petit-écran de fumée

Le petit écran est une invention formidable, mais il a un défaut majeur : l’absence de trappe de désenfumage.


  • Nous sommes à priori dans un cycle économique plutôt positif, eu égard à la surcharge de travail que l’on constate à un certain nombre de niveaux et de secteurs. Un certain nombre de personnes t’expliquent que c’est lié à la bonne politique menée par l’Europe et nos hommes de paille au pouvoir. Cependant, à une époque lointaire, j’avais aussi appris que tout cela n’était finalement qu’une affaire de cycle.

    Exemple :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_Kondratiev

    Je ne suis cependant plus autant lié aux réseaux qui discutent et étudient les conjonctures, mais je me dis que ça doit bien exister encore.

    Quelqu’un a-t-il des sources d’information sur l’état de ces différents cycles (Kondratiev, Juglar, ...) et leur influence sur la situation présente ?

    L’existence de ces cycles est un truc fascinant, mais assez désespérant pour les politiques qui voudraient pouvoir expliquer qu’ils y sont pour quelque chose. En ce moment, j’essaie de construire un bout d’argumentaire afin d’expliquer qu’être au pouvoir (diriger l’Etat), c’est aussi utile à une chose particulière : pouvoir modifier la façon dont les ressources se répartissent. Cet argumentaire doit forcément exister, mais il gagnerait à avoir plus de publicité, et il gagnerait à exploiter l’exemple actuel en ce qu’il en est un exemple tellement retentissant (don des autoroutes, don de la FDJ, don de Alsthom, limite à 80 pour favoriser la circulation sur les autoroutes (quoi c’est tiré par les cheveux ?), ... pas un jour sans qu’on te sorte une nouvelle mesure pour « rationnaliser »... CSG pour les pauvres, ISF pour les riches...)


  • Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une vitesse « vertigineuse »
    http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineus

    Attribué par les chercheurs à l’intensification des #pratiques_agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des #jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du #suramendement au #nitrate permettant d’avoir du blé #sur-protéiné et à la généralisation des #néonicotinoïdes », ces fameux #insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des #abeilles et la raréfaction des #insectes en général.

    Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié au cours des deux dernières années.

    #extinction_de_la_nature


  • RESPONSABILITE DES ACTIONNAIRES

    Si je paye un fusil à quelqu’un pour commettre un crime, la justice ne
    limitera ma responsabilité au prix du fusil ! Pourtant quand un actionnaire participe à une entreprise, sa responsabilité se limite au seul risque de perdre la valeur des ses actions !

    http://www.trazibule.fr/responsabilite.php

    L’irresponsabilité intrinsèque du capitalisme
    gros tabou de la #RSE


  • SNCF : entre les (petites) lignes | Arrêt sur images
    https://beta.arretsurimages.net/chroniques/sncf-entre-les-petites-lignes

    Regardons maintenant, dans la formulation des questions, quelle place est accordée aux avantages du « statut », et quelle place est accordée à la description des contraintes du métier (il s’agit d’un autre sondage, mais qui donne exactement le même résultat). Vous avez deux minutes.



  • Le savon d’Alep ?

    Je me suis demandée comment, alors que la guerre en Syrie s’éternise faisant des victimes de plus en plus nombreuses, que les populations qui le peuvent fuient les violences, on peut encore trouver du savon d’Alep en France made in Syria.

    Dans cet article de 2014, le pays exporte ses stocks qui étaient conséquents mais depuis 2014 ils ont dus disparaitre.
    http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2014/04/25/10001-20140425ARTFIG00297-le-savon-d-alep-emporte-par-la-guerre-civile-en-s

    Dans cet article de 2016, les stocks syriens sont épuisés et les savons dits d’Alep sont fabriqués dans d’autres pays.
    http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/syrie-le-savon-d-alep-une-fabrication-menacee-mais-toujours-vivante_140

    Pourtant, celui que j’achète à la Biocoop est made in Syria. Hier j’ai regardé dans les rayons de Nature & Découvertes, leurs savons d’Alep sont aussi made in Syria.

    Spécialistes de la région, savez-vous si la productions des savons en Syrie continue, et si oui, à qui elle profite ?

    • • en février 2017, la réponse est de Turquie, mais ça reviendra

      Aleppo soap : Balsam from a war zone - Qantara.de
      https://en.qantara.de/content/aleppo-soap-balsam-from-a-war-zone

      Although the mere mention of the city of Aleppo conjures up images of war and destruction, Aleppo soap is flying off the shelves in Germany’s organic shops and supermarkets. But how does this popular product get from war-torn Syria to Germany? And is it really made in Aleppo?

      En juillet 2017, il vient d’Alep, à condition de choisir les bons fournisseurs (sans faire de pub aux interviewés…)

      • à Lyon
      Syrians sell Aleppo soap in France | All media content | DW | 13.07.2017
      http://www.dw.com/en/syrians-sell-aleppo-soap-in-france/av-39626681

      Syrians sell Aleppo soap in France
      In war-torn Syria, hundreds of people in Aleppo survive by making laurel soap and exporting it to France. The city is famous for its Aleppo soap, which is made by hand using olive oil, lye and laurel oil.

      • à Montréal
      Soap from Aleppo resurfaces — a sign of hope | Montreal Gazette
      http://montrealgazette.com/news/local-news/soap-from-aleppo-resurfaces-in-montreal-a-sign-of-hope

      Some soap artisans survived in the shadows, however, and have begun to rebuild their factories in Aleppo. They are a glimmer of hope for those who stayed in Syria — and those watching from abroad — that the situation there will get better. 
      […]
      The price of both olive oil and laurel oil skyrocketed, said Tarzi-Bachi. But getting the finished product to the Mediterranean coast for export also became much more expensive — and dangerous.

      My costs went way up,” she said. “All the routes were blocked. We had to pay off either the (government) soldiers or the Islamist factions to get through to Latakia or Tartus (cities in Syria).
      […]
      Even before the siege of Aleppo was lifted, however, a few soap makers began rebuilding, Tarzi-Bachi said, including Ali Miri. He reopened his factory in downtown Aleppo, an area already under government control, in January 2016, six months before the siege was over.
      […]
      The ongoing war and sanctions against the Syrian government also mean that getting the soap to Canada has been a formidable bureaucratic challenge, however.

      Sharbo’s container of herbs from Syria — including za’atar and thyme — arrived in Montreal last month but was held for inspection at the Port of Montreal for 22 days, Sharbo said. He had to pay $6,000 in customs duties and inspection fees.

      Tarzi-Bachi said it took her a whole year to secure a special permit to import soap from Aleppo. It was her second time applying for a permit, which the Canadian government has made contingent on the ability to prove one is not working with any of the warring factions inside Syria, she said. Starting in 2011, Canada has prohibited all imports from and exports to Syria, except with a special permit (food is exempted).

