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  • Une économie des communs négatifs
    par Alexandre Monnin- AOC media
    https://aoc.media/opinion/2022/11/28/une-economie-des-communs-negatifs

    L’écologie ne peut se penser comme un retour à la nature (ou à une époque antérieure, post industrielle, post-civilisationnelle, etc.) sous peine de porter avec elle un arrière-plan malthusien ou exterminisme.

    Son défi est désormais d’être une écologie des milieux impurs dans lesquels une part grandissante de l’humanité évolue qui cherche à négocier un passage étroit entre deux écueils : l’abandon brutal et immédiat des infrastructures, technologies et modèles – ce que j’appelle des communs négatifs – dont cette part croissante de l’humanité dépend un peu plus chaque jour, ce qui ne saurait se faire à très court terme, et le maintien de ces mêmes réalités à moyen terme.
    [...]
    La tentation est grande en effet, au-delà même des cosmologies, de puiser dans les savoirs du Sud générés en réponses à des situations de crises, situations dès lors valorisées au-titre d’une anticipation d’événements dramatiques à venir au Nord (hausse du niveau de l’eau, des températures, tropicalisation du climat, etc.).

    Les peuples autochtones ou les habitants d’Haïti seraient ainsi les éclaireurs des peuples du Nord, prenant les risques dont ces derniers entendent se préserver en observant la capacité d’adaptation des premiers.
    [...]
    Ceux qui pointent la responsabilité des pays du Nord ont tendance à rejeter le mot « Anthropocène » et à lui en substituer d’autres : Capitalocène, Anglocène, Androcène, etc. Il en existe mille et une variantes. On peut accepter cette responsabilité historique sans céder à l’ensemble des arguments des promoteur-ices de la notion de Capitalocène. Un point nous semble pourtant décisif : loin d’être une avant-garde, il faut penser le Nord Global comme le porteur et le témoin des futurs obsolètes, qui n’ont d’ailleurs, comme le souligne l’écrivain Amitav Ghosh[6], jamais eu vocation à advenir à l’échelle du Globe. L’échange écologique inégal, ainsi nommé par l’anthropologue Alf Hornborg[7], a vocation à le rester.

    Nul artifice ne permettra une généralisation à la population entière du mode de vie californien sans doute l’un des plus marketé à l’échelle du globe en dépit de sa nocivité fondamentale – pour prendre un exemple hélas aussi archétypal que caricatural. Si ces futurs sont obsolètes, il s’agit alors d’hériter à la fois de leurs matérialisations passées et des projets qui adviennent encore chaque jour en leur nom, les « ruines ruineuses » du présent et de l’avenir, à démonétiser symboliquement de toute urgence. Hériter du passé comme de l’avenir, dans un même geste.
    [...]
    Partant du principe qu’aucune transition ne pourra s’accomplir simplement en verdissant l’existant et que tout ne pourra être maintenu en garantissant les conditions d’habitabilité sur Terre, la redirection écologique pose la nécessité de procéder à des arbitrages démocratiques. Qui ne seront pas les mêmes partout et pour tout le monde car nous héritons collectivement des infrastructures de ce que le philosophe Olúfẹmi O. Táíwò[8] appelle the Global Racial Empire, qui opère une distribution des richesses, des biens de première nécessité ou des opportunités, tout à fait inégale.
    [...]
    comment faire changer la trajectoire de modèles (économiques, distributifs, juridiques, managériaux, etc.), d’infrastructures, de technologies non seulement vectrices d’inégalités mais qui détruisent l’habitabilité du monde ? Pour ce faire, il s’agit de les reconnaître pour ce qu’ils sont, de véritables communs négatifs ouvrant sur une nécessaire réappropriation collective à de multiples échelles. Surtout, il convient d’éviter un écueil majeur : les populations attachées, volontairement ou involontairement à ces réalités sont de plus en plus nombreuses, au Nord mais aussi dans le Sud Global, en dépit de l’immense hétérogénéité des situations, ne peuvent s’en extraire et s’en départir du jour en lendemain. En même temps, le business as usual est exclu à moyen terme. Tout l’enjeu consiste donc à emprunter une ligne deux crêtes entre ces deux écueils, qui sont aussi deux positions implicitement exterministes.
    C’est ici que doit s’affirmer le devoir historique des nations et peuples du Nord. Car il s’agit bien de prolonger le fil ouvert par les révolutions industriels et le régime métabolique minier[9] qui a consisté à tirer du sol de nouvelles sources d’énergie qui sont devenues à leur tour la matrice de nouvelles technologies, de nouvelles infrastructures et d’une nouvelle civilisation marquée par des modalités de subsistance impossible à congédier ou à prolonger.

    Des modalités de subsistance qui n’appellent pas nécessairement à passer uniformément sous les fourches caudines des limites planétaires mais à négocier précisément ce à quoi il faut renoncer et qu’il faut tâcher de maintenir pour que la recherche de capacités nouvelles de subsistance ne soit pas un eugénisme masqué des corps sains, enfin libérés des entraves de la Technosphère et rendu à une Nature accueillante.
    [...]
    Face à la dégradation de l’habitabilité, il s’agit d’opérer les nécessaires fermetures pour libérer des espaces où des milieux désormais impurs, comportant des poches de technicités mises par exemple à profits pour perpétuer des soins aux corps le nécessitant, pourront subsister.
    [...]
    Tirer le fil, donc, pour se positionner en arrière-garde d’un monde à venir, composant avec de multiples milieux interlopes.

    Ce rôle d’arrière-garde est généralement échu aux populations indigènes ou aux Nations en passe d’être engloutis par les flots ou sacrifiées pour le maintien du statu quo extractiviste. Têtes de ponts des changements induits par l’Anthropocène, privées d’avenir, et en même temps, avant-garde résiliente, malgré elles, au service des nations du Nord avides de mettre à profit les leçons ainsi glanées. Le statut d’arrière-garde doit être assumé. Prises dans un passé, un héritage, auquel elles se confrontent, les nations du Nord ont vocation à permettre à d’autres pays de représenter l’avant-garde de demain et de négocier avec cette modernité impossible selon leurs propres termes, en s’inspirant à leur guise des savoirs et des arts de la fermeture qu’il est impératif d’expérimenter aux Nord.

    Pour ne pas demander à d’autres d’être nos poissons-pilotes, pour ne pas attendre mais susciter ces bascules, à la fois politique et techniques, pour qu’un premier exemple, coupé de l’attente d’un retour sur investissement ou d’un avantage concurrentiel, ouvre la brèche nécessaire.
    [...]
    Au Nord, désormais, la vie bonne est celle qui prendra en charge les communs négatifs, qui travaillera à les démanteler proprement, avec soin. Premier exercice concret et constructif de réparation[10]. Manière d’assumer une responsabilité historique.

    #décroissance #post-croissance #anthropocène #effondrement

  • NewMed Energy CEO : Morocco will become the next energy hub - The Jerusalem Post
    https://www.jpost.com/business-and-innovation/article-722899
    https://images.jpost.com/image/upload/f_auto,fl_lossy/t_JD_ArticleMainImageFaceDetect/519627

    NewMed Energy is investing in Morocco, said Abu, in three areas – natural gas, renewable energy, and hydrogen. “We believe that Morocco has a vast potential for natural gas discoveries, primarily in the Moroccan Sahara,” he said.

    NewMed has recently signed an agreement with Enline, Israel’s leading renewable energy company, and will be working with them in MENA countries, including Morocco. The company is also involved in the extensive development of green and blue hydrogen in the region. “We are supplying an enormous amount of energy to our region, we want to be an important player in Morocco, and we are coming to invest,” he said.

    Le #pétrole, et plus largement l’#énergie, derrière le raprochememnt entre #Israël et le #Maroc comme le dit le titre de cet article en arabe ?
    https://www.raialyoum.com/%d8%a3%d8%b7%d9%85%d8%a7%d8%b9-%d8%a5%d8%b3%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d9%84

  • Grâce à Poutine, le monde s’intéresse soudain à l’occupation israélienne
    17 novembre | Victor Kattan pour Haaretz | Traduction J.Ch. pour l’AURDIP
    https://www.aurdip.org/grace-a-poutine-le-monde-s.html

    Le monde a finalement reconnu le besoin d’interroger l’occupation israélienne vieille de 55 ans du territoire palestinien. Et l’avis rendu par la CIJ à l’Assemblée Générale de l’ONU aura des répercussions non seulement sur le conflit israélo-palestinien, mais sur la guerre de la Russie sur l’Ukraine.

    Le vote de la semaine dernière aux Nations Unies a marqué un tournant décisif. Pour la première fois, on demandait au principal organe judiciaire de l’ONU de donner un avis sur la légalité de l’occupation israélienne de 55 ans du territoire palestinien – à savoir Jérusalem Est, la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

    La Commission des Questions Politiques Spéciales et de la Décolonisation des Nations Unies a approuvé un projet de résolution de neuf pages sur les pratiques et les activités coloniales d’Israël qui affectent les droits du peuple palestinien pour demander un deuxième avis consultatif – composé de deux questions – à la Cour Internationale de Justice. (...)

    #IsraelONU

    • Diplomatie. À l’ONU, le torchon brûle entre Israël et l’Ukraine
      Courrier International – 17 novembre 2022
      https://www.courrierinternational.com/article/diplomatie-a-l-onu-le-torchon-brule-entre-israel-et-l-ukraine

      Depuis le début de l’invasion russe, les relations entre les deux pays se sont fortement détériorées. Les autorités ukrainiennes reprochent à l’État hébreu de ne pas fournir d’aide militaire à Kiev, tandis qu’Israël accuse l’Ukraine de soutenir aveuglément les Palestiniens.

      (...) Dans le journal israélien Yediot Aharonot, le chroniqueur Itamar Eichner relève que “de toute évidence, l’Ukraine entend ainsi faire payer à Israël sa neutralité dans le conflit russo-ukrainien et son refus d’offrir un appui logistique et militaire à Kiev face à Moscou ”.

      Le vote de l’Ukraine à l’ONU a suscité la colère de Gilad Erdan, ambassadeur israélien à l’ONU, ce dernier accusant Kiev de s’aligner ainsi sur la position russe, “un comble”.

      Vengeance ou prévoyance ?

      Trois jours plus tard, le 14 novembre, l’Assemblée générale confirmait un autre vote exigeant de la Russie le paiement de réparations à l’Ukraine pour les pertes et les dommages infligés durant le conflit. Lors de ce vote, Gilad Erdan s’est abstenu.

      S’agit-il d’un acte de vengeance puéril de la part d’Israël, comme le qualifient certaines sources anonymes israéliennes ? ” se demande Itamar Eichner. Ce n’est pas impossible, “ mais d’autres sources estiment que s’il y avait eu une volonté de vengeance Israël ne se serait pas abstenu, mais aurait tout simplement voté contre la résolution relative aux réparations russes ”.

      En fait, explique le chroniqueur, l’État hébreu craindrait par-dessus tout que la question des réparations russes à l’Ukraine constitue “un précédent sur la question israélo-palestinienne et débouche à terme sur une exigence de réparations à payer par Israël aux Palestiniens ”.

  • Le développement des tiny houses met en exergue la politique raciste anti-Voyageurs.
    Thread by Rafumab on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1592448672750456832.html

    Car les lois et les règles créées contre l’installation et l’accès à la propriété des « gens du voyage » frappent directement ces « nouveaux nomades en tiny house ».
    Lorsque l’on vit dans un habitat mobile à usage principal d’habitation on ne peut stationner plus de 3 mois dans son propre terrain sans obtenir d’autorisation du maire.
    Or l’article relève (à juste titre) la frilosité des maires en raison de « vieux préjugés envers les gens du voyage, ou à la nécessité de réviser le PLU pour une poignée de demandes ».
    Dommage que ce développement n’aille pas plus loin par ce que moi ça me saute littéralement au visage. Surtout avec la phrase suivante : « Ce qui contraint les « tiny housers » à se déplacer tous les trois mois, à se mettre gentiment hors-la-loi ou à renoncer à leur projet de vie »
    Je crois que jamais personne n’aurait écrit ça pour un « gens du voyage ».
    Les Voyageurs ne sont ainsi jamais « gentiment hors-la-loi », mais plutôt « envahissants » dans des « installations sauvages et illicites », et coupables de « dégradations », de « troubles à l’ordre public » et « d’empoisonner la vie des riverains », des vrais gens quoi.
    Les Voyageurs ne sont pas « contraint à renoncer à leur projet de vie », mais ils sont plutôt « accompagnés vers l’ancrage et la sédentarisation » à travers des politiques publiques respectueuses de leurs traditions.

