Monolecte đŸ˜·đŸ€Ź

Fauteuse de merde 🐘 @Monolecte@framapiaf.org

  • Sociocratie : description
    ▻https://sociocratie.net/Theorie

    À la fin des annĂ©es 1960, Gerard Endenburg, un ingĂ©nieur hollandais qui dirigeait une sociĂ©tĂ© d’électrotechnique, a voulu diriger son entreprise de maniĂšre humaine, tout en conservant, voire dĂ©veloppant, son efficacitĂ© et sa compĂ©titivitĂ©. En se basant sur les idĂ©es du pĂ©dagogue Kees Boeke, son compatriote et son contemporain, et en y intĂ©grant ses connaissances en thĂ©orie des systĂšmes, en cybernĂ©tique et en biofeedback, Gerard Endenburg a crĂ©Ă©, au dĂ©but des annĂ©es 1970, un nouveau style de gouvernance qu’il a appelĂ© sociocratie, un mot crĂ©Ă© par le philosophe français Auguste Comte.

    MĂȘme si elle comporte d’autres aspects importants (transparence totale, dĂ©finition de vision, missions et objectifs, rĂ©munĂ©ration juste du capital et du travail), la sociocratie est caractĂ©risĂ©e par quatre rĂšgles fondamentales.
    Les quatre rĂšgles de la sociocratie

    Bien qu’elle soit fondĂ©e sur des principes scientifiques complexes et que sa mise en Ɠuvre soit subtile, la sociocratie utilise des rĂšgles de fonctionnement suffisamment simples pour qu’elles soient comprises par tous, indĂ©pendamment de l’ñge, du niveau d’éducation, de l’origine sociale ou culturelle, etc. : ainsi elle a pu ĂȘtre utilisĂ©e avec la mĂȘme efficacitĂ© par des cadres d’entreprise de haute technologie, des enfants dans des Ă©coles hollandaises, des villageois dans des parlements de voisinage en Inde, etc.

    Le consentement
    En sociocratie, une dĂ©cision est prise par consentement s’il n’y a aucune objection importante et argumentĂ©e qui lui est opposĂ©e.
    Toutes les décisions ne sont pas forcément prises par consentement, notamment pour la gestion courante des affaires. Cependant, il est décidé par consentement quelles décisions peuvent échapper à la rÚgle, comment et par qui elles sont prises et pour quelle durée il est possible de procéder autrement que par consentement.
    Les cercles
    La structure de dĂ©cision de l’organisation est parallĂšle Ă  sa structure fonctionnelle. À chaque Ă©lĂ©ment de celle-ci correspond un cercle. Les cercles sont connectĂ©s entre eux et organisent leur fonctionnement en utilisant la rĂšgle du consentement. Tous les membres de l’organisation appartiennent Ă  au moins un cercle.
    Chaque cercle est notamment responsable de la dĂ©finition de sa mission, sa vision et ses objectifs, de l’organisation de son fonctionnement et de la mise en Ɠuvre des objectifs dĂ©finis par le cercle de niveau supĂ©rieur.
    Le double lien
    Un cercle est reliĂ© au cercle de niveau immĂ©diatement supĂ©rieur par deux personnes distinctes qui participent pleinement aux deux cercles. L’une est Ă©lue par le cercle et le reprĂ©sente ; l’autre est dĂ©signĂ©e par le cercle de niveau supĂ©rieur et est le leader fonctionnel du cercle.
    L’élection sans candidat
    Quand il s’agit de choisir une personne pour occuper une fonction, un cercle sociocratique procĂšde Ă  une discussion ouverte et argumentĂ©e aboutissant Ă  une nomination par consentement. L’absence de candidat garantit qu’il n’y a pas de perdant, et le consentement que chacun est convaincu que le meilleur choix possible a Ă©tĂ© fait.

    ça fait plus de cinq ans qu’on en a pas parlĂ© sur sineziss,
    ▻https://seenthis.net/messages/758123
    alors une petite piqure de rappel, Ă  l’occasion des dĂ©bats sur le mode de dĂ©signation du « premier » du NFP qui ont lieu par exemple ici :
    ▻https://www.cyberacteurs.org/blog/?p=11154
    #sociocratie

  • ne dirait pas que nous sombrons en pleine dystopie parce qu’elle est intimement convaincue que nous y Ă©tions dĂ©jĂ , mais quand mĂȘme lĂ  ça y est, les dĂ©biles sont en roue libre — mĂȘme et surtout ici, Ă  Troufignon-les-Oies, trois habitant·e·s et demi en comptant les vaches et les brebis : tout Ă  l’heure sur la grand-place une gamine de peut-ĂȘtre mĂȘme pas vingt ans mais Ă  la voix de stentor prenait des postures d’oracle et haranguait les rares passant·e·s en criant son amour pour un eurodĂ©putĂ© fasciste Ă  la solde du patronat (elle elle l’appelait par son petit blase, mais on Ă©pargnera ça au Lectorat) et en implorant qu’on lui rende « la France d’avant » (sic) qu’elle fantasme bien blanche bien hĂ©tĂ©rote et bien catho parce que lĂ  si sa grand-mĂšre Ă©tait encore en vie la pauvre femme ne reconnaĂźtrait plus rien Ă  cause de tou·te·s ces Sarrasin·e·s, ces bolcheviques et ces inverti·e·s.

    Évidemment la vieille Garreau crevait d’envie de lui signaler que dans « la France d’avant » la grand-mĂšre en question lui aurait sĂ»rement collĂ© deux baffes si elle avait surpris sa petite-fille en plein dĂ©lire sur la voie publique, et qu’il Ă©tait fort probable que son tĂ©lĂ©phone portatif, son blue-jean Ă  dix mille dollars et son sac McDoÂź y eussent constituĂ© de sĂ©rieux anachronismes — m’enfin bon, elle s’abstint parce qu’elle ne parle jamais Ă  personne et sait d’expĂ©rience que tenter d’expliquer quoi que ce soit Ă  des gens de droite c’est comme uriner dans un violon.

    N’empĂȘche qu’elle est rudement contente de n’avoir plus que dix Ă  douze minutes « d’espĂ©rance » de vie parce que Sapiens Sapiens se prĂ©pare un beau cauchemar.

  • Le boom des panneaux solaires dans une Ukraine ravagĂ©e par les frappes russes
    ▻https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-boom-des-panneaux-solaires-dans-une-ukraine-ravagee-par-

    AFP parue le 21 juin 2024 - 15h56

    (...)

    Les installateurs de panneaux solaires constatent aussi un boom des commandes de particuliers, les Ukrainiens ayant commencĂ© Ă  s’équiper « Ă  la seconde oĂč les coupures de courant ont commencĂ© », raconte le directeur des ventes de la sociĂ©tĂ© Solar Tech, Iouri Skoblikov.

    « Nos tĂ©lĂ©phones sonnaient comme des fous, et nos bureaux Ă©taient remplis de clients », raconte-il, assurant avoir dĂ©jĂ  une liste d’attente de commandes Ă  traiter jusqu’en aoĂ»t.

    (...)

    De facto, les bombardements russes ont amenĂ© l’Ukraine Ă  se tourner vers des Ă©nergies renouvelables, qui avant la guerre ne reprĂ©sentaient que 11% de la production Ă©nergĂ©tique, le pays comptant avant tout sur le charbon, le gaz et le nuclĂ©aire.

    (...)

    La guerre odieuse fait rage, et l’AFP est lĂ  pour te le raconter (le bidule drĂŽle, c’est qu’en plus, si ça s’trouve, les panneaux solaires, ils arrivent tout droit de l’alliĂ© de la Russie, l’odieuse Chine).

  • Davantage « d’éditorialistes de droite et droite + » : la consigne de BFMTV Ă  ses programmateurs
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/190624/davantage-d-editorialistes-de-droite-et-droite-la-consigne-de-bfmtv-ses-pr

    Dans un dĂ©sir de « s’adresser Ă  tous les Français », Marc-Olivier Fogiel, le patron de BFMTV, a demandĂ© aux programmateurs de « veiller Ă  l’équilibre des plateaux ». Une liste d’éditorialistes rĂ©actionnaires a ensuite Ă©tĂ© envoyĂ©e aux journalistes chargĂ©s de sĂ©lectionner les invitĂ©s, comprenant un ancien communiquant du RN et plusieurs journalistes de « Valeurs actuelles » et du « JDD ».

