• Mutiler les gilets jaunes : le combat d’une famille
    https://www.revue-ballast.fr/mutiler-les-gilets-jaunes-le-combat-dune-famille

    À l’hiver 2016, le candidat Macron appela à la Révolution ; à l’hiver 2018, le président Macron écrasa celle qui ne demandait qu’à éclore. D’abord, le gouvernement a énucléé et défiguré les visages, mutilé et arraché les mains des protestataires. Cela se fit à grand bruit : on entendait dans la rue la détonation des tirs des forces de l’ordre, l’explosion des grenades chargées de TNT. Puis ce fut le silence. Les caméras sont parties et la violence a continué, à bas bruit cette fois. Non plus dans la rue mais au cœur des institutions : les hôpitaux, les assurances, la Sécurité sociale, la police, la Justice… Dominique Rodtchenki-Pontonnier est la mère de Gabriel : apprenti chaudronnier sarthois de 21 ans, il a perdu l’usage de sa main droite durant l’acte II des gilets jaunes. Il était venu marcher contre « la (...)

  • Gabriel, gilet jaune mutilé : « Je n’avais jamais foutu les pieds dans une manifestation » | Sophie Divry
    https://www.revue-ballast.fr/gabriel-gilet-jaune-mutile-je-navais-jamais-foutu-les-pieds-dans-une-m

    Gabriel est mon­té sur la capi­tale pour expri­mer son « ras-le-bol de voir les gens dans la misère », il s’ap­prê­tait à pas­ser son BTS en chau­dron­ne­rie. C’est la pre­mière fois qu’il par­ti­cipe à une mani­fes­ta­tion et les forces armées du régime fraî­che­ment élu « pour faire bar­rage à l’ex­trême droite » viennent de lui arra­cher une par­tie de la main — 26 grammes de TNT, caté­go­rie « arme de guerre ». La guerre contre « ceux qui ne sont rien ». Sa mère se tient à ses côtés. « Mon regard croise celui de son fils. Il lève sa main en l’air afin d’é­vi­ter une hémor­ra­gie. » Source : Ballast

  • Une vraiment sale histoire

    Après le dîner, je rejoignais aider B qui rangeait la vaisselle dans la cuisine. C’était un soir parmi tant d’autres où j’avais rejoint la petite famille pour passer la soirée. Quelque chose, quelque part me disait que quelque chose ne tournait pas rond.
    – Tu sais, je crois qu’il y a un truc avec ton père.
    B me regarde, me sourit et finalement me dis : ah bon ? Je te dirais un jour.
    Bien plus tard, B est venue me voir chez moi. Et m’a tout déballé. Je ne m’attendais pas à ça, et je n’y étais pas préparée.

    Elle était la seconde d’une famille de quatre filles que j’avais toutes rencontré à un moment où à un autre. Père prof de math, mère conseillère au planning familial, je les avais aussi rencontré dans leur maison située à la campagne, à proximité du Mans.

    Les deux grandes ont été violées par le père à partir de 7 sept ans, et ce pendant plusieurs années. La mère savait. L’ainée, une fois grande et sortie des sales pattes de ce pédocriminel, s’est faite aidée en suivant une thérapie et je crois me souvenir que cela lui avait plutôt bien réussi mais je ne l’ai pas connu assez intimiment pour l’assurer.
    Ce n’est pas le chemin choisi par B.

    Devenue jeune femme, B avait un compagnon –celui-là même avec qui nous avions passé la soirée– mais continuait de voir son père qu’elle rejoignait dans la garçonnière qu’il avait pris en ville à cet effet. Elle était totalement sous son emprise.

    Son compagnon a su, a laissé faire jusqu’au jour où il a demandé à B de rompre avec son père. Ce qu’elle fit et dorénavant les 4 filles avaient couper les ponts avec les parents.

    Plus tard, un petit garçon est né, B et son compagnon ont renoué avec les parents pour que l’enfant ait des grands-parents maternels. C’est à la naissance du petit garçon que je suis devenue amie du couple ; il devait avoir au moins 6 ans quand B est venue me raconter.

    C’était un couple tumultueux. B était une femme digne qui transpirait la souffrance. Elle pouvait se montrer violente. Lui aussi souffrait d’un mal intérieur qui le rongeait (notamment une histoire de petit zizi, trop petit pour sa mère qui l’avait emmené chez le médecin pour savoir si c’était « normal » et qui l’avait traumatisé). Il était un peu lâche et manipulateur. Le temps passant les scènes entre eux étaient de plus en plus fréquentes et de plus bruyantes.

    Dix ans après la naissance du garçon, le couple a eu une fille. Que les grands-parents maternels gardaient parfois. Quand elle a eu l’âge de 5 ans, lui n’a plus tenu, il a interdit la garde de sa fille par les grands-parents. La situation déjà explosive a explosé pour de bon, le couple s’est séparé à cette époque. Moi, j’avais déjà pris depuis quelques années beaucoup de distance parce que je ne pouvais plus porter tout ça, je devais me protéger.

    A la suite de ses révélation, j’avais juste envie de hurler et de porter plainte mais B a refusé et j’ai décidé de respecter son choix. J’ai juste dit que je ne voulais plus jamais avoir à faire avec ses parents.
    J’ai revu B il y a deux ans à un spectacle.

    J’avais appris qu’elle avait fait un avc et en avait gardé des séquelles. Elle était abîmée et la voir comme ça m’a fait mal.

    #inceste #viol #pédocriminalité #metooinceste

    • J’ai une amie de 50 ans passés qui a une sœur jumelle que je n’ai jamais rencontré mais qui ne va pas bien du tout. Cela fait plus de 20 ans que je connais K et sans savoir la source de ses problèmes physiques et financiers je lui avais conseillé de se déclarer handicapée car elle a aussi énormément de soucis de santé. Il y a trois ans en pleurant elle m’a raconté ce qu’elles ont subit enfants. L’année dernière elle m’a annoncé qu’elle avait réussi à entamer une procédure contre son père pour viols répétés durant leur enfance. Bravo à elles deux.

  • Une enquête pour « harcèlement moral » vise la porte-parole de LREM Laetitia Avia
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/une-enquete-pour-harcelement-moral-vise-la-porte-parole-de-lrem-laetitia-av

    Le parquet de Paris a confirmé cette information, précisant que l’enquête avait été ouverte le 9 juillet du chef de « harcèlement moral » et confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP). Une source proche du dossier a indiqué que certains des plaignants avaient été entendus par les policiers.

    Cinq ex-assistants parlementaires accusaient, dans un article de Mediapart de mai, la députée de Paris d’humiliations, harcèlements et abus de pouvoir sur ses collaborateurs et de tenir des moqueries sur le physique, la tenue vestimentaire de militantes ou d’une élue. Sont également cités des propos jugés sexistes, racistes ou homophobes dans ses échanges avec son équipe, comme lorsqu’elle écrit en 2018 après le vote d’un amendement LGBT : « on a voté l’amendement des PD », dans un échange copié par une capture d’écran reproduit par Mediapart.

    Apparemment, à LaRem, les haineux ne sont pas retirés en moins de 24 heures (ils seraient même plutôt promus).

  • BALLAST | Mutiler les gilets jaunes : le combat d’une famille
    https://www.revue-ballast.fr/mutiler-les-gilets-jaunes-le-combat-dune-famille

    À Pompidou, il faut le dire, ça a été com­pli­qué. Cet hôpi­tal est une véri­table usine, il y a 300 ou 400 chambres. C’est inhu­main. Arrivé depuis déjà trois jours, Gabriel n’avait tou­jours pas été opé­ré du visage, il était ter­ri­ble­ment gon­flé. Passe le pro­fes­seur Lantieri, spé­cia­liste des greffes de visage en France. Quand il a vu l’état de Gabriel, il était outré. « Une situa­tion inad­mis­sible », il a dit. Gabriel a dû subir une inter­ven­tion du visage dans son lit car il n’y avait pas de bloc opé­ra­toire libre. C’est assez éton­nant comme pra­tique, pour un hôpi­tal qui a une renom­mée euro­péenne. Un bout de plas­tique et de fer issu de la gre­nade, gros comme une pièce de mon­naie, était incrus­té au milieu de son front. Son visage était com­plè­te­ment tumé­fié, il gon­flait de jour en jour. Cette inter­ven­tion a été réa­li­sée sans anes­thé­sie par­ti­cu­lière — même s’il était sous mor­phine, il a souf­fert. Gabriel s’est sen­ti tout de suite mieux et son visage a dégon­flé. Au sein de l’hô­pi­tal, il y a eu une sorte de bataille entre les ser­vices. Gabriel avait été pris en charge pour sa main, donc par l’orthopédie : du coup, ils n’ont pas pris sa jambe ni son visage en compte. C’était un va-et-vient per­ma­nent entre les blocs. Et comme l’hôpital manque de place, on ne savait jamais quand il devait se faire opé­rer. Alors Gabriel ne man­geait plus, ne buvait plus. Plus d’une fois, on ne lui a pas appor­té de quoi man­ger, et sinon, le plus sou­vent, c’était froid. Il fal­lait que je des­cende au rez-de-chaus­sée pour faire chauf­fer sa nour­ri­ture. Dans ces moments, il faut apprendre à se taire, sinon la prise en charge de Gabriel aurait pu en pâtir.

    • voir ici aussi : https://www.mediapart.fr/journal/france/180121/vaccin-contre-le-covid-19-le-coup-de-bluff-de-sanofi-la-traine

      utilisation de la capacité de Sanofi pour produire du vaccin de la concurrence et ainsi aider la campagne de vaccination est jugé moins que probable par les connaisseurs.

      p.2

      Antoine Flahault, épidémiologiste et professeur de santé publique à la faculté de médecine de Genève, estime que « ça serait une bonne façon de sortir la tête haute de tout ça ». Il a même soufflé l’idée aux sénateurs le 13 janvier, lors de son audition sur la stratégie vaccinale. « Vous avez un magnifique laboratoire. Ce serait une bonne chose qu’il participe à fabriquer les armes pour tuer le virus, même si ce ne sont pas des armes totalement made in France. Il faudrait quatre ou cinq mois pour préparer une telle chaîne de mise en flacon », estime-t-il. Alain Fischer, le Monsieur vaccin du gouvernement, a indiqué au Parisien être également favorable à cette option.

      « Le problème, c’est que l’État n’ose pas mettre la pression sur Sanofi pour l’obliger à le faire », dénonce Fabien Mallet, coordinateur adjoint CGT Sanofi. Et ce, alors que, chaque année, Sanofi perçoit une centaine de millions d’euros d’argent public au titre du crédit d’impôt recherche

    • Le plan est de faire grève le 19 janvier, pour les raisons habituelles, pas pour mobiliser la capacité de prod :-)

      La CGT, suivie par la CFDT, la CFE-CGC, FO et Sud Chimie, appelle à la grève ce 19 janvier pour dénoncer cette diminution des effectifs, ainsi que les négociations salariales en cours.

