• Le barreau de Paris annonce saisir le CSA après une chronique de LCI sur Yassine Bouzrou
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/02/20/le-barreau-de-paris-annonce-saisir-le-csa-apres-une-chronique-de-lci-sur-yas


    Yassine Bouzrou au tribunal de grande instance de Paris, le 18 février.
    FRANCOIS GUILLOT / AFP

    L’avocat pénaliste, chargé de la défense de Piotr Pavlenski, a notamment été présenté affublé d’un bonnet d’âne dans l’émission « Le Club Le Chatelier » de la chaîne d’information.

    Le Conseil national des barreaux et le barreau de Paris ont annoncé, mercredi 20 février, entamer une démarche de signalement auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) après la diffusion sur LCI, mercredi, d’une chronique sur la carrière de l’avocat Yassine Bouzrou. Le pénaliste est chargé depuis mardi de la défense de Piotr Pavlenski, mis en examen pour son implication dans la diffusion des vidéos intimes de Benjamin Griveaux.

    Qualifiée de « dégradante » par la présidente du Conseil national des barreaux, Christiane Féral-Schuhl, la séquence de deux minutes retrace le parcours du conseil, notamment, de familles dans le dossier Lactalis, de parties civiles du crash du vol Rio-Paris et de la famille d’Adama Traoré.

    Relayée plusieurs milliers de fois sur Twitter, la première partie de la chronique est consacrée à la jeunesse de l’avocat, décrit comme ayant eu un parcours « assez atypique ». « Né d’une famille marocaine extrêmement modeste », Yassine Bouzrou aurait « enchaîné les déboires scolaires » en changeant par trois fois d’établissements entre le collège et le lycée. Le portrait est illustré par une animation montrant un personnage au visage de Me Bouzrou affublé d’un bonnet d’âne.

  • La surconsommation d’#opioïdes est liée à la #pauvreté
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/20/la-surconsommation-d-opioides-est-liee-a-la-pauvrete-selon-une-etude_6030149

    « Ce résultat valide l’hypothèse des “deaths of despair” [morts de désespoir] américains », commente Mathias Dewatripont, l’un des coauteurs de l’étude, qui n’a pas encore été publiée. Conceptualisée par le Prix Nobel d’économie Angus Deaton et sa consœur Anne Case, cette hypothèse explique la surmortalité liée aux drogues et aux médicaments par le blues de la « working class » américaine, prise au piège d’une économie en berne. Aux Etats-Unis, les antalgiques opiacés ont ainsi causé au moins 200 000 décès depuis 1999. Près de 100 milliards de comprimés ont été distribués pour la seule période 2006-2014.

    #paywall

  • Le ministère de la Défense, la DGSI et le MEDEF se mobilisent pour
    défendre la souveraineté des entreprises françaises

    "Souveraineté & compétitivité des entreprises : plus de temps à perdre !

    Face notamment aux sanctions commerciales, aux lois extraterritoriales américaines et aux ambitions chinoises, entreprises et Etats sont confrontés aux mêmes défis : l’urgence de défendre notre souveraineté et de préserver notre compétitivité.

    Après avoir longtemps subi, le temps des (ré)actions française et
    européenne est venu.

    Protection des données, lutte contre les ingérences étrangères,
    autonomies technologique et énergétique, les enjeux sont nombreux.

    Le Medef vous invite à participer à un évènement visant à débattre des politiques à mettre en œuvre et du rôle déterminant que les
    entreprises peuvent jouer pour garantir nos souverainetés économique, industrielle et numérique, et notre compétitivité internationale.

    Lundi 2 mars 2020

    de 14h30 à 17h15 au Medef

    55, avenue Bosquet, Paris 7e

    Accueil à partir de 14h00

    Programme (encore susceptible d’évoluer) :

    14h30 : Ouverture par Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF

    14h45 : Souveraineté : le retour du patriotisme économique ?

    Face aux politiques protectionnistes, notamment des Etats-Unis et de
    la Chine, la défense de notre souveraineté implique-t-elle le retour
    d’un certain patriotisme économique ?

    Quel modèle de souveraineté française et européenne devons-nous favoriser ?

    Intervenants :

    – Edouard Bourcieu, représentant de la Commission Européenne en France et en Belgique pour les questions commerciales

    – Claire Landais, secrétaire générale de la Défense et de la Sécurité
    Nationale (SGDSN)

    – Tara Varma, directrice du Bureau de Paris etPolicy Fellow - European Council onForeign Relations (ECFR)

    – (Sous réserve) Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d’Allemagne en France

    15h30 : La nationalité : force ou faiblesse dans une économie mondialisée ?

    Au cœur des enjeux de souveraineté, les entreprises voient leur
    nationalité redevenir un critère clé dans la concurrence qui les
    oppose à de grandes entreprises étrangères soutenues par leurs Etats d’appartenance. De nombreux fleurons et pépites stratégiques
    nationales sont ainsi passés ces dernières années sous pavillons
    étrangers.

    Considérées pour certaines comme entités stratégiques à protéger, les entreprises ont un rôle clé à jouer pour porter l’excellence
    technologique et les valeurs françaises et européennes sur la scène
    internationale.

    Intervenants :

    Nicolas Lerner, directeur général de la Sécurité Intérieure (DGSI)

    Sébastien Massart, directeur de la stratégie de Dassault Systèmes

    Mathias Vicherat, secrétaire général de Danone

    16h30 : Se donner les moyens d’une souveraineté offensive

    Protéger sans entraver, préserver l’attractivité et des capacités
    d’innovation dans un contexte géopolitique volatile sont des défis
    substantiels.

    Quels instruments et moyens, notamment financiers, la France et
    l’Europe doivent-elles mettre en place pour préserver leur autonomie
    et la compétitivité de leurs entreprises ?

    Intervenants :

    – Benoit de la Chapelle Bizot, directeur Général par intérim de la
    Fédération Bancaire Française (FBF)

    – Benoît Coquart, vice-président Bâtiment de la Fédération des
    Industries Électriques, Électroniques et de Communication (FIEEC),
    directeur général de Legrand

    – Thomas Courbe, directeur général des Entreprises (DGE) et
    commissaire à l’Information Stratégique et à la Sécurité Economiques
    (CISSE)

    Synthèse :

    Laurent Giovachini, président du Comité Souveraineté et sécurité
    économiques des entreprises du MEDEF, Président de la Fédération
    Syntec et Directeur Général Adjoint de Sopra Steria

    17h15 : Clôture par Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat auprès du
    ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires
    européennes

    Evènement animé par Jean-Dominique Merchet, journaliste à l’Opinion

  • Anne Hidalgo à Paris, maire de la bétonisation ou écologiste efficace ?

    « (…)

    Outre des bouchons et une pollution de l’air persistante, les
    opposants politiques d’Anne Hidalgo regrettent le manque de verdure dans Paris.

    La maire sortante se targue d’avoir planté 20.512 arbres pendant son
    mandat, d’avoir ouvert au public trente hectares d’espaces verts
    supplémentaires et trente hectares d’agriculture urbaine. « Paris
    compte aujourd’hui 117 hectares de murs, toits et façades végétalisés », souligne Célia Blauel.

    Mais les autres candidats restent sceptiques face à ces chiffres. « On
    était censés avoir des places arborées, place de la Bastille ou place
    de la République, et [Anne Hidalgo] a tout bétonné », regrette Gilles
    Mentré.

    « Ses soi-disant plans de végétalisation de rue sont totalement
    bidons, abonde Christophe Berkani. Ce sont des pots de fleurs et on
    appelle ça une rue végétalisée. »

    Danielle Simonnet est du même avis : « Il n’y a pas eu de reconquête
    de la pleine terre », lâche-t-elle.

    « La notion de “réel retour à la pleine terre” signifie qu’il n’y
    aurait aucun obstacle entre la surface du sol et la grande profondeur
    qui viendrait freiner ou détourner le développement végétal et
    l’infiltration des eaux pluviales. C’est tout simplement quasi
    impossible », objecte Célia Blauel (…) »

    Comment @Marc : incroyable ! Six ans de mensonges éhontés à propos du « verdissement », de la "végétalisation" et de la "débitumisation" qui allaient soi-disant permettre d’infiltrer les eaux de pluie et d’obtenir la qualité baignade pour les JO qui volent en éclat, juste parcequ’elle est vénère par Simonnet !

    https//reporterre.net/Anne-Hidalgo-a-Paris-maire-de-la-betonisation-ou-ecologiste-efficace

  • L’Agessa a amputé la retraite de dizaines de milliers d’auteurs
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/02/15/l-agessa-a-ampute-la-retraite-de-186-000-auteurs_6029652_3246.html


    AUREL

    La publication du rapport Racine a remis un coup de projecteur sur les dysfonctionnements de cet organisme de gestion de la sécurité sociale des #auteurs pendant quarante ans.
    Par Nicole Vulser

    Glaçante surprise. Sophie Chauveau, auteure de plus de vingt-cinq essais, biographies, romans et livres d’art, a pris sa retraite le 1er janvier 2020. Elle s’attendait à une petite #retraite, mais a franchement déchanté en constatant que, faute de validation de ses trimestres, elle ne touche que 320 euros de retraite mensuelle… « J’ai travaillé sans discontinuer, à peu près gagné ma vie, sans jamais un seul jour de maladie ni de chômage », explique-t-elle au Monde. Sophie Chauveau n’a pas versé un centime pour ses vieux jours sans savoir que c’était à elle de cotiser directement à l’Agessa (Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs). « Jamais on ne m’a envoyé une lettre pour me demander de payer pour la retraite, dit-elle. Et au moment de la prendre, à l’Agessa, on m’a juste dit que tout est de ma faute et de celle de l’Etat ! » Elle devra donc demander l’allocation de solidarité aux personnes âgées.

    « On m’a proposé de débourser 200 000 euros pour racheter les trimestres manquants. Je ne les ai pas, explique l’auteure du Journal de grossesse de la Vierge Marie (Télémaque). Pour des raisons similaires, beaucoup d’ami(e)s ont dû quitter Paris, ajoute-t-elle. Faute de mari riche ou de fortune de famille. Et moi, dans dix ans, je ne pourrai même plus vivre », lance-t-elle, agacée que Franck Riester, le ministre de la culture, n’ait jamais répondu à sa lettre ouverte.

