• Quand tu attends le renouvellement de ta CMU arrivée à échéance depuis 3 semaines, alors que tu as déposé ton dossier il y a plus de 2 mois. Tu reçois un courrier qui te dit de prendre rendez-vous à un numéro injoignable, alors tu te déplaces et tu fais la queue debout 1h30 en te disant que tu as de la chance car tu es à la 3eme place et derrière toi, tu as encore 10 personnes qui attendent résignées et debouts.
    Tu as bien amené tout ce qui t’a été signalé comme manquant, parce qu’ils en inventent chaque année des nouveautés manquantes, et c’est gagné, il en manque encore et même elle t’en rajoute des fois que. Tu glisses juste que ce serait bien qu’avec les problèmes de santé que tu as eu et avec un dossier #ATD, ce soit un peu plus simple et là tu te ramasses dans les dents que quand même ne vous plaignez pas, vous êtes prise en charge à 100%.
    T’as beau avoir de l’humour ça te coince d’un seul coup, tu gardes la bouche ouverte, t’y crois pas, t’arrive même pas à articuler que y’a des métastases qui se perdent ça t’empêche pas de le penser très fort.

    #administration_française #violence #sécurité_sociale #protection_sociale (ne riez pas)

  • La #précarité hygiénique, un fléau mal connu et mal vécu
    https://www.franceinter.fr/societe/la-precarite-hygienique-un-fleau-mal-connu-et-mal-vecu

    Un manque d’argent qui fait subir directement un manque d’hygiène, et qui a des conséquences importantes sur la vie sociale et professionnelle des plus démunis. Deux millions de personnes disent se sentir mal à l’aise par rapport à leur hygiène corporelle. Les trois quarts d’entre elles déclarent avoir déjà annulé au moins une fois un entretien d’embauche à cause de leur apparence.

  • Plaidoyers pour la liberté de mutiler (le retour en grâce du LBD) - Télévision - Télérama.fr
    https://www.telerama.fr/television/plaidoyers-pour-la-liberte-de-mutiler-(le-retour-en-grace-du-lbd),n6179103.

    Sur France 5, C à vous démarre avec l’image insoutenable d’un mannequin atrocement mutilé par des zadistes entraînés. Sous les yeux effrayés de Jean-Michel Aphatie, qui désigne les véritables responsables du fiasco de samedi : « La pression ignoble qu’ont fait peser tout un tas de gens, du Défenseur des droits à la commissaire de l’ONU sur les policiers, tous les relais qui ont dit que la police était répressive ont conduit la police à une espèce d’inhibition. » Si le store du Fouquet’s a cramé, c’est la faute à Michelle Bachelet et à Jacques Toubon. Il faudrait émettre un mandat d’arrêt international pour extrader la première et interpeller le second pour l’envoyer en comparution immédiate. Je suis sûr que, si on perquisitionnait sa voiture, on y trouverait un gilet jaune. Voire des boules de pétanque au fond du coffre. Et même un cric caché sous le tapis.

  • Le grand remplacement est en marche et l’absence de LBD est responsable du saccage des Champs-Elysées | Samuel Gontier
    https://www.telerama.fr/television/le-grand-remplacement-est-en-marche-et-labsence-de-lbd-est-responsable-du-s

    Nathalie Saint-Cricq salue une Marine Le Pen “consensuelle”, David Pujadas laisse libre court à Robert Ménard pour soutenir la théorie du grand remplacement, un expert de BFMTV estime que les LBD sont trop dangereux pour les employer ailleurs que “dans les banlieues”… Nous sommes en France, en 2019. Bienvenue à la télé.

  • « Gilets jaunes » : Philippe fait sauter le préfet et réhabilite le lanceur de balles de défense | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/180319/gilets-jaunes-philippe-fait-sauter-le-prefet-et-rehabilite-le-lanceur-de-b

    Édouard Philippe a reproché à la hiérarchie policière parisienne d’avoir fléchi face aux demandes d’interdiction ou de suspension de l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD). Du fait « de la polémique sur le LBD », « des consignes inappropriées ont été passées pour réduire son usage », a-t-il soutenu.

    Avant le mouvement des gilets jaunes, le préfet Michel Delpuech n’était pas un chaud partisan de l’usage de LBD. Fin 2017, il avait même annoncé au Défenseur des droits avoir « pris la décision d’interdire » cette arme « dans les opérations de maintien de l’ordre au regard de sa dangerosité et de son caractère inapproprié dans ce contexte ».

    (…) 14 500 balles en caoutchouc ont été tirées du 17 novembre 2018 au 5 février 2019. Les détachements d’action rapide (DAR), unités créées par le ministre de l’intérieur début décembre, ont utilisé à eux seuls près de 80 % de ces munitions.

    On doit déduire des déclarations du premier ministre qu’il encourage désormais les forces de l’ordre à étendre l’usage du #LBD. Édouard Philippe a annoncé, lundi, vouloir « renforcer la fermeté » de la doctrine du maintien de l’ordre.

    • En résumé, le gouvernement est très mécontent parce que la police, en tous cas ses chefs, cherchent à limiter le niveau de violence déployée.
      IL FAUT TAPER ! c’est ça qu’on vous a demandé.

      Ou, comment le gouvernement s’emploie à durcir sa police et à en chasser les " républicains " qui s’y trouveraient encore. Ça commence à ressembler à un appel à la guerre civile…

      « Gilets jaunes » : le préfet de police limogé, des manifestations interdites dans certains quartiers
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/18/gilets-jaunes-les-manifestations-dans-certains-quartiers-interdites-en-cas-d

      Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, lundi 18 mars, que le préfet de police de la préfecture de Paris, Michel Delpuech, serait relevé de ses fonctions dès le conseil des ministres de mercredi. Il sera remplacé par l’actuel préfet de Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement. Une décision prise deux jours après une manifestation de « gilets jaunes » particulièrement violente, au cours de laquelle de nombreux commerces des Champs-Elysées ont été dégradés. Lundi, M. Philippe a regretté que « des consignes inappropriées aient été passées [samedi] pour réduire l’usage » des lanceurs de balles de défense (LBD).

      Invité du « 20 Heures » de France 2, M. Philippe a insisté, mettant en avant la responsabilité de la préfecture de police de Paris : « La stratégie de maintien de l’ordre que nous avions élaborée après le 1er décembre [manifestation de “gilets jaunes” qui avait été marquée par une éruption de violences] n’a pas été mise en œuvre dans des conditions satisfaisantes. » « Une forme de consigne a été passée pour que ne soient pas utilisés les LBD (…). On a constaté beaucoup moins de tirs [de LBD], beaucoup moins de capacité de projection de nos forces de l’ordre, beaucoup moins de mobilité », a-t-il déploré, précisant que cette consigne ne venait « pas du gouvernement ». Le premier ministre a certifié que la démission du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, n’avait pas été envisagée.

      « Il n’est pas normal qu’une stratégie définie par le ministre au nom du gouvernement puisse être aménagée » à son insu, a déclaré, de son côté, M. Castaner, sur LCI. « Je sais où, je sais qui » a passé des consignes différentes, a-t-il affirmé, jugeant « nécessaire » que des responsables policiers soient démis de leurs fonctions.

      Lors de son point de presse, qui s’est tenu en fin d’après-midi, Edouard Philippe a également annoncé que les manifestations dans les quartiers les plus touchés par les violences seront interdites lorsque l’exécutif aura connaissance de la participation « d’éléments ultras ». Il a cité le secteur des Champs-Elysées à Paris, la place Pey-Berland à Bordeaux et la place du Capitole à Toulouse. En cas de manifestation, « nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements », a-t-il prévenu.

  • Neurosciences : comment Blanquer veut entrer dans la tête de vos enfants (L’Obs)
    https://www.nouvelobs.com/education/20190121.OBS10418/neurosciences-comment-blanquer-veut-entrer-dans-la-tete-de-vos-enfants.ht

    Les évaluations de CP et CE1, dont la deuxième session démarre cette semaine, sont la partie visible d’une révolution qui n’ose pas dire son nom.

    La lecture de cet article au titre effrayant est édifiante. Quelques extraits, à mon sens, significatifs :

    1. Les neurosciences de Stanislas Dehaene, cette nouvelle phrénologie

    Ces images, ce sont celles de l’activité cérébrale de nos enfants : rouge vif quand les synapses s’affolent, bleu profond quand elles sont au repos. Elles nourrissent les travaux du chercheur sur les différentes régions du cortex dévolues aux apprentissages – « bosse des maths » ou « boîte aux lettres » de la lecture.

    La « bosse des maths » est une expression qu’on doit à la phrénologie, une pseudo-science du XIXème siècle qui associait capacités cognitives et formes du crâne (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Phr%C3%A9nologie). « La Bosse des Maths » est d’ailleurs le titre d’un livre de Stanislas Dehaene qui semble revendiquer lui-même une forme de filiation (cf. https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/mathematiques/bosse-des-maths_9782738125248.php).
    Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste et neuroscientifique, qualifié par ses détracteurs le « Raspoutine de Blanquer », est le Président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_scientifique_de_l%27%C3%89ducation_nationale).

    2. Une vision mécaniste des apprentissages

    Pour le scientifique, cela justifie d’adopter une méthode d’apprentissage explicite, répétitive et progressive : décoder des syllabes (ba, bo, bu), puis des pseudo-mots (tarba, rabata), puis des mots et des phrases entièrement décryptables – « la banane du bébé est belle ».

    3. Une idéologie et non une pédagogie

    Deux des membres du CSEN, Dehaene lui-même et le Marseillais Jo Ziegler développent des logiciels qui permettent aux élèves à besoin de s’entraîner « en fond de classe sans accaparer leurs enseignants ».

    Accaparer … tout est dit. Dehaene et Blanquer sont les meilleurs élèves du macronisme. Sous des propos consensuels ("aider les élèves les plus fragiles") et des argumentaires scientistes, il s’agit bien de construire une école efficace qui ne perd pas de temps avec les derniers de cordée à besoin .

    #éducation #neurosciences #apprentissage

    NB : L’article est sous #paywall, mais… on peut en retrouver l’intégralité dans la revue de presse (à la gloire) du Ministère qui gère moyennement le respect du droit d’auteur (ou de propriété ?), ici : https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/public/Presse/Panorama_presse/Janvier_2019/Panoramanational_20190122.pdf

  • Annie Collovald : le « populisme » du FN : retour sur une invention médiatique
    http://www.acrimed.org/article4625.html

    Il faut rappeler que la qualification du FN comme populisme est récente et qu’elle ne s’est pas imposée d’emblée. Il a fallu du temps et surtout différentes mobilisations d’interprètes de la vie politique pour qu’elle gagne en plausibilité et en sérieux, du moins apparent. Son évidence d’aujourd’hui a été progressivement construite, au prix d’une double réorientation des perspectives originelles : celles voyant dans le FN un « fascisme » ou une extrême droite, et regardant surtout les dirigeants de ce parti (leur parcours politique, leurs relations avec la collaboration sous Vichy puis avec l’OAS, leurs discours racistes, etc.). Désormais, c’est le lien unissant un chef supposé charismatique à des électeurs supposés issus majoritairement des classes populaires qui justifie la (...)

  • Les coachs d’orientation se positionnent sur le « nouveau lycée » (Le Monde)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/14/les-coachs-d-orientation-se-positionnent-sur-le-nouveau-lycee_5435942_3224.h

    Grâce aux réformes Blanquer, le “Marché de l’angoisse” (et ses acteurs privés) est en pleine expansion.

    Pour y voir plus clair dans son orientation, Maxime, 15 ans, et sa famille ont fait appel à un cabinet privé. Une démarche qui arrive de plus en plus tôt dans la scolarité.

    […]

    Lui comme plusieurs coachs privés d’orientation interrogés par Le Monde observent ce mouvement : la cible de leurs clients s’est élargie. Si les jeunes de terminale restent majoritaires, des élèves de première, mais aussi de seconde viennent frapper à leur porte.

    #éducation #secondaire #baccalauréat #orientation

    • Il a fallu accélérer la cadence. « Quand nous avons vu qu’il fallait choisir dès cette année des spécialités pour la classe de première, on a décidé de faire appel à un cabinet d’orientation plus tôt que prévu », rapporte Laura, dont le fils, Maxime (les prénoms ont été changés à leur demande), 15 ans, suit son année de seconde au lycée Notre-Dame-du-Grandchamp, à Versailles.

      Mère, père et fils sont installés autour de la table, ce lundi 11 mars, dans une petite salle d’un appartement de bureaux d’un immeuble chic du 8e arrondissement parisien, pour clore le bilan d’orientation du jeune homme. « Nous allons regarder ensemble tes dominantes, parmi les 50 critères de personnalité qui ressortent de l’étude de potentiel que tu as remplie », expose Alexandre de Lamazière, costume noir rayé et chevalière au doigt, président du cabinet privé ODIEP depuis 2009, qui suit quelque 300 jeunes par an.

      Lui comme plusieurs #coachs privés d’orientation interrogés par Le Monde observent ce mouvement : la cible de leurs clients s’est élargie. Si les jeunes de terminale restent majoritaires, des élèves de première, mais aussi de seconde viennent frapper à leur porte. « On se pose la question de l’orientation de plus en plus tôt », estime Armelle Riou, PDG de Mental’O.

      « Inquiétude parentale »
      « Le #coaching_scolaire est une pratique qui date du début des années 2000, mais elle est montée en puissance ces dernières années, avec l’arrivée des “#coachs_d’orientation ” », constate Anne-Claudine Oller, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation à l’université Paris-Est-Créteil. Outre un « mouvement général de société mettant l’accent sur la performance et le développement personnel », la sociologue pointe un facteur double dans le monde de l’éducation : d’un côté « l’inquiétude parentale face à l’insertion sur le marché du travail », de l’autre « des réformes qui se succèdent et alimentent l’angoisse, d’APB [la plate-forme Admission post bac] à Parcoursup, en passant par le lycée réformé cette année ».

