Quark

Journaliste spécialisé en sciences pas faciles à expliquer



    • Je vous la mets en intégralité :
      Une étudiante en informatique à l’université Stanford, en Californie, critique avec franchise, dans une tribune au « Monde », les dérives de la mode de l’intelligence artificielle.

      LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 29.08.2017 à 14h00 • Mis à jour le 29.08.2017 à 14h22 | Par Huyen Nguyen (Diplômée en master d’informatique de l’université Stanford)
      « Si je bénéficie de cet engouement pour l’intelligence artificielle, je ne peux m’empêcher de penser que tout ça va exploser » (Photo : l’université Stanford, située au cœur de la Silicon Valley, dans le sud de San Francisco en Californie).
      « Si je bénéficie de cet engouement pour l’intelligence artificielle, je ne peux m’empêcher de penser que tout ça va exploser » (Photo : l’université Stanford, située au cœur de la Silicon Valley, dans le sud de San Francisco en Californie). Wikimedia Commons

      TRIBUNE. J’ai une confession à faire. Je me sens comme un imposteur. Chaque jour, je reçois un mail d’un ami, d’un ami d’ami, d’une entreprise quelconque, qui me demande ma vision sur l’intelligence artificielle (IA). Cela inclut des ­entrepreneurs qui viennent juste de vendre leur start-up, des diplômés d’un master de l’université Stanford (Californie) qui ont refusé des ­offres d’un demi-million de dollars (425 000 euros), des capital-risqueurs, et même des ­directeurs de grandes banques. Quelques années plus tôt, je n’aurais même pas osé approcher ces personnes ni même rêvé qu’elles voudraient me parler.

      Elles me demandent : « Pourriez-vous me mettre en relation avec des professionnels en IA ? » « Voulez-vous faire de l’IA avec nous ? »« Auriez-vous des conseils à nous donner sur nos produits IA ? »…

      Elles parlent de l’intelligence artificielle comme si c’était la fontaine de jouvence dans laquelle tout le monde voudrait se baigner. Et, si vous ne le faites pas, vous deviendrez vieux et ­finirez seul et abandonné. Ils pensent en quelque sorte que je sais comment atteindre cette fontaine.
      En troisième année d’études universitaires

      Je comprends pourquoi les gens croient que je suis une experte. J’ai passé des années à apprendre comment rédiger un CV parfait. Education d’élite ? C’est fait. Professeur célèbre ? C’est fait. Grandes entreprises ? C’est fait. Et en plus je donne un cours à Stanford dont l’intitulé est très tendance : « TensorFlow pour la recherche en apprentissage automatique » [TensorFlow est l’environnement de programmation développé par Google]. Lors d’une discussion, une entreprise française m’a dit qu’elle avait passé des centaines de CV au crible de son algorithme et, miraculeusement, le mien est arrivé en haut de la pile.

      Mais voilà, je ne suis pas une experte. Je suis seulement en troisième année d’études universitaires. Je n’ai jamais publié dans un journal scientifique. Je n’ai jamais participé à une conférence en intelligence artificielle, car je n’en ai pas les moyens. D’accord, c’est un mensonge. J’y suis allée une fois, mais ça ne change rien.

      Je suis venue à Stanford pour suivre des études de journalisme ou de sciences sociales, mais finalement j’ai opté pour un cursus en informatique, pensant que ce serait amusant.
      Système insoutenable

      L’hypothèse selon laquelle je devrais tout savoir sur l’IA sous prétexte que je donne un cours sur TensorFlow me fatigue. Je ne suis pas une experte en intelligence artificielle, ou en TensorFlow. Au départ, je voulais suivre un cours sur ce sujet pour apprendre avec des gens qui partagent le même intérêt. Comme personne n’était volontaire,je m’y suis collée.

      J’ai souffert pour préparer ce cours. Je n’aurais pas pu le fairesans mon ­copain et sans d’autres amis. J’ai beaucoup appris. Ça m’a donné l’occasion de contacter des gens que j’admirais, qui ont gentiment accepté de relire mes notes ou sont même venus faire un exposé dans mon cours. Ça m’a forcée à apprendre à bien écrire des programmes car je ne supportais pas de publier des lignes de code qui auraient fait rire mes étudiants. Ils ont ri quand même, mais peu importe.

