• #Nantes : une vidéo montre un policier en train d’étrangler un manifestant
    | Par Pascale Pascariello pour Mediapart + ajout d’un témoignage direct
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030919/nantes-une-video-montre-un-policier-en-train-d-etrangler-un-manifestant

    Violemment interpellé par des policiers de la Brigade anticriminalité le 3 août, Bruno Kaïk, 51 ans, a dû être hospitalisé. Sur la vidéo que Mediapart publie, un policier lui serre la gorge et l’étrangle avec son bras, contredisant la version de la police nationale. Une plainte pour tentative d’homicide vient d’être déposée auprès du parquet de Nantes, qui a ouvert une enquête préliminaire.

    Témoin direct de la scène, [Bastien Gruchet] confirme tous les témoignages publiés dans cet article de Mediapart.
    https://www.facebook.com/bastien.gruchet/posts/10215250974734248

    Pris de convulsions puis tombé inconscient alors qu’il était menotté après avoir été étranglé, fouillé pendant que les pompiers le brancardaient.

    A noter que l’agent de la BAC avec le pull gris sur la photo, celui qui a mis la personne interpellée à terre en l’étranglant avec une très grande violence, tient tranquillement une grenade désencerclante dans sa main droite. Il semblerait (à la vue du pull et de la carrure) que ce soit la même personne qui, en 2017, avait passé plusieurs personnes à tabac avec sa matraque télescopique dans un camion de la CGT.
    Et c’est lui aussi qui balance de l’eau au visage sans réaction de sa victime, sans que cela ne l’émeuve.

    La #BAC, et tout particulièrement celle de Nantes, est un véritable danger public. Le fait que la #police soit munie d’une telle brigade en dit long sur ce qu’est cette institution... Le fait qu’elle soit envoyée faire du maintien de l’ordre alors qu’elle n’y est pas formée symbolise ce que l’Etat veut faire des mouvements sociaux : les effrayer et les mater dans la violence. Elle doit disparaître, dans les manifestations et ailleurs.

    Ci-dessous, le texte intégral de l’article (_vu le taf qu’on fait à Nantes sur le sujet, pas envie d’être bloqué-e-s par un #paywal_) :

    Violemment interpellé par des policiers de la Brigade anti-criminalité le 3 août, Bruno Kaïk, 51 ans, a dû être hospitalisé. Sur la vidéo que Mediapart publie, un policier lui serre la gorge et l’étrangle avec son bras, contredisant la version de la police nationale. Une plainte pour tentative d’homicide vient d’être déposée auprès du parquet de Nantes, qui a ouvert une enquête préliminaire.
    À Nantes le 3 août, en marge de la marche blanche organisée en hommage à Steve Maia Caniço, les images d’un homme à terre, hagard, paraissant inconscient, entouré de trois policiers en civil, ont fait le tour des médias et des réseaux sociaux.

    Violemment interpellé par des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC), Bruno Kaïk, 51 ans, perd connaissance et est conduit aux urgences. Trois jours après les faits, la police nationale, par la voix de son service de communication (Sicop), affirme à Libération que ce manifestant avait été hospitalisé « parce qu’il était incommodé par les gaz lacrymogènes ».

    Le ministère évacue de la sorte toute responsabilité policière, nonobstant la parole de la victime qui accuse l’un des policiers de l’avoir « étranglé jusqu’à l’étouffement ».

    Une nouvelle vidéo que Mediapart publie contredit la version du ministère de l’intérieur. Sur ces images, derrière un fourgon, on distingue un policier de la BAC, le visage masqué, qui serre de sa main puis de son bras le cou de Bruno Kaïk. Celui-ci tombe à terre, quasi inanimé.

    Le compte-rendu médical atteste que le « patient interpellé par [la] BAC lors d’une manifestation, a reçu plusieurs coups (…), a présenté une perte de connaissance » et a été « retrouvé inconscient sur la voie publique ». Il souligne l’absence de toute substance toxique qui aurait pu provoquer cet état.

    Le parquet de Nantes vient d’ouvrir une enquête préliminaire à la suite de la plainte déposée par Bruno Kaïk pour tentative d’homicide.

    Contactée par Mediapart, la police nationale nuance désormais sa version initiale. « Un signalement fait par Bruno Kaïk auprès de l’IGPN [Inspection générale de la police nationale] est en cours d’instruction et des éléments complémentaires ont été demandés à la Direction départementale de la sécurité publique de Loire-Atlantique », assure le service de communication.

    Alors pour quelle raison la police nationale s’est-elle autorisée à communiquer une information inexacte ? Notre question est, à ce jour, restée sans réponse.

    « Ce n’est pas la première fois que j’assiste à des dérives des policiers de la BAC », explique Mathilde, l’auteure de la vidéo, dont l’appartement surplombe une des rues de Nantes régulièrement empruntée par les manifestations.

    Le 3 août, cette professeure des écoles et son conjoint décident de filmer ce qui se passe sous leur fenêtre parce qu’ils aperçoivent « une personne blessée ». Mais un autre événement retient rapidement leur attention. Mathilde observe trois policiers de la BAC : « Ils ramenaient derrière les camions et de façon musclée un homme. Ensuite l’un d’entre eux l’a étranglé et un autre l’a menotté. »

    « J’ai été choquée de voir autant de violence, confie-t-elle. Les policiers ont ensuite fait partir les passants qui filmaient. Seuls mon conjoint et moi, à l’abri dans notre appartement, pouvions continuer à filmer pour témoigner de ces dérives. »

    Mathilde ne peut oublier « l’image de cet homme à terre, menotté, qui haletait pour chercher de l’air. J’ai été très inquiète ensuite pour sa santé parce qu’il a commencé à avoir des convulsions ».

    La gratuité de cette violence a également affligé Grégory. Venu couvrir la marche, ce photographe de 34 ans passait à côté des fourgons de police lorsqu’il a « entendu plusieurs personnes qui demandaient aux policiers d’appeler les pompiers ».

    « J’ai vu cet homme à genoux, quasi inconscient, raconte Grégory. Il avait la bouche ouverte et avait du mal à respirer. J’ai alors demandé une bouteille d’eau à une passante pour la donner aux policiers. »

    L’un des agents de la BAC asperge alors la tête de Bruno Kaïk qui « n’a eu aucune réaction. J’ai été choqué. Et ce qui m’a interpellé c’est que les policiers ne faisaient rien pour lui venir en aide. Ils étaient davantage préoccupés par les témoins et ils nous ont demandé de partir de façon agressive. L’un d’eux me marchait sur les pieds alors que je reculais. C’était absurde. Ils ont même placé un caddie de supermarché devant cet homme pour le cacher », témoigne Grégory.

    Pris de convulsions, Bruno Kaïk sera gardé en observation plusieurs heures à l’hôpital. À sa sortie et après 24 heures de garde à vue, il ressort libre du commissariat sans qu’aucune poursuite ne lui soit notifiée. Le parquet de Nantes n’a pas apporté plus de précisions concernant cette procédure.

    Un policier formateur, qui a aussi fait du maintien de l’ordre et auquel nous avons fait visionner ces images, commente : « Tout d’abord, saisir à une main le cou d’un individu, ce n’est pas une technique référencée au sein de la police. Ensuite, concernant l’étranglement qu’il fait avec son bras, il ne respecte pas la technique de l’étranglement arrière. Cette technique est utilisée comme moyen d’amener un individu d’un endroit à un autre ou pour le neutraliser s’il est très récalcitrant voire dangereux, c’est-à-dire susceptible d’être armé. Or là, non seulement elle est mal maîtrisée mais elle n’est ni adaptée ni justifiée. La personne ne montre ni de signe d’opposition ni de dangerosité. C’est donc disproportionné. »

    Consterné par ces images, ce formateur déplore l’intervention de la BAC sur des manifestations. « Ils ne sont pas formés pour cela et on ne peut que constater les dérives qui en découlent. On ne doit pas s’arrêter à la responsabilité individuelle mais remonter à celle de notre hiérarchie qui décide de mettre des unités non formées sur ces dispositifs. Aujourd’hui, il y a un manque de formation continue dans la police nationale. Elle a quasiment disparu et se limite désormais aux tirs réglementaires, mais le métier de policier est plus complexe et il est impératif de revenir à une formation plus complète. »

    De son côté, un ancien policier de la BAC rappelle, sans les dédouaner, que « ses collègues doivent gérer des violences urbaines et surtout sont habitués à faire du “crâne”, c’est-à-dire le maximum d’interpellations ».

    Ce policier regrette cette évolution du maintien de l’ordre. « Quand vous avez une foule, hostile ou non, qui manifeste et que vous y opposez des spécialistes du maintien de l’ordre, équipés, formés, comme les CRS ou les gendarmes mobiles, la stratégie est de maintenir à distance les manifestants de manière à éviter tout contact direct. Et, à ce moment-là, la foule s’adapte. »

    « Or, depuis quelques années, notamment depuis 2016 et les mouvements contre la loi El Khomri, lors des manifestations, la BAC intervient en première ligne. Ce qui est la plus mauvaise des réponses, car la présence de la BAC n’apaise pas la situation mais engendre des tensions supplémentaires puisqu’il y a une volonté d’interpeller, souvent exacerbée par les ordres de la hiérarchie », déplore-t-il.

    « Aujourd’hui, on met à la tête de dispositifs de maintien de l’ordre des commissaires qui ne sont pas habitués à cela. Ils connaissent mal notamment le cadre d’emploi du LBD [lanceur de balles de défense – ndlr], qui a largement été dévié de son utilisation d’origine. Ces commissaires ont sous leurs ordres des policiers de la BAC dont beaucoup sont équipés de LBD et qui tirent sur tout manifestant un peu plus provocateur ou véhément que les autres. C’est du grand n’importe quoi, explique-t-il. Il est urgent de revenir à la doctrine de maintien de l’ordre fait par des professionnels et surtout dirigé par des spécialistes. »

    Pour Bruno Kaïk, faire le récit de cette interpellation est encore douloureux. « J’ai vécu un véritable cauchemar qui n’en finissait pas », confie-t-il.

