• 350 ressources culturelles et scientifiques francophones en vidéo - Ministère de la Culture
    http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Ressources/Ressources-pedagogiques-et-sensibilisation/350-ressources-culturelles-et-scientifiques-francophones-en-video

    Le présent document recense quelques 350 chaînes YouTube culturelles et scientifiques francophones potentiellement adaptées à un usage éducatif, sélectionnées pour la qualité de leur contenu. Les chaînes sont rangées ici par disciplines traditionnellement enseignées à l’école en France : littérature, langue, histoire, géographie, éducation civique, philosophie, économie, mathématiques, physique-chimie, biologie, technologie, arts, sport et, pour ne pas laisser de côté les atypiques, culture générale.

    http://www.culture.gouv.fr/content/download/200291/2129558/version/2/file/350%20chaines%20Youtube.pdf

    Ça peut servir.

    #vulgarisation #culture #enseignement


    • Avons profité du temps de merde de dimanche pour aller au cinéma voir, sur recommandation express de @philippe_de_jonckheere, le #film L’Île aux chiens (2018).

      J’approuve des quatre pattes : c’est assez excellent.

      Je ne sais jamais trop comment expliquer Wes Anderson aux gens qui ne connaissent pas. Généralement je dis que c’est des comédies sans gags. C’est-à-dire que je me bidonne pendant 1h30, et à la fin je suis bien incapable de réellement te raconter une anecdote poilante.

      Il faut peut-être préciser que les enfants sont nettement déroutés par ce genre de film. Les miens sont petits (6 ans et 9 ans), alors les débuts ont été un peu difficiles. Dans la salle, d’ailleurs, un dimanche après-midi, uniquement des familles accompagnant de jeunes enfants. Au bout d’un quart d’heure, ma grande m’a confié qu’elle n’aimait pas ce film, c’est trop triste et les gens sont trop cruels. À la fin de la séance, la famille du fond de la salle (quelle drôle d’habitude que de s’installer au dernier rang d’un cinéma tout de même) tentait désespérément de consoler une toute petite fille (4 ou 5 ans à vue de nez) en pleurs.

      Malgré ça, à la fin du film, les miens étaient réjouis et s’étaient beaucoup amusés. Et surtout : il leur reste plein d’images dans la tête.

      La grande aimerait savoir pourquoi je passais mon temps à rigoler, mais voilà, je n’arrive pas à lui raconter une anecdote poilante en particulier…

    • @arno De tête, deux semaines plus tard.
      – les deux haikus, celui du début et celui de la fin, sont en soi des gags immenses.
      – les bagarres dans un nuage de poussière façonbandes dessinées.
      – l’inventaire du nouveau colis pour savoir si cela vaut la peine de se battre et de s’étriper, puis « OK ça vaut le coup ! »
      – les deux lettres de scrabble Y et O dans les nattes de la scientifique
      – l’araignée de mer qui tente de se faire la malle avant qu’on lui ouvre la carapace pour prélever ses chairs pour la confection des sushis
      – la confection des sushis en soi (la tentacule qui bouge encore et qu’on attendrit au gourdin)
      – le poison dont on prélève un centième de décigramme et dont on apprend que cette dose était suffisante pour tuer dix baleines (et ensuite les containers et les containers de ce wasabi poison)
      – quand Nutmeg dit à Chief qu’il faudra qu’il imagine les quilles enflammées et lui les imagine très bien
      – l’opération de transplantation du rein et le rein qui tombe pile poil dans le haricot
      – le personnage du hacker qui code à toute allure
      – le trucage volontairement grossier de la décapitation lors du spectacle No
      – « On s’est trompé de chien mort »
      – L’oracle qui annonce de la neige pour demain
      ...
      Allez quoi, fais un effort.


  • Projet Wasabi : rendre la musique accessible à tous | Michel Buffa - Cabaret de la Science - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=-iExdePDsPA

    Michel Buffa, chercheur à l’Inria, sort sa guitare pour mettre le feu au Cabaret de la Science ! Avec le projet Wasabi, il compte améliorer les bases de données musicales sur le web et rendre la musique encore plus facile à trouver, mais aussi à jouer ! Le site du projet : http://wasabihome.i3s.unice.fr

    https://www.ircam.fr/projects/detail/wasabi
    http://www.agence-nationale-recherche.fr/Projet-ANR-16-CE23-0017

    #recherche #WebAudio #midi #semantique et aussi #intelligence_artificielle

    cc @booz


  • En Charente, un village fait le pari d’une gestion collective des terres
    https://reporterre.net/ALT-En-Charente-un-village-fait-le-pari-d-une-gestion-collective-des-ter

    « Le rôle de la Scic est de stocker les terres. Elle loue les prairies des agriculteurs partis à la retraite et s’en occupe, en attendant qu’un jeune vienne s’installer, explique l’élu. On empêche ainsi la spéculation. Ces systèmes se créent quand il y a du vide. En étant organisés et en installant les jeunes, ils ne viendront pas, puisqu’il n’y a pas de vide. »

    #agriculture #ruralité #intelligence_collective


    • Globalement l’analyse se base sur des faits corrélés : augmentation de la population et pénuries des ressources. Par contre, j’en viens à me demander si ce genre de discours n’entretient pas la confusion entre les causes et les effets. Par exemple, dans les pays du Moyen-Orient ou au Maghreb, les conflits politiques et géopolitiques découleraient d’une pénurie en eau.
      Ne pourrait-on pas émettre l’hypothèse que, dans une sorte de boucle de rétro-action, une pénurie générant des tensions, lesquelles sont largement instrumentalisées par les puissances étatiques, les conflits qui en découlent généreraient des pénuries ?

      Dépression climatique ou « climat » déprimant ?

    • L’essentiel vient de l’augmentation de la population.

      On peut ne pas être totalement d’accord. Et ça rejoint la discussion sur Aurélien <del>Berlan</del> Barrau et le fait que tous les humains, tous les modes de vie n’ont pas la même nuisance. Après dire que le capitalisme a tout grignoté le monde entier et qu’il n’existe presque plus d’autres manières de vivre, c’est une chose… sauf qu’aucun des deux n’abordent ça, c’est toujours « tous les humains ».

    • C’est Jacques Blamont là qui tient le double discours (augmentation population + augmentation consommations = première cause), et évidemment les deux ensemble c’est très problématique. Ça me semble aussi hypothétique que la population augmente indéfiniment alors même que les récoltes, accès à l’eau potable va se réduire en même temps…

      Cela dit, je ne vois pas ce que ça apporte de dire qu’il existe des civilisations / manières de vivres plus pérennes. Oui évidemment. Cependant ielles ne dirigent pas l’ordre du monde ; et ce n’est pas la trajectoire prise majoritairement (encore moins par celleux qui font le plus de nuisance).

      Ça risque bien de continuer comme ça jusqu’à ce que la machinerie se casse vraiment la gueule…

    • Ça apporte énormément de chose, car ça n’a rien à voir de dire « c’est la faute des humains » en général (anthropocène), et « c’est la faute du mode de vie capitaliste » (capitalocène). Nommer de cette manière d’où vienne les problèmes, ça n’implique pas les mêmes solutions ou résignations ensuite chez les gens. Donc bah oui, clairement c’est important de contrer cette manière de décrire les problèmes.

    • Le début oui, mais la deuxième partie de ta phrase pas vraiment : il dit qu’il est athée, et ce qu’il pense (on peut ne pas être d’accord évidemment) c’est que pour lui, ya plus que les institutions religieuses (églises etc) qui ont la capacité en terme d’auditeurices et de force de persuasion, pour arriver à faire changer assez de monde de mentalité en peu de temps, pour ne plus être dans une mentalité de consommation. Mais il s’en fout de la religion, de la prière, des cathos, etc.

      Évidemment je ne suis pas d’accord, lui en gros il cherche juste à ce que les gens consomment mieux quoi, on reste dans le truc de « consom’acteurs » et c’est juste qu’il voudrait utiliser les religions pour ça. Si les rapports de production ne changent pas (qui produit quoi, sans marchandise, sortie de l’économie), je ne vois pas ce que ça peut changer.

    • C’est pas très important qu’il dise être athée, car ca me fait une belle jambe qu’il ne fassent pas de prières au petit jesus le soir dans sa chambre. J’aurais rien à dire si il était croyant et ne faisait pas la pub des institutions religieuses.

      En tout cas je ne suis pas d’accord avec lui et je pense que son discours est dangereux car au lieu de résoudre un peu le problème (je lui demande pas de solution universelle à toutes les crises mondiales) les rares trucs qu’il propose sont un désastre pour les femmes, les enfants, les homos, les pauvres... pour tout le monde sauf lui, le vieux mâle-alpha blanc.


  • Le #climat et le #GIEC : les avertissements ignorés ne servent plus à rien
    par Claude-Marie Vadrot | Politis

    Mais qui, journalistes et politiques, aura vraiment lu ce rapport ? Pas grand monde. Au point que le GIEC a cru bon de le faire précéder d’un « Résumé pour les politiques » de 6 pages que le public ne lira pas plus, en oubliant le travail détaillé qui est beaucoup plus alarmant...

    https://www.politis.fr/blogs/2018/10/le-climat-et-le-giec-les-avertissements-ignores-ne-servent-plus-a-rien-34324






  • Trajectories of the Earth System in the Anthropocene | PNAS
    http://www.pnas.org/content/115/33/8252

    This analysis implies that, even if the Paris Accord target of a 1.5 °C to 2.0 °C rise in temperature is met, we cannot exclude the risk that a cascade of feedbacks could push the Earth System irreversibly onto a “Hothouse Earth” pathway.


  • Un appel face à la fin du monde
    https://diacritik.com/2018/08/27/un-appel-face-a-la-fin-du-monde

    Les initiatives « locales » et la volonté citoyenne ne suffisent plus. Il est aujourd’hui vital que des décisions politiques drastiques – et contraignantes donc impopulaires – soient prises. Elles ne le seront que sous notre pression. Voilà le paradoxe avec lequel il faut jouer.

    • « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/03/le-plus-grand-defi-de-l-histoire-de-l-humanite-l-appel-de-200-personnalites-

      Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.

      Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.

      Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.

      Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.

      Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.

      Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.

      C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.

      De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

      Avec une petite interview…
      https://www.youtube.com/watch?v=mFC1yxiOtgg

      #tribune #climat #effondrement

      À force, ça va vraiment finir par être trop tard :/

    • « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète
      Le Monde, le 3 septembre 2018

      Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur ; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice


    • Euh, qui a besoin de cette vidéo ? Dans ma génération chacun réparait son vélo tout seul, récupération de pièces comprise. Aujourd’hui les gamins emmènent leurs byciclettes chez le réparateur et ne s’intéressent pas à son fonctionnement technique. Il faut que ca roule.