      Des boulots me tendent les bras. J’ai tant de sollicitations que je ne lis même plus les mails des recruteurs. C’est comme si le monde avait perdu la tête. Une entreprise qui avait refusé ma candidature il y a quelques années, une fois qu’elle a vu mon nom sur un site Web, m’a contactée pour me demander si j’étais toujours intéressée.

      Bien sûr, je me suis améliorée pendant ces deux ans. Mais je serais naïve de croire que le changement dans l’attitude des recruteurs est seulement dû à ces progrès. Beaucoup de mes amis, plus intelligents que moi et meilleurs en informatique, ont du mal à trouver du travail. Seulement parce que leur CV manque de mots à la mode. Alors que d’autres, qui comprennent à peine les concepts de l’apprentissage ­machine, croulent sous les offres d’emploi, pour avoir suivi des cours aux intitulés ronflants.

      Peut-être qu’un jour les gens vont prendre conscience que beaucoup d’experts en IA ne sont que des imposteurs

      Cette soif d’intelligence artificielle attire un grand nombre d’étudiants, au-delà des capacités d’accueil de l’université Stanford. Même mon cours, proposé pour la première fois et donné par une obscure étudiante, a reçu plus de 350 demandes pour 20 places. Nombre de ces postulants ne sont pas vraiment intéressés par le ­sujet. Ils se sont inscrits pour faire comme tout le monde.

      Beaucoup profitent de cette mode. Des stages intensifs, des cours, des conférences se multiplient. Des entreprises proposent des enseignements très chers sur des thèmes que vous pourriez apprendre par vous-même. Des conférences en intelligence artificielle coûtent des milliers de dollars pour quelques jours. Beaucoup de mes amis reçoivent des centaines de milliers de dollars, voire des millions pour créer leur start-up, même s’ils n’ont pas de prototypes.

      Si je bénéficie de cet engouement pour l’intelligence artificielle, je ne peux m’empêcher de penser que tout ça va exploser. Je ne sais pas quand ni comment, mais un tel système n’est pas soutenable.

      Peut-être qu’un jour les gens vont prendre conscience que beaucoup d’experts en IA ne sont que des imposteurs. Peut-être qu’un jour les étudiants comprendront qu’ils feraient mieux d’apprendre des choses qui comptent vraiment. Peut-être qu’un jour je serai virée et resterai toute seule sur le trottoir. Ou peut-être que le ­robot que je fabrique vous détruira tous. Qui sait ?


    • Comment faire entrer la Terre dans un ballon de foot

      http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/07/10/comment-faire-tenir-une-grosse-sphere-dans-une-plus-petite_5158556_1650684.h

      Des chercheurs lyonnais ont réussi à modifier la surface d’une sphère pour la réduire grâce à des fractales lisses.

      Aux mathématiciens rien d’impossible. Une équipe lyonnaise a réussi l’exploit de faire rentrer une sphère non étirable et non contractable dans une autre deux fois plus petite – voire infiniment plus petite – sans déformer les longueurs des courbes sur sa surface. L’opération marcherait ainsi pour une sphère de la taille de la Terre, que l’on pourrait faire tenir dans un ballon de football, tout en gardant inchangée la longueur d’un tour du monde (40 000 kilomètres) !

      Ce tour de force, mûri entre 2012 et 2017, a été décrit le 5 juillet dans Foundations of Computational Mathematics. « Cela a été difficile en partie parce que notre travail est interdisciplinaire », indique Vincent Borrelli, enseignant-chercheur de l’université de Lyon à l’Institut Camille-Jordan, à la tête de ce projet baptisé Hévéa. Maths pures et appliquées, imagerie de synthèse, calcul scientifique… Autant de compétences réunies pour que cette déformation paradoxale devienne visible en images de synthèse. Un modèle 3D a même été imprimé.

      Une infinité de ridules

      « Le résultat est stupéfiant et c’est loin d’être une amusette. Il soulève des questions profondes sur les surfaces », salue Etienne Ghys, directeur de recherche à l’ENS Lyon et collaborateur régulier du supplément « Science & Médecine ». Au XIXe siècle, Gauss démontre que ce genre de réduction est ­impossible. Un autre génie, John Nash, en 1954, prouvera le ­contraire, à condition d’accepter que la surface finale soit un peu particulière. Puis dans les années 1980, un troisième grand nom des maths, Mikhaïl Gromov, à l’Institut des hautes études ­scientifiques, éclairera à nouveau la ­question. « C’est comme une ­recette de cuisine. Nash l’a décrite au niveau moléculaire, Gromov au niveau des ingrédients, et nous, nous l’avons réalisée », savoure Vincent Borrelli.