    Le samedi 3 août, vers 15 h 30, ce traducteur rejoint avec son fils la marche organisée en mémoire de Steve Maia Caniço. « Très vite, les tirs de lacrymogènes se sont succédé à une cadence infernale. Nous étions pris au piège. D’un côté les nuages de gaz, de l’autre les agents de la BAC qui nous mettaient en joue avec leur LBD. J’ai alors décidé de filmer. Le chaos s’en est suivi. Mon fils a été victime d’un tir dans le dos. Plus tard, un autre manifestant est blessé », raconte Bruno Kaïk qui demande alors aux forces de l’ordre de laisser passer les pompiers afin qu’ils viennent secourir ce blessé.

    « Impuissant, j’étais ulcéré par les exactions répétées des forces de l’ordre. J’ai alors lancé une bouteille vide en direction de policiers cagoulés et casqués qui se trouvaient à quelque trente mètres de moi. Elle a échoué à plusieurs mètres devant eux », assure-t-il.

    Bruno Kaïk ne comprend pas la violence dont il a été victime. « Je n’ai blessé personne. Mon geste n’était que dérision et symbole face aux armes des policiers. Comme seule réponse, je n’ai eu que violence. Agressé sans sommation par-derrière, violemment jeté au sol et étranglé une première fois. Derrière les camions de police, j’ai à nouveau été victime de strangulations. Je ne trouvais plus mon souffle. Je me rappelle avoir hurlé de douleur lorsqu’ils m’ont menotté. Ensuite le silence et le néant. Plus rien. C’est le visage d’un pompier que je verrai lorsque je reprendrai enfin connaissance », explique-t-il.

    « J’ai décidé de faire un signalement auprès de l’IGPN, une semaine après. Le temps de reprendre mes esprits. Et je n’étais pas très convaincu d’un tel procédé. On voit bien comment l’IGPN enterre systématiquement les enquêtes et blanchit les policiers », regrette-t-il en précisant qu’il n’a pas été, à ce jour, contacté par l’IGPN.

    « Non seulement, j’ai eu très peur de la violence de la BAC mais après j’ai été confronté à la violence de la police nationale qui a menti en contestant publiquement les violences que j’avais subies », déplore-t-il.

  • Ouin ouin, le retour de bâton | Quoi de Meuf
    https://art19.com/shows/quoi-de-meuf

    “La nouvelle terreur féministe : actions violentes, théorie du genre, PMA, parité, écriture inclusive… enquête sur une inquisition” : ces quelques lignes ont fait la couverture du magazine Valeurs Actuelles le 15 mai 2019. Loin d’être anodins, ces mots résument un concept bien précis et peu connu en France : le backlash, en français, “contrecoup”, ou encore “retour de bâton”, qui freine les femmes dans l’avancée de leurs droits. Durée : 34 min. Source : Nouvelles Écoutes

    https://rss.art19.com/episodes/733aedc5-b718-4ed9-acf0-662162dbb5a5.mp3

    • Comme je le note régulièrement sur les affaires de harcèlement moral, le fond du problème n’est pas tant sexuel que compétitif : les hommes ne harcèlent jamais au hasard dans le boulot. Il s’agit souvent de pousser des femmes compétentes vers la sortie (ou la fenêtre), ce qui, de facto, réduit la concurrence dans la boite.

      Souvent, les directions protègent les harceleurs : « ce sont des gens de grands talents qui apportent beaucoup à la boite ». Sauf qu’à cause de leurs actes, on ne saura jamais ce qu’aurait apporté à la boite les victimes et si la boite n’a pas beaucoup perdu au change !

      Bien sûr qu’il s’agit d’une guerre des places !

  • Pitié-Salpêtrière : des policiers frappent un étudiant dans sa résidence universitaire - Page 1 | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/070519/pitie-salpetriere-des-policiers-frappent-un-etudiant-dans-sa-residence-uni

    La honte.

    Le 1er Mai, à la Pitié-Salpêtrière, Amadou, un étudiant de 23 ans, a été frappé sans explication par quatre policiers au sein même de sa résidence universitaire. Une « intrusion violente », et bien réelle celle-là, qui a été passée sous silence.

  • 430.000 euros d’argent public pour un documentaire… en l’honneur de BHL - Sputnik France
    https://fr.sputniknews.com/france/201905071041016271-430000-euros-dargent-public-pour-un-documentaire-

    Le spectacle de l’écrivain Bernard Henri-Lévy, « Looking for Europe », fera l’objet d’un documentaire, a révélé Le Canard Enchaîné. Plus de 700.000 euros de subvention ont été donnés par les grandes chaînes, certaines elles-mêmes subventionnées par l’État, comme Arte, dont BHL est l’un des responsables !

    Tiens les Libyens n’ont rien donné ! #formidable_époque

  • Encore un qui a lu nos grands intellectuels:
    https://actu.orange.fr/monde/un-extremiste-de-droite-tire-dans-deux-mosquees-neo-zeolandaises-49-mort

    Avant de passer à l’action, l’homme, qui se présente comme un blanc de la classe ouvrière aux bas revenus, a publié sur Twitter un « manifeste » raciste de 74 pages intitulé « Le grand remplacement », en référence à une théorie née en France et populaire dans les milieux d’extrême droite selon laquelle les "peuples européens" seraient « remplacés » par des populations non-européennes immigrées.

    • Sinon, se souvenir qu’avant le « Grand remplacement » de Renaud Camus, il y a eu l’« Eurabia » popularisé en Europe par Oriana Fallaci, reprenant le concept de Bat Ye’or. Concept lui-même dérivé de la « dhimmitude », de Bachir Gemayel, auquel le Nouvel obs tendait le crachoir en 1982 à ce sujet.

      Ça donne une nébuleuse reliant l’extrême-droite chrétienne libanaise, les propagandistes d’Israël, l’extrême-droite raciste (souvent antisémite) française et européenne, souvent derrière un alibi laïcard, tout ça dans un univers médiatique européen particulièrement complaisant avec tous ces complotismes islamophobes.

      Et en gros le même « arc » aux États-Unis, où il faut ajouter les fondamentalistes chrétiens, à la fois frénétiquement pro-israéliens et fondamentalement antisémites.

    • Les chrétiens du Liban, la dhimmitude, l’Eurabia, le marxisme culturel propogeant l’islamisation de l’Europe… toutes foutaises déjà présentes dans le « manifeste » de Breivik (2011) :
      https://seenthis.net/messages/28765

      Mais le nouveau « Manifeste » est beaucoup plus au ras des pâquerettes.

      Et en gros rien sur Israël (contrairement au manifeste Breivik), à part une mention :

      Were/are you an anti-semite?

      No. A jew living in israel is no enemy of mine, so long as they do not seek to subvert or harm my people.

    • @reka Puisque tu cites Millet, remarque qu’on est dans le même « arc » (caution intellectuelle et ancien de l’extrême-droite libanaise) :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Millet

      En 2012, il publie chez Pierre-Guillaume de Roux un essai intitulé Langue fantôme, suivi de Éloge littéraire d’Anders Breivik, dans lequel il s’en prend au multiculturalisme et à la perte de repères identitaires à l’origine, selon lui, du geste du tueur norvégien. Frappé par la « perfection formelle » des actes de Breivik, Richard Millet leur prête une « dimension littéraire » qui aurait été mal comprise et mal interprétée par la presse : d’après lui, seule une littérature qui ose s’intéresser à la question du mal est valable à une époque où le divertissement domine, et donc l’insignifiance. Tout en condamnant les actes d’Anders Breivik, Richard Millet affirme qu’il est « sans doute ce que méritait la Norvège et ce qui attend nos sociétés qui ne cessent de s’aveugler » sur « les ravages du multiculturalisme », « l’islamisation de l’Europe » et son renoncement à « l’affirmation de ses racines chrétiennes ». Richard Millet considère Anders Breivik comme « tout à la fois bourreau et victime ». Il assimile ce massacre à un nouveau symptôme de l’échec de la littérature, supplantée par le fusil d’assaut.

      À bonne école :

      Il participe à la guerre du Liban en 1975-1976 en tant que volontaire auprès de la communauté chrétienne, plus particulièrement au sein des Phalanges libanaises.

    • Et ça n’a pas traîné : sur RMC (via Arrêts sur image), Olivier Truchot, Elizabeth Lévy, Gilles-William Goldnadel s’inquiètent que le massacre perpétré par un islamophobe donne une mauvaise image de l’islamophobie.

      Face aux 40 morts de Christchurch, les télé-islamophobes ne désarment pas
      https://www.arretsurimages.net/articles/face-aux-40-morts-de-christchurch-les-tele-islamophobes-ne-desarment

      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1106851251306811392/pu/vid/640x360/lxvwcd397Lpmp8WJ.mp4

      Caroline Fourest sur Twitter (via @mona) :
      https://twitter.com/carolinefourest/status/1106509831026999298

      Un terroriste d’extrême droite qui croit au « grand remplacement » n’est pas juste « islamophobe », il n’a pas peur de l’Islam. Il est RACISTE, anti-Musulmans. Il voit tous les Musulmans, et non leur religion, comme une menace. Mal nommer, c’est minimiser. #ChristchurchShooting

      Renaud Camus sur Twitter :
      https://twitter.com/renaudcamus/status/1106870609168994304

      L’attentat de Christ Church est d’abord atroce et criminel, c’est un monstrueux forfait. Très accessoirement, il est aussi imbécile, puisqu’il dessert gravement la cause que (peut-être) il prétend servir, la lutte contre le remplacisme global, crime contre l’humanité du XXIe s.

    • Soyons précis avec Jean-Yves Camus : Breivik citait Finkielkraut et l’Eurabia, le nouveau taré titre « Le grand remplacement », mais ça n’a rien à voir.
      https://www.ladepeche.fr/2019/03/16/on-retrouve-lhypothese-dune-riposte-aux-attaques-islamistes-selon-jean-yve

      Le tueur fait référence à une théorie élaborée par le Français Renaud Camus intitulée le « grand remplacement ». Est-ce une référence pour les extrêmes droites radicales ?

      C’est une théorie en vogue, mais Camus, qui a formulé la théorie du grand remplacement, n’est pas sur la même ligne que le tueur. Quel que soit le caractère contestable des idées de Renaud Camus, il n’a jamais prôné la violence, il ne fait pas référence au nazisme et ne se présente pas comme fasciste. Il est souverainiste, anti-immigration et proche du Siel (Souveraineté Identité et Libertés, extrême droite, NDLR). La théorie du grand remplacement a « fait sa vie » et est arrivée dans les mains de gens pour qui l’action politique est devenue insuffisante et qui ont basculé dans la violence.

