• Un ange gardien de la clinique psychiatrique de La Borde
    https://www.lejournalcorrosif.fr/sante-mentale/clinique-de-la-borde

    Témoignage de Lionel Belarbi sur son séjour de pensionnaire à la clinique de psychothérapie institutionnelle de La Borde où il la définit à travers son regard d’ange gardien. Aujourd’hui, il n’est plus en hospitalisation complète, mais à l’hôpital de jour. <p>The post Un ange gardien de la clinique psychiatrique de La Borde first appeared on Le Journal Corrosif.</p>

  • L’effacement de l’effacement - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2026/08/05/leffacement-de-leffacement

    En arasant des quartiers et des villages entiers, en détruisant des cimetières et des mosquées, des hôpitaux, des universités et des écoles, en brisant des réseaux énergétiques, d’adduction d’eau et d’égouts, en oblitérant des champs, en arrachant des vergers et des oliveraies, en empêchant les rivières et ruisseaux de couler, en utilisant les restes des bâtiments détruits pour construire des remblais, l’action des bulldozers fait plus que de « terraformer » le territoire gazaoui, elle gomme ses traits les plus singuliers, ceux-là mêmes qui font que des personnes puissent s’y reconnaître, y inscrire des souvenirs, des projets, et bien sûr y vivre.

    Eyal Weizman nomme ungrounding cette guerre totale menée contre la géographie gazaouie, ne laissant absolument rien en l’état, pas même les ruines et les traces des destructions précédentes. Ce terme forme d’ailleurs le titre de son dernier livre, dont le sous-titre rappelle qu’il s’agit d’une lecture aussi urgente qu’essentielle11. Lors d’un récent entretien donné à la revue +972, on lui demanda d’en expliquer le sens. Aussi laconique soit-elle, sa réponse est peut-être la description la plus convaincante du processus en cours à Gaza : « l’effacement de l’effacement »12.

  • L’institut Iliade, Bolloré, Stérin et Křetínský attaquent en meute le Planning Familial- Paris Luttes
    https://paris-luttes.info/l-institut-iliade-bollore-sterin-21023

    Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur les attaques médiatiques contre le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) orchestrées notamment par Marianne, Valeurs Actuelles, Franc-Tireur, Charlie Hebdo et les médias (…) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • AASH : un nouveau métier face à la pénurie d’AESH et d’animateurs
    https://www.lagazettedescommunes.com/club-rh/aash-un-nouveau-metier-face-a-la-penurie-daesh-et-danimateurs.
    https://www.lagazettedescommunes.com/resizer/v2/VNWOCRAXENGVHJ36SL4KYPFKD4.jpg?smart=true&auth=d63f61ed4797eed

    Contrats précaires, temps partiel : les métiers d’animateur du périscolaire et d’accompagnant d’enfant en situation de handicap (#AESH) sont en tension. En 2024, la direction académique des Hauts-de-Seine, France Travail et le Greta (*) des Hauts-de-Seine ont donc imaginé former des demandeurs d’emploi aux compétences nécessaires à ces deux champs professionnels.

    Cela a permis de leur proposer deux contrats : 24 heures avec l’#Éducation_nationale pour accompagner individuellement des enfants en situation de handicap en classe, et 11 heures avec l’une des deux #villes des Hauts-de-Seine partenaires, Châtenay-Malabry (700 agents) et Asnières-sur-Seine (1400 agents), pour être animateur sur le temps de cantine, le mercredi et durant les vacances scolaires.

    Des employeurs publics qui collectivisent la gestion de leur cheptel d’employé.es précaires, ça permet d’approcher le SMIC mensuel. Un modèle.

    #animateurs_périscolaires

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • Investiture d’Abelardo de la Espriella en Colombie : le nouveau président promet l’« ordre », Washington annonce un milliard de dollars d’aide

    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/08/investi-president-de-la-colombie-abelardo-de-la-espriella-promet-une-offensi

    L’avocat millionnaire de 48 ans, allié de Donald Trump, a dit vouloir combattre « sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles qui menacent la liberté de la Colombie », lors de son premier discours comme chef d’Etat, vendredi.

    –—

    Colombie : l’extrême droite d’Abelardo de la Espriella au pouvoir

    https://lundi.am/Colombie-l-extreme-droite-d-Abelardo-de-la-Espriella-au-pouvoir

    Un dossier :

    – Le fils du tigre sort avec ses rayures par Arturo Escobar
    https://lundi.am/Le-fils-du-tigre-sort-avec-ses-rayures

    – La nouvelle extrême droite sous l’angle décolonial par Lina Álvarez Villarreal
    https://lundi.am/Colombie-la-nouvelle-extreme-droite-sous-l-angle-decolonial

    – La narco-esthétique du Tigre 5.0 à l’ère de l’intelligence artificielle par Juliana Marín Taborda & Alejandro Giraldo Quintero
    https://lundi.am/La-narco-esthetique-du-Tigre-5-0-a-l-ere-de-l-intelligence-artificielle

    – Au-delà de l’instrumentalisation : la nouvelle grammaire morale de la politique colombienne par Diego Meza Gavilanes
    https://lundi.am/Au-dela-de-l-instrumentalisation-la-nouvelle-grammaire-morale-de-la-politique

    – Reconfigurations de la droite colombienne d’Uribe à De la Espriella par Anibal Pineda Canabal
    https://lundi.am/Reconfigurations-de-la-droite-colombienne-d-Uribe-a-De-la-Espriella

    Intelligence multiple contre polycrise entrepreneuriale, Le débat entre les candidats à la vice-présidence Quilcué et Restrepo par Santiago Arcila & Juan Cortés
    https://lundi.am/Intelligence-multiple-contre-polycrise-entrepreneuriale

    • La journaliste Mona Chollet, liée par sa lignée maternelle à la région, dénonce la « politique de la ruine » mise en œuvre par Israël, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      [photo] Un abri temporaire en bois, construit par Alaa Jouda, un Palestinien de 38 ans, pour sa famille et ses enfants, sur les décombres de leur maison dans le camp de réfugiés d’Al-Chati, à l’ouest de Gaza, le 11 mai 2026. (Yousef Zaanoun/Activestills)

      Longtemps délaissée comme objet de pensée, la maison occupe une place centrale dans nos existences. Chérie, hantée, perdue, fantasmée, elle est une membrane qui tantôt nous protège, tantôt nous enferme, elle est traversée par les enjeux de l’époque et souvent les matérialise. C’est pourquoi, cet été, Libération a invité des philosophes, écrivains, anthropologues… à examiner le sujet sous divers angles.

