Nidal

“You know what I did? I left troops to take the oil. I took the oil. The only troops I have are taking the oil, they’re protecting the oil. I took over the oil.”

  • Amal Saad sur Twitter : “I have never felt as alienated in my own country as I do today. So many Lebanese expressing regret that the explosion didn’t occur in Shia areas—a view which isn’t just the product of anti-Hizbullah sentiment, but the dehumanizing view of the Shia as a sect that’s used to dying https://t.co/KIR8lUUMeK” / Twitter
    https://twitter.com/amalsaad_lb/status/1291798355820130306

    Pays de merde #Liban

  • Rania Masri interviewée par Aaron Maté. C’est un très beau moment.
    https://www.youtube.com/watch?v=zLMDKa9juH8

    Aux alentours de la 13e minute, Rania Masri monte dans les tours et explique parfaitement la catastrophe intégrale qu’est le système confessionnel.

    Un aspect qui me stupéfie toujours avec ça, c’est que ce qu’elle dit est une sorte d’évidence pour les Libanais·es. Elle le dit particulièrement bien, mais c’est un point de vue quasiment banal au Liban. En revanche, c’est un point de vue inexistant en Europe, où l’on adore se gargariser des « 18 religions » au Liban et du fait que ces levantins seraient tous « naturellement » confessionnalistes.

  • Explosions au Liban : le président Michel Aoun évoque l’hypothèse d’« un missile »
    https://www.leparisien.fr/international/explosions-au-liban-le-president-michel-aoun-evoque-l-hypothese-d-un-miss

    « Il est possible que cela ait été causé par la négligence ou par une action extérieure, avec un missile ou une bombe », a déclaré le chef de l’Etat lors d’un entretien avec des journalistes, trois jours après la catastrophe, qui a fait plus de 150 morts et 5 000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans-abri.

    C’est la première fois qu’un responsable libanais évoque une piste extérieure dans l’affaire de l’explosion, les autorités affirmant jusqu’à présent qu’elle a été provoquée par un incendie dans un énorme dépôt de nitrate d’ammonium.

    Après, Aoun, c’est pas le couteau le plus affûté du tiroir…

    • C’est là: General Michel Aoun
      https://twitter.com/General_Aoun/status/1291723520570007552

      ثمة احتمالين لما حصل، اما نتيجة اهمال او تدخل خارجي بواسطة صاروخ او قنبلة، وقد طلبت شخصيا من الرئيس الفرنسي ان يزودنا بالصور الجوية كي نستطيع ان نحدد اذا ما كانت هناك طائرات في الأجواء او صواريخ. واذا لم تكن هذه الصور متوفرة لدى الفرنسيين فسنطلبها من دول أخرى

  • Opinion : Beirut Disaster Was Exceptional But Events Leading Up to It Were Not – Researchers
    https://gcaptain.com/opinion-beirut-disaster-was-exceptional-but-events-leading-up-to-it-were-n


    A view shows the damage at site of Tuesday’s blast in Beirut’s port area, Lebanon August 6, 2020.
    REUTERS/Aziz Tahe

    By Scott Edwards, University of Bristol, and Christian Bueger, University of Copenhagen

    At the time of writing at least 100 people have lost their lives and a further 4,000 have been wounded following an explosion in the Port of Beirut. While the actual cause remains uncertain, the tragedy calls to attention the tremendous consequences of a lack of port security.

    The explosion, on August 4, at around 6pm local time, appears to have been fuelled by 2,750 tons of the highly reactive chemical ammonium nitrate. The chemical had been the cargo on a ship, the the MV Rhosus, which entered the port at Beirut in 2013 due to a lack of seaworthiness and was prohibited from sailing. After the ship’s owner abandoned the vessel soon afterwards, the ammonium nitrate remained in a storage facility in Beirut’s port.

    While the disaster itself was exceptional, the events leading up to it were not. Hazardous material is shipped across the world’s oceans on a daily basis. It is often mishandled or illegally traded. Abandoned containers of hazardous goods are found regularly in ports.

    While maritime security tends to focus on preventing high-profile events such as piracy, terrorism or cyber-attacks, all too often it is daily mishandling that makes disasters possible. Part of preventing disasters such as what has happened in Beirut will mean strengthening port management and addressing crimes such as smuggling and corruption.

    Rien de spécifique à Beyrouth, juste le rappel que des cargaisons abandonnées, il y en a dans pratiquement tous les ports. Au moins autant que la contrebande et la corruption.

