RastaPopoulos

Développeur non-durable.

  • La satire mise à mal par la réalité [LettrInfo 26-XXIII] - Éditions Agone
    https://agone.org/la-satire-mise-a-mal-par-la-realite

    Voilà vingt ans, le philosophe Jacques Bouveresse revenait sur les analyses que le satiriste Karl Kraus donnait un siècle plus tôt. Le moins qu’on puisse dire est que notre actualité s’applique diaboliquement à confirmer que le passage du temps est aussi défavorable à notre intelligence du monde qu’à notre bonheur.

    #Karl_Kraus #Jacques_Bouveresse #anticipation #journalisme #médias #critique #critique_des_médias

  • 1 300m3 d’eau s’évapore de la bassine chaque jour, soit la consommation/jour d’une ville de près de 10 000 habitants.https://threadreaderapp.com/thread/2088573596557803805.html

    En effet, cette mégabassine se vide actuellement uniquement par évaporation, la justice ayant interdit les prélèvements et remplissages jusqu’à nouvel ordre (Pour rappel : le jugement de la CAA du 18/12/2024 : ). (Source du graph :
    – Le calcul a été fait sur le dernier mois du 20 juin au 20 juillet).
    Bien entendu, les chaleurs de cet été y sont pour quelque chose. Les Deux-Sèvres figurent parmi les départements les plus touchés par la sécheresse depuis juin...

  • Manuel d’autodéfense contre la hasbara : la propagande israélienne par Eyal Sivan

    https://www.youtube.com/watch?v=Qxwzup4afXk

    Le cinéaste franco-israélien Eyal Sivan, démonte les ressorts de la hasbara, « l’explication », une vaste entreprise de communication dotée d’un budget important qui vise à défendre l’image d’Israël dans lemonde entier, notamment à contrer le boycott économique et culturel en soutien aux palestiens perçu comme une grave menace par Israël. Plus que dans d’autres pays, la hasbara s’avère particulièrement efficace en France.

    00:00 - Définition de la Hasbara : La propagande d’image d’Israël (Regroupe l’introduction, la définition et l’utilisation de la culture et du pinkwashing pour soigner l’image de la "démocratie libérale".)

  • « On a rayé des cartes les petits #cours_d’eau, et la sécheresse s’est répandue »

    En rayant des cartes tous les petits cours d’eau, la France a ainsi alimenté la terrible sécheresse que nous connaissons, écrivent les auteurs de cette tribune. Ceux-ci sont pourtant essentiels pour nourrir les vallées et les #nappes_phréatiques.

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « #petits_chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les #zones_humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits #ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de #pluie.

    Cette affirmation n’est pas du catastrophisme. Elle découle de constats d’observation réalisés sur les petits cours d’eau, de bulletins hydrologiques, de mesures des nappes phréatiques, de cartes de sols dégradés réalisés dans toute la France sous le contrôle d’Eau France par Ades, la banque d’accès aux données de quantité et de qualité des #eaux_souterraines.

    Ces relevés racontent la même histoire : la géographie de notre pays bascule vers des changements de #paysages considérables, défavorables aussi bien à l’agriculture qu’aux humains — sans même parler des non-humains, de plus en plus vulnérables avec la prolongation des sécheresses.

    Victimes de l’#agriculture productiviste et de l’#urbanisation aveugle

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une #loi_sur_l’eau_et_les_milieux_aquatiques (#Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture_productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de #nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques (https://www.actu-environnement.com/ae/news/nitrates-cjue-condamnation-france-z).

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017 : https://reporterre.net/La-nouvelle-cartographie-des-cours-d-eau-menace-l-interet-general), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des #épandages de #pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des #cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    Invisibilisés, ces petits cours d’eau ont pu être maltraités sans égards par des #pollutions diverses, malmenés par des sécheresses prolongées, ou tout simplement comblés par des propriétaires, et ainsi à jamais perdus. Leur #ruissellement ne s’effectuant plus, ou plus correctement, ils ne jouent plus leur rôle de capillaires du territoire. Des milliers de vallons se retrouvent ainsi privés d’eau pendant des semaines, voire des mois.

    Leur #disparition n’est pas seule en cause dans l’assèchement des sols, il faudrait aussi parler par exemple de l’abandon des #réseaux_gravitaires et autres #canaux_d’irrigation. Mais elle est essentielle pour comprendre la sécheresse des #sols et l’épuisement des nappes phréatiques, qui a ouvert la voie à des transformations profondes de nos terres et de nos habitats.

    Une véritable fuite en avant

    Chacun peut le constater, la sécheresse transforme les #paysages. Les images prises depuis le ciel sont saisissantes : rivières réduites à des rubans de cailloux, lacs contractés, champs grillés, forêts jaunies au cœur de l’été. Le manque d’eau dans les sols stoppe la croissance des arbres, bloque la photosynthèse (faisant dépérir certaines essences), et réduit leur possibilité de stockage de carbone. Le risque d’incendie et de ravageurs augmente en proportion.

    Les habitats humains en subissent aussi les conséquences. La rétractation des argiles l’été, puis leur gonflement au retour des pluies, fissure les murs, déstabilise les fondations. En France, plus de 60 % des maisons individuelles se situeraient désormais dans des zones d’exposition moyenne ou forte à ce phénomène, ce qui provoque de silencieuses migrations, du fait du coût élevé des réparations.

    Pour tenter de compenser la sécheresse provoquée par la disparition progressive de ces petits cours d’eau, l’agriculture développe l’#irrigation_sous_pression (#aspersion, #goutte-à-goutte), accaparant l’été une part très importante de l’eau, au prix de #conflits_d’usage croissants avec les milieux aquatiques, la production d’énergie, les usages domestiques.

    Des projets fantasmagoriques refont surface, comme les « #autoroutes_de_l’eau » qui détourneraient les eaux du Rhône ou d’autres fleuves vers des territoires en tension. Comme si l’on pouvait corriger la géographie par quelques tuyaux géants, alors que les grands cours d’eau eux-mêmes voient leurs débits diminuer. Une véritable fuite en avant !

    Instaurer une #démocratie_de_l’eau

    Si la sécheresse est bien amplifiée par le réchauffement global, la vulnérabilité de la France face à ce choc est donc largement le produit de ses choix. Elle a trop traité l’eau comme un stock à répartir, et non comme une trame à préserver, préférant contester les contraintes juridiques et écologiques plutôt que de réorganiser ses pratiques agricoles.

    Il faut désormais le reconnaître : nous avançons, année après année, vers un nouveau paysage, une nouvelle géographie. Nous ne retrouverons plus un état antérieur. Pour éviter la déshydratation continue du pays, il faut renouer avec la #géographie_de_l’eau en :

    – cessant de rayer des cartes tous les petits cours d’eau, et en les restaurant pour redessiner une trame vitale du territoire ;
    - en réorganisant l’agriculture autour de la #sobriété_hydrique, avec l’#agroécologie ;
    - en mettant l’eau au centre des politiques d’#aménagement_des_territoires, de l’extension des villes notamment. Plus rien ne devrait être construit sans tenir compte des sources disponibles.

    Il est temps de faire de la protection et de l’accès égalitaire à la ressource en eau un axe central de la #planification_écologique. Il est temps de simplifier et de rendre transparente pour tous les citoyens la #gestion_de_l’eau et de sortir d’une complexité administrative sans issue. Sans eau, il n’y aura ni territoire, ni économie, ni démocratie viables.

    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    #eau #rivière #France #sécheresse #hydrologie #invisibilisation

    signalé aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/1186226

    voir aussi :
    Une #cartographie inédite des cours d’eau officiels pointe les incohérences de la #réglementation
    https://theconversation.com/une-cartographie-inedite-des-cours-deau-officiels-pointe-les-incohe
    https://seenthis.net/sites/7282461336008050837
    via @sombre

    • Quand le gouvernement et la FNSEA redessinent la carte des cours d’eau
      (publié en 2017)

      La loi sur l’eau de 2006 vise à retrouver un « bon état » écologique des masses d’eau douce. Mais discrètement, pour complaire à la FNSEA, le gouvernement a entrepris de soustraire une partie des cours d’eau à l’application de la loi. Premier volet de la grande enquête de Reporterre

      C’est l’histoire d’un incroyable coup de force. Dans le secret de quelques bureaux, une coalition de politiques et de lobbyistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a décidé de changer la carte géographique et physique de la France. En voici le déroulé, tel que reconstitué par Reporterre.

      Quand François Hollande a été élu président de la République en 2012, la FNSEA n’en éprouve aucune crainte. Ce « syndicat » paysan règne sur la politique agricole depuis plus de soixante ans. La Quatrième République, puis le régime gaulliste après 1958, ont en effet accepté de cogérer avec ses dirigeants les dossiers agricoles essentiels. Un nouveau virage a été pris quand Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture dans les années 1970, a instauré la cogestion des politiques publiques agricoles avec la FNSEA, le syndicat ultramajoritaire dans la profession.

      L’industrialisation des campagnes, les élevages concentrationnaires, l’irruption des pesticides, la destruction des haies et des talus boisés, le remembrement, le recalibrage des rus, ruisseaux et rivières, sont une œuvre partagée. Essentiellement entre le ministère de l’Agriculture, les directions départementales de l’Agriculture (DDA), où règnent les Igref — ingénieurs polytechniciens chargés des « eaux et forêts » —, et la FNSEA, qui contrôle les puissantes chambres d’agriculture.

      Le désastre qui s’ensuit est donc le leur, qu’ils présentent pourtant comme un triomphe de la modernité. En 2007, quand Sarkozy lance son Grenelle de l’environnement, promettant une « révolution écologique » qui n’aura jamais lieu, les chefs de la FNSEA s’inquiètent. À tort. Après avoir copieusement brassé le vent, Sarkozy lance en novembre 2011 sa fameuse phrase : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi, ça commence à bien faire. »
      L’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle

      La FNSEA aurait sans problème fait affaire avec un Sarkozy réélu président, mais la gauche gouvernementale ne lui a jamais fait défaut. Faut-il rappeler qu’un Henri Nallet, jadis ministre de l’Agriculture de Mitterrand — 1985-1986, puis 1988-1990 —, a commencé sa carrière comme chargé de mission de la FNSEA ? Qu’Edgard Pisani, devenu socialiste sur le tard et vice-président de la Commission européenne en 1984, a été le ministre de l’Agriculture de De Gaulle entre 1961 et 1966, lançant réforme sur réforme en compagnie de Michel Debatisse, futur président de la FNSEA ?

