odilon

artiste aux mains pleines de doigts - visionscarto.net

  • « Villes rebelles » contre #Multinationales
    https://www.bastamag.net/Villes-rebelles-alternatives-transition-relocalisation-remunicipalisation

    De la remunicipalisation de l’eau à la régulation d’Airbnb et Uber, en passant par la mise en œuvre de la transition énergétique et les luttes pour le logement et contre la spéculation immobilière, d’innombrables batailles se livrent en #Europe opposant, d’un côté, des multinationales et des géants de la finance, et de l’autre les villes et leurs citoyens. Les élections municipales françaises se déroulent à un moment où le niveau local apparaît plus important que jamais face à l’urgence climatique ou à la (...) #Chroniques

    / #Alternatives_concrètes, #Luttes_sociales, #Climat, Multinationales, Europe

  • Le consentement n’est pas un logo
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-theorie/la-theorie-du-vendredi-28-fevrier-2020

    Le #féminisme peut-il continuer à servir d’#argument_de_vente à l’#industrie_de_la_mode sans enjamber une série de contradictions intenables ?

    A combien seront vendus les T-shirts « #Consentement » de #Dior après le défilé automne-hiver présenté pendant la semaine de la mode à Paris ? Telle est la question. Pas de savoir si le pied de poule fait son retour ou à quelle hauteur se porte la jupe.

    La #mode et le féminisme forme un vieux couple #marketing, et quand on y pense les #femmes ont toujours servi à vendre des choses notamment au prétexte de les libérer. Le slogan « Moulinex libère la #femme » fait figure de pionnier. Avec cette nuance : il s’agissait de libérer les femmes en les enfermant dans la cuisine. Là le féminisme sert à les libérer de quelques centaines d’euros.

  • #Philanthropie : Le #capital se fout de la #charité - #DATAGUEULE 93 - DataGueule
    https://peertube.datagueule.tv/videos/watch/554be54b-fd91-4e89-bddf-119813b64e73

    Ah les belles fortunes de ce monde et leur immense générosité ! L’éducation, l’art, la faim dans le monde : rien n’est trop beau, rien n’est trop grand. À condition d’y gagner en visibilité… Et de pouvoir faire une belle opération fiscale au passage. Et si parfois, ces opérations sentent bon le #conflit_d’intérêt, il ne faudrait tout de même pas cracher dans la soupe. La #générosité ça ne se discute pas. Mais au fait, elle vient d’où cette richesse ?

    #fiscalité #défiscalisation #trust #social-washing #image #philantrocapitalisme #bill_gates #mécénat_d'entreprise #fondation_louis_vuitton #contreparties #loi_Aillagon #niche_fiscale

  • Adèle Haenel : « La France a complètement raté le coche » de #MeToo - The New York Times
    https://www.nytimes.com/fr/2020/02/24/movies/adele-haenel-metoo-francais.html

    Certaines personnalités politiques ont regretté que vous vous soyez initialement exprimée dans les médias plutôt que de porter plainte. Pourquoi ce choix ?

    Parce qu’on a un système judiciaire qui ne fait pas des violences faites aux femmes sa priorité. Des personnalités politiques ont exprimé leur surprise, mais savent-ils ce que c’est, aujourd’hui, pour une femme, de se retrouver dans le système judiciaire en France ? Est-ce qu’on prend en compte les grandes difficultés qui jalonnent le parcours d’une femme victime de violences sexuelles ?

    Mon dossier est maintenant traité de manière idéale, avec des gendarmes et des policiers attentifs et bienveillants. Je souhaite ce traitement à toutes les victimes.

    Quel regard portez-vous sur la façon dont ces dossiers sont habituellement traités en France ?

    La loi française définit le viol comme un acte sexuel commis au moyen de violence, de surprise, ou de contrainte : elle est centrée sur la technique employée par l’agresseur, pas l’absence de consentement de la victime. Or, si une victime est sidérée pendant l’agression, comment fait-on pour obtenir justice ?

    On doit aussi croire toutes les femmes qui parlent. Dès qu’une femme a moins de pouvoir qu’un homme, on la soupçonne de vouloir se venger. On n’a rien à gagner à se dire victime et les conséquences sur la vie privée sont très négatives.

    Emmanuel Macron a évoqué une société française « malade du sexisme » et s’est engagé à combattre les violences faites aux femmes et de faire de l’égalité hommes-femmes la « grande cause du quinquennat ». Quel est votre avis sur l’action du gouvernment à cet égard ?

    Il n’y a pas assez de moyens alloués pour changer la situation, et on a dans le gouvernement actuel un représentant qui a été accusé par différentes femmes d’agressions sexuelles et d’abus de faiblesse.

    La lenteur de la réactivité du gouvernement face au phénomène #MeToo laisse penser que les pouvoirs publics tolèrent une marge de violence sur les femmes. Cela reste dans une certaine mesure encore accepté.

  • Amazonies - Ép. 5/5 - Des forêts qui brûlent
    https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser/des-forets-qui-brulent-55-amazonies

    Il n’y a pas plus d’enfer vert que de forêt vierge : voyages au cœur de l’Amazonie avec le géographe Jean-Michel Le Tourneau, où il apparaît que les défis écologiques de notre temps plongent dans l’histoire longue de la domination coloniale....

    Super émission #audio encore sur la #forêt et la représentation de l’#Amazonie comme LA forêt emblématique alors que celles d’Indonésie et du Congo peuvent se dégrader tranquillement. #Brésil

  • Le twittos qui défend les gens du voyage | Emmanuelle Waltermages
    https://www.arretsurimages.net/articles/le-twittos-qui-defend-les-gens-du-voyage

    Le jeune juriste William Acker s’est fait connaître en dénonçant la situation des usagers de l’aire d’accueil voisine de l’usine Lubrizol, qui n’ont jamais été évacués. Elevé dans la communauté des gens du voyage, il utilise Twitter pour alpaguer les journalistes et lutter contre l’invisibilité et la discrimination dont les siens sont victimes. Source : Arrêt sur images

  • Demande d’aide aux cartographes de @seenthis
    (vous moquez pas !!)
    Je dois cartographier l’occupation des sols d’une région à deux périodes différentes et on m’a envoyé un dossier qui comprend des photos aériennes et des éléments d’une première cartographie (je crois réalisée avec autocad).
    J’ai qgis d’installé sur l’ordi : je ne sais pas m’en servir (vous moquez pas) mais avant de me lancer dans l’apprentissage de ce logiciel, j’aimerai savoir si ça m’aidera (ou non) pour le dossier présent dont les formats de fichiers sont les suivants (est-ce que qgis gère ça ?) :

    ça dit quelque chose à quelqu’un·e ? Merci d’avance.

