RastaPopoulos

Développeur non-durable.

  • Against Economics | by David Graeber | The New York Review of Books
    https://www.nybooks.com/articles/2019/12/05/against-economics

    Mainstream economists nowadays might not be particularly good at predicting financial crashes, facilitating general prosperity, or coming up with models for preventing climate change, but when it comes to establishing themselves in positions of intellectual authority, unaffected by such failings, their success is unparalleled. One would have to look at the history of #religions to find anything like it.

    #économie #délire

  • Pour l’abolition de la retraite !

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-l-abolition-de-la-retraite

    Mon père a attendu toute sa vie sa retraite pour, disait-il, pouvoir enfin faire ce qui lui plaisait. Il n’a pu « profiter » de sa pension et de son temps que pendant quelques mois... Cela pour souligner que, si on ne peut pas profiter de la vie avant l’âge de la retraite, ce n’est pas après que cela sera vraiment possible.

    La retraite est une vaste escroquerie, un miroir aux alouettes, le colifichet que l’on agite aux salariés pour les aider à supporter une réalité économique quotidienne de plus en plus vide de sens pour une majorité d’entre nous. La retraite n’a jamais consisté en une « récompense » d’une vie de labeur et de renonciation : elle ne consiste au final qu’à prendre acte qu’au-delà un certain point la « machine humaine » n’est plus assez rentable, plus assez fiable, plus assez souple, que son taux de pannes devient contre-productif… Ce n’est pas un hasard si l’âge de départ à la retraite correspond en gros à l’espérance de vie en bonne santé…

    Ce qui se joue aujourd’hui dans ce dernier projet en date de réforme des retraites, c’est la détermination de ce seuil de compromission entre les besoins en main-d’œuvre des grands acteurs de l’économie et la soutenabilité de sa charge financière pour les finances d’État (...)

    #retraite #travail #vie #exploitation #capitalisme #salariat #droit #acquis

  • Debs : des trésors antillais enfin ressuscités
    https://pan-african-music.com/debs-des-tresors-antillais-enfin-ressuscites

    Les trésors de la musique antillaise produits par Henri Debs, disparu en 2013, sont en cours de résurrection. Déni Shain s’est installé en Guadeloupe pour contribuer au miracle. Rencontre à Pointe-à-Pitre.

    http://www.nova.fr/podcast/midi-dans-la-gueule-du-monde/le-label-tropicaliste-atangana-records-exhume-les-tresors

    Rencontre avec Déni Shain, boss du label, digger et globetrotter invétéré qui s’apprête à compiler 52 ans d’histoire de la musique caribéenne dénichée dans l’arrière-boutique de l’un des plus célèbres studios guadeloupéens.

    Le Bandcamp du label
    https://atanganarecords.bandcamp.com

    HENRI GUÉDON : BOMBA MIZICIEN
    https://www.youtube.com/watch?v=9z_v6AJvhd0

    #musique #Antilles #Guadeloupe #Henri_Debs #Déni_Shain #Atangana_Records #jazz #biguine

  • L’antisémitisme au programme des députés
    News Letter JDD 02/12/2019
    http://ats.ccmp.eu/ats/msg.aspx?sg1=66085dc00992fd88c76fca8f29da97fb

    Les députés se prononcent demain à partir de 17 heures sur une proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme. Mais ce texte, initié en début d’année par Sylvain Maillard (LREM), crée des remous. Le débat porte notamment sur le lien entre antisémitisme et antisionisme.

    > Pour la majorité et le gouvernement, «  l’#antisionisme est une des formes modernes de l’#antisémitisme  ». « Les actes antisionistes peuvent parfois occulter des réalités antisémites », peut-on lire dans l’exposé des motifs de la résolution.

    > Pour les opposants au texte, l’antisionisme est « une opinion politique ». Le collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens (CNPJDPI), qui a manifesté aujourd’hui devant l’Assemblée, appelle les parlementaires « à ne pas signer » la résolution Maillard. « Au moment où le gouvernement prétend combattre tous les communautarismes, l’adoption de cette résolution produirait l’effet inverse », écrit le collectif, rejoint par 127 intellectuels juifs qui ont lancé un appel à voter contre dans Le Monde

    La résolution, qui propose de reprendre la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (#IHRA), permettra de « préciser et raffermir les pratiques de nos forces de l’ordre, de nos magistrats, de nos enseignants », expliquait le chef de l’Etat lors du dîner du Crif en février.

    • N° 2403 - Proposition de résolution de M. Sylvain Maillard visant à lutter contre l’antisémitisme
      http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2403.asp

      EXPOSÉ DES MOTIFS

      Mesdames, Messieurs,

      Depuis plusieurs années, la France, l’ensemble de l’Europe, mais aussi la quasi-totalité des démocraties occidentales, sont confrontées à une résurgence de l’antisémitisme sans doute inédite depuis la seconde guerre mondiale.

      Les actes antisémites ont en effet augmenté de 74 % en 2018 en France. À nouveau, depuis plusieurs années, l’antisémitisme tue en France.

      La haine des juifs tend encore aujourd’hui à se perpétuer dans ses manifestations les plus terribles : meurtres, profanations de tombes, séquestrations de concitoyens de confession juive au seul motif que, parce que juifs, ils « auraient de l’argent ».

      Ce sont aussi les agressions du quotidien qui se multiplient. Aujourd’hui en France, porter une Kippa revient à s’exposer à des injures voire à des agressions physiques, qui développent chez nos compatriotes de confession juive un sentiment d’insécurité et de mal-être dans notre République.

      L’antisémitisme du XXIe siècle a changé. Si le vieil antisémitisme français a subsisté, de nouvelles formes se sont développées.

      L’antisémitisme est une négation de la République, une menace grave à la cohésion nationale. Il doit être combattu dans ses racines.

      Or les actes antisionistes peuvent parfois occulter des réalités antisémites. Critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté́ juive dans son ensemble, tout comme rendre collectivement responsables les juifs de la politique menée par les autorités politiques israéliennes est une manifestation d’antisémitisme. De telles dérives font de plus en plus de l’antisionisme « une des formes contemporaines de l’antisémitisme », pour reprendre les mots du Président de la République. Pointer de telles dérives n’empêche par ailleurs aucunement la libre critique de la politique et des prises de positions des gouvernements israéliens.

      Ces nouvelles expressions de l’antisémitisme, perverses parce que masquées, insidieuses parce que malhonnêtes et hypocrites, ont donné lieu en réaction à un important travail réalisé par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. Ses trente-un États membres, dont la France, ont adopté le 26 mai 2016 une définition opérationnelle de l’antisémitisme ainsi formulée :

      « L’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

      Si cette définition permet de qualifier d’antisémites les attaques antisionistes motivées par une haine des juifs, elle ne reconnaît pas comme antisémites les critiques à l’égard des politiques menées par l’État d’Israël.

      « Il s’agit de préciser et de raffermir les pratiques de nos forces de l’ordre, de nos magistrats, de nos enseignants, de leur permettre de mieux lutter contre ceux qui cachent derrière le rejet d’Israël la négation même de l’existence d’Israël », comme l’a souligné le Président de la République.

      Face au retour du fléau antisémite, la représentation nationale se doit de poser un acte fort et de mettre des mots sur ce qu’est le nouvel antisémitisme, dans la droite ligne du Parlement européen en 2017 et du Conseil de l’Union européenne en 2018, qui ont reconnu la justesse et l’efficacité de la définition opérationnelle de l’Alliance. C’est le sens de cette proposition de résolution.

    • Je reprends, tellement les formulations de l’exposé des motifs sont hallucinantes de paralogisme.

      Or les actes antisionistes peuvent parfois occulter des réalités antisémites.

      peuvent parfois, donc la partie éventuellement délictueuse entraîne la condamnation du tout.

      Critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté́ juive dans son ensemble,…

      Dans l’esprit du rédacteur, il ne semble pas y avoir d’espace entre critiquer l’existence d’Israël et critiquer la politique (sioniste) de l’État d’Israël.

      … tout comme rendre collectivement responsables les juifs de la politique menée par les autorités politiques israéliennes est une manifestation d’antisémitisme.

      QUI procède ainsi ?
      QUI assimile les Juifs de France et Israël ?

      « A tous les juifs de France, tous les juifs d’Europe, je vous dis : Israël n’est pas seulement le lieu vers lequel vous vous tournez pour prier, l’Etat d’Israël est votre foyer »
      10/01/2015
      https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/netanyahu-aux-juifs-de-france-israel-est-votre-foyer_1639413.html

      … s’attirant même ! une réplique de Manuel Valls,

      qui a assuré avec force, […], que la place des juifs de France était en France.

    • Appel de 127 intellectuels juifs aux députés français : « Ne soutenez pas la proposition de résolution assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme »
      Tribune - Collectif - Publié 2 décembre 2019
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/02/appel-de-127-universitaires-juifs-aux-deputes-francais-ne-soutenez-pas-la-pr
      Un collectif du monde entier appelle les élus à ne pas apporter leur soutien à ce texte, qui doit être débattu dès mardi.

      (...)
      Tout en soulignant fermement notre préoccupation, nous nous opposons à la proposition de résolution sur l’antisémitisme pour deux raisons principales, et appelons les députés de l’Assemblée nationale à ne pas y apporter leur soutien.

      Premièrement, l’exposé des motifs de la proposition de résolution associe l’antisionisme à l’antisémitisme. Il assimile même l’antisionisme à l’antisémitisme en précisant que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble ». (...)

      http://www.france-palestine.org/Appel-de-127-universitaires-juifs-aux-deputes-francais-Ne-soutenez

    • Sylvain Maillard avait, avec d’autres députés, été reçu par ELNET (Lobby pro-Israël au niveau européen), et avait discuté avec ELNET et une délégation de colons, de la proposition de résolution qu’il devait présenter à l’Assemblée nationale !

