• Le Liban suspendu aux résultats de l’enquête - Scarlett Haddad
    https://www.lorientlejour.com/article/1228445/le-liban-suspendu-aux-resultats-de-lenquete.html

    S’agissait-il, comme cela a été dit, d’une volonté de fermer la porte du hangar en soudant du fer, ce qui serait un comportement tout à fait inconscient à proximité d’un produit comme le nitrate d’ammonium ? Ou bien y a-t-il une autre raison, qui peut aller de la négligence à l’acte prémédité, voire terroriste ? Les premiers éléments de l’enquête, selon des sources militaires, montrent qu’ayant constaté que les feux d’artifice installés dans un hangar proche de celui abritant le nitrate d’ammonium étaient en train d’être pillés, la direction du port a demandé à des ouvriers de consolider la porte du lieu où étaient entreposés ces feux d’artifice avec du fer. Ceux-ci ont commencé leur travail, mais un incendie s’est déclaré. N’ayant pas réussi à l’éteindre, ils ont fait appel à la Défense civile. Des pétards auraient commencé à s’envoler et à exploser, ce qui aurait provoqué la terrible explosion du nitrate d’ammonium. Mais tout cela reste encore à vérifier.

  • Combien de temps et d’argent faudra-t-il pour reconstruire Beyrouth ?
    https://www.lefigaro.fr/conjoncture/combien-de-temps-et-d-argent-faudra-t-il-pour-reconstruire-beyrouth-2020080
    ENTRETIEN - Ce n’est pas la première fois que la capitale libanaise doit se relever de destructions. Mais cette fois-ci, les dégâts et le contexte politico-économique ne sont pas les mêmes, estime l’enseignant et chercheur Eric Verdeil.

    Par Wladimir Garcin-Berson

    Eric Verdeil est professeur des universités à Sciences-Po Paris, enseignant en géographie et études urbaines, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de l’institution, spécialiste du Liban et d’urbanisme à Beyrouth.

    LE FIGARO.- Le gouverneur de Beyrouth a déclaré qu’il estimait que les dommages dans la ville pouvaient « s’élever à entre trois et cinq milliards de dollars ». Que penser de cette première estimation ?

    ERIC VERDEIL.- Il est difficile de se prononcer sur ce chiffre pour l’instant : si les dégâts du port se comptent en centaines de millions de dollars à eux seuls, on ne peut estimer les dommages causés aux habitations. De même, le gouverneur a parlé de 300.000 personnes sans domicile à la suite des explosions, mais sans préciser ce qu’il entendait par là. Sont-ce les personnes dont le domicile a été entièrement détruit, ou toutes celles dont l’habitation a subi des dégâts ? Beyrouth compte 340.000 habitants environ, et son agglomération plus de deux millions d’habitants. 300.000 personnes sans domicile me paraît donc un bilan très élevé, malgré les dégâts considérables causés par ces explosions.

    Comment la ville avait-elle été marquée par les derniers conflits ?
    Beyrouth, et notamment sa partie centrale, avait été intensément frappée par des événements passés. Dans un premier temps, la guerre civile libanaise, entre 1975 et 1990, a fortement endommagé le centre-ville de la capitale. Depuis 1994, un plan de reconstruction a permis à la ville de connaître un processus de rénovation impressionnant, passant notamment par la construction de nombreuses tours. Désormais, les traces de la guerre subsistent par endroits, mais on est loin de la situation de l’immédiat après-guerre.
    En 2006, la guerre entre Israël et le Hezbollah a causé des destructions sévères mais localisées, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un quartier entier a été écrasé par les combats. Là encore, la reconstruction a eu lieu entre-temps.

    Quelle était la situation de Beyrouth avant les deux explosions ?
    L’agglomération souffre de multiples problèmes comme l’infrastructure routière, l’électricité, dont le fonctionnement est épouvantable avec de nombreuses coupures, ou encore la gestion des déchets, erratique depuis 2015. Ces travers soulignent une très mauvaise gestion des services publics et des problèmes de passation et d’attribution des contrats publics. Cela témoigne aussi d’une corruption homérique, largement conspuée par la rue.

    À LIRE AUSSI : Avant l’explosion de Beyrouth, l’ancienne « Suisse du Proche-Orient » était déjà exsangue

    À l’inverse, le port de Beyrouth, touché de plein fouet par les explosions, avait fait l’objet de travaux d’extension et d’amélioration dans les années 1990. Il était devenu efficace, doté d’une infrastructure relativement moderne pour sa partie conteneurs. Là encore, toutefois, les explosions soulignent de graves problèmes de gestion des stocks : le nitrate d’ammonium apparemment à l’origine de la catastrophe n’aurait pas dû être entreposé là, à seulement 300 mètres des habitations les plus proches. Certains dénoncent une forme de procrastination, d’autres des marchandages, de la revente… Une chose est sûre : quelqu’un a fait preuve d’une négligence coupable dans le stockage d’une matière si dangereuse ici.
    Ces quartiers étaient déjà régulièrement menacés par des promoteurs immobiliers qui risquent de profiter de cette occasion pour les densifier et les transformer

    Peut-on tirer des leçons des précédentes reconstructions de Beyrouth ?
    On ne parle pas du même type de dégâts. Par le passé, des immeubles avaient été détruits, touchés par des tirs, des bombes. Ici, certains bâtiments ont été détruits, mais ils sont minoritaires. Les dommages risquent surtout de varier en fonction de l’ancienneté des constructions, les récentes résistant bien mieux, sur le plan structurel, que les autres. Ce point m’inquiète : à proximité du port se trouvent des quartiers anciens, très gravement touchés, rendant leur reconstruction difficile. Ces quartiers étaient déjà régulièrement menacés par des promoteurs immobiliers qui risquent de profiter de cette occasion pour les densifier et les transformer. Je crains que ces explosions ne représentent le coup de grâce pour ces quartiers centraux. Je serais étonné qu’il y ait un processus de reconstruction à l’identique de cette zone.

    Comment les reconstructions avaient-elles été financées par le passé ?
    En 1994, l’État libanais avait créé la Société libanaise pour le développement et la reconstruction du centre-ville de Beyrouth (Solidere), chargée de mettre en musique la rénovation des quartiers centraux. Le gouvernement lui avait confié des droits normalement dévolus à la puissance publique, comme le droit de mener des travaux sur l’espace public ou la possibilité d’exproprier. La compagnie est devenue, en quelque sorte, propriétaire du centre-ville, bénéficiant d’une concession de 25 ans prolongée par la suite, en échange de financements pour le reconstruire. En réalité, ces prérogatives publiques confiées au privé ont surtout généré d’importants bénéfices pour les actionnaires de l’entreprise, dont font partie de gros noms du capitalisme et monde politique libanais. La famille Hariri, longtemps aux affaires, en fait notamment partie.
    Cependant, les habitants du centre-ville n’ont pas réellement bénéficié de ces transformations. La reconstruction fut ratée, en cela que le cœur de la capitale n’est pas redevenu un lieu bénéficiant à l’ensemble de la population. Les modifications ont surtout mis en œuvre une forme d’exclusivisme, coupant ce quartier réservé aux élites du reste de la capitale. Les changements n’étaient pas faits pour les habitants : des sortes de « gated communities » (quartiers protégés) ont émergé, mais, en parallèle, les autres parties commerciales ont périclité. Ce premier volet confié au privé n’a donc pas été extrêmement bénéfique pour l’ensemble de la société, mais plutôt lucrative pour les actionnaires.

