• La fermeture des frontières place les migrants à la merci du changement climatique
    https://reporterre.net/La-fermeture-des-frontieres-place-les-migrants-a-la-merci-du-changement-

    Pour François Gemenne, si les migrations sont généralement présentées comme un constat d’échec face aux effets du changement climatique, elles constituent au contraire « une stratégie d’adaptation face à des sécheresses, des inondations, ou par anticipation de changements irréversibles comme la montée des océans. Dans certaines situations extrêmes, elles sont d’ores et déjà considérées comme telles, comme dans les petits États insulaires qui prévoient de déplacer leur population face au risque de submersion. »

    #politique_migratoire #climat #écologie #réfugiés_climatiques

  • Décoloniser l’Asie centrale ?
    http://journals.openedition.org/monderusse/9121

    Fondé sur l’étude d’archives originales (régionales et nationales) de Moscou, Tashkent et Almaty, cet article a pour objet la réforme dite « de l’eau et de la terre », mise en œuvre dans les années 1921-1922 dans la région du Semireč´e (le sud-est de l’actuel Kazakhstan et le nord-est de l’actuel Kirghizstan). Au cours de cette réforme, des dizaines de milliers de paysans slaves (environ 30 000 au Semireč´e et 10 000 de plus dans d’autres régions du Turkestan) furent expulsés des terres dont ils s’étaient emparés à la suite de la révolte kazakhe et kirghize de 1916, période d’extrême violence qui opposa les paysans slaves aux éleveurs d’Asie centrale. La réforme de la terre et de l’eau fut la première action notable de « décolonisation » menée au Turkestan après la conquête de la région par l’Armée rouge menée par Mihail Frunze. Cette réforme, avec une politique similaire menée dans les mêmes années dans le Caucase du Nord, constitue d’ailleurs le seul exemple de toute l’histoire de la Russie tsariste et soviétique d’une politique d’expropriation et d’expulsion de colons paysans slaves. Nous analysons ici les mécanismes de la prise de décision qui a abouti à cette réforme, les différentes étapes de sa mise en œuvre, ses résultats et ses significations politiques. Nous considérons également la portée de cet événement sur le pouvoir bolchevik dans l’entre-deux-guerres en Asie centrale.

    #réforme #terre #agraire #commune #bolchevik #décolonisation

  • 350.000 livres disponibles pendant le confinement via le réseau Librest des libraires indépendants
    https://www.enlargeyourparis.fr/culture/350-000-livres-disponibles-pendant-le-confinement-via-le-reseau-lib

    réé par 13 librairies indépendantes du Grand Paris, le réseau Librest, qui donne accès à un catalogue en ligne de 350.000 livres, va assurer un service de click & collect pendant le confinement ainsi que des livraisons à domicile.

    Le couperet est tombé ce 28 octobre. Confinement oblige, les librairies, comme la plupart des commerces, sont contraintes à partir du 30 octobre de fermer leurs portes durant au moins les 15 prochains jours. Si beaucoup de Grand-Parisiens se sont rués chez leurs libraires pour faire le stock de livres, provoquant parfois des files d’attente, ceux qui ont été pris de court ne sont pas pour autant obligés de s’en remettre à la grande distribution ou aux géants de l’e-commerce pour assouvir leur soif de lecture.

    Le réseau Librest, qui mutualise les fonds de 13 librairies dans le Grand Paris, soit 350 000 livres disponibles sous 24h, va continuer d’assurer un service de click & collect et de livraisons à domicile, alors que selon le Syndicat de la librairie française, un quart des livres se vendent habituellement entre novembre et décembre. « A nouveau, on est contraints de ne pas laisser rentrer les gens dans nos librairies. Mais rien ne nous empêche de fonctionner et de servir sur le pas de la porte, rappelle Renny Aupetit, fondateur de la librairie Le Comptoir des mots à Paris (20e) et de Librest. Dès ce 30 octobre, nos clients pourront commander leurs livres en ligne et les payer en ligne s’ils le souhaitent. Ensuite, ils pourront venir les chercher à la librairie ou les recevoir directement chez eux par la Poste ».