  • Comment l’argent de la Banque mondiale pour les pays pauvres s’évapore vers les paradis fiscaux
    https://www.latribune.fr/economie/international/corruption-comment-l-argent-de-la-banque-mondiale-pour-les-pays-pauvres-s-


    David Malpass, président de la Banque mondiale depuis avril 2019, prononce une allocution lors d’une table ronde sur le thème « Apprendre la pauvreté : jeter les bases du capital humain » à la réunion annuelle de fin 2019
    Crédits : Reuters

    Le « taux de fuite » moyen de l’aide envoyée vers les pays pauvres (en clair : l’argent détourné) est estimé à environ 7,5%, ont calculé des chercheurs au détour d’une étude réalisée pour le compte de la Banque mondiale. La publication de cette étude a créé quelques remous après que le magazine britannique « The Economist » a avancé qu’elle pourrait être l’une des raisons de la démission de l’économiste en chef de la Banque mondiale, Pinelopi Koujianou Goldberg.

    L’aide débloquée par la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres semble déclencher des transferts de fonds en direction de comptes offshore, ce qui suggère un détournement de cette aide, selon une étude publiée mardi par l’institution financière.

    « Ces versements d’aide vers les pays les plus dépendants coïncident avec une augmentation importante de transferts vers des centres financiers offshore connus pour leur opacité fiscale », comme la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïman et Singapour, expliquent les auteurs de l’étude.

    Le « taux de fuite » moyen est estimé à environ 7,5% de l’aide, estiment-ils.

    Comparaison des données de la Banque mondiale avec celles de la BRI
    Cette étude s’est concentrée sur 22 des pays les plus pauvres — principalement en Afrique — en comparant les chiffres de la Banque mondiale avec ceux des versements à l’étranger compilés par la Banque des règlements internationaux.

    La publication de cette étude a provoqué des remous après que le magazine britannique The Economist a avancé la semaine dernière qu’elle pourrait être l’une des raisons de la démission de l’économiste en chef de la Banque mondiale, Pinelopi Koujianou Goldberg.

    Mais l’institution financière s’est défendue contre les rumeurs selon lesquelles elle avait voulu étouffer sa publication.

    Son brouillon « a été relu plusieurs fois et s’en est retrouvé amélioré », a-t-elle dit dans un communiqué.

    Des transferts d’argent qui « coïncident » dans le temps
    Si elle ne précise pas quelles sont ces améliorations, une première version de l’étude expliquait que les versements d’aide « causaient » des transferts d’argent vers l’étranger.

    La version finale du document préfère dire qu’ils « coïncident avec » ces transferts d’argent.

    L’étude suggère que plusieurs explications sont possibles pour ces fuites, mais elle en élimine la plupart.

    « L’aide détournée par les politiques au pouvoir, les bureaucrates et leurs acolytes est cohérente avec la totalité des schémas observés », se contente-t-elle de souligner, ajoutant que les effets « sont plus importants pour les pays les plus corrompus ».

  • Fin
    https://www.cairn.info/revue-vacarme-2019-4-page-1.htm

    Vacarme a été portée pendant près de vingt-cinq ans par un comité de rédaction soucieux de repenser les catégories politiques à partir des expériences minoritaires, dans des textes poétiques ou polémiques, de fiction ou de réflexion, en donnant la parole à d’autres manières d’être, d’agir, de percevoir. Nous avons mené ce programme éditorial en cherchant à ouvrir un espace particulier aux arts et aux formes esthétiques avec lesquels notre réel se construit, comme à d’autres façons d’écrire les sciences sociales, l’histoire, la philosophie… Source : Vacarme

  • L’allemand dégenré horripile les défenseurs de la langue classique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/14/l-allemand-degenre-fait-polemique_6029516_3232.html

    Ces règles peuvent se regrouper en quatre catégories principales.

    1. Systématisation de l’écriture inclusive au moyen du « double point » (« Senator:innen »), équivalent du « point médian » en français (« sénateur·rice·s »).

    2. Utilisation de périphrases « dégenrées » comme « une personne employée » au lieu de « un·e employé·e »).

    3. Emploi de « notions neutres » tel que Elternteil (« membre de la parentèle »), préférable à Vater/Mutter (père/mère).

    4. Bannissement des formules « Cher Monsieur, Chère Madame » en début de lettre au profit des seuls prénom et nom.

    5. Abrogation d’expressions imagées véhiculant des « clichés », comme « Not am Mann » (« urgence pour l’homme »).

    en voulant chercher « Senator:innen » sur le web je trouve surtout Senator/innen et même Senator*innen

  • La France périra faute de bois - Ép. 3/5 - Des forêts qui brûlent
    https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser/matieres-a-penser-emission-du-mercredi-19-fevrier-2020

    Il y a une forme de contestation sociale qui se retrouve en forêt. Par exemple, je suis frappé de voir la manière dont les zadistes se costument, se drapent, se moquent, qui ne sont pas sans rappeler les guerres de demoiselles, qui ne sont pas sans rappeler les black faces de Thomson, etc. La stratégie, le travestissement, la stratégie de la communauté […] donc, voilà, il y a là des passerelles qui sont, à mon avis, intéressantes à creuser et qui sont inattendues.

    Sébastien Poublanc pose la question de la violence de la répression en forêt (#Rémi_Fraisse et un activiste allemand) alors qu’on ne tue plus de manifestant·es en ville.

