Naqoyqatsi

Pirate en Méditerranée - Resp. du Projet « Thémistocle » pour Alternative Méditerranéenne

  • http://cintayati.files.wordpress.com/2014/07/lady-says-i-and-my-sons-sacrifice-for-palestine-and-for-the-resistance.jpg

    « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. »

    [ #Aimé_Césaire, Discours sur le colonialisme ]


  • Petite bibliographie autour du rapport Laïcité /Colonialisme (élaborée par Alain Gresh)

    Le choc colonial et l’islam (de Pierre-Jean Luizard)

    " « La laïcité est l’arme des nouveaux croisés » proclame aujourd’hui un slogan islamiste. Au-delà de ce jugement abrupt, on doit constater en tout cas que le rapport entre les héritages de la domination coloniale et l’importation de conceptions laïques et/ou sécularisées dans les pays musulmans est aujourd’hui au cœur des problématiques qui fondent les questionnements sur l’islam. Le contexte colonial a en effet manifesté partout les limites d’universalismes européens qui, pour la plupart, puisaient aux sources des Lumières. À l’épreuve de la colonisation, les idéaux émancipateurs sont souvent devenus la légitimation d’entreprises de domination, quand ils n’ont pas été purement et simplement retournés. La non-application de la loi de 1905 aux musulmans de l’Algérie française, le confessionnalisme politique au Liban, le projet sioniste en Palestine, la « question irakienne », la création du Pakistan sont autant d’exemples qui interrogent ces universalismes. Ce sont ces situations — et bien d’autres — que revisitent les auteurs de ce très riche ouvrage collectif. En choisissant de confronter les politiques religieuses des puissances coloniales avec la façon dont elles ont été perçues par les musulmans, ils fournissent les clefs pour comprendre les retours actuels. Une large place est réservée à l’expérience française, mais la problématique est élargie aux autres puissances coloniales européennes : Royaume-Uni et Russie."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_choc_colonial_et_l_islam-9782707146960.html

    Les Lumières, l’esclavage, la colonisation
    (de Yves Benot)

    "L’itinéraire intellectuel et militant de l’historien Yves Benot (1920-2005) s’est ordonné autour de trois grands axes complémentaires et indissociables au sein de son œuvre immense : les processus de décolonisation de l’Afrique francophone, où il a vécu de nombreuses années ; les fondements intellectuels de l’anticolonialisme et de la lutte antiesclavagiste au siècle des Lumières, dont il fut un précurseur avisé en mettant à jour, notamment, l’apport de Diderot dans la grande œuvre de Raynal ; les processus d’abolition de l’esclavage dans la Révolution française, puis ceux de son tragique rétablissement par Napoléon. Réunissant des articles publiés par Yves Benot sur une quarantaine d’années, du début des années 1950 jusqu’à ses derniers jours, cet ouvrage rend compte de la continuité et de la richesse de cet engagement intellectuel. Se succèdent ainsi, selon un ordre thématique qui ne doit pas occulter l’unité de la démarche de l’auteur, l’Afrique des indépendances, Diderot, Raynal et les Lumières, la Révolution française et les luttes coloniales, les Indiens d’Amérique, cœur d’un projet d’ouvrage que la mort a interrompu. Un livre d’histoire original et passionnant, qui est aussi un hommage à cet historien et cet écrivain infatigable, toujours présent sur le terrain de la recherche, tout comme il le fut sur celui des luttes d’aujourd’hui pour l’égalité et contre toutes les formes d’oppression, dans nos sociétés comme dans celles des pays issus des décolonisations du dernier demi-siècle."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_Lumieres__l_esclavage__la_colonisation-9782707147028.

    1885 : le tournant colonial de la République (de Gilles Manceron)

    "Lors du débat public des années 2000 en France sur la question coloniale, on a souvent oublié que la République n’a jamais été vraiment unanime sur ce sujet. Ainsi, en 1885, quand certains républicains ont repris à leur compte l’idée monarchique de conquêtes coloniales, cela a donné lieu à des affrontements passionnés à la Chambre des députés, à l’issue desquels le projet colonial ne s’est imposé que de justesse.
    D’où l’intérêt majeur de relire aujourd’hui les formidables débats parlementaires de juillet et décembre 1885, lors du vote de crédits pour la poursuite de la conquête de Madagascar et de l’Indochine. L’historien Gilles Manceron en propose ici une sélection raisonnée, assortie d’une préface les remettant en perspective. Quand Jules Ferry défend l’idée d’une « colonisation républicaine » au nom du droit des « races supérieures vis-à-vis des races inférieures », Jules Maigne, un vieux républicain de 1848, lui réplique : « Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme ! ». Et Georges Clemenceau : « Je ne comprends pas que nous n’ayons pas été unanimes ici à nous lever d’un seul bond pour protester violemment contre vos paroles ! »
    Le « parti colonial » a tout fait ensuite pour faire oublier ce débat fondamental de 1885. C’est sur cette occultation qu’a pu se développer pendant trois quarts de siècle une politique coloniale républicaine faisant fi des droits de l’homme - et dont l’héritage fait retour aujourd’hui ."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-1885___le_tournant_colonial_de_la_Republique-978270714937

    Mission civilisatrice (de Dino Costantini)

