• Héros de la typographie
    https://aris.papatheodorou.net/heros-de-la-typographie

    Thorbjørn Kongshavn est norvégien, il est le directeur de la création graphique de sa propre agence, Kongshavn Design, fondée en 2007. Il est aussi accessoirement illustrateur et typographe. En 2017 il a réalisé une série de six portraits de « Héros de la typographie ». Six hommes et six polices de caractères pour un hommage : Garamond, Baskerville, Bodoni, Berthold, Renner (Futura) et Gill.

    #typographie, #graphisme, #illustration


  • France : des experts de l’ONU dénoncent des restrictions graves aux droits des manifestants « gilets jaunes » | ONU Info
    https://news.un.org/fr/story/2019/02/1036341

    Selon eux, « les restrictions imposées aux droits ont également entraîné un nombre élevé d’interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d’armes dites ‘non-létales’ telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou flashballs ».

    « Garantir l’ordre public et la sécurité dans le cadre de mesures de gestion de foule ou d’encadrement des manifestations implique la nécessité de respecter et de protéger les manifestants qui se rendent pacifiquement à une manifestation pour s’exprimer », ont souligné les experts.

    « Nous sommes conscients du fait que certaines manifestations sont devenues violentes et ont entrainé des débordements, mais nous craignons que la réponse disproportionnée à ces excès puisse dissuader la population de continuer à exercer ses libertés fondamentales. Il est très inquiétant de constater qu’après des semaines de manifestations, les restrictions et tactiques de gestion des rassemblements et du recours à la force ne se sont pas améliorées », ont-ils ajouté.

    De plus, les experts ont exprimé leurs vives préoccupations quant à une proposition de loi visant prétendument à prévenir les violences lors de manifestations et à sanctionner leurs auteurs, dont certaines dispositions ne seraient, selon eux, pas conformes avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel la France est partie.

    « La proposition d’interdiction administrative de manifester, l’établissement de mesures de contrôle supplémentaire et l’imposition de lourdes sanctions constituent de sévères restrictions à la liberté de manifester. Ces dispositions pourraient être appliquées de manière arbitraire et conduire à des dérives extrêmement graves », ont souligné les experts.



  • https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/14/quand-la-fondation-abbe-pierre-distingue-les-dispositifs-anti-sdf_5423163_32

    « L’objectif de ces dispositifs – mis en place par les municipalités, les architectes, les urbanistes, etc. – est d’éloigner les SDF des centres-villes, de les rendre invisibles ou de les criminaliser, de manière plus ou moins insidieuse », a expliqué Christophe Robert, le délégué général de la Fondation.


  • #Venezuela : pourquoi Maduro n’est pas encore parti ?
    (plus exactement, l’article répond à la question : pourquoi les Forces armées continuent-elles de soutenir Maduro)

    http://www.el-nacional.com/noticias/politica/bloomberg-por-que-maduro-abandonado-poder-venezuela_270765

    Bloomberg: ¿Por qué Maduro no ha abandonado el poder en Venezuela?
    Analistas entrevistados por el portal estadounidense indicaron que aún no se dan las condiciones para un quiebre en la Fuerza Armada Nacional

    Réponses résumées :
    • ce sont les forces armées les plus espionnées du monde
    • elles sont un appendice du PSUV depuis 20 ans
    • elles sont mouillées dans le narcotrafic
    • et ça ne fait que 3 semaines que ça a commencé



  • Comment un #allié renforce le boy’s club en faisant mine de le dénoncé.
    Extrait d’un article sur la ligue du lol sur slate
    http://www.slate.fr/story/173397/ligue-du-lol-harcelement-scolaire-persecution-reproduction

    Le sociologue Éric Debarbieux, précurseur des travaux sur la violence scolaire en France, précise que le harcèlement à l’école est très souvent fondé sur le genre. Ce n’est pas seulement le comportement de boy’s club passé au crible par les féministes, mais une adhésion à la « norme viriliste », m’explique-t-il. Une question centrale dans la violence scolaire, qui s’exerce aussi entre filles et contre les garçons perçus comme non conformes à des critères de virilité.

    Je trouve ce petit paragraphe assez insidieux.

    Sur les violences scolaires en France ce monsieur est peut être le précurseur au masculin , mais j’ai vraiment du mal à croire que les précurseur·euses dans le domaine ne sont pas des chercheuses en particulier chez les chercheuses féministes. Les chercheuses ne compte pas, on compte seulement quant c’est des hommes qui s’approprient ce que les femmes trouvent comme l’indique la phrase suivante.

    Ce n’est pas seulement le comportement de boy’s club passé au crible par les féministes, mais une adhésion à la « norme viriliste », m’explique-t-il.

    Dans cette phrase il discrédite les féministes à qui il confisque l’idée de « norme viriliste » pour se l’attribué. Faisant comme si le « boy’s club » n’était pas une des modalité d’application des normes virilistes. Comme si les « normes virilistes » n’étaient pas identifiés et analysées depuis deux siècles par les féministes. Parlé de « norme viriliste » au singulier c’est un peu court aussi. Le boy’s club, c’est ce que je tag avec #fraternité

    Sinon l’article est pas mal, il pointe la continuité entre les discriminations sexistes et hétérocentristes de la petite école à la vie adulte. Celui ci prend le même angle :

    http://www.slate.fr/story/173439/ligue-du-lol-pouvoir-humour-heterosexualite-boys-club-masculinite

    #invisibilisation #femmes #harcelement #sexisme #virilité #masculinité




  • Oh, encore une loi pour « réguler » les réseaux sociaux en concevant des « règles de droit innovantes » avec… Facebook. Si c’est pas la définition du #peigne_cul, ça…

    Edouard Philippe annonce une loi pour réguler les contenus sur les réseaux sociaux "avant l’été"
    https://www.ozap.com/actu/edouard-philippe-annonce-une-loi-pour-reguler-les-contenus-sur-les-reseaux-sociaux-avant-l-ete/574697

    Après la loi anti-fake news, les réseaux sociaux toujours dans le viseur du gouvernement. Hier soir, depuis l’hôtel de Matignon, Edouard Philippe a tenu un discours inaugural lors de la première cérémonie de remise du prix Ilan Halimi, dédié notamment à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Au cours de ce discours, le chef du gouvernement a évoqué l’arrivée d’un nouveau dispositif de lutte contre les dérives observées sur les réseaux sociaux. « Nous allons lancer avec Facebook une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux », a annoncé Edouard Philippe.

    Ah, donc, toujours cette même lubie de la responsabilité des intermédiaires techniques (« la vieille classification des éditeurs »… ?) et la censure privée, conneries qu’on en bouffe depuis 25 ans…

    « La consultation régulière de ces réseaux montre que le travail est devant nous (...) Notre objectif est d’inscrire les mesures nécessaires dans un texte législatif qui sera présenté avant l’été et de faire en sorte de ne pas s’arrêter à la vieille classification des éditeurs pour pouvoir effectivement obtenir des résultats et responsabiliser ceux qui n’ont pas le droit de ne dire qu’ils sont responsables de rien de ce qui est publié », a détaillé le Premier ministre. Reste à voir quels seront les contours de l’arsenal législatif à venir. Le rapport de 20 propositions sur la lutte contre la haine sur internet, commandé par Matignon dans le cadre de son deuxième plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et remis par la député Laetitia Avia (LREM) en septembre dernier, semble tout désigné.

    Je signale à tout hasard que je n’ai pas 37,5 millions d’euros à dépenser sur Seenthis :

    Ce rapport propose notamment de s’aligner sur une loi allemande en obligeant les plateformes à retirer les publications signalées et qui apparaissent comme « manifestement » illégales dans un délai de vingt-quatre heures. Celui-ci serait ramené à seulement une heure pour les contenus à caractère terroriste. En cas de non-respect de cette disposition, les auteurs du rapport proposent une amende qui pourrait s’élever jusqu’à 37,5 millions d’euros. Ils préconisent également l’instauration d’un logo, qui serait commun à tous les réseaux sociaux et qui permettrait aux internautes de signaler la présence de contenus racistes.