    Il parle aussi de @mondes Mondes sociaux et de l’écriture numérique de l’histoire. Voir le blog qu’il tient avec ses étudiant·es.

    https://tribulations.hypotheses.org/author/seblue

    #histoire #forêt #sylviculture #communs #Colbert #audio

  • « Il n’y a plus d’avenir ici » : en Afrique australe, les ravages du changement climatique
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/02/19/il-n-y-a-plus-d-avenir-ici-en-afrique-australe-les-ravages-du-changement-cli

    Depuis cinq ans maintenant, toute la pointe sud du continent africain, où les températures grimpent deux fois plus vite que sur le reste du globe, souffre d’un important déficit de pluies. Petits paysans et grands exploitants, éleveurs, hôteliers, enseignants… Tous sont touchés.

    A genoux sur le plan financier, le Zimbabwe est de loin le pays le plus fragilisé par le changement climatique dans la région. Ici, la sécheresse s’ajoute à une liste inexorable de difficultés économiques : inflation, pénuries de liquidités, d’essence, de médicaments, d’eau, d’électricité… La vie quotidienne a viré au cauchemar. Au total, 60 % des 15 millions d’habitants du Zimbabwe sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire. Dans le district de Buhera (est), ce chiffre atteint même 80 %, selon une responsable locale, Patience Dhinda.

    Extraits :
    👉 45 millions de personnes – un nombre record – menacées par la famine en Afrique australe à cause de la sécheresse, des inondations et des difficultés économiques, selon l’ONU. « Cette crise de la faim atteint des proportions jamais vues », a averti mi-janvier Lola Castro, la responsable régionale du Programme alimentaire mondial (PAM).
    👉 Depuis cinq ans maintenant, toute la pointe sud du continent africain, où les températures grimpent deux fois plus vite que sur le reste du globe, souffre d’un important déficit de pluies.
    👉 A genoux sur le plan financier, le Zimbabwe est de loin le pays le plus fragilisé par le changement climatique dans la région
    👉 En Zambie, les fonds manquent pour répondre aux besoins des 2,3 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère . Le PAM n’a reçu qu’un tiers des 36 millions de dollars nécessaires. Dans ce contexte, les gens sont prêts à tout…
    👉 Seul espoir : les petits agriculteurs qui ont fait le pari de la diversification agricole, optant pour des légumes nutritifs et utilisant des techniques agricoles adaptées au changement climatique.

    #afrique #environnement #écologie #climat #agriculture

  • Daily chart - Diseases like covid-19 are deadlier in non-democracies | Graphic detail | The Economist
    https://www.economist.com/graphic-detail/2020/02/18/diseases-like-covid-19-are-deadlier-in-non-democracies

    de la régression log-log et de la classification binaire entre "démocraties et « non-démocraties », un cas d’école pour @simplicissimus

    #coronavirus et #information

    • #merci !

      joli exercice de régression. Si le résultat de l’exercice donne une différence entre les deux types de régime «  hautement significative statistiquement  », il y a vraiment beaucoup de choses à dire sur son utilisation «  politique  ».

      Note : j’arrive à retrouver sans trop de problèmes les données en utilisant les deux sources mentionnées, ce qui donne un nuage de points a priori à peu près similaire (mais il faudrait voir dans le détail…) ; mais je ne dispose pas d’une classification des pays par année et par type de régime.
      Apparemment, il s’agit de l’ensemble des désastres biologiques, soit les épidémies, celles-ci pouvant être bactériennes, parasitaires ou virales.

      Entre 1960 et 2020, je trouve 1026 «  désastres biologiques  » ayant provoqué au moins 1 mort (il y en a 187 où le nombre de décès n’est pas renseigné) et quelques anomalies (ex. 523 morts pour 2 épidémies virales en Afghanistan en 2000 pour 11 personnes atteintes (affected) soit 4750% de mortalité… Il y a aussi 91 pays (dont la Martinique en 2010) pour lesquels le PNB/hab. n’est pas connu.

      Le modèle utilisé établit donc un lien entre la mortalité de l’épidémie, donc une sorte de réponse sociale au désastre en fonction de la richesse du pays, en fait sa capacité à produire et son type de régime. Indépendamment donc du type de l’épidémie et de la létalité de l’agent pathogène. Avec un effet en niveau (il y a moins de morts dans les démocraties) et en pente (le surcroît de richesse diminue plus la mortalité dans les démocraties).

      Je remarque, en premier, qu’il y a très probablement déjà un lien entre PNB/hab. et type de régime. Et qu’un facteur prépondérant de la réponse est la qualité du système de santé du pays (elle aussi, certainement corrélée au PNB/hab. ce qui fait que les auteurs pourraient affirmer que le PNB/hab. est un bon substitut, mais pour laquelle le lien avec le régime politique n’est pas forcément aussi clair).

      Surtout, si la liaison statistique est hautement significative (les zones colorées nous montrent l’incertitude sur les droites de régression) la capacité prédictive du modèle est vraiment faible. Il n’y a qu’a voir la très grande dispersion des observations autour des 2 droites. De ce fait, les performances du modèle utilisé comme classificateur (prévoir le type de régime en fonction de la mortalité et de la richesse) seraient, me sembleraient, vraiment mauvaises. (calculs à faire…)

      Enfin, il est probable que les pays à la plus forte richesse (> 30 000 $/hab.) soient déterminants (points influents) dans le résultat des deux régressions.

    • La variable année me semble aussi bizarrement absente du « modèle », alors qu’il me semble qu’un trait important de cette histoire est qu’à chaque épisode on apprend à mieux gérer, ce qui fonctionne et ne fonctionne pas.

      En tout cas ça va à l’encontre de l’idée de la « bonne dictature », avec un effet présenté comme négatif (même si on peut argumenter sur la classification à priori et tout un tas d’autres choses).

    • Oui, le PNB/tête est aussi corrélé avec le temps (en gros, à quelques exceptions près, depuis 1960, ça croît) et donc, il y a confusion des facteurs et on ne peut pas isoler ce qui vient de l’avancement du temps (expérience accumulée) de ce qui vient de la « richesse » ou de l’amélioration (ou la meilleure préparation) du système de santé.