      La clé est donc un changement d’aspect de la surface. Pour que les longueurs sur la sphère ­réduite soient identiques à celles de la sphère d’origine, il « suffit » de faire osciller de nombreuses fois toutes les courbes tracées sur la surface. Après une infinité d’itérations, celle-ci se couvre de ridules, de vagues, de creux… ­appelés corrugations. Elle reste néanmoins lisse : on peut y promener la main sans s’écorcher. Le modèle fabriqué en 3D n’a cependant pas, faute de précision suffisante, assez de ces corrugations ; son « équateur » ne fait qu’environ 60 % de celui de la sphère deux fois plus grosse.

      L’ensemble ressemble à une fractale, qui, comme le flocon de neige, présente le même aspect quelle que soit l’échelle d’observation. « Ces objets ne sont pas vraiment des fractales, car sans arête, mais ils ne sont pas ordinaires non plus. Ce sont des fractales lisses », résume Vincent Borrelli. « Je suis émerveillé par ce travail. On connaissait la construction de Nash, mais on ne savait pas du tout à quoi elle pouvait ressembler. Maintenant on peut la voir et c’est magnifique », apprécie Damien Gayet, professeur à l’université de Grenoble.

      L’équipe avait réalisé en 2012 un autre objet impossible. Une feuille se transforme en cylindre. Puis les deux extrémités circulaires sont réunies pour obtenir une bouée. Mais sans faire de plis ni d’arêtes grâce, là encore, à des corrugations de surface.


    • « Stick bombs » : le mystère du serpent de bâtonnets dévoilé

      Une tresse de bouts de bois se défait en se dressant comme un cobra : deux équipes françaises ont étudié la mécanique des spectaculaires « bombe de bâtonnets ».

      Ce cobra-là n’est pas dangereux, mais sa domestication a pourtant nécessité deux équipes de chevronnés spécialistes. Il est quasiment inconnu en France, mais très populaire ailleurs, en Asie ou aux Etats-Unis.

      C’est en fait le surnom d’un divertissement aussi futile que l’art d’aligner des milliers de dominos et de les faire tomber en cascade… Il s’agit là d’entremêler dessus, dessous, en une succession de ­losanges, des bâtonnets de bois – identiques à des abaisse-langues de médecin –, pour constituer un long croisillon horizontal, puis d’en lâcher une extrémité. Le bel ­assemblage se défait alors, en éjectant un à un les bâtonnets. Puis la tresse se soulève, se redresse et, telle une tête de cobra, se met à ­cracher les bâtonnets tout en ­reculant. Le record de 2016, détenu par une équipe autrichienne de 22 personnes, a assemblé plus de 40 900 bâtons, détruits en moins d’une minute… Les vidéos de ce ­record ou d’autres, visibles sur ­Internet sous le nom de stick bomb (« bombe de bâtonnets »), sont spectaculaires.

      Energie cinétique

      A quelle vitesse le cobra recule-t-il ? A quelle hauteur se dresse-t-il ? Quels bâtonnets seraient les meilleurs ou les pires ? Autant de questions auxquelles viennent de répondre deux équipes indépendantes de physiciens français, à ­Paris – Ecole polytechnique, Ecole normale supérieure (ENS), Centre national de la recherche scientifique, CNRS – et à Lyon ­– université et CNRS –, dans deux articles à ­paraître dans la Physical Review Letters et l’American Journal of Physics.

      Pas vraiment une coïncidence quand on sait que ces physiciens entraînaient des étudiants participant au tournoi international des physiciens, une compétition amicale où les équipes, lors de joutes verbales contre leurs adversaires, essaient de ­convaincre de la pertinence de leurs analyses sur des ­sujets de physique non vraiment ­résolus. Le mystérieux cobra était au programme de l’édition 2016 (remportée par l’ENS de Lyon au ­niveau mondial). « Sur cet exemple, nous n’avons pas été convaincus par les équipes, et avons décidé d’approfondir », dit Frédéric Chevy, qui d’ordinaire « dresse » les atomes froids dans son laboratoire de l’ENS à Paris.

