• Mayotte. Des pompiers refusent d’assurer la sécurité de l’avion d’Emmanuel Macron
    Publié le 21/10/2019
    https://www.ouest-france.fr/societe/mayotte-des-pompiers-refusent-d-assurer-la-securite-de-l-avion-d-emmanu

    Les pompiers de l’aéroport de Mayotte ont décidé de ne pas assurer la sécurité incendie de l’avion présidentiel, censé atterrir ce mardi 22 octobre sur l’île. Le syndicat affirme agir par solidarité avec les collègues « victimes de jets de bombes lacrymogènes » pendant la manifestation parisienne.

  • Simplismes de l’écologie catastrophiste | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/10/21/simplismes-de-lecologie-catastrophiste

    Les « collapsologues », ces militants écologistes qui prophétisent l’effondrement certain de la civilisation industrielle, ont le vent en poupe comme en témoigne le succès populaire de leurs livres. Mais s’il y a effectivement péril en la demeure, ceux qui le clament sont parties prenantes de la panique qui désormais s’installe selon #Jean-Pierre_Dupuy. Le théoricien du « #catastrophisme_éclairé » remet ici les choses au point face à ce qu’il considère comme un flou conceptuel dangereux.

    En résumé : « Annoncer que la catastrophe est certaine, c’est contribuer à la rendre telle. Ce qu’il faudrait, c’est annoncer un avenir destinal qui superposerait l’occurrence de la catastrophe, pour qu’elle puisse faire office de dissuasion, et sa non-occurrence, pour préserver l’espoir. »

    Je n’arrivais pas à l’exprimer comme ça avant de lire enfin ce (court) texte de Dupuy. Brillant !

  • « Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/10/15/jusqu-ou-laisserons-nous-passer-la-haine-des-musulmans_6015557_3232.html

    Ne nous y trompons donc pas. L’extrême droite a fait de la haine contre les musulmans un outil majeur de sa propagande, mais elle n’en a pas le monopole. Des membres de la droite et de la gauche dites républicaines n’hésitent pas à stigmatiser les musulmans, et en premier lieu les femmes portant le voile, souvent « au nom de la laïcité ». Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, voit ainsi dans le port du foulard par des mères d’élèves accompagnant bénévolement des sorties scolaires, en soutien des équipes enseignantes, du « prosélytisme » et du « communautarisme ». Interrogé par BFM-TV sur l’agression de la mère d’élève à Dijon par l’élu RN Julien Odoul, le ministre a certes condamné son comportement, mais a tout de même affirmé : « Le voile n’est pas souhaitable dans notre société. » N’est-ce pas ici l’illustration même d’une stigmatisation assumée jusqu’au plus haut niveau de l’Etat ?
    Lire aussi Voile à l’école : Jean-Michel Blanquer demande des sanctions contre le député LRM Aurélien Taché

    La laïcité, consacrée par la loi de 1905, c’est certes la séparation de l’Etat et du religieux, mais c’est aussi la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté d’exercer sa foi ou de ne pas l’exercer, la liberté de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public. Malgré les nombreuses alertes des associations et des militants, malgré le travail de déconstruction des universitaires, nous avons trop longtemps laissé la voie libre aux interprétations dévoyées du principe de laïcité, semant la division et la haine. Cette femme et son fils en payent le prix aujourd’hui, comme d’autres avant eux, mais qu’en sera-t-il demain ?
    Instrumentalisation de la laïcité

    Jusqu’où laisserons-nous passer ces haines ? Des plateaux télé dans leur course au buzz et à l’audience permanente, de nos rangs d’élus et de décideurs avides de gains électoraux, sans parler de nos sphères privées elles aussi imprégnées d’intolérances, jusqu’à quand allons-nous accepter que des citoyennes, des citoyens soient insultés, agressés, attaqués, stigmatisés en raison de leur religion ? Jusqu’à quand allons-nous accepter que la laïcité, socle de notre République, soit instrumentalisée pour le compte d’une vision ségrégationniste, raciste, xénophobe, mortifère de notre société ? Acceptons-nous de nous laisser sombrer collectivement ou disons-nous stop maintenant, tant qu’il est encore temps ?

    Hier, Latifa Ibn Ziaten, mère du militaire Imad Ibn Ziaten, victime des attentats de Mohamed Merah, huée lors d’un colloque à l’Assemblée nationale en raison de son foulard ; hier encore, une femme de 24 ans, portant elle aussi un foulard, poignardée devant son conjoint et leurs enfants à Sury-le-Comtal (Loire). Aujourd’hui, cette femme humiliée dans une assemblée de la République française. Aujourd’hui encore, l’université de Cergy-Pontoise qui demande à son personnel de lui faire remonter les « signaux faibles » de détection de radicalisation d’étudiants ou de collègues, ciblant uniquement les personnes de confession musulmane.

