• B.1.617, le variant « double mutant » qui effraie l’Inde et se propage déjà dans le monde | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/207503/b1617-variant-double-mutant-covid-19-inde

    Ce drôle de nom sorti tout droit d’un film de science-fiction, le B.1.617 le doit à une caractéristique particulière. « Ce variant contient deux mutations spécifiques, appelées E484Q et L452R », décrit dans The Wire Gautam I. Menon, professeur à l’Université Ashoka de Sonipat et à l’Institut des sciences mathématiques de Chennai. Ce sont donc deux mutations du virus qui se rejoignent en une, pour former un nouveau variant du coronavirus. Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

    D’un côté, la mutation L452R, détectée dans le variant californien, rend le virus plus transmissible tout en étant davantage résistant aux #vaccins. De l’autre, la mutation E484Q, qui serait similaire à la mutation E484K observée dans les variants sud-africain et brésilien et qui pourrait également réduire l’efficacité des vaccins (des études sont en cours). D’après le ministère de la Santé indien, ces mutations réunies pour la première fois confèrent au variant B.1.617 « un échappement immunitaire et une infectivité accrue ». Bref, c’est du costaud.

    Autre inquiétude sur la détectabilité de ce recombinant : selon L’Obs, un grand nombre de cas ne sont plus décelés par les tests PCR et nécessitent des scans. Le saignement du nez serait un signe d’infection.

    Responsable de la seconde vague ?

    Le terme de seconde vague est presque un euphémisme : c’est un véritable tsunami qui s’abat sur l’#Inde en ce moment. Les cas de Covid-19 flambent dans presque tous les États du pays et plus de 150.000 nouveaux cas par jour en moyenne ont été recensés cette dernière semaine. À titre de comparaison, au pic de la première vague, le pays comptabilisait un peu moins de 100.000 nouveaux cas par jour. Avec un total de près de 13,9 millions d’infections au Covid-19, l’Inde compte désormais le deuxième plus grand nombre de cas au monde, devant le Brésil.

    De multiples facteurs expliquent cette résurgence du virus en Inde depuis le mois de janvier. Outre un relâchement notable des gestes barrières combiné à la réouverture de tous les magasins et lieux publics, les nouveaux variants seraient les principaux fautifs. « Que la circulation des nouveaux variants potentiellement plus infectieux soit responsable du pic de cas après janvier 2021 semble de plus en plus incontournable », estime le professeur Gautam I. Menon.

    Le « double mutant » serait en cause. Le 24 mars, le ministère de la Santé du pays rapportait que 15 à 20% des PCR réalisés dans l’État du Maharashtra concernent le variant indien, B.1.617. Ce dernier serait ainsi responsable de l’augmentation de 55% des cas dans cet État où se trouve la ville de Mumbai, qui vient tout juste de se confiner pour quinze jours.
    En plus du « double mutant », plusieurs nouvelles souches du virus se propagent sur le territoire, notamment le variant du Kent. Le « scénario catastrophe » qu’a exposé Gautam I. Menon il y a quelques jours, soit « la combinaison de réinfections étendues avec une ou plusieurs nouvelles souches se propageant plus rapidement », semble peu à peu se profiler.

    #covid-19 #B.1.617 #B1617

  • Santé Pudique France - 19.04.21

    – réa : ça baisse un poil plus, mais...
    – dc : ça baisse moins - et best score

    presque 500 morts pour métropole ce lundi, plus haut score depuis au moins 2 mois !

    http://coviiid.free.fr


    – 33 : pic dc de lundi remarquable ; et ça fait une semaine de hausse sur dc, x2 en 6-7 jours
    – 67 : pic dc très réussi aussi
    – 06 : remontée de la moyenne dc, après 10 jours de baisse continue
    – 34 : dc et réa toujours en hausse ; pic du lundi même score que y’a 10 jours, et c’était un max sur 2 mois

  • Après >1 an de pandémie, j’ai appris qu’alerter ne sert à rien. Que ce soit par déni induit par la peur, ou par malfaisance, le rassurisme l’emporte toujours même face aux données épidémiologiques..., par Claude-Alexandre GUSTAVE

    Données épidémiologiques désormais reléguées au rang « d’opinion » par le gouvernement qui préfère s’en tenir à des données « objectives » !?... c-à-d faire de la com !

    La séquence actuelle navigue entre « rigueur d’affichage » et « optimisme de rigueur » !😅

    La « rigueur d’affichage » fait suite à l’agitation récente autour du variant P.1 🇧🇷...

    C’est pourtant un variant décrit depuis fin 2020 dans l’état d’Amazonas et notamment associé à une 2ème vague tragique dans la région de Manaus.
    Les alertes étaient pourtant déjà lancées fin 2020... Il a fallu attendre >4 mois pour réagir !
    Alerter ne sert à rien...

    Et quelle est cette réaction ?
    Arrêter les vols Brésil - France !!!
    Cette mesure est insuffisante pour 3 raisons :
    A) Les voyageurs peuvent passer par des correspondances et donc facilement contourner l’interruption des vols directs...

    B) La Guyane possède >700 km de frontière avec le Brésil, particulièrement difficile à garder, et donc propice aux passages sans contrôle entre le Brésil et la France... où le variant est déjà présent à >84% pour la Guyane et 0,3% à 1% en métropole

    C) Le variant P.1 🇧🇷 est déjà présent dans 52 pays. Un cluster associé à ce variant peut donc être généré par des voyageurs provenant de quasiment n’importe où !

    Limiter les mesures de restriction au seul Brésil était donc absurde.
    Ce dimanche, de nouvelles mesures sont étendues notamment à la Guyane, au Chili, à l’Argentine...

    Mais sont-elles plus pertinentes ?

    Dans un sens oui puisqu’elles incluent une quarantaine obligatoire de 10 jours.
    Mais, comme toujours, on fait encore les choses à moitié : sans parler du délai de 10 jours, insuffisant face aux nouveaux variants plus transmissibles...

    « Quarantaine obligatoire »... est-ce une adaptation des mesures appliquées en Asie, en Océanie, au Royaume-Uni... ou du simple affichage ?

    Comment garantissons-nous l’application de cette quarantaine ? Où ? Combien de temps ?

    On parle de « contrôles policiers stricts »... Sont-ils systématiques ou aléatoires ?
    L’isolé est-il dans un hôtel dédié ? Ou bien simplement chez lui avec d’autres personnes qu’il peut contaminer et qui ne sont pas soumises à la quarantaine ?

    Ces mesures sont limitées à quelques pays d’Amérique du Sud et à l’Afrique du Sud (pour le variant B.1.351 🇿🇦).
    Le reste du monde est exempt de variants ?😅

    Prenons l’exemple du variant B.1.617 🇮🇳.
    Il a émergé en Inde, simultanément avec la plus forte vague locale...

    Les génomes associés à ce variant ne sont pourtant issus d’Inde qu’à 70% !
    23% des cas de variant B.1.617 🇮🇳 ont été identifiés au Royaume-Uni !

    https://twitter.com/Le___Doc/status/1381287555375763465?s=20

    On se rappelle de la rapidité de diffusion des variants entre 🇫🇷 et 🇬🇧 !
    Alerter ne sert à rien...

    On a également une forte présence de variant B.1.351 🇿🇦 en France, à >59% à la Réunion, et entre 1,8% et 13,6% en métropole.
    Or ce variant est associé à un fort échappement immunitaire (avec↘️de neutralisation x7 à x9 par anticorps)... 

    Des signaux d’alertes émergent déjà i) en 🇮🇱 avec l’observation d’un taux d’incidence 8x plus élevé de ce variant chez les vaccinés que chez les non-vaccinés (tendant à confirmer l’échappement immunitaire observé in vitro)

    Israeli data shows South African variant able to ‘break through’ Pfizer vaccine Strain is more effective than original COVID and the British variant at bypassing the shot, Israeli scientists find, in first-of-its-kind, real-world study https://www.timesofisrael.com/real-world-israeli-data-shows-south-african-variant-better-at-bypassi

    ii) Du 🇬🇧, avec une forte % de pop immunisée, et où le variant B.1.351 est celui qui progresse le plus rapidement :

    https://twitter.com/Dr_D_Robertson/status/1382713512452104195?s=20

    Ce qui nous amène aux 2ème axe de la séquence actuelle : « l’optimisme de rigueur »... Le fameux horizon des « 4 semaines » après lequel le gouvernement semble courir depuis plusieurs mois 😅

    Ça commence par les écoles, dont la réouverture est actée pour le 26 avril, indépendamment de la situation sanitaire...
    L’absurde commence : on a « fermé » les écoles pour raison sanitaire, alors qu’elles semblaient être un foyer épidémie hors de contrôle...

    Et nous allons donc les rouvrir alors que la situation sanitaire s’est encore dégradée ! Normal...
    Avons-nous au moins instauré un protocole sanitaire strict pour les établissements scolaires ?
    Avons-nous généralisé les tests de dépistage ?...

    Evidemment non ! Ce que nous n’avons pas fait depuis un an, nous ne le ferons pas après plus d’un an de pandémie !
    On nous promettait 300k tests salivaires dans les écoles... Quel % a effectivement été réalisé ?...

    Même à 100%, cela ne représenterait que 2,5% d’effectif scolaire testé chaque mois, alors que de nombreux pays testent 100% de l’effectif plusieurs fois par semaine ! 😅...

    Et les autotests me direz-vous... Oh ben zut alors, la HAS les a recommandé uniquement pour les >15 ans, donc inapplicables pour les maternelles, écoles, collèges ! C’est trop bête 🤡

    On parle alors de réouvertures, d’un retour à la « normale » à partir de mi-mai.
    L’absurde continue : on a mis en place des mesures sanitaires en avril, à cause d’une épidémie trop active, conduisant à la saturation des hôpitaux...