    [...]

    Que veut dire Marc-Olivier Fogiel lorsqu’il demande Ă  ses Ă©quipes de veiller Ă  l’équilibre entre les diffĂ©rents invitĂ©s, afin de « s’adresser Ă  tous les Français » ? La consigne se fait plus explicite lorsqu’une rĂ©dactrice en chef adresse une heure plus tard aux programmateurs de la chaĂźne une liste « d’éditos droite et droite + ».

    Y figurent en bonne place des journalistes de Valeurs actuelles (VA), l’hebdomadaire d’extrĂȘme droite condamnĂ© en novembre 2022 des faits d’injure publique Ă  caractĂšre raciste envers la dĂ©putĂ©e noire de La France insoumise, DaniĂšle Obono, pour l’avoir dĂ©peinte en esclave. « C’est trĂšs rare qu’on nous envoie des listes, ça montre bien que BFM flippe de la concurrence de CNews », confirme un programmateur de la chaĂźne. ContactĂ© par nos soins, Marc-Olivier Fogiel s’est contentĂ© d’une rĂ©ponse laconique : « Rien de neuf sous le soleil... mĂȘme consigne depuis cinq ans... »

  • OĂč va le fric ?

    petits rappels 


    Finances publiques : « Un mystĂ©rieux trou de 21 milliards d’euros dans la caisse »
    ▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/02/finances-publiques-un-mysterieux-trou-de-21-milliards-d-euros-dans-la-caisse

    Finances publiques : « Un mystĂ©rieux trou de 21 milliards d’euros dans la caisse »

    Un dĂ©calage de prĂ©vision de 21 milliards d’euros, cela reste un fait inĂ©dit hors pĂ©riode de crise. C’est Ă  peu prĂšs autant que ce que l’exĂ©cutif est contraint d’économiser cette annĂ©e. Cet Ă©cart explique le dĂ©rapage du dĂ©ficit public en 2023 Ă  5,5 % du PIB contre 4,9 % prĂ©vus, provoquant une tempĂȘte politique Ă  quelques mois des Ă©lections europĂ©ennes, et alimentant un dangereux procĂšs en incompĂ©tence.

    Le 02 mai 2024

    Le budget de l’armĂ©e augmentera d’un tiers, Ă  400 milliards d’euros , annonce Emmanuel Macron
    ▻https://www.leparisien.fr/politique/armee-le-budget-augmentera-dun-tiers-a-400-milliards-deuros-annonce-emman

    ArmĂ©e : le budget augmentera d’un tiers, Ă  400 milliards d’euros, annonce Emmanuel Macron

    Le 20 janvier 2023

  • Eau Toulouse MĂ©tropole || VĂ©olia Toulouse || BollorĂ© || RN

    Le grand marchĂ© de l’eau Ă  Toulouse a Ă©tĂ© donnĂ© Ă  BollorĂ©

    Alors que cette annĂ©e l’eau est de nouveau lĂ  et les bassins d’AriĂšge remplis, les Toulousain·es seront obligĂ©s de payer +42% leur eau en Ă©tĂ©.

    Rappel : le RN a votĂ© Ă  l’AN contre la gratuitĂ© des premiers mĂštres cubes d’eau.

    BollorĂ© est content, ses petits soldats ont dĂ©fendu ses intĂ©rĂȘts.

    #moudenc #véolia #bolloré #toulouse #accÚs_a_l'eau #arrangement_politique

  • JO d’hiver 2030 dans les Alpes : le CIO suspend sa dĂ©cision en raison de la crise politique – LibĂ©ration
    ▻https://www.liberation.fr/sports/jeux-olympiques/jo-dhiver-2030-dans-les-alpes-le-cio-suspend-sa-decision-en-raison-de-la-

    L’instance olympique rĂ©clame une garantie de livraison des JO de 2030 qui doit ĂȘtre « signĂ©e par la personne qui peut engager le gouvernement ». Or nul ne sait qui dirigera le gouvernement français entre les lĂ©gislatives et le 24 juillet, date de la dĂ©cision finale du CIO.

    #JO2030 #JO_2030

  • Je reçois plusieurs fois par semaine des appels d’organismes qui souhaitent parler au dirigeant, pour une enquĂȘte d’une minute ou deux. On entend parfois, le brouhaha du centre d’appel. Ce sont des organismes avec des noms ronflants, pour des Ă©tudes avec des objectifs ronflants. Tu te dis que ce n’est pas possible que ces gens investissent encore dans des prestations avec des centres d’appels, alors qu’ils pourraient obtenir toutes les rĂ©ponses Ă  leurs enquĂȘtes, juste en prenant un abonnement Ă  ChatGPT !

  • L’Union europĂ©enne s’apprĂȘte Ă  sanctionner pour la premiĂšre fois le gaz russe | Le Grand Continent
    ▻https://legrandcontinent.eu/fr/2024/06/20/lunion-europeenne-sapprete-a-sanctionner-pour-la-premiere-fois-le-g

    Aujourd’hui, les États membres se sont accordĂ©s pour inclure dans le prochain train de sanctions contre la Russie des mesures visant son secteur gazier. Si les mesures Ă  venir ne rĂ©duiront pas drastiquement les sommes versĂ©es Ă  Moscou pour l’importation de gaz, elles brisent nĂ©anmoins un tabou qui nuisait Ă  la crĂ©dibilitĂ© du bloc.

    Ah ben ça alors. On te dit depuis deux ans que l’Europe sanctionne. Et en fait, elle ne sanctionne pas vraiment. C’est comme les US qui sanctionnent. Mais en fait, ils ne sanctionnent pas vraiment (l’uranium par exemple).
    En fait, ils font comme ils veulent, et ils te disent ce qu’ils veulent. L’important c’est de les laisser faire ce qu’ils veulent, mais que toi, tu continues à croire ce qu’ils disent. C’est le grand n’importe quoi, mais c’est en quelque sorte volontaire.

    • Le GC ne parle pas de l’existence d’une « flotte fantĂŽme » permettant Ă  la Russie d’exporter son pĂ©trole en Ă©chappant aux sanctions occidentales.

      ▻https://www.geo.fr/geopolitique/ukraine-comment-les-marins-de-kiev-luttent-pour-eviter-d-etre-recrutes-par-la-fl

      L’Occident dominant le secteur de l’assurance maritime, il semblait cependant difficile pour le Kremlin d’échapper Ă  une sanction promettant de raboter son budget de plus en plus tournĂ© vers l’effort de guerre. Mais la Russie a rapidement rĂ©agi Ă  l’aide d’une mesure controversĂ©e : ne plus recourir Ă  des assurances occidentales pour continuer de vendre son pĂ©trole Ă  des prix Ă©levĂ©s, en courant le risque de perdre des cargaisons non remboursĂ©es en cas d’accident.
      Cette mĂ©thode correspond Ă  ce que l’on nomme une « flotte fantĂŽme », ou « shadow fleet ». Via des navires possĂ©dĂ©s par des entreprises installĂ©es en Turquie, aux Emirats Arabes Unis ou encore en Inde, comme le rĂ©vĂ©lait le Wall Street Journal en aoĂ»t 2023, Moscou a pu continuer Ă  exporter son pĂ©trole sans craindre une riposte occidentale.

      Et qui plus est, un collectif de marins Ukrainiens qui essayaient de lutter au dĂ©part pour de meilleures conditions de travail tout en voulant Ă©viter de travailler pour des compagnies douteuses a suscitĂ© l’intĂ©rĂȘt d’une Ă©quipe d’investigateurs du journal « Wired »

      Un problĂšme supplĂ©mentaire s’est cependant posĂ© pour les navigateurs d’un pays en particulier, l’Ukraine : comment s’assurer que le navire qui les embauche ne sert pas la cause du Kremlin ? Wired a pu rejoindre un rĂ©seau Telegram de 8 000 ukrainiens, allant de marins sortant de l’école Ă  des capitaines vĂ©tĂ©rans, s’échangeant des informations depuis des annĂ©es sur diffĂ©rents navires. Leur but originel Ă©tait simplement de repĂ©rer des vaisseaux oĂč les retards de payement sont nombreux, oĂč la nourriture est mauvaise... Mais le groupe Telegram est dĂ©sormais tournĂ© vers l’identification de navires appartenant Ă  la flotte fantĂŽme, et qui aident donc l’effort de guerre russe.
      .../...
      La mauvaise surprise de Bondar s’est rĂ©pĂ©tĂ©e pour d’autres marins ukrainiens : le systĂšme opaque qui permet Ă  la flotte fantĂŽme de circuler passe par des entreprises-Ă©crans dissĂ©minĂ©es autour du monde, ainsi que des navires Ă  l’identitĂ© dissimulĂ©e, empĂȘchant de les repĂ©rer facilement. D’aprĂšs Wired s’appuyant sur des donnĂ©es de recrutement maritime, au moins six compagnies ukrainiennes ont contribuĂ© au recrutement de personnel pour 10 navires russes transportant du pĂ©trole depuis fĂ©vrier 2022.

