marielle

« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • La répression de la mendicité et la protection des droits fondamentaux : une rétrospective historique
    https://lvsl.fr/la-repression-de-la-mendicite-et-la-protection-des-droits-fondamentaux-une-retr

    La répression de la mendicité constitue un paradoxe. Comment justifier la lutte contre une activité qui consiste, par l’aumône, à assurer sa survie, plutôt qu’une politique humanitaire ambitieuse ? Cette perspective pénale prend son origine au Moyen-Âge, période durant laquelle se développe une approche morale incriminant la mendicité. Depuis, l’évolution législative et jurisprudentielle française tend vers la fin de la répression. Pourtant, un récent arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 19 janvier 2021, laquelle condamne la Suisse pour avoir infligé une amende à une personne ayant cherché à mendier dans la rue comme unique moyen de subsistance, montre que l’approche punitive perdure dans certaines régions d’Europe et met en lumière son incompatibilité avec l’exercice des droits fondamentaux. Elle a également persisté jusqu’à tardivement en France, « pays des droits de l’homme », jusqu’à la suppression de l’essentiel des incriminations liées à la mendicité en 1994. Nous revenons sur l’origine de ce paradoxe à l’époque de la consécration de la Déclaration durant la Révolution pour comprendre la justification d’une politique difficilement conciliable avec les droits nouvellement consacrés.

  • Rire avec Fox News
    http://imagesociale.fr/9777

    La pseudo-polémique sur le baiser de Blanche-neige fournit une remarquable démonstration du recours à la « cancel culture » – expression de la droite américaine adoptée par les néoconservateurs français pour mieux disqualifier les interpellations progressistes. En effet, personne n’a réclamé la censure, l’annulation ou la destruction par le feu de la scène iconique. Simplement, à l’occasion de la réouverture de Disneyland aux Etats-Unis, un article qui fait l’éloge de la nouvelle attraction dédiée au célèbre dessin animé, regrette la citation du fameux baiser, ajouté par Disney au récit des frères Grimm, sur un mode qui s’apparente à la critique cinéphilique. L’absence de consentement qui caractérise la scène l’a hissée de longue date au rang d’emblème des messages cachés de la #domination_patriarcale...

    Non, il n’est pas absurde de remettre en question les modèles culturels, qui servent à faire passer en douce des messages et à rendre légitimes certains comportements. La critique féministe dénonce depuis longtemps les « princesses Disney », qui enferment volontiers les personnages féminins dans un carcans de clichés, que le récit s’empresse de rendre charmants et romantiques. Est-ce qu’on peut embrasser une fille inconsciente ? Est-ce qu’on peut faire l’amour à sa copine quand elle dort ? Oui, répond le baiser du Prince charmant, puisque si tu l’embrasses, tu lui sauves la vie.

    La meilleure preuve que ce message conserve toute sa signification, ce sont les efforts qui sont faits pour le préserver. Coincée dans une vision patriarcale et régressive de la culture, #Coco ne se rend pas compte que l’émancipation, ce n’est pas la libération sexuelle – qui a fait beaucoup de Pierre Ménès –, mais bien le #respect_du_consentement. Derrière un vernis faussement libertaire, rire avec Fox News, c’est renforcer les pires des préjugés.

  • Jean-Michel Blanquer interdit l’écriture inclusive à l’école
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/05/07/jean-michel-blanquer-interdit-l-ecriture-inclusive-a-l-ecole_6079436_3224.ht

    Une circulaire publiée le 6 mai proscrit le recours en classe à l’écriture inclusive, considérée comme un « obstacle à l’acquisition de la langue comme de la lecture ».

    Belle oukaze dans le plus pur style soviétique. Il compte interdire les fautes d’orthographe aussi, dans la même veine ? Non parce que tant qu’il y est hein...

    #écriture_inclusive #autoritarisme #ubu_roi

  • A la suite des violences du 1er-Mai, la CGT pourrait porter plainte contre le préfet Lallement
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/06/a-la-suite-des-violences-du-1er-mai-la-cgt-pourrait-porter-plainte-contre-le


    La tête de la manifestation à Paris, le 1er mai. BERTRAND GUAY / AFP

    L’union régionale du syndicat en Ile-de-France a estimé, lors d’une conférence de presse mercredi 5 mai, que le préfet de police a « délibérément mis en danger des centaines de personnes » et doit être « révoqué ».

    Les relations se tendent entre la CGT et la Préfecture de police de Paris, après les incidents survenus à la fin du défilé du 1er-Mai dans la capitale, où des militants cégétistes ont été violemment pris à partie par un groupe d’individus. La centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) étudie « les possibilités de déposer une plainte contre le préfet de police », Didier Lallement, a déclaré, mercredi 5 mai, la responsable de l’union régionale CGT d’Ile-de-France, Valérie Lesage, lors d’une conférence de presse aux côtés de son secrétaire général, Philippe Martinez. La confédération syndicale va également demander « l’ouverture d’une enquête parlementaire afin de faire la clarté sur la gestion du maintien de l’ordre », a-t-elle ajouté.

    Pour Mme Lesage, le préfet de police a « délibérément mis en danger des centaines de personnes » et doit être « révoqué ». La CGT reproche notamment aux forces de l’ordre d’avoir empêché, place de la Nation, l’évacuation de certains de leurs militants et leurs camionnettes « comme cela était prévu », en bloquant la sortie définie en amont avec les services de M. Lallement et en transformant la place « en souricière ». La préfecture avait expliqué, dimanche, que plusieurs véhicules syndicaux s’étaient engagés « sur la mauvaise sortie ». Selon les organisateurs, pour quitter le défilé, il fallait emprunter le cours de Vincennes, comme précisé sur le récépissé de déclaration de manifestation. « Il y a eu – et ça nous a été confirmé par l’agent de liaison en fin de manifestation, mais nous étions déjà bloqués par les grilles – un changement d’ordre pendant la manifestation. Mais il n’a pas eu le temps de nous tenir informés », a assuré Mme Lesage.

    Dans un communiqué, la préfecture a répondu, mercredi, que les axes de sortie sont susceptibles « de varier en fonction de la physionomie de la manifestation ». Elle précise avoir annoncé sur son compte Twitter, à 17 h 38 – soit peu de temps avant les incidents de Nation –, que les sorties se feraient par l’avenue de Taillebourg et l’avenue de Bouvines. Pour elle, les faits qui se sont déroulés à Nation sont « clairs » – « ce sont des manifestants qui ont attaqué d’autres manifestants » – et « r_ejeter sur la Préfecture de police les raisons de cette violence n’est pas acceptable_ ».

    • « Ce qui est dramatique dans cette situation, c’est que ce sont surtout deux impuissances qui se sont foutues sur la gueule. »

      https://rebellyon.info/Du-rififi-dans-la-manif-du-1er-mai-23113

      D’un coté, la stratégie du mouvement social qui ne permet plus d’arracher grand-chose ni de stopper la politique gouvernementale (réforme des retraites, de l’assurance chômage, de la SNCF, loi sécurité globale, réforme des lycées et du bac, parcoursup, j’en passe et des meilleurs. Autant de défaites qui s’accumulent…). De l’autre coté, c’est pas forcément mieux. La stratégie du cortège de tête/gilets jaunes/ingouvernnable a du mal à se déployer, hors gros mouvement de fou (surtout quand on a déjà du mal à tenir tête à la police et à la déborder). Une option qui ne semble très sûre d’elle-même et propose à l’évidence peu de formulations politiques et d’objectifs clairs... Dans un cas, comme dans l’autre, c’est les mêmes impasses, la même merde, le même manque de perspectives… D’un coté comme de l’autre, il y a le sentiment d’être des boules de billards. En manif, balladées d’une bande à l’autre au gré des charges des CRS et du gaz lacrymogènes sans arriver à rien opposer ou à leur interdire d’entrer dans les cortèges. Dans le monde du travail, c’est la même difficulté à peser et à dire « non mais là ça va se passer comme ça » : la grève à General Electric à Villeurbanne n’a pas réussi à stopper le « plan social », le non-remplacement des personnels SNCF qui partent en retraite, les suppressions de lits à l’hôpital du Vinatier se poursuivent, La Poste enchaîne les réorganisations de tournées des facteurs, sans parler de la prochaine grande vague de réorganisation/ubérisation du travail dont les sans-papiers/livreurs Deliveroo sont un aperçu...

  • Violences policières: «On peut plus jouer» – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/9765#respond

    Comme le suggère le titre de l’enquête (« Reconstitution d’un tir de LBD ordinaire »), des agents qui abusent de leurs pouvoirs, mentent et accusent leur victime pour s’innocenter font désormais partie de la triste routine d’une police livrée à elle-même. Mais ce que met en lumière cette enquête est une irresponsabilité encore plus scandaleuse. La divulgation d’échanges téléphoniques entre policiers permet en effet de comprendre que le tir du policier relève d’une forme de jeu cruel, où les jeunes des cités sont tirés comme des lapins dès que l’occasion se présente, dans le seul but de « faire un carton ». « Maintenant il y a des caméras partout (…) on peut plus quoi, on peut plus jouer, c’est terminé », regrette un fonctionnaire.

    La dimension raciste de ces pratiques apparaît en filigrane dans les propos du policier agresseur, qui n’a pas exprimé le moindre regret. Dans l’attente du procès, aucune sanction n’a été prise, et il continue d’exercer. C’est vrai qu’on aurait tort de s’en faire, puisqu’il n’y a pas de violences policières.

