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  • L’Occident unitaire. Une interprétation civilisationnelle du corps politique occidental

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12637938

    Par Pascal Lottaz – Source Blog de l’auteur - 2026-07-29

    en EN : https://pascallottaz.substack.com/p/the-one-west
    en FR : https://lesakerfrancophone.fr/loccident-unitaire-une-interpretation-civilisationnelle-du-corps-

    _La crise de l’ #Occident, une crise du #Réalisme_

    Comment expliquer les politiques contreproductives et autodestructrices des États occidentaux ?

    L’Europe semble heureuse de se désindustrialiser, la guerre par procuration des #États-Unis en #Ukraine tue des centaines de milliers (voire des millions) d’Ukrainiens – ceux-là mêmes que l’ #OTAN jure vouloir protéger – et, à présent, cette guerre est sur le point de se répandre sur tout le continent. Et que fait l’Europe ? Remettre une dose de politiques qui échouent depuis douze ans en créant un 21e paquet de sanctions. Toujours pas de diplomatie en vue. Dans le même temps, la guerre que l’alliance américano-israélienne a déclenchée contre l’Iran ravage les installations militaires et dégrade l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Pourtant, l’ensemble des dirigeants euro-atlantiques semble déterminé à poursuivre une voie que beaucoup d’entre nous, qui sommes dans le commentaire critique, considèrent comme manifestement ruineuse et suicidaire pour la plupart des membres du club.

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      Bien sûr, chaque théâtre, chaque guerre, chaque bataille a sa propre logique narrative, des deux côtés. Cependant, en prenant un peu de recul, on se demande vraiment : qu’est-ce qui motive les personnes qui prennent ces décisions ? Prenons un seul exemple : le plus grand cas de sabotage industriel de l’histoire de l’après-Seconde Guerre mondiale – l’attaque du gazoduc Nord Stream – n’est toujours pas résolu, quatre ans après qu’il se soit produit. Nous savons que ce n’est pas un accident, et cela démontre la nature interne du crime. Au mieux, il s’agissait d’éléments voyous en Ukraine (comme les Allemands tentent vaguement de l’établir), au pire, c’était le travail de l’OTAN (comme l’a affirmé Seymour Hersh). Mais il y a plus. Pourquoi la Suède et la Finlande ont-elles renoncé aux politiques de sécurité qui les ont préservées pendant des décennies et des siècles ? Pourquoi personne en Occident n’envisage-t-il un arrangement de compromis, c’est-à-dire accepter une Ukraine neutre pour éviter (ou mettre fin) à la guerre ? Pourquoi les États-Unis ont-ils déclenché une guerre contre l’Iran plutôt que de revenir au JCPOA qui avait déjà atteint l’objectif que l’Iran ne possède pas de bombes nucléaires ? La liste des politiques malavisées et contreproductives s’allonge encore et encore.

      Il me semble que ce n’est pas seulement une crise de l’Occident, mais aussi une crise du Réalisme (scolastique). Après tout, l’une des hypothèses fondamentales du Réalisme est que les actions des États sont guidées par l’intérêt national. Cela est particulièrement vrai pour les grandes puissances. Bien que le Réalisme ne prétende pas que les grands États n’infiltrent pas et n’abusent pas des petits pays par la coercition et les pots-de-vin, cela ne devrait pas être possible dans l’autre sens ou conduire à une logique circulaire dans laquelle soudainement la queue commence à remuer le chien.

      Oui, nous pourrions, à ce stade, nous aventurer soit dans des micro-discussions sur le développement politique de chaque cas, les décideurs, la dépendance de la trajectoire politique à chaque point, etc… Ou nous pouvons avoir une discussion sur la Grande Stratégie, la vision de Brzezinski du continent eurasien, diviser pour mieux régner, même sur la vision marxiste de la primauté de la structure économique sous-jacente à l’impérialisme, ou tous les autres objectifs primordiaux de l’empire que des analystes comme Brian Berletic soulignent à maintes reprises. Nous pourrions également aborder les facteurs psychologiques, les psychoses collectives, la capture des élites, le contrôle narratif ou les études sur la propagande. Ce sont tous des aspects importants et pertinents de ce qui se passe.

      Mais je préfère réfléchir à une question théorique qui m’irrite. L’hypothèse classique que beaucoup dans notre profession semblent partager est que le plus haut niveau dirigeant dans les relations internationales est l’État-nation. Puis-je demander : et s’il y avait un niveau encore plus élevé, qui se situe au-dessus de l’État-nation et fonctionne comme une force (partiellement) structurante derrière le comportement de masse ?

      Le Réalisme tend à imaginer le monde international comme un champ d’États séparés. Ils sont traités comme des unités, comme des boules de billard, interagissant les uns avec les autres dans un système international anarchique : ils coopèrent, rivalisent, forment des alliances, partent en guerre et poursuivent leurs intérêts. Plus important encore, malgré des différences de pouvoir évidentes, ils sont tous finalement égaux dans le sens où l’État reste le plus haut niveau d’analyse. Le réalisme (néo) classique ignore explicitement ce qui se passe à l’intérieur de la “boîte noire” de l’État, traitant les facteurs nationaux comme (largement) sans rapport avec le mouvement des États, qu’il considère en termes de différences de pouvoir et de concurrence sécuritaire. Mais il ferme également les yeux sur les méta-structures au-delà de celle de la distribution du pouvoir dans le système anarchique. Des questions telles que les « normes » ou les « valeurs » sortent carrément du cadre réaliste ; laissons cela aux constructivistes.

      Mais la discussion réaliste laisse également de côté les réflexions sur la qualité et les origines de l’interaction entre les États, en particulier les différents degrés d’intégration qu’ils peuvent expérimenter. Certains États ne sont pas seulement alliés les uns avec les autres. Ils sont si profondément intégrés qu’ils se comportent moins comme des corps séparés et plus comme des membres d’une équipe, même au détriment de ce que le Réalisme décrirait comme leurs intérêts fondamentaux.

      Pour donner du sens, et surtout pour recadrer le comportement des nations occidentales, je souhaite proposer le concept d’Occident Unitaire comme moyen d’aborder la dimension civilisationnelle du comportement occidental sur la scène internationale.

      L’Occident unitaire

      Ce que j’entends par l’Occident unitaire n’est pas identique à « l’Occident politique » de Richard Sakwa, ni à ce qui est souvent qualifié en Russie et ailleurs « d’Occident collectif ».” C’est lié aux deux, mais pointe vers quelque chose de légèrement différent. L’Occident politique de Sakwa, développé entre autres dans son étude Russia Against the Rest, décrit un bloc institutionnel et idéationnel, l’ordre euro-atlantique, construit autour de l’OTAN et de l’UE, qui se présente comme le point final universel de l’histoire. L’argument de Sakwa est carrément géopolitique, préoccupé par la prétention de l’Occident à incarner un ordre universel.1 Il en va de même pour le terme « Occident collectif », que beaucoup dans la blogosphère internationale utilisent pour décrire une structure d’opposition des institutions occidentales confrontées à un ordre multipolaire. En d’autres termes, les deux termes désignent un bloc politique. Avec l’Occident unitaire, je veux plutôt désigner un corps politique civilisationnel réparti entre plusieurs États, nations, sociétés, institutions et époques. Pas un seul pays, un empire ou une fédération formelle, mais une formation ayant historiquement évoluée et composée de différents organes politiques qui fonctionnent ensemble, se coordonnent les uns avec les autres et reproduisent un projet civilisationnel commun à travers les générations. Une entité semblable à un organisme.

