• Plus de 26 millions de personnes ont déjà fait un test ADN en vente libre
    https://usbeketrica.com/article/26-millions-personnes-test-adn

    Les tests ADN en kit, interdits en France et très populaires aux Etats-Unis, connaissent un succès exponentiel, avec de lourdes conséquences sur la vie privée. « Découvrez ce que votre ADN dit de vous ». « Retrouvez l’histoire de vos ancêtres et de leurs migrations à travers le monde ». « Reconnectez-vous avez des membres de votre famille ». En somme, connais-toi toi-même, grâce à ton génome. Affichée sur les sites d’AncestryDNA et 23andMe, les deux leaders du secteur, la promesse a de quoi piquer la (...)

    #23andMe #AncestryDNA #MyHeritage #FBI #biométrie #génétique #surveillance #GEDmatch

    • Or les risques pour la vie privée ne concernent pas que les testeurs. « Les bases de données ont grandi, et il est désormais possible de retracer les relations entre presque tous les Américains, y compris ceux qui n’ont jamais acheté de test », explique l’article.

      Une affaire de meurtre a permis de le montrer au printemps dernier. Le « tueur du Golden State », Joseph James DeAngelo, a été interpellé plus de 30 ans après les derniers meurtres après avoir été trahi par un site proposant des tests génétiques : il a suffi à la police californienne de télécharger son ADN, récupéré sur une scène de crime, sur le site de GEDMatch, qui rassemblait 900 000 échantillons d’ADN, pour obtenir des informations (en trouvant l’ADN d’un cousin éloigné au 3e degré) et finir par trouver le tueur.

      Pendant l’été 2018, les quatre entreprises du secteur ont toutes promis qu’elle ne laisseraient pas la police entrer dans leurs bases de données sans mandat, mais quelques semaines plus tard, « Family Tree DNA autorisait déjà le FBI à télécharger l’ADN récupéré sur des cadavres et des tâches de sang et à naviguer dans la base de données comme n’importe quel client, en regardant les noms et les relations entre les utilisateurs », souligne la MIT Technology Review.


  • Deported parents may lose kids to adoption, investigation finds

    https://www.nbcnews.com/news/latino/deported-parents-may-lose-kids-adoption-investigation-finds-n918261

    Trump restera le gouvernant qui aura réhabilité le vol d’enfant institutionnel. On vit une époque formidable.

    As the deportees were led off the plane onto the steamy San Salvador tarmac, an anguished Araceli Ramos Bonilla burst into tears, her face contorted with pain: “They want to steal my daughter!”

    It had been 10 weeks since Ramos had last held her 2-year-old, Alexa. Ten weeks since she was arrested crossing the border into Texas and U.S. immigration authorities seized her daughter and told her she would never see the girl again.

    #enfants #enfance #vols_d_enfants


  • Oh, encore une loi pour « réguler » les réseaux sociaux en concevant des « règles de droit innovantes » avec… Facebook. Si c’est pas la définition du #peigne_cul, ça…

    Edouard Philippe annonce une loi pour réguler les contenus sur les réseaux sociaux "avant l’été"
    https://www.ozap.com/actu/edouard-philippe-annonce-une-loi-pour-reguler-les-contenus-sur-les-reseaux-sociaux-avant-l-ete/574697

    Après la loi anti-fake news, les réseaux sociaux toujours dans le viseur du gouvernement. Hier soir, depuis l’hôtel de Matignon, Edouard Philippe a tenu un discours inaugural lors de la première cérémonie de remise du prix Ilan Halimi, dédié notamment à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Au cours de ce discours, le chef du gouvernement a évoqué l’arrivée d’un nouveau dispositif de lutte contre les dérives observées sur les réseaux sociaux. « Nous allons lancer avec Facebook une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux », a annoncé Edouard Philippe.

    Ah, donc, toujours cette même lubie de la responsabilité des intermédiaires techniques (« la vieille classification des éditeurs »… ?) et la censure privée, conneries qu’on en bouffe depuis 25 ans…

    « La consultation régulière de ces réseaux montre que le travail est devant nous (...) Notre objectif est d’inscrire les mesures nécessaires dans un texte législatif qui sera présenté avant l’été et de faire en sorte de ne pas s’arrêter à la vieille classification des éditeurs pour pouvoir effectivement obtenir des résultats et responsabiliser ceux qui n’ont pas le droit de ne dire qu’ils sont responsables de rien de ce qui est publié », a détaillé le Premier ministre. Reste à voir quels seront les contours de l’arsenal législatif à venir. Le rapport de 20 propositions sur la lutte contre la haine sur internet, commandé par Matignon dans le cadre de son deuxième plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et remis par la député Laetitia Avia (LREM) en septembre dernier, semble tout désigné.

    Je signale à tout hasard que je n’ai pas 37,5 millions d’euros à dépenser sur Seenthis :

    Ce rapport propose notamment de s’aligner sur une loi allemande en obligeant les plateformes à retirer les publications signalées et qui apparaissent comme « manifestement » illégales dans un délai de vingt-quatre heures. Celui-ci serait ramené à seulement une heure pour les contenus à caractère terroriste. En cas de non-respect de cette disposition, les auteurs du rapport proposent une amende qui pourrait s’élever jusqu’à 37,5 millions d’euros. Ils préconisent également l’instauration d’un logo, qui serait commun à tous les réseaux sociaux et qui permettrait aux internautes de signaler la présence de contenus racistes.

    Et la très prévisible instrumentalisation de l’affaire de la « ligue du LOL », dont on sait pourtant très bien qui sont les acteurs, et lesquels d’entre eux sont désormais de respectables responsables dans de respectables journaux pas du tout anonymes…

    La question de l’anonymat pourrait aussi être un volet de la loi que prépare l’exécutif. Après l’éclatement de l’affaire de la « Ligue du LOL », Laetitia Avia s’est insurgée sur Twitter : « L’anonymat sur les réseaux sociaux encourage un sentiment d’impunité pour ceux qui s’autorisent à harceler, humilier et insulter ». « La loi contre la haine sur internet permettra de mieux lever cet anonymat lorsque ces délits sont commis » a-t-elle annoncé. Emmanuel Macron lui-même a fait connaître à plusieurs reprises sa position sur l’anonymat en ligne. Le 18 janvier dernier, à Souillac, le chef de l’État s’était dit favorable à « une levée progressive de toute forme d’anonymat (sur les plateformes) ».

    • Nous allons lancer avec Facebook une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux

      Suis-je seul à devoir me frotter les yeux pour comprendre cette phrase ? Est-ce que si je la transpose dans un autre contexte c’est plus facile à comprendre ? Je vais essayer.

      Nous allons lancer avec Total une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler la pollution en mer

      Nous allons lancer avec la BNP une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler les marchés financiers

      Nous allons lancer avec la mafia une expérimentation pour concevoir des règles de droit plus innovantes et plus adaptées afin de réguler le commerce des stupéfiants.