  • Chili, la crise sociale est aussi environnementale - Noria
    https://www.noria-research.com/fr/chili-la-crise-sociale

    Les habitants de la commune de #Til_Til au #Chili vivent au milieu d’#exploitations_industrielles hautement polluantes : #déchets_toxiques, #sécheresse, poussières, #pollution de l’#eau. Cette situation n’est pas un cas isolé, elle est symptomatique d’un modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles mis en œuvre pendant la #dictature et consolidé lors du retour du pays à la démocratie. Cette enquête explore l’impact environnemental et social de ces orientations économiques et de ces choix de #développement. A travers l’expérience des habitants de Til Til l’enquête rend compte des difficultés de se mobiliser et de mener des actions en #justice dans un contexte où l’#injustice_environnementale s’articule avec une #crise_sociale. Cette analyse propose ainsi un éclairage pour appréhender les récentes #mobilisations sociales au Chili.

  • ­A la FNSEA, le train de vie hors sol des dirigeants - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190220/la-fnsea-le-train-de-vie-hors-sol-des-dirigeants

    Le syndicat majoritaire du monde agricole dénonce régulièrement les conditions de vie de plus en plus difficiles du secteur. Mais ses cadres dirigeants se sont rarement portés aussi bien. Mediapart s’est plongé dans les arcanes de la #FNSEA. Premier volet de notre enquête.

    • Dans les comptes de l’organisme financé en grande partie par les cotisations syndicales de ses adhérents et des subventions publiques (6,3 millions d’euros pour les premières via les fédérations départementales FDSEA et les « Associations spécialisées » ; 4,2 millions d’euros pour les secondes), nulle amélioration du résultat ne vient justifier ce nouveau traitement salarial : le déficit de la FNSEA se creuse d’année en année. En novembre dernier, à l’occasion d’une réunion du personnel, des pertes à hauteur de 1,5 million d’euros ont été annoncées pour l’année 2019.

      Les niveaux de salaire de la direction du syndicat historique du monde agricole, qui compte près de 120 salariés, n’ont pourtant rien de modeste. Ils sont déjà bien supérieurs à ce qui se fait dans des entreprises de taille équivalente, mais aussi à ce qui se pratique dans les autres syndicats. Insuffisant, semble-t-il, pour le nouveau directeur général, Clément Faurax… Prenant ses fonctions en avril 2019, ce dernier a décidé une augmentation immédiate sur la plupart des postes de direction allant, selon les cas, de 5 à 30 % du montant de leur rémunération.

      Lui-même, devenant directeur général après avoir été directeur adjoint, s’est octroyé une hausse de 22 % après avoir déjà connu une revalorisation de près de 8 % en 2017. Il émarge aujourd’hui à 13 400 euros brut mensuels, soit 3 300 euros de plus que le ministre de l’Agriculture qui est rémunéré, comme les autres membres du gouvernement, 10 100 euros brut chaque mois.

      Celui qui a remplacé Clément Faurax au poste de directeur adjoint après avoir été directeur du département « entreprises et territoires », Jean-Louis Chandellier, a connu la hausse la plus significative : + 30 %. Le salaire mensuel de ce dernier est actuellement de 9 600 euros brut. Le directeur du département « économie et développement durable » s’est quant à lui vu attribuer une hausse de 11,5 % pour atteindre 7 500 euros brut, tandis que le directeur du département des affaires sociales a touché une hausse de près de 13 % pour atteindre 7 400 euros brut.

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      Lors de la passation de pouvoir, le cas le plus frappant a sans doute été celui de la directrice générale sortante, Catherine Lion.

      Suivant un découpage original, pendant les quelques mois précédant sa retraite, d’avril à septembre 2019, le salaire de cette dernière est maintenu au même niveau que lorsqu’elle dirigeait la FNSEA. Pourtant, pendant cette période, Catherine Lion n’a plus aucune fonction d’encadrement ni de responsabilité au sein du syndicat des exploitants agricoles : elle est affectée à un poste de conseillère. Et elle n’est employée qu’à temps partiel.

      Comme le stipule l’avenant à son contrat de travail, Catherine Lion devient en effet « conseillère auprès de la Direction générale et de la présidente de la FNSEA ». Qui plus est, nous apprend cet avenant, « Madame Catherine Lion désirant ne pas travailler à temps complet, il est convenu qu’elle accomplira chaque année 125 jours de travail par an », soit trois jours par semaine. Sa rémunération brute est répartie entre un salaire de base à 8 900 euros et une « prime mensuelle » de 6 000 euros.
      En un mois, l’équivalent de ce que touche un exploitant agricole sur une année

      « Quand Catherine Lion est partie de son poste de directrice générale, nous avons souhaité bénéficier de son expertise, précise son successeur à la tête de l’organisation administrative du syndicat. Nous lui avons confié deux missions : un mandat au CESE [Le Conseil économique social et environnemental – ndlr], et une mission de réflexion intitulée FNSEA 2025, qui vise à réformer nos modes de fonctionnement. »

      Résultat, Catherine Lion touche, à partir d’avril, 14 900 euros brut mensuels sur un poste de conseillère à temps partiel – pour 14 800 euros de salaire lorsqu’elle était directrice générale à temps plein. Autrement dit, pour trois jours de travail par semaine, l’équivalent de ce que touche en moyenne un exploitant agricole sur une année entière…

      Nouveau changement de statut le 1er octobre. À cette date, Catherine Lion est officiellement à la retraite. Elle touche alors, de la part de la FNSEA, 146 300 euros brut au titre des indemnités de départ à la retraite, soit 42 100 euros de plus que la base de l’accord interne au syndicat qui permet à ses salariés de toucher, au moment de leur départ en retraite, une prime équivalente à six mois de salaire.

      Depuis, Catherine Lion n’est jamais partie. Elle est toujours salariée à temps partiel du syndicat, pour une rémunération de 7 100 euros brut mensuels, et elle cumule cet emploi avec sa pension de retraite – ce qui est autorisé par la loi. La retraite de l’ex-DG de la FNSEA s’élevant, d’après la direction du syndicat, à environ 37 % de son ancien salaire, Catherine Lion touche, à l’heure où nous écrivons ces lignes, un total retraite + salaire de plus de 12 500 euros par mois.

