salim sellami

La liberté d’expression n’a jamais été la l’expression de la liberté

  • L’indépendance de la justice à la lumière du cas Abdelaziz Bouteflika – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/07/15/lindependance-de-la-justice-a-la-lumiere-du-cas-abdelaziz-bo

    J’avoue que cette réflexion m’a été inspirée en regardant l’interview donnée par le président de la République à la chaîne française France 24 à l’occasion de la fête de l’Indépendance de notre pays. Interview où il a soufflé le chaud et le froid, laissant planer une impression désagréable de superficialité, d’être resté sur notre faim sur la plupart des sujets abordés, notamment celui de la nécessité de juger ou non le président déchu Abdelaziz Bouteflika qui, aujourd’hui, nous intéresse le plus.

    En effet, à un certain moment d’une interview très policée et très tranquille, le journaliste a demandé au président de la République « s’il fallait ou non juger Abdelaziz Bouteflika ? » Et là, A. Tebboune a eu des réponses ô combien ambiguës. Je le cite : « Je peux vous donner un ordre de faire rapidement passer ce marché, mais vous en profitez pour en abuser… », a-t-il déclaré ou « si la justice le demande, c’est son affaire, mais pour le moment, il n’en est pas question ».

    Cette attitude timorée, floue par moment, ambiguë par d’autres, est à mon sens à contre-courant des aspirations de justice portées par le peuple algérien pendant plus d’une année et cela pour plusieurs raisons. Doit-on comprendre que toutes les affaires de corruption, de dilapidation et de mise à sac de notre économie sont des accidents de parcours dus à des « abus de la part d’exécutants » peu amènes ? Remarquez le terme « abuser » utilisé au lieu de corruption, détournement, crime économique ….

    Et à partir de là, peut-on comprendre que le président de la République a absous son prédécesseur et a décidé que ce sont les exécutants, comme il le dit, seuls responsables ? Peut-on imaginer un instant que ce qui était devenu une marque de fabrique de la gouvernance de Abdelaziz Bouteflika soit due uniquement à des exécutants véreux et que celui qui se vantait de détenir tous les pouvoirs entre ses mains ne soit pas au courant ou n’est pas responsable comme semble vouloir nous le faire croire M. A. Tebboune ? Difficile à admettre. Peut-on parler de justice impartiale et indépendante quand tous les anciens responsables, ministres, premiers ministres, patrons, hauts responsables jugés pour corruption montrent du doigt Abdelaziz Bouteflika et ne cessent de répéter au tribunal qu’ils n’ont fait qu’obéir à ses ordres ou appliquer son programme et que cela n’entraîne aucune réaction des juges qui font semblant de n’avoir rien entendu ? Assurément pour le moins que l’on puisse dire, cela pose problème.

    Et si tel est le cas, tous ces procès et les condamnations à de lourdes peines de ces hauts responsables seront entachés à jamais d’une injustice et d’un manquement grave que l’histoire retiendra. Quels que soient les crimes imputés à ses hauts responsables, nous nous devons de leur assurer des procès équitables et faire entendre l’ancien président déchu par la justice fait partie de cette équité.

    Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que ce ne sont ni des partis politiques croupions ni une autre force constitutionnelle aussi puissante soit-elle, qui ont permis de dégager le système Bouteflika et de faire de vous le premier magistrat du pays. C’est le hirak et cela personne ne doit l’oublier. Et justement, une des revendications premières de cette révolution populaire pacifique unique dans notre histoire, était de « juger la issaba », toute la « issaba ».

    Alors peut-on juger une bande et accorder, pour des raisons obscures, l’immunité à son chef, celui qui donnait les ordres. C’est tellement contre toute logique que cela sent le deal et une justice qui ne se met en branle que sur injonction des puissants du moment encore une fois. Non Monsieur le Président, la corruption n’était pas un accident de parcours du règne de Abdelaziz Bouteflika, elle est due à des fonctionnaires véreux et malhonnêtes. N’est-ce pas lui qui avait imposé une nouvelle mouture du code des marchés (Journal officiel n° 52 du 28 juillet 2002) qui ouvrait un boulevard de gré à gré et à la corruption ? Le dernier alinéa de l’article 37 de ce nouveau code stipulait « le service contractant à recours au gré à gré simple exclusivement dans les cas suivants quand il s’agit d’un projet prioritaire et d’importance national ». Sans donner aucune définition ni précision de ce qu’on entendait par projet prioritaire ou d’importance nationale pour pouvoir éviter les dérives. Et évidemment, ce qui devait arriver arriva, une corruption tous azimuts .

    Le scandale de l’affaire Khalifa est resté lui aussi comme une tache noire et un symbole de l’iniquité d’une justice aux ordres qui punissait les faibles et protégeait les puissants. Des dizaines de ministres, hauts cadres et proches de Abdelaziz Bouteflika ont été cités dans ce procès du siècle mais n’ont jusqu’à ce jour jamais été inquiétés et cela malgré toutes les promesses de les juger par la Cour suprême qui nous ont été faites à l’époque. Seuls les lampistes ont été jugés et condamnés. Qu’a fait A. Bouteflika qui, faut-il le rappeler, était au sommet de sa puissance et se targuait de ne pas être un trois-quart de président pour mettre fin à ce scandale judiciaire ?

    Dès sa prise de pouvoir en 1999, n’avait-il pas dit : « Je suis le chef du gouvernement le patron de la télé, le directeur de l’agence de presse officielle… » Combien d’affaires de corruption et de dilapidation de deniers publics touchant ses ministres ou ses proches ont été, avec moult détails, étalées pendant des jours à la une des journaux sans que le Président déchu ne bouge le petit doigt pour que justice soit faite ? Au contraire, il a couvert tout cela du manteau de l’impunité tissé dans le mépris profond qu’il vouait à la presse et à son peuple. Qui a catapulté un certain Amar Saadani, homme inculte et corrompu à la tête de l’auguste APN en faisant de lui le troisième personnage du pays !
    Pire encore, n’oublions pas le limogeage brutal de l’actuel ministre de la Justice qui avait osé, à l’époque en tant que procureur général, lancer un mandat d’arrêt contre un de ses proches, en l’occurrence le tristement célèbre Chakib Khelil pour ne pas le nommer, très vite ex-filtré d’ailleurs hors du territoire pour ne pas répondre de ses actes devant la justice. Cette liste est loin d’être exhaustive, mais c’est pour dire encore une fois que la mise à sac du pays et la destruction de ses institutions n’étaient pas un accident de parcours mais un mode de gouvernance chez Abdelaziz Bouteflika. Et vouloir lui accorder l’immunité aujourd’hui serait en quelque sorte une manière de renouer avec les pratiques d’un passé qu’on espérait révolu à jamais.

    Pour mieux cerner le personnage, n’oublions pas aussi dans quel état d’esprit de revanche et de mépris vis-à-vis de son peuple il était avant et après avoir été élu à la fonction suprême en 1999. Le journaliste Farid Allilat, auteur du livre biographique Bouteflika, l’histoire secrète rapporte qu’une fois élu à la magistrature suprême et faisant allusion à sa condamnation par la Cour des comptes en 1983 pour détournement de fonds publics, il aurait dit à ses proches : « Ils m’ont traité de voleur ? J’en ferai tous des voleurs !!! »
    D’aucuns seront tentés peut-être de nous accuser de vouloir tirer sur une ambulance. Ceci n’est sûrement pas le cas, car nous avions déjà et à de nombreuses reprises dénoncé la corruption et la gouvernance du système Bouteflika dans des contributions parues dans les journaux (Le Soir d’Algérie des 12.8.2013, 6.2.2016, 16.4.2016, 7.11.2016 et El Watan des 15.4.2014, 12.3.2019…) et la liste n’est pas exhaustive. Ceci fait qu’aujourd’hui, nous sommes tout à fait à l’aise pour en parler et demander que justice soit faite à ce pays.

