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  • Iran and Russia Join Naval Drills Off South African Coast
    https://gcaptain.com/iran-and-russia-join-naval-drills-off-south-african-coast
    https://gcaptain.com/wp-content/uploads/2026/01/2026-01-09T141857Z_502107190_RC2NXIA4JH9O_RTRMADP_3_SAFRICA-BRICS-NAVY-sca
    A Russian vessel arrives at the Simon’s Town Naval base ahead of the BRICS Plus countries which include China, Russia and Iran for a joint naval exercises in South Africa’s, in Cape Town, South Africa, January 9, 2026. REUTERS/Esa Alexander

    pour conclure le bulletin maritime, hors pétrole, cette fois-ci
    manœuvres navales des BRICS avec des navires russes, iraniens, chinois, d’Afrique du Sud et des Émirats arabes unis…

    Jan 10, 2026 (Bloomberg) –Warships from Iran and Russia have joined naval exercises being held off the coast of South Africa, risking a further deterioration of relations between Africa’s largest economy and the US. 

    Two ships from Iran — the destroyer Jamaran and the warship Mahdavai — have arrived at Cape Town, as has the Russian destroyer Stoikiy, the South African National Defence Force said in a statement late Friday. Ships from China, South Africa and the United Arab Emirates are also participating. 

    The exercise comes as South Africa struggles to mend fences with the US, its second-biggest trading partner after China, amid criticism from the Trump administration about its close relations with Iran, Russia and China. 

    Previous iterations of the military exercises, organized under the aegis of the BRICS bloc of developing nations, have drawn rebukes from Washington. In 2023 they coincided with the one-year anniversary of Russia’s invasion of Ukraine. 

    The US this week seized an oil tanker sailing away from Venezuelan waters bearing the Russian flag, and has told Iran’s leaders that if they crack down too heavily on protests over living conditions in Tehran and other cities, the US will respond. 

    “It is not for the first time that they will be doing this exercise with friendly countries,” Bantu Holomisa, South Africa’s deputy defense minister, said in an interview with Johannesburg-based Newzroom Afrika television channel earlier this week. “This thing was planned a long time before” the current tensions, he said. 

    Observer Status
    South Africa tried to persuade Iran, which is confronting mass protests at home, to downgrade its participation in the naval exercises to observer status, News24, a South African website, reported on Friday, citing government officials who weren’t identified. 

    The “Will for Peace” operation runs through Jan. 16 and is being led by China, which has sent two ships. South Africa and the UAE each have one vessel participating. Indonesia, Brazil, Egypt and Ethiopia, a landlocked nation, have sent observers, officials said at a live-screened opening ceremony on Saturday.

    While similar exercises have been held off South Africa in the past, they were confined to the host nation along with Russia and China. The BRICS bloc — which until 2024 consisted of Brazil, Russia, India, China and South Africa — has now expanded to include a total of 11 nations. 

    The Democratic Alliance, South Africa’s second-biggest political party, said the inclusion of Russia and Iran in the drills would undermine the government’s claims that it was non-aligned, and noted that it had canceled joint military exercises with the US.

    South Africa has said the drills are aimed at improving cooperation and the safety of key maritime routes for cargo ships. As tensions have simmered in the Middle East over the past few years, many ships have been directed away from the Suez Canal and have instead traveled around the Cape of Good Hope, near Cape Town on the southern tip of the African continent.

  • Trump Refers to Himself as Venezuela’s ‘Acting President’ | TIME
    https://time.com/7345445/trump-venezuela-acting-president-wikipedia-truth-social

    After Donald Trump made it clear that the U.S. would “run” Venezuela following the stunning arrest of the Latin American nation’s President, Nicolás Maduro, at the start of the year, memes proliferated online of Secretary of State Marco Rubio—who has additionally taken on the roles of acting USAID administrator, acting national archivist, and acting national security adviser—getting his latest fill-in assignment. But Rubio’s boss, the social media-obsessed U.S. President, whose online posts and memes have regularly earned criticism for sowing disinformation or discord, seemed to want in on the action himself, whether in jest or to hint at something more serious.

    On Sunday evening, Trump posted on Truth Social a fake image of a Wikipedia page labeling him as the “Acting President of Venezuela” as of January 2026. 

    Trump’s current profile on Wikipedia—an online encyclopedia that allows for user-generated entries and edits—does not show the same designation.

    In reality, Delcy Rodríguez, Maduro’s Vice President and oil minister, was sworn in as Venezuela’s interim President on Jan. 5. Rodríguez decried the arrests of Maduro and his wife, Cilia Flores, but the Trump Administration has backed Rodríguez, albeit threatening that she would “pay a very big price, probably bigger than Maduro” if she does not kowtow to U.S. demands.

  • Décès et violations à Gaza lundi
    13 janvier 2026 | - IMEMC News
    https://imemc.org/article/gaza-deaths-and-violations-monday

    Décès et violations à Gaza lundi
    13 janvier 2026

    Le nombre de morts dans la bande de Gaza a continué d’augmenter lundi, alors que les conditions météorologiques hivernales rigoureuses ont provoqué de nouveaux effondrements de bâtiments, que des enfants sont morts de froid et que les responsables de la santé ont mis en garde contre de dangereuses épidémies virales dans un contexte d’effondrement des services médicaux, portant le bilan cumulé des attaques israéliennes à 71 419 morts et 171 318 blessés depuis le 7 octobre 2023.

    Depuis le « cessez-le-feu » déclaré le 11 octobre 2025, le bilan cumulé s’élève à 442 morts et 1 240 blessés, avec 697 corps récupérés dans les bâtiments effondrés et les décombres.

    Quatre personnes tuées par des vents violents qui ont provoqué l’effondrement de bâtiments endommagés
    Des sources médicales ont confirmé que quatre Palestiniens ont été tués dans la ville de Gaza après que des vents violents et de fortes pluies ont provoqué l’effondrement de structures déjà endommagées par les bombardements.
    Parmi les victimes figurait Rimas Bilal Hammouda, 15 ans, qui a trouvé la mort lorsque une partie du bâtiment « Organza Hall » , situé près du front de mer de Gaza, s’est effondrée, portant à trois le nombre de victimes sur ce site.

    Dans un autre accident, Wafa’ Shreir, 33 ans, a été tuée lorsque un mur de sa maison endommagée s’est effondré près de la rue Thawra , à l’ouest de la ville de Gaza.

    Les agences humanitaires ont averti à plusieurs reprises que des milliers de maisons structurellement endommagées dans toute la bande de Gaza présentaient des risques mortels pendant les tempêtes hivernales.

    Sept morts et quatre blessés au cours des dernières 24 heures
    Selon des sources médicales, sept Palestiniens ont été tués au cours des dernières 24 heures, dont cinq retrouvés dans les décombres, et quatre autres ont été blessés.

    https://imemc.org/wp-content/uploads/2026/01/x08yFztdv6bxmaE8.mp4?_=2

    Les équipes de secours continuent de rencontrer de graves obstacles pour atteindre les victimes piégées en raison des routes détruites, des pénuries de carburant et des restrictions israéliennes persistantes sur les déplacements.

