• Les #femmes travaillent, les hommes accumulent…
    http://www.laviedesidees.fr/Celine-Bessiere-Sibylle-Gollac-genre-capital.html

    À propos de : Céline Bessière, Sibylle Gollac, Le #genre du capital, La Découverte. Grâce à une enquête ethnographique leur ayant permis de pénétrer notamment dans les coulisses des études de notaires et cabinets d’avocats, deux sociologues montrent l’origine de profondes inégalités de genre dans la répartition du #patrimoine familial.

    #Société #capitalisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200323_baudelot.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200323_baudelot.docx

  • Pénurie de masques : enquête sur une faillite d’Etat
    https://www.lejdd.fr/Societe/penurie-de-masques-enquete-sur-une-faillite-detat-3956884


    L’unité d’accueil des patients présentant les symptômes du Covid-19, devant l’hôpital de Pau.
    AFP

    La pression s’accentue à mesure qu’une série de dysfonctionnements apparaît. En pleine lutte contre le coronavirus, le gouvernement ne peut fournir assez de masques à tous les soignants, suscitant évidemment leur indignation, relayée par l’opposition. Comment expliquer la pénurie de ces produits pourtant peu onéreux, que les autorités viennent à peine d’admettre ? Les ministres successifs, leurs cabinets, les directeurs généraux de la santé, qui est comptable du retard ?

    Dans cette triste faillite d’Etat, les responsables sont certainement bien plus nombreux que les coupables. A partir de 2013, alors que la menace d’une épidémie semblait s’éloigner, le bouclier sanitaire édifié en 2006 a été sacrifié, sur fond d’austérité budgétaire et de délocalisation de la production en Chine.

    Chapitre 1. Années 2000 : les entrepôts sont pleins
    A cette époque, les autorités sanitaires ne jurent que par les masques pour arrêter les agressions virales. Dans la crainte d’une épidémie de grippe aviaire, qui, selon le titre du best-seller des professeurs Jean-Philippe Derenne et François Bricaire menacerait de faire « 500.000 morts en France », le plan national de janvier 2006 les place au cœur du dispositif : les modèles à haut niveau de protection, dits FFP2, sont destinés aux médecins hospitaliers, aux libéraux (généralistes, infirmiers ou kinés) mais aussi aux policiers ou aux commerçants.

    Les masques chirurgicaux, eux, sont indiqués pour les malades et leurs proches (personnes contact). Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, loue sans cesse le double bouclier constitué d’un côté par « les masques altruistes » (chirurgicaux), qui protègent ceux qui ne les portent pas et, de l’autre, par « les masques égoïstes » (FFP2), permettant aux soignants et aux personnes indispensables à la société d’œuvrer en sécurité en cas d’épidémie.

    Selon une simulation du ministère de la Santé en 2006 que nous dévoilons, les besoins étaient alors évalués à plus de 561 millions de pièces pour faire face à une crise de 90 jours. Bien plus que les estimations avancées aujourd’hui par le gouvernement. Dans le détail, plus de 113 millions étaient jugés nécessaires pour les généralistes, 106 millions pour les infirmiers libéraux et près de 19 millions pour les pharmaciens. Pour le personnel hospitalier (médecins mais aussi infirmiers, aides-soignants, sages-femmes etc.), le chiffre s’élevait à environ 174 millions. Enfin, près d’1,5 million était prévu pour les pompiers et les équipes mobiles du Samu.

    Au même moment, le gouvernement suscite la création d’une filière nationale (quatre sociétés distinctes) afin de ne pas dépendre des usines asiatiques. « Un canard toussait en Roumanie et tout le monde tremblait, explique un ancien responsable. On était complètement paranos avec la menace épidémique. Grâce à ces chaînes, on savait qu’on pouvait produire environ 400 millions de masques par an. » En 2007, les professionnels de santé libéraux reçoivent un « kit de protection pandémie grippale » accompagné d’une lettre de Xavier Bertrand.

    Ce dernier suscite également la création de l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus). L’agence publique placée sous la tutelle du ministère de la Santé a notamment pour rôle de gérer ces « stocks stratégiques » de produits de santé mobilisables en temps de crise. « On savait combien de matériel on avait, assure la même source, et où tout était entreposé. » Hors secteur sanitaire, le plan de 2006 prévoit que les différentes administrations et ministères constituent leurs propres stocks pour les agents identifiés comme « -prioritaires- ».

    Mais la polémique née après les achats massifs de vaccins durant l’épidémie de grippe H1N1 en 2009 change la donne. Deux commissions d’enquêtes parlementaires et l’opinion accusent Roselyne Bachelot d’en avoir trop fait. Un avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP) bouscule la doctrine : les masques FFP2, difficiles à utiliser, ne sont plus nécessaires pour les chauffeurs de bus ou les caissières (ils doivent porter des masques chirurgicaux) mais seulement pour les professionnels de santé qui s’approchent tout près des malades.

    Quelques jours plus tard, ainsi qu’il l’indique dans une note datée du 27 juillet 2011, Jean-Yves Grall, alors directeur général de la santé, prône un certain relâchement : on peut tolérer, estime-t-il, que « 25% du stock » soit périmé et accepter un « lissage du renouvellement des stocks ». Il n’empêche, lorsque Xavier Bertrand cède sa place à Marisol Touraine, en mai 2012, les stocks stratégiques d’Etat (38 sites à l’époque) sont pleins de masques : 1,4 milliard au total, dont 600 millions de FFP2 et 800 millions de chirurgicaux. Les directeurs des Agences régionales de santé (ARS), sorte de préfets sanitaires, connaissent les quantités disponibles. Et le ministère de la Santé, qui centralise tous les achats, garde la main sur le dossier.

    Chapitre 2. Juin 2013 : la doctrine chinoise
    Sous le quinquennat de François Hollande (2012-2017), le masque cesse d’être une priorité politique. Un ancien conseiller de Marisol Touraine, ministre de la Santé durant toute cette période, explique : « L’idée, ce n’était plus d’avoir des stocks gigantesques mais de pouvoir rapidement en faire fabriquer en Asie en cas de besoin. » A l’époque, Jérôme Salomon, l’actuel directeur général de la santé (DGS), est déjà au cœur du dispositif : entre 2013 et 2015, ce professeur de médecine, spécialiste des maladies infectieuses, occupe le poste de conseiller chargé de la sécurité sanitaire.

    Deux mois après sa nomination, en juin 2013, le ministère décide que chaque employeur devait constituer son propre stock sous le pilotage du secrétariat général de la Défense nationale (SGDN), qui prend la main sur le dossier, comme le raconte le sénateur Francis Delattre dans un rapport rendu public en 2015. Le ministère de la Santé cesse de centraliser les commandes pour les temps de crise sanitaire. Chaque hôpital est désormais supposé acheter des masques pour ses soignants (FFP2 et chirurgicaux) en fonction de ses besoins.

    « Le ministère de la Santé continue de constituer un stock de masques chirurgicaux destiné aux malades », précise un ex-responsable socialiste. Qui ajoute : « Ce n’était pas vraiment un changement de doctrine mais plutôt une décision logistique. Le pays entier a renoncé à en produire, on s’est appuyé sur la capacité de production chinoise. » La fin du « masque pour tous » a donc avant tout des causes économiques. « Si la doctrine a évolué en 2013, c’est essentiellement pour des raisons de coût, analyse un autre acteur de premier plan. Il faut entre 50 et 100 millions d’euros par an pour maintenir un stock aussi important. Il faut détruire les masques périmés, les remplacer par d’autres. »

    Interrogé vendredi soir par le JDD lors de son point presse quotidien, Jérôme Salomon a botté en touche sur le virage de 2013 : « On a eu un retour d’expérience. A chaque fois, des avis d’experts ont orienté le gouvernent sur la bonne réponse globale, il y a eu plusieurs avis. » L’actuel DGS a-t-il joué un rôle clé dans l’abandon du principe de précaution cher à Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot ? Un ancien conseiller ministériel de droite note que Marisol Touraine a avalisé ce virage : « In fine, la décision lui revenait. »

    Selon les données fournies par le gouvernement de l’époque au sénateur Delattre, la valeur des stocks passe de 992 millions d’euros à la fin de l’année 2010 à 472 millions d’euros fin 2014. Le grand hangar situé sur l’ancienne base militaire de Vitry-le-François (Marne), où est entreposée une partie des stocks stratégiques de produits de santé, n’est pas aussi vide qu’aujourd’hui.

    En 2014, au moment où le virus Ebola sévit en Afrique de l’Ouest et menace le monde, des réserves sont reconstituées en urgence, selon deux sources haut placées. Idem après les attentats de novembre 2015 pour se prémunir d’autres attaques terroristes massives. Où sont passés ces masques, qui ont une durée de vie moyenne de cinq ans ? Mystère. « C’est compliqué de stocker du matériel pour le jeter ensuite, démine un connaisseur du dossier. En plus, quand la date de péremption approche, on ne peut pas les réinjecter dans le circuit hospitalier. En bon gestionnaire, on se dit qu’on gâche de l’argent public. C’est facile de dire après coup qu’il aurait fallu anticiper. Ce genre de décisions est difficile à prendre. »

    Chapitre trois. Février 2020 : la réserve est vide
    En 2018, Jérôme Salomon prend la tête de la direction générale de la santé, ce qui fait de lui le numéro 2 bis du ministère. Comme l’a révélé L’Opinion vendredi, cet ancien conseiller santé du candidat Macron avait attiré l’attention pendant la campagne présidentielle sur le fait que notre système de santé n’était pas prêt à affronter une épidémie d’ampleur. Une fois aux responsabilités, a-t-il réussi à infléchir ce désintérêt pour le bouclier sanitaire alors que les budgets dédiés à la santé restaient très contraints ? Il semble que non.

    En période de disette budgétaire, les hôpitaux ne constituent pas de réserves pour gérer une crise éventuelle mais achètent seulement les masques nécessaires à leur fonctionnement courant. Certains ministères ou administrations font plus de provisions que d’autres. Mais plus rien n’est centralisé. "C’est ce qui fait qu’aujourd’hui des conseils généraux et des universités disposent des masques qui font si cruellement défaut aux soignants", grince un témoin. A aucun moment, Agnès Buzyn, accaparée par plusieurs chantiers législatifs et par la crise de l’hôpital, n’a pris ce dossier à bras-le-corps.

    Et depuis l’alerte lancée par l’OMS le 12 janvier 2020, signalant l’existence d’un nouveau coronavirus causant de mystérieuses pneumonies à Wuhan en Chine, la réaction du ministère de la Santé a-t-elle été à la hauteur de la situation ? Jeudi, Olivier Véran, nommé ministre de la Santé le 16 février, a rejeté la faute de l’impréparation sur « une autre mandature », évoquant le changement de doctrine durant le quinquennat Hollande. L’argumentation révulse à droite comme à gauche. « Les autorités ont eu près de deux mois pour se préparer, qu’ont-elles vraiment fait ? Pourquoi n’a-t-on pas réactivé plus tôt les chaînes de productions françaises et passé des commandes en Chine ? » interroge un ancien haut responsable socialiste.

    « Il y a un problème entre le SGDSN [Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, ex-SGDN] et la Santé, il n’y a pas de pilotage technique, assure un témoin. Les réunions ont souvent été houleuses. » Vendredi soir, Jérôme Salomon n’a pu que convenir que le masque, cet « objet précieux », était devenu une « denrée rare ». Il a répété ce que le ministre de la Santé Olivier Véran avait concédé la veille au Sénat : en février, les réserves de Santé publique France (qui a repris les missions de l’Eprus lors de sa création en 2016) à Vitry-le-François étaient au plus bas : environ 150 millions de masques chirurgicaux ainsi que des modèles pour enfants.