    "À la fin des années 1990, la question coloniale a surgi au cœur du débat public français. Elle a donné lieu à d’âpres oppositions, parfois définies comme une « guerre des mémoires », entretenant souvent l’image schizophrène de deux France, celle de l’universalisme républicain et celle de l’arbitraire colonial. C’est pour dépasser cet affrontement que Dino Costantini propose, dans ce livre, de revenir sur le lien ambigu qu’ont entretenu la théorie des droits de l’homme et le pouvoir colonial, en s’appuyant notamment sur l’analyse des écrits des savants et politiciens des années 1930. L’auteur montre ainsi comment la question coloniale a influencé en profondeur la construction de l’identité politique de la France de 1789 à la veille des décolonisations : le colonialisme français a régulièrement violé dans les colonies les principes démocratiques et humanistes dont il se faisait le chantre dans sa patrie et, grâce à l’idée de « mission civilisatrice », il a progressivement transformé ces principes en un instrument de justification de la domination.
    La persistance de cette rhétorique dans le débat public actuel rend précieuse la relecture de la critique postcoloniale proposée par Dino Costantini dans la dernière partie du livre, à travers l’étude des œuvres d’Aimé Césaire, d’Albert Memmi et de Frantz Fanon. Leur contestation de la réduction de l’humain à l’Européen constitue le point de départ incontournable pour la construction d’un universalisme qui sache finalement dépasser les équivoques culturalistes. Et qui permette enfin la décolonisation de l’imaginaire politique français et occidental."

    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Mission_civilisatrice-9782707153876.html

    #Colonisation
    #Colonialisme
    #Laïcité
    #République
    #Islam
    #Universalisme


  • Les Prophéties d’Hannah Arendt

    Il y a peu d’illusions à se faire sur l’issue finale d’une guerre totale entre Arabes et Juifs. On peut gagner de nombreuses batailles sans gagner la guerre. Et jusqu’à présent aucune bataille réelle ne s’est déroulée en Palestine.

    Et même si les Juifs devaient gagner la guerre, la fin du conflit verrait la destruction des possibilités uniques et des succès uniques du sionisme en Palestine. Le pays qui naîtrait alors serait quelque chose de tout à fait différent du rêve des Juifs du monde entier, sionistes et non sionistes. Les Juifs « victorieux » vivraient environnés par une population arabe entièrement hostile, enfermés entre des frontières constamment menacées, occupés à leur autodéfense physique au point d’y perdre tous leurs autres intérêts et toutes leurs autres activités.

    Le développement d’une culture juive cesserait d’être le souci du peuple entier ; l’expérimentation sociale serait écartée comme un luxe inutile ; la pensée politique serait centrée sur la stratégie militaire ; le développement économique serait exclusivement déterminé par les besoins de la guerre. Et tout cela serait le destin d’une nation qui - quel que soit le nombre d’immigrants qu’elle absorberait et si loin qu’elle étendrait ses frontières (la revendication absurde des révisionnistes inclut l’ensemble de la Palestine et la Transjordanie) - resterait néanmoins un tout petit peuple, largement supplanté en nombre par des voisins hostiles.

    Dans de telles circonstances (comme l’a fait remarquer Ernst Simon), les Juifs de Palestine dégénéreraient en l’une de ces petites tribus guerrières sur les possibilités et l’importance desquelles l’histoire, depuis l’époque de Sparte, nous a amplement renseignés. Leurs relations avec le judaïsme mondial deviendraient aléatoires, puisque les intérêts de leur défense pourraient à tout moment entrer en conflit avec ceux des autres pays où vivraient un grand nombre de Juifs. Le judaïsme de Palestine finirait par se séparer du corps plus vaste du judaïsme mondial et par se transformer, dans son isolement, en un peuple entièrement nouveau. Il devient donc clair que, en ce moment et dans les circonstances présentes, un État juif ne peut être institué qu’aux dépens du foyer national juif.

    [ Hannah Arendt , Ecrits juifs ]

    #Hannah_Arendt
    #Israel
    #sionisme
    #palestine


  • Vasant Kaiwar, « L’orient postcolonial »
    #livre (par @pguilli) | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/propos-vasant-kaiwar-lorient-postcolonial-par-paul-guilibert

    La remarque vise à circonscrire ce que l’auteur nomme « #théorie_postcoloniale ». Le champ des études subalternes et postcoloniales recouvre des pratiques, des objets et des méthodes variés et hétérogènes. Cependant, comme il le précise lui-même, l’auteur « parle de postcolonial en référence aux programmes de développement et de justice distributive au cœur des préoccupations des deux premières générations de penseurs progressistes et de personnalités publiques à l’époque où prenait fin la colonisation formelle de ce qu’on avait coutume d’appeler le Tiers-monde ». Mais, aussi en référenceà une « manière de penser qui se détourne de l’économisme pour se concentrer sur l’eurocentrisme, la résistance à son universalisme prétentieux et vide, la différence ancrée dans l’autonomie culturelle et renvoyant à l’idée selon laquelle, lorsque la modernité arrive dans le Tiers-monde, elle prend des formes alternatives qui ne se limitent pas à répliquer ou imiter l’original. Cette insistance sur la question de la différence est au centre du projet de « provincialisation de l’Europe ». Il s’agit donc d’une manière de penser et de parler attentive aux pratiques et aux discours des colonisés et à leurs effets sur les catégories du savoir. La thèse centrale des théories postcoloniales est que les catégories de pensée élaborées en Europe aux XVIIIe et XIXe siècles ne sont pas a priori valables dans des contextes culturels et historiques différents.