  • A la Résidence des Pins, Macron rencontre les chefs de partis et la société civile - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1228502/a-la-residence-des-pins-macron-rencontre-les-chefs-de-partis-et-la-so

    A la Résidence des Pins, M. Macron doit dans un premier temps rencontrer les chefs des Forces libanaises, Samir Geagea, du Courant du futur, Saad Hariri, du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, des Marada, Sleiman Frangié, du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt et Taymour Joumblatt, des Kataëb, Samy Gemayel, ainsi que le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, et un représentant du mouvement Amal, Ibrahim Azar.

    Le président français devrait ensuite échanger avec des représentants de la société civile, des académiciens et responsables de médias : Nayla de Freige, PDG de L’Orient-Le Jour, Nayla Tuéni, PDG d’an-Nahar, Sibylle Rizk, membre de l’ONG Kulluna Irada, Karim Bitar, responsable du département de Sciences politiques de l’Université Saint-Joseph, Lamia Moubayed, directrice de l’Institut des Finances, Melhem Khalaf, bâtonnier de Beyrouth, Rania Stephan, libraire, Salim Daccache, recteur de l’Université Saint-Joseph, Omar Abi Azar, fondateur de la troupe de théâtre Zoukak, Pierre Issa, président du Bloc national, Henry Chaoul, conseiller financier, Maya Chams Ibrahimchah, fondatrice de l’association Beit el-Baraka, Hind Darwish, éditrice, Dominique Eddé, écrivaine, Dr Fadi Haddad, Dr Jean Abi Younes et Dr Abir Khaddage, médecins à l’Hôtel Dieu de France

    Sans nul doute des gens très bien... Mais pour le « nouveau Liban », il va falloir attendre...

    • Angry Arab est plus direct !

      هذه الطاولة التي جمعهم ماكرون عليها مهينة للبنان ومهينة لضحايا الانفجار. وكل من شارك فيها—من جنبلاط إلى محمد رعد—شارك في إهانة الشعب اللبناني.

      Cette table ronde [allusion à la rencontre avec les chefs de parti] avec Macron est une insulte au Liban et à la mémoire des victimes de l’explosion. Ceux qui y ont participé, de Jumblat à Raad [Hezbollah] participent de cette insulte au peuple lianais.

      https://twitter.com/asadabukhalil/status/1291403754734940160

  • Chers amis libanais, félicitations, il est formidable votre nouveau zaïm !

    Explosions à Beyrouth : Macron va proposer un « nouveau pacte » politique aux responsables libanais
    https://www.20minutes.fr/monde/2835471-20200806-explosions-beyrouth-macron-va-proposer-nouveau-pacte-poli

    « Je suis là aussi pour lancer une nouvelle initiative politique. C’est ce que je vais exprimer cet après-midi aux dirigeants et forces politiques libanaises », a lancé Emmanuel Macron à une foule qui scandait « le peuple veut la chute du régime ». Le président français va demander aux responsables « de procéder à des réformes (…) de changer le système, d’arrêter la division du Liban, de lutter contre la corruption ».

    Interpellé par un homme qui dit en avoir « assez » de la classe politique libanaise « pourrie », le président de la République Emmanuel Macron s’est engagé à revenir au Liban pour le 1er septembre. Si les politiques « ne savent pas tenir » le « nouveau pacte politique », « je prendrai mes responsabilités avec vous », a déclaré le président de la république, filmé par la télévision libanaise.

    J’ai dû rater l’épisode où les Libanais manifestent pour qu’Emmanuel Macron propose un « nouveau pacte » chez eux.

  • La réponse à la question que tu ne t’étais pas posée : Explosion au Liban : Carlos Ghosn n’a plus de maison... comme des milliers de Beyrouthins
    https://www.midilibre.fr/2020/08/06/liban-la-maison-de-carlos-ghosn-a-ete-partiellement-detruite-pendant-les-e

    Carlos Ghosn, l’homme d’affaires franco-libanais et ancien patron emblématique de l’alliance Renault-Nissan-Mitsbushi, installé au Liban depuis plusieurs mois, possédait une maison au centre-ville de Beyrouth. Une maison rasée au cours des deux explosions survenues le 4 août.

