• Aujourd’hui, l’OMS a publié sa nouvelle estimation de la mortalité de Covid : 0.6%. Une chance sur 170 de mourir si on est contaminé. C’est énorme.

    Pour H1N1, les estimations allaient de 1 décès sur 10 000 malades à 1 décès sur 100 000 infections :
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3809029

    We identified very substantial heterogeneity in published estimates, ranging from less than 1 to more than 10,000 deaths per 100,000 cases or infections. The choice of case definition in the denominator accounted for substantial heterogeneity, with the higher estimates based on laboratory-confirmed cases (point estimates= 0–13,500 per 100,000 cases) compared with symptomatic cases (point estimates= 0–1,200 per 100,000 cases) or infections (point estimates=1–10 per 100,000 infections). Risk based on symptomatic cases increased substantially with age.

    Si on refait les calculs sur cette base :

    – 30 000 morts en France, ça voudrait dire 5 millions de personnes qui ont été contaminées ; ce qui donnerait 7% de la population (de mémoire, il me semble que c’est l’estimation de Pasteur) ;

    – l’immunité de groupe à 70% de la population (en admettant qu’une première contamination protège d’une seconde contamination), c’est 48 millions de contaminés. Ce qui selon ce nouveau chiffre provoquerait 280 000 morts.

    • Vu l’état réel de la collecte de chiffre, en vrai, on ne sait pas. Trop de variables. Trop d’inconnues. Pas assez de recul.

      On ne sait même pas détecter le virus à coup sûr  : y a des gus identifiés comme covidés qui sortent des PCR-, puis, plus tard, une séro+. Pourquoi, comment, on n’en sait foutre rien. D’autres (plutôt des jeunes en bonne santé) qui te font de la covid à épisodes, version longue, et dont l’état ne s’améliore pas sans être morbide, 3 ou 4 mois après la première crise. Des survivants (pour combien de temps  ?) à séquelles très lourdes et probablement partis pour rester + ou - invalides.

      Et l’hypothèse de l’immunité de groupe, décidée par analogie avec d’autres virus dont on se rend compte qu’ils n’ont pas grand chose de commun avec cette saleté, elle est de plus en plus abandonnée. D’où la déclaration de l’OMS comme quoi, il y a de fortes chances qu’on se le coltine un bon moment…

  • Sortie du film « White Riot » de Rubika Shah / France Culture
    https://www.franceculture.fr/evenement/sortie-du-film-white-riot-de-rubika-shah

    Royaume-Uni, fin des années 70, en pleine explosion punk : face à la montée de l’extrême- droite nationaliste et raciste, un groupe de militants choisit la musique comme arme. C’est l’aventure de Rock Against Racism qui, avec The Clash en première ligne, va réconcilier sur des rythmes punk, rock ou reggae les communautés d’un pays en crise.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=27&v=ewByf4IAXQA&feature=emb_title


    puis en mai 1979, Thatcher is comming. fini de rire.

    When Reggae & Punk Music United To Create Britain’s Rock Against Racism Movement
    https://www.youtube.com/watch?v=wJXwvLY_-p8&list=RDwJXwvLY_-p8&start_radio=1&t=335

    et en France, au début des années 80 :
    https://seenthis.net/messages/691463
    https://seenthis.net/messages/652399

  • Vers une écologie des images
    Un colloque en ligne - Juin 2020

    http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=3602

    Et après ?

    Le démontage, la remise en circulation des images exposées est le moment pour interroger la portée écologique de la réflexion iconomique ainsi engagée.
    Il est patent que l’univers supposément immatériel où circulent les images formatées en .jpeg ou .mp4 a un impact environnemental alarmant. Les data centers doivent être refroidis, les câbles bouleversent les écosystèmes qu’ils traversent, le recyclage des écrans est toxique, l’extraction des métaux nécessaires aux piles et aux puces détourne ou contamine les réserves d’eau… Mais au-delà des retombées polluantes de l’iconomie contemporaine, il s’agit aussi de penser l’écologie des images entre elles.
    Cette idée n’est certes pas sans précédents. En 1977, dans Sur la photographie, Susan Sontag appelait de ses vœux « une écologie appliquée […] aux images ». Et Ernst Gombrich a choisi ce titre —L’Écologie des images — pour un recueil paru en 1983 et consacré au « milieu social des images ». Au-delà de ces occurrences restreintes de l’expression, toutefois, elle doit être déployée en direction d’une iconomie générale dont nous — notre regard humain — ne sommes qu’un rouage parmi d’autres.
    L’immense majorité des images, comme l’a récemment remarqué Trevor Paglen, est désormais produite par des machines et pour des machines. Mais si les développements de la machine vision préfigurent une visibilité qui n’a plus l’humain pour centre, d’autres écosystèmes d’images — notamment animaux — restent à cartographier ou à inventer. L’image non anthropocentrée est là depuis toujours, mais elle reste plus que jamais à venir.

    Peter Szendy

    Intervenants : Ursula Biemann, Emanuele Coccia, Keller Easterling, Margarida Mendes, Marta Ponsa, Evan Roth, Clémence Seurat, Peter Szendy

  • Comment la France est devenue moche - Le monde bouge - Télérama.fr
    http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php

    Un hypermarché Leclerc s’installe au bout de la nouvelle voie express qui se cons­truit par tronçons entre Brest et Rennes. Puis viennent La Hutte, Conforama et les meubles Jean Richou... 300 hectares de terre fertile disparaissent sous le bitume des parkings et des rocades. Quelques maisons se retrouvent enclavées çà et là. La départementale devient une belle quatre-voies sur laquelle filent à vive allure R16, 504 et Ami 8. Un quartier chic voit le jour, toujours en pleine nature, qui porte un nom de rêve : la Vallée verte...

    C’est à ce moment-là que ça s’est compliqué pour les parents de Jean-Marc. Avec l’élargissement de la départementale, ils sont expropriés d’un bon bout de terrain et ne peuvent plus emmener leurs vaches de l’autre côté de la quatre-voies. Ils s’adaptent tant bien que mal, confectionnent des produits laitiers pour le centre Leclerc, avant de se reconvertir : la jolie ferme Quentel est au­jourd’hui une des salles de réception les plus courues de Bretagne.

    Les fermes voisines deviennent gîte rural ou centre équestre. La Vallée verte, elle, se retrouve cernée de rangées de pavillons moins chics : « Nous, on a eu de la chance, grâce à la proximité de l’aéroport, les terres tout autour de la ferme sont restées inconstructibles. » Aujourd’hui, quand il quitte son bout de verdure préservé pour aller à Brest, Jean-Marc contourne juste la zone de Kergaradec, tellement il trouve ça moche : « C’est à qui fera le plus grand panneau, rajoutera le plus de fanions. Comme si tout le monde hurlait en même temps ses messages publicitaires. »

    Ça s’est passé près de chez Jean-Marc, à Brest, mais aussi près de chez nous, près de chez vous, à Marseille, Toulouse, Lyon, Metz ou Lille, puis aux abords des villes moyennes, et désormais des plus petites. Avec un formidable coup d’accélérateur depuis les années 1982-1983 et les lois de décentralisation Defferre. Partout, la même trilogie – infrastructures routières, zones commerciales, lotissements – concourt à l’étalement urbain le plus spectaculaire d’Europe : tous les dix ans, l’équivalent d’un département français disparaît sous le béton, le bitume, les panneaux, la tôle.

    Lorsque apparaissent les premiers supermarchés, au début des années 60, la France ne compte que 200 kilomètres d’autoroutes, un morceau de périphérique parisien, aucune autre rocade, pas le moin­dre rond-point... et un architecte-urbaniste visionnaire, Le Corbusier ! Celui-ci a compris très tôt l’hégémonie à venir de la voiture, à laquelle il est favorable. Dès 1933, avec des confrères qu’il a réunis à Athènes, il a imaginé de découper les villes de fa­çon rationnelle, en quatre zones cor­respondant à quatre « fonctions » : la vie, le travail, les loisirs et les infrastructures routières.

    L’Etat s’empare de l’idée, on entre dans l’ère des « zones », ZUP, ZAC, etc. (1) Et puis il faut « rattraper » l’Allemagne et son insolent réseau d’autoroutes ! Du pain bénit pour notre illustre corps d’ingénieurs des Ponts et Chaussées. La France inscrit dans la loi (loi Pasqua, 1998) que tout citoyen doit se trouver à moins de quarante-cinq minutes d’une entrée ou d’une sortie d’autoroute ! Des itinéraires de contournement des villes sont construits, le territoire se couvre d’échangeurs, de bre­telles et de rocades. Vingt ans plus tard, les enfilades de ronds-points à l’anglaise, trop nombreux et trop grands, parachèvent le travail : ils jouent, constate Mangin, « le rôle de diffuseurs de l’étalement dans le nouveau Meccano urbain qui se met en place ».

