marielle

« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • À Rambouillet, des faisans massacrés pour le plaisir des riches
    https://reporterre.net/A-Rambouillet-des-faisans-massacres-pour-le-plaisir-des-riches

    Héritée de la monarchie, la #faisanderie de Rambouillet produit chaque année des milliers de volatiles destinés à être tirés par quelques privilégiés. Et certains profitent du mécénat d’entreprise défiscalisé pour s’adonner à ce type de chasse contestée par les environnementalistes.

    https://www.urtikan.net/dessin-du-jour/les-chasseurs-courtises-dans-la-campagne-presidentielle

    Alors que le gouvernement vient de réautoriser plusieurs chasses traditionnelles contestées par les associations environnementales, les prétendants à l’Elysée, dont Emmanuel Macron, courtisent tour à tour les chasseurs, un électorat prisé.

    Dessin de Lasserpe pour #Urtikan.net #chasses_présidentielles #reporterre

  • « Les fossiles ou notre avenir ! » Des militants perturbent un colloque de la finance
    Hortense Chauvin (Reporterre) - 27 octobre 2021 à 09h27
    https://reporterre.net/Les-fossiles-ou-notre-avenir-Des-militants-perturbent-un-colloque-de-la-

    Mardi 26 octobre devait se tenir tranquillement le Climate Finance Day, un colloque dédié aux solutions pouvant être apportées par le secteur financier au réchauffement climatique. Il a été bouleversé par des militants écologistes, qui dénoncent le soutien des banques françaises et du gouvernement aux énergies fossiles. (...)

  • Aïe !
    Près d’un Français sur deux ne s’est pas rendu dans un lieu culturel depuis l’instauration du pass sanitaire
    https://www.liberation.fr/culture/pres-dun-francais-sur-deux-ne-sest-pas-rendu-dans-un-lieu-culturel-depuis-linstauration-du-pass-sanitaire-20211026_RIWZFYWNZFEUNO4RKWTCN3XNHA/?outputType=amp&__twitter_impression=true

    Selon une étude qui doit être présentée mercredi, la moitié des Français ont délaissé les lieux culturels depuis le 21 juillet alors qu’ils étaient 88 % avant la pandémie de Covid. Pire, 24% expliquent qu’ils privilégieront désormais les contenus numériques.

    Des salles de cinéma à moitié vides, des allées de musées quasi-désertes… C’est la réalité que pointe une étude commandée par le gouvernement sur le comportement des Français en matière de sorties culturelles, dix-huit mois après le début de la crise sanitaire liée au Covid-19. Les résultats de cette vaste consultation doivent être présentés mercredi par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot. D’après ses conclusions, que le Monde a pu consulter, près d’un Français sur deux ne s’est pas rendu dans un lieu culturel depuis l’instauration du pass sanitaire le 21 juillet. En comparaison, ils étaient 88 % à fréquenter les musées, cinéma ou salles de spectacle avant la pandémie.

    Si les chiffres de l’enquête réalisée début septembre par Harris Interactive montrent une perte de fréquentation globale quel que soit le domaine, elle fait quand même apparaître des disparités entre les différents secteurs culturels. Concernant le cinéma, seuls 51 % des Français ayant l’habitude de fréquenter les salles obscures au moins une fois par an y sont retournés. Le spectacle vivant subit de plus grosse baisses de fréquentation : 73 % des personnes allant au moins une fois par an assister à un concert n’y sont pas retournées depuis la mi-juillet. Un chiffre qui s’élève à 75 % pour le théâtre. Dans les musées, seuls 40 % des habitués sont revenus depuis leurs réouvertures fin mai.

    Mais surtout, l’étude démontre que, pour chaque secteur, près d’un tiers des personnes interrogées ont l’intention de moins fréquenter les cinémas, les musées, ou les festivals. Signe que ça ne va pas aller en s’améliorant, 52 % expliquent éviter les lieux fréquentés comme les musées ou les salles de spectacle par peur d’attraper le Covid-19. La circulation du virus amène 74 % des sondés à affirmer qu’ils privilégient les loisirs de plein air aux sorties culturelles. Autre mauvaise nouvelle pour les professionnels de la culture : 24 % des Français – un chiffre qui s’élève à 32 % des moins de 35 ans – certifient qu’ils privilégieront désormais les moyens numériques pour accéder aux contenus culturels. Netflix qui rit, cinéaste indépendant qui pleure.

    • Il était un peu temps qu’on entende les gens qui trouvent que dans les cinémas c’est la fête du slip côté « gestes barrière » :

      Signe que ça ne va pas aller en s’améliorant, 52 % expliquent éviter les lieux fréquentés comme les musées ou les salles de spectacle par peur d’attraper le Covid-19. La circulation du virus amène 74 % des sondés à affirmer qu’ils privilégient les loisirs de plein air aux sorties culturelles.

      Arg, et Libé qui te fait un lien vers son article reprenant la propagande des cinémas, au motif que ce serait le passe sanitaire qui les aurait « atomisés » :
      https://www.liberation.fr/culture/cinema/pass-sanitaire-et-cinema-on-a-ete-assassine-atomise-20210729_2L2CXTM7OVFY
      Alors que l’enquête dit explicitement le contraire : on réduit le cinéma parce qu’on trouve que c’est dangereux là-dedans. Sérieusement, tu es allé au cinéma récemment ? Tu as vu la proportion de gens qui enlèvent complètement leur masque pendant la séance ? Tu as vu, aussi, la proportion de gens généralement pas trop jeunes qui sont tout de même dans la salle mais qui font bien gaffe à ne surtout pas laisser glisser leur masque, à ne pas l’enlever pour bouffer du pop-corn, parce qu’ils se disent que c’est pas super-sain là-dedans ?

      (Sinon, pour le prix d’une place de cinéma pour voir un navet de biopic françaoui sur De Gaulle, tu as plus d’un mois de Netflix pour toute la famille, avec des séries et des films de plus en plus qualitatifs. C’est chiant que les gens s’en soient rendu compte.)

    • Un ami va dans un vernissage, Berlin. L’entrée est filtrée, test du jour ou certificat de vaccination.
      dans la galerie personne ne porte de masque, J a un COVID déclaré et 2 semaines de lit.
      Il est full vacciné.

    • La circulation du virus amène 74 % des sondés à affirmer qu’ils privilégient les loisirs de plein air aux sorties culturelles.

      C’est le même pourcentage de gens qui sont totalement vaccinés en France et qui ont donc un passe sanitaire. Je m’avance, mais j’aurais tendance à penser que ce sont grosso modo les mêmes personnes.

    • Vraiment, ça me conforte dans l’idée que notre gouvernement et nos médias sont totalement déphasés en décidant et communiquant systématiquement dans le but de rassurer les anti-tout. Et d’annoncer à chaque fois qu’on « lève » telle ou telle précaution sanitaire comme si c’était une victoire du gouvernement contre l’obscurantisme. Youpi, on enlève le masque dans les lieux soumis au passe sanitaire ! Youpi, les enfants des écoles ne portent plus de masque !

      Alors qu’en vrai, les 3/4 de la population, sa vie est empêchée justement par le manque de précautions sanitaires (et par le constat sans cesse renouvelé des anti-masques anti-vax qui affichent leur entrecouillisme absolument partout et tout le temps).

      Ça me renvoie à ce que j’écrivais il y a 3 mois :
      https://seenthis.net/messages/922381

      Je n’arrive pas à aller boire un verre le soir, parce qu’à côté, il y a les bandes de 12 abrutis qui propulsent bruyamment leurs glaires alentours. Je ne vais pas au cinéma, je n’y accompagnes pas les enfants, parce que je suis à 200% certain que tout le monde retire son masque dans le noir. Je crains les réunions sociales, parce qu’à un moment on va te faire remarquer que t’es parano avec ton masque. J’ai un mal fou à prendre le tram, parce qu’à chaque fois (à… chaque… fois…) il y a le gros con qui s’installe, masque sous le pif, avec l’air de défiance viril du type qui t’en collera une si tu lui demande de le porter correctement, alors qu’il s’assied à côté d’un couple de petits vieux. Je ne vais plus à mes cours de dessins depuis bientôt un an et demi, même quand c’était autorisé, parce que le port du masque était approximatif (et rester six heures dans une pièce avec des gens qui portent le masque couci-couça, c’est pas jouasse). Et c’est sans fin.

      Ce que je lis dans cette enquête, c’est que les 3/4 des gens, qui par ailleurs sont certainement les 3/4 de gens qui se sont fait vacciner en France, le manque de solidarité sanitaire, largement entretenu par la communication gouvernementale et nos médias, ça continue à les restreindre dans leur vie sociale.

    • Sinon, pour pinailler : les chiffres fournis pour les baisses de fréquentation consistent à comparer le nombre de gens qui fréquentent tel type de lieu culturel « au moins une fois par an » au nombre de gens qui y sont allés « depuis le 21 juillet » (il y a tout juste 3 mois donc). Ça ne me semble pas étonnant que ça introduise mathématiquement une grosse différence, et que cette différence soit encore plus marquée pour les musées et les théâtres, par rapport au cinéma.

      Dans ce document certes un peu ancien (2000) :
      https://www.culture.gouv.fr/Media/Thematiques/Etudes-et-statistiques/Files/Publications/Developpement-culturel-DC/La-culture-cinematographique-des-Francais-DC-135
      je trouve ce graphique :

      Si je lis bien, sur 100 français de 12 ans et plus, statiquement, 50 sont allés au cinéma dans l’année. Sur ces 50, 18 vont au cinéma moins d’une fois par trimestre. Donc en gros, sur 50 personnes qui sont allées au cinéma dans l’année, seulement 32 y seraient allées durant les 3 derniers mois (sans aucun rapport avec le Covid, hein). Ce qui me permettrait d’écrire que seulement 64% des français qui vont au cinéma au moins une fois par an y sont retournés depuis 3 mois. (Les 51% annoncés dans l’étude du gouvernement seront du coup nettement moins spectaculaires…)

      Et je suspecte que la différence est encore plus marquée pour le théâtre et les musées, dont le fréquentation doit être, chez les gens qui y vont, nettement moins fréquente que pour le cinéma.

      Pour le théâtre, je trouve ce document de 2008 :
      https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Documentation-scientifique-et-technique/Les-publics-du-theatre-exploitation-de-la-base-d-enquete-du-DEPS-Les-pr

      et ce tableau moins précis que pour le cinéma :

      69% des gens qui vont au théâtre au moins une fois dans l’année y vont seulement une ou deux fois dans l’année. Donc si je prends une période de 3 mois je perds (mathématiquement) un pourcentage énorme de gens.

      (@simplicissimus Je veux bien de l’aide là-dessus, les stats c’est pas mon truc. Je pense que ma logique est plus ou moins, euh…, logique, mais que ma façon d’utiliser les chiffres est carrément olé-olé.)