  • Macron à Beyrouth : pourquoi la France et le Liban sont si proches
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/france-liban-analyse_fr_5f2bcf62c5b6e96a22ae4f30

    Évidemment, on n’est pas loin du système colonial. D’ailleurs quand l’indépendance du Liban est déclarée en 1943, la France refuse de la lui accorder et fait emprisonner tous les députés qui ont voté en sa faveur. Ceux qui ont réussi à s’enfuir déclarent finalement l’indépendance du Liban avec l’aide du Royaume-Uni. Ce n’est qu’en 1946 que le dernier soldat français quitte le territoire après que le Liban ait porté plainte au Conseil de sécurité de l’ONU.

  • Le Liban suspendu aux résultats de l’enquête - Scarlett Haddad
    https://www.lorientlejour.com/article/1228445/le-liban-suspendu-aux-resultats-de-lenquete.html

    S’agissait-il, comme cela a été dit, d’une volonté de fermer la porte du hangar en soudant du fer, ce qui serait un comportement tout à fait inconscient à proximité d’un produit comme le nitrate d’ammonium ? Ou bien y a-t-il une autre raison, qui peut aller de la négligence à l’acte prémédité, voire terroriste ? Les premiers éléments de l’enquête, selon des sources militaires, montrent qu’ayant constaté que les feux d’artifice installés dans un hangar proche de celui abritant le nitrate d’ammonium étaient en train d’être pillés, la direction du port a demandé à des ouvriers de consolider la porte du lieu où étaient entreposés ces feux d’artifice avec du fer. Ceux-ci ont commencé leur travail, mais un incendie s’est déclaré. N’ayant pas réussi à l’éteindre, ils ont fait appel à la Défense civile. Des pétards auraient commencé à s’envoler et à exploser, ce qui aurait provoqué la terrible explosion du nitrate d’ammonium. Mais tout cela reste encore à vérifier.

  • Le palais Sursock-Cochrane : la mémoire en morceaux
    https://www.lorientlejour.com/article/1228400/le-palais-sursock-cochrane-la-memoire-en-morceaux.html

    Mais ce que je découvre en pénétrant dans le grand salon est une insulte à notre humanité : il ne reste plus rien du palais Sursock-Cochrane que la famille avait défendu bec et ongles aux pires moments de la guerre. Les portes jetées à terre par un géant fou, les boiseries orgueilleuses effondrées et brisées, les plafonds peints arrachés, les tableaux vieux de plusieurs siècles lacérés, les statues abattues et décapitées, des centaines d’objets réduits en poussière, des livres, des arbres généalogiques, des bibelots d’une incroyable finesse, tout est éparpillé, les tapis sont couverts de bouts de verre tranchants. Et du verre, il y en a partout parce qu’il n’y a plus une vitre intacte, et tout cela tranche, et lacère, et crisse. Piétiner ce maelstrom est un sacrilège.

  • Combien de temps et d’argent faudra-t-il pour reconstruire Beyrouth ?
    https://www.lefigaro.fr/conjoncture/combien-de-temps-et-d-argent-faudra-t-il-pour-reconstruire-beyrouth-2020080
    ENTRETIEN - Ce n’est pas la première fois que la capitale libanaise doit se relever de destructions. Mais cette fois-ci, les dégâts et le contexte politico-économique ne sont pas les mêmes, estime l’enseignant et chercheur Eric Verdeil.

    Par Wladimir Garcin-Berson

    Eric Verdeil est professeur des universités à Sciences-Po Paris, enseignant en géographie et études urbaines, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de l’institution, spécialiste du Liban et d’urbanisme à Beyrouth.

    LE FIGARO.- Le gouverneur de Beyrouth a déclaré qu’il estimait que les dommages dans la ville pouvaient « s’élever à entre trois et cinq milliards de dollars ». Que penser de cette première estimation ?

    ERIC VERDEIL.- Il est difficile de se prononcer sur ce chiffre pour l’instant : si les dégâts du port se comptent en centaines de millions de dollars à eux seuls, on ne peut estimer les dommages causés aux habitations. De même, le gouverneur a parlé de 300.000 personnes sans domicile à la suite des explosions, mais sans préciser ce qu’il entendait par là. Sont-ce les personnes dont le domicile a été entièrement détruit, ou toutes celles dont l’habitation a subi des dégâts ? Beyrouth compte 340.000 habitants environ, et son agglomération plus de deux millions d’habitants. 300.000 personnes sans domicile me paraît donc un bilan très élevé, malgré les dégâts considérables causés par ces explosions.