    Auteure de soixante ouvrages publiés chez Hachette, Casterman, Pocket…, Sophie Dieuaide s’est aperçue qu’elle n’a pas cotisé pendant six ans. « Pourtant, l’Agessa aurait dû me contacter pour que je sois affiliée, je vendais des livres à plus de 70 000 exemplaires », dit-elle. L’illustrateur Henri Fellner déplore, lui, avoir perdu neuf années de cotisations retraite. L’auteure Yaël Hassan, retraitée depuis un an, ne touche, elle, pas un centime pour ses vingt-trois ans d’écriture. « Il faut que j’écrive jusqu’à ma mort », constate-t-elle. Sa consœur Nelly Blumenthal a vu cinq ans volatilisés pour sa retraite future. « Si j’avais su, j’aurais payé, mais je n’étais pas au courant. C’est une injustice incroyable, une escroquerie », lance-t-elle. Comme elle, le documentariste Nicolas Philibert assure : « Pendant des années, je n’ai pas su qu’il fallait cotiser. »

    Violation du code de la Sécurité sociale
    Les cas sont légion. Ils illustrent les graves dysfonctionnement de l’Agessa pendant quarante ans, qui pourraient pénaliser jusqu’à 186 000 auteurs. Des écrivains, compositeurs, réalisateurs, dramaturges, scénaristes, photographes, traducteurs, illustrateurs, graphistes ou même chorégraphes risquent de se voir amputer d’une partie de leur retraite. Tous étaient « assujettis » – donc n’atteignaient pas le seuil des 8 892 euros requis en 2018 pour faire partie des « affiliés ». Ces derniers, au nombre de 17 000 en 2018, paient d’office leurs cotisations retraite.

    La publication du rapport Racine a remis un coup de projecteur sur cette aberration. « Les artistes-auteurs anciennement assujettis à l’Agessa n’ont jamais été prélevés de cotisations à l’assurance-vieillesse depuis la création de ce régime », explique l’auteur. C’était à eux d’effectuer les démarches – ce qui n’existe dans aucun autre régime en France. Fort peu l’ont fait. En violation du code de la Sécurité sociale, l’Agessa s’exonérait donc de sa mission légale de recensement et d’identification de ces artistes-auteurs et n’a jamais appelé de cotisation vieillesse de base entre 1978 et fin 2018. Depuis le 1er janvier 2019, les assujettis ne sont plus lésés puisque cette cotisation de 6,90 % s’applique automatiquement à tous les revenus d’auteurs.
    Thierry Dumas, directeur de l’Agessa, renvoie la responsabilité de ce fiasco à sa double tutelle (les ministères de la culture et des affaires sociales)
    Thierry Dumas, le directeur de l’Agessa depuis 2004 et également de la Maison des artistes (MDA) depuis 2011 – qui, elle, a effectué normalement son travail de recouvrement –, a été bien obligé de constater dans le « 20 heures » de France 2, jeudi 30 janvier, que « l’Agessa n’a pas fait son travail pendant quarante ans ». En plein débat sur les retraites, il se justifie au Monde : « L’Agessa a été conçue dès le début pour gérer uniquement les auteurs vivant de leur création, donc quelques milliers d’affiliés. Elle s’est trouvée sous-dimensionnée pour identifier une partie des artistes-auteurs et recouvrer la cotisation vieillesse. » Jusqu’en 2007, l’Agessa n’arrivait même pas à savoir combien elle comptait d’assujettis…

    M. Dumas affirme avoir demandé en vain le financement d’importants investissements informatiques. Un courrier a été envoyé à partir de 2011 aux assujettis qui auraient pu s’affilier, dit-il. S’il admet que « l’Agessa aurait dû appeler les cotisations », il renvoie la responsabilité de ce fiasco à sa double tutelle (les ministères de la culture et des affaires sociales). Il assure que bon nombre d’auteurs préféraient ne pas cotiser parce qu’ils occupaient un autre emploi – d’enseignant, journaliste ou autre – et n’avaient pas envie de payer deux fois. Il fait valoir par ailleurs que « la situation était dénoncée depuis des années par le conseil d’administration », mais qu’il devait aussi faire face à « des impossibilités juridiques et structurelles pour collecter les cotisations vieillesse ».

    Rapports virulents
    L’alerte avait pourtant été donnée à plusieurs reprises, avec la publication de rapports virulents, en 2005 puis en 2013. La possibilité de payer a posteriori des cotisations n’a été mise en place qu’en 2016. « Seules 200 personnes l’ont demandé », dit M. Dumas. L’étude des dossiers prend plusieurs années et les prix de rachats s’avèrent souvent prohibitifs. Le « dispositif très favorable » vanté par le cabinet de Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites, ne convainc pas.
    Les droits d’auteur constituent une bonne aubaine pour les employeurs, qui ne paient que 1,1 % de cotisations patronales
    Selon le Comité pluridisciplinaire des artistes-auteurs (CAAP), « l’Agessa marche sur la tête depuis sa création. Elle a été fondée par le Syndicat national de l’édition (SNE), l’Union des producteurs de cinéma (UPC) et trois organismes de gestion collective : la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) et la Société des gens de lettres (SGDL). Le pouvoir a donc été octroyé non pas aux auteurs, mais bien à ceux qui diffusent leurs œuvres ». D’ailleurs, les droits d’auteur constituent une aubaine pour les employeurs, qui ne paient que 1,1 % de cotisations patronales.
    Aujourd’hui, les langues se délient. Pour Katerine Louineau, qui a dénoncé la première les pratiques illégales de l’Agessa à l’Assemblée nationale dès 2012, « le directeur de l’Agessa porte évidemment une très lourde responsabilité ». A ses yeux, détaille-t-elle dans le magazine professionnel ActuaLitté du 10 février, « certains membres du conseil d’administration préconisaient des entorses à la loi. Enfin, les ministères de tutelle ont sciemment fermé les yeux ». Dix-huit organisations professionnelles d’auteurs, artistes et photographes ont réclamé, mardi 11 février, aux deux ministres de tutelle de l’Agessa, Agnès Buzyn, ministre de la santé, et Franck Riester, ministre de la culture, « une solution d’urgence » pour régler « ce passif » qui lèse des milliers d’auteurs.
    En plus de ce tollé, Thierry Dumas doit faire face à une autre difficulté depuis le 1er janvier : le chaotique transfert du régime social des artistes et auteurs à l’Urssaf.

    Les dysfonctionnements de l’Agessa
    Des comptes non certifiés
    Quand, pour la première fois en 2012, l’Agessa a fait appel à un commissaire aux comptes, Tuillet Audit, celui-ci a refusé de les certifier puisque les cotisations vieillesse des assujettis n’étaient pas appelées. Malgré cette même réserve, qui a perduré avec les années, les comptes ont ensuite été certifiés.
    Un conseil d’administration inexistant depuis 2014 
    Faute de l’élection d’un nouveau conseil d’administration, le ministère des affaires sociales a nommé, par un arrêté du 29 décembre 2014, un administrateur provisoire – Bernard Billon – à la tête de l’Agessa et de la Maison des artistes (MDA). Depuis le 29 mars 2018, Anne-Marie Le Guével lui a succédé.

    • Oui… j’étais à Paris au début du mois pour la question des formations des artistes auteurs (on cotise 1,1% depuis 2014, donc, on a des droits ouverts) et j’ai pu voir que Katerine Louineau est aussi redoutable qu’elle en a l’air. D’ailleurs, il semble qu’à la SACD, ils ont une poupée vaudoue à son effigie…

      En tout cas, les sociétés de diffuseurs sont à la manœuvre pour préserver leur main-mise sur le gâteau de notre travail.

      Pour en revenir à l’AGESSA, cela fait bien depuis une dizaine d’années que le CAAP, à travers Katerine, exhorte l’AGESSA à respecter la loi et qu’ils font la sourde oreille… parce que ça ne s’arrête pas aux retraites.

      Les auteurs au réel étaient prélevés de force du précompte… sur leur CA et non pas sur leur bénéfices + 15%, comme la loi l’exige. Grosse différence… très difficile à faire valoir et récupérer. Du coup, j’ai sous-facturé mes travaux en écriture pour rester à la MDA et ne pas basculer à l’AGESSA.

  • Le podcast natif : média générationnel ou de polarisation sociale ?

    « Marshall McLuhan avançait que la radio, le média de l’ouïe, se
    distinguait par une portée envoûtante qui surpassait tous les autres
    médias. Il se serait donc sans doute intéressé au succès grandissant
    du podcast natif. Cette appellation ésotérique désigne une création
    sonore originale, conçue pour être diffusée sur des plateformes
    numériques. A côté des podcasts d’émissions ou de reportages déjà
    passées sur une radio (le replay basique), à côté de l’enregistrement
    des cours du Collège de France ou de centaines de grandes universités de par le monde, à côté des conférences Ted et de la captation d’événements du même genre, à côté des milliers de livres audiovisuels dédiés à la connaissance ou à la fiction, le podacst natif propose des contenus différents, souvent hors des sentiers battus, en direction des 25-40 ans.

    Il constitue en quelque sorte la catégorie « art et
    essai » de l’art sonore. Comme ces productions sont en général conçues et réalisées par des journalistes du même âge, par un jeu de miroir, se dessine un état d’esprit générationnel intéressant à décrypter.

    (…)

    L’impact mis sur la parole intime favorise l’émergence de communautés autour de certains podcasts, notamment pour les minorités sexuelles.