    Au Sénat, le 26 février, le DGS s’était pourtant montré rassurant. « Il y a des stocks stratégiques importants détenus par Santé publique France sur les masques chirurgicaux, avait-il déclaré devant la commission des affaires sociales. On n’a pas d’inquiétude. La seule chose, c’est qu’on attend. On ne distribue les masques que quand c’est nécessaire : aux malades, aux personnes-contacts dans la zone où circule le virus. Si demain on nous dit qu’il y a une zone où le virus circule, évidemment qu’on privilégiera cette zone […] Il n’y pas de sujet de pénurie. J’encourage nos concitoyens à ne pas se faire avoir par des escroqueries. »

    Il ajoutait qu’une commande « urgente » de masques de protection respiratoires de type FFP2 allait être réalisée pour les professionnels de santé. Les déclarations des derniers jours soulignent les contradictions du DGS. Il a précisé vendredi soir : « Dans un monde idéal, on pourrait imaginer qu’on soit en permanence protégé. C’est le modèle asiatique. Ça n’a pas empêché l’épidémie de survenir en Chine. Porter un masque toute la journée et partout, c’est une stratégie proposée en Asie pour éviter des mesures de confinement. Si on ne se touchait pas, si on savait porter un masque, ça pourrait être une stratégie. »

    Il a fallu attendre le 3 mars pour que les alertes des soignants soient enfin entendues. Ce jour-là, Emmanuel Macron annonce que l’État réquisitionne « tous les stocks et la production de masques de protection » pour les distribuer aux soignants et aux personnes atteintes du coronavirus. Plus que l’impréparation, c’est le déni de ces dernières semaines qui a attisé le courroux des professionnels de santé. Ayant acté la faillite de l’Etat protecteur, les libéraux, en particulier, ont l’impression de monter au front sans arme. « Ils n’ont pas tort : qui sont leurs employeurs ? Je crois qu’on a simplement oublié de prévoir de masques pour eux en cas de crise », se désole un haut fonctionnaire aujourd’hui retraité.

    D’où le rationnement actuel (18 masques par semaine au maximum pour les médecins et les infirmiers) détaillé le 18 mars dans un courrier de l’Assurance maladie aux professionnels de santé. Mais, alors que des pièces arrivent au compte-gouttes dans les pharmacies et les hôpitaux (30 millions ont, selon le gouvernement, été livrés cette semaine), que les modèles FFP2 sont réservés aux professionnels en contact étroits avec les patients, l’heure n’est pas, pour les soignants, à la recherche du temps perdu. Tous promettent qu’ils feront face malgré tout. Ils n’ont pas le choix : l’ennemi invisible est là.

  • La pollution de l’air, une « autoroute » pour le coronavirus
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/la-pollution-de-l-air-une-autoroute-pour-le-coronavirus-842732.html


    Dans le Nord de l’Italie ont été observées des « accélérations anormales » de l’expansion de l’infection, « coïncidant de manière évidente, à une distance de deux semaines, avec les concentrations les plus élevées de particules atmosphériques ».
    Crédits : Reuters

    Les particules en suspension dans l’air pollué accéléreraient la diffusion de la maladie, selon des chercheurs italiens. Ils ont en effet constaté une corrélation entre les dépassements des limites réglementaires et la rapidité des contaminations.

    La pollution atmosphérique pourrait non seulement fragiliser l’état de santé des populations confrontées à une épidémie de coronavirus, et donc peser sur le taux de mortalité, comme déjà pointé du doigt par les ONG. Elle accélérerait carrément la diffusion de la maladie.

    C’est hypothèse soutenue par une douzaine de chercheurs et médecins de la Société italienne de médecine environnementale (Società italiana di medicina ambientale, Sima). Dans une récente étude révélée par le quotidien économique Il Sole 24 Ore, ils soulignent l’existence d’une relation entre les dépassements des limites réglementaires relatifs aux particules en suspension PM10 et PM2,5 et le nombre de personnes malades de coronavirus.

    Des coïncidences particulièrement évidentes dans la vallée du Pô
    Les chercheurs ont notamment analysé les données de la pollution de l’air enregistrées en Italie par les agences régionales de la protection environnementale entre le 10 et le 29 février, et les ont mises en relation avec les informations fournies par la protection civile italienne sur le nombre de contaminations, en tenant compte de la période d’incubation maximale estimée à 14 jours. Ils ont observé une correspondance entre les courbes, particulièrement évidente dans la zone du Nord de l’Italie qui a concentré la grande majorité des cas de coronavirus du pays.

    Ici ont été observées des « accélérations anormales » de l’expansion de l’infection, "coïncidant de manière évidente, à une distance de deux semaines, avec les concentrations les plus élevées de particules atmosphériques", écrit Il Sole 24 Ore.

    • Aussi transparent que le sont des masques revendus.

      Conférence de presse du ministre de la santé, Olivier Véran
      https://www.lemonde.fr/planete/live/2020/03/21/epidemie-due-au-coronavirus-le-premier-week-end-de-confinement-en-direct_603

      Je veux me livrer aujourd’hui a un exercice de transparence absolue et vous présenter la situation telle qu’elle est :

      Suite a de premières alertes serieuses (...) les pouvoirs publics ont décidé il y a une dizaine d’années d’équiper la France de nouveaux masques. Quels que soient les processus de décision qui ont conduit à ce que ces stocks ne soient pas renouvelés, ils se sont réduits année après année. Il ne restait notamment aucun stock d’Etat de masque FFP2.

    • Ces 50 masques par foyer qui nous manquent, ou l’affaire du rapport enterré

      Un rapport remis en mai 2019 à Santé publique France recommandait de fournir, en cas de pandémie, une boîte de 50 masques par foyer, soit un milliard d’unités au total. Dix mois plus tard et faute de stocks suffisants pour faire face au Covid-19, le gouvernement dissuade les citoyens de se couvrir le visage, y compris dans un magasin. En revanche, veuillez remettre vos exemplaires en pharmacie messieurs-dames !

      « On ne peut pas dire qu’il y a eu un défaut d’anticipation de cette crise, bien au contraire », défendait la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, sur CNews, lundi 23 mars. Pourtant, cette semaine encore, la pénurie de masques, de tests et de réactifs pèse sur la capacité de la France à lutter correctement contre l’épidémie de coronavirus Covid-19, dont le nombre de victimes dépassera probablement les 2.000 d’ici 24 ou 48 heures.

      Devant la représentation nationale, le ministre de la Santé concédait d’ailleurs mardi que des marchandises étaient encore attendues en provenance des Etats-Unis et de Chine.

      De l’aveu même d’Olivier Véran, interrogé le 17 mars sur France Inter, l’Etat ne dispose alors plus que de 110 millions de masques chirurgicaux dans ses stocks stratégiques, malgré les réquisitions annoncées quatre jours plus tôt par le premier ministre.

      Pis, aucun masque FFP2, plus performant, ne traîne dans ses greniers. Jusqu’en 2011, un milliard de masques chirurgicaux et 700 millions de FFP2 étaient entreposés en permanence à travers le pays.

      Des instructions ministérielles passées à partir de 2011, sous les mandats de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande, ont causé ce désarmement. L’après-H1N1 est marqué par de vives accusations de gabegie visant Roselyne Bachelot. Les gouvernements successifs mènent une politique de réduction des dépenses publiques, qui conduit l’Etat à transférer la charge des équipements de protection vers les employeurs.

      Les pouvoirs publics misent sur la capacité des usines chinoises à irriguer le marché en cas de crise. Sans anticiper l’effet qu’aurait une pandémie apparaissant précisément dans ce pays !

      Les responsabilités sont collectives, mais Emmanuel Macron ne peut toutefois pas se défausser sur ses prédécesseurs. Il était informé du problème. L’actuel directeur général de la santé, Jérôme Salomon, avait remis une note de cinq pages au futur candidat à la présidentielle le 5 septembre 2016.

      « Le risque doit être considéré comme important »

      Une alerte encore plus récente aurait pu, ou dû, amener le gouvernement à revoir sa doctrine.

      Un rapport commandé par la Direction générale de la Santé (DGS) [1] en 2016 et remis à l’agence nationale de santé publique en mai 2019 établi noir sur blanc la nécessité d’équiper la population en masques.

      Le groupe d’experts présidé par le Pr Jean-Paul Stahl formule plusieurs recommandations. Celles relatives aux masques sont exprimées en deuxième position, immédiatement après la question des antiviraux.

      « En cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30 % de la population. » Cela équivaut donc à un milliard de masques. Le même nombre qu’il y a dix ans.

      « Le risque [de pandémie] doit être considéré comme important », soulignent les scientifiques, qui alertent dès la quatrième page de leur rapport sur la nécessité de faire primer les enjeux sanitaires sur les considérations d’ordre économiques.

      « Un stock peut arriver à péremption sans qu’il y ait eu besoin de l’utiliser. Cela ne remet pas en cause la nécessité d’une préparation au risque. La constitution d’un stock devrait être considérée comme le paiement d’une assurance, que l’on souhaite, malgré la dépense, ne jamais avoir besoin d’utiliser. Sa constitution ne saurait ainsi être assimilée à une dépense indue. »

      « Rapidité d’intervention »

      Ils ne précisent cependant pas la taille de ce stock, estimant qu’elle est « à considérer en fonction des capacités d’approvisionnement garanties par les fabricants ». Capacités qui, on l’a vu, se sont révélées pour le moins défaillantes, la production ayant été délocalisée en Asie. Ce rapport ne propose pas de modélisation médico-économique, en l’absence des données nécessaires, selon ses auteurs.

      Plus loin, les professionnels insistent sur la « rapidité d’intervention ». L’exemple de nos voisins helvètes guide leur préconisation.

      « La Suisse a recommandé à ses habitants de constituer un stock de 50 masques disponibles en préventif au domicile. Pour cela, la Suisse a dû créer le marché et nouer un accord avec l’industrie pour réduire les coûts d’achat (pour le fixer à environ 7 centimes). Cette recommandation a été relativement bien suivie par la population. »

      Loin d’écouter ce conseil, la France demeure en situation de pénurie plus de deux mois après la première alerte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant le Covid-19. Bien que le pic épidémique ne soit pas encore atteint et que le bilan officiel fasse déjà état, au 26 mars, de 1.696 morts dans l’hexagone, le gouvernement demande aux Français de remettre leur stock personnel en pharmacie afin d’équiper les soignants.

      Sur l’île de La Réunion, ce sont des matériels de protection périmés et parfois même moisis qui ont été livrés dans les officines par l’Agence régionale de santé.

      Autre écueil identifié par les rapporteurs, le manque de coordination entre pays voisins. Leur septième principe préalable concerne en effet « le besoin d’une collaboration européenne ». C’est pourtant tout le contraire qui s’est produit, la Commission en étant toujours à l’élaboration d’un « marché public conjoint » au 26 mars, bien après que le vieux continent est devenu l’épicentre mondial de la pandémie.

      Les pays asiatiques absents du rapport

      Ces recommandations auraient pu être encore plus strictes, mais le rapport n’est lui-même pas dépourvu de biais.

      Il s’appuie en effet sur une comparaison internationale des performances, un « benchmark », qui ne s’appuie que sur cinq pays occidentaux : le Canada, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suisse.

      Le tableau comparatif ne comporte aucun pays d’Asie, zone pourtant confrontée au premier chef par l’épidémie de Sras en 2003-2004. Aujourd’hui, les données montrent que la Corée du Sud, Taïwan, Singapour, le Japon et même la Chine savent bien mieux répondre à la crise que les pays choisis par le sous-groupe d’experts.

      Le compte rendu de l’audition du Pr Fabrice Carrat est en cela révélatrice. S’il estime, au regard d’un faible corpus d’études, que « peu d’éléments factuels permettent d’affirmer que le masque est une protection très efficace dans la communauté » [l’ensemble de la population, NDR], il observe aussi que « le port du masque n’est pas culturellement admis en Europe, contrairement à ce qui est observé en Asie ».

      Notre #prophylaxie déficiente nous mène au confinement

      « L’adoption du masque diffère donc de façon très significative suivant les zones géographiques, contrairement à l’utilisation de la solution hydro-alcoolique qui est désormais mieux admise en communauté, poursuit-il. De ce fait, les recommandations devront être assorties de mesures sociales en vue d’inciter les personnes à rester à leur domicile. »

      En d’autres termes, notre prophylaxie déficiente et en particulier l’absence de campagne de prévention nous mène au confinement. Avec son cortège de défaillances économiques.

      Une étude portant sur ces différences culturelles rapidement balayées aurait-elle permis d’adapter nos méthodes ? Les experts insistent sur « l’impérieuse nécessité de communication et de pédagogie coordonnée, à destination du grand public ».

      L’intégration de spécialistes des sciences humaines et sociales dans le groupe d’experts aurait-elle corrigé cet angle mort ? On peut l’imaginer.