    • 24h Pujadas sur Twitter : Guillaume Tabard « joue à de la comptabilité »
      https://twitter.com/24hpujadas/status/1106606907723264005
      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1106606702189776897/pu/vid/640x360/L3JsLBliVVfRoNa-.mp4?tag=8

      « On a vécu en France un terrorisme islamiste assez meurtrier, si on veut jouer à de la comptabilité, on n’est pas encore dans l’équilibre. Il ne faut pas s’aventurer sur le terrain du match retour » @GTabard @Le_Figaro

    • Remarquez bien, dans le genre « meurtrier », ce matin je lisais ça : https://www.francetvinfo.fr/monde/asie/attentats-a-christchurch/attentat-en-nouvelle-zelande-ou-que-j-aille-les-envahisseurs-etaient-la

      Son parcours de radicalisation

      Le tireur décrit les raisons de sa radicalisation en évoquant l’attentat de Stockholm (Suède) en 2017 et sa déception lorsqu’Emmanuel Macron l’emporte face à Marine Le Pen. Mais ce qui le décide à commettre cette attaque, ce sont ses impressions lors d’un voyage en France : "Le déclic final fut l’observation de l’état des villes et villages français. Où que j’aille, les envahisseurs étaient là."

      Charles Martel, sors de ce corps !

      Les médias français ne feraient-ils pas preuve d’une certaine #complaisance vis à vis de la radicalisation d’extrême-droite, des théories du grand remplacement et du suprématisme blanc ? (C’est une question que je n’arrête pas de me poser).

      Vous avez aimé la lepénisation des esprits. Alors passez sans plus attendre à la trumpisation. ---> Trump again punts on white supremacy after New Zealand attacks - CNNPolitics
      https://edition.cnn.com/2019/03/16/politics/donald-trump-new-zealand-white-supremacy-muslims

    • Mais aussi Géraldine Woessner sur Twitter (repéré par @le_bougnoulosophe) – attention, attrape un sac à vomi avant de te lancer :
      https://twitter.com/GeWoessner/status/1107071339016392704

      C’est insupportable. Si les mots on un sens, celui de « théorie » du grand remplacement est particulièrement mal choisi. Petit thread à l’attention des apprentis-combattants de la droite-extrême et des populismes.

      La « théorie du Grand Remplacement » n’est PAS une « théorie » : c’est une PEUR, qui s’appuie sur des éléments concrets, que nous fournissent les pays qui, contrairement à la France, tiennent des statistiques ethniques....

      Le « remplacement » de populations n’a rien de fantasmatique : il est advenu dans maintes villes des USA ou du Canada, où les Latinos sont maintenant majoritaires, et nos grands médias s’en sont fait l’écho : https://t.co/OjbJKtLHgB

      Ce n’est pas un mal : c’est un FAIT. Dicté par la science démographique, avec lequel il faut composer. Il explique en partie l’élection de Donald Trump. Parfois, on sait l’affronter avec sang-froid et pragmatisme. On en débat ouvertement. On discute des politiques à conduire...

      Le fait que des extrêmes aient repris ce concept n’y change rien : JE ne crois PAS qu’un pouvoir « remplaciste » œuvre pour m’imposer un ordre « mondialiste ». Je ne crois PAS à la supériorité d’une race sur une autre. Ma si la pression démographique m’inquiète… #CestGraveDocteur ?

      En France, on ne débat PAS. RIEN. On préfère NIER les taux de natalité plus élevés de populations allogènes, au motif que la République, très forte, serait capable d’intégrer chacun dans son grand creuset laïc et républicain...

      Tant pis si ça ne marche pas.
      On fera semblant que si.
      Et ceux qui ont "peur", parce qu’ils voient les populations changer autour d’eux, qu’ils doutent de la volonté de l’ État d’imposer ses standards, seront vilipendés.
      Votre peur ? « Un fantasme. Une théorie ».

      Cet argumentaire, en plus d’être absurde, est d’une violence inouïe.
      UN sentiment, par définition, ne peut être une « théorie. » Si autant de gens, en France, en GB, en Allemagne, en Hongrie… Sentent leur « identité culturelle » menacée et le disent, QUI sommes-nous...

      ...pour décréter que leur ressenti ne vaut rien ? Ne devrions-nous pas, plutôt, entendre leurs craintes et tâcher d’y répondre ?
      Si nous sommes sûrs que ce risque de « grand Remplacement » est un fantasme, ne devons-nous pas apaiser aves des études basées sur des données fiables ?

      Nous sommes tellement habitués à contempler l’UE marcher sur la tête et s’autodétruire, que nous ne songeons même plus à exiger d’elle qu’elle se dote des instruments de sa survie. Des outils, une recherche, une prospective intelligentes. Des instruments statistiques signifiants.

      A défaut, et vu le niveau du débat, marqué de haines, de rancunes, d’amalgames, je redoute que tout cela finisse dans un bain de sang... Je pèse mes mots.
      Il n’est jamais trop tard pour s’ausculter, pour faire Nation. Je veux savoir QUI sont mes frères...

      Ce qu’ils pensent, ce qu’ils croient, ce qu’ils espèrent.
      Des statistiques ethniques me donneraient l’occasion de partager leurs vues. De comprendre. De connaître.
      Leur absence est un voile, une insulte à l’avenir, terreau de l’outrance. Un blanc-seing pour tous les extrêmes.

      Si on a vraiment besoin d’arguments sur ces histoires d’allogènes qui nous remplacent avec leur taux de natalité de lapin sous Viagra, on a le thread de Jacques Caplat ici :
      https://twitter.com/nourrirlemonde/status/1107282903996743680

    • [ARCHIVE]

      Two sentenced to life imprisonment in hate media trial (2003)
      https://rsf.org/en/news/two-sentenced-life-imprisonment-hate-media-trial

      “We are pleased that this case has finally reached a conclusion despite countless procedural delays and obstacles,” Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard said. “This is the first time that journalists have been sentenced to life imprisonment for incitement to murder and violence in their reports,” he said.

      “We hope these sentences are seen as a warning to the many journalists in Africa and elsewhere who also stir up hate in their writing,” Ménard added. “Even if no country is today in a situation comparable to Rwanda’s at the time of the genocide, these sentences should serve as a call to order to all the publications that constantly flout the most elementary rules of professional ethics and conduct.”

      en français:

      « Nous souhaitons que ces condamnations soient perçues comme un avertissement en direction de nombreux journalistes qui, en Afrique ou ailleurs, attisent, eux aussi, les haines par leurs écrits. Même si aucun pays ne connaît aujourd’hui une situation comparable à celle qui prévalait au moment du génocide rwandais, cette condamnation doit résonner comme un rappel à l’ordre pour toutes les rédactions qui bafouent quotidiennement les règles les plus élémentaires en matière d’éthique et de déontologie professionnelles », a ajouté Ménard.

      https://www.ifex.org/rwanda/2003/12/05/rsf_welcomes_life_sentences_against/fr

    • Hier soir, le Centre Anne Frank a choisi très curieusement de partager un lien vers un article du néoconservateur David Frum expliquant qu’il faut fermer les frontières, « sinon ce sont les fascistes qui le feront » :
      https://twitter.com/annefrankcenter/status/1107383900471521281

      We need compassion and deliberation in our approach to #immigration. #education #humanity ⁦⁦@davidfrum⁩

      avec en référencement cet article :
      https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2019/04/david-frum-how-much-immigration-is-too-much/583252

      If Liberals Won’t Enforce Borders, Fascists Will - We need to make hard decisions now about what will truly benefit current and future Americans - David Frum

      Énorme retour de manivelle, le centre publiait ensuite une série de 10 messages pour tenter d’expliquer qu’il s’agissait seulement d’ouvrir un dialogue. Mais le timing d’un tel référencement (« fermer les frontières sinon les fascistes s’en chargeront », au lendemain du massacre en Nouvelle Zélande) n’est pas expliqué.

      EDIT. Finalement tweet retiré, avec un message posté à la place :
      https://docs.wixstatic.com/ugd/7279dd_c6e89ff1f5f74d269aab5418f1c657e7.pdf
      (et toujours pas d’explication sur le timing d’un tel sujet).

    • Le grand remplacement est en marche et l’absence de LBD est responsable du saccage des Champs-Elysées
      https://www.telerama.fr/television/le-grand-remplacement-est-en-marche-et-labsence-de-lbd-est-responsable-du-s

      Nathalie Saint-Cricq salue une Marine Le Pen “consensuelle”, David Pujadas laisse libre court à Robert Ménard pour soutenir la théorie du grand remplacement, un expert de BFMTV estime que les LBD sont trop dangereux pour les employer ailleurs que “dans les banlieues”… Nous sommes en France, en 2019. Bienvenue à la télé.

  • Désabonnez-moi ! | ploum.net
    https://ploum.net/desabonnez-moi

    Bonjour,

    En vertu de la loi #RGPD, pourriez-vous m’informer de la manière par laquelle vous avez obtenu mes coordonnées et effacer toutes données me concernant de vos différentes bases de données. Si vous les avez acquises, merci de me donner les coordonnées de votre fournisseur.

    Bien à vous,

    Merci @sebsauvage qui n’est pas ici mais qui est là : https://sebsauvage.net/links ?

  • Association Maiouri Nature Guyane
    https://sites.google.com/site/maiourinature/les-liens-qui-liberent

    2 Mars 2019
    #StopMontagne d’or : la nouvelle infographie 2019...

    Découvrez la nouvelle infographie Or de Question sur le projet #Montagnedor sous ses plus sombres aspects :
    A télécharger LÀ en jpg (basse résolution) ou en pdf (haute résolution) ICI.

    1 - UN MIRAGE ÉCONOMIQUE :

    Les bureaux d’études spécialisés le confirment (Action WWF) :
    - Un mirage économique,
    - Pour un vrai développement économique,
    - Le rapport Deloitte des potentiels du développement,
    - Le Rapport DME qui révèle la surestimation des promesses d’emplois et retombées économiques du projet minier.