      En bref, l’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle. Et d’autant que la présidence se révèle d’une grande faiblesse politique, donc bien plus impressionnable. La FNSEA de Xavier Beulin — il est devenu son président en 2010 — sent rapidement qu’elle peut espérer beaucoup de la gauche, peut-être davantage que d’une droite sarkozyste. Beulin devient en quelques mois un interlocuteur privilégié de Hollande, ce qui permet de mieux comprendre la suite.

      Les productivistes agricoles n’ont en fait jamais digéré la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006. Celle-ci transpose dans le droit français une directive européenne sur l’eau adoptée en octobre 2000. Or cette loi a pour objectif — entre autres — de parvenir à un « bon état » écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici 2015. La FNSEA, qui sait à quoi s’en tenir, y voit une menace directe : l’agriculture industrielle dissémine massivement des pesticides et pollue les rivières et les rivages avec ses nitrates. En 2014, l’Europe a d’ailleurs condamné une nouvelle fois la France pour sa politique trop laxiste contre l’épandage des nitrates.
      Nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans

      Comment en sortir ? La création en 2006 de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), chargée de la police de l’eau, annonce-t-elle la fin de l’impunité pour les pollueurs ? Possible. En 2010, une circulaire du ministère, alors de l’Écologie, durcit le ton : « Il est impératif de consolider la pratique des contrôles et de mieux coordonner l’intervention des services et établissements chargés des polices de l’eau et de la nature. » Une guérilla invisible commence. Quelques contrôles de terrain de l’Onema aboutissent à des procès-verbaux pour épandage de lisier ou comblement de ruisseaux, qui viennent heurter de plein fouet les habitudes agricoles. Fin 2013 commence un cycle de manifestations musclées de la FNSEA, avec déversement de fumier, devant les sièges décentralisés de l’Onema. On y refuse le principe même des contrôles.

      C’est alors que tout dérape au sommet de l’État. Manuel Valls, devenu Premier ministre, décide de se soumettre au lobby agricole, et commande en novembre 2014 un rapport sur « la mise en œuvre des contrôles » de terrain à la députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat. Le texte, publié fin mai 2015, ne peut que combler la FNSEA, car il prend parti, jusqu’à la caricature. On y lit par exemple cette phrase d’anthologie, qui ridiculise toute inspection de terrain : « La mission recommande qu’aucun constat de non-conformité ne soit dressé pour des points de contrôle dont les règles n’auraient pas été portées à la connaissance des agriculteurs en temps utile ».

      En somme, nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans. Au-delà, le rapport ouvre une porte à des enjeux plus lourds encore, en réclamant la réalisation de cartes des cours d’eau, département par département. Pour la FNSEA, c’est décisif, car si un ru ou un ruisseau ne sont plus considérés comme des cours d’eau, ils ne relèvent évidemment plus de la loi qui les protège. Tout est alors en place pour une vaste comédie, qui se révélera être un drame.

      https://reporterre.net/Quand-le-gouvernement-et-la-FNSEA-redessinent-la-carte-des-cours-d-eau

  • Pierre Raiman, George Orwell × Raoul Peck : 2×-2=-4,
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/08/11/raiman-orwell-peck
    https://desk-russie.eu/2026/04/06/george-orwell-x-raoul-peck-2x-2-4.html
    https://seenthis.net/messages/1169133

    Une dure recension du dernier film de Raoul Peck.

    Dans 1984, Winston Smith posait un axiome sur lequel reposait tout l’édifice de la résistance intérieure : la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre [3]. Or le film de Peck prend l’équation orwellienne et produit un résultat négatif. Orwell multiplié par Peck, ce n’est pas quatre : c’est moins quatre. Le cinéaste ne manque pas de talent, mais sa grille de lecture – anti-impérialiste, anticapitaliste, héritière d’une tradition marxiste qui n’a jamais admis et compris le concept de totalitarisme – le conduit à retrancher d’Orwell ce qui en constitue le cœur. Le spectateur en sort plus confus qu’il n’était entré. C’est ce rendez-vous manqué qu’il faut examiner : il dit quelque chose de la difficulté de l’intelligentsia occidentale à nommer le monde dans lequel nous vivons.

    […]

    Ce que Peck retient de Loznitsa prolonge l’effacement : pour l’immense majorité des spectateurs, le nom de Babi Yar n’évoquera rien ; ils verront des nazis allemands pendus par des bourreaux soviétiques devant une foule, sans savoir que cette foule regarde mourir les assassins de dizaines de milliers de Juifs. La séquence est vidée, par couches successives, nazie, soviétique et cinématographique de sa réalité juive.

    Traiter cette scène comme la variation d’un même thème qui relierait la justice rendue aux bourreaux de Babi Yar et la pantomime séditieuse du Capitole, c’est abolir toute distinction entre la justice, la terreur et la farce sinistre. Le fossé entre l’usage qu’en fait Loznitsa – patient, contextuel, hanté par le devoir de mémoire – et celui qu’en fait Peck – illustratif, instrumentalisé, dépouillé de sa substance – indique la distance entre un cinéaste qui donne à penser et celui qui assène. En laissant les images « parler d’elles-mêmes », Peck dissimule l’intervention la plus décisive – celle du monteur qui choisit l’ordre, le rythme et le voisinage.

    […]

    En dégradant les putschistes espagnols du rang de fascistes à celui de conservateurs, Peck les rapproche du présent américain. Ce glissement quasi imperceptible, est un cas d’école de ce qu’Orwell dénonçait : le langage politique imprécis ne reflète pas une pensée confuse, il la fabrique. Orwell, qui avait pris une balle dans la gorge sur le front d’Aragon pour combattre le fascisme, et qui avait risqué sa vie une seconde fois en échappant à la police stalinienne de Barcelone, méritait mieux qu’un euphémisme destiné à servir une analogie partisane.

    […]

    Peck ouvre l’œuvre d’Orwell comme une « boîte à outils » – la formule revient dans ses entretiens [20]. L’expression semble modeste ; elle est en réalité ruineuse. Une boîte à outils suppose des instruments utilisables séparément. On prend le tournevis « novlangue » pour la propagande trumpiste, le marteau « doublepensée » pour Fox News, la clé à molette « Big Brother » pour les caméras chinoises. Chaque outil est arraché au système qui lui donne sens. Le résultat est un film où tout se vaut : l’Empire britannique et le Goulag, la Silicon Valley et Pyongyang – bref l’abolition des distinctions.

    Une tout autre lecture est possible. 1984 n’est pas un répertoire de citations prophétiques mais un dispositif romanesque inédit, qui fonctionne comme un tout. La société d’Oceania n’est pas un hybride de l’Allemagne nazie et de la Russie stalinienne, mais un variant de deuxième génération [21] – un totalitarisme de laboratoire, épuré des scories de ses modèles et ramené à son essence. Orwell n’a décrit ni le passé ni le présent : il a inventé une machine à penser les totalitarismes futurs. Le noyau en est le pouvoir comme pure fin, une idée empruntée à l’oligarque Wickson dans Le Talon de fer de Jack London – le premier roman à avoir esquissé un système totalitaire [22].

    #film #documentaire #recension #Raoul_Peck #totalitarisme #autoritarisme #George_Orwell #le_cinéma_est_politique

    • Merci @rastapopoulos pour l’info. Je dirai quelque chose sur le film quand je l’aurai regardé.

      Pour le moment je ne peux que constater que les critiques citées partent d’un point de vue de l’idéologie du totalitarisme. C’est une idée confusionniste qui perturbe la réflexion quand on essaye de se faire une idée d’une oeuvre d’un auteur qui connaît bieden la philosophie dite marxiste ou socialisme scientifique.

      Le totalitarisme n’étant qu’une notion de propagande anticommuniste son utilisation nous mène nulle part. Elle est biaisée par son identification infondée du socialisme stalinien avec le nazisme allemand. Ce fond d’hypothèse axiomatique mène systématiquement toute réflexion à des résultats imprécis et floues dans le meilleur cas.

      Ceci vaut pour la grande oeuvre littéraire qu’est 1984. Orwell le voyant publie sa divination, son cauchemar lucide vise juste, mais il ne fournit ni analyse ni outil politique. Pourtant il se donne une allure plus politique que « Nous autres » (1920) de Evgueni Zamiatine et « Le Meilleur des mondes » (1932) d’Aldous Huxley parce qu’il décrit une organisation du monde en blocs ennemis tout à fait plausible pour ses contemporain et l’époque de la guerre froide.

      Aujourd’hui nous sommes confrontés à des défis plus importants qu’à l’époque d’Orwell. Les dernier développements mettent en cause profondément nos idées sur les systèmes politiques, l’éthique et la survie de l’espèce humaine.

      Alors si on veut avancer dans sa réflexion il faut aller plus loin et dépasser les systèmes de pensée anciens. Je viens de découvrir une approche intéressante dans « Le Problème à trois corps ». Liu Cixin y déconstruit systématiquement toutes les idées sur la raison d’être de l’humanité, sur les systèmes politiques et de société ou d’éthique qu’elles soient orientales ou occidentales y compris le positivisme, le libéralisme, le communisme et les religions du monde. Dans sa trilogie tout est un problème de taille et de physique. Les agissements et idées humaines ne sont que des réactions à la réalité matérielle qui impose ses lois.

      J’aime beaucoup Orwell, mais sa prose vient d’une époque révolue tout comme les idées qui tournent autour du totalitarisme et la confrontation entre le socialisme/communisme et le capitalisme/impérialisme. À notre époque et dans les prochaines décennies il faudra revoir l’humanisme et les idées sur le progrès, la justice sociale et l’organisation politique du monde. Orwell nous a fourni quelques indices qu’on doit analyser et situer dans le contexte du siècle présent.

      J’irai regarder le film de Raoul Peck afin de comprendre s’il contribue aux étapes nécessaires pour y arriver.