    Nous avons rempli les réanimations avec un « plateau » d’incidence évoluant entre 100 et 250 cas dépistés/100k/7j...
    Désormais nous sommes à un plateau autour de 350 à 400 cas dépistés/100k/7j !😅
    C’est ce qu’on appelle une amélioration ??? 🤡 

    Et encore... ce pseudo-plateau à 350/400 est induit par un fort recul de l’activité de dépistage, qui se traduit par une forte augmentation du taux de positivité frôlant désormais les 10% !!!

    

    Nous allons donc « rouvrir » alors que l’épidémie est presque 2x plus active que lorsqu’elle a conduit à la saturation des réanimations, aux déprogrammations de soins...
    La logique est trop subtile pour moi 😅

    Alors vous me direz « il faut vivre avec le virus », « nous aurons des protocoles sanitaires »...
    Ce que nous n’avons donc pas réussi depuis plus d’un an, nous allons miraculeusement y parvenir avec une épidémie encore plus active, avec des variants +transmissibles...

    De quels protocoles parlons-nous ?
    De protocoles qui ne tiennent toujours pas compte de la transmission par aérosols ?
    Des protocoles virtuels qui « sautent » aussitôt l’euphorie retrouvée ?...

    Nous avons donc une simple stabilisation relative de l’incidence, à un niveau très élevé, avec des mesures dites « de confinement » 🤡 et nous allons donc lever ces mesures, et grâce à la pensée magique, la situation va s’arranger ! 😅

    On parle de réouvertures par palier de 2/3 semaines, comme si la progressivité avait un quelconque effet protecteur contre la transmission virale 😂

    Avec une incidence massive comme celle qu’on observe actuellement, tout relâchement, même progressif, s’associera inexorablement à une dégradation épidémiologique rapide.
    Sans oublier que les hôpitaux sont tjs saturés et en forte déprogrammation...

    La progressivité de la réouverture peut, au mieux, retarder la 4ème vague (dénommée ainsi uniquement par souci de lisibilité puisque nous ne sommes jamais sortis de la 2ème vague)...

    Ce qui nous amène à l’impasse actuelle : rouvrir le pays pour préparer la saison touristique estivale.
    On croît alors revivre l’été « calme » de 2020 !😅
    On oublie juste quelques petits détails :...

    A) L’Europe sortait d’un confinement massif qui avait écraser la circulation virale sur tout le continent (et idem dans bcp d’autres régions du globe) ;
    B) L’incidence était au plus bas avec <800 cas dépistés par jour en France lors du déconfinement...

    A l’époque, il avait fallu moins d’un mois pour voir le virus réapparaître dans les eaux usées via les analyses du réseau OBEPINE.
    L’incidence clinique avait commencé à ↗️ dès début juillet... tout comme le discours rassuriste/dénialiste...

    Et nous avions alors à faire à des lignées virales peu transmissibles, proche de la souche D614 apparue à Wuhan.
    Désormais, le variant B.1.1.7 🇬🇧 est dominant, 70% plus transmissible, et d’autres du même « calibre » circulent...

    Et nous croyons donc que l’été va avoir un goût de vacances !?🤡
    Pensons déjà aux soignants ! Qui va leur dire qu’ils ne pourront pas prendre de congés cet été pour assurer la continuité des réas saturées ???...

    Ou alors, qui va dire aux Français qu’ils ne pourront pas avoir accès aux soins, car les soignants sont épuisés, et ne peuvent plus assurer la prise en charge de ce surplus massif et durable d’activité ???...

    Alors les rassuristes évoquent la « saisonnalité » du virus.
    Pour rappel, les fluctuations épidémiques observées ne sont que la résultante des « stop & go » appliqués depuis 1 an. Cette « saisonnalité » est donc totalement artificielle...

    L’OMM le rappelait il y a moins d’un mois : les observations mondiales ne supportent pas l’hypothèse d’une saisonnalité de la COVID !
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-lorganisation-meteorologique-mondiale-appelle-a-ne-pas-se-fond

    D’ailleurs, allez dire aux Brésiliens, au Africains du Sud, aux Indiens... que le virus ne circule pas l’été...


    Covid-19 : l’Organisation météorologique mondiale appelle à « ne pas se fonder sur les conditions climatiques pour assouplir les mesures contre la pandémie » "À ce stade, les données disponibles ne corroborent pas l’utilisation des facteurs météorologiques et de qualité de l’air pour permettre aux gouvernements d’assouplir les mesures qu’ils prennent", aff… https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-lorganisation-meteorologique-mondiale-appelle-a-ne-pas-se-fond

    On va alors me dire que nous avons désormais la vaccination, et que tel le Graal, elle va arrêter la pandémie sans rien avoir à faire de plus ! 🤡
    Alors pour rappel, le Chili a vacciné >2x plus que nous et subi sa plus forte vague, lui imposant un confinement total 

    On va alors me dire que c’est parce qu’ils ont utilisé un vaccin Chinois peu efficace.
    Ils ont également utilisé le vaccin de Pfizer/BioNTech, et la situation des plus âgés montrent pourtant que leurs vaccins sont efficaces :
    https://twitter.com/JorgeGalindo/status/1381246058915897345?s=20

    Alors on va me citer les exemples britanniques et israéliens.
    Oui, mais ces 2 pays n’ont pas limité leur réponse à la seule vaccination !
    Ils appliquent une stratégie de suppression virale !

    Ils ont d’abord écraser leur épidémie avec un confinement national.
    Même Boris Johnson le rappelle, c’est bien le confinement et pas la vaccination qui a sorti son pays de la 3ème vague, et il craint désormais la 4ème vague :
    https://twitter.com/BBCPolitics/status/1381919420101066752?s=20

    Le confinement britannique a permis d’atteindre une incidence d’environ 25 cas dépistés / 100k / 7j, ce qui est un seuil quasi parfait pour appliquer la suppression virale via le triptyque tester/tracer/isoler... Vous savez ? La stratégie que la 🇫🇷 a abandonné 🤡 

    Depuis, le Royaume-Uni teste massivement (bien plus que nous), contrôle ses frontières avec des quarantaines obligatoires, en hôtels désignés et contrôlés, avec des amendes plus que dissuasives.

    En Israël, la situation est similaire avec un confinement qui a écrasé l’incidence au même niveau qu’au Royaume-Uni 

    Et depuis, Israël applique une stratégie de suppression virale stricte, avec un testing massif, un contrôle strict de ses frontières, l’usage d’un Green Pass pour l’accès aux espaces publiques, et un contact tracing très intensif via la téléphonie

    https://twitter.com/jaimylepaquet/status/1361800083398938630?s=20

    La comparaison avec la situation française, où l’heure est à l’optimisme ferait presque rire si ce n’était pas tragique !
    Vous remarquerez qu’alors qu’Israël affiche une incidence très <<< à la nôtre, ils testent quasiment autant que 🇫🇷 où l’épidémie fait rage !😅 

    Alors oui, alerter ne sert à rien...
    Nous sommes probablement dans une phase de la pandémie où la discours sanitaire, la prudence, n’est plus audible pour une population usée par un an de « vivre avec », qui s’est accoutumée à une mortalité massive...

    Cette phase est peut-être nécessaire... même si elle ne sera pas facile, mais elle amènera peut-être à la prise de conscience !?
    Donc continuons de croire que l’été va bien se passer, continuons de croire que la ligne d’arrivée est proche...

    Continuons de voir la médecine comme la simple pratique se résumant à trouver un « cachet » pour chaque maladie... Nous avons eu l’HCQ pour 2020, l’IVM pour 2021...
    Continuons de rejeter les mesures de prévention via la suppression virale

    Continuons de croire qu’il suffit de vacciner quelques personnes dites « fragiles » pour régler le problème.
    Continuons de croire que le retour à la vie normale est pour bientôt...

    Et continuons donc à prendre du retard pour appliquer les seules stratégies qui se sont montrer efficaces contre la COVID et qui finiront par s’imposer mais dans la douleur face à l’échec vaccinal, à l’afflux incessant de variants, à la saturation durable des hôpitaux...

    Encore une fois, alerter ne sert à rien.
    Après plus d’un an passé à hurler dans le désert, cela me paraît désormais ridicule.
    Mieux vaut me taire.
    L’espoir fait vivre, advienne que pourra.

  • L’islam des lumières de l’imame Kahina Bahloul - France - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/l-islam-des-lumieres-de-l-imame-kahina-bahloul-19-04-2021-12737139.php


    _Kahina Bahloul photo Samuel Kirszenbaum.
    Photographe : Samuel Kirszenbaum

    En France, trois femmes imames dirigent les prières auprès de fidèles (1). Dont Kahina Bahloul, Franco-Algérienne, diplômée en islamologie, qui vient de sortir un livre intitulé « Mon Islam ma liberté ». Elle prône un islam des lumières, où la femme est l’égale de l’homme.

    Votre histoire familiale fait que vous êtes née à la croisée de plusieurs religions. Pourquoi avoir choisi l’islam ?
    Après avoir approfondi mes connaissances sur l’islam, je me suis rendu compte que cette religion, de par sa position de dernière religion monothéiste dans le temps, reprend l’histoire du judaïsme et du christianisme. Je suis née d’un père Kabyle musulman et d’une mère française. J’avais une grand-mère juive polonaise et un grand-père catholique. L’islam m’a permis de synthétiser tout cela. La mort de mon père a été un révélateur. Je me suis tournée vers cette religion et je n’ai cessé d’approfondir ma connaissance du soufisme. Tout cela s’est fait naturellement. Enfant, j’ai vécu en Algérie. Je n’avais aucune contrainte vis-à-vis de la religion. Je n’ai jamais porté le voile. Et dans ma famille, on ne m’a jamais demandé de le faire. Mes tantes, d’ailleurs, ne le portaient pas. Si je devais décrire cet islam familial, je le qualifierais d’éthique. Il a formé ma conscience d’individu responsable.

    « Dans notre mosquée, les hommes et les femmes peuvent prier dans la même salle. »

    Quel est votre parcours ?
    Après des études de droit en Algérie, j’ai été cadre dans des cabinets d’assurance pendant douze ans. Ensuite, j’ai repris mes études en islamologie. J’ai fait un master et actuellement je prépare une thèse, je suis en troisième année de doctorat à l’École pratique des hautes études à Paris.

