• Femmes et agriculture

    Je suis allée samedi au colloque organisé par Femmes d’histoire , je retrace ici les grandes lignes de cette journée belle et passionnante. En commençant par la fin :)

    La journée s’est terminée avec la projection du film Réparer la Terre de Laureline Amanieux dans lequel on suit le parcours d’Éloïse de Beaucourt qui passe de professionnelle de cinéma au maraîchage bio en Sarthe.

    Je n’ai pas envie d’en dire plus pour vous laisser découvrir ce document très touchant, sensible, sobre, juste, philosophique aussi et plein d’une saine énergie. Juste préciser que la réalisatrice (elle même passé de l’enseignement du français au cinéma) et Éloïse se connaissaient ce qui peut expliquer le naturel et la fraîcheur du film.

    Il est disponible ici jusqu’à jeudi, ensuite le site de femmes d’histoire prendra le relai, je mettrai alors ce post à jour.
    https://vialmtv.tv/reparer-la-terre

    Aujourd’hui Éloïse produit depuis deux ans mais ses revenus sont encore ridicules (il faut compter entre trois et cinq ans pour gagner sa vie, modestement). Elle défend l’idée de cultures sur de petites parcelles.

    Éloïse participait à une table ronde l’après-midi avec Mariama Sonko, Stéphanie Pageot et Amandine Fresneau et animé par Nassira El Moaddem.
    Pour elles quatre existe un lien fort avec la terre qu’elles occupent.

    Paysanne ? Agricultrice ?

    Éloïse a répondu à cette question approximativement en ces termes : « Paysan, paysanne, je ne sais pas ce que c’est. Si le mot renvoie à la notion de paysage, si paysanne c’est œuvrer à maintenir le bocage, à avoir des pratique qui respecte l’environnement, la vie du sol où l’on installée, à travailler pour les populations qui vivent là, à participer à la vie locale, alors oui, je suis une paysanne. »

    Stéphanie Pageot est éleveuse bio en Loire-Atlantique depuis vingt ans. Elle est associée à deux hommes, son conjoint et un autre homme de sa famille (j’ai oublié lequel) et ont 5 salarié·es pour un équivalent de 4 temps pleins.
    Aujourd’hui les trois associé·es touchent la même rémunération, 2 000 euros par mois. La ferme produit du fromage et la nourriture des vaches (125 vaches sur 128 hectares). La vente de leurs productions est locale.
    Pour Stéphanie, le mot paysan renvoi au syndicat, ce qui la gêne, mais se considère néanmoins comme une paysanne.

    Stéphanie a été présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique. Une première donc, dans ce milieu très macho. Sous sa présidente, une enquête auprès de 2 500 agricultrices à été menée « Quelle est la place des femmes dans l’agriculture biologique ? » (que je n’ai pas encore lu)
    http://www.fnab.org/actualites/evenements/1019-quelle-est-la-place-des-femmes-dans-l-agriculture-biologique-colloque
    http://www.fnab.org/images/actions/MEP_FEMMES_EN_AB_PAGE_A_PAGE_VF.pdf
    faisant ressortir une distribution genrée des activités. Et un déni de la part de la profession puisque lorsque l’enquête a été publiée, les résultats ont été remis en cause.

    Stéphanie a aussi participé à des rencontres entre professionnels (du style 40 hommes pour 2 femmes) où le principal sujet de discussion était invariablement axé sur le matériel et la technique. Elle a fini par se lasser et y renoncer. Alors pourquoi pas plus de femmes ? Réponse dans l’enquête : les femmes, accaparées par les tâches administratives, ménagères, les enfants, n’ont pas le temps.

    Maintenant elle aimerait participer à des rencontres entre femmes agricultrices, comme on peut le voir dans ce petit film qui a été projeté en fin de matinée « Je, tu, elles, femmes en agriculture » d’Aurélia Étienne visible là https://www.dailymotion.com/video/x5a28jk

    Douze femmes agricultrices de la Drôme et de l’Ardèche s’autorisent durant l’hiver à faire un pas de côté ; prendre un peu de recul et se poser certaines questions, plus ou moins confortables, parfois bien plus bouleversantes qu’il n’y paraît…
    Elles partent à la rencontre d’autres agricultrices et interrogent leurs parcours, leurs difficultés et parfois leurs combats, pour se réaliser dans ce métier.

    Mariama Sonko est sénégalaise, de Casamance, mais pas agricultrice : « moi je suis cultivatrice, éleveuse, pêcheuse, transformatrice, vendeuse, mère de famille (elle est veuve et a quatre enfants), impliquée dans le mouvement Nous sommes la solution : je suis paysanne. » Et donc, très impliquée puisque leader du mouvement qui regroupe 12 associations d’Afrique de l’Ouest, 175 000 femmes.
    Un mouvement qui prône l’agroécologie, la transmission des savoirs faire, les semences paysannes et défend les droits des paysannes. https://www.thehumansmag.com/blog/nous-sommes-la-solution ou http://senagriculture.com/monde-rural-femmes-vantent-avantages-de-lagro-ecologie ( mais je vais essayer de trouver d’autres ressources dans les prochains jours)

    Elle participait le matin et l’après-midi, du coup je vais mettre un peu en vrac ses remarques et constats :

    Elle accorde beaucoup d’importance aux semences paysannes, dans sa région se sont les femmes qui font la sélection des graines dont le principal critère est la résistance (résistance qui était le maître mot de la journée, soit dit en passant). Résistance au climat, aux pathogènes, aux insectes ravageurs, à l’acidité ou salinité du sol. Et bien-sûr, le mouvement défend le droit des paysan·nes de sélectionner, reproduire, vendre, échanger ses propres semences « un paysan sans semences est un paysan pauvre »… et l’utilisation de produits phytosanitaires naturels. Se sont aussi les femmes qui ont la charge du stockage et conservation des semences dans des pots d’argiles auxquels elles ajoutent des herbes spécifiques pour éviter les ravageurs.

    Je lui ai demandé ce qu’il en était de l’accès à la terre pour les femmes : les hommes rechignent à leur donner des terres, elles héritent de petites parcelles de terres de moindre qualité. Cela confirme donc les infos recueillies pour mon billet.

    Point de vue finances, le microcrédit existe bien et a pu aider. On le sait, les paysannes reversent l’intégralité de leurs revenus dans le ménage alors que les hommes n’en reversent qu’une partie et fait ce qu’il veut du reste. Nous sommes la solution recommande aux femmes de mettre 30 % de leurs revenus de côté pour leur usage personnel, voire de futur projet : cela a un effet sur le comportement des hommes. Dès lors que les femmes gagnent en indépendance, les hommes sont beaucoup plus respectueux des femmes et de leurs droits.

    La parité est entrée dans la loi sénégalaise, même si les hommes y rechignent, ils ont tendance à respecter la loi par peur d’être réprimés.

    Mariama racontait qu’elle tenait son fort tempérament de son grand-père, paysan, très sensible à l’environnement au point de s’offusquer si on tuait un moustique ! Il plantait des arbres dans les bois autour de ses champs : « si les animaux sauvages viennent dévorer tes cultures, c’est qu’ils ne trouvent pas assez à manger dans la nature, alors je plante en dehors des champs pour que les animaux ne dévorent pas mes cultures ».

    Pour Mariama, le plus difficile est la perte de la main d’œuvre valide, les jeunes partent tenter leur chance ailleurs (migrations).

    Pour Stéphanie et Amandine (j’y reviendrai), le plus difficile est la paperasse, une activité qu’elle n’ont pas choisi de faire. Car se sont les femmes qui s’occupent de la paperasse. Amandine, vigneronne, passe 60 % de son temps en tâches administratives.