    2 - UNE CATASTROPHE ENVIRONNEMENTALE :

    - Les 20 raisons de dire NON à ce projet minier
    - La Mine qui gâche la forêt : la vidéo qui en dit long
    - Démonstration gesticulée selon Max Bird
    - Rupture de digues : deux catastrophes par an dans le monde : Exemples du Brésil en 2015 et 2019
    - La Soif de l’or et la pollution à l’arsenic au Brésil, le reportage du magazine Investigation de France Ô.
    - Cyanure en forêt tropicale humide : le mariage impossible (en construction)
    https://sites.google.com/site/maiourinature/top-20-bloublou-fini/COUV_TOP20_leger.jpg?attredirects=0

    3 : UN POTENTIEL FUTUR SCANDALE SANITAIRE :

    - Les métaux lourds et le Drainage Minier Acide dans le projet Montagne d’or (en construction)
    - Le scandale des pollutions minières (Cellule d’investigation de France-inter)
    - La pollution à l’arsenic : rançon de la ruée vers l’or dans l’hexagone.

    4 - UN BOULEVERSEMENT SOCIAL ET HUMANITAIRE :

    - Deux enquêtes sur les liens étroits entre politiciens, fonctionnaires et miniers : (par Médiapart ICI & LA)
    - Un grave risque de conflit social : voir le long métrage « Le dernier combat des capitaines de Guyane »
    - L’exemple de Nordgold au Burkina Faso (Action de Carême)
    - L’exemple de Nordgold en Guinée (Cellule d’investigation de France-inter)

    5 - UN PROJET DU MAUVAIS CÔTÉ DE L’HISTOIRE

    - 25 raisons de dire OUI AUX FILIÈRES D’EMPLOIS D’AVENIR
    - L’Etude Deloitte des potentiels du développement durable (WWF) :

    5 - SUR LES ONDES DE RADIO FRANCE !

    – « Comme un bruit qui court », émission de France-inter. Le reporter Giv Anquetil a passé une semaine en Guyane. A écouter absolument, « Entre Montagne d’or et forage Off-shore » (9 fev.) puis « La forêt est un champ de bataille » (2 mars)

    – France-Culture et Véronique Rebeyrotte ont aussi traversé l’Atlantique : A écouter « La montagne de la discorde » (invités I. Autissier, I. Casillo, M. Vallo) et le Grand Reportage « Bon ou mauvais filon ? ». (Invité Jean-Matthieu Thévenot d’ingénieurs sans frontières Système d’Extraction).

    – Fin 2018, Igor Strauss de Radio France international qu’a consacré une émission : C’est pas du vent !

    6 - POUR ÊTRE INCOLLABLE SUR LE SUJET :


    Or de Question, fondé en juillet 2016, est un Collectif citoyen opposé aux projets industriels d’exploitation minière en Guyane. Il est au coeur de la convergence des Résistances contre ce projet minier. Il a reçu à ce titre le Prix Danielle Mitterrand en 2017.

  • Touchez pas à nos enfants !

    Le ministre @CCastaner déclenche une #procédure_pénale contre le #syndicat #Info’Com-CGT. En cause, cette affiche qui relève pourtant de la seule liberté d’expression. Le secrétaire général d’@InfoComCGT se voit convoqué par la PJ le 18 mars prochain.

    Pétition :
    https://libertedexpression.jesigne.org
    #maintien_de_l'ordre #violences_policières #affiche #justice

    ping @reka

  • Chèr⋅es ami⋅es, la récente remise sur le tapis du débat antisémitisme/antisionisme, la manif d’aujourd’hui, la loi que certaines personnes voudraient faire… tout cela me remue toujours, et me remémore un très modeste et très petit texte-manifeste que j’avais écrit en août 2014 en plein durant les bombardements sur Gaza. Écrit du point de vue d’une personne de culture juive, extérieur à Israël, donc.

    Je ne l’ai jamais vraiment publié ni donc diffusé. Je n’ai jamais trop su où le mettre, car je ne voulais pas spécialement le publier en mon nom, et j’aurais voulu que ce soit en plusieurs langues dès le départ. Je ne savais pas si je prenais un nom de domaine « juste » pour ça… et donc en devant payer. Au final je l’ai laissé dans un coin. Pourtant depuis 5 ans déjà, c’est possible que ça dise encore quelque chose, et je suis toujours à peu près d’accord avec moi-même.

    – Est-ce que c’est toujours pertinent, intéressant, de publier ça ?
    Si oui…
    – Est-ce que je dois le reformuler pour le rendre encore plus intemporel, ou est-ce que je dois laisser le contexte dans lequel il a été écrit, avec une phrase disant que c’est toujours d’actu quand même ?
    – Où le mettre ? Sur un nom de domaine dédié ? Mais du coup quoi, en français, en anglais ? Ou sur un Github avec un compte anonyme ? Ou Medium, ou autre ?

    Enfin bref, j’en sais rien. Et comme on est plus intelligent à plusieurs, si vous avez des remarques…

    Juif, pas Israélien

    Je suis juif, ou je viens d’une famille de culture juive, mais je ne suis pas Israélien.

    Je vis dans un autre pays quelconque du globe. Ma culture, mon éducation, est liée à l’endroit où j’ai fais ma vie.

    Le gouvernement ou les grands médias de l’endroit où je vis ne condamnent pas fermement, clairement, explicitement, les massacres et les crimes de guerre perpétrés sur la population palestienne. Ils ne demandent aucune sévère sanction contre l’État d’Israël à l’échelle des relations internationales.

    Pire encore, ils affirment que les personnes révoltées par ce qui se passe en Palestine, et notamment à Gaza, sont peu ou prou antisémites.

    Je tiens donc à affirmer que je ne supporte en aucun cas l’État israélien, ni les nombreux citoyens qui approuvent ses actions.

    Je suis contre toute forme de colonisation et d’impérialisme.

    Je condamne tous les discours assimilant ou liant indéfectiblement l’ensemble des juifs à l’État d’Israël, et en particulier ceux des gouvernements et associations qui défendent ou aident cet État.

    Je condamne l’utilisation de tout procédé linguistique ou argumentaire visant à faire croire à un conflit symétrique.

    Lorsque je pense à l’histoire européenne d’une partie de ma famille, je suis révolté lorsque je vois le Mur, les barbelés, les miradors, les humiliations, la ghettoïsation, les bombardements et les meurtres infligés aux Palestiniens.

    Tout ceci ne se fera pas en mon nom.

    Je vous invite, selon vos centres d’intérêts, à lutter politiquement, littérairement, artistiquement ou mystiquement contre ces injustices.

    Août 2014 / #JuifPasIsraélien #JewNotIsraeli

    #juif #Israël #Palestine #notinmyname

    • Cher @rastapopoulos

      Merci pour ce partage

      Et ici, sans doute, le mot « partage » n’est pas galvaudé.

      Ton texte si court soit-il sur un sujet si difficile a de belles qualités. Et on ne peut pas douter, pas une seule seconde, de ses intentions louables. En revanche je dois te dire que je lui préfère une argumentation plus développée qui est celle par exemple de Claude Askolovitch. signalée ici ( https://seenthis.net/messages/747159 )

      Je te donne un seul exemple. Quand tu écris

      Je suis contre toute forme de colonisation et d’impérialisme.

      On ne peut, en quelque sorte, que te donner raison. Singulièrement pour ce qui est de la politique actuelle, et même passée jusqu’à un certain point, d’Israël (je vais revenir sur ce certain point justement). Et de fait les bombardements de Gaza en 2014 ont été l’apogée sans doute de ce qui mérite d’être condamné, et de l’être sans ambiguïté ce dont nos gouvernements successifs se sont tous tenus très éloignés de faire pour des raisons de real politik qui les regardent mais dont ils devraient se demander aujourd’hui si justement le peu de représentativité de cette real politik forcenée n’est pas en train justement de leur exploser à la figure.

      Et je suis à peu près certain que tu dois être favorable, de ce que je sais de toi au travers de ce que je lis dans tes signalements et autres participations dans seenthis, à une solution dite à deux états. Et pour cela on pourrait te demander de te pencher sur toutes les cartes particulièrement nombreuses dans le temps du « partage » (le mot est mal choisi, je le fais exprès) des territoires entre ceux palestiniens et ceux israéliens. Or quelle que soit la carte, si reculée soit-elle dans le temps jusqu’en 1948, que tu choisiras, elle sera déjà celle d’une colonisation.

      Et je présume que je n’ai pas besoin de te rappeler que de 1945 à 1948, les Juifs d’Europe ayant survécu à la destruction n’avaient d’une part plus où que ces soit où aller et que le camp des vainqueurs n’a pas assumé sa responsabilité de libérateur des camps, côté Russe, n’en parlons pas, mais du côté de la Grande Bretagne et des Etats-Unis, les quotas pour accueillir les survivants étaient ridiculement bas, le sionisme alors était une question de survie. Avec toute l’hypocrisie qui la caractérise la Grande Bretagne a réglé le problème en abandonnant sa colonie palestinienne, ce qu’elle aurait sans doute pas fait si la même colonie avait eu certaines richesses à faire valoir.

      Le sionisme contemporain, singulièrement sa pratique coloniale dans les territoires occupés et au delà d’eux est abject et devrait oui, être viscéralement condamné, ce qui ne se produira jamais en Occident puisque nos pays sont englués à la fois dans des logiques et real politik et une mauvaise conscience qui n’est pas prête de s’éteindre, même avec les derniers et dernières survivantes de la destruction des Juifs d’Europe.

      Que les députés de la REM se ridiculisent et montrent une fois de plus leur manque édifiant de profondeur à la fois politique et historique est une chose, je tente de me rassurer en me disant que quelques filtres et autres fusibles devraient rendre l’adoption d’une telle loi très compliquée, parce qu’à ce moment-là j’imagine qu’il faudra également légiférer contre tant et tant de stigmatisations. En revanche la question est bien là, les antisémites en France se proclament antisionnistes, non pas qu’ils et elles soient particulièrement sensibles à la souffrance du peuple palestinien mais parce que cela leur permet de contourner l’illégalité de leur antisémitisme pour lequel nul n’a de doute.

      Quant au retentissement de ce qui est en train de devenir l’affaire des injures antisionnistes envers le philosophe Alain Finkielkraut, je suis frappé par le caractère hystérique des réactions d’une part, mais d’autre part aussi je suis étonné par le caractère admirablement artificiel et fabriqué de l’affaire. Je trouve très curieux d’une part que cette confrontation soit advenue fortuitement et quand bien même un tel accident statistique était advenu quelle est la probabilité pour qu’au même moment il y ait à la fois une équipe de télévision sur les lieux et un peloton de CRS pour s’interposer et prendre la défense du philosophe. Enfin quelle est également la probabilité pour que les insultes émanant d’une foule soit aussi respectueuse des limites de la légalité des insultes, « sale sioniste » (qui n’est pas interdit) en lieu et place de « sale juif » (qui est un délit) ?

