• A Nîmes, une exposition sur la tauromachie ouverte aux enfants oppose pro et anti-corrida - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/05/05/a-nimes-une-exposition-sur-la-tauromachie-ouverte-aux-enfants-oppose-pro-

    Des capes et des épées, des taureaux et des toreros. Mais aussi du sang et de la souffrance, de l’agonie et de la violence : voilà le menu de cette sortie culturelle proposée par la ville de Nîmes à 400 écoliers, du CP au CM2. Cette opération s’inscrit dans le cadre de Rendez-vous en terre d’Aficion, un week-end d’initiation à la tauromachie et de célébration de la culture taurine, entièrement gratuit, organisé jusqu’au 6 mai par la mairie nîmoise et les clubs taurins, et parrainé par un torero espagnol. Point d’orgue de ces festivités : une corrida, ce dimanche. Si celle-ci ne soulève guère de polémique, il n’en va pas de même concernant l’exposition à laquelle sont conviés les petits Nîmois.

    Conçue par l’Union des villes taurines françaises et l’Observatoire national des cultures taurines, cette exposition a été baptisée Musée itinérant des tauromachies universelles. Qu’y voit-on ? L’histoire de la tauromachie. Mais aussi des animaux blessés, agonisants, en sang, des lances ou des banderilles plantées dans leurs corps. Ainsi que des toreros encornés, piétinés, exhibant des plaies béantes. Le tout est agrémenté d’une vidéo d’une heure, signée André Viard, inlassable promoteur de la corrida. « Ce film montre notamment une mise à mort en gros plan, un picador qui fouille la plaie avec sa lance, un matador soulevé par un taureau et qui, ensanglanté, se fait porter hors de la piste… C’est d’une violence sans nom », dénonce Claire Starozinski, présidente de l’Alliance anticorrida.
    « Violence gratuite »

    Selon les concepteurs de l’exposition, la corrida « est pour nos enfants une expérience enrichissante proposant des valeurs positives et structurantes ». A la mairie de Nîmes, on ne voit ici rien de choquant, mais au contraire un marqueur de la culture locale. « Dans notre région, la culture du taureau est présente partout, affirme Frédéric Pastor, adjoint au maire délégué à la tauromachie. Chez nous, dans la cour de récré, les gamins jouent au taureau, pas au foot. »

    Joël Lequesne, l’un des coordinateurs du collectif Protégeons les enfants des corridas, réunissant 115 psychiatres et psychologues, est loin de partager ces analyses. « Les images violentes sont déconseillées aux plus jeunes et balisées comme telles, notamment dans les programmes télévisés, rappelle le psychologue. Or la corrida, qui bénéficie d’un statut privilégié et de mesures d’exception, échappe à cette règle. Pourquoi laisse-t-on de jeunes enfants en présence de scènes de violence gratuite, même si celles-ci sont socialement admises ? »

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    Je ne comprend pas trop ce que les asso anti-corrida reprochent à ces images. Si on y voit comme c’est expliqué «  Ce film montre notamment une mise à mort en gros plan, un picador qui fouille la plaie avec sa lance, un matador soulevé par un taureau et qui, ensanglanté, se fait porter hors de la piste… » c’est plutot honnete et représentatif de la tauromachie. Ca aurais posé problème si ca avais été édulcoré. J’aurais personnellement insité sur le coté misogyne de cette culture mais bon c’est pas moi qui fait l’expo.

    Je me demande si ca serait pas utile de montrer aussi comment on fabrique les steaks à l’école avec images d’abattoires conformes (pas besoin de chercher des images d’abus ou de dérive type L314, un abattoire bientraitant ca ira bien). Ca me semble etre le role de l’école d’informer les enfants sur la manière dont on fabrique la nourriture. Peut etre que les végétarien·nes et vegans pourraient etre dispensés mais pour les carnistes l’éducation c’est aussi comprendre ce qu’est reelement la viande. Pour que les enfants puissent choisir en connaissance de cause et pas subir ce que les adultes leur fourent dans la bouche.
    Par rapport à cette expo le plus étrange c’est qu’elle est accompagnée d’une vrai corrida a laquelles les enfants vont assister le dimanche. Les asso veulent censurer des photos et videos au pretexte que c’est violent, mais les gosses vont se taper la boucherie en directe avec odorama et tout et ca me semble plus traumatisant qu’une video et quelques photos.