      Cela peut sembler inhabituel, mais écoutez plutôt.

      L’étude des relations internationales évitait généralement les métaphores biologiques pour de bonnes raisons, elles ont une histoire assez sombre attachée. La sociologie du XIXe siècle d’Herbert Spencer traitait la société elle-même comme un organisme en croissance, se différenciant en parties spécialisées de la même manière qu’un embryon se différencie en organes, bien que Spencer ait pris soin d’insister sur le fait que l’analogie ne montrait qu’un parallèle entre la croissance sociale et biologique, pas une identité littérale entre les deux.2 Sa prudence n’a pas survécu longtemps. La théorie organique de l’État de Friedrich Ratzel et la description explicite de l’État par Rudolf Kjellén en tant que « Lebensform », une forme vivante unissant territoire et peuple, ont traité la croissance et l’expansion de l’État comme littéralement biologiques, une question de survie et de “Lebensraum” plutôt qu’une métaphore.3 Ce littéralisme a ensuite été absorbé, sous une forme déformée et beaucoup plus dangereuse, dans la géopolitique nazie sous Karl Haushofer. C’est pourquoi la discipline a depuis traité le langage biologique sur les États et les civilisations comme étant radioactif.4

      Je veux être très clair sur le fait que je ne ravive pas cette lignée. Une métaphore biologique prudente n’implique pas nécessairement un déterminisme biologique. Je ne prétends pas que les civilisations sont littéralement des organismes, ni que le comportement politique est génétiquement fixé. Je propose plutôt que certaines formations politiques puissent être mieux comprises à travers des concepts tels que les corps, les organes, les membranes, les systèmes nerveux, le métabolisme, les réactions immunitaires et la reproduction qu’à travers le langage des seules unités souveraines. La métaphore, en d’autres termes, appartient à la même famille que le récit de Talcott Parsons sur la société en tant que système de sous-systèmes interdépendants remplissant des fonctions distinctes pour l’ensemble, ou l’utilisation par Niklas Luhmann du concept biologique d’autopoïèse, d’auto-reproduction, pour décrire comment les sous-systèmes sociétaux modernes maintiennent leurs propres limites contre un environnement complexe.5 Les deux empruntent le vocabulaire biologique comme outil d’analyse, et c’est dans cette entreprise (pas celle de Ratzel ou de Spengler) que je veux placer l’argument qui suit.

      Le « corps politique » lui-même, en fait, est une figure beaucoup plus ancienne que tout cela : Jean de Salisbury a décrit le Commonwealth médiéval comme un corps avec le prince à sa tête et la paysannerie à ses pieds, et Ernst Kantorowicz a retracé comment la même figure permettait aux Européens médiévaux et modernes de distinguer le corps mortel du roi du corps immortel du royaume qu’il incarnait.6 Naturellement, le Léviathan de Thomas Hobbes vient également à l’esprit, bien qu’il ait été formulé (et dessiné) dans un contexte politique national différent.

      Ce que je propose est une variante de cette vieille habitude de pensée, redirigée pour capturer l’idée d’une civilisation entière plutôt que d’un seul royaume. L’Occident unitaire est donc une façon de nommer le comportement collaboratif d’une cinquantaine d’États, principalement les États colonisateurs européens et leurs descendants, au cours des cinq ou six cents dernières années.

      L’État : pas sa propre unité

      Si nous partons de l’hypothèse que les États-nations sont intrinsèquement séparés, il est naturel de s’interroger sur l’influence d’une unité sur une autre, car nous observons clairement différents types d’interaction mutuelle. Ainsi, lorsqu’une unité semble exercer une influence sur une autre, nous sommes tentés de demander qui contrôle qui. Dans sa version la plus grossière, la question devient, par exemple : les États-Unis contrôlent-ils Israël, ou Israël contrôle-t-il les États-Unis ? Washington dirige-t-elle l’Europe ou est-ce l’Europe qui suit volontairement Washington ? Les États de l’OTAN sont-ils des acteurs souverains ou sont-ils subordonnés à un empire américain ?

      Ces questions ne sont pas dénuées de sens, mais quelque chose me dit qu’elles sont mal cadrées. Si l’on examine les nombreuses façons dont ces entités interagissent, non seulement par le biais de traités, mais également par l’intégration sociale du commerce, la libre circulation des personnes et, en particulier, le brassage des élites, on trouve toute une communauté épistémique qui construit une coordination politique volontaire à travers un discours et des systèmes de croyances sur la “valeur partagée” dans lesquels la Russie est une “menace”, la Chine est un “challenger”, Israël est une “victime”, etc. Nel Bonilla a beaucoup travaillé sur cette question (sur ma chaîne ici, ici et ici).

      Alors, que se passe-t-il si nous cessons de considérer certains de ces acteurs comme extérieurs les uns aux autres comme le suppose le modèle centré sur l’État-nation ? Peut-être que l’intégration est si profonde que la façon la plus appropriée de la voir est à travers autre chose, comme l’anatomie.

      Dans ce cas, la question américano-israélienne revient à se demander si le cœur dirige le cerveau ou si c’est le cerveau qui dirige le cœur. Ce sont des organes différents mais tous deux nécessaires pour que l’ensemble continue. Ils ont différentes fonctions, différentes capacités et différents types d’influence. Ils peuvent même entrer en tension. Mais ils font toujours partie de la même formation systémique, se maintenant mutuellement en fonction. C’est une affirmation différente de l’argument bien connu d’Alexander Wendt selon lequel les États peuvent être traités comme des “personnes” individuelles avec des intérêts et des identités constitués par l’interaction sociale.7 Wendt personnifie l’État comme un seul acteur face à d’autres acteurs ; mon argument est plus proche de l’inverse : dépersonnaliser un ensemble d’acteurs que les Relations Internationales traitent comme étant séparés, et se demander si certains d’entre eux sont mieux modélisés en étant imaginés comme des parties d’un même organisme plutôt que comme des personnes en dialogue les unes avec les autres.

      L’Occident unitaire en tant que corps politique

      En ce sens, je propose que l’Occident unitaire soit considéré comme un corps politique civilisationnel. Ses composantes comprennent les États, les armées, les agences de renseignement, les systèmes médiatiques, les institutions financières, les universités, les régimes juridiques, les groupes de réflexion, les entreprises, les ONG, les réseaux philanthropiques, les traditions idéologiques et les institutions religieuses. Bien entendu, ces composants ne sont pas commandés de manière centralisée. L’Occident unitaire n’a pas besoin d’un gouvernement mondial ou d’un plan directeur caché. Son unité est « organique » en ce sens qu’il s’agit d’une forme sociologiquement explicable d’interaction et d’intégration, naturellement développée sur une longue période.

      Un organisme ne fonctionne pas parce que chaque cellule reçoit des ordres directs du cerveau. Une grande partie de son comportement émerge de modèles intériorisés, de boucles de rétroaction, d’homéostasie, d’adaptation environnementale et, bien sûr, d’un code génétique partagé. Quelque chose de similaire peut se retrouver dans les formations civilisationnelles profondément intégrées. Elles n’ont pas besoin d’une coordination explicite constante pour avancer dans des directions globalement similaires. Leurs parties ont été socialisées dans le même projet historique et non téléologique. Elles partagent des hypothèses, des hiérarchies morales, des perceptions de la menace, des habitudes institutionnelles et des récits de légitimité qui fonctionnent comme des mécanismes de coordination [inconscients donc automatiques, NdT].