      Des milliers de vélos abandonnés trainent dans nos rues sans que personne ne s’y intéresse. Devant mon immeuble un vélo de course moderne en parfait état traine pendant des mois sans cadenas avant que dans une nuit un heureux preneur l’emporte.

      Depuis l’arrivé des vélos bon marchés chinois et la disparition des producteurs européens les véhicules asiatiques envahissent nos rues jusqu’à submerger les places des centre villes sous un tsunami de « bike sharing ».

      Nous assistons à l’émergence un nouveau type de cycliste de luxe qui lui risque de réparer son véhicule comme le font les amateurs de voitures de collections. Ce sont les mamans bobos avec leurs tricycles qui coutent dix fois le prix de ma dernière voiture. Il y a également les acheteurs de machines sportives parfois plus chères encore. Eux ils s’équipent d’outils spécialisés chers et s’installent de petits garages parfois collectives où ils bricolent avec leurs semblables.

      La vidéo a l’air de faire partie de ce monde. Il n’explique rien, n’a aucune utilité et répand un air de coolness essentielle, cette drogue pour la conscience en soi de ses clients potentiels.

      C’est tellement loin de l’époque quand un vélo était un objet indispensable de la vie de tous les jours, quand le petit ami de ma mère ouvrier et coureur cycliste amateur m’expliquait les détails du métier, la technologie du vélo et les conditions juridiques de son utilisation.

      Encore plus loin sont les temps des Ladri di biciclette qui dans le film de Vittorio de Sica causent la ruine d’un pauvre homme honnête.

      Peut-être nous verrons encore des villes où l’utilisation paisible de son vélo sera la manière préférée de déplacement pour tout le monde. A ce moment chacun aura appris à s’occuper de son engin. Plus besoin de vidéos explicatives parce en cas de besoin il y aura toujours un copain ou un petit garagiste vélo.

      #gentrification #urbanisme

    • @klaus On est d’accord, mais en revanche la réponse est dans ton commentaire : toute une génération qui ne sait pas faire ça.

      Je me suis rendu compte cet été que mes enfants ne savaient même pas régler une hauteur de potence (le cône à faire descendre...), à leur age ça craint (16 et 19). Bon ok, c’est en partie ma faute, sauf que de mon côté je ne crois pas que ce soient mes parents qui m’aient appris ça. Plutôt le truc appris entre copains.

      Donc non, c’est pas inutile. Allez, pour ma pénitence ce week-end je leur apprends à raccourcir une chaîne.

    • @ericw Tu a été trop rapide alors tu n’a pas encole lu mon texte complet. D’ailleurs si tu répare les vélos des enfants avec eux ils n’ont pas besoin d’une vidéo ;-)

    • Effectivement @klaus, comme ton message n’était que partiellement posté j’ai réagi sur un extrait non significatif. Maintenant je comprends mieux ton point de vue, et je te rejoins sur certains points. Après ça j’ai l’impression que tu minimise le nombre de gens qui s’occupent correctement de leur vélo. En revanche tu as raison de souligner la vague consumériste sur le cyclisme. J’ai presque envie de dire est-ce un mal ? Ça fait un grand magasin de pièces détachées à ciel ouvert !

    • Moi ça fait 10 ans que je maintiens le même vélo qui lui-même a bien 30 ans, et qui j’espère va tenir 30 ans de plus ! Un peugeot de la Poste, ancien modèle. Bon je fais pas tout tout seul, j’avoue que je le donne régulièrement à mon très bon garagiste du quartier.

      Ici il y a une super association qui s’appelle le Garage Moderne et qui, pour les adhérents, permet soit de faire réparer voitures et vélos par des pros, soit d’avoir accès à tout le matériel pour le faire soi-même et en demandant de l’aide. C’est là qu’il faudrait que j’aille, mais c’est beaucoup plus loin et j’ai pas trop le temps. Et justement quand mon vélo est pétée, je peux pas traverser la ville avec alors qu’il ne roule pas, donc logique d’aller au garagiste qui est à 10min.

      Enfin bon, là je viens de faire changer toute la partie arrière pour une roule hollandaise du genre incassable pendant 20 ans (y compris freins moyeu et vitesses), ça devrait tenir un bout de temps…

    • Dans le fief du mouvement alternativ il y a un des plus anciens magasins de vélos alternatifs de Berlin. Je les aime bien car ils sont sympas et on y trouve conseil quand on se fait rembarrer ailleurs.

      Fahrradladen Mehringhof - Über uns
      https://www.fahrradladen-mehringhof.de/ueber-uns.html

      Seit über 30 Jahren verkaufen wir Ihnen Fahrräder, Ersatzteile und Zubehör. Bisher ist uns der Spaß an der Sache und das Herzblut für das Produkt Fahrrad immer erhalten geblieben.. Angefangen 1979 als Kollektiv haben wir Jahr für Jahr beharrlich an unserer Vision von einem tollen Fahrradfachgeschäft im zweiten Hinterhof gearbeitet.

      Wir sind alle selbst Alltagsradfahrer und wissen, wovon wir sprechen. Wir bilden uns ständig weiter und selbstverständlich bilden wir auch aus. Natürlich reparieren wir auch alle Fahrräder in unserer Werkstatt.
      Qualität ist unsere Prämisse und wir vertreten aus unserer Erfahrung heraus den Standpunkt, daß es wesentlich teurer ist, wenn man zu billig kauft. Wir arbeiten daher ausschließlich mit Fahrradmarken zusammen, die für Qualität stehen und diese auch umsetzen können.
      Die Mehringhofmanufaktur

      Seit ca 25 Jahren konzipieren wir auch unsere eigenen Räder – früher aus der Not heraus, weil der Markt qualitativ nichts hergab, was wir gut fanden. Heute sind die Räder unserer Mehringhof Manufaktur bekannt und beliebt. Sie sind schlicht, haltbar und haben ein sehr gutes Preis/Leistungsverhältnis.

    • China’s bike-sharing bubble bursts and leaves giant graveyard of unwanted transportation / Boing Boing
      https://boingboing.net/2017/11/26/chinas-bike-sharing-bubble.html

      Untouched sharable bikes on China’s sidewalks are now being gathered in a massively grim pile of failed business endeavors.

      Thousands of the bikes were dumped in the Chinese city of Xiamen after the country’s third largest bicycle sharing company went bankrupt, according to The Guardian. Bluegogo, who claims to have had 20 million users at its peak, shut down its operations earlier this month due to a market apparently inundated with affordable shared bikes.

      The pile contains multiple-colored bikes from all three companies. These bike sharing systems still have a healthy environmental impact, but overeager venture capitalism left behind an unfortunate mountain of aluminum and polymer.

      A Berlin ...

      Mobike-Leihfahhrad-Anbieter startet durch: Noch mehr orangegraue Mieträder für Berlin | Berliner Zeitung
      https://www.berliner-zeitung.de/berlin/mobike-startet-durch-berlin-bekommt-noch-mehr-orangegraue-mietraede

      Aufgeben? Warum denn? Während Wettbewerber schwächeln und ihr Angebot zurückfahren, hält der Mietradanbieter Mobike eine weitere Expansion für möglich – auch in Berlin. „Wir sind sehr zufrieden mit unserem bisherigen Erfolg als größter Anbieter in Berlin“, teilte Mobike-Sprecherin Ines Balkow mit. „Bei Bedarf und in Zusammenarbeit mit unseren Partnerstädten werden wir weitere Fahrräder in Berlin und anderen Märkten einsetzen.“ Auch E-Bikes werden künftig angeboten.

      Zuletzt gab es vor allem schlechte Nachrichten aus der Branche. Fußgänger beschwerten sich, dass zu viele Mieträder auf Gehwegen stehen. Der chinesische Anbieter Ofo kündigte an, dass er sich mit seinen knallgelben Räder aus Berlin und damit aus Deutschland zurückziehen will. Obike teilte mit, dass er in Singapur Insolvenz angemeldet hat. Wie es hierzulande mit der silbergelben Zweiradflotte weitergeht, ist ungewiss. Fest steht eigentlich nur eins: Mit der Vermietung von Fahrrädern lässt sich nicht viel Geld verdienen.

      #chaos

    • Oui, c’est une vidéo sympa mais derrière, c’est encore un bouquin chiant de Terre vivante ! À Ivry, à la Cyclofficine, c’est vachement des gens comme moi qui font aussi du vélo par économie. J’ai choisi l’an dernier d’acheter un Gitane d’occase plutôt qu’un B-Twin made in China neuf au même prix et je suis un peu allée à l’atelier pour l’entretenir ou régler des problèmes. D’habitude, j’ai toujours des ami·es comme @sandburg qui m’aident mais des fois je vais dans les assos, pour le matos et les conseils. Un jour à Berlin, comme je ne connaissais vraiment personne je suis allée chez un vélociste de Wedding, ça m’a coûté un peu cher mais vu le prix du métro, c’était vite remboursé ! J’ai rencontré des gens à l’atelier qui détestent faire les courses, font plein de récup, du vélo bricolé... et ont des boulots normaux derrière. Je me demande ce qu’ils font de leurs sous et je suis partagée sur ces vies de pauvres qui ont du fric : d’un côté, c’est un modèle positif pour des gens moins fièr·es de leur sort. De l’autre, c’est peut-être assez excluant, parce qu’ils (et moi) ont un ethos de bourge qui a de quoi déplaire à des gens de classe popu. De même que je suis partagée sur le DIY et que je préfère l’idée qu’il y ait un vélociste dans chaque quartier plutôt qu’un atelier vélo hyper participatif dans chaque ville.

    • Mon père n’a jamais su réparer un vélo au-delà d’une crevaison, et il a 80 balais… Sur le discours de « les enfants savent plus rien faire » je peux vous raconter le contraire, je fait partie d’un atelier vélo de ville moyenne (800 adhérents / an, 90% vivant à moins d’un km de l’atelier), membre d’un réseau national de plus de 200 ateliers participatifs : https://www.heureux-cyclage.org/les-ateliers-en-france.html

      On apprend à réparer des vélos à des gens de tous les âges et tous les horizons, et il y a plusieurs collèges et lycées qui ont monté leur propre atelier vélo (on ne fournit que les outils et des formations si c’est demandé), animé par les élèves eux-même.