  • L’éolien en mer rapportera près de 800 millions d’euros à l’État pour 2022-2023
    Le Marin | Loïc FABRÈGUES | Mis à jour le 14/11/2022
    https://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/energies-marines/leolien-en-mer-va-contribuer-pour-pres-de-800-millions-au-budge

    (...) Sur l’année 2022, l’éolien en mer participera à hauteur de 169 millions d’euros. Une somme qui correspond à la mise en exploitation depuis juin d’une partie du parc de Saint-Nazaire. Le montant devrait s’élever à 592,3 millions d’euros en 2023 avec l’entrée en pleine exploitation des 480 MW de Saint-Nazaire et le démarrage de la production des parcs de Fécamp et de Saint-Brieuc.

    Ces contributions s’inscrivent dans une hausse sans précédent des recettes issues des filières des énergies renouvelables dont le montant devrait atteindre près de 31 milliards d’euros pour les deux années. L’éolien terrestre en sera le premier contributeur à hauteur de 21,7 milliards d’euros. De quoi largement rembourser les 11,5 milliards d’euros versés depuis 2003 au secteur.

    L’explication à ce jackpot pour l’État est à mettre en lien avec la crise énergétique qui a vu s’envoler les prix de gros de l’électricité. Or, selon le dispositif du complément de rémunération qui régit les contrats de rachat de l’électricité, la prime versée aux producteurs d’énergies renouvelables pour maintenir un tarif de référence devient une recette pour l’État dès que le prix du marché est supérieur à ce tarif. Une autre raison réside dans l’augmentation des capacités de production pour l’ensemble des filières des énergies renouvelables.

  • Huit milliards d’humains : trop sur Terre ? - AOC media
    https://aoc.media/analyse/2022/11/16/huit-milliards-dhumains-trop-sur-terre

    Lorsqu’on regarde plus en détail ces projections on s’aperçoit que la croissance future devrait avoir très majoritairement lieu en Afrique intertropicale (excluant l’Afrique du nord et du sud), le reste du monde se dirigeant vers une stabilisation ou une décroissance légère de sa population. Ce n’est pas un hasard, la natalité est la plus forte dans les pays les plus pauvres, moins avancés dans leur transition démographique. Alors, quel effet sur l’environnement ? Cela dépend : cette croissance peut avoir des conséquences écologiques locales importantes, mais elle reste négligeable pour des enjeux globaux comme le climat. Ainsi, les pays avec un taux de fécondité au-dessus de trois enfants par femme représentent seulement 3,5% des émissions de CO2 mondiales, pour 20% de la population.
    [...]
    Sur les 20 dernières années, les émissions par habitant ont stagné en Afrique. Si l’on prolonge la croissance du PIB par habitant sur cette période, il faudrait 70 ans à l’Éthiopie pour rattraper la France (au rythme, très rapide, d’avant sa guerre civile), ou 250 ans pour le Nigeria.
    [...]
    Non seulement cette crainte de la croissance de la population mondiale brouille les pistes des responsabilités du réchauffement climatique, mais elle fait aussi détourner le regard de cette injustice criante : ce sont ces pays, pauvres et à la natalité élevée, qui en sont aussi les principales victimes et les moins bien armés pour y faire face, alors qu’ils en sont les moins responsables !
    [...]
    Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui répète à l’envi qu’il ne sert à rien d’aider des pays avec 7 enfants par femme. On ne sait la part dans ces affirmations de rapport de force avec les pays du Sahel et celle de la politique nationale : la crainte de la croissance de la population en Afrique est souvent associée à celle, chère à l’extrême droite, de migrations massives et incontrôlées. Force est de constater qu’aujourd’hui ces migrations restent marginales, « l’appel d’air » un mythe dangereux et les migrations climatiques une source sans fin de fantasmes. On touche ici un deuxième écueil du débat sur la population : voir les individus d’abord sous le prisme du nombre alimente une déshumanisation qui finit toujours mal. C’est particulièrement le cas sur cette question des migrations, qui donne déjà lieu aujourd’hui à une violence et un déni de droits de l’Homme institutionnalisés.
    On peut estimer souhaitable d’aider de toute façon à l’éducation ou au planning familial dans les pays les plus pauvres, ce qui contribuerait à la baisse de la natalité, mais il ne faut pas non plus en attendre de miracle sur le plan écologique. Ces mesures contribuent au développement économique (qu’on peut, lui aussi, juger souhaitable dans ces pays) et peuvent donc contrebalancer la baisse de la population, pour aboutir à un résultat final légèrement négatif pour le climat.
    [...]
    Qu’en est-il dans les pays plus riches, où la natalité est plus faible mais le poids écologique par personne beaucoup plus élevé ? La situation y est contraire à celle des pays à forte natalité quant au désir d’enfants : les gens ont globalement moins d’enfants qu’ils le souhaiteraient et il n’existe plus de mesure consensuelle qui baisserait la natalité.
    [...]
    En Chine, la politique de l’enfant unique s’est traduite par un taux de fécondité décroissant lentement de 2,5 à 1,5 enfants par femme, avec de nombreuses exceptions et tolérances introduites très rapidement pour limiter les pires abus. La politique la plus coercitive qu’on puisse imaginer ici, celle de l’enfant unique strict, bien plus dure qu’en Chine, aboutirait à un taux de fécondité autour de 1,1 enfants par femme. On peut pousser l’expérience de pensée et calculer les effets de cette mesure sur la population, puis sur les émissions et enfin le réchauffement climatique.

    La population diminuerait très progressivement, il faudrait attendre près de 2100 pour qu’elle soit divisée par deux par rapport au scénario à fécondité constante. L’effet sur les émissions annuelles serait plus lent car la consommation des plus jeunes est bien plus faible que la moyenne. Enfin, l’effet sur les émissions cumulées, qui déterminent le réchauffement, serait encore plus lent car les émissions par personne sont déjà sur une trajectoire descendante. Au rythme actuel (et insuffisant) d’une réduction de ces émissions autour de 2% par an, l’enfant unique réduirait les émissions cumulées en 2100 de 11%. Au rythme de 6% par an, nécessaire pour tenir les objectifs de l’accord de Paris, ce ne serait qu’une réduction de 3% en 2100.
    [...]
    On peut ici aussi proposer une expérience de pensée : que se passerait-il si la moitié de la population mondiale disparaissait instantanément, comme dans le film Avengers (2018) ? La moitié des puits de pétrole ou mines de charbon ne seraient pas fermés, cela dépendrait du rapport entre coût marginal de production et prix de vente. Ce prix baisserait, ce qui stimulerait la demande. La diminution de la densité de population réduirait l’efficacité énergétique. Il y aurait probablement un rebond de la natalité. Tous ces effets pourraient se combiner à moyen et long terme pour aboutir à une trajectoire très différente de l’actuelle. Comme exemple, on peut observer les différences de poids écologique allant du simple au double entre l’Europe et les États-Unis, pour un niveau de vie et de technologie très proches. Enfin, et plus fondamentalement, aucun des mécanismes qui causent la crise écologique et la faiblesse de l’action ne serait changé : intérêts divergents et déséquilibres de pouvoir entre États, entre riches et pauvres, pouvoir des entreprises qui en tirent des profits, culture consumériste… Sans toucher à ces déterminants fondamentaux, l’effet final d’une réduction même importante de population serait probablement faible.
    [...]
    Serait-il vraiment souhaitable d’imposer une mesure drastique (un enfant unique bien plus dur qu’en Chine) pour une réduction marginale du réchauffement ? On entend souvent qu’il faut contrôler la natalité car « il faut tout faire » pour le climat. Ce n’est pas le cas : il faut d’abord s’interroger sur la faisabilité, les risques, les coûts et bénéfices de différentes mesures. Si l’on pousse la logique jusqu’au bout, l’action la plus efficace est la disparition de l’humanité. Pas grand monde ne la souhaite.
    [...]
    Pire que seulement une rhétorique de déni, la crainte de la surpopulation nous éloigne d’un monde plus égalitaire et coopératif qui sera nécessaire pour résoudre la crise écologique sans tomber dans la barbarie.

    #surpopulation #écologie #changement_climatique

  • Jean Riachi : Le Liban a besoin de banques qui fassent leur métier - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1317923/jean-riachi-le-liban-a-besoin-de-banques-qui-fassent-leur-metier.html

    malgré l’iniquité manifeste dont sont victimes les déposants libanais depuis trois ans, il faut reconnaître que la crise telle qu’elle s’est déroulée a permis à quasiment toutes les entreprises du pays de se désendetter en soldant leur passif à coups de dollars bancaires ou en jouant sur la multiplicité des taux. Par conséquent, le secteur productif repart sur des bases saines alors qu’il était étouffé par la dette et les intérêts élevés.

    Mais il faut que l’État fasse le nécessaire pour réformer le pays, en commençant par garantir le bon fonctionnement de la justice et restructurer le secteur financier.

    Le pays a besoin de banques qui fassent leur métier de banques, et particulièrement les grandes banques existantes. Une fois bien capitalisées et restructurées, elles aideront au redémarrage du pays. Beaucoup de banques libanaises disposent en effet de talents et d’un savoir-faire qui seront très précieux, et il n’y a pas forcément besoin de faire table rase et d’importer de nouvelles banques étrangères. Mais pour repartir sur des bases saines, il faudra accepter de faire des sacrifices.

    • traduisons-le : les banques traditionnelles sont en faillitte, mais il y a toujours des riches au Liban et on peut faire du fric avec eux. Et qui sait, les entreprises qui ont survécu vont ramasser les miettes qui trainent et se relancer. Aidons les.
      Contexte : on opère en dollars américains. La souveraineté monétaire du Liban est évidemment aux oubliettes, c’est juste un constat. Et ces services sont seulement pour les happy few, des comptes au-dessus d’un certain niveau... gagne-petit s’abstenir...
      La question qui n’est pas posée : qui est derrière lui ? Capitaliste local, régional ? un Etat ?

  • Un peu troublé par cet article de Le Monde sur les émissions de CO2 du fret maritime qui dénonce "le fret maritime est des un des plus grands émetteurs de CO2, et il tarde à changer de cap
    Lors de la conférence mondiale pour le climat à Charm El-Cheikh, plusieurs pays ont demandé à l’Organisation maritime internationale d’être plus ambitieuse et de viser le « zéro carbone » d’ici à 2050."
    Le graphique présenté montre que ce secteur émet 16% des émissions du fret pour 70% des tonnes-km. C’est surement trop, et faute de régulation contraignante, leurs émissions s’orientent à la hausse, ce qui n’est pas bon du tout. Mais n’est ce pas proportionnellement bcp moins que la plupart des autres acteurs du fret ? C’est le cas du fret routier mais aussi la logistique urbaine est très émettrice, ce qu’on doit reconnaitre même si on aime consommer local...
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/11/11/cop27-le-transport-maritime-un-secteur-polluant-qui-tarde-a-changer-de-cap_6


    #émissions #carbone #fret #transport #maritime

    • Ce qui me trouble c’est de faire une telle distinction entre fret routier et fret urbain, ce dernier n’étant pas nécessairement lié à une consommation locale : si tu commandes un truc en ligne, quelque soit le lieu d’expédition, c’est pas un semi-remorque qui va te livrer chez toi mais un véhicule utilitaire qui aura pris le relai en ville. On peut éventuellement faire un sous groupe (c’est intéressant d’avoir le détail) mais les deux sont du transport routier. J’y vois une façon d’atténuer les émissions des camions petits et gros.