  • La protection des mineurs, une justice d’exception avec Edouard Durand
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/la-protection-des-mineurs-une-justice-dexception

    Dans la foulée de l’affaire Olivier Duhamel, un hashtag #MetooInceste a entraîné ce week-end « des centaines » de témoignages sur Twitter, relançant le débat sur la prescription et sur le consentement dans les cas de violences sexuelles faites aux enfants.

    Dans un livre parut aux éditions du Seuil, Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, d’avoir abusé de son frère jumeau alors âgé de 13 ans. Cette histoire met en lumière les mécanismes de l’inceste, sujet tabou mais dont la réalité touche l’ensemble des couches de la société en France.

    Prise en étaux entre des enjeux familiaux et sociétaux, la parole des victimes peut-elle être entendue ? Notre politique pénale est-elle adaptée aux situations qu’elles rencontrent ? L’arsenal juridique est-il suffisant pour juger des crimes ? Face aux chiffres de non-condamnation des agresseurs, faut-il y voir une défaillance de la justice des mineurs ? La justice des mineurs, une justice d’exception ?
    Retour sur l’affaire Duhamel

    En tant que magistrat, vous me permettrez d’avoir tout d’abord un devoir de réserve. Je ne connais cette affaire particulière que par la grâce du livre que Camille Kouchner a écrit. C’est un livre important parce qu’il décrit à la fois la stratégie des agresseurs et la souffrance très grande des enfants victimes d’inceste.

    Si ce genre de livre existe, c’est parce que la justice ne passe pas comme elle devrait passer ?

    « Oui, bien sûr. Le Haut conseil à l’égalité, et particulièrement la Commission violences alerte les pouvoirs publics sur la nécessité de modifier la loi pour que les enfants soient mieux protégés contre les violences sexuelles et contre toutes les formes de violences. »

    « Parmi ces protections, il faut que la procédure judiciaire parvienne à mieux prendre en compte la souffrance des enfants pour interrompre le cycle de la violence. »

    _L_e nombre de victimes de violences sexuelles, parmi lesquels 60% d’enfants, est absolument effarant. Aujourd’hui, on recense à peu près trois cent mille victimes de viol chaque année. Néanmoins, le nombre de condamnations est extrêmement modeste et ce nombre a tendance à diminuer. Ceci constitue pour nous, Haut conseil à l’égalité, ce que nous appelons un système d’impunité des agresseurs.

    Parmi les propositions de solution : une extension de la prescription

    Nous ne pouvons pas laisser de côté la question de la prescription. C’est un mouvement très progressif. On a d’abord dit qu’il n’était pas possible de toucher à la question de la prescription. Puis les juristes, les parlementaires, les pouvoirs publics et la société dans son ensemble ont compris qu’il était possible d’adapter le droit de la prescription pour qu’il n’y ait plus de système d’impunité, mais un système de protection des victimes. On est aujourd’hui, s’agissant des violences sexuelles contre les enfants, à un système de prescription à 30 ans après la majorité. Il est possible, à condition de réfléchir à l’économie générale du droit de la prescription, à une extension de ce délai.

    « La prescription n’a jamais eu pour objectif de préserver la paix des agresseurs. Ce qui change certainement, c’est la conscience très aiguë que les violences, notamment les violences sexuelles, ont un effet d’une extrême gravité sur le bien être et sur le développement, c’est-à-dire sur l’avenir des personnes qui les subissent. S’agissant des enfants, il y un effet gravissime sur la construction de leur personnalité et même la prévalence de nouvelles victimation à l’âge adulte. »
    Présumer la contrainte en cas de pédocriminalité

    L’un des points qui permet de comprendre, sinon d’expliquer ce système d’impunité des agresseurs, est le fait que dans une lecture sans doute erronée de nos principes fondamentaux, nous disons qu’un procès pour violences sexuelles, c’est parole contre parole. Et que dit un agresseur d’enfants dans le cas de violences sexuelles ?Il dit toujours que ça n’est pas vrai. Et quand il est soumis à des preuves, il approuve mais [assure que] l’enfant était consentant. Puis quand le système judiciaire ne prouve pas que l’enfant n’était pas consentant, l’agresse ajoute systématiquement qu’il pensait qu’il avait plus de 15 ans.

    « Il faut bien que nous arrivions à articuler nos principes fondamentaux avec une meilleure protection des victimes. Et lorsqu’il y a ce rapport d’asymétrie entre un adulte et un enfant avec un adulte qui est capable de prendre le pouvoir sur l’enfant par le sexuel, la question du consentement ne se pose pas. C’est ce que nous proposons au Haut conseil à l’égalité : de présumer la contrainte de l’adulte sur l’enfant dès lors que nous arrivons à démontrer qu’il y a eu un passage à l’acte sexuel sur un enfant en deçà de 13 ans. »

    Ce qui est le plus important à voir, lorsqu’un enfant est victime d’une personne majeure, c’est l’asymétrie entre l’enfant et l’adulte. L’asymétrie sur le plan du développement physique, entre les corps, entre le développement psychologique et cognitif. Ce que recherche l’enfant, c’est d’abord le bénéfice d’une affection et d’une sécurité. Le besoin le plus important des enfants, c’est le besoin de sécurité. En cela, le passage à l’acte sexuel de l’adulte, et particulièrement dans sa dimension incestueuse, est une perversion du besoin affectif de l’enfant. Voir les choses de cette manière, c’est voir la gravité extrême de la violence sexuelle incestueuse.

  • « Séparatisme » : la Cada entrave la liberté d’informer, pas celle de communiquer

    19 janv. 2021 Par Camille Polloni Blog : Le blog de Camille Polloni

    La Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) estime que le ministère de l’intérieur n’a pas à transmettre à Mediapart la liste des centaines de lieux soupçonnés de « séparatisme » ayant été fermés par les autorités. Le gouvernement peut continuer à faire valoir ses résultats sans permettre aucune vérification.

    Le 9 octobre dernier, Mediapart saisissait la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) pour savoir quels étaient les « 210 débits de boisson, 15 lieux de culte, 12 établissements culturels et associatifs et quatre écoles » soupçonnés de dérives religieuses « séparatistes » et fermés par l’administration pour des entorses à diverses normes. Ce décompte avait été rendu public fin août par Marlène Schiappa, ministre déléguée à la citoyenneté, mais son ministère refusait d’entrer dans le détail.


    La réponse fut aussi rapide que décevante. Dans un avis adopté le 10 décembre (lire ci-dessous) et notifié le 7 janvier, la Cada estime que cette liste est bien assimilable à un document administratif, mais fait partie de ceux qui ne sont « communicables qu’à la personne intéressée ».

    « Ne sont pas communicables aux tiers les documents ou mentions de documents relatifs à un comportement dont la divulgation serait susceptible de nuire à son auteur.

    Entrent dans cette catégorie, les documents qui mettent en évidence un manquement à la réglementation ou infligent une sanction administrative (voir par exemple CE, n° 392711, 21 octobre 2016 à propos des lettres de l’inspection du travail ; CE, n° 421615 3 juin 2020 à propos de la liste des entreprises sanctionnées pour non-respect de l’égalité salariale entre femmes et hommes).

    Ainsi, à supposer que la liste sollicitée existe, ce qu’elle n’est pas en mesure d’apprécier faute de réponse de l’administration, la commission ne pourrait qu’émettre un avis défavorable à la demande. »

    Avis de la Cada, 10 décembre 2020. © CP / Mediapart Avis de la Cada, 10 décembre 2020. © CP / Mediapart

    Comme le souligne la présidente suppléante de la Cada, Marie-Françoise Guilhemsans, le ministère de l’intérieur ne s’est même pas donné la peine de répondre à sa demande.

    Depuis que le projet de loi contre le « séparatisme » est en préparation, le gouvernement vante la politique volontariste mise en place à partir de 2018. Avec l’installation des cellules départementales de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire (Clir), les préfets sont invités à user de leurs pouvoirs de police pour sanctionner, par des moyens détournés, des personnes ou des lieux (commerces, associations, écoles, lieux de culte, clubs de sport) soupçonnés de « séparatisme », quel que soit le sens du terme.

    Sur la base de signalements adressés aux autorités par les services de renseignement ou par d’autres acteurs (Éducation nationale, élus, associatifs), il s’agit pour l’administration de déclencher des contrôles de toute nature, sans invoquer la dimension religieuse mais en cherchant une faille dans laquelle s’engouffrer. Une entorse aux normes d’hygiène et de sécurité, au droit du travail, au droit des étrangers, ou le non-paiement des impôts et cotisations sociales (CAF, Urssaf, etc.) permettent de motiver une fermeture administrative ou un redressement.

    D’après le dernier bilan établi par le ministère de l’intérieur, en décembre 2020, 394 structures qualifiées de « séparatistes » ont été fermées, à l’issue de 16 741 contrôles.

    Faute de savoir quels établissements ont fait l’objet de ces mesures, il est impossible d’effectuer un travail journalistique sérieux : contacter les responsables des lieux fermés, s’y rendre, analyser les motifs invoqués, voir dans quelles conditions ils ont pu rouvrir ensuite. Bref, confronter la communication aux faits.

    Comme nous l’écrivions en octobre, seules certaines de ces fermetures ont fait l’objet d’une communication gouvernementale explicite. C’est le cas de plusieurs établissements scolaires comme l’école MHS, dans le XIXe arrondissement de Paris. Ou, plus récemment, de neuf mosquées et salles de prières.

    Dans un dossier de presse élaboré en octobre (lire ci-dessous), le ministère de l’intérieur semblait enclin à donner quelques exemples : des bars à chicha à Agen, dans l’agglomération d’Orléans ou au Pontet (Vaucluse), un magasin de cannabidiol à Saint-Brieuc, une « mosquée non-déclarée » à Poussan (Hérault), un cabinet de médecine prophétique à Noisiel (Seine-et-Marne), etc.


    Extrait du dossier de presse, 13 octobre 2020. © Ministère de l’intérieur Extrait du dossier de presse, 13 octobre 2020. © Ministère de l’intérieur

    Extrait du dossier de presse, 13 octobre 2020. © Ministère de l’intérieur Extrait du dossier de presse, 13 octobre 2020. © Ministère de l’intérieur
    Tous ont été fermés pour des motifs de droit commun mais contrôlés sur la base d’un soupçon de « séparatisme », sans que les personnes ou organismes sanctionnés ne puissent s’en défendre. La plupart ne sont même pas au courant qu’ils figurent dans cette liste. Si la Cada se montre extrêmement prudente sur la capacité de « nuisance » d’une telle information, la communication gouvernementale a de beaux jours devant elle.