      De mon point de vue il n’y a jamais eu autant de monde curieux de savoir réparer son vélo et capable de le faire, et surtout beaucoup de jeunes :)


  • Remaniement. François de Rugy nommé à l’écologie et Roxana Maracineanu aux sports

    https://www.ouest-france.fr/politique/francois-de-rugy/remaniement-francois-de-rugy-nomme-l-ecologie-et-roxana-maracineanu-aux

    L’actuel président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, remplace le ministre démissionnaire de la Transition écologique et Solidaire, Nicolas Hulot, a-t-on appris ce mardi.

    Je ris, mais j’ai envie de pleurer


  • Thierry Salomon Energéticien, co-auteur Manifeste négaWatt 2015 Conviction : le monde du partage doit remplacer le partage du monde !
    @ThierrySalomon
    21:20 - 1 sept. 2018
    https://twitter.com/ThierrySalomon/status/1036030974797250561
    Regardez attentivement cette infographie : elle dévoile les futurs de l’histoire humaine. Elle montre, de façon vertigineuse, que par ses choix notre génération est en train d’engager notre avenir pour des milliers d’années. ... 13 tweets explicatifs :


    1- Cette infographie figure dans un article signé par 16 climatologues de 13 institutions ( http://www.pnas.org/content/115/33/8252 ) L’article est dense, en anglais mais essentiel. Reprenant une idée de Kees van der Leun (merci @Sustainable2050 !), j’ai tenté de le résumer dans ce thread.

    2- Ce graphique a 3 dimensions : le temps, la stabilité climatique et la température de notre planète. Lors des 1,2 million d’années du Quaternaire supérieur, celle-ci a « surfé » entre 2 versants, l’un plus froid, les temps de glaciation, et l’autre plus chaud, les temps de réchauffement.

    3- Mais avec l’augmentation des gaz à effet de serre (GES), la Terre a dépassé la crête du versant chaud, basculant alors dans une zone nouvelle, inconnue. L’homme est l’acteur majeur de ce basculement qui marque le passage de l’Holocène à l’Anthropocène.

    4- Aujourd’hui, avec l’augmentation de l’effet de serre la trajectoire de la Terre s’éloigne de plus en plus de la vallée à 2 versants chaud et froid de l’Holocène. Deux trajectoires sont alors possibles, et le sort de l’humanité en dépend.

    5- Une trajectoire poursuit la tendance actuelle. Les GES s’accumulent, la température moyenne augmente, les effets se font de plus en plus visibles. Mais la risque majeur est que survienne des processus de rétroactions positives au niveau planétaire ...

    6- ... dégel du permafrost avec émission massive de GES, acidification de l’océan, fonte de la banquise Arctique même en hiver, fonte des glaciers perturbant la thermocirculation des courants, etc.

    7 - Tous ces processus, au-delà d’un certain seuil planétaire (planetary threshold), peuvent devenir irréversibles, auto-amplifiés et potentiellement incontrôlables. La planète deviendrait alors une Terre-Serre (HotHouse Earth) invivable.

    8- Or de plus en plus de travaux indiquent que certains processus peuvent apparaître plus vite qu’on ne le pensait : dès +2°C ! L’objectif de l’Accord de Paris serait donc déjà trop risqué, alors même que nous sommes sur une trajectoire de 3 à 4°C .

    9- Le deuxième chemin est très différent. Si nous réagissons tout de suite très fortement, la Terre pourrait revenir à un point d’équilibre proche du sommet du versant chaud (Stabilized Earth)

    10 - Mais pour cela il faudrait que nous (= TOUTE l’humanité) prenions conscience de n’être plus des occupants prédateurs, ni de simples locataires de la Terre, ni même des gardiens passifs : il nous faut devenir les « intendants » (human stewardship role) de notre planète.

    11- Le « destin anthropocénique » de l’humanité devient alors clair : notre responsabilité - vitale ! - est d’agir en modifiant radicalement nos modes de vie ET notre gouvernance mondiale afin que la planète puisse revenir progressivement dans cette position d’équilibre ...

    12- Celle-ci sera moins confortable que la tiédeur moyenne de la vallée de l’Holocène, mais la Terre resterait au moins vivable. Et ne pas agir MAINTENANT c’est s’exposer à une irrattrapable sortie de route.

    Le défi est vertigineux et notre responsabilité immense : nous sommes la génération qui doit choisir le chemin que prendra notre planète pour des millénaires. Qui choisira de la maintenir vivable ou non pour ses occupants. Terre-Mère ... ou Terre-Serre ? (13 - Fin)
    #collapsologie


  • Burn-out climatique ou le blues de la rentrée
    https://abonnes.lemonde.fr/m-perso/article/2018/09/03/burn-out-climatique-ou-le-blues-de-la-rentree_5349365_4497916.html ?

    Exelent.

    Par Nicolas Santolaria

    Rentrer au bureau après une période de congés prolongés a toujours quelque chose de difficile. S’il est tout à fait naturel de regretter la plage et l’ambiance d’apéro perpétuel, force est de constater que, cette année, le blues postestival a profondément changé de nature.

    En effet, ce n’est pas tant la nostalgie d’un hédonisme de bord de mer qui nous chagrine (ça, on s’en remettra), que le sentiment d’avoir à embarquer de nouveau dans une machine folle qui fonce tout droit vers l’abîme. Et quand je parle de « machine folle », ce n’est pas pour qualifier la rédaction du Monde, mais la civilisation tout entière. En effet, il semble bien loin le temps où la principale info qu’on retenait de l’été, c’était les paroles de la Lambada. Désormais, les vacances sont marquées par la litanie des catastrophes écologiques qui se succèdent à un rythme aussi frénétique que les tournées de Ricard au camping des Flots Bleus.
    Constats alarmants

    Le 1er août, on apprenait par exemple que l’humanité avait déjà consommé plus de ressources (eau, arbres, poissons, etc.) que ce que la planète est susceptible de générer en une année. Je ne sais pas si les chipolatas sont intégrées aux calculs du Global Footprint Network qui publie cette estimation, mais ça met un coup au moral quand on a encore des projets de barbecue. Jadis synonyme d’insouciance, l’été est progressivement devenu tout l’inverse, une période d’angoisse où les problèmes climatiques se manifestent avec encore plus d’acuité.

    Vous avez beau vous être enivré à grand renfort de retsina, il ne vous aura pas échappé que la côte orientale d’Athènes s’est retrouvée ravagée par les incendies. Aux Etats-Unis, c’est l’ouest du pays qui a été dévasté par les flammes, attisées par une canicule record. En Pologne, plusieurs plages ont dû être fermées, la chaleur ayant entraîné le développement d’algues toxiques. Quant à moi, alors que je me baignais dans une piscine du nord de l’Espagne, j’ai pu constater que le thermomètre extérieur affichait 49 °C, sans vraiment réussir à y croire.
    Il nous faut forcer notre cerveau à considérer comme une priorité absolue le fait d’aller acheter des trombones chez Office Dépôt, quand l’incendie progresse dans les parties communes

    Face à cette multiplication des constats alarmants, difficile de retourner au travail l’esprit léger, et de se remettre à enquiller les réunions comme si de rien n’était. Depuis des décennies, le boulot repose en effet sur notre capacité à surinvestir des urgences artificielles en faisant semblant d’y croire (« On a absolument besoin du dossier pour demain matin, c’est une question de vie ou de mort ! »).

    Lire aussi : Les open spaces, si différents et si semblables

    Mais aujourd’hui, face à l’apparition d’une urgence globale bien réelle, cette mécanique psychique infantile ne fonctionne plus. Du point de vue de la rationalité, bosser est devenu tout simplement intenable. Pour éviter de sombrer dans un burn-out climatique, soudain anéanti par la réalité brûlante des enjeux, il nous faut biaiser notre propre échelle des urgences, et forcer notre cerveau à considérer comme une priorité absolue le fait d’aller acheter des trombones chez Office Dépôt, quand l’incendie progresse dans les parties communes. Si l’on y parvient, on réussira peut-être un jour à reformer l’orchestre du Titanic.

    #Climat #travail


  • Contaminations : « Les zones mortes, prélude d’une planète sans vie »

    https://www.lemonde.fr/contaminations/article/2018/09/01/contaminations-les-zones-mortes-prelude-d-une-planete-sans-vie_5348955_53475

    Les dégâts environnementaux infligés par l’homme sont irréversibles, alertent Gerald Markowitz et David Rosner, deux historiens des sciences américains, dans une tribune au « Monde ».

    Par Gerald Markowitz (historien des sciences) et David Rosner (historien des sciences)

    [Dans le cadre de notre opération « Contaminations », nous avons sollicité deux historiens des sciences, Gerald Markowitz (John Jay College of Criminal Justice) et David Rosner (université Columbia à New York) qui ont consacré toute leur carrière à l’étude des pollutions industrielles, notamment le plomb et les polychlorobiphényles. En janvier, les deux Américains ont mis en ligne des milliers de documents internes de firmes (« Toxic Docs ») qui dévoilent les stratégies des industriels pour dissimuler ces crimes environnementaux. Ils lancent une mise en garde sur les conséquences tragiques de notre usage de la planète.]

    La planète est un endroit remarquablement résilient. Au fil des siècles, l’homme en a détruit les forêts naturelles, brûlé les sols et pollué les eaux pour finalement constater que, dans l’ensemble, la planète s’en remettait. Longtemps, les villes se débarrassaient de leurs déchets dans les rivières, tandis que les premières usines construites le long de leurs rives disposaient de ces cours d’eau comme de leurs propres égouts ; autrefois sans vie, ces rivières peuvent retrouver une vie foisonnante pour peu qu’on leur en laisse le temps.

    Ceux d’entre nous qui ont atteint un certain âge et ont grandi à New York se souviennent sans doute des bancs de poissons morts qui venaient s’échouer sur les rives de notre fleuve Hudson, zone morte il y a peu encore, et aujourd’hui si belle. Les forêts, rasées pour laisser place à des champs, reviendront vite une fois l’homme parti. Il suffit de se promener dans les bois verdoyants de la Nouvelle-Angleterre et d’imaginer, comme le poète Robert Frost, être les premiers à s’émerveiller de leur beauté pour tomber aussitôt sur des ruines des murets de pierre qui clôturaient autrefois les pâturages.

    UNE NOUVELLE RÉALITÉ ÉBRANLE LES FONDEMENTS DE NOTRE DROIT DE POLLUER À VOLONTÉ EN CROYANT QUE LA NATURE FINIRA PAR TRIOMPHER

    C’est alors seulement que nous en prenons conscience : ces arbres sont encore jeunes, et, il n’y a pas si longtemps, l’homme dénudait ces terres pour y développer pâturages et cultures. Nous nous sommes consolés en pensant que l’on pouvait gommer les atteintes que nous infligeons à l’environnement et que la nature pouvait guérir, à condition de la laisser en paix et de mettre fin à nos comportements destructeurs.