      Quoi qu’il en soit, il est surtout permis de douter des capacités du gouvernement à en tenir compte. Jean-Paul Stahl se demande lui-même dans Le Canard Enchaîné du 25 mars si son rapport « n’a pas servi à caler une table au ministère ». Le dogme libéral dominait toujours jusqu’au déclenchement de « la plus grave crise sanitaire qu’ait connu la France depuis un siècle ». Parole de président.

      https://ladeviation.com/agiter/rapport-masques-coronavirus-2019

  • Ces #enfants qu’on a poussés à massacrer des gens pendant les #guerres de #Religion
    https://www.nouvelobs.com/idees/20200315.OBS26082/ces-enfants-qu-on-a-pousses-a-massacrer-des-gens-pendant-les-guerres-de-r

    ... l’action régulière des enfants au sein des cruautés commises par les catholiques sur les protestants se révèle centrale, parce qu’elle est précisément symbolique : ce n’est pas en dépit de la pureté qu’on leur attribue que les enfants sont ici mobilisés, mais en raison de celle-ci, qui en fait les instruments privilégiés de la volonté divine aux yeux des catholiques ; « dépositaires d’une innocence qui fait d’eux des figures du Christ. »

    #paywall

    • A la mi-mai 1562, le protestant François du Mas est traîné vivant dans les rues de Toulon sur ordre des autorités catholiques de la ville, avant que les adultes ne s’effacent, et celui-ci est alors « lapidé et brûlé par des petits enfants ». De la même manière en septembre 1572, quelques jours après la Saint-Barthélemy, le protestant Jean Bellardel est pendu dans la ville de Provins, avant que son cadavre ne soit détaché par un groupe d’une centaine d’enfants de moins de 12 ans, qui tentent de l’écarteler puis le traînent dans la boue qui jonche les rues de la ville.

      Comment interpréter, et quel sens donner à ces épisodes glaçants de violence au sein des guerres de Religion, spécialement lorsqu’ils sont ainsi commis par des enfants en bas âge ? L’historien Denis Crouzet y analyse bien plus que des détails sordides ou des débordements incontrôlés de violence populaire.

      Au contraire, l’action régulière des enfants au sein des cruautés commises par les catholiques sur les protestants se révèle centrale, parce qu’elle est précisément symbolique : ce n’est pas en dépit de la pureté qu’on leur attribue que les enfants sont ici mobilisés, mais en raison de celle-ci, qui en fait les instruments privilégiés de la volonté divine aux yeux des catholiques ; « dépositaires d’une innocence qui fait d’eux des figures du Christ. »
      Sommets de cruauté

      Il reste alors à essayer de comprendre, malgré la distance qui nous sépare des guerres de Religion du XVIe siècle, souvent hâtivement cantonnées dans un recoin inconfortable de l’histoire de France. Comprendre la structure de ces violences, qui prennent place dans une chrétienté angoissée par l’idée de la fin des temps, et où la Réforme protestante marque une profonde déchirure qui vient précipiter ces peurs. Les événements qui s’ensuivent sont ainsi parcourus par une exaltation mystique dont la dimension symbolique (où Denis Crouzet plonge depuis des décennies) explique les sommets insensés de cruauté sur les victimes protestantes, qu’il s’agit de châtier parce qu’elles sont allées à l’encontre du message – perçu – de Dieu.

      Comprendre aussi le rôle des enfants dans ces violences, qui s’inscrit en continuité avec leur place quotidienne dans les sociétés d’Ancien Régime, où ils sont souvent des acteurs essentiels des rituels folkloriques et des cérémonies chrétiennes, et prennent une nouvelle dimension dans un contexte d’affrontements religieux. Les enfants deviennent alors les vecteurs d’une action politique de la part des adultes, représentant les bras innocents qui confèrent un surcroît de légitimité aux actions décidées par le parti catholique. C’est le cas notamment lors de la Saint-Barthélemy où l’élimination le 24 août 1572 à Paris de l’amiral Coligny, chef du parti protestant, est prolongée par la procession et le dépècement de son cadavre dans la ville par des bandes d’enfants, légitimant en quelque sorte symboliquement l’action du parti catholique.
      Faire résonner ces violences lointaines

      Comprendre enfin les motivations de ces enfants, ce qui implique bien souvent de bâtir des ponts et de mettre en place des comparaisons à travers les périodes historiques, pour faire résonner ces violences enfantines lointaines avec celles, mieux documentées, des enfants soldats du Mozambique, des jeunes tueurs à gages de Medellín ou des génocidaires du Rwanda. Car la place des enfants dans une telle accumulation d’horreurs – parfois à l’avant-garde, désignant les victimes, périodiquement bourreaux – ne cesse jamais de produire le malaise, quelle que soit la distance qui nous en sépare.

      En particulier, la familiarisation de ces jeunes enfants à un tel déferlement de cruautés pose la question des conséquences de long terme, tant pour les individus eux-mêmes que dans l’image que la société se fait de l’enfance. Et si de telles actions se raréfient après 1572, l’onde de choc d’une telle culmination se fait sentir dans le long XVIIe siècle, et bien au-delà jusqu’à la Révolution française.
      Les Enfants bourreaux au temps des guerres de Religion, par Alexandre Crouzet, Albin Michel, 334p., 22,90 euros.

  • Manif des ’gilets jaunes’ : « Moi, dircab du Préfet, de leur point de vue, j’ai basculé dans le camp de l’ennemi »
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/manifs-changer-de-camp

    Laurent est passé dans « l’autre camp ». Il était directeur de cabinet du Préfet en charge du maintien de l’ordre. Il dit aujourd’hui manifester avec les ’gilets jaunes’ au « nom des mêmes valeurs qui lui ont fait servir l’Etat ». Laurent et Philippe racontent leurs choix et leur changement de camp.

    Beau #témoignage #violences_policières #Gilets_jaunes

  • Des « petits rats » et du journalisme selon Ariane Chemin par Frédéric Lordon
    https://blog.mondediplo.net/des-petits-rats-et-du-journalisme-selon-ariane

    On ne voit jamais si bien la part du complotisme des dominants transpirer dans leurs bruyantes croisades anticomplotistes, part à la fois projetée, inversée, et déniée, qu’à leur propension à ressaisir toute l’histoire de la contestation sous l’espèce des menées occultes de quelques agitateurs tireurs de ficelle. On se souvient que pendant un acte des « gilets jaunes », LCI avait suggéré avec sa finesse coutumière que, Julien Coupat interpellé, le mouvement entier, dont il ne pouvait qu’être la tête à la fois clandestine et sine qua non, devait « nécessairement » s’effondrer. Merveille de la pensée politique du journalisme de préfecture, voué à importer toutes les tournures paranoïaques de leurs fournisseurs exclusifs d’informations.

    Envisageant des machinations de moins grande envergure et sur un autre terrain, Ariane Chemin n’est cependant pas peu fière de porter au jour une autre de ces manipulations de l’ombre sans lesquelles le pays vivrait si tranquille : j’aurais fomenté un complot culturel en « pouss[ant] les petits rats de l’Opéra à monter un ballet-surprise contre la réforme des retraites ». À lire Ariane Chemin on n’est pas loin de penser que j’ai moi-même choisi le Lac des cygnes. Si elle m’avait contacté, elle aurait appris que j’ai fait également la chorégraphie. J’envisageais d’ailleurs de passer incognito le tutu (je suis assez mince et porte plutôt bien le diadème) pour être très au cœur de l’action, mais patatras : sciatique la veille, mes arabesques s’en ressentent.

    Résumons-nous : des artistes du corps de ballet de l’Opéra, engagés dans le mouvement social, événement en soi extraordinaire, choisissent de danser sur le parvis, mais ça ne peut pas suffire, on parlera donc d’autre chose, en l’occurrence de quelqu’un d’autre. Car il est bien entendu que ces pauvres danseuses, si elles savent lever la jambe, ont besoin qu’on leur dise où et comment : elles ont besoin, nous dit Ariane Chemin, d’être « poussées ». Par quel miracle pourraient-elles avoir une idée, et puis « se pousser » toutes seules ? Par quel miracle, plus encore, pourraient-elles avoir la maîtrise du sens politique de leurs actions ? Il fallait donc qu’il leur vînt du dehors — ici entre en scène l’agitateur, donneur de sens et tireur de ficelles. Dans le monde imaginaire du journalisme de têtes, qui ne connaît que les présidents et les premiers ministres, auxquels il s’identifie fantasmatiquement, on cherche toujours à tout prix un équivalent fonctionnel de « tête » en toute occasion et en tout domaine. Et s’il n’y en a pas, qu’à cela ne tienne, on en inventera une – puisqu’il est bien entendu qu’il en faut une, et que le monde n’a jamais marché sans. Misère du journalisme politique dégénéré, à l’intersection du potin et du complotisme-des-coulisses...

  • Et si les lasers réduisaient la radioactivité à seulement quelques minutes…
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/et-si-les-lasers-reduisaient-la-radioactivite-a-seulement-quelques-minutes

    C’est un projet hors-norme, voire un rêve qui apparaît inaccessible. Il demandera beaucoup de temps, de financements et de volonté. Mais il vaut le coup. Le prix Nobel de physique, Gérard Mourou, travaille sur un projet permettant de réduire la radioactivité des déchets nucléaires.

    C’est un projet secret aussi dingue que magnifique, qui pourrait révolutionner la filière nucléaire mondiale. De quoi parle-t-on ? De réduire la radioactivité des déchets nucléaires d’un million d’années à seulement quelques minutes une fois qu’ils aient été bombardés de neutrons par un laser d’une puissance d’au moins 100 térawatts pour fissionner les éléments lourds comme le plutonium. « Le rêve serait de transmuter tous les déchets nucléaires. Il y a une volonté de travailler sur ce sujet, c’est bien l’idée », a confirmé à La Tribune en marge du forum innovation défense Gérard Mourou, qui s’est vu attribuer le 9 décembre prix Nobel de Physique pour ses travaux sur les lasers avec la Canadienne Donna Strickland.
    […]
    « On travaille sur un projet de réduction des déchets qui ont 200.000 ans de durée de vie, alors si on met 30 ans pour y parvenir, ce n’est pas très grave et ce sera toujours utile », fait valoir Benoît Deveaud.
    […]
    Le développement de ce laser, auquel a participé le prix Nobel de physique, a pour ambition de fournir un faisceau laser multi-pétawatt (jusqu’à 10 PW) pour réaliser des expériences en condition extrêmes. Si Apollon est l’un des lasers les plus puissants au monde, sinon le plus puissant actuellement, Gérard Mourou a besoin pour réussir d’un laser ayant une fréquence de répétition beaucoup plus élevé que ce laser (une impulsion toutes les minutes).

    C’est pour cela que le prix Nobel de physique suit les travaux XCAN de Polytechnique, qui sont financés par la direction générale de l’armement (DGA) et menés en coopération avec Thales. Objectif, développer des amplificateurs à fibres, puis de coupler ensemble 100, 200, 300, 1.000 amplificateurs de façon à avoir la puissance qui est beaucoup mieux répartie que dans un seul amplificateur comme celui d’Apollon.

    • C’est formidable ces promesses d’un futur qui abolit les responsabilités d’aujourd’hui. Et il faudra quoi comme énergie pour faire fonctionner le laser, du plutonium ?

      Térawatt = 10 exposant 12 watts
      1,7 TW - Géo : la puissance moyenne électrique consommée au monde en 2001.

    • Le principe est séduisant, le bilan énergétique beaucoup, mais alors beaucoup moins…

      Je prends les chiffres dans un rapport sur le sujet
      La transmutation laser des déchets nucléaires
      https://www.researchgate.net/publication/257116317_La_transmutation_laser_des_dechets_nucleaires_Laser_induced_
      assez ancien (apparemment 2004) et avec une technologie où les lasers produisent des électrons (et non des neutrons) pour bombarder la matière à transmuter.

      (calculs de coin de table…)

      Production française de plutonium déchet de centrales : 11 t/an, je ne m’en occupe pas, il n’y a pas la répartition par isotopes, sachant que certains sont « utiles » : réutilisation comme combustible pour centrale nucléaire ou fabrication de bombes.

      Production de Neptunium 237 : 800 kg/an, demi-vie 2 millions d’années, soit 2.10^27 atomes par an.

      la technologie décrite (la plus performante des deux, d’un ordre de grandeur) consomme 0,5 J par tir de laser, répétable 10 fois par seconde ce qui produit 10 000 transmutations par seconde avec 5 J

      d’où un nombre de secondes nécessaires à traiter la quantité annuelle de Ne237 de 2.10^23 secondes, soit 6.10^15 années de fonctionnement d’un laser (il en faudra beaucoup) et une consommation énergétique de 10^24 joules, soit 282 millions de TWh.

