marielle

« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • – Le médecin : "L’hôpital public est en train de flamber à la même vitesse que Notre-Dame a failli flamber, ça s’est joué à rien et, là, en ce moment, ça se joue à rien...
    – Macron : « Je compte sur vous... »
    – Le médecin : « vous pouvez compter sur moi, l’inverse reste à prouver... »

    «  On est à bout, reprenez la main car vous n’êtes pas là !
    Refinancez en urgence l’ #hopitalpublic, donnez nous les moyens de soigner !
     »

    Bravo à ce médecin de l’ hôpital de la #PitiéSalpetrière qui dit ses 4 vérités à Emmanuel Macron.
    https://www.youtube.com/watch?v=EfKmYcDQF7k


    De moins en moins flamboyant, Jupiter, dans ses confrontations avec la résistance…

    Qui lui a happé intelligemment la main, l’empêchant du coup de filer. Et a eu le temps de lui dire ce que tout le monde (même non toubib, juste patient) sait.
    #coronavirus
    https://www.franceinter.fr/politique/le-medecin-qui-a-interpelle-macron-il-fallait-qu-il-recoive-le-message-d

    Jeudi matin le médecin François Salachas a interpellé, avec des mots forts, le président de la République sur la crise de l’hôpital public. Il s’en explique : « Si on veut sauver l’hôpital public, ce qui est notre bien commun national, auquel les Français sont attachés, il y a un caractère d’urgence ».

  • « Pour la moitié des Français, la violence est rassurante, pour l’autre, elle est choquante. Je formule l’hypothèse selon laquelle le gouvernement a flatté son ancrage à droite en laissant faire. »

    La viralité a fait des violences policières un symptôme de l’état de la démocratie.
    http://imagesociale.fr/8236


    Télérama publie dans son numéro daté du 29 février deux articles consacrés au traitement médiatique des violences policières. Olivier Tesquet m’a interrogé sur la soudaine visibilité des images diffusées depuis plus d’un an. Je reproduis ci-dessous le texte de l’entretien.

    BFMTV, TF1, France 2… Jamais les chaînes télé ne s’étaient retrouvées devant autant d’images de violences policières. André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), analyse cette soudaine visiblité.
    À force de blesser et mutiler depuis plus d’un an (éborgnements, mains arrachées, ITT en pagaille…), les violences policières se sont imposées dans les grands médias généralistes, quand bien même le gouvernement persiste à nier leur caractère systémique, insistant sur des dérives individuelles qu’il convient de punir au cas par cas. Diffusées sur les réseaux sociaux, reprises par les chaînes d’info en continu, les images qui ont infiltré l’espace médiatique ont joué un rôle essentiel dans la prise de conscience. Leur viralité a fini par donner aux brutalités une qualité de « symptôme de l’état de la démocratie », selon André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

    -- Quel regard portez-vous sur la profusion de vidéos de violences policières depuis plus d’un an ?
    -- Il faut comprendre que ces images s’accompagnent d’une grille de lecture. Pour simplifier, l’une est de droite, l’autre est de gauche. La première pose une question : pourquoi le pouvoir a-t-il laissé se poursuivre ces violences visibles dans l’espace public ? Il aurait pu tenter de faire interdire la diffusion de ces vidéos sur les réseaux sociaux, mais il ne l’a pas fait. Selon un récent sondage Odoxa, le pays est coupé en deux. Pour la moitié des Français, la violence est rassurante, pour l’autre, elle est choquante. Je formule l’hypothèse selon laquelle le gouvernement a flatté son ancrage à droite en laissant faire. Quant à la médiatisation de gauche des violences policières, elle répond au modèle du copwatching, de la vigilance citoyenne...

  • #5G : l’#Arcep a reçu quatre candidatures et tente de répondre aux inquiétudes
    https://www.banquedesterritoires.fr/5g-larcep-recu-quatre-candidatures-et-tente-de-repondre-aux-inq

    L’autorité de régulation a publié en parallèle une foire aux questions visant à répondre aux inquiétudes que génère cette nouvelle #technologie. […] En matière d’#impact_environnemental, l’Arcep fait valoir « une meilleure #efficacité_énergétique à trafic constant » et des usages allant dans le sens de « la réduction des dépenses énergétiques dans d’autres secteurs ». Sur l’exposition aux #ondes, l’autorité rappelle l’obligation pour les opérateurs de respecter les valeurs limites d’exposition et met en avant les nouvelles antennes intelligentes, qui adapteront leur puissance aux usages. Elle reconnaît cependant qu’en l’état, les scientifiques manquent encore de données sur les #effets_biologiques, comme l’a rappelé l’#Anses. Et face aux demandes de moratoire sur la 5G, elle estime que « ce qui compte, c’est l’utilisation qui en est faite » et annonce une journée en juin sur le thème « quels réseaux pour quelle société ? ».

    La FAQ : https://www.arcep.fr/nos-sujets/la-5g.html
    Communiqué de presse : https://www.arcep.fr/actualites/les-communiques-de-presse/detail/n/5g-12.html

    La 5G se déploie alors que ses effets sur la #santé ne sont pas évalués
    https://reporterre.net/La-5G-se-deploie-alors-que-ses-effets-sur-la-sante-ne-sont-pas-evalues

    Face à l’absence d’évaluations sanitaires sur la 5G, les experts sont divisés. Les plus prudents réclament un moratoire, afin de donner du temps à la recherche scientifique. Mais la santé du grand public ne pèse pas lourd face au rouleau compresseur de l’innovation.

  • Chili : comment en est-on arrivé à ce point ? Par Jean-Michel Hureau
    https://www.les-crises.fr/chili-comment-en-est-on-arrive-a-ce-point-par-jean-michel-hureau

    Source : Le Grand Soir, Jean-Michel Hureau, 07-11-2019

    La situation chilienne interroge aujourd’hui pour quiconque connaît le pays et sans doute, pour des millions de Chiliennes et de Chiliens. Non pas sur la situation économique que nous pouvons expliquer assez aisément, et nous y reviendrons, mais sur le rejet de la population à l’égard des Forces Armées et des Carabiniers quant aux multiples exactions dont il se sont rendus coupables dans les trois dernières semaines. Mais pour tenter de le comprendre, il faut se reporter un demi-siècle en arrière. Lire la suite

  • Retraites : Jacques Maire, député et actionnaire d’AXA, en plein conflit d’intérêts
    25 févr. 2020 Par Maxime Combes | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/250220/retraites-jacques-maire-depute-et-actionnaire-daxa-en-plein-conflit-

    Co-rapporteur d’une réforme des retraites qui pourrait pleinement profiter au secteur de l’assurance, Jacques Maire est un ancien cadre dirigeant et toujours actionnaire d’Axa, le principal vendeur de produits d’épargne-retraite en France. Le conflit d’intérêts est avéré. Il est plus qu’étonnant – et désolant – que personne, à la République en Marche ou à l’Assemblée, ne l’ait empêché.