      L’article de Wired : ▻https://www.wired.com/story/shadow-fleet-shipping-russia-ukraine-climate-change

    • Cet autre article de « l’Essentiel » (nom de domaine enregistrĂ© au Luxembourg) pointe les « mĂ©chants » qui contribuent au contournement des sanctions de l’Occident :
      ▻https://www.lessentiel.lu/fr/story/petrole-une-flotte-fantome-larme-russe-pour-contourner-les-sanctions-1030
      et nous apprend que :

      « Plus de 70% du pĂ©trole russe transportĂ© par la mer l’est grĂące Ă  la flotte fantĂŽme », affirme Elina Ribakova. L’institut KSE estime dans son rapport « Russian Oil Tracker » de dĂ©cembre que « 179 pĂ©troliers » pleins d’or noir « ont quittĂ© les ports russes en novembre 2023 ». En octobre, la flotte noire russe a ainsi permis l’exportation d’environ 2,3 millions de barils par jour de pĂ©trole brut et de 800 000 barils par jour (mbj) de produits pĂ©troliers, sur une production russe totale de 10 mbj, ajoute KSE.

      Le plus dramatique dans l’affaire c’est que les marins de cette « shadow fleet » risquent gros. Les « vaisseaux fantĂŽmes » Ă©tant aussi des poubelles (plus ou moins) flottantes.

  • « La question dĂ©cisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera »
    â–șhttps://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/21/legislatives-la-question-decisive-est-de-savoir-dans-quelle-proportion-l-ele

    Les commentateurs ont dit et rĂ©pĂ©tĂ© que la Nouvelle Union populaire Ă©cologique et sociale (Nupes), forgĂ©e dans l’urgence afin d’éviter la dĂ©bĂącle aux lĂ©gislatives de 2022, avait Ă©tĂ© dĂ©finitivement enterrĂ©e durant la campagne des europĂ©ennes. Le 9 juin au soir, la #gauche paraissait Ă  ce point divisĂ©e que le prĂ©sident fit – selon toute vraisemblance – le calcul qu’elle ne s’en relĂšverait pas, offrant Ă  Renaissance un boulevard pour un troisiĂšme duel (aprĂšs 2017 et 2022) avec le Rassemblement national.

    Une semaine plus tard, ce scĂ©nario semble pourtant pouvoir ĂȘtre dĂ©jouĂ©. Sous la menace de l’#extrĂȘme_droite et grĂące Ă  la pression de la sociĂ©tĂ© civile, mais aussi des organisations de jeunesse des partis politiques, les dirigeants de ces derniers sont parvenus Ă  trouver un accord. La donne s’en trouve bouleversĂ©e : au second tour, le Rassemblement national (#RN) pourrait devoir ferrailler avec le Nouveau Front populaire (#NFP), et non avec la majoritĂ© prĂ©sidentielle. Le NFP sera-t-il en mesure de transformer l’essai ?
    ​Si l’on projette le rĂ©sultat des Ă©lections europĂ©ennes du 9 juin sur les lĂ©gislatives du 30 juin, c’est-Ă -dire si les rĂ©sultats du 30 juin Ă©taient strictement Ă©quivalents Ă  ceux du 9 juin, on obtient le rĂ©sultat suivant : au second tour, 461 des 577 circonscriptions donneront lieu Ă  un duel Rassemblement national-Nouveau Front populaire.

    L’unitĂ© paye

    Si la gauche Ă©tait restĂ©e divisĂ©e, le scĂ©nario aurait Ă©tĂ© radicalement diffĂ©rent : il y aurait seulement 236 duels entre le RN et une force de gauche au second tour, et 275 duels RN-Renaissance au second tour. Autrement dit : l’unitĂ© paye, elle permet Ă  la gauche d’ĂȘtre deux fois mieux reprĂ©sentĂ©e au second tour et de disputer la victoire finale Ă  l’extrĂȘme droite.
    Bien sĂ»r, cet exercice de politique-fiction doit ĂȘtre maniĂ© avec prĂ©caution : les enjeux du 30 juin ne sont pas les mĂȘmes que ceux du 9 juin, les rĂšgles de scrutin diffĂšrent et la temporalitĂ© de la campagne lĂ©gislative n’a rien Ă  voir avec celle des europĂ©ennes. Par ailleurs, nous sommes dans une situation Ă©lectorale inĂ©dite : pour la premiĂšre fois depuis la rĂ©forme du quinquennat et l’inversion du calendrier Ă©lectoral (en l’an 2000), les #lĂ©gislatives ne seront pas une ratification du rĂ©sultat de la prĂ©sidentielle, une simple formalitĂ© pour l’exĂ©cutif.

    ​MalgrĂ© ces inconnues, il faut affronter la question : l’électorat de gauche suivra-t-il les partis dans leur aspiration Ă  l’unitĂ© ? L’accord par le haut entre appareils politiques se prolongera-t-il par un plĂ©biscite par le bas de la part des citoyens et citoyennes ? Il convient ici de rappeler trois faits.

    PremiĂšrement, au cours des deux derniĂšres dĂ©cennies, les Ă©lecteurs de gauche se sont montrĂ©s plus unitaires que les candidats et les partis pour lesquels ils votaient. La Nupes en 2022, le Nouveau Front populaire, aujourd’hui, sont d’abord des rĂ©ponses Ă  des demandes, formulĂ©es depuis longtemps, par le peuple de gauche, et renouvelĂ©es dĂšs le 9 juin au soir Ă  travers une sĂ©rie de rassemblements spontanĂ©s.

    La lutte contre le terrorisme

    Une deuxiĂšme donnĂ©e Ă  avoir en tĂȘte est qu’il existe dĂ©sormais, au sein de l’électorat de gauche, une importante volatilitĂ©. D’un scrutin Ă  l’autre, des fractions significatives du peuple de gauche changent de bulletin. La logique du _vote utile s’est gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

    Pour donner quelques exemples de cette fluiditĂ© : 35 % des Ă©lecteurs de MĂ©lenchon au premier tour de 2022 qui sont allĂ©s voter le 9 juin 2024 ont glissĂ© un bulletin Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ou PS-Place publique. RĂ©ciproquement, 31 % de ceux qui avaient votĂ© pour François Hollande en 2012 ont choisi MĂ©lenchon en 2022. Cette porositĂ© Ă©lectorale, qui concerne ici le couple PS-LFI, est encore plus prononcĂ©e entre LFI et le PC, et entre EELV et le PS.

    Une troisiĂšme et derniĂšre donnĂ©e importante est que, selon de nombreuses enquĂȘtes d’opinion (BaromĂštre de la confiance politique, European Value Survey), les diffĂ©rents Ă©lectorats de gauche partagent un large socle de valeurs. Ce qui les rassemble (la lutte contre les inĂ©galitĂ©s, les droits des minoritĂ©s, l’attachement Ă  la dĂ©mocratie, les services publics) est plus fort que ce qui les divise (l’Europe, la laĂŻcitĂ©, le nuclĂ©aire), mĂȘme si des nuances existent.
    Selon l’enquĂȘte effectuĂ©e par l’IFOP le soir du 9 juin, la lutte contre le terrorisme prĂ©occupe autant les Ă©lecteurs de Manon Aubry (43 %) que ceux de RaphaĂ«l Glucksmann (46 %) et de Marie Toussaint (42 %) [respectivement LFI, Place publique et EELV].

    En revanche, concernant la lutte contre le #racisme et les discriminations, il s’agit d’un enjeu jugĂ© dĂ©terminant par 69 % des Ă©lecteurs « insoumis », contre 49 % des Ă©lecteurs socialistes et 41 % des Ă©cologistes.

