• Erdogan in Tehran: Turkey wants to dance at every Mideast wedding - From breaking off with Israel and Syria, to the rift with Egypt and confrontations with the U.S., Turkey’s foreign policy has suffered blow after blow. Would a nuclear deal with Iran help Turkey reposition itself in the region?
    By Zvi Bar’el | Apr. 8, 2015 |Haaretz
    http://www.haaretz.com/news/middle-east/1.650923

    Turkish President Recep Tayyip Erdogan and his Iranian counterpart Hassan Rohani looked on Tuesday like two hedgehogs trying to mate. Their statements during a press conference, at which no questions were allowed, sounded as if every comma in them had been very carefully programmed.

    “We need to undertake this mediation to stop the bloodshed in Iraq and Syria,” declared Erdogan, who refrained from mentioning Turkey’s involvement with the anti-Iran coalition that’s operating against the Houthis in Yemen. “I don’t care if they are Sunnis or Shi’ites being killed, they are all Muslims,” said the Turkish president, who, unlike Iran, is demanding that Syrian President Bashar Assad be removed from power as a condition for his joining the western coalition against the Islamic State group, also known as ISIS.

    These are not the only disputes between Turkey and Iran. Two weeks ago, Erdogan declared that Iran’s goal is to seize control of the region and that it must be stopped. As a result, 65 members of the Iranian parliament demanded that their president cancel Erdogan’s visit to Tehran. Moreover, Turkey positioned itself Saudi Arabia in the war against the Houthis in Yemen. The Saudis see Turkey as an ally in the Sunni axis it seeks to establish against Iran. The high price that Turkey is paying Iran for natural gas is also angering Erdogan, who promised to buy more gas if Iran would agree to lower it.

    But along with these differences, Iran and Turkey have many common interests. Trade between the two countries is worth some $14 billion and, at least according to their statements, they intend to triple its scope. The two countries see eye to eye on the risk posed by the establishment of an independent Kurdish state, and Turkey is also the major supplier of consumer goods to Iraq, which is under Iran’s patronage.

    Despite the chronic mutual suspicion, the economic and diplomatic ties with Iran are especially important to Turkey, which realizes the enormous potential opportunities if a nuclear agreement is signed with the world powers that lifts the sanctions imposed on Iran. The legitimacy that Iran would receive would allow Turkey to purchase large quantities of crude oil at a competitive price, integrate into the Iranian auto industry, and win huge construction tenders that are expected to be issued.

    At the same time, Turkey is not relinquishing the new ties that have developed with Saudi Arabia. These are liable to bring reconciliation with Egypt, from which Turkey has been cut off since Abdel-Fattah al-Sissi seized power in July 2013. Just before he left for Iran, Erdogan received the Saudi crown prince and interior minister, Mohammend bin Nayef, who asked for an assurance that Turkey would not deviate from the agreements reached between the two countries when Erdogan visited Riyadh last month, particularly with regard to cooperating in the war in Yemen.

    Once again, Turkey is trying to dance at all the weddings and reposition itself in the Middle East. So far, its foreign policy has suffered blow after blow: the breaks with Israel and Syria; major losses in Libya; the rift with Egypt; the cold winds from Saudi Arabia; and confrontation with the United States over Turkey’s refusal to join the coalition against ISIS. Turkish commentators hastened to compare Iran, which is liable to play a significant, if not primary role in the regional diplomatic games, to Turkey, which has lost its regional anchors; between Iran, whose president uses Twitter and Facebook, and Turkey, where the government has ordered the online social networks blocked. These are still far-fetched comparisons; Iran still has a long way to go just to get to the limited human rights that exist in Turkey. But in a region where images play a crucial role in the branding of nations, Iran is earning lots of credit points while Turkey is being pushed to the sidelines.

  • Recension de Pour les musulmans d’Edwy Plenel par Al Kanz : « Pourquoi il faut lire et faire lire le livre d’Edwy Plenel » http://www.al-kanz.org/2015/04/07/edwy-plenel

    (...) apprendre qu’une nouvelle personnalité médiatique semble parler au nom des musulmans n’a pas suscité en nous un enthousiasme débordant. Même s’il s’agit d’un journaliste comme Edwy Plenel.

    Avec les musulmans, non à la place des musulmans

    Le climat d’islamophobie décomplexée dans lequel nous vivons depuis quelques années, entretenu à dessein par nombre de partis politiques et de médias, a entrainé dans la communauté musulmane défiance et désamour à l’encontre notamment des journalistes.

    En outre, Chalghoumi et consorts ont fini de consommer le divorce en subtilisant systématiquement une parole si rarement accordée. Difficile dans ces conditions de ne pas être sur ses gardes lorsque ces native informant sont remplacés par un tout aussi porte-parole version sympathique : dans les deux cas la parole est confisquée.

    Ainsi, de prime abord, on a beau s’appeler Edwy Plenel, lorsque l’on publie un ouvrage intitulé « Pour les musulmans », l’adhésion n’est pas immédiate… jusqu’à ce que l’on aborde et lise l’ouvrage. Là c’est la, bonne, surprise.

    Disons deux mots sur la forme. Le bouquin se lit vite et bien, aisément d’une traite. La plume de Penel est heureuse, limpide et pédagogique. Le fondateur de Mediapart écrit comme il parle : on retrouve dans ses mots la vivacité de son regard qui pétille lorsqu’il se lance dans une tirade passionnée. S’il convoque ça et là l’histoire et autres références d’érudition, le lecteur qui les ignore ne sera pas pénalisé. Mais le plus intéressant est évidemment ailleurs.

    Un livre avec les musulmans, non à leur place

    Edwy Plenel évite l’écueil que nous redoutions : à aucun moment, il ne se fait porte-parole des musulmans. Il ne parle jamais à la place des musulmans. Son « pour » est un « avec ». Mieux, le journaliste dit ce que nous sommes très nombreux à dire depuis des années. Mais lui n’est pas musulman : de fait, l’objection facile, inepte et fallacieuse de la victimisation tombe immédiatement à l’eau ; cette fameuse victimisation que l’on pointe dès lors que vous dénoncez, par des faits, l’islamophobie qui ronge la France. On peut aussi penser que son propos sera, pour la même raison, plus audible que celui de tout autre musulman qui tient le même discours.

    « Pour les musulmans », ce pour est un avec.

    L’auteur lie l’islamophobie à la question sociale. « Sous la question musulmane, écrit-il, se joue la question française. » Et d’être convaincu que redonner de l’espoir, du bonheur, un avenir à cette France crispée et violentée par une oligarchie qui règne sur le pays depuis des décennies fera reculer cette haine contre les musulmans. Certes, il ne faut pas être naïf. La baisse du chômage ne convertira pas les haineux à un amour ardent à l’endroit des musulmans.