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    En 2006, dès le cessez-le-feu avec Israël, le Hezbollah a géré de son côté la reconstruction de la banlieue sud de Beyrouth. Cette dernière est allée très vite : l’organisation souhaitait ainsi montrer à la population qu’elle prenait soin d’elle, pour redorer son blason alors qu’elle fut à l’origine de l’attaque israélienne. Les bâtiments ont donc été rebâtis rapidement, à l’identique, et leurs habitants sont revenus, dans leur majeure partie. L’aspect financier reste opaque : le Hezbollah a reçu des financements externes et a transmis des fonds aux propriétaires des appartements détruits pour qu’ils reconstruisent. Quelques années plus tard, les travaux étaient finis.

    Qui pourrait prendre en charge le financement des travaux, cette fois-ci ?
    Les mécanismes mis en œuvre précédemment sont difficiles à reproduire ici. On ne peut exproprier les habitants de leurs immeubles, le niveau de dégâts ne le justifiera pas. En outre, le Hezbollah n’a pas à reconstruire pour renforcer son prestige, comme en 2006. Et surtout il n’y a plus d’argent au Liban. Le système financier est complètement bloqué. Une grande incertitude demeure donc : le Liban est sous blocus, de l’intérieur, par les actionnaires des banques, comme de l’extérieur, les États-Unis faisant pression sur le système bancaire par peur d’alimenter les comptes du Hezbollah ou des militaires syriens. Ce double blocage pourrait ralentir la reconstruction.
    Normalement, outre les aides d’urgence venant par exemple de l’Union européenne, le financement devrait plutôt incomber à l’État ou aux assurances, pour les immeubles couverts. On pourrait aussi penser à des mécanismes de financement par le système bancaire, subventionnés par des institutions externes comme la Banque mondiale. Les propriétaires qui le pourront essaieront de financer a minima les travaux autant que faire se peut, mais cela risque de mener à un processus graduel, différentiel. Un certain nombre de personnes, notamment dans les anciens bâtiments durement touchés, pourraient choisir de vendre et quitter les lieux, permettant à des promoteurs de réaliser des opérations lucratives. Sans planification, cela aurait des conséquences sociales assez graves.

    Combien de temps la reconstruction prendra-t-elle ?
    Plusieurs années, c’est certain. Tout dépend ensuite des intentions et objectifs des reconstructeurs. Le Hezbollah voulait aller le plus vite possible, et son objectif n’était pas le profit : cela a donné des travaux rapides mais des constructions peu esthétiques, plutôt bas de gamme. Les habitants en sont plutôt satisfaits. Solidere avait un objectif différent, le profit, avec la construction d’une zone exclusive pour l’élite. La société a fait de la rétention foncière et n’a libéré les terrains que peu à peu, pour faire monter les enchères et les vendre plus cher. Résultat : vingt-cinq ans après, la compagnie n’avait pas construit la moitié de ce qu’elle aurait dû faire, et beaucoup d’immeubles ou de terrains restent vides.
    Cette fois-ci, les habitants dont les logements ont été touchés vont vouloir y revenir si possible et dès que possible. C’est une logique différente.

    Comment tout ceci va-t-il s’articuler dans une situation politique et financière déjà extrêmement difficile ?
    Mal. Le blocage du système bancaire reste massif, les gens restreignent leurs dépenses de consommation et ne peuvent facilement faire de dépenses pour réparer les dégâts. L’une des questions est de savoir si ces explosions vont renforcer la colère des Libanais, déjà visible depuis dix mois dans la rue. Jusqu’ici, les protestations n’étaient pas assez fortes pour faire vaciller le pouvoir et réformer le système en profondeur. Pour le moment, les Libanais expriment plutôt une certaine sidération. Ensuite, il est probable qu’ils manifestent un grand ressentiment, mais il n’est pas certain que celui-ci se solde par le saut dans l’inconnu que représente une remise en cause du système politique et confessionnel.
    Il faudra donc voir si les contestations se radicalisent et si des pressions extérieures se multiplient.

    • En 2006, la guerre entre Israël et le Hezbollah a causé des destructions sévères mais localisées, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un quartier entier a été écrasé par les combats.

      @rumor il n’y a jamais eu de combats dans la banlieue-Sud de Beyrouth. Jamais.

      La banlieue sud, en particulier le quartier de Haret-Hrek, a été bombardée par air et par mer alors qu’il n’y avait plus le moindre résident, combattant ou civil, Hezbollah ou non Hezbollah, dans un acte criminel de pure punition collective.

      Les combats ont eu lieu au Liban-Sud et seulement au Liban-Sud.

    • Merci de cette remarque. Il ne m’a pas été donné de relire mes propos qui ont d’ailleurs été en partie résumés et reformulés. Mais dans la vitesse de cet entretien j’ai tout a fait pu utiliser cette expression maladroite et évidemment erronée.

  • Le port de Beyrouth dévasté, le cœur économique du Liban à l’arrêt
    https://www.la-croix.com/Economie/Le-port-Beyrouth-devaste-coeur-economique-Liban-larret-2020-08-05-12011078

    La zone portuaire a toujours été le centre de gravité de l’histoire et de la prospérité du pays. Sa dévastation va très rapidement affecter la vie quotidienne des sept millions d’habitants du Liban.

    Une analyse pour laquelle j’ai été interrogé

  • Asad Abukhalil a posté il y a quelques heures une photo tirée de la page Facebook de Mazen Al-Ghoul, professeur de chimie à l’AUB (Université américaine de Beyrouth), dont il dit qu’elle montrait l’entrepôt de nitrate d’ammonium qui a explosé hier :

    https://twitter.com/asadabukhalil/status/1290866172619972608

    I took this from Mazen’s @mazen_alghoul FB page:
    Mazen is a chemistry professor at AUB

    وصلتني هيدي الصورة تُنسب لمخزن في مرفأ بيروت. هيدي نايتروبريل = أمونيوم نايترايت.

    BTW HD on the label stands for high density, which means that these are explosive grade ammonium nitrate.


    Le niveau d’amateurisme et de négligence pour stocker une matière aussi dangereuse est, évidemment, choquant.

    Le compte « Aurora Intel » semble confirmer qu’il s’agit bien de l’entrepôt d’hier : mêmes fenêtres, mêmes marques sur la porte :
    https://twitter.com/AuroraIntel/status/1290789726283345926

    Windows match, door markings match, my mind boggles.

    The roof also matches from google earth imagery

  • Sébastien Fontenelle sur Twitter : "Dis, lemondefr : tu es vraiment en train de nous expliquer que les gens qui ont « publi(é) un communiqué aux relents nauséabonds » sur @MadjidFalastine font partie d’une gauche « qui refuse de voir la couleur de peau et la religion » ?" / Twitter
    https://twitter.com/vivelefeu/status/1278308249654243331

  • العتمة الشاملة بدءاً من الأحد؟
    https://al-akhbar.com/Politics/290907

    Une partie des titres de l’édition du jour de Al-Akhbar au #liban (on est parti pour un tour)

    – Obscurité totale à partir de dimanche ? [allusion au fait que les centrales électriques, faute de fioul, ne tourneront plus. Au passage, l’Iran a proposé une livraison payable en livres libanaises (laquelle livre, en principe au taux de 2000 livres pour un dollar, frôle désormais les 7000...)
    – لبنان في صلب الانهيار : الحكومة تتلهّى بجنس شركة التدقيق Le Liban en plein effondrement (à propos des disputes à la chambre sur le choix d’un audit bancaire)
    – ممثل صندوق النقد لرياض سلامة : أنت تشعل سعر الصرف ! Le représentant du FMI à Riad Salamé [gouverneur de la Banque centrale du Liban] : c’est toi qui fais flamber le prix de la monnaie
    – الخلوي على خطى الكهرباء Le cellulaire sur la voie de l’électricité (les connexions téléphoniques commencent à disparaître)
    – كهرباء أمراء لبنان ويوميّات اللبنانيّين البائسة l’électricité des princes et les jours noirs des Libanais (rappel de la manière dont les chefs de guerre locaux jouaient sur le mazout des générateurs durant la guerre civile)...