      Nous autres / Wir (traduction allemande)
      https://nemesis.marxists.org/samjatin-wir1.htm
      Nous autres dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nous_autres

      Le Meilleur des mondes dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes

      Le Problème à trois corps dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Probl%C3%A8me_%C3%A0_trois_corps

      #1984 #Orwell #science_fiction #théorie_politique #film #philosophie

    • Merci pour ton commentaire. Je suis en partie d’accord sur les problèmes des anti-totalitaires par rapport aux marxismes. Mais je cite quand même des passages qui me semblaient intéressants et bien argumentés, concernant la manière de Peck de « manipuler » les concepts même sans parole par le montage uniquement, et du coup de faire de la propagande lui aussi, en rapprochant des types de gouvernements assez éloignés.

      Cependant je me suis dit la même chose pour l’auteur de l’article qui est totalement dans la mouvance libéral anti-totalitaire, et qui pourrait recevoir des critiques sur ce point.

      J’ai entendu récemment quelqu’un rappeler cette blague de l’URSS : qu’un journaliste de là-bas vient en occident et se dit effaré de toute cette propagande, et un collègue occidental est perdu, il répond mais enfin c’est vous qui venez de l’URSS, chez vous c’est bien pire, et l’autre de répondre « mais chez nous personne n’y croit ! »

      Jacques Ellul a bien analysé (avant Orwell il me semble) à quel point la propagande occidentale peut être pire (et bien plus assimilée par le public) que dans les régimes totalitaires. Peck ne doit pas être étranger à ce genre de critiques, sans compter aussi les fausses comparaisons « ici c’est le moindre mal », alors que les régimes occidentaux peuvent avoir fait autant ou plus de morts dans leurs guerres (en comptant toutes les guerres coloniales)… et on peut même aller plus loin avec Aimé Césaire, qui disait que le nazisme n’était en gros que la suite logique du colonialisme (des « bonnes » nations libérales donc).

      Bref plein de critique à faire sur le point de vue anti-totalitaire aussi (qui n’était pas forcément celui d’Orwell au point où le croit l’auteur de l’article ! il était plus fin que ça me semble-t-il, et très anti-colonialiste aussi !)

  • Le port du casque – Altis Play
    https://altisplay.fr/le-port-du-casque

    Bonjour aujourd’hui je vous parle d’un sujet un peu sensible, le port du casque en vélo.

    Je vais m’attaquer à toutes les idées reçues de façon objective pour vous aider à y voir plus clair et en fin de vidéo je vous donnerai mon avis personnel sur la question.
    Vous pourrez trouver toutes les sources qui m’ont aidées à réaliser la vidéo en description et en cas de doute n’hésitez pas a rédiger un commentaire je vous répondrai avec plaisir.

    Alors maintenant sortez les pop corn on est parti
    On va commencer par l’origine du casque
    https://mag.hollandbikes.com/tout-savoir-sur-le-casque-velo-des-annees-avant-guerre-a-nos-jours/#:~:text=Le%20casque%20v%C3%A9lo%20%3A%20des%20d%C3%A9buts%20diffi

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Casque_de_v%C3%A9lo

    Tout commence avec une chute durant la course Paris Roubaix en 1944 le coureur cycliste Jean Robic décide suite à sa chute de se fabriquer un casque en lanière de cuir qui sera le premier casque qui fera son apparition. cela le protégera lors d’une nouvelle chute sur ce même tour deux ans plus tard.

    il sera donc le premier à adopter le casque pour de bon. Cette décision considérée à l’époque comme originale lui vaut d’ailleurs le surnom de « Tête de cuir »

    Le casque fait donc son apparition dans une pratique extrême du sport. tout comme le port du casque en voiture durant les courses de rallye. mais j’y reviendrai plus tard.

    L’industrie automobile se préoccupe plus du casque vélo que du casque pour automobiliste – carfree.fr
    https://carfree.fr/index.php/2012/10/17/lindustrie-automobile-se-preoccupe-plus-du-casque-velo-que-du-casque-pour-au

    Pour d’étranges raisons, l’industrie automobile est très en pointe pour développer l’usage du casque vélo pour les cyclistes et ne dit rien sur l’intérêt du casque pour automobiliste qui permettrait pourtant de sauver des vies…

    L’expérience de l’Australie, de la France et de la Suède montre que parmi les occupants des voitures qui se retrouvent à l’hôpital, ce sont souvent les blessures à la tête qui sont les plus graves. En Suède, les occupants de voiture ont besoin de jours d’hospitalisation pour blessure à la tête plus que tout autre groupe d’usagers de la route.

    C’est pourquoi, des chercheurs de l’Université d’Adélaïde (Australie) ont conçu un bandeau de casque pour automobilistes (photo) qui permettrait de réduire le nombre de blessures à la tête de 44%. Pour une raison étrange, l’industrie automobile ne communique pas sur le casque pour automobiliste. Mais, elle lance par contre de nombreuses campagnes de communication pour que les cyclistes portent un casque.

  • L’institut Iliade, Bolloré, Stérin et Křetínský attaquent en meute le Planning Familial- Paris Luttes
    https://paris-luttes.info/l-institut-iliade-bollore-sterin-21023

    Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur les attaques médiatiques contre le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) orchestrées notamment par Marianne, Valeurs Actuelles, Franc-Tireur, Charlie Hebdo et les médias (…) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • L’effacement de l’effacement - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2026/08/05/leffacement-de-leffacement

    En arasant des quartiers et des villages entiers, en détruisant des cimetières et des mosquées, des hôpitaux, des universités et des écoles, en brisant des réseaux énergétiques, d’adduction d’eau et d’égouts, en oblitérant des champs, en arrachant des vergers et des oliveraies, en empêchant les rivières et ruisseaux de couler, en utilisant les restes des bâtiments détruits pour construire des remblais, l’action des bulldozers fait plus que de « terraformer » le territoire gazaoui, elle gomme ses traits les plus singuliers, ceux-là mêmes qui font que des personnes puissent s’y reconnaître, y inscrire des souvenirs, des projets, et bien sûr y vivre.

    Eyal Weizman nomme ungrounding cette guerre totale menée contre la géographie gazaouie, ne laissant absolument rien en l’état, pas même les ruines et les traces des destructions précédentes. Ce terme forme d’ailleurs le titre de son dernier livre, dont le sous-titre rappelle qu’il s’agit d’une lecture aussi urgente qu’essentielle11. Lors d’un récent entretien donné à la revue +972, on lui demanda d’en expliquer le sens. Aussi laconique soit-elle, sa réponse est peut-être la description la plus convaincante du processus en cours à Gaza : « l’effacement de l’effacement »12.

  • Investiture d’Abelardo de la Espriella en Colombie : le nouveau président promet l’« ordre », Washington annonce un milliard de dollars d’aide

    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/08/investi-president-de-la-colombie-abelardo-de-la-espriella-promet-une-offensi

    L’avocat millionnaire de 48 ans, allié de Donald Trump, a dit vouloir combattre « sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles qui menacent la liberté de la Colombie », lors de son premier discours comme chef d’Etat, vendredi.

    –—

    Colombie : l’extrême droite d’Abelardo de la Espriella au pouvoir

    https://lundi.am/Colombie-l-extreme-droite-d-Abelardo-de-la-Espriella-au-pouvoir

    Un dossier :

    – Le fils du tigre sort avec ses rayures par Arturo Escobar
    https://lundi.am/Le-fils-du-tigre-sort-avec-ses-rayures

    – La nouvelle extrême droite sous l’angle décolonial par Lina Álvarez Villarreal
    https://lundi.am/Colombie-la-nouvelle-extreme-droite-sous-l-angle-decolonial

    – La narco-esthétique du Tigre 5.0 à l’ère de l’intelligence artificielle par Juliana Marín Taborda & Alejandro Giraldo Quintero
    https://lundi.am/La-narco-esthetique-du-Tigre-5-0-a-l-ere-de-l-intelligence-artificielle

    – Au-delà de l’instrumentalisation : la nouvelle grammaire morale de la politique colombienne par Diego Meza Gavilanes
    https://lundi.am/Au-dela-de-l-instrumentalisation-la-nouvelle-grammaire-morale-de-la-politique

    – Reconfigurations de la droite colombienne d’Uribe à De la Espriella par Anibal Pineda Canabal
    https://lundi.am/Reconfigurations-de-la-droite-colombienne-d-Uribe-a-De-la-Espriella

    Intelligence multiple contre polycrise entrepreneuriale, Le débat entre les candidats à la vice-présidence Quilcué et Restrepo par Santiago Arcila & Juan Cortés
    https://lundi.am/Intelligence-multiple-contre-polycrise-entrepreneuriale

  • Zachary Foster :
    https://x.com/_ZachFoster/status/2085468933843259578

    À comparer aux journalistes des MSM.

    Eitan Newman, un Israélien de 17 ans, interroge l’un des politiciens israéliens les plus #génocidaires de l’apartheid Israël, dans une émission de télévision israélienne intitulée « Premier Vote » lors d’une interview du 2 août 2026.

    C’est un moment rare dans les médias hébreux où un politicien israélien génocidaire est forcé de défendre le #génocide en direct à la télévision. Voici un transcript condensé :

    Newman : Appelez ça comme vous voulez, nettoyage ethnique, transfert, émigration volontaire, d’accord. Alors, je veux vous demander, que va-t-il arriver au Gazaoui qui ne veut pas émigrer ? Les soldats de l’IDF vont-ils l’empiler dans un camion et l’expulser ? Où vont-ils l’emmener ? Qu’allez-vous lui faire ?

    Feiglin : D’abord, la grande majorité d’entre eux veulent partir, d’accord ?

    Newman : J’ai demandé ce qui concerne ceux qui ne veulent pas partir.

    Feiglin : Nous devons les encourager à partir, parce que celui qui ne part pas vous tuera.

    Newman : Ce n’est pas ce que j’ai demandé. J’ai demandé, qu’allez-vous faire à quelqu’un que vous vouliez qu’il parte et qui ne part pas.

    Feiglin : Vous le forcerez à partir.

    Newman : Que signifie « forcer » ?

    Feiglin : Par tous les moyens possibles. Nous couperons ses conduites d’eau, par exemple. Juste un exemple.

    Newman : Et celui qui ne part pas peut mourir, pour autant que vous vous en souciiez ?