    Stéphanie délègue depuis quelques années une partie de la gestion de la ferme mais cela a un coût que peu de femmes peuvent s’offrir : un centre de gestion facture 50 euros de l’heure, un tarif bien supérieur au revenus des paysannes.

    Quant à Éloïse, elle a fait le choix de se passer d’aides, cela réduit la paperasse.

    Amandine Fresneau est vigneronne (attaché au travail de la vigne) et non viticultrice (plutôt en rapport au fonctionnement d’une coopérative viticole). Elle est aussi œnologue. Elle a repris avec son frère l’entreprise familiale depuis quatre générations. Pendant ses études, elle est partie en stage à Montpellier (coucou @arno), femme, elle n’avait pas le droit d’entrer dans un chais. Elle est revenue en Sarthe.

    Plus globalement, en France, 30 % des agriculteurices sont des femmes ; 40 % des agriculteurices bio sont des femmes.

    Les institutions en charge des questions agricoles s’attachent aux productions et aux moyens de production sans remettre en cause les inégalités entre hommes et femmes, très importants dans la professions. Cela rejoint le constat que j’avais fait lors de ma recherche : on a des statistiques sur les productions, les quantités, les surfaces, les exportations, les importations, le nombre de tracteurs, les quantités de produits chimiques… et rien sur celles et ceux qui produisent !!!

    Je remets ici mon billet
    https://seenthis.net/messages/559483

    et ce tableau toujours d’actualité

    Et je remets ici le film de Marion Gervais Anaïs s’en va-t-en guerre
    https://rutube.ru/video/96211a3e54a82ce15599c6aca4873f6d
    #femmes #agriculture #inégalité


  • David Dufresne, le journaliste qui traque les violences policières : « La surdité du gouvernement est incompréhensible » - LCI
    https://www.lci.fr/social/david-dufresne-le-maintien-de-l-ordre-en-france-plus-qu-ailleurs-est-affaire-de-

    Depuis les premières manifestations de Gilets jaunes, il y a près de trois mois, David Dufresne tient sur son compte Twitter le compte des violences policières suspectées et avérées. Avec toujours cette même formule, à l’adresse du ministère de l’Intérieur : « Allô place Beauvau - c’est pour un signalement ». Au 27 janvier, ce journaliste, qui se présente désormais comme un « écrivain-documentariste » en était à son 364e signalement. Entre temps, la question des violences policières a fait irruption dans le débat public en étant reprise par de nombreux médias.

    David Dufresne a répondu par mail aux questions de LCI, évoquant à la fois son travail, le traitement des violences policières par les médias, et la manière dont ces violences peuvent modifier le mouvement. Il revient enfin sur le cas de Jérôme Rodrigues, une figure des Gilets jaunes blessée gravement à l’œil lors de la dernière manifestation des Gilets jaunes, samedi 26 janvier à Paris.

    #maintien_de_l'ordre


  • Socialism and Freedom: Karl Polanyi’s Early Writings - Los Angeles Review of Books
    https://lareviewofbooks.org/article/socialism-and-freedom-karl-polanyis-early-writings

    SOCIALISM IS BACK — a phoenix rising from the ashes, or a vampire emerging from the crypt, depending on who you ask. So real is the threat that the White House’s Council of Economic Advisors recently devoted their considerable resources to writing a report, “The Opportunity Costs of Socialism,” warning of the dangers of a socialist system, one in which the state spends other people’s money. Adding to the sense of déjà vu, much of the report concerns itself, not with the policy proposals of Jeremy Corbyn and Bernie Sanders, but with the disastrous collectivization of agriculture under Lenin, Stalin, and Mao.


  • Comment le Wi-Fi nous rend vulnérable
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/comment-le-wi-fi-nous-rend-vulnerable

    Le Wi-Fi a mal vieillit, explique la journaliste Ava Kofman (@eyywa) pour Real Life. Si nous sommes de plus en plus conscients de la surveillance dont nous sommes l’objet quand nous naviguons sur le web ou que nous utilisons nos smartphones, nous avons tendance à oublier que c’est également le (...)

    #A_lire_ailleurs #Enjeux #Confiance_et_sécurité #Wi-fi_et_sans_fil


  • Avec le prélèvement à la source, « on n’a encore moins les moyens de taper sur les gros fraudeurs »
    https://www.bastamag.net/Avec-le-prelevement-a-la-source-on-n-a-encore-moins-les-moyens-de-taper-su

    Les agents des impôts sont pris en étau entre le sentiment d’injustice fiscale et la mise en œuvre du prélèvement à la source : « On sent une haine des gens pour nous, c’est terrible », témoignent certains. Les accueils des centres des impôts sont pris d’assaut par les contribuables, avec leurs questions et leurs inquiétudes sur la réforme. Loin des déclarations rassurantes du ministre Gérald Darmanin, qui se félicitait le 7 janvier de l’absence de « bug », les fonctionnaires des impôts sont débordés : (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, #Conditions_de_travail, #Finance, #Services_publics, #Justice_fiscale, A la (...)

    • Depuis plusieurs années, au fur et à mesure que l’État « numérique » s’impose, les fonctionnaires des impôts alertent sur l’abandon des usagers qui ne sont pas connectés. « Il y a les personnes âgées mais aussi toute une jeunesse complètement désœuvrée et sans connexion, remarque Iseult. Nous les voyons tous les jours à l’accueil. » Dans un rapport publié ce mercredi 16 janvier, le défenseur des droits Jacques Toubon, alerte lui aussi sur les inégalités d’accès au service public liées à la généralisation de la dématérialisation des démarches administratives.

      Avec le prélèvement à la source, les agents des impôts se disent préoccupés par la prochaine étape, « qui pourrait être la fusion entre la CSG (contribution sociale généralisée, ndlr) et la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) ». Pour le moment, les cotisations CRDS sont hors fiscalité. « Mais si on fiscalise la sécurité sociale, comme on l’a fait avec la CSG qui était auparavant une cotisation, c’est l’État qui va reprendre main, détaille Daniel. Le gouvernement pourrait répartir les recettes en fonction des besoins de l’État, et plus en fonction de ce qui a été cotisé. Terminée la gestion paritaire, qui permet aux organisations syndicales d’avoir leur mot à dire. »

      Les retraites par répartition se trouveraient menacées par de tels changements... « Pour nous il y a une volonté de casser le rapport entre l’impôt et les citoyens, via la suppression des cotisations sociales qui pourrait être la suite logique du prélèvement à la source. C’est vraiment notre crainte, avec une diminution de la richesse collective au profit de la petite richesse individuelle. »


  • Trois rencontres publiques en février autour de mon livre ou du féminisme – Sexisme et Sciences humaines – Féminisme
    https://antisexisme.net/2019/01/25/fevrier2019

    Je vous annonce trois événements publics pour ce mois de février 2019 !

    ⭐ 2 février 2019 à 15h à la bibliothèque d’Herblay-sur-Seine : Conversation autour de l’égalité femmes-hommes avec Titiou Lecoq.
    L’entrée est libre, mais sur réservation. Vous pouvez en savoir plus ici et contacter la bibliothèque d’Herblay à cette adresse bibliotheque[at]herblay.fr

    ⭐ 5 février 2019 à 20h30 à l’IUT Nancy-Charlemagne : Conférence sur le thème « Les Femmes, toujours objets en 2019 ? ».
    Durée : 1h30
    Plus d’information ici. L’entrée est libre et le parking gratuit. Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, une diffusion en direct sera disponible sur la chaîne YouTube IUT Nancy-Charlemagne.
    Vous pouvez vous inscrire à l’événement Facebook ici.