    #Violences_policières

  • Napoléon, Darmanin et la grammaire antisémite - Les mots sont importants (lmsi.net)
    https://lmsi.net/Napoleon-Darmanin-et-la-grammaire-antisemite

    « Napoléon Bonaparte est une part de nous-même » déclare aujourd’hui Macron, alors qu’il célèbre l’empereur. Dans son hommage, il déclare « ne rien [vouloir] céder à ceux qui prétendent effacer le passé au motif de l’idée qu’il se font du présent ». Parce que nous ne voulons justement pas effacer le passé, nous proposons de revenir sur une des nombreuses controverses provoquées par la mémoire de l’Empereur esclavagiste : ses propos sur les Juifs, repris sans la moindre réserve critique par le ministre de l’Intérieur dans son dernier livre. Nous constatons que, globalement, le libelle du ministre de l’Intérieur, sorti le 3 février dernier, a suscité extrêmement peu d’analyses tant dans la presse que dans le monde politique ou intellectuel (Edwy Plenel a rapidement réagi, mais il a été bien seul). Nous prenons acte du fait que le racisme fondant nombre de discours politiques, intellectuels et médiatiques depuis de nombreuses années dans ce pays est tellement banalisé qu’il semble devenir invisible. Parce que nous considérons l’absence de critique vis-à-vis de tels discours comme un danger majeur, nous proposons de réaliser, ici, une analyse spécifique des passages relayant des clichés européens séculaires visant les Juifs et, ce faisant, de rappeler les logiques idéologiques à partir desquelles s’épanouit l’antisémitisme, mais également, selon nous, l’islamophobie [1].

  • BALLAST | Nicolas Mathieu : « Nommer les choses jusqu’à ce qu’elles soient insupportables »
    https://www.revue-ballast.fr/nicolas-mathieu-nommer-les-choses-jusqua-ce-quelles-soient-insupportab

    Chaque loi a ses excep­tions. La loi de la repro­duc­tion sociale a ses excep­tions, ses trans­fuges et trans­classes. C’est une ques­tion impor­tante, celle des trans­classes, car plus ils seront nom­breux, plus notre socié­té pour­ra se consi­dé­rer comme ver­tueuse. L’idéologie qui trans­pa­raît der­rière ces ques­tions, c’est celle d’une vision de la socié­té où nous pro­gres­sons tous, à chaque géné­ra­tion. Mais une excep­tion n’invalide pas la règle, et les places sont rela­ti­ve­ment fixes. Quand une excep­tion se consi­dère elle-même comme suf­fi­sam­ment symp­to­ma­tique pour jus­ti­fier tout l’ensemble de la struc­ture, comme le trans­fuge qui dit « Vous voyez bien que l’école, ça marche, puisque j’existe », il devient la cau­tion d’une vision de l’école comme lieu de la méri­to­cra­tie, l’alibi qui masque le fait que l’école est sur­tout un lieu de repro­duc­tion sociale. Je refuse de jouer ce jeu-là.

  • Le féminisme fait bouger les lignes – s’il est subversif – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2021/05/02/le-feminisme-fait-bouger-les-lignes-sil-est-subversif

    L’introduction de la notion de #féminicide dans le Code pénal était l’objet d’une campagne qu’a lancée Osez le féminisme et que j’avais co-coordonnée en 2014. Quel bilan depuis ? Pour démarrer sur un point positif, ce que l’on constate entre 2014 et 2021, c’est que le terme « féminicide » qui n’était utilisé que dans un tout petit cercle de féministes ou dans des débats juridiques, est de plus en plus présent dans des titres de journaux ou dans des débats entre personnes non spécialisées et pas particulièrement militantes sur la question. C’est une première victoire qui a été obtenue par les militantes féministes : faire connaître ce terme et son utilité. Introduire le terme « féminicide » dans le Code pénal présente deux intérêts. D’abord, un intérêt symbolique : faire connaître et reconnaître à la société dans son ensemble (le grand public, les magistrats ou encore les médias) que les meurtres de femmes, au sein du couple ou suite à des violences sexuelles ou autres, ne sont pas des meurtres comme les autres mais qu’ils sont commis sur des femmes parce qu’elles sont des femmes. L’objectif est bien de montrer qu’il y a un continuum entre les meurtres des joggeuses—et les médias avaient très bien fait le lien entre ces différentes affaires– les meurtres de femmes par leur conjoint ou leur ex-conjoint, les meurtres dits « d’honneur » sur des femmes qui ne respectent pas les normes patriarcales en vigueur dans leur famille, pour des raisons culturelles ou religieuses, et montrer que symboliquement, ces meurtres sont reliés les uns aux autres, qu’ils sont motivés par le machisme et la domination masculine.

    Deuxièmement, introduire un nouveau type d’infraction dans le Code pénal pourrait permettre d’améliorer le traitement judiciaire de ces meurtres. Que se passe-t-il aujourd’hui ? Si l’on regarde les morts violentes au sein du couple par exemple, le fait de tuer son conjoint ou son ex-conjoint devrait être une circonstance aggravante selon la loi. Ce que l’on constate dans les faits, c’est que c’est plutôt une circonstance atténuante. Les peines sont en effet plus importantes quand une femme est tuée suite à des violences dans l’espace public ou par un inconnu que si elle est tuée par celui avec qui elle a partagé sa vie pendant vingt ans. Donc on voit qu’il y a des défaillances dans le traitement judiciaire qui, au lieu de considérer qu’il y a circonstance aggravante, continue d’appliquer la circonstance atténuante qu’on a observée dans le droit pendant longtemps : si un homme tuait sa femme adultère par exemple, c’était considéré comme une circonstance atténuante.

  • Quand l’administration Biden appelle à la levée des brevets sur les vaccins anti-COVID-19
    05/05/2021 | Le blogue de Richard Hétu
    https://richardhetu.com/2021/05/05/quand-ladministration-biden-appelle-a-la-levee-des-brevets-sur-les-vacc

    Tiré d’un article de l’AFP : « Les États-Unis sont favorables à la levée des protections de propriété intellectuelle pour les vaccins contre la COVID-19, afin d’accélérer la production et la distribution des précieux sérums dans le monde, a annoncé mercredi l’administration Biden. ‟Il s’agit d’une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie de la COVID-19 appellent à des mesures extraordinaires”, a déclaré la représentante américaine au Commerce Katherine Tai dans un communiqué. »

    Voilà une excellente nouvelle pour le genre humain, surtout si elle mène à la levée effective des brevets sur les vaccins anti-COVID-19. Le graphique qui coiffe ce billet démontre cependant que le bienfait de l’humanité n’est pas le concept le plus important aux yeux des investisseurs, qui voient dans la mesure endossée par l’administration Biden une menace aux profits des géants pharmaceutiques tels Pfizer, Biontech, Novavax, Moderna.

  • « La probabilité d’éviter une nouvelle saturation totale de l’hôpital est faible »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/05/05/dominique-costagliola-la-probabilite-d-eviter-une-nouvelle-saturation-totale

    L’épidémiologiste et biostatisticienne Dominique Costagliola critique le calendrier de déconfinement annoncé par Emmanuel Macron, le jugeant « prématuré ».

    Le déconfinement annoncé par le président de la République a-t-il lieu au bon moment ?

    Cela me paraît prématuré. La probabilité que ça passe, c’est-à-dire d’éviter une nouvelle saturation totale de l’hôpital, est faible. Actuellement, le nombre de cas baisse, mais on a à peine passé le pic. On relâche sans avoir diminué vraiment la pression à l’hôpital. A la mi-décembre 2020, lors du précédent déconfinement, le nombre d’hospitalisations et de personnes en réanimation avait plus baissé quand on a rouvert. Là, on relâche beaucoup plus tôt.
    Dans la conclusion de son dernier rapport hebdomadaire, Santé publique France, qui n’a pourtant pas une liberté totale d’expression, estime que, sans un haut niveau d’adhésion aux mesures de prévention individuelles et une progression rapide de la vaccination, « un débordement des capacités hospitalières » est à craindre en cas d’assouplissement des mesures collectives.

    Craignez-vous une quatrième vague ?

    Oui, d’autant plus que l’annonce de ce calendrier risque de favoriser dès à présent une moindre observance des mesures, dont le télétravail.
    Vous ne trouverez pas un seul pays au monde qui retienne comme seuil de déconfinement une incidence de 400 cas pour 100 000 habitants. Tous les autres pays retiennent des seuils beaucoup plus bas, 40 au Japon, 100 dans de nombreux pays. En France aussi, nous avions même un seuil à 50 qu’on a oublié sans aucune explication à ce sujet.
    Ce seuil de 400 a été choisi, car il était plausible que toutes les régions l’atteignent au 19 mai. Mais la probabilité pour que ça passe est toute petite.

    La vaccination n’est-elle pas supposée faire barrage à une nouvelle vague ?

    A l’heure actuelle, on peut estimer que 10 % de la population environ est totalement vaccinée, 24 % ayant reçu au moins une dose. Et environ 23 % des plus de 20 ans ont été infectés selon les estimations de l’Institut Pasteur. Cela reste sans doute trop faible pour garantir une diminution de la circulation du virus.
    Avec le variant britannique, plus transmissible, il faudrait que 75 % à 80 % de la population soit immunisée pour éviter une reprise épidémique dans un contexte où toutes les mesures barrières seraient abandonnées.
    En France, la cible actuelle, les adultes, ne fait pas 80 % de la population, et l’on sait que tout le monde ne se fera pas vacciner. Donc, il faudrait déjà débattre de façon collective de la vaccination des plus jeunes.

    Que pensez-vous de la stratégie adoptée par Emmanuel Macron qui consiste à « vivre avec le virus » ?

    Je ne vois pas sur quel plan elle peut être gagnante. Aucune donnée ne la soutient.
    Beaucoup de décès, beaucoup d’hospitalisations, beaucoup de Covid longs, qui pèseront sur les coûts de santé futurs, une démoralisation générale du personnel hospitalier, une restriction d’accès aux autres soins… La situation pour les soignants est extrêmement difficile. Vous êtes prêts à vous battre à fond deux mois, trois mois, mais au bout d’un an cela ne tient plus. Il y a des limites à la résistance humaine.
    Mais les Français, nous dit-on, ne supportent plus le confinement…
    Cela fait des mois qu’on nous serine qu’il serait horrible d’être confiné à nouveau. Comment voulez-vous qu’on l’accepte et qu’on le comprenne ? On a fait une prophétie autoréalisatrice. On aurait pu définir une stratégie cohérente et lisible pour les personnes, fixer des objectifs, que les gens comprennent pourquoi les mesures étaient prises, en discuter avec la société civile, utiliser les « machins » que l’on a créés, mais dont on a oublié même qu’ils existent, comme la Conférence nationale de santé.