    #LREM #conflit_d'intérêts

  • Produire de l’énergie plutôt que nourrir : comment le lobby du gaz « vert » transforme l’agriculture française
    https://www.bastamag.net/methanisation-lobby-gaz-vert-biogaz-agriculture-energetique-alimentaire

    Subventions publiques, législation favorable, tarif de rachat garanti, l’État français est entré tête baissée dans la course à la méthanisation, encouragé par le lobbying très actif des entreprises gazières. Mais cette activité profite d’abord aux gros élevages et pourrait modifier demain le visage de l’agriculture. Produire de l’énergie ou de l’alimentation... Faudra-t-il bientôt choisir ? Il a d’abord cru à la méthanisation, avant de déchanter. René Louail, ancien conseiller régional écologiste en Bretagne, (...) #Décrypter

    / Quelle #Agriculture pour demain ?, #Enquêtes, Agriculture, #Multinationales

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/carto-bzh-2020-1.pdf

  • Linky : deux avocats toulousains lancent une procédure collective contre Enedis (La Tribune)
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/16967-linky-deux-avocats-toulousains-lancent-une-procedure-collective-con

    Bonjour à toutes et à tous, à part de coronavirus et d’autres sujets qui eux on peut d’importance pas grand-chose dans l’actualité ce matin, aussi spartou se propose de vous partager ce billet sur la suite du feuilleton Linky, je rappelle à titre d’info que je n’ai pas pu m’opposer à son installation.

    https://toulouse.latribune.fr/initiatives/2020-02-24/linky-deux-avocats-toulousains-lancent-une-procedure-collective-c

    Informations complémentaires :

    Crashdebug.fr : Compteur Linky : un espion dans le placard (Franceinfo)

    Crashdebug.fr : Quand la police exploite le big data pour résoudre ses enquêtes (Le Figaro)

    Crashdebug.fr : Le « big data » ou la recette secrète du succès d’Emmanuel Macron ?

    Crashdebug.fr : Cash investigation : Marketing : les stratégies secrètes (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

    • Action collective contre Enedis : « Le compteur Linky mesure aussi le comportement des consommateurs »
      https://www.youtube.com/watch?v=lLiT5WosLyU

      Entretien du 25/02/2020 avec Christophe Léguevaques, avocat au barreau de Paris. Il était invité à s’exprimer sur l’action collective en justice d’avocats contre Enedis, l’entreprise chargée de gérer le réseau d’électricité en France, suite à une pétition signée par 12 000 personnes. Il affirme, en se basant sur la loi française, que les consommateurs n’ont pas d’obligation légale d’avoir ce compteur chez eux, et que cette action collective a pour but de les protéger.

    • "Ce compteur dit intelligent est une intelligence de surveillance et non pas une intelligence au service du consommateur. Linky est équipé d’un dispositif qui détecte l’utilisation de tout appareil électrique dans un logement. Ainsi, Enedis peut connaître votre comportement au quotidien (...) À terme, Enedis veut devenir un courtier de la data en revendant les données à un tiers. Nous avons les preuves que l’opérateur exploite déjà les données des consommateurs" , alerte maître Durant.

      Selon le duo, c’est une manière d’analyser le comportement des consommateurs avant que l’État ne mette en place, à terme, une nouvelle fiscalité sur la consommation électrique pour compenser la perte de recettes fiscales qui sera liée à la baisse de consommation des énergies fossiles.

  • Benoît Delépine, Corinne Masiero et Blanche Gardin font souffler l’esprit des gilets jaunes sur la Berlinale [photos] - Charente Libre.fr
    https://www.charentelibre.fr/2020/02/24/benoit-delepine-corinne-masiero-et-blanche-gardin-font-souffler-l-espr

    Pour leur 10e long-métrage, Benoît Delépine et Gustave Kerven (« Mammuth ») se sont appuyés sur notre rapport au monde numérique pour brosser un tableau actuel, entre ubérisation du travail, exploitation des données personnelles, développement de l’intelligence artificielle… Le film suit une mère de famille victime d’un chantage à la sextape, un père surendetté dont la fille est victime de harcèlement et une chauffeur de VTC dépitée par sa faible note professionnelle. Tous trois se sont connus sur un rond-point, un des lieux de contestation des gilets jaunes, deux ans plus tôt. Ecrasés par leurs problèmes d’argent, ils passent leur temps sur leurs portables à tenter de revendre des objets, à répondre aux sollicitations de démarcheurs appelant du bout du monde, à comparer les tarifs des mutuelles ou à appeler des numéros verts surtaxés.

    #cinéma #film #gilets_jaunes #contestation

  • « Ils sont vraiment géniaux ! Qui est à la manoeuvre pour promouvoir les intérêts de la finance et des assurances. Le gâteau est gros, plus de 300 milliards d’euros... »
    https://www.liberation.fr/checknews/2020/02/25/jacques-maire-co-rapporteur-du-projet-de-loi-retraites-n-a-pas-vendu-ses-

    Sur la base de cet article, la député LFI du Val-de-Marne, Mathilde Panot, a interpellé lundi matin le corapporteur des retraites dans l’hémicycle :

    « L’article 2 de la loi relative à la transparence de la vie publique définit la notion de conflit d’intérêts comme "toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction". Pour résumer, vous allez tirer un bénéfice privé de cette réforme dont vous êtes l’un des artisans. D’ailleurs, vous avez dû aussi en arriver à cette conclusion, puisque vous annoncez à Libération que vous avez vendu vos parts. Ils vous ont relancé plusieurs fois pour savoir quand vous les aviez vendues, sans obtenir de réponse. Avez-vous demandé à la déontologue s’il s’agissait d’un conflit d’intérêts ? »

  • Grâce à la méthanisation, un paysan veut faire vivre « une ferme sans pétrole »
    https://www.bastamag.net/me%CC%81thanisation-paysan-ferme-sans-pe%CC%81trole-Dordogne

    Jules Charmoy, paysan en Dordogne, a créé une unité de méthanisation sur sa ferme, pour ne plus être dépendant du pétrole sur son exploitation. Jules s’installe comme paysan en 1999. Il est alors très impliqué dans les luttes écologiques. Avec des copains paysans, il réfléchit à utiliser diverses sources d’énergie locales et renouvelables, via leur coopérative d’utilisation de matériel agricole (Cuma) : récupération du bois des taillis et des haies, récupération des huiles usagées... (...) #Témoignages

    / Quelle agriculture pour demain ?, #Energies_renouvelables

    #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?

  • La Mongie – Ils ont viré le siège réservé à Emmanuel Macron | La Semaine des Pyrénées
    https://www.lasemainedespyrenees.fr/2020/02/24/la-mongie-ils-ont-vire-le-siege-reserve-a-emmanuel-macron


    Un télésiège réservé… les gus qui rêvent manifestement d’une bonne grosse #monarchie.

    Suite à l’échec des négociations avec le Ministère du Travail, les salariés continuent leur mobilisation. Dans la matinée, ils se rendront à la Préfecture pour y déposer, le fameur « siège présidentiel », aux couleurs tricolores réservé à Emmanuel Macron et son aéropage, à chaque fois qu’il vient skier à La Mongie et qu’il utilise le télésiège du Béarnais.

