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« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • Romans-sur-IsĂšre : les mĂ©dias euphĂ©misent la violence - Par Pauline Bock | ArrĂȘt sur images
    ▻https://www.arretsurimages.net/articles/romans-sur-isere-les-medias-euphemisent-la-violence

    (...) les mĂ©dias ont eu bien du mal Ă  qualifier les faits pour ce qu’ils Ă©taient : une descente raciste et islamophobe organisĂ©e par l’extrĂȘme droite.

    Tu m’étonnes. Y-a des faits qu’on raconte avec des pincettes. Et d’autres avec froufrous et paillettes, pour faire plus vrai. La transgression, c’est quand on a le droit. Sinon, c’est euphĂ©misation et silenciation. Le journalisme du bon cĂŽtĂ© du manche, uniquement.

    • Selon une vidĂ©o filmĂ©e par un habitant du quartier, qui a interceptĂ© le tĂ©lĂ©phone de l’un des membres de cette ""milice nĂ©o-nazie" « selon sa description, ces personnes armĂ©es seraient venus pour »"frapper du bougnoule"". Ce sont les mots des ""individus"" eux-mĂȘmes, dans une conversation sur WhatsApp visible sur le portable de l’un d’eux : on peut y lire un Ă©change entre plusieurs membres du groupuscule, dĂ©passĂ©s par la rĂ©ponse des habitants du quartier qui ont rĂ©pliquĂ© en les pourchassant, qui intiment Ă  leurs camarades de ""ne pas taper du bougnoule"" et de ""se cacher"", ""ordre de gros lardon [leur chef]"". Dans les vidĂ©os filmĂ©es sur place et rapidement postĂ©es en ligne, on entend la foule scander des slogans racistes tels que ""Islam hors d’Europe"" ou ""La France nous appartient"". Difficile, au vu de ces Ă©lĂ©ments, de ne pas souligner le caractĂšre raciste, violent et d’extrĂȘme droite des Ă©vĂ©nements.

      L’euphĂ©misation passe un message : dĂ©foncer des arabes, c’est open bar* .

      * Toute ressemblance avec une autre pĂ©riode de l’histoire oĂč tout le monde s’accordait pour trouver acceptable de dĂ©foncer une catĂ©gorie de la population ne serait pas du tout fortuite.

    • Tout au long de la matinĂ©e du 26 novembre, BFMTV parle de ""manifestation"". ""Un des militants de 20 ans de l’ultra droite venu manifester hier Ă  Romans sur IsĂšre a Ă©tĂ© tabassĂ© et gravement blessĂ©"", annonce la chaĂźne dimanche matin. ""« Venus manifester », drĂŽle d’appellation pour une ratonnade"", a par exemple fait remarquer un rĂ©alisateur de RMC, en critiquant le choix sĂ©mantique de BFMTV, qui fait partie du mĂȘme groupe que sa radio, Altice mĂ©dias. En rĂ©ponse Ă  la remarque d’Alban AzaĂŻs, le journaliste de BFMTV Maxime Brandstaetter, Ă  l’antenne ce 26 novembre, a rĂ©pondu en se rangeant derriĂšre les choix sĂ©mantiques de la prĂ©fecture de la DrĂŽme : ""Le procureur de Valence hier qualifiait cet Ă©vĂ©nement de manifestation."" Dans l’aprĂšs-midi, la chaĂźne d’info change de vocabulaire, et dĂ©crit les Ă©vĂ©nements comme une ""expĂ©dition punitive de l’ultradroite"". BFMTV utilisait Ă©galement l’expression" "militant de 20 ans"" pour dĂ©crire l’un des jeunes d’extrĂȘme droite prĂ©sents Ă  Romans.

      Le retournement sĂ©mantique est total. D’un cĂŽtĂ©, on a les Ă©coterroristes de l’ ultragauche et de l’autre des militants venu tranquillement manifester avec des barres de fer*.

      ⭑ On se souviendra des mignonettes de liquide physiologique saisies lors de fouilles prĂ©ventives sur des black block ou des confiscation de casseroles prĂ©ventives, lĂ  aussi !

    • Dans tous ces mĂ©dias, l’aspect raciste et ciblĂ© Ă  l’encontre de la population maghrĂ©bine du quartier, pourtant explicitĂ© par le membre du groupuscule dĂ©crit comme donnant des ordres, le fameux" "gros lardon"", est peu dĂ©veloppĂ©. Le "Parisien" dĂ©crit des ""violences provoquĂ©es par l’ultradroite"", qui ""scande des slogans racistes". "Quant au "Figaro", si le journal dĂ©crit bien des ""individus prĂȘts Ă  en dĂ©coudre"" et parle de leurs ""cris de ""« justice pour Thomas »"" ou de ""« Islam hors d’Europe »"", leur idĂ©ologie politique n’est mentionnĂ©e qu’au troisiĂšme paragraphe, lorsque l’article cite ""plusieurs tĂ©moignages de militants d’ultra-droite recueillis par "le Figaro""" qui qualifient les attaquants de ""jeunes ""« patriotes rĂ©unis pour rĂ©pondre aux attaques incessantes de la racaille sur la jeunesse blanche et dĂ©fendre Thomas »"". Le Figaro n’a pas, semble-t-il, cherchĂ© Ă  joindre des habitants du quartier de la Monnaie pris pour cible.

      ""Des militants identitaires sont allĂ©s manifester dans la citĂ© de la Monnaie, lĂ  oĂč rĂ©sident des racistes anti-blancs, lĂ  d’oĂč viennent les tueurs de Thomas"", dĂ©clare, face camĂ©ra dans sa vidĂ©o de revendication postĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux, un homme ayant participĂ© au raid. Il dĂ©nonce l’arrestation des membres du groupuscule ayant attaquĂ© la Monnaie - qu’il nomme """les nĂŽtres"" - et qualifie les habitants du quartier comme des ""racailles"" et des ""barbares""." ""Nous sommes humiliĂ©s sur notre propre sol"", conclut-il en promettant que ""cela ne fait que commencer"". "StreetPress" a par ailleurs soulignĂ© que l’homme prĂ©sentĂ© comme le meneur de l’opĂ©ration dans plusieurs discussions en ligne et surnommĂ© ""gros lardon"", de son vrai nom LĂ©o R., a ""dĂ©jĂ  Ă©tĂ© interpellĂ© pour une autre ""tentative de ratonnade Ă  Paris en 2022"", lors du match France-Maroc"". Chez lui, les policiers avaient dĂ©couvert des drapeaux et des insignes du IIIe Reich.

    • On devrait organiser une diffusion publique des films du moment oĂč Thomas se fait Ă©gorger. Comme cela, on pourrait enfin comprendre pourquoi la rĂ©action des jeunes patriotes est proportionnĂ©e, lĂ©gitime, et mĂ©rite toute l’indulgence constatĂ©e de la part de nos journalistes Ă©quilibrĂ©s.

      Justifier la loi du talion, le sacerdoce de nos élites éclairées.

      Et assurément, le progrÚs fait rage dans de telles conditions.

  • Alors que les mĂ©dias prĂ©sentent Fabien ROUSSEL comme le « dirigeant de gauche le plus populaire », les effectifs militants du PCF baissent de 24% en un an ! - Commun COMMUNE [le blog d’El Diablo]
    ▻http://www.communcommune.com/2023/11/alors-que-les-medias-presentent-fabien-roussel-comme-le-dirigeant-de-

    24% d’adhĂ©rents, avec 22 000 votants seulement le scrutin Deffontaines montre que l’effet Roussel c’est la poursuite de l’effondrement du PCF !

  • Au moins, il aura une fois dans sa vie fait quelque chose pour « la gauche » ...

    GĂ©rard Collomb, mort d’une ordure - Rebellyon.info
    â–șhttps://rebellyon.info/Gerard-Collomb-mort-d-une-ordure-19081

    GĂ©rard Collomb a passĂ© l’arme Ă  gauche le 25 novembre 2023. C’est donc la premiĂšre fois que le qualificatif de gauche peut lui ĂȘtre associĂ© sans se tromper. Revue des saloperies dont cet ancien ministre de l’intĂ©rieur, sĂ©nateur du RhĂŽne, maire de Lyon et prĂ©sident de la MĂ©tropole lyonnaise s’est rendu coupable.

    GĂ©rard Collomb est nĂ© le 20 juin 1947 et mort le 25 novembre 2023. Il a Ă©tĂ© maire de Lyon de 2001 Ă  2017 puis de 2018 Ă  2020 et ministre de l’intĂ©rieur de mai 2017 Ă  octobre 2018. Alors que les hagiographies fleurissent dans la presse et que les personnalitĂ©s politiques de tout bord lui rendent hommage, voici une nĂ©crologie non exhaustive de ce politicien de la pire espĂšce.

  • En marche vers le travail forcĂ© - Le NumĂ©ro ZĂ©ro
    ▻https://lenumerozero.info/En-marche-vers-le-travail-force-6542

    FRANCE
    Publié le 25 novembre 2023
    En marche vers le travail forcé

    Le projet de loi Plein Emploi, lequel au moment oĂč on Ă©crit n’a plus devant lui que l’obstacle Ă©ventuel d’une censure partielle par le Conseil Constitutionnel avant de pouvoir s’appliquer lĂ©galement, ne semble pas susciter de rĂ©action Ă  la hauteur de l’attaque inĂ©dite qu’il constitue pour le monde du travail et l’avenir du salariat en France.

    ConcrĂštement, ce projet de loi va ouvrir la possibilitĂ© lĂ©gale pour l’État de forcer des millions de personnes (pas seulement les allocataires du RSA, mais bien l’ensemble des chĂŽmeurs, prĂ©caires et bĂ©nĂ©ficiaires des minimas sociaux qui auront progressivement tous obligation de s’inscrire Ă  la nouvelle entitĂ© France Travail sous peine de voir leurs allocations suspendues) Ă  travailler en dehors du cadre lĂ©gal du salariat tel que dĂ©fini par le Code du travail.

    C’est donc d’abord un projet de guerre aux pauvres, destinĂ© Ă  les rendre encore plus pauvres.
    Travailler plus pour gagner moins, en quelque sorte.

    Rien que cela devrait suffire à ce que nous soyons des millions dans la rue, ou en grÚve reconductible, ou 
.? Enfin, quelque chose, une réaction collective.
    Pour ceux qui croient encore dans le camp du salariat Ă  l’existence d’un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, collectif, dĂ©fendre d’abord et en prioritĂ© les droits des plus prĂ©caires devrait ĂȘtre comme un rĂ©flexe, une routine, une pratique non nĂ©gociable quelles que soient les difficultĂ©s conjoncturelles ; une solidaritĂ© de bon sens, une des seules armes efficaces contre la logique de concurrence entre tous qu’on nous impose. L’histoire sociale des quarante derniĂšres annĂ©es en France et la dĂ©gradation continue des droits et conditions d’existence des chĂŽmeurs et prĂ©caires dans une relative indiffĂ©rence montrent que malheureusement ce n’est plus une conviction largement partagĂ©e. Se montre donc aussi en creux, par son absence mĂȘme, ce qu’il conviendrait de dĂ©fendre en prioritĂ© pour se donner quelque chance d’inverser ce cours nĂ©faste.

    Mais ce projet de loi est en mĂȘme temps un projet de guerre au salariat.

    Comment appeler autrement ce qui permettra de faire travailler lĂ©galement des millions de gens en dehors de son cadre lĂ©gal ? Ce qui ouvrira un formidable appel d’air pour pousser encore plus fort Ă  sa dĂ©gradation (salaires, temps de travail, conditions de travail) ?

    Cela aussi devrait suffire pour que nous soyons des millions etc.

    Bon, ĂȘtre des millions ne suffit pas toujours, en tout cas ĂȘtre des millions dans la rue n’a pas suffi en 2023. Mais on n’a pas essayĂ© depuis longtemps d’ĂȘtre des millions en grĂšve reconductible en mĂȘme temps pendant une durĂ©e indĂ©finie. On finit mĂȘme par oublier que cela pourrait ĂȘtre possible. Pourtant la grĂšve gĂ©nĂ©rale de Mai 68 n’a durĂ© qu’environ 3 semaines, pendant que le mouvement sur les retraites de 2023 a durĂ© six mois (pour une quinzaine de journĂ©es d’action officielles).

    Entre les deux on prĂ©fĂ©rera toujours la version courte et rigolote : tant qu’à se faire bananer Ă  la sortie, autant faire le truc pour de vrai en 2 ou 3 semaines et passer Ă  autre chose aprĂšs ; financiĂšrement c’est Ă  peu prĂšs kif kif, et surtout il en reste bien plus de belles choses Ă  la sortie, des choses qui resserviront les fois d’aprĂšs.
    Et au fond, quand on est las de l’activisme spectaculaire et stĂ©rile, qu’il soit syndical ou Ă©meutier, c’est la seule perspective sĂ©rieuse de foutre en l’air le programme nĂ©olibĂ©ral, sa technologie avilissante, ses ritournelles de l’urgence et de la mobilisation permanentes qui contaminent jusqu’au camp de l’émancipation.

    Camarades salariĂ©s plus ou moins encore garantis, camarades syndicalistes, vous comptez vraiment attendre l’inauguration officielle du premier nĂ©o-camp de travail en France dans 10, 20 ou 50 ans (peu importe le moment prĂ©cis, cela finira par arriver) par le Rassemblement National Écologique En Marche Pour Sauver La RĂ©publique Par Le Plein Emploi pour rĂ©ellement commencer Ă  vous inquiĂ©ter d’une disparition du salariat au profit d’une forme ou d’une autre de nĂ©o-servage ? L’abolition du salariat, la rĂ©alisation si longtemps attendue de la grande prophĂ©tie marxiste, la voilĂ  qui se dessine enfin, dans le cadre du programme nĂ©olibĂ©ral : une sortie par le bas, aux conditions de l’adversaire. Au bout de tant de dĂ©cennies d’échecs et de reculs, serait-ce trop demander qu’un syndicalisme un peu lucide et consĂ©quent reconnaisse cet Ă©chec stratĂ©gique majeur, regarde en face son impuissance et en tire des leçons ?

    novembre 2023,
    Un idiot des confins.

    • Questions larges :

      Qu’est ce qu’on a comme document donnant une idĂ©e des mobilisations dans diffĂ©rents villes et pays ?

      Et comme actions ou textes un brin remarquables ?