    Deux autres enfants meurent à cause du froid extrême
    Les responsables de la santé ont confirmé le décès d’un nourrisson de 7 jours et d’un enfant de 4 ans à cause du froid extrême, portant à six le nombre d’enfants morts cette saison à cause de l’exposition au froid hivernal.
    Al-Jazeera a rapporté lundi que les conditions météorologiques difficiles ont touché de manière disproportionnée les nourrissons, les blessés et les familles déplacées vivant dans des tentes de fortune et des abris non chauffés.

    Les agences humanitaires affirment qu’Israël continue de bloquer les fournitures hivernales essentielles, notamment les logements temporaires, les couvertures et les équipements de chauffage.

    https://imemc.org/wp-content/uploads/2026/01/QE3n6Tir-dJios2W.mp4?_=3

    Les responsables de la santé mettent en garde contre des épidémies virales dans un contexte d’effondrement du système médical
    Les autorités sanitaires de Gaza ont lancé un avertissement urgent concernant la propagation de souches mutées suspectées de grippe et de coronavirus, invoquant un effondrement généralisé du système immunitaire de la population en raison de la famine prolongée, de la malnutrition et du manque de soins médicaux.

    Les hôpitaux fonctionnent dans des conditions de surcharge catastrophiques, avec un taux d’occupation des lits supérieur à 150 %, selon les responsables médicaux.
    De nombreux établissements traitent les patients à même le sol, dans les couloirs ou dans des tentes non chauffées.

    Le reportage diffusé lundi par Al-Jazeera a souligné que les hôpitaux de Gaza sont confrontés à une « pression sans précédent », avec des pénuries de vaccins, d’antibiotiques et de fournitures médicales de base, exposant les groupes vulnérables — notamment les nourrissons, les personnes âgées et les malades chroniques — à un risque accru d’infection grave et de décès.

    Appels à une intervention internationale urgente :
    Les responsables de la santé ont appelé à une action internationale immédiate pour :
    • Fournir des vaccins et des médicaments antiviraux
    • Fournir des abris adaptés à l’hiver et du matériel de chauffage
    • Soutenir les hôpitaux débordés
    • Empêcher la propagation des infections respiratoires
    • Lutter contre la malnutrition aiguë chez les enfants

    Les organisations humanitaires ont déclaré à Al-Jazeera que la crise s’aggrave rapidement, car Israël continue de restreindre l’entrée de l’aide essentielle, notamment les fournitures médicales, les tentes et le carburant, malgré le « cessez-le-feu ».

    #Génocide #Bilan

    • Point de presse quotidien du Bureau du porte-parole du Secrétaire général - 12 Janvier 2026
      https://press.un.org/en/2026/db260112.doc.htm

      Ce qui suit est une transcription quasi intégrale du point de presse donné aujourd’hui par Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général.
      (...)
      **Maintien de la paix/Moyen-Orient
      Une brève mise à jour sur les déplacements de notre ami Jean-Pierre Lacroix. Comme vous le savez, le chef de notre département du maintien de la paix se trouve actuellement au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui à Amman, en Jordanie. Il a rencontré aujourd’hui les autorités jordaniennes et a discuté de questions liées au maintien de la paix, notamment, bien sûr, de la situation régionale.

      Avant de se rendre en Jordanie, il a conclu une visite au Golan, où il a rencontré des membres de la Force des Nations Unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) qui patrouillent dans le Golan et a été informé de la situation sur le terrain et des priorités opérationnelles. M. Lacroix a également échangé avec des membres de la communauté de Quneitra sur la manière dont la mission peut continuer à les soutenir en ces temps très difficiles pour les civils de cette région.

      Lors de son escale à Damas, M. Lacroix a rencontré les autorités syriennes et réaffirmé l’engagement des casques bleus de l’ONU à poursuivre leur important mandat. M. Lacroix se rendra ensuite en Israël, où il visitera le siège de l’ONUST, l’Organisation des Nations Unies pour la surveillance de la trêve. Je suppose qu’il aura d’autres réunions.
      (...)
      **Territoires palestiniens occupés
      En ce qui concerne Gaza, nos collègues humanitaires nous indiquent que la situation humanitaire reste désastreuse, les conditions météorologiques difficiles compromettant les progrès réalisés dans le cadre de l’intervention humanitaire. Afin de répondre aux besoins immenses en matière d’abris, nos partenaires ont livré, au cours de la semaine dernière, des fournitures à 28 000 familles, notamment 1 600 tentes, 16 000 bâches et 27 000 couvertures. Ils avertissent toutefois qu’au moins 1,1 million de personnes ont encore besoin d’une aide urgente, car les tempêtes continuent d’endommager et de détruire de nombreux abris existants.

      Vendredi, une nouvelle tempête a ravagé les tentes des habitants de Gaza, laissant à nouveau des milliers de personnes sans abri. L’ONU et ses partenaires ont procédé à des évaluations et viennent en aide aux plus vulnérables.
      Nos partenaires soulignent que les tentes restent une solution temporaire et que davantage de fournitures sont nécessaires, notamment des kits d’outils, du ciment et des engins lourds pour déblayer les débris, ainsi qu’un financement durable pour passer de l’aide d’urgence aux efforts de relèvement rapide.

      Les enfants continuent d’être gravement touchés par les températures froides et les conditions météorologiques difficiles. Hier, nos partenaires qui mènent les efforts visant à améliorer l’accès à la santé ont signalé qu’un autre nourrisson serait mort d’hypothermie, portant à quatre le nombre total de décès signalés, tous concernant de très jeunes enfants. C’est ce qu’indique le ministère de la Santé. Depuis le cessez-le-feu et jusqu’à la fin de l’année, nos partenaires ont pu distribuer plus de 310 000 ensembles de vêtements d’hiver pour enfants et plus de 112 000 paires de chaussures dans le cadre des efforts de préparation à l’hiver.

      Ils ont également installé 150 tentes spécialisées dans toute la bande de Gaza afin qu’elles servent d’espaces sûrs et adaptés aux enfants. Par ailleurs, nos partenaires chargés de lutter contre la malnutrition indiquent qu’ils ont examiné plus de 76 000 enfants le mois dernier et identifié environ 4 900 cas de malnutrition aiguë, dont plus de 820 cas de malnutrition aiguë sévère. Cela porte à près de 95 000 le nombre total de cas de malnutrition aiguë identifiés en 2025.

      Nos partenaires dans le domaine de l’éducation continuent d’étendre leur présence, avec l’ouverture la semaine dernière de 18 espaces d’apprentissage temporaires supplémentaires accueillant environ 35 000 élèves. Le nombre total d’espaces d’apprentissage temporaires opérationnels s’élève désormais à 440, pouvant accueillir environ 268 000 enfants. Nos partenaires indiquent que les autorités israéliennes continuent de refuser l’entrée des fournitures scolaires au motif que l’éducation n’est pas une activité essentielle pendant la première phase du cessez-le-feu. Nous pensons quant à nous qu’il s’agit d’une activité essentielle. L’OCHA continue de demander un accès rapide, durable et sans entrave afin de nous permettre, ainsi qu’à nos partenaires humanitaires, d’intensifier plus rapidement l’aide apportée afin d’empêcher une nouvelle détérioration de la situation et d’alléger les souffrances de la population de Gaza.
      (...)