    ​Vieillissement et embourgeoisement

    La vraie question n’est donc pas de savoir si les Ă©lecteurs de gauche plĂ©bisciteront dans les urnes, le 30 juin, les candidats de l’unitĂ©. On peut annoncer sans risque que ceux qui iront voter le feront en faveur de ce Nouveau Front populaire. Il y aura certainement des candidatures dissidentes, comme l’ont dĂ©jĂ  laissĂ© entendre d’anciens ministres socialistes, des dirigeants de Place publique et des déçus ou exclus de LFI et des Verts, mais les sondages indiquent que ces Ă©chappĂ©es solitaires semblent vouĂ©es Ă  l’échec.

    La question dĂ©cisive est de savoir dans quelle proportion l’électorat de gauche se mobilisera. L’électorat de gauche (toutes tendances confondues) est globalement plus jeune et plus populaire que celui de Renaissance et du Rassemblement national – le 9 juin 2024, la vraie nouveautĂ© de l’électorat lepĂ©niste est son vieillissement et son embourgeoisement.

    Les jeunes votent majoritairement pour la gauche, mais ils votent moins que leurs aĂźnĂ©s. Par ailleurs, en 2017 comme en 2022 et en 2024, on constate que la gauche (Ă  nouveau toutes tendances confondues) a son centre de gravitĂ© Ă©lectoral plus proche des #classes_populaires que Renaissance et le RN. Or les jeunes et les classes populaires sont les catĂ©gories de la population les plus enclines Ă  s’abstenir.

    ​Les candidats du NFP parviendront-ils Ă  contrer cette #abstention diffĂ©rentielle, Ă  remobiliser leur base en moins de trois semaines ? Cela Ă  la veille des vacances d’étĂ© ? Alors que l’extrĂȘme droite est galvanisĂ©e par son rĂ©sultat des Ă©lections europĂ©ennes et la promesse d’une arrivĂ©e Ă  Matignon, que ses adversaires oscillent entre la stupeur et la sidĂ©ration ? Et que le dimanche 30 juin pourrait correspondre avec le huitiĂšme de finale de l’équipe de France de football ?

    Manuel Cervera-Marzal est enseignant-chercheur en science politique Ă  l’universitĂ© de LiĂšge/Fonds de la recherche scientifique (FNRS), auteur des « Nouveaux DĂ©sobĂ©issants : citoyens ou hors-la-loi ? » (Le Bord de l’eau, 2016).

    #Ă©lectorat_volatile

  • Cet outil pour bien vous faire sentir ce que nos Ă©conomistes appelle #inflation :
    â–șhttps://www.insee.fr/fr/information/2417794

    Il permet d’exprimer, sur la pĂ©riode 1901-2023, le pouvoir d’achat d’une somme en euros ou en francs d’une annĂ©e donnĂ©e en une somme Ă©quivalente en euros ou en francs d’une autre annĂ©e, corrigĂ©e de l’inflation observĂ©e entre les deux annĂ©es.

    Je viens de faire livrer 600 l de fuel domestique. Facture : 720,00 €

    En 1997, le fuel coĂ»tait 1,98 FF/l et pour cet achat, j’aurais dĂ©pensĂ© 1188,00 FF.

    En mettant cette donnĂ©e dans le convertisseur (monnaie d’origine et annĂ©e), j’obtiens 273,81 € en 2023. Soit environ le tiers de ce que je pourrais acheter comme fuel aujourd’hui. Étonnant, non ? Ou ça ne marche peut-ĂȘtre pas comme ça ? Bon, c’est vrai que l’exemple avec un produit pĂ©trolier, ce n’est peut-ĂȘtre pas trĂšs pertinent.

    • Mieux vaut tester avec un billet de 100€ sous ton matelas.

      Si tu l’y as mis en 1997 et que tu veux l’utiliser en 2023, tu as perdu 51,18 Euros de ’pouvoir d’achat’ en 25 ans (2 euros par an)

      Si tu l’y as mis en 2021 et que tu veux l’utiliser en 2023, tu as perdu 10,35 Euros de ’pouvoir d’achat’ en 2 ans (5 euros par an)

      L’inflation augmente donc comme le crapaud, et poc pschhhh fit le capitalisme.
      Voir la courbe qui grimpe, merci qui ?
      ▻https://www.insee.fr/fr/statistiques/4268033

    • Un billet de 100 € en 1997, ça n’existait pas encore. Donc il m’aurait fallu mettre 655,95 FF sous le matelas mais avec les piĂšces de monnaie, ça m’aurait gĂȘnĂ© pour bien dormir :-))

      Ceci dit, on raisonne en terme de pouvoir d’achat. Qu’est-ce qu’on pouvait acheter avec cette somme en 1997 et que peut-on acheter aujourd’hui avec cette mĂȘme somme ? C’est pour ça que j’avais pris l’exemple de la cuve Ă  fuel.

      Mais ton raisonnement est Ă©quivalent au mien @touti. Enfin je crois. Ch’sais plus trop. J’ai la tĂȘte un peu embrouillĂ©e. :-/

    • Le point de dĂ©part de ce seen, c’est un tweet d’une enseignante qui dit que :
      Voici Ă  quoi devrait ressembler un salaire d’enseignant certifiĂ© Ă©chelon 6 aujourd’hui.
      (Insee)
      Il suffit juste d’entrer un vieux bulletin de salaire

      et l’illustration qui suit :

      (salaire net)

      réponse 1 : Echelon 7 (donc échelon supérieur) je suis à prÚs de 600 euros en dessous

      RĂ©ponse de l’enseignante : Si quelqu’un est Ă  l’échelon 6, cf serait bien de comparer, oui.

      RĂ©ponse 2 : 2286 net

      RĂ©ponse 3 : Échelon 10 ici. Je suis loin d’avoir ça ! MalgrĂ© 1h supp et PP. (AprĂšs y a le prĂ©lĂšvement des impĂŽts qui perturbe un peu notre vision de notre salaire, mais clairement on n’y est pas !)

      [EDIT] (Je retire le lien par soucis d’"Ă©tanchĂ©itĂ©")

      [EDIT 2] : je remets le lien avec l’accord de la personne : ▻https://x.com/joelpriejan1/status/1803334528158626055

    • @sombre petite parenthĂšse le merci qui ? Ă©tait adressĂ© Ă  la politique du gvt actuel

      Et bien entendu les chiffres du ’pouvoir d’achat’ ou de l’inflation sont subjectifs, puisque alimentaire logement ou Ă©nergies ont pris une part dĂ©mesurĂ©e alors que les revenus n’ont pas augmentĂ©s en consĂ©quence.

      Voir Indices des prix Ă  la consommation par grands secteurs de consommation
      ▻https://www.insee.fr/fr/statistiques/4268033#graphique-figure2_radio1

      oĂč il est notĂ©
      Lecture : en janvier 2023, l’indice des prix du tabac valait 156,1, ce qui signifie que le prix du tabac a augmentĂ© en moyenne de 56,1 % depuis 2015.

  • Pourquoi les haies divisent-elles ?
    ▻https://theconversation.com/pourquoi-les-haies-divisent-elles-228698

    Depuis 40 ans, les haies font l’objet de politiques publiques qui tentent de dissuader les agriculteurs n’en voyant plus l’utilitĂ© de les arracher. Si l’inefficacitĂ© de ces politiques est dĂ©noncĂ©e par le milieu associatif, la reconnaissance quasi unanime des nombreux bĂ©nĂ©fices environnementaux et sociaux de leur maintien Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles ouvre de nouvelles perspectives.

    Les actions concernant la haie se sont de fait intensifiĂ©es depuis le premier plan de dĂ©veloppement de l’agroforesterie lancĂ© en 2015, que ce soit pour alerter sur sa disparition, stopper son Ă©rosion (Pacte pour la haie) ou dans un autre registre, simplifier les normes susceptibles de garantir sa conservation (adoption de la Loi d’orientation agricole en discussion. Mais cela suffira-t-il Ă  construire de nouveaux rĂ©cits en matiĂšre de savoir et de savoir-faire ?

    Car la haie a toujours Ă©tĂ© un objet de politisation des rapports sociaux et cristallise aujourd’hui les tensions autour des modĂšles agricoles Ă  privilĂ©gier.

    Ce qui se joue actuellement ne porte pas tant sur la haie elle-mĂȘme que sur la maniĂšre dont elle est perçue, pensĂ©e, reliĂ©e Ă  l’agriculture et au paysage. Car si la haie est un objet matĂ©riel avec lequel on interagit, elle est tout autant un objet social et culturel, porteur de reprĂ©sentations et d’affects, qu’un objet naturel insĂ©rĂ© dans des rapports sociaux Ă©voluant dans le temps et l’espace. Voici comment.

