• J’ai envie d’avoir un enfant, en vrai. Mais c’est les autres qui m’en empêchent. Familles, collègues, entourage proche, medias, passants.
    J’ai pas envie de que mon gamin ait une dînette et une robe de princesse, parce qu’elle a une nénette ou un chapeau de cow-boy et un arc parce qu’il a un zizi. J’ai pas envie qu’on lui demande si ça va avec sa copine, et pas avec son copain, qu’on lui dise « tu verras quand t’auras des enfants à ton tour », de pas sortir avec cette jupe, ou ce maquillage « de pute ». Qu’il ou elle comprend rien à la politique des grands, que « c’est comme ça ». J’ai pas envie qu’on lui fasse manger du poulet aux hormones, qu’on lui achète un poisson rouge et qu’on lui fasse avaler du colin d’Alaska, qu’on lui dise que ça lui va pas ce qu’elle porte, qu’elle devrait mettre des choses qui lui vont, qui la mette en valeur. Qu’elle a des petits nénés, ou des grosses fesses. Qu’il doit pas pleurer, pleurer c’est pour les filles. Qu’il faut qu’il soit un homme et qu’il protège sa gonzesse. Et quand est-ce qu’elle aura des enfants ? Et le mariage ? Et que c’est une salope d’avoir trompée son mec, et qu’il est bobo parce que la guerre ça le fait pleurer ou qu’il veut plus manger de viande. Que les flexi machin les bi trucs, les pans chose, c’est encore une mode, que les gesn savent plus quoi inventer. De faire attention à qui elle parle. De respecter sa mère, qu’elle a pas l’instinct maternel et puis c’est tout.

    C’est à cause de ça que je veux pas de gamin. Ou plutôt que je veux un gamin, mais que je veux le garder enfermé dans une petite boîte, protégée de tout ce qui fait que j’ai plus trop envie de montrer cette vie à qui que ce soit en disant « mais si tu vas voir ça va être chouette ». Faire des gamins, c’est devenu égoïste, parce que moi, je suis contente d’être là, mais encore plus emmerdée par tout ça. Et que je veux pas avoir la responsabilité d’un petit machin qui n’a rien demandé et qui va devoir tout affronter, se sentir démuni sans arrêt, obligé de faire ce qu’on lui dit de faire, avec l’illusion rassurante d’avoir encore un peu de liberté, au moins de penser. Mais en fait, non, parce que qui dit que j’ai vraiment envie de ce gamin ? Qui dit que c’est pas parce que j’ai passé le quart de siècle, que je suis en couple depuis longtemps, et que je suis une femme que j’ai tout à fait intégrer mon rôle ici bas ? Qui dit que je saurais distinguer la part d’inné et la part de pression sociale ? Personne. Je sais même pas qui je suis. Je suis pourrie par l’extérieur, par des idées qui se diffusent et s’infusent et nous enlèvent nos identités.
    Sans l’amour, je crois que je détesterais tout bêtement cette vie. J’aurais pas le courage de me lever, de discuter, de rigoler. Parce que ça sous-entend trop de concessions et que j’ai du mal à me regarder dans le miroir.
    Alors, non, infliger ça un être vivant qui n’avait rien demandé, partant du principe que j’ai quelque chose à lui apporter et une trace à laisser sur cette planète, tu vois, ça me fait chier. Et pourtant ça me sauverait.

  • Je reviens avec un papier que j’ai vu apparaître sur la page Facebook de Courrier International. L’auteure est Emily Harris, je ne l’avais absolument jamais lue, et je n’ai plus vraiment envie. Le papier est en anglais, mais le propos est simple : « le féminisme est mort » du fait de la « légèreté » des combats considérés aujourd’hui comme féministes. On y compare une Dame de Fer et la Reine avec les collectifs ayant fait bannir l’affiche #Beachready. On y dit qu’on aimerait continuer à porter du maquillage et des talons. L’auteure est donc #antiféministe à souhait, et ne comprend pas grand chose à ce qu’elle critique (le passage dans lequel elle critique Emma Wtason qui se préoccupe trop du regard des garçons, est simplement une négation du patriarcat).
    Voici le lien : http://bit.ly/1PCbMvM

    • Traduction (un peu bancale à certains moments) pour les non-anglophones :
      Le féminisme est fini, la bataille est gagnée. Il est temps d’avancer.
      Alors qu’il devrait se réjouir de ses victoires passées, le féminisme s’abaisse aujourd’hui à vainement attirer l’attention.
      Par Emily Hill

      Il serait tentant de croire, d’après les journaux ces temps-ci, que les femmes n’ont jamais été aussi oppressées qu’aujourd’hui. De l’éditorialiste Caitlin Moran à la comédienne Bridget Christie, un nouveau sermon est prêché : nous sommes les victimes, de la guerre des sexes, pas les gagnantes. Les féministes scandent que nous sommes réifiées par les sifflements des hommes dans la rue, que le flirt d’un inconnu est pareil à une agression sexuelle. Soudainement, alors même que nous les femmes semblions avoir tout obtenu, une nouvelle vague de féministes a commencé à nous décrire comme faibles d’esprit – incapables de supporter un mauvais rendez-vous, ou de négocier seule son augmentation de salaire.
      Encore pire, elles abandonnent ce qu’il y avait de mieux dans la tradition féministe (ou le féminisme traditionnel) : la solidarité entre sœurs (sisterhood) et la liberté de chaque femme de faire ce qu’elle veut comme bon lui semble. Le féminisme 4.0 consiste en des attaques inopinées, parfois envers d’autres femmes, sur des causes aussi cruciales que, hum [sic], l’épilation du maillot, le fait de porter ou pas des escarpins et la page 3 du Sun (page style « Playboy » avec des filles très proches du standard de beauté blanche – gros seins – taille fine du magazine tabloïd the Sun). Moran écrit que c’est la maternité qui fait qu’une « petite fille devient femme » (ce qui a provoqué quelques grognements irrésistibles dans l’assistance féminine au bureau) et que le féminisme triomphera quand « une actrice nominée aux Oscars ira chercher son prix dans des chaussures qui ne la tuent pas de douleur ». La révolution sera télévisée, avec « Nicole Kidman en tongs ».
      Eh bien, si c’est ça le féminisme, alors le féminisme est mort, et la trivialité des combats que ces féministes défendent est la preuve évidente de son décès. Ce qui a débuté par une croisade sincère contre un préjudice réel est devenu une vaine tentative pour attirer l’attention.
      Je suis née en 1983, et ai eu la chance de grandir dans un pays où il était (aveuglément) évident que les femmes étaient au pouvoir : une reine sur le trône et une au 10, Downing Street (Premier Ministre, référence à Thatcher). J’étais la fille d’un épicier, inscrite à l’école publique, vivant dans l’appartement au-dessus de l’épicerie, et je voyais Margaret Thatcher, cette icône féministe, comme la preuve évidente que je pouvais aller aussi loin que je le voulais dans la vie, si tant est que j’aiguisai mon esprit et me donnai corps et âme. Je savais, sans qu’on ait eu à me le dire, que l’on ne finit pas là où l’on naît, parce que Maggie (Thatcher), alors face à des barrières bien plus importantes, avait réussi à réduire en miettes tout obstacle suffisamment bête pour s’être mis sur son chemin, avec une douce ardeur et une attitude qui hurlait « Ne jamais se laisser abattre ». Les féministes occidentales, si elles avaient un peu de bon sens, arrêteraient se geindre, de se plaindre, commanderaient une couronne de laurier à Germaine Greer (écrivaine et scénariste féministe australienne), chevaucheraient leur carrosse à quatre roues et marcheraient triomphantes dans les rues de Rome, pour faire le sacrifice de leur sang à Emmeline Pankhurst (femme politique au Royaume-Uni fin XIXème début XXème qui a combattu pour obtenir le droit de vote pour les femmes). Les batailles phares étaient dures à mener, et elles ont été gagnées.
      Aujourd’hui, les filles sont meilleures que les garçons à l’école – et elles le sont depuis au moins le milieu des années 70. Elles ont plus de chance de réussir les 5 épreuves du GSCE (sorte de bac pour rentrer à la fac). Un tiers d’entre elle va à l’Université, un quart seulement des garçons y va. Une fois à l’Université, elles s’en sortent mieux et ont des chances significativement supérieures de décrocher les meilleures notes à leur diplôme. Et l’égalité ? Dans certains cours, on est allé au-delà. L’année dernière, les filles représentaient 55% des étudiants de première année de médecine et dentaire, 62% des étudiants en droit. Les métiers de la banque et de l’entreprise sont certes dominés par les hommes, mais à en juger par la rapidité de notre ascension, ça ne va pas durer. Comme Boris Johnons (maire de Londres) l’a observé, quand ma génération atteindra le sommet de sa carrière professionnelle, la structure managériale de la Grande Bretagne sera totalement transformée – et féminisée.
      Depuis que les suffragettes ont obtenu le droit de vote, les femmes ont plus progressé que les hommes pendant des millénaires. En fait, la catégorie démographique réussissant le moins à l’école est les garçons blancs dans les écoles publiques – seulement un quart d’entre eux ont obtenu des notes décentes aux GCSE. Oui, les problèmes d’égalité des genres existent – mais ils sont beaucoup moins branchés. Qui va distribuer des tracts, ou s’allonger sur les tapis rouges aux avant-premières pour la cause des garçons en difficultés scolaires ?
      La plupart des féministes auto-désignées clament que l’on va rencontrer des difficultés au travail. Ca non plus, ce n’est pas certain. Les femmes dans la vingtaine ont rattrapé les niveaux de salaire des hommes en quelques années seulement ; et les moins de 40 ans, bientôt. La rapidité de l’évolution est incroyable. En Europe, aux USA et particulièrement en Scandinavie, les femmes tracent leur route vers les comités exécutifs et les sièges de pouvoir. Le gouvernement français a même légiféré pour que 2 des cinq sièges d’un conseil d’administration reviennent à des femmes. Les féministes disent que nous aussi, avons besoin de quotas. Mais n’y-a-t-il pas meilleur triomphe à voir nos sœurs y arriver toutes seules ?
      Donc la prochaine génération a toutes les cartes en main – si seulement elle n’est pas encouragée à se voir comme une pauvre victime à la merci d’un patriarcat irrésistible. Seulement 19% des femmes s’identifient aujourd’hui comme féministes, ce qui n’est pas tellement surprenant compte tenu de l’ennui de leur combat. Dans les années 70, les féministes étaient des casses-couilles [sic], des ass-kicking (qui met des coups de pieds au cul), des penseuses qui tentaient le diable, telles Greer, Glorian Steinman ou Susan Sontag. Maintenant, la « voix d’une génération » est l’actrice star de Harry Potter, Emma Watson qui a délivré un discours très applaudi aux Nations Unies, dans lequel elle se plaint que certaines de ces amies ont arrêté le sport parce qu’elles s’inquiétaient de ce que leurs bras deviennent trop musclés.
      Mais pendant que Watson s’inquiète de la tyrannie du regard des garçons, c’est être regardé avec consternation par une féministe qui est réellement terrifiant (it’s being eyeballed by a feminist which is truly terrifying). Ces esthètes de classe moyenne aiment à jouer au petit chef avec les femmes qui l’entourent, ricanent sur leurs choix vestimentaires et leurs comportements. Elles désapprouvent Beyoncé et Rihanna, qui fanfaronnent dans leurs superbes corps dans les clips de musique avec une véhémance digne d’une Taleban (alors Internet me dit que c’est peut-être taliban, mais ce n’est pas clair). En Avril, on voyait dans le métro londonnien une publicité sur laquelle apparaissait une mannequin avec une jolie poitrine, qui scandait « Votre corps est-il prêt à sortir à la plage ? ». Dans les heures qui ont suivi, l’affiche a été gribouillée, dans les jours qui ont suivi 44 000 signatures sont venues demander que l’on enlève l’affiche. Faire en sorte que les femmes soient recouvertes en public, que leur chair nue ne vienne heurter quiconque, c’est quelque chose que l’on s’attend à voir en Arabie Saoudite, pas ici, où nous sommes censées nous habillement librement et de manière aussi provocatrice que l’on souhaite.
      Pourquoi ne pourrions-nous pas porter de maquillage, de collants ou de jarretelles, si nous en avons envie ? D’Elizabeth I à Bette Davis, les femmes ont toujours considéré le rouge à lèvres, les escarpins, et les coiffures comme des armes légitimes de combat, aussi efficaces à leur manière, que des bazookas ou des arbalètes. Mais les nouvelles féministes sont déterminées à enlever tout le fun de votre vie, et de vous montrer à quel point il est terrible d’être femme au Royaume-Uni aujourd’hui.
      Un autre défi que les filles doivent apparemment relever, et en ont peur, est le troll sur Internet. Disons que vous recevez des menaces de losers complètement à côté de la plaque, qui sont en désaccord avec tout ce que vous dites. Devriez-vous appeler la police ? Quitter Twitter ? Ou peut-être vous réjouir des insultes, à la manière de Maggie, qui disait « Je me réjouis toujours lorsque je suis victime d’une attaque particulièrement blessante. Cela signifie qu’ils n’ont plus d’armes politiques. »
      Sinon, vuos pouvez aussi rester imperméable à l’insulte, comme la reine de marbre Chrissie Hynde, qui a été, le mois dernier, trollée par des féministes après avoir confessé qu’elle a souffert d’une agression sexuelle à l’âge de 21 ans, et qu’elle en prenait la totale responsabilité. Twitter a alors spectacle bête de centaines de féministes l’attaquant alors qu’elle ne faisait que librement exprimer son opinion, jusqu’à que le journaliste du Guardian, Julie Bindel, daigne souligner que Hynde n’était pas une violeuse. Ce à quoi, Hynde a magistralement répondu « Si vous ne voulez pas de mon opinion, ne me demandez pas ».
      Mais quand il s’agit de sexe, les nouvelles féministes s’avèrent facilement impressionnables, tellement qu’un jeune et timide garçon, Samuel Fishwick, a compilé un guide de conseils de drague en temps d’égalité des sexes. En approchant les auteurs du blog Vagenda pour des conseils, il a été informé que les hommes ne doivent jamais demandé à une fille de sortir pour boire un verre dans un endroit proche de chez lui « Ça pourrait laisser penser que vous allez prendre leur peau pour en faire un abat-jour ».
      Les féministes exagèrent-elles outrageusement, passant tellement de temps à s’épancher sur leur vagin qu’elles en viennent à ne plus user leur cerveau ? Nous devrions surtout nous délecter de ne plus avoir à nous appeler « le second sexe » et apprendre à nos filles comment compter sur les âmes qu’Emily Bronte a surnommé « no coward souls » (les âmes non soumises ? non peureuses ?)

