marielle

« vivere vuol dire essere partigiani » Antonio Gramsci

  • Ultimatum
    https://lundi.am/Ultimatum-1905

    Mais il n’est plus temps de respecter les cadres. Cela fait quarante ans que la classe dominante gagne du temps par le théâtre de guignols de la politique et des élections. La détresse n’attend pas. L’extinction des abeilles n’attend pas. L’huissier n’attend pas. La catastrophe climatique n’attend pas. Les manifestants éborgnés n’attendent pas. La contamination au chlordécone n’attend pas. Les derniers poissons bourrés de plastique et les dauphins massacrés n’attendent pas. Les sénateurs, eux, peuvent attendre. Les commentateurs politiques peuvent attendre. Les yuppies des métropoles peuvent attendre. Les fonds de pension peuvent attendre. Monsanto et Bayer peuvent attendre, c’est même le secret depuis toujours de leurs profits mirobolants. Nous nous noyons, et on nous dit d’attendre les prochaines élections, au cas où une petite loi serait enfin votée... Quelle blague ! Attendre aura été notre seule erreur, depuis toujours. Et nous convaincre d’attendre, tout l’art des gouvernants.


  • Le Canada de Justin Trudeau, paradis du macronisme
    https://lvsl.fr/le-canada-de-justin-trudeau-paradis-du-macronisme

    Justin Trudeau et Emmanuel Macron sont souvent présentés par la presse française comme deux jumeaux de la politique. Ces deux leaders politiques affichaient d’ailleurs une franche complicité lors du G7, organisé en juin 2017 au Canada. Alors que s’engage la pré-campagne pour les élections fédérales de 2019, nous pouvons dresser un premier bilan du mandat de Justin Trudeau, qui dirige le Canada depuis Octobre 2015. Le Canada est-il l’autre pays du macronisme ? Quelle sera l’issue des prochaines élections fédérales d’octobre 2019 ?

    Le frère jumeau de Macron vit au Canada.
    Leurs points communs sont : le « progressisme » sociétal et la régression sociale, l’éco-tartufferie, les politiques de libre-échange, l’alignement sur les USA.

    • Toutefois, si le Parti Libéral était favori jusqu’à récemment, l’affaire #SNC- Lavallin pourrait inverser la donne. En effet, le Parti Conservateur d’Andrew Scheer est en progression constante dans les intentions de vote, depuis l’éclatement de l’affaire en février 2018. Dans cette affaire, Justin Trudeau est accusé d’avoir tenté de faire pression sur la ministre de la Justice, afin d’éviter un procès criminel à la SNC – Lavallin ; société d’ingénierie accusée de #fraude et de #corruption. Voilà qui replonge le Parti Libéral dans les affres du scandale des commandites, qui avait déjà causé la défaite du Parti Libéral dans les années 2000.

      #Canada #Justin_Trudeau #Parti_Libéral


  • Lycée : Le « libre choix » des élèves soumis à la gestion des moyens
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/03/11032019Article636878872313563017.aspx

    Concrètement cette note confirme la priorité à la gestion donnée par la réforme. Les élèves seront obligés de remplir les spécialités que leur lycée offrira et cette offre pourra chaque année être ajustée en fonction des moyens accordés. Alors que le ministre parle d’un droit de choisir en fait l’administration trouve avec la réforme une souplesse de gestion nouvelle du fait de la suppression des filières.

    Le tri social permanent

    Le choix du lycée à l’issue de la troisième sera déterminant pour l’élève. Car le changement de lycée ou le suivi d’une spécialité en dehors du lycée sera très difficile. L’élève sera en fait attaché à l’offre de son établissement.

    • La réforme du lycée est vendue comme une plus grande individualisation des parcours (fin des filières) et un respect des choix de formation des lycéen·nes. En fait, la contrainte des moyens (les options ne sont financées que s’il y a assez de demandes) et la gestion administrative fondée sur la réussite et le mérite dessine une toute autre réforme que celle annoncée.

      « Vous avez la liberté de choisir en suivant vos goûts et vos centres d’intérêts ». C’est ce que JM Blanquer promet aux lycéens dans une vidéo diffusée par le ministère de l’éducation nationale pour justifier la réforme du lycée. Or une note de la Dgesco en date du 6 mars 2019 éclaire « le traitement des choix des enseignements de spécialité de 1ère générale » par les établissements. Le principe du libre choix des élèves est en fait cadré par une règle bien plus forte : la gestion administrative. Les élèves ne sont libres de choisir que dans les spécialités que l’administration veut bien leur offrir et s’ils le méritent par leurs notes.

      #éducation #RéformeBlanquer #lycée #baccalauréat


  • L’inégalité est-elle au cœur des problèmes de société ?
    http://www.internetactu.net/2019/03/12/linegalite-est-elle-au-coeur-des-problemes-de-societe

    Les épidémiologistes britanniques Kate Pickett (@profkepickett) et Richard Wilkinson (@ProfRGWilkinson), cofondateurs de Equality Trust (@equalitytrust), publient Pour vivre heureux vivons égaux ! (Les liens qui libèrent, 2019), un imposant recueil d’arguments et d’études sur les effets de l’inégalité. C’est un livre qu’il faut certainement lire comme en contrepoint aux ouvrages de (...)

    #Articles #Enjeux #Economie_et_marchés #eDémocratie #inégalités


  • BD – Martine au Lycée

    Ou comment Macron veut détruire l’avenir de nos enfants

    Par Baptiste Alchourroun

    Scénario : Des lycéen⋅nes et des profs des Ardennes

    https://www.jefklak.org/bd-martine-au-lycee

    « Lutter, c’est créer », disait l’autre. Quand, sur les terres oubliées des Ardennes, profs et lycéen·nes se réunissent hors des heures de cours pour discuter ensemble de la réforme Blanquer, cela donne une magnifique bande-dessinée illustrée par l’excellentissime Baptiste Alchourroun. En deux pages, tout comprendre ou presque des injustices sociales en marche dans l’école publique ! Du matos à télécharger pour informer sur les piquets de grève, dans les salles de profs et manifs lycéennes. Ou pour créer de nouvelles alliances. Cadeau.

    BD à télécharger pour affiches, tracts, etc.


  • #Survivalisme et #extrême_droite : une romance qui dure

    Kits de survie en pleine nature, stages extrêmes en montagne, littérature florissante, le survivalisme est un #business rentable. Une tendance floue, aux ramifications multiples. Si les angoissés de l’Apocalypse comptent dans leurs rangs une quantité non négligeable de doux dingues plus perfusés à Walking Dead qu’encartés au Rassemblement national, il existe visiblement une frange d’adeptes bien plus obscure. Tour d’horizon d’un mouvement aux priorités très nationales.


    http://cqfd-journal.org/Survivalisme-et-extreme-droite-une
    via @cqfd


  • Article 291 - l’Europe macronienne : une imposture Benoit Boussemart - Blog La richesse des Mulliez et les grandes fortunes

    http://richessem.eklablog.com/article-291-l-europe-macronienne-une-imposture-a159974306

    . . . . . . .
    En fait, l’Europe est grande ouverte aux groupes mondialisés qui font ce qu’ils veulent, d’ailleurs davantage en Europe qu’aux Etats-Unis (Trump a essuyé des échecs également, comme empêcher des délocalisations de groupes : voir Général Motors après qu’il ait octroyé des aides et des mesures fiscales favorables, copiées par Macron), et dans une moindre mesure en Chine. Ceux qui gouvernent le monde, ce sont ces groupes, comme nous l’avons amplement prouvé dans notre dernier ouvrage sur l’impérialisme du XXIeme siècle. L’Europe est un « leurrre », elle ne nous protège pas, elle enfonce dans la précarité l’essentiel des populations tout en favorisant l’oligarchie mondiale qui n’a rien à faire de l’Europe. D’ailleurs, elle continue actuellement avec les politiques de libéralisme, d’ouverture des frontières, des accords bi-latéraux ouvrant grandes nos portes (et pas seulement de la France) à ces groupes, y compris en leur permettant d’ester en justice contre les Etats. Voilà ce que Macron défend comme Europe. Non merci à nouveau.

    Quant à l’esprit de progrès, que du baratin. Le bouclier social : « instaurer pour chaque travailleur ... la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement ». Mort de rire. Il suffit de voir Macron le baratineur dans le grand débat. Cause toujours, le peuple (les peuples d’Europe) ; ensuite, je fais comme je veux en faveur des groupes multinationaux. Et il compte faire comment, avec ses « petits bras », comme dirait Coluche ? Pour imposer un tel programme en Europe. Rien de sérieux dans tout cela. Et bien évidemment, quelques lignes sur « l’urgence écologique » (ça fait toujours bien) ; sur la santé et la lutte contre les lobbies (Macron, tu commences par obliger les groupes comme Lactalis, Bigard dont un fils est un député LAREM, ... à publier leurs comptes et leurs magouilles financières mondiales) ; sur le contrôle et la régulation du numérique et de la communication (les GAFA, Bouygues, Drahi et autres Niel/Arnault, Dassault, Pinault et Lagardère en tremblent d’avance) ... Et pour clore le tout, une petite référence à l’Afrique (là, c’est Bolloré qui s’enfuit !!! en compagnie de ses amis dictateurs).