    « Pourtant, le pavillon, c’est avant tout un choix contraint », constate David Mangin. Les centres-villes étant devenus inabordables, les familles pas très riches – elles sont la grande majorité – sont condamnées à l’exil périurbain. Et elles le resteront tant que manquera une bonne offre résidentielle collective. Alors, comme l’a observé l’urbaniste Bruno Fortier, « on tartine du lotissement au kilomètre », c’est facile et pas cher. Conçue par un promoteur-constructeur, la maison est un « produit », à commander sur catalogue. Où que l’on aille, le marché ne sait fournir que des lotissements avec des rues « en raquette », des parcelles de même taille, des maisons posées sur leur sous-sol de béton ; tant pis pour le raccord visuel avec la ville ancienne. Les plantes des jardins sont achetées en promotion à la jardinerie du coin ; tant pis pour la flore locale et le paysage.

    #banlieue_totale #urbain_diffus #ruralité #transports #voiture #habitat #écoumène #empreinte_écologique #grande_distribution

    http://seenthis.net/messages/166201
    http://seenthis.net/messages/173393
    http://seenthis.net/messages/173394
    http://seenthis.net/messages/194461

  • Nucléaire, la nouvelle génération - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/036450-000-A/nucleaire-la-nouvelle-generation
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/036450-000-A/940x530

    À un an de la mise en service du troisième réacteur nucléaire d’Eurajoki, immersion dans les coulisses d’un projet finlandais aux belles promesses et à la réalisation moins sûre…

    La ville finlandaise d’Eurajoki se veut un modèle en matière d’énergie. Lancée en 2004, la construction d’un réacteur sur l’île d’Olkiluoto, qui en compte déjà deux – premier chantier du genre en Europe depuis Tchernobyl –, semble en totale contradiction avec cette image. Malgré l’ombre des catastrophes passées, les travaux n’ont pas rencontré d’opposition, notamment parce que l’exploitant de la centrale emploie la quasi-totalité des habitants. Mais derrière les promesses d’une énergie propre et sûre se cache une tout autre réalité : retards de livraison, explosion des coûts, impossibilité de trouver un site parfaitement adapté...
    Dès 2005, bien avant le lancement controversé du chantier français de Flamanville en 2007 et la catastrophe de Fukushima en 2011, les réalisateurs Mika Taanila et Jussi Eerola se sont attachés à retracer, sur plus d’une décennie, les évolutions du nouveau projet nucléaire d’Eurajoki, dont la mise en service a été repoussée à 2021. Sur une BO expérimentale du duo finlandais de musique électronique Pan Sonic, ce documentaire dépeint ainsi l’histoire d’une ville profondément transformée par le nucléaire.

    en ligne sur Arte.tv ou cette nuit à 00.30 dans ta boîte à capture de temps de cerveau.


    #nucléaire

  • La pieuvre Microsoft et nos données de santé
    https://lundi.am/pieuvre-microsoft

    Sous couvert de lutte contre l’épidémie et d’état d’urgence sanitaire, le gouvernement a donné le coup d’envoi à son projet de méga plateforme de données de santé hébergée chez Microsoft. Petite plongée dans l’intelligence artificielle en médecine avec le collectif inter-hop qui depuis le début du projet milite contre cette plateforme géante et pour une utilisation autonome des données de santé à échelle humaine. Source : Lundi matin

    • Gisèle Halimi, ses combats, ses engagements et les grands procès de sa carrière
      https://fr.timesofisrael.com/gisele-halimi-ses-combats-ses-engagements-et-les-grands-proces-de-

      Un fait néanmoins non abordé dans l’entretien et pourtant important durant sa vie : son soutien à la cause palestinienne. En 2014, lors de la guerre à Gaza, elle publiait un cours texte dans le journal L’Humanité dans lequel elle condamnait sans réserve l’action israélienne dans le conflit. « Un peuple aux mains nues – le peuple palestinien – est en train de se faire massacrer. Une armée le tient en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que lui oppose-t-on ? J’affirme que cette cause est juste et sera reconnue comme telle dans l’histoire », écrivait-elle.

      Elle dénonçait ensuite un « silence complice, en France, pays des droits de l’homme et dans tout un Occident américanisé » et disait ne pas vouloir se « taire » ni se « résigner ». « Je veux crier fort pour ces voix qui se sont tues et celles que l’on ne veut pas entendre. L’histoire jugera mais n’effacera pas le saccage. Saccage des vies, saccage d’un peuple, saccage des innocents. Le monde n’a-t-il pas espéré que la Shoah marquerait la fin définitive de la barbarie ? », concluait-elle.

      En signe de soutien à la cause palestinienne, elle a également été membre du collectif d’avocats de Marwan Barghouti, haut cadre du Fatah, arrêté en 2002 par Israël qui l’a condamné à cinq peines de prison à perpétuité pour meurtres pour son rôle dans différents attentats anti-israéliens au cours de la seconde Intifada. S’il est décrit par ses partisans comme le « Mandela palestinien », il est considéré comme terroriste par Israël.

      « Marwan Barghouti appartient à ces combattants de la liberté qui ont rendu l’espérance à leur peuple, comme Jean Moulin pendant l’Occupation, avait affirmé Gisèle Halimi en 2014. Tous ceux qui sont impliqués dans ce difficile conflit savent qu’il est le seul interlocuteur valable pour une solution politique car le seul susceptible d’unir les Palestiniens. »

    • Pour l’heure actuelle, le seul média français qui évoque cet engagement, c’est l’Huma :
      La mort de Gisèle Halimi | L’Humanité
      https://www.humanite.fr/la-mort-de-gisele-halimi-691963

      Militante anticolonialiste, "je ne veux pas me taire" affirmait-elle à l’Humanité, à propos de la Palestine et du sort de Gaza. Dans une tribune à l’Humanité en 2010, elle rappelait "« J’ai participé au premier tribunal Russell, celui que présidait Jean-Paul Sartre sur les crimes américains au Vietnam. Je me souviens du jour où le grand Bertrand Russell nous a convoqués à Londres et a dit : « Maintenant, cela suffit avec le crime de silence. » J’espère que cette fois aussi nous réussirons à briser le silence".

    • Lundi, 28 Juillet, 2014
      Gaza. « Je ne veux pas me taire »

      Appel. Gisèle Halimi est engagée depuis toujours pour la cause anticolonialiste et les droits de l’homme.
      https://www.humanite.fr/gaza-je-ne-veux-pas-me-taire-548310

      Un peuple aux mains nues – le peuple palestinien – est en train de se faire massacrer. Une armée le tient en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que lui oppose-t-on ? J’affirme que cette cause est juste et sera reconnue comme telle dans l’histoire. Aujourd’hui règne un silence complice, en France, pays des droits de l’homme et dans tout un Occident américanisé. Je ne veux pas me taire. Je ne veux pas me résigner. Malgré le désert estival, je veux crier fort pour ces voix qui se sont tues et celles que l’on ne veut pas entendre. L’histoire jugera mais n’effacera pas le saccage. Saccage des vies, saccage d’un peuple, saccage des innocents. Le monde n’a-t-il pas espéré que la Shoah marquerait la fin définitive de la barbarie ?
      Gisèle Halimi

  • Nouvelle trouvaille de l’extrême-droite (pardon, du Ministre de la violence légitime) : retourner le vocabulaire des victimes pour lui faire perdre son sens. « J’étouffe » (I can’t breath ») devient donc : « Quand j’entends le mot "violences policières" personnellement je m’étouffe ».

    Violences policières : Un terme qui fait « s’étouffer » Gérald Darmanin
    https://www.20minutes.fr/politique/2830615-20200728-violences-policieres-terme-fait-etouffer-gerald-darmanin

    « Quand j’entends le mot "violences policières" personnellement je m’étouffe », a déclaré le ministre de l’Intérieur. « La police exerce une violence certes mais une violence légitime. (…) Elle doit le faire de manière proportionnelle, elle doit le faire de manière encadrée. Que quelques personnes le fassent en dehors des règles déontologiques, la sanction doit être immédiate », a-t-il ajouté. « Mais il est normal que les policiers et gendarmes soient armés, interviennent par la force, pour que la force reste à la loi de la République et pas celle des bandes ou des communautés », selon lui.

    Et donc, oui, on peut très bien faire plus ignoble que Castaner. (« Non, les policiers ne mutilent pas les manifestants, j’y mettrais ma main à couper. D’ailleurs ça crève les yeux. »)

  • #métaliste, mais pour l’instant tout à fait incomplète, de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas.