      Le parc nucléaire français a produit 379 TWh en 2017. On a donc besoin de 750 000 ans de fonctionnement du parc nucléaire pour transmuter le Ne237…

      Bon, on en est dans les tout débuts, mais même si on gagne 3 ordres de grandeur en efficacité énergétique (gain énorme), on descend à « seulement » 750 ans. Ça reste très beaucoup. Et ce, sans compter l’énergie nécessaire à la séparation des isotopes à longue période du reste des déchets.

      (sauf grossière erreur de calcul (ou de conversion d’unités) de ma part)

      EDIT : @touti, le temps que je fasse les calculs et, surtout, que je les vérifie ;-)

    • @simplicissimus la #télépathie marche assez bien sur seenthis :) je n’ai même pas eu à te poser la question mais je pensais que tu le ferais si l’idée te prenait !

      et c’est certainement un moyen plus réaliste pour faire baisser notre consommation électrique !

      Les scientifiques continuent de faire mumuse quand la solution est à la portée d’un enfant de cinq ans, à la question que faut-il faire pour arrêter de polluer, il répondra #arrêter.

  • Racisme d’en haut en bas de page | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/12/24/racisme-den-haut-en-bas-de-page-2

    Alors qu’en France ces derniers temps le racisme en milieu populaire a été sur-médiatisé et sur-étudié. Un petit tour parmi les commentaires sous un article en ligne du journal Le Monde célébrant la performance des Judokates Françaises aux Mondiaux de Tokyo offre au sociologue un bon terrain pour analyser le racisme distingué en vigueur dans le milieu des élites et des classes supérieures. Rediffusion du 20 septembre 2019.

    Derrière paywall (et grrr les majuscules à judokates françaises, personne pour éditer correctement !)
    #racisme

    • Pour ne pas désespérer du genre humain, il semble assez conseillé d’éviter de lire certains commentaires d’internautes des articles parus en ligne dans la presse. Ce « a fortiori » si vous êtes l’auteur d’un de ces derniers. Il est même quasi vital de respecter cette abstention de lecture des commentaires en ligne si vous avez le malheur d’accoler à votre nom le titre de sociologue qui est le vôtre.

      Que vous soyez chercheur CNRS ou même simple universitaire, on ne vous rate pas : vous êtes illico l’objet de la part des internautes, le doigt sur le clic, de commentaires furieux et souvent délirants, qui n’ont presque jamais aucun rapport avec ce que vous avez essayé de dire, même avec prudence et maintes circonlocutions.

      Il se trouve que parfois vous tombez sur des commentaires intéressants, soit par leur capacité d’analyse et de développement de l’article en question, soit parce qu’ils font symptôme, avec un effet de révélateur qui incite à penser. Dans cette deuxième catégorie, on voudrait prendre ici l’exemple d’un commentaire de deux lignes paru très peu de temps après la parution – le 29 août 2019, sur le site du Monde – d’un article intitulé sobrement « Mondiaux de judo : à Tokyo, l’équipe de France brille grâce à ses judokates », signé Anthony Hernandez (un des journalistes chargé de la rubrique sport dans ce quotidien).

      Lors de ce Mondial de Tokyo fin août 2019 , le bilan des judokates françaises est impressionnant.
      Pour comprendre le sens de ce commentaire, commençons par résumer assez longuement cet article qui mettait l’accent sur la réussite exceptionnelle de l’équipe de France de judo au Mondial de Tokyo fin août 2019 : la plus belle « moisson de médailles d’or » depuis 2014. La forte particularité de ce succès tient à ce que ce sont trois femmes qui ont fait retentir La Marseillaise : Clarisse Agbegnenou (catégorie des moins de 63 kg), Marie-Eve Gahié (– 70 kg), Madeleine Malonga (– 78 kg). Pour comprendre ce succès indubitable de l’équipe de France féminine, hommage est d’abord rendu à son responsable depuis 2016, Larbi Benboudaoud (45 ans), médaille d’argent aux JO de 2000, présenté, sans doute à raison, comme l’un des grands artisans du succès des judokates françaises. Il est particulièrement réputé pour son exigence et sa soif de victoires (« On les prépare pour qu’elles aillent chercher des médailles, pas seulement pour participer… »).

      Lors de ce Mondial, le bilan des judokates françaises est impressionnant. Dans les sept catégories féminines, toutes , sauf une (Anne-Fatoumata M’Bairo), sont parvenues au stade des quarts de finale. Outre les quatre médaillées (ajoutons Margot Pinot, médaille de bronze), deux ont échoué au pied du podium : Sarah-Léonie Cysique (21 ans) et Amandine Buchard (24 ans). L’article met en relief la performance de Clarisse Agbegnenou qui, à 26 ans, est le véritable leader ce cette équipe féminine. À Tokyo, elle est sacrée championne du monde pour la quatrième fois.

      Les spécialistes ont été unanimes pour juger magnifique son combat en finale contre la Japonaise Miku Tashiro : une victoire à l’arraché lors du golden score (les prolongations) après onze minutes de combat acharné. Le journaliste du Monde reprend les propos tenus sans fausse modestie de la championne peu après son exploit : « J’ai marqué les esprits de beaucoup de judokas. Beaucoup m’ont dit que la finale était magnifique et que c’était beau à voir. J’ai montré que mentalement je ne lâcherai rien. C’est bien d’avoir conservé mon statut de numéro un. »

      Par ailleurs l’article insiste, par contraste, sur le maigre butin de l’équipe française masculine : une seule médaille de bronze (Alexis Cleret), Teddy Riner étant « en congé ». Est toutefois évoqué un motif d’espoir avec l’arrivée de jeunes prometteurs comme Alpha Djalo (22 ans). En conclusion, la parole est donnée à Jean-Luc Rougé, président de la Fédération française de judo : « Battre les Japonais au Japon, c’est exceptionnel. On les voyait énorme pour les JO, on en avait tous peur, nos judokates ont fait voir aux autres pays que c’était possible. En quelques jours, on a ouvert une porte… » Le journaliste du Monde écrit, en guise de chute de son article : « Les maîtres japonais du judo sont prévenus. Les Français n’ont pas peur du sacrilège ».

      Pour être tout à fait complet, notons que l’article est joliment illustré de trois photos des judokas – deux femmes, un homme – en action sur le tatami. Elles font apparaître avec évidence le fait que ces derniers sont noirs de peau, comme peuvent d’ailleurs le suggérer leurs patronymes : Agbegnenou, Malonga, Djalo. Sous la première photo plein cadre de l’une d’entre elles, on lit : « Les Françaises, à l’image de Clarisse Agbegnenou, ont brillé lors des Mondiaux de Tokyo. Sous la deuxième « Madeleine Malonga est championne du monde des -78 kg » et, sous la troisième, « Alpha Djalo est l’un des espoirs du judo masculin français ».

      Tout au long de son texte comme pour la légende des photos, le journaliste du Monde a pris bien soin de ne pas mentionner la couleur de peau des trois championnes du monde françaises. Par ailleurs il n’a pas non plus souhaité indiquer que toutes trois sont d’origine africaine, plus précisément du Togo (Agbegnenou), Congo (Malonga), Côte d’Ivoire (Gahié). Il a préféré les présenter – et ainsi les définir – comme des « combattantes françaises ».

      Or 45 minutes après la parution en ligne de cet article sur le site du lemonde.fr, à 16H01, un lecteur dissimulé derrière un pseudo assez sophistiqué (Albireo [1]) et premier internaute à le commenter, écrit ceci : « Pauvres japonais qui refusent le métissage, adieu les breloques sportives… Bon, par contre ils continuent de gagner les prix Nobel de physique et Tokyo est classée ville la plus sûre du Monde… »

      Tentons de nous mettre à la place de ce lecteur assidu du Monde, sans doute fort lettré, pour ne pas dire « cultivé ». Pour réagir ou, plus exactement, pour dégainer aussi vite, il doit être constamment à l’affût d’articles publiés sur le site du Monde, sans doute pour y traquer les articles qui lui paraissent exprimer toute forme de « politiquement correct ». Nous allons essayer d’entreprendre une sorte de « démontage » sociologique de l’inconscient social qui suinte dans ce petit texte réactif [2].

      Si ce commentaire m’a interloqué ou, plus exactement, profondément choqué, c’est aussi parce que je m’intéresse au sport comme sociologue et, depuis une dizaines d’années, travaille (un peu) sur le football (cf. le livre Traîtres à la nation, La Découverte, 2011) sans compter que, depuis 2016, je tiens une chronique mensuelle, intitulée « Sport et culture » dans le journal Sud-Ouest.

      Ce qui m’astreint à une lecture régulière de L’Équipe qui contribue à me donner progressivement une assez bonne culture générale dans le domaine du sport, avec un tropisme prononcé pour l’étude du profil sociologique des sportifs de haut niveau (football, rugby, handball, basket-ball, athlétisme, cyclisme, judo, natation, etc). Il m’arrive fréquemment de faire des fiches et encore plus souvent d’archiver des portraits détaillés de ces « champions ». De ce fait, ce commentaire au venin (de racisme soft..) savamment distillé m’a donné tout de suite envie de réagir (un commentaire sur le site du Monde de la réaction d’Albireo e a été tenté puis abandonné…). Au fond, que nous révèle ce commentaire ?

      Primo, le commentateur connaît sans doute très bien la forte spécificité de la démographie du Japon : un pays en crise démographique avec, depuis 25 ans, un nombre de décès supérieur à celui des naissances (l’indice conjoncturel de fécondité est stable à 1,4 enfant par femme, loin du chiffre de 2, 1 qui assure la reproduction de la population d’un pays). Il connaît tout aussi bien la non moins grande spécificité de la politique d’immigration du Japon, à savoir une fermeture quasi-totale aux immigrés. Comme le dit Gilles Pison, démographe à l’INED : « À court terme, c’est-à-dire les prochaines décennies en langage de démographe, le Japon va se retrouver face à une diminution des effectifs d’âge actif et des problèmes de recrutement.

      Les pays développés ont traditionnellement recours à la main d’œuvre immigrée en cas de besoin. Mais le Japon est jusqu’ici resté un des pays les plus fermés à l’immigration. S’ouvrir à celle-ci et accepter un métissage de sa population est pour lui l’un des grands défis de demain ». Bref, le Japon est ici présenté en creux comme une sorte de modèle de politique d’« immigration zéro » , à l’inverse de la France, pays passoire qui serait entièrement ouvert à tous les courants migratoires venus d’Afrique.

      Secundo, par l’emploi du terme de « métissage » dès la première phrase, l’auteur masqué du commentaire entend, dans une logique de dévoilement, lever un lièvre en portant au jour ce fait qui aurait été soigneusement « caché » dans l’article du Monde : à savoir que les judokates françaises médailles d’or du Mondial 2019 sont des « Noires ». Ce sport individuel, où la France occupe la deuxième place au monde derrière le Japon depuis trente ans, serait en train de devenir – comme c’est déjà le cas du football, basket-ball, handball, et même dorénavant du rugby – un lieu de « métissage ». On peut penser que ce dernier mot sert en fait, pour notre internaute masqué, à dire de manière euphémisée la forte présence de Noirs (l’envahissement ?…) dans ce sport de « Blancs » dans l’Europe d’après 1945, même si son berceau historique se situe en Extrême Orient.

      Tertio, la comparaison qui est dessinée en creux entre la France et le Japon se donne à voir aussi sous la forme d’une opposition terme à terme qui est lourde de sous-entendus culturalistes et politiques. À la différence de la France qui se prévaudrait et se gargariserait de vaines médailles (« breloques » pour le dire de manière péjorative comme notre Albireo, fort irrité) conquises dans le sport (panem et circenses), qui plus est, par la seule grâce de jeunes ressortissants issus de pays de l’ex-Afrique coloniale, le Japon s’attelle, quant à lui, à des tâches plus sérieuses, notamment faire fructifier le capital scientifique de son pays, par l’intermédiaire de la fabrication de prix Nobel de physique made in Japan. Sans compter, cerise sur le gâteau, que dans le système d’oppositions hâtivement bâti par l’auteur, définir Tokyo comme « la ville la plus sûre du monde », lui permet de faire un clin d’œil poussé au lecteur du type : « Suivez mon regard », c’est-à-dire allez voir du côté de la capitale française, Paris (y compris sa banlieue), pour y observer l’une des villes les moins sûres des pays développés.