      Le « moteur » du serpent est vite identifié. Lorsqu’on les entremêle, l’un dessus, l’autre dessous, les bâtonnets se tordent, et la tresse emmagasine de l’énergie élastique. Elle sera restituée en énergie cinétique – et dissipée aussi en vibration, friction –, et donc en mouvement. Le cobra tête haute, cette énergie équilibre la gravité, et les deux équipes arrivent à déterminer ainsi la vitesse qui dépend principalement de la longueur et de l’épaisseur des ­bâtonnets. Les plus épais et les plus courts allant plus vite.

      « On sait quels bâtons choisir pour filer à 30 m/s, mais cela est presque trop rapide, et on profite moins de l’effet tête dressée », indique Nicolas Taberlet, spécialiste de mécanique des fluides et des ­milieux granulaires à l’université de Lyon. Il conseille aussi de sécher les bâtons pour gagner en vitesse.

      https://youtu.be/GtnZc1dujgg

      De même, le joueur peut varier l’angle des losanges afin d’étirer plus ou moins la tresse en longueur. Telle une ola dans un stade, plus les éjections sont éloignées – donc la tresse étirée –, plus la ­vague se propage vite.

      Les Lyonnais ont aussi estimé la hauteur maximale du cobra, favorisée elle aussi par les faibles épaisseurs. Les Parisiens ont préféré explorer les domaines de ­paramètres autorisant la propagation de l’onde. « La plage est étroite, résultat d’une compétition entre la gravité qui plaque le serpent et l’élasticité qui le tord et le fait monter », indique Frédéric Chevy. Trop rigides, des bâtons cassent pendant le tressage. Trop souples, la tresse ne décolle pas. Les abaisse-langues – ou les bâtons d’esquimaux de format américain – sont finalement les meil­leurs, et moins chers que les produits vendus comme jouets.

      « Ce n’est pas qu’un jeu »

      Les deux équipes ont comparé leurs théories à des expériences utilisant plusieurs types de composants. « Le résultat est convaincant et élégant, salue Basile Audoly, spécialiste de mécanique au CNRS dans le laboratoire de mécanique du solide de l’Ecole polytechnique. Ce système possède un comportement continu car une onde se propage, mais aussi discontinu, car l’extrémité “explose”. Sa modélisation n’est pas simple et est analogue dans l’esprit à ce qu’on doit faire pour étudier une chaîne articulée, par exemple. C’est très profond, et cela montre que ce n’est pas qu’un jeu. »

      « Le travail n’est pas fini. Il faudrait mieux décrire le mécanisme d’éjection pour prédire l’angle vers lequel les bâtonnets partent à l’extrémité », estime Frédéric Chevy. « Nous pouvons prédire la hauteur maximale, mais pas la ­hauteur réelle, qui dépend de ­processus plus fins tenant compte des rotations des vibrations, du bruit qu’on entend… »,

      confirme Nicolas Taberlet.

      « Cela montre que le tournoi peut fournir de la matière à des physiciens », souligne Daniel Suchet, l’organisateur de la sélection française de cette compétition mondiale, actuellement au laboratoire mixte CNRS-université de Tokyo sur les cellules photovoltaïques.

      Dernier détail, pour les amateurs. Il faut choisir avec soin à quelle extrémité on lâche la bête pour qu’elle se redresse. Si on opte pour la mauvaise, le premier bâton part vers le haut, et la tresse ne décolle pas. Le serpent crachera son venin mais sans se redresser.


    • Le bus à impériale, le contrôleur et l’épidémiologiste

      Dix mille pas et plus. En comparant le travail des contrôleurs des bus à celui des chauffeurs, un médecin a prouvé, en 1949, que les infarctus sont moins fréquents chez les personnes qui pratiquent une activité physique régulière.

      La plupart des médicaments naissent dans des laboratoires. Mais c’est dans un bus à impériale londonien qu’a été découvert le plus puissant d’entre eux : l’exercice physique.

      Tout a commencé après la seconde guerre mondiale, avec l’étonnante enquête d’un épidémiologiste britannique, Jeremy Morris. A l’aube des années 1950, médecins et chercheurs s’inquiètent des maladies cardiovasculaires, qui font de plus en plus de ravages, mais restent mal connues. Pourquoi les artères, et surtout les coronaires – les vaisseaux nourriciers du cœur –, s’encrassent-elles, conduisant à des accidents à l’époque bien souvent mortels, les infarctus du myocarde ?