  • Depuis sa cellule de la nouvelle Bastille, Valentin écrit une lettre d’amour à la démocratie.
    « On étouffe ! On étouffe ! »
    https://lundi.am/On-etouffe-On-etouffe

    Valentin B. est accusé d’avoir incendié La Rotonde, ce restaurant où le président Emmanuel Macron est venu fêter son accession au second tour de l’élection présidentielle. Incarcéré à la prison de la Santé, nous publions ici sa première lettre publique.

    Selon les sondeurs, encore une ou deux enquêtes d’opinion et Emmanuel Macron deviendra le président le plus impopulaire de la Ve République. Nul besoin d’être un fin observateur, ni même d’attendre d’autres sondages, pour pouvoir affirmer que l’actuel chef de l’Etat s’impose chaque jour comme le plus détesté. Si personne n’aimait Hollande, celui-ci n’était guère aussi haï que celui qui fut son Ministre. Loin de la posture bravache qu’il adopte devant ses proches (« qu’ils viennent me chercher », « Ils me tueront peut-être d’une balle, mais jamais d’autre chose ») il s’en était parait-il ému quand en décembre 2018, à la faveur d’un déplacement au Puy-en-Velay, il avait été hué et le cortège présidentiel poursuivi. Un épisode qui a dû lui revenir en mémoire quand en janvier dernier il fut exfiltré d’une représentation théâtrale dans le Xe arrondissement (c’était le mouvement social qui cette fois toquait à la porte).

    Selon le journal le Parisien, c’est pourtant un autre événement qui a marqué le couple présidentiel ce soir-là : l’incendie partiel de la Rotonde, brasserie du 105 bd de Montparnasse. Si l’on cherche les symboles qui accompagnèrent la prise de pouvoir du manager Macron, il faut se plonger en mai 2017. On a alors en tête peut être la longue marche dans la cour du Louvre, mais certainement aussi cette petite sauterie deux semaines plus tôt, qui rassembla ses soutiens et fidèles, c’était à la Rotonde, son Fouquet’s à lui...

    • On étouffe ! On étouffe !
      Laissez-nous respirer, laissez-nous être, laissez-nous vivre ! Libres ! Dignes ! Debouts !

      Quand la douleur se heurte au mépris et au cynisme. Quand l’autoritarisme prend le masque de la démocratie, alors, oui, il peut monter le coup de colère, elle peut venir l’envie d’effacer, même pour un instant, ce sourire serein et moqueur du visage de cette élite auto-proclamée qui détruit tout et de griffer le masque de tyran qui les inspire.

      Ils crachent sur le peuple et piétinent nos droits dans le silence feutré des salons de velours rouge.

      A ces « élites », que désormais seule la violence d’État et les propagandes éditoriales/publicitaires protègent, pour tous ceux qui souffrent pas votre faute, je veux dire ceci :

      Sachez que nous ne baisserons pas les yeux, nous n’aurons pas honte devant vos injonctions aux condamnations morales et que nous continuerons de rêver, que nous continuerons de lutter, car notre cause est belle, car notre cause est juste, car nous portons en nous l’invincible espoir d’un monde meilleur, où brille la lumière de la liberté.

      Tous ceux qui « condamnent la violence » sans jamais en interroger les causes, ces éditorialistes, ces petites moralistes d’état, tous ceux qui obéissent au clergé médiatique et s’offusquent entre gens de bonne compagnie traitent l’action symbolique d’« attaque contre la démocratie ». « Mais où va-t-on ? », « Mais ce n’est pas comme ça que l’on exprime sa colère en démocratie ». Démocratie. Démocratie ?
      Mais laquelle ?
      Nous sommes au contraire un cri d’amour pour la démocratie, qui ne demande qu’à naître. Enfin ! Car la démocratie est aujourd’hui confisquée par une petite mafia qui se distribue tous les pouvoirs et manipule les consciences.
      Oui, un cri de révolte lancé à la face de ceux qui se pensent au dessus des lois, au dessus des gens, prisonniers qu’ils sont de leur petit monde de compromissions et de corruption.
      Un cri. Un cri pour tenter de les réveiller.
      Enfin !

      Puisse la fumé noire qui monte des rues de Paris, le samedi, le jour et parfois la nuit, leur remonter jusqu’au narines et peut-être leur rappeler que partout dans ce pays des gens souffrent en silence et ne parviennent plus à vivre.

      Puisse le feu de la colère qu’ils ont allumé eux-même éblouir leurs yeux aveugles, si possible, et purifier leur âme corrompue... et pourquoi pas leur rappeler que l’on ne répond pas à la colère légitime d’un peuple par la violence et la mutilation de masse en toute impunité.
      Ah oui ! Voilà les véritables attaques contre la démocratie. Sanglantes !
      Qui sera jugé pour ces crimes de sang ?
      Et par quelle justice ?
      Où se cachent le(s) responsable(s) ?
      Où faut-il venir le(s) chercher ?
      Non, non, quand la violence disproportionnée et illégitime est utilisée systématiquement pour écraser le peuple souverain, il ne faut pas s’étonner que le ton de la résistance se durcisse un peu, non ?
      État, « élites », je veux dire encore un mot, quand même.
      Si notre violence est toujours proportionnée, symbolique, mesurée, la votre est criminelle : c’est bien notre sang que vous avez sur les mains ! Et aucune assurance ne remboursera le prix du sang versé. Dans ce combat, des gens honnêtes et droits engagent leur vie pour la dignité de toutes les autres. Et vous ? Que faites-vous ?
      Vous qui condamnez la main qui jette l’allumette, drapés que vous êtes dans votre petite morale bon marché, ignorants que vous êtes de l’histoire des luttes et des révolutions, vous qui vous tenez pour toujours du côté des maîtres, des esclavagistes, des tyrans, des petits marquis poudrés, vous qui vous indignez de la perte provisoire de l’un de vos repères à huitres, vous restez muets, et aveugles – et lâches ! - devant la misère, la violence sociale et la répression sanglante que votre monde inflige à des gens vertueux, courageux, qui se battent pour la liberté et pour le droit de tous à vivre dignement. Oui, juste dignement ! Ne serait-ce pas la solution pour que cessent toutes violences ? Dignement.

      Nous sommes un cri. Un cri dans la nuit. Un cri d’amour, un cri pour la vie. Un cri vibrant d’espérance.

      Un cri : nous ne sommes plus à genoux devant vous. Nous vous voyons. Nous n’avons plus peur.

      À tous ceux qui se battent pour leurs droits, qui souffrent dans leur chair mais qui se tiennent debout, qui paient cher leur soif de justice, je dis : merci. Nous sommes le futur.

      Valentin

  • Enquête sur Didier Lallement, le préfet de police à poigne d’Emmanuel Macron*, Ariane Chemin et Nicolas Chapuis
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/23/enquete-sur-didier-lallement-le-prefet-de-police-a-poigne-d-emmanuel-macron_

    C’est Emmanuel Macron en personne qui, au cœur de la crise des « gilets jaunes », l’a choisi pour devenir préfet de police de Paris. Républicain autoritaire et fan de la Légion étrangère, Didier Lallement est aussi un habile politique.