      Garder en mémoire les noms de ceux qui ont déposé cette résolution qui vise à interdire la critique de l’état d’Israël :

      Sylvain MAILLARD, Gilles LE GENDRE, Stanislas GUERINI, Brigitte BOURGUIGNON, Roland LESCURE, Yaël BRAUN-PIVET, Françoise DUMAS, Bruno STUDER, Sabine THILLAYE, Damien ABAD, Caroline ABADIE, Jean-Félix ACQUAVIVA, Damien ADAM, Éric ALAUZET, Christophe AREND, Sophie AUCONIE, Laetitia AVIA, Jean-Noël BARROT, Sophie BEAUDOUIN-HUBIÈRE, Aurore BERGÉ, Hervé BERVILLE, Grégory BESSON-MOREAU, Christophe BLANCHET, Bruno BONNELL, Jean-Claude BOUCHET, Florent BOUDIÉ, Jean-Louis BOURLANGES, Bertrand BOUYX, Valérie BOYER, Marine BRENIER, Jean-Jacques BRIDEY, Bernard BROCHAND, Anne BRUGNERA, Stéphane BUCHOU, Pierre CABARÉ, Jacques CATTIN, Sébastien CAZENOVE, Émilie CHALAS, Philippe CHALUMEAU, Guillaume CHICHE, Francis CHOUAT, Paul CHRISTOPHE, Éric CIOTTI, Fabienne COLBOC, Paul-André COLOMBANI, François CORMIER-BOULIGEON, Olivier DAMAISIN, Dominique DA SILVA, Olivier DASSAULT, Dominique DAVID, Marc DELATTE, Stéphanie DO, Frédérique DUMAS, Jean-François ELIAOU, Jean-Michel FAUVERGUE, Agnès FIRMIN LE BODO, Laurence GAYTE, Annie GENEVARD, Séverine GIPSON, Joël GIRAUD, Claude GOASGUEN, Philippe GOSSELIN, Guillaume GOUFFIER-CHA, Fabien GOUTTEFARDE, Olivia GREGOIRE, Benjamin GRIVEAUX, Émilie GUEREL, Marie GUÉVENOUX, Meyer HABIB, Michel HERBILLON, Danièle HÉRIN, Antoine HERTH, Philippe HUPPÉ, Monique IBORRA, Catherine KAMOWSKI, Guillaume KASBARIAN, Brigitte KUSTER, Jean-Christophe LAGARDE, Jean-Luc LAGLEIZE, Guillaume LARRIVÉ, Philippe LATOMBE, Marie LEBEC, Constance LE GRIP, Martine LEGUILLE-BALLOY, Geneviève LEVY, Richard LIOGER, Brigitte LISO, Gilles LURTON, Lise MAGNIER, Franck MARLIN, Stéphane MAZARS, Thomas MESNIER, Thierry MICHELS, Patricia MIRALLÈS, Jean-Michel MIS, Adrien MORENAS, Mickaël NOGAL, Claire O’PETIT, Bernard PERRUT, Anne-Laurence PETEL, Valérie PETIT, Damien PICHEREAU, Laurent PIETRASZEWSKI, Éric POULLIAT, Natalia POUZYREFF, François PUPPONI, Didier QUENTIN, Bruno QUESTEL, Cathy RACON-BOUZON, Pierre-Alain RAPHAN, Rémy REBEYROTTE, Frédéric REISS, Stéphanie RIST, Laurianne ROSSI, François de RUGY, Pacôme RUPIN, Laetitia SAINT-PAUL, Thierry SOLÈRE, Joachim SON-FORGET, Éric STRAUMANN, Michèle TABAROT, Agnès THILL, Alice THOUROT, Huguette TIEGNA, Élisabeth TOUTUT-PICARD, Laurence TRASTOUR-ISNART, Frédérique TUFFNELL, Alexandra VALETTA ARDISSON, Cédric VILLANI, Guillaume VUILLETET, Jean-Marc ZULESI,

      #IHRA #antisionisme #antisémitisme #Israel #Droit-International #Paris #Benjamin-GRIVEAUX #Cédric-VILLANI #Sylvain-Maillard #Pacôme-RUPIN #Thierry-SOLÈRE #François-de-RUGY #Jean-Christophe-LAGARDE #François-PUPPONI #Claude-GOASGUEN #Valérie-BOYER #Eric-Ciotti #Gilles-LE-GENDRE #Stanislas-GUERINI #Yaël-BRAUN-PIVET #Laetitia-AVIA #Aurore-BERGÉ #Jean-Louis-BOURLANGES #Olivier-Dassault

    • Article du Jerusalem Post daté du 17/07/2019 et relayé par ELNET :

      https://www.jpost.com/International/French-MP-Paris-should-be-more-supportive-of-Israel-595953

      France should be “more courageous” in its foreign policy and “more capable” of identifying its true friends in the region, French parliamentarian Constance Le Grip, formerly an adviser to then French President Francois Sarkozy (!!! #WTF) , said on Wednesday.
      Le Grip, a member of The Republicans who acknowledged that as a member of the opposition in the French parliament it easy to be critical, said Paris should be more clear on”what we want, and which countries we support.”

      #lobbying_sioniste

  • (4) On ne sauvera pas le Web en dînant avec ses assassins - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/12/02/on-ne-sauvera-pas-le-web-en-dinant-avec-ses-assassins_1766848

    Par Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes — 2 décembre 2019 à 18:21

    Le principal inventeur d’Internet, Tim Berners-Lee, est à l’origine d’un « contrat pour le Web » afin de le sauver des dérives qui le menacent. Un texte soutenu par les Gafam, qui en ont méthodiquement tué tous les principes fondateurs.

    On ne sauvera pas le Web en dînant avec ses assassins

    Tribune. La dernière croisade de Tim Berners-Lee pour sauver le Web laisse un goût amer.
    Celui qui fut le premier à dénoncer clairement l’emprise et la menace de ceux qu’il appelait « les Jardins fermés » entend aujourd’hui leur proposer un « contrat ». Contrat qui réunirait aussi gouvernements et citoyens. Contrat suffisamment vague pour n’avoir précisément aucune valeur contractuelle. Et contrat donc immédiatement approuvé, soutenu et signé par… Google, Facebook, Twitter et Microsoft.
    On ne sauvera pas le Web avec ceux qui en ont méthodiquement tué tous les principes fondateurs.
    En avril 1993, quatre ans après avoir inventé le Web, Berners-Lee fit à l’humanité son plus grand cadeau : il décida de verser cette invention dans le domaine public. Si le Web a connu un tel succès, s’il a révolutionné nos pratiques informationnelles, nos rapports sociaux, nos connaissances, c’est d’abord par son inscription dans le domaine public. Architecture technique, protocoles de communication, langages de publication, nul ne pouvait alors prétendre détenir à son seul bénéfice privé cette entité et ce réseau, cette infrastructure et ces contenus.

    Or, ce qui est en train de tuer le Web aujourd’hui, c’est sa préemption par ces acteurs privés que l’on nomme Gafam ou Natu en Europe, ou bien encore BATX en Chine.
    Ce qui tue le Web aujourd’hui, c’est la privatisation de ce que son inventeur nous a légué en 1993 comme une volonté délibérée et politique d’en faire un bien commun de l’humanité.
    Ce qui tue le Web aujourd’hui, c’est l’extinction de la part publique de son usage, de son langage et de son architecture technique.
    Il n’y a aujourd’hui plus rien à attendre des Gafam qui sont devenus des grands groupes capitalistes comme les autres, ne cherchant que le rendement et la rente, n’ambitionnant qu’une spéculation sans fin sur un marché dont ils sont à la fois les acteurs et les régulateurs.
    L’habit ne fait pas le moine, et les open spaces remplis de baby-foot et de poufs aux couleurs pastel ne font ni la vertu ni l’éthique.

    Facebook représente un danger mortel pour nos démocraties comme le scandale Cambridge Analytica l’a démontré. Google utilise pour faire taire toute contestation sociale les méthodes de lutte contre les syndicats qui remontent aux années 30. La lutte contre les discours de haine dans toutes ces plateformes est totalement indigente et en dehors du droit car en vérité ces plateformes et leurs architectures techniques toxiques prospèrent sur la dimension spéculative et inflationniste de tels discours. Toutes ces plateformes s’abritent derrière un credo algorithmique qui n’est qu’un leurre et qui leur sert d’alibi pour toutes leurs manipulations et leurs malversations dans la hiérarchisation ou l’invisibilisation d’expressions publiques ou de paroles privées. Toutes ces entreprises sous-traitent la modération de leurs contenus les plus violents à des travailleurs pauvres à l’autre bout du monde dans des conditions indignes. Et faut-il rappeler la réalité des conditions de travail dans les entrepôts déshumanisés d’Amazon partout en Europe ou aux Etats-Unis ? Le retour à un modèle social qui est celui du travail à la tâche (« Gig Economy ») et des travailleurs pauvres de la fin du XIXe siècle ? Est-il encore nécessaire de rappeler que toutes ces plateformes échappent à l’impôt dans des proportions et des modalités qui relèvent du grand banditisme et de l’escroquerie en bande organisée ? Et c’est avec elles que l’on pourrait prétendre sauver le Web alors que chaque jour elles dénaturent sa fonction et salissent son ambition ? A l’aide d’un contrat qui n’engage rien d’autre que la capacité de dire que l’on veut sauver le Web ?

    Il faut pour sauver le Web non pas un contrat, mais la création d’un index indépendant (des pages, des profils), qui permette de réinstaurer la part commune de nos interactions sociales et discursives dans une sphère publique non marchande.
    Il faut pour sauver le Web non pas un contrat, mais une régulation étatique forte et contraignante, qui doit pouvoir aller jusqu’au démantèlement de ces Béhémots calculatoires et qui doit réaffirmer que leur code ne sera jamais notre loi.
    Il faut pour sauver le Web non pas un contrat, mais lutter pied à pied pour que « les algorithmes » qui ne sont rien d’autre que des décisions humaines au service d’un système de valeurs morales et politiques déterminées, que ces algorithmes-là soient transparents à l’inspection, robustes contre toute manipulation et prévisibles pour ceux qu’ils gouvernent, comme l’ont écrit nombre de scientifiques et comme le demandent aujourd’hui tous les défenseurs des libertés numériques.
    On attendait du fondateur de la promesse émancipatrice du Web autre chose qu’une molle ambition contractuelle qui serve de clause de bonne conscience à des entreprises prédatrices de nos libertés et de nos droits. On attendait de Tim Berners-Lee qu’il continue de désigner les coupables, et non qu’il leur fournisse un alibi commode. Car tant que la table des négociations se trouvera dans la salle des marchés, le Web continuera de mourir.

    Olivier Ertzscheid enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes

    #Web #Tim_Berners_Lee #Olivier_Ertzscheid

  • Le commerce par Internet est un désastre écologique
    https://reporterre.net/Le-commerce-par-Internet-est-un-desastre-ecologique

    Le cabinet Axios a réalisé une étude en juin 2019 aux États-Unis. Elle montre qu’en raison des livraisons ultra rapides les transporteurs prestataires d’#Amazon — FedEx, UPS et USPS — ont généré une pollution équivalant à sept millions de voitures par an.

    Et ce calcul ne prend même pas en compte les livraisons directement effectuées par Amazon. Ni la flotte d’avions que la multinationale loue à Boeing : 50 aujourd’hui et 71 d’ici 2021. Selon le récent rapport des Amis de la Terre, d’Attac et de Solidaires, « en 2019, Amazon a opéré 110 vols intérieurs par jour aux États-Unis et 20 en Europe. Elle a transporté 29 % de produits en plus par avion qu’en 2018 ».

    Pour ses livraisons, Amazon émet au total 8,87 millions de tonnes de CO2 par an — soit l’équivalent des émissions annuelles de la Bolivie. Ses comportements ont un effet d’entraînement. Ils poussent les concurrents comme Walmart à suivre le rythme pour ne pas perdre de parts de marché.

    En France, aussi, certains acteurs sonnent l’alarme. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) critique la course à la vitesse dans le secteur du e-commerce.

    Ses experts sont même allés jusqu’à étudier « le cycle de vie de l’acte d’achat en ligne » : consulter internet, sélectionner son article, le payer, suivre la commande en envoyant des courriers électroniques… Toutes ces étapes font fonctionner les serveurs informatiques et les data centers. « Un achat en ligne équivaut à la consommation de 7 g de fer, à l’utilisation pendant douze minutes d’une ampoule de 60 W, à l’émission dans l’eau de 1,5 mg de phosphate et de 12 g de CO2 dans l’atmosphère soit 1 km en voiture », a chiffré l’Ademe.

    En 2018, en France, Amazon a détruit trois millions de produits neufs, majoritairement des invendus ou des articles retournés. Les sites favorisent l’obsolescence programmée en ne respectant pas les obligations de reprise des déchets électroniques ni la garantie légale.