  • Agacement (et pavé) #36 de la journée, Madmoizelle, magazine qui m’a beaucoup appris en termes d’entrée en matière féministe, dérive, à mon sens, dans une contre productivité assez effarante et loin de la tolérance qu’elle prône. Elle reflète quelque chose qui m’agace donc je continuerai à les aimer quand même.

    C’est une tendance générale, et deux courants s’affrontent autour de la question de la mocheté.
    La contradiction de ces paroles un peu démago et la contre-productivité vient de ce que l’acceptation de son apparence doit passer par sa valorisation. Le fameux courant « body-positive » me dérange : alors on doit aimer son corps à tout prix, sous prétexte qu’il est beau, à sa manière. C’est un résumé grossier, mais c’est ce que je perçois. Et ça me dérange profondément. Cette sacralisation du beau, même s’il est élargit à toutes les représentations est encore plus oppressant que la sacralisation de normes physiques inatteignables que l’on peut facilement tourner en ridicule. La sacralisation du beau , quelle que soit la forme de notre corps, renvoie dans leurs tranchées pleines de complexes, les personnes qui savent qu’elles sont moches, qui se trouvent moches (et à qui l’on va répondre « meuuuh non tu es belle dans ton style ». NON).
    Se décomplexer n’est pas à mon sens se trouver beau/belle. Quand on se trouve à-côté des standards normatifs de beauté que l’on a tourné en ridicule ces dernières années, il est facile de passer outre, c’est désagréable mais on comprend que ces critères sont infondés, et on s’accepte en tant que personne belle, bien qu’hors norme (normes complètement à côté de la plaque).
    En revanche, le body-positive va vous faire forcer à vous trouver beau, comme si être beau était une fin, et si tu ne te trouves pas beau malgré toutes ces injonctions en apparence bienveillante, alors là oui, tu as un sérieux problème.
    L’objectif de se trouver beau est un proxy, c’est l’étoile sur laquelle tu atterris quand tu veux en fait viser la lune (Amel <3).

    Personnellement, parfois je me trouve belle, parfois pas du tout. Et c’est seulement parce que la mocheté ne me fait plus peur, et qu’être belle ne m’intéresse plus, que j’arrive petit à petit à décomplexer mon corps. C’est une lucidité un peu cruelle, et on n’a peut-être pas le temps d’une vie pour s’infliger quelque chose d’à première vue un peu malheureux pour soi. C’est faux, c’est cette satanée sacralisation de la beauté comme fin en soi (trouve toi belle, même si t’es moche, n’assume pas ta mocheté, surtout), qui nous complexe bien plus profondément.
    Accepter que l’on soit moche que l’on soit beau, c’est complètement superficiel, à mon sens. C’est s’accepter qui compte. C’est pas se trouver beau. C’est bien vivre son corps. Et on peut très bien vivre dans son corps même quand on se trouve moche. Ce qui nous en empêche c’est 1- les fameuses injonctions évidentes et ridicules de la culture dite mainstream des magazines, de la publicité, des schémas type de relations amoureuses etc. 2- l’injonction plus vicelarde à se trouver beau malgré tout.
    Le « malgré tout » est un signe que le body-positive ne s’est jamais remis en question, sur son impact quant à l’image de soi. Elle remet en question les standards de beauté mais se base sur les mêmes principes : au final, la beauté reste l’objectif.

    Je me demande si je vais pas leur envoyer un article.

  • Argh, on vient de me mettre sur les bras, un dossier LGV (ligne à grande vitesse) dans une région où le service public TER pour le quotidien est extrêmement peu fiable et de mauvaise qualité (avec en plus un fort taux d’absentéisme, ce qui pousse à des retards considérables voire des suppressions de train).
    Je suis chargée d’évaluer les impacts économiques potentiels en termes de développement local pour les 3 villes concernées par la ligne, et je crois que mon a priori sur ce projet va me rendre un peu amère pendant les réunions avec les décideurs locaux.

    Ravie de pouvoir mettre la main à la pâte, mais seulement quand cette pâte va être goûteuse pour un maximum de contribuables. Sinon, j’aurais fait ma thèse chez Sanofi.

    • @rastapopoulos Il est extrêmement compliqué de faire adhérer les collectivités locales (notamment les élus) sur des questions de divergences contextuelles. La seule ligne rentable aujourd’hui pour la SNCF (infrastructure comprise) est la Paris-Lyon et on est à la limite de regretter qu’elle soit rentable tant elle a déclenché une vague d’envie d’une ligne similaire dans les régions. Une des perspectives qu’ouvraient le TGV @monolecte, sur l’infrastructure du moins, était de permettre la péréquation entre lignes commerciales (et rentables) et lignes dites de service public (mais la distinction n’est plus pertinente). En gros, les riches aller payer pour permettre aux pauvres de bénéficier des gains réalisés. Or, on s’est aperçu qu’effectivement, malgré de nombreux CSP+ dans les TGV, les volumes de trafic ne sont suffisants qu’entre Paris et Lyon (notamment parce qu’il n’y a que deux heures de trajet et qu’on arrive en plein centre-ville). Aujourd’hui, le système est complètement déficitaire, a fortiori en coût complet, parce que l’on a cherché à reproduire ce succès. Or, aucune agglomération en France n’est aujourd’hui capable de créer une Paris-Lyon en termes de revenus et de retour sur investissement.
      Faire comprendre ça à des élus (à deux mois des régionales) c’est mission impossible. Or, on est en train d’élaborer des modèles permettant de calculer le surplus de ces infrastructures pour la société (et non les seuls usagers) et on s’aperçoit que soit il faudrait faire des LGV très rapides, entre deux villes très importantes (et on n’en a pas beaucoup), avec des secteurs d’activités convergents permettant de réels gains d’agglomération ; soit une ligne TER améliorée qui permet plus d’accessibilité aux trajets du quotidien, qui transporterait plus de monde avec des gains individuels moins importants mais collectifs bien supérieur à une LGV qui ne rapporte rien.
      Or aujourd’hui, à la SNCF (Réseau), on fait toutes les études nécessaires et obligatoires préalables à tout projet d’infra, aucun ne dépasse les montants acceptables de revenus, et quand on communqiue ces résultats les élus nous mettent des DUP (Déclaration d’Utilité Publique) sur le nez, on se retrouve obligé de les construire (à savoir que d’ici 2020 on prévoit que notre dette, qui n’est pas souveraine et heureusement, atteindra les 50 milliards d’euros). Le système est bien trop politisé et trop peu rationnel (mais l’effort est là, on est 4 thésards peut-être à travailler sur ces questions de restridistribution, effets économiques élargis etc).

  • Gros débat sur un article de Rue89 sur la violence médiatisée VS la violence invisible.
    Certains s’insurgent de cette vache à lait journalistique que serait devenu la critique anti-sensationnaliste de certains sites vis-à-vis de leurs confrères plus « visibles ». Je trouve que le débat avait sa place sur cet article, car effectivement il y allait de cette critique, mais encore une fois cette insurrection superficielle contre les approches médiatiques et non tant sur les contenus diffusés m’a un peu agacée. Le sujet sur les différentes violences et leur hiérarchisation médiatique était passionnant, on l’a vu avec quelques posts ici. D’autant plus important que certaines figures politiques « de gauche » condamnent cette violence de la chemise déchirée, sans un mot pour la violence de la situation des salarié-e-s AF. Alors que c’est d’une importance cruciale et que c’est même un moment fort dans la lutte des syndicats que cette confrontation, du moins je le perçois de cette manière. J’aimerais que l’on souligne beaucoup plus sérieusement l’implication et l’importance des syndicats dans un cas de souffrance généralisée des employés, ne serait-ce que de pression et d’incertitude (ce sont déjà des violences du travail à mon sens). Au contraire, le mot syndicat (et on se rapproche dans ce sens du féminisme) a été tourné en dérision, a été manipulé de manière à ce qu’il sonne aux oreilles de tous, comme une grande mascarade qu’il est bon de ridiculiser. Or, cette lutte syndicale est forte, légitime et émouvante.

    Quelqu’un ici (et je vais retrouver qui) a eu un propos très frappant sur les grillages qui ne servent pas seulement à déshumaniser les migrants, mais peut aussi symboliser une lutte comme on l’a vu sur les dernières photos. Dans ma revue de presse à mes étudiants de L1, je leur ai cité cette phrase (raison de plus pour en retrouver l’auteur-e), ils ont applaudi (ils sont très très impliqués dans ce cours, c’est un vrai plaisir). Merci pour cette pensée, qui m’a beaucoup marquée et qui jamais restera dans les têtes de ces 250 élèves et citoyens !

    Retrouvé-e, c’est @touti merci à toi !! Et je m’aperçois que j’ai d’ailleurs pas mal interprété ton propos, au temps pour moi

  • De retour, après une vaine tentative de blogging, d’écriture sur journal papier, de re-rédaction du projet de thèse. Quel plaisir de vous relire, ô alias préférés.
    Dans les cartons de Seenthis, je voulais micro-blogger sur le déplacement du curseur politique, vous parler d’un micro projet avec mes étudiants de L1 (vous avez-je dit que j’avais une promo de L1 ?), de quelques tracas du SI (syndrome de l’imposteur pour ceux du fond), de l’inefficacité de la méthode Coué dans sa prise de conscience citoyenne.
    Mais d’abord je remonte tout mon fil pour rattraper tout ce temps perdu.

    Au passage, mes lectures préférées de l’été (en octobre, oui oui), les derniers livres que j’aurais lus avant mes 25 ans (je savais pas comment placer que le 8 c’est mon anniversaire)
    – Le Dîner d’Hermann Koch : un huis-clos, parce que j’adore ça, qui racontent un drame dont les enfants sont responsables et la gestion différente de cette nouvelle par les deux familles. De l’humour à l’effroi, ça se lit vite et bien (et je vais vite regarder l’adaptation en film)
    – Chez soi, odyssée de l’espace domestique de Mona Chollet, que j’a même eu la chance de voir à une rencontre et qui m’a dédicacé (!!) mon exemplaire. Outre que j’aime tout son travail, c’est le côté « parlons de quelque chose qui vous semble superficiel ou minimal au quotidien, mais en fait il n’y a quasiment que ça qui compte, c’est le degré 1 de la pyramide de Maslow, et oui, c’est déterminant dans nos vies » (ce qui lui a été reproché sur Sens Critique et captain’ Oblomov est allé remettre de l’ordre dans tout ça)
    Et enfin,
    – Fun Home d’Alison Bechdel, un roman graphique et autobiographique sur la jeunesse et l’épanouissement d’une jeune femme homosexuelle autour d’un père homosexuel ( étiquette un peu rapidement posée par une ado déroutée) et une vie de famille bancale et solide dans sa fragilité. Tout peut s’effondrer (d’ailleurs tout s’effondrera) mais l’on tient à ce fragile équilibre, basé sur des faux-semblants. Emouvant (la fin c’est la CHIALADE assurée).

  • TW : agression sexuelle.