    Un garde-frontière à la frontières USA-Mexique :
    https://seenthis.net/messages/723485
    #frontière
    signalé par @etraces

    Une émission radio à la RTS (suisse). Témoignage d’#agents_d'escorte en charge des #renvois de déboutés de l’asile :
    https://seenthis.net/messages/699316

    Témoignage d’un #CRS à #Calais, paru dans L’Hebdo, journal désormais disparu :
    https://seenthis.net/messages/661527

    Témoignage en lien avec les manifestations des #gilets_jaunes :
    https://seenthis.net/messages/742570
    https://seenthis.net/messages/767246

    Magouilles, nazisme et violence : un policier repenti se livre
    https://seenthis.net/messages/746068

    Si vous vous rappelez d’autres témoignages de la part de celleux qui exercent le #pouvoir, et non pas de celleux qui le subissent... ils sont bienvenus en commentaire de cette liste...

    cc @isskein

  • Un policier révèle des centaines de cas de maltraitance et de racisme dans les cellules du tribunal de Paris | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1595760037-policier-revele-centaines-cas-maltraitance-racisme-dans-tgi-

    Tribunal de grande instance de Paris (75) – L’immense bâtisse de verre se dresse sur 38 étages en direction du ciel. Et, on le sait moins, trois niveaux souterrains. Le plus grand tribunal d’Europe où chaque jour se pressent près de 9.000 personnes. C’est au premier et second sous-sol que se cache le dépôt (1), théâtre de la plupart des faits que révèle cette enquête. Une enfilade de cellules aux murs blancs privées de lumière naturelle où les déférés sont enfermés avant et après leurs passages devant le juge. Au total près de 200 fonctionnaires de police sont chargés de surveiller jour et nuit les 120 cellules. C’est dans ce sous-sol aseptisé, mais aussi précédemment dans celui insalubre de l’ancien tribunal qu’une vingtaine de fonctionnaires en poste la nuit ont fait régner la terreur pendant plus de deux ans.

    #police #tribunal #dépôt #racisme #racisme_institutionnel #justice #violences_policières #prison #prisonniers #Valls #Lallement

  • Ici le remarquable texte complet de la tribune publiée aujourd’hui dans Le Monde et co-écrite par Gregory Jérome - membre fondateur de ESA - avec Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux.
    À lire et partager.
    La bataille des idées et des propositions n’est pas terminée !
    ///


    #culture #artistes #revenus

    « Il faut refonder les politiques culturelles par un rééquilibrage des revenus »
    Par Collectif. Le Monde.
    Des mesures originales peuvent permettre de réorienter les financements publics au bénéfice du secteur culturel dans son ensemble et des artistes-auteurs en particulier, affirment, dans une tribune au « Monde », les spécialistes Grégory Jérôme, Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux.
    Tribune.
    Et si l’on prenait enfin soin de la culture ? Trois grands maux affectent l’écosystème artistique : une large part de la valeur produite s’évapore vers d’autres secteurs ; l’emprise du star-system conduit à une distribution de revenus très inégalitaire ; enfin, ceux qui sont au cœur même de la création – les artistes-auteurs – sont particulièrement vulnérables. Refonder les politiques culturelles passe par l’apport de réponses originales à ces difficultés.
    A côté des subventions publiques et des recettes propres, il serait temps d’élargir les financements de la filière culturelle en mettant à contribution les secteurs qui profitent de la création sans en supporter le coût. Tel est le cas du tourisme. En 2018, 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires ont pu être réalisés en hébergement et restauration du fait de la fréquentation par le public de théâtres, de spectacles de danse ou de concerts (musiques actuelles, classique et opéra), selon une étude de 2019 du cabinet EY.
    Lire aussi : Jack Lang : « Une politique publique doit défendre ses créateurs »
    Autre exemple, les grandes plates-formes du numérique, dont la capitalisation boursière est sans commune mesure avec la façon dont elles rémunèrent la création, pourtant à la source de leur activité. L’écoute d’un titre sur Spotify rapporte 0,00437 dollar à son auteur. Il faut donc environ 230 000 écoutes pour que celui-ci touche 1 000 dollars. Dans le même temps, la capitalisation boursière de la firme se situe autour de 50 milliards de dollars. La valeur de la musique se trouve absorbée par un tiers acteur, ici la Bourse.
    Alambics
    A l’image des mécanismes mis en place dans l’audiovisuel ou des licences légales créées par la loi de 1985 (rémunération équitable, copie privée…), il s’agit de concevoir des alambics qui feront revenir, sous forme de revenus, une partie de la valeur vaporeuse créée par les filières artistiques et dont bénéficient gratuitement d’autres secteurs. Cela peut prendre la forme de l’affectation partielle de la taxe de séjour au financement de festivals et du patrimoine, ou de l’instauration de taxes sur les Gafam, ou encore de l’obligation de financer des créations qui relèvent du registre écrit, musical ou plastique.
    Lire aussi : « En termes budgétaires, les communes sont les acteurs majeurs des politiques culturelles »
    Autre proposition, élargir le mécanisme du « 1 % artistique » de la commande publique à l’ensemble des chantiers publics, comme évoqué dans le rapport de juin 2016 de la mission nationale pour l’art et la culture dans l’espace public (MNACEP). Le secteur privé a donné l’exemple en décembre 2015, avec la signature de la charte « 1 immeuble 1 œuvre » : en juin 2019, environ 140 œuvres avaient été installées dans les parties communes d’immeubles privés récemment construits ou rénovés.
    Plus que dans toute activité, les aléas de carrière sont élevés et non-nécessairement corrélés au talent, la logique du winner takes all n’a cessé de s’accentuer. Tandis qu’en 1982, dans le secteur musical à l’échelle mondiale, les 1 % des artistes les plus connus touchaient 26 % du total des revenus de la billetterie, cela a augmenté jusqu’à 60 % en 2017. Sans remettre en cause un mode de rémunération essentiellement fondé sur la réussite commerciale des œuvres, comment faire en sorte de limiter la précarité de la grande majorité des artistes ?
    Lire aussi : Spotify, Deezer : la musique en « stream » soumise à la dictature du clic
    Plusieurs pistes peuvent être explorées, comme le réexamen de l’idée, ancienne, d’un domaine public payant. Sans aller jusqu’à la proposition de Victor Hugo de créer ce domaine dès la mort de l’artiste, il s’agirait de prélever, au-delà de la période légale de perception des droits patrimoniaux, une taxe, d’un montant inférieur ou égal au pourcentage moyen de droit d’auteur, qui alimenterait un compte de soutien à la création contemporaine. Cette mesure introduirait une solidarité vertueuse entre création vivante et patrimoine.
    Parents pauvres
    Comme le rapport Racine de janvier 2020 l’a montré, les auteurs sont les parents pauvres du système. Ils souffrent d’abord d’un rapport de force qui leur est défavorable face à des acteurs de l’aval de la filière. En outre, ils ne bénéficient pas d’une relative sécurité financière comme c’est le cas pour leurs confrères, les « intermittents ». Le statut des artistes-auteurs ne reconnaît pas les différents temps dont est fait le travail artistique. Ce n’est qu’une fois l’œuvre finalisée qu’il est possible à l’artiste de l’exploiter.
    Lire aussi : Rapport Racine :« Nous en appelons à l’intervention de l’Etat pour donner aux créateurs des conditions plus justes et dignes »
    C’est davantage l’œuvre et moins la personne de l’artiste qui fait l’objet d’une protection au titre de la propriété intellectuelle. Comme en Belgique, le principe ne devrait-il pas être de permettre à l’auteur de conserver le bénéfice d’une allocation ? Il conviendrait notamment d’assimiler les situations impliquant un commanditaire (résidence, appel d’offres, 1 %, etc.) à du salariat. L’ensemble des travaux commandités permettrait alors à l’artiste de bénéficier d’une allocation pour son temps de recherche.
    « IL CONVIENDRAIT NOTAMMENT D’ASSIMILER À DU SALARIAT LES SITUATIONS IMPLIQUANT UN COMMANDITAIRE »
    Toutes ces mesures devraient veiller à respecter un équilibre entre aides automatiques et sélectives ; les premières finançant l’écosystème dans son ensemble, les secondes orientant les soutiens vers des acteurs ou des actions prioritaires. Ces pistes méritent bien évidemment d’être expertisées, expérimentées en concertation avec les acteurs de la culture. Mais l’élargissement des financements, la mutualisation des ressources à l’intérieur des filières artistiques pour y réduire les inégalités, enfin la création d’un statut d’auteur, nous semblent constituer des enjeux cruciaux.
    Grégory Jérôme, chargé d’études Haute Ecole des arts du Rhin (HEAR, Strasbourg) et membre du groupe Economie solidaire de l’art ; Nathalie Moureau, professeure en sciences économiques et vice-présidente déléguée à la culture, université Paul-Valery Montpellier-III ; Dominique Sagot-Duvauroux, professeur en sciences économiques et directeur de la Structure fédérative de recherche (SFR) Confluences, université d’Angers.

  • « Regarde elle a les yeux grand ouverts » : le #MLAC

    Le documentaire retrace le parcours de quelques femmes du MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception) d’ #Aix-en-Provence jugées en 1977 pour « pratiques illégales de la médecine et tentative d’avortement sur mineure ». Autour du #procès, le film nous fait découvrir le quotidien de ce collectif qui proposait aux femmes de s’approprier les savoirs médicaux liés au contrôle de la contraception, à la pratique des avortements, mais aussi aux #accouchements_à_domicile.

    https://paris-luttes.info/regarde-elle-a-les-yeux-grand
    #femmes #IVG #luttes #résistance #avortement #droits_des_femmes #histoire #film #film_documentaire #documentaire #Yann_Le_Masson #contracpetion

  • Qui surveille, la CIA ou Huawei ?, par Dan Schiller
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/170/SCHILLER/61707

    Le premier ministre britannique Boris Johnson a décidé mardi d’interdire au géant chinois des télécommunications Huawei l’accès au réseau 5G du Royaume-Uni en raison d’un risque pour la sécurité nationale. « Je suis persuadé qu’ils ont fait ça parce que leurs experts en sécurité sont parvenus aux mêmes conclusions que les nôtres », a réagi le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Mais quelles conclusions, au juste ? Qui surveille, la CIA ou Huawei ? Surpris par l’arrivée sur le marché mondial du spécialiste de (...)