    ⭐ 23 février 2019 à 13h45 au salon Primevère à Lyon : Conférence sur le thème « En finir avec la culture du viol ».
    Durée : 1h30.
    Lien vers le site du salon Primevère : http://salonprimevere.org

    J’ai très hâte de vous y retrouver !

    • En finir avec la culture du viol
      http://www.lespetitsmatins.fr/collections/en-finir-avec-la-culture-du-viol


      Noémie Renard

      Essai
      ISBN 978-2-36383-247-4
      Date de parution 8 mars 2018
      180 p., 12 euros euros

      En France, chaque année, entre 60 000 et 100 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Environ 16 % des Françaises ont subi une telle agression au cours de leur vie. Et les viols ne représentent que la partie émergée d’un iceberg : celui des violences sexuelles. Chaque jour, que ce soit à la maison, au travail ou dans la rue, des femmes sont agressées sexuellement ou harcelées. Ces violences ont des conséquences graves : elles minent la confiance et limitent la liberté par la peur qu’elles instaurent. Elles constituent une atteinte aux droits et à la dignité des personnes et consolident la domination masculine.
      Ces violences sexuelles n’apparaissent pas spontanément. Elles ne font pas non plus partie de la « nature humaine » ou de la « nature masculine ». Elles ont des causes sociales – impunité des agresseurs, idées reçues sur la sexualité – et ne sont donc pas une fatalité. C’est pourquoi il est important d’identifier les éléments culturels qui servent de justifications et de terreau à ces actes, afin de proposer des pistes qui permettront d’y mettre fin.

      Je suis toujours admirative des femmes qui continuent et répétent depuis des années les mêmes choses sans désespérer pour autant.
      https://ambre6sachet.com/2018/04/25/en-finir-avec-la-culture-du-viol-rencontre-avec-noemie-renard



  • VIDEO. Les 80km/h ont-ils vraiment permis d’épargner 116 vies ?
    https://www.francetvinfo.fr/vrai-ou-fake/video-les-80km-h-ont-ils-vraiment-permis-d-epargner-116-vies_3165431.ht

    Des estimations basées sur des routes hors agglomération, dont 10% ne sont pourtant pas limitées à 80 km/h. En Bretagne par exemple, plus de 1 200 kilomètres de routes sont des 2X2 voies, la plupart du temps limitées à 110 km/h. Elles ont malgré tout été comptabilisées dans le bilan d’Edouard Philippe sur les vies sauvées par les 80 km/h. Mais l’observatoire national de la sécurité routière assure que le nombre d’accidents sur ces voies est constant depuis des années et ne change donc rien à son estimation.


  • Quels recours pour les gilets jaunes blessés en manif ? - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/gilets-jaunes-blesses-quels-recours_2059151.html

    Les dix premiers samedis de manifestations des « gilets jaunes » se sont soldés par des milliers de blessés, dont plus d’une centaine avec des séquelles graves. Quels sont les recours possibles pour ces victimes ? Le premier réflexe est de porter plainte. Selon Étienne Noël, un avocat au barreau de Rouen qui défend deux gilets jaunes lourdement atteints par des balles de défense, la voie pénale est sans issue alors qu’en saisissant le tribunal administratif, la victime obtient presque toujours une indemnisation.


  • Laurent Wauquiez fossoyeur du PNR des Sources et Gorges de l’Allier, et de la démocratie
    Fabienne Grebert - 27/01/2019
    https://fabienne-grebert-conseillere-regionale-auvergne-rhone-alpes.blog4ever.com/laurent-wauquiez-fossoyeur-du-pnr-des-sources-et-gorges-de-lallier-et-de-la-democratie

    Laurent Wauquiez avait fait annulé, par une délibération votée en juillet 2016, la création du Parc Naturel Régional des Sources et Gorges de l’Allier. La Justice lui a donné tort en décembre dernier et il n’y a désormais plus d’objection juridique à la création de ce PNR. Mais Laurent Wauquiez s’obstine à faire capoter ce projet. Chronique de cette offensive anti-démocratique, contraire à la protection de l’environnement et au bien-vivre ensemble dans ce petit territoire de Haute-Loire. (...)


  • PANEGYRIQUE POUR L’INSURRECTION DES GILETS JAUNES
    « Le jaune nous a toutes et tous radicalisé »
    https://lundi.am/PANEGYRIQUE-POUR-L-INSURRECTION-DES-GILETS-JAUNES

    Panégyrique : « Discours à la louange d’une personne illustre, d’une nation, d’une cité », Dictionnaire Le Petit Robert, 2004

    Le glas de la macronie a déjà sonné en France. Ce régime finira, comme il a commencé, par une parodie. Mais n’oublions pas que ce sont les gouvernants et les classes dominantes d’Europe qui ont permis à Emmanuel Macron de jouer pendant dix-huit mois la farce féroce du libéralisme forcené.


  • Des couacs sur la ligne de train Delle-Belfort deux mois après son ouverture Gaël Klein/kkub - 28 Janvier 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/regions/jura/10173243-des-couacs-sur-la-ligne-de-train-delle-belfort-deux-mois-apres-son-ouve

    La ligne de train Delle-Belfort ne remplit pas les attentes, près de deux mois après son ouverture, avec tout juste 200 passagers par jour au lieu des 1500 attendus. En cause, notamment, de nombreux dysfonctionnements côté français.

    Ces problèmes ont été révélés vendredi lors de l’assemblée d’une association présidée par le canton du Jura et le département français du Territoire de Belfort. Les élus sont fâchés.


    Frédéric Rousse, vice-président du Conseil départemental du Territoire de Belfort, a dressé la liste des problèmes qui affectent en France la ligne Bienne-Belfort. Pêle-mêle : le tarif forfaitaire prohibitif, la desserte réduite par la SNCF durant le week-end et les vacances scolaires et même l’ascenseur pour le transfert en gare TGV qui n’a jamais fonctionné parce qu’il n’est pas fait pour l’extérieur.

    La SNCF a également décidé la semaine passée de supprimer, en raison de travaux et pour trois mois, le premier train de la journée prévu pour emmener les frontaliers en Suisse. Ce train a été remplacé par des bus avec une demi-heure de trajet supplémentaire.

    Solutions à trouver rapidement
    Pour Frédéric Rousse, la région doit intervenir au plus vite. « On ne peut pas continuer comme ça, la région doit revoir sa copie, engager une vraie réflexion et trouver des solutions viables qui permettront de faire de cette ligne une vraie réussite », préconise-t-il.

    Côté suisse, on constate, mais on entend réagir. La Confédération et le Jura ont investi plus de 30 millions de francs dans la réouverture de la ligne, une exception au principe de territorialité. 

    Projet pour promouvoir la mobilité durable
    « Il est inquiétant de voir que de petites anomalies peuvent être fortement préjudiciables aux usagers et rendre la ligne peu attractive au départ, ce qui sera par la suite difficile à récupérer », relève le ministre de l’Environnement jurassien David Eray. L’élu indique qu’un plan d’action et des délais seront exigés de la part de la SNCF.

    Pourtant, en dépit des difficultés, élus et collectivités continuent à y croire. Ils ont même voté le dépôt d’un projet Interreg de 900’000 francs destiné à promouvoir la mobilité durable transfrontalière, nommé « BienBel », pour Bienne-Belfort.

    #Transports #mobilité #trains #transports_en_commun #intercités #transfrontaliers #lignes #BienBel #France #Suisse #SNCF #CFE #dysfonctionnements

    • 25 ans de fermeture
      Faute de voyageurs suffisants et de volonté politique pour la moderniser, la ligne Bienne-Belfort, vieille de plus d’un siècle, avait été fermée au trafic voyageurs il y a un peu plus de 25 ans.