  • C’est le capitalisme qui tue la faune sauvage – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/capitalisme-ecologie-climat-faune-sauvage

    Le dernier rapport Living Planet (« Planète vivante ») du WWF fait une lecture sinistre : un déclin de 60 % des populations d’animaux sauvages depuis 1970, l’effondrement des écosystèmes, et une claire possibilité que l’espèce humaine ne soit pas loin derrière. Le rapport souligne à plusieurs reprises que la consommation de l’humanité est responsable de cette extinction massive, et les journalistes n’ont pas tardé à amplifier le message. Le Guardian titre « L’humanité a anéanti 60 % des populations animales », tandis que la BBC présente « La perte massive d’espèces sauvages causée par la consommation humaine ». Pas étonnant : dans ce rapport de 148 pages, le mot « humanité » apparaît 14 fois, et le mot « consommation » 54 fois.

    #WWF #climat #faune #écologie #biodiversité #extinction_6

  • Les écosystèmes des déserts de Californie ne se remettront jamais – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/californie-incendies-destruction-ecosystemes-changement-climat

    Dans Greener Than You Think – un roman de 1947 de l’écrivain de science-fiction de gauche Ward Moore – une femme scientifique folle de Los Angeles recrute un vendeur à la sauvette nommé Albert Weener, décrit comme ayant « toutes les caractéristiques d’un quémandeur escroc », pour l’aider à promouvoir sa découverte : un composé appelé Metamorphizerqui améliore la croissance des herbes et leur permet de pousser sur des sols stériles et rocheux. La scientifique rêve de mettre fin, de façon permanente, à la faim dans le monde grâce à une expansion très forte de la gamme de blé et d’autres céréales. Albert Weener, un ignorant en matière de science, ne pense qu’à se faire un peu d’argent en faisant du porte-à-porte pour proposer de soigner les pelouses. Ayant désespérément besoin d’argent pour poursuivre ses recherches, la scientifique accepte à contrecœur. Et Albert Weener se dirige vers les pelouses jaunies des quartiers de bungalows fatigués.

    #incendies #californie #écologie #climat #mike_davis

    • Le désert de Mojave (sud de la Californie) en est un exemple sinistre. Si vous conduisez de Los Angeles à Las Vegas, à 20 minutes de la frontière de l’État, il y a une sortie de l’Interstate 15 (autoroute) vers une route en bitume à deux voies appelée Cima Road. C’est le portail d’entrée discret de l’une des forêts les plus magiques d’Amérique du Nord : d’innombrables kilomètres de vieux arbres de Josué (Yucca brevifolia) recouvrent un champ de petits volcans datant du Pléistocène (première époque géologique du Quaternaire) connu sous le nom de Cima Dome (dans le désert de Mojave). Les rois de cette forêt font quelque 9 mètres de haut et sont âgés de plusieurs siècles. À la mi-août, on estime que 1,3 million de ces étonnants yuccas géants ont péri dans l’incendie du Cima Dome allumé par la foudre. Ce n’était pas la première fois que le Mojave oriental brûlait. En 2005, un méga-incendie a brûlé un million d’hectares de désert, mais il a épargné le Dome, le cœur de la forêt. Au cours des derniers vingt-cinq ans, une invasion de brome a créé un sous-bois inflammable pour les arbres de Josué et a transformé le Mojave en un écosystème favorable aux incendies. (Le trichocéphale et l’« herbe de fil de fer » – en effet le genus Aristida a trois arêtes sur la lemme de chaque fleuron – envahissants ont joué un rôle similaire dans le Grand Bassin et le Nord-Ouest du Pacifique.)

      La plupart des plantes du désert, à la différence des chênes et du chaparral de Californie (maquis formé par des buissons et des broussailles), ne sont pas adaptées au feu, de sorte que leur récupération peut être impossible. Debra Hughson, chef scientifique de la réserve nationale de Mojave, a décrit l’incendie comme un événement d’extinction dans une interview avec le Desert Sun. « Les arbres de Josué sont très inflammables. Ils vont mourir et ils ne reviendront pas. »

  • Xi Just Radically Changed the Fight Against Climate Change
    https://foreignpolicy.com/2020/09/25/xi-china-climate-change-saved-the-world%e2%80%a8

    There are reasons to be skeptical. Xi is not promising an immediate turnaround. The peak will still be expected around 2030. Recent investments in new coal-fired capacity have been alarming. A gigantic 58 gigawatts of coal-fired capacity have been approved or announced just in the first six months of this year. That is equivalent to 25 percent of America’s entire installed capacity and more than China has projected in the previous two years put together. Due to the decentralization of decision-making, Beijing has only partial control over the expansion of coal-burning capacity. If Beijing is actually to implement this policy, there are huge political as well as technological challenges ahead. There have been some encouraging noises about new renewable energy commitments. But the transition costs will be huge, and Beijing has to face its own fossil fuel lobby. As one commentator remarked, Chinese officials laugh when they earnestly seek advice from Europeans on problems of the “just transition” and realize that the entire fossil fuel workforce that has to be taken care of in Germany is smaller than that of a single province in China. It will be an upheaval similar to the traumatic 1990s shakeout of Mao Zedong-era heavy industry.