    Et la très prévisible instrumentalisation de l’affaire de la « ligue du LOL », dont on sait pourtant très bien qui sont les acteurs, et lesquels d’entre eux sont désormais de respectables responsables dans de respectables journaux pas du tout anonymes…

    La question de l’anonymat pourrait aussi être un volet de la loi que prépare l’exécutif. Après l’éclatement de l’affaire de la « Ligue du LOL », Laetitia Avia s’est insurgée sur Twitter : « L’anonymat sur les réseaux sociaux encourage un sentiment d’impunité pour ceux qui s’autorisent à harceler, humilier et insulter ». « La loi contre la haine sur internet permettra de mieux lever cet anonymat lorsque ces délits sont commis » a-t-elle annoncé. Emmanuel Macron lui-même a fait connaître à plusieurs reprises sa position sur l’anonymat en ligne. Le 18 janvier dernier, à Souillac, le chef de l’État s’était dit favorable à « une levée progressive de toute forme d’anonymat (sur les plateformes) ».

    • Nous allons lancer avec Facebook une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux

      Suis-je seul à devoir me frotter les yeux pour comprendre cette phrase ? Est-ce que si je la transpose dans un autre contexte c’est plus facile à comprendre ? Je vais essayer.

      Nous allons lancer avec Total une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler la pollution en mer

      Nous allons lancer avec la BNP une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les marchés financiers

      Nous allons lancer avec la mafia une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler le commerce des stupéfiants.


  • La bonne blague de la nuit
    (nop !)
    Une info signalée par Sylvain Ernault sur twitter : "Deux policiers nantais n’ont pas pu se constituer parties civiles car ils voulaient rester anonymes. Pour leur avocate, il s’agissait d’éviter que leur nom apparaisse sur « des sites très engagés dans la lutte armée » comme @Nantes_Revoltee ou Indymedia."
    https://twitter.com/SylvainErnault/status/1095807777660915712

    L’info provient d’un article du Télégramme : Nantes. Le jeune de Plounérin avait jeté des bouteilles sur les policiers depuis son balcon : https://www.letelegramme.fr/bretagne/nantes-le-jeune-de-plounerin-avait-jete-des-bouteilles-sur-les-policier

    Le procès a d’ailleurs fait l’objet d’une nouvelle passe d’armes entre les deux parties sur les constitutions de partie civile des policiers : deux d’entre eux, sur les trois, l’ont fait sous couvert d’anonymat. Cette disposition légale, imaginée pour les policiers infiltrés dans les réseaux terroristes, permet aux fonctionnaires de se prémunir de potentielles « représailles ».

    « C’est la première fois en France que des fonctionnaires sont amenés à faire des dépositions sous couvert d’anonymat dans de telles circonstances », a redit mercredi à l’audience leur avocate, Me Annie Hupé. « Depuis 2016, on voit en effet toujours les mêmes personnes dans la salle d’audience : elles relatent les condamnations, mais aussi les noms et prénoms des policiers, sur des sites très engagés dans la lutte armée comme Nantes Révoltée ou Indymedia. »

    « Chasse aux sorcieres »

    L’avocate s’était donc opposée à la levée de leur anonymat pour protéger ces fonctionnaires qui font l’objet d’une « véritable chasse aux sorcières ». Elle a rappelé qu’un couple de policiers avait été assassiné par un djihadiste sous les yeux de son fils de 3 ans à Magnanville (Yvelines) en 2016.

    Vendredi dernier, une demande de dommages et intérêts avait toutefois été jugée irrecevable par le même tribunal correctionnel pour « défaut d’identification » de fonctionnaires qui avaient déposé sous leur seul numéro de matricule.

    Bon sur le moment ça m’a fait marrer : https://twitter.com/ValKphotos/status/1095826082702544896 et https://nantes.indymedia.org/articles/44517#comment-299661 mais en fait, comme le dit une personne qui me répond, "C’est révélateur de leur état d’esprit quand même. Ils sont en guerre les gus."
    J’veux dire, outre le fait de présenter "indymedia" et "nantes revoltée" comme sites "de lutte armée" (du coup pour les seconds, c’est facebook et twitter les sites en question, ce qui rejoint ce dont parlait @arno https://seenthis.net/messages/759955 ) y’a une attitude complètement puérile à ne pas assumer un secret de polichinelle : toute personne qui assiste ne serait-ce qu’à deux aprèms (c’est mon cas) de procès liés aux manifs à Nantes peut faire le même constat : ce sont souvent les mêmes qui reviennent.... (comme le dit un dicton local : "ça crève les yeux") Entre la #zad, la #loi_travail et les dizaines d’autres mouvements sociaux, y’en a pourtant eut des centaines de procès... C’est tellement flagrant qu’un tableau avait été fait lors d’un des rassemblements estivaux de l’ACIPA (sans doute par la legal team)
    Donc les flics en sont au stade de réclamer de pouvoir toucher de l’argent anonymement ... et craignent que ça se sache ! Et le dénoncer serait participer à la lutte armée djihadiste ?!
    Il va falloir qu’ils fassent un stage auprès de la #CNIL qui leur expliquera le rendu du procès gagné contre l’#OCLCTIC sur le sujet : https://seenthis.net/messages/757648 et le communiqué de @indymedianantes : https://seenthis.net/messages/759682 :

    "l’existence d’une entreprise terroriste ne peut être déduite de la seule expression d’idées radicales au moyen de « communication au public par voie électronique »"

    #internet et #liberté #repression #terrorisme #1984



  • La ligue du lol est la manifestation d’un problème plus large : « nous ». – Pixellibre.net
    http://pixellibre.net/2019/02/la-ligue-du-lol-est-la-manifestation-dun-probleme-plus-large-nous

    Premièrement, messieurs, nous sommes des privilégiés. Oui nous sommes, par rapport aux femmes, aux personnes racisées, aux personnes des communautés GRSM (LGBT+ pour résumer et tenter de n’exclure personne sans en arriver à un LGBTQI-je-suis-désolé-je-ne-sais-plus-la-suite), des personnes privilégiées.

    Nous n’avons pas besoin de nous battre pour prouver notre légitimité, nous n’avons pas besoin de faire trois fois plus d’efforts pour convaincre, on ne nous manque pas de respect 50 fois par jour, on ne se fait pas siffler dans la rue pour un oui pour un non, on ne se fait pas traiter de pute ou autre parce qu’on refuse de donner notre numéro de téléphone, on ne se fait pas (oui cette phrase va être TRES longue) dévisager de la tête aux pieds lorsqu’on rentre dans un endroit quelconque, on ne se fait pas insulter de salopes ou autre quand on a eu de nombreuses partenaires sexuelles dans notre vie, et les gens ne se disent pas « il en a baisé des nanas, il doit en vouloir plus, forcément », on ne nous apprend pas à avoir peur dans la rue parce qu’un mec peut surgir de nulle part et te faire du mal, on ne nous dit pas que ne pas se raser c’est moche, à poste et compétences équivalentes, nous sommes payés plus que les femmes dans bien des secteurs d’activité, on ne se moque pas de nous quand nous ne comprenons pas quelque chose mais on nous explique, on ne nous dit pas « mais t’as pas baisé » quand on réagit mal à une blague prétendument drôle. On ne nous impose pas un culte du corps, de la beauté, et bien d’autres dictats. Nous, on a des poches de jean qui servent à quelque chose, et si tu rigoles à cet exemple, tu vas aller te renseigner. Nous, on ne viendra pas nous insulter ou nous casser la gueule parce qu’on aime quelqu’un du même sexe ou parce qu’on en a changé. On ne nous dira pas que nos pratiques sexuelles sont déviantes, on ne nous stigmatisera pas, on ne nous montera pas du doigt, on ne se sentira ni mal, ni sales, quand les gens parleront de nous. Nous, les gens vont d’abord regarder nos compétences avant de regarder notre visage ou nos formes.