      « Un lieu, je veux un lieu ! Je veux un lieu à la place du lieu pour revenir à moi-même, pour poser mon papier sur un bois plus dur, pour écrire une plus longue lettre, pour accrocher au mur un tableau, pour ranger mes vêtements, pour te donner mon adresse, pour faire pousser de la menthe, pour attendre la pluie. Celui qui n’a pas de lieu n’a pas non plus de saisons. Pourras-tu me transmettre l’odeur de notre automne dans tes lettres ? Emmène-moi là-bas, s’il reste encore une place pour moi dans le mirage figé. Emmène-moi vers les effluves de senteurs que je respire sur les écrans, sur le papier, au téléphone… »

      Ces lignes éperdues de nostalgie sont extraites d’une lettre du poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) écrite durant son exil à Paris, dans les années 1980, à son ami Samih al-Qassem (1939-2014) resté en Palestine, et publiée dans leur correspondance, les Deux Moitiés de l’orange. Je les ai citées dans l’un de mes premiers livres, il y a plus de vingt ans, bien avant de consacrer un essai – Chez soi (la Découverte) – aux multiples fonctions qu’une maison remplit pour nous.

      Pouvoir refermer une porte sur soi, mettre son corps à l’abri des intempéries, se protéger des intrusions, préserver son intimité, entretenir la vie au sens physiologique – dormir, se nourrir, faire ses besoins, se laver –, mais aussi au sens symbolique : exprimer son identité en conservant les objets que l’on aime, en exposant ses photos de famille… C’est tout cela que nous offre un lieu.

      Née à Genève d’un père suisse, je pourrais être intarissable sur les chalets des vacances de mon enfance, sur leur enivrante odeur de bois qui, à peine le seuil franchi, formait déjà un abri à elle toute seule. Mais c’est ma lignée maternelle – grand-père palestinien, grand-mère née en Egypte de parents syriens – qui me fait signe aujourd’hui, inévitablement, lorsqu’on parle de maisons.

      J’ai grandi dans un univers domestique à forte tonalité orientale : les courgettes et feuilles de vigne farcies de ma grand-mère, et tant d’autres plats et pâtisseries dont le souvenir me fait encore saliver ; l’eau de la fleur d’oranger qu’elle distillait elle-même en Egypte, qu’elle achetait en quantités industrielles en Suisse et dans laquelle elle nous noyait à moitié, mon frère et moi, à la moindre insomnie ; les mélopées de Fairouz, d’Oum Kalthoum, d’Abdel Halim Hafez ou d’Asmahan dans la cuisine, reprises à tue-tête par ma mère… Des bribes d’un art de vivre largement transfrontalier, si bien dépeint par les réalisateurs Marya Zarif, Syrienne exilée au Québec, et André Kadi, dans un film d’animation enchanteur, Dounia et la Princesse d’Alep (2022).

      Cet héritage rend d’autant plus douloureux le spectacle de la « politique de la ruine » – selon l’expression du politiste Ziad Majed – mise en œuvre par Israël, à une échelle invraisemblable, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      Gaza a été rasée ou endommagée à plus de 80 %

      A Jérusalem-Est, des Palestiniens sont expulsés pour laisser place aux colons, comme Asmahan Shweikeh, 72 ans, et onze membres de sa famille, qui ont eu une heure pour rassembler leurs possessions, le 9 novembre 2025. Sous le choc, la vieille femme a été sortie sur un brancard. Au même moment, son voisin Juma’a Odeh voyait ses meubles et ses ustensiles de cuisine jetés dans la rue. Le soir venu, des drapeaux israéliens flottaient sur le toit et les nouveaux occupants diffusaient de la musique à plein volume pour fêter leur triomphe (+ 972 Mag, 11 novembre 2025).

      D’autres Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes les murs qui les abritent, sous peine d’une forte amende. « Mes larmes coulaient tandis que je le faisais », témoigne l’un d’eux sous couvert d’anonymat (RFI, 19 mai 2026). Fakhri Abu Diab, habitant sexagénaire du quartier de Silwan, s’y est refusé. Devant un tas de décombres, il désigne l’endroit où, enfant, il s’asseyait avec sa mère pour boire le thé en revenant des champs : « Ils ont démoli mon enfance, l’odeur de ma mère, tous mes souvenirs » (voir Middle East Eye, 22 janvier 2026).

      Rasée ou endommagée à plus de 80 % selon les Nations Unies, Gaza est évidemment la partie de la Palestine où cette politique a été poussée le plus loin. Avant le 7 octobre 2023, malgré l’enfermement, le blocus, le bourdonnement constant des drones, les bombardements réguliers, ses habitants s’arrangeaient – en particulier, grâce à leur front de mer si convoité – pour grappiller autant de plaisirs quotidiens que possible, comme l’a raconté le journaliste Mohammed Omer Almoghayer dans son livre On the Pleasures of Living in Gaza : Remembering a Way of Life Now Destroyed (non traduit) . Ce territoire autrefois vibrant a été transformé en paysage lunaire.

      Parmi les mots en « -cide » (urbicide, écocide, scolasticide, génocide…) qui peuvent s’appliquer à ce qu’y fait l’armée israélienne, il y a le « domicide », défini par l’ONU comme la « destruction de masse des habitations et des infrastructures civiles ».