    Nous assistons depuis des mois à une situation tout simplement incroyable, inédite, du jamais vu dans aucun pays ! Premiers ministres, ministres, grands patrons, hauts gradés, frère du président, tout ce beau monde jugé et condamné à de lourdes peines avec une célérité qui en a étonné plus d’un. Oui, on avait tellement soif de justice qu’on a bien voulu croire au miracle d’un système judiciaire qui avait, du jour au lendemain, retrouvé à la fois à la vue, l’audition, sa conscience et son impartialité perdues pendant des décennies. On a fait taire en nous cette petite voix qui essayait de nous dire de nous méfier des miracles. Mal nous en a pris, car très vite on a compris aussi qu’apparemment cette prise de conscience était sélective et qu’une ligne rouge à ne pas dépasser a été tracée par un mystérieux arbitre avec comme mot d’ordre : pas touche au chef de bande !

    Il serait pour le moins catastrophique pour notre pays que cette illusion de justice indépendante retrouvée à laquelle on voulait croire, ne soit tout simplement qu’un mirage, un changement dans la forme uniquement, ou tel donneur d’ordre est remplacé par un autre.
    Il est très important pour l’équité de tous ces procès et la réputation de la justice de juger celui vers qui tous les doigts accusateurs convergent aujourd’hui. Juger sans esprit revanchard bien sûr et sans chercher à humilier qui que ce soit, comme cela a été malheureusement le cas pour Ahmed Ouyahia qui, quoi qu’on puisse penser de lui, se devait d’ être préservé dans sa dignité d’homme. On ne doit pas faire ce qu’il a fait aux cadres qu’il a injustement mis en prison et brisé à jamais, sinon il n’y aura aucune différence morale entre nous et lui.

    Non, la justice doit rester sereine et juste.

    Juger Abdelaziz Bouteflika est important pour le symbole, pour l’exemple, pour réaffirmer que nul n’est au-dessus de la loi, donner un gage de rupture avec l’ancien système et réaffirmer que la justice ne peut accepter de deal. Cela nous permettra de ne pas en douter de tourner définitivement la page dramatique du règne de Abdelaziz Bouteflika. Mais que ce soit clair, juger Abdelaziz Bouteflika ne veut pas dire l’emprisonner obligatoirement. Certes, cette justice dont l’indépendance est malheureusement sérieusement mise en doute déjà à cause des détenus d’opinion doit être juste, sereine mais aussi humaine.

    A. Tebboune dit que pour le moment, il ne voyait pas l’intérêt de juger Abdelaziz Bouteflika. Les dangers de ce déni de justice sont grands à mon avis. En effet, qui continuera à croire en l’indépendance d’une justice qui ne veut même pas entendre un homme vers lequel tous les doigts accusateurs convergent et qui en même temps ne peut s’empêcher de continuer à emprisonner à tour de bras des jeunes et moins jeunes uniquement pour leurs opinions dérangeantes pour le pouvoir en place ?

    Comment ne pas penser alors que Abdelaziz Bouteflika est protégé et qu’un deal entre les clans au haut sommet de l’Etat lui permet de continuer à couler des jours tranquilles aux frais du contribuable ? Comment ne pas donner du grain à moudre à tous ceux qui pensent que rien n’a changé et que le système s’est régénéré par lui-même ? Certes, juger un vieillard impotent et malade peut paraître peu glorieux, mais il est dit aussi qu’ il y a des indulgences qui sont tout simplement un déni de justice (Joubert. J).

    Que ce soit pour les détenus d’opinion ou pour le cas Abdelaziz Bouteflika, on a l’impression que pour le moment, le Président A. Tebboune tient comme le dit un adage bien de chez nous « le bâton par le milieu », en espérant pouvoir continuer à se cacher derrière son petit doigt. Espérons que sa main puisse glisser et tenir le bâton par le bon bout qui nous permettra d’exorciser les drames qu’a vécus notre pays. Car il est dit, là aussi, que « gouverner c’est maintenir les balances de la justice égales pour tous »

    (F. D. Roosevelt). Osons espérer aussi que l’apaisement dont parle souvent le président de la République ne soit pas un slogan creux et se traduise dans les plus brefs délais par la libération effective et immédiate de tous les détenus d’opinion. Ce n’est qu’à ces conditions qu’on arrivera peut-être à retisser ce lien de confiance rompu entre les citoyens, la justice de leur pays de même qu’avec leurs gouvernants. Constitutionnaliser le hirak comme vous le proposez Monsieur le Président, c’est bien, l’écouter c’est mieux.

    Par Djidjeli Nacer , Professeur de chirurgie pédiatrique

    Source : elwatan.com

  • La nationalité de l’ombre - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/la-nationalite-de-l-ombre-8.html

    « En nationalité, c’est tout comme en géologie, la chaleur est en bas ; aux couches inférieures, elle brûle ». Jules Michelet

    Le temps d’un peu plus d’une semaine a consigné la juxtaposition d’un ministre manqué, bi-nationalisé français et le retour de France d’une mémoire de résistance enfouie dans des crânes entreposés dans l’oubli depuis 170 ans.

    Avait-il eu un chagrin à voir ces probes symboles de dépouilles sans corps venir de si loin, de là où il avait élu statut et domicile ? Certainement, oui. Il doit avoir produit des pleurs intérieurs et silencieux. L’on ne peut d’un revers de signature anéantir ainsi les graines radicales qui ont fait du brin herbacé une tige qui croît joyeusement et croit que tout est permis. L’appel anonyme et incontrôlable vous happe et vous désarme par-devant tous les justificatifs, toutes les parodies et tous les nouveaux rôles. Le « moi », resurgit à chaque instant que l’on y pense.

    Il n’y a pas d’affaire, il y a juste une longue histoire d’antécédents, de légitimité et aussi de casting. Le sieur qui d’ailleurs ne remplit pas l’œil en tous ses angles n’était pas un choix idoine. Il était en face d’un devoir légal. Renoncer à un statut juridique ne disqualifie pas l’attachement intime à la matrice de ce statut. Certes, le patriotisme ne s’exprime pas par un bout de papier. Il ne peut être mis en cause par une quelconque procédure en quête d’un hypothétique bien-être. Le sieur est libre de se positionner dans ce en quoi il est convaincu. S’il cherche l’ombre, il ne peut prévaloir une origine.

    Être ministre c’est avoir une parcelle de souveraineté, c’est faire une partie de l’Etat national, être au parfum des hautes institutions, avoir parfois accès, selon leur classification à des dossiers sensibles. Presque frappés du sceau du secret, quoiqu’en ces temps qui courent tous les secrets finissent par s’éventer. A ce niveau là, on ne na pas à jouer un double jeu. Ou l’on est avec une équipe ou l’on est avec l’autre. Par contre, en dehors de ceci, toute autre attitude est plausible.

    Et puis ce poste ne rime à rien. On la bien essayé avec un certain effacé Sahli. Il correspondait à une lucarne gouvernementale avec vue sur mer. Voire une minuscule succursale sous étreinte restreinte de l’envahissant département des affaires étrangères. Quelques doléances par-ci, quelques couacs consulaires par-là, beaucoup de voyages et de contacts et les grands problèmes de notre émigration sont toujours les mêmes. Ne faudrait-il pas, à ces fins encourager l’instinct associatif, l’esprit du lobbying et la positivité de la diaspora installée ailleurs ? Des associations fortes, comme l’était l’Amicale dans son temps pourrait suppléer à ce besoin de porte-voix d’une frange que l’on n’écoute que lors des rendez-vous électoraux.

    Par principe cardinal l’on ne rentre pas dans la tête d’une république par clandestinité. Le filtre et le scanner se devaient d’agir à priori. La nomination de ce sieur dépasse la simple erreur du formalisme exigible en pareil cas. C’est une question d’enquêtes ou de passer outre. Et puis, y a aucun mal. Il est nommé puis dégommé. Pourvu que l’autre comparse bien introduit dans le règne précédent ne puisse pas donc briguer la lucarne. Pour une grosse « tête » belle ou pas ; c’est dangereux. Elle serait également prise aux filets d’autres trucs, d’autres machiavélismes.

    La confusion que crée ce cas est à écarter de ceux nombreux où l’exclusivité de la nationalité algérienne est de .mise. Il s’agit en fait de certains postes et emplois précis par la loi consécutivement à la constitution. Certains transposent Belmadhi l’entraîneur des verts au cas du Sieur. Quand l’on saura faire la différence entre ce qui est apport technique et ce qui a rapport politique ; la compréhension se facilitera. On avait bien des coachs totalement étrangers, mais jamais de ministres.