    #Alcatel-Lucent #Alibaba #Alphabet #Apple #Cisco #Crypto #Google #Huawei #Microsoft #Motorola #Nokia_Siemens #Samsung #Sony-Ericsson_ #Tencent #5G #technologisme #domination #bénéfices (...)

    ##lutte

  • Enquête : les dernières heures d’Adama Traoré
    17 juil. 2020 par l’équipe vidéo du Monde, en partenariat avec le collectif d’experts Forensic Architecture

    Que s’est-il passé le 19 juillet 2016, jour de la mort d’Adama Traoré ? Une enquête vidéo du Monde.

    Le 19 juillet 2016, dans la cour de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, Adama Traoré gît, inanimé. Il est 19 h 05 quand le médecin du SAMU appelé sur place déclare son décès. Depuis, au gré des expertises contestées et des témoignages contradictoires, cette affaire judiciaire hors norme ne s’est jamais refermée.

    Grâce à l’analyse des images de vidéosurveillance, au recoupement des échanges radio des forces de l’ordre, aux récits de témoins et à des simulations 3D, l’équipe vidéo du Monde, en partenariat avec le collectif d’experts Forensic Architecture, a reconstitué les deux heures critiques qui ont précédé la mort d’Adama Traoré.

    https://www.youtube.com/watch?v=1l_bgcUKO40


    #Adama_Traoré

  • Premiers pas sur une corde raide
    https://infokiosques.net/lire.php?id_article=1138

    Le processus en cours semble être porté par deux logiques. D’un côté, ce qui est appelé « justice transformatrice » suppose un tissu de relations déjà existantes avec lesquelles il faut composer, une « communauté » plus ou moins concrète, ainsi qu’une volonté, plutôt bienveillante, d’investir les rapports et de les transformer. De l’autre côté, le fond théorique qui sous-tend le discours est celui d’une opposition claire, catégorique, contre la classe des « hommes » – visible dans des déclarations du type « tous les hommes ne sont pas des agresseurs, mais tous les hommes profitent des agressions », ou dans la réticence exprimée à l’idée que des hommes discutent entre eux des rapports de domination. On affirme ainsi une logique plutôt guerrière, où il ne s’agit plus de composer mais de combattre le camp opposé, celui des « hommes ».

    Deux tendances s’entremêlent : soit il y a une communauté qui devrait collaborer de bonne volonté avec les visées transformatrices du comité, soit c’est la division sexuée qui prévaut, et toute communauté n’est qu’une fiction qui recouvre la réalité violente de la division entre hommes et femmes. Ni l’une ni l’autre de ces logiques n’est fausse en soi, lorsqu’elles sont assumées comme telles : ce qui trouble, c’est leur cohabitation non problématisée, et les contradictions à laquelle elle donne lieu.

    #justice_transformatrice #femmes

  • Militantismes libertaire et féministe face aux violences sexuelles |Le cas de la gauche radicale de Göttingen, Émeline Fourment
    https://www.cairn.info/revue-societes-contemporaines-2017-3-page-109.htm

    L’étude des dénonciations de viols dans la gauche radicale de Göttingen montre l’intérêt de cette entrée pour l’analyse du fonctionnement d’un groupe militant d’une part, et du militantisme féministe d’autre part. Les cas étudiés mettent en lumière une asymétrie manifeste des rapports de pouvoir qui prend la forme du refus de reconnaître les violences sexuelles comme un problème politique révélateur des rapports de domination homme/femme, alors même que l’on a affaire à des milieux qui se veulent antisexistes. Mais ce sont aussi les résistances féministes à ces mécanismes qui ont été mises en relief ici, celles-ci évoluant nettement plus que les réactions auxquelles elles s’opposent. Cet article a montré à quel point cette évolution avait à voir avec les ressources mobilisables par les féministes lors de chaque dénonciation. Il a mis en évidence un tournant dans l’action des militantes de Göttingen, d’une stratégie de l’offensive en 1989 et 1995, à une stratégie de pédagogie qui vise à dépersonnaliser les cas en 2007. Ce changement correspond à l’arrivée d’une nouvelle génération qui hérite des savoirs de ses aînées tout en adoptant un cadre d’analyse très influencé par la théorie queer transmise à l’université. Or, c’est justement une hybridation de ces deux types de savoirs que l’on observe : une utilisation de l’outil du Definitionsmacht hérité de la génération militante des années 1990 et qui découle d’un cadre d’analyse qualifié ici de matérialiste, couplé à une approche déconstructiviste des catégories femme/homme qui interdit désormais de voir les hommes comme des ennemis politiques structurels (ce qui allait de soi durant les années 1990). Dès lors, rien ne sert d’être offensive, la pédagogie apparaît comme la meilleure stratégie pour lutter contre les violences sexuelles. Ces observations incitent à se pencher plus en détail sur le rapport des militantes aux théories féministes : à l’influence de la production universitaire, mais aussi à la production par les militantes elles-mêmes d’outils théoriques et pratiques tel que le Definitionsmacht.

    #femmes #justice

  • Histoire naturelle. Le débat entre Chomsky et Foucault sur la « nature humaine », Paolo Virno
    https://www.cairn.info/revue-rue-descartes-2015-4-page-84.htm#re2no2

    [...] En 1971, à Eindhoven (Hollande), Noam Chomsky et Michel Foucault eurent l’occasion de discuter personnellement, au cours d’une émission de télévision . Ce fut la seule et unique fois où ils se rencontrèrent. L’entretien a gravité autour de la « nature humaine », c’est-à-dire autour du fond immuable de l’espèce contre lequel viendrait se dévider la variabilité perpétuelle des événements historiques. Chomsky, en vertu de ses études sur la grammaire universelle, soutient l’existence d’un tel fond et il en indique les caractères saillants. Foucault lui apporte la réplique : il distingue, précise, objecte. Les duellistes se comprennent mal, souvent et volontiers, ou, tout du moins, ils s’évitent, en procédant en parallèle.

    Les arguments de l’un ne contredisent pas réellement les arguments de l’autre : il y manque le frottement, le contact. Les choses changent dans la deuxième partie du dialogue, là où sont tirées les conséquences sociales et politiques des considérations sur la « nature humaine » qui viennent tout juste d’être développées. Le contraste entre Chomsky et Foucault devient alors serré et précis. Attention : les deux auteurs sont d’accord sur beaucoup d’objectifs politiques concrets (l’opposition à la guerre au Vietnam, l’appui inconditionnel aux luttes ouvrières les plus radicales, etc.). Le différend concerne plutôt un problème de principe : la possibilité de tirer un modèle de société à partir seulement de certaines prérogatives biologiques de l’animal humain.

    L’entretien d’Eindhoven ratifie, de manière très vive, la rupture entre matérialisme naturaliste et matérialisme historique (dans l’acception la plus large, ou moins préconçue, du terme), qui a marqué la deuxième moitié du XXe siècle et qui fait encore retentir ses effets. Depuis 1971, la séparation des deux orientations est devenue complète et rigoureuse. L’enquête minutieuse des processus productifs et des rapports variables de pouvoir, s’interdit la possibilité de remonter de l’acquis à l’inné : avec le résultat paradoxal de ne pas voir que c’est précisément l’inné ou l’invariant biologique qui a été pris en charge, sous des formes historiquement déterminées, par la production et par le pouvoir contemporains. De son côté, le programme de naturalisation de l’esprit et du langage, soutenu par Chomsky et systématiquement développé par les sciences cognitives, s’est avéré dépourvu d’ouvertures sur l’histoire. Les cognitivistes s’occupent de société et de politique seulement dans les entractes de leur activité philosophique, enfin quand ils arrêtent de penser. À Eindhoven, on a assisté à la dernière tentative remarquable de garder étroitement liées biologie et histoire. Mais l’on a assisté aussi à sa faillite théâtrale. La tentative aussi bien que la faillite tournent autour de la figure de Chomsky. Contrairement à ses disciples, prudents et sceptiques, il a consacré une partie importante de ses propres énergies intellectuelles à l’activité politique. Il ne se résigne pas aisément, donc, à la scission entre analyse linguistique et analyse sociale. S’il se borne ailleurs à les traiter alternativement, dans un régime d’égale dignité, à Eindhoven il cherche un rapport intrinsèque entre l’une et l’autre. Il recherche et, bien entendu, il ne le trouve pas.