      Une destruction menée au moyen de bombes, de tirs d’artillerie, de bulldozers, mais aussi de robots chargés de tonnes d’explosifs. « En novembre 2024, quinze robots ont été déclenchés dans deux rues du camp de Jabalia, relate l’infirmier Mohammed Tamous. Les explosions ont rasé des pâtés de maisons entiers. Des dizaines de personnes ont été tuées. Nous étions à cinq kilomètres et nous avons entendu les détonations comme si elles avaient lieu à côté de nous. » (The New Arab, 25 mai 2025).

      A Gaza, les maisons restées debout ont perdu toute capacité à protéger leurs habitants, en raison de la menace permanente d’un bombardement, mais aussi des quadricoptères (petits drones). Le 16 août 2025, Amal al-Khudari, 35 ans, étendait du linge sur son balcon, son fils de 4 ans à ses côtés, quand l’un d’eux l’a prise pour cible, la blessant mortellement. L’intimité aussi devient impossible. Une nuit de l’été 2025, M. F., 26 ans, dormait dans sa chambre quand, vers l’aube, elle a été réveillée en sursaut : entré par la fenêtre ouverte, un drone planait devant son lit (Middle East Eye, 22 août 2025).

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation. Des soldats israéliens se filment dans les maisons de familles tuées ou déplacées, saccageant une cuisine, chevauchant un tricycle, fouillant dans les tiroirs à lingerie. Sans parler de la pratique consistant à déféquer dans les intérieurs (sur les tables, dans les marmites), documentée dès le siège de Beyrouth (The Washington Post, 28 septembre 1982), et encore signalée récemment en Cisjordanie par Amira Hass dans Haaretz (28 juillet 2025). Après la guerre de 2014, le Gazaoui Ahmed Owedat avait retrouvé sa maison dévastée, jonchée d’excréments et souillée de graffitis : « Brûlez Gaza », « Bon Arabe = Arabe mort » (The Guardian, 7 août 2014)…

      Le 20 mars dernier, la neurobiologiste franco-libanaise Samah Karaki, originaire du Sud-Liban, annonçait sur Instagram que sa famille avait dû fuir : « Les images vues de Gaza, des soldats vandalisant des maisons, retournant des objets, exposant des vies, finiront par concerner ma propre mémoire. Les draps à fleurs et à cœurs roses deviendront un décor ridiculisé dans des vidéos méprisantes. »

      La maison d’enfance de la journaliste gazaouie Ruwaida Amer a été détruite par un bombardement israélien en 2000, quand elle avait 7 ans. Avec passion, durant dix ans, elle a mené les travaux pour agrandir et embellir l’habitation que sa famille avait finalement pu retrouver : « Je ne voulais jamais quitter la maison. Je terminais mes tâches à l’extérieur au plus vite et je rentrais chez moi. Au début de la guerre, je disais que je pouvais tout supporter tant que notre maison subsistait. Déplacée au camp de réfugiés de Khan Younès, je m’asseyais seule lorsque je me sentais fatiguée et effrayée, et j’imaginais ma maison dans sa tranquillité : ma chambre, mon lit, chaque recoin. » Elle dit s’être « écroulée » en recevant la vidéo qui montrait l’objet de tant de soins et d’amour pulvérisé par une bombe (+ 972 Mag, 15 novembre 2025).

      Sa consœur Nour Aboaisha, elle, tente de fuir un présent dystopique en se remémorant les moments où elle se blottissait sur son lit avec un café et sa série préférée (Yaani, 11 mai 2026). Le blocus israélien interdisant l’entrée de matériaux de construction, elle vit désormais, comme de très nombreux Gazaouis, sous une tente glaciale en hiver et étouffante en été, envahie par les eaux usées lors des fortes pluies, où les rats dévorent les réserves de nourriture et mordent les bébés durant la nuit, où les amputés se traînent faute de prothèses, où des malades du cancer agonisent (le dernier centre hospitalier traitant le cancer a été bombardé le 15 mai 2025).

      La jeune autrice Nour Elassy, évacuée de Gaza il y a un an et désormais étudiante à Paris, publiera le 9 septembre un recueil de poèmes intitulé Ceci est ma maison : « Ceci n’est pas, et n’a jamais été /Des décombres. /Ceci est ma maison. »

      Réfugié en Italie, le journaliste Ahmed Dremly dit son émotion de renouer avec des luxes ordinaires, presque oubliés en deux ans et demi de cauchemar : de l’eau au robinet, une douche chaude, la possibilité d’allumer une lampe le soir (Middle East Eye, 4 juillet 2026)…

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien

      Parmi les moins mal lotis, dans ce lieu apocalyptique qu’est devenu Gaza, figure le charpentier Alaa Jouda. Sur les gravats de sa maison bombardée, il a édifié avec des matériaux de récupération un chalet doté de fenêtres où il vit avec sa famille (RFI, 14 juin 2026).

      D’autres Gazaouis exhibent sur Instagram des tentes rutilantes, en démontrant une parfaite maîtrise des codes du réseau social : rituels matinaux, tâches ménagères expédiées avec panache, pauses-café, couchers de soleil… Ils parviennent à cultiver quelques plantes et légumes aux abords de leur abri – en particulier, cette menthe qui symbolisait pour Darwich le quotidien heureux en Palestine.

      Samah (@samahsweedan) fait visiter sa tente décorée de tapis, de coussins, de plantes vertes et de lanternes, un drapeau palestinien aux couleurs éclatantes accroché à une paroi de toile. Laith Rashdan (@laithh.ra) se filme au réveil, jouant avec son chat avant d’émerger à l’extérieur en s’étirant. Mahmoud Shamalakh (@mahmoud.shamalakh) montre les plats simples et délicieux qu’il prépare pour sa petite sœur et son petit frère sur un réchaud de fortune.

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien.