      Ce commentaire « moisi », dont on peut malheureusement retrouver aujourd’hui pléthore d’équivalents sur la toile, est un révélateur de l’air du temps.
      Dans ce commentaire, rien n’est explicitement dit, tout est suggéré, c’est au lecteur de reconnaître la petite musique de la France envahie et/ou en perdition (celle du « suicide français » de Zemmour pour le dire vite). Il s’agit de glisser dans l’oreille du lecteur du Monde que tout ce qui a été écrit dans cet article n’est qu’un écran de fumée ou un tissu de balivernes.

      Il faut, aux yeux de notre internaute héros d’un jour, tout faire pour saper, en quelques mots, l’idée centrale qui transparaît à l’évidence dans cet article : aujourd’hui la France gagne des médailles d’or du fait de l’arrivée à maturité d’une génération brillante de judokates d’origine africaine, sous la houlette d’un ancien grand champion de judo d’Aubervilliers – Larbi Benboudaoud – dont on peut supposer assez facilement qu’il aurait comme seul défaut, pour notre internaute, de porter un prénom et un nom bien peu gaulois.

      Au fond, ce commentaire « moisi », dont on peut malheureusement retrouver aujourd’hui pléthore d’équivalents sur la toile, est un révélateur de l’air du temps. Il nous a aussi fait immédiatement penser à un livre d’entretiens de Gérard Noiriel, paru en 2007 chez Textuel et intitulé Racisme : la responsabilité des élites, qui n’a sans doute pas rencontré l’écho qu’il aurait mérité. On sait bien que, dans la société française des vingt dernières années, la question du racisme et des « relations inter-raciales » (race relations) est devenue omniprésente et même obsédante.

      On sait aussi que les principaux « accusés » dans des affaires de racisme appartiennent aux classes populaires, comme si le racisme était leur seul apanage. Les sociologues d’enquête (notamment ethnographique) s’efforcent, sur cette question, de mettre en relation étroitement, d’une part, l’expression de propos et d’actes racistes et, d’autre part, les situations de concurrence exacerbée que les membres des classes populaires affrontent au travail, dans la sphère du logement et, par l’intermédiaire de leurs enfants, dans celle de l’École. C’est ce que nous avions développé avec Michel Pialoux dans le chapitre 9 du livre Retour sur la condition ouvrière (La Découverte-Poche, 2011) sur le terrain des ouvriers Peugeot de Sochaux-Montbéliard, une analyse qui, à nos yeux, reste d’actualité et conserve une certaine pertinence.

      On doit mettre l’accent sur ce qui nous paraît être une erreur de perspective sur ce sujet assez crucial du racisme. Pour des questions d’accès au terrain et de fortes inégalités sociales dans la protection de l’entre-soi et la maitrise des registres de langage, le racisme en milieu populaire est sur-médiatisé et sur-étudié alors que les diverses formes de racisme en vigueur dans le milieu des élites et des classes supérieures sont largement invisibles (ou invisibilisées). Ce sinistre commentaire anonyme a pour avantage, si l’on peut dire, de faire apparaître en pleine lumière ce qu’il peut y avoir aujourd’hui dans la tête de certains lecteurs du Monde appartenant aux catégories sociales favorisées, baignant dans la culture des « nouveaux réactionnaires ». Une certaine prudence leur fera certes éviter de se référer explicitement à la théorie du « grand remplacement » mais elle ne les empêchera pas, comme cet Albireo, d’étaler, sous une forme polie et euphémisée, une vision du monde qui semble profondément élitiste et raciste.

      Car ce qui est le plus frappant dans ce commentaire est l’impossibilité chez son auteur de de concevoir et de penser le « ET ». Comme si (ici) les sportives de haut niveau ne pouvaient pas être en même temps de « bonnes » élèves. Comme si les jeunes d’origine africaine ayant grandi en France ne pouvaient pas être en même temps de bons citoyens, et comme s’ils étaient tous voués à emprunter la seule voie de la délinquance et à rendre dangereuses les rues de nos grandes villes.

      Or, maintes enquêtes l’attestent, on peut, en étant d’origine africaine en France, exceller en sport ET réussir des études supérieures. On peut aussi, en étant toujours d’origine africaine, trouver sa place en France et ne pas passer par la case du commissariat de police et de la prison. Le prisme racial, voire l’obsession raciale, du commentaire en question ne permet pas à son auteur de voir que, au-delà de cette seule variable dite de la race, opèrent d’autres variables lourdes comme la PCS (Profession et Catégorie Socioprofessionnelle) et le niveau de diplôme des parents, le lieu de résidence, etc., qui permettent d’expliquer conjointement la diversité des trajectoires sociales des membres de ce groupe, malgré tout hétérogène, de cette seconde génération issue de l’immigration africaine en France.

      La seule lecture régulière de la presse (sportive ou locale) nous apprend ainsi que ces judokates françaises d’origine africaine ont presque toutes grandi en province (Chambly, Amiens) ou en banlieue parisienne (Asnières) et rarement dans des « cités ». Surtout elles ont été élevées dans des familles immigrées africaines appartenant souvent aux classes moyennes (et celles-ci existent !..) . Clarisse Agbegenou est née à Rennes d’une mère comptable et d’un père vétérinaire au Togo devenu un « grand scientifique » en France.

      Madeleine Malonga a deux parents qui sont infirmiers en psychiatrie. Les parents ne choisissent pas au hasard tel ou tel sport pour leurs enfants. Le judo est réputé pour son exigence et, en France, pour la très grande qualité des encadrants, tous d’anciens très bons judokas. Ce sport est aussi connu pour avoir de grandes vertus éducatives : il apprend l’humilité, le sens de l’effort et sert à « cadrer » des jeunes débordants d’énergie physique. Par exemple, Clarisse Agbegnenou est venue au judo grâce à sa directrice d’école, qui conseilla à sa mère de faire en sorte que sa « costaude » canalise son énergie.

      La pédagogie anti-raciste ne doit pas viser seulement les publics dits populaires ; elle gagnerait aussi à être dirigée vers une partie de nos élites.
      Il se trouve aussi que la plupart d’entre elles ont dû quitter leur famille à 13/14 ans pour suivre une section sports-études (à Orléans pour Clarisse Agbegenou) puis entrer à 15/16 ans dans ce temple de la formation des sportifs de haut niveau qu’est l’INSEP à Vincennes. En même temps que la pratique intensive de leur sport, elles ont poursuivi des études secondaires ou supérieures : Clarisse Agbegenou est titulaire d’un bac en sciences et technologies, Marie-Eve Gahié d’un BTS.

      En outre, notre internaute masqué doit certainement ignorer que le judo est un sport terriblement exigeant et ingrat. Accéder au haut niveau nécessite des milliers d’heures d’entrainement et de combat, accompagnées d’innombrables moments de doute et de petites crises de croyance dans tous ses sacrifices faits au quotidien. La moindre erreur ou distraction ne pardonne pas sur le tatami et se paye cash. La question du poids est aussi cruciale, il faut surveiller de très près son alimentation. Un jour, Clarisse Agbegenou est arrivée à la pesée en 2012 aux Masters au Kazakhstan avec un excédent de poids de 200g : elle n’a pas pu participer à la compétition et a été durement sanctionnée par la Fédération française de judo qui lui a interdit de participer au tournoi de Paris. On pourrait sur ce sujet développer longuement.

      Ces exemples suffisent à montrer ce que notre commentateur zélé ignore à l’évidence : la personnalité comme le « mental » de ces sportives de haut niveau et des chercheurs en physique (ou des autres sciences) ne sont pas si différents. Ce qui les a menés « tout en haut », c’est une somme difficilement imaginable d’efforts, d’ascèses et d’investissements hors du commun.

      Peu importe la couleur de peau. En judo, comme dans beaucoup d’autres sports, ce qui va in fine départager des compétiteurs de qualité égale, c’est l’« état d’esprit », ce qui est désigné comme le « mental » et ce que les coaches aiment appeler la « niaque ». S’il existe aujourd’hui une forte surreprésentation de judokates d’origine africaine dans l’équipe de France, c’est sans doute parce que, pour surmonter les multiples préjugés qui sont encore aujourd’hui liés à leur couleur de peau, elles ont dû déployer une énergie peu commune pour reculer le plus loin la douleur et ainsi refuser la défaite.

      On aura voulu ici introduire davantage d’éléments de contexte pour éclairer la lanterne de ces lecteurs « d’en haut », comme cet Albireo, prisonnier de leurs préjugés socio-raciaux. La pédagogie anti-raciste que peuvent offrir en acte les travaux en sciences sociales ne doit pas viser seulement les publics dits populaires ; elle gagnerait aussi à être dirigée vers une partie de nos élites qui se caractérise par son étroitesse d’esprit. Ce commentaire à la fois furibard et policé d’Albireo est une petite – mais très « belle » – source en ce qu’elle dévoile bien, à sa manière, ce qui peut se trouver tapi au fond de l’inconscient social : une forme de racisme distingué et, pour cela, d’autant plus dangereux.

      La mise en avant dans les médias de la réussite sportive de nos « championnes françaises » (comme l’écrivait à juste titre le journaliste du Monde) permet de faire un peu mieux comprendre à l’opinion publique la manière dont ces jeunes français à trait d’union – franco-togolais, franco-congolais, franco-ivoiriens – font partie de notre pays et sont en train d’y prendre toute leur place. Certes peu d’entre eux deviendront prix Nobel de Physique (mais qui sait ?…). En attendant, comme il est désormais permis aux lecteurs du site Internet du Monde de signaler des « abus » lorsque certains commentaires dépassent les bornes, nous l’avons fait et le commentaire rance d’Albireo a été supprimé du site lemonde.fr.

      Cet article a été publié pour la première fois le 20 septembre 2019 dans AOC.

      [1] Albireo est une étoile double, hébergée par la constellation du Cygne, aux couleurs particulièrement contrastées. Le Blog Cielmania de J-B. Feldmann (photographe du ciel) indique que c’est un « joyau accessible aux astronomes amateurs. »

      [2] Ceci, sous une forme d’esquisse ici, pourrait prolonger le travail sur les formes de jugement, d’appréciation, que Francine Muel Dreyfus avait appelées « pré-réflexives » dans son travail sur les adhésions au régime de Vichy, cf. Francine Muel Dreyfus Vichy et l’éternel féminin. Contribution à une sociologie politique de l’ordre des corps, Seuil, 1996.

  • « #Macron, les #femmes et l’#Afrique : un discours de sélection sexuelle et de triage colonial »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/30/macron-les-femmes-et-l-afrique-un-discours-de-selection-sexuelle-et-de-triag

    Les propos sur la natalité en Afrique tenus par Emmanuel Macron lors du sommet du G20 à Hambourg, le 8 juillet, ont été quasi unanimement qualifiés de racistes. Le président français s’est-il ressaisi au Burkina Faso le 28 novembre ? Non, il a sciemment abordé de nouveau le sujet, sous une autre forme, et il s’agit ici de comprendre pourquoi ; pourquoi aurait-il été trop coûteux de renoncer à parler des « femmes africaines », qui ne sont qu’un butin rhétorique cher à la politique française ?

    Les termes utilisés à Hambourg par le chef d’Etat pour appréhender cette question étaient marqués d’un passé impérial qui continue d’imposer l’ordre du discours sur « l’Afrique ». En parlant de « défi civilisationnel », Emmanuel Macron comprenait les enjeux de la « transition démographique » et, en la matière, il rendait hommage à l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, qui, dans l’amphithéâtre de la prestigieuse université Cheikh Anta Diop de Dakar, s’était senti totalement légitime d’expliquer à « l’homme africain » comment s’extraire du temps cyclique de la nature, où il n’y a pas de place ne serait-ce que pour « l’idée du progrès ».
    Lire aussi Après les déclarations de Macron sur la natalité en Afrique, que disent les chiffres ?

    Devant ses homologues, ce jour de juillet, Emmanuel Macron déclarait : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider de dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Les femmes, donc ; cette fois, ce sont les femmes africaines qui sont visées, comme leur enlisement dans le temps cyclique de la reproduction sans limite ; ces ingrates Africaines à la sexualité débridée et irresponsable, assimilées, en somme, à des femelles n’ayant aucune conscience des investissements consentis – la dite « aide au développement » – pour qu’elles arrêtent enfin de lester ce continent d’enfants qui en diffèrent l’entrée dans l’Histoire.