  • Carnon mise sur les dĂ©placements doux : 80 vĂ©los Ă  louer, une navette Ă©lectrique et un nouveau parking - midilibre.fr
    ▻https://www.midilibre.fr/2024/06/19/carnon-mise-sur-les-deplacements-doux-80-velos-a-louer-une-navette-electri


    Des nouvelles de la plage de Carnon pour @arno

    PremiĂšre nouveautĂ© ce vendredi 21 juin, l’ouverture tant attendue du nouveau parking du centre. Les 500 places seront accessibles avec une premiĂšre heure gratuite et le tarif d’1,20 € pour les suivantes. À partir de lĂ , les automobilistes seront incitĂ©s soit Ă  se dĂ©placer Ă  pied, soit dans le petit train Ă©lectrique qui fait la navette gratuitement avec une boucle d’une dizaine d’arrĂȘts (du 1er juillet au 31 aoĂ»t), ou Ă  vĂ©lo. C’est la nouveautĂ© de l’annĂ©e, depuis le 1er juin et jusqu’au 30 septembre, 80 vĂ©los sont en libre-service rĂ©partis sur huit stations avec le tarif attractif de 1 € de l’heure (location grĂące Ă  l’application Koboo). « C’est un test, on tente pour cette saison avec 80 vĂ©los, huit stations, on est prĂȘt Ă  adapter le dispositif selon la maniĂšre dont les gens s’en emparent », ajoute Yvon Bourrel.

  • Les rĂ©seaux du trading Ă  haute-frĂ©quence
    (mis ici pour archivage)

    AprĂšs les ouvrages 6/5, #Alexandre_Laumonier continue son exploration de la finance mondiale avec 4, un nouvel Ă©pisode de ses investigations qui vient de paraĂźtre. Ce livre est entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  l’histoire et aux techniques des rĂ©cents #rĂ©seaux de communication radio dĂ©ployĂ©s par certains traders pour relier entre eux les marchĂ©s financiers. La raison ? Les ondes radio offrent la possibilitĂ© aux donnĂ©es de marchĂ© de passer d’une bourse Ă  une autre deux fois plus rapidement qu’avec la fibre optique. Avoir une microseconde d’avance sur le concurrent garantit des gains dans ce qu’on appelle le trading Ă  haute frĂ©quence. VĂ©ritable enquĂȘte ethnologique et gĂ©ographique, cette immersion au cƓur des rĂ©seaux europĂ©ens (courant principalement de Londres Ă  Francfort) et amĂ©ricains (reliant le New Jersey, Washington et Chicago) se lit comme une histoire Ă©pique.
    Voici un extrait du chapitre 3 de 4, consacrĂ© au tout premier rĂ©seau en micro-ondes jamais rĂ©alisĂ© aux États-Unis Ă  destination d’une firme de #trading.


    ▻https://www.visionscarto.net/enquete-reseaux-hft
    #HFT #trading_à_haute_fréquence #finance #livre #technologie #vitesse

    • 4

      « Ă€ quelques mois de la retraite, le commissaire-priseur ne s’attendait sans doute pas Ă  vivre les enchĂšres les plus Ă©piques de sa carriĂšre.

      « En cette grise matinĂ©e du 19 dĂ©cembre 2012, dans une piĂšce du tout nouveau bĂątiment hĂ©bergeant le Bureau fĂ©dĂ©ral de la province de Flandre-Occidentale, Ă  Bruges, le bien public 38025/838 sv, dĂ©crit comme un « Gewezen militair domein met communicatietoren (hoogte 243,5-m) en acht ankerpunten », d’une superficie de 1 hectare, 31 ares et 66 centiares, sis au 1, rue du HĂ©ron, Ă  Houtem, dans la rĂ©gion des MoĂ«res, Ă©tait mis aux enchĂšres par son propriĂ©taire, le ministĂšre de la DĂ©fense du Royaume de Belgique, au prix de 250 000 euros.

      À 10 heures, et sans une seule microseconde de retard, onze personnes se regroupĂšrent autour d’une grande table rectangulaire. Le commissaire-priseur, son secrĂ©taire et un reprĂ©sentant du ministĂšre s’installĂšrent Ă  l’une des extrĂ©mitĂ©s de la table, tandis qu’en face d’eux trois groupes distincts prirent place, se regardant en chien de faĂŻence : un AmĂ©ricain accompagnĂ© de deux avocats ; deux autres avocats travaillant pour un prestigieux cabinet belge mandatĂ© par un acheteur potentiel ; et deux ingĂ©nieurs, qui restĂšrent silencieux tout au long de la matinĂ©e. Ils n’étaient pas venus pour acheter mais pour savoir qui allait l’emporter, information de premiĂšre importance pour un certain nombre de personnes, notamment en France, au Canada, aux Pays-Bas et aux États-Unis.

      MĂȘme si la prĂ©sence d’un cabinet d’avocats haut de gamme Ă©tait plutĂŽt inhabituelle Ă©tant donnĂ© la vĂ©tustĂ© de l’« ancien domaine militaire comprenant un pylĂŽne de communication de 243,5 mĂštres », dont le ministĂšre souhaitait se dĂ©barrasser, la sĂ©ance dĂ©buta sereinement. Le commissaire-priseur vĂ©rifia que les participants s’étaient bien acquittĂ©s des 1 000 euros de frais d’inscription, s’assura que tous avaient en leur possession les documents administratifs relatifs au domaine – y compris le relevĂ© cadastral, sur lequel le domaine militaire apparaĂźt en forme de croix –, puis il fixa le pas d’enchĂšres Ă  5 000 euros et la vente dĂ©marra.

      Ce qui ne devait ĂȘtre qu’une formalitĂ© se transforma en une longue matinĂ©e pendant laquelle le commissaire fut mis Ă  rude Ă©preuve. Au bout de vingt minutes seulement, la meilleure offre Ă©tait dĂ©jĂ  de 700 000 euros, ce qui rĂ©jouit le ministĂšre de la DĂ©fense (il estimait secrĂštement faire une bonne affaire Ă  partir de 400 000 euros) mais dĂ©stabilisa le commissaire-priseur. Il dĂ©cida alors de monter le pas d’enchĂšres Ă  10 000 euros pour accĂ©lĂ©rer la vente, puis la meilleure offre atteignit rapidement 1 million d’euros, puis 1,1 million d’euros, 1,2 million d’euros, 1,3 million d’euros, 1,4 million d’euros
 À 2 millions, une heure plus tard, le commissaire-priseur, qui transpirait de plus en plus, rĂ©clama une pause et se rĂ©fugia dans les toilettes pour se ressaisir. L’histoire ne dit pas quelles pensĂ©es furent les siennes devant l’image de son visage sidĂ©rĂ© que lui renvoya le miroir. « Du cĂŽtĂ© des vendeurs, personne n’arrivait Ă  comprendre ce qui se passait », raconte un tĂ©moin, lui-mĂȘme d’autant plus surpris par le montant des offres que, dans d’autres circonstances, il aurait pu lui-mĂȘme enchĂ©rir.

      Cette annĂ©e-lĂ , le Royaume de Belgique, en quĂȘte de liquiditĂ©s, avait dĂ©jĂ  revendu bon nombre d’installations dĂ©militarisĂ©es pour un total de 12 millions d’euros. Parmi celles-ci : un vieux bunker cĂ©dĂ© pour 350 euros Ă  un paysan ravi de pouvoir le dĂ©molir car il se trouvait au milieu de son champ ; un ancien fort construit pour dĂ©fendre la ville d’Anvers, rachetĂ© 287 000 euros par le riche pdg de Katoen Natie, une compagnie de logistique active dans les ports du monde entier ; un ancien hĂŽpital militaire achetĂ© 4 millions d’euros par la commune de Bruges pour ĂȘtre transformĂ© en logements sociaux. À ces 12 millions s’ajouta, le 19 dĂ©cembre 2012, le produit de la vente de l’« ancien domaine militaire comprenant un pylĂŽne de communication ». Au terme de plus de trois heures et demie de bataille acharnĂ©e, devant les reprĂ©sentants de l’État belge mĂ©dusĂ©s, le bien 38025/838 SV fut finalement adjugĂ© 5 millions d’euros, soit la meilleure affaire du ministĂšre de la DĂ©fense pour l’annĂ©e 2012.