      Sur Facebook, le réalisateur Abbas Fahdel rend compte jour après jour, dans des publications saisissantes, de la destruction du Sud-Liban, où il vit. Le 19 juillet, il racontait comment les arbres bordant les routes de Bint Jbeil avaient été abattus un à un par des soldats israéliens. Et il concluait : « Un jour, les routes de Bint Jbeil retrouveront leurs alignements d’arbres. Les enfants marcheront de nouveau sous leur feuillage sans savoir que d’autres, avant eux, avaient voulu leur voler cette ombre. Ce sera peut-être la plus belle des réponses : planter là où l’ennemi avait arraché, faire grandir là où il avait voulu stériliser la vie. Car la véritable force n’appartient pas à celui qui détruit. Elle appartient à celui qui replante. »

  • Concert interrompu de Barbara Butch : la parole aux personnes présentes (3/3) | Élodie Safaris
    https://www.arretsurimages.net/articles/concert-interrompu-de-barbara-butch-la-parole-aux-personnes-presente

    C’est un emballement médiatique qui cristallise quelques-uns des sujets les plus inflammables : Gaza, Israël, LFI, l’antisémitisme et la liberté d’expression. Dès lors, pas si étonnant que le concert de la DJ Barbara Butch qui s’est déroulé à Grenoble samedi 18 juillet et sa perturbation par une foule de militants et citoyens engagés contre sa venue, aient largement occupé le champ médiatique Source : Arrêt sur images

  • Comment « l’arc républicain » pave la voie de Marine Le Pen au pouvoir, par Michel Feher
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/comment-larc-republicain-pave-la-voie-de-marine-le-pen-au-pouvoir-par-mic

    Politique migratoire, retour des pesticides, présomption de légitime défense des policiers… La droite et le macronisme font tout pour que nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les éventuels premiers mois d’une présidence Le Pen, estime le philosophe.

    Du sommet de l’Etat aux formations centristes et conservatrices, le comité d’accueil est fin prêt et ne laisse rien au hasard. Loin de se borner à dédiaboliser le Rassemblement national, parti cofondé par des anciens Waffen-SS et un tortionnaire de la guerre d’Algérie, ses membres anticipent son arrivée au pouvoir et s’affairent pour que le passage de témoin s’effectue sans heurt. Mieux encore, le défi qu’ils se proposent de relever consiste à faire en sorte que nul ne décèle la différence entre l’avant et l’après.

    A défaut d’avoir fait reculer l’#extrême_droite, comme il l’avait promis au début de son premier mandat, Emmanuel Macron est parvenu à la rendre indiscernable de ce qui lui tenait naguère lieu de majorité. Pour qu’une formation politique jusque-là infréquentable cesse de détonner, ne suffit-il pas que d’autres épousent ses priorités et ses phobies ?

    Qu’on en juge : de la présomption de légitime défense accordée aux forces de l’ordre au grand retour des pesticides dans nos campagnes, en passant par le vote sur les « hubs de retour » au Parlement européen, tout est mis en œuvre pour que les parlementaires du RN se sentent pleinement chez eux au sein de ce que leurs futurs compères de la droite et du centre appellent déjà l’« #arc_républicain ».

    Cerise sur le gâteau : Sébastien Lecornu, le discret et obligeant Premier ministre, fait actuellement diligence pour que des banques accordent à Marine Le Pen le prêt nécessaire au financement de sa future campagne, en dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Si les créanciers se montrent assez généreux, peut-être pourra-t-elle s’offrir un bracelet électronique assorti aux dorures de l’Elysée ?

    Du « Front » à l’« arc » républicain

    Il faut dire que la démarche entamée par le chef du gouvernement n’aurait pas été possible si la cour d’appel n’avait préparé le terrain en réduisant la peine d’inéligibilité de la députée européenne délinquante. Usant de l’argument, cher à Bruno Retailleau, selon lequel l’Etat de droit n’est « ni intangible ni sacré », le juge s’était prononcé pour que les tribunaux n’abusent pas de leur indépendance en privant l’électorat lepéniste de sa candidate préférée. Bien que formellement maintenue, la séparation des pouvoirs ne devrait plus empêcher l’exécutif de renforcer ses prérogatives.

    Pour assurer la parfaite continuité de l’arc républicain, il importe encore de lever un obstacle rhétorique important. Car même si le président de la République l’a usée jusqu’à la corde, la litanie du « refus des extrêmes » demeure un élément structurant dans le discours des politiques qui briguent le monopole du raisonnable. Or, force est d’admettre que le renvoi dos à dos est une pratique discursive dont le RN est fondé à prendre ombrage : ne le range-t-il pas parmi les formations politiques que l’arc républicain a vocation à ostraciser ?

    L’urgence est donc de remiser le haro sur les extrêmes au bénéfice d’une union sacrée contre l’apologie du terrorisme. Celle-ci, on le sait, commence par l’usage du mot génocide pour décrire ce qui se passe à Gaza, mais peut rapidement s’étendre à la dénonciation des violences policières en France, voire à l’opposition aux mégabassines ou à un traitement autre que sécuritaire des incendies qui ravagent la Gironde, en cherchant par exemple à mettre l’accent sur l’arrestation d’éventuels pyromanes pour mieux occulter l’inaction de l’Etat en matière de prévention des feux. En contrepartie, et c’est bien normal, il appartiendra aux dirigeants lepénistes de renoncer à s’en prendre aux partis du système, comme ils avaient coutume de le faire à l’époque où le « front » républicain ne s’était pas encore mué en « arc ».

    D’où viendra la résistance

    Peut-on imaginer que le changement de régime en cours produise une vague de démissions parmi les salariés de la fonction publique ? Comparaison n’est pas raison, dit l’adage, mais on rappellera quand même qu’en 1940, les hauts fonctionnaires sont massivement restés à leur poste – pour servir la nation et nourrir leur famille, expliqueront-ils après la guerre. Pourquoi en irait-il autrement aujourd’hui, alors que tout est fait pour qu’à l’exception des populations racisées et des obsédés de l’intangibilité de l’Etat de droit, nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les premiers mois d’une présidence Le Pen ?