    Sous la question française se joue la question musulmane

    Pour autant, ce qu’écrit Edwy Plenel ne peut que convaincre a minima les musulmans. Combien de hadiths nous enjoignent à nous soucier de nos voisins comme de nos proches. Si l’on considère uniquement ce commandement divin, il apparaît clairement que cette question française, dont parle Plenel, est un devoir tout à la fois moral, civique, personnel et même religieux. L’injonction à faire le bien autour de soi, à donner de sa personne, de ses biens, à mettre en pratique les appels à l’altruisme, au partage, apparaissent alors comme une réponse à l’islamophobie.

    Rabibocher le lien social, se soucier de son voisin, être acteur dans son quartier, sa ville, appliquer les enseignements de l’islam, être mieux musulman, voilà assurément une partie de la solution pour soigner la France bien malade.

    Bref, Pour les musulmans est un livre à lire et à faire lires à ses proches et amis non musulmans, ce pour une raison assez simple : Plenel formule pertinemment ce que, selon nous, une écrasante majorité des musulmans de France pense. Donner à lire cet ouvrage permettra peut-être de renouer un dialogue parasité par les prêcheurs de haine de l’extrême droite aux socialistes qui ont entrepris de faire du muslim bashing l’expédient par excellence.

  • Décollage africain, marasme sénégalais | Sanou Mbaye
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/MBAYE/47388

    La vie politique sénégalaise ressemble à un chaudron de déception et de colère sur fond de crise sociale. Mais le mal dont souffre le pays — en panne de croissance — déborde le cadre des clivages politiciens. / #Afrique, #France, #Sénégal, #Développement, #Droit, Élections, #Entreprise, #Finance, #Commerce, Crise (...) / Afrique, France, Sénégal, Développement, Droit, Élections, Entreprise, Finance, Commerce, Crise économique, Crise financière, #Corruption - 2012/02

    #Élections #Crise_économique #Crise_financière #2012/02

  • La « grande muraille verte » d’#Afrique | Mark Hertsgaard
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/11/HERTSGAARD/46896

    Tandis qu’une famine ravage la Corne de l’Afrique, des scientifiques réfléchissent aux équilibres écologiques. Pour combattre la désertification, plusieurs pays ont lancé un projet de « grande muraille verte ». / Afrique, #Sénégal, #Agriculture, #Alimentation, #Désertification, Écologie, #Faim, #Femmes, #Forêt, (...) / Afrique, Sénégal, Agriculture, Alimentation, Désertification, Écologie, Faim, Femmes, Forêt, #Sahel, #Climat, #Sahara, #Environnement - 2011/11

    #Écologie #2011/11

  • Soldats oubliés du Courneau | Stephan Ferry et Philippe Lespinasse
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/11/FERRY/46924

    Sous une butte de sable en Gironde, neuf cent trente-six combattants africains gisent dans l’anonymat. / #France, #Russie, #Sénégal, #Armée, #Colonialisme, #Conflit, #Histoire, Santé, #Ville, #Madagascar - 2011/11 / France, Russie, Sénégal, Armée, Colonialisme, Conflit, Histoire, Santé, Ville, Madagascar - 2011/11

    #Santé #2011/11

  • « Africaine » | Anne-Cécile Robert
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/ROBERT/20777

    Une tranche de vie, une page d’histoire défilent sous nos yeux. « Avant, il y avait juste une entrée. Deux petits troncs d’arbre à deux mètres l’un de l’autre pour dire aux étrangers, comme à voix basse, presque d’une voix d’ami : ici commence la maison de Cerno Amad Si, entrez si vous voulez. » (...) / #Sénégal, #Agriculture, #Femmes, #Littérature, #Photographie, #Pêche - 2011/07

    #2011/07

  • Paris et l’Afrique, citoyenneté et nation (1945-1960) | Jane Burbank et Frederick Cooper
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/BURBANK/47021

    En #France, les liens entre citoyenneté, nation et empire sont historiquement ambigus. / #Algérie, Côte d’Ivoire, France, #Haïti, #Sénégal, #Colonialisme, #Impérialisme, #Nationalisme, #Madagascar, #Colonisation, #Dahomey, Indochine française - (...) / Algérie, Côte d’Ivoire, France, Haïti, Sénégal, Colonialisme, Impérialisme, Nationalisme, Madagascar, Colonisation, Dahomey, Indochine française - 2011/12

    #Côte_d'Ivoire #Indochine_française_ #2011/12

  • Maturité de la démocratie sénégalaise | Anne-Cécile Robert
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-03-29-Maturite-de-la-democratie

    Très nette et obtenue dans le calme, la victoire de M. Macky Sall à la présidentielle sénégalaise le 25 mars (65,80 % des voix contre 34,20 % au chef de l’Etat sortant Abdoulaye Wade) rassure sur la solidité de la démocratie dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Après un début de campagne chaotique marqué (...) / #Sénégal, #Démocratie, Élections - La valise diplomatique

    #Élections #La_valise_diplomatique

  • Quand le riz devient un produit financier | Jean Ziegler
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/ZIEGLER/47426

    Pour lutter contre la faim, au-delà de l’aide ponctuelle, et nécessaire, il faudrait soustraire les matières premières agricoles au système de spéculation, comme le proposent des économistes. / #Afrique, #Sénégal, #Agriculture, #Agroalimentaire, #Alimentation, Commerce international, #Faim, #Finance, (...) / Afrique, Sénégal, Agriculture, Agroalimentaire, Alimentation, Commerce international, Faim, Finance, #Spéculation, Matières premières - 2012/02

    #Commerce_international #Matières_premières #2012/02

  • Sénégal : les USA dénichent un chef du Hezbollah à Dakar
    http://www.afrik.com/senegal-les-usa-denichent-un-chef-du-hezbollah-a-dakar

    Abbas Fawaz Loutfe est un ressortissant libanais, fonctionnaire du Département des affaires étrangères du Hezbollah. Il est en outre chef du Département du Hezbollah au Sénégal. Agé de 35 ans, celui qui est encore appelé Abass Abou Ahmad Fawaz est épinglé par le Département du Trésor américain pour avoir, entre autres, dirigé des membres du Hezbollah lors de réunions secrètes visant à collecter des fonds et à promouvoir le Hezbollah parmi les ressortissants libanais à Dakar.

    OK, il se dit qu’il y a environ 25.000 libanais au Sénégal, et entre 200.000 et 300.000 sur le continent africain :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_libanaise_au_Sénégal
    Une très importante partie sont des chiites du Sud du Liban, chassés par la guerre et l’occupation israélienne.

    Je doute (mais alors je doute carrément) que les expatriés chiites libanais en Afrique aient besoin d’organiser des « réunion secrètes » quand ils veulent parler en bien du Hezbollah et envoyer des sous au pays. Pas besoin de « dénicher », ces gens sont très fiers du Hezb.