    D’autres podcasts ressemblent aux magazines de société diffusés sur
    les radios, mais cette forme de production donne plus de marge de
    liberté aux journalistes, les autorisant à de profondes explorations
    sur un même sujet – par exemple la série sur le Planning familial de
    Marseille (produit par l’association elle-même). Mille sujets sont
    abordés dans ces modules natifs, beaucoup concernent les émotions, la vie relationnelle, les aliments, la santé et l’éducation, le travail.
    Un sujet tombe radicalement à la trappe : la politique. Dans cette
    foison de récits, la parole est brute, sans fard, la présence des
    interviewers est discrète, aucune polémique, aucune charge morale ne pèse sur ces témoignages, les montages sont secs, peu enjolivés de musique ou d’effets sonores.

    (…)

    Dans une société de la connaissance, où un cinquième des nouvelles
    générations suit des études longues, plusieurs conditions sont donc
    réunies pour que prospère le marché de ces contenus sonores. Dans le mouvement de segmentation sans cesse accentuée des types de médias, les trentenaires CSP+ privilégient les médias de niche à haut contenu culturel ou informatif et à la demande, sans toutefois s’éloigner radicalement des médias de masse. L’engouement des nouvelles générations pour les radios libres dans les années 80, ou pour les réseaux sociaux dans les années 2000, englobait les différentes parties de la jeunesse et, somme toute, a fonctionné selon une dynamique fédératrice. Le podcast natif semble correspondre au choix inverse, en tout cas pour le moment : rester dans une bulle culturelle sélective, maîtrisée, loin du tintamarre médiatique. Un zeste de polarisation supplémentaire. »

    https://www.telos-eu.com/fr/le-podcast-natif-media-generationnel-ou-de-polaris.html

  • Quatorze nouveaux membres élus à L’Académie des technologies

    Comment @Marc : l’Etat profond…

    « L’Académie des technologies accueillera, lors d’une cérémonie à la
    Maison de la chimie, le 11 février, quatorze nouveaux membres élus en 2019 [1] portant à 338 le nombre d’académiciens.

    Chaque année, l’Académie recrute de nouveaux membres afin d’élargir ou d’approfondir son champ de réflexion et d’action, dans le cadre d’une procédure de recrutement rigoureuse, qui prend en compte l’excellence des personnes et le rayonnement de leurs travaux en Europe et à l’international.
[1] Élections approuvées par décret en date du 20 janvier 2020.

    Seront présentés le mardi 11 février :

    Véronique Bellon-Maurel - Directrice de #DigitAg (institut de
    convergences en agriculture numérique), chef de département adjointe du département NUMM de l’Institut national de recherche pour l’agriculture l’alimentation et l’environnement (INRAE)

    Patrick Caron - vice-président délégué pour les Relations
    internationales de l’Université de Montpellier, président d’Agropolis
    International, directeur de l’Institut de connaissances avancées de
    Montpellier sur les transitions (MAK’IT / MUSE)

    Barbara Demeneix - Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, ancienne directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire au Muséum national d’histoire naturelle de Paris et cofondateur de Watchfrog

    Jacques Gaillard - Co-fondateur et administrateur du groupe Artelia,
    président de la Fondation Artelia

    Thomas Grenon - Directeur général du Laboratoire national de
    métrologie et d’essais (LNE)

    Victoire de Margerie - Président de Rondol Industrie et vice-président
    du World Materials Forum

    Pierre-Benoit Joly - Président du Centre de recherche de l’Institut
    national de recherche en agriculture, alimentation et environnement
    (INRAE) Occitanie-Toulouse

    Luc Julia - CTO & Senior Vice President Innovation au Strategy and
    Innovation Center de Samsung Electronics en Californie, directeur du
    Laboratoire de recherche en Intelligence Artificielle de Samsung à
    Paris

    Valérie Masson-Delmotte - Membre du Haut conseil pour le climat auprès du Premier ministre, co-présidente du groupe n°1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)

    Marie Meynadier - Administratrice des sociétés EOS Imaging
    (fondatrice), Corewave, Pixium, Stentys, Damae et SpinoModulation,
    membre du Conseil de l’innovation, membre du comité de pilotage de l’Agence pour l’innovation de Défense

    Régis Réau - Directeur Scientifique R&D Air Liquide, Senior Fellow

    Anne-Catherine Robert-Hauglustaine - Professeur (PAST) à l’Université de Paris I Sorbonne, directrice générale du Musée de l’Air et de l’espace, Paris-Le Bourget

    Bruno Stoufflet - Directeur de l’innovation Société (Chief Technology
    Officer) de Dassault Aviation, vice-président du Conseil d’orientation
    de la recherche aéronautique civile

    Joëlle Toledano - Professeur émérite à l’Université Paris
    Dauphine-PSL, ancienne membre de l’Autorité de régulation des
    communications électroniques et des Postes (ARCEP - 2005-2011)

    Télécharger les biographies des nouveaux élus

    Télécharger la plaquette institutionnelle de l’Académie des technologies

    Télécharger le catalogue des publications (2011-2020)

    Télécharger le rapport d’activité 2018

  • La nouvelle phase « verte » du capitalisme et son avant-garde
    "écologique et citoyenne"...

    Miquel Amorós est un intellectuel écolibertaire espagnol connu entre
    autres pour ses analyses mettant en lumière les contradictions et la
    fausse radicalité parmi les militants écologistes et d’extrème gauche
    (y compris anarchistes).

    Un très grand nombre de listes candidates aux élections municipales se
    disent "écologistes et citoyennes".

    Leurs candidat(e)s ainsi que leurs supporters (et trices) devraient lire ce texte ;-)

    https://lepasdecote.video.blog/2020/01/31/les-nouveaux-habits-du-developpementalisme-capitaliste

    • Le texte est bien écrit mais c’est une opposition somme toute classique entre réforme et révolution avec un côté assez (de façon caricaturale) marxiste : la révolution viendra toute seule suite aux contradictions du capitalisme qui le feront s’écrouler.

    • Encore une lecture de travers, que ce soit du courant anti-industriel ou de la critique de la valeur etc : à aucun moment ni les uns ni les autres ne disent que la révolution viendra toute seule, mais que les insurrections, le bordel, etc, va arriver tellement ce sera dur de continuer à vivre sous ce mode de vie (et c’est déjà largement le cas, un peu partout dans le monde, ce n’est pas du tout « dans le futur »).

      Mais cela n’implique en rien du tout que ça va être mieux ensuite, puisque ça peut parfaitement aboutir à un monde plus barbare, ou à mettre au pouvoir une autre caste de sauveurs à la place de l’ancienne, plutôt que de chercher à vivre plus libres, plus autonomes, aussi bien matériellement que politiquement.

      Et pour ce texte précisément, la conclusion est très claire : « Si la société civile parvient à s’organiser en dehors des institutions et des bureaucraties ». Sinon non. Donc aucune super révolution obligatoire mécaniquement.

    • #Green_New_Deal
      Voir peut-être aussi : https://seenthis.net/messages/814673

      [edit]
      A propos de « XR », un collectif appelé « the Wretched of the Earth » (les Damné·es de la Terre) avait publié une lettre ouverte adressée à la soit disant « rebellion » :

      https://www.redpepper.org.uk/an-open-letter-to-extinction-rebellion

      @val_k en avait fait une traduction écrite et audio en français et l’avait publiée sur archive.org. Mais comme je suis infoutu d’en retrouver le lien, je pose son texte ici :

      Lettre ouverte à Extinction Rebellion
      "La lutte pour la justice climatique est le combat de nos vies, et nous devons le faire correctement."

      Lettre des collectifs formant Les Damnés de la Terre (Wretched of The Earth) publié sur le site du magazine Red Pepper le 3 mai 2019.
      Wretched of The Earth est un collectif communautaire anglais pour les groupes et les peuples indigènes, noirs, métisses et de la diaspora qui réclament la justice climatique et qui agissent en solidarité, tant au Royaume-Uni que dans le Sud.
      Cette lettre a été écrite en collaboration avec des dizaines de groupes alliés. Alors que s’achevaient les semaines d’action appelées par Extinction Rebellion, nos groupes se sont réunis pour réfléchir sur le récit, les stratégies, les tactiques et les revendications d’un mouvement climatique revigoré au Royaume-Uni. Dans cette lettre, nous formulons un ensemble de principes et de demandes fondamentaux enracinés dans la justice et nous considérons comme crucial que le mouvement tout entier en tienne compte alors que nous continuons à élaborer une réponse à "l’urgence climatique".

      Cher Extinction Rebellion,

      L’émergence d’un mouvement de masse comme Extinction Rebellion (XR) est le signe encourageant que nous avons atteint un moment propice dans lequel il existe à la fois une conscience collective de l’immense danger qui nous attend et une volonté collective de le combattre. Une masse critique est d’accord avec la lettre ouverte qui lance XR quand elle déclare : « Si nous continuons sur notre voie, l’avenir de notre espèce est sombre. »

      Dans le même temps, pour construire un avenir différent, voire même pour l’imaginer, nous devons comprendre ce qu’est cette « voie » et comment nous en sommes arrivés a un monde tel que nous le connaissons maintenant. « La Vérité » de la crise écologique est que nous ne sommes pas arrivés ici par une série de petites erreurs, mais que nous avons été poussés par des forces puissantes qui ont conduit la répartition des ressources de la planète entière et la structuration de nos sociétés. Les structures économiques qui nous dominent ont été créées par des projets coloniaux dont le seul but est la poursuite de la domination et du profit. Pendant des siècles, le racisme, le sexisme et le classisme ont été nécessaires pour que ce système soit maintenu et ont façonné les conditions dans lesquelles nous nous trouvons.

      Une autre vérité est que pour beaucoup, l’austérité n’appartient pas à « l’avenir ». Pour ceux d’entre nous qui sont indigènes, de la classe ouvrière, noirs, métisses, queer, trans ou handicapés, l’expérience de la violence structurelle est une partie intégrante de notre droit de naissance. Greta Thunberg appelle les dirigeants mondiaux à agir en leur rappelant que « notre maison est en feu ». Pour beaucoup d’entre nous, la maison est en feu depuis longtemps : chaque fois que la vague de violence écologique monte, nos communautés, en particulier dans les pays du Sud, sont toujours les premières touchées. Nous sommes les premiers à faire face à une mauvaise qualité de l’air, à la faim, aux crises de santé publique, à la sécheresse, aux inondations et aux déplacements.