      #ONU

  • Furious AI Users Say Their Prompts Are Being Plagiarized
    https://futurism.com/artificial-intelligence/ai-prompt-plagiarism-art

    The sheer irony.

    By Joe Wilkins

    Published Jan 10, 2026 10:00 AM EST

    Move over, Ship of Theseus — there’s a new paradoxical thought experiment in town.

    Some power users of generative AI have grown so comfortable with their new tools — especially image-generating ones — that they now feel entitled to the specific prompts they use to churn out slop, as if the entire technology wasn’t based on the work of human artists that had been ingested without consent.

    Consider Amira Zairi, a self-professed “AI educator” and “ambassador” for Adobe, LeonardoAI, and TripoAI, who posted a scathing rant this week on X-formerly-Twitter to her 49,000 followers. Her complaint? Other people were “plagiarizing” her unique AI prompts.

    “‘Make your own prompts’ isn’t advice. It’s basic integrity,” Zairi wrote, using syntax that reads suspiciously like text generated by ChatGPT. “I’m honestly fed up. Changing a few words, renaming the prompt, or slightly rephrasing it doesn’t make it yours, the idea is still the same, the vibe is the same, and the results are obviously similar.”

  • US disguised warplane as ’civilian’ in deadly Caribbean strike : NYT | Al Mayadeen English
    https://english.almayadeen.net/news/politics/us-disguised-warplane-as--civilian--in-deadly-caribbean-stri

    The Pentagon carried out its first lethal strike on an alleged drug-smuggling boat using a classified aircraft designed to resemble a civilian plane, killing 11 people last September, The New York Times reported, citing officials familiar with the operation.

    The aircraft was painted to appear non-military and concealed its weapons inside the fuselage, rather than mounting them visibly under its wings.

    Legal experts say the aircraft’s civilian appearance is critical because the administration has justified the boat strikes as “lawful acts of war” after President Donald Trump declared the US to be in “an armed conflict with drug cartels.”

    Under the laws of armed conflict, however, combatants are prohibited from disguising themselves as civilians in order to deceive adversaries into lowering their guard before launching an attack. Such conduct constitutes perfidy, a recognized war crime.

  • Inside ICE’s Tool to Monitor Phones in Entire Neighborhoods
    https://www.404media.co/inside-ices-tool-to-monitor-phones-in-entire-neighborhoods

    404 Media has obtained material that explains how Tangles and Webloc, two surveillance systems ICE recently purchased, work. Webloc can track phones without a warrant and follow their owners home or to their employer.

    Nos smartphones sont tellement des passoires exportant l’intégralité de leurs données auprès de centaines de partenaires, qu’il devient apparemment simplissime de traiter leurs données en temps réel sans même avoir besoin d’être un organisme d’état avec un mandat.

  • Cisjordanie occupée : recrudescence alarmante des violences perpétrées par les colons israéliens contre les Palestiniens
    Mardi 13 janvier 2026 | Catherine Duthu | France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mardi-13-janvier-2026-4580

    Les violences perpétrées par les colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée ont augmenté de 25 % en 2025, s’inquiète l’armée israélienne. Les ONG dénoncent l’inaction des autorités face aux milices d’extrême droite qui terrorisent les Palestiniens pour accaparer leurs terres.

    Les violences perpétrées par les colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie ont augmenté de 25 % en 2025 : cette escalade est chiffrée par l’armée israélienne avec 845 crimes recensés et commis par des colons en Cisjordanie occupée, faisant au moins 200 blessés et 4 morts parmi les Palestiniens, précise Middle East Eye. Dans les secteurs de Naplouse, de Ramallah et d’Hébron, cette violence ultra-nationaliste est directement liée à la colonisation qui s’accélère, soulignent l’armée israélienne et le quotidien Haaretz. L’armée s’inquiète de « la montée en puissance de groupes organisés », de milices soutenues par des personnalités politiques d’extrême droite, ajoute Haaretz : depuis les attaques terroristes du 7 octobre, c’est un déferlement de violences qui s’abat sur la Cisjordanie occupée, au point de menacer la stabilité régionale, prévient l’armée, comme elle l’a déjà fait cet été dans les pages de Yediot Aharonot. (...)

  • Palestine. Le mandat britannique au service du projet sioniste
    Rashid Khalidi > 13 janvier 2026 > Orient XXI
    https://orientxxi.info/Palestine-Le-mandat-britannique-au-service-du-projet-sioniste

    Cent ans de guerre contre la Palestine, l’historien américano-palestinien Rashid Khalidi retrace un siècle de guerre coloniale menée contre la population palestinienne. Il met notamment en lumière le rôle primordial de la Grande-Bretagne dans l’implantation du projet sioniste en Palestine en tant que colonialisme de peuplement. Orient XXI publie les bonnes feuilles de cet ouvrage, paru en 2020 et enfin traduit en français. En librairie le 14 janvier.
    (...)

  • Archiving Gaza in the Present. Memory, Culture and Erasure

    Conflict does more than destroy physical spaces. It extinguishes lives, erases histories and disrupts the collective memory of entire communities. In Gaza, where genocide has wrought catastrophic loss, the destruction of heritage adds another dimension of devastation. Yet amid the rubble, acts of archiving, art-making and storytelling persist.

    Archiving Gaza in the Present brings together voices from Palestine and beyond to document the cultural erasure and to explore how creative and archival practices resist it. Contributions from curators, architects, artists, journalists, lawyers and scholars capture Gaza’s once-vibrant cultural life – historic buildings, art centres, universities and museums that existed before October 2023 – now turned to rubble.

    Featuring rich visual material – from fragmented WhatsApp testimonies to forensic documentation – and including artworks, maps and photographs, Archiving Gaza in the Present is both a living archive and a call to action. It is a vital resource for understanding Gaza’s cultural survival amid destruction.

    https://saqibooks.com/books/saqi/archiving-gaza-in-the-present

    #livre #destruction #mémoire #Gaza #Palestine #espace #espace_physique #histoires #mémoire_collective #héritage #patrimoine #archive #archivage #effacement

  • Le cri de Blessing Matthew : enquête sur les morts des frontières
    https://www.visionscarto.net/le-cri-de-blessing-matthew-enquete

    Blessing Matthew venait de franchir la frontière italo-française. Le 7 mai 2018, en tombant dans la Durance, elle aurait hurlé trois fois « Help me ! » sans que les forces de l’ordre présentes sur place ne lui portent secours. Sa sœur nous a confié que Blessing « continuera de hurler » tant que justice ne sera pas faite. La frontière, ce matin-là, a crié. Un collectif de chercheur·es et de militant·es a « entendu » son cri et conduit une contre-enquête pour reconstituer les événements qui (…) Billets

    #Billets_

  • Burundi | A “Garden of Eden” where everyone wants to leave - ZAM
    https://www.zammagazine.com/investigations/2063-burundi-a-garden-of-eden-where-everyone-wants-to-leave

    Burundi’s new capital, the showcase city of Gitega, is dressed to the nines, celebrating itself — in the words of the president — as a “Garden of Eden”. Yet behind this façade lie deep-seated economic and political crises. Thousands of desperate young people are leaving their homes to try their luck in neighbouring countries.