  • Claude Lévêque accusé de viols, ses oeuvres deviennent radioactives
    https://www.elle.fr/Loisirs/News/Claude-Leveque-accuse-de-viols-ses-oeuvres-deviennent-radioactives-3897891

    Après l’ouverture d’une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans à l’encontre du célèbre plasticien, le monde de l’art, embarrassé, s’interroge. Que faire de ses œuvres, devenues radioactives ?
    Par
    Soline Delos
    ,
    Clémentine Goldszal

    « Tout le monde savait » et « On n’a pas voulu voir », disent les témoins. « Emprise », « intimidation », « culpabilité », racontent les victimes. « Nous nous aimions », « il/elle était consentant(e) », se défendent les accusés. D’une affaire à l’autre, de Michael Jackson à Gabriel Matzneff, d’Olivier Duhamel à Claude Lévêque, le schéma se répète, quand une ou plusieurs victimes de personnalités publiques pédophiles se mettent, le plus souvent des années plus tard, à parler. Une question s’impose alors très vite lorsqu’il s’agit d’artistes : que faire des œuvres ? Puis-je continuer à me déhancher sur « Billie Jean ». Dois-je dépunaiser mon poster de « Rosemary’s Baby », faire don de mon « Séraphin, c’est la fin ! », corné et annoté ?

    L’affaire Claude Lévêque, artiste contemporain dont « Le Monde » a révélé, le 10 janvier, qu’il était l’objet d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans », pose une fois encore la question, et de manière particulièrement prégnante. Des salles d’exposition des grandes institutions artistiques aux murs des collectionneurs, d’un bureau de l’Élysée au beffroi de Montrouge, l’œuvre de cet artiste de 67 ans, qui en 2009 représentait la France à la Biennale de Venise, s’affiche un peu partout, diffractant la gêne et mettant dans l’embarras l’ensemble du monde de l’art. D’autant plus que l’obsession pour l’enfance qui traverse son œuvre, notamment ses néons à la graphie d’enfant – « regarde les rire », « ne prends pas froid », « jouez ! » –, est aujourd’hui inévitablement revue à l’aune des accusations qui l’accablent. Avec un frisson d’effroi. À l’Élysée, où le tapis « Soleil noir », réalisé par Lévêque pour le Mobilier national, habille le bureau d’angle du chef de l’État, on se refuse à évoquer l’affaire. « Pas de commentaire dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte », nous indique l’entourage du président. Idem à l’Opéra de Paris, qui déclare se tenir informé des développements de l’affaire. Le film « Le Lac perdu » tourné par l’artiste en 2017 pour la 3e Scène, la plateforme digitale de la prestigieuse institution, est toujours accessible sur le site, « sans faire l’objet d’une mise en avant », trouve-t-on étonnamment judicieux de préciser du côté du département communication. La mairie de Montrouge a dû, elle aussi, prendre position : depuis novembre, un immense néon « Illumination » (un hommage à Arthur Rimbaud) surplombe le beffroi de la ville. Il a été décidé lors d’une cellule de crise que « l’œuvre ne serait ni enlevée, ni éteinte. Nous sommes respectueux de la présomption d’innocence et restons attentifs aux décisions de justice qui seront prises ». Une décision qu’on imagine pouvoir être revue si les administrés venaient à se manifester.

    « Mais qui connaît Claude Lévêque à Montrouge ? » glisse-t-on dans le second cercle. Miser sur l’ignorance des électeurs semble pour le moins un pari risqué. La position d’Alexia Fabre, directrice du Mac Val, le musée d’art contemporain de Vitry-sur-Seine, diffère. Elle qui a orchestré une exposition de l’artiste en 2006 et possède deux œuvres dans les réserves du musée déclare : « Je suis pour une mise sous silence du travail, le temps qu’il y ait des certitudes, liées à un juge- ment, indispensable. » Avant d’ajouter : « On ne détruit pas les œuvres. Elles sont acquises par les musées publics avec un statut d’inviolabilité et d’imprescriptibilité propre à la France. Cela permet aussi au temps de faire son œuvre avec les relectures éventuelles. » Sera-t-il possible de les montrer à nouveau ? « Il est trop tôt pour le dire et, si tel était le cas, il faudrait se poser toutes les bonnes questions, raconter, accompagner, expliciter. Mais c’est difficile car le sujet de l’enfance traverse son œuvre, et le regard est forcément abîmé. »

    Du côté des particuliers, le dilemme relève souvent de l’intime, et l’affaire bouleverse la relation, forcément sentimentale, entre le collectionneur et l’œuvre avec laquelle il cohabite. Il en est ainsi de la collectionneuse Sandra Hegedüs. « J’ai acheté le néon “je t’aime tant” parce qu’il faisait écho à mon histoire sentimentale, explique cette Brésilienne philanthrope, vice-présidente depuis 2020 des Amis du Palais de Tokyo. Je ne me sens pas de le décrocher. » Déstabilisée, elle ajoute pourtant à propos d’une autre de ses œuvres : « “Rêvez !”, Qu’est-ce que ça veut dire, “rêvez !” dans un contexte aussi glauque ? Je déteste plus que tout hurler avec les loups et j’essaie encore de séparer l’œuvre de l’artiste, mais je ne sais pas combien de temps je vais y arriver. » Et de conclure, pragmatique : « Je ne suis pas une collectionneuse qui revend ses œuvres, mais je pense à ceux qui auraient besoin de le faire. C’est devenu impossible. »

    Dans les maisons de ventes aux enchères, les langues se délient peu, peut-être aussi parce que les œuvres de Lévêque y sont très rarement proposées. Mais Anne-Hélène Decaux, ex-directrice du département art contemporain chez Sotheby’s, et aujourd’hui à la galerie Gagosian, confirme : « J’imagine que de nombreux collectionneurs vont avoir envie de décrocher leurs œuvres, mais aujourd’hui elles sont invendables. Qui voudra acheter un Lévêque ? D’une certaine manière, la cote s’effondre puisque les transactions s’arrêtent, mais on ne peut pas en prendre acte comme avec l’action d’une entreprise qui baisse. » D’autant qu’un maillon essentiel de la chaîne de valeur d’un artiste manque depuis que le galeriste Kamel Mennour a fait savoir, dans un très bref communiqué le 12 janvier, que l’artiste suspendait sa collaboration avec la galerie. Et Marine Van Schoonbeek, enseignante à Sciences-Po sur « le marché de l’art international », d’expliquer que « la cote d’un artiste repose sur une légitimation des institutions, une représentation dans les galeries et des publications. Qui va aller maintenant défendre une rétrospective de cet artiste ? Ce système est brisé par cette affaire ». Dans les institutions, une expression revient souvent : la nécessité d’un « débat collectif », pour que cette déflagration soit l’occasion de produire de la pensée, d’avancer, et d’assainir, peut-être, les vieilles habitudes. Car si la justice planche encore sur le cas Lévêque, les enquêtes de presse qui se sont succédé depuis celle du « Monde » s’accordent sur un point : dans le monde de l’art, beau- coup savaient ou avaient eu vent de rumeurs. Voilà qui explique aussi peut-être l’atmosphère de « sauve-qui-peut » qui préside aux prises de positions frileuses des uns et des autres. Déroutée, une directrice de musée se lamente : « Cette question mériterait d’être réfléchie à un autre niveau. On se sent un peu seuls. J’aimerais que le ministère de la Culture nous aide. » Le 26 novembre 2020, ce dernier avait envoyé un communiqué où, sans nommer personne, il disait « avoir pris la décision, à la suite du courrier d’un sculpteur et enseignant en art invoquant des faits très graves s’ils étaient avérés et impliquant un autre artiste, de faire un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale ». Mais huit jours après la révélation de l’affaire, à l’heure où nous bouclons, il ne s’est depuis toujours pas exprimé publiquement.

    #pedocriminalité #violences_sexuelles #art #talent #valeur

    • Un avant et un après

      Philippe Régnier
      17 janvier 2021 19:03 GMT
      Claude Lévêque, "Les dessous chics", 2018. Commande du Département des Hauts de Seine dans le cadre de la Vallée de la culture, Pont d’Issy Issy-Les-Moulineaux. Photo : Claude Lévêque / CG92-Olivier Ravoire. © ADAGP Claude Lévêque. Courtoisie de l’artiste ; du Département des Hauts-de-Seine et de kamel mennour, Paris/London

      Les récents témoignages dénonçant des atteintes sexuelles sur mineurs et accusant l’écrivain Gabriel Matzneff et le politologue Olivier Duhamel ont provoqué une déflagration dans la société française dans la suite du mouvement #MeToo. De longues enquêtes parues la semaine passée dans Le Monde et Mediapart ont mis cette fois en cause Claude Lévêque. Si l’artiste bénéficie de la présomption d’innocence, et si c’est désormais à la justice de se prononcer, l’une des nombreuses questions que pose cette affaire est celle de l’exposition dorénavant de son œuvre, eu égard à ses victimes présumées qui méritent toute notre compassion. D’autant plus que certaines de ses créations peuvent être vues sous un nouveau jour – particulièrement glaçant – dans la perspective des accusations graves dont l’artiste fait l’objet. Les plus grandes collections françaises, du Centre national des arts plastiques au musée d’art moderne de Paris ou au Centre Pompidou, du musée d’arts de Nantes au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, mais aussi de nombreux FRAC conservent des pièces du plasticien. La base Videomuseum recense 54 œuvres de Claude Lévêque dans 19 institutions. Certaines de ses créations ont aussi été installées dans l’espace publique, à l’exemple des Dessous chics, longs néons sur le Pont d’Issy, à Issy-les-Moulineaux, créé en 2018 à la demande du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de la vallée de la culture. Lionel Bovier, directeur du Mamco, à Genève, a réagi très vite : « le musée que je dirige ne montrera ni ne diffusera son travail dans le futur ». La galerie kamel mennour, qui expose l’artiste à Paris depuis 2008, a diffusé ce communiqué : « Claude Lévêque a décidé de suspendre sa collaboration avec la galerie kamel mennour, qui en prend acte ». Son nom a immédiatement disparu du site Internet de l’enseigne.

      Les librairies et bibliothèques n’ont jamais cessé de mettre les livres d’André Gide à la disposition du public, mais l’époque a changé. Aujourd’hui, il n’est plus possible de séparer l’homme de son œuvre.

      https://www.artnewspaper.fr/comment/un-avant-et-un-apres

    • Je croi pas qu’on ai jamais pu séparé l’artiste de son oeuvre, tout comme on ne peu séparé l’oeuvre d’une époque. Par contre l’unanimité et la précipitation pour décroché les oeuvres de cet artiste me semble correspondre à ce « tout le monde savais » qui fait que tout ce monde se sent un peu complice. Je note que Levèque était un grand lecteur de #madzneff et que si tout le monde savait, comment tout le monde pouvait interprété les oeuvres de cet artiste qui étaient en relation avec le sujet de l’enfance.