    #Racisme #Extrême_droite #Islamophobie

  • La drôle de fiche envoyée par l’#Université_de_Cergy pour détecter la #radicalisation

    Ce lundi 14 octobre, les profs de l’Université de Cergy-Pontoise ont reçu une « fiche de remontée de signaux faibles » de radicalisation et de terrorisme. Le personnel encadrant dénonce le caractère islamophobe de ce mail.

    « Absentéisme récurrent : aux heures de prière/le vendredi », « port d’une djellaba/port de pantalon dont les jambes s’arrêtent à mi-mollets », « port de la barbe sans moustache », « apparition du port du voile », une drôle de fiche a été envoyée aux professeurs de l’université de Cergy-Pontoise, ce lundi 14 octobre. Son objet : « Appel à vigilance ». Communiqué par la Direction Hygiène, Sécurité et Environnement (DHSE) de la fac, le mail porte sur les menaces terroristes qui peuvent peser sur l’institution. Il est accompagné d’une « fiche de remontée de signaux faibles », en vue de la « détection de personnes susceptibles d’être en cours de radicalisation ».

    Mais cette fiche qui cible la religion musulmane et aux contours flous a ému plusieurs professeurs. « Selon ce document, un acte terroriste ne peut être que le fait de musulmans ! Ce genre de tableau ne peut que faire plaisir aux racistes et renforcer le racisme anti-musulman. Ça crée une ambiance de délation au travail », commente une professeure jointe par StreetPress. « J’ai honte », écrit sur Twitter Clément Carbonnier, actuellement en recherche à l’université de Sherbrooke et issu de la fac de Cergy. Renaud Epstein, maître de conférences à Sciences Po Saint-Germain (relié à l’université de Cergy), tweete : « La liste des “signaux faibles” qui y figure est sidérante. Si je devais l’utiliser pour une auto-analyse, j’aurais de bonnes chances de gagner un voyage gratuit à Guantanamo ». Il ajoute une sélection de ces signaux, qu’il juge « affligeante ».


    https://twitter.com/Carbonnier_Eco/status/1183750945706008576?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E11

    Une réaction au discours de Macron ?

    Cette fiche liste une soixantaine de critères, dont encore : « arrêt de consommations de boissons alcoolisées », « arrêt de consommations de nourritures à base de porc », « consommations récente de produits halals », etc… À chaque critère, il est possible de répondre par oui et par non. Il faut ensuite la faire remonter, avec le nom de l’élève ou du professeur « signalé », à la DHSE de l’université.

    Embêtée, la DHSE botte en touche. « L’intention de l’université est simplement d’alerter et de se dire : “Faites attention à ce qu’il peut y avoir”, sans pour autant stigmatiser les choses. Pas du tout. »

    Cette initiative, propre à l’université de Cergy, fait écho au discours d’Emmanuel Macron prononcé le 8 octobre, pendant l’hommage aux victimes de l’attaque de la préfecture de police de Paris. Le président Emmanuel Macron a demandé aux Français de « faire bloc » contre « l’hydre islamiste ». Il a également appelé à construire une « société de vigilance » contre la radicalisation, y compris dans le milieu scolaire. Un discours relayé par le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer qui décomptait récemment une dizaine de signalements de personnels de l’Éducation nationale pour l’année scolaire passée.

    Le prof Renaud Epstein pointe cyniquement l’absurdité de la fiche :

    « Et le top du top, la cerise sur le gâteau, cette “fiche de remontée de signaux faibles” se conclut par une entrée : “Signaux inquiétants liés au comportement d’une personne connue” qui comprend cet item, “#Dissimulation des #signaux_faibles” »


    https://twitter.com/renaud_epstein/status/1183760076122836993?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E11

    En interne, par mail envoyé au personnel encadrant, et sur Twitter, la DHSE s’excuse et explique que « la démarche de l’établissement consistait à apporter une assistance aux personnes qui peuvent être touchées par ces phénomènes et en aucun cas à organiser un système d’alerte. Cependant, l’Université regrette vivement d’avoir pu heurter ou choquer certaines personnes au sein de l’université et à l’extérieur par une formulation inappropriée et source d’incompréhension et leur présente ses excuses. En particulier et en conséquence, le document joint au message est retiré ».

    https://www.streetpress.com/sujet/1571073503-drole-fiche-universite-cergy-detecter-la-radicalisation
    #université #France #fiche #islamophobie #délation

    ping @karine4 @cede

    • Rions un peu...

      Donc un musulman pratiquant sa religion ostensiblement serait signalé
      ET
      Un musulman pratiquant sa religion de la façon la plus discrète possible serait lui aussi signalé pour « Dissimulation des signaux faibles »

      « L’individu se rase visiblement tous les jours. Il semble évident qu’il s’agit là d’une manœuvre grossière dans l’espoir de dissimuler le port d’une barbe islamique »

    • Ce que j’aimerais savoir plus précisément : comment ça a été fabriqué une telle liste ? Parce que ce n’est pas une initiative individuelle, il y a un « workflow » avant que ce soit expédié aux gens.