      Alors que les silencieux ingĂ©nieurs sortaient prĂ©cipitamment de la salle du Bureau fĂ©dĂ©ral (le ticket de stationnement de leur voiture, malencontreusement garĂ©e devant un commissariat, Ă©tait dĂ©passĂ© depuis longtemps), l’un des avocats au service de ceux qui remportĂšrent la mise fut approchĂ© par l’un de ses confrĂšres qui, lui, reprĂ©sentait le camp vaincu. Le perdant tendit au gagnant sa carte de visite : « If we can arrange, here is my phone number. » Le 9 janvier 2013, le ministĂšre rendit public l’acte de cession du domaine militaire sans toutefois divulguer le nom du nouveau propriĂ©taire. « Information confidentielle », selon les services ministĂ©riels. »

      Ainsi dĂ©bute 4, la suite des investigations d’Alexandre Laumonier, alias Sniper, sur le trading Ă  haute frĂ©quence entamĂ©es avec 6 et 5. Ce nouvel Ă©pisode est un rĂ©cit Ă©pique de la naissance et de la prolifĂ©ration d’un rĂ©cent mode de communication des donnĂ©es boursiĂšres : les faisceaux hertziens en micro-ondes constituĂ©s de rĂ©seaux d’antennes paraboliques, ces rĂ©seaux aĂ©riens offrant l’avantage d’ĂȘtre deux fois plus rapides que les fibres optiques souterraines. Cette nouvelle enquĂȘte est Ă  la fois une ethnologie des infrastructures liĂ©es aux transactions boursiĂšres ainsi qu’une histoire Ă©conomique des techniques et des territoires. ComposĂ© comme un techno-thriller Ă  rebondissements et au rythme soutenu, 4 mĂȘle enquĂȘtes de terrain, interviews, tĂ©moignages, extraits d’archive et rĂ©cits historiques afin de dĂ©crire dans le dĂ©tail les raisons de cette course Ă  la vitesse induite par l’informatisation des marchĂ©s financiers.

      â–șhttp://www.zones-sensibles.org/alexandre-laumonier-4

    • Trading Ă  haute frĂ©quence dans les #MoĂ«res

      À l’extrĂȘme ouest de la Belgique, se dresse une tour de 243,50 mĂštres d’acier. LĂ -haut, quand le ciel daigne se dĂ©coller du polder, on devine la mer du Nord. Trop vĂ©tuste pour l’armĂ©e amĂ©ricaine, trop coĂ»teux pour la DĂ©fense belge, le pylĂŽne a Ă©tĂ© acquis Ă  prix d’or et contre toute attente par une discrĂšte firme de Chicago, en 2012. SpĂ©cialiste des transactions Ă  haute frĂ©quence, Alexandre Laumonier retrace le destin inattendu de cette tige plantĂ©e deux mĂštres sous le niveau de la mer. Une histoire de marĂ©cages qui commence avec Jules CĂ©sar et qui se termine sous une pluie de dollars.

      ▻https://www.wilfriedmag.be/articles/trading-a-haute-frequence-dans-les-moeres
      #paywall

  • TEMOIGNAGE. « Si mĂȘme les juifs se mettent du cĂŽtĂ© de l’extrĂȘme droite, on n’en finira jamais », regrette Ginette Kolinka, rescapĂ©e d’Auschwitz-Birkenau
    ▻https://www.francetvinfo.fr/elections/temoignage-si-meme-les-juifs-se-mettent-du-cote-de-l-extreme-droite-on-

    Face au Rassemblement national, quel rempart alors ? Ginette Kolinka botte largement en touche sur un Ă©ventuel vote Nouveau Front populaire : « Tout ce qui est extrĂȘme est dangereux. » Et rappelle son discours contre la haine et pour la tolĂ©rance, rĂ©pĂ©tĂ© quotidiennement dans les Ă©tablissements scolaires depuis 25 ans : « Je ne parle qu’aux enfants, je ne parle pas aux adultes. Il y a des adultes qui m’écoutent mais c’est aux enfants que je parle. Et les enfants, je ne fais pas de politique, je suis contre tout ce qui peut faire qu’on haĂŻsse quelqu’un. Moi je suis pour la tolĂ©rance. Quel est le parti qui te dit ’On s’aime tous’ ? Je n’en connais pas beaucoup. » Ginette Kolinka qui met aussi en avant l’une de ses formules prĂ©fĂ©rĂ©es : « La haine c’est dĂ©jĂ  un pied Ă  Auschwitz ».

    • Le problĂšme Ă©tant que ces survivant·es de la Shoah sont de moins en moins nombreux·euses Ă  tĂ©moigner.
      Autre problĂšme et c’est une vraie question (mon intention n’étant pas de crĂ©er de la confusion) :
      Peut-on, quand on appartient Ă  la communautĂ© juive, retirer son allĂ©geance Ă  l’état d’IsraĂ«l sans ĂȘtre frappĂ© d’ostracisme ?

    • L’autre jour (hier, en fait), j’ai Ă©tĂ© frappĂ©e par le fait qu’un camarade antifa Ă  roulettes (un vrai antifa avec le couteau entre les dents et qui est passĂ© dans le torche-cul de son bled parce que des nazis l’ont poursuivi avec son fauteuil pour le tabasser aprĂšs qu’il ait recouvert leurs affiches de merde par des affiches antifas) dont l’engagement ne souffre pas le moindre doute, ait pu lors d’une discussion sur l’antisĂ©mitisme dire en substance que LE juif ne serait pas en sĂ©curitĂ© avec le FN (oui, employons les dead names de ceux qui se sont rachetĂ©s une virginitĂ© Ă©lectoraliste Ă  vil prix). J’ai eu l’impression de recevoir une gifle. Et durant toute sa diatribe, il a remis le couvert, confirmant ainsi que se pensĂ©e elle-mĂȘme avait Ă©tĂ© essentialisĂ©e par les refrains ambiants.

      Parce que — pour en revenir Ă  ta question, @sombre — il n’y a pas LE juif, il y a seulement LES Juifs dans leur immense diversitĂ© nĂ©e de plus de 2 000 ans de diaspora. LES Juifs, ils sont tellement divers que mĂȘme entre eux, ils n’arrivent pas Ă  se reconnaitre et Ă  s’entendre et ce constat vient bien au-delĂ  de la traditionnelle distinction entre SĂ©farades (ceux qui se sont Ă©tablis autour de la MĂ©diterranĂ©e, pour le rĂ©sumer Ă  la grosse louche) et les AshkĂ©nazes (ceux qui sont partis vers l’est, suivant la Route de la Soie, beaucoup vers la Russie, mais certains plus loin encore, comme en a tĂ©moignĂ© en son temps Marco Polo).

      Les Juifs ont en commun la culture et une part d’historicitĂ©, mais contrairement Ă  ce que beaucoup s’imaginent, mĂȘme pour la religion, beaucoup ne s’accordent pas du tout.
      Quand j’ai Ă©crit mon mĂ©moire sur l’antisĂ©mitisme, je me suis ainsi retrouvĂ©e coincĂ©e entre les deux univers diamĂ©tralement opposĂ©s de mes deux directeurs de recherche, l’un SĂ©farade super pratiquant (mais respectueux de la laĂŻcitĂ© vĂ©ritable) et l’autre AshkĂ©naze athĂ©e, genre : mĂȘme salle, deux ambiances.

      Quand IsraĂ«l a lancĂ© sa politique de surcolonisation en invitant tous les Juifs du monde Ă  revenir dans la terre promise, les dirigeants dĂ©jĂ  bien infrĂ©quentables de l’époque ont eu les sourcils qui sont montĂ©s au plafond quand ils ont dĂ©couvert que toquaient Ă  la porte d’IsraĂ«l des Juifs tout africains et surtout bien bien noirs. Et il s’est bien avĂ©rĂ© qu’il y avait un judaĂŻsme semi-clando qui avait survĂ©cu des siĂšcles dans des contrĂ©es hostiles et que la dispersion avait Ă©tĂ© bien plus complĂšte et profonde que la plupart des Juifs ne le pensait.

      J’ajoute pour la culture gĂ©nĂ©rale que les Juifs chinois — eux — semblent bien avoir Ă©tĂ© entiĂšrement assimilĂ©s par la culture chinoise
 ce qui m’a toujours conduit Ă  penser que nous mĂ©connaissons profondĂ©ment la puissance de cette culture-lĂ .