    • Les stocks, effectivement, avec des trajets totalement délirants pour faire sortir la marchandise jusqu’à la reprise d’Alep par l’armée syrienne comme le signale Simplicissimus. Le « savon d’Alep » est aussi fabriqué dans la zone qui se trouve entre Lattakié et Alep, avec des situations très différentes mais, dans certains cas, relativement propices au négoce (pour peu qu’on ait les bonnes relations).

    • Au delà de ses propriétés émulsifiantes bien connues, le savon est aussi utilisé pour ses qualités lubrifiantes, en ébénisterie par exemple un tiroir un peu trop ajusté retrouvera une fluidité d’usage en frottant un savon sur ces flancs. De là à penser que certains pourraient lubrifier les tiroirs-caisses voire des culasses de Kalach... avec des savonnettes, c’est une question qui mérite d’être posée.
      Mais au fond j’espère que ça sert juste à mettre un peu de beurre dans d’hypothétiques épinards, pour des gens qui en ont bien besoin.


  • Il fait chaud, laissez donc les #transports en commun aux pauvres en sueur | Perspectives sur la transition énergétique... parfois numérique | Eric Vidalenc | Les blogs d’Alternatives Économiques
    http://blogs.alternatives-economiques.fr/vidalenc/2017/06/21/il-fait-chaud-laissez-donc-les-transports-en-commun-a

    L’alternative est celle-ci : la voiture électrique individuelle, seul au volant, dans une ville déserte sans embouteillages bien sur ; ou les transports en commun qui n’offrent donc pas l’alternative de rester au frais.

    L’article de Thierry Libaert, Quelle publicité pour un monde sobre et désirable ? publié par la Fondation pour la Nature et l’Homme ( FNH), résume bien cet enjeu structurel que représente le travail sur l’imaginaire à travers la publicité. Et la responsabilité qu’elle doit prendre face aux enjeux de transition écologique.

    et j’ai découvert le #rasoir_d'Hanlon, en passant

    • La communication du constructeur allemand fait odieusement la promotion du #mépris_de_classe. Malveillance ou bêtise, les résultats se font déjà sentir : depuis le temps qu’on nous rabat les oreilles avec la solution « électrique » pour éradiquer tous les maux liés à nos moyens de transport, des ados technophiles (j’en connais) et leurs parents ne jurent que par cette solution qui ne serait pas émettrice de GES. Et quand j’aborde le problème de la production de cette bonne fée-électricité, il y a comme une réaction de fuite.
      Les publicistes ont une grande maîtrise de l’imaginaire décliné dans sa version consumériste et ils nous soumettent à une véritable dictature mentale.
      Et comme il est dit ici que

      Dénigrer une composante de la solution (les transports en commun), et promouvoir des usages problématiques par rapport au enjeux actuels (congestion urbaine, changement climatique, canicule), ça fait beaucoup dans un seul tweet. Désormais, on ne pourra plus invoquer la bêtise.

      ,
      on peut penser qu’Éric Vidalenc a opté pour la « loi de Grey », corollaire du « rasoir d’Hanlon » selon lequel à un degré suffisant, la bêtise (ou l’incompétence) est indistinguable de la malveillance.


  • « #Galleria_mellonella », la larve qui fait un festin... d’un sac plastique
    https://www.franceinter.fr/societe/galleria-mellonella-la-larve-qui-fait-un-festin-d-un-sac-plastique

    D’autres observations, réalisées cette fois au Royaume-Uni, confirment la tendance : ces larves peuvent détruire du plastique en à peine quelques minutes. En douze heures, la masse d’un sac plastique se retrouve diminuée de 92 milligrammes : c’est beaucoup plus que ce que permet une bactérie découverte l’an dernier, capable de détruire du plastique au rythme de... 0,13 milligramme par jour.

    #polyéthylène #plastique


  • Terrible réquisitoire du Figaro contre le #TGV

    http://www.lefigaro.fr/voyages/2017/04/10/30003-20170410ARTFIG00004-pourquoi-le-tgv-est-il-si-cher.php

    (..) Ouigo, le TGV low cost de la SNCF qui multiplie les contraintes comme celle de gares excentrées (..) devrait désormais fonctionner aussi au départ des grandes gares.
    Telle un novice qui voudrait tout apprendre par lui-même, la SNCF oublie les expériences déjà menées dans l’aérien. Par exemple, les écueils des compagnies low cost « Go » créées par British Airways ou « Atlas Blue » de la Royal Air Maroc. Go et Atlas Blue étaient en concurrence directe avec les vols de leur maison-mère, participant ainsi au siphonage de leurs passagers vers la filiale low cost. Ces compagnies ont vite abandonné ces expériences, comprenant qu’il valait mieux baisser les coûts et remplir leurs propres avions au moyen d’une politique de prix adéquate.
    La SNCF ne semble pas être de cet avis. À preuve, elle veut lancer Ouigo au départ de la Gare de Lyon, même si cela concurrence directement ses TGV pour Marseille. À chacun sa logique… En outre, à privilégier des trains qui traversent la France de part en part et au plus vite, la compagnie néglige le principal argument du train sur l’avion, à savoir sa capacité à desservir les territoires sur son passage. À croire que le principal concurrent de la SNCF n’est pas la voiture, mais l’avion.
    Enfin, 30% du prix d’un billet TGV concerne le péage que le SNCF doit payer pour que ses TGV circulent sur le réseau à grande vitesse. Un des péages les plus élevés d’Europe ! L’Etat français , contrairement à ses homologues allemand ou italien, n’ayant jamais voulu supporter la construction de l’infrastructure ferroviaire comme il le fait pour les routes ou les canaux.


  • A ma connaissance, la dernière fois qu’un élu de droite a rapidement démissionné après avoir été pris la main dans le pot de confiture, c’était en 2005.
    Le jeune chiraquien Gaymard, rival annoncé de Sarkozy, démissionne et rembourse les 60 000 € de loyer abusivement perçu pour un logement de fonction payé par le contribuable.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Gaymard

    Une affaire similaire atteint quelques semaines après Jean-François Copé — alors ministre délégué au Budget et porte-parole du gouvernement — : le journal Libération considère que la seule réelle différence est la non-démission dans la seconde affaire2

    JF Copé était lui dans le clan Sarkozy.


  • Sur « la peur d’embaucher », l’aveu du responsable de la CPME..

    D’après le patronat, le chomage est causé par les excessives règlementations de protection des salariés qui rendraient trop difficile le licenciement.
    Sauf que si tel était le cas, les nouvelles dispositions concernant les ruptures conventionnelles et les licenciements économiques (loi El Khomri) auraient déjà dû porter leur fruit.

    Dans un entretien au journal La Croix, François Asselin, répète cette revendication de l’assouplissement des licenciements, avant de révéler finalement que le problème se situe ailleurs..