    #china #transition

  • Procès colonial contre des militants anti-chlordécone – solidaritéS
    https://solidarites.ch/journal/374-2/proces-colonialcontre-desmilitants-anti-chlordecone

    banane chlordécone, l’arme du crime colonial » pouvait-on lire sur une pancarte lors d’une manifestation en Martinique, à la suite de la condamnation de cinq militants. Cet insecticide, classé cancérogène probable en 1977 et interdit aux États-Unis dès 1978, a été largement utilisé dans les bananeraies jusqu’en 1993 (1991 en métropole).

    Les propriétaires terriens békés, soit les descendants blancs des grands propriétaires d’esclaves, ont en effet fait pression sur les autorités françaises pour pouvoir continuer à ordonner à leurs ouvriers·ères agricoles de l’asperger sur les cultures. Conséquences ? En 2018, une étude montre que le sang de 92 % des Martiniquais·es est contaminé. À cela s’ajoute la pollution des terres, des rivières et des eaux littorales. Au total, au moins 300 tonnes de chlordécone ont été répandues en Martinique et en Guadeloupe.

    #chlordécone

  • The Socialist Agronomist Who Helped End Portuguese Colonialism
    https://jacobinmag.com/2019/10/amilcar-cabral-portuguese-colonialism-biography

    orn in 1912, Amílcar Lopes de costa Cabral was a prolific Marxian theorist who not only led the war of independence that toppled Portuguese rule in Guinea Bissau and Cape Verde but influenced the fight for decolonization across the continent.

    The first battle — a thirteen-year war of liberation that came to be known as “Portugal’s Vietnam” — pitted ten thousand members of Cabral’s African Party for the Independence of Guinea and Cape Verde (PAIGC) against thirty-five thousand Portuguese troops and mercenaries. For decades, the Portuguese had run a deeply exploitative, deeply repressive colonial regime. Then on August 3, 1959, colonial authorities killed fifty dockworkers striking under the PAIGC’s leadership. The massacre convinced many in the liberation movement that a peaceful path to national independence was impossible. They would have to take up arms.

    #amilcar_cabral

  • Venice Climate Camp 2020 - Decolonizzare la crisi ecologica. Il report del dibattito | Global Project
    https://www.globalproject.info/it/in_movimento/venice-climate-camp-2020-decolonizzare-la-crisi-ecologica-il-report-del-dibattito/22998

    A cosa è dovuta tale frattura? Secondo Ferdinand, al fatto che il pensiero ambientalista spesso sottovaluta il peso della vicenda coloniale e allo stesso tempo i movimenti politici antirazzisti e anticoloniali non mettono in luce la centralità del dato ecologico.

    Le soggettività subalterne “negre” sono sottovalutate nella loro capacità di praticare modalità di abitare il mondo non estrattive, quando nel frattempo i coloni imponevano un sistema di produttivo violento come quello delle piantagioni.

    La genealogia alternativa per Ferdinand parte proprio dai Caraibi e dai “maroons”, gli schiavi che nel XV secolo fuggivano dall’oppressione occidentale.

    Ed è anche da qui che la storia della crisi climatica deve partire, ancora una volta oltreoceano e non in Europa. Per analizzarla in maniera decoloniale occorre scardinare, prima di tutto, il pensiero occidentale e bianco di Rousseau o di Thoreau, teorizzando un unico concetto di “natura” che rappresenta un piccolissimo pezzo di mondo.