    Feiglin : Alors il aura soif. Il devra partir pour boire un verre d’eau. Juste un exemple.

    Newman : Donc, par exemple, tuer tout le monde ?

    Silence

    Newman : Oui ? Tout le monde devrait mourir ? Soit ils partent, soit ils meurent ? Ne sont-ils pas humains ?

    Feiglin : C’est assez stupéfiant, excusez-moi, qu’après le 7 octobre, vous nous traitez comme des assassins et que vous traitez cette entité terroriste islamo-nazie comme si elle était sous attaque. Pardonnez-moi.

    Newman : Je demande quelle est votre politique. J’essaie de comprendre ce qui se passera si vous êtes élu à la Knesset.

    Feiglin : Vous savez, j’ai un petit-fils de votre âge, d’accord ? Son frère gît en ce moment sous une pierre tombale à cause de telles questions.

    Newman : Donc, je suis responsable de son meurtre ? C’est ce que vous dites ?

    Feiglin : Non, je dis que votre vision du monde tordue, qui veut que les droits humains de cette entité meurtrière soient respectés, a mené en fin de compte à cette catastrophe.

    Newman : Donc, tout le monde devrait mourir. Deux millions de personnes vont mourir. Quelque soit le chiffre que vous avancez, ils devraient mourir.

    Feiglin : Je vous suggère d’écouter aussi la personne à qui vous posez la question, pas seulement vous-même.

    #sionisme

  • Don’t Just Tax the Rich — Attack Inequality at the Root
    https://jacobin.com/2026/08/taxes-inequality-markets-regulation-finance

    Many discussions of US income inequality propose to solve the problem by taxing the rich more heavily. That would be a good start. But we can also reshape markets so that they don’t generate so much pretax inequality. photo Scott Olson

    Voilà une belle analogie entre la circulation et la société en général : le déclin du nombre de morts par accidents de voiture n’est pas le résultat du progrès médical mais de la régulation de la circulation automobile et de voitures moins gangereuses pour les utilisateurs. Il ne suffit pas d’imposer davantage les riches. Il faut lutter cintres les causes de la répartition injuste des fortunes et revenus.

    8.8.2026 by Arthur MacEwan - To address the US’s severe inequality, we can and should raise taxes on the rich. But we can also restructure markets so that they don’t produce such unequal incomes in the first place, by reining in corporate power and our predatory financial sector.

    Economic inequality in the United States has risen dramatically over the last sixty years. Indeed, the degree of inequality today is probably greater than at any point in the country’s history. This severe inequality is a severe social malady. So, what should we do about it?

    Consider the following analogy. Suppose that, in response to the high rate of fatalities from automobile accidents, the United States had undertaken major investments in hospital trauma centers, improving the medical system’s means of caring for people who had been injured in such accidents. These investments would have included funds for the extensive training of doctors and for emergency room equipment.

    In fact, over the last several decades, there has been a dramatic decline in fatalities from automobile accidents. Perhaps some of the decline has come from improved trauma care. However, the really important changes that account for this decline have been seat belts and airbags (and, most recently, safety technology built into cars), improved road design and traffic control, and campaigns (and laws) against drunk driving.

    In other words, the reduction in car accident deaths has been due to changes that have reduced the number, or at least the severity, of accidents, not from the treatment of people who have been seriously injured in accidents. As a society, we have intervened in causes of car accident deaths rather than just trying to fix up the injured people after the accidents have happened. We might learn from this experience and apply the same approach to severe inequality in the United States.

    Like fixing up people after automobile accidents, higher taxes on the rich are an after-the-fact fix-up to the problem of great economic inequality. And like helping people recover after automobile accidents, higher taxes on the rich are certainly desirable. (A good place to start would be making tax rates on capital gains as high as tax rates on labor income.) But in both cases, these treatments do not address the origins of the problems — the high rate of severe injuries from car accidents and the rising share of income going to the very rich.

    There is an added problem. A policy of focusing on repairing the injured people after the accidents can draw attention away from eliminating or reducing the cause of the damage. Likewise, a policy of focusing on taxing the rich after they have become exorbitantly wealthy can draw attention away from the causes of our great inequality and perhaps imply that there is nothing we can do about those causes.

    At the same time as we tax the rich, there are things we can do about the causes of great inequality. The severe inequality we face is not simply the result of the way “free markets” operate. Indeed, there is really no such thing as “free markets.” Markets are not simply the “natural” order of things, existing beyond human control. Markets are social creations, constructed by governments and by people with social power. They are not set in stone. Perhaps a few examples will clarify the point.

    Consider, for starters, the labor market. In 2022, the US Department of the Treasury issued a report stating, “The American labor market is characterized by high levels of employer power . . . . A careful review of credible academic studies places the decrease in wages at roughly 20 percent relative to the level [they would be] in a fully competitive market.” Among the factors that generate this result are “noncompete agreements,” which prevent employees from taking jobs with other competing firms, and labor laws that tend to favor employers. When the laws themselves don’t favor employers, the administration and lack of enforcement of the laws often serve that function

    Then there are international markets. For millennia, governments have been involved in commerce around the globe, setting the rules for who could trade in what, protecting ships at sea, building and maintaining seaports and airports and roads, restricting and taxing trade in many commodities, and establishing trade arrangements among countries. In the current era, it has become especially clear that trade agreements tend to favor the interests of powerful businesses, while placing workers in various countries in competition with one another. One of the interesting — and perverse — aspects of US trade agreements in recent decades is that they are often called “free-trade agreements”; in fact, they generally extend monopoly power by including extensions of US patent and copyright laws. Monopoly power is not confined to international commerce. It has also been increasing within the United States and has provided a basis for rising corporate profits. There are, of course, laws in place to restrict monopolies; these laws are themselves examples of government involvement in the operation of markets. Yet in recent decades (with a brief exception during the Biden administration), these laws have not been effectively enforced. Here, one might say, it was not the anti-monopoly laws that constructed the market, but the government’s choice to ignore those laws. And as is the case internationally, patent and copyright laws support monopoly power within the United States.

    There are other important examples of government’s role in shaping markets in ways that impact economic inequality. Long-existing subsidies to fossil fuel firms and operating school systems that continually recreate social inequality are important examples.

    And connecting all the markets for goods and services is the financial system, which, through deregulation, has become detached from its traditional role of allocating funds to enterprises — a useful function in a market economy. According to Oren Cass, the chief economist at the American Compass, which the New York Times describes as “a conservative economic think tank,” the “finance industry is a grift.” Cass points out that the industry has generated “financialization,” which he describes as follows:

    The term for making financial markets and transactions ends unto themselves, disconnected from — and often at the expense of — the societal benefits that support human flourishing and are capitalism’s proper purpose. Chief among those benefits are good jobs that support families, and products and services that improve people’s lives.

    Financialization has made American businesses less resilient, less innovative and less competitive. It has been a major cause of slow wage growth and rising inequality. It has fueled the loss of manufacturing jobs across the heartland.

    And financialization has been very profitable for a small group of people and thus an important generator of rising inequality!

    The lesson of all this — this brief account of how markets are structured in ways that generate extreme inequality in the United States — is that we had better focus some attention on the way markets are constructed and undertake some restructuring.

    One might argue that reconstructing markets is not enough. It would, of course, be good to make labor markets more worker-friendly, to disrupt monopoly power in many markets, and to organize global trade to undermine its exacerbation of inequality — to say nothing of reining in financialization. Yet beyond focusing on these broad markets, we could benefit from a systemic approach through a general extension of social control of economic activity and a reduction in the heavy reliance on markets as the foundation of economic relations. Similarly, returning to automobile deaths, we might argue that the real solution lies in a much more extensive public transportation system, rather than simply safer cars and driving conditions.

    These would be reasonable arguments and well worth considering. But neither social control of the economy nor widespread effective public transportation will come into being overnight. In the meantime, we need to do what we can to make society, including transportation, work as well as possible. This will not solve all our economic ills, but it would move things in the right direction.

    #USA #capitalisme #lutte_des_classes

  • Aux Etats-Unis, un militant anti-police et écologiste poursuivi pour avoir supprimé les données de son smartphone – franceinfo
    https://www.franceinfo.fr/monde/usa/aux-etats-unis-un-militant-anti-police-et-ecologiste-poursuivi-pour-avoir

    Après avoir donné au policier un faux mot de passe qui a écrasé toutes les informations de son téléphone, un militant est poursuivi pour « destruction de preuves ». Cette histoire illustre les atteintes aux libertés civiles qui se multiplient aujourd’hui aux Etats-Unis.

    #Graphene #surveillance

  • La voix et le combat d’une sœur
    https://lundi.am/La-voix-et-le-combat-d-une-soeur
    https://leseditionsduboutdelaville.com/wp-content/uploads/2026/07/Garand-carre_2026-V032.mp4

    Le 8 juillet 2026 au tribunal judiciaire de Paris, les magistrats ayant à charge de juger Ritchy Thibault pour diverses prises de paroles publiques portant « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation » selon le ministre l’intérieur, suspendent soudainement l’audience. Les juges estiment que les 16 témoins prévus par la défense n’auront pas le temps d’être entendus et qu’il faut reporter l’audience. Les avocats s’agacent, Ritchy Thibault prend la parole, exige d’être jugé et que l’on respecte le temps pris par tous ces témoins pour se rendre à l’audience. Il sort son téléphone et diffuse au micro du tribunal le témoignage pré-enregistré d’un témoin incarcéré dont les juges n’ont pas réussi à organiser la visioconférence. Suspension d’audience, donc, les juges s’enfuient au milieu d’un énorme brouhaha. Une cinquantaine de policiers occupent la salle et se tiennent entre le public et leurs sièges laissés vacants. #Aurélie_Garand s’approche de la barre, saisit le micro et harangue la foule, la police et les juges absents. Cette même justice qui lui refusé un procès pour la mort de son frère sous les balles des gendarmes refuse ce jour-là encore de lui donner la parole. Elle ne partira pas. Dans sa voix comme dans ses mains qui s’accrochent au pupitre, on perçoit toute la force dramatique d’une vie qui résiste, toute la puissance de ce subtil passage de l’humiliation à la dignité. C’est tout cela que raconte « Depuis qu’ils nous ont fait ça » dont une version augmentée vient de paraître aux éditions du bout de la ville et que recense ici Ritchy Thibault.

    https://leseditionsduboutdelaville.com
    #Angelo_Garand #ACAB

    • Pour la reconnaissance du génocide des Roms et des Voyageurs
      https://contre-attaque.net/2025/04/11/pour-la-reconnaissance-du-genocide-des-roms-et-des-voyageurs
      https://seenthis.net/messages/1109220
      Un témoignage video (insta) de Maiwenn Hageman, petite-fille du résistant Raymond Gurême pour le collectif ZOR

      « Nous, jeunes Gitans, Voyageurs, Manouches, Sinti, Roms et Yéniches passons à l’action pour lutter contre l’antitsiganisme et obtenir de la République Française qu’elle reconnaisse le génocide dont ont été victimes nos anciens.