    Au total, une vision de l’Europe digne de la fin du XIXème siècle. Il n’ose tout de même pas l’esclavage ; il préfère la douceur d’un code du travail remanié à minima, bien libéral comme il faut. Et il soutient ses copains et coquins libéraux européens. Mieux vaut ne pas compter sur lui et les siens pour construire une autre Europe, conforme à la liberté, à la justice et à l’équité entre tous ses habitants.

    #ue #emmanuel_macron #union_européenne #finance #libéralisme


  • Ils porteront un gilet jaune
    https://lemediapresse.fr/idees/ils-porteront-un-gilet-jaune

    « La fatigue, en somme, a ses vertus. En elle, nous sculptons notre patience, nous découvrons la beauté des seconds souffles, la vigueur d’un pouls régulier ». Entre écueils et espérances, Arnaud Marie explore, dans cette tribune publiée par Le Média Presse, les enjeux des mobilisations des #Gilets_Jaunes. On peut juste serrer les dents et détourner […]

    #Idées

    • Nous réalisons qu’il est simple, en définitive, de ne plus parler d’ « échec » ou de « réussite ». Ces mots désormais glissent sur nous. Sans doute parce qu’ils appartiennent à un monde dont nous ne voulons plus. L’un et l’autre se trouvent aux deux extrémités d’une machine à broyer qui nous somme chaque jour d’évaluer ou d’être évalué. C’est-à-dire saboter sa propre vie ou flétrir celle des autres. Ne cherchez pas à nous prendre dans la nasse du bilan, vous ne trouverez rien à vendre, rien à solder. Vos grilles d’analyse sont bonnes pour le rebut et vos concepts sont grillés. Les gilets jaunes ont la victoire modeste et la disgrâce flamboyante. Leur irruption tapageuse a pris tout le monde de cours, leur tranquille mûrissement vous laissera sans voix.


  • Le Monde : la fracture éditoriale
    Comment le journalisme militant met en péril le contrat de confiance avec les lecteurs

    https://www.france-medias.fr/images/pdf/LeMonde-LaFactureEditoriale.pdf

    Une (violente) attaque de la dérive «  radicale  » du Monde sur une ligne éditoriale anti-macroniste. Étude menée par France-Médias, https://www.france-medias.fr/informations site publié par La station Web https://www.societe.com/societe/la-station-web-454011107.html

    Le travail d’investigation mené pour cette étude a duré environ 10 semaines et cible les périodes du 1er juillet 2018 au 20 février 2019, a consisté à étudier près de 190 Unes du site lemonde.fr, notamment via le site waybackmachine.org, à observer les choix éditoriaux et rédactionnels mis en oeuvre, à (re)lire 220 articles par le moteur de recherche multimédia du site lemonde.fr, à analyser près de 400 photos, à identifier les outils et moyens de communication utilisés pour diffuser l’information, à répertorier et analyser 3.500 commentaires d’abonné(e)s et de lecteurs du Monde.

    Organisée en 6 parties, l’étude consacre les 3 premières à des événements marquants de l’actualité puis les 3 suivantes à une réflexion plus large sur la ligne éditoriale du Monde, aux malaises observés dans le lectorat puis, finalement, aux solutions envisageables pour restaurer une confiance durable. Notons que les pistes de réflexion et solutions proposées, même si elles se destinent au Monde en premier lieu, peuvent être éventuellement valables auprès d’autres médias de presse écrite.

    En outre, nous mentionnerons que malgré nos demandes, ni le directeur du Monde (Monsieur Fenoglio) ni le directeur de la publication (Mr Bronner) n’ont souhaité répondre aux questions, interrogations et constats soulevés par cette étude.

    Notons enfin que celle-ci a été réalisée de manière entièrement bénévole, sans subvention ni publicité et n’est liée à aucune institution, entreprise, parti politique ou groupe de pression. Elle se veut citoyenne dans son orientation et dans ses finalité(s).

    le sommaire

    I. L’affaire Benalla
    II. La crise des gilets jaunes
    III. La Une du magazine « M »
    IV. La ligne éditoriale en question(s) V. Un lectorat déboussolé
    VI. Les solutions envisageables

    • Le traitement [de l’affaire Benalla] du monde.fr en chiffres
      L’analyse des Unes et des surfaces de visibilité (au dessus de la ligne de regard dite « ligne de flottaison »), du site lemonde.fr, a de quoi impressionner. Du 18 juillet 2018 au 30 août 2018, l’affaire occupe 85% des Unes et 88% de l’espace majeur de visibilité.

      A titre de comparaison, cela représente environ 2,5 fois la couverture dédiée aux attentats terroristes de Paris en novembre 2015 (perpétrées notamment au Bataclan) ou encore 2 fois plus que l’affaire DSK, à périmètres équivalents (durée du traitement et intensité de la visibilité). Cette intensité médiatique est également supérieure au total de tous les candidats à la présidentielle de 2017 réunis, sur une période comparable (de 6 semaines).

      Jamais aucun événement géopolitique, politique ou économique n’aura disposé d’une telle surface de visibilité médiatique depuis le lancement du site lemonde.fr en 1996.
      « L’affaire Bennalla a disposé de 2,5 fois plus de visibilité que la couverture dédiée aux attentats de Paris en novembre 2015 »

      Sur les éléments à notre disposition, on peut également affirmer qu’aucun des grands sites d’information en ligne européen (El Pais en Espagne, le Frankfurter allgemeine en Allemagne ou Le Times en Angleterre) n’a jamais consacré une place aussi importante au traitement d’une seule information au cours des 10 dernières années.

      La couverture du Brexit, à titre d’exemple, par le site Internet du Times (thetimes.co.uk), a représenté une visibilité inférieure de 40% à celle de l’affaire Benalla par lemonde.fr (à temps et périmètre équivalents).

    • à propos du traitement des GJ

      Le poids des photos : mouvement d’ampleur et violences policières
      Les photos mises en ligne sur lemonde.fr relèvent bien évidemment de la ligne éditoriale et traduisent, le plus souvent, la volonté du journaliste et ou de la rédaction de mettre l’accent sur un phénomène.

      Sur environ 400 photos étudiées (photos principales d’article et photos insérées à l’intérieur des contenus), 2 orientations dominent : l’impression d’un mouvement d’ampleur d’une part et des violences policières omniprésentes d’autre part.
      […]
      La police (beaucoup) plus blâmée que les manifestants violents
      D’une façon générale, les articles du monde.fr ont relaté à la fois les violences des manifestants mais aussi celles de certains policiers. A plusieurs reprises néanmoins, le choix de la rédaction du Monde a été de plutôt de mettre en avant les dérapages policiers et plus rarement les violences des manifestants.

    • 2 histoires, 2 identités et un mélange explosif
      Pour de nombreux lecteurs, l’objectif d’une partie des articles du Monde n’est pas de les informer de façon neutre et objective mais plutôt de leur présenter une vision orientée et idéologique ; une finalité spécieuse éloignée des règles déontologiques dont se prévaut la direction du journal.

      On doit déjà se rappeler que l’identité des 2 éditions du Monde est fondamentalement différente. Pendant plus de 10 ans, les 2 rédactions (« papier » et numérique) ont cohabité sans se côtoyer, chacune à un étage différent, avec des organisations très différentes.

      La première était constituée des journalistes les plus aguerris, des « signatures » du Monde et des moyens les plus importants (correspondants dans le monde entier, relecteurs...). Elle véhiculait une approche rigoureuse et factuelle de l’information, une vision d’un journalisme ambitieux et fiable.

      La seconde rédaction (numérique) s’est formée à la fin des années 90, presque en opposition avec sa grande sœur. Essentiellement constituée de jeunes journalistes et disposant de moyens limités, il lui fallait exister et se singulariser en explorant des voies qui n’étaient pas celles du journal papier « traditionnel ».
      […]
      Sur les articles étudiés issus de publications sur lemonde.fr, on peut considérer que moins de la moitié des contenus est suffisamment « équilibrée » et neutre. Cela signifie qu’une légère majorité des publications du Monde peut être considérée comme partisane, parti-pris ou orientée sur le plan idéologique.

      Cette réalité pourrait être acceptable dans un journal d’opinion tel que Le Figaro ou Libération mais semble choquante pour un média qui se veut une « référence » en matière de qualité et de neutralité de l’information.

      Le tournant de l’été 2018
      En 2003, dans le livre « La face cachée du Monde : du contre-pouvoir aux abus de pouvoir », la radicalité voire l’autoritarisme d’Edwy Plenel, alors directeur de la rédaction, est décrite et dénoncée par les 2 auteurs, Pierre Péan et Philippe Cohen.