  • Tariq Ramadan et l’homosexualité

    http://www.huffingtonpost.fr/haoues-seniguer/tariq-ramadan-et-lhomosexualite_b_3622915.html

    Tariq Ramadan a défrayé la chronique lors d’un panel organisé à Dakar le 5 juillet dernier en déclarant, au sujet de l’homosexualité au Sénégal, ce qui suit :

    « Tous les savants sont unanimes sur la question. L’islam interdit l’homosexualité, à l’instar de toutes les religions monothéistes. Mais, être homosexuel ne veut pas dire qu’on n’est pas musulman. Il n’y a pas de chasse aux sorcières (...) Il faut avoir le discours de la responsabilité et éviter de juger ».
    Cette sortie a été vue d’un très mauvais œil de la part du président sénégalais, Macky Sall, qui a aussitôt vertement réagi à ces déclarations, en affirmant, en retour : « Je ne dépénaliserai pas l’homosexualité ».

  • Senegal’s secret shame - English edition
    http://mondediplo.com/blogs/senegal-s-secret-shame

    But behind the smiles and occasional loud laughter lies a troubling nightmare that Ndiaye has to live with. It’s not the worry of living with a terminal illness or threat of eviction for unpaid debt, it’s the abusive daily tongue-lashing from her own husband that sends her into what she describes as a “frenzied near coma”. On this occasion, long after her guests left, it took some time before Ndiaye could muster the courage to speak. “I have been married for 13 years now and it’s like I am tied to it, not by love but the fact that my husband did not find me a virgin when he got married to me,” she said. “Walking out of this marriage could bring eternal shame on me and my four children because my husband could tell them why my marriage collapsed. Virginity is a big issue in our tradition.”

  • Cairo protests against Senegalese official using the Rabaa sign in his own country - Middle east monitor

    http://www.middleeastmonitor.com/news/africa/10000-cairo-protests-against-senegalese-official-using-the-rabaa-

    The Egyptian foreign ministry has summoned the Senegalese ambassador in Cairo to express his protest against a senior official in Senegal using the Rabaa sign in the Senegalese capital of Dakar, Arab news media widely reported on Thursday.

  • Immigré tu es, immigré tu resteras, et tes enfants avec toi

    Les #fantasmes occidentaux sur l’#invasion étrangère sont le retournement de l’#idéologie_coloniale : puisque l’#Occident n’est plus en mesure de peupler le monde, il sera peuplé par lui

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b6dcdf56-bc21-11e3-992b-e6aa952f4c35

    #immigré #migration #colonisation #étranger #surpopulation_étrangère #immigration_de_masse #naturalisation

    • Exemple de nos chers représentants politiques « français issus de l’immigration »... même pour des personnes dont les parents sont arrivés, par exemple, du Sénégal en France dans les années 1920. Bientôt 1 siècle ! Idem pour les maghrébins d’après 2ème guerre mondiale...

  • En France, la « finance islamique » reste peu enseignée - Le Monde

    http://www.lemonde.fr/education/article/2014/10/15/en-france-la-finance-islamique-reste-peu-enseignee_4506419_1473685.html

    Ce vendredi 10 octobre, à l’université Paris-Dauphine, 35 étudiants en « executive master » planchent, à la nuit tombée, sur le marché des banques. Comme l’exige le milieu financier, l’élégance est de mise : costume et cravate pour les garçons, tenue raffinée et talons hauts pour les filles. Le sujet de ce master est particulier  : « la finance islamique », c’est-à-dire les dispositifs juridiques permettant de faire des affaires en respectant les règles de l’islam qui, par exemple, bannissent toute idée d’intérêts et de spéculation.

    L’intervenant, Farid Abderrezak, est un spécialiste des crédits sophistiqués chez BNP Najmah, à Bahreïn, passé maître dans l’art d’exercer son métier malgré ces contraintes : « Attention, prévient-il. La rentabilité reste le premier critère pour les investisseurs, assez peu sensibles à l’argument religieux, sauf en Arabie saoudite. Il faut utiliser la finance islamique à bon escient. » Pour contourner la règle des intérêts telle que pratiquée dans la finance conventionnelle, il existe, par exemple, la technique dite du «  mourabaha  » : la banque achète le bien puis le revend à son client, par tranches, en intégrant au prix de revente le coût du financement, la notion d’intérêts n’apparaissant pas de façon ostensible.

    En cette rentrée, la formation passe à la pratique, puisque les étudiants pourront élaborer des formules d’investissement pour des tours du quartier d’affaires de la Défense et les proposer à des acheteurs du Moyen-Orient, au Qatar, à Dubaï et à Abou Dhabi, où ils se rendront au printemps 2015.

    Ce cursus attire des étudiants pour la plupart français mais aussi étrangers, venus du Maghreb, de Mauritanie, du Sénégal, de Côte-d’Ivoire, du Liban… qui déboursent 8 400 euros pour la formation continue, parfois pris en charge par leur entreprise, et 4 200 euros pour la formation initiale.

    «  PARTAGE ÉQUITABLE  »
    La finance islamique est une niche dont quelques étudiants, pragmatiques, attendent un emploi. « Finance conventionnelle ou islamique, les marchés sont cycliques, il faut s’adapter » , résume Paul Evin, étudiant à Paris-Dauphine. « C’est une ouverture culturelle », pour Elliot Tison qui, après un bachelor à l’Essec, a multiplié les stages dans la finance – sans toutefois avoir poussé la curiosité jusqu’à lire le Coran. Asmaa Lady, 27 ans, Française d’origine marocaine, qui est déjà consultante dans la finance, avoue franchement qu’étant « de confession musulmane, cela [lui] permet de concilier [son] métier avec les valeurs de la charia  ».

    « Les montages peuvent parfois paraître un simple contournement des règles, mais il y a de vrais principes , explique Nadia Molinier, juriste venue suivre cette formation, comme investir dans des actifs tangibles, avec un partage équitable des profits et des risques entre acheteur et vendeur, ne pas financer des activités pornographiques, de vente d’armes, d’alcool, de jeux de hasard… » Augustin Olivier, étudiant en alternance de 24 ans travaillant dans l’immobilier, argumente : « Il y a une demande en Europe et il n’y a pas de raison que seuls les Luxembourgeois et les Britanniques s’arrogent ce marché. »

    C’est à la suite du rapport d’Elyès Jouini, vice-président de l’université Paris-Dauphine, rédigé en 2007 à la demande de Christine Lagarde, alors ministre des finances − qui escomptait attirer quelque 100 milliards d’euros d’investissements en France grâce au développement de la finance islamique − que l’idée de ces masters est née. Elle n’a pas fait florès, puisque seuls trois cursus ont été ouverts, l’un en 2009 à Paris-Dauphine, deux autres à la faculté de droit de Strasbourg − un MBA en 2008 et, en 2013, un master pour une vingtaine d’étudiants triés sur le volet.

    « La finance islamique n’a, certes, pas eu en France le développement espéré, mais elle progresse peu à peu avec de nouveaux produits “charia-compatibles”, reconnaît Michel Storck, professeur de droit financier et coresponsable du master à Strasbourg. Nos étudiants trouvent facilement des emplois, notamment au Luxembourg voisin. Nous souhaitons encourager la recherche dans ce domaine et avons déjà trois thésards dont les travaux sont financés par leur pays d’origine. »

  • Appel pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah | L’Humanité

    http://www.humanite.fr/appel-pour-la-liberation-de-georges-ibrahim-abdallah-552481

    Georges Ibrahim Abdallah, prisonnier depuis 30 ans en France dans les geôles de Lannemezan (France) a déposé, par l’intermédiaire de son avocat, une nouvelle demande de libération auprès du juge de l’application des peines.