    • Violences sexuelles : Claude Lévêque, plasticien, visé par une enquête pour viols sur mineurs
      https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2949819-20210111-violences-sexuelles-claude-leveque-plasticien-vise-enquet
      PEDOCRIMINALITE Un sculpteur raconte avoir été violé dès l’âge de 10 ans par Claude Lévêque
      A.L. avec AFP

      EDIT du 18 janvier 2021 : Un droit de réponse de Monsieur Claude Lévêque a été ajouté à a demande de son avocat à cet article publié initialement le 11 janvier 2021.

      Il était connu pour ses néons, son matériau de prédilection, il le sera désormais aussi pour des accusations de violences sexuelles. Selon le parquet de Bobigny joint par 20 Minutes, le plasticien Claude Lévêque, 67 ans, est visé par une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs après les déclarations d’un sculpteur de 51 ans qui dit en avoir été victime avec ses deux frères. Ces informations confirment celles révélées par le journal Le Monde.

      L’enquête a débuté en mai 2019 et a été confiée à la Sûreté territoriale de la Seine-Saint-Denis, où réside l’artiste. Dans le récit publié ce dimanche par le quotidien du soir, le sculpteur Laurent Foulon raconte avoir été violé par le plasticien dès l’âge de 10 ans et jusqu’à ses 17 ans, au milieu des années 1980. Il a signalé ces agissements dans une lettre adressée à la procureure de Bobigny en février 2019.
      « Emprise »

      « J’ai conscience que les actes criminels dont j’ai été victime sont certainement aujourd’hui prescrits mais cette plainte me permet de dénoncer à la justice d’autres actes non prescrits sur d’autres victimes et de signaler qu’un ou plusieurs mineurs sont à l’heure actuelle en grand danger d’abus sexuels si l’irréparable n’a pas déjà été commis », y écrivait-il.

      Laurent Foulon évoque aussi l’« emprise » de Claude Lévêque, dont un des tapis orne un bureau de l’Elysée, sur sa famille, issue d’un milieu très populaire dans la Nièvre. Le sculpteur accuse le plasticien d’avoir aussi violé ses deux frères. L’un d’eux, tombé dans la drogue comme lui, est mort en 1998 à l’âge de 34 ans à la suite d’une énième tentative de suicide.
      « Comportements troublants »

      Selon Laurent Foulon, l’artiste revendiquait ses relations avec des mineurs : « J’associais la pédophilie à une sorte de résistance à la société. Pour me convaincre, je lisais des auteurs pédophiles, comme (Gabriel) Matzneff par exemple. Lévêque lit ce genre de littérature, j’ai connu ce genre de littérature par (son) biais », a-t-il expliqué aux enquêteurs, selon Le Monde.

      Le quotidien indique que « la justice a reçu un autre signalement concernant Claude Lévêque » et ajoute avoir recueilli d’autres témoignages qui « décrivent des comportements troublants avec de jeunes garçons ».
      Société
      « Les violences conjugales ont augmenté de 60 % » pendant le deuxième confinement, selon Marlène Schiappa
      Sport
      Violences sexuelles dans le patinage : « Je ne vais pas lâcher ce combat », réagit Sarah Abitbol à la mise en examen de Gilles Beyer

      Droit de réponse de monsieur Claude Lévêque

      Le 11 janvier 2021, le journal 20 Minutes a publié, sur son site Internet, un article désignant Monsieur Claude Lévêque, que ce dernier ne peut laisser sans réponse.

      Monsieur Claude Lévêque tient à préciser que, à la suite de graves accusations le mettant en cause, il a, fin 2020, déposé deux plaintes contre X, une première du chef de diffamation et une seconde des chefs de dénonciation calomnieuse et chantage.

      En octobre 2015, Monsieur Claude Lévêque a été victime d’un maître chanteur adressant des lettres anonymes aux fin de l’accuser de prétendues agressions sexuelles sur mineur, dans un objectif avéré de nuire à son travail artistique. A ce titre, une enquête a été ouverte.

      Monsieur Claude Lévêque, différents témoins et la victime supposée ont été auditionnés par la brigade de la gendarmerie. Toute accusation ayant été démentie, le parquet a procédé à un classement sans suite le 17 novembre 2016.

      Plus de trois ans après ce classement sans suite, Monsieur Laurent Faulon, soupçonné d’être l’auteur des lettres anonymes, aurait, selon ses dires, porté plainte à Genève, à l’encontre de Monsieur Claude Lévêque pour des faits qui auraient été commis à la fin des années 70, l’accusant, à tort, de viol et agression sexuelle.

      Cette plainte, qui n’a jamais abouti, a gravement nui à Claude Lévêque tant professionnellement que personnellement.

      Le 16 janvier 2020, Monsieur Laurent Faulon a déposé une nouvelle plainte visant Monsieur Claude Lévêque où il mentionne le visionnage d’un film à caractère prétendument pédopornographique, en 1978 ou 1979, notamment en compagnie de Claude Lévêque.

      Or, le film auquel fait référence Laurent Faulon est un film d’art programmé dans le cadre d’un festival de cinéma expérimental à la fin des années 1970 à la Maison de la Culture de Nevers.

      Dans sa plainte, Monsieur Laurent Faulon mentionne d’autres présumées victimes, qui, entendues par la brigade de Bobigny, ont fermement démenti les propos calomnieux soutenus par Laurent Faulon.

      Des professionnels du monde de l’art contemporain, sollicités par des journalistes, ont répondu aux questions relatives aux fausses accusations de Laurent Faulon, condamnant ses propos, d’une part, et dénonçant son acharnement incessant à l’égard de l’artiste Claude Lévêque, d’autre part.

      La propagation publique de telles rumeurs, à l’encontre d’homme et de femme accablés a des conséquences irréversibles telles que le suicide à l’instar d’une affaire récente.

    • Il y a tout de meme de grands changements dans la presse, on ne dit plus « pédophilie » mais « pédocriminalité » et c’est pas dans « faits divers » non plus.

      sinon pour cette partie ; « Le 16 janvier 2020, Monsieur Laurent Faulon a déposé une nouvelle plainte visant Monsieur Claude Lévêque où il mentionne le visionnage d’un film à caractère prétendument pédopornographique, en 1978 ou 1979, notamment en compagnie de Claude Lévêque.

      Or, le film auquel fait référence Laurent Faulon est un film d’art programmé dans le cadre d’un festival de cinéma expérimental à la fin des années 1970 à la Maison de la Culture de Nevers. »
      Le fait qu’un film fasse partie des collections du musée de Nevers ne dit pas que ca ne peut pas etre pedopornographique. L’oeuvre de Madzneff etait primée en 2014 par le prix Renaudau et n’en était pas moins pédopornographique pour autant.

  • Gaz lacrymogènes et dérèglements menstruels

    Thread by ETholance on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1351193291769978886.html

    Salut !
    Ces dernières semaines, tous les samedi de manifs, j’ai lancé des appels à témoignages de dérèglements menstruels après exposition à des gaz lacrymogènes.
    Aujourd’hui je viens de noter le 100e dans mon tableau, donc je me suis dit qu’il était temps pour un rapide CR.

    82 de ces témoignages parlent des manifestations qui se sont déroulées en 2020.

    Sur les 100 personnes qui ont témoigné, 66 ont fait l’expérience de crampes menstruelles violentes après avoir été exposées à du gaz CS. La plupart les ont ressenti entre 4 et 12h après l’exposition

    Ces crampes étaient si violentes qu’elles ont causé évanouissement et vomissements chez 15 personnes.

    En plus de ça, pour un tiers des personnes ayant témoigné, ces crampes ont été accompagnées de douleurs ovariennes et de saignements très abondants.
    Un tiers des personnes a vu ses règles déclenchées par l’exposition au CS, avec entre quelques jours et deux semaines d’avance.

    Dix personnes ont vu leurs règles réapparaître. Soit ces personnes étaient ménopausées, soit elles prenaient la pilule. (J’ai entendu la même chose pour des règles arrêtées par la prise de testostérone mais je n’ai pas reçu de témoignage en ce sens.)

    36 personnes ont fait l’expérience de ces symptômes à répétition (après plus d’une manifestation).

    3 personnes ont vécu une fausse couche, dont deux après le rassemblement Justice Pour Adama le 2 juin. C’est une manifestation qui avait rassemblé énormément de gens et qui avait été très violemment réprimée.

    Pour y avoir été, on ne pouvait pas sortir de la manifestation sans être exposé.e au gaz. L’une des personnes s’est cachée dans un magasin saturé de gaz pour échapper aux violences policières. Elle en a respiré pendant une heure.

    Bien sûr, ce n’est que le début d’une collecte de témoignages afin d’attirer l’attention sur la dangerosité de l’usage du gaz lacrymogène et sur l’ampleur des violences policières (comme si l’on avait besoin de plus de preuves me direz-vous). (Cc @AlexSamTG)

    Non ce ne sont pas des données scientifiques, ça ne prétend pas l’être. Ce sont des données empiriques, récoltées par moi et mes petites mains. Mais jusqu’a ce que la communauté scientifique s’y intéresse sérieusement, ce sont aussi les seules que l’on a.

    J’oublie de préciser que ces 100 personnes ont bien fait l’expérience de dérèglements menstruels. Certaines ont fait l’expérience que de crampes, d’autres que de saignements abondants, etc. Une vingtaine a eu ses règles retardées par le CS, certaines ont même sauté un cycle.

    https://twitter.com/ETholance/status/1351193291769978886

    #Gaz_lacrymogène #dérèglements_menstruels
    #règles #menstrues

  • Une École Féministe Internationale en Construction
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/01/15/une-ecole-feministe-internationale-en-construction

    L’École Internationale Féministe c’est un outil qui contribue à l’alliance entre les mouvements et à la construction de synthèses transformatrices entre femmes.

    L’éducation politique qui articule la formation et l’action renforce le féminisme et les mouvements populaires. Par conséquent, depuis 2018, des représentantes de Grassroots Global Justice, Grassroots International, Indigenous Environmental Network et de la Marche Mondiale des Femmes ont organisé le processus de construction de l’École Internationale d’Organisation Féministe Berta Cáceres, un espace d’apprentissage et de construction de synthèses entre les militantes de différents mouvements sociaux de plusieurs parties du monde.