      XR déclare que « la science est claire : il est entendu que nous sommes confrontés à une urgence mondiale sans précédent. Nous nous trouvons dans une situation de vie ou de mort. Nous devons agir maintenant. » Vous ne réaliserez peut-être pas que lorsque vous vous concentrez sur la science, vous passez souvent à côté du feu et de nous - vous passez à côté de nos histoires de lutte, de dignité, de victoire et de résilience. Et vous passez à côté de la vaste connaissance intergénérationnelle de l’unité avec la nature qu’ont nos peuples. Les communautés indigènes nous rappellent que nous ne sommes pas séparés de la nature et que protéger l’environnement, c’est aussi nous protéger. Pour survivre, les communautés des pays du Sud continuent à projeter la vision et la construction de nouveaux mondes libres de la violence du capitalisme. Nous devons à la fois nous concentrer sur ces expériences et reconnaître ces savoirs là.

      Nos communautés sont en feu depuis longtemps et ces flammes sont attisées par notre exclusion et notre silenciation. Sans intégration de nos expériences, toute réponse à cette catastrophe ne changera pas la manière complexe dont les systèmes sociaux, économiques et politiques façonnent nos vies - offrant à certains un passage facile dans la vie en en faisant supporter le coût à d’autres. Pour envisager un avenir dans lequel nous serons tous libérés des causes profondes de la crise climatique - capitalisme, extractivisme, racisme, sexisme, classisme, capacitisme et autres systèmes d’oppression - le mouvement pour le climat doit refléter les réalités complexes de la vie de chacun dans leur narration.

      Et cette complexité doit également être répercutée dans les stratégies. Beaucoup d’entre nous sont exposés au risque d’arrestation et de criminalisation. Nous devons peser avec soin les coûts qui peuvent être infligés à nous et à nos communautés par un État qui est déterminé à cibler ceux qui sont racialisés avant ceux qui sont blancs. La stratégie de XR, avec comme tactique première d’être arrêté, est valable - mais elle doit être soutendue par une analyse continue de son privilège ainsi que de la réalité de la violence de la police et de l’État. Les participants XR devraient utiliser leur privilège de pouvoir risquer une arrestation tout en soulignant la nature racialisée du maintien de l’ordre. Bien qu’une partie de cette analyse ait commencé à être réalisée, tant qu’elle n’est pas au cœur de l’organisation de XR, ce n’est pas suffisant. Pour faire face au changement climatique et à ses racines dans les inégalités et la domination, il faudra une diversité et une pluralité de tactiques et de communautés afin de co-créer le changement transformateur nécessaire.

      Nous saluons l’énergie et l’enthousiasme que XR a apporté au mouvement écologiste, et cela nous donne l’espoir de voir autant de personnes prêtes à agir. Mais comme nous l’avons souligné ici, nous estimons que certains aspects essentiels de leur approche doivent évoluer. Cette lettre appelle XR à faire davantage dans l’esprit de ses principes, qui disent qu’ils « travaillent à la construction d’un mouvement participatif, décentralisé et inclusif ». Nous savons que XR a déjà organisé divers exercices d’écoute et a reconnu certaines des lacunes de son approche. Nous espérons donc que XR et ses membres apprécieront notre contribution.

      Alors que XR achève cette période d’actions, nous espérons que notre lettre propose quelques réflexions utiles pour la suite des choses. La liste des demandes que nous présentons ci-dessous ne prétend pas être exhaustive, mais offrir un point de départ qui souligne les conversations dont nous avons un besoin urgent.

      Les Damnés de la Terre (Wretched of the Earth) ainsi que de nombreux autres groupes, considèrent les revendications suivantes comme cruciales pour la rébellion de justice climatique :

       Mettre en œuvre une transition axée sur la justice afin de réduire à zéro les émissions de carbone du Royaume-Uni d’ici 2030, dans le cadre de sa juste part pour maintenir le réchauffement en dessous de 1,5 ° C ; cela comprend l’arrêt de tous les projets de fracturation, la gratuité des solutions de transport et du logement décent, la réglementation et la démocratisation des entreprises et la restauration des écosystèmes.

       Passer un Nouveau Pacte Vert Mondial pour assurer le financement et la technologie des pays du Sud grâce à la coopération internationale. La justice climatique doit inclure les réparations et la redistribution ; une économie plus verte en Grande-Bretagne obtiendra très peu de résultats si le gouvernement continue d’empêcher les pays vulnérables de faire de même avec une dette écrasante, des accords commerciaux inéquitables et l’exportation de ses propres industries extractivistes mortelles. Ce "Green New Deal" inclurait également la fin du commerce des armes. Les guerres ont été créées pour servir les intérêts des entreprises - les plus grandes transactions d’armes ont livré du pétrole ; tandis que les plus grandes armées du monde sont les plus grandes consommatrices d’essence.

       Tenir les sociétés transnationales pour responsables de leurs actes en créant un système qui les réglemente et les empêche de pratiquer la destruction mondiale. Cela impliquerait de se débarrasser de nombreux accords de commerce et d’investissement existants qui consacrent la volonté de ces sociétés transnationales.

       Retirer la planète des marchés boursiers en restructurant le secteur financier pour le rendre transparent, démocratisé et durable, tout en décourageant les investissements dans les industries extractives et en subventionnant les programmes relatifs aux énergies renouvelables, la justice écologique et les programmes de régénération.

       Mettre fin à l’environnement hostile des murs et des clôtures, des centres de détention et des prisons utilisés contre les communautés racialisées, migrantes et réfugiées. Au lieu de cela, le Royaume-Uni devrait reconnaître ses responsabilités historiques et actuelles dans la conduite du déplacement des peuples et des communautés et honorer ses obligations à leur égard.

       Garantir des communautés florissantes dans les pays du Nord et du Sud dans lesquelles tout le monde a droit à une éducation gratuite, à un revenu suffisant, qu’il soit au travail ou non, à des soins de santé universels, y compris un soutien au bien-être mental, des transports abordables, une alimentation saine à prix abordable, un emploi et logement digne, une participation politique significative, un système de justice transformatrice, les libertés liées au genre et à la sexualité et, pour les personnes handicapées et les personnes âgées, de vivre de manière autonome dans la communauté.

      La lutte pour la justice climatique est la lutte de nos vies et nous devons la mener correctement. Nous partageons cette réflexion d’un lieu d’amour et de solidarité, de groupes et de réseaux travaillant avec des communautés en première ligne, unis dans l’esprit de construire un mouvement pour la justice climatique qui ne fasse pas payer les plus pauvres des pays riches pour faire face à la crise climatique, et refuse de sacrifier les peuples du Sud pour protéger les citoyens du Nord. Il est essentiel que nous restions responsables devant nos communautés et envers tous ceux qui n’ont pas accès aux centres de pouvoir.
      Sans cette responsabilité, l’appel à la justice climatique est vide.

      Les Damnés de la Terre (Wretched of the Earth).

    • @rastapopoulos
      Tu cites la dernière phrase qui effectivement commence par un conditionnel précautionneux mais juste avant voilà ce qui est écrit :

      Le jour où le système techno-industriel — géré par les marchés ou par l’État —, cessera de répondre aux besoins d’une partie importante de la population ou, en d’autres termes, lorsque les conditions météorologiques ou quelque autre facteur enrayera l’approvisionnement, viendra le temps des insurrections. Un système défaillant, qui entrave la mobilité de ses sujets et les menace de mort par inanition n’a pas d’avenir. Il est probable que, dans le feu de l’action, des structures communautaires — fondamentales pour assurer l’autonomie des révoltes — seront reconstruites.

      Si c’est pas du messianisme révolutionnaire ça, alors c’est que je ne sais vraiment pas lire. Ce qui me frappe vraiment dans ce genre de littérature, c’est qu’à part conchier les trucs réformistes (certes souvent avec des raisons valables) rien n’est vraiment construit ce qui fait qu’au final on a juste l’impression que l’unique but est donc vraiment de conchier les trucs réformistes (et pour se justifier on dit qu’un jour y aura l’insurrection... et voilà). La présentation de l’auteur et du texte fait par @marclaime ne dit pas autre chose. On a déjà vu ça dans le militantisme trotskiste (et sûrement d’autres courants) qui passait son temps à décrier les autres sectes du même acabit qu’eux même, ce serait bien de ne pas recommencer (ou continuer)...

    • J’insiste : si tu confonds « insurrection » et « révolution », ya clairement un problème de lecture important… :)

      Il n’y a aucun messianisme dans ta citation, c’est un fait établi qu’il y a déjà des insurrections un peu partout, dès que les gens ont faim, n’arrivent plus à joindre les deux bouts, n’arrivent plus à vivre la vie que nous fait mener le capitalisme. La question c’est une fois qu’on s’est insurgé, qu’est-ce qui advient ? Et là il n’y a aucune assurance que ça aboutisse à quelque chose de positif, d’émancipateur, et cela dépend de la condition que j’ai cité plus haut.

      1) Vie tellement pourrie qu’on n’arrive même plus à subvenir aux besoins de base (manger, habiter, etc) => insurrection.
      2) Si on parvient à s’organiser de manière autonome (aussi bien politiquement : anarchisme, que matériellement : sans être dépendants d’industries énormes) => révolution.

      L’un est totalement sûr et déjà le cas un peu partout dans le monde, l’autre est totalement incertain et ça peut parfaitement aboutir à plus de barbarie (daesh, régimes autoritaires, etc).

    • C’est sûrement une question de vocabulaire mais cela dit je ne déclarerais pas que c’est « totalement sûr » que les insurrections adviendront de façon systématique. Pour parler de ce qui se passe chez nous, cela dépend par exemple si on considère que le mouvement des gilets jaunes est une insurrection ou une simple révolte d’une petite fraction de la population. Je dis ça car je travaille dans une petite entreprise et c’est tout simplement incroyable de constater la veulerie dont peuvent faire preuve la plupart de mes collègues (tous méprisants envers les gilets jaunes, ricanant quand les manifestations contre la réforme des retraites passent devant l’entreprise... Et j’ai vu ça dans d’autres emplois, généralement au mieux on a le droit à de l’indifférence). Bref, on peut très bien passer directement à la case dictature sans passer par la case insurrection/révolution, c’était le sens de mon commentaire précédent.