    Que pensez-vous du rôle des écoles dans la dynamique épidémique ?

    Le déploiement des tests salivaires montre que, quand on teste les enfants, on trouve des positifs. Le gouvernement – en s’appuyant sur la position de la Société française de pédiatrie – nous avait entretenus dans l’idée que ce n’était pas le cas. Par ailleurs, les données ne vont pas dans le sens d’une moindre contagiosité des enfants par rapport aux adultes. Dans l’étude Comcor [réalisée par l’Institut Pasteur], le risque d’être infecté est associé à la présence au foyer d’un enfant, avec un surrisque de 30 %.

    Quelle lecture faites-vous de la stratégie française ?

    Je ne sais pas, car je ne trouve pas les décisions lisibles. Je ne comprends pas ce qui est le réel moteur des décisions, ce qui les justifie. Quelle est la logique ? Quel est l’objectif ? Dans la mesure où on prend des mesures sans expliquer quel est l’objectif, comment s’attend-on à ce que les gens les adoptent ? Dans les programmes d’éducation à la santé, on essaie de se mettre d’accord sur un objectif à atteindre, et après on discute des moyens pour y arriver.
    Je soupçonne qu’il y a une stratégie, mais je n’arrive pas à la décoder. Par exemple, le 28 octobre, on nous a parlé d’un seuil à 5 000 nouveaux diagnostics de Covid quotidiens à atteindre avant de déconfiner et depuis on ne nous en a plus jamais reparlé.

    [...]

    L’épidémie a fait en moyenne 300 morts par jour depuis le début de l’année. Quel regard portez-vous sur ce chiffre ?

    Il y a un excès de mortalité par rapport à la mortalité attendue, qui a commencé la semaine du 28 septembre. Cela fait sept mois. L’an passé, lors de la première vague, l’excès de mortalité a duré dix semaines. L’équivalent d’un avion s’écrase tous les jours dans l’indifférence la plus totale.

    Cette année de couvre-feux et de demi-confinements permet-elle d’aborder l’été dans de bonnes conditions ?

    On a pris des mesures médianes qui ont eu un certain effet, mais qui n’ont pas réussi à diminuer la circulation du virus autant qu’après le premier confinement.
    J’imagine que, dans le pari, on table sur le climat pour faire la différence, mais, l’an passé, ce qui nous a acheté un bel été, c’est qu’on avait une circulation faible du virus à la sortie très progressive du confinement, entre le 11 mai et le 22 juin. Je ne suis pas sûre qu’on aura un été aussi calme en l’abordant avec un niveau de circulation aussi élevé.

    Olivier Véran s’est félicité, le 4 mai, de la baisse du nombre de cas, et les dernières projections de l’Institut Pasteur montrent que le nombre de patients en réanimation devrait continuer à décroître. Qu’en pensez-vous ?

    Les projections à deux semaines se fondent sur la dynamique actuelle des paramètres épidémiologiques et de mobilité. Ils ne préjugent pas de ce qui pourrait se passer à la levée des restrictions de déplacement et à la réouverture des collèges et des lycées. On ne verra l’impact de ces assouplissements sur l’évolution des nouveaux diagnostics que d’ici sept à dix jours.

    [...]

    Est-ce sûr que le pire est malgré tout derrière nous ?

    L’Inde, il y a quelques semaines, assurait que le problème était réglé. On n’a pas l’impression que cela ait été le cas. Il est trop tôt pour dire que l’histoire est finie.

    Vous n’avez pas l’impression de crier dans le désert ?

    Si, bien sûr. Mais les autorités ont décidé de ne pas suivre les données de la science. Les racines sont profondes. Quand Emmanuel Macron est allé rendre visite à Didier Raoult, l’année dernière, c’était clair. La prétention que l’hydroxychloroquine était un traitement miracle n’était basée sur rien. Lui rendre visite alors qu’il avait énoncé ce mensonge, et, je pense, avec la conscience que c’était faux, c’était montrer qu’on se moquait des données de la science.

    Cela fait un an qu’on n’a pas de débat démocratique sur les mesures à prendre. L’enjeu est un nombre considérable de gens hospitalisés, un nombre considérable de gens qui vont avoir des séquelles et un nombre considérable de familles endeuillées, sans parler des conséquences sociales et économiques du « vivre avec le virus », dont plusieurs économistes écrivent que ce n’est pas une bonne idée.

  • Rendez les doléances ! - Entretien avec Didier Le Bret
    https://lvsl.fr/rendez-les-doleances-entretien-avec-didier-le-bret

    Ni l’un ni l’autre n’a été fait : les doléances n’ont pas été mises en ligne, contrairement à l’engagement pris par le gouvernement, et elles n’ont pas pu être exploitées par les chercheurs. C’est doublement dommage. Politiquement, parce qu’il n’est jamais bon de refermer une porte quand on l’a entrouverte, et parce qu’on nous a privés d’une matière extrêmement intéressante pour comprendre la situation des classes moyennes françaises concernées par ces phénomènes de précarisation. Elles avaient des choses à dire sur toute une série de sujets : la fiscalité, le sentiment d’injustice, le type de société que l’on a développé, la ruralité, les déplacements, la santé ou encore l’éducation.

    Nous nous sommes privés d’une source importante pour comprendre une partie de notre pays – je ne dis pas que c’est tout le pays –, des gens que nous n’avions pas l’habitude d’entendre, qui estimaient qu’ils avaient fait leur part de travail, qu’ils avaient joué le rôle du contrat social, ce qu’on attendait d’eux. Ils travaillent, essaient d’être actifs et de participer à la vie de notre société et finalement, ils s’aperçoivent que le contrat est rompu. Ils ont quitté les grandes villes et ont fait le choix de la campagne et des petites communes, sauf que les services publics ferment les uns après les autres : l’hôpital, les services administratifs mais aussi les commerces de proximité.

  • Barbara Stiegler : « La crise due au coronavirus reflète la vision néolibérale de la santé publique », propos recueillis par Nicolas Truong, le 09 avril 2020
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/09/barbara-stiegler-la-crise-due-au-coronavirus-reflete-la-vision-neoliberale-d

    Dans un entretien au « Monde », la philosophe explique que la colère citoyenne face à l’impréparation des gouvernements doit déboucher sur un sursaut politique et une véritable « démocratie sanitaire ».

    (Y’a du monde derrière le mur ?)

    • Professeur de philosophie politique à l’université Bordeaux-Montaigne et responsable du master « soin, éthique et santé », Barbara Stiegler est l’auteure d’Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique (Gallimard, 336 p., 22 euros) et de Du cap aux grèves. Récit d’une mobilisation. 17 novembre 2018-5 mars 2020 (Editions Verdier, 139 p., 7 euros, à paraître).

      Dans un entretien au Monde, elle explique les raisons idéologiques de l’impréparation des gouvernements à la crise due au coronavirus et en appelle à la mise en place d’une « démocratie sanitaire ».
      Comment expliquer l’impréparation, notamment française, face à cette pandémie mondiale ?

      L’impréparation est en effet générale, mais les motifs divergent selon la culture politique de chaque pays. Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, les choix qui ont été faits au départ allaient dans le sens du laisser-faire et s’inscrivaient dans une vision utilitariste assumée. Pour le bien commun, il valait mieux que certaines vies de moindre valeur soient sacrifiées.

      En France, où un tel discours aurait eu du mal à passer, la réduction continue du nombre de lits et de soignants et la pénurie de masques, d’équipements de protection et bientôt de médicaments conduit également à trier les patients, mais sans le dire publiquement.

      Cette situation reflète plutôt la vision néolibérale de la santé publique et son imaginaire. Dans sa conception du sens de l’histoire, nous irions en effet vers un monde immatériel de flux et de compétences, censé être en avance sur le monde d’avant, qui lui serait fait de stocks et de vulnérabilités, c’est-à-dire au fond de matière et de souffrance.

      Nos économies développées seraient fondées sur « l’innovation » et sur « l’économie de la connaissance », ce serait là d’ailleurs le nouveau sens de la santé, et elles devraient déléguer aux continents du Sud, à l’Afrique et à l’Asie principalement, la fabrication industrielle des biens matériels. Avec une telle conception fantasmatique du sens de l’histoire, nos gouvernants ne pouvaient que renvoyer l’épidémie infectieuse et l’industrie manufacturière à un monde sous-développé et à des temps anciens que nous, Occidentaux, aurions dépassés. L’idée fut au fond qu’un tel virus était, comme les stocks de masques, trop archaïque pour concerner nos sociétés, trop performantes pour y être exposées.

      L’origine supposée de la pandémie a d’ailleurs pu contribuer à redoubler ce mécanisme de déni. Car quel rapport nos vies aseptisées et nos systèmes de santé ultramodernes pouvaient-ils bien avoir avec ce sombre mélange de saleté, d’élevage domestique confiné et de faune sauvage malade qu’évoquent les marchés d’animaux asiatiques ?

      Tournant le dos à ces images déplaisantes de chauve-souris et de volailles infectées, pourtant emblématiques de notre économie mondialisée qui entasse les vivants dans des environnements industriels de plus en plus dégradés, le néolibéralisme préfère tourner ses regards vers l’avenir radieux promis par l’innovation biomédicale et continuer d’occulter les facteurs sociaux et environnementaux de toutes les pathologies, tant infectieuses que chroniques.
      Quelle vision de la médecine porte l’idéologie néolibérale ? Et dans quelle mesure reprend-elle celle de Walter Lippmann [écrivain et polémiste américain (1889-1974)], qui, d’après vous, théorisait déjà, dans les années 1930, une conception néolibérale de la santé ?

      L’idée véhiculée depuis des années est au fond que notre système sanitaire doit en finir avec la vieille médecine clinique, fondée sur la souffrance et la plainte du patient, de même qu’il serait censé en avoir fini avec les grandes épidémies infectieuses, supposant l’assistance à des populations vulnérables. C’est le sens de la médecine dite « proactive », portée par les promesses du virage numérique et des données massives (big data) en santé.