    #féminisme #éducation

  • Pourquoi le nombre de malades entre les données de Santé Publique France et celles des hôpitaux est si différent. Notre décryptage - Nice-Matin
    https://www.nicematin.com/sante/pourquoi-le-nombre-de-malades-entre-les-donnees-de-sante-publique-france-

    Mic mac autour des chiffres de la Covid-19 dans les Alpes-Maritimes... Alors que tous les regards sont braqués sur le nombre de lits disponibles pour accueillir des malades souffrant de formes graves de Covid, on découvre d’importantes divergences dans les chiffres.

    Il ne s’agit pas de minimiser l’ampleur de l’épidémie ni sa gravité, alors que le virus continue de circuler activement sur le territoire. Mais de faire état de la réalité de la situation, aussi objectivement possible. Or la situation dans les Alpes-Maritimes, selon qu’elle s’appuie sur les données de Santé publique France, ou sur celles fournies au quotidien par les acteurs de terrain, prend des visages différents.

    Nous avons fait cette découverte après avoir reçu des courriers de médecins hospitaliers s’étonnant des discordances entre les informations diffusées par Nice-Matin au sujet des hospitalisations pour Covid (issues de Santé publique France) et les observations de terrain.

    Or, le nombre d’hospitalisations pour Covid-19 fait partie des indicateurs suivis avec la plus grande attention. Il rend compte du niveau d’occupation des lits dédiés à l’accueil des malades souffrant de formes graves de la Covid-19.

    Chaque jour, des personnels du CHU de Nice, établissement support des Alpes-Maritimes, interrogent ainsi tous les établissements accueillant des malades de la Covid-19, et recensent le nombre de lits occupés pour ce motif.

    Des informations précieuses, relayées à tous les professionnels hospitaliers ainsi qu’à l’ARS, et qui participent en premier lieu aux choix politiques : couvre-feu, confinement…

    Rappelons en effet que toutes les mesures prises ont pour objectif d’éviter une saturation des lits d’hôpitaux.

    De grosses différences pendant des semaines cruciales
    Nous avons pu nous procurer ces tableaux et les courbes d’évolution depuis début octobre, lorsque l’épidémie est repartie à la hausse après la trêve estivale. Et nous avons comparé les données y figurant à celles publiées par Santé publique France, établissement sous la tutelle du ministère de la santé. Données relayées par Nice-Matin, et l’ensemble des médias.

    Et là, nous avons constaté des différences majeures concernant les lits occupés mais aussi l’évolution de la courbe des hospitalisations pendant plusieurs semaines cruciales.

    À titre d’exemple, le 3 janvier dernier, Santé publique France comptabilisait 564 personnes hospitalisées avec un diagnostic Covid-19 dans le département des Alpes-Maritimes (dont 69 en réanimation), quand dans la réalité « seulement » 233 patients au total (dont 55 en service de réanimation) étaient ce jour-là hospitalisés dans l’un ou l’autre des établissements (privés ou publics). Comment comprendre cette différence d’un facteur 2.5 entre ces deux sources ?

    Phénomène plus préoccupant, on observe de vraies divergences dans l’évolution des courbes, pendant des périodes déterminantes. Ainsi, alors que celles traduisant la progression des hospitalisations pour formes graves dans les Alpes-Maritimes, produites par les acteurs de terrain, font état d’une relative stabilité, voire d’une décroissance, à compter du 10 novembre et pendant plusieurs semaines, la courbe publiée par Santé publique France décrit une croissance constante de ces hospitalisations.

    Depuis la levée du confinement, et les instaurations successives du couvre-feu à 20 h puis 18 h, les deux courbes sont quasi parallèles, en progression.

    Des patients en soins de suite qui continuent d’être comptabilisés
    Répondre à ces questions posées par ces données nous a valu une plongée dans un univers totalement kafkaïen, à l’issue duquel nous ne pouvons émettre que des hypothèses, chaque acteur n’ayant pu nous fournir d’explications exhaustives.

    Le chiffre des hospitalisations provenant des hôpitaux eux-mêmes inclut les patients en soins critiques, en lits de médecine mais ne tient pas compte à juste titre de ceux qui ont eu le Covid par le passé, et qui sont toujours hospitalisés en soins de suite et réadaptation (SSR), pour une prise en charge des séquelles de leur maladie.

    Des patients qui ne sont plus contagieux pour la grande majorité d’entre eux.

    « Au bout de 14 jours, ces patients devraient être sortis des bases, nous indique un spécialiste en santé publique. Dans la réalité, il est fréquent qu’ils ne le soient pas tant qu’ils restent présents dans les unités de SSR. De façon plus générale, les malades de la Covid-19 qui quittent l’hôpital après un séjour en réanimation ou dans un autre service ne sont pas toujours sortis des bases. Comme Santé publique France fait des extractions de ces données, elles sont mathématiquement supérieures à la réalité. »

    Difference Covid
    Pas de distinguo avec les patients PCR+ hospitalisés pour d’autres motifs

    Lorsqu’un patient est hospitalisé pour un motif quelconque (insuffisance cardiaque, décompensation diabétique…), dans l’un ou l’autre des services des hôpitaux ou cliniques, et qu’il est testé positif pendant son séjour, il rejoint le « pool des personnes hospitalisées pour Covid » dans la base de données, même s’il ne présente aucun symptôme.

    Lorsque des patients arrivent dans les services d’urgences avec une suspicion de Covid, ils sont aussitôt rentrés dans la base SI-VIC. Si le diagnostic n’est pas confirmé, ils doivent ensuite être retirés de la base, ce qui n’est là encore pas systématiquement fait.

    Le système de recueil de données inclut les patients positifs résidents en EHPAD, dans des maisons d’accueil spécialisé (MAS) et foyers d’accueil médicalisé (FAM), même si leur état n’a pas justifié une hospitalisation dans l’un ou l’autre des secteurs dédiés.

    Plus on teste, plus on trouve de positifs
    Au-delà des différences dans le nombre total de patients hospitalisés pour Covid, comment expliquer les divergences dans les trajectoires des courbes entre le 10 novembre et le 15 décembre ? Intrigués, aucun des spécialistes contactés n’a su pour autant nous répondre.

    La réponse s’explique peut-être en partie par le nombre de tests réalisés. Les Alpes-Maritimes figurent parmi les départements qui testent le plus en France. Or, plus on teste, plus on trouve de positifs. Des personnes testées positives alors qu’elles sont hospitalisées ou qu’elles résident dans des établissements sanitaires et sociaux, Ehpad en priorité (qui ont fait face pendant cette période à de nombreux clusters), rejoignent la case des personnes « hospitalisées avec diagnostic Covid-19 » sur le site de Santé publique France.

    On s’aperçoit, en suivant la courbe issue des données des hôpitaux, que l’accroissement du nombre de positifs ne s’est pas traduit par une augmentation des hospitalisations dans des structures de soins, et n’a donc pas constitué une menace pour le système de santé.

    La problématique est certainement nationale
    Si à l’issue de cette enquête de nombreuses questions restent posées, il reste que cette bataille des chiffres a matière à inquiéter de l’avis même des acteurs en première ligne dans cette crise : « C’est un biais terrible, alors que toute la communication est en effet basée sur les chiffres de Santé Publique France. Et la problématique est certainement nationale, nous confie l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat (chacun partage la même crainte d’être accusé de nourrir la théorie du complot).

    En pleine décroissance des hospitalisations, les journaux titraient : l’épidémie repart ! Et lorsque le couvre-feu à 18 heures a été instauré, on a aussi dit : ça explose à Nice ! La réalité, c’est que ça n’évoluait pas plus qu’ailleurs. »

    Développée dans des conditions d’urgence suite aux attentats de novembre 2015, la plateforme web SI-VIC (SI VICtimes) a permis aux agences sanitaires de disposer rapidement d’une base de données partagée et sécurisée adaptée aux événements générant de nombreux blessés (attentat, prise d’otage, accident sur la voie publique, etc.). Cette plateforme proposait ainsi un système de recensement des admissions aux urgences avec recherche de doublons et possibilités de transferts d’un service à un autre.

    Aujourd’hui, elle est utilisée par les établissements de santé dans le cadre de l’épidémie de COVID-19 pour permettre le dénombrement des patients COVID-19 hospitalisés.

    • Quel est le nombre d’hospitalisations pour Covid-19 dans la région PACA ? - Nice-Matin
      https://www.nicematin.com/faits-de-societe/quel-est-le-nombre-dhospitalisations-pour-covid-19-dans-la-region-paca-63

      LA QUESTION DE CELIA Quel est le nombre d’hospitalisations pour Covid dans la région PACA ?

      Bonjour Célia,

      On navigue parfois dans la quatrième dimension lorsqu’il s’agit d’obtenir le nombre exact de personnes hospitalisées en région PACA. Preuve en est le mic mac que nous avons souligné ce vendredi dans les colonnes de Nice-matin à propos de discordances entre les informations diffusées par Nice-Matin au sujet des hospitalisations pour Covid (issues de Santé publique France) et les observations de terrain.

      En novembre, les courbes de Santé Publique France indiquaient une croissance constance des hospitalisations pour formes graves, toujours dans les Alpes-Maritimes, alors que les médecins sur le terrain relevaient des courbes stables, voire décroissantes.

      La révélation de ces importantes divergences a fait réagir, dans la foulée, le directeur général de la Santé. Une note interne signée par Jérôme Salomon exhorte les « établissements de santé d’effectuer la vérification et la mise à jour de l’ensemble des fiches des patients » Covid-19 afin de les mettre à jour avant le jeudi 21 janvier.

      Dans ce contexte, selon le dernier point de situation régional en Provence-Alpes-Côte d’Azur, publié le 15 janvier par l’Agence régionale de Santé, le nombre de personnes hospitalisées dans la région PACA est de 1 181 personnes (soit -5 par rapport au 14 janvier) ; 334 personnes étant en réanimation (soit +13 personnes) à cette date.

      "UN NIVEAU ÉLEVÉ" SELON L’ARS
      En terme d’occupation des lits, le Vaucluse est engorgé avec 100% pour le taux d’occupation des lits en réanimation, suivi du Var (91,6%), des Bouches-du-Rhône (90,2%), des Alpes-Maritimes (87,8%), des Alpes-de-Haute-Provence (75%) et Haute-Alpes (62,5%). 

      Dans les Bouches-du-Rhône, le nombre de patients en réanimation est de l’ordre de 192 (soit +12 patients). Les autres départements n’enregistrent pas de hausse sensible (+1) et les Alpes-Maritimes recensent même deux personnes en moins. 

      L’ARS note que « le nombre de cas hospitalisés et décédés a légèrement augmenté et reste à un niveau élevé ».