      En 1949, le docteur Morris se plonge dans les dossiers médicaux de quelque 31 000 employés de la ­société des transports londoniens. Ces hommes, âgés de 35 à 64 ans, travaillent principalement dans des bus à impériale, des tramways ou des trolleybus, comme chauffeurs ou contrôleurs. Le contraste entre ces deux professions se révèle particulièrement frappant chez les employés des « double-deckers », les fameux bus rouges. Les infarctus sont deux fois moins fréquents parmi les contrôleurs. Ils sont aussi moins sévères. « Seulement » un contrôleur sur trois y succombe dans les trois mois, alors que la proportion est d’un sur deux chez les chauffeurs. L’écart peut-il s’expliquer par une différence de constitution physique ou de sensibilité au stress entre les deux groupes ? Ou est-ce le reflet du niveau d’activité physique des contrôleurs, qui montent et descendent 500 à 750 marches par jour travaillé, quand les chauffeurs passent 90 % de leur temps de travail assis ?

      Scepticisme de la communauté médicale

      En collectant des données comparables dans une autre branche professionnelle, celle des postes, Morris aboutit au même constat. Les facteurs sont moins exposés aux accidents cardiaques que leurs collègues physiquement peu actifs, téléphonistes ou réceptionnistes. Cette première salve de données épidémiologiques est publiée en novembre 1953 dans The Lancet.

      La revue est prestigieuse, mais la communauté ­médicale reste sceptique, et tourne en dérision les thèses de Morris. Pas de quoi décourager le médecin. Pendant des décennies, il va multiplier les études pour démontrer le rôle fondamental de l’activité physique – professionnelle ou de loisir – dans la protection cardio-vasculaire, et au contraire les effets délétères de l’inactivité (position assise prolongée). Aussi ­rigoureux qu’imaginatif, l’épidémiologiste ira même, dans l’une de ses recherches, jusqu’à comparer la taille des uniformes entre contrôleurs et chauffeurs de bus. Il montrera ainsi que les chauffeurs sont plus sujets à l’embonpoint que leurs collègues contrôleurs. L’écart de tour de taille se creuse au fil des années et s’accompagne d’un risque cardio-vasculaire accru.

      Depuis, des centaines de travaux ont établi que l’activité physique est une pilule universelle, aussi puissante que des molécules chimiques pour prévenir ou traiter le diabète, des cancers, la dépression… Certes, marche, vélo, salsa ou jardinage n’ont pas (encore ?) reçu l’agrément des agences du médicament. Mais ils sont reconnus aujourd’hui comme une thérapeutique à part entière, et peuvent, en France, être prescrits sur ordonnance chez les malades chroniques.

      Jeremy Morris est mort le 28 octobre 2009 d’une pneumonie, à 99 ans et demi. Initié dès l’enfance par son père aux joies du sport, il a pratiqué marche, natation et vélo au moins trente minutes par jour, jusqu’aux dernières semaines de sa vie.



  • La fin d’une légende urbaine : non, les vitraux des églises ne sont pas plus épais à leur base à cause de la viscosité du verre (en fait on le savait déjà).
    #recherche #verre
    Viscous flow of medieval cathedral glass - Gulbiten - 2017 - Journal of the American Ceramic Society - Wiley Online Library
    http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jace.15092/abstract;jsessionid=41F6D556D5C2F1321B131459FF74EFF0.f03t01
    P.S:je n’ai lu que le résumé car pas d’open access


  • Je suis sorti un peu de mes sujets habituels et en plus c’est gratuit (pour une fois) ! J’ai rarement vu une telle concentration d’actions/réflexions, concepts .... #communs #capabilites #economiesolidaire #educationpopulaire
    #CeuxQuiFont : Geneviève Fontaine, la transformation sociale en théorie et en pratique
    http://www.lemonde.fr/festival/visuel/2017/08/19/ceuxquifont-genevieve-fontaine-la-transformation-sociale-en-theorie-et-en-pr


  • Un argument pour ne pas marcher contre Trump (si on est chercheur), mais pour aller vers le public #science #trump. Ca rappelle Science en marche, chez nous, qui avait fait les deux finalement...
    A Scientists’ March on Washington Is a Bad Idea - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/01/31/opinion/a-scientists-march-on-washington-is-a-bad-idea.html?_r=0