    En février 2020, vous avez accueilli une mosquée baptisée Fatima (2). Comment fonctionne-t-elle ?
    Nous ne sommes pas propriétaires d’un local fixe. Nous louons une salle pour la prière du vendredi. Car notre gros problème, c’est le financement. Nous sommes en dehors des circuits traditionnels. On ne bénéficie pas du soutien de l’Algérie, du Maroc ou de la Turquie qui contribuent au financement de la plupart des mosquées en France. Dans notre mosquée, les hommes et les femmes peuvent prier dans la même salle. Ce n’est pas le cas dans les lieux traditionnels, qui ne nous convenaient plus, où les femmes sont séparées des hommes. Elles prient dans des sous-sols, des mezzanines. Les fidèles qui viennent à Fatima, que je codirige avec le philosophe et imam Faker Korchane, sont d’origines très diverses. En islam, il n’y a pas d’autorité qui installe un imam. La légitimité vient de la communauté religieuse. Nous avons été désignés par un groupe de croyants pour conduire la prière.

    Vous combattez le patriarcat et le virilisme. Récemment, un imam guinéen, en faisant référence à vous, a déclaré qu’une femme ne pouvait pas devenir imame sous prétexte qu’elle « excite » les hommes et que, de ce fait, ces derniers ne seraient pas réceptifs pendant la prière. Qu’en pensez-vous ?
    C’est consternant d’entendre ce genre de commentaires. Quand des responsables religieux parlent de la sorte, ils ne se rendent même pas compte qu’en dénigrant ainsi les femmes, ils donnent d’eux-mêmes une image extrêmement négative. Ça renvoie à des rapports archaïques où les femmes sont des proies et les hommes des bêtes incapables de maîtriser leur libido. C’est incroyable de tenir un tel discours au XXIe siècle ! Rien, dans les textes fondamentaux, n’interdit à une femme de diriger la prière.

    « Je reçois beaucoup de messages de gens qui me remercient de donner cette image d’un islam de la tolérance, de paix et d’ouverture. »

    Comment est accueilli votre islam des lumières dans la communauté musulmane ?
    Tout d’abord, il n’y a pas de communauté musulmane homogène. Il y a des citoyens, des individus très différents. Bien évidemment, nous avons été vivement critiqués par des fondamentalistes, des conservateurs, mais aussi des jeunes qui sont probablement dans une recherche identitaire et qui croient devoir protéger l’islam d’un dévoiement. En dehors de ça, nous avons beaucoup d’adhésions. Notamment depuis la publication de mon livre. Je reçois beaucoup de messages de gens qui me remercient de donner cette image d’un islam de la tolérance, de paix et d’ouverture.

    Pensez vous pouvoir un jour accompagner la création d’une mosquée conduite par une femme, en Algérie, où vous avez vécu ?
    Je ne sais pas si cela se fera de mon vivant. Actuellement, en tout cas, cela me semble inimaginable. Dans l’Église catholique, aussi, les choses sont assez sclérosées. Une femme prêtre, conduisant ses paroissiens, je ne pense pas que ça soit pour demain.

    (1) Deux autres femmes, Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay, converties il y a une dizaine d’années, ont créé récemment une mosquée en région parisienne.

    (2) En référence à Fatima Zahra, fille du prophète Mahomet.

    Pratique. Kahina Bahloul « Mon Islam ma liberté ». Albin Michel

  • Selon Samuel Alizon, 40 ans, directeur de recherche au CNRS, au laboratoire maladies infectieuses et vecteurs (Montpellier), la stratégie choisie par la France « est de laisser circuler le virus largement ».

    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-la-volonte-politique-de-controler-l-epidemie-n-est-pas-claire-

    Sur le moyen ou le long terme, la volonté politique de contrôler l’épidémie n’est pas claire. Aujourd’hui, la circulation massive en France, fait par exemple que la France est potentiellement aussi un des pays où des variants risquent d’évoluer. Le virus mute en continu. La plupart de ces mutations sont neutres. Plus vous le laissez circuler, plus il y a de risques que certaines de ces mutations aient des effets.

    Donc, la stratégie choisie par la France qui est de laisser circuler le virus largement est une stratégie qui maximise les risques, qui maximise les coûts à court terme, et qui, sur le long terme, maximise les risques aussi en termes d’évolution virale.

  • Stratégie Zéro Covid : 42 fois moins de décès et une contraction de PIB cinq fois moindre
    https://www.les-crises.fr/strategie-zero-covid-42-fois-moins-de-deces-et-une-contraction-de-pib-cin

    Source : Institut économique Molinari L’Institut économique Molinari publie une étude inédite sur l’intérêt de la stratégie Zéro Covid dans la lutte contre la pandémie. Elle compare les pays du G10 à 3 pays de l’OCDE appliquant la stratégie Zéro Covid (Australie et Nouvelle-Zélande) ou assimilée (Corée du Sud). Après 12 mois de lutte contre la Covid-19, les données montrent l’intérêt de la stratégie d’élimination et contredisent l’idée largement répandue en France qu’il fallait nécessairement choisir entre préserver l’économie ou la santé publique. Ces deux objectifs, loin d’être antinomiques, sont complémentaires dès lors qu’on s’extrait du court terme et adopte une perspective dynamique. Lire l’étude complète sur le site de l’Institut économique Molinari L’ÉTUDE MONTRE QUE LA FRANCE EST BIEN PLUS TOUCHÉE Lire la (...)

    • Australie : 25M de personnes ; une (grosse) île 8M km2
      Nouvelle-Zélande : 5M de personnes ; une (petite) île 270k km2
      Corée du Sud : 52M de personnes ; pratiquement une (petite) île 100k km2

  • Ultra vénère de lire ce témoignage de Bruno Andreotti : #Covid19, #aerosolisation et responsabilité criminelle gouvernementale...

    Il y a un mois, je reçois un mail un dimanche après-midi de l’ANSES me demandant si je souhaite faire partie d’un comité groupe d’expertise collective en urgence (GECU) sur les risques de transmission par voie aérienne de la Covid 19, sujet sur lequel je travaille.

    Les questions posées au groupe de travail correspondent en tout point à un rapport de sécurisation sanitaire remis la veille —travaillant sur la dynamique des gouttes en aérosol dans les brumes et les nuages, me rendre utile à la société en travaillant sur la Covid était naturel.
    La lettre d’invitation me demandait une liste de noms pour compléter le comité de travail… Après avoir rempli un formulaire en ligne qui m’a pris 2h, je n’ai plus eu aucune nouvelle avant d’en demander ce soir.
    J’ai appris par retour de mail mon éviction de ce comité. Je ne crois pas que nous soyons nombreux en France à travailler sur le risque de transmission aéroportée.

    Au delà de l’incorrection, je ne comprends pas ce à quoi joue le ministère commanditaire du rapport de l’ANSES.

    J’ai passé mes jours et mes nuits à éplucher toute la littérature scientifique sur les courbes dose-réponse, les courbes de charge virale, la dynamique des aérosols qui portent les particules virales et j’aurais aimé discuté avec les virologues sur les données manquantes.
    Je suis très déçu ; travailler un mois dans un groupe multi-disciplinaire, cela m’enthousiasmait ; avoir enfin une ouverture vers l’appareil d’Etat, plutôt que les collectivités locales et les agents économiques non étatiques, cela m’enthousiasmait.
    Que le ministère ait changé le contour du groupe de travail sur le risque de contamination aéroportée en en supprimant… le risque ET la contamination aéroportée, pour le réduire aux données virologiques (dose réponse sur modèle animal et tissus cellulaires)…
    Bref.

    Pour bien apprécier la chose :
    • le milieu de la virologie a nié, partout dans le monde, la possibilité d’une transmission par voie d’aérosol.
    • le monde politique, les comités hospitaliers et les agences sanitaires ont 8 mois de retard sur l’état de l’art scientifique.
    • le milieu de la santé est très mal formé aux questions d’aérosol et d’hydrodynamique (ainsi, la responsable Covid de mon université a soutenu pendant des mois qu’ouvrir les fenêtres allait concentrer le virus…)

    On m’a fuité la composition du groupe : on n’y trouve personne qui ait travaillé sur la transmission aéroportée de Sars-Cov-2, personne qui connaisse la physico-chimie des aérosols, et nombre de collègues venus des domaines qui ont nié pendant un an la transmission aéroportée.

    Ce n’est pas comme lanceur d’alerte pénible qu’il me semblait avoir ma place, mais parce qu’objectivement, nous sommes peu à avoir, depuis une certaine discipline, avalé les centaines d’articles dans trois disciplines différentes permettant de construire.
    Les personnes qui m’ont fait évincer depuis le ministère (probablement comme lanceur d’alerte pénible) n’ont même pas conscience que le rapport sera décortiqué dès sa parution et mis en pièce s’il n’est pas à la hauteur (scientifique) des enjeux graves du moment.

    Quel type de conséquences dans le verrouillage de la composition de groupe de travail ANSES de ce type ? Par exemple de produire un rapport sur les purificateurs d’air intérieur qui… ignore les purificateurs d’air à filtre Hépa.
    –> https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2012SA0236Ra.pdf

    Le rapport ne dit rien de faux, bien sûr, mais passer à côté d’un système éprouvé en usage dans tous les trains, dans tous les avions, dans tous les immeubles modernes, cela conduit le politique à faire des erreurs aux conséquences très graves.
    –> extrait du 7/9 sur France Inter le 2 novembre 2020 avec J.M. Blanquer : "On a fait une étude sur les purificateurs d’air et ça n’est absolument pas probant. Mais chaque fois qu’on peut ouvrir les fenêtres, il faut le faire" : https://twitter.com/franceinter/status/1323171923203969026

    Je tiens pour vrai que la science repose sur des faits objectivés et des méthodes explicites, mais surtout sur l’invention de cadres régulés pour la confrontation critique. Plus un groupe de travail présente de diversité, et plus il a de chance de démêler savoirs et croyances.