  • MĂ©dias israĂ©liens : la fuite des soldats du service militaire incite l’armĂ©e Ă  durcir les sanctions Ă  leur encontre – Site de la chaĂźne AlManar-Liban
    ▻https://french.almanar.com.lb/2790438

    Les mĂ©dias israĂ©liens ont rapportĂ© : « Ă€ compter du 1er dĂ©cembre, l’armĂ©e renforcera les mesures de sanctions pour ceux qui fuient le service militaire et ne rejoignent pas leur unitĂ© deux mois aprĂšs le dĂ©clenchement de la guerre ».

    Ils ont ajoutĂ© : « On s’attend Ă  ce que la peine s’étende d’un Ă  trois jours de prison pour chaque jour d’absence, par rapport Ă  des pĂ©riodes de prison plus courtes dans le passĂ©. À l’heure oĂč il y a aujourd’hui dans l’armĂ©e israĂ©lienne deux mille soldats qui dĂ©sertent l’armĂ©e, dont la majoritĂ© sont issus de l’armĂ©e rĂ©guliĂšre, et dont la plupart ont fui au cours de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant le 7 octobre, et des centaines de rĂ©servistes n’ont pas rejoint le service ».

    Dans un contexte similaire, un soldat de rĂ©serve servant dans le nord a dĂ©clarĂ© Ă  la DouziĂšme chaĂźne : « Nous souffrons d’un manque de nourriture et d’équipement. Nous dormons dans des couvertures et des ambulances pour lutter contre le froid, et sans dons, nous serions dans une situation trĂšs difficile ».

    Il y a environ un mois, la DouziĂšme chaĂźne israĂ©lienne a rapportĂ© que « l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne avait transfĂ©rĂ© des centaines de soldats de l’armĂ©e d’occupation rĂ©guliĂšre et de rĂ©serve de toute l’Europe vers « IsraĂ«l ».

    Au dĂ©but de son agression, « IsraĂ«l » a Ă©galement annoncĂ© la convocation de 300 000 soldats de rĂ©serve, dans le cadre de la guerre qu’il mĂšne dans la bande de Gaza.

    Cela arrive au moment oĂč les services de sĂ©curitĂ© Ă©tudient la possibilitĂ© de rĂ©duire le nombre de soldats de rĂ©serve et de licencier certains d’entre eux, en raison des dommages causĂ©s au marchĂ© du fait de leur absence des colonies et des lieux de travail.

    Des milliers de soldats d’occupation ont annoncĂ© plus tĂŽt qu’ils ne rejoindraient pas le service, en raison de leur opposition aux amendements judiciaires souhaitĂ©s par le Premier ministre d’occupation, Benjamin Netanyahu, et de nombreux avertissements ont Ă©tĂ© lancĂ©s selon lesquels cette question affecterait la dissuasion et la prĂ©paration militaire des soldats. »

  • Italie. Des milliers de travailleurs en grĂšve contre la politique austĂ©ritaire de Meloni
    ▻https://www.revolutionpermanente.fr/Italie-Des-milliers-de-travailleurs-en-greve-contre-la-politiqu

    Vendredi 17 novembre, des milliers de travailleurs des services publics comme du secteur privĂ© se sont mis en grĂšve et ont manifestĂ© contre le gouvernement d’extrĂȘme-droite de Giorgia Meloni. Une journĂ©e de lutte appelĂ©e par l’UGIL et l’UIL, deux des trois plus grandes centrales syndicales du pays, qui a rĂ©uni pour la premiĂšre fois depuis des annĂ©es plusieurs dizaines de milliers de travailleurs de diffĂ©rents secteurs sur tout le territoire. Dans certains secteurs stratĂ©giques les chiffres de mobilisation atteignent 80% comme dans la logistique ou 70% dans le transport ferroviaire, selon l’UGIL.

  • MontĂ©e de l’islamophobie : Darmanin maintient le flou statistique | Mediapart
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/221123/montee-de-l-islamophobie-darmanin-maintient-le-flou-statistique

    Pas de comptabilité

    Dans un entretien Ă  Ouest-France vendredi 17 novembre, le ministre citait le chiffre de « 140 actes antimusulmans » rĂ©pertoriĂ©s cette annĂ©e, avec « une montĂ©e depuis dĂ©but octobre », sans plus de dĂ©tails, tout en rappelant les « 1 780 actes ou Ă©vĂ©nements antisĂ©mites depuis le 1er janvier ».

    Des donnĂ©es que le ministre continue lui-mĂȘme Ă  mettre en concurrence avec les actes antichrĂ©tiens. « Il y a une montĂ©e des actes antireligieux en France depuis plusieurs annĂ©es. En premier contre les juifs, en deuxiĂšme contre les chrĂ©tiens avec plus de 500 actes depuis le 1er janvier », a-t-il indiquĂ©.

    Les Ă©lĂ©ments transmis par le ministre sur l’islamophobie paraissent bien en deçà de la rĂ©alitĂ©. À titre d’exemple, pour la seule pĂ©riode du mois d’octobre, l’Observatoire de l’islamophobie, rattachĂ© au Conseil français du culte musulman (CFCM), indiquait avoir reçu Ă  titre personnel « 42 lettres d’insultes ». Il recensait Ă©galement « 14 mosquĂ©es taguĂ©es et 17 lettres de menaces contre des mosquĂ©es ».

    DĂ©jĂ  Ă©pinglĂ©e par Mediapart pour sa gestion du sujet, la France est, de fait, l’un des rares pays occidentaux Ă  ne pas tenir une comptabilitĂ© prĂ©cise des faits antimusulmans, contrairement aux États-Unis ou Ă  la Grande-Bretagne, oĂč les crimes de haine sont indistinctement passĂ©s Ă  la loupe.

    « L’antisĂ©mitisme couscous »

    Si le phĂ©nomĂšne islamophobe hexagonal est bien loin de s’ĂȘtre illustrĂ© comme aux États-Unis, marquĂ©s par l’assassinat rĂ©cent d’un enfant, il est malgrĂ© tout palpable. Depuis le 7 octobre, les chaĂźnes d’info en continu alimentent les principaux tropes antimusulmans et anti-arabes.

    GĂ©rald Darmanin lui-mĂȘme n’est pas en reste. Dans une sĂ©quence mĂ©diatique remarquĂ©e, le ministre de l’intĂ©rieur s’est attachĂ© Ă  dĂ©montrer – toujours sans preuve pour l’heure – les accointances supposĂ©es de Karim Benzema avec les FrĂšres musulmans, renforçant le prĂ©jugĂ© pugnace d’une affiliation naturelle entre tout musulman et l’islamisme.

    Quelques jours plus tard, sur LCI, c’est un Ă©ditorialiste qui Ă©voquait l’existence d’un « antisĂ©mitisme couscous ». Le 8 octobre, lendemain des attentats du Hamas, la mosquĂ©e de Roanne voyait ainsi ses murs taguĂ©s d’un « mort Ă  l’islam », accolĂ© d’une Ă©toile de David.

    DĂ©couverte similaire Ă  Saint-AndrĂ©-de-Cubzac (Gironde), oĂč, au petit matin du 20 octobre, le mur adjacent de la mosquĂ©e Ă©tait maculĂ© de croix gammĂ©es et de deux inscriptions difficilement lisibles mais non moins haineuses : « Crevez vous ĂȘtes des cibles » et « Cachez-vous assassins », ainsi que d’une Ă©toile de David. Le jour mĂȘme, une plainte a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e Ă  la gendarmerie nationale.

    Au pĂŽle national de lutte contre la haine en ligne, c’est une plainte d’une mosquĂ©e d’une grande ville des Yvelines qui a atterri aprĂšs la rĂ©ception le 1er novembre de deux courriels d’éloges Ă  Hitler. « Il y est Ă©crit qu’il aurait dĂ» dĂ©cimer les Arabes plutĂŽt que les juifs », confie le responsable d’une des nombreuses associations de mosquĂ©es destinatrices de ce message. « C’était Ă©crit dans un français dĂ©cousu mais parfaitement comprĂ©hensible, maniĂšre de brouiller les pistes façon “Omar m’a tuer”. »

    Le 15 novembre, la mosquĂ©e Koba, dans le quartier de la Croix-Rousse Ă  Lyon (RhĂŽne), Ă©tait Ă  son tour visĂ©e, recouverte des inscriptions « islam = antisĂ©mitisme ». « C’est la police qui a dĂ©couvert le tag vers 11 heures », indique Ă  Mediapart Djamel Hellal, prĂ©sident de l’association Croix-Rousse Koba, un lieu de culte historique du quartier installĂ© en bas d’un immeuble des canuts. « Ce qui m’a choquĂ©, c’est que la mosquĂ©e n’est pas indiquĂ©e, nous sommes surtout connus du quartier et des fidĂšles. »

  • Ceux qui ont banalisĂ© « l’idĂ©e folle » du « grand remplacement » | Mediapart
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/221123/ceux-qui-ont-banalise-l-idee-folle-du-grand-remplacement

    De Renaud Camus Ă  Éric Zemmour en passant par « les deux Michel » (Onfray et Houellebecq), l’écrivain Alain Roy dĂ©monte les discours qui ont banalisĂ© un imaginaire dĂ©cliniste et islamophobe. Il montre leur absence de cohĂ©rence interne et la dangerositĂ© de leurs implications.

    • En plus de leur faible consistance argumentative, vous pointez le pessimisme foncier de ces discours, tout en montrant que certains auteurs en tirent des consĂ©quences violentes, quand d’autres n’osent pas aller au bout de leur logique.

      Renaud Camus et Éric Zemmour sont les plus belliqueux. Michel Onfray et Alain Finkielkraut sont davantage dans une dĂ©ploration mĂ©lancolique. Ils ne vont pas jusqu’à annoncer un programme violent de guerre civile ou de dĂ©portation de musulmans. Mais quand Finkielkraut prĂ©sente les musulmans comme un« Autre » haineux et inassimilable, cela peut tout de mĂȘme nourrir les pires dĂ©rives politiques.

      RĂ©cemment, l’écrivain Michel Houellebecq est allĂ© jusqu’à prĂ©dire, dans la revue d’Onfray Front populaire, des « Bataclan Ă  l’envers ». Il a certes rĂ©digĂ© un mea culpa Ă  ce sujet, mais il aura fallu attendre qu’une polĂ©mique se dĂ©clenche. Sa clarification est assez bizarre, dans un livre oĂč sont Ă©galement Ă©voquĂ©es ses frasques Ă  propos d’un film pornographique auquel il a participĂ© et qui aurait Ă©tĂ© tournĂ© Ă  son insu


      Vous dites que tous ces auteurs « font corpus ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

      L’idĂ©e, c’était de montrer comment le discours du grand remplacement, Ă©laborĂ© par Renaud Camus en 2010, s’est installĂ© dans les mĂ©dias grand public. Cette banalisation s’est faite par des porte-voix qui passent Ă  la tĂ©lĂ©vision rĂ©guliĂšrement, et publient des best-sellers. Ce sont eux que j’ai ciblĂ©s.

      ▻https://justpaste.it/bhrcr

  • est bien embĂȘtĂ©e : en se levant dĂšs potron-jacquet elle a l’habitude de relire ses propres dazibaos de la veille afin d’obtenir une information prĂ©cise et objective sur les plus rĂ©cents soubresauts du monde, mais comme elle n’a presque rien rĂ©digĂ© hier elle se retrouve aujourd’hui dans l’ignorance la plus totale.

    Bah, tant pis, elle va fouiller dans ses archives ; de toute façon avec ces racailles de Sapiens Sapiens l’Histoire bĂ©gaye perpĂ©tuellement et rien ne change jamais.

    #JeNeSuisPasFolleVousSavez.

  • Des lĂ©gionnaires mĂšnent-ils des contrĂŽles d’identitĂ© dans les Alpes-Maritimes, comme l’affirme le militant CĂ©dric Herrou ?
    ▻https://www.liberation.fr/checknews/des-legionnaires-menent-ils-des-controles-didentite-dans-les-alpes-mariti

    « Ce que ces deux vidĂ©os dĂ©noncent, c’est le fait que le ministĂšre de l’IntĂ©rieur et la prĂ©fecture des Alpes-Maritimes utilisent l’armĂ©e pour faire le travail de la police », fait valoir Herrou.

    Ah mais tu sais qui est le prĂ©fet des Alpes-Maritimes ? C’est notre Hugues Moutouh Ă  nous, qui sĂ©vissait Ă  Montpellier il y a encore deux mois. Il nous a laissĂ© le souvenir d’ĂȘtre un sacrĂ© droit-de-l’hommiste, celui-lĂ .

  • Le spectre d’une seconde Nakba en Cisjordanie
    Orient XXI > Clothilde Mraffko > 20 novembre 2023
    ▻https://orientxxi.info/magazine/le-spectre-d-une-seconde-nakba-en-cisjordanie,6887

    Raids meurtriers, arrestations en masse, distribution d’armes par le gouvernement israĂ©lien. La violence explose contre les Palestiniens en Cisjordanie depuis le 7 octobre. Celle des colons, que parfois plus rien ne distingue de l’armĂ©e, fait craindre, comme Ă  Gaza, une « seconde Nakba ».

    Reportage. (...)

  • ZAD, violences et mensonges sur l’Autoroute A69 : tout se passe comme prĂ©vu
    ▻https://bonpote.com/zad-violences-et-mensonges-sur-lautoroute-a69-tout-se-passe-comme-prevu

    Tout se passe comme prĂ©vu. Carole Delga reçoit entre temps une dĂ©lĂ©gation de scientifiques, dont l’échange restera un tournant pour un certains d’entre eux. Christophe Cassou, auteur principal du groupe 1 du dernier rapport du GIEC, en donne quelques dĂ©tails ce dimanche 22 octobre sur Twitter : “quelle claque de voir que pensĂ©es magiques & intĂ©rĂȘts personnels ou d’un petit groupe priment sur l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral alors que nous allons dans le mur, nous le savons“.

    Depuis de nombreux mois, le ministre ClĂ©ment Beaune multiplie les mensonges Ă  la tĂ©lĂ© sans jamais ĂȘtre repris ou rĂ©futĂ©. Pour lui, couper un arbre centenaire et en replanter 5 ailleurs, c’est Ă©quivalent. La fameuse compensation carbone. C’est faux, les scientifiques l’ont rappelĂ© Ă  de multiples reprises, mais ils ne sont plus Ă©coutĂ©s depuis longtemps. L’argument du respect de la dĂ©mocratie ne tient plus non plus. MalgrĂ© les sondages bidons relayĂ©s par Atosca, la sociĂ©tĂ© de concession spĂ©cialement dĂ©diĂ©e Ă  cette autoroute, une majoritĂ© des habitants sur place ne veulent pas de cette autoroute.