      A notre vieille médecine jugée « réactive », la vision proactive oppose des processus d’optimisation continue, où ce sont les patients eux-mêmes qui sont censés gérer de manière optimale leurs propres comportements face aux risques.

      Comme chez Walter Lippmann, l’idée est d’augmenter les performances des individus et leur capacité à s’adapter, y compris à un environnement dégradé. Cette vision, que l’on retrouve dans le champ de la maladie chronique avec la « médecine des 4 P » (« personnalisée », « prédictive », « préventive », « participative »), sous-tend une nouvelle conception de la santé publique, qui passe exclusivement par la responsabilité individuelle et qui refuse d’assumer une vision collective des déterminants sociaux de santé, toujours soupçonnée de déboucher sur une action sociale trop collectiviste.

      C’est l’accumulation de tous ces dualismes imaginaires qui a créé la cécité de nos gouvernants face à la crise et qui a produit la situation actuelle : un très long retard au démarrage pour prendre des mesures collectives de santé publique, doublé d’une spectaculaire pénurie organisée au nom de la santé elle-même, alors même que des alertes sur les maladies émergentes se multipliaient dans la littérature scientifique depuis des années et que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lançait des recommandations très claires dès la fin du mois de janvier.
      Ce retard de compréhension, voire ce déni, d’une grande partie des élites politiques ne vient-il pas démentir les positions de Walter Lippmann, et ne donne-t-il pas raison à son contradicteur, John Dewey [philosophe pragmatiste américain 1859-1952], qui soutient que les publics sont par principe en avance sur leurs représentants ?

      Absolument. Comme la crise climatique et comme d’autres grandes crises sanitaires, ce virus révèle le retard des gouvernants et de leurs stéréotypes sur les citoyens, ou plus exactement sur ceux que John Dewey nomme les « publics », c’est-à-dire les groupes de citoyens qui sont en première ligne face à un problème.

      Avec Walter Lippmann, les néolibéraux considèrent que ceux qu’ils appellent les « dirigeants » (leaders) sont par principe en avance sur la population. Parce qu’ils sont beaucoup plus mobiles, ils auraient une vue plus adaptée à la mobilité du réel, tandis que les masses inertes seraient par nature enfermées dans ce qu’il appelle des « stéréotypes », c’est-à-dire des représentations figées du réel.

      Or, la situation actuelle tend à démontrer l’inverse. Si les « élites » mondialisées sont aveugles et dans le déni, c’est du fait même de leur mobilité, car cette dernière les attache à des manières de vivre qui se révèlent de plus en plus archaïques et inadaptées à la crise écologique, tandis que les populations s’inquiètent de manière bien plus lucide et commencent à douter.

      Dans ce conflit des représentations, les stéréotypes des dirigeants ont un énorme pouvoir de contamination, tout aussi viral que les fameuses « fake news » des réseaux sociaux.
      Aviez-vous pris vous-même la mesure de l’ampleur de l’épidémie ? Etiez-vous plutôt du côté des stéréotypes des gouvernants ou de la lucidité de ces publics ?

      Je n’ai rien compris à ce qui se passait. Débordée par d’autres fronts ouverts par la mobilisation sociale, j’ai plus ou moins fait confiance au gouvernement dans sa gestion du virus et j’ai adhéré par inertie aux stéréotypes et aux « fake news » diffusés par le discours dominant : « C’est une petite grippe », « Il ne faut rien changer à nos habitudes de sortie » (le président Emmanuel Macron, le 6 mars), « La Chine et l’Italie surréagissent ».

      C’est seulement le soir de la fermeture brutale de tous les cafés et tous les restaurants par le premier ministre, Edouard Philippe, que j’ai commencé à comprendre qu’on nous cachait quelque chose. Une injonction contradictoire apparaissait au grand jour, qui reprenait exactement la même structure que l’élément déclencheur de la crise des « gilets jaunes » avec la taxe carbone. « Soyez mobiles, mais ne prenez pas votre voiture » (novembre 2018) devenait « Restez chez vous, mais allez voter » (mars 2020), contradiction qui n’a pas cessé d’être relayée ensuite par des énoncés du type : « Restez chez vous, mais allez travailler ».

      Au lieu de passer leur temps à dénoncer les réseaux sociaux et accréditer l’idée que le pouvoir serait par principe du côté du savoir, les experts et les gouvernants seraient bien inspirés de reconnaître leur retard sur les événements.
      Quels sont les effets psychiques, sociaux et politiques de ces injonctions contradictoires ? Et quels effets produisent-ils sur notre démocratie ?

      La multiplication de ces signaux contradictoires autour du thème de l’ouverture et de la clôture, de la stase et du flux, produit un effet permanent de « double contrainte » (double bind), qui est intenable pour ceux auxquels elle s’adresse et qui sape complètement l’autorité des gouvernants. Son origine est toujours la même. Elle vient de la crise écologique et sanitaire qui fracasse le cap, et avec lui le discours de ses capitaines, de l’intérieur. Et elle est aussi ce qui produit leur retard et leur stérétotypie par rapport aux « publics » au sens de John Dewey.

      En Chine, en Italie et en France, ce furent en effet les publics concernés, ceux qui étaient réellement en lutte contre le virus, qui ont été à chaque fois en avance sur la situation et qui ont dû se révolter contre les pouvoirs en place. Or, ce retard a été sans cesse dénié et dissimulé par les dirigeants.

      Dans notre pays, ce fut et c’est encore la fonction du discours dominant sur l’indiscipline et l’irresponsabilité des Français. Ce discours a aussi pour fonction de nous culpabiliser. En surinvestissant le registre moral, il s’agit de produire une complète dépolitisation des questions, qui passe par l’héroïsation des soignants, l’activation de la fibre morale de tous les citoyens et la stigmatisation des mauvais Français.

      En mettant en scène notre ignorance, il permet enfin de donner les pleins pouvoirs aux dirigeants. Dans un monde complexe, mouvant et incertain, les masses doivent laisser la décision aux experts et dans une situation de crise, la démocratie doit faire place à l’union sacrée derrière son chef de guerre.

      Sauf que derrière la mise en scène d’un pays en ordre de bataille, la défiance est toujours là et la colère grandit. Cette colère n’ira dans le bon sens qu’à condition de devenir politique. Pour cela, il faut exiger dès maintenant une véritable démocratie sanitaire. Que les choix de santé publique deviennent, comme les choix économiques et sociaux, une affaire collective et non la chose réservée des experts et des dirigeants.

      Puisque nous entrons dans un temps de crises majeures, le prétexte de la pandémie n’est pas audible, à moins qu’on choisisse clairement d’en finir avec la démocratie et de préférer un gouvernement autoritaire (la Chine) ou par le big data (la Corée du Sud). Cette tentation existe dans les discours dominants, mais je crois qu’il faut systématiquement la combattre.
      Le pouvoir dit « Restez chez vous », mais également que « tout continue ». En quoi s’agit-il d’une illusion ?

      Cette illusion est le moteur des « grands plans de continuité d’activité » (business continuity plan), qui fleurissent dans toutes nos organisations. Ces plans jouent évidemment sur le bon sens. Ne faut-il pas continuer à soutenir la vie, à s’occuper de nos élèves, de nos étudiants, de nos enfants, à assurer le maintien des fonctions vitales du pays ?

      Mais derrière ces assertions de bon sens, c’est tout autre chose qui se joue. En imposant à tous l’économie du numérique, qui livre toute une population, y compris les plus jeunes (une injonction contradictoire de plus !), au pouvoir des écrans, nos responsables ne font en réalité qu’une chose : poursuivre à toute force la pression du surmenage, de l’évaluation et de la compétition mondialisée qui minent nos sociétés.

      L’idée est de ne surtout pas affronter les discontinuités inouïes du réel et de les recouvrir par une continuité factice, en jouant sur des ressorts psychologiques bien connus : la peur du vide, l’évitement du deuil et la terreur devant l’inédit.

      Cette situation illustre parfaitement ce que j’étudie depuis plusieurs années. Le néolibéralisme n’est pas seulement dans les grandes entreprises, sur les places financières et sur les marchés. Il est d’abord en nous, et dans nos minuscules manières de vivre qu’il a progressivement transformées et dont il s’agit aujourd’hui que nous reprenions collectivement le contrôle.

  • Pandémicide - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2021/05/03/pandemicide

    Nous traversons la pandémie les yeux rivés sur l’espérance d’un monde d’après, un monde qui aura pris la mesure de la crise surmontée et surtout de toutes celles à venir, un monde qui aura appris de ses erreurs, mais surtout de ses réussites communes. À l’échelle mondiale, tous les pays ont tiré les conséquences de la pandémie et ont fait leurs choix  : certains pour leur population et d’autres contre. Ces choix sont essentiellement politiques.

  • Emmanuel Macron assume le choix de « vivre avec » le Covid-19
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/05/03/emmanuel-macron-assume-le-choix-de-vivre-avec-le-covid-19_6078875_3244.html

    En entamant le déconfinement du pays alors que l’épidémie est encore à un niveau relativement élevé, le chef de l’Etat fait le pari d’un agenda positif.

    Ah, encore un pari ? Faut se faire soigner, là. Ou alors il se met à acheter des billets de loto, ça au moins c’est pas nous qu’on se retrouve avec un tube dans la gorge.

    Sinon, l’élément de langage « agenda positif » est assez génial. Je suis fier de vivre dans un pays dans lequel le quotidien de référence reprend sans guillemets les expressions pré-chiées du gouvernement. Même quand elles ne veulent rien dire.

    • Et comme toujours dans notre presse de qualité, on préserve l’anonymat d’un officiel du gouvernement (« un proche du chef de l’État ») qui décrit ce « pari » comme « un mélange d’humilité, de pragmatisme et de détermination ». Slurp.