      On retrouve curieusement, ces derniers mois, dans les colonnes du Monde, quelque chose de cette radicalité et des attaques implacables contre les gouvernants dont l’actuel directeur de Médiapart s’est fait l’expert incontesté. Une sorte de fièvre parait s’être emparée d’une partie de la rédaction qui, visiblement dépassée (ou aveuglée) par les enjeux, en a oublié ses règles éthiques et déontologiques les plus rudimentaires.
      […]
      Il semblerait néanmoins qu’elle se heurte à une réalité journalistique nettement moins nuancée. Sur 60 articles publiés dans le Monde qui illustrent des opinions (tribunes, interviews, points de vus...) entre le 15 juillet 2018 et le 16 janvier 2019, 48 peuvent être considérées comme des critiques négatives des actions de l’Etat et ou du gouvernement.

      Cela signifie que 80% des articles d’opinions, publiés par Le Monde sur cette période, renvoient une image négative voire très négative des actions de l’Etat. On peut qualifier les 20% restant de « plutôt neutres » ou « équilibrés ».
      […]
      Rapprochement idéologique avec Mediapart ?
      « L’affaire Benalla » semble avoir révélé, au fil des investigations des 2 médias, une forme nouvelle de rapprochement autour de valeurs communes.

      Il n’est probablement pas anodin que, lors de plusieurs épisodes de l‘affaire, notamment après le licenciement d’Alexandre Benalla par l’Elysée, différentes questions ou polémiques (passeports et déplacements en Afrique, contrat avec un oligarque russe, seconde audition auprès de la commission du Sénat, perquisition refusée au siège de Mediapart), les 2 éditions en ligne (mediapart.fr et lemonde.fr) ont semblé e*n parfaite synchronisation* pour relayer les découvertes de l’un tandis que l’autre valorisait les révélations de l’autre.

      En outre, on retrouve, dans l’orientation et l’écriture journalistique des 2 journaux en ligne, un certain nombre de traits communs : un même goût pour les révélations tonitruantes qui touchent l’Etat et la présidence, un sens certain de la mise en scène de l’information pour mieux en accentuer la portée (titres et photos en très grands formats, alertes en gras et rouges sur les fils d’information..), l’utilisation d’effets de dramatisation (dans le choix des titres en particulier et dans la mise en page) ainsi qu’une propension aux révélations « feuilletonnées » dans le but de tenir le lecteur en haleine...

    • J’ai pensé à toi @reka :)
      Et à y réfléchir, aucune étude ne pourra absoudre par le chiffre une ligne éditoriale qui est le plus souvent dans le déni et la censure. Certes cette étude donne la preuve d’un dysfonctionnement, le titre de sa présentation fait peur, vraiment, accuser le journalisme militant infiltré au monde de mettre en péril la crédibilité de la presse écrite est assez osé.
      Pour appuyer ma réflexion, une étude pourrait aussi accuser le logiciel libre de mettre en péril Apple ou Microsoft parce qu’ils intègrent l’un et l’autre du code libre.

    • Je ne connais pas le parcours politique et les motivations de Denis Morineau* qui signe cet article, non plus que la ligne de france-medias.
      Mais quand je lis les solutions proposées, comité d’éthique et de surveillance de la presse écrite, intervention du ministère de la culture, proposition de contribution de psychanalystes ou le simple fait d’évoquer la sauvegarde de l’identité et l’âme d’un journal (c’est quoi ?), cela m’inquiète pour la #liberté_de_la_presse, pas vous ?

      Il en va de la restauration d’un climat de confiance entre la rédaction et les lecteurs, largement mis à mal depuis une année. Il en va également de la nécessité pour Le Monde de continuer à être considéré, en France comme à l’étranger, comme un média suffisamment indépendant et qualitatif pour témoigner des mouvements de la société sans y perdre son identité et son âme. Nous avons compilé les principales mesures, dont certaines sont dores et déjà à l’étude au Ministère de la Culture, qui peuvent contribuer à cette évolution positive...

      Il convient, pour contribuer à rétablir cette confiance perdue, de mettre en place un comité d’éthique et de surveillance de la presse écrite. Cette instance doit pouvoir regrouper les directeurs de journaux, des directeurs de rédaction mais également des journalistes et bien évidemment, et en nombre significatif, des lecteurs et lectrices. En outre, des intellectuels, des sociologues, des sémiologiques voire des psychanalystes doivent également pouvoir apporter leurs contributions et leurs regards croisés et complémentaires (au delà des convictions politiques et ou idéologiques).

      * https://www.france-medias.fr/informations/#tab-1
      Dans la présentation de l’équipe (un seul et ex journaliste qui vient de la presse régionale groupe « Le Messager ») on trouve Denis Morineau

      Denis Morineau | Directeur de la publication et auteur
      Parcours & profil

      Diplômé de Neoma Business school de Rouen et d’HEC Montréal, Denis travaille très tôt dans l’univers du web (dès 1999) autour de projets européens basés à Paris. Il se lance ensuite dans l’édition web en créant des projets et concepts numériques. A l’origine de « Sortir en ville » (réseau social de sorties) ou encore de « Psychologie.fr ». Il déploie aussi son expression créative dans l’univers de l’architecture et du design en réalisant des espaces contemporains.
      Ses univers de prédilection

      Société et politique, géo-politique, médias, Histoire, sciences humaines (sociologie et psychanalyse), économie et Culture (théâtre et cinéma en particulier).
      Pourquoi France médias ?

      "Je souhaite que France médias permette au plus grand nombre de mieux comprendre et utiliser les médias. J’aimerais également que le site devienne une référence qualitative en termes de critique, d’évaluation et de décodage des médias."


  • #Begaudeau
    #bourgeois

    https://www.brain-magazine.fr/article/brainorama/52245-Francois-Begaudeau-Les-bourgeois-votent-a-99-ces-cons-la

    Si la #bourgeoisie de gauche n’est pas nouvelle, la nouveauté, c’est peut-être d’avoir Macron qui fait une politique très libérale mais qui parvient à flatter les valeurs de cette gauche. Tu dis dans le livre : « Au-delà de la violence sociale, c’est le coulis de framboise qui est obscène ».
    C’est quantitatif. Macron est un accélérateur. D’où les réactions. Ce qu’a fait le PS pendant 30 ans, c’est-à-dire entériner une #politique_libérale avec un coulis de cool, quelques mesures sociales pour la forme, Macron le fait encore plus. Une politique encore plus libérale et un coulis de cool encore plus épais. Donc il crée un cocktail d’#exaspération encore plus fort.

    Ce coulis encore plus épais, c’est faire comme si les gens aujourd’hui n’avaient pas intégré les codes de la communication, qu’ils n’avaient pas accès à internet.
    Il faut lui donner raison. Certains ont vu bien avant par qui il était financé, qui le mettait au pouvoir. Mais que tout un tas de centre-gauchistes soient tombés dans le panneau alors que tout démontrait l’inverse, ça, ça me sidère. Surtout, il ne fallait pas voter Le Pen ou Mélenchon ; ça laisse une marge étroite. Je dis que ça a bien marché à l’époque, mais ça va aussi très bien remarcher. Parce que la bourgeoisie, il faut lui reconnaître ça, est hyper-soudée autour de lui. Et comme il a besoin de 25% pour être élu... ben, il les a. Parce qu’on parle toujours de l’hyper-abstention des classes populaires, mais on ne parle jamais de l’#hyper-vote des bourgeois. Ces cons-là votent à 99% !

    On parle alors de #populisme, comme si le racisme ne pouvait être que le fait du peuple.
    Oui, alors que la chronique de l’Histoire nous prouve l’inverse.

    [...]

    Pendant 30 ou 40 ans, il n’y a pas eu de vraie violence sociale, alors que c’est l’arme du prolétariat. Là, la violence, en plus légitimée par Macron qui accorde des choses seulement face à la violence, fait son retour. Est-ce que le prolétariat retrouve ses armes ?
    Je suis partagé. On était nombreux à s’enthousiasmer de ce mouvement. Là-dessus, je suis plutôt content. Mais ça reste très peu de gens. En plus, il s’éteint. Et puis il est vérolé par tout un tas de blaireaux ! Il y a deux mois, j’étais enthousiaste. Là, c’est en train de finir en quenouille. Et non pas en quenelle... Quoique, remarque… Mais c’est vrai que depuis 20 ans, les classes populaires ne s’engagent pas dans un mouvement puissant.

    Parce qu’on ne leur laisse pas la place, ou parce qu’elles ne la prennent pas ?
    Déjà, parce qu’elles n’ont pas le temps pour ça. Moi, je manifeste, mais j’ai le temps. Le prolo, c’est celui à qui le réel s’impose. Le grand ennemi du prolo, c’est l’atomisation du travail. Avant, les sites des usines étaient le lieu de réunion des ouvriers. Pas besoin de sites pour se retrouver, le #capitalisme en livrait comme de l’or en barre. Ford l’avait compris en se demandant s’il n’avait pas fait une énorme connerie. Là, avec l’immense fragmentation du travail, chacun est dans son coin. Et je ne parle même pas des délocalisations.