    #décoloniser #crise_écologique

  • Etre écoféministe. Théories et pratiques

    #Oppression des #femmes et destruction de la #nature seraient deux facettes indissociables d’un modèle de civilisation qu’il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l’écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de pensées et de pratiques militantes.
    Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd’hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des #théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du #capitalisme et de la #technoscience, redécouverte des sagesses et savoir-faire traditionnels, #réappropriation par les femmes de leur #corps, apprentissage d’un rapport intime au cosmos…
    Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l’auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l’aventure de la vie en autonomie, jusqu’au nord de l’Inde, chez la star du mouvement Vandana Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d’alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et politiques, et luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.

    https://www.lechappee.org/collections/versus/etre-ecofeministe
    #écoféminisme #éco-féminisme #livre #écologie #féminisme #philosophie #ressources_pédagogiques

  • Pourquoi « réautoriser les néonicotinoïdes pour un système de culture betteravier désuet et dommageable » ?
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/08/21/pourquoi-reautoriser-les-neonicotinoides-pour-un-systeme-de-culture-betterav

    Tribune. Sous la pression des lobbys sucriers, le gouvernement envisage de réautoriser provisoirement le recours aux néonicotinoïdes pour la culture de la betterave à sucre, alors même que la loi sur la biodiversité de 2018 en interdit aujourd’hui formellement l’emploi. Cette culture vient, il est vrai, d’être lourdement affectée par une maladie virale, la jaunisse de la betterave, transmise par un puceron qui a récemment pullulé dans les champs du fait des conditions climatiques particulières de cette année.

    Mais les apiculteurs ont néanmoins des raisons de s’inquiéter d’une telle décision car on sait désormais comment l’exposition à ces insecticides déboussole les butineuses. Outre les abeilles mellifères, ce sont la plupart des pollinisateurs qui souffrent de surmortalité en la présence de ces insecticides, et c’est donc aussi la fécondation d’un très grand nombre de plantes cultivées (colza, tournesol, arbres fruitiers, etc.) qui risque de se retrouver lourdement handicapée.
    Lire aussi Le gouvernement défend la réautorisation des néonicotinoïdes pour « garder une filière sucrière en France »

    La Confédération générale des producteurs de betteraves (CGB) n’a pas manqué de signaler que les racines de cette plante sucrière sont arrachées bien avant sa date de floraison et donc avant toute possibilité de voir leurs fleurs butinées. Mais les résidus insecticides peuvent être néanmoins absorbés par toutes les plantes à fleurs cultivées les années suivantes, et c’est en cherchant le pollen sur ces dernières que les insectes pollinisateurs se retrouvent de fait empoisonnés.
    Une agroécologie scientifique

    La CGB rétorque que s’il est pertinent de mettre fin à l’emploi des néonicotinoïdes, encore faudrait-il que l’on ait préalablement trouvé un ou des produits de substitution. En insistant sur le fait que les rendements à l’hectare vont très sensiblement diminuer cette année du fait de la jaunisse, et que cela va peser très lourdement sur l’équilibre de notre balance commerciale agricole.

    Mais cela revient implicitement à dire qu’il n’existerait pas d’autres alternatives techniques que l’emploi de pesticides, et qu’améliorer le rendement à l’hectare consisterait toujours à l’accroître, indépendamment des coûts monétaires, sanitaires et environnementaux qui en résultent pour ce faire. C’est oublier aussi le fait que des alternatives techniques à l’emploi des néonicotinoïdes existent d’ores et déjà.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : « L’origine de l’épidémie de Covid-19 est liée aux bouleversements que nous imposons à la biodiversité »

    Ces pratiques, qui relèvent d’une agroécologie scientifique, n’ont pas pour objectif d’éradiquer les pucerons et autres insectes ravageurs, au risque d’ailleurs d’engendrer de graves déséquilibres écologiques, mais visent plutôt à pouvoir les côtoyer tout en minorant leur prolifération et leurs ravages.

    Ces pratiques sont, entre autres, le choix de variétés tolérantes ou résistantes, l’allongement des rotations de cultures, la diversification des espèces cultivées au sein des mêmes terroirs, la plantation de haies vives, de bandes enherbées et d’autres infrastructures écologiques destinées à héberger des insectes auxiliaires tels que les coccinelles, syrphes et chrysopes, aptes à neutraliser les pucerons.
    Faible compétitivité

    Ces techniques agricoles sont, il est vrai, bien plus savantes et compliquées que celles encore trop souvent mises en œuvre dans le cadre des modes d’agricultures industrielles exagérément spécialisées. Elles sont plus exigeantes en travail et donc plus intensives en emplois, ce qui n’est pas en soi néfaste. Elles exigent aussi bien moins d’importations de pesticides et d’engrais azotés de synthèse, coûteux en énergie fossile, tout en présentant de moindres risques sanitaires et environnementaux.