    Mais une nouvelle réalité ébranle les fondements de notre droit de polluer à volonté en croyant que la nature finira par triompher. Et de plus en plus, cette réalité met au défi ce réconfort sur lequel nous nous étions reposés. Au cours du XXe siècle, nous avons non seulement modifié la surface de la Terre pour satisfaire notre dessein, mais nous l’avons fait de manière irréversible, au point qu’elle pourrait menacer notre existence même. Nous avons créé des environnements toxiques en faisant usage de technologies inédites et de matériaux de synthèse que la planète n’avait jamais connus.

    Au début du XXe siècle, des usines gigantesques employant des dizaines de milliers d’ouvriers ont remplacé la fabrication à domicile et les artisans qualifiés pour devenir les lieux de production de nos vêtements, de nos chaussures et d’une myriade d’objets de consommation. La quasi-totalité des objets de notre quotidien provient de ces usines, depuis les plaques de plâtre jusqu’aux revêtements de toit et de sol en passant par nos ordinateurs ou nos environnements de travail. Dans notre cadre de vie, il n’y a rien, ou presque, qui ne sorte pas d’une usine.

    Nous savons depuis longtemps que nombre de ces matériaux sont toxiques et peuvent détruire des vies. Si la nature peut se régénérer, certaines de ces substances toxiques tuent des travailleurs qui, eux, ne peuvent pas reprendre leurs vies : dans l’industrie, les ouvriers sont frappés depuis plus de deux siècles par ce fléau qu’est l’empoisonnement au plomb contenu dans les pigments des peintures ; on sait depuis le début du XXe siècle que le mercure tue les travailleurs ; et la poussière de charbon est identifiée comme cause de cancer du scrotum depuis l’époque de William Blake [artiste britannique de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle].

    AUJOURD’HUI NOUS SOMMES PEUT-ÊTRE CONFRONTÉS AU SACRIFICE DE L’ENSEMBLE DE LA POPULATION

    Mais les matériaux que nous fabriquons en usine n’ont plus rien à voir avec les produits naturels dont ils sont dérivés. Ils sont à l’origine de maladies nouvelles et de dangers auparavant inconnus. Ce sont les ouvriers qui, pour l’essentiel, ont payé le prix de la découverte de ces maladies : angiosarcome du foie causé par l’exposition au chlorure de vinyle monomère, élément constitutif des plastiques PVC ; mésothéliome causé par l’inhalation de poussière d’amiante ; leucémies causées par l’exposition au benzène et à d’autres hydrocarbures aromatiques.

    Nous avons toujours sacrifié les travailleurs, victimes d’accidents industriels et de produits chimiques toxiques, mais aujourd’hui nous sommes peut-être confrontés au sacrifice de l’ensemble de la population. Plastiques et produits chimiques : des produits de synthèse que ni l’être humain ni la planète n’avaient côtoyés avant le XXe siècle sont maintenant déversés en permanence sur nos sols, dans les océans et dans l’air. Ces polluants provoquent des maladies, anéantissent les espèces et mettent l’environnement en danger.

    A Anniston, plus de 50 ans maisons et deux églises ont été rasées. Tout le monde est parti. Ici, on peut relever des taux de PCB 140 fois supérieurs aux limites tolérées .
    Dans les années 1980, les scientifiques ont identifié les impacts environnementaux majeurs de cette cupidité : pluies acides menaçant nos forêts, trous de la couche d’ozone laissant les rayonnements dangereux atteindre la surface de la Terre. Nous avons permis aux industriels de faire usage de notre monde comme de leur décharge privée et la source de leurs profits au point de menacer l’existence même de la vie telle que nous la connaissons. Des espèces disparaissent à un rythme inédit ; les températures moyennes augmentent sur toute la planète, entraînant guerres, famines et migrations de masse.

    NOUS SOMMES EN TRAIN D’ENGENDRER UN MONDE DYSTOPIQUE OÙ SEULS LES PUISSANTS ET LES RICHES SERONT EN MESURE DE SURVIVRE, CLOÎTRÉS DERRIÈRE LES MURS DE LEURS ENCLAVES PRIVILÉGIÉES

    Nous avons accepté que les ouvriers et le reste de la population soient les principales victimes de cette cupidité, mais nous risquons désormais d’accepter que des régions entières deviennent inhabitables. Tchernobyl (Ukraine) et Fukushima (Japon) sont sans doute les cas les plus connus. Mais le péril, en Europe et aux Etats-Unis, n’est plus un secret : Anniston (Alabama), Dzerjinsk (Russie), les océans et d’autres endroits à travers le monde sont pratiquement devenus des zones mortes où les produits industriels ont endommagé l’environnement de manière irrémédiable.

    Alors que nous observons les effets du réchauffement climatique submerger les nations, de nouvelles questions, d’ordre plus existentiel, surgissent aujourd’hui. Nous produisons des matériaux « contre nature » pour l’être humain et la planète ; leurs conséquences sont irréversibles et rendent la vie impossible pour des millions de personnes. Nous sommes en train d’engendrer un monde dystopique où seuls les puissants et les riches seront en mesure de survivre, cloîtrés derrière les murs de leurs enclaves privilégiées. La planète est certes résiliente : elle continuera de tourner sur son axe et d’accueillir la vie. Mais que cette vie prenne la forme d’êtres humains, rien n’est moins sûr.


  • Is Electromagnetic Hypersensitivity Real ? | NutritionFacts.org
    https://nutritionfacts.org/video/is-electromagnetic-hypersensitivity-real

    https://www.youtube.com/watch?v=IrkL1Hm5myE

    And, that’s what nearly all such studies have found: “no evidence” that the symptoms are anything but “psychological” in nature, noting that those who claim such hypersensitivity tend to exhibit more obsessive-compulsive, hostile, phobic, and paranoid traits. So, the researchers changed the name. What used to be called “Electromagnetic Hypersensitivity” in the medical literature is now called “Idiopathic Environmental Intolerance Attributed to Electromagnetic Fields,” an acronym that sounds like something straight out of Old MacDonald’s Farm. “Despite the conviction of I-E-I-E—MF sufferers that their symptoms are triggered by exposure to electromagnetic fields, repeated experiments have been unable to replicate this phenomenon under controlled conditions.” And, we’re talking 46 studies involving more than a thousand people who say they have it. But, when put to the test, when you put all the studies together, not only did they find “no [significant] impact” on any of the symptoms, “there was no evidence that subjects were [even] able to detect [the fields].” [...]

    So, why does this notion of hypersensitivity persist? Well, there is now an entire industry profiting off of various gizmos claiming to protect people, and the media seem to love the hypersensitivity story; yet, “[w]hy don’t journalists mention the data?” The media have tended to claim “research into this area has been neglected. But, the research has been done”—dozens of studies that appear to have been “systematically ignored by almost every single journalist covering the issue.” Blind “provocation studies” published in the peer-reviewed academic literature, and they’re almost all negative. I mean, you could argue that the evidence is nearly unanimous.

    “So why doesn’t the media ever mention the data?” Perhaps they “leave it out” on purpose. Perhaps they’re just “incompetent,” and never looked it up. Or, maybe, they’re just suckered in by the snake-oil salesmen selling “insulating paint” and protective “beekeeper hats.” “Not only do these lobbyists” also conveniently fail to mention the dozens of studies, “they…viciously attack anyone who even dares to mention the data, accusing them of…denying the reality of [people’s] symptoms.”

    No, no one is saying they’re making them up; the science just suggests that whatever the symptoms, the cell phones don’t appear to be the cause. And, hey, if you want to go there, one could just as “fairly argue” that those who are trying to sell these poor people a bill of goods “are themselves hindering better understanding” of their customers’ suffering.

    #électrosensibilité #études #téléphones

    Aucun lien entre les symptômes décrits par les personnes affectées par ce qui est nommé électrosensibilité et les téléphones / leurs ondes.


  • Les logiciels libres meurent lentement sans contributions
    https://framablog.org/2018/08/29/les-logiciels-libres-meurent-lentement-sans-contributions

    Dans une récente conférence où il présentait #Contributopia, le projet pluriannuel de Framasoft, sous son angle politique, Pierre-Yves Gosset s’attachait à déboulonner quelques mensonges avec lesquels se rassurent les libristes. Le nombre présumé des contributeurs et contributrices, en particulier, était … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Libr'en_Vrac #Libres_Logiciels #Libres_Services #Chenet #Contribuer #contributopia #FOSS #Projets

    • @david2 Les projets les plus populaires sont portés par des boîtes avec des développeurs payés pour ça (parfois très bien payés d’ailleurs). En fait, le gros des contributions vient même de là (pour les distributions Linux, LibreOffice, Firefox et autres gros projets de ce genre), les développeurs amateurs qui font ça sur leur temps libre c’est pas forcément la norme.
      Quant à l’article : je veux bien que l’auteur aille dire à mon patron qu’il faut donner des sous à ces projets. Se heurter à la réalité du capitalisme lui fera peut-être prendre conscience de certaines choses.
      Par ailleurs je suis développeur et le soir quand je rentre chez moi, n’étant pas un geek forcené, je fais autre chose que faire du code. La seule fois où j’ai fais un logiciel libre j’étais au chômage, CQFD.

    • C’est un peu paradoxal de dire « je n’ai jamais cru au logiciel libre » sur une plateforme faite avec des logiciels libres, non ?

      Personne dans le LL ne demande aux gens de travailler sans rémunération, mais certain·es le font parce tel est leur bon plaisir (et parce qu’illes en ont la possibilité), d’autres sont payé·es pour écrire du logiciel libre… c’est des situations variées, ça pose plein de problèmes, mais ça existe.

      Je voudrais poser la question autrement. Est-ce qu’on veut que notre société se développe de manière plus harmonieuse, en permettant à tout un chacun·e de pratiquer l’activité intellectuelle de son choix — l’écriture de logiciel au même titre que tous les arts, hobbys, pratiques sportives et culturelles ? Et en ce cas, de quoi a-t-on besoin pour permettre à plus de gens de participer (d’avoir du temps, de la disponibilité mentale, un cadre qui permette de valider son travail et de progresser…).

      Dans le sport pour prendre un exemple, ou au jeu d’échecs, on peut en faire librement, ou dans le cadre de clubs, de fédérations, ou encore en pratique professionnelle. Pour la pratique de la poésie c’est plus restreint. (Perso je n’ai jamais cru à la poésie : pas rentable.)