  • « Obliger à prendre n’importe quel emploi, tel est l’objectif de la nouvelle réforme de l’assurance-chômage »
    https://qg.media/2021/10/21/obliger-a-prendre-nimporte-quel-emploi-tel-est-lobjectif-de-la-nouvelle-reform

    Alors que depuis 20 ans, on assiste à une explosion des contrats courts dans de nombreux secteurs, la réforme de l’assurance chômage finalement imposée le 1er octobre dernier, va venir encore pénaliser davantage les salariés aux parcours chaotiques subis. Une réforme injuste, profondément idéologique, dont l’économiste Mireille Bruyère, membre des Économistes atterrés, souligne au demeurant qu’elle n’aboutira pas aux créations d’emplois prétendument recherchées. Interview pour QG

  • Des puces électroniques au plastique : les raisons d’une pénurie mondiale
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/10/22/penuries-les-causes-du-grippage-de-l-economie-mondiale_6099580_4355770.html


    Des points de blocage dans les chaînes mondiales de production
    L’exemple de la fabrication d’iPhone

    DÉCRYPTAGES Partout dans le monde, les entreprises sont confrontées à un manque de matières premières et de composants pour répondre à la demande. Voici pourquoi.
    […]
    Pourquoi y a-t-il des pénuries actuellement ?
    · Parce que la demande a repris bien plus fortement que prévu
    […]
    · Parce que le fret maritime est plus cher
    […]
    · Parce que les grands ports sont engorgés
    […]
    · Parce que la pandémie entrave encore la production, notamment en Asie
    […]
    · Parce que le prix des matières premières s’envole
    […]
    · Parce que la logistique et les chaînes de production actuelles sont vulnérables

  • LE VRAI VISAGE DE MACRON
    20 oct. 2021, Serge Faubert
    https://www.youtube.com/watch?v=M9FAih7e3Dg

    « Les Français ne l’aiment pas, il ne les connaît pas, il ne leur ressemble pas ». Pierre Moscovici, ancien ministre de l’Économie est un des 110 témoins que Gérard Davet et Fabrice Lhomme , journalistes au Monde, ont interrogé pour écrire Le traître et le néant , une enquête de 600 pages publiée aux éditions Fayard. On croyait tout savoir l’hôte de l’Élysée. On en apprend encore beaucoup à travers ce livre qui est un voyage dans les premiers cercles du pouvoir.

    Un séducteur qui se double d’un tueur sans affect, voilà le portrait qui revient le plus souvent chez ceux qui ont concouru à la victoire de 2017. Serge Faubert s’est entretenu avec les deux auteurs.

  • Gazette 728. Club indé : combattre Bolloré
    https://www.arretsurimages.net/emissions/club-inde/club-inde-bollore-des-quil-prend-un-media-il-met-ses-hommes

    La nouvelle est tombée pendant l’enregistrement de notre club de la presse indépendante : Tugdual Denis, actuellement directeur adjoint de Valeurs actuelles, pourrait diriger le JDD, passé sous le contrôle de Vincent Bolloré. Hervé Gattegno, directeur de Paris Match et du JDD, est mis à la porte. Un média après l’autre, Bolloré licencie, installe, puis fascise la ligne éditoriale, à quelques mois de la présidentielle. Comment la presse indépendante peut-elle lutter contre cette emprise idéologique et économique ? Avec quels moyens, quelles lignes éditoriales ? On en parle avec François Bonnet de Mediapart, Latifa Oulkhouir du Bondy Blog, Agnès Rousseaux de Politis et Basta !, et Nicolas Barriquand de Médiacités. C’est en ligne !

    Depuis combien de mois aurions nous dû collectivement commencer à utiliser ce mot en gras ? « fascise » ? Il arrive enfin. Et pas que par les gauchistes des rézosocios.

  • Gattegno viré : arrêter Bolloré !
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/gattegno-vire-arreter-bollore

    Je n’éprouve, pour Hervé Gattegno, (qui avait fait du "JDD « un tract hebdomadaire pro-gouvernemental) ni sympathie personnelle, ni estime professionnelle. Mais l’heure n’est plus aux affinités secondaires. L’heure est à appeler par son nom ce qui se déroule sous nos yeux, à ciel ouvert, et qui est sans précédent – du moins en France, et de mon vivant : la mise d’un puissant groupe de presse au service exclusif d’un candidat à une présidentielle. Et en l’espèce, d’un candidat ultra-nationaliste, xénophobe, et autoritaire.

    Exclusif, oui. J’ai passé une partie de ma soirée sur CNews. Le sujet unique en était un meeting de Zemmour dans ses terres versaillaises. Priorité au direct : il vient d’attaquer Mélenchon. Retour au débat : ne monte-t-il pas trop vite dans les sondages ? N’est-ce pas dangereux pour lui ? Une ascension en janvier ou février n’aurait-elle pas été préférable ? Scoop maison ! Deux poids lourds de la droite »"du calibre Retailleau"" pourraient le rejoindre. C’est un journaliste de "Valeurs Actuelles, « Geoffroy Lejeune, qui l’assurait ce matin sur Europe 1, au micro de Dimitri Pavlenko. On regarde l’image tout de suite, ou dans cinq minutes ? Allez, on la regarde. Au même moment, BFMTV déployait tout son savoir-faire dans la zemmourisation bémolisée – le bémol se nommant Natacha Polony – en se désolant de l’offensive des »"woke"" contre les Miss France, par la voix de l’essayiste Pascal Bruckner. Il fallait arriver sur la chaîne Franceinfo, pour revenir à la vraie vie des vraies gens, et voir un député marcheur se prendre les pieds dans les modalités du futur chèque carburant.

    Dans ce jeu désormais simplifié, reste tout de même une question, de taille. Le blitzkrieg de Bolloré a-t-il pour but de faire tomber Macron ? Pas forcément. Il est tout à fait possible que le président en place s’imagine battre plus facilement, au second tour, un Zemmour, plutôt qu’un Bertrand, un Barnier, ou même une Le Pen. Tout comme la raisonnable droite allemande, en 1933, s’imaginait ne faire qu’une bouchée d’un risible pantin en chemise brune. En attendant, tout doit être fait pour frapper Bolloré où il demeure – un peu – vulnérable : au portefeuille. Le CSA, par tous les moyens, «  »à pied ou en voiture"", comme disait l’autre, doit maintenant tordre le bras du milliardaire. Les annonceurs républicains, s’il en reste, doivent se retirer massivement des médias Bolloré. Les clients républicains de ces annonceurs doivent le faire savoir à leurs marques favorites, à l’image de l’action de Sleeping Giants, plus que jamais nécessaire. Le succès est loin d’être garanti, mais quoi d’autre ?

  • Crachats officiels sur le 17 octobre 1961 : la mémoire des assassins au pinacle de la République - HIYA !
    https://hiya.fr/2021/10/19/crachats-officiels-sur-le-17-octobre-1961-la-memoire-des-assassins-au-pinacle-d

    Cette scène obscène vient parachever l’ignominie du message présidentiel de la veille qui, en rappelant « l’interdiction de manifestation » (du 17 octobre 1961) sans préciser que cette interdiction était illégitime et discriminatoire, fait reposer la responsabilité sur les manifestants qui ont bravé l’interdit. Le communiqué présidentiel va plus loin : il invoque un « décret du 5 octobre » qui n’existe pas. Il y a eu ce communiqué de la préfecture : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs musulmans algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20 h 30 à 5 h 30 du matin. »
    Communiqué de l’Élysée du 16 octobre 2021, capture d’écran

    La confusion entre décret et communiqué peut paraître bénigne, elle est gravissime : l’Élysée a donné un atour légal à une décision qui ne l’a jamais été. Un décret relève de la législation quand un communiqué n’est qu’une information, une note de service. Il s’agissait d’une décision prise dans une réunion interministérielle qui, précisément, n’a donné lieu à la publication d’aucun acte légal.

    • Rectification du discours présidentiel, par Jérémy Rubenstein
      https://lundi.am/Ceremonie-de-commemoration-des-60-ans-du-17-octobre-1961

      Il s’agit d’un communiqué qui « conseille » et « recommande » et non d’un décret qui relèverait du législatif (et donc, probablement, « interdirait »). Ce couvre-feu, à l’instar de la presque totalité de la répression menée par le préfet depuis sa nomination en mars 1958, est appliqué hors du cadre légal. Et pour cause, cette mesure est raciste ou, comme le disait Papon au syndicat de police de l’époque à propos d’un couvre-feu précédent, « revêt un caractère délicat qui ne vous échappera pas en raison de son aspect discriminatoire qui laisserait supposer qu’il y a deux catégories de Français » [2]. Il ne peut y avoir de couvre-feu par décret parce qu’il serait dirigé contre une partie de la population française, et non l’intégralité. Ce qui nous mène à la troisième erreur de l’Élysée.

      LM déduit de ces erreurs une « incompétence du service communication de l’Élysée » à un moment où il est de plus en plus manifeste que ruiner par l’exemple autant que faire se peut toute compréhension et toute logique est une activité de gouvernement.

  • «  L’accès massif aux données de santé pourrait accentuer les inégalités sociales » - Entretien avec le collectif Interhop
    https://lvsl.fr/lacces-massif-aux-donnees-de-sante-pourrait-accentuer-les-inegalites-sociales-e

    Adrien Parrot – Avec l’arrivée du RGPD et dans un contexte de développement de l’intelligence artificielle, de collecte et d’utilisation de gros volume de données, un nouveau concept est apparu : celui des entrepôts de données de santé. Ces entrepôts sont des objets que l’on peut critiquer positivement ou négativement, mais qui doivent néanmoins être remis en question dans la mesure où ils entraînent un effacement du motif du consentement des personnes au profit de la notion d’intérêt public[4]. Le traitement des données est alors subordonné à l’information des personnes, qui ont le droit de s’opposer à ce traitement. C’est là une question de fond des entrepôts de données de santé en général, qui vaut pour IQVIA[5], le Health Data Hub, mais aussi pour l’entrepôt de donnée de l’AP-HP dans lequel j’ai travaillé. Dans ce cadre-là, le consentement disparaît entrainant un changement de paradigme dans l’idéologie de traitement des données.

  • affordance.info : Le Resto U n’est pas rentable. Alors on le ferme.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2021/10/le-resto-u-nest-pas-rentable.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef026bdef9b92e200c-600wi

    Ce matin sur France Inter, alors que la réalité de la situation dans les universités c’est que désormais chaque campus est devenue une succursale des restos du coeur (merci à eux d’ailleurs puisqu’eux, ils filent à bouffer à nos étudiant.e.s), ce matin sur France Inter j’ai appris que le resto U de l’université Paris 8 en Seine Saint-Denis, plus précisément celui de l’IUT de Montreuil, n’avait pas ouvert depuis un an et ne réouvrirait probablement pas. Parce que ce n’était pas "rentable. La présidente de l’université y était rapidement interviewée et elle avait l’air presque aussi résignée que désabusée.

  • Je suis prof et je m’autocensure : où est le problème ? | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/thomasvescovi/blog/171021/je-suis-prof-et-je-mautocensure-ou-est-le-probleme

    Ai-je le droit de considérer que montrer un homme nu à quatre pattes, qu’il soit prophète d’une religion ou Président de la République, que cela me fasse rire ou non, n’est pas la meilleure manière d’échanger avec mes élèves de collège ? C’est en tout cas le choix que j’ai fait. Est-ce que pour illustrer la liberté d’expression je devrais faire lire à mes élèves des extraits de Rivarol ou Valeurs actuelles ?

    • A titre personnel, je suis effaré par les reportages dans les collèges, avec au tableau le cul, les couilles et l’étoile jaune. Qu’en tant qu’adulte, tu prennes plaisir à t’infliger de la pornographie avilissante, je n’ai pas à juger, tu achètes bien ce que tu veux en kiosque... Mais qu’on inflige ça à des enfants qui n’ont rien demandé, je ne comprends pas. Et qu’une profession qui risque un blâme si elle laisse trainer un tract syndical sur son bureau rien que 5 minutes, n’ait pas d’autre choix que de se laisser instrumentaliser afin de faire le service après vente d’un journal raciste et fasciste, c’est d’un paradoxal et d’une tristesse sans nom. Je lis sur les réseaux sociaux les commentaires sous les posts des profs qui font valoir leur droit à parler de liberté d’expression autrement qu’en affichant des images avilissantes et impudiques, et j’y lis, dans ces fils de commentaires, l’interdiction de la réflexion, j’y lis les injonctions à obéir, et j’y entends parler de capitulation. L’extrême droite est aux portes du pouvoir (elle y est déjà, mais faut pas le dire), mais il faudrait craindre l’arrivée au pouvoir des fondamentalistes religieux musulmans...