      Au moment où l’extrême droite menace de revenir au pouvoir, au moment où monte en puissance le racisme antitsigane, nous adressons 14 lettres à 14 députés membres de l’Assemblée nationale.

      Pendant la Seconde Guerre mondiale, nos ancêtres, depuis les camps où ils étaient internés, depuis les résidences où ils étaient assignés, ont écrit des lettres aux autorités de l’État Français : aux maires, aux ministres, au Maréchal, aux préfets. Elles sont à jamais restées sans réponse.

      Aujourd’hui, 80 ans après, le racisme qui nous frappe se banalise à nouveau, comme en atteste l’exécution au fusil de chasse d’une maman rom de 27 ans par des sympathisants du Rassemblement National, en juin dernier, ou encore la loi Albertini soumise au vote de l’Assemblée le 3 avril dernier et qui vise à faire de notre mode de vie un crime pour mieux nous réprimer.

      C’est dans ce contexte que nous, jeunes descendants d’internés roms et voyageurs, réunis au sein du collectif Zor, renvoyons les lettres de nos anciens aux députés pour leur demander de passer à l’action ! De lutter contre le retour de l’extrême droite et la contagion de son idéologie antitsigane ! De reconnaitre le génocide des Roms et des Voyageurs ! Et de nous recevoir !

      Parce que #NosViesDeGitansComptent

    • C’est ce constat qui l’a motivée à participer à la fondation du collectif romani et voyageurs auto-organisé, ZOR, dont elle est aujourd’hui une des principales animatrices. Et elle l’explique très bien, au sein de ce collectif : « On a quelque chose en commun, un vécu, une violence subie, de l’État, dans laquelle on se reconnaît. » (p. 113) Elle est fière de se battre avec ce collectif, d’avoir permis en particulier à Maria-Louise Bony, l’arrière-grand-mère de ses neveux et nièces, rescapée des camps de concentration pour Nomades, d’avoir pris la parole pour raconter son histoire et demander avec le collectif qu’enfin 80 ans après le déni cesse et que la République reconnaisse sa responsabilité dans le génocide des Voyageurs et des Roms.

      Le combat d’Aurélie n’est pas près de s’arrêter. Chaque année depuis qu’Angelo a été abattu par les hommes du GIGN elle allait le 30 mars pour l’anniversaire de sa mort, déverser du faux sang sur le tribunal de Blois, « maintenant ce sera le 17 juillet. C’est plus logique de fêter l’anniversaire de sa vie que l’anniversaire de sa mort. » (p. 121) À chaque fois que je pense au combat de cette femme qui pourrait être ma mère, je me dis que de là où il est l’Angelo il doit être très fier d’elle. Ses enfants aussi ont de quoi être fiers d’elle et elle peut être fière de l’éducation qu’elle leur a donnée. À la fin du livre elle nous raconte qu’alors qu’elle attend sur le parking des magasins son dernier fils parti acheter des mangues, il l’appelle et lui dit : « Il y a un problème. » (p. 122) Quand elle lui demande quoi, il répond : « Bah il a écrit Israël sur la pancarte. » Il demande à sa mère quoi faire, elle répond que c’est à lui de voir et alors il dit : « Non, c’est bon, j’en veux pas de leurs machines de ses morts ! » (p. 122)

      Après nous avoir livré cette histoire, Aurélie à son habitude formule les choses avec une grande justesse : « Il y en a qui diraient qu’ils ne voient pas le rapport entre la mort d’Angelo et le génocide en Palestine. Mais le rapport c’est l’humanité… » (p. 123).

      #voyageurs #génocide #solidarité #Palestine

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • Sa7ten (parfois Sa7tein), c’est la translittération extrêmement courante de صحتين (littéralement « deux santé », pour « bon appétit ») en « arabizi » : la translittération devenue extrêmement populaire pour écrire de l’arabe en alphabet latin sur téléphones portables, certains caractères adoptant un chiffre ressemblant à un caractère arabe n’ayant pas d’équivalent dans l’alphabet latin : ح (ḥāʾ) devient « 7 », ع (ʿayn) devient « 3 », et ء (hamza) devient « 2 ».

    https://albilanguage.com/about-sa7tein

    Sa7tein literally means “two healths” and you will hear this said whenever and wherever food is being enjoyed. Your hosts may say it to you before beginning the meal and you can also say it to someone in the middle of eating when you approach them. The response is 3a 2albak! (when said to a man) 3a 2albik! (to a woman) 3a 2albkon! (to more than 1 person).

    La translittération standard (antérieure) serait quelque chose comme ṣaḥtayn ou ṣaḥtēn, mais essaie un peu de saisir « ḥ » avec le clavier de ton vieux Nokia.

    • Pour mémoire : parce que selon le Crif :
      https://www.leparisien.fr/societe/le-crif-demande-linterdiction-dune-marque-de-vetements-en-laccusant-de-fa

      L’organisation affirme que l’écriture « Sa7ten » devrait se lire « Sa 7 ten », soit « samedi 7 » et « ten » pour « October », y voyant un lien direct avec le 7 octobre.

      (Et apparemment, en France, on n’a pas assez de locuteurs arabophones dans la presse pour vérifier d’où vient « Sa7ten »).

    • Le Crif recycle plusieurs mois après la campagne lancée par Sword of Salomon et Bob Hasbara contre Gallagher Fenwick.

      [CheckNews] Pourquoi le journaliste Gallagher Fenwick est-il la cible d’un raid numérique déclenché par deux militants pro-israéliens ? [article du 14 avril 2026]
      https://www.liberation.fr/checknews/pourquoi-le-journaliste-gallagher-fenwick-est-il-la-cible-dun-raid-numeri

      L’autre partie des attaques contre Gallagher Fenwick vise directement la fille du journaliste, accusée d’être liée à une marque de vêtements supposément pro-Hamas. Auprès de CheckNews, Me Morel dénonce une stratégie de doxxing. « Ces accusations n’ont aucun lien avec le travail de Gallagher Fenwick », fustige-t-il, ajoutant qu’« aucun tribunal n’a statué » sur les allégations visant l’association Sa7ten, dont il dénonce « les interprétations malveillantes » visant à présenter ce nom comme une référence au samedi 7 octobre 2023. Il ajoute que le journaliste « ne commentera pas les rumeurs visant sa famille » et « reste concentré sur son travail », tout en faisant confiance à la justice.

      […]

      A ses débuts, l’association Sa7ten, lancée en janvier 2024 à Paris par le cuisinier palestino-ukrainien Omar Radejko, organisait des dîners faisant la promotion de la culture palestinienne, ce qui explique le recours à cette expression courante pour souhaiter un bon appétit. Il existe d’ailleurs, à travers le monde, de nombreux restaurants empruntant ce nom. L’association a depuis organisé des expositions à Paris, Londres et Berlin mais aussi des soirées festives pour récolter des dons pour aider la population de Gaza.

      […]

      Interrogé sur le recours à ce symbole, Hussein Amri assure qu’il ne s’agit pas d’une référence à des groupes armés, mais que « pour Sa7ten, le triangle est une référence pacifique au drapeau palestinien, dont il est un symbole national de longue date. Son utilisation symbolise l’identité culturelle et la solidarité, et non un soutien à la violence ou à un quelconque groupe armé. Des affirmations similaires ont été formulées concernant d’autres symboles palestiniens, tels que la pastèque, ce qui témoigne d’une tendance plus large à présenter les expressions culturelles comme de l’extrémisme. »

    • Moi je me suis posé la question en lisant le contenu : des pâtes avec du jambon fumé (ok…) et une boule de burrata fraiche entière (assez chère), sans même savoir pour combien de personne. J’avais une puce qui grattait derrière l’oreille.
      https://wikihess.fr/recette/coquillettes

      Avec des légendes du type : « Coquillettes, Boule, Jambon. Simple, ca tient au corps, sans te ruiner. »

      « Boule » ? ça veut rien dire seule dans une légende, on dirait que c’est généré avec un « ton » demandé par un prompt, genre « Écrit toutes les phrases en mode poto qui tutoie, frère, le sang ».

    • @alexcorp et @rastapopoulos oui vous avez raison. j’ai pas fouillé le site mais juste posé là pour regarder plus tard. Il y a un autre wiki-hess en projet (trouvé sur instagram) et c’est en cherchent ce wiki-hess que je suis tombé sur wikihess.fr avant de comprendre que c’etait deux choses différentes (il y a pas le - et l’equipe de wiki-hess est encore en développement).

      Clairement la burrata et le jambon c’est pas des ingrédients accessibles quand on a pas d’argent et c’est fort possible que tout cela soit généré par IA. Ce qui rend les conseils inutiles voire nuisibles car non fiables. Désolé pour ce lien de mauvaise qualité, j’essayerai de posté le vrai wiki-hess fait par des humains si il sort un jour et que j’en suis informé.

    • Oui tout semble généré par IA, y compris le site. C’est désolant, si en plus il y a un vrai projet qui existe par ailleurs, on est vraiment sur un cas de parasitage sans honte aucune... (et tout le monde peut se faire avoir, c’est en voyant certaines photos que j’ai tilté, et avec le recul le design est typique des IA)

  • Dans les sombres temps (de la normalisation)
    https://lundi.am/Dans-les-sombres-temps-de-la-normalisation

    Or le geste des cinéastes ne venait pas de l’extérieur du cinéma. Il venait du cinéma lui-même, de celles et ceux dont les films étaient invités, exposés, programmés, sollicités, et qui ont décidé que leur participation, dans ces conditions, contribuerait à reconduire ce qu’ils tentaient de combattre. Le retrait n’était donc pas l’intrusion de la politique dans le cinéma, mais la manifestation d’une pensée politique du cinéma par les cinéastes eux-mêmes.