    • Merci. Pour le coup @james , Le thread Mastodon que tu cites a été posté dans forum de l’article de Frama, et tant mieux, car c’est vraiment pas très pratique de lire ça sur Mastodon (faut faire « show more » à toutes les lignes).

    • Ah tiens, rigolo, j’expliquais à des amis combien il était important d’émuler une communauté si on veut qu’un logiciel qu’on a créé survive, je ne sais toujours pas s’il faut considérer le faire pendant ou après les 3 étapes décisives
      – on a une bonne idée
      – on la code
      – on la distribue (avec sa doc)
      Réussir à créer en collectif c’est respecter aussi les contributions de chacun·e, soutenir l’émulation des unes et des autres pour que chacun·e y trouve son compte.
      J’en suis arrivée à la conclusion qu’il est difficile dans un monde masculin aussi concurrentiel que l’on croit à un projet porté par une seule personne, surtout si c’est une femme. Je suis persuadée maintenant qu’un réseau même de petite échelle doit exister en amont pour élargir ensuite son espace. Pour mon expérience, ne trouvant pas de comparse, j’ai mené des projets seule et mes idées devaient être bonnes puisque la plupart ont été reprises, et mon nom effacé.

    • je me méfie beaucoup de tout logiciel, payant ou gratuit, qui donne l’impression de n’être soutenu que par une ou deux personnes.

      Je voudrai juste rappeler que Freehand était soutenu par Macromedia, société multimillionnaire rachetée par Adobe qui l’a assassiné en deux temps trois mouvements, laissant sur le carreau les utilisateurs·trices qui avaient misé sur sa pérennité depuis le tout début. Pour ma part, j’ai utilisé le logiciel pendant quinze ans en pensant qu’il serait increvable et pérenne... Je suis toujours en train de chercher des solutions (pas trop chères) pour réouvri des milliers de fichiers et les mettre à jour pour pouvoir travaillr avec sur Illustrator :)

    • En fait il faudrait définir le sens de l’expression « je ne crois pas à… ». Pour ma part je crois qu’il faut essayer, mais ne crois guère que ça ait des chances de marcher. Est-ce-que ça veut dire que j’y crois, ou que je n’y crois pas, je n’arrive pas le savoir :) Je crois aussi à la poésie révolutionnaire.

      Pour ce qui est de la pérennité, pas mieux que Reka. L’informatique est de toute évidence une construction fragile — mais si la communauté ou l’entreprise qui soutient un logiciel doit disparaître, au moins avec le libre tu ne restes pas sans recours.

    • Alleluyah. Le registre de la croyance est-i le plus adapté pour décrire ce dont on parle ici ?

      Il y a une similitude avec d’autres pratiques collectives, ou militantes, où les personnes impliquées sont des intérimaires, comme par exemple dans les pratiques artistiques ou certaines formes de recherche universitaire ou je sais pas moi le quotidien de pleins d’auteurs de roman policier.

      C’est à dire que parfois les personnes sont rémunérées pour contribuer, parfois pas, parfois c’est la possibilité de choisir à quoi on passe son temps que permet la protection sociale des travailleurs qui leur permet de s’impliquer. C’est variable. Aussi parce que le logiciel libre se developpe de manière massive à partir des années 2000 (pour aller vite) période d’achèvement d’atomisation du marché du travail salarié. Et que le fait de pouvoir travailler en permance sur quelque chose qui fasse sens pour soi s’étiole progressivement. Et que contribuer au LL, c’est tellement demandeur qu’on ne peut le faire que si ça fait sens, parce qu’il est quasi impossible d’être rémunéré au nombre d’heures passées.

      La question derrière étant : est-ce que tout travail doit être rémunéré quand on a assez pour vivre ? est-ce qu’on doit travailler seulement sur des projets rentables ? Qu’est-ce que le bien commun auquels les logiciels libres pourraient être attachés ? Est-ce que d’autres moyens de subsistance que le salariat peuvent permettre à chacun de se consacrer à des projets de bien commun ? etc...


  • La vacance de monsieur Hulot

    Nicolas Hulot : « Je prends la décision de quitter le gouvernement »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-28-aout-2018

    Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sa décision de quitter le gouvernement, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15273-28.08.2018-ITEMA_21786479-8.mp3

    Nicolas Voisin a dit :

    Ce 28 aout 2018, pour la première fois, un ministre a fait le procès du libéralisme, avoué que les lobbys gouvernent, constaté que la société (nous) s’en accommode, dénoncé ce que nous savons tous : ce modèle est un suicide. Puis il démissionna.

    Il faut écouter intégralement cette interview, ne pas se contenter d’extraits et encore moins des commentaires.
    Et ce n’est pas un fan de Hulot qui vous le recommande, loin s’en faut...

    • J’ai hésité à l’écrire, mais ce matin en rentrant de l’école sur la route le long du fjord, j’ai arrêté la voiture (électique je précise...) pour écouter ; j’étais sur le cul.

      Je ne suis pas fan du monsieur, mais je dois avouer que j’étais impressionné d’entendre un ministre d’état - pour la première fois - faire une déclaration, répondre aux questions d’une manière aussi puissante que minimaliste. Pas un mot de trop, un vocabulaire choisi pour en même temps rester dans les clous et en même temps dénoncer d’une manière assez violente et assez claire l’imposture macroniste (et rien que pour ça, chapeau). J’étais à des millions d’annés lumière de penser que la critique la plus radicale de la partition du pouvoir politique qui est en train de se jouer en France en ce moment allait venir de l’intérieur, du coeur même du pouvoir. Ça faisait aussi quelques années lumières que je n’avais pas entendu un responsable politique parler aussi vrai et aussi sincèrement. Pour un fois, je n’avais pas l’impression d’être ni dans la société du spectacle, ni dans la grossière langue de bois (hier, il y avait un lobbyiste à Élysée...). À côté de cette intervention, celle de Benjamin Griveaux qui réagissait sur une autre chaine était totalement minable, absolument effarente. Quelle langue les macroniens ont-ils inventé... Elles et ils parlent toutes et tous de la même façon, mais plus le temps va, plus on se rend compte que leurs narrations et leurs discours sont - outre d’une crapuleuse imposture - d’un vide sidéral.

    • Il y a quelques jours, un Indonésien m’aborde : Française, ha, #Nicolas_Hulot. Et il me fait l’éloge du bonhomme : télévision, politique. Surprise, d’habitude c’est plutôt de footeux qu’on me parle. Je fais « Ouais, ouais » et je pense au héros des pailles qu’on va interdire pour sauver la planète. Contente d’apprendre que le gars ne s’était pas perdu. Peut-être que son fan javanais avait vent de sa prochaine démission ?

    • Sur le #glyphosate et les #pesticides, il fait un bilan généreux de son action...
      « On me dit, sois patient. Mais ça fait trente ans qu’on est patient. »
      Cet été, « sur le changement climatique, on a perdu la main. »
      Je le trouve un peu limité sur l’articulation justice économique-écologie. Parce que ce que d’autres écolos comme Jean Gadrey ne cessent de répéter, c’est que les recettes habituelles ne servent à rien pour lutter contre le chômage de masse et les inégalités (il se murmure même qu’elles en sont responsables) et que l’écologie (de la transition éco à l’écosocialisme), c’est LA seule idéologie du moment qui propose une réponse à nos problèmes sociaux et économiques. Devant des interlocuteurs qui lui disent que ses priorités, elles ne sont pas prioritaires dans le contexte économique, je trouve ses réponses faiblardes, plus que faiblardes. Il répond que si, l’écologie est une priorité en soi et il déconnecte de l’éco. Des réponses qui ne portent pas beaucoup atteinte au projet néo-libéral macroniste. Ce qui est cohérent avec la position qu’il se donne, de mettre de l’écologie dans l’importe quelle idéologie (ici néo-libérale) à condition qu’elle soit de bonne volonté. Bof.

    • « Édouard et Manu, z’ont été sympa avec moi, je les aime. Mais bizarrement, chaque fois qu’on causait d’un truc concret, ils se barraient. Je comprends, hein, mais je suis un peu déçu. Alors je pars mais sans hostilité, je les aime encore beaucoup. »

      Ben je trouve ça dégueulasse. J’ai bossé pour des élu·es EELV qui ont réussi à faire, à force de ténacité, une part de ce qu’il n’a pas pu faire. Par exemple, il y en a un qui a mis sur pied un plan de financement de la rénovation thermique des logements avec remboursement sur les éco d’énergie pour permettre aux ménages de proprios pauvres d’en profiter. Le plan a été saboté une fois son mandat fini. Ignorer ce boulot et rester dans le camp macroniste en se flagellant de n’avoir pas su convaincre Manu, non mais ! On a besoin d’analyses plus fines que ça, plus fines que ce message auto-centré, qui manque d’analyse politique sur ce qu’est le néo-libéralisme aujourd’hui en France et ailleurs - même si, @reka a raison de le dire, son constat envi est juste.

    • @aude_v Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’absence de réflexion éco-sociale de Hulot, mais on ne peut pas dire que ça soit nouveau. Hulot, c’est pas Gorz... Ça a même toujours été ce qui l’empêchaît d’être crédible (pour moi en tout cas) : le côté « la nature les ptits zoiseaux » sans aucune pensée sociale sur la question. En plus, finalement, il a toujours revendiqué cette position.

    • Il y a des bouts de l’interview, ils sont tout de même épatants. Les pistes qu’il trace sont autrement plus ambitieuses que ce qu’on nous a relayé (les pailles « bientôt » interdites). Mais sans convenir qu’il a collaboré avec des malfaisants, il exonère ceux qui n’affaiblissent le politique que quand ça les arrange, et il fait comme s’il n’y avait personne derrière l’écologie (ce en quoi il n’a qu’à moitié tort).

      Démission surprise de Nicolas Hulot  : le verbatim de son interview
      https://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-hulot/demission-surprise-de-nicolas-hulot-le-verbatim-de-son-interview-593947

      Nicolas Hulot  : Oui. Non, mais attendez… Je le redis ici  : j’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron. Et pour Edouard Philippe. Et ce n’est pas, croyez-moi, pour atténuer l’effet de la décision de ce matin. Mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture. On n’a pas compris que c’est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu’on le remet en cause  ?

      Léa Salamé  : Vous voulez dire le libéralisme  ?