      Pour calculer le montant de sa pension, Catherine Lion a par ailleurs bénéficié, là aussi, des ressources de la FNSEA. C’est le cabinet « France Retraite », facturé 4 200 euros à l’organisme syndical, qui a missionné un gestionnaire de retraite pour traiter son dossier. « Assistance à liquidation de retraites », « analyse préalable de situation » et « prestation platine VIP », peut-on lire sur la facture que Mediapart a pu consulter. Dans le monde du travail ordinaire, les salariés constituent eux-mêmes leur dossier de départ en retraite – une démarche administrative qui peut s’avérer longue et fastidieuse si l’on est passé par différents employeurs au cours de sa vie professionnelle.

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      Dans un communiqué de presse diffusé quelques heures après la mise en ligne de notre article, la FNSEA ne dément aucune de nos informations. « La FNSEA assume pleinement les niveaux de rémunération de ses cadres dirigeants », peut-on lire dans son texte.

      L’organisation, qui estime que les rémunérations des membres du comité de direction de la FNSEA sont « en dessous des normes de rémunération pour une organisation professionnelle nationale de cette taille », annonce par ailleurs avoir déposé une plainte « pour vol d’informations ».

  • Francis Dupuis-Déri : « Il est sidérant d’entendre dire que les hommes ne peuvent plus draguer »
    29/11/19 11h50
    https://www.lesinrocks.com/2019/11/29/actualite/societe/francis-dupuis-deri-il-est-siderant-dentendre-dire-que-les-hommes-ne-peu
    Par Nicolas Mollé
    [Cet article vous est offert pendant 48 heures] Francis Dupuis-Déri, spécialiste de l’antiféminisme, revient pour Les Inrocks sur les affaires Polanski, le mouvement #MeToo ou encore l’attentat antiféministe de Montréal, il y a tout juste 30 ans.

    Professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal, Francis Dupuis-Déri est non seulement un spécialiste de l’anarchisme mais aussi un expert de l’antiféminisme et du masculinisme. Dans La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace, paru aux éditions Du Remue-Ménage, il revient sur ce mythe qui voudrait que les hommes soient « en crise » à cause de sociétés soi-disant trop « féminisées ». Dans Antiféminismes et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui, paru en début d’année et codirigé avec Christine Bard et Mélissa Blais, il se penchait sur les mouvements masculinistes, cette forme d’antiféminisme qui prétend se battre pour les droits des hommes. Rencontre lors de son passage à Rennes, en pleine affaire Polanski.

    Des militantes féministes ont manifesté dans plusieurs villes de France (Paris, Rennes, Bordeaux...) contre la projection du film J’accuse de Roman Polanski. Est-ce que cette affaire Polanski, et la façon dont elle est commentée par certains, résonne avec les analyses de votre livre La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace ?

    Francis Dupuis-Déri - Pas directement car cette affaire est vraiment spécifique. Mais il est certain que l’on a entendu à l’occasion de cette crise en France des relents de sous-discours qui relèvent en fait de la crise de la masculinité. Il s’agit de réactions qui ont tenté de délégitimer tout le mouvement Me Too. La conséquence de Me Too serait que les hommes sont victimes. Il est quand même assez paradoxal d’entendre ça, si on s’exprime poliment, face à ces milliers de voix de femmes parfois anonymes qui s’expriment pour dire : « Et bien voilà en fait j’ai été victime quand j’étais enfant, adolescente ou adulte d’hommes qui m’ont agressée ». Dans le cinéma américain et donc aussi désormais dans le cinéma français, pas du tout sous le couvert de l’anonymat cette fois, il y a ces femmes qui disent désormais : « J’ai été agressée ».

    Une des réactions des hommes dénoncés mais aussi de leurs alliés - car c’est bien cela aussi qui est impressionnant, le nombre d’alliés qu’ils ont - c’est de manquer totalement d’empathie envers les femmes agressées. C’est un manque d’empathie et d’humanité sidérant que de prendre le parti de l’homme et aussi de prétendre que les hommes sont victimes. Sidérant d’entendre que le désir des hommes est condamné, criminalisé, que les hommes ne peuvent plus rien dire, ne peuvent plus draguer, sont persécutés sans pouvoir se défendre. Et cela, oui, c’est une des multiples déclinaisons du discours de la crise de la masculinité, les hommes souffriraient à cause des femmes et des féministes. Et il serait difficile d’être un homme.
    https://www.youtube.com/watch?v=LQTsl_HYLrA


    En parlant d’alliés, pensez-vous à Finkielkraut qui s’est récemment illustré en tant que soutien de Polanski ?

    Absolument et il l’a fait de manière dégoûtante, je pense que c’est le terme qui convient. En plus, il se contredit car il explique que c’est aux tribunaux de juger et du même souffle dit à propos de Samantha Geimer, cette fillette de 13 ans qui a accusé le réalisateur de viol en 1977 (une affaire pour laquelle il a été condamné uniquement pour relation sexuelle illégale avec une mineure suite à un accord abandonnant les autres chefs d’inculpation, ndlr) : « Non, non, elle avait peut-être 13 ans mais elle était pubère et elle avait un petit ami donc elle avait déjà une vie sexuelle ». Mais les tribunaux disent bien qu’une fille de 13 ans, même si elle est pubère, qu’elle a une vie sexuelle et qu’elle a des petits amis, un homme adulte ne peut pas commencer, d’une part, à la draguer et, d’autre part, à avoir des relations sexuelles avec elle (en France, la loi fixe la majorité sexuelle à 15 ans, ndlr). C’est puni par la loi (il s’agit d’une condamnation pour « atteinte sexuelle », un acte puni de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. En cas de non-consentement, l’acte peut-être requalifié en agression sexuelle ou viol, ndlr) donc si on reste purement dans le registre et la logique juridique, qui n’est d’ailleurs pas mon point de vue d’habitude, son discours n’est pas cohérent.