      Cela permet d’expliquer pourquoi certains États et sociétés convergent la plupart du temps vers les mêmes projets stratégiques, même en cas de désaccord entre eux. L’Occident unique a traversé des guerres internes, des rivalités et des crises. La Grande-Bretagne a combattu l’Allemagne. La France s’est heurtée à la Grande-Bretagne. Les États-Unis ont remplacé les anciens empires européens. Pourtant, ces conflits n’ont pas effacé la continuité civilisationnelle plus profonde de l’expansionnisme occidental, de la domination coloniale, de la hiérarchie raciale, de l’intégration capitaliste et de l’ordre géopolitique.
      Le corps se battait avec lui-même, mais il restait un corps.

      Organes, fonctions et pouvoir distribué

      Une approche biologique nous permet également de penser différemment le pouvoir. Dans l’analyse réaliste classique, le pouvoir est souvent imaginé verticalement : un acteur commande, un autre obéit. Mais dans un corps, le pouvoir est distribué fonctionnellement. Différents organes font des choses différentes. Certains font circuler des ressources. Certains produisent de la cognition. Certains fournissent une force coercitive. Certains filtrent les toxines. Certains reproduisent l’identité. Certains identifient des menaces. Parsons se réfère à cela comme les exigences fonctionnelles de tout système social, l’adaptation, la réalisation des objectifs, l’intégration et la maintenance des modèles, chacune gérée par un sous-système différent afin que l’ensemble survive.8

      Dans l’Occident unitaire, les États-Unis peuvent fonctionner comme l’organe militaire et stratégique central. La Grande-Bretagne fonctionne souvent comme un organe diplomatique, de renseignement et narratif (propagande). L’Union européenne peut fonctionner comme un organe réglementaire et économique. L’OTAN fonctionne comme un système nerveux militaire, dans un sens proche de celui que Karl Deutsch a donné à cette expression : un réseau de collecte, de transmission et d’action sur l’information dans des conditions de stress—un système intégré de communication et de contrôle.9 Israël fonctionne comme un organe frontière, un terrain d’essai et une expression condensée de la logique coloniale au Moyen-Orient. Les grandes institutions médiatiques fonctionnent comme des systèmes sensoriels et narratifs. Les universités et les groupes de réflexion fonctionnent comme des organes cognitifs et légitimant. Les institutions financières assurent, bien sûr, la circulation de l’argent. Les institutions juridiques définissent ce que le corps reconnaît comme ordre, règles et légitimité.

      Cela ne signifie pas que les organes sont toujours d’accord entre eux. Ils peuvent se disputer des ressources, mal fonctionner ou envoyer des signaux contradictoires ; ils peuvent même endommager le corps auquel ils appartiennent. Mais ils restent liés par une structure d’interdépendance plus profonde, c’est pourquoi la recherche d’un centre de contrôle unique échoue si souvent. L’Occident unitaire n’opère généralement pas par conspiration ou commandement. Il fonctionne par intégration, sa puissance résidant dans le fait que ses organes agissent souvent de concert sans qu’on ait besoin de leur dire quoi faire.

      J’ai déjà soutenu quelque chose de structurellement similaire, dans le registre théorique des grands systèmes plutôt que dans le registre biologique : avec Andreas Nishikawa-Pacher, nous avons décrit comment la neutralité permanente aide le système diplomatique à rester stable face à un environnement complexe ; une réalisation, avons-nous écrit, « que seul un système autonome peut atteindre, c’est à dire un système qui produit des mécanismes internes pour maintenir son état interne relativement constant ».10 L’Occident unitaire est l’image miroir de cet argument : un cas dans lequel un groupe d’acteurs produit des mécanismes internes qui maintiennent leur comportement collectif constant grâce à une intégration mutuelle.
      La Membrane : ce qui est inclus et ce qui est exclu

      Un élément essentiel de cette métaphore concerne qui participe au corps politique civilisationnel est qui n’y participe pas et pourquoi. Nous pouvons appeler cela le problème de la membrane. Chaque organisme doit faire la distinction entre soi et non-soi. Il doit savoir ce qui appartient au corps et ce qui semble étranger, dangereux ou contaminant. Celui de l’Occident, on peut supposer, a aussi une telle membrane. La théorie des systèmes de Luhmann repose également sur cette distinction. Il soutient qu’un système auto-reproducteur le fait à travers des opérations de communication sélectives, se différenciant continuellement de son environnement, décidant de ce qui compte comme communication interne et de ce qui est externe.11

      Cette membrane n’est probablement ni fixée dans le temps ni clairement localisable au sens géographique. Le Japon, par exemple, ne fait pas historiquement partie du noyau civilisationnel occidental, mais il a été partiellement incorporé dans l’architecture de sécurité occidentale. L’Europe de l’Est a été progressivement absorbée dans le corps occidental par l’expansion de l’OTAN et de l’UE. Israël est géographiquement situé au Proche-Orient mais fonctionne comme un organe intime de l’Occident unitaire. Pendant ce temps, la Russie, la Chine, l’Iran et une grande partie du monde arabe et islamique sont souvent considérés comme des Autres importants.

      Par conséquent, il semble que la membrane se créé autour de lignes politiques, idéologiques et stratégiques. Elle définit qui peut être intégré, qui doit être discipliné, qui peut être toléré et qui doit être confronté, à l’extérieur et à l’intérieur. Considérez les récentes sanctions contre des citoyens de l’Occident unitaire : l’UE a sanctionné l’analyste militaire suisse Jacques Baud, la militante suisse-camerounaise Nathalie Yamb et le journaliste allemand Hüseyin Doğru en gelant leurs compte bancaire et en leur interdisant de voyager, officiellement sous son régime de sanctions contre les « menaces hybrides » russes et la manipulation de l’information, même si au moins l’un des trois, Doğru, a un profil public principalement basé sur des reportages sur Gaza plutôt que sur la Russie.12 Quoi que l’on fasse des preuves sous-jacentes, ce que plusieurs des parties sanctionnées et des juristes extérieurs ont publiquement contesté, le mécanisme lui-même est une illustration utile d’un système immunitaire à l’œuvre : un organisme disciplinant ses propres cellules pour un comportement qu’il classe non pas comme illégal (ce que ces gens ont fait est explicitement autorisé par les règles que l’Occident se donne) mais comme une contamination venant de l’extérieur, utilisant le même appareil institutionnel et juridique qu’il dirige également, dans différents registres, contre des acteurs entièrement extérieurs (les sanctions sont des outils de politique étrangère).13

      Au niveau international, cela permet d’expliquer pourquoi certains États peuvent commettre des violences extraordinaires et rester malgré cela à l’intérieur du corps moral de l’Occident unitaire, tandis que d’autres sont traités comme des menaces permanentes même lorsque leur conduite est clairement peu destructrice. Considérez la disparité d’échelle entre la guerre de Gaza et la guerre en Ukraine. Selon l’estimation comparative la plus minutieuse disponible, le Projet sur les coûts de la guerre de l’Université Brown a révélé (très, très prudemment) que les civils représentaient environ quatre-vingts pour cent des décès à Gaza, qu’ils cumulent à moins de 10% pour la guerre Russo-ukrainienne, qui est restée, comparativement, une guerre entre forces armées.14 Les chiffres des deux côtés sont constamment contestés et révisés, et doivent être traités avec la prudence que mérite tout décompte des pertes en temps de guerre. Mais même en tenant compte de cette incertitude, l’ampleur de la mort de civils à Gaza n’est pas sérieusement contestée, et elle n’a entrainé aucune sanction, ni isolement diplomatique ou saisies financières que l’invasion russe a provoqué. L’Occident unitaire reconnaît la violence d’Israël comme étant tolérable mais celle de la Russie comme inacceptable.