    #philosophie


  • « Y en a pas deux comme lui pour défendre la #race française !
    – Elle en a bien besoin la race française, vu qu’elle n’existe pas ! » que j’ai répondu moi pour montrer que j’étais documenté, et du tac au tac.
    « Si donc ! qu’il y en a une ! Et une belle de race ! qu’il insistait lui, et même que c’est la plus belle race du monde et bien cocu qui s’en dédit ! » Et puis le voilà parti à m’engueuler. J’ai tenu ferme bien entendu.

    « C’est pas vrai ! La race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C’est ça la #France et puis c’est ça les #Français. »

    [L.-F. #Céline, Voyage au bout de la nuit, Denoël, Paris, 1932.]


  • De l’islamophobie dans Science et Vie junior

    http://www.al-kanz.org/2013/05/15/islamophobie-science-et-vie-junior

    Depuis quelques années, les actes islamophobes sont en nette progression. Qu’il s’agisse des mosquées profanées, comme celle d’Illzach dans la banlieue de Mulhouse, vendredi dernier, des collégiennes ou lycéennes harcelées par des professeurs car, musulmanes, elles portent des jupes longues – et l’on pense au cas récent de Sirine humiliée par l’administration de son collège, ou du combat du ministre de l’Intérieur contre les femmes voilées, les musulmans sont devenues en France une cible privilégiée.

    #islamophobie


  • Hurlements en faveur du réel
    http://naqoyqatsi.blog.lemonde.fr/2013/02/11/g-comme-guerre-hollande-champion-de-la-civilisation

    G comme Guerre – Hollande champion de la civilisation
    Publié le 11 février 2013
    [Détournement d’Angelica Liddell]

     
    Si j’avais en face de moi un président de la France, je lui demand’rais :

    Dis donc, toi, comment ça s’passe quand tu t’masturbes ?

    Qu’est-ce qui te fait bander ?

    Tu penses à des petites filles, à des petits garçons, à des bonnes du Sofitel ou bien à quoi ?

    T’es quelqu’un de bien ou t’es pas quelqu’un de bien ?

    Tu sais jouer au foot ou tu sais pas jouer au foot ?

    J’te pose la question parce que t’es un champion d’la civilisation.

    Et nous, on s’méfie ÉNORMÉMENT des champions d’la civilisation.

    #Détournement #Liddell #Hollande #Guerre #Mali #Civilisation #Champion #Foot


  • Hurlements en faveur du réel — Le Cas Nobel de la Paix : lettre de la Mer Méditerranée [12/12/12]
    http://naqoyqatsi.blog.lemonde.fr

    Je dis, et loin du Moi imprimé des petites têtes romantiques : Il faut méditerraniser la politique (2) ; j’en exposerai autre part et plus longuement toutes les raisons. Car cette politique méditerranéenne me semble parfaite. Elle approche avec une allure légère, souple mais impérieuse. Elle est claire et seul son Midi crée quelques sueurs. « Tout ce qui doit être est lumineux, tout ce qui est divin flotte jusqu’aux vagues en furie » : première thèse de ma Politique. C’est une politique guerrière, stratège et armée : elle demeure malgré cela populaire – sa stratégie est celle d’une Mer faite machine de Guerre, non celle d’état-major. Elle est fuyante. Mais précise dans sa fuite : elle cherche des armes. Fuir, ce n’est pas du tout renoncer aux actions, rien de plus actif qu’une fuite. C’est le contraire de l’imaginaire. « Tout ce qui prend position dans la fuite trace du réel ; tracer du réel et trouver des armes, voilà la tâche ! » : deuxième thèse de ma Politique.

    #détournement #grosdétournement


  • La critique de l’économie politique de Marx comme théorie d’économie institutionnelle (Bernard Chavance)
    http://colloquegide2010.univ-paris1.fr/IMG/pdf/Chavance.pdf
    @thibnton

    Le concept de l’« économie comme processus institutionnalisé » (Polanyi, 1957) constitue une formulation appropriée de la position commune des différentes théories que l’on peut regrouper sous l’étiquette de l’économie institutionnelle. L’économie est ainsi interprétée comme un processus qui se déploie dans un cadre institutionnel. Cette formule pourrait être également considérée comme une expression correcte de la conception marxienne de l’économie, suggérant qu’elle relève ainsi de la famille diversifiée de l’« économie institutionnelle », bien que ce terme ne soit apparu qu’au 20° siècle1. Sans vouloir limiter la théorie de Marx à une telle caractérisation, dans ce texte je tente de justifier cette lecture de sa critique de l’économie politique et d’explorer son originalité, si on l’interprète comme un type unique d’économie institutionnelle. Je ne discuterai pas son influence sur les différents courants de l’économie institutionnelle, qui a été historiquement significative, ni des critiques que les économistes institutionnalistes ont adressé à son oeuvre. Les travaux économiques de Marx seront l’objet principal de la discussion.