    La transition sera même d’autant plus facile à opérer qu’à la différence des fondateurs du Front national, leurs héritiers ne rêvent ni à un Reich de mille ans ni à la restauration de l’Empire colonial français – et n’appellent même plus à rompre avec les institutions de Bruxelles. A l’instar de leurs futurs partenaires de la droite et du centre, leur seule ambition consiste à faire de l’Europe une maison de retraite fortifiée pour épargnants de souche.

    Faute de retrouver leur lustre et leur vigueur d’antan, les pensionnaires y jouiront du privilège de vieillir ensemble, les yeux dans les rides, à l’abri des regards indiscrets. Une fois les frontières fermées et les services livrés aux fournisseurs privés d’intelligence artificielle, il ne leur restera qu’à attendre patiemment la fin, en regardant les flammes dévorer les forêts et en écoutant les jérémiades des derniers éditorialistes atrabilaires.

    Longtemps, arrogance, hypocrisie, lâcheté ont été les devises du macronisme. Toutefois, à mesure que l’échéance de 2027 approche, le temps semble venu pour un choc de simplification : #collaboration, collaboration, collaboration sont les nouveaux mots d’ordre. D’où viendra la résistance ? De la jeunesse au premier chef, même si l’actuel président de la République et le potentiel Premier ministre de Marine le Pen ont déjà fait la preuve qu’il ne suffisait pas d’être jeune pour ne pas être vieux.

    Mais surtout, la démographie de la France étant ce qu’elle est, les tranches d’âge les plus menacées par le programme de l’union des droites ne sont pas assez nombreuses pour conjurer l’arrivée au pouvoir de ses maîtres d’œuvre. Aussi faut-il espérer que le pays compte assez de parents résolus à préserver leurs enfants du destin funeste que les enquêtes d’opinions leur promettent.

    Michel Feher est l’auteur de : Producteurs et Parasites aux éditions la Découverte (2024).

  • Un jour, un article... un mois pour voyager au cœur de la plateforme collective visionscarto.net

    Après la présentation de l’œuvre de l’artiste/hacktiviste Nathalie Magnan, « Cartographie subjective et momentanée », nous repartons vers l’Est pour évoquer avec la journaliste Manon Mendret, le contexte historique de la guerre imposée par la Russie à l’Ukraine, avec un texte accompagné ’un riche corpus de cartes.

    Jour 5 :
    La guerre russe en Ukraine, pivot d’un jeu géopolitique https://www.visionscarto.net/guerre-russe-en-ukraine
    par Manon Mendret

    « En avril 2005, Vladimir Poutine, en poste comme président de la Fédération de Russie depuis cinq ans, déclare :

    Avant toute chose, il faut reconnaître que la chute de l’URSS a été la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle. »

  • Liban : six ans après, que sait-on de l’explosion du port de Beyrouth ? - Reportage international - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-international/20260803-liban-six-ans-apr%C3%A8s-que-sait-on-de-l-explosion-du-port-de-beyrouth

    Six ans jour pour jour. Ce mardi, le Liban commémore la terrible explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu le 4 août 2020. La catastrophe a tué 235 personnes, fait 6 500 blessés et ravagé un tiers de la capitale libanaise. C’est l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire. Après avoir été bloquée pendant de longues années à cause de l’hostilité de la classe politique, l’enquête du juge d’instruction Tarek Bitar est aujourd’hui terminée. Que sait-on de l’explosion du port de Beyrouth ? Quelles sont les zones d’ombre ? Quand aura lieu ce procès historique ?

  • Désactivez les réponses IA de Google en une minute sur Chrome, Firefox et Safari - Les Numériques
    https://www.lesnumeriques.com/intelligence-artificielle/desactivez-les-reponses-ia-de-google-en-une-minute-sur-chrome-firefox


    © Image : Google - Montage : Les Numériques - Google force les Aperçus IA auprès des internautes, voici comment s’en débarrasser rapidement

    En ajoutant les Aperçus IA, Google ajoute de l’intelligence artificielle comme première réponse à certaines interrogations depuis son moteur de recherche. Découvrez comment vous en débarrasser sur navigateur en un rien de temps.

    En bref
    Les Aperçus IA de Google envahissent désormais les résultats de recherche en France.
    Google ne propose aucune option officielle pour masquer ces réponses automatiques.
    Heureusement, le paramètre caché udm=14 permet de les supprimer sur vos navigateurs.

    Les Aperçus IA, AI Overviews en anglais, ont débuté leur déploiement dans le moteur de recherche de Google hier en France. Une évolution qui offre automatiquement des réponses de Gemini en haut des résultats. Aucun moyen de s’en débarrasser dans les paramètres, il faut bidouiller un peu. De Chrome à Firefox en passant par Safari, seule une minute est nécessaire pour faire disparaître ces résultats de notre vue et profiter d’une navigation plus traditionnelle.

    Aussitôt arrivés, les Aperçus IA de Google se font sortir des navigateurs par les internautes
    Annoncés en grande pompe l’année dernière, les “Aperçus IA” sont la petite révolution du moteur de recherche de Google, intégrant directement à l’intérieur la puissance de Gemini. Disponibles depuis hier en France, ils prennent la première place des résultats pour certaines requêtes (questions, comparaisons…).Si l’idée est de faire gagner du temps aux internautes, cette fonctionnalité est loin de faire l’unanimité. Ces paragraphes prennent une place considérable à l’écran, repoussant les liens web classiques toujours plus bas (une tragédie pour le trafic des sites web). Malheureusement, Google ne propose aucun bouton officiel dans ses paramètres pour désactiver ces réponses boostées à l’IA générative.