      Et pour terminer il ne faut évidemment pas tomber dans le piège de dire ou même de sous entendre que Finkielkraut puisse mériter son sort, en revanche il ne me paraît pas injustifié de rappeler utilement que ses propos habituellement rances constituent une provocation continue pour laquelle il y aurait moyen de le poursuivre sans doute, qu’en l’état il bénéficie d’une immunité très douteuse et rappeler la phrase de Brecht à propos de la violence : on s’indigne beaucoup de la violence des crues, on ne parle jamais de celle des berges qui emprisonnent le fleuve dans son lit.

      Amicalement.

      Phil

    • Bon ça fait un mois que j’ai cet onglet ouvert pour un jour te répondre @philippe_de_jonckheere mais je ne trouve jamais le temps.

      Juste pour un point important quand même, le sionisme et la colonisation du territoire palestinien n’a évidemment pas commencé en 1948, ni même en 1945, ni même pendant la guerre.

      Deux articles du même moment :
      Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale, Alain Gresh
      https://seenthis.net/messages/761437
      À propos des sémites et des antisémites, des sionistes et des antisionistes, Shlomo Sand
      https://seenthis.net/messages/763267
      Et sans manichéisme :

      Le fait que le sionisme ne soit pas parvenu à sauver les juifs d’Europe, et que les survivants aient souhaité émigrer en Amérique, et malgré la perception du sionisme comme étant une entreprise coloniale au plein sens du terme, n’altèrent pas une donnée significative : le diagnostic sioniste concernant le danger qui planait sur la vie des juifs dans la civilisation européenne du vingtième siècle (nullement judéo-chrétienne !), s’était avéré exact. Théodore Herzl, le penseur de l’idée sioniste, avait, mieux que les libéraux et les marxistes, compris les judéophobes de son époque.

      Cela ne justifie pas, pour autant, la définition sioniste selon laquelle les juifs forment un peuple-race. Cela ne justifie pas davantage la vision des sionistes décrétant que la Terre Sainte constitue la patrie nationale sur laquelle ils auraient des droits historiques. Les sionistes ont, cependant, créé un fait accompli politique, et toute tentative de l’effacer se traduirait par de nouvelles tragédies dont seront victimes les deux peuples qui en ont résulté : les Israéliens et les Palestiniens.

      Et il n’y a pas de manière simple de se dépatouiller de ce fait accompli, quand bien même on le réprouverait, et quand bien même on penserait qu’à l’époque (trop tard.) il y avait d’autres moyens possibles, et que les européens ont des raisons d’avoir honte de n’avoir pas su ré-intégrer ces survivants, au lieu de les pousser ailleurs (un ailleurs avec déjà d’autres gens).

      Bref, dans tous les cas ce texte était (est) un coup de gueule, un tract, pas une argumentation, donc oui évidemment ya plein de choses plus détaillées à dire autour.

      Amicalement de même :)

  • L’État coule le #transport_fluvial
    https://reporterre.net/L-Etat-coule-le-transport-fluvial

    C’est la première fois que le vote annuel du budget de Voies navigables de France (#VNF, cet établissement public à caractère administratif gère et exploite le réseau fluvial français) soulève une telle tempête. Tous les membres du conseil d’administration, parmi lesquels Transport et logistique de France (#TLF, la première organisation professionnelle représentative des métiers du transport) et #France_Nature_Environnement, s’opposent farouchement à l’#État. Au point d’avoir tous signé le 20 décembre un communiqué de presse intitulé « Les #voies_navigables lâchées par le gouvernement ». Une manifestation de colère inédite dans le petit monde du transport #fluvial.

    explications...

  • Choquée par la "lettre" de Luc Le Vaillant parue le 28 dans Libé, j’ai lu avec intéret cet article de Romain Pigenel : Pourquoi il faut défendre « l’anonymat » sur Internet
    https://medium.com/@romain_pigenel/pourquoi-il-faut-d%C3%A9fendre-lanonymat-sur-internet-3d79de93b1d0

    L’article commence par une liste des diverses énormités qui sont proférées sur le sujet ces derniers temps, le papier de Luc Le Vaillant étant une sorte de sur-glaçage écœurant sur un gâteau déjà recouvert de cerises confites.

    « Pour une hygiène démocratique du statut de l’information […] je crois qu’on doit aller vers une levée progressive de toute forme d’#anonymat » (le président de la République, Emmanuel Macron). « Dans une société démocratique où on peut dire ce qu’on veut, il me parait bon de lever l’anonymat sur #Internet […] j’en ai assez de gens qui sont derrière les pseudos, et qui insultent à longueur de temps, qui mettent de l’huile sur le feu à longueur de temps » (le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger). « Quand vous avez un compte sur Twitter, sur Facebook, pourquoi vous ne l’assumez pas ? » (Yannick Jadot, avant de se rétracter). « Il suffit de créer des réseaux sociaux payant 1€/mois avec une charte éthique et un nom par profil. Sans pub. Sans utilisation des infos… et sortir des réseaux anonymes. » (Mathieu Kassovitz). « Je propose un projet de loi d’initiative citoyenne : que tous les comptes des réseaux sociaux soient nominatifs. Que tout puisse être dit mais que chacun assume ses paroles » (le dessinateur du Monde, Xavier Gorce). « Tout changerait si l’anonymat était interdit sur internet. Et si les Gilets Jaunes radicaux -les seuls qui restent aujourd’hui dans la rue- disaient chacun d’où ils viennent. » (Dominique de Montvalon, ancien rédacteur en chef du Parisien et du JDD) …

    Pour celleux qui ne l’ont pas lue, la lettre de Le Vaillant est par là : Pour qu’Internet tombe le masque : https://www.liberation.fr/chroniques/2019/01/28/pour-qu-internet-tombe-le-masque_1705956 avec un passage particulièrement odieux d’amalgames haineux :

    Et c’est pourquoi, cher anonyme, je veux la peau de ta pleutrerie et de ta défausse. Je n’aime pas la cagoule que tu mets à ta hargne tweeteuse, la burqa qui voile ton but ultime, ni ta blanche face à moustache d’Anonymous qui se la raconte coursé par Big Brother.

    Mais pour en revenir à l’article de Luc Le Vaillant, bien plus intéressant, il démonte pas mal d’idées reçues sur le pseudonymat, et vaut le détour à ce titre

    La pratique de Facebook, réseau où dominent les comptes identifiés, démontre chaque jour combien les sujets polémiques suffisent à faire sortir tout un chacun de ses gonds, même sans la protection d’un pseudonyme : c’est l’écrit qui désinhibe, au moins autant que « l’anonymat ». En outre, et par-delà l’intuition qu’on peut avoir de la question, les données fiables manquent ; une étude de l’université de Zurich, datée de 2016, remet même clairement en cause le lien entre anonymat et agressivité en ligne.

    (lien direct vers l’étude en question : https://qz.com/741933/internet-trolls-are-even-more-hostile-when-theyre-using-their-real-names-a-study

    Il permet non seulement de bien comprendre qu’il y a une confusion générale avec le #pseudonymat, mais aussi de très bien comprendre le danger que représenterai le traçage d’identité par toutes les plateformes comme le fait #Facebook

    ce serait un magnifique cadeau pour les partis ou leaders autoritaires/extrémistes, pour qui l’on préparerait tranquillement un filet garni permettant, dans l’hypothèse d’une accession au pouvoir, de tout savoir de l’activité en ligne (1H30 par jour, en moyenne, pour chaque Français) de tout individu. Même de ceux qui n’enfreignent ni les lois, ni les mœurs. Au contraire, on peut compter sur les internautes qui ont de « bonnes » mauvaises raisons de chercher l’anonymat — criminels en tête — pour trouver et maîtriser les contre-mesures nécessaires à ce type de surveillance généralisée. Un comble.

    J’aurai cependant aimé qu’il développe plus la nécessité de protéger l’anonymat, en faisant référence aux lanceurs d’alertes ou aux opposant-e-s politiques, particulièrement quand des condamnations pleuvent actuellement sur des #giletsjaunes n’ayant pas tenu leur langue sur facebook... et que l’office central de la lutte contre la criminalité informatique
    montre des signes de plus en plus dangereux de censure : https://seenthis.net/messages/755412 et https://seenthis.net/messages/756074

    • Tres bon article aussi de Olivier Ertzscheid qui se base, avec un opportunisme assumé, sur la médiatisation du harcèlement contre Bilal Hassani (source de sa chanson pour l’Eurovision) et démontre de manière implacable la responsabilité des plateformes marchandes (plateformes auxquelles il doit sin succès, les haters participant à la notoriété pour les algorithmes...)
      https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/01/cher-bilal-hassani.html

    • Je rajoute un extrait du billet d’affordance :

      La question, la seule, à poser en toute priorité aux plateformes lorsque vous les rencontrerez, car vous verrez Bilal, elles voudront bientôt j’en suis convaincu vous rencontrer, la seule question à leur poser est celle-ci :

      Etes-vous prêt à réellement lutter contre les discours de haine, contre l’homophobie, en ajoutant dans vos CGU que chaque insulte raciste ou homophobe occasionnera la fermeture définitive du compte qui les a proférées ? Etes-vous prêt à perdre ces « clients » là qui ne sont pas, pour vous, anonymes, et qui ne l’ont jamais été ?

      Posez leur cette question là Bilal. Et dites-leur aussi ceci :

      Si vous étiez les gérants d’un magasin et que certains de vos clients revenaient tous les jours et traitaient de « sale PD » ou de « sale fiotte » d’autres de vos clients, quelle serait votre réaction ? Les accepteriez-vous dans votre magasin ? Ce que vous tolérez est ce que vous êtes vraiment. Dites-leur simplement cela Bilal. « Ce que vous tolérez est ce que vous êtes vraiment ».

      Et si ni Jack Dorsey, ni Mark Zuckerberg, ni Larry Page, ni Serguei Brin ni aucun autre ne regarde le concours de l’Eurovision ni ne vous invite pour parler avec vous de ce que vous traversez, alors j’espère qu’un(e) de nos représentant(e)s politiques, un jour prochain, leur posera très exactement cette simple et seule question là. Etes-vous prêts à perdre ces clients-là ou ne sont-ils pour vous que des clients comme les autres ?