    Cela révèle une sorte de pensée très flexible pour toujours re-victimiser les hommes et ne pas porter attention à la souffrance des femmes. Je reviens à ce problème de manque d’empathie, Finkielkraut est en manque d’empathie absolu. Et puis, autour de Polanski et d’autres, vous avez ici en France des sortes de mercenaires toujours prêts à aller au front. Je pense à Bernard Henri-Lévy par exemple, grand défenseur des droits de l’homme - on pourrait souligner le mot « homme » ici - qui s’est pourtant érigé en soutien de Polanski et de DSK. Donc, apparemment, dès qu’il y a une personnalité qui agresse une femme, BHL se place en défenseur de l’homme. Le problème est que les gens n’arrivent pas à faire le lien entre les statistiques et ces affaires. Il y a d’une part une affaire comme celle de Polanski, d’autre part des milliers de femmes qui se sentent en colère, qui se mobilisent et puis par ailleurs des statistiques, en France et ailleurs, qui montrent qu’un très grand nombre de femmes ont été agressées sexuellement ou physiquement, qu’elles soient enfants, adolescentes ou adultes. Et on ne fait pas le parallèle entre les deux phénomènes. Je ne dis pas que toutes les femmes qui se mobilisent contre le film de Polanski en ce moment sont des anciennes victimes ou des victimes mais il doit bien y en avoir au sein d’elles et il doit bien aussi en avoir à qui cela fait extrêmement mal, de par leur expérience concrète, d’entendre ce débat qui prétend à l’élévation en disant qu’il faut « distinguer l’homme de l’œuvre ».

    Comment ces hommes déploient-ils leurs alliances ?

    Si on finit sur Polanski, dans son document de presse pour la Mostra de Venise, plusieurs médias ont relevé qu’il avait inséré une entrevue avec Pascal Bruckner, que je cite d’ailleurs dans mon livre. Pascal Bruckner est un vieux propagandiste de la thèse du féminisme puritain, totalitaire, aux Etats-Unis. Déjà, dans les années 90, il parlait de la fameuse porte qu’on doit laisser ouverte, sur les campus américains, lorsqu’on est professeur et qu’on reçoit une étudiante dans son bureau.

    Oui ce phénomène est décrit dans votre ouvrage...

    Absolument, et ça, il explique que c’est du totalitarisme. Cela me paraît quand même incongru comme définition du totalitarisme. Si c’était ça le totalitarisme, finalement, la vie en URSS n’aurait pas été si pénible, avec simplement des profs qui ont une porte ouverte lorsqu’on les rencontre. Pour en revenir à Polanski, celui-ci insère une entrevue qu’il a réalisée avec Bruckner (des passages de cette entrevue ayant été très critiqués, le fameux dossier de presse a fini par être expurgé des propos contestés, ndlr) et Bruckner lui demande : « En tant que juif chassé pendant la guerre et cinéaste persécuté par les staliniens en Pologne, survivrez-vous au maccarthysme néoféministe actuel qui, tout en vous poursuivant dans le monde entier pour empêcher la projection de vos films, a obtenu votre exclusion de l’Académie des Oscars ? ». « Maccarthysme néoféministe », c’est l’expression qu’il utilise.

    Cela montre bien que Polanski se place dans une position d’homme victime des féministes, mouvement que l’on associe au maccarthysme et au totalitarisme. Donc on est face à cette idée de féminismes totalitaires. Qui est en fait quelque chose de purement imaginaire, si on a une connaissance de l’Histoire du 20ème siècle, comme ces nouveaux philosophes, Finkielkraut, Bruckner, l’ont. Ils savent très bien ce qu’est le totalitarisme. Et donc ils ne peuvent pas, s’ils sont vraiment sincères, honnêtes intellectuellement et politiquement, comparer le féminisme avec le totalitarisme, c’est une abjection de faire cette comparaison.
    https://www.youtube.com/watch?v=_5cdWWgopok


    Est-ce que ce n’est pas minimiser la portée réelle du totalitarisme ?

    C’est totalement une insulte aux victimes du totalitarisme. C’est nous laisser croire qu’il y a des victimes similaires du féminisme alors que moi, je cherche les charniers ou les camps de concentration, la Gestapo ou le KGB féministes. C’est une paranoïa totalement imaginaire. Le féminisme n’a pas de milice armée, ne tue pas. Le féminisme n’a pas de branche armée, ça n’existe pas. Alors qu’au 20ème siècle, presque tous les autres mouvements politiques avaient une branche armée, il y a eu des moments où ils ont pris les armes ces mouvements indépendantistes, républicains, nationalistes, anarchistes, marxistes, islamistes, nazis, fascistes. Mais le féminisme, pas du tout. Donc c’est complètement injuste.
    https://www.youtube.com/watch?v=Nua6MugtvNo


    A l’inverse, des femmes ont été victimes d’attentats antiféministes. Comme l’attentat de 1989 à Montréal, dont vous rappelez l’existence dans La crise de la masculinité. Les actes commis par Anders Breivik en 2011 s’inscrivaient aussi dans une perspective antiféministe. Est-ce que l’antiféminisme est forcément d’extrême-droite ?

    C’est une bonne question, que l’on se pose souvent dans les réseaux plus militants. La réponse est non. J’ai tendance à considérer que l’antiféminisme, un peu comme le racisme ou l’islamophobie, a un penchant à droite mais se retrouve aussi à gauche. On trouve souvent moyen de le justifier selon des principes ou des logiques politiques de gauche. Mais effectivement, c’est tendanciellement plus fort à droite et à l’extrême-droite.
    Dans les réseaux d’extrême-droite, sur les sites suprémacistes blancs aux États-Unis, en Scandinavie, et ailleurs, on a ces discours de type Breivik, cette idée que « l’homme occidental » - une sorte de descendant des Vikings - a été castré, efféminé. Différentes explications sont trouvées comme l’émergence de la pensée féministe dans les années 60 ou même l’automatisation du travail. D’après ces sites, cette efféminisation de l’homme blanc en Occident le rend incapable de défendre le territoire, de protéger la famille, ses emplois, de défendre les femmes et les enfants blancs, face à l’invasion barbare de l’immigration par laquelle déferlent des hommes qui sont même potentiellement violeurs, qui viennent violer « nos femmes ».
    https://www.youtube.com/watch?v=DD_WOHYMC6w


    Est-ce que l’on retrouve ce discours en France ?