  • #mastodon, #fin de (première) partie ?
    https://framablog.org/2022/11/12/mastodon-fin-de-premiere-partie

    L’afflux récent d’inscriptions sur Mastodon, sous forme de vague inédite de cette ampleur, a largement retenti dans les médias. Beaucoup se sont penchés sur le réseau social fédéré avec une curiosité nouvelle, pour expliquer (parfois de façon maladroite ou fragmentaire, … Lire la suite­­

    #Fédération #Internet_et_société #Libres_Logiciels #Libres_Services #Tales_of_Fediverse #ActivityPub #anarchisme #deuil #Entraide #Fediverse #migration #musk #reseaux_sociaux #Twitter

    • Comme lorsque vous êtes assis dans un wagon tranquille, discutant doucement avec quelques amis, et qu’une bande entière de supporters de football monte à la gare de Jolimont après la défaite de leur équipe. Ils n’ont pas l’habitude de prendre le train et ne connaissent pas le protocole. Ils supposent que tout le monde dans le train était au match ou du moins suit le football. Ils se pressent aux portes et se plaignent de la configuration des sièges.

      Ce n’est pas entièrement la faute des personnes de Twitter. On leur a appris à se comporter d’une certaine manière. À courir après les likes et les retweets. À se mettre en valeur. À performer. Tout ce genre de choses est une malédiction pour la plupart des personnes qui étaient sur Mastodon il y a une semaine.

    • Cet article pose la question de la publicité des contenus publiés sur Mastodon et du consentement nécessaire dans le cas de republication, comme pour les blogs en fait, et à la différence des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook où les usagers ont accepter par défaut de se dépouiller de leur propriété intellectuelle et leur droit moral sur leurs contenu. J’utilise le terme de propriété intellectuelle mais ce n’est pas celui utilisé dans le texte, peut être une traduction abusive de ma part. Hugh Rundle fait référence à des normes implicites et à un anarchisme de ces outils permettant la publication de contenu et la conversation à un rythme lent et avec un nombre modéré d’utilisateurs qui, à l’origine, ne souhaitaient pas être contrôlés.
      La critique acerbe des pratiques extractivistes visant à augmenter l’audience et en profiter mais aussi des pratiques universitaires produisant du savoir à partir de l’appropriation non-consentie de contenu m’interpellent particulièrement.
      Les usagers de @seenthis Seenthis, pour leur part, peuvent choisir le régime de propriété intellectuelle souhaitée : personnellement c’est CC/BY/NC/SA et c’est peut être une option que devrait proposer explicitement les instances Mastodon. En tout cas, je réalise l’importance d’avoir explicité ces termes de partage sur @seenthis.

      Personne n’a pensé à me demander si je le voulais.

      Jusqu’à cette semaine, je n’avais pas vraiment compris – vraiment apprécié – à quel point les systèmes de publication des entreprises orientent le comportement des gens. Twitter encourage une attitude très extractive de la part de tous ceux qu’il touche. Les personnes qui ont republié mes articles sur Mastodon sur Twitter n’ont pas pensé à me demander si j’étais d’accord pour qu’ils le fassent. Les bibliothécaires qui s’interrogent bruyamment sur la manière dont ce “nouvel” environnement de médias sociaux pourrait être systématiquement archivé n’ont demandé à personne s’ils souhaitaient que leurs pouets sur le Fediverse soient capturés et stockés par les institutions gouvernementales. Les universitaires qui réfléchissent avec enthousiasme à la manière de reproduire leurs projets de recherche sur Twitter sur un nouveau corpus de pouets “Mastodon” n’ont pas pensé à se demander si nous voulions être étudiés par eux. Les personnes créant, publiant et demandant des listes publiques de noms d’utilisateurs Mastodon pour certaines catégories de personnes (journalistes, universitaires dans un domaine particulier, activistes climatiques…) ne semblaient pas avoir vérifié si certaines de ces personnes se sentait en sécurité pour figurer sur une liste publique. Ils ne semblent pas avoir pris en compte le fait qu’il existe des noms pour le type de personne qui établit des listes afin que d’autres puissent surveiller leurs communications. Et ce ne sont pas des noms sympathiques.

      Les outils, les protocoles et la culture du Fediverse ont été construits par des féministes trans et queer. [...] Néanmoins, les principes de base ont été maintenus jusqu’à présent : la culture et les systèmes techniques ont été délibérément conçus sur des principes de consentement, d’organisation et de sécurité communautaires. Bien qu’il y ait certainement des améliorations à apporter à Mastodon en termes d’outils de modération et de contrôle plus fin des publications, elles sont en général nettement supérieures à l’expérience de Twitter. Il n’est guère surprenant que les personnes qui ont été la cible de trolls fascistes pendant la plus grande partie de leur vie aient mis en place des protections contre une attention non désirée lorsqu’elles ont créé une nouvelle boîte à outils pour médias sociaux. Ce sont ces mêmes outils et paramètres qui donnent beaucoup plus d’autonomie aux utilisateurs qui, selon les experts, rendent Mastodon « trop compliqué ».

      Si les personnes qui ont construit le Fediverse cherchaient généralement à protéger les utilisateurs, les plateformes d’entreprise comme Twitter cherchent à contrôler leurs utilisateurs. Twitter revendique la juridiction sur tout le « contenu » de la plateforme. Les plaintes les plus vives à ce sujet proviennent de personnes qui veulent publier des choses horribles et qui sont tristes lorsque la bureaucratie de Twitter finit, parfois, par leur dire qu’elles n’y sont pas autorisées. Le vrai problème de cet arrangement, cependant, est qu’il modifie ce que les gens pensent du consentement et du contrôle de nos propres voix. Les universitaires et les publicitaires qui souhaitent étudier les propos, les graphiques sociaux et les données démographiques des utilisateurs de Twitter n’ont qu’à demander la permission à la société Twitter. Ils peuvent prétendre que, légalement, Twitter a le droit de faire ce qu’il veut de ces données et que, éthiquement, les utilisateurs ont donné leur accord pour que ces données soient utilisées de quelque manière que ce soit lorsqu’ils ont coché la case « J’accepte » des conditions de service. Il s’agit bien sûr d’une idiotie complète (les Condition Générales d’Utilisation sont impénétrables, changent sur un coup de tête, et le déséquilibre des pouvoirs est énorme), mais c’est pratique. Les chercheurs se convainquent donc qu’ils y croient, ou bien ils s’en fichent tout simplement.

      #extractivisme #université #recherche #propriété_intellectuelle #anarchisme #consentement

  • Qui sont « Les yeux d’Achrafieh », ces nouveaux « gardiens » du quartier ? - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1317505/qui-sont-les-yeux-dachrafieh-ces-nouveaux-gardiens-du-quartier-.html

    Liban : face à l’effondrement de l’Etat les acteurs communautaires mettent en place des organisations de vigilants proches de structures miliciennes (et qui recyclent les anciens membres des forces de l’ordre).

    L’association Achrafieh 2020 a lancé le 7 novembre l’initiative Neighbourhood Watch, dans l’optique de tranquilliser les habitants d’Achrafieh à la nuit tombée, face à un sentiment d’insécurité croissant. « Face à l’instabilité régnante (vols, pickpockets, cambriolages etc.), les habitants ont sollicité à maintes reprises Achrafieh 2020 pour assurer leur sérénité et quiétude », souligne la publication Facebook d’Akram Nehmé, directeur exécutif de l’association.

    La première phase du projet inclura les quartiers de Sodeco, Tabaris, Furn el-Hayek, Haïmari et La Sagesse. Deux autres étapes suivront et d’ici à une centaine de jours, l’entreprise englobera la totalité d’Achrafieh, de Jeïtaoui à Sassine. Les quartiers de Gemmayzé, Mar Mikhaël ou encore Monot ne seront pas concernés. D’après l’association, il s’agit de veiller à la tranquillité des zones résidentielles, plongées dans l’obscurité dès la tombée du jour. « Ce projet, en gestation depuis un an, répond à la demande des habitants », dit à L’Orient-Le Jour Nadim Gemayel, député Kataëb et parrain de l’initiative d’Achrafieh 2020.
    [...]
    Cent-vingt jeunes de la région ont été recrutés pour faire office d’« anges gardiens », selon les termes du communiqué, de 18h00 à 06h00 le lendemain. « Parmi eux, il y a des anciens agents des Forces de sécurité intérieure (FSI) et d’ex-soldats qui ont démissionné suite à la dévaluation de leur salaire. Nous collaborons de près avec ces deux institutions, ainsi qu’avec la municipalité, et nous avons toutes les autorisations », poursuit Nadim Gemayel.

    #vigilants #milices #Kataeb #police #sécurité

    • Commentaire de l’économiste François El Bacha sur twitter : https://twitter.com/frencheagle/status/1590438492144009216 et thread : https://threadreaderapp.com/thread/1590438445368758272.html
      Hier, une association bien connue et implantée à Ashrafieh et proche de certains partis politiques a décidé de lancer « un réseau d’anges gardiens », sous entendu une milice de quartier... avec le soutien de gendarmes ou encore de militaires.
      Comme si les exemples qui ont mené à la constitution de milices au Liban similairement avec le soutien de certains gendarmes et militaires à l’époque suite à la menace palestinienne après l’échec de l’armée libanaise face au refus d’une classe politique à
      contrôler les camps en 1973 et ce qui a amené à la guerre civile de 1975 n’ont pas servis de leçon à ce pays et à sa population.
      Si la situation est similaire par rapport à 1975, elle n’est pas aujourd’hui identique parce qu’on n’a pas appris justement des expériences passées.
      Au Liban, ces milices de quartiers malheureusement peuvent prendre une tournure communautaire, quartiers contre quartiers, comme en 1975 quand les milices de protection d’Ashrafieh ou de Bourj Hammoud tiraient sur toute personne qui traversait la Quarantaine, y compris
      les familles en provenance de Bourj Hammoud ou d’Ashrafieh qui forçaient le passage du camp de la Quarantaine.
      La véritable solution passe par le renforcement des forces de sécurité et non leur destructuration au bénéfice de ces organisations dont on peut s’interroger sur l’aspect légal en plus. Ont-elles réellement autorité à arrêter des véritables délinquants par exemple ou
      cela constituerait-il un vice de procédure qui amènera à leurs libérations immédiates.
      Le plus risible dans l’histoire en question est que la constitution de cette milice de quartier est saluée par des gens qui se prétendent contre les autres milices.
      Une de plus, walaw, rien de grave au lieu de soutenir les institutions sécuritaires et les renforcer, au prétexte que la délinquance augmente dans leurs quartiers respectifs.
      Il faut dire que si la délinquance augmente en apparence, les appareils sécuritaires continuent, malgré la crise à fonctionner. Ainsi, les agresseurs d’une famille durant l’été qui les avaient séquestré ont été arrêtés.
      Mais cette même presse au service de ces partis et de ces intérêts, s’ils ont bien parlé de l’agression elle-même n’ont pas ou à peine évoqué leurs arrestations dans différents quartiers de la capitale.
      D
      De plus, il faut dire que ce genre d’expérience, même à l’étranger a mené à diverses controverses comme le fait d’avoir arrêté et agressé des personnes innocentes, comme le fait d’avoir manipulé déjà l’opinion publique et ainsi de suite
      à New York, les fameux Guardian Angels mis en place à la fin des années 1970 et bien connus dans les années 1980. À New York en plus, le véritable reflux de la violence n’a eu lieu qu’avec la montée en puissance des forces de l’ordre et non ces pseudos milices de quartier.
      Au delà de ces facteurs, la constitution de ces milices de quartier semble préfigurer une certaine volonté des personnes et des organisations politiques via parfois leurs médias qui les soutiennent à destructrurer l’état de droit via la décrédibilisation des forces de l’ordre ou
      encore de l’appareil judiciaire. C’est un élément grave qui pourrait aboutir à la ghettoïsation par quartier religieusement et ethniquement homogène et au delà à la partition du Liban, préfigurant simplement une guerre civile.
      Il faut au contraire favoriser les institutions de l’état partout au Liban, dans tous les quartiers de la capitale, y compris dans les camps palestiniens.
      Il faut favoriser l’état de droit et non l’état ou chacun fait son droit.