    #Marx #Chavance #Kapital #Institution


  • Economistes, institutions, pouvoirs - Les blogs du Diplo
    http://blog.mondediplo.net/2012-11-21-Economistes-institutions-pouvoirs

    Sur un sujet à haute teneur polémique comme celui d’aujourd’hui, il est peut-être utile de ne pas céder immédiatement à l’envie (pourtant fort légitime) de la castagne et, au moins au début, de maintenir quelques exigences analytiques, conceptuelles même. Pour commencer donc, et dût la chose vous surprendre, voici ce que dit la proposition 12 de la partie III de l’Ethique : « L’esprit s’efforce autant qu’il le peut d’imaginer ce qui augmente la puissance d’agir de son corps. » La chose ne vous paraîtra sans doute pas aller de soi à la première lecture, mais cette proposition livre ni plus ni moins que le principe de l’idéologie, à savoir que la pensée est gouvernée par des intérêts à penser, mais de toutes sortes bien sûr, très généralement les intérêts du conatus, c’est-à-dire tout ce qui peut lui être occasion de joie (c’est-à-dire d’augmentation de la puissance d’agir de son corps).

    Derrière la pensée donc il y a toujours des désirs particuliers de penser, déterminés bien sûr par les propriétés idiosyncratiques de l’individu pensant, mais aussi — et en fait surtout — par sa position sociale dans des milieux institutionnels. C’est cette position sociale qui conforme ses intérêts à penser, je veux dire à penser ceci plutôt que cela, à avoir envie de penser, de s’efforcer de penser dans telle direction plutôt que dans telle autre. La question est donc celle des profits ou des intérêts à penser ce qu’on pense, et dont il faut redire qu’ils peuvent être de toutes natures : monétaires bien sûr, mais aussi, et évidemment surtout, institutionnels, sociaux, symboliques, psychiques, et à tous les degrés de conscience — ce qui, par parenthèses, devrait suffire à écarter les lectures catastrophiquement béckeriennes [1] de ce propos…

    Sans surprise en tout cas, Spinoza rejoint ici Bourdieu : dites moi à quel domaine institutionnel vous appartenez et quelle position particulière vous y occupez, et je vous dirai quelles sont vos inclinations passionnelles et désirantes, y compris celles qui vous déterminent à penser. Si donc on pense selon ses pentes, c’est-à-dire si l’on est d’abord enclin à penser ce que l’on aime à penser — et telle pourrait être une reformulation simple de (Eth., III, 12), ou plutôt pour lui donner la lecture structurale qui lui convient : si l’on est enclin à penser ce qu’on est institutionnellement déterminé à aimer penser —, alors c’est ce bonheur de penser ce qu’on pense, parce que cela procure toutes sortes de joie, qui est au principe pour chacun du sentiment de la parfaite bonne foi, du parfait accord avec soi-même, et de la complète indépendance, de la complète « liberté » de penser.

    #Lordon #Institutions #Pouvoir #Spinoza

    • #critique

      C’est le déséquilibre de nos institutions qui détruit les régulations de la décence et permet que soient à ce point foulées au pied les #valeurs intellectuelles les plus élémentaires. On peut donc dire à quelques années d’écart une chose et son contraire, mais sans un mot d’explication, ni le moindre embarras de conscience — et toujours au nom de la science !

      Ce ne sont pas des chartes qui nous délivreront de ça, voilà pourquoi il importe de construire autre chose. Autre chose qui affirme qu’une pensée vouée à la simple ratification de l’ordre établi ne mérite pas le nom de pensée. Autre chose qui élise la vertu contracyclique de la critique comme notre forme de la vertu. Autre chose, en somme, qui, par l’effet de sa force collective institutionnalisée — donc en extériorité — nous attache à cette vertu en nous déterminant à aimer penser autrement.



  • Dédicace : à R. Camus que j’entends en différé de #CSOJ, à une bonne partie de la "gauche", aussi, à tous les "champions de la civilisation" comme dit bien A. Liddell :

    Tu parles de civilisation « Impressions
    http://carmenlobo.wordpress.com/tag/tu-parles-de-civilisation

    Tu parles de civilisation, tu dis qu’elle ne devrait pas être, ou qu’elle devrait être différente. Tu dis que tous les hommes souffrent, ou la majorité, avec les choses humaines disposées de cette manière. Tu dis que si elles étaient différentes, ils souffriraient moins. Tu dis que si elles étaient selon tes voeux, cela vaudrait mieux. J’écoute et je ne t’entends pas. Pourquoi donc voudrais-je t’entendre ? Si je t’entendais je n’en serais pas plus avancé. Si les choses étaient différentes, elles seraient différentes, voilà tout. Si les choses étaient selon ton coeur, elles seraient selon ton coeur. Malheur à toi et à tous ceux qui passent leur existence à vouloir inventer la machine à faire du bonheur !