    Comment la ville avait-elle été marquée par les derniers conflits ?
    Beyrouth, et notamment sa partie centrale, avait été intensément frappée par des événements passés. Dans un premier temps, la guerre civile libanaise, entre 1975 et 1990, a fortement endommagé le centre-ville de la capitale. Depuis 1994, un plan de reconstruction a permis à la ville de connaître un processus de rénovation impressionnant, passant notamment par la construction de nombreuses tours. Désormais, les traces de la guerre subsistent par endroits, mais on est loin de la situation de l’immédiat après-guerre.
    En 2006, la guerre entre Israël et le Hezbollah a causé des destructions sévères mais localisées, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un quartier entier a été écrasé par les combats. Là encore, la reconstruction a eu lieu entre-temps.

    Quelle était la situation de Beyrouth avant les deux explosions ?
    L’agglomération souffre de multiples problèmes comme l’infrastructure routière, l’électricité, dont le fonctionnement est épouvantable avec de nombreuses coupures, ou encore la gestion des déchets, erratique depuis 2015. Ces travers soulignent une très mauvaise gestion des services publics et des problèmes de passation et d’attribution des contrats publics. Cela témoigne aussi d’une corruption homérique, largement conspuée par la rue.

    À LIRE AUSSI : Avant l’explosion de Beyrouth, l’ancienne « Suisse du Proche-Orient » était déjà exsangue

    À l’inverse, le port de Beyrouth, touché de plein fouet par les explosions, avait fait l’objet de travaux d’extension et d’amélioration dans les années 1990. Il était devenu efficace, doté d’une infrastructure relativement moderne pour sa partie conteneurs. Là encore, toutefois, les explosions soulignent de graves problèmes de gestion des stocks : le nitrate d’ammonium apparemment à l’origine de la catastrophe n’aurait pas dû être entreposé là, à seulement 300 mètres des habitations les plus proches. Certains dénoncent une forme de procrastination, d’autres des marchandages, de la revente… Une chose est sûre : quelqu’un a fait preuve d’une négligence coupable dans le stockage d’une matière si dangereuse ici.
    Ces quartiers étaient déjà régulièrement menacés par des promoteurs immobiliers qui risquent de profiter de cette occasion pour les densifier et les transformer

    Peut-on tirer des leçons des précédentes reconstructions de Beyrouth ?
    On ne parle pas du même type de dégâts. Par le passé, des immeubles avaient été détruits, touchés par des tirs, des bombes. Ici, certains bâtiments ont été détruits, mais ils sont minoritaires. Les dommages risquent surtout de varier en fonction de l’ancienneté des constructions, les récentes résistant bien mieux, sur le plan structurel, que les autres. Ce point m’inquiète : à proximité du port se trouvent des quartiers anciens, très gravement touchés, rendant leur reconstruction difficile. Ces quartiers étaient déjà régulièrement menacés par des promoteurs immobiliers qui risquent de profiter de cette occasion pour les densifier et les transformer. Je crains que ces explosions ne représentent le coup de grâce pour ces quartiers centraux. Je serais étonné qu’il y ait un processus de reconstruction à l’identique de cette zone.

    Comment les reconstructions avaient-elles été financées par le passé ?
    En 1994, l’État libanais avait créé la Société libanaise pour le développement et la reconstruction du centre-ville de Beyrouth (Solidere), chargée de mettre en musique la rénovation des quartiers centraux. Le gouvernement lui avait confié des droits normalement dévolus à la puissance publique, comme le droit de mener des travaux sur l’espace public ou la possibilité d’exproprier. La compagnie est devenue, en quelque sorte, propriétaire du centre-ville, bénéficiant d’une concession de 25 ans prolongée par la suite, en échange de financements pour le reconstruire. En réalité, ces prérogatives publiques confiées au privé ont surtout généré d’importants bénéfices pour les actionnaires de l’entreprise, dont font partie de gros noms du capitalisme et monde politique libanais. La famille Hariri, longtemps aux affaires, en fait notamment partie.
    Cependant, les habitants du centre-ville n’ont pas réellement bénéficié de ces transformations. La reconstruction fut ratée, en cela que le cœur de la capitale n’est pas redevenu un lieu bénéficiant à l’ensemble de la population. Les modifications ont surtout mis en œuvre une forme d’exclusivisme, coupant ce quartier réservé aux élites du reste de la capitale. Les changements n’étaient pas faits pour les habitants : des sortes de « gated communities » (quartiers protégés) ont émergé, mais, en parallèle, les autres parties commerciales ont périclité. Ce premier volet confié au privé n’a donc pas été extrêmement bénéfique pour l’ensemble de la société, mais plutôt lucrative pour les actionnaires.