      Reconstruite et inaugurée le 6 décembre, elle offre une connexion directe par le rail entre le réseau suisse et la gare TGV de Belfort-Montbéliard, ouverte il y a sept ans à une quinzaine de kilomètres de la frontière jurassienne.


  • Cantine fermée sur le chantier Google à Baudour : « un foutoir social » selon l’auditeur du travail
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_baudour-nouvelle-infraction-surle-chantier-fermeture-de-la-cantine?id=10

    Troisième descente en quelques mois sur le chantier Google de Baudour pour les services d’inspection du travail. Et troisième découverte d’une infraction sociale. Vendredi, l’auditorat du travail du Hainaut a découvert une fraude du côté de la cantine du chantier. Neuf travailleurs y étaient déclarés 3 à 4 heures par jour via une société d’intérim alors qu’ils prestaient entre 8 et 10 heures par jour.


    Une nouvelle infraction sociale sur le chantier Google à Baudour. A la cantine, le travail au noir était la règle (photo prétexte). - © DR

    « Le responsable de la cantine a tout de suite reconnu l’infraction », a indiqué l’auditeur du travail, Charles-Eric Clesse. « Le salaire afférent aux heures non déclarées était payé en noir à partir de la caisse de la cantine ». En attendant la remise en ordre et le paiement d’une amende, les scellés ont été placés sur la cantine et les badges des travailleurs ont été bloqués. La cantine est donc fermée et un millier d’ouvriers est privé de repas. Ils devront prévoir leur pique-nique, car "le sous-traitant en charge de cette cantine ne peut faire appel à un autre personnel, il doit absolument régulariser les salaires des travailleurs en place et payer la régularisation".

    Plus de trois millions pour les anciennes infractions
    Plusieurs infractions ont été découvertes depuis novembre 2018 par l’auditorat du travail sur le chantier Google à Baudour. Le géant américain de l’informatique y construit actuellement un nouveau centre de données. Selon l’auditeur du travail, entre 570 et 600 badges d’accès de travailleurs en situation sociale illégale ont été supprimés depuis novembre. Ces travailleurs non-déclarés et opérant pour des sociétés sous-traitantes étaient d’origine notamment roumaine, bulgare, hongroise ou encore britannique.

    La société Google avait réagi début décembre après la découverte des infractions sociales et avait demandé que les problèmes rencontrés soient réglés le plus rapidement possible. L’auditeur du travail a indiqué lundi que les amendes et régularisations ont été payées ou en passe de l’être, soit environ 1,5 million d’euros en amendes pénales et plus de 1,5 millions d’euros en régularisations.

    Face à ces infractions à répétition, l’auditorat du travail du Hainaut commence à s’impatienter. « Ça devient très problématique. Ce chantier est un foutoir social », estime Charles-Eric Clesse. « À un moment où un autre, mon office mettra les scellés sur l’ensemble du chantier. Et on ne le rouvrira que lorsque l’entreprise ISG, qui en est responsable, nous donnera les garanties que tout se qui se passe sur le site est légal ».

    #google #fraude #esclavage #Belgique #travailleurs_détachés #travail #intérim #dumping_social #exploitation #UE #union_européenne #gafa 
Baudour, en Belgique c’est à quelques Km du Shape, #OTAN #NATO


  • #Venezuela crisis : Former UN rapporteur says US sanctions are killing citizens | The Independent
    https://www.independent.co.uk/news/world/americas/venezuela-us-sanctions-united-nations-oil-pdvsa-a8748201.html

    Mr De Zayas, a former secretary of the UN Human Rights Council (HRC) and an expert in international law, spoke to The Independent following the presentation of his Venezuela report to the HRC in September. He said that since its presentation the report has been ignored by the UN and has not sparked the public debate he believes it deserves.

    “Sanctions kill,” he told The Independent, adding that they fall most heavily on the poorest people in society, demonstrably cause death through food and medicine shortages, lead to violations of human rights and are aimed at coercing economic change in a “sister democracy”.

    #etats-unis #onu


  • Electricite de France : EDF Franchit un jalon important dans la mise en oeuvre d’Ecocombust | Zone bourse
    https://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Electricite-de-France-EDF-Franchit-un-jalon-important-dans-la-mise-en-oe

    Le projet Ecocombust consiste à fabriquer un combustible innovant et écologique permettant le fonctionnement d’installations de chauffage ou de production électrique utilisant actuellement du charbon. La fabrication du combustible se ferait sur place et permettrait de lancer une nouvelle filière afin de valoriser des déchets de bois qui ne trouvent pas d’usage aujourd’hui et sont le plus souvent enfouis ou mis en décharge.


  • Prostitution et robots sexuels : DE LA FEMME-OBJET A L’OBJET-FEMME – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2019/01/27/prostitution-et-robots-sexuels-de-la-femme-objet-a-lo

    Il y a ensuite TrueCompanion de Douglas Hines qui se différencie avec le robot « Frigid Farrah » (« Farrah Frigide »), capable de se raidir pour que l’utilisateur puisse simuler un viol, et aussi la très jeune Yoko, à peine majeure. De l’autre côté du Pacifique, on a la Trottla de Shin Takagi qui lui descend en-dessous de la barre de l’âge légal en produisant des poupées fillettes. Il connaîtrait un joli succès avec des enseignants d’école primaire. Les hommes européens comptent bien rattraper ces géants : l’Espagnol Sergi Santos par exemple, produit Samantha qui dispose d’un « mode familial » et peut donc passer du temps avec les enfants quand papa ne lui rentre pas dedans.

    FS : Un sondage récent met en évidence que 40% des hommes sondés envisageraient d’acheter une poupée masturbatoire dans les 5 années qui viennent. Qu’est-ce que ça dit de la vision des femmes qu’ont ces hommes ?

    YA : Il y a un documentaire en Anglais plutôt bien fait qui va à la rencontre de Sergi Santos et son épouse Maritza. Je le conseille, parce que le traitement que Sergi réserve à son épouse résume bien l’attitude envers les femmes qu’ont les hommes qui veulent des poupées : « Tu vas me nettoyer ça, merci[10]. Tu penseras à remettre ce capteur en place, merci. Maritza fais-ci, Maritza fais ça ! ». On a limite l’impression que Maritza serait très contente d’être remplacée par les robots qu’elle assemble pour son mari (qui dit se masturber dedans plusieurs fois par jour) pour avoir la paix.

    Un internaute sur un forum de robots masturbatoires admet que si ces robots étaient aussi capables de faire le ménage et des sandwiches, il ne serait plus jamais en couple avec une femme.

    Dans les deux cas, les femmes sont conçues instrumentalement : nous ne serions là que pour remplir un nombre limité de fonctions pour les hommes, notamment servir et gémir. Qu’est-ce-qui existe pour exécuter des fonctions précises ? Un objet. Cette définition du Larousse est pertinente : « Objet : Chose solide considérée comme un tout, fabriquée par l’homme et destinée à un certain usage ». Ce n’est que lorsque l’on considère plus de la moitié de la population comme des objets existants pour son propre plaisir que l’on peut vouloir des robots masturbatoires. D’où l’expression inappropriée de robots sexuels que j’ai mentionnée tout à l’heure : puisque les hommes peuvent avoir des relations sexuelles avec des femmes, et puisque nous les femmes ne serions que des objets, alors, par extension il leur serait possible de « coucher » avec n’importe quel objet. Femme=objet et donc objet=femme.