    On n’a pas forcément conscience d’être bourgeois. Les classes populaires ne sont plus structurées. La lutte des classes ne peut plus avoir lieu ?
    La #lutte_des_classes n’a rien à voir avec la lutte en tant que telle. La lutte des classes a lieu au moment où je te parle. C’est la violence du capitalisme. Mais je dois préciser quelque chose. Mon livre dit que le bourgeois excelle à se cacher à lui-même. Mais ce n’est pas vrai. C’est ce que dit l’excellent bouquin de Ruffin qui sort demain – et que j’ai lu en exclusivité mondiale (rires) : que c’est une classe qui a bien conscience d’elle-même. C’est aussi ce que disent les Pinçon-Charlot. C’est une classe très, très solidaire. En revanche, quand on dit aux bourgeois que leurs goûts sont bourgeois, que leurs styles de vie sont bourgeois... alors là, ils n’aiment pas. Structurellement, le capitalisme a besoin de la #solidarité_bourgeoise. Les capitalistes doivent se renforcer les uns les autres. Quand on y pense, un banquier qui prête de l’argent à une grande entreprise, parce qu’il sait qu’elle le lui rendra, d’une façon ou d’une autre, c’est juste de la solidarité bourgeoise.


  • #MDR Macron veut appliquer à l’Europe les mesures qu’il a prises pour la France Olivier Maurice - 9 Mars 2019 - Conterpoints
    https://www.contrepoints.org/2019/03/09/338920-macron-veut-appliquer-a-leurope-les-mesures-quil-a-prises-pour-

    La tribune publiée par Emmanuel Macron et intitulée « Pour une renaissance Européenne » a été froidement accueillie par nos voisins, en particulier par les Allemands qui ont mis un certain temps avant de réagir poliment. Il faut dire qu’elle illustre parfaitement deux particularités bien françaises : celle de faire la leçon et celle de considérer détenir la vérité universelle. En dehors de la forme irritante à laquelle nos partenaires européens ont dû finir par s’habituer, c’est surtout le fond qui a irrité nos voisins et partenaires. . . . . . .

    #emmanuel_macron #ue #union_européenne #efficacité #professionnalisme #projet


  • Les Coups de leurs Privilèges

    En #France, chaque année, entre 10 et 15 personnes non-armées meurent pendant ou suite à une interpellation par les #forces_de_l’ordre. Dans la majorité des cas, il s’agit de personnes issues de la colonisation ou de l’esclavage, vivant dans les #quartiers_populaires. Les policiers sont rarement jugés, et lorsque c’est le cas, ils écopent d’une peine symbolique ou de quelques mois de sursis, ce qui n’a aucun impact sur leur carrière professionnelle. Ce film traite de deux affaires : celle de #Wissam_El-Yamni, décédé suite à une interpellation le 1er janvier 2012 à Clermont-Ferrand, et celle de #Morad_Touat, décédé le 4 avril 2014 à Marseille.
    Il rend hommage aux luttes de l’immigration qui ont eu lieu depuis les années 60 jusqu’à aujourd’hui sur cette question, et analyse le rôle de la police dans le système de socio-apartheid français.

    http://www.cinemeteque.com/film/les-coups-de-leurs-privileges
    #film #violences_policières #impunité #luttes #résistance #justice
    #Sabrina_Chebbi
    ping @davduf


  • Alors ? On biaise ?

    Face à des mensonges, l’effet idéologique est six fois plus élevé pour [les economistes] qui penchent très à droite par rapport à ceux qui penchent très à gauche. Autre enseignement, les hommes affichent un biais de 42 % supérieur à celui des femmes...

    Les économistes piégés par leurs biais idéologiques :
    https://www.alternatives-economiques.fr/christian-chavagneux/economistes-pieges-leurs-biais-ideologiques/00088468 #economie #religion #capitalisme

    • Comment faire admettre à quelqu’un ses partis pris ? Pour y parvenir, nos deux spécialistes ont eu recours… au mensonge. La méthode n’est pas courante et un peu délicate. Elle fait l’objet de discussions et, dans leurs annexes en ligne, les deux auteurs prennent soin de proposer une synthèse de la littérature existante sur le sujet pour montrer qu’ils respectent bien les canons de son utilisation possible.

      Bouh, #paywall ! Alors l’étude elle-même.
      https://www.hec.ca/iea/seminaires/20181010-mohsen-javdani.pdf

      #Mohsen_Javdani #Ha-Joon_Chang (super auteur à part ça)

    • C’est l’étude de la capacité à prendre en compte un argument éco pour ce qu’il vaut et non pour ce qu’en penses les confrères. On note que les hommes jouent mieux le jeu social...

      In
      order to examine the effect of ideological bias on views among economists, we use a
      n
      online
      randomized controlled experiment
      involving economists in nineteen countries
      .
      2
      More
      specifically, we ask participants in our online survey to evaluate statements fro
      m prominent
      (mainly mainstream) economists on a wide range of topics
      (e.g. fairness, inequality, role of
      government, intellectual property, globalization, free market pros and cons, economic
      methodology,
      women
      in economics, etc.)
      .
      All participants receive
      identical statements in
      the same
      sequence. However, source attribution provided for each statement is randomized without
      participants’ knowledge. For each statement, participants randomly receive either a mainstream
      source (Control Group), or a relatively
      less

      /none

      mainstream source (Treatment 1), or no source
      attribution
      at all
      (Treatment 2). We then measure whether
      economists agree/disagree with identical
      statements to different degrees when statements are attributed to authors (researchers) with
      differe
      nt views (ideologies) which put them at different distances to mainstream economics.
      Traditional norms of
      modern
      science, such as organized skepticism
      and disinterestedness
      , are
      intended to mak
      e the identity of the source of an argument
      irrelevant
      (Merton
      1973)
      . Therefore,
      any evidence showing that changing the identity of sources affects how economists evaluate
      arguments
      could
      cast doubt on the notion that economists are objective scientists and are not
      influenced by ideological biases.
      We find clear evide
      nce
      that changing or removing source attributions and ideologies
      attached to them significantly affects economists level of agreement with statements. More
      specifically, we find that changing source attributions from mainstream to less

      /non

      mainstream
      sour
      ces
      reduces the agreement level by around one

      fourth of a standard deviation. Similarly,
      removing mainstream source attributions reduces the agreement level by more than one

      third of a
      2
      By economists we mean those with a graduate degree in economics who are either academics, or work in government
      agencies, independent research institutions or think tanks. Majority of economists in our sample are academics with a
      PhD degree in economics.
      See the data section and Table A1 in our online appendix for more details.
      3
      standard deviation. These results hold for almost all 15 statements eva
      luated by participants, using
      a wide range of topics and ideological distances between sources.

    • Ha tiens ? C’est peut-être un bug ? Je ne trouve pas de rubrique où ce soit mentionné mais un bandeau m’nnonçant le nombre de lectures restantes s’affiche bien à chaque fois que je vais sur le site. Peut-être un bug à leur signaler ? Veux-tu que je copie l’article ici ?
      L’étude complète est là : https://mpra.ub.uni-muenchen.de/91958/1/MPRA_paper_91958.pdf
      Et les annexes de méthodologie par là : https://www.dropbox.com/s/h4j20fuuz4mzwyt/Who%20Said%20or%20What%20Said_Online%20Appendix.pdf?dl=0


  • Aujourd’hui, acte 17, par André Gunthert

    Dix-sept semaines d’un conflit social qui attend toujours sa résolution. Comment mieux dire, à l’heure où l’on évoque déjà les modalités de restitution du « Grand débat », que de #débat – c’est à dire de rencontre, de dialogue, de construction d’un consensus – il n’y en a pas eu ? Ou plutôt : il n’y en a pas eu avec Eux. Eux : les Gilets jaunes, les contestataires, les abrutis, les violents, les haineux. Les méchants. Ceux dont la #médiatisation a patiemment élaboré l’altérité. Macron, président de la politesse, a dicté la règle. On discute avec ceux qui disent bonjour, qui serrent la main, et qui ne coupent pas la parole au président. Les gentils. Ceux qui suivent les règles. Pas avec les Autres. Ceux qui les refusent. Comment contester cette équation repeinte aux couleurs du formalisme républicain ?

    C’est la magie performative du : « Vous ne m’avez pas serré la main ». Donc je suis légitimé à ne pas vous adresser la parole. Ne pas s’occuper du fond, répliquer sur la forme. Une technique de base du troll moyen. Je ne tiendrai pas compte de ce que vous venez d’énoncer, parce que vous n’avez pas respecté la bienséance. Magie d’une inversion qui glisse sous le tapis la colère. Et qui permet de dire : c’est de votre faute.

    On peut tourner et retourner dans tous les sens cette formule magique du formalisme : elle n’existe que pour faire taire. Débattre avec ceux qui sont déjà d’accord, ce n’est pas débattre. Ne pas écouter ceux qui protestent, et pire : les disqualifier justement parce qu’ils ont choisi de sortir du cadre qui étouffe toute #contestation, ce n’est pas un dialogue, mais un soliloque.

    Acte 17. On attend juste qu’ils s’essouflent. Logiquement, plus on se bouche les oreilles, plus ils se fatigueront. Ils vont bien finir par voir ça ne sert à rien. Cette attitude incarnée jusqu’au sommet de l’Etat n’a qu’un nom : le déni. Des violences policières, des blessés en pagaille, des malheureux fauchés sans la moindre raison ? Il est interdit d’en parler dans un Etat de droit, intime sans sourire le monarque républicain. N’ai-je pas été élu par tous les journaux de France ? Le débat c’est moi.