      Est-ce qu’il y a quelqu’un à la tête de l’université qui donne l’ordre à quelqu’un d’autre de « travailler là-dessus », de « me préparer un truc »… ? Ensuite c’est quelqu’un qui a pondu un truc tout seul, ou bien c’est un groupe de travail ? C’est payé sur les heures de travail habituelles, ou on a dégagé des heures sups pour financer un groupe de réflexion ? Comme ça se passe pour inclure « djellaba », « heures de prière » et cinq considérations sur le rapport aux femmes : c’est un truc qu’on trouve déjà tout fait sur l’interwebz, ou bien des gens ont brainstormé dans un bureau ? Selon quel processus décisionnel ils se sont dit que les « signaux faibles » liés à la non-consommation de saucisson, ce serait un peu too much ?

      Une fois que c’est terminé, cette petite liste de signaux faibles islamophobes, comment c’est validé ? Il y a un comité de prise de décision islamophobe qui se réunit pour valider, ou bien c’est une personne dans un bureau qui se dit : c’est vachement bien, ça, je vais l’expédier à tout le monde ?

      Mais aussi : comment on fait dans une université pour pondre,
      valider, mettre en forme et expédier un document aussi long en aussi peu de temps ? On est tombés sur l’administration la plus efficace du pays, ou bien ce genre de document existe déjà par ailleurs, circule déjà, est disponible sur le Webz, ou bien est discuté discrètement dans les services de l’État ?

      Bref : c’est quoi le processus de création de cette saloperie, et c’est quoi la hiérarchie qui a validé et qui a pris la décision de l’expédier ?

      Et donc : est-ce qu’il va y avoir des conséquences pour qui que ce soit ? Est-ce qu’il va y avoir des sanctions, ou bien est-ce qu’on en est déjà au stade où tout ce processus de fabrication d’un document officiel islamophobe va être simplement considéré comme une « erreur de communication » ?

    • Ben pourquoi, il y aurait une erreur ? Tout ce matériel est banalisé et déjà relativement ancien (mars 2016 #je_suis_charlie, toussa…) et issu du SG-CIPD devenu SG-CIPDR (Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation) au ministère de l’intérieur. Son dernier bébé (il y a 6 jours) un Kit pédagogique de formation des entreprises à propos de la radicalisation en entreprise.
      https://www.cipdr.gouv.fr/kit-pedagogique-de-formation-des-entreprises-a-propos-de-la-radicalisatio

      Tout cela issu du Guide interministériel de prévention de la radicalisation (mars2016) (p. ex. ici https://static1.1.sqspcdn.com/static/f/1307504/27032789/1463641554463/guide-prevention-radicalisation2016.pdf mais on le trouve un peu partout. Et notamment le tableau de synthèse en annexe, lui aussi pas mal repris. Il n’y a qu’à piocher dedans.

      Tableau de synthèse des indicateurs de basculement
      http://www.seine-maritime.gouv.fr/content/download/21653/159919/file/synthese-indicateurs-basculement.pdf
      qui met en forme le Référentiel des indicateurs de basculement dans la radicalisation issu du guide ci-dessus (ce sont dans les annexes, les pages 105 à 108)

    • Hé hé Simplicissimus, merci ! C’est exactement où je voulais en venir. Maintenant faudrait prévenir les indignés de Twitter que ce n’est pas une erreur de communication, mais bien une politique officielle.

    • Signaler et détecter - Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation
      https://www.cipdr.gouv.fr/prevenir-la-radicalisation/reperer

      La définition de la radicalisation du sociologue Fahrad Kosrokhavar correspond à cet angle : « processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d’action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l’ordre établi sur le plan politique, social ou culturel. »

      La définition me semble large.

      #ordre_établi

  • Le bilinguisme en procès, cent ans d’errance (1840-1940) - Andrée Tabouret-Keller | Éditions Lambert Lucas
    http://www.lambert-lucas.com/livre/bilinguisme-en-proces-cent-ans-derrance-1840-1940-le

    « Mon objectif est d’examiner la persistance d’une idée fausse : la nocivité du bilinguisme. Comment cette idée a-t-elle pris forme ? Comment a-t-elle pu perdurer ? L’enquête ainsi annoncée commence au milieu du XIXe siècle au Pays de Galles et se poursuit jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. Sont successivement versées au dossier les thèses largement diffusées en fin de siècle qualifiant le bilinguisme de fléau social, moral et d’empêchement de penser, les conférences internationales sur l’éducation en situation bilingue de 1911 à 1933, la mise au point des tests d’intelligence qui donnent un tour scientifique à la dénonciation du bilinguisme, les études universitaires et les publications de grands linguistes de l’entre-deux-guerres. »

    Andrée Tabouret-Keller mène son enquête au plus près des documents avant de s’interroger sur les circonstances historiques, les situations sociales et les soubassements idéologiques qui jouent dans la persistance et le renouvellement de l’idée de nocivité du bilinguisme : scientisme et nationalisme y trouvent bonne place sur fond de rejet du mélange et de l’impur. Pour ouvrir une perspective où les situations linguistiques complexes bénéficieraient d’une approche anthropologique faisant aussi place à l’histoire personnelle des bilingues.