    And the Legislature passed a law that barred state and local agencies from developing regulations or planning documents anticipating a rise in sea level


  • Autre lecture laissant un goût amer, Le cercle de Dave Eggers, une fiction à la 1984 mais où la soumission totalitaire est volontaire, et se fait grâce aux techniques, aux injonctions des réseaux sociaux, à la domination d’un géant informatique... #peur





  • J’avoue que c’est la première fois de ma carrière de journalistes que je trouve autant de spécialistes opposés à une publication. Et en plus avec de bons arguments ! Un prochain scandale scientifique ? #science #recherche #scandale
    Des chercheurs émettent des doutes quant à la découverte d’un « Graal » de la physique
    http://www.lemonde.fr/physique/article/2017/01/27/des-chercheurs-emettent-des-doutes-quant-a-la-decouverte-d-un-graal-de-la-ph





  • C’est tout ce que j’ai trouvé pour l’instant en ligne pour saluer cet événement dans la presse française @thibnton : avoir des droits, sans avoir d’argent !
    Autrement dit, les journalistes du Monde ont moins de poids dans le capital mais les mêmes droits qu’avant (et même un peu mieux) grâce à une « action préférentielle ». #media #presse
    J’espère que ça fera débattre.
    Les salariés du Groupe Le Monde approuvent l’évolution de l’actionnariat (12 janvier 2017) - mind
    http://www.mindnews.fr/articles/les-salaries-du-groupe-le-monde-approuvent-l-evolution-de-l-actionnariat.85


  • Un peu d’#autopromo avec cet article sur l’Intelligence artificielle et les fameux réseaux de neurones qui (re)cassent la baraque.
    Si vous ne lisez pas, admirez au moins l’image (générée par deep dream generator ; on peut passer plus de temps dessus que sur le texte (que j’envoie à la demande !) pour dénicher les petits animaux). #intelligenceartificielle #science
    La révolution des neurones artificiels
    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/01/09/la-revolution-des-neurones-artificiels_5059943_1650684.html


  • Je reviens sur Seenthis !
    J’ai déjà dit je crois que j’aimais bien ce que fait Franck Ghitalla et voici l’un de ces derniers billets (accessoirement, ça peut permettre de lire ses Chroniques du web qu’il a distillées en chapitre)... Il parle des cartographies des sciences @Fil, @Reka
    Cartographier la science, chapitre 4 des Carnets Cartographiques – L’Atelier de Cartographie
    https://ateliercartographie.wordpress.com/2016/12/22/cartographier-la-science-le-chapitre-4-des-carnets-ca


  • Une petite note d’auto-promotion pour un sujet peu traité en presse généraliste (à vérifier !), les bases de connaissances (Yago, Wikidata, Dbpedia...) et qui l’air de rien commencent à bouleverser notre environnement (interrogation en langage naturel des moteurs de recherche, assistants vocaux...).
    Et oui, c’est en accès payant (j’envoie le pdf via les commentaires !) !
    Wikipédia, la connaissance en mutation
    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/01/11/wikipedia-la-connaissance-en-mutation_4845347_1650684.html
    #wikipedia #sémantique


  • Une petite anecdote rigolote : les spécialistes de la veille sur la rétraction d’articles...rétractent un de leurs articles.
    Ils déclarent s’être trompés en conseillant, en cas de fraude, de contacter les auteurs ou les éditeurs ; il vaut mieux contacter l’employeur ou le rendre publique grâce au site pubpeer...
    A Retraction Watch retraction : Our 2013 advice on reporting misconduct turns out to have been wrong - Retraction Watch at Retraction Watch
    http://retractionwatch.com/2015/11/30/a-retraction-watch-retraction-our-2013-advice-on-reporting-miscondu
    #fraude #retraction #recherche



  • Comme c’est mignon : la première image de Pluton prise par une sonde qui s’en approche. C’est flou mais touchant, non ? #nasa #pluton


    NASA’s New Horizons Spacecraft Nears Historic July 14 Encounter with Pluto — ScienceDaily
    http://www.sciencedaily.com/releases/2015/04/150415131946.htm

    NASA’s New Horizons spacecraft is three months from returning to humanity the first-ever close up images and scientific observations of distant Pluto and its system of large and small moons.