    Faire taire ceux qui crient et réserver la parole aux plus polis, est-ce encore la République ? Priver de #légitimité une partie du peuple parce qu’on est du bon côté de la caméra ou du fusil, ce n’est pas la démocratie, c’est la loi du plus fort. La démocratie ne résulte pas seulement d’un comptage des voix au moment du scrutin. Elle se construit fondamentalement sur l’élaboration d’une opinion commune, par les instruments du débat public : non pas le soliloque de l’autorité organisé pour annuler toute altérité, mais la libre expression de chacun répondant à chacun, armé de sa raison, et profitant d’un espace public qui est la condition du dialogue.

    La république de la politesse n’a plus de démocratique que le nom. Lorsqu’on refuse d’entendre ceux qui ont à se plaindre, lorsqu’on manipule la #violence tout en élevant un mur de #déni, lorsqu’on nomme débat le théâtre de la leçon magistrale du pouvoir, on se livre à une parodie autoritaire et méprisante. Souhaitons que l’Acte du jour ne soit pas obscurci par la barbarie de ceux qui portent le masque de l’Etat de droit.


  • Lettre à Alain Finkielkraut, par Dominique EDDE (L’Orient-Le Jour), via @mona
    https://www.lorientlejour.com/article/1160808/lettre-a-alain-finkielkraut.html

    Cher Alain Finkielkraut, je vous demande et je demande aux responsables politiques de ne pas minorer ces petites victoires du bon sens sur la bêtise, de la banalité du bien sur la banalité du mal. Préférez les vrais adversaires qui vous parlent aux faux amis qui vous plaignent. Aidez-nous à vous aider dans le combat contre l’antisémitisme : ne le confinez pas au recours permanent à l’injonction, l’intimidation, la mise en demeure. Ceux qui se font traiter d’antisémites sans l’être ne sont pas moins insultés que vous. Ne tranchez pas à si bon compte dans le vécu de ceux qui ont une autre représentation du monde que vous. Si antisionisme n’est plus un mot adapté, donnez-nous-en un qui soit à la mesure de l’occupation, de la confiscation des terres et des maisons par Israël, et nous vous rendrons celui-ci. Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont renoncé à parler. Mais ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

    • Lettre à Alain #Finkielkraut - Dominique EDDE - L’Orient-Le Jour

      En général avec Finkielkraut ou BHL, je préfère quand on les ignore tant leur pensée est totalement oblitérée, mais la lettre de Dominique Edde est tellement belle (Merci @mona de me l’avoir fait connaître sur twitter) que ça méritait d’être dûment référencé ici, voire discuté. Je vous encourage chaudement à la lire avec attention.

      Morceaux choisis :

      « Vous êtes parti sans faire de place à ma colère. »

      « votre intelligence est décidément mieux disposée à se faire entendre qu’à entendre l’autre. »

      « nous sommes défaits. Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux. »

      « Ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

      l’islam salafiste, notre ennemi commun et, pour des raisons d’expérience, le mien avant d’être le vôtre, vous a-t-il fait plus d’une fois confondre deux milliards de musulmans et une culture millénaire avec un livre, un verset, un slogan. Pour vous, le temps s’est arrêté au moment où le nazisme a décapité l’humanité.

      #antisémitisme #anisionisme #israël #palstine #occupation #démolition #colonisation #liban #humanité #extrémisme

    • Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux.

    • @val_k

      Cher Alain Finkielkraut,

      Permettez-moi de commencer par vous dire « salamtak », le mot qui s’emploie en arabe pour souhaiter le meilleur à qui échappe à un accident ou, dans votre cas, une agression. La violence et la haine qui vous ont été infligées ne m’ont pas seulement indignée, elles m’ont fait mal. Parviendrais-je, dans cette situation, à trouver les mots qui vous diront simultanément ma solidarité et le fond de ma pensée ? Je vais essayer. Car, en m’adressant à vous, je m’adresse aussi, à travers vous, à ceux qui ont envie de paix.

      Peut-être vous souvenez-vous. Nous nous sommes connus au début des années 1980 à Paris, aux éditions du Seuil, et soigneusement évités depuis. Lors de l’invasion du Liban par Israël, vous n’aviez pas supporté de m’entendre dire qu’un immeuble s’était effondré comme un château de cartes sous le coup d’une bombe à fragmentation israélienne. Cette vérité-là blessait trop la vôtre pour se frayer un chemin. C’est l’arrivée impromptue dans le bureau où nous nous trouvions, de l’historien israélien Saul Friedländer, qui permit de rétablir la vérité. Il connaissait les faits. J’ai respiré. Vous êtes parti sans faire de place à ma colère. Il n’y avait de place, en vous, que pour la vôtre. Durant les décennies qui ont suivi, le syndrome s’est accentué. Vous aviez beau aimer Levinas, penseur par excellence de l’altérité, il vous devenait de plus en plus difficile, voire impossible, de céder le moindre pouce de territoire à celle ou celui que vous ressentiez comme une menace. Cette mesure d’étanchéité, parfaitement compréhensible compte tenu de l’histoire qui est la vôtre, n’eût posé aucun problème si elle ne s’était transformée en croisade intellectuelle. Cette façon que vous avez de vous mettre dans tous vos états pour peu que survienne un désaccord n’a cessé de m’inspirer, chaque fois que je vous écoute, l’empathie et l’exaspération. L’empathie, car je vous sais sincère, l’exaspération, car votre intelligence est décidément mieux disposée à se faire entendre qu’à entendre l’autre.

      Le plus clair de vos raisonnements est de manière récurrente rattrapé en chemin par votre allergie à ce qui est de nature à le ralentir, à lui faire de l’ombre. Ainsi, l’islam salafiste, notre ennemi commun et, pour des raisons d’expérience, le mien avant d’être le vôtre, vous a-t-il fait plus d’une fois confondre deux milliards de musulmans et une culture millénaire avec un livre, un verset, un slogan. Pour vous, le temps s’est arrêté au moment où le nazisme a décapité l’humanité. Il n’y avait plus d’avenir et de chemin possible que dans l’antériorité. Dans le retour à une civilisation telle qu’un Européen pouvait la rêver avant la catastrophe. Cela, j’ai d’autant moins de mal à le comprendre que j’ai la même nostalgie que vous des chantiers intellectuels du début du siècle dernier. Mais vous vous êtes autorisé cette fusion de la nostalgie et de la pensée qui, au prix de la lucidité, met la seconde au service de la première. Plus inquiétant, vous avez renoncé dans ce « monde d’hier » à ce qu’il avait de plus réjouissant : son cosmopolitisme, son mélange. Les couleurs, les langues, les visages, les mémoires qui, venues d’ailleurs, polluent le monde que vous regrettez, sont assignées par vous à disparaître ou à se faire oublier. Vous dites que deux menaces pèsent sur la France : la judéophobie et la francophobie. Pourquoi refusez-vous obstinément d’inscrire l’islamophobie dans la liste de vos inquiétudes ? Ce n’est pas faire de la place à l’islamisme que d’en faire aux musulmans. C’est même le contraire. À ne vouloir, à ne pouvoir partager votre malaise avec celui d’un nombre considérable de musulmans français, vous faites ce que le sionisme a fait à ses débuts, lorsqu’il a prétendu que la terre d’Israël était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Vous niez une partie de la réalité pour en faire exister une autre. Sans prendre la peine de vous représenter, au passage, la frustration, la rage muette de ceux qui, dans vos propos, passent à la trappe.

      Vous avez cédé à ce contre quoi Canetti nous avait brillamment mis en garde avec Masse et puissance. Vous avez développé la « phobie du contact » à partir de laquelle une communauté, repliée comme un poing fermé, se met en position de défense aveugle, n’a plus d’yeux pour voir hors d’elle-même. Cette posture typique d’une certaine politique israélienne, et non de la pensée juive, constitue, entre autre et au-delà de votre cas, la crispation qui rend impossible l’invention de la paix. C’est d’autant plus dommage qu’il y a fort à parier que le monde dont vous portez le deuil est très proche de celui d’un nombre considérable de gens qui vivent en pays arabes sous la coupe de régimes mafieux et/ou islamistes. Pourquoi ceux-là comptent-ils si peu pour vous ? Pourquoi préférez-vous mettre le paquet sur vos ennemis déclarés que donner leur chance à de potentiels amis ? Le renoncement à l’idéal, dont j’évoque longuement la nécessité dans mon dernier livre sur Edward Said, est un pas que vous ne voulez pas franchir. J’entends par idéal la projection de soi promue au rang de projet collectif. Or, le seul rêve politique qui vaille, on peut aussi l’appeler utopie, c’est celui qui prend acte de la réalité et se propose d’en tirer le meilleur et non de la mettre au pas d’un fantasme. C’est précisément le contraire de l’idéal en circuit fermé qui fonctionne sur le mode d’une fixation infantile et nous fait brusquement découvrir, à la faveur d’une mauvaise rencontre, qu’il nourrit la haine de ceux qui n’ont pas les moyens de ne pas haïr. Cet homme qui vous a injurié a tout injurié d’un coup : votre personne, les Juifs et ceux que cette ignominie écœure. Il ne suffit toutefois pas de le dire pour le combattre et moins encore pour épuiser le sujet. À cet égard, je vous remercie d’avoir précisé à la radio que l’antisémitisme et l’antisionisme ne pouvaient être confondus d’un trait.