    Dimanche 22 octobre, il dĂ©clarait Ă  nouveau que “nous aurons des dĂ©cisions d’abandon” en justifiant ces abandons par le fait qu’on “ne fait pas en 2023 comme on faisait en 2003 ou en 1983“. “J’assume“. Le ministre assume son courage politique, sauf pour l’A69. Sauf pour les jets privĂ©s. Sauf pour les agrandissements d’aĂ©roports, et sauf pour cette autorisation d’une nouvelle compagnie aĂ©rienne intĂ©rieure financĂ© Ă  60% par des aides publiques comme le rĂ©vĂšle MĂ©diapart.

    Tout se passe comme prĂ©vu. Tous les moyens lĂ©gaux et non violents ont Ă©tĂ© tentĂ©s. Mais la justice prend du temps, et les travaux avancent, dĂ©truisant chaque jour un peu plus la biodiversitĂ© de notre pays. Les grĂšves de la faim ont Ă©tĂ© ignorĂ©es. Les scientifiques aussi. Ainsi se pose la seule question qui devrait ĂȘtre posĂ©e sur les plateaux TV : quel choix reste-il aux citoyens qui voient un gouvernement les ignorer et ignorer nos objectifs climatiques ?

    Magali Reghezza, gĂ©ographe et ancienne membre du Haut Conseil pour le Climat, rĂ©sume trĂšs justement la situation : “c’est effrayant cette incapacitĂ© Ă  crĂ©er un dialogue dĂ©mocratique sur la base des faits scientifiques. On prĂ©fĂšre raisonner sur des sondages mal ficelĂ©s et envoyer les forces de l’ordre en mettant tout le monde en danger. Notre pays est rongĂ© par le clientĂ©lisme et la dĂ©magogie”.

  • Conflit israĂ©lo-palestinien : une #chape_de_plomb s’est abattue sur l’universitĂ© française

    Depuis les attaques du Hamas contre IsraĂ«l le 7 octobre 2023, le milieu de la #recherche, en particulier les spĂ©cialistes du Proche-Orient, dĂ©nonce un climat de « #chasse_aux_sorciĂšres » entretenu par le gouvernement pour toute parole jugĂ©e propalestinienne.

    « #Climat_de_peur », « chasse aux sorciĂšres », « dĂ©lation » : depuis les attaques du Hamas contre IsraĂ«l, le 7 octobre dernier, et le dĂ©clenchement de l’offensive israĂ©lienne sur #Gaza, le malaise est palpable dans une partie de la #communautĂ©_scientifique française, percutĂ©e par le conflit israĂ©lo-palestinien.

    Un #dĂ©bat_scientifique serein, Ă  distance des agendas politiques et de la position du gouvernement, est-il encore possible ? Certains chercheurs et chercheuses interrogĂ©s ces derniers jours en doutent fortement.

    Dans une tribune publiĂ©e sur Mediapart (â–șhttps://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/151123/defendre-les-libertes-dexpression-sur-la-palestine-un-enjeu-academiq), 1 400 universitaires, pour beaucoup « spĂ©cialistes des sociĂ©tĂ©s du Moyen-Orient et des mondes arabes », ont interpellĂ© leurs tutelles et collĂšgues « face aux faits graves de #censure et de #rĂ©pression [
] dans l’#espace_public français depuis les Ă©vĂ©nements dramatiques du 7 octobre ».

    Ils et elles assurent subir au sein de leurs universitĂ©s « des #intimidations, qui se manifestent par l’annulation d’évĂ©nements scientifiques, ainsi que des entraves Ă  l’expression d’une pensĂ©e acadĂ©mique libre ».

    Deux jours aprĂšs l’attaque du Hamas, la ministre de l’enseignement supĂ©rieur et de la recherche, #Sylvie_Retailleau, avait adressĂ© un courrier de mise en garde aux prĂ©sidents d’universitĂ© et directeurs d’instituts de recherche.

    Elle y expliquait que, dans un contexte oĂč la France avait « exprimĂ© sa trĂšs ferme condamnation ainsi que sa pleine solidaritĂ© envers IsraĂ«l et les IsraĂ©liens » aprĂšs les attaques terroristes du 7 octobre, son ministĂšre avait constatĂ© « de la part d’associations, de collectifs, parfois d’acteurs de nos Ă©tablissements, des actions et des propos d’une particuliĂšre indĂ©cence ».

    La ministre leur demandait de « prendre toutes les mesures nĂ©cessaires afin de veiller au respect de la loi et des principes rĂ©publicains » et appelait Ă©galement Ă  signaler aux procureurs « l’#apologie_du_terrorisme, l’#incitation_Ă _la_haine, Ă  la violence et Ă  la discrimination ».

    Un message relayĂ© en cascade aux diffĂ©rents niveaux hiĂ©rarchiques du CNRS, jusqu’aux unitĂ©s de recherche, qui ont reçu un courrier le 12 octobre leur indiquant que l’« expression politique, la proclamation d’opinion » ne devaient pas « troubler les conditions normales de travail au sein d’un laboratoire ».

    Censure et #autocensure

    Le ton a Ă©tĂ© jugĂ© menaçant par nombre de chercheurs et chercheuses puisque Ă©taient Ă©voquĂ©es, une fois de plus, la possibilitĂ© de « #poursuites_disciplinaires » et la demande faite aux agents de « signaler » tout Ă©cart.

    Autant de missives que des universitaires ont interprĂ©tĂ©es comme un appel Ă  la dĂ©lation et qu’ils jugent aujourd’hui responsables du « #climat_maccarthyste » qui rĂšgne depuis plusieurs semaines sur les campus et dans les laboratoires, oĂč censure et autocensure sont de mise.

    Au point que bon nombre se retiennent de partager leurs analyses et d’exprimer publiquement leur point de vue sur la situation au Proche-Orient. Symbole de la chape de plomb qui pĂšse sur le monde acadĂ©mique, la plupart de celles et ceux qui ont acceptĂ© de rĂ©pondre Ă  nos questions ont requis l’anonymat.

    « Cela fait plus de vingt ans que j’interviens dans le #dĂ©bat_public sur le sujet et c’est la premiĂšre fois que je me suis autocensurĂ©e par peur d’accusations Ă©ventuelles », nous confie notamment une chercheuse familiĂšre des colonnes des grands journaux nationaux. Une autre dĂ©crit « des Ă©changes hyper violents » dans les boucles de mails entre collĂšgues universitaires, empĂȘchant tout dĂ©bat apaisĂ© et serein. « MĂȘme dans les laboratoires et collectifs de travail, tout le monde Ă©vite d’évoquer le sujet », ajoute-t-elle.

    « Toute prise de parole qui ne commencerait pas par une dĂ©nonciation du caractĂšre terroriste du Hamas et la condamnation de leurs actes est suspecte », ajoute une chercheuse signataire de la tribune des 1 400.

    Au yeux de certains, la qualitĂ© des dĂ©bats universitaires se serait tellement dĂ©gradĂ©e que la production de connaissance et la capacitĂ© de la recherche Ă  Ă©clairer la situation au Proche-Orient s’en trouvent aujourd’hui menacĂ©es.

    « La plupart des mĂ©dias et des responsables politiques sont pris dans un #hyperprĂ©sentisme qui fait commencer l’histoire le 7 octobre 2023 et dans une #Ă©motion qui ne considĂšre lĂ©gitime que la dĂ©nonciation, regrette Didier Fassin, anthropologue, professeur au CollĂšge de France, qui n’accepte de s’exprimer sur le sujet que par Ă©crit. Dans ces conditions, toute perspective rĂ©ellement historique, d’une part, et tout effort pour faire comprendre, d’autre part, se heurtent Ă  la #suspicion. »

    En s’autocensurant, et en refusant de s’exprimer dans les mĂ©dias, les spĂ©cialistes reconnus du Proche-Orient savent pourtant qu’ils laissent le champ libre Ă  ceux qui ne craignent pas les approximations ou les jugements Ă  l’emporte-piĂšce.

    « C’est trĂšs compliquĂ©, les chercheurs Ă©tablis sont paralysĂ©s et s’interdisent de rĂ©pondre Ă  la presse par crainte d’ĂȘtre renvoyĂ©s Ă  des prises de position politiques. Du coup, on laisse les autres parler, ceux qui ne sont pas spĂ©cialistes, rapporte un chercheur lui aussi spĂ©cialiste du Proche-Orient, qui compte parmi les initiateurs de la pĂ©tition. Quant aux jeunes doctorants, au statut prĂ©caire, ils s’empĂȘchent complĂštement d’évoquer le sujet, mĂȘme en cours. »

    StĂ©phanie Latte Abdallah, historienne spĂ©cialiste de la Palestine, directrice de recherche au CNRS, a Ă©tĂ© sollicitĂ©e par de nombreux mĂ©dias ces derniĂšres semaines. Au lendemain des attaques du Hamas, elle fait face sur certains plateaux tĂ©lĂ© Ă  une ambiance Ă©lectrique, peu propice Ă  la nuance, comme sur Public SĂ©nat, oĂč elle se trouve sous un feu de questions indignĂ©es des journalistes, ne comprenant pas qu’elle fasse une distinction entre l’organisation de Daech et celle du Hamas


    Mises en cause sur les #réseaux_sociaux

    À l’occasion d’un des passages tĂ©lĂ© de StĂ©phanie Latte Abdallah, la chercheuse Florence Bergeaud-Blackler, membre du CNRS comme elle, l’a dĂ©signĂ©e sur le rĂ©seau X, oĂč elle est trĂšs active, comme membre d’une Ă©cole de pensĂ©e « antisioniste sous couvert de recherche scientifique », allant jusqu’à dĂ©noncer sa « fausse neutralitĂ©, vraie dĂ©testation d’IsraĂ«l et des juifs ».

    S’est ensuivi un dĂ©luge de propos haineux Ă  connotation souvent raciste, « des commentaires parfois centrĂ©s sur mon nom et les projections biographiques qu’ils pouvaient faire Ă  partir de celui-ci », dĂ©taille StĂ©phanie Latte Abdallah, qui considĂšre avoir Ă©tĂ© « insultĂ©e et mise en danger ».

    « Je travaille au Proche-Orient. Cette accusation qui ne se base sur aucun propos particulier, et pour cause (!), est choquante venant d’une collĂšgue qui n’a de plus aucune expertise sur la question israĂ©lo-palestinienne et aucune idĂ©e de la situation sur le terrain, comme beaucoup de commentateurs, d’ailleurs », prĂ©cise-t-elle.

    Selon nos informations, un courrier de rappel Ă  l’ordre a Ă©tĂ© envoyĂ© par la direction du CNRS Ă  Florence Bergeaud-Blackler, coutumiĂšre de ce type d’accusations Ă  l’égard de ses collĂšgues via les rĂ©seaux sociaux. La direction du CNRS n’a pas souhaitĂ© confirmer.

    Commission disciplinaire

    À l’École des hautes Ă©tudes en sciences sociales (EHESS), aprĂšs la diffusion le 8 octobre d’un communiquĂ© de la section syndicale Solidaires Ă©tudiant·e·s qui se prononçait pour un « soutien indĂ©fectible Ă  la lutte du peuple palestinien dans toutes ses modalitĂ©s et formes de lutte, y compris la lutte armĂ©e », la direction a effectuĂ© un signalement Ă  la plateforme Pharos, qui traite les contenus illicites en ligne.

    Selon nos informations, une chercheuse du CNRS qui a relayĂ© ce communiquĂ© sur une liste de discussion interne, en y apportant dans un premier temps son soutien, est aujourd’hui sous le coup d’une procĂ©dure disciplinaire. Le fait qu’elle ait condamnĂ© les massacres de civils dans deux messages suivants et pris ses distances avec le communiquĂ© de Solidaires Ă©tudiant·e·s n’y a rien fait. Une « commission paritaire » – disciplinaire en rĂ©alitĂ© – sur son cas est d’ores et dĂ©jĂ  programmĂ©e.

    « Il s’agit d’une liste intitulĂ©e “opinions” oĂč l’on dĂ©bat habituellement de beaucoup de sujets politiques de façon trĂšs libre », nous prĂ©cise un chercheur qui dĂ©plore le climat de suspicion gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui s’est installĂ© depuis quelques semaines.

    D’autres rappellent l’importance de la chronologie puisque, le 8 octobre, l’ampleur des crimes contre les civils perpĂ©trĂ©s par le Hamas n’était pas connue. Elle le sera dĂšs le lendemain, Ă  mesure que l’armĂ©e israĂ©lienne reprend le contrĂŽle des localitĂ©s attaquĂ©es.

    Autre cas emblĂ©matique du climat inhabituellement agitĂ© qui secoue le monde universitaire ces derniers jours, celui d’un enseignant-chercheur spĂ©cialiste du Moyen-Orient dĂ©noncĂ© par une collĂšgue pour une publication postĂ©e sur sa page Facebook privĂ©e. Au matin du 7 octobre, Nourdine* (prĂ©nom d’emprunt) poste sur son compte une photo de parapentes de loisir multicolores, assortie de trois drapeaux palestiniens et trois Ă©moticĂŽnes de poing levĂ©. Il modifie aussi sa photo de couverture avec une illustration de Handala, personnage fictif et icĂŽne de la rĂ©sistance palestinienne, pilotant un parapente.

    À mesure que la presse internationale se fait l’écho des massacres de civils israĂ©liens auxquels ont servi des ULM, que les combattants du Hamas ont utilisĂ©s pour franchir la barriĂšre qui encercle la bande de Gaza et la sĂ©pare d’IsraĂ«l, le chercheur prend conscience que son post Facebook risque de passer pour une cĂ©lĂ©bration sordide des crimes du Hamas. Il le supprime moins de vingt-quatre heures aprĂšs sa publication. « Au moment oĂč je fais ce post, on n’avait pas encore la connaissance de l’étendue des horreurs commises par le Hamas, se dĂ©fend-il. Si c’était Ă  refaire, Ă©videmment que je n’aurais pas publiĂ© ça, j’ai Ă©tĂ© pĂ©tri de culpabilitĂ©. »

    Trop tard pour les regrets. Quatre jours aprĂšs la suppression de la publication, la direction du CNRS, dont il est membre, est destinataire d’un mail de dĂ©nonciation. RĂ©digĂ© par l’une de ses consƓurs, le courrier relate le contenu du post Facebook, joint deux captures d’écran du compte privĂ© de Nourdine et dĂ©nonce un « soutien enthousiaste Ă  un massacre de masse de civils ».