    La fermeture annoncée des sucreries en France n’a d’ailleurs pas attendu l’apparition de la jaunisse de la betterave ; elle résulte en fait de la faible compétitivité de nos systèmes betteraviers actuels face à la concurrence de la canne à sucre brésilienne. Pourquoi nous faudrait-il alors continuer de produire toujours davantage de betteraves pour des usines d’éthanol dont on sait qu’elles ne peuvent guère devenir rentables du fait de cette concurrence sur les marchés mondiaux ?
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Avec ou sans floraison, les néonicotinoïdes représentent des risques pour les pollinisateurs

    Ne conviendrait-il donc pas plutôt de diversifier les cultures au sein de nos assolements et d’y rétablir une bien plus grande biodiversité domestique et spontanée, en y intégrant surtout des plantes légumineuses (luzerne, trèfle, lupin, féverole, etc.), pour produire notamment les protéines végétales dont la France et l’Europe sont déficitaires pour près des deux tiers ?

    Le président Macron nous a d’ailleurs promis, au lendemain du dernier G7, un plan visant à rétablir notre souveraineté protéinique, afin de ne plus dépendre des importations considérables de graines et de tourteaux de soja transgéniques en provenance des Amériques. Plutôt que de réautoriser les néonicotinoïdes pour un système de culture betteravier désuet et dommageable, le gouvernement ne devrait-il pas le mettre en œuvre au plus tôt ? Une façon de concilier les impératifs économiques, sociaux et environnementaux !

    Marc Dufumier est l’auteur de « L’Agroécologie peut nous sauver » (entretiens avec le journaliste Olivier Le Naire, Actes Sud, 2019).

    Marc Dufumier(Agronome)

    #néonicotinoïdes #pesticides #Perturbateurs_endocriniens #Betteraves #Agroécologie

  • Anthropologists Are Talking – About Capitalism, Ecology, and Apocalypse
    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00141844.2018.1457703
    https://www.tandfonline.com/doi/cover-img/10.1080/retn20.v083.i03

    The ‘Plantationocene’ is therefore for me a more productive concept than the ‘Capitalocene’, as coined by Moore and others (Moore 2016) even though it was at some point a nice alternative to the Anthropocene. Plantationocene is productive because it refers to a certain, historically specific, way of appropriating the land, namely an appropriation of land as if land was not there. The Plantationocene is a historical ‘de-soilization’ of the Earth. And it is striking how much analytical work is now needed to re-localise, to re-territorialise and re-earth, to ‘re-ground’, basically, practice. What is needed, I think, is an inversion of materialism. For capitalism was supposed to be purely materialist but suddenly we read in it a completely idealistic idea of what the world is made of.

    #capitalisme #écologie #apocalypse #bruno_latour #isabelle_stengers #anna_tsing #plantationocene

  • Exploitation de la main-d’œuvre immigrée : un système cautionné par la PAC - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/170720/exploitation-de-la-main-d-oeuvre-immigree-un-systeme-cautionne-par-la-pac?

    est l’un des aspects les plus concrets de l’absence d’« Europe sociale ». La politique agricole commune (PAC), plus gros portefeuille d’argent public européen avec 34,5 % du budget communautaire, ne dit pas un mot sur les conditions de travail ni les conditions d’emploi du secteur. Les 58 milliards d’euros de subventions annuelles sont distribués indépendamment du respect du droit du travail, et les exploitations agricoles qui enfreignent la législation sociale de leur pays bénéficient de ces aides financées par les contribuables européens sans jamais être inquiétées.

    #PAC #dumping_social #migration #travail_dissimulé #écologie

    • "Avec trente-cinq ans de politique agricole derrière lui, celui qui était jusqu’à l’année dernière conseiller PAC des Verts au Parlement européen, l’Allemand Hannes Lorenzen, ne se remémore pas avoir vu une quelconque discussion au Parlement sur le droit du travail en agriculture. « Les conditions de travail des employés dans l’agriculture, notamment dans le maraîchage en Espagne, en Italie, en Grèce, ainsi que dans les abattoirs, n’ont jamais été soulevées comme un problème à résoudre. Dans les débats au Parlement, les groupes majoritaires proches du lobby agricole ont accepté des salaires de dumping partout où il y avait des besoins de main-d’œuvre. La PAC a laissé faire, et c’est une grande erreur des institutions européennes de n’avoir pas pris en compte cette situation pendant des dizaines d’années. »

  • Whiteness: not what it used to be | Historical Materialism
    http://www.historicalmaterialism.org/blog/whiteness-not-what-it-used-to-be

    The history of American capitalism, in this telling, is the history of white-supremacy. Class and race, in such a society, are instantiated in the same set of social relations. [...]