    Je vais raconter ici ma journée de mardi, en essayant de dévoiler le moins de choses possibles sur la vie privée de Y (non, c’est pas son vrai nom). Mais je crois que ce témoignage peut aider à souligner quelques problèmes (en tout cas, l’écrire me le permet).
    travail mardi matin, je passe devant la station de métro Bibliothèque Nationale à Paris. Une grande station donc, d’où sortent énormément de travailleurs. Je croise une jeune fille en larmes, complètement débraillée, les cheveux en bataille etc. Je m’arrête à sa hauteur et je lui demande si elle va bien et, captain obvious, non ça va pas mais alors pas du tout. Je l’assois sur un banc, lui donne de l’eau et au fur et à mesure que l’on parle, elle me raconte qu’elle vient d’être violée. Là aussi je vous passe les détails, je l’emmène au commissariat le plus proche (où un policier tellement au top l’interroge, à base de phrases anti slutshaming, au top). Bref j’ai passé la journée avec elle, entre la déposition a la police, aller au magasin à côté lui acheter des fringues, puis on refait la route qu’elle a fait en voiture de police (d’ailleurs, les flics grillent tous les feux rouges, on a fait BNF - Champs en 10 minutes), on va a la pj, puis à l’hôpital. Pas une seule fois elle a pu dormir, se laver jusqu’à qu’on arrive à l’hôtel dieu, où on est restées 5 heures.
    Le flic n’a pas eu le temps de prévenir les parents, ils ont essayé, c’était le répondeur alors ils ont laissé tomber. Bien sur, avec mon portable, donc les parents ont rappelé. Heureusement la fille m’avait dit ce qu’elle voulait que ses parents sachent et ne sachent pas. Mais j’ai quand même du leur annoncer au téléphone qu’elle avait été violée (plus jamais).
    Quand ils sont arrivés, c’était un moment terrible entre le soulagement de se voir, la tristesse de ce qui est arrivé. Je crois que j’oublierai jamais.

    Bref, j’avais deux choses qui me trottaient hier, et me révoltaient un peu (d’où ce post).
    ●La première est qu’elle l’a dit qu’elle était restée à la station BNF (aka la sortie de métro de quasiment tous les bureaux avenue de France, je vous laisse imaginer le trafic). 2 put## d’heures pendant lesquelles pas une seule personne ne s’est arrêtée. Elle n’avait pas seulement l’air triste hein. Elle était vraiment dans un état de panique. Quand je l’ai trouvée il y avait deux chauffeurs RATP qui fumaient une clope devant elle à 3 mètres. Et une hôtesse d’accueil d’un bureau tout vitré ou il y a une fontaine d’eau et des fauteuils. Elle m’a dit qu’elle avait vu l’hôtesse et que celle ci la regardait, mais que malgré son envie elle n’avait pas osé lui demander si elle pouvait entrer ou boire de l’eau.
    Alors je ne comprends pas comment j’ai pu être la première à m’arrêter. En deux heures. Ça me fait pleurer. Et j’espère que ça ne m’arrivera jamais de me retrouver dans une situation pareille ne serait-ce que pour ne pas avoir à vivre l’humiliation double que personne ne me vienne en aide.

    ● Le deuxième truc, c’est que personnellement, je n’avais pas de réunion à ce moment la, rien d’important dans ma journée, alors oui j’ai passé la journée avec elle (mais l’emmener au commissariat m’a pris à tout péter 20 minutes hein). Et je suis contente d’avoir éte parce qu’elle a été trimballée toute la journée, de flics en flics, d’établissement en voiture de police ou de pompiers. Avec personne a côté d’elle tout au long de la journée, sans trop de repère. Forcément on s’est attachées l’une a l’autre, et même si ma présence était déplacée (on me demandait si j’étais une amie, bah euh non :/), je crois qu’à la fin de la journée, quand elle a pu rentrer avec ses parents, on a eu un pincement au cœur de se quitter après ces longues heures à attendre. Je regrette qu’il n’y ait pas de cellule de victimes au cœur des hôpitaux pour transporter en premier lieu la victime, et où on pourrait faire intervenir la pj pour les procédures.

    Je n’ai aucun sentiment de satisfaction personnelle, hormis le soulagement de l’avoir vue partir dans les bras de ses parents, apparemment réconfortée. En fait c’est un sentiment de grande colère qui me reste en travers de la gorge. Parce que tout au long de la journée, j’ai eu droit à des « c’est super ce que vous faites » qui résonnaient dans ma tête comme des « personne ne fait ça ». Et ça me débecte de me dire que plus personne ne s’arrête dans la rue pour savoir si les gens ont besoin d’aide, de leur plein gré. Ça me sidère et me fait pleurer

    Aujourd’hui, je vais repasser devant l’hôtesse d’accueil où j’ai pris l’eau, et qui avait remarqué cette jeune fille. Quand j’étais rentrée en trombe pour me servir dans sa fontaine, elle m’a dit « ah c’est bien que vous vous soyez arrêtée, elle a pas l’air bien » avec un petit rictus. Aujourd’hui, ce rictus et ce détachement me semblent insupportables. Alors oui, elle ne pouvait pas savoir que c’était aussi grave, soit. Mais ça aurait demandé tant d’effort d’aller la voir et lui demander ? La nana travaille dans des bureaux avec des sapeurs pompiers prêts à débouler à tout moment, avec des fauteuils libres, de l’eau. J’ai envie rentrer à l’accueil en passant ce matin, et de lui dire de le faire la prochaine fois. Ce sera peut-être juste une rupture, un petit coup de mou. Mais ça pourrait être bien pire. On est d’accord que ce ne serait pas très malin, et que ce serait juste pour passer mes nerfs. Mais elle et les chauffeurs de bus, représentent exactement le comportement qui me révolte.

    Qu’est-ce qui a bien pu enlever toute forme d’empathie chez certaines personnes ? Comment concevoir ces comportements de laissez-faire face à une telle détresse ? Face à la détresse tout court. Je veux bien avoir quelques problèmes de sensibilité (voire d’hyperempathie), mais encore une fois, lui venir en aide n’a rien avoir avec ça. C’était le strict minimum.

    L’empathie est-elle morte ?

    • Oh et j’oublie un truc aussi dégoûtant. Je suis sortie de la PJ avec Y pour acheter de nouveaux vêtements qu’elle puisse leur remettre les anciens pour les tests. Alors oui, elle était en tenue de soirée. Mais elle n’avait pas l’air bien du tout. Et je crois qu’il n’y a pas un homme que l’on a croisé qui n’a pas posé ses yeux sur elle, de haut en bas, soit en mimant un sifflet soit en la regardant de haut. Je les fusillais tous du regard, et certains ont compris qu’ils avaient un comportement déplacé. Mais ça se doit être du 1 pour 10. Les autres ont continué gaiement leur route, en jugeant sur ses vêtements, en ayant un comportement de chien en rut, une jeune fille qui venait de se faire agressée par deux hommes, qui certainement ont eu les mêmes regards, les mêmes sifflets, les mêmes pensées, à la différence que eux sont passé à l’acte. Mais qui a pensé à ce que vivait Y à ce moment là ? Sortir sale dans la rue, embrumée dans tout son choc, sa honte, sa peur. C’était répugnant, à vomir.

    • Merci @oblomov d’avoir pris le temps pour Y et de partager ici ton expérience. Je me demandait dans ton message lorsque tu dit « (où un policier tellement au top l’interroge, à base de phrases anti slutshaming, au top) » je ne sais pas si tu es ironique ou si le policier était vraiment formé.

      Pour l’empathie, j’ai souvent l’impression que l’éducation dans nos cultures c’est l’étouffement de l’empathie. Et tout particulièrement de l’éducation masculine ou il faut apprendre à battre les autres, les vaincres, les dominer, les écrasés et les niquer. J’avais trouvé une étude sur les comportement des hommes dans une université aux USA. Je reviens si je la trouve mais ca disait en gros que 5% des étudiants déclaraient avoir déjà violé ou tenter de violer. A la question « avec vous déjà forcé une femmes à des actes sexuels » (il n’y a pas le mot viol mais la définition est la même) et là 36% des étudiants disent que oui ils ont deja violé. Et à la question « pensez vous que les femmes par certaines tenues provoquent au viol » il y a plus de 80% des étudiants qui répondent que oui. Ca fait plus de 80% d’étudiants masculins qui valident la culture du viol. On est pas loin de ton 1/10.

      Sinon pour la dame du bureau je trouve que c’est une bonne idée que tu aille lui parler pour lui dire qu’elle n’ai pas peur de venir en aide à la personne si une telle situation se reproduit. Il y a des chances qu’elle ne sache que trop bien ce qu’avait Y et n’ai pas trouvé la force d’affronter cette réalité.
      Encore merci à toi @oblomov

    • Qu’est-ce qui a bien pu enlever toute forme d’empathie chez certaines personnes ? Comment concevoir ces comportements de laissez-faire face à une telle détresse ? Face à la détresse tout court.

      ça me fait penser à ce que disait ce psy http://seenthis.net/messages/166218

      Les années que nous venons de traverser, marquées par le #néolibéralisme, ont rendu les gens indifférents, leur #vie_intérieure s’est transformée en un grand glacier de sentiments congelés. Les gens ne peuvent pas faire autrement que de transmettre cette froideur à leur environnement. Il y a des différences non négligeables selon qu’on a grandi et que l’on vit dans une société qui valorise la solidarité avec les faibles et ceux qui sont moins compétitifs, ou bien qu’on vit dans une société où ces gens sont abandonnés dans la misère et stigmatisés en tant que loosers.

    • On ne dira jamais assez merci à Oblomov et à ceux et celles qui agissent par solidarité et empathie envers la souffrance des autres. La société d’aujourd’hui nous pousse de plus en plus dans l’individualisme, la compétition et l’agressivité envers les faibles. Souvenons nous que nous avons tous un jour été faible et sans défense, et si nous existons encore aujourd’hui c’est parce que d’autres nous ont aidé.

    • Merci @oblomov d’avoir pris le temps d’écrire ici, et en premier lieu d’être intervenue. Je me demandais, aussi, dans quelle mesure les médias de masse jouaient un rôle dans cette indifférence, si l’immersion permanente dans les faits divers médiatiques n’aurait pas une fonction anesthésiante. A la fois par effet de saturation, et en confinant à un rôle de spectatrice/teur. Dans une société non médiatisée à ce point-là, me semble qu’on se sent moins impuissant⋅e et plus concerné⋅e, on a prise sur le monde qui nous entoure.

    • Ouch @oblomov beaucoup d’émotions d’un coup, toute ma considération.
      Deux petits jeunes en couple arrivés de province nourris à la haine de la capitale pensaient que les parisiens étaient des personnes sans empathie et des extra terrestres froids et sans cœur. Ils étaient mes voisins et ne répondaient jamais à mes bonjour. Pour se conformer à cette idée, ils étaient de véritables petites pourritures qui s’ignorent persuadés que pour s’intégrer il leur fallait adopter la posture adéquate, une sorte de #culture_capital·iste fantasmée où le danger est à chaque coin de rue et dans chaque rencontre.

  • This is post following a debate on TW that I had with some on Twitter, following the publication by Richard Dawkins a paper on TW in Universities and issues it raises (I like reading Richard Dawkins as he aims at being the most rationalist possible, and I find this approach, although not interesting to me personnally, interesting from an observer pov). You can read the paper here:

    http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2015/09/the-coddling-of-the-american-mind/399356

    The authors wonders (aloud) or rather concludes, that TW are an obstacle to a fully-conscious and well-educated generation as it may censor some pans of education programms at the university. He uses some specific cases, specific to the USA, that I can’t relate to. One of his tweet following up the publication of the paper was "University is about confronting new ideas, unfamiliar, un-"safe". If you want to be “safe” you’re not worthy of a university education.". Let’s forget about him deciding who’s worth of what, that’s some kind of punchlines he likes to throw and let people react on (and I must say, I do sometimes, since I find this so “hochnase”).

    What disturbed me about the post and reactions to the post was qui easy to understand, on my pov. Using a condescendant tone, that only un-empathic people can use, Richard Dawkins and Twittos were implying some very dangerous ideas about TW in general. What I didn’t make clear in my reactions were that I didn’t really care about those specific cases in the US University they were talking about, I’m not from the US, never lived there and can’t judge anything going on there. What I found very touchy in those reactions of theirs (yours if you’re reading this following our debate yesterday), is that

    – there’s no reminder of what TW are, RD makes general assumption on what TW are used for + specific cases at the Uni = general conclusion on how ppl are not worthy studying at the University (I got this reaction a lot "then you shouldn’t go to the university blah blah. Hum I’m a teacher + a PhD at the University, so I guess I can relate quite well on how to use and how to receipt TW in courses).
    – the very very condescending tone of RD and reactions that implied that the generation of TW is a “fragile” generation, worse: a weak generation. I hate all hypothesis on which such assumptions are made on (aside from the pretty disrespectful vocabulary and ppl judging other ppl on their ability to live or not). So life is tough, then you need to get over it and be tough enough to face the conflicts of the world you’re living in. That’s the biggest WTF and that’s where we’ll never agree on with “tough ppl that judge others as weak because needing TW”: the world isn’t tough in itself, ppl make it tough, conflicts make it tough. There are many scale of violence: it goes from penibility of work or study environment (No, not everyone is fitted to our current societal model, sorry, and some are even rethinking it, such weakness, OMG) to wars. If you endured wars, you might find that some TW are really stupid since it doesn’t imply real violence as you experienced it. But let’s say we never endured wars, none of us. Then our sensitiveness has its own scale of privilegied first world societies. Our sensitiveness is some the same, our daily life can’t be compared to issues raised by other daily lives around the world. We have all different experiences and we, as individuals, have different ways of dealing pain, suffering, fear...
    Having said that (which is a basic principle of empathy), the argument of ppl becoming fragile facing society conflicts is inappropriate. How can you only judge someone sensitiveness?