    C’est en effet à peu près ce qui est dit par Éric Zemmour dans Le premier sexe (son livre publié en 2006, ndr) où, vers la fin, il mélange vraiment la question de la crise de la masculinité, de l’anti-féminisme, de la peur du jeune homme arabe des banlieues et de l’immigration. Donc ça c’est le type de discours que l’on retrouve à l’extrême droite.

    Et à gauche ?

    On peut aussi avoir des thèses antiféministes et masculinistes à l’extrême gauche. Dans mon livre, je donne les exemples d’Alain Badiou et de Jean-Claude Michéa qui s’intègrent dans la perspective d’une vieille tradition socialiste critique du féminisme. Déjà au milieu du 19ème siècle, Friedrich Engels, par exemple, dans son analyse sur la classe ouvrière anglaise, s’opposait à l’entrée des femmes dans le salariat, dans les usines. Avec d’autres, il considérait que c’était une concurrence injuste avec les salariés masculins car le patronat payait moins les femmes que les hommes, et donc préférait les employer. Chez un socialiste comme Engels, on trouve ceci qui relève clairement du discours sur la crise de la masculinité.

    Et on va retrouver des réflexions de type « crise de la masculinité » chez un socialiste libertaire comme Jean-Claude Michéa par exemple, qui a des propos très très dénigrants envers les mères, qui seraient castratrices, qui écraseraient psychologiquement les garçons, qui les empêcheraient de réaliser leur véritable identité masculine. On retrouve ce type d’éléments chez Alain Soral et Michel Clouscard, un vieux communiste dont on ne se souvient plus tellement mais qui était un peu l’inspirateur de Michéa et Soral. Et chez Zemmour donc. Tous ces gens se retrouvent dans une sorte de bouillabaisse bizarre.

    Qu’est ce que l’on peut répondre à ceux qui disent qu’à travers les mouvements « MeToo » et « BalanceTonPorc », les féministes cherchent à gagner sur le terrain médiatique les batailles qu’elles savent qu’elle ne gagneront pas sur le terrain judiciaire ?

    Il y a trois problèmes importants : d’abord la minimisation, la non prise en compte ou le mépris par rapport à ces types de plainte de la police. Ensuite la difficulté psychologique pour une femme d’aller raconter cette histoire à des policiers et tout ce qui va suivre - s’il y a un procès, probablement que vos proches, votre famille vont en entendre parler ; peut-être que l’on n’a pas envie de parler de ça à tout le monde tellement c’est difficile. Et puis le manque de résultats. Donc quand vous êtes devant ces trois problèmes qui sont extrêmement graves, face à un crime lui aussi supérieurement grave, et bien on peut imaginer qu’un mouvement social comme le mouvement féministe trouve d’autres moyens de dénoncer.
    https://www.youtube.com/watch?v=QFRPci2wK2Y


    Les mouvements sociaux ne sont pas des avocats. Quand un mouvement social décide de dénoncer, il n’est pas, sur le terrain la légitimité de la cause qu’il porte, évaluable du point de vue d’une décision de juge. Le mouvement syndical a souvent dénoncé des patrons véreux, des conditions de travail totalement inappropriées, dangereuses pour les salariés... Et cela ne passait pas toujours devant les tribunaux du travail et la justice. C’est une question de rapport de force. Le mouvement écologiste a reproduit ce procédé également, des mouvements d’agriculteurs aussi, tout comme le mouvement altermondialiste. Il faut donc arrêter d’avoir une obsession pour le tribunal et la justice.

    Est-ce l’idée qu’il y a d’autres moyens de contester qu’à travers l’État de droit ?

    Exact. Prenons l’exemple de l’impunité par rapport aux violences policières en manifestations. Si les policiers tuent ou éborgnent quelqu’un, cela s’est quand même vu pas mal de fois, peu d’entre eux sont condamnés alors que des dizaines de personnes ont été éborgnées dans le mouvement des gilets jaunes. On sait bien qu’ils ne seront jamais mis en cause ni condamnés. On peut donc se promener avec des bannières qui accusent les policiers de ces faits. On ne va pas se retenir de déclarer publiquement que les policiers ont fait ça parce qu’il faudrait passer par les tribunaux pour que les policiers soient mis en cause et condamnés, c’est ridicule. De plus, l’un n’empêche pas l’autre, ça n’interdit pas de passer aussi par le tribunal. On dira : « Oui mais il y a présomption d’innocence peut être que les policiers devraient pouvoir donner leur version ». Certainement mais de toute façon, ils la donnent tout le temps, leur version.

    Voulez-vous dire que les mouvements féministes orchestrent des actions médiatiques parce qu’il est très difficile d’obtenir justice par le biais du tribunal classique, pour que la culture du viol recule dans la société ?

    Oui. Et de manière globale tous les mouvements sociaux font quelque chose qui ressemble à ça : dénoncer et accuser les responsables du problème, le patron pollueur ou le patron mauvais payeur ou le policier violent. Les femmes et les féministes le font aussi et ont une raison supplémentaire de le faire : quand elles passent à travers le système de justice, elles se heurtent aux trois problèmes que je vous ai mentionnés plus haut.

    Ajoutons que dans le discours sur la présomption d’innocence, il y a cette suspicion autour du mensonge des femmes quand elles accusent les hommes. Pourtant quand les femmes dénoncent, il faut plutôt présumer la véracité des propos de la personne qui dénonce. Quelqu’un qui dit : « J’ai été agressée », c’est un cri de colère, ce n’est pas un procès et d’ailleurs la femme concernée le sait très bien au fond d’elle-même. Il y en a des dizaines de milliers en France. Elles connaissent la personne qui les a agressées, c’est souvent un proche (dans 80 % des cas, la victime connaît son agresseur, selon le Collectif féministe contre le viol, ndlr). Mais peut-être qu’elles ne pourront jamais aller en faire la démonstration devant un juge parce qu’il n’y a pas de témoins, parce que c’est arrivé il y a trop longtemps...