  • L’#avion moins cher que le #train : une #aberration française

    Le #système_fiscal encourage fortement les airs au détriment du #rail. Un #non-sens écologique, mais aussi social.

    Pour voyager en Europe, l’avion reste souvent plus compétitif que le train, malgré son impact dévastateur sur l’environnement. Une nouvelle étude de Greenpeace révèle que sur plus de la moitié des trajets transfrontaliers européens, l’avion est moins cher que le train. Pire, sur 95 % des liaisons transfrontalières françaises, le rail coûte plus cher que les airs. Entre Paris et Barcelone, le billet d’avion tombe à 15 euros, quand le train frôle les 390. Vingt-six fois plus cher pour un mode de transport pourtant quatre-vingts fois moins polluant.

    Un système fiscal taillé sur mesure pour l’aérien

    Ce #déséquilibre ne doit rien au hasard : il résulte de #choix politiques répétés. L’aérien profite d’avantages fiscaux massifs : pas de #taxe sur le #kérosène, pas de #TVA sur les vols internationaux et des #redevances_aéroportuaires allégées pour les #compagnies_low-cost. À l’inverse, le rail assume une lourde charge. Les #péages_ferroviaires représentent jusqu’à 40 % du prix d’un billet #TGV, les billets supportent la TVA et la #SNCF finance seule l’entretien des #infrastructures.

    Des milliards pour voler, des miettes pour rouler

    La crise sanitaire a aggravé encore le déséquilibre : en 2020, l’État a versé 7 milliards d’euros à Air France-KLM, suivis de 4 milliards en 2021, sans exiger de contreparties écologiques. Dans le même temps, l’offre ferroviaire s’est réduite. Les #trains_de_nuit, plus de 300 dans les années 1980, ne sont plus que 6 en 2025. Les lignes régionales dépendent des financements des collectivités, accentuant les #inégalités_territoriales.

    L’injustice écologique et sociale

    Selon l’Agence européenne pour l’environnement, un trajet en avion émet jusqu’à 80 fois plus de #gaz_à_effet_de_serre qu’un trajet équivalent en train. Pourtant, les prix incitent massivement à prendre l’avion. Pour les familles modestes, le rail reste hors de portée. Résultat : les catégories populaires paient doublement la note, exclues du train et exposées aux impacts climatiques. Ceux qui choisissent le rail le font au prix de sacrifices individuels, alors que c’est le système qui devrait garantir une #mobilité équitable et durable.

    Changer de cap

    Greenpeace propose plusieurs leviers : mettre fin aux #exonérations_fiscales injustes, instaurer une taxe « grands voyageurs », interdire les vols courts lorsqu’une alternative ferroviaire existe, et relancer le train de nuit. En France, la baisse des péages ferroviaires, une TVA allégée et des investissements massifs dans les lignes interurbaines figurent parmi les mesures urgentes.

    Ce déséquilibre n’est pas une fatalité. Il est le fruit de décisions politiques que l’on peut inverser. Reste une question essentielle : veut-on continuer à subventionner la #pollution ou donner enfin aux citoyens les moyens de voyager plus proprement à des prix raisonnables ?

    Les mesures européennes pour rééquilibrer avion et train

    En Autriche, le « #Klimaticket », permet de circuler sur tous les réseaux ferroviaires, bus et tram pour un peu plus de 80 euros par mois.

    Face à l’urgence climatique et à la #concurrence inégale entre l’avion et le train, plusieurs pays européens expérimentent ou déploient des mesures pour favoriser le rail :

    France : Depuis 2023, la France est devenue le premier pays au monde à interdire certains vols courts intérieurs lorsqu’une alternative ferroviaire directe de moins de 2h30 existe. Cette mesure, inscrite dans la# loi_Climat_et_Résilience, visait à favoriser le #report_modal vers le train pour des raisons écologiques, une proposition initiale de la Convention citoyenne pour le climat. Mais dans sa forme finale, la portée de cette mesure est limitée : seules trois liaisons sont effectivement concernées — Paris-Orly/Bordeaux, Paris-Orly/Lyon et Paris-Orly/Nantes. Ces trois liaisons ne représentaient qu’environ 2,5% du trafic total des vols intérieurs en France, soit environ 500 000 passagers sur 16 millions par an, pour seulement 0,01% des émissions nationales de CO₂. L’impact est donc plus symbolique que structurel, d’autant que ces lignes avaient déjà été supprimées par Air France dès 2020 en échange des aides d’État.

    #Allemagne : Adoption du « #Deutschlandticket », un abonnement national à 49 € par mois valable sur tous les trains régionaux et locaux, boostant la fréquentation et l’accessibilité du train. Des investissements massifs visent également à moderniser le réseau.

    #Autriche : Mise en place du « Klimaticket », un abonnement annuel permettant de circuler sur tous les réseaux ferroviaires, bus et tram pour environ 1 000 € par an, avec un fort succès populaire.

    #Espagne : #Gratuité temporaire sur de nombreuses #lignes_régionales et de #banlieue pour encourager les alternatives décarbonées dans un contexte d’inflation.

    Tendances européennes : Suppression progressive de certains avantages fiscaux pour l’aérien ; débats sur la création d’un « #ticket_climat_européen » pour faciliter les voyages transfrontaliers en train ; efforts en cours pour améliorer la #connectivité_ferroviaire entre pays et simplifier les systèmes de #réservation.

    https://lenouveauparadigme.fr/lavion-moins-cher-que-le-train-une-aberration-francaise
    #France #prix #transport_ferroviaire #transport_aérien #comparaison #fisc #fiscalité

  • The Greatest Walk

    Theories about our species’ routing out of Africa abound. Many scientists point to a drop in sea levels, creating land bridges for early wanderers to trudge across. Using sea-floor elevation data, we can imagine the vastly altered landscape our restless ancestors may have faced. Download this printable map to trace the ghostly migration paths that inspired Paul Salopek’s route.

    A Walk Through Time

    This map visualizes the estimated timeline of early human migration out of our ancestral African “Eden” and across the globe.

    https://outofedenwalk.nationalgeographic.org/media-2013-03-the-greatest-walk

    Trouvé via

    Out of Eden Walk

    The Out of Eden Walk is a 24,000-mile journalistic endeavor to create a global record of human life at the start of a new millennium as told by villagers, nomads, traders, farmers, soldiers, and artists who rarely make the news. Sponsored and hosted by National Geographic Society, the project is led by Pulitzer Prize winning writer Paul Salopek who is walking the path of human migration across the globe, and recording what he encounters in the form of writing, photographs, video, and audio.

    https://gis.harvard.edu/out-eden-walk

    #carte

  • Les Giacometti

    La rude vallée des montagnes suisses de Bregaglia a donné naissance à toute une dynastie d’artistes : les Giacometti. Alberto a révolutionné le monde de l’art avec ses sculptures élancées. Avant lui, son père était un impressionniste de la première heure. Qu’est-ce qui fait que cette vallée est le lieu de naissance de tant d’artistes ? Le film part sur les traces de cette famille extraordinaire.