      Donc, il y a plein, plein de Juifs diffĂ©rents, y compris ceux qui dĂ©couvrent malencontreusement leur judaĂŻtĂ© Ă  l’occasion d’une shoah ou d’un pogrom, et le sionisme lui-mĂȘme a une histoire tellement diverse qu’on pourrait parler de sionismeS en fait et qu’il y a plein, plein de Juifs qui sont anti-sionistes et qui rejettent la politique israĂ©lienne d’apartheid et/ou de colonisation.

      Mais ce ne sont pas forcément ceux-là qui gueulent le plus fort ou qui sont les plus entendus ou relayés.

    • Donc, il y a plein, plein de Juifs diffĂ©rents, y compris ceux qui dĂ©couvrent malencontreusement leur judaĂŻtĂ© Ă  l’occasion d’une shoah ou d’un pogrom, et le sionisme lui-mĂȘme a une histoire tellement diverse qu’on pourrait parler de sionismeS en fait et qu’il y a plein, plein de Juifs qui sont anti-sionistes et qui rejettent la politique israĂ©lienne d’apartheid et/ou de colonisation.

      Mais ce ne sont pas forcément ceux-là qui gueulent le plus fort ou qui sont les plus entendus ou relayés.

      Oui, c’est un peu la rĂ©ponse que j’attendais et qui devrait me rassurer. L’essentiel Ă©tant de ne pas « essentialiser » toute une communautĂ© (de religion, ethnique ou autre).
      Le problÚme étant (encore et toujours) du cÎté de celles et ceux qui gueulent le plus fort (ou, autrement dit, auxquel·les les médias tendent complaisamment le micro).

    • auxquel·les les mĂ©dias tendent complaisamment le micro

      Pour servir l’agenda politique des ennemis.

      Parce qu’à l’arrivĂ©e, ce seront TOUS les Juifs qui vont de nouveau se retrouver confrontĂ©s Ă  l’antisĂ©mitisme. Le fait que les Arabes et les Noirs prennent aussi ne devrait pas consoler grand monde.

      Sans compter qu’il y aura aussi du rab pour les handicapĂ©s, les gauchistes, les femelles, les Asiatiques, les Pas Comme Nous , les Qui ont un chouette apparto mitoyen au nĂŽtre , les intellos, les qui ont quand mĂȘme une gueule qui ne revient pas Ă  certains, etc


    • Les fonctionnaires, les retraité·es, les divorcĂ©es (sans point mĂ©dian), les cassos’, les « p’tits vieux » ... Oui, oui, je connais : j’habite un pauvre bled de 600 « Ăąmes » qui est en lui-mĂȘme un modĂšle rĂ©duit de la France sous banniĂšre FNRN (mĂątinĂ©e de FSSPX, fraternitĂ© sacerdotale Saint-Pie X).

  • A Blendecques, les « rĂ©fugiĂ©s climatiques » qui ont vĂ©cu de multiples inondations rejettent les Ă©cologistes et votent massivement pour le RN
    ▻https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/06/19/a-blendecques-les-refugies-climatiques-qui-ont-vecu-de-multiples-inondations

    Pourtant, le parti censĂ© incarner la lutte contre le rĂ©chauffement climatique n’a pas vraiment bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un raz de marĂ©e dans les urnes. Au contraire. La liste emmenĂ©e par Marie Toussaint a obtenu 1,72 % des voix. TroisiĂšme en 2019 avec Yannick Jadot (7,12 %), elle a chutĂ© Ă  la 10e place. TrĂšs loin du Rassemblement national (RN) et de ses 50,7 %, devancĂ©e par l’Alliance rurale de Jean Lassalle (2,52 %) et par le Parti animaliste (2,22 %). Les assesseurs ont mĂȘme dĂ©comptĂ© davantage de bulletins nuls (2,52 %) et blancs (2,23 %).

    « Les premiers rĂ©fugiĂ©s climatiques, c’est nous », reconnaĂźt pourtant Vincent Maquignon, adjoint (sans Ă©tiquette) aux sports Ă  la mairie de Blendecques. Sa jolie maison en brique rouge va ĂȘtre rasĂ©e, comme une dizaine d’autres dans sa rue, prise en Ă©tau entre deux bras de l’Aa. L’Etat doit les racheter pour y construire un bassin de rĂ©tention.

  • RĂ©seaux sociaux : la fabrique de l’hostilitĂ© politique ? | Antoine Marie / The Conversation | 17.06.24

    ▻https://theconversation.com/reseaux-sociaux-la-fabrique-de-lhostilite-politique-230458

    Les posts politiques indignĂ©s et potentiellement insultants sont souvent le fait de personnes plus dĂ©terminĂ©es Ă  s’exprimer et radicales que la moyenne – que ce soit pour signaler leurs engagements, exprimer une colĂšre, faire du prosĂ©lytisme, etc. MĂȘme lorsqu’ils reprĂ©sentent une assez faible proportion de la production Ă©crite sur les rĂ©seaux, ces posts se trouvent promus par des algorithmes programmĂ©s pour mettre en avant les contenus capables d’attirer l’attention et de dĂ©clencher des rĂ©ponses, dont les messages clivants font partie.

    À contrario, la majoritĂ© des utilisateurs, plus modĂ©rĂ©e et moins pĂ©remptoire, est rĂ©ticente Ă  se lancer dans des discussions politiques qui rĂ©compensent rarement la bonne foi argumentative et qui dĂ©gĂ©nĂšrent souvent en « shitstorms » (c.-Ă -d., en dĂ©chaĂźnements de haine).
    [...]

    Les rĂ©seaux sociaux permettent Ă  un contenu d’ĂȘtre diffusĂ© Ă  l’identique Ă  des millions de personnes (Ă  l’inverse de la communication verbale, lieu de distorsions inĂ©vitables). À ce titre, ils peuvent mĂ©sinformer ou mettre en colĂšre des millions de personnes Ă  un trĂšs faible coĂ»t. Ceci est vrai que l’information fausse ou toxique soit crĂ©Ă©e intentionnellement pour gĂ©nĂ©rer des clics, ou qu’elle soit le fruit involontaire des biais politiques d’un groupe politique donnĂ©.
    [...]

    Facebook (3 milliards d’utilisateurs) et X (550 millions) nous font typiquement dĂ©filer une certaine diversitĂ© d’opinions devant les yeux [malgrĂ© leurs algorithmes].

  • Comme je ne regarde pas la tĂ©lĂ© (j’ai un Ă©cran de tĂ©lĂ©vision, on y regarde des films, mais pas la tĂ©lĂ©), je ne re-dĂ©couvre ce que sont les dĂ©bats et interviews politiques que par les extraits diffusĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux. Et ces derniers temps je suis assez stupĂ©fait.

    J’ai toujours eu le sentiment qu’il s’était opĂ©rĂ© un changement dans la « communication » politique avec la bande Ă  Sarkozy : soudain les politiques Ă  la tĂ©lĂ© devenaient des aboyeurs·ses hyper-agressifs. Les PrĂ©cresse, Dati, Rama Yade, par exemple, ça m’avait choquĂ© : une façon de systĂ©matiquement couper la parole, rigoureusement interdire de finir une phrase, balancer n’importe quoi sur un ton pĂ©remptoire, des attaques ad hominem
 À l’époque j’avais vraiment eu l’impression que quelque chose avait changĂ© dans la politique Ă  la tĂ©loche. C’est pas que j’aimais ceux d’avant, mais lĂ  on atteignait un niveau de bassesse inĂ©dit. (Alors que je te rappelle que je suis assez vieux pour avoir connu Pasqua et Pandraud.)

    Rapidement j’ai eu le sentiment aussi que les gens, Ă  table, se mettaient Ă  causer politique eux aussi de cette façon. C’est par lĂ  que j’ai cessĂ© de discuter politique Ă  table, parce que c’était devenu juste un brouhaha avec des droitards de plus en plus agressifs, empĂȘchant systĂ©matiquement d’énoncer le moindre argument jusqu’au bout.

    Puis ça a été au tour des journalistes.

    Et ces derniers temps, Ă  chaque fois que je tombe sur un bout d’interview, je suis encore plus sidĂ©rĂ© : dĂšs que quelqu’un (de gauche) tente d’énoncer un argument, il·elle se fait couper la parole exactement toutes les 4 secondes.