    One can dispute this analysis, and I do, while seeing its coherence. For example, I think the hypothesis that race is part of the “logic of capital” is, not wrong, but not yet proven. I think that Harvey was not so much imposing an “iron distinction” between anti-racism and anti-capitalism as, less controversially, a distinction. I think that class demands are not necessarily anti-capitalist demands. Nothing entitles us to claim every strike, occupation, protest, or challenge to an instituted expression of class power as a priori anti-capitalist. However, the point is to take the premise as a speculative wager, rather than a certainty. We don’t know everything about the “logic of capital”, so any position we take on it is a bit of a gamble. And asserting the ’anti-capitalist’ propensity of Black Lives Matter is, in a way, an attempt to realise that potential in practice, rather than dismissing it, and to impart the political clarification that it needs.

    #whiteness #roediger #dubois @thibnton @mdiplo

    • On les voit les jeunes chercheurs qui ne veulent pas insulter l’avenir : « les anciennes cartes IGN étaient devenues obsolètes... » Non, Ségolène Royal s’est lâchement couché devant la FNSEA avant que d’envoyer son instruction aux Préfets...

  • Law Enforcement Descended On Standing Rock A Year Ago And Changed the DAPL Fight Forever
    https://theintercept.com/2017/10/27/law-enforcement-descended-on-standing-rock-a-year-ago-and-changed-the-

    “Unceded land is land that was never given over or conceded; it’s essentially stolen land,” Nick Estes, a Lakota historian, told The Intercept. Cannonball Ranch, specifically, was “illegally settled,” Estes said, and acquired as private property through squatters’ rights.

    Only an act of Congress can abridge a treaty, opening unceded territory for non-native settlement, Estes said — but that never happened with this particular land, the status of which remains disputed. Disputes over unceded land have arisen before — most notably over the Black Hills, which resulted in a 1980 Supreme Court decision that offered a monetary settlement as reparation for the settled land — but no actual land restitution. Indigenous people have refused to take that money.

    #propriété_privée #standing_rock #no_dapl #souveraineté

    • As Brazil’s confirmed overall death toll from Covid-19 passes 50,000, the virus is scything through the country’s indigenous communities, killing chiefs, elders and traditional healers – and raising fears that alongside the toll of human lives, the pandemic may inflict irreparable damage on tribal knowledge of history, culture and natural medicine.

      The Munduruku people alone have lost 10 sábios, or wise ones. “We always say they are living libraries,” said Alessandra Munduruku, a tribal leader. “It’s been very painful.”

      The victims include prominent figures such as Paulinho Paiakan, a Kayapó leader who fought alongside rock star Sting against the Belo Monte dam.

      The indigenous organisation Apib has logged at least 332 Covid-19 deaths, and 7,208 coronavirus cases across 110 communities. “We are facing extermination,” said its executive coordinator, Dinamam Tuxá.

      Indigenous leaders such as Tuxá say the government of the far-right president, Jair Bolsonaro, is failing to protect the country’s 900,000 indigenous people – many of whom live in small communities, where dozens often share the same house.

      #Brésil #culture_vernaculaire

  • Recensement des ressources en lignes gratuites mises en ligne par les éditeurs pendant la crise de la Covid-19
    https://www.couperin.org/site-content/261-a-la-une/1413-covid19-recensement-des-facilites-offertes-par-les-editeurs-du-fait-d

    Nous souhaitons pouvoir relayer les initiatives des éditeurs pour aider le monde académique, et la population en général, à faire face aux conséquences de la crise sanitaire actuelle. Ce recueil d’initiatives peut également avoir un caractère incitatif auprès d’autres éditeurs.

    Le reccueil est mis à jour régulièrement à partir des informations communiquées par nos correspondants (fournisseurs, négociateurs, autres...)