      « Tout ça est un mélange d’humilité, de pragmatisme et de détermination. Il faudra voir dans quinze jours si la baisse a perduré et dans quelle proportion. Il faut aussi que l’accélération de la vaccination se maintienne voire s’accentue », signale un proche du chef de l’Etat.

      (Rappelle-toi que le pseudonymat sur les interwebz, en revanche, c’est la mort de la démocratie.)

    • Une partie de la communauté scientifique s’étrangle. Alors que les variants indien ou brésilien menacent de tout faire dérailler, que les hôpitaux restent débordés, les critères utilisés pour justifier le déconfinement leur paraissent bien légers. « Les Japonais se démènent pour ralentir une épidémie afin qu’elle ne dépasse pas les 40 cas pour 100 000 habitants sur sept jours. En France c’est 400. Leur niveau d’exigence est au moins dix fois plus strict ! », souligne Antoine Flahault, directeur de l’institut de santé globale à l’université de Genève. « Je crois que tout le monde attendait un gouvernement qui dise “plus jamais cela !” A la place, le président a déclaré s’accommoder d’un virus qui peut causer 40 000 cas et 300 décès par jour, ce n’est pas acceptable. Le problème de la stratégie du “vivre avec” est qu’elle n’a été qu’une série d’échecs jusqu’à présent », insiste l’épidémiologiste.

      Risque de devenir le mauvais élève de l’Europe

      Les experts ne s’expliquent pas que le gouvernement ait abandonné l’objectif qu’il s’était fixé à l’automne dernier de descendre à 5 000 cas de contamination par jour. Beaucoup d’entre eux vantent la stratégie du « zéro Covid » qui, en agissant vite et fort contre le virus, doit éviter les incessants stop-and-go des confinements et déconfinements. A leurs yeux, la France risque de devenir le mauvais élève de l’Europe et faciliter la fabrique de nouveaux variants. La décision chinoise de suspendre, le 30 avril, les vols reliant Paris et Shanghaï pour deux semaines est déjà, selon certains, un signal à ne pas négliger.

      La stratégie « zéro Covid-19 » ? « Ça n’est pas soutenable avec nos standards démocratiques », a balayé le chef de l’Etat en préambule à son entretien auprès des titres de la presse quotidienne régionale, le 30 avril. « Ceux qui l’ont mise en place étaient soit des îles, soit des régimes autoritaires. On n’est ni l’un ni l’autre. Il y a toujours des Cassandre pour prédire le pire, mais il faut aussi faire preuve d’optimisme ! », abonde un conseiller ministériel, estimant que les critères de surveillance de l’épidémie sont loin d’être laxistes.

    • la task-force a encore frappée
      https://twitter.com/Pr_Logos/status/1385957223646613512

      C’est un théorème : plus un type a le profil de l’imposteur publicitaire, du bateleur grande gueule qui maintient les pires âneries envers et contre toutes les preuves scientifiques et plus on le retrouve promu à la télévision.ici, Pittet, pitoyable.

      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1385667854238879746/pu/vid/1280x720/jOsybGEhYM1Wu7ws.mp4?tag=12

  • L’extradition annoncée des exilés italiens : revanchisme d’État et persistance du déni – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/extradition-exiles-italie-macron-doctrine-mitterrand

    À l’heure de l’hystérie médiatique et sécuritaire, essayons de rappeler brièvement quelques faits. À partir de la fin des années 1970, plusieurs centaines d’Italiennes et d’Italiens, recherchés par la justice de leur pays, fuient vers la France, où certain·es d’entre elleux s’installent. L’Italie connaît alors la fin d’une décennie de luttes et d’affrontements politiques et sociaux de très grande ampleur, qui prennent souvent une tournure violente. Le point de départ de cette escalade se trouve incontestablement dans l’attentat néofasciste de la Piazza Fontana en décembre 1969, auquel fera écho celui de la gare de Bologne en août 1980, également le fruit de l’extrême droite et de ses ramifications dans l’appareil d’État. Entre ces deux années, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, plus des deux tiers des « violences » (rixes, guérillas, destruction de biens) commises en Italie sont imputables à l’extrême droite, 26,5 % à l’extrême gauche et 6 % à d’autres [1]. De même, à la fin des années 1980, sur les 380 morts de violence politique, un tiers environ est imputable à l’extrême gauche. Pourtant, c’est contre celle-ci que la répression de l’État italien se dirigera de façon quasi exclusive. Rien d’étonnant à cela : il est avéré que les groupes terroristes d’extrême droite ont bénéficié de complicités dans les services secrets et au plus haut niveau de l’État, du patronat et de la classe politique. Il a fallu attendre les années 1980 et 1990, pour que soient dévoilés, de façon très partielle, des éléments essentiels de cette « stratégie de la tension », avec la révélation des agissements de la loge P2 et du réseau Gladio. Pour ces forces, logées au cœur de l’État, des appareils de répression, des élites économiques et, pour la seconde, en lien étroit avec les services étatsuniens et l’OTAN, il s’agissait en effet de légitimer la répression de la conflictualité sociale et d’empêcher à tout prix qu’elle trouve une issue politique ne serait-ce que progressiste.

  • Évidemment que j’y pige que pouics aux histoires d’accord électoral en PACA. La seule chose que j’ai retenu, c’est que LaREM s’est allié avec le Ciotti qui venait tout juste d’annoncer qu’il avait les mêmes idées que le Rassemblement National, et avec le Muselier qui a consacré l’année passée à promouvoir les clowneries de Raoult.

    C’est ce qu’il y a de beau avec la droite : elle ne déçoit jamais moins que la gauche.

    • QUAND ÊTRE DE DROITE DEVIENT OBLIGATOIRE !
      https://blogs.mediapart.fr/jaco-48/blog/020521/quand-etre-de-droite-devient-obligatoire

      Je voudrais remercier chaleureusement et sans ironie - ou si peu - Renaud Muselier (Marseille), Hubert Falco (Toulon) et Christian Estrosi (Nice), les frères de la côte droite, d’avoir officialisé l’alliance avec les Marcheurs de Macron. Pour une fois que la vie politique se clarifie un peu, je me garderai de me montrer ingrat.

      Je dédie aussi cette information précieuse et toute fraîche - mais pas vraiment surprenante - aux ahuris ou franchement faux-culs ( ce qui est bien pire à mes yeux ) qui ont soutenu ce président de l’arrêt public, pour son « en même temps » de gauche !

      Il semble aussi et surtout que cette alliance annoncée fièrement par Castex préfigure d’un ralliement très proche de Sarkozy, qui est leur mètre - soixante - à penser ! Ainsi les masques tomberont et nous saurons enfin pourquoi le choix d’un second tour entre Le Pen - Macron deviendra inacceptable. Autre préfiguration possible pour 2022, le résultat des Régionales en PACA où désormais et à l’issue de cette manœuvre grossière, la victoire du nationaliste Mariani semble scellée.

      Et pour fêter ce grand moment de Démocratie à la française et de politique vertueuse, je vais vous raconter une histoire que je dois à mon cono de cousin de Montpellier avec lequel nous avons fait le choix de rire, pour ne pas en pleurer (il la raconte mieux, mais je vais quand même essayer)...

  • CGT vs BB vs GJ ? ELI mentèrent, mon cher Watson.

    Balancer de tous côtés des insultes racistes, sexistes, homophobes, etc. c’est bien pourri.

    Faciliter le travail des flics quand ils interviennent en cow-boys pour percer les rangs de la manifs et faire des « prélèvements » , c’est bien pourri.

    Voir des bolosses virils, qu’ils aient des chasubles rouges, des k-ways noirs ou des gilets jaunes, s’engueuler au point de se castagner, c’est bien pourri.

    Balancer la faute sur uniquement une de ces composantes et ne pas admettre qu’un SO qui comporte des fans du maintien de l’ordre (anciens flics, etc.) fait parfois le taf de flics, c’est bien pourri.

    Ne pas reconnaître qu’un courant GJ est totalement en vrille insurectionnelle-conspi et fait nawak depuis longtemps, c’est bien pourri.

    Ne pas reconnaître qu’une fois dans la montée d’adré y’a des adeptes du black-bloc qui savent pas se maitriser, c’est bien pourri.

    Dans une manif mixte, mettre des gens lambda d’une partie du cortège en danger parce qu’on estime qu’il « faut que ça pète » coûte que coûte, c’est bien pourri.

    Ne pas reconnaître que certains mecs du SO de la CGT ne maitrisent rien et aggravent des situations, c’est bien pourri (je me suis bien plus souvent engueulée avec eux face à des attitudes et propos déplacés alors que c’est systématiquement des adeptes black-blocs qui m’ont aidée au milieu des lacrymos...)

    Bref les flics ont foutu des pressions énormes dans plusieurs villes et des mecs vénères se sont fritté suite à ça et c’est doublement lamentable. D’une part parce qu’on n’a vraiment pas besoin de combats de coqs qui envoient encore plus de monde à l’hosto. D’autre part parce que la communication mega orienté par la plus organisée des 3 bandes « rivales » est une aubaine pour la nouvelle stratégie de #maintien_de_l'ordre avec les nouvelles brigades ELI, des flics en civils avec un brassard bleu qui viennent « collaborer » avec les centrales syndicales pour foutre des émeutier-e-s en zonz...

    Groumph.

    Ha, et si vous pensez que je n’ai pas donné de piste de solution, relisez-moi. Quelque chose aurait dû vous sauter aux yeux... La toxicité mascu, on n’en peut plus. Pendant ce temps là, toujours aucun appel à la Greve Générale pour changer réellement les rapports de forces !
    Je me sens obligée de préciser que si je parle de « toxicité mascu », ce n’est pas pour essentialiser une hypothétique « pacification féminise », hein, la plupart de mes copines ont le verbe très haut et des griffes. Juste que si de telles concentrations mascus sont possibles, c’est que politiquement il y a un gros problème de fond.

    Soyez militantes, chacune à votre manière, j’assume la responsabilité de tout ce que vous faites !"
    Emmeline Pankhurst, (Extrait de la BD « Jujitsuffragettes »)

    Quelques sources pour étayer mes propos qui font évidemment suite à beaucoup de visionnages de vidéos et une certaine expérience du terrain...