    Elle conclut son mail en rĂ©clamant « une rĂ©action qui soit Ă  la mesure de ces actes et des consĂ©quences qu’ils emportent », Ă©voquant des faits pouvant relever de « l’apologie du terrorisme » et susceptibles d’entacher la rĂ©putation du CNRS.

    On est habituĂ©s Ă  passer sur le gril de l’islamo-gauchisme et aux attaques extĂ©rieures, mais pas aux dĂ©nonciations des collĂšgues.

    Nourdine, chercheur

    Lucide sur la gravitĂ© des accusations portĂ©es Ă  son Ă©gard, Nourdine se dit « dĂ©moli ». Son Ă©tat de santĂ© prĂ©occupe la mĂ©decine du travail, qui le met en arrĂȘt et lui prescrit des anxiolytiques. Finalement, la direction de l’universitĂ© oĂč il enseigne dĂ©cide de ne prendre aucune sanction contre lui.

    Également directeur adjoint d’un groupe de recherche rattachĂ© au CNRS, il est nĂ©anmoins pressĂ© par sa hiĂ©rarchie de se mettre en retrait de ses fonctions, ce qu’il accepte. Certaines sources universitaires affirment que le CNRS avait lui-mĂȘme Ă©tĂ© mis sous pression par le ministĂšre de l’enseignement supĂ©rieur et de la recherche pour sanctionner Nourdine.

    Le chercheur regrette des « pratiques vichyssoises » et inĂ©dites dans le monde universitaire, habituĂ© aux discussions ouvertes mĂȘme lorsque les dĂ©bats sont vifs et les dĂ©saccords profonds. « Des collĂšgues interloquĂ©s par mon post m’ont Ă©crit pour me demander des explications. On en a discutĂ© et je me suis expliquĂ©. Mais la collĂšgue qui a rĂ©digĂ© la lettre de dĂ©lation n’a prĂ©venu personne, n’a pas cherchĂ© d’explications auprĂšs de moi. Ce qui lui importait, c’était que je sois sanctionnĂ© », tranche Nourdine. « On est habituĂ©s Ă  passer sur le gril de l’#islamo-gauchisme et aux #attaques extĂ©rieures, mais pas aux dĂ©nonciations des collĂšgues », finit-il par lĂącher, amer.

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    Sciences Po en butte aux tensions

    Ce mardi 21 novembre, une manifestation des Ă©tudiants de Sciences Po en soutien Ă  la cause palestinienne a Ă©tĂ© organisĂ©e rue Saint-Guillaume. Il s’agissait aussi de dĂ©noncer la « censure » que subiraient les Ă©tudiants ayant trop bruyamment soutenu la cause palestinienne.

    Comme l’a racontĂ© L’Obs, Sciences Po est confrontĂ© Ă  de fortes tensions entre Ă©tudiants depuis les attaques du Hamas du 7 octobre. Le campus de Menton, spĂ©cialisĂ© sur le Proche-Orient, est particuliĂšrement en Ă©bullition.

    Une boucle WhatsApp des « Students for Justice in Palestine », crĂ©Ă©e par un petit groupe d’étudiants, est notamment en cause. L’offensive du Hamas y a notamment Ă©tĂ© qualifiĂ©e de « rĂ©sistance justifiĂ©e » et certains messages ont Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©s comme ayant des relents antisĂ©mites. Selon l’hebdomadaire, plusieurs Ă©tudiants juifs ont ainsi dit leur malaise Ă  venir sur le campus ces derniers jours, tant le climat y Ă©tait tendu. La direction a donc convoquĂ© un certain nombre d’étudiants pour les rappeler Ă  l’ordre.

    Lors d’un blocus sur le site de Menton, 66 Ă©tudiants ont Ă©tĂ© verbalisĂ©s pour participation Ă  une manifestation interdite.

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    En dehors des cas particuliers prĂ©citĂ©s, nombre d’universitaires interrogĂ©s estiment que le climat actuel dĂ©montre que le #monde_acadĂ©mique n’a pas su rĂ©sister aux coups de boutoir politiques.

    « Ce n’est pas la premiĂšre fois qu’une telle situation se produit », retrace Didier Fassin. « On l’avait vu, sous la prĂ©sidence actuelle, avec les accusations d’islamo-gauchisme contre les chercheuses et chercheurs travaillant sur les discriminations raciales ou religieuses. On l’avait vu, sous les deux prĂ©sidences prĂ©cĂ©dentes, avec l’idĂ©e qu’expliquer c’est dĂ©jĂ  vouloir excuser », rappelle-t-il en rĂ©fĂ©rence aux propos de Manuel Valls, premier ministre durant le quinquennat Hollande, qui dĂ©clarait au sujet de l’analyse sociale et culturelle de la violence terroriste : « Expliquer, c’est dĂ©jĂ  vouloir un peu excuser. »

    « Il n’en reste pas moins que pour un certain nombre d’entre nous, nous continuons Ă  essayer de nous exprimer, Ă  la fois parce que nous croyons que la dĂ©mocratie de la pensĂ©e doit ĂȘtre dĂ©fendue et surtout parce que la situation est aujourd’hui trop grave dans les territoires palestiniens pour que le silence nous semble tolĂ©rable », affirme Didier Fassin.

    ContactĂ©e, la direction du #CNRS nous a rĂ©pondu qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer sur les cas particuliers. « Il n’y a pas Ă  notre connaissance de climat de dĂ©lation ou des faits graves de censure. Le CNRS reste trĂšs attachĂ© Ă  la libertĂ© acadĂ©mique des scientifiques qu’il dĂ©fend depuis toujours », nous a-t-elle assurĂ©.

    Une répression qui touche aussi les syndicats

    À la fac, les syndicats sont aussi l’objet du soupçon, au point parfois d’écoper de sanctions. Le 20 octobre, la section CGT de l’universitĂ© Savoie-Mont-Blanc (USMB) apprend sa suspension Ă  titre conservatoire de la liste de diffusion mail des personnels, par dĂ©cision du prĂ©sident de l’établissement, Philippe Galez. En cause : l’envoi d’un message relayant un appel Ă  manifester devant la prĂ©fecture de Savoie afin de rĂ©clamer un cessez-le-feu au Proche-Orient et dĂ©nonçant notamment « la dĂ©rive ultra-sĂ©curitaire de droite et d’extrĂȘme droite en IsraĂ«l et la politique de nettoyage ethnique menĂ©e contre les Palestiniens ».

    La prĂ©sidence de l’universitĂ©, justifiant sa dĂ©cision, estime que le contenu de ce message « dĂ©passe largement le cadre de l’exercice syndical » et brandit un « risque de trouble au bon fonctionnement de l’établissement ». La manifestation concernĂ©e avait par ailleurs Ă©tĂ© interdite par la prĂ©fecture, qui invoquait notamment dans son arrĂȘtĂ© la prĂ©sence dans un rassemblement prĂ©cĂ©dent « de nombreux membres issus de la communautĂ© musulmane et d’individus liĂ©s Ă  l’extrĂȘme gauche et ultragauche ».

    La section CGT de l’USMB n’a pas tardĂ© Ă  rĂ©pliquer par l’envoi Ă  la ministre Sylvie Retailleau d’un courrier, depuis restĂ© lettre morte, dĂ©nonçant « une atteinte aux libertĂ©s syndicales ». La lettre invite par ailleurs le prĂ©sident de l’établissement Ă  se plier aux consignes du ministĂšre et Ă  effectuer un signalement au procureur, s’il estimait que « [le] syndicat aurait “troublĂ© le bon fonctionnement de l’établissement” ». Si ce n’est pas le cas, « la rĂ©pression syndicale qui s’abat sur la CGT doit cesser immĂ©diatement », tranche le courrier.

    « Cette suspension vient frontalement heurter la #libertĂ©_universitaire, s’indigne Guillaume Defrance, secrĂ©taire de la section CGT de l’USMB. C’est la fin d’un fonctionnement, si on ne peut plus discuter de maniĂšre apaisĂ©e. »

    Le syndicat dĂ©nonce Ă©galement l’attitude de Philippe Galez, qui « veut dĂ©sormais rĂ©guler l’information syndicale Ă  l’USMB Ă  l’aune de son jugement ». Peu de temps aprĂšs l’annonce de la suspension de la CGT, Philippe Galez a soumis Ă  l’ensemble des organisations syndicales un nouveau rĂšglement relatif Ă  l’utilisation des listes de diffusion mail. Le texte limite l’expression syndicale Ă  la diffusion « d’informations d’origine syndicale ou Ă  des fins de communication Ă©lectorale ». ContactĂ© par nos soins, le prĂ©sident de l’USMB nous a indiquĂ© rĂ©server dans un premier temps ses « rĂ©ponses et explications aux organisations syndicales et aux personnels de [son] Ă©tablissement ».

    InterrogĂ© par Mediapart, le cabinet de Sylvie Retailleau rĂ©pond que le ministĂšre reste « attachĂ© Ă  la #libertĂ©_d’expression et notamment aux libertĂ©s acadĂ©miques : on ne juge pas des opinions. Il y a simplement des propos qui sont contraires Ă  la loi ».

    Le ministĂšre de l’enseignement supĂ©rieur et de la recherche fait Ă©tat de « quelques dizaines de cas remontĂ©s au ministĂšre ». Il reconnaĂźt que des Ă©vĂ©nements ont pu ĂȘtre annulĂ©s pour ne pas crĂ©er de #trouble_Ă _l’ordre_public dans le climat actuel. « Ils pourront avoir lieu plus tard, quand le climat sera plus serein », assure l’entourage de la ministre.

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/211123/conflit-israelo-palestinien-une-chape-de-plomb-s-est-abattue-sur-l-univers
    #université #Israël #Palestine #France #7_octobre_2023 #délation #ESR

  • Les femmes Ă  Gaza : « Dormir est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre »
    ▻https://www.revolutionpermanente.fr/Les-femmes-a-Gaza-Dormir-est-un-luxe-que-nous-ne-pouvons-pas-no

    A l’occasion du 25 novembre, JournĂ©e internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux minoritĂ©s de genre, diverses organisations et militant.e.s de diffĂ©rents pays appellent Ă  se mobiliser dans le cadre d’une action fĂ©ministe mondiale pour la Palestine, oĂč plus de 7 500 femmes et enfants ont Ă©tĂ© tuĂ©.e.s au cours du mois dernier par l’État d’IsraĂ«l selon l’ONU.

    L’ONU s’appuie sur les donnĂ©es fournies par le MinistĂšre de la SantĂ© de Gaza et sur ses propres donnĂ©es du Fonds pour la Population (FNUAP) pour ajouter que depuis le 7 octobre, 788 800 femmes et enfants ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©.e.s de leur domicile ; 2 056 femmes sont devenues veuves et mĂšres de famille monoparentale ; 7 401 enfants et adolescents ont perdu leurs deux parents ; 50 000 femmes sont enceintes et 5 522 devraient accoucher au cours du mois Ă  venir.

    Dans une sociĂ©tĂ© fortement marquĂ©e par le patriarcat, l’occupation coloniale de l’État d’IsraĂ«l, les bombardements et les dĂ©placements actuels ne font qu’aggraver la situation des femmes palestiniennes. LĂ -bas, le mouvement des femmes palestiniennes et les fĂ©ministes ont soutenu la revendication de leurs droits dans la sociĂ©tĂ© et la culture qui leur est propre, dans le contexte trĂšs lourd d’apartheid entretenu par IsraĂ«l. Aujourd’hui, la situation est catastrophique.

    Selon Addameer, une organisation palestinienne de dĂ©fense des droits de l’homme, environ 10 000 femmes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es ou dĂ©tenues au cours des cinquante derniĂšres annĂ©es, la plupart d’entre elles Ă©tant soumises Ă  des agressions sexistes allant des insultes, menaces et fouilles corporelles humiliantes aux abus sexuels et autres formes de torture. Dans la plupart des cas et de la mĂȘme maniĂšre que pour les hommes dans les mĂȘmes circonstances, cette dĂ©tention prend la forme d’une dĂ©tention dite « administrative », lors de laquelle les dĂ©tenus ne sont ni inculpĂ©s ni jugĂ©s. Cette situation peut durer jusqu’à six mois, puis la dĂ©tention est gĂ©nĂ©ralement renouvelĂ©e pour un nombre de fois indĂ©terminĂ©.

    Des noms et des histoires personnelles contre la déshumanisation du colonisateur

    Si les chiffres Ă  eux seuls sont terrifiants, les rĂ©cits Ă  la premiĂšre personne sont Ă©mouvants. « Les nuits Ă  Gaza sont devenues un cauchemar sans fin. Dormir est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre et la mort nous guette Ă  chaque coin de rue », explique Nourhan, qui participe Ă  un forum de jeunes pour les droits civils dans le territoire palestinien. Cette avocate de 29 ans a refusĂ© de quitter son domicile jusqu’à ce que toutes les maisons autour d’elle soient dĂ©truites par les bombardements. C’est alors qu’elle s’est rĂ©fugiĂ©e dans la maison de son pĂšre. Mais quelques jours plus tard, elle a Ă©galement dĂ» fuir de nuit, en plein raid aĂ©rien, avec toute sa famille. « La survie n’est que la premiĂšre Ă©tape », affirme Nourhan, car elle est convaincue que « les cicatrices de la guerre persisteront longtemps aprĂšs que les frappes aĂ©riennes israĂ©liennes aient cessĂ© ».

  • 5 faits contre la suppression de l’Aide MĂ©dicale d’État (AME)
    ▻https://www.frustrationmagazine.fr/aide-medicale-etat

    En voulant exister encore un tant soit peu, car devenus insignifiants au possible, les sĂ©nateurs de la droite et du centre ont une nouvelle fois montrĂ© toute l’étendue de leur inhumanitĂ© et de leur xĂ©nophobie flagrante. L’extrĂȘme droite l’a longtemps fantasmĂ©, nos chers sĂ©nateurs ont (encore) exaucĂ© son souhait. En actant la suppression de l’Aide [
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    #Décrypter_-_Santé

  • L’expĂ©rience est tellement Ă©difiante qu’elle devrait interroger ceux qui rĂȘvent des promesses que leur fait la technologie. Quand on compare les rĂ©sultats de deux algorithmes de reconnaissance faciale depuis une mĂȘme image de suspect, tournant sur la mĂȘme base de donnĂ©es d’images de rĂ©sultats, et bien apprenez qu’aucun des 2 ne renvoie dans leurs 10 premiĂšres correspondance une personne similaire ! Selon le systĂšme utilisĂ©, vous n’aurez donc pas les mĂȘmes suspects en retour !