    Il faut donc ruser pour s’en débarrasser et retrouver un moteur de recherche comme au bon vieux temps, avec ces liens bleus par centaines répondant à nos recherches. Pour cela, un paramètre caché de Google va nous être bien utile : l’udm=14. Permettant de forcer l’affichage du nouveau filtre “Web” de Google (sans IA générative), l’appliquer par défaut en tant que moteur de recherche sur son navigateur met ainsi fin aux résumés IA de Gemini :

    Sur Chrome :
    • Allez dans Paramètres > Moteur de recherche > Gérer les moteurs de recherche > Ajouter.
    • Nommez ce nouveau moteur de recherche “Google Web”, mettez “http://google.com” en raccourci, et “{google:baseURL}/search ?udm=14&q=%s”
    • Appuyez sur le bouton Enregistrer
    • Définissez-le ensuite comme moteur par défaut (trois petits points, puis Utiliser par défaut).

    Sur Firefox, c’est à peu près la même chose :
    • Rendez-vous dans Paramètres > Recherche > Ajouter un moteur de recherche
    • Renseignez en nom “Google Web” et en URL “https://www.google.com/search?udm=14&q=%s”
    • Enregistrez le moteur de recherche et définissez-le par défaut

    Sur Safari, ne pouvant pas ajouter de moteur de recherche personnalisable, il faut soit
    • Passer par la version sans IA de Google en accédant au raccourci ou en page d’accueil à l’adresse suivante : https://www.google.com/?udm=14
    • Installer l’extension “udm14 for Safari” qui redirigera automatiquement toutes vos recherches vers cette version de Google sans IA

    Vous voilà libéré des Aperçus IA, vous permettant ainsi de retrouver le Google d’avant. Place à la recherche manuelle, non assistée à outrance par l’intelligence artificielle générative. Sinon, vous pouvez aussi être plus radical et opter tout simplement pour un autre moteur de recherche.

  • Riches, pauvres et classes moyennes : comment évoluent les revenus en France ?
    https://www.inegalites.fr/Riches-pauvres-et-classes-moyennes-comment-evoluent-les-revenus-en-France

    Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie des classes moyennes (apprécié ici par le niveau de vie médian [2]) a augmenté de 16 % une fois la hausse des prix déduite, pour dépasser 2 200 euros par mois pour une personne seule, selon les données de l’Insee. Cela représente 300 euros mensuels de plus qu’en 2004 et 3 600 euros annuels. Contrairement à un discours très médiatisé, il n’y a donc pas d’appauvrissement des classes moyennes. Mais il est vrai que la période 2008-2018 a été marquée par un long palier.

    Le niveau de vie moyen des 10 % les plus #pauvres n’a quasiment pas évolué en 20 ans. Ils gagnaient 850 euros par mois en 2004, ils touchent 830 euros en 2024. (...)

    Les 10 % les plus #riches touchent en moyenne 6 400 euros par mois. Leur niveau de vie s’est accru de 24 %, soit un gain annuel de 15 000 euros (1 250 euros mensuels) au cours de la même période, une fois l’effet de l’inflation pris en compte. Cette hausse représente à elle seule l’équivalent d’un an et demi de revenus au bas de l’échelle. L’amélioration du niveau de vie des plus aisés s’est produite en deux étapes : de 1996 à 2011, puis de 2017 à 2024 (après une période de hausses d’impôts en 2012 et 2013).

    Au total, l’écart entre le haut et le bas de la distribution des revenus annuels a augmenté de 15 000 euros entre 2004 et 2024.

    #guerre_aux_pauvres #revenu

    edit espérance de vie
    https://seenthis.net/messages/1151986

  • Virginie Despentes, Cher Connard, Grasset
    page 72

    On supporte très bien l’idée que les femmes soient tuées par les hommes, au seul motif qu’elles sont des femmes. Sauf si elles sont de petites filles ou de vieilles dames. Ce qui veut dire qu’on supporte très bien l’idée qu’une femme soit victime d’un homme tant qu’elle est en âge d’avoir une sexualité active. Même si elle est mariée, même si elle est maman, même si elle est bonne sœur - à partir du moment où elle est pubère et jusqu’à ses soixante quinze ans - elle est une victime acceptable.
    Et je crois que c’est parce qu’elle est éventuellement sexuelle. La société comprend l’assassin. Elle le condamne, évidemment. Mais avant tout elle le comprend. C’est plus fort que lui. Que ce soit sa femme ou une inconnue.
    Imagine qu’à la place des femmes qui sont tuées par les hommes, il s’agisse d’employés tués par leurs patrons. L’opinion public se raidirait davantage. Tous les deux jours, la nouvelle d’un patron qui aurait tué son employé. On se dirait, ça va trop loin. On doit pouvoir aller pointer sans risquer d’être étranglé ou criblé de coups ou abattu par balles. Si tous les deux jours un employé tuait un patron ce serait un scandale national. Pense à la gueule des gros titres : le patron avait déposé trois plaintes et obtenu un ordre d’éloignement mais l’employé l’a attendu devant chez lui et l’a abattu à bout portant. C’est quand tu le transposes que tu te rends compte que le féminicide est bien toléré. Les hommes peuvent te tuer. Ça flotte au-dessus de nos têtes. On le sait. C’est comme si on te recommandait de jouer à la roulette russe. Je n’ai jamais eu envie de mourir mais j’ai aimé les drogues dures, les hommes violents et la vitesse. On m’aura beaucoup plus sermonnée sur les drogues dures que sur les hommes.

    #transposition #féminicide #violences

    • faites donc cher sombre, trollez, il en restera toujours quelque chose

      Mais ce n’est pas que grasset et grobollet qui chie sur les auteurices. Ce sont les intellectuelles et les artistes que cette société maltraite en leur expliquant concrètement qu’ils ne servent à rien.

      Il faudrait que je liste ici tous les modes d’abandon mis en place pour que les auteurices ne puissent plus survivre financièrement. Alors que ces métiers étaient considérés comme à protéger et bénéficiaient de quelques protections exceptionnelles. Les auteurices sont devenues des entreprises indépendantes reliées à l’urssaf qui n’ont ni chomage, ni congés et bossent quand on daigne leur acheter leur production ou leur faire une commande. Quant aux factures electroniques avec recapitulatif trimestriel cela ne va pas aider.

