• Rodéos urbains à Lyon : trois membres des « Dalton » condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis

    Trois jeunes comparaissaient devant le tribunal correctionnel, vendredi, pour la participation à un rodéo, le 23 octobre. Le collectif nébuleux, qui multiplie les provocations depuis trois mois dans la métropole, dénonce « la pression constante de la police ».


    Deux individus en tenue de Dalton lors du match de football OL-Prague, au Groupama Stadium de Décines-Charpieu (Rhône), le 4 novembre 2021. OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

    Interpellés à Bron (Rhône), lors d’un rodéo initié par le groupe dit des « Dalton », trois jeunes gens originaires du 8e arrondissement de Lyon, âgés de 19 et 20 ans, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de la capitale des Gaules, vendredi 26 novembre, à des peines allant de six mois de #prison avec sursis à douze mois, dont six ferme.

    Ils avaient participé à un rodéo, mené le 23 octobre par une trentaine d’individus, dont deux déguisés avec la tenue jaune et noire des frères Dalton, devenue la marque de fabrique d’un collectif nébuleux, à l’origine, depuis trois mois, d’une série de provocations protéiformes dans la région lyonnaise.

    Constitué de plusieurs engins, motos et quads, le convoi a été intercepté par une trentaine de policiers, dont treize motocyclistes de la brigade motorisée de la sécurité publique. A la suite des trois interpellations, les enquêteurs de la sûreté départementale ont saisi cinq deux-roues, ainsi qu’un drone et une arme à grenailles, trouvés lors d’une perquisition.

    En quatre mois, les autorités judiciaires ont ouvert sept enquêtes, procédé à neuf interpellations, pour six condamnations. Selon un commissaire de #police, « de dix à vingt individus » constituent le noyau dur des Dalton, auquel s’agrègent des participants occasionnels, de manière imprévisible. « Où est le vrai, le faux ? On ne sait pas trop où est la frontière », décrit Mohamed Chihi, adjoint au maire de Lyon chargé de la sécurité et de la tranquillité publique. Les policiers ont la dent plus dure. « Des petits #voyous de quartier mis en lumière par les médias », résume un haut responsable.

    L’épisode de Bron a constitué un tournant. Le ministre de l’intérieur a salué l’opération de police dans un tweet dès le 23 octobre. « Aucune impunité face aux rodéos urbains qui pourrissent la vie des habitants de certains quartiers », a écrit Gérald Darmanin, en joignant à son message une photo montrant un individu déguisé en Dalton plaqué au sol. Ce qui n’a pas contribué à calmer les esprits. Sur leur compte Instagram, les animateurs du groupe Dalton ont répliqué en plaçant le visage du ministre sur le personnage de Lucky Luke. « Il en attrape un, il y en a dix de plus. C’est exponentiel, ça ne s’arrêtera jamais », a fanfaronné un porte-parole sur le réseau social, en tenue de bagnard, visage masqué et voix modifiée. Gérald Darmanin a demandé, sans succès, la fermeture de leur compte Instagram.

    Un esprit « provocateur »

    Six jours après le tweet ministériel, quatre individus au guidon de puissants scooters et d’une moto peinte en jaune et noir ont tourné sur la place Bellecour, emblématique secteur piétonnier de la capitale des Gaules. Face au tollé, le groupe a cherché à modifier son image. Le 4 novembre, un individu en tenue de Dalton a traversé en riant la pelouse du Groupama Stadium, lors du match de football OL-Prague.

    « Quand ça se passe à Bellecour, là ça gêne », a pointé un des quatre Dalton déguisés et masqués, invités le 8 novembre sur le plateau de « TPMP », l’émission de Cyril Hanouna, sur la chaîne C8. Quelques jours après, des membres du groupe ont distribué des sacs alimentaires aux SDF, près de la gare de la Part-Dieu. Robins des bois ? Trois membres des Dalton ont été interpellés pour avoir jeté des mortiers d’artifice, lors d’une émission de CNews avec Jordan Bardella (Rassemblement national), en direct du quartier populaire de la Guillotière, mercredi 24 novembre. « Le but était de faire du bruit et de protester aux côtés de la foule, avec qui nous partagions le sentiment que le parti politique représenté par cet individu n’est que haine », dit le collectif sur son compte Instagram.

    « Il fallait montrer autre chose. Nous, on défend un esprit provocateur. On s’adapte aux critiques. Heureusement, il n’y a jamais eu d’incident. On veut se révolter sans rien casser », dit au Monde un membre fondateur du groupe des Dalton, contacté par réseau crypté après l’envoi d’un numéro dédié. Il dit se prénommer Naïm, être âgé de 29 ans. Selon cet interlocuteur, qui veut préserver son anonymat, l’appellation « Dalton » vient d’un terme moqueur, utilisé depuis plusieurs années dans le quartier Mermoz, à Lyon (8e).
    Lire aussi A Marseille, l’Etat condamné pour son inaction face aux rodéos urbains

    « C’était une “charriade” entre nous, pour désigner ceux qui passaient leur temps à rentrer et à sortir de prison. C’est devenu un mouvement qui dénonce la pression constante de la police. On sait bien qu’il y a des problèmes de délinquance, ça fait trente ans que ça dure, rien ne change », expose Naïm. Le jeune homme cite incidents et malentendus, qu’il met sur le compte d’opérations policières « exagérées », accentuant le fossé entre une jeunesse bouillonnante et une vision répressive du quartier, classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP). « Les jeunes ont plein d’idées, ils n’ont pas de place », dit Naïm, regrettant la diminution des médiateurs dans le quartier. Contestation sociale ?

    « Ce n’est pas tellement une question de conviction, c’est beaucoup l’adrénaline du moment. Le groupe montre des images de ghetto qu’on ne veut pas voir, mais sans volonté anarchique », dédramatise Samir Dris, avocat d’un participant. Le groupe demande à rencontrer le maire de Lyon, Grégory Doucet. « Pas question de leur donner une tribune », rétorque un élu de la majorité écologiste. « Ce quartier, c’est bien autre chose que ça. Ils envoient une mauvaise énergie », se désole Olivier Berzane, maire (Europe Ecologie-Les Verts) du 8e arrondissement. « Ce sont des jeunes désœuvrés, en quête d’identité », a plaidé l’avocat David Metaxas, trouvant « un côté “gilets jaunes” » à ces jeunes gens, pas seulement pour la couleur de leurs tenues : « Ils nous renvoient la faillite de nos politiques sociales. »

    Tournage sauvage d’un clip

    En réalité, le groupe des Dalton ne formule pas de propositions précises, mais sait organiser ses actions. Lors de chaque sortie, un plan est fixé, des itinéraires de repli prévus, et des garages disponibles. « Pour Bellecour, ils n’ont pas respecté le plan. Ils devaient tourner autour de la place », assure Naïm. Le groupe envisage d’associer des acrobates pour de futurs happenings.
    Une note des services de renseignement décompte 423 rodéos dans l’agglomération lyonnaise sur les neuf premiers mois de l’année, contre 540 en 2020. En même temps, la sécurité publique a saisi 83 engins et mené 145 procédures judiciaires pour rodéos cette année, contre 104 en 2020. La mascarade des Dalton heurte de plein fouet la politique sécuritaire, sur fond de crispations électorales. Pour les autorités, les Dalton font la promotion de violences urbaines qu’il convient de contrer, notamment en matière de rodéos.

    C’est l’arrestation de Mehdi F., 30 ans, le 19 juillet, qui a révélé le phénomène naissant. Sous le pseudonyme de « Many GT », le rappeur a tourné un clip, le 28 février dans le quartier de Mermoz, en filmant des rodéos et une exécution symbolique de Lucky Luke par des personnages déguisés en Dalton, le tout avec une centaine de figurants. Ce tournage a véritablement lancé le mouvement. Les images d’armes et de plaquettes de haschich ont choqué et motivé son interpellation, puis sa condamnation à six mois de prison ferme. Se disant artiste, il vit du revenu de solidarité active (#RSA), sans statut d’intermittent, avec quatorze mentions à son casier judiciaire. Depuis, le rappeur s’est filmé dans la prison, et des Dalton ont escaladé le mur d’enceinte pour faire sensation, sous l’objectif d’un journaliste.