    #racisme #françafrique #colonialisme #mépris

  • U.S. officials misled the public about the war in #Afghanistan, confidential documents reveal - Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/graphics/2019/investigations/afghanistan-papers/afghanistan-war-confidential-documents

    #Corruption généralisée, milliards gaspillés… Ce qu’il faut retenir des “Afghanistan Papers” révélés par le “Washington Post”
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afghanistan/corruption-generalisee-milliards-gaspilles-ce-qu-il-faut-retenir-des-af

    C’est un nouvel éclairage capital sur la guerre en Afghanistan. Dans une grande enquête intitulée « En guerre avec la vérité », le Washington Post (en anglais) dévoile les errements des gouvernements américains successifs dans le conflit afghan. Ces révélations sont notamment fondées sur près de 2 000 documents émanant de l’Inspection générale spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan (Sigar), créée en 2008 pour enquêter sur les dépenses abusives liées à ce pays. Ces documents, obtenus après trois ans de recours en justice, ont vite été surnommés « #Afghanistan_Papers », en référence aux « #Pentagone_Papers » dévoilés en 1971 au sujet de la guerre au #Vietnam.

    [...]

    L’argent dépensé par les #Etats-Unis devait servir à mettre sur pied un « nouvel Afghanistan ». Il devait ainsi développer les écoles et les infrastructures, dans le but d’améliorer la sécurité et de lutter contre le sentiment antiaméricain de la population. « C’était une colossale erreur de jugement », estime une source anonyme, cadre de l’Agence américaine pour le développement international (#Usaid). « On nous a donné de l’argent, on nous a dit de le dépenser, alors on l’a fait. Sans raison. »

    « Nous n’envahissons pas les pays pauvres pour les rendre riches », a expliqué James Dobbins, ancien haut diplomate américain, envoyé spécial à Kaboul sous George W. Bush et Barack Obama. « Nous n’envahissons pas des pays autoritaires pour les démocratiser. Nous envahissons des pays violents pour les rendre pacifiques, et nous avons clairement échoué en Afghanistan. »

    #échec #vol

    • « Afghanistan papers » : ce que révèle le Washington Post - Amériques - RFI
      http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20191209-afghanistan-papers-washington-post

      L’illusion de la puissance

      « Le mensonge est concentré autour de l’idée que les États-Unis après 19 ans d’intervention ont réussi en partie dans leur effort de construction d’un nouvel État, dans une nouvelle société afghane sans qu’aucune de ces affirmations ait été étayée sur le terrain », résume le professeur en relations internationales à l’Université américaine de Paris, Philip Golub.

      Les acteurs sur le terrain, les chercheurs, les agences gouvernementales et internationales savaient que les discours officiels ne correspondaient pas à la réalité. Mais en revanche, la population américaine l’ignorait, souligne Philip Golub. Et ces révélations devraient, selon lui, « contribuer à accentuer la tendance au sein de la population américaine d’exiger un retrait des États-Unis des zones de conflit », pour des interventions qui « n’aboutissent pas et qui, au lieu de manifester de la puissance de la démocratie américaine, font exactement le contraire ».

      Le professeur de relations internationales explique les raisons de ces mensonges dans la difficulté - voire l’impossibilité - pour la première puissance du monde à « admettre la défaite ». « C’est l’apparence de la puissance qui est et a été la préoccupation principale, précise Philip Golub. Une apparence de puissance contradictoire puisque les interventions successives démontrent les limites de la puissance militaire ». Une« illusion de l’omnipotence des États-Unis »que les présidents successifs, démocrate ou républicains, « plus ou moins éclairés », n’ont jamais remis en question.

      #gendarmes_voleurs #juges_corrompus #destructeurs_nuisibles

  • Si vous aviez encore un doute...
    Tout est désormais écrit noir sur blanc : le fonds de pension américain, Black Rock, explique que les réformes Macron lui permettront de gérer la retraite privée des Français.

    BlackRock, le fonds de pension américain patron du Cac 40

    Qui est le premier actionnaire de Total, d’Air Liquide, Valeo, Vinci, Unibail ? BlackRock. Il ne s’agit pas d’un groupe de death metal mais du plus gros gestionnaire d’actifs mondial, une firme new-yorkaise qui investit à tout va et à long terme pour pouvoir faire fructifier au mieux l’épargne des retraités américains.

    https://www.ouest-france.fr/economie/bourse/blackrock-le-fonds-de-pension-americain-patron-du-cac-40-4508811

  • À peine trois semaines après le coup d’État en Bolivie, le gouvernement de facto est déjà en train d’autoriser les OGM.

    https://eldeber.com.bo/158332_en-10-dias-saldra-decreto-de-exportacion-y-gobierno-encamina-uso-

    Ils retirent aussi toutes les limites à l’exportation (qui servaient à assurer l’approvisionnement du marché national - maintenant on va surement exporter pour importer ensuite au prix international...)

  • Les meutes de loups n’ont pas de chef | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/477728/idiotismes-animaliers-y-a-t-il-un-male-alpha-dans-la-meute-de-loups

    La notion de « mâle alpha » est ainsi prête à l’emploi dans la culture générale, qui l’adopte avec enthousiasme, oubliant au passage que Schenkel parlait d’un couple dominant, et pas seulement d’un mâle… Quoi qu’il en soit, le « loup alpha » inspire des réflexions sur le leadership en entreprise, devient un modèle de programmation algorithmique (Grey Wolf Optimizer), s’invite dans la psychologie des religions lorsque le psychiatre texan Hector A. Garcia invente la notion d’« Alpha God » (2015) pour décrire la manière dont les sociétés monothéistes imaginent leur dieu.

    Une histoire de famille

    Le hic ? Mech le dévoile en 1999 : à l’image de Schenkel qui observait les loups du zoo de Bâle, « la plupart des études sur la dynamique sociale des meutes de loups ont été conduites sur des regroupements artificiels d’animaux en captivité ». Mech lui-même a observé des loups en liberté, mais, comme cela arrive souvent, il a vu ce qu’il avait lu chez Schenkel plutôt que ce qu’il avait sous les yeux. À l’état sauvage, explique-t-il, le « couple alpha » est en réalité un couple parental, dont le reste du groupe est la progéniture : « la meute de loups typique est une famille ».Exit le modèle classique de la dominance animale. Qui, à vrai dire, avait déjà été ébranlé trente ans plus tôt.

  • La France suit avec attention les manifestations qui se déroulent actuellement dans plusieurs villes en #Iran. Elle rappelle son attachement au respect de la liberté d’expression et du droit à manifester pacifiquement.

    Je n’arrive pas à trouver les bons tags...
    Peut-être celui de Mickaël Correia sur twitter est le meilleur : #rire_jaune
    Et j’ajoute #hypocrisie
    Et ce petit air de #colonialisme
    #France #manifester_pacifiquement #liberté_d'expression #manifestations #résistance

    ping @karine4 @cede

  • Au Québec, des Blancs s’arrogent une identité de faux « Autochtones » pour contester les maigres droits accordés aux véritables premiers arrivants. Comme on peut voir, les militants de l’identité de genre n’ont rien inventé lorsqu’ils se prétendent « femmes » voire même « lesbiennes » pour s’imposer dans les espaces (même intimes) des femmes et exiger de l’État l’abolition de leurs droits. Une politique essentiellement masculiniste... http://plus.lapresse.ca/screens/a6e6ff41-d443-4f63-b860-74f0b19bc7c1__7C___0.html

  • #Nantes : une vidéo montre un policier en train d’étrangler un manifestant
    | Par Pascale Pascariello pour Mediapart + ajout d’un témoignage direct
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030919/nantes-une-video-montre-un-policier-en-train-d-etrangler-un-manifestant

    Violemment interpellé par des policiers de la Brigade anticriminalité le 3 août, Bruno Kaïk, 51 ans, a dû être hospitalisé. Sur la vidéo que Mediapart publie, un policier lui serre la gorge et l’étrangle avec son bras, contredisant la version de la police nationale. Une plainte pour tentative d’homicide vient d’être déposée auprès du parquet de Nantes, qui a ouvert une enquête préliminaire.

    Témoin direct de la scène, [Bastien Gruchet] confirme tous les témoignages publiés dans cet article de Mediapart.
    https://www.facebook.com/bastien.gruchet/posts/10215250974734248

    Pris de convulsions puis tombé inconscient alors qu’il était menotté après avoir été étranglé, fouillé pendant que les pompiers le brancardaient.

    A noter que l’agent de la BAC avec le pull gris sur la photo, celui qui a mis la personne interpellée à terre en l’étranglant avec une très grande violence, tient tranquillement une grenade désencerclante dans sa main droite. Il semblerait (à la vue du pull et de la carrure) que ce soit la même personne qui, en 2017, avait passé plusieurs personnes à tabac avec sa matraque télescopique dans un camion de la CGT.
    Et c’est lui aussi qui balance de l’eau au visage sans réaction de sa victime, sans que cela ne l’émeuve.

    La #BAC, et tout particulièrement celle de Nantes, est un véritable danger public. Le fait que la #police soit munie d’une telle brigade en dit long sur ce qu’est cette institution... Le fait qu’elle soit envoyée faire du maintien de l’ordre alors qu’elle n’y est pas formée symbolise ce que l’Etat veut faire des mouvements sociaux : les effrayer et les mater dans la violence. Elle doit disparaître, dans les manifestations et ailleurs.

    Ci-dessous, le texte intégral de l’article (_vu le taf qu’on fait à Nantes sur le sujet, pas envie d’être bloqué-e-s par un #paywal_) :

    Violemment interpellé par des policiers de la Brigade anti-criminalité le 3 août, Bruno Kaïk, 51 ans, a dû être hospitalisé. Sur la vidéo que Mediapart publie, un policier lui serre la gorge et l’étrangle avec son bras, contredisant la version de la police nationale. Une plainte pour tentative d’homicide vient d’être déposée auprès du parquet de Nantes, qui a ouvert une enquête préliminaire.
    À Nantes le 3 août, en marge de la marche blanche organisée en hommage à Steve Maia Caniço, les images d’un homme à terre, hagard, paraissant inconscient, entouré de trois policiers en civil, ont fait le tour des médias et des réseaux sociaux.

    Violemment interpellé par des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC), Bruno Kaïk, 51 ans, perd connaissance et est conduit aux urgences. Trois jours après les faits, la police nationale, par la voix de son service de communication (Sicop), affirme à Libération que ce manifestant avait été hospitalisé « parce qu’il était incommodé par les gaz lacrymogènes ».

    Le ministère évacue de la sorte toute responsabilité policière, nonobstant la parole de la victime qui accuse l’un des policiers de l’avoir « étranglé jusqu’à l’étouffement ».

    Une nouvelle vidéo que Mediapart publie contredit la version du ministère de l’intérieur. Sur ces images, derrière un fourgon, on distingue un policier de la BAC, le visage masqué, qui serre de sa main puis de son bras le cou de Bruno Kaïk. Celui-ci tombe à terre, quasi inanimé.

    Le compte-rendu médical atteste que le « patient interpellé par [la] BAC lors d’une manifestation, a reçu plusieurs coups (…), a présenté une perte de connaissance » et a été « retrouvé inconscient sur la voie publique ». Il souligne l’absence de toute substance toxique qui aurait pu provoquer cet état.

    Le parquet de Nantes vient d’ouvrir une enquête préliminaire à la suite de la plainte déposée par Bruno Kaïk pour tentative d’homicide.

    Contactée par Mediapart, la police nationale nuance désormais sa version initiale. « Un signalement fait par Bruno Kaïk auprès de l’IGPN [Inspection générale de la police nationale] est en cours d’instruction et des éléments complémentaires ont été demandés à la Direction départementale de la sécurité publique de Loire-Atlantique », assure le service de communication.

    Alors pour quelle raison la police nationale s’est-elle autorisée à communiquer une information inexacte ? Notre question est, à ce jour, restée sans réponse.

    « Ce n’est pas la première fois que j’assiste à des dérives des policiers de la BAC », explique Mathilde, l’auteure de la vidéo, dont l’appartement surplombe une des rues de Nantes régulièrement empruntée par les manifestations.