      La distinction ne se base donc pas principalement sur des règles universelles, mais sur l’appartenance au corps. Ceux à l’intérieur du corps sont interprétés en utilisant le langage de la sécurité, de la tragédie, de la démocratie, de la complexité ou de la nécessité. Ceux qui en sont extérieurs sont interprétés en utilisant le langage de l’agression, de la barbarie, du terrorisme, de l’autoritarisme ou de l’irrationalité. Par conséquent, beaucoup critiquent l’Occident pour son « hypocrisie ». C’est simplement le résultat d’un système intégrant/rejetant. Cela fait partie de la façon dont l’Occident unitaire, en tant que corps politique civilisationnel, traite le soi et le non-soi. L’hypocrisie est le résultat de la membrane en action.

      L’Occident unitaire et ses Autres significatifs

      L’Occident unitaire se définit en se confrontant à d’Autres significatifs. La Russie, la Chine, l’Iran et le monde arabe sont des concurrents géopolitiques en partie parce qu’ils sont traités comme des étrangers civilisationnels. Ils peuvent commercer avec l’Occident unitaire, négocier avec lui, étudier dans ses universités ou adopter certaines de ses institutions. Certains, à un niveau individuel, pourraient même être parfaitement intégrés dans l’Occident unique. Il suffit de penser à la récente réunion de haut niveau entre le Secrétaire américain à la Marine par intérim, Hung Cao, un fonctionnaire américain d’origine (Sud) vietnamienne, et le président vietnamien, To Lam. Rien n’empêche des individus de faire partie du tissu de l’Occident unitaire.

      Mais sur le plan politique, les Autres significatifs ne sont pas reconnus comme faisant partie du même corps politique civilisationnel. C’est ce qui façonne les limites de l’empathie et de l’intégration. L’Occident unitaire peut être en désaccord avec la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, Israël ou les États-Unis sans les rejeter hors du corps. Même quelque chose d’aussi dramatique qu’une guerre mondiale n’a conduit qu’à une reconfiguration interne du corps politique, de qui fait quoi pour le système. Mais pas à une rupture civilisationnelle. Au contraire, ce sont des alliés de la Seconde Guerre mondiale qui ont fini par devenir des rivaux de la Guerre froide, tandis que les anciens ennemis d’Europe et d’Asie ont été intégrés dans le projet occidental.

      Les conflits avec la Russie, la Chine, l’Iran ou les mouvements de résistance palestiniens sont traités différemment, encadrés comme des confrontations avec l’extérieur : avec le barbare, l’autoritaire, le terroriste, l’Asiatique, l’irrationnel ou le menaçant.

      Cela ne signifie pas que l’Occident unitaire est incapable de coopérer tactiquement avec des étrangers. Les organismes interagissent constamment avec leur environnement. Ils consomment, échangent, s’adaptent et négocient. Mais interaction ne veut pas dire intégration. La question clé est de savoir si un acteur est reconnu comme faisant partie du corps ou comme faisant partie de l’environnement par rapport auquel le corps se définit.
      Le projet colonial

      Tel que je le vois actuellement, l’Occident unitaire est le produit d’un processus historique long de cinq à six cents ans, enraciné dans l’expansion de l’Europe occidentale, le colonialisme transatlantique, le colonialisme de peuplement, l’esclavage, la concurrence impériale, la création capitaliste du monde et la construction progressive d’une hiérarchie mondiale centrée sur l’Europe et ses ramifications.

      L’expansion vers l’ouest du monde anglo-européen, en Amérique du Nord, à travers le continent américain jusqu’au Pacifique, puis jusqu’à Hawaï faisait partie de ce mouvement civilisationnel. On peut en dire autant des projets impériaux espagnols, britanniques, Français, Néerlandais, Portugais et plus tard américains. Ces puissances se faisaient souvent concurrence, parfois âprement. Pourtant, leur compétition s’est déroulée dans le même cadre général : l’expansion vers l’extérieur du monde occidental et la subordination, l’absorption ou la destruction de ceux qui se trouvaient à l’extérieur.

      Un merveilleux exemple de l’ADN coopératif partagé au sein de la manifestation compétitive du colonialisme est les nombreuses façons dont la coopération entre colonisateurs a eu lieu, même pendant qu’ils se battaient pour le pouvoir dans leurs sphères. Prenons l’innovation de la “juridiction consulaire”, par exemple, qui était généralement accordée à toutes les sociétés commerciales et aux ressortissants étrangers des États colonisateurs (occidentaux), et pas seulement au colonisateur principal. C’était particulièrement important pour les Suisses. Ils n’avaient pas leurs propres colonies, mais leurs maisons de commerce opéraient partout dans le monde : partout où un colonisateur primaire était présent, les Suisses allaient faire du colonialisme de second rang, en s’appuyant sur l’État européen qui décidait et administrait la juridiction consulaire du pays colonisé.

      Par conséquent, je dirais que même si les empires européens s’affrontaient pour des colonies, la logique coloniale elle-même était partagée. L’Occident unitaire peut accueillir à la fois la rivalité interne et l’unité externe. C’est aussi pourquoi les États-Unis ont pu virer l’Espagne de Cuba et des Philippines et hériter des pratiques impériales européennes avec relativement peu de changement pour les colonisés sur le terrain. La guerre coloniale de la France au Vietnam a également été suivie par la guerre américaine au Vietnam qui était tout aussi brutale et qui était en grande partie la continuation du même processus sous-jacent. Bien que les détails diffèrent, les deux cas faisaient partie du mouvement du corps occidental contre le monde non occidental.

      L’Occident unitaire n’est donc pas réductible à l’OTAN, au transatlantisme ou à l’empire américain. Ce ne sont que des manifestations contemporaines d’un corps qui est beaucoup plus ancien.
      Gaza, la Russie et la Chine

      Examinons maintenant les circonstances actuelles. La guerre de Gaza, la confrontation avec la Russie et la volonté de confrontation avec la Chine sont souvent analysées comme des crises distinctes. Mais elles peuvent – et devraient probablement – être vues comme des expressions du même corps politique qui se défend, se développe et se reproduit.

      Comme déjà mentionné ci-dessus, à Gaza, la membrane morale de l’Occident unitaire devient visible. Israël n’est pas traité comme un acteur extérieur violant les normes de l’Occident ; il est traité comme faisant partie du propre corps de l’Occident, de sorte que sa violence est rationalisée, contextualisée et protégée. Les Palestiniens, en revanche, sont positionnés en dehors du corps moral. Leur souffrance peut être reconnue sentimentalement, mais leur action politique est pathologisée et non seulement rejetée, mais présentée comme étant le problème – le terrorisme.

      Dans la confrontation avec la Russie, la membrane fonctionne différemment. La Russie est européenne géographiquement et chrétienne pour une grande partie de son histoire, et profondément liée à la politique européenne, mais elle est toujours considérée comme non occidentale, asiatique, despotique et étrangère en terme civilisationnel, en grande partie à cause de la Russophobie politiquement fabriquée, dont j’ai parlé auparavant. Son exclusion est nécessaire à l’autodéfinition de l’Occident Unitaire, non par nécessité raciale ou géographique, mais en raison de la nature de la compréhension de soi de l’Occident unitaire. Ayant considéré la Russie comme Autre depuis au moins 250 ans, la distinction est devenue essentielle et ancrée, de sorte que même lorsque la Russie a voulu s’occidentaliser et même rejoindre l’OTAN, elle a été repoussée et jamais intégrée comme l’ont été les pays d’Europe de l’Est.

