la fois rares et trop demandées.

      Et de fait dans mes explications sur les raisons de telles disparitions, je manque rarement un petit tour par exemple devant le monument aux morts du village d’Aujac, d’où 45 jeunes gens ont été sacrifiées pendant 14-18, dans un village dans lequel ne doivent pas vivre plus de vingt personens à l’année en 2018.

      Oui, il y avait de la vie et de la compétence dans cette région.

    • En arrondissant les nombres : environ 70 000 habitants en Lozère en 1990 : le double, un siècle auparavant. Le déclin commence un peu avant la guerre de 14 mais s’accélère après. Une partie de la réponse est effectivement sur les monuments aux morts...