      Ce que nous tolérons est ce que vous nous sommes vraiment. Bon courage pour l’Eurovision cher Bilal.

  • #Bill_Gates says poverty is decreasing. He couldn’t be more wrong | Jason Hickel | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/jan/29/bill-gates-davos-global-poverty-infographic-neoliberal

    There are a number of problems with this graph, though. First of all, real data on poverty has only been collected since 1981. Anything before that is extremely sketchy, and to go back as far as 1820 is meaningless. Roser draws on a dataset that was never intended to describe poverty, but rather inequality in the distribution of world GDP – and that for only a limited range of countries. There is no actual research to bolster the claims about long-term poverty. It’s not science; it’s social media.

    What Roser’s numbers actually reveal is that the world went from a situation where most of humanity had no need of money at all to one where today most of humanity struggles to survive on extremely small amounts of money. The graph casts this as a decline in poverty, but in reality what was going on was a process of dispossession that bulldozed people into the capitalist labour system, during the enclosure movements in Europe and the colonisation of the global south.

    Prior to colonisation, most people lived in subsistence economies where they enjoyed access to abundant commons – land, water, forests, livestock and robust systems of sharing and reciprocity. They had little if any money, but then they didn’t need it in order to live well – so it makes little sense to claim that they were poor. This way of life was violently destroyed by colonisers who forced people off the land and into European-owned mines, factories and plantations, where they were paid paltry wages for work they never wanted to do in the first place.

    In other words, Roser’s graph illustrates a story of coerced proletarianisation. It is not at all clear that this represents an improvement in people’s lives, as in most cases we know that the new income people earned from wages didn’t come anywhere close to compensating for their loss of land and resources, which were of course gobbled up by colonisers. Gates’s favourite infographic takes the violence of #colonisation and repackages it as a happy story of progress.

    But that’s not all that’s wrong here. The trend that the graph depicts is based on a poverty line of $1.90 (£1.44) per day, which is the equivalent of what $1.90 could buy in the US in 2011. It’s obscenely low by any standard, and we now have piles of evidence that people living just above this line have terrible levels of malnutrition and mortality. Earning $2 per day doesn’t mean that you’re somehow suddenly free of extreme poverty. Not by a long shot.

    #infographie #néolibéral #manipulation #pauvreté

  • Réaction à l’article du Point, pointé ici …https://seenthis.net/messages/756905 par @gjpvernant
    Macron : « Éric Drouet est un produit médiatique » - Le Point
    https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/macron-gilets-jaunes-eric-drouet-est-un-produit-mediatique-01-02-2019-229061
    … et en particulier, au chapeau de l’article :

    Le président de la République appelle les médias à se ressaisir et décortique l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des Gilets jaunes.

    Le " plan d’action " délirant de Macron n’est que la mise en musique de l’analyse faite pour la Fondation Jean Jaurès par Roman Bornstein

    Plongée dans les comptes Facebook des "gilets jaunes"
    https://www.nouvelobs.com/politique/20190111.OBS8351/plongee-dans-les-comptes-facebook-des-gilets-jaunes.html

    EXCLUSIF. Pour la Fondation Jean-Jaurès, le journaliste Roman Bornstein s’est plongé à étudier les comptes Facebook de nombreux « gilets jaunes ». Edifiant.

    ou, ici, l’original, découpé en chapitres

    En immersion numérique avec les « Gilets Jaunes »
    https://jean-jaures.org/nos-productions/en-immersion-numerique-avec-les-gilets-jaunes

    Comment une pétition en ligne et un appel Facebook, semblables aux milliers d’autres qui naissent et meurent chaque jour dans l’anonymat des réseaux sociaux et l’indifférence des médias, ont-ils pu aboutir en quelques semaines à la constitution d’un mouvement en fonction duquel l’ensemble des acteurs du jeu démocratique sont désormais contraints de définir leur ligne politique et éditoriale ? Le journaliste Roman Bornstein se livre à une analyse inédite.

    Le texte se focalise sur les outils numériques employés par les " Gilets Jaunes ". En véritable #intellectuel_organique, Roman Bornstein décline, vus du pouvoir, les thèmes " classiques ", sur le nouvel algorithme de FaceBook, les bulles cognitives, puis le rôle des médias traditionnels, rappelant d’ailleurs que si le démarrage du mouvement s’est appuyé sur l’outil FB, le véritable coup d’accélérateur a été donné par le passage de quelques GJ à BFMTV, acquérant à l’occasion un statut de leaders, car visibles. Puis, il remonte leurs affinités avec l’extrême-droite.

    De cette trame découlent la totalité des axes évoqués par E. Macron : contrôle des réseaux et des médias (" hiérarchisation de l’information ",…)

    Cette approche " théorique ", E. Macron et le groupe autour de lui la connaissent sans doute plutôt bien, ayant eux-mêmes utilisé les mêmes ficelles, particulièrement les médias, dans leur raid pour conquérir le pouvoir. Il y a d’ailleurs, un côté " c’est pas du jeu ! " à leurs réactions quand ces mécanismes actionnés par d’autres jouent contre eux. E. Macron, visiblement de plus en plus paniqué, sans prises sur le déroulement de la crise et voyant son pouvoir menacé, y ajoute l’indémodable et centenaire " main de Moscou " actualisée en usine à trolls. Notons que l’argument, le fameux #décorticage (!) se dispense du moindre élément de commencement d’indice et vient quelque peu télescoper celui de " la faute à FB " : à quel moment VVP ou ses sbires ont-ils acquis (ou hacké…) les données de FB ? Dans la même veine, par une (fausse) preuve par association, E. Macron nous ressort la " #russosphère " de l’inénarrable " étude " sur l’affaire Benalla pondue par #EU_Disinfolab (tiens, d’ailleurs, il est où, N. Vanderbielst, dont les mots exacts étaient l’écosystème russophile ?) Il est assez cocasse de voir le président invoquer une " information " parfaitement #bidon au profit de la #hiérarchie_de_la_parole,…

    Dans ce texte (de commande ?) et dans les déclarations de Macron, pas un mot de la multidécennale crise de la représentation, pas une analyse socioéconomique du mouvement (rien sur l’accroissement des inégalités au profit des " #premiers_de_cordée ", rien sur une Europe du capital (ou de la finance) partant à l’assaut de l’Europe du travail,…) Juste une focalisation sur les dynamiques des médias et des réseaux.

    Et pourtant, 4 mois auparavant, cette même Fondation Jean Jaurès sortait un texte, tout aussi repris par l’Obs qu’ils pourraient lire (peut-être, même, relire ? en tous cas en intégrer le sens) :

    Vers un exil fiscal de l’intérieur : comment Macron favorise la " #sécession_des_riches "
    https://www.nouvelobs.com/economie/20180919.OBS2596/vers-un-exil-fiscal-de-l-interieur-comment-macron-favorise-la-secession-d

    Les mesures d’allégement de la fiscalité du capital, entrées en vigueur le 1er janvier dernier, ne sont-elles qu’une gigantesque niche fiscale ? Ces mesures, qui profitent aux 400.000 ménages les plus riches de France, sont la plus forte baisse d’impôts jamais accordée aux « 1% », dénonce ce jeudi 20 septembre une note de la Fondation Jean-Jaurès dont « l’Obs » publie ci-dessous des extraits en exclusivité. Le texte montre comment cette réforme va mécaniquement accentuer la concentration des revenus et des patrimoines aux mains des ménages du haut de l’échelle, pour un impact sur l’investissement et l’emploi plus qu’incertain.

    Dont le chapeau, relu à la lumière des événements ultérieurs, se révèle prémonitoire : la sécession des riches, vue de l’autre bord, est devenue une révolte des pauvres (on en revient à Agrippa Menenius,…, https://seenthis.net/messages/753604) le président Macron ayant réactivé un front de la lutte des classes chère à Warren Buffet.

  • Le complotiste de l’Élysée par Frédéric Lordon (les blogs du diplo 2/02/2019)
    https://blog.mondediplo.net/le-complotiste-de-l-elysee

    On peut tenir pour l’un des symptômes les plus caractéristiques des crises organiques l’emballement des événements, et la survenue à haute fréquence de faits ou de déclarations parfaitement renversants. En moins de 24 heures, nous aurons eu les enregistrements Benalla, aussitôt enchaînés avec une rafale de propos à demi-« off » signés Macron, et la mesure du dérèglement général est donnée à ceci que, dans la compétition des deux, c’est Benalla qui fait figure de gnome. En fait, on n’arrive plus à suivre.

    Il le faut pourtant, car tout est magnifique. Macron en « off », c’est chatoyant. C’est qu’il est l’époque en personne, son plus haut point de réalisation : managérial, ignorant de tout ce qui n’est pas sa classe, le racisme social jusque dans la moelle des os, le mépris en toute innocence, et surtout l’absence complète de limite, de censure, de reprise de soi. C’est une compulsion venue de trop loin : dans l’instant même où il annonce sa propre réforme et jure de faire désormais « très attention » à ses « petites phrases », il se scandalise que le premier « Jojo avec un gilet jaune » ait « le même statut qu’un ministre ou un député » — « les petites phrases, j’arrête quand je veux », d’ailleurs « je commence demain ». Et c’est cet individu dont les « analystes » des grands médias se demandent « dans quelle mesure il tiendra compte des résultats du grand débat »… Mais peu importe, c’est tellement beau qu’on en reste émerveillé. Même une fiction à petit budget n’oserait pas se donner un personnage aussi énorme, aussi « cogné » — mais c’est sans doute le propre de cette époque que la fiction, même débridée, peine à se tenir au niveau de la réalité.

  • Quand l’Office de lutte contre la cybercriminalité exige le retrait d’un photomontage visant Macron
    https://www.nextinpact.com/news/107547-quand-office-lutte-contre-cybercriminalite-exige-retrait-dun-phot

    L’office central de la lutte contre la criminalité informatique a réclamé le retrait sur Google+ d’un photomontage visant le président de la République à la place de Pinochet avec, derrière lui, Édouard Philippe, Premier ministre et Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Contacté, l’organisme s’est refusé à nous livrer la moindre explication.