  • Elizabeth Picard : « Entre le Liban et la Syrie, chacun ne fait qu’aggraver les problèmes de l’autre »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/26/elizabeth-picard-entre-le-liban-et-la-syrie-chacun-ne-fait-qu-aggraver-les-p

    Tandis que l’économie de la Syrie est à l’agonie après neuf ans de guerre, le Liban connaît depuis l’automne 2019 une crise financière inédite. Ces pays aux relations imbriquées sont mutuellement affectés par la récession qu’ils subissent, estime cette spécialiste de la région.

    Propos recueillis par Laure Stephan Publié le 26 juin 2020 à 13h50 - Mis à jour le 26 juin 2020 à 16h51

    Directrice de recherche émérite au CNRS, Elizabeth Picard est spécialiste du Liban et de la Syrie. Elle est notamment l’autrice de Liban-Syrie, intimes étrangers (Actes Sud, 2016).

    Avec la crise financière au Liban, des restrictions drastiques frappent les retraits bancaires, et le dollar, jusqu’alors couramment utilisé, se fait rare. En quoi cette situation affecte-t-elle la Syrie ?
    A partir de 2013, lorsque le conflit en Syrie s’est aggravé et internationalisé, de nombreux entrepreneurs syriens ont déplacé leurs activités et leurs avoirs bancaires au Liban, entraînant une nouvelle fuite de capitaux syriens vers les banques libanaises. Cet argent se retrouve aujourd’hui bloqué, tant pour les déposants et les entrepreneurs que pour les grands importateurs proches du régime. Dès lors, les sommes énormes nécessaires à l’importation de céréales, via les ports libanais de Beyrouth ou syrien de Lattaquié, sont inaccessibles. Cette situation contribue à étrangler le régime syrien, mais elle pèse aussi sur la population en détresse pour laquelle l’approvisionnement en blé est primordial.

    Ce rôle de poumon financier pour la Syrie, tenu par Beyrouth, n’est pas nouveau…
    A partir de la rupture de l’union douanière et monétaire entre les deux Etats, en 1950, le système bancaire syrien a commencé à s’atrophier. Dès 1960, des hommes d’affaires et des particuliers syriens se sont alors mis à placer leurs économies à Beyrouth, à y acheter des dollars ou obtenir des facilités de paiement. Au début des années 1970, un tiers des grandes banques libanaises étaient ainsi dirigées par des émigrés syriens qui avaient fui les politiques socialistes et de nationalisation dans leur pays. Dans les années 1990, un tiers des avoirs dans les banques libanaises appartenaient à des Syriens. Depuis l’arrivée au pouvoir de Bachar Al-Assad en 2000 et le processus de privatisation qu’il a impulsé, la Syrie n’a pas eu les moyens de développer les outils financiers nécessaires à une économie libérale. Beyrouth est donc resté une place indispensable.

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    En quoi, à l’inverse, l’agonie de l’économie syrienne influe-t-elle sur le Liban ?
    La paralysie des quelques entreprises qui ne sont pas détruites en Syrie et les entraves aux activités frauduleuses des hommes du régime constituent une perte incontestable pour les partenaires libanais, en premier lieu pour les banques. Dans la reconstruction du Liban entreprise par le premier ministre Rafic Hariri après la fin de la guerre civile [1975-1990], l’économie libanaise a été hyperfinanciarisée. Avec l’éclatement de la bulle spéculative et la fuite massive de capitaux vers des banques occidentales depuis septembre 2019 [et malgré l’interdiction des transferts à l’étranger à partir du mois d’octobre], des Libanais mais aussi des Syriens ont perdu leurs économies. L’argent généré par la corruption politique qui gangrène l’un et l’autre pays s’est aussi probablement évaporé. A ces problèmes, s’est ensuite ajoutée l’interruption de la circulation aux postes-frontières, depuis la mi-mars, au prétexte de la crise sanitaire liée au Covid-19.

    Des manifestations antigouvernementales face à la situation économique catatrophique du Liban, sont réprimées par la police, le 12 juin, à Beyrouth. ANWAR AMRO / AFP
    Les deux pays risquent-ils de s’entraîner mutuellement dans l’abîme ?
    Chaque pays ne fait qu’aggraver les problèmes de l’autre. Outre les destructions et les morts au cours de neuf années de guerre en Syrie, l’afflux des réfugiés accroît le désastre socio-économique du Liban. Leur nombre actuel est estimé entre 1 million et 1,5 million [pour une population totale au Liban estimée à 6 millions d’habitants], dont la majorité sont très pauvres. Ils représentent une lourde charge pour la gestion des ressources publiques libanaises (écoles, hôpitaux…) et pour le marché de l’emploi. En parallèle, le fait que le Liban, miné par la crise financière, ne puisse plus servir de poumon financier ou de banque à la Syrie ni offrir des emplois aux Syriens comme par le passé, accentue la crise syrienne. Au début des années 2000, 15 % de la force de travail syrienne était régulièrement employée au Liban, surtout dans des activités non qualifiées telles que la construction ou l’agriculture, mais aussi dans d’autres secteurs, comme le commerce et les nouvelles technologies.

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    Beyrouth négocie avec le FMI l’octroi d’une aide financière. L’une des conditions discutées, censée endiguer les pertes induites par la contrebande, est le contrôle de la longue frontière avec la Syrie. Le Liban en est-il capable ?
    Cela paraît peu réaliste. La frontière libano-syrienne a été délimitée au temps du mandat français [de 1920 à 1943 au Liban, de 1920 à 1946 en Syrie]. Elle n’a jamais été abornée ou démarquée, ni par les autorités françaises ni par les deux Etats devenus indépendants, et encore moins par les troupes syriennes qui ont occupé le Liban [déployées dès 1976] jusqu’en 2005. Après leur retrait, Beyrouth s’est préoccupé de surveiller cette frontière. Son inquiétude s’est accrue quand la guerre a commencé en Syrie, avec le risque d’un débordement du conflit sur son sol national. Le Liban a alors cherché, avec l’aide de puissances européennes – le Royaume-Uni en particulier –, à sécuriser cette frontière.

    Un contrôle relatif a pu s’instaurer le long du tronçon septentrional, mais la portion orientale, faite de montagnes et de collines compartimentées, est presque impossible à boucler. De plus, les relations sociales (liens familiaux, intermariages) et les échanges licites ou illégaux sont très denses de part et d’autre. Ces trafics s’interrompront difficilement, plus encore à un moment où le régime syrien comme l’Etat libanais sont aux prises avec des difficultés sécuritaires qui dépassent le seul contrôle de cette frontière.