      La Chine occupe encore une autre position : la grande Autre civilisationnelle et économique dont l’ascension menace la hiérarchie mondiale produite par des siècles d’expansion occidentale. La poussée vers un conflit contre la Chine est due à la réaction de l’organisme à un centre rival de pouvoir ordonnateur mondial.

      Dans les trois cas, l’Occident unitaire se comporte comme un système intégré réagissant à des menaces perçues. Cela explique pourquoi les alliances entre États occidentaux sont souvent qualitativement différentes des partenariats entre États non occidentaux. Les relations entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, Israël, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et une grande partie de l’Europe sont – au sens décrit ci-dessus – organiques. En revanche, la coopération entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde, le Brésil ou les États arabes reste plus clairement interétatique, stratégique et contingente. Ces acteurs peuvent coopérer contre les pressions occidentales, mais ils ne forment pas nécessairement un seul corps politique comme l’est l’Occident.
      Conclusion

      La métaphore construite ici n’a pas pour but de naturaliser la politique, d’excuser la violence ou de prétendre que les civilisations ont des essences biologiques. L’Occident unitaire n’est ni une race, ni une catégorie génétique, ni une entité éternelle. Je le prends purement comme la métaphore d’un processus historique de formation sociale. Ça s’est passé ainsi mais ça peut changer.

      Vu de cette façon, plusieurs événements que l’étude des relations internationales traite généralement comme des problèmes distincts s’avèrent être motivés par un seul et même facteur. Savoir si Washington contrôle Tel Aviv ou Tel Aviv contrôle Washington, pourquoi les gouvernements européens continuent d’agir contre ce que tout calcul d’intérêt prédirait, pourquoi la même violence est appelée nécessité dans un cas et barbarie dans un autre : ce sont des manifestations d’une logique sous-jacente qui a une unité fondamentale différente de celle de l’État-nation. L’Occident unitaire est un corps civilisationnel qui se meut de manière synchronisée face à un Autre significatif situé à l’extérieur. La recherche d’un traité, d’une conspiration ou d’un plan directeur derrière la coordination occidentale est inutile, car un commandement central n’est pas le bon mécanisme explicatif.

      L’idée d’une membrane civilisationnelle fait un travail similaire pour la question des doubles standards. Le système immunitaire d’un organisme n’applique pas une règle différente à ses propres cellules et à un virus envahissant parce qu’il est confus quant au principe ; il le fait parce que soi et non-soi sont, par définition, des catégories différentes nécessitant des réponses différentes. Une fois que vous savez si un acteur est placé à l’intérieur ou à l’extérieur du corps, vous pouvez prédire avec une certaine confiance comment sa violence sera racontée, indépendamment de son échelle réelle. C’est un outil plus utile que de s’indigner de l’hypocrisie, car l’hypocrisie n’est pas une erreur dans le système. Elle constitue le système.

      Le même système explicatif aide également à interpréter les conflits internes par rapport aux conflits externes. Un différend commercial outre-Atlantique ou une dispute sur l’autonomie stratégique européenne sont des organes en compétition pour les ressources à l’intérieur d’un seul corps, et non le corps qui se déchire, de la même manière que la Grande-Bretagne et l’Allemagne se sont autrefois combattus jusqu’au sang sans cesser d’appartenir au même projet civilisationnel. Et parce que la membrane a été fabriquée plutôt qu’attribuée, elle n’est pas fixe. Le Japon et l’Europe de l’Est montrent que la frontière peut se déplacer vers l’extérieur. La rebuffade que subit la Russie depuis trois siècles, malgré ses tentatives récurrentes de rapprochement, montre que la proximité n’est pas une garantie d’adhésion.

      L’Occident unitaire est d’abord et avant tout un phénomène sociologique interprétant la façon dont un grand groupe de personnes sur la planète structure leurs affaires entre elles et en opposition aux autres. En ce sens, l’Europe qui se désindustrialise et se nuit à elle-même n’a pas beaucoup d’importance, car tout reste au service d’un projet plus vaste. L’Allemagne perd économiquement. Mais de quoi se soucie Friedrich Merz ? Il fait partie l’Occident unitaire et même si tout son État brûle, il aura un travail confortable quelque part chez BlackRock à New York. Tant que l’Occident unitaire prévaudra, son leadership aussi. C’est ainsi que le projet continue.

      Pascal Lottaz

      Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

      Notes

      1 ) Richard Sakwa, Russia Against the Rest : The Post-Cold War Crisis of World Order (Cambridge : Cambridge University Press, 2017). On the distinction between the “political West” and the wider international order it claims to embody, see Gerard Toal’s review, H-Diplo, May 2018. ↩
      2) Herbert Spencer, “The Social Organism,” Westminster Review, January 1860, later expanded in The Principles of Sociology(New York : D. Appleton, 1876–1896). ↩
      3) Friedrich Ratzel, Politische Geographie (Munich : Oldenbourg, 1897) ; Rudolf Kjellén, Staten som Lifsform (Stockholm : Hugo Gebers Förlag, 1916), translated as Der Staat als Lebensform (Leipzig : Hirzel, 1917). ↩
      4) On the absorption of Ratzel’s and Kjellén’s organicism into Nazi Geopolitik under Karl Haushofer, see Woodruff D. Smith, The Ideological Origins of Nazi Imperialism (New York : Oxford University Press, 1986). ↩
      5) Talcott Parsons, The Social System (Glencoe, IL : Free Press, 1951) ; Niklas Luhmann, Soziale Systeme : Grundriss einer allgemeinen Theorie (Frankfurt : Suhrkamp, 1984), translated as Social Systems (Stanford : Stanford University Press, 1995). ↩
      6) John of Salisbury, Policraticus (1159) ; Ernst Kantorowicz, The King’s Two Bodies : A Study in Mediaeval Political Theology(Princeton : Princeton University Press, 1957) ; see also Thomas Hobbes, Leviathan (London, 1651), whose frontispiece depicts the sovereign body as composed of the bodies of the multitude. ↩
      7) Alexander Wendt, Social Theory of International Politics (Cambridge : Cambridge University Press, 1999) ; Alexander Wendt, “The State as Person in International Theory,” Review of International Studies 30, no. 2 (2004) : 289–316. ↩
      8) Parsons, The Social System. ↩
      9) Karl W. Deutsch, The Nerves of Government : Models of Political Communication and Control (New York : Free Press, 1963). ↩
      10) Andreas Nishikawa-Pacher and Pascal Lottaz, “Permanent Neutrality : A Systems-Theoretical Interpretation,” Cooperation and Conflict, published online November 30, 2025, https://doi.org/10.1177/00108367251382785. ↩
      11) Luhmann, Social Systems. ↩
      12) Council of the European Union, press release, “Russian Hybrid Threats : Council Sanctions Twelve Individuals and Two Entities over Information Manipulation and Cyber-Attacks,” December 15, 2025 ; on Doğru’s listing under the same regime in May 2025, see “EU Strips Journalist Hüseyin Doğru of Livelihood over Pro-Palestine Reporting,” Bianet, 2025 ; on Yamb’s listing (April 2025), see reporting collected by the EU Sanctions Map, sanctionsmap.eu. ↩
      13) See European Parliament, Parliamentary Question E-000212/2026, “Supporting Evidence for Decision to Sanction Jacques Baud and Hüseyin Doğru,” 2026 ; and Bernhard Wegener, “The EU Sanctions against Jacques Baud and the Crisis of Freedom of Expression,” Verfassungsblog, 2026. ↩
      14) Neta C. Crawford, “The Human Toll in Gaza,” Costs of War Project, Brown University, October 2025. ↩

  • La recherche Google change de visage dès aujourd’hui, avec AI Overviews et AI Mode : voici comment ça marche
    https://www.clubic.com/actualite-622237-la-recherche-google-change-de-visage-des-aujourd-hui-avec-a

    Google déploie ce mercredi en France AI Overviews et AI Mode, deux ans après leur lancement mondial. Le géant américain détaille ces nouveautés propulsées par l’IA, qui font basculer la recherche en ligne dans une nouvelle ère, entre promesses aux utilisateurs et inquiétudes des éditeurs de presse.