    • Les recherches de Leïla Seurat sur le quartier de Ghandaq el khamiq offre un contrepoint chiite à l’émergence de telles forces de quartier. Ce quartier est le fief du parti-milice Amal où se recrutent nombre de membres de la police du Parlement inféodée à Nabih Berry, chef de Amal et président du Parlement
      Sa contribution dans le dernier numéro de la revue Moyen-Orient n°56 Liban : un Etat en voie de disparition ? s’intitule "A Beyrouth, au-delà du stigmate des ’mercenaires du pouvoir’ "
      "Souvent présenté comme l’un des traits caractéristiques des régimes autoritaires arabes, le phénomène de la baltajiya est utilisé pour désigner le recrutement de « gros bras » chargés de réprimer toute forme de contestation politique. Cette notion a connu un regain d’intérêt lors des soulèvements populaires de 2011. Nous gardons en mémoire la « bataille des chameaux », qui s’est déroulée le 2 février place Tahrir au Caire, au cours de laquelle des baltaguis, perchés sur leurs montures, s’en sont pris aux manifestants."
      Elle y montre la porosité entre la fonction de contrôle du quartier et la répression des manifestants de la thawra tout en discutant les rapports de sujétion et d’autonomie de ces acteurs sociaux.
      #off-line #Amal #appareils_de_sécurité #limice #vigilants
      Elle a présenté cette recherche d’une controverse de l’IREMMO le 9/11/2022, qu’on pourra sans doute retrouver bientôt en vidéo en ligne

    • Le petit détail typique :

      Pour financer ce projet, l’association, engagée dans des œuvres citoyennes et caritatives, a fait un appel de fonds auprès de citoyens, d’hommes d’affaires et d’entités privées.

      Donc dans un État qui n’a plus les moyens d’assurer ses missions fondamentales, on trouvera en revanche de généreux donateurs pour s’y substituer sur une base communautaire/politicienne.

  • « Le Sud n’est pas seulement une victime du réchauffement climatique, il est aussi un acteur majeur de l’adaptation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/11/10/le-sud-n-est-pas-seulement-une-victime-du-rechauffement-climatique-il-est-au

    Rémy Rioux directeur général de l’Agence française de développement
    Valérie Verdier présidente-directrice générale de l’Institut de recherche pour le développement

    Urgence climatique et érosion de la biodiversité. Loin d’être distincts, ces deux défis n’en forment qu’un : le changement climatique menace la biodiversité et des écosystèmes riches en biodiversité peuvent freiner ce changement. Dans le continuum des enjeux qu’ils représentent, les solutions durables sont aussi au Sud.

    Insécurité alimentaire, problèmes sanitaires, déficit énergétique… les pays du Sud sont souvent perçus comme les premières victimes. Les habitantes et les habitants de ces régions ont cependant su développer des pratiques préservatrices de la biodiversité et proposer des solutions pour s’adapter aux aléas climatiques auxquels ils font face. Le Sud peut, et doit, ainsi être source d’inspiration dans un monde en commun. Pour preuve, le bond de 27 % qu’a connu la production de sorgho en Europe entre 2019 et 2020. Cette céréale originaire du Sahel s’est présentée comme une alternative au maïs, très demandeur en eau ; elle présente en effet des atouts indéniables : peu exigeant en eau et en intrants, résistant aux maladies et aux ravageurs, le sorgho a permis de diversifier les cultures en Europe.

    Une forte diversité des plantes cultivée est un des points forts des petites exploitations familiales du Sud, qui pratiquent traditionnellement une forme d’agroécologie, fondée sur les fonctionnalités qu’offrent les écosystèmes. Cette diversité permet entre autres aux cultures de mieux résister aux maladies, au stress et aux agresseurs divers. Ainsi, certaines savanes africaines pourraient servir d’inspiration. Certaines de leurs graminées présentent la particularité d’inhiber la formation de nitrates et de rendre le cycle de l’azote plus efficace. Recourir à ces plantes permet d’améliorer l’efficacité des engrais – et d’en diminuer l’usage.

    Autre solution venue du continent africain, celle du zaï. Au Burkina Faso, un agriculteur s’est emparé de cette pratique agricole traditionnelle pour faire face à la baisse de la qualité des sols. Le principe ? Faire pousser les cultures dans des trous (25 cm × 25 cm × 30 cm de profondeur), pour y concentrer la matière organique et les eaux de ruissellement. En améliorant la technique, Yacouba Sawadogo a réalisé une forêt de 40 hectares, avec plus de 60 espèces d’arbustes et d’arbres dans son village que les agriculteurs abandonnaient. La technique est maintenant exploitée dans le cadre du programme de la Grande Muraille verte, dont l’ambition est de restaurer 100 millions d’hectares de terre d’ici à 2030 et de stocker 250 millions de tonnes de dioxyde de carbone. Elle pourrait être adaptée aux rues de Paris et s’appliquer aux platanes et aux marronniers, qui perdent trop tôt leurs feuilles en automne.

    Le Sud n’est pas seulement une victime du réchauffement climatique, mais est aussi un acteur majeur de l’adaptation. Parmi les options mises en œuvre, la production de l’information climatique pour l’aide à la décision, qu’on appelle les services climatiques, fait partie des solutions du Sud. Elle permet d’aider les agriculteurs à s’adapter, d’émettre des alertes précoces – face aux risques d’inondation ou de sécheresse –, de mieux planifier les aménagements urbains, voire de tirer des bénéfices des changements climatiques. Au Sénégal, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’agence météorologique du Sénégal (Anacim) ont coconstruit, avec les acteurs de l’agriculture et du secteur académique, une plate-forme de diffusion de l’information tirée des rapports globaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), mais appliquée aux besoins des acteurs. Elle met ainsi en évidence les conséquences concrètes des changements globaux pour les cultures vivrières à l’échelle des régions du Sénégal. En 2020, les prévisions météorologiques de l’Anacim sur l’abondance des pluies ont permis à l’Etat d’adapter le budget de la campagne agricole aux conditions. Résultat : la récolte a été exceptionnelle ! Le partage, la transmission de l’information climatique doit se faire à toutes les communautés, afin qu’elles prennent des décisions éclairées et planifient leurs actions en conséquence.

    Science des solutions
    Face au dérèglement climatique et à l’érosion de la biodiversité, la transformation des systèmes financiers a aussi été élevée au rang de priorité dans le cadre de l’accord de Paris. Les pays du Sud peuvent ici encore aider le reste de la planète. L’Afrique du Sud a ainsi été pionnière pour mesurer les risques de transition liés à la fermeture de certaines filières trop émissives en carbone, grâce notamment à la Banque de développement d’Afrique australe (DBSA), qui s’est engagée dans l’anticipation de la sortie du charbon. A la faveur d’un programme de recherche en cours, l’Institut national sud-africain pour la biodiversité (SANBI) s’est mobilisé avec l’AFD pour mieux comprendre l’exposition de l’économie sud-africaine à la dégradation des services écosystémiques. Il apparaît ainsi que plus de la moitié du PIB sud-africain et plus de 60 % des recettes publiques peuvent être affectés, en particulier à cause de menaces sur la disponibilité en eau, l’érosion des sols, ou encore du risque accru de catastrophes. Très peu de pays développés ont conduit de telles analyses, pourtant nécessaires pour faire évoluer la mission des banques centrales, des régulateurs et plus généralement l’action des banques et des assurances.

    Finalement, au-delà de ces solutions techniques, qui ne demandent qu’à être adaptées et développées à travers le monde, ne faut-il pas tout simplement trouver de l’inspiration dans l’agentivité dont font preuve les populations au sud ? Cette capacité à être acteur ou actrice de sa vie conduit certains et certaines d’entre eux à faire le choix de la migration, laquelle se fait le plus souvent soit vers d’autres régions, soit vers des pays proches. Loin d’être une attitude victimaire face au changement climatique, il s’agit véritablement d’une adaptation à triple bénéfice : réduction de la pression sur les ressources locales trop faibles, apport d’une main-d’œuvre manquante dans les régions productrices de céréales, par exemple, et soutien financier de la région d’origine par l’envoi d’une partie des revenus. Il ne s’agit pas ici de faire un plaidoyer pour la migration, mais de considérer la capacité d’agir comme une partie de la solution.

    Toute l’expérience acquise par les pays du Sud en conditions difficiles alimente la science, qui la transforme en pratiques transposables et adaptables. Ainsi, cette science des solutions est celle d’un monde en commun pour faire face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité.

    #adaptation #Afrique #migration #biodoversité

  • Jordan Is Running Out of Water, a Grim Glimpse of the Future - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/11/09/world/middleeast/jordan-water-cop-27.html

    Desalination is a promising lifeline for Jordan, but it will not happen quickly. A large-scale desalination project in the port city of Aqaba on the Red Sea is in the works, but it will take years.

    There is one potential quick fix: buying more water from Israel, a pioneer in desalination techniques. Cooperation on water was an important element of the 1994 peace treaty between the two countries, and they signed a water-for-energy agreement at the United Nations climate conference in the Egyptian Red Sea resort of Sharm el Sheikh on Tuesday.

    Protests broke out in Amman last year when the plan, which was brokered by the United Arab Emirates and would involve Jordan sending solar energy to Israel in exchange for water, was first announced. An overreliance on Israel water is unpalatable to many Jordanians, who oppose the occupation of the Palestinian territories.

    But water is a critical national security issue in Jordan, and shortages threaten to destabilize a stalwart U.S. Arab ally that has been an oasis of calm in a turbulent neighborhood. Iyad Dahiyat, a former water ministry official, said the water portfolio is as important as the military given the threats to Jordan posed by climate change.

    One recent study predicted that severe and potentially destabilizing water shortages will become common in Jordan by 2100 unless the country makes significant changes.

    “The government needs to increase supply to communities to limit discontent,” said Sandra Ruckstuhl, an American researcher based in Amman and a senior adviser at the International Water Management.

    Ms. Ruckstuhl and other experts say the government needs to raise water prices based on household income to account for the soaring cost of delivering it to homes and businesses. But many Jordanians are already struggling with unemployment and high prices and that would be an added, and unpopular, burden.

    Choosing crops wisely and managing water are crucial for Jordanian agriculture as climate change accelerates. The sector once used about 70 percent of the country’s water supply, though it contributes relatively little to the gross domestic product.

    Use has decreased to around 50 percent, which Mr. Salameh, the government spokesman, cited as a promising indicator. But many farmers still focus on water-intensive crops that are becoming more difficult to grow.

    Khaireddin Shukri, 68, is a retired farm owner and a consultant who has long pushed for crops that require less water and bring in more money. He said the water issue revolves around planning and pointed to inefficient practices and waste.

    “It’s a country with huge potential but lack of management,” he said of Jordan.

    #eau #changement_climatique #agriculture #irrigation

    • commentaire du journaliste Taylor Luck
      https://twitter.com/Taylor_Luck/status/1590603807545004032 et suivants

      Great article, but quick note, the #Jordan-#Israel 200mcm #water deal is not a “quick fix.” Even with water from Israel and 200mcm desalination from Aqaba (when?), the country faces 1.6 billion cubic meters demand amid dwindling groundwater and rainfall
      #Jordan-#Israel #water deal will ease the immediate emergancy, no doubt (when it happens). But it, along with the Red Sea Conveyance Project will barely keep up pace with increased water demand due to population growth and decline in rainfall/groundwater resources.
      Also, deal is dependent on construction of the solar plant and an #Israel-i prime Minister who won’t withhold water to strong-arm #Jordan. #Netanyahu has mused withholding water from Jordan in the past and has criticized this solar-water deal.

  • Visualizing “Superdiversity” in New York City - Metropolitics
    https://metropolitics.org/Visualizing-Superdiversity-in-New-York-City.html

    One challenge with the amount of data we have at our fingertips today is how to distill it into a clear story. This is important for researchers, policymakers, and interested community members. “Superdiversity” seeks to capture the complexity of the world. Users will thus have to figure out on their own how to take complex data and turn it into a coherent story. This tool will not do that for them, but it is easy enough to use to get people started on answering complex questions in a constantly changing city.