  • Ligue du lol : « Le problème de fond n’est ni Twitter, ni l’anonymat, mais une masculinité toxique » | www.nouveau-magazine-litteraire.com
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/soci%C3%A9t%C3%A9-f%C3%A9minisme/ligue-du-lol-%C2%AB-le-probl%C3%A8me-de-fond-nest-ni-tw

    À chaque fois, c’est la même chose. Grande stupéfaction, profond étonnement, sincère indignation quand des victimes se mettent à parler, puis d’autres dans leur sillage, que le sujet monte, que l’on découvre qu’il y a des rapports de domination. Que certains, ceux qui bénéficiaient d’une forme de pouvoir et de prestige humilient, harcèlent, agressent celles et ceux qui sont privés de ce fameux pouvoir. On critique ce milieu odieux, on s’offusque, le soufflet retombe puis un autre finit immanquablement par monter. Un autre, différent, et pourtant toujours le même.

    On reste l’œil sur un petit milieu, le milieu du cinéma, celui des assistantes parlementaires, celui des avocats, celui de Polytechnique, du conservatoire de musique, des écoles de médecine, des jeunes journalistes web. Mais quand verra-t-on que l’addition de tous ces petits milieux forme un tout qui s’appelle la société française ? Quand passera-t-on de l’indignation devant le comportement de quelques uns, circonscrits à un petit territoire, à une réflexion sur les rapports de domination qui minent notre société dans son ensemble ?


  • La rage de l’or : les barons de l’or (1/2) | ARTE
    https://www.youtube.com/watch?v=Ydvu6BF9YLY

    Documentaire complet disponible jusqu’au 12 Avril 2019

    Les forçats de l’or (2/2)
    https://www.youtube.com/watch?v=NkGOLM8Sj54

    L’or est l’un des métaux précieux les plus chers et les plus convoités. Menée autour du monde, une enquête captivante sur un marché opaque qui engendre impunément de colossaux dégâts sociaux et environnementaux. Vice-président de Lucky Minerals, Shaun Dykes fait partie des prospères industriels nord-américains de l’or. Parmi ses projets figure l’exploration d’un site minier prometteur à Emigrant Mountain – près du parc national de Yellowstone –, contre laquelle les riverains sont vent debout. Il fait partie des chercheurs d’or qui mobilisent des forces colossales pour trouver de nouveaux filons dans les endroits les plus difficiles d’accès, voire protégés. Malgré un cours en hausse constante, objet de spéculations financières, l’or est l’un des métaux précieux les plus demandés. On s’en sert pour fabriquer des bijoux, mais aussi des lingots, qui sécurisent les réserves financières des banques centrales, et des produits de haute technologie, du spatial aux cartes à puce des smartphones. Mais, pour l’extraire du sous-sol, un grand nombre de produits nocifs comme le mercure et le cyanure sont nécessaires. L’industrie minière fait donc peser de lourdes menaces sur l’environnement, et la manière dont le cours de l’or est, historiquement, fixé à Londres par une poignée de banquiers interroge. Tableau alarmant Nourrie de nombreux témoignages, recueillis auprès d’institutionnels, d’acteurs et d’employés du secteur de l’industrie minière et de la joaillerie et de membres d’ONG, cette enquête captivante autour du globe (signée notamment par Denis Delestrac, déjà remarqué avec Le sable, enquête sur une disparition sur ARTE) nous entraîne dans le monde méconnu du grand commerce de l’or. Au-delà du tableau alarmant des risques que l’exploitation aurifère fait courir aux hommes et à l’environnement, elle braque ses projecteurs sur les multiples zones d’ombre d’un marché qui ne fait pas, loin de là, que des heureux.

    Documentaire de Denis Delestrac (France, 2017, 52mn)


  • Tir de grenade devant l’Assemblée : le récit du gilet jaune blessé - Page 1 | Mediapart

    –-> Il me semble que ça serait la mojndre des choses, je trouve complètement inouï qu’ils les utilisent encore sachant très bien que ces munitions infligent de très graves blessures et peuvent tuer.

    « On peut s’interroger sur la responsabilité pénale du préfet de police de Paris dans l’utilisation de cette grenade aujourd’hui, détaille l’avocat. Ce type de grenade n’a rien à faire en manifestation. Le gouvernement a cessé d’en commander parce qu’il considérait qu’elle était trop dangereuse. Le principe de précaution aurait voulu qu’il ne les utilise pas. Par ailleurs, il apparaît que les forces de l’ordre ont fait un usage non réglementaire de la grenade. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/130219/tir-de-grenade-devant-l-assemblee-le-recit-du-gilet-jaune-blesse?onglet=fu

    ne grenade explosive contenant du TNT a bien été lancée par des gendarmes en direction de la foule devant l’Assemblée nationale, samedi 9 février, lors de l’acte XIII du mouvement des gilets jaunes. Et cette munition a arraché la main de Sébastien Maillet, 29 ans, plombier, originaire d’Argenteuil. Le secrétaire d’État Laurent Nuñez a confirmé, lundi, que « sept grenades dont une GLI F4 » avaient été « projetées » par les forces de l’ordre, alors qu’elles étaient « complètement encerclées par une foule de plusieurs milliers d’individus ».


  • « Gilets jaunes » : Garde à vue pour un employé d’une boulangerie qui avait refusé de servir un policier
    20 Minutes avec AFP - Mis à jour le 13/02/19 à 09h10
    https://www.20minutes.fr/societe/2450047-20190213-gilets-jaunes-garde-vue-employe-boulangerie-refuse-servir

    (...) Âgé de 32 ans, cet employé a été placé en garde à vue pour « refus de vente et outrage sur personne dépositaire de l’ordre public », selon une source policière confirmant des informations de presse. Les faits qui lui sont reprochés ont fait l’objet d’une brève vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les images montrent un policier en civil empêché de rentrer dans une boulangerie située dans le IIIe arrondissement de Paris en marge de la manifestation organisée dans le cadre de l’acte 12 de la mobilisation des « gilets jaunes ».
    « Valeurs d’accueil » et souci d’« une atmosphère calme »

    Le dialogue se concentre sur le port d’arme du policier. « Tu vois une arme » ?, demande le fonctionnaire. « Je ne sais pas, je vous préviens juste, pas d’arme dans [inaudible] », répond un employé. « Ok donc c’est bon on peut passer ? », rétorque le policier. « Si vous n’avez pas d’arme, c’est bon » – « bon je crois que je vais aller ailleurs et après je peux aussi aller regarder ailleurs, vous avez plein de vitrines… », finit par déclarer le fonctionnaire avant de s’en aller. (...)


  • #BienvenueEnFrance : aujourd’hui c’est le 6ème jour de GREVE DE LA FAIM pour les 5 etudiant-e-s de #Nantes qui s’opposent à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s, ceci dans une indifférence quasi générale. Pas trop honte Frédérique Vidal ?!
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/47028876182

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    #13février, Blocus de la Fac (dès 6h/6h30) puis Manif (10h) contre l’augmentation drastique des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s.