    • c’est quoi qui est abject @lydie ? Perso je suis végétarienne et j’ai pas grand chose contre la corrida. Ca me semble un problème très mineur par rapport au fait de manger de la viande. J’ai du mal à entendre les critiques de la corrida de la part de gens qui mangent de la viande, je trouve ca hypocrite. Mais avec des végétarien·nes ou vegan je peu en discuté. Et je pense que la vision de corrida bien gore est un bon moyen de faire comprendre aux enfants comment on fabrique la viande qu’illes mangent souvent sans savoir ce que c’est.

    • C’est la preuve que tu es dans une relation « sarchophagique » à la viande. Je te conseil cette lecture très interessante sur les relations occidentales à la nourriture carné.
      https://journals.openedition.org/terrain/2932
      En gros ca explique qu’il y a deux manières d’apréhendé l’animal à viande.
      D’un coté les zoophages, ceux qui mangent l’animal au complet et n’ont pas de problème à reconnaitre un animal dans leur viande. En général ce sont des personnes qui ont une relation avec des animaux domestiques ; fermier·es qui tuent leur poules, chasseur·euses, boucher·es et leur séparation entre humanité/animalité est très nette. L’animal à une fonction utilitaire. La corrida c’est ce type de relations.

      Les sarcophages (sarcos = chaire) ce sont celleux qui vivient avec des animeaux de compagnie. Qui sont des membres de leur famille, des proches. La limite entre humanité et animalité est moins nette. Ce sont généralement des personnes qui vivent en ville et n’ont pas de relation avec le mise à mort des animaux dont ils ne mangent que la chaire. Par exemple les enfants ne font pas le lien entre du surimi, un poisson panné, un nuggets de poulet, de la viande haché et un poisson vivant, un poulet... Les sarcophages n’aiment pas savoir comment est faite leur viande, et illes n’aiment pas la corrida.

      Je pense que le model zoophage est sur la fin et la sarcophagie aussi à plus longue échéance. La tauromachie ca date de la préhistoire, c’est un résidu de l’époque des sacrifices d’animaux et d’humains et vu que les gens sont de plus en plus sarcophages (comme toi), de plus en plus empathiques avec les non-humains (ce qui conduira au végétarisme comme norme), à mon avis la tauromachie est condamné à disparaitre à courte échéance et pas forcement à cause d’une interdiction mais d’une disparition de son publique, révulsé comme tu l’es.

    • Je comprends la nuance, mais j’en rajouterais une, dites-moi ce que vous en pensez :

      On peut accepter la mise à mort d’un animal pour toutes sortes de raison, mais ne pas s’en réjouir, ne pas s’en délecter, ne pas l’applaudir.

      Je crois que la corrida, c’est ça : la mise à mort ET le plaisir de voir l’animal souffrir.

      On peut accepter l’un et refuser l’autre, non ?

    • Le but de la corrida est de faire souffir le toro le moins longtemps possible selon les technologies d’une époque bien lointaine. Ce qui est applaudit c’est pas la souffrance du toro mais plutot la capacité du matador de tuer le plus vite et gracieusement possible une bête de 600kg de rage et de muscles séléctionné pour son agressivité depuis des siècles (sauf qu’il y a eu la guerre civile et les toro sont très consanguins depuis cett époque, les ganaderios/éléveurs disent le contraire mais je les croie pas trop). Du coté du toro on applaudit sa bravour, son aggressivité, son intelligence. Si le toro souffre inutilement le publique invective et siffle le matador, le traite de boucher et demande à ce qu’on abrège les souffrance de la bête.
      C’est pas un truc facil à faire de tuer une bete furieuse de 600kg armée de corne qui te fonce dessus avec une petite épée ridicule. Et voire ce que c’est la mort de ma nourriture à une époque ca m’a apporté des choses sur le plan spirituel (j’ai été afficionada vers l’an 2000 à une époque ou je mangeait des cadavres mais aujourd’hui je le suis plus - d’ou le fait que je connais la culture taurine)

      Donc je dirait pas que le publique à du plaisir à la souffrance du Toro, ou alors on devrait le dire aussi des gens qui mangent de la viande, après tout ils mangent de la souffrance et bien pire pour beaucoup de bêtes que les 30 minutes que dure une corrida. Le toro bravo vivent plus de 6 ans, ils vivent dans de vastes reserves avec femelles et veaux en liberté et c’est vrai que les 3 jours avant la corrida ou il est mis dans un camion et jetter dans l’arène sont pas trop fun pour lui mais par rapport à un boeuf, vache ou un porc, castré souvent sans anesthésie, confiné dans des espaces réduits, privés de leurs petits et abbatus dès la fin de leur puberté dans des conditions bien plus cruelles, si on me fesait choisir je prefererais être toro bravo que porc industriel. Bon heureusement j’ai pas à choisir.