    Examinons ici quelques passages cruciaux du dialogue. Pour avaliser l’idée qu’il y ait une nature humaine invariante, c’est-à-dire métahistorique, Chomsky appelle à la barre des témoins la faculté de langage. Cette dernière est « une propriété de l’espèce, commune à tous les membres de l’espèce elle-même et essentiellement unique par rapport aux autres espèces » (Chomsky 1988, p. 37). La compétence linguistique est innée : elle ne dépend pas du milieu social, sinon pour son amorce occasionnelle. Depuis le début, l’usage des mots révèle une « régularité instinctive » ou une organisation syntaxique qui dépasse de très loin les « données », partielles et souvent médiocres, fournies par les locuteurs environnants. Semblable à un organe qui se développe par soi-même, le langage est doué de structures sélectives et de schémas combinatoires dont la productivité autonome n’a rien affaire avec l’expérience empirique du locuteur. La grammaire universelle, qui sous-tend les différentes langues historiques, fait partie de notre patrimoine génétique.

    Eh bien, tout d’abord, si nous étions capables de spécifier, en termes de réseaux neuronaux, les propriétés de la structure cognitive humaine qui permettent à l’enfant d’acquérir ces systèmes compliqués, je n’hésiterais nullement à décrire ces propriétés comme une composante de la nature humaine. Il existe un élément biologique inchangeable, un fondement sur lequel repose l’exercice de nos facultés mentales dans ce cas.
    (Foucault et Chomsky 1994, p. 474 sq.)

    La réplique de Foucault est conciliante, du moins en apparence. S’il hésite à faire sienne la notion de nature humaine, voire s’il s’en méfie un peu, c’est seulement parce que la tendance répandue à l’élever au rang d’idée scientifique lui semble erronée. En regardant de plus près, elle n’a pas d’autre fonction que celle de cerner un domaine de recherche, en le distinguant avec soin d’autres domaines, adjacents ou rivaux. Elle n’est pas un objet d’enquête, mais un critère épistémologique, utile pour fixer, au besoin, limites et modalités de l’enquête elle-même.

    Ce n’est pas en étudiant la nature humaine que les linguistes ont découvert les lois de la mutation consonante, ni Freud les principes de l’analyse des rêves, ni les anthropologues culturels la structure des mythes. Dans l’histoire de la connaissance, la notion de nature humaine me paraît avoir joué essentiellement le rôle d’un indicateur épistémologique pour désigner certains types de discours en relation ou en opposition à la théologie, à la biologie ou à l’histoire. J’aurais de la peine à reconnaître en elle un concept scientifique.
    (Ibid., p. 474.)

    Qu’il y ait en jeu ici quelque chose de plus qu’une nuance méthodologique inoffensive devient clair, lorsque Chomsky s’arrête sur une autre qualité fondamentale de la faculté de langage (ou bien, mais c’est la même chose, de la nature humaine). Par delà le fait qu’elle est innée, cette faculté est aussi créatrice . Chaque locuteur fait « un usage infini de moyens finis » : ses énoncés, ne dérivant pas de stimulations extérieures ni d’états intérieurs, sont enclins à l’innovation et même à l’imprévisibilité. Il ne s’agit certes pas d’un talent exceptionnel, tel que peut être, en revanche, celui du théoricien de la physique ou du poète, mais d’une créativité « de bas régime », normale, diffuse, presque inévitable. Elle aussi, en effet, a un fondement biologique. Négligé par le comportementalisme de Skinner, mais aussi par la linguistique saussurienne, le caractère innovant des performances linguistiques est étroitement corrélé à une limitation initiale : loin d’en contredire la validité, la créativité se sert des structures et des schémas qui discriminent a priori le dicible de l’indicible. Les règles sans appel de la grammaire universelle et la liberté des usages linguistiques s’impliquent réciproquement. Ici Foucault met de côté la diplomatie et déclare ouvertement son désaccord. Il est bien vrai qu’il ne peut y avoir de créativité qu’à partir d’un système de règles contraignantes. Mais Chomsky se trompe en situant ces principes normatifs à l’intérieur de l’esprit individuel. Les schémas et les structures sur lesquels se greffe la variation créatrice ont une origine supra-personnelle. Et pour Foucault, supra-personnel veut dire historique. Les règles auxquelles chacun se conforme, et dont il s’éloigne éventuellement, ne sont pas innées, mais prennent corps dans les pratiques économiques, sociales, politiques (Ibid., p. 488 sq.). Ne pas reconnaître cet aspect est typique de celui qui prend la nature humaine précisément pour une idée scientifique déterminée, plutôt que de la tenir pour un simple « indicateur épistémologique ». Ce quiproquo initial entraîne que les vicissitudes historico-sociales de l’espèce soient entièrement rapportées aux structures psychologiques de l’individu isolé. Chomsky tient ferme et réaffirme, avec beaucoup d’obstination, aussi bien la nature métahistorique que le caractère individuel de la créativité linguistique : « La nature de l’intelligence humaine n’a certainement pas beaucoup changé depuis le XVIIe, ni probablement depuis l’homme de Cro-Magnon. » ( Ibid ., p. 491.)

    Nous donnons maintenant quelques aperçus de la dispute sur la « désobéissance civile », sur laquelle se termine l’entretien d’Eindhoven. Chomsky n’hésite pas à déduire un engagement politique à part entière de certains aspects persistants de la nature humaine. La créativité du langage, caractéristique biologique de notre espèce, requiert une défense qui s’engage dans une lutte sans quartier contre tous les pouvoirs constitués (capitalisme, État centralisé, etc.) qui l’inhibent ou la répriment. « Un élément fondamental de la nature humaine est le besoin de travail créatif, de recherche créatrice, de création libre sans effet limitatif arbitraire des institutions coercitives ; il en découle ensuite bien sûr qu’une société décente devrait porter au maximum les possibilités de réalisation de cette caractéristique humaine fondamentale. » (Ibid., p. 494.) Un attribut métahistorique d’ Homo sapiens constitue, donc, le pivot d’une position politique anarcho-syndicaliste, ainsi que d’un critère sur la base duquel l’on peut décider si et quand contrevenir aux règles en vigueur. La sauvegarde de la créativité de l’espèce est l’idée régulatrice qui, à elle seule, peut légitimer la désobéissance civile. Cette tentative d’imbriquer réciproquement biologie et pratique historique est cependant inconsistante, malgré son admirable apparence, sous plusieurs aspects. Et elle est même dangereuse : un autre savant, qui mettrait en évidence un aspect différent de la nature humaine, par exemple la recherche de sûreté, pourrait appuyer chaleureusement, avec le même droit, des mesures politiques autoritaires et contraignantes. Foucault a donc beau jeu (un Foucault pour une fois mimétique vis-à-vis du marxisme), de mettre en évidence les contradictions qui accablent celui qui veut proposer un modèle social idéal.

    Ces notions de nature humaine, de justice, de réalisation de l’essence humaine sont des notions et des concepts qui ont été formés à l’intérieur de notre civilisation, dans notre type de savoir, dans notre forme de philosophie, et que, par conséquent, ça fait partie de notre système de classes, et qu’on ne peut pas, aussi regrettable que ce soit, faire valoir ces notions pour décrire ou justifier un combat qui devrait – qui doit en principe bouleverser les fondements mêmes de notre société. Il y a là une extrapolation dont je n’arrive pas à trouver la justification historique.
    (Ibid., p. 506.)

    La désobéissance civile ne peut pas revendiquer un fondement biologique éternel, car elle est plutôt fonctionnelle à l’obtention d’objectifs qui brillent vraiment et seulement dans une conjoncture historique caractéristique. « Plutôt que de penser à la lutte sociale en termes de justice, il faut mettre l’accent sur la justice en termes de lutte sociale. » (Ibid., p. 502.)

    La discussion entamée à Eindhoven provoque un sentiment de malaise, assez durable pour que son résultat soit instructif. Voilà, peut-être, son mérite le plus grand. En lisant la transcription du dialogue, on éprouve une insatisfaction double et concomitante . Les réserves vis-à-vis de certaines assertions de Chomsky ne se traduisent pas en assentiment aux objections que Foucault lui adresse ; et vice versa, les lacunes perçues dans l’argumentation de ce dernier ne semblent pas comblées par les répliques polémiques de son adversaire. Il faut s’adapter, donc, à un état d’indécision, ou mieux, d’indécidabilité, pas tellement différent (pour le dire en un mot simple) de celui dans lequel se trouve quiconque est interrogé sur la vérité ou fausseté de l’énoncé « je mens ». Beaucoup de lecteurs, chomskyens ardents ou foucaldiens de métier, ne sont naturellement pas tout à fait indécis (comme, du reste, ne manquera pas de l’être celui qui s’obstine à considérer comme faux, ou à proclamer vrai, l’énoncé paradoxal « je mens »). Les partisans de Chomsky affirment que l’entretien de 1971 inaugure le déclin du relativisme historiciste, coupable d’avoir dissous la nature humaine dans un kaléidoscope de différences culturelles, presque comme s’il s’agissait d’une pastille d’Alka-Seltzer. Les adeptes de Foucault, en revanche, croient qu’à Eindhoven a été battue en brèche la dernière des innombrables tentatives, à la fois très irascibles et naïves, de faire valoir toujours le mythologème d’une réalité naturelle toujours égale à elle-même, contre la densité de l’expérience historique. De cette manière, cependant, plutôt que de se heurter, on s’évite, comme cela s’est déjà produit, précisément, pour Chomsky et Foucault il y a plus de quarante ans. Plutôt que reproduire à l’infini les mouvements de l’ancienne confrontation, il convient de s’installer dans le malaise et dans l’indécidabilité dont on parlait ci-dessus. Il faut s’appuyer sur l’insatisfaction simultanée envers les argumentations des deux interlocuteurs. Le ni… ni… recoupe une place vide, digne de quelques explorations ; il définit avec une précision suffisante, enfin, le domaine de l’ histoire naturelle .