    Voilà, c’est fini, vous pouvez cesser d’utiliser Google, et passer sur DuckDuckGo ou Qwant, pour avoir des résultats qui vous montrent une liste de sites, plutôt qu’une réponse de LLM.

  • Le président al-Charaa est opposé à la guerre contre le Hezbollah.....
    https://diaspora.psyco.fr/p/12541826

    Le président al-Charaa est opposé à la guerre contre le Hezbollah... pour le moment

    Veille Stratégique

    Le président syrien Ahmed al-Charaa n’est actuellement pas disposé à lancer une campagne militaire contre le Hezbollah au Liban, malgré les récentes déclarations du président américain Trump suggérant que Damas pourrait intervenir contre le groupe, a rapporté la chaîne de télévision publique israélienne Kan 11 le 16 juin.

    Une source syrienne a déclaré à la chaîne que Charaa craint qu’une action militaire directe contre le Hezbollah ne soit perçue dans le monde arabe comme servant les intérêts israéliens, ce qui pourrait potentiellement nuire à la légitimité régionale de la Syrie.

    La source a ajouté que Damas ne s’impliquera pas contre le Hezbollah tant que les forces israéliennes (…)

  • Uranium britannique pour l’Ukraine : le faux débat nucléaire qui ma...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12539676

    Uranium britannique pour l’Ukraine : le faux débat nucléaire qui masque la véritable escalade

    L’annonce britannique de fournir de l’uranium enrichi à l’Ukraine ne rapproche pas Kiev de l’arme nucléaire. En revanche, elle illustre une escalade occidentale continue qui éloigne toute négociation, rapproche l’Europe d’une rupture durable avec la Russie et condamne l’Ukraine.

    Georges Renard-Kuzmanovic

    L’annonce par le Premier ministre britannique Keir Starmer de la fourniture d’uranium enrichi à l’Ukraine a suscité une vague d’interrogations. Certains observateurs se demandent déjà si Londres ne serait pas en train d’ouvrir la voie à une future arme nucléaire ukrainienne. D’autres y voient une nouvelle étape dans l’implication occidentale dans le conflit. La première inquiétude est (…)

  • Carton rouge pour la FIFA – Par François Gerlotto
    https://diaspora.psyco.fr/p/12539720

    Carton rouge pour la FIFA – Par François Gerlotto

    Nous entrons, comme tous les quatre ans, dans une période festive pour la planète : la Coupe du monde de football, le « Mondial », va se dérouler du 11 juin au 19 juillet. Tout, pendant un mois et demi, va tourner autour du ballon rond, gé­niteur du plus grand événement mondial en termes d’écoute : les spectateurs, dans les stades, ou devant leur télévision seront cinq milliards, soit plus de 63 % des humains ! C’est que tous les pays (ou presque) font du football, que 48 nations ont été sélection­nées et y sont directement engagées : ce sport est de loin le plus populaire du monde.

    Il faut lui reconnaître des qualités uniques. Les règles sont simples et intuitives et tout le monde peut les comprendre : une équipe de 11 joueurs doit (…)

  • Rubrique complotisme ou non.. Pourquoi le #Mossad ...

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12542042

    Fabrice Ribère

    ... assassine-t-il discrètement des chercheurs iraniens en #IA ? La mort mystérieuse du Dr Ali #Ehsanian, un célèbre chercheur iranien en apprentissage machine, réseaux neuronaux distribués et communications sans fil de nouvelle génération en France, a suscité des soupçons dans son pays d’origine.

    Les médias iraniens affirment que « tous les éléments indiquent » la responsabilité du Mossad dans la mort d’Ehsanian, PressTV mettant en évidence les détails étranges de son cas et évoquant la sordide histoire d’ #Israël en matière d’ #assassinats de scientifiques iraniens.

    Ehsanian a été tué à Nice le 28 mars dans des « circonstances suspectes », mais la police française n’a pas confirmé l’ouverture d’une enquête pour homicide, les procureurs n’ont annoncé aucune accusation ni suspect, et les médias français ont été soumis à ce qui semble être un ordre de silence concernant les reportages sur sa mort.

    De nombreuses applications à double usage sous-tendaient les recherches d’Ehsanian, notamment la technologie améliorant la coordination des essaims de #drones, la guerre électronique, l’informatique de pointe et les communications sécurisées.

    La coalition #Epstein n’a pas caché ses efforts pour cibler les chercheurs travaillant dans ces domaines et d’autres.

    🔴 Début avril, la coalition a frappé l’Université de technologie Sharif - le principal pôle d’ingénierie de l’ #Iran - et ses centres d’IA et de calcul haute performance

    🔴 Des frappes ont également visé les laboratoires de physique et de simulation complexe de l’Université Shahid Beheshti, ainsi que les chercheurs de l’Université de technologie d’Ispahan

    🔴 Au moins 10 professeurs et 60 étudiants ont été confirmés morts à la mi-avril par le ministre iranien des Sciences

    🔴 Deux éminents jeunes chercheurs en IA, le Dr Majid TajenJari et le Dr Mohammad Reza Zakarian, ont été tués avec leur famille lors des attaques israéliennes du 20 juin 2025

    🔴 Les #meurtres suspects, les assassinats et les bombardements sont la marque de fabrique du Mossad, avec l’agence tuant jusqu’à 25 scientifiques du #nucléaire iraniens entre 2007 et 2026

    Bien que conçus sans aucun doute pour semer la peur dans le cœur de ses ennemis, la campagne du Mossad contre les chercheurs en IA signale en réalité les propres craintes des sionistes. Pourquoi ?

    🔴 L’Iran est l’un des cinq leaders mondiaux dans une multitude de technologies critiques

    🔴 Il se classe dans le top 12-14 mondial en matière de création de connaissances basée sur l’IA, et développe sa recherche, son informatique, ses plateformes nationales d’IA et même ses capacités en microélectronique

    🔴 Outre les applications militaires et de renseignement évidentes, les progrès de l’IA en Iran constituent également une menace indirecte et naissante pour les Big Tech américains et israéliens, dont la domination du marché mondial est minée par une poignée de concurrents, principalement la Chine

    🔴 Si l’Iran peut se joindre pleinement à la petite communauté de nations dotées d’une IA commerciale souveraine, il peut non seulement garantir sa propre sécurité, mais aussi offrir des alternatives aux autres nations cherchant à échapper à l’orbite technologique américano-israélienne

    #France #Iran #Israel

  • Trita Parsi: Iran War Ends Today? Threats of Deporting Trita Parsi
    via https://diaspora.psyco.fr/posts/12535355

    https://glenndiesen.substack.com/p/trita-parsi-iran-war-ends-today-threats

    https://www.youtube.com/watch?v=JuWnqnN3lpk


    2026-06-14 --- 55 min.

    Trita Parsi discusses the efforts to have him deported for criticising the #Iran War, and also comments on Pakistan’s Prime Minister arguing a peace agreement will be signed within the next 24 hours. Trita Parsi is the co-founder and Executive Vice President of the Quincy Institute for Responsible Statecraft.