  • Un maraîcher s’entoure de chats pour continuer à cultiver bio
    http://www.lefigaro.fr/conso/2017/11/27/20010-20171127ARTFIG00008-un-maraicher-s-entoure-de-chats-pour-continuer-a-

    Au cours d’une vente, il a ainsi évoqué ses problèmes avec ses clients, dont certains travaillent pour Saint-Quentin félin, un refuge pour chats errants. Au cours de cette discussion, les membres de l’association proposent de lui apporter des chats peu domestiqués recueillis dans la rue pour qu’ils viennent chasser sur ses terres.
    En Chine, le chat, animal protecteur des stocks agricoles

    Et la solution a porté ses fruits. Celui qui a auparavant été ingénieur informaticien pendant 30 ans explique qu’il a déjà moins de pertes. Les félins sont difficiles à approcher et le producteur les voit peu, en revanche il a retrouvé quelques cadavres de rongeurs, des mulots, rats, une pie et même une canette ! Il est encore un peu tôt pour savoir si cette initiative a permis au maraîcher de sauver ses cultures mais les premiers trophées des félins sont porteurs d’espoirs !


  • Gilets jaunes et crise de l’État-providence, quelle issue ? - Entelekheia.fr
    http://www.entelekheia.fr/2019/01/28/gilets-jaunes-et-crise-de-letat-providence-quelle-issue

    Les manifestants en jaune en ont assez de manquer d’argent avant la fin du mois, de l’insécurité de l’emploi, de l’augmentation des impôts de la classe travailleuse, de l’insuffisance et de la diminution des pensions, de la baisse des prestations sociales ou des longues heures supplémentaires pour joindre les deux bouts. La classe moyenne française n’est plus généralement « flexible » que vers le bas. Les gens protestent également contre l’augmentation des coûts de l’énergie, les pertes d’emplois dues à la délocalisation, la détérioration des conditions de travail, l’augmentation du nombre des sans-abri, le nombre croissant d’enfants sous-alimentés et de personnes qui ne peuvent plus se nourrir correctement, le sous-financement des services publics tels que les hôpitaux, écoles, bureaux de poste et transports, notamment dans les zones rurales, et encore bien d’autres problèmes.

    Dans le même temps, jetant de l’huile sur le feu, Macron a mis en place une série de mesures favorables à la finance, aux capitalistes et aux riches, comme l’annulation de l’impôt sur la fortune , la baisse du taux d’imposition des sociétés, l’offre de crédits supplémentaires aux entreprises, la suppression du code du travail, loi qui a longtemps assuré des protections solides à la classe travailleuse française.


  • La violence d’une dépossession | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/amelie-hart-hutasse/blog/260119/la-violence-dune-depossession

    En ce moment, dans les salles des professeurs, on ne parle que de cela : « et vous, dans votre matière, vous gardez vos dédoublements ? » « le poste de X est menacé ! » « On ne va pas pouvoir garder l’option théâtre »... Les personnels de direction procèdent assez souvent aux arbitrages après avoir consulté les équipes pédagogiques. Mais c’est une comédie dont personne n’est dupe. On peut devoir fournir un argumentaire, voire un projet écrit, afin de justifier l’attribution de quelques heures pour continuer à « bénéficier » de demi-groupes (insigne privilège !) Le projet de faire son travail correctement ne suffit pas, bien entendu. Qui n’a pas besoin de conditions de travail décentes ? Qui souhaite n’enseigner qu’à des classes de 35 élèves ? Comment ne pas se retrouver en concurrence avec ses collègues, dans un contexte de gestion de la pénurie ? Qui va oser réclamer "ses" heures, quand le poste d’un·e collègue est mis en danger ? C’est bien l’institution, le Ministère, qui est responsable de cette forme de violence. Il veut, en outre, faire « absorber » un volume très important d’heures supplémentaires, afin de parvenir à supprimer des postes.


  • https://desarmons.net/index.php/2019/01/27/philippe-de-veulle-qui-defend-plusieurs-blesse-es-gilets-jaunes-nest-pas-
    Philippe de Veulle, qui défend plusieurs blessé-es “gilets jaunes”, n’est pas de notre goût

    Un avocat qui vous promet monts et merveilles, avant de vous imposer une défense de mauvaise qualité, reposant sur la culpabilisation et l’infantilisation, vous amenant à regretter votre présence en manifestation ou à vous couper totalement de vos soutiens, et notamment de ceux qui seront encore là dans un, trois ou cinq ans lorsque tous les autres vous auront oublié, est un mauvais avocat.

    Un avocat qui vous fait passer pour un crétin devant les juges, plaide l’erreur ou l’inconscience, appuie sur vos faiblesses (pauvreté, manque d’éducation, confusion idéologique…) dans le seul but de susciter la pitié des juges, est un mauvais avocat.

    Un avocat qui parle de « bavure » au lieu de « violences d’État systémiques », qui refuse de politiser le débat sur les violences policières, qui vous conseille de ne pas publiciser votre affaire, de ne pas entrer en contact avec des collectifs ayant une expérience dans le combat contre les violences d’État et d’autres blessé-es, est un mauvais avocat.

    Un avocat qui ne vous donne pas clairement ses tarifs au début de l’affaire et se fait payer à l’acte tout au long de la procédure, et ne vous associe pas à la défense, prétendant tout contrôler, est un mauvais avocat.


  • Zuckerberg assure que Facebook ne vend pas vos données. Sauf que...
    https://www.nouvelobs.com/economie/20190125.OBS9112/zuckerberg-assure-que-facebook-ne-vend-pas-vos-donnees-sauf-que.html

    par Thierry Noisette

    Mark Zuckerberg va fêter en février les 15 ans de Facebook, et à cette occasion il publie une tribune dans “le Monde”, le “Wall Street Journal” et plusieurs titres européens. Ces journaux auraient plutôt dû lui vendre une page de publicité, tant ce texte de 8.000 signes, titré dans “le Monde” « Je souhaite clarifier la manière dont Facebook fonctionne », est un tissu d’omissions intéressées et d’approximations.

    Pour le fondateur du réseau social, qui a connu de 2016 à 2018 des années agitées, cet exercice de com est autrement confortable que de devoir répondre à des questions, par exemple sous le feu des parlementaires américains.

    Plus subtil que Trump, Zuckerberg ne ment pas frontalement mais biaise en permanence, arrivant ainsi lui aussi à des “faits alternatifs” au rapport modéré avec la réalité. Revenons sur trois sujets : le filtrage publicitaire, les données personnelles et le RGPD.

    Raté : en septembre 2017, ProPublica montrait que des publicités pouvaient cibler des utilisateurs affichant leur antisémitisme. En novembre de la même année, ProPublica débusquait de nombreuses possibilités de filtrage discriminant : ses journalistes ont pu acheter des publicités invisibles aux « Afro-Américains, mères de lycéens, personnes intéressées par des fauteuils roulants, Juifs, expatriés d’Argentine et personnes de langue espagnole ».

    Facebook réagissait en admettant « un raté technique » auquel il allait mettre bon ordre. En vain semble-t-il, puisqu’en août 2018 le ministère américain du Logement portait plainte contre l’entreprise, accusée d’autoriser des pratiques discriminatoires. Cette fois, Facebook a annoncé supprimer plus de 5.000 options de filtrage publicitaire pour éviter des publicités discriminatoires.

    Des chercheurs estiment depuis des années pouvoir extrapoler l’âge, l’orientation politique, sexuelle, la religion et d’autres données individuelles en se basant sur les « j’aime » (like) sur le réseau social. Selon une équipe de Cambridge, sur la base de 68 « j’aime » d’un utilisateur, ils pouvaient prédire la couleur de peau (à 95% d’exactitude), l’orientation sexuelle (à 88% d’exactitude), et l’affiliation aux républicains ou aux démocrates (à 85%). Et d’autres traits pouvaient aussi être estimés, comme la religion, la consommation d’alcool, de tabac ou de drogues...