      J’ajoute que ces images, d’êtres humains en positions avilissantes et impudiques, ça me fait penser à ces gens qui s’offusquent parce que les gamins se harcèlent entre eux à base de violences avilissantes...
      Ces images, présentées comme légitimes, me mettent aussi profondément mal à l’aise de ce point de vue. L’humiliation et l’avilissement d’autrui est-elle vraiment consubstantielle à la liberté d’expression ? Et par extension, le harcèlement n’est-il pas présenté, de ce fait, comme une liberté aussi importante que la liberté d’expression ? Par ricochet, cela me fait penser à Squid Game, et à l’effet qu’on nous dit que cela a sur les jeux à l’école, le 1-2-3-soleil de la bande annonce, qui se termine par de la violence (les commentateurs semblent tous oublier de rappeler que Battle Royal date déjà de 21 ans en arrière).

  • Le 17 octobre 1961, la police française placée sous l’autorité du tristement célèbre préfet Maurice Papon commettait le pire massacre de civils depuis la seconde guerre mondiale.
    Aujourd’hui, la loi du silence pèse toujours sur cet tragédie comme une chape de plomb.
    #17octobre1961
    https://twitter.com/realmarcel1/status/1449491641308430337

    2 morts officiellement, des centaines en réalité, sur une période de 2 mois de déchaînement de violence
    Il a fallu attendre les années 70 pour que les langues se délient et les années 80 pour que les historiens s’en emparent
    En ce qui concerne les politiques, on attend toujours

    Ce n’était pas une somme de dérapages isolés, c’était un système.
    Papon a donné un blanc-seing à la police pour tirer, de fausses informations ont été diffusées sur la radio, on a flatté le sentiment raciste d’une police qui n’avait pas été réformée depuis Vichy.

    On n’attendait pas grand chose de Macron qui flatte une police à la dérive pour qu’elle continue à couvrir ses turpitudes, dans un contexte où le ministre de l’Intérieur porte plainte contre ceux qui constatent une évidence : la police tue.

    Il a fait pire, il n’a pas eu un mot.
    Et pour cause, jamais la police française n’a été aussi violente ni aussi impunie depuis cette période brune de l’Histoire.
    Le racisme est toujours là, la violence aussi, mais c’est le déni qui fait le plus de mal, parce que c’est un système.

    Ce n’est pas un problème franco-algérien, c’est un problème français, et le déni qui perdure est un symbole d’un pays qui refuse le nécessaire devoir de mémoire qui lui permettrait enfin de se regarder dans une glace.

    Si ce déni continue encore aujourd’hui, c’est parce qu’il a une fonction : maintenir sous contrôle une institution qui n’a que très peu changé parce qu’on n’a jamais voulu qu’elle change, parce qu’au fond, le pouvoir a besoin d’une police raciste et violente

    Ce que raconte l’Histoire, ce n’est pas juste une histoire, c’est notre société.
    Ce que raconte cette histoire, c’est un tout petit pays qui se replie sur lui même parce qu’il n’accepte pas de perdre sa puissance, et c’est une élite qui se replie sur la violence pour se protéger.

    Plus que jamais, le fascisme frappe à nos portes avec ses grosses bottes qui font du bruit.
    Son ferment, c’est le mensonge.
    Pour le combattre, il faut dire la vérité.
    Si on a besoin de réparer les blessures du passé c’est pour avancer.
    Alors avançons ✊
    #LaPoliceTue

  • Le roi s’amuse en notre palais !
    https://www.lemondemoderne.media/macron-samuse

    Heureux d’avoir marqué un but devant sa cour, pour une association caritative, le président de la République célébrait sa victoire en grande pompe, au son disco de « I will survive » jeudi soir à l’Elysée. Et il y avait de quoi être heureux ! Ce match contre des soignants a rapporté 50000 euros, pour un hôpital à Kaboul, selon Brigitte Macron.

    Le soir même, des Afghans devaient effectivement être très heureux de voir que le butteur de l’Élysée festoyait en leur honneur et leur remettrait 50 000 euros, sachant que la sauterie caritative aura coûté un certain prix, peut être plus utile à l’aide internationale. Passons.

    Il y a maintenant deux mondes qui s’ignorent, deux mondes qui s’éloignent et se détachent. Celui, idéal (pour ceux qui peuvent se l’offrir), harmonieux, tranquille et insouciant du bloc bourgeois, pour qui la fête est un mode de vie, et celui, triste, angoissé et sans avenir des sans-voix. Les 1O millions de Français passé sous le seuil de la pauvreté, les familles moyennes anxieuse du déclassement programmé. Tous ceux, de bonne volonté et sages, qui jusqu’ici avaient cru à la légende de la méritocratie républicaine se rendent bien compte de la supercherie et de la sécession des élites auto-proclamées d’avec la plèbe.

    La République française a eu ce défaut originel de singer les décors de la monarchie, pour assoir son pouvoir. La Ve République, travestie en régime d’opérette par le quinquennat, a fini de nous emmener dans une caricature grossière de monarchie bourgeoise, sous substances.

    Jusqu’à la nausée

    Cet amusement, anodin et banal, résonne pourtant comme un coup de matraque de plus sur la tête de tous ceux qui peinent à la sortir de l’eau. Quel indécence assumée de la part du couple Macron de recevoir avec faste les amis du Variety Football Club, comme pour célébrer la victoire en finale de coupe du monde de l’équipe de France.

    Mais ce faste, cette fierté d’être en dehors du mal et de la souffrance, c’est la célébration d’une toute autre victoire.

    La victoire d’un monarque de pacotille à la légitimité minuscule, dont les politiques anti-sociales maltraitent notre pays depuis 4 ans et demi. La victoire en majesté d’une classe sur une autre, à coup de presse de cour, de coups de matraque, de lacrymogènes, de mensonges d’Etat et de précarité financière imposée.

    La victoire du néo-management des cabinets de conseil anglo-saxons sur la République et l’Etat français.

    La victoire de la post-vérité sur le réel. Oui, la politique d’Emmanuel est bien la meilleure, à force de manipulation des chiffres, les Français comprendront que leur pouvoir d’achat a bien augmenter, contre leur constatation quotidienne de la dégradation de leur niveau de vie.

    Aussi, la victoire de la médiocrité, de la manipulation sur le courage.

    En un mot, notre défaite.

    Un vaccin contre la pauvreté

    Les millions de Français sous le seuil de pauvreté, les millions de chômeurs, les enfants qui dorment à la rue, les bannis, fautes de pass sanitaire, les mutilés des manifestations, tous ceux là sont invisibles pour Emmanuel et Brigitte Macron et leur cour. Ce sont des chiffres, des courbes, des idées un peu floues, jamais ce ne sont des visages, des destins, des vies brisées à jamais.

    Ces messieurs et ces élégantes sont vaccinés contre le réel, ils vivent dans un monde à part, où seul compte le dernier sondage, la dernière flatterie d’un courtisan idiot ou rusé, le dernier conseil d’un philosophe de plateau, le dernier coup de téléphone d’un grand patron milliardaire, la dernière création d’un artiste protégé.

    Nos vies, ne comptent pas. D’ailleurs, le projet est assumé, c’est le travail jusque 67 ans, pour commencer, l’aliénation par le pass et par le travail à la chaîne, une magie quotidienne, aux yeux de l’énarque ministre ravie de la crèche Agnès Pannier-Runacher.

    Rien de ce qui fait la vie, le bonheur, l’amour et la solidarité des humbles ne comptent aux yeux de ces fous de pouvoir, incapables de vivre avec moins de 5000 euros par mois (et c’est une misère), selon Luc Ferry, ancien ministre de Nicolas Sarkozy et célèbre philosophe de plateau, qui demandait à la police de tirer à vue sur les gilets jaunes.

    Un barrage anti-populaire

    La caste des bien-nés et des heureux bourgeois peut compter sur un système de protection fiable : cordon sanitaire maintenu par une police aux ordres pour éviter un débordement des « qu’ils viennent me chercher » et cordon psychologique avec un matraquage médiatique aux frontières du réel pour nier le malheur, la catastrophe et la corruption.

    Pandora Papers ? Oubliés. Procès Benalla ? Oublié. Ministres mis en examen ? Oubliés. Ancien président condamné pour association de malfaiteurs ? Oublié. Les millions accumulés par Macron pendant son passage en banque d’affaire ? Volatilisés en travaux dans la maison du Touquet ! Et alors, madame à très bon goût en déco intérieure.

    Mieux encore, voilà un nouveau candidat surprise issu de leurs rangs, plus raciste et xénophobe que le clan Le pen, qui va hypnotiser les foules avec une histoire de France falsifiée et des diatribes faciles sur la grandeur française et la guerre des civilisations. Eric Zemmour est en ce sens, un candidat anti-populiste, et bien un candidat de plus des milliardaires. Hélas, pour certain, la supercherie germanopratine fonctionne à merveille.

    Sa dernière sortie contre la justice à Béziers, ne manque pas de faire écho aux déboires de son ancien employeur Vincent Bolloré, avec la justice pour corruption au Togo.« Nous devons enlever le pouvoir aux contre-pouvoirs […] Les juges doivent se taire, c’est le peuple qui règne »

    On comprend bien que « le peuple » pour Eric Zemmour se résume à la caste d’argent, car pour les miséreux, les petits délinquants, la justice se doit être expéditive.

    La lutte finale ?

    La lutte des classes existe, elle est plus que jamais d’actualité.

    Les armes du bloc bourgeois sont légions et sont des armes de sécession massive : hurlements apeurés sur le wokisme, chasse à l’islamogauchiste, scandale sur la violence des pauvres etc, enfermement dans la peur de l’autre.

    Alors que le bloc bourgeois tente de se poser en clan de la raison, alors que ses délires emmènent le monde dans l’abîme et la société à la guerre civile, il est urgent de s’organiser contre la propagande du pire que la campagne nous promet.

    Ne soyons pas dupes, laissons Macron marquer des faux buts, intensifions la lutte.

  • Les juifs de France se fracturent sur Éric Zemmour
    Jean Stern > 15 octobre 2021
    https://orientxxi.info/magazine/les-juifs-de-france-se-fracturent-sur-eric-zemmour,5111

    La candidature probable à l’Élysée du partisan du « grand remplacement » provoque une onde de choc dans la communauté juive française. Beaucoup de juifs affirment vouloir voter pour Éric Zemmour, au grand dam de figures communautaires. On peut y voir un feu de paille, mais aussi la conséquence d’erreurs d’analyse sur l’islamophobie et le soutien constant à la politique israélienne. (...)

    • Plus de 1 200 personnes avaient payé pour assister à la conférence de Zemmour se livrant à un éloge appuyé du pétainisme dès 2016 à la grande synagogue de Paris, rue de la Victoire, en compagnie du grand rabbin Gilles Bernheim : une onction partielle lui avait déjà été fort malencontreusement accordée.

      (...) Pour beaucoup de juifs d’Afrique du Nord issus des milieux populaires, poursuit-elle, « Zemmour incarne “la dernière chance” avant l’exil. Un rempart à la disparition, la perspective d’une vie nouvelle possible qui vaut bien de fermer les yeux sur quelques excès ». Fermer les yeux, tout est dit en somme.