  • La pilule de l’obéissance

    À l’origine, le remède ne devait concerner que les #enfants « hyperactifs », une pathologie relativement rare. Mais depuis quelques années, aux États-Unis, tout bambin quelque peu turbulent peut se voir prescrire de la #Ritaline, un #médicament voisin des amphétamines qui fait également fureur sur les campus. Après avoir inondé le marché américain, la pilule miracle se répand en France.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/12/BRYGO/61087
    #santé #enfance #hyperactivité

    • Déjà en cours il y a une dizaine d’années. Je ne connais pas l’ampleur du problème, mais j’avais rencontré une mère abandonnée — je trouve ça mieux que « mère célibataire » qui peut laisser penser que sa situation était un choix — épuisée qui n’arrivait pas à contrôler l’énergie de son petit dernier (essentiellement par manque d’aide et de ressources). Elle était soulagée par la mise sous Ritaline de son gosse. C’était effrayant de voir ce gosse domestiqué façon robot, mais je ne pouvais absolument rien dire à ce sujet à cette mère qui était déjà dans une grande souffrance.


    • #shit_storm en vue

      Le petit dernier, l’Adhansia, sort des usines de Purdue Pharma , le laboratoire de l’OxyContin, considéré comme le principal responsable de la crise des #opioïdes (400 000 morts en vingt ans) (11). « Je viens d’un programme où on essaie de baisser les doses, de favoriser les thérapies comportementales, d’arrêter les médicaments, poursuit Mme O’Rourke. Mon but, c’est qu’ils soient capables d’être des enfants, de jouer et d’apprendre. Je n’ai jamais vu d’effets négatifs à long terme, excepté une croissance perturbée. Le plus grand problème, ce serait l’addiction, surtout pour les adolescents, ainsi que la revente. » Pour elle, ça ne fait pas de doute, « la télévision est responsable en grande partie du TDAH. C’est la première baby-sitter du pays ». Dans sa salle d’attente, encore un garçon. Jayden, 12 ans, « ne tient pas en place ». Diagnostiqué hyperactif, il est sous psychotropes depuis quatre ans. Sa mère, Tasha, commente : « Quand il ne les prend pas, il est insupportable. » L’école ? « Je pense que c’est ennuyeux, répond Jayden. Lire est ennuyeux. Rester assis toute la journée est ennuyeux. Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »

    • On ne parle que des garçons par rapport à ces produits. C’est peut être une solution que les femmes (mères, personnel enseignant et personnel medical qui sont largment fémininisés) ont trouvé pour rendre un peu moins insupportables les comportements masculins.

      « Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »
      Il me semble qu’il y a une histoire de domination masculine dans tout ceci, les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol.

    • Quand même @monolecte il y a aussi des femmes qui foutent le père dehors, souvent avec raison d’ailleurs ! et même si il est très content de retrouver sa « liberté » et qu’il ne paye pas la pension, j’estime que cela n’en fait pas une « femme abandonnée » pis on dirait qu’on parle d’un chien. Non plus qu’une femme célibataire, d’ailleurs. #famille_monoparentale c’est pas mal parce que oui, même seule avec un enfant c’est une famille, n’en déplaise à certaines pourritures de psys. Alors disons #mère_monoparentale ?

    • @mad_meg

      les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol

      Affreusement d’accord avec toi :/

      https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/cbl.30337

      It is estimated that half to three‐quarters of all women with attention‐deficit/hyperactivity disorder (ADHD) are undiagnosed. Boys are more likely to be given an ADHD diagnosis (13.2%) than girls (5.6%). Girls are also diagnosed, on average, 5 years later than boys (boys at age 7, girls at age 12) (Foley, 2018).

  • Pour que Lubrizol brûle jusqu’au Grand-Paris - Stany Cambot - Visionscarto
    https://visionscarto.net/pour-que-lubrizol-brule

    Jeudi 26 septembre 2019. À Rouen, l’usine Lubrizol, qui fabrique des additifs pour les huiles pour moteurs, part en fumée. Plus de 9 000 tonnes de produits chimiques vont brûler dans cet incendie. Les fumées se répandent sur la ville, provoquant malaises et vomissements chez les résidents, et atteignent les campagnes environnantes, obligeant l’État à interdire la commercialisation des denrées agricoles produites dans 216 communes. « Au-delà de l’événement, nous dit Stany Cambot dans cet article coup-de-poing, le nuage noir de Lubrizol est aussi un axe de compréhension de notre territoire, une lame qui nous coupe et sépare le “nous” producteur et consommateur, de l’autre, inquiet et vertueux. »

    #catastrophe #industrie #gens_du_voyage #racisme_environnemental #seine #urban_matter

  • Violences conjugales : Aurélie Filippetti porte plainte pour diffamation contre Thomas Piketty

    https://www.lesinrocks.com/2019/11/30/actualite/societe/violences-conjugales-aurelie-filippetti-porte-plainte-pour-diffamation-c

    Après avoir été apostrophé au sujet de faits de violence envers son ex-conjointe Aurélie Filippetti, l’économiste avait indiqué que cette dernière avait été violente envers ses filles. L’ex-ministre a déposé plainte pour #diffamation, ce jeudi, auprès du procureur de la République.

    Cela faisait dix ans qu’elle ne s’était pas exprimée publiquement sur cette affaire. « Suite aux déclarations publiques de Thomas Piketty, j’ai déposé ce jour une plainte en diffamation devant le procureur de Paris », a simplement indiqué Aurélie Filippetti sur sa page Facebook ce jeudi 28 novembre.

    https://twitter.com/WCM_JustSocial/status/1197607748629934080

    https://archive.org/details/pikettyinterpellesurlesviolencesconjugalescommisesalencontreaureliefilippet

    https://archive.org/details/lexministreaureliefilippettiporteplaintecontrethomas

    Une semaine plus tôt, invité lors d’une conférence à l’ #Institut_d'Etudes_Politiques (#IEP, #Sciences_Po) de Toulouse, l’économiste Thomas Piketty, ex-conjoint d’Aurélie Filippetti, avait été interpellé par une étudiante : « Vous avez reconnu en 2009 avoir battu votre ex-conjointe. Et du coup je voulais savoir ce que vous pensiez du fait de faire cette conférence alors que dans trois jours, le 23 novembre, on va avoir la #Marche_contre_les_violences_faites_aux_femmes.. ? A l’IEP c’est la semaine des #violences_sexistes et sexuelles... », a déclaré la jeune femme devant l’étonnement de l’assemblée. Une scène diffusée sur Twitter et à laquelle Aurélie Filippetti avait répondu d’un simple « merci ».

    « C’est votre intervention que je trouve indécente », avait alors rétorqué l’auteur de Le capital au XXIe siècle à l’étudiante, avant de poursuivre : « La relation dont vous parlez a été une relation avec une personne extrêmement violente vis-à-vis de mes filles. J’ai trois filles, qui étaient petites à l’époque, et cette personne a été extrêmement violente vis-à-vis d’elles. Je l’ai mise hors de chez moi, je l’ai poussée dehors, ce que je regrette, et je vous assure qu’après le comportement qu’elle a eu avec mes filles beaucoup de personnes se seraient beaucoup plus énervées. »

    Ce sont ces mots qui sont visés dans la plainte déposée par l’ancienne #ministre_de_la_Culture, fait savoir aux Inrocks son avocat Me Vincent Tolédano. « Aurélie Filippetti a été très choquée des propos de #Thomas_Piketty, en tournée de promotion de son nouveau livre, jeudi dernier, à Toulouse, deux jours avant la marche contre les violences faites aux femmes. Accuser sa victime de violences sur mineurs est tout simplement insupportable », nous précise-t-il.

    « C’est un mensonge total », se défend #Aurélie_Filippetti dans une interview au Corriere della Serra, publiée ce vendredi 29 novembre, où elle évoque des actes de violence répétés. « En 2009, je l’avais dénoncé pour des violences qui ne concernaient pas que ce soir-là mais se répétaient. Et je n’ai retiré la plainte qu’après sa déclaration écrite », précise-t-elle dans les colonnes du journal italien. « Il fait porter la responsabilité sur la femme, sur moi, la victime », regrette l’ex-ministre. Elle ajoute : « C’est fou, pour se défendre, il a décidé d’inventer une histoire, d’un bout à l’autre. Il aurait pu simplement dire : ’Je préfère ne pas parler de ce sujet’, mais il a inventé toute une histoire parce qu’il n’a pas encore pris conscience de sa propre violence. »

    [...]

    Le 16 septembre 2009, le procureur de la République de Paris, a avisé Thomas Piketty de sa décision « de ne pas exercer dans l’immédiat des poursuites », suite au retrait de plainte d’Aurélie Filippetti contre son ancien compagnon, pour violences volontaires -, sa décision de classement étant « révocable à tout moment », souligne Me Vincent Tolédano, l’avis constituant toutefois « un avertissement » et un « rappel à la loi ».

    #Violences_conjugales

    • L’article de l’OBS paru à l’époque, le 26 septembre 2009

      Violences conjugales : avertissement et rappel à la loi pour Piketty
      https://www.nouvelobs.com/societe/20090924.OBS2364/violences-conjugales-avertissement-et-rappel-a-la-loi-pour-piketty.html

      L’enquête préliminaire ouverte à Paris à la suite d’une plainte pour violences entre conjoints déposée par la député PS de Moselle Aurélie Filippetti à l’encontre de l’économiste Thomas Piketty a débouché, mercredi 23 septembre, sur « un avis de classement, avertissement et rappel à la loi ».

      « M. Piketty ayant reconnu les faits de violence à l’encontre de Mme Filippetti et s’étant excusé, Mme Filippetti, dans l’intérêt des familles et des enfants, n’a pas donné suite à la procédure », a-t-on fait valoir dans l’entourage de la député socialiste.

      Sollicité par l’AFP, Thomas Piketty n’a pas souhaité faire de commentaire.

      Au cours de cette enquête, l’ économiste, conseiller économique de la candidate socialiste Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle 2007, avait été pendant plusieurs heures entendu en garde à vue par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
      (Avec AFP)

    • L’ex ministra Filippetti : « Piketty mi picchio più volte e ora mi dà la colpa »

      L’ancienne ministre Filippetti : « Piketty m’a frappé à plusieurs reprises et maintenant il m’en veut »

      https://www.corriere.it/esteri/19_novembre_29/ex-ministra-filippetti-piketty-mi-picchio-piu-volte-ora-mi-da-colpa-c4e807e

      La traduction (google traduction, désolé) de l’interview :

      Que contestez-vous dans le récit de Piketty ?

      "Tout. En 2009, je l’avais dénoncé pour des violences qui ne concernaient pas que ce soir-là mais se répètent. Et je n’ai retiré la plainte qu’après sa déclaration écrite ».

      Que contient cette déclaration de 2009 ?

      "Il a reconnu des épisodes répétés de violence et s’est excusé. C’est un document officiel déposé auprès de l’avocat Jean-Pierre Mignard, qui s’est alors prêté à un rôle de médiateur entre nous. À ce stade, ayant obtenu la reconnaissance des faits et des excuses, j’ai dû retirer la plainte pour éviter une nouvelle couverture médiatique. Il n’a pas du tout été totalement absous comme il essaye de le faire croire. Le procureur lui a quand même donné un avertissement et un rappel de la loi ".