      Du point de vue d’une personne mangeant de la viande, je pense que la corrida à un interet car on dissimule la réalité de la mort dans des abbatoires et le voire ca permet de comprend bien ce qu’est la consommation de viande. Par contre je suis d’accord pour dire que c’est archaique, comme le fait de manger de la viande en 2018 en occident. Par contre je trouve que manger de la viande et lutter contre la tauromachie c’est hypocrite car pour manger de la viande il faut tuer des animaux et la mort ca se fait pas sans souffrance. C’est pas par hasard que les abattoirs sont cachés et que les militant·es de L314 par exemple prennent de gros risque pour montrer la réalité de cette pratique.

    • C’est plus confortable probablement de « nuancer » comme ca. Vous etes des gentils délécteurs de souffrance et de mort et les afficionado·as c’est des méchant·es délécteur·euses de souffrance et de mort.

    • Oui... votre absence d’arguments est quant même assez frappante.

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      D’ouvrier d’abattoir à lanceur d’alerte : Ma vie toute crue
      http://hypathie.blogspot.fr/2018/05/douvrier-dabattoir-lanceur-dalerte-ma.html

      Souffrance animale, souffrance sociale et humaine. Clairement, les mangeurs de viande prennent des risques. Sanitaires surtout. Et celui de se faire rouler dans la farine de l’abattage rituel aussi : le processus est tellement lourd et long que bien des viandes sont déclarées rituelles qui n’en sont pas. Maltraitance aux animaux, aux humains, mauvaises pratiques, contrôles sanitaires inexistants ou bâclés, grosse cavalerie, insuffisance des étiquetages, omerta sur des pratiques illégales, pas vue pas prise, l’industrie de la viande est un monde opaque qui entend rester bien planqué derrière ses postes de garde avec triples barrières. On ne rentre pas.

      «  Si les abattoirs avaient des murs de verre, tout le monde serait végétarien  ». Paul Mc Cartney.

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      La corrida c’est cet abattoire avec des murs de verre, sa faute morale c’est de montrer la mort. Or les sarcophages ne veulent pas faire le lien entre l’animal et la viande, illes ne veulent rien voire, ni rien savoir de la mort de ce qu’illes mettent dans leurs bouches pour se délecter. Personne ne les obligent à etre spectateur d’une corrida, mais illes entendent interdir toute déléctation de pupilles aux zoophages pour leur confort de déléctation de papilles de sarcophages. Les sarcophages ne combattent pas les souffrances animal, illes combattent seulement la visibilité de ses souffrances.

    • Par rapport à la comparaison entre les taureaux de corrida avec une vie assez libre sauf les trois derniers jours, et les animaux industriels, c’est quand même un biais manichéen courant. La vie des animaux industriels c’est quelque chose de méga récent. Sans dire du tout que le tout dernier jour n’est pas pourri, sans souffrance, etc, l’élevage non industriel, pendant des millénaires, a fait vivre des animaux à l’air libre, en pâturage ou en forêt, sans les tuer en masse et avec une vie quotidienne correcte avant le dernier jour (et d’ailleurs en quantité on en mangeait beaucoup moins quand même, surtout les grosses bêtes, c’était pour la fête pour le peuple, hors nobles ou bourgeois).

    • On est dans le « méga récent » justement. Aujourd’hui les bovins passent tous par les abattoirs dans lesquels des ouvrier·es travaillent selon les methodes industrielles qu’on nous cachent scrupuleusement mais qu’on devine aisément quant on connait la dégradation des conditions de travail en générale et qu’on lie les témoignages en particulier.
      J’ai conscience que la tauromachie est anachronique, mais c’est justement pour ca que je lui trouve de l’interet.
      Je suis contre la tauromachie, je dit juste que je trouve l’interdiction non urgente par rapport au problème de consomation de viande.
      La tauromachie c’est une culture machiste de fraternité avec les travers qu’on retrouve dans le sport, compétition, trucage, dopage, corruption... C’est surtout de la pub pour la consomation de viande et d’alcool. C’est aussi toutes les violences que les hommes sous pretexte d’alcool infligent aux femmes (et aux hommes) pendant les ferias. Avec des rues couvertes de pisse et de vomis au petit matin. Pas mal de raison pour vouloir s’en débarasser.