    – Sur les nouvelles *brigades ELI j’avais déjà tenté une alarme ici : https://seenthis.net/messages/907305
    Et BIM, tansdis que les mainstream sont en boucle sur le sujet, on apprend que le parquet a lancé une enquête et la pref en profite pour placer ses ELI aux côtés de la CGT dans son communiqué...
    Voilà voilà. C’est parti pour une nouvelle confusion entre plein de trucs pour une pseudo quête fabriquée de besoin de sécurité, et donc une dépolitisation du fond...
    https://www.francetvinfo.fr/economie/syndicats/manifestation-du-1er-mai-une-enquete-ouverte-sur-les-violences-contre-l

    On peut voir ici un brassard ELI à Lyon, histoire que vous les repériez bien

    Autres angles de vues,

    celui du chercheur en sciences politiques Samuel Hayat :

    Quelques éléments sociohistoriques pour comprendre les heurts entre autonomes et service d’ordre (SO) de la CGT le 1er mai – heurts qui révèlent une crise profonde et durable de la forme manifestation. #Manif1erMai #GiletsJaunes #manifestation ⬇️⬇️⬇️

    https://twitter.com/SamuelHayat/status/1389151863631749124

    Il y a donc eut des bagarres à Paris, à Lyon et à Nantes :

    Pour Paris :
    – Décryptage complet de Maxime Reynié (refait pour mise à jour ce dimanche) : https://twitter.com/MaximeReynie/status/1388597950008418304 ; Voir en particulier les explications de « Houanui Toanui », Gilet Jaune, ex-militaire videur puis agent de sécu qui explique pourquoi ils se sont confronté au SO en cherchant à retenir les camions
    https://www.facebook.com/manu.evrard.18/videos/2956434057937599
    – un autre décryptage avec plans et aussi des remises en contexte par Le Social Club : https://twitter.com/LeSocialClub/status/1388903706125611009
    + Le suivi de Paris Luttes Infos : https://paris-luttes.info/samedi-1er-mai-deconfinement-et-14971
    + Je ne ferai pas tourner publiquement la video de QG sur les réseaux marchands car ça montre trop de visages mais :
    https://qg.media/emission/1er-mai-la-rage-du-peuple-est-de-retour
    – à 14’20 le chef des flics qui gueule pour que le cortège continue à avancer pour éviter l’infiltration des BB
    – à 17’ des gens engueulent le SO de la CGT qui empêche toujours le cortège d’avancer pendant que devant le BB se fait défoncer...
    –vers 18’ le coffre de Benalla toujours introuvable
    – vers 20’ un autre tronçon de cortège, plus mixte, resiste clairement aux tentatives d’intrusion des flics
    – vers 22’ l’accélération de l’escalade est visiblement liée à l’incursion de la BAC venue « prelever » un « BB » juste pendant le début de l’embrouille... on voit aussi des manifestants tenter de contenir leurs « potes » pour limiter la baston par la suite... bref la pref doit être ravie...
    Désigner un seul groupe coupable serait injuste. C’est avant tout la pref, en changeant au dernier moment le parcours + les attaques contradictoires des flics et les percées des BAC qui ont été les plus gros facteurs de stress et énervements. Et les condamnations des un-e-s et des autres est tout bénéf pour elle.

    Pour Lyon : le collectif @SurveillonsLes a lancé un APPEL pour recouper les témoignages sur comment la police a violemment agressé le cortège. Rdv sur surveillonsles@riseup.net.

    – Un thread sur ce qui s’est passé (et tapé) à Lyon. https://twitter.com/johanjrd_/status/1388936852376276998

    – communiqué de la CGT UberEats/Deliverro Lyon, directement attaquée : https://twitter.com/CGTUberDeli69/status/1388576095293804545

    Pour Nantes :
    – La baston se prolonge sur twitter pour ce qui concerne Nantes : https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1388770739885592577
    – premier compte-rendu de Nantes Révoltée : https://www.nantes-revoltee.com/un-premier-mai-haut-en-couleur-sous-le-soleil-nantais suivi de plusieurs textes (pas encore lus) : https://www.nantes-revoltee.com/alors-graslin-ca-gaze + https://www.nantes-revoltee.com/1er-mai-dejouer-le-piege-mediatique

    • Ici c’était calme, mais après un bon cortège tout mélangé, à un moment ya eu une pause batucada etc, sur une place où étaient plutôt les GJ à l’époque et là… la CGT et FO qui continuent sans attendre personne le chemin vers la place finale du parcours…

      Du coup cortège coupé en deux, plus que des petits groupes. Après un moment de pause, une partie seulement de celleux resté⋅es en pause a continué le parcours, d’autres ont replié. Et une fois à la fin, sur la place finale CGT et FO étaient déjà parti depuis longtemps… donc tout petit groupe aussi avec celleux qui ont fait la fin.

      Assez nul bizarre à partir du moment où ya eu cette pause et coupure au milieu quoi.

    • Je ferai pas tourner publiquement la video sur les reseaux marchands car ça montre trop de visages mais :
      – à 14’20 le chef des flics qui gueule pour que le cortège continue à avancer pour éviter l’infiltration des BB
      – à 17’ des gens engueulent le SO de la CGT qui empêche toujours le cortège d’avancer pendant que devant le BB se fait défoncer...
      –vers 18’ le coffre de Benalla toujours introuvable
      – vers 20’ un autre tronçon de cortège, plus mixte, resiste clairement aux tentatives d’intrusion des flics
      – vers 22’ l’accélération de l’escalade est visiblement liée à l’incursion de la BAC venue « prelever » un « BB » juste pendant le début de l’embrouille... on voit aussi des manifestants tenter de contenir leurs « potes » pour limiter la baston par la suite... bref la pref doit être ravie...

      https://qg.media/emission/1er-mai-la-rage-du-peuple-est-de-retour
      Désigner un seul groupe coupable serait injuste. C’est avant tout la pref, en changeant au dernier moment le parcours + les attaques contradictoires des flics et les percées des BAC qui ont été les plus gros facteurs de stress et énervements. Et les contaminations des un-e-s et des autres est tout bénéf pour elle.

    • En amont de ces scènes, à République, Saint-Ambroise, Voltaire et ensuite, le carré de tête et le SO CGT ont fait de très longues pauses pendant que la tête de manif où se trouvait aussi de nombreux syndicalistes se faisait tronçonner à répétition par des bonds offensifs et des prélèvement de manifestants aux fins de poursuites. La direction du syndicat a offert à la répression un rassemblement quasi statique encagé par une nasse en U dont partait des vagues d’incursions policières. Si ces cortèges n’en restaient pas à leurs rares slogans habituels, il aurait pas été étonnant d’entendre scander « CGT collabo ! ».

      #Manifestation #maintien_de_l'ordre #police #SO #syndicat

    • Sous le soleil de @rebellyon un œil dans le ciel.
      https://rebellyon.info/7-peches-capitaux-de-la-police-lyonnaise-23089

      #Lyon est la ville de France la plus surveillée par l’hélicoptère, surnommé « BAC hélico » par la police.Il est en effet aux mains de la brigade anti-criminalité (BAC). Ce vendredi, un manifestant saisit le tribunal administratif pour que l’appareil reste au sol : pour l’instant, son utilisation par la police est toujours illégale.

    • Répression du 1er mai : appel à soutien au Tribunal judiciaire
      Paris-luttes.info
      https://paris-luttes.info/repression-du-1er-mai-appel-a-14976


      (superbe photo de Caroline de Benedetti, soit dit en passant)

      Comme d’habitude, la justice prendra le relais de la police pour judiciariser le maintien d’ordre au travers de comparutions immédiates, visant à rapidement infliger une peine à celleux qui auraient manifesté trop bruyamment. Plusieurs personnes ont déjà été déferrées au Tribunal ; et si certaines ont écopé de rappels à la loi, d’autres s’attendent encore à comparaitre devant un juge lundi.
      Face à la répression judiciaire, nous appelons à soutenir les personnes inculpées au Tribunal judiciaire à Porte de Clichy, à 13h30 ce lundi 3 mai dans les salles de la 23e chambre (en général 204 et 205 mais à vérifier au tableau face à l’accueil du tribunal).
      La Legal Team Paris

    • « CGT, COLLABOS »
      https://lundi.am/CGT-collabos

      « Ce que la surexposition médiatique et politique de cette bagarre permet d’occulter, c’est le déroulé réel de ce 1er mai. »

      Premier Mai 2021, on s’ennuie en France. Les infos s’inquiètent de ces « festnozs », « rave party » et « free party » qui se sont tenus ces derniers soirs. Les journalistes sont indignés, les citoyens jouent aux fayots, les préfets tiennent des conseils de crise et les tribunaux sont saisis pour enquêtes pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Mais le commentariat est aux aguets : la manifestation du 1er mai à Paris devrait offrir l’occasion de faire chauffer les claviers. Banco : les camions de la CGT se sont fait agresser. Qui, pourquoi ? Les différentes chapelles construisent l’ennemi qui les arrange.

      Depuis quelques années les manifestations du 1er mai sont inévitablement l’occasion d’un flot de commentaires d’après-match : MacDo, Black Bloc, Pitié Salpétrière. Sur les plateaux des chaînes d’info continue, comme sur Twitter, on devait trépigner vers 17h, quand cette édition 2021 ne semblait pas vouloir offrir d’occasion franche de déblatérer sans fin. Heureusement, l’événement est venu : cette fois l’affrontement entre le service d’ordre de la CGT, casqué, armé de gazeuses au poivre et de matraques télescopiquess, et ce qui semblait être une foule. La bagarre tournant au désavantage du SO, celui-ci s’est rapidement posé en victime « d’actes de vandalisations », mais aussi (et on ne l’attendait pas forcément sur ces questions vu le passif des bonhommes) d’« insultes homophobes, sexistes, racistes » commises par des « individus dont certains se revendiquant gilets jaunes ».

      La machine à indignation pouvait s’enclencher.