      Nicolas Hulot  : Oui, oui. Mais je l’avais dit dès le départ, je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le CETA et on va en avoir une floppée d’autres […] Mais attendez, moi, je ne critique personne. J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique  ? La réponse est non. Où est passée la taxe sur les transactions financières  ? […] Le nucléaire, cette folie inutile. Economiquement, techniquement dans lequel on s’entête. C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre, j’en prends ma part de responsabilité. Et je pense que ce que les gens attendent d’un ministre, c’est que s’il n’est pas à la hauteur, s’il n’arrive pas à ses fins. Et bien, il doit en tirer des leçons. Je les tire ce matin […]

      Pour ce qui est de la responsabilité française, j’invite parfois les observateurs qui critiquent, notamment les écologistes patentés, à comparer aussi avec les autres pays. La France est plutôt leader dans ce domaine là. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas une raison pour nous en accommoder. Nous n’y arriverons que si le gouvernement dans son ensemble a la même impulsion, la même ambition, la même feuille de route, la même vision. Moi, je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert. C’est pas l’idée que je m’étais fait. Je suis rentré dans un esprit de coopération, pas de confrontation. Je ne dis pas que rien n’a été fait […] sur le glyphosate, contrairement à ce que dit Yannick Jadot, la France a été en pointe et elle a montré le chemin.

      Léa Salamé  : Rappelez-nous quels sont les acquis, les petits pas que vous avez réussi à faire ?

      Nicolas Hulot  : On a changé de tropisme sur les pesticides, on est rentré dans une dynamique qui va nous permettre de se séparer d’un certain nombre de molécules. On a programmé la sortie des hydrocarbures. C’est quand même des choses qui sont essentielles et importantes. J’espérais qu’on allait mettre le climat et la biodiversité dans l’article 1 de la constitution. Mais même là nos sénateurs ou l’opposition sur un truc qui n’est pas quand même une révolution culturelle, simplement par posture politicienne, étaient prêts à s’y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpétuels, alors que l’humanité a emprunté un chemin tragique… Je crois qu’au moins on peut m’accorder des convictions. Mais un homme, une femme, quel qu’il soit, même s’il a des convictions, s’il est isolé dans un gouvernement, s’il est isolé dans la société… Si vous regardez tout l’été, les résistances anti-éoliennes. Alors ok, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques… Comment on fait si on additionne tous les refus. Et puis ceux qui critiquent, à tort ou à raison, qu’est-ce qu’ils proposent  ? […]

      (...)

      Quand on se réjouit - ça va vous paraître anecdotique - de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs. Superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète ? La réponse est non. C’est sur toutes ces incohérences, ces contradictions. Et puis, dans cette équation impossible […] est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif, d’investir dans la transition écologique. Les investissements qui permettent de réduire nos dépenses énergétiques qui ne sont pas des dépenses mais des investissements. Est-ce qu’on s’est autorisé à essayer de sortir un peu de l’orthodoxie économique et financière  ? Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur les biens communs on l’a véritablement remise en cause  ?

      On va me dire mais en un an, on ne peut pas tout faire. Certainement, sauf qu’il y a une telle urgence. On me dit mais prends ton temps. Sois patient. Mais ça fait 30 ans qu’on est patient. Ça fait 30 ans qu’on laisse les phénomènes se dérouler et qu’ils sont en train de nous échapper. On me dit  : fixe-toi deux-trois priorités. Mais tout est prioritaire  ! Les sujets de santé-environnement qui viennent nous exploser à la figure dont on va se rendre compte qu’ils ont des conséquences…

      Léa Salamé  : L’économie est aussi prioritaire. Quand on est ministre, on sait qu’il y a des arbitrages à faire. D’un côté, il y a une urgence économique et de l’autre, une urgence écologique et que parfois, elle est contradictoire.

      Nicolas Hulot  : On peut essayer de choisir dans l’économie ce qui participe à la solution. Y aussi des grandes opportunités dans la transition écologique, énergétique. Vous avez même la possibilité de passer dans un modèle agricole qui soit intensif en emplois et non en pesticides […] C’est cette vision d’ensemble.

    • En fait, je crois que j’ai voulu interprèter entre les lignes. Je suis assez d’accord avec vous, le personnage est loin d’être parfait, je formule les même critiques que Aude et les autres (autocentrisme, inneficacité des actions), et il fait partie de la société du spectacle, de l’écologie spectacle, mais dans sa narration d’hier, il y a pris une position assez claire. Il ne pouvait pas faire autrement que de rester poli avec Macron et sa clique de crapules (j’admire Macron et Philippe, je ne veux pas gêner l’action du gouvernement, etc...) mais il faut comprendre les sens réle de ces déclarations, lire ce qu’il y a derrière les mots : ici, rien, ces « statements » n’ont aucun poids face au reste de son discours, et c’est ça que jai trouvé exceptionnel. Même s’il feint de tresser des lauriers au pouvoir macroniste, l’essentiel de ce qu’il dit est puissamment un dénonciation et une expression assez concrète du système Macron : en direct et venant d’un ministre d’état lui même, je crois n’avoir jamais vu ça. Pour le reste, ça ne dédouane pas Hulot de la manière dont il agit (spectacle), ce n’est pas mieux ni moins bien qu’Arthus Bertrand ou similaires (enfin si, un peu mieux parce qu’Arthus Bertrand, ça pu vraiment la merde).

      Je n’ai aucun doute sur la capacité des macronistes à récuperer et absorber l’événement de la manière la plus subtile, ils sont champions du monde dans ce domaine. C4est en effet triste, mais la seule chose dont je me réjouisse, c’est que cet événement va rester dans la mémoire et contribue à fragmenter encore plus à faire craqueler et discréditer le système Macron.

    • L’électrochoc est de taille, notamment pour Emmanuel Macron qui perd sa pastille verte. Poliment mais de facto, avec un réquisitoire implacable, Nicolas Hulot a renvoyé le Président comme le gouvernement dans le vieux monde, celui qui ne sait pas embrasser le temps long et qui se moule dans les exigences dogmatiques des traités européens, celui qui pense croissance à tout prix et impose des cures de régime toujours plus sévères pour les comptes publics. Dans cet univers, l’écologie ne se paie que de mots, de bonnes intentions communicationnelles qui sombrent dans les méandres de la règle d’or et de la rapacité du capital.

      Grosse perte pour Macron

      À sa façon, Nicolas Hulot a sanctionné le gouvernement pour son incapacité à sortir d’un imaginaire pré-réchauffement climatique et des mécanismes de la décision publique dictés par l’urgence et sous contrainte des lobbys. Glyphosate, pesticides, nucléaire… Les reculs se suivent et se ressemblent. Hulot a pointé du doigt l’austérité et le libéralisme économique comme des freins majeurs pour mener une politique écologiste.

      « On se fixe des objectifs mais on n’en n’a pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l’avance que les objectifs qu’on se fixe on ne pourra pas les réaliser », a-t-il simplement expliqué, dévoilant même que des plans sont présentés comme nouveaux alors qu’ils ne sont que réorganisation de budgets existants – par exemple, la rénovation énergétique du logement. Les traités de libre-échange, comme le Ceta, contredisent également la marche écologique, a-t-il également affirmé. En effet.

      Ce lien entre cause environnementale et normes néolibérales, Nicolas Hulot l’avait pourtant démontré dans son film Le syndrome du Titanic en 2009. On pourra s’étonner qu’il n’en ait pas tiré davantage de conséquences en acceptant d’entrer dans un gouvernement qui n’a jamais caché sa foi dans la loi du marché. Hulot a tenu à mener cette expérience et la conclusion sonne comme un désaveu pour une orientation politique clairement incompatible avec le combat vital contre les émissions de gaz à effet de serre, la destruction de la biodiversité, la folie consumériste. Hulot espérait sans doute constituer un rempart écologiste en macronie mais il s’est trouvé esseulé face à un mur. Comme s’il avait découvert à ses dépens que le gouvernement épousait la normalité d’un modèle plus soucieux des intérêts du capital que de la planète. « Le modèle dominant » est en cause et il n’est pas remis en cause, a-t-il amèrement regretté. À raison.

      Impossible politique écologiste

      La vision sans profondeur temporelle de ce gouvernement comme des précédents, comme de l’Union européenne, est clairement dénoncée par Nicolas Hulot. L’ancien présentateur d’Ushaïa et fondateur de la FNH a, dans cette interview, écorché la façon dont la politique se fabrique. Le défi écologique ne semble pas pouvoir entrer dans les clous de notre régime, les piles de dossiers traités toujours dans l’urgence répondent au temps court, à d’autres exigences. Les cercles du pouvoir politique sont trop interconnectés avec des groupes aux intérêts financiers contraires aux nécessités environnementales.

      Nicolas Hulot a également formulé cet aveu qui interroge la présence des personnalités de la société civile dans le monde politique institutionnel : « Peut-être n’ai-je pas les codes ». Peut-être faut-il surtout changer les codes. Mais nous n’y sommes pas. Et la situation « tragique » dans laquelle nous nous trouvons sur le plan environnemental avance à pas pressés. Nicolas Hulot a eu le mérite de la poser sur la grande table publique, sans détour, avec tout le poids de sa popularité dans notre pays et de sa sincérité ce matin. Les raisons de l’échec sont structurelles nous dit Hulot. Alors il faut modifier du sol au plafond notre système démocratique, social, économique. En un mot, faire grandir et gagner la force politique qui porte ces ruptures.
      Clémentine Autain

      http://www.regards.fr/politique/article/demission-de-hulot-macron-perd-sa-pastille-verte#comments

    • La nouvelle a atteint l’Indonésie, moi qui pensais parler de ça à mes potes écolo, pas eu besoin, il et elle avaient déjà vu passer la nouvelle. On en a un peu discuté et je voudrais affiner mon propos.

      C’est vrai que son truc sur le porte-conteneurs et autres, c’est assez classe. Mais ce qui m’embête, c’est qu’il présente une écologie contradictoire avec ce dont plein de gens ont besoin maintenant : des empois et des rémunérations qui ne sont pas tirées vers le bas. Je suis une piètre économiste mais il y a un tas de gens comme Gadrey, Dominique Méda, Éloi Laurent qui montrent que les investissements qui sont fait actuellement alimentent la crise climatique et que d’autres sont possibles pour une économie plus intensive en emplois et plus écologique et soutenable écologiquement et socialement. Quand on lui dit, comme l’intervieweuse : « Oui mais l’écologie, ça commence à bien faire, il y a des pauvres partout », il ne sait pas quoi répondre alors qu’il y a des pauvres partout et ça va continuer parce que ces propositions-là ne sont pas la prédation habituelle de budgets publics vers de grosses compagnies qui promettent de ruisseler (impôts-recherche et cie), parce que ces propositions-là sont ignorées - y compris par Hulot dans cette interview.