    Le 30 septembre va se tenir une séance du tribunal à la prison de Lannemezan qui décidera, à nouveau, sur sa libération.

    Libération qui lui avait été accordée en 2012 en première instance et en appel soumise à la signature d’un arrêté d’expulsion que devait signer le ministre de l’Intérieur (Mr Manuel Valls) pour l’exécution de la décision de justice de le libérer. Le ministre de l’intérieur et la ministre de la justice ont décidé de faire un recours auprès de la cour de cassation, au motif qu’un prisonnier de longue durée doit pour recouvrer sa liberté totale faire une année de libération provisoire et conditionnelle. La cour de cassation a suivi les arguments des ministères de casser la demande de libération. Etonnant, non ! Que la Cour de cassation n’ai pas tenu compte de la nationalité de ce prisonnier politique, libanais, étranger et qu’en général les étrangers libérés sont immédiatement expulsés ?

    Devant ce déni flagrant de justice, notre syndicat Solidaires a voté à son dernier congrès en Juin 2014 à Dunkerque un Appel pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Les signatures affluent de partout pour exiger la fin de ce déni de justice.
     

    Cet appel a été signé par les organisations suivantes :
    AC-Gironde, Agir contre le chômage, Alternative libertaire Paris, AFPS (Association France Palestine Solidarité) Lyon, Cinéma Utopia Bordeaux, Cinéma Utopia Toulouse, Cinéma Utopia Tournefeuille 31, CGT Confederación général de los trabajadores (Espagne), CRI (Coordination contre le racisme et l’islamophobie) Lyon, Emilio Gonzales Larrea, programma de Radio estirpe Nacional « Cultural desde el pie » San justo, La Matanza Buenos Aires (Argentine), Fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales (Maroc), Fédération des organismes palestiniens (Argentine), FSU 33 (Fédération syndicale unitaires Bordeaux), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), Syndicat CSP-Conlutas (Brésil), Syndicat des fonctionnaires (Maroc), Syndicat SNAPEST des enseignants (Algérie), TIE Syndicat allemand, UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail), UJFP (Union juive française pour la paix), Union syndicale Solidaires (France)...

    Parmi les citoyens et membres d’associations signataires :
    Clémentine Autain, Alima Boumediene, Olivier Besancenot, Yves Bonnet, Jacques Gaillot, Jérôme Gleize, Dominique Grange, Pierre Laurent, Roger Naba, Jean Ortiz, Philippe Poutou, Pierre Stambul, Jacques Tardi, Marie-Pierre Vieu, Michel Warschawski… des Elus municipaux ……

    et bien d’autres encore : de France, de Tunisie, d’Argentine, du Maroc, du Sénégal, d’Algérie, d’Espagne, Brésil, Honduras, Chili et du Liban…

  • Comment diffuser des « intox » fait naître le racisme
    http://devreporternetwork.eu/wp-content/uploads/2014/11/Foto_racisme.jpeg
    « Ils envahissent l’Italie, ils ne respectent pas les lois, ils nous volent nos emplois, ils sont porteurs du virus Ebola… ». L’immigration en Italie est victime de nombreuses idées reçues, souvent alimentées par une information incomplète qui se concentre sur des événements isolés. Cette vision du phénomène alimente la peur et les troubles sociaux. Voici les « intox » actuelles les plus répandues sur l’immigration, mais démenties par les faits.

    L’utilisation d’une photo particulière, le titre d’un fait divers pointant du doigt la nationalité des délinquants (« Une vieille dame se fait arracher son sac par un Marocain »), l’utilisation de données incomplètes ne permettant pas une comparaison avec d’autres ordres de grandeur (en 6 mois, 100 000 immigrés ont débarqué en Italie) : voilà des formes de communication qui favorisent l’apparition de stéréotypes dangereux et de croyances souvent erronées sur l’immigration. Dernière intox en date à la une de nombreux journaux italiens : les réfugiés coûteraient 40 euros par jour à l’Italie.

    Faire circuler de fausses informations sur l’immigration peut engendrer des troubles sociaux très graves, comme en témoignent les récentes agressions dans les bus ou dans la rue de personnes africaines accusées d’être porteurs du virus Ebola, ou les affrontements à Tor Sapienza (Rome).

    Sur Esseciblog, Andrea Colasuonno a souhaité démentir les informations actuelles les plus répandues sur l’immigration en Italie en utilisant l’arme fatale des journalistes : les données.

    1) « Ils envahissent l’Italie »

    En Italie, on dénombre un peu plus de 5,5 millions d’étrangers, ce qui représente 8 % de la population. Sur ces 5,5 millions, 300 000 seulement sont en situation irrégulière. Le Royaume‑Uni est le pays européen où affluent le plus grand nombre d’immigrés, c’est‑à‑dire environ 560 000 par an. L’Allemagne, en revanche, est le pays de l’UE où l’on trouve le plus grand nombre de résidents étrangers, soit 7,4 millions de personnes. Viennent ensuite l’Espagne et l’Italie. Par ailleurs, l’Italie se classe sixième pour les demandes d’asile, qui se chiffrent à 27 800. Remarquons que le pays où l’on dénombre le plus d’immigrés est également l’unique pays connaissant une croissance économique actuellement.

    2) « Ils vivent aux frais de la princesse »

    En travaillant en Italie, les étrangers contribuent au PIB italien à hauteur de 11 %, alors que l’état italien leur accorde moins de 3 % des prestations sociales. De plus, les étrangers financent complètement les retraites. L’âge moyen des travailleurs étrangers est de 31 ans, alors que celui des travailleurs italiens est de 44 ans. Il faudra attendre 2025 pour qu’un étranger sur 25 soit à la retraite, alors qu’aujourd’hui, 1 Italien sur 3 est à la retraite. Les cotisations versées par les étrangers (se chiffrant à environ 9 milliards d’euros) servent donc aujourd’hui à payer la retraite des Italiens.

    3) « Ils nous volent nos emplois »

    Selon la Banque d’Italie : « Le nombre croissant d’étrangers en Italie n’a pas diminué les possibilités d’emploi pour les Italiens ». En Italie, le travail effectué par les étrangers a comblé un vide dû à des facteurs démographiques. Prenons par exemple la région de la Vénétie. Entre 2004 et 2008, sur les 65 000 jeunes embauchés par an, 43 000 sont de jeunes italiens et 22 000 de jeunes étrangers. Entre 1979 et 1983, période présumée de naissance de ces nouveaux travailleurs, on comptait 43 000 naissances par an. Telle est la situation au centre nord de l’Italie. Au sud, la situation est un peu plus problématique : en effet, dans une économie fragile et moins structurée, les étrangers acceptent souvent des salaires très faibles, dans des conditions de travail exécrables, « volant » ainsi quelques emplois aux Italiens.