    À LIRE AUSSI : À Beyrouth, les Libanais s’attaquent aux banques

    En 2006, dès le cessez-le-feu avec Israël, le Hezbollah a géré de son côté la reconstruction de la banlieue sud de Beyrouth. Cette dernière est allée très vite : l’organisation souhaitait ainsi montrer à la population qu’elle prenait soin d’elle, pour redorer son blason alors qu’elle fut à l’origine de l’attaque israélienne. Les bâtiments ont donc été rebâtis rapidement, à l’identique, et leurs habitants sont revenus, dans leur majeure partie. L’aspect financier reste opaque : le Hezbollah a reçu des financements externes et a transmis des fonds aux propriétaires des appartements détruits pour qu’ils reconstruisent. Quelques années plus tard, les travaux étaient finis.

    Qui pourrait prendre en charge le financement des travaux, cette fois-ci ?
    Les mécanismes mis en œuvre précédemment sont difficiles à reproduire ici. On ne peut exproprier les habitants de leurs immeubles, le niveau de dégâts ne le justifiera pas. En outre, le Hezbollah n’a pas à reconstruire pour renforcer son prestige, comme en 2006. Et surtout il n’y a plus d’argent au Liban. Le système financier est complètement bloqué. Une grande incertitude demeure donc : le Liban est sous blocus, de l’intérieur, par les actionnaires des banques, comme de l’extérieur, les États-Unis faisant pression sur le système bancaire par peur d’alimenter les comptes du Hezbollah ou des militaires syriens. Ce double blocage pourrait ralentir la reconstruction.
    Normalement, outre les aides d’urgence venant par exemple de l’Union européenne, le financement devrait plutôt incomber à l’État ou aux assurances, pour les immeubles couverts. On pourrait aussi penser à des mécanismes de financement par le système bancaire, subventionnés par des institutions externes comme la Banque mondiale. Les propriétaires qui le pourront essaieront de financer a minima les travaux autant que faire se peut, mais cela risque de mener à un processus graduel, différentiel. Un certain nombre de personnes, notamment dans les anciens bâtiments durement touchés, pourraient choisir de vendre et quitter les lieux, permettant à des promoteurs de réaliser des opérations lucratives. Sans planification, cela aurait des conséquences sociales assez graves.

    Combien de temps la reconstruction prendra-t-elle ?
    Plusieurs années, c’est certain. Tout dépend ensuite des intentions et objectifs des reconstructeurs. Le Hezbollah voulait aller le plus vite possible, et son objectif n’était pas le profit : cela a donné des travaux rapides mais des constructions peu esthétiques, plutôt bas de gamme. Les habitants en sont plutôt satisfaits. Solidere avait un objectif différent, le profit, avec la construction d’une zone exclusive pour l’élite. La société a fait de la rétention foncière et n’a libéré les terrains que peu à peu, pour faire monter les enchères et les vendre plus cher. Résultat : vingt-cinq ans après, la compagnie n’avait pas construit la moitié de ce qu’elle aurait dû faire, et beaucoup d’immeubles ou de terrains restent vides.
    Cette fois-ci, les habitants dont les logements ont été touchés vont vouloir y revenir si possible et dès que possible. C’est une logique différente.

    Comment tout ceci va-t-il s’articuler dans une situation politique et financière déjà extrêmement difficile ?
    Mal. Le blocage du système bancaire reste massif, les gens restreignent leurs dépenses de consommation et ne peuvent facilement faire de dépenses pour réparer les dégâts. L’une des questions est de savoir si ces explosions vont renforcer la colère des Libanais, déjà visible depuis dix mois dans la rue. Jusqu’ici, les protestations n’étaient pas assez fortes pour faire vaciller le pouvoir et réformer le système en profondeur. Pour le moment, les Libanais expriment plutôt une certaine sidération. Ensuite, il est probable qu’ils manifestent un grand ressentiment, mais il n’est pas certain que celui-ci se solde par le saut dans l’inconnu que représente une remise en cause du système politique et confessionnel.
    Il faudra donc voir si les contestations se radicalisent et si des pressions extérieures se multiplient.

    • En 2006, la guerre entre Israël et le Hezbollah a causé des destructions sévères mais localisées, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un quartier entier a été écrasé par les combats.