    Le problème est que la France est en panne de rebond et ce n’est pas seulement une question juridique. Aujourd’hui, un chef d’entreprise sait que tout licenciement va mettre l’intéressé en grandes difficultés car il aura le plus grand mal à retrouver du travail. La charge émotionnelle est d’autant plus pesante dans une petite entreprise, ou en région, car l’employeur recroisera son ancien salarié au supermarché, à l’école de ses enfants… Dans le même temps, une entreprise a peur, elle aussi, de ne pouvoir rebondir quand elle voit son modèle économique bouleversé par une baisse des commandes, l’apparition de nouveaux besoins…

    Voilà : ce qui fait peur dans le licenciement, c’est l’impact humain, social, le manque de perspectives optimistes. Parce qu’en période de chômage de masse, mettre quelqu’un sur le carreau, c’est dramatique. Parce que le manque de vitalité économique général semble condamner toute personne licenciée au chômage de longue durée.
    On a peur d’embaucher, parce que le spectre d’une séparation fait peur, tout autant sur le plan humain que financier ou juridique.

    Le problème de la France n’est pas un problème juridique, c’est une panne de confiance collective : c’est la peur du chômage qui amplifie le chômage.

    Nous sommes dans un cercle vicieux. Est-il raisonnable de penser que l’économie française sortira de ce cercle vicieux et retrouvera de la performance collective si on déplace le curseur de la sécurité au profit des employeurs et au détriment des employés ?

    Les solutions sont ailleurs. Il faut remplacer le cercle vicieux de la défiance par le cercle vertueux de la confiance. D’où mon leit motiv personnel : la #RSE...

    Faut-il libéraliser le marché du travail ?
    Recueillis par Marie Dancer et Emmanuelle Réju, le 10/04/2017
    http://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/Faut-liberaliser-marche-travail-2017-04-10-1200838419



  • Les trolls sur Internet, nouveaux « colleurs d’affiches » du Front national - Le Monde
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/03/31/les-trolls-sur-internet-nouveaux-colleurs-d-affiches-du-front-national_51039

    Ce qu’ils représentent, en revanche, est identifiable : c’est le basculement d’une partie de la jeunesse vers un néoconservatisme décomplexé, qui se veut cool et dionysiaque. « Le populisme est le nouveau punk », comme l’arbore fièrement sur Twitter Paul Joseph Watson, journaliste du site conspirationniste, russophile et islamophobe InfoWars, et figure influente de la « trollosphère ».

    A l’opposé de la stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen, ces recrues zélées n’hésitent pas à invectiver vertement leurs adversaires politiques désignés sur les réseaux sociaux. « Je suis un troll, je l’assume et je suis sincère dans mon positionnement politique. Le trollage, c’est juste pour m’amuser et faire passer le temps, c’est jamais vraiment méchant », assure Mathieu, qui comme de nombreux fidèles du forum 18-25, baigne quotidiennement dans les insultes au premier, second et troisième degrés.

    Chepamec revendique cette identité moqueuse. « Les nouveaux gauchistes sont complexés et secs à l’intérieur, comme des puritains du XVIIe siècle. L’humour “oppressif” est à l’index, rire est un péché. » Il condamne fermement le harcèlement, mais tous n’en font pas autant. Mathieu explique avoir pour cible préférée « les féministes hystériques », qui seraient, selon lui, le principal motif d’afflux d’internautes du forum 18-25 sur Twitter. Homosexuels, minorités ethniques et journalistes sont également dans leur viseur.

    Si le mouvement est parti des Etats-Unis, il s’est vite amarré à un terreau franco-français favorable. Et notamment à un forum en particulier, celui du 18-25 de Jeuxvideo.com, considéré comme le 4chan français. « Si JVC et 4chan mènent à nos idées, c’est pour deux raisons très simples : très peu ou pas de censure, et un système d’affichage qui favorise les sujets les plus controversés, estime Chepamec. Les plates-formes qui laissent les gens parler librement sans censure et montrent en priorité les sujets controversés (donc avec des arguments contradictoires) voient triompher des idées qualifiées d’extrême droite. »

    Après avoir longtemps été très soraliens, puis mélenchonistes – courant qui reste extrêmement populaire – les forums de Jeuxvideo.com semblent dans une dynamique ultradroitière. « Je me suis peu à peu engagé en faveur de Marine Le Pen, surtout après avoir passé du temps sur le 18-25. Les kheys [les frères, surnom des participants] ont réussi à me convertir, avant je soutenais Mélenchon », explique Mathieu, 22 ans, étudiant en histoire, militant pro-FN sur Jeuxvideo.com. Les militants avancent qu’une importante proportion du forum soutient les idées du FN – une affirmation difficile à corroborer, selon les observations du Monde.

    « En tout cas, ce qui est sûr, résume David Doucet, c’est qu’il existe une forme de déculpabilisation du discours d’extrême droite. Le discours humaniste et progressiste est minoritaire, il est considéré comme paternaliste, comme « old » [vieux]. » Aux régionales de 2015, le Front national avait réalisé ses plus forts scores chez l’électorat des 18-34 ans, et selon un sondage Odoxa de décembre 2016, le parti de Marine Le Pen est celui dont les jeunes se sentent « le plus proche, ou disons le moins éloigné ».

    #PhoneStories #Linfiltré #FN



    • Mouais, beaucoup d’effort pour saper la démocratie, et notamment pas mal de plus ou moins fausses allégations pour dire « la démocratie c’est ça » (par ex que le consensus absolu) pour ensuite venir le casser et proposer un truc qui ne va surtout pas à l’encontre des hiérarchies. En gros pour faire vite, en disant que la démocratie c’est la recherche de l’égalité abstraite (tout le monde pareil)…

      Soit c’est un manque total de culture des luttes et notamment entre autre des théories anarchistes ou des théories sur les différentes formes de démocraties directes, soit c’est du mensonge ou de la mise de côté exprès.

      Ce n’est pas comme si c’était un sujet nouveau de chercher à être efficient tout en n’évoluant pas dans un milieu hiérarchisé. Comme si il n’y avait jamais eu de débats et de propositions sur les mandats temporaires et révocables (le fait de mandater une personne ou un groupe de personne sur un sujet précis + pour un temps donné), par exemple…

      On peut très bien être anarchiste tout en disant « je reconnais l’autorité du cordonnier à savoir fabriquer des chaussures ».

      Bon, je n’ai pas fini de lire, mais déjà le début m’énerve pas mal, je vais continuer jusqu’au bout…

      cc @aude_v pour la démocratie (ici à l’intérieur des organisations)

    • C’est marrant les croisements, je vois un lien avec ça :
      https://seenthis.net/messages/583067

      Critique de Lordon par Baschet, un historien libertaire proche du zapatisme, et qui critique justement sa propension à inventer un adversaire naïf qui croit à une horizontalité absolue et abstraite…

      Décidément très proche.