    La tribune compte 1.369 mots, mais n’y figurent pas ces deux-ci : Cambridge Analytica. C’est pourtant avec la révélation en mars 2018 par le « New York Times » et le « Guardian » du rôle de cette entreprise de marketing politique dans la victoire de Trump, pour lequel elle disait avoir profilé la totalité de la population américaine, que les ennuis de Facebook sont devenus importants.

    « Nous ne vendons pas les données des gens », écrit Mark Zuckerberg aujourd’hui : nuance… il les a échangées pendant des années avec d’autres géants du Web comme Amazon ou Microsoft, selon une enquête en décembre 2018 du « New York Times ».

    Le RGPD, c’est simple, Zuckerberg n’en pense quasiment que du bien, d’ailleurs sa compagnie affirmait en avril 2018 : « Facebook se conforme au RGPD et offre de nouvelles protections à tous, partout dans le monde. »

    Sauf que… le réseau social s’est empressé avant l’entrée en vigueur, le 25 mai 2018, du RGPD, de mettre hors de portée d’application 1,5 milliard de ses utilisateurs (ou plus exactement de ses comptes – certains internautes en ayant plusieurs – sur les 2 milliards atteints fin 2018). Auparavant rattachés à Facebook Irlande, une filiale créée en 2008 pour profiter de la fiscalité locale très tempérée, 1,5 milliard d’utilisateurs de Facebook d’Afrique, Asie, Australie et Amérique latine, ont opportunément été « rapatriés » aux Etats-Unis.

    #Facebook #Zuckerberg


  • Qui sont vraiment les « gilets jaunes » ? Les résultats d’une étude sociologique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/26/qui-sont-vraiment-les-gilets-jaunes-les-resultats-d-une-etude-sociologique_5

    Cinq chercheurs de Sciences Po Grenoble ont mené une #enquête par questionnaire en ligne diffusé sur 300 #groupes_Facebook. Parmi leurs principaux constats : le fait que 60 % des personnes interrogées ne se situent pas sur l’échelle gauche-droite.

    Tribune. Qui sont les « #gilets_jaunes » ? Depuis le lancement du mouvement à l’automne 2018, les commentateurs ont largement souligné son caractère composite. Sur le plan sociologique, les « gilets jaunes » feraient converger les perdants de la mondialisation, sans distinction d’âge, de sexe ou d’origine. Sur le plan politique, ils s’affranchiraient des logiques de mobilisation traditionnelles pour réunir dans une même contestation des élites les citoyens les plus éloignés de la politique, les proches de la gauche et de la droite radicales.

    Si plusieurs sondages ont mesuré le soutien des Français aux « gilets jaunes », peu de données chiffrées sont aujourd’hui disponibles pour apprécier objectivement la diversité du mouvement. Les premières enquêtes sur le terrain ont dessiné un portrait type, mettant notamment en lumière la forte présence des femmes, des revenus modestes et des primo-manifestants (tribune d’un collectif d’universitaires dans Le Monde du 12 décembre 2018).

    Fin novembre 2018, un questionnaire diffusé sur les réseaux sociaux précisait leur profil politique, soulignant le poids des personnes qui refusent de se situer politiquement (tribune du collectif Quantité critique dans L’Humanité du 19 décembre 2018).

    L’enquête quantitative que nous avons lancée le 22 décembre 2018 cible près de 300 groupes Facebook de tous les départements de France (voir encadré méthodologique). Elle offre quatre atouts par rapport aux enquêtes existantes. D’abord, la taille importante de notre échantillon – plus de 1 750 réponses à ce jour, dont 1 455 exploitées – permet d’approfondir la compréhension des ressorts sociologiques du mouvement. Ensuite, pour dépasser l’approche par le revenu ou la profession, nous avons mesuré le degré de précarité des répondants à travers le score « Epices » (Evaluation de la précarité et des inégalités de santé dans les centres d’examens de santé), un indicateur utilisé par les organismes de santé publique.

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    Un échantillon diversifié

    Nous avons tiré parti de la mobilisation des « gilets jaunes » sur les groupes Facebook, où le mouvement est né et où il continue de se structurer. En pratique, un lien vers le questionnaire à remplir en ligne a été distribué sur les principaux groupes Facebook nationaux de « gilets jaunes », mais aussi sur les groupes locaux, afin d’optimiser la couverture géographique. Le questionnaire a été distribué du 22 décembre 2018 au 20 janvier 2019 à environ 300 groupes du réseau social en France métropolitaine.
    L’échantillon analysé ici est celui des « gilets jaunes » présents sur les réseaux sociaux, et qui déclarent participer ou soutenir le mouvement (1 455 réponses exploitées). Cette population étant potentiellement différente de celle mobilisée et active sur le terrain, nous avons distingué deux types de « gilets jaunes ». Les « plus actifs » sont ceux qui déclarent avoir pris part à au moins une manifestation ou blocage (74 %). Les autres répondants (26 %) ont été qualifiés de « moins actifs ». Les deux sous-populations sont très proches sur le plan sociologique, avec une légère surreprésentation des femmes, des plus âgés et des plus précaires chez les moins actifs. Elles se ressemblent aussi beaucoup sur le plan des valeurs politiques et des comportements électoraux, ce qui limite l’intérêt de les distinguer.
    Au final, l’échantillon est bien diversifié géographiquement. Toutes les régions de France métropolitaine sont représentées, avec un effectif d’au minimum 95 répondants. Ainsi, 35 % des « gilets jaunes » interrogés vivent dans un village de campagne, 7 % dans une ferme ou une maison à la campagne, 38 % dans une ville ou une petite ville et 20 % dans une grande ville ou en banlieue. Les femmes (56 %) sont plus nombreuses que les hommes (44 %) : un phénomène plutôt rare dans les grands mouvements sociaux, mais conforme à ce qu’ont mis en évidence les précédentes études et auquel fait écho la visibilité grandissante des femmes dans les manifestations. L’échantillon est aussi diversifié en termes d’âge (avec une dominante de 38 % des 35-49 ans et de 29 % des 50-64 ans), de situation familiale (45 % de couples avec enfant[s], 25 % de célibataires, 18 % de couples sans enfant et 12 % de familles monoparentales). S’agissant du niveau de diplôme, les bac + 2 et plus, les personnes niveau bac et celles au niveau d’études inférieur au bac se répartissent en trois tiers.
    Troisième atout, nous avons intégré des questions qui existent déjà dans les enquêtes d’opinion pour analyser en quoi les interrogés diffèrent de la population française dans leur rapport au politique et dans leurs valeurs. Enfin, grâce à des questions ouvertes dont les répondants se sont largement saisis pour s’exprimer, nous avons identifié les grandes classes de discours utilisées et par quels profils ces discours sont portés (voir encadré sur l’analyse lexicale). Nous complétons ainsi l’étude lexicale menée fin novembre 2018 par une équipe de chercheurs toulousains.
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    Prendre aux riches pour donner aux pauvres

    En termes d’emploi et de profession, les interrogés se distinguent très peu de la population française. Ceux qui exercent une activité professionnelle sont nettement majoritaires (67 %, 4 points de moins que la moyenne nationale), les chômeurs étant 13 % (un peu plus que la moyenne) et les retraités 12 % (deux fois moins que la moyenne). Parmi les actifs occupés, à l’exception des cadres, nettement sous-représentés (10 % de l’échantillon, soit 8 points de moins que dans la population active en emploi), et des artisans et commerçants, surreprésentés (deux fois plus nombreux, avec 14 %), les autres catégories sont à l’image des Français : 29 % occupent des professions intermédiaires, 28 % sont employés, 19 % ouvriers et 1 % agriculteurs.
    Plus de 68 % vivent dans un ménage dont le revenu disponible net est inférieur à 2 480 euros – soit le revenu médian en France
    S’il y a un trait distinctif des « gilets jaunes », c’est plutôt leur situation de forte précarité. Plus de 68 % vivent dans un ménage dont le revenu disponible net est inférieur à 2 480 euros – soit le revenu médian en France. Et 17 % vivent dans un ménage avec moins de 1 136 euros – tranche dans laquelle on trouve les 10 % des Français les plus pauvres. Ce constat est étayé par le score Epices, qui offre une lecture plus fine que la pauvreté monétaire ou la profession. Notre échantillon compte ainsi 74 % de personnes précaires, près du double de la moyenne nationale ! La précarité touche plus largement les femmes (78 %) que les hommes (68 %).