    #cartographie

  • Accès à l’électricité des pays en développement : la solution des mini-réseaux ?
    https://theconversation.com/acces-a-lelectricite-des-pays-en-developpement-la-solution-des-mini

    Pendant longtemps, les politiques d’électrification menées dans les pays en développement ont été calquées sur celles des pays développés, à savoir la construction de grands réseaux électriques nationaux, voire continentaux. Cette politique apparaît inadaptée pour les zones rurales des pays en développement, en raison des coûts démesurés de l’extension des réseaux liée à la dispersion de la population mais aussi du fait de la faible qualité de services qu’ils sont à même d’offrir.

    La solution préconisée face à ces défis a été pendant un temps la diffusion de solutions individuelles isolées, dont les plus connues sont les solar home systems (SHS). Mais ces solutions, même parées des mérites de l’utilisation de ressources locales renouvelables, ont trouvé leurs limites, car apportant une puissance électrique trop faible pour soutenir des usages productifs significatifs. L’éclairage électrique apporte du confort, mais ne crée que peu d’impacts favorables avérés.

    #électricité #solaire #mini-réseaux #Afrique #Burkina_Faso

    • En complément voir notamment les travaux de Emmanuelle Guillou dans le cadre du projet Hybridelec, qui souligne aussi les contradictions de l’action publique sur la q° du solaire décentralisé, et les logiques opportunistes des acteurs privés :
      Decentralized electricity solutions : innovation in essential services is no substitute for policy

      The African electricity sector has undergone profound change in recent years. Off-grid solar solutions are now very much part of the new-look industry. But lack of coordination between authorities and, crucially, the uncertainty that persists surrounding the long-term future of off-grid installations in the face of the stated desire to extend national power grids, combine to slow the uptake of off-grid solutions. This situation favors certain intermediaries in the market, such as startups and small-scale resellers of solar-powered items. Whereas some rely on quality of customer service and advanced technologies (modular battery solar home systems, or SHS, and interconnections between individual solar kits), others exist to meet demand for low-cost solar-powered items. Questions arise concerning how public policies and market mechanisms interact. Current regulations lack a holistic vision and joined-up thinking, meaning it is not yet realistic to think in terms of hybridization.

      https://journals.openedition.org/factsreports/6326

  • Répression, menaces climatiques. Les impasses de la COP27 - Laurent Bonnefoy
    https://orientxxi.info/dossiers-et-series/repression-menaces-climatiques-les-impasses-de-la-cop27,5985

    En Afrique du Nord et au Proche-Orient, les enjeux liés à l’#écologie, ou plus particulièrement au #climat, souffrent d’être largement occultés. C’est un fait que les sociétés elles-mêmes, comme les pays de la région, ne s’en sont pas encore saisi de façon pleine et consciente. Les ferments de mobilisation souffrent en outre de la répression. Plus sans doute qu’en Europe et d’autres régions tempérées, c’est pourtant probablement une affaire de survie.

    Une présentation synthétique des enjeux dans la région #MENA alors que commence la COP 27 en Egypte

  • voilà plus d’un an que je n’ai pas écrit sur @seenthis
    Alors que plein de gens migrent de twitter à Mastodon, je me demande quelle a été la dynamique de cet autre site de microblogging, pionnier, qui a un moment donné jouait pour moi un rôle de source d’information très utile. Et que d’une certaine manière on peut bien comparer à Mastodon, sf que c’est moins gros.
    Mais beaucoup moins maintenant, puisque je ne reçois plus de notification à part de @gonzo signe que les comptes que je suivais doivent être tombés en léthargie. Le fait est que twitter est devenu pour moi un espace plus riche, beaucoup plus que FB d’ailleurs.
    Quant au stockage/partage de mes signets ou articles repérés, ce que Seenthis faisait très bien, en fait aujourd’hui je le gère directement dans zotero.
    Donc, d’un côté, des flux moins importants et moins riches, de l’autre une fonction de partage que je gère ailleurs.
    Je me demande si d’autres usagers ont le même sentiment que moi ? Est-ce que @Seenthis a des stats sur l’évolution des usages ?

    • Sur les sujets qui t’intéressent plus particulièrement, je te suggère de suivre :
      @loutre, qui est particulièrement active sur la Palestine,
      @kassem, plus « multisujets », mais avec une expertise naturelle sur la Palestine et le Liban notamment,
      @simplicissimus sur tous les sujets, et qui s’intéresse et documente avec précision les questions internationales…

      Avec ces trois-là, via leurs messages propres et leurs re-partages, tu retrouveras une activité riche, et toujours qualitative, sur Seenthis.

    • Sur la question de pourquoi Seenthis plutôt qu’un autre réseau :

      – d’abord la qualité des participants, et la (quasi) absence de tarés racistes, masculinistes, etc. Sur Mastodon je ne sais pas, par contre sur Twitter, l’omniprésence des tarés sur absolument tous les sujets, leur façon de balancer des shitposts sur absolument tous les threads progressistes, c’est insupportable.

      – la qualité/possibilité de construire des savoirs collectivement. Pour moi c’est le cœur de Seenthis, et ça reste une caractéristique qui existe. Sur Twitter c’est proprement impossible, parce que les « threads » ne sont intéressants que sur les messages du posteur d’origine, dès qu’on passe aux « réponses » c’est totalement mort. Sur Seenthis, les réponses des autres participant·es enrichissent toujours le message initial, avec plus d’infos, une contribution à la thématisation…

      – dans la logique du premier : encore une certaine capacité à la contradiction et à la discussion. C’est forcément imparfait, on a perdu pas mal de monde qui ont mal pris la contradiction, mais en général on arrive à échanger assez longuement avant de se foutre sur la gueule (sur le Covid, on a commencé à sérieusement bloquer, mais je pense que ça n’a pas été immédiat, on a tenu un assez long moment à échanger de manière constructive).

      – la possibilité de poster des messages sans limite de longueur. Sur Mastodon je ne sais pas comment ça se passe, mais sur Twitter on est obligés de passer par un service externe à chaque fois qu’on veut lire un truc intéressant, c’est un non-sens total.

      – la modération qui est chez nous. Et comme on a un nombre d’actifs limité, c’est assez cosy comme ambiance. Sur Twitter c’était déjà totalement merdique bien avant l’arrivée de Musk. Sur Mastodon, j’ai lu ce matin le fait que le système décentralisé posait de grosses difficultés, rendant la question de la modération problématique et peu lisible pour les auteur·ices.

    • Je n’y ai pas pensé parce qu’initialement ce n’est pas directement ton sujet de prédilection, mais puisque tu t’intéresses à une question concernant la vie sociale des réseaux, tu peux aussi suivre @hlc, dont c’est ici l’activité centrale.

      Sur les questions migratoires et les réfugiés, @cdb_77 fait une veille invraisembable (attention : avec elle tu vas avoir énormément à lire…).

      Si tu veux avoir une sorte de « best of » chaque matin des posts qui ont bien été partagés, il faut suivre le compte de notre automate @7h36.

    • Retour à ce jour, de mon côté aussi, à SeenThis, avec les mêmes interrogations, mais l’envie de revenir sur ce microblogging que j’ai trouvé très riche dans sa forme, mais pour lequel les partages de ressources pédagogiques m’avaient semblé moins prendre.

      Pour l’heure, la migration de Twitter à Mastodon ne réussit pas à me convaincre totalement, si ce n’est la différence entre « accueil », « fil public local » et « fil public global », qui peut apporter un réel plus, à condition d’être sur une instance qui regroupe réellement des gens au même centre d’intérêt que celui qu’on suit. La crainte que si réellement migration il y a, le bruit reste très important. Ce qui me semble être le « plus » de SeenThis, car les posts à créer étant plus chronophages, le bruit est très réduit.

    • Je vois que ça discute beaucoup sur moi et mes posts :-)
      Eh oui, désolée si c’est beaucoup pour certain·es, mais je continue à utiliser (et c’est peut-être un peu la réponse à la question de @rumor à laquelle je réponds ici) :
      – twitter plutôt pour prendre et ce qui m’intéresse et je veux archiver, je balance sur seenthis —> mais bientôt Mastodon, je n’ai pas encore fait le pas...
      – seenthis = mon archive personnel, mais public d’articles de presse ou autres sources disons non forcément académiques. J’utilise pour partager des fois des fils de discussion avec des personnes qui me demandent des infos, pour moi même et notamment pour préparer mes cours et/ou conférences. Je sais, souvent indirectement, que des personnes savent qu’il y a des ressources (notamment sur migrations/frontières, en effet @arno) qui peuvent consulter
      – zotero surtout pour des articles et autres documents plutôt académiques (pour la petite histoire, ma base de données « migrations/frontières » sur zotero a 4355 entrées (à bon entendeur...)

      Et super le retour de @ville_en sur seenthis !! Tu m’avais manqué :-)

    • J’ai crée mon compte sur Seenthis en 2021 après avoir testé différents réseaux. C’est celui qui me correspond le mieux par sa facilité d’utilisation, la possibilité de partager très aisément ses lectures est très agréable.
      C’est un outil qui m’est devenu indispensable pour la veille documentaire, le flux rss me permet de proposer à mes collègues de me suivre sans pour autant avoir un compte eux-mêmes et c’est un atout considérable.

      Je reconnais que je néglige un peu l’aspect « social » en ne commentant que très peu les publications que je lis mais j’apprécie la richesse et la qualité des échanges.

      En tant que professeur documentaliste, le système de recherche par mots-clés est très naturel, c’est assez formidable de pouvoir suivre des thèmes et des sites aussi facilement.

      C’est aussi un moyen d’éviter la surcharge informationnelle que peuvent générer d’autres types de réseaux.

      C’est l’occasion pour moi de remercier tous ceux et celles qui gèrent cette plateforme qui mérite d’être davantage connue et reconnue !

    • (voilà plusieurs jours que je me pose la question de créer une instance mastodon, mais Swami m’a rappelé opportunément la seconde raison pour laquelle je n’avais pas sauté le pas il y a quelques années ; de plus, je me dis qu’il serait sans doute préférable d’améliorer SeenThis... mais j’avoue avoir pris goût à la lecture de Twitter... alors pourquoi ne pas essayer Mastodon... mais... bref... à suivre... dans l’immédiat je continue sur la piste de « comment mieux publier nos images d’accompagnement sur SeenThis »...)

    • Il y a quelques comptes problématiques sur seenthis aussi, comme en atteste la mésaventure qu’a récemment connue @7h36, cf. https://seenthis.net/messages/977427. Certes, il y en a peu, mais c’est uniquement parce que seenthis est petit. Pas parce qu’il faut écrire long et argumenter ; ça, ils savent faire.

      En tout cas, ne faisons pas comme si seenthis avait une solution.

      (Pas plus que mastodon… pour l’anecdote, j’ai supprimé mon petit compte mastodon perso il y a quelques années, quand une instance sur laquelle je me trouvais a décidé de bloquer une autre instance sur laquelle j’avais des contacts, pour une raison tout à fait étrangère à la fois à mon activité et à celle de mes contacts.)

    • Un aspect qui me semble important : je vois beaucoup de gens qui prétendent que « ce que veulent les gens » sur Twitter et Mastodon, c’est de l’horizontalité. Et que ce que ferait Musk, justement, c’est de ne pas comprendre cette demande d’horizontalité.

      Or je pense que c’est faux : les gens vont sur Twitter parce que c’est là que tout le monde est. Ils n’iront sur Mastodon que s’il s’y trouve suffisamment de monde. Or à partir du moment où l’on a un réseau hyper-fréquenté, on a forcément les tarés qui débarquent en nombre suffisant pour pouvoir poster un shitpost dans chaque message, et interdire ainsi toute possibilité de discussion. De ce fait, Twitter n’est pas du tout un réseau horizontal, au sens où il n’y a pas de discussions : il y a des gens qui postent des threads tout à fait passionnants, et c’est suivi de « forums » insupportables à lire. La seule chance d’avoir une visibilité en répondant à un thread, c’est que l’auteur initial décide de repartager cette réponse à son propre thread.