      À l’adversaire qu’il se donne — la « pensée libertaire » —, F. Lordon prête quatre caractéristiques : un idéal d’horizontalisme absolu, la croyance en une nature humaine idéalement bonne, le caractère innécessaire de l’État, un internationalisme universaliste. Imperium a pour objectif de saper ces positions. De les dégriser. Dégriser l’horizontalisme : le social est nécessairement vertical. Dégriser l’antiétatisme : il y aura toujours de l’État. Dégriser l’universalisme : il y a et il y aura toujours des appartenances particulières. Dégriser le « rousseauisme » : il y a et il y aura de la servitude passionnelle, de sorte que l’émancipation ne pourra être qu’incomplète.


  • La #FNSEA veut faire disparaître les petits cours d’#eau de nos cartes
    https://reporterre.net/La-FNSEA-veut-faire-disparaitre-les-petits-cours-d-eau-de-nos-cartes

    Les situations varient de département en département selon les rapports de force locaux. En Bretagne, par exemple, des inventaires des zones humides et des cours d’eau ont été engagés depuis vingt ans par les collectivités locales. « Il y a donc eu peu de conflits lors de la #cartographie, car il existait déjà un inventaire relativement exhaustif, et élaboré de manière collective, explique Gilles Huet. Par contre, dans certains départements, notamment ceux où les associations sont peu actives, les agriculteurs ont fait ce qu’ils voulaient. »
    Résultat, de nombreux cours d’eau pourraient purement et simplement perdre leur statut protecteur à l’issue de la procédure. Il est à ce jour très difficile de chiffrer le nombre de déclassements, car la plupart des cartes départementales ne sont pas finalisées, faute d’accords entre les parties prenantes. La date limite de fin 2016, donnée par le ministère de l’Environnement, n’a donc pas été respectée. Mais les données disponibles sont déjà éloquentes.

    La nouvelle carte (provisoire) des cours d’eau de Seine-et-Marne, communiquée aux associations en juillet 2016.
    D’après nos sources, le déclassement pourrait toucher jusqu’à 20 % des cours d’eau dans certains territoires. Dans beaucoup de cas, par commodité, l’inventaire comprend essentiellement les cours d’eau de la carte IGN au 25.000e, qui représente « une sous-estimation considérable de la réalité de terrain », qui peut atteindre d’après Gilles Huet jusqu’à 30 % suivant les lieux. « L’Institut géographique national n’a pas pour mission de cartographier de manière systématique les cours d’eau, explique-t-il. Résultat, il n’intègre que des éléments du réseau hydrographique évident. Mais tout le petit chevelu, qui correspond aux zones les plus sensibles — les têtes de bassin versant, les zones humides — risque de disparaître. »


  • Au delà des clichés sur les #dividendes records en France
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/au-dela-des-cliches-sur-les-dividendes-records-en-france

    Ces précisions apportées, les entreprises françaises citées dans cet index sont-elles oui ou non les plus généreuses d’Europe ?

    Indéniablement OUI. Les entreprises françaises de cet index ont versé en 2016, 54 milliards de dollars de dividendes, contre 36 milliards pour l’Allemagne. L’écart est donc très fort pour seulement 7 entreprises allemandes en moins dans l’échantillon. Clairement, les entreprises françaises chouchoutent plus leurs actionnaires qu’outre Rhin.

    Quand on regarde l’évolution des dividendes versés par les entreprises françaises de l’index, il a augmenté de 10% entre 2015 et 2016. Impressionnant, note l’étude d’Henderson, d’autant écrit-elle que Total n’a pas augmenté son dividende en 2016. Or Total, est un poids lourds de la distribution de dividendes, puisqu’il représente à lui seul 1 dollar de dividende versé sur 8 en France (toujours selon l’Index).

    Impressionnant, certes, mais attention encore une fois, cette augmentation de 10% fait suite à une baisse de 13% des dividendes versés l’année d’avant. En 2016, on est donc revenu au niveau de 2014. Et le record, c’est 2011, 62 milliards de dollars de dividendes. Or en 2011, il n’y avait pas encore de #CICE ou de Pacte de responsabilité. Je ne dis pas que les milliards du CICE n’ont pas servi en parti à financer les dividendes, c’est possible et même évoqué comme possibilité par les auteurs d’études officielles, je dis juste que les plus grandes entreprises françaises n’ont pas attendu le CICE pour être généreuses avec leurs actionnaires.

    Voir ici un précédent billet : Où sont passés les 27 milliards du CICE ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/ou-sont-passes-les-27-milliards-du-cice


  • Non les robots ne nous piquent pas nos emplois. Ils nous piquent nos revenus.

    Toujours le même biais. Donner à penser qu’il s’agit d’un problème de partage de travail, alors qu’à la base il s’agit d’un problème de partage de richesses.
    Si nous n’avions aucun mal à partager les richesses, nous n’aurions aucun mal à partager nos tâches..

    Les robots nous volent-ils nos boulots ?

    Par Marie Théobald , AFP agence Publié le 16/02/2017 à 06:00

    http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2017/02/16/29002-20170216ARTFIG00009-les-robots-nous-volent-ils-nos-boulots.php

    • @rastapopoulos
      si le mécanisme de marché libre et concurrentiel fonctionne de façon idéale, le consommateur finira par payer le « juste prix », c’est à dire que ce que le robot a fabriqué sera vendu à un prix à un prix proche de son coût de production.
      Mais en attendant, le différentiel va dans les poches du propriétaire du robot, quand auparavant une partie allait dans les poches du salarié producteur.
      C’est de ça dont je veux parler en parlant du partage des richesses. Les richesses se concentrent vers moins d’individus, les inégalités augmentent.
      Les robots sont un instrument de prédation pour aller chercher de nouvelles sources de revenus au détriment des gens que ces robots remplacent.

      Dans le meilleur des mondes les robots font baisser les coûts, et tendent vers la gratuité. Tout le monde a une adresse gmail gratuite, et on paie les coût de fonctionnement de google de façon (quasi) indolore via la pub et les coûts indirects dilués (la vente des données perso) très loin de l’usage par le consommateur final, lequel a l’illusion de la gratuité.
      Mais le marché ne fonctionne pas toujours de façon « idéale » tel que le les libéraux le souhaiteraient.. Par exemple regarde avec les banques : est-ce qu’on paie moins cher la robotisation des moyens de paiement ? Avant pour traiter un chèque, il y avait des opérateurs humains, et les chèques étaient gratuits. Aujourd’hui on paie une carte bleue les yeux de la tête, qui fait le boulot avec bcp moins d’humains, et les frais bancaires n’ont même pas baissé..

      Ensuite quand je dis que le partage du travail n’est pas le problème, je vais sans doute un peu vite.
      Le chômage ne serait pas un problème économique si tous les biens de consommation étaient gratuits, mais il en resterait un sur le plan social car notre activité économique est à ce jour notre première activité socialisante. Que certains n’aient pas accès à cette activité constitue une nouvelle forme d’inégalité, différente de l’inégalité économique, mais probablement aussi handicapante pour l’humain sociable.