    L’anicroche parfois n’est pas dans la couleur d’un passeport ou dans celle de sa dualité le cas échéant, elle réside toutefois dans la symbiose qui doit subsister entre le profil et l’emploi à exercer. Plusieurs de nos compatriotes inscrits à la case de la fuite des cerveaux ont eu de prestigieuses renommées notamment scientifiques en plus des signes de reconnaissances mondiales. S’ils peuvent valablement accomplir une fonction conforme intrinsèquement à leur métier quel que soit leur passeport ce ne sera qu’une une chose salutaire. Leur confier un portefeuille ministériel où la décision n’est que politique et que l’on sait être aussi une administration dévoreuse de compétences, c’est un peu les brûler, voire les émasculer.

    L’acquisition d’une nationalité suppose allégeance et loyauté aux principes fondateurs de l’Etat, de ses éphémérides, de ses référentiels constitutionnels. Il y a là, dans cette relation juridique un engagement solennel pour le respect et l’exécution des obligations civiles prévues par tous les textes en la matière. Une nationalité peut ne pas traduire expressément une identité morale ou ancestrale. Elle ne produit que des effets en termes de droits et devoirs.

    La citoyenneté est ainsi une faculté de pouvoir jouir de tous les avantages qui, toutefois ne seraient pas disponibles dans l’arsenal de la nationalité d’origine. Etre algérien et résider ailleurs sous une autre nationalité c’est éviter les formalités d’un visa d’entrée en Algérie. C’est dire qu’à l’obtention de la nationalité étrangère, l’on ne devient pas étranger dans ses gènes, ses réflexions, ses profondeurs. Y a cette croyance virtuelle, que l’on est dans le club. On a juste un passe-partout. Un masque local. On se moule dans le canevas sociétal, on s’y adapte. Le malheur ce sont ces têtes faites ici, qui d’un tour de spleen vomissent une empreinte matricielle jusqu’aux souvenirs de leur natalité. En dehors d’une religion, d’une idéologie ou d’une politique ; ils tentent de mettre en cause l’existence et la présence sur le globe du sol où ils ont lancé leur premier cri. Ils tirent sur tout ce qui se fait ici. Rien n’arrive à les satisfaire, pourtant s’ils n’ont plus l’Algérie dans le cœur, ils la gardent coincée à l’éternité dans leur tête. Du moins en guise de faire-valoir ; car ils n’ont pas renonce à leur nationalité initiale. Ils en parlent, suivent tout détail, scannent tout mouvement. En fait ils se mettent en permanence en position d’étrangers là où ils se tanguent et algériens aux frontières. Et dire, malgré l’application au point au nouveau prototype citoyen ; ils ne seront jamais dans les pures souches françaises qu’ils désiraient. Les plis acquis, le fond culturel inné, le pesant héritage mémoriel ne peuvent disparaitre, juste en ayant entre ses mains un passeport bleu. Tu peux changer de noms, de lieux et même de peau ; ca ne sera pas pour autant possible de changer de filiation, d’appartenance et de sperma-manufacturiel.

    Il y a l’assimilation à la communauté française comme support axial dans cette immersion. L’accueil dans la citoyenneté française engendre plusieurs protocoles, voire déclaration expresse et officielle et disposition morale et totale adhésion aux conditions du nouveau Club. Il est dit et transcrit quelque part : « L’acquisition de la nationalité française constitue une étape majeure dans le parcours d’intégration d’un étranger à la communauté nationale. Il serait exigé que cet événement soit accentué par une manifestation solennelle et symbolique d’accueil dans la citoyenneté française. Cette manifestation est organisée au niveau de chaque département par le préfet en présence des élus dans les 6 mois qui suivent l’acquisition de la nationalité française. La charte des droits et devoirs du citoyen français est remise à cette occasion à tous les nouveaux Français » n’y aurait-il pas un quiproquo à vouloir entonner kassamen sous le rythme de la marseillaise ? ou de hisser un tricolore dont le bleu ne puisse s’étoiler ? Sauf si tout ceci n’a rien à voir avec tout jurement, contrat, dévouement, patriotisme dans le fond et que ce n’est qu’une comédie humaine de régularisation administrative d’un séjour métropolitain allongé.

    Ainsi cette situation est à clarifier textuellement dans la prochaine constitution. Ne laisser aucune marge pour une éventuelle interprétation. Inclure des dispositions qui sérient, par sensibilité les postes supérieurs conditionnés de la sorte. Oui, je crois de mon avis personnel qu’en fait de hautes fonctions, l’exclusivité de la nationalité unique algérienne est exigible. Il y aussi des avis qui veulent étendre cette « unicité » à la résidence du récipiendaire. La résidence pourrait s’élever en un cas d’empêchement. Il y avait un ministre qui durant tout son âge plus que quinquagénaire, n’a séjourné en Algérie que deux ans de service national et quelques années, période de son office ministériel. Il était déconnecté de la réalité, de la culture du fonctionnement de la société profonde algérienne. Il était partant ; un assidu contribuable du trésor français. Et on ne lui a jamais mis en porte-à-faux son amour pour son pays d’origine. Peu importe le lieu où l’on naisse, l’importance est dans les fibres qui tissent nos souffles. Ceci n’empêche pas que l’apport des binationaux nés ici ou ailleurs est d’une primordialité accrue. Personne ne détient le droit de leur renier l’amour de la patrie à la façon qu’ils conçoivent.

    Pour ce qui est de ce député manquant de peu la peau d’un ministre , je ne pense pas qu’en s’abstenant à renoncer à sa bi nationalité , l’on comprendra un retrait aux âmes de Massinissa ou Benboulaid et qu’il puisse subir un attrait affectif envers Vercingétorix ou Clovis beaucoup plus qu’il le ressente pour le loisir des parcs, les grands boulevards, les terrasses de cafés et l’abri assuré en cas de « on ne sait jamais ». Pas plus. Sauf si les sirènes phocéennes ou les cors franciliens claironnent un son autre que celui de sa source génétique. La constitution est sommée de régler cette dualité au seul profit du pays et de faire éviter à certains de se mettre à l’ombre d’une autre nationalité quand le front les appelle à un devoir hautement sacré.
     

    par El Yazid Dib

  • L’inquiétante tendance derrière le déplateformage de Soral et Dieudonné - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/l-inquietante-tendance-derriere-le-deplateformage-de-soral-et-dieu

    On peut pouffer du sort de Dieudonné ou de Soral lorsqu’ils se font virer de plateformes grand public. Malheureusement, ceci masque une tendance de fond, le contrôle social à la chinoise.                                                      

    Petites larmes sur les internets interlopes : on apprend par discrète voie de presse qu’Alain Soral vient d’être viré de Youtube sans autre forme de procès.

    Le pauvret, malgré plus de 180 000 abonnés à ses logorrhées vidéastes produites ces dix dernières années, n’a pas échappé à la sanction de Youtube et Google, sa maison mère, qui estiment que l’essayiste a de trop nombreuses fois enfreint les règles en vigueur sur la plateforme : voilà que ses abonnés devront se réfugier sur Daimolytion et autres plateformes qui acceptent encore ses productions pour le moment.

    Du reste, il rejoint en cela Dieudonné qui a fait, il y a une semaine, les frais de l’actuelle vague d’épuration éthique de la part de plusieurs plateformes internet, depuis Twitter jusqu’à Facebook en passant donc par Youtube ou Instagram et autres.

     
    Sans surprise, beaucoup d’associations mensongèrement présentées comme en faveur des droits de l’Homme, comme la LICRA, se sont réjouies du triste sort de ces phares de la pensée moderne :

    Il va de soi qu’en France, personne ne s’étonnera des frétillements de ces associations, massivement subventionnées par le contribuable qu’il soit d’accord ou non avec leurs agendas tortueux et leurs prises de positions délicieusement diaphanes lorsque les victimes ne sont pas de la bonne couleur ou de la bonne religion : pour elles, la lutte pour les droits de l’Homme ne comprend pas celle de la vraie liberté d’expression, qui comprend celle de dire d’immondes âneries.

    Car ces associations ont, elles, compris exactement les limites de cette liberté d’expression qui ne peut s’entendre que largement corsetée par des lois qu’elles aident amplement à écrire, leur subtile sagesse et leur morale d’airain guidant leurs mains expertes et celles des députains qu’elles cornaquent.