      (...) Zemmour ne dédaigne pas les déjeuners en ville, un rite très français. Il peut ainsi manger avec le multicondamné pour antisémitisme Jean-Marie Le Pen en compagnie de la fille du nazi Joachim von Ribbentrop jugé et exécuté à Nuremberg, a révélé Le Monde. « On peut presque imaginer la viscosité de ce repas, où l’obséquieux monsieur Z cherche ses traits d’esprit, comme autant de courbettes de bon kapo divertissant ses maîtres », ironise férocement le 7 octobre l’historien Jérémy Rubenstein sur Hiya.

      (...) L’historien et chercheur Marc Knobel, directeur des études du CRIF, a d’ailleurs dénoncé dans différents articles depuis plusieurs années l’idéologie du « faiseur d’apocalypse » en qui il voit un « juif de la négation », qui va jusqu’à reprendre des éléments de langage de l’extrême droite antisémite sur la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus.

  • « Police partout, médias nulle part »
    https://www.acrimed.org/Police-partout-medias-nulle-part

    Loin des règles du métier (vérification des faits et confrontation des sources), la presse paresseuse se contente de copier les discours institutionnels et de relayer les fake news préfectorales. Le « quatrième pouvoir », en panne, participe à l’impunité policière. C’est une véritable faillite de l’appareil médiatique local. Le 7 mars 2020, pour l’acte 69 des Gilets jaunes, la police blesse gravement au moins 26 personnes en plein centre de Lyon. Le soir même, la presse locale et nationale titrera essentiellement sur les « 24 policiers blessés » et les commerces « saccagés par les black blocs ». La palme de l’indécence revient sans doute au Progrès qui, sur le coup de 19h, fait réagir les candidats aux municipales à propos de la « violence qui frappe nos commerces » (essentiellement des banques). Les (...)

  • Meyer Habib : Le député français qui murmure à l’oreille de Benyamin Netanyahou
    par Frédéric Métézeau , Jacques Monin , Cellule investigation de Radio France , Emmanuelle Elbaz-Phelps publié le 15 octobre 2021
    https://www.franceinter.fr/politique/meyer-habib-le-depute-francais-qui-murmure-a-l-oreille-de-benyamin-netan

    Le député Meyer Habib est un ami proche de l’ancien Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Il a longtemps été son relais à l’Assemblée et à l’Elysée, quitte à s’opposer aux positions diplomatiques françaises. Contrairement à ses obligations légales, il est aussi actionnaire de sociétés non déclarées en France. (...)

    • Portrait de Meyer Habib par la cellule investigation de Radio France, qui revient notamment sur sa proximité avec Benjamin Netanyahou et Arnaud Mimran (escroc condamné dans l’affaire de la fraude à la TVA sur les crédits carbone)

      “Macron n’a pas pu voir Benyamin Netanyahou car Meyer Habib lui a fait barrage. ” Enquête sur le député français Meyer Habib, ses interférences diplomatiques et ses intérêts économiques non déclarés en France.

  • Planquer la poussière fasciste sous le Tapie de la bourgeoisie. Hommage à Nanard, l’escroc de la « république ».

    Tous les bourgeois sont des voleurs, légaux ou non - FRUSTRATION
    https://www.frustrationmagazine.fr/tapie-bourgeois

    Bernard Tapie a incarné en France la figure de « l’entrepreneur » dans les années 80. « Entrepreneur » est le concept qui a remplacé celui de patron et avec lui tout ce qu’il pouvait charrier de représentation négative. Quand le patron domine et exploite, l’entrepreneur entreprend… quoi ? Rien de différent : l’exploitation du travail d’autrui, le démantèlement et la revente à la découpe d’industries, les licenciements de masse… Dans quel but ? « Le goût du challenge », explique Tapie au sujet de son rachat de Manufrance. Quelle différence avec les patrons d’antan ? Aucune, le récit change, l’objectif reste : engranger du fric. Tapie, escroc ? Non, bourgeois comme les autres. Il exploite le travail d’autrui, il dupe l’adversaire syndicaliste, il charme le journaliste, il se met le politique et les lois dans la poche, et il encaisse, s’engraisse.

  • « Les écarts d’âge homme/femme dans les castings irritent une critique de plus en plus attentive à leur signification sociale … »

    Pourquoi on n’ira pas voir le film Eiffel avec Romain Duris et Emma Mackey
    https://www.numero.com/fr/cinema/eiffel-romain-duris-emma-mackey-sexisme

    En tête du box-office cette semaine, le film français Eiffel a beau être d’une ambition monumentale, il nous donne surtout envie de monter dans les tours. Et ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un énième biopic…

    Il faut l’avouer : la bande-annonce d’Eiffel de Martin Bourboulon, avec ses gros plans sur la majestueuse tour parisienne en construction et ses acteurs en costumes presque aussi monumentaux que la Dame de fer, s’avère vertigineuse. Comme ses premières images mirobolantes, le biopic à 23,4 millions d’euros sur l’inventeur Gustave Eiffel a séduit les spectateurs, puisque, d’après Le Film Français, il a attiré la matinée de sa sortie, ce mercredi 13 octobre, plus de 1610 curieux. Une prouesse par temps de pandémie qui place le film en tête du box-office hexagonal, devant Le Dernier duel de Ridley Scott, Julie (en 12 chapitres) et tous les autres long-métrages qui étaient très attendus cette semaine.

    Le problème c’est que si l’on apprécie particulièrement Romain Duris et Emma Mackey, l’héroïne rock de Sex Education, l’idée de les voir réunis à l’écran pour vivre une folle liaison ne nous réjouit pas vraiment. Dans cette histoire romancée de Gustave Eiffel, l’ingénieur centralien français se lance dans un projet pharaonique pour l’Exposition universelle de 1889 qui aura lieu à Paris. Il veut construire une tour « haute de plus de mille pieds » en forme de A (comme amour), symbole phallique et dominant s’il en est, pour impressionner celle qui le passionna dans sa jeunesse et qu’il retrouve enfin. Nous sommes en 1887 et Eiffel, âgé de 55 ans à ce moment-là, est incarné par Romain Duris, qui en a 47. L’objet de son affection est, pour sa part, joué par Emma Mackey qui n’a que 25 printemps. On vous laisse imaginer, s’il s’agit de son amour de jeunesse, l’âge qu’elle avait lors de leur première rencontre, sans doute celui d’une adolescente donc. Dans la vraie vie, l’inventeur de génie à l’égo aussi surdimensionné que sa création et celle qui l’aimantait, Adrienne Bourgès, n’avaient que neuf ans d’écart. Et non pas plus de vingt, comme dans cette version romancée.

    Ce choix de casting agace d’autant plus qu’il est devenu systématique et ce même après #MeToo et les plaintes des actrices de plus 40 ans sur leur manque d’opportunités. On continue de donner des rôles de compagnes d’hommes de 50 ou 60 ans à des comédiennes de 20 ou 30 ans, comme si passé la ménopause, les femmes n’intéressaient plus personne. Si on s’attarde sur les sorties cinématographiques récentes, James Bond (Daniel Craig, 53 ans) craque pour Léa Seydoux (36 ans) dans les dernières aventures de l’agent 007. La même Léa Seydoux sera à l’affiche, le 29 décembre prochain, d’une adaptation de Philip Roth par Arnaud Desplechin, Tromperie. Et, quelle chance, l’actrice y entretiendra une relation avec Denis Podalydès, fringant jeune homme de 58 ans.

    Vous en voulez encore ? On pourra bientôt, en 2023, se délecter d’un nouveau film de Ridley Scott, Kitbag, dans lequel Jodie Comer (Killing Eve) incarnera Joséphine de Beauharnais, la compagne de Napoléon (interprété par Joaquin Phoenix). Historiquement, l’Impératrice avait 6 ans de plus que son illustre époux alors que Jodie Comer a presque 20 ans de moins que le héros du Joker (2019). Les casteurs et les cinéastes n’ont donc absolument aucune justification, autre que leur propres « daddy issues », pour continuer à nous abreuver de leurs remakes à peine déguisés et peu inspirés de Lolita qui n’excitent plus personne à part eux.

  • Barbier, Enthoven, Couturier et Fourest sont sur un bateau - Acrimed | Action Critique Médias

    À la mi-novembre devrait paraître le « newsmagazine » Franc-Tireur, publication « soutenue par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, dirigeant de Czech Media Invest », propriétaire de Marianne, Elle et Public, actionnaire du Monde, de Télérama, de L’Obs, de TF1... « Le budget alloué par CMI reste confidentiel » pour l’instant, précise Le Monde (21/09) ! Le titre (8 pages) sera co-dirigé par l’éditorialiste selon qui « le terrain pollue l’esprit » : Christophe Barbier, qui certes, s’ennuyait un peu sur les plateaux de BFM-TV. Et ce n’est pas tout…

    https://www.acrimed.org/Barbier-Enthoven-Couturier-et-Fourest-sont-sur-un


    #médias #gauchededroite

  • « Pourquoi nous encourager à faire des études pour en arriver là ? » : la détresse des étudiants refusés en master
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/10/12/pourquoi-nous-encourager-a-faire-des-etudes-pour-en-arriver-la-la-detresse-d


    ANNA WANDA GOGUSEY

    Depuis la réforme de 2017, des milliers d’étudiants et étudiantes en licence se retrouvent chaque rentrée sans aucune proposition de poursuite d’études. Le passage au bac + 4 s’est transformé en véritable goulet d’étranglement.
    […]
    Goulet d’étranglement
    Maîtriser les stratégies d’orientation est devenu indispensable pour les étudiants du premier cycle universitaire, tant la pression à l’entrée en master s’est accrue ces dernières années. Si le nombre d’étudiants en licence a augmenté de 155 000 entre 2010 et 2019, il n’a progressé que de 70 000 au niveau master.

  • Procès du dossier Thomas Sankara : le jugement renvoyé au 25 octobre prochain
    11 octobre 2021 - Wakat Séra
    https://www.wakatsera.com/proces-du-dossier-thomas-sankara-le-jugement-renvoye-au-25-octobre-procha

    Le procès du dossier de l’ex-président burkinabè, le capitaine Noël Isidore Thomas Sankara, a débuté ce lundi 11 octobre 2021 à Ouagadougou, 34 ans après son assassinat et de douze de ses compagnons. Les actes à savoir l’appel nominal des accusés, la constitution du tribunal militaire, les requêtes de la partie civile, soutenue par le procureur militaire, pour l’enregistrement et/ou la diffusion du jugement, et, la demande de renvoi de l’affaire par certains avocats de la défense qui disent n’avoir pas pris connaissance du dossier, ont été les temps forts du jugement. A la suite de l’exposé des arguments des différentes parties qui a été houleux, le président du tribunal militaire a renvoyé le procès pour le 25 octobre prochain, soit dans deux semaines.

    Des débats houleux déjà au premier jour du procès

    Le procès s’est ouvert à 9H10. Le juge avait du mal à avoir des assesseurs pour constituer son tribunal. Si certains des officiers supérieurs convoqués par la commission de désignation avancent avoir des liens d’amitié avec certains accusés, d’autres évoquent des raisons de calendrier, de santé et de travail, qui les empêcheraient de siéger à la chambre. Les deux généraux, notamment, Brice Bayala et Nazinigouba Ouédraogo, se sont auto-recusé. M. Bayala dit avoir des contraintes sanitaires qui l’obligent à souvent quitter la salle tandis que M. Ouédraogo, a signifié, qu’il entretient des liens d’amitié avec certains accusés dont le général Gilbert Diendéré, l’un des principaux accusés du dossier.

    Le tribunal a été « constitué avec un peu de difficulté », a reconnu son président, Urbain Méda, après la prestation de serment des juges assesseurs militaires et leurs suppléants. (...)