    La précarité explique pourquoi les inégalités (26 %), le pouvoir d’achat (25 %) et la pauvreté (14 %) arrivent en tête des quatorze enjeux importants pour la France proposés dans le questionnaire, suivis par les impôts et les taxes (11 %). Elle explique aussi le fort sentiment de colère vis-à-vis des « différences entre les riches et les pauvres », mesuré par une note moyenne de 7,7 sur une échelle de 0 à 10. On ne sera pas davantage surpris par l’adhésion massive à l’idée que « pour établir la justice sociale, il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres » (87 %, environ 20 points de plus que les Français). L’expérience d’une même situation de travailleur précaire, combinée avec un rejet des inégalités et une demande de redistribution très consensuels, tisse la cohésion du mouvement.

    A distance des partis, sans être apolitiques

    Quel est le rapport à la politique des « gilets jaunes » ? Un premier point commun est leur distance avec Emmanuel Macron. Seulement 4 % d’entre eux ont voté pour lui au premier tour de l’élection présidentielle. Mais l’élément le plus frappant est leur rejet des catégories politiques traditionnelles. Ainsi, 60 % des interrogés ne se situent pas sur l’échelle gauche-droite ! Précisément, 8 % se déclarent « ni à gauche ni à droite », et 52 % indiquent qu’ils « ne se retrouvent pas dans ces catégories ». C’est nettement plus que dans les enquêtes sur la population générale.

    « La part de primo-manifestants – 55 % de l’échantillon – invalide l’idée d’une mobilisation qui serait téléguidée par les extrêmes politiques »
    Cette distance par rapport à la vie politique se lit aussi dans la part importante de primo-manifestants : 55 % de l’échantillon. Un chiffre qui monte à 61 % chez ceux qui ne se positionnent pas sur l’échelle gauche-droite. Ces résultats invalident l’idée d’une mobilisation qui serait téléguidée par les extrêmes politiques. Mais les interrogés ne sont pas pour autant apolitiques, comme l’ont parfois conclu certains analystes : 23 % se disent « beaucoup » intéressés par la politique et 33 % « assez » intéressés. Ce chiffre est peut-être surévalué en contexte de mobilisation, mais il est plus élevé que l’ensemble des Français (généralement 10 et 30 % sur des items semblables).
    Parmi ceux qui se situent sur l’échelle gauche-droite, la gauche domine : 23 % se disent très à gauche, 42 % à gauche, 7 % au centre, 14 % à droite et 14 % très à droite. Ces « gilets jaunes »-là sont plus en phase avec le jeu électoral : 80 % des « très à gauche » indiquent avoir voté Jean-Luc Mélenchon en 2017, tandis que 90 % des « très à droite » disent avoir voté Marine Le Pen. Surtout, ils sont plus intéressés par la politique, notamment ceux qui se situent très à gauche. Les proches de la gauche et de la gauche radicale ont encore davantage participé à d’autres mouvements sociaux et sont (ou ont été) plus souvent syndiqués. Il est possible qu’ils jouent un rôle-clé dans l’acculturation politique du mouvement auquel on assiste au fil des semaines.

    Primauté à la souveraineté populaire

    Notre enquête comprend plusieurs questions sur la préférence pour la souveraineté populaire et l’antiélitisme, deux attitudes souvent associées au populisme. Elles sont très prononcées parmi les « gilets jaunes ». Typiquement, 93 % sont d’accord avec l’opinion selon laquelle « le peuple, et pas les responsables politiques, devrait prendre les décisions les plus importantes ». C’est seulement le cas de 50 à 60 % des Français dans les enquêtes récentes. Il en va de même pour le rejet des élites politiques : 95 % sont d’accord avec l’opinion selon laquelle « les responsables politiques parlent beaucoup et agissent trop peu ». Ces positions, à leur niveau maximal chez ceux qui ont participé à un grand nombre de manifestations, contredisent l’idée que la défiance politique conduirait forcément à l’apathie. Le fait que les deux attitudes soient par ailleurs majoritaires dans la population française explique probablement le socle de soutien dont bénéficie le mouvement dans l’opinion.

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    Du « pouvoir vivre » à la « crise du politique » : analyse lexicale
    Notre questionnaire inclut deux questions ouvertes sur l’image du mouvement et les raisons du soutien. Environ 80 % des personnes interrogées y ont répondu. La thématique du « pouvoir vivre » est celle qui apparaît le plus fréquemment dans les réponses aux deux questions. Elle se décline dans des revendications très ancrées dans le quotidien (perte de pouvoir d’achat, salaires et retraites insuffisants, ras-le-bol fiscal…), qui disent la volonté des « gilets jaunes « de pouvoir vivre de leur travail et de ne plus simplement survivre.
    Le lexique moral est aussi très présent à travers des thèmes comme le salaire décent, le fait de vivre dignement, l’espoir d’un avenir meilleur pour les enfants. Loin de la lecture initiale d’une révolte poujadiste, les « gilets jaunes » expriment un besoin de retrouver de la dignité et de la solidarité. Ces thèmes semblent aussi émerger des premiers cahiers de doléances et des réunions organisées à l’occasion du grand débat national. Si l’ensemble des « gilets jaunes » utilisent les mots du « pouvoir vivre », cette classe de discours est plus saillante parmi les plus précaires, les moins diplômés, les moins intéressés par la politique et les moins actifs dans le mouvement.
    Ressortant de notre analyse lexicale, la deuxième classe de discours la plus employée a trait au mouvement des « gilets jaunes » et aux différents acteurs impliqués. Elle s’articule autour d’une coupure symbolique entre « un mouvement populaire » contre les injustices sociales, et des élites jugées privilégiées et incompétentes, enfermées dans l’indifférence, voire le mépris. La dénonciation des violences policières et de la non-neutralité prêtée aux médias relève aussi de cette classe de discours, moins clivée sociologiquement et politiquement.
    La thématique de la « crise du politique » structure une troisième classe de discours spécifique. Les « gilets jaunes » mettent l’accent sur les nécessaires transformations d’un système vu comme au service des plus riches. Cette classe de discours, coloriée par des émotions fortes comme la colère et l’espoir, est la plus sophistiquée sur le plan lexical. Elle est davantage le fait des « gilets jaunes » les moins précaires, les plus diplômés, les plus intéressés par la politique, les plus actifs dans le mouvement et qui se situent très à gauche. Les thèmes propres à la gauche (anticapitalisme, exploitation économique, lutte des classes…) et à la droite (affirmation de la souveraineté et de l’identité nationales, dénonciation des immigrés…) radicales sont néanmoins assez en retrait. Ce qui confirme la structuration idéologique non conventionnelle des « gilets jaunes ».
    Une dernière classe de discours a trait à la « soif de justice ». Elle est marquée par l’affirmation des valeurs de la République et le rejet des injustices sociales et fiscales. Si sa tonalité est résolument positive, elle est plutôt utilisée par les plus diplômés et les plus intéressés par la politique.
    Les réponses ont été traitées avec un logiciel d’analyse de données qualitatives, Sphinx IQ2. Le site Web www.enquetegiletsjaunes.fr présente de manière interactive le nuage des mots les plus utilisés par les « gilets jaunes », ainsi que la méthodologie employée pour produire les quatre grandes classes de discours présentées ci-dessus.