  • Le combat d’une lanceuse d’alerte contre les dérives de la défiscalisation locative, Isabelle Rey-Lefebvre
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/02/12/le-combat-d-une-lanceuse-d-alerte-contre-les-derives-de-la-defiscalisation-l

    Après une longue guérilla judiciaire, Claudy Giroz, ruinée, risque de perdre sa maison. Une décision attendue mercredi.

    Critiquer les méthodes des promoteurs de la #défiscalisation_locative est risqué. Claudy Giroz le vit au quotidien. Elle en a fait son combat depuis plus de dix ans. Mais cette femme, âgée de 67 ans, qui a aidé des dizaines de milliers d’investisseurs d’un bien locatif à se sortir de situations financières ruineuses, affronte à son tour une épreuve difficile.

    Mercredi 13 février, le président du tribunal de grande instance de Bonneville (Haute-Savoie) pourrait ordonner la #saisie de sa maison, faute d’avoir réglé une échéance de 30 000 euros à sa banque. A la suite de la longue guérilla judiciaire que lui livre le promoteur toulousain Omnium Finances, devenu Stellium, spécialiste de la défiscalisation locative, elle a accumulé les dettes.

    Après avoir été, quelques mois, démarcheuse commerciale pour cette société et réalisant qu’elle avait floué des proches, Claudy Giroz a, dès 2007, fondé l’Association de défense des investisseurs et mandataires (ADIM) et dénoncé les méthodes des promoteurs spécialistes de la défiscalisation.

    Leurs techniques de vente sont efficaces : recruter des néophytes comme elle, les former en deux jours et les inciter à contacter leur entourage familial, amical, professionnel, pour convaincre des proches, à l’aide d’un argumentaire type, d’acheter à crédit un logement neuf. Les vendeurs sont aussi encouragés à recruter de nouveaux commerciaux, un parrainage leur permettant d’empocher de juteuses commissions sur les ventes de leurs filleuls.

    « Prison financière »
    Le réseau Omniun a compté, en 2011, jusqu’à 5 000 #commerciaux capables d’écouler en quelques jours des #programmes_immobiliers entiers. Les appartements, achetés à #crédit, devaient être loués six ou neuf ans, dans le cadre des dispositifs Robien puis Scellier, à des loyers censés couvrir les mensualités. L’affaire était présentée comme un investissement pour zéro euro, avec, à la clé, des économies d’impôts et, à terme, un patrimoine pour la retraite.

    Particulièrement ciblés, des ingénieurs, des militaires, des gendarmes ou des chefs d’établissement scolaire bénéficiant, souvent, de logements de fonction qu’ils devront quitter en fin de carrière, donc soucieux de devenir #propriétaires avant cette échéance. Ce public est, en outre, peu familier des techniques financières, encore moins des règles fiscales, mais se montrait confiant dans les avantages fiscaux accordés par l’Etat, tels que présentés dans les simulations des démarcheurs.

    En réalité, de nombreux appartements ne trouvaient pas de locataire et étaient bien loin de rapporter les loyers prévus, rarement compensés par les assurances contre les impayés. L’édifice financier étant compromis, l’avantage fiscal s’évanouit et les investisseurs sont, en plus, contraints de remettre de l’argent chaque mois pour honorer leur crédit, payer les charges, tout en ayant sur les bras un bien dont la valeur est divisée par deux, quand il ne devient pas tout simplement invendable. « C’est une prison financière, je survis et ne veux surtout pas transmettre cela à mes enfants », témoigne un directeur d’école d’Annecy.

    Procès en diffamation
    « Nous, les militaires, on est souvent mutés – j’ai déménagé vingt-trois fois dans ma carrière – et on n’a pas l’occasion de s’acheter un logement pour nos vieux jours. On s’est fait manipuler », raconte une gradée qui, par l’intermédiaire d’une amie, épouse d’un membre de l’état-major, a acquis, en 2005, un petit appartement à Limoges. « On l’a revendu en 2017, douze ans plus tard, à la moitié du prix d’achat, et on doit encore 10 000 euros à la banque. Claudy Giroz nous a soutenus, son combat est juste, c’est une juste ! », juge-t-elle.
    Le système Ommium se révèle diabolique, puisque l’acheteur piégé n’ose pas se retourner contre son vendeur qui est un proche, un parent, un collègue, voire un supérieur hiérarchique – a fortiori un militaire, tenu au devoir de réserve. Souvent, cela a créé des brouilles définitives entre amis et semé du désespoir jusqu’au cœur des familles.

    Les séquelles sont loin de n’être que financières.
    Depuis la cave de sa maison transformée en bureau tapissé de milliers de dossiers, Claudy Giroz conseille les plaignants, les écoute, les soutient, sans oublier de répondre aux sollicitations des journalistes, parvenant à elle seule à donner un réel écho médiatique à son combat. Mais cela lui a valu, de la part d’Omnium, de nombreux procès en diffamation ou en dénigrement, relancés à l’occasion de chaque émission de télévision (dix-huit en tout), de radio, d’article de journaux ou de blogs sur Internet.

    « En dix ans, j’ai été convoquée plus de 90 fois devant des tribunaux, raconte-t-elle, au pénal, au civil, en première instance, en appel et jusqu’en Cassation, à Nanterre, plusieurs fois à Paris, Versailles, Toulouse, Montpellier, Bonneville, Chambéry, sans compter la valse des huissiers qui venaient frapper chez moi. »

    « Maladresse »
    Elle a toujours été relaxée au pénal et n’a été condamnée qu’à deux reprises au civil, une fois à 1 euro symbolique, et une autre à verser 3 000 euros de dommages et intérêts au promoteur pour l’avoir menacé de dénonciation à la presse s’il n’indemnisait pas ses clients. « Une maladresse », déclarait, lors d’une audience à Paris, Me Yves Baudelot, l’avocat, à partir de 2010, de Claudy Giroz. « Ce ne sont pas tant les frais de justice que les déplacements et frais d’hôtels et l’impossibilité de travailler pour gagner ma vie qui ont plombé mes finances », explique-t-elle aujourd’hui, épuisée par ces années de tribulations stressantes.

    « Claudy Giroz ne sait pas refuser d’aider quelqu’un qui appelle au secours – près de 40 000 personnes en douze ans –, elle nous écoute, nous conseille, nous adresse des documents, nous communique des noms d’avocats… », raconte Jacky Lépinay, ingénieur, lui aussi pris, en 2007, dans la nasse d’un investissement locatif déficitaire et aujourd’hui à l’initiative d’une cagnotte en ligne – qui totalisait déjà, le 12 février, plus de 9 000 euros – pour aider la lanceuse d’alerte à sortir de cette mauvaise passe.