    S’engueuler scientifiquement n’est jamais un problème et ne laisse aucune trace (autre qu’égotique) : quand on a tort, on a tort ; on en convient et on passe.

    Le contrôle politique de « l’expertise », je trouve que c’est l’abomination.

    Source https://twitter.com/Andreotti_B/status/1383116127652491265

  • The woman who discovered the first coronavirus - BBC News
    https://www.bbc.com/news/uk-scotland-52278716

    The woman who discovered the first human coronavirus was the daughter of a Scottish bus driver, who left school at 16.

    June Almeida went on to become a pioneer of virus imaging, whose work has come roaring back into focus during the present pandemic.

    Covid-19 is a new illness but it is caused by a coronavirus of the type first identified by Dr Almeida in 1964 at her laboratory in St Thomas’s Hospital in London.

    The virologist was born June Hart in 1930 and grew up in a tenement near Alexandra Park in the north east of Glasgow.

    She left school with little formal education but got a job as a laboratory technician in histopathology at Glasgow Royal Infirmary.

    Later she moved to London to further her career and in 1954 married Enriques Almeida, a Venezuelan artist.

  • Coronavirus: Brasil es «como un Fukushima biológico, un reactor nuclear que está fuera de control» - BBC News Mundo
    https://www.bbc.com/mundo/noticias-56739666

    «Cuando la gente me pide que haga una metáfora, digo que para mí es como Chernóbil o Fukushima, un reactor nuclear, pero uno biológico, que está fuera de control en una reacción en cadena», se explaya para BBC Mundo el reconocido neurocientífico y profesor de la Universidad de Duke (Estados Unidos) desde su casa en Sao Paulo.

    […]

    De acuerdo con el profesor, «si Brasil no está bajo control, (si hay) cientos de miles de casos todos los días, vamos a tener un depósito de nuevas variantes que pueden surgir y extenderse a América del Sur y a América Latina, y luego al mundo entero en cuestión de semanas».

    «Si se permite que tanta gente se infecte todos los días y no se hace nada para controlar esta pandemia aquí, el mundo entero sufrirá las consecuencias».

    Se trata, en su opinión, de una amenaza contra los esfuerzos de la comunidad internacional para frenar la pandemia.

  • SARS-CoV-2 seropositivity and subsequent infection risk in healthy young adults : a prospective cohort study - The Lancet Respiratory Medicine
    https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(21)00158-2/abstract

    Réinfection possible chez les jeunes adultes. Formes asymptomatiques ou légères dans la totalité des cas. Charge virale en moyenne 10 fois moindre que celle des primo-infectés sans que l’on sache si cela est suffisant pour éviter la #transmission.

    This analysis was performed as part of the prospective #COVID-19 Health Action Response for Marines study (CHARM). CHARM included predominantly male US Marine recruits, aged 18–20 years, following a 2-week unsupervised quarantine at home. After the home quarantine period, upon arrival at a Marine-supervised 2-week quarantine facility (college campus or hotel), participants were enrolled and were assessed for baseline SARS-CoV-2 IgG seropositivity, defined as a dilution of 1:150 or more on receptor-binding domain and full-length spike protein ELISA. Participants also completed a questionnaire consisting of demographic information, risk factors, reporting of 14 specific COVID-19-related symptoms or any other unspecified symptom, and brief medical history. SARS-CoV-2 infection was assessed by PCR at weeks 0, 1, and 2 of quarantine and participants completed a follow-up questionnaire, which included questions about the same COVID-19-related symptoms since the last study visit. Participants were excluded at this stage if they had a positive PCR test during quarantine. Participants who had three negative swab PCR results during quarantine and a baseline serum serology test at the beginning of the supervised quarantine that identified them as seronegative or seropositive for SARS-CoV-2 then went on to basic training at Marine Corps Recruit Depot—Parris Island. Three PCR tests were done at weeks 2, 4, and 6 in both seropositive and seronegative groups, along with the follow-up symptom questionnaire and baseline neutralising antibody titres on all subsequently infected seropositive and selected seropositive uninfected participants (prospective study period).

    Findings

    Between May 11, 2020, and Nov 2, 2020, we enrolled 3249 participants, of whom 3168 (98%) continued into the 2-week quarantine period. 3076 (95%) participants, 2825 (92%) of whom were men, were then followed up during the prospective study period after quarantine for 6 weeks. Among 189 seropositive participants, 19 (10%) had at least one positive PCR test for SARS-CoV-2 during the 6-week follow-up (1·1 cases per person-year). In contrast, 1079 (48%) of 2247 seronegative participants tested positive (6·2 cases per person-year). The incidence rate ratio was 0·18 (95% CI 0·11–0·28; p<0·001). Among seropositive recruits, infection was more likely with lower baseline full-length spike protein IgG titres than in those with higher baseline full-length spike protein IgG titres (hazard ratio 0·45 [95% CI 0·32–0·65]; p<0·001). Infected seropositive participants had viral loads that were about 10-times lower than those of infected seronegative participants (ORF1ab gene cycle threshold difference 3·95 [95% CI 1·23–6·67]; p=0·004). Among seropositive participants, baseline neutralising titres were detected in 45 (83%) of 54 uninfected and in six (32%) of 19 infected participants during the 6 weeks of observation (ID50 difference p<0·0001).

    Interpretation

    Seropositive young adults had about one-fifth the risk of subsequent infection compared with seronegative individuals. Although antibodies induced by initial infection are largely protective, they do not guarantee effective #SARS-CoV-2 neutralisation activity or immunity against subsequent infection. These findings might be relevant for optimisation of mass #vaccination strategies.

    #réinfection

  • Sebastian Roché : « Les gens croient en l’efficacité de la police lorsqu’ils ne la voient pas agir »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/16/sebastian-roche-les-gens-croient-en-l-efficacite-de-la-police-lorsqu-ils-ne-

    Avec deux autres universitaires, le sociologue, spécialiste des questions de police et de sécurité, a déchiffré près de dix années d’enquêtes de victimation, un indicateur jugé fiable de l’état de l’opinion à l’égard de la police.

    Le sociologue Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et professeur à Sciences Po Grenoble, s’est penché sur les enquêtes de victimation, menées auprès de la population, pour connaître l’état de l’opinion à l’égard de la police. A rebours des idées reçues, il démontre que c’est l’absence de contact avec les forces de l’ordre qui garantit, aux yeux des Français, son efficacité.

    La police est-elle, comme le soulignent de fréquents sondages, une institution très majoritairement appréciée ?
    Les instituts de sondage continuent de fonctionner avec une approche trop simplificatrice. En se contentant de demander « Avez-vous confiance en la police ? », on n’obtient pas de réponse sur la légitimité de la police mais sur l’utilité de l’existence d’une telle organisation. Or, très peu de gens rejettent radicalement le fait qu’il puisse y avoir une police. Une telle question ne dit rien de la confiance dans ses pratiques. Pour donner une image fidèle de la situation, la confiance doit être mesurée à trois niveaux : le caractère juste de son action, le fait qu’elle ne cause pas de dommages, et des modes d’action efficaces. Il faut mieux évaluer ces modes d’action, les replacer dans des contextes précis.

    Quelles sont les raisons habituelles de la confiance dans la police ?
    Les gens croient dans son efficacité lorsqu’ils ne la voient pas agir, n’ont pas de contact avec elle, et n’ont pas besoin d’elle parce qu’ils ne sont pas exposés à des troubles. Les responsables politiques et policiers affirment que leur mandat consiste à lutter contre la délinquance. Les victimes de cette délinquance et des incivilités imputent donc la responsabilité de ce qui leur arrive à ceux qui se disent responsables. Sans prévention des troubles, la confiance chute dans tous les types de contextes ou de populations.

    La visibilité de l’action policière n’entraîne-t-elle pas une hausse de la confiance dans son efficacité ?
    C’est exactement l’inverse qui se produit : plus les Français voient la police conduire des interventions autour de chez eux, moins ils la trouvent efficace. Et, ce n’est pas parce qu’on est victime ou à cause des incivilités dans le quartier : ces paramètres sont déjà pris en compte.

    Comment expliquer une conclusion aussi contre-intuitive ?
    Les résultats nous poussent à penser qu’une faible confiance provient des modes d’action, des façons de faire la police. En France, le ministère de l’intérieur privilégie une stratégie agressive : des interventions très visibles, qui mobilisent des effectifs nombreux, souvent lourdement équipés. La littérature internationale indique que ce mode d’action érode souvent la légitimité.

    N’est-ce pas au contraire la preuve que, dans certains quartiers, le travail de la police gêne ?
    Non, hélas. Il existe en fait une demande de police dans les quartiers défavorisés, qui sont très loin de la rejeter par principe. Ce travail suggère que ce qui n’est pas admis, en revanche, c’est la « mauvaise police » : les démonstrations de force, les raids, l’usage détourné des contrôles d’identité. Le contraire de la police de proximité.

    La confiance dans la police varie-t-elle en fonction des territoires ?
    Une fois pris en compte les effets de la victimation, des incivilités et des modes d’intervention, nous montrons que la confiance est plus faible dans les quartiers qui cumulent les désavantages en matière d’éducation, de transports, de revenus… Cette variable est beaucoup plus importante que l’origine ethnique ou les revenus du ménage. Elle renvoie aux politiques scolaires et économiques. Elle abrite aussi un effet de mémoire collective : les quartiers pauvres ont le plus subi les violences policières et s’en souviennent.

    Point positif, l’accueil en commissariat : deux tiers des Français s’en disent satisfaits…
    Nous pensions que ce contact pouvait améliorer la légitimité de la police chez les victimes. Ce n’est finalement pas le cas. Ici, le traitement de la plainte est probablement en cause : les auteurs ou les biens volés sont rarement retrouvés. Pire, pour les victimes de violences, aller au poste de police entraîne un affaissement supplémentaire de la confiance si elles ont un statut économique modeste.