    Le 3 août, cette professeure des écoles et son conjoint décident de filmer ce qui se passe sous leur fenêtre parce qu’ils aperçoivent « une personne blessée ». Mais un autre événement retient rapidement leur attention. Mathilde observe trois policiers de la BAC : « Ils ramenaient derrière les camions et de façon musclée un homme. Ensuite l’un d’entre eux l’a étranglé et un autre l’a menotté. »

    « J’ai été choquée de voir autant de violence, confie-t-elle. Les policiers ont ensuite fait partir les passants qui filmaient. Seuls mon conjoint et moi, à l’abri dans notre appartement, pouvions continuer à filmer pour témoigner de ces dérives. »

    Mathilde ne peut oublier « l’image de cet homme à terre, menotté, qui haletait pour chercher de l’air. J’ai été très inquiète ensuite pour sa santé parce qu’il a commencé à avoir des convulsions ».

    La gratuité de cette violence a également affligé Grégory. Venu couvrir la marche, ce photographe de 34 ans passait à côté des fourgons de police lorsqu’il a « entendu plusieurs personnes qui demandaient aux policiers d’appeler les pompiers ».

    « J’ai vu cet homme à genoux, quasi inconscient, raconte Grégory. Il avait la bouche ouverte et avait du mal à respirer. J’ai alors demandé une bouteille d’eau à une passante pour la donner aux policiers. »

    L’un des agents de la BAC asperge alors la tête de Bruno Kaïk qui « n’a eu aucune réaction. J’ai été choqué. Et ce qui m’a interpellé c’est que les policiers ne faisaient rien pour lui venir en aide. Ils étaient davantage préoccupés par les témoins et ils nous ont demandé de partir de façon agressive. L’un d’eux me marchait sur les pieds alors que je reculais. C’était absurde. Ils ont même placé un caddie de supermarché devant cet homme pour le cacher », témoigne Grégory.

    Pris de convulsions, Bruno Kaïk sera gardé en observation plusieurs heures à l’hôpital. À sa sortie et après 24 heures de garde à vue, il ressort libre du commissariat sans qu’aucune poursuite ne lui soit notifiée. Le parquet de Nantes n’a pas apporté plus de précisions concernant cette procédure.

    Un policier formateur, qui a aussi fait du maintien de l’ordre et auquel nous avons fait visionner ces images, commente : « Tout d’abord, saisir à une main le cou d’un individu, ce n’est pas une technique référencée au sein de la police. Ensuite, concernant l’étranglement qu’il fait avec son bras, il ne respecte pas la technique de l’étranglement arrière. Cette technique est utilisée comme moyen d’amener un individu d’un endroit à un autre ou pour le neutraliser s’il est très récalcitrant voire dangereux, c’est-à-dire susceptible d’être armé. Or là, non seulement elle est mal maîtrisée mais elle n’est ni adaptée ni justifiée. La personne ne montre ni de signe d’opposition ni de dangerosité. C’est donc disproportionné. »

    Consterné par ces images, ce formateur déplore l’intervention de la BAC sur des manifestations. « Ils ne sont pas formés pour cela et on ne peut que constater les dérives qui en découlent. On ne doit pas s’arrêter à la responsabilité individuelle mais remonter à celle de notre hiérarchie qui décide de mettre des unités non formées sur ces dispositifs. Aujourd’hui, il y a un manque de formation continue dans la police nationale. Elle a quasiment disparu et se limite désormais aux tirs réglementaires, mais le métier de policier est plus complexe et il est impératif de revenir à une formation plus complète. »

    De son côté, un ancien policier de la BAC rappelle, sans les dédouaner, que « ses collègues doivent gérer des violences urbaines et surtout sont habitués à faire du “crâne”, c’est-à-dire le maximum d’interpellations ».

    Ce policier regrette cette évolution du maintien de l’ordre. « Quand vous avez une foule, hostile ou non, qui manifeste et que vous y opposez des spécialistes du maintien de l’ordre, équipés, formés, comme les CRS ou les gendarmes mobiles, la stratégie est de maintenir à distance les manifestants de manière à éviter tout contact direct. Et, à ce moment-là, la foule s’adapte. »

    « Or, depuis quelques années, notamment depuis 2016 et les mouvements contre la loi El Khomri, lors des manifestations, la BAC intervient en première ligne. Ce qui est la plus mauvaise des réponses, car la présence de la BAC n’apaise pas la situation mais engendre des tensions supplémentaires puisqu’il y a une volonté d’interpeller, souvent exacerbée par les ordres de la hiérarchie », déplore-t-il.

    « Aujourd’hui, on met à la tête de dispositifs de maintien de l’ordre des commissaires qui ne sont pas habitués à cela. Ils connaissent mal notamment le cadre d’emploi du LBD [lanceur de balles de défense – ndlr], qui a largement été dévié de son utilisation d’origine. Ces commissaires ont sous leurs ordres des policiers de la BAC dont beaucoup sont équipés de LBD et qui tirent sur tout manifestant un peu plus provocateur ou véhément que les autres. C’est du grand n’importe quoi, explique-t-il. Il est urgent de revenir à la doctrine de maintien de l’ordre fait par des professionnels et surtout dirigé par des spécialistes. »

    Pour Bruno Kaïk, faire le récit de cette interpellation est encore douloureux. « J’ai vécu un véritable cauchemar qui n’en finissait pas », confie-t-il.

    Le samedi 3 août, vers 15 h 30, ce traducteur rejoint avec son fils la marche organisée en mémoire de Steve Maia Caniço. « Très vite, les tirs de lacrymogènes se sont succédé à une cadence infernale. Nous étions pris au piège. D’un côté les nuages de gaz, de l’autre les agents de la BAC qui nous mettaient en joue avec leur LBD. J’ai alors décidé de filmer. Le chaos s’en est suivi. Mon fils a été victime d’un tir dans le dos. Plus tard, un autre manifestant est blessé », raconte Bruno Kaïk qui demande alors aux forces de l’ordre de laisser passer les pompiers afin qu’ils viennent secourir ce blessé.

    « Impuissant, j’étais ulcéré par les exactions répétées des forces de l’ordre. J’ai alors lancé une bouteille vide en direction de policiers cagoulés et casqués qui se trouvaient à quelque trente mètres de moi. Elle a échoué à plusieurs mètres devant eux », assure-t-il.

    Bruno Kaïk ne comprend pas la violence dont il a été victime. « Je n’ai blessé personne. Mon geste n’était que dérision et symbole face aux armes des policiers. Comme seule réponse, je n’ai eu que violence. Agressé sans sommation par-derrière, violemment jeté au sol et étranglé une première fois. Derrière les camions de police, j’ai à nouveau été victime de strangulations. Je ne trouvais plus mon souffle. Je me rappelle avoir hurlé de douleur lorsqu’ils m’ont menotté. Ensuite le silence et le néant. Plus rien. C’est le visage d’un pompier que je verrai lorsque je reprendrai enfin connaissance », explique-t-il.

    « J’ai décidé de faire un signalement auprès de l’IGPN, une semaine après. Le temps de reprendre mes esprits. Et je n’étais pas très convaincu d’un tel procédé. On voit bien comment l’IGPN enterre systématiquement les enquêtes et blanchit les policiers », regrette-t-il en précisant qu’il n’a pas été, à ce jour, contacté par l’IGPN.

    « Non seulement, j’ai eu très peur de la violence de la BAC mais après j’ai été confronté à la violence de la police nationale qui a menti en contestant publiquement les violences que j’avais subies », déplore-t-il.

  • Ouin ouin, le retour de bâton | Quoi de Meuf
    https://art19.com/shows/quoi-de-meuf

    “La nouvelle terreur féministe : actions violentes, théorie du genre, PMA, parité, écriture inclusive… enquête sur une inquisition” : ces quelques lignes ont fait la couverture du magazine Valeurs Actuelles le 15 mai 2019. Loin d’être anodins, ces mots résument un concept bien précis et peu connu en France : le backlash, en français, “contrecoup”, ou encore “retour de bâton”, qui freine les femmes dans l’avancée de leurs droits. Durée : 34 min. Source : Nouvelles Écoutes

    https://rss.art19.com/episodes/733aedc5-b718-4ed9-acf0-662162dbb5a5.mp3

    • Comme je le note régulièrement sur les affaires de harcèlement moral, le fond du problème n’est pas tant sexuel que compétitif : les hommes ne harcèlent jamais au hasard dans le boulot. Il s’agit souvent de pousser des femmes compétentes vers la sortie (ou la fenêtre), ce qui, de facto, réduit la concurrence dans la boite.

      Souvent, les directions protègent les harceleurs : « ce sont des gens de grands talents qui apportent beaucoup à la boite ». Sauf qu’à cause de leurs actes, on ne saura jamais ce qu’aurait apporté à la boite les victimes et si la boite n’a pas beaucoup perdu au change !

      Bien sûr qu’il s’agit d’une guerre des places !

  • Pitié-Salpêtrière : des policiers frappent un étudiant dans sa résidence universitaire - Page 1 | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/070519/pitie-salpetriere-des-policiers-frappent-un-etudiant-dans-sa-residence-uni

    La honte.

    Le 1er Mai, à la Pitié-Salpêtrière, Amadou, un étudiant de 23 ans, a été frappé sans explication par quatre policiers au sein même de sa résidence universitaire. Une « intrusion violente », et bien réelle celle-là, qui a été passée sous silence.

  • 430.000 euros d’argent public pour un documentaire… en l’honneur de BHL - Sputnik France
    https://fr.sputniknews.com/france/201905071041016271-430000-euros-dargent-public-pour-un-documentaire-

    Le spectacle de l’écrivain Bernard Henri-Lévy, « Looking for Europe », fera l’objet d’un documentaire, a révélé Le Canard Enchaîné. Plus de 700.000 euros de subvention ont été donnés par les grandes chaînes, certaines elles-mêmes subventionnées par l’État, comme Arte, dont BHL est l’un des responsables !

    Tiens les Libyens n’ont rien donné ! #formidable_époque

  • Encore un qui a lu nos grands intellectuels:
    https://actu.orange.fr/monde/un-extremiste-de-droite-tire-dans-deux-mosquees-neo-zeolandaises-49-mort

    Avant de passer à l’action, l’homme, qui se présente comme un blanc de la classe ouvrière aux bas revenus, a publié sur Twitter un « manifeste » raciste de 74 pages intitulé « Le grand remplacement », en référence à une théorie née en France et populaire dans les milieux d’extrême droite selon laquelle les "peuples européens" seraient « remplacés » par des populations non-européennes immigrées.

    • Sinon, se souvenir qu’avant le « Grand remplacement » de Renaud Camus, il y a eu l’« Eurabia » popularisé en Europe par Oriana Fallaci, reprenant le concept de Bat Ye’or. Concept lui-même dérivé de la « dhimmitude », de Bachir Gemayel, auquel le Nouvel obs tendait le crachoir en 1982 à ce sujet.

      Ça donne une nébuleuse reliant l’extrême-droite chrétienne libanaise, les propagandistes d’Israël, l’extrême-droite raciste (souvent antisémite) française et européenne, souvent derrière un alibi laïcard, tout ça dans un univers médiatique européen particulièrement complaisant avec tous ces complotismes islamophobes.

      Et en gros le même « arc » aux États-Unis, où il faut ajouter les fondamentalistes chrétiens, à la fois frénétiquement pro-israéliens et fondamentalement antisémites.

    • Les chrétiens du Liban, la dhimmitude, l’Eurabia, le marxisme culturel propogeant l’islamisation de l’Europe… toutes foutaises déjà présentes dans le « manifeste » de Breivik (2011) :
      https://seenthis.net/messages/28765

      Mais le nouveau « Manifeste » est beaucoup plus au ras des pâquerettes.

      Et en gros rien sur Israël (contrairement au manifeste Breivik), à part une mention :

      Were/are you an anti-semite?

      No. A jew living in israel is no enemy of mine, so long as they do not seek to subvert or harm my people.

    • @reka Puisque tu cites Millet, remarque qu’on est dans le même « arc » (caution intellectuelle et ancien de l’extrême-droite libanaise) :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Millet

      En 2012, il publie chez Pierre-Guillaume de Roux un essai intitulé Langue fantôme, suivi de Éloge littéraire d’Anders Breivik, dans lequel il s’en prend au multiculturalisme et à la perte de repères identitaires à l’origine, selon lui, du geste du tueur norvégien. Frappé par la « perfection formelle » des actes de Breivik, Richard Millet leur prête une « dimension littéraire » qui aurait été mal comprise et mal interprétée par la presse : d’après lui, seule une littérature qui ose s’intéresser à la question du mal est valable à une époque où le divertissement domine, et donc l’insignifiance. Tout en condamnant les actes d’Anders Breivik, Richard Millet affirme qu’il est « sans doute ce que méritait la Norvège et ce qui attend nos sociétés qui ne cessent de s’aveugler » sur « les ravages du multiculturalisme », « l’islamisation de l’Europe » et son renoncement à « l’affirmation de ses racines chrétiennes ». Richard Millet considère Anders Breivik comme « tout à la fois bourreau et victime ». Il assimile ce massacre à un nouveau symptôme de l’échec de la littérature, supplantée par le fusil d’assaut.