    Grâce à l’action de l’ADIM, la loi a déjà évolué puisque, depuis 2014, les nouveaux avantages fiscaux Duflot puis Pinel sont circonscrits aux villes où existe une demande locative avérée.
    Mais l’énorme contentieux de la défiscalisation immobilière, bien décrit dans deux ouvrages, Défiscalisation ou défricalisation de Claudy Giroz (Porte Voix Editions, 2012) et Robien, Sellier… Ruinés ! Le plus grand scandale de l’après-guerre, d’Erwan Seznec (Le Seuil, 2013), qui évoque, lui, 50 000 dossiers, n’en finit pas d’encombrer nombre de tribunaux de grande instance de France.

    #dette

    Omnium Finance ou les dérives de la défiscalisation , Isabelle Rey-Lefebvre, 20 septembre 2010

    Basé à Toulouse, ce spécialiste de l’#immobilier locatif fait l’objet d’une enquête judiciaire pour escroquerie, faux en écriture et usage de faux

    Une véritable industrie de la défiscalisation immobilière s’est développée grâce aux avantages fiscaux accordés aux investisseurs dans un logement neuf destiné à la location. Le dispositif Robien a suscité, entre 2003 et 2008, l’édification de près de 350 000 logements ; le dispositif Scellier, qui a pris sa suite, a permis d’en construire 65 000, en 2009. Des promoteurs se sont spécialisés dans ce créneau, proposant des packages où l’investisseur achète un logement, sa gestion locative et les assurances pour loyers impayés ou vacance. Avec cet argument décisif : « On s’occupe de tout ! »

    Basée à Toulouse, la société Omnium Finance a été créée par Xavier Chausson en 1992. C’est l’un de ces défiscalisateurs en série, qui dit avoir commercialisé à ce jour 25 000 logements. Elle fait l’objet d’une enquête judiciaire pour escroquerie, faux en écriture et usage de faux, confiée au juge d’instruction toulousain Philippe Guichard. Deux de ses collaborateurs, Jérôme Dumort, directeur général d’Omnium Courtage, filiale plaçant des assurances-vie, et Pascal Berthomieu, directeur commercial aujourd’hui parti s’occuper d’une antenne canadienne, ont été mis en examen en juin 2010.

    La justice soupçonne une #escroquerie à l’assurance sur certains contrats d’assurances loyers impayés souscrits auprès du GAN, qui s’est porté partie civile. Dans nombre de résidences, les appartements, une fois livrés, ne trouvaient pas de locataire. Or, pour faire jouer l’avantage fiscal, le logement doit être loué douze mois au plus tard après l’achèvement de l’immeuble (une règle assouplie en octobre 2009). Les propriétaires qui n’ont pu bénéficier de la réduction d’impôt se retournaient alors vers Omnium Finance qui a, selon son site Internet, indemnisé 650 d’entre eux, soit 2,5 % des clients, pour 7 millions d’euros.

    Mais l’enquête judiciaire a permis de découvrir qu’Omnium Gestion (la filiale administration de biens) avait, dans certains cas, tenté de faire indûment jouer l’assurance loyers impayés en produisant des baux antidatés, afin de respecter le délai de douze mois. La gendarmerie a épluché 500 baux dans 42 résidences gérées par Omnium et révélé qu’une centaine étaient faux ou antidatés, avec des taux d’anomalies pouvant atteindre 50 % dans certaines résidences.

    Sont aussi visés les procédés de commercialisation et de recrutement des vendeurs d’Omnium Finance. Le groupe a mis au point une redoutable mécanique pour recruter des milliers de vendeurs par cooptation. La méthode est de solliciter collègues, amis, famille, même sans expérience dans l’immobilier. Ce recrutement « sur un territoire relationnel » est revendiqué par la société, qui forme elle-même ses conseillers qui ne sont pas salariés mais vendeurs #indépendants. Jean-Pierre Astruc a témoigné, le 4 mai 2010, devant le tribunal de grande instance de Paris, lors d’un procès en diffamation lancé par Omnium : « On est convoqué dans un grand hôtel pour deux jours de formation. On nous inculque une méthode de vente avec des phrases-clés pour contrer les objections des futurs acquéreurs, puis le formateur nous invite à lister toutes les personnes de notre entourage à qui l’on peut proposer un logement et à démarrer notre activité sans attendre la carte professionnelle d’agent immobilier. »

    Omnium propose aussi des #assurances-vie, ce qui suppose que ses vendeurs aient le statut de conseiller en investissement financier, qui s’obtient après cent cinquante heures de formation."A l’issue d’un stage succinct, le formateur nous remet un questionnaire à choix multiples, mais nous souffle les bonnes réponses. Pas étonnant que tous les stagiaires aient réussi l’examen, et se soient vu remettre une attestation", poursuit M. Astruc. Ce document vise à remplir les exigences de la réglementation du statut de conseiller en investissements financiers (CIF).

    La vente des logements se fait en général par démarchage auprès des proches du conseiller, qui touche une commission de 3 % à 6 %. La plupart des conseillers ne vendront qu’un ou deux lots, mais celui qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 480 000 euros, un seuil qui peut être atteint avec deux ou trois opérations, accède au statut de « manager ». Il peut alors recruter d’autres vendeurs, les parrainer et percevoir des commissions sur les transactions conclues par ses filleuls. Les meilleurs grimpent dans la hiérarchie et deviennent manager « étoile », « planète », puis « constellation » et enfin « galaxie » ! Ils peuvent alors percevoir plus de 400 000 euros par an.

    Au plus fort de l’activité, en 2007, Omnium a compté jusqu’à 3 500 conseillers vendeurs coiffés par 115 managers « galaxie », dont beaucoup sont d’ailleurs d’anciens du « Groupement », la société Groupement des professionnels du marketing (GPCM), un réseau qui a mis au point ces méthodes de vente et a déposé le bilan en 1999 à la suite d’une plainte pour escroquerie.

    Il n’est pas étonnant qu’avec une telle force commerciale, le groupe ait pu écouler des milliers de logements à des prix bien au-dessus du marché, car il faut rémunérer les multiples niveaux de vendeurs.
    Le groupe est, en outre, assigné au civil par des milliers de clients s’estimant lésés. Beaucoup des plaignants sont membres de l’Association de défense des investisseurs et mandataires (ADIM), qui regroupe les représentants d’une centaine de résidences Omnium fédérant chacune entre 12 et 230 copropriétaires.

    Quant à M. Chausson, PDG d’Omnium, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, il cherche à se désengager et à se recentrer sur la promotion. La filiale d’administration de biens, Omnium Gestion, aujourd’hui rebaptisée Jyloge, a été cédée en 2009 au groupe Urbania, visé, lui, par une information judiciaire.