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/67028_0
    #Val_Bregaglia #Bregaglia #art #histoire_familiale #film #documentaire #film_documentaire #sculpture #Suisse #Alberto_Giacometti #paysage #montagne #nature #Stampa #Giovanni_Giacometti #Cuno_Amiet #peinture #Giovanni_Segantini #Annetta_Stampa #Diego_Giacometti #Ottilia_Giacometti #Bruno_Giacometti #architecture

  • We Need to Talk About The Border. Story-mapping the Irish border

    We need to talk about the border is a multimedia project about the consequences of Brexit and the possible re-appearance of a hard border between Northern Ireland and the Republic of Ireland. Since 1998 and the Good Friday Agreement, people living on the borderlands have been living together peacefully without a hard border. In July 2018, we travelled the border to meet them and collect the questions, fears and hopes they might have because of the Brexit.
    Here’s a preview of the final project. Scroll down!

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    We need to talk about the border est un projet multimédia sur les conséquences du Brexit et la possible réapparition d’une frontière dure entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Depuis 1998 et les Accords du Vendredi Saint, les habitants de la zone frontalière cohabitent pacifiquement et sont libres de leurs mouvements transfrontaliers. En juillet 2018, nous sommes partis à leur rencontre et avons recueilli leurs questionnements, craintes et espoirs pour leur avenir à l’heure du Brexit.
    Ce mini-site est un avant-goût de la restitution envisagée. Scrollez !

    https://weneedtotalkabouttheborder.eu
    #frontières #Irlande #Irlande_du_Nord #cartographie #visualisation #cartographie_narrative #Brexit #photographie #cartographie_interactive #narration
    via @reka

  • Comment les #cartes sont devenues des #contre-pouvoirs pour redessiner le monde

    Luttes écologistes, défense des libertés, mouvements féministes… Longtemps réservée aux puissants, la cartographie se réinvente sous l’impulsion de collectifs citoyens, de chercheurs, de journalistes et d’artistes. Un mouvement critique ancré dans une riche histoire théorique.

    Des îlots de forêt sillonnés par des camions de rondins et cernés par des usines de papier et de pellets, d’où surgit un impressionnant crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. C’est ainsi que des habitants de la Montagne limousine ont représenté « leur » massif forestier, à la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

    Coéditée par IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, et la maison d’édition associative A la criée, située à Nantes, la carte au format papier n’est pas destinée aux randonneurs ou aux touristes de passage. En mêlant #dessins et #récits, elle « vise à questionner les dynamiques forestières », explique #Frédéric_Barbe, géographe, artiste et membre de l’association, et donne à voir ce que les cartes institutionnelles ne montrent pas : l’industrialisation d’un territoire, la tristesse des riverains face aux coupes rases et leur volonté d’un autre avenir pour la #forêt.
    La publication fait partie de la douzaine de « #cartes_de_résistance » produites en dix ans par l’éditeur, vendues à prix bas ou libre avec un certain succès. La conception est toujours collective, menée à l’initiative ou au plus près des habitants, avec le soutien d’un géographe et d’un graphiste. La première, celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), en février 2016, est épuisée après cinq tirages et plus de 20 000 exemplaires diffusés. Celle des Jeux olympiques de Paris, en partenariat avec le collectif local Saccage 2024, raconte le revers de la médaille des JO, les expulsions d’habitants à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et les morts d’ouvriers sur les chantiers du Grand Paris.
    Ces productions rompent délibérément avec les conventions graphiques de la cartographie institutionnelle. « La carte n’est pas le #territoire, mais invite à le penser, affirme l’éditeur. C’est un outil d’#éducation_populaire, simple et pas cher, que l’on peut afficher au mur ou poser sur une table pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut vivre sur cet espace. »
    Un vent de rébellion souffle sur la cartographie, une discipline pourtant perçue comme technique et très codifiée. Un foisonnement d’initiatives et de réflexions a émergé depuis une quinzaine d’années, dont il est difficile de cerner les contours, tant il exprime une variété d’intentions, de méthodes et de productions. « Je travaille dans ce domaine depuis trente-cinq ans, et je n’arrive pas à suivre le rythme de toutes les initiatives », s’exclame #Philippe_Rekacewicz, chercheur associé au département des sciences sociales de l’université de Wageningue (Pays-Bas) et l’une des figures françaises de ce courant.

    Pour la « #justice_spatiale »

    Cet ex-journaliste au Monde diplomatique se réclame d’une pratique « radicale » de la discipline, d’autres préfèrent se dire « critiques », d’autres encore ont adopté le terme de « #contre-cartographie ». Ces démarches, à la croisée des sciences, des arts, de la politique et de militantisme social, partagent un socle commun, celui de vouloir renverser le #pouvoir_des_cartes et les mettre au service d’une forme de « justice spatiale ». Luttes écologistes et urbaines, défense des libertés et des droits humains, mouvements féministes… Associations et collectifs contestent les représentations institutionnelles, se réapproprient l’espace ou montrent des réalités jusque-là invisibilisées. Elles sont souvent soutenues par des cartographes reconnus, et s’inscrivent dans une riche réflexion théorique et un « dialogue ancien entre le champ académique et les pratiques sociales », constate #Irène_Hirt, professeure au département de géographie et environnement de l’université de Genève (Suisse).
    De fait, ces pratiques contestataires trouvent leurs racines dans l’histoire même de la discipline. La géographe #Françoise_Bahoken, coautrice avec Nicolas Lambert de Cartographia. Comment les géographes (re)dessinent le monde (éditions Armand Colin, 2025), en date les prémices dès la fin du XIXe siècle, alors que la cartographie occidentale s’est imposée comme un modèle de scientificité, d’abord avec la précision des mesures, puis avec l’essor de la géographie quantitative liée à l’utilisation de données statistiques.

    Dès les années 1880, le géographe allemand #Ernest_George_Ravenstein s’empare du recensement de la population britannique pour infirmer l’idée selon laquelle les populations migrantes se déplaceraient de façon anarchique. Un peu plus tard, le sociologue afro-américain W. E. B. #Du_Bois visualise, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, les « lignes de couleur » qui divisent la société américaine, démontrant, cartes et graphiques à l’appui, comment le racisme empêche toute égalité sociale.

    Il faut cependant attendre les années 1960 pour que ces travaux commencent à se diffuser, grâce à deux figures respectées de la profession, les géographes #David_Harvey et #William_Bunge (1928-2013). Le premier crée un courant d’inspiration marxiste, désigné sous le nom de « #géographie_radicale », qui s’attache à analyser la façon dont le capitalisme modèle les #inégalités_spatiales. Le second décide, en 1968, de rompre avec l’approche quantitative lorsqu’il prend conscience de son rôle dans les politiques urbaines ségrégationnistes aux Etats-Unis.