      À bonne école :

      Il participe à la guerre du Liban en 1975-1976 en tant que volontaire auprès de la communauté chrétienne, plus particulièrement au sein des Phalanges libanaises.

    • Et ça n’a pas traîné : sur RMC (via Arrêts sur image), Olivier Truchot, Elizabeth Lévy, Gilles-William Goldnadel s’inquiètent que le massacre perpétré par un islamophobe donne une mauvaise image de l’islamophobie.

      Face aux 40 morts de Christchurch, les télé-islamophobes ne désarment pas
      https://www.arretsurimages.net/articles/face-aux-40-morts-de-christchurch-les-tele-islamophobes-ne-desarment

      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1106851251306811392/pu/vid/640x360/lxvwcd397Lpmp8WJ.mp4

      Caroline Fourest sur Twitter (via @mona) :
      https://twitter.com/carolinefourest/status/1106509831026999298

      Un terroriste d’extrême droite qui croit au « grand remplacement » n’est pas juste « islamophobe », il n’a pas peur de l’Islam. Il est RACISTE, anti-Musulmans. Il voit tous les Musulmans, et non leur religion, comme une menace. Mal nommer, c’est minimiser. #ChristchurchShooting

      Renaud Camus sur Twitter :
      https://twitter.com/renaudcamus/status/1106870609168994304

      L’attentat de Christ Church est d’abord atroce et criminel, c’est un monstrueux forfait. Très accessoirement, il est aussi imbécile, puisqu’il dessert gravement la cause que (peut-être) il prétend servir, la lutte contre le remplacisme global, crime contre l’humanité du XXIe s.

    • Soyons précis avec Jean-Yves Camus : Breivik citait Finkielkraut et l’Eurabia, le nouveau taré titre « Le grand remplacement », mais ça n’a rien à voir.
      https://www.ladepeche.fr/2019/03/16/on-retrouve-lhypothese-dune-riposte-aux-attaques-islamistes-selon-jean-yve

      Le tueur fait référence à une théorie élaborée par le Français Renaud Camus intitulée le « grand remplacement ». Est-ce une référence pour les extrêmes droites radicales ?

      C’est une théorie en vogue, mais Camus, qui a formulé la théorie du grand remplacement, n’est pas sur la même ligne que le tueur. Quel que soit le caractère contestable des idées de Renaud Camus, il n’a jamais prôné la violence, il ne fait pas référence au nazisme et ne se présente pas comme fasciste. Il est souverainiste, anti-immigration et proche du Siel (Souveraineté Identité et Libertés, extrême droite, NDLR). La théorie du grand remplacement a « fait sa vie » et est arrivée dans les mains de gens pour qui l’action politique est devenue insuffisante et qui ont basculé dans la violence.

    • 24h Pujadas sur Twitter : Guillaume Tabard « joue à de la comptabilité »
      https://twitter.com/24hpujadas/status/1106606907723264005
      https://video.twimg.com/ext_tw_video/1106606702189776897/pu/vid/640x360/L3JsLBliVVfRoNa-.mp4?tag=8

      « On a vécu en France un terrorisme islamiste assez meurtrier, si on veut jouer à de la comptabilité, on n’est pas encore dans l’équilibre. Il ne faut pas s’aventurer sur le terrain du match retour » @GTabard @Le_Figaro

    • Remarquez bien, dans le genre « meurtrier », ce matin je lisais ça : https://www.francetvinfo.fr/monde/asie/attentats-a-christchurch/attentat-en-nouvelle-zelande-ou-que-j-aille-les-envahisseurs-etaient-la

      Son parcours de radicalisation

      Le tireur décrit les raisons de sa radicalisation en évoquant l’attentat de Stockholm (Suède) en 2017 et sa déception lorsqu’Emmanuel Macron l’emporte face à Marine Le Pen. Mais ce qui le décide à commettre cette attaque, ce sont ses impressions lors d’un voyage en France : "Le déclic final fut l’observation de l’état des villes et villages français. Où que j’aille, les envahisseurs étaient là."

      Charles Martel, sors de ce corps !

      Les médias français ne feraient-ils pas preuve d’une certaine #complaisance vis à vis de la radicalisation d’extrême-droite, des théories du grand remplacement et du suprématisme blanc ? (C’est une question que je n’arrête pas de me poser).

      Vous avez aimé la lepénisation des esprits. Alors passez sans plus attendre à la trumpisation. ---> Trump again punts on white supremacy after New Zealand attacks - CNNPolitics
      https://edition.cnn.com/2019/03/16/politics/donald-trump-new-zealand-white-supremacy-muslims

    • Mais aussi Géraldine Woessner sur Twitter (repéré par @le_bougnoulosophe) – attention, attrape un sac à vomi avant de te lancer :
      https://twitter.com/GeWoessner/status/1107071339016392704

      C’est insupportable. Si les mots on un sens, celui de « théorie » du grand remplacement est particulièrement mal choisi. Petit thread à l’attention des apprentis-combattants de la droite-extrême et des populismes.

      La « théorie du Grand Remplacement » n’est PAS une « théorie » : c’est une PEUR, qui s’appuie sur des éléments concrets, que nous fournissent les pays qui, contrairement à la France, tiennent des statistiques ethniques....

      Le « remplacement » de populations n’a rien de fantasmatique : il est advenu dans maintes villes des USA ou du Canada, où les Latinos sont maintenant majoritaires, et nos grands médias s’en sont fait l’écho : https://t.co/OjbJKtLHgB

      Ce n’est pas un mal : c’est un FAIT. Dicté par la science démographique, avec lequel il faut composer. Il explique en partie l’élection de Donald Trump. Parfois, on sait l’affronter avec sang-froid et pragmatisme. On en débat ouvertement. On discute des politiques à conduire...

      Le fait que des extrêmes aient repris ce concept n’y change rien : JE ne crois PAS qu’un pouvoir « remplaciste » œuvre pour m’imposer un ordre « mondialiste ». Je ne crois PAS à la supériorité d’une race sur une autre. Ma si la pression démographique m’inquiète… #CestGraveDocteur ?

      En France, on ne débat PAS. RIEN. On préfère NIER les taux de natalité plus élevés de populations allogènes, au motif que la République, très forte, serait capable d’intégrer chacun dans son grand creuset laïc et républicain...

      Tant pis si ça ne marche pas.
      On fera semblant que si.
      Et ceux qui ont "peur", parce qu’ils voient les populations changer autour d’eux, qu’ils doutent de la volonté de l’ État d’imposer ses standards, seront vilipendés.
      Votre peur ? « Un fantasme. Une théorie ».

      Cet argumentaire, en plus d’être absurde, est d’une violence inouïe.
      UN sentiment, par définition, ne peut être une « théorie. » Si autant de gens, en France, en GB, en Allemagne, en Hongrie… Sentent leur « identité culturelle » menacée et le disent, QUI sommes-nous...

      ...pour décréter que leur ressenti ne vaut rien ? Ne devrions-nous pas, plutôt, entendre leurs craintes et tâcher d’y répondre ?
      Si nous sommes sûrs que ce risque de « grand Remplacement » est un fantasme, ne devons-nous pas apaiser aves des études basées sur des données fiables ?

      Nous sommes tellement habitués à contempler l’UE marcher sur la tête et s’autodétruire, que nous ne songeons même plus à exiger d’elle qu’elle se dote des instruments de sa survie. Des outils, une recherche, une prospective intelligentes. Des instruments statistiques signifiants.

      A défaut, et vu le niveau du débat, marqué de haines, de rancunes, d’amalgames, je redoute que tout cela finisse dans un bain de sang... Je pèse mes mots.
      Il n’est jamais trop tard pour s’ausculter, pour faire Nation. Je veux savoir QUI sont mes frères...

      Ce qu’ils pensent, ce qu’ils croient, ce qu’ils espèrent.
      Des statistiques ethniques me donneraient l’occasion de partager leurs vues. De comprendre. De connaître.
      Leur absence est un voile, une insulte à l’avenir, terreau de l’outrance. Un blanc-seing pour tous les extrêmes.

      Si on a vraiment besoin d’arguments sur ces histoires d’allogènes qui nous remplacent avec leur taux de natalité de lapin sous Viagra, on a le thread de Jacques Caplat ici :
      https://twitter.com/nourrirlemonde/status/1107282903996743680

    • [ARCHIVE]

      Two sentenced to life imprisonment in hate media trial (2003)
      https://rsf.org/en/news/two-sentenced-life-imprisonment-hate-media-trial

      “We are pleased that this case has finally reached a conclusion despite countless procedural delays and obstacles,” Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard said. “This is the first time that journalists have been sentenced to life imprisonment for incitement to murder and violence in their reports,” he said.

      “We hope these sentences are seen as a warning to the many journalists in Africa and elsewhere who also stir up hate in their writing,” Ménard added. “Even if no country is today in a situation comparable to Rwanda’s at the time of the genocide, these sentences should serve as a call to order to all the publications that constantly flout the most elementary rules of professional ethics and conduct.”

      en français:

      « Nous souhaitons que ces condamnations soient perçues comme un avertissement en direction de nombreux journalistes qui, en Afrique ou ailleurs, attisent, eux aussi, les haines par leurs écrits. Même si aucun pays ne connaît aujourd’hui une situation comparable à celle qui prévalait au moment du génocide rwandais, cette condamnation doit résonner comme un rappel à l’ordre pour toutes les rédactions qui bafouent quotidiennement les règles les plus élémentaires en matière d’éthique et de déontologie professionnelles », a ajouté Ménard.

      https://www.ifex.org/rwanda/2003/12/05/rsf_welcomes_life_sentences_against/fr

    • Hier soir, le Centre Anne Frank a choisi très curieusement de partager un lien vers un article du néoconservateur David Frum expliquant qu’il faut fermer les frontières, « sinon ce sont les fascistes qui le feront » :
      https://twitter.com/annefrankcenter/status/1107383900471521281

      We need compassion and deliberation in our approach to #immigration. #education #humanity ⁦⁦@davidfrum⁩

      avec en référencement cet article :
      https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2019/04/david-frum-how-much-immigration-is-too-much/583252

      If Liberals Won’t Enforce Borders, Fascists Will - We need to make hard decisions now about what will truly benefit current and future Americans - David Frum

      Énorme retour de manivelle, le centre publiait ensuite une série de 10 messages pour tenter d’expliquer qu’il s’agissait seulement d’ouvrir un dialogue. Mais le timing d’un tel référencement (« fermer les frontières sinon les fascistes s’en chargeront », au lendemain du massacre en Nouvelle Zélande) n’est pas expliqué.

      EDIT. Finalement tweet retiré, avec un message posté à la place :
      https://docs.wixstatic.com/ugd/7279dd_c6e89ff1f5f74d269aab5418f1c657e7.pdf
      (et toujours pas d’explication sur le timing d’un tel sujet).

    • Le grand remplacement est en marche et l’absence de LBD est responsable du saccage des Champs-Elysées
      https://www.telerama.fr/television/le-grand-remplacement-est-en-marche-et-labsence-de-lbd-est-responsable-du-s

      Nathalie Saint-Cricq salue une Marine Le Pen “consensuelle”, David Pujadas laisse libre court à Robert Ménard pour soutenir la théorie du grand remplacement, un expert de BFMTV estime que les LBD sont trop dangereux pour les employer ailleurs que “dans les banlieues”… Nous sommes en France, en 2019. Bienvenue à la télé.

  • Désabonnez-moi ! | ploum.net
    https://ploum.net/desabonnez-moi

    Bonjour,

    En vertu de la loi #RGPD, pourriez-vous m’informer de la manière par laquelle vous avez obtenu mes coordonnées et effacer toutes données me concernant de vos différentes bases de données. Si vous les avez acquises, merci de me donner les coordonnées de votre fournisseur.

    Bien à vous,

    Merci @sebsauvage qui n’est pas ici mais qui est là : https://sebsauvage.net/links ?