    Omnium combat pied à pied ses détracteurs , I. R.-L., 20 septembre 2010

    UNE INTENSE guerre d’influence dans les médias et les prétoires oppose la direction du groupe Omnium et son président, Xavier Chausson, à Claudy Giroz, qui fut conseillère dans le groupe, d’août 2005 à décembre 2007, avant de réaliser qu’elle avait entraîné des investisseurs dans de mauvaises affaires, en raison de la qualité des résidences, de leur prix et de leur implantation.

    Le 13 décembre 2007, Omnium Finance met fin à la collaboration de Mme Giroz, qui réclamait l’indemnisation de ses clients et 500 000 euros de préjudice, en menaçant de porter plainte et de déclencher « un tsunami médiatique en France et en Allemagne pour révéler les agissements du groupe ».

    Cela lui a valu d’être condamnée pour chantage, le 30 mars 2009, par le tribunal correctionnel de Toulouse, jugement cassé en appel le 29 juin 2010. Mme Giroz a aussi été condamnée pour dénigrement, le 19 septembre 2008, par le tribunal de Bonneville, décision confirmée par la cour d’appel de Chambéry et faisant l’objet d’un pourvoi en cassation. S’estimant victime d’une entreprise de déstabilisation, Omnium a intenté sept procédures contre Mme Giroz, dont les ressources sont limitées : « Avec l’ensemble des procès liés à cette affaire, j’en suis à 56 audiences, civiles et pénales, à Paris, Toulouse, Bonneville, Chambéry, 72 visites d’huissiers... Récemment encore, Omnium m’a attaquée pour diffamation mais a été débouté, le 8 juin 2010, une décision aujourd’hui en appel. »

    La bataille se joue aussi sur Internet, où le défiscalisateur traque sites, blogs, forums le mettant en cause. Il a réclamé par voie de justice à Google, Free et JFG Networks de livrer l’identité de ses détracteurs et de bloquer leurs contributions. Cette procédure a pour le moment échoué en première instance, mais Omnium poursuit en appel. La bataille continue.



  • « Gilets jaunes » : Garde à vue pour un employé d’une boulangerie qui avait refusé de servir un policier
    20 Minutes avec AFP - Mis à jour le 13/02/19 à 09h10
    https://www.20minutes.fr/societe/2450047-20190213-gilets-jaunes-garde-vue-employe-boulangerie-refuse-servir

    (...) Âgé de 32 ans, cet employé a été placé en garde à vue pour « refus de vente et outrage sur personne dépositaire de l’ordre public », selon une source policière confirmant des informations de presse. Les faits qui lui sont reprochés ont fait l’objet d’une brève vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les images montrent un policier en civil empêché de rentrer dans une boulangerie située dans le IIIe arrondissement de Paris en marge de la manifestation organisée dans le cadre de l’acte 12 de la mobilisation des « gilets jaunes ».
    « Valeurs d’accueil » et souci d’« une atmosphère calme »

    Le dialogue se concentre sur le port d’arme du policier. « Tu vois une arme » ?, demande le fonctionnaire. « Je ne sais pas, je vous préviens juste, pas d’arme dans [inaudible] », répond un employé. « Ok donc c’est bon on peut passer ? », rétorque le policier. « Si vous n’avez pas d’arme, c’est bon » – « bon je crois que je vais aller ailleurs et après je peux aussi aller regarder ailleurs, vous avez plein de vitrines… », finit par déclarer le fonctionnaire avant de s’en aller. (...)


  • Les Etats-Unis veulent coûte que coûte arrêter le gazoduc entre la Russie et l’Allemagne
    https://www.bfmtv.com/economie/les-etats-unis-veulent-coute-que-coute-arreter-le-gazoduc-entre-la-russie-et-

    Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a déclaré mardi à Varsovie que les Etats-Unis allaient faire tout en leur pouvoir pour stopper le gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne. Mike Pompeo a ainsi souligné l’absence de volonté de compromis de la part de Washington sur ce sujet, alors que l’Allemagne a opéré mardi un rapprochement avec les Etats-Unis, promettant d’importer dès les prochaines années du gaz naturel liquéfié américain et de construire l’infrastructure correspondante.



  • Ligue du lol : « Le problème de fond n’est ni Twitter, ni l’anonymat, mais une masculinité toxique » | www.nouveau-magazine-litteraire.com
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/soci%C3%A9t%C3%A9-f%C3%A9minisme/ligue-du-lol-%C2%AB-le-probl%C3%A8me-de-fond-nest-ni-tw

    À chaque fois, c’est la même chose. Grande stupéfaction, profond étonnement, sincère indignation quand des victimes se mettent à parler, puis d’autres dans leur sillage, que le sujet monte, que l’on découvre qu’il y a des rapports de domination. Que certains, ceux qui bénéficiaient d’une forme de pouvoir et de prestige humilient, harcèlent, agressent celles et ceux qui sont privés de ce fameux pouvoir. On critique ce milieu odieux, on s’offusque, le soufflet retombe puis un autre finit immanquablement par monter. Un autre, différent, et pourtant toujours le même.

    On reste l’œil sur un petit milieu, le milieu du cinéma, celui des assistantes parlementaires, celui des avocats, celui de Polytechnique, du conservatoire de musique, des écoles de médecine, des jeunes journalistes web. Mais quand verra-t-on que l’addition de tous ces petits milieux forme un tout qui s’appelle la société française ? Quand passera-t-on de l’indignation devant le comportement de quelques uns, circonscrits à un petit territoire, à une réflexion sur les rapports de domination qui minent notre société dans son ensemble ?


  • Héros de la typographie
    https://aris.papatheodorou.net/heros-de-la-typographie

    Thorbjørn Kongshavn est norvégien, il est le directeur de la création graphique de sa propre agence, Kongshavn Design, fondée en 2007. Il est aussi accessoirement illustrateur et typographe. En 2017 il a réalisé une série de six portraits de « Héros de la typographie ». Six hommes et six polices de caractères pour un hommage : Garamond, Baskerville, Bodoni, Berthold, Renner (Futura) et Gill.

    #typographie, #graphisme, #illustration


  • La ligue du lol est la manifestation d’un problème plus large : « nous ». – Pixellibre.net
    http://pixellibre.net/2019/02/la-ligue-du-lol-est-la-manifestation-dun-probleme-plus-large-nous

    Premièrement, messieurs, nous sommes des privilégiés. Oui nous sommes, par rapport aux femmes, aux personnes racisées, aux personnes des communautés GRSM (LGBT+ pour résumer et tenter de n’exclure personne sans en arriver à un LGBTQI-je-suis-désolé-je-ne-sais-plus-la-suite), des personnes privilégiées.