     #BienvenueEnFrance : aujourd’hui c’est le 6ème jour de GREVE DE LA FAIM pour les 5 etudiant-e-s de #Nantes qui s’opposent à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s, ceci dans une indifférence quasi générale. Pas trop honte Frederique Vidal ?
    #13février, Blocus de la Fac (dès 6h/6h30) puis Manif (10h) contre l’augmentation drastique des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s.
    Communiqué de Université de Nantes en Lutte : https://nantes.indymedia.org/articles/44531

    Bilan santé par les Street Medics : https://nantes.indymedia.org/articles/44527

    Plus d’infos sur : https://twitter.com/UnivNantesLutte et https://www.facebook.com/Universit%c3%a9-de-Nantes-en-lutte-1691556827783529 et plus de photos sur : http://frama.link/valk 

    Articles sur le sujet :

    Les pré-inscriptions d’étudiants étrangers à l’université française sont-elles stables, comme l’affirme le gouvernement ?
    #Factchecking de Libération - https://www.liberation.fr/amphtml/checknews/2019/02/11/les-pre-inscriptions-d-etudiants-etrangers-a-l-universite-francaise-sont-

    Analyse du dispositif #BienvenueEnFrance par Olivier Ertzscheid sur : https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/11/bienvenueenfrance.html
    Puis dénonciation de Frédérique Vidal : Ministre du mensonge, du racisme d’état et de l’apartheid décomplexé. https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/02/frederique-vidal-ministre-racisme-mensonge-discrimination-apartheid.htm


  • Au Huffington Post, la dérive de la « Radio bière foot » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/au-huffington-post-la-derive-de-la-radio-biere-foot?onglet=full

    La grande majorité des journalistes hommes du site étaient inscrits sur une boucle de messages où s’échangeaient des remarques à caractère sexiste, raciste ou homophobe. La direction a aussitôt décidé d’importantes sanctions disciplinaires.

    • C’est la dérive d’un entre-soi masculin, sûr de lui et finalement toxique. Avant même les dernières révélations sur la Ligue du Lol, plusieurs rédactions parisiennes ont été secouées par des affaires de boucles de mails entretenues par des hommes et polluées par des messages racistes, sexistes et/ou homophobes. C’est le cas de la rédaction de Vice, ainsi que l’a révélé L’Express, et de celle du Huffington Post.

      La déclinaison française du célèbre site américain, filiale du groupe Le Monde, a procédé en fin d’année dernière à trois licenciements et à de nombreuses mesures disciplinaires. En cause, selon des documents et des témoignages recueillis par Mediapart et déjà évoqués par CheckNews, une boucle Slack alimentée par la quasi-totalité des hommes de la rédaction, sur laquelle plusieurs d’entre eux ont publié des injures, des remarques sexistes, homophobes et racistes, et des informations personnelles sur certaines de leurs collègues.

      Une boucle Slack ou chan (une « chaîne ») est une messagerie interne qui peut se décliner en un nombre infini de groupes et de sous-groupes. En principe, ces boucles de messages servent à l’organisation du travail. Mais elles sont aussi utilisées à des fins récréatives, avec des groupes affinitaires (centres d’intérêt en commun, amitiés, etc.), aboutissant à un mélange entre les rapports professionnels et personnels et à un brouillage des frontières qui a mis le “HuffPost” dans une situation périlleuse.

      Plusieurs journalistes femmes ont en effet découvert au cours de l’été dernier que la « RBF », dont toutes connaissaient l’existence de longue date, avait violemment dérapé. La « RBF » (pour « Radio bière foot », en hommage aux Robins des Bois) a été créée il y a plusieurs années pour parler foot, s’envoyer des vidéos de but ou organiser des apéros devant des matchs.

      Mais la « RBF » a grossi au fil du temps, jusqu’à compter la quasi-totalité des hommes de la rédaction – à l’exception des principaux chefs, le directeur de la rédaction Paul Ackermann et le rédacteur en chef de l’époque Alexandre Phalippou, d’un chef de service perçu comme « vieille école », Geoffroy Clavel, et de deux rédacteurs identifiés comme homosexuels (et donc perçus comme peu sensibles au virilisme hétérosexuel).

      Selon les messages capturés au hasard par plusieurs personnes de la rédaction du HuffPost il y a quelques mois, les membres les plus actifs de la « RBF » lancent une conversation en disant : « je suis dispo pour bitcher sur quelqu’un si vous voulez » ; évoquent les motifs d’absence de leurs collègues femmes qu’ils encadrent parfois en tant que chefs de service ; parlent de collègues en utilisant les termes « bitch » (salope), « tasspé » (pétasse) et « putes », un mot qui vire parfois à l’obsession :

      capture-huff-02

      Cette conversation aboutira à la diffusion d’un émoji du Nord-Coréen Kim Jong-un avec du maquillage. Il vise l’une des journalistes métisses asiatiques, aujourd’hui partie du HuffPost. Dans un message raciste, la joueuse de tennis Serena Williams est traitée de « vigile trav » dont l’odeur doit « fouetter ».

      capture-d-e-cran-2019-02-12-a-13-24-56

      Les discussions sexualisées sont fréquentes. Exemples :

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      capture-huff-03

      « T’as 5 minutes pour une sodomie accidentelle ? », lance un chef de service dans une conversation portant sur un pot organisé par des stagiaires. Les remarques homophobes polluent le fil, notamment sur les lesbiennes – deux femmes journalistes sont surnommées « bouche à fesses » dans un message ; un gif porno de deux filles était parfois utilisé, se souvient un journaliste.

      Quand elles découvrent les messages, les femmes de la rédaction sont sous le choc. « Je crois que j’aurais préféré être insultée de “pute”, de “pupute”, de “casse-couilles”, de “pétasse”, de “bitch” en vrai, dans les yeux, plutôt que d’avoir des sourires hypocrites et d’être humiliée quotidiennement dans mon dos, dans le même open space que moi », explique l’une d’elles, sous le couvert de l’anonymat.

      Elle ajoute : « Je ne souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi, de vivre cela. » Et : « On n’aime pas les “faibles”, c’est bien connu. Certains ont senti une “fragilité” chez moi, qui a ensuite été détournée à mon encontre pour m’enfoncer, me décrédibiliser. »

      Même plusieurs mois plus tard, toutes les personnes que nous avons interrogées, hormis la direction, ont requis l’anonymat. La peur, disent-elles, d’être jugées, critiquées, y compris en interne.

      Encore aujourd’hui, « c’est un peu dur à la rédaction », dit une autre journaliste. « C’est un enfer », dit une troisième. Ces derniers mois, plusieurs d’entre elles ont été en arrêt maladie ; d’autres, même parties, sont encore traumatisées. D’autant plus que la trentaine de journalistes se voyaient (globalement et à grands traits) comme progressistes, voire féministes, antiracistes, « ouverts », selon une expression entendue à plusieurs reprises.

      « Pour moi, on était une rédaction progressiste, confie le directeur de la rédaction Paul Ackermann. J’en ai eu le souffle coupé [en découvrant les messages – ndlr]. J’étais éberlué, et choqué sur le fond. »

      Avant que les femmes de la rédaction ne s’adressent à lui, Ackermann affirme n’avoir rien soupçonné. « Il y avait des rumeurs sur des slacks où les gens disaient du mal des autres… Mais à dire vrai, je croyais qu’ils ciblaient surtout les chefs… »

      La direction a tout découvert le 16 octobre 2018 quand, après plusieurs semaines, un collectif de femmes journalistes a décidé de s’ouvrir à elle. « Elles croyaient qu’on ne réagirait pas, raconte encore Ackermann. Ça aussi, ça a été un choc. D’autant qu’on voyait bien qu’elles avaient souffert gravement. »

      Aussitôt, la direction prend des mesures aussi sévères qu’exceptionnelles. Le président du directoire du groupe Le Monde, Louis Dreyfus, écrit dès le 17 octobre aux équipes du Huff’ : « De tels propos, dont la qualification pourrait confirmer qu’ils sont contraires à la loi, sont en tout état de cause contraires à l’ensemble des valeurs que nous portons et ne seront ni admis ni même tolérés. Je vous rappelle par ailleurs que depuis cet été, la loi condamne fermement les comportements ou propos sexistes, racistes, homophobes et plus largement discriminatoires. »

      Il y annonce l’ouverture d’une enquête interne. Et ajoute : « Sans attendre ou préjuger d’éventuelles sanctions, il est important collectivement que chacun prenne la mesure des faits et s’applique à modifier immédiatement son comportement. »

      Le 3 décembre, Dreyfus s’adresse de nouveau à l’équipe : il a décidé de licencier trois journalistes particulièrement actifs sur la « RBF », dont deux chefs de service. Un quatrième a été suspendu pendant une semaine et tous les autres seront avertis formellement. Dernier point, le président du directoire annonce qu’il a demandé au cabinet de conseil spécialisé Egae « d’accompagner l’équipe dans les prochaines semaines ».