      Les voies générales S, ES, L vont disparaître à la prochaine rentrée, au profit de trois spécialités à prendre en classe de première, deux en terminale, adossées à un tronc commun. « Il va falloir développer des démarches stratégiques pour savoir comment choisir ces options », résume-t-elle.

      La question est au cœur des discussions entre le coach parisien et la famille de Maxime, second d’une fratrie de cinq enfants et au profil de bon élève. « Tu as un profil très créatif », décrypte le coach au regard du test de Maxime, qui a suivi trois autres rendez-vous depuis février, pour un coût de 700 euros. Avant d’évoquer différents parcours possibles pour rejoindre les métiers de la communication, du numérique, ou encore du graphisme.

      Une spécialité fait longuement débat : faut-il prendre les maths ? Le lycéen n’aime pas franchement la matière. « Mais si tu ne prends pas les maths, beaucoup de portes vont se fermer ensuite », juge Alexandre de Lamazière, alors que Maxime s’inquiète déjà du niveau difficile promis dans la discipline.

      « Stratégie complexe »

      « Les attendus du postbac, ils ont été dévoilés ? », interroge Laura. Un ange passe. « Mais pourquoi ils n’ont pas gardé les maths dans le tronc commun ? », s’interroge le père, commercial dans une entreprise en logiciel. Compromis va être in fine trouvé, en choisissant au moins les maths en première, « par sécurité ».

      Mais la réflexion n’est pas si simple. « Si tu abandonnes les maths, il te restera SVT et histoire-géographie en terminale, constate Laura, au regard des deux autres options envisagées par son garçon. Pas très cohérent… » « C’est vraiment de la stratégie complexe », lâche son mari, désarçonné. Exit les sciences de la vie et de la Terre donc, ce seront les sciences économiques et sociales.

      « Finalement, c’est un peu ce que je pensais au début », réagit le jeune homme, qui avait remis le matin même ses souhaits de spécialités à son lycée. « Maintenant, on en est sûr », ajoute Alexandre de Lamazière, tout en lui conseillant dans tous les cas de « bien “performer” » par la suite. « Même dans les établissements publics et les facs, c’est difficile de rentrer maintenant ! »

      Réforme du lycée : « Les professeurs font tenir un système qui engendre une #angoisse permanente » , TRIBUNE, Thibaut Poirot, Professeur d’histoire en lycée, 04 février 2019

      Le professeur agrégé d’histoire Thibaut Poirot réagit aux propos du ministre Jean-Michel Blanquer, qui a qualifié les enseignants sceptiques à l’égard de la réforme du lycée de « ventilateurs d’angoisse ».Publié le 04 février 2019 à 16h40 -

      Monsieur le Ministre,
      Vous avez qualifié les sceptiques à l’égard de la réforme du lycée de « ventilateurs à angoisse » dans votre interview au JDD du dimanche 3 février. Je tenais à vous faire part respectueusement d’un fait : j’en suis un. Comme des centaines de milliers d’agents du premier service public de France. Non par conservatisme professoral, qui relève du mythe. Oui, le baccalauréat doit changer. Mais je suis devenu un ventilateur, par accumulation. Les courants du doute font tourner de plus en plus rapidement les pales de mon angoisse. Parce que je vois comme d’autres que nous courons à la catastrophe, par habitude si française de préparer sans soutien et sans vrai temps de réflexion une réforme au pas de charge, sans prendre garde aux obstacles et aux difficultés, aux motifs sérieux d’inquiétude sur les motivations, sans entendre les questions concernant les moyens de sa mise en œuvre.
      Je suis bien un ventilateur à angoisse et je le regrette. Car comme nombre de mes collègues, je vois arriver avec un certain malaise les échéances d’une réforme illisible, mal préparée, tant pour le bac 2021 que pour le lycée professionnel.

      « Ventilateurs à angoisse ». Oui, Monsieur le Ministre. Il n’y a rien d’étonnant. Serions-nous dans un tel état si cette année n’avait pas enchaîné depuis le 1er septembre les annonces contradictoires, les décisions unilatérales de dernière minute ?

      Pas d’effet magique de la réforme
      Monsieur le Ministre, les professeurs sont des individus comme les autres : normalement constitués, dotés d’un cerveau et capables de s’en servir. Quand l’arrivée de la fameuse « DHG » (Dotation horaire globale, qui fixe les moyens d’un établissement) largement ignorée du grand public s’apparente cette année dans chaque lycée de France à une angoisse collective, oui, nous avons un problème. J’ai bien du mal à croire, Monsieur le Ministre, que nous n’aurons que 27 élèves par classe au lycée à la rentrée prochaine, comme vous le laissiez entendre. Il n’y a pas d’effet magique de la réforme.

      Quand votre consultation des professeurs n’entraîne aucun changement majeur des nouveaux programmes inapplicables du lycée, je suis angoissé. Quand vous balayez le vote du Conseil supérieur de l’éducation sur ces programmes, je suis angoissé. Quand nous ne connaissons toujours pas les modalités d’évaluation au baccalauréat dont les nouvelles épreuves commencent dès janvier 2020 (épreuve de contrôle continu), je suis angoissé. Quand nous n’avons pas de réponses à des questions essentielles à six mois d’une rentrée qui se veut une révolution au lycée, je suis angoissé. Quand nous ne savons pas à quoi nous préparons nos élèves, je suis plus qu’angoissé. Aucune heure de préparation au fameux grand oral, aucun moyen effectif sur l’accompagnement à l’orientation, aucune idée des formats d’épreuves. Le vide crée l’angoisse.

      Mais les enseignants ne la montrent pas, cette angoisse. Ils font tenir un système qui engendre pourtant cette angoisse permanente. Cette angoisse, ils la cachent aux familles. Ils conseillent, tentent d’anticiper les effets sur l’orientation. Car les parents, eux aussi, sont angoissés. Comme pour Parcoursup l’an dernier, les enseignants encaissent vos choix, avec l’espoir que cette fois-ci la méthode sera meilleure, les inquiétudes écoutées, le calendrier tenable. Vœux pieux. Pourtant, ils continuent d’être ce filet de sécurité social et politique dans une France de plus en plus angoissée.

      Désengagement des professeurs

      Monsieur le Ministre, je suis un citoyen comme les autres. Je vote (encore). Le corps professoral fait (faisait ?) encore partie de cette frange de la population dont le réflexe républicain à chaque élection est fort. Et depuis 2014, les enseignants ont été bien souvent (trop souvent) au cœur de ce « barrage contre l’extrême droite » qui sert aujourd’hui de mot d’ordre au président de la République.

      Mais voyez-vous, Monsieur le Ministre, tout ce qui concourt à faire passer une vérité auprès de l’opinion en balayant les alarmes, les alertes sur un manque de pilotage d’une réforme, je me dis que ce réflexe ne durera pas longtemps. Je le déplore, j’en ai des angoisses (encore d’autres angoisses…), mais c’est ainsi. Et il faudra encore de nombreuses années pour réparer les blessures, la vindicte, les mots qui n’ont rien à envier aux fameux « cyniques et fainéants » du président. L’angoisse n’est pas seulement un état, Monsieur le Ministre, elle est le terrain du désengagement des professeurs qui refusent de servir de vigies républicaines aux élections pour porter au pouvoir une politique qui renie l’idée même d’un système éducatif républicain, c’est-à-dire respectueux de ses agents.

      Je voudrais, nous voudrions du temps, du temps pour comprendre, pour préparer, pour accompagner. Ce temps, vous le refusez. Mais le temps, joue aussi contre le politique. Ce temps, c’est celui qui prépare les crises démocratiques.
      Par deux fois dans notre histoire récente, si l’extrême droite a pu accéder au deuxième tour de l’élection présidentielle, c’est parce qu’un gouvernement de gauche n’a pas su écouter ses professeurs. Certes, me direz-vous, vous n’êtes pas de gauche. Mais le passage de M. Allègre au ministère [de 1997 à 2000] comme la réforme des zones d’éducation prioritaire et la réforme du collège ont eu des conséquences démocratiques. Parce qu’aucune organisation n’avait mis quelque énergie à écouter ce que les enseignants avaient à dire. Dispersés, déboussolés, ils ont fait défaut à ceux qui pensaient être « le parti traditionnel des professeurs ».

      La leçon vaut pour la gauche, pour la droite, pour toute organisation politique. Je crois que demain, ces électeurs-là ne vous feront pas seulement défaut. Ils refuseront sans doute une nouvelle fois de servir de renfort démocratique quand le scénario politique du pire se reproduira encore. La France y perdra, votre réforme aussi. Monsieur le Ministre, donnez-nous du temps.

  • Pourquoi les filles ont délaissé l’informatique
    http://theconversation.com/pourquoi-les-filles-ont-delaisse-linformatique-110940

    C’est un fait qui saute aux yeux de tout organisateur de salon d’orientation post-bac ou de journées portes ouvertes en école d’ingénieurs : les garçons sont largement plus nombreux que les filles à se presser autour des stands dédiés aux métiers du numérique. On pourrait croire qu’il en a toujours été ainsi. D’ailleurs, cet état des lieux est ancré dans les mentalités, la figure du « geek » se déclinant encore souvent au masculin.

    Cela ferait presque oublier qu’aux débuts de ce qu’on appelait l’« informatique », de nombreuses mathématiciennes ont joué un rôle clé. Parmi ces grandes figures, on peut citer Grace Hopper, qui a imaginé la notion de compilateur et en a fait le premier prototype en 1952. C’est une femme, Mary Keller, qui a soutenu la première thèse en informatique, en 1965.

    On peut citer aussi Kathleen Booth, pionnière de la reconnaissance de caractères et de la traduction automatique. Ou Barbara Liskov, qui programme en 1968 un des premiers jeux d’échecs, et devient professeure en intelligence artificielle au MIT.

    #femmes #genre #sexisme #culture_geek #informatique

  • Study finds a potential risk with self-driving cars: failure to detect dark-skinned pedestrians - Vox
    https://www.vox.com/future-perfect/2019/3/5/18251924/self-driving-car-racial-bias-study-autonomous-vehicle-dark-skin

    If you’re a person with dark skin, you may be more likely than your white friends to get hit by a self-driving car, according to a new study out of the Georgia Institute of Technology. That’s because automated vehicles may be better at detecting pedestrians with lighter skin tones.

    The authors of the study started out with a simple question: How accurately do state-of-the-art object-detection models, like those used by self-driving cars, detect people from different demographic groups? To find out, they looked at a large dataset of images that contain pedestrians. They divided up the people using the Fitzpatrick scale, a system for classifying human skin tones from light to dark.

    The researchers then analyzed how often the models correctly detected the presence of people in the light-skinned group versus how often they got it right with people in the dark-skinned group.

    The study’s insights add to a growing body of evidence about how human bias seeps into our automated decision-making systems. It’s called algorithmic bias.

    The most famous example came to light in 2015, when Google’s image-recognition system labeled African Americans as “gorillas.” Three years later, Amazon’s Rekognition system drew criticism for matching 28 members of Congress to criminal mugshots. Another study found that three facial-recognition systems — IBM, Microsoft, and China’s Megvii — were more likely to misidentify the gender of dark-skinned people (especially women) than of light-skinned people.

  • LCI orchestre le “retour en grâce” de Marine Le Pen | Samuel Gontier
    https://www.telerama.fr/television/lci-orchestre-le-retour-en-grace-de-marine-le-pen,n6172876.php

    Après BFMTV en janvier, LCI dédiait mardi dernier toute une soirée au “renouveau” de Marine Le Pen, sondage édifiant à l’appui et document émouvant en bandoulière. Ou comment marier dépolitisation et dédiabolisation pour promouvoir la seule adversaire digne d’Emmanuel Macron. Source : Ma vie au poste

  • Le temps compté | #Bernard_Aspe
    https://www.terrestres.org/2019/03/05/le-temps-compte
    Notes sur quelques textes récents de #Jacques_Rancière

    L’autre #temps, qu’instaure un #moment politique, c’est donc celui qui échappe à la simple succession des choses qui « arrivent les unes après les autres ». Mais il y a plusieurs manières d’échapper à la succession. Si la matrice aristotélicienne de la mimesis demeure féconde pour nos dominants, c’est dans la mesure où elle permet une construction du temps qui ne s’en tient pas à la simple chronique, à la simple description de ce qui arrive, à l’enregistrement de la succession des faits. Elle est une matrice parce qu’elle est une reconstruction de ce qui arrive, une reconstruction qui fait de ce qui arrive un enchaînement de causes et d’effets, et plus encore : le développement inéluctable de ce qui est donné dans les conditions objectives de la situation présente.

    Quitter cette matrice, c’est proposer un autre enchaînement des moments ; c’est mettre en œuvre un « pouvoir du moment qui crée un enchaînement temporel déviant ». Ce pouvoir du moment peut trouver son origine dans la situation la plus contrainte. Lorsque Gabriel Gauny raconte une journée de travail, il ne parle pas des gestes nécessaires pour que s’opère la production de l’objet demandé par les patrons ; il parle de ce qui fait dévier cette commande : un geste différent de la main, un regard qui dévie et fait dériver la pensée, une pensée qui survient inopinément et qui change le rythme du corps, un jeu d’affects qui fait que la servitude ressentie ou la liberté éprouvée se traduisent en gestes d’allures diverses et en enchaînements contradictoires de pensée. Ainsi se produisent toute une série d’écarts positifs avec le temps normal de la reproduction de l’être-ouvrier ». Une fois repéré cet écart au sein même de la situation de travail, le geste déviant peut être lié à autre chose qu’à la production à laquelle il est censé être ordonné, par exemple aux journées insurrectionnelles de 1830 ou de 1848, « où le peuple des hommes “passifs” a oublié “le temps qui n’attend pas” et déserté les ateliers pour aller dans la rue affirmer leur participation à une histoire commune ».