    Il va aussi de soi – mais va toujours mieux en le rappelant – que les plateformes en question sont d’autant plus libres de virer ceux qu’elles n’aiment pas que les services d’hébergement qu’elles offrent sont généralement gratuits, que ce sont des entreprises privées et que l’impétrant qui y dépose ses petites vidéos le fait en acquiesçant explicitement aux conditions d’exploitations. Dès lors, à cheval donné, on ne regarde pas les dents et tant pis lorsque le couperet tombe.

    De surcroît, il sera difficile de nier que certains des propos tant de Soral que de Dieudonné, éminemment sulfureux, sont actuellement comme du vitriol sur les nombreuses petites plaies de tout ce que la ouin-ouinosphère compte de guerriers de la justice sociale éparpillés sur les réseaux sociaux et systématiquement en lutte contre les méchants, la haine et ces visions du monde qui heurtent leur sensibilité de fleur frêle : leurs petits cris stridents a fini par atteindre Google qui les aura promptement exaucés.

     

    Malheureusement, tout ceci illustre une tendance fort inquiétante qui culmine ces derniers mois, tendance dans laquelle le mouvement Black Lives Matter n’est que la partie émergée et virulente la plus visible et, paradoxalement, pas la moins difficile à canaliser. La partie immergée, elle, est beaucoup plus grande, pernicieuse et aux conséquences beaucoup plus graves.

    On observe en effet qu’à côté des mouvements violents prétendument antiracistes et qui tournent objectivement au pillage pur et simple, se développent des phénomènes de meutes dans lesquelles l’individu sera gommé au profit d’une pensée unique, extrêmement simpliste et binaire où celui qui émet des réserves, cherche la nuance, sera immédiatement assimilé à l’ennemi : celui qui rappelle qu’un mouvement de défense des Noirs ne doit pas devenir un mouvement d’oppression des Blancs est immédiatement taxé de raciste ; celui qui rappelle que tous les hommes ne sont pas des violeurs sera taxé de machiste ; celui qui rappelle quelques bases évidentes de la biologie sexuelle se voit taxé de transphobe sans nuance ; etc.

    Cette tendance de cliques, de meutes qui s’abattent sur les individus qui émettent des opinions différentes permet ainsi de mobiliser rapidement des troupes pour faire pression auprès des plateformes et d’éjecter ceux qui ont le malheur de penser de travers.

    La subtilité des opérations consiste à choisir d’abord les cibles les plus évidentes, ceux dont l’écrasante majorité ne pleurera pas la disparition des canaux les plus visibles. On commence donc par sucrer les voix les plus désagréables et personne ne dit rien parce que, soyons clair, tout ce qui était dit était outrancier, choquant, vilain, etc. Dieudonné et Soral rentrent admirablement bien dans cette confortable catégorie.

    Après ces voix infâmes, la vindicte populaire – jamais rassasiée – et les minorités collectivistes – jamais satisfaites – se tournent vers ceux qui ne sont pas infâmes mais suffisamment irritants. Bien évidemment, des protestations seront émises, car, voyez-vous, « le débat est sain »… Même si, à la fin, les irritants seront effectivement tus.

    L’étape suivante est évidente, et les mêmes hordes affamées se jetteront sur les opposants seulement vocaux. Ils n’ont pas besoin d’être vraiment irritants, ils ont juste besoin d’être opposés, d’émettre des avis contraires et qu’ils soient vaguement entendus.

    C’est plus compliqué pour ceux qui restent calmes, qui sont construits dans leurs argumentations, en ce qu’ils sont plus difficiles à faire tomber dans l’injure, l’expression malheureuse ou le mot de trop, mais, petit à petit, les uns après les autres tomberont, eux aussi. En appuyant suffisamment fort sur les bonnes personnes dans les médias, les partis politiques, les réseaux sociaux, on finit toujours par y arriver. Pour rappel, Mila n’a toujours pas retrouvé d’établissement scolaire, et ses harceleurs ne sont toujours pas condamnés…

    Et là, les protestations se font de plus en plus discrètes : beaucoup ont compris, à ce moment, qu’un mot malheureux, mal interprété, peut leur couper l’accès. Lorsque le média ou la plateforme représentent une source importante de revenus, la corde est raide et lorsque les meutes s’acharnent aussi sur les employeurs, il n’y a plus guère de marge de manœuvre. Les protestations disparaissent alors complètement, la peur de chacun de se retrouver subitement sans emploi, poursuivi par des hordes de petits kapos sans nuance, aidant grandement à faire passer le message : « taisez-vous, ou sinon… »

    L’étape d’après est malheureusement connue puisqu’il s’agira non plus de dénoncer, poursuivre puis « déplateformer » voire faire licencier ceux qui s’opposent, vocalement ou non, mais de faire cela à ceux dont on soupçonne seulement qu’ils pourraient penser s’opposer…

    Regardez autour de vous, regardez les lois que nos États passent ou tentent de passer, écoutez les discours tenus par les médias officiels : le doute n’est plus permis et la direction prise fait froid dans le dos.

    Oui, par une schadenfreude un peu facile, on peut pouffer du sort de Dieudonné ou de Soral lorsqu’ils se font ainsi virer de plateformes grand public. Malheureusement, ceci masque la tendance de fond qui, elle, s’installe de plus en plus en Occident actuellement qui, à ce train, rejoindra les pratiques chinoises du pire contrôle social qui soit.

  • Entretien de Julian Assange au journal Der Spiegel 2015 - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/entretien-de-julian-assange-au-journal-der-spiegel-2015.html

    Assange : De manière plus générale, les États-Unis me poursuivent toujours ainsi que WikiLeaks si on en croit une requête déposée par le gouvernement américain cette année. Une “cellule de guerre WikiLeaks” a été établie par le Pentagone et dotée d’un personnel de 120 agents des services de renseignement et du FBI. Le centre de cette salle a été transféré du Pentagone au ministère de la Justice, le FBI continuant à fournir “des bottes sur le terrain”. Dans leurs communications avec les diplomates australiens, les responsables américains ont déclaré qu’il s’agissait d’une enquête “d’une ampleur et d’une nature sans précédent” - plus d’une douzaine d’agences américaines différentes, allant du Département d’État américain à la NSA, ont été impliquées.

    SPIEGEL : Quelle affaire considérez-vous comme la plus menaçante ?

    Assange : Nous avons une douzaine d’affaires judiciaires différentes en cours. D’un point de vue du journalisme c’est la plus grande charge d’espionnage à l’international de l’histoire lancée contre un éditeur. C’est une affaire très sexy, contre laquelle les médias ont raison de protester chaque jour. Mais il y a une chose qui reste toujours plus sexy qu’un procès pour espionnage, c’est une affaire de sexe, peu importe si elle est bidon ou pas. Il y a une autre enquête en cours, qui concerne le rôle de WikiLeaks dans l’asile d’Edward Snowden. Et il y a la loi anti-terreur en Grande-Bretagne, qui est la raison pour laquelle Sarah Harrison, notre rédactrice en chef des enquêtes, doit rester demeurée basée à Berlin. L’Australie, mon pays d’origine, a également annoncé cette semaine une enquête criminelle contre nous pour avoir révélé un ordonnance de non-publication utilisée pour couvrir une importante affaire internationale de corruption impliquant des chefs d’État.

  • « Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak ? » L’enquête-vérité d’Ahmed Bensaada - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/qui-sont-ces-tenors-autoproclames-du-hirak-l-enquete-verite-d-ahme

    Le mythe de la « main de l’étranger » a-t-il été consciencieusement rangé au dépotoir d’insortables outils du régime, dont le FLN des années de plomb a fait un imparable usage ? Souvent, pour prévenir et museler toute révolte en rase campagne. Une jacquerie de paysans dans les terres de Slim, vite jugulée par une escouade de la maréchaussée ? Une vanne qui a sauté dans une usine de Souk Tleta ? Le comité des travailleurs mobilisé, à l’initiative de la cellule du parti, désignait et dénonçait la « main de l’étranger ». Immanquablement, le vénérable « El Moudjahid » signalait le délictueux événement qui enflammait ses éditoriaux. On s’en esclaffait dans les gargotes d’Alger et dans les salons de sidis, partout dans le pays. La folklorisation de la locution ne pouvait qu’ajouter à son étrangeté. Quelle époque !