    Fernando Pessoa – Tu parles de civilisation (Falas de civilização)
    Poèmes désassemblés (Poemas Inconjuntos) – Traduction d’Armand Guibert

    #PESSOA


  • Et si le problème de l’industrie c’était… l’Euro ? | RussEurope
    http://russeurope.hypotheses.org/472

    Et si le problème de l’industrie c’était… l’Euro ?
    13 novembre 2012

    Par Jacques Sapir

    Le débat engagé à la suite de la publication, la semaine dernière, du « Rapport Gallois » (rapport de Louis Gallois sur la competitivité) a contribué à porter la lumière sur la situation de l’industrie française. Deux récentes notes de l’INSEE, la première portant sur l’évolution de la production (INSEE-Industrie) et la seconde sur l’évolution des investissements dans l’industrie (INSEE-Invest), confirment que la situation s’est largement dégradée et qu’elle continuera à le faire dans un avenir prévisible. La montée actuelle du chômage en témoigne. De juin 2012 à juin 2013 le chômage devrait s’accroître de 500 000 à 600 000 personnes. Même en admettant que soient crées 100 000 emplois-jeunes sur la période (ce qui me paraît optimiste) nous devrions avoir une hausse minimale de 400 000 chômeurs, pour arriver à 3,4 millions en juin 2013. Cette hausse va continuer, peut-être sur un rythme un peu moins rapide en raison de l’impact progressif du crédit d’impôts décidé par le Premier Ministre, pour la fin de 2013. Les enquêtes de l’INSEE, qui ont été citées, annonçant une chute de l’investissement, et le contexte international (et européen) restant déprimé, il est hautement probable que l’on soit, en incluant la création supplémentaire de 50 000 emplois-jeunes pour le deuxième semestre, aux environs de 3,7 millions de chômeurs au 31 décembre 2013. Pour l’année 2014, le chômage devrait continuer à augmenter, sans doute entre 300 000 et 400 000 personnes, toujours en incluant l’effet positif pour les entreprises du crédit d’impôts, mais en lui soustrayant l’effet dépressif des mesures prises pour financer ce même crédit d’impôts. Ainsi, en incluant les créations d’emplois-jeunes et les effets positifs des mesures annoncées la semaine dernière, on aboutira à un nombre de chômeur qui sera autour de 4 millions. Il faut ajouter que ces calculs sont sous réserve qu’il n’y ait pas de choc exogène supplémentaire, comme il pourrait en survenir en provenance des Etats-Unis si Démocrates et Républicains n’arrivent pas à trouver un accord sur la question de la dette et du budget. D’une manière plus générale, on constate un approfondissement du mouvement de désindustrialisation. Cela aura des conséquences importantes sur la répartition des revenus si rien n’est fait, car un pays désindustrialisé se caractérise par une structure sociale fortement polarisée entre des revenus élevés, mais en petit nombre, et une grande masse de revenus très faibles.

    #UE #Sapir #Euro #Crise #Gallois


  • F. Pessoa, Commerce et civilisation
    http://www.fabula.org/actualites/fernando-pessoa-commerce-et-civilisation_53813.php

    « L’homme croit qu’il est un animal rationnel. Il l’est peut-être, peut-être pas : la psychologie scientifique conteste l’importance et la prépondérance de la raison dans la vie de l’individu. Ce sont, dit-elle, les instincts, les habitudes, les sentiments et les émotions qui mènent vraiment l’homme ; la raison ne sert qu’à traduire à la volonté ces impulsions subrationnelles. Mais, du fait même que l’homme se considère comme un être essentiellement rationnel, il se trouve que la raison revêt dans sa vie une réelle importance, bien qu’indirectement. Or une des tâches abstraites de la raison est de formuler des préceptes, des maximes ou des normes intellectuelles pour la conduite de la vie, en général ou en particulier. Les préceptes sont de trois ordres : nous les appellerons 1) préceptes moraux, 2) préceptes rationnels, 3) préceptes pratiques. Les préceptes moraux nous disent ce que nous devons faire pour être en paix avec notre conscience. Les préceptes rationnels nous disent ce que nous devons faire pour être en règle avec notre vie. Les préceptes pratiques nous disent ce que nous devons faire pour satisfaire nos ambitions. »

    #Pessoa #Fabula


  • Hurlements en faveur du réel
    http://naqoyqatsi.blog.lemonde.fr

    Hollande : illusionné normal

    Dans l’illusion, c’est-à-dire la forme la plus courante de mise à l’écart du réel, il n’y a pas à signaler de refus de perception à proprement parler. La chose n’y est pas niée : seulement déplacée, mise ailleurs. Mais, en ce qui concerne l’aptitude à voir, l’illusionné voit, à sa manière, tout aussi clair qu’un autre. Cette vérité apparemment paradoxale devient sensible dès que l’on songe à ce qui se passe chez l’aveuglé, tel que nous le montre l’expérience concrète et quotidienne, ou encore apparemment plus lointainement, la pratique politique.

    Hollande par exemple, à l’intérieur du roman vrai dans lequel il est plongé, voit bien, parfaitement et totalement, que la situation est critique : cette perception, qu’il accueille chaque jour sans broncher, n’est jamais remise en question. Et pourtant Hollande est aveugle non de ne pas voir, mais de ne pas accorder ses actes à sa perception. Ce qu’il voit est mis comme hors circuit : la crise de l’Euro, qui n’est pas qu’une crise de la dette non supportée par une « intégration politique », est perçue et admise, mais étrangement séparée des effets que sa reconnaissance devrait normalement entraîner sur le plan pratique.

    #Hollande #Rosset #UE #Détournement #Normal #Euro #Sapir

    • Les différentes dimensions de l’illusion décrites ci-dessus renvoient à une même « fonction », à une même « structure », à un même « échec ». La fonction : protéger du réel. La structure : non pas dénier la vérité ni même refuser de percevoir le réel, mais le dédoubler. L’échec : reconnaître trop tard dans le double protecteur le réel même dont on croyait s’être gardé. Telle est la malédiction de l’esquive, de renvoyer, par le détour d’une duplication romantique, à l’indésirable point de départ, le réel. On voit maintenant pourquoi l’esquive est toujours une erreur : elle est toujours inopérante, parce que le réel n’a pas besoin de roman.