    #Thomas_Sankara

  • #Valérie_Gérard : « Ce #mouvement_anti-pass ne construit rien de commun mais prône la destruction de toute communauté » (Tracer des lignes)

    Essentiel : tel est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier Tracer des lignes, le bref et percutant texte d’intervention que la philosophe Valérie Gérard vient de faire paraître aux passionnantes éditions MF sur la mobilisation contre le pass sanitaire. Car, depuis cet été, tous les samedis, on le sait, défile dans les rues de France un mouvement allant jusqu’à rassembler près de 300 000 personnes militant contre la mise en place d’un pass sanitaire. Mais qui compose réellement ce mouvement ? Lutte-t-il pour les libertés ou n’est-il qu’une variante d’extrême droite de la Manif pour tous qui a décomplexé l’homophobie en France ? A l’heure où l’antisémitisme règne sur les plateaux télé, cette lutte contre la dictature sanitaire et les grands groupes pharmaceutiques n’est-elle pas un nouveau tremplin pour les contre-révolutionnaires ? Autant de questions complexes et délicates que Diacritik ne pouvait manquer d’aller poser à l’autrice du déjà remarquable essai Par affinité. Amitié politique et coexistence le temps d’un grand entretien.

    Ma première question voudrait porter sur la genèse de votre salutaire Tracer des lignes : sur la mobilisation contre le pass sanitaire qui vient de paraître aux éditions MF. A quel moment précis avez-vous désiré prendre la parole sur ce mouvement français qui, cet été, a parfois rassemblé jusqu’à 300 000 personnes s’opposant à l’instauration d’un pass sanitaire ? Est-ce devant l’ampleur qu’y prenait l’antisémitisme notamment au mois d’août ou devant la tentation de certaines et certains de Gauche à vouloir participer à un mouvement dont le socle paraissait être la dénonciation du tout-sécuritaire de la gouvernance Macron ? Est-ce cette tentation qui vous a décidé à tenter de tracer des lignes claires afin de démêler ce mouvement qui dit l’époque, à savoir le confusionnisme ?

    J’ai d’abord eu besoin de mettre les choses au clair pour moi-même, après quelques conversations qui m’avaient laissée assez abasourdie ou perplexe, soit avec des gens qui m’expliquaient qu’ils défendaient la liberté contre l’autoritarisme en ne se faisant pas vacciner, et que se vacciner était un acte de collaboration avec la dictature en marche, soit avec des gens qui soutenaient sincèrement, mais un peu naïvement peut-être, qu’en participant à la mobilisation dite contre le pass sanitaire, ils œuvraient en faveur d’une troisième voie, la voie anti-pass mais pro-vaccins et pro-mesures sanitaires freinant la circulation du virus, sans s’interroger sur le sens d’une telle entreprise si elle reste inaudible. Si, sur les principes, sur les objectifs, les lignes peuvent être claires dans l’esprit de ces derniers, si c’est clairement depuis une position de gauche qu’ils contestent une nouvelle modalité du contrôle sécuritaire et l’autoritarisme de la présidence de Macron, on peut déplorer un aveuglement sur ce qui fait le sens d’un mouvement populaire. Ne pas poser la question de l’avec – avec qui on défile – et tolérer de se tenir aux côtés de manifestations d’antisémitisme ou de négationnisme de plus en plus décomplexées, c’est évidemment un problème.

    Mais ce qui m’a sans doute le plus déterminée est la confusion, qui règne dans beaucoup d’esprits depuis le début de la pandémie, entre la prise de mesures anti-covid et l’autoritarisme gouvernemental, confusion alimentée qui plus est par un usage purement idéologique de concepts philosophiques réduits à quelques clichés et mots d’ordre qui ne laissent de place ni pour la pensée ni pour une perception des faits. Je pense notamment aux concepts foucaldiens de « biopouvoir » et de « biopolitique », qui conduisent certains ou certaines à interpréter toute mesure sanitaire comme synonyme de contrôle de l’État sur les corps, preuve de la mainmise d’un gouvernement des médecins sur nos vies. C’est comme ça que, dès le premier confinement, on a vu un mouvement anti-sanitaire se développer en énonçant l’équivalence entre accepter des mesures anti-covid et se soumettre docilement à Macron ou même le soutenir. Ils ont réussi à configurer l’espace de sorte que la résistance aux mesures sanitaires paraisse la condition de la résistance au Pouvoir, et cet endroit-là est difficile à dénouer. De fait, cet été, des personnalités marquées à gauche qui prenaient position en faveur du mouvement contre le pass sanitaire d’abord au nom de la lutte contre le contrôle sécuritaire ont régulièrement tenu des propos antivax ou covidosceptiques, signe de l’inanité de la prétendue ligne « anti-pass, pas antivax ». C’est peut-être ça qui m’a poussée à prendre la parole publiquement, cette confusion-là, qui se réclame d’un héritage philosophique structurant à gauche, mais mal digéré et très malmené. Le discours idéologique sur le biopouvoir, figure cliché du mal sur laquelle toute mesure de protection devrait être rabattue (se laver les mains, mettre un masque…), fait obstacle à la possibilité d’une réflexion biopolitique qui soit horizontale et émerge des concernés et des concernées, comme celle qui s’était construite au moment de l’épidémie de SIDA et qui avait imposé, contre le déni des gouvernants, une véritable prise en compte de la maladie dans l’espace social et politique, ainsi que des mesures de défense contre la maladie.

    De nouveau, ce sont les malades, par exemple les personnes atteintes de covid longs, qui ont dû militer pour faire reconnaître cette dimension de la maladie, avec des médecins qui à leurs côtés tentent de trouver des thérapies, dans un espace institutionnel ou contre un espace institutionnel qui laisse peu de place pour ces soins, tant le problème a été nié longtemps en France. D’autres l’ont souligné avant moi : il n’y a pas de pouvoir des médecins dans cette pandémie, qui révèle tout sauf une emprise totale d’un biopouvoir sur nos vies. Le conseil scientifique est peu écouté et ses rapports sont régulièrement dissimulés, contre la loi qui exige qu’ils soient rendus publics sans délai, tant ils dérangent le pouvoir politique. Ça a été le cas l’hiver dernier lorsque le rapport préconisait un confinement que Macron refusait, ça a été le cas cet automne, où le rapport exigeant une solide politique de dépistage dans les écoles, que l’exécutif refuse, a été tenu secret 11 jours. Mais vous trouverez des gens qui confondent conseil scientifique et conseil de défense et vous expliquerons que le gouvernement des médecins a remplacé la démocratie. Beaucoup de médecins, loin d’avoir une position dominante dans la gouvernementalité à l’œuvre, travaillent au contraire autant qu’ils peuvent à la construction d’un mouvement critique d’un gouvernement qui multiplie les décisions les plus contre-productives d’un point de vue sanitaire.

    On notera qu’ils ne bénéficient d’aucun soutien du pouvoir politique lorsqu’ils sont harcelés et menacés de mort. Le Président préfère continuer à marquer sa déférence envers Raoult, un des héros des opposants et opposantes à toute mesure sanitaire, qui n’hésite pas à relayer des articles appelant à mettre à mort des médecins. On est donc très loin d’un gouvernement des médecins. S’il y a eu gouvernementalité biopolitique brutale, c’est sans doute dans la réduction de la vie au travail (dans les sphères duquel la circulation du virus était niée, et l’exposition au virus parfaitement assumée, « quoi qu’il en coûte »), et dans l’énoncé de la distinction entre « contacts utiles » et « contacts inutiles ».

    Mais, surtout, la biopolitique peut désigner autre chose. Quelques groupes réfléchissent à ce qui est possible en termes d’« autodéfense sanitaire », l’idée énonçant par elle-même la disjonction entre la question de la résistance au virus et celle de la soumission à Macron, ou plus généralement à un biopouvoir gouvernemental : une approche démocratique et égalitaire du virus et des mesures à prendre pour nous protéger les uns, les unes, les autres, et endiguer, autant que possible, sa circulation, est possible. Même si elle est entravée par le gouvernement. Ça pourrait même s’appeler « biopolitique », sans que ce terme désigne l’ennemi, si on était capable de penser que « politique » n’est pas synonyme de domination étatique. Il se trouve que c’est ce qui a été fait au Chiapas, alors que le gouvernement mexicain refusait de prendre des mesures anti-covid. Il se trouve que c’est ce qui a été fait dans certains quartiers au Brésil, dans certaines favelas, et que le pouvoir de Bolsonaro a interdit et entravé les mesures populaires et autonomes de défense contre le virus. Il suffit de regarder un peu au-delà des frontières pour voir à quel point l’identification entre combattre un pouvoir politique autoritaire et combattre toutes les mesures de défense sanitaire est inepte. Parfois, combattre le virus et combattre l’autoritarisme ou le fascisme font tout un. C’est aussi en me demandant comment on en est arrivé, en France, à assimiler se faire vacciner et soutenir Macron (la stupidité de la presse qui interprète le taux de vaccination comme un succès du Président donne un élément de réponse, mais pas suffisant), que j’ai éprouvé le besoin de tracer quelques lignes.

    Pour en venir au cœur de votre propos sur ce mouvement de prime abord nébuleux, la première ligne que vous tracez consiste à poser, en politique, la question de l’affinité. Vous avez signé en 2019 un important essai Par affinité. Amitié politique et coexistence dont votre propos ici démontre de manière imparable l’efficience intellectuelle et morale en ce que ce mouvement anti-pass pose selon vous une seule question si l’on admet, comme vous y invitez, à « se servir d’une boussole affinitaire dans ses prises de position » : avec qui défile-t-on ? En quoi ainsi la question centrale à se poser devant le mouvement antipass consiste-t-elle non pas uniquement à savoir pour quoi on défile mais avec qui on défile ? Peut-on défiler avec Florian Philippot et ne pas partager ses idées ? La manifestation n’est-elle précisément pas le premier lieu de toute communauté ?

    En effet, alors que, quand on pense la question de l’avec comme une question d’alliance, on croit pouvoir accepter n’importe quel allié pour atteindre ses fins, qui seules comptent – de toute façon, l’alliance, purement instrumentale, cessera une fois l’objectif atteint –, quand on la pense en termes d’affinités, on est conscient qu’une manifestation, qu’un mouvement social, constitue déjà, dans les formes qu’il prend, le monde qu’il cherche à faire advenir. Et avec qui on constitue un monde, ça compte. Toute manifestation est évidemment hétérogène et plurielle, mais on manifeste avec des gens avec qui des liens sont possibles et souhaitables. On est souvent attiré par un mouvement parce que les manières d’être, les types de lien qui y ont cours, sont désirables, et bonnes à partager dès maintenant (ou à l’inverse on est poussé hors d’un mouvement dont on aurait pu aimer le mot d’ordre parce que les manières et les liens y sont invivables – c’est ce que peuvent éprouver des femmes qui rejoignent un mouvement révolutionnaire et en sortent en constant sa structure sexiste et patriarcale). La question est moins de savoir si on peut défiler avec Philippot sans partager ses idées, que celle de savoir si on pense pouvoir partager quelque chose avec lui.

    Plus généralement, il n’y a pas en politique de principes désincarnés. Qui les énonce, en quels termes, avec quel ton, dans quelle conjoncture : ça change tout. Un « non à la surveillance de masse » énoncé par l’extrême-droite, avec une rhétorique antisémite et négationniste, ne peut être détaché ni de son milieu d’énonciation ni des moyens de son énonciation. L’imaginaire qu’il constitue en étant relayé n’est pas émancipateur, même si le mot d’ordre pourrait le faire croire. Dans la mesure le mouvement a surtout ce ton-là, où on a tous vu les affiches « pass nazitaire » avec des S évoquant la SS, le rejoindre, c’est le renforcer, et renforcer cet imaginaire, en augmentant la confusion générale. À défiler avec des fascistes contre l’autoritarisme, on risque alors surtout de renforcer le fascisme, et, à terme, l’autoritarisme.