      C’est grave, parce que c’est comme proposer le nucléaire ou la bougie, présenter un faux choix. Un choix que, plus grave, peu de gens vont pouvoir arbitrer comme lui. Il nous inquiète à juste titre ou bien il nous fait plaisir en ne sortant pas le cocorico chaque fois qu’on chie un gros truc (ici un porte-conteneurs) mais il clive à mort alors que l’enjeu, c’est de réconcilier les classes populaires avec l’écologie parce que l’enjeu, c’est que nous adoptions des politiques écologiques et démocratiques, pas que les mêmes qui ont orienté les budgets publics vers la poche des acteurs éco les plus aisés finissent par organiser l’"administration du désastre".

      Intellectuellement, politiquement, je ne suis pas épatée par l’écologie réformiste sociale mais c’est quand même mieux que ce faux dilemme. Hulot ne sait pas quoi répondre quand l’intervieweuse l’emmène sur ce stéréotype éculé de l’écologie contre les pauvres et contre l’économie (et contre la croissance, ce qui est un enjeu culturel très risqué et qui a peut-être été perdu depuis 2002, quand l’écologie réformiste radicale s’en est emparée). Enfin si, qu’il a choisi sa priorité et il le dit de manière convaincante mais ça ressemble à du conservationnisme, ce loisir de mec blanc bourge qui a longtemps passé pour la seule écologie possible. C’est pas la seule, loin de là.

      Voilà pourquoi, même si la justesse du constat et les sorties m’ont un peu plu au début, je trouve qu’il alimente une idée dangereuse. Le mec était ministre d’État parce que l’écologie est un enjeu transversal, je ne lui demande pas de bien théoriser sur ce sujet mais de respecter le boulot de plein d’élu·es écolo de terrain qui (avec cette idée que l’écologie c’est le logement, les transports, c’est un peu tout) ont fait plein d’expériences de transition écologique dans lesquelles les budgets publics servaient à autre chose qu’à faire exploser les poches des gros capitalistes (désolée pour le cliché mais je ne sais plus comment appeler les classes qui se goinfrent grâce aux « erreurs » néo-libérales) et créaient plus d’emplois que Deliveroo et Uber réunis.

      Ce mec est un ennemi et je crois que ça se voit enfin. À condition de prendre un peu le temps d’y réfléchir, parce qu’a priori c’est très séduisant, ce franc parler calme mais résolu, gentil mais un peu critique. Un peu, pas trop !

    • J’ai écouté, dans le lien fourni au début, l’intégralité de l’entretien ; c’est un #grand_moment_de_radio

      À l’écoute, j’ai l’impression qu’en fait, il prend sa décision en parlant. Au tout début, à plusieurs reprises, on se dit «  il fait partie du gouvernement  ». Puis arrive le moment de «  l’examen de conscience  », où il passe en revue les «  choix  » qu’il a eus à faire — la série de questions auxquelles la réponse est invariablement " non " (décidément, le glyphosate, ça passe pas, le nucléaire on touche à rien et on laisse tourner les centrales, etc.), et, là, il se rend compte qu’il est en train de brûler ses vaisseaux. C’est le sommet de son émotion et c’est qu’il prend sa décision. Comme indiqué ultérieurement par L. Salamé, il n’était pas dans cet esprit avant l’interview. C’est en s’entendant qu’il se convainc. D’où la force du moment.

      Après, on passe plutôt dans un exercice de damage control, où il ressort les arguments rationnels qu’il a dû ressasser un bon nombre de fois depuis plus d’un an et où, surtout, il essaye de pas trop fâcher ses «  nouveaux amis  » du gentil gouvernement. Dont il est d’ailleurs plutôt facile de finalement ne leur reprocher que le #on_s'occupera_de_gérer_le_long_terme_quand_on_aura_fini_de_gérer_le_court_terme … prenant sur lui de n’avoir pas su impulser le changement nécessaire.

      Et c’est là que je me rappelle son métier d’origine : animateur télé qui descendait de son survol en ULM pour débarquer sur un plateau préparé par son équipe, mettre les pieds devant le feu de camp et titiller les émotions, la sienne, celle des participants et celle des spectateurs devant tant de grandiose beauté de la nature… Il sait toujours faire ça vraiment très bien et il nous (en tous cas, moi) embarque avec lui et lui-même avec.

      Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’opinion d’@aude_v

      Pour finir, en écrivant ça, ça me fait penser à Sabine Paturel. Mais je ne voudrais pas troller…
      https://www.youtube.com/watch?v=gD7trwyPGKA

    • Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé » – Politique | L’Opinion
      https://www.lopinion.fr/edition/politique/nicolas-hulot-l-histoire-lobbyiste-lobbye-160311

      Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

      Un point de vue de l’autre bord…

    • « Il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant ... »

      «  L’équipe Macron commence le dénigrement ( bashing) de Nicolas Hulot. Des barbares . [Nicolas Beytout, à sa façon en est un également ! ] Et ça va s’amplifier. La suite sera glauque. Les Benalla de la communication présidentielle sont au travail .... »

    • Je ferais bien un recueil de citations de #Gorz_André en vis-à-vis du Verbatim. Il en sortirait à coup sûr ceci : un penseur de l’écologie politique qui sur le fond mouche un phénomène médiatique, qui sur ce plan réussit sa démission. Mais pour le reste... Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe. Et soucieux de garder de bonnes relations avec ceux qui représentent cette societe qu’il semble critiquer tout en admirant ses chantres. La vision de l’un et l’incohérence de l’autre...
      Par contre, ne négligeons pas de tenter de ramasser les quelques fruits de cette démission médiatique !

    • Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe .

      Tout à fait.

      J’ai l’habitude, mais ça me chagrine à chaque fois quand je lis que « personne ne propose de vraies solutions ». Le programme « L’avenir en commun » propose un nombre de choses allant dans le sens que vous décrivez, tous, là. Et plusieurs fois ces jours-ci, j’entends dire « aucun politique ne tient ce langage ». Quand il faudrait plutôt dire « aucun média de masse ne s’intéresse à ces problématiques et n’interroge les politiques sur ces problématiques en y passant le temps nécessaire ».

      Le Hulot, on ne nous en a parlé que pour les pailles en plastique... mais à côté de cela, il réfléchissait visiblement sur l’agriculture intensive en main d’œuvre (par exemple) et sur quelques autres sujets... Exactement comme « le politique peut tout s’il le veut bien », « le comité de rédaction peut parler de tout s’il le veut bien » lui aussi... ce qui permettrait d’avoir une vision plus complète de la réalité.

    • Je ne connais pas très bien Hulot mais certainement qu’il connaissait bien ses sujets, agriculture bio et cie. La seule phrase où il mentionne ça est nickel. Tout ça a été balisé par un nombre incroyable de gens, moi j’ai vu ceux et celles des Verts et leurs partenaires asso, il y en a d’autres dans des partis de gauche, plein de fonctionnaires aussi qui ont plein d’idées et en mettent certaines en œuvre, avec leurs moyens. C’est un monde florissant (pas limité aux ego qui se battaient à feu EELV), pas toujours passionnant et des fois un peu technocrate, écrasé par les politiques, du PS à LR et aujourd’hui l’extrême centre. Et de cela, il n’est pas question.

      Enfin si, il dit qu’il n’y a personne derrière lui : il est « tout seul dans ce gouvernement », il n’a pas de parti pour peser, pas de société civile « structurée qui descend dans la rue pour sauver la biodiversité ». Le sabotage de l’écologie depuis son utilisation en 2007, il la met sur le compte des « gens » au mépris d’analyses systémiques sur le bouclage du pouvoir par le gouvernement représentatif, a fortiori majoritaire, pas d’analyse sur la captivité de « l’ensemble de la société » qui s’en branlerait, de l’écologie, alors que nous sommes nombreux et nombreuses à voir une société noyautée par les intérêts capitalistiques.

      Oui, il dit bien qu’il reste dans le gouvernement quelques minutes avant de dire qu’il part et sa phrase sur « la décision la plus difficile de sa vie » est bancale. Mais il dit avoir pris sa décision hier soir. Bizarre.

    • Hulot a le sens du spectacle en tous cas : alors que sa démission relevait de l’arlésienne, puisqu’il la brandissait comme une menace depuis le début, il est parvenu à en faire un moment médiatique important, presqu’une surprise. Du côté du pouvoir, je doute que la remise en question soit très profonde, l’épisode doit être considéré comme une grossière erreur de #management : si on veut garder un·e cadre, il faut savoir jouer habilement de ses espoirs et susceptibilités, et éviter, surtout, la couleuvre qui fera déborder le vase.

    • Dix ONG interpellent Macron : la démission de Hulot est « une invitation à changer de cap »

      Dans une tribune publiée jeudi, ces ONG rappellent à Emmanuel Macron que l’action en faveur de l’environnement « n’est plus une option mais une urgence ».

      Une démission, « symptôme d’une immense incompréhension ». La démission de Nicolas Hulot « est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et ’cinquante’ gaspilleuses » et « invite à un sursaut », écrivent ces ONG. Emmanuel Macron « aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise » qui est « le symptôme d’une immense incompréhension », conseillent-elles en observant que « la transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination ».

      « L’action n’est plus une option ». « Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (...) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France ’gouverner c’est choisir’ », insistent les signataires. « Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique », pressent ces ONG

      Le « en même temps » ne fonctionne pas, selon ces ONG. Selon elles, « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ». « En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et ’en même temps’ le glyphosate, la sobriété énergétique et ’en même temps’ le nucléaire, une redynamisation des centre-villes et ’en même temps’ (le mégacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et ’en même temps’ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et ’en même temps’ la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et ’en même temps’ une agriculture paysanne, le libéralisme et ’en même temps’ l’écologie », énumèrent-elles.

      Les ONG signataires de la tribune : la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage énergies et Société nationale de protection de la nature.


  • https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/hulot-j-1-la-course-continue

    A propos, savez-vous ce qui s’est dit, à la fameuse réunion élyséenne sur la #chasse ? Outre la division par deux du coût du permis de chasse, on y a causé, selon « Libé »"," chasses traditionnelles. Dans les chasses traditionnelles, figurent (je l’apprends en même temps que vous) la chasse à la lecque, et la chasse à la glu. La chasse à la lecque est une manière de piéger une grive au moyen d’une pierre surélevée par quatre baguettes de bois. La grive meurt écrasée par la pierre. Quant à la chasse à la glu, je vous laisse en découvrir les beautés et l’impeccable déontologie dans ce reportage de « La Provence », de Giesbert-Tapie. Hulot, soit dit en passant, ne s’y était nullement opposé, puisque c’est son ministère qui a lancé une « consultation », en plein été, afin d’autoriser ces deux chasses traditionnelles, parmi d’autres. C’est donc à la chasse à la lecque, et à la chasse à la glu, que Macron et Hulot ont consacré deux heures de leur précieux temps, à la fin du second été le plus chaud en France, après celui de 2003.