  • « La pollution de l’air tue deux fois plus que prévu »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/03/12/la-pollution-de-l-air-tue-deux-fois-plus-que-prevu_5435029_3244.html

    Selon une étude inédite, les particules fines seraient à l’origine de 800 000 morts prématurées par an en Europe et près de 9 millions à l’échelle de la planète.

    La #pollution de l’air tue. Et le nombre de ses victimes a jusqu’ici été très largement sous-estimé, selon une étude publiée mardi 12 mars dans l’European Heart Journal. La revue médicale de la Société européenne de cardiologie conclut en effet que cette pollution serait à l’origine d’environ 800 000 morts prématurées en Europe chaque année. Un bilan sinistre, qui atteint près de 9 millions à l’échelle de la planète. Des chiffres deux fois supérieurs aux dernières estimations officielles.

    Dans son rapport 2018 publié en octobre, l’Agence européenne de l’environnement concluait que l’exposition aux #particules_fines (PM2,5, de diamètre inférieur à 2,5 micromètres), principalement, était responsable d’environ 422 000 morts prématurées (avant l’âge de l’espérance de vie) dans l’ensemble des 41 pays européens, dont 391 000 dans les 28 Etats membres de l’Union européenne (UE).

    L’excès de mortalité imputable à la pollution de l’air ambiant serait en fait de 790 000 au niveau continental, dont 659 000 au sein de l’UE, assurent les auteurs de l’étude dirigée par une équipe de chercheurs allemands de l’Institut Max-Planck de chimie. A l’échelle de la planète, ils arrivent au chiffre impressionnant de 8,8 millions de morts par an, soit près du double des 4,5 millions de morts retenus jusqu’ici par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la #pollution_de_l’air extérieur.

    #mortalité #santé

  • La multiplication des #microbarrages menace les dernières #rivières sauvages
    https://reporterre.net/La-multiplication-des-microbarrages-menace-les-dernieres-rivieres-sauvag

    L’#hydroélectricité s’est durablement installée dans le #mix_énergétique français. Mais ses promoteurs, vantant « la plus belle des électricités », veulent équiper davantage les #cours_d’eau de microbarrages. Au grand dam des associations de défense de la #biodiversité_aquatique.

    En Haute-Loire, l’opposition monte contre des projets de minicentrales hydrauliques
    https://reporterre.net/En-Haute-Loire-l-opposition-monte-contre-des-projets-de-minicentrales

    Une énergie stockable, générée localement, sans rejets de polluants… Les #microcentrales_hydrauliques ont de sérieux atouts. Qui n’emportent pas toujours l’adhésion des associations de défense de l’#environnement et des habitants concernés, comme à Chamalières-sur-Loire ou à Chanteuges.

    #études_d'impacts #changement_climatique

  • Des nouvelles du bled : #Pesticides et #Parkinson : à Angers, la justice reconnaît (enfin) l’origine professionnelle de la maladie

    Pesticides : l’origine professionnelle de la maladie de Parkinson reconnue
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/03/11/97001-20190311FILWWW00058-pesticides-l-origine-professionnelle-de-la-maladi

    Marcel Geslin, un ancien employé arboricole, mort l’an dernier à 74 ans, a obtenu aujourd’hui la reconnaissance par la justice de l’origine professionnelle de sa maladie de Parkinson, a appris l’AFP auprès de sa famille.

    « Ce n’est pas qu’une victoire pour l’honneur. Nous souhaitons qu’elle contribue à faire évoluer la législation sur les maladies professionnelles liées aux produits phytosanitaires, afin que ce qui est arrivé à mon frère n’arrive plus », a commenté Michel Geslin, frère et tuteur de Marcel, qui a mené le combat administratif pour obtenir cette reconnaissance devant le Tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) du Maine-et-Loire. Employé pendant 37 ans dans la même entreprise arboricole à Loiré (ouest d’Angers) où il a passé toute sa vie, Marcel Geslin était préposé à l’entretien des vergers, la taille, l’éclaircissage, la cueillette... « Il ne manipulait pas lui-même les produits phytosanitaires. Mais comme tous les employés à l’époque, il travaillait dans les rangs pendant et après les traitements », rapporte Michel Geslin.

    Apparus en 2008 après son départ en retraite, ses troubles ont été diagnostiqués « de type Alzheimer » avant d’être requalifiés en « maladie de Parkinson » quelques années plus tard, entraînant l’ouverture d’une demande de reconnaissance en maladie professionnelle provoquée par les pesticides. « Cette reconnaissance nous a été refusée une première fois en 2017 parce que le certificat initial de son médecin traitant n’avait fait mention que de troubles de mémoire. Alors même que la MSA (Mutualité sociale agricole) disposait de tous les avis des spécialistes », regrette Michel Geslin.

    Un deuxième refus sera opposé à la famille en 2018 pour des questions de délai d’instruction. C’est l’avis du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Bretagne, où le cas de Marcel Geslin a été délocalisé, qui se révélera décisif. « C’est un cas emblématique car il montre que les organismes de protection sociale agricole, bien que parfaitement informés, préfèrent laisser filer. Pour qui veut faire reconnaître sa maladie, c’est un parcours du combattant », assure Michel Besnard, porte-parole du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, lequel revendique 14 reconnaissances auprès des Tass de la région depuis sa création il y a quatre ans.

    A l’échelle nationale, il n’existe aucune donnée statistique publique sur les maladies professionnelles liées aux produits phytosanitaires. En 2017, Patrice Heurtaut, directeur de la santé-sécurité au travail de la MSA avait indiqué qu’elles représentaient « 2% des maladies professionnelles déclarées au titre du régime agricole ». Phytovictimes, autre association d’aides aux victimes professionnelles, a recensé 429 dossiers depuis sa création en 2011, dont 92 pour des maladies de Parkinson.

    Article du Monde du 09/05/2012 :
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/le-lien-entre-la-maladie-de-parkinson-et-les-pesticides-officiellement-recon

    Lundi 7 mai, est entré en vigueur un décret qui reconnaît la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle et établit explicitement un lien de causalité entre cette pathologie – seconde maladie neurodégénérative en France après Alzheimer – et l’usage des pesticides.

    #maladies_professionnelles #agriculture_toxique #foutage_de_gueule

    • https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/l-origine-professionnelle-de-la-maladie-de-parkinson-reconnue-202-146202.h

      L’audience s’est tenue devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Maine-et-Loire (Tass) lundi. « Le Comité Régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Bretagne a reconnu ce caractère professionnel. Et la Mutualité sociale agricole ne s’y oppose plus. Il n’y a plus d’obstacle. Nous souhaitons qu’elle contribue à faire évoluer la législation sur les maladies professionnelles liées aux produits phytosanitaires, afin que ce qui est arrivé à mon frère n’arrive plus », a commenté Michel Geslin, frère et tuteur de l’employé décédé. Celui-ci, Marcel Geslin, avait travaillé pendant 37 ans dans la même entreprise arboricole à Loiré (ouest d’Angers) où il a passé toute sa vie. Il était préposé à l’entretien des vergers, la taille, l’éclaircissage, la cueillette... « Il ne manipulait pas lui-même les produits phytosanitaires. Mais comme tous les employés à l’époque, il travaillait dans les rangs pendant et après les traitements », rapporte Michel Geslin.

      Apparus en 2008 après son départ en retraite, ses troubles ont été diagnostiqués « de type Alzheimer » avant d’être requalifiés en « maladie de Parkinson » quelques années plus tard, entraînant l’ouverture d’une demande de reconnaissance en maladie professionnelle provoquée par les produits phytosanitaires. « Cette reconnaissance nous a été refusée une première fois en 2017 parce que le certificat initial de son médecin traitant n’avait fait mention que de "troubles de mémoire". Alors même que la MSA (Mutualité sociale agricole) disposait de tous les avis des spécialistes », regrette Michel Geslin. Un deuxième refus sera opposé à la famille en 2018 pour des questions de délai d’instruction.

      C’est l’avis du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Bretagne, où le cas de Marcel Geslin a été délocalisé, qui a changé la donne. « C’est un cas emblématique car il montre que les organismes de protection sociale agricole, bien que parfaitement informés, préfèrent laisser filer. Pour qui veut faire reconnaître sa maladie, c’est un parcours du combattant », assure Michel Besnard, porte-parole du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, lequel revendique 14 reconnaissances auprès des Tass de la région depuis sa création il y a quatre ans. Patrice Heurtaut, directeur de la santé-sécurité au travail de la MSA, avait indiqué en 2017 que la maladie de Parkinson représentait « 2 % des maladies professionnelles déclarées au titre du régime agricole ». Phytovictimes, autre association d’aides aux victimes professionnelles, a recensé 429 dossiers depuis sa création en 2011, dont 92 pour des maladies de Parkinson.

    • https://www.oxygeneradio.com/news/loire-les-pesticides-ont-tue-un-ouvrier-arboricole-20252

      La famille de Marcel Geslin, ouvrier agricole dans des vergers à pommes de Loiré, vient d’obtenir la reconnaissance de sa maladie de Parkinson comme maladie professionnelle due aux pesticides, après 3 ans de combat contre le refus de la MSA.

      La maladie d’un Loiréen vient d’être reconnue d’origine professionnelle. Marcel Geslin est décédé en juillet dernier de Parkinson, après 37 ans d’exposition aux pesticides dans des vergers à pomme de Loiré.

      Cette reconnaissance par le tribunal des Affaires de sécurité sociale (TASS) hier à Angers est « exemplaire » selon le Collectif de soutien aux victimes de pesticides de l’Ouest. La famille de Marcel Geslin s’est battue pendant près de 3 ans contre le refus de la MSA en saisissant le tribunal et deux comités de reconnaissance en maladie professionnelle, à trois reprises.

      « La Mutualité sociale agricole (MSA) n’informe pas ses assurés de leur droit », gronde Michel Besnard du collectif, et cette reconnaissance est « la preuve que les pesticides tuent ». La famille de Marcel Geslin recevra la confirmation du tribunal par courrier le 15 avril.

  • Oui, des multinationales privées financent bien des partis politiques européens
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/03/10/oui-des-multinationales-privees-financent-bien-des-partis-politiques-europee

    Uber, Bayer ou encore Disney financent les grands partis politiques européens par de généreuses contributions. Une pratique légale, mais qui pose question. L’omniprésence des lobbys au sein des institutions européennes est de notoriété publique. Le fait que de grandes entreprises privées et des groupements industriels financent directement des partis politiques européens l’est moins. C’est une réalité qu’a rappelée Marine Le Pen, jeudi 7 mars, sur RTL, en dénonçant le financement par des « lobbys », et (...)

    #Bayer #Google #Disney #Uber #lobbying

  • Parmi divers moyens héritées de la Bac (premier service policier doté de flash ball) ou de l’armée (grenades, blindés, hélicoptères), le maintien de l’ordre emploie actuellement des fusils d’assaut et des snippers.

    Manifestation du samedi 9 mars à Metz
    https://twitter.com/mazoudemetz/status/1104406961880268800

    Snipper dans la manifestation et non sur les toits comme ce fut le cas par exemple en décembre à Paris
    https://twitter.com/mazoudemetz/status/1104408517677641728

    #manifestation #armes_longues #fusils_d'assaut #gilets_jaunes #snippers #armes_de_la_police #violence_d'État #militarisation #police #terreur_diffuse #ça_rappelle_la_Guerre_d'Algérie

  • What Not to Wear: The Deadliest Hats, Scarves, and Skirts in History | Collectors Weekly
    https://www.collectorsweekly.com/articles/what-not-to-wear

    The following is a public service announcement from Killer Fashion author Jennifer Wright: If you wrap a piece of fabric around your neck—whether it’s a fabulous scarf, a dashing cravat, or a dapper necktie—you just might be tying your own noose. Why would she say such a thing? Well, consider the death of choreographer and dancer Isadora Duncan, who was known for her flowing, Grecian garments. Duncan met her maker on September 14, 1927, when she went for a drive and her long, flamboyant scarf got caught in her automobile’s back wheel.

    “My mother never spotted anybody sporting a scarf without reminding me that Isadora Duncan had her head pop off because she wore a scarf,” says Wright, a freelance journalist who’s written several pieces on fashion history for Racked. “The danger of fashion is something that I learned about at a very early age.”

    In her illustrated book Killer Fashion: Poisonous Petticoats, Strangulating Scarves and Other Deadly Garments Throughout History, published by Andrews McMeel in late 2017, Wright details myriad ways fashion—from clothes and accessories to beauty products—has literally slayed people. It’s an homage to Edward Gorey’s 1963 alphabet book, The Gashlycrumb Tinies, an illustrated poem with 26 lines describing the deaths of 26 children. Each of Killer Fashion’s 26 entries, listed in alphabetical order, includes a write-up, a Gorey-style illustration of the horror described, and a four-line poem by Wright. For example, an entry entitled “Bras” is accompanied by this rhyme: “A simple piece of metal wire / holds a lady’s breasts up higher. / But they can be in for quite a jolt, / if it attracts a lightning bolt.”
    Above: Ah, the underwire bra. It pokes, it rubs, it digs—but does it kill? (Via eBay) Top: An 1860 lithograph print reads “Fire. The Horrors of Crinoline & The Destruction of Human Life.” (From the Wellcome Library via WikiCommons)

    Above: Ah, the underwire bra. It pokes, it rubs, it digs—but does it kill? (Via eBay) Top: An 1860 lithograph print reads “Fire. The Horrors of Crinoline & The Destruction of Human Life.” (From the Wellcome Library via WikiCommons)

    But, seriously, how many women have died getting a lift from Victoria’s Secret? “In 2009, two women struck by lightning were killed because the underwire in their bras acted as a conductor. That was a freak accident,” Wright admits. “But just think about it the next time you’re out in a lightning storm,”she says with a foreboding note creeping up in her voice. “It’s just a cool thing for you to remember.”