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    Qui serait perdant si cette frontière était mieux surveillée ? Le Hezbollah et le régime syrien, comme l’affirment des analystes ?
    Les perdants seraient bien plus nombreux que ces deux acteurs. La contrebande, lorsque l’on quitte les grandes routes, est souvent une « contrebande de fourmis » de toutes sortes de denrées : médicaments, vivres, ciment, essence, mazout… Les flux ne vont pas que du Liban vers la Syrie ; ils se font dans les deux sens, en fonction des besoins ou des pénuries de chacun. Si le trafic s’est développé, c’est aussi lié au type d’économie qui régit le Liban et la Syrie : c’est-à-dire à l’hyperfinanciarisation de l’économie libanaise au bénéfice des élites politiques et entrepreneuriales, et à la libéralisation sauvage qui profite essentiellement à des proches du régime syrien. De part et d’autre de la frontière, échanger illicitement des produits, importer ou exporter des devises, faire passer des armes, des marchandises rares, voire trafiquer des êtres humains, est une activité économique florissante dans le climat de pénurie et de prédation qui prévaut.

    Le premier ministre libanais Hassan Diab (à gauche) avec le président Michel Aoun, au palais presidentiel de Baabda, le 6 février. Mohamed Azakir / REUTERS
    Le trafic de devises, qui manquent au Liban comme en Syrie, est devenu un sujet brûlant…
    Des trafics de devises organisés par des changeurs considérés proches du Hezbollah [qui soutient militairement le régime syrien depuis 2012] ont été repérés. Ils ont facilité la contrebande vers la Syrie de dollars, dont les Syriens ont été privés par la guerre, les sanctions internationales contre le régime et la ruine de leur économie. Si des proches du Hezbollah ont bien été responsables de fuites de capitaux vers la Syrie, d’autres fuites de capitaux, plus massives encore, ont eu lieu en direction des banques occidentales depuis l’automne 2019.

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    Comment la loi César, promulguée par Donald Trump et entrée en vigueur le 17 juin, qui menace de sanctions toute entité apportant un « soutien significatif » au régime syrien, risque-t-elle de peser sur l’économie des deux pays ?
    Penser que la loi César ou les sanctions européennes sont susceptibles d’étrangler le régime [de Bachar Al-Assad] et de changer la donne en Syrie est présomptueux. Cette loi a été inspirée par des Syriens émigrés aux Etats-Unis, un peu à l’image de ce qui s’était passé avec la diaspora irakienne qui avait poussé à l’intervention américaine en Irak en 2003. La loi César pose des exigences globales et irréalistes, comme la chute du régime, une transition politique ou le départ des Iraniens de Syrie. Or la situation syrienne échappe en grande partie aux acteurs occidentaux depuis plusieurs années. La capacité de contrainte des Occidentaux est faible au regard de l’investissement en Syrie des trois acteurs étrangers que sont la Russie d’abord, l’Iran [tous deux soutiens du régime] et la Turquie [parrain de l’insurrection].

    Il reste que cette loi a une valeur morale : elle est fondée sur un examen incontestable des crimes commis par le pouvoir syrien. Elle constitue aussi un signal fort adressé aux acteurs qui seraient tentés, à l’instar de certains Emiratis, de coopérer avec ce régime voyou. Mais elle a une valeur exécutoire faible. Par ailleurs, elle risque aussi d’entraver l’accès de la société syrienne aux produits de première nécessité et aux soins médicaux.

    Cette loi freine aussi les perspectives de reconstruction en Syrie, sur laquelle misaient des Libanais de tous bords politiques pour sortir du marasme économique en cours depuis 2011.
    Les sanctions contre les dirigeants syriens et leurs proches ont été multipliées depuis 2014, et les perspectives de reconstruction du pays n’ont fait que s’éloigner. Selon les économistes, un marché potentiel de 20 millions de consommateurs, prometteur dans la décennie 2000, a été perdu pour le Liban. Syriens, Libanais et investisseurs émiratis ont commencé à se désengager de projets immobiliers tels que Marota City [un projet de luxe au sud de Damas] en raison des sanctions, mais surtout de la crise financière. La situation n’est pas meilleure au Liban, où l’aide financière occidentale est conditionnée à l’adoption de réformes structurelles périlleuses car elles mettent en cause à la fois la formule constitutionnelle de consensus entre élites communautaires et une économie tournée en priorité vers le profit financier.

  • Libye, coronavirus : les centrales flottantes turques surfent sur les crises - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1223638/libye-coronavirus-les-centrales-flottantes-turques-surfent-sur-les-cr

    L’entreprise Karpowership, la filiale de l’opérateur turc Karadeniz, construit depuis près de 15 ans des centrales flottantes en reconvertissant de vieux navires de transport de marchandises. Avec sa flotte de 25 appareils, c’est aujourd’hui l’un des piliers de ce secteur. C’est d’ailleurs cette société qui opère depuis 2013 les deux navires-centrales à Zouk (Kesrouan) et Jiyé (Chouf), au Liban. Paradoxalement, la pandémie a créé un effet d’aubaine pour la compagnie turque en mettant en lumière les avantages de ses centrales flottantes, notamment des délais de livraison imbattables : maximum 60 jours. Les mesures de confinement prises dans de nombreux pays pendant plusieurs mois ont en effet compliqué l’avancement de projets de centrales électriques classiques, dont la construction en temps normal prend déjà plusieurs années.

    Les centrales flottantes, ou « powerships » en anglais, existent depuis les années 1930. Le principe est simple : un navire marchand est reconverti en centrale flottante, celle-ci vogue jusqu’à sa destination puis elle est raccordée au réseau électrique local pour l’alimenter. Karpowership en a déployé 19 dans 11 pays d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie, ainsi qu’à Cuba. Ces centrales flottantes fournissent plus de la moitié de l’électricité consommée par plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et sont particulièrement adaptées aux pays dont les capacités sont insuffisantes pour faire face à la demande croissante ou ont été détruites par des conflits.

    De ce point de vue, la guerre en Libye, où la Turquie soutient militairement le gouvernement de Tripoli, pourrait faire les affaires de Karpowership qui est en train de discuter de l’envoi de plusieurs centrales flottantes, selon la presse turque. Ankara a dépêché en juin une importante délégation à Tripoli conduite par son chef de la diplomatie et son ministre des Finances. Sans confirmer les négociations, Karpowership s’est dit prêt à déployer des centrales flottantes « dès cet été » pour fournir 1 000 mégawatts (MW).

    Part de risque

    Pour pouvoir tenir ses délais de livraison, l’entreprise investit massivement pour construire des centrales flottantes avant même qu’elles ne soient commandées. Une part de risque calculée. « Là, on a un milliard de dollars à quai », indique Zeynep Harezi, directrice commerciale de Karpowership, en désignant les six centrales flottantes de différentes dimensions amarrées dans un chantier naval du nord-ouest de la Turquie, en attendant la signature des futurs contrats.

    Nombre d’observateurs estiment cependant que les centrales flottantes sont au mieux des solutions temporaires pour les pays dont les infrastructures sont insuffisantes ou obsolètes. Déplorant cette « barrière psychologique », Mme Harezi souligne que les navires peuvent rester en place pendant 25 ans en raison notamment du revêtement spécial dont leur coque est enduite. Aujourd’hui, l’entreprise voit les choses en grand et compte doubler la taille de sa flotte dans les cinq ans à venir, avec l’ambition de séduire également des pays développés.

    Gokan GUNES/AFP

    #électricité #Liban #Libye #Afrique_de_l'ouest

  • Coronavirus : 90 % des contaminations se produiraient de façon aéroportée dans les lieux clos et mal ventilés
    https://www.caducee.net/actualite-medicale/14932/coronavirus-90-des-contaminations-se-produiraient-de-facon-aeroportee-dans-

    La littérature médico-scientifique présente un ensemble d’indices concordants qui tendent à prouver que les contaminations par le biais d’aérosols sont non seulement plausibles, mais hautement probables dans certains foyers épidémiques. Les situations à risque de contamination sont dans leur grande majorité celles qui associent des lieux clos, mal ventilés, à forte densité humaine avec une durée d’exposition d’au moins plusieurs dizaines de minutes.