      @rumor il n’y a jamais eu de combats dans la banlieue-Sud de Beyrouth. Jamais.

      La banlieue sud, en particulier le quartier de Haret-Hrek, a été bombardée par air et par mer alors qu’il n’y avait plus le moindre résident, combattant ou civil, Hezbollah ou non Hezbollah, dans un acte criminel de pure punition collective.

      Les combats ont eu lieu au Liban-Sud et seulement au Liban-Sud.

    • Merci de cette remarque. Il ne m’a pas été donné de relire mes propos qui ont d’ailleurs été en partie résumés et reformulés. Mais dans la vitesse de cet entretien j’ai tout a fait pu utiliser cette expression maladroite et évidemment erronée.

  • Alors oui, le Liban, la corruption, l’incompétence, tout ça. Mais que ça devienne le thème qui tourne en boucle, avec une suffisance pénible, sur les médias de notre grand pays qui, lui, a fait sauter la moitié de Toulouse, a carbonisé Notre-Dame-de-Paris, et vient de perdre 30 000 de ses ressortissants morts du Covid, tout ça sans avoir le quart des problèmes qu’affronte le Liban, je dois avouer que ça me fait chier.

    • Je suis moins fine connaisseuse du Liban que toi, et ça m’a frappé aussi. Je ne crois pas qu’on a à faire les malins sur notre gestion des risques seveso. On a régulièrement des accidents industriels, certes de moindre ampleur, mais ça tient plus de la chance qu’une vraie politique de gestion à long terme. Et je ne crois pas qu’on soit au courant de tous les dépôts sauvages bombes à retardement... Et je ne parle même pas du nucléaire.

  • Très très très étonnant : Richard Silverstein prétend avoir une source selon laquelle Israël a provoqué l’explosion du stock de nitrate d’ammonium en faisant exploser un stock d’armes du Hezbollah.

    À cet stade, évidemment, beaucoup beaucoup de pincettes. Mais le blog Tikun Olam n’est généralement pas considéré comme fantaisiste.

    BREAKING : Israel Bombed Beirut
    https://www.richardsilverstein.com/2020/08/04/breaking-israel-bombed-beirut

    A confidential highly-informed Israeli source has told me that Israel caused the massive explosion at the Beirut port earlier today which killed over 100 and injured thousands. The bombing also virtually leveled the port itself and caused massive damage throughout the city.

    Israel targeted a Hezbollah weapons depot at the port and planned to destroy it with an explosive device. Tragically, Israeli intelligence did not perform due diligence on their target. Thus they did not know (or if they did know, they didn’t care) that there were 2,700 tons of ammonium nitrate stored in a next door warehouse. The explosion at the arms depot ignited the next door warehouse, causing the catastrophe that resulted.

    À propos de Richard Silverstein :
    https://en.wikipedia.org/wiki/Tikun_Olam_(blog)

  • Et l’Oscar de l’euphémisme de l’année est attribué à… ’’Le port de Beyrouth n’est plus opérationnel et ne le sera pas pendant un moment’’ - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1228311/le-port-de-beyrouth-nest-plus-operationnel-et-ne-le-sera-pas-pendant-

    Au lendemain de la double explosion qui a ravagé le port de Beyrouth, et une grande partie de la capitale, une source au port de Tripoli assure à L’Orient-Le Jour que « le port de Beyrouth n’est plus opérationnel et ne le sera plus pendant un moment ».

  • Constaté dans les cercles dont j’ai connaissance :
    – si un·e Libanais·e se met à délirer dès maintenant sur la responsabilité du Hezbollah, il·elle est instantanément invité·e par la BBC ou RFI…
    – si un·e Libanais·e publie la liste des gouvernements, ministres, fonctionnaires, juges, directement impliqués dans la décision de stocker 2700 tonnes de produit hautement explosif dans le centre de Beyrouth pendant six ans, on lui répond « Tous, ça veut dire tous ».

    (Ou : comment le slogan « Tous, ça veut dire tous » est devenu un outil de l’impunité de tous – et notamment du camp Hariri.)

  • Asad Abukhalil a posté il y a quelques heures une photo tirée de la page Facebook de Mazen Al-Ghoul, professeur de chimie à l’AUB (Université américaine de Beyrouth), dont il dit qu’elle montrait l’entrepôt de nitrate d’ammonium qui a explosé hier :

    https://twitter.com/asadabukhalil/status/1290866172619972608

    I took this from Mazen’s @mazen_alghoul FB page:
    Mazen is a chemistry professor at AUB

    وصلتني هيدي الصورة تُنسب لمخزن في مرفأ بيروت. هيدي نايتروبريل = أمونيوم نايترايت.