    #cinéma #Palestine #Israël #symétrisation #politique #le_cinéma_est_politique

  • Empreintes landaises - Les Landes : la forêt ou les hommes ?
    https://fresques.ina.fr/landes/fiche-media/Landes00105/les-landes-la-foret-ou-les-hommes.html

    Excellente émission de 1982 ! Avec en plus un article de contexte dessus.
    (La conclusion de Bernard Manciet à la toute fin, pour le journaliste. 😅)

    Dans les Landes, l’implantation massive de pins résultant de la loi du 19 juin 1857, encouragée par Napoléon III, engendre de profondes mutations dans la société et le mode de vie des Landais. En un demi siècle, l’ancien système agro-pastoral est supplanté par un système sylvicole entièrement tourné vers l’exploitation de la résine et basé sur la privatisation des espaces communautaires.

    https://mp4studio.ina.fr/lire/2SoFZbKt1ut_KiDCkhSzVjKZJpcGfUkYfNNe4zFXB5_82Bs4O4i7mJXUOYHHcMcwsRROLy

    À lire pour la suite, que faire maintenant pour changer ça :

    La forêt des Landes va-t-elle disparaitre ?
    https://www.youtube.com/watch?v=MpLZ3L50s-s

    En 2022 et désormais en 2026, la forêt des Landes est dévastée par des mégafeux. Des incendies incontrôlables, très rapides, et qui exposent de plus en plus les populations. La faute au changement climatique et à une plantation de pin, extrêmement inflammable. D’où cette question, le modèle de la forêt des Landes a-t-il vécu ? Faut-il replanter différemment la forêt ? Faut-il ne pas la replanter du tout ?

    Pour en parler, nous discutions avons Arthur Guérin-Turcq, géographe, géographe de l’environnement, spécialisé dans les conflits en forêt, enseignant à la Sorbonne et qui coordonne un projet de recherche : « Habiter les cendres : la forêt girondine après l’incendie »

    #histoire #télévision #INA #Landes #forêt #colonisation #Napoléon #sylviculture #industrialisation

    • La journaliste Mona Chollet, liée par sa lignée maternelle à la région, dénonce la « politique de la ruine » mise en œuvre par Israël, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      [photo] Un abri temporaire en bois, construit par Alaa Jouda, un Palestinien de 38 ans, pour sa famille et ses enfants, sur les décombres de leur maison dans le camp de réfugiés d’Al-Chati, à l’ouest de Gaza, le 11 mai 2026. (Yousef Zaanoun/Activestills)

      Longtemps délaissée comme objet de pensée, la maison occupe une place centrale dans nos existences. Chérie, hantée, perdue, fantasmée, elle est une membrane qui tantôt nous protège, tantôt nous enferme, elle est traversée par les enjeux de l’époque et souvent les matérialise. C’est pourquoi, cet été, Libération a invité des philosophes, écrivains, anthropologues… à examiner le sujet sous divers angles.

      « Un lieu, je veux un lieu ! Je veux un lieu à la place du lieu pour revenir à moi-même, pour poser mon papier sur un bois plus dur, pour écrire une plus longue lettre, pour accrocher au mur un tableau, pour ranger mes vêtements, pour te donner mon adresse, pour faire pousser de la menthe, pour attendre la pluie. Celui qui n’a pas de lieu n’a pas non plus de saisons. Pourras-tu me transmettre l’odeur de notre automne dans tes lettres ? Emmène-moi là-bas, s’il reste encore une place pour moi dans le mirage figé. Emmène-moi vers les effluves de senteurs que je respire sur les écrans, sur le papier, au téléphone… »

      Ces lignes éperdues de nostalgie sont extraites d’une lettre du poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) écrite durant son exil à Paris, dans les années 1980, à son ami Samih al-Qassem (1939-2014) resté en Palestine, et publiée dans leur correspondance, les Deux Moitiés de l’orange. Je les ai citées dans l’un de mes premiers livres, il y a plus de vingt ans, bien avant de consacrer un essai – Chez soi (la Découverte) – aux multiples fonctions qu’une maison remplit pour nous.

      Pouvoir refermer une porte sur soi, mettre son corps à l’abri des intempéries, se protéger des intrusions, préserver son intimité, entretenir la vie au sens physiologique – dormir, se nourrir, faire ses besoins, se laver –, mais aussi au sens symbolique : exprimer son identité en conservant les objets que l’on aime, en exposant ses photos de famille… C’est tout cela que nous offre un lieu.

      Née à Genève d’un père suisse, je pourrais être intarissable sur les chalets des vacances de mon enfance, sur leur enivrante odeur de bois qui, à peine le seuil franchi, formait déjà un abri à elle toute seule. Mais c’est ma lignée maternelle – grand-père palestinien, grand-mère née en Egypte de parents syriens – qui me fait signe aujourd’hui, inévitablement, lorsqu’on parle de maisons.

      J’ai grandi dans un univers domestique à forte tonalité orientale : les courgettes et feuilles de vigne farcies de ma grand-mère, et tant d’autres plats et pâtisseries dont le souvenir me fait encore saliver ; l’eau de la fleur d’oranger qu’elle distillait elle-même en Egypte, qu’elle achetait en quantités industrielles en Suisse et dans laquelle elle nous noyait à moitié, mon frère et moi, à la moindre insomnie ; les mélopées de Fairouz, d’Oum Kalthoum, d’Abdel Halim Hafez ou d’Asmahan dans la cuisine, reprises à tue-tête par ma mère… Des bribes d’un art de vivre largement transfrontalier, si bien dépeint par les réalisateurs Marya Zarif, Syrienne exilée au Québec, et André Kadi, dans un film d’animation enchanteur, Dounia et la Princesse d’Alep (2022).

      Cet héritage rend d’autant plus douloureux le spectacle de la « politique de la ruine » – selon l’expression du politiste Ziad Majed – mise en œuvre par Israël, à une échelle invraisemblable, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      Gaza a été rasée ou endommagée à plus de 80 %

      A Jérusalem-Est, des Palestiniens sont expulsés pour laisser place aux colons, comme Asmahan Shweikeh, 72 ans, et onze membres de sa famille, qui ont eu une heure pour rassembler leurs possessions, le 9 novembre 2025. Sous le choc, la vieille femme a été sortie sur un brancard. Au même moment, son voisin Juma’a Odeh voyait ses meubles et ses ustensiles de cuisine jetés dans la rue. Le soir venu, des drapeaux israéliens flottaient sur le toit et les nouveaux occupants diffusaient de la musique à plein volume pour fêter leur triomphe (+ 972 Mag, 11 novembre 2025).

      D’autres Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes les murs qui les abritent, sous peine d’une forte amende. « Mes larmes coulaient tandis que je le faisais », témoigne l’un d’eux sous couvert d’anonymat (RFI, 19 mai 2026). Fakhri Abu Diab, habitant sexagénaire du quartier de Silwan, s’y est refusé. Devant un tas de décombres, il désigne l’endroit où, enfant, il s’asseyait avec sa mère pour boire le thé en revenant des champs : « Ils ont démoli mon enfance, l’odeur de ma mère, tous mes souvenirs » (voir Middle East Eye, 22 janvier 2026).

      Rasée ou endommagée à plus de 80 % selon les Nations Unies, Gaza est évidemment la partie de la Palestine où cette politique a été poussée le plus loin. Avant le 7 octobre 2023, malgré l’enfermement, le blocus, le bourdonnement constant des drones, les bombardements réguliers, ses habitants s’arrangeaient – en particulier, grâce à leur front de mer si convoité – pour grappiller autant de plaisirs quotidiens que possible, comme l’a raconté le journaliste Mohammed Omer Almoghayer dans son livre On the Pleasures of Living in Gaza : Remembering a Way of Life Now Destroyed (non traduit) . Ce territoire autrefois vibrant a été transformé en paysage lunaire.

      Parmi les mots en « -cide » (urbicide, écocide, scolasticide, génocide…) qui peuvent s’appliquer à ce qu’y fait l’armée israélienne, il y a le « domicide », défini par l’ONU comme la « destruction de masse des habitations et des infrastructures civiles ».

      Une destruction menée au moyen de bombes, de tirs d’artillerie, de bulldozers, mais aussi de robots chargés de tonnes d’explosifs. « En novembre 2024, quinze robots ont été déclenchés dans deux rues du camp de Jabalia, relate l’infirmier Mohammed Tamous. Les explosions ont rasé des pâtés de maisons entiers. Des dizaines de personnes ont été tuées. Nous étions à cinq kilomètres et nous avons entendu les détonations comme si elles avaient lieu à côté de nous. » (The New Arab, 25 mai 2025).

      A Gaza, les maisons restées debout ont perdu toute capacité à protéger leurs habitants, en raison de la menace permanente d’un bombardement, mais aussi des quadricoptères (petits drones). Le 16 août 2025, Amal al-Khudari, 35 ans, étendait du linge sur son balcon, son fils de 4 ans à ses côtés, quand l’un d’eux l’a prise pour cible, la blessant mortellement. L’intimité aussi devient impossible. Une nuit de l’été 2025, M. F., 26 ans, dormait dans sa chambre quand, vers l’aube, elle a été réveillée en sursaut : entré par la fenêtre ouverte, un drone planait devant son lit (Middle East Eye, 22 août 2025).