  • “Blue Monday” is churnalism, beware any journalist who puffs it – Bad Science (2009)
    https://www.badscience.net/2009/01/part-432-in-which-i-get-a-bit-overinterested-and-look-up-waaay-too-many-

    Back in 1883 Esquirol commented on the higher incidence of suicide in spring and early summer. Swinscow showed the same thing with all UK suicides from 1921-1948. So that’s not really winter blues. A study in 2000 looked at all UK suicide data from 1982-96 and found that even this seasonal pattern had pretty much disappeared.

    What about elsewhere? A 1974 study on all suicides in North Carolina (3,672) and admissions to their Veterans Hospital Psychiatry Service (3,258) from 1965 to 1971 showed no seasonal variation. (...) etc. etc.

    (...) we know that lots of things really are associated with depression, like social isolation, stressful life events, neighbourhood social disorder, poverty, child abuse, and the rest. Get those in the news, I dare you. Suicide is the third biggest cause of life years lost. Anything real you could do to study the causes, and possible preventive measures, or effective interventions, would be cracking. Making stupid stuff up about the most depressing day of the year, on the other hand, doesn’t help anyone, because bullshit presented as fact is simply disempowering.

    #médias #suicide

    sans (vraiment) de lien, il semble que la tendance en France soit plutôt à la baisse
    https://beta.observablehq.com/@fil/tendances-suicidaires-en-france

  • Marie Laure, enseignante, dont l’enfant vient de perdre un œil, s’adresse à monsieur Macron C’est avec émotion et sous le choc que j’ai filmé ma maman suite à la tentative de meurtre sur mon frère, qui s’en sort « par chance » (je pense à toutes les autres victimes de cette violence disproportionnée) avec la perte de son œil gauche (ça aurait pu être pire). Nous tenons à remercier Edmond, Greg et les autres sur places, pour leur soutien et dévouement. Nous tenons à remercier les pompiers qui lui ont porté secours et l’équipe soignante qui l’a pris en charge. Nous vous demandons de bien vouloir partager en masse cette vidéo.

    https://www.youtube.com/watch?v=yZadf1P5vLs&feature=share

  • L’étonnante définition du viol d’enfant en France - La Presse+
    http://plus.lapresse.ca/screens/5d813b5a-82f7-4441-80ff-d8eec5f60260__7C___0.html

    Ce qui pose problème est la définition du « viol », un terme banni du droit canadien depuis plus de 30 ans. Pour qu’il y ait viol en droit français, il doit y avoir pénétration (de n’importe quel type) et, surtout, il faut prouver « la contrainte, la menace, la violence et la surprise ».

    Ce que ça signifie, en pratique, c’est que dans un procès pour viol, une preuve doit être faite quant au consentement, quel que soit l’âge de la victime. La Cour de cassation française (en quelque sorte la Cour suprême du pays) a même écrit que la contrainte ne sera présumée que pour les enfants « en très bas âge ». Autrement, le procureur devra démontrer qu’un enfant de 8 ou 9 ans n’a pas consenti, qu’il a été « contraint » à une relation sexuelle, pour que ce soit un viol.

    Les associations féministes réclament que la loi soit changée et le gouvernement actuel propose de fixer le seuil de non-consentement quelque part entre 13 et 15 ans, en créant une présomption « irréfragable » (impossible à renverser) dans le Code pénal.

    *

    C’est pour des raisons similaires que le Canada a abandonné la notion de « viol », qui supposait une preuve supplémentaire et qui rendait les condamnations plus difficiles. On a regroupé toute une série de crimes sous un seul vocable : agression sexuelle. Et selon la gravité des gestes, la peine sera plus ou moins lourde.

  • Le monde croule sous les #SUV. Pourquoi c’est un problème et pourquoi ça risque de durer | Pour une mobilité durable et solidaire | Mathieu Chassignet | Les blogs d’Alternatives Économiques
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/chassignet/2019/01/17/le-monde-croule-sous-les-suv-pourquoi-c-est-un-proble

    S’il n’y a qu’une chose à retenir c’est que les SUV sont des #véhicules très rentables. Le taux de marge est en effet bien plus élevé que sur des véhicules plus petits et les SUV sont devenus une véritable poule aux œufs d’or pour les constructeurs. Par exemple Peugeot qui s’est très rapidement positionné sur ce segment affiche aujourd’hui des taux de marge records.

    Et de ce fait, tous les constructeurs s’y mettent, même ceux qui ont du retard sur les SUV ou qui étaient plus traditionnellement positionnés sur des citadines ou berlines, à l’image du groupe Fiat qui ne pouvant plus miser uniquement sur le succès de la 500 compte essentiellement sur sa filiale Jeep et sur de nouveaux modèles de SUV.

    Plus inquiétant encore, on est en train d’assister à la quasi-disparition des petites citadines (segment B1) qui correspondent aux modèles de type Twingo, 108, C1, etc. Les voitures de ce segment souffrent d’une faible rentabilité et les constructeurs les délaissent peu à peu à l’image de Ford qui a d’ores et déjà renoncé à développer un nouveau modèle de Ka. La parade de Peugeot : abandonner la 108 et la transformer en « SUV ultra-citadin », renommé 1008. Elle gagnerait au passage plus de 50 centimètres de longueur, en passant de 3,46 m à 4 m de long…

    Plus qu’une tendance durable, c’est un véritable cercle vicieux qui s’enclenche et dont il sera très difficile de sortir. Le conducteur de citadine ou de berline va finir par se sentir à l’étroit et en insécurité constamment entouré de SUV dans la circulation. Le jour où il devra se racheter une voiture, la tentation sera forte de passer lui aussi à un tel véhicule. Et quitte à prendre un SUV, pour sa propre sécurité autant et en choisir un plus large est plus gros que celui de son voisin… lequel voudra à son tour s’équiper d’un véhicule plus imposant quand viendra l’heure de renouveler le sien.

  • Karine Lejeune : « A la première claque, c’est déjà trop tard ! » - 50 - 50 Magazine50 – 50 Magazine | « les péripéties de l’égalité femmes/hommes »
    https://www.50-50magazine.fr/2019/01/15/karine-lejeune-a-la-premiere-claque-cest-deja-trop-tard

    Karine Lejeune est colonelle de gendarmerie, elle a acquis une belle réputation dans les milieux féministes avec son travail sur les violences faites aux femmes. Les femmes victimes de violences ne doivent plus être invisibles, pour elle l’égalité doit être pensée à tous les niveaux. Son parcours est exemplaire n’hésitant pas à faire tomber les barrières entre les associations et son institution. Elle est à l’origine de changements importants au sein des gendarmeries sur le traitement du viol, des violences conjugales extraconjugales, et de la prostitution. Elle a récemment pris le commandement du groupement de gendarmerie de l’Essonne

  • En guise de mise en bouche une scène censurée de la Belle Verte avec François Morel :
    https://www.youtube.com/watch?v=Fu9pIM8uK24

    Plat de résistance. Un prof donne son avis sur les gilets jaunes. Ça démarre en douceur mais ça s’anime beaucoup à la fin ! Sommes-nous en démocratie !?
    https://www.youtube.com/watch?v=HhqZLx3KAjY

    En dessert, deux vidéos canadiennes plus anciennes :
    https://www.youtube.com/watch?v=KVW5ogGDlts&t=77s

    et un débat à trois dont Francis Dupuis-Déri :
    https://www.youtube.com/watch?v=F8Jc3auqcj8

    Bon appétit !

  • De la part de l’excellentissime renaud epstein @renaud_epstein sur Twitter (Tu as tout mon respect comme d’hab)

    Sur @franceinter ce matin, Blanquer a expliqué que #LeGrandDébatNational permettrait de faire de la pédagogie :

    Pédagogie = niveau 2 sur l’échelle de la participation d’Arnstein qui en compte 8. Ce qui correspond à la non-participation sur cette échelle de référence internationale

    #imposture

  • Alors que, dans le cadre du mouvement des #Gilets_Jaunes, le ministère de l’éducation s’attaque une nouvelle fois à la #liberté_d'expression des membres de l’Éducation nationale, voici une mise au point du syndicat Sud Éducation 13 : Le #devoir_de_réserve des fonctionnaires n’existe pas !
    =================================
    Expression des personnels : le devoir de réserve n’existe pas !
    Sud Éducation 13, le 24 mars 2017
    https://www.questionsdeclasses.org/?Expression-des-personnels-le-devoir-de-reserve-n-existe-pas

    La pratique qui consiste pour la hiérarchie à évoquer le "devoir de réserve", qui se généralise dans de nombreuses académies, ne repose sur aucun fondement juridique et va même à l’opposé de ce qui est promu dans les statuts de la fonction publique. Elle doit se comprendre comme l’intention de museler les personnels de l’éducation et fait écho à de nombreuses autres pressions du même type. Il n’est en effet plus rare que notre syndicat soit interpellé par des collègues qui se sont exprimés publiquement — notamment dans la presse — voire simplement qui ont apporté leur soutien à des parents d’élèves en lutte contre une fermeture de classe et qui se voient reprocher par la hiérarchie leur manquement à un prétendu devoir de réserve. Voici donc de quoi répondre à cette opération d’intoxication.

    Le devoir de réserve : une légende urbaine !

    Tous décrivent des reproches, voire des menaces, de la part de leurs supérieurs hiérarchiques (proviseurs, IEN, voire responsables plus élevés, secrétaires généraux, DRH, Directeurs académiques, Présidents d’Université).

    Ces reproches, ces menaces, peuvent se résumer ainsi : «  vous n’avez pas respecté le devoir de réserve, vous n’avez pas à vous exprimer publiquement ! ».

    Que ce soit de manière volontaire ou non, ces derniers se trompent lourdement. SUD éducation affirme haut et fort que le devoir de réserve n’existe pas. Il ne figure en aucun cas dans le statut ! Au contraire ! La liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires. (article 6 de la loi 83-634, dite loi Le Pors, Titre I du Statut Général).

    En réalité, si devoir de neutralité il y a, il s’applique plutôt aux fonctionnaires les plus hauts placés dans la hiérarchie de manière croissante en fonction du poste occupé.

    Si ce devoir de réserve n’est pas présent dans nos statuts, ce n’est pas par simple oubli, c’est une volonté délibérée prise par Anicet Le Pors, ancien ministre de la fonction publique et auteur des lois portant statut général des fonctionnaires. C’est d’ailleurs ce qu’il confirme dans une interview qu’il a eu la gentillesse d’accorder à SUD éducation (voir ci-dessous).