      Jamais des sanctions aussi lourdes n’avaient été prononcées dans le groupe, explique Louis Dreyfus. « Les faits sont graves. Ils le sont d’autant plus par le nombre de salariés sur cette boucle », indique le patron du groupe à Mediapart.
      « Les effets sont désastreux pour les salariées »

      Depuis, le groupe Egae, dirigé par Caroline De Haas, a entendu les femmes et les hommes de la rédaction et prépare une présentation aux salarié.e.s de ses conclusions d’ici à dix jours. « Reconstruire la confiance est très difficile », explique Paul Ackermann, qui jure vouloir faire de sa rédaction une « safe place » (une place sûre) pour les femmes.

      Le travail sera lent et difficile. Ces messages sur les “chans” sont des « violences », explique Caroline De Haas. « Les effets sont désastreux pour les salariées, à la fois en termes de santé physique et mentale, de conditions de travail, de confiance en soi et de carrière, indique-t-elle. Il faut rappeler que les propos à connotation sexiste et/ou sexuelle répétés peuvent pousser des personnes très loin dans la dépréciation de soi, y compris dans la dépression. »

      Les hommes aussi, du moins ceux qui mesurent la gravité des faits, semblent parfois hébétés. « Encore aujourd’hui, je ne comprends pas comment j’ai pu ne pas réagir à certains propos », souligne un journaliste, sous le couvert de l’anonymat. Il évoque « sans doute un effet de groupe », « intimidant », conduisant au silence. Et puis, dit-il, « les personnes qui étaient sur la RBF étaient aussi des personnes valorisées par la hiérarchie dans leur travail », explique ce trentenaire.

      « C’est assez insidieux comme phénomène, dit un de ses collègues, lui aussi en plein exercice d’introspection. On était une petite boîte qui a grandi très vite. L’ambiance était familiale, puis des tensions sont apparues petit à petit. Et des groupes se sont créés. » Une description très classique pour les TPE en forte croissance.

      « Chez nous, dit encore ce journaliste, la polarisation au sein de la rédaction s’est focalisée sur le genre, sans même qu’on le comprenne… Comme dans un boy’s club [un club de garçons — ndlr]. »

      Au HuffPost, les femmes aussi avaient créé leur boucle – « Geneviève » – mais, selon de nombreux témoignages, elles s’échangeaient surtout des articles sur les thématiques féministes et se demandaient des tampons…

      « Le boy’s club désigne pour moi simplement la socialisation masculine, du vestiaire à la salle à café, des comités de direction aux pages privées Facebook où l’on construit et entretient sa masculinité sur le dos des minorités », explique sur son blog la militante féministe Valérie Rey-Robert, qui publie Une culture du viol à la française, du “troussage de domestique” à la “liberté d’importuner” (Libertalia, 2019).

      En face, les femmes de la rédaction n’ont pas non plus toujours perçu le sexisme qu’elles disent avoir subi. Ce sont aussi les révélations de ces derniers mois qui leur ont ouvert les yeux ou qui leur ont permis de verbaliser un malaise diffus que plusieurs d’entre elles ressentaient parfois, selon les nombreux témoignages recueillis.

      « Je me disais que c’était peut-être moi qui découvrais que le monde professionnel était sexiste », explique une journaliste, partie depuis. Et puis, ajoute-t-elle, « il y avait une ambiance de cour de récré, on ne savait pas si c’était du sexisme ou du copinage… En fait, les deux se croisaient ».

      « Jamais je n’aurais imaginé ces messages sur la RBF, dit une de ses anciennes collègues, toujours au HuffPost. Sur le coup, j’étais hyper choquée. Et en même temps, je me suis dit : “Je comprends mieux.” »

      En cause, des soirées de la rédaction où filles et garçons ne se mélangent plus du tout – notamment depuis la soirée de Noël d’il y a un an –, des non-dits, l’impression que les sujets les plus « sérieux » étaient plus facilement confiés à des hommes qu’à des femmes, de jeunes femmes qui ont refusé des CDI malgré la précarité régnant dans la profession…

      Plusieurs journalistes se plaignent aussi de « blagues sexistes » au vu et au su de tout le monde. En cause, notamment, l’ancien rédacteur en chef Alexandre Phalippou, parti depuis à L’Obs (également propriété du groupe Le Monde). Mais c’était un « sexisme insidieux », dit une autre ex du site. « On se disait qu’on n’arriverait jamais à le prouver. Finalement, le machisme à la papa, on est mieux armées pour le contrer. Là, c’était limite. »

      Selon plusieurs sources, l’ancien numéro 2 du site, qui n’était pas dans la « RBF » et dont le départ n’a rien à voir avec cette boucle, aurait ainsi multiplié les blagues à connotation plus ou moins sexiste, ou sexuelle. Selon plusieurs journalistes, « il a donné, même inconsciemment, le signal aux autres », une sorte de « permission », il a « installé un climat ».

      Contacté par Mediapart, le journaliste raconte qu’il a tout découvert en même temps que le reste de la direction. « Un miroir s’est brisé. Ça a été un choc, même s’il est sans commune mesure avec ce qu’ont pu ressentir les victimes », dit-il, alors qu’il faisait partie de l’équipe du départ du HuffPost, leur « bébé ». « Voir que ça pouvait arriver chez nous, ça a été un cataclysme. Depuis, je refais le film de ces derniers mois, de ces dernières années… Si on avait su que des choses étaient mal vécues, on y aurait mis fin immédiatement. »

      Lui aussi rappelle l’atmosphère au sein d’une rédaction passée de « 7 à 35 journalistes en quelques années ». Interrogé sur les blagues jugées sexistes : « On se disait entre nous la même chose qu’au bistro, entre potes. D’ailleurs c’était le cas : on travaillait énormément, on buvait des coups après. On n’a pas vu qu’on devenait une vraie entreprise… »

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      L’ancien rédacteur en chef peut d’ailleurs compter sur le soutien de sa hiérarchie. « Je n’ai jamais entendu dans la rédaction autre chose que des blagues comme chez Canteloup le matin [sur Europe 1 – ndlr], estime Paul Ackermann. Cela n’a rien à voir avec le fait d’insulter des gens qu’on connaît et avec qui on travaille au quotidien. »

      Cibler l’ex-numéro 2, « c’est trop simple », juge aussi Louis Dreyfus, le président du directoire du Monde. « Il ne figurait pas dans cette boucle Slack et ne peut être associé à cette affaire qu’il a découverte avec la direction de la rédaction du HuffPost quelques jours avant son départ. »

      Au sein du groupe, notamment à la demande des élus du personnel, une série de formations des cadres, consacrées à la prévention des violences sexuelles et sexistes, a été mise en place il y a plus d’un an. Une première au sein du groupe Le Monde, explique Sylvia Zappi, déléguée syndicale CFDT.