  • Comment une entreprise française se fournit en talc au pays des talibans

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/02/13/un-talc-tout-en-douceur-dans-la-guerre-des-talibans_5078682_3216.html

    Le français Imerys s’approvisionne en Afghanistan dans une zone occupée par les insurgés, finançant ainsi la guerre civile.

    « Etre un acteur responsable, c’est préparer l’avenir », revendique avec fierté le groupe français Imerys sur son site Internet. Pour ce spécialiste des minéraux industriels, leader mondial du secteur avec un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards d’euros en 2015, l’avenir se prépare aussi en sécurisant ses approvisionnements. Présent dans plus de 50 pays, Imerys omet toutefois d’en mentionner un : l’Afghanistan.
    Une enquête menée par Le Monde révèle que ce spécialiste des minéraux industriels, coté en Bourse et contrôlé par le milliardaire belge Albert Frère – associé à la famille canadienne Desmarais –, s’approvisionne en talc, à travers un intermédiaire pakistanais, à Nangarhar, une province de l’est de l’Afghanistan en proie à une insurrection armée des talibans et de l’organisation Etat islamique. L’extraction minière y constitue l’une des principales sources de financement des insurgés.

    Tout commence en 2011. Cette année-là, le groupe français, qui cherche à élargir son portefeuille de minéraux, rachète au géant Rio Tinto le français Luzenac, l’un des leaders mondiaux de la production de talc, pour 232 millions d’euros. Jean-François Robert, alors directeur à Toulouse des ressources de ce producteur, voit dans cette acquisition une aubaine. Lui qui plaidait sans succès auprès de Rio Tinto pour mettre en place une chaîne d’approvisionnement en Afghanistan va enfin être entendu. Il connaît bien le Pakistan, pour y avoir effectué trois séjours entre juillet 2008 et mars 2009. A l’époque, tous les producteurs cherchent une alternative à la Chine. Depuis que la demande intérieure du géant asiatique a décollé, le minerai blanc n’est plus disponible à l’exportation, ou alors à un coût élevé et d’une piètre qualité.

    A son retour du Pakistan, Jean-François Robert tente de convaincre Rio Tinto d’y nouer des partenariats. Rio Tinto Minerals, qui s’approvisionne déjà en talc afghan en petites quantités, tergiverse. C’est finalement Imerys qui, après avoir racheté Luzenac, décide de franchir le pas en 2011.

    Talc très prisé

    Le groupe français explique avoir pris cette décision sur la base d’un rapport commandité en 2010 par Rio Tinto Minerals à un cabinet dont il ne souhaite pas dévoiler le nom. « L’objet de l’étude consistait à vérifier que la chaîne de fourniture de talc depuis l’Afghanistan respectait les règles internationales et les règles éthiques de Rio Tinto. Ses conclusions ont été positives sur tous ces aspects », affirme Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys.

    Cette même année, d’autres rapports rendus publics s’alarment pourtant de la dégradation de la situation dans la province de Nangarhar, où se situent les mines. « Au début de 2011, un nombre croissant d’incidents ont été signalés à Nangarhar », note la même année l’organisation indépendante norvégienne Landinfo dans une étude, qui relève que la région est « extrêmement dangereuse ». Le district de Khogyani, où Imerys a l’intention de se fournir en talc, y est décrit comme une « zone disputée, contrôlée ni par les autorités ni par les insurgés ».

    Malgré le durcissement du conflit avec les talibans, Imerys autorise donc Jean-François Robert à mettre en place une chaîne d’approvisionnement en talc afghan, via le Pakistan. Les concentrations massives d’un talc de qualité satisfaisante, et pouvant donner lieu à une extraction commerciale, sont rares dans le monde. Au sud de l’Afghanistan, elles sont d’une qualité exceptionnelle. Le pays regorge d’un talc très prisé, notamment par les constructeurs automobiles. Ils en consomment en moyenne 13 kg par véhicule, notamment pour la fabrication de tableaux de bord ou de pare-chocs – le minerai contribue à la rigidité du plastique en réduisant son poids.
    L’industrie automobile est prête à payer le surcoût lié au transport depuis l’autre bout de la planète. Le talc sert aussi d’agent d’enrobage des comprimés dans l’industrie pharmaceutique, à la fabrication du papier, de la céramique, de la peinture… et du maquillage. Imerys précise qu’il « procure de la douceur aux poudres corporelles, un aspect soyeux au maquillage et (...) augmente la douceur des savons tout en réduisant le coût de leurs formulations ». Un talc tout en « douceur » acheté dans une région en guerre.


    Tri du talc Afghan, acheté par Imerys, dans un entrepôt de Karachi. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’Imerys en novembre 2011.

    Production augmentée

    Pour mettre la main sur ce minerai, Imerys souhaite rester discret. Un approvisionnement dans le sud de l’Afghanistan risquerait de mettre à mal son image d’« entreprise responsable », d’autant que la France est engagée à ce moment-là, au côté des troupes de l’OTAN, dans un conflit où elle perdra 86 de ses soldats, selon le décompte du site Internet indépendant Icasualties.org. Imerys choisit donc de passer par un intermédiaire pakistanais. North West Minerals, une entreprise dirigée par deux frères, apparaît comme le partenaire idéal. Un document interne à Imerys, consulté par Le Monde, précise que l’un des deux frères est un ancien fonctionnaire dans une zone tribale du Pakistan, l’autre un officier de l’armée pakistanaise à la retraite – leur père ayant été attaché militaire à l’ambassade du Pakistan aux Etats-Unis.

    Ces relations étroites avec l’armée pakistanaise sont cruciales pour assurer le transport du talc de l’Afghanistan vers le Pakistan, dans des zones fortement militarisées. « La famille appartient à la communauté pachtoune des Parachinar, très bien introduite auprès des autorités locales », ajoute le document. Qui lui permet d’entretenir des liens étroits avec des propriétaires de mines issus de la même communauté, de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan. Pour rassurer les dirigeants d’Imerys sur la possibilité d’un partenariat, il est précisé que les deux frères ont reçu une « éducation occidentale » et qu’« ils parlent bien anglais ».

    North West Minerals loue à partir d’octobre 2011 un entrepôt à Karachi pour stocker et trier le talc d’Imerys. Mais, très rapidement, le groupe français ne se contente pas d’en acheter. Il propose de verser 1,5 million de dollars (1,4 million d’euros) à son partenaire pour augmenter et améliorer sa production. « Ce n’était pas un prêt, mais plutôt une avance sur paiement, remboursable à travers une remise sur chaque tonne qui nous est livrée, sans limitation de durée », reconnaît Vincent Gouley, d’Imerys. Et Imerys déduit sur chaque tonne, achetée entre 205 et 249 dollars, une somme d’environ 10 dollars.