      C’est comme les forums sur les sites Web : j’ai toujours été partisan de ces forums sous les articles, dès qu’on a conçu SPIP pour uZine, la présence de forums publics sous tous les articles était une des fonctionnalités « de base ». Et on a eu de très beaux échanges dans ces forums. Par contre, dès que les forums passent sur des sites qui atteignent un public conséquent, c’est mort : c’est shitpost sur shitpost, des macronards et des fachos qui viennent pourrir absolument tout, partout et tout le temps, ou des braves abrutis qui ont appris que « discuter » en public, c’était reproduire la merdasse à la Hanouna. Je suis toujours admiratif de voir Plenel défendre non seulement les blogs adhérents, mais aussi les forums sous les articles, avec les mêmes arguments que nous avions à l’époque pour uZine et pour SPIP, tout en reconnaissant que c’est très problématique.

      J’ai lu récemment un thread de quelqu’un qui faisait remarquer que les fachos étaient sur Twitter non pas pour la « liberté d’expression », mais parce que c’est le principal endroit où ils peuvent aller pourrir les gens de gauche. Des réseaux de fachos fréquentés par les fachos, il y en a déjà, c’est pas un problème. Ce qui les attire sur Twitter, c’est pas d’y être lu par d’autres fachos, c’est avant tout qu’ils vont pouvoir aller poster des shitpost pour faire chier les progressistes (« to own the libs »).

      De fait, je sais bien que Seenthis est avant tout protégé par sa faible participation (même s’il a, aussi quelques caractéristiques intéressantes, comme le fait que les réponses sont présentées au même niveau que le message d’origine, ou encore que le système de « petits triangles » avant les URL favorise l’agrégation des discussions, et tente de décourager l’auto-promo qui pique les référencements des autres…). La faible participation, l’audience limitée (mais pas nulle), font qu’on n’est pas une cible intéressante pour les fafs et les macronards, puisque ce n’est pas le bon endroit pour aller « faire chier du gaucho ».

      Et à l’inverse : les gens qui veulent aller sur un réseau avec pour critère qu’il y ait un maximum de monde, se condamnent à renoncer à toute forme d’horizontalité dans les échanges, parce que la seule façon de rendre la lecture de ces trucs supportables, c’est de cacher les forums sous le tapis (ce que fait Twitter) en rendant les « réponses » extrêmement moins visibles que le post d’origine (c’est-à-dire en réduisant les possibilités de construction d’intelligence collective).

      C’est contre-intuitif, mais : plus la fréquentation sera importante, et moins un réseau social sera « horizontal ». Plus il sera nécessaire de planquer les shitposts en planquant les forums. Et plus il sera nécessaire d’avoir des algorithmes pour hiérarchiser les messages.

      (Une autre façon de dire la même chose, c’est de constater que les gens vont sur des gros réseaux pour prétendre échapper aux bulles de filtre, dénoncent ces bulles de filtres, alors que justement plus un réseau est gros et plus il y a besoin de créer des bulles de filtre. Les gens qui dénoncent les bulles de filtre, si réellement ils étaient sur Twitter et Youtube sans ces bulles de filtres, ils seraient horrifiés et n’y retourneraient pas.)

    • @cdb_77 du coup j’ai une question « méthodologiqie » puisque tu utilises twitter comme outil de repérage de ressources avant de les signaler ici pour mémoire. Tu travailles sur téléphone pour twitter ou tu es sur ordi dès tes repérages ? Perso, qd j’identifie des ressources intéressantes je me les partage vers mon email avant de les intégrer dans zotero (où je mets tout, académiques et autres ressources doc). Mais s’il y avait un moyen de faire ces signalements directement dans @seenthis Seenthis via le téléphone, comme le permet la petite extension qui existe pour les navigateurs, ce serait génial.
      Parce que le matin je lis twitter comme l’autre lisait le journal, c’est ma prière du petit déjeuner qui ne peut s’encombrer d’un ordinateur...

    • Vous devez aussi l’avoir lu/vu :

      Le Mastodon(te) et l’oiseau bleu. – affordance.info
      https://affordance.framasoft.org/2022/11/le-mastodonte-et-loiseau-bleu

      Je crois qu’aujourd’hui la valeur d’un réseau social est non seulement définie par celles et ceux qui sont dedans, par celles et ceux qui en sont exclus … mais aussi et par toutes celles et ceux qui refusent d’y être et disposent des ressources pour s’efforcer de socialiser ailleurs et ce faisant, d’espérer amorcer quelque chose de neuf avec la responsabilité leur incombant d’au moins montrer que cela est … possible.

    • @rumor : j’utilise twitter sur ordi et tél et je fais comme toi : je me partage les ressources que j’identifie vers mon email et je mets sur seenthis et/ou zotero (mais la majorité du temps sur seenthis ce que je trouve sur twitter quand même)

    • Salut Salut,

      je me permets de ramener ma fraise sur la base d’observations que j’ai fait sur plusieurs réseaux.

      De mon expérience :
      Facebook/linkedin (et je crois insta, tik tok...mais pas sur j’ai pas vraiment essayé, c’est juste une opinion vu de loin) : la majorité des posts c’est matte mon style de vie comme il est ouf. Il n’y a pas vraiment de débat d’idées, un post, même pas forcément sérieux fait très vite (sur facebook, moins sur linkedin) l’objet de commentaires haineux, sexistes, fascistes...bref les gens se lâchent à coup de « bon sens » façon cnews...c’est délicieux (bon ok linkedin c’est différent c’est moins du bon sens que des posts de motivation à 2 balles...mais basé sur ton style de vie de ouf...et les commentaires sont généralement plus softs).

      Twitter : Beaucoup de débats. L’énorme majorité sont finalement peu documentés et/ou fouillés. En plus les règles sont bafouées (enfin je trouve). Sur l’autel du débat d’idées tu te dois d’accepter la pure liberté d’expression de l’autre...et effectivement les promoteurs d’extrême droite (mais pas que) en profite un max pour tirer la fenêtre d’overtom hyper à droite pour mieux imposer leurs idées dans la sphère journalistique et politique (qui adorent ce réseau).
      Les experts sont malheureusement noyés dans la masse...quand ils ne sont pas harcelés de commentaires dégueulassent également.

      Mastodon : Je pense aussi que tu peux vite te retrouver comme dans twitter si les utilisateurs augmentent. Cela dit la fenetre d’overtom actuelle est très anar, anticapitaliste, antinuke, et féministe (en tout cas si tu es sur une instance comme mamot et que tu te limites à quelques comptes bien choisis comme https://mamot.fr/web/@Khrys). L’avantage c’est que t’as pas de suggestions...donc tu peux rester dans ta bulle...mais j’ai déjà eu quelques interactions qui m’ont rappelé twitter mais c’est très rare...et tu peux les bloquer facilement (et j’espère que ça va pas augmenter avec l’arrivée massive de fugueurs d’Elon).

      Seenthis : Pendant longtemps je n’ai suivi que @rezo et @7h36 et rien qu’avec ces 2 comptes...tu prends cher en infos de qualité. Je me suis mis à suivre d’autres comptes au fil des échanges mais j’atteins mes limites de temps disponible pour tout consulter. L’énorme différence avec Masto c’est la qualité des échanges de débats...qui sont effectivement sans concessions et beaucoup plus fournis. Sans parler de l’archivage des dossiers etc...

      Je crains beaucoup l’arrivée de flopées de vénères trop à droite qui viendraient dégueuler des commentaires inintéressants pour tirer les fenêtres d’overtom de ces 2 derniers réseaux.

    • A vrai dire aucun 😉

      Mais si ta question est un tant soit peu sérieuse...😁 (suspense...)
      La pépite du net français pour les films de Kung Fu (mais pas que), se trouve ici :
      http://hkcinemagic.com/fr/main.asp ?
      et un forum
      http://forum.hkcinemagic.com/index.php ?
       !!!
      (que j’ai découvert que trop tard pour participer) (d’ailleurs ça compte comme réseau social un forum ?)

      Ce qui est un peu nul c’est que les gars ont plus vraiment le temps ni l’envie d’animer...

      Une grande perte pour cette passion 😔

  • « Deux ados armés de sauce tomate nous inquiètent plus que les bombes à retardement climatiques enclenchées par les multinationales »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/11/06/defense-de-l-environnement-deux-ados-armes-de-sauce-tomate-nous-inquietent-p

    L’écologue Andreas Malm (université de Lund, en Suède) pose différemment la question. Elle tient plutôt, dit-il, à la quasi-absence de violence de l’activisme environnemental. « Après ces trois dernières décennies, il ne fait aucun doute que les classes dirigeantes sont foncièrement incapables de répondre à la catastrophe autrement qu’en la précipitant, pose-t-il en introduction à Comment saboter un pipeline ? (La Fabrique, 2020). D’elles-mêmes, par leur propre compulsion interne, elles ne peuvent que continuer à tracer leur chemin de feu jusqu’au bout. »

    Les attentats des suffragettes
    En l’absence de tout espoir de voir une solution émerger des institutions démocratiques, le chercheur suédois fait sienne la question provocatrice posée en mars 2007 par John Lanchester dans la London Review of Books, s’étonnant du pacifisme des militants environnementalistes. « Il est étrange et frappant que les activistes du climat n’aient commis aucun acte de terrorisme, écrivait le journaliste et écrivain britannique. Après tout, le terrorisme est de loin la forme d’action politique individuelle la plus efficace du monde moderne, et le changement climatique est un sujet qui tient à cœur aux gens. »

    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés L’« écoterrorisme », un terme flou qui continue de faire polémique
    Quinze années plus tard, cette volonté d’arrondir les angles est toujours de mise, même chez les défenseurs de l’environnement les plus radicaux ; les atteintes aux œuvres d’art et aux biens ne sont jamais que symboliques. Qui se souvient, il y a cent huit ans, dans la même National Gallery, d’une militante pour le droit de vote des femmes, la suffragette Mary Richardson, lacérant à coups de couteau la Vénus au miroir de Vélasquez ? Ce ne fut pas une action isolée. La plupart d’entre nous gardent des suffragettes l’image d’un mouvement sympathique, luttant pour des droits qui vont aujourd’hui de soi, mais les militantes féministes britanniques du début du siècle passé n’ont pas hésité à recourir à la violence.

    Dans une étude publiée en 2005 par la revue English Historical Review, Christopher Bearman (université de Hull, en Angleterre) en a analysé le détail : pour la seule année 1913, les militantes britanniques ont revendiqué près de 340 actions, principalement des incendies volontaires et des attentats à la bombe, dont les cibles étaient des maisons, des bureaux, des bâtiments agricoles, des gymnases, des hangars, des églises, des écoles. Soit près d’un attentat par jour.

    Depuis, la définition du terrorisme semble avoir autant changé que les raisons de faire un tour en prison. Le 29 octobre, seize chercheurs du collectif Scientist Rebellion, dont quatre Français, se sont collés à des automobiles de marque BMW dans un showroom, à Munich. Ce crime épouvantable, aggravé par des jets de peinture et le déploiement d’une banderole, leur a valu quatre jours de détention.

    #écoterrorisme

  • Governing Hybridized Electricity Systems: The Case of Decentralized Electricity in Lebanon Alix Chaplain & Éric Verdeil Governing Hybridized Electricity Systems: The Case of Decentralized Electricity in Lebanon
    https://www.researchgate.net/publication/364330690_Governing_Hybridized_Electricity_Systems_The_Case_of_Decentr

    Policymakers see decentralized electricity supply as a way to both decarbonize energy systems and to fill the gap of electricity access in many countries where strong growth leave the grid lagging behind. This article sheds some light on the case of countries such as Lebanon, where diesel-fueled decentralized electricity systems have existed for years and increasingly coexist with, rather than being replaced by, solar powered systems. It is based on a synthesis of public quantitative data and qualitative information gathered through surveys. The article argues that understanding such dynamics involves an analysis, not only of the technological and socioeconomic determinants of the adoption of decentralized energy technologies but also of the political struggles between the various actors, with a particular focus on corporate actors, and wealthy users. In addition, the article shows how different political temporalities play in reproducing or opening the assemblage of technologies and interests that shape the hybridized energy landscape. The article also shows that hybridization has repercussions on the energy configuration as a whole, both in the evolving market share of each technology but also by deeply fragmenting the access to electricity along social and territorial lines and by pushing essential private actors to disconnect from the grid. As a conclusion, the promises of sustainable transitions need to be critically examined in light of these trends.