    Prétendre défendre des principes et des objectifs quels que soient les alliés qu’on se trouve, faire passer des idées avant les gens, c’est agir en idéologue, pour qui le monde doit se plier aux idées, au mépris de ce qu’il se passe, en termes de constitution de forces, d’imaginaires, de liens, et déjà d’un monde. Partir non pas des idées mais des gens, ce qui est une autre manière de décrire la manière affinitaire de s’orienter, conduit à considérer, dans un mouvement, au-delà de ses objectifs affichés, ses moyens, les manières d’être qui s’y déploient, son répertoire d’action, les affects qui le traversent, l’atmosphère qu’il charrie. L’atmosphère qui accompagne ce mouvement, c’est la violence exercée contre des soignants et les soignantes, agressé·e·s ou menacé·e·s, c’est l’antisémitisme et le négationnisme (qui ont par ailleurs libre cours sur les plateaux de télévision), c’est l’affirmation d’un ultralibéralisme assez forcené.

    Un des points centraux de votre réflexion consiste à vous demander si ce mouvement de contestation, par son ampleur et ses enjeux, rejoint l’ampleur et les enjeux des mouvements de 2016 contre la Loi Travail et de 2018 avec les Gilets jaunes. D’emblée, vous affirmez à juste titre et avec force que ce mouvement contre le pass n’a rien à voir, en dépit de la présence de Gilets jaunes, avec le mouvement de l’hiver 18. Pourquoi vous semble-t-il différent ? Vous établissez notamment une différenciation majeure sur la nature de la violence : les Gilets jaunes n’ont jamais appelé à la violence contre des personnes mais ont uniquement commis des actes de vandalisme. Pourtant, les Gilets jaunes vouaient une haine manifeste à Macron. Quelle différence fondamentale émerge alors cependant ?

    Je suis en effet revenue sur la comparaison entre ce mouvement et le mouvement des Gilets jaunes parce qu’elle a été assez récurrente cet été. À gauche, beaucoup avaient vu dans le mouvement des Gilets jaunes, lorsqu’il a commencé, un mouvement poujadiste auquel ils ne voulaient pas se joindre, puis ils se sont rendus compte qu’ils passaient à côté de quelque chose et l’ont rejoint (ou ont continué à le mépriser en raison d’un certain mépris de classe). Pour certains ou certaines, il y a peut-être eu une peur de reproduire la même erreur. C’est ainsi que j’ai lu plusieurs fois des arguments du type : « ceux qui critiquent le mouvement anti-pass refont la même erreur que du temps des Gilets jaunes, ils passent à côté d’un grand élan démocratique et manifestent leur haine du peuple et leur mépris de la démocratie. » Comme la pandémie a interrompu une série de mouvements très forts (2016, 2018, comme vous le rappelez, mais aussi le mouvement contre les retraites juste avant l’arrivée du Covid), la tentation pouvait être grande de voir cette série reprendre cet été, sur un mot d’ordre qui a du sens à gauche.

    À mes yeux ce mouvement n’est pas une reprise des Gilets jaunes, même s’il peut y avoir des continuités de personnes, parce qu’il n’en reprend pas le sens, et n’installe pas la même atmosphère dans le pays. Le mouvement des Gilets jaunes était divers, il y a avait des gens d’extrême droite dans les cortèges, mais ils ne donnaient pas son ton au mouvement. C’était d’abord un mouvement de précaires contre une gouvernance capitaliste écrasante. C’était aussi un mouvement où, quotidiennement sur les ronds-points, du commun s’est construit. Ce mouvement anti-pass ne construit rien de commun. Il prône au contraire la destruction de toute communauté : comment qualifier autrement le refus de mesures partagées de défense commune contre un virus, le refus de mesures d’attention et de protection réciproques ? Ce refus est manifeste dans les formes que prend la violence. Alors que la violence des Gilets jaunes visait des symboles de l’oligarchie ou du pouvoir impérial (Fouquet’s, Arc de Triomphe…), la violence des anti-pass vise des centres de vaccination, des centres de dépistage du covid : des lieux et des symboles du soin, de la sécurité et de la solidarité sociales. Elle s’en prend aussi, ainsi, à des personnes, des soignant·e·s agressé·e·s, ou menacé·e·s, ce qui fait encore une différence avec la violence des Gilets jaunes. Certes ces derniers haïssaient Macron, mais en régime de présidence à ce point monarchique, il est difficile de distinguer l’homme de la fonction, la personne d’un régime écrasant et honni. Là, ils s’en prennent à des gens qui sont sur le pont depuis 18 mois pour soigner les gens et informer le public sur le fonctionnement du virus et les moyens de s’en protéger.

    Loin de ranger ce mouvement anti-pass du côté des Gilets jaunes et de pouvoir rabattre l’antisémitisme de ce mouvement sur celui de l’hiver 18, vous le rapprochez plutôt du mouvement de la Manif pour tous. En quoi ainsi s’agit-il pour vous d’un mouvement similaire ? Quelles sont leurs affinités respectives ? Vous dites notamment que, dans un cas comme dans l’autre, c’est « une force destructrice de l’égalité et des libertés qui s’ancrent dans l’égalité ». En quoi s’agirait-il donc d’un mouvement qui, en fait, sous prétexte de liberté, attaque l’émancipation ? Pourquoi, selon vous, le fascisme constitue-t-il le point commun entre ces deux mouvements ?

    En tout cas, ce mouvement a suscité en moi le type d’affects que la Manif pour tous avait suscités : l’inquiétude à voir se constituer une force destructrice de toute émancipation, lourde de dangers pour l’avenir. De fait la droite ultra a pris des forces en 2013. Ce qui rapproche ces mouvements, ce sont d’abord des personnes influentes (Henrion-Claude, Fouché, Di Vizio, ou Barnérias, le réalisateur de Hold up). Ensuite, ce sont ensuite deux mouvements qui ont encouragé, par leur existence, la violence contre les personnes (les agressions contre les homosexuelles et les homosexuels ont augmenté dans le sillage de la manif pour tous, cet été les agressions contre les soignantes et les soignants ou les structures de soin étaient quotidiennes). Il n’y avait rien de tel du temps des Gilets jaunes. Ce sont deux mouvements qui manient le confusionnisme : la Manif pour tous reprenait l’imagerie et des slogans de 68 pour son projet discriminatoire, dévoyant par exemple les principes capitalistes en reliant l’opposition au mariage pour tous et la lutte contre la marchandisation des corps ; le mouvement anti-pass pratique le même type de confusion, en mobilisant le « slogan » « mon corps mon choix » ou les principes de la lutte contre les violences sexuelles, par exemple, pour s’opposer au vaccin. La Manif pour tous s’attaquait évidemment à l’égalité. Le mouvement anti-mesures sanitaires aussi, même si c’est moins direct : refuser de lutter collectivement contre le virus, c’est refuser de construire collectivement une égalité face au virus et considérer que les plus forts s’en sortiront, et tant pis pour les plus faibles. Ce qui s’exprime, c’est une forme de darwinisme social, une forme d’eugénisme, qui n’a rien d’émancipateur.

    Je ne sais pas jusqu’où la comparaison avec la Manif pour tous peut être tenue : elle est au départ plutôt heuristique. Mais, dans les deux mouvances, on se réclame d’une certaine nature (d’un côté des sexes et des orientations sexuelles, de la famille, de l’autre côté, des systèmes immunitaires) pour refuser la construction politique d’une égalité. Ce sont des mouvances où on est prêt à pratiquer la violence contre des lieux du soin pour empêcher les pratiques qu’on réprouve (les avortements, la vaccination) – ces pratiques fascistes, comme le sont les menaces et intimidations de personnes en manifestation, suffisent à prouver que la revendication de « liberté » est vide et dissimule une contestation de toute politique de santé publique.

    Mon autre question découlant de la précédente serait celle-ci : est-ce que finalement ce mouvement ne met pas en lumière que défendre la liberté, comme va le faire pendant la campagne Marine Le Pen, ce n’est pas défendre une valeur de droite contre une valeur de gauche, l’émancipation ? Est-ce que défendre la liberté, c’est-à-dire défendre un droit de consommer et une manière de confort individualiste et autarcique, c’est désormais être de droite ? Enfin, est-ce que ce mouvement anti-pass s’attaque véritablement au pouvoir macroniste ? N’a-t-il pas plutôt pour vocation de détruire des lieux de solidarité et de protection sociale comme les centres de vaccination ? Comment expliquer, par ailleurs, qu’il n’y a pas une répression policière aussi importante que pour les mouvements de 2016 et 2018 en dépit de l’ampleur des mobilisations chaque samedi ?

    Je ne sais pas si défendre la liberté, c’est désormais être de droite, dans la mesure où la liberté a toujours été théorisée à droite et à gauche. La liberté comme valeur de droite, c’est aussi vieux que le libéralisme à l’époque de la naissance du capitalisme. Contre cette conception de la liberté, ce que montrait Rousseau par exemple, c’est que l’égalité est ce sans quoi la seule liberté qui existe est celle, pour les mieux dotés, en richesses, en réseaux, en forces, d’écraser et de dominer les autres. L’égalité est alors ce qui libère des relations de domination présentes dès qu’il y a inégalité, dès qu’il y a discrimination. Ça me permet de revenir à la question précédente sur les libertés qui s’ancrent dans l’égalité. Revenons à la situation actuelle : sans construction collective d’une égalité face au virus, si règne ce que prônent ceux et celles qui s’opposent aux mesures sanitaires, ce qui est construit, c’est un monde dans lequel les personnes les plus fragiles, parce qu’immuno-déficientes par exemple, n’ont plus de liberté de mouvement depuis plus d’un an. Elles payent le prix de la « liberté » de ne pas mettre de masque, de laisser le virus circuler, etc. La liberté qui est défendue, c’est en effet une liberté purement égocentrique, celle d’individus qui considèrent « il n’y a pas de société », comme disait Thatcher. Que la réciprocité, la mutualité, la solidarité, n’ont pas d’importance. C’est conception libertarienne de la liberté, qui n’est qu’un nom donné au refus de tenir compte de l’autre et à la passion de domination.

    Parmi les anti-pass, sur cette question de la liberté aussi la confusion est grande. La liberté que certains ou certaines pensent opposer à l’État autoritaire est finalement opposée à la prise en compte du fait que nous coexistons, que nous ne sommes pas des monades isolées autarciques, et que, en conséquence, nous accorder sur des mesures pour nous protéger mutuellement, c’est source de puissance collective, redistribuée égalitairement. Ça n’entrave la liberté rêvée que de ceux et de celles qui refusent de reconnaître la dimension collective de l’existence (alors que leur vie est soutenue par la collectivité). La « liberté » est un signifiant assez vide, si on ne précise pas comment on l’entend. La clé est sans doute de savoir si on la conçoit comme appartenant par nature à l’individu autarcique (ce qui n’est qu’une illusion que seule une position de domination rend possible), et alors on pense que la communauté, et l’autre, l’entravent, et la seule solution pour ne pas être entravé est de les dominer, ou si on la conçoit comme produite horizontalement, politiquement, par la mise en commun de nos forces.