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation. Des soldats israéliens se filment dans les maisons de familles tuées ou déplacées, saccageant une cuisine, chevauchant un tricycle, fouillant dans les tiroirs à lingerie. Sans parler de la pratique consistant à déféquer dans les intérieurs (sur les tables, dans les marmites), documentée dès le siège de Beyrouth (The Washington Post, 28 septembre 1982), et encore signalée récemment en Cisjordanie par Amira Hass dans Haaretz (28 juillet 2025). Après la guerre de 2014, le Gazaoui Ahmed Owedat avait retrouvé sa maison dévastée, jonchée d’excréments et souillée de graffitis : « Brûlez Gaza », « Bon Arabe = Arabe mort » (The Guardian, 7 août 2014)…

      Le 20 mars dernier, la neurobiologiste franco-libanaise Samah Karaki, originaire du Sud-Liban, annonçait sur Instagram que sa famille avait dû fuir : « Les images vues de Gaza, des soldats vandalisant des maisons, retournant des objets, exposant des vies, finiront par concerner ma propre mémoire. Les draps à fleurs et à cœurs roses deviendront un décor ridiculisé dans des vidéos méprisantes. »

      La maison d’enfance de la journaliste gazaouie Ruwaida Amer a été détruite par un bombardement israélien en 2000, quand elle avait 7 ans. Avec passion, durant dix ans, elle a mené les travaux pour agrandir et embellir l’habitation que sa famille avait finalement pu retrouver : « Je ne voulais jamais quitter la maison. Je terminais mes tâches à l’extérieur au plus vite et je rentrais chez moi. Au début de la guerre, je disais que je pouvais tout supporter tant que notre maison subsistait. Déplacée au camp de réfugiés de Khan Younès, je m’asseyais seule lorsque je me sentais fatiguée et effrayée, et j’imaginais ma maison dans sa tranquillité : ma chambre, mon lit, chaque recoin. » Elle dit s’être « écroulée » en recevant la vidéo qui montrait l’objet de tant de soins et d’amour pulvérisé par une bombe (+ 972 Mag, 15 novembre 2025).

      Sa consœur Nour Aboaisha, elle, tente de fuir un présent dystopique en se remémorant les moments où elle se blottissait sur son lit avec un café et sa série préférée (Yaani, 11 mai 2026). Le blocus israélien interdisant l’entrée de matériaux de construction, elle vit désormais, comme de très nombreux Gazaouis, sous une tente glaciale en hiver et étouffante en été, envahie par les eaux usées lors des fortes pluies, où les rats dévorent les réserves de nourriture et mordent les bébés durant la nuit, où les amputés se traînent faute de prothèses, où des malades du cancer agonisent (le dernier centre hospitalier traitant le cancer a été bombardé le 15 mai 2025).

      La jeune autrice Nour Elassy, évacuée de Gaza il y a un an et désormais étudiante à Paris, publiera le 9 septembre un recueil de poèmes intitulé Ceci est ma maison : « Ceci n’est pas, et n’a jamais été /Des décombres. /Ceci est ma maison. »

      Réfugié en Italie, le journaliste Ahmed Dremly dit son émotion de renouer avec des luxes ordinaires, presque oubliés en deux ans et demi de cauchemar : de l’eau au robinet, une douche chaude, la possibilité d’allumer une lampe le soir (Middle East Eye, 4 juillet 2026)…

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien

      Parmi les moins mal lotis, dans ce lieu apocalyptique qu’est devenu Gaza, figure le charpentier Alaa Jouda. Sur les gravats de sa maison bombardée, il a édifié avec des matériaux de récupération un chalet doté de fenêtres où il vit avec sa famille (RFI, 14 juin 2026).

      D’autres Gazaouis exhibent sur Instagram des tentes rutilantes, en démontrant une parfaite maîtrise des codes du réseau social : rituels matinaux, tâches ménagères expédiées avec panache, pauses-café, couchers de soleil… Ils parviennent à cultiver quelques plantes et légumes aux abords de leur abri – en particulier, cette menthe qui symbolisait pour Darwich le quotidien heureux en Palestine.

      Samah (@samahsweedan) fait visiter sa tente décorée de tapis, de coussins, de plantes vertes et de lanternes, un drapeau palestinien aux couleurs éclatantes accroché à une paroi de toile. Laith Rashdan (@laithh.ra) se filme au réveil, jouant avec son chat avant d’émerger à l’extérieur en s’étirant. Mahmoud Shamalakh (@mahmoud.shamalakh) montre les plats simples et délicieux qu’il prépare pour sa petite sœur et son petit frère sur un réchaud de fortune.

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien.

      Sur Facebook, le réalisateur Abbas Fahdel rend compte jour après jour, dans des publications saisissantes, de la destruction du Sud-Liban, où il vit. Le 19 juillet, il racontait comment les arbres bordant les routes de Bint Jbeil avaient été abattus un à un par des soldats israéliens. Et il concluait : « Un jour, les routes de Bint Jbeil retrouveront leurs alignements d’arbres. Les enfants marcheront de nouveau sous leur feuillage sans savoir que d’autres, avant eux, avaient voulu leur voler cette ombre. Ce sera peut-être la plus belle des réponses : planter là où l’ennemi avait arraché, faire grandir là où il avait voulu stériliser la vie. Car la véritable force n’appartient pas à celui qui détruit. Elle appartient à celui qui replante. »

  • Situation des écoulements des petits cours d’eau | Office français de la biodiversité
    https://ofb.gouv.fr/actualites/situation-des-ecoulements-des-petits-cours-eau

    Au 1er août 2026, 1 373 cours d’eau sont touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs.

    Situation des écoulements des petits cours d’eau
    Une forte dégradation pour toutes les régions

    Une forte dégradation pour toutes les régions
    À la fin du mois de juillet 2026, la situation s’est fortement dégradée. Au total, 1 373 cours d’eau sont touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs, soit 554 de plus que le mois précédent. Toutes les régions sont concernées, avec des dégradations très marquées le long d’un axe allant de la Vendée à la région Grand Est, qui s’étendent désormais à la partie centrale du sud de la France. Les départements les plus touchés sont notamment la Creuse, la Vendée, la Loire-Atlantique, l’Aveyron, la Côte-d’Or, la Nièvre, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.

    Un situation critique
    Les observations réalisées fin juillet confirment une situation exceptionnelle. Avec 43 % de ruptures d’écoulement et d’assecs, le réseau ONDE enregistre la situation la plus critique jamais observée à cette période. Elle dépasse celle de la sécheresse de 2022, avec 112 cours d’eau supplémentaires asséchés ou sans écoulement, et est plus de deux fois plus dégradée que celle observée l’année passée à la même période.
    Au-delà de la disponibilité de la ressource en eau, les ruptures d’écoulement et les assecs affectent directement le fonctionnement des milieux aquatiques et la biodiversité qui en dépend.

  • Incendie et incompétence à tous les étages
    https://contre-attaque.net/2026/08/05/incendie-et-incompetence-a-tous-les-etages

    « Soyez fiers d’être des amateurs », avait déclaré Macron à ses députés qui avaient voté contre l’allongement des congés pour les parents ayant perdu un enfant, en 2020. « Amateur » est synonyme d’inhumain et dangereux, dans la langue du pouvoir. Une nouvelle preuve avec la gestion des gigantesques incendies en Gironde.

    Une préfète qui ne sait pas combien d’habitants évacuer

    La préfète de Gironde se nomme Sophie Brocas, et elle a semblé improviser lors de ses différentes apparitions. Lors d’une conférence de presse donnée le 24 juillet, elle était interrogée sur le nombre de personnes à évacuer face à l’incendie, et s’est mise à bégayer : « Heu, les communes à venir, je ne sais pas, il faut qu’on regarde » puis : « Le nombre d’habitants que je demande d’évacuer ? Vous regarderez sur Wikipedia. Je n’ai pas fait le décompte ».

    Cette dame a fait carrière au sein du PS, elle est passée par le Sénat, puis à l’Élysée sous Hollande et a été conseillère d’Élisabeth Borne avant de se reconvertir dans l’administration préfectorale. Elle écrit aussi des romans, comme l’ont abondamment rapporté divers média. Un passe-temps moins dangereux, pour une personne qui oublie ses notes en pleine chaos climatique.

    La ministre de la santé donne des conseils dangereux

    Le monoxyde de carbone est un gaz qui peut se dégager d’une combustion, et il est très nocif car il provoque une asphyxie sans que l’on s’en rende compte. Il cause d’abord des maux de tête, nausées, fatigue, vertiges puis, si rien n’est fait, le coma et la mort.

    Notre ministre de la Santé, la personne qui gère le soin pour toute la population, a expliqué tranquillement à propos du monoxyde : « L’avantage, c’est que c’est quelque chose que l’on sent ou que l’on voit. Si vous sentez le brûlé ou si vous voyez un gros nuage de fumée, si vous avez des fragilités, il vaut mieux mettre un masque FFP2, que vous pouvez trouver dans les pharmacies ». Des propos rassurants mais totalement faux. Le monoxyde de carbone est justement dangereux car il ne se voit pas et ne sent rien, contrairement à d’autres gaz. Et un simple masque ne protège pas d’une intoxication.

    Pendant des jours, les urgences de Bordeaux ont vu « arriver des patients haletants après avoir été exposés aux fumées des incendies ravageurs dans la région », certaines ayant respiré du monoxyde de carbone, et ont été « mises sous oxygène pour chasser l’intoxication et éviter le coma » explique Reporterre.

    La ministre de la Transition écologique part en vacances

    Monique Barbut pourrait être une caricature de cartoon, mais elle existe bel et bien. Au début de l’été, elle a mis en scène une fausse démission après la ré-autorisation de pesticides hautement toxiques par le gouvernement, avant de retourner à son poste illico. Elle doit considérer que la paie et les privilèges valent plus que conserver un peu de dignité.

    Depuis le début des incendies, Monique Barbut n’a tout simplement rien fait. Elle n’est pas intervenue publiquement, n’a livré aucune analyse sur le chaos climatique, n’a pris aucune mesure face à l’écocide en cours. Elle n’était même pas aux réunions de crise : elle a préféré aller prendre des vacances dans sa villa dans le Var ! C’est une révélation du Canard Enchaîné : Monique Barbut est partie le 22 juillet, et n’est pas revenue malgré les méga-feux. Elle s’est contentée de participer « en visio » aux réunions depuis son transat.

    Le 20 juin déjà, au début de la première canicule qui a causé des milliers de morts, la ministre était absente. Elle avait préféré maintenir un déplacement dans les Pyrénées-Orientales, où elle a prononcé un discours de 12 minutes, mangé chez un traiteur de luxe, avant de décommander le TGV qui lui avait été réservé pour prendre un trajet en avion.