      Combien de temps a duré l’enquête ?

      "Ce n’était pas une chose simple. Il a été mis en garde à vue, interrogé, l’enquête a duré plusieurs mois. Il y a une semaine, à la veille des manifestations en France contre la violence à l’égard des femmes, une étudiante de l’Université de Toulouse l’a interrogé sur ses actions passées. J’ai vu la vidéo, j’ai su ce qu’il avait publiquement répondu dans cet amphithéâtre, puis j’ai contacté l’avocat et jeudi j’ai présenté le procès en diffamation ».

      Piketty dit qu’il vous a poussé, que vous êtes tombez entre la porte et le montant de la porte.

      "Attention, rien de tout cela ne s’est passé. Ce sont des choses douloureuses pour moi. Blame it sur la femme, sur moi, la victime. C’est fou, pour se défendre, il a décidé d’inventer une histoire, de haut en bas. Il aurait pu simplement dire : "Je préfère ne pas parler de ce sujet", mais il a inventé toute une histoire parce qu’il n’a pas encore pris conscience de sa propre violence ".

      #Piketty vous accuse d’être violente avec ses trois jeunes filles.

      "C’est totalement faux, à tel point que c’est moi qui ai porté plainte contre lui pour actes de violence à l’époque, et non pas lui qui m’a dénoncé pour actes de violence à l’encontre de ses filles. C’est un mensonge total. Je suis la victime qui s’est tournée vers la police. Il essaie de complètement changer les choses. "

      Pensez-vous que votre ancien compagnon a été pris au dépourvu par l’étudiante ?

      "Je ne sais pas. Certains personnages masculins sont convaincus qu’ils sont au-dessus des lois. Ce qui est incroyable, c’est que je peux dire quelque chose comme ça, encore maintenant, après tout ce qui s’est passé avec le mouvement #MeToo et la prise de conscience de la violence à l’égard des femmes. Nous étions à deux jours de la grande manifestation contre les violences faites aux femmes, alors que la #France était totalement mobilisée sur ces questions. Il est terrible que la négation des faits aille si loin ".

      À la lumière de ce qui s’est passé ensuite, avez-vous regretté d’avoir retiré votre plainte il y a dix ans ?

      « Nous ne pouvons pas juger le choix d’alors avec la mentalité d’aujourd’hui. À l’époque, on avait tendance à minimiser la violence, comme il le fait encore aujourd’hui : quand il suggère que cela ne s’est produit qu’une fois, quand il parle d’une poussée au lieu de coups répétés, il minimise. Cependant, même alors, l’affaire a éclaté, mais sans conséquences majeures, peut-être parce que la société n’était pas prête. Il n’y avait pas encore de mouvement #MeToo ».

      Vous ne vous parlez plus ?

      "Non, jamais, c’est impossible. Son comportement à Toulouse est symptomatique de la violence sous-jacente. Ses phrases sont un autre acte violent. Contre moi et aussi contre ma fille, qui à l’époque avait 11 ans et se souvient très bien de tout ».

    • Les archives de 2009 montrent que Thomas Piketty qualifiait cette affaire d’ « histoires de caniveau ».

      On notera aussi qu’à l’époque le Nouvel Observateur (OBS) avait traité le sujet de manière légère (3 articles pour en tout 2800 caractères), à comparer avec l’article de Médiapart sur le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles infligés par Christophe Rugia (57000 caractères)

      Le nouvel observateur semble avoir été le seul a relayer les conclusions de l’enquête via la dépêche AFP du 26 septembre 2009, comme on peut le voir sur cette recherche Google :

      Et le 4 mars 2019 Daniel Schneidermann se demande s’il faut en parler dans la mesure où ça ne serait qu’une affaire privée.

      https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/la-deputee-leconomiste-et-les-violences-conjugales

      Filippetti a porté plainte pour violences conjugales 04 mars 2009
      https://www.nouvelobs.com/politique/20090303.OBS7099/filippetti-a-porte-plainte-pour-violences-conjugales.html

      La députée socialiste Aurélie Filippetti a déposé une plainte contre son compagnon, l’économiste Thomas Piketty, pour violences entre conjoints, a-t-on appris mardi 3 mars. Une enquête préliminaire a été ouverte, a indiqué une source proche du dossier.
      Cette plainte a été déposée le 6 février par la porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, Aurélie Filippetti. Tout comme Thomas Piketty, elle est proche de Ségolène Royal.

      « Une affaire privée »

      Aurélie Filippetti fut pendant la campagne présidentielle de 2007 conseillère spéciale de la candidate pour les questions liées à l’environnement, la culture et l’éducation. Tandis que son compagnon occupait un poste de conseiller économique.
      Contactée par l’AFP, la députée âgée de 35 ans, a indiqué ne pas vouloir faire de commentaire. « C’est une affaire privée », a-t-elle déclaré.
      "Ce sont des histoires de caniveau", a pour sa part affirmé à l’AFP Thomas Piketty, 37 ans.
      L’enquête préliminaire, ouverte à la mi-février, a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). (avec AFP)

      Le compagnon de Filippetti placé en garde à vue 17 mars 2009
      https://www.nouvelobs.com/politique/20090317.OBS9255/le-compagnon-de-filippetti-place-en-garde-a-vue.html

      L’économiste Thomas Piketty a été placé, mardi 17 mars, en garde à vue à Paris dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris après la plainte de sa compagne, la députée socialiste Moselle Aurélie Filippetti, pour violences entre conjoints, a indiqué une source judiciaire.
      Proche du Parti socialiste, Thomas Piketty, a été conseiller économique de Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle 2007.
      Thomas Piketty a été placé en garde mardi matin dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) chargée de l’enquête, où il était convoqué.
      Le parquet de Paris a ouvert à la mi-février une enquête préliminaire à la suite d’une plainte déposée par Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, à l’encontre de son conjoint.

    • La retranscription des échanges, notamment parce que l’intervention finale d’Olivier Brossard, le directeur de l’Institut d’Études Politiques de Toulouse, est bien gerbante (tout comme tous les mensonges de Thomas Piketty, mis en gras) :

      Étudiante féministe

      Mon intervention s’adressera à vous mais aussi aux organisateurs et organisatrices de cet évènement ainsi qu’à l’assemblée.

      J’aimerai recontextualiser un peu cette conférence. Vous avez reconnu en 2009 avoir battu votre ex-conjointe. Et du coup je voulais savoir ce que vous pensiez de faire cette conférence alors que dans trois jours le 23 novembre on va avoir une marche contre les violences faites aux femmes. Cette semaine à l’IEP (de Toulouse) c’est la semaine des violences sexistes et sexuelles contre les femmes, donc je voulais savoir ce que vous en pensiez je voulais aussi savoir ce que vous pensiez des pensées autour des violences économiques envers les femmes.

      Thomas Piketty

      Ouais, je peux vous répondre ?

      Étudiante féministe

      Est-ce que vous pouvez me laisser finir s’il vous plaît ?
      Et du coup, je voulais savoir, pour les organisateurs et les organisatrices, si vous ne trouviez pas ça quelque peut indécent d’inviter quelqu’un qui...

      Thomas Piketty

      Alors moi je vais.... Attendez, je vais vous répondre. Je vais vous répondre et je vais vous dire pourquoi c’est votre intervention que je trouve indécente. Parce que si vous voulez le concours de la police ou de la magistrature pour faire des enquêtes, moi je vous invites à le passer et à faire ces enquêtes.

      En l’occurrence, vous parlez d’une affaire qui a été classée sans suite à l’issue d’une enquête dont... je vous mets au défi de trouver des éléments d’information qui pourraient justifier, enfin indiquer qu’il y aurait pu avoir des choses qui auraient été mal enquêtées, dissimulées etc.

      Moi ce que je peux vous dire c’est que la relation dont vous parlez a été une relation avec une personne plutôt extrêmement violente vis-à-vis de mes filles. J’ai trois filles, qui maintenant sont grande, mais qui étaient petites à l’époque, et cette personne a été extrêmement violente vis-à-vis d’elles. Je l’ai mis dehors de chez moi, je l’ai poussée dehors, ce que je regrette, mais je vous assure que vu le comportement qu’elle a eu avec mes filles beaucoup de personnes seraient beaucoup plus énervées que ça.

      Je regrette l’avoir poussé dehors de chez moi, elle est tombée juste dans l’entrebâillement de la porte, ce qui ne l’a pas empêche d’aller travailler le lendemain et le lendemain. Je le regrette néanmoins, mais je peux vous dire que par rapport aux violences faites par rapport à mes filles, le fait de la mettre hors de chez moi était une réaction [inaudible].

      Donc voilà vous savez tout de l’affaire. Moi je suis, je peux en parler plus longuement si vous voulez. Tout ce que je peux vous dire c’est que voilà, moi j’ai trois filles qui ont 16 ans, 19 ans, 22 ans. Il n’y a rien de plus éloigné de moi que l’idée de violence, avec que ce soit... conjointe ou qui que soit. Moi vraiment je vous invites... Je veux dire vous avez raisons d’être soucieuse de ces questions. Je le suis au moins autant que vous, mais simplement aller prendre la parole comme ça sans aucune information. Vous ne disposez d’aucune information précise sur cette affaire. Moi vraiment je vous invite, si vous pensez que les enquêtes ont été mal menées, allez passer le concours de la police, de la magistrature et faites de meilleurs enquêtes. Voilà.

      Thomas Piketty est applaudit par la salle. L’étudiante féministe souhaite reprendre la parole.

      Thomas Piketty

      Écoutez, je vous ai répondu. Je crois que ça suffit maintenant.

      Olivier Brossard Professeur de sciences économiques,
      Directeur de Sciences Po Toulouse

      Faites un peu d’introspection. Réfléchissez quand même un tout petit peu à ce que vous faites. C’est vous qui êtes indécente là. Stop, on s’arrête là. Une dernière question.

    • Une semaine plus tôt, invité lors d’une conférence à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Toulouse, l’économiste Thomas Piketty, ex-conjoint d’Aurélie Filippetti, avait été interpellé par une étudiante : « Vous avez reconnu en 2009 avoir battu votre ex-conjointe. Et du coup je voulais savoir ce que vous pensiez du fait de faire cette conférence alors que dans trois jours, le 23 novembre, on va avoir la Marche contre les violences faites aux femmes.. ? A l’IEP c’est la semaine des violences sexistes et sexuelles... », a déclaré la jeune femme devant l’étonnement de l’assemblée. Une scène diffusée sur Twitter et à laquelle Aurélie Filippetti avait répondu d’un simple « merci ».

      « C’est votre intervention que je trouve indécente », avait alors rétorqué l’auteur de Le capital au XXIe siècle à l’étudiante, avant de poursuivre : « La relation dont vous parlez a été une relation avec une personne extrêmement violente vis-à-vis de mes filles. J’ai trois filles, qui étaient petites à l’époque, et cette personne a été extrêmement violente vis-à-vis d’elles. Je l’ai mise hors de chez moi, je l’ai poussée dehors, ce que je regrette, et je vous assure qu’après le comportement qu’elle a eu avec mes filles beaucoup de personnes se seraient beaucoup plus énervées. »

      Je grasse parce qu’il ne faut pas que cette merde de remise en cause du propos d’une féministe passe inaperçue. Il peut lui répondre que c’est pas lui, qu’il a eu raison, tout ce qu’il veut sauf de dire que des féministes qui abordent la question des violences masculines sont indécentes.