    Une casquette. Elle devance l’homme, comme le prolongement de l’être. Large visière arrimée à une coiffe bleu nuit brodée de feuilles de chêne et de laurier en cannetille dorée : depuis un an, elle mange le visage allongé et osseux de Didier Lallement – tour de tête 56 cm : un petit coiffant, comme on dit. Lorsqu’il descend dans la rue, impossible de le rater : le couvre-chef le dévore, comme une galette trop grande pour lui. « La taille réglementaire », assure le préfet de police de Paris.
    Il faut le prendre au pied de la lettre : en matière d’uniformes, il s’y connaît. « La circulaire Castaner qui nous fait changer d’habit, c’est quand même à cause de lui ! », s’amuse un préfet de la région parisienne en citant l’arrêté de novembre 2019 qui propose une « tenue opérationnelle » aux hauts fonctionnaires allant sur le terrain. Il fallait quand même une alternative au « veston croisé de cérémonie », cette tenue officielle, vieille de Vichy, « période amiral Darlan » ! Didier Lallement préfère la veste droite, façon Jean Moulin. En 2012, l’ex-secrétaire général du ministère de l’intérieur avait déjà tenté de faire valoir ses talents de créateur de la préfectorale devant le cabinet de Manuel Valls, mais le locataire de Beauvau avait d’autres priorités.
    Sur les réseaux sociaux des « gilets jaunes », la casquette du préfet Lallement est devenue un mème, détournée, agrandie, moquée. Comme une métonymie du nouvel ordre policier incarné par cet homme jusque-là inconnu du grand public. A 63 ans, ce père de deux enfants a réalisé son fantasme : « PP » pour préfet de police, comme on dit « PR » pour le président de la République : le Graal de la préfectorale. En 2015, au cœur des attentats, le visage de François Molins, procureur de la République de Paris, avait incarné aux yeux des Français le bouclier de la justice face au terrorisme. Celui, raide et austère, de Didier Lallement symbolise désormais le maintien de l’ordre à Paris.

    « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles »
    Le temps est à l’orage social et le président de la République raffole des grandes gueules. Didier Lallement n’a pas besoin de forcer son caractère pour jouer le « bad cop », le méchant. Sur la route de ses affectations, il laisse des souvenirs de colères froides et de mots cinglants. Parmi les scènes épiques, cette réunion à la préfecture de Bordeaux, début 2018. Lallement est alors préfet de la région Nouvelle-Aquitaine. Il est mécontent du travail d’un des services de police. « Vous allez finir sur un croc de boucher », lance-t-il à l’un des commissaires du service lors d’une réunion hebdomadaire de sécurité intérieure. Silence pétrifié. « Le lendemain, on a tous regretté de ne pas s’être levés », raconte l’un des fonctionnaires présents.
    « Je ne veux plus vous voir ! » A son arrivée sur l’île de la Cité, le 20 mars 2019, six mots lui ont suffi pour congédier l’un des collaborateurs de Michel Delpuech, son prédecesseur. A la Préfecture de police de Paris, les secrétaires apprennent à courber l’échine. « C’est un homme qui fait pleurer », regrette l’un de ses amis. « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles », tranche Lallement devant la directrice adjointe de son cabinet. « Moi, ce qui m’émeut, c’est le drapeau tricolore qui flotte au vent, le visage des hommes et des femmes qu’on passe en revue… »

    « Pour nourrir la geste des “gilets jaunes”, Lallement est parfait », sourit l’ancien ministre chiraquien Dominique Perben, qui a guidé sa carrière. Le chef des « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, l’a traité de « préfet psychopathe » et accusé d’« organiser le désordre et la pagaille » dans les rues de la capitale. Maxime Nicolle, alias Fly Ryder, a porté plainte contre le PP après une garde à vue jugée arbitraire, le 14 juillet 2019. Une autre figure des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, parle même de la « Gestapo de Lallement »…
    Le pouvoir apprécie : un vrai paratonnerre. Sur les pancartes, c’est le portrait du préfet, casquette vissée sur la tête, qu’on brandit pour dénoncer les violences policières. « Tant mieux », commente-t-il, bravache : « Pour se prendre pour Jules Vallès, il faut avoir son Galliffet », ce général de brigade surnommé le « Massacreur de la Commune ». 

    Didier Lallement est là pour mater les black blocks, empêcher les « gilets jaunes » de monter à l’assaut de l’Elysée et « permettre aux manifestants d’arriver à destination, quand les précortèges les en empêchent ». Et tant pis s’il faut noyer les défilés sous les lacrymos, comme le 1er mai 2019. « Cette crise, il la vit comme une sorte d’opportunité. Il se veut le rempart contre le désordre et un climat insurrectionnel, comme sous la IIIe République », analyse l’historien de la Préfecture de police, Olivier Renaudie, par ailleurs professeur de droit à l’école de La Sorbonne.

    « Je suis là pour protéger le président »
    « Alors, vous n’avez pas peur de pénétrer dans l’antre du dragon ? », aime provoquer M. Lallement en fermant la porte de son bureau. En ce début février, il reçoit Le Monde dans une salle de réunion. Commence par s’étonner qu’on ait servi un café matinal, un simple verre d’eau aurait suffi. Poursuit par cette scène peu banale : « Ce n’est pas vous qui allez poser les questions, c’est moi qui vais parler. Pour comprendre qui je suis, c’est ici », lance-t-il en faisant glisser sur la table une carte en plastique. Au verso du portrait héroïque d’un « képi blanc », les sept articles du code d’honneur de la Légion étrangère. « Lisez le 6 : “La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie.” » Explicite, en effet.

    Le président Macron et le préfet Lallement, lors de la commémoration du 11-Novembre, en 2019, à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP
    « Evidemment, je ne suis pas à Camerone [défaite concédée au XIXe siècle par une soixantaine de « képis blancs » face à plus de 2 000 soldats mexicains]. Et je ne vais pas mourir, ajoute le préfet, encore que… » Trois mois avant sa nomination en remplacement de Michel Delpuech, le palais de l’Elysée a manqué de « tomber », en décembre 2018. Plus aucun « gilet jaune » ne doit ainsi s’en approcher. « Quand je l’ai reçu dans mon bureau, confie la maire de Paris, Anne Hidalgo, j’ai été frappée par cette phrase qu’il m’a lâchée : “Je suis là pour protéger le président.” »
    Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve par exemple l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre
    Didier Lallement est venu rétablir l’ordre face à la « chienlit », comme disait le général de Gaulle, un auteur qu’il aime lire entre deux livres de science-fiction. Un de ses modèles, avec « le Tigre », Georges Clemenceau – « l’homme le plus détesté de la IIIe République, mais qui a sauvé la France ». Il aime autant les blagues de l’ancien président du conseil – « Pour mes obsèques, je ne veux que l’essentiel, c’est-à-dire moi » – que son sens du devoir. « Je suis le commissaire du gouvernement auprès de la Fondation Musée Clemenceau », glisse-t-il fièrement.