    #écologie


  • Tu aimes les formations de #crop_circles dans les champs, grâce au multivers tellurique à cordes associé à la physique quantique spatiale à vortex fractal ? Quelques vidéastes (Hygiène mentale, Défékator, La Tronche en Biais, AstronoGeek, Un Monde Riant) se sont pris au jeu. Bravo !

    La vidéo de ► Hygiène mentale :
    https://youtu.be/iB6gcSyl6Fs

    La vidéo de ► Astronogeek :
    https://youtu.be/XtO_KLxb2Mk

    La vidéo de ► Un Monde Riant :
    https://youtu.be/VrXnZsNcLuI

    La vidéo de ► Defakator :
    https://youtu.be/XYKs5HxhHRQ

    La vidéo de ► La Tronche en Biais :
    https://youtu.be/-CK4pLMn8-s

    #zététique

    • Il y avait eu d’excellentes (oups) études de ce dessin tout de même, par exemple https://web.archive.org/web/20180817052827/http://cropcirclegeometrie.com/index.php/2018/07/01/la-colonne-vertebrale-de-sarraltroff

      1) Que sa structure de base repose sur un alignement d’un même cercle étalon provenant du Fruit de vie centré SUR le CARRE de la 3ème quadrature (= 3ème niveau de conscience = conscience universelle). Je rappelle qu’en géométrie sacrée, le carré représente tout ce qui est en rapport avec la Matière, la Réalité, le Concret, le Tangible… Nous sommes donc en présence d’un motif qui inter-agit uniquement avec les hautes vibrations du 3ème niveau, en vue de rendre plus tangible et plus concrète la réalité de ce niveau de conscience, qui symbolise notre prochain stade d’évolution. [...]

      Si encore ça s’arrêtait à la symbolique du dessin…

      Il semble que Umberto Molinaro, le pape des crop circles en France, un poil chatouillé du coup par ces vidéos ait réagit https://www.facebook.com/umberto.molinaro.5/posts/2308264425855449

      Ils disent faire du land art, que nenni, le land art est une expression artistique originale et pas une escroquerie ou une imitation lamentable pour simplement satisfaire un ego malsain en croyant faire tomber les gens dans leur piège. Les crop circles véhiculent des messages d’amour [...]

      Alors, si on avait fait des analyses de terre et des investigations on aurait pu s’en rendre compte, mais c’est comme avec les faux billets de banque, il faut un peu de temps. Ce que nous devons comprendre c’est qu’on n’a plus de temps à perdre avec ça, soyons responsables, réveillons-nous, les crop cela fait près de 30 ans que la désinformation existe, avec les faussaires de 1991, et ils ont des moyens car derrière tout cela, posons les bonnes questions, qui tirent les ficelles de ces marionnettes. Qui a intérêt a tout salir ! Et nous qu’avons nous à faire, être dans le juste, et être enfin libres de penser par nous-mêmes. Oui, qui sont les cagoulés dans la vidéo, et ce ton arrogant et méprisant, à quoi cela sert-il ?

      Bah oui, lui il vend des bouquins et des voyages sur les crops circles… faudrait pas trop enquiquiner ses affaires !

      Cela dit après tout, ces humains qui ont fait le coup sont, comme nous tous des extra-terrestres… un amas d’atomes issus de l’origine de l’univers et presque aussi vieux que lui, non ? :)

      Dans cette histoire, je me demande quand même si et comment vont réagir les quelques médias qui en ont parlé.

      Le Républicain Lorrain a sorti un petit papier, bien plus intéressant que ses précédents : https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarrebourg-chateau-salins/2018/08/24/le-crop-circle-etait-l-oeuvre-d-une-bande-de-youtubeurs

      Pour eux [les vidéastes expérimentateurs], ne pas en révéler l’origine faisait partie de la méthode scientifique. L’objectif était de constater si leur crop circle était identifié ou pas comme étant d’origine extraterrestre par les pontes autoproclamés du genre

      [...] Sur le plan scientifique, cette expérience a donc une double valeur. Tout d’abord, elle prouve que ce crop circle est d’origine humaine. Mais elle montre aussi que les arguments avancés pour parler de signes extraterrestres (blés coudés, insectes morts, etc.) sont en fait fallacieux puisqu’ils ont été utilisés pour définir l’origine extraterrestre de ce crop circle humain.


  • Une police de caractères libre pour l’INRIA
    https://maly.io/@Troll/55403

    L’ INRIA a mandaté les typographes Black[Foundry] afin de leur créer une #typographie à l’occasion de leur 50ème anniversaire.

    Et vous savez quoi ... elle est belle ^^ et cerise sur la #typo, elle est téléchargeable gratuitement sous licence « SIL Open Font License 1.1 », ce qui inclut même l’usage commercial.

    https://github.com/BlackFoundry/InriaFonts
    https://black-foundry.com/blog/inria-serif-and-inria

    #police_de_caractère #typographie #fontes #fontes_libres #INRIA


  • Flat Prod est mort, Vive Flat Prod - Actualités - Tric Trac
    https://www.trictrac.net/actus/flat-prod-est-mort-vive-flat-prod

    Je passais sur le site Tric-Trac (un journal, une communauté autour des des jeux de sociétés et de cet univers), et m’étonnais de l’arrivée dedans d’une boutique en ligne, nouvelle (ça faisait quelques mois que je n’y étais pas allé). Jusqu’à présent, iels ne vendaient que des petits goodies pour certains jeux, et revoyaient pour les intéressés vers d’autres sites de vente comme Philibert. Alors, me demandant ce qui avait changé, je découvre que Mr. Phal, qui possédait / dirigeait Tric Trac l’a revendu à Sophie Gravel, dans l’optique de passer à autre chose… Comme souvent il s’est fendu d’une analyse intéressante de l’univers ludique. Je ne sais pas si l’arrivée de la boutique sur Tric trac est en rapport avec ce changement, mais le nouveau Directeur Général, François Décamp, est le propriétaire du magasin de jeux Descartes à Bordeaux.

    [...]
    L’information n’a plus de valeur. Je l’ai déjà verbalisé, Tric Trac est un intermédiaire entre les acteurs d’une information et un potentiel lectorat. Ces dernières années, plusieurs phénomènes se sont installés. Faisant disparaitre l’intérêt d’un intermédiaire tel que Tric Trac. Les réseaux sociaux ont modifié la donne. Les moyens techniques accessibles ont modifié la donne. Doucement. Tranquillement. Les médias, les artistes, les fabricants, et dans le monde du jeu les éditeurs, les auteurs… Tout le monde communique depuis sa page Facebook, depuis son compte Tweeter, son Instagram. Parce que le monde actuel ne jure plus que par les likes, le nombre de fans et de retweet. Il faut du « Fan ». Et pour attirer le « Fan », les éditeurs, les auteurs, les artistes vont annoncer les choses en priorité sur leur page Facebook, vont « teaser » sur leur compte tweeter, vont tenter de séduire via leur Instagram. Les sites d’actualités n’ont plus la primeur. Pourquoi donner une info à UN journaliste alors que je peux toucher directement mon « fan », mon « client » et tous les journalistes d’un seul coup. Tous les médias sont abonnés aux différents comptes des gens qui comptent, et ces gens qui « comptent » n’ont aucune raison de se priver de ces nouveaux moyens. Nous avons vu cette métamorphose chez Tric Trac et notre réaction a été d’ouvrir notre plateforme à tous les acteurs du secteur afin de centraliser tel un « réseau social spécialisé ». Et cela fonctionne. Le trafic augmente. Tric Trac reste un point central où l’on trouve une masse d’informations ludiques en français sans équivalent. Cela fonctionne, mais ne rapporte pas vraiment de chiffre d’affaires puisque tout ce contenu est « gratuit ».

    Il reste la valeur ajoutée d’une analyse approfondie d’un(e) rédacteur(trice) spécialisé(e). De celle qui prend du temps. Produire cette valeur ajoutée a un coût. En salaire, en structure… Seulement voilà, pour financer ce coût, il n’y a plus assez de monde. Il y a les abonnés. Merci à eux. Il y a les publicités. Merci aux annonceurs. Mais il y a tellement d’endroits à financer qu’il y a dilution. Et ce phénomène ne fait que commencer. Il touche tous les secteurs. Il touche tous les médias. Il faut donc trouver autre chose. Une autre voie. Des alternatives. Il faut repenser la chaine de distributions des gains. Vous imaginez bien que j’ai un peu « bossé » sur le propos. Vous imaginez bien que je l’ai verbalisé. À droite. À gauche. Je reviendrais dessus de manière précise. Un jour. Bientôt.

    [...]

    #trictrac #jeux #medias #les_likes

    • J’ai ma réponse… la boutique est effectivement très récente (début juin)… et effectivement gérée à Bordeaux

      La boutique Tric Trac Version 2 ! - News - Tric Trac
      https://us.trictrac.net/news/la-boutique-tric-trac-version-2

      [...] L’accès à l’information a aussi changé. Évolué. Les moyens, les canaux, les réseaux… Jusqu’à modifier l’approche du lecteur. Jusqu’à réduire la qualité nécessaire pour toucher un maximum de cible. Jusqu’à réduire la quantité nécessaire pour toucher un maximum de cible. Plus besoin d’une tonne de matériel pour faire des vidéos. Plus besoin de gros serveurs pour stocker les données. Plus besoin d’un expert pour analyser. Et, surtout, plus besoin d’une rédaction pour traiter une info. Le « journaliste » est devenu un intermédiaire entre l’acteur de l’information et le lecteur. Un intermédiaire de moins en moins utile. Les acteurs de tous les secteurs communiquent directement vers leurs cibles. Les marques, les auteurs, les artistes, et même les politiques s’y sont mis. Autant de paramètres qui changent la donne. Et plus profondément que l’on peut le penser. Résultat, des chaines comme NoLife ferment. Des revues comme Canard PC font des appels à financement.

      [...] Nous allons donc vendre des jeux au prix public conseillé. Pas plus. Pas moins. C’est un vœu pieux.

      Pas toujours simple de générer des salaires…