    Votre étude ne couvre pas les questions liées aux contrôles d’identité et aux violences policières…
    Ces données ne figurent pas dans cette enquête, les ministères en charge ne s’y sont pas intéressés. Mais, on sait que le contrôle d’identité dégrade, et très nettement, la confiance dans la police.

    #police #violence_d'_État #violences_policières

  • Pénurie de nains de jardin au Royaume-Uni après les confinements successifs
    https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/17/penurie-de-nains-de-jardin-au-royaume-uni-apres-les-confinements-successifs_


    Les Britanniques aiment depuis le XIXe siècle placer ces petits personnages barbus au cœur de leur jardin.
    ALAIN LE BOT / PHOTONONSTOP / ALAIN LE BOT / PHOTONONSTOP

    La demande pour les biens de jardinage et les décorations d’extérieur dans le pays a considérablement augmenté, tandis que le blocage de l’« Ever-Given » dans le canal de Suez a encore retardé les livraisons.

  • Santé Pudique France - 16.04.21

    – réa : encore un succès pour Macron :-)
    – dc : idem, passe à [faux] plat (x2 en 85 j hier)

    http://coviiid.free.fr

    13 : réa toujours en forte hausse
    69 : dc toujours en hausse
    59 : dc et réa toujours en forte baisse


    il va falloir couper les regresseurs si la baisse est confirmée ; et le w.e. va probablement l’accentuer « mécaniquement » ; on verra lundi :-)

    précédent : https://seenthis.net/messages/911157

  • Salaire unique ou « salaire au besoin » : une coopérative boulangère repense la notion de rémunération - Basta !
    https://www.bastamag.net/salaire-au-besoin-egalite-salariale-alternative-cooperative-Scop-boulanger

    Une boulangerie en coopérative a imaginé une façon inédite de concevoir sa grille salariale, en expérimentant le « salaire au besoin » Après six mois de fonctionnement, les salariés livrent un premier bilan contrasté, étonnant et riche d’enseignements.

    Que doit rémunérer le salaire ? La stricte part de l’effort productif ? Ou bien doit-il intégrer les conditions sociales d’existence du travailleur ? C’est à ces questions, pour le moins fondamentales, auxquelles des boulangers grenoblois se sont frottés. Ils ont eux-mêmes tenté une expérimentation inédite : le « salaire au besoin ».

    Jusqu’alors, la boulangerie Le Pain des Cairns – une coopérative ouvrière – fonctionnait sur un principe simple : le salaire unique. Tous les salariés y travaillent à la fois comme boulanger et comme vendeur, chacun étant appelé à effectuer les mêmes tâches – en proportions égales, autant que possible – assurant ici le service au comptoir, là différentes missions administratives, quand les mains ne sont évidemment pas occupées à préparer le levain ou à surveiller la cuisson. Chacun des boulangers coopérateurs touchait donc le même salaire, 1600 euros net, auquel s’ajoutent diverses primes au cours de l’année.

    #boulangerie #coopérative #SCOP #autogestion #revenu #salaire

    • À sa façon, la coopérative boulangère rejoue les grands débats sur la valeur du travail, mais se refuse à les trancher. « Dès lors qu’on essayait de « factualiser » tout ça dans une grille, ça bloquait. C’était trop contradictoire avec notre approche des choses » abonde Myriam, 32 ans. C’est ainsi que surgit l’idée de renverser la perspective, en dissociant les tâches accomplies de la rémunération obtenue. Autrement dit, décorréler le salaire du travail, en ne se focalisant plus sur la production et l’activité exercée, mais plutôt sur les besoins revendiqués du salarié. Le nom en découle naturellement – le « salaire au besoin » – sans qu’il ne soit inspiré d’aucune théorie ou expérience particulière. Le collectif établit pour cela son propre mode d’emploi et ses propres règles, le temps d’une expérimentation fixée à six mois à partir d’octobre 2020.

    • Si le principe du salaire unique apparaît bel et bien séduisant pour ce qu’il incarne comme valeur d’égalité, le vécu commun de cette boulangerie raconte aussi qu’il ne permet pas certaines solidarités – en l’occurrence, à l’égard de l’âge et d’une situation familiale, mais il pourrait en être de même vis-à-vis de problématiques de santé ou de handicap. Alors, salaire unique versus salaire au besoin, et si la « vérité » était entre les deux ?

      Il y a une autre question qui n’est pas abordée : et si ce n’était PAS à l’activité précise de la personne qui a ces besoins de le prendre en charge ?

      En effet, là illes font des expérimentations légitimes, car la société générale dans laquelle illes vivent ne prend pas en charge, ou mal, ces besoins. Du coup illes se rabattent sur l’entreprise où illes travaillent pour cela. C’est légitime sur le cours terme, car c’est uniquement sur ça qu’illes ont la main !

      Mais… c’est le principe de la sécu à la base : ça ne devrait surtout pas être propre à telle entreprise, mais mutualisé (et donc lissé) sur beaucoup plus de monde. Pas forcément un pays entier d’ailleurs, on peut très bien imaginer des expériences de sécu à échelle communale, régionale…

      À partir du moment où ces besoins courants et qui peuvent toucher tout le monde (enfants, maladie, chômage, etc), sont pris en charge « par la communauté » plus généralement (pays ou région ou commune, ce sont des choix très différents mais en tout cas : pas dans chaque entreprise !), et bien à l’intérieur même de telle entreprise (ou service public), le salaire peut bien rester au salaire égal.

  • Données INSEE mortalité toutes causes, par tranches d’age - publication du 16.04.21

    les 70-80 on l’air d’avoir une légère surmortalité fin mars, visible aussi sur janvier-février ; tous les autres sont « dans le bruit » pour mars ;

    les 80-90+ concentraient l’essentiel de la surmortalité sur janvier-février.

    détail de la livraison :

    diff -ru insee_dc.2021-04-09 insee_dc.2021-04-16 |\
         1 +2020;02
         1 +2020;03
         1 +2020;05
         2 +2020;07
         1 +2020;08
         1 +2020;10
         3 +2020;11
         8 +2020;12
        21 +2021;01
        82 +2021;02
      4680 +2021;03
      8441 +2021;04

    consolidation des morts sur mars : +5k, total pour l’instant sur mars : 56k morts

    premier comptage pour avril : 8k morts

    précédent : https://seenthis.net/messages/910501

  • Santé Pudique France - 15.04.21

    – réa : ça baisse
    – dc : ça baisse

    http://coviiid.free.fr

    – 13 : dc et réa en hausse, dc à 25% du niveau habituel
    – 69 : dc faux plat montant, réa plat, dc environ 30% du niveau habituel
    – 75 : dc et réa en hausse, dc environ 50% du niveau habituel
    – 59 : dc et réa en baisse, dc revient presque au niveau de bruit
    – 06 : dc et réa en baisse, atteint son niveau de bruit
    – 38 : dc en baisse, réa environ plat, dc revient au niveau de bruit
    – 34 : dc et réa en baisse, mini crise de fin-mars-debut-avril ptet finie

    pour le 75, la moyenne mobile réa (pas visible dans le cadre de mon graphique) est en hausse sur 10 jours mais en baisse depuis 2 jours ; et y a eu 33 morts hier, jamais vu depuis mai dernier, mais c’est peut-être un rattrapage.

    petite couronne : réa plat amorce baisse, dc faux plat montant à environ 30 morts /j ; grande couronne : réa faux plat descendant, dc plat a 29 morts /j soit environ 30% du niveau habituel.

  • L’hymne à Nikkal, la plus ancienne partition musicale connue au monde se dévoile en musique
    https://www.rtbf.be/musiq3/article/detail_l-hymne-a-nikkal-la-plus-ancienne-partition-musicale-connue-au-monde-se-


    Tablette « Hymne à Nikkal », le plus ancien vestige de notation musicale
    © Musée national de Damas, Syrie

    Quand l’une des plus anciennes partitions musicales de l’Histoire traverse les siècles et se dévoile à nos oreilles… Ne vous êtes-vous jamais demandé à quoi ressemblait la musique jouée il y a des milliers d’années ? Grâce à une tablette découverte dans les années 1950 par des archéologues français dans l’ancienne cité d’Ougarit, en actuelle Syrie, c’est maintenant possible. Ecoutez ce chant vieux de 3400 ans.
    […]
    Parmi les chercheurs qui se penchèrent sur ces tablettes, la professeure d’assyriologie de l’Université de Californie Anne Draffkorn Kilmer, accompagnée de la musicologue belge Marcelle Duchesne-Guillemin, s’est intéressée à celle qui était la mieux conservée, afin de tenter de déchiffrer cette partition musicale. Après plusieurs années de travail, les deux chercheuses ont réussi à déchiffrer la tablette, révélant ainsi le plus ancien vestige de notation musicale connue à ce jour. Un document d’autant plus précieux qu’il a révolutionné notre vision de l’histoire de la musique, révélant qu’il devait exister une théorie musicale bien avant les Grecs, contrairement à ce que certains musicologues avançaient. De son travail est né le disque Sounds from silence, réalisé avec son collègue Richard Crocker, dans lequel on trouve des informations sur la musique antique du Proche-Orient.

    D’après un article de 1988 du musicologue Robert Fink dans la revue Archeologia Musicalis, ces morceaux confirment que l’échelle diatonique à 7 degrés et la notion d’harmonie existaient il y a 3400 ans dans la musique sumérienne.

    Cette fameuse tablette, cataloguée sous le nom « d’hymne hourrite h.6 », était donc la seule qui soit dans un état de conservation suffisante pour être déchiffrée et interprétée. Outre la notation musicale, cette tablette présente « l’hymne à Nikkal », une prière à la déesse Nikkal, fille du dieu de l’été Khirkhibi et épouse du dieu de la lune Yarikh. Nikkal, qui signifie « Grande Dame et fructueuse », était la déesse des vergers. Cet hymne est vraisemblablement une invocation pour accorder la fertilité aux femmes stériles.