    Le Premier ministre traite les habitants sinistrés de complotistes

    La commune du Porge est le village martyr de l’incendie : 183 habitations anéanties sur 240. Les habitants en sont certains, « le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île du Cap Ferret », lieu privilégié et hors de prix où se trouvent les villas de célébrités et de grands patrons. Un collectif de 700 habitants s’est d’ailleurs constitué pour déposer plainte, afin d’établir les responsabilités et d’en savoir plus sur leur abandon.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a balayé ces critiques avec dédain, le 1er août, en parlant d’une douleur « instrumentalisée par des complotistes », ajoutant que « c’est irresponsable ». On l’a compris, tout ce qui ne va pas dans le sens du narratif macroniste est « complotiste », et poser des questions face à l’incurie du gouvernement est « irresponsable » et sera bientôt interdit.

    Bruno Retailleau se vante d’avoir refusé une base de Canadairs

    L’ancien Ministre de l’Intérieur d’extrême droite assume tout. Lorsqu’il était au gouvernement, Retailleau avait annulé la construction d’une base permanente de Canadairs à Mont-de-Marsan dans les Landes. C’était l’année dernière, et cette base serait bien utile dans une région aussi exposée aux sécheresses, et avec des forêts de pins particulièrement inflammables. Interrogé à ce sujet, il dit qu’il ne regrette pas son choix. Forcément, entouré de ses policiers et gardes du corps, personne n’ira lui faire payer son comportement.

    Macron découvre que les Canadairs ne volent pas la nuit

    Le 27 juillet, au plus fort des incendies, Macron organisait un show retransmis sur toutes les chaînes : il apparaissait dans le QG des pompiers, l’air grave. Le directeur du SDIS de Gironde lui expliquait : « Si l’on pouvait avoir un appui aérien complémentaire la nuit, ce serait vraiment une plus-value ». En effet, les incendies nocturnes avançaient brutalement, ce qui compliquait encore les interventions le lendemain. Macron semblait découvrir que les Canadairs n’interviennent pas la nuit pour des raisons de sécurité, et qu’aucun moyen de compensation n’a été envisagé. Il est pourtant au pouvoir depuis 9 ans, et a connu de nombreux incendies, tous aussi mal gérés les uns que les autres.

    Lors de cette séquence, un responsable en tenue glissait à côté de Macron, comme pour montrer que le gouvernement réagit : « On est en train d’analyser des offres de sociétés privées qui nous proposent des appareils pouvant voler la nuit ». Une illustration de cette époque d’incompétence néolibérale : toutes les politiques vitales ont été abandonnées au profit d’entreprises privées qui se remplissent les poches sur le désastre.

  • Sofiane Saidi, Camelia Jordana & Théo Ceccaldi - Jazz à Porquerolles 2026 - Regarder le programme complet | ARTE Concert
    https://www.arte.tv/fr/videos/133223-001-A/sofiane-saidi-camelia-jordana-theo-ceccaldi
    https://www.youtube.com/watch?v=VAzTfljSvUU

    Sofiane Saidi et Camélia Jordana unissent leurs talents pour une création unique entre raï et jazz. Accompagnés par les frères Ceccaldi, les deux artistes jettent un pont musical magistral entre les deux rives de la Méditerranée.

    Pionnier du raï contemporain, Sofiane Saidi insuffle ses machines électroniques au cœur des chants traditionnels oranais et de l’héritage des medahates - chants féminins traditionnels de célébration et de transmission.

    À ses côtés à Jazz à Porquerolles, la voix lumineuse de Camélia Jordana apporte une intensité rare à cette célébration métissée, qui redéfinit la place des femmes dans cette histoire sonore. Portée par la rythmique percutante de Tao Ehrlich et sublimée par le violon de Théo et le violoncelle de Valentin Ceccaldi, la performance célèbre une mémoire vivante, libre et en perpétuel renouvellement.

    #Camelia_Jordana #chanson #concert #Jazz_à_Porquerolles #live #musique #raï #Sodiane_Saidi #Theo_Ceccaldi #Valentin_Ceccaldi #violon #violoncelle

  • La crise climatique est une question de nourriture plus que de température
    https://contre-attaque.net/2026/08/05/la-crise-climatique-est-une-question-de-nourriture-plus-que-de-tempe

    Prenons un produit de consommation courante, utilisé au quotidien par la plupart des gens : l’huile d’olive. Cet été des oliveraies ont brûlé en Grèce, en Italie et au Portugal. D’autres sont indirectement affectées par les émanations de fumée et par la sécheresse, provoquant une baisse de la production. Le bouleversement climatique favorise également la prolifération de parasites et de maladies. Résultat : le prix de l’huile d’olive, qui a déjà explosé ces dernières années, risque de monter massivement dans les mois à venir. Sarah Vachon, fondatrice du Citizens of Soil olive oil group, explique : « À moins que les conditions climatiques ne reviennent bientôt à la normale, il faut s’attendre à une augmentation du prix de l’huile d’olive dès cet automne ». Et le « retour à la normale » n’est pas prévu.

    L’huile d’olive n’est qu’un exemple. Les élevages ont été durement touchés par la chaleur, et le secteur de la volaille a perdu entre 2,5 et 3 millions de têtes rien que lors de la première vague de chaleur dans l’ouest. Une hécatombe qui se répercutera sur les prix. Un produit aussi banal que la salade aussi devient une denrée rare. Le Parisien explique que les producteurs ont subi des pertes massives, un maraîcher du Finistère dit n’avoir pu récolter une seule salade depuis plusieurs semaines, faute d’irrigation. Un autre cultivateur explique sur TF1 avoir perdu la moitié de sa production. Chez Carrefour, le prix d’une salade fraîche a augmenté de 50%.

    Dans un bulletin du 10 juillet, le syndicat de producteurs Légumes de France, lié à la FNSEA, estimait qu’entre 25 et 30% du potentiel de récolte serait perdu. Cette chute de la production atteint 30% des récoltes de fraises, 20 à 30% des carottes, y compris pour les productions d’automne car les semis ont brûlé, 50% des poireaux de printemps, 20 à 30% en navets, 30 à 40% des pois et haricots. Et ce n’est qu’un bilan provisoire, ce bulletin date d’il y a un mois, et il n’a toujours quasiment pas plu une goutte sur la majorité des terres cultivables françaises. D’autres légumes de base, comme les oignons, sont aussi concernés. Les vignes sont aussi touchées, ce qui se répercutera sur le prix du vin dès cet automne.

  • Après plus de dix ans à écrire des billets de blog et des textes destinés à un public plus large, j’ai profité de cette année pour reprendre, actualiser et rassembler une partie de ces réflexions. Le résultat est un petit livre non technique « La Société au prix du risque — Assurance, algorithmes et climat à l’âge de la prédiction » https://freakonometrics.github.io/risk-priced-society/fr

    À mesure que les données deviennent plus fines et les modèles plus puissants, l’assurance peut mieux distinguer les personnes, les comportements et les territoires. Mais mieux prévoir ne dit pas encore comment répartir les pertes, quelles différences doivent être tarifées, ni ce qui doit rester mutualisé.
    En partant de l’histoire de l’assurance, des pratiques actuarielles, des algorithmes de décision et des risques climatiques, ce livre montre que la précision technique ne supprime jamais les choix politiques. Elle peut soutenir la prévention et renforcer la protection, mais aussi individualiser des vulnérabilités produites collectivement.
    L’enjeu n’est donc pas de renoncer aux modèles, mais de décider ce qu’ils peuvent faire, quelles conséquences leur attacher et comment éviter que chacun ne soit laissé seul avec son risque.

    Le livre est disponible en open review jusqu’en décembre. Tous les commentaires, critiques et suggestions sont les bienvenus. Il suffit de créer un compte sur https://hypothes.is puis d’annoter le livre...

    • merci @freakonometrics

      l’ouverture d’un compte – et donc, l’accès aux commentaires – est, apparemment, soumis à approbation et il me semble qu’elle n’est pas accessible aux e-mails du tout venant ; j’ai dû fournir une adresse en .edu

      sinon, plein de choses alléchantes qui méritent une lecture attentive, néanmoins, le survol du sommaire m’a conduit à sauter au 3ème paragraphe du chapitre 12…
      à relire de façon plus attentive et en tenant compte du contexte

    • arg... c’est bizarre, je n’ai pas de courriel en .edu, et j’ai réussi à créer un compte sans aucun problème. Je vais regarder ! et je vais relire le paragraphe en question... en tous cas, n’hésite pas à m’envoyer un courriel si tu vois des passages qui te surprennes ! (pour la première fois, j’ai tenté d’être vigilent sur le fait que des phrases pouvaient être lues un peu hors de leur contexte - je ne fais pas ça d’ordinaire - mais j’ai peu être raté des choses)

    • Ah bé en commençant à lire je me suis reconnu immédiatement :
      – on vient d’acheter au printemps, et dans notre prêt à la banque, la condition était qu’on prenne au démarrage aussi l’assurance habitation (en plus de l’assurance du crédit) chez cette banque, alors que plus cher qu’ailleurs
      – mais le courtier a dit qu’ensuite après genre 3 mois à laisser couler, on n’avait aucune obligation à rester chez eux et qu’on pourrait partir ailleurs moins cher
      – sauf que 3 mois ça faisait juin, et on a laissé trainer comme des cons… et entre temps le mois suivant : le plus gros feu français depuis plus d’un siècle s’est arrêté PILE devant la limite de notre commune
      – en te lisant la probabilité est maintenant forte qu’en allant toquer à d’autres assureurs, on ne trouve finalement pas du tout moins cher que notre contrat actuel 😭

      Et un peu anecdotique mais ce même matin, Jancovici dit la même chose dans son compte-rendu du jour :
      https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/pfbid0uwGqR7SkEM7YSLQuweTSp4hTvmskLhpGDJMAVCnPeLXcK8kbmSbeapi2gXL6qX6Hl

      Assurances et bâtiment : les sinistres liés aux catastrophes naturelles vont augmenter, entraînant de la souffrance pour les sinistrés et une hausse des primes dans les zones à risque. Les incendies depuis juillet auront d’ores et déjà des impacts importants. Les chantiers, eux, risqueraient d’être ralentis par les restrictions d’eau.