    • Le terrain était bien préparé, socialement et philosophiquement par les libéraux. On est bien domestiqué avec des œillères Travail, l’obligation tacite de ce commerce de la sueur à la monnaie passe par le salariat employé/patron. Et surtout ne pas avoir le temps de penser. Continuité de l’esclavage dans le sens ou même ton avenir rendu plus glorieux et même joyeux dans l’acceptation de ce deal se concrétise dans une vie de non homme libre . Puis on ratisse tout autour et on fait tomber les têtes des « libres » : chomeurs, précaires, artistes, auteurices ...
      Je fréquente pas mal de gens qui ont vécu ou vivent dans la rue, oui c’est dur et violent mais ce sont de vraies personnes pas du chiqué baratineur cochon d’inde dans sa roue que beaucoup devienne une fois intégré au monde du travail où il n’y a pas plus le temps de revenir à Ah mais keskejefaila ?
      Le process des politiques des hypermarchés. On accepte le contrat car on le croit pratique et plus économique jusqu’à ce que l’idée même du paysan disparaisse de nos mœurs, remplacé par nos chaines en bétons.
      Je perds mon sang froid, tatatata.
      Ma vue me joue des tours, j’ai lu le macronisme est un traumatisme , c’est bien la réalité.

  • Les IA vont-elles tuer les liens hypertextes, ces briques fondamentales du Web ?
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/02/les-ia-vont-elles-tuer-les-liens-hypertextes-ces-briques-fondamentales-du-we

    (...) pourquoi cliquer sur ces [liens] puisque tout peut être servi à votre porte ? Le 22 juillet, Google a déployé en France ses « aperçus IA » (« AI Overviews »). Quand elle est activée, la fonctionnalité relègue l’antique liste des « 10 premiers liens » au fond de la première page de résultats du moteur de recherche et la remplace par un résumé, écrit automatiquement par l’intelligence artificielle (#IA) Gemini.

    Résultat : de nombreux éditeurs de sites Internet craignent pour l’avenir de leurs activités en ligne. En Allemagne, où l’option était déjà en place, la société de référencement Sistrix enregistrait une chute de 6,6 % du nombre de clics en provenance du Google. Mais plus encore qu’une problématique de modèle économique pour les sites Internet, la question est presque philosophique. Le #Web s’est bâti sur le concept même de #liens qui, par leur multiplication, forment ce qu’on appelle communément la « Toile ». Si ces liens ne sont plus parcourus, ont-ils encore une raison d’exister ?

    [...]

    « Les hyperliens et l’hypertexte [la technologie qui les sous-tend] ont été mis au défi par le tournant commercial du Web », complète Valérie Schafer, évoquant la transformation d’un « réseau de pages et documents » en un « réseau de services et plateformes, où sont incorporés de multiples outils, contenus et liens cliquables dont certains sont fournis par les plateformes, ou encore générés par des machines ».
    En parallèle, d’autres mécanismes mettent à mal les principes initiaux de l’hypertexte.
    « Les réseaux sociaux, les applications mobiles, les environnements derrière un paywall… ont érodé la notion de liens ouverts, souvent pour des raisons uniquement commerciales »_, explique au Monde Alberto Di Meglio, responsable de la stratégie numérique du CERN. Les choix de développement de ces plateformes ont, souvent, consisté à faire rester le plus longtemps possible leurs utilisateurs dans leur environnement, et dévalorisé les liens externes permettant de s’en échapper.
    Et cette tendance se poursuit : les utilisateurs qui conversent avec les agents conversationnels comme ChatGPT (OpenAI) ou qui se voient proposer les résumés par IA de Google n’ont en théorie plus de raison de cliquer sur des liens puisque les réponses à leurs interrogations leur sont fournies clés en main.

    https://justpaste.it/abrgm

    #hypertexte #hyperliens

    • Pour une fois que les femmes ne disparaissent pas de l’histoire du web note l’apparition bienvenue de ces chercheuses :
      #Anne_Helmond, de l’université d’Utrecht (Pays-Bas) Historiographie de l’hyperlien » parue en 2018
      #Olia_Lialina, artiste russe parmi les pionnières de l’art en ligne
      #Valérie_Schafer, historienne des télécommunications, de l’informatique et des cultures numériques

    • Avec l’introduction des « aperçus IA », « le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation numérique »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/04/avec-l-introduction-des-apercus-ia-le-web-et-les-applications-mobiles-pourra

      Est-il imaginable que les #médias ferment leurs contenus aux fournisseurs d’IA, comme la plateforme Reddit semble désormais vouloir le faire aux Etats-Unis ? Peu d’acteurs disposent d’un tel pouvoir de négociation. Pour la plupart des médias, le dilemme est redoutable : accepter que leurs #contenus alimentent ces nouveaux systèmes au risque de perdre leur audience, ou s’en retirer au risque de devenir progressivement invisibles dans les interfaces qui structureront demain l’accès au #savoir. Et dans cette lutte, il n’est pas certain que Google gagne à ne pas rémunérer équitablement les producteurs d’information.

      En effet, si les interfaces d’IA promettent de rendre l’information plus accessible que jamais, leur succès conduit à fragiliser ceux qui produisent cette information. Elles risquent de compromettre, à terme, la ressource dont elles se nourrissent. Une société qui ne finance plus la production des faits ne pourra pas longtemps bénéficier de la qualité de leurs synthèses.