    En dessus de ce texte, écrit en hourrite, on retrouve des indications musicales, inscrites en akkadien. Sous un double trait, une série de termes akkadiens empreints de hourrite, accompagnés chacun d’un chiffre représentent des termes musicaux techniques correspondant, vraisemblablement, à des cordes ou des intervalles. Si la lecture des notes et du tempo reste sujette à interprétation, cela n’a pas empêché des musicologues de retranscrire la partition pour la rendre lisible et interprétable. C’est ce que fit notamment le musicologue anglais Richard Dumbrill. Et c’est sur cette base musicale que le musicien Michael Levy a interprété à la lyre la plus ancienne partition musicale du monde, que nous vous proposons d’écouter ci-dessous.

    https://www.youtube.com/watch?v=64aouN2oohM

  • #Covid-19. Pfizer augmente encore le prix de son #vaccin... et ce n’est pas fini
    https://www.estrepublicain.fr/sante/2021/04/13/pfizer-augmente-encore-le-prix-de-son-vaccin-et-ce-n-est-pas-fini

    Au mois de mars, deux dirigeants du laboratoire Pfizer parlaient déjà de cette hausse, la justifiant non pas par les variants, mais par « les conditions » du « #marché ».

    « Si vous regardez comment la demande actuelle et les #prix actuels sont déterminés, il est clair qu’ils ne sont pas déterminés par ce que j’appellerais les conditions normales du marché : ils sont déterminés par la situation de pandémie dans laquelle nous nous trouvons et par les besoins des gouvernements de se procurer des doses auprès de divers fournisseurs de vaccins », avait alors déclaré le directeur financier de Pfizer, Frank D’Amelio.

    Le directeur n’avait pas caché que le laboratoire pourrait également profiter du jeu de l’offre et de la demande, du point de vue notamment « des prix ». Frank D’Amelio ne niait alors pas que les prix des doses de Pfizer allaient pouvoir augmenter. Les discussion au sein de l’#UE ne sont pas encore terminées, mais cette hausse du prix est fort probable.

    ##politique #union_européenne

  • Covid-19 et variants : les contrôles des passagers en provenance du Brésil sont-ils suffisants ? - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/faits-divers/covid-19-et-variants-les-controles-en-provenance-du-bresil-sont-ils-suffi


    Les passagers en provenance d’un pays étranger doivent désormais justifier d’un motif impérieux de déplacement.
    LP/Olivier Corsan 

    Des scientifiques estiment que les mesures de quarantaine pour les passagers qui arrivent du pays sud-américain, où circulent plusieurs variants, sont trop légères. Le gouvernement met en avant le durcissement des mesures décidé fin janvier.

    La France se protège-t-elle assez du variant « brésilien » ? Non, estiment plusieurs médecins, inquiets que cette souche « P1 » ou « 20J/501Y.V3 » n’explose en France comme cela s’est produit au Brésil, où la situation sanitaire est jugée catastrophique. Elle serait de 40 % à 120 % plus transmissible que celle prédominante jusqu’au début de l’année, soit bien plus que le variant britannique (entre 36 et 75 %), d’après les premiers éléments rapportés par Santé publique France. Plus inquiétant sans doute, elle échapperait « potentiellement » en partie à l’immunité, acquise suite à une infection ou grâce au vaccin. Sans parler des 92 autres variants identifiés au Brésil.

    Dans le viseur de ces scientifiques, les contrôles à l’arrivée en France sont jugés trop souples. Depuis le 31 janvier, tout déplacement depuis un pays non européen (sauf l‘Australie, la Corée du Sud, Israël, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et Singapour) est soumis à la présentation d’un motif impérieux. Quatorze raisons sont listées sur le formulaire téléchargeable sur le site du ministère de l’Intérieur, comme le fait d’avoir sa résidence en France ou de travailler dans le secteur du transport. Ce document doit s’accompagner d’un test PCR négatif réalisé « moins de 72 heures avant le départ » et d’une attestation sur l’honneur certifiant que l’on est ni symptomatique ni cas-contact.

    Un millier d’arrivées par semaine ?
    Le gouvernement vante régulièrement ce cadre durci. « On ne peut pas empêcher un Français de revenir sur le territoire national, et pour les autres il faut un motif impérieux et un test PCR, sinon vous n’embarquez pas. Et si des compagnies ne respectent pas les règles, on les suspend », a martelé ce dimanche le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, sur RTL et LCI. À l’en croire, il y aurait aujourd’hui un millier d’arrivées en provenance du Brésil par semaine, « essentiellement des Français », contre 50 000 en temps normal. D’après le ministre délégué en charge des Transports Jean-Baptiste Djebbari, interrogé sur LCI ce lundi matin, ce serait même « 50 par jour ». Le site d’Aéroports de Paris, consulté ce lundi matin, fait état de l’arrivée de deux vols directs dans la journée à Roissy, l’un en provenance de Sao Paulo et l’autre de Rio de Janeiro.

    Ce dispositif durci comporte néanmoins toujours « des trous dans la raquette », estime Rémi Salomon, le président de la Commission médicale d’établissement de l’AP-HP. Premièrement, la règle des 72h pour le dépistage n’est pas infaillible. « Si vous vous contaminez la veille ou l’avant-veille du départ, vous serez en pleine période d’incubation donc asymptomatique et non détectable au test », juge le pédiatre de profession. « Les 72 heures sont la fameuse zone grise entre le moment où on est contaminé et le moment où on devient positif », complète Eric Billy. « 1 000 personnes par semaine, cela ferait 150 par jour. Je ne vois pas pourquoi on ne les dépisterait pas aussi tous à l’arrivée », estime ce chercheur en immuno-oncologie, ajoutant qu’une telle stratégie devrait s’appliquer à « tous les pays où des variants circulent fortement ».

    La préfecture de police assure ce mardi matin au Parisien que cela a été mis en place, dimanche 11 avril. Désormais, « les passagers des vols en provenance du Brésil sont systématiquement contrôlés par un test antigénique à l’arrivée ». Le site du ministère des Affaires étrangères indique simplement que tout voyageur doit « accepter qu’un test puisse être réalisé à son arrivée sur le territoire national », sans en préciser le caractère automatique.

    Quatorzaine à l’hôtel au Royaume-Uni
    Rémi Salomon plaide de son côté pour une quatorzaine véritablement contraignante, à l’image de ce qu’applique le Royaume-Uni. Toute personne arrivant de l’un des 28 pays placés sur « liste rouge » doit rester pendant 10 jours en quarantaine dans un hôtel. Les conditions sont draconiennes et bien éloignées de ce qui se fait en France. Les visites et les sorties de chambre sont notamment interdites (sauf dans quelques cas très limités, comme une convocation judiciaire, des funérailles, etc), tandis que les repas sont fournis par l’établissement. Et si les règles sont bafouées, la personne risque une amende de 10 000 livres, soit près de 12 000 €.

    À l’arrivée en France, toute personne doit s’engager à s’isoler pendant une semaine. Concernant les retours du Brésil, « les passagers positifs au test antigénique font l’objet d’un test PCR complémentaire et d’un arrêté de placement à l’isolement dans un lieu déterminé par le passager (domicile, hôtel, chez un tiers…) », assure la préfecture de police, reprenant une disposition rendue possible par un décret présenté en Conseil des ministres le 24 mars. Mais cela n’est donc pas le cas pour tous les passagers négatifs.

    Par ailleurs, une fois le pied posé au sol, cette mesure d’isolement (volontaire ou sur arrêté) ne fait pas l’objet de contrôles poussés de la part des autorités. « On peut trouver des faux certificats de tests négatifs sur Internet, et les attestations sur l’honneur valent ce qu’elles valent », grince le biologiste Claude-Alexandre Gustave. Une solution encore plus radicale serait de suspendre tous les vols avec le Brésil, comme l’a fait le Portugal et comme la France l’avait fait avec le Royaume-Uni pendant 48h fin décembre. Mais maintenir des lignes « est imposé par le droit », a justifié Jean-Baptiste Djebbari.

    « Les déplacements depuis l’étranger vers la France et de France vers l’étranger, même lorsqu’ils ne sont pas formellement interdits, restent strictement déconseillés jusqu’à nouvel ordre. L’engagement et la responsabilité de chacun sont nécessaires pour limiter la diffusion du virus en France et en Europe », se contente de rappeler une source diplomatique française.

    Pour l’heure, les variants « brésilien » et « sud-africain » ne représentent que 5 % des cas positifs passés au « criblage » en France (une mutation commune à ces deux souches est traquée). D’après les données de séquençage obtenues de la dernière enquête « Flash », « P1 » ne concerne même que 0,5 % des séquences interprétables.

    Mais cela ne signifie pas qu’il restera aussi minoritaire durant les prochaines semaines. « Dans cette compétition entre variants, P1 ne se diffuse pas massivement quand le britannique est prédominant. Mais il est arrivé dans un pays en plein été, de même que le sud-africain. Donc peut-être qu’il augmentera ici avec l’arrivée de la saison estivale », imagine Eric Billy. Contactés, ni Aéroports de Paris ni la préfecture de police n’ont répondu à nos questions à l’heure de publication de cet article.

    • Importer le variant brésilien ! Spoil sur le confinement de septembre

      Au fait, on a un département français avec 84,9% de #variantbrésilien. C’est la Guyane, qui est reliée à Orly par des vols quotidiens et qui possède 730km de frontière terrestre avec le Brésil, la plus longue du pays.

      Au #Brésil, l’hécatombe.
      « Le variant découvert à Manaus semble se propager à l’ensemble du Brésil. C’est particulièrement préoccupant parce qu’il peut bien évidemment se diffuser sur le reste de la planète » alerte Fabio Biolchini de @MSF_brasil

      Sauf en France !

    • Ah mais c’est que depuis tchernobyl on a une expertise internationalement reconnue en « stoppage de trucs à la frontière » sans même qu’on ait à faire quoi que ce soit : nuages, virus, y’a pas de limite !