  • UN PODCAST A SOI

    Féminismes, #genre, #égalité : tous les premiers mercredis du mois, Un podcast à soi mêle documentaires et entretiens, récits intimes et paroles d’expert.e.s, textes inspirants et réflexions personnelles, pour évoquer les questions de société liées à l’égalité entre les #femmes et les #hommes. Travail, éducation, santé, écologie, sport, parentalités, sexualités, violences, discriminations...Charlotte Bienaimé invite à la réflexion sur un enjeu de société majeur.


    https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi
    #podcast #audio #féminisme #arte_radio


  • Juan Branco, le radical chic qui veut la peau de la Macronie - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/politique/juan-branco-le-radical-chic-qui-veut-la-peau-de-la-macronie_2061348.html


    Comme j’avais vu que certain⋅e⋅s ont des réserves ici sur le personnage, j’ai parcouru cette bio qui est effectivement… déroutante.

    Avant de rencontrer le phénomène Branco, on s’était penché sur ses hauts faits d’armes : il aurait été vu participant à une course de chevaux dans le désert à l’invitation du cheikh d’Abou Dhabi ; passant la main dans le dos d’un Julian Assange reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres ; jouant les photographes pour un tabloïd de New Delhi ; enfilant un gilet pare-balles pour se perdre dans la brousse centrafricaine en pleine crise humanitaire. Tout ça avant l’âge de 30 ans.


  • Qui sont les privilégiés en France ?
    https://www.inegalites.fr/privilegies-en-France

    Des privilégiés sont aux commandes. Pas seulement aux plus hauts postes de l’exécutif. Des entreprises aux collectivités locales, en passant par les associations, une bourgeoisie économique (plutôt de droite) mais aussi culturelle (plutôt de gauche) dispose du pouvoir, vit dans l’entre-soi, et n’a aucun intérêt au « changement » qu’elle met en avant comme un slogan en permanence, mais pour les autres... Elle pointe du doigt les ultra-riches, mais elle oublie les quartiers populaires et méprise les couches moyennes pavillonnaires dont l’idéal est écologiquement incorrect [10], qui roule en diesel, fume, fait ses courses dans des « hypermarchés » et regarde la télévision. Elle déteste ces « gilets jaunes » qui se sont emparés des ronds-points. Parce que, au fond, elle a besoin de ces catégories comme serviteurs flexibles à son service [11].

    • Aveuglement de la gauche

      « Le changement, c’est maintenant » ? La gauche a accédé au pouvoir en 2012 en faisant campagne sur la réduction des inégalités sociales. Forte de tous les pouvoirs, à tous les échelons territoriaux, elle a vite remisé sa promesse. La réforme fiscale n’a pas eu lieu et la « refondation » de l’école a accouché d’une souris… La grande affaire du précédent quinquennat aura été le « mariage pour tous ». La majorité « En Marche » promettait de libérer les forces vives de la Nation tout en protégeant les plus faibles : elle a d’abord répondu aux pressions des plus riches, ne laissant que des miettes pour les plus modestes, avant de finalement céder un peu plus sous celle de la rue et les violences. Au fond, elle n’a que faire des inégalités sociales.

      Est-il bien raisonnable d’affirmer ce genre de chose ?


  • 71% des terres agricoles européennes servent à nourrir le bétail - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/71-des-terres-agricoles-europeennes-servent-a-nourrir-le-be

    71% des terres agricoles européennes sont dédiées à l’alimentation animale, selon un rapport publié ce 12 février par Greenpeace à partir de données d’Eurostat et de la Commission européenne.

    L’élevage poursuit son essor en Europe et se concentre dans des exploitations toujours plus grandes[1]. L’Union européenne (UE) a en effet perdu 32% de ses fermes d’élevage entre 2005 et 2013 tandis que les plus grandes exploitations ont accueilli 10 millions de bêtes supplémentaires. Au total, la production de viande s’est accrue de 12,7% entre 2000 et 2017 pour atteindre 47,2 millions de tonnes (volaille et porc surtout).

    #élevage #agriculture #terre_agricole

    • Comment faisait on pour ne pas épuiser les terres agricoles ?

      Cultiver la même plante au même endroit, exemple le blé, épuise la terre.

      Entre Xe, XIe et XIIe siècles se développe donc l’assolement triennal, qui permettra à la population française de dépasser les 10 millions d’habitants au XIII siècle.
      La première année, céréale d’hiver, le blé.
      La seconde année céréale de printemps (orge, avoine) ou de légumineuse.
      La troisième année, jachère, de l’herbe, les animaux pâturent et enrichissent naturellement la terre.

      Le pâturage des animaux est donc indispensable.

      Relire Marc Bloch, Les Caractères originaux de l’histoire rurale française, Emmanuel Le Roy Ladurie et d’autres.


  • #MeToo : les médias mis en cause | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/metoo-les-medias-mis-en-cause?onglet=full

    Les médias sont pourtant, sans surprise, à l’image de la société : les violences sexistes et sexuelles sont structurelles, et touchent tous les milieux et tous les domaines de la société. Le milieu journalistique est par ailleurs considéré comme « à risque » : c’est un métier qui a longtemps été largement dominé par les hommes, nourri par les mythes très masculins, voire totalement virilistes, du grand reporter ou de l’enquêteur, et dont les rapports, parfois violents, sont jugés propices aux violences.

    « Le niveau de violence est très impressionnant dans les médias », explique ainsi Caroline De Haas, qui intervient régulièrement avec sa société de conseil Egae dans plusieurs groupes de médias pour des formations sur les violences sexuelles et sexistes (dont Mediapart – voir notre Boîte noire). Ce type de formations s’est d’ailleurs multiplié ces dernières années, y compris dans de très grandes entreprises comme France Télévisions ou le groupe Le Monde.
    La formation au cœur des débats

    Derrière les journaux et leur fonctionnement managérial, se pose aussi la question de la formation dans les écoles de journalisme. Mardi, les étudiants de l’École de journalisme de Lille (ESJ) ont mis eux-mêmes sur la table les événements de la semaine touchant des médias – la Ligue du Lol, le Huffington Post, Vice. Au point que l’école a transformé le cours d’actualité en réunion « pour ouvrir la parole, expliquer la nécessité de la lutte contre le harcèlement et les discriminations et répondre aux questions des étudiants », explique Pierre Savary, le directeur de l’ESJ.

    Les questions des futurs journalistes ont porté sur la Ligue du Lol (dont certains des membres sont issus de l’ESJ), mais aussi sur le témoignage de l’ancienne directrice du Bondy Blog, Nassira El Moaddem. La journaliste accuse sur Twitter trois anciens de sa promotion de l’ESJ, dont deux journalistes médiatiques, Hugo Clément (Konbini) et Martin Weill (TMC), de s’être fait passer pour un recruteur de Radio France au téléphone, à la fin de leurs études, en 2012.

    Contactée par Mediapart, Nassira El Moaddem parle de « harcèlement », voit une « intention de nuire » derrière ces deux coups de fil, et évoque aussi « des rumeurs propagées contre elle » à l’époque. Elle pointe du doigt « un petit club de garçons branchés, bien vus de la direction, qui se croyaient un peu au-dessus de tout, et se permettaient un certain nombre de comportements. Il y a aussi une question de milieu social : les personnes ciblées n’appartiennent pas à leur milieu ». Lorsqu’elle avait témoigné publiquement, en 2017, une camarade de promo avait réagi sur Twitter.

    Les journalistes mis en cause en ont une tout autre version. « Je n’ai jamais harcelé qui que ce soit, explique Martin Weill, qui travaille notamment pour l’émission « Quotidien ». Utiliser cette histoire pour prétendre le contraire, c’est me faire passer pour ce que je ne suis pas. » Joint par Mediapart, Hugo Clément estime qu’il « n’y a rien de nouveau, ni de caché », CheckNews ayant déjà relayé le tweet de Nassira El Moaddem au moment du lancement de Konbini, en décembre 2017.