      #violences_masculines #on_te_croit #violences_conjugales

    • @antonin1 apparemment les masculinistes aiment ce mot qui parlent d’eux puisque le directeur de #sciences_po_Toulouse, comme le note @gastlag parle aussi d’indécence dans sa morgue méprisante

      Olivier Brossard Professeur de sciences économiques,
      Directeur de Sciences Po Toulouse

      Faites un peu d’introspection. Réfléchissez quand même un tout petit peu à ce que vous faites. C’est vous qui êtes indécente là. Stop, on s’arrête là. Une dernière question.

      La #bienséance_masculine c’est exposer ses couilles l’avant veille des manifs contre les violences faites aux femmes.

    • À priori c’est pas que c’est eux qui l’emploient d’eux-mêmes, c’est l’étudiante qui a employé de mot en tout premier en disant « ne trouvez vous pas indécent d’inviter… » et du coup eux ensuite répondent « c’est vous qui êtes indécente » en reprenant sa phrase (genre « aaah c’est toi qui l’est, cassééée »).

    • @rastapopoulos c’est fort possible qu’ils aient repris cette expression puisqu’elle était lancé, mais ca n’attenue pas leur choix de la renvoyer ainsi, et ca montre leur manque de réflexion sur le sujet. Comme le souligne @antonin1 cette étudiante à fait son travail de militante et il n’y a aucune indécence à posé cette question.

      #couilles_de_cristal #sauflamisme (cf - toutes les femmes sont discriminés sauf-la-mienne ) #macho_de_gauche

    • Oui je sais parfaitement que l’étudiante lui pose cette question, et je suis d’accord avec ce terme concernant l’attitude de Piketty. Parce qu’il est réellement indécent de venir parader l’avant veille d’une manif sur les violences faites aux femmes alors qu’il a frappé sa femme. Et renvoyer ce terme marque bien le peu de cas que ces deux hommes font des femmes, à commencer par l’étudiante qui se fait humilier alors que la salle applaudit les deux grands hommes, l’un directeur, l’autre orateur invité qui viennent d’asséner une fin de non recevoir à sa deuxième question avec un mépris abjecte que je ne pourrais pas comparer à un jeu d’enfant mais à la fraternité des salopards qui font taire les femmes.

    • Piketty intervenait peut-être en s’imaginant que cette histoire était passé sous le radar de plein de monde (brava la féministe qui a malmené le grand homme). Mais on ne peut pas lui reprocher d’exister la semaine d’avant le 25 novembre !

      On pourrait lui reprocher de sortir un disque le 25 novembre (si si, ça a été fait, devinez par qui) ou de se mettre du rouge à lèvres contre les violences masculines.

      J’espère que Piketty se prendra la même chose que Baupin, avec une justice incapable de mettre des mecs devant leurs responsabilités mais qui au moins sait rétablir la vérité quand elle est malmenée en public.

      Je garde l’idée des couilles de cristal pour comparer avec la stigmatisation des snowflakes par Couturier.
      https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/le-tour-du-monde-des-idees-du-vendredi-06-avril-2018

    • Piketty intervenait peut-être en s’imaginant que cette histoire était passé sous le radar de plein de monde (brava la féministe qui a malmené le grand homme). Mais on ne peut pas lui reprocher d’exister la semaine d’avant le 25 novembre !

      He ben moi oui, je peux tout à fait reprocher à Piketti ou à n’importe qui d’oublier pif pof qu’il ait tabassé sa femme et de continuer à se pavaner comme si de rien. Et je me carre de son existence dans les amphis invité par sciences po alors que les féministes étudiantes s’organisent pour la manif. Nan mais oh, des fois les grands hommes feraient bien de se la mettre dans la glace et de voir qu’ils sont tout petit petit.

  • Féminazies | Paul B. Preciado
    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/29/feminazies_1766375

    Si, un jour, nous vous soumettons, nous vous exotisons, nous vous violons et vous tuons, si nous accomplissons une tâche historique d’extermination, d’expropriation et de soumission comparable à la vôtre, nous serons alors tout simplement comme vous. Alors, oui, à ce moment-là, nous pourrons partager avec vous l’adjectif « nazi ». Source : Libération

  • Histoire de la violence - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2019/11/29/histoire-de-la-violence

    À quel moment de ma vie me faire hurler dessus m’a aidée à comprendre ou à faire mieux quoi que ce soit ? Est-ce que la punition ou même la menace de la punition nous a poussés à nous dépasser ou est-ce que cela nous a juste rendus plus enclins à la dissimulation et au mensonge, à la recherche de la moindre coercition ? En quoi la colère nous rend-elle plus efficients, plus justes, plus «  quoi que ce soit  », en dehors de la violence ?

    #violence #enfance #domination

    • J’avais déjà appris la stupidité de la violence physique le jour où j’avais vu une mère hors d’elle coller une mornifle à son très jeune enfant en lui beuglant dessus qu’"il ne faut pas taper plus petit que soi".

      cc @touti

      Moi aussi je suis super colérique. Ça me fait mal au cœur de voir des gosses se mettre en colère parce que je sais que ça fait mal. Mon psy se demande si ma colère m’aide à tenir...

    • Je rejoint @antonin1, c’est toujours un plaisir de lire tes textes @monolecte ! Sinon cette partie

      À quel moment de ma vie me faire hurler dessus m’a aidée à comprendre ou à faire mieux quoi que ce soit ? Est-ce que la punition ou même la menace de la punition nous a poussés à nous dépasser ou est-ce que cela nous a juste rendus plus enclins à la dissimulation et au mensonge, à la recherche de la moindre coercition ?

      m’a rappelé un de tes commentaire sur Bondon https://seenthis.net/messages/190235#message191032

      Ensuite, Bondon a produit des apports très intéressants qui m’ont servi ensuite, comme son concept sur intériorisation des règles . Il expliquait, en gros, qu’on ne s’arrête pas au feu rouge parce qu’on a peur du gendarme ou parce que c’est la loi, mais parce que nous avons accepté l’idée que cette contrainte est d’un désagrément bien moindre pour nous que le fait de la transgresser. De la même manière, la plupart de nos comportements sociaux sont des contraintes que nous imposons nous-même à nos pulsions, nos envies, parce que nous décidons, in fine, que c’est plus avantageux pour nous de nous y conformer. Pour lui, ça explique pourquoi la répression marche moins bien que la persuasion et encore moins bien que la conviction que peut avoir l’acteur social que c’est lui-même qui a fixé ses limites.

      Je serai très intéressé par lire ses textes parlants de l’intériorisation des règles, mais je n’ai rien trouvé sur le Web, te rappelle tu des certaines sources sur le sujet ?

    • Je suis le séminaire de Boudon en 1995-96. J’y vais sachant qu’il est effectivement considéré en opposition avec Bourdieu, alors que pour ma part, les deux instruisent deux dimensions de la même réalité. Je fais la fusion de leurs deux visions de la détermination des agents sociaux en fin de session et à la surprise générale de mes congénères qui avaient tendance à dire que Bourdieu c’est de la merde pour plaire au grand homme, je ramasse une putain de bonne note : mon pari pascalien était donc que — bien qu’étant un sociologue libéral — Boudon était un type intelligent et donc pas spécifiquement enchanté par les flagorneries.

      En tant qu’agent plongé dans une société organique complexe, mes comportements et décisions se partagent entre les habitus et cosmologies de ma société et plus particulièrement de mon milieu et de mes propres arbitrages internes.

      Autrement dit, je m’arrête d’autant plus au feu rouge que mon entourage a tendance à respecter cette règle, mais aussi à la considérer comme légitime, à l’intérioriser comme une règle qui se justifie. Mais par ailleurs, même en tant que produit de mon milieu et de ma société, j’arbitre aussi à mon échelle de la légitimité de la règle et peux décider de la rejeter ou de l’intérioriser. D’ailleurs, cet arbitrage est également circonstanciel. Je respecter la limitation de vitesse ou l’impôt sur le revenu comme légitimes pendant des années, puis décider, quand la règle est vidée de son sens par ceux qui l’imposent, que ceci n’est plus légitime et qu’il devient normal est désirable de tenter d’échapper à la règle.

      Au final, nous sommes tous à l’intersection entre le global et l’individuel, le public et le privé, le personnel et le social. Même le conformisme est finalement un arbitrage entre externaliser la source de décision et subir les affres du processus de choix, d’analyse de la situation.

      La société me somme de brutaliser mon enfant afin d’en faire un nouvel agent conforme, normé et obéissant par le biais du traumatisme, mais il m’appartient au final de choisir de ne pas me plier à l’injonction.
      Cela dit, en vrai, le choix individuel est limité par la qualité du conditionnement social initial et il est difficile de déterminer la part endogène de la possibilité, des outils nécessaires au rejet du dogme communément admis.

      Celleux qui s’essaient actuellement à la déconstruction en savent quelque chose.

    • Je me fait laminer par ailleurs :

      Vos violences verbales à l’égard de votre fille m’ont choqué, et vos remords n’y changent rien.
      Vous en avez subi vous-même, et ça passe pour une excuse, mais ça ne me convainc pas.
      J’ai pris des baffes jusqu’à quatorze ans, âge où j’ai pu en rendre une, et le processus s’est arrêté.
      J’ai élevé cinq enfants avec une seule baffe que je regrette encore, et peu de cris, et le mécanisme n’est donc pas héréditaire.
      Ce n’est pas l’enfant qu’il faut soigner, c’est le parent.
      Ca peut s’arranger, sans doute, mais dans le cas de votre fille, c’est trop tard et le mal est fait.
      Un enfant agressé, surtout par sa mère, s’en ressent toute sa vie.
      Pardon de vous juger, c’est l’enfant en moi qui vous juge, pas l’adulte, ni le médecin.
      Mais il y en a marre de trouver des excuses à tout le monde. Et l’exposé contrit de vos états d’âme ne changera rien au vécu de votre fille.

      https://www.agoravox.fr/commentaire5619089

    • L’important est que tu lui aies demandé pardon, tu le dis toi même. Parce que demander pardon c’est le début pour reconnaitre ses erreurs vis à vis de l’autre, ce que très très peu de parents violents feront, même tardivement, même l’enfant une fois adulte, et le fait que tu cherches des solutions pour éduquer sans violence.
      J’ai quelques trucs à partager entre mères, respirer profondément, tempérer (accepter de remettre à plus tard), et même taper sur un coussin. Et pourquoi pas aussi aller se soigner/ être écouté par un·e professionnel·le pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre et s’en défaire plus facilement.
      Ça peut aussi aider d’être bien entouré, par exemple d’observer ses potes anglaises ou allemandes pays où il n’y a pas ce modèle éducatif systémique par la violence comme en france.
      Sincèrement

    • Waw, c’est trash, la réponse du bonhomme. S’il est médecin, je l’imagine encore plus parent qui laisse sa compagne faire le boulot de soin au quotidien, dont on sait qu’il est plus dur quand le père ou la mère est seul·e, alors merci pour son jugement plein d’empathie masculine...

      Ce n’est pas pour dédouaner mais il me semble qu’il est possible de réparer, c’est d’ailleurs le principe de la justice, la vraie. Sinon, ben y’a des peines automatiques, plus besoin de juges, on peut se contenter de barèmes décidés par les psy au regard du mal subi. Bref, je me tais, courage à vous deux, trois, quatre (mères et enfants) pour vivre avec ça et le dépasser.