    Ces systĂšmes qui produisent toujours des rĂ©sultats sont en grande partie dĂ©faillants. Et ce n’est pas seulement la technique qui est dĂ©faillante (qui est « vendue » comme une technique d’analyse des traits du visage, alors qu’elle est sensible Ă  bien d’autres Ă©lĂ©ments comme les poses, la qualitĂ© des images, etc.), mais la façon mĂȘme dont elle produit du rĂ©sultat, en n’expliquant jamais les raisons de ses limites. Et le pire, c’est qu’il n’y a pas que la technique qui est dĂ©faillante. Les « humains dans la boucle », ceux qui utilisent ces systĂšmes sont capables de croire en toute confiance en leurs capacitĂ©s Ă  travailler avec la machine quand celle-ci, bien souvent ne propose qu’amplifier leurs biais et leur confiance en eux.

    Regardons donc comment la reconnaissance faciale fonctionne, ou plutĂŽt comment elle Ă©choue, c’est le seul moyen de bien saisir que cette technologie n’a rien de magique, au contraire. ▻https://hubertguillaud.wordpress.com/2023/11/21/la-reconnaissance-faciale-en-ses-limites #reconnaissancefaciale

  • ne va pas s’énerver lĂ -dessus — elle a dĂ©jĂ  eu de multiples occasions de la faire et Ă  son Ăąge ça risque de lui gĂącher son agonie — mais pitiĂ©, mesdames et messieurs et autres les journalistes, cessez d’écrire « anarchisme de droite » pour parler de l’autre zouave qui vient de se faire Ă©lire en Argentine ! « Anarchisme de droite » est une redondance, voire un plĂ©onasme ! Mort aux Lois, « je fais ce que je veux et m***e pour les autres » est une valeur partagĂ©e par la totalitĂ© des entitĂ©s « capitalistes ascendant fasciste » et « fascistes ascendant capitaliste » de par le monde — c’est-Ă -dire lĂ , maintenant, en Brumaire 232, par la quasi-totalitĂ© des entitĂ©s tout court. Presque tous les pays sont gouvernĂ©s par des ceusses Ă  qui, s’il est interdit d’interdire, il est subsĂ©quemment interdit d’interdire d’interdire !

    Le mal-nommĂ© libĂ©ralisme est un totalitarisme, et le libertarianisme et l’anarchisme sont son apogĂ©e. Seul le communisme pourrait rendre (un peu) plus doux l’écrasement de l’humanitĂ© contre le mur de son propre orgueil, mais Sapiens Sapiens a dĂ©jĂ  prouvĂ© qu’iel n’était pas assez clairvoyant(e) pour ça.

    Zou, ite missa est, et bon cauchemar aux Argentin(e)s.

    #MamieNicoleNAPasPrisSesGouttes.

    • c’est pas plutĂŽt un oxymore, anarchisme de droite ? (mĂȘme si il doit bien pouvoir s’en trouver, des anars facho de droite)

    • merci @sombre et donc, spĂ©cifiquement en ce qui concerne notre ami Argentin Tin Tin Ă  chevelure dithyrambique :

      Anarchisme et libéralisme

      Certains font le rapprochement entre anarchisme et libĂ©ralisme, voyant l’anarchisme comme un dĂ©veloppement extrĂȘme du libĂ©ralisme. Si l’on parle de libĂ©ralisme Ă©conomique, cela n’a pas beaucoup de sens. Seule une petite minoritĂ© de « libertariens » (contre l’État mais en faveur du marchĂ© capitaliste) usurpe le terme d’anarchisme. L’essentiel de l’anarchisme, historiquement, est un courant issu du socialisme et opposĂ© au patronat, qui ne vise pas seulement Ă  abolir l’Etat, mais aussi le pouvoir du capital.

      les libertariens et les chien.nes de garde du nĂ©o-libĂ©ralisme galopant vers le mur, donc :-)

  • Le partage des tĂąches reste sexiste dans les milieux militants
    â–șhttps://reporterre.net/Le-partage-des-taches-reste-sexiste-dans-les-milieux-militants

    La répartition des tùches dans les associations, ONG ou syndicats sensibilisés à la question féministe est un peu plus égalitaire. Mais les femmes pointent le chemin restant à parcourir.

    « Porter un collectif militant Ă  bout de bras, surtout au local, c’est souvent les femmes. La socialisation genrĂ©e joue Ă  plein. Elles vont davantage faire tout le travail invisible, rendant notamment possible la tenue d’évĂ©nements et regroupements. » Alice Picard, l’une des porte-parole d’Attac, reconnaĂźt qu’il lui a fallu un peu de temps pour apercevoir les failles restantes dans une association Ă  premiĂšre vue plutĂŽt Ă©galitaire.

    Comme d’autres, Attac fait valoir un conseil d’administration (CA) paritaire, des porte-parole donnant « une vision jeune et fĂ©minisĂ©e » et des femmes Ă  des postes de pouvoir. « Mais la rĂ©alitĂ© est plus subtile », souligne la militante, formĂ©e en sociologie du genre.

    Dans les espaces de travail par thĂ©matique, une majoritĂ© d’hommes se retrouvent ainsi sur les problĂ©matiques de finance ou d’accord de libre-Ă©change, alors que les femmes dĂ©battent de la vie de l’association ou des questions d’éducation populaire. « Tous ces espaces peuvent trĂšs bien fonctionner un temps, souligne Alice Picard. Mais comme les hommes sont trĂšs peu dans le care [le soin apportĂ© Ă  soi ou aux autres] , la durĂ©e de vie de ces espaces de travail est fluctuante. »

    Le point noir le plus critique demeure celui des publications et productions intellectuelles. Le conseil scientifique propose un magazine intitulĂ© Les Possibles, oĂč les signatures sont trĂšs largement masculines. « Comme on ne participe pas, ou peu, Ă  l’élaboration de l’expertise, on va davantage hĂ©siter si l’on est sollicitĂ©e. Parfois mĂȘme, on a l’expertise, mais on n’ose pas le dire. »
    Illégitimité, temps disponible


    Un syndrome de l’impostrice largement rĂ©pandu chez les femmes, qui se concrĂ©tise lors des prises de parole, en rĂ©union comme devant un public plus large. « On a chronomĂ©trĂ©, explique la porte-parole d’Attac. Les femmes parlent moins souvent, moins longtemps et n’abordent pas les sujets de la mĂȘme maniĂšre. »

    Un constat appuyĂ© par le travail de la sociologue AurĂ©line Cardoso, post-doctorante au Centre d’études de l’emploi et du travail du CNAM. « Les femmes sont dans le concret, comment fait-on pour telle action, etc. Elles synthĂ©tisent, explique la sociologue. Les hommes, souvent pĂ©tris d’un trĂšs fort sentiment de lĂ©gitimitĂ©, vont davantage partir dans de grandes envolĂ©es ou des rĂ©flexions personnelles. » Quitte parfois Ă  reprendre Ă  leur compte les propos prĂ©cĂ©demment Ă©noncĂ©s par une camarade.

    « Les compĂ©tences politiques [comme les prises de parole] ont Ă©tĂ© construites pour et par les hommes, souligne la chercheuse. Nous en sommes toutes et tous imprĂ©gnĂ©s. » Y compris les milieux militants, et quand bien mĂȘme ces derniers se penchent sur le sujet. Car il n’est pas question, ici, « que les femmes reprennent les codes masculins du militantisme », mais bien que les hommes soient attentifs aux remarques remontĂ©es par les femmes et minoritĂ©s de genre pour opĂ©rer par la suite des changements dans leurs postures, et accepter de lĂącher du pouvoir.

    « Mettre en avant tous ces enjeux n’est pas simple, soupire Alice Picard, d’Attac, oĂč il existe un groupe de travail “antisexisme”. Il faut du temps. » Beaucoup de temps
 que les femmes n’ont pas, accaparĂ©es par la sphĂšre privĂ©e et la charge mentale quotidienne associĂ©e. Dans ces conditions, la question de la militance et du temps Ă  y consacrer peut ĂȘtre secondaire.

    Les femmes vont par ailleurs davantage se tourner vers le milieu associatif, considĂ©rĂ© plus ouvert et « amateur », alors que les syndicats ou partis politiques vont susciter chez elles « une forme d’apprĂ©hension », comme l’a constatĂ© la sociologue Sophie RĂ©tif, maĂźtresse de confĂ©rences Ă  l’universitĂ© de Nanterre et autrice de l’ouvrage Logiques de genre dans l’engagement associatif (Ă©d. Dalloz).

    « Qui a le temps et les possibilitĂ©s de militer ? »

    Lors de ses recherches, elle a remarquĂ© que les carriĂšres des hommes s’ancraient souvent dans un « multipositionnement ». Autrement dit, ceux-ci sont impliquĂ©s parallĂšlement dans plusieurs associations, syndicats, collectifs ou partis. Ils vont cumuler, lĂ  oĂč les femmes vont s’engager Ă  un seul endroit.

    Les consĂ©quences de ce multiengagement masculin sont dĂ©sastreuses pour les femmes. « Les hommes vont acquĂ©rir de multiples connaissances, se former, se crĂ©er un rĂ©seau, prendre des responsabilitĂ©s. MĂȘme dans les lieux oĂč la division sexuelle est modĂ©rĂ©e, le multipositionnement des hommes va jouer sur leur assurance et leurs rĂ©seaux », analyse Sophie RĂ©tif.

    La chercheuse souligne par ailleurs que dans les milieux de gauche, « l’exigence intellectuelle attendue peut ĂȘtre intimidante », venant renforcer le sentiment d’illĂ©gitimitĂ© des femmes, alors qu’en face, le surinvestissement des hommes les conduit Ă  une forme de « semi-professionnalisation ». Pour sa consƓur AurĂ©line Cardoso, il y a lĂ  une question « Ă©minemment politique : qui a le temps et les possibilitĂ©s de militer ? »
    « Je ne viens pas militer pour faire ce que je fais dĂ©jĂ  chez moi »

    Pour autant, sur le terrain, les militantes ne dĂ©sarment pas. Brigitte, 65 ans, milite elle aussi Ă  Attac, au niveau local, en Savoie. Dans cette Ă©quipe « chaleureuse, accueillante et Ă©veillĂ©e », on essaye de se dire les choses, pour rĂ©ussir Ă  les faire bouger. Banderoles, matĂ©riel, logistique, administratif, comptes rendus, prĂ©paration de stand, nourriture et mĂ©nage ont souvent Ă©tĂ© les tĂąches dĂ©volues aux femmes.

    « On est considĂ©rĂ©es comme disponibles et crĂ©atives pour tout ça ! Les hommes comptent sur nous, sans le dire. Alors on le fait, parce que ça doit ĂȘtre fait. J’ai croisĂ© des femmes qui se dĂ©courageaient, qui disaient : “Je ne viens pas militer pour faire ce que je fais dĂ©jĂ  chez moi.” »

    « On a tendance Ă  dĂ©politiser les formes de militantisme “fĂ©minin”, car les femmes vont faire attention Ă  l’accueil et au bien-ĂȘtre des personnes qui arrivent dans un collectif, a constatĂ© la sociologue AurĂ©line Cardoso. On y voit quelque chose de l’ordre de l’individuel ou de la vulnĂ©rabilitĂ©. »

    Brigitte, elle, fait sans ambages remarquer aux hommes ce qui cloche. Peut-ĂȘtre l’ñge dit-elle, peut-ĂȘtre aussi ses dix annĂ©es de militantisme : « Il ne faut pas avoir peur de s’imposer, de faire circuler la parole. Chez Attac, les hommes prennent en compte les remarques. » Le problĂšme Ă©tant qu’il reste nĂ©cessaire de faire des remarques pour susciter une prise de conscience.

    Maud, salariĂ©e et membre de L214, a vĂ©cu l’éclosion d’une « commission de prĂ©vention des agissements sexistes » en septembre 2022, aprĂšs la rĂ©vĂ©lation de violences sexistes et sexuelles (VSS) au sein de l’association. Dans cette Ă©norme association de 1 500 bĂ©nĂ©voles et presque une centaine de salariĂ©s, oĂč le CA et le comitĂ© de pilotage (copil) sont paritaires et les postes de direction et de management majoritairement portĂ©s par des femmes, un guide est pourtant en train de voir le jour, « pour uniformiser les pratiques ».

    La question de l’écriture inclusive et de la prise de parole sont les premiers chantiers. « On n’a pas relevĂ© de diffĂ©rences significatives au niveau de la prise de parole, mais on continue Ă  creuser, explique Maud. On aimerait aussi voir si le fait d’avoir des femmes responsables d’équipe change les relations, et si oui, comment. »

    « On aimerait avoir du temps, nous aussi, pour faire des tĂąches valorisantes »

    Pour ne pas que cette recherche soit une charge supplĂ©mentaire pour celles qui la portent, cette commission, non mixte, est incluse dans le temps de travail. Car penser ce qui ne va pas, ce qui est amĂ©liorable, est chronophage. « On aimerait avoir du temps, nous aussi, pour faire des tĂąches valorisantes, sauf qu’on doit faire tout ce travail fĂ©ministe
 qui prend du temps », rĂ©sume Alice Picard, d’Attac. « Rien n’empĂȘche les hommes de se saisir et de rĂ©flĂ©chir Ă  ces enjeux », dit Maud, de L214.

    Mais, parfois, pour que ce soit le cas, seule une salve de tĂ©moignages fait vaciller les fondations patriarcales. À l’Unef, aprĂšs les rĂ©vĂ©lations de violences sexistes et sexuelles en 2018, le syndicat Ă©tudiant a mis en place deux commissions, une justement sur les VSS et une autre sur la gestion des discriminations.