    • Oui et non y a pas d’histoire de « tous » si on ne le veut pas, je veux dire ce sont des choix politiques et de vie, pas des obligations naturelles ou techniques. Il y a encore aujourd’hui dans le monde industrialisé des éleveurs qui ont des petits troupeaux qui se baladent librement la majeure partie de leur vie, et il y en a même qui refusent l’abattoir et qui pensent que les éleveurs DOIVENT abattre à la ferme et se confronter à la mort sans la délocaliser ailleurs : cf plusieurs intervenants du livre d’Aude et Guillaume « On achève bien les éleveurs ». Et encore ça, c’est minime en société industrielle, mais c’est le cas de la majeure partie du monde ailleurs hors gros pays industriels (tout comme pour le maraichage et les céréales, la majeure partie des humains du monde sont nourris par de la petite paysannerie encore aujourd’hui, ya des chiffres là dessus).


  • « Certains médias parlent de l’école sans la connaître » (Danièle Manesse, VousNousIls)
    http://www.vousnousils.fr/2018/04/25/certains-medias-parlent-de-lecole-sans-la-connaitre-613817

    Professeure travaillant sur les questions liées à l’école, Danièle Manesse a vu le traitement médiatique de l’actualité éducative se dégrader au cours de sa carrière.
    […]
    « [Les médias] jouent un rôle très important, qui n’a fait que s’accroître, car l’école est devenue de plus en plus un lieu conflictuel, en partie à cause de la montée du chômage. L’école est embarquée dans des évolutions sociales qui la dépassent et donnent lieu à différentes analyses, évidemment. Il y a des manières différentes de parler de l’école, avec notamment une dramatisation considérable de la part de certains médias ! J’ai travaillé pendant 40 ans en banlieue populaire et ce qui me frappe, c’est la désinformation, la manière dont certains médias parlent de l’école sans la connaître.
    […]
    On est également stupéfait du désordre dans l’information sur certains thèmes. Par exemple, concernant la langue et son enseignement, il y a eu trois moments de passion médiatique sur l’enseignement du français l’année dernière où il s’est dit parfois n’importe quoi : l’une contre des rectifications orthographiques mineures vieilles de 25 ans, l’autre sur le mot “prédicat” dans les programmes et une campagne sur l’écriture inclusive…Dans chacune, l’école est impliquée voire mise en cause.
    […]
    La dramatisation résulte de l’ignorance de ce métier. Je trouve très important, pour parler de l’école, de prendre le temps de le connaître et d’aller sur place à la rencontre des profs. Il ne suffit pas de poser quelques questions par téléphone à un proviseur pour comprendre le fonctionnement d’un établissement.
    Il y a de moins en moins de reportages sur le terrain, et aujourd’hui, il y a trop de hâte dans l’information. »

    #éducation #médias #métier #dramatisation








  • La démographie médicale en #France, le risque des déserts médicaux. L’exemple de la Montagne ardéchoise — Géoconfluences

    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/transv/sante/SanteDoc4.html

    a question des inégalités d’accès aux soins est une préoccupation à la fois ancienne et grandissante. En matière de soins, les besoins et les attentes des populations sont multiples et s’expriment différemment selon les temporalités, du quotidien au cycle de vie. Le contexte de vieillissement de la population française participe à accroître la demande en soins et notamment en soins de proximité, du fait de la détérioration de la santé et des contraintes de mobilité qui peuvent survenir avec l’âge. Ces évolutions démographiques associées à la médicalisation croissante de nos sociétés entraînent une pression accrue sur l’offre de soins.

    Or, cette offre est inégalement répartie. L’accès aux soins envisagé souvent sous l’angle social, doit l’être aussi sur le plan territorial. Il pose la question de l’état de notre démographie médicale, c’est-à-dire de la répartition dans l’espace des praticiens. Derrière ce terme, se cachent une pluralité d’acteurs et d’échelons territoriaux qu’il convient de distinguer et de préciser. En effet, les problématiques varient selon la nature des soins (primaires, spécialisés) et les territoires (urbains, ruraux, marginalisés, enclavés…).