  • Les paradoxes de la « diagonale du vide »

    « La diagonale du vide, c’est cette bande de territoire allant du
    Nord-Est de la France jusqu’au Sud-Ouest en passant par le Massif
    central, caractérisée par une faible densité démographique et une
    tendance à la dépopulation.

    Cette expression alimente souvent un discours alarmiste, voire
    catastrophiste, en opposant une France urbaine supposée riche et
    dynamique à une France rurale abandonnée, en voie d’appauvrissement et de désertification.

    Cette opposition est simpliste et le tableau de la diversité
    territoriale de la France est beaucoup plus complexe et composite. Une étude récente de l’INSEE[1] à partir du dernier recensement le montre à nouveau. »

    Comment @Marc : encore un exemple d’un usage très politique de données statistiques…

    https://www.telos-eu.com/fr/les-paradoxes-de-la-diagonale-du-vide.html

    • Je vis dans un territoire du vide et je viens d’aller en visiter un autre et les données que j’en rapporte sont assez différentes.

      La principale variable explicative des mouvements de population actuelle est soigneusement gardée sous le boisseau, car il s’agit moins d’« attractivité » des territoires périphériques que d’un renforcement jamais égalé de la force centrifuge des métropoles par la pression immobilière .

      Pour la faire très courte : il n’est pas possible avec des revenus de zones périphériques de s’implanter à moins de 30 mn d’une métropole régionale (c’est encore plus vrai pour la capitale). Les conditions demandées pour l’accès à des logements étriqués excluent de fait au moins 50% de la population (en étant très généreuse).

      S’il y a bien quelques retraités encore un peu dotés financièrement et quelques actifs qui cherchent un cadre de vie de meilleure qualité, ce n’est plus du tout un mouvement majoritaire. Les jeunes ruraux (et assimilés) des zones excentrées qui espèrent avoir une éducation et/ou un boulot de qualité doivent toujours quitter le pays pour « la ville » qui concentre à un point jamais égalé la production de valeur ajoutée . Les babas & bobos qui sont arrivés jusqu’au début des années 2000 cherchent à présent à se rapprocher des centres de santé et services des métropoles régionales, qui répondent mieux aux problématiques des gens en perte d’autonomie et de santé.

      Alors qui arrive ?

      Depuis le début des années 2000 et encore plus intensément depuis la crise de 2007 qui a creusé vertigineusement les inégalités : les pauvres « inexploitables » des métropoles , les gens au minima sociaux sans espoir d’en sortir un jour, les « Cassos » qui entrent frontalement en concurrence avec les jeunes restés au pays qui godillent laborieusement dans le sous-emploi sous-payé et éclaté caractéristique de ces zones portées essentiellement par 4 secteurs d’activité :
      -- l’agriculture, saisonnière, morcelée, usante et extrêmement mal payée, qui ne permet généralement pas de sortir des minimas sociaux,
      -- les soins aux personnes (territoires vieillissants + pression foncière pour EHPADer loin des villes, où la « vie » est moins chère), un peu plus rémunérateurs mais très usants,
      -- le tourisme, qui paient peu et de manière saisonnière, donc on reste dans les systèmes D et minima sociaux,
      -- les fonctionnaires (surtout dans les préfectures) qui sont généralement les mieux payés et les mieux éduqués et qui permettent de n’avoir pas totalement une économie du tiers monde mais que les différents gouvernements s’acharnent à faire disparaître.

      L’arrivée des pauvres éjectés des villes ne se fait pas sur le mode du choix, mais plutôt de la sanctuarisation des métropoles économiques et cela engendre sur place des comportements de rejet et de repli qui ont commencé un peu à s’exprimer il y a un peu plus d’un an.

    • Tu as totalement raison. Et j’ai mentionné ce texte à dessein. Galland et un libéral de la mort qui tue. Et l’on voit donc comment tout le monde manipule les statistiques... En écho à un débat récent ici même sur les stats des atteintes sexuelles et la réponse pénale qui y est apportée...

    • Disons que j’ai remarqué une grosse vague de fond pour discréditer le travail de Christophe Guilluy sur « La France périphérique », ces derniers temps, qui va de pair avec la mise sous le boisseau du substrat (et donc de la légitimité) de la révolte des #Gilets_jaunes.

      J’ai de + en + l’impression qu’il s’agit d’invisibiliser la réalité du terrain : explosion des inégalités & durcissement des ségrégations spatiales sur fond de guerre des classes, avec sanctuarisation des centres-métropoles bourgeois.

      #territoires

    • Deux docus sur arte.tv disponibles en replay mais pas encore regardés :

      https://www.arte.tv/fr/videos/078202-000-A/les-nouveaux-pauvres-quand-travailler-ne-suffit-plus/?xtor=EPR-17

      Victimes du chômage ou condamnés aux petits boulots, un tiers des Européens, actifs et retraités, vivent dans une insécurité économique croissante. Le tableau édifiant d’une société au bord du précipice.

      https://www.arte.tv/fr/videos/084759-000-A/push-chasses-des-villes/?xtor=EPR-17

      Les grandes métropoles deviennent peu à peu le territoire exclusif des riches. Dans le sillage de Leilani Farha, rapporteuse spéciale de l’ONU sur le logement convenable, une enquête sur un phénomène mondial qui s’amplifie.

  • Comprendre le malaise des agriculteurs

    Début décembre, les agriculteurs bloquaient les artères de plusieurs
    grandes villes pour interpeller l’exécutif et la grande distribution à
    l’heure où débutent les négociations de prix annuelles. Le malaise
    profond qui habite aujourd’hui de nombreuses cours de fermes en France est quotidiennement évoqué, dans l’actualité, dans des films, des livres, des bandes dessinées.

    À l’approche des élections municipales, la prise en compte des
    inquiétudes et du mal-être qu’expriment de nombreux agriculteurs est cruciale. En comprendre les racines pour y apporter les bonnes
    réponses en est la première étape. Les raisons de cette désillusion
    sont nombreuses et les énumérer en quelques mots de synthèse est une gageure. La situation est toutefois trop grave pour que les
    intellectuels, qui observent ces grandes transformations, ne partagent pas leur double constat.

    Les exploitants agricoles, d’une part, représentent désormais 3,5 %
    des actifs agricoles alors que ce chiffre s’élevait respectivement à
    27 % en 1955 et 6 % en 1988. Dans l’attente du prochain recensement de 2020, les estimations confirment cette baisse et un pourcentage qui se chiffrerait en dessous de 2 %. Jamais une profession n’a connu une évolution aussi brutale. Cette transformation n’est pas seulement quantitative : la chute du nombre d’actifs agricoles s’accompagne aussi d’un effacement de l’identité professionnelle agricole et d’un retrait de la vie politique, notamment locale. Quelle commune rurale est encore dirigée par un agriculteur ?

    L’autre aspect du constat concerne l’expression parfois employée de « monde agricole », qui sous-entendrait l’existence d’une unité
    professionnelle. Elle cache en fait des réalités très variées, tant
    les modes de production sont aujourd’hui divers. Quels points communs entre une firme multinationale de production de lait standard et une ferme familiale en polyculture-élevage dans une filière sous signe de qualité ? Pourquoi les agriculteurs n’arrivent-ils plus à vivre de leur travail ? (Le Monde).La honte du « bouseux »

    Comment en est-on arrivé là en 2019 ? Les pistes d’interprétation sont multiples et s’entremêlent.

    Lire la suite :

    https://theconversation.com/comprendre-le-malaise-des-agriculteurs-127862)

  • Pourquoi les banques vont exiger que leurs clients aient un smartphone

    « Avec la mise en place de la directive européenne sur la sûreté
    bancaire, les banques incitent fortement leurs clients à utiliser un
    smartphone récent équipé d’un système d’exploitation américain. Ceux qui n’en ont pas risquent de ne plus pouvoir accéder à leur compte en ligne.

    Depuis le 20 janvier dernier, certains clients du Crédit Mutuel ont eu
    la surprise de ne pas pouvoir se connecter à leur compte. La banque
    exige désormais que le client télécharge une appli sur son téléphone
    mobile. Faute de quoi, l’accès aux comptes est refusé. Le service
    technique de la banque est débordé par les appels des clients qui
    n’ont plus accès à leurs comptes. La banque se défend en expliquant
    qu’elle se contente d’appliquer là une directive européenne qui oblige les banques à mettre en place un système d’authentification forte, avec au moins deux facteurs d’identification, une directive à laquelle toutes les banques sont tenues de se conformer.

    Concrètement, explique la FBF (fédération bancaire française)
    "l’authentification forte s’appuie sur l’utilisation d’au moins deux
    éléments parmi les 3 catégories suivantes : une information que le
    client est seul à connaître tel qu’un mot de passe ou code secret, une
    utilisation d’un appareil qui appartient au client (téléphone
    portable, montre connectée, appareil dédié fourni par la banque) et
    une caractéristique personnelle qui est intimement liée au client
    comme la reconnaissance vocale, faciale, l’empreinte digitale"... Le
    Crédit Mutuel a donc décidé d’inciter très fortement ses clients à
    télécharger une appli mobile, dont l’utilisation est indispensable
    pour se connecter à leur compte en ligne, même si le compte est
    consulté sur PC. "Il y a une solution proposée à ceux qui ne
    détiennent pas de téléphone mobile, précise un porte-parole, ils
    peuvent utiliser un boîtier autonome équipé d’un lecteur de QR code ou un boîtier lecteur de cartes, connecté via port USB au PC." La
    première solution coûte 29 euros et la seconde suppose un abonnement annuel de 15 à 20 euros. Selon le porte-parole, la banque doit en passer par là pour se mettre en conformité avec la DSP2. »

    Lire la suite :

    https://www.challenges.fr/finance-et-marche/banques/pourquoi-les-banques-vont-exiger-que-leurs-clients-aient-un-smartphone_69

    • L’application ne demanderait pas l’accès aux contacts et aux images, j’aurais installé en maugréant, mais j’aurais utilisé l’outil.
      Mais non, il faut que l’application demande l’accès à tout ce qui est inutile pour l’authentification forte.
      Alors, j’ai demandé le boitier pourri qui ne fonctionne que sur une seule machine à la fois, avec des drivers peu commodes. Et je ne l’ai pas encore mis en oeuvre. Je ne retrouve pas la carte qui va avec. Et en fait... le CM a décidé de faire de la validation par code SMS. J’ignore s’ils vont le faire longtemps, mais dans l’immédiat, ça me va bien. C’est pénible. Mais c’est mieux que tout le reste.
      A noter que récemment, j’ai un client qui par naïveté a laissé des inconnus entamer une télémaintenance sur son poste, tout en donnant son n° de CB. Autant dire que potentiellement, il doit remplacer tous les mots de passe stockés dans son navigateur, en plus de bloquer sa CB. Et dans de tels cas, on est bien heureux de la mise en œuvre d’une procédure « 2FA », second facteur d’authentification.