    • Ca donne du grain à moudre aux tennant·es des théories conspirationnistes. Un ami conspi m’expliquait il y a 2-3 jours que les chiffres étaient gonflés artificiellements. Et ca résonne étrangement avec la nouvelle cause anti-conspi de Jupiter. Est-ce que ces medecins de la région Paca vont se trouvé sous le viseur de la macronie pour conspirationnisme ? Vu la manière dont ce gouvernement utilise systhématiquement ses « grandes causes » (violences contre les femmes pour coupé les fonds des assos et ouvrir un marché sur les violences faites aux femmes, harcelement de rue pour ciblé les SDF et Migrants, violences policières pour aboutir à la loi securité global, loi séparatiste qui vérouille la liberté d’expression et crée de nouvelles discriminations islamophobes...) pour dégommer l’opposition et couvrir son incompétence volontaire ou pas en censurant la presse.

    • oui, c’est par un auteur ici présent, on va dire, sensible à ces thèses que je vois passer l’info que je reprends ici.

      La production de (données) statistiques demande de préciser les concepts, lesquels face à la réalité de la pratique ne fournissent pas toujours des réponses claires (quelle case dois-je cocher ?) Cela suppose donc des règles et des conventions et qu’on les applique de façon homogène entre chaque opérateur et avec constance pour un même opérateur. Autant dire que ça n’est jamais gagné et nécessite une lutte de tous les instants.

      Exemple, mentionné dans l’article, mettre à jour une information ou radier un élément sont des actions qui sont moins « gratifiantes » qu’ajouter un nouvel élément et donc une partie d’entre elles ne sont pas faites (cf. l’absence quasi totale de mise à jour ou de radiation des différents fichiers policiers qui entraine leur inflation perpétuelle).

      On peut trouver ça kafkaïen, mais c’est le prix à payer pour avoir des stats exploitable ; si on n’y attache pas d’importance, c’est l’exploitation des données qui devient kafkaïenne et, en vérité, impossible. Quand on travaille avec des données, on fait, plus ou moins implicitement, les hypothèses de cohérence des traitements, homogénéité entre agents et zones géographiques et stabilité dans le temps sont (à peu près) vérifiées.

      C’est embêtant quand l’ampleur des variations est telle que ça commence à se voir, comme ici. Mais quand on commence à chercher - et qu’on y passe le temps qu’il faut - on finit toujours par trouver des trucs …

      Dans un fichier, il n’y a plus de «  loups  » quand on ne les voit pas trop (ou qu’on ne les entend pas trop) et qu’en conséquence, on arrête de les chercher …

      À partir de quand s’arrêter de chercher, à partir de quand se mettre à douter de la fiabilité des chiffres ? #Bonne_question_Elkabbach

      Ceux qui ont un peu mis leur nez dans la production de données rigolent (jaune !) quand on leur sort des trucs du genre ; vous les statisticiens vous ne croyez qu’en vos chiffres.

      Ce qui nous amène à la phrase attribuée à Churchill : I only believe in statistics that I doctored myself soit je n’ai confiance que dans les chiffres que j’ai moi-même bidouillés.

      sur l’attribution de la citation, cf. https://dicocitations.lemonde.fr/citations/citation-40610.php

  • La protection des mineurs, une justice d’exception avec Edouard Durand
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/la-protection-des-mineurs-une-justice-dexception

    Édouard Durand
    magistrat, membre du conseil scientifique de l’Observatoire national de l’enfance en danger et ancien membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

    Prise en étaux entre des enjeux familiaux et sociétaux, la parole des victimes peut-elle être entendue ? Notre politique pénale est-elle adaptée aux situations qu’elles rencontrent ? L’arsenal juridique est-il suffisant pour juger des #crimes ? Face aux chiffres de non-condamnation des agresseurs, faut-il y voir une défaillance de la #justice des mineurs ? La justice des mineurs, une justice d’exception ?

    #MetooInceste #pédocriminalité #inceste

  • L’ex-femme du tueur de Saint-Just, traînée en justice, réclame une relaxe symbolique - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/gendarmes-tues-a-saint-just-l-ex-femme-du-meurtrier-poursuivie-pour-non-p


    C’est totalement scandaleux  !
    L’article a été retitré  !
    L’original, c’est : Gendarmes tués à Saint-Just : l’ex-femme du meurtrier poursuivie pour non-présentation d’enfant

    Mardi, Valérie (le prénom a été changé), 38 ans, doit comparaître sur citation directe de son ex-mari pour non-présentation d’enfants alors qu’a contrario aucune de ses plaintes successives déposées contre lui (menaces de mort, abandon de famille, violences) n’a prospéré… Cet ex-époux violent, c’est Frédérik Limol, 48 ans, le forcené qui a tué trois gendarmes, le 22 décembre dernier à Saint-Just (Puy-de-Dôme) avant de mettre fin à ses jours. Cette nuit-là Sandrine, sa nouvelle compagne, avait échappé à la mort en se réfugiant sur les toits et en appelant les gendarmes de Saint-Aubert dont trois sont tombés sous les balles pour la sauver.

    • L’article est réservé aux abonnés, mais le péage est facilement contournable.

      Alors que ses plaintes pour violence et abandon de famille ont été classées, l’ex-épouse du meurtrier avait été citée par ce dernier devant le tribunal correctionnel d’Avignon. Elle se rendra ce mardi à l’audience malgré la mort de Frédérik Limol.


      Après son divorce en 2012 avec Frédérik Limol, le meurtrier des gendarmes du Puy-de-Dôme, Valérie a vécu un véritable enfer. AFP/Olivier Chassignole

      C’est une audience cruelle pour la justice qui doit se tenir ce mardi devant le tribunal correctionnel d’Avignon (Vaucluse), comme nous l’a confirmé Philippe Guemas, le procureur de la République d’Avignon, qui rappelle qu’ « il n’y a pas d’extinction de l’action publique, puisque c’est le plaignant qui est décédé et non pas la mise en cause ». Un condensé des errements et dysfonctionnements de l’appareil judiciaire dans la lutte contre les violences faîtes aux femmes, avec au bout le sentiment amer que le pire aurait pu être évité.

      Mardi, Valérie (le prénom a été changé), 38 ans, doit comparaître sur citation directe de son ex-mari pour non-présentation d’enfants alors qu’a contrario aucune de ses plaintes successives déposées contre lui (menaces de mort, abandon de famille, violences) n’a prospéré… Cet ex-époux violent, c’est Frédérik Limol, 48 ans, le forcené qui a tué trois gendarmes, le 22 décembre dernier à Saint-Just (Puy-de-Dôme) avant de mettre fin à ses jours. Cette nuit-là Sandrine, sa nouvelle compagne, avait échappé à la mort en se réfugiant sur les toits et en appelant les gendarmes de Saint-Aubert dont trois sont tombés sous les balles pour la sauver.

      En réalité, l’action publique s’éteint avec le décès (suicide) de cet ingénieur informaticien devenu un survivaliste radicalisé. Mais, ce mardi, Valérie compte bien se rendre à l’audience accompagnée de son avocat, Me Wissam Bayet, qui souhaite symboliquement demander sa relaxe.

      « La vie d’après reste une vie de cavale et de peur »
      « La partie civile est décédée mais pas l’accusée. Ma cliente est bien vivante, et elle est aussi citée dans cette affaire par le procureur. Ce n’est pas une délinquante, et il faut que la justice entende cela, imaginez la frustration de ma cliente. » Pour obtenir la citation directe de Valérie devant le tribunal, Frédérik Limol avait usé d’un subtil subterfuge en se présentant chez elle accompagné d’un huissier de justice dans le but de faire dresser à ce dernier un constat d’absence et de non-représentation d’enfant. ( NDLR : Frédérik Limol avait un droit de visite tous les dimanches à 14 heures au domicile de son ex-épouse en la présence de celle-ci).

      « Limol a volontairement trompé l’huissier car ma cliente avait signifié à son ex son changement d’adresse par courrier recommandé avec accusé de réception, comme le prouve le récépissé en notre possession », affirme Me Bayet.

      Harcèlement, menaces de mort, violences… Après son divorce en 2012, Valérie a vécu un véritable enfer. Mais l’appareil judiciaire n’a pas su détecter la dangerosité de Frédérik Limol en dépit de trois plaintes et une main courante. La trentenaire avait même alerté Marlène Schiappa, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la citoyenneté, qui était à l’époque secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. « Après le recul, j’aurais bien du mal à conseiller une femme victime de violence conjugale à partir. La vie d’après reste une vie de cavale et de peur », déplore Valérie dans ce message Facebook daté du 6 mai 2020, que nous avons pu consulter. Elle y évoque ses plaintes et conclut : « Sur la violence conjugale, aucun moyen n’est mis sur l’éloignement et la réinsertion des auteurs. »

      Destructions de biens immobiliers, coups de poing contre les murs…
      La première trace de plainte remonte au 29 juin 2017 devant la brigade territoriale de gendarmerie de Saint-Saturnin-les-Avignon. Celle-ci est particulièrement détaillée et édifiante. La trentenaire y raconte les menaces de mort, notamment par incendie, (NDLR : avant de tuer les gendarmes, Limol a mis le feu à la maison sur le toit duquel Sandrine, sa nouvelle compagne, s’était réfugiée), la destruction de biens immobiliers, et les coups de poing contre les murs. Valérie n’a jamais eu de retour de cette plainte. Ni des suivantes…

      « Elle ne vivait pas sous le même toit que son ex-mari, les services d’enquête ont jugé qu’il n’y avait pas de caractère d’urgence et de danger », justifie Eric Maillaud, le procureur de la république de Clermont-Ferrand. Il poursuit : « La plaignante n’a jamais produit d’Incapacité totale de travail (ITT). Des plaintes de ce type, on en recueille par centaines. Et les auteurs supposés de ces violences ne sont jamais passés à l’acte. » Les déménagements successifs de Frédérik Limol semblent par ailleurs avoir compliqué le travail de la justice. « Les enquêtes relèvent de trois juridictions différentes », constate encore Eric Maillaud.

      La dernière plainte, déposée le 12 février 2020 auprès du commissariat de police de Privas (Ardèche) pour abandon de famille, est sans doute la plus embarrassante. Elle a donné lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Clermont-Ferrand, classée elle aussi.

      Limol a contesté les menaces et les violences
      « C’est incompréhensible, il était pourtant facile de constater que Frédérik Limol n’avait jamais versé de pension alimentaire à ma cliente depuis leur divorce », estime Me Wissam Bayet. Dans le cadre de l’enquête, Frédérik Limol a été entendu. « Il était au Revenu de solidarité active (RSA), il a dit qu’il aimait sa fille mais que son ex l’empêchait de la voir », indique le procureur Eric Maillaud. « Il a expliqué qu’il avait saisi de son côté le juge des affaires familiales et porté plainte pour non-présentation d’enfant ». Lors de cette audition, Limol a aussi contesté les menaces, les violences. « Comme souvent dans ses affaires, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre ».