    Ainsi, à l’heure où les débats sur la question des « déserts médicaux » se multiplient, cet article se propose de faire un état des lieux de la démographie médicale en France à travers le prisme des différentes échelles communément retenues dans ce domaine. L’exemple de la région Rhône-Alpes, et plus particulièrement celui de l’Ardèche, permettra d’illustrer à la fois la pluralité des inégalités territoriales et la complexité des situations inhérente à l’imbrication des sphères économique, politique et sociologiques. Au regard des constats nationaux et des réalités locales, il faudra finalement s’interroger sur l’efficience des mesures visant à limiter la désertification médicale.

    #santé #désert_médical


  • #Afrique_du_Sud, les défis énergétiques et miniers d’un pays émergent — Géoconfluences
    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/afrique-dynamiques-regionales/corpus-documentaire/mines-energie-afrique-sud

    Première puissance économique africaine, l’Afrique du Sud n’en est pas moins confrontée à plusieurs défis économiques parmi lesquels les secteurs de l’énergie et du minier occupent une place de choix. Dans un pays fortement dépendant du charbon, le premier défi est de diversifier le mix énergétique et de réussir la transition énergétique nationale. Le second défi est économique et social : alors que le chômage dépasse 27 %, la relance du secteur minier (plus de 455 000 emplois directs) est d’autant plus importante que le pays est menacé par la récession.

    #énergie #matières_premières #charbon


  • “J’ai peur que…” (Séance d’écriture-flash n°3, CM2)

    Consigne : Je vais taper dans les mains une fois et vous devrez faire silence. Mes instructions seront écrites au tableau et vous n’aurez aucune autre indication. Impossible de me poser des questions, impossible d’en discuter avec vos camarades, le silence doit être complet. Lorsque je frapperai par deux fois dans mes mains, cette contrainte sera levée. Des questions ?
    – Prenez une feuille de classeur et un crayon.
    – Écrivez votre prénom.
    – Écrivez une phrase ou un court texte commençant par « J’ai peur que… ».
    – Je chronomètre 3 minutes à l’horloge et je relève les feuilles.

    Productions des élèves (1er jet, orthographe corrigée par moi)

    – J’ai peur que j’aie une mauvaise note à mon évaluation.
    – J’ai peur qu’un jour je me casse une jambe ou un bras.
    – J’ai peur que j’aie des mauvaises notes à l’école parce que mon père me frappe.
    – J’ai peur des araignées. J’ai peur d’aller au collège. J’ai peur des films d’horreur.
    – J’ai peur que ma mère aille à la piscine avec mon père. J’ai peur que la rentrée scolaire soit demain.
    – J’ai peur que la maîtresse me fasse redoubler et aussi que ma mère me gronde à la manière physique quand je vais redoubler. J’ai aussi peur que la maîtresse ne puisse pas venir à l’école parce quelle est malade.
    – J’ai peur que ma meilleure amie me trahisse et qu’elle oublie les promesses qu’on s’est faites.
    – J’ai peur que ma maison brûle, qu’il y ait une guerre en France, que ma famille meure, qu’il y ait des catastrophes climatiques et que l’état de la Terre empire.
    – J’ai peur que quand je vais à l’école il y ait un homme qui me fixe et qui me kidnappe.
    – J’ai peur que.
    – J’ai peur que je déménage et change d’école et que je ne vois plus mes amies et qu’on ne m’accepte pas dans l’autre école.
    – J’ai peur que tu me tapes quand je fais une bêtise. Pourquoi tu me fais ça ? Ma petite sœur me tape et moi je veux me défendre et je la tape et toi tu me grondes.
    – J’ai peur que ma maison brûle et qu’il y ait un monstre sous mon lit qui m’attrape par le pied et qu’il me mange.
    – J’ai peur qu’on me tape. J’ai peur qu’on me crie dessus. J’ai peur qu’on me punisse. J’ai peur que j’aie un mot sur le cahier.
    – J’ai peur que je me retrouve sans famille parce que ma famille m’apporte de la nourriture, des frères et sœurs, le sommeil et plein d’autres choses encore. Elle me fait découvrir des pays et des villes et m’apporte surtout le bonheur.
    – J’ai peur que quelqu’un prenne mon petit copain, que ma famille et moi on soit dans la rue, que je meure bientôt.
    – J’ai peur que ce soit la fin du monde comme ça : boum, de mourir. Mais j’ai peur de partir au collège, dans la cour des grands il y a des harceleurs.
    – J’ai peur que mon père me frappe et me tire les cheveux.
    – J’ai peur que la souris me voit parce que je vais la donner au mammouth. J’ai trop peur du mammouth, mais pas pour de vrai.