    « C’est nous la loi, si on décide que quelqu’un vive ou va mourir, c’est nous qui décidons, pas vous, c’est nous la loi », a déclaré le rappeur lors de sa garde à vue. Dans le procès-verbal de son audition, consulté par Le Monde, il a demandé au policier d’effacer ce passage, conscient qu’il pouvait donner la vision du voyou s’appropriant un territoire. L’enquêteur a maintenu l’extrait. « Je suis en train de chanter, Madame la juge, et il écrit des paroles de mon rap, c’est du second degré, c’est mon art », a ensuite répété Mehdi F., comme s’il voulait dicter son récit, sans tenir compte des questions orientées du policier. C’est dans ce malentendu que se logent les Dalton, en équilibre précaire entre second et premier degrés.

    Richard Schittly(Lyon, correspondant)

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/11/27/rodeos-urbains-a-lyon-trois-membres-des-dalton-condamnes-a-des-peines-de-pri

    #chanson #rap #banlieue #spectacle_de_rue #rodéos

  • COVID : LA CINQUIÈME VAGUE EST LÀ, LA TROISIÈME DOSE AUSSI
    https://www.youtube.com/watch?v=Qo-zHPPaO94

    La France est entrée dans la cinquième vague de Covid-19. À l’approche de la fin d’année, les signaux sanitaires sont au rouge.

    Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique... les pays d’Europe font aujourd’hui face à une recrudescence des cas de Covid-19. En France la situation est aussi inquiétante. Selon les chiffres de Santé Publique France, plus de 30 000 nouveaux cas quotidiens de Covid-19 ont été enregistrés en France, ces derniers jours. Olivier Véran vient d’annoncer l’ouverture du rappel vaccinal pour tous les adultes, c’est-à-dire la troisième dose de vaccin.

    Si un reconfinement n’est pas à l’ordre du jour, les Français devront justifier de leur rappel vaccinal d’ici le 15 janvier. Le point sur l’épidémie et le vaccin avec l’épidémiologiste Catherine Hill.

    • Et à la fin de cette vidéo, évidemment Youtube et ses algorithmes-super-intelligents me proposent de regarder une vidéo de Raoult, ou bien une vidéo de Bercoff…

      Et si je clique sur les petits flèches pour slider, ça me propose du Martine Wonner, du Christian Perronne sur Radio Courtoisie, du Nicolas Dupont-Aignan… Je sens que je vais être trop bien informé, avec tout ça.

    • Un classique sur yt. par exemple les videos de la Tronche en biais contre l’homéopathie sont souvent accompagnée de pub pour l’homéopathie. Je me félicite de t’avoir permis de remarqué enfin cela.

  • Pour les seenthisistes qui ont des enfants en maternelle/primaire, y a les #contes de la rue Broca qui sont super chouettes. On regarde pas les vidéos, ça rend bien en audio seul aussi :

    https://www.youtube.com/watch?v=dYXyt7LU0d4&list=PLCfbQdjQMAM5vP_qYg_aoLsySmEy7PdhM

    https://www.youtube.com/watch?v=OsP6j-FLFOU

    Je pense qu’y a tout un univers à explorer à partir de là, mais je ne m’y suis pas encore penché

    #histoires

  • Épisode 5
    Chronologie d’une compromission - Les mémos de la terreur
    https://egypt-papers.disclose.ngo/fr/chapter/france_egypte_repression

    Depuis huit ans, l’Elysée ferme les yeux sur la répression sans précédent imposée par la dictature égyptienne, au nom des ventes d’armes.

    Tortures systématiques, exécutions arbitraires, surveillance massive de la population. Depuis huit ans, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi fait régner la terreur en Egypte. Malgré une répression sans précédent, François Hollande puis Emmanuel Macron ont choisi de garder le silence. Pourtant, les deux chefs d’Etat ont été alertés des exactions du régime au jour le jour. (...)

    Episode 1 : Opération Sirli - Les mémos de la terreur
    ▻►►https://seenthis.net/messages/937340

    Episode 2 Les mercenaires du ciel - Les mémos de la terreur
    ►►https://seenthis.net/messages/937425

    Épisode 3 Surveillance made in France - Les mémos de la terreur
    https://seenthis.net/messages/937592

    Épisode 4 Au service des ventes d’armes - Les mémos de la terreur
    https://seenthis.net/messages/937689
    #FranceEgypte

  • Cette pandémie devient une pandémie de non-vaccinés
    Journal d’épidémie, par Christian Lehmanndossier

    https://www.liberation.fr/societe/sante/cette-pandemie-devient-une-pandemie-de-non-vaccines-20211124_KYBLHO3MBBEJ

    Cela fait maintenant près de deux ans que ce journal a débuté et je me retrouve dans une situation que j’ai déjà connue trop de fois. Celle de rechigner à écrire un article et à faire l’état des lieux. Je m’accroche à l’espoir que dans le flot de désinformation continue qui nous ensevelit quotidiennement, opposer quelques vérités basiques puisse avoir encore un sens. La cinquième vague est là, et bien là, et nous allons collectivement prendre cher. Oui, malgré la vaccination.

    Dans les territoires et pays non-vaccinés, c’est une hécatombe. En métropole, la situation est la suivante : le système de santé de ville est en extrême tension, et l’hôpital en passe d’être submergé. Oui, malgré la vaccination.

    Le variant delta est plus contagieux que ses prédécesseurs, et a rebattu les cartes depuis juillet. Etre vacciné, rappelons-le, c’est développer une immunité contre le virus, qui évite les formes graves, mais ne peut empêcher le virus de pénétrer dans l’organisme, et éventuellement d’être contagieux pendant un temps plus ou moins long. Avant le variant delta, un vacciné avait douze fois moins de risque qu’un non-vacciné de contaminer un proche. Avec le variant delta, un vacciné a « seulement » deux fois moins de risque de contaminer un proche.
    En catastrophe

    Pour des raisons de positionnement vis-à-vis de la frange vaccino-sceptique de leur électorat, de nombreux politiques d’extrême droite, Marine Le Pen, Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, pour ne pas les citer, répètent que « le vaccin ne protège pas de la contamination mais uniquement des formes graves », ce qui est un mensonge insuffisamment dénoncé. Une protection de 50 % n’est pas négligeable pour freiner les contaminations.

    Malgré la vaccination, donc, les vaccinés peuvent être contaminants, mais deux fois moins que les non-vaccinés. Et dans leur immense majorité, ils sont protégés des formes graves, qui nécessitent une hospitalisation. Mais parmi ces vaccinés, il existe beaucoup de personnes très âgées ou immunodéprimées ou présentant des comorbidités dont l’existence fragilise leur organisme et qui à l’occasion de l’infection par le Sars-CoV-2 peuvent décompenser et nécessiter l’hospitalisation. Il reste que cette pandémie devient une pandémie de non-vaccinés, comme on peut le voir hélas dans les territoires d’outre-mer où la réticence vaccinale est grande par défiance envers l’Etat, et dans les pays d’Europe de l’Est où peu de gens sont vaccinés.

    Dans cette situation complexe, avec encore près de 13% de patients vaccinables non-vaccinés, soit 6 à 7 millions de personnes, les pouvoirs publics décident de mettre en place une dose de rappel en population générale, en se basant sur une étude récente du Lancet dans laquelle on apprend que si la protection contre les formes graves se maintient au-delà de six mois, la protection contre les contaminations baisse, et est fortement boostée par le rappel. Seul bémol, cette ré-augmentation de la protection contre les contaminations a été calculée à deux semaines. En termes clairs, cela signifie qu’on ne sait pas à l’heure actuelle si ce rappel augmente durablement, ou seulement passagèrement, la protection contre la contamination.