    Nous n’avons pas besoin de nous battre pour prouver notre légitimité, nous n’avons pas besoin de faire trois fois plus d’efforts pour convaincre, on ne nous manque pas de respect 50 fois par jour, on ne se fait pas siffler dans la rue pour un oui pour un non, on ne se fait pas traiter de pute ou autre parce qu’on refuse de donner notre numéro de téléphone, on ne se fait pas (oui cette phrase va être TRES longue) dévisager de la tête aux pieds lorsqu’on rentre dans un endroit quelconque, on ne se fait pas insulter de salopes ou autre quand on a eu de nombreuses partenaires sexuelles dans notre vie, et les gens ne se disent pas « il en a baisé des nanas, il doit en vouloir plus, forcément », on ne nous apprend pas à avoir peur dans la rue parce qu’un mec peut surgir de nulle part et te faire du mal, on ne nous dit pas que ne pas se raser c’est moche, à poste et compétences équivalentes, nous sommes payés plus que les femmes dans bien des secteurs d’activité, on ne se moque pas de nous quand nous ne comprenons pas quelque chose mais on nous explique, on ne nous dit pas « mais t’as pas baisé » quand on réagit mal à une blague prétendument drôle. On ne nous impose pas un culte du corps, de la beauté, et bien d’autres dictats. Nous, on a des poches de jean qui servent à quelque chose, et si tu rigoles à cet exemple, tu vas aller te renseigner. Nous, on ne viendra pas nous insulter ou nous casser la gueule parce qu’on aime quelqu’un du même sexe ou parce qu’on en a changé. On ne nous dira pas que nos pratiques sexuelles sont déviantes, on ne nous stigmatisera pas, on ne nous montera pas du doigt, on ne se sentira ni mal, ni sales, quand les gens parleront de nous. Nous, les gens vont d’abord regarder nos compétences avant de regarder notre visage ou nos formes.


  • La Ligue du LOL racontée par ses victimes : « Ruiner des carrières et des vies, c’était leur quotidien » | Marie Turcan et Perrine Signoret
    https://www.numerama.com/politique/463220-la-ligue-du-lol-racontee-par-ses-victimes-ruiner-des-carrieres-et-d

    [Enquête Numerama] Pendant des années, un groupe d’hommes surnommé « La ligue du LOL » a harcelé des internautes sur Twitter. Insultes sexistes, homophobes, racistes, photomontages et usurpation d’identité : de nombreux faits et témoignages ont récemment refait surface, dont certains que nous révélons ici. Source : Numérama


  • Qui sont les privilégiés en France ?
    https://www.inegalites.fr/privilegies-en-France

    Des privilégiés sont aux commandes. Pas seulement aux plus hauts postes de l’exécutif. Des entreprises aux collectivités locales, en passant par les associations, une bourgeoisie économique (plutôt de droite) mais aussi culturelle (plutôt de gauche) dispose du pouvoir, vit dans l’entre-soi, et n’a aucun intérêt au « changement » qu’elle met en avant comme un slogan en permanence, mais pour les autres... Elle pointe du doigt les ultra-riches, mais elle oublie les quartiers populaires et méprise les couches moyennes pavillonnaires dont l’idéal est écologiquement incorrect [10], qui roule en diesel, fume, fait ses courses dans des « hypermarchés » et regarde la télévision. Elle déteste ces « gilets jaunes » qui se sont emparés des ronds-points. Parce que, au fond, elle a besoin de ces catégories comme serviteurs flexibles à son service [11].

    • Aveuglement de la gauche

      « Le changement, c’est maintenant » ? La gauche a accédé au pouvoir en 2012 en faisant campagne sur la réduction des inégalités sociales. Forte de tous les pouvoirs, à tous les échelons territoriaux, elle a vite remisé sa promesse. La réforme fiscale n’a pas eu lieu et la « refondation » de l’école a accouché d’une souris… La grande affaire du précédent quinquennat aura été le « mariage pour tous ». La majorité « En Marche » promettait de libérer les forces vives de la Nation tout en protégeant les plus faibles : elle a d’abord répondu aux pressions des plus riches, ne laissant que des miettes pour les plus modestes, avant de finalement céder un peu plus sous celle de la rue et les violences. Au fond, elle n’a que faire des inégalités sociales.

      Est-il bien raisonnable d’affirmer ce genre de chose ?


  • Luc Ferry, philosophe de la #répression - Télévision - Télérama.fr
    https://www.telerama.fr/television/luc-ferry,-philosophe-de-la-repression,n6127909.php

    « Un autre élément a effrayé Christophe Castaner et le gouvernement, assure Jean-Michel Aphatie. Le 17 novembre, il y a eu des scènes de fraternisation et de sympathie entre policiers et Gilets jaunes. On ne peut pas imaginer que, dans la République, la police soit du côté des manifestants. » Ce ne serait pas très républicain. « Parce que, dans ce cas, le pouvoir, il est par terre, analyse l’éditorialiste. La police est de le dernier rempart du pouvoir. » Non, vraiment ? Jean-Michel Aphatie a très mal tourné, il reprend à son compte les délires de l’ultra-gauche.


  • Ligue du LOL : « Ils ont construit leur carrière avec un entre-soi masculin qui excluait les femmes »
    https://www.franceculture.fr/societe/ligue-du-lol-ils-ont-construit-leur-carriere-avec-un-entre-soi-masculi

    Depuis quelques jours, des victimes de cyberharcèlement, en particulier des femmes, dénoncent la « Ligue du LOL ». Un groupe de Facebook composé en grande partie de journalistes. La porte-parole de l’association « Prenons la une », Aude Lorriaux, y voit « une logique qui construit le sexisme ». La « Ligue du LOL » apparaît au grand jour depuis la fin de la semaine dernière, grâce à des messages sur les réseaux sociaux amplifiés par un article de Libération. Ce groupe lancé sur Facebook à la fin des années (...)

    #Facebook #harcèlement #discrimination


  • Des dizaines de Gilets jaunes mis sur « écoute téléphonique » par les renseignements
    http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/des-dizaines-de-gilets-jaunes-mis-sur-ecoute-telephonique-par-les-renseig

    Un total de 150 Gilets jaunes, dont un tiers pour la seule région parisienne, seraient placés sur écoute par les renseignements, affirme dans son édition de ce jeudi Le Point. Depuis les premiers jours, et même avant, les renseignements suivent de très près les Gilets jaune. Que ce soit en ligne sur les différentes pages où ils communiquent ou jusque sur les ronds points, les agents français pistent les contestataires, a déjà révélé notamment Le Canard enchaîné. Mais c’est cette fois une étape (...)

    #écoutes #activisme #CNCTR #surveillance



  • Juan Branco, le radical chic qui veut la peau de la Macronie - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/politique/juan-branco-le-radical-chic-qui-veut-la-peau-de-la-macronie_2061348.html


    Comme j’avais vu que certain⋅e⋅s ont des réserves ici sur le personnage, j’ai parcouru cette bio qui est effectivement… déroutante.