  • Une lecture géographique de la crise électrique au Liban et des bonus cartographiques – Hybridelec
    https://hybridelec.hypotheses.org/874

    Depuis l’été 2021, la population du Liban n’a plus accès à l’électricité publique que 2 à 3 heures par jour, avec parfois des pannes totales. Cette déliquescence extrême a des origines remontant à la guerre civile (1975-1990), malgré une amélioration temporaire jusqu’à 2006. Depuis, le secteur connaît une dégradation aux raisons multiples, entre insuffisance de la capacité installée, manque d’investissement, blocage des importations de combustible, corruption, clientélisme… Cette gabegie a également des dimensions géographiques.

    Trois grilles de lecture s’imposent. La première est celle du communautarisme libanais, ancré dans des territoires divisés. Pour les élites politico-confessionnelles, l’électricité est à la fois une ressource à sécuriser pour leur territoire et une source de pouvoir. La deuxième renvoie à l’opposition entre centre et périphéries du pays et aux inégalités spatiales dans la distribution de l’électricité. La troisième est régionale et géopolitique : la dépendance du Liban aux importations d’hydrocarbures est une source majeure de vulnérabilité face aux conflits et blocus affectant les infrastructures énergétiques, mais aussi face aux évolutions brutales des marchés internationaux, à l’impact aggravé par la dévaluation récente.
    Face à ces défis, le territoire libanais offre-t-il des ressources permettant une autonomisation de la production énergétique ? Les promesses du gaz du bassin levantin sont encore incertaines, et si les énergies renouvelables ont un vrai potentiel, leur exploitation dépend d’une transformation de la gouvernance. En attendant, l’essor rapide des technologies individuelles ne comble pas les lignes de fracture internes au Liban et risque de les accentuer.

    Éric Verdeil, 2022, La crise électrique du Liban : une lecture géographique, Moyen Orient, n°56, oct.-déc., pp.56-62.

    Je me suis entretenu le 11 octobre avec Eric Bataillon, pour son émission Orient-Hebdo sur Radio France Internationale, au sujet de cet article : vous pouvez écouter le podcast qui en présente les principaux arguments :

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/orient-hebdo/20221024-revue-moyen-orient-un-dossier-consacr%C3%A9-au-liban-la-question-de-l-%

  • Lebanon 2.0.2.2. The Future we are bracing for
    https://synaps.network/post/lebanon-crisis-regime-dystopia

    Stimulant exercice d’anticipation d’un lent affaissement libanais, troublant de vraisemblance. Je retiens ici les aspects infrastructurels mais les dimensions politiques internes et relatives à l’aide internationale sont aussi très bien vues. Ce texte est en fait une analyse très pertinente et clinique de la situation présente...

    >A BROKEN SUPPLY CHAIN

    Having plundered dollar reserves to finance an import-hungry economy, Lebanon’s government and financial sector have now reined in their spending. Although the country remains desperate for foreign goods, banks have stopped providing lines of credit to importers. They make exceptions for clients they know personally, advance only small amounts, and demand to be repaid in full within a month. They also charge high fees, to compensate for the fact that they no longer extend revenue-generating loans. 

    Meanwhile, importers complain that foreign suppliers have grown wary of the Lebanese market, which they see as too small, risky, and confusing to be worth their time. Those willing to do business insist on payments made in advance through reputable international banks, which also charge high fees, citing rising compliance costs related to corruption and money laundering. While importers hope to gain a discount by paying suppliers upfront, they must in fact purchase smaller quantities at higher prices—reflecting a shrinking Lebanese market and reduced access to hard currency. 

    Fuel is now scarce and, for most, prohibitively expensive. The central bank only furnishes small amounts of dollars to the cartel of private importers who supply the country’s gas stations. These family-based companies, who developed their own ports, storage infrastructure, and fleet of tanker trucks during the civil war, are deeply connected to the political class. They sell oil at global market value to whomever can still afford it. Payments are made on the spot, in cash, before offloading. Many gas stations, especially in poor and remote areas, have shut down, because they cannot generate enough income to manage such payments. Those that remain in operation pay a premium for deliveries that are smaller in volume, and thus costlier to everyone. The increasingly unstable pace of shipments from abroad creates yet more uncertainty, with interruptions sometimes affecting even the most fortunate. 

    Fuel shortages wreak havoc on Lebanon’s already decrepit electricity sector. The country’s largest producer, Electricite du Liban, barely manages to supply a daily average of six hours of power on the grid. Private generator companies fail to make up the shortfall. Many have gone out of business, because their revenues do not cover the rocketing costs of diesel and maintenance—and their subscribers cannot meet the resulting price hikes. Nor can most households afford to invest in alternatives such as smaller generators or solar panels. Electricity on demand has thus become the preserve of an elite living in self-sufficient compounds. For the rest of society, the national grid is more essential than ever. However, the rush to use machines and recharge batteries during the few hours available leads to frequent overload, making even those windows unreliable. Warehoused medicine and foodstuffs regularly perish due to lapses in cold storage. 

    Without power, the internet is more unstable than ever. The antennas needed for mobile communication demand electricity; as it dwindles, so does 3G coverage—especially in remote parts of the country. In parallel, the infrastructure itself is in decline, due to a combination of poor maintenance and the looting of cables by people keen to resell the copper they contain. Such disintegration triggers Lebanon’s first true internet blackouts, some of which are localized while others are nationwide. Like electricity, an internet rush occurs whenever the service is restored, as people compete over the same diminishing bandwidth. Employees struggle to work remotely, even as fuel shortages make commuting difficult. Although prices haven’t changed, the most vulnerable are increasingly hard-pressed to stay connected; many have either sold their devices or are simply unable to repair or replace them. 

    Access to water is another casualty, for much the same reasons. This sector remains massively dependent on multiple forms of pumping—from wells, through pipes, into trucks, and onto roofs. All these processes hinge on fuel, and have thus become exorbitantly expensive. Inequalities have deepened: between upstream and downstream villages, between neighborhoods enjoying more or less tap water, or between farmers, many of whom are forced to abandon their work. People have adapted by turning to less clean sources of water. The consequences for public health can already be felt, with worrying increases in food poisonings, hygiene-related ailments, and water-borne illnesses. 

    To make things worse, gaps in the supply chain extend to pharmaceuticals. Medicine imports are dominated by yet another cartel, which has historically glutted the market with overpriced brand medicine heavily subsidized by the government, at the expense of any local industry. The latter would take years to build from the ground up, and only then with the help of regulatory reforms that Lebanon’s oligarchs continue to reject. The market has adapted in corrosive ways: Political factions procure essential medication through their own networks, for their base, and only intermittently; people avoid doctor consultations and hospital visits, preferring to save their money for self-prescribed treatments; and counterfeit drugs make their way into even reputable pharmacies. First-rate, broad-spectrum antibiotics, which Lebanon has long overused, are just a memory, leaving Lebanese increasingly exposed to infectious diseases.

  • Political Figures’s Properties - Gherbal Iniative
    https://elgherbal.org/META_CANONICAL
    https://pbs.twimg.com/profile_banners/1037628644103995392/1536226977/1500x500
    remarquable initiative de la société El Gherbal Initiative qui publie les donnnées sur les propriétés des personnalités politiques et des partis en faisant jouer le droit à l’information :
    Par exemple Gebran Bassil possède 48 propriétés dont 47 dans le casa de Batroun
    https://elgherbal.org/political-properties/politicians/LVFj0w4PoB6yc1u3it99
    Nabi Berri 15 propriétés (Beyrouth et Sud) https://elgherbal.org/political-properties/politicians/lJgMnfG0Se7FEPHJQPJf
    sa femme Randa Assi 14 propriétés surtout au Sud : https://elgherbal.org/political-properties/politicians/Krrion4sonbMPYNr9fEh
    et Saad Hariri : 71 propriétés majoritairement à Beyrouth et Saïda
    https://elgherbal.org/political-properties/politicians/P5kNpSQxVYaW3XYKS4OE
    #transparence #Liban #corruption #enrichissement #politique

  • Liban : le procureur dessaisit la juge anti-corruption Ghada Aoun des dossiers des crimes financiers
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20210416-liban-le-procureur-dessaisit-la-juge-anti-corruption-ghada-aoun-des-dos

    Au Liban, le procureur général a dessaisi pour la troisième fois, vendredi 16 avril, la juge Ghada Aoun des dossiers financiers et a ordonné à la police judiciaire de ne plus obéir à ses ordres. Cette mesure illustre les profondes divisions au sein de la justice libanaise au sujet de la lutte contre la corruption.

    Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

    Quelques heures après la décision du procureur général de la dessaisir des dossiers relatifs aux crimes financiers, la juge Ghada Aoun a procédé à une perquisition spectaculaire sous les objectifs des caméras dans les bureaux de la société Mecattaf, spécialisée dans le transport de devises entre le Liban et l’étranger.

    Accompagnée de policiers et de dizaines d’activistes d’un collectif anti-corruption, la procureure du Mont-Liban a fait forcer les portes fermées malgré les protestations des avocats de la société. La juge est restée seule dans les locaux perquisitionnés, entourée des militants de la société civile, après le retrait de la force de police conformément à la décision du procureur général.

    Ghada Aoun défraie la chronique au Liban depuis des mois pour sa guerre contre la corruption. C’est la seule juge qui a osé s’attaquer à des personnalités intouchables, comme l’ancien Premier ministre Najib Mikati, le gouverneur controversé de la Banque centrale, Riad Salamé et, vendredi, à la plus importante société de transfert de devises.

    Les détracteurs de Ghada Aoun l’accusent d’exécuter l’agenda politique du chef de l’État Michel Aoun. Ses partisans la considèrent comme une femme courageuse qui se bat contre un système miné par la corruption. Le hashtag #GhadaAoun avait été partagé en fin de journée plus de 40 000 fois sur Twitter.

    #Liban improbable

    • il en faut bien une juge qui s’attaque à cette partie de la corruption, très massive par son ampleur, celle des millionnaires et des milliardaires. Ce serait bien aussi que les accusations contre Gebran Bassil, notamment mises en avant par les Américains pour justifier les sanctions dont il est frappé, soient objectivées et face l’objet d’une instruction du côté libanais. Trop souvent au Liban, la corruption n’est regardée que dans une optique partisane.

  • Le printemps israélien de la députée Aurore Bergé
    https://orientxxi.info/magazine/le-printemps-israelien-de-la-deputee-aurore-berge,4502

    Et côté « gauche », une autre candidate potentielle à la présidence, Anne Hildago, elle aussi très pro-israélienne sans s’être jamais déclarée proche du Printemps républicain « a un côté républicain sincère, elle est très anti-communautariste sauf avec les juifs. Mais elle ne peut pas avoir un positionnement tranché pour une raison simple : elle gouverne avec une alliance de forces politiques différentes » dont le Parti communiste (PCF) et les Verts, explique l’un de ses adjoints. Cependant sa précédente majorité comptait deux élues cofondatrices du Printemps républicain, la maire du 20e arrondissement de Paris, Frédérique Calandra, et Catherine Vieu-Charrier, rare personnalité du PCF à se rallier à ce mouvement. Adjointe au maire chargée de la mémoire, l’élue a été à l’origine de la création d’une place de Jérusalem dans le 17e arrondissement. Elle a été inaugurée en juin 2019 en présence du maire de Jérusalem, Moshe Leon, un proche de Nétanyahou, ce qui causa un certain embarras chez ses camarades communistes, mais n’a pas dérangé Hidalgo. Mais si « beaucoup d’élus socialistes pouvaient se dire un moment plus ou moins proches du Printemps républicain sur la laïcité, ils ont très vite mal supporté l’obsession islamophobe et l’hystérisation du débat. Pour quelqu’un comme Emmanuel Grégoire, l’actuel premier adjoint de la maire, tout ça c’est too much », dit une adjointe Europe Écologie Les Verts (EELV). « Avec Frédérique Calandra, qui était à fond dans le Printemps républicain, ils ont fait des dégâts, ils ont radicalisé pas mal de gens, ajoute la communiste Raphaëlle Primet, conseillère de Paris et elle aussi élue du 20e arrondissement. Maintenant, je le les trouve moins virulents, moins présents ».