    • J’en parle aussi et surtout parce que nous sommes passés à autre chose depuis longtemps en tirant les leçons de nos erreurs. D’ailleurs ce papier a aussi fait l’objet d’une discussion familiale et le Minilecte l’a beaucoup apprécié.

      En fait, c’est souvent ça que j’écris : des supports à réflexions et débats.

  • Ellul & Charbonneau contre la fabrication de l’homme-machine
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1207

    Voici un article de Bernard Charbonneau (1910-1996), Vers un meilleur des mondes, publié en 1984 dans Combat nature, et un extrait de Ce que je crois, de Jacques Ellul (1912-1994), publié en 1987 chez Grasset. Deux textes contre la fabrication de l’homme-machine (FIV, PMA, GPA, eugénisme et manipulations génétiques), que nous republions à l’occasion du vote de la nouvelle loi de « bioéthique », étendant à toutes les femmes, fécondes ou non, seules ou en couples, l’accès aux technologies de production infantile. Merci à qui nous les a passés et à qui les fera passer à son tour. (Pour lire la suite et les textes d’Ellul & Charbonneau, ouvrir le document ci-dessous.) Lire aussi : Appel contre l’eugénisme et l’anthropocide Alertez les bébés ! Le projet Manhattan de reproduction (...)

    #Documents
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/pma_ellul_charbonneau.pdf

  • Autour de Rud Lion, musicien, producteur, bastonneur, un élément central du rap et du ragga français, mort de trois balles en 1999.

    Musicien autodidacte, clavier de Tonton David au plus haut, premier producteur et manager de groupe centraux du rap (Express D, Mafia K’1 Fry…) ou du ragga (Raggasonic, la moitié du premier album de Big Red…), et même donc apparemment : co-compositeur de « Ma petite entreprise » de Bashung !

    Archive avec Express D
    https://www.youtube.com/watch?v=ZT1S2UtDTCU

    Raphaël Malkin : Rud Lion, dans l’ombre du rap français
    https://www.youtube.com/watch?v=HxedwIbJK10

    qui est rud lion, l’enfant maudit à l’origine du rap français ?
    https://i-d.vice.com/fr/article/mbm7j8/qui-est-rud-lion-lenfant-maudit-a-lorigine-du-rap-francais

    Qu’est-ce qui lie Tonton David à Rohff, Expression Direkt aux Requins Vicieux, Saïd Taghmaoui à Alain Bashung ? Un homme : Marc Gillas, aka Rud Lion, dont le journaliste Raphaël Malkin retrace le parcours dans un livre, « Le Rugissant ».

    Une vidéo de 2010 pour suivre la voix de Dieu, où son demi-frère Yannis Gautier, lui même dealer, braqueur, devenu pasteur raconte vaguement son frère. Avec des photos d’archive dedans.
    https://www.youtube.com/watch?v=t8u-XXx7Rts

    Raphaël Malkin sur France Inter mais avec Kery James qui l’a connu et donc raconte aussi des anecdotes
    https://www.youtube.com/watch?v=e3tFeXGrK-s

    @tintin une autre vie de fou après gab’1 :)

    #musique #hip-hop #ragga #Rud_Lion #années_90 #Expression_Direkt #Mafia_K'1_Fry #Raggasonic #Big_Red #Alain_Bashung #Raphaël_Malkin

  • Sur la tombe de ma mère - Jean Gab’1 - Babelio
    https://www.babelio.com/livres/Gab1-Sur-la-tombe-de-ma-mere/442181

    Jean Gab’1 raconte dans toute son authenticité et avec la gouaille qu’on lui connaît sa vie tumultueuse de gangster et de rappeur. Au milieu de la violence qui a été son quotidien, la poésie ne cesse d’affleurer.

    « J’avais pris l’habitude, en sortant du solfège ou du catéchisme, de passer à la superette de M. Pétika pour chouraver quelques bonbecs. Ce que je ne savais pas, c’est que Pétika avait retapissé ma petite ganache et, peinard, tenait une note précise de mon butin. Le jour où il a présenté la douloureuse à mon daron qui rentrait du turbin, j’ai pris une escalope dans le museau et suis parti au pieu sans becter. »

    Charles est fier d’être un emmerdeur : quand la vie vous a tout pris, il faut bien trouver une raison d’exister. Placé en foyer avant sa dixième année, après que son père a tué sa mère, le jeune Français d’origine africaine doit attendre sa majorité pour partir à la conquête du Paris des années 1980, peuplé de Blousons noirs et des pionniers de la génération hip-hop choyés par Paco Rabanne avec, pour seules armes, son irrévérence détachée et sa droiture y compris dans le vice, qui lui valent très vite le blaze de « Jean Gabin ».

    Maniant la langue comme un 9 millimètres, usant d’un argot savoureux et de tournures dignes des dialogues de Michel Audiard, le futur MC ne le sait pas encore, mais il est fait pour le rap. Pour l’heure, néanmoins, c’est une autre voie qu’il choisit : le braquage, art pour lequel il montre un talent certain. Il vit alors sa vie comme une mélodie en sous-sol, toujours entre deux coups, à l’affût de la bonne « occas’ ». Et quand Paris devient trop petit pour lui, c’est en Allemagne qu’il décide de monter son plus gros casse : il dévalise une grande banque berlinoise. Trahi par un complice, Charles écope de trente-trois ans de « calèche », ramené à huit en appel, qu’il décide de passer en Allemagne, laissant pour un temps la France et ses galères et partant à l’assaut d’une nouvelle langue.

    Le type est brillant, hélas le bouquin semble introuvable.

    Bonne itw là :

    https://www.youtube.com/watch?v=wd7CjJxTv10

    #MC_Jean_Gabin

  • Pour « bien vieillir », des retraités conçoivent leur propre habitat coopératif et écologique
    https://www.bastamag.net/maison-de-retraite-cooperative-bien-vieillir-habitat-ecologique-chamarel-v

    Elle est la première coopérative d’habitants pour personnes vieillissantes en France : Chamarel-les-Barges, dans la banlieue de Lyon. Cette expérience pionnière ouvre la voie à une autre vision du vieillissement... et de la propriété. « Vous ne croyez pas qu’à la place des placards dans la cuisine, on pourrait mettre des tiroirs ? A nos âges, ce serait plus pratique. » Jean et Hélios hochent la tête. « Ça fait partie des choses qu’il faut discuter avec les autres », confirment-ils à Madeleine. Et (...) #Inventer

    / #Habitat_écologique_et_social, #Reportages, #Retraites, #Logement, Economie partagée et gratuité, A la (...)

    #Economie_partagée_et_gratuité

  • Simplismes de l’écologie catastrophiste, vraiment ? | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/11/26/simplismes-de-lecologie-catastrophiste-vraiment

    Simplismes de l’écologie catastrophiste, vraiment ?

    Par Fabrice Flipo
    Philosophe

    Dans une Opinion publiée récemment dans les colonnes d’AOC, le philosophe et théoricien du « catastrophisme éclairé » Jean-Pierre Dupuy réagissait à la popularité croissante de la collapsologie en en dénonçant les « simplismes ». Le philosophe Fabrice Flipo lui répond.

    Jean-Pierre Dupuy a récemment publié un article dans AOC qui a surpris, sur la forme comme sur le fond. Sur la forme, les mots envers les « collapsologues » sont durs : le « sobriquet » dont ils s’affublent est « horrible », les ventes de leurs livres « médiocres » et « militants » sont en partie suspendues à des « ficelles du marketing » dont « certaines sont franchement déplaisantes », leur vision est « caricaturale ».

    Sur le fond, alors qu’en effet les travaux du philosophe sont fréquemment convoqués par les collapsologues, Jean-Pierre Dupuy se désolidarise vigoureusement de ce compagnonnage, arguant d’un « flou conceptuel » « beaucoup plus grave » que le fait de se référer à ses ouvrages ou donner dans le spectaculaire, les auteurs collapsologues ayant beaucoup lu mais « pas forcément aux bonnes sources », et n’ayant « pas bien compris ».

    Avouons notre malaise, à la lecture de cet article. Jean-Pierre Dupuy admet que les collapsologues « attirent l’attention générale sur des problèmes considérables que les optimistes béats et le marais des indifférents qui forment encore la majorité de la population française balaient trop facilement sous le tapis ». Mais les approximations conceptuelles des « militants » sont jugées « (plus) graves », malgré tout.

    Le propos peut quand même étonner : Dupuy ne met pas en doute la perspective d’un effondrement, et l’on sait de longue date qu’il la prend au sérieux. Le philosophe affirmait ainsi en 2007 dans Esprit que « Oui, notre monde va droit à la catastrophe, j’en ai l’intime conviction […] Mon cœur se serre lorsque je pense à l’avenir de mes enfants et de leurs propres enfants, qui ne sont pas encore nés ». On aurait pu s’attendre à ce que le premier geste soit de saluer la bonne nouvelle d’une prise de conscience élargie de l’enjeu, qui restait jusque-là confinée à des cercles très étroits. Mais non, si Jean-Pierre Dupuy prend la plume, c’est surtout pour mettre en cause la dimension conceptuelle.

    Remarquons toutefois que la posture n’est pas nouvelle : Pour un catastrophisme éclairé, dont Jean-Pierre Dupuy convient qu’il avait été suscité par les effets d’une posture catastrophiste que l’auteur avait adoptée lors d’une communication au Commissariat Général au Plan (« qui fit son effet »[1]), soulignait également une urgence d’ordre conceptuelle, ce qui indique que la prise de position n’est pas simplement un mouvement d’humeur.

    La discussion qui s’engage avec ou plutôt contre les collapsologues puise immédiatement dans le parcours personnel de l’auteur, qui est très spécifique, et a relativement peu en commun avec ses interlocuteurs. Le texte contient beaucoup d’implicites, à notre sens, ce qui nous a poussé à réagir, il est vrai quelque peu aidé ou poussé en ce sens par une sollicitation de Jean Gadrey.

    Jean-Pierre Dupuy engage en effet sans tarder dans son article la définition d’un système complexe, renvoyant implicitement à ses travaux sur les années 1960 et 1970 autour de la naissance de la cybernétique et des sciences cognitives. La complexité favorise-t-elle la stabilité des systèmes ou est-ce le contraire ? S’en suit une longue discussion expliquant que les systèmes complexes peuvent aussi être résilients, ce que l’on admet volontiers, mais là n’est pas le propos, nous semble-t-il : il est que Jean-Pierre Dupuy lui-même ne s’embarrassait pas de telles précautions quelques années avant, ainsi dans la citation relevée dans Esprit, ci-dessus, évoquant son « intime conviction ».

    Quel est le but, finalement, de cette argumentation qui tend à montrer finalement qu’en matière de catastrophe, rien n’est sûr ? Si rien n’est sûr, alors, si les systèmes complexes sont résilients, pourquoi s’en faire ? On ne comprend pas bien.

    De leur côté, que font les « militants », finalement, sinon reprendre l’argumentation du « coeur qui se serre » et de « l’intime conviction » ? Ils ne font pas un long exposé sur les systèmes complexes, ce n’est pas leur propos, leurs livres ne sont pas un manuel sur le sujet, ni ne cherchent à mener cette « discussion ardue » qui serait un préalable ; discussion ardue au terme de laquelle le grand public aura été perdu en cours de route, se révélant donc contre-productive (au sens usuel, et non au sens d’Illich, que Dupuy connaît bien).