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    Le thème du renouveau démocratique et citoyen est très saillant : 97 % des « gilets jaunes » estiment que la démocratie ne fonctionne pas très bien (25 %) ou pas bien du tout (72 %). C’est 37 points de plus que l’ensemble des Français. Lorsqu’on leur demande de choisir qui « devrait décider de ce qui est le meilleur pour le pays », les personnes interrogées font majoritairement confiance à des citoyens tirés au sort (53 %, contre 17 % pour les Français). Peu soutiennent une prise de décision par les députés (13 %) ou par le président de la République (2 %). Le recours aux experts est une solution envisagée par 30 % de l’échantillon, autant que l’ensemble des Français.

    Ceux qui souhaitent le plus tirer au sort des citoyens se trouvent parmi les plus précaires et les moins diplômés. Ils sont aussi les plus actifs dans le mouvement et les plus défiants envers les élites politiques. Ils se déclarent peu ou pas intéressés par la politique, ne se retrouvent pas dans les catégories gauche-droite et ont davantage tendance à s’abstenir. Inversement, les « gilets jaunes » qui soutiennent un régime plus parlementaire constituent une fraction moins défavorisée et plus diplômée. Ils sont plus intéressés par la politique, avec un tropisme de gauche. Enfin, l’option d’un gouvernement des experts est portée par des « gilets jaunes » moins défavorisés mais néanmoins peu intéressés par la politique et moins investis dans le mouvement. Beaucoup ont voté pour un parti de gouvernement en 2017, et présentent un léger tropisme de droite.

    Hostilité à la mondialisation

    Le thème de l’immigration est absent des revendications des « gilets jaunes ». Même si près de six sur dix pensent qu’« il y a trop d’immigration en France », cette opinion est tout aussi répandue dans la population française. Les plus opposés à l’immigration sont ceux qui s’intéressent le moins à la politique et, dans une moindre mesure, les plus précaires. Le rejet de l’immigration est aussi très net parmi les « gilets jaunes » préoccupés par les questions fiscales et le pouvoir d’achat. Ceux qui jugent prioritaires les questions de pauvreté ou d’inégalités y sont beaucoup moins hostiles.

    Les « gilets jaunes » sont très opposés à la mondialisation. Près de 87 % sont d’accord avec l’idée selon laquelle « les conséquences économiques de la mondialisation sont extrêmement négatives pour la France » (contre 63 % des Français). Les « gilets jaunes » partagent aussi un euroscepticisme bien ancré, puisqu’ils sont 83 % à s’opposer à l’idée que « la France doit aller plus loin dans la construction européenne ». Ce refus est d’autant plus fort que l’antiélitisme est élevé. A quelques mois des élections européennes, ce résultat suggère que certains d’entre eux pourraient être attentifs aux listes eurosceptiques et souverainistes, pour peu que les partis qui les portent parviennent à rendre cet enjeu plus saillant.

    Aussi peu écologistes que les Français

    Parce que leur mobilisation est née de la contestation d’une augmentation des taxes sur les carburants, les « gilets jaunes » ne sont pas spontanément apparus comme des défenseurs de la transition écologique. Les préoccupations liées à la dégradation de l’environnement ne sont toutefois pas absentes. Ainsi, 7 % de notre échantillon cite l’environnement et le réchauffement climatique comme le thème le plus important pour la France aujourd’hui. C’est évidemment peu par rapport au poids écrasant des questions économiques, mais lors de la dernière élection présidentielle, 6 % des Français seulement estimaient que l’environnement était l’enjeu le plus important pour la France !

    Les « gilets jaunes » sont néanmoins partagés sur la question de la transition écologique. Au sein de notre échantillon, 31 % se déclarent « prêts à accepter une réduction de leur niveau de vie afin de protéger l’environnement », contre 35 % qui refusent cette idée et 34 % qui ne s’estiment ni prêts ni pas prêts. Là encore, ce sont des proportions similaires à celles mesurées dans l’ensemble de la population française. Le week-end des 26 et 27 janvier, avec l’« acte XI » de la mobilisation des « gilets jaunes » et la quatrième Marche pour le climat, devrait nous en dire plus sur l’éventuelle convergence entre les deux mouvements.

    Tristan Guerra, Frédéric Gonthier, Chloé Alexandre, Florent Gougou et Simon Persico sont chercheurs à Sciences Po Grenoble et au laboratoire Pacte-CNRS. Sources : Insee ; « Baromètre de la confiance politique » du Cevipof, vague 10, 2018 ; « European Values Study », enquête française, 2018 ; « French Electoral Study », 2017 ; « International Social Survey Programme », enquête environnement, 2010.



  • Un tir de lacrymo a-t-il atterri sur une poussette à Marseille ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/01/27/un-tir-de-lacrymo-a-t-il-atterri-sur-une-poussette-a-marseille_1705699

    CheckNews a contacté l’auteur des premières vidéos, Ilyes, qui raconte. « Il était entre 16H30 et 17H, on allait en direction du vieux port et tout était très calme. Un policier a commencé à charger son arme… La grenade est passée au-dessus de nous et de la route pour atterir dans la poussette », raconte-t-il. Avant de poursuivre : « Je ne pense pas qu’il visait la poussette. Il s’agissait d’un jeune, peut-être peu expérimenté. Ce tir était inexplicable pour nous, et j’imagine pour la police. Eux-mêmes avaient l’air surpris ».


  • Première partie : le sécugate financier - [SSI]
    http://www.securite-sociale-infos.net/la-presse-en-parle/2019-01-nexus/article/premiere-partie-le-secugate-financier

    Le trou de la sécu n’existe pas

    Dire qu’il existe est une vue de l’esprit perverse et malhonnête. En voici les raisons :

    La caisse de retraite des cadres du privé, l’Agirc, doit verser un peu plus de 6 milliards d’euros par an pour payer les retraites des 276 000 gaziers et électriciens, en lieu et place de la Caisse nationale des industries électriques et gazières (CNIEG) (est-ce qu’on connaît l’état des finances de la CNIEG ?).
    Des dettes d’État ont été transférées à la CADES sur la seule décision des sieurs Jospin, Raffarin, Fabius, Sarkozy, entre autres, pour un montant de 70 milliards et pour lesquelles nous ne savons toujours pas, aujourd’hui, à quoi elles correspondent.
    C’est la Sécurité sociale et, par conséquent, les affiliés sociaux qui pâtissent, sans que les syndicats s’en offusquent, des exonérations de charges patronales généreusement accordées par tel ou tel homme politique au grand patronat, et sans qu’elles soient compensées.
    Le plus gros employeur du pays, l’État, ne paie pas ses parts patronales, et l’Urssaf ne s’en émeut pas. À raison de 7 millions de fonctionnaires, avec une petite moyenne de 1 000 euros par agent sur 12 mois (voire plus), le manque à gagner pour la Sécurité sociale est de 84 milliards par an.
    S’agissant des maladies professionnelles, le coût supporté par la Sécurité sociale en lieu et place du patronat est de plus de 100 milliards par an, avec la complicité des délégués syndicaux.
    Les intérêts qu’il nous faut payer aux marchés financiers non pas à cause d’un « trou », mais de dettes appartenant à l’État, soit 5,6 milliards d’euros en trente mois.

    • Site pour ainsi dire non sourcé, les auteurs sont inconnus

      Ce qui va être révélé ici est le fruit d’un long travail d’investigation réalisé par des personnes strictement apolitiques, non syndiquées et appartenant toutes au milieu associatif non subventionné, en l’occurrence des associations qui défendent leurs adhérents en difficulté.