    “By not wearing a hat, John F. Kennedy and Elvis saved a lot of lives.”

    Many women have heard the old adage, “One must suffer for beauty”—“Il faut souffrir pour etre belle” in French—so like the pain of an uncomfortable push-up bra worn to achieve a curvier silhouette, death by fashion might seem like a grim comeuppance for feminine vanity. But the most troubling stories in Killer Fashion aren’t even about the style mavens who wore the toxic looks, but the poor souls tasked with making the clothes.

    While fashionable flappers adopted the questionable habit of applying glow-in-the-dark radium on their lips and teeth to shimmer on the dance floor, the women who suffered most from exposure to radioactivity were the “Radium Girls” who worked in factories in the 1920s carefully painting the small numbers on the faces of swanky Undark watches and licking their glowing paint brushes to make a finer point. In a particularly gruesome Killer Fashion passage, Wright explains, “The radium painters’ teeth began to rot. When they went to the dentist to have their teeth pulled, some of their jawbones crumbled under the pressure.” In fact, the radium weakened all their bones and gave them tumors. In a few short years, the radium-factory death toll had reached 50.
    In 1922, Radium Girls worked in a factory for the United States Radium Corporation, which made a luminescent paint called Undark, used on fashionable watch dials. (From the Rutgers University Libraries, via WikiCommons)

    In 1922, Radium Girls worked in a factory for the United States Radium Corporation, which made a luminescent paint called Undark, used on fashionable watch dials. (From the Rutgers University Libraries, via WikiCommons)

    The industrial processes used to make fabric for clothes often proved to be killers. Asbestos, a marvel fabric that would not burn in a fire, gave the men who mined it and the women and children who spun it into fabric in the 1850s chronic shortness of breath and cancer. In the early 20th century, the manufacturers of viscose, a cheaper alternative to silk, were exposed to carbon disulfide, which made them manic and inclined to jump out the factory window. If they survived, they were later prone to Parkinson’s disease.

    The viscose makers weren’t the only workers to have their minds altered by noxious gasses released during the processing of raw material. In the 1700s, haberdashers who used mercury to make felt for their hats—everything from tricorns to top hats—suffered from tremors, mood swings, a decline in brain function, kidney disease, and respiratory failure. When Alice in Wonderland author Lewis Carroll was growing up, he likely encountered several of these “mad hatters,” and they weren’t like the adorable tea-swilling kook you see in the Disney film. Despite doctors’ warning about mercury as early as the 1757, felt hats were processed with mercury for nearly 200 years until hats fell out of fashion in the 1960s. “By not wearing a hat, John F. Kennedy and Elvis saved a lot of lives,” Wright tells me.
    Lewis Carroll’s inspiration for The Mad Hatter—illustrated by John Tenniel in the original 1865 “Alice’s Adventures in Wonderland”—were much sadder figures in real life: haberdashers poisoned by mercury.

    Lewis Carroll’s inspiration for The Mad Hatter—illustrated by John Tenniel in the original 1865 “Alice’s Adventures in Wonderland”—were much sadder figures in real life: haberdashers poisoned by mercury.

    Outside of factory workers, lower-class women often put their lives on the line aspiring to look like one of the elite. For example, in the 1890s, when French engineer and industrialist Comte Hilaire de Chardonnet developed a pre-viscose artificial silk, dubbed Chardonnet, women clamored for dresses made of this affordable but luxurious-looking fabric. Unfortunately, Chardonnet was also highly combustible. A woman elevated in status by an elegant silk-like dress could go up in flames if she got too close to a candle.
    What foot binding did to the feet. (Via China Highlights)

    What foot binding did to the feet. (Via China Highlights)

    But fashion, historically, also hobbled women with the highest status. Sitting near the top of a patriarchy required a woman to look like a dainty, fragile doll who’d never seen a field or walked more than a few steps on her own accord. As far back as 850, the Chinese would break little girls’ feet and bind them so they wouldn’t grow more than four inches long. As a result, the women grew up tottering on deformed feet, known as golden lotuses, that looked like high-arched deer hooves (and bear a startling resemblance to the shape of modern high heels). Often, the women’s toes would curl under their feet, and when the toenail cut into her skin, the resulting infection could lead to septic shock.

    “The lotus foot was popular because it meant that you weren’t going to work in the field,” Wright says. “The women’s toes fell off! That was considered a good thing because it would allow for tighter binding and tinier feet.” In extreme examples of foot binding, “you probably had to be carried places, which implied that you would always have enough wealth to have servants and you’d never need to do much walking.

    “I was so shocked to learn that the last factory producing lotus shoes didn’t close until 1999,” Wright continues. “Even that recently, some women in China were expected to bind their feet to outrageously tiny proportions in order to attract a mate.”
    An extremely tall Venetian chopine made from wood covered in white leather with minimal ornamentation. (Courtesy the Bata Shoe Museum)

    An extremely tall Venetian chopine made from wood covered in white leather with minimal ornamentation. (Courtesy the Bata Shoe Museum)

    But the Chinese weren’t the only culture with a strange footwear fetish. In 16th-century Italy, aristocratic women wore tall platforms known as chopines that also restricted their ability to move freely. “It’s important to remember that Venetian upper-class women were sequestered and hidden from view most of the time,” as Bata Shoe Museum curator Elizabeth Semmelhack told Collectors Weekly in 2014. “They never dressed themselves. Maybe they put their own clothes on, but they didn’t choose what to wear—the representational aspects of their dress were chosen for them.

    “Sometimes these women were put out like parade floats, mounted on very high chopines in splendid dresses,” she continued. “Their job was to convey the wealth of their families as well as the larger affluence of Venice. They had to walk very slowly and required the aid of two servants to navigate whatever space they were moving through.”

    Today, women’s mobility is still compromised by high heels, particularly the high-end stilettos and pumps made by Jimmy Choo, Manolo Blahnik, and Christian Louboutin, whose footwear is designed to convey wealth and preciousness. “If a woman is wearing high heels, she’s not going to be running around the city delivering packages,” Wright tells me. “She’s just going to be walking slowly to tea.”
    This modern-day Christian Louboutin python-skin pump retails for $1,495 a pair and features a 5-inch heel. (via eBay)

    This modern-day Christian Louboutin python-skin pump retails for $1,495 a pair and features a 5-inch heel. (via eBay)

    While women often choose high heels for themselves for reasons of status, the sense of power that comes with added height, the amped-up sex appeal, and the element of danger implied by a sharp heel, there’s no question that the higher the heel you wear, the harder it is to run. It’s a cliché of horror, sci-fi, and adventure films to depict a beautiful woman stumbling in the face of danger or throwing off her shoes to run from a monster. But in real life, stilettos can deny a woman a quick escape from a monstrous man—and make an everyday activity a hazard.

    In Killer Fashion, Wright explains how Winston Churchill’s mother, Jennie Jerome, fell to her death in 1921 trying to navigate a flight of stairs. “Jerome is my poster girl for high heels killing someone,” she says, “but I think it would be incorrect to assume that other women have not toppled off of high heels—especially if they were outrageously high, as they were for quite a bit of history.”

    “My mother never spotted anybody sporting a scarf without reminding me that Isadora Duncan had her head pop off.”

    Of course, when you think of garments that historically bound and inhibited women, waist-cinching corsets are probably the first to spring to mind. “Women who had super tiny waists weren’t going to be doing much heavy lifting,” Wright says. “They were going to serve more as beautiful ornaments than as labor. In the same way, French aristocrats who grew their fingernails to outrageously long lengths wanted to convey they would never need to work with their hands.”

    Naturally, Wright has an entry on corset-related deaths. But exactly how much damage corsets actually did is a subject of heated debate today. Fashion Institute of Technology museum director Valerie Steele, speaking to Collectors Weekly in 2012, asserted that the stories of 1890s tight-lacing were highly exaggerated, and that most women cinched their waists no more than four inches, to a 22-inch waist. She also explained that she’s never found evidence that links those tight-laced corsets with cancer, scoliosis, or liver disease. Steele, however, admitted that corset tight-lacing could shift internal organs, cause constipation, and weaken a women’s back muscles. And corset ads of the era, Wright explains, did claim to reduce a 27-inch waist to 18 inches.
    This 1895 photo, supposedly depicting a tiny waist, looks like it’s been altered using 19th-century photo manipulation techniques akin to airbrushing. (Via Vintage Everyday Facebook page)

    This 1895 photo, supposedly depicting a tiny waist, looks like it’s been altered using 19th-century photo manipulation techniques akin to airbrushing. (Via Vintage Everyday’s Facebook page)

    “I have heard that just wearing a corset isn’t really that bad, but ultra-tight-lacing of a corset can be a big problem,” Wright says. “In the 1890s, certain women wanted to have these incredibly waspish 18-inch waists that corset advertisements promised you. I found one case in which a woman in 1859 seemingly died because the tightness of her corset caused her ribs to pierce her liver. There were also cases of women who became so used to the support of their corset that they could no longer stand upright without them. The pressure from a tight-laced corset can also cause displacement of your internal organs, which is obviously not great for your body.”

    Around the same time European and American women were trying to shrink their waistlines, they wore big cage-like undergarments beneath their skirts to make their waists seem even tinier. The crinoline, also known as a hoop skirt, posed a risk when a woman, say, ill-advisedly took a walk near a cliff and got picked up by the wind. But even ladies who kept a safe distance from precipitous drops faced perils, fire being the biggest danger.
    This 1865 cage crinoline is made from cotton-braid-covered steel, cotton twill and plain-weave double-cloth tape, cane, and metal. (From the Los Angeles County Museum of Art, via WikiCommons)

    This 1865 cage crinoline is made from cotton-braid-covered steel, cotton twill and plain-weave double-cloth tape, cane, and metal. (From the Los Angeles County Museum of Art, via WikiCommons)

    Today, most flames are safely ensconced in lightbulbs and furnaces, or behind fireplace screens. So we forget that for millennia humans lived among open flames that provided both heat and light—fireplaces, fire pits, torches, candles, and oil lamps. Walking around in a giant, stiff skirt filled with layers of tinder-like petticoats made it even more likely your clothes would come in contact with flames, and then once your dress caught fire, your crinoline cage became your own personal death trap.

    “Crinoline conflagrations, or incidents where crinolines caught on fire, were a big problem in the 1860s, to the point newspapers wrote editorials about them,” Wright says. “Crinoline fires killed around 300 women a year in England, including two of Oscar Wilde’s half-sisters. At the same time, a quote in 1861 from the magazine ‘Littell’s Living Age’ says ‘Our fair friends, when they hear of these dreadful occurrences, exclaim with the utmost sympathy, “How very shocking!” But while they say so, they are wearing crinolines themselves.’ So people had full knowledge that if you knocked over a candle in your crinoline, you would probably go up in flames. But they continued to risk it because the crinolines also made everybody’s waists look so tiny and made them seem to move so gracefully.

    “Crinolines were so big that if a woman’s crinoline caught on fire and then she ran toward the door, she could trap the other people in the room, because she had to turn sideways just to enter and exit,” Wright continues. “Running straight ahead, she would get stuck and block the door. If your skirt is on fire, you’re not thinking ‘How do I maneuver effectively?’”
    A fashion plate depicting a dress and headpiece, including an over-the-top pouf or fontage, circa 1770s. (Courtesy the Metropolitan Museum of Art)

    A fashion plate depicting a dress and headpiece, including an over-the-top pouf or fontage, circa 1770s. (Courtesy the Metropolitan Museum of Art)

    Until pretty recently, chandeliers and light fixtures also used lit candles, which posed another fire risk for aristocratic fashionistas. In the late 1600s, Duchesse de Fontages, mistress to Louis XIV, fell off her horse while out hunting with the king. The spill wrecked her hairdo, so she piled her hair on top of her head and fastened it in place with her leg garter—perhaps the first scrunchy. Naturally, women in the court copied her look, known as a “fontage” or “pouf,” and it evolved into an elaborate bird’s nest.

    Historian Kimberly Chrisman-Campbell, author of Fashion Victims: Dress at the Court of Louis XVI and Marie-Antoinette, told Collectors Weekly in 2015 that the “pouf” was “halfway between a hat and a hairstyle. It was a thematic headdress made up of flowers, feathers, ribbons, gauze, and various props, reflecting events of personal or pop-cultural significance, including hit plays or scientific breakthroughs or political scandals.”

    At least one French lady of the court smacked a chandelier with her towering fontage and caught fire, which led to her untimely end in 1711. Thanks to Louis XIV and his cousin Charles II, King of England, powdered wigs known as perukes were also a popular and practical fashion trend in 18th-century Europe. Shaving your head to fit the peruke meant lice would live in the wig, not on your body. Wigs could then be sent to the wigmaker to be boiled and deloused. In England, Georgiana Cavendish, Duchess of Devonshire, started another risky high-hair fad around 1760s, encouraging women to wear three-feet-tall wigs treated with flammable animal fat. The duchess barely survived a tangle with a chandelier herself.
    This British satirical etching commented on the fashion for tall hairstyles and wigs, circa 1771. (Courtesy the British Museum)

    This British satirical etching commented on the fashion for tall hairstyles and wigs, circa 1771. (Courtesy the British Museum)

    The wigs were also just gross. “It would take a long time to construct these wigs, which would be worn for weeks,” Wright says. “The wigs would be crawling with lice, and the aristocrats had little sticks that they could slip inside the wig and use to scratch their heads. There was one horrifying incident about a woman who found a mouse that had made a home inside her wig that had begun gnawing on her skull. So, yeah, don’t leave crazy wigs on for three weeks at a time.”