    #école #témoignage #production_d'écrits #CM2 #peurs





  • On a chopé la censure ? – Le magasin des enfants
    https://magasindesenfants.hypotheses.org/6451

    a polémique autour du documentaire On a chopé la puberté a ravivé, une fois de plus, le débat sur la censure des livres destinés à la jeunesse. Il n’est sans doute pas de question plus inconfortable et difficile dans ce domaine : les jeunes lecteurs, le plus souvent, ont entre les mains et sous les yeux des livres choisis pour eux par des adultes prescripteurs et conçus par des adultes – créateurs, éditeurs – qui pensent leur proposer des œuvres belles, utiles, intéressantes, enrichissantes, drôles, originales, dérangeantes parfois, des œuvres qui, d’une manière ou d’une autre, les nourrissent et les divertissent. La censure (et aussi la critique, dans une moindre mesure) vient se nicher au creux de cette asymétrie fondamentale qui définit la littérature pour la jeunesse, comme a pu le rappeler Emer O’Sullivan : des adultes d’un côté, qui pensent et décident de ce qui est « bon » pour les jeunes lecteurs, de l’autre des enfants lecteurs qui ont peu souvent voix au chapitre.

    #littérature_jeunesse #censure

    • Si ce documentaire a pu être conçu comme léger et drôle, la réalité l’est sans doute beaucoup moins. Le harcèlement des jeunes filles en milieu scolaire et universitaire est une réalité qui fait beaucoup moins de bruit que les débats autour de On a chopé la puberté. Ce livre l’évoque au passage : le « 95C » de Jennifer n’est pas toujours un atout et « les gros lolos attirent aussi les gros lourds ». Maladroit, peut-être. Sexiste, oui, encore une fois. Et myope voire aveugle : dans nombre de collèges, de lycées, d’universités, de grandes écoles, les jeunes filles, quel que soit leur tour de poitrine, subissent, au quotidien, des remarques sexistes voire des insultes – ou pire, des gestes dont il faut rappeler qu’il s’agit d’agressions sexuelles – et n’en ont souvent pas conscience, sont mal à l’aise, n’osent pas parler, intériorisent une honte qui peine à trouver son mode d’expression. La littérature peut y aider : le roman ou le théâtre pour adolescents permettent, parfois, la libération de la parole, grâce à des plumes sensibles, acérées, fortes. Des maisons d’édition et des auteurs se mobilisent pour changer les regards et les discours. Le sexisme doit être dénoncé et combattu et non traité comme un fait ordinaire. L’affirmer n’est pas affaire de censure mais bien au contraire de libération de la parole.

    • La censure (et aussi la critique, dans une moindre mesure) vient se nicher au creux de cette asymétrie fondamentale qui définit la littérature pour la jeunesse, comme a pu le rappeler Emer O’Sullivan : des adultes d’un côté, qui pensent et décident de ce qui est « bon » pour les jeunes lecteurs, de l’autre des enfants lecteurs qui ont peu souvent voix au chapitre.

      (...)