    #États-Unis
    #Israel #Golfe
    #narrative #média

  • 14.06.2026 Abhängigkeit vom digitalen Assistenten
    https://diaspora.psyco.fr/p/12533305

    14.06.2026 Abhängigkeit vom digitalen Assistenten

    Entmündigung in Perfektion

    „Früher musste man alles selbst machen“, wird man sich in einigen Jahren sagen und im vollen Vertrauen auf seinen Chatbot verlassen. Während man heute z.B. zur Planung einer Reise mehrere Browser-Tabs öffnet, um Flugzeiten, Flugpreise, Hotels, Mietwagen, Restaurants, Foren über die jeweiligen Erfahrungen mit den Zimmern, der Lage und dem Essen zu erkunden, reicht dann die Aufforderung „Plane mir ein verlängertes Wochenende in Lissabon“ an den persönlichen Chatbot völlig aus. So soll die Welt nach dem jetzt gestarteten Umbau vom Chatbot zum digitalen Assistenten aussehen.

    Dieser Chatbot deines Vertrauens von Google, Open AI, AWS, ... weiß ja schon heute alles über dich, deine Vorlieben, deine NoGos, deine (…)

  • Anthropic Blocks Fable 5 and Mythos 5 Following U.S. National Secur...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12531405

    Anthropic Blocks Fable 5 and Mythos 5 Following U.S. National Security Directive

    Anthropic has disabled all access to its Fable 5 and Mythos 5 artificial intelligence models following a sudden export-control directive from the United States government. Issued at 5:21 PM ET on June 13, 2026, the directive cited pressing national security concerns and strictly prohibited any foreign national from accessing the models. This restriction extends beyond […]

    The post Anthropic Blocks Fable 5 and Mythos 5 Following U.S. National Security Directive appeared first on GBHackers Security | #1 Globally Trusted Cyber Security News Platform. posted by pod_feeder

  • Forms of life, forms of mind | Dr. Michael Levin | Trophic memory, ...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12533323

    Forms of life, forms of mind | Dr. Michael Levin | Trophic memory, deer, and a truly unique scientific object

    #biology #genetics #epigenetics #development

    Between the 1960’s and the 1990’s, a father-son team of Anthony B. Bubenik and George A. Bubenik made and explored a remarkable discovery. They studied deer antlers – huge structures which drop off every year and re-grow. This process is amazing in its own right, because it shows that large, adult mammals are capable of massive regeneration, growing bone, vasculature, innervation, and velvet (skin) at a rate of up to 1-1.5cm per day. Note that antlers are not horns, which are a much simpler structure and does not regenerate. This has massive implications for regenerative medicine and puts to bed the common idea that mammals simply (…)

  • Sahara, plus rien ne sert, tout est permis
    https://diaspora.psyco.fr/p/12531661

    Sahara, plus rien ne sert, tout est permis

    Joseba Santamaria

    Le meurtre de Lahbib Mohamed Abdelaziz et de deux membres de l’Armée sahraouie par la dictature marocaine n’est pas un hasard et coïncide avec l’arrivée de l’envoyé de l’ONU dans les territoires libérés.

    Le meurtre par drone de trois membres de l’Armée sahraouie par le Maroc, dont Lahbib Mohamed Abdelaziz, fils du fondateur du Front Polisario en 1976 et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) pendant 24 ans jusqu’à son décès, date à laquelle il a été remplacé par Brahim Ghali, attire à nouveau l’attention internationale sur le conflit et la guerre oubliée du peuple sahraoui.

    Un autre peuple abandonné à son sort depuis cinq décennies, après la trahison du gouvernement franquiste, dans ses derniers (…)

  • #OMG, Russian #propaganda is telling the #truth, and we’re all bein...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12535322

    #OMG, Russian #propaganda is telling the #truth, and we’re all being monitored by the #NSA.

    source: united24media.com/investigatio…

    The report, aired on the Russian state-owned Rossiya-1 television channel, alleges that companies including #Microsoft, #Apple, and #Google are operating in partnership with the US National #Security Agency (NSA) and the #FBI to compromise the #mobile devices of high-ranking government figures, ...

    Poor #Snowden is now stuck in #Russia for telling the #world the truth about the U.S. #surveillance program.

    #fsb #news #policestate #bigtech #propaganda #fnord #newspeack #whistleblower #cybersecurity #tracking #bigdata #bigbrother #orwell #spy #secretservice #intelligence #usa #worldorder #prtivacy #society #ethics #smartphone

  • Les technoprophètes

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12531767

    https://lebondosage.over-blog.fr/2026/06/les-technoprophetes.html

    Par Yann - 2026-06-08

    Alors que tous les capitalistes ont les yeux rivés sur la prochaine mise en bourse de la société d’Elon Musk SpaceX, il me semble opportun de prendre du recul et d’essayer de comprendre la dérive actuelle du capitalisme occidental et particulièrement américain. En effet, les valorisations délirantes de certaines entreprises en particulier sur le domaine de l’IA et des semi-conducteurs prennent des proportions bibliques. Alors il ne s’agit pas de dire que certaines de ces activités ne servent à rien, Nvidia par exemple est une entreprise qui produit beaucoup et qui est un leader dans son domaine. Mais la valorisation qu’elle atteint est devenue franchement ridicule par rapport à son chiffre d’affaires réel et à ses bénéfices.

    [...]

    Comme le notait très juste Jacques Ellul dans ses œuvres, le progrès technique est devenu de moins en moins prométhéen et de plus en plus marchand. Si la technique par les gains de productivité qu’elle produisait a fait augmenter fortement le niveau de vie moyen, ses effets sur la productivité du travail se sont fait de moins en moins sentir à partir de la fin des années 60. C’est à cette époque que nous sommes passé progressivement sans trop nous en rendre compte d’un capitalisme produisant réellement des progrès à un capitalisme produisant essentiellement des gadgets pour faire croître les chiffres d’affaires. Cela ne veut pas dire qu’aucun progrès n’a eu lieu depuis. L’efficacité énergétique a progressé, nos connaissances ont progressé en général, mais ce progrès a eu de moins en mois d’effets sur la hausse réelle du niveau de vie. La révolution informatique des années 80-2000 n’a d’ailleurs pas produit les gains de productivité qui était vendue à l’époque, loin de là même.

    [...]

  • Tous anxieux ! Nous avons détruit ce qui nous protégeait de la peur...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12531676

    Tous anxieux ! Nous avons détruit ce qui nous protégeait de la peur - Sébastien Bohler

    Par Carla Costantini

    Lien direct vers la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=KK2JZMasPms

    Docteur en neurosciences et fondateur de la revue Cerveau & Psycho, Sébastien Bohler signe avec « Pourquoi avons-nous peur ? » une plongée dans la plus ancienne de nos émotions. Son constat est sans appel : si nous étouffons sous l’angoisse, ce n’est pas une faiblesse personnelle, c’est le produit d’une société qui a démantelé tout ce qui nous protégeait de la peur, avant de nous vendre des remèdes frelatés.

    Un cerveau de proie dans un corps de prédateur

    Pourquoi convoquer les neurosciences pour décrypter nos crises sociales ? Parce que notre façon d’agir, de consommer, de voter, dépend de circuits (…)

  • 200 anciens diplomates canadiens exigent des sanctions internationa...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12531643

    200 anciens diplomates canadiens exigent des sanctions internationales fermes contre l’expansion de la colonisation israélienne

    Nous diffusons cet article paru sur le site Pressenza. La condamnation claire de la politique de colonisation menée par Israël devrait inspirer les politiciens européens .