    Of course, in the past, people had very different ideas about cleanliness and bathing than we do now. Up until the mid-19th century, instead of taking regular baths, most Americans and Europeans covered up their body funk with heavy perfumes. Thanks to Louis Pasteur’s 1860s discovery of disease-causing microbes, cities started to consider all the trash and horse dung piling up in the streets a hazard, but it took a while for Pasteur’s Germ Theory of Disease to catch on. By 1900, the long skirts of fashionable women were still trailing through animal poop and other filth from the streets.

    “At the time, people kept cows and chickens in their attics and ran whole, little farms out of apartments,” Wright says. “A 1900 issue of ‘The Lancet’ complained ‘Women sweep the streets with the skirts of their gowns … and bear with them wherever they go the abominable filth.’ Doctors started talking about the bacilli that they found on the hems of skirts, which could lead to typhoid fever or consumption. But when women started wearing shorter skirts, fashion magazines got upset about how women no longer cared about their ‘mission to be lovely.’”
    This dapper gentleman from 1900 is wearing not one but two fashions that could choke him, a stiff collar and a necktie. (via Pinterest)

    This dapper gentleman from 1900 is wearing not one but two fashions that could choke him, a stiff collar and a necktie. (via Pinterest)

    Even though women—expected to be decorative for a large chunk of history—were most often fashion’s victims, Wright did come across a handful of fads that murdered men. Around the turn of the 20th century, dapper dandies—the kind associated with woman-chasing “mashers“—took to wearing stiffly starched collars that were soon nicknamed “father killers.”
    The felt used to make this vintage top hat was probably processed with mercury. (Via eBay)

    The felt used to make this vintage top hat was probably processed with mercury. (Via eBay)

    “Those collars were starched so stiffly that if men passed out in them, it would cut off their air supply,” Wright explains. “They killed quite a few men in the late 1800s-early 1900s, which seemingly did not stop men from buying them. They must have looked really good. It surprises me more when I find fashionable accessories that killed men because there’s obviously a feminine notion that women should be suffering for beauty, even when that means also risking our lives. But there were a fair number that ended up killing men as well.”

    One of the most bizarre stories in Killer Fashion asserts that when London haberdasher John Hetherington first introduced the top hat in 1797, it terrified onlookers and stirred up a mob. That hubbub was a one-time event, but Wright believes most of the fashion deaths in her book, like the crinoline fires and collar stranglings, happened quite frequently.

    “In general, the trends in the book were adopted by a lot of people,” Wright says. “Queen Elizabeth ends up being the poster girl for ‘Lead makeup will kill you,’ but it affected a lot of her subjects. Crinolines certainly ended up killing a ton of people.”
    Queen Elizabeth I, depicted in a detail of the Armada Portrait, circa 1588, started using lead makeup to hide her smallpox scars, prompting a trend that likely led to her death and those of many of her subjects. (Via WikiCommons)

    Queen Elizabeth I, depicted in a detail of the Armada Portrait, circa 1588, started using lead makeup to hide her smallpox scars, prompting a trend that likely led to her death and those of many of her subjects. (Via WikiCommons)

    Killer Fashion covers a wide range of deadly trends, including accessories like combustible plastic cuffs and beauty products like eye-widening belladonna drops and Jean Harlow’s toxic bleach-and-ammonia hair-dye formula. But because of space constraints, Wright had to leave a few things out. For example, in Victorian England, arsenic was used to create a green dye for dresses, shoes, gloves, and the artificial wreaths women wore—and proved deadly for the factory workers. Aniline dyes used in men’s socks gave workers bladder cancer. Celluloid, like other early plastics, was inclined to burst into flame when it got too hot, whether it was in the factory or a comb on a woman’s head.

    Today, it’s easy to dismiss killer fashion as a macabre curiosity that died with those silly Victorians, but we still don’t have a very good idea what happens to the people who make our clothes. Globalization didn’t kill toxic clothing factories, it simply put them on the other side of the world.

    In April 2013, 1,134 women and child workers died when the Rana Plaza factory making clothes for Western companies collapsed outside Dhaka, Bangladesh, just a few months after two factory fires had killed hundreds more. Survivors of the collapse and families of the victims filed a lawsuit against American clothing retailers including JCPenney, Wal-Mart, and Children’s Place, all of whom source clothes from Bangladesh.
    The British satirical magazine “Punch, or The London Charivari” published this cartoon in 1862 criticizing green dresses and artificial plant wreaths made with toxic arsenic.

    The British satirical magazine “Punch, or The London Charivari” published this cartoon in 1862 criticizing green dresses and artificial plant wreaths made with toxic arsenic.

    Some garment factories still use a process called “sandblasting” to give clothes a distressed look. Workers breathing in the sand develop an incurable deadly disease called silicosis from sand in their lungs. The process was banned in Turkey in 2009, but according to Al Jazeera, the ban only pushed the practice to China, where garment factories were still using it in 2015.

    “If you do research into the conditions the people in developing countries endure to create our clothes, you’ll learn some upsetting things,” Wright says. “You can always err on the side of caution by buying vintage clothing, or buying from local makers who you know are producing beautiful handmade things and are not working in terrible poverty. Mostly, I would check up on the companies you’re buying from. As history shows, the fashion industry doesn’t generally have the best ethical practices.”

    And be wary of new, flashy chemicals. “To me, some of the scariest Killer Fashion stories are things that I could still see being put to use,” Wright says, “like the 1920s girls who would paint radium like on their nails as a manicure, or on their teeth, lips, or buttons. That’s terrifying to me because I can see myself 100 percent painting my nails or my lips for a really cool glow-in-the-dark effect.”

    • Quand la Charité fout le Bazar : l’histoire d’un funeste incendie
      https://savoirsdhistoire.wordpress.com/2015/10/04/quand-la-charite-fout-le-bazar-lhistoire-dun-funeste-inc

      Une voyante qui prédit un drame, des femmes qui se transforment en torches vivantes et des dandys qui se fraient un chemin à coups de canne parmi les corps gisants qui s’amoncellent… Bienvenue au Bazar de la Charité ! Aujourd’hui, je vais vous conter un événement tragique qui a ébranlé le Grand Monde parisien en 1897, l’incendie du Bazar de la Charité. Mais laissez-moi d’abord vous remémorer l’ambiance de l’époque ; c’est parti pour une immersion dans le gratin parisien de cette toute fin du XIXe siècle !

      Nous sommes en plein cœur de la Belle Époque (1879-1914), alors que la vie mondaine parisienne est à son apogée. C’est à ce moment qu’apparaît la notion de Tout-Paris ; depuis plus d’un siècle, l’élite urbaine a délaissé la sociabilité de Cour d’Ancien-Régime pour se retrouver entre-soi, dans les salons cossus de la capitale. Avec l’instauration de la IIIe République (1870-1940) et l’enrichissement lié à la révolution industrielle, l’ancienne élite aristocratique subit une profonde mutation et se voit envahie par la grande bourgeoisie d’affaires qui s’élève socialement grâce au capital. Cette nouvelle élite composite se retrouve ainsi mêlée dans les soirées mondaines où il est primordial de se montrer, d’être en représentation permanente, afin d’acquérir toujours plus de notoriété.

      Contrairement au XVIIIe siècle, siècle des Lumières et de l’athéisme, période de désinvolture, de transgression et de mondanités libertines ; le XIXe siècle s’est avéré plus misogyne et puritain. C’est un siècle machiste et militaire dans lequel le Code Napoléon cantonne la femme au rang de mineure légale ; une reproductrice bonne à élever les enfants et à aller à la messe. « Nous les élevons comme des saintes, puis nous les livrons comme des pouliches » disait George Sand dans Lélia ! La femme de l’élite, engoncée dans son corset, est incapable de se vêtir seule et de se mouvoir à son aise. Son vêtement, carcan lourd et coercitif, reflète cet idéal d’une féminité « ostentatoire et improductive », selon l’expression de Vigarello.

      Souffrance et soumission sont les maîtres mots. On apprends aux jeunes filles à tenir leur rang, à être gentilles et polies. Rappelez-vous, Les Malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur, publié en 1858 et lu par un grand nombre de petites filles de la bourgeoisie. Les mésaventures de Sophie sont dues à son incapacité à se contrôler, son comportement transgressif, sa sauvagerie. Non, le rôle de la femme de l’élite, c’est de suivre la morale chrétienne et d’accomplir son devoir de charité envers les pauvres. En effet, par peur des révoltes des classes populaires, et face aux troubles occasionnés par les mouvements ouvriers, la haute société tente de maintenir une paix sociale en se distinguant par sa philanthropie. Se développe ainsi une sorte d’hypocrisie de la bienfaisance…

      pour soulager vos pauvres

      Au XIXe siècle, la charité, c’est le dernier chic ! Et c’est aux femmes qu’incombe l’organisation de cette charité eclésiastico-mondaine, à travers les patronages catholiques, les bals et galas (la charité dansante), et les ventes de bienfaisance. Ce sont ces dames patronnesses qui tiennent les salons, gèrent la liste des invités et arrangent les rencontres dans ces épicentres de la mondanité que constituent les œuvres de charité. Car il faut savoir que ces réjouissances sont relayées dans toute la presse, à l’instar du très luxueux « Bal des Indigents » qui s’est déroulé à l’Opéra de Paris le 15 février 1830. Mais j’arrête ici ce préambule et j’en viens à mon Bazar !

      Le Bazar de la Charité est un de ces lieux à la mode, rapidement devenu le rendez-vous des happy fews de la haute société parisienne. Il s’agit d’une organisation caritative fondée en 1885 par Harry Blount, un financier membre de la haute bourgeoisie catholique, et présidée par le Baron de Mackau, député de l’Orne, dans le but de réunir chaque année des œuvres de bienfaisance. Douze ans après son ouverture, et après avoir engrangé la coquette somme de sept millions de francs or, le Bazar initialement installé sur le Faubourg Saint-Honoré déménage en 1897 au 17 de la rue Jean-Goujon dans le 8eme arrondissement de Paris.

      C’est dans ce tout nouveau lieu dédié aux bienfaisances mondaines que la comtesse de Maillé, alors à la tête des cercles catholiques d’ouvriers, choisit d’organiser une vente d’objets au profit des plus démunis. En amont de l’événement, le 21 mars 1897, elle tient chez elle une réception afin de récolter l’obole du gotha du Tout-Paris. Pour animer cette soirée, elle convie également la célèbre voyante de la rue de Paradis, Henriette Couëdon. Mais voilà que pendant la soirée, Henriette entre en une sorte de transe et déclare : « Près des Champs-Élysées, je vois un endroit pas élevé, qui n’est pas pour la pitié, mais qui en est approché dans un but de charité qui n’est pas la vérité. Je vois le feu s’élever et les gens hurler. Des chairs grillées, des corps calcinés. J’en vois comme par pelletées... » (Le Gaulois du 15 mai 1897). Ah, elle savait mettre l’ambiance Henriette !
      Henriette Cou‘don, dans son cabinet de la Rue Paradis. Gravure de l’Illustration avril 1897
      Henriette Couë‘don, dans son cabinet de la Rue Paradis. Gravure de l’Illustration avril 1897

      Bien entendu, l’auditoire est saisi d’effroi, sauf José-Maria de Heredia, un poète en vogue à l’époque qui déclarera : « C’est peut-être impressionnant, mais c’est de la bien mauvaise poésie ». Et puis la soirée se poursuit et l’on oublie la sombre prophétie d’Henriette jusqu’au jour fatidique… Ce jour arrive, le 4 mai 1897, et tout le gratin se presse rue Jean-Goujon dans la hâte de se rendre au Bazar de la Charité présidé cette année par Son Altesse Royale la Duchesse d’Alençon, la sœur de l’Impératrice Sissi. Les 1200 invités venus verser quelques sous aux nécessiteux paradent en grande pompe.

      Le Bazar est un bel et grand édifice de plus de 1000m², entièrement construit en sapin fraîchement verni et couronné d’une toiture de verre dissimulée sous un long vélum jaune. À l’intérieur, la décoration était des plus pittoresque : on avait racheté un décor provenant de l’exposition du Théâtre et de la Musique qui s’était tenue au Palais de l’Industrie en 1896. Il s’agissait de la reconstitution en carton-pâte réalisée par Chapron, décorateur de l’Opéra, d’une rue médiévale du Vieux-Paris. « C’était une construction légère, dans le genre des décors de théâtre, et qui mesurait 80 mètres de longueur sur 10 de large. Cette rue était bordée d’auberges, d’échoppes, de petits hôtels du moyen-âge, où les boutiques des vendeuses, au nombre de vingt-deux, étaient installées ». Des tentures, des draperies et des enseignes surmontaient ces boutiques tenues par les dames patronnesses qui y vendaient à prix modérés bijoux, bibelots, lingeries et colifichets… « L’ensemble de l’installation était du plus bel effet. On avait malheureusement commis l’imprudence de condamner, pour gagner un peu de place, la plupart des portes précédemment existantes, imprudence d’autant plus grave que les portes conservées s’ouvraient toutes en dedans ».
      Bazar de la Charité, reconstitution d’une rue du Vieux-Paris
      Bazar de la Charité, reconstitution d’une rue du Vieux-Paris, 1897

      Au fond du Bazar, on avait également installé sous un appentis en planche un cinématographe des Frères Lumières. Ah, le cinéma ! Depuis la naissance du cinématographe, deux ans auparavant, plus aucunes festivités mondaines ne se passait sans la présence d’un de ces appareils à projection animées destinés à subjuguer et divertir les foules. Pour seulement cinquante centimes, les invités de la vente de charité allaient pouvoir assister à la projection de La sortie des usines Lumière à Lyon, L’arrivée du train en gare de La Ciotat et L’arroseur arrosé. Quelle aubaine !