      Peut-être aurez-vous l’oreille du pouvoir en leur faisant savoir qu’ils ne cloueront pas le bec des opposants au régime israélien en clouant le bec des enragés. On a trop l’habitude en France de prendre les mots et les esprits en otage, de privilégier l’affect au mépris de la raison chaque fois qu’est évoquée la question d’Israël et de la Palestine. On nous demande à présent de reconnaître, sans broncher, que l’antisémitisme et l’antisionisme sont des synonymes. Que l’on commence par nous dire ce que l’on entend par sionisme et donc par antisionisme. Si antisioniste signifie être contre l’existence d’Israël, je ne suis pas antisioniste. Si cela signifie, en revanche, être contre un État d’Israël, strictement juif, tel que le veulent Netanyahu et bien d’autres, alors oui, je le suis. Tout comme je suis contre toute purification ethnique. Mandela était-il antisémite au prétexte qu’il défendait des droits égaux pour les Palestiniens et les Israéliens ? L’antisémitisme et le négationnisme sont des plaies contre lesquelles je n’ai cessé de me battre comme bien d’autres intellectuels arabes. Que l’on ne nous demande pas à présent d’entériner un autre négationnisme – celui qui liquide notre mémoire – du seul fait que nous sommes défaits. Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux.

      Un dernier mot avant de vous quitter. Je travaille au Liban avec des femmes exilées par la guerre, de Syrie, de Palestine, d’Irak. Elles sont brodeuses. Quelques-unes sont chrétiennes, la plupart musulmanes. Parmi ces dernières, trois ont perdu un fils. Toutes sont pratiquantes. Dieu est pour ainsi dire leur seul recours, leur seule raison de vivre. Réunies autour d’une grande table, sur laquelle était posée une toile de chanvre, nous étions une douzaine à dessiner un cargo transportant un pays. Chacune y mettait un morceau du sien. L’une un tapis, l’autre une porte, une colonne romaine, un champ d’olivier, une roue à eau, un coin de mer, un village du bord de l’Euphrate. Le moment venu d’introduire ou pas un lieu de culte, la personne qui dirigeait l’atelier a souhaité qu’il n’y en ait pas. Face à la perplexité générale, il a été proposé que ces lieux, s’il devait y en avoir, soient discrets. À la suggestion d’ajouter une synagogue, l’une des femmes a aussitôt réagi par ces mots : « S’il y a une église et une mosquée, il faut mettre une synagogue pour que chacun puisse aller prier là où il veut. Et elle a ajouté avec le vocabulaire dont elle disposait : « Nous ne sommes pas antisémites, nous sommes antisionistes. » Toutes ont approuvé, faisant valoir que « dans le temps », tout ce monde-là vivait ensemble.

      Cher Alain Finkielkraut, je vous demande et je demande aux responsables politiques de ne pas minorer ces petites victoires du bon sens sur la bêtise, de la banalité du bien sur la banalité du mal. Préférez les vrais adversaires qui vous parlent aux faux amis qui vous plaignent. Aidez-nous à vous aider dans le combat contre l’antisémitisme : ne le confinez pas au recours permanent à l’injonction, l’intimidation, la mise en demeure. Ceux qui se font traiter d’antisémites sans l’être ne sont pas moins insultés que vous. Ne tranchez pas à si bon compte dans le vécu de ceux qui ont une autre représentation du monde que vous. Si antisionisme n’est plus un mot adapté, donnez-nous-en un qui soit à la mesure de l’occupation, de la confiscation des terres et des maisons par Israël, et nous vous rendrons celui-ci. Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont renoncé à parler. Mais ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

      Dominique EDDÉ est romancière et essayiste. Dernier ouvrage : « Edward Said. Le roman de sa pensée » (La Fabrique, 2017).

      –—
      Note de l’auteure

      Rédigée le 23 février dernier, cette lettre à Alain Finkielkraut a été acceptée par le journal Le Monde qui demandait qu’elle lui soit « réservée », puis elle a été recalée, sans préavis, 9 jours plus tard alors qu’elle était en route pour l’impression.

      L’article qui, en revanche, sera publié sans contrepoids ce même jour, le 5 mars, était signé par le sociologue Pierre-André Taguieff. Survol historique de la question du sionisme, de l’antisionisme et de « la diabolisation de l’État juif », il accomplit le tour de force de vider le passé et le présent de toute référence à la Palestine et aux Palestiniens. N’existe à ses yeux qu’un État juif innocent mis en péril par le Hamas. Quelques mois plus tôt, un article du sociologue Dany Trom (publié dans la revue en ligne AOC) dressait, lui aussi, un long bilan des 70 ans d’Israël, sans qu’y soient cités une seule fois, pas même par erreur, les Palestiniens.

      Cette nouvelle vague de négationnisme par omission ressemble étrangement à celle qui en 1948 installait le sionisme sur le principe d’une terre inhabitée. Derrière ce manque d’altérité ou cette manière de disposer, à sens unique, du passé et de la mémoire, se joue une partie très dangereuse. Elle est à l’origine de ma décision d’écrire cette lettre. Si j’ai choisi, après le curieux revirement du Monde, de solliciter L’Orient-Le Jour plutôt qu’un autre média français, c’est que le moment est sans doute venu pour moi de prendre la parole sur ces questions à partir du lieu qui est le mien et qui me permet de rappeler au passage que s’y trouvent par centaines de milliers les réfugiés palestiniens, victimes de 1948 et de 1967.

      Alors que j’écris ces lignes, j’apprends qu’a eu lieu, cette semaine, un défilé antisémite en Belgique, dans le cadre d’un carnaval à Alost. On peine à croire que la haine et la bêtise puissent franchir de telles bornes. On peine aussi à trouver les mots qui tiennent tous les bouts. Je ne cesserai, pour ma part, d’essayer de me battre avec le peu de moyens dont je dispose contre la haine des Juifs et le négationnisme, contre le fanatisme islamiste et les dictatures, contre la politique coloniale israélienne. De tels efforts s’avèrent de plus en plus dérisoires tant la brutalité ou la surdité ont partout des longueurs d’avance.

      Que les choses soient claires : l’antisémitisme n’est pas, de mon point de vue, un racisme comme un autre. Il est le mal qui signe la limite irrationnelle de l’humain dans notre humanité. Le combattre de toutes nos forces n’est pas affaiblir la Palestine, c’est la renforcer. Alerter un certain milieu intellectuel et politique sur les dangers d’une mémoire sioniste exclusive, c’est l’alerter sur la grave injustice qu’elle signifie, mais aussi sur le désastreux effet d’huile sur le feu antisémite que peut produire cette occultation de l’autre.

      D.E.

    • Et aussi

      Note de l’auteure

      Rédigée le 23 février dernier, cette lettre à Alain Finkielkraut a été acceptée par le journal Le Monde qui demandait qu’elle lui soit « réservée », puis elle a été recalée, sans préavis, 9 jours plus tard alors qu’elle était en route pour l’impression.

      L’article qui, en revanche, sera publié sans contrepoids ce même jour, le 5 mars, était signé par le sociologue Pierre-André Taguieff. Survol historique de la question du sionisme, de l’antisionisme et de « la diabolisation de l’État juif », il accomplit le tour de force de vider le passé et le présent de toute référence à la Palestine et aux Palestiniens. N’existe à ses yeux qu’un État juif innocent mis en péril par le Hamas. Quelques mois plus tôt, un article du sociologue Dany Trom (publié dans la revue en ligne AOC) dressait, lui aussi, un long bilan des 70 ans d’Israël, sans qu’y soient cités une seule fois, pas même par erreur, les Palestiniens.


      #le_monde

    • @touti : quand tu préconises Tor, c’est « Tor Browser » ou le réseau Tor ? J’ai pas encore osé me lancer dans ce truc car ça m’a l’air complexe.
      Sinon, j’utilise un service qui fournit des accès à des VPN, ce qui me permet de « délocaliser » mon IP, d’anonymiser mes connections et d’en crypter le contenu. Ça s’appelle « Cyberghost » et c’est payant aussi, mais bon ...

    • Oui TOR browser, et ça utilise le réseau TOR, faut arrêter d’avoir peur (les médias dominants ont bien travaillé avec le dark web, raaaa bouououuoouh TOR c’est le mal) , c’est aussi simple que n’importe quel navigateur.

    • Euh ... En fait, c’est pas le darquouèbe qui me fout les jetons, c’est la complexité technique du bouzin. Faudra que je teste sur une vieille machine sous Linux.
      Sinon, à propos de Cyberghost, un peu de doc ici même :
      https://www.tomsguide.com/us/cyberghost-vpn,review-4458.html

      Mais si j’arrive à maîtriser Tor (et son « brouteur »), j’abandonne derechef mon service payant. (Désolé @monolecte d’avoir squatté ton post avec mes angoisses techniques.)