    4) « Ils ne respectent pas les lois »

    Selon l’Istat (Institut italien des statistiques et des études économiques, NdT), entre 1998 et 2008, le nombre d’étrangers en Italie a explosé de 246 % (l’immigration étant auparavant un phénomène quasi inexistant). La délinquance n’a pas pour autant augmenté et n’a connu que de faibles variations : le nombre de délits en 2007 est similaire à celui de 1991.

    5) « Ils sont porteurs du virus Ebola »

    L’Afrique est un continent immense, non pas un pays. Les pays majoritairement frappés par Ebola sont le Liberia et la Sierra Leone. Les immigrés arrivant en Italie ne viennent pas de ces pays, mais de la Libye, de l’Érythrée, de l’Égypte et de la Somalie. Le virus Ebola se manifeste rapidement par des symptômes très reconnaissables : un immigré ayant contracté le virus ne pourrait pas voyager pendant des semaines et arriver vivant en Italie. La propagation du virus Ebola a explosé en avril 2014. Au cours des 8 premiers mois de 2014, environ 100 000 immigrés sont arrivés en Italie et aucun d’entre eux n’a transmis le virus.

    6) « Il faut les aider dans leur pays »

    En 2011, le gouvernement italien a diminué de 45 % les fonds destinés à l’aide au développement. En effet, 179 millions d’euros seulement ont été débloqués pour cette aide, ce qui représente le montant le plus bas depuis 20 ans. L’Italie affecte 0,2 % de son PIB à ce domaine et se classe ainsi parmi les pays occidentaux les moins généreux en matière d’aide internationale. En 2013, le service civile italien a créé 16 373 postes, dont seulement 502 à l’étranger : en somme, 19 % de postes financés en moins par rapport à 2011.

    7) « Les étrangers sont favorisés pour l’attribution des logements sociaux »

    Il est évident que la nationalité ne fait pas partie des conditions d’attribution des logements sociaux en Italie. Les critères pris en compte sont : le revenu, le nombre de membres de la famille lorsqu’il est supérieur à 5, l’âge, un éventuel handicap. Les immigrés sont habituellement désavantagés car ils sont jeunes, en bonne santé et ont laissé leurs familles dans leurs pays. À la publication du ban par la commune de Turin en 2009, 45 % des demandeurs étaient des étrangers, mais un logement social n’a été attribué qu’à seulement 10 % d’entre eux. Dans la commune de Gênes, sur les 185 logements mis à disposition, 9 seulement ont été attribués à des immigrés. À Bologne, sur les 12 458 logements populaires, seulement 1 122 ont été attribués à des étrangers.

    8) « Essaye de construire une église dans un pays islamique »

    C’est l’argument le plus utilisé par les opposants à la construction de mosquées en Occident ou à l’interdiction de crucifix dans les lieux publics. Au Maroc, les catholiques représentent moins de 0,1 % de la population, et pourtant, on y trouve 3 cathédrales et 78 églises. On dénombre 32 cathédrales en Indonésie, 1 cathédrale en Tunisie, 7 cathédrales au Sénégal, 5 cathédrales en Égypte, 4 cathédrales et 2 basiliques en Turquie, 4 cathédrales en Bosnie, 1 cathédrale aux Émirats Arabes Unis, 3 monastères en Syrie, 7 cathédrales au Pakistan et ainsi de suite.

    9) « Les musulmans nous envahissent »

    Les étrangers les plus nombreux en Italie sont les Roumains : on en dénombre plus d’un million et la plupart d’entre eux sont orthodoxes. Viennent ensuite les Albanais (presque 600 000) dont 70 % d’entre eux ne sont pas pratiquants (résultat de la domination soviétique) et parmi les 30 % restants, 60 % sont musulmans et 20 % sont orthodoxes. En troisième position, se trouvent les Marocains (presque 500 000) qui sont presque tous musulmans, puis les Chinois (environ 200 000) qui sont presque tous athées. Ce qui signifie que la plupart des étrangers en Italie sont chrétiens, ou bien athées et que seulement une petite partie d’entre eux sont musulmans.
    http://devreporternetwork.eu/comment-diffuser-des-intox-fait-naitre-le-racisme

    #racism @cdb_77 #propaganda

  • « Oui, les musulmans sont en accord avec la République »
    https://lejournal.cnrs.fr/print/718 31.03.2015, par Nadia Marzouki

    La plupart des médias et des politiques continuent de diffuser l’image de musulmans tiraillés entre leur supposée identité religieuse et leur adhésion aux valeurs de la République. La chercheuse Nadia Marzouki nous explique pourquoi cette vision n’est pas fondée.
    Parmi les nombreuses interrogations suscitées par les attentats de janvier, la question de la prétendue incompatibilité de l’islam avec la laïcité est, une fois de plus, apparue au premier plan. Face à la énième réitération de ce débat dans les champs médiatique et politique, on sent une certaine lassitude, voire du découragement, chez les chercheurs spécialistes de l’islam en France. Car cela fait au moins depuis les années 1990 que les enquêtes de sciences sociales ont fait apparaître la non-pertinence de questions du type « peut-on réformer l’islam ? » ou « l’islam est-il compatible avec… ? ». Ce que montrent tous ces travaux, c’est que la question de la sécularisation n’a de sens que lorsqu’elle est posée au niveau des pratiques concrètes et que, de ce point de vue, la majorité des musulmans français s’accommodent très bien des règles de la laïcité. Plutôt que demander si l’islam est compatible avec la laïcité ou comment le réformer, il convient aujourd’hui de se demander pourquoi le fait accompli de la sécularisation des musulmans français est toujours en question.

    Le débat public repose encore largement sur une conception caricaturale du rapport que les musulmans entretiendraient au dogme, à la norme et à l’autorité. Dès lors que l’on envisage la subjectivité musulmane comme intégralement déterminée par son obéissance à un corpus théologique, à une autorité religieuse ou a une communauté d’origine, l’obsession actuelle des journalistes et responsables politiques pour la question de la réforme de la théologie et de l’éducation des imams se comprend mieux. Pourtant, les enquêtes de sciences sociales n’ont cessé de montrer comment la migration a produit non pas un repli identitaire et communautaire, mais une déconnexion importante entre la quête de religiosité et la culture dite d’origine1. Dans son livre sur les imams en France2, le sociologue Romain Sèze parle de « bricolage » et de « braconnage » pour décrire le rapport des imams et de leurs fidèles à la norme religieuse. Les imams jouent un rôle essentiel dans la déconnexion entre religion et culture d’origine, en rejetant un grand nombre de pratiques comme relevant de la « tradition » et en appelant à une contextualisation des principes du droit islamique. Beaucoup d’entre eux recourent au raisonnement par analogie (al-qiyās) afin de redéfinir certaines normes. Loin du fantasme de l’islam rigoriste et communautaire, Romain Sèze décrit la religion qu’enseignent les imams comme un islam « fragile ».