    « Il a fallu effectuer beaucoup de changements en interne, raconte Youna, du bureau national. Il n’y a plus trop de rĂ©sistance. C’est actĂ© dans la conscience collective que mettre aussi l’accent sur le pratico-pratique participe Ă  la dĂ©construction. On essaye d’instaurer une vigilance globale sur qui fait quoi pour ne pas reproduire des schĂ©mas sociaux dĂ©lĂ©tĂšres. » Des Ă©volutions Ă  consolider dans bon nombre d’associations.

  • Du siĂšge gĂ©nocidaire de Gaza, l’appel Ă  la libĂ©ration
    ▻https://www.contretemps.eu/siege-gaza-appel-liberation

    En resituant l’actuel assaut gĂ©nocidaire contre Gaza dans le temps long de l’histoire, Hanna Daoud montre dans cet article les lignes de continuitĂ© entre les diffĂ©rentes sĂ©quences d’un conflit colonial qui dure depuis prĂšs d’un siĂšcle en Palestine. Elle offre en outre une comprĂ©hension sensible de l’expĂ©rience de la lutte palestinienne, notamment en rappelant que cette derniĂšre est fondamentalement liĂ©e Ă  la question de la terre et de la libĂ©ration.

    --- « Le conflit en Palestine est la lutte pour arracher aux autochtones le contrĂŽle de la terre », Edward Said, 1992 ---

    Depuis plus d’un mois, la bande de Gaza est pilonnĂ©e par l’unique puissance nuclĂ©aire du Moyen-Orient. Le feu et le fer s’y dĂ©versent sans pause, ils Ă©ventrent les immeubles, fracassent hĂŽpitaux, Ă©coles, boulangeries, Ă©glises, mosquĂ©es et infrastructures de l’ONU. Des camps de rĂ©fugiĂ©s sont rĂ©duits en poussiĂšre, des quartiers entiers sont rasĂ©s, desquels jaillit l’odeur de la mort. Plus de 11 200 victimes dont 4 630 enfants sont recensĂ©es par le ministĂšre de la SantĂ© de Gaza [au 14 novembre]. 1,5 millions de personnes sont dĂ©placĂ©es. La famine, la dĂ©shydratation et les maladies provoquĂ©es par le siĂšge complet de l’enclave guettent 2,3 millions de Palestinien.nes.

    Le monde assiste Ă  un probable gĂ©nocide-en-cours. Un gĂ©nocide, le mot est lourd mais il est pesĂ©. 800 universitaires et juristes spĂ©cialistes de l’étude des gĂ©nocides s’alarment de sa rĂ©pĂ©tition Ă  Gaza. Sur un territoire de 360 km2, plus petit que le tiers de Londres, 25 000 tonnes d’explosifs ont Ă©tĂ© larguĂ©es en un mois, l’équivalent de deux bombes atomiques. Hiroshima retentit sur Gaza, sans possibilitĂ© pour quiconque de fuir. Les technologies militaires de pointe s’associent Ă  un projet gĂ©nocidaire. À cette expĂ©rimentation macabre, l’Occident a donnĂ© son blanc-seing.

  • Bon, d’accord, le nouveau tarĂ© argentin a l’air sĂ©vĂšrement tarĂ©. Mais est-ce quelqu’un aurait des articles avec un peu de fond qui analysent pourquoi ce nouvel Ă©tron bolsonaro-trumpiste est parvenu Ă  se faire Ă©lire ? (Culture-war rĂ©actionnaire ? NullitĂ© du camp d’en face ? Gauche qui aurait abandonnĂ© les pauvres ? Classes moyennes barbarisĂ©es ?)

    • Notamment cette partie je pense :
      "Le discours de M. Milei touche surtout les jeunes, particuliĂšrement exposĂ©s aux rĂ©seaux sociaux et aux consĂ©quences Ă©conomiques et sociales de la crise sanitaire. « Jamais, depuis la fin de la dictature, la droite radicale n’a eu une rĂ©sonance aussi puissante auprĂšs des jeunes », constate Ariel Goldstein, chercheur au Conseil national de la recherche scientifique et technique (Conicet) Ă  Buenos Aires. Selon un sondage du cabinet de conseil Synopis (9), la moitiĂ© des militants de M. Milei, majoritairement des hommes issus des classes moyenne et populaire urbaines, ont moins de 29 ans. Pendant la pandĂ©mie, « l’État est devenu leur ennemi », explique Sergio Morresi, politiste de l’universitĂ© nationale du Littoral. « Ă€ leurs yeux, le discours progressiste selon lequel l’État est celui qui prend soin de nous, nous protĂšge, nous aide, n’a pas de sens. Leur seule expĂ©rience est celle d’un État qui ne fonctionne pas. »"

    • taux de participation de 76 %

      Ils veulent apparemment le changement, quel qu’il soit.

      De mon cĂŽtĂ©, suivi de loin, je me souviens :
      – accusations de corruption contre les dirigeants de gauche
      – arrivĂ©e au pouvoir de la droite corrompue, marasme Ă©conomique
      – retour d’une certaine gauche, mais sans retour à la normale
      – tensions sur la monnaie, historique lourd de ce point de vue, marchĂ©s internationaux peu amicaux
      – inflation incontrîlable

    • une salve de « vive la libertĂ©, bordel ! », son slogan prĂ©fĂ©rĂ©, criĂ© d’une voix rocailleuse de rockeur.

      « On peut s’attendre Ă  un scĂ©nario de grande conflictualitĂ© sociale », estime Lara Goyburu, politiste Ă  l’universitĂ© de Buenos Aires, avec la probable mobilisation des syndicats et des organisations sociales. A moins, ajoute-t-elle, que Javier Milei n’opte pour la rĂ©pression afin d’imposer ses rĂ©formes.
      Le prĂ©sident Ă©lu ne dispose pas de majoritĂ© au CongrĂšs, ni de gouverneur provincial ou de maire appartenant Ă  sa coalition : les doutes sur sa capacitĂ© Ă  gouverner restent entiers. « Cela peut provoquer une paralysie institutionnelle. Car mĂȘme en comptant sur les dĂ©putĂ©s d’une partie de la droite, il n’aura pas de majoritĂ© qualifiĂ©e, observe la politiste. Aussi, il ne pourra peut-ĂȘtre pas retirer l’avortement lĂ©gal ou dollariser l’économie, mais il va pouvoir couper de nombreuses dĂ©penses publiques en gouvernant par dĂ©cret. »

      dans Le Monde
      ▻https://archive.ph/YfWEQ

      edit vu l’ampleur de la #pauvretĂ© et le taux d’#inflation, on voit mal comme un ministre de l’économie aurait pu contrer ce sale type

      #Argentine

    • Ă  propos de Milei un seen de @deun, " extrĂȘme droite et misĂšre de position"
      ▻https://seenthis.net/messages/1019616

      cite DES INSURRECTIONS SANS LUMIÈRES
      â–șhttps://lundi.am/Des-insurrections-sans-lumieres

      à quoi ont ajouter la parution aujourd’hui de
      QUI EST JAVIER MILEI LE NOUVEAU PRÉSIDENT ARGENTIN LIBERTARIEN ? (D’aprĂšs Pablo Stefanoni, La rĂ©bellion est-elle passĂ©e Ă  droite ?)
      ▻https://lundi.am/Qui-est-Javier-Milei-le-nouveau-president-argentin-libertarien

      une ode punk a icelui

      ▻https://www.youtube.com/watch?v=6-g2OjuuNCs

      « Allez vous faire foutre, salauds d’empresaurios[empresario (entrepreneur) et dinosaurio (dinosaure) ] / Allez vous faire foutre, sodomites du capital / On en a marre des ordures keynĂ©siennes / Le moment libĂ©ral est arrivĂ© / Nous avons un leader, et c’est un rĂ©fĂ©rent majeur / Qui arrive toujours Ă  incommoder l’État / Javier Milei, notre futur prĂ©sident / Javier Milei le dernier des punks / Toujours mobilisĂ© contre la pression fiscale / Toujours mobilisĂ© contre l’étatisme prĂ©dateur / Luttant pour une Argentine libertarienne / Et pour la libertĂ© du peuple travailleur. »

      un résumé vidéo du Monde via @sandburg
      â–șhttps://www.lemonde.fr/comprendre-en-3-minutes/article/2023/11/19/qu-est-ce-que-la-figure-de-javier-milei-nous-dit-des-crises-que-traverse-l-a

      #extrĂȘme_droite #palĂ©olibertarianisme #libertariens

    • Argentine : Javier Milei n’est ni Trump ni Bolsonaro, il est pire,
      Ludovic Lamant
      ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/201123/argentine-javier-milei-n-est-ni-trump-ni-bolsonaro-il-est-pire

      L’Argentin Javier Milei est le dernier avatar d’un mouvement de fond des droites extrĂȘmes « anti-systĂšme » qui s’épanouissent dans les failles et insuffisances des dĂ©mocraties actuelles. Mais les rapprochements avec Donald Trump ou Jair Bolsonaro Ă©chouent Ă  saisir la spĂ©cificitĂ© du phĂ©nomĂšne.
      Le « saut dans le vide » tant redoutĂ© par les gauches argentines s’est produit : le #libertarien Javier Milei a Ă©tĂ© Ă©lu dimanche 19 novembre, avec un score sans appel et bien supĂ©rieur Ă  ce qu’annonçaient des instituts de sondage dĂ©cidĂ©ment trĂšs peu fiables pour prendre le pouls du malaise qui traverse ce pays.
      Milei a devancĂ© de plus de onze points son adversaire pĂ©roniste, le ministre de l’économie sortant, Sergio Massa, rassemblant pas moins de 14,5 millions de voix (sur 36 millions d’inscrit·es) . Sa formation, La libertĂ© avance, s’est imposĂ©e dans 21 des 24 provinces du pays. Il a profitĂ© d’un report massif des voix des candidat·es arrivé·es en troisiĂšme et quatriĂšme places au premier tour.

      Sans surprise, Donald Trump est l’un des premiers Ă  avoir fĂ©licitĂ© sur X le vainqueur : « Je suis trĂšs fier de toi. Tu transformeras ton pays et lui redonneras de nouveau sa grandeur ! » Lors du premier tour, le 22 octobre, le fils de l’ancien prĂ©sident brĂ©silien Jair Bolsonaro, Eduardo Bolsonaro, dĂ©putĂ© Ă  Brasilia, avait fait le dĂ©placement Ă  Buenos Aires pour soutenir Milei : « Javier incarne l’espoir que les choses changent », avait-il dit, alors qu’il arborait ce jour-lĂ  une pince Ă  cravate en forme de pistolet devenue virale sur les rĂ©seaux.
      DĂšs le mois d’aoĂ»t dernier, Ă  l’approche des primaires dont Milei Ă©tait dĂ©jĂ  sorti vainqueur, Jair Bolsonaro en personne s’était fendu d’une vidĂ©o de soutien : « [Milei et moi] partageons beaucoup de choses en commun. [...] Nous dĂ©fendons la famille, la #propriĂ©tĂ©_privĂ©e, le #libre_marchĂ©, la libertĂ© d’expression, le droit Ă  se dĂ©fendre. »

      Le Ă©niĂšme avatar d’une « internationale national-populiste » ?

      Le triomphe de l’outsider Milei s’inscrit dans ce mouvement de montĂ©e en puissance des #droites les plus extrĂȘmes, engagĂ©es dans une #guerre_culturelle contre les gauches progressistes. Milei tempĂȘte contre « la caste » comme Trump l’a fait contre « l’establishment » de Washington. Milei s’est fait connaĂźtre en tant qu’expert des plateaux de tĂ©lĂ©vision Ă  partir de 2015, comme Trump est passĂ© par la tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© dans les annĂ©es 2000 pour accroĂźtre sa notoriĂ©tĂ©.
      En plus de leur style agressif, extravagant et tĂ©lĂ©gĂ©nique, les trois – avec Jair Bolsonaro – tonnent contre « le communisme » et/ou « le socialisme » et dĂ©fendent - sur des registres Ă  peine diffĂ©rents - le droit de chaque citoyen Ă  porter une arme pour se dĂ©fendre. Trump, Milei ou encore Boris Johnson du temps du Brexit se sont nourris d’une explosion des inĂ©galitĂ©s dans leur pays, capitalisant sur le mal-ĂȘtre d’une classe moyenne appauvrie.

      « Des petits commerçants, des indĂ©pendants, qui gagnent peu, sont trĂšs remontĂ©s contre le #pĂ©ronisme, et voient qu’ils gagnent quasiment la mĂȘme chose que des chĂŽmeurs qui bĂ©nĂ©ficient de plans sociaux, expliquait Ă  Mediapart le sociologue Gabriel Vommaro, du centre de recherche argentin Conicet et de l’EHESS Ă  Paris. C’est une vieille histoire en sociologie politique, qui se rĂ©pĂšte : celle du jeune Blanc aux États-Unis, ou du Brexiter en Angleterre. »
      InterrogĂ© par le site en espagnol de CNN, le patron de la version argentine du Monde diplomatique, JosĂ© Natanson, identifie un autre point commun : tous ont profitĂ©, avant leur victoire, d’une « sous-estimation » : « Il y a l’idĂ©e qu’ici, cela ne peut pas arriver, qu’un personnage pareil ne peut pas devenir prĂ©sident de l’Argentine, du BrĂ©sil, de l’Uruguay... Jusqu’à ce que cela arrive. »
      Mais le jeu des Ă©chos et comparaisons s’arrĂȘte lĂ , au sein de cette « internationale national-populiste ». Les raccourcis qui prĂ©sentent Milei comme un « Trump argentin » ne suffisent pas Ă  comprendre ce qui se joue Ă  Buenos Aires. L’ascension de Milei s’inscrit d’abord dans un contexte de dĂ©gradation du systĂšme politique argentin. Et beaucoup de ses caractĂ©ristiques sont trĂšs spĂ©cifiques.