  • La CIA reconnaît son rôle dans le coup d’Etat en Iran en 1953

    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/08/19/la-cia-reconnait-avoir-renverse-le-premier-ministre-iranien-en-1953_3463576_

    Quel scoop !

    Selon des documents récemment déclassifiés, la CIA reconnaît avoir orchestré le coup d’Etat qui a renversé le premier ministre iranien, Mohamed Mossadegh, le 18 août 1953, après qu’il eut nationalisé le pétrole du pays.

  • Politicized bureaucrats in and beyond Europe. Conflicting loyalties,
    professionalism and the law in the making of public services

    « Looking at the way public services were delivered on a daily basis
    within street-level bureaucracies, social scientists have been
    increasingly focusing on the daily lives of civil servants, exploring
    their interaction with users, their discretion in implementing public
    policies, and the way they ultimately contributed to the making of
    statehood in different contexts. This panel focuses on civil servants
    protesting or acting ’against’ the state while working for, and within
    its institutions.

    Over the last couple of years, civil servants from various areas of
    the world have indeed been engaging in political protests against
    their government, or the specific policies that were imposed on them.
    Beninese magistrates fought for their independence, Belgian judges for more staff to be hired. This panel invites contributors to think about why and how bureaucrats participate to such protests, despite
    professional norms often prescribing restraint and withdrawal from
    political life. What kind of norms and discourses do they mobilize,
    and what kind of effects do such mobilizations produce? Papers can
    also reflect on more subtle ways of acting ’against the state’, such
    as disobeying administrative orders or resisting political pressure.

    Looking at how bureaucrats critically engage against their own
    administration will allow us to delve into conflicting loyalties,
    current understandings of professionalism, and engagement with law –
    all of which can contribute to new understandings of street-level
    bureaucracies, beyond Weber (1956) or Lipsky (1980). »

    More information about the conference on the following link:

    https://easaonline.org/conferences/easa2020/cfp

    Paper proposals should be submitted before the 20/01/2020, via

    https://nomadit.co.uk/conference/easa2020/p/8499

  • Un supercalculateur de 14 petaflops installé à l’IDRIS (CNRS)

    La famille des supercalculateurs français a grandi d’une unité cette semaine. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a acquis un nouveau supercalculateur par l’intermédiaire de la société publique GENCI (Grand équipement national de calcul intensif), qui est doté d’une puissance de 14 pétaflops. Le nouvel engin est conçu par l’américain Hewlett-Packard Entreprise (HPE) et sera installé à l’Idris, le centre national de calcul du CNRS, pendant le premier semestre 2020.

    Depuis l’année 2018, la France a pour objectif de devenir l’un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle (IA). Pour cela, il est important qu’elle se donne les moyens de calculs et se munisse d’outils de recherche et de développement de l’IA.

    https://hpc.developpez.com/actu/291288/La-recherche-francaise-inaugure-Jean-Zay-un-supercalculateur-de-14-p

  • L’extraordinaire destin de Madame Brouette
    https://www.nova-cinema.org/prog/2020/176/dakar-quartiers-de-cinema/article/l-extraordinaire-destin-de-madame-brouette

    Moussa Sene Absa, 2002, FR-CA-SN, 35mm, FR WO ST ANG, 104’

    On appelle Mati « Madame Brouette » parce qu’elle vend des légumes sur une brouette. Et elle a tué son mari. Film surréel et magique, sur un monde corrompu et violent, situé à Niaye Thiokers reconstitué pour le tournage avec une palette de couleurs digne d’un tableau, le scénario de « Madame Brouette » est née d’une chanson. Intitulée « Thioker » ("perdrix"), elle sonne comme un avertissement, ou peut-être est-ce déjà un constat amer ? Elle raconte l’histoire d’un oiseau amoureux de sa liberté mais croqué finalement par un crocodile. Pour Moussa Sene Absa, c’est une métaphore, évidemment, du destin de la société sénégalaise dévorée par le colonialisme et le capitalisme.

    vendredi 31 janvier 2020 à 21h (...)

  • Le gouvernement accélère la privatisation de l’Office national des forêts | Gaspard d’Allens
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-accelere-la-privatisation-de-l-Office-national-des-foret

    Reporterre révèle que le gouvernement entérine la privatisation de l’office public chargé des forêts : ses agents pourront de plus en plus être de droit privé. Cette mesure capitale affaiblira leur pouvoir de protection des forêts. C’est un nouveau recul, alors même que le changement climatique exige une attention accrue pour les massifs français. Source : Reporterre

  • La #novlangue managériale a infesté l’administration hospitalière | Slate.fr

    http://www.slate.fr/story/186440/stephane-velut-hopital-nouvelle-industrie-langage-managers-crise

    "Stéphane Velut est chef de service neurochirurgie au CHU de Tours. Son texte (Tracts, Gallimard) décrit la façon dont le « corps soignant » a été pgagocyté par un « corps administrant » au sein de l’hôpital public."

    L’auteur enrichit les analyses économiques développées par ailleurs en se penchant sur le foisonnement, rarement exploré, du langage managérial qui a envahi et étouffe l’hôpital public français. Où l’on retrouve quelques-unes des perversités de la novlangue imaginée par George Orwell dans son 1984.

    • L’hôpital, une industrie comme les autres ?
      https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/lhopital-une-industrie-comme-les-autres

      Alors que plus de 1000 chefs de service ont démissionné de leur fonction administrative pour « sauver l’hôpital public », et face à un malaise croissant de la profession auquel est censé répondre le « plan d’urgence » présenté par le Premier ministre Edouard Philippe et la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn en novembre 2019, les centres hospitaliers universitaires (CHU), nous dit-il, qui constituent le cœur d’un système réputé excellent car alliant soins, enseignement et recherche au service du public, sont désormais soumis à un rythme infernal. Stéphane Velut, notre invité, nous parle du malaise hospitalier aujourd’hui. Neurochirurgien, il est aussi l’auteur de deux romans : Cadence, chez Christian Bourgois (2009) et Festival (Collection Verticales, Gallimard, 2014).

    • Quand Velut dit que les médecins hospitaliers sont tenté·es d’aller travailler dans le privé pour des rémunérations bien supérieures (3000 x 5 = 15000 ?), je me dis que les prix du marché sont dingues et qu’on devrait former plus de médecins pour faire baisser les rémunérations et répondre à nos besoins plutôt que de piquer les médecins formés par d’autres pays... Et les temps de travail ne sont pas acceptables non plus, bien trop élevés. On marche sur la tête, c’est le genre de paupérisation organisée par l’État depuis des décennies : plutôt que d’investir dans la formation et alors qu’il y a plein de personnes assez intelligentes et motivées dans ce pays, on crée une caste avantagée par le marché, incapable par son petit nombre de répondre aux besoins des gens et qui va finir par proposer des soins à des prix qu’on ne peut pas se payer alors qu’on paye pour les former (ce qu’il rappelle bien en disant que les chirurgien·ne sont formé·es et bien formé·es dans le public). Une amie (bourgeoise) me disait qu’à Bordeaux plus aucun·e médecin n’accepte de nouvelles patient·es, alors que c’est une ville hyper attractive.

  • Chaque trait compte
    https://visionscarto.net/chaque-trait-compte

    Chaque trait compte Nous qui dessinons, ne dessinons pas seulement pour rendre quelque chose visible à d’autres, mais aussi pour accompagner quelque chose d’invisible vers son incalculable destination. John Berger Une idée Il a suffi que mon regard plonge dans ce tableau figurant la cime d’un épicéa pour que toute notion ordinaire de temps et d’espace soit rendue caduque sur l’instant, et qu’en retour les contours de ma personne se « chiffonnent » et perdent en netteté. Étrange de voir combien (...) #Inspirations

  • Naufragés sans visage, de Cristina Cattaneo : corps perdus
    https://www.en-attendant-nadeau.fr/2020/01/14/corps-perdus-cattaneo

    Saisissant témoignage sur l’action de terrain d’un groupe de médecins légistes italiens mobilisés depuis 2013 pour identifier les migrants noyés en Méditerranée, le livre de Cristina Cattaneo est aussi un plaidoyer. Naufragés sans visage démontre combien cette reconnaissance de la dignité des morts est indispensable pour prendre soin de ceux qui ont survécu, et en appelle à l’implication des institutions internationales.

    #migration #asile #mourir_en_mer #forensic-studies

  • Le scandale (5 milliards d’euros) du système de retraite (à point) des
    autoentrepreneurs

    La Cour de Cassation s’est prononcée hier sur la minoration
    systématique des points de retraites des autoentrepreneurs par leur
    caisse de retraite : la CIPAV. L’Etat pourrait se voir demander par
    cette même caisse des milliards d’euros de compensation.

    https://www.franceculture.fr/droit-justice/la-retraite-des-autoentrepreneurs-pourrait-couter-des-milliards-deuros

  • Désenfumage... sur la réforme des retraites (Universités-Recherche)
    qui va peser sur toutes les pensions public/privé

    Par le groupe Jean Pierre Vernant

    « Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’annonce ministérielle
    d’une revalorisation des salaires des jeunes chercheurs est
    directement liée à la réforme des retraites. Elle est destinée à faire
    écran aux réformes structurelles de la loi sur la recherche et sur
    l’Université annoncée pour la mi-février, pour adoption au printemps, du moins si le calendrier parlementaire saturé le permet. Pour le comprendre, il convient d’en passer par l’arithmétique.