    L’enquête de Christine Rodier 3 sur les pratiques de consommation halal menée auprès d’une population habitant en Moselle depuis les années 1970 et originaire du sud du Haut Atlas marocain montre également en quoi aborder l’application d’une règle religieuse dans la seule perspective de la soumission est erroné. La sociologue fait apparaître toute la part d’individualisme, d’inventivité et de réflexivité qui caractérise l’appropriation de cette prescription. Elle déplore le simplisme des oppositions binaires entre le halal et la laïcité ou la modernité. L’adoption de cette pratique, loin d’être un indice de communautarisation ou de rejet de la laïcité, reflète l’individualisation importante de la religiosité. À la différence des premières générations de musulmans, chez les jeunes générations de pratiquants, le halal est devenu un « concept éthique à la base d’une hygiène de vie qui va au-delà de la simple prescription alimentaire 4 ».
     

    Il y a une forte part d’individualisme et d’inventivité dans la consommation halal des jeunes générations.
    Ceux que Christine Rodier décrit comme des « mangeurs consommateurs » se distinguent de leurs aînés en ce qu’ils « désirent manger des plats dits français auxquels ils s’identifient (comme la plupart des jeunes de cette classe d’âge), étant eux-mêmes nés sur sol français ». À côté de cette figure du « consommateur », Christine Rodier évoque également celles du mangeur « revendicatif », qui trouve que ses parents ne sont pas assez pieux, et celle de l’« ascète », qui souhaite afficher une identité spécifique. Mais, dans les trois cas, manger halal découle d’un choix libre et individuel. Cette pratique révèle un rapport réflexif aux prescriptions et aux normes religieuses « en faveur d’une éthique sollicitant davantage l’engagement personnel et la recherche d’une ascèse 5 ».

    On pourrait multiplier les exemples de travaux de sciences sociales qui font apparaître, à partir de cas différents, ce même processus d’individualisation de la religiosité et d’intégration inventive au contexte laïc républicain. Ainsi de la recherche du sociologue Elyamine Settoul 6 sur l’intégration des Français musulmans dans l’armée française, ou des travaux en cours de Warda Hadjab sur les relations amoureuses entre jeunes musulmans français. Ces derniers parviennent à conjuguer des normes issues de la tradition que veulent leur transmettre les parents et une expérimentation subjective de la vie séculière européenne. L’image de l’islam comme « problème » ou source de conflit est doublement invalidée. D’une part, parce que la majorité des conflits qui naissent de la rencontre de ces normes sont résolus au sein de la famille, de l’environnement amical, de la mosquée, des espaces associatifs, des réseaux sociaux. D’autre part, parce que, pour nombre de ces jeunes, l’appropriation de la norme religieuse est précisément une ressource qui les aide à s’affirmer contre une pression familiale. C’est ainsi qu’ils parviennent à justifier le mariage avec une personne d’une autre origine, voire d’une autre religion, contre l’avis des parents, au nom des valeurs « islamiques » de l’amour ou de la famille.

    Quant aux formes d’expression religieuses les plus piétistes, systématiquement présentées dans les médias sous l’angle de l’oppression de la femme musulmane, elles ne peuvent pas non plus être comprises dans la seule perspective binaire de l’opposition au féminisme ou au sécularisme. Le travail de Claire Donnet sur les pratiques de femmes qui cultivent une forme de piété intégraliste – respect strict des temps de prières, du halal, port du voile… – montre que la recherche de cette féminité pieuse a en réalité deux enjeux : critiquer la conception libérale du féminisme, mais aussi déconstruire les normes machistes et patriarcales au sein de leur propre environnement. Autrement dit, ces femmes mettent en avant leur respect des «  fondamentaux » de l’islam pour pouvoir en parallèle s’affirmer et réaliser différents objectifs : travailler, étudier, prendre la parole…

    Certaines femmes utilisent leur respect des fondamentaux de l’islam pour s’affirmer dans le travail, les études...
    Étudiant la démarche des participantes au site Web islamique féminin Hijab and the City, Claire Donnet affirme que « ces blogueuses, au croisement de multiples rapports de domination, se réapproprient les représentations essentialisées de la femme et s’en servent stratégiquement pour changer leur condition au sein de leur groupe confessionnel. Elles s’insèrent dans l’ordre normatif préexistant pour le changer 7 » Les travaux très riches sur le féminisme islamique font apparaître la même ambivalence face au sécularisme libéral, qui est rejeté en tant qu’il est associé à une forme d’impérialisme culturel, mais dont l’idée centrale – les droits individuels – est acceptée et réappropriée.

    L’affaire du jugement « SAS contre France » 8 est de ce point de vue éclairante. Pour protester contre la loi interdisant le port de la burqa dans l’espace public, une requérante française a saisi la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg en mettant en avant un argumentaire tout à fait cohérent avec le registre libéral de la défense des droits des individus. Son argument ne consistait en effet pas à se plaindre de l’impossibilité pour elle de vivre enfermée dans sa « communauté » musulmane, mais à dénoncer l’incompatibilité de la loi de 2009 avec des articles précis de la Convention, notamment avec l’article 9 qui défend la liberté religieuse des individus.

    Qu’ils optent pour une stratégie de transformation du religieux en éthique en réinterprétant des normes strictes en valeurs ouvertes, ou au contraire qu’ils défendent une conception plus fondamentaliste du religieux en voulant détacher l’activité pieuse de l’influence des folklores culturels des pays « d’origine », dans les deux cas les musulmans acceptent, voire renforcent, l’idée fondamentale du sécularisme, celle de la séparation entre l’espace du religieux et celui du politique. Paradoxalement, alors que la plupart des musulmans français insistent pour qu’on fasse la distinction entre l’islam comme religion et ce qui relève des traditions ou de la culture d’origine, le débat public et politique repose largement sur l’idée selon laquelle le seul islam acceptable, c’est l’islam folklorisé des instituts de « cultures d’islam » et des festivals de musique soufie, ou l’islam athéisé promu par les intellectuels d’origine musulmane non croyants et non pratiquants.