    Foucault a une très bonne raison quand il signale la présence d’une hypothèque sociopolitique dans tout discours sur la nature humaine. Mais il a tort d’utiliser cette constatation comme une preuve de l’inconsistance de la nature humaine elle-même. C’est un cas classique d’inférence, qui démontre trop : illégitime par excès de zèle. Le fait que la métahistoire phylogénétique soit l’objet de multiples représentations conditionnées historiquement, chacune avec une teneur contingente, n’implique pas du tout sa désintégration en tant que métahistoire ; c’est-à-dire cela n’ôte rien à la persistance de certaines prérogatives de l’espèce « depuis le Cro-Magnon en avant ». On peut s’accorder sur l’idée que l’invariant biologique ne peut jamais être séparé du cours historique variable : mais celui-ci n’est pas un argument suffisant pour nier l’invariant en tant que type, ni pour négliger les modes dont – en demeurant invariant justement – il déborde sur la surface des différents systèmes sociaux et productifs. Voilà que l’insatisfaction vis-à-vis du Foucault d’Eindhoven, de la part de n’importe qui aurait à cœur la possibilité d’une histoire naturelle, consiste, en dernier lieu, dans le fait de concevoir la récursivité par laquelle l’invariant se manifeste dans des conjonctures historiques spéciales, comme une attestation de sa… variabilité (c’est-à-dire comme une réfutation de l’invariant lui-même).

    Mais il y a mieux. L’observation de Foucault est incontestable : la nature humaine, plutôt que de constituer l’objet de la recherche, a souvent été un pur « indicateur épistémologique », c’est-à-dire une grille conceptuelle destinée à organiser préalablement le regard du chercheur. Cependant, si l’on ne veut pas céder à l’idéalisme transcendantal le plus effréné, il faudrait admettre que l’existence de catégories a priori (ou de grilles, ou encore d’indicateurs épistémologiques) présuppose, elle aussi ou elle surtout, une base biologique. Posons le problème ainsi : l’« indicateur épistémologique », s’il ne désigne certainement aucun phénomène déterminé (étant inhérent plutôt à la manière dans laquelle la représentation se structure), s’appuie cependant sur une réalité empirique espèce-spécifique : la faculté innée de langage, les structures caractéristiques de la pensée verbale, etc. Eh bien, la nature humaine coïncide en tous points avec la réalité empirique qui est par-derrière les « indicateurs épistémologiques » ; elle n’est pas une chose différente, donc, de l’ensemble des conditions matérielles qui sous-tendent la formation des catégories a priori. À un certain moment Foucault affirme :

    Peut-être que la différence entre M. Chomsky et moi-même est que, quand il parle de science, il pense probablement à l’organisation formelle de la connaissance, tandis que je parle de la connaissance même, c’est-à-dire du contenu des diverses connaissances dispersé dans une société particulière, qui imprègne cette société, et constitue le fondement de l’éducation, des théories, des pratiques, etc.
    (Ibid., p. 489.)

    C’est juste. Sauf à ajouter que cette partie autour de la nature humaine se joue vraiment et seulement autour de l’« organisation formelle de la connaissance ». Tant que l’on reste accroché au « contenu des diverses connaissances », il est facile de mettre en doute l’existence de constantes métahistoriques. C’est facile, mais c’est aussi sans influence.

    L’insatisfaction vis-à-vis de Chomsky à Eindhoven est vite formulée : il réabsorbe le variable dans l’invariant, il réduit l’histoire à la métahistoire. On pourrait s’exprimer de manière plus nuancée et circonspecte, mais la substance est là. Il ne faut pas se laisser tromper par la passion politique naturelle dont fait preuve l’auteur de Syntactic Structures. Selon Chomsky, une « société décente » exige une correction naturaliste des distorsions produites par l’histoire errante. On l’a vu : la créativité du langage (et, indirectement, du travail et de la recherche scientifique) est une qualité innée de l’ Homo sapiens ; une qualité à réaffirmer toujours de nouveau, contre les prétentions, injustes, parce que non naturelles , de tel ou tel système de pouvoir. Déduire un idéal sociopolitique de l’invariant biologique signifie, en effet, exorciser la variabilité sociale et politique ou, tout au moins, contenir le mal qu’elle porte en elle-même. Équitable, pour Chomsky, serait l’organisation sociale qui ne s’éloignerait pas du tout de la métahistoire, en coïncidant point par point avec ces traits distinctifs de l’animal humain qui persistent, inchangés, depuis l’homme de Cro-Magnon. Devant ce prêchi-prêcha en sauce rousseauiste, on ne peut pas s’en sortir à bon marché, en soutenant qu’il faut s’occuper seulement des théories linguistiques de Chomsky, et pas de sa réflexion politique. Une telle astuce, certainement favorable au bon résultat d’un concours universitaire, ferait du tort cependant à la vie et à l’œuvre du même Chomsky. Le fait que le rapport entre la faculté de langage et l’action politique qu’il propose soit sans fondement, ne témoigne pas contre sa politique, mais plutôt contre sa manière de concevoir la faculté de langage (et, donc, la nature humaine invariante). La question philosophiquement considérable est la suivante : quels aspects de la linguistique chomskyenne bouchent dès le début la possibilité d’articuler un rapport fiable entre l’inné et l’acquis, l’invariant et le variable, le métahistorique et l’historique ? Quels aspects de cette linguistique se révèlent incompatibles, donc, avec une historiographie naturaliste ?

    Ces deux questions me semblent névralgiques. Premièrement, si l’on attribue à la faculté de langage une grammaire définie (bien que, certes, « universelle »), c’est-à-dire un ensemble de règles et de schémas, elle ressemblera bien trop à une langue historique, ou du moins à la moyenne pondérée des langues historiques, en perdant ainsi ce qui la définit : le statut de potentialité encore indéterminée, de disposition physiologique générique à l’articulation verbale. Ce glissement implique des conséquences fatales. La faculté métahistorique de langage, ainsi réduite au plus petit dénominateur commun des langues, assimile subrepticement en elle un certain nombre de caractères proprement historiques. Avec un double désavantage : affaiblissement de la métahistoire, congélation de l’histoire. En atténuant la distinction entre le « depuis toujours » invariant et le « juste à présent » contingent, ne peut prévaloir qu’une région intermédiaire hybride dans laquelle, sans hasard, la biologie fournit directement les critères de la justice sociale. Pour rétablir cette distinction et donner à chacun son propre critère, il faut avant tout éliminer l’idée que la nature humaine métahistorique consiste dans la « créativité des usages linguistiques », ou dans d’autres propriétés d’un haut relief, isolables comme des pépites douées d’un poids spécifique caractéristique. La faculté de langage garantit l’historicité de l’animal humain, à savoir les conditions de possibilité de l’histoire, mais elle ne fonde en aucune manière tel ou tel modèle de société et de politique. On reviendra plus loin sur tout cela.

    Et nous en venons à la deuxième question. Chomsky et les sciences cognitives établissent un court-circuit pernicieux entre l’espèce et l’individu isolé. Ils n’ont aucune hésitation, bien au contraire, à identifier sans restes les deux termes. À ce sujet, qu’ils le sachent ou non, ils sont très chrétiens : « Le paganisme ne voyait dans l’individu qu’un membre distinct et dépendant de l’espèce ; le christianisme, au contraire, l’identifiait avec l’espèce, ne le comprenait que dans une unité immédiate et sans différence avec elle […] Pour le chrétien, Dieu est le concept de l’espèce considérée en tant qu’individu. » (Feuerbach 1841, p. 165 sq.) L’erreur n’est pas, bien entendu, dans le fait de prendre comme point de départ l’esprit linguistique unique, mais dans le fait de méconnaître ou d’enlever ses caractères transindividuels. Attention : par « transindividuel » il ne faut pas entendre l’ensemble de qualités qui rapprochent l’individu des autres individus, mais ce qui concerne uniquement la relation entre individus, sans appartenir solidairement à aucun d’eux en particulier. La transindividualité est la manière dont s’articule, à l’intérieur du même esprit individuel, l’écart entre l’espèce et l’individu. Elle est un espace potentiel encore vide, non pas un ensemble de propriétés positives : ces dernières, loin de se situer dans un « entre », constitueraient en effet le patrimoine exclusif d’un certain Moi. Dans le particulier, dans l’individu, les aspects transindividuels de la faculté de langage, à savoir de la nature humaine, se présentent inévitablement comme incomplétude , lacune, potentialité. Et alors, ces caractères défectifs, et cependant innés, signalent que la vie de l’esprit est, depuis le début, une vie publique . Ayant négligé la dimension transindividuelle, Chomsky et les cognitivistes croient que l’intellect de chacun est autosuffisant et, donc, dépolitisé. Dans leur scénario, la pratique sociale ne monte sur scène que dans le deuxième acte, lorsque des esprits déjà complets en eux-mêmes interagissent, des esprits essentiellement privés. La sphère publique est donc un élément optionnel dont on peut toujours se passer. L’« animal qui a le langage » n’est pas, en tant que tel, un « animal politique ». Le vacarme de l’histoire ne plonge pas ses racines dans la nature humaine : voire, c’est au nom de cette dernière qu’il faut s’efforcer d’atténuer ce vacarme, en amoindrissant les dissonances.