    Au vu de ces éléments, le principe de précaution devrait imposer aux autorités sanitaires de recommander le port de masque FFP2 pour tous les travailleurs contraints de travailler dans de telles conditions. À commencer par tous les professionnels de santé, notamment ceux de premiers recours et bien évidemment ceux qui travaillent dans des unités COVID-19.

    Le renouvellement de l’air dans les environnements intérieurs devrait également être une priorité. L’ouverture des fenêtres, l’augmentation des débits d’airs, le fonctionnement en continu des systèmes de ventilation sont autant de mesures relativement faciles à mettre en œuvre et probablement d’une grande efficacité. Quant au recyclage de l’air par des systèmes de ventilation qui fonctionnent en circuit fermé, ces procédés devraient être autant que possible limités voire stoppés dans l’attente de preuves irréfutables.

    Au contraire dans les milieux extérieurs, les risques sont d’autant plus faibles que la dilution dans l’air des aérosols y est importante et qu’il n’y a pas d’attroupement de longue durée. Ce qui plaide en faveur d’une levée ou d’un allègement des restrictions concernant la fréquentation des parcs, jardins et sites naturels, mais aussi des restaurants ou des bars qui peuvent proposer des repas ou des boissons sur des terrasses extérieures.

    #COVID-19 #coronavirus #infection #transmission #contamination
    #Ouvrez_les_parcs

  • Terrible arnaque dont sont victimes les travailleurs éthiopiens au Liban au moment de leur départ dans le contexte de crise économique et de COVD-19

    Thread by ZekuZelalem: Lebanon: Flights carrying the last of the Ethiopian migrants, who managed to pay the $550 US evacuation fee to the Ethiopian consulate, will…
    https://threadreaderapp.com/thread/1262318969970741248.html

    Lebanon: Flights carrying the last of the Ethiopian migrants, who managed to pay the $550 US evacuation fee to the Ethiopian consulate, will lift off from Beirut for Addis Ababa starting Wednesday . They’ll have hundreds more to pay in quarantine fees over two weeks.
    Perhaps the greatest tragedy for those leaving...is that they paid up to 5 months worth of salary to the consulate in US$, a currency that has disappeared from Lebanese banks....just to hear that the Lebanese gov had waved all immigration related fees for undocumented migrants.

    #Liban #migrants #exploitation #vol

  • Un mathématicien démonte une étude épidémiologique confortant le bien fondé de la politique du gouvernement
    https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-02568133v3/document

    Au terme de cette étude mathématique, il apparaît ainsi que 17 auteurs de 10 laboratoires - dont les noms comptent parmi les plus connus au monde - n’ont aucune compétence pour traiter des questions d’épidémiologie.
    En réalité, cet article n’est en aucun cas un article qui pourrait remplir un quelconque critère de qualité pour publication et encore moins pour des gouvernants.
    Totalement illisible, truffé d’erreurs grossières, d’incompréhensions notoires sur des notions mathématiques parmi les plus élémentaires, ce papier ne visait en fait qu’à servir un pouvoir avide de justifications - scientifiques - de sa politique : le confinement et la surveillance généralisée via des mesures de contrôle.
    Il n’y a aucun scientifique dans cette liste d’auteurs. Seulement de nouveaux Lyssenko en puissance, dangereusement empressés de pouvoir jouer un rôle dans la conduite d’une politique liberticide du pays.
    À vous les pseudos épidémiologistes qui vous permettez ainsi d’insulter la science tout en vous félicitant d’éclairer le monde de vos merveilleuses compétences, nous répondons ici que vous ne semez que l’ignorance barbare. Vous servez docilement, par des trucages scientifiques, les dirigeants qui prétendent museler la contestation de leur politique au nom de la science.
    À jamais honte à vous.

    #sciences #épidémiologie #mathématiques #probabilités #confinement

    • J’avoue ressentir une totale fatigue intellectuelle sur ces sujets.

      Si même Pasteur publie des papiers politiques maquillés en papiers techniques, on fait quoi pour avoir une idée un tout petit peu... sereine de ce qu’il se passe ?

      Et ceci dit, le papier technique de ce mathématicien est difficile à lire. Et ses élans trollesques ne simplifient pas le propos.

    • Je ne sais pas ce que vaut cette critique mathématique. Mais, depuis le début du Barouf Raoult beaucoup de gens crient à l’hérésie, trouvent absolument incroyable ces petits arrangements avec le protocole scientifique. Alors qu’il ne s’agit pas du tout d’une exception mais bien du déroulement normal de la production scientifique. Je n’ai pas vu de textes allant dans ce sens, si vous en avez sous le coude je suis preneur. Merci !

    • C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses. Il se risque lui aussi à des prédictions, peut-être que son modèle mathématique est plus sérieux mais on n’est pas à l’abri qu’il oublie certains paramètres qui sortent de son domaine de compétence. Juste un d’ailleurs : il parle de la Suède comme n’ayant pas confinée sa population. Il se trouve que j’écoutais Antoine Flahault (un médecin épidémiologiste) il y a quelques jours qui expliquait qu’en Suède il n’y avait pas eu besoin de confinement imposé par la loi parce que la population s’est auto-confinée de son propre chef (il prenait l’exemple d’un week-end prolongé où normalement les habitants vont sur la côte : cette année il n’y avait personne), les consignes sanitaires étant très bien suivies et sans doute mieux expliquées par le pouvoir qu’en France (ce n’est pas compliqué). Il n’est pas impossible que le confinement à la mode Suédoise a été à peu près équivalent au confinement français, qui était loin d’être le plus strict.

  • Loos-en-Gohelle 1/2 : du noir au vert, la mise en récit d’une transition - La Traverse
    https://latraverse.lepodcast.fr/loos-en-gohelle-1-slash-2-du-noir-au-vert-la-mise-en-recit-dune

    Loos-en-Gohelle, commune de 7000 habitant.e.s dans le bassin minier du Pas-de-Calais, est aujourd’hui connue en France, en Europe et dans le monde comme une référence en matière de transition écologique et sociale. Cette ville “pilote” du développement durable a pourtant subi un choc socio-économique majeur dans les années 1980, lié à la fermeture des dernières mines, qui ne la prédestinait pas à une telle notoriété.

    Alors comment l’expliquer ? Comment la ville, sur les friches de l’industrie minière, s’est-elle tournée vers l’écologie ? Comment, concrètement, la ville est-elle passée “du noir au vert” ? Est-ce réplicable, ou propre au contexte local ?

    Ce premier volet du double épisode décrit la démarche de mise en récit et la manière dont celle-ci a déterminé les orientations stratégiques locales.