    Cette stratégie se heurte aussi à la décision récente de fermer de très nombreux centres de vaccination, en imaginant que les médecins, pharmaciens et infirmiers prendraient le relai dans leurs cabinets et officines. C’était, une fois encore, sous-estimer gravement l’état de délabrement du système de santé. La médecine de ville croule, les délais de consultation s’allongent, vacciner au cabinet est compliqué et chronophage. On rouvre donc en catastrophe des centres fermés, et ceux qui étaient restés ouverts augmentent leur cadence.

    J’y vois passer beaucoup de doses de rappel, justifiées par l’âge ou la comorbidité, quelques secondes doses, et quelques primo-vaccinations. Or c’est ce dernier public qu’il faudrait encore et encore, inlassablement, tenter de convaincre. Individuellement et collectivement, il vaut probablement mieux vacciner une personne non-vaccinée que proposer un rappel à dix personnes sans immunodépression ou comorbidité déjà doublement vaccinées.

    Incroyable inconséquence

    Tout se passe comme si on écoulait des doses en pariant sur la responsabilité individuelle, sans prendre de mesures collectives. Vingt-et-un mois après le début de la pandémie, les directives sur l’aérosolisation ne sont toujours pas diffusées ou comprises. Au-delà de l’instrumentalisation politique qui peut en être faite, les vidéos du Premier ministre, Jean Castex, sans masque, serrant la louche à des dizaines de personnes dans une réunion où aucune mesure barrière n’est respectée illustrent certes la déconnexion des gouvernants par rapport à une population à laquelle ils imposent des règles dont eux-mêmes se croient dispensés, mais surtout, à mon sens, une incroyable inconséquence, et une persistante incompréhension des bases scientifiques simples que tout responsable politique devrait maîtriser à ce stade.

    En réponse aux critiques, l’entourage de Jean Castex accumule les éléments de langage qui ne convainquent personne : « Le Premier ministre a toujours été le plus précautionneux de tous sur les gestes barrières. Il a toujours porté le masque le plus possible, toujours respecté les protocoles sanitaires. » Comme le rappelle Philippe Moreau Chevrolet : « On se souvient de Jean Castex, qui annonçait déjà publiquement dans un espace fermé [en septembre dernier] qu’il était cas contact. François Bayrou, lui, assistait à la scène à un mètre de là, sans masque. »

    Dans le même temps, et alors qu’on nous explique que Jean Castex a probablement été contaminé par sa fille de 11 ans, on continue à répéter la fable selon laquelle les enfants français ne peuvent être infectés par Sars-CoV-2, ou dans tous les cas ne peuvent le transmettre aux adultes. Et en milieu scolaire, le protocole Blanquer reste une passoire. Celui qui prône l’école ouverte sans la sécuriser n’a toujours pas mis en place aération, capteurs de CO2, et politique de tests, et en est réduit à annoncer la fermeture de 6 000 classes alors que l’épidémie flambe.
    On n’avance pas. On fait du surplace.

    Avec cette impression de devoir répéter inlassablement les mêmes évidences, sur l’aérosolisation, sur la vulnérabilité des enfants, sur le respect réel des mesures barrières, sur l’importance du télétravail. On n’avance pas, en grande partie, parce que certains illuminés ou certains margoulins en mal de reconnaissance médiatique sont systématiquement invités et réinvités sur des chaînes de désinformation continue et y répandent leur purin. Il faut avoir entendu Christian Perronne chez Ivan Rioufol sur CNews pour saisir la malignité du projet Bolloré.

    Qu’importe la vérité scientifique, qu’importent les dégâts causés, le discours conspirationniste a porte ouverte dans ces médias. Il alimente l’idée nauséabonde que la vaccination est un projet génocidaire, dont les soignants dans leur immense majorité seraient, au mieux, les idiots utiles, au pire les instigateurs zélés. Créer et alimenter le chaos pour mieux affaiblir un pouvoir politique autoritaire et maladroit, quel qu’en soit le prix en vies humaines : Chaos is a ladder.

    • Pour Castex, et tant d’autres, il y a deux hypothèses, l’école (de sa fille) ou le passe non sanitaire qui autorise l’absence de masque en lieu clos. Cette possibilité là n’est nulle part souligné alors quelle est active depuis début juin 2021 et qu’elle dit ce qu’il faut savoir de ce gouvernement et de ses prétentions sanitaires.

    • Pour des raisons de positionnement vis-à-vis de la frange vaccino-sceptique de leur électorat, de nombreux politiques d’extrême droite, Marine Le Pen, Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, pour ne pas les citer, répètent que « le vaccin ne protège pas de la contamination mais uniquement des formes graves », ce qui est un mensonge insuffisamment dénoncé. Une protection de 50 % n’est pas négligeable pour freiner les contaminations.

      Malheureusement, ce n’est pas l’« extrême-droite » seulement qui est en cause. Politiquement et médiatiquement, on n’a que deux discours omniprésents :
      – ça ne protège pas, discours de l’extrême-droite certes, mais c’est aussi répété par la France Insoumise à chaque occasion. (Corollaire : le passe sanitaire ne sert donc rigoureusement à rien.)
      – ça protège à 100%, lancé par le gouvernement. (Corollaire : pas besoin de masque si passe sanitaire. Ou encore : on devrait obliger au passe pour pouvoir manifester dehors.)

      Et pis c’est tout. L’entre-deux est totalement absent.

    • Il n’empêche que ce journal d’épidémie est la plupart du temps pertinent. Il a fait de l’aérosolisation un thème central dès le début. Libre d’accès au début de la pandémie, il est maintenant réservé aux abonnés. Merci pour le partage.

  • En 2009 Didier Éribon publie Retour à Reims, ouvrage autobiographique dans lequel il évoque la classe ouvrière de son enfance et s’interroge sur l’identité sociale et sa dilution progressive dans la doxa néolibérale.

    Retour à Reims [Fragments] - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/091137-000-A/retour-a-reims-fragments

    Adaptant le remarquable récit de Didier Eribon, Jean-Gabriel Périot raconte l’histoire douloureuse et politique des ouvriers de France, grâce à un foisonnant montage d’archives reliant l’intime au collectif et la voix d’Adèle Haenel .../...

    Violence physique de l’exploitation
    De même que le philosophe et sociologue entrecroise son histoire familiale et celle de la société française, Jean-Gabriel Périot, par un remarquable tissage d’archives et un montage sensible, amplifie la portée du récit en lui donnant mille visages, ceux des travailleurs pauvres, des ouvriers et femmes de ménage des années 1950, tour à tour « remontés » ou résignés, au ras-le-bol des « gilets jaunes » évoqué dans l’épilogue combatif du film. Images d’actualité, témoignages, extraits de documentaires, de mélodrames ou de films réalistes se superposent aux « fragments » de l’ouvrage, prose incisive lue avec une belle sobriété par Adèle Haenel.

  • Les non vaccinés covid vont prendre cher... à cause des vaccinés. Et c’est très logique. Je vous explique. @DocPepper_FR
    https://threadreaderapp.com/thread/1462842693999022091.html

    Le vaccin contre le covid ce n’est pas comme le vaccin contre la rougeole par exemple. Contre la rougeole, vous n’avez plus la maladie une fois vacciné.

    Les non vaccinés de la rougeole sont donc protégés par les vaccinés. C’était d’ailleurs l’argument très égoïste des antivaxx de la rougeole pour ne pas vacciner leur enfant, quand ce n’était pas obligatoire.

    Mais pour le covid, les vaccinés peuvent encore avoir la maladie.

    Il y a bien une baisse du risque de contagion, mais pas assez pour empêcher le virus de circuler. C’est d’ailleurs l’argument des antivaxx pour pas se vacciner. Sauf qu’ils oublient que le vaccin, s’il empêche pas d’être malade, réduit considérablement les cas de forme grave.