    Dans une lettre adressée au premier ministre Mark Carney, près de 200 anciens diplomates canadiens expriment leurs vives préoccupations relatives à l’expansion de la colonisation israélienne en Cisjordanie et la persistance du conflit au Liban. Ils demandent à Ottawa de prendre des mesures pour contraindre Tel-Aviv à respecter le droit international.

    Nous vous écrivons aujourd’hui avec un sentiment d’urgence profond quant à la nécessité d’agir immédiatement, de concert avec nos (…)

  • SIONISME VS CHRÉTIENTÉ : LA RÉALITÉ SANS MASQUE

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12530385

    Mardi 9 juin 2026, le village historique de # Taybeh , habité depuis plus de 5 000 ans et dernier bastion 100 % chrétien de #Palestine, a été la cible d’incendies criminels par des colons sionistes. Ces derniers ont mis le feu aux champs et lancé des cocktails Molotov contre les maisons. Alors qu’ils tentent de faire passer le sionisme pour un ami des chrétiens, la réalité est qu’il s’agit de suprémacistes qui haïssent tous ceux qui ne sont pas comme eux et qui incendient leurs maisons chaque jour en Cisjordanie.

    Face à cette barbarie, Monseigneur Viganò tape du poing sur la table :

    « La brutalité d’ #Israël contre les #chrétiens de Taybeh — dernière communauté entièrement chrétienne en Palestine — démasque sans équivoque l’hostilité anticatholique des sionistes. Elle dément toute prétention d’alliance ou de sympathie du #sionisme envers la #chrétienté. Il laisse atterré et dégoûté le servilisme des prétendus « sionistes chrétiens », prêts à dissimuler le massacre de leurs propres frères pour ne pas interrompre les relations religieuses, politiques et économiques avec leurs bourreaux. »

    Cette agression en #Cisjordanie ne fait que confirmer ce qui est évident depuis longtemps. Soutien total à nos frères d’Orient. ✝️🇵🇸

    ⚠️ Pour en savoir plus, l’article de Monseigneur Vigano ici « « La brutalité d’Israël envers les chrétiens de Taybeh — la dernière communauté entièrement chrétienne de Palestine — révèle sans équivoque l’hostilité antichrétienne des sionistes. »

    👉 https://www.signofthecrossmedia.com/news/lebanon-bishops-refuse-to-abandon-historic-city-of-tyre-after-i

  • Emmanuel Todd – Front Nord, Front Sud : le point sur la Troisième Guerre mondiale

    https://diaspora.psyco.fr/p/12532040

    https://www.youtube.com/watch?v=lC5jJtw5Baw


    2026-06-11 — 1,5 h

    par Fréquence Populaire Média

    Alors que les regards restent tournés vers l’Ukraine, le Moyen-Orient et les tensions internationales, Emmanuel Todd estime que nous sommes en réalité confrontés à des transformations beaucoup plus profondes que les seuls événements du moment.

    Dans ce nouvel entretien animé par Diane Lagrange et enregistré le 10 juin 2026, l’historien, anthropologue et démographe revient d’abord sur son nouveau projet intellectuel. Après plusieurs décennies consacrées à l’étude des structures familiales et à leur influence sur les systèmes politiques, religieux et sociaux, Emmanuel Todd explique pourquoi il réévalue aujourd’hui certains aspects de son travail et pourquoi il redécouvre l’intérêt du matérialisme historique de Marx et Engels pour comprendre les grandes évolutions de l’humanité.

    Mais très vite, la discussion bascule vers les grands foyers de tension contemporains.

    #Ukraine, #Russie, #UE / #EU Union européenne, #OTAN, #Iran, #États-Unis, #Allemagne, #démographie, #crise économique, #retraites, #immigration, vieillissement des sociétés occidentales, #désindustrialisation, #souveraineté énergétique, #déclin européen… aucun sujet n’est évité.

    Pour Emmanuel Todd, les événements que nous observons ne peuvent être compris qu’en prenant du recul sur les dynamiques historiques longues. Il analyse la guerre en Ukraine comme l’expression d’un affrontement plus vaste entre un #Occident en difficulté et des puissances émergentes qui raisonnent désormais sur plusieurs décennies.

    L’entretien aborde également le rôle croissant de l’Allemagne dans le financement de l’effort de guerre européen, les conséquences de la crise énergétique mondiale, l’évolution de la stratégie russe, le rapprochement entre Moscou, Téhéran et Pékin, ainsi que les risques que ferait peser une poursuite de l’escalade sur l’ensemble du continent européen.

    La situation de l’Iran fait l’objet d’une analyse particulièrement approfondie. Emmanuel Todd revient sur la transformation spectaculaire de la société iranienne, son niveau de formation scientifique, sa capacité de résistance face aux sanctions et aux conflits, ainsi que sur la chute extrêmement rapide de sa fécondité qui rapproche désormais le pays des standards démographiques des sociétés les plus développées.

    La France occupe également une place centrale dans la discussion.

    À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Emmanuel Todd s’interroge sur la capacité du système politique français à répondre aux défis réels du pays. Il revient longuement sur le vieillissement accéléré de la population, la crise des retraites, l’effondrement de la fécondité, les difficultés d’assimilation, la dépendance économique croissante du pays et les limites du débat politique actuel.

    L’entretien se conclut sur une réflexion plus large concernant l’avenir de l’Europe, le déclin démographique mondial, l’évolution des rapports de puissance et les conséquences possibles des choix politiques effectués aujourd’hui.

  • Pas besoin de bombarder l’Europe
    https://diaspora.psyco.fr/p/12525296

    Pas besoin de bombarder l’Europe

    Par English Outsider – Source Moon of Alabama

    Tant de bêtises sont dites en ce moment. Désolé, Messieurs, (les Dames, heureusement, sont immunisées) mais il y en a beaucoup que je lis sur ce site aussi.

    Je suppose qu’une bonne moitié ici sont des fans de Ritter qui dit : Laissons dévaster l’Europe. Bombardez-la en enfer. Ne laissons plus d’idiots dans le coin.

    Sur le site de Martyanov, j’ai vu la vidéo de Ritter délivrant ce message en Russie. À la conférence de Saint-Pétersbourg. Ritter a-t-il perdu la tête ? J’ai écrit pour répondre à Larch sur ce sujet. Beaucoup de commentateurs de Moon of Alabama connaissent Larch parce qu’il est une mine d’informations sur les tenants et aboutissants de la guerre ukrainienne depuis 2014. Un super mec.

    Larch (…)

  • Jean Ziegler ou le refus de la fatalité

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12526976

    https://www.fpop.media/jean-ziegler-ou-le-refus-de-la-fatalite — 2026-06-10

    Jean Ziegler s’est éteint ce 10 juin 2026, à Genève, à l’âge de 92 ans. Avec lui disparaît l’une des voix les plus engagées de la gauche européenne, un sociologue qui n’aura cessé de faire réagir tout en devenant une sorte de conscience itinérante des damnés de la terre.

    Julien Chassereau

    « Je suis pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté. »
    Antonio Gramsci, Lettres de prison, 1929

    Figure intellectuelle et politique majeure de la gauche suisse, Jean Ziegler est mort le 10 juin 2026, à Genève, à l’âge de quatre-vingt-douze ans, emporté par la maladie de Parkinson. Sa disparition pose une question qui dépasse de loin sa personne, celle de savoir ce qu’une discipline comme la sociologie peut et doit faire de la misère qu’elle décrit.

    [...]