      #Détournement


  • Le coût du fédéralisme dans la zone Euro | RussEurope
    http://russeurope.hypotheses.org/453

    Le coût du fédéralisme dans la zone Euro
    10 novembre 2012

    Par Jacques Sapir

    L’hypothèse « fédérale » fait actuellement couler beaucoup d’encre. Elle est présentée comme « la » solution à la crise de l’Euro, les autres alternatives étant l’appauvrissement dramatique des pays du « sud » de la zone Euro ou l’éclatement de la dite zone[1]. Certains n’hésitent pas à ajouter qu’elle était déjà en germe dans les imperfections aujourd’hui reconnues de la zone Euro[2]. Pour autant, il ne semble pas que l’on ait une réelle compréhension de ce qu’implique la constitution d’une « Fédération Européenne », et en particulier du point de vue des flux de transferts. Par contre, on commence à en percevoir les contraintes, et ceci en particulier dans l’abandon de la souveraineté budgétaire. La volonté de l’Allemagne de soumettre les budgets à une décision préalable de Bruxelles va, bien évidemment, dans ce sens[3].

    En effet, passer au « fédéralisme » implique que les politiques budgétaires des États membres de la fédération soient contrôlées par le gouvernement « fédéral », en l’occurrence dans la situation actuelle la Commission Européenne. Mais, le « fédéralisme » implique aussi des transferts budgétaires importants, qui existent d’ailleurs dans les États fédéraux, qu’il s’agisse de l’Allemagne, des Etats-Unis, du Brésil ou de la Russie. Le Président russe, Vladimir Poutine, a d’ailleurs parfaitement posé le problème en signalant, lors de la discussion qu’avec des experts internationaux on a eu avec lui, que le passage à une monnaie unique entre pays fortement hétérogènes impliquait des flux de transferts élevés[4].

    #Sapir #Euro #crise #fédéralisme ?


  • Les dessous d’une annonce : Jean-Marc Ayrault et le “crédit d’impôt”.
    http://russeurope.hypotheses.org/432

    Les dessous d’une annonce : Jean-Marc Ayrault et le “crédit d’impôt”.

    Le Premier Ministre, M. Jean-Marc Ayrault a procédé mardi 6 novembre à des annonces qui ont été considérées comme importantes à la suite de la remise par Louis Gallois de son rapport sur la compétitivité de l’industrie française. La rapidité de la réaction a pu surprendre. En fait, ces mesures avaient été préparées depuis le mois de septembre, et le gouvernement avait déjà procédé à des « fuites » pour préparer l’opinion[1]. Ces mesures s’intègrent dans la stratégie du gouvernement qui continue d’espérer une reprise de la croissance à partir de l’été 2013.

    Les mesures présentées par J-M Ayrault et leurs effets sur la croissance.

    Ces mesures, en effet, consistent en un crédit d’impôts pour les entreprises de 20 milliards d’euros (10 milliards en 2013 et 5 milliards en 2014 et 2015), crédit d’impôts qui sera financé à hauteur de 10 milliards (en réalité plutôt 7 milliards…) par des hausses de TVA intervenant en 2014, et par des contractions de dépenses (normalement de 5 milliards par an mais en réalité plus élevées pour atteindre les 13 milliards manquants) en 2014 et 2015. En fait, cela revient à redonner aux entreprises les 10 milliards d’impôts que avaient été prélevées par la loi de finances 2013, et il n’y aura que 10 milliards d’argent frais, répartis en 2014 et 2015.

    L’impact de ces mesures sera le plus élevé en 2013 car il sera plus que compensé par les hausses d’impôts et les baisses de dépenses budgétaires en 2014 et 2015.

    #Sapir #Ayrault #Gallois


  • Greek crisis : Asphyxies structurelles
    http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/11/asphyxies-structurelles.html

    Asphyxies structurelles

    Athènes 07/11

    L’asphyxie devient incontestablement un élément essentiel et structurant du temps troïkan ainsi que de sa « gérance ». Tout y passe, les institutions démocratiques (certes déjà suffisamment parodiées), l’économie réelle, le monde du travail et ses règles, nos vies, nos rêves, nos projections imaginaires. Finalement, c’est l’hologramme de nos anciennes existences devenu « hésitant », qui doit disparaitre asphyxié, nous emportant avec lui. Et si possible, avant le futur mémorandum VI. Hier soir (07/11) maudit en tout cas, lors de la présentation et du débat au « Parlement » du texte de loi-cadre « de grande orientation politique, ce nouveau plan de rigueur pluri-annuel réclamé par nos bailleurs internationaux, l’UE et le FMI », autrement-dit du mémorandum III, nous avons assisté au rituel désormais « acquis » : la répression par l’asphyxie de notre manifestation (très massive), place de la Constitution.