    Il affirme n’avoir « jamais harcelé personne, ni en 2012 lors de nos études à l’ESJ de Lille, ni depuis ». « Bonne ou mauvaise, une blague potache, non répétée, ne tombe pas sous le coup de la loi », poursuit le journaliste, qui se plaint de recevoir ces derniers jours des « messages injurieux, menaces de mort et d’attaques en meute sur les réseaux sociaux ».

    Sept ans après les faits, et à la lumière des événements de la semaine, l’épisode suscite en tout cas aujourd’hui une introspection générale, chez les anciens étudiants comme les directeurs de l’école. Plusieurs anciennes camarades de promo contactées par Mediapart reconnaissent ne pas avoir « pris la mesure de la gravité » de cet épisode à l’époque, n’avoir « pas cautionné » ces coups de fil, mais sans non plus les « condamner ». Elles y ont alors vu « une blague douteuse », mais pas de « harcèlement ». « Aujourd’hui, en ayant mûri et avec ce qu’on apprend cette semaine, je relis les choses avec une autre grille de lecture. Il y avait sans doute une forme de domination, de volonté d’asseoir son pouvoir. Et peut-être aurait-il fallu tout mettre à plat avec tous les étudiants et discuter, c’est souvent comme cela qu’on en sort par le haut », confie l’une d’elles.

    « Avec le recul de quelques années », Pierre Savary évoque un « coup de téléphone malveillant » visant une « étudiante non dénuée de caractère », de la part « d’un trio d’étudiants à forte personnalité, sur fond de “masculinité dominante” et de “grande inimitié entre eux” ». Dans un billet de blog, ce mardi, l’ancien directeur général de l’école, Marc Capelle, concède qu’il aurait dû employer le terme de « harcèlement », mais estime que la direction n’a en aucun cas ignoré « cette affaire », convoquant les étudiants, et leur demandant de s’excuser.

    #Ligue_LOL #Médias #Harcèlement

    • Quelques perles tout de même.
      "une « étudiante non dénuée de caractère »", ah, ça, les femmes, en général - normalement on dit "qui ont du caractère", la litote et la négation sont intéressantes- c’est un argument pour justifier un acharnement contre elles.
      Elle n’ont qu’à pas avoir du "caractère" et s’écraser mollement devant les mâles, qui, eux, ont le droit d’avoir du "caractère", d’être des chieurs patentés.
      "convoquant les étudiants, et leur demandant de s’excuser" mais pas devant lui, pas par écrit, sans vérifier. A l’évidence.
      Lui aussi se défile, donc.
      Quelle morale enseignée à l’ESJ Lille ? Hier, et aujourd’hui ?


  • Loi sur l’école : les débats se déportent un peu plus sur la droite | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/loi-sur-l-ecole-les-debats-se-deportent-un-peu-plus-sur-la-droite?onglet=f

    L’examen du projet de loi « pour une école de la confiance », porté par le ministre de l’éducation nationale, a débuté le 11 février. La tonalité conservatrice des débats sur l’uniforme, le drapeau ou la restriction de la liberté d’expression des enseignants est manifeste.

    Il existe une constante dans les débats sur l’école. Quel qu’en soit l’objet initial, des thématiques finissent toujours par s’imposer. L’uniforme, le drapeau ou l’hymne national surgissent souvent. Le projet de loi « pour une école de la confiance », dont l’examen en séance publique à l’Assemblée nationale a débuté le 11 février pour toute la semaine, n’y a pas dérogé.

    À l’origine, cette loi vise à abaisser l’âge obligatoire de l’instruction à trois ans, contre six à l’heure actuelle. Même si, comme l’ont souligné plusieurs observateurs, dans les faits seuls 27 000 enfants seront concernés à la rentrée prochaine, selon une étude du ministère, car 98,9 % de cette classe d’âge font déjà l’objet d’une instruction.

    De fait, cette obligation entraîne dans son sillage une conséquence concrète. Les communes vont devoir financer les maternelles privées sous contrat. L’opposition dénonce un cadeau fait au privé, puisque les collectivités vont devoir endosser un surcoût de 100 millions d’euros. Les syndicats parlent d’une somme plus proche des 150 millions d’euros.

    Pourtant, Jean-Michel Blanquer avait juré à Mediapart en septembre 2017 qu’il n’utiliserait pas l’arsenal législatif pour tout changer : « Je ne veux pas opérer de destruction. Je ne ferai pas de loi, je ne vais pas bouleverser les programmes, ni lancer de refondation. »

    Jean-Michel Blanquer. © Reuters Jean-Michel Blanquer. © Reuters
    Fourre-tout, cette loi – parfois technique – n’a aucune ligne directrice et ne semble servir qu’à mettre en musique les chevaux de bataille d’un ministre très sûr du bien-fondé de ses idées et qui souffre peu la contradiction. D’autres articles visent à réformer la formation des enseignants, à encadrer l’expression des enseignants ou à supprimer le Conseil national de l’évaluation scolaire pour le remplacer par un conseil d’évaluation de l’école chargé, comme son nom l’indique, d’évaluer les établissements scolaires. Le Cnesco perdurera sous la forme d’une chaire universitaire au sein du Conservatoire des arts et métiers (Cnam).

    Dans l’Hémicycle, le ministre a défendu l’esprit de sa loi. Et impossible de ne pas noter le glissement à droite du débat. Ce n’est pas la première fois que LREM partage des opinions avec l’opposition, LR notamment. Les lois asile et immigration, contre les manifestations et sur le renseignement ont déjà montré une porosité avec les idées du parti dont est issu le premier ministre. Et dénote d’un certain autoritarisme. La loi sur l’école ne fait pas exception, comme en témoignent les thématiques discutées en fin de soirée le 11 février et l’après-midi du 12.

    Onze amendements déposés par Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN) ont porté sur l’instauration d’un uniforme pour les élèves. La droite a tellement hâte d’imposer ses thématiques qu’en plein débat sur l’absentéisme scolaire, dans la soirée de lundi, Maxime Minot, des Républicains, commence par défendre son amendement sur l’uniforme avant de se rendre compte de sa bévue. Le même a déposé un autre amendement encore plus maximaliste. Il propose que le « chef d’établissement veille à ce que le corps enseignant porte une tenue conforme à l’autorité que doit inspirer un enseignant ».

    Jean-Michel Blanquer ne s’oppose pas, sur le principe, au fait que les élèves soient vêtus selon un code précis. Dans l’Hémicycle, un argument est récurrent. Instaurer un uniforme permettrait de gommer les inégalités et les différences sociales. D’autres, dont le ministre, citent l’outre-mer pour appuyer leurs propos. Une députée prend la parole pour s’agacer de cette idée reçue : « Ceux qui disent qu’en outre-mer on porte l’uniforme n’y ont jamais mis les pieds. » Sabine Rubin, de La France insoumise, peste contre le fait qu’on « parle chiffons » au lieu d’éducation.

    Sans succès. Le ministre de l’éducation nationale s’explique et puise dans son expérience de recteur en Guyane : « J’ai vu les bienfaits de l’uniforme. Je suis conscient de ça, je continue à l’encourager. Il serait peu adapté de vouloir l’imposer, mais il faut en ouvrir la possibilité. » Il a aussi rappelé qu’il préférait que chaque établissement décide au cas par cas. D’où le rejet des amendements.

    Dans la même veine, de longs échanges ont porté sur l’enseignement de la Marseillaise et l’affichage de ses paroles dans les salles de classe. Là encore, les oppositions ont été franches. La rapporteure Anne-Christine Lang a expliqué qu’il ne fallait pas l’imposer aux enseignants.