    Ce malaise à l’égard de la religion comme telle, dès lors qu’elle n’est pas neutralisée en « fait religieux historique » ou en culture folklorique, est contradictoire avec les injonctions à rejeter la communautarisation. Alors que la question de l’institutionnalisation de l’islam revient au centre du débat public, il faut rappeler que l’institutionnalisation étatique, de tradition gallicane, n’implique pas la sécularisation, au contraire. Il paraît plus important et plus urgent de créer les conditions pour que se poursuive le processus en cours d’individualisation et de pluralisation des pratiques de l’islam en France, et de cesser d’assigner les musulmans à une « communauté » d’identité ou de culture, qui devrait pouvoir être unifiée et représentée. Loin des fantasmes de l’islam conquérant et communautaire, il est temps pour les médias et les responsables politiques de voir les musulmans français tels qu’ils sont et tels que les décrivent les chercheurs depuis plusieurs décennies…

     

    Notes
    1.L’Islam mondialisé, Olivier Roy, Le Seuil, 2001.
    2.Être imam en France, Romain Sèze, Éditions du Cerf, 2013.
    3.La Question halal. Sociologie d’une consommation controversée, Christine Rodier, PUF, 2014.
    4. « Manger Halal, pour diversifier ses pratiques alimentaires », Christine Rodier, Le Monde, 20 mars 2012.
    5.Ibid.
    6. « Présence musulmane croissante dans l’armée », Elyamine Settoul, Le Monde, 26 mars 2012.
    7. « Hijab et City et la construction d’une féminité pieuse », Claire Donnet, Actes de colloque, coll. « Fira-HAL-SHS », janvier 2012, pp. 1-9.
    8. Arrêt de Strasbourg, affaire « SAS contre France », 1er juillet 2014.❞

  • For Israel, there’s good news and bad news after Iran deal -
    By Amos Harel | Apr. 5, 2015 |
    Haaretz
    http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/.premium-1.650509

    If the significance of the understandings, which are to be enshrined in a permanent agreement by the end of June, had to be summarized in one long sentence, it would be as follows. Iran’s leaders have agreed to halt their efforts to obtain a bomb (efforts they are still careful to deny) in exchange for two key benefits: a dramatic improvement in their economy due to the lifting of international sanctions and a major upgrade in Tehran’s standing in the region.

    From an Israeli perspective, the relatively good news is that Iran’s nuclear project will be monitored for at least a decade. For now, it seems that during this time Iran’s chances of developing a nuclear weapon will decline significantly.

    Even if Tehran breaks the agreement, risking renewed conflict with the international community, the restoration of its production capabilities and the monitoring of its facilities, as stipulated in the agreement, are supposed to prolong the breakout time to a bomb. This period would increase from about three months, in the absence of any agreement, to nearly a year after a permanent agreement is signed.

    The bad news is not only that Iran’s economy, which has taken a double-barreled blow from both sanctions and declining oil prices, is expected to recover quickly, but that Iran has also achieved recognition from the world powers for two elements it greatly needs. The powers now acknowledge, indirectly, that Iran is a nuclear threshold state, and no less importantly, they accept Iran as a force to be reckoned with throughout the Middle East.

  • Nelson Mandela est mort. L’homme est devenu une icône, un symbole unanimement célébré à travers le monde. Et pourtant… Qui se souvient des décennies où la France, de Charles de Gaulle à Valéry Giscard d’Estaing, coopérait avec le régime de l’#apartheid ? Qui rappelle qu’Amnesty International ne l’avait pas adopté comme prisonnier de conscience parce qu’il ne rejetait pas la #violence ?

    L’Evangile selon Mandela, par Alain Gresh @alaingresh (juillet 2010)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2010/07/GRESH/19390

    Et qu’il fut un « terroriste », dénoncé comme tel par le président Ronald Reagan et Mme Margaret Thatcher, parce qu’il savait que la violence faisait partie des armes des opprimés pour renverser l’oppresseur.

    Nelson Mandela, les chemins inattendus, par Achille Mbembe (août 2013)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/08/MBEMBE/49518

  • Que sont les révolutions arabes devenues ?, par Alain Gresh
    Les blogs du Diplo, 23 décembre 2013 @alaingresh
    http://blog.mondediplo.net/2013-12-22-Que-sont-les-revolutions-arabes-devenues

    Il y a trois ans, à la surprise générale, aussi bien de la part des intellectuels arabes enfermés dans leurs tours d’ivoire que des experts occidentaux qui pontifiaient sur la passivité des masses arabes ainsi que sur leur peu d’aspiration au changement et à la démocratie, le peuple égyptien, à la suite du peuple tunisien, descendait dans la rue et mettait à bas en quinze jours une dictature qui paraissait inébranlable. Le caractère pacifique des changements intervenus, certes avec des martyrs mais sans massacres à grande échelle, a étonné le monde.

    #Egypte #Proche-Orient #Syrie #Tunisie #Monde_arabe #Mouvement_de_contestation #Mutation

    Ce texte a été publié en anglais : « Three years later : Was it a revolution ? »
    http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2013/12/three-years-later-was-it-revolution-20131219115550312396.html

  • Ariel Sharon, la fin d’un criminel de guerre, par Alain Gresh
    Les blogs du Diplo, 12 janvier 2014 (@alaingresh @ag)
    http://blog.mondediplo.net/2014-01-12-Ariel-Sharon-la-fin-d-un-criminel-de-guerre

    Le général Ariel Sharon s’est donc éteint le samedi 11 janvier 2014, après de longues années de coma. Son parcours est jonché de cadavres et il n’est pas inutile de rappeler quelques-uns de ses exploits.

    Cf. http://seenthis.net/messages/216283

  • Petite bibliographie autour du rapport Laïcité /Colonialisme (élaborée par Alain Gresh)

    Le choc colonial et l’islam (de Pierre-Jean Luizard)

    " « La laïcité est l’arme des nouveaux croisés » proclame aujourd’hui un slogan islamiste. Au-delà de ce jugement abrupt, on doit constater en tout cas que le rapport entre les héritages de la domination coloniale et l’importation de conceptions laïques et/ou sécularisées dans les pays musulmans est aujourd’hui au cœur des problématiques qui fondent les questionnements sur l’islam. Le contexte colonial a en effet manifesté partout les limites d’universalismes européens qui, pour la plupart, puisaient aux sources des Lumières. À l’épreuve de la colonisation, les idéaux émancipateurs sont souvent devenus la légitimation d’entreprises de domination, quand ils n’ont pas été purement et simplement retournés. La non-application de la loi de 1905 aux musulmans de l’Algérie française, le confessionnalisme politique au Liban, le projet sioniste en Palestine, la « question irakienne », la création du Pakistan sont autant d’exemples qui interrogent ces universalismes. Ce sont ces situations — et bien d’autres — que revisitent les auteurs de ce très riche ouvrage collectif. En choisissant de confronter les politiques religieuses des puissances coloniales avec la façon dont elles ont été perçues par les musulmans, ils fournissent les clefs pour comprendre les retours actuels. Une large place est réservée à l’expérience française, mais la problématique est élargie aux autres puissances coloniales européennes : Royaume-Uni et Russie."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_choc_colonial_et_l_islam-9782707146960.html

    Les Lumières, l’esclavage, la colonisation
    (de Yves Benot)

    "L’itinéraire intellectuel et militant de l’historien Yves Benot (1920-2005) s’est ordonné autour de trois grands axes complémentaires et indissociables au sein de son œuvre immense : les processus de décolonisation de l’Afrique francophone, où il a vécu de nombreuses années ; les fondements intellectuels de l’anticolonialisme et de la lutte antiesclavagiste au siècle des Lumières, dont il fut un précurseur avisé en mettant à jour, notamment, l’apport de Diderot dans la grande œuvre de Raynal ; les processus d’abolition de l’esclavage dans la Révolution française, puis ceux de son tragique rétablissement par Napoléon. Réunissant des articles publiés par Yves Benot sur une quarantaine d’années, du début des années 1950 jusqu’à ses derniers jours, cet ouvrage rend compte de la continuité et de la richesse de cet engagement intellectuel. Se succèdent ainsi, selon un ordre thématique qui ne doit pas occulter l’unité de la démarche de l’auteur, l’Afrique des indépendances, Diderot, Raynal et les Lumières, la Révolution française et les luttes coloniales, les Indiens d’Amérique, cœur d’un projet d’ouvrage que la mort a interrompu. Un livre d’histoire original et passionnant, qui est aussi un hommage à cet historien et cet écrivain infatigable, toujours présent sur le terrain de la recherche, tout comme il le fut sur celui des luttes d’aujourd’hui pour l’égalité et contre toutes les formes d’oppression, dans nos sociétés comme dans celles des pays issus des décolonisations du dernier demi-siècle."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_Lumieres__l_esclavage__la_colonisation-9782707147028.