    Ainsi compris, le mouvement anti-pass ne s’attaque pas au pouvoir macroniste : l’individu ultralibéral qui le constitue est au contraire en phase avec ce pouvoir. S’en prendre à la sécurité sociale, aux dispositifs de solidarité, c’est ce que fait cette présidence d’une autre manière et à une autre échelle.

    Je ne sais pas pourquoi la répression policière n’est pas aussi forte que lors des mouvements de 2016 et 2018, mais c’est assurément un signe qu’il n’y a pas continuité. Et ce fait est particulièrement notable, dans la mesure où le traitement de la pandémie a souvent été policier plutôt que sanitaire. Les confinements et couvre-feux ont permis de quadriller encore plus les banlieues. Mais, manifestement, les anti-pass qui défilent ne sont pas traités comme des ennemis par le pouvoir. On pourrait aussi gloser sur le fait que la police est dispensée du pass, ce qui semble indiquer une certaine affinité avec le mouvement.

    Un des points centraux de votre réflexion consiste à poser, au cœur de la politique, la question de l’élection par affinité et la puissance politique. Vous affirmez ainsi que la question de la vaccination ne se joue pas uniquement sur le terrain de la preuve scientifique mais devient une éminente question politique. Convoquant une vision de la politique fondée sur des préférences pour des liens afin de promouvoir une logique de coexistence, vous défendez, en vous appuyant sur Hannah Arendt, une préférence affective pour le vaccin contre « la prétendue détention d’une vérité » par les antivax : évoquant une « inclination affective pour un mode d’être avec », vous dites ainsi : « je préfère prendre le risque d’avoir tort avec des gens avec qui la vie serait sensée, que raison avec les autres, avec qui je n’ai pas envie de vivre, de partager le monde ».
    Prenant à rebours la question scientifique, vous faites du monde du vaccin une manière d’être ensemble : en quoi le mouvement contre le pass sanitaire est-il pour vous une attaque de la solidarité et du contrat social, un mouvement profondément contre-révolutionnaire finalement ? En quoi finalement construit-il une communauté sur la destruction de toute communauté ?

    Sur le vaccin, je refuse de me placer sur le terrain de l’argumentation scientifique parce que ce n’est pas dans mes cordes. J’admets que je fais confiance aux études, aux protocoles scientifiques, et aux médecins qui le recommandent. Une discussion avec les antivax qui s’imaginent être devenus spécialistes de ces questions n’aurait à mes yeux aucun sens. Par contre on peut rechercher ce que dissimule le recours à un registre supposément scientifique. Lorsqu’on n’a pas affaire à des gens qui ont sincèrement peur parce qu’ils ont entendu les discours de ceux et de celles qui veulent propager la peur, mais à des opposants et opposantes convaincues au vaccin, derrière la haine pour le vaccin, on trouve l’affirmation eugéniste de la confiance dans de bonnes défenses naturelles, et le refus de construire, face à une menace partagée, une réponse collective. On tient à s’en sortir seul – et on imagine que ça sera le cas parce qu’on est mieux doté, qu’on prend davantage soin de soi, etc. Peu importe que le virus continue à circuler, qu’il risque de muter, etc. : ce n’est pas notre affaire. Comme on l’a beaucoup trop entendu, « tout ça pour sauver des vieux ». C’est en cela que c’est un mouvement de déliaison politique, qu’on peut dire contre-révolutionnaire, en effet, si on admet qu’on se politise et qu’on se constitue en force révolutionnaire quand on éprouve que le sort d’une personne dans une communauté est l’affaire de tous, et que la solidarité est à construire.

    C’est pour cette raison que j’écris que je préfère l’idée de vaccin à l’idée de sélection naturelle par les défenses immunitaires, de même que je préfère être avec des gens qui défendent l’idée de vaccin, et donc qui prônent une défense collective contre un virus, qu’avec des gens qui comptent s’en sortir seuls et se désintéresser du sort des autres – je ne vois tout simplement pas ce qui est possible avec les derniers. Préférer la manière d’être des uns (des unes) ou des autres, c’est une question de sensibilité, et de sensibilité qui a une dimension éthique et politique.

    Plusieurs fois, afin de désamorcer l’identification entre se faire vacciner et approuver Macron, des médecins ont dit : « le vaccin n’est pas une question politique, c’est une question scientifique ». Je pense au contraire que c’est une question politique, en un autre sens de « politique » : c’est une forme de la coexistence qui se dessine dans la préférence pour le vaccin. De toute façon, les faits scientifiques ne commandent pas les décisions pratiques. Ce sont les désirs qui déterminent les orientations (et éventuellement on va se réclamer de « la science » pour justifier a posteriori le désir). Il ne suffit pas qu’un vaccin marche et ne soit pas dangereux pour qu’il soit promu par une politique de santé publique : il faut un désir d’éradiquer un virus. Et, contrairement aux discours pseudo-foucaldiens, instaurer des mesures sanitaires, ça ne revient pas nécessairement à soumettre les vies à l’emprise de la rationalité. D’autres logiques peuvent être en jeu : le désir de mettre fin à un épisode pandémique pénible, une sensibilité à l’autre, une tendance à y faire attention.

    C’est parce que cette dimension affective des orientations politiques est si importante qu’on peut être amené à penser cette formule qui résume un peu le principe d’une orientation affinitaire : « je préfère risquer me tromper avec des gens avec qui je pense que la vie est sensée, plutôt qu’avoir raison avec ceux avec qui je ne peux envisager de partager ma vie ». Ça pourrait signifier quelque chose du type : admettons que les complotistes libertariens aient raison, et qu’on se trompe de l’autre côté, je préfère quand même faire partie de ceux qui tentent la réponse collective et solidaire. Ça a plus de sens, le monde est plus sensé si cette tentative existe.

    Ma question suivante voudrait revenir sur l’arc confusionniste qui domine ce mouvement. Selon vous, il y a une ambiguïté savamment entretenue entre les anti-pass et les anti-vax qui bien souvent sont en vérité les mêmes. En quoi, selon vous, finalement ce mouvement anti-pass serait tout simplement un mouvement antivax qui n’oserait pas dire son nom ?

    La frontière entre mouvement anti-pass et mouvement anti-vax est en effet poreuse. De fait, les prises de parole ou les discussions sur le pass sanitaire dévient à peu près systématiquement sur le problème des vaccins, et, plus, généralement, des mesures sanitaires en général. On se retrouve pour parler du pass, et très vite quelqu’un demande, outré, jusqu’à quand on va supporter le gel hydro-alcoolique, et sort un couplet sur la dictature du masque. On peut quand même se demander pour quel genre de subjectivité il serait insupportable hors pandémie de s’isoler quelques jours, de mettre un masque et de se laver les mains pour ne pas transmettre une maladie, gestes qui ne peuvent alors relever que de l’injonction verticale. Les anti-pass sanitaire sont souvent anti-tout (antivax, anti-masques, anti-confinements, etc.), sauf anti-covid. Les pancartes dans les cortèges sont à cet égard éloquentes.

    On ne peut pas penser ce mouvement en faisant abstraction du mouvement anti-sanitaire qui s’est constitué depuis le début de la pandémie, et qui s’est structuré autour de la nébuleuse complotiste covido-sceptique. On pourrait peut-être opérer des rapprochements avec le mouvement du Tea-Party et celui qui a envahi le Capitole en janvier dernier. Et ce mouvement anti-sanitaire, il pourrait d’ailleurs être intéressant d’en faire une lecture genrée, dans la mesure où l’affirmation de soi anti-masque anti-vax anti-gel hydroalcoolique – je refuse de prendre sur moi pour faire attention à l’autre – a un côté viriliste qui était assez manifeste sur des pancartes « sans masque et sans capote ».

    Enfin ma dernière question voudrait porter sur l’éclairant et très juste rapprochement que vous opérez entre le mouvement anti-pass et la politique macroniste face à la pandémie. Vous dites que Macron et les anti-pass défendent la même vision d’une politique non-solidaire et résolument individualiste. Vous citez notamment les impensables atermoiements pendant plus de 5 mois de la campagne de vaccination en France ou encore les déclarations de Macron affirmant jusqu’en décembre 2020 ne pas avoir assez de recul sur le vaccin. Vous dites d’ailleurs : « Il n’y a pas de politique sanitaire en France. Il y a en revanche une augmentation du contrôle policier, c’est certain. » Pourriez-vous nous expliquer cette formule ?

    J’ai en effet été frappée, les premiers mois de la campagne de vaccination, de voir à quel point le gouvernement fabriquait une approche individualiste de la question : pour les actifs et les actives exposé·e·s qui souhaitaient avoir accès au vaccin, pendant des semaines, il fallait trouver un piston, ou avoir un coup de chance, mais la résolution était individuelle. En refusant de protéger réellement les gens, dans les transports, dans les écoles par exemple, le gouvernement contraint aussi à rechercher individuellement à se protéger (pour ceux et celles qui peuvent se le permettre financièrement). Cette vision individualiste n’est pas le seul point commun entre le gouvernement et les anti-pass. Le gouvernement a participé au covido-scepticisme, en niant l’arrivée de la pandémie en mars 2020, puis en niant pendant des mois la transmission du virus par aérosolisation, l’existence des covid longs, la transmission du virus chez les enfants, l’existence du virus dans les écoles. Il a participé au mépris de la science en refusant de tenir compte des recommandations scientifiques. Il n’y a pas de politique sanitaire en France au sens où les mesures qui sont prises s’accompagnent d’exceptions ou de clauses qui leur diminuent leur intérêt sanitaire (isolement pour les malades du covid – sauf deux heures par jour ; pass sanitaire – valable avant que le vaccin ait fait son effet ou jusqu’à 72 heures après un test anti-génique, fermeture des universités mais ouverture des écoles, etc.). Il n’y a pas de politique sanitaire dans la mesure où il y a un refus obstiné de toute mesure qui soit efficace et non punitive : par exemple installer des filtres à air dans tous les lieux recevant du public. Les mesures principales auront été des mesures de police (couvre-feu, confinement avec attestation donnant lieu à des contrôles arbitraires, confinement pour toute activité non économique (« non utile »), pass sanitaire) qui laissaient le virus circuler. Aucune mesure n’a été prise aux frontières contre le virus initial puis contre les variants anglais et delta. Le gouvernement s’apprête à faire retirer les masques aux enfants non vaccinés, indépendamment de l’incidence du virus dans leur classe d’âge. C’est pourquoi il me semble qu’une véritable opposition au gouvernement consisterait à exiger et à construire une véritable politique de défense collective contre le virus, au lieu de fantasmer un gouvernement biopolitique qui aurait imposé une dictature sanitaire. De manière générale, il y a suffisamment de raisons de lutter contre cette gouvernance pour ne pas fantasmer une dictature sanitaire.

    https://diacritik.com/2021/10/05/valerie-gerard-ce-mouvement-anti-pass-ne-construit-rien-de-commun-mais-pr
    #anti-pass #pass_sanitaire #anti-vax #biopolitique #résistance

    • Tracer des lignes. Sur la mobilisation contre le pass sanitaire

      Ces quelques considérations, forcément partiales, tentent de lire la situation sanitaire en général et en particulier le mouvement anti-pass sanitaire de cet été à l’aide d’une boussole affinitaire. Un des buts de ce texte est de tracer quelques lignes claires dans une période qui se caractérise par une grande confusion. Il s’agit de poser la question de l’avec : avec qui il n’est pas concevable de se mobiliser, avec qui il est désirable de vivre et possible d’œuvrer à un monde commun, avec qui on pense, et selon quel régime (croyance, vérité). Il s’agit aussi de considérer, dans un mouvement social, l’atmosphère qu’il contribue à créer et ou à renforcer et les différentes pratiques qu’il charrie. Valérie Gérard poursuit avec ce bref essai le travail de réflexion commencé dans son précédent livre, Par affinités : amitié politique et coexistence (éditions MF, 2019).

      https://www.editions-mf.com/produit/108/9782378040420/tracer-des-lignes

      #livre

      @colporteur en parle sur ce fil de discussion :
      https://seenthis.net/messages/931163#message931175

    • Il en parle car justement j’avais posté cette vidéo car elle était une des invités de ce débat organisé par @lundimatin, avec en face des gens de gauche utilisant le concept de biopolitique comme elle le critique. :)

      Mais elle a eu du mal à faire entendre ce son de cloche au milieu de tous ces agambenophiles (ce dernier ayant vraiment raconté n’importe quoi sur le covid).