    « La main de Clemenceau n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus devant les réformes que vous devrez mener. » Christophe Castaner ne pouvait pas trouver meilleure citation le jour de l’intronisation de Didier Lallement. « Ça m’a plu », convient le PP. Même s’il n’a pas l’air pressé d’appliquer la « réforme » qui lui a été confiée en plus du maintien de l’ordre : délester la Préfecture de police d’une partie de ses immenses prérogatives. Seul changement pour l’instant, le logo. Il est désormais surmonté du sigle du ministère de l’intérieur, façon d’assurer symboliquement la loyauté de cette institution souvent qualifiée d’« Etat dans l’Etat ». Décidément, Didier Lallement aime marquer de son fer l’imagerie de la République.

    Le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité
    Les caricatures dans lesquelles on s’enferme découragent parfois d’aller au-delà. Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve, par exemple, l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre, « une arme du faible au fort », lâche-t-il. Certains l’ont même entendu parler d’« arme à la con ». Au passage, il livre sa version personnelle – et saugrenue – des nombreuses blessures à la tête lors des défilés de « gilets jaunes » : la vitesse du projectile est inférieure à celle du son et pousserait la cible à se baisser en entendant la détonation…
    Contrairement à l’image qui lui colle à la peau, le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité. L’idée des fameuses BRAV-M, ces brigades de répression de l’action violente motorisées, sorte de pelotons de voltigeurs dépossédés du « bidule », leur longue matraque en bois, n’est, en réalité, pas la sienne. C’est Michel Delpuech, limogé du jour au lendemain après le saccage du Fouquet’s, le 16 mars 2019, qui avait créé les détachements d’action rapide (DAR). Didier Lallement s’est seulement chargé d’améliorer l’efficacité du dispositif et d’y apposer un nouveau sigle.

    Dans le petit cénacle de la haute fonction publique, il était connu pour la création de toutes pièces, entre 2007 et 2010, du grand ministère de l’écologie, dont il fut secrétaire général sous Jean-Louis Borloo. Et, surtout, pour son expertise de la mécanique interne de l’Etat. « Didier a été directeur de cinq administrations centrales, c’est rare pour un préfet, rappelle l’ancien patron de l’Inspection générale de l’administration, Marc Abadie, qui l’a choisi pour témoin de mariage et parrain républicain de l’un de ses enfants. Il peut vous disséquer un programme budgétaire et vous expliquer ce qui va “bouger” entre le titre 2 et le titre 3. » L’orfèvre des codes administratifs est aussi l’un des fondateurs de l’intercommunalité. « Avec François Lucas, il est de ceux qui m’ont aidé à mettre en place la loi de 1999 qui a redessiné le paysage français », rappelle l’ancien ministre de l’intérieur, Jean-Pierre Chevènement.

    C’est lui, le « Che », qui lui permet de « prendre la casquette », comme on dit. C’est même la dernière nomination de préfet du ministre Chevènement : en 2000, il offre à Lallement son premier poste dans l’Aisne, juste avant trois années passées à la tête de l’administration pénitentiaire. La maison est réputée difficile : « Un milieu où tout est plus intense qu’ailleurs », glisse le préfet, qui n’a oublié aucun détail de la « belle » d’Antonio Ferrara, exfiltré à l’explosif de la prison de Fresnes par un commando. C’est durant ces années 2001-2004 qu’apparaît pour la première fois le nom de Lallement en « une » du Journal du dimanche, inscrit sur… les banderoles des puissants syndicats de la pénitentiaire. Didier Lallement quitte les prisons en laissant derrière lui la création des Eris, ces unités d’élite chargée d’intervenir en milieu carcéral. Et, tiens, un drapeau de l’institution, dessiné à sa demande…

    Il collectionne les médailles
    « Cet homme a une carapace. Sous la casquette, il y a un mystère », souffle un préfet. Reprenons les étapes qui ont forgé ce « républicain autoritaire ». « En 1979, j’étais permanent des jeunes du CERES, ce centre d’études de l’aile gauche du Parti socialiste [PS] dirigé par Chevènement. Lui en était un des chefs et un bon organisateur », raconte Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques. « Il adorait les opérations de maintien de l’ordre », assure un des animateurs du Crayon entre les dents, le journal des étudiants. « Il frappait surtout par son profil sévère, sérieux, pas très rigolo : “social triste”, on disait à l’époque », ajoute le journaliste Eric Dupin. « Le CERES a été un moule à moines soldats rugueux et souvent insensibles au fait d’être minoritaire ou incompris », note le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi, un autre ancien.

    Jusqu’à la guerre du Golfe, en 1991, Didier Lallement a sa carte du PS. Et pour le « petit banlieusard » de la région parisienne, la vie étudiante – il est inscrit à l’Ecole supérieure de gestion –, c’est d’abord « la découverte de l’intelligentsia ». Ses parents sont, en effet, « des gens modestes qui n’avaient pas le bac », confie-t-il. Son père est représentant de commerce (« on a déménagé 18 fois »), sa mère a fini « chef des caisses de La Samaritaine ». Après les jeunes du CERES, les « frères » maçons du Grand Orient de France sont ses écoles de formation.

    « Dans ma famille, la réussite, c’était d’avoir le badge rouge, raconte le préfet. “Si un jour tu deviens chef de rayon, tu l’auras”, me disait ma mère. » Une clé pour tenter de comprendre l’énigme Lallement ? Sur le revers de son costume, le préfet de police porte la rosette de commandeur de l’Ordre national du mérite – bien mieux que le badge rouge. Déjà, au secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports, sous François Mitterrand, on se souvient combien ce jeune chef de cabinet raffolait des cérémonies de remise de médailles. Il collectionne lui-même les breloques en tout genre, mais refuse d’en livrer le chiffre précis : « Vous savez bien que le nombre de décorations est inversement proportionnel à la santé de la prostate. » Une blague de corps de garde, on ne se refait pas. Cet amateur de grosses bécanes a fait graver l’insigne de la Légion étrangère sur la plaque d’immatriculation de sa dernière Harley-Davidson.

    « Je suis fana mili », rit-il souvent. En 1984, en soutien à la révolution sandiniste, Lallement s’était rendu au Nicaragua : comme une partie de l’extrême gauche, le CERES y envoyait les jeunes aider à résister à l’impérialisme américain. Pourquoi donc n’avoir pas « fait » l’armée, plutôt qu’une école de commerce ? Faute de guerre. Les trois générations qui l’ont précédé ont eu chacune la leur. Son arrière-grand-père a combattu en 1870, son grand-père en 1914 – le préfet a gardé ses courriers adressés au ministère de la guerre au sujet d’une Légion d’honneur qui ne venait pas –, son père durant la seconde guerre mondiale. L’imaginaire de Didier Lallement est peuplé de fantômes. « Verdun, Chartres… Il y a des ossements de Lallement partout, même en Italie. »

    Un oncle à Monte Cassino
    Ils ont failli lui coûter cher. Le samedi 16 novembre 2019, acte 53 des « gilets jaunes », des manifestants s’en prennent à la stèle du maréchal Juin, aux abords de la place d’Italie. Quoi ? Ils ont profané un héros de la guerre d’Italie ! Dans la salle de commandement de la Préfecture de police où il prend désormais place tous les samedis, face aux écrans de contrôle, le sang du préfet Lallement ne fait qu’un tour : l’un de ses oncles a été tué lors de la bataille de Monte Cassino, en 1944, sous les ordres de celui qui dirigeait le corps expéditionnaire français. Didier Lallement ne connaissait pas le monument mais, dès le lendemain, il décide de venir rendre les honneurs sur place, blouson sur le dos, casquette sur la tête, au garde-à-vous.