      Vers quatre heures de l’après-midi, quelques minutes après le départ du Nonce apostolique venu bénir les lieux et tandis que la fête battait son plein, Bellac, le projectionniste s’apprête tranquillement à changer une bobine de film. L’éclairage servant à projeter l’image sur la toile était fourni par une lumière oxyéthérique (utilisant l’oxygène et l’éther), un chalumeau-securitas dit aussi multi-saturateur, de la marque SECURITAS !. Cette lanterne à éther dont la marque garantit une sécurité à tout épreuve est quasiment vide, il faut la remplir à nouveau. Bellac n’y voit pas très clair dans l’obscurité de la cabine et demande à son jeune assistant de l’éclairer. Le bougre craque une allumette suédoise au milieu des vapeurs d’éther et le ruban de Celluloïd sorti hors de la bobine s’embrase en un éclair. Immédiatement, « le Bazar tout entier, fait de planches et de sapin, de toile goudronnée, de tentures, fut la proie des flammes ». Les flammes courent le long des boiseries et des débris incandescents s’abattent sur la foule en panique qui aussitôt « se rua aux portes mêmes qu’on savait condamnées, mais qu’on espérait forcer : malheureusement, elles résistèrent à la poussée et devant elles, au milieu des cris et des flammes, on s’écrasa, se piétina, et un amoncellement de corps se fit, tandis que le Bazar tout entier n’était plus, en un instant, qu’un immense brasier, qui, six minutes plus tard, s’éteignait de lui-même après avoir tout détruit ». Imaginez, le choc !

      Le journaliste du Figaro qui arrive sur les lieux quelques minutes après le drame raconte : « On vit un spectacle inoubliable dans cet immense cadre de feu formé par l’ensemble du bazar, où tout brûle à la fois, boutiques, cloisons, planchers et façades, des hommes, des femmes, des enfants se tordent, poussant des hurlements de damnés, essayant en vain de trouver une issue, puis flambent à leur tour et retombent au monceau toujours grossissant de cadavres calcinés » (Figaro, 5 mai 1897). Parmi les nombreuses victimes, se trouvaient « les plus grands noms de l’aristocratie française et de la haute société parisienne, parmi lesquels ceux de la duchesse d’Alençon, sœur de l’Impératrice d’Autriche ; de la comtesse d’Hunolstein, sœur du douzième duc d’Uzès ; de la Marquise Maison, sœur du baron de Mackau, président du comité d’organisation du Bazar ; de la baronne de Vatimesnil, belle-soeur de la précédente ; de la baronne de Laumont ; de la générale Warnet ; de la générale Chevals ; de Madame de Carayon-La-Tour ; des deux filles du Comte de Chevilly ; du général Munier ; de Madame Jacques Haussmann et de cent autres ».

      Les cadavres calcinés sont ramassés à la pelle (souvenez-vous de la prophétie d’Henriette), et l’on constate que sur les 124 victimes il y eu 118 femmes et 6 hommes, selon le site officiel de l’association Mémorial du Bazar de la Charité et Le Petit Journal. Ces quelques victimes masculines ce sont des vieillards, un groom de 14 ans et un médecin volontaire, le docteur Feulard, « qui, après avoir sauvé sa femme, puis deux religieuses, rentra une troisième fois dans la fournaise pour y chercher son enfant » et n’en ressortira jamais… Mais attendez, 118 femmes et 6 hommes ! Que s’est t-il passé dans ce Bazar et comment expliquer cette hécatombe quasi exclusivement féminine ?

      « Qu’ont fait les hommes ? », c’est le titre de la Une de L’Écho de Paris du 14 mai 1897 rédigée par la journaliste féministe Séverine et dans laquelle elle s’insurge que « parmi ces hommes (ils étaient environ deux cents), on en cite deux qui furent admirables et jusqu’à dix en tout qui firent leur devoir. Le reste détala, non seulement ne sauvant personne, mais encore se frayant un passage dans la chair féminine, à coups de pieds, à coups de poings, à coups de talons, à coups de canne ». C’est pas joli-joli tout ça… !

      Le journal Le Matin rapporte également que « les femmes ont brûlé comme des brebis dans la bergerie, toutes serrées les unes contre les autres… Quant aux hommes, je préférerais n’en pas parler : ils ont été au-dessous de tout. Et, cependant, une vingtaine d’hommes de résolution et de sang-froid auraient pu conjurer le désastre. La plupart ont pris la fuite, et qui sait si ce n’est pas eux qui ont foulé aux pieds les malheureuses femmes qu’on a retrouvées, écrasées, aux portes des sorties ? ».

      Petit rappel : d’un point de vue vestimentaire à la fin du XIXe siècle, hommes et femmes ne sont pas sur un pied d’égalité en matière de survie en milieu hostile…

      Mode hommes-femmes 1890

      Piégées dans leurs longues et imposantes robes bouffantes (imprégnées de glycérine pour gagner en volume), les femmes ont été la proie des flammes. Les cols de dentelles, le satin et l’organdi s’embrasent si facilement ! Accourant terrorisées vers les portes de sortie, elles s’y sont amoncelées, incapables de se dépêtrer dans leurs jupons elles finissent par en bloquer l’accès. Les hommes, ces banquiers et hommes d’affaires, voulant eux aussi sauver leur peau tentent de les enjamber pour fuir, mais elles s’agrippent et hurlent à l’aide. Dans la panique, l’évacuation se transforme en un tragique « chacun pour soi », la bousculade est d’une violence inouïe.

      Ainsi, on parle de femmes rescapées de l’incendie mais « victimes de la brutalité, de la lâcheté masculines. Car des hommes ont frappé pour se faire faire place » ! Une religieuse raconte : « Des messieurs m’ont jetée à terre, foulée aux pieds. Ils abattaient des dames à coups de poings, pour fuir plus vite. C’est une jeune-fille qui m’a sauvée ». Et l’article de conclure dramatiquement : « l’on a trouvé sur le terrain, parmi les pièces à conviction, des cannes auxquelles adhèrent, par du sang coagulé, des cheveux, de longs cheveux de femmes… ».

      Aussitôt la sanction tombe ! La presse ridiculise alors ces « chevaliers de la Pétoche », ces « marquis de l’Escampette » et autres « sires de Fiche-ton-camp ». On raille ces « hommes qui ont manqué de sang-froid, sinon de courage, et dont toute l’énergie s’est manifestée par une fuite dont ils porteront éternellement la honte. Les noms de ces chevaliers félons circulent de bouche en bouche » condamne encore Le Matin.

      Certes, quelques uns de ces messieurs ont eu un comportement digne de gentlemen, comme le Lieutenant Jacquinun, un des sauveteurs du 102e de ligne, « qui fut héroïque follement, défiant le péril, s’y jetant, s’y rejetant à corps perdu ; tirant des flammes ses deux nièces, une de leurs amies, trois inconnues dont la dernière lui meurt dans les bras, tandis que le fléau, acharné à défendre sa proie, mord cruellement le jeune homme à la jambe et au visage – et finalement, tout éclopé qu’il soit, ralliant dans le terrain vague une quarantaine de malheureuses, troupeau ahuri, qu’il mène au salut en brisant la clôture de la rue Jean-Goujon ! ».

      Mais ce n’est certainement pas une telle témérité qui a animé le baron Mackau, l’un des principaux organisateurs de l’événement, qui fait bien entendu parti des survivants. Il recevra le lendemain du drame un courrier du père d’une victime, anéanti de douleur, lui déclarant : « Je regrette, monsieur, qu’en qualité d’ancien officier de marine, je sois obligé de vous rappeler que le commandant doit quitter son bord le dernier ».
      Reconnaissance des corps au Palais de l’Industrie
      Reconnaissance des corps au Palais de l’Industrie

      Les cadavres des victimes de l’incendie sont transportés au Palais de l’Industrie où les corps sont disposés le long des murs afin que les familles viennent tenter de reconnaître leurs proches. « Et ces haillons, ces débris, ces restes à demi calcinés, ces pauvres créatures dont les corps transparaissaient comme sous une gaze noire, sous les vêtements consumés, étaient des femmes, des filles, des mères. Elles s’étaient parées il y avait quatre heures à peine, pour porter leur obole au Bazar de la Charité. Ces collets de dentelles, ces boas légers, tout ce luxe exquis de la Parisienne, ces étoffes printanières gaies devaient être pour elles comme le san benito dont on entourait les victimes des quemaderos. Elles étaient joyeuses, elles étaient heureuses. Elles allaient à la grande fête qui plaît au cœur des femmes ; celle où l’on donne, où l’on secourt, où l’on console ».
      Le Progrès Illustré du dimanche 16 mai 1897 La catastrophe du bazar de la Charité fouilles nocturnes – enlèvement des derniers restes
      Le Progrès Illustré du dimanche 16 mai 1897, La catastrophe du bazar de la Charité

      Après la tragédie, une cérémonie en mémoire des victimes fut donnée à Notre Dame de Paris dont le portail était tendu d’une immense draperie noire. La France entière entra en deuil national et de nombreuses commémorations eurent lieu. En 1900, fut érigée sur l’emplacement du Bazar de la Charité une chapelle expiatoire, Notre-Dame-de-Consolation, classée aujourd’hui au titre des monuments historiques.

      Voir aussi https://seenthis.net/messages/673684
      https://seenthis.net/messages/673701

  • La plongée des « collapsologues » dans la régression archaïque – Daniel Tanuro
    http://www.contretemps.eu/critique-collapsologie-regression-archaique

    A l’heure où la jeunesse de différents pays entame des mobilisations de masse face à la catastrophe climatique, se pose de façon d’autant plus urgente la nécessité de débattre des cadres d’analyses et des réponses politiques face à la crise environnementale. Parmi les courants de pensée les plus récents sur le marché éditorial, la collaposologie[1] s’avère être un succès de librairie, en particulier grâce aux livres co-écrits par Pablo Servigne. Ce succès, largement porté par une campagne publicitaire des plus classiques, est-il un bon signe pour les luttes écologiques et sociales ? Ou n’obscurcit-il pas les horizons émancipateurs que de telles luttes sont à même dessiner ?

    « Le regard tourné vers l’avant est d’autant plus pénétrant qu’il est conscient. L’intuition, authentique, se veut nette et précise. Ce n’est que si la raison se met à parler que l’espérance, vierge de toute fraude, recommence à fleurir » (Ernst Bloch)

     

    Dans leur ouvrage Comment tout peut s’effondrer, paru en 2014, Pablo Servigne et Rafaël Stevens créaient le concept de « collapsologie », qu’ils définissaient comme suit :

    « La collapsologie est l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus ».

    Ce n’était qu’un point de départ. En 2017, Pablo Servigne signait un deuxième ouvrage – L’autre loi de la jungle – avec Gauthier Chapelle. Les auteurs y reprenaient la thèse de l’anarchiste russe Kropotkine qui, dans un essai célèbre, paru en 1902, défendait l’idée – déjà émise par Marx et Engels – que l’évolution des espèces ne résulte pas seulement de la compétition, mais aussi de l’entraide[2]. Enfin, en octobre 2018, le trio Servigne-Chapelle-Stevens signait Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement et pas seulement y survivre.

    L’impact de cette trilogie mérite qu’on s’y arrête. Les « collapsologues » jouissent en effet d’une grande renommée, dans des milieux extrêmement différents. D’une part, ils sont fort populaires sur les réseaux sociaux, dans des mouvances alternatives et auprès de nombreux/ses activistes de la mouvance écologique radicale. D’autre part, ils ont été reçus à Bercy et à l’Elysée, invités par les fédérations patronales de Belgique et de Suisse et les plus grands médias mainstream ont amplement commenté leurs écrits. Certains journaux dits « de qualité » ont même été jusqu’à saluer en eux les fondateurs d’une nouvelle discipline scientifique…Qu’est-ce donc qui suscite tant d’intérêt, voire d’engouement ?

    On se concentrera ici sur le dernier livre paru, Une autre fin du monde est possible. Pablo Servigne et ses amis y répondent implicitement à certaines critiques, en ignorent d’autres et approfondissent des thèmes développés précédemment. La grande nouveauté de l’ouvrage est de proposer aux lecteurs de passer de la « collapsologie » à la « collapsosophie », autrement dit de la science de l’effondrement à la philosophie de l’effondrement. On verra que cet exercice ambitieux les entraîne vers des conceptions fort discutables, et même dangereuses.

    #collapsologie #naturalisation_des_rapports_sociaux

    • Eh bé ça va loin là…

      D’emblée, le lecteur est frappé par une contradiction : Servigne, Stevens et Chapelle découvrent l’écoféminisme… mais Une autre fin du monde n’évoque ni la lutte des femmes pour leur émancipation, ni la nécessité d’un mouvement autonome des femmes, ni la place centrale de ce mouvement dans les combats contre la destruction environnementale et sociale. Les auteurs préfèrent développer l’idée que les « archétypes féminin et masculin » sont « des polarités qui ne s’opposent pas ». Estimant que « les hommes souffrent aussi de la blessure secrète du patriarcat », ils plaident pour la « réconciliation hommes-femmes » et nous invitent à pratiquer à cet effet des « rituels initiatiques ».

      C’est là que la « collapsosophie » dérape pour plonger dans la régression archaïque, non seulement en paroles, mais en actes. Question rituels, les auteurs recommandent en effet leurs bonnes adresses : aux lecteurs mâles, ils conseillent de suivre, comme ils l’ont fait eux-mêmes, les week-ends d’initiation du « nouveau guerrier » (New Warrior Training Adventure) organisés par le ManKind Project, dont ils chantent les louanges.