      #Valérie_Gérard #anti-sanitaire #avec_qui

    • Ce mouvement anti-pass ne construit rien de commun mais prône la destruction de toute communauté
      J’adore ce discours...
      Valérie Gérard aime tant le « commun » qu’elle rejoindra sans doute le nouveau parti d’En Marche vers La Maison Commune d’Emmanuel Macron. :)))

      Au moins en Italie la communauté des travailleurs et travailleuses réagit face à l’obligation de ce pass qui n’ a rien de sanitaire par une grève générale !

      Forza Italia !

      Grève générale et manifestations dans toute l’Italie contre la politique de Draghi et le pass sanitaire qui sera obligatoire à partir du 15 octobre pour pouvoir travailler. Au moins un million de travailleurs se sont mis en grève selon les syndicats.
      Grève générale et manifs dans toute l’Italie aujourd’hui contre Draghi et le pass sanitaire et on n’a toujours pas un seul article d’un média français. Ce n’est pas normal que la seule manière de s’informer sur les manifestations à l’étranger ça soit sur les réseaux sociaux.

      #SCIOPEROGENERALE #Italie
      https://twitter.com/AnonymeCitoyen/status/1447603098436915205
      https://www.youtube.com/watch?v=AcnJUNu9KZ0

    • Malheureusement, cette interview n’est qu’un gloubiboulga de simplifications, de poncifs et de sophismes, voire d’imbécilités, qui tournent à l’eau de boudin.

      Petit florilège :
      – « l’antisémitisme règne sur les plateaux télé » ; ça commence fort ! par exemple, il ne me semblait pas qu’il s’agisse du fond de commerce de la coqueluche actuelle des media, mais j’avoue ne pas être un fin connaisseur de ses discours.
      – « manifestations d’antisémitisme ou de négationnisme » ; on parle du « qui ? » sur 3 pancartes qui résumerait la pensée de centaines de milliers de manifestants ? Peut être que notre philosophe en herbe devrait prendre un peu de recul face aux procédés minables des media pour décrédibiliser le moindre mouvement.
      – antipass = antivaccin = antisémite, car si on s’accordait sur un point, on s’accorderait sur tous les points. Ah ? Ça marche aussi dans l’autre sens ? « propass = pro-Darmanin = "Les juifs volent les vrais français" » ? ça va devenir difficile de choisir son camp !
      – « des personnalités marquées à gauche [...] ont régulièrement tenu des propos antivax » ; des noms !
      – « les Gilets jaunes n’ont jamais appelé à la violence contre des personnes » ; hé non, les flics se prenant des pavés, les employés de banques pris à partie, ils n’existent pas ! et on ne parle pas des nombreux morts sur la route dus aux manifs sauvages...
      – « des soignant·e·s agressé·e·s, ou menacé·e·s » ; alors que bien sûr, le pass ne jette pas à la rue des (centaines de ?) milliers de soignants. Pourra-t-on sombrer plus bas ?
      – propass = pro-mesures sanitaires ; sauf que les gestes barrières sont officiellement inutiles si on a son pass, voire interdits de fait dans les bars/restos des propass où on se fait enguleur si on garde son masque.
      – enfin, le coup de grâce de la dernière question : Macron est en fait un crypto-antipass. Là, j’avoue, chapeau bas : même Hollywood ne serait pas capable d’un tel rebondissement.

      C’est dommage, d’ailleurs, on aurait pu tirer de ce dernier paragraphe un bon début pour ensuite critiquer certains aspects des manifs antipass, mais sous sa forme actuelle, le texte ressemble plus à un ramassis de fantasmes antipopulaires que conclut une prise de distance vis à vis de Macron pour se blanchir à peu de frais.

    • Tu t’es créé un compte juste pour dire ça ? :p

      – Commencer déjà par amalgamer ce qui vient du journaliste et ce qui vient de l’interviewée, comme si les deux pensaient la même chose. Valérie Gérard n’a pas parlé d’antisémitisme dans les médias (et elle n’y réagit pas non plus puisque ce n’est pas dans une question mais dans l’introduction ajoutée par le journaliste).
      – « sur 3 pancartes » ? LOL. Là on pourrait dire discrédit direct. :p … Pour qui est allé voir les manifs et pour qui regarde régulièrement les vidéos non pas du tout monté par « les médias » mais les vidéos directement filmés par les promoteurs des manifs, les pancartes de ce genre sont massives et il y a mille autres choses que juste le « qui », qui était UNE des choses médiatisés et qui a fait du bruit. Des pancartes à connotations complotistes anti <insérer un nom à connotation juive> (ce qui vaut pour tous les morceaux de rap complotistes aussi) mais aussi toutes les utilisations/récupérations indécentes : « pass nazitaire », étoile jaune, etc. C’est une euphémisation immonde qui est totalement liée à une ambiance générale tolérante à l’antisémitisme.
      – Par ailleurs tout le propos n’a rien à voir avec dire que tous ceux dans ces manifs sont antisémites ou antivax mais au contraire de poser la question : une très grosse partie, dont les organisateurs principaux de ces mouvements sont explicitement liés à l’extrême droite et au complotisme et aux antivax DONC ceux qui ne le sont pas : avec qui est-ce qu’on manifeste, est-ce que c’est vraiment manifester pour la liberté que de se liguer avec ces gens là ? Clairement non pour elle.
      – « Des noms ! » : la phrase entière « des propos antivax ou covidosceptiques » : Mucchielli en premier lieu, qui vient à l’esprit immédiatement, lui qui était invité et cité comme analyste/critique des politiques sécuritaires depuis des années dans plein de médias de gauche… plusieurs figure de prou des Gilets Jaunes ont tenu de tels propos… plein de rappeurs et rappeuses indés/politiques… plus généralement plein de monde dans le milieu de la culture, de la musique, se sont mis à raconter n’importe quoi et à minimiser y compris avant le vaccin, dès les obligations de masque et de jauge (pour promouvoir le fait de reprendre leurs activités censément plus importantes que > 300 morts par jour)… des philosophes comme Agamben ont raconté absolument n’importe quoi, et moult agambeniens à la suite chez lundimatin etc… et là je cite vite de tête, je peux en trouver un paquet en fouillant 30min dans les archives, rien qu’ici sur seenthis. Trop easy.
      – Les gilets jaunes causant des morts, et 3 cailloux jetés sur des flics, t’es un troll en fait ? Sans commune mesure avec l’augmentation systémique de la violence dans le sillage de la Manif pour tous (contre les homos) et des manifs anti sanitaire (contre les soignants et lieux de soins)
      – « le pass ne jette pas à la rue des (centaines de ?) milliers de soignants » : tu tombes pas plus bas toi, tu t’envoles ! Ya un ordre de grandeur de 15000 suspensions temporaires (certains ont leur vaccin au final et réintègrent), et 1500 démissions… allez 20000 pour arrondir au supérieur… suuuur : 2,7 millions de soignants. 0,7% de réfractaires (et encore je le redis, certains réintègrent en fait car n’avaient juste pas encore la 2ème dose) : c’est « un peu » moins que dans la police HAHA.
      – « les gestes barrières sont officiellement inutiles si on a son pass » : si tu te mets à écouter le gouvernement maintenant, faudrait savoir ! Valérie Gérard écoute plutôt le consensus scientifique de ce que j’ai compris, or ce dernier ne cesse d’affirmer qu’il ne faut SURTOUT PAS relacher les gestes barrières même avec le pass : garder le masque, rester en extérieur au max, etc.
      – Macron n’est pas anti-pass mais bien aussi anti-sanitaire : il s’en branle un peu de ça, ce qui compte c’est l’économie et les intentions de vote. Si certaines mesures du consensus scientifique vont dans le sens de l’économie, il prend. Sinon il rejète. Il en a rien à foutre du conseil des scientifiques, c’est le conseil de défense qui compte. Les masques ? Ça sert à rien à la base. Les enfants ? Ça transmet pas du tout le virus et ils peuvent tous allez en cours et sans masque pendant des mois même quand les grands doivent le mettre. Etc etc.

      Bref, tu racontes n’imp et tu lis (volontairement) mal.

    • J’ai l’impression qu’il y a quand même de moins en moins de gens de « gauche » qui défendent ces manifs, même chez les plus exaltés (et pénibles) du début de mouvement, mais faut avouer que les derniers à le faire sont souvent des beaux spécimens de mauvaise foi.
      Chez moi les manifs sont maintenant conduites par Civitas, ça a le mérite d’être bien clair.

    • @Rasta

      Pas loin... en l’occurrence, ce compte, je l’avais créé il n’y a pas si longtemps pour dénoncer la chronique ridicule d’un certain Beaulieu. Encore une fois concernant les manifs antipass.

      Ça fait plus de 20 ans que je consulte régulièrement le rézo, malheureusement, depuis ces vacances d’été, la qualité a bien chuté et ça me fait suffisamment chier pour que je vienne me plaindre. Et je ne suis pas contre les avis différents, je suis contre les avis de merde, surtout quand ils me traitent d’antisémite. Si je veux entendre des réflexions bidon contre les antipass, je n’ai qu’à lire la presse mainstream, pas besoin de venir ici.

      Et je lis ta réponse et ça re-commence fort : « Valérie Gérard n’a pas parlé d’antisémitisme dans les médias (et elle n’y réagit pas non plus [...] ».

      Effectivement, si tu n’as pas lu le texte, ça ne sert à rien d’aller plus loin : dès la deuxième réponse, « c’est l’antisémitisme et le négationnisme (qui ont par ailleurs libre cours sur les plateaux de télévision). » Pour qq’un qui m’accuse de lire « (volontairement) mal », c’est le pompon.

      Je ne vais pas m’amuser à ressasser tous les points, mais juste un seul : ces manifs seraient infestées de messages antisémites ? C’est du grand n’importe quoi : l’état et les media sont trop content d’utiliser ça pour décrédibiliser le mouvement, et ils scrutent justement chaque pancarte de chaque manif pour en faire leur choux gras.

      Après, qu’il y ai des antisémites dans les manifs, ben oui, bien sûr, de la même manière qu’il y en a partout : chez les GJ, la manif pour tous, les flics, les tourneurs-fraiseurs, Eurodisney et sans doute sur Mars si on y découvre de la vie. Qu’est ce qu’on peut en déduire ? que dalle. Tu te rends compte si qq’un venait te dire que le pass sanitaire était antisémite parce que la première personne de France à l’imposer l’était ? Tu n’aurais pas l’impression d’une certaine vacuité dans l’argumentation ?

      Maintenant, si tu as des liens intéressants qui démontrerait que ces manifs sont toutes gangrenées, je suis preneur, mais tout ce que j’ai vu par moi même et lu sur le sujet jusqu’à maintenant, c’est le vide intersidéral. Et quand, par dessus ça, la quasi totalité des media ou ta copine Valérie taisent la puanteur de Darmanin, c’est d’une hypocrisie qui donne la nausée.