    D’ailleurs on le voit en ce moment à l’hôpital : pour 1.7 vaccinés, il y a 6 non vaccinés. C’est à dire que 13% des gens (les non vaccinés) représentent 78% des hospitalisations en soins critiques (source data.gouv.fr, au 28/10)

    Ça c’est la preuve que le vaccin protège, en réduisant drastiquement les chances (non nulles, mais très faibles) de finir à l’hôpital.

    Bilan : quand les vaccinés ont le nez qui coule, une anosmie, de la toux, bref, des symptômes, bha ils s’en foutent.

    Et ils ont pas tord. Ils ont un pass, le nez qui coule, pourquoi aller se faire tester ? Pour protéger les non vaccinés ? Mais c’est une grosse blague. Ils en en rien à carrer des non vaccinés, au contraire même.

    Je vois moultes cas depuis 2 sem et aucun vacciné se teste.

    Bilan : le virus est en train de circuler à une vitesse qu’on a jamais vu, et on a que très peu d’infos car plus de tests systématiques. Ajoutez à cela les enfants, c’est explosif ! Quand la classe de ma fille a fermé, on s’est demandé qui était malade. Le cas. Le vilain.

    Ils étaient au final 8 sur 26. La classe d’à côté 15 sur 28. Du délire. Et vous savez quoi ? Les gens devant travailler ont envoyé leur enfant en quarantaine (dans l’attente du test) chez les grands-parents ! Olé ! Et la directrice dépitée de me dire que les familles n’annulent pas les goûters d’anniv pdt la quarantaine !

    Voilà pquoi les non vaccinés, qui avaient 3 options pour l’instant : vaccin, covid ou passer entre les gouttes, n’ont plus cette dernière option. La fenêtre entre le vaccin ou le covid se ferme.

    Les 13% de non vaccinés, entourés de 87% de gens qui n’en ont plus rien à foutre du covid ET de ces 13%, n’auront le choix qu’à soit le vaccin, soit le covid. C’est pas pour rien que le ministre allemand a dit ce jour que d’ici la fin 2022 chaque allemand sera soit vacciné, soit guéris du covid, soit mort du covid.

    Après les non vaccinés, n’oubliez pas un truc : 10% des covid font un covid long. Cela va d’une fatigue de qq semaines à une anosmie de plusieurs mois (et probablement définitive), à des fibroses pulmonaires.

    Je vous ai déjà raconté ce cas d’un ami de 35 ans, sportif, le mec qui fait des iron man tous les mois, qui depuis son covid ne peut plus monter deux étages sans être essoufflé. Et qui terminera probablement sous oxygène à vie dans 20, 30 ou 40 ans. Qui sait.

    Bref, les non vaccinés, je vous le dis : vous allez subir de plein fouet l’égoïsme des gens qui n’en auront rien à foutre de vous, c’est à dire les vaccinés. Et vous ne passerez plus entre les mailles du filet, qui se resserent chaque jour un peu plus.

    Avis aux amateurs.

    #covid-19

    • Je vois vaguement l’intérêt de s’adresser ainsi aux non-vaccinés, mais d’un autre côté, c’est tout de même drôlement tiré par les cheveux.

      Le gros défaut est de laisser croire que les non-vaccinés auraient un comportement plus « vertueux » que les vaccinés (qui s’en foutraient), et explicitement que les non-vaccinés seraient les victimes des vaccinés (« à cause des vaccinés », « subir de plein fouet l’égoïsme… »).

      Le paragraphe sur l’école par exemple : mais d’où les gens qui ont des enfants, avant le vaccin, respectaient correctement les recommandations ? On a passé 2 ans à lire des témoignages comme quoi les gens envoyaient leurs gosses malades à l’école, ne voulaient pas les faire tester, les directeur·ices qui n’informaient pas les enseignants et les autres parents, de toute façon le télétravail c’est le mal, et les enfants ne transmettent pas le biniou, etc. Tout d’un coup les gens continueraient donc à faire exactement la même chose, envoyer leurs gosses malades à l’école et tout faire pour éviter de devoir les garder pendant une semaine à la maison, mais désormais ce serait au motif qu’ils seraient vaccinés ?

      Sur le « balec » des vaccinés : quand je vais au supermarché régional, que je vois quasiment tous les vieux portant consciencieusement leur masque, et qu’au milieu se pavanent des jeunes hommes avec le masque sous le pif, il faut vraiment que je crois que les vieux au comportement prudent ne sont pas vaccinés, et les jeunes virilistes en mode « balec » le sont justement parce qu’ils sont vaccinés ? Comment ça se fait que dans mon entourage, les anti-vaccin sont les mêmes qui étaient déjà anti-masque ?

      Le « à cause » est problématique, parce qu’il repose sur l’idée que les gens, une fois vaccinés, s’en foutraient des gestes barrière et des mesures sanitaires, alors que les non vaccinés ne s’en foutent pas. C’est vraiment problématique. Depuis deux ans qu’on se farcit cette épidémie, il me semble assez clair que les gens qui s’en foutent une fois vaccinés s’en foutaient déjà totalement avant d’être vaccinés.

      Par ailleurs, si l’idée c’est de faire comprendre que la vaccination ne suffit pas à atteindre l’immunité de groupe, c’est une façon drôlement bizarre de le dire, et de toute façon les non-vaccinés sont les premiers à le répéter.

      Faudrait pas oublier qu’à chaque vague, ce ne sont pas les comportements collectifs vertueux qui ont limité les dégâts, mais des restrictions sévères de notre vie sociale. Dès qu’on a rouvert, à chaque fois ça a été la fête du slip (nos politiciens montrant largement l’exemple en la matière). La vaccination ne change pas cette partie là de l’équation, et mettre sur le dos des gens vaccinés le fait que les non-vaccinés vont crever d’un virus hautement contagieux pour lequel il existe un vaccin est une façon vraiment maladroite de présenter les choses.

      Et tout ça renforce l’idée des anti-vax qu’ils seraient des victimes des méchants collabos et qu’ils seraient ségrégationnés avec une étoile jaune cousue sur leurs vêtements, alors qu’il s’agit d’une petite piqûre pour se protéger collectivement contre un virus mortel. Les non-vaccinés vont prendre cher… du fait qu’il y a un virus mortel contre lequel ils ont décidé de ne pas se vacciner. Les non-vaccinés vont prendre de plein fouet le fait qu’ils ne sont pas vaccinés, et que ça c’est leur propre décision.

    • en rester à la punch line suffit pas il me semble, mais oui, il est peu question des mesures non pharmaceutiques. et l’étroitesse du propos heurte. il aura eu besoin de purger l’évitable contre transfert de nombreux soignants vis-à-vis des non-vaccinés

      edit il est pas trop tard pour que dal annate de toubibs s’occupent de choper les vieux et les fragiles au lieu de les attendre ou de croire que ça se fait ailleurs (en écoutant france intox ?). espérons qu’ils emploient aussi d’autres méthodes.
      aujourd’hui j’entends qu’un médecin macroniste parisien prescrit de l’azithromycine à une personne PCR+. à n’en pas douter les symptômes sont marqués et virulents. il aura fait quelque chose
      #pouvoir_médical #soin #vacccination #non_vaccinés

    • C’est hallucinant comme en plus, ils continuent dans la direction d’empirer les choses.

      On ferme trop de classes parce qu’on avait décidé de fermer au premier cas ? Y-a-qu’à modifier les règles et dire qu’on ne les ferme que s’il y a plus de un cas.
      Et évidemment, on décide de ce changement au moment où l’incidence est au sommet. Sinon ce ne serait pas drôle.
      En fait, les criminels, ils ont eu l’impression d’être brimés lors des premières vagues, quand on leur a dit que l’immunité collective n’était pas la solution. Maintenant, ces eugénistes, ils jouent leur partition à fond. « Faut qu’ça circule » !