      Lors de l’enquête, Valérie, elle, n’a pas été entendue, au grand regret de Me Wissam Bayet. « Cela n’a pas été jugé utile dans la mesure où elle avait déjà dit les choses dans sa plainte », se défend le procureur de Clermont-Ferrand.

    • Il faut qu’un ex-conjoint violent tue 3 gendarmes pour que la justice découvre le pot-aux-roses. Si ce mec s’était contenté de tuer son ex-compagne il n’y aurais rien de plus qu’une ligne dans les inventaires établis par les millitantes. « Des plaintes de ce type, on en recueille par centaines. Et les auteurs supposés de ces violences ne sont jamais passés à l’acte. » des centaines d’actes de torture qui sont totalement ignorés - les passages à l’acte prise en comptes sont ceux visant l’institution policière, le reste c’est peanuts.

  • Faire la fête, un enjeu politique en temps de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/19/faire-la-fete-un-enjeu-politique-en-temps-de-covid-19_6066738_3224.html


    A la free-party du Nouvel An à Lieuron (Ille-et-Vilaine), le 1er janvier 2021.
    JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

    La free-party de Lieuron au Nouvel An est devenue une affaire d’Etat. Si prompts à condamner et à sanctionner, les responsables politiques n’offrent aucune alternative ou perspective alors que les espaces festifs légaux sont fermés depuis presque un an.

    « Un comportement totalement irresponsable », qui « fait honte à notre pays », des « voyous »… Le 1er janvier, plusieurs responsables politiques se sont indignés : une free-party rassemblant près de 2 500 personnes avait lieu dans un hangar à Lieuron (Ille-et-Vilaine), bravant le couvre-feu en pleine pandémie de Covid-19.

    Filmée en direct par les caméras de télévision, la fête est devenue une affaire d’Etat. Réunions de crise au ministère de l’intérieur, renforts de gendarmerie, saisies de matériel, live-Tweet de Gérald Darmanin… Le gouvernement a voulu faire de ces contrevenants un exemple. La fête qui devait durer tout le week-end a finalement pris fin le samedi matin, après 1 645 verbalisations, dont 1 225 pour non-respect des gestes barrières.

    Quatre personnes ont été mises en examen, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui. Parmi eux, un homme de 22 ans, soupçonné d’être l’organisateur du rassemblement illicite mais sans antécédents judiciaires, est en détention provisoire depuis le 4 janvier. Une première pour ce genre d’affaires, selon son avocat. « Pour le droit à la culture » et contre la « répression disproportionnée », des adeptes des free-parties ont manifesté, samedi 16 janvier, à Paris et en province aux côtés des opposants à la proposition de loi relative à la sécurité globale.

    Manque d’alternatives
    Au vu de la situation sanitaire, se retrouver à plusieurs milliers dans un hangar était bien sûr inconscient : le risque de contamination y était élevé, les masques rarement portés. Celles et ceux qui se sont privés de réveillon peuvent légitimement s’interroger et demander des comptes. Mais c’est aussi faute d’alternatives, insistent des organisateurs qui se sont depuis exprimés anonymement, que des gens sont venus de toute la France pour danser par – 2 °C le soir de la Saint-Sylvestre.

    Ce ne sont pas uniquement des « punks à chiens », des « zadistes » ou des « délinquants », comme ont voulu faire croire certains responsables politiques : ce sont pour la plupart des jeunes et des moins jeunes, souvent socialement insérés, se retrouvant autour d’une même passion, une communauté.

    Le milieu des free-parties s’est construit dans l’illégalité depuis les années 1990, parallèlement, et parfois en opposition, à la musique électronique grand public, devenue une industrie musicale majeure. On y rejette « la logique capitaliste » à coups de fêtes gratuites et autogérées, où les battements par minute sont bien plus rapides et abrupts qu’en boîtes de nuit.

    #paywall

  • Georges Tron rejugé pour viols en réunion - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190121/georges-tron-rejuge-pour-viols-en-reunion#at_medium=custom7&at_campaign=10

    Trois ans après un premier procès avorté, près de deux ans après son acquittement à Bobigny, dont le parquet général a fait appel, #Georges_Tron est de retour devant une cour d’assises. L’actuel maire (LR) de Draveil et conseiller départemental de l’Essonne, 63 ans, ainsi que son ancienne adjointe à la culture #Brigitte_Gruel, 63 ans, elle aussi acquittée en novembre 2018, sont rejugés par la cour d’assises d’appel de Paris à partir de mardi et pendant quatre semaines. Jugés pour « viols en réunion » et « #agressions_sexuelles en réunion », les deux accusés – qui comparaissent libres – encourent 20 ans de réclusion criminelle.

    Devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, l’avocat général Frédéric Bernardo avait requis six ans de prison ferme contre Georges Tron et quatre contre Brigitte Gruel, en utilisant des termes très sévères pour le maire de Draveil. L’édile était alors défendu par Éric #Dupond-Moretti et Antoine Vey. Cette fois-ci, Antoine Vey et Solange Doumic assureront sa défense.

    #viol

  • Emergence du SARS-CoV-2 : les soupçons sur les élevages d’animaux à fourrure s’accumulent - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/180121/emergence-du-sars-cov-2-les-soupcons-sur-les-elevages-d-animaux-fourrure-s

    Mais la faune sauvage, présente sur le marché de Wuhan où a été repéré, en décembre 2019, le premier homme infecté par le coronavirus, n’est peut-être pas la seule en cause. De fait, la thèse du pangolin a été rapidement écartée, le virus retrouvé sur ces animaux présentant des divergences par rapport à celui trouvé sur les malades du #Covid. C’est plutôt du côté des #élevages_intensifs d’animaux à #fourrure que plusieurs chercheurs se tournent aujourd’hui -même si d’autres hypothèses comme la fuite d’un laboratoire ou la transmission directe de la chauve-souris à l’homme ne sont pas définitivement écartées par les scientifiques. C’est en tout cas ce que suggèrent deux articles parus le 8 janvier dans la revue Science, qui portent sur les élevages de #visons – une industrie devenue massive en #Chine ces dernières années -, ainsi qu’une enquête publiée par Reporterre la semaine dernière.

    • Le premier des deux articles relate une étude conduite par des chercheurs néerlandais, qui ont observé la circulation du SARS-CoV-2 dans 16 élevages de visons aux Pays-Bas. Non seulement ces élevages ont été contaminés par le coronavirus, mais les travailleurs agricoles l’ont été également. À la fin juin 2020, 68 % des employés des fermes concernées étaient testés positifs au Covid-19 ou présentaient les anticorps de la maladie.

      En comparant les génomes et les moments de contamination, les chercheurs parviennent à établir « une preuve de transmission de l’animal à l’humain ». Ils en arrivent à la conclusion que si le virus a été introduit dans les élevages par les travailleurs, il a évolué parmi les visons et a ensuite à nouveau contaminé des humains. Ils remarquent en outre qu’au sein des fermes étudiées, le rythme de transmission du virus est sans doute plus rapide qu’au sein de la population humaine. Ce qui n’est guère étonnant : ce sont des élevages intensifs, où les bêtes grandissent, en intérieur, dans une grande promiscuité…

  • En Corée du Sud, pendant la pandémie des livreurs meurent d’une surcharge de travail - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/180121/en-coree-du-sud-pendant-la-pandemie-des-livreurs-meurent-d-une-surcharge-d

    La situation des #livreurs des #plateformes de #e-commerce devient un problème national en Corée du Sud. Les restrictions sanitaires liées à la #pandémie a augmenté la demande, sans que les entreprises ne s’adaptent. Selon les syndicats, 19 d’entre eux seraient décédés d’une #surcharge de #travail en 2020.

    #livraison #exploitation #droit_du_travail

  • « Tout le monde savait » : Claude Lévêque, une omerta au nom de l’art
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/tout-le-monde-savait-claude-leveque-une-omerta-au-nom-de-l-art_6066318_3246.

    Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manœuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une œuvre incroyable ? »

    • Claude Lévêque, une omerta au nom de l’#art

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « #viols et #agressions_sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Au milieu des années 1980, une artiste qui préfère rester anonyme s’était aventurée à demander à un galeriste parisien qui exposait Claude Lévêque pourquoi il ne représentait aucune femme artiste : « Je n’ai peut-être pas d’artiste femme, mais j’ai un pédophile », s’était-elle entendu rétorquer. Plaisanterie tordue, aveu, provocation ? « En tout cas, ça résume bien le contexte, raconte-t-elle aujourd’hui. Je m’étais tue, mais, quand je visitais les expositions, je vous assure que je ne lâchais pas mon petit garçon de l’oeil. »

      « Comment une telle carrière est-elle possible, alors que depuis des années "ÇA SE SAVAIT ?" », interroge la critique d’art Marie Chênel dans un Tweet très relayé. Il résume la sidération du milieu de l’art depuis les révélations du Monde, le 10 janvier, concernant la plainte du plasticien Laurent Faulon contre l’artiste Claude Lévêque et l’enquête ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2019, pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans . M. Faulon, un sculpteur de 51 ans, dénonce des « abus sexuels » subis entre ses 10 et 17 ans de la part de M. Lévêque, assurant qu’il était, comme sa famille, sous son « emprise . Le journal en ligne Mediapart a lui aussi publié une longue enquête, le 13 janvier, qui accable l’artiste.

      L’enquête judiciaire est en cours, et la présomption d’innocence prévaut. Mais dans le milieu de l’art, où Claude Lévêque était si connu, chacun s’interroge. Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manoeuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une oeuvre incroyable ? »

      Filleuls, neveux, assistants...

      Ces adolescents qui l’entourent, Claude Lévêque les présente comme ses filleuls, ses neveux, ses assistants, voir comme ses « fils . Ces doudous et nounours qu’il trimballe autour du monde, qu’il sort en plein repas, qu’il déploie dans chaque recoin de ses deux maisons, ont été, selon l’artiste, dans ses interviews, « donnés par des amis, souvenirs trop intimes pour en parler . Son obsession pour le monde de l’enfance est considérée comme une « sublimation artistique », la part de fantasme d’un adulte qui est bien plus à l’aise avec les enfants qu’avec le monde des grands.