    Un accord est signé en juillet 2013. Le premier versement de 500 000 dollars est effectué le 20 août 2013, suivi d’un second, puis d’un troisième, du même montant, quelques mois plus tard. Imerys donne des consignes claires sur les investissements : la construction d’une plate-forme de tri à Peshawar et d’une plate-forme logistique à Karachi. Mois après mois, Jean-François Robert, qui a refusé de répondre aux questions du Monde, tient scrupuleusement les comptes, vérifie que chaque dépense est bien engagée, de l’achat des machines à l’acquisition de terrains. Sur un tableau Excel, il vérifie qu’à chaque dépense effectuée par North West Minerals « le travail est effectué comme prévu dans le plan ». Puis, dans la colonne « preuves », il mentionne « les visites de sites avec photos » ou encore « les factures payées au fournisseur ».

    Les ventes de talc afghan à destination d’Imerys, dans ses usines aux Etats-Unis et en Europe, passent de 20 000 tonnes en 2012 à 39 000 tonnes en 2014.

    Rien que la qualité

    Imerys va encore plus loin. A plusieurs reprises, ses employés se rendent à Peshawar, la ville pakistanaise la plus proche de la frontière afghane, pour rencontrer les propriétaires des mines afghanes. Il s’agit de leur donner des conseils sur les techniques d’extraction, et accessoirement sur les procédures de sécurité pour éviter que des ouvriers ne meurent ensevelis dans des mines. Aucun employé d’Imerys ne peut se rendre sur place, pour des raisons de sécurité évidentes. Mais les photos qui accompagnent les présentations PowerPoint faites à la direction du groupe français suggèrent des conditions de travail spartiates. Des hommes creusent le flanc des montagnes à coups de barres de fer, ou à l’aide de pelleteuses sur les sites plus importants. D’autres cassent les roches à l’aide de marteaux-piqueurs, chaussés de sandales. Parfois les roches de talc sont transportées à dos de mulet.


    Tri du talc Afghan, acheté par Imerys, dans un entrepôt de Karachi. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’ Imerys en novembre 2011.

    L’un des fournisseurs afghans d’Imerys, à travers North West Minerals, s’appelle Dost Mohammad, « l’un des plus influents producteurs de la région », comme l’explique un mémo interne rédigé en 2015 par Imerys. A la tête de l’entreprise Shamshir Zamir Ltd, il possède des mines à ciel ouvert dans le petit district de Khogyani, qui comprend « seize petits villages très pauvres », note l’entreprise française. Un district qui est surtout en guerre, et où l’organisation Etat islamique fait une première incursion en septembre 2015. Dès 2011, un attentat-suicide tue des habitants sur un marché et une école est incendiée.
    En août 2013, de violents combats opposent les forces de l’armée afghane aux talibans, faisant des dizaines de morts. Qu’importe, le problème d’Imerys n’est pas la guerre mais la qualité du minerai.

    Le spécialiste des minéraux industriels sélectionne lui-même les mines afghanes où il souhaite s’approvisionner, en testant la pureté de leurs échantillons. L’une des mines évaluées se situe à « Kapisa, près de la base militaire française ». Elle sera retenue par Imerys Talc. La qualité, rien que la qualité. Et, pour garantir le meilleur produit à ses clients, l’entreprise va mettre en place une procédure de contrôle très particulière. Sur chaque bloc de talc arrivé d’Afghanistan, des techniciens doivent prélever des échantillons et les envoyer, de Peshawar à Toulouse, pour rejeter ceux qui contiennent des traces d’amiante, cancérigènes. Un point sur lequel de nombreuses entreprises de cosmétiques, qui vendent de la poudre pour bébé, sont intransigeantes.

    Argent détourné

    En 2014, Imerys Talc suggère même de former dans son laboratoire de Toulouse un technicien pakistanais. Sur les cartes de l’entreprise, seules les ressources en talc « blanc cristal », le plus noble et plus pur de tous, sont mentionnées. North West Minerals a mis à disposition de Dost Mohammad plusieurs camions et du matériel pour qu’il puisse extraire le talc et l’acheminer de l’autre côté de la frontière. Jean-François Robert note tout, dessine même sur une carte les routes empruntées par les camions depuis la mine afghane jusqu’à la ville pakistanaise de Peshawar en passant par Jalalabad et le poste-frontière de Torkham.

    Imerys consolide sa chaîne d‘approvisionnement alors qu’au même moment les rapports d’organisations internationales se multiplient pour alerter sur l’aggravation du conflit au Nangarhar et la mainmise des talibans sur les ressources minières. « Selon les autorités afghanes, les talibans ont pris le contrôle d’importantes opérations minières dans la province de Nangarhar. L’extraction de talc semble particulièrement préoccupante », met en garde l’équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions de l’ONU, dans un rapport public soumis au Conseil de sécurité en août 2015.

    En octobre 2016, la situation est loin de s’améliorer. Le même comité précise au Conseil de sécurité que les talibans « extorquent de l’argent aux exploitations minières qui opèrent avec la licence du gouvernement ». Ashfaq Bangash, l’un des dirigeants de North West Minerals, admet tout juste qu’« il faut payer des taxes à la tribu locale et au village, en plus de celle versée au gouvernement », sans davantage de précisions.

    « Le talc coûte entre 40 et 60 dollars la tonne lorsqu’il sort de la mine afghane, et 150 dollars quand il arrive dans l’entrepôt de North West Minerals, de l’autre côté de la frontière. Entre les deux, entre 50 et 100 dollars partent dans les taxes officielles, les transports… et dans la nature », explique au Monde une source bien informée de la chaîne d’approvisionnement à la frontière afghane. Une partie de l’argent est en fait détournée par des fonctionnaires corrompus et par les insurgés.


    Une mine de talc à Nangarhar, la province à l’est de l’Afghanistan d’où provient le talc acheté par Imerys. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’Imerys en novembre 2011.

    « Quel fonctionnaire ira vérifier dans une zone en guerre ? »

    Les talibans ou les groupes qui se revendiquent de l’organisation Etat islamique prélèvent des sommes, en espèces, à la sortie des mines, et parfois des « taxes de transport » sur la route reliant Jalalabad au poste-frontière de Torkham, la seule menant vers le Pakistan. Les sommes prélevées sont impossibles à chiffrer. Le groupe français, dont les achats de talc afghan représentent entre 1 % et 3 % de l’approvisionnement global selon les années, précise que ce ne sont que des « approvisionnements d’appoint ».

    Du point de vue des talibans afghans, l’argent tiré de l’extraction minière, qui concerne également le marbre, le fer, les terres rares, le lithium ou encore les pierres précieuses, n’a rien de négligeable, puisque cette activité constitue, d’après l’ONU, leur deuxième source de financement. Pour les militants de l’organisation Etat islamique, qui ont banni la culture de l’opium et de la marijuana dans les districts qu’ils contrôlent, ces revenus tirés de l’extraction minière sont même cruciaux.