    Le temps est passé. L’Histoire a-t-elle resservi les plats ? La lente démocratisation du pays, entamée après les journées mouvementées et les morts d’Octobre 1988, eut-elle éveillé et nourri des impatiences, ici et là ? L’Algérie a été exposée, dans les années 1990, à une crise à la fois sociale, économique, politique et militaire, suscitée par un islamisme foudroyant et sanglant : il en reste le bilan de deux cents mille morts et d’un pays profondément déstructuré. Le choc sociologique et psychologique de cette tragédie se prolonge et se répète aujourd’hui encore, près de trois décennies après cette tumultueuse page de notre histoire dans des deuils, des ruptures familiales, des déplacements de populations. Triste tableau d’hécatombes. Qui a financé l’islamisme meurtrier et destructeur ? Des émirs et des monarchies d’Orient. La main de l’étranger existe, elle n’a jamais été aussi frappante. L’Algérie et son peuple n’en ont pas épuisé le traumatisme.

    Cette « main de l’étranger » n’est pas dans son essence visible, ce qui fait douter de sa véracité. Pour la première fois dans l’histoire mouvementée de notre société un travail de recherche d’universitaire, appuyée par une incontestable documentation, lui donne une réalité, des acteurs – connus – et des agendas.

    L’INTÉRÊT ET L’ORIGINALITÉ D’UNE ENQUÊTE

    Cette « main de l’étranger », si terrible et mortelle, peut-elle, toujours, prêter à plaisanterie et goguenardise pour quelques vifs et dédaigneux esprits dans les salons d’Alger ? Était-il compréhensible, qu’à l’orée des années 2010, se répandent dans plusieurs pays du Maghreb et du Moyen Orient des révoltes populaires parfaitement synchronisées avec leurs états-majors et leurs soldats. De la manière la plus visible et la plus cruelle à Tunis, au Caire, et, durablement, à Tripoli, Sanaâ et à Damas, ouvertes à la confrontation militaire de puissances étrangères. Tout changement dans l’ordre de l’histoire des peuples et des nations produit son vocabulaire : on a parlé de « printemps ». Et il était évident de lui ajouter l’épithète « arabe ».

    Cette histoire politique contemporaine, aux impénétrables soubassements, ne s’enseigne pas, nécessairement, dans les instituts de science politique. Ahmed Bensaada s’y est attelé avec l’exceptionnelle patience du chercheur, du déchiffreur. Physicien, diplômé de l’Université de Montréal (Canada), éminent didacticien des sciences physiques, Bensaada est un pugnace publiciste, un fomentateur d’idées attaché à la marche du monde. Pour avoir partagé ses nombreux combats algériens, notamment dans la sphère culturelle, je peux témoigner de la probité intellectuelle et de la rigueur de ses questionnements. L’homme, le chercheur, le passeur d’idées est d’une signalée humilité : il n’impose jamais de réponse. 

    C’est bien cette démarche d’universitaire consciencieux qui a guidé ses enquêtes inaugurales sur les « printemps arabes » dont il a donné les clés dans ses ouvrages : « Arabesque américaine. Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (Montréal-Alger, 2011-2012), « Arabesque$. Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révolutions arabes » (Bruxelles-Alger, 2015-2016), et dans un ouvrage collectif « La face cachée des révolutions arabes » (Paris, 2012). C’est avec le même élan de pédagogue qu’il se penche, aujourd’hui, sur le « hirak » algérien dans un précieux essai « Qui sont ces ténors autoproclamés du hirak algérien ? » (Alger, Apic éditions, 2020), introduit par Majed Nehmé, un rare continuateur du journalisme tiers-mondiste promu autrefois par Simon Malley et accompagné d’une postface du journaliste Richard Labévière, éminent spécialiste du Monde arabe et des questions de défense, amis sincères de l’Algérie, en parfaite résonance avec l’objet de l’ouvrage.

    Quelques ouvrages ont été publiés ces derniers mois sur le hirak dans une perspective plus propagandiste qu’analytique, dont les auteurs se sont davantage souciés de glorifier le mouvement que d’en expliquer la genèse. Certes, la distance critique et la documentation manqueront à toute écriture concise de l’histoire du mouvement des marcheurs algériens. Cependant, il y a des faits et une certitude observés : peu de jours, avant le 22 février 2019, date de lancement du hirak, le premier ministre Ahmed Ouyahia pouvait sereinement déclarer à la presse que son gouvernement avait les moyens de « maîtriser la rue ». 

    Le gouvernement était probablement informé de ce qui se tramait. C’était, déjà, le cas lors du « printemps algérien » avorté de 2011. Sans aucun ressort, cette fois-ci, sur d’ombreuses manipulations. Beaucoup de commentateurs ont pressenti que le hirak a été rendu possible par une crise au sommet du système, encouragé et maintenu, par le haut commandement de l’armée, notamment le général major Gaïd Salah, chef d’Etat-major de l’ANP et vice-ministre de la défense, menacé par le clan des frères Bouteflika. La fraternisation des foules avec l’armée (« khawa-khawa ») en témoignait. La rupture d’avec l’armée et de son commandement sera consommée plus tard lorsque les marcheurs scanderont « Houkouma madania machi askaria » pour réclamer la sortie définitive de l’armée du jeu politique.

    Ces évolutions dans le hirak ne sont pas considérées dans le travail d’Ahmed Bensaada puisque la reprise du mouvement reste potentielle et sa fin imprévisible. L’intérêt et l’originalité de son enquête est de livrer une connaissance extrêmement fouillée des chefs autoproclamés du hirak, en fait de ses acteurs portés par la presse privée (dite « indépendante »), qui en gardent, jusqu’à nos jours, le magistère.

    DERRIÈRE LE HIRAK, DES ACTIVISTES EN MARCHE

    À Constantine, la marche du 22 février 2019 s’est ébranlée de la Mosquée El Istiqlal après la Grande prière du vendredi. D’où les hypothèses nombreuses sur ses commanditaires, les islamistes au premier plan. Au gré de la marche, la cohorte était augmentée de jeunes des quartiers. Les slogans étaient, à l’unisson, les mêmes que ceux d’Alger, Oran et Annaba. Il y avait-là un remarquable processus de rationalisation qui échappait aux marcheurs. Les mots d’ordre et les attentes de la marche étaient pensés ailleurs. Seul le regroupement de foules était spontané. Cette béance du mouvement, qui n’épousait pas les formes d’une direction démocratique, était-elle voulue ? Ahmed Bensaada en propose une sûre compréhension. Il cite la position, elle sera au fil du temps déterminante, du sociologue lyonnais Lahouari Addi qui déclare au « Quotidien d’Algérie » (publication en ligne), le 19 novembre 2019, que « le hirak n’a pas vocation à être structuré » (p. 22). Il est vrai qu’une structuration du mouvement, révélant d’une ville à l’autre du pays de nouvelles figures d’activistes politiques, échappant à toute tutelle, précisément extérieure, n’était pas souhaitée. 

    L’enquêteur explique cet aggiornamento du mouvement. Le 14 mars 2019, à la veille du quatrième vendredi du hirak, Lahouari Addi donne une déclaration solennelle au journal en ligne « Le Matin d’Algérie » dans laquelle il invite les décideurs – ce qu’il en reste dans un régime chaviré – d’installer en remplacement du président Bouteflika, défaillant, un triumvirat composé des avocats algérois Youcef Bouchachi et Zoubida Assoul et de l’homme politique Karim Tabbou. Il avait, dans le même temps, délimité le cahier de charge de ce groupe présidentiel qui devait « exercer les prérogatives d’une présidence collégiale qui nommera un gouvernement provisoire qui gérera les affaires courantes et préparera les élections présidentielles et législatives dans un délai de six à douze mois » (p. 23). Tout est clairement énoncé et dans ce dispositif l’armée « doit aider à la réalisation de ce scénario », en termes plus pesés rentrer dans ses casernes.