      Déplacement du pouvoir

      Ce que l’introduction des AI Overviews traduit, c’est l’effacement du Web, qui avait lui-même remplacé une partie des médiations traditionnelles. Il devient une infrastructure invisible, tout comme les applications mobiles qui s’effacent également derrière des interfaces conversationnelles. Le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation #numérique.

      https://justpaste.it/dtnq8

  • Mahmoud Darwich par lui-même

    https://www.monde-diplomatique.fr/2026/08/DARWICH/69770

    Le 17 février 1976, alors que Beyrouth est plongée dans la guerre civile, le journaliste français Bernard Violet rencontre Mahmoud Darwich (1941-2008), qui vit au Liban depuis trois ans après avoir quitté les territoires palestiniens occupés. Au cours d’un long entretien, conduit avec l’aide du sociologue Michel Seurat (1947-1986), le poète revient sur les événements fondateurs de sa vie : l’exil de 1948, son enfance de réfugié, son engagement politique ont forgé les bases d’une poésie à la fois esthétique et combattante. Prévu à l’origine pour France Culture avant d’être finalement refusé, ce témoignage est resté inédit pendant un demi-siècle.

  • La plus grande victoire de la mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.

  • https://laparoleerrante.org/lecoute-et-lecho-tous-les-episodes

    L’ÉCOUTE ET L’ÉCHO est une émission du Studio son de La Parole errante [lieu collectif à Montreuil dans le 93]. Un rendez-vous hebdomadaire, pour s’inscrire dans une continuité de récits et renforcer des liens.

    Depuis décembre dernier, chaque dimanche, à midi, nous diffusons en direct, via π-node, l’émission de #radio « L’écoute et l’écho ». Ensuite les émissions sont écoutables dans notre site ou dans des applications de #podcast non payantes, au nom « Parole Errante ».

    En août, nous arrêtons cette régularité hebdomadaire, et nous espérons vous retrouver en nombre pour la reprise des émissions, en octobre prochain.

    Entre temps, voici un rappel de cette traversée collective.

    À partager, si vous le voulez bien.

    Bel été !

    L’écoute et l’écho

  • « La #puissance ne repose plus seulement sur les territoires, les ressources ou l’armée : elle dépend de la capacité à contrôler les #flux »

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/01/la-puissance-ne-repose-plus-seulement-sur-les-territoires-les-ressources-ou-

    Selon l’historien Xavier Carpentier-Tanguy, spécialiste des mondes marins, le bras de fer autour du détroit d’Ormuz révèle l’émergence d’une « #rhéocratie », un nouvel ordre géopolitique où la puissance ne dépend plus seulement de la maîtrise des territoires mais aussi de la capacité à contrôler, sécuriser ou perturber les flux physiques et immatériels mondiaux.

  • L’afflux de #migrants à #Ceuta s’est transformé en crise diplomatique intra-européenne

    https://www.rfi.fr/fr/europe/20260731-l-afflux-de-migrants-%C3%A0-ceuta-s-est-transform%C3%A9-en-crise-diplom

    Les migrants arrivés par dizaines de milliers à Ceuta en cette fin de semaine ont largement repris le chemin du #Maroc selon les autorités espagnoles, ce qui dessine une issue à la partie la plus urgente de la crise migratoire. Il reste qu’elle s’est largement transformée en crise diplomatique intra-européenne avec un certain retard à l’allumage des dirigeants des institutions de l’#UE.

  • Le chamane d’Upton Lovell était une femme et non un homme, comme on l’a cru 225 ans durant
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/son-adn-revele-que-le-chamane-de-stonehenge-etait-une-femme_194004

    Peut-on considérer les restes archéologiques conservés dans les musées comme définitivement compris ? Pas forcément, surtout lorsque leur découverte remonte à des époques trop lointaines. Prenons l’exemple d’une des plus célèbres sépultures britanniques : celle du chamane d’Upton Lovell, mise au jour près de Stonehenge au début du 19e siècle. De récentes analyses ont chamboulé le narratif construit depuis. Soumise à examen en 2022, sa « trousse à outils » a en effet révélé que le chamane était un orfèvre de l’âge du bronze, et voilà qu’une analyse ADN sur ses ossements crée la stupéfaction : point de chamane barbu dans cette tombe, mais une femme robuste ! Deux chromosomes X attestent ainsi que les préjugés en archéologie ont depuis longtemps la vie dure.
    D’après son ADN, le « chamane de Stonehenge » était une femme

  • Appel seenthis contre les #étronsites
    très vénère des réponses stupides des IA systématiquement données par les moteurs de recherche et surtout de la place croissante d’une liste de sites tout aussi chiasseux et évidemment entièrement en IA
    Et suite aussi à cette discussion https://seenthis.net/messages/1183748
    Et aussi cette extension https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/alerte-sur-les-sites-genai

    The question is
    Connaissez-vous un moteur de recherche qui permette d’exclure de son affichage une liste de certains sites définitivement. Le must serait par exemple de pouvoir repérer et constituer ma propre liste d’exclusion des sites que je considère comme merdiques.

    Si cela n’existe pas, est-ce que ça branche quelqu’un de faire une extension firefox de ce type ? J’ai déjà l’ergo qui irait bien !

  • How Anti-Imperialists Copy Empire’s Anti-Arab Hatred
    https://bettbeat.substack.com/p/how-anti-imperialists-copy-empires

    A pattern becomes unmistakable: Arab is a word reserved for failure. And any attempt to reclaim it for courage, resistance, or steadfastness, will make Westerners step in to correct you. Those positive examples, they insist, simply do not count as Arab.

    That absence matters. Arab identity becomes visible when there is humiliation to assign and invisible when there is courage to acknowledge.

    • Israël est une nation d’assassins d’enfants.

      Ce qui ne signifie pas qu’il n’existe pas une courageuse petite minorité qui résiste.
      Mais le massacre (assassinats de Palestiniens de tous ages) est l’outil d’Israël depuis son origine.

  • Aux Etats-Unis, l’opposition aux #data_centers grandit et devient un objet politique

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/27/aux-etats-unis-l-opposition-aux-data-centers-grandit-et-devient-un-objet-pol

    Un mouvement pour le moment largement « décentralisé et idéologiquement hétérogène » prend forme devant le développement effréné de l’intelligence artificielle et des conflits d’usage qu’elle génère. Donald Trump veut faire payer la facture d’électricité aux grands groupes de l’IA.