    Second point: what TW originally are and why RD is basing his presumptions on specific case that are, in no way, usual TW. He’s dealing with the misuse (and not overuse, sorry) of TW.
    TW are a tool for “bienveillance” (there I can’t find any translation except from kindness, and knwoing the meaning of kindness, it doesn’t reflect the same). Bienveillance is when you’ve got empathy enough to take into consideration one’s pov, standing in her or his shoes and trying to be as well-aiming as possible (I hope this is clear, if not please ask me to rephrase). TW are used on Twitter to announce that you’re going to talk about something that can recalla trauma to a person (or many) in the audience, that is considered as violent, that can hurt people. The trigger-warned content can be pictures, words, or sounds, any medium of information is. This content can help some figuring out in their ways what we’re talking about, and others that already experienced such things or that don’t want to be confronted to it are allowed (that’s my pov) to know before chosing whether or not to have access to this information, whether or not the content can be hurtful. We already do this for porn, for erotic, violent films, explicit song lyrics. That exists, and sometimes it’s an abusive use (come on erotic films guys, are boobs that violent even for kids? I don’t think so).
    TW are NOT disabling anyone from reaching a content. NOT EVEN CLOSE. They are, I thought it was clear since it stands in the name, warnings. WARNINGS. I mean, how is that unclear?
    I had this conversation yesterday with someone that didn’t understand what TW stand for and how to apply them on the Internet and IRL. When she heard the definition (as I wrote above), it was far clearer, and I gave her some very clear example of implementing them in the Uni courses (yes, it is possible to trigger warn your students and give them free choice to access contents or not, and if you think their reaction is irrationnal, then this is YOUR role as a teacher to use pedagogy and make them express why they are sensitive to things that aren’t common to be sensitive on. I was teaching an economic appraisal course. One of the main subjects is the monetary valorisation of the human life (for road schemes for example). As we’re talking about hospitalisation (long terme ones), evacuation, death, psychological traumas... and since they didn’t really chose to study that particular point, I warn them at the beginning of the class: “Hey today class is about that, that and that. Here are some material you can find online, if you don’t want to attend this class, please feel free to go”. And some got out. One that I talked to afterwards (not really about this particular event, but it came up) told me both his parents died in a car crash a year ago, and he wasn’t prepared to hear such “primary” considerations of how much it costs to society, to have his parents dead on the road.
    What did it cost to me to warn my 200 students, for 3 or 4 that went out? Maybe 13 seconds speech. Or 14 to let them out without disturbing class. Did I find it useful? YES. Hearing that boy story made me even more confident about the “bienveillance” (sorry, again) of the approach.
    On Twitter, this is the same. Some girls had a movement I can’t remember the hashtag, where they wanted to raise the attention on hwo risky city life can be to them, and how unsafe they feel. Some talked about their rape and harrassment. And some didn’t want to read since they had been raped like a month ago, or even two years ago, doesn’t matter. So everyone decided to introduce their tweets with TW:rape. As simple as that. Twittos could still express their ideas, some could read them, it raises awareness, and victims that didn’t want to be confronted didn’t have to be suprised by the reminder of their trauma. Again, as simple as that. And when I say victims, it can also not be victims. Like today, if I don’t feel like being confronted to harrassment posts (since street harrassement is making me 100 x more nervous now I live in Paris), I don’t feel like reading it today and TW help me chose whether or not to read content talking about it. Maybe I’ll read them tomorrow, why not. At least I’ve got the information.
    And examples can go on forever. Much had this about homophobia. To raise awareness some posted photos and quotes of homophobics. And not being TW depressed some since they has greatly suffered from homophobia (youknow? weak people that have depression or committ suicide after years of exclusion, harrassment and oppression? so weak for this tough tough world).

    Finally, I got this reaction too about “we’re not going to trigger warn every possibly sensitive subject”. Do you have this word in english “bad faith”? That’s a literal translation from French, saying that you’re not making any effort to construct the debate and you’re making pointless statements just to show how absurd you feel the debate is by just not giving a thought about it (mmmh fortunately I don’t work for the Oxford dictionnary).
    Well, let’s be clear, I disagree with misuse of TW, everything is worth knowing, when appropriate of course, and you should have all access to all information you cant, especially when studying (strugging to get databases every single day). But this is common sense to know what is potentially sensitive and what is not. I mean, I find this very “easy” to imagine how this or that subject can be hurtful to talk about for some. And how other things that some ask a TW for that can be discussed by teachers if not violent and obviously hurtful for potentially everyone. Religion, sex, deviant behaviours, that are all subjects you need to raise awareness on while struggling with TW and censorship. That’s the role of teachers and professors to debate on this, to laucnh discussions, to make offended speak aloud on why and how they feel offended etc. That takes some times (empathy takes always time), but that is our society today: not the tough life that you imagine we’re all living in along with you. No, it’s taking into account we live in a complex world, where you need to get into everyone’s shoes to understand their pov, their feelings... And to learn from these diverging opinion (and finally maybe not to agree, doesn’t matter). How does that make us weak in your minds? I can’t figure out (maybe I don’t have empathy enough). But, I’d rather live in such society where we try as much as possbile, as teacher or as individual, to elarn from each other and yes TW some subjects and not censoring, rather that in “your” society where YOU are tough and decide on who is worth enough studying at the university. In France, University is for all and everyone. We like talking about uni as a melting-pot where people that wouldn’t meet outside would gather and discuss and work together. That’s our University and I hope your vision of what University should be (full of very very tough big boy that don’t cry) will never cross the Ocean).

    And god, I find censorship unacceptable. Do I really need to state the obvous? Living in the country of “Charlie” where much debates was gien to freedom of speech (which in France is already mocked since ppl use that excuse to speak out loud their racism but “OOOOH freedom of speech, let me be a racist pleease”. We had hundred on debates on it, and apprently, even if it takes some deeper thoughts, some time and endless disagreements, I’d rather try than face your fatality and despise.

    I might be weak, but I’m really not sorry.

  • On reprend sur le thème de l’imposteur et de l’auto-sabotage, avec un poil plus de recul que la dernière fois. Je vais tenter de lister les caractéristiques d’expression de mon syndrome (ce n’est peut-être pas pareil pour tout le monde, je ne sais pas, dites moi).

    Symptômes ressentis :
    – angoisses, angoisses et angoisses. Toujours.
    – un grand sentiment de lucidité et de mépris de soi, sur chaque geste ("j’aurais pu faire comme ci ou comme ça, cette personne là - que j’apprécie - aurait fait comme ça)
    – sentiment d’admiration quasi-enfantin pour toutes les personnes que je rencontre
    – (va avec éblouissement à la vue de quelqu’un qui aurait un peu de confiance en soi, du moins en apparence)
    – fatigue, découragement, flemme (grande flemme, allant jusqu’à la désinvolture)
    – sentiment d’être menacée par une critique même moindre ("Ah je suis découverte ! Je vais me faire virer !" déjà arrivé deux fois en un mois)
    – grande émotivité
    – grande empathie (c’est une bonne chose, c’est certain, mais couplée à l’émotivité, l’empathie est parfois un peu extrême)

    note à moi-même : voir si tous ces « sentiments » sont liés au syndrome ou si certains (ex : grande empathie + grande émotivité, ne sont pas juste des traits de personnalité, j’ai toujours pleuré pour la moindre trace de tristesse dans les yeux de qqun d’autre, alors ça ne m’étonnerait pas)

    La (ma) conséquence : l’auto-sabotage.
    En lisant internet et plusieurs sources différentes, certaines assez... obscures ; on note qu’il peut y avoir soit un burn-out du fait d’un travail supplémentaire pour en arriver au niveau que l’on exige de soi-même
    – soit un underdoing, on lâche prise, on se décourage, on en fait plus une. Etant d’un naturel assez contemplatif et passif - Oblomov c’est pas pour rien - je suis dans l’underdoing. Je vais arrêter de travailler, tout lâcher, partir à 17h30, rester la journée dans mon canapé, même avec une échéance proche (c.f. mon dernier post). S’en suivent des jolis reproches auto-envoyés comme « je l’ai bien mérité » (en soi, c’est vrai) qui justifierait (mais je ne suis pas psy) mon imposture.
    – Une humeur en dents de scie : je suis parfois ultra-motivée pour faire plein de choses, je fais des listes, je lis des choses que j’avais envie de lire, je ne procrastine pas tout mon planning. Oui MAIS, vient la phase de rédaction de ce travail. Et là arrive le package all-inclusive de l’imposteur auto-saboteur (Oblomov IAS de mon vrai nom)

    Voilà un premier recensement plutôt objectif des effets du syndrome de l’IAS (vous en pensez quoi ?) de la matérialisation de ce « syndrome » (ou phénomène dans la littérature, mais rapprocher ce « phénomène » de la pathologie ne me paraît pas aberrant dans les cas comme le mien). Je cherche encore des solutions (mais finalement étant le pire juge de moi-même, je doute que cela me vienne tout seul, je vais encore farfouiller Internet, j’en parle à mon copain maintenant, qui m’a somme toute l’air assez détaché, bien qu’inquiet. Et peut-être faudra-t-il se tourner vers un psy ?

    Ca c’est pour le travail personnel. Pour ce qui est de fouiller la litté et les biblio pour sourcer un peu le problème dans un contexte plus sociétal (social, socio-économique..), je vais m’y mettre mais j’ai encore du mal à distinguer les bouquins sérieux des bouquins de développement personnel un peu « mystique ». Je ne rejette pas de fait le bien-fondé de certains courants alternatifs de la psychologie mais ce n’est pas ce que je recherche.

    (je crois qu’il faut tagger alors allons-y gaiement : #imposteur voilà.)

    N.B. Le nombrilisme fait-il partie des caractéristiques d’un IAS ?

    • attention, je vois passer beaucoup de post sur le # imposteur, mais ce n’est pas forcément lié (ex : la fabrique des imposteurs, j’ai parcouru quelques pages à la librairie hier, et nope, je ne m’y suis pas retrouvée).

    • Je pense qu’il y a nécessité à remonter à la source. Ce sentiment arrive souvent à des enfants des classes populaires qui ont pris l’ascenseur social, par exemple.
      Il y a aussi à regarder les processus de dévalorisation et de survalorisation. Souvent, les gens qui ont été « poussés » ne se sentent pas à la hauteur des trop fortes espérances placées en eux. Ou alors, il s’agit d’un processus particulièrement fin de sabotage pour désobéir à une injonction de réussir par procuration dans une vie qu’on n’a donc pas choisie. Ou alors, c’est l’impossibilité de l’extirper de l’ombre du commandeur.
      En gros, interroger tes relations familiales et les intentions des uns et des autres.

      J’ai croisé pas mal de filles, par exemple, très tirées vers le bas par leur mère. Rivalité, mais pas seulement : il y a des jugements péremptoires qu’on se prend dans les gencives étant gosse « tu es trop conne pour faire quelque chose de ta vie » ou « Moi, je n’ai pas eu la chance de faire les études que je méritais » (peut-être bien parce que tu es née et que tu m’a gâché la vie...) et qui finissent par se graver au fer rouge dans ta mémoire, à même être constitutives de ta personnalité.

      Le psy est juste un regard extérieur qui t’aide à remettre tout cela sur le tapis pour arriver ensuite à trier et évacuer le nuisible. C’est d’ailleurs pour cela que les entourages ne raffolent pas de ce genre de démarches, parce qu’il y a de sales petites choses qui remontent forcément à la surface.

      Sinon, tu as le contexte, comme le choix d’une filière peu accueillante pour les filles où chaque moment, profs et étudiants te font bien sentir que tu n’es pas « à ta place ».

      Il y a aussi notre société hyper hiérarchisée (tout en prétendant le contraire) et de plus en plus obsédée par la compétition et le néodarwinisme social. Cette course constante à l’excellence et à l’échalote est, pour moi, le meilleur fournisseur officiel de clients à psy et anxiolytiques. C’est Highlander tous les jours : « il ne peut y en avoir qu’un », ce qui amènent tous les autres à penser qu’ils ne sont pas à la hauteur de la tâche. Mais ce n’est pas parce qu’il n’y a que 3 places au concours que les trois cents autres sont des bras cassés.