    • AFP : Paris a décidé de suspendre « jusqu’à nouvel ordre » tous les vols entre le Brésil et la France en raison des inquiétudes autour du variant brésilien du Covid-19, a annoncé mardi le Premier ministre Jean Castex.

      c’est pas comme si nos voisins Italiens, Belges, Espagnols et Portugais étaient déjà pestiférés :-p Leurs virus s’arrêteront net à nos frontières, au pire à 10 km, sauf attestation professionnelle ; ça ne fait aucun doute.

    • Pour l’heure, les variants « brésilien » et « sud-africain » ne représentent que 5 % des cas positifs passés au « criblage » en France

      C’est exactement l’argument qu’on nous servait début janvier 2021 au sujet du variant anglais ! On connait la suite.

    • Noémie, qui souhaite garder l’anonymat, est positive à sa descente d’avion, arrivée du Brésil. Elle ne peut donc prendre son vol intérieur vers Marseille. Elle rejoindra Martigues… en TGV.

      Je suis un peu anxieux des conséquences possibles du thread, de la sur-réaction. Même si les données sont maintenant fiables, je repousse encore le moment de faire une estimation avec l’effet de la vaccination et de l’immunité croisée avec P.1.

      L’exécutif a ignoré les alertes sur la souche B1.1.7 condamnant des dizaines de milliers de personnes, détruisant des centaines de milliers de vies. Je voudrais être convaincu d’alerter à bon escient et je dois auto-modérer par principe de responsabilité.

      Suspension du thread.

      https://twitter.com/Pr_Logos/status/1382074768854245377

  • Covid-19 : au Brésil, la majorité des patients en réanimation ont moins de 40 ans, selon une étude
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-au-bresil-la-majorite-des-patients-en-reanimation-ont-moins-de


    Des patients affectés par le coronavirus dans un hôpital de campagne installé dans un gymnase, à Santo Andre, dans l’état de Sao Paulo, au Brésil, le 26 mars 2021.
    MIGUEL SCHINCARIOL / AFP

    Les personnes âgées entre 30 et 40 ans contractent le plus de formes graves du Covid-19 et non plus les personnes âgées, selon une étude. En cause : le variant brésilien.

    Au Brésil, plus de 4 000 personnes décèdent du Covid-19 chaque jour dans le pays. La pandémie a fait plus de 353 000 morts en un an, le pire bilan au monde après les États-Unis. Et les mauvaises nouvelles ne cessent de s’accumuler : la majorité des Brésiliens souffrant du coronavirus en soins intensifs ont désormais moins de 40 ans, a révélé dimanche 11 avril le coordinateur d’une étude de l’Association brésilienne des soins intensifs (AMIB).

    Près de 11 000 patients hospitalisés en soins intensifs sont âgés de moins de 40 ans. Ils sont devenus majoritaires (52,2%) au mois de mars, alors qu’ils n’étaient que 14,6% au début de la pandémie il y a un an.

    "Cela pourrait être dû au nouveau variant local"
    Pour le docteur Ederlon Rezende, l’un des auteurs de cette étude, le variant brésilien serait responsable de ces changements. « On peut dire que le profil des patients en thérapie intensive est très différent actuellement de ce qu’on a connu au début de la pandémie dans notre pays, explique-t-il. Ce sont des patients plus jeunes qui arrivent dans un état plus grave en thérapie intensive, et cela pourrait être dû au nouveau variant local puisqu’il a été prouvé qu’il était plus contagieux mais aussi plus virulent et provoque une maladie plus grave. »

    Les plus jeunes s’exposent davantage aux risques que leurs aînés, soit parce qu’ils doivent travailler, soit parce qu’ils se croient moins vulnérables. Les personnes de plus de 80 ans ne représentent plus que 7,8% des malades en soins intensifs grâce à un confinement plus strict et surtout après la vaccination.

    • il ne s’agit pas à proprement parler d’une étude – le mot n’est pas employé dans les articles brésiliens – mais de statistiques issues de l’association des urgentistes brésiliens, commentées par le « coordinateur des plateformes de soins intensifs brésiliennes » et ancien président de l’association (AMIB), Ederlon Rezonde.

      Jovens na UTI já são maioria e necessidade de ventilação mecânica bate recorde - cotidiano - ACidade ON
      https://www.acidadeon.com/cotidiano/brasil-e-mundo/NOT,0,0,1602057,Jovens-na-UTI-ja-sao-maioria-e-necessidade-de-ventilacao-

      Pela primeira vez desde o início da pandemia da Covid-19, as internações em UTI (Unidade de Tratamento Intensivo) de pessoas com menos de 40 anos são maioria absoluta.Houve ainda um salto expressivo no número de pacientes graves com necessidade de ventilação mecânica e que não apresentam nenhuma comorbidade (como obesidade ou diabetes).Os dados sugerem não apenas uma mudança do perfil dos doentes que necessitam de UTI, mas um agravamento do quadro geral dos pacientes em relação aos meses anteriores.Em março, 52,2% das internações nas UTIs do Brasil se deram para pessoas até 40 anos; e o total de pacientes que necessitaram de ventilação mecânica atingiu 58,1%.Ambas as taxas são recordes, segundo dados da plataforma UTIs Brasileiras, da Amib (Associação de Medicina Intensiva Brasileira).No caso da necessidade de aparelhos de ventilação, houve salto de quase 40% em relação ao patamar do final do ano passado.Entre setembro de 2020 e fevereiro deste ano, o total de internados em UTIs que necessitavam desse tipo de equipamento variou entre 42% e 48%.Já os pacientes graves sem comorbidades que agora acabam na UTI são praticamente 1/3 do total —até fevereiro os doentes graves sem condições adversas prévias eram 1/4 dos casos.O novo marco da epidemia no Brasil sugere pelo menos três conclusões, segundo Ederlon Rezende, coordenador da plataforma UTIs Brasileiras e ex-presidente da Amib:1) as novas variantes do vírus devem ser mais agressivas; 2) a falta de cuidado de parcelas da população pode estar afetando sobretudo os mais jovens; e 3) a imunização dos mais velhos tem ajudado a conter os casos graves entre os idosos.Segundo a pesquisa, antes de os jovens serem a maioria dos internados nas UTIs em março, entre dezembro de 2020 e fevereiro último os até 40 anos representavam 44,5% do total -percentual quase idêntico ao de setembro a novembro.De lá para cá, o aumento das internações nessa faixa mais jovem foi de 16,5%.Como a imensa maioria dos brasileiros tem menos de 40 anos, o incremento, embora possa parecer modesto, engloba milhões de pessoas. A tendência sugere ainda que há espaço para um agravamento da situação.No mesmo período de comparação (e na contramão), as internações de pessoas acima de 80 anos despencaram 42%. Elas representam agora apenas 7,8% do total, pouco mais da metade do que vinha sendo registrado anteriormente.Na faixa de idades intermediárias, as internações em UTI permaneceram mais ou menos no mesmo patamar, somando cerca de 40% do total.O levantamento da Amib é feito a partir de uma amostra expressiva, englobando 20.865 leitos de UTI no país, o que representa cerca de 25% de todas as unidades, sendo 2/3 privadas e 1/3 públicas."Embora os dados mostrem que a vacina pode estar tendo o efeito esperado entre os mais velhos já imunizados, eles também revelam que, ao se acharem imbatíveis, os jovens, muitos sem qualquer comorbidade, são agora as maiores vítimas da epidemia", afirma Rezende.Além de estarem se expondo mais em baladas e reuniões, há levantamentos e relatos de médicos na linha de frente dando conta de que os mais jovens, quando na UTI, ocupam por mais tempo os leitos -diminuindo o giro de vagas e contribuindo para saturar o sistema, como tem-se visto.Com as novas variantes do vírus (como a P1), no entanto, não só as festas, frequentemente apontadas como as principais vilãs, podem estar por trás do aumento da infecção entre os mais jovens.Com o fim do auxílio emergencial pago em 2020 (e que voltou só em abril e em proporção muito menor), muitas pessoas foram obrigadas a circular novamente atrás de alguma renda, sobretudo os informais -cerca de 34 milhões de pessoas, ou quase 40% da força de trabalho.Em 2020, o auxílio emergencial foi pago entre abril e dezembro (R$ 600 ao mês a 66 milhões de pessoas) e foram empregados R$ 293 bilhões. A nova rodada (R$ 250 a 45,6 milhões) está prevista para durar apenas quatro meses e somar R$ 44 bilhões -15% do valor do ano passado.No final de 2020, o contingente de informais na economia ainda era de 4,7 milhões de pessoas a menos do que um ano antes. Isso pode ser explicado porque, em função do auxílio emergencial robusto, muitos não estavam precisando sair de casa atrás de alguma renda.Neste começo de 2021, isso mudou dramaticamente, levando milhares de informais a circularem novamente no pior momento da epidemia no Brasil.

      PS : mais je ne trouve pas, non plus, une publication officielle ou les chiffres de l’AMIB sur le sujet.

    • l’article du 10/04 vers lequel pointe le site de l’AMIB
      https://www.amib.org.br (en bas à droite, l’AMIB dans les médias) publie ce graphique

      https://www1.folha.uol.com.br/equilibrioesaude/2021/04/jovens-na-uti-ja-sao-maioria-e-necessidade-de-ventilacao-mecanica

      (le journal protège son contenu des copier/coller et limite très fortement le nombre d’accès -> un peu compliqué de récupérer le texte… mais c’est foncièrement le même que celui qui est recopié dans les autres journaux brésiliens)

  • Le Morbihan traque le virus jusque dans les eaux usées [Vidéo] - Bretagne - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/le-morbihan-traque-le-virus-jusque-dans-les-eaux-usees-12-04-2021-12734

    Le Morbihan reprend à son compte l’exemple marseillais où l’on traque le virus Sars -CoV-2 dans les eaux usées des établissements qui accueillent du public. Il s’agit de dépister sa présence avant même que les symptômes de la maladie n’apparaissent.