    #Anne_Hidalgo #Israël

  • L’intellectuel libanais Lokman Slim assassiné au Liban-Sud - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1250717/lintellectuel-libanais-lokman-slim-porte-disparu-au-liban-sud.html

    En attendant de pouvoir poster l’article d’Al Akhbar sur cette bien triste nouvelle.

    L’intellectuel libanais Lokman Slim assassiné au Liban-Sud
    L’écrivain et éditeur, opposant farouche au Hezbollah et menacé de mort à plusieurs reprises par le passé, a été atteint de cinq balles.

    OLJ / le 04 février 2021 à 09h42

    Lokman Slim. AFP / Rania SANJAR

    L’écrivain, éditeur et intellectuel libanais Lokman Slim, opposant farouche au Hezbollah, a été retrouvé mort, jeudi matin, au Liban-Sud. Le militant était porté disparu depuis mercredi soir, lorsqu’il était sorti du domicile de l’un de ses amis dans le village de Niha en soirée, et sa famille avait perdu tout contact avec lui.

    Selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, qui cite des sources sécuritaires, son corps a été retrouvé dans une voiture de location, une Toyota Corolla, qu’il utilisait près de Touffahta dans le caza de Zahrani. Le procureur général près la cour de cassation au Liban-Sud, le Juge Rahif Ramadan, a indiqué que le corps, examiné par un médecin légiste, avait été atteint de quatre cinq balles, quatre à la tête et une au dos.

    « Je n’ai pas peur de la mort »
    M. Slim, qui contribuait régulièrement au débat d’idées dans les colonnes de L’Orient-Le Jour, était porté disparu depuis la nuit dernière, avait annoncé sa famille sur les réseaux sociaux. Il se trouvait avec un ami à Niha, au Liban-Sud, mercredi soir. Selon sa sœur, Rasha, il n’a plus donné signe de vie depuis, et son téléphone a été retrouvé dans le secteur. « Il s’est rendu en milieu de journée chez Mohammed el-Amine à Niha », avait déclaré son épouse Monika Borgmann à L’Orient-Le Jour avant l’annonce par les médias de son décès. « Il a quitté la maison de son ami à 20h30 et il n’est jamais rentré ». Elle a précisé qu’un de ses amis a localisé le téléphone dans la nuit et que l’appareil a été retrouvé à 400 mètres de la maison près de la route. Ce n’est pas la première fois qu’il se rend au Liban-Sud, malgré les menaces qu’il reçoit régulièrement, selon elle.

    Âgé de 58 ans, Lokman Slim, un érudit et un intellectuel de renom, avait cofondé avec sa sœur Rasha une maison d’édition reconnue, Dar Al-Jadeed, avant de former avec son épouse, la cinéaste Monika Borgmann, une ONG, UMAM D&R, essentiellement consacrée aux recherches et au travail sur les problématiques de la mémoire et sur la question des disparus après la guerre civile libanaise (1975-1990). Dans le « Hangar », quartier général de cette ONG à Haret Hreik dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, ils organisaient débats, projections de films et expositions.

    Des policiers autour de la voiture de Lokman Slim, au Liban-Sud. REUTERS/Ali Hankir

    Issu d’une grande famille chiite de la banlieue sud, Lokman Slim, qui dénonçait régulièrement la mainmise du Hezbollah dans ses écrits et dans les médias, avait été menacé à plusieurs reprises, jusque dans sa résidence familiale dans la banlieue sud de Beyrouth. Lokman Slim, qui rencontrait parfois de hauts responsables américains de passage à Beyrouth, a souvent été attaqué par la presse pro-Hezbollah pour des positions jugées favorables envers les Etats-Unis. Il dénonçait également le monopole politique des deux poids lourds chiites, Hezbollah et Amal, au sein de la communauté. En décembre 2019, à la suite de menaces de mort contre lui, il avait affirmé dans un communiqué : « Je fais assumer aux forces du fait accompli, représentées par sayyed Hassan Nasrallah et le président Nabih Berry, l’entière responsabilité de ce qui pourrait m’arriver et je me place, ainsi que ma famille et mon domicile, sous la protection de l’armée libanaise ». Il avait alors notamment évoqué des affiches collées sur un mur de sa maison l’accusant d’être un traître et le menaçant.

    « Je lui disais tu n’as pas peur des menaces ? Nous sommes des gens pacifiques, nous n’avons que nos livres comme armes. Et il répondait : je n’ai pas peur de la mort », a déclaré sa sœur, Rasha, à la chaîne al-Hadath.

    Les affaires de Lokman Slim dans son bureau à Beyrouth. REUTERS/Mohamed Azakir

    Un retour aux assassinats politiques ?
    Dans la matinée, le ministre de l’Intérieur du gouvernement démissionnaire, Mohammad Fahmi, a dénoncé « un crime effroyable ». Le courant du Futur a lui aussi dénoncé « un assassinat ignoble » et exprimé la crainte qu’il ne signale « un retour aux assassinats politiques ». L’ancien député et membre du courant du Futur, Bassem al-Sabeh, a estimé dans un communiqué que « l’assassinat de Lokman Slim est un message direct à tous les activistes, écrivains et politiciens de la communauté chiite qui ne tournent pas dans l’orbite du Hezbollah ».

    L’ancien ministre Marwan Hamadé a estimé « qu’à l’ombre du règne de la terreur et de la corruption, il n’y a évidemment pas de place pour des gens comme Lokman Slim, le jeune intellectuel cultivé et libéré de toutes les entraves confessionnelles. Le crime a pour seul signataire celui qui nous poursuit depuis les assassinats de la révolution du Cèdre ».

    L’ancien député et chef du Rassemblement de Saydet el-Jabal, Farès Souheid, a estimé que l’assassinat du militant était « un message clair visant à museler » les opposants au Hezbollah. « L’assassinat s’est produit dans une zone d’influence du Hezbollah : soit c’est le parti qui l’a tué, soit il doit dire qui l’a tué », a-t-il affirmé dans une déclaration à la chaîne saoudienne al-Hadath. Il a assuré que cet attentat n’allait « pas pousser les Libanais libres au silence » et « ne nous fera pas peur », indiquant que des personnalités allaient se réunir dans la journée pour adopter une position commune à la suite de l’assassinat.

    « Je suis extrêmement troublé par la perte tragique de Lokman Slim, un journaliste et activiste respecté, une voix courageuse, honnête et indépendante », a tweeté Jan Kubis, qui était le coordinateur spécial de l’ONU au Liban avant sa récente nomination comme émissaire spécial de l’ONU en Libye. « Je demande aux autorités de mener une enquête rapide et transparente sur cette tragédie et d’en tirer les conséquences nécessaires ».

    « Immense tristesse et préoccupation à la nouvelle de l’assassinat de Lokman Slim, a pour sa part écrit l’ambassadrice de France au Liban Anne Grillo sur Twitter. Mes condoléances et toutes mes pensées vont à sa femme, à sa famille et à ses proches ».

    De nombreux intellectuels, journalistes et militants ont rendu hommage à Lokman Slim sur les réseaux sociaux, soulignant son courage. Sur Twitter, le mot-dièse en arabe Lokman_Slim était en tête des tendances pour le Liban. « Non non non ! Ça ne peut pas continuer comme ça. Non non, ça ne peut passer. TUER nos intellectuels ? Nos libres penseurs ? Non ! », a tweeté la militante Rita Chemaly.

    Pour sa part, le fils du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, Jawad, a affirmé sur son compte Twitter : « Ce qui constitue une perte pour certains est un gain pour d’autres et une bénédiction inattendue ». Le message a toutefois rapidement été effacé, son auteur affirmant qu’il n’avait rien à voir avec M. Slim.

    #lokman_slim

    • Une pétition pour une demande d’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur l’assassinat de Lokman Slim à Beyrouth (mel reçu)
      http://chng.it/JSqRWvcp9s

      Outre être un farouche opposant du Hezbollah libanais et du régime syrien de Bachar El Assad, il était réalisateur : vous pouvez voir [les bandes annonces] de ses films, ils racontent ses combats.

      Palmyre
      À la suite du soulèvement populaire contre le régime syrien en 2011, un groupe d’anciens détenus libanais décide de rompre le silence sur leurs longues années passées dans la prison de Palmyre, l’une des plus terribles du régime des Assad.
      https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=273919.html

      Massaker
      Du 16 au 18 septembre 1982, pendant deux nuits et trois jours, « Sabra et Chatila », chef-lieu de la présence palestinienne civile, politique et militaire au Liban est mis à feu et à sang.
      Vingt ans plus tard, six participants à ce massacre qui a choqué l’opinion publique mondiale racontent pour la première fois leurs excès meurtriers et barbares.
      Ni parodie de tribunal, ni séance de thérapie, Massaker laisse parler des tueurs pour ouvrir, au-delà de ce massacre, une réflexion sur la violence collective.
      https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=60879.html

    • MASSAKER, Monika Borgmann, Lokman Slim, Hermann Theissen [attention : film très dur]
      https://vimeo.com/45523150

      MASSAKER is – both in contents and aesthetically – a psycho-political study of six perpetrators, who participated in the massacre of Sabra and Shatila both on orders and on their own personal initiative. The film intertwines the mental dispositions of the killers with their political environment and broaches the phenomenon of collective violence through their accounts.

    • certes, ses engagements étaient décriés. Mais cinq balles, c’est cher payé...
      Voilà la communiqué du mouvement Citoyens et citoyennes dans un état : https://mmfidawla.com/2021/02/04/loqman-slim qui condamne l’assassinat tout en affirmant sa distance politique avec Lokman Slim (traduction google un peu revue) :

      L’assassinat de Luqman Salim est un crime condamné [ou plutôt condamnable ? bas ? en tout cas ça ne va pas, je suis trop mauvais pourtrouver la bon mot] qui ne peut être justifié, et aucune personne normale, ni aucun parti politique responsable, ne peut commencer sans la condamnation claire et sans équivoque de ce crime.
      Outre la dimension tragique de ce crime sur le plan personnel de sa famille et de ses proches, ses objectifs sont clairement politiques. Ce crime est une indication très dangereuse du cours des jours à venir au Liban, où la société s’effondre sous les yeux de tous et en même temps elle est profondément divisée, comme les premières réactions l’ont montré quelques minutes après le crime.
      Nous répétons ce que nous avons dit il y a plus d’un an et demi, et ce dont nous nous avons mis en garde à maintes reprises, que l’absence d’un véritable État au Liban conduit d’une part à la désintégration de la société et à la pénétration d’intérêts extérieurs en son sein, permettant et utilisant sa fragmentation, au détriment du présent et de l’avenir des Libanais et des Libanaises.
      Nous dans le mouvement de citoyens et citoyennes dans un état nous étions en désaccord avec les positions et opinions de Luqman Salim, et dans la plupart des cas nous y étions opposés, mais, surtout au vu de la différence d’opinions et d’approche, nous considérons ce crime odieux comme ciblant la société entière, et nous y voyons la base d’une violence déchaînée dont nous nous avertissons depuis longtemps.
      L’impuissance est un point d’entrée direct à la violence.
      Seul l’État véritable, c’est-à-dire l’État civil, protège la société, même de lui-même, et fait face à l’extérieur, à tout l’extérieur.

      Je pense qu’on peut interpréter l’expression « à l’extérieur, à tout l’extérieur » comme : contre Israël et ses alliés, mais aussi contre la Syrie et l’Iran".