    Genre essaye de supporter la premiĂšre minute de cette sĂ©quence :
    ▻https://www.bfmtv.com/politique/sophie-binet-cgt-jamais-le-rn-ne-defend-et-ne-defendra-les-travailleuses-et-l

    Ça m’avait fait ça avec LĂ©a SalamĂ© et Apolline de Malherbe : tout d’un coup, peut-ĂȘtre en contrecoup des dĂ©cennies de dĂ©fĂ©rence des porte-micros, ce qu’on s’est mis Ă  considĂ©rer comme une bonne journaliste, c’est juste quelqu’un qui coupe la parole et se montre d’une impolitesse affligeante avec les gens qui Ă©noncent autre chose que la bouillie nĂ©olibĂ©rale.

    • Et du coup : Ă  chaque fois je me demande pourquoi les gens s’infligent ça ? Qu’est-ce que tu deviens, mentalement, quand tu regardes un truc aussi Ă©nervĂ©/Ă©nervant tous les jours ? Et puis mes petits, en CM2, me racontaient qu’avec les amis, ils organisent des « clashs » pendant la rĂ©crĂ© parce que c’est marrant. Ça fait un pays qui se met Ă  « discuter » comme si les clashs Ă  la Hanouna, c’était normal, voire cool.

    • (Pour parfaire ma rĂ©putation de vieux con, je peux aussi te raconter que l’autre jour, par pur dĂ©sƓuvrement j’ai essayĂ© d’écouter la playlist des recommandations « rap francophone », et quand j’ai vomi ça a fait comme si ma gerbe avait Ă©tĂ© passĂ©e Ă  l’autotune.)

    • ça m’est arrivĂ©e d’ĂȘtre invitĂ©e en direct sur un plateau tĂ©lĂ© , donc Ă  la fin du siĂšcle dernier. Au maquillage obligatoire, la prĂ©sentatrice vient prendre contact et me demande de surtout couper la parole Ă  l’autre invitĂ©e parce que vous voyez ça anime le dĂ©bat et les tĂ©lĂ©spectateurs c’est ce qu’ils aiment. J’ai dit que je n’étais pas venue pour faire cela et ça a jetĂ© un froid. Ensuite, chaque fois que je prenais la parole, j’étais coupĂ© par un reportage opportun. (j’ai plus fait que des radios aprĂšs )

      Mais j’avoue que derniĂšrement, j’ai mis le thermomĂštre pour prendre la tempĂ©rature dans le trou du cul des mĂ©dias et je me suis coltinĂ©e du pascul prout et ça donne envie trĂšs vite de vomir ou d’éteindre.

  • L’orientation des #filles vers les filiĂšres scientifiques :‹ cause acceptable ou discutable ? | #Marianne_Blanchard, fĂ©vrier 2024
    ▻https://carnetsrouges.fr/lorientation-des-filles-vers-les-filieres-scientifiques-cause-acceptab

    Cette focalisation sur les #stĂ©rĂ©otypes masque aussi la rĂ©alitĂ© des violences sexistes et sexuelles Ă  laquelle sont encore confrontĂ©es les #femmes dans certaines formations et milieux professionnels. En 2019, le Haut conseil Ă  l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes (HCE) qualifiait par exemple les #Ă©coles_d’ingĂ©nieurs de « bastion virilistes » oĂč 63% des Ă©tudiantes dĂ©claraient avoir dĂ©jĂ  subi directement, ou avoir Ă©tĂ© tĂ©moin de violence sexistes ou sexuelles (#vss) sur le campus. Depuis, les rĂ©vĂ©lations sur les vss dans certains Ă©tablissements prestigieux (Polytechnique, CentraleSupĂ©lec) n’ont fait que renforcer ce constat. Or la question du #sexisme et des vss est presque totalement absente des discours sur la fĂ©minisation des filiĂšres scientifiques.

    #orientation

  • Les inĂ©galitĂ©s sociales de compĂ©tences en hausse constante
    ▻https://www.cafepedagogique.net/2024/06/19/les-inegalites-sociales-de-competences-en-hausse-constante

    On le sait, l’#Ă©cole française ne rĂ©sorbe pas les inĂ©galitĂ©s sociales, elle les transforme en inĂ©galitĂ©s sociales de compĂ©tences, notamment en français et en mathĂ©matiques. Dans une note publiĂ©e trĂšs rĂ©cemment, la DEPP – Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance – montre, s’il en Ă©tait encore besoin, que les Ă©carts de performance entre Ă©lĂšves de diffĂ©rentes origines sociales sont importants dĂšs l’entrĂ©e en sixiĂšme et tendent Ă  se creuser durant la scolaritĂ© obligatoire.

     

    Des compétences inégales dÚs le début du collÚge

    À l’entrĂ©e en sixiĂšme, les compĂ©tences des Ă©lĂšves montrent dĂ©jĂ  de fortes disparitĂ©s selon leur origine sociale. En 2022, 41 % des enfants de parents de cadres obtiennent de bons rĂ©sultats en français, contre seulement 6 % des enfants de parents inactifs et 10 % des enfants de parents ouvriers, indique le service statistique du ministĂšre. À l’inverse, 45 % des enfants de parents inactifs et 26 % des enfants de parents ouvriers sont en difficultĂ©, seulement 5 % des enfants de cadres supĂ©rieurs. Le constat est le mĂȘme en mathĂ©matiques.

    Dans cette note, la DEPP utilise la classification « PCS mĂ©nage », rĂ©cemment introduite par l’Insee, permet d’apprĂ©cier les disparitĂ©s sociales en tenant compte de la profession des deux parents. Selon cette classification, les enfants de mĂ©nages inactifs et ouvriers sont surreprĂ©sentĂ©s parmi les moins performants. 45 % des enfants de mĂ©nages inactifs se situent dans le quintile infĂ©rieur en français (les moins performants), contre 5 % des enfants de mĂ©nages de cadres.

     

    Amplification des inĂ©galitĂ©s en mathĂ©matiques dĂšs l’école primaire

    C’est Ă  l’école primaire que les inĂ©galitĂ©s sociales de #compĂ©tences augmentent, particuliĂšrement en mathĂ©matiques. À l’entrĂ©e en CP, les Ă©carts sont moindres, mais ils s’amplifient Ă  mesure que les Ă©lĂšves progressent dans leur scolaritĂ©. « En mathĂ©matiques, l’accroissement des Ă©carts sociaux au cours de l’école primaire est plus net (qu’en français) : la part des meilleurs augmente de 8 points (de 30 % Ă  38 %) entre le CP et la sixiĂšme pour les enfants de cadres supĂ©rieurs, alors qu’elle diminue de 4 points pour les enfants d’ouvriers (de 15 % Ă  11 %) ».

    En français, les inĂ©galitĂ©s sociales apparaissent dĂ©jĂ  trĂšs fortes Ă  l’entrĂ©e en CP et augmentent tout au long de l’école primaire. « Les enfants de cadres supĂ©rieurs amĂ©liorent un peu leur position au primaire : Ă  l’entrĂ©e en CP, 7 % sont parmi les moins performants en français et 14 % dans le groupe au-dessus ; ces taux passent Ă  6 % et 12 % Ă  l’entrĂ©e en sixiĂšme. Dans le mĂȘme temps, leur part dans le groupe des plus performants passe de 34 % au CP Ă  39 % en sixiĂšme. À l’inverse, les enfants d’ouvriers voient leurs rĂ©sultats diminuer un peu : leur part parmi les plus performants est de 10 % Ă  l’entrĂ©e en sixiĂšme contre 13 % Ă  l’entrĂ©e en CP ».

    Ces tendances se confirment tout au long du collÚge. Les enfants de cadres supérieurs progressent davantage que leurs pairs issus de milieux ouvriers, exacerbant ainsi les écarts de performance.

  • À Montpellier, des nĂ©onazis « de plus en plus visibles, de plus en plus armĂ©s, de plus en plus violents »
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/190624/montpellier-des-neonazis-de-plus-en-plus-visibles-de-plus-en-plus-armes-de

    Une vingtaine de militants d’extrĂȘme droite montpelliĂ©rains accumulent les actes d’intimidation et les agressions violentes. Le 1er juin, ils s’en sont pris Ă  une jeune femme trans avant de passer Ă  tabac un syndicaliste. Une tension montĂ©e crescendo depuis plusieurs mois.