    • Pour Sohie Béroud, le nervi est probablement de sortie : La CGT prise pour cible le 1er-Mai : « Une attaque ciblée, qui dépasse la seule critique des syndicats »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/05/04/la-cgt-prise-pour-cible-le-1er-mai-une-attaque-ciblee-qui-depasse-la-seule-c

      Pour la politiste à l’université Lyon-II Sophie Béroud, « la défiance envers les syndicats existe depuis plusieurs années », mais les violences de ce week-end rappellent les modes opératoires de l’extrême droite.

      [...]

      Mais ce qui s’est passé samedi ressemble à autre chose. Si l’enquête démontre que les auteurs des faits sont bien issus de l’extrême droite, comme l’affirme la CGT, cela fait penser aux années 1970, quand, dans le secteur de l’automobile, mais aussi de l’agroalimentaire, des syndicats « maison » d’extrême droite étaient payés pour réprimer les militants de la CGT. C’est inquiétant sur ce que cela dit de l’influence de l’extrême droite en France plus que sur ce que cela transparaît de la perte de vitesse des syndicats.

    • « Une personne vient nous voir et nous informe qu’elle aurait entendu un flic en civil, dire à un responsable de la CGT, qu’ils allaient procéder à des arrestations dans le bloc. »

      Il semble donc qu’à #Lyon c’est bien la collaboration avec les flics #ELI qui a (re)lancé les hostilités. Quand à l’attaque du SO « protecteur » des sans papiers, sans surprise ce n’est pas l’extrême droite mais bien un combat de coqs...
      https://groupeantifascistelyonenvirons.wordpress.com/2021/05/04/communique-suite-a-la-manif-du-1er-mai

    • L’attaque contre la CGT révèle les tensions au sein du mouvement social | Mediapart 05/05/2021

      https://www.mediapart.fr/journal/france/060521/l-attaque-contre-la-cgt-revele-les-tensions-au-sein-du-mouvement-social?on

      En effet, la CGT communique beaucoup pour rappeler que le temps est loin où ses cortèges étaient encadrés par des gros bras du syndicat du Livre et des cheminots. « Ceux qui participent à la sécurisation des manifestants, ce sont des salariés, des jeunes, des moins jeunes, de diverses professions, détaille Philippe Martinez. Ce sont des militants, des militantes, mais d’abord des salariés du public et du privé, parfois des retraités. Participer à l’encadrement des manifs, ce n’est pas un métier, c’est un acte militant. »

      Le secrétaire général de la CGT insiste sur le rôle qui est fixé au SO : « On n’est pas des auxiliaires de police. Nous, notre responsabilité, c’est que le défilé, qui est bien délimité, se passe dans les meilleures conditions. On s’occupe de ceux qui sont dans le cortège des organisations syndicales. Tout ce qui se passe à l’extérieur de ce cortège, c’est de la responsabilité des forces de l’ordre et du préfet. »

      Le texte signé par Solidaires dit les choses un peu différemment, mais le fond est identique : « Il n’est pas question d’imposer à quiconque sa stratégie mais le respect des stratégies différentes doit être mutuel. La stratégie de Solidaires est de permettre au plus grand nombre de manifester dans les meilleures conditions possibles afin de construire un rapport de force favorable pour gagner sur nos revendications. »

      Un argument qui ne convainc pas forcément les habitués des manifestations, mais en dehors des syndicats. Par exemple Priscillia Ludosky, initiatrice de la pétition sur le prix du carburant qui a fait naître le mouvement des gilets jaunes, et devenue une figure des mobilisations, identifiée comme appartenant à la gauche.

      Le 2 mai, la militante s’est fendue d’un tweet remarqué où elle commentait l’équipement du SO : « Le service d’ordre de la CGT est devenue une annexe de la BAC : matraque, gaz… » Son message a causé un certain émoi, des responsables de la CGT l’ont appelée pour discuter. Mais sa position n’a pas beaucoup évolué : « Je me pose toujours la question de l’équipement, déclare-t-elle à Mediapart. À quel titre ont-ils le droit d’avoir ce type de matériel, alors que lors du mouvement des gilets jaunes, même les “street medics” se faisaient parfois embarquer leur équipement ? »

      Priscillia Ludosky n’est pas plus convaincue par « la façon dont les gens des syndicats gèrent les manifestations » : « Je comprends bien qu’ils n’avancent pas lorsque des membres du black bloc viennent tout casser, mais le 1er mai, c’était différent. Ils nous ont laissé nous faire gazer dans tous les sens… Ils ne se mélangent pas aux autres, ils n’appliquent pas la convergence des luttes qu’ils disent toujours rechercher. »

      L’incompréhension est valable dans les deux sens. Chez les syndicats, les craintes ne sont pas nées ce 1er-Mai. « Depuis le mouvement sur les retraites, nous avons de plus en plus de difficultés à manifester avec des individus hostiles aux syndicats qui tentent par exemple de s’en prendre à nos camions syndicaux », écrivent les responsables du SO de Solidaires.

      Les attaques ont démarré il y a plusieurs mois

      Les diverses composantes du mouvement social font le compte des incidents. En décembre 2019, au début du mouvement contre la réforme des retraites, un camion de la fédération Sud Santé Sociaux a été attaqué, ses vitres brisées. « Certains individus qui apparaissent parmi les assaillants du 1er mai font partie de ceux qui ont attaqué le camion », assure Solidaires aujourd’hui.

      Une nette montée des tensions a surtout été remarquée à partir du début des contestations de la loi pour une sécurité globale, fin 2020. Lors de la grande manifestation du 28 novembre, le camion des organisateurs avait déjà été la cible d’un caillassage en règle, en plein cortège et alors qu’aucune échauffourée n’était en cours.

      C’est surtout la manifestation suivante, le 5 décembre, qui a marqué les esprits : le carré officiel a été attaqué à deux reprises par des membres du cortège de tête. C’est ce que décrit avec précision ce texte rédigé par des « communistes libertaires syndiqué·e·s à la CGT et à Solidaires », qui parlent carrément de « coups de poignard dans le dos ».

      Ces attaques, et les débats qu’elles ont déclenchés au sein de la coordination contre la loi sécurité globale, expliquent que la coordination n’ait pas appelé officiellement à manifester le 12 décembre, estimant qu’elle n’était pas en mesure de garantir la sécurité des participants – le 12, ce sont finalement les policiers et gendarmes qui ont empêché que le défilé ait réellement lieu. Le 16 janvier, enfin, Philippe Martinez a été copieusement insulté.

      D’autres observateurs font remonter les tensions au « contre-G7 » qui s’est tenu fin août 2019 au Pays basque. Les incompréhensions régnant dans le camp où s’étaient installés les manifestants ont donné lieu à des quasi-affrontements entre associations installées et « autonomes », désireux de s’en prendre aux forces de l’ordre. Ces dernières avaient menacé à plusieurs reprises d’investir le camp.

      Attac, l’une des associations-pivots de l’événement, a écrit en septembre 20019 un long texte, pesé au trébuchet, pour regretter en creux les désaccords : « Nous ne pensons pas que notre camp politique se réduise à celles et ceux qui pratiquent uniquement le même type d’actions que nous. À ce titre, nous n’avons jamais condamné aucune autre action, fût-elle qualifiée de violente par les médias et/ou l’État. […] Dans la même logique, nous avons souhaité que nos propres cadres de mobilisation soient respectés, avec le consensus d’action qui les accompagne. »

      Les militants CGT eux-mêmes divisés

      Difficile de savoir ce que pense de ces évolutions le milieu dit des « autonomes », qui n’ont par définition pas de représentants. Un jeune collectif parisien qui s’était réjoui des actions contre la CGT le 1er-Mai s’est livré le lendemain à une sévère autocritique. Et les médias considérés comme proches de ce courant de pensée ont évité de se mouiller.

      Le site Lundimatin, sans doute le plus connu d’entre eux, n’a ainsi ni approuvé ni condamné l’attaque contre la CGT. « Ce que la surexposition médiatique et politique de cette bagarre permet d’occulter, c’est le déroulé réel de ce 1er-Mai, l’état des forces en présence et leurs stratégies (ou absence de stratégie). Ce que nous avons vu, c’est un cortège syndical affaibli stopper la manifestation pendant quasiment deux heures afin de se distinguer d’un cortège “de tête” massif », écrivent seulement ses animateurs, fidèles à leur ligne – et tant pis si cette fois, le cortège de tête était bien moins « massif » qu’il ne l’a été par le passé.

      Aujourd’hui, le débat a aussi lieu en interne dans les syndicats. Et à la CGT en particulier. Exemple parmi d’autres, dans un groupe de militants habitués à échanger leurs impressions, l’un critique les attaques contre le SO : « Difficile de dire si le but de cette minorité agressive est d’empêcher les citoyens de manifester mais c’est en tout cas le résultat. […] Nul ne souhaite empêcher les plus marginalisés de manifester leur colère dans la rue mais qu’ils s’en prennent aux forces du désordre au lieu de frapper des syndicalistes. »

      Un autre, en revanche, refuse de condamner : « Je me revendique cégétiste, mais aussi Gilet jaune et militant révolutionnaire, et je ne pense pas être raciste ou homophobe, encore moins fasciste ou flic... Cependant les cortèges festifs de la CGT à Paris me lassent. La confédération et les unions départementales confondent, selon moi, les carnavals brésiliens et les mouvements contestataires qui devraient être à la hauteur de la répression et de la dictature qu’on se prend dans la gueule ! »

      Sans doute bien consciente du caractère délicat de la situation, la CGT n’a pas oublié de mettre largement en cause la stratégie de la préfecture de police de Paris et de son chef, Didier Lallement, qu’ils estiment responsables de leur agression : les policiers présents en nombre à Nation n’ont guère bougé pendant l’attaque des camionnettes, et ont refusé d’ouvrir les barrières qui leur bloquaient le passage.