    Un rapport rédigé en février 2016 par le centre d’études Afghanistan Research and Evaluation Unit (AREU) à partir d’informations collectées dans la province de Nangarhar donne de précieuses informations sur le financement des insurgés. Presque rien ne leur échappe : de l’opium à la dîme prélevée sur les récoltes en passant par les ventes de peaux de bêtes.

    « Le principal interlocuteur de notre partenaire North West pour son approvisionnement en talc d’origine afghane est le gouvernement lui-même, qui exerce un contrôle étroit sur la filière locale d’extraction de talc », explique Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys. Les propriétaires de mines afghanes ont en effet fourni leurs licences à North West Minerals, ainsi qu’à Imerys. Mais que valent-elles ?
    Celle de Dost Mohammad existe bien, dans les registres du ministère afghan des ressources minérales, mais elle ne prévoit l’exploitation que de 5 000 tonnes par an, un chiffre dérisoire par rapport à la réalité. « De nombreux propriétaires de mines sous-évaluent la production pour payer le minimum de royalties. Quel fonctionnaire ira vérifier dans une zone en guerre ? », remarque Javed Noorani, un spécialiste afghan du secteur minier.

    Pots-de-vin

    Selon l’étude menée par l’AREU, les représentants du gouvernement ne peuvent pas s’aventurer au-delà des chefs-lieux de district ou des principaux axes routiers de Nangarhar, et sont considérés par la population comme agissant « au service de leurs propres intérêts » : « Ils sont perçus par une large partie de la population rurale comme incapables d’assurer le leadership requis, la sécurité ou le soutien économique. »

    « L’industrie minière, légale et illégale, est gangrenée par la corruption à Nangarhar », renchérit Asadullah Zemarai, de l’organisation afghane de lutte contre la corruption Integrity Watch Afghanistan (IWA). Selon ce chercheur, des pots-de-vin sont prélevés sur l’extraction et le transport des minerais vers le Pakistan et reversés à des députés, des membres du conseil de la province, des représentants des ministères afghans du commerce et des ressources minières.

    En quelques années, Imerys a mis sur pied une chaîne d’approvisionnement complexe, qui s’étend des mines d’Afghanistan jusqu’à ses usines en Europe ou aux Etats-Unis. Dans la zone industrielle du port de Qasim, à Karachi, l’entrepôt par lequel transite le talc d’Imerys n’est signalé par aucune pancarte. Il est connu là-bas sous le nom de l’« usine de la poudre blanche ». Des hommes et des femmes trient le minerai à mains nues, parfois sous un soleil de plomb.
    Employés à la journée, ils sont payés 4,50 euros pour dix ou douze heures de travail. L’usine ferme parfois ses portes pendant des semaines, lorsque les approvisionnements cessent. « Aucun enfant ne travaille ici, témoigne au Monde un ouvrier de la plate-forme logistique de North Western Minerals à Karachi. Le seul problème, c’est que nous n’avons ni gants ni aucune protection pour notre travail, et rien pour nous soigner en cas d’accident. »

    La direction d’Imerys a exprimé une fois ses craintes quant à la chaîne d’approvisionnement mise en place. C’était pour s’inquiéter de l’utilisation des fonds versés à North West Minerals. Dans un courrier daté du 10 avril 2014, Jean-François Robert évoque une réunion qui s’est tenue à Dubaï entre les responsables de North West Minerals et Daniel Moncino, membre du conseil exécutif du groupe et adjoint de Gilles Michel, le PDG d’Imerys. Daniel Moncino a, selon le courrier consulté par Le Monde, mis en doute l’« utilité » de l’entrepôt de Karachi. L’entreprise française missionne en 2014 le cabinet d’audit Mazars, basé au Pakistan, pour passer au peigne fin les comptes de North West Minerals, qui en est sorti blanchi.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection »

    Pourquoi le leader mondial des minéraux industriels a-t-il pris le risque de s’approvisionner dans une région en guerre, alors qu’il se targue d’être une « entreprise responsable » ? En 2016, les insurgés exerçaient un contrôle dans au moins 37 % des districts d’Afghanistan, une superficie qui n’a jamais été aussi vaste depuis 2001. Près de 11 500 civils ont été tués ou blessés cette même année, dont un tiers d’enfants, selon la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan.

    Le « code d’éthique et de conduite des affaires » d’Imerys consacre pourtant un chapitre aux droits de l’homme, où il est écrit : « Quel que soit l’endroit où nous nous trouvons, nous cherchons à nous assurer que la présence d’Imerys encourage des relations saines et qu’elle évite les conflits civils. » Et plus loin : « en fonction de la gravité des actes commis par un administrateur, cadre dirigeant ou employé d’Imerys, et dans le respect du droit local applicable, Imerys prendra les mesures nécessaires, pouvant aller jusqu’au licenciement, afin de sanctionner les comportements répréhensibles et décourager tout nouvel acte similaire de la part d’un administrateur, cadre dirigeant ou employé du groupe ».

    Dans son rapport d’activité de 2015, Imerys affirme n’exploiter « aucun site en lien avec des minerais alimentant les conflits ». Il y est même précisé que le directeur de l’innovation est chargé de la conformité des « activités d’achat et de la chaîne d’approvisionnement » aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme…

    Ces engagements permettent à l’action Imerys d’être présente dans de nombreux indices dits d’« investissement responsable », tels Ethibel Excellence Europe, qui regroupe des sociétés pionnières en termes de responsabilité sociale d’entreprise. Dans son dernier rapport d’activité, publié en mars 2016, Imerys indique être présent dans d’autres indices, tels le FTSE4Good Index Series, le MSCI Global Sustainability Index, le STOXX Global ESG Leaders Index ou encore l’indice Gaia mis en place par EthiFinance.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection et devrait faire partie des “minerais de conflit” dont l’achat est interdit dans certaines autres régions du monde »

    Javed Noorani, un spécialiste afghan du secteur minier
    En 2011, Arielle Malard de Rothschild a été nommée au conseil d’administration d’Imerys. La gérante de la banque Rothschild & Cie est aussi la vice-présidente de l’ONG Care International, dont le bureau de Kaboul a essuyé une attaque des talibans en septembre 2016. Est-elle au courant qu’Imerys s’approvisionne en talc afghan ? Arielle Malard de Rothschild a refusé de répondre à nos questions.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection et devrait faire partie des “minerais de conflit” dont l’achat est interdit dans certaines autres régions du monde. Pourquoi l’Union européenne laisse-t-elle ses entreprises en acheter en Afghanistan ? C’est incompréhensible », estime Javed Noorani.

    Malgré les avertissements de nombreuses organisations internationales, dont l’ONU, Imerys continue d’acheter du talc de Nangarhar. Il affirme n’avoir « aucune présence en Afghanistan, ni aucun lien avec les sociétés exploitantes dans la région ».