      Donc je vois 2 angles d’attaque simultanés :

      1. une action à effet immédiat comme te le conseillaient d’autres sur le fameux fil interminable qui consiste à programmer ton travail en mode systématique. L’hygiène de l’assassin, en quelques sorte : tu règles ta journée au métronome. Telle heure, lever, déjeuner (ha ouais, tu déjeunes pas ? Et ben tu vas te forcer : hydratation et sucres lents) et paf, une tomate de travail (d’après les minuteurs de cuisine en forme de tomate) : 25 minutes à écrire, même des trucs nuls et mal branlés, même des notes et du désordre, produire à toute force, jusqu’à ding final. Tu ne dois pas juger de ce que tu fais. On s’en fout des fautes et tout. Ensuite, une plage de repos de 10 min avec ding à la fin et paf, re 25 minutes.

      Pourquoi 25 minutes : parce que c’est le temps où tu peux être concentrée à fond sans trop d’efforts, efficace et tout. Ensuite, tu dois relâcher l’attention. Et 25 minutes c’est à la fois pas énorme et beaucoup.
      Tu places tes premières 25 minutes en premier après déjeuner. Ensuite, tu prends 10 minutes pour tes mails ou te doucher et paf, tu reprends.

      C’est le premier niveau. Tu crées une routine de travail un peu abrutissante dans le mode bourrin : tu produis et c’est tout. À toi de programmer les taches intellectuelles et les taches mécaniques en fonction de ton horloge interne. Pour ma part, j’écris très bien le matin, je tri les papiers ou je fais les comptes l’après-midi et je peux avoir une phase créatrice intense et bordélique en fin de soirée. Faut donc apprendre à faire avec ce qu’on a.

      2. l’introspection au long terme pour dénouer l’origine de ton sentiment d’illégitimité et lui faire la peau. Processus long, douloureux et incertain qui nécessite donc la mise en place des routines de travail bourrines pour t’éviter d’attendre 20 ans que tu ailles mieux.

      3. Ne pas hésiter à utiliser la méthode Coué améliorée qui consiste donc à se raconter au quotidien comme on aimerait être : « Oui, je suis capable de faire ce boulot », « oui, je ne suis pas plus nulle qu’une autre », « oui, je mérite cette place ou cette récompense », etc.
      Je sais, ça fait gourou du markéting, mais c’est assez efficace comme processus de blocage immédiat des pensées négatives et auto-dénigrentes. Limite, tu te tapes le buste en gueulant « Je peux le faire » avant de lancer une tomate.

      Et plisse ton visage en forme de sourire. C’est ridicule, je sais, mais je sais aussi que le fait de simuler un sourire libère tout de même une certaine quantité d’endorphine dans le corps. Donc, tu prends !

      Voilà, voilà.

    • Toutes tes réactions sont chouettes je trouve, mais celle-ci particulièrement. Je dois m’imposer cette auto-discipline c’est clair, ça ne tient jamais longtemps mais effectivement couplée avec une méthode Coué (un peu vain mais très efficace sur le court terme), je pense que ça peut aider à minimiser l’impact de l’auto-sabotage dans le travail. Et c’est une bonne chose pour au moins me protéger dans ma vie professionnelle/universitaire. Le travail de fond demande plus d’introspection, c’est clair, et je fouille dans ma tête pour ça, outrepassant certains blocages (les relations avec les parents sont de vraies illuminations quant à la pression au travail/ à la réussite que l’on peut ressentir, pour mon cas en tout cas).
      Merci de ton commentaire, je continuerai à tenir un « journal de bord » de l’IAS, personnellement, ça m’aide pas mal.

    • Par rapport à l’hyperempathie et l’émotivité debordante, j’avais lu je ne sais plus où que ca fesant parti des signes de ce qu’on appel les personnes précoces ou surdoué comme on disait avant. Ces personnes sont généralement plus facilement reconnus quant ce sont des garçons et des bourgeois.e.s. Sur ce sujet on m’a conseillé plusieurs fois un livre d’une psy allemande spécialiste de la pédagogie qui s’appelle Alice Miller « le drame de l’enfant doué ». Que j’ai pas encore lu alors je ne peu pas vraiment savoir si ça peut t’être utile. C’est en plus dans une perspective de long terme comme le dit @monolecte c’est pas prioritaire ni forcement la voie à suivre.
      Bonne journée.

    • @oblomov : je continue à me soigner. ?
      Et je fais gaffe aux rechutes.

      Un truc marrant : chaque fois que j’ai été récompensée pour mon travail, j’ai toujours eu tendance à dire que c’est immérité. Depuis quelques années, j’arrive à me contenter de dire « merci beaucoup, je suis très contente. »
      Mais faut beaucoup bosser pour y arriver !

      @mad_meg Pour ce qui est des questions d’hyperempathie, j’ai plutôt tendance à penser que c’est l’ensemble de la société qui pousse à l’atrophie de ce marqueur humain essentiel. Donc, je pense que je suis « normale » et que notre société, en hyper-refoulant les émotions, est gravement pathologique.

    • Salut @mad_meg on m’a déjà parlé d’une potentielle précocité mais mes parents ont préféré ne pas en tenir compte (c’était à mes 3/4 ans puis à mes 10 ans). Je ne sais pas si c’est en rapport et j’avoue avoir du mal avec la notion de « surdoué » et « précoce », je vais me documenter là-dessus aussi (au risque de l’auto-diagnostic) mais je pense que c’est quelque chose dans ce sens (ou un autre facteur psy, pas forcément ça) qui amène aujourd’hui angoisse + hyper-empathie. En même temps ce sont deux sentiments que j’ai ultra-rationalisé pour les justifier, j’ai donc du mal à m’en dépatouiller. La perspective de long-terme se conjugue pour l’instant assez mal avec le travail de thèse qui a un sacré impact sur le psy (en plus de faire se développer des angoisses et autre syndrome d’imposteur chez des personnes n’en souffrant pas à la base). Mais ça reste passionnant comme sujet, d’autant plus quand on projette d’avoir des enfants.

      Au final, je cherche des témoignages sur internet et je trouve pas mal de récits proches de ce que je décris là, l’aspect sociétal est certainement très important. J’aimerais bien trouver des groupes de paroles ou des tables rondes sur ce sujet.
      En attendant, je procrastine sur le boulot que je suis censée faire !

      Vous êtes géniales de répondre à tous ces posts décousus ! Merci !

    • Pour l’empathie je suis d’accord avec toi @monolecte ca me rappel la chanson « gulliverte » de Anne Sylvestre qui dit à la fin « si je suis grande c’est parceque les hommes sont petits ».
      Par rapport au mot « surdoué » ou « précoce » je ne les aime pas non plus et j’ai vu utilisé l’expression « zèbre » qui veut dire que le zèbre est different du cheval, pas mieux, ni moin bien. Apparement les zèbres ont juste besoin qu’on reconnaisse la zebritude en elleux et une fois ce déni écarté on peu etre plus libre et heureureuses.
      En tout cas les conseils de @monolecte me semblent excellent, je fait aussi des listes, avec un ordre de difficulté, et un seul truc chiant a la fois. Pour lutter contre ma paresse et ma procrastination j’ai aussi pratiqué un auto conditionnement. Chaque jour je me forcait a faire un dessin, meme un dessin qui parle du fait que je ne sais pas quoi dessiné ou un dessin a l’arrache qui prend 10 mins. C’était le n°1 de ma do it liste. D’ailleur faut que j’y aille ;)

    • Ce qui me dérange avec « surdoués » ou « précoces » c’est que c’est relatif à des notions d’intelligences toutes faites.

      Je dois absolument fermer un à un les 56 onglets ouverts sur Chrome :( Adieu Seenthis, on se revoit dans 2 pages !

    • Je crois qu’en Belgique, on dirait que tu es probablement haut potentiel ou hyper je sais plus quoi comme le dit @mad_meg ou surefficient mental (et pas précoce ou surdoué qui sont des termes archaïques au regard des avancées en neurosciences et comportements). A lire, (en faisant un peu de tri) les livres de Chritel Peticollin par exemple, et surtout Jeanne Siaud-Facchin. Après, il y a différentes techniques pour arriver à vivre mieux avec cette hyperactivité mentale, émotivité et dévalorisation de soi, ça peut-être bien de trouver de l’aide spécialisée. #ralentir #relaxation

    • @philippe_de_jonckheere Oui ca me fait tout drole la Tv aussi. J’avoue ne pas avoirs écouter l’extrait en entier tellement Ca me saoul. Mais ça fait de la doc sur le syndrome de l’imposteur et savoir que Mme Chazal souffre aussi de ce syndrome est pas sans intérêt a mon avis.

      @supergeante haut potentiel ou hyper ca reste le meme probleme que pour précoce ou surdoué, il y a plus une idee de supériorité que de différence. Dans mes lectures sur le sujet, j’étais tombé sur un forum de « zèbres » et il y avait un sujet sur quel mot choisir et ca n’aboutissait a rien. Les zèbres ont d’ailleur souvent çe syndrome qui fait qu’ils vont pas accepté qu’on leur colle du super-hyper-pré-sur ou tout autre préfixe de supériorité intellectuelle. Je vais rechercher le forum en question mais il est assez décevant.
      Voilà c’est ici : http://www.zebrascrossing.net

      Et pour ce que tu dit sur le fait de se faire aidé par une personne spécialiste je pense aussi que c’est une bonne idée. De ce que j’ai lu sur le sujet c’est pas une analyse psy qui prend des années mais plutot une sorte de validation qui dit « ok tu es une zèbre » et une fois ceci confirmé les zèbres sont capables de comprendre seul comment mieux vivre dans un monde de chevaux quant on est un zèbre.

    • @mad_meg Tu crois Madame Chazal sincère ? De mon côté il m’apparaît assez étonnant que n’ayant pas la télévision, il ne m’ait pas échappé que chaque année ou presque c’est un peu la même chose, les anciennes stars de la télévision se sentant menacées à l’heure du renouvellement des programmes par les stars montantes , les journaux soient pleins d’articles hagiographiques visant à les humaniser ou je ne sais quoi de ce tonneau fictif-là. Dans le cas présent on touche au sublime, de la psychanalyse de comptoir sur plateau de télévision, je me demande quel genre de drogue il m’aurait fallu prendre pour imaginer une chose pareille avant de l’avoir vue à la télévision donc.

    • Je sais pas si elle est sincère cette dame, je ne m’étais pas posé la question par rapport au calandrier. Mais je me dit qu’une présentatrice de JT a pu voire ses competences (réelles ou pas) de journalistes mise en doute. Sinon j’ai pas souvenir d’avoir lu ou entendu des hommes faire part de se sentiment d’imposture. Ca doit exister mais je voie mal un PPDA dire ce genre de choses apres son renvoie de TF1. Et sinon si tu as des exemples de personnes (célèbres ou pas) qui s’expriment sur le syndrome de l’imposteur ca m’intéresse.

    • @mad_meg je trouvais que surefficient ou hyper efficient était moins connoté > parce que la dimension émotionnelle est mise en avant au même titre que certaines difficultés relationnelles, et ces impressions d’imposture, de décalage etc. C’est comme hyperactif, ça dénote d’une activité cérébrale différente de la moyenne pas supérieure (c’est à dire pas une intelligence supérieure, une activité cérébrale différente), avec comme pour l’hyperactivité différentes formes de handicap social souvent corrélés comme la dyscalculie, des troubles de l’attention, des dépressions, ou encore de gros surmenages.
      L’aide dont je parlais est en effet de type comportementale, de type court, très pragmatique d’acquisition de techniques pour mieux vivre avec et se dépatouiller des aspects les plus handicapants et difficiles à surmonter (non pas en terme d’efficacité sociale ou économique - mais en terme de bien-être personnel).

    • Je ne doit pas connaître la définition de « efficience » je vais aller voire et je reviens avec. A part ca je suis toute a fait d’accord avec ce que tu dit @supergeante

      De retour la definition de efficience ne m’a pas elclairé (L’efficience est l’optimisation des outils mis en œuvre pour parvenir à un résultat. ), par contre la recherche a partir de « surefficience » m’a donner entre autre cette page qui donne pas mal d’infos mais que je n’ai pas lu en intégralité. Je la met ici pour plus tard.
      http://www.calay.be/douance.php
      Le debut donne une bonne idée du probleme du nom à donner aux zèbres (j’ai une préférence pour zèbre personnellement)

      On décrit généralement les individus dotés de « surefficience mentale », ou « à haut potentiel », ou « hp », ou « surdoués », ou « zèbres » ou « dotés de douance », ou « de profil atypique », comme possédant des capacités naturelles ou des fonctionnements nettement différents de la moyenne de la population dans plusieurs domaines d’habileté : intellectuel, créatif, artistique, sportif, etc.

      J’apprécie l’expression de « surefficience mentale », car elle illustre bien l’existence d’un potentiel, souvent bien encombrant, qui ne va pas nécessairement se transformer en efficacité relationnelle ni en bien-être existentiel !