    #bilinguisme #langue #langues #Andrée-Tabouret-Keller

  • #observatoire_européen_du_plurilinguisme

    L’#Observatoire européen du #plurilinguisme, structure de mutualisation et de coopération entre acteurs du plurilinguisme, est né des 1ères Assises européennes du plurilinguisme qui ont eu lieu à Paris les 24 et 25 novembre 2005.
    Réunissant décideurs, chercheurs et représentants de la société civile autour d’une #Charte_européenne_du_plurilinguisme, pour répondre aux questions linguistiques fondamentales de l’Europe dans leurs dimensions politiques, culturelles, économiques et sociales, l’OEP a pour objectif de promouvoir l’emploi des #langues_vivantes et de préserver la #diversité_linguistique et culturelle, valeur d’échange et de créativité.
    Il déploie son activité selon quatre axes :
    – la veille stratégique, à la recherche de l’information pertinente
    – la communication visant à sensibiliser les divers publics par des argumentaires appropriés
    – la mutualisation des moyens entre acteurs du plurilinguisme
    – la médiation visant à agir sur les processus décisionnels
    Les moyens développés sont :
    – une base de connaissance, centre de ressources, le site Internet.
    – une lettre d’information bimestrielle diffusant à quelques 20 000 abonnés
    – une manifestation internationale triennale : les Assises européennes du plurilinguisme (Paris en 2005, Berlin en 2009, Rome en 2012, Bruxelles en 2016, Bucarest en 2019)
    – des actions ciblées en profondeur visant des secteurs stratégiques : la recherche et l’enseignement supérieur, l’éducation et les entreprises

    https://www.observatoireplurilinguisme.eu
    #multilinguisme #Europe #langues

  • Le droit de ne pas voter
    Alexandre Vigneault, La Presse, le 9 octobre 2019
    http://plus.lapresse.ca/screens/c91ccb7e-9bab-4973-b1a4-f580d2378e4c__7C___0.html

    S’abstenir de voter passe parfois pour un crime contre la société. #Francis_Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’UQAM, s’est carrément fait retirer des listes électorales. Son essai Nous n’irons plus aux urnes pose un regard éclairant sur ces gens – très nombreux – qui ne votent pas.

    A l’occasion de la sortie de son livre : Nous n’irons plus aux urnes
    Francis Dupuis-Déri, LUX Éditeur, le 3 octobre 2019
    https://www.luxediteur.com/catalogue/nous-nirons-plus-aux-urnes

    #Canada

    #élections #abstention à rajouter à la compilation ici :
    https://seenthis.net/messages/607993

  • ça n’a pas fait de bruit, la vente de l’aéroport de Toulouse a été confirmé par le conseil d’état
    https://www.20minutes.fr/toulouse/2624319-20191009-toulouse-vente-aeroport-blagnac-actionnaires-chinois-vali

    En 2015, un consortium chinois achetait 49,99 % des parts de l’Etat dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac.
    Une privatisation partielle attaquée devant les tribunaux par des opposants à cette vente.
    S’ils avaient obtenu l’annulation de la procédure de privatisation au printemps dernier par la Cour administrative d’appel de Paris, le Conseil d’Etat vient de les débouter en jugeant la procédure régulière.

    #privatisation #arnaque_d'état #aéroport #politique

  • On ne peut pas porter une barbe, mais Lafarge peut verser 13 millions à Daesh ? | Inès Rossi
    https://www.revolutionpermanente.fr/On-ne-peut-pas-porter-une-barbe-mais-Lafarge-peut-verser-13-mil

    Depuis l’attentat de la préfecture de police de Paris, Macron et son gouvernement mènent une campagne islamophobe assimilant musulmans et terroristes. Porter une barbe serait un signe de radicalisation ; mais comment qualifier une entreprise qui aurait versé 13 millions d’euros à Daesh ? Source : Révolution permanente

  • « Do you speak bullshit english ? » - Comment l’anglais d’entreprise renforce la classe dominante (Partie I) - FRUSTRATION
    https://www.frustrationlarevue.fr/do-you-speak-bullshit-english-comment-langlais-dentreprise-renfor

    « De toute façon, on a la même target », me dit le DRH. La porte de l’ascenseur de cette tour austère de la Défense se referme sur nous. « Pas vraiment », ai-je envie de lui répondre. Je défends les salariés, il gère une “masse salariale”. Nous n’avons donc pas la même « target », si je comprends bien ce qu’il veut dire par là car, pour moi, « target »(“cible” en français) est un mot anglais utilisé pour désigner la personne avec qui l’on espère finir la soirée. Là où l’anglais des cours de lycée permet d’euphémiser des termes liés aux relations humaines et notamment amoureuses – un crush, une target, un date – celui des entreprises françaises contemporaines accompagne et encourage les évolutions managériales qui ont considérablement affaibli le camp des salariés au cours des trente dernières années, notamment parce qu’il adoucit et masque les rapports de domination.