    Le ministre a expliqué que le débat autour de la Marseillaise et de son apprentissage était « important ». Et de déplorer que, dans tous les autres pays du monde, cela soit un sujet totalement consensuel, là où la France traîne encore les pieds. Et d’y aller de sa petite anecdote, où il explique que des élèves de 4e d’un collège REP +, donc défavorisé, à Montpellier ont discuté avec lui et, avant de prendre congé, lui ont chanté l’hymne national. Ce qui l’a ému, dit-il.

    Son récit n’a pas eu le même effet sur l’opposition de gauche. Un député s’agace d’une « confusion entre le dressage et l’éducation ».

    Michel Larive, de La France insoumise, est aussi virulent et fustige une inquiétante « dérive nationaliste ». Il explique que le lever de drapeau « doit rester dans les casernes ». « Un drapeau qui se lève, des uniformes, un hymne qui se chante, ça ne me dit rien qui vaille pour la démocratie. » Et la députée LR Annie Genevard de rétorquer qu’elle n’a pas « la nation honteuse ».

    L’amendement est rejeté ; mais à chaque fois, la majorité a du mal à s’opposer frontalement à ces propositions, qui insufflent une coloration réactionnaire à l’école.

    Elle y adhère parfois franchement. Lundi soir, aux alentours de 23 h 30, une discussion s’engage à l’initiative du député LR Éric Ciotti, connu pour ses obsessions vis-à-vis des questions identitaires. Un peu plus tôt, il avait félicité le ministre de l’éducation nationale sur ses prises de position contre l’absentéisme et la violence scolaire (« Nous approuvons souvent – pour ma part, en tout cas – le diagnostic que vous livrez et les paroles justes que vous prononcez, mais nous attendons des réponses et des actes tout aussi justes et forts »).

    Celui-ci a proposé un amendement mettant en place l’obligation de la présence d’un drapeau tricolore et européen, ainsi que celle des paroles de l’hymne national dans les salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat.

    Jean-Michel Blanquer a considéré que l’amendement concernant « l’apprentissage effectif de l’hymne national » était « un progrès par rapport aux objectifs pédagogiques », ajoutant qu’il était à ses yeux « important de montrer que l’enseignement des éléments de l’éducation morale et civique (EMC) est présent ». Il a promis que la mesure serait très facilement mise en œuvre, « à des coûts tout à fait assumables par le ministère ».
    « Un débat sur l’identité plutôt que l’égalité »

    Les députés de gauche ont vu rouge. Car ils n’ont pas pu s’exprimer sur une mesure qui va à l’encontre de leur vision de l’école et des débats de société. La socialiste George Pau-Langevin a dénoncé une mesure « pour se faire plaisir ». L’Insoumis Michel Larive a jugé « suffisante » la présence des drapeaux au fronton des établissements, invoquant « le respect de la patrie sans aller vers le nationalisme ». Elsa Faucillon (PCF) a déploré que le débat se focalise « sur l’identité » plutôt que sur « l’égalité ». Au bout du compte, pour permettre à l’opposition de s’exprimer, il a été décidé que cet amendement bénéficierait d’une seconde délibération à la fin de l’examen du texte, vendredi 15 février.

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    Les « stylos rouges » portent la contestation enseignante Par Faïza Zerouala

    La défiance du corps enseignant s’est aussi cristallisée sur l’article 1 du projet de loi, avant même son examen en séance. Celui-ci rappelle le devoir « d’exemplarité » des enseignants et le respect que doivent leur manifester en retour élèves et familles. « Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. »

    Une injonction législative qui fait tousser dans les rangs enseignants, à l’heure où ceux-ci choisissent l’expression numérique pour s’exprimer à travers les réseaux sociaux qui ont porté le mot-dièse #PasDeVagues, sur le silence de la hiérarchie face aux violences scolaires exercées par les élèves, ou le groupe des Stylos rouges qui dénoncent les conditions d’exercice de leur métier. D’autres s’inquiètent des moyens qui manquent. Las de le raconter, ils se démènent et organisent grèves ou nuits des lycées. Ils se battent aussi pour des hausses de salaire, l’arrêt des suppressions de poste et le retrait des réformes du baccalauréat, du lycée et de Parcoursup.

    Ce durcissement du devoir de réserve des enseignants ne passe pas. Certains s’inquiètent d’une mise au pas et d’une restriction de leur liberté d’expression. Même si le Conseil d’État a estimé, en décembre, que cette demande d’exemplarité n’avait « aucun effet de droit » dans un avis consultatif, Jean-Michel Blanquer n’a pas voulu retirer cet article ou le réécrire.

    Cette insistance interpelle d’autant plus qu’il existe déjà une loi d’avril 2016 relative à la déontologie des fonctionnaires, qui rappelle que ceux-ci sont tenus à une obligation de dignité, d’impartialité et de probité « dans l’exercice de leurs fonctions ». Sans compter que la loi du 13 juillet 1983 garantit la liberté d’opinion aux fonctionnaires.

    La députée communiste Elsa Faucillon y est allée franchement lors de son adresse au ministre de l’éducation nationale : « Vous êtes passé maître dans la communication orwellienne, tant les mots pour promouvoir la loi sont à la distance des faits. Vous parlez de justice sociale quand on trouve des pressions sur l’expression des professeurs. » Des enseignants ont écrit des tribunes de protestation (ici ou là).

    Les députés LREM n’y voient aucune restriction, au contraire, et s’engagent, comme Anne-Christine Lang, la rapporteure, dans une défense au raisonnement difficilement compréhensible : « Je comprends naturellement l’attachement des enseignants à leur liberté d’expression, et je la partage. Mais... quand le ministre s’engage, devant les députés, à ce qu’il ne serve pas à sanctionner les personnels, quand nous-mêmes votons en commission un amendement visant à préciser qu’il n’instaure aucune obligation nouvelle, pourquoi persévérer dans cette défiance ? » Si cet amendement n’engage aucun changement, pourquoi le maintenir ?

    Une autre députée LREM, Danielle Brulebois, enchaîne : « Les enseignants devraient se montrer exemplaires dans le respect des institutions de la République. Ce qu’on lit sur les réseaux sociaux montre que l’article 1 est nécessaire », même si cet article n’a aucun pouvoir coercitif, à les entendre. La socialiste Sylvie Tolmont s’étonne de cette « étrange application de votre promesse d’entendre le malaise que la profession exprime sur les réseaux sociaux ! ».

    Michel Larive, de La France insoumise, explique encore que cet article risque d’encourager la censure et de servir à prononcer des sanctions disciplinaires à l’encontre des enseignants qui s’expriment, comme le font les Stylos rouges notamment. « C’est une notion suffisamment floue pour servir je ne sais quelle dérive autoritaire. »

    L’exemple de Sophie Carrouge, professeure au lycée Le Castel à Dijon (Côte-d’Or) qui a été convoquée par son rectorat, le 20 décembre, est dans toutes les têtes. Elle avait publié, une semaine plus tôt, une tribune sur le site dijoncter.info. La professeure de lettres y ironisait sur la forme du discours présidentiel.

    Mais peu importe, Jean-Michel Blanquer ne transige pas. « Nous nous sommes autorisé un article de principe... Si on me dit que les professeurs doivent être exemplaires, je suis fier d’être professeur. »

    Le seul amendement adopté réécrit à la marge est le texte de l’article 1 – adopté à 52 voix contre 14 avec 18 abstentions – en y ajoutant l’adjectif « mutuel » à « respect ».

    Jean-Michel Blanquer ne s’en est jamais caché, il cultive une vision « traditionnelle » de l’école. Dans son propos liminaire, lors de la discussion générale, le ministre s’est lancé dans une envolée lyrique : « Avec ce projet de loi, je ne vous propose pas de larguer les amarres et de rompre avec cette tradition. Je ne vous propose ni de refonder ni de reconstruire. Je vous propose une nouvelle étape de cette épopée glorieuse, comme un arbre sait relancer un puissant rameau de son vénérable et robuste tronc. » Promesse tenue.