  • Une série en cinq épisodes, signée Jacques Denis.

    Chez Roger Boîte Funk, la soirée des soirées #hip_hop

    PAM revient sur les débuts du hip-hop en France. En guise d’intro, bienvenue Chez Roger Boîte Funk, la soirée emblématique des nuits hip-hop à Paris.

    https://pan-african-music.com/chez-roger-boite-funk

    #rap #graff #danse #musique #paris

  • Bonjour,

    une question à vous, comme je sais que pas mal de bons bidouilleurs sont susceptible de me lire ici.

    Qu’est ce que je peux installer comme antivirus sur un PC sous Windows 10 ? McAfee était installé dessus quand je l’ai acheté neuf mais maintenant, fin de la « période gratuite », il veut me faire payer 40€/an...

  • Pour qui serait accusé de vie maritale par la CAF en vue de baisser ses droits ou/et de réclamer un « indu » : RAPPEL DU CADRE JURIDIQUE APPLICABLE À LA PRISE EN CONSIDÉRATION DES RESSOURCES DU FOYER, Défenseur des droits, 2018

    https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=18259

    Il convient d’examiner les conditions permettant de considérer qu’il existe une relation de concubinage.

    1. La recherche de la preuve

    Lorsqu’un organisme prive un allocataire d’une fraction ou de la totalité de ses prestations, au motif qu’il n’a pas déclaré un concubinage modifiant l’appréciation de ses ressources, et lui réclame le remboursement d’un indu, il doit tout d’abord prouver1 cette « union de fait » qu’est le concubinage, en application du droit commun de la preuve.

    Les articles 9 du code de procédure civile et 13533 du code civil établissent le régime applicable.
    En vertu de ces dispositions, « il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention ». En tout état de cause, « celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation ».

    La preuve du concubinage étant libre, la CAF peut l’établir par tous moyens.

    Aussi, il convient de s’attacher à chacun des éléments constitutifs du concubinage, tels qu’énumérés à l’article 515-8 du code civil, afin de déterminer ce que la CAF est tenue de prouver. (...)

    Voir également : Jurisprudence cohabitation-concubinage RMI - GISTI, dont des éléments restent valables (à vérifier)

    #droits_sociaux #RSA #AAH #APL #vie_maritale #preuve #CAF

  • Hollow Water, Bonnie Dickie, 2000, 48 min
    https://www.nfb.ca/film/hollow_water

    This documentary profiles the tiny Ojibway community of Hollow Water on the shores of Lake Winnipeg as they deal with an epidemic of sexual abuse in their midst. The offenders have left a legacy of denial and pain, addiction and suicide. The Manitoba justice system was unsuccessful in ending the cycle of abuse, so the community of Hollow Water took matters into their own hands. The offenders were brought home to face justice in a community healing and sentencing circle. Based on traditional practices, this unique model of justice reunites families and heals both victims and offenders. The film is a powerful tribute to one community’s ability to heal and create change.

    Une présentation du film : LA JUSTICE TRANSFORMATRICE EN ACTION : ABUS SEXUELS À HOLLOW WATER
    https://www.hacking-social.com/2021/02/01/jr6-la-justice-transformatrice-en-action-abus-sexuels-a-hollow-water

    Voici un processus de JR et de JT (#Justice_Restauratrice / #Justice_Transformatrice) à « demi » institutionnalisé, qui vise et amène à une transformation communautaire : au Canada, dans une communauté Ojibway à Hollow Water d’environ 450 personnes (une réserve amérindienne), des membres de celle-ci ont commencé à vouloir mettre fin à un cycle de violence qui paraissait sans fin : dans un contexte marqué par les drogues et l’alcoolisme, la violence et les abus sexuels étaient partout, même si personne ne parlait ouvertement de l’aspect sexuel. Certains se sont d’abord eux-mêmes soignés à l’extérieur de la communauté (contre l’alcoolisme notamment), ont pris conscience des problèmes ayant lieu à l’intérieur de celle-ci , et ont voulu faire quelque chose.

    Dans une optique d’aide aux #victimes et de sensibilisation sociale (notamment via des ateliers dans les écoles), ils ont d’abord interrogé les enfants : le constat était cauchemardesque. Lors d’un atelier, il y a eu 60 divulgations d’abus sexuel. Les 2/3 de la communauté avaient subi des abus sexuels par des membres de leur famille, et il y avait une loi du silence intense qui cachait cela. La #justice de Manitoba semblait ne pas réussir à arrêter ce cercle vicieux de violence ; la #prison semblait n’avoir aucun effet selon les habitants :

    « On ne voit pas ça comme une punition [la prison], car ils vont dedans et rien ne s’y passe, ils deviennent juste de plus en plus en colère puis ils reviennent dans la communauté et font la même chose encore, donc le cycle continue »

    « On ne pouvait pas travailler juste avec les victimes, parce que les offenseurs étaient le cœur du problème. Et travailler seul avec les victimes, comme c’est fait dans la société, et ne pas travailler avec les offenseurs, ce n’est que régler la moitié du problème. Cela nous a aidé d’avoir une vision globale, de ne pas se centrer uniquement sur les individus, mais aussi de travailler avec les familles des deux »

    « Tout le monde vit dans la communauté, il n’y a pas moyen de mettre l’offenseur dehors, on a à vivre avec »

    « Ce qui a changé mon déni était le groupe des hommes, ils m’ont mis dedans, j’étais assis avec d’autres offenseurs et c’est le jour où j’ai compris que je n’étais pas seul ».

    #film #documentaire #agressions #violences_sexuelles #inceste #communauté #justice_communautaire

  • Sylvère Lotringer, éditeur et écrivain, est mort


    Sylvère Lotringer, en 2014. IRIS KLEIN

    Professeur émérite de philosophie française à l’université de Columbia à New York, il a largement contribué au rayonnement nord-américain de la pensée française, particulièrement de la « French Theory », qu’il publia et édita. Il est décédé le 8 novembre, à l’âge de 83 ans.

    Un vrai passeur toujours s’efface devant ce qu’il fait passer ; il relie et fait converger tout en étant lui-même au bord de disparaître. Avec Sylvère Lotringer – qui pensait en ces termes, et est mort le 8 novembre dans sa résidence de Baja California, au Mexique – c’est un vrai passeur qui a disparu. Et quel passeur ! Le rayonnement nord-américain de la pensée française depuis un demi-siècle (dont cette « French Theory » qu’il rassembla, publia et baptisa même) lui doit beaucoup, de même que la popularité, dans certains milieux français, des avant-gardes culturelles américaines de la fin du XXe siècle. Et au-delà, il favorisa l’étonnante diffusion des théories philosophiques les plus subversives, ou les plus intempestives, dans des milieux connexes – artistiques, militants, universitaires, contre-culturels, qu’il aura contribué à inspirer et rapprocher les uns des autres.

    Sylvère Lotringer est né à Paris le 15 octobre 1938, de parents juifs polonais émigrés de Varsovie en 1930. Confié par sa mère à des proches, il a passé la seconde guerre mondiale dans l’est parisien en « enfant caché » – comme beaucoup d’autres de sa génération, dont la philosophe Sarah Kofman et l’écrivain Georges Perec, avec lesquels il partagera le souvenir traumatique de cette enfance recluse.

    En 1949, sa famille et lui émigrent en Israël mais en reviennent un an plus tard ; il intègre à 12 ans le mouvement de jeunesse sioniste de gauche Hashomer-Hatzair, dont il devient l’un des responsables parisiens. Encore lycéen, il participe, avec Georges Perec, au projet de journal La Ligne générale. Entré à la Sorbonne en 1958, il y suit des études de lettres, y crée la revue L’Etrave, y rejoint l’UNEF, menant les mobilisations étudiantes contre la guerre d’Algérie – c’est pour échapper à la conscription obligatoire qu’il fuit aux Etats-Unis une première fois, en 1962, ou qu’il part enseigner, entre 1965 et 1967, à l’Alliance française d’Erzurum, en Turquie.