    3 – Invariance biologique et horizon religieux

    L’histoire naturelle vise à recenser les formes très différentes sous lesquelles les présupposés biologiques de notre espèce émergent en tant que tels sur le plan empirique, en s’incarnant dans des phénomènes sociopolitiques absolument contingents. Elle prête une attention spéciale à la manière dans laquelle les conditions phylogénétiques qui garantissent l’historicité de l’animal humain prennent parfois l’apparence de faits historiques bien déterminés. Elle défend avec fermeté, donc, aussi bien l’invariance de l’invariant, que la variabilité du variable, en excluant des compromis qui ne sont judicieux qu’en apparence. Pour faire valoir ses instances propres, l’histoire naturelle doit repousser en bloc les orientations opposées et symétriques qui se heurtèrent dans la discussion de 1971. Elle doit repousser l’une et l’autre orientation, mais surtout l’alternative qu’elles représentent ensemble : ou bien dissolution de la métahistoire dans l’histoire empirique (Foucault), ou bien réabsorption de l’histoire dans la métahistoire (Chomsky). Tant que le domaine des choix possibles semblera saturé par ces deux polarités, l’histoire naturelle restera un migrant clandestin sans droit de citoyenneté.

    #transindividuel #nature_humaine #histoire #histoire_naturelle

  • Décision-cadre portant recommandations générales sur les pratiques du maintien de l’ordre au regard des règles de déontologie
    PDF, 23 pages : https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/decision_cadre_maintien_de_lordre_-_defenseur_des_droits.pdf

    Toubon quitte le poste de Défenseur des droits en publiant un rapport final critiquant le Maintien de l’ordre depuis le changement de doctrine contre les Gilets jaunes.

    –—

    Présentation : https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2020/07/maintien-de-lordre-les-recommandations-generales-du-defenseur-de

    Le Défenseur des droits :

    alerte sur les conséquences des interpellations préventives de personnes aux abords des manifestations, au motif qu’elles sont trouvées porteuses de masques de protection, de lunettes de piscine ou de gilets jaunes. Cette pratique relativement récente induit un risque de recourir à des mesures privatives de liberté de manière disproportionnée et de favoriser les tensions

     

    recommande que le cadre juridique du recours à la confiscations d’objets à l’occasion des opérations de maintien de l’ordre soit clarifié en distinguant les mesures prises à des fins judiciaires de celles prises à des fins administratives. En l’absence de cadre légal, de modalités de confiscation, de stockage ou de restitution, ces mesures portent atteinte au droit de propriété.

     

    rappelle que la liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques et qu’il repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Il recommande qu’une vigilance particulière puisse être accordée aux journalistes afin qu’ils puissent exercer leur profession en toute sécurité lors des opérations de maintien de l’ordre. Le Défenseur des droits recommande que la même vigilance soit accordée aux observateurs identifiables issus de la société civile.

     

    constate des difficultés faisant obstacle au contrôle de l’action des forces de l’ordre. Certaines de ses enquêtes ne peuvent aboutir faute de pouvoir identifier les agents notamment lorsqu’ils sont porteurs de casque ou encore par la manque de fiabilité dans la mise en œuvre de la traçabilité des usages d’armes. Le Défenseur des droits rappelle que le contrôle effectif des agents des forces de l’ordre doit permettre de répondre aux critiques exprimées par les citoyens à l’égard des forces de l’ordre et recommande ainsi que soient prises des mesures permettant l’identification des agents des forces de l’ordre.

    • La question du maintien de l’ordre, l’ultime décision du Défenseur des droits

      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/07/10/la-question-du-maintien-de-l-ordre-l-ultime-decision-du-defenseur-des-droits

      Dans un document que « Le Monde » a pu consulter, Jacques Toubon formule huit recommandations inédites pour mettre fin à des pratiques qui ne respectent pas les droits des citoyens.

      C’est à la fois l’épilogue d’un mandat marquant et un cadeau de bienvenue empoisonné. Jacques Toubon a rendu, jeudi 9 juillet, son ultime décision en tant que Défenseur des droits ; elle porte sur la question du maintien de l’ordre.

      Dans un document de vingt-trois pages, que Le Monde a pu consulter, et qui a été remis directement sur le bureau du nouveau ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, il formule huit recommandations inédites aux forces de l’ordre pour mettre fin à des pratiques qui ne respectent pas les droits des citoyens. Il en rappelle quatre autres déjà faites ces derniers mois, à commencer par l’interdiction du lanceur de balles de défense (LBD) dans un contexte de maintien de l’ordre.

      Fondée sur les 198 saisines reçues depuis début 2019 par l’institution, cette « décision-cadre » demande notamment « qu’il soit mis fin à la pratique conduisant à priver de liberté des personnes sans cadre juridique ». Un réquisitoire sévère contre l’usage abusif des gardes à vue, des interpellations de groupe, des contrôles délocalisés… Autant de dévoiements des textes administratifs qui visent en réalité à empêcher des personnes d’exercer leur droit de manifester, pourtant garanti par la Constitution.

      Le calendrier de la remise du rapport est très politique. Ce document vient opportunément rappeler au nouveau ministre, à peine nommé, le travail effectué par le Défenseur des droits et le rôle que l’institution entend continuer à jouer, au-delà du départ de M. Toubon.

      Mettre fin à la technique dite de « l’encagement »

      C’est également une manière de tenter de peser sur le schéma national du maintien de l’ordre. Ce bréviaire, en cours d’élaboration depuis un an et dont la publication a été maintes fois repoussée, est l’un des dossiers prioritaires sur le bureau de Gérald Darmanin.

      Il est censé reposer les bases du maintien de l’ordre à la française, un modèle dont la police nationale a longtemps été très fière mais qui a été fortement bousculé depuis quelques années, et plus particulièrement avec le mouvement des « gilets jaunes » et les accusations de violences illégitimes. Dans sa lettre au ministre, M. Toubon demande d’ailleurs que sa décision soit jointe à la définition du futur schéma.

      Parmi les recommandations principales, le Défenseur des droits demande que soit mis fin à la technique dite de « l’encagement », qui « consiste à priver plusieurs personnes de leur liberté de se mouvoir au sein d’une manifestation (…) au moyen d’un encerclement par les forces de l’ordre qui vise à les empêcher d’entrer ou de sortir du périmètre ainsi défini ».

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  • Le Défenseur des droits souligne « l’urgence » de faire évoluer le maintien de l’ordre - France - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/le-defenseur-des-droits-souligne-l-urgence-de-faire-evoluer-le-maintien


    Jacques Toubon, Défenseur des droits.
    Martin Bureau / AFP

    Alors qu’il quitte ses fonctions au sein du Défenseur des droits dans une semaine, Jacques Toubon a adressé des recommandations au nouveau ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

    Un message opportun après le remaniement : dans une décision adressée au nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le Défenseur des droits insiste sur « l’urgence » de faire évoluer le maintien de l’ordre, notamment en interdisant le LBD et le port de la cagoule chez les policiers.

    Jacques Toubon, qui quitte dans une semaine cette autorité indépendante après six ans passés à sa tête, semble vouloir faire entendre sa voix jusqu’au bout. Dans cette décision-cadre consultée par l’AFP, le Défenseur des droits actualise ses recommandations en matière de maintien de l’ordre, à la lumière des presque 200 réclamations qu’il a reçu pendant le mouvement des gilets jaunes.

    Interdiction des LBD dans les manifestations
    L’ancien ministre de Jacques Chirac souligne « l’urgence (…) à ce que les réflexions sur ces thématiques aboutissent », alors que Christophe Castaner a quitté Beauvau sans publier le schéma national du maintien de l’ordre promis pour tirer les enseignements du mouvement social, marqué par une grande violence.

    Avec cette décision, envoyée pour « être jointe à la définition » de ce schéma, Jacques Toubon reprend un bon nombre de recommandations déjà formulées par l’institution depuis début 2018 et son rapport dédié à la doctrine du maintien de l’ordre en France, qui proposait de révolutionner les pratiques policières.

    Le Défenseur des droits réclame ainsi toujours l’interdiction d’utiliser les lanceurs de balle de défense (LBD) dans les manifestations, une arme accusée de provoquer des blessures graves comme l’éborgnement.

    Il recommande aussi de mettre fin aux « nasses », cette technique d’« encagement » utilisée par les forces de l’ordre pour encercler les manifestants, et d’arrêter les « contrôles d’identité délocalisés », qui consistent à interpeller une personne dans la manifestation pour la contrôler ensuite en marge du défilé, parfois dans un commissariat.