    Avec #Gwendolyn_Warren, leader militantiste des droits civiques de la communauté noire de Detroit (Michigan), William Bunge développe, dans cette ville ouvrière du nord des Etats-Unis, un projet de recherche géographique fondé sur l’enquête de terrain, embarquant dans l’aventure plusieurs centaines de jeunes habitants, femmes et hommes, du quartier noir de Fitzgerald. Pour Warren et Bunge, former les résidents à documenter les #logiques_spatiales, c’est démocratiser l’exercice du pouvoir. Ces « #expéditions_géographiques » conduiront à la publication d’un livre (Fitzgerald : Geography of a Revolution, Cambridge, 1971) sur les processus de paupérisation et d’exclusion du quartier.
    Ce sont toutefois les travaux d’un historien, #John_Brian_Harley (1932-1991), qui, à la fin des années 1980, opèrent un tournant théorique majeur. Dans son article fondateur, « Deconstructing the Map » (Cartographica, 1989), il invite à lire les cartes non comme de simples reflets du réel, mais comme des constructions sociales, traversées par des #rapports_de_pouvoir. La carte est une construction située dans le temps et dans l’espace, affirme-t-il, dont « une grande part du pouvoir (…) est qu’elle opère sous le masque d’une science en apparence neutre. Elle cache et nie sa dimension sociale en même temps qu’elle la légitime ».

    L’historien identifie un double pouvoir derrière l’outil : celui du cartographe ou de son commanditaire, qui décide de ce qui est représenté par le biais de choix multiples (projection, échelle, toponymes…), mais aussi un pouvoir interne, propre à la carte elle-même. Non seulement elle n’est pas neutre, mais elle est performative : elle agit sur nos #imaginaires et induit des #représentations. « Pour Harley, il faut absolument analyser d’un côté les intentions et les choix politiques de l’auteur, et de l’autre les usages, la façon dont la carte peut être instrumentalisée pour penser un territoire », souligne le géographe et chercheur au CNRS #Matthieu_Noucher.

    Ces réflexions, ainsi que l’ambitieuse History of Cartography que John Brian Harley dirige avec David Woodward (Presse de l’université de Chicago) à la même époque – le premier volume est publié en 1987 –, provoquent un choc méthodologique durable. La mise en lumière des formats multiples des cartes non occidentales contribue à décentrer le regard et à éclairer la dimension partielle et politique de toute représentation spatiale.

    Mythe de la #terre_vierge

    Cette prise de conscience va inspirer de nombreuses études en sciences sociales, notamment sur le rôle central de la cartographie dans l’#histoire_coloniale. « Elles montrent que, du XVIIe au XIXe siècle, la carte a servi à créer le mythe de la #terra_nullius, la terre vierge inhabitée, pour justifier les #conquêtes_coloniales en accréditant l’idée de territoires vides d’hommes et de femmes », explique Matthieu Noucher. Le chercheur s’est attaché à analyser le « #blanc_des_cartes », voire leur « #blanchiment » lorsqu’il s’agit d’effacer les rares mentions de populations autochtones. Ainsi, en Guyane, une première carte française notifie, en 1732, la présence de « nations indiennes » sur le territoire, une formule remplacée trois décennies plus tard par la mention de « belles et très fertiles plaines que doit habiter la nouvelle colonie française ». Entre-temps, la France a perdu ses possessions canadiennes et a décidé de fonder une colonie de peuplement en Guyane.
    L’approche critique ne se limite pas à questionner la carte comme représentation dominante. A partir des années 1970, l’outil lui-même est réinvesti par les communautés autochtones pour défendre leurs droits territoriaux face aux projets extractivistes. Pour les communautés locales d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, produire des cartes devient une stratégie de #résistance à l’industrialisation des terres, comme en Colombie-Britannique (Canada) contre la construction de pipelines de gaz et de pétrole. En 1995, la sociologue américaine #Nancy_Lee_Peluso forge le terme de « #contre-cartographie » pour désigner cette production destinée à contester les structures de pouvoir.

    Ces « contre-cartes » interrogent aussi la dimension culturelle des #méthodes utilisées, et du même coup les frontières de la science occidentale. « La contre-cartographie invite en effet à une #décolonisation des savoirs géographiques qui ne se matérialisent pas tous sous forme d’images. Ils peuvent se transmettre par la parole, le chant, la danse, la sculpture ou les rêves, intimement liés aux pratiques et aux territoires de la chasse ou de la pêche, souligne Irène Hirt, qui a accompagné des communautés mapuche au Chili et innu au Québec dans la reconstitution de leur milieu de vie. Loin d’être vides comme le disent les cartes, ces terres sont pleines de toponymes, de lieux de rassemblement ou de sépultures, de sentiers de portage et de routes de migration humaine et non humaine. »

    A l’aube des années 2000, la généralisation des outils numériques ouvre un nouveau chapitre. L’essor des techniques de la géomatique (systèmes d’information géographique – SIG –, GPS, télédétection, etc.) et l’accès à de larges bases de données transforment profondément la cartographie conventionnelle. La géovisualisation devient en quelques années l’alliée indispensable de l’organisation des territoires. « Avec l’arrivée de l’application cartographique Google Maps en 2005, on a vu ressurgir une forme de croyance aveugle dans l’objectivité des données, et dans leur capacité à livrer en temps réel une image exacte du territoire », constate Matthieu Noucher.

    Les algorithmes et leur vision du monde

    Cette rupture renouvelle radicalement les enjeux de pouvoir. « Pour prendre au sérieux la proposition de John Brian Harley, il faut désormais s’intéresser aux fonctionnements des #algorithmes, des #bases_de_données et des applications », prévient le géographe. Et comprendre comment ces programmes, loin d’être neutres, imposent eux aussi une vision du monde. L’auteur de Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques (CNRS Editions, 2023) analyse les choix et les silences de modèles économiques fondés sur la publicité, qui « conduisent à privilégier, par exemple, l’affichage des commerces et à ignorer les milieux vivants ».

    Le « blanc des cartes », affirme Matthieu Noucher, prend un tout autre sens avec la personnalisation algorithmique et les bulles de filtre qui imposent désormais des réalités différentes selon le profil des utilisateurs, leur pays et leurs usages. Ainsi, Google Maps adapte son affichage en fonction du contexte politique et géographique du pays. « Depuis la décision de Donald Trump de remplacer l’appellation “golfe du Mexique” par “golfe d’Amérique”, un écolier américain ne voit plus la même carte qu’un élève mexicain », regrette le géographe.

    Cette personnalisation enferme les individus dans des visions fragmentées de l’espace, où commerces, infrastructures et frontières symboliques sont hiérarchisés différemment pour chacun. Ce basculement marque une rupture : « En se substituant aux organismes nationaux et internationaux chargés de réguler les noms et les représentations des lieux, les grandes plateformes numériques imposent progressivement leurs propres logiques, souvent guidées par des intérêts économiques ou géopolitiques », alerte le chercheur. Alors que la carte constituait jusque-là un #bien_commun et un support partagé indispensable au débat démocratique, « elle tend désormais à devenir un objet individualisé, soumis à une postsouveraineté cartographique dominée par les géants du numérique, au risque d’éroder toute représentation collective de l’espace ».