    1885 : le tournant colonial de la République (de Gilles Manceron)

    "Lors du débat public des années 2000 en France sur la question coloniale, on a souvent oublié que la République n’a jamais été vraiment unanime sur ce sujet. Ainsi, en 1885, quand certains républicains ont repris à leur compte l’idée monarchique de conquêtes coloniales, cela a donné lieu à des affrontements passionnés à la Chambre des députés, à l’issue desquels le projet colonial ne s’est imposé que de justesse.
    D’où l’intérêt majeur de relire aujourd’hui les formidables débats parlementaires de juillet et décembre 1885, lors du vote de crédits pour la poursuite de la conquête de Madagascar et de l’Indochine. L’historien Gilles Manceron en propose ici une sélection raisonnée, assortie d’une préface les remettant en perspective. Quand Jules Ferry défend l’idée d’une « colonisation républicaine » au nom du droit des « races supérieures vis-à-vis des races inférieures », Jules Maigne, un vieux républicain de 1848, lui réplique : « Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme ! ». Et Georges Clemenceau : « Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles ! »
    Le « parti colonial » a tout fait ensuite pour faire oublier ce débat fondamental de 1885. C’est sur cette occultation qu’a pu se développer pendant trois quarts de siècle une politique coloniale républicaine faisant fi des droits de l’homme - et dont l’héritage fait retour aujourd’hui ."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-1885___le_tournant_colonial_de_la_Republique-978270714937

    Mission civilisatrice (de Dino Costantini)

    "À la fin des années 1990, la question coloniale a surgi au cœur du débat public français. Elle a donné lieu à d’âpres oppositions, parfois définies comme une « guerre des mémoires », entretenant souvent l’image schizophrène de deux France, celle de l’universalisme républicain et celle de l’arbitraire colonial. C’est pour dépasser cet affrontement que Dino Costantini propose, dans ce livre, de revenir sur le lien ambigu qu’ont entretenu la théorie des droits de l’homme et le pouvoir colonial, en s’appuyant notamment sur l’analyse des écrits des savants et politiciens des années 1930. L’auteur montre ainsi comment la question coloniale a influencé en profondeur la construction de l’identité politique de la France de 1789 à la veille des décolonisations : le colonialisme français a régulièrement violé dans les colonies les principes démocratiques et humanistes dont il se faisait le chantre dans sa patrie et, grâce à l’idée de « mission civilisatrice », il a progressivement transformé ces principes en un instrument de justification de la domination.
    La persistance de cette rhétorique dans le débat public actuel rend précieuse la relecture de la critique postcoloniale proposée par Dino Costantini dans la dernière partie du livre, à travers l’étude des œuvres d’Aimé Césaire, d’Albert Memmi et de Frantz Fanon. Leur contestation de la réduction de l’humain à l’Européen constitue le point de départ incontournable pour la construction d’un universalisme qui sache finalement dépasser les équivoques culturalistes. Et qui permette enfin la décolonisation de l’imaginaire politique français et occidental."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Mission_civilisatrice-9782707153876.html

    #Colonisation
    #Colonialisme
    #Laïcité
    #République
    #Islam
    #Universalisme

  • Attentats de Paris : l’analyse d’Alain Gresh | Middle East Eye
    http://www.middleeasteye.net/fr/analyses/attentats-de-paris-l-analyse-d-alain-gresh-266376078

    (...) MEE : Comment expliquer la trajectoire des trois terroristes, nés et élevés en France ?

    Vous avez raison de souligner que ce sont des Français. Ils sont passés par les écoles ou les prisons de la République et sont devenus les échecs de la République. Ce sont des jeunes gens qui ont cherché une voie au sein de sociétés occidentales, qui non seulement sont séparées de la religion mais n’ont plus de grandes causes à offrir. Ce n’est plus le temps des grands combats, où on était au parti communiste ou à l’extrême gauche et où on soutenait les guérillas d’Amérique latine. Il reste peu de causes crédibles sur le marché des idéaux et la seule qui paraît s’opposer à l’impérialisme est aujourd’hui l’Etat islamique ou Al-Qaïda. La manière, d’ailleurs, dont on présente ces deux organisations comme des menaces existentielles pour l’Occident les aide à se crédibiliser. En grossissant la menace d’ISIS, on favorise son attrait. Je pense au contraire que l’Etat islamique n’est pas une menace existentielle ; il faut bien sûr le combattre, combattre ses racines dans les situations irakiennes et syriennes. Mais il faut faire attention à l’idée entendue ces jours-ci que nous serions dans une Troisième Guerre mondiale, cette fois contre le terrorisme, en oubliant que les guerres mondiales précédentes ont opposé des Etats et non des concepts. Il y a aussi, partout en France, pas seulement dans la population d’origine maghrébine, une profonde détestation des élites, politiques et journalistiques. Cela influe forcément sur la façon dont sont perçus les événements internationaux. Enfin, il y a une vraie mobilisation de ces jeunes Français issus de l’immigration pour la question de la Palestine. Certains peuvent alors avoir l’impression qu’il y a un double langage occidental sur cette question, ce qui est tout à fait exact.

    MEE : La cristallisation du débat politique français autour de la notion de laïcité a-t-elle joué un rôle dans ce climat particulier ?

    La notion française de laïcité a pu envenimer les débats en France, ce d’autant plus qu’à mon avis il s’agit là d’une mauvaise lecture de la laïcité. Quand on observe l’Histoire, notamment la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, on se rend compte que cette loi était assez tolérante. Cela n’a jamais posé problème qu’il y ait des processions religieuses dans la rue, que l’Etat et les municipalités financent l’entretien des églises, ce n’était pas une laïcité fermée. Or depuis une quinzaine d’années, avec l’émergence de l’islam comme force religieuse, cette laïcité française est devenue beaucoup plus excluante, et elle sert de prétexte à un ostracisme contre les musulmans français. Ainsi, de façon très significative, la laïcité a été récupérée par l’extrême droite alors qu’elle a toujours été traditionnellement une valeur de gauche. (...)

    déjà cité par @remi en commentaire http://seenthis.net/messages/330442#message331331