    #covid_19 #édition #libre

  • Covid-19 : Stratégies écologistes en temps de pandémie – ACTA
    https://acta.zone/covid-19-strategies-ecologistes-en-temps-de-pandemie

    Nous sommes en effet entrés dans un âge de catastrophes globales. Un monde de sécheresses et d’incendies, d’ouragans et d’inondations, de tsunamis et d’accidents nucléaires, de zoonose et de pandémie. Le virus Sars-CoV-2 est une intrusion non humaine dans nos existences sociales ; elle a mis au jour un nouveau gouvernement de la catastrophe dans lequel les États se coordonnent pour limiter la pandémie par le sacrifice des libertés politiques et l’exposition différenciée à la misère, à la maladie et à la mort. Le gouvernement de la catastrophe globale est le confinement planétaire. Évidemment, tou·te·s n’y ont pas droit, pas dans les mêmes conditions. Face au retranchement national sécuritaire, on a cependant vu apparaître le sens de solidarités qui ne se situent pas seulement en dehors des États, mais contre eux.

    Un peu partout des Brigades ont vu le jour, des réseaux de solidarité se sont constitués, des soutiens ont été apportés. En tant qu’écologistes, il est nécessaire de se joindre à ces expériences, de les poursuivre et de contribuer à les étendre. À cet égard, Écologies en Lutte entend initier un travail de coopération entre les réseaux de solidarité nés pendant la pandémie et les expériences agraires, rurales et territoriales qui devront permettre d’assurer l’autonomie alimentaire et la résilience des villes. Les luttes des habitant·e·s de la métropole passent par l’autonomie environnementale et la solidarité avec les travailleur·se·s agricoles, saisonniers ou permanents, d’ici ou d’ailleurs. La constitution d’un nouveau régime de solidarités écosystémiques impose des manières plus collectives d’habiter la terre qui préservent l’écologie du vivant.

    #écologies_en_lutte #covid_19

    • Contre les bullshit jobs, les écologistes doivent défendre les travaux nécessaires à la reproduction sociale. Cette perspective implique la transformation radicale de l’organisation du travail. Dans l’immédiat, et au regard des formes que prend le gouvernement capitaliste de la crise, elle passe par une revalorisation des activités reproductives, en termes de salaires, de conditions et de réduction du temps de travail.

      #salaire #travail

  • Changement climatique : les collectifs indigènes aux avant-postes | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/nastassjamartin/blog/210520/changement-climatique-les-collectifs-indigenes-aux-avant-postes

    « Ils sont aux avant-postes. » Voilà certainement une phrase que je reformule depuis des années, jusqu’au malaise. Après avoir travaillé auprès des Gwich’in en Alaska, puis chez les Even au Kamtchatka, la proposition s’est légèrement décalée : « ils sont en train de répondre. » De part et d’autre de Béring, je me suis demandée ce qu’il advenait de leurs cosmologies (c’est-à-dire de leurs manières de se relier au monde) lorsqu’elles étaient confrontées aux deux grandes productions de notre modernité : les politiques extractivistes qui violentent les milieux de vie, et le réchauffement climatique qui en modifie profondément les dynamiques.

    Partout dans le Grand Nord, les collectifs indigènes doivent composer avec un environnement en proie à des mutations accélérées. Qu’ils vivent encore partiellement (Gwich’in d’Alaska) ou de nouveau complètement (Even du Kamtchatka) de chasse et de cueillette, ils font tous face à un monde devenu simultanément incompréhensible et incontrôlable. Les Gwich’in constatent que les caribous changent de routes migratoires de manière inexplicable, que les saumons ne remontent plus les mêmes rivières, ou ne les remontent plus du tout. Les ours polaires descendent au sud, poussés par la faim ils quittent leur banquise natale, traversent des montagnes et viennent se perdre dans la taïga. En Arctique comme en Subarctique, les berges des rivières cèdent sous l’effet de la fonte du permafrost ; les forêts brûlent, rongées par l’action des insectes xylophages qui prolifèrent, laissant les arbres morts sur pieds s’embraser au premier éclair.

    #nastassja_martin #écologie #indigène #territoire

  • Crimes of Space | Granta
    https://granta.com/crimes-of-space

    rana dasgupta: I’d like to begin by talking about the shape of the border, which conventionally appears as a line.