    Ces pratiques conduisent « à priver de liberté des personnes sans cadre juridique », résume le Défenseur.

    L’institution s’interroge également sur le « cadre juridique » des « interpellations préventives » effectuées lors des manifestations de gilets jaunes.

    Souvent « motivées par la détention d’objets » comme des masques de protection pour les yeux, des lunettes de piscine ou de simples gilets jaunes, qui « ne représentent aucun danger », elles peuvent « priver un individu de son droit de manifester », estime-t-elle. Elle demande par ailleurs que le « cadre juridique » permettant aux policiers de confisquer des objets « soit clarifié ».

    Identifier les policiers
    Le Défenseur réclame également des mesures pour « garantir l’identification des forces de l’ordre » et proteste contre les « policiers en civil » qui portent des « casques intégraux » ou des « cagoules ».

    Des pratiques adoptées « en dehors de tout cadre légal ou réglementaire », rappelle l’institution, qui constate « une forme d’acceptation, de tolérance de la part de la hiérarchie » policière sur ce sujet.

    « La confiance que la population doit avoir en sa police repose sur la transparence de son action », estime-t-elle, en jugeant « difficilement admissible » que des plaintes soient classées parce qu’un fonctionnaire n’est pas identifié.

    Jacques Toubon préconise enfin que les forces de l’ordre accordent une « vigilance particulière » aux journalistes et aux observateurs associatifs, pour leur permettre d’exercer leurs missions pendant les manifestations, et à « une vigilance accrue » concernant l’emploi proportionné de la force lorsque les manifestants sont mineurs.

    La place Beauvau, où vient d’être nommé Gérald Darmanin, dispose de deux mois pour répondre à ce document consultatif.

    Lors de la passation de pouvoirs mardi, Christophe Castaner a indiqué que le nouveau schéma national de maintien de l’ordre, qui devait initialement être dévoilé en janvier, était « à disposition » du nouveau ministre. Il doit « placer la médiation et la baisse du conflit au cœur même de la gestion de l’ordre public », a-t-il promis.

    Gérald Darmanin doit mener à bien ce chantier dans un contexte délicat, alors que la recrudescence du débat sur les « violences policières », terme réfuté par l’exécutif, a poussé son prédécesseur à annoncer la fin de l’enseignement d’une méthode d’interpellation dite de la clé d’étranglement, provoquant la colère des policiers.

    Lors de son premier discours comme ministre de l’Intérieur, il a assuré mardi les forces de l’ordre de son « soutien total ».

    • En résumé, Toubon flingue l’ensemble des pratiques de la police auxquelles tout manifestant a été confronté depuis au moins 4 ans.

      Pour le nouveau ministre : soutien total aux FdO. Pas un mot sur l’illégalité des pratiques ou le recours aux armes moins létales. On peut donc s’attendre à ce que la «  doctrine  » ne bouge pas d’un iota.

  • RAPZA : Une histoire de samples arabes dans le rap (1/3) – Vintage Arab | Podcast auf Spotify
    https://open.spotify.com/episode/4UL7gTXrGmAtaS9Sa3GZBI
    https://soundcloud.com/vintagearab/rapza-une-histoire-de-samples-arabes-dans-le-rap-13


    https://i.scdn.co/image/8b4daebf2da7eb95c15f23ef011c797e05cdce5b

    Le voici le voilà, le premier épisode d’une série de trois podcasts sur les samples arabes dans le rap. Et pour l’occasion, plutôt trois fois qu’une, je suis à nouveau accompagnée de Bachir, dj rap, auteur pour l’ « Abcdr du son, le magazine du rap » et moitié du duo Toukadime sur le patrimoine musical maghrébin. L’idée est simple : parler du rap et des musiques arabes à pied d’égalité à travers l’usage des samples. Il s’agit donc de parler en profondeur du rap et de musiques arabes en passant par la grande histoire, l’histoire de l’immigration, par la sociologie du rap et ses influences, par le parcours des artistes arabes eux-même. On analyse les textes, les instru et les influences pour tisser des liens forts entre les générations. C’est bien sûr pour tous les rappeurs et les rappeuses d’origine maghrébines qui n’ont eu de cesse de les réutiliser, de se les réapproprier et de suivre l’influence des parents mais aussi pour tous ceux qui ont grandi et ont été influencés par l’intermédiaire de leur quartier, leur proche ou leur ville !

    On évaluera dans le temps sur trois épisodes avec des monuments tels que Fayrouz, Rim-K, la Rumeur, Ahmed Wahbi, la Scred, Cheb Khaled ....

    Le magnifique graphisme est l’oeuvre du graphiste franco-irakien Ilaf Noury et de la graphiste syrienne Joud Toamah. Ce qui nous donne une belle équipe tuniso-maroco-irako-syrienne ! Une petite histoire de l’immigration d’hier et d’aujourd’hui en somme. Un immense merci à eux et évidemment à Bachir. L’épisode a été conçu, scénarisé et la playlist a été choisi par Bachir et moi-même, les mix et le montage sont l’oeuvre de Bachir. L’ensemble des sons diffusés sont issus de sa collection personnelle de vinyles. Merci encore à toi pour ce moment, pour le travail et pour l’inégalable qualité de ton propos ! Ce premier épisode est spécialement dédicacé à Sihame Assbague (toi-même tu sauras pourquoi !).

    Montez dans la 504 on vous emmène partout de Barbès à Marseille, de Wahran à Beyrouth et dans plein d’autres endroits !

  • LOÏC, ACTIVISTE DE 24 ANS, 3 ANS DE PRISON POUR 2 CAILLOUX
    10 juil. 2020
    https://www.youtube.com/watch?v=u0wLgi0lb-Q&feature=emb_logo

    "Mesdames et messieurs les jurés. Enfin, nous arrivons vers la fin de ce procès qui a débuté en décembre 2018. Je ne savais pas qu’un procès pouvait durer aussi longtemps. J’ai été arrêté quelques jours après l’anniversaire de mes 22 ans, en août 2018, les policiers ont défoncé la porte de la maison de mes parents en criant, ma petite sœur a dû se mettre à genoux les mains sur la tête. En entendant la porte se faire fracasser, j’ai eu dans mon esprit des images de violence policière lors d’interpellations, de comment les policiers se lâchent et frappent les personnes. J’ai pris peur et je suis passé par le toit en finissant dans le jardin des voisins et j’ai rejoint l’autre côté du lotissement.
    (...)
    Vendredi 10 juillet, Loïc a été condamné par le tribunal régional de Hambourg à trois ans de prison ferme.

    • Loïc condamné à 3 ans, reste libre pour le moment
      2020/07/10
      https://laneigesurhambourg.noblogs.org/post/2020/07/10/news-loic-condamne-a-3-ans-reste-libre-pour-le-moment

      Loïc a été condamné à 3 ans de prison ferme (le procureur avait requis 4 ans et 9 mois contre lui). Aucun mandat de dépot n’a été prononcé contre lui, il reste donc libre pour le moment. Les 16 mois de prison qu’il a déjà effectué sont à déduire de cette peine et il est commun en Allemagne de n’effectuer que les deux tiers d’une peine lors de la première incarcération. Notre ami devrait donc théoriquement retourner en prison pour une durée de huit mois. Cela dit, ses avocats ont décidé de faire appel et sont convaincus que le procureur en fera autant dans les heures qui viennent. Cet appel étant suspensif, il restera libre jusqu’à ce second jugement qui ne devrait pas intervenir avant un an. D’ici là, aucun contrôle judiciaire ne lui sera imposé, il pourra donc quitter enfin Hambourg et aller où bon lui semble sans avoir à rendre des comptes aux flics ou à la justice. À suivre donc.

  • Coronavirus : l’insouciance d’une partie des Etats-Unis en pleine épidémie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/09/aux-etats-unis-le-nombre-de-cas-de-covid-19-explose_6045665_3210.html

    La relative indifférence – ou insouciance – d’une partie de la population est peut-être aussi à mettre en relation avec le fait que la maladie frappe de manière très inégalitaire. En portant plainte, en vertu de la loi sur la liberté de l’information (FOIA), le New York Times a réussi à se procurer un état des lieux. Ce qui n’a pas été sans peine : les comtés n’ont pas les mêmes critères de comptabilité des cas, et l’obligation de les signaler au niveau fédéral ne date que de quelques semaines. Les chiffres, qui ne prennent pas en compte le summer surge (la recrudescence estivale actuelle), montrent que les Noirs et les Latinos ont trois fois plus de probabilités de contracter le virus que les Blancs, et deux fois plus d’en mourir. Jusqu’ici, les disparités dans la maladie étaient attribuées aux comorbidités plus fréquentes parmi ces populations. A la lumière de cette enquête, les experts pensent qu’elles sont surtout le reflet du danger auquel sont exposées, de manière disproportionnée, les minorités, du fait de leur statut économique. Noirs, Latinos et autres « personnes de couleur », selon la nomenclature américaine, forment la majeure partie des travailleurs « essentiels », que ce soit dans les services de nettoyage, de transports ou d’alimentation. Des catégories qui ne prennent pas le risque de s’exposer au virus au nom de la liberté individuelle mais par nécessité.

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