      Le racisme n’a pas été censuré, il a disparu, ou presque, progressivement, de la littérature pour la jeunesse. Le #sexisme, lui, perdure. Il n’a pas à être censuré, il peut disparaître à son tour. Mais pour ce faire, il doit être rendu visible et ce qu’il signifie ne doit pas être minimisé, banalisé ni caricaturé mais identifié et compris. Loin d’être une censure obscurantiste (à quoi renvoie l’image de l’autodafé, souvent utilisée), c’est un processus d’éveil et de mise en lumière qui se joue actuellement. La différence la plus sensible est peut-être aussi dans la temporalité des processus : en 2018, tout va beaucoup plus vite – tout s’oublie plus vite aussi. Les polémiques qui prennent une ampleur considérable en quelques jours (près de 150 000 signataires pour une pétition et combien d’autres personnes touchées, concernées, sensibilisées mais qui n’ont pas signé) pour ensuite retomber sont autant de signes d’une société qui semble en train de prendre ses distances avec un état d’esprit qui, bientôt, pourrait être considéré comme totalement dépassé. Un tel bouleversement se saurait s’opérer sans remous, tapage, obstacles, sans bruit ni sans douleur. En janvier dernier, les éditions de Varly ont annoncé qu’elles renonçaient à leur projet de rééditer Les aventures de Bamboula, bande dessinée raciste qui, peut-être, ne choquait pas dans les années 1950 (encore qu’elle n’a eu que peu de succès) mais qui, aujourd’hui, n’est plus acceptable. Suite à la décision de l’éditeur, il n’y a pas eu, à ma connaissance, une levée de boucliers semblable à celle qui a fait suite à la décision des éditions Milan. De censure, il n’est plus question.

      Il pourrait en être de même pour le sexisme. Quand j’évoque le racisme, mon propos n’est pas de comparer Les Robinsons français et On a chopé la puberté. Les contenus et les contextes sont si éloignés que la comparaison n’a aucun sens. Ce qui m’intéresse en revanche, c’est de mettre en parallèle deux mécanismes qui, dans leur fonctionnement, me semblent comparables, à des époques différentes. Le propos raciste, mis en lumière par des luttes, n’est désormais plus acceptable et a disparu (ou quasiment) des livres pour la jeunesse, alors qu’il était courant à une époque donnée, antérieure aux luttes et à la prise de conscience collective. Il pourrait en être de même avec le propos sexiste (et je ne vise pas ici le seul documentaire de Milan mais toute une production encore florissante) : les luttes et la prise de conscience peuvent contribuer non à sa censure mais à son effacement progressif. Sa disparition ne serait pas plus regrettable que celle du racisme.

      #enfants #édition

    • @mad_meg oui, l’article essaie justement de faire la part des choses :

      Où se situe précisément la censure ? S’indigner et dénoncer riment-ils avec interdire ? Je voudrais montrer que les efforts pour faire disparaître le sexisme – ou tout autre forme d’expression dégradante et détestable – ne relèvent pas de la censure et rappeler que la censure a bien davantage touché des œuvres qui se sont engagées contre le sexisme.

      (Il y a beaucoup de confusion et de manipulation là-dessus, l’imputation de censure inverse les rôles et arrange surtout les réacs de tout poil qui peuvent se victimiser genre on ne peut plus rien dire)

    • Autre extrait très bien vu :

      Il est d’ailleurs intéressant de replacer le documentaire On a chopé la puberté dans son contexte de création. Comme le rappelle Anne Guillard dans sa lettre ouverte, il s’agit au départ d’un groupe de copines dessinées pour le magazine Julie , édité par Milan. En octobre 2017, lors d’un colloque organisé par l’université de Bologne, la sociologue Sylvie Cromer a présenté les résultats d’une étude sur le genre dans 250 magazines pour la jeunesse français ; elle s’est intéressée en particulier aux magazines destinées aux petites filles. Si la création de Pomme d’Api , en 1966, avait marqué la fin de la presse sexuée ( Cœurs Vaillants, Semaine de Suzette, Bernadette , etc), celle-ci revient à partir des années 1990 et concerne aussi les petites filles, voire les toutes petites ( Les P’tites Filles à la vanille , pour les 3-5 ans, Fleurus). L’étude présentée par Sylvie Cromer portait sur trois éditeurs majeurs (Disney, Fleurus et Milan), à travers l’analyse de cinq magazines et de 44 numéros publiés entre avril 2012 et août 2013. Sylvie Cromer n’a pas étudié le magazine Julie (destiné aux 10-14 ans) mais Manon (l’étude portant sur les petites filles), qui, dans le même chaînage, s’adresse aux 6-9 ans, autant de lectrices qui donc, potentiellement, deviendront des lectrices de Julie .