    Le devoir de discrétion professionnelle

    Bien entendu si la liberté d’expression des fonctionnaires est large, elle n’est pas non plus sans limite. Elle est borné par le respect de la loi et par un devoir de discrétion professionnelle qui est quant à lui du ressort de l’éthique (article 26 du Titre premier du statut général portant droits et obligations des fonctionnaires ).

    Cela veut dire simplement qu’ils ne peuvent rendre publiques des données confidentielles de l’administration ni faire état d’informations confiées par des particuliers dont ils pourraient avoir connaissance à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. Cela n’a rien à voir avec une quelconque obligation de réserve.

    Un devoir d’obéissance ?

    Les plus culottés de nos "hiérarques" parlent parfois de "devoir d’obéissance". Celui-ci n’existe pas plus que le "devoir de réserve". En la matière l’article 28 met l’accent sur la responsabilité individuelle du fonctionnaire plutôt que sur le principe hiérarchique.

    Texte de référence : Loi 83-634, dite loi Le Pors, Titre I du Statut Général
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    Le devoir de réserve : une légende urbaine ?
    Interview d’Anicet Le Pors, ancien ministre de la fonction publique, auteur des lois portant statut général des fonctionnaires
    SUD Éducation 13, le 9 février 2016
    http://www.sudeduc13.ouvaton.org/spip.php?article1213

    Le groupe de travail juridique de Sud éducation a pensé utile, pour donner plus de force à notre propos, de revenir à la source en interrogeant Anicet Le Pors, auteur du statut, ancien ministre communiste (1981-1984) auquel on doit également l’ensemble des décrets garantissant les droits syndicaux des fonctionnaires (décrets 82-447 à 82-453). Celui-ci a très gentiment accepté de répondre à nos questions.

    Sud éducation :
    Monsieur Le Pors, comme vous le savez, nombre de nos collègues se voient reprocher « un manquement à l’obligation de réserve ». Pouvez vous nous confirmer que cette notion n’existe pas pour les fonctionnaires dans la loi et expliquer pour le profane la notion de « construction jurisprudentielle complexe » ?

    Anicet Le Pors :
    Non, l’obligation de réserve ne figure pas dans le statut général des fonctionnaires. Ce n’est pas un oubli, mais une décision réfléchie prise en 1983. Pour la première fois nous avons écrit la liberté d’opinion des fonctionnaires dans le statut. S’est aussitôt posée la question de savoir s’il fallait la compléter par la liberté d’expression. Mais on comprend bien que cette dernière, si elle doit être conçue de la plus large façon, ne peut être illimitée. D’aucuns ont alors soutenu que si l’on inscrivait la liberté d’expression dans le statut, il fallait aussi fixer sa limite : l’obligation de réserve. J’ai estimé qu’il y avait plus de risques que d’avantages à retenir cette solution, d’autant plus que si la liberté d’opinion est de caractère général, la liberté d’expression prend différentes significations en fonction des circonstances, de la place du fonctionnaire dans la hiérarchie et qu’il revenait au juge, par la jurisprudence progressivement établie de trancher tous les cas d’espèce.

    Sud éducation :
    Une confusion est souvent faite entre devoir de réserve et devoir de discrétion professionnelle. Pouvez nous nous expliquer la différence en prenant l’exemple d’un directeur d’école ?

    Anicet Le Pors :
    L’article 26 du Titre premier du statut général portant droits et obligations des fonctionnaires pose en effet que les fonctionnaires sont tenus à la discrétion et au secret professionnels. Cela veut dire simplement qu’ils ne peuvent rendre publiques des données confidentielles de l’administration ni faire état d’informations confiées par des particuliers dont ils pourraient avoir connaissance à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. L’application au cas d’un directeur d’école est simple et évidente : d’une part il ne peut révéler l’intégralité des informations administratives (délibérés, données formellement reconnues comme confidentielles par la loi, positions personnelles des enseignants…) ; d’autre part il ne peut faire n’importe quel usage des informations communiquées par les élèves ou les parents. Mais cela n’a rien à voir avec l’obligation de réserve...

    De même on évoque parfois le « devoir d’obéissance » du fonctionnaire. Celui-ci, pas plus que l’obligation de réserve, n’est mentionné dans le statut qui, en la matière (article 28), met l’accent sur la responsabilité individuelle du fonctionnaire plutôt que sur le principe hiérarchique...

    Sud éducation :
    Dans vos propos, vous distinguez souvent deux conceptions du fonctionnaire : l’une sur le fonctionnaire-sujet, issue de la tradition conservatrice, l’autre sur le fonctionnaire-citoyen. Pourriez vous en dire quelques mots ?

    Anicet Le Pors :
    On a du mal aujourd’hui à prendre conscience que pendant tout le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle prévalait le principe hiérarchique et la conception du fonctionnaire-sujet que Michel Debré exprimait encore en 1954 par la formule : « Le fonctionnaire est un homme de silence, il sert, il travaille et il se tait ». Les organisations de fonctionnaires, par réaction, étaient contre l’idée même d’un statut regardé comme un carcan. C’est dire l’ampleur du revirement démocratique qu’a été le statut des fonctionnaires de 1946. En 1983, nous avons donné une portée encore plus grande aux droits des fonctionnaires en même temps que nous intégrions dans le statut les agents publics des collectivités territoriales, des établissements publics hospitaliers et de recherche (5,4 millions de personnes soit 20 % de la population active). C’est ce que j’ai appelé la conception du fonctionnaire-citoyen.

    Sud éducation :
    En conclusion, vous nous confirmez qu’un fonctionnaire, même de catégorie À comme les enseignants et directeurs d’école, ne risquent pas grand chose à donner publiquement leur opinion sur la politique et les orientations du gouvernement, du maire, du conseil général, du recteur, voire de leur chef d’établissement car ils ne disposent pas de fonctions d’autorité ?

    Anicet Le Pors :
    Ce n’est pas aussi mécanique. Je ne peux pas me réclamer de la conception du fonctionnaire-citoyen et garantir des règles qui s’imposeraient en toutes circonstances. Les principes et les règles de droit une fois posés, c’est aux intéressés eux-mêmes de s’interroger en permanence sur les conditions d’exercice de leur responsabilité et cela ne peut aller sans risques, sans confrontations, sans succès ni échecs [1]. En revanche, je veux dire clairement que, dans cette exigence complexe de l’exercice des droits, je préfère l’action collective aux manifestations singulières.

    Sud éducation :
    Quelques mots plus personnels… Quels sont vos combats actuels ?

    Anicet Le Pors :
    Comme membre du Conseil d’État je suis juge, président de formations de jugement à la Cour nationale du droit d’asile ; c’est une activité qui m’intéresse beaucoup car je considère que le droit d’asile est le miroir de la citoyenneté [2].

    Je participe aussi à des colloques et donne des conférences un peu partout en France. Mes thèmes de prédilection sont : le service public, les institutions, la laïcité, l’immigration, le socialisme… Dans un contexte que je considère comme étant celui d’une décomposition sociale profonde, je pense que, en ce qui me concerne, le travail sur les idées est une priorité [3]...

    [1] Sur ce point voir : A. Le Pors, « La déontologie des fonctionnaires : le plein exercice de leur citoyenneté » dans l’ouvrage collectif La déontologie des cadres publics, Éditions SCÉRÉN, août 2012.

    [2] A. Le Pors a publié deux « Que sais-je ? » aux PUF sur La citoyenneté (1999, 4e éd.) et Le droit d’asile (2005, 4e éd.).

    [3] Blog : http://anicetlepors.blog.lemonde.fr

    #France

  • Un des nombreux massacres de l’armée française coloniale, celui de Thiaroye au Sénégal, mérite d’être rappelé sans cesse, pour la brutalité et l’injustice de la colonisation, mais aussi parce que ces crimes ne sont ni reconnus à leur juste valeur, ni réparés par des dédommagements légitimes.

    En 1988, l’écrivain et réalisateur sénégalais, et ancien tirailleur lui même, Semben Ousmane, réalise l’excellent Camp de Thiaroye, prix spécial du jury à la Mostra de Venise, jamais diffusé à la télévision française, mais visible ici :
    https://rarefilmm.com/2018/05/camp-de-thiaroye-1988

    Fidèle à ma réputation, je me dois de signaler deux détails musicaux sur ce film qui, à ma grande suprise, n’étaient signalés ni sur wikipédia (j’ai corrigé ça) ni sur l’IMDB :

    La musique est composée et jouée, entre autre à l’harmonica, par Ismaila Lo. Il s’agit de l’artiste qui deviendra célèbre en 1994 sous le nom d’Ismael Lo, avec son tube Dibi Dibi Rek, et son harmonica qui lui valut le surnom du Bob Dylan africain :
    https://www.youtube.com/watch?v=WlqXmlrvHv8

    Ismael Lo joue aussi dans le film, justement le soldat harmoniciste qui calme Pays en lui jouant Lili Marlène. Il jouera encore dans un court métrage de Idrissa Ouedraogo, Afrique, mon Afrique (1995, dont il composera aussi la musique), et dans Tableau Ferraille, de Moussa Sene Absa (1996).

    Autre acteur et musicien dans ce film, le congolais Casimir Zoba, plus connu sous le nom de Zao, et qui joue un soldat congolais. Déjà célèbre depuis 1984 et son tube Ancien Combattant, dans lequel on retrouve la même langue imagée que dans le film, Zao continuera de composer jusqu’en 1999, mais je ne sais pas s’il tournera dans d’autres films. Après une pause, il recommence à donner des concerts depuis 2006 et je vous le recommande chaudement s’il passe près de chez vous...
    https://www.youtube.com/watch?v=K4w6kSucANY

    Le massacre de Thiaroye a déjà été couvert sur Seenthis, ici :
    https://seenthis.net/messages/316726
    https://seenthis.net/messages/316990
    https://seenthis.net/messages/317126
    https://seenthis.net/messages/317354
    https://seenthis.net/messages/440328
    https://seenthis.net/messages/704475

    #Thiaroye_44 #Thiaroye #Massacre_de_Thiaroye #tirailleurs_sénégalais #indigènes #france #afrique #sénégal #seconde_guerre_mondiale #mémoire #histoire #colonialisme #Semben_Ousmane #Camp_de_Thiaroye #Ismael_Lo #Zao