    Vannes. Le virus traqué jusque dans les eaux usées
    Les pompiers du Morbihan se sont rendus à Marseille, là où la technique a été déployée en premier, pour se former à la bonne manière de prélever des échantillons d’eaux usées. Et ils en ont fait la démonstration, ce lundi 12 avril, à la Villa Tohannic, une maison de retraite médicalisée de Vannes. Il fait partie de la vingtaine d’établissements placés sous surveillance depuis trois semaines. Non qu’il y eût une suspicion particulière concernant cet Ehpad. Au contraire, « depuis près d’un an nous n’avons eu aucun cas que ce soit au niveau du personnel ou des résidents », témoigne sa directrice Isabelle Joly. Mais c’est un établissement sensible. Et qui accueille un nombreux public tout comme la maison d’arrêt de Vannes qui fera demain l’objet d’un prélèvement identique. La traque du Sars-CoV-2 dans les eaux usées permet de repérer sa présence dans des établissements avant même l’apparition de cas symptomatiques. « C’est un outil prédictif qui vient s’ajouter à toutes les mesures mises en place pour lutter encore plus efficacement contre la propagation du virus », déclare le préfet du Morbihan Patrice Faure.

    Les établissements scolaires ensuite
    Quelques centilitres d’eaux usées suffisent. Ils sont envoyés au Laboratoire d’analyses médicales du Morbihan qui recherche le virus responsable de la Covid-19.

    Le soir même ou le lendemain au pire, le résultat est connu. « Depuis trois semaines que cette surveillance a commencé, tous les tests se sont révélés négatifs », indique Patrice Faure.

    Ces prélèvements sont menés principalement par des agents du laboratoire d’analyses médicales, mais aussi par des pompiers. La société vannetaise Open Health est aussi à la manœuvre pour collecter les données qui sont cartographiées. Les tests des eaux usées permettent de détecter la présence du virus « trois à quatre jours avant que les premiers symptômes n’apparaissent », précise Claire Muzellec Kabouche, directrice de l’ARS dans le Morbihan. Les contrôles visent particulièrement des établissements des secteurs de Vannes, Muzillac et Ploërmel où le taux d’incidence est plus élevé que dans le reste du département. Il est question de les appliquer aux établissements scolaires quand les cours reprendront.

  • Qualité de l’eau : la Suisse inquiète pour son or bleu

    La Suisse possède de grandes réserves d’eau. En tout temps, chaque ménage a accès à de l’eau potable propre. Du moins dans l’idéal… Car le « château d’eau de l’Europe » révèle des fissures.

    En Suisse, les matières premières sont peu abondantes, mais l’eau coule à flots. Ce n’est pas pour rien qu’on dit du pays qu’il est le château d’eau de l’Europe. Le Rhin et le Rhône, qui se jettent dans l’Atlantique et la mer Méditerranée, y prennent leur source et les torrents et rivières suisses alimentent aussi le Pô, le Danube et l’Adige. Les lacs et nappes phréatiques suisses contiennent d’énormes réserves d’or bleu. Certes, le changement climatique rend les étés plus secs, fait fondre les glaciers et tarit localement des sources. Mais la Suisse pourra toujours compter sur les précipitations, qui constituent sa principale ressource en eau. Les réservoirs aquifères sont essentiellement alimentés par les chutes de pluie pendant l’hiver. Chaque année, il tombe en Suisse en moyenne 60 milliards de km3 d’eau du ciel, ce qui correspond au volume des lacs de Constance et des Quatre-Cantons réunis. Du point de vue purement quantitatif, l’approvisionnement en eau ne semble pas en danger en Suisse. Mais sa qualité fait de plus en plus débat.

    Des traces de pesticides dans l’eau potable

    80 % de l’eau potable en Suisse provient des sources et des eaux souterraines, et 20 % des lacs. Les plus grands réservoirs aquifères se trouvent sous le sol des vallées et des plaines fertiles du Plateau suisse, là où l’on cultive légumes et céréales. Sur ces terres agricoles à l’exploitation intensive, on utilise depuis des décennies des pesticides controversés. Dernier exemple en date, le #chlorothalonil, un #fongicide présent dans les produits phytosanitaires qui sont pulvérisés sur les champs depuis les années 1970 pour lutter contre les infestations fongiques.

    Le chlorothalonil a été interdit en 2020, après que les autorités l’ont estimé potentiellement dangereux pour la santé. Son fabricant, #Syngenta, conteste vigoureusement qu’il est probablement cancérigène. Le groupe agrochimique a obtenu par voie judiciaire que l’Office fédéral de l’agriculture retire de son site web une mention dans ce sens jusqu’à la décision définitive du Tribunal fédéral dans cette affaire.

    Mais l’interdiction du chlorothalonil ne résout pas le problème pour l’approvisionnement en eau potable. Car les résidus issus de la décomposition de ce produit phytosanitaire – les #métabolites – continueront de polluer les #eaux_souterraines pendant des années encore. D’après les prescriptions fédérales, ce type de substances « pertinentes » ne doit pas dépasser la valeur de 0,1 microgramme par litre d’eau potable. C’est pourtant le cas dans les zones d’#agriculture_intensive du Plateau suisse, notamment dans le canton de #Soleure : « Dans les plaines de la vallée, ce seuil est dépassé dans presque tous les captages d’eau ; dans certains cas, on enregistre même des quantités 20 fois plus importantes », constate Martin Würsten. Depuis qu’il est à la retraite, l’ancien chef du département de l’environnement soleurois se bat aux côtés de la communauté d’intérêts « #4aqua », qui regroupe des dizaines d’experts de l’eau et de l’environnement bien décidés à donner à l’eau « une voix politique fondée sur des faits ».

    Un million d’habitants concernés

    Pour Martin Würsten, cette voix a été trop peu entendue ces dernières dizaines d’années.

    « Tandis que l’on a fait d’immenses progrès dans l’épuration des eaux usées, la pollution des eaux par l’agriculture ne s’est presque pas améliorée au cours de ces 20 dernières années. »

    Martin Würsten, ancien chef du département de l’environnement soleurois

    Martin Würsten désapprouve aussi le fait que tous les pesticides pulvérisés sur les champs ne font pas l’objet d’études aussi détaillées que le chlorothalonil récemment : « Or, ce qui n’est pas encore considéré comme pertinent pour la santé aujourd’hui le sera demain ». Les experts de « 4aqua » exigent par conséquent plus de transparence et de contrôle dans l’autorisation des pesticides synthétiques. Actuellement, on en utilise environ 370 en Suisse.

    Sur le Plateau, près d’un million de personnes sont actuellement approvisionnées en eau potable contenant des pesticides et ne satisfaisant pas aux exigences de la législation sur les denrées alimentaires. Les autorités ont donné un délai de deux ans aux fournisseurs d’eau potable pour abaisser les résidus de chlorothalonil au seuil autorisé. Il est possible de le faire par exemple en diluant l’eau, c’est-à-dire en lui ajoutant de l’eau non polluée. Un réseau de distribution d’eau du Seeland bernois entend éliminer les résidus par l’utilisation d’un nouveau filtre. D’après Martin Würsten, cela ne résout que partiellement ce grave problème. Car on s’écarte ainsi du principe qui veut que les eaux souterraines, en Suisse, ne doivent pas être traitées à grands frais.

    Deux #initiatives en votation

    Martin Würsten et ses camarades de lutte de « 4aqua » soutiennent ainsi l’initiative populaire pour une eau potable sur laquelle les Suisses voteront le 13 juin. Lancée par un comité de citoyens apolitiques, celle-ci réclame qu’à l’avenir, seuls les paysans qui renoncent à l’utilisation de pesticides et à l’administration régulière d’antibiotiques dans l’élevage puissent encore toucher des subventions publiques. À la même date, le peuple devra aussi se prononcer sur l’initiative « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » qui vise, elle, à interdire complètement l’utilisation de tels pesticides. L’interdiction s’appliquerait également à l’importation de produits alimentaires fabriqués à l’aide de produits phytosanitaires synthétiques.

    Pour l’Union suisse des paysans, les deux initiatives vont beaucoup trop loin, car elles rendraient la production nationale et régionale plus difficile, voire impossible. Si l’agriculture devait renoncer aux pesticides, cela entraînerait une baisse d’au moins 30 % de la production, affirment les opposants. L’Union suisse des paysans prévient même que les pommes de terre, le colza ou les betteraves sucrières ne pourront plus guère être cultivés en Suisse. Mais tous les paysans ne partagent pas ces craintes. Ainsi Bio Suisse, l’association faîtière des producteurs suisses bio, soutient l’initiative sur les pesticides parce qu’elle correspond aux principes fondamentaux de l’agriculture biologique. Bio Suisse est plus sceptique quant à l’initiative sur l’eau potable, qui demande que les paysans ne puissent détenir que le cheptel qu’ils sont en mesure de nourrir avec leur propre fourrage. Pour les petites exploitations biologiques, cela pourrait être un problème.

    Le Conseil fédéral et la majorité du Parlement recommandent au peuple de rejeter les deux initiatives. De leur point de vue, elles font du tort à l’agriculture et mettent en péril la sécurité alimentaire en Suisse. En ce qui concerne les pesticides, le gouvernement a promis des améliorations dans le cadre de la Politique agricole à partir de 2022. Mais le Conseil des États a gelé ce projet, tout en se montrant prêt à adopter des mesures modérées pour une meilleure protection des eaux souterraines. Le Parlement entend ainsi couper l’herbe sous les pieds des initiatives dans une campagne de votation qui s’annonce très émotionnelle. Quoiqu’il en soit, la votation du 13 juin aura les contours d’un plébiscite sur l’avenir de l’agriculture suisse, allant bien au-delà des débats sur l’eau potable propre.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/ombres-sur-lor-bleu
    #Suisse #eau #eau_potable #pesticides #pollution #agriculture #industrie_agro-alimentaire

    ping @albertocampiphoto