    • Non mais ya rien à faire, tu ouvres TorBrowser et c’est fini. C’est juste un Firefox pré-configuré pour passer par Tor. Dès que tu l’allumes il fait un chemin au hasard dans les nœuds Tor, et du coup c’est comme si tu faisais ta requête depuis ailleurs (mais le nœud sortant est aussi en France). À tout moment t’as une entrée de menu « rouvrir avec un autre chemin » si tu veux le changer.


  • « Gilets jaunes » : un maire interdit le LBD40 Le Figaro.fr avec AFP - 9 Mars 2019
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/03/09/97001-20190309FILWWW00025-gilets-jaunes-un-maire-interdit-le-lbd40.php

    Le maire de Phalsbourg en Moselle Dany Kocher a pris un arrêté interdisant ce samedi 9 mars l’utilisation par les forces de l’ordre du lanceur de balles de défense (LBD40) à l’occasion d’une manifestation annoncée des « gilets jaunes ».

    Selon ce document révélé par Le Républicain lorrain https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarrebourg-chateau-salins/2019/03/09/arrete-antilanceurs-de-balles-de-defense et le journaliste David Dufresne, le maire s’appuie sur la requête de l’ONU « qui sollicite une enquête sur l’usage excessif de la force dans le maintien de l’ordre en France ».

    L’arrêté municipal interdit de fait « les lanceurs de balles de défense sur le ban de Phalsbourg le 9 mars 2019 ». Ce texte est adressé au Commandant de la brigade de gendarmerie de la ville.
    . . . . . . . .

    #Giletsjaunes #violences_policiéres #enMarche #David_Dufresne #LBD40


  • « D’ici 6 mois vous serez tous fichés en identification faciale, vocale ou digitale et personne ne vous en parle ! » L’édito de Charles SANNAT - Insolentiae
    https://insolentiae.com/dici-6-mois-vous-serez-tous-fiches-en-identification-faciale-vocale-ou-

    Voici le blablabla officiel…

    « Les banques au sein de l’UE sont tenues de se conformer aux exigences d’authentification forte du client (Strong Customer Authentication, ou SCA) prévues dans la directive sur les services de paiement (DSP2) d’ici septembre 2019. Nous assisterons inévitablement, dans le cadre de leur mise en conformité, à un investissement accru des banques dans l’authentification forte et notamment dans la biométrie.

    En outre, la capacité des plateformes en ligne à tirer parti des protocoles d’authentification forte devrait contribuer à faire de la SCA la règle plutôt que l’exception : La prise en charge d’une authentification forte standardisée dans l’ensemble des navigateurs web, ainsi que dans Windows 10 et Android, laisse envisager que l’authentification forte continuera à se déployer vers des millions de nouveaux utilisateurs d’Internet cette année ».

    Ca va être vachement plus simple… Puisqu’on vous le dit !!

    « En pratique, un utilisateur fait glisser un doigt, prononce une phrase, regarde un objectif, ou appuie sur le bouton d’un système d’authentification matériel pour se connecter, payer un article, ou utiliser un service en ligne. Cette vérification de l’utilisateur est utilisée comme un facteur initial, pour ensuite déverrouiller un deuxième facteur plus sûr : une clé cryptographique privée qui authentifie l’utilisateur au service. Comme les données biométriques et clés cryptographiques sont stockées sur des dispositifs locaux, et ne sont jamais envoyées sur le réseau – éliminant ainsi les secrets partagés – les identifiants des utilisateurs sont sécurisés, même si les fournisseurs de services sont piratés, ce qui empêche les violations de données à grande échelle ».
    Et puis cela permettra une « nouvelle expérience utilisateur »…

    Vous serez surtout totalement fiché et bio-maîtrisé dans tous les sens et vous allez, nous allons tous découvrir à quel point il est nécessaire et indispensable de préserver les espèces et le cash comme outil de liberté.

    Épargnez-nous les stupides « quand on a rien à cacher on a rien à craindre », cela ne fonctionne plus vraiment.


  • Attac Allemagne ne serait pas d’utilité publique...

    Mardi 26 février, le tribunal fédéral allemand des finances a rendu une décision profondément inquiétante en retirant le statut d’utilité publique à l’association Attac Allemagne. Cette décision est lourde de conséquences puisqu’elle menace la pérennité financière de l’association.

    Le tribunal fédéral allemand des finances interprète les possibilités d’engagement politique pour les organisations d’utilité publique de manière plus étroite qu’en première instance. Un signal désastreux pour les organisations de la société civile.

    Le tribunal fédéral allemand des finances a décidé le 26 février d’annuler la décision confirmative de la première instance sur le statut d’utilité publique d’Attac et de la renvoyer devant le tribunal des finances de Hesse. Dans son exposé des motifs, il déclare que « le fait d’influencer les décisions politiques et de façonner l’opinion publique (...) ne remplit pas une fonction d’utilité publique ».

    Le tribunal fédéral allemand des finances définit visiblement le cadre de l’engagement politique des organisations d’utilité publique de façon beaucoup plus étroite que le tribunal des finances de Kassel. En particulier, les deux objectifs de promotion de l’éducation et de l’État démocratique sont clairement restreints par un tel jugement.

    « C’est un signal désastreux pour l’ensemble de la société civile critique en Allemagne. Nous sommes très préoccupés par des pays comme la Hongrie ou le Brésil, qui oppriment de plus en plus le travail des ONG émancipatrices, et nous constatons maintenant dans notre pays que le gouvernement et les partis politiques tentent de plus en plus de réduire au silence les organisations politiquement impopulaires au moyen de la loi sur les associations d’utilité publique », déclare Dirk Friedrichs du conseil de l’association qui soutient Attac.
    https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/association-d-utilite-publique-le-tribunal-federal-allemand-des-financ
    #association #société_civile


  • “Le Venezuela est un parfait exemple de ce qu’on peut faire avec la propagande” Anne Morelli - 7 Mars 2019 - InvestigAction
    https://www.investigaction.net/fr/le-venezuela-est-un-parfait-exemple-de-ce-quon-peut-faire-avec-la-pr

    Anne Morelli sur le Venezuela : “Ceux qui refusent cette propagande élémentaire qui nous est instillée tous les jours par les médias, on va les considérer comme des traîtres”.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=qHjfxNFfSHk

    Anne Morelli est une historienne reconnue, auteure de l’ouvrage paru en 2001 “Principes élémentaires de la propagande de guerre” , lequel a fortement inspiré le travail d’Investig’Action dans son volet “critique des médias”.

    Les 10 principes de la propagande de guerre, selon Anne Morelli :
    1. Nous ne voulons pas la guerre.
    
2. Le camp adverse est le seul responsable de la guerre.

    3. L’ennemi a le visage du diable.

    4. C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers.

    5. L’ennemi provoque sciemment des atrocités ; si nous commettons des bavures, c’est involontairement.

    6. L’ennemi utilise des armes non autorisées.

    7. Nous subissons très peu de pertes ; les pertes de l’ennemi sont énormes.
    
8. Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause.

    9. Notre cause a un caractère sacré.

    10. Ceux qui mettent en doute la propagande sont des traîtres.

    #Anne_Morelli #propagande de #guerre #Venezuela #médias


  • La réaction de l’hebdo néerlandais De groene Amsterdammer à la lettre ouverte d’Emmanuel Macron sur l’Europe. Une lettre qui pousse à une dérive sécuritaire et autoritaire inquiétante du projet européen. Via Richard Bennahmias.