    Alors qu’il s’éloigne, une femme l’interpelle. « Je savais que c’était le préfet de police, on le voit partout à la télé, raconte au Monde Laetitia Bezzaouia, 61 ans, qui se présente comme responsable d’une association d’aide aux victimes. Moi, je parle à tout le monde. » Cette habitante du XIIIe arrondissement s’apprête à attraper un bus pour faire son marché à La Courneuve, où « il y a des supertrucs pas cher ». Le préfet tend sa main. « Comment ça se fait que vous arrivez pas à les arrêter les black blocks ? », interroge Mme Bezzaouia. « On les a arrêtés », répond Lallement. Le dialogue s’engage quand, tout à coup, l’œil du préfet aperçoit un pin’s « gilet jaune » sous l’écharpe de son interlocutrice, et son sac fluo « I love Paris ».
    – Vous avez un joli gilet jaune, lance le préfet, comme s’il s’était fait prendre.
    – Oui, je suis “gilet jaune”, répond Mme Bezzaouia.
    – Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp, madame, cingle Didier Lallement, qui reprend illico sa route et jette un « ça suffit » martial en guise de salut.

    Une équipe de BFM-TV a surpris la longue silhouette de Didier Lallement. La scène tourne en boucle sur les réseaux. Une amie fidèle gronde le préfet : « A quoi ça sert de jouer le caïman à sang froid si c’est pour prendre un coup de chaud à la première occasion ? » Ceux qui n’ont pas oublié que Lallement ne vient pas de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et du sérail, les jaloux et ses nombreux ennemis s’en donnent à cœur joie : enfin, la saynète montre sa vraie nature. « Que voulez-vous, il les a coiffés au poteau en se montrant odieux avec tout le monde », s’amuse une préfète. « Lallement est un stratège sans manières. Il sait affirmer la place de l’Etat mais a des manières de brute », résume un commissaire.

    « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime à dire le préfet de police.
    Aux réunions du conseil de Paris, on se fait mal à sa nonchalance. Le préfet de police est contraint, statutairement, d’y assister : il reçoit une partie de son financement des caisses de la mairie. Dire que Didier Lallement s’y ennuie est un euphémisme. Il s’y morfond. Pouce dans la ceinture, vaguement avachi, œil vague dernière ses fines lunettes, il répond négligemment aux questions des élus sans prendre aucune note. Ses relations avec Anne Hidalgo deviennent vite exécrables. « Mon patron, c’est le ministre de l’intérieur, ce n’est pas la maire de Paris », oppose-t-il. D’ailleurs, il juge « surannée » cette présence imposée au conseil municipal de la capitale.

    Le temps d’un drame, Anne Hidalgo et lui ont pourtant fait la paix. Une vraie trêve. Le 3 octobre 2019, six mois après l’installation de Lallement, Mickaël Harpon, l’un des agents de la direction du renseignement, est abattu dans la cour de « sa » Préfecture, après avoir assassiné quatre fonctionnaires au couteau. Didier Lallement débarque immédiatement sur la scène de crime. « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime-t-il dire. Le spectre d’une infiltration islamiste au cœur de l’institution censée incarner la sécurité se met à planer sur l’île de la Cité.

    Trois mois plus tard, Cédric Chouviat, livreur à moto, père de cinq enfants, meurt après un plaquage au sol par quatre fonctionnaires lors d’un banal contrôle routier. En ce mois de janvier 2020, la polémique sur les violences policières repart de plus belle et Didier Lallement se retrouve pointé du doigt, d’autant que l’épisode de la place d’Italie n’est pas oublié. A l’issue de ses vœux à la presse, le 15 janvier, Emmanuel Macron lui décoche un petit blâme : « La police, ce n’est pas un camp », confie le chef de l’Etat à quelques journalistes qui l’interrogent sur le préfet. « Une faute », reconnaît ce dernier devant Le Monde. Vite pardonnée.

    Depuis 2002, Dominique Perben fait sa carrière
    « Aucun problème Lallement », assure son ministre de tutelle, Christophe Castaner, le 19 février. Didier Lallement fait partie de ces grandes gueules volontiers impolies, irrespectueuses ou « provos » que la macronie dit « disruptives », dont Emmanuel Macron raffole, et qui peuplent déjà le quinquennat. Entre le général Jean-Louis Georgelin, chargé de surveiller les travaux de reconstruction de Notre-Dame, et le nouveau préfet de police de Paris, flotte un air de famille. Le nouveau pouvoir excuse facilement leur mépris des politiques ou des experts et leurs excès, puisqu’ils sont là pour ça. Et eux savent qui les a nommés.
    L’histoire était restée secrète. Nous sommes le samedi 16 mars 2019. Dominique Perben rentre chez lui, près de la place de l’Etoile. Excédé. Une nouvelle fois, c’est l’émeute dans son quartier. La tenture du Fouquet’s, la fameuse brasserie des Champs-Elysées, a pris feu. Vers 19 heures, l’ancien ministre de la justice, un RPR devenu macroniste, dégaine son téléphone et envoie un message sur le numéro privé du chef de l’Etat. « Monsieur le Président… » Comment, avec les hommes qu’il a, peut-il rétablir l’ordre ? Deux minutes plus tard, petit bip, message : « Qui voyez-vous ? »

    Dominique Perben ne met pas longtemps à répondre. Depuis 2002, il fait la carrière de Didier Lallement. A son arrivée place Vendôme, Lallement est le seul directeur à rester en place, aux prisons. Deux ans plus tard, Perben supplie Nicolas Sarkozy de lui redonner un poste de préfet. « Ton mec, il est de chez Chevènement ! », râle le ministre de l’intérieur. « Alors nomme-le chez moi en Saône-et-Loire », répond Perben, qui l’accueille à Mâcon. En 2005, Perben lui propose de diriger son cabinet au ministère de l’équipement et des transports. « Il faut que j’en parle à Chevènement », répond Lallement. « Moi à Chirac », rit Perben. A l’équipement, Lallement supprime la direction des routes, fusionne le corps des ponts et du génie rural, impressionne son ministre. Ce 16 mars 2019, sur son téléphone, Perben glisse donc un nom à Macron : « Lallement ».

    Campagne et visite de courtoisie
    Emmanuel Macron connaît déjà le bonhomme : il l’a reçu en 2017, après l’élection présidentielle. Les hauts fonctionnaires aguerris se comptent sur les doigts d’une main, et le nouveau chef de l’Etat se mêle personnellement de la nomination des directeurs comme des préfets. Lallement est alors à la Cour des comptes. Il a quitté depuis trois ans le secrétariat général de la Place Beauvau. Avec Manuel Valls, les affaires roulaient, même si la relation avec Thierry Lataste, son directeur de cabinet, était tendue. Mais sous Bernard Cazeneuve, le courant ne passait pas. Ses visites de courtoisie à l’Elysée, Matignon ou l’intérieur pour gagner l’île de la Cité après la retraite de Bernard Boucault, à l’été 2015, avaient agacé tout le monde. « Mener une vraie campagne pour devenir PP, ça ne se fait pas du tout », rapporte un témoin. Ses efforts ne paient pas, et Lallement négocie seul sa nomination à la Cour, où il ronge son frein.
    La victoire d’Emmanuel Macron lui offre la chance de sortir du purgatoire. « L’Etat que je rencontre en 2017 me plaît, dit-il. Il a le souci des réformes. » Comme tout le monde, le nouveau président de la République a entendu parler des ambitions de Didier Lallement. Il pourrait lui confier les Pays de la Loire, où les zadistes de Notre-Dame-des-Landes donnent du fil à retordre à l’Etat, ou bien la région PACA. Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, n’est pas chaud. Bordeaux, alors ? Averti, son maire Alain Juppé sonne Perben, qui l’a aidé lors de sa campagne des primaires du parti Les Républicains : « Dis donc, il paraît qu’on m’envoie un nazi ? » Perben éclate de rire et tresse l’éloge de son ami.

    La fin du récit, on peut la lire dans l’escalier qui mène à son bureau. Le nouveau venu y a fait installer côte à côte tous les portraits de ses prédécesseurs, comme c’est l’usage dans les autres préfectures, et déjà ajouté le sien. « Regardez les dates des nominations, glisse-t-il à un visiteur. Notez que cela correspond souvent à des moments de crises dans l’histoire de la République. » En 2017, c’est une banale chute de vélo de Michel Cadot, le préfet en place, qui avait propulsé Michel Delpuech. Le nouveau PP est certain de ne pas être le fruit d’un accident, mais l’homme du moment. Il fouille dans sa formation de base pour citer Marx dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte : « Les hommes font l’histoire, ils ne savent pas l’histoire qu’ils font. »

    #Police #maintien_de_l'ordre #répression #paratonnerre

  • Sos macronie en perdition ? Le poids des (non) mots, le choc des photos par Arnaud Benedetti
    https://www.atlantico.fr/decryptage/3587479/sos-macronie-en-perdition--le-poids-des-non-mots-le-choc-des-photos-emmanu

    Des retraites aux gaffes de Christophe Castaner en passant par les photos polémiques du président aux côtés d’une femme voilée ou avec un T-shirt dénonçant les violences policières, une succession de couacs atteignent le cœur de la promesse du nouveau monde.

  • Humour, lucidité et dérision ! L’argumentaire qui vient à point.
    https://www.youtube.com/watch?v=Q20YpG71Fc4&feature=youtu.be

    En meeting à Toulouse avec Manuel Bompard le 20 février 2020, Jean-Luc Mélenchon a littéralement dégommé la retraite à points voulu par Emmanuel Macron. Il a expliqué combien le plan du président de la République était bancal : rien n’est connu dans la retraite à points ! Ni la valeur d’achat du point, ni celle de sa revente. Avec humour, il a détaillé le caractère absurde de la situation et a expliqué qu’au final, ce serait le gouvernement qui déciderait de tout avec un unique objectif : l’équilibre financier !

  • Municipales 2020 : le « stress » du #logement s’invite dans les campagnes
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/02/21/municipales-2020-le-stress-du-logement-s-invite-au-menu-des-campagnes-des-gr

    « Tant que les difficultés pour se loger ne touchaient que les pauvres, peu s’en souciaient, mais maintenant que les classes moyennes, le cœur de la société française, sont concernées et que se loger devient une angoisse, le sujet émerge », analyse Michel Lussault, professeur à l’Ecole normale supérieure de Lyon, qui appelle ce phénomène le « stress social résidentiel ».

    Pour ce spécialiste de la géographie urbaine, « la cherté du logement n’est d’ailleurs pas qu’un problème des grandes villes françaises, il est mondial. Dans les grandes métropoles, le marché du logement est devenu pathologique, très spéculatif ». En toute indifférence pour le fait que la hausse des prix chasse des villes les habitants qui ne peuvent plus suivre.

  • Il faut apprendre aux petits garçons qu’ils ne sont pas le centre de l’univers | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/187230/education-positive-sexisme-petits-garcons-centre-univers-maitrise-emotions

    A priori, l’éducation positive apprend à l’enfant qu’on respecte ses limites, son corps, ses envies. A priori, par son refus de la contrainte, l’éducation positive se marie à merveille avec la culture du consentement. A priori, l’éducation positive a toujours été unigenre, s’appliquant exactement de la même manière aux filles et aux garçons. Donc tout devrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes possible.

    Seulement voilà, il y a ce détail qui s’appelle le réel. Et dans le réel, je vois de nombreux cas où ces principes éducatifs ne sont pas loin de produire des petits masculinistes en série. Selon certain·es, il semblerait que l’absence de contrainte amène à écraser les autres, que l’épanouissement individuel autorise à oublier autrui et à être le centre du monde.

    Par exemple, le volume sonore. L’enfant est libre de s’exprimer. Alors il le fait, il prend toute la place sonore. Il prend également tout l’espace physique. Dégagé de toute contrainte, il pousse des hululements en grimpant au mur. Sans entrave physique, il s’épanouit –au détriment du reste de la population qui l’entoure.

    Si j’avais une fille, j’imagine que je l’encouragerais à prendre plus de place, à se déployer physiquement. Il se trouve que j’ai des garçons, et que ma vigilance s’exerce exactement à l’inverse : leur apprendre à laisser de la place aux autres.

    Alors oui, je pratique une éducation genrée. Mais je le fais parce que nous ne vivons pas dans un monde abstrait. Mes enfants évoluent dans une société qui encourage les garçons à prendre toute la place. Alors je contrebalance.

    Il faut également apprendre aux garçons le contrôle de soi. C’est un exercice d’équilibriste délicat : il s’agit à la fois d’insister sur le fait que les garçons ont évidemment le droit de pleurer et d’exprimer leurs émotions, et dans le même temps, de leur dire qu’ils doivent apprendre à se contrôler pour respecter les gens qui les entourent. Salut les injonctions contradictoires.

    Mais là encore, il faut s’adapter à l’âge de l’enfant et tenir compte des différences entre les émotions. Un accès de tristesse, une peur, une jalousie ne se gère pas de la même façon que la bonne grosse colère liée à la frustration.

    #éducation #famille #enfants #garçons #féminisme

  • #Chômage et macronisme : l’envers du décor | Jean-Luc Mélenchon
    https://melenchon.fr/2020/02/19/chomage-et-macronisme-lenvers-du-decor

    Voilà où nous conduit Macron : dans le monde des jobs payés 500 euros par mois, où l’on peut vous désactiver du jour au lendemain, sans autre forme de justification. La baisse apparente du chômage cache une dégradation sans précédent des conditions de vie et de travail des Français.

  • « Supprimer le départ anticipé, c’était pas le deal » : aux côtés des égoutiers, trahis par la réforme des retraites
    https://www.bastamag.net/https-www-bastamag-net-aux-cotes-des-egoutiers-trahis-reforme-retraites-ly

    Le seul avantage dont bénéficient les égoutiers est leur retraite anticipée. Celle-ci est aujourd’hui menacée. La réforme des retraites ? « Dégueulasse », estiment ces ouvriers qui passent 900 heures sous terre chaque année, et ont une espérance de vie de treize ans inférieure à celle des cadres. Reportage à Lyon de notre partenaire #L'âge_de_faire. L’agent soulève la lourde plaque qu’il dépose à côté du trou béant. S’en échappe une vapeur épaisse à l’odeur caractéristique, « l’odeur d’égout ». « C’est pas (...) #Résister

    / A la une, #Reportages, L’âge de faire, #Conditions_de_travail

  • Chine, l’empire du contrôle
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/19/chine-l-empire-du-controle_6030084_3232.html

    Editorial. Sous le couvert de la gravité de la crise du coronavirus, les autorités chinoises renforcent la surveillance de masse et étendent les mesures restrictives des libertés, donnant l’image d’un empire qui évoque plus Big Brother que celle d’une puissance ascendante respectueuse des règles universelles.

    Editorial du « Monde ». Pendant l’épidémie, la répression continue. L’arrestation, ces derniers jours, de deux figures de premier plan de l’opposition chinoise confirme les craintes de nombreux experts, qui redoutent que le régime de Xi Jinping ne mette à profit la peur suscitée dans la population par la contamination du coronavirus pour renforcer durablement le contrôle de la société chinoise.

    L’universitaire Xu Zhiyong, 46 ans, connu pour militer pour l’Etat de droit en Chine et déjà emprisonné de 2014 à 2017, a été arrêté, le 15 février, à Canton, chez une avocate auprès de laquelle il s’était réfugié. Selon le Guardian de Londres, un autre universitaire de renom, Xu Zhangrun, privé de cours depuis qu’il a critiqué, en 2018, la réforme de la Constitution permettant à Xi Jinping de devenir président à vie, a été assigné à résidence à Pékin sans pouvoir communiquer avec l’extérieur.

    En pleine « guerre du peuple » contre le coronavirus, les autorités chinoises, sous le couvert de la gravité d’une situation sanitaire exceptionnelle, renforcent la surveillance de masse et étendent les mesures restrictives des libertés. La pratique systématique du confinement, assurée par le quadrillage d’innombrables volontaires aussi bien que par le recours aux technologies de reconnaissance faciale et d’intelligence artificielle, est largement soutenue par une population prise de panique ; elle a donné lieu, cependant, à des dérapages hors de tout cadre juridique, comme le blocage total de voies d’accès, l’interdiction faite à des habitants de regagner leur domicile ou la diffusion de données personnelles de patients.

    « Renforcer le contrôle de l’information »
    Après une première période où certaines critiques ont pu s’exprimer sur la gestion de la crise, la censure a été renforcée et, début février, les autorités ont annoncé un contrôle accru des réseaux sociaux. L’appareil de propagande du Parti communiste a été prié de « guider l’opinion publique et de renforcer le contrôle de l’information ». Selon l’organisation China Human Rights Defenders, à la date du 7 février, 351 personnes avaient été « punies » pour « propagation de fausses rumeurs » sur le coronavirus. L’expulsion des trois correspondants du Wall Street Journal, annoncée mercredi 19 février, confirme cette tendance.

    La contradiction entre la récente amélioration des chiffres sur la propagation de l’épidémie et le renforcement de la surveillance amène à s’interroger sur les véritables objectifs de celle-ci. Vise-t-elle seulement à protéger la santé de la population, ou permet-elle aussi de limiter encore la liberté des citoyens ? Ces limitations disparaîtront-elles avec l’épidémie ou bien seront-elles intégrées au dispositif ordinaire ? La multiplication des mesures récentes décrites plus haut, ainsi que les nouveaux avertissements lancés aux médecins, ou les cours organisés dans certaines villes de la province du Hubei, épicentre de l’épidémie, pour « rééduquer » ceux qui osent sortir de chez eux sans autorisation ne sont certainement pas de bon augure.

    Cette inquiétude est renforcée par les récentes révélations, par plusieurs médias, dont Le Monde, sur l’ampleur de la répression des musulmans ouïgours dans la province chinoise du Xinjiang, sous prétexte d’un programme de « déradicalisation » à grande échelle. Le recours massif à des bases de données de fichage de la population pour aboutir à l’internement d’un million de personnes au Xinjiang, ajouté à la surveillance de masse due au coronavirus, donne l’image d’un empire du contrôle qui évoque plus Big Brother que celle d’une puissance ascendante respectueuse des règles universelles.

    • Authoritarianism is the greatest public health risk | TheHill
      https://thehill.com/opinion/healthcare/484190-authoritarianism-is-a-public-health-risk

      Repeated global health crises in China have shown that free speech and the inclusion of civil society are vital to discovering and disseminating an antidote for infectious diseases. Without them, medical professionals are muzzled, health providers kept in the dark and citizens left vulnerable.

      When I lived in Hong Kong, I worked with brave HIV/AIDS activists in mainland China. I watched as the Chinese government harassed activists. The Chinese government has continued to systematically target civil society organizations focused on marginalized communities. It is no surprise that in 2018 there was a 14 percent jump in new cases of HIV/AIDS in China. 

      Before SARS rapidly spread across China and the world, respected medical leader Dr. Jiang Yanyong raised the alarm on the disease. The government did the opposite, allowing the virus to spread. With Beijing trying to hide the health risks, Dr. Jiang warned foreign colleagues and the press. Those actions alerted the world to the SARS epidemic that would ultimately kill 774 people globally. But Dr. Jiang was subsequently punished and is under house arrest today.

      Adam Nelson is a senior adviser at the National Democratic Institute (NDI).

  • La République Inaltérable : « La bite qui cache la forêt »

    Un bien bel épisode ce matin !

    A écouter sans modération.

    https://player.acast.com/archives-time-to-blast/episodes/la-bite-qui-cache-la-foret


    Retrouvez Alexis Poulin et son équipe pour un décryptage libre, incisif et sans concession de l’actualité politique.

    Une baladodiffusion du Monde Moderne, sur une idée presque originale d’Antoine Gouritin.

    Le Monde Moderne

    https://larepubliqueinalterable.top

    On ne se rend vraiment compte de la préciosité de l’oxygène que lorsqu’on se sent étouffé !

    https://www.lemediatv.fr/emissions/les-emissions-speciales/kollekthon-un-autre-monde-est-possible-nIoFojLtSLK_gZ6ilzfk3A

    #censure #réseaux_sociaux