      J’aime aussi la dénomination de « profil atypique », car elle exprime bien la différence, l’inattendu, l’anormalité qui génère de nombreux rejets, sans sous-entendre les notions de « sur- » ou de « plus- » présentes dans les termes « haut potentiel », « surdoué », etc..

      Dans cette page, j’utiliserai donc principalement l’une ou l’autre de ces deux expressions.

    • Tiens c’est drôle, parce que je suis plongée actuellement dans ces problématiques de douance (c’est québécois je crois) avec les livres de Jeanne Siaud-Facchin, l’inventrice du zèbre (de ce que j’en lis).
      Ce qui m’intéresse, ce n’est pas l’aspect singe savant (ou alors le modèle d’intelligence en arborescence) mais l’espace émotionnel et empathique hyper sensible et particulier qui peut conduire à ce qui est appelé le faux self. Le faux self est une parade de normalité avec laquelle l’entourage (et le douant) se rassure. Car le zèbre gêne à requestionner les structures avec sa cognition particulière et son gout viscérale de la vérité et du juste. Du coup, sans accompagnement bienveillant, il aura tendance à être inadapté, par exemple à l’école. Si la construction de l’identité est faite de faux self, la ou le zèbre est capable d’aller jusqu’à anesthésier son ressenti (qui ne le gratifie pas en le faisant souffrir) et détruit ses possibilités d’épanouissement, l’estime de soi. Bref, son désir se perd à vouloir être normal·e.
      D’autant que le zèbre n’est pas toujours là où on les autres l’attende : dans ce rôle de singe savant ou dans la réussite sociale. Et il peut être bon dans une discipline et nul dans une autre.
      Pour le désir, on peut se référer à la psychologie ou la psychanalyse, mais à mon humble avis, on fait fausse route en se forçant et je le définis comme une nécessité vitale et le point central du problème.

  • L’éco-crèche, ou l’art d’éduquer les enfants en pleine nature
    http://www.lecourrier.ch/131533/eduquer_en_plein_air_avec_l_eco_creche

    Forêt, prairie, plage, le terrain de jeu des crèches en nature est vaste, tout comme les modèles choisis. De quelques heures par semaines à un accueil à temps plein, les initiatives essaiment en Europe depuis les années cinquante. La première expérience suisse a vu le jour à Wald, dans le canton de Zurich. C’était en 1996, bien après que les Scandinaves s’y sont mis, explique l’enseignante et psychologue suisse Sarah Wauquiez. Aujourd’hui, il existe 300 initiatives semblables en Suisse alémanique, dont une dizaine de crèches à temps plein.
    « En Romandie, ce concept est encore très peu connu », remarque celle qui a écrit le seul ouvrage francophone1 sur la question. Une quinzaine de projets existent, dont le dernier, La Bicyclette à Genève, est le premier à viser un accueil continu.

    Pour Mme Wauquiez, toutefois, il est important que la mixité des modèles perdure. « Les crèches en forêt touchent un public convaincu. Alors que l’alternative mixte, c’est-à-dire les institutions classiques qui passent une partie du temps en nature, permettent de cibler les enfants les plus à même de manquer des bienfaits de l’extérieur », poursuit-elle.
    Au départ, l’idée a émergé d’une simple nécessité. Celle de pallier le manque de places d’accueil, notamment au Danemark. Puis la valeur pédagogique de l’expérience s’est imposée. « Désormais, l’objectif de la pédagogie par la nature est de créer un lien affectif entre les enfants et leur environnement. On a remarqué que cette relation émotionnelle est la base d’un comportement responsable à l’âge adulte », explique encore la spécialiste.
    D’autre part, la vie en plein air favorise le développement de l’enfant. Avec sa faune, sa flore, son sol irrégulier, la nature est un véritable laboratoire de psychomotricité et de connaissances. « Elle offre tous les outils nécessaires au développement de la motricité fine et globale ainsi qu’au développement cognitif. Elle favorise les compétences sociales et la créativité », assure Viktorie Švarková, fondatrice de La Bicyclette.

    D’un bout de bois, une brindille devient baguette magique, avion, lance à incendie... « Sans jouets prédéfinis, dehors les enfants sont constamment en train d’inventer quelque-chose. Une soupe de feuille, un abri pour les insectes... Tous leurs sens sont mis à contribution. »

    Passer une partie de son temps à l’extérieur contribue aussi à renforcer les défenses immunitaires. « Les études montrent que les enfants sont moins souvent et moins longtemps malades, qu’ils sont émotionnellement plus stables et plus aptes à se concentrer », ajoute Nathalie Barras, formatrice dans trois Hautes Ecoles pédagogiques pour les cantons du Valais, du Jura, de Fribourg, de Berne et de Neuchâtel. « Quand ils passent suffisamment de temps à l’extérieur, ils se développent de manière plus complète. »
    Autre point fort : la nature fait barrage à la surstimulation ambiante. « Au milieu des écrans et des matières en tout genre bien étrangers à notre biologie, c’est une pause vitale. »

    #écologie #éducation #Suisse

  • Une bonne illustration du trending syndrome de l’imposteur
    – ce post a été rédigé sans aucune recherche approfondie de ce qu’est le syndrome de l’imposteur. Ce post est aussi très mal écrit, c’est du tout venant, je ferai un truc plus propre quand mon cerveau dira d’accord -

    Il est 01:46 et mon réveille sonne dans cinq heures. Jusqu’ici pas de panique, j’aime le café et il me le rend bien. Je viens seulement de passer une sale journée en tête à tête avec ma soudaine lucidité sur une partie de moi-même.
    En gros, j’avais une échéance pour rendre un papier pour une conférence fin Août (dans un lieu OUF) à laquelle je voulais présenter mon projet de thèse (mais pas publier par la suite). Ça faisait 4 mois que je bossais sur mon sujet, mais 4 mois où j’ai aussi postulé pour une CIFRE (accord pour une thèse pro), changé d’habilitation de thèse, déménagé à Paris... La vie quotidienne de tout le monde est remplie de galères, je sais bien, et mes sus-nommées aventures ne sont même pas des galères. OUI MAIS.
    Ce papier je ne l’ai pas écrit. Pas un mot du tout. Au moment de l’échéance, j’ai demandé un délai et je l’ai obtenu, et c’est demain. Et je n’ai toujours rien écrit. Je vois mon DR (directeur de recherche) demain, dans mon entreprise, et je vais devoir affronter sa déception et son incompréhension et surtout la panique d’avoir une doctorante comme moi. Voilà comment je l’anticipe en tout cas.
    Et alors ? Et bien, je l’ai cherché. Je crois que je me suis auto-mise dans le bousin.
    Tout simplement, je pense que j’en suis arrivée là où je suis par pur hold-up. J’ai berné tout le monde, ou alors tout le monde sait que je suis nulle et essaie de se débarrasser de moi je ne sais pas. Je ne dis pas que ma situation actuelle ferait multiples envieux, mais quand même, je m’estime très privilégiée. Et je ne mérite rien de ce qui m’arrive, sérieusement. Je ne pense pas me dévaloriser, je pense être lucide. Je suis relativement cynique, mais surtout je crois être lucide. Je rationalise beaucoup de choses, « j’intellectualise » beaucoup de choses (je ne suis pas hyper à l’aise avec « intellectualiser » comme mot, ça sonne très prétentieux, mais disons « réfléchir beaucoup trop sur n’importe quel sujet »). En plus de ça, je développe depuis quelques temps de très grosses angoisses. La dernière en date, alors que je n’avais jamais eu de problème avec ça, j’ai pleuré au décollage de l’avion qui m’emmenait en vacances il y a quelques jours. J’ai pleuré de panique. Et c’est comme ça pour tout maintenant, je suis devenue une super angoissée.

    Bon c’est très décousu, mais là je suis un peu en plein milieu de l’étape « déni » de ma nuit. Et d’ailleurs, paradoxalement à mon angoisse, je vais aller me coucher sans avoir écrit un mot. Et quand je vais commencer à m’endormir, je vais être reprise d’angoisse, et ne plus fermer l’œil.

    Je suis fatiguée, et je ne sais pas quoi faire pour me « soigner » parce que finalement, les trois années qui vont suivre vont nécessiter que ce souci soit réglé. Pas tant les angoisses, qui ne me posent pas de problèmes professionnellement parlant. Mais surtout la manifestation de ce « syndrome » dans mon comportement : l’immobilisme. Je panique, et plutôt que de bosser deux fois plus dur, je m’arrête.
    C’est marrant, j’apprends à conduire en ce moment. Même réaction, dangereuse, quand je fais une bêtise, quand dans un croisement je sens que je vais pas gérer la présence d’autres bagnoles, je m’arrête net. Je lâche tout.

    Mais demain,ça va être un joli carambolage et je vais autant être responsable que victime.

    • imposture ou sentiment d’illégitimité ? l’imposture ne panique pas, ne doute pas, mais met sans scrupule aucun des stratégies en oeuvre - on en a un excellent exemple ici
      http://seenthis.net/messages/391634

      le sentiment d’illégitimité est d’autant plus redoutable qu’il prend toutes les mesures pour s’auto-renforcer, notamment en se considérant comme de l’imposture ou en sabotant ce qui le contredit

    • Il me semblait avoir compris le concept de l’imposteur comme un sentiment que l’on est soi-même un imposteur, dont la situation n’est qu’une suite de chances et de hold-ups. Je dois définitivement me renseigner. Mais je doute que tous les syndromes d’imposteur, les sentiments d’illégitimité etc soient « soignables » collectivement. Les racines sont peut-être trop individuelles (contexte, éducation, personnalité etc) ? Par le même temps, les mécanismes sont assez généraux, et le sentiment se fait sentir chez de plus en plus de personnes, alors il y a peut-être un élément d’influence extérieur ? Aucune idée.

    • Tu as raison, je découvre qu’il y a même une page Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_l%27imposteur

      Je parierais plutôt pour une maladie d’époque, je veux dire aux racines collectives, qui répond à cette injonction permanente à réussir, à se faire l’entrepreneur/euse de soi-même. Une injonction, en somme, à être un⋅e parfait⋅e imposteur/euse, qui ne doute jamais, qui offre une image lisse et rationnalisée de soi, dont la trajectoire se fait sans heurts. Mais l’accusation se retourne, paradoxalement et opportunément, contre celles et ceux qui ne s’y font pas.

    • Je connais vachement bien : http://blog.monolecte.fr/post/2010/08/22/le-complexe-du-fumiste

      C’est nourri de tas de choses : les ambitions démesurées des parents et notre refus inconscient de les dépasser ; la glorification de la perfection et l’inévitable incapacité à y accéder ; la peur atroce de l’échec dans un monde qui peut te laisser crever au premier faux pas.

      Vieillir est cool. On apprend à se planter sans se saborder (ce que tu fais avec une belle constance) et à se relever tranquillou et continuer de ramer dans le sens qu’on préfère. On apprend aussi qu’on a tendance à saborder ce qui relève de faux choix, c’est à dire des trucs dont on s’est persuadé que c’était cool alors qu’en fait ça nous fait gravement gerber en dedans. Quand on sent la paralysie monter, on s’interroge sur les vraies motivations, rapidement, et si le diagnostic est bon, soit on plie vite fait le merdier (mais si, on arrive très bien à réussir en rendant un truc bâclé, c’est affligeant, mais c’est comme ça !), soit on se désengage si c’est possible.

      On arrête de vouloir rendre le truc parfait du premier coup. Et même au deuxième. On rend un truc et on n’attend pas l’avis de l’autre comme le jugement dernier. Souvent, de manière étonnante, l’autre est content. Ben, on prend. On ne trouve pas ça top, on ferme quand même notre gueule et on prend la satisfaction du commanditaire comme elle vient. Et on ferme sa gueule. On ne dit pas qu’on pourrait faire mieux. Si l’autre ne le demande pas, il n’y a pas de nécessité à de revenir dessus, on passe à la suite, en se disant que de toute manière, on fera mieux.

      Si l’autre n’est pas satisfait, ça ne veut pas dire que tu es une sous-merde et que tu dois te jeter dans les chiottes avec une pierre autour du cou. Ça ne veut pas dire que tu ne fais pas l’affaire. Ça veut juste dire qu’il avait d’autres attentes. Donc tu ne te flagelles pas publiquement et tu demandes avec calme et assurance comment il voit les choses, ce qu’il attend, vers quoi tu dois plutôt tendre. Tu écoutes bien et tu fais. Si vraiment il demande un truc nul (si, si, ça arrive !), tu peux éventuellement faire remarquer qu’il serait peut-être plus judicieux de faire un autre choix. S’il t’écoute, tant mieux, s’il s’entête, pas grave. Tu feras un truc moins bien qui le rendra content et le monde va continuer à tourner. Et si tu es félicitée pour une bouse, tu le prends avec le sourire et tu remercies. Parce que voilà, ça ressemble à ça, la vraie vie. Tu tentes d’aller vers le meilleur en sachant que c’est juste une tendance, une quête et pas une finalité et que ce qui compte, c’est qu’au final, tout le monde est content.