    Intéressant reportage qui fait entendre les voix des acteurs publics locaux sur la généalogie du projet de reconquête d’une fierté culturelle et des étapes de la construction d’un référentiel d’action environnementaliste.
    On peut regretter que les dimensions socio-politiques de cette transformation ne soient pas interrogées, notamment dans une perspective comparative, sachant qu’une partie du bassin houiller a été conquis par l’extrême-droite. Qu’est ce qui a évité à Loos cette trajectoire ? Quelles ressources politiques et financières, quelles alliances locales et régionales expliquent la transition de Marcel Caron (maire PS) à son fils écologiste Jean-François Caron, et ont rendu possibles des projets comme celui de la labellisation UNESCO de la chaîne des terrils (rôle des autres communes, du département, de la région, de l’Etat ?). Est-ce que la petite taille de la commune explique quelque chose ? Est-ce que les projets mis en oeuvre depuis maintenant une vingtaine d’années se traduisent par des changements dans la population, en termes socio-économiques ? Bref, une expérience passionnante mais pas vraiment expliquée dans ce premier volet du reportage. Peut être est-ce prévu dans la deuxième partie
    #écologie #reconversion #Pas-de-Calais

  • Risque de transmission aéroportée du coronavirus SARS-CoV-2 : de l’importance du port du masque et de locaux bien ventilés – Réalités Biomédicales
    https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/05/09/risque-de-transmission-aeroportee-du-coronavirus-sars-cov-2-de-limportance-d

    Porter un masque et éviter les attroupements

    Les résultats de cette étude ont d’importantes implications en matière de prévention tant en santé publique que pour la protection du personnel médical, estiment les chercheurs chinois. Ils insistent sur la nécessité d’une ventilation des locaux et sur la désinfection de petites pièces non ventilées, en particulier des toilettes qui peuvent représenter une source de propagation du virus.

    Enfin, concernant les mesures de protection individuelle dans la population générale*, les chercheurs insistent sur l’importance du port du masque pour réduire le risque potentiel de propagation du virus ainsi que sur la nécessité d’éviter la foule, autrement dit, selon eux, de maintenir une distanciation physique de deux mètres, voire de trois mètres. Un message qu’il convient que chacun ait à l’esprit à partir du lundi 11 mai au moment de la levée du confinement en vigueur en France depuis sept semaines.

    #COVID #masques

  • Major Setback for Lebanon’s Oil and Gas, by Carole Nakhlé
    http://lcps-lebanon.org/featuredArticle.php?id=297

    For many years, 2020 will be remembered as the year that brought the world economy on its knees and oil markets with it. The COVID-19 pandemic has caused unprecedented challenges to countries over the world. Economies, which until recently were considered robust, have been hit hard and their recovery pattern looks patchy. For a country like Lebanon, with its economic structures already dissolving and engulfed by a self-inflected major domestic crisis, the impact is much more severe.

    The negative results from the exploration activity that oil giant Total and its partners carried out in Block 4 in Lebanese waters add another strong blow. It is true such an outcome is common in the industry particularly in hardly explored provinces. However, under the current gloomy oil market conditions, exploration spending will be significantly curtailed, further delaying Lebanon’s eagerly and long-awaited dream of joining the busy club of oil and gas producers. Even when, and if, that materializes, it will not be an easy ride for Lebanon in an already highly competitive market.

    The government cannot and should not pin its hope on the oil and gas sector to salvage its failing economy and should immediately tackle the root causes of the domestic turmoil irrespective of the state of the oil and gas industry.

    [...]

    The negative results from the first exploration in Block 4 do not mean game over for Lebanon. It means however that unless the situation in global oil markets changes drastically, investing in exploration activity in the country will become more precarious.

    #gaz #Liban #crise

  • Riad Salamé, la faillite du « magicien » libanais
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/02/riad-salame-la-faillite-du-magicien-libanais_6038429_3234.html

    Cependant, en tant que cerveau de la politique monétaire, aux manettes sous onze gouvernements successifs, sa part dans le désastre est plus grande que beaucoup d’autres. « Il est le trésorier du système, la pompe à finances qui a permis à tous ces gens de se maintenir au pouvoir, estime Sibylle Rizk, directrice des politiques publiques de l’ONG Kulluna Irada. Le rôle d’un banquier, face à un client insolvable, c’est de le lui dire, et s’il n’est pas écouté, de se retirer. Ce qu’il n’a jamais fait ». Riad Salamé n’a pas répondu aux questions que Le Monde lui a fait parvenir.
    [...]
    Le montant de l’emprunt public, qui était de 2,3 milliards de dollars en 1992, passe à 35 milliards fin 2004. Au lieu de stopper l’hémorragie, les grands-messes des bailleurs de fonds, Paris II en 2002 et Paris III en 2007, alimentent la machine infernale. Lors de la seconde conférence, Riad Salamé est fêté par Jacques Chirac, qui le fait asseoir au siège réservé au ministre libanais de l’économie. Rares sont ceux qui s’alarment du peu d’empressement des responsables politiques à mettre en œuvre les réformes promises.
    [...]
    ’aura du gouverneur se renforce encore après le krach de 2008. Non content d’avoir su protéger la livre libanaise des tornades de 2005 (l’assassinat de Rafic Hariri) et 2006 (la guerre Israël-Hezbollah), le grand manitou de la stabilité parvient à sanctuariser le Liban durant la tempête des subprimes. « Meilleur banquier central du monde », « meilleur banquier central du Moyen-Orient » : les récompenses pleuvent. On lui prête même des ambitions présidentielles.

    Considéré comme une place refuge, le pays du Cèdre voit alors le montant des transferts de la diaspora s’envoler. « Vingt milliards de dollars sont arrivés entre 2006 et 2010, se remémore Dan Azzi. Si vous aviez fait un sondage, 99 % de la population aurait dit que Salamé était un saint. Et qu’a-t-on fait avec cet argent ? Des tours de bureaux clinquantes et des hausses de salaire dans la fonction publique. »

    Le mirage se dissipe à partir de 2014. A cause de la guerre en Syrie, de la chute des cours du pétrole et du refroidissement des relations entre le Golfe et Beyrouth, les entrées de capitaux ralentissent. Pour continuer à pomper l’argent des épargnants, et donc à financer l’Etat, Salamé monte de très complexes opérations d’échange de titres de dette entre les banques et la BDL.

    « Ces ingénieries financières ont consisté, pour la banque centrale, à récupérer les dollars des banques contre une somme équivalente en livres et un très fort taux d’intérêt, explique Sami Zoughaïb, analyste au Lebanese Center for Policy Studies. C’était une politique à courte vue, semblable à une pyramide de Ponzi. La BDL a vidé les banques de leurs réserves de billets verts au profit d’un Etat insolvable. » « Le drame de Salamé, c’est qu’il a toujours fait face à un Etat absent, nuance un banquier d’affaires qui tient à rester anonyme. Il a un client inconscient et qui ne fait pas son travail », ajoute-t-il en référence au serpent de mer des réformes.

    Le prestidigitateur de la rue Hamra fait illusion jusqu’au début de 2020. Il est vrai que la BDL est l’un des plus gros annonceurs de la presse libanaise. Lorsqu’il apparaît, en janvier, dans l’un des talk-shows télévisés les plus regardés, sur la chaîne MTV, il obtient de choisir le public et que l’émission soit préenregistrée. « Il aime les louanges, c’est son faible, confie un banquier qui le connaît bien. La presse a été mise aux ordres, avec des enveloppes. Il était celui qui savait, alors que les autres ne savaient rien. »
    [...]
    D’autres que lui auraient démissionné. Mais l’ancien élève des jésuites, dont le mandat court jusqu’en 2023, reste droit dans ses bottes.

    Est-ce de l’hubris ? Les Etats-Unis, qui l’ont obligé à couper les sources de financement locales du Hezbollah, le mouvement chiite pro-iranien, le protègent-ils ? Ou en connaît-il tellement sur les dirigeants du pays qu’il est devenu intouchable ? En dépit de ses rodomontades, le premier ministre ne paraît pas près de le débarquer. Le mauvais génie du système monétaire libanais n’a pas fini de faire parler de lui.