    Inéluctablement la répression policière… se systématise mémorandum après mémorandum comme dans un rite de passage… conduisant à l’âge de l’Achéron social. Le régime bancocrate introduit en Grèce par l’U.E., le FMI, et par l’essentiel des élites du pays, se radicalise dramatiquement au fil des mois, imposant « un état d’exception » qui ne dit pas encore son nom (en entier). Nous l’avons (une fois de plus) bien senti ce soir devant le « Parlement », rien que pour avoir eu l’audace de manifester pacifiquement. Le mémorandum III a été adopté tard dans la nuit de mercredi à jeudi à une courte majorité de 153 députés des partis conservateur et « socialiste », soutenant l’exécutif de la coalition tripartite. Les élus Nouvelle Démocratie et Pasok, ont avalisé ces mesures… de l’asphyxie structurelle finale (le Parlement monocaméral grec est composé de 300 élus). Les députés issus des rangs de la « Gauche démocratique » (qui participe au gouvernement) se sont abstenus, tandis que six députés Pasok et un élu de la Nouvelle Démocratie, qui ne se sont pas exprimés en faveur du mémorandum III, ont été « automatiquement » exclus de leurs partis.

    #UE #Grèce #Panagiotis #Grigoriou #Euro #Krisis


  • Les cartes marines à la BNF Toute la splendeur du monde - Libération

    http://www.liberation.fr/culture/2012/10/11/les-cartes-marines-a-la-bnf-toute-la-splendeur-du-monde_852613
    11 octobre 2012 à 20:06
    Par BRICE GRUET Maître de conférences à l’université Paris-XII

    Guides maritimes et riche évocation des lieux explorés, les cartes exposées à partir du 23 octobre à la Bibliothèque nationale de France éclairent sur la représentation du monde des premiers navigateurs.

    C’est un coup d’éclat. La BNF propose au public d’explorer l’univers des cartes marines, que l’on appelle plus communément les portulans. Mais en fait, alors que les portulans ne sont que des descriptions écrites des routes maritimes et des principaux ports, les cartes marines, elles, sont de véritables cartes, qui proposent un faisceau d’informations aussi riches que possible. Non seulement à propos des traits de côte et des noms de lieux, mais aussi sur les peuples, la faune et la flore, voire les merveilles des pays et contrées représentées. On y trouve ainsi des sortes de bandes dessinées qui mettent en scène les cannibales d’Amérique, les ors et les épices des Indes, les animaux inconnus de l’Afrique…


  • greek crisis : Lyophilisation générale
    http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/11/lyophilisation-generale.html

    Lyophilisation générale

    On se souviendra sans doute du temps très doux de cette semaine lors du passage en force du mémorandum III. Sans transport en commun et sans taxis les trottoirs retrouvent leurs heures de gloire de jadis, de même que les axes routiers, car les embouteillages sont de retour. La grève générale est décrétée depuis hier, sauf qu’elle n’est pas vraiment générale. Les commerçants par exemple n’ont pas tous fermé leurs commerces, certaines écoles étaient en grève et d’autres non, et surtout, l’essentiel des employés (restants) du secteur privé sont au travail, n’ayant guère d’autre choix, rajoutant l’imbroglio à la terreur. Chez les banques aussi, certaines agences étaient fermées et d’autres pas, mais on apprend que sept centrales productrices d’électricité ont été mises à l’arrêt depuis ce matin (06/11). On manifeste depuis hier au centre-ville d’Athènes, tandis que d’autres manifestations ont lieu ailleurs en Grèce ou dans les quartiers de l’agglomération athénienne.

    #UE #Grèce #Panagiotis Grigoriou #Euro #Krisis


  • Le coût d’une sortie de l’Euro | RussEurope
    http://russeurope.hypotheses.org/414

    Le coût d’une sortie de l’Euro

    Par Jacques Sapir

    La question du coût d’une sortie de l’Euro, qu’elle soit individuelle ou concertée (scénario de la dissolution) est dorénavant posée. Le coût de sortie doit par ailleurs être comparé au coût du maintien dans la zone Euro, ainsi qu’aux avantages potentiels du retour à une flexibilité des taux de change.

     

    Le coût du maintien dans l’Euro a été traité à de multiples reprises. Il est extrêmement élevé tant en termes de coûts directs (les différentes contributions aux différents fonds de soutien, FESF ou MES, que la France a faites et qui se montent de 15 à plus de 40 milliards d’euros) qu’en termes de coûts indirects en raison de la hausse du chômage engendrée par l’Euro[1]. Les 800 000 chômeurs supplémentaires (à la date de juin 2012) qui sont induits par l’Euro coûtent approximativement 6,4 milliards d’euros par an en aides directs et induisent des coûts indirects de l’ordre de 4 milliards annuels supplémentaires. Les 500 000 chômeurs que nous sommes en train d’accumuler (de juin 2012 à juin 2013) nous coûteront au moins 6 milliards de plus au total, ce qui devrait situer à 16 milliards d’euros annuels le coût total du chômage liés à l’Euro.Par ailleurs, l’Euro provoquant un écart de 1,5% au minimum entre notre croissance factuelle et la croissance potentielle, et compte tenu du taux des prélèvements fiscaux, ce sont 13 milliards d’euros qu’il faut prélever tous les ans pour combler la part du déficit budgétaire lié à l’absence de croissance provoquée par l’Euro[2]. Enfin, nous avons les « niches fiscales », dont une partie (à hauteur de 50 milliards) est liée à l’absence de compétitivité induite par l’Euro. En admettant que seule la moitié de la somme indiquée puisse être récupérée en cas de dévaluation, cela porte à 25 milliards le coût de ces niches qui pourrait être récupéré si nous pouvions dévaluer.