      Après, @maudelibellule est de bon conseil sur les méthodes de travail des gens comme nous. On voit direct la montagne. Forcément, ça coupe les pattes.
      La rando, c’est pareil : quand tu vois d’en bas le tout petit truc que tu dois attendre avec tes petites pattes, tu as juste envie de retourner pleurer dans la bagnole.

      Mais non. Ton plan, c’est juste d’aller jusqu’à la moraine suivante pour voir si le paysage est encore plus beau. Tu prends ton temps. Tu profites de l’instant. Tu rigoles avec les copains. Tu évites de te faire mal. Tu fais la sieste quand tu es fatiguée. Et au bout d’un moment, t’es en haut. T’as mal partout, t’es cramée, mais ce putain de paysage, tu l’as mérité et tu en profites à fond.

      Pour le boulot, c’est pareil.

      Si je n’ai pas d’angle d’attaque, je compile les sources. Si je n’ai pas l’intro, ben j’écris un bout d’autre chose, d’une fulgurance que je viens d’avoir. Que je vais creuser. Si c’est mal écrit, je continue quand même, je reviendrai dessus plus tard. Et je monte le truc par petits bouts, sans préjuger du résultat final. Et du coup, ça progresse.

      Il y a des outils qui mesurent le boulot que tu fais, même pour 10 minutes. Si ça t’aide... à la fin de la semaine, tu vois que, finalement, tu as fais des trucs.

      Même les trucs ratés, je les garde dans un coin. Des fois, je retombe dessus 6 ou 10 ans plus tard et je ne les trouve plus aussi ratés, ou ils me font un bon début pour autre chose.

      Au final, tu avances tranquillement. Tu découvres que tu n’es pas aussi géniale que tu voudrais l’être, mais que ce n’est pas si grave et que tu es finalement beaucoup mieux que tu ne le crois. Tu apprends aussi à relativiser les jugements des autres... ainsi que les tiens. Et c’est très « soulageant ».
      Bref, tu fais la paix avec toi-même et, forcément, ça va mieux.

      Sinon, je me suis encore sabordée il y a 3 ans. Une conjoncture d’évènements assez négatifs. Au début, je me suis repliée comme d’hab’... et puis, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée voir le client pour lui dire en face que je ramais comme une galérienne et qu’il n’était pas tombé sur la meilleure période de ma vie (en fait, la seule fois où j’ai dû prendre des anxiolytiques). Le gars m’a regardée dans le blanc de l’œil. On avait explosé tous les délais. Il m’a dit que ça arrivait à tout le monde, mais qu’il fallait finir le job. Il m’a donné des conseils pratiques et une avance sur mes honoraires pour m’engager. Je savais que j’étais grillée pour sa boite, mais fallait finir. Alors, j’ai fini le job en bossant comme une malade.

      Depuis, on n’a jamais repris contact, mais curieusement, je suis allée beaucoup mieux en admettant que je pouvais vraiment me ramasser comme une merde et quand même y arriver à la fin.

      Depuis, je fais les boulots plus sereinement. J’essaie de mieux m’organiser et d’avancer dans la bonne direction avec régularité. Je fais de la course de fond, en somme.

    • Tu parles de celui-là, @mad_meg : http://blog.monolecte.fr/post/2010/11/25/La-pedagogie-du-coup-de-pied-dans-les-couilles ?

      Parce que plus le temps passe et plus je suis effarée de constater qu’on continue à ne pas éduquer les garçons à ne pas commettre d’agressions sexuelles, à ne parler qu’aux femmes de se protéger des viols (complètement con !) et à ne pas apprendre aux petites filles à se défendre en cas d’agression.

    • @mad_meg : pas plus doué pour les mots mais #merci

      @monolecte : concrètement tu ou quelqu’un.e a des pistes pour donner les armes à une enfant / ado / jeune adulte / femme ? En plus d’une éducation bien faite je veux dire, des outils comme le judo, ou des activités hors peri-scolaires, ou une autre forme que je n’ai même pas encore envisagée ?

    • Ben, je tombe un peu sur le cul, j’apprends cette affaire deux ans après, je n’ai rien vu et rien entendu. La question que je me pose, c’est si nous n’aurions pas du prendre cette affaire en charge collectivement puisque @mad_meg en a parlé à ce moment là. Sur @seenthis nous évoquons et débattons souvent des #agressions_sexuelles et de #sexisme, ça doit se poursuivre dans la vraie vie et nous aurions dû tous rebondir ensemble et avoir ce débat en live. Non ? Et je comprends bien ce mal être quand tu dois contenir toute ta colère et ta souffrance des années sans parvenir à l’exprimer.

    • Je n’ai pas de solution toute prête. J’ai enseigné à ma fille à ne pas avoir honte d’elle-même, ni de son corps, ni de ses pensées. Je lui ai enseigné à penser par elle-même et à faire ses propres choix.
      Déjà, rien que ça, c’est bien. Elle n’a pas de ces comportements pudibonds à la con qu’on inculque aux jeunes filles. Et face aux harceleurs, je lui ai appris la stratégie Ender : ce sont toujours les faibles qui subissent la violence. Les violents cherchent les faibles (surtout ceux qu’on a éduqués comme tels) parce que cela n’a pas de cout pour eux d’exercer leur domination. Donc, quand un plus fort (ou supposé comme tel) s’en prend à toi, c’est qu’il n’est pas aussi fort qu’il le croit et qu’il s’attend à ne trouver aucune résistance.

      La stratégie Ender, c’est frapper très fort, très vite et sans merci. Pour que la domination ait un cout exorbitant dès le départ. Bien sûr, cela implique que c’est le faible qui sera puni pour son attaque préventive. Parce que notre société tolère très mal les faibles qui se défendent très fort.
      Mais cela signifie que dans 90% des cas, la victoire est totale et le faible plus jamais emmerdé. C’est aussi la loi de la taule.

      Donc, l’autre jour, une petite bande de cons s’en est pris sans préavis au groupe de ma fille. Ils ont commencé par jeter le cartable du premier par terre et à piétiner ses affaires. Puis ils sont allés vers la fille suivante pour lui tirer les cheveux. Ils n’ont pas eu le temps d’arriver à ma fille : elle a immédiatement tapé de toutes ses forces dans le tibia du plus proche d’elle. Qui a eu très mal et a été très surpris.
      Du coup, ils se sont tous barrés.

      Bien sûr, je lui ai expliqué que le recours à la violence est problématique et ne doit être envisagé que comme recours ultime face à une violence injustifiée. Pas un mode de gestion des conflits interpersonnels qui doivent être gérés par le dialogue et la négociation avant tout.

      Je sais que la plupart des gens désapprouvent ce qu’est ma fille. D’un autre côté, elle a tendance à faire fuir les harceleurs rien qu’en étant là. Donc on emmerde les gens qui éduquent leurs filles à être des bonniches et des victimes toute leur vie.

    • L’autre truc, c’est qu’en effet, les harceleurs ont l’habitude de s’en sortir à tous les coups. Ils jouissent d’une quasi-impunité et du silence honteux de leurs victimes (et de la complicité passive du reste de la société).

      Quand les harceleurs sont exposés sur la place publique, forcément, ils trouvent ça nettement moins drôle et confortable.

      C’est pour cela que je suis à 100% avec @mad_meg : toutes ces merdasses sont comme les vampires, ils craignent la lumière plus que tout !

    • S’il vous plaît, @speciale merci de sortir de cette discussion. Votre anonymat vous y protège suffisamment d’ailleurs.

      @mad_meg tout mon soutien.

      Merci à tous pour vos conseils, que je vais lire et relire attentivement (voire même de ce pas recopier sur un papier), en doutant toutefois à une solution miracle, en revanche le processus évolutif comme conseillé notamment par @intempestive et @monolecte et merci pour les encouragements. Je vais pousser du côté de l’auto-sabotage, le nom semble déjà correspondre à ma réaction à ces angoisses. Par ailleurs, @intempestive je suis plutôt d’accord avec le fait que ce soit une maladie collective en ce que les personnes très sûres d’elles et sur-entraînées à la performance sont très impressionnantes pour moi, alors que finalement elles ne sont qu’accomplir les comportements vers lesquels la société du travail nous dirige.

    • @speciale : tu as donné ta version publiquement, tu ne crois pas que c’est suffisant ? Pourquoi insistes-tu pour que l’Autre se rétracte, fasse amende honorable, te rétablisse dans ton honneur ?
      C’est quoi le souci ? Il est entre toi et elle ? Ou entre toi et les autres ? Je pensais que c’était entre toi et les autres, dans la mesure où tu te sentais sali à tort. Et si ce n’est qu’entre toi et les autres, après tout, si elle ne souhaite plus te fréquenter d’aucune façon, pourquoi insister pour lui imposer, ici aussi, encore, ta présence ? A part pour faire le contraire de ce que tu dis ?

    • Tu ne devais pas te douter de ce que tu allais déclencher ici en postant il y a deux jours, @oblomov. Mais je pense que c’est globalement salvateur pour tou⋅te⋅s les participant⋅e⋅s ici, y compris les plus rétifs. La merde, quelle qu’elle soit, ne doit pas rester sous le tapis sous peine d’empester bien fort et bien longtemps.

      Cela fait longtemps que je me bats avec mon complexe du fumiste. Cela vient de mes origines prolotes que des études supérieures n’ont pas réussies à transcender. De mon statut de femme « de tête » dans un monde où, comme le rappelle à point nommé @mad_meg, nous sommes illégitimes dès que nous sortons de notre schéma de dominées. De mon manque d’assurance chronique, même si j’ai appris à me méfier des esbrouffeurs dont l’assurance érigée en qualité par le système ne dissimule pas la profonde vacuité.

      Je ne sais pas si tout cela va t’aider à faire la paix avec toi-même et à réussir à dépasser ou contourner l’obstacle, mais comme tu le vois, nous sommes une communauté agitée et agissante et on peut beaucoup y apprendre et y progresser... si l’on veut bien s’en donner la peine.

      Déjà, on aimerait bien savoir si tu as réussi à parler avec ton directeur de recherche.
      Tiens-nous au jus.

    • Et effectivement j’ai vu mon DR et ça s’est d’ailleurs bien passé. Il m’a signifié que c’était un coup de mou typique de doctorants (sans me convaincre ça me soulage qu’il n’ait pas eu l’air « déçu »). Mais il m’a demandé d’écrire le papier quand même. Malheureusement cette échéance coïncide avec la présence de ma petite soeur venue de Lyon pour me voir. Je ne travaille pas mais je ne profite pas non plus. Je vous ecrirai plus en détails plus tard mais je viens de renverser du café sur mon ordi (acte manqué ? :) ) et il foire complètement maintenant, je reviendrai dès qu’il remarchera comme il faut pendant que je me coupe un peu, malgré l’échéance. Merci pour tous vos messages !

    • Je pense pas qu’il y ait eu un acharnement collectif sur @speciale, c’était plutôt un soutien collectif à @mad_meg ce qui est quand même différent. Ensuite il me semble que les tentatives de nuanciation qui sont arrivées dans un deuxième temps ont été prises par @speciale comme un désaveux des accusations/critiques énoncées précédemment. (J’ai son dernier message si ça intéresse)

    • Tout pareil que @nicolasm. J’ai trouvé au contraire qu’on était très très (très) loin de la lapidation forumesque.
      Personne n’a demandé à speciale de partir il me semble. C’est lui qui dans un dernier mouvement d’orgueil a préféré faire le Caliméro persécuté plutôt que... plutôt qu’autre chose. C’est son choix, comme tous les autres choix qu’il a fait dans la discussion.

    • Ce n’était pas un procès, il n’y a pas lieu de parler de justice ni de droit de la défense, comme j’ai déjà pu le signifier l’autre jour.
      L’intérêt que je trouve aux espaces de discussion sur Internet, c’est qu’il est possible (mais pas automatique hélas) de déconnecter les « affrontements ». « Il » pouvait intervenir, nous avons tous fait le choix de ne pas le lire/lui répondre sur les faits et de nous tourner collectivement vers « elle ».
      Et que ce ce soit passé de la sorte, sans jugement, sans rentrer dans des prises de position scabreuses, justement, démontre sans doute une certaine forme d’expérience des uns et des autres.