    Déroulons d’abord la mécanique de la réforme des retraites jusqu’à son cœur : l’article 18. Il prévoit que l’Etat aligne progressivement, sur 15 ans, son taux de cotisation patronale de 74,3% aujourd’hui sur celui du privé dans le nouveau système : 16,9%. Cette mesure
    contribuera évidemment à créer une crise de financement des retraites, pourtant aujourd’hui à l’équilibre. Si globalement, les recettes vont décroître de 68 milliards € sur un total de 330 milliards € par an, la chute sera de 36 milliards € sur un total de 55 milliards € pour la fonction publique d’Etat [1]. En 2037, l’Etat sera le principal
    contributeur à la baisse générale des recettes de cotisation pour un
    montant de 42 Milliards € hors inflation. L’objectif est évidemment de reprendre ce déficit créé de toute pièce sur le montant des pensions
    [2] [3].

    Que fera l’Etat de ce prélèvement sur le salaire socialisé, qui va
    croître pendant 15 ans ? En 2021, il en reversera une partie aux
    budgets des universités et des grands organismes de recherche. Le
    montant annoncé par Mme Vidal lors de ses vœux, 120 millions €, est comparable aux annonces faites chaque année, qui couvrent généralement l’inflation (143 millions € pour 2019) mais pas le glissement vieillesse technicité. Pour partie, ce montant sera cependant consacré à des primes indemnitaires, permettant d’accroître l’adhésion de la technostructure managériale. 92 millions € seront utilisés pour aligner la cotisation salariale et compenser la disparition de la retraite additionnelle de la fonction publique. Par ailleurs, le recrutement pour des postes statutaires (CR et MCF, de plus en plus clairement mis en extinction) se fera à un salaire de 2 SMIC [4].

    En présentant de manière favorable ce système de vases communicants entre budget de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et creusement annuel d’un trou de 230 millions € dans le financement des retraites, il s’agit de fabriquer le consentement à la réforme réelle.

    Ainsi, le journal les Echos titrait le mercredi 22 janvier : « 
    Frédérique Vidal annonce le doublement du salaire des jeunes
    chercheurs ». Les éléments de langage du ministère ont en effet
    sous-estimé le salaire d’entrée actuel des chargés de recherche et des maîtres de conférences, qui se situe entre le 2ème (1,6 SMIC) et le 3ème échelon (1,8 SMIC), en omettant délibérément la reconstitution de carrière. Passer le salaire d’entrée de 1,7 SMIC à 2 SMIC, beau “doublement” en vérité. Cela constituera « un gain de 2600 à 2800€ sur un an » répète du reste Mme Vidal, soit +0,2 SMIC. Ce qu’il fallait
    démontrer [5].

    On se souvient que la « loi de programmation pour la recherche » était la revendication centrale portée il y a des années lors de grandes réunions des directeurs d’unité annonçant leur démission. En en reprenant le nom, la loi à venir se dotait d’une façade consensuelle : l’inscription dans la loi de l’objectif de 3% du PIB consacré à la recherche. L’objectif, non contraignant, est ramené aujourd’hui à une montée à compter de la fin du quinquennat vers 2,6% du PIB dans 10 ans.

    Que s’agit-il de faire accepter par ces jeux de bonneteau budgétaires
     ? Le cœur de la réforme est l’introduction du système de tenure track
    par des chaires de professeur junior : ces contrats de 3 à 6 ans
    accompagnés d’un financement de recherche seront intercalés entre les post-docs et le recrutement statutaire, accroissant de la même durée la période de précarité. Au passage, les modalités de recrutement et de titularisation seront dérégulées et les conditions statutaires dégradées. Il s’agit bel et bien d’initier la mise en extinction des postes statutaires, déjà raréfiés, pour les jeunes chercheurs. Pour des raisons politiques évidentes, la demande portée par les syndicats de fusion des corps des maîtres de conférence et des professeurs n’a pas été actée.

    Hormis les vases communicants liés à l’article 18 du projet de
    retraites, il importe de comprendre l’absence totale de surprise dans
    ces annonces, théorisées depuis quinze ans par Aghion et Cohen [6].
    Leur rapport de 2004,, suivi à la lettre, prévoyait quatre volets de
    dérégulation et de mise en concurrence :

    – l’autonomie administrative des universités (dérégulation des
    statuts, direction par un board of trustees, etc) : actée ;

    – l’autonomie pédagogique (mise en concurrence croisée des étudiants et des formations, dérégulation des diplômes) : amorcée avec Parcoursup ;

    – l’autonomie de recrutement, d’évaluation et de gestion des
    personnels (dérégulation des statuts, contractualisation, liquidation
    des libertés académiques et du principe de collégialité entre pairs) :
    nous y sommes ;

    – l’autonomie financière (dérégulation des frais d’inscription) :
    travaillé dans le débat public, par l’augmentation des frais
    d’inscription pour les étudiants étrangers et par la multiplication
    des DU.

    Que les réformes structurelles menées depuis quinze ans conduisent à l’effet inverse de celui qu’elle prétendait obtenir ne les arrêtera
    pas. L’obsession néolibérale consistant à utiliser les moyens de
    l’Etat pour construire un marché international des universitaires, des
    chercheurs, des établissements et des formations est telle, dans la
    sphère managériale, qu’elle ne perçoit plus le moins du monde la
    réalité des dégradations qu’elle engendre. Elle persiste, dans une
    période où le nombre de candidats de qualité par poste ouvert explose, à répéter la fiction d’un « défaut d’attractivité » supposément constitué par la fraction limitée de candidats étrangers
    [7]. Cette séparation de la sphère décisionnaire avec l’expérience concrète des conditions d’exercice de la recherche et de l’enseignement est dramatique : la reprise en main bureaucratique est en train de sacrifier une génération de jeunes chercheurs ainsi que le niveau d’exigence dans la création et la transmission des savoirs. »

    [1] Cette chute se fera au rythme de 2 milliards € par an d’économie
    jusqu’en 2036, engendrant un défaut de recette cumulé de 240 Milliards € sur 15 ans pour la fonction publique d’Etat.

    [2] L’élévation de l’âge de départ à la retraite à taux complet est
    une manière d’obtenir cette baisse des pensions. Le décrochage de la
    valeur du point par rapport à l’inflation en est une autre ( 15% de
    baisse depuis 10 ans).

    [3] Le taux de cotisation patronal était un frein aux passages entre
    fonction publique d’Etat et contrats de droit privé, l’employeur
    devant par le passé compenser le différentiel pour le passage FPE vers la FPT ou la FPH. L’objectif est donc également de généraliser
    l’indifférenciation entre les sphères publique et privée et le recours
    à la contractualisation en lieu et place du statut de fonctionnaire.

    [4] Selon l’arbitrage, le recrutement se fera à l’échelon 3 par une
    addition de 73 points d’indice ou à l’échelon 4.

    [5] Les vœux de Mme Vidal comportaient cette incohérence arithmétique flagrante : “Dès 2021, tout chargé de recherche et tout maître de conférence sera recruté à au moins 2 SMIC, contre 1,3 à 1,4 SMIC aujourd’hui. Cela représente, en moyenne, pour les nouveaux maîtres de conférences qui seront recrutés l’année prochaine, un gain de 2 600 à 2 800€ sur un an. Tweet du 21 janvier”

    [6] Rapport Aghion-Cohen

    www.groupejeanpierrevernant.info/RapportCohenAghion.pdf

    voir aussi

    www.groupejeanpierrevernant.info/SlidesAghion.pdf

    Rapport Attali-Macron

    www.groupejeanpierrevernant.info/RapportAttali.pdf

    voir aussi notre billet :

    http://www.groupejeanpierrevernant.info/#ChatTour

    [7] Les trois rapports centraux sur lesquels est construite la loi à venir :

    www.groupejeanpierrevernant.info/NoteIdex.pdf

    www.groupejeanpierrevernant.info/NoteTerraNova.pdf

    www.groupejeanpierrevernant.info/NoteSiris.pdf

  • Bientôt dans presque tous les commissariats, un logiciel pour fouiller dans vos portables | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1579520319-police-gendarmerie-un-logiciel-pour-fouiller-portables

    L’utilisation de ces systèmes pose tout de même « un certain nombre de problèmes d’un point de vue éthique, parce que ce genre de matériel utilise des failles de sécurité pour fonctionner », prévient le policier anonyme. « C’est pour ça que la machine reste régulièrement mise à jour, pour pouvoir aller récupérer les failles de sécurité des constructeurs de téléphones identifiées par Cellebrite ». Les forces de l’ordre pourront donc exploiter les portables même si une personne refuse de donner son mot de passe ou son code PIN. Ce droit à ne pas s’auto-incriminer avait déjà été battu en brèche par la Cour de cassation en décembre dernier.

    L’autre problème éthique soulevé par l’utilisation des Ufed relève de l’extraction des données : lesquelles seront jugées pertinentes ? « Il faut voir comment se fait le tri des données. Quand un téléphone est “craqué”, il y a toute une tonne d’informations qui sort, qui relèvent de la vie privée parfois et ne sont pas en lien avec l’enquête », note la chercheuse Florence Sèdes. « Il y a très certainement des questions de vie privée qui vont se poser », concède le fonctionnaire de police. Le logiciel permet pourtant « de sélectionner précisément ce qu’on cherche sur le téléphone, par des mots-clés ou sur des périodes précises, comme les messages échangés dans les trois derniers jours, par exemple ». Mais cela ne règle pas les questions de protection des données personnelles, selon ce policier :

  • Carte des municipales 2020 : un changement de règle qui risque de modifier la géographie électorale - Chroniques Cartographiques
    http://www.chroniques-cartographiques.fr/2020/01/carte-des-municipales-2020-un-changement-de-regle-qui-ris

    Une circulaire signée par Christophe Castaner pour les prochaines élections municipales de 2020, risque de modifier la règle quant à la population comptabilisée pour le calcul des résultats au soir du scrutin des municipales 2020 et risque de modifier la méthode de réalisation des cartes électorales.