      « Nous étudions les possibilités de dépôt de plainte, y compris vis-à-vis du préfet de police », a déclaré Philippe Martinez lors de sa conférence de presse. Valérie Lesage a pour sa part demandé que le préfet de police soit « révoqué », car « il a failli à de nombreuses reprises à la protection des manifestants et à l’exercice du droit de manifester ». La CGT va en outre « demander l’ouverture d’une enquête parlementaire, afin de faire la clarté sur la gestion du maintien de l’ordre lors de la manifestation de ce 1er-Mai, ainsi que lors des manifestations depuis 2016 », a-t-elle annoncé.

  • Covid-19 : pouvait-on éviter tant de morts ? | Sylvestre Huet
    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2021/04/30/covid-19-pouvait-on-eviter-tant-de-morts

    Pouvait-on éviter une part significative des 100.000 morts – à la mi-avril 2021 – de la Covid-19 en France ? Oui. Cette réponse nette est glaçante. Et pourtant, elle ne fait aucun doute. Il suffit, pour l’établir, de comparer la situation française (voire européenne) avec trois des pays les plus à risque, lorsque la Covid-19 a émergé : la Chine, le Vietnam, la Corée. L’écart est abyssal. Source : Sciences²

    • ça je l’ai vu avec désespoir et dernièrement au fin fond des Corbières (3 habitants au km2) où il y a un paquet de crétins pour te dire qu’il n’y a pas eu tant de morts que ça (tu en vois par ici ? non hé ben voila) et que Raoult et la nivakine nous sauverons (de quoi si ça n’existe pas ?). Si tu leur dis qu’ils se font complices des assassins au gouvernement et que leur ignorance est doublée d’égoïsme qui participe à tuer des vieux et des handicapés, ben tu n’as plus trop de choix, tu te casses ou tu restes chez toi à lire seenthis, parce qu’il ne te reste plus d’interlocuteurice à peu près raisonnable pour ne pas devenir dingue à affronter cette folie collective où les gens se vantent d’aller beugler NHK sans masques à Limoux.

      Encore aujourd’hui, des millions de Français font confiance à celui qui avait prédit « moins de morts que par accident de trottinettes », « ce sera l’infection respiratoire la plus facile à traiter avec la chloroquine », « la deuxième vague c’est une fantaisie », « l’épidémie va s’arrêter avec l’été » et autres raoulteries. Mais qui est allé faire le beau devant les caméras de télévision au côté de la star marseillaise de BFM ? Le Président Emmanuel Macron. Difficile de faire plus efficace si l’on veut miner la confiance envers le Conseil scientifique que l’on a mis en place. Or, en légitimant et en favorisant des comportements à risque, ces fausses nouvelles ont augmenté le nombre de morts.

    • Ce que j’ai vu, c’est une saturation d’infos contradictoires sur le corona qui à force de se télescoper font que chacun·e y va de son interprétation personnelle, tout comme les gesticulateurs qui s’expriment sur BFM.
      Cependant tout en reconnaissant ne plus se tenir du tout informé de rien parce que « ça fatigue à force » (comme de réfléchir, ça fatigue le cerveau, hein, autant sombrer dans le délire égoïste)

      N’empêche que sur 100 habitants perdus dans la petite montagne, y’en a quand même 5 qui ont choppé le virus et s’en sont sortis (pour l’instant), dans l’ensemble les Corbières ont plus été touchées que Toulouse … qui n’a pas eu de grosse incidence

  • Thread burn-out des soignants – Marie de la réa Seringue Seringue fait des efforts @mariealablouse
    Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1387514871768666112.html

    https://twitter.com/mariealablouse/status/1387514871768666112

    Covidiots, trolls et insultes ➡️🗑.
    Dans notre service on a un collègue toujours de bonne humeur, toujours calme, un pilier. Papa de 3 enfants. Un super réanimateur.
    Aujourd’hui au staff, l’équipe de garde présente les patients du secteur réa covid. Au bout des 2/3, il s’est levé, et il a dit :

    « C’est fini, on fait 3 gardes par semaines, à la maison ma femme et mes enfants n’en peuvent plus. J’en peux plus.
    Les gens ne respectent rien. Ils sont là parce qu’ils ne veulent pas faire d’effort. Et bien moi non plus. Je n’en ferai plus. Maintenant ce sera juste le nombre légal de gardes. Pas une de plus. Je ne vais pas divorcer parce qu’ils font des réunions familiales en plein
    « Confinement » Alors que je ne vois pas mes enfants. Je ferai mes 3 gardes cette semaine, mais après fini. On a qu’à fermer des lits et trier.
     » il est parti faire la visite en reprenant son calme habituel.

    Il faut dire que les patients qu’on a fait rentrer en réa ces derniers Jours, ont tous le même genre d’histoire : Mr A est venu de 500 km pour aider son fils à faire des travaux chez lui, alors que sa belle fille était malade. Ils ont fait des travaux avec des potes à 20... 5 contamines...

    Mme B a fait du covoiturage pendant 3h avec 3 Inconnus sans masques et clim à fond pour venir voir sa sœur qui a 3 enfants malades non testés.

    Mr C avait mal à la gorge et de la fièvre mais n’a pas voulu se faire tester, parce que le covid, ça touche que les très vieux, donc pas d’isolement non plus. Pas de problème pour un déjeuner familial le dimanche à 15... et Mr et son fils sont hospitalisés. La mère de Mr est contaminée aussi.

    Mme D a eu sa première injection de vaccin. Depuis le lendemain elle organise des soirées jeux de société avec plein de gens chez elle sans masques...

    Et quand on voit des familles en entretien pour leur expliquer et qu’ils nous disent « non mais vous devez vous tromper, il est trop jeune pour que se soit un COVID grave, ça doit être autre chose »...
    Alors on soigne tout le monde, on est polis et respectueux avec les patients, mais là, c’est plus la premiere vague où on ne savait pas, on avait pas les moyens de se protéger. Là on sait...

    Mais les gens n’en ont rien à foutre. Les contaminations des 3 derniers semaines, c’est à plus de 80% des trucs parfaitement évitables par des mesures simples notamment port du masque systématique en intérieur, s’isoler et se tester si on est malade,

    Ne pas se regrouper en intérieur... bref, la plupart font des efforts et ça paye, on ne les vois pas en réa.

    Et ceux qui s’en foutent, ben je ne sais pas combien de temps on va pouvoir vous soigner, parce qu’à un moment être de garde 2 à 3 fois par semaine, ça va plus tenir Longtemps. Le craquage « du meilleur d’entre nous » est un signe d’alarme très sérieux. Non, on est pas payés pour bosser 85h par semaines. Non on est pas des machines à soigner.

    Quand vous dites « bossez et taisez vous » figurez vous que la prévention fait partie du job.

    On est fatigués, nos proches subissent doublement entre les restrictions et nos absences. Ça craque !

    Alors je sais que ceux qui font déjà des efforts vont continuer et ceux qui n’en font pas ne changeront pas après avoir lu un thread. Mais au moins vous savez.

  • Sur la vie de ma mère

    Comment une femme de ménage analphabète née en Guinée-Bissau, immigrée en France dans une cité de banlieue, a pu transmettre à ses enfants des valeurs d’indépendance et de #féminisme. En parvenant à travailler contre l’avis de son mari, en élevant cinq enfants avec fierté et rigueur, la mère de #Liz_Gomis a fait éclore chez sa fille des valeurs d’accomplissement personnel et de féminisme sans en connaître la théorie. Récits croisés et échange entre mère et fille autour d’un parcours remarquable.

    https://www.arteradio.com/son/61666059/sur_la_vie_de_ma_mere

    https://download.www.arte.tv/permanent/arteradio/sites/default/files/sons//15surlaviedemamere_hq_fr_0.mp3

    #arte_radio #podcast #immigration #émancipation

  • 40 ans après, la France décide de livrer à la justice italienne d’ex-militants de la lutte armée à qui elle avait accordé l’asile - Paris (75000)
    https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/40-ans-apres-la-france-decide-de-livrer-a-la-justice-italienne-d-ex-milit

    Serge Quadruppani préfère rappeler le contexte historique de ce qu’il appelle un « affrontement politique armé ». Celui « des ouvriers et de la jeunesse étudiante contre l’État italien. C’est un mouvement comparable à celui de Mai 68 et qui a duré dix ans. C’était beaucoup plus violent mais c’était toute la société italienne qui était plus violente […] Il y avait des morts des deux côtés. Y compris dans les manifestations ou lors des arrestations par les policiers. C’était une forme de guerre civile ».
    Alessandro Stella, qui a pu prendre un nouveau départ en France et qui n’est plus dans le collimateur de la justice italienne, a témoigné dans un livre de son parcours militant (1).
    Pour l’historien qu’il est devenu, le « contexte » ne peut être occulté. Alessandro Stella parle même d’une « responsabilité collective que les juges ne veulent pas prendre en compte » : « Il y avait en Italie dans ces années-là des millions de gens qui criaient -Vive la Révolution-, et au bout de tout un processus, quelques milliers qui ont fini par prendre les armes. Qui se sont convaincu qu’il fallait répondre par la violence à un Etat violent. »

  • « Le 1er mai est une journée de lutte où beaucoup sont tombés pour les droits des travailleurs, pas une bamboche où l’on fête le travail en sniffant du muguet.
    Il ne sera jamais ni joyeux, ni chamailleur.
    Il sera révolté »
    #PremierMaiRévolté

    Avec un super montage de Cerveaux Non Disponibles que je n’arrive pas à recopier :(
    https://twitter.com/realmarcel1/status/1387420281937989634

    « Pour retrouver un 1er mai joyeux, chamailleur parfois, ensemble, unis, nous surmonterons cette épreuve, et nous retrouverons, dès que possible, ces premiers Mai heureux, privés des rituels de cette journée...
    Vive la République Vive la France.
     »
    https://mamot.fr/system/media_attachments/files/106/144/043/086/321/039/original/91b4c5cfd3659395.mp4

    Plus que deux jours pour retrouver nos 1er mai chamailleurs chers à notre président...

    #1erMai #1erMaiRevolte #AuRevoirPresident #Macron #ViolencesPolicieres #GiletsJaunes