      Un homme sans parti

      Aux États-Unis, Donald Trump s’est imposĂ© aux primaires du parti rĂ©publicain. Au Royaume-Uni, les partisans du Brexit ont pris d’assaut le parti conservateur (Tories). À Buenos Aires, Milei a construit son ascension sans ancrage national. Son pseudo-parti, La libertĂ© avance, a enchaĂźnĂ© les mauvais scores aux diffĂ©rentes Ă©lections rĂ©gionales qui ont ponctuĂ© l’annĂ©e 2023, preuve que cette entitĂ© peine Ă  exister si Milei ne se prĂ©sente pas.
      Cela signifie d’abord que Milei a les mains libres pour fixer sa ligne radicale, en toute indĂ©pendance, avec quelques personnes clĂ©s de son entourage. À commencer par son Ă©nigmatique sƓur cadette, Karina, qu’il surnomme, au masculin, « El jefe » (le chef), ou encore « Le messie », et qui fut la stratĂšge en chef de sa campagne victorieuse.
      Revers de la mĂ©daille : Ă  ce stade, son parti est loin de dĂ©tenir les clĂ©s de la Chambre des dĂ©puté·es. Milei ne dĂ©tiendra que 38 Ă©lu·es Ă  la chambre basse (contre trois sur le mandat prĂ©cĂ©dent). La majoritĂ© absolue est Ă  129. Il devra donc convaincre des dĂ©puté·es de la droite plus traditionnelle, par exemple au sein du PRO de Patricia Bullrich et Mauricio Macri.
      D’oĂč les analyses de certains observateurs, qui font dĂ©jĂ  de l’ancien prĂ©sident #Mauricio_Macri (2015-2019), le premier Ă  avoir soutenu Milei durant l’entre-deux-tours, le « parrain » de la prĂ©sidence Milei Ă  venir.

      Une ascension Ă©clair

      Au Chili, le candidat nĂ©o-pinochetiste JosĂ© Antonio Kast, qui a failli l’emporter face Ă  Gabriel Boric en 2021, est Ă©lu pour la premiĂšre fois dĂ©putĂ© en 2002. Au Salvador, Nayib Bukele, devenu l’une des figures les plus inquiĂ©tantes de l’extrĂȘme droite au pouvoir dans les AmĂ©riques aprĂšs son Ă©lection Ă  la prĂ©sidence en 2019, a dĂ©marrĂ© sa carriĂšre politique en 2012, depuis la gauche.
      LĂ  encore, Milei tranche avec ce type de parcours. Il a Ă©tĂ© Ă©lu dĂ©putĂ© national pour la premiĂšre fois en dĂ©cembre 2021. L’ascension Ă©clair de ce novice en politique, dĂ©nuĂ© a priori de toute capacitĂ© de nĂ©gociation politique, s’explique en grande partie par un contexte trĂšs local : le bilan calamiteux de la prĂ©sidence pĂ©roniste d’Alberto FernĂĄndez depuis 2019. En particulier sur le front Ă©conomique : une inflation de 648 % sur la pĂ©riode, des dĂ©valuations du peso Ă  rĂ©pĂ©tition, et un taux de pauvretĂ© en hausse, Ă  40,1 % de la population (18,5 millions d’Argentin·es).

      Un candidat « mono-thĂ©matique »

      Milei a longtemps Ă©tĂ© le candidat d’une seule proposition, la dollarisation de l’économie argentine face Ă  l’inflation galopante (et son pendant, la fermeture de la Banque centrale), qu’il a martelĂ©e sur les plateaux tĂ©lĂ©. « Trump parlait d’économie mais de beaucoup d’autres choses, notamment d’international. Milei est davantage mono-thĂ©matique : il critique la caste et parle d’économie », relĂšve le sociologue Gabriel Vommaro.
      Carlos Pagni, l’éditorialiste du quotidien La NaciĂłn l’explique autrement Ă  Mediapart : « Milei n’est pas Bolsonaro, il serait plutĂŽt comme la fusion de Bolsonaro et [Paulo] Guedes dans la mĂȘme personne », en rĂ©fĂ©rence au conseiller Ă©conomique ultralibĂ©ral de la prĂ©sidence Bolsonaro.
      Si l’attention des mĂ©dias, surtout Ă  l’étranger, s’est fixĂ©e sur la personne extravagante de Milei, le triomphe Ă©lectoral de dimanche est bien le fruit d’un binĂŽme. Son choix de s’entourer de Victoria Villaruel comme candidate Ă  la vice-prĂ©sidence, a Ă©tĂ© un coup de maĂźtre.
      Il lui a permis de se faire entendre sur d’autres sujets que l’économie (critique des fĂ©minismes, opposition au droit Ă  l’#avortement, dĂ©nonciation de la politique mĂ©morielle sur la dictature menĂ©e par les Kirchner, etc.). Villaruel a permis Ă  Milei Ă  se relier Ă  cette internationale ultra-conservatrice, de Giorgia Meloni en Italie Ă  Santiago Abascal en Espagne, pour laquelle le libertarien n’avait jusqu’alors montrĂ© que peu d’intĂ©rĂȘt.

      Un programme encore plus extrĂȘme

      Milei se dit « libĂ©ral libertarien » ou encore « anarcho-capitaliste ». Au-delĂ  du vertige des Ă©tiquettes, son programme semble aller encore plus loin que ceux de Bolsonaro, Trump ou Kast. L’économiste portĂšgne veut tout Ă  la fois supprimer les ministĂšres de l’environnement et de l’éducation, privatiser les mĂ©dias publics et les compagnies Ă©nergĂ©tiques. « Tout ce qui peut se retrouver aux mains du secteur privĂ©, sera remis aux mains du secteur privĂ© », a-t-il dĂ©clarĂ© lundi 20 novembre, lors de son premier entretien post-Ă©lection.
      Il veut encore libĂ©raliser les ventes d’organes, faciliter le port d’armes et abroger le #droit_Ă _l’avortement. Il est revenu en fin de campagne sur ses promesses de privatiser l’école et l’éducation, reconnaissant lundi qu’il s’agit d’une compĂ©tence des provinces... Victoria Villaruel a de son cĂŽtĂ© encore Ă©lectrisĂ© la fin de campagne en promettant de fermer le musĂ©e ouvert depuis 2015 dans l’un des principaux centres de torture de la dictature argentine (1976-1983) Ă  Buenos Aires, l’ESMA.
      À ce stade, celles et ceux qui pariaient sur un assouplissement de Milei une fois Ă©lu, contraint Ă  des compromis avec des partis traditionnels pour former des majoritĂ©s au sein de la Chambre, comme l’anticipait durant la campagne Guillermo Francos, annoncĂ© comme son futur ministre de l’intĂ©rieur, en sont pour leurs frais. L’économiste de 53 ans, qui prĂ©fĂšre « la mafia Ă  l’État », a prĂ©venu dĂšs dimanche soir : « Il n’y a pas de place pour le gradualisme, la tiĂ©deur ou les demi-mesures. »

      Un autre rapport Ă  la religion ?

      Donald Trump et surtout Jair Bolsonaro ont pu compter sur le soutien des Ă©vangĂ©liques. Milei confĂšre lui aussi une place centrale au religieux, mais cela s’est surtout traduit, durant sa campagne, par une sĂ©rie de vives critiques Ă  l’encontre du pape argentin François, accusĂ© par des pans de la droite d’ĂȘtre trop progressiste (et de soutenir la campagne des pĂ©ronistes). BousculĂ© sur le sujet par Sergio Massa durant le premier dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© dĂ©but octobre, Milei avait dĂ» faire en partie marche arriĂšre.
      Surtout, Milei assume une forme de mysticisme, qui transparaĂźt dans les entretiens qu’il a donnĂ©s sur un registre plus personnel. Lorsqu’il Ă©tait un peu moins connu, Milei a par exemple expliquĂ© que la Banque centrale Ă©tait « le malin », et que le socialisme avait Ă©tĂ© inventĂ© par « le diable ». Son biographe, le journaliste Juan Luis GonzĂĄlez, auteur d’El Loco (Le fou, Planeta, 2023), dĂ©crit un « leader messianique », qui compare ses actions Ă  des passages des textes sacrĂ©s, mais se compare aussi lui-mĂȘme Ă  des figures de la Bible, comme MoĂŻse.
      Milei est persuadĂ© que Dieu, non seulement existe et qu’il est libertarien, mais aussi qu’il lui est arrivĂ© d’échanger avec lui. Il a dĂ©jĂ  expliquĂ© trĂšs sĂ©rieusement qu’il parlait Ă  Dieu Ă  travers son chien, Conan, mort en 2017, et dont il avait fait rĂ©aliser, peu de temps avant sa mort, six clones aux États-Unis.
      L’économiste reprend aussi souvent Ă  son compte une citation de l’Ancien Testament, devenue trĂšs populaire sur les rĂ©seaux : « Ă€ la guerre, la victoire ne dĂ©pend pas du nombre de soldats, mais des forces du ciel. » L’un de ses autres slogans durant les meetings – « Je suis venu pour rĂ©veiller les lions », en rĂ©fĂ©rence Ă  ses Ă©lecteurs –, porte aussi cette couleur messianique, dont on peine Ă  savoir, Ă  ce stade, comment elle jouera sur sa maniĂšre de prĂ©sider l’Argentine.

      #messianisme (de bazar)

    • #Milei_fou_furieux AprĂšs le #narco_capitalisme, l’#anarcho_capitalisme (en tant que dernier avatar du #capitalisme_de_dĂ©sastre)

      L’économiste reprend aussi souvent Ă  son compte une citation de l’Ancien Testament, devenue trĂšs populaire sur les rĂ©seaux : « Ă€ la guerre, la victoire ne dĂ©pend pas du nombre de soldats, mais des forces du ciel. » L’un de ses autres slogans durant les meetings – « Je suis venu pour rĂ©veiller les lions », en rĂ©fĂ©rence Ă  ses Ă©lecteurs –, porte aussi cette couleur messianique, dont on peine Ă  savoir, Ă  ce stade, comment elle jouera sur sa maniĂšre de prĂ©sider l’Argentine.

      Pour ce dernier point, c’est pourtant assez facile à imaginer ...

    • En Argentine, la naissance du fascisme religieux de marchĂ©
      ▻https://legrandcontinent.eu/fr/2023/08/21/en-argentine-la-naissance-du-fascisme-religieux-de-marche

      On pourrait nommer « fascisme religieux de marchĂ© » ou « autoritarisme technocratique » le type de rĂ©gime que les libertariens et les nationalistes conservateurs entendent fonder en Argentine. Une pareille formule a dĂ©jĂ  existĂ© dans l’histoire de l’AmĂ©rique latine : dans le Chili de Pinochet, dans l’Argentine de Videla, dans le PĂ©rou de Fujimori et dans le BrĂ©sil de Bolsonaro. Elle combine des rĂ©formes nĂ©olibĂ©rales avec l’autoritarisme politique, qui s’est exprimĂ© dans les rĂ©gimes dictatoriaux des annĂ©es 1970 en AmĂ©rique latine et au BrĂ©sil ces derniĂšres annĂ©es. Une diffĂ©rence avec le phĂ©nomĂšne Bolsonaro pourrait ĂȘtre que ce dernier bĂ©nĂ©ficiait d’un fort soutien de la part des militaires et des Ă©vangĂ©listes, ce qui ne serait pas si Ă©vident Ă  rĂ©aliser pour Milei.

      " La victoire de Milei aux primaires montre qu’une partie importante de la sociĂ©tĂ© considĂšre que la voie de la recomposition sociale par le biais d’une proposition conflictuelle et autoritaire est plus appropriĂ©e. "
      Ariel Goldstein

      Le libĂ©ralisme de Milei et la dĂ©mocratie libĂ©rale ne sont pas compatibles. Aucune sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique ne peut supporter ces rĂ©formes d’ajustement sans autoritarisme. Ce qui est intĂ©ressant, c’est la façon dont son langage combine les appels religieux avec la doctrine Ă©conomique nĂ©olibĂ©rale. Il utilise des versets bibliques pour justifier ses positions Ă©conomiques de rĂ©duction des dĂ©penses publiques, telles que « tu gagneras ton pain Ă  la sueur de ton front » (GenĂšse 3 : 19).

      Une phrase revient souvent dans La rĂ©volution libĂ©rale, un documentaire de Santiago OrĂ­a qui dĂ©fend l’hĂ©ritage de Milei, ainsi que dans sa campagne : « la guerre la victoire ne va pas aux plus nombreux, car c’est du Ciel que vient la force » (MaccabĂ©es 3 : 19).

      Milei est l’instrument de la revanche d’une partie de la sociĂ©tĂ© contre une classe politique perçue comme inutile, parasitaire et uniquement tournĂ©e vers ses propres intĂ©rĂȘts. L’adhĂ©sion Ă  un leader dĂ©signĂ© comme celui qui punira un ennemi explique la montĂ©e en puissance de Milei, comme tous les phĂ©nomĂšnes de droite radicale16.

      « Ceux qui jettent des pierres, je vais les mettre en prison et s’ils encerclent la Casa Rosada, ils devront me sortir mort » a-t-il dĂ©clarĂ© lors de l’une de ses derniĂšres apparitions tĂ©lĂ©visĂ©es. Milei mise ainsi sur une violence rĂ©demptrice qui le montre, dans cette vision guerriĂšre et religieuse, comme le grand illuminĂ©. Il semble, en ce sens, avoir un profil plus fondamentaliste que Trump et Bolsonaro, qui dĂ©rive peut-ĂȘtre du fait qu’il a moins d’expĂ©rience politique que ces derniers.

      Ce que nous vivons est une nouvelle destruction de la composante rationaliste du libĂ©ralisme par un autoritarisme et un fondamentalisme religieux qui se l’approprient. Il appartient Ă  la gauche, aux sociaux-dĂ©mocrates, aux progressistes et aux libĂ©raux de s’unir pour dĂ©fendre cet ensemble d’idĂ©es et de valeurs afin de prĂ©server la dĂ©mocratie. En effet, le processus de normalisation, sous Milei, a Ă©tĂ© extraordinairement rapide. Aucun cordon sanitaire n’a Ă©tĂ© formĂ© comme en Europe.

      Milei semble avoir un profil plus fondamentaliste que Trump et Bolsonaro, en raison de sa moindre expérience politique.

      Il a une vision fanatique de la rĂ©alitĂ© dans laquelle il fait une distinction entre les personnes « pures » et « impures ». Par exemple, cette rĂ©flexion adressĂ©e Ă  la dirigeante de l’opposition, Elisa CarriĂł : « Chacun est gouvernĂ© par la morale et l’éthique, les gris disparaissent et les tiĂšdes deviennent de parfaits complices des criminels (ils ne diffĂšrent que par les formes) ». Dans ce type de rĂ©flexion, il dĂ©fend une croisade morale contre les « impurs », qui est Ă©videmment dangereuse pour la pĂ©rennitĂ© du systĂšme dĂ©mocratique. Dans cette vision complotiste, ceux qui ne sont pas d’accord avec lui sont transformĂ©s en ennemis qui reprĂ©sentent un danger pour son existence.