    • Je n’ai pas non plus souhaité le retrait de speciale, c’est vrai, la pression était forte. Interrompre une femme qui parle pour lui demander si elle suce, ce n’est pas seulement lourd, c’est violent.
      Ça me rappelle une affiche que j’avais proposé pour répondre à un concours lancé sur les violences conjugales « say no ». J’en ai marre de voir des portraits de femmes avec des marrons alors que le vrai problème c’est la violence des hommes et leur domination. C’est pas mal non plus que la honte change de camp. Je souhaitais aborder cette question en douceur, et celle de l’éducation et de la transmission. Voici le projet pas vraiment abouti mais c’était l’idée. Elle n’a évidemment retenu l’attention de personne, remettre l’homme en cause sur ces questions n’est pas rentré dans les mœurs, on préfère voir les femmes battues et humiliées que des mecs remettre en cause une pseudo-virilité :)

    • @oblomov là je croi que ca fait longtemps que je suis tres très hors sujet par rapport au syndrome de l’imposteur. Pour essayer de relancé la discussion sur le syndrome de l’imposteur, je me souviens en avoir entendu parlé aussi dans les cas de personne qu’on appelait avant « surdoué » et des fois « précoces » et que j’ai vu aussi désigné par « zebre ». Zebre dans l’idée qu’illes sont different·e·s des chevaux mais pas mieux ou moins bien. C’est à dire que c’est pas forcement des personnes plus intelligentes comme on l’entendait avec « surdoué » mais des personnes qui ont un fonctionnement de l’esprit différent de la moyenne des gens. Ca se caractérise souvent par une « hyper-empathie » et une grande émotivité, on peu appler ca aussi de l’instinct dans le sens qu’on comprend les choses sans pouvoir analysé le chemin que l’esprit à pris. Souvent ces personne ne sont pas reconnus par leur entourage. C’est à dire que leur entourage ne prend pas la mesure de cette hyper-empathie et émotivité intense et la personne se trouve incomprise. Dans ce cas l’enfant qui n’est pas compris fini par dissimulé sa personnalité parfois même à lui même et là peut prendre racine le sentiment d’imposture. Il y a aussi le fait d’avoir une facilité, quant on dit qu’une personne est « doué » c’est une manière de lui enlever le mérite de son travail. Je vais voir si je retrouve les liens ou j’avais lu tout ca et plus particulièrement sur le syndrome de l’imposture. Et pour finir j’ajoute que les « zebres » femmes sont moins souvent détecté que les hommes.

      Merci à toi pour ton hospitalité sur ce fil et au plaisir de te lire à nouveau.

    • @odilon : [...] très intéressante affiche, que tu avais proposé. Ca ne m’étonne pas qu’elle n’ait pas été retenue : la focalisation graphique habituelle sur la victime permet d’emporter l’adhésion immédiate en jouant sur des ressorts affectifs, tandis que ton affiche est plutôt un miroir et demande de se remettre en question. D’un côté, la dénonciation du cas individuel d’abus, de l’autre la remise en cause d’un système de domination. Le choix de toujours visibiliser la victime permet paradoxalement de laisser l’agresseur dans l’ombre.

    • Oui @intempestive Je voulais aussi ajouter que c’est très révélateur de l’hypocrisie qui sous-tend ces campagne : jamais on ne parle de la « violence des hommes », des « hommes violents » ou de la « violence masculine », on parle de la « violence faite aux femmes », un truc un peu vague qui vient d’on ne sait où. Comme le fait d’avoir remplacer le terme « violences conjugales » par « violences domestiques » (ça sonne comme accident domestique) : le tabouret qu’une femme s’est mangé dans la tronche est arrivé on ne sait comment.

    • c’est la même chose aussi avec le viol, l’inceste, ou les violences sur les enfants. Ces crimes sans agresseurs, sauf si l’agresseur est racisé, musulman, immigré, pauvre, une femme, un fou... mais c’est comme si l’homme blanc occidental etait toujours un « nice guy ». Voyez les DSK, les Polansky qui se pavanent et les tentatives insistentes de Libé pour réhabilité Cantat.

      J’ai ce petit visuel qui correspond à une étude dont je ne connait pas le sérieux (c’est peut etre une étude sur 4 mecs)

      En fait je trouve interessant ce tableau car on voie l’effet du changement de vocabulaire et là ou les hommes placent la victime. Dans le style de « violence domestique » il y a aussi « crime passionnel » ou « drame familiale » qui m’horripilent.

    • J’ai édité mes messages. Je ne reviens pas sur ce que j’ai dit et je en reparlerait mais probablement pas ici, vu que ce n’est manifestement pas l’endroit.
      Merci a celles et ceux qui m’ont montré leur solidarité et leur compassion. A toutes les personnes qui ont souffert de remonté traumatique à cause de mon explosion de vendredi, je m’excuse et je vers des larmes pour nous.

  • Comment la #dataviz aide à comprendre la crise du logement - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/06/08/comment-dataviz-aide-a-comprendre-crise-logement-259621

    Les chiffres du logement en pleine rue

    Un locataire londonien est allé encore plus loin. Pour que tous les passants puissent se rendre compte des problèmes de logement au Royaume-Uni, Arman Naji a décidé d’exposer des statistiques nationales sur du mobilier urbain.

    Évolution du nombre d’expulsions ordonnées par la justice au Royaume-Uni, en 2010, 2013 et 2015

    Montant moyen d’une location à Londres en 2005, 2010 et 2015

    Prix moyen d’une maison à Londres en 2005 et 2015

    Et ça s’appelle du #street_graphs :) #logement

  • Ligne TGV Tours-Bordeaux : tout le monde devra se serrer la ceinture
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/08/ligne-tgv-tours-bordeaux-nbsp-tout-le-monde-devra-se-serrer-la-ceinture_4649


    Mais ils sont signé ces conditions iniques, ces cons !

    Ce n’est pas rare d’avoir des difficultés pour calibrer une nouvelle offre, mais ligne Sud Europe Atlantique ressemble au casse-tête absolu… Faute de financements publics suffisants, le projet a été développé sous forme de partenariat public privé pour un coût global de 8 milliards d’euros (raccordements avec le réseau existant compris). Vinci et ses partenaires privés ont pris à leur charge près de la moitié de cette somme, tandis que l’Etat, les collectivités locales et SNCF Réseau ont subventionné la ligne. Alors que le TGV Est a, par exemple, été financé à hauteur de 78 % par des subventions publiques, SEA l’est à 40 %. Cela implique de reporter le coût sur les utilisateurs, sous forme de péages acquittés par la SNCF à Lisea.

    Lire aussi : Les trains de nuit et des tronçons de ligne pourraient être supprimés

    Le problème, selon la SNCF, c’est que les péages seront tellement élevés que l’économie globale de la ligne sera impossible à équilibrer. « En 2017, les péages envisagés en heure de pointe sur des TGV à double niveau sont de 48 euros par train/kilomètre, alors que pour un Paris-Lyon, la SNCF paiera la même année 31 euros par train/km pour le même service », explique Rachel Picard, la patronne des TGV à la SNCF.

    Avec une marge moyenne des #TGV de 10,3 %, les nouveaux péages vont faire plonger dans le rouge le TGV bordelais. « Dès le lancement, nous perdrons entre 150 et 200 millions d’euros par an sur cette seule ligne », reprend-elle. Et ce en proposant un nombre de places égal à ce qui existe aujourd’hui sur moins de trains : les nouveaux TGV transporteront 550 passagers contre 450 aujourd’hui…

    #transport #PPP #train

  • Pour préciser le sujet de recherche doctoral, plus généralement, je traite des effets économiques sur la société, des infrastructures de transport. Cela induit l’exclusion des effets passagers (exclusifs) et des effets pour les ménages. Je traite essentiellement des effets des infrastructures de transports sur le tissu économique (entreprises, marché du travail et des biens intermédiaires).
    Donc ça c’est le sujet. Dans les traitements théoriques que j’aimerais aborder se trouve la question de l’espace/temps (vitesse, valeur du temps, accessibilité, aménagement du territoire). Je les aborde d’un point de vue économique, je ne juge donc pas des dynamiques spatiales qui à court-terme créent des inégalités et de la polarisation, et à long-terme peuvent permettre une accessibilité générale satisfaisante pour l’exercice du service public.
    Les questions de spécialisation éco-territoriale et d’attractivité spatiale (et donc de fractionnement des fonctions de production, voire de leur dématérialisation. sont au centre de l’analyse théorique puis prochainement (deuxième ou troisième année selon l’arrivée des données) économétriquement.
    Je prends de l’avance sur ces questions (je démarre à peine, et encore pas « officiellement ») mais ça vaut le coup d’y réfléchir dès maintenant pour souligner des problématiques qualitatives importantes et qui tendent à être éclipsées par les analyses statistiques dont les interprétations par les pouvoirs publics sont parfois hasardeuses. Mon objectif est d’éviter cette appropriation inexacte des résultats tant théoriques que quantitatifs.
    Aujourd’hui, en tombant sur un article du site « Mutinerie, libres ensemble » (je vais retrouver la référence), je réfléchis à la dématérialisation de l’entreprise et des tâches productives, à leur mécanisation et donc à une masse critique de chômage, masse induite par le modèle économique lui-même (perversion industrielle et technologique). Cette tendance à la numérisation (virtualisation) du travail peut avoir une incidence sur le tissu économico-spatial de n’importe quel territoire, pourtant on est face à une urbanisation croissante du fait des inégalités sociales et économiques. C’est donc que la concentration, l’agglomération et l’urbanisation des population n’est plus une décision dont la base serait la rationalité économique et industrielle. Qu’est-ce qui attire les primo-urbains ?

    (concernant la tendance à la désurbanisation, je la marginalise pour le moment dans l’analyse, car les statistiques nous montrent que plus qu’une « ruralisation » c’est à une péri-urbanisation que nous avons à faire, ce qui est l’extension de l’urbanisation des dernières années du fait de l’étalement des périmètres urbains. Je traiterais donc ce point dans une partie de la thèse que je pense appeler « les effets économiques négatifs de l’agglomération », et j’aborderai pour cela principalement les contraintes foncières).

    C’est beaucoup de blabla, on ressent bien que j’en suis aux prémices de la thèse, mais tout ceci sera peaufiné, sans aucun doute (enfin, je l’espère, sinon je n’ai rien à faire à cette place).

  • Je publierai ici quelques notes pour un rapport « officiel » que je dois rendre à la rentrée et pour un colloque d’économie des transports, et a fortiori, ma thèse. Il semble que j’ouvre des portes ouvertes mais poster ces idées ici me permet de synthétiser et clarifier ma pensée, n’hésitez d’ailleurs pas à commenter, en ayant toutefois à l’esprit que j’écris une thèse de doctorat en économie, il y a des concepts que je ne peux que et pas mobiliser. Merci pour vos retours, et même si je lance à peine un gravier dans un océan, merci à beaucoup d’auteurs, de blogueurs, de journalistes pour l’inspiration (dont une que je fanshippe - ? - un peu sans vergogne ni dignité). J’espère pouvoir inscrire ma thèse dans les mêmes cadres de pensée que les leurs. Si je n’y arrive pas, ils auront tout de même compter dans mes réflexions toutes personnelles et balbutiantes.

  • Je viens juste de tomber sur le blog « Les fesses de la crémière » et je dois dire que je suis surprise (agréablement) par les articles et les commentaires qui, même s’ils abondent dans le sens de l’auteur généralement, montrent qu’il peut y avoir de nombreux modèles de couple (et de vie par extension, ou peut-être l’inverse). En tout cas, à parcourir, c’est beaucoup de bon sens (contrairement au « bon sens » qu’on voudrait nous imposer, et qui n’a de sens que la normativité de l’individu, en tout cas c’est mon impression).
    Les articles sur l’exclusivité sont très rationnels (ce qui est preuve que la rationalité, même en amour peut casser les codes actuels). Ils ont le mérite, non pas de convaincre ou de tenter de convaincre le lecteur, que de démocratiser la simplicité d’un choix de vie différent de celui qui semble « normal ».
    On apprend beaucoup de choses, surtout sur soi, beaucoup sur sa moitié (qui finalement est juste un +1) et sur le fonctionnement par couple en général.

    https://lesfessesdelacremiere.wordpress.com

  • Extrait de l’avis TEN/566 du CESE (Conseil Economique et Social Européen) du 22 avril 2015 point 4.3
    "Dans un avis exploratoire intitulé « Un avenir durable pour les transports », le CESE a constaté que si les transports sont la clé d’un grand nombre de libertés (liberté de vivre et de travailler dans différentes régions du monde, de profiter de biens et services divers, d’échanger et d’établir des contacts personnels), il n’en reste pas moins qu’une des missions fondamentales du politique est de définir un encadrement pour ces libertés et même d’imposer des limites, dès lors qu’elles affectent, voire qu’elles menacent, d’autres libertés ou besoins, par exemple lorsqu’il en va de la santé des gens, de notre environnement ou de notre climat, mais aussi des besoins des générations à venir."

  • Vers un exode urbain numérique ? - Mutinerie, libres ensemble - espace de coworking à Paris
    http://www.mutinerie.org/vers-un-exode-urbain-numerique

    Les zones rurales sont-elles en train de devenir économiquement plus attractives que les villes sur le plan économique ? Quels sont les éléments qui nous permettent de comprendre les causes et les caractéristiques de ce phénomène naissant ?

    #ruralité #ville #territoire #mobilité