      Sylvie Cromer a montré que ce magazine prépare à la lecture des #magazines_féminins pour adultes, avec plus d’activités que de lectures, et que les héroïnes, au-delà de leurs différences, sont toutes très sages et stéréotypées (elles ont toutes les cheveux longs, par exemple). Les petites héroïnes sont des modèles positifs mais elles sont toujours très cadrées. Les pages du magazine Manon vantent toujours le travail du « care », le contrôle de soi, le travail domestique même si on y parle aussi beaucoup du travail et de la réussite scolaire. La conclusion de la sociologue est que se construisent dans ces magazines ( Manon et d’autres) des dispositions sexuées qui sont socialement codées. Cette étude est intéressante car elle peut être mise en regard de la position des éditions Milan, rappelée par Anne Guillard dans sa lettre ouverte : « un éditeur jeunesse qui s’est publiquement engagé pour l’égalité des sexes » . On peut mesurer, grâce au travail des chercheur.euses, l’écart entre des déclarations publiques réelles et la réalité des contenus édités. Quelle que soit la perspective choisie (que l’on attaque ou que l’on se défende), il reste donc essentiel de lire attentivement et en détail pour savoir de quoi il est question.





    • Depuis toujours, les données de l’assuré sont au cœur de la relation instaurée par le contrat d’assurance. Elles servent la mesure du #risque individuel, objet du contrat et déterminent tant la décision de l’#assureur de prendre ce risque en charge que sa tarification. De son côté, l’assureur se trouve dans un cas d’inversion du cycle de production : il doit évaluer le coût réel de son produit par le biais d’analyses prédictives du coût du risque et fait appel à l’actuariat. Ces analyses reposent sur des observations statistiques, et donc des données massées que l’on nommera « données actuarielles ». Dans cette perspective, il apparait que plus l’information est riche, plus les critères sont fins, mieux l’assureur pourra affiner la mesure des risques que sa mutualité prendra en charge et meilleure sera la coïncidence entre son offre de couverture et les besoins individuels de l’assuré (segmentation de l’offre). Or, dans une perspective concurrentielle, la segmentation est devenue indispensable pour pallier les effets néfastes du phénomène d’antisélection1. Cette circonstance ne peut que pousser l’assureur à chercher toujours plus de données.

      Depuis le renforcement des préoccupations sur la protection des données personnelles, et notamment en raison de l’entrée en vigueur imminente2 du Règlement pour la Protection de Données Personnelles (dit #RGPD), l’attention se focalise sur le caractère « personnel » de la donnée. La définition qu’en donne le RGPD est large et ne coïncide pas toujours avec la compréhension plus stricte qu’en ont les acteurs de terrain ou les intéressés eux-mêmes, pour lesquels la donnée personnelle se cantonnerait à la vie privée ou intime.

      Ainsi, l’article 4.1 du RGPD précise en effet que l’expression donnée à caractère personnel vise « toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable (ci-après dénommée « personne concernée ») ;; est réputée être une « personne physique identifiable » une personne physique qui peut être identifiée, directement ou indirectement, notamment par référence à un identifiant, tel qu’un nom, un numéro d’identification, des données de localisation, un identifiant en ligne, ou à un ou plusieurs éléments spécifiques propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, économique, culturelle ou sociale ». La donnée protégée va ainsi bien au-delà de la simple donnée « nominative » mais vise tout élément permettant l’identification, même indirecte3.

      #données_privées #données #données_personnelles #assurance #vie_privée



    • C’est surement très bien, mais ça fait beaucoup de scripts dès la page d’accueil de https://www.antislaverymanuscripts.org.
      Je veux bien participer librement à un projet sur l’anti esclavage, mais ce serait mieux si c’était en préservant ma propre liberté et mes données personnelles.

      Or je constate que la #liberté aujourd’hui revient à renoncer à faire.

      …cloudflare.com
      …cdnjs.cloudflare.com
      …ft-polyfill-service.herokuapp.com
      …ft-polyfill-service.herokuapp.com
      …google-analytics.com
      …googletagmanager.com
      …rollbar.com
      …api.rollbar.com
      …zooniverse.org
      …panoptes.zooniverse.org
      …zooniverse.org

      #esclavage




  • Presentación del libro “Los mundos diversos del Inca Garcilaso y la Academia actual” – La reina de los mares
    https://reinamares.hypotheses.org/16685

    Le 29 Janvier , il est apparu au Hall multiséculaire V de l’ Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) le livre intitulé « Les différents mondes de l’ Inca Garcilaso et l’Académie actuelle » Fermin del Pino et Amalia Iniesta, les chercheurs les habitués de cette bibliothèque. La présentation a été convoquée par la bibliothèque hispanique (AECID)avec la collaboration de l’ Ambassade du Pérou en Espagne.