    Lahouari Addi a donc évoqué un scénario, c’est-à-dire un récit parfaitement charpenté, pour conduire une révolution et un changement de régime en Algérie. Et ce scénario, qui vient de loin, de très loin, Bensaada en décortique les différentes phases et, surtout, rend visibles ces acteurs politiques, promus à la tête du hirak. Qui sont, finalement, ces maîtres du mouvement populaire des marcheurs adoubés par Lahouari Addi. Et qui est Lahouari Addi ? Au nom de quelle instance caverneuse s’exprime-t-il ? Tout Algérien croit connaitre un peu, voire même beaucoup, Addi, Bouchachi, Assoul et, en partie, Tabbou dont l’auteur diffère, par probité intellectuelle, son cas tant qu’il est en prison. Il est vrai que ce sont des personnages hyper-médiatisés, dont le moindre mot d’esprit, les papotages, les objurgations, sont répandus dans les diners de têtes de la capitale et les journaux privés, à l’affût, en raffolent littéralement. Ahmed Bensaada les campe sous la lumière crue de leurs intelligences avec des organismes étrangers en vue de changer le cours de l’histoire de l’Algérie avec des méthodes puissamment codifiées, qui ont été testées et attestées dans les pays de l’ancien bloc soviétique, dans ce qu’on a appelé les « révolutions colorées ».

    Cette révélation de l’activisme d’acteurs connus du champ politique algériens, souvent révérés, ne manque pas de troubler. En lisant « Qui sont ces ténors autoproclamés du hirak algérien ? », chaque Algérien saura proprement « qui est qui ». Preuves à l’appui. Tout y est : les organismes qui tirent les ficelles, les financements, les bénéficiaires, les missions et les stages à l’étranger, les participations aux colloques, les collusions avec des acteurs régionaux et mondiaux. Et Bensaada apporte des preuves qui en imposent, dans un patient et méticuleux travail de recoupement des informations inédit dans nos traditions universitaires et journalistiques. Il ne s’agit pas, ici, dans cette courte recension de dévoiler les liens de ceux qui dirigent encore le hirak avec les officines américaines, principalement, de déstabilisation du monde arabe et, dans ce cas particulier, de l’Algérie. Mais, revenons à une indispensable clarification.

    « CHANGE REGIME »

    Dans le cadre du programme du Grand Moyen Orient, l’administration gouvernementale américaine et des organismes non-gouvernementaux (ONG), dépendants des partis républicain et démocrate, en alternance au pouvoir, ont mené différentes opérations de « démocratisation » des républiques arabes, à l’exclusion des monarchies amies préservées. Pour situer nettement le fondement de la démarche américaine, Ahmed Bensaada rapporte le propos éclairant d’Allen Weinstein, un des fondateurs de la « National Endowment for Democracy » (NED), une des instituions primordiales du changement de régimes dans le monde : « Beaucoup de ce que nous [NED] faisons aujourd’hui se faisait secrètement il y a 25 ans par la CIA… » (p. 24). Il n’y a pas d’ambiguïté sur les intentions assignées. 

    Ceux qui ont lu les travaux de Bensaada sur « le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » sont familiarisés avec quelques acronymes d’organismes promouvant la démocratie dans le monde, particulièrement arabe, aussi nombreux qu’inquiétants : Rand Corporation, POMED (Project on Middle East Democracy, qui a attribué un prix, au mois d’octobre 2019, au chef de parti politique Sofiane Djilali, créateur et chef du parti Jil Jadid), Open Society (du milliardaire George Soros, l’IRI (International Republicain Institute), NDI (National Democratic Institute), USAID, Freedom House, WMD (World Movement for Democracy), MEPI (Middle East Partnership Initiative) ; AFL-CIO, etc. Tous ces organismes américains d’exportation de la démocratie possèdent de fieffés superviseurs (ainsi, des universitaires réputés, comme Francis Fukuyama, théoricien de « la fin de l’histoire ») et des budgets colossaux.

    Outre Addi, Bouchachi, Assoul (dont on apprend qu’elle a été longuement absente d’Algérie, activiste auprès d’organismes financés par les Américains dans les pays du Moyen Orient entre 2000 et 2012, pp. 46 et infra), dont les parcours auprès de ces officines américaines sont largement documentés, les responsables successifs du RAJ, Hakim Addad et Abdelouahab Fersaoui, en sont aussi des clients assidus. Ainsi que la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme et certaines associations de personnes disparues. Et, c’est avéré, de grands directeurs de journaux privés dits « indépendants », parfois couronnés par ces officines, notamment Ali Djerri, ancien directeur du quotidien arabophone « El Khabar » (p. 37). 

    L’intérêt de l’enquête de Bensaada est de rendre lisible des carrières politiques algériennes aux compromissions peu avouables et d’expliquer une des ultimes évolutions du hirak, la jonction contre-nature de « démocrates » et d’islamistes. Addi n’est-il pas le meilleur des amis de l’assassin islamiste Mourad Dhina et de son odieux acolyte Mohamed-Larbi Zitout, activiste du Net, résidant en Suisse et en Angleterre ? Bouchachi est célébré comme l’avocat – pendant trente ans ! – du FIS et de ses satellites terroristes. Zoubida Assoul n’a jamais eu que des mots aimables envers ses amis de la chaîne islamiste « Al Magharibia », créée à Londres puis transférée à Paris par Oussama Abbassi, fils du défunt leader islamiste, dont elle ne rate aucun raout parisien (pp. 46-54).

    Zoubida Assoul est réputée en Algérie pour avoir créé avec Sofiane Djilali (qui fait, désormais, de l’entrisme au sein du pouvoir) le mouvement « Mouwatana », formé aux méthodes dures d’« agit-prop » des officines américaines d’exportation de la démocratie. Il est piquant de noter, pour la petite histoire, que ce mouvement qui avait choisi de passer son épreuve du feu à Constantine, avait été confronté dans la Cité Aérienne aux camions de la voierie municipale, qui ont précipité sa déroute nationale. Que peuvent les consignes les plus ardues de l’« agit-prop » contre un camion de poubelle ?

    L’ALGÉRIE AUX ENCHÈRES 

    L’ouvrage de Bensaada dérange, il est même censuré dans plusieurs titres de presse privée. L’auteur a subi, et continue de subir, des volées de bois vert. Et de ramasser des flots de haine. De politiciens, d’universitaires, de journalistes, d’activistes de toutes engeances, qui l’attaquent sans l’avoir lu. Et, même, le sombre commanditaire du sanglant terrorisme islamiste Mourad Dhina peut, depuis le canton de Genève, appeler sur lui les feux de la géhenne. Comme il l’a fait, autrefois, contre son frère Hocine Bensaada (1973-1992) assassiné par ses sbires. Et, aussi, l’inénarrable Lahouari Addi, compagnon de route de l’intégrisme armé, promoteur de l’inepte « régression féconde », l’autre nom de la « paix des cimetières » et des holocaustes islamistes, qui le menace de la potence de la justice du futur État hirakien. 

    Arrêtons-nous à Lahouari Addi, pour conclure (provisoirement). En vérité, la « mission » du sociologue lyonnais sur le hirak est (presque) réussie. L’avocat Bouchachi, chef de l’instance collégiale qu’il a envisagée, ne vient-il pas de se prononcer dans la presse algérienne, en tant que chef du hirak, pour reculer la date de son retour ? L’accomplissement de son œuvre d’activiste stipendié aux Américains serait de faire marcher « démocrates » et islamistes, la main dans la main. Mais, sur cet aspect-là, il n’y a rien d’assuré.

    Des activistes, à la solde d’agences américaines, ne peuvent prendre en otage la sécurité du pays au nom d’une improbable « démocratisation », menée de l’extérieur, ou du chaos. Ahmed Bensaada le martèle, en conclusion de son enquête-vérité : « Le Hirak, qui a été un événement unique et grandiose dans l’histoire de l’Algérie, se doit d’être intrinsèquement algéro-algérien et de ne permettre aucune collusion avec des intérêts étrangers » (p. 66). Il faudra pourtant en finir. Chaque Algérien sensé, de la plus haute autorité de l’État au simple marcheur, devrait lire le travail d’Ahmed Bensaada pour avoir tous les éléments d’appréciation sur les chefs désignés du hirak, qui mettent l’Algérie aux enchères, et sur leurs visées « révolutionnaires ».

    La « main de l’étranger » n’est plus une fable : elle prend des contours et une consistance inattendus. L’avenir et la sécurité de l’Algérie et des Algériens devraient-ils être soumis aux indicibles expérimentations de laboratoires américains et occidentaux de la « démocratisation » agis par des politiciens algériens qui attendent de prendre le pouvoir par la rue ?