    Semer le flou, première fonction de l’anglais d’entreprise

    Notre « target » commune, ce serait de comprendre et d’accepter le plan de licenciement qui va toucher la « holding » de la multinationale. Avant, on aurait dit « maison-mère », mais ça impliquerait un lien de maternité avec ses filiales, tandis que le terme « holding » en dit plus long sur la fonction de l’entité juridique centrale : elle détient d’autres entreprises et fait remonter les profits vers son sommet, où une armée de salariés qualifiés se chargent d’administrer l’ensemble pour contrôler la remontée de profit (le « controlling »), à rassembler les informations en provenance des filiales pour faire des bilans d’activité (le « reporting ») et à promouvoir l’image du groupe dans le monde et vis-à-vis de ses clients.
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    Préserver le français, un combat légal mais ô combien ringardisé

    Quand on évoque la question de l’usage de l’anglais auprès de la direction, le haussement d’épaule est de rigueur et les yeux écarquillés se multiplient. S’étonner de l’usage du bullshit english d’entreprise passe vraiment pour une posture préhistorique. Et pourtant, cet étonnement est justifié, car l’usage de l’anglais dans une entreprise française est en fait… illégal.
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    https://www.frustrationlarevue.fr/entrepreneurs-is-the-new-france-comment-langlais-dentreprise-renf

    Comment en est-on arrivé là ? Est-ce à partir du moment où des publicités « Do you speak Wall Street English ? » sont apparues dans les transports en commun de tout le pays, vantant aux cadres et salariés angoissés par leur niveau d’anglais de lycée des formations coûteuses mais aux résultats garantis ? Car, c’est connu, le Français moyen est « nul en anglais » et c’est une des nombreuses tares qui le rendent si « en retard à l’international »
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    « La langue des maîtres » ou l’anglais comme marqueur de classe

    Fascinés par le modèle américain de l’entreprise reine et de la finance sans frein, les patrons français se sont tous mis à parler leur langue, imités par l’ensemble de la classe bourgeoise. Cela lui a donné un supplément d’âme et un atout non négligeable, pas tant vis-à-vis de ses partenaires internationaux que de son propre peuple. L’anglais a ainsi accompagné un puissant récit de légitimation de la classe dominante française, des années 1990 à nos jours, qui lui a permis de repasser du bon côté de l’Histoire : les ouvriers seraient bornés, fermés d’esprit, repliés sur eux-mêmes, tandis que la bourgeoisie serait « ouverte sur le monde », « progressiste », favorable à la mondialisation et à l’intégration européenne.
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    Histoire du « management » ou comment l’anglais a semé les concepts les plus oppressants du XXIe siècle

    Marqueur de classe au sein de la société et à l’intérieur des entreprises, l’anglais ne se contente pas de semer le flou et de donner du style à des mots. Il est aussi un vecteur de diffusion de nouveaux concepts et a accompagné à lui seul la transformation du travail en France comme ailleurs. Prenons l’exemple du management. Une notion devenue tout à fait banale et intrinsèque à tout collectif de travail (sauf aux rares refusant ce genre de hiérarchie implicite) : « manager les gens ». On parle désormais même de « manager de proximité » qui, comme un commerce de proximité, se met au plus près de vos besoins de salarié… et à la plus précise des exigences patronales. Remplaçant les mots « chefs », « patron » ou encore « contremaître », « manager » fait partie de ces termes qui mentent sur la relation qu’ils désignent. A entendre les cadres de la holding où l’anglais est de mise, le manager serait une sorte d’ange-gardien dont on attend reconnaissance et protection (« Il m’aide à prioriser mes tâches »), et non plus un « chef » vis-à-vis duquel la conflictualité sociale serait possible.
    .../...

    « Entrepreneurs is the new France » ou comment l’utopie macroniste s’appuie sur l’anglais d’entreprise

    « Brave New France », l’utopie capitaliste d’Emmanuel Macron, a son propre langage. Un langage qui gomme les rapports de force, qui agresse sans en avoir l’air, qui ment sur qui domine, qui opprime et qui subit. Cette langue où l’on peut dire le contraire de ce que l’on fait et faire l’inverse de ce que l’on dit. Cette langue, qui n’est pas la langue de Shakespeare mais celle de Niel ou de Bernard Arnault, peut encore être combattue. Prenez le temps d’observer le visage de votre DRH quand vous lui demandez de traduire une expression qu’il emploie – la loi vous y autorise et lui donne tort. Observez le regard de vos collègues quand vous dites « ma hiérarchie » plutôt que « mon top manager ». Le capitalisme étant mondial, sa lutte tout autant, souvenons-nous que dans l’anglais notre classe dominante n’a puisé que ce qui l’arrange. A nous d’y faire notre marché : prenez le mot « strike » par exemple. Ça veut dire à la fois « combattre » et « faire grève ». N’est-ce pas charmant ?