    BTW HD on the label stands for high density, which means that these are explosive grade ammonium nitrate.


    Le niveau d’amateurisme et de négligence pour stocker une matière aussi dangereuse est, évidemment, choquant.

    Le compte « Aurora Intel » semble confirmer qu’il s’agit bien de l’entrepôt d’hier : mêmes fenêtres, mêmes marques sur la porte :
    https://twitter.com/AuroraIntel/status/1290789726283345926

    Windows match, door markings match, my mind boggles.

    The roof also matches from google earth imagery

  • Pompeo contacts Hariri, pledges urgent US assistance to Lebanon
    https://www.dailystar.com.lb//News/Lebanon-News/2020/Aug-05/509884-pompeo-contacts-hariri-pledges-urgent-us-assistance-to-lebanon.

    Secretary of State Mike Pompeo told former Prime Minister Saad Hariri that the United States would provide urgent assistance to Lebanon to face the effects of a massive explosion in Beirut that killed more than 100 people and injured thousands.

    J’ignore si Mike Pompeo a également téléphoné au premier ministre actuel du Liban, Hassan Diab, ou s’il a perdu son numéro de téléphone.

    • Pour rappel, la politique américaine récente concernant le soutien au Liban, c’est que les Libanais pouvaient bien crever la gueule ouverte tant qu’existera le Hezbollah.

      Jusque là, de manière totalement transparente, l’aide américaine était conditionnée à la lutte contre le Hezbollah, et tout était fait pour bloquer les aides étrangères.

      Pompeo : Nous appelons tous les Etats à désigner le Hezbollah comme groupe ’’terroriste’’
      https://www.lorientlejour.com/article/1225175/pompeo-nous-appelons-tous-les-etats-a-designer-le-hezbollah-comme-gro

      Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a appelé mercredi « tous les Etats » à désigner le Hezbollah comme « groupe terroriste », le parti chiite libanais étant déjà considéré ainsi par Washington depuis des années, dans un contexte de bras de fer régional entre l’Amérique et l’Iran, parrain du Hezbollah. Le chef de la diplomatie américaine a également affirmé que son pays allait aider le Liban, qui fait face à sa pire crise économique et financière, si celui-ci met en place les réformes nécessaires.

      « Le Hezbollah est une organisation terroriste, et nous appelons tous les Etats à le désigner comme groupe terroriste », a affirmé M. Pompeo, lors d’une conférence de presse au siège du département d’Etat à Washington. « Nous tentons d’interdire à l’Iran de vendre du pétrole brut au Hezbollah, et nous faisons notre possible pour renforcer les sanctions contre les membres du Hezbollah », a ajouté le chef de la diplomatie américaine. Il a ensuite fait savoir que « les Etats-Unis vont aider le Liban à sortir de sa crise si les réformes se réalisent », soulignant que Washington « n’accepte pas que le Liban devienne un Etat affilié à l’Iran ».

  • Tout juste la semaine dernière, les autorités israéliennes menaçaient le Liban (une fois de plus) de représailles sur ses infrastructures. Israël est le pays qui a le droit absolu de menacer ses voisins de crimes de guerre contre leur population civile, avec une régularité d’horloge, sans que ça indigne grand monde. In dramatic policy shift, Israel to hold Lebanon accountable for Hezbollah attack
    https://www.israelhayom.com/2020/07/31/in-dramatic-policy-shift-israel-to-hold-lebanon-accountable-for-hezboll

    “If [Hezbollah] tries perpetrating another attack, we will see an unusual response from the IDF against [the organization] and the country of Lebanon,” the official said.

    IDF tanks on the border with Lebanon this week (Eyal Margolin /JINI)
    Israel’s unequivocal threat that Lebanon will bear responsibility for any Hezbollah attack is meant to foment pressure against the terrorist group at home. Following the Second Lebanon War in 2006 – in which Israel did not destroy government infrastructure – Israel has emphasized that it will also target Lebanon in any future conflict with Hezbollah. And while this threat has only generally applied to a broad conflict with Hezbollah, Thursday’s order marked the first time Israel has officially declared it will harm Lebanon even in response to an isolated-tactical attack.