    • L’ouragan Milei. Les sept clĂ©s de l’élection argentine
      ▻https://www.contretemps.eu/argentine-milei-libertarien-extreme-droite-macri

      Cette victoire d‘un Ă©conomiste qui se dĂ©finit comme « anarcho-capitaliste » – et qui appartient plus prĂ©cisĂ©ment au courant « palĂ©olibertarien » analysĂ© notamment par Pablo Stefanoni – ouvre en tout cas un scĂ©nario inĂ©dit et imprĂ©visible. Comment comprendre ce basculement politique qui a portĂ© au pouvoir un homme sans expĂ©rience politique ni vĂ©ritable mouvement structurĂ© derriĂšre lui, mais appartenant Ă  une nouvelle extrĂȘme droite globale ?

    • « La victoire de Javier Milei en Argentine s’inscrit dans un contexte mondial de consolidation des droites radicales », Olivier Compagnon, Historien, David Copello, Politiste
      ▻https://archive.ph/p1Uu3

      Une fois que l’on s’est accoutumĂ© au spectacle de foules saccageant le Capitole Ă  Washington, comme cela s’est produit le 6 janvier 2021, ou le palais du Planalto Ă  Brasilia, le 8 janvier 2023, on se formalise moins qu’un nouveau venu, Ă©tranger Ă  la scĂšne politique il y a encore trois ans, fasse campagne, tronçonneuse Ă  la main et insultes aux lĂšvres, en promettant de libĂ©raliser le port d’armes et le commerce d’organes.
      La victoire de Milei s’inscrit donc dans un contexte rĂ©gional – mais aussi global – de consolidation de droites radicales qui ne cherchent plus Ă  masquer les aspects les plus extrĂȘmes de leur programme, mais les mettent en scĂšne pour en faire des produits d’appel. (...) l’essentiel rĂ©side dĂ©sormais dans l’hubris, la dĂ©mesure, la provocation, voire la bouffonnerie.

      Ces droites ont des phobies communes, du nord au sud de l’AmĂ©rique et de part et d’autre de l’Atlantique – l’avortement, la « thĂ©orie du genre » [terme employĂ© pour marquer un rejet des Ă©tudes de genre], les communautĂ©s LGBTQIA+, le « marxisme culturel » [une thĂ©orie conspirationniste mettant en cause les Ă©lites intellectuelles], les migrants, etc. Elles dĂ©signent Ă  la vindicte populaire leurs nouveaux ennemis de l’intĂ©rieur, qui se sont substituĂ©s aux communistes depuis la fin de la guerre froide. Se prĂ©sentant sous les atours de la nouveautĂ©, leur discours de rejet de la « caste » politique ne s’en accommode pas moins du recyclage de barons de la politique locale, changeant d’étiquettes partisanes au grĂ© des occasions, ou de vieilles gloires des annĂ©es passĂ©es.

      (...) Seize annĂ©es de kirchnĂ©risme (2003-2015 et 2019-2023), entrecoupĂ©es par le mandat du libĂ©ral Mauricio Macri (qui n’a pas hĂ©sitĂ© une seconde avant d’apporter son soutien Ă  Milei), n’ont pas permis de rĂ©enchanter durablement le politique, de stabiliser une Ă©conomie minĂ©e par la dette et les crises cycliques ni de mettre en place des politiques de redistribution pĂ©rennes.
      EpuisĂ©s par l’un des confinements les plus stricts du monde au plus fort de la pandĂ©mie de Covid-19, asphyxiĂ©s par une inflation qui pourrait atteindre, selon la Banque centrale du pays, plus de 180 % fin 2023, lassĂ©s des scandales de corruption, les Argentins ont votĂ© en majoritĂ© pour une altĂ©ritĂ© radicale, bien que celle-ci ne prĂ©sage pas vraiment de jours meilleurs.
      Le suffrage des plus jeunes, particuliĂšrement prononcĂ© en faveur de Milei, attire l’attention. Celles et ceux qui, nĂ©s en 2007, ont votĂ© pour la premiĂšre fois lors de ces Ă©lections n’ont connu, leur vie durant, que des taux d’inflation et des indices de pauvretĂ© supĂ©rieurs Ă  20 %. Face Ă  la misĂšre, la relativisation des crimes passĂ©s de la dictature par Milei et sa vice-prĂ©sidente, Victoria Villarruel, ainsi que leur dĂ©nigrement du travail de mĂ©moire ne suscitent guĂšre que l’indiffĂ©rence.

    • Bon, je ne vois pas beaucoup de rĂ©ponses Ă  ta question dans les commentaires, donc en voici une rĂ©ponse largement pompĂ© de cet article :
      ▻https://www.humanite.fr/monde/argentine/argentine-javier-milei-la-victoire-du-fmi

      1ere raison : le fond de crise

      C’est bien la droite de Mauricio Macri, prĂ©sident de 2015 Ă  2019, qui a crĂ©Ă© les conditions de l’arrivĂ©e de Milei Ă  la Casa Rosada (maison rose), avec l’aide de l’organisme financier siĂ©geant Ă  Washington.

      En doublant le poids de la dette publique extĂ©rieure (69 % du PIB) et en signant, fin 2018, le prĂȘt le plus important jamais accordĂ© par le FMI Ă  un pays (56 milliards de dollars), le gouvernement Macri s’est pliĂ© aux recettes du FMI et a plongĂ© l’économie dans une spirale rĂ©cessionniste. En effet, la stratĂ©gie de « l’austĂ©ritĂ© expansionniste » promue par le programme de rĂ©ajustement du FMI n’a en rien fonctionnĂ©.

      Ce que prĂ©disaient dĂ©jĂ  Ă  l’époque nombre de dĂ©tracteurs de l’accord. « Si le gouvernement s’en tient aux objectifs de ce programme, des millions d’Argentins connaĂźtront des souffrances et des difficultĂ©s accrues Ă  mesure que le chĂŽmage et la pauvretĂ© augmenteront avec la rĂ©cession », prĂ©venaient, fin 2018, les Ă©conomistes Mark Weisbrot et Lara Merling.

      Ainsi, avec son couteau placĂ© sous la gorge de la banque centrale argentine, le FMI n’a fait qu’accentuer ses difficultĂ©s macroĂ©conomiques. Fuite de capitaux, dĂ©prĂ©ciation du peso, hausse du poids des devises Ă©trangĂšres dans la dette, croissance du dĂ©ficit de la balance courante


      L’« assainissement budgĂ©taire » et le resserrement monĂ©taire, appliquĂ© Ă  la lettre par le gouvernement de droite, ont piĂ©gĂ© le pays dans le bourbier d’une dette ingĂ©rable, alimentĂ©e par une spirale inflationniste et dĂ©prĂ©ciative au coĂ»t humain catastrophique.

      Au terme du mandat de Macri, la pauvretĂ© a augmentĂ© de 50 % et l’inflation atteint les 54 %. Seuls vrais gagnants de ce dĂ©sastre Ă©conomique : les fonds vautours Ă©tats-uniens, vĂ©ritables charognards des marchĂ©s financiers, n’hĂ©sitant pas Ă  traĂźner le pays devant les tribunaux amĂ©ricains pour empocher des milliards de dollars, aprĂšs avoir rachetĂ© pour une bouchĂ©e de pain des parts de la dette extĂ©rieure de Buenos Aires.

      2eme raison : une gauche pas Ă  la hauteur

      Fin 2019, la gauche pĂ©roniste reprend les rĂȘnes du pays. Mais, dans ces conditions, il est bien difficile pour le prĂ©sident Alberto Fernandez (centre gauche) de redresser la barre. Avec son ministre de l’Économie, Sergio Massa, il hĂ©rite d’une situation exĂ©crable et la renĂ©gociation d’une partie du prĂȘt du FMI, ramenĂ© Ă  « seulement » 44 milliards, n’y changera rien, bien au contraire.

      Contrairement Ă  NĂ©stor Kirchner (2003-2007) et Ă  Cristina Fernandez de Kirchner (2007-1015), qui avaient rĂ©ussi Ă  relever le pays aprĂšs la terrible crise de 1998-2002 qui avait poussĂ© 65 % des Argentins en dessous du seuil de pauvretĂ©, lui est pieds et poings liĂ©s par un FMI qui se retrouve en position de force, accentuĂ©e par un dĂ©faut de paiement dĂšs mai 2020.

      Le Fonds continue ainsi d’imposer des coupes Ă  la hache dans les dĂ©penses publiques et sociales. Le contexte mondial ne joue pas en la faveur de l’Argentine, avec d’abord les consĂ©quences Ă©conomiques de la pandĂ©mie de Covid, puis une sĂ©cheresse exceptionnelle qui a diminuĂ© de 20 % les recettes du secteur des exportations agro-industrielles, pilier de l’économie nationale.

      4,9 milliards d’euros d’« aide » ont Ă©tĂ© de nouveau dĂ©bloquĂ©s, en avril dernier. En Ă©change de ces crĂ©dits, le FMI impose baisse du dĂ©ficit budgĂ©taire et politique de contrĂŽle des dĂ©penses, avec, par exemple, une suspension des subventions sur l’énergie. « Ce sont des usuriers, ils nous asphyxient avec les intĂ©rĂȘts de l’argent qu’ils nous ont prĂȘtĂ© », dĂ©noncera plus tard le prĂ©sident Fernandez, conspuant des positions aussi inflexibles qu’« idĂ©ologiques ». Le pays est alors traversĂ© par des mouvements sociaux contre l’austĂ©ritĂ© et l’inflation qui conspuent autant le FMI et sa dette « illĂ©gitime » que le gouvernement qui met en place ses exigences.

      Finalement, avec des taux d’inflation frĂŽlant tous les records, les classes populaires subissent une prĂ©carisation accĂ©lĂ©rĂ©e et le bilan des annĂ©es Fernandez est – forcĂ©ment – mauvais. C’est dans ce contexte que surgit Javier Milei. Quoi de plus simple pour lui que de s’en prendre Ă  l’« establishment », de surfer sur le mĂ©contentement populaire et, au final, de remporter la mise, avec le soutien de la droite qui lui aura prĂ©parĂ© le terrain.

      3eme raison : le soutien de la droite traditionnelle entre les 2 tours

      Avec des mesures d’austĂ©ritĂ© que la gauche n’a pas Ă©tĂ© en mesure de rĂ©silier, la droite a en effet ouvert la porte Ă  l’arrivĂ©e de l’extrĂȘme droite, ce qui s’est d’ailleurs confirmĂ© aprĂšs le premier tour. En effet, entre le maintien au pouvoir du centre gauche et l’arrivĂ©e d’un nĂ©ofasciste, celle-ci n’a pas longtemps hĂ©sitĂ© Ă  se prononcer en faveur de Milei.

      AprĂšs sa qualification pour le second tour, celui-ci a en effet reçu le soutien de Patricia Bullrich (22 % au premier tour), candidate malheureuse de la droite traditionnelle, ainsi que de l’ancien prĂ©sident Mauricio Macri en personne.

      4eme raison, en finir avec le PĂ©ronisme

      ParticularitĂ© de ce tribun facho : Il avait en face de lui les hĂ©ritiers du pĂ©ronisme, (donc de la dictature, des escadrons de la mort, etc.) . Il ne pouvait donc pas se rĂ©clamer du soutien de l’armĂ©e comme Bolonaro. VoilĂ  pourquoi son camp a communiquĂ© sur son pseudo « anarchisme de droite » (avec plein de guillemets, hein ? parce que l’anarchie, ça ne peut pas ĂȘtre de droite). Parce qu’il a connotĂ© dans sa campagne, le dĂ©passement de toute forme d’autoritarisme (c’est un comble, mais ça a fonctionnĂ©).

      C’est bien rĂ©sumĂ© ici :
      ▻https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/peron-peronismo-argentine-election-politique-javier-milei

  • IsraĂ«l a une nouvelle thĂ©orie pour les mĂ©dias internationaux (qui s’empressent donc de te la rĂ©gurgiter) :
    ▻https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique/geopolitique-du-dimanche-19-novembre-2023-6609471

    Celle-lĂ  se joue sur le terrain de l’opinion. C’est lĂ  que le Hamas a tendu ses piĂšges les plus dramatiques, sous la forme d’engins Ă©motifs improvisĂ©s. Prenez l’exemple de l’hĂŽpital al-Shifa, le poumon mĂ©dical de la Bande de Gaza.

    Comment expliquer ce piĂšge si c’en est un ?

    Si c’en est un, le Hamas qui a trompĂ© la vigilance israĂ©lienne le 7 octobre, l’a Ă©galement bernĂ© sur l’hĂŽpital al-Shifa. Un leurre prĂ©parĂ© pendant des mois, voire des annĂ©es. Sans doute en y laissant volontairement traĂźner des cadres du parti et de la branche armĂ©e, filmĂ©s par les drones d’observation de l’État hĂ©breu. Peut ĂȘtre en laissant les collaborateurs palestiniens raconter ces va-et-vient Ă  leurs officiers traitants en IsraĂ«l. Dans l’imagination de ces derniers, les contours d’un quartier gĂ©nĂ©ral de la terreur commencent Ă  apparaĂźtre. Cela devait en faire la pierre angulaire de l’opĂ©ration Sabre de fer. Pour l’instant il n’est qu’un Ă©norme caillou dans la chaussure du pouvoir israĂ©lien

    Donc c’est pas la faute d’IsraĂ«l, qui massacre les enfants palestiniens et viole le droit international Ă  l’insu de son plein grĂ©. (Mais dans le mĂȘme temps, regardez-bien, civils libanais : on va vous faire la mĂȘme chose.)

    IsraĂ«l a annoncĂ© dĂšs le premier jour couper l’eau, le fuel et l’électricitĂ© Ă  l’intĂ©gralitĂ© de la bande de Gaza, ses bombardiers rasent l’intĂ©gralitĂ© des villes et dĂ©truisent systĂ©matiquement les Ă©coles et les hĂŽpitaux, leurs communicants ont diffusĂ© des vidĂ©os selon lesquelles ils ont trouvĂ© plein de preuves et de calendriers accrochĂ©s au mur dĂ©montrant que le Khamas contrĂŽlait les hĂŽpitaux, mais maintenant on t’explique qu’al Shifa, c’est un « piĂšge » super-Ă©laborĂ© du Hamas pour gagner la « bataille de l’opinion » prĂ©parĂ© depuis des annĂ©es.

    On a vraiment une bande de clowns.