    Avec l’augmentation des plaintes pour violences sexuelles, pensez-vous que le mouvement MeToo peut aider à faire bouger les choses ?

    Honnêtement, je pense qu’il n’y a pas de solution qui pourrait immédiatement faire cesser le fait qu’une femme est assassinée par son conjoint ou son ex-conjoint en France tous les deux jours. C’est un phénomène social d’une telle ampleur et qui se passe en grande partie dans ce qu’on appelle la vie privée. C’est donc très compliqué de voir comment on peut arrêter ça. Si ce n’est à travers le lesbianisme séparatiste, c’est-à-dire que les femmes décident de ne plus être en couple avec des hommes. Mais là vous allez avoir les célibataires involontaires qui vont continuer à perpétrer des attentats, comme en Californie ou à Montréal, parce que des hommes seront assez arrogants et prétentieux pour penser que s’ils ne peuvent pas vivre la sexualité à laquelle ils pensent avoir droit et bien cela justifie des attentats. C’est quand même un niveau de prétention à l’appropriation des autres qui est incroyable.

    Dans l’hétérosexualité et les relations de couple, plusieurs hommes ont cette socialisation qui leur fait croire qu’ils ont un droit d’appropriation du corps de la femme, de sa sexualité, de son travail, qu’elle leur doit des services, de l’amour, son attention et que quand elle les quitte, c’est un crime de lèse-majesté et qu’ils doivent la détruire. C’est une prise de contrôle totale sur elles. Ce sont des réflexions qui m’ont été suggérées par Mélissa Blais, avec qui j’ai travaillé sur la question de l’antiféminisme et qui est d’ailleurs la spécialiste de la tuerie de l’école polytechnique. Elle a écrit un livre qui s’appelle J’haïs les féministes, le 6 décembre 1989 et ses suites sur cet attentat antiféministe. Mélissa Blais déplore tout le temps que, dans les médias, on laisse entendre que l’homme a perdu le contrôle, a eu un moment de crise et a tué sa conjointe alors que cela correspond plutôt au moment où il a pris le contrôle absolu sur son ex en la tuant.

    Si j’avais la solution pour arrêter tout cela, je serais prix Nobel de la paix, je ne sais pas comment on peut s’y prendre. Je ne peux pas parler au nom des féministes et des femmes qui ont peur, qui sont en colère ou qui veulent s’entraider. Mais ce que je vois c’est qu’il y a des choses qui bougent. Cela ne va pas nécessairement arrêter Robert qui veut tuer sa compagne qui le quitte, qui prend son fusil de chasse et la tue. Mais un mouvement comme MeToo et les dénonciations dans le milieu du cinéma font évoluer les choses.

    Il y a des acteurs, des réalisateurs, des producteurs, des journalistes et des associations qui se positionnent. J’imagine qu’il y a des discussions à l’intérieur de ce milieu, avec des solidarités qui peuvent se créer une fois que le silence est brisé. Sur les plateaux de tournage par exemple, au sein des équipes, on apprend que les gens voient des choses mais n’osent pas parler. Et là, on brise l’omerta. Est-ce que du coup, demain matin, statistiquement, il va y avoir 10, 20 ou 30 % d’agressions ou de harcèlement en moins sur les plateaux de tournage ? Je ne sais pas, je ne peux pas vous dire ça.

    Propos recueillis par Nicolas Mollé

  • Le gouvernement veut que la chasse commence deux mois plus tôt
    https://reporterre.net/Le-gouvernement-veut-que-la-chasse-commence-deux-mois-plus-tot

    Chasser le sanglier ou le chevreuil à partir du 1er juin était déjà possible, mais strictement conditionné à l’obtention d’une autorisation individuelle préfectorale de chasse anticipée. « Dans les faits, la majorité des chasseurs attendait la fin des vacances d’été pour ressortir le fusil, indique l’association. Grâce à un nouveau décret en préparation, plus besoin d’autorisation préalable : feu à volonté dès le 1er juin. »

    #grr #chasse #macronie #nos_amies_les_bêtes

  • Au Pays basque, les paysans ont créé leur chambre d’agriculture alternative
    https://m.reporterre.net/Au-Pays-basque-les-paysans-ont-cree-leur-chambre-d-agriculture-alterna

    Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG – chambre d’agriculture basque - en euskara, la langue basque) est une association pour aider les paysans créée en 2005. Endossant le même rôle qu’une chambre d’agriculture départementale sans pour autant être reconnue comme un office public, elle encourage une politique agricole différente de celle des chambres officielles.

    #agriculture #chambre_d'agriculture #syndicat_agricole #agriculture_paysanne #Pays_basque coucou @koldobika

    • OMS | Prévalence des mutilations sexuelles féminines
      https://www.who.int/reproductivehealth/topics/fgm/prevalence/fr


      Prévalence des mutilations sexuelles féminines en Afrique et au Yémen (femmes âgées de 15 ans à 49 ans)

      100 millions d’amis ? Pas pour 45.550.000 égyptiennes qui subissent les mutilations sexuelles exercées par 54.450.000 de leurs compatriotes. C’est effectivement un cauchemar.

      Pays, année, pourcentage de mutilations sexuelles
      Égypte, 2008, 91.1

      Dans sept pays, la prévalence nationale est très forte (plus de 85%) ; quatre pays ont une prévalence élevée (60% à 85%) ; dans sept autres pays, la prévalence est moyenne (30% à 40%) et, dans les neuf derniers pays, elle est faible, variant entre 0,6% et 28,2%. Toutefois, les moyennes nationales masquent des variations souvent prononcées d’une région à l’autre.

      Le type de pratiques utilisées varie également, essentiellement en fonction de l’appartenance ethnique. D’après les estimations actuelles, environ 90% des mutilations sexuelles féminines sont des mutilations de types I ou II ou des cas où les organes génitaux des filles ont été « entaillés » mais sans ablation de tissu (type IV), et environ 10% des mutilations sont de type III (Yoder et Khan, 2007).

      On se demande quel ambiance règne dans ce pays à la violence quotidienne excessive qui touche et les hommes et les femmes d’Égypte.

      #femmes #mutilation_sexuelle #Égypte