    Because of its particular conception of threat – external and internal – Israel has made a disproportionate contribution to state theories of defence and segregation. In Hollow Land (2007), your account of the military, bureaucratic and architectural systems with which the Israeli state organises territories and peoples, you identify a remarkable moment in its evolving conception of ‘border’. You describe the debate surrounding the Bar Lev Line: a chain of fortifications constructed by Israel along the Suez Canal after the 1967 Arab–Israeli War. The Bar Lev Line was supposed to be impregnable, but during the Yom Kippur War of 1973 it was breached in two hours by the Egyptian army.

    This defensive disaster enhanced the influence of Ariel Sharon, principal critic of the Bar Lev Line, who had dismissed it as the Israeli ‘Maginot Line’ – referring to the vast defensive barrier built by France in the 1930s to protect against German invasion. Sharon argued that the border should be thought of not as a line but as a network extending deep into Israeli territory. You summarise his reasoning thus:

    If the principle of linear defence is to prohibit (or inhibit) the enemy from gaining a foothold beyond it, when the line is breached at a single location – much like a leaking bucket of water – it is rendered useless. A network defence, on the other hand, is flexible. If one or more of its strongpoints is attacked and captured, the system can adapt itself by forming new connections across its depth.

    #souveraineté #territoire #israël #forensyc_oceanography

    • There are many borders, and each one produces a different kind of territorial scenario and governing apparatus. The absence of a single line around the state has meant that the border is everywhere. And it goes beyond the organisation of physical space. The border provides a structure to state institutions and bureaucracies based on permits and the control of circulation – who can enter where and when.

  • Gestion de la main d’œuvre étrangère sous COVID-19 – Le racisme d’Etat à l’état pur – Rouen dans la rue
    https://rouendanslarue.net/gestion-de-la-main-doeuvre-etrangere-sous-covid-19-le-racisme-detat-

    uverture des frontières pour les travailleurs étrangers dont les patrons de l’agriculture ont besoin, recrutement de médecins étrangers moins couteux et moins payés pour les hopitaux, le COVID-19 révèle et renforce une tendance propre à l’alliance entre le gouvernement et l’économie : l’utilisation cynique de la main d’oeuvre étrangère. Le point sur ce racisme d’Etat structurel.

    Le sort réservé par le gouvernement aux étrangers et aux migrants s’inscrit normalement dans une logique qui allie répression, invisibilisation et maintien dans la plus extrême précarité. On exerce un contrôle policier néocolonial dans les quartiers populaires où vivent les personnes issues de la colonisation. On enferme les migrants dans les centres de rétention avant de les expulser. On détruit les bidonvilles pour éparpiller la misère et on refuse des papiers à ceux qui vivent sur le territoire pour les maintenir dans une fragilité exploitable. Quant aux parents d’enfants français qui vivent et travaillent légalement en France depuis de nombreuses années, on leur refuse l’identité nationale et du même coup le droit de vote. Le mythe démocratique n’est pas pour eux, ce sont des citoyens de seconde zone.

    #covid_19 #migration #agriculture #racisme

  • Et maintenant ? De la résilience à la résistance. | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/040520/et-maintenant-de-la-resilience-la-resistance

    « Tout est prêt pour un déconfinement le 11 mai, il ne reste qu’à fixer la date » s’amusent les internautes. Chaque jour qui passe, chaque déclaration gouvernementale confirment que la période qui s’ouvre est plus incertaine encore que celle dont nous espérons la fin. Nous avons vécu dans la peur du virus. Nous avons vécu dans la sidération devant l’amateurisme gouvernemental. Beaucoup ont vécu sous la pression de la précarité alimentaire. Ni la peur, ni la sidération, ni la précarité ne vont disparaître.

    Nous nous étions demandé quand cela finirait. Bientôt sans doute. Les chinois avaient mis six semaines. Les italiens avaient 10 jours d’avance. Puis le doute s’est installé. Le bafouillage gouvernemental, les découvertes sinistres sur ce virus qui finalement attaque peut-être aussi le cœur et le cerveau, qui est peut-être récidivant, qui est peut-être transmissible aux animaux. La recherche clinique sur des remèdes possibles piétine dans la cacophonie et la course au brevet.

    La question est alors devenue comment cela pouvait bien finir. Puis si ça allait finir. Puis enfin, tout simplement, qu’est-ce qui va arriver dans deux mois, dans deux semaines. Comme Slavoj Zizek nous commençons à penser « qu’il nous faudra désormais apprendre à mener une existence plus fragile, menacée ». A « vivre avec l’incertitude » ajoute Edgar Morin.

    #covid_19 #bertho