    Abdellali Merdaci

    Photo en vedette : auteur de la photo prise à Béjaïa : Akechii. Source : Wikipédia

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca
    Copyright © Abdellali Merdaci, Mondialisation.ca, 2020

  • A L’ombre Du Virus - MammAfrica
    http://omarsellami.eklablog.com/a-l-ombre-du-virus-a191448498

    Tout évolue à son ombre. Depuis son apparition, une parenthèse a encerclé la vie. On agit, on attend, on espère et parfois on meurt. Il a décalé tous les agendas, explosé les poitrines, rendu impuissance toute puissance.

    Les autres pays n’auraient pas fait mieux que nous devant l’intensité de la pandémie. « La situation est sous maîtrise » avait affirmé le président de la république tout au début de la pandémie. Des flottements depuis ont eu lieu et la panique s’est confortablement installée au sein de la santé publique. Des mesures ont été prises. Elles étaient salutaires mais sans nulle opiniâtreté. Sans cette fermeté qui sied à la gravité de situation. Avec un recul l’on peut oser dire que jusqu’ici la gestion de cette crise par l’Etat était de niveau appréciable. Il manquait cependant certaines dispositions devant venir combler beaucoup de distorsions. L’application rigoureuse et stricte des instructions édictées souffrait d’une nonchalance voire parfois d’un sentiment de laisser-faire.

    Une sécurité sanitaire louable

    Une valeur ajoutée vient d’être injectée dans la volonté déclarée de l’Etat de vouloir encore procéder à une reforme de la santé nationale. L’Agence de Sécurité Sanitaire est créée. Confiée au professeur Sanhadji, un éminent spécialiste de renommée internationale dit-on. Va-t-il avoir les coudées franches ? Il avait d’emblée certifié « la souveraineté totale de l’agence ». Illusion ou excès de confiance ? Attendons voir. Comprendra t-il aisément la culture comportementale du citoyen algérien ? Sait-il le profil socio-tensionnel du citoyen-patient algérien, le fonctionnement bureaucratique des caisses d’assurances sociales, le but financier aux dépends du souci professionnel des cliniques privées, les vertus et les vices de la médecine gratuite ? Un lourd et pesant travail. Encore que les frontières du pays recèlent d’innombrables compétences. Il suffit de les dénicher et leur permettre un « contexte » d’épanouissement identique à celui offert à ceux qui ont ailleurs réussi. Ce n’est pas à l’universalité de donner la capacité à quelqu’un mais l’attention et le rendu de mérite.

    Quand l’on parle de sécurité sanitaire, l’on vise une affaire qui intéresse et concerne tout le monde. Dans la santé il n’y a pas que le secteur public qui doit affronter le mal. Ce virus nous a démontré que seul ce secteur, avec sacrifice et abnégation était au four et ou moulin. Au moment où le ravage décime des corps, les établissements privés ont mis la clef sous le paillasson. A l’exception d’un infime échantillon. Donc la santé n’a pas à être au couleur d’une idéologie ou d’un régime économique. Elle est à visage humain et au service du bien-être social. Que l’on n’importe pas de modèles exogènes et que l’on rétablisse la noblesse du local et du capital-expérience.

    L’actualité Covidée

    Quand l’actualité est malmenée et mouillée de plusieurs faits qui ne font pas les divers mais chacun est un essentiel, il est difficile de d’imposer une priorité. Celle-là s’impose cependant par l’angle de lecture qui se fait selon la profession de foi de chacun. D’ailleurs rare est l’événement qui prend la Une et unanimement. Le Covid (je le cite au masculin) persiste royalement à régner sur le trône du quotidien. C’est comme un capteur, il tracte toute l’actualité. Il régente les faits, les décisions et enfante ainsi l’information. Écrire en dehors de ce « contexte » ne semble pas emballer toutes les plumes. Pourtant, il existe bien des choses sur lesquelles beaucoup d’encre peut couler.

    Les affaires de foot, le tiers présidentiel, l’externalisation des missions de l’armée, la communication présidentielle. Mais, tenace qu’il est , le Covid affecte la primauté à ses desseins macabres et ne sen détache pas. Le Hirak et tous les penchants vers sa reprise, le FLN et ses vaines tentatives de se réanimer, le sénat et le silence constitutionnel qui l’entoure, récemment « l’incident » de Tin Zewatine dans le Sud et les complots qui le minent ; tout cela ne peut être traité sans avoir à l’œil le contexte « de la crise sanitaire ». Tout reste lié à la distanciation que prennent les uns par rapport à leur semblables masqués ou non, et les autres par rapport à ce qui se triture dans les hauteurs du pouvoir. En fait c’est ce « contexte » qui a tendance à déterminer durement et pour longtemps les contours de l’avenir. Un débat politique aurait dit-on à se tenir via le net, un achat de sous-vêtements également, un enterrement et des condoléances se font à distance, le café se prend clandestinement au gobelet, la bavette est un autre document de circulation devenu enfin obligatoire.

    Une constitution à déconfiner

    Le dit » contexte » n’a empêché personne d’apporter sa lecture à la mouture du projet constitutionnel. L’on cherche malgré tout à le déconfiner. Lever l’huis-clos. Seulement l’âme n’y est pas. Encore moins le cœur, quand la malédiction hospitalière, le cri des démunis, des damnés de la terre reste tout de même inscrit sur le fronton de ceux qui ne parlent pas trop. Ceux qui prennent le silence majoritaire pour une réponse à ne pas marginaliser. Il est de droit que le débat soit libre, tant est le vœu officiellement émis par le président. En plus, ce texte à discuter en long et en large ne doit pas connaître un confinement uniquement au sein de ses initiateurs. Il est de portée générale.

    Chacun détient naturellement toute possibilité d’émettre son avis sans qu’il ne soit mis à l’index ou puisse crouler sous les pires procédures judiciaires. Si l’on se met à en discuter, il nous faudrait une table et beaucoup de temps.  

    La constitution à ce stade de l’évolution nationale n’est pas une œuvre de tailleur d’habit en sur-mesure nonobstant les furtifs essayages. C’est un livre auquel tout le monde contribue, un contrat de devoirs et de droits qui tient en l’état tout le monde. D’où la totale liberté de dire et de redire ses ressentis, ses marquages et ses appréhensions.

    Une communication fiévreuse

    Toute information peut être objective, la propagande n’est qu’officielle. Ainsi, c’est cette « officialité » qui placerait l’information dans le rang de la propagande. L’histoire de l’humanité est riche en ces exemples. Beaucoup ne croient plus à ce qui se dit dans la sphère officielle. Tout discours est sensé, aux yeux de l’ensemble être entaché de roublardise. A un certain niveau, la communication de l’Etat doit être fiable et ne souffrant d’aucune hésitation. A ce niveau là, hélas on communique mal. La république gagnerait à changer de look communicatif. Une Algérie qui se veut nouvelle s’astreint également à la nouveauté des visages, des profils et des discours. Des voix neuves, innocentes, sans sensations ni spasmes d’un passé révolu auraient à créditer d’un blanc-seing citoyen tout ce qui se dit au nom du président. L’on n’explique pas la constitution, on doit se tenir à booster son explication par les autres, à les faire intéresser et non pas leur imposer une grille de lecture. Pour ce qui de la prévention et de la lutte contre cette saloperie de virus , la communication institutionnelle la traite ordinairement et avec les mêmes modes communicatifs usuels. Un spot sur les voies de transmission, des recommandations d’hygiène et bien d’autres messageries utiles certes, mais sans nulle incidence sur le récepteur. Ne faudrait-il pas passer à une autre vitesse plus effrayante, plus convaincante, plus horripilante ? Une communication qui produit de la peur, qui crée de la crainte. Montrer l’horreur, l’agonie, la mort. En soulignant que cela peut heurter les personnes sensibles. C’est à notre légendaire curiosité après, de faire son œuvre.

    Des chiffres l’on doute, des promesses l’on doute, pourtant du tangible il y en a quelque part. L’information devient douteuse quand elle manque de précision et de détails. Ce qui ouvre les pistes à tout genre de défiance et d’ambigüité.