  • L’invité de 6h20 : Maurin Picard, journaliste, auteur de « Ils ont tué Monsieur H » (Ed. Seuil), est l’invité de Mathilde Munos.

    Enquête sur la mort d’un secrétaire général de l’Onu, « poil à gratter de la décolonisation »
    mardi 8 octobre 2019 par Mathilde Munos
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-08-octobre-2019

    Dag Hammarskjöld, secrétaire général de l’ONU, en 1960 © AFP / AFP

    En 1961, l’avion du Suédois Dag Hammarskjöld, alors secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, s’écrase en Zambie (à l’époque Rhodésie du Nord). Maurin Picard ne croit pas à la thèse de l’accident, et s’est employé à le démontrer avec ce livre, fruit d’une enquête menée pendant trois ans : « Des témoins interrogés ont vu un autre avion dans le ciel qui a attaqué celui de Hammarskjöld » explique-t-il, rappelant aussi les traces de balles sur la carlingue. « Il avait trop d’ennemi pour un seul homme, c’était un poil à gratter dans la décolonisation » (...)

    http://rf.proxycast.org/1624187638665715712/13160-08.10.2019-ITEMA_22169962-0.mp3


    #onu #Dag_Hammarskjöld

  • Les crimes cachés de Jacques #Chirac
    https://lemediapresse.fr/international/les-crimes-caches-de-jacques-chirac

    Qui se souvient de Jean-Louis Coulibaly Kouassi, mort à Abidjan, décapité par l’armée française sous les ordres de Jacques Chirac ? Pour Théophile Kouamouo, les hommages unanimes occultent une dangereuse impunité.

    #International #Politique #Afrique #anticolonialisme #Côté_d'Ivoire #Colonialisme

  • Flexibiliser le travail et produire des vies illégales

    En France, l’#ubérisation trouve des ressources dans les migrations. Ce phénomène est ici analysé et décrit par un ressortissant de Guinée qui vit à Grenoble depuis 2016, co-auteur d’une recherche-création entre géographie, art et droit.

    Si les migrations vers l’Europe et la France occupent les discours politiques et médiatiques, leurs modalités d’exploitation par le travail y sont bien moins évoquées. Les vies rendues illégales constituent une réserve de #main-d’œuvre exploitable et hyperflexible, dans un contexte précisément de flexibilisation et d’ubérisation du travail, notamment par le développement des applis de VTC ou de #livraison. Dans leurs travaux portant sur les liens entre migrations et travail, Sandro Mezzadra et Brett Neilson précisent que « la flexibilité, qui fabrique de la #précarité, est devenue la norme », tandis que les migrations forment « un terrain crucial d’expérimentation pour de nouvelles formes de "capture" du travail ».

    Cette exploitation du travail en #France, de vies rendues illégales, s’inscrit dans des formes d’exploitations plus larges de la force de travail, notamment d’entreprises européennes et françaises en Guinée pour l’extraction de ressources minières, qui entraînent des destructions sociales et environnementales et des migrations. Autrement dit, les liens entre migrations et exploitation de la force de travail se comprennent depuis un continuum qui dépasse très largement les frontières nationales, et s’inscrit dans des rapports en grande partie hérités de la #colonisation.

    #Pathé_Diallo, ressortissant de Guinée qui réside à Grenoble depuis 2016, décrit cette relation entre migration, exploitation et ubérisation dans le cadre d’une œuvre de création et de recherche intitulée Bureau des dépositions (1), à laquelle participent plusieurs géographes.

    « C’est un cercle vicieux »

    « Les Etats font exprès de ne pas délivrer des papiers à tout le monde pour que d’autres puissent exploiter les #sans-papiers dans des conditions difficiles, sur certains #chantiers ou dans les sites touristiques de ski en montagne, ou dans les travaux de #ménage. Depuis quelques mois à Grenoble, des personnes exploitées et sans papiers font de la #livraison de nourriture sur des #vélos. Ils sont mal payés et la cible de #Uber et des Etats, qui autorisent que le #droit_du_travail soit réduit à rien. C’est comme si les personnes donnaient toute leur énergie pour ne rien avoir.

    « C’est comme dans le domaine de la #sécurité. Dans la sécurité, c’est 12 voire 15 euros de l’heure pour la nuit. Celui qui te sous-traite va te payer 7 ou 8 euros par heure. Toi tu es sur le terrain. C’est parfois mieux que rester toute la journée à ne rien faire. Dans l’attente des papiers, beaucoup deviennent fous. Etre exploité devient préférable pour ne pas rester assis, passer toute la journée sans rien faire pendant des années, sans savoir quand le papier viendra. Ce sont les Etats et les entreprises qui se servent de la #main-d’œuvre qui sont responsables, en n’autorisant pas à travailler. C’est un #cercle_vicieux : pour se régulariser, il faut du travail ; pour avoir du travail, il faut des papiers.