    En effet, le ministère de l’Intérieur en charge de l’organisation des élections et scrutins en France fait le choix de ne plus prendre en compte la couleur politique des candidats dans les villes de moins de 9 000 habitants (1000 habitants auparavant).[...]

    En ne prenant plus en compte les couleurs politiques des villes à partir de 1000 hab. comme c’était le cas auparavant, mais en élevant le seuil à 9000 habitants, le gouvernement fait le choix de sortir 96% des communes françaises des résultats et représentations statistiques et cartographiques et ne prend plus en compte que 51% des électeurs.


    Résultats Elections Européennes 2019 - politologue.com
    #élections #manipulation #LREM

    • Dans mon bled (2000 habitants) pour les prochaines municipales il y a, pour le moment, 4 listes qui s’échelonnent de centre droit à centre gauche. Aucune n’est soutenue par un quelconque parti. Dans ce cas, la classification par le préfet n’a rigoureusement aucune signification.

      Et non, dans mon bled, je ne vois pas comment on pourrait induire quoi que ce soit du résultat des 15 et 22 mars quant à un éventuel soutien à ou désapprobation de la politique du gouvernement.

    • Ouh la ! vraiment pas. Je pense que dans l’ensemble, les électeurs ne « désapprouvent  » pas vraiment la politique «  de droite  », mais il y a surtout ! de gros enjeux locaux avec 2 gros programmes immobilier en cœur de bourg portés par la municipalité sortante et qui modifieraient fortement celui-ci.

      En gros, plus que colorée politiquement l’une des listes apparait nettement comme «  la liste des promoteurs  ». Enfin, le grand clivage structurant, c’est entre résidents à l’année et «  touristes  » (ici, on dit «  #duchentil », un des derniers mots purement breton - mais pas perçu comme tel – calque du français «   gentilshommes  », «  les nobles  »).

      Alors, Macron-Philippe, on en est vraiment très loin.

      C’est un peu moins vrai dans la commune d’à côté (5000 habitants) où l’une des (7) listes est menée par «  une pointure  » de LREM.

    • Je vais le dire autrement. Il n’est pas question ici de ce qui se passe réellement sur le terrain mais d’une représentation cartographique des résultats des élections municipales en 2020 et d’une approbation ou non à LREM. 
      C’est binaire :
      Soit il y a une liste LREM et elle gagne : 1
      Soit la liste LREM perd OU il n’y a pas de liste LREM : 0
      Dans ton cas, ce serait forcément 0 puisque pas liste.
      1 = approbation 0 = désaveu

      Après on sait que les élections municipales n’ont pas les mêmes enjeux que les présidentielles mais là il question d’une représentation et des critères de sélection.

    • Ouais,… On va dire que je fais dans le non-binaire, alors ;-)

      Sérieux – c’est le statisticien qui parle – ce truc n’a aucun sens. D’autant plus que, dans l’exemple que tu donnes dans le billet d’ouverture du fil, on a des cartes choroplèthes ce qui va attribuer les couleurs politiques à des espaces essentiellement vides. La carte de droite, avec ses quelques pôles urbains, me paraît plus fidèle que celle de gauche à la perception que j’ai des faits électoraux.

      Bref, les élections municipales, c’est pas fait pour ça.

      Conversion au castanérisme ou effet de ma (toute récente) provincialisation ? Va savoir !

  • « Ministre officieuse de la mode » : pour Brune Poirson, le New York
    Times fait du sur-mesure

    « Le prestigieux New York Times consacre, ce lundi 21 janvier, un
    portrait dithyrambique à la secrétaire d’Etat à la Transition
    écologique Brune Poirson. Une minauderie enamourée qui prend bien soin de laisser de côté les questions qui fâchent.

    (…)

    Mais pourquoi donc le vénérable Times s’intéresse-t-il à la secrétaire
    d’Etat auprès de le ministre de la Transition écologique et solidaire
     ? C’est que Brune Poirson, « 37 ans », « à la fois l’une des
    championnes de l’industrie et l’une de ses rares critiques », « joue
    un rôle dans les négociations sur les menaces de sanctions américaines sur les taxes à l’importation des biens de luxe ». Un secteur vital pour la France, comme le fait justement remarquer le NYT, puisqu’il est le deuxième le plus lucratif pour le pays, derrière
    l’aéronautique.

    (…)

    En plus de battre des rivales imaginaires, Brune Poirson a même « 
    travaillé avec François-Henri Pinault, patron du groupe Kering, pour
    façonner le ‘fashion pact’, une initiative de l’industrie visant à
    réduire son coût environnemental », continue le NYT, bien embêté de
    reconnaître que le document, « signé par 56 entreprises » et « 
    présenté lors du G7 à Biarritz, en août dernier », n’a pas été signé
    par le conglomérat du luxe LVMH, « regroupant 75 marques ».

    (…)

    Les pieds sur terre, « sachant exactement d’où [elle] vient », la
    franco-américaine aux « racines très fortes » explique : « J’ai voulu
    faire l’exact opposé de l’ENA. C’était un projet. » Et où ces chemins
    de traverse ont-ils conduit la rebelle Brune Poirson ? « A la London
    School of Economics », puis, en 2016, à « l’école John F. Kennedy de
    l’université Harvard », où elle « étudie la science politique et la
    durabilité ». Un parcours qui a notamment conduit Brune Poirson au
    Laos, « où elle a passé une année à travailler sur l’éducation, en
    particulier des petites filles, parmi la minorité ethnique des Hmong
     », puis à New Delhi, « où elle a travaillé dans le public et dans le
    privé, pour le cabinet du ministre Satyan Pitroda et la compagnie
    Veolia ».

    Pas un mot, cependant, sur le bilan de la directrice du développement durable pour l’Asie du Sud. Comme le relevait Libération dans un portrait autrement plus urticant, il avait pourtant été épinglé, en 2017, par un long reportage du grand quotidien anglophone The Hindu, montrant que la privatisation de l’eau de Nagpur, ville de deux millions d’habitants, avait conduit à une augmentation des prix sans véritable amélioration de la distribution. Il ne faudrait pas froisser la « ministre de la mode ».

    Ecologie : Brune Poirson en guerre contre le “populisme vert”

    La secrétaire d’Etat à la Transition écologique a notamment fustigé
    les “responsables politiques prêts à faire croire n’importe quoi”.

    « LREM submergée par la vague écolo aux municipales ? Très peu pour Brune Poirson. Interrogée par Le Figaro, la secrétaire d’Etat à la
    Transition écologique a défendu le volet écologique de son parti,
    contre les combats politiciens autour de ce sujet dont tout le monde
    veut s’emparer.

    « Utiliser l’écologie pour casser le système actuel »

    Elle a d’abord voulu pointer « un véritable populisme vert » qui « est
    en train de se développer ». « Il est porté par des responsables
    politiques prêts à faire croire n’importe quoi en suggérant que tout
    est faisable en un claquement de doigts », dénonce-t-elle. « 

    Face à eux, tout discours rationnel sur l’écologie est interprété
    comme un renoncement », regrette-t-elle aussi, leur reprochant
    d’utiliser « l’angoisse créée par l’urgence climatique pour pousser
    les Français à y répondre par la précipitation ». Et la secrétaire
    d’Etat de viser tout particulièrement « l’extrême-gauche avec Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis et Yannick Jadot à EELV » qui, selon elle,
    visent « à utiliser l’écologie comme excuse pour casser le système
    actuel ». Mais aussi Marine Le Pen et l’« écologie du repli » qu’elle
    lui attribue, « dont le projet secret est de refermer la France sur
    elle-même et de l’isoler ».

    https://www.marianne.net/politique/ministre-officieuse-de-la-mode-pour-brune-poirson-le-new-york-times-fait-d

    https://www.valeursactuelles.com/politique/ecologie-brune-poirson-en-guerre-contre-le-populisme-vert-115183

    • Une ministre à la mode
      Quelle consécration ! Une pleine page du « New York Times » (20/01) pour la ministre Brune Poirson. Où l’on apprend qu’en fait elle n’est pas du tout secrétaire d’État à la transition écologique mais, « de facto, ministre de la mode ».
      Pour ça, elle a pris tous les risques : « Quand vous êtes une jeune femme au gouvernement, ou dans la vie en général, et que vous décidez de vous attaquer à un sujet comme la mode, tout le monde vous tombe dessus, c’est la fin de votre réputation. Si j’avais été une vraie politique, je me serais intéressée à l’énergie nucléaire, mais je pense qu’il y a plus à faire dans le domaine de la mode » , explique-t-elle.
      C’est vrai qu’un ministre de l’Écologie qui s’occupe de nucléaire, c’est d’un banal. Alors que, la mode, Brune adore : « J’essaie d’être super simple parce que c’est ce que je suis(…). J’essaie de porter exclusivement des matières non synthétiques, pour éviter tous les micro-plastiques. »
      Vive le cachemire !

      « Le Canard enchaîné » 22/01/2020
      Brune Poirson, le goût d’éclore
      https://www.liberation.fr/planete/2018/06/17/brune-poirson-le-gout-d-eclore_1659848


      Quentin Girard, photo Fred Kihn pour Libération
      Brune Poirson, une #tête_de_nœud en perfecto

    • Cette question de la mode et de l’impact écologique de l’industrie textile surgit à raison ces temps-ci, voire le livre de Majdouline Sbaï ou un numéro de Silence. Mais oui, cette capacité des grands de ce monde à indiquer d’autres chantiers pour tenter de faire oublier le cœur de la question écologique, l’allocation la plus juste des ressources, notamment énergétiques, sur cette planète...