    Sétif, le suicide collectif

    Ce même « contexte » de crise sanitaire ne fait citer Sétif qu’en ses termes de transmission virale en hausse, de classement en haut de la courbe. Le président de la République l’avait évoqué à maintes reprises dans sa dernière intervention. Ce n’était pas uniquement par exemplarité ou illustration de cas malheureux. Il voulait attirer l’attention sur le grand danger qui rôde et menace la deuxième population en nombre du pays. La wilaya vit la contamination et ne respire que l’horizon de la mort.

    Que font ceux qui officient à sa santé publique ? Peu ou prou. En théorie, en prise de mesures, en discours, en réunions, en sorties, en admonestations, en fermetures ; oui il y a eu du genre. Mais le résultat est là. Une courbe exponentielle. Certains citoyens et nombreux se foutent de l’élan préventif, d’autres n’y adhérent pas quand ils renient l’existence même du virus. Que faire alors ?

    Alors avec l’allégement des horaires du confinement, personne ne pense que la situation va être « maitrisée ». Pourtant, il se dégage à l’apparence une volonté de vouloir bien cerner la chose et bien le faire.

    Voir un responsable distribuer des masques grand public au grand public ,dans la rue , ça c’est du palpable, sauf que, ce n’est pas de ses attributions de le faire. Lire que les hôpitaux sont chargés, les angoisses sont multiples, les tests au compte-goutte c’est aussi du visible. Que faire donc ? Engager rapidement, par une commission nationale spécialisée en la matière une étude des foyers, des enquêtes épidémiologique pour détecter les noyaux de la contamination, les isoler et assurer la suite. Sévir à grande échelle par la loi dans sa totale et rigoureuse application. Limiter la circulation automobile, source qui favorise les regroupements. Enfin, par fatalité, accentuer les prières et dire Allah ghaleb. Le ridicule est à son comble dans une mairie amputée de cœur, ligotée d’esprit quand elle prétendant agir dans le bon sens hygiénique, se suffit à lancer un concours de propriété des cités. Pas trop d’effort à signer un avis, alors que l’effort recommandé et exigé est de mettre à la disposition de ces cités les moyens, de générer le premier pas, de produire de l’exemple et laisser la solidarité citoyenne ainsi faire le reste. Quand, il n’y a pas de bacs à ordures, juste un enlèvement superficiel, faut pas s’attarder sur un prix quelconque ou espérer la vie en co-propreté ou en rose bonbon. Un sourire aimable ou une éducation familiale est insuffisant pour croire être un bon maire de cette ville. Il vaudrait mieux avoir un administrateur sous tutelle qu’un fonctionnaire qui se prend pour un élu.

    ...Et la vie doit continuer

    L’histoire nous raconte qu’en 1918 la grippe dite espagnole aurait fait plus de 50 millions de décès parmi les 500 millions de contaminés. Elle s’étala sur deux ans et se propagea en trois vagues successivement meurtrières. La majorité des décès s’enregistra durant la seconde vague prenant ainsi à leur hérésie les gens qui eurent à se réjouir après le premier déconfinement. Croyant en une fin illusoire de la pandémie ils abandonnèrent, dégoût leur en pris ; tous les gestes de barrière et de distanciation. Pourvu que l’histoire pandémique ne se répète plus eu égard à l’avancée des sciences et des technologies. Cependant la vigilance reste de mise. Mettez un masque face à cette histoire.

    Malgré tout le soleil continue à se lever sur tous les dispensaires et le temps ne s’est pas arrêté au seuil de l’institut Pasteur. Les gens vaquent différemment à leurs déceptions, qui dans une inconscience princière, qui sous la conviction de l’alerte et du danger. On prépare déjà les examens et aussi les candidatures pour les locales, on s’initie au recyclage des personnages usées et on crache sur un passé que l’on tente curieusement de revivifier. L’espoir vit de la confiance que l’on a en soi, en ses profondes croyances que ce qui se passe n’est pas un simple jeu d’ombre.                                                                            
    par El Yazid Dib                                                                             http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5290898

  • Le coronavirus et la Chine. Lettre ouverte à Reporters sans Frontières – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/03/30/le-coronavirus-et-la-chine-lettre-ouverte-a-reporters-sans-f

    Il avait couvert un faux dans Libération, diffamé LGS dans Rue89, il est chroniqueur sur France Inter et il préside RSF qui tenta de nous faire censurer.

    Le 24 mars, j’ai reçu un courriel de Daniel Bastard contenant un communiqué de presse de RSF intitulé « Si la presse chinoise était libre, le coronavirus ne serait peut-être pas devenu une pandémie ». Le 25 mars et le 26 mars, j’ai reçu, de la part de Cédric Alviani, un autre texte de RSF intitulé « Ces héros de l’information que la Chine a étouffés ».

    Chers Messieurs Bastard et Alviani,

    Que les autorités chinoises aient commis des fautes lors du surgissement inopiné d’un nouveau virus, nul ne le conteste, en particulier le gouvernement de Pékin qui a déjà décidé de demander des comptes aux autorités de la métropole de Wuhan et de la province du Hubei.

    Vous profitez de ces événements dramatiques pour condamner sans appel un régime qui ne vous plaît pas. L’indignation à géométrie variable est une constante chez RSF.

    Vous êtes bien les héritiers de votre fondateur et ancien secrétaire général, le peu recommandable Robert Ménard dont l’engagement à RSF a été suivi par l’accession à la mairie de Béziers grâce au soutien de Marine Le Pen.

    Que le nouveau secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, ait déclaré se désolidariser de Ménard en 2006, cela ne l’a pas empêché, en 2019, d’aller chercher le Prix Dan David à Tel Aviv, dans un pays où l’on peut se permettre d’assassiner des journalistes palestiniens.

    Quant à l’ineffable Pierre Haski, votre président, dont les sentiments anti chinois sont bien connus, il a un jour réussi ce tour de force d’asséner en une seule phrases trois contre-vérités à l’égard de la Chine.

    En ces moments peut-être déterminants pour l’avenir du vivre ensemble sur la planète terre, il y a mieux à faire que de jouer à refaire l’histoire avec des si. « Si la Chine, etc. » et, pourquoi pas : « si les États-Unis respectaient le droit international », ou « si les multinationales ne dominaient pas la politique » ou « si l’Iran n’était pas victime de sanctions », etc.

    Quant aux héros de l’information étouffés, je pense en particulier à Julian Assange, le fondateur de Wikileaks : s’il bénéficie aujourd’hui d’un soutien médiatique qui se généralise, je n’oublie pas que, selon Marc Rees, rédacteur en chef de Next INpact, RSF a commencé par dénoncer « les diffusions irresponsables de Wikileaks », que RSF a mis en cause la méthodologie de Wikileaks « entamant sa crédibilité » et l’a même accusé d’être « un média par opportunisme », ce qui a sans doute retardé l’élan de solidarité à l’égard de Julian Assange. Ces réserves de la part de RSF sont assez compréhensibles, car les documents de Wikileaks dénonçaient explicitement des crimes de guerre commis par les États-Unis, qui sont, pour rappel, votre grand protecteur (voir Maxime Vivas, La face cachée de Reporters sans Frontières, éd. Aden, 2007).

    En ce qui concerne l’expulsion de journalistes étasuniens par la Chine, la mesure a été prise « deux semaines après une décision contraignant le travail des agences de presse chinoise sur le sol américain ». Le journal Les Échos écrit à ce propos : « Inédit, ce coup de force entend répondre à Donald Trump. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères précise que ses décisions sont de nécessaires contre-mesures que la Chine est obligée de prendre en réponse à l’oppression déraisonnable que subissent les médias chinois aux Etats-Unis ». Un détail que vous « oubliez » de mentionner.

    À votre prose partisane − sans pour autant être un inconditionnel de la Chine −, je préfère le discours ouvert et modéré de l’ambassadeur de la RPC à Paris.

    Veuillez agréer, chers Messieurs Bastard et Alviani, mes salutations distinguées.

    André LACROIX
    (citoyen belge).

    AJOUTS DU GRAND SOIR
    La photo du logo est celle de Pierre Haski, président de RSF, qui couvrit quand il était à Libération un faux grossier anti-chaviste, qui dirigea Rue89, un site où LGS était qualifiée de « site rouge-brun » et qui est maintenant chroniqueur quotidien impartial et honnête sur France Inter, radio nationale où il ânonne son texte.
    Pour en savoir plus : https://www.legrandsoir.info/pierre-haski-remplace-bernard-guetta-pour

    URