marielle đŸš©đŸŒžđŸš©

« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • « En Gironde, l’indĂ©cence de La Poste Ă©clate au grand jour. » Billet d’un facteur parisien
    ▻https://www.revolutionpermanente.fr/En-Gironde-l-indecence-de-La-Poste-eclate-au-grand-jour-Billet-

    AprĂšs les incendies en Gironde, la Poste force ses salariĂ©s Ă  rĂ©cupĂ©rer les heures ratĂ©es. Une dĂ©cision indĂ©cente, qui est seulement la pointe Ă©mergĂ©e de l’iceberg selon un facteur parisien.

    Depuis quelques jours, une nouvelle choque : La Poste veut faire rattraper les heures non travaillĂ©es Ă  nos collĂšgues de Gironde. Nos collĂšgues qui n’ont pas pu travailler et dont beaucoup ont dĂ» eux-mĂȘmes ĂȘtre Ă©vacuĂ©s se voient infliger une triple peine. Ta rĂ©gion brĂ»le, tu Ă©couleras ensuite le courrier non distribuĂ©, au dĂ©triment de ton dos et de tes conditions de travail – dĂ©jĂ  bien attaquĂ©es –, et tu devras enfin rattraper les heures non travaillĂ©es. Alors mĂȘme que le groupe La Poste fait des bĂ©nĂ©fices annuels de plus d’un milliard et aurait pu mettre les postiers en autorisation spĂ©ciale d’absence sans aucun problĂšme.

    Le groupe La Poste, ou l’indĂ©cence aux manettes

    Un management sans scrupules de la part d’une entreprise sans scrupules qui nous rĂ©organise en permanence – quels que soient les mĂ©tiers – pour supprimer des emplois et faire du profit. Ce mĂȘme groupe La Poste organise aussi l’exploitation de sans-papiers dans ses entrepĂŽts de colis et dans la sous-traitance pour les distribuer. Il est responsable de trop nombreux suicides de collĂšgues, ainsi que de la mort de Seydou Bagaga livreur de colis dĂ©cĂ©dĂ© d’une noyade en 2013 en livrant un colis. N’oublions pas tous les contrats prĂ©caires utilisĂ©s comme variable d’ajustement lors des rĂ©organisations et jetĂ©s de l’entreprise du jour au lendemain.

    Depuis l’annonce du traitement infligĂ© aux postiers de Gironde, une sĂ©quence mĂ©diatique s’est ouverte : plusieurs mĂ©dias (BFMTV, Franceinfo, ICI) ont Ă©voquĂ© le sujet. Le 20 heures de France 2, de mercredi, y a consacrĂ© un sujet. Ces reportages sont courts mais laissent une image peu flatteuse de l’entreprise et ne se bousculent pas pour dĂ©fendre sa politique.

    MĂȘme dans les rĂ©dactions des mĂ©dias bourgeois, imposer le rattrapage des heures non travaillĂ©es pendant les incendies a choquĂ©. Cela a surtout dĂ» choquer les millions d’usagers qui ont eu accĂšs Ă  cette information en allumant leurs tĂ©lĂ©viseurs ou leurs radios ! Pour une fois, la politique du pire de La Poste ne reste pas sous le tapis et prend un peu la lumiĂšre. Ce qui est intĂ©ressant aussi, c’est que La Poste assume son indĂ©cence et ne fait pas machine arriĂšre, peu importe le coĂ»t pour son image.

    Pour mes collĂšgues et moi, cette tyrannie n’est pas une surprise. Elle reflĂšte ce qu’est le management au quotidien de La Poste, et c’est contre cela que nous nous battons tous les jours. Nos tournĂ©es de facteurs ne cessent de s’allonger, les guichetiers se voient imposer des plannings fait par l’IA, en plus de la fermeture de bureaux et des suppressions de postes... Nous subissons ça, alors que nous sommes payĂ©s avec des salaires de misĂšre et sans aucun avantage.

    Je suis facteur depuis 10 ans et je n’ai jamais eu un timbre gratuit... juste le droit de gagner 1550 euros par mois. Tous les jours de l’annĂ©e, en tant que syndicaliste, c’est la course aux impayĂ©s et pour faire face Ă  des problĂšmes RH plus ridicules les uns que les autres. Une exploitation XXL au service du profit, le service public et le bien des usagers et usagĂšres attendront ! Pourvu que l’oseille rentre dans la caisse.*

    Parce que du fric, il y en a pour La Poste. Plus de 6 milliards de bĂ©nĂ©fices rĂ©alisĂ©s ces 5 derniĂšres annĂ©es... soit 3,39 millions d’euros de bĂ©nĂ©fices par jour sur cette pĂ©riode ! Dimanche et jours fĂ©riĂ©s inclus, Ă©videmment. La PDG en poste depuis quelques mois a d’ailleurs d’ores et dĂ©jĂ  croquĂ© dans la pomme, fruit de notre travail, Ă  nous, la classe utile. Son mandat se termine en 2030 et, quand il se terminera, elle touchera 450 000 euros de parachute dorĂ© (soit un an de salaire d’un/une PDG de La Poste) et si elle est dĂ©bauchĂ©e avant, ça sera 900 000 euros !

    De l’argent, il y en a toujours pour les dirigeants, leurs frais annexes (des luxueux bureaux jusqu’au cafĂ© gratuit), mais quand des facteurs, factrices et guichetiers voient leur rĂ©gion littĂ©ralement brĂ»lĂ©e, il faudrait surtout rattraper les heures pour pouvoir les payer.
    Ce n’est pas compliquĂ© : avec le fric que fait La Poste, les collĂšgues de Gironde pourraient ĂȘtre payĂ©s pendant six mois Ă  ne rien faire que cela ne poserait aucun problĂšme aux finances du groupe.

    Trop souvent, La Poste a bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’isolement qui touche tous les services. Ainsi La Poste peut mettre ses casseroles sous le tapis, et surtout Ă©viter des grĂšves et des convergences. Nous sommes 200 000, mais, force est de constater, que nous sommes repliĂ©s sur nous-mĂȘmes, service par service.

    Je suis facteur, et je ne connais quasiment aucun guichetier de bureau de poste dans Paris. Ce n’est pas une faute individuelle, c’est le rĂ©sultat d’une casse du collectif de travail bien pensĂ©e.
    Et c’est une rĂ©ussite pour l’instant. C’est pour cela que La Poste avance aujourd’hui en confiance : rĂ©organisations, horaires variables, retour des suicides, etc., le roulement compresseur continue sa marche.

    Mais cette dynamique n’a pas vocation Ă  ĂȘtre Ă©ternelle, et pour rompre l’isolement, Ă  l’intĂ©rieur de l’entreprise comme vers l’extĂ©rieur, on ne peut que se lier entre nous. Facteurs de diffĂ©rents centres de tri, de la rĂ©gion parisienne jusqu’à en Gironde, travailleurs en CDI et prĂ©caires, usagers et travailleurs, si nous unissons nos forces, on peut en finir avec ce systĂšme imposant un service public dĂ©faillant et des travailleurs en burn-out.

  • Mathieu Pigasse porte beau
    ▻https://blog.mondediplo.net/mathieu-pigasse-porte-beau

    Ça, on ne pourra pas dire le contraire : costumes de bon faiseur, chaussures semi-pointues — et mĂȘme hoodie, pour les jours canaille ! La street cred, wesh — la Wall Street cred. Mathieu Pigasse porte beau, et en plus il voit loin. Alain Minc, qui a Ă  peu prĂšs tout ratĂ© dans sa vie, et n’a plus que les Ă©vocations pour s’occuper, se souvient avoir reçu le jeune Mathieu, peut-ĂȘtre venu lui baiser l’anneau, en tout cas lui dire son dĂ©sir de devenir prĂ©sident de la rĂ©publique — comme l’autre fada. Au nombre des flĂ©aux du macronisme il faut donc compter la licence donnĂ©e aux banquiers d’affaire de se rĂȘver prĂ©sident de la rĂ©publique. Du capital financier au sommet de l’Etat : un raccourci de l’époque. On sait comment l’autre s’y prit — Mathieu a eu le temps de remĂącher sa rancƓur. Lui aussi bientĂŽt. Mais par d’autres voies. Pas comme l’usurpateur par le soutien ouvert, unanime, dĂ©goĂ»tant de la presse bourgeoise mobilisĂ©e : dans un mouvement plus ample, parti de plus loin, plus « subtil » — qu’on n’aurait pas vu venir.

    De loin donc, avons-nous dit. Avec une radio. Qui verrait mĂšche Ă  une radio ? Bien emballĂ©e pourtant, une radio, ce sont des fondations. Par exemple, la bande Ă  Meurice : une dalle de bĂ©ton. Surtout les enfants, lĂąchez-vous bien, autant que vous pouvez mĂȘme, c’est la phase wesh du plan. Disons : la phase chauve-souris de La Fontaine : quand je mitonne une fusion-acquisition, je suis souris, vivent les rats ; maintenant je suis oiseau, voyez mes ailes. Laissez de cĂŽtĂ© les fees et les deals, Ă©coutez Radio Nova, prenez la mesure de tout ce que je laisse faire et dire, concluez Ă  l’évidence : je suis de gauche, et de gauche un peu mon neveu. Banquier d’affaire, sale Ă©tiquette, l’autre ne s’en est jamais dĂ©fait, je ne ferai pas la mĂȘme erreur et je ne pleurerai pas le dĂ©tergent. Deux saisons de La DerniĂšre, s’il me reste des traces de costume Ă  rayures, c’est Ă  dĂ©sespĂ©rer de la chimie.

    Pour faire de gauche, Mathieu avait commencĂ© au cabinet de DSK — ça n’était pas fameux. Du reste, ça n’empĂȘche pas de rester bons amis : on part bras dessus bras dessous au Gabon pour y faire du conseil — et pourquoi pas un peu de business au passage. Le passĂ©, le prĂ©sent — peu importe. Maintenant, il est installĂ©. On peut y croire. OĂč en sommes-nous ? Wesh, c’est fait, on peut aborder la phase 2 : « je suis prĂ©sidentiable ». Phase peu coĂ»teuse Ă  ce stade. D’abord parce que se dĂ©clarer prĂ©sidentiable est dĂ©sormais Ă  la portĂ©e du premier clampin Ă  notoriĂ©tĂ© – il en a. Ensuite parce qu’il y met les formes : je suis le prĂ©sidentiable barycentrique — dit-il. Barycentre de quelle aire, ça n’est pas prĂ©cisĂ©. Avec MĂ©lenchon dedans ? Sans ? Inutile de s’encombrer de dĂ©tails, on va faire un dĂ©bat avec Glucksmann, lui au moins il est parti suffisamment loin Ă  droite pour ne pas disputer le barycentre. Tout ça est parfaitement grotesque, ça n’a aucune importance — Mathieu lui-mĂȘme ne mettrait pas un bouton de culotte sur cette candidature-lĂ , et pour cause : elle n’est pas faite pour aboutir. AprĂšs l’installation « Ă  gauche », elle est faite pour installer dans le paysage politique. Et ça aussi, maintenant, c’est fait. Phase 3.

    PrĂ©sidentiable, c’était du flan bien sĂ»r. Mais ministrable, c’est du sĂ©rieux. Mathieu est 1) Ă  gauche, 2) dans le paysage, donc il est ministrable. On pourrait dire : ministrables, il n’y a jamais eu pĂ©nurie. Sans doute, mais lui a un prospectus — et un prospect. Si l’on est sĂ©rieux deux minutes, on ne va pas faire la danse du ministrable Ă  François Hollande ou Ă  Bernard Cazeneuve. On va la faire lĂ  oĂč des emplois ont le plus de chances de s’ouvrir : Ă  LFI. VoilĂ  le prospect. Maintenant le prospectus : vous avez besoin de moi. J’ai bien montrĂ© mes ailes, mais c’était pour la galerie, souvenez-vous que je suis surtout souris. Or : les costumes Ă  rayures parlent aux costumes Ă  rayures. Sachant par ailleurs que : vous aurez Ă  leur parler. Au reste : vous leur parlez dĂ©jĂ . Jean-Luc MĂ©lenchon dĂ©bat avec les petits et moyens patrons sur LCI, dĂźne avec les grands. Rien que de trĂšs logique — et de trĂšs cohĂ©rent avec votre ligne : votre anticapitalisme est d’une variante Ă©trange qui ne veut pas dire abolir le capitalisme. Donc y rester — sans doute pas sans y rien faire, mais y rester quand mĂȘme. C’est une ligne qui se tient parce que, sortir du capitalisme, beaucoup de monde sait le dire, mais peu savent le penser. On ne voit pas au surplus que la sociĂ©tĂ© en Ă©mette une impĂ©rieuse demande. Donc on y restera. Et par consĂ©quent dans ses institutions politiques. OĂč l’on n’a d’autre possibilitĂ© que de passer des compromis — avec le capital. Et pour passer des compromis : parler. Se parler. Or, pour leur parler, vous avez besoin d’un truchement, comme disait Montaigne. Non pas que vous ne puissiez pas vous-mĂȘme, mais que vous pourrez mieux. Le truchement, c’est moi. C’est moi tout naturellement puisque je suis des leurs. Je n’y fais peut-ĂȘtre pas l’unanimitĂ© — mais qui la fait ? —, on m’y tient pour un excentrique, on me passe difficilement mes moments wesh et mes dĂ©monstrations de gauche ; tout de mĂȘme : je suis des leurs. Je sais comment on se parle chez ces gens-lĂ , je sais parler comme eux (en rĂ©alitĂ©, je ne fais que ça), alors voilĂ  : j’aurai leur oreille. J’aurai leur oreille pour y verser vos messages. Ministre du truchement, on ne le dira pas comme ça mais ce sera la rĂ©alitĂ© — et puis c’est la classe littĂ©raire. VoilĂ  ce que je vous propose, voilĂ  mon offre de service, et je vous dis que vous en aurez besoin. Parce que, mine de rien, votre affaire s’annonce un peu agitĂ©e dans ces milieux, on ne vous y aime pas beaucoup (mettez-vous Ă  leur place), certains auraient mĂȘme la sourde intention de tout jeter contre vous, je n’en serais pas autrement surpris. Qui saura avoir leur oreille de votre part, les rassurer, les disposer, vous sera prĂ©cieux. Je suis prĂ©cieux.

    Ce que ne vous dit pas mon, prospectus, c’est ce que moi je leur dirai : « ne vous inquiĂ©tez pas, je suis dans la place — Bercy, c’est la salle des machines, le reste ne compte pas —, je veille Ă  ce qu’« ils » ne fassent pas n’importe quoi, vous me connaissez, je pĂšserai, il n’y aura pas d’embardĂ©es.

    Mathieu (re)vient de loin, et il voit loin aussi. Ministre du truchement, c’est drĂŽle mais ça durera moins longtemps que les contributions. Il sait dĂ©jĂ  qu’il sortira, quand, et pour quoi faire. Ce sera la phase 4. Le timing est important : rester suffisamment longtemps Ă  trucher mais pas trop non plus — deux bonnes annĂ©es ? Et puis partir sur un bon gros prĂ©texte : « Je ne peux plus cautionner ces excĂšs ». Pour s’en retourner parmi les siens, plein d’usage et raison, lĂ  oĂč on a toujours Ă©tĂ© : Ă  gauche de droite, ou Ă  droite de gauche, c’est pareil, bref Ă  droite, c’est-Ă -dire Ă  l’endroit oĂč l’on ravaude par ici, on passe la loque par-lĂ , mais oĂč jamais l’on ne touche au capitalisme, la machine Ă  dĂ©gueulasser. « Nous l’avions perdu un moment, nous le retrouvons tel qu’en lui-mĂȘme : en hoodie mais raisonnable » : voilĂ  comment je serai accueilli, se dit Mathieu. Oh le bel arc, oh l’élĂ©gante trajectoire : parti amuseur radiophonique, passĂ© par prĂ©sidentiable Ă  moins d’un bouton de culotte, puis de lĂ  Ă  ministrable pour de bon, suivi de ministrĂ© rĂ©el, pour enfin dĂ©boucher sur prĂ©sidentiable mais cette fois sĂ©rieux. Affaire bouclĂ©e en moins de dix ans, c’est pĂ©pĂ© Minc qui va ĂȘtre fier. En attendant Mathieu contemple par anticipation sa courbe irrĂ©sistible, sa subtilitĂ©. Ne lui disons pas tout de suite qu’elle a la furtivitĂ© d’un 38 tonnes repeint fluo, Ă©quipĂ© d’une corne de brume. On espĂšre bien qu’il ne se produit aux Amfis que pour y ĂȘtre promenĂ©. Plus, ce serait trop.

    Frédéric Lordon

  • Le RN, alliĂ© indispensable de la Macronie pour faire passer ses lois Ă  l’AssemblĂ©e nationale
    ▻https://www.humanite.fr/politique/assemblee-nationale/le-rn-allie-indispensable-de-la-macronie-pour-faire-passer-ses-lois-a-lasse

    Faute de majoritĂ© depuis 2024, les macronistes font adopter leurs lois anti-Ă©cologiques et sĂ©curitaires grĂące aux voix de l’extrĂȘme droite. Les deux blocs ne manquent jamais de se retrouver Ă©galement pour faire barrage au travail d’amendement de la gauche.

    Être privĂ© de majoritĂ© oblige Ă  des compromis. Avec les macronistes, il s’agit davantage de compromissions. Depuis les Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es de 2024, le rapprochement Ă  l’AssemblĂ©e nationale entre le camp prĂ©sidentiel (Renaissance, Modem, Horizons), les conservateurs (« Les RĂ©publicains ») et les partis d’extrĂȘme droite se prĂ©cise.

    De nombreux textes du « socle commun » – Macronie et LR – ont Ă©tĂ© adoptĂ©s grĂące aux voix du Rassemblement national (RN) et de leurs alliĂ©s ciottistes de l’Union des droites pour la RĂ©publique (UDR). Un signe de leur convergence, notamment sur l’économie de marchĂ© et la politique de l’offre. Mais aussi du virage droitier d’une Macronie qui n’a jamais envisagĂ© de gouverner sur sa gauche, mĂȘme si le Nouveau Front populaire (NFP) est arrivĂ© en tĂȘte des lĂ©gislatives.

    L’étĂ© de toutes les compromissions

    Les votes du mois de juillet 2026 en sont une nouvelle parfaite illustration. Que ce soit la loi d’urgence agricole, qui rĂ©introduit l’usage de deux pesticides prohibĂ©s, la loi sĂ©curitaire dite « Ripost » ou celle sur la prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense des policiers (qui introduit un « permis de tuer », dĂ©nonce la gauche), ces textes soutenus par le gouvernement ont tous obtenu une majoritĂ© de circonstance grĂące au concours des voix du RN et ...

    #abonné.e.s

  • #BrĂ©sil : la #dĂ©forestation de l’#Amazonie atteint son plus bas niveau en dix ans, une victoire pour Lula - RFI
    ▻https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260809-br%C3%A9sil-la-d%C3%A9forestation-de-l-amazonie-atteint-son-plus-bas-ni

    La dĂ©forestation dans l’Amazonie brĂ©silienne avait fortement augmentĂ© sous le mandat de son prĂ©dĂ©cesseur d’extrĂȘme droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

    AprĂšs un pic Ă  10 278 km2 sur l’annĂ©e civile 2022, elle a Ă©tĂ© rĂ©duite pratiquement de moitiĂ© en 2023, premiĂšre annĂ©e du mandat actuel du prĂ©sident de gauche, et la baisse s’est poursuivie les annĂ©es suivantes.

  • Vers un Ă©tat d’exception pour prĂ©parer la guerre
    ▻https://contre-attaque.net/2026/08/09/vers-un-etat-dexception-pour-preparer-la-guerre

    Aucune rĂ©serve, aucune limite. Le Conseil Constitutionnel a validĂ© le 6 aoĂ»t l’intĂ©gralitĂ© des mesures militaristes du gouvernement, en particulier la crĂ©ation d’un « Ă©tat d’alerte de sĂ©curitĂ© nationale », c’est-Ă -dire un Ă©tat d’urgence sans aucune limite de temps et aux contours flous, pour prĂ©parer la guerre. Le Conseil Constitutionnel avait Ă©tĂ© saisi par les dĂ©putĂ©s insoumis, Ă©cologistes et communistes, et n’a finalement rien censurĂ© ni modifiĂ©.

    Dans cette loi, le gouvernement dĂ©bloque aussi 436 milliards d’euros pour l’armĂ©e dans les quatre prochaines annĂ©es. Relisez ce chiffre, et mĂ©morisez-le pour vous en souvenir quand les mĂ©dias oseront encore nous dire qu’il faut se serrer la ceinture, ou qu’il n’y a pas de budget pour les retraites, les hĂŽpitaux ou les Ă©coles.

    Il faut reconnaĂźtre que les macronistes ne chĂŽment pas cet Ă©tĂ©. Vote du « permis de tuer » pour la police calquĂ© sur le RN, vote du permis d’empoisonner en rĂ©introduisant des pesticides interdits, mesures nĂ©olibĂ©rales, nomination d’un militant d’extrĂȘme droite au poste de dĂ©fenseur des droits, instrumentalisation de l’antisĂ©mitisme, doublement des franchises mĂ©dicales
 La validation des mesures militaires en plein mois d’aoĂ»t est la cerise empoisonnĂ©e sur le gĂąteau au glyphosate.

    « L’état d’alerte de sĂ©curitĂ© nationale » est un Ă©tat d’urgence militaire, imposĂ© sans vĂ©ritable dĂ©bat, sans contre-discours, sans opposition dans la rue. Son promoteur, le dĂ©putĂ© macroniste Yannick Chenevard, se vantait d’avoir créé « un espace entre l’état de guerre et l’état de paix », pour rĂ©pondre Ă  « l’hybriditĂ© des conflits ».

    Ce n’est pas suffisamment rappelĂ©, mais en France, nous vivons dĂ©jĂ  dans un rĂ©gime d’exception depuis plus de 60 ans. Un rĂ©gime vertical, autoritaire, destinĂ© Ă  une situation de guerre. La Constitution de la CinquiĂšme RĂ©publique est imaginĂ©e en 1958 pendant la guerre d’AlgĂ©rie, pour donner les pleins pouvoirs au GĂ©nĂ©ral de Gaulle afin de rĂ©gler la « crise ». PrĂ©vue pour ĂȘtre temporaire, cette RĂ©publique s’est figĂ©e, elle n’a jamais Ă©tĂ© remplacĂ©e, c’est une anomalie unique en Europe.

    Notre Constitution comprend des possibilitĂ©s sans Ă©quivalent chez nos voisins : l’article 49.3 qui permet de se passer du vote de l’AssemblĂ©e, l’article 16 qui autorise une dictature prĂ©sidentielle lĂ©gale, l’état d’urgence
 Expliquez Ă  un allemand, un anglais ou un espagnol que, chez nous, un prĂ©sident monarque gouverne depuis des annĂ©es en Ă©tant minoritaire, en ignorant le rĂ©sultat des Ă©lections et en utilisant systĂ©matiquement des mesures de passage en force pour dĂ©cider seul, il tombera des nues.

    Six dĂ©cennies aprĂšs l’instauration de la CinquiĂšme RĂ©publique, c’est un manager sociopathe qui a perdu plusieurs Ă©lections et qui s’accroche au pouvoir comme un morpion Ă  son poil. Et il n’y a aucun recours lĂ©gal contre lui. Mais ce n’est pas encore suffisant puisque le gouvernement Macron voulait son « Ă©tat d’alerte de sĂ©curitĂ© nationale ».

    Ce texte prĂ©voit un nouveau rĂ©gime exceptionnel qui pourrait ĂȘtre dĂ©clenchĂ© « sur tout ou partie du territoire national, par dĂ©cret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle ». Et ces dangers sont volontairement imprĂ©cis : une menace sur « la continuitĂ© des activitĂ©s essentielles Ă  la vie de la Nation et la protection de la population », une menace de nature Ă  « justifier la mise en Ɠuvre des engagements internationaux de l’État en matiĂšre de dĂ©fense » ou encore une menace justifiant un dĂ©ploiement des forces françaises ou alliĂ©es. En lisant entre les lignes, on voit trĂšs bien qu’au nom de la guerre et de « l’unitĂ© nationale », c’est un rĂ©gime autoritaire qui s’installe, et que n’importe quelle contestation pourra ĂȘtre interdite au prĂ©texte de maintenir les « activitĂ©s essentielles Ă  la vie de la Nation ».

    Fin mars, le premier ministre SĂ©bastien Lecornu avait dĂ©jĂ  expliquĂ© qu’il souhaitait permettre le dĂ©ploiement « Ă  bref dĂ©lai », « sur le territoire national », des forces armĂ©es, mais aussi Ă©largir les possibilitĂ© de rĂ©quisitions, non seulement pour l’industrie de l’armement mais aussi pour « l’ensemble d’une chaĂźne logistique civile et sanitaire ». Une Ă©conomie de guerre, une population mise au pas.

    Ce nouvel Ă©tat d’exception pourra permettre de dĂ©roger au droit commun, par exemple d’accĂ©lĂ©rer des projets industriels en suspendant les normes environnementales et les rĂšgles d’urbanisme pour aller plus vite. La ministre des ArmĂ©es parle de construire des hangars pour stocker des Rafales sans passer par les critĂšres du droit commun sur la protection des espĂšces. Un productivisme de guerre Ă  marche forcĂ©e. L’état d’alerte de sĂ©curitĂ© nationale permet aussi des fouilles, restrictions d’accĂšs, Ă©tend les enquĂȘtes administratives et la surveillance algorithmique sur internet.

    Le 16 mars, le Premier Ministre Lecornu prononçait devant les parlementaires un discours d’une rare violence, appelant Ă  militariser la nation. Le point le plus important du discours Ă©tait un passage oĂč il dĂ©taillait la maniĂšre dont « le civil » doit se mobiliser autour du « militaire ». Il expliquait que la solution « ne peut ĂȘtre uniquement budgĂ©taire (
) : elle est aussi organisationnelle, juridique. (
) Elle est aussi politique, intellectuelle et culturelle ». L’État doit donc « se prĂ©parer, se mettre Ă  jour ». En d’autres termes, c’est selon le gouvernement toute la sociĂ©tĂ© qui doit se mettre moralement en situation de se prĂ©parer Ă  la guerre. L’état d’alerte de sĂ©curitĂ© nationale vient lĂ©galiser et officialiser ces annonces.

    Qui sont les individus qui viennent de valider cette infamie ? Le Conseil Constitutionnel est une institution chargĂ©e de veiller Ă  ce que les dĂ©cisions politiques soient conformes Ă  la Constitution, et son sensĂ©s ĂȘtre des garde-fous. En France, il y a des spĂ©cialistes de ces sujets : des savants, des juristes, que l’on appelle des constitutionnalistes. Le Conseil Constitutionnel est-il composĂ© de connaisseurs du droit, indĂ©pendants du gouvernement ? Absolument pas. Il comporte 9 politiciens Ă  la retraite, nommĂ©s par le pouvoir et grassement payĂ©s. Macron vient de placer son ami Richard Ferrand Ă  la tĂȘte de ce Conseil. Un politicien poursuivi en justice, macroniste de la premiĂšre heure qui a jurĂ© fidĂ©litĂ© au prĂ©sident.

    VoilĂ  oĂč nous en sommes : les contre-pouvoirs sont anĂ©antis et l’état d’urgence militaire est validĂ©. Demain, la guerre ou le soulĂšvement.

  • Les impĂ©rialistes, US, France, UK
 ont rĂ©duit les aides contre le VIH, dĂ©pensent sans compter pour des guerres oĂč vivent des populations et les privent de moyens de lutter contre ce virus mortel.
    Le capitalisme, voilĂ  le virus le plus virulent dont souffre l’humanitĂ©.

    ▻https://x.com/LutteOuvriere/status/2083440374630977912

  • « Analyse brillante et nĂ©cessaire. La campagne 2027 est une opportunitĂ© historique pour initier une bascule. »
    Oser vaincre, oser lutter (et pas l’inverse) – Les leçons stratĂ©giques de la non-affaire Barbara Butch
    ▻https://qgdecolonial.fr/oser-vaincre-pour-oser-lutter-et-pas-linverse-les-lecons-strategiques-d

    Pour qui est branchĂ© sur la tragĂ©die humaine, l’affaire Barbara Butch, du moins le souvenir qu’on en a car elle n’est dĂ©jĂ  plus, est un non-Ă©vĂ©nement. Pour qui a une Ăąme, j’entends. Il suffit de penser Ă  cet afflux dĂ©sespĂ©rĂ© de dizaines de milliers de Marocains, grands et petits, bravant la mer au pĂ©ril de leur vie, pour s’en convaincre. LittĂ©ralement, dans le monde rĂ©el – celui d’un capitalisme mondial enragĂ© et d’une violence Ă©tatique dĂ©chainĂ©e – des huĂ©es contre une artiste et des jets de bouteilles (en plastique vides) sur lesquelles enquĂȘte le vaillant journalisme de prĂ©fecture, ce n’est rien. Rien du tout. Mais ces Ă©vidences n’en sont plus lorsque les faiseurs d’opinion sont vent debout pour maintenir les Ă©motions populaires fermement alignĂ©es sur l’intĂ©rĂȘt particulier du bloc au pouvoir mobilisant ainsi toute leur Ă©nergie pour briser une dynamique de rupture. On l’aura compris, toutes les occasions sont bonnes pour faire rendre gorge Ă  la FI. Soit.

    Mais tout cela ne doit pas nous dispenser de nous interroger d’abord sur la nature de cette Ă©trange coalition convertie Ă  la lutte contre la
grossophobie, ensuite sur l’opportunitĂ© de cette mobilisation de boycott en contexte explosif de campagne prĂ©sidentielle et enfin sur le « que faire ? ... »

    ▻https://x.com/AssounSimon/status/2085438870645080446

    LFI a gagnĂ© le respect de beaucoup de militants non insoumis qui comprennent l’agenda politique et les soutiennent.

  • Ceuta : la hogra et le monde qui brĂ»le | Sylvain George
    ▻https://lundi.am/Ceuta-la-hogra-et-le-monde-qui-brule-7665

    À Ceuta, en quelques heures, tout un ordre politique s’est dĂ©couvert. Le pouvoir marocain a laissĂ© apparaĂźtre ce qu’il s’emploie ordinairement Ă  contenir, Ă  disperser ou Ă  maintenir hors du champ visible : l’immensitĂ© du dĂ©sir de dĂ©part qui traverse sa propre population. L’Europe a montrĂ© qu’elle pouvait voir des enfants, des femmes, des hommes jeunes et moins jeunes entrer dans la mer et ne reconnaĂźtre dans ces survivants qu’une menace contre ses frontiĂšres. Source : Lundi matin

    • Maroc : les raisons du dĂ©sespoir

      Jeudi 30 juillet, des dizaines de milliers de jeunes ont tentĂ© de rejoindre Ă  la nage l’enclave espagnole de Ceuta en espĂ©rant entrer dans l’Union europĂ©enne.

      La plupart de ces jeunes dĂ©peignent le sentiment d’impasse qui les a motivĂ©s.

      Des commentateurs ont voulu y voir l’effet des rumeurs et un effet d’entraĂźnement contagieux sur les rĂ©seaux sociaux. Certains de ces jeunes ont mĂȘme dĂ©clarĂ© ensuite ne pas savoir pourquoi ils Ă©taient partis. Une expression anglaise parlante, NEET (ni en emploi, ni en Ă©tudes, ni en formation), dĂ©signe la jeunesse laissĂ©e pour compte au Maroc – 3 millions de jeunes entre 15 et 29 ans ! De plus, mĂȘme parmi ceux qui ont une bonne formation, voire un travail, beaucoup ne s’en sortent pas. Ainsi, une jeune footballeuse tĂ©touanaise de 20 ans, qui travaillait dans les cimetiĂšres pour aider sa famille, s’est noyĂ©e en nageant vers Ceuta. Certains restaurants ou bars de la rĂ©gion se sont vidĂ©s de leurs employĂ©s, partis, en tenue, dans l’espoir d’avoir une vie meilleure. Un maĂźtre-nageur venu avec ses amis de plus loin, des quartiers populaires de Casablanca, espĂ©rait gagner en Europe de quoi soigner ses parents. Encore cachĂ© dans l’enclave aprĂšs le refoulement de la grande majoritĂ©, un commercial dit avoir abandonnĂ© sa place pas si mal payĂ©e pour le Maroc, 8 000 dirhams mensuels, soit 745 euros, car il n’arrive pas Ă  avoir son propre appartement. D’autres dĂ©noncent le manque de justice ou de libertĂ©s individuelles.

      Cette jeunesse est en partie la mĂȘme qui a manifestĂ© l’automne dernier pour dĂ©noncer le manque de moyens dans les hĂŽpitaux ou l’éducation et qui a subi la rĂ©pression. Elle ne peut se rĂ©signer Ă  la situation qu’elle vit.

      Frédéric Gesrol

      ▻https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/maroc-raisons-desespoir-196190.html

  • L’impĂ©rialisme espagnol dans une pĂ©riode de dĂ©sordre mondial
    ▻https://www.revolutionpermanente.fr/L-imperialisme-espagnol-dans-une-periode-de-desordre-mondial

    Alors qu’une partie de la gauche espagnole et française voit dans l’État Espagnol une sorte de puissance « progressiste », ce texte revient sur les diffĂ©rentes phases de dĂ©veloppement de cet impĂ©rialisme « de second rang » durant les derniĂšres dĂ©cennies, et sur la rĂ©alitĂ© derriĂšre la vitrine pro-Palestine du gouvernement socialiste.

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    Ce texte de mai 2025 a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par le Courant rĂ©volutionnaire des travailleurs (CRT) Ă  l’occasion de son 3Ăšme CongrĂšs. Nous en publions la traduction.

    Dans le document portant sur la situation internationale, nous affirmons que l’élĂ©ment le plus significatif de cette nouvelle Ă©poque de crises, de guerres et de rĂ©volutions est le saut dans l’affrontement entre grandes puissances depuis le dĂ©clenchement de la guerre d’Ukraine en 2022.

    Le nouveau gouvernement de Trump rend la situation encore plus imprĂ©visible et instable et accroĂźt la possibilitĂ© de sauts abrupts. C’est ce que dĂ©montrent, depuis quelques semaines, la crise de la relation transatlantique et les nĂ©gociations entre les États-Unis et l’Union europĂ©enne au sujet du conflit ukrainien (et le partage du butin de la guerre et de ses ressources). En rĂ©ponse, l’impĂ©rialisme europĂ©en a adoptĂ© un plan de rĂ©armement de 800 milliards d’euros.

    L’État espagnol est la quatriĂšme puissance impĂ©rialiste de l’Union europĂ©enne en termes de PIB, et la cinquiĂšme en termes de dĂ©penses militaires. Avec 23 milliards d’euros par an, il se place derriĂšre la Pologne (31 milliards), l’Italie (35 milliards), la France (61 milliards) et l’Allemagne (66 milliards).

    Au XXĂšme siĂšcle, le dĂ©veloppement spĂ©cifique du capitalisme espagnol et son intĂ©gration tardive aux organisations impĂ©rialistes (comme l’Union europĂ©enne et l’OTAN) en ont fait une puissance de second rang. Elle s’est retrouvĂ©e dans une position de subordination Ă  l’égard de l’impĂ©rialisme Ă©tasunien et des deux principales puissances europĂ©ennes, la France et l’Allemagne.

    Les effets de la crise de 2008 ont participĂ© Ă  dĂ©grader la place de l’Etat espagnol dans la hiĂ©rarchie des puissances, oĂč elle occupe le rang d’une puissance moyenne ou subordonnĂ©e. En un an, l’économie espagnole est alors passĂ©e de la huitiĂšme Ă  la douziĂšme place mondiale. Elle est aujourd’hui Ă  quatorziĂšme place, bien qu’elle ait retrouvĂ© son rythme de croissance Ă©conomique et sa dynamique d’expansion mondiale. MalgrĂ© un taux de croissance Ă©levĂ©, son PIB annuel se maintient Ă  1580 milliards d’euros ; bien en-deçà du niveau prĂ©-2008, oĂč son PIB reprĂ©sentait 1630 milliards.

    Cet impĂ©rialisme de second rang continue de se trouver dans une position d’équilibre entre les deux pĂŽles auxquels il est historiquement subordonnĂ© : les États-Unis et l’axe franco-allemand. La perspective d’un affrontement plus intense entre ces deux pĂŽles et les fissures qui pourraient apparaĂźtre au sein de l’Union europĂ©enne, ainsi que les effets des politiques dirigĂ©es vers d’autres puissances comme la Chine, pourraient nourrir des dissensions au sein de la bourgeoisie espagnole qui heurteraient de plein fouet la fragile restauration du rĂ©gime opĂ©rĂ©e au cours de ces six derniĂšres annĂ©es...

    • Quel Ă©tat occidental n’est pas impĂ©rialiste ?

      L’Espagne a pour elle sa croissance Ă©conomique, bien soutenue par sa stratĂ©gie remarquable de dĂ©veloppement des Ă©nergies renouvelables, son accueil des migrants (qui soutient aussi sa croissance Ă©conomique), sa position en faveur de la Palestine trĂšs claire, et son courage face Ă  l’agressivitĂ© de Trump.

      Dans une Union EuropĂ©enne tirĂ©e par l’Allemagne vers le racisme et le fascisme et qui soutient financiĂšrement IsraĂ«l et son gĂ©nocide ...

      Vive l’Espagne de Sanchez !

      MĂȘme si la perfection n’est pas de ce monde, il a une colonne vertĂ©brale (qui fait dĂ©faut Ă  presque tous les politiciens europĂ©ens).

    • La « fausse amitiĂ© » de l’impĂ©rialisme espagnol Ă  l’égard de la Palestine

      En ce qui concerne le gĂ©nocide en Palestine, le gouvernement PSOE-Sumar a maintenu la position traditionnelle de l’impĂ©rialisme espagnol : un soutien symbolique au peuple palestinien. Il est allĂ© jusqu’à reconnaĂźtre l’État palestinien dans le cadre rĂ©actionnaire de la solution Ă  deux États, mais n’a rompu aucun lien de collaboration commerciale, diplomatique ou militaire avec l’État colonial : commerce d’armes et de technologies, contrats de collaboration ou soutien Ă  des opĂ©rations auxiliaires comme la coalition contre les Houthis au YĂ©men. [ NdT. En septembre 2025, le gouvernement a cependant dĂ©cidĂ© de mettre en Ɠuvre un embargo sur les exportations et les importations de matĂ©riel de dĂ©fense. Cependant, cet embargo demeure partiel, la loi indiquant que des exceptions sont possibles lorsque « l’embargo contrevient aux intĂ©rĂȘts de la sĂ©curitĂ© nationale ».]

      La politique Ă©trangĂšre espagnole est adepte de ce double discours, qu’elle a historiquement utilisĂ© pour tenter d’établir un statut qui lui est propre, en particulier dans le monde arabe. L’État d’IsraĂ«l n’a Ă©tĂ© officiellement reconnu qu’en 1986, alors qu’Arafat avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© accueilli par les gouvernements SuĂĄrez et GonzĂĄlez. Cette position a Ă©tĂ© utile Ă  l’État espagnol en lui permettant de faciliter les discussions diplomatiques lorsque certains de ses principaux partenaires le demandaient, comme cela a Ă©tĂ© le cas en 1991, en parrainant la confĂ©rence de paix israĂ©lo-arabe de Madrid, qui a dĂ©bouchĂ© deux ans plus tard sur les accords d’Oslo. D’ailleurs, cette « fausse amitiĂ© » lui permet d’entretenir des relations privilĂ©giĂ©es avec les monarchies arabes qui jouent un jeu similaire.

      D’autre part, le soutien populaire historique Ă  la cause palestinienne rĂ©duit la marge de manƓuvre du gouvernement espagnol pour mener une politique ouvertement pro-israĂ©lienne, ce qui aurait suscitĂ© une contestation sociale importante. C’est pourquoi, en parallĂšle de ce soutien, la politique de la « fausse amitiĂ© » de SĂĄnchez a agi comme un Ă©lĂ©ment modĂ©rateur des tendances Ă  l’expansion et Ă  la radicalisation du mouvement de soutien Ă  la Palestine bien que dans les secteurs les plus avant-gardistes, comme le mouvement des campements dans les universitĂ©s ou les secteurs de la communautĂ© palestinienne, il y a eu une remise en question significative de la politique du gouvernement central.

      Notre dĂ©nonciation du cynisme du « progressisme » espagnol face au gĂ©nocide, illustrĂ© par le dĂ©calage entre les paroles et les actes du gouvernement, doit s’accompagner d’une critique de sa position rĂ©actionnaire en faveur de la solution Ă  deux États, au profit d’une alternative : une Palestine unique, ouvriĂšre et socialiste. Celle-ci rĂ©siste Ă  l’instrumentalisation de la cause palestinienne par l’État – comme dans le cas de la cause sahraouie – qui espĂšre en tirer des avantages politiques ou s’en servir dans les nĂ©gociations avec certains de ses principaux partenaires, comme que les États-Unis, l’Allemagne et la France, pleinement impliquĂ©s dans le soutien au gĂ©nocide et Ă  l’État colonial d’IsraĂ«l.

      Enfin, le gĂ©nocide et les mobilisations en Europe contre les massacres Ă  Gaza et la complicitĂ© des gouvernements ont entraĂźnĂ© une intensification des politiques rĂ©pressives et des persĂ©cutions : interdictions de manifestations, dissolutions de collectifs, poursuites judiciaires, etc. En Espagne, cependant, les procĂ©dures engagĂ©es ont Ă©tĂ© classĂ©es sans suite, et le niveau de rĂ©pression y est restĂ© relativement faible.

    • La journaliste Mona Chollet, liĂ©e par sa lignĂ©e maternelle Ă  la rĂ©gion, dĂ©nonce la « politique de la ruine » mise en Ɠuvre par IsraĂ«l, en Palestine ou au Liban, Ă  travers la destruction systĂ©matique des maisons.

      [photo] Un abri temporaire en bois, construit par Alaa Jouda, un Palestinien de 38 ans, pour sa famille et ses enfants, sur les dĂ©combres de leur maison dans le camp de rĂ©fugiĂ©s d’Al-Chati, Ă  l’ouest de Gaza, le 11 mai 2026. (Yousef Zaanoun/Activestills)

      Longtemps dĂ©laissĂ©e comme objet de pensĂ©e, la maison occupe une place centrale dans nos existences. ChĂ©rie, hantĂ©e, perdue, fantasmĂ©e, elle est une membrane qui tantĂŽt nous protĂšge, tantĂŽt nous enferme, elle est traversĂ©e par les enjeux de l’époque et souvent les matĂ©rialise. C’est pourquoi, cet Ă©tĂ©, LibĂ©ration a invitĂ© des philosophes, Ă©crivains, anthropologues
 Ă  examiner le sujet sous divers angles.

      « Un lieu, je veux un lieu ! Je veux un lieu Ă  la place du lieu pour revenir Ă  moi-mĂȘme, pour poser mon papier sur un bois plus dur, pour Ă©crire une plus longue lettre, pour accrocher au mur un tableau, pour ranger mes vĂȘtements, pour te donner mon adresse, pour faire pousser de la menthe, pour attendre la pluie. Celui qui n’a pas de lieu n’a pas non plus de saisons. Pourras-tu me transmettre l’odeur de notre automne dans tes lettres ? EmmĂšne-moi lĂ -bas, s’il reste encore une place pour moi dans le mirage figĂ©. EmmĂšne-moi vers les effluves de senteurs que je respire sur les Ă©crans, sur le papier, au tĂ©lĂ©phone
 »

      Ces lignes Ă©perdues de nostalgie sont extraites d’une lettre du poĂšte palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) Ă©crite durant son exil Ă  Paris, dans les annĂ©es 1980, Ă  son ami Samih al-Qassem (1939-2014) restĂ© en Palestine, et publiĂ©e dans leur correspondance, les Deux MoitiĂ©s de l’orange. Je les ai citĂ©es dans l’un de mes premiers livres, il y a plus de vingt ans, bien avant de consacrer un essai – Chez soi (la DĂ©couverte) – aux multiples fonctions qu’une maison remplit pour nous.

      Pouvoir refermer une porte sur soi, mettre son corps Ă  l’abri des intempĂ©ries, se protĂ©ger des intrusions, prĂ©server son intimitĂ©, entretenir la vie au sens physiologique – dormir, se nourrir, faire ses besoins, se laver –, mais aussi au sens symbolique : exprimer son identitĂ© en conservant les objets que l’on aime, en exposant ses photos de famille
 C’est tout cela que nous offre un lieu.

      NĂ©e Ă  GenĂšve d’un pĂšre suisse, je pourrais ĂȘtre intarissable sur les chalets des vacances de mon enfance, sur leur enivrante odeur de bois qui, Ă  peine le seuil franchi, formait dĂ©jĂ  un abri Ă  elle toute seule. Mais c’est ma lignĂ©e maternelle – grand-pĂšre palestinien, grand-mĂšre nĂ©e en Egypte de parents syriens – qui me fait signe aujourd’hui, inĂ©vitablement, lorsqu’on parle de maisons.

      J’ai grandi dans un univers domestique Ă  forte tonalitĂ© orientale : les courgettes et feuilles de vigne farcies de ma grand-mĂšre, et tant d’autres plats et pĂątisseries dont le souvenir me fait encore saliver ; l’eau de la fleur d’oranger qu’elle distillait elle-mĂȘme en Egypte, qu’elle achetait en quantitĂ©s industrielles en Suisse et dans laquelle elle nous noyait Ă  moitiĂ©, mon frĂšre et moi, Ă  la moindre insomnie ; les mĂ©lopĂ©es de Fairouz, d’Oum Kalthoum, d’Abdel Halim Hafez ou d’Asmahan dans la cuisine, reprises Ă  tue-tĂȘte par ma mĂšre
 Des bribes d’un art de vivre largement transfrontalier, si bien dĂ©peint par les rĂ©alisateurs Marya Zarif, Syrienne exilĂ©e au QuĂ©bec, et AndrĂ© Kadi, dans un film d’animation enchanteur, Dounia et la Princesse d’Alep (2022).

      Cet hĂ©ritage rend d’autant plus douloureux le spectacle de la « politique de la ruine » – selon l’expression du politiste Ziad Majed – mise en Ɠuvre par IsraĂ«l, Ă  une Ă©chelle invraisemblable, en Palestine ou au Liban, Ă  travers la destruction systĂ©matique des maisons.

      Gaza a Ă©tĂ© rasĂ©e ou endommagĂ©e Ă  plus de 80 %

      A JĂ©rusalem-Est, des Palestiniens sont expulsĂ©s pour laisser place aux colons, comme Asmahan Shweikeh, 72 ans, et onze membres de sa famille, qui ont eu une heure pour rassembler leurs possessions, le 9 novembre 2025. Sous le choc, la vieille femme a Ă©tĂ© sortie sur un brancard. Au mĂȘme moment, son voisin Juma’a Odeh voyait ses meubles et ses ustensiles de cuisine jetĂ©s dans la rue. Le soir venu, des drapeaux israĂ©liens flottaient sur le toit et les nouveaux occupants diffusaient de la musique Ă  plein volume pour fĂȘter leur triomphe (+ 972 Mag, 11 novembre 2025).

      D’autres Palestiniens sont sommĂ©s de dĂ©truire eux-mĂȘmes les murs qui les abritent, sous peine d’une forte amende. « Mes larmes coulaient tandis que je le faisais », tĂ©moigne l’un d’eux sous couvert d’anonymat (RFI, 19 mai 2026). Fakhri Abu Diab, habitant sexagĂ©naire du quartier de Silwan, s’y est refusĂ©. Devant un tas de dĂ©combres, il dĂ©signe l’endroit oĂč, enfant, il s’asseyait avec sa mĂšre pour boire le thĂ© en revenant des champs : « Ils ont dĂ©moli mon enfance, l’odeur de ma mĂšre, tous mes souvenirs » (voir Middle East Eye, 22 janvier 2026).

      RasĂ©e ou endommagĂ©e Ă  plus de 80 % selon les Nations Unies, Gaza est Ă©videmment la partie de la Palestine oĂč cette politique a Ă©tĂ© poussĂ©e le plus loin. Avant le 7 octobre 2023, malgrĂ© l’enfermement, le blocus, le bourdonnement constant des drones, les bombardements rĂ©guliers, ses habitants s’arrangeaient – en particulier, grĂące Ă  leur front de mer si convoitĂ© – pour grappiller autant de plaisirs quotidiens que possible, comme l’a racontĂ© le journaliste Mohammed Omer Almoghayer dans son livre On the Pleasures of Living in Gaza : Remembering a Way of Life Now Destroyed (non traduit) . Ce territoire autrefois vibrant a Ă©tĂ© transformĂ© en paysage lunaire.

      Parmi les mots en « -cide » (urbicide, Ă©cocide, scolasticide, gĂ©nocide
) qui peuvent s’appliquer Ă  ce qu’y fait l’armĂ©e israĂ©lienne, il y a le « domicide », dĂ©fini par l’ONU comme la « destruction de masse des habitations et des infrastructures civiles ».

      Une destruction menĂ©e au moyen de bombes, de tirs d’artillerie, de bulldozers, mais aussi de robots chargĂ©s de tonnes d’explosifs. « En novembre 2024, quinze robots ont Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©s dans deux rues du camp de Jabalia, relate l’infirmier Mohammed Tamous. Les explosions ont rasĂ© des pĂątĂ©s de maisons entiers. Des dizaines de personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es. Nous Ă©tions Ă  cinq kilomĂštres et nous avons entendu les dĂ©tonations comme si elles avaient lieu Ă  cĂŽtĂ© de nous. » (The New Arab, 25 mai 2025).

      A Gaza, les maisons restĂ©es debout ont perdu toute capacitĂ© Ă  protĂ©ger leurs habitants, en raison de la menace permanente d’un bombardement, mais aussi des quadricoptĂšres (petits drones). Le 16 aoĂ»t 2025, Amal al-Khudari, 35 ans, Ă©tendait du linge sur son balcon, son fils de 4 ans Ă  ses cĂŽtĂ©s, quand l’un d’eux l’a prise pour cible, la blessant mortellement. L’intimitĂ© aussi devient impossible. Une nuit de l’étĂ© 2025, M. F., 26 ans, dormait dans sa chambre quand, vers l’aube, elle a Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e en sursaut : entrĂ© par la fenĂȘtre ouverte, un drone planait devant son lit (Middle East Eye, 22 aoĂ»t 2025).

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volontĂ© de profanation

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volontĂ© de profanation. Des soldats israĂ©liens se filment dans les maisons de familles tuĂ©es ou dĂ©placĂ©es, saccageant une cuisine, chevauchant un tricycle, fouillant dans les tiroirs Ă  lingerie. Sans parler de la pratique consistant Ă  dĂ©fĂ©quer dans les intĂ©rieurs (sur les tables, dans les marmites), documentĂ©e dĂšs le siĂšge de Beyrouth (The Washington Post, 28 septembre 1982), et encore signalĂ©e rĂ©cemment en Cisjordanie par Amira Hass dans Haaretz (28 juillet 2025). AprĂšs la guerre de 2014, le Gazaoui Ahmed Owedat avait retrouvĂ© sa maison dĂ©vastĂ©e, jonchĂ©e d’excrĂ©ments et souillĂ©e de graffitis : « BrĂ»lez Gaza », « Bon Arabe = Arabe mort » (The Guardian, 7 aoĂ»t 2014)


      Le 20 mars dernier, la neurobiologiste franco-libanaise Samah Karaki, originaire du Sud-Liban, annonçait sur Instagram que sa famille avait dĂ» fuir : « Les images vues de Gaza, des soldats vandalisant des maisons, retournant des objets, exposant des vies, finiront par concerner ma propre mĂ©moire. Les draps Ă  fleurs et Ă  cƓurs roses deviendront un dĂ©cor ridiculisĂ© dans des vidĂ©os mĂ©prisantes. »

      La maison d’enfance de la journaliste gazaouie Ruwaida Amer a Ă©tĂ© dĂ©truite par un bombardement israĂ©lien en 2000, quand elle avait 7 ans. Avec passion, durant dix ans, elle a menĂ© les travaux pour agrandir et embellir l’habitation que sa famille avait finalement pu retrouver : « Je ne voulais jamais quitter la maison. Je terminais mes tĂąches Ă  l’extĂ©rieur au plus vite et je rentrais chez moi. Au dĂ©but de la guerre, je disais que je pouvais tout supporter tant que notre maison subsistait. DĂ©placĂ©e au camp de rĂ©fugiĂ©s de Khan YounĂšs, je m’asseyais seule lorsque je me sentais fatiguĂ©e et effrayĂ©e, et j’imaginais ma maison dans sa tranquillitĂ© : ma chambre, mon lit, chaque recoin. » Elle dit s’ĂȘtre « Ă©croulĂ©e » en recevant la vidĂ©o qui montrait l’objet de tant de soins et d’amour pulvĂ©risĂ© par une bombe (+ 972 Mag, 15 novembre 2025).

      Sa consƓur Nour Aboaisha, elle, tente de fuir un prĂ©sent dystopique en se remĂ©morant les moments oĂč elle se blottissait sur son lit avec un cafĂ© et sa sĂ©rie prĂ©fĂ©rĂ©e (Yaani, 11 mai 2026). Le blocus israĂ©lien interdisant l’entrĂ©e de matĂ©riaux de construction, elle vit dĂ©sormais, comme de trĂšs nombreux Gazaouis, sous une tente glaciale en hiver et Ă©touffante en Ă©tĂ©, envahie par les eaux usĂ©es lors des fortes pluies, oĂč les rats dĂ©vorent les rĂ©serves de nourriture et mordent les bĂ©bĂ©s durant la nuit, oĂč les amputĂ©s se traĂźnent faute de prothĂšses, oĂč des malades du cancer agonisent (le dernier centre hospitalier traitant le cancer a Ă©tĂ© bombardĂ© le 15 mai 2025).

      La jeune autrice Nour Elassy, Ă©vacuĂ©e de Gaza il y a un an et dĂ©sormais Ă©tudiante Ă  Paris, publiera le 9 septembre un recueil de poĂšmes intitulĂ© Ceci est ma maison : « Ceci n’est pas, et n’a jamais Ă©tĂ© /Des dĂ©combres. /Ceci est ma maison. »

      RĂ©fugiĂ© en Italie, le journaliste Ahmed Dremly dit son Ă©motion de renouer avec des luxes ordinaires, presque oubliĂ©s en deux ans et demi de cauchemar : de l’eau au robinet, une douche chaude, la possibilitĂ© d’allumer une lampe le soir (Middle East Eye, 4 juillet 2026)


      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien

      Parmi les moins mal lotis, dans ce lieu apocalyptique qu’est devenu Gaza, figure le charpentier Alaa Jouda. Sur les gravats de sa maison bombardĂ©e, il a Ă©difiĂ© avec des matĂ©riaux de rĂ©cupĂ©ration un chalet dotĂ© de fenĂȘtres oĂč il vit avec sa famille (RFI, 14 juin 2026).

      D’autres Gazaouis exhibent sur Instagram des tentes rutilantes, en dĂ©montrant une parfaite maĂźtrise des codes du rĂ©seau social : rituels matinaux, tĂąches mĂ©nagĂšres expĂ©diĂ©es avec panache, pauses-cafĂ©, couchers de soleil
 Ils parviennent Ă  cultiver quelques plantes et lĂ©gumes aux abords de leur abri – en particulier, cette menthe qui symbolisait pour Darwich le quotidien heureux en Palestine.

      Samah (@samahsweedan) fait visiter sa tente dĂ©corĂ©e de tapis, de coussins, de plantes vertes et de lanternes, un drapeau palestinien aux couleurs Ă©clatantes accrochĂ© Ă  une paroi de toile. Laith Rashdan (@laithh.ra) se filme au rĂ©veil, jouant avec son chat avant d’émerger Ă  l’extĂ©rieur en s’étirant. Mahmoud Shamalakh (@mahmoud.shamalakh) montre les plats simples et dĂ©licieux qu’il prĂ©pare pour sa petite sƓur et son petit frĂšre sur un rĂ©chaud de fortune.

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien.

      Sur Facebook, le rĂ©alisateur Abbas Fahdel rend compte jour aprĂšs jour, dans des publications saisissantes, de la destruction du Sud-Liban, oĂč il vit. Le 19 juillet, il racontait comment les arbres bordant les routes de Bint Jbeil avaient Ă©tĂ© abattus un Ă  un par des soldats israĂ©liens. Et il concluait : « Un jour, les routes de Bint Jbeil retrouveront leurs alignements d’arbres. Les enfants marcheront de nouveau sous leur feuillage sans savoir que d’autres, avant eux, avaient voulu leur voler cette ombre. Ce sera peut-ĂȘtre la plus belle des rĂ©ponses : planter lĂ  oĂč l’ennemi avait arrachĂ©, faire grandir lĂ  oĂč il avait voulu stĂ©riliser la vie. Car la vĂ©ritable force n’appartient pas Ă  celui qui dĂ©truit. Elle appartient Ă  celui qui replante. »

  • Incendie et incompĂ©tence Ă  tous les Ă©tages
    ▻https://contre-attaque.net/2026/08/05/incendie-et-incompetence-a-tous-les-etages

    « Soyez fiers d’ĂȘtre des amateurs », avait dĂ©clarĂ© Macron Ă  ses dĂ©putĂ©s qui avaient votĂ© contre l’allongement des congĂ©s pour les parents ayant perdu un enfant, en 2020. « Amateur » est synonyme d’inhumain et dangereux, dans la langue du pouvoir. Une nouvelle preuve avec la gestion des gigantesques incendies en Gironde.

    Une prĂ©fĂšte qui ne sait pas combien d’habitants Ă©vacuer

    La prĂ©fĂšte de Gironde se nomme Sophie Brocas, et elle a semblĂ© improviser lors de ses diffĂ©rentes apparitions. Lors d’une confĂ©rence de presse donnĂ©e le 24 juillet, elle Ă©tait interrogĂ©e sur le nombre de personnes Ă  Ă©vacuer face Ă  l’incendie, et s’est mise Ă  bĂ©gayer : « Heu, les communes Ă  venir, je ne sais pas, il faut qu’on regarde » puis : « Le nombre d’habitants que je demande d’évacuer ? Vous regarderez sur Wikipedia. Je n’ai pas fait le dĂ©compte ».

    Cette dame a fait carriĂšre au sein du PS, elle est passĂ©e par le SĂ©nat, puis Ă  l’ÉlysĂ©e sous Hollande et a Ă©tĂ© conseillĂšre d’Élisabeth Borne avant de se reconvertir dans l’administration prĂ©fectorale. Elle Ă©crit aussi des romans, comme l’ont abondamment rapportĂ© divers mĂ©dia. Un passe-temps moins dangereux, pour une personne qui oublie ses notes en pleine chaos climatique.

    La ministre de la santé donne des conseils dangereux

    Le monoxyde de carbone est un gaz qui peut se dĂ©gager d’une combustion, et il est trĂšs nocif car il provoque une asphyxie sans que l’on s’en rende compte. Il cause d’abord des maux de tĂȘte, nausĂ©es, fatigue, vertiges puis, si rien n’est fait, le coma et la mort.

    Notre ministre de la SantĂ©, la personne qui gĂšre le soin pour toute la population, a expliquĂ© tranquillement Ă  propos du monoxyde : « L’avantage, c’est que c’est quelque chose que l’on sent ou que l’on voit. Si vous sentez le brĂ»lĂ© ou si vous voyez un gros nuage de fumĂ©e, si vous avez des fragilitĂ©s, il vaut mieux mettre un masque FFP2, que vous pouvez trouver dans les pharmacies ». Des propos rassurants mais totalement faux. Le monoxyde de carbone est justement dangereux car il ne se voit pas et ne sent rien, contrairement Ă  d’autres gaz. Et un simple masque ne protĂšge pas d’une intoxication.

    Pendant des jours, les urgences de Bordeaux ont vu « arriver des patients haletants aprĂšs avoir Ă©tĂ© exposĂ©s aux fumĂ©es des incendies ravageurs dans la rĂ©gion », certaines ayant respirĂ© du monoxyde de carbone, et ont Ă©tĂ© « mises sous oxygĂšne pour chasser l’intoxication et Ă©viter le coma » explique Reporterre.

    La ministre de la Transition écologique part en vacances

    Monique Barbut pourrait ĂȘtre une caricature de cartoon, mais elle existe bel et bien. Au dĂ©but de l’étĂ©, elle a mis en scĂšne une fausse dĂ©mission aprĂšs la rĂ©-autorisation de pesticides hautement toxiques par le gouvernement, avant de retourner Ă  son poste illico. Elle doit considĂ©rer que la paie et les privilĂšges valent plus que conserver un peu de dignitĂ©.

    Depuis le dĂ©but des incendies, Monique Barbut n’a tout simplement rien fait. Elle n’est pas intervenue publiquement, n’a livrĂ© aucune analyse sur le chaos climatique, n’a pris aucune mesure face Ă  l’écocide en cours. Elle n’était mĂȘme pas aux rĂ©unions de crise : elle a prĂ©fĂ©rĂ© aller prendre des vacances dans sa villa dans le Var ! C’est une rĂ©vĂ©lation du Canard EnchaĂźnĂ© : Monique Barbut est partie le 22 juillet, et n’est pas revenue malgrĂ© les mĂ©ga-feux. Elle s’est contentĂ©e de participer « en visio » aux rĂ©unions depuis son transat.

    Le 20 juin dĂ©jĂ , au dĂ©but de la premiĂšre canicule qui a causĂ© des milliers de morts, la ministre Ă©tait absente. Elle avait prĂ©fĂ©rĂ© maintenir un dĂ©placement dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales, oĂč elle a prononcĂ© un discours de 12 minutes, mangĂ© chez un traiteur de luxe, avant de dĂ©commander le TGV qui lui avait Ă©tĂ© rĂ©servĂ© pour prendre un trajet en avion.

    Le Premier ministre traite les habitants sinistrés de complotistes

    La commune du Porge est le village martyr de l’incendie : 183 habitations anĂ©anties sur 240. Les habitants en sont certains, « le Porge a Ă©tĂ© sacrifiĂ© sur l’autel de la presqu’üle du Cap Ferret », lieu privilĂ©giĂ© et hors de prix oĂč se trouvent les villas de cĂ©lĂ©britĂ©s et de grands patrons. Un collectif de 700 habitants s’est d’ailleurs constituĂ© pour dĂ©poser plainte, afin d’établir les responsabilitĂ©s et d’en savoir plus sur leur abandon.

    Le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu a balayĂ© ces critiques avec dĂ©dain, le 1er aoĂ»t, en parlant d’une douleur « instrumentalisĂ©e par des complotistes », ajoutant que « c’est irresponsable ». On l’a compris, tout ce qui ne va pas dans le sens du narratif macroniste est « complotiste », et poser des questions face Ă  l’incurie du gouvernement est « irresponsable » et sera bientĂŽt interdit.

    Bruno Retailleau se vante d’avoir refusĂ© une base de Canadairs

    L’ancien Ministre de l’IntĂ©rieur d’extrĂȘme droite assume tout. Lorsqu’il Ă©tait au gouvernement, Retailleau avait annulĂ© la construction d’une base permanente de Canadairs Ă  Mont-de-Marsan dans les Landes. C’était l’annĂ©e derniĂšre, et cette base serait bien utile dans une rĂ©gion aussi exposĂ©e aux sĂ©cheresses, et avec des forĂȘts de pins particuliĂšrement inflammables. InterrogĂ© Ă  ce sujet, il dit qu’il ne regrette pas son choix. ForcĂ©ment, entourĂ© de ses policiers et gardes du corps, personne n’ira lui faire payer son comportement.

    Macron découvre que les Canadairs ne volent pas la nuit

    Le 27 juillet, au plus fort des incendies, Macron organisait un show retransmis sur toutes les chaĂźnes : il apparaissait dans le QG des pompiers, l’air grave. Le directeur du SDIS de Gironde lui expliquait : « Si l’on pouvait avoir un appui aĂ©rien complĂ©mentaire la nuit, ce serait vraiment une plus-value ». En effet, les incendies nocturnes avançaient brutalement, ce qui compliquait encore les interventions le lendemain. Macron semblait dĂ©couvrir que les Canadairs n’interviennent pas la nuit pour des raisons de sĂ©curitĂ©, et qu’aucun moyen de compensation n’a Ă©tĂ© envisagĂ©. Il est pourtant au pouvoir depuis 9 ans, et a connu de nombreux incendies, tous aussi mal gĂ©rĂ©s les uns que les autres.

    Lors de cette sĂ©quence, un responsable en tenue glissait Ă  cĂŽtĂ© de Macron, comme pour montrer que le gouvernement rĂ©agit : « On est en train d’analyser des offres de sociĂ©tĂ©s privĂ©es qui nous proposent des appareils pouvant voler la nuit ». Une illustration de cette Ă©poque d’incompĂ©tence nĂ©olibĂ©rale : toutes les politiques vitales ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es au profit d’entreprises privĂ©es qui se remplissent les poches sur le dĂ©sastre.

  • La #France sous les flammes : la faillite criminelle du #nĂ©olibĂ©ralisme

    La France brĂ»le, et nos dirigeants ne font qu’aggraver une situation qu’ils connaissent pourtant parfaitement. Sont-ils totalement irrationnels ? Non, rĂ©pond cet Ă©ditorial, ils appliquent juste le #dogme_nĂ©olibĂ©ral qui nous entraĂźne dans l’abĂźme.

    Nos dirigeants sont-ils devenus totalement irrationnels ? Sinon, comment expliquer qu’ils s’acharnent Ă  faire l’inverse de tout ce que les scientifiques recommandent ? Pourquoi, alors que les rapports sur les catastrophes climatiques Ă  venir s’empilent sur leurs bureaux depuis des dĂ©cennies, font-ils tout pour ne pas nous protĂ©ger de ces cataclysmes ?

    Si on leur fait crĂ©dit d’une certaine capacitĂ© de raisonnement, une autre hypothĂšse serait celle de l’#aveuglement_dogmatique. Ce que viennent souligner les #canicules et #incendies catastrophiques de l’étĂ© 2026, c’est l’#Ă©chec patent du nĂ©olibĂ©ralisme que nos Ă©lites pratiquent assidĂ»ment.

    Commençons par le constat. Les meilleurs climatologues du monde prĂ©viennent, via le Giec notamment, de la forte hausse des risques d’incendies, partout en Europe, liĂ©e au #changement_climatique. On sait que l’augmentation des canicules et sĂ©cheresses accroĂźt fortement les risques de feux.

    Une politique d’#anti-adaptation

    Pourtant, on ne cesse de planter et replanter des #monocultures de #rĂ©sineux, plus rentables que de vraies #forĂȘts mais que l’on sait ĂȘtre ultra-inflammables.

    Pourtant, l’#Office_national_des_forĂȘts, chargĂ© d’entretenir et protĂ©ger nos forĂȘts, notamment contre les incendies, a perdu 40 % de ses effectifs entre 2000 et 2022, et le gouvernement ne cesse de menacer de nouvelles coupes dans les effectifs.

    Pourtant, en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal supprimait le #budget qui aurait permis d’acheter deux #Canadair supplĂ©mentaires.

    Pourtant, sur les 16 nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron aprÚs les incendies dévastateurs de 2022, seuls 4 ont été commandés, et seront livrés avec beaucoup de retard.

    Les Services dĂ©partementaux d’incendie et de secours sont au bord de la rupture et les dĂ©partements alertent en vain depuis des annĂ©es sur le manque de #moyens.

    Le bilan est tout aussi accablant concernant les canicules. La France a dĂ©jĂ  subi quatre vagues de chaleur extrĂȘme en 2026 ; les scientifiques alertent depuis des annĂ©es sur la multiplication de ces Ă©vĂšnements, mais nous ne nous y sommes pas prĂ©parĂ©s.

    En juin, le Haut Conseil pour le climat taclait sĂ©vĂšrement le retard de la France, par exemple dans l’isolation des bĂątiments, et des budgets pour les politiques Ă©cologiques qui sont coupĂ©s drastiquement alors mĂȘme qu’il faudrait les augmenter rapidement.

    Encore plus surrĂ©aliste : le gouvernement agit pour aggraver notre vulnĂ©rabilitĂ©. En pleine canicule du mois de juin, nos dirigeants ont dĂ©cidĂ© de remettre sur le marchĂ© locatif les pires #passoires_thermiques, oĂč Ă©touffent les locataires les plus prĂ©caires. En pleine sĂ©cheresse extrĂȘme, la loi d’urgence agricole, surnommĂ©e « nouvelle #loi_Duplomb », prĂ©voit d’augmenter l’#accaparement_de_l’eau par l’#agro-industrie.

    La fuite en avant du #néolibéralisme_zombie

    Pourquoi cet acharnement Ă  foncer dans le mur ? « Parce que nos dirigeants sont prisonniers d’un modĂšle », rĂ©pond l’économiste CĂ©dric Durand, coauteur de Comment bifurquer. Les principes de la planification Ă©cologique (ed. Zones, 2024).

    « La France est coincĂ©e dans ce que l’on appelle le nĂ©olibĂ©ralisme zombie. La croyance qu’il faut toujours baisser le coĂ»t du capital, baisser le coĂ»t du travail, taxer moins, et que c’est ça qui va produire de la #croissance et du PIB. On fait toujours ce pari alors que la pĂ©riode oĂč cela pouvait fonctionner est rĂ©volue — si ça a fonctionnĂ© un jour », dit-il.

    Le terrible bilan politique Ă©numĂ©rĂ© ci-dessus rĂ©pond Ă  deux logiques propres au nĂ©olibĂ©ralisme : un affaiblissement massif des #services_publics et une foi inĂ©branlable placĂ©e dans les vertus du #marchĂ©, qu’il convient de dĂ©rĂ©guler autant que possible. Via ces politiques, la finalitĂ© de l’État est de permettre au capital d’accumuler toujours plus de richesse.

    Au nom de l’#austĂ©ritĂ©_budgĂ©taire, et du refus catĂ©gorique de taxer davantage le capital ou les plus hauts revenus, le gouvernement coupe les budgets publics partout oĂč cela n’est pas jugĂ© favorable au marchĂ©. Or, le changement climatique ne rĂ©pond prĂ©cisĂ©ment pas aux logiques de marchĂ©.

    « En Gironde, je suis sĂ»r que les entreprises auraient aimĂ© que l’État dĂ©pense plus pour l’achat de Canadair. C’est le paradoxe du capitalisme qui veut payer toujours moins de taxes mais rĂ©clame ensuite que l’État le protĂšge », dit CĂ©dric Durand.

    Nous touchons lĂ  Ă  ce que l’économiste marxiste James O’Connor appelait « la seconde contradiction du capitalisme ». Celui-ci, pour se dĂ©velopper, doit exploiter toujours plus les ressources naturelles et les Ă©cosystĂšmes, mais il dĂ©truit, ce faisant, ses propres conditions d’existence. Il en vient donc, autre contradiction, Ă  appeler l’État Ă  l’aide, ce dernier s’étant pourtant volontairement affaibli et ayant dĂ©truit ses services publics, au nom du soutien au capital.

    DerriĂšre la stratĂ©gie nĂ©olibĂ©rale, c’est le moteur fondamental du capitalisme qui est en jeu : il lui faut accumuler toujours plus de capital dans une course infernale et complĂštement irrationnelle.

    « Cette tendance Ă  Ă©largir sans cesse les domaines d’#accumulation_du_capital, et les sources de profit, par exemple Ă  de nouvelles dimensions de la nature comme les gĂšnes et les microorganismes, est vitale pour le capitalisme. Il meurt s’il arrĂȘte », souligne l’économiste HĂ©lĂšne Tordjman, autrice notamment de La croissance verte contre la nature (Ă©d. La DĂ©couverte, 2021).

    « Je m’interroge sur la vision de nos Ă©lites qui persĂ©vĂšrent dans cette voie. C’est une #rationalitĂ© de trĂšs #court_terme, qui vise Ă  accumuler trĂšs vite jusqu’à la catastrophe, et aprĂšs moi, le dĂ©luge », dit-elle.

    Pour la chercheuse, l’hypothĂšse d’un aveuglement dogmatique de nos dirigeants n’est pas suffisant. L’accumulation des catastrophes ces derniĂšres annĂ©es est telle qu’elle aurait dĂ» faire Ă©clater n’importe quelles ƓillĂšres idĂ©ologiques. Si l’on continue de foncer dans le mur, ce serait donc en toute connaissance de cause.

    « On est dans une logique d’intĂ©rĂȘt de classe bien comprise, d’une classe dominante qui s’est autonomisĂ©e, et qui assume que seuls les plus puissants et les plus forts pourront survivre et vivre dignement », dit HĂ©lĂšne Tordjman.

    Le milliardaire Ă©tasunien Warren Buffet le disait dĂ©jĂ  en 2006, dans une cĂ©lĂšbre formule : « â€ŻIl y a une #guerre_des_classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mĂšne cette guerre et qui est en train de la gagner . »

    De guerre des classes à guerre contre l’ensemble du vivant

    Rien de nouveau sous le soleil ? Sauf que la sĂ©culaire guerre des classes est devenue, dans l’AnthropocĂšne, une guerre contre l’ensemble du vivant, qui ne menace plus seulement l’essentiel de la population d’#exploitation mais de #destruction. En toute connaissance de cause.

    « Si nous persistons dans cette voie, l’avenir de notre espĂšce est sombre », alertaient dĂ©jĂ  plus de 1 000 scientifiques français dans une tribune en 2020, qui dĂ©nonçait « l’inconsĂ©quence et l’#hypocrisie de politiques [
] promouvant un #consumĂ©risme dĂ©bridĂ© et un libĂ©ralisme Ă©conomique inĂ©galitaire et prĂ©dateur ».

    Six ans plus tard, le pays est Ă  sec tandis que l’on prĂ©voit de multiplier les #mĂ©gabassines pour l’agro-industrie, les forĂȘts brĂ»lent tandis que les #pompiers Ă©puisĂ©s sont en manque d’effectifs et les budgets des politiques environnementales fondent comme neige au soleil.

    « Nous avons besoin de transformations structurelles, capables de penser au temps long que les mĂ©canismes de marchĂ© sont incapables de prendre en compte », dit CĂ©dric Durand. Pour y parvenir, l’économiste propose de nombreux outils de planification dans son ouvrage, Ă  l’instar de nombreux penseurs des mondes postcapitalistes.

    Reste Ă  trouver le moyen d’opĂ©rer la bascule. Un prĂ©requis semble ĂȘtre de savoir nommer les responsables. Lorsque nos dirigeants nĂ©olibĂ©raux apportent sous un cynisme Ă  peine voilĂ© leur solidaritĂ© aux victimes des incendies, ils mĂ©ritent plus que jamais leur Ă©tiquette de #pompiers_pyromanes.

    ▻https://reporterre.net/La-France-sous-les-flammes-la-faillite-criminelle-du-neoliberalisme
    #incendie #incendies #feu #feux #rationalité #irrationalité

  • #Ceuta : une soit disant crise migratoire bien instrumentalisĂ©e par l’internationale rĂ©actionnaire ?

    Ce post de Mr Mondialisation sur FB (je n’ai pas trouvĂ© l’article correspondant sur leur site) et cet article de l’Huma (sous #paywall) :

    ▻https://www.facebook.com/M.Mondialisation/posts/pfbid0fjHJR3QnKoeSdQQoZzfwUWKSxSsaYqXu6aZdvKehLBbBQuUtkQs2MUks77a1PLPsl

    Comprendre l’opĂ©ration de dĂ©stabilisation de l’Espagne qui se joue depuis plusieurs jours par une guerre d’images parfaitement organisĂ©e.
    Pendant que certains mĂ©dias parlent d’une simple « vague migratoire », les images racontent une autre histoire. De nombreuses vidĂ©os montrent des camions et des autocars dĂ©posant des milliers de jeunes hommes en mĂȘme temps, Ă  proximitĂ© immĂ©diate de Ceuta, avant leur ruĂ©e organisĂ©e vers la plage du Tarajal.
    Les vidĂ©os montrent surtout que les autoritĂ©s Marocaines aident Ă  la logistique sur la route, sans les arrĂȘter. Une logistique de cette ampleur n’a rien d’un dĂ©placement spontanĂ© de candidats Ă  l’exil. Nombre de ces jeunes arrivent en rigolant, avec des bouĂ©es et mĂȘme des sticks pour filmer leur exploit et les publier en ligne parfois en direct. Plusieurs ont perdu la vie en sous estimant le risque de contourner ce simple bras de terre. Ces individus n’ont rien de migrants classiques en situation d’exil, ce qui devrait Ă  minima alimenter des questions. Pourtant, tous les mĂ©dias ont un narratif unique axĂ©e sur la peur : la vague migratoire est Ă  nos portes. Ce n’est pas le cas.
    Ce n’est d’ailleurs pas la premiĂšre fois que la technique est utilisĂ©e. En 2021 dĂ©jĂ , lors de la crise de Ceuta, le relĂąchement soudain et volontaire des contrĂŽles frontaliers par Rabat avait Ă©tĂ© largement interprĂ©tĂ© comme un moyen de pression diplomatique sur Madrid dans le contexte du Sahara occidental. À la diffĂ©rence que cette fois, des dizaines de camions ont dĂ©versĂ© ce flot humain sur les plages au mĂȘme moment, poussant certains Ă  la noyade.
    En rĂ©sumĂ©, des jeunes sont utilisĂ©s pour faire pression Ă  la frontiĂšre de maniĂšre Ă  gĂ©nĂ©rer un choc politique par l’image. La majoritĂ© d’entre eux sont rentrĂ©s chez eux le soir mĂȘme, faute de nourriture, en passant la frontiĂšre dans l’autre sens.
    Une question demeure : comment des dizaines de milliers de personnes peuvent-elles se retrouver simultanĂ©ment devant une frontiĂšre parmi les plus surveillĂ©es d’Afrique sans une organisation logistique ? Les vidĂ©os montrant des vĂ©hicules transportant des groupes de jeunes mĂ©ritent, Ă  elles seules, une enquĂȘte approfondie. Les mĂ©dias officiels restent pourtant discrets sur la question et ne publient pas ou peu ces images.
    Que chacun se fasse son opinion. Mais prĂ©senter ces Ă©vĂ©nements comme un simple mouvement migratoire pour faire peur occulte les buts de l’opĂ©ration : isoler l’Espagne de la scĂšne internationale tout en alimentant la montĂ©e rĂ©actionnaire en Europe, favorable aux intĂ©rĂȘts
    capitalistes. Par ailleurs, le contrĂŽle du DĂ©troit reste un enjeu Ă©conomique majeur dans la rĂ©gion, y compris pour les Etats-Unis. Trump et IsraĂ«l, alliĂ©s du Maroc, sabrent le champagne devant cette opĂ©ration mĂ©diatique de grande envergure qui divise l’Europe.

    ▻https://www.humanite.fr/monde/espagne/afflux-de-migrants-a-ceuta-le-gouvernement-espagnol-attaque-par-une-extreme

    L’arrivĂ©e de dizaines de milliers de jeunes Marocains dans l’enclave espagnole, la semaine derniĂšre, mĂȘme Ă©phĂ©mĂšre, a dĂ©chaĂźnĂ© les paniques racistes de l’extrĂȘme droite mondiale. Ce qu‘il s’est passĂ© soulĂšve des questions sur l’utilisation de l’immigration comme levier de dĂ©stabilisation mais aussi sur l’attitude des autoritĂ©s marocaines.

    ▻https://justpaste.it/e53bt

    • ▻https://seenthis.net/messages/1184811

      La construction du rĂ©cit de « l’invasion »

      Les crises frontaliĂšres crĂ©ent un contexte propice Ă  la radicalisation du dĂ©bat public. Une Ă©tude met en Ă©vidence un durcissement de la rhĂ©torique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrĂȘme droite Vox a consacrĂ© plus de 70 % de ses publications Ă  Ceuta et Ă  la migration.

      Une autre Ă©tude a montrĂ© que 80 % des messages haineux analysĂ©s portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

      Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en Ăąge de combattre » ou « sicaires » participent Ă  cette reprĂ©sentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #mĂ©dias ne sont pas nĂ©cessairement Ă  l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer Ă  les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    • ▻https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/l-instrumentalisation-de-la-situation-a-ceuta-vire-a-la-caricature-de

      Plusieurs sources, dont l’AFP, laissent plutĂŽt entendre que l’afflux massif de ces derniers jours rĂ©sulte d’une nouvelle brouille diplomatique entre Madrid et Rabat, Ă  l’heure oĂč le Premier ministre espagnol essaie de se rapprocher de l’AlgĂ©rie plutĂŽt que du Maroc. Pedro Sanchez Ă©tait Ă  Alger il y a dix jours Ă  peine pour essayer de tourner la page de quatre annĂ©es difficiles. Dans ce contexte, un journaliste de l’agence de presse française affirme que des jeunes Marocains, rassemblĂ©s Ă  la lisiĂšre de Ceuta, lui ont expliquĂ© avoir entendu que « la frontiĂšre avait Ă©tĂ© ouverte ».

      Un contexte qui rappelle inĂ©vitablement la prĂ©cĂ©dente crise migratoire de 2021, lorsque des milliers de Marocains avaient traversĂ© la frontiĂšre Ă  la faveur d’un assouplissement des contrĂŽles par Rabat lors d’un premier diffĂ©rend diplomatique avec l’Espagne. À l’époque, le Maroc avait reprochĂ© Ă  Madrid l’accueil, pour y ĂȘtre soignĂ©, du chef des indĂ©pendantistes sahraouis du Front Polisario (soutenu par l’AlgĂ©rie contre le Maroc).

      D’ailleurs, Pedro Sanchez - qui doit se rendre Ă  Ceuta ce vendredi - a dĂ©jĂ  expliquĂ© que « des mesures pour le transfert » vers le Maroc seront prises pour « toutes les personnes qui sont entrĂ©es illĂ©galement » dans l’enclave espagnole, aprĂšs ce qu’il qualifie « d’attaque contre la souverainetĂ© » de son pays. Du reste, nombre d’entre elles, 25.000 selon les premiĂšres Ă©valuations, sont dĂ©jĂ  retournĂ©es au Maroc, ce vendredi. Ce que ne disent pas les rĂ©actions françaises, promptes Ă  qualifier ces migrants de danger imminent, quand bien mĂȘme ils se trouvent actuellement sur un autre continent, dans une zone qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, Ă  1 000 kilomĂštres du territoire français, de l’autre cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e.

      Qu’importe, la pression porte ses fruits. Laurent Nunez s’est empressĂ© ce vendredi matin d’annoncer que la France allait immĂ©diatement renforcer ses contrĂŽles aux frontiĂšres, « en profondeur », avant d’ĂȘtre appuyĂ© par Emmanuel Macron, qui a demandĂ© Ă  la mi-journĂ©e Ă  ce que « toutes les dispositions soient prises pour renforcer les contrĂŽles Ă  la frontiĂšre avec l’Espagne ». Quitte Ă  donner le point aux nationalistes et Ă  leurs raccourcis.

    • La menace ne vient pas des immigrĂ©s de Ceuta, mais de nos propres dirigeants !

      L’arrivĂ©e de plusieurs dizaines de milliers de jeunes Marocains Ă  Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, a immĂ©diatement provoquĂ© un dĂ©chainement de mensonges. Non seulement la droite et l’extrĂȘme droite, mais aussi la plupart des gouvernants europĂ©ens rejoints par Trump aux États-Unis, ont brandi la menace d’une « invasion » dont il faudrait se dĂ©fendre.

      Le fait qu’il y ait eu une centaine de morts ne leur a pas tirĂ© une larme. Pas plus le fait que les migrants soient restĂ©s dehors, avec les seuls vĂȘtements qu’ils portaient pendant leur traversĂ©e, sans argent ni accĂšs Ă  un minimum d’hygiĂšne, en butte aux violences des militaires et de certains habitants. « On croyait atteindre le paradis, et on s’est retrouvĂ© en enfer », rĂ©sumait l’un d’eux, avant de regagner le Maroc, comme l’ont fait la trĂšs grande majoritĂ© d’entre eux.

      LibertĂ© de circulation pour tous les travailleurs !

      Ces jeunes, parmi eux de nombreux adolescents de moins de 15 ans, ont voulu fuir la pauvretĂ©, le chĂŽmage, qui touche, au Maroc, prĂšs de la moitiĂ© de la jeunesse. Pouvoir travailler et rĂ©aliser ainsi leurs rĂȘves Ă©tait leur seul but, le mĂȘme que tous les jeunes de leur Ăąge dans le monde. La libertĂ© de se dĂ©placer et le droit de s’installer lĂ  oĂč les travailleurs peuvent gagner leur vie devrait ĂȘtre un droit Ă©lĂ©mentaire. Que des jeunes soient obligĂ©s, pour cela, de risquer la mort est rĂ©voltant !

      Le Premier ministre espagnol Sanchez a annoncĂ© l’envoi de policiers, de militaires et de blindĂ©s, Ă©voquant « une attaque, une violation de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Espagne ». Mais que dire de l’intĂ©gritĂ© du territoire marocain, alors que les enclaves de Ceuta et Melilla constituent des vestiges du colonialisme espagnol !

      Tous les dirigeants europĂ©ens savaient trĂšs bien que ces milliers de jeunes ne pouvaient pas se rendre en Espagne ni dans l’Union europĂ©enne. En effet, Ceuta est soumis Ă  un statut dĂ©rogatoire tel que l’accĂšs au reste de l’Europe est aussi difficile qu’à partir du Maroc. Mais Macron a tout de mĂȘme multipliĂ© par cinq le nombre de policiers et de gendarmes Ă  la frontiĂšre franco-espagnole.

      Les mensonges des dirigeants européens

      La palme du cynisme revient Ă  la PremiĂšre ministre italienne d’extrĂȘme droite Meloni, qui a annoncĂ© la suspension de la libre circulation de l’espace Schengen Ă  l’Espagne, avec laquelle l’Italie ne partage pourtant aucune frontiĂšre. La quasi-totalitĂ© des autres dirigeants de l’Union europĂ©enne lui ont emboitĂ© le pas. Tous ont dĂ©libĂ©rĂ©ment menti car ils sont d’accord pour faire comme si l’immigration Ă©tait aujourd’hui le danger principal. C’est une diversion ignoble, mais aussi dangereuse, utilisĂ©e par l’extrĂȘme droite, championne du repli sur soi, et par bien des politiciens.

      Tous veulent faire croire aux travailleurs que les immigrĂ©s constitueraient une menace et que les frontiĂšres pourraient protĂ©ger du chĂŽmage et de la pauvretĂ©. Mais le responsable du chĂŽmage, de la prĂ©caritĂ© et des bas salaires est d’abord le patronat, et le faire reculer dĂ©pend exclusivement des luttes que le monde du travail est capable de mener pour s’opposer Ă  sa rapacitĂ©. Ceux qui rĂ©pĂštent qu’on ne peut pas « accueillir toute la misĂšre du monde » nous prĂȘchent en rĂ©alitĂ© la rĂ©signation et veulent nous faire accepter, comme une fatalitĂ© qu’on ne pourrait pas changer, l’état catastrophique des hĂŽpitaux et de tous les services publics les plus vitaux


      Combattre les vrais responsables de la misĂšre

      Les vĂ©ritables responsables de la misĂšre, en France comme dans les autres pays, ce sont les actionnaires des gĂ©ants du CAC 40 dont les profits ont augmentĂ© de plus de 44 % au premier semestre 2026, pour atteindre Ă  74,93 milliards d’euros. Une minoritĂ© de richissimes bourgeois, 153 familles milliardaires, accapare les richesses produites par des millions de travailleurs. Une minoritĂ© de capitalistes et les gouvernants Ă  leur service organisent l’exploitation de tous les peuples et le pillage des ressources des pays pauvres. Avec leurs rivalitĂ©s et leurs guerres, des rĂ©gions entiĂšres du monde sont dĂ©truites et rendues invivables.

      C’est tout cela qu’on voudrait nous faire oublier avec l’épouvantail de l’immigration. Garantir Ă  tous une vie Ă  la hauteur des immenses possibilitĂ©s que recĂšle la sociĂ©tĂ© ne sera possible qu’en renversant le capitalisme. Quelles que soient leur nationalitĂ©, leur origine et leur religion, les travailleurs doivent refuser les divisions pour pouvoir mener ce combat commun contre leurs exploiteurs.

      Nathalie ARTHAUD

      ▻https://www.lutte-ouvriere.org/portail/editoriaux/menace-vient-immigres-ceuta-propres-dirigeants-196142.html

    • Issu de ▻https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/01/comment-se-positionnent-les-pays-europeens-face-a-la-crise-de-ceuta

      La lettre en question  : « â€ŻVingt-deux chefs d’État et de gouvernement ont cosignĂ© une lettre initiĂ©e par l’Italie et le Danemark, exigeant une rĂ©union d’urgence des ministres de l’IntĂ©rieur. Ces derniers se retrouveront en visioconfĂ©rence mardi 4 aoĂ»t.

      Si l’exclusion de l’Espagne de la zone Schengen n’est plus Ă©voquĂ©e, les 22 s’en prennent Ă  la politique de rĂ©gularisation massive menĂ©e par l’Espagne, qu’ils accusent d’avoir provoquĂ© un appel d’air ayant concouru Ă  cette intrusion.  »

      La France qui envoie sa police pourchasser des migrants aussi imaginaires que les dahuts dans les PyrĂ©nĂ©es fait partie des Ă©tats les plus comprĂ©hensifs vis-Ă -vis de l’Espagne. Mon petit doigt me dit que ça doit bien lui arracher la gueule Ă  notre pauvre Macron de pas hurler avec les loups, mais dĂ©rouler 700km de barbelĂ©s n’étant pas envisageable dans l’immĂ©diat, il a du prendre sur lui. J’espĂšre quand mĂȘme que l’on va lui ouvrir une cellule psychologique Ă  l’ÉlysĂ©e pour le soutenir dans cette douloureuse Ă©preuve.

    • Évidemment ce bon vieux Rudy s’est immĂ©diatement fendu d’un article dĂ©fendant IsraĂ«l, mais il faut tout lire et ça donne des sources :
      ▻https://www.conspiracywatch.info/ceuta-le-reflexe-complotiste.html

      Le raisonnement Ă  l’Ɠuvre est un condensĂ© de logique complotiste : on part des bĂ©nĂ©ficiaires supposĂ©s de l’évĂ©nement (le fameux « is fecit cui prodest ») pour remonter aux commanditaires, et l’on tient la satisfaction affichĂ©e par certains pour un aveu. Or, comme l’écrit le politologue amĂ©ricain Michael Shurkin, « la Schadenfreude [« joie malsaine » − ndlr] n’est pas une preuve de complicitĂ© ou de responsabilitĂ© ». Il poursuit : « Je trouve fascinant que tant de gens sautent Ă  la conclusion que cela doit forcĂ©ment concerner IsraĂ«l. Comme si le Maroc et l’Espagne n’étaient pas capables d’avoir leurs propres diffĂ©rends sans rapport avec IsraĂ«l, ou comme si le Maroc Ă©tait incapable d’agir ainsi pour ses propres raisons. »

      Sans surprise, les rĂ©seaux prorusses se sont emparĂ©s de l’affaire. Le centre de recherche Cyfluence a documentĂ© l’amplification de la thĂšse du complot « israĂ©lo-amĂ©ricain » par des comptes alignĂ©s sur Moscou ainsi que sa reprise par RT et par le rĂ©seau de sites « Pravda ». Un seul post a cumulĂ© des millions de vues et plus de 4 400 retweets.

      À supposer mĂȘme que cet afflux ait Ă©tĂ© tĂ©lĂ©guidĂ©, le Maroc n’a besoin de personne pour « arsenaliser » les migrants − ainsi que l’ont dĂ©jĂ  fait Moscou et Minsk contre la Pologne. En mai 2021, Rabat avait laissĂ© plus de 8 000 personnes entrer Ă  Ceuta en quarante-huit heures pour punir Madrid d’avoir discrĂštement hospitalisĂ© le chef du Front Polisario (mouvement luttant pour l’autodĂ©termination du Sahara occidental, soutenu par Alger). Ni IsraĂ«l ni les États-Unis ne s’en Ă©taient mĂȘlĂ©s.

    • Crise de Ceuta : pourquoi les rĂ©volutionnaires dĂ©fendent l’ouverture des frontiĂšres ? Billet d’Anasse Kazib
      ▻https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-de-Ceuta-pourquoi-les-revolutionnaires-defendent-l-ouvert

      Anasse Kazib, candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle de 2027, rĂ©agit aux questions d’électeurs de gauche depuis le dĂ©but de la tragĂ©die de Ceuta, oĂč plus de 100 personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’enclave espagnole depuis le Maroc. Il revient sur la nĂ©cessitĂ© de dĂ©fendre l’ouverture des frontiĂšres, Ă  rebours d’une gauche institutionnelle qui s’adapte aux politiques de l’Europe forteresse.

      Les frontiĂšres permettent de fabriquer une main-d’Ɠuvre privĂ©e de droits, notamment les sans-papiers, que le patronat peut surexploiter avec des salaires plus bas, des horaires plus longs et la menace permanente de l’expulsion. Cette pression ne s’exerce pas seulement contre les travailleurs immigrĂ©s : elle tire aussi vers le bas les conditions de l’ensemble de la classe ouvriĂšre.

      On nous rĂ©pĂšte sans cesse que les frontiĂšres sont lĂ  pour protĂ©ger les travailleurs. En rĂ©alitĂ©, elles protĂšgent avant tout les intĂ©rĂȘts des classes dirigeantes. Le capital, lui, ne connaĂźt pas de frontiĂšres. Les multinationales dĂ©placent leurs usines lĂ  oĂč les salaires sont les plus bas, investissent oĂč les profits sont les plus Ă©levĂ©s, spĂ©culent d’un continent Ă  l’autre et pillent les ressources du monde entier sans passeport ni visa. Les marchandises et les capitaux circulent librement.

      La classe ouvriĂšre n’a pas d’intĂ©rĂȘt Ă  dĂ©fendre les frontiĂšres de sa bourgeoisie. Son intĂ©rĂȘt est de s’unir au-delĂ  des nationalitĂ©s et des origines pour combattre ceux qui vivent de son exploitation. Il faut refuser un monde oĂč l’argent est libre de circuler, ou le patronat peut exploiter qui il veut ou il veut mais oĂč les ĂȘtres humains sont enfermĂ©s derriĂšre des barbelĂ©s. Il faut exactement l’inverse : lutter contre le capital, garantir Ă  toutes et tous la libertĂ© de circulation et d’installation, et construire l’unitĂ© internationale des travailleurs...

    • Ceuta : une frontiĂšre impĂ©riale devenue un tombeau

      Ceuta n’a jamais Ă©tĂ© une simple limite administrative. Elle est Ă  la fois le produit d’une histoire impĂ©riale ancienne et le point de rencontre de dĂ©cisions Ă©conomiques beaucoup plus rĂ©centes. Ni l’une ni les autres ne peuvent ĂȘtre traitĂ©es uniquement avec des clĂŽtures, des patrouilles et des procĂ©dures d’éloignement.

      Que faire ?

      D’abord, Ă©tablir les faits. Chaque mort doit ĂȘtre identifiĂ©e. Chaque disparition doit ĂȘtre documentĂ©e. Chaque usage de la force doit pouvoir ĂȘtre examinĂ©. Le contrĂŽle d’une frontiĂšre ne suspend ni le droit Ă  la vie ni l’obligation de rendre des comptes.

      Ensuite, reconstruire une véritable politique économique frontaliÚre.

      L’Union europĂ©enne et l’Espagne ne peuvent demander au Maroc de contenir les dĂ©parts tout en considĂ©rant la situation sociale de Fnideq comme une affaire exclusivement marocaine. Une coopĂ©ration crĂ©dible devrait financer des emplois formels, des formations professionnelles, des infrastructures productives et des activitĂ©s susceptibles de remplacer durablement l’ancienne Ă©conomie de contrebande.

      Enfin, il faut donner une réalité aux voies réguliÚres de mobilité.

      L’Espagne dispose dĂ©jĂ  de programmes de gestion collective des recrutements dans les pays d’origine, le dispositif dit « GECCO ». En 2025, 25 767 travailleurs Ă©trangers ont participĂ© Ă  ces dispositifs de migration circulaire dans dix-sept pays partenaires, en hausse de 25 % en un an. Ces programmes dĂ©montrent qu’une mobilitĂ© organisĂ©e, assortie d’un contrat de travail et d’un cadre public, est possible.

      Ils ne sont pas exempts de critiques. La dĂ©pendance envers l’employeur, les conditions d’hĂ©bergement et les risques d’exploitation, notamment dans l’agriculture, doivent ĂȘtre combattus. Mais la rĂ©ponse Ă  ces insuffisances n’est pas de renoncer aux voies lĂ©gales. Elle consiste Ă  les Ă©tendre, Ă  les diversifier et Ă  mieux protĂ©ger ceux qui les empruntent.

      Le travail, les études, la formation et la circulation temporaire ne supprimeront pas tous les départs irréguliers. Ils permettront au moins de retirer aux passeurs, aux rumeurs et aux crises diplomatiques le monopole du calendrier migratoire.

      L’Europe a progressivement dĂ©lĂ©guĂ© une partie de sa politique migratoire aux États chargĂ©s d’empĂȘcher les dĂ©parts. Ce modĂšle crĂ©e une dĂ©pendance dangereuse. Lorsque le contrĂŽle se relĂąche, volontairement ou non, la frontiĂšre cesse en quelques heures d’apparaĂźtre comme une protection : elle devient un piĂšge.

      L’histoire ne se rĂ©pĂšte pas. Elle lĂšgue des lieux, des institutions et des frontiĂšres.

      En 1415, la conquĂȘte de Ceuta ouvrait l’expansion portugaise outre-mer. En 1578, Ksar el-KĂ©bir en rĂ©vĂ©la les limites sanglantes. En 2026, la ville est devenue, pour une partie de la jeunesse marocaine, un horizon visible Ă  l’Ɠil nu et pourtant presque inaccessible.

      L’écho entre ces dates n’est pas celui d’une prĂ©tendue guerre de civilisations.

      Il est celui d’une gĂ©ographie hĂ©ritĂ©e de la puissance sur laquelle viennent aujourd’hui se briser les inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques et l’inĂ©gale libertĂ© de circuler.

      Une Europe fidùle aux droits qu’elle proclame ne peut se contenter de mieux fermer cette frontiùre.

      Elle doit agir pour qu’aucun mur, aucune digue et aucun bras de mer ne redeviennent un tombeau.

      ▻https://blogs.mediapart.fr/alexis-vessat/blog/070826/ceuta-une-frontiere-imperiale-devenue-un-tombeau

  • Virginie Despentes, Cher Connard, Grasset
    page 72

    On supporte trĂšs bien l’idĂ©e que les femmes soient tuĂ©es par les hommes, au seul motif qu’elles sont des femmes. Sauf si elles sont de petites filles ou de vieilles dames. Ce qui veut dire qu’on supporte trĂšs bien l’idĂ©e qu’une femme soit victime d’un homme tant qu’elle est en Ăąge d’avoir une sexualitĂ© active. MĂȘme si elle est mariĂ©e, mĂȘme si elle est maman, mĂȘme si elle est bonne sƓur - Ă  partir du moment oĂč elle est pubĂšre et jusqu’à ses soixante quinze ans - elle est une victime acceptable.
    Et je crois que c’est parce qu’elle est Ă©ventuellement sexuelle. La sociĂ©tĂ© comprend l’assassin. Elle le condamne, Ă©videmment. Mais avant tout elle le comprend. C’est plus fort que lui. Que ce soit sa femme ou une inconnue.
    Imagine qu’à la place des femmes qui sont tuĂ©es par les hommes, il s’agisse d’employĂ©s tuĂ©s par leurs patrons. L’opinion public se raidirait davantage. Tous les deux jours, la nouvelle d’un patron qui aurait tuĂ© son employĂ©. On se dirait, ça va trop loin. On doit pouvoir aller pointer sans risquer d’ĂȘtre Ă©tranglĂ© ou criblĂ© de coups ou abattu par balles. Si tous les deux jours un employĂ© tuait un patron ce serait un scandale national. Pense Ă  la gueule des gros titres : le patron avait dĂ©posĂ© trois plaintes et obtenu un ordre d’éloignement mais l’employĂ© l’a attendu devant chez lui et l’a abattu Ă  bout portant. C’est quand tu le transposes que tu te rends compte que le fĂ©minicide est bien tolĂ©rĂ©. Les hommes peuvent te tuer. Ça flotte au-dessus de nos tĂȘtes. On le sait. C’est comme si on te recommandait de jouer Ă  la roulette russe. Je n’ai jamais eu envie de mourir mais j’ai aimĂ© les drogues dures, les hommes violents et la vitesse. On m’aura beaucoup plus sermonnĂ©e sur les drogues dures que sur les hommes.

    #transposition #féminicide #violences

    • faites donc cher sombre, trollez, il en restera toujours quelque chose

      Mais ce n’est pas que grasset et grobollet qui chie sur les auteurices. Ce sont les intellectuelles et les artistes que cette sociĂ©tĂ© maltraite en leur expliquant concrĂštement qu’ils ne servent Ă  rien.

      Il faudrait que je liste ici tous les modes d’abandon mis en place pour que les auteurices ne puissent plus survivre financiĂšrement. Alors que ces mĂ©tiers Ă©taient considĂ©rĂ©s comme Ă  protĂ©ger et bĂ©nĂ©ficiaient de quelques protections exceptionnelles. Les auteurices sont devenues des entreprises indĂ©pendantes reliĂ©es Ă  l’urssaf qui n’ont ni chomage, ni congĂ©s et bossent quand on daigne leur acheter leur production ou leur faire une commande. Quant aux factures electroniques avec recapitulatif trimestriel cela ne va pas aider.

    • Le terrain Ă©tait bien prĂ©parĂ©, socialement et philosophiquement par les libĂ©raux. On est bien domestiquĂ© avec des ƓillĂšres Travail, l’obligation tacite de ce commerce de la sueur Ă  la monnaie passe par le salariat employĂ©/patron. Et surtout ne pas avoir le temps de penser. ContinuitĂ© de l’esclavage dans le sens ou mĂȘme ton avenir rendu plus glorieux et mĂȘme joyeux dans l’acceptation de ce deal se concrĂ©tise dans une vie de non homme libre . Puis on ratisse tout autour et on fait tomber les tĂȘtes des « libres » : chomeurs, prĂ©caires, artistes, auteurices ...
      Je frĂ©quente pas mal de gens qui ont vĂ©cu ou vivent dans la rue, oui c’est dur et violent mais ce sont de vraies personnes pas du chiquĂ© baratineur cochon d’inde dans sa roue que beaucoup devienne une fois intĂ©grĂ© au monde du travail oĂč il n’y a pas plus le temps de revenir Ă  Ah mais keskejefaila ?
      Le process des politiques des hypermarchĂ©s. On accepte le contrat car on le croit pratique et plus Ă©conomique jusqu’à ce que l’idĂ©e mĂȘme du paysan disparaisse de nos mƓurs, remplacĂ© par nos chaines en bĂ©tons.
      Je perds mon sang froid, tatatata.
      Ma vue me joue des tours, j’ai lu le macronisme est un traumatisme , c’est bien la rĂ©alitĂ©.

  • Le TDA ne me dĂ©finit pas. Mais il a changĂ© ma façon de travailler
    ▻https://lejournalcorrosif.fr/handicap/tda-et-travail-linclusion-a-lepreuve-du-reel

    On parle beaucoup d’inclusion dans le monde du travail. Mais inclure, est-ce adapter le travail aux personnes
 ou continuer Ă  demander aux personnes de s’adapter Ă  des organisations parfois absurdes ? Mon TDA m’a appris Ă  poser la question. <p>The post Le TDA ne me dĂ©finit pas. Mais il a changĂ© ma façon de travailler first appeared on Le Journal Corrosif.</p>

  • L’arnaque des films de Ruffin (et de sa politique) | Virage
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=iYPUh1MJ7U0

    En analysant le cinĂ©ma de François Ruffin, on dĂ©couvre des documentaires bien moins Ă  gauche qu’ils n’en ont l’air. Des films oĂč Ruffin croit ĂȘtre le parfait mĂ©diateur entre « la France d’en haut et la France d’en bas », mais finit par lĂ©gitimer et banaliser les pires obsessions des racistes et de la bourgeoisie.

  • Le Danemark dit « non » Ă  la folie Ă©nergĂ©tique de l’IA | Chut !
    ▻https://chut.media/environnement/le-danemark-dit-non-a-la-folie-energetique-de-lia

    Face Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique saturĂ©, le gouvernement danois vient d’établir une hiĂ©rarchie stricte. La ministre du Climat Samira Nawa est claire : les projets « peu flexibles » comme les immenses data centers ne peuvent plus monopoliser une capacitĂ© devenue rare. Le luxe de l’IA passe dĂ©sormais aprĂšs l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral des citoyen·nes.

  • Haute-Savoie. Un drapeau palestinien de 540 mÂČ dĂ©ployĂ© Ă  Chamonix, entre les Grands Charmoz et le GrĂ©pon
    Baptiste Savignac - Hier à 18:01 | mis à jour aujourd’hui à 06:18
    ▻https://www.ledauphine.com/societe/2026/07/13/un-drapeau-palestinien-de-540-m2-deploye-a-chamonix-entre-les-grands-cha

    Un an aprĂšs leur action sur la face ouest des Drus, ils ont rĂ©cidivĂ©, en voyant encore plus grand. Ce dimanche 12 juillet, un groupe d’alpinistes anonymes a escaladĂ© les aiguilles qui surplombent Chamonix pour suspendre, entre les Grands Charmoz et le GrĂ©pon, Ă  prĂšs de 3 500 mĂštres d’altitude, un drapeau palestinien de 540 mÂČ (30 mĂštres sur 18).

  • Le miroir du petit Hamza, par Houria Bouteldja (Facebook)
    ▻https://www.facebook.com/houria.bouteldja.9/posts/pfbid0Dg24gEZNX4xAGF8WaqfihAtst32fXVqyLFpiVDYHFNi9MzdZKBS4ULt98vfp8EGdl

    Le miroir du petit Hamza

    Il faut creuser l’affaire du petit Hamza, 13 ans, cible de menaces, de harcĂšlements et d’insultes racistes et qui a fait deux jours de garde Ă  vue. Certes, toutes les Ă©vidences sur ce dĂ©lire mĂ©diatique ont Ă©tĂ© dites et certaines rappelĂ©es dans l’excellent communiquĂ© d’Elsa Marcel, l’avocate de RP qui le dĂ©fend :
    Ce n’est qu’un enfant, son « arme » n’est qu’un pistolet Ă  eau, les mĂ©dias ont tournĂ© en boucle sur lui alors que la guerre reprend en Ukraine, le gĂ©nocide se poursuit en Palestine, on vient de vivre une canicule insupportable tandis qu’une nouvelle s’annonce, des centaines de milliers de foyer en France n’arrivent plus Ă  joindre les deux bouts, l’inflation Ă©trangle les pauvres, bref, les mĂ©dias aux ordres font de la diversion. C’est vrai, on a l’habitude mais malgrĂ© tout on reste mĂ©dusĂ©s, presque Ă©tourdis par cette dĂ©bauche de sans-hontisme que mĂȘme les humours noirs et de dĂ©rision Ă©chouent Ă  saisir vĂ©ritablement. C’est pourquoi il faut creuser.

    Je me permets une hypothĂšse : la FI est l’une des causes de cette hystĂ©rie mĂ©diatique.

    Je m’explique. D’abord il y a la sociĂ©tĂ© imaginaire. La concentration des mĂ©dias entre les mains soit des milliardaires, soit de l’Etat au service de ces milliardaires, nous le savons, c’est l’anihiliation du journalisme. Mais plus encore l’avĂšnement de la post-vĂ©ritĂ©. Le rĂ©el est aboli. On panthĂ©onise Manouchian et Bloch au moment mĂȘme oĂč tous leurs idĂ©aux sont trahis, foulĂ©s aux pieds. On nie le changement climatique, on nie un gĂ©nocide, on innocente l’extrĂȘme droite de son antisĂ©mitisme et on transfert la responsabilitĂ© du racisme sur les antiracistes. Toutes les outrances sont permises, encouragĂ©es tant que le rĂ©el est esquivĂ©. C’est la dystopie totale.

    Sauf que les producteurs de cette rĂ©alitĂ© parallĂšle ne sont plus indemnes de leurs propres agissements, ils sont affectĂ©s par leur crĂ©ation. Ils sont eux-mĂȘmes crĂ©atures de cette crĂ©ation. Quelles que soient leurs motivations, ils ont un besoin existentiel d’y croire : soit par dĂ©pendance matĂ©rielle, soit par obĂ©issance Ă  leur hiĂ©rarchie, soit parce que la contradiction est si intenable qu’ils prĂ©fĂšrent la fuite en avant. Bref, ils sont piĂ©gĂ©s dans leur propre canular, obligĂ©s d’y collaborer tels des zombis dĂ©ments. Et lorsque la rĂ©alitĂ© matĂ©rielle les rattrape (genre la canicule), ils la nient. Lorsque la rĂ©alitĂ© contredit leur rĂ©cit, ils l’ignorent. Nous connaissions les nĂ©gationnistes du passĂ©, ceux qui nient les chambres Ă  gaz, il y a dĂ©sormais les nĂ©gationnistes du prĂ©sent. Ceci, comme chacun sait, n’est pas une pipe.

    Or, voilĂ  qu’un mouvement politique de masse s’impose qui veut rĂ©tablir le rĂ©el : le matĂ©rialisme historique existe, la lutte des classes existe, le racisme existe, les rapports de force existent, l’économie capitaliste existe, la canicule existe, la dĂ©faite des US face Ă  l’Iran existe, la confirmation que Marine est une dĂ©linquante existe. Il s’agit de rĂ©habiliter le rĂ©el car sans analyse matĂ©rialiste du rĂ©el, point de politique et point de transformation sociale, c’est Ă  dire point de puissance d’agir. Or, c’est prĂ©cisĂ©ment le but des mĂ©dias aux ordres : abolir le rĂ©el pour nous dĂ©sarmer et faire de nous des larves apathiques et surtout innocenter le pouvoir des consĂ©quences matĂ©rielles, sociales, psychologiques de la violence qu’il engendre lui-mĂȘme. Non seulement, cette force politique sait identifier les problĂšmes mais elle nomme le responsable. Et la canicule a Ă©tĂ© une Ă©niĂšme occasion pour des centaines de milliers d’yeux, peut-ĂȘtre des millions, de se tourner vers ce responsable : le capital enragĂ©. Ou son reprĂ©sentant local, Macron.

    L’affaire du petit Hamza surgit juste aprĂšs cet Ă©pisode, que les mĂ©dias climatosceptiques ont commentĂ© de la pire des maniĂšres, sentant dangereusement monter la colĂšre des scientifiques et des citoyens. ConsĂ©quence : la sociĂ©tĂ© rĂ©elle percute la sociĂ©tĂ© imaginaire. On Ă©carquille les yeux d’effarement et on les referme aussitĂŽt (n’est-ce pas Yann BarthĂšs ?). Le fantasme doit reprendre le dessus et il le reprendra coute que coute.

    Il prendra les traits du petit Hamza.

    C’est un arabe. Bonne base. Il n’a qu’un pistolet Ă  eau. C’est embĂȘtant mais retirez « Ă  eau », il reste quand mĂȘme « pistolet ». AccolĂ© Ă  « arabe », ça sonne bien. Ajoutez qu’il sĂšme « la terreur » (comme Joulani de Daesh avant son relookage et avec lequel Macron vient dealer en tout bien tout honneur) sur les quais Saint Martin et nous voilĂ  armĂ©s pour ajouter une nouvelle couche d’hallucination Ă  la dystopie : arabe + pistolet + terrorisme, tous les ingrĂ©dients sont mobilisĂ©s mais dĂ©lestĂ©s de leur rĂ©alitĂ© sociale et matĂ©rielle :
    1/c’est un enfant,
    2/ l’arme est inoffensive,
    3/ c’est le propre des enfants qui jouent de se dĂ©connecter du rĂ©el.

    Nous voilĂ  face Ă  deux imaginaires qui se tĂ©lescopent : celui de l’enfant (qu’il faut protĂ©ger) et celui des mĂ©dias (qu’il faut dĂ©truire). A l’image de cet « envoyĂ© spĂ©cial » Ă  qui il ne manquait que le casque et le gilet pare-balles, dĂ©pĂȘchĂ© par BFM sur les quais Ă  l’affut d’un scoop sur Hamza La Douane.

    C’est pourquoi, on ne fait qu’effleurer la vĂ©ritĂ© quand on se contente de dĂ©plorer une polĂ©mique ubuesque quand il y aurait tant de vrais sujets Ă  aborder. C’est juste mais insuffisant car le niveau de dĂ©lire est Ă  la hauteur de la menace que fait peser la gauche de rupture et le mouvement social en gĂ©nĂ©ral sur la caractĂ©risation du rĂ©el et sur l’identitĂ© de ceux qui s’arrogent le droit de le dĂ©finir. Cette fuite en avant et celle d’un corps acculĂ©, qui a tellement perdu prise sur le rĂ©el, qu’il doive s’accrocher dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  sa fiction. Je suis convaincue que ces mĂ©dias ne voient plus que l’enfant est un enfant, que le pistolet Ă  eau est un jouet. Ils ne voient pas l’indignitĂ© absolue de leur envoyĂ© spĂ©cial, risĂ©e du monde. Car pour continuer Ă  s’accrocher aux rĂ©cits de la sociĂ©tĂ© imaginaire, aussi inconsĂ©quents soient-ils, il importe de ne pas avoir de contradicteur. Or les forces sociales et politiques de contestation sont un contradicteur puissant. Leurs discours sur la canicule, un puissant retour au rĂ©el. Par un diagnostic concret, un projet, une analyse, des propositions chiffrĂ©es, une planification des grands chantiers, leur proximitĂ© entre leurs discours et ce que vivent les gens, ils sont la sociĂ©tĂ© rĂ©elle contre la sociĂ©tĂ© imaginaire. Et ça c’est insupportable. Ayant utilisĂ© toutes ses cartouches de mauvaise foi aprĂšs la canicule, Ă©puisĂ©e par ses propres turpitudes, la junte mĂ©diatique se jette sur le petit Hamza comme la misĂšre car l’espace de la sociĂ©tĂ© imaginaire se rĂ©trĂ©cit au fur et a mesure que la sociĂ©tĂ© rĂ©elle reprend le dessus et menace de dĂ©truire les chĂąteaux de cartes. Hamza est une victime expiatoire aussi rĂ©elle en tant que victime de racisme qu’imaginaire en tant que garçon arabe au - dĂ©jĂ  - sexe-couteau.

    En opposant la sociĂ©tĂ© rĂ©elle Ă  la sociĂ©tĂ© imaginaire, la FI, comme synthĂšse du mouvement social, commet un crime impardonnable. Elle rĂ©vĂšle que le bain dystopique dans lequel nous macĂ©rons n’est pas un accident de l’histoire mais sa vĂ©ritĂ©. Il oblige ses propagateurs non pas simplement Ă  tomber les masques mais Ă  accentuer une panique qu’ils ne soulagent qu’en reconduisant les structures mentales d’une chimĂšre qui, par dĂ©finition, ne rencontre jamais la matiĂšre : les Arabes ne sont pas responsables de la canicule. Mais s’ils ne sont responsables ni de la canicule, ni de l’inflation, ni de la hausse de la mortalitĂ© infantile, et si les manifestations d’antisĂ©mitisme n’ont pas explosĂ© depuis le 7 octobre malgrĂ© les danses de la pluie effrĂ©nĂ©es de ceux qui espĂ©raient des pogroms antijuifs, il faut bien qu’ils soient responsables de quelque chose. En dĂ©coule qu’un petit Hamza coupable de terroriser de braves gens caniculĂ©s avec un pistolet Ă  eau, c’est mieux que rien.

    Hamza La Douane a fini par ĂȘtre neutralisĂ©. Il a Ă©tĂ© menottĂ© et embarquĂ© par la police. L’histoire pourrait se finir ici mais il faut continuer Ă  creuser.

    Car le petit Hamza a Ă©tĂ© « neutralisĂ© » avec LA COMPLICITE DU PEUPLE DES BERGES DE PARIS.

    Il est bien certain que le petit Hamza a tous les traits d’un garnement. Et si j’avais eu affaire a lui, il m’aurait sĂ»rement enquiquinĂ©e - ou peut-ĂȘtre m’aurait-il amusĂ©e ? Ça c’est sur le plan perso. Mais si on regarde le tableau de loin, on voit quoi ? Un enfant qui teste et met Ă  l’épreuve l’autoritĂ© des adultes. Des adultes qui ne savent plus parler Ă  un enfant dont tout le monde voit bien que c’est un arabe et qu’il a un gun. Dans une sociĂ©tĂ© normale, l’enfant appartiendrait Ă  toute la sociĂ©tĂ© et chaque adulte se donnerait le droit de co-Ă©lever cet enfant des autres. Il aurait le droit de le corriger mĂȘme aux vus et aux sus des parents biologiques. Dans nos sociĂ©tĂ©s individualistes oĂč nous agissons en propriĂ©taire d’enfants (chacun les siens), les adultes n’osent plus alors qu’ils auraient dĂ» l’engueuler ou entrer en interaction avec lui. Il a donc continuĂ© Ă  fanfaronner au point que les adultes se sont sentis martyrisĂ©s, au point que des adultes ont dĂ©lĂ©guĂ© (collaborĂ© ?) Ă  la police l’autoritĂ© sociale qui devrait ĂȘtre la leur. Si le petit Hamza, 13 ans, a fait 2 jours de garde Ă  vue, ce n’est pas seulement Ă  cause du #fascisme qui vient, c’est Ă  cause de l’individualisme qui est. J’ai honte de cette sociĂ©tĂ© qui n’est mĂȘme pas armĂ©e pour protĂ©ger un enfant. Plus exactement, je la crains.

    #racisme

  • À l’AssemblĂ©e, les macronistes et l’#extrĂȘme_droite offrent un quasi « permis de tuer » aux forces de l’ordre | #Mediapart
    â–șhttps://www.mediapart.fr/journal/france/080726/l-assemblee-les-macronistes-et-l-extreme-droite-offrent-un-quasi-permis-de

    Mardi, le camp prĂ©sidentiel et le Rassemblement national ont votĂ© en faveur de la prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense pour un policier ou un gendarme qui ferait usage de son arme. Face au tollĂ© de la gauche, le gouvernement a dĂ©clenchĂ© un « vote bloquĂ© » pour couper court aux dĂ©bats.

    Pauline Graulle et JérÎme Hourdeaux

    8 juillet 2026 Ă  07h37
    S’il fallait une preuve que l’État de droit tient Ă  peu de chose, la sĂ©ance qui s’est dĂ©roulĂ©e, mardi 7 juillet Ă  l’AssemblĂ©e nationale, vient d’en faire l’édifiante dĂ©monstration. Il aura ainsi suffi d’à peine plus de deux heures pour qu’une large majoritĂ© de dĂ©putĂ©s (313 voix pour, 199 contre, 5 abstentions) adoptent la loi instaurant le principe de la #prĂ©somption de #lĂ©gitime_dĂ©fense pour les forces de l’ordre. 

    Un « permis de tuer » dĂ©noncĂ© par l’ensemble de la gauche. Mais aussi par les associations des droits humains (Amnesty international France, Ligue des droits de l’homme
) qui s’étaient rassemblĂ©es devant le Palais-Bourbon dans l’aprĂšs-midi pour protester contre une rĂ©forme « risqu[ant] d’augmenter le nombre de personnes tuĂ©es et blessĂ©es » par l’envoi d’« un signal de dĂ©sinhibition » aux policiers et gendarmes, ainsi que l’écrivait le prĂ©sident de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans une lettre envoyĂ©e aux dĂ©putĂ©s le 29 juin.

    Soutenue par le gouvernement qui a pris l’initiative de réécrire le texte puis de l’inscrire sur son propre temps parlementaire aprĂšs son examen avortĂ© lors de la niche du groupe Les RĂ©publicains (LR) en janvier, la proposition de loi Ă©tait Ă  l’origine portĂ©e par le dĂ©putĂ© LR Éric Pauget. Dimanche, celui-ci assumait dans le JDD de Vincent BollorĂ© vouloir enclencher « une rĂ©volution de doctrine » et vouloir « redĂ©finir l’usage lĂ©gitime des armes » par les forces de l’ordre.

    Davantage qu’une Ă©tape supplĂ©mentaire dans un rĂ©gime dĂ©jĂ  dĂ©rogatoire, la proposition de loi franchit en effet un pas dĂ©cisif en faisant peser sur la victime la charge de dĂ©montrer que le policier n’était pas dans son bon droit quand il a usĂ© de son arme. Une inversion de la charge de la preuve juridiquement problĂ©matique, et faite « au dĂ©triment des victimes », relevait le DĂ©fenseur des droits fin juin.

    SuccÚs fulgurant pour une pétition

    Une pĂ©tition « contre la prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense pour les forces de l’ordre » rencontre depuis plusieurs jours un succĂšs fulgurant. LancĂ©e le 26 juin, elle affichait mardi 7 juillet plus de #320_000_signatures, contre 200 000 la veille du dĂ©but de l’examen du texte en sĂ©ance.

    Elle a Ă©tĂ© créée par Issam El Khalfaoui, pĂšre de Souheil El Khalfaoui, tuĂ© Ă  19 ans par un policier lors d’un contrĂŽle Ă  Marseille, et fondateur du collectif Save. « Nous, citoyennes et citoyens signataires de cette pĂ©tition, demandons aux dĂ©putĂ©s de voter contre la PPL n° 691 lors du scrutin du 7 juillet 2026, affirme son texte. Son adoption constituerait une atteinte grave Ă  l’État de droit, Ă  nos engagements europĂ©ens et au principe constitutionnel d’égalitĂ© devant la loi. »

    Si elle atteint le seuil des 500 000 signatures, un dĂ©bat pourrait ĂȘtre organisĂ© Ă  l’AssemblĂ©e. Mais celui-ci n’aurait aucune consĂ©quence sur l’adoption du texte. Ce succĂšs rappelle celui de la pĂ©tition « Non Ă  la loi Duplomp » qui, en 2025, avait recueilli plus de deux millions de signatures. Une victoire pour les opposants au texte qui s’était traduit, en fĂ©vrier dernier, par un dĂ©bat uniquement symbolique. Et qui n’a pas empĂȘchĂ© le retour des pesticides dans la loi agricole.

    Au sortir de l’hĂ©micycle, mardi soir, le dĂ©putĂ© du groupe Ă©cologiste Pouria Amirshahi a dĂ©noncĂ©, la voix nouĂ©e, une « faillite rĂ©publicaine », tandis que plusieurs dĂ©putĂ©s ont fondu en larmes. Au mĂȘme moment, les Ă©lus du Rassemblement national (RN), qui venaient d’apprendre la candidature surprise de Marine Le Pen Ă  la prĂ©sidentielle, sabraient le champagne Ă  la buvette.

    Coup de force
    Deux heures et demie plus tĂŽt, la sĂ©ance prĂ©sidĂ©e par la dĂ©putĂ©e du RN HĂ©lĂšne Laporte a pourtant maintes fois manquĂ© de virer au pugilat. Dans une atmosphĂšre plus violente et dĂ©sespĂ©rĂ©e encore que lors de l’examen de la loi immigration en dĂ©cembre 2023, la gauche avait dĂ©cidĂ© de mener une guĂ©rilla parlementaire afin d’entraver l’adoption d’un texte dont elle n’a eu de cesse de rĂ©clamer l’abandon pur et simple. 

    CondamnĂ©s Ă  jouer la montre, les dĂ©putĂ©s insoumis, socialistes, communistes et Ă©cologistes se sont donc passĂ© le relais pour multiplier les rappels au rĂšglement et les suspensions de sĂ©ance, et s’alarmer en chƓur des consĂ©quences possiblement funestes du texte. « Demain, il y aura plus de morts et vous en serez comptables ! », a alertĂ© la communiste Elsa Faucillon, soulignant que, deux ans aprĂšs le meurtre de Nahel Merzouk, la loi ne ferait qu’accentuer le sentiment d’impunitĂ© des forces de l’ordre dans un pays dĂ©jĂ  champion en nombre de morts lors d’interpellations. « Avec votre loi, ce n’est pas les policiers vertueux que vous protĂ©gez, mais ceux qui ne le sont pas car ils seront dispensĂ©s d’enquĂȘte qui sera Ă  la charge des familles endeuillĂ©es », a abondĂ© le socialiste Romain Eskenazi, visiblement trĂšs en colĂšre.

    La tension est encore montĂ©e d’un cran quand le gouvernement, par la voix du prĂ©sident de la commission des lois Florent BoudiĂ©, a annoncĂ© le recours Ă  l’article 44-2 pour enclencher le « vote bloquĂ© », une procĂ©dure visant Ă  faire tomber d’une traite les centaines de sous-amendements dĂ©posĂ©s par la gauche dans sa stratĂ©gie d’obstruction. « C’est ça le fascisme au pouvoir ! », a hurlĂ© l’insoumis Louis Boyard. « Un crachat Ă  la figure des familles ! », s’est alarmĂ©e Elsa Faucillon sous le regard des familles de victimes de violences policiĂšres qui assistaient sagement, depuis la tribune, le dĂ©roulĂ© chaotique de la discussion. 

    « Vous devriez avoir honte, chers collĂšgues [de refuser les dĂ©bats] quand nous rĂ©clamons quelques petites heures pour parler de vie ou de mort », a clamĂ© l’écologiste Benjamin Lucas-Lundy quand Olivier Faure a, lui, implorĂ© le gouvernement de ne « pas procĂ©der Ă  la hussarde et [de ne pas] donner une victoire Ă  l’extrĂȘme droite, qui plus est, le jour oĂč Marine Le Pen a la possibilitĂ© d’ĂȘtre candidate ». 

    La victoire posthume de Jean-Marie Le Pen
    À 19 h 59, la prĂ©sidente de sĂ©ance a pourtant, comme prĂ©vu, annoncĂ© le scrutin sous les cris de protestation de la gauche et les applaudissements enthousiastes des bancs de l’extrĂȘme droite, de LR et d’Horizons. Quelques minutes plus tard, le texte Ă©tait adoptĂ© grĂące Ă  l’ensemble de la droite et de l’extrĂȘme droite. 

    La totalitĂ© des dĂ©putĂ©s du RN, de LR et d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, ont votĂ© favorablement. Mais aussi la grande majoritĂ© du groupe de Gabriel Attal (12 macronistes, la plupart « apparentĂ©s », ont toutefois votĂ© contre), et mĂȘme du MoDem (une seule dĂ©putĂ©e s’y est opposĂ©e, cinq autres se sont abstenus). « C’est une loi de compromis, l’usage des armes est maintenu dans le mĂȘme cadre lĂ©gal et les enquĂȘtes continueront d’avoir lieu », avait arguĂ©, le matin mĂȘme, le dĂ©putĂ© MoDem Erwan Balanant auprĂšs de Mediapart, dans une vaine tentative de minimiser l’enjeu.

    ÉcrasĂ© par l’actualitĂ© de la candidature de Marine Le Pen Ă  la prĂ©sidentielle, le scrutin n’en est pas moins un Ă©vĂ©nement majeur. Pour la premiĂšre fois en effet, le parlement ouvre la voie Ă  l’adoption d’une loi inspirĂ©e du programme prĂ©sidentiel de Jean-Marie Le Pen en 2007. AprĂšs son adoption au Palais-Bourbon, le texte devrait ainsi ĂȘtre votĂ© « conforme » par un SĂ©nat dominĂ© par la droite de Bruno Retailleau. Seul un recours au Conseil constitutionnel pourrait alors annuler ou remanier l’article unique votĂ© par les deux chambres. 

    Un peu plus tĂŽt dans la journĂ©e, Manuel Bompard avait interpellĂ© SĂ©bastien Lecornu dans l’hĂ©micycle : « Monsieur le premier ministre, comptez-vous ĂȘtre celui dont l’histoire retiendra qu’il a mis en Ɠuvre le programme de Jean-Marie Le Pen ? », avait-il interrogĂ© sous le regard ravi des dĂ©putĂ©s du RN assis sur les bancs d’en face. Se saisissant du micro, le ministre de l’intĂ©rieur, Laurent #Nuñez, avait rĂ©torquĂ©, contre l’évidence, que la proposition de loi Ă©tait « consensuelle » et que la gauche entretenait « des fantasmes » sur le texte. « Croyez-moi, ce n’est jamais un plaisir pour les policiers d’utiliser leurs armes ! », avait-il cru bon d’ajouter.

    Mardi soir, lors de l’examen en sĂ©ance, le locataire de la Place #Bauveau est restĂ© de marbre et c’est le visage fermĂ© qu’il a accueilli le rĂ©sultat du scrutin. Alors que dans l’hĂ©micycle, des dĂ©putĂ©s entonnaient « pas de justice pas de paix ! », le pĂšre de Souheil El Khalfaoui, tuĂ© Ă  19 ans par un policier lors d’un contrĂŽle Ă  Marseille, restĂ© jusque-lĂ  silencieux en tribune, a soudain poussĂ© des cris de douleur et de rage. Il s’est rapidement fait sortir par des fonctionnaires du Palais-Bourbon sous les « foutez-le dehors ! » scandĂ©s par les dĂ©putĂ©s d’extrĂȘme droite qui ont filmĂ© la scĂšne.

    En 2025, #49_personnes avaient #perdu_la_vie Ă  la suite d’une intervention des forces de l’ordre. Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, on en dĂ©nombre dĂ©jĂ  22.

  • Le Pen candidate : une ennemie des travailleurs
    ▻https://videos.lutte-ouvriere.org/medias/videos/2026/07/pen-candidate-ennemie-travailleurs-195709.mp4

    Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie

    Quelques heures aprĂšs le jugement de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet, sur l’affaire des assistants parlementaires europĂ©ens du Front national, Marine Le Pen annonçait sa candidature Ă  l’élection prĂ©sidentielle au JT de TF1.

    La cour d’appel a confirmĂ© la condamnation pour dĂ©tournement de fonds publics des douze cadres du RN qui avaient contestĂ© la dĂ©cision de premiĂšre instance. Mais elle a soigneusement calibrĂ© la peine de Marine Le Pen pour lui permettre d’ĂȘtre candidate Ă  l’élection prĂ©sidentielle. Elle l’a mĂȘme revendiquĂ© en invoquant « la libertĂ© des candidatures » et « le libre choix des Ă©lecteurs ». La dirigeante du RN, aprĂšs avoir Ă©tĂ© rejugĂ©e dans un dĂ©lai record dont rĂȘverait n’importe quel justiciable ordinaire, a donc vu sa peine fortement rĂ©duite. Elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  45 mois d’inĂ©ligibilitĂ©, dont 15 mois ferme, et Ă  trois ans de prison, dont un an ferme exĂ©cutable sous bracelet Ă©lectronique.

    Forte de ce jugement qui met un terme Ă  sa pĂ©riode d’inĂ©ligibilitĂ©, Marine Le Pen annonçait dĂšs 20 heures qu’elle se pourvoyait en cassation. Un tel pourvoi, qui devrait intervenir aprĂšs l’élection, suspendrait sa peine et donc le port d’un bracelet. La justice est dĂ©cidĂ©ment bien faite pour les puissants disposant d’une armĂ©e d’avocats, surtout quand ils apparaissent aux yeux de toute une fraction de l’appareil d’État comme un recours possible face Ă  la crise politique du pays.

    Balayant le risque d’une nouvelle condamnation, misant sur son immunitĂ© en cas de victoire, la cheffe du RN en appelle dĂ©sormais Ă  la sagesse des Ă©lecteurs « qui seront juges ». Comme tant d’autres politiciens, Ă  commencer par l’ex-prĂ©sident Sarkozy, Le Pen se considĂšre donc au-dessus des lois qu’elle estime toujours trop clĂ©mentes pour les dĂ©linquants ordinaires.

    Le suspens entretenu entre le plan A-Le Pen et le plan B-Bardella Ă©tant levĂ©, le duo peut donc partir en campagne, bras dessus, bras dessous. DĂ©daignant les commentaires sur leur rivalitĂ©, Le Pen a parlĂ© d’un « ticket gagnant », elle Ă  l’ÉlysĂ©e, lui Ă  Matignon. Autrement dit, les deux larrons se partageront le travail pour tenter de sĂ©duire le plus grand nombre d’électeurs. Le Pen, la riche hĂ©ritiĂšre qui a su prendre au bon moment ses distances avec son pĂšre, incarnera la continuitĂ© historique de son parti tout en cultivant son image de « candidate du peuple ». Bardella continuera Ă  draguer les Ă©lecteurs de la droite traditionnelle en prĂŽnant moins de taxes, des coupes budgĂ©taires massives voire l’introduction de la retraite par capitalisation. Les deux s’inclinent trĂšs bas devant le grand capital.

    Quant au fonds de commerce permanent du RN, repris jusqu’à la nausĂ©e par la plupart de ses concurrents, la xĂ©nophobie et la stigmatisation incessante des Ă©trangers accusĂ©s de tous les maux, il rend aussi un immense service au grand patronat. Il divise les travailleurs dans une pĂ©riode oĂč leur unitĂ© pour se dĂ©fendre face aux attaques patronales est plus que jamais nĂ©cessaire et il leur fait oublier que les responsables du chĂŽmage, des bas salaires et de la vie chĂšre sont les capitalistes.

    Loin d’ĂȘtre le parti antisystĂšme qu’il a prĂ©tendu ĂȘtre pour attirer les Ă©lecteurs des classes populaires Ă©cƓurĂ©s par la politique des gouvernements successifs, le RN se prĂ©pare donc Ă  gouverner au service de la bourgeoisie. S’il est illusoire de croire qu’on pourrait empĂȘcher la progression de l’extrĂȘme droite par une dĂ©cision de justice, on ne l’enrayera pas non plus en restant sur le terrain des Ă©lections, comme le proclament les concurrents de Le Pen. Pour stopper la progression de ces idĂ©es et l’évolution rĂ©actionnaire de toute la sociĂ©tĂ©, la seule voie est que les travailleurs retrouvent la conscience qu’ils font fonctionner toute la sociĂ©tĂ©. Ils sont les plus lĂ©gitimes pour la diriger et les seuls capables de proposer une alternative pour sortir le monde de l’impasse dans laquelle le capitalisme l’enfonce.

    Xavier Lachau

    ▻https://www.lutte-ouvriere.org/portail/journal/rn-pen-candidate-servir-bourgeoisie-195646.html

  • « Vous n’avez toujours pas dĂ©missionnĂ©, monsieur le ministre.

    Hier, les dĂ©putĂ©s d’Emmanuel Macron ont repris Ă  leur compte une proposition de Jean-Marie Le Pen, lui offrant une victoire posthume qui salit la RĂ©publique, pour faire voter un #permis-de-tuer.

    Voici venu le temps du #MacrolepĂ©nisme qui ne se cache mĂȘme plus. »
    Pierre-Yves Cadalen (LFI)

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=6v2wm31VukE

  • Patriotisme obligatoire : l’Éducation nationale ouvre ses portes Ă  l’extrĂȘme droite
    ▻https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/070726/patriotisme-obligatoire-l-education-nationale-ouvre-ses-portes-l-ext

    L’extrĂȘme droite en rĂȘvait, l’Éducation nationale le fait : les cĂ©rĂ©monies patriotiques et militaires, jusque-lĂ  contenues Ă  l’extĂ©rieur de l’école et Ă  la participation volontaire de quelques Ă©lĂšves, sont dĂ©sormais gĂ©nĂ©ralisĂ©es, rendues obligatoires Ă  partir de la rentrĂ©e 2026.