    A quoi sert alors de relever soigneusement les variations de diagnostic des collapsologues, savoir si la catastrophe est « probable », « possible » etc. L’intime conviction et « le coeur qui se serre » ne suffisent-ils pas ? Pourquoi tant d’acrimonie ?

    Ce que Dupuy reproche aux collapsologues est de trop insister sur la question de la certitude de la catastrophe, et pas assez sur le fait qu’elle n’est qu’une possibilité parmi d’autres.

    Proposons une réponse, dont nous verrons peut-être à une éventuelle réaction de Jean-Pierre Dupuy si elle est juste. Une première explication est qu’en effet les collapsologues mésinterprètent le catastrophisme éclairé, du moins en apparence, et qu’ils semblent en effet tomber dans les travers critiqués par Dupuy, dans la mesure où le catastrophisme éclairé se construit en réalité contre le catastrophisme, et non pas en sa faveur.

    Le catastrophisme consiste à agiter la venue d’une catastrophe. Jean-Pierre Dupuy cherche à substituer une alternative, éclairée. Celle-ci consiste à se placer d’un point de vue extérieur à un système complexe (le nôtre, internet, les écosystèmes etc. comme évoqué dans l’article d’AOC), pour en jauger l’évolution, c’est-à-dire le destin. De là seulement il est possible de tirer une « intime conviction » : la trajectoire de notre système est pour le moins catastrophique.

    À partir de là, il est possible d’agir différemment, pour que cette trajectoire ne se produise pas. Le temps du catastrophisme éclairé est le futur antérieur. Sa tonalité n’est pas celle de l’émotion. Il se place dans l’avenir éloigné et regarde comme un passé ce qui est notre avenir proche. C’est une déclinaison du scénario du pire, proposé par Hans Jonas, et plus généralement des exercices classiques de scénarisation, comme il en existe de nombreux depuis le rapport du Club de Rome. Le GIEC en a produit beaucoup, tout comme le Rapport du Millénaire sur les Ecosystèmes.

    Ce que Dupuy reproche aux collapsologues est de trop insister sur la question de la certitude de la catastrophe, et pas assez sur le fait qu’elle n’est qu’une possibilité, dépendante de la persistance d’un système particulier, parmi d’autres possibles. Les collapsologues ne sont pas assez « métaphysiques » ; ils restent dans la physique d’un système. Dupuy, lui, insistait bien, dans son ouvrage : le catastrophisme éclairé consiste à croire à la certitude de la catastrophe dans un destin possible (p.13), parmi d’autres, pas simplement de croire à la catastrophe. La différence est essentielle : la catastrophe ne se produit que si on entreprend telle ou telle action. Dans ce cas, et uniquement dans ce cas, la catastrophe doit être tenue pour certaine.

    On dira : mais comment une certitude peut-elle être simplement possible ? C’est la question que pose par exemple Jean Gadrey. L’explication est relativement simple, mais la démonstration n’est pas si facile à faire. La certitude ne concerne qu’une trajectoire possible du système, pas toutes les trajectoires ; elle ne concerne que la trajectoire d’un système, pas celle de tous les systèmes. La certitude n’est que potentielle, pas actuelle.

    C’est une « attitude philosophique » (p.81) qui se rapproche presque de la théorie des jeux, dans laquelle Jean-Pierre Dupuy puise beaucoup, dans Pour un catastrophisme éclairé. Elle implique la capacité à se projeter dans plusieurs avenirs possibles, qui sont autant de jeux possibles. Les acteurs, s’ils acceptent de prendre au sérieux les conséquences catastrophiques possibles d’un jeu donné, dans lequel ils sont pris, voient alors l’intérêt d’un autre jeu, c’est-à-dire d’une autre action. La certitude est donc hypothétique, dans la mesure où elle est liée à un jeu ou système parmi d’autres, et non au seul jeu ou système possible, raison pour laquelle elle peut être écartée, comme un destin funeste que l’on dépasse, en l’ayant évité. Il s’agit de « prévoir l’avenir pour le changer » (p.161), parce que l’avenir est pluriel, comme les jeux ou les systèmes.

    Ce qui manque est l’imagination : arriver à imaginer à la fois de manière assez concrète le système actuel et ses déterminants, et un autre système, avec d’autres déterminants.

    Jean-Pierre Dupuy donne en outre une dimension positive à la catastrophe : sa force négative est mobilisatrice – pour changer de jeu. Il fait le parallèle avec la dissuasion nucléaire, problème sur lequel il a également travaillé : ce qui force les acteurs à ne pas se détruire mutuellement, c’est la certitude de pouvoir le faire, la certitude de la catastrophe : ce n’est pas la catastrophe elle-même, qui ne se produit pas et, dans ce raisonnement, ne se produit jamais. À ce titre Dupuy est sans doute aux antipodes d’un Gunther Anders (L’obsolescence de l’homme, Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2002), pour qui l’existence de la bombe implique la certitude d’une catastrophe, raison pour laquelle nombreux seront ceux qui n’accepteront pas le parallèle opéré par Dupuy – mais c’est un autre débat.

    La relecture du Catastrophisme éclairé montre cependant que l’ouvrage n’est pas toujours très clair, dans la mesure où il procède souvent par l’implicite en matière de systémique ou de théorie des jeux, un peu comme dans l’article. L’argumentation de Dupuy a en outre une faiblesse, à notre sens : elle ne va pas jusqu’au bout, à plusieurs titres, et c’est là aussi, et peut-être surtout, que des désaccords possibles existent avec les collapsologues.

    Une première limite consiste à observer que les sondages semblent indiquer que le grand public (au sens sondagier) est relativement convaincu de la catastrophe, et depuis longtemps (au moins 2006, date du début des sondages), en matière de changement climatique[2]. L’obstacle n’est peut-être pas que « l’impossible » soit considéré comme « incertain », en réalité, au sens où nous considérerions que la catastrophe est impossible ; obstacle que nous devrions surmonter, pour accepter sa possibilité, puis examiner sa certitude. La possibilité d’une trajectoire catastrophique du système actuel est tout à fait acceptée.

    Le sondage indique par contre que le grand public ne sait pas réellement où sont les émissions de GES ni quelles sont les solutions pour les réduire. Ce qui manque, c’est donc la figuration concrète du système, tel qu’il est, et encore plus la figuration d’un autre système possible, à tous les niveaux de gouvernement du quotidien, ce qui permettrait à la fois de relier les émissions à un système et de se placer du point de vue d’un autre système possible.

    C’est peut-être là qu’est le problème en réalité : non pas admettre comme une possibilité voire une certitude que le système actuel comporte une trajectoire catastrophique, mais, pour actionner une posture de catastrophisme éclairé conséquente, le faire depuis un autre système qui, lui, ne mènerait pas à une issue catastrophique. Ce qui manque est l’imagination : arriver à imaginer à la fois de manière assez concrète le système actuel et ses déterminants, et un autre système, avec d’autres déterminants. Autrement dit la métaphysique de Jean-Pierre Dupuy reste largement désincarnée, comme le sont d’ailleurs les analyses systémiques, en règle générale. Elles n’imaginent pas : elles fonctionnent, ce qui est bien différent.

    L’imagination est ce qui rendrait possible le catastrophisme éclairé. Le parallèle de la dissuasion nucléaire le montre, tout en soulignant les faiblesses : il est en effet très facile d’imaginer un monde sans attaque nucléaire massive. C’est depuis ce monde, et même en son nom, que l’on peut mettre en échec le déclenchement des armes. Mais que serait le monde sans gaz à effet de serre ? Voilà qui est plus difficile, et souligne le rôle de l’imagination.

    Les collapsologues semblent en tirer les conséquences pratiques. Ils mettent en avant la question des récits et en effet l’imagination prend la forme du récit, de manière privilégiée. Ce n’est pas un hasard s’il est question de « l’événement anthropocène », et de l’enjeu de construire des récits alternatifs. Des récits au futur antérieur, certes, mais vivants. L’obstacle est moins de ne pas parvenir à se situer dans l’avenir pour concevoir la catastrophe que de se défaire des récits qui structurent l’espace public, dont il est difficile de déroger, en pratique, tant leur maintien et leur contrôle est l’œuvre de toutes les attentions de la part des vendeurs de solutions (les grandes entreprises) et des faiseurs d’agenda.

    Les travaux de James C. Scott sur l’existence d’un texte public peuvent être convoqués dans cette perspective : l’auteur montre que les dominés tiennent en l’absence des dominants un discours bien différent, tel que celui qui éclate avec les Gilets Jaunes. Jean-Pierre Dupuy ne développe pas ces aspects, il ne pointe pas la difficulté. Se placer dans l’avenir ne suffit donc pas : il faut aussi se placer hors du système, et donc dans un autre système, qui soit suffisamment imaginé, et de manière suffisamment répandue, pour acquérir de la certitude.

    L’enjeu est moins de rendre l’impossible certain (sous-titre du Catastrophisme éclairé) que d’abattre les murs de l’inimaginable, du TINA, pour faire en sorte qu’un autre système soit conçu non seulement comme possible, mais comme certain (dans la même logique que celle de l’évitement « éclairé » de la catastrophe). La célèbre sentence de Zizek, suivant laquelle la fin du monde est plus facile à imaginer que la fin du capitalisme, va tout à fait dans ce sens : la fin du monde est finalement relativement facile à imaginer, et c’est même peut-être pour cette raison que les collapsologues ont du succès.

    Les collapsologues peuvent donc aussi être vus comme ceux qui vont compléter la démonstration de Jean-Pierre Dupuy, la prolonger, y compris dans le grand nombre, et non la trahir.

    Mais comment imaginer la fin du capitalisme, du système ou du jeu en place ? Là est la jambe manquante du catastrophisme éclairé. Qu’un autre système soit accessible de manière certaine (à la manière de la certitude de la catastrophe) est le point « métaphysique » à partir duquel le catastrophisme éclairé peut s’organiser et se mettre en œuvre. Sans cela, il reste une analyse peu opérante. Or les collapsologues travaillent aussi à cet imaginaire, à cet autre monde possible, avec bien d’autres : c’est rendre justice à leur positionnement que de le souligner.

    Ils remettent en quelque sorte le catastrophisme éclairé sur ses pieds. Les collapsologues peuvent donc aussi être vus comme ceux qui vont compléter la démonstration de Jean-Pierre Dupuy, la prolonger, y compris dans le grand nombre (politique), et non la trahir. Ils sont également la partie minoritaire, dominée, qui se heurte à un discours dominant. Cette question de la domination est également absente du Catastrophisme éclairé.

    La question est alors de savoir qui porte cet autre système, de manière crédible ? Où est le sujet de l’histoire porteur d’une perspective nouvelle, à l’instar du prolétariat d’autrefois ? Sans un tel sujet, sans un tel récit, le catastrophisme éclairé restera une posture « philosophique », en effet, c’est-à-dire, ici, individuelle. Chacun pourra bien se voir aller vers la catastrophe, mais sans rien pouvoir entreprendre sinon des actions très locales, qui n’ont guère de chances de changer le système. Les collapsologues lisent peut-être mal, mais le texte n’est pas si clair qu’il le prétend.