    « Créer un syndicat sans-papiers permettrait de réduire le taux de chômage. En France, la #clandestinisation des travailleurs permet de réduire le #coût_du_travail, aux bénéfices des patrons et de leurs sous-traitants qui ainsi échappent à l’impôt.

    « Il faut respecter l’homme. C’est l’homme qui fait le papier, pas le papier qui fait l’homme.

    « L’exploitation des sans-papiers en Europe entre en écho avec l’exploitation de la main-d’œuvre dans les #mines en #Guinée. Ce sont les mêmes personnes qui exploitent et ce sont les mêmes personnes qui sont exploitées. Un mineur d’or ou de bauxite, en Guinée, peut parvenir à rejoindre la France pour travailler dans des conditions plus précaires encore que la mine. Dans les mines, les patrons sont souvent étrangers. Tout ce qui est exploitable en Guinée est exporté en tant que matière première à l’extérieur : Canada, Etats-Unis, pays d’Europe, comme la France, l’Allemagne… Dans la mine, il y a beaucoup de pollution, qui entraîne des maladies : sinusite, cancer du foie… La poussière mélangée aux produits chimiques crée des colonnes de plusieurs kilomètres, ce qui pollue les cours d’eau. L’eau est puisée par les populations. Les employés des mines ne sont pas bien payés. »


    https://www.liberation.fr/debats/2019/10/02/flexibiliser-le-travail-et-produire-des-vies-illegales_1754677
    #travail #exploitation #illégalisation #asile #migrations #réfugiés #flexibilisation #tourisme #extractivisme #continuum_colonial #post-colonialisme #économie

    ping @albertocampiphoto @reka @karine4

  • Brochure critique de la collapsologie par @tranbert

    Bertrand Louart, La collapsologie : start-up de l’happy collapse, 2019
    https://sniadecki.wordpress.com/2019/10/02/louart-collapsologie

    A l’opposé de ceux qui croient trouver dans la « collapsologie » l’expression d’une critique radicale nécessaire pour relever le gant de la catastrophe grandissante, l’effondrementalisme prêche au contraire la résignation, l’attente de l’événement purificateur et rédempteur qui – obligeant tout le monde à se serrer les coudes face à l’adversité – épargnerait à chacun de devoir comprendre, identifier et lutter contre les mécanismes socio-politiques de la guerre contre la liberté humaine et contre l’autonomie du vivant actuellement en cours.

    En version PDF aussi :
    https://sniadecki.files.wordpress.com/2019/10/louart_collapsologie.pdf

    Et le dossier complet de 220p regroupant tous les articles critiques trouvés :
    https://archive.org/details/dossiercollapsologie

    #collapsologie #effondrement @sinehebdo

  • #Hannah_Arendt :

    « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez. »

  • Nous ne demandons rien à l’État, nous voulons tout reprendre : la joie, la liberté, la beauté, la vie
    Acta, Cerveaux non disponibles, Comité Adama, Comité de libération et d’autonomie queer, Deep Green Resistance IDF, Désobéissance écolo Paris, Eodra, des membres d’Extinction Rebellion France, Gilets jaunes Argenteuil, Gilets jaunes Place des fêtes, Gilets jaunes Rungis IDF, Plate-forme d’enquêtes militantes, collectif Peuple révolté, Radiaction, Youth for Climate IDF
    Reporterre, le 3 octobre 2019
    https://reporterre.net/Nous-ne-demandons-rien-a-l-Etat-nous-voulons-tout-reprendre-la-joie-la-l

    À la colère contre la catastrophe écologique, humaine et sociale en cours, le pouvoir ne propose que des « mesurettes », expliquent les auteurs de cette tribune. Qui, déterminés à changer le système, occuperont le 5 octobre « un lieu emblématique du système pour le transformer en maison du peuple ».

    Nous, #écologistes, #Gilets_jaunes, #Gilets_noirs, jeunes, habitant.e.s des banlieues, militant.e.s de tous bords avons manifesté, signé des pétitions, fait la grève, dialogué avec les dirigeants pour les alerter de la catastrophe écologique, humaine et sociale en cours.

    Loin d’entendre notre colère légitime, le pouvoir réprime nos mobilisations et convoque des simulacres de « participations citoyennes » : « grand débat », « convention citoyenne sur le climat », etc. Ces dispositifs ne proposent que des mesurettes ou des promesses lointaines et jamais tenues. Ils ne servent qu’à lui faire gagner du temps. L’écologie, dans sa conception étatique et libérale, trace alors une frontière entre les riches et les pauvres. Elle culpabilise les « écocitoyen.ne.s », lance des projets de « transition écologique »… et tout devient prétexte à un productivisme opportunément devenu « vert ». Mais le capitalisme, responsable de la catastrophe que nous vivons, est irréformable.