    Le total est impressionnant. En juin 2012, ce total des coûts indirects se montait à 48 milliards d’Euros (annuels) et il devrait atteindre les 54 milliards en juin 2013. Encore faut-il rappeler que ceci n’inclut pas l’argent injecté, soit directement soit comme garantie mais dans tous les cas à fonds perdus, dans le FESF ou le MES. C’est donc à cette somme d’au moins 48 milliards par an (soit 2,4% du PIB) qu’il faudrait, en toute logique comparer le coût d’une sortie de la zone Euro. Nous devrions y ajouter de 15 à 40 milliards de pertes engendrés par le FESF et le MES. On le constate, ces sommes sont très loin d’être négligeables.

    #Sapir #UE #Euro


  • "The power of networks"
    http://www.visualcomplexity.com/vc/blog/?p=1125
    En continuant l’exploration des représentations de #réseaux. http://seenthis.net/messages/94454 je viens de regarder cette vidéo, http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=nJmGrNdJ5Gw


    C’est adapté d’une présentation du bonhomme qui fait ce site déjà évoqué http://www.visualcomplexity.com/vc/index.cfm?all=yes Manuel Lima , « Senior UX Design Lead @ Microsoft » je sais pas ce que ça veut dire personnellement (http://www.mslima.com/myhome.cfm )

    Bref dans cette vidéo, il est notamment question d’un projet de #cartographie du #cerveau (et aussi d’arbre, de rhizome, de Guattari et de Darwin etc.) :

    Human Connectome
    http://www.humanconnectomeproject.org/wp-content/uploads/2010/01/Sidebar1-1.jpg
    The NIH Human Connectome Project is an ambitious effort to map the neural pathways that underlie human brain function. The overarching purpose of the Project is to acquire and share data about the structural and functional connectivity of the human brain. It will greatly advance the capabilities for imaging and analyzing brain connections, resulting in improved sensitivity, resolution, and utility, thereby accelerating progress in the emerging field of human connectomics.
    http://www.neuroscienceblueprint.nih.gov/connectome

    Il y a une image qui m’a frappé, elle compare la plus petite échelle et la plus grande ; #scale (ça me rappelle ce truc « Scale of the universe » http://seenthis.net/messages/50591 ), bref la voici : https://dl.dropbox.com/s/qkpfn3j1lb5h64k/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202012-11-05%20%C3%A0%2005.00.31.png


  • greek crisis : Décompositions
    http://greekcrisisnow.blogspot.fr/2012/11/decompositions.html

    Décompositions

     Nos existences se transforment chaque jour davantage au gré de « l’accomplissement mémorandaire » dont vraisemblablement la mise au point… est réglée à l’infini. Et ce n’est plus la normalité apparente d’une certaine sociabilité du centre-ville d’Athènes par exemple, qui dissimulera la concomitance ahurissante dans la décomposition des parures et celle, des parousies humaines. Visages décomposés, regards absents, petits et grands énervements, suspicion… panhéllenique et courbes de survie en compost, tel est l’essentiel de la vie quotidienne sous la première méta-démocratie officielle, inaugurée par l’Union Européenne et le FMI.

    Du reste, la récente déclaration d’Angela Merkel depuis Berlin, lors de la visite du Premier ministre irlandais Enda Kenny en Allemagne (parfaitement ignorée des médias français), a été en revanche, largement soulignée et commentée par nos médias hier matin (02/11). « Un pays dont la dette dépasse 80% ou 90% du PIB, perd sa souveraineté et son indépendance » a déclaré Angela Merkel selon le communiqué officiel du gouvernement allemand (01/11), prônant par la même occasion « la nécessité d’adopter des mesures en faveur de la croissance ». On comprend d’ici-bas du fond de la Baronnie que la « gouvernance » par la dette, c’est-à-dire la spoliation, l’expropriation et l’extermination lente et « homéopathique » des peuples de la vieille Europe, doit être une priorité aux yeux des élites du pays de Goethe, de la Deutsche Bank Group, et des travailleurs allemands (aussi potentiellement et suffisamment) nouveaux pauvres. On comprendra par la même occasion que de nombreux pays seraient potentiellement dans la situation ainsi décrite par la chancelière de l’Europe Ultime (E.U. !), au vue en tout cas, de leurs dettes exprimées en ratio de leur PIB, un calcul déjà aberrant et irrationnel, mais passons. On croit savoir par ailleurs , que « la dette publique de la France a augmenté de 72,4 milliards d’euros au premier trimestre [2012] pour atteindre 1.789,4 milliards fin mars, soit 89,3 % du PIB, selon les statistiques publiées vendredi par l’Insee ».

    #Grèce #UE #Euro #Crise



  • Hurlements en faveur du réel
    http://naqoyqatsi.blog.lemonde.fr

    Hollande n’est pas le produit de la révolution populaire : le jeu banal du suffrage universel, qui ignore tout des grandes tâches historiques à résoudre, l’a hissé au sommet, lui, le faux plébéien fils de médecin qui a bien fait son chemin, du petit pensionnaire qu’il était à l’énarque voltairien, Président de la République Française qu’il est devenu, lui qui est dépourvu de brillant intellectuel, sans grandeur de caractère notable, sans aucune valeur exceptionnelle, car c’est un homme moyen de bonne volonté.

    #Hollande #Détournement #Marx #Lincoln #Hegel #Situ