    Avant de rencontrer le phénomène Branco, on s’était penché sur ses hauts faits d’armes : il aurait été vu participant à une course de chevaux dans le désert à l’invitation du cheikh d’Abou Dhabi ; passant la main dans le dos d’un Julian Assange reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres ; jouant les photographes pour un tabloïd de New Delhi ; enfilant un gilet pare-balles pour se perdre dans la brousse centrafricaine en pleine crise humanitaire. Tout ça avant l’âge de 30 ans.


  • Off Guardian : les 10 raisons pour lesquelles les Gilets jaunes sont une excellente chose
    https://yetiblog.org/archives/15236

    « Regardez la tête de Jupiter ! Il ne sait pas quoi faire. Il a essayé le racisme, l’immigration, le matraquage, les gangsters, les blessures, la violence policière, la prison, le tabagisme, la répression, le mensonge et nous sommes toujours là ! ! ! ! ! Nous ne lâchons rien et continuons tous ensemble sans laisser personne de côté. Ce n’est pas facile. Nous sommes tous différents avec des idées différentes, mais nous avons un objectif commun : nous appartenons à une grande famille, nous nous querellons, mais nous nous retrouvons chaque semaine, samedi, dimanche et soir, lorsque nous le pouvons et oublions nos différences. »

    La diversité est l’un des mots clés du néolibéralisme, mais si nous réfléchissons à ces termes, nous devons également rappeler l’axiome de Nietzsche selon lequel les choses ne sont dites que lorsqu’elles disparaissent. Cependant, avec les Gilets, nous avons un exemple de vraie diversité, différente à tous égards de l’usage néo-libéral habituel dont on nous abreuve tous les jours.

    La raison fondamentale pour laquelle les Gilets jaunes diffèrent de toute révolution de couleur, voire de toute révolution majeure du XXe siècle, est précisément la manière dont cette diversité alternative fonctionne. Les Gilets construisent leur système de compréhension à l’intérieur de leur propre sphère « où chacun voit l’autre tel que l’autre le voit » (Arendt 1958). Et ils le construisent par leurs discussions.

    • [A]bstraction is the language of power, hierarchy and representation. Abstraction and its use in a political context are what unite all regimes be they communist, Nazi or neo-liberal. [Gilets] demands are simple, concrete: lower toll way charges, a ban on plastic bottles, a stop to compulsory withdrawals from personal bank accounts, an end to planned obsolescences in consumer goods just to name a few. What these demands enunciate is a world view grounded in people’s immediate lives.

    • In French:

      1. Ils ne sont pas dans l’abstraction et l’idéalisme : l’abstraction est le langage du pouvoir, de la hiérarchie et de la représentation. L’abstraction et son utilisation dans un contexte politique sont ce qui unit tous les régimes politiques, qu’ils soient communistes, nazis ou néolibéraux. Les Gilets ne sont pas de cette école. Leurs revendications sont simples et concrètes : réduction des frais de péage, interdiction des bouteilles en plastique, cessation des retraits obligatoires dans des comptes bancaires personnels, cessation de l’obsolescence programmée dans les biens de consommation, pour n’en nommer que quelques-uns. Ce que ces revendications énoncent est une vision du monde enracinée dans la vie immédiate des gens. Les Gilets Jaunes disent des choses comme :

      « Je suis dans la merde, je travaille 2 heures par jour pour un petit salaire de 240 euros/mois avec un supplément CAF ! »


  • Mega-thread sur « La ligue du lol »
    du réseau Feminisme de reddit :

    Pour celleux qui n’ont pas suivi : la « Ligue du lol » était, il y a une dizaine d’années, un groupe composé d’hommes, principalement des journalistes, très en vu sur twitter et qui faisait subir un harcèlement immonde aux femmes, féministes, personnes racisées et LGBT. L’affaire a été ressuscitée il y a quelques jours par un article (au demeurant très critiquable) de Libé, et depuis une discussion émerge sur le sujet sur twitter. Il s’avère que certains des journalistes/rédac chef les plus en vue, dirigeant des journaux « de gauche » soit-disant féministes, font partie d’une clique de harceleurs qui avait entre autre pour habitude de poster des photo-montage porno des femmes harcelées. Soulignons d’ailleurs que cette ascension sociale a probablement été aidée par cette pratique du harcèlement qui 1) permettait de marginaliser ou d’écarter de la profession les femmes victimes et 2) construisait un réseau de connivence et solidarité masculine. Les femmes témoignent de ce qu’elles ont subi et de l’impact dévastateur que ce harcèlement a eu sur leurs parcours pro et leurs vies. Les agresseurs font pour certains de pseudo excuses. On attend toujours les réparations et les licenciements : Mélusine compare très justement ça à l’affaire Meklat, qui s’est fait ostraciser par toute la presse pour bien moins pire.

    https://www.reddit.com/r/Feminisme/comments/ap2icr/megathread_sur_la_ligue_du_lol
    #harcèlement #cyber_harcèlement ##ligueduLOL #Ligue_du_LoL #metaliste

    • Ligue du LOL : « Au début, on échange sur les réseaux sociaux, au fur et à mesure, ça se gâte »
      http://www.slate.fr/story/173364/ligue-du-lol-temoignage-journaliste-harcelement-raids

      Entre 2011 et 2013, j’ai subi du cyber-harcèlement répété qui démarrait, à chaque fois, par des tweets ou messages d’un membre de la Ligue du LOL. C’était souvent des blagounettes en 140 caractères, puis des commentaires injurieux, d’autres sur ma sexualité ou encore des commentaires sur le blog féministe que je tenais à l’époque, « Les diablogues du vagin ». Ensuite, il y a eu des « raids » organisés autour de certains tweets féministes ou d’articles que je publiais en ligne, une critique ciblée mais récurrente. À l’époque, nous évoquions des concepts féministes qui commençaient à peine à émerger dans le débat public français : le patriarcat, la culture du viol et le manspreading.

      Souvent des membres de la Ligue du LOL faisaient des blagues, d’autres critiquaient mes capacités professionnelles, j’avais encore des choses à apprendre. Plusieurs fois, ils ont suggéré que j’avais eu des relations sexuelles avec mon chef de service d’alors pour avoir mon poste en CDD à Libération.

      Lors des quatre ou cinq « raids » que j’ai subis, ils ramenaient dans leur sillage des internautes vulgaires et injurieux. Cela faisait cinquante, soixante-dix ou cent tweets dans la journée. C’est par ces anonymes, trop soucieux de plaire aux influenceurs et de se défouler sur des féministes, que j’ai été insultée (« pute », « salope ») et que j’ai reçu deux appels au viol. C’est rien par rapport aux vagues de cyber-harcèlement qui ont lieu aujourd’hui, comme celles visant Nadia Daam, mais c’est dur à gérer.