      Ce ManKind Project est un business mis sur pied par trois étasuniens à l’initiative d’un certain Bill Kauth. Pour celui-ci, psychothérapeute jungien, il s’agissait de répondre à la vague féministe des années quatre-vingts. Impressionné par le potentiel émancipateur des groupements féministes, Kauth décida de mettre sur pieds des groupes non mixtes censés permettre aux hommes aussi de se libérer, en retrouvant leurs racines profondes et leur âme de mâles « adultes et sains ». Bref, en assumant leur archétype masculin.

      #anti-féminisme #essentialisme #masculinisme

    • Merci @aude_v !

      #Daniel_Tanuro avait déjà écrit des articles un peu critiques sur ce sujet :

      Une critique de la « collapsologie » : C’est la lutte qui est à l’ordre du jour, pas la résignation endeuillée
      https://www.gaucheanticapitaliste.org/leffondrement-des-societes-humaines-est-il-inevitable-une-cri

      Crise socio-écologique : Pablo Servigne et Rafaël Stevens, ou l’effondrement dans la joie
      http://www.lcr-lagauche.org/pablo-servigne-et-rafael-stevens-ou-leffondrement-dans-la-joie

      Et il y a un article de Pierre Thiesset dans de numéro de mars de La Décroissance qui montre bien comment ces "scientifiques" se font les dupes volontaires et enthousiates de diverses mystoqueries...

    • Ceci dit, chez Adrastia, ils ont même prévu un kit de « résilience » : une sacoche de biffetons bien planquée sous un matelas (et quelques marchandise trocables accumulées en réserve), solutions on ne peut plus efficace pour assurer sa survie en milieu hostile : chacun pour soi et la monnaie pour tous. Mais c’est tellement « bien argumenté », que ces vieux réflexes d’accumulation (en cas de guerre, en cas de crise ou de victoire de la gauche) et bien ça passe crème, enfin chez les CSP++, je suppose. Mais sinon, l’essentiel est de garder sa capacité à « faire société » hein ! ... Un faire société en mode « arnaquez-vous les uns les autres et malheur aux vaincus ». Une somme pour tous les bons petits soldats (guerriers sains, droits et courageux d’avant le patriarcat) du capitalisme productiviste ’globalized’

      http://adrastia.org/plan-damortissement-des-chocs-deffondrement

      Je suis un citoyen lambda, plutôt aisé, ingénieur et entrepreneur, maison, famille nombreuse, les deux pieds dans le système, le bon hamster dans sa roue en fait.

      C’est on ne peut plus clair, non ?

      #la_résilience_sans_peine #darwinisme_social #pourritures #hamster (et fier de l’être)

    • Où l’on découvre un nouveau syndrome dépressif : l’éco-anxiété :
      https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/quand-le-changement-climatique-attaque-la-sante-mentale-et-si-votre-dep

      (et aussi)
      Histoire en BD d’un jeune couple gentil qui décide de passer à la « résilience ».
      http://adrastia.org/tout-va-bien-enfin-ca-va-aller

      Plüche est illustratrice et travaille sur un projet de BD, Nours est menuisier et travaille en parallèle sur des projets d’écriture et de photographie. Tous les deux sont fusionnels et vivent heureux et modestement. Mais en ce début d’année, l’équilibre économique mondial commence à s’effriter sérieusement et nos deux personnages, habitants d’une grande ville et loin d’être autonomes, vont subir ce qui se révèlera être la plus grande crise économique que l’Histoire ait connue.

      Pour passer direct à la lecture de la BD :
      https://bdtoutvabien.tumblr.com/post/179654965981/tout-va-bien-sur-vos-%C3%A9crans-en-janvier-2019

      Où l’on découvre (page 12) l’engouement de nos deux jeunes gens pour la collapsologie :
      Madame écoute (en faisant un peu d’exercice physique) une interview de Pablo Servigne (sur la chaîne Youtube de Thinkerview)
      Dialogue entre Madame et Monsieur (page 13) :
      Elle : Il faut que tu écoutes cet interview.
      Lui : D’accord. Je ferai ça cet aprèm en allant à l’atelier.
      Elle : J’ai écouté le début.
      Lui (les pieds déjà sous la table) : Notre cher Pablo est toujours aussi calme ?
      Elle (finissant de réchauffer une gamelle de pâtes) : Ah, toujours.
      (Puis faisant une petite bise affectueuse à Monsieur qui semble un peu contrarié quand même)
      Et toujours aussi beau !

      (Ouch ! ...)

  • #paris #sans_voiture, on en rêvait déjà en 1790
    http://carfree.fr/index.php/2019/03/07/paris-sans-voiture-on-en-revait-deja-en-1790

    Interdire l’usage des voitures particulières dans Paris ? Le débat ne date ni d’aujourd’hui, ni de l’apparition de l’automobile. La place de la « voiture » (soit une caisse suspendue sur des roues Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Fin_de_l'automobile #Insécurité_routière #Marche_à_pied #Ville_sans_voitures #accident #anti-voitures #architecture #circulation #congestion #histoire #piétons #trottoir #urbanisme #ville

  • #Épaves et #pollution - Les larmes noires de l’#océan | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/047526-000-A/epaves-et-pollution

    Au large des côtes du monde entier reposent de véritables bombes à retardement, ignorées du grand public : 6 300 épaves de navires coulés pendant la Seconde #Guerre mondiale, qui rouillent depuis plus de soixante-dix ans au fond de l’eau.

    Ces épaves, toujours chargées en #carburant, représentent une source de pollution potentielle extrêmement préoccupante, la corrosion fissurant peu à peu les coques. La #menace dépasse de loin les pires #marées_noires de l’histoire : à titre de comparaison, les 37 000 tonnes de carburant déversées par le pétrolier Exxon Valdez, qui s’échoua en 1989 au large de l’Alaska, ne constituent qu’une proportion #infime de ce que pourraient contenir les #épaves de la dernière guerre mondiale. Selon les estimations, leurs réservoirs renfermeraient jusqu’à 15 millions de tonnes de #pétrole, qui menacent de s’échapper. Sur les côtes de Pologne, de Norvège ou des États-Unis, et jusqu’au fond de l’océan Pacifique, Christian Heynen suit des chercheurs qui évaluent l’ampleur de cette #catastrophe à venir. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : si on veut éviter le drame, le contenu des cuves doit être pompé de toute urgence. Alors que la course contre la montre est désormais engagée, les #gouvernements tardent pourtant à agir.

  • Précisions concernant le rassemblement contre l’antisémitisme et son instrumentalisation du 19 février 2019 à Ménilmontant - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/precisions-concernant-le-11745

    Intervention d’un juif communiste sur la question de la prise en compte de l’antisémitisme dans nos luttes et milieux au rassemblement contre l’antisémitisme et son instrumentalisation du 19 février 2019 à Ménilmontant. (...)

    Si je suis ici, c’est parce que je suis en colère. Contre qui ? Je suis en colère d’abord contre les antisémites, et tous les racistes. Vous allez me dire « ça mange pas de pain », oui c’est vrai.
    Je suis en colère aussi contre l’instrumentalisation de l’antisémitisme. Vous allez me dire « ha ça tombe bien, c’est exactement le titre de ce rassemblement ! ». Super ! Alors je suis au bon endroit, je devrais me sentir soulagé, content d’être avec ces personnes et ces orgas avec qui nous allons pouvoir construire un formidable front contre l’antisémitisme ! Pourtant, ce n’est pas le cas, j’ai la boule au ventre en venant ici. Pourquoi ? Parce que ce soir, la majorité des miens ne sont pas ici. Alors que le gouvernement, par son instrumentalisation raciste et sécuritaire de l’antisémitisme et sa politique de casse sociale entretient le terreau d’un ressentiment populaire facilement exploité par les entrepreneurs antisémites, mes frères et sœurs sont Place de la République. Pourquoi ?

    Je crois qu’une majorité de juifs se représentent la gauche antiraciste comme leur ennemi et je vois au moins trois raisons qui viennent expliquer cela :

    La première, c’est que la gauche ne croit pas les juifs. Plus rapide pour dénoncer l’instrumentalisation de l’antisémitisme que l’antisémitisme en lui même alors qu’il est en augmentation. Quand des juifs parlent d’une augmentation de 74 % comme on le voit dans les médias récemment, la gauche répond « mais que recouvre les réalités de ce chiffre ? », « les médias mentent, le gouvernement instrumentalise les juifs », « non c’est pas 74 mais 52 % ». Alors que tout le monde sait que tous les racismes augmentent, la gauche antiraciste ne nous croit pas quand nous disons simplement « nous vivons de plus en plus de racisme ». Au mieux on nous dit « oui, mais c’est moins que l’islamophobie », « on parle tout le temps de vous ». J’ai entendu ce soir beaucoup de paroles contre la hiérarchisation des racismes pourtant quand on s’exprime en tant que juif sur le racisme dans la gauche, on nous discrédite d’emblée si on ne commence pas par « nous ne sommes pas ceux qui vivons le plus de racisme ». Imaginez un seul instant deux personnes débattant de qui des rroms ou des asiatiques sont les plus opprimés ? Quelle absurdité ! Voilà un bon moyen pour affaiblir toutes les luttes contre le racisme ! La concurrence victimaire, la concurrence des mémoires nous affaiblit tous !

    La deuxième raison, c’est la notion problématique de « philosémitisme d’État ». Quand je discute avec quelqu’un qui me parle de philosémitisme d’État, je lui demande qu’est-ce que c’est ? Je reçois des réponses qui s’inscrivent à l’intérieur d’un large spectre de confusion. À une extrémité de ce spectre on me dit : l’État instrumentalise la lutte contre l’antisémitisme pour mieux taper sur les musulmans ou comme aujourd’hui les gilets jaunes. Dans ce cas là, je dis d’accord c’est vrai, l’État fait mine de se préoccuper des juifs alors qu’il s’en sert comme bâton pour mieux taper sur le musulman ou le mouvement social. Mais puisqu’au fond, il s’en bat les reins des juifs et nous utilise en faisant du même coup monter les tensions contre nous, pourquoi ne pas tout simplement appeler ça de l’antisémitisme ? A l’autre bout de ce spectre, on me dit « philosémitisme d’État parce que les juifs sont privilégiés, regarde le diner du CRIF, regarde la banque Rothschild, regarde Israël, regarde la criminalisation de l’antisionisme », certains vont même jusqu’à parler de « privilège juif ! ». Là je dis, mon pauvre, dans quelle monde, dans quelle réalité historique tu vis ? C’est carrément craignos comme croyance. Donc, même si on peut se comprendre, pourquoi utiliser une notion qui conforte les préjugés antisémites qui dit que les juifs sont du côté du pouvoir ?

    La troisième raison, c’est ce que j’appelle l’injonction géopolitique.
    Vous savez, quand on est juif évoluant dans la gauche antiraciste, on rase les murs. On préfère dire qu’on est vegan plutôt que dire qu’on mange casher. Pourquoi ? Parce qu’en ramenant la soi-disante épineuse « question juive » on va nous faire chier ! Très souvent, quand je rencontre un militant de la gauche antiraciste, arrive fatalement le moment ou il me demande avec un regard de travers « et tu penses quoi du conflit israélo-palestinien ? », sous entendu « tu serais pas un peu sioniste sur les bords ? ». En fait c’est ça : il faut d’abord se justifier d’être antisioniste pour pouvoir fréquenter la gauche, alors que comme moi, très peu de juifs ont une histoire en commun avec Israël ! Ma mère est marocaine, mon père égyptien, j’ai grandi en France, c’est quoi ce délire ? Est-ce qu’il vous viendrait à l’esprit en rencontrant un arabe de lui demander son avis sur la politique coloniale de l’Arabie Saoudite vis-à-vis du Yémen ?

    En réalité, la gauche antiraciste semble beaucoup plus préoccupée par les questions d’#antisionisme que d’antisémitisme. Et ainsi, elle trie les juifs ! Les juifs antisionistes avec qui il faut s’allier, et les juifs sionistes qu’il faut combattre ! Il y a donc les bons juifs et les mauvais !
    Vous savez, l’antisémite, lui, est beaucoup plus tolérant, il ne fait pas la distinction entre un juif sioniste et antisioniste, ils sont juifs pareils pour lui !
    Gabriel et Aryeh Sandler, trois et six ans, filles et fils de Jonathan Sandler ainsi que Myriam Monsonégo, huit ans – les victimes de la tuerie antisémite devant l’école de Ozar Hatorah à Toulouse étaient-ils sionistes ? Ce n’est pas la question !!
    Tout aussi absurde : Abel Chennouf, Mohamed Legouad et Imad Ibn Ziaten – tués pendant le même attentat étaient-ils sionistes ? Ce n’est pas la question !!
    Si, ce soir, la gauche #anti-raciste déclare vouloir lutter contre l’antisémitisme, il va falloir cesser la solidarité sélective, sinon il ne s’agit pas de lutte contre le #racisme vécu par les juifs mais d’une utilisation de la lutte contre l’antisémitisme à d’autres fins.
    Merci pour votre écoute. »

    Précisions

    Dès la première phrase de mon intervention qui contient deux mots en hébreu, j’entends « ha, ça commence bien » dans la tribune derrière moi. Dans le public, ça hue, j’entends « Provocateur ! Sioniste ! ». Mon intervention terminée, je rends le micro et fais quelque pas pour reprendre mes esprits, sortir de la stupeur de ce moment bizarre. Je me fais assaillir par des gens qui veulent débattre, des gens qui veulent prendre mon numéro, des gens pas d’accord, des gens venus me soutenir. Puis j’entends ma camarade en train de parler. Plusieurs personnes hurlent pour couvrir sa voix et tentent de lui arracher le micro des mains, dans le public également « Ta gueule ! Ferme ta gueule, provocatrice ! » même si on entend aussi quelques applaudissements. Elle termine sa prise de parole par « et si ça bouge dans la tête des gauchistes et bien Mazal Tov comme on dit chez moi ! ».
    Le micro à peine rendue, une femme vient la voir : « j’ai beaucoup apprécié ce que t’as dis mais je voudrais te dire quand même.... les juifs sont un groupe fermé ». Une deuxième : « je voudrais te poser une question, tu as dit "chez moi" mais c’est où ? c’est pas en France ? c’est en Israël ? ». (...)