    #corruption #Liban #finances #dette #déficit

  • La nécessaire autocritique du monde du football
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/02/la-necessaire-autocritique-du-monde-du-football_6038437_3232.html

    Voilà un secteur qui brasse des millions depuis vingt ans et qui n’a pas pris la peine d’assurer ses arrières en prévision des jours mauvais. Voilà des clubs où, selon un calcul effectué par L’Equipe, le salaire moyen est de 94 000 euros brut par mois. Voilà un sport, certes extrêmement populaire, que la hausse constante des droits télévisés, l’envol des prix des transferts des joueurs et les commissions versées aux agents ont transformé en empire financier. Et voilà des clubs, y compris de Ligue 1, comme le PSG, l’OM, Monaco, Reims, Nice ou Brest, qui ont demandé à bénéficier du dispositif du chômage partiel, c’est-à-dire de l’aide de l’Etat, pendant la pandémie.

    A la diète les gars...
    #football #financiarisation

  • Corona Chroniques, #Jour47 - davduf.net
    http://www.davduf.net/corona-chroniques-jour47

    12h, une poignée de volontaires des #Brigades_de_Solidarité_Populaire gagne la place du marché Croix de Chavaux à #Montreuil. Dans leurs cageots, des invendus de Rungis, qu’ils sont allés chercher hier, des fruits qu’ils ont triés, et des légumes qu’ils distribuent à une centaine de pauvres parmi les pauvres, les confinés de TOUT ; geste simple et magnifique, geste barrière suprême, « élan solidaire et autogestionnaire », comme ils disent ; une solidarité pensée, qui doit plus à l’Après qu’à l’Avant, à l’autodéfense qu’à la charité. Depuis le #Corona, le camion des BSP (création italienne, depuis internationale) maraude dans les quartiers populaires, un camion fait des tournées en continu, deux cantines mitonnent des repas prêts pour ceux qui n’ont même pas de cuisine.

    Mais 13h20, les voitures de police qui pimponnent. Mais 13h20, les motos des voltigeurs qui débarquent. Mais 13h20, #Lallement qui fait sonner la troupe. C’est brigades contre brigades, braves contre #BRAV (Brigades de Répression de l’Action Violente Motorisées). La distribution gratuite de denrées est interrompue. On nasse, on verbalise, pour manifestation non déclarée. Aux Brigadistes de rue — gantés, masqués, gelés — qui se plaignent d’être contrôlés comme Avant, sans précautions sanitaires ni distance d’aucune sorte, les Brigadistes de #préfecture rétorquent comme dans un aveu de l’Ordre imbécile : « Vous n’avez rien à dire, vos masques ne sont pas aux normes. »

  • C’est tout à fait transparent : pour les États-Unis, le « soutien » économique au Liban est conditionné au fait que le gouvernement y lutte contre l’« influence » du Hezbollah. En réponse à la demande du gouvernement libanais auprès du FMI, David Schenker exige des « réformes », de la transparence et de la lutte contre la corruption ; dont il donne un unique exemple : le financement des activités du Hezbollah…

    Lebanon’s IMF request a ‘necessary first step’, says senior US official - The National
    https://www.thenational.ae/world/the-americas/lebanon-s-imf-request-a-necessary-first-step-says-senior-us-official-1.1

    The US is reviewing the plan and will be looking for major reforms.

    “I don’t want to prejudge what the IMF may be looking for but it has to meet a level of transparency and a full commitment to this,” Mr Schenker said.

    He said he expected rigorous conditions to be set by international institutions in implementing the reform plan, requiring commitment across the political spectrum in Lebanon.

    Hezbollah, the Lebanese political and militant organisation, has in the past voiced reservations about requesting IMF help.

    “Hezbollah is not known for its support for reforms," Mr Schenker said. "This is an organisation that funds its activities through illicit finance, corruption ….

    “Reform at the ports that collects revenues is not going to be appreciated by everyone in Lebanon.”

    Controlling borders, closing illegal passages and fixing Customs procedures are some of the reforms for which the international community has been asking, and they could undermine Hezbollah’s influence.

  • Covid-19 : analyse spatiale de l’influence des facteurs socio-économiques sur la prévalence et les conséquences de l’épidémie dans les départements français
    https://economix.fr/uploads/source/media/MA_GA_NL-Covid19_2020-04-18.pdf

    Cette recherche met en évidence que, au-delà de l’importance des caractéristiques individuelles comme facteurs explicatifs de la probabilité de contracter la Covid-19 et de ses conséquences, les
    éléments liés au contexte économique, démographique et social interviennent également. Les départements les plus denses, les plus inégalitaires ainsi que ceux dans lesquels la part d’ouvriers est la
    plus élevée se sont en effet révélés les plus vulnérables. Ces caractéristiques soulignent d’abord la complémentarité entre les politiques de santé d’une part et les politiques sociales et de redistribution de l’autre. Le rôle des services d’urgence comme facteur de réduction des manifestations de l’épidémie va dans le même sens. Il montre en effet qu’en présence d’inégalités les services publics, en l’occurrence de santé, permettent de protéger les populations de la maladie et de réduire les décès. Ensuite, en
    mettant en évidence le rôle de la densité démographique, cet article rappelle que les départements ruraux ou les moins peuplés ne sont pas les plus vulnérables mais que les territoires métropolitains
    présentent aussi des faiblesses au niveau de la prise en charge des malades qu’il est important de considérer. Enfin, les disparités locales et les effets de débordement que nous avons mis en évidence
    vont dans le sens d’une régionalisation poussée de la mise en œuvre des politiques de santé. Menées au plus près des territoires, ces dernières peuvent en effet être en mesure de mieux prendre en
    considération les effets de proximité géographique et socio-économiques qui prévalent au niveau de leur périmètre d’action et, ainsi, être mieux à même d’affecter les ressources humaines et financières.

    #COVID-19 #densité #inégalités_sociales #santé #urgences

  • Multiples idées pour poursuivre le bradage des actifs publics libanais au profit du « secteur privé » paré de toutes les vertus, et l’esquisse d’une réflexion sur qui gouverne...
    Plan de redressement : que propose l’alternative de Ziad Hayek et Gérard Charvet - Philippe HAGE BOUTROS - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1215098/plan-de-redressement-que-propose-lalternative-de-ziad-hayek-et-gerard

    Pour y parvenir, les deux experts prévoient, comme d’autres avant eux, d’utiliser les actifs de l’État pour rembourser une partie de sa dette, mais en passant par la création, via une loi, d’une « société de désendettement » dans laquelle seront transférées plusieurs infrastructures et entreprises appartenant directement ou indirectement à l’État : réseaux fixes et mobiles, la compagnie aérienne nationale Middle East Airlines (MEA) et ses filiales, Électricité du Liban, etc.

    Cette société devra restructurer, valoriser puis privatiser ces actifs dans une période allant de cinq à dix ans afin de générer des revenus qui permettront de rembourser la dette, une partie du surplus pouvant alors revenir dans le giron de l’État. Sa direction serait assumée par des experts soumis à un comité de surveillance composé de membres de la société civile, de dirigeants de banque et des institutions financières internationales, soit les trois parties prenantes mises à contribution pour redresser le pays.