    Confrontées à ces évolutions, les approches critiques se sont, elles aussi, renouvelées. La démocratisation d’outils de plus en plus accessibles et participatifs a renforcé les pratiques alternatives. Lancé en 2004, le projet collaboratif de cartographie en ligne #OpenStreetMap, créé et mis à jour par des bénévoles du monde entier, et dont les données géographiques sont ouvertes à tous, reste « l’exemple le plus abouti de la contestation de la mainmise d’une multinationale comme #Google sur les représentations géographiques du monde », estime #Nicolas_Lambert, ingénieur en sciences de l’information géographique au CNRS. Ce spécialiste de la #géovisualisation a rejoint Migreurop en 2009, un réseau d’experts et d’une cinquantaine d’associations de défense des droits humains, qui « documente » et « dénonce » les effets des politiques migratoires européennes à travers la publication d’atlas « engagés ».

    Les initiatives de cartographie critique se développent aujourd’hui dans une grande diversité de contextes, d’échelles et de formes. Elles peuvent être individuelles ou collectives, concerner un quartier, un pays ou avoir une portée internationale, s’inscrire dans le cadre de travaux académiques, de luttes politiques ou d’enquêtes journalistiques, ou encore entremêler tout cela à la fois.
    De nombreuses productions s’appuient sur des données statistiques, tandis que d’autres ont recours à des approches dites « sensibles », qui visent à réinscrire les #expériences_vécues au cœur des #représentations_spatiales. Cette cartographie fondée sur les #sens et les #émotions s’est développée à travers les marches exploratoires de femmes, créées dans les années 1990 au Canada, à Toronto et à Montréal, puis organisées en France depuis une dizaine d’années. Angoisse, peur, sentiment de sécurité ou de confort deviennent autant d’éléments traduits en symboles graphiques. En rendant visibles les expériences de l’#espace_public différenciées selon le #genre, ces marches ont fait de la carte un outil pour repenser l’aménagement urbain et lutter contre les violences, mais aussi un levier d’émancipation. « S’inscrire dans l’espace symbolique de la carte revient à se réapproprier l’espace, à forcer la reconnaissance de soi et à exister aux yeux des autres », se réjouit l’historienne Nepthys Zwer, autrice de Pour un spatio-féminisme. De l’espace à la carte (La Découverte, 2024).

    « #Cartes_mentales » des émotions

    Dans ce contexte, le recours à des modes d’expression créatifs (collage, dessin, broderie) facilite la participation de publics peu familiers des codes classiques. A Grenoble, des « rencontres cartographiques » entre migrants, chercheurs en sciences sociales et artistes, organisées dans les locaux de l’association Accueil Demandeurs d’asile, ont permis de collecter les récits de parcours migratoires par le dessin, la broderie et même la sculpture de l’argile à travers des « cartes mentales » des émotions, comme l’ont montré les travaux des géographes #Sarah_Mekdjian et #Anne-Laure_Amilhat-Szary.

    Dans cette perspective, la #subjectivité de la démarche est clairement revendiquée. Mais ces approches soulèvent aussi des questions : que peuvent apporter ces représentations à des pratiques plus conventionnelles ? Quelle place leur accorder dans une discipline formalisée ?

    « Parce qu’elle légitime et réhabilite les attachements et l’expérience empirique qu’ont les individus d’un territoire, la contre-cartographie est forcément subjective, comme toute carte d’ailleurs », souligne Nepthys Zwer. Elle se réclame d’un double héritage : celui de John Brian Harley, pour qui la carte n’est jamais neutre, et celui de la philosophe féministe américaine #Donna_Haraway, pour qui « toute #objectivité est toujours produite à partir d’un “#savoir_situé” ». Pour autant, « ces pratiques ne peuvent se réduire à un outil de lutte politique, prévient l’historienne. Elles font partie intégrante de la discipline qu’elles complètent et enrichissent, et doivent à ce titre être évaluées comme les autres ».

    C’est aussi l’avis de Philippe Rekacewicz, qui a choisi de son côté d’abandonner le terme de « contre-cartographie », parce qu’il « peut être interprété comme s’opposant à la cartographie conventionnelle ». « Or, nous utilisons les mêmes règles, nos méthodes d’enquête et d’entretien sont celles de la géographie qualitative et des sciences humaines en général. Ce qui change, c’est l’#intention, la volonté de déconstruire le discours du pouvoir et de rendre visible ce qu’il ne souhaite pas montrer », explique-t-il.

    Néanmoins, pour Françoise Bahoken, il faut différencier les cartes des « images et autres représentations de territoire ». « Certes, aucune représentation n’est objective par définition, mais la cartographie en tant que discipline scientifique s’appuie sur des théories et des méthodes, des dispositifs et des principes, et tend vers l’objectivité. Certaines approches ne sont pas scientifiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas importantes, puisqu’elles permettent à des non-spécialistes de s’emparer des questions d’inégalité spatiale. »

    Planisphères et contre-cartes

    Longtemps marginal, le mouvement commence à se faire une place à l’université. « La cartographie critique fait l’objet de travaux académiques aujourd’hui largement reconnus et qui suscitent des vocations », affirme Nicolas Lambert. A l’université de Tours, un cursus de cartographie expérimentale a vu le jour au sein du département de géographie où des étudiants s’initient à des ateliers de #cartographie_sensible, tandis que d’autres universités comme Bordeaux et Grenoble proposent, elles aussi, des ateliers.

    De son côté, l’approche critique numérique fait l’objet d’un intérêt croissant, avec la prise de conscience de la puissance et de l’opacité des boîtes noires algorithmiques et du besoin de méthodes pour analyser leur fonctionnement. L’Agence nationale de la recherche finance désormais des projets dans ce domaine. « Un vrai progrès », se réjouit Matthieu Noucher, qui anime un groupe de travail autour des approches critiques au sein du réseau Magis, principalement composé de géomaticiens, ces spécialistes des données et des systèmes d’information géographique, et premiers concepteurs de cartes. « Jusque-là, les acteurs de la cartographie critique et ceux de la production de cartes officielles ne se parlaient pas beaucoup. Le principal enjeu aujourd’hui est de faire dialoguer les points de vue pour enrichir les modes de représentation », souligne le géographe.