    #gauche #antisémitisme #communisme

    • Au sujet d’une gauche antisémite - Chroniques du déni, Nadia Meziane & David Saïd

      https://www.lignes-de-cretes.org/au-sujet-dune-gauche-antisemite

      Dans cette partie de l’extrême-gauche où parler de l’antisémitisme, c’est depuis quinze ans, dire trois mots vite faits sur combien c’est grave mais pas souvent, avant de parler “d’instrumentalisation” par les “sionistes”, par le pouvoir, par les “racistes”, par les “médias” ? Bref dresser la longue liste de tous les cas où parler d’antisémitisme est suspect, insupportable et contre-productif. Longue liste qui ne connaît guère d’exceptions.

      Ca fait longtemps que nous n’avons plus rien à faire, là. Là, dans cette partie de l’extrême-gauche qui a choisi son camp et bruyamment.

      En 2004 avec Dieudonné. Pour certaines, nous n’avons qu’un souvenir étonné de ce moment. Etonné, pas encore totalement écoeuré. Pour certains, nous avons vu ce « sketch » et l’avons trouvé évidemment antisémite, tout simplement parce que Dieudonné transpirait évidemment la haine, grimé en Juif de caricature, nous n’avons même pas pensé au contexte éventuel, pas plus que nous n’y aurions pensé pour les sketchs de Michel Leeb. Mais les jours suivants, il y avait eu tous ces appels à le défendre, qui expliquaient que tout cela était lié à Israël, appels signés par des organisations communistes, anarchistes, approuvés par plein de camarades. PrisEs par d’autres luttes, désorientéEs et mal à l’aise, nous nous sommes tus après quelques remarques naïves qui nous avaient valu une colère noire de camarades de longue date. Nous n’avions rien compris, nous nous faisions complices de la télé et ennemiEs de la Palestine. Devant cette colère sûre d’elle-même, nous avions été lâches, nous pensions que ça passerait, que c’était un malentendu, et nous nous étions contentés de ne pas aller soutenir Dieudonné, parce que tout de même, ce sketch était antisémite, de cela nous étions sûrs.

      Ce n’est pas passé. Petit à petit, on a commencé à beaucoup parler des Juifs dans notre camp. Il y avait ces noms qui, désormais revenaient de plus en plus souvent. Ca paraîtra aujourd’hui extraordinaire, mais au début des années 2000, nous étions des centaines de militants à ne jamais parler de Bernard Henry Levy ou de Finkielkraut ou de Jacques Attali. Nous connaissions leur nom. Simplement, pour nous, il n’étaient que des noms parmi mille, ceux de tous les éditorialistes, les écrivains, et les politiques qui soutenaient le capitalisme. Nous étions d’extrême-gauche avec une vision simple du monde, divisé en deux, ceux qui soutenaient les luttes sociales et ceux qui ne les soutenaient pas, et passaient à la télé. C’était un peu simpliste, mais cela avait quelque chose de sain. Là dedans, nous ne distinguions pas.

  • Qui veut la mort de la nature ? | À propos de : Virginie Maris, La part sauvage du monde
    https://laviedesidees.fr/Qui-veut-la-mort-de-la-nature.html

    Cette critique apparaît d’autant plus nécessaire pour Virginie Maris que les pensées de la fin de la nature lui semblent triompher actuellement dans toutes les sciences de l’environnement, de la sociologie à l’économie en passant par la biologie de la conservation. Partout, l’appel à penser au-delà du dualisme de la nature et de la culture, porté notamment en France par Bruno Latour et Philippe Descola, aurait été entendu. Il serait de surcroît efficacement relayé depuis une dizaine d’années par les défenseurs de l’#Anthropocène pour qui le terme entérinerait précisément la disparition de la #nature-altérité. Pour l’auteure, l’idée d’Anthropocène s’apparente à une prophétie auto-réalisatrice : à trop annoncer l’omniprésence humaine sur la planète, on finit par oublier l’existence d’espaces qui ne sont encore actuellement que très marginalement modifiés par les humains et l’on accélère par là leur disparition. Pour Virginie Maris, les penseurs de l’Anthropocène décrivent au fond un monde à leur mesure, un monde qui serait désormais entièrement modelable par les humains. Dans cette nouvelle pensée environnementale, la nature est trois fois dissoute, victime d’une triple absorption :

    l’absorption technique, à travers le brouillage de plus en plus indémêlable entre naturalité et artificialité ; l’absorption économique, avec la montée en puissance de la rationalité économique et des outils de conservation inspirés du marché ; l’absorption bureaucratique, à travers la multiplication des dispositifs de suivi et la gigantesque accumulation de données sur les systèmes écologiques à tous les niveaux d’organisation et à toutes les échelles spatiales.

    Rejoignant la critique portée par le philosophe Frédéric Neyrat contre les pensées de l’« après-nature » [https://seenthis.net/messages/492604 ], Virginie Maris conteste que le dépassement du grand partage entre les humains et la nature soit porteur d’un double gain pour les sciences et pour la politique. Alors même que celui-ci devait permettre d’échapper à l’alternative incapacitante entre la naturalisation des cultures et l’acculturation de la nature et autoriser enfin l’étude lucide de la construction des savoirs scientifiques et des décisions politiques, la philosophe soutient qu’il conduit surtout à mettre ces processus sous la coupe d’un modèle unique, celui des sciences du système Terre. À l’opposé de la démocratisation des politiques écologiques, l’objectif d’en finir avec la nature et la société ouvrirait en dernière instance sur un projet de « gestion globale de la planète et de ceux qui la peuplent ».

    • Cela recoupe les propos d’Andreas Malm dans « Nature et société : un ancien dualisme pour une situation nouvelle »

      https://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2017-1-page-47.htm

      Il y prend position non pas pour un dualisme de substance qu’il serait bien ridicule de soutenir encore, mais pour un dualisme de propriété

      C’est précisément parce qu’ils forment les parties continues d’un monde matériel qui les englobe tous deux que le social et le naturel s’entremêlent, mais ce n’est qu’en conservant leur différence analytique que nous pouvons distinguer ces aspects du monde que les humains ont construits de ceux que des forces et des puissances causales indépendantes d’eux ont générés, et examiner comment les uns et les autres ont pu, à des niveaux toujours plus complexes, se nouer. Adaptant son projet à l’ère du changement climatique, Latour prétend qu’« il n’existe aucun cas à propos duquel il soit utile de faire une distinction entre ce qui est ‘naturel’ et ce qui ‘n’est pas naturel’ ». Il pense que cette ère enfonce le dernier clou dans le cercueil d’une telle distinction. En vérité, c’est exactement le contraire. Afin de maximiser nos chances d’éviter une déstabilisation totale du système climatique, nous devons être plus sensibles que jamais à la dichotomie entre ce que les humains génèrent de toutes les manières, et ce qui n’est pas de leur fait. Cela ne veut bien sûr pas dire qu’une planète en réchauffement peut être littéralement coupée en deux moitiés – si seulement cela était possible, nous nous épargnerions bien des difficultés – mais que l’analyse du phénomène requiert une telle opération. Dans un coin, ExxonMobil, dans l’autre, le fragile permafrost. Et de là, passer à l’action.
      Le moteur du changement climatique est un type de société – l’économie fossile – qui n’existait pas avant le XIXe siècle. Si les émissions de CO2 forment le conduit principal reliant cette société au climat, c’est seulement parce qu’un vaste ensemble de relations sociales ont été construites de telle sorte qu’elles transportent ces émanations dans l’atmosphère ; une fois là-bas, elles se connectent à d’innombrables entités naturelles. Le réchauffement planétaire n’est pas un hybride ou un « quasi-objet » platement monolithique, mais une mouvante unité-des-contraires, une combinaison dynamique, un processus dont les composantes sociales et naturelles se culbutent les unes les autres ; et tandis que tourne le bouton de contrôle, la nature propulse tout cela de l’avant. Aussi, loin d’en marquer la limite, l’usage des combustibles fossiles met en branle certaines « structures et processus matériels qui sont indépendants de l’activité humaine (en ce sens qu’ils ne sont pas le produit d’une création humaine), dont les forces et les puissances causales sont les conditions nécessaires de toute pratique humaine, qui en déterminent les formes possibles ». On n’en continue pas moins de brûler des combustibles fossiles – en effet, l’infrastructure nécessaire à leur combustion ne cesse de croître – parce qu’ils sont profondément enracinés dans un type très particulier de société, qui « n’est pas constituée d’individus, mais exprime la somme des relations, des rapports où ces individus se situent les uns par rapport aux autres ». C’est dans ce champ-là qu’a émergé une telle pratique, et c’est seulement là qu’un terme peut y être mis.

  • « Les gaz lacrymogènes, outils de répression des insectes et des émeutiers », Jean-Baptiste Fressoz
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/27/les-gaz-lacrymogenes-outils-de-repression-des-insectes-et-des-emeutiers_5428

    Dans sa chronique, le chercheur Jean-Baptiste Fressoz retrace l’histoire des gaz utilisés par les forces de l’ordre contre les manifestants, et récemment les « gilets jaunes ».

    Chronique. La répression policière des « gilets jaunes » et la disparition des insectes − annoncée par des scientifiques pour le début du XXIIe siècle — partagent une origine commune qui remonte à la fin de la première guerre mondiale, au moment où les gaz de combat sont reconvertis à un usage civil, à la fois comme phytosanitaires pour nettoyer les champs et comme gaz lacrymogènes pour réprimer grévistes et émeutiers.

    En 1918, Amos Fries (1873-1963), l’énergique chef du service de la guerre chimique (CWS) de l’armée américaine, est désemparé : il est à la tête de 44 000 hommes, et surtout il a organisé un immense programme de recherche auquel collaborent 1 700 scientifiques. Il est en train d’inventer la guerre du futur et, soudainement, avec l’armistice, le CWS est en passe d’être démantelé.

    L’opinion publique est révulsée par les gaz de combat. La Chambre des représentants ratifie la convention de Washington puis celle de Genève, qui interdisent la guerre chimique. Pour Fries, c’est tout simplement incompréhensible : les gaz sont un moyen plus moderne, moins meurtrier, moins sanglant, plus propre en somme, de faire la guerre.
    Pour justifier son existence et son financement, le CWS doit convaincre l’état-major américain et l’opinion publique que les gaz peuvent trouver des usages en temps de paix. Amos Fries lance alors deux projets parallèles, l’un sur les pesticides, l’autre sur les grenades lacrymogènes.

    Le rêve d’une nature libre d’insectes

    Comme l’a bien montré l’historien Edmund Russell dans War and Nature (Cambridge University Press, 2001, non traduit), la première guerre mondiale a ouvert la voie aux #pesticides modernes : nouvelles molécules, nouveaux moyens d’épandage, et surtout nouvelle culture de l’éradication. Dans la propagande américaine, les Allemands étaient souvent comparés à des insectes qu’il fallait écraser et, réciproquement, les insectes étaient dépeints comme les ennemis de l’humanité, et cela d’autant plus facilement que le typhus (transmis par les puces) faisait des ravages dans les tranchées.

    En plein conflit, Stephen Allen Forbes (1844-1930), l’un des plus grands écologues américains déclarait : « La lutte entre l’homme et les insectes a commencé bien avant la civilisation, elle a continué sans armistice jusqu’à maintenant et continuera jusqu’à ce que l’espèce humaine prévale. » C’est durant la première guerre mondiale que naît le rêve d’une nature purgée des insectes et que commencent les grandes campagnes d’éradication, qui perdureront jusque dans les années 1970.

    La première guerre mondiale met aussi en évidence l’intérêt de la chloropicrine, une molécule jusqu’alors obscure, qui est un fongicide, mais qui possède aussi la particularité de provoquer des pleurs et des vomissements. Elle est moins connue que le gaz moutarde, mais il s’agit pourtant de l’arme chimique la plus utilisée pendant le conflit. Active à faible dose et pénétrant plus facilement dans les masques à gaz, elle était utilisée en guise de préliminaire : pris de pleurs et de suffocations, le soldat arrachait son masque, s’exposant ainsi à d’autres gaz plus dangereux. La chloropicrine est l’ancêtre des gaz lacrymogènes.

    Les Etats-Unis d’après-guerre offrent un terrain propice aux expérimentations policières : alors que de grandes grèves éclatent et qu’on agite le spectre d’une révolution bolchevique, les gaz lacrymogènes sont vantés par Amos Fries comme un outil de maintien de l’ordre à la fois plus efficace et plus humain que la matraque. Contrairement à cette dernière, ils laissent peu de traces et surtout ils individualisent l’émeutier pris dans une douleur atroce alors que les batailles rangées avec la police renforçaient la cohésion des foules. A partir de 1921, des petites entreprises montées par d’anciens du CWS fournissent les forces de police américaines en grenades lacrymogènes.
    Cent ans plus tard, on peut dire qu’Amos Fries et ses collègues ont triomphé : la guerre millénaire de l’humanité contre les insectes est en passe d’être gagnée, et les gaz lacrymogènes sont abondamment utilisés partout où la révolte gronde. L’ordre règne dans les champs et dans les rues.

    #gaz_lacrymogène #maintien_de_l'ordre #armes_chimiques #police