      Et puis, comment condamner sur la base de « racontars » ? « On lui aurait donné le bon Dieu sans confession », admet l’artiste Jonathan Loppin, dont la compagne, Julie Faitot, a envoyé un signalement à la justice concernant Claude Lévêque en février 2019. Pendant les quinze ans que dura leur amitié, il avoue avoir été subjugué par cette star prête à défendre corps et âme le moindre squat, toujours disposée à prendre fait et cause pour la veuve et l’orphelin : « Claude apparaît comme un nounours au charisme fort, et un vrai aimant à enfants. En fait, il sait les ferrer. Quand j’ai compris que ces doudous étaient sans doute ceux de ses victimes, des trophées, j’ai pris une énorme claque. »

      « Je l’ai toujours vu bouleversé par la beauté des jeunes garçons, elle le secouait, et il l’assumait, ses premières oeuvres en témoignent », souligne un habitant de Nevers (Nièvre), proche des Faulon. Enfant, il a connu Lévêque comme moniteur de centre aéré dans les années 1970, sans jamais entendre de rumeurs pouvant l’incriminer. Depuis quelques jours, il fouille dans sa mémoire. « J’essaie d’analyser le phénomène d’emprise, détaille-t-il. En abordant l’environnement de cet adulte entouré de jeunes hommes, on avait d’abord un sentiment de malaise, mais la situation était ensuite validée par les proches ; familles, amis, tous semblaient acter ce qui se passait. Le trouble ressenti était alors étouffé par cette validation collective. En outre, j’en ai été témoin à deux reprises, Claude entretient aussi une relation très forte avec les mères des enfants, dont je ne sais comment elle s’articule, une relation presque amoureuse. Mécanique qu’il semble, hélas, avoir affinée avec le temps. »

      Collectionneurs, experts, galeristes, conservateurs, critiques, artistes : cette validation a été tout aussi collective dans le milieu de l’art, même si certains tenaient scrupuleusement leurs distances. « Les institutions lui ont fait confiance, à cause de la fascination qu’exerce son oeuvre, mais aussi de son engagement pour les causes sociales, politiques, analyse une directrice de musée. Tout cela était-il un écran de fumée ? Tout comme ces références à l’enfance, sans cesse convoquée, sacralisée, sanctuarisée : elles faisaient la beauté et la pureté de son travail ; désormais, elles peuvent ressembler à un sacrifice. »

      « Si c’est vrai, c’est un séisme, auquel je peine à me résoudre, glisse un autre conservateur. Ses oeuvres des années 2000, pleines d’un danger punk qui fascine, ont été un choc esthétique pour toute une génération. Nous nous sommes construits en partie avec elles. » Un artiste éperdu d’admiration pour Claude Lévêque, « bouleversé par le témoignage de Laurent Faulon », s’avoue tout autant « blessé, et en colère » : « J’ai la sensation d’avoir été manipulé, comme tout le monde de l’art l’a été. J’ai aujourd’hui l’impression que, avec toutes ces oeuvres mettant en scène l’enfance, il nous disait : "Regardez, je vous mets ça sous le nez, et vous ne voyez rien !" »

      Qu’il mette la même énergie à préparer la Biennale de Venise (2009) qu’à exposer à l’école élémentaire Pierre-Budin, à la Goutte d’Or (Paris 18e), lors d’une résidence artistique en 2012 ? Cela relevait de son engagement social. Qu’il peigne de noir les fenêtres de l’appartement mis à disposition par l’école, juste au-dessus des salles de classe ? On y voyait sa marque punk. Qu’il se déclare, un an après, toujours ami avec l’un des bambins de 8 ou 9 ans qui collabora au projet, le plus curieux, le plus créatif ? On l’admirait alors pour n’avoir pas pris la grosse tête. Tout cela peut aujourd’hui faire frémir.

      Dans les archives du Quotidien de l’art, nous avons retrouvé les paroles de l’enfant que nous avions rencontré au sein de l’école pendant la préparation de leur exposition « Seasons in the Abyss . Il interpellait ainsi l’artiste : « Je t’ai amené mon nounours, parce que je lui ai percé le cerveau. Avant, il bougeait dans son Jacuzzi, il faisait très chaud, c’était le feu, et je lui ai percé la tête ... « Le trou dans la tête », c’est aussi une phrase gravée par Lévêque sur un lit tout rouillé d’enfant, dans une oeuvre de 1986.

      #Aveuglement_collectif

      Pour comprendre aujourd’hui ce qui a pu relever d’un aveuglement collectif, les témoignages affluent, chacun s’employant à replacer une pièce dans un puzzle qui, trop longtemps, n’a pas fait sens. L’un se rappelle cette chambre d’enfant, dans la maison de Montreuil (Seine-Saint-Denis) de #Lévêque, « avec ses petites bagnoles sur les étagères », qu’il disait destinée « aux amis qui venaient avec leurs petits . L’autre, ces manèges abandonnés dans sa maison de campagne. Une troisième, l’aveu de cette mère « manifestement perdue, dans un monde parallèle, qui me racontait que Claude Lévêque dormait dans la chambre de son fils de 15 ans, et qui semblait comme flattée qu’il ait été "choisi". J’ai pris mes distances, désespérée qu’il soit impossible de lui faire comprendre que son môme était en danger .

      Galeriste et commissaire d’exposition, Stéphane Corréard dénonce aujourd’hui ce qu’il considère comme une omerta. « Beaucoup savaient, tout le monde pouvait se douter, personne n’est surpris, résume-t-il. Alors pourquoi avons-nous toléré, abrité, protégé, pendant des décennies, un supposé prédateur sexuel, un pédocriminel récidiviste ? Parce que, dans notre milieu, personne ne dit rien, jamais. La parole est cadenassée, le fonctionnement clanique. »

      Comment l’expliquer ? « La tolérance de notre milieu pour la transgression, y compris sexuelle, y est pour beaucoup », suggère-t-il. Un artiste pourrait donc franchir toutes les lignes rouges ? Laurent Faulon se souvient en tout cas très bien « des commissaires et artistes qui venaient dîner à la maison : avec Lévêque, on était comme un couple recevant des invités. Sauf que j’avais 15-16 ans. Tous découvraient les bricolages que j’avais faits dans l’atelier, et me disaient : "Tu as une oeuvre incroyable, ne t’embête pas à faire les Beaux-Arts, tu sais déjà tout !" . C’est ainsi que Laurent Faulon s’est retrouvé exposé à la Fondation Cartier de Jouy-en-Josas (Yvelines) ou au Magasin de Grenoble, à pas même 18 ans. Sans plus de questions, juste pour la reconnaissance de son talent naissant.

      Poursuivant son analyse, Stéphane Corréard évoque aussi le « souvenir de l’époque glorieuse où l’avant-garde était menacée de toute part, notamment par les réactionnaires et l’extrême droite. Nous avons alors pris le pli d’une opposition facile entre "pro" et "anti" art contemporain qui est devenue factice, mais qui continue de structurer largement le fonctionnement de notre monde de l’art . Impossible de dénoncer sur la foi de racontars, certes. « Mais ces directeurs de musée, qui racontent de façon anonyme avoir refusé que Lévêque partage une chambre d’hôtel avec un ado, n’avaient-ils pas obligation, en tant que fonctionnaires, de dénoncer des crimes dont ils avaient eu connaissance dans le cadre de leurs fonctions ? »

      Comme tous, il en est cependant conscient : la mécanique à l’oeuvre est complexe à déconstruire. Qu’un artiste puissant s’écroule, et tout un système s’effondre : ceux qui le collectionnent, le louent, l’honorent, le capitalisent. « Les relations entre les acteurs organisent la valeur de l’oeuvre en mettant l’artiste sur un piédestal, dans une relation romantique à l’art, explique ainsi un directeur d’institution. Les jeux de pouvoir sont réels, et pas seulement financiers, à tous les maillons de la chaîne, on ne peut se permettre que l’image de l’auteur soit entachée. Les liens d’interdépendance et les rapports de domination organisent le silence, à quoi s’ajoute la peur d’être blacklisté du milieu. Ils neutralisent toute possibilité de prise de parole. L’autocensure est forte, jusqu’à se frapper soi-même de cécité. La structure protège son capital. »

      Averti de la plainte de Laurent Faulon peu après son dépôt, le Mamco de Genève a pris position dès 2020, en faisant disparaître de son site toute mention de Claude Lévêque, qui y a exposé en 2003. Il est, pour l’instant, le seul. « Avec l’équipe de conservation, nous avons décidé un moratoire immédiat sur la présence de ses oeuvres en nos murs, explicite Lionel Bovier, son actuel directeur. Je n’ai jamais travaillé avec cet artiste, ni avec ses oeuvres d’ailleurs. Mais, de mon point de vue, le discrédit qui est aujourd’hui jeté sur son travail sera absolument irrémédiable si les accusations se révèlent fondées. Il ne m’appartient pas de me prononcer sur les conséquences légales des actes qui sont relatés, mais je peux témoigner de cela : je ne pourrai plus jamais regarder ce travail sans y trouver des indices des crimes qui lui sont reprochés. Par conséquent, le musée que je dirige ne montrera ni ne diffusera son travail dans le futur. »

      #pédophilie #pédocriminalité #Laurent_Faulon #abus_sexuels #emprise #rumeurs #fantasme #validation_collective #enfance #omerta #silence #impunité #transgression #domination #pouvoir #autocensure #cécité

    • Affaire Claude Lévêque : collectionneurs et musées s’accrochent aux œuvres devenues embarrassantes

      https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/affaire-claude-leveque-collectionneurs-et-musees-s-accrochent-aux-uvres-deve

      https://www.lalsace.fr/culture-loisirs/2021/01/16/l-embarrassant-claude-leveque

      #censure #appel_à_la_censure

      Je tiens à rappeler que Springora n’ a jamais exigé la disparition des livres de Matzneff, c’est Gallimard qui s’achète une conscience en le faisant.

      Par ailleurs, le type doit répondre des ses actes, et il mériterait surtout des soins et une gigantesque psychothérapie (plutôt que la taule et la censure), mais il me semble au contraire très important de pouvoir continuer à voir ses oeuvres, même et surtout les pires, en sachant ce que l’on savait déjà, certes plus ou moins, mais en sachant au moins que le type n’était pas là pour rigoler et qu’il nous parlait bien de choses sombres et dégueulasses.

    • Dager je déteste et je comprend pas pk on le voie dans toutes les expos d’art brut. Sinon par rapport à la censure de Matzneff et Leveque le plus ahurissant c’est qu’on accusera les victimes d’etre #cancel_culture alors que ce sont les liberaux qui en sont les instigateurs dans un geste revisionniste.

  • Affaire Kaat Bollen : la pudibonderie et l’hypocrisie à son comble | par Isabelle Gosselin, Myriam Monheim et Roxanne Chinikar
    https://www.rtbf.be/info/dossier/les-grenades/detail_affaire-kaat-bollen-la-pudibonderie-et-l-hypocrisie-a-son-comble?id=1067

    L’affaire Kaat Bollen en Flandre est venue secouer les divans et fauteuils des psys. En 2021, une décision d’un sexisme digne des années 50, est prise par le Conseil disciplinaire de la Commission belge des psychologues. La psychologue Kaat Bollen serait sortie du cadre strict de sa profession et mérite un avertissement. Son tort ? Des photos et vidéos jugées inappropriées, incongrues, trop “sexys” pour une psychologue. Source : via la RTBF