    Le chercheur prépare, pour juin, à Bordeaux, une exposition à la croisée des arts et des sciences, qui fera dialoguer différentes représentations spatiales de la planète : des planisphères et des contre-cartes des Attikamek du Québec, des globes terrestres numériques à la manière de Google Earth et des sculptures de communautés autochtones kali’na de Guyane. Une autre façon de construire des ponts entre différentes visions du monde.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/02/comment-les-cartes-sont-devenues-des-contre-pouvoirs-pour-redessiner-le-mond
    #cartographie #visualisation #cartographie_radicale #cartographie_critique #pouvoir #performativité
    ping @visionscarto @reka
    via @karine4

  • Antisionisme, antisémitisme. Les contre-vérités d’Eva Illouz

    Dans sa tribune publiée dans Le Monde le 18 décembre 2025, la sociologue prétend démontrer que l’antisionisme, présenté comme le visage de l’antisémitisme moderne, partagerait les deux fondements de la «  culture de l’antisémitisme  » : le «  déni  » et «  l’inversion accusatoire  ». Pourtant, comme le montre le chercheur et écrivain Gilbert Achcar, l’autrice reproduit elle-même ces mécanismes dans son argumentation.

    Lire l’article sur le site OrientXXI
    https://orientxxi.info/Antisionisme-antisemitisme-Les-contre-verites-d-Eva-Illouz

    #politique

  • Inicio - Utopix
    https://utopix.cc

    Comunidad de trabajo colaborativo para una comunicación visual contrahegemónica, anticapitalista y alternativa. +

    Des graphistes au service des luttes. Plein de chose intéressantes, et de nombreux portraits de résistant et de résistantes oubliés (ou trop connus) dans le monde entier.

    #Graphistes #Luttes_sociales #Monde

  • A thesis confirmed: Epstein, Dershowitz and the Israel lobby
    https://www.middleeastmonitor.com/20251229-a-thesis-confirmed-epstein-dershowitz-and-the-israel-lob

    Of interest here is the correspondence between Epstein and Harvard law professor Alan M. Dershowitz, himself a devoted apologist for Israeli causes. During the first week of April 2006 Dershowitz, who also acted for Epstein in criminal matters, passed on several drafts of his article “Debunking the Newest – and Oldest – Jewish Conspiracy” to the financier. That tatty, travesty of a piece accused Walt and Mearsheimer of putting together “little more than a compilation of old, false, and authoritatively discredited charges dressed up in academic garb”, incarnating in modern form the conspiratorial tract The Protocols of the Elders of Zion.

    After Epstein’s warm congratulations for the libellous effort, the question of how best to distribute the piece comes to the fore. To a query from Dershowitz’s email address sent by an assistant regarding progress on the matter, Epstein replies: “yes I’ve started.” Here, the vital entrails of the Lobby become clear: Epstein’s relationship with Harvard (donor of sums over $9 million between 1998 and 2008); Epstein as trustee and president of the family financial office of retail mogul and philanthropist Leslie Wexner, himself a donor of almost $20 million to the Kennedy School between 2000 and 2006 via a foundation bearing his name and responsible for a scholar program for visiting Israeli government officials to study a one-year Master’s degree.

    The effect of such strategizing was to curb the reach of Walt and Mearsheimer. Scheduled talks were cancelled or readjusted to include a pro-Israeli voice. Mearsheimer, in reacting to the emails, proved characteristically unflappable. “I’m not surprised to see these emails, because Dershowitz and Epstein were close and both have a passionate attachment to Israel.” It will be a frigid comfort for both he and Walt that their thesis on the bewitching influence of the Israeli lobby’s workings has been so profoundly vindicated.

  • Israël suspend 37 ONG à Gaza, dont Médecins sans frontières et Oxfam Québec | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/944784/israel-suspend-37-ong-gaza-dont-medecins-frontieres-oxfam-quebec

    Mardi, Israël a déclaré avoir suspendu les activités dans la bande de Gaza de plus d’une trentaine d’organisations humanitaires, dont Médecins sans frontières, Oxfam Québec et CARE, pour non-respect des nouvelles règles d’enregistrement.

    Israël affirme que ces règles visent à empêcher le Hamas et d’autres groupes militants d’infiltrer les organisations humanitaires. Mais ces dernières estiment que les règles sont arbitraires et ont averti que cette nouvelle interdiction nuirait à la population civile qui a désespérément besoin d’aide humanitaire.

  • Près de #Naples, dans la « #Terre_des_feux », la vie trop courte des jeunes gens contaminés par les #déchets_toxiques

    En janvier 2025, l’Italie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour violation du droit à la vie, dans le scandale de la « Terre des feux ». L’État italien a deux ans pour commencer à agir. Près d’un an après, la situation n’a quasiment pas bougé.

    Assise à l’ombre, un peu à l’écart de l’allée centrale, elle a sa propre chaise dépliante, qu’elle rangera à son départ près de la tombe de son fils. Les visiteurs, nombreux en ce 1er novembre, veille de la Fête des défunts, la reconnaissent et la saluent. Concetta leur répond d’un sourire discret, en tournant très légèrement la tête pour ne pas quitter Vincenzo des yeux. « 2017 », nous arrête-t-elle d’entrée de jeu lorsque nous nous approchons, comme si elle n’avait plus que ces quatre chiffres à la bouche. « Il est mort en 2017 d’un #cancer des os. Il avait tout juste 30 ans. Il venait de se marier et d’avoir un petit garçon. » Sur la tombe, un jeune homme en costume, cheveux gominés et demi-sourire aux lèvres, fixe éternellement sa mère. Apposés à sa photo, ces quelques mots : Vincenzo De Sena, 1987-2017.


    https://www.lefigaro.fr/international/pres-de-naples-dans-la-terre-des-feux-les-vies-trop-courtes-des-enfants-du-
    #pollution #Italie #terra_dei_fuochi #Campanie #déchets #condamnation #justice #CEDH #santé #décès #santé_publique

  • Awful Anthropology by Maryam Fouad - American Ethnological Society

    https://americanethnologist.org/online-content/awful-anthropology-by-maryam-fouad

    Awful Anthropology

    by Maryam Fouad

    One of my interlocutors stood in front of me. In her hand, she held an empty syringe. She said she wants to kill herself. We were in a shelter for girls—survivors of abuse, rape, and societal condemnation—but also imprisoned behind three big, locked doors, high walls, and barbed wires, in the city of Cairo. These girls were confined due to their lack of virginity, promiscuity, early marriage, rape, and abuse by their kin or by strangers. The girl who told me she wants to kill herself is not the first one to attempt suicide inside the shelter. She wouldn’t be the last. I asked her calmly to give me the syringe and begged her not to end her life. This was my third week in the shelter. I had no idea what to do or how to feel. How could I ask the girl to give up her only way out of this confinement? How could I not?

    The girl jammed her arm with the empty syringe. I ran to the head of the social workers, panicking. She replied coldly, “Do not worry, if she dies, the medical report will declare it as suicide. We are not going to be held responsible.” I froze. She continued, “If her life is so worthless to her, and she accepts going to hell for killing herself, why are we to care?”

    By the tenth time I saw girls harming themselves and wishing for death, I just held them close. My eyes did not water, my heart no longer raced. I felt absolutely nothing. I went home every day with blood stains on my clothes and with blood writings imprinted on the shelters’ walls as images forever inscribed onto my heart. But as I lay in bed at night, I often recalled the conversation with the head social worker asking me, Why do I care?

    How does one care, really? And more importantly, how does one stop?

    #anthropologie