    Les sociétés – celle de désendettement et celles des actifs qu’elle privatisera – pourraient être cotées à la Bourse de Beyrouth et leurs actions seraient alors échangées contre des titres de dette émis, à hauteur de 25 milliards de dollars. Pas moins de 56 % de ce total serait échangé contre des titres de dette (livres et dollars) appartenant à la BDL pour 44 % contre des titres appartenant aux banques, ce qui permettra dans l’immédiat d’alléger leurs bilans respectifs, notamment en dollars. « Les actifs de l’État vaudront davantage s’ils sont efficacement réorganisés et le lancement de ce chantier peut en même temps être un catalyseur pour l’activité économique s’il est bien piloté », juge Ziad Hayek. S’il est difficile de les évaluer avec exactitude, une estimation basée sur les valeurs de sociétés comparables cotées avant l’effondrement boursier permettait d’espérer 18 milliards de dollars, sans prendre en compte la valeur de l’EDL et de l’Office de distribution des eaux à réorganiser avant cession, assurent Gérard Charvet et Ziad Hayek.

  • Quand la Jordanie apporte son aide médicale aux Etats-Unis... Coronavirus : Jordan to send doctors, medical equipment to United States | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/news/coronavirus-jordan-send-medical-equipment-doctors-us

    Jordan will send doctors and medical equipment to the United States after Amman’s aggressive measures to contain the coronavirus saw numbers remain below double digits for a tenth consecutive day.

    In an interview with CBS News’ “Face the Nation” programme on Sunday, King Abdullah II said Amman would send the supplies to its staunch ally as Washington struggles to battle the pandemic, with the number of deaths across the country topping 40,000.

    #coronovirus #covid-19 #Jordanie

  • Les forages gaziers de Total, ENI et Novatek au large du Liban révéleraient, selon des informations encore non officielles, la découverte de gisements d’une taille très importante. Ce site s’enthousiasme même, alors que le pays connaît une crise économique et financière particulièrement grave, et compare le Liban au Qatar et à la Russie...

    بعد إعلان توتال عن وجود الغاز في البلوك رقم 4 بكميات كبيرة.. من هي الدول المنافسة للبنان؟
    http://www.eliktisad.com/news/show/443351/%D8%A8%D8%B9%D8%AF-%D8%A5%D8%B9%D9%84%D8%A7%D9%86-%D8%AA%D9%88%D8%AA%D8%A


    #Liban #gaz

  • Maxime Combes sur la chute des prix du #pétrole : « Que faut-il en conclure à ce stade ? Laisser les marchés financiers décider des prix des matières premières en situation d’incertitude radicale et de dépression économique est une aberration totale. Sortons notre avenir énergétique des mains de la finance. » / Twitter
    https://twitter.com/MaximCombes/status/1252319623460126722
    La suite des tweets explique très bien les mécanismes spéculatifs en cause. #énergie #bourse #finance

  • COVID-19 / Prof. Dr. med. Dr. hc Paul Robert Vogt – Considerations of a concerned Swiss citizen | CO-OP NEWS

    Un papier dense et très éclairant

    https://cooptv.wordpress.com/2020/04/14/covid-19-prof-dr-med-dr-hc-paul-robert-vogt-considerations-of-a-co

    Foreword: why am I taking a position?

    For 5 reasons:

    1. I have been working with EurAsia Heart – A Swiss Medical Foundation in EurAsia for more than 20 years, have worked in China for almost a year and have had a continuous connection to the Union Hospital of Tongji Medical College / Huazhong University for 20 years of Science and Technology »in Wuhan, where I have one of my four visiting professorships in China. I have been able to maintain the 20-year connection to Wuhan constantly in the current times.

    2. COVID-19 is not only a mechanical ventilation problem, it affects the heart in a similar way. 30% of all patients who do not survive the intensive care unit die for cardiac reasons.

    3. The last possible therapy for lung failure is an invasive cardiological or cardiosurgical one: the use of an «ECMO», the method of «extracorporeal membrane oxygenation», ie the connection of the patient to an external, artificial lung, which is used in this The clinical picture can take over the function of the patient’s lungs until it works again.

    4. I was asked – quite simply – for my opinion.

    5. Both the level of media coverage and a large number of reader comments are not to be accepted without contradiction in terms of facts, morality, racism and eugenics. You urgently need an objection based on reliable data and information.

    The facts presented come from scientific papers which have undergone a peer review and have been published in the best medical journals. Many of these facts were known until the end of February. If you had taken note of these medical facts and had been able to separate ideology, politics and medicine, Switzerland would most likely be in a better position today: we would not have the second most COVID-19-positive people worldwide and one per capita significantly smaller number of people who lost their lives in the context of this pandemic. In addition, it is very likely that we would have no partial, incomplete lockdown of our economy and no controversial discussions about how we can „get out of here“.

    I would also like to note that all of the scientific works I mention are available from me in their original form.

    • The lifting of the „lock-down“, or the return to what we perceive as normal, is certainly everyone’s wish . Nobody can predict which steps will lead to negative consequences when returning to normalization – that is, if the infection rate flares up again. Every step towards easing is basically a step into the unknown.

      We can only say what is not feasible: an active infection of the non-risk groups with the COVID-19 virus is surely an absolute fantasy. It can only come to mind people who have no idea about biology, medicine and ethics:

      – it is certainly out of the question to deliberately infect millions of healthy citizens with an aggressive virus of which we actually know absolutely nothing, neither the extent of the acute damage nor the long-term consequences;
      – the greater the number of viruses per population, the greater the chance of an accidental mutation, which could make the virus even more aggressive. So we should definitely not actively help to increase the number of viruses per population.
      – The more people are infected with COVID-19, the more likely it is that this virus will adapt to humans “better” and become even more disastrous. It is assumed that this has already happened before.
      – with government reserves of 750 billion ostensibly, it is ethically and morally reprehensible to infect millions of healthy individuals for mere economic considerations.
      – The deliberate infection of healthy people with this aggressive virus would acutely undermine one of the fundamental principles of the entire medical history from pure, short-term economic „concerns“: the principle of the „primum nil nocere“. As a doctor, I would refuse to take part in such a vaccination campaign at all.

    • ouaouh, les recommandations bibliographiques minimales pour comprendre la situation globale…

      Instead of parroting senseless propaganda, one should perhaps deal with authors who actually have something to say at a high level, such as:

      • Pankaj Mishra: „From the ruins of the empire“
      • Kishore Mahbubani: „The Asean Miracle. A Catalyst for Peace“
      • „Has the West lost it?“
      • „Can Asians think?“
      • Lee Kuan Yew: „One man’s view of the world“
      • David Engels: „On the way to the empire“
      • Noam Chomsky: „Who rules the world“
      • Bruno Macàes: „The Dawn of Eurasia“
      • Joseph Stiglitz: „Rich and poor“
      • Stephan Lessenich: „The Deluge Beside Us“
      • Parag Khanna: „Our Asian Future“

      Reading does not mean that all these authors are right in everything. But it would be of great value for the West – including Switzerland – to replace know-it-all, ignorance and arrogance here and there with facts, understanding and cooperation. The only alternative is to try to eliminate our supposed competitors sooner or later in a war. Everyone can decide for themselves what to think of this “solution”.

      In this sense, one can only hope that humanity will remember better. Dreaming is always allowed.

      #on_peut_toujours_rêver

    • En revanche « With a budget of 85 billion, Switzerland – in terms of the number of corona patients per 1 million population – made it to second place worldwide. » c’est pas tout à fait juste ; avec (ce jour) 15 morts p. 100 000, la Suisse est derrière la Belgique (50), l’Espagne (45), l’Italie (40), la France (32), UK (24), les Pays-Bas (22), et à égalité avec la Suède.