    Traduction de Ewald Engelen 4 mars 2019
    De Groene Amsterdamer

    Le président français Macron publie cette semaine dans 28 quotidiens européens une lettre ouverte aux citoyens européens, dont NRC. Dans sa lettre, il s’en prend vigoureusement à la mystification politique qui, au moyen de fallacieux subterfuges, à conduit l’électorat anglais au choix stupide de la sortie de l’Union Européenne.
    D’après Macron, le projet européen n’est pas seulement menacé par les populistes nationalistes qui, selon ses propres mots, promettent l’autodestruction sans alternative, mais aussi par l’arrogance de l’establishment lui-même. Les citoyens se sentent abandonnés par une élite qui assimile l’Europe à un marché intérieur devant lequel tous les droits et les protections nationaux doivent s’effacer. Et ils demandent une Europe qui fassent plus pour garantir les valeurs sur lesquelles elle est fondée : la liberté, la protection sociale et progrès ; l’Europe est plus qu’un marché intérieur.
    Puis Macron continue en résumant brièvement la liste de ses propositions pour un approfondissement de l’Europe qu’il avait déjà lancée lors de sa conférence à la Sorbonne le 29 septembre 2017 : une armée européenne, un renforcement des accords de Schengen, un salaire minimum européen, un panel de citoyens pour approfondir la démocratie européenne et plus d’efforts en vue de rendre l’économie européenne climatologiquement neutre.
    Je ne cacherai pas que cela me séduit assez peu. L’Europe des accords de Lisbonne est une Europe néolibérale taillée à la mesure du grand capital et aussi antidémocratique que possible. En conséquence de quoi tout élargissement des compétences européennes conduit par définition à moins de souveraineté nationale et donc à moins de contrôle démocratique et moins de surveillance. Puisqu’on les trouve uniquement au niveau national - combien insuffisants, avec les élections périodiques d’une nouvelle élite politique.
    Je trouve la proposition d’une agence européenne pour la protection de la démocratie franchement inquiétante. Les professionnels de cette agence devraient aider les états membres dans leur lutte contre les ciber-attaques et la diffusion de fausses nouvelles subversives. Cela relève des catégories « La guerre c’est la paix », « La liberté c’est l’esclavage », « L’ignorance c’est la force ». Défendre la démocratie en restreignant la pluralité des opinions à celles qui bénéficieront de l’approbation d’une agence européenne, il fallait oser ! Ça vous a des relents de police européenne de la pensée qui va déterminer les points de vue qui sont acceptables et ceux qui ne le sont pas. Ça relève plus d’une dictature domestique que d’une démocratie.
    Et un alinéa plus loin, on lit que Macron (exactement comme Juncker ou Draghi) n’en est pas à un petit mensonge près. Au milieu de sa lettre, il affirme que l’Euro a protégé les états membres contre la crise financière. C’est un non sens. L’Euro a juste anesthésié la conscience du risque des banquiers et des investisseurs, facilité le déplacement de colossaux flux financiers du nord vers le sud et des secteurs productifs vers les secteurs spéculatifs (immobilier et actions) et contribué ainsi à la crise financière.
    De plus, l’Euro interdit de mener des politiques budgétaires proactives de sorte que les prestations économiques de l’Eurozone restent en arrière de celles des États Unis ou de la Grande Bretagne, sans parler des états européens qui ont eu la sagesse de ne pas rentrer dans l’Euro. Avec des conséquences dramatiques sur le bien-être et la prospérité des citoyens.
    Le 22 novembre de l’an dernier, trois jours après le commencement des manifestations des gilets jaunes, alors que plus d’une centaine de millier de français en colère occupaient les places et les ronds-points, Macron accueillait deux journalistes du Monde da son logement de service, dont la rénovation de la salle à manger, sous la direction de son épouse, était évaluée à environ un demi-millions d’Euros. Avec fierté, Macron racontait à propos d’un revêtement de sol tricolore que sa femme l’avait commandé à une entreprise française, sur le thème : « C’est le moment d’investir dans l’économie française ».
    Savez vous aussi d’où proviennent ces surenchères condescendantes : du Président Soleil.


  • Grand débat : pourquoi la plateforme de consultation en ligne est vivement critiquée pour son opacité
    https://www.bastamag.net/Grand-debat-pourquoi-la-plateforme-de-consultation-en-ligne-est-vivement

    Comment seront traitées et hiérarchisées les contributions des citoyens au grand débat ? Les outils numériques utilisés sont-ils transparents ? Des lobbies ou groupes de pression sont-ils en mesure d’influencer la synthèse de proposition qui sera rendue publique ? Les opinions émises risquent-elles de servir à des campagnes de manipulation à l’approche des élections européennes ? Plusieurs acteurs du numérique critiquent vivement le choix qui a été fait par le gouvernement et son prestataire, la startup (...)

    #Décrypter

    / Démocratie !, #Technologies_libres, Surveillance, fichage, censure : la démocratie en danger ?, La science au service des citoyens ?, #Enquêtes, #Surveillance_et_biométrie, A la (...)

    #Démocratie_ ! #Surveillance,fichage,_censure:la_démocratie_en_danger ? #La_science_au_service_des_citoyens_ ?
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/etudelyonnaisedeseaux-2.pdf


  • Violences sexuelles au PCF : la parole se libère
    https://lemediapresse.fr/societe/violences-sexuelles-au-pcf-la-parole-se-libere

    Les révélations de violences sexistes et sexuelles dans les organisations politiques se multiplient. Après Europe Ecologie Les Verts, la France Insoumise ou les Jeunes socialistes, le PCF est à son tour accusé de rester passif devant des cas de viols. « Scandaleux ». Léa Tytéca, militante du Parti Communiste Français et victime d’un viol en 2016, ne […]

    #Société


  • « Les gilets jaunes ont été réduits à une foule laide, haineuse et antisémite » Chrystel Domenjoz - Katharina Kubicek - 6 Mars 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10267998--les-gilets-jaunes-ont-ete-reduits-a-une-foule-laide-haineuse-et-antise

    Edwy Plenel, journaliste français et cofondateur de Mediapart, a fustigé mercredi au micro de La Matinale la « disqualification organisée » du mouvement des gilets jaunes par le gouvernement français.
    Il faut voir dans le mouvement des gilets jaunes « le surgissement d’un peuple », affirme Edwy Plenel, dont l’ouvrage « La victoire des vaincus, à propos des gilets jaunes » (La Découverte) paraîtra jeudi.

    « Il s’agit de réhabiliter ce surgissement, ce cri. Toutes nos conquêtes démocratiques ont commencé comme cela. Les gilets jaunes sont avant tout un peuple mobilisé contre l’injustice sociale », estime le président et cofondateur du journal en ligne Mediapart. Partis du constat d’une injustice fiscale, les gilets jaunes « ont fait du chemin en parlant ensemble, pour arriver à des revendications pour une plus grande égalité des droits », décrit-il, dans un pays, la France, qu’il estime « ne pas avoir une démocratie très forte. »

    La contestation des gilets jaunes, avec ses 40’000 personnes rassemblées lors du 16e acte samedi dernier, n’est-elle pas en train de s’essouffler ? « Je n’ai pas souvenir d’un mouvement social d’une telle durée en France », réfute Edwy Plenel.

    A ses yeux en effet, le mouvement ne se résume pas aux rassemblements du samedi, ni à des incidents, à des porte-paroles autoproclamés ou à quelques olibrius. « Au-delà de tout cela, on assiste à quelque chose de très profond, une refondation de la démocratie au travers de la délibération. » Même si le mouvement décline, il a d’ores et déjà réussi à mettre à l’agenda du gouvernement des questions sociales qui n’étaient pas abordées jusque-là, souligne-t-il.

    « Morgue sociale »
    Très critique vis-à-vis de la politique d’Emmanuel Macron - qu’il accuse d’avoir « confisqué la volonté populaire » et d’avoir affaibli l’Etat notamment par des décisions sur la fiscalité - Edwy Plenel blâme la « morgue sociale » du président français vis-à-vis des gilets jaunes. « Il a discrédité le mouvement d’en haut, il fallait pour cela qu’il soit laid, violent, antisémite, raciste, une ’foule haineuse’ mais minoritaire. » Or, rappelle le journaliste, les droits avancent toujours avec les minorités. « Ceux qui empêchent par la violence la révolution démocratique dont nous avons besoin préparent des révolutions violentes », prévient-il.

    #gilets_jaunes #giletsjaunes #répression #france #racisme_social #guerre_aux_pauvres #actualités_françaises #Edwy_Plenel


  • Sorry, I don’t speak French! - URBANIA
    (article de mars 2009)
    https://urbania.ca/article/sorry-i-dont-speak-french


    Visuel JOSÉE BISAILLON

    Je vis dans un quartier branché, habité par des redingotes hassidiques, des robes de deuil portugaises et les jupes à « raz le plaisir » de filles venues de Toronto pour flâner indéfiniment dans nos rues accueillantes.

    Il y a cent ans, le Mile End était une petite ville indépendante avec son hôtel de ville, son église et une population majoritairement canadienne française. Au détour de la Seconde Guerre mondiale, les Juifs sont venus s’y installer en si grand nombre que la langue parlée par la majorité était le Yiddish. Au cours des années 1970, les Italiens et les Portugais y ont peu à peu remplacés les Juifs partis s’installer dans l’ouest et ont ouvert des commerces. Si bien qu’on retrouve, chez nous, les meilleurs cafés Italiens, des épiceries portugaises, des boucheries hébraïques et les meilleurs bagels au monde.

    Un quartier formidable donc et qui attire, pour cette raison même, une nouvelle ethnie toute blanche : le Canadien anglais. Mais attention, pas n’importe quelle sorte : l’alter mondialiste/écolo/ conscientisé/ artiste/et curieux de tout…sauf de la société québécoise. Il y a quelques années déjà que j’étudie cette ethnie avec attention et je m’étonne encore de l’incontournable : « Sorry, I don’t speak french » prononcés par des êtres aussi scolarisés qui disent avoir choisi de vivre à Montréal, P.Q., parce que la ville vibre distinctement de Toronto, Halifax, Calgary ou Vancouver.

    #Québec


  • Touchez pas à nos enfants !

    Le ministre @CCastaner déclenche une #procédure_pénale contre le #syndicat #Info’Com-CGT. En cause, cette affiche qui relève pourtant de la seule liberté d’expression. Le secrétaire général d’@InfoComCGT se voit convoqué par la PJ le 18 mars prochain.

    Pétition :
    https://libertedexpression.jesigne.org
    #maintien_de_l'ordre #violences_policières #affiche #justice

    ping @reka