    • Ce serait bien d’arrêter de mettre des liens vers le site du Monde , le site qui se targue de gérer la vérité vrai avec #Décodex.

      L’index de la vérité officielle privatiséee.
      Le monde, l’organe officiel du néolibéralisme français, le site qui est choqué par les « journaux » de gauche et qui les signale. Exemple Fakir.

      Ne plus publier de liens vers cette feuille de choux européiste , c’est frapper ses propriétaires milliardaires au portefeuille.

      Avant de publier quelque chose, faire une recherche afin de voir s’il n’y a pas un lien vers un autre site.
      Merci


  • Fillon, MPN extrême ? – Grinçant
    https://www.grincant.com/2017/02/03/fillon-mpn-extreme

    Cela me semble de plus en plus évident.
    Pénélope Fillon ne comprend rien à ce qui lui arrive, et elle n’y est même probablement pour rien.

    via @tout_va_tres

    Depuis le début de l’affaire, je me demande pourquoi ne pas monter un groupe de soutien aux Pénélopes.
    Cette femme se retrouve (malgré elle) le symbole du déni, celui de l’effacement des femmes, puisqu’elle existe pour ne pas avoir été, ce qui est quand même un comble.

    Quand je regarde le visage de cette femme, j’essaie de savoir qui elle est, et non pas ce qu’elle n’a pas été. Je ne sais pas si un seul journaliste a tenté de le faire. Je m’interroge sur cette nouvelle négation, comment fait-elle, comment doit-elle percevoir son rôle de marionnette qui émerge de façon si flagrante des mots de son mari, de ses mots à elle, de ses hésitations, de la souffrance qui émane de son être. Elle n’a rien dit, rien décidé, mais une chose est sure : elle n’est pas.

    Et ce qui m’intéresse finalement, c’est le parcours d’une femme désignée coupable (demain, voir l’expo aux archives) et comment cette france du XVIIIem siècle toujours chiant dans ses bottes féodales de domination masculine, ne lui autorise toujours pas un statut supérieur à celui de reproductrice. Je la plains sincèrement, elle et son sacrifice.


  • "L’homme inutile - Du bon usage de l’économie", Pierre-Noël Giraud

    Il y a derrière les chiffres du chômage, la réalité d’individus “inutiles” au monde

    http://www.lenouveleconomiste.fr/lhomme-inutile-du-bon-usage-de-leconomie-pierre-noel-giraud-33657

    Marquant sa différence avec Thomas Piketty, il considère ainsi qu’“il existe une hiérarchie des inégalités. Celles qui sont à la racine de tout, celles sur lesquelles il faut agir, sont les inégalités de moyens, la privation des capacités d’agir sur son destin, et non leurs conséquences en termes d’inégalités de revenus et de patrimoine”. “L’inutilité” étant ainsi la plus grande des injustices, son éradication doit devenir l’objectif prioritaire de toute politique économique.

    Le capitalisme libéral aura donc réussi à nous inventer une injustice pire que celles d’avant.
    On est passé d’une vision de l’économie théoriquement basée sur l’échange à "l’économie confiscatoire assumée" sans comprendre réellement ce qui se passait.
    Va-t-on ouvrir les yeux ?
    #surnuméraires


  • Ode aux #trains de nuit (qu’ils veulent supprimer) | StreetPress
    http://www.streetpress.com/sujet/1485945199-trains-de-nuit-suppression

    «  Une phrase résume assez bien la magie du train de nuit : “Paris est, en train, à une heure de distance de Perpignan : 30 minutes pour s’endormir et 30 minutes pour se réveiller.”  »
    Nicola Delon, architecte passionné du rail

    #transport #territoire


  • Un chasseur poursuit un paysan dont le tracteur l’aurait effrayé
    https://reporterre.net/Un-chasseur-poursuit-un-paysan-dont-le-tracteur-l-aurait-effraye


    Franchement, j’en ai aussi super marre du régime d’exception qu’il y a autour de la chasse dans ce pays. les mecs des villes n’en ont peut-être rien à foutre, mais être en permanence cernés par des types armés qui s’estiment au-dessus des lois est extrêmement stressant. Et quand il y a des blessés ou des tués, c’est systématiquement classé en #accident !

    Verdict ce mercredi après-midi. Mais M. Pugnet est déterminé à ne pas se laisser faire. « La loi est extrêmement favorable à la chasse », dénonce ce défenseur « de la nature et des animaux sauvages » : « Non seulement les chasseurs peuvent chasser tous les jours pendant la période d’ouverture, mais en plus depuis 2010 il existe une contravention d’obstruction à un acte de chasse ! » Lui-même a toutes les peines du monde à interdire l’accès de ses terres à la société de chasse du village. « Ils venaient parfois chez nous en plein milieu de la récolte, parmi nos cueilleurs accroupis dans les rangs, se souvient-il. Sans jamais nous avoir demandé l’autorisation de chasser sur nos terres. »
    Surtout, selon l’agriculteur, le préfet consulte seulement la fédération départementale de #chasse avant d’autoriser une battue administrative — une hérésie alors que certaines espèces chassées sont d’excellents auxiliaires de culture pour les paysans. « Je cultive des légumes-racines — carottes, navets, panais… — qui peuvent être attaquées par des mulots et des campagnols. Or, le renard se nourrit de ces petits rongeurs. Il nous permet de cultiver plus sereinement, sans craindre trop de dégâts et sans abuser des pesticides. »


  • Le Medef boycotte l’invitation de la CPME à promouvoir la #RSE dans les débats de la présidentielle.

    (ceci est ma reformulation plus explicite - le titre originel de l’article, est hélas différemment orienté, conformément à ces pratiques journalistiques consistant à mettre en évidence l’écume que le fond...)

    La CPME lâchée en rase campagne par les autres organisations patronales
    Par Anne de Guigné Publié le 01/02/2017 à 06:00

    « On ne veut pas y aller parce qu’on ne sait pas ce qu’on va y faire », explique-t-on au Medef

    Argument implacable.

    Sinon, sur le fond..

    « Afin de valoriser les entreprises qui se sont engagées dans des démarches RSE, une des pistes serait de leur permettre de bénéficier d’allégements administratifs », explique le représentant de la CPME (ex CGPME). « Sur l’échiquier politique, tout le monde trouve cette idée intéressante », appuie-t-il. Son objectif est d’aboutir d’ici au printemps à un texte commun pour ensuite tenter d’influencer le prochain exécutif.

    Pourquoi le MEDEF n’appuie pas cette démarche de simplification administrative réclamée à cor et à cri par les différents syndicats patronaux ? Parce qu’elle contraindrait les entreprises à faire plus de #RSE, c’est à dire à plus assumer leurs responsabilités sur le plan économique, social et environnemental ?

    http://www.lefigaro.fr/social/2017/02/01/20011-20170201ARTFIG00011-la-cpme-lachee-en-rase-campagne-par-les-autres-or