    Une marque dans la vie intellectuelle

    Il s’inscrit en doctorat en 1964 à la VIe section de l’Ecole pratique des hautes études, où il soutiendra sa thèse de doctorat, codirigée par Roland Barthes et Lucien Goldmann, sur l’œuvre romanesque de Virginia Woolf, alimentée de première main par sa proximité avec Leonard Woolf (le mari de l’autrice) mais aussi l’écrivaine Vita Sackville-West et le poète T.S. Eliot, avec lesquels il publiera de longs entretiens dans Les Lettres françaises.

    Après une année d’enseignement en Australie puis à Swarthmore College (une université progressiste de Pennsylvanie), il est recruté en 1972 par le Département de littérature française et comparée de l’université Columbia, à New York, où il sera titularisé et enseignera toute sa vie – avant que s’ajoutent, beaucoup plus tard, des séminaires réguliers au California Institute for the Arts, à Los Angeles, ou à l’European Graduate School de Saas-Fee, en Suisse. Ses cours de philosophie française à Columbia, très suivis, ont pu avoir une influence décisive au fil des générations d’étudiants, parmi lesquels la future cinéaste Kathryn Bigelow, les critiques Tim Griffin et John Kelsey ou la poétesse Ariana Reines.

    Mais c’est avec l’aventure de Semiotext(e) , la revue qu’il crée en 1974 puis transforme en 1983 en une maison d’édition, qu’il imprime sa marque dans la vie intellectuelle transatlantique du dernier XXe siècle. La revue, qui sous ce titre entend révéler que la sémiotique elle-même détourne les signes (en exhumant dès son premier numéro les anagrammes inconnus du grand linguiste Ferdinand de Saussure), multiplie les audaces graphiques, les provocations politiques, mais aussi les modes de rédaction, différentes équipes accaparant Semiotext(e) à chaque numéro.

    Elle distille la theory, cet ensemble nouveau mêlant philosophie française et théorie littéraire locale, en lien avec l’art d’avant-garde, celui par exemple du chorégraphe Merce Cunnighmam ou du compositeur John Cage (avec qui Lotringer joue chaque semaine aux échecs dans un square de l’East Village), en détournant des publicités ou criminalisant le capitalisme, en se prolongeant aussi en événements festifs à prétexte interculturel – les deux plus courus resteront dans les annales de ces années folles « Schizo-Culture » en 1975, où Michel Foucault sera bousculé par de faux gauchistes et Gilles Deleuze et Félix Guattari par de vraies féministes, et la « Nova Convention » de 1978 pour confronter la philosophie contemporaine et la science-fiction critique de William Burroughs – mais ses organisateurs furent vite dépassés, à mesure que les invités surprise (Patti Smith, Frank Zappa, les poètes beatniks, le groupe de rock B-52’s, le gourou des psychotropes Timothy Leary…) attiraient sur place des milliers de jeunes New-yorkais.

    Les numéros de la revue sur Nietzsche, l’« Anti-Œdipe », la polysexualité, l’autonomisme italien ou l’Allemagne, que s’arrachent étudiants et activistes, seront autant de sas d’entrée en Amérique pour les hypothèses de Gilles Deleuze, Félix Guattari, Paul Virilio ou Jean Baudrillard – dont Lotringer est très proche et qui, à partir d’extraits de leurs livres ou d’entretiens inédits, offriront les premiers titres à succès de la French Theory en traduction, dans la collection « Foreign Agents » (« Agents de l’étranger ») créée en 1983 pour succéder à la revue, Lotringer estimant avec son épouse Chris Kraus que le livre est plus adapté que la revue à l’ambiance moins insouciante des années Reagan : Simulations, de Baudrillard, Pure War, de Virilio, On the Line, de Deleuze et Guattari.

    Une théorie critique inclusive et inclassable

    De ces petits volumes sans appareil critique, le format bon marché, sobre et désacralisant, accueillera dans les décennies suivantes, en plus des auteurs du cru (militants incarcérés du Black Panther, artistes sulfureux, ou le manifeste-culte de Hakim Bey sur la « zone d’autonomie temporaire »), des propositions françaises radicales suscitant en terra americana des milliers d’émules et parfois des controverses nationales (d’Alain Badiou à Slavoj Zizek, de Pierre Clastres à Guy Debord, de Guillaume Dustan au Comité Invisible, dont la traduction de L’insurrection qui vient (La Fabrique, 2007) sera brandie en 2011 par les idéologues ultra-conservateurs comme un ennemi de l’Amérique plus dangereux, aboient-ils, que le terrorisme islamiste).

    Mais au-delà des polémiques et des milieux de réception variés (des arts plastiques des années 1980 à la musique électronique des années 1990, à travers le cinéma hollywoodien avec la saga Matrix) de ce « poison » théorique européen savamment inoculé outre-océan par ses initiatives, la grande idée de Lotringer, promise à un bel avenir, est celle d’une théorie critique inclusive et inclassable, plurielle et insoumise (plus que la théorie marxiste dont il est le contemporain, en déclin déjà quand il lançait sa revue). Une théorie infectieuse qui se répandrait dans le corps social, par ses marges et les artistes, jusqu’à s’y dissoudre pour qu’adviennent ses effets les plus durables, hors-texte et hors-institution : ses effets sur les processus créatifs, les affects minoritaires, les psychés individuelles, les « luttes mineures » et les mobilisations à venir – en un cas rarissime, aussi singulier que l’était son initiateur, de vie avec la pensée hors des disciplines et des bibliothèques.

    On doit aussi à ce Franco-américain accompli une demi-douzaine de livres en nom propre, en français ou en anglais, entretiens à bâtons rompus, hommages à Antonin Artaud ou enquête sur la « folie » psychiatrique américaine.

    François Cusset

    Sylvère Lotringer en quelques dates
    15 octobre 1938 Naissance à Paris
    1972 Entre au Département de littérature française et comparée de l’université Columbia, à New York
    1974 Crée la revue Semiotext(e) , qu’il transforme en maison d’édition en 1983
    8 novembre 2021 Mort dans sa résidence de Baja California (Mexique)

    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/11/12/sylvere-lotringer-editeur-et-ecrivain-est-mort_6101845_3382.html

  • Art Spiegelman : « La bande dessinée est mon obsession : ma loupe, ma façon de regarder le monde »
    https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/art-spiegelman-auteur-de-bande-dessinee-et-illustrateur


    Rencontre avec le grand illustrateur américain, lauréat du prix Pulitzer en 1992 pour sa #bande_dessinée « Maus » et de passage à Paris à l’occasion de deux expositions : l’une autour de « Parade » de Si Lewen au MAHJ, l’autre à partir de ses illustrations du livre « Street cop » de Robert Coover.