    In recent years Israel has tried implementing this deterrence strategy in other sectors as well. Throughout the Syrian civil war, Syrian infrastructure was hit every time a terrorist attack emanated from Syrian territory. In Gaza, too, Israel targets Hamas when terrorist attacks are carried out by other groups.

    Now, for the first time, Israel is applying this deterrence policy to Lebanon. This is a dramatic policy shift because in previous rounds of fighting between the IDF and Hezbollah, Israel has avoided bombing Lebanese infrastructure. Although the current Lebanese government is extremely weak and is effectively controlled by Hezbollah, the expectation in Israel is that the coronavirus pandemic and country’s dire economic straits – combined with the fear that an Israeli offensive would be devastating – will provide the impetus for heavy pressure on Hezbollah to call off another attack.

    IDF officials on Thursday assessed that Hezbollah is determined to carry out a successful attack, but one that incurs a minimal risk of an escalation.

    “The coming days will be critical,” a senior IDF official said. “The IDF is on high alert for an attack” and ready to execute a harsh response.

  • Selon cet article, la perte la plus importante pour le secteur médical libanais, c’est la destruction d’un entrepôt de médicaments pour les maladies graves, dont dépendent des milliers de patients.
    ضربة قاضية للقطاع الصحيّ
    https://al-akhbar.com/Politics/292305

    أمّا الخسارة الأبرز التي سُجلت على صعيد القطاع الصحي فتمثّلت بتدمير جزء كبير من مُستودع الأدوية المخصّصة للأمراض المُستعصية في الكرنتينا، والذي يضمّ مخزوناً من الأدوية الباهظة الثمن التي تؤمنها وزارة الصحة لآلاف المرضى ممن لا يملكون أي جهة ضامنة، وممن سيُحرمون خلال الفترة المُقبلة من الحصول على علاجاتهم الضرورية إلى حين تأمين البديل.

  • Selon cet article du Akhbar, il n’y a pas de risque de pénurie de blé : les silos détruits n’étaient pas remplis, il y a suffisamment de stocks dans les usines, et il y a quatre navires en mer qui attendaient pour décharger qui pourront le faire dans le port de Tripoli.
    https://www.al-akhbar.com/Politics/292309/لا-أزمة-قم

    لكن نقيب مستوردي القمح أحمد حطيط يطمئن إلى أنه لن تكون هنالك أزمة قمح لأن البدائل متوفرة. فالإهراءات كانت شبه فارغة، وهي لا تحتوي على أكثر من ١٥ ألف طن، لأن المطاحن، ونظراً إلى البطء في فتح الاعتمادات، تضطر في الغالب إلى تحميل الشحنات التي تصل إلى المرفأ مباشرة في الشاحنات لنقلها إلى المطاحن.

    أما المخزون المتوفر في المطاحن حالياً فكافٍ لتأمين حاجة السوق لشهر ونصف شهر. كما يوجد في عرض البحر ٤ بواخر لم تتمكن من التفريغ إما بسبب تأخر فتح الاعتمادات أو بسبب انتظار دورها للتفريغ. وهذه البواخر تحتوي على 28 ألف طن من القمح. وإذا كان صعباً تفريغ حمولتها في مرفأ بيروت قريباً، فإن مرفأ طرابلس جاهز لاستقبال شحنات القمح. وهو مهيّأ لذلك تقنياً، أضف إلى ذلك أنه يستقبل شحنات قمح بشكل دوري. المشكلة أنه لا يملك قدرات تخزينية عالية، كما أن كلفة النقل منه ستكون أكبر على المطاحن. وتلك مشكلات يصفها حطيط بالبسيطة بالمقارنة مع احتمال عدم القدرة على استيراد القمح. على الأقل، يمكن تلبية حاجات السوق لأشهر من خلال مرفأ طرابلس، إذ أن القدرة التخزينية للمطاحن الـ11 العاملة حالياً تصل إلى 125 ألف طن، أي ما يكفي لشهرين ونصف شهر. أما بشأن تأمين مخزون استراتيجي، فذلك لن يكون ممكناً مع الدمار الذي طاول الإهراءات. لكن لا بدّ من الإشارة هنا، إلى أن الإهراءات لم تكن تحتوي على مخزون استراتيجي في الأساس، فبسبب تقليص الاعتمادات المفتوحة للاستيراد، كانت الكمّيات التي تصل إلى لبنان تذهب مباشرة إلى المطاحن.