      [...]

      Pourquoi c’est politique ? Quand certains affirment qu’ils ne visaient pas les féministes, je refuse de le cautionner. Les insultes et diffamations que je cite ci-dessus ont un caractère sexiste évident. Se référer à mon genre ou à ma sexualité pour m’épingler publiquement, c’est sexiste. Critiquer les articles et expressions féministes, cela relève du sexisme, autant que de la tête de mule qui ne veut pas comprendre.

      Avec certaines victimes, nous sommes entrées en contact pour nous serrer les coudes. Pourquoi n’avons-nous pas parlé pendant toutes ces années ? Parce que ces gens-là avaient des postes importants, étaient amis avec des rédacteurs en chef influents ou des personnes à des postes de direction à Slate, à Libération, aux Inrocks, dans la presse people ou magazine –ceux qui sont cités parmi les membres de la Ligue du LOL. Précaires, nous avions peur de perdre des opportunités de travailler. Surtout, à l’époque, le cyber-harcèlement n’était pas encore puni par la loi en France. Il y a un aspect systémique dans le harcèlement pratiqué par des journalistes hommes, blancs, en poste ou en responsabilités, qui s’en prennent à des consœurs plus jeunes et dans la précarité. Parmi leurs autres victimes, il y avait aussi beaucoup d’hommes qui ne correspondaient pas aux normes idéales de la virilité, des personnes LGBT+, d’autres personnes racisées.

      Nous n’avons pas parlé car nous n’avions plus beaucoup de preuves : la quasi-totalité de ces messages a été effacée, de nombreux comptes ont été supprimés. Il y a un problème dans cette impunité. À quel titre un canard de gauche et progressiste peut-il permettre à des journalistes en poste d’écrire des tweets de blagues sexistes, homophobes ou racistes ? Même s’il ne s’agit plus de harcèlement ciblé...


  • Cnam - Le blog - Les armes non létales sont-elles létales… et vice versa ?
    http://blog.cnam.fr/sante/les-armes-non-letales-sont-elles-letales-et-vice-versa--1051225.kjsp

    Mais on peut parfois être surpris de la proximité de certaines armes létales avec des armes dites non létales. Ainsi, la grenade lacrymogène à effet de souffle GLI F4 (grenade lacrymogène instantanée), actuellement utilisée pour le maintien de l’ordre en France, contient 24 grammes d’explosif là où une mine antipersonnel n’en contient que 30.

    Si l’armée américaine continue à utiliser le terme de non létalité, la plupart des auteurs parlent désormais d’#armes_à_létalité_réduite (Less Letal Weapons), reconnaissant implicitement leur capacité à provoquer des blessures graves.

    […] D’abord réticentes à l’utilisation de ce type d’armes en France, les forces de l’ordre se convertissent, lentement mais sûrement, à leur usage sous l’impulsion des #hommes politiques. En 1995, #Claud_ Guéant les introduit au sein de la #police_nationale. Deux ans plus tard les Cahiers de la sécurité intérieure font part de l’opposition des officiels de police et de #gendarmerie quant à leur utilisation. Cela n’a pas empêché #Nicolas_Sarkozy de prôner leur usage en 2002 pour « impressionner les voyous ». A partir des émeutes de 2005, leur utilisation se répand.

    En augmentant leur diamètre, en les arrondissant, en réduisant leur poids et leur vitesse initiale, les fabricants ont certes réduit la létalité de l’arme, mais en augmentant leur résistance à l’air, donc leur imprécision. C’est ainsi que le Flash Ball Superpro, avec une munition de 29 grammes pour un calibre de 44 mm a été progressivement relégué depuis 2010.

    Son remplaçant le LBD 40x46 dispose d’une munition plus lourde (41,8 grammes), d’un diamètre réduit à 40 mm et d’une vitesse initiale doublée qui atteint près de 331 km/heure. Il est donc plus précis mais – évidemment – plus dangereux.

    Ainsi, et jusqu’en 2014, les diverses réglementations françaises imposaient de respecter une distance minimale de 10 mètres pour le #LBD 40 x 46 là où elle n’était que de 7 mètres pour le Flash Ball Superpro. Ces restrictions ont été supprimées depuis.

    #maintien_de_l'ordre


  • #Transport_particulier_de_personnes : un rapport plaide pour une meilleure régulation | Banque des Territoires
    https://www.banquedesterritoires.fr/transport-particulier-de-personnes-un-rapport-plaide-pour-une-m

    L’un des points fondamentaux mis en avant dans le rapport consiste à renforcer l’encadrement du #temps_de_conduite. Les données disponibles sur les #accidents de la route font en effet ressortir une « probable » sur-sinistralité des chauffeurs de #VTC, notent les auteurs. Ils recommandent donc que « le temps de conduite des chauffeurs VTC au moins de la zone de Paris et des 80 communes (environnantes), soit plafonné à hauteur de 11 heures par jour et de 60 heures par semaine ». Les artisans taxis parisiens bénéficient déjà d’une semblable limitation à 11 heures du temps de conduite quotidien.
    Il propose aussi « l’instauration d’un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives au minimum, à n’importe quel moment de la semaine », applicable cette fois à tous les chauffeurs du transport public particulier de personnes dans toute la France. Pour cela, les auteurs préconisent « d’obliger les centrales de réservation VTC à suivre le temps de conduite de chaque chauffeur et à adresser les données à un organisme totalisateur », et de lancer une étude pour la mise en place d’un contrôle électronique embarqué comme il en existe déjà en Suède.


  • ACTE XIII : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! »
    https://la-bas.org/5432

    D’ordinaire, la violence est utilisée pour discréditer un mouvement. Mais voilà, ça ne prend plus, et depuis treize semaines, une petite musique monte : « QUI NE CASSE RIEN N’A RIEN ! » « Le mouvement s’essouffle. » Chaque semaine, les experts sont unanimes, « le mouvement s’essouffle ». Et chaque semaine, le nombre de manifestants est en baisse, selon le chiffre du ministère de l’Intérieur - un détail que les experts oublient souvent d’indiquer. Ajoutez l’hostilité assumée de la plupart des médias et les accusations permanentes contre les « gilets jaunes » : homophobie, xénophobie, insultes raciales, infiltration par « les extrêmes » et même antisémitisme, suite à un tag découvert sur une vitrine alors qu’absolument aucun manifestant n’était présent dans ce quartier et que le tag – selon le commerçant (...)