    Mais cette perspective d’un nouveau récit qui serait repris par le plus grand nombre est peut-être une autre raison pour laquelle les collapsologues s’attirent les foudres de Jean-Pierre Dupuy. Le philosophe est un grand lecteur de René Girard, théoricien de la foule mimétique. Pour résumer brièvement, Girard fait reposer l’hominisation sur l’émergence d’une rivalité mimétique potentiellement sans limites, engendrant la violence ; celle-ci trouve sa solution dans la désignation relativement arbitraire d’un bouc émissaire, dont le sacrifice unit et apaise le groupe, qui retrouve la paix.

    L’ordre social est donc toujours plus ou moins guetté par ce phénomène, qui porte également le nom d’envie[3]. Jean-Pierre Dupuy focalise d’ailleurs ses critiques sur les dimensions émotionnelles du débat (le marketing, le succès etc.), et nous comprenons maintenant un peu mieux pourquoi. Dans Pour un catastrophisme éclairé également, il estimait que Jonas était dans l’erreur, en réduisant le problème à celui d’un poids insuffisant accordé à la perspective de la catastrophe, dont la teneur est émotionnelle (p.200).

    Le lien avec le mimétisme est assez clair. Celui-ci ne se déclenche que par l’émotion. Les collapsologues, qui procèdent de l’émotion et non de la raison, en voulant donner toujours plus de réalité à la catastrophe, amorcent le mécanisme mimétique. Devant le Mal commun, chacun va accuser les autres, et c’est déjà un peu le cas, entre les riches qui accusent les pauvres et les pauvres qui accusent les riches. Cette rivalité mimétique risque de déboucher sur un bouc émissaire, en plus de provoquer la catastrophe écologique. La posture rationaliste du catastrophisme éclairé veut éviter cela.

    Les collapsologues lisent peut-être mal, mais les thèses de Jean-Pierre Dupuy ne sont pas si limpides.

    Le problème est qu’il entre assez largement en contradiction avec la solution que Jean-Pierre Dupuy propose dans Libéralisme et justice sociale. Il soutient dans ce livre que le libéralisme est le régime qui refuse l’envie, et refuse de sacrifier l’individu à un Tout (p.43), quel qu’il soit. Le philosophe s’appuie sur une lecture de Rawls qui emprunte également largement à Louis Dumont ; mais pour aller au plus court dans cet article retenons que Jean-Pierre Dupuy met en avant trois modèles de justice sociale (p.192-194) : le modèle conservateur (jugé « disparu »), le modèle de l’individualisme méritant, et enfin le modèle « critique » et « démystificateur », incarné par Bourdieu, jugé n’opérer que « négativement », dans une attitude « nihiliste » (p.193).

    Le livre se conclut sur les vertus du marché entendu comme « bonne réciprocité » (p.309) pour contenir les phénomènes mimétiques. Jean-Pierre Dupuy est tendu contre l’apparition de foules « et donc » de chefs. Le marché contient la contagion et la panique, dans les deux sens du mot « contenir » : la panique est là mais elle est endiguée. Cette perspective de la panique, liée à l’émotion, n’est-elle pas, dans le fond, ce qui inquiète Jean-Pierre Dupuy, avec la collapsologie, comme elle l’inquiétait chez Jonas ? C’est probable.

    Cependant cette critique des « critiques » et la défense du marché ne s’empêche-t-elle pas dans le même temps d’envisager un autre système ? Rien ne serait concevable sans le marché, ou plus exactement sans un ordre qui empêche le social de sombrer dans l’anarchie, toujours menaçante. Le problème est que le marché libéral va croissant, et non décroissant (au sens du PIB). Le marché libéral est donc précisément le système qui mène à la catastrophe. Refuser toute autre perspective que le marché, tout en exhortant à sortir du système, au nom des Lumières (qui éclairent), est contradictoire, ou du moins inachevé. De là peut-être certaines « erreurs de lecture » des collapsologues, dont on rappellera de nouveau qu’ils ne sont pas des philosophes, et qu’ils n’ont donc pas le « background » de Jean-Pierre Dupuy.

    Refuser toute fusion sartrienne, toute « effervescence » durkheimienne, n’est-ce pas finalement refuser toute alternative, et donc toute mise en œuvre concrète du catastrophisme éclairé ? Les collapsologues lisent peut-être mal, mais les thèses de Jean-Pierre Dupuy ne sont pas si limpides, à nouveau. D’autant que la vision girardienne est contestée, tout comme la thèse sur les foules. L’écologisme propose depuis longtemps une vision très différente des foules, très éloignée de la vision girardienne, au travers notamment des travaux de Serge Moscovici.

    Il est probable également que ce soit cette conception-là qui soit au fondement des analyses collapsologiques, et non René Girard. Il est probable également que leur analyse de Bourdieu et des thèses « critiques » en matière de justice sociale ne leur paraissent ni si faciles à écarter, ni si « nihilistes » que Jean-Pierre Dupuy l’affirme.

    Les faits démontrent cependant que Jean-Pierre Dupuy n’a peut-être pas tout à fait tort. Il est frappant en effet de constater que le mouvement Extinction Rebellion se revendique non pas de Marx mais de l’écopsychologue Joanna Macy, également spécialiste du bouddhisme. Celle-ci tient des propos assez surprenants : selon elle, il n’y a pas d’ennemis, « nous sommes tous concernés », l’enjeu est d’abord spirituel, dans une relation à soi. Cela ne revient-il pas à endiguer le risque de bouc émissaire, mais en sortant du marché ? C’est une lecture possible, qui accrédite à la fois la lecture de Jean-Pierre Dupuy tout en réfutant l’unicité de sa solution (le marché).

    En effet l’approche de Macy est très différente du rationalisme de Jean-Pierre Dupuy : elle parle plutôt de rituels et de travail sur soi, dimensions qui ont toujours été présentes dans le mouvement écologiste, du reste. Macy est connue dans les communautés de type Findhorn depuis des décennies. Elle réactive l’ambiguïté du concept de « religion », entre religion civile et recours au surnaturel – car elle n’invoque aucun surnaturel. C’est également un point que nous avions souligné dans nos travaux.

    Et s’il s’agissait précisément d’une domestication de l’imagination et de l’ordre collectif ? La construction d’un autre système, reposant donc sur d’autres normes que celles du calcul libéral ? Un autre système qui ne serait pas « religieux » pour autant ? Macy évoque « un travail qui relie » avec le vivant, une sorte de travail non-libéral, qui a des accents de catastrophisme éclairé, quand elle affirme par exemple que « si un monde vivable doit exister pour ceux qui nous suivront, ce sera parce que nous aurons réussi à opérer la transition entre la société de croissance industrielle et une société qui soutient la vie. Quand ils se retourneront sur ce moment historique, ils verront, peut-être plus clairement que nous maintenant, à quel point il était révolutionnaire… » [4]. C’est la question d’un fondement anti-utilitariste du social que Marcel Mauss a posée depuis déjà bien longtemps, et qu’il conviendrait de creuser davantage.

    Bref, plutôt que de verser dans l’invective, il est de bonnes questions à poser, si l’on veut avancer…

    [1]Pour un catastrophisme éclairé, Seuil, 2002, p. 9

    [2]https://www.ademe.fr/representations-sociales-changement-climatique-19-eme-vague, notamment la p.15 : 60 % de la population estime que « Les conditions de vie deviendront extrêmement pénibles à cause des dérèglements climatiques » et à peu près autant pensent que « Il faudra modifier de façon importante nos modes de vie pour empêcher l’augmentation changement climatique »

    [3]Le sous-titre du livre que Jean-Pierre Dupuy consacre au libéralisme et à la justice sociale est : le sacrifice et l’envie (1992). Jean-Pierre Dupuy, Libéralisme et justice sociale, Hachette, 1992.

    [4] Soigner l’esprit, guérir la Terre, Introduction à l’écopsychologie, Labor et Fides, 2015, p. 23-24.

    #collapsologie #Jean-Pierre_Dupuy #Fabrice_Flipo
    Je poste maintenant pour lire plus tard.
    @sinehebdo @rastapopoulos @tranbert

    • C’est un texte très intéressant. La question que je me pose, c’est : est-ce que le collapsologisme encourage à agir pour éviter la catastrophe ? Si oui, très bien. Sinon...

      Comme je disais dans le com du texte de Dupuy
      https://seenthis.net/messages/807237

      J’ai une amie de 50 ans, militante écolo depuis la fac [et par ailleurs amie de Flipo], qui m’a dit que son impression, c’est que les gens ne voulaient pas s’engager dans des démarches écolos parce qu’ils niaient l’importance du truc et que maintenant avec les collapso ils ne s’engagent toujours pas parce que de toute façon « on ne peut plus rien faire ». On est passé d’un refus d’agir à un autre, toujours super bien justifié.

      Les écolos ont toujours eu une meilleure réception que les autres radicaux : ce qu’ils disent n’est pas tout à fait faux et en plus tout le monde est touché, sauf à pouvoir se payer le voyage vers Mars. Mais même quand une majorité de personnes sait qu’il faut changer (ici Flipo cite le chiffre de l’Ademe de 60 %), il ne se passe rien politiquement parce que d’une les perspectives politiques sont bouchées par le gouvernement représentatif et les élites économiques qu’il sert et parce que de deux ça n’invite pas à d’autre action d’individuelle ou semi-collective, les alternatives écolos. S’affronter à la fuite en avant productiviste qui sert les besoins capitalistes, c’est comme dit l’autre, moins facile à imaginer que la fin du monde.

  • The #SQL Murder Mystery
    http://mystery.knightlab.com

    A crime has taken place and the detective needs your help. The detective gave you the crime scene report, but you somehow lost it. You vaguely remember that the crime was a ​murder​ that occurred sometime on ​Jan.15, 2018​ and that it took place in ​SQL City​. Start by retrieving the corresponding crime scene report from the police department’s database.

    #jeu #tutorial

  • OpenMoji is an Open Source Emoji Set That Looks Awesome
    https://www.omgubuntu.co.uk/2019/11/open-source-emoji-set

    OpenMoji is an open source emoji library that’s free to use. The set has over 3000 glyphs, supports Unicode’s Emoji 12.0 spec, and is available as a font. This post, OpenMoji is an Open Source Emoji Set That Looks Awesome, was written by Joey Sneddon and first appeared on OMG! Ubuntu!.

    • https://openmoji.org

      #Emoji are indispensable for daily communication. They are practical (👍), funny (😆) and sometimes quite bizarre (💩🤪🙀🧟). For us, emoji are much more than colorful images decorating fun short messages. We think they are rather part of an important and exciting development: the return of pictorial symbols to written communication. For the first time in history, it is possible to communicate with a combination of letters and icons. Now it becomes feasible to say things and convey meanings that were previously impossible.

      Unfortunately, the creative variety of emoji has been rather limited so far, especially when compared to the incredible number of available fonts. At the moment, there is only a dozen emoji sets, most of them from big tech companies. These emoji are visually adapted to the respective appearance of their software platforms. In addition, the usage rights are often very restrictive (e.g. the terms of use of Apple’s emoji).

      That is why we have developed OpenMoji as the first open source and independent emoji system to date. When designing the OpenMoji system, we have developed visual guidelines that are not linked to a specific branding. In addition, our goal was to design emojis that integrate well in combination with text.

      OpenMoji is an open-source project of 50+ students and 2 professors of the HfG Schwäbisch Gmünd (Design University) and external contributers.