    Street Cop - Robert Coover & Art Spiegelman
    https://editions.flammarion.com/street-cop/9782080262783

    Dans un monde changeant à la vitesse d’un jeu de réalité virtuelle, un simple flic doit composer à chaque coin de rue avec toutes les formes de violence d’une société livrée aux crimes les plus divers. Les robots livreurs disputent l’espace aux piétons luttant pour leur survie entre pourvoyeurs de drogues, publicités numériques et drones tueurs de terroristes présumés. Existe-t-il encore une place pour les émotions humaines dans un univers aussi toxique qui ressemble déjà tant au nôtre ?
    Un flic capable d’empathie dans de telles circonstances ne deviendrait-il pas un danger pour la « fluidité » du système ?
    Entre film noir et dystopie urbaine, Street Cop place l’humain au cœur d’une enquête policière digne d’un Sam Spade des temps modernes.

    https://www.galeriemartel.com/art-spiegelman-2021

  • Chômeuses go on ! | Tiphaine Guéret
    http://cqfd-journal.org/Chomeuses-go-on

    Le nouveau mode de calcul de l’allocation chômage est entré en vigueur le 1er octobre. Dans les mois à venir, les personnes alternant périodes travaillées et chômées verront leurs indemnités baisser drastiquement. Si les hommes sont statistiquement légèrement majoritaires dans les rangs des demandeurs d’emploi, cette réforme impactera aussi de façon notable les femmes, a fortiori les mères, fréquemment abonnées aux carrières fractionnées et aux emplois à temps partiel. Source : CQFD

    • « Le pire, c’est pour les mères célibataires, estime Lise*, conseillère Pôle emploi en zone rurale du côté de Nantes. Ce mois-ci, j’ai reçu en rendez-vous une demandeuse d’emploi au RSA qui cherche un emploi pérenne en tant qu’Atsem [Agent territorial spécialisé des écoles maternelles]. Quand les employeurs se rendent compte qu’elle est maman solo, sa candidature est refusée sous prétexte qu’elle ne pourrait pas assumer son job si son enfant tombait malade. Et dans le coin, il lui reste quoi comme possibilité d’emploi ? Du maraîchage, sur des périodes plus ou moins courtes. » Lise l’assure : « Avec la réforme, je vais en être rendue à dire “Attention, vaudrait peut-être mieux ne pas recommencer à travailler, ça va vous baisser vos indemnités.” »

      Temps partiels désavantagés

      Autre impact de la réforme sur les personnes ayant alterné contrats courts et périodes de chômage : si elles retrouvent un job à temps partiel, il leur sera désormais plus compliqué de cumuler leur maigre salaire avec une partie de leur indemnité chômage. En effet, explique l’Unédic sur son site [7], le cumul de l’allocation et du nouveau salaire est plafonné mensuellement à 30,42 fois le salaire journalier de référence (ce qui, dans l’ancien système, était censé correspondre à l’ancien salaire brut). Or, si le #SJR baisse, le plafond de cumul aussi. Là encore, les femmes seront particulièrement pénalisées : « 30 % des femmes travaillent à temps partiel – avec un volume horaire inférieur à un mi-temps pour 40 % d’entre elles [8]. »

      #chômeurs #chômeuses #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit #doitauchômage

  • « Y a-t-il une vie avant la mort ? » Les Refroidis - L’insomniaque
    http://www.insomniaqueediteur.com/publications/les-refroidis

    « Y a-t-il une vie avant la mort ? » C’est la question que pose, en seize dessins cocasses et percutants, le grand caricaturiste Jossot dans ce fascicule un tantinet macabre. Et force est de constater que la réponse n’allait déjà pas de soi dans la société fraîchement capitaliste de la « Belle Époque », qui n’était belle que pour les nantis.
    Parue en 1904 dans l’hebdomadaire satirique L’Assiette au Beurre, cette variante moderne et facétieuse de la danse macabre confronte le lecteur à son propre néant et brocarde l’inanité de la simple survie, aussi piètre que dérisoire. Ennemi déclaré de ce qu’est devenue la société européenne, #Jossot, alors au sommet de son art et de sa renommée, dote ses squelet­tes grotesques de gestes et de l’usage de la parole pour mieux railler l’étroitesse d’esprit et le conformisme docile des pseudo-vivants.
    Ce petit chef-d’œuvre d’humour noir et de #poésie absurde n’a certes rien perdu de sa pertinence, à présent que la liberté ressemble de plus en plus à un fantôme et que la joie de vivre est devenue un délit.

  • La police est en guerre contre nous | Blast, Le souffle de l’info - Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/la-police-est-en-guerre-contre-nous-2loPNNDcQMqyq2GG7wl7FA

    Pierre Douillard-Lefèvre a décortiqué son nouveau livre, « Nous sommes en guerre » (Editions Grévis) et son savoir, qui est grand. Avec lui, blessé par un #LBD en 2007, il avait alors 16 ans, nous avons causé des laboratoires de la peur (quartiers, immigrés, fêtards, supporters), de la « brutalité rhéostatique », du statut des victimes. Puis, à un moment, Pierre a sorti un arsenal de douilles et de grenades usagées. Il a passé en revue les outils du #maintien_de_l’ordre français, dont certaines relèvent de la catégorie des armes de guerre.

    Pierre Douillard-Lefevre, Nous sommes en guerre
    https://editionsgrevis.bigcartel.com/product/precommande-pierre-douillard-lefevre-nous-sommes-en-guerre
    également un long entretien avec Pierre Douillard-Lefèvre dans le dernier CQFD.

  • « Je me souviens du ticket de métro », Philippe Garnier
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/07/je-me-souviens-du-ticket-de-metro_6101243_3232.html

    Lorsqu’un objet quotidien s’éloigne, on le voit soudain dans son étrangeté. Sur le point de disparaître, il connaît – ou non – un instant de transfiguration. Je me souviens du ticket de métro. Chaque jour, il plongeait dans le lecteur magnétique et en ressortait avant l’ouverture du portillon. Son trajet instantané préfigurait la longue traversée du sous-sol. C’était une petite clé en carton, une clé aussitôt périmée qui venait ensuite hanter le fond d’une poche en compagnie de clés métalliques et durables. On aurait pu y voir aussi un bulletin de vote miniature, un bulletin grâce auquel nous votions obligatoirement pour notre trajet, qu’il soit libre ou contraint.

    Que ces comparaisons lui servent de tombeau.

    Dans les transports en commun d’Ile-de-France, le ticket est en voie de disparition. Il survivra quelque temps, vendu à l’unité, mais la carte à puce est vouée à le remplacer. Au fil des décennies, ce bout de carton a évolué. Il a changé de couleur et de typographie. Il est apparu en 1900 rose, crème ou bistre, selon la ligne et le statut social du voyageur, avec un décor parisien en fond d’impression. Plus tard, le tarif de première classe ayant disparu, il a revêtu différentes teintes plus égalitaires – havane, jaune orangé, jade et mauve – avant de finir blanc avec une bande brun foncé. Il a porté des mentions diverses – « Métropolitain parisien », avec la consigne « A la sortie, jeter dans la boîte » – et s’est même intitulé « carte hebdomadaire de travail » en 1941. L’étonnant, c’est la modestie et la sobriété de ces messages. Rien de comparable aux billets de banque avec leur mission symbolique et régalienne.

    Surtout, l’existence du ticket est devenue de moins en moins « matérielle ». Au départ, simple rectangle de papier, il était systématiquement poinçonné. Trois mille cinq cents fois par jour en moyenne, un employé de la RATP en prélevait une part infime, de la taille d’un confetti. Cette perforation nous paraît aujourd’hui frénétique et un peu folle. Pourtant, elle témoigne d’une époque où les moyens de surveillance étaient moins développés qu’aujourd’hui. La « prise de corps » était sans doute plus radicale, y compris pour le ticket, mais la menace d’un contrôle global, encore absente.

    Fini l’anonymat des vagabondages en sous-sol

    Le passage, commenté par le philosophe Gilles Deleuze, des sociétés de surveillance aux sociétés de contrôle s’est traduit par ces détails à peine perceptibles. Tout s’est ensuite déroulé à bas bruit, les gestes, les poinçons et les percussions du monde mécanique faisant place au feulement discret de la lecture magnétique, ponctué de quelques signaux sonores. Aujourd’hui, plus les données sont numérisées et centralisées, moins on en ressent physiquement les effets et moins on nous demande d’initiatives ou de gestes individuels. Le ticket aura suivi cette pente avant de disparaître.

    Le téléphone portable deviendra l’organisateur de nos trajets souterrains. Ce support unique favorise l’agrégation de données universelles. Légale ou non, bienveillante ou non, l’intrusion aura lieu. Fini l’anonymat des vagabondages en sous-sol. Nos trajets seront connus des opérateurs, ainsi que le temps que nous passons dans le métro, y compris, comme autrefois l’écrivain argentin Julio Cortázar (1914-1984), pour nous y égarer et chercher notre double. L’ingénu papier fera place à d’invisibles microconducteurs. Une puce suffira à nous identifier. Elle pourvoit déjà à nos voyages immobiles sur les écrans. Elle exerce sur nous un tel ascendant qu’un jour peut-être nous ne prendrons le métro que sur son injonction.