    Nous avons donc décidé de résister autrement à la destruction généralisée et programmée du monde vivant. Samedi 5 octobre, nous occuperons un lieu emblématique du système pour le transformer en maison du peuple. À la suite des retrouvailles entre mouvements sociaux et écolos le 21 septembre, nous ferons entendre nos voix, riches car plurielles. Nous affirmerons notre détermination à changer de modèle sociétal et économique. Nous construirons les prémices d’un monde respectueux des êtres vivants, humains et non humains.

    Car l’anéantissement du vivant est le symptôme terminal d’un système fondé sur la domination. Le modèle économique et social actuel creuse les inégalités entre les classes dominantes et les classes populaires. Sous couvert de rationalité et d’efficacité, le néolibéralisme grignote progressivement les acquis sociaux. De nombreuses travailleuses et travailleurs connaissent une précarisation croissante de leurs conditions de travail. Mais surtout, il nous est imposé de travailler toujours plus sans questionner l’impact néfaste que celui-ci peut avoir sur nos vies et sur la nature.

    Plus largement, le ravage causé au vivant a pour racine une idéologie occidentale selon laquelle l’autre n’est que territoire à conquérir, ressource à exploiter, trophée à exposer. Les femmes, résistant à l’infériorisation qui leur est faite depuis des siècles, en sont parmi les premières victimes. Les sujets échappant au modèle reproductif hétérosexuel et cisgenre, catégorisés comme « contre nature » ou déviants, sont également tantôt exclu.e.s, dominé.e.s ou « corrigé.e.s » afin de pouvoir être exploité.e.s à leur tour.

    Historiquement, s’accaparer les terres, détruire les écosystèmes et nier l’humanité des esclaves et des populations colonisées a été le triptyque sur lequel le développement de ce système s’est appuyé. Aujourd’hui, cette logique prédatrice et raciste se retrouve partout, qu’elle soit soutenue par des régimes politiques nationalistes ou néolibéraux. Dans le cynisme le plus total, elle est à l’origine de guerres néocoloniales et provoque l’exil de millions de personnes pour des raisons politiques, économiques et climatiques tout en cadenassant les frontières.

    Malgré tout cela, le capitalisme possède un double pouvoir d’attraction : son imaginaire économique de frustration-consommation et sa capacité inouïe à l’échelle de l’histoire à rendre chacun.e d’entre nous captif sur le plan de la vie matérielle. Nous sommes baigné.e.s depuis notre naissance dans un imaginaire où le bonheur se trouve dans l’accumulation de biens matériels. La nature productiviste du capitalisme, son dogme de la croissance, ont enfanté une vie toxique et aliénante. Plus intimement, le capitalisme a su pénétrer notre quotidien, coloniser nos systèmes de pensée et étendre son pouvoir sur nos corps et l’ensemble des milieux vivants. Chacun.e de nous est pris en otage par cette mégamachine qui martèle son discours dominant au travers des institutions étatiques, de la publicité et des médias.

    Toutes celles et ceux qui résistent à ce pouvoir de séduction-aliénation connaissent une répression féroce.

    Mais l’autoritarisme qui se généralise aujourd’hui est la norme depuis des décennies dans les quartiers populaires, avec plusieurs centaines de morts entre les mains de la police dans une impunité judiciaire systémique. L’État n’a eu de cesse de mettre en place des mesures d’exception sécuritaires dans les quartiers populaires contre toute forme de révolte. Les Gilets jaunes, les Zad et les mouvements écologistes voient désormais l’extension de la répression policière avec les mêmes outils permettant le maintien du pouvoir d’une élite face aux contestations. Cette répression est le seul outil derrière lequel l’État peut se cacher. Elle révèle son rôle d’armée d’occupation de sa propre population.

    À tout cela, nous opposerons notre détermination à construire ensemble. Ce que nous allons chercher, c’est d’autres manières d’être heureuses et heureux et redonner de la profondeur à nos existences, sans dévaster le monde vivant.

    Ces derniers mois, les Gilets jaunes ont déclenché une vaste envie de reprendre démocratiquement nos vies en main : assemblées populaires, démocratie directe, solidarité, autoorganisation, sont des mots dont la population s’est ressaisie, des pratiques qui ont redonné un élan considérable pour affronter la suite. Que ce soit au Chiapas ou dans le Rojava, en Égypte ou à Hong Kong, au Brésil, en Russie ou en Grèce, les luttes populaires continuent à rappeler que la révolte doit être internationale et internationaliste pour pouvoir réellement bouleverser le cours des choses. Ainsi, nous ne demandons rien à l’État, car nous n’attendons rien de lui.

    Nous ne demandons rien mais nous voulons tout reprendre : la joie, la liberté, la beauté, la vie. Nous appelons chacun.e à s’organiser collectivement pour reprendre du pouvoir, à entrer en résistance, à faire front commun. C’est dans l’intensité de nos luttes que fleuriront des mondes désirables.

    #Résistance

    Je l’ajouterai aussi bientôt à la troisième compilation #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène #USA :
    https://seenthis.net/messages/680147