    #Radio #Luttes #France #Paris_et_banlieue
    https://la-bas.org/audio.api/free/aW5sYnM6Ly9mb2xkZXItNDI0MTkvbXAzLTQ3Ni80NTMwNS1yZXBvcnRhZ2VfZ2lsZXRzX2phdW5lc19hY3RlX3hpaWlfLV9leHRyYWl0Lm1wMw==/45305-reportage_gilets_jaunes_acte_xiii_-_extrait.mp3


  • « Prendre » : Wilfried Lignier est allé là où les tout-petits font société
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/07/prendre-wilfried-lignier-est-alle-la-ou-les-tout-petits-font-societe_5420328

    Quel parent n’a pas éprouvé, en refermant la porte de la crèche dans laquelle il venait de déposer son enfant, ce petit malaise passager qui tient au caractère irréel du lieu ? Hors de la société, pourrait-on dire, et doublement. La crèche ressemble d’une part à une bulle protégée des vicissitudes de la vie ordinaire. Elle paraît d’autre part tout occupée à pacifier des ­conflits qui, vus à hauteur d’adulte, semblent parfois naître de pulsions naturelles erratiques plutôt que de motifs explicables.

    Fuck #paywall, est-ce qu’à tout hasard, quelqu’un ne l’aurait-il pas vu traîné somewhere dans les tréfondeurs du l’internet ?

    • « Prendre » : Wilfried Lignier est allé là où les tout-petits font société

      Pour son nouvel essai, le sociologue a longuement observé, en crèche, comment les enfants saisissent, prêtent, donnent… et reproduisent les inégalités.

      Par Gilles Bastin Publié le 07 février 2019 à 09h00 - Mis à jour le 07 février 2019 à 09h00

      Prendre. Naissance d’une pratique sociale élémentaire, de Wilfried Lignier, Seuil, « Liber », 328 p., 24 €.

      Quel parent n’a pas éprouvé, en refermant la porte de la crèche dans laquelle il venait de déposer son enfant, ce petit malaise passager qui tient au caractère irréel du lieu ? Hors de la société, pourrait-on dire, et doublement. La crèche ressemble d’une part à une bulle protégée des vicissitudes de la vie ordinaire. Elle paraît d’autre part tout occupée à pacifier des ­conflits qui, vus à hauteur d’adulte, semblent parfois naître de pulsions naturelles erratiques plutôt que de motifs explicables.

      Cette étrangeté fait obstacle au regard de la sociologie. Elle force à observer les faits et gestes des plus petits, à écouter des histoires que les adultes qualifient d’enfantillages. Tout le contraire des grandes questions de société à propos desquelles débattent les sociologues. De plus, ce qui se passe dans ce lieu où tout semble être réduit à sa fonction (tapis plastifiés, chaises et tables minuscules, cubes de couleur et livres en carton…) est de l’ordre de la pratique la plus élémentaire et répétitive, de l’acte à l’état brut. Encore une raison de s’en éloigner si l’on aspire à écrire des choses profondes sur la société ?
      Un apprentissage capital

      C’est tout le contraire pour Wilfried Lignier. Après des travaux consacrés à la désignation par la société d’enfants dits « surdoués » (La Petite Noblesse de l’intelligence. Une sociologie des enfants surdoués, La Découverte, 2012) et aux représentations enfantines de la société et de la politique (L’Enfance de l’ordre. Comment les enfants perçoivent le monde social, Seuil, 2017), le sociologue a consacré pour ce livre une année de recherches aux crèches dans lesquelles sont accueillis les enfants de 2 à 3 ans. Plus précisément, à un geste particulier que les enfants accomplissent en ­permanence dans ce type de lieux : celui de prendre (des objets ­principalement) et par la suite de donner ce que l’on a pris, de le garder ou de l’échanger.
      Lire aussi Les tout-petits ont le sens de la justice

      Pour le sociologue, la crèche est un « domaine du prenable » : on y apprend avant tout à prendre. Et cet apprentissage, qui demande un effort considérable, est aussi d’une importance capitale pour la société. En apprenant d’abord à désirer ce qui est désirable (voiture ou compote), à s’éloigner de ce qui n’est pas prenable (le doudou d’autrui), à demander avant de prendre ou à donner afin de se faire des alliés (« Tiens », dit-on, un objet à la main, pour entrer en relation), les enfants apprennent en effet tout à la fois les règles des institutions (comme la propriété), l’inégalité (parce que tous ne disposent pas à la maison d’autant de choses prenables qu’il y en a à la crèche) et la hiérarchie des biens culturels (ainsi du livre dont la crèche apprend très vite aux enfants que l’on ne peut le manipuler qu’en présence d’un adulte et lors d’une cérémonie de lecture).
      « L’énergie sociale »

      Wilfried Lignier excelle, dans ce livre fondé sur de fines observations, à faire sentir « l’énergie sociale » qui émane de la crèche et préexiste aux pratiques des enfants qu’elle guide. Cette énergie est le plus souvent canalisée par la crèche elle-même : on y apprend de façon très codifiée qu’il faut partager et comment on doit prendre les choses sans agresser autrui. Mais il s’y joue également d’autres processus sociaux tout aussi formateurs pour les enfants.

      La reproduction des inégalités est de ceux-là. Dans la crèche qu’a étudiée le sociologue cohabitent des enfants de milieu social privilégié, qui disposent à la maison de nombreux objets pour jouer, et d’autres de milieu social défavorisé, qui n’en disposent pas. Leur rapport à la prise est profondément différent. Les premiers semblent moins « inquiets » lorsqu’ils se voient privés temporairement d’un objet qu’ils avaient pris, alors que les seconds manifestent fréquemment une « impatience distinctive » à l’égard des objets, impatience qui les gêne dans ce lâcher-prise qu’est le don, ferment pourtant des alliances et du pouvoir en société : « L’appropriation des choses, note en effet le sociologue, passe pour eux par un volontarisme de tous les instants. »

      La sociologie a encore beaucoup de chemin à parcourir pour comprendre tout ce qui se joue dans ces premières prises enfantines et le documenter avec plus de matériaux que ceux qui sont fournis dans ce livre. Mais en redonnant de la grandeur aux actes quotidiens et banals des plus petits, en montrant comment, dès la prime enfance, « le geste qui nous porte vers les choses est un geste social », Wilfried Lignier accomplit un pas ­notable dans cette direction.

      Extrait

      « Ce que nous tenons sans aucun doute de la nature, ce qui est irrémédiablement en nous depuis la naissance, c’est un désir générique d’appropriation de ce qui nous entoure. Mais l’intensité de notre tendance à prendre lors de nos premières années d’existence (…), ainsi que la manière dont nous avons ­tendance à procéder au moment même de l’acte, tout cela est forcément ­particulier, c’est-à-dire particularisé par des conditions locales singulières : une époque, un milieu, un moment, une interaction. Les premières prises ne sont dès lors plus envisageables comme une confrontation nature/culture. Elles doivent être analysées comme un processus forcément social de formation de pratiques distinctives à partir d’une tendance générique à s’approprier le monde. » Pages 17-18

      Gilles Bastin (Sociologue et collaborateur du « Monde des livres »)
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