    La dématérialisation du ticket en annonce d’autres. Les changements de support ne sont ni neutres ni stables. Bientôt peut-être, le même capteur saura si nous avons fraudé et si, de façon plus globale, nous sommes des consommateurs solvables et en bonne santé. Tout semble converger vers ce QR code central dont la pandémie de Covid-19 nous a rapprochés. D’autres disparitions du papier se profilent. Les jours de la monnaie fiduciaire sont peut-être comptés. Quant au bulletin de vote déposé dans l’urne – sorte de ticket périodique de l’élu et du citoyen –, nul ne peut miser sur sa survie à long terme.

    Le ticket de métro est-il pour autant le rempart de nos libertés ? Pour le croire, il faudrait voir une petite fin du monde dans le moindre changement de code-barres. On passerait à coup sûr à côté des véritables dangers. De plus, ces rectangles de carton magnétisé portent un lourd héritage. Ils viennent d’une époque d’étroite surveillance où la paperasse tamponnée circonscrivait – elle la circonscrit encore – l’activité humaine. Laissez-passer, permis, coupons, mandats, cartes d’assuré, d’identité ou de résident, affichage public, mais aussi billets de banque et tickets en tous genres… Pendant des siècles, les édifices politiques, économiques et policiers ont reposé sur un frêle et écrasant édifice de papier. « Les chaînes de l’humanité torturée sont en papiers de ministères », disait l’écrivain praguois Franz Kafka (1883-1924). Tel est pourtant le paradoxe du ticket : si son apparition, il y a plus d’un siècle, a pu être vécue comme un carcan, cela n’enlève rien à la tendresse qu’on peut lui porter aujourd’hui.

    Pense-bête et marque-page

    Ce bout de carton rayonne désormais par sa fragilité. Sur son espace étroit, on notait parfois un numéro de téléphone ou une adresse accompagnée d’un minuscule dessin griffonné. Le pense-bête disparaissait pendant des mois, des années. Il resurgissait dans un livre, comme marque-page, ou sous un pied de table. Retrouver une couleur ancienne, un jaune des années 1980, par exemple, m’est toujours apparu comme un heureux présage. A la fin du Salaire de la peur (1953), d’Henri-Georges Clouzot, Jo, personnage interprété par Charles Vanel, meurt dans son camion en brandissant son porte-bonheur : un ticket de métro offert par son ami Mario (Yves Montand) à la station Pigalle. C’est peut-être à cela que devraient servir les derniers tickets : après avoir accompagné la part la plus routinière de nos vies, ils seraient brandis comme des laissez-passer dans les circonstances les plus extrêmes, qu’elles soient heureuses ou tragiques.

    #Paris

  • Lee ’Scratch’ Perry, Reggae Giant and Dub Pioneer, Dead at 85 - Rolling Stone
    https://www.rollingstone.com/music/music-news/lee-scratch-perry-dead-obit-1045198

    Lee “Scratch” Perry, the monumental reggae singer, producer and studio wizard who pushed the boundaries of Jamaican music — and as a byproduct, rock, hip-hop and dance — with his explorations into dub, has died at the age of 85.

  • AUSGANG Live « Bonne conduite / Comme une Ombre / Crapule »
    https://www.youtube.com/watch?v=Zj5t6i-CnEY


    #Ausgang (Casey, Marc Sens, Manusound et Sonny Troupé)
    https://a-parte.fr/artist/ausgang
    Carte blanche à #Casey dans le cadre du festival Les femmes s’en mêlent le 25 novembre à Paris et en tournée jusqu’à Noël !
    https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/Y76lK83
    https://seenthis.net/messages/827185
    source : l’agenda de @sinehebdo
    https://concertslist.blogspot.com/2021/11/csp20-inauguration-du-point-fort.html
    #rap #rock'n'roll #concert

  • Le contexte, l’inscription. Bernard Aspe | La Division Politique
    http://ladivisionpolitique.toile-libre.org/seance1-le-contexte-linscription-bernard-aspe

    Scènes de la division politique, troisième année - Séance 1 : Le contexte, l’inscription

     

    Antiscience

    Je commencerai par rappeler la vérité de la situation : une classe, c’est-à-dire une force politique qui agit en assumant la partialité de son point de vue, cherche à gérer ce qu’elle appelle une « crise » sanitaire en faisant tout ce qu’elle peut pour que les causes de son existence ne soient pas mises en question. Par « causes », il faut entendre les plus immédiatement identifiables (la politique de santé menée en France depuis 2007 sous l’impulsion de quelques membres du gouvernement actuel) comme les plus profondes (la dévastation écologique qui accompagne comme son ombre le développement économique). Tout a été orchestré pour maintenir la rationalité de l’économie, et plus encore, pour trouver dans cette « crise » l’occasion de redéployer son espace. Maintenir l’économie comme loi, ce n’est certes pas dire qu’il y aurait chez les riches une pulsion incontrôlable (même si celle-ci existe certainement aussi par ailleurs) ; c’est dire que l’imposition de cette loi est la méthode la plus rationnelle de gouvernement mondial pour une classe qui veut à tout prix conserver son pouvoir.

    Du fait même de l’existence de cette classe, il nous a semblé nécessaire de conserver le schème de la division politique – même s’il n’y a pas deux classes qui se font face. L’une d’elle en effet, la nôtre, est difficile à identifier, surtout en une époque où les plus bienveillants, les plus proches, les plus sincèrement engagés, nous conseillent de ne pas pousser trop loin la recherche de cette identification. Il ne faut pas chercher à identifier ce qui est positivement flou, nous disent-ils, il ne faut pas figer ce qui est en mouvement, il ne faut pas cristalliser ce qui est encore métastable. En suivant ces injonctions, on est à peu près sûrs de remettre à plus tard, à toujours plus tard, le moment où une initiative politique nouvelle pourra s’énoncer en tant que telle.

    Mais c’est d’une façon très générale que la pensée politique éveille le soupçon. Le pouvoir a d’ailleurs récemment trouvé une astuce imparable pour disqualifier toute velléité de pensée politique. Si je dis par exemple qu’une classe est responsable des catastrophes en cours, je me retrouve nécessairement enfermé dans le cercle étroit et mal fréquenté des complotistes. On nous explique qu’il n’y a qu’une alternative : soit le complotisme, soit la science. Par chance, la science est constitutivement incapable de mettre en question l’autorité de l’État, ou les nécessités du capital. Si l’on veut échapper au complotisme, il faut donc accepter seulement de devenir raisonnables, commencer par suivre ce qui est établi par la science, et remettre à plus tard le moment où nous pourrons discuter du bien-fondé des décisions prises dans l’urgence, du moins dans le cadre de l’état d’urgence. (Plus tard, c’est-à-dire par exemple quand des historiens reviendront dix ou vingt ans en arrière et feront carrière en révélant les aberrations que nous sommes censés ne pas voir ou deviner ici et maintenant.)

    Je vous propose de commencer par ne pas être ainsi raisonnables, et pour cela, de ne pas relayer la fausse alternative imposée entre le complotisme et le discours de la science. (...)

  • Du Chiapas à Dijon - Interview d’un membre de l’équipe d’accueil de la délégation zapatiste

    Les 10, 11 et 12 octobre, 180 zapatistes venu·es à la rencontre des luttes européennes se sont réuni·es à l’Espace autogéré des Tanneries pour organiser la suite de leur voyage. Un membre de l’organisation nous raconte cette aventure incroyable et le sens qu’il a mis à relever ce défi.

    https://dijoncter.info/du-chiapas-a-dijon-interview-d-un-membre-de-l-equipe-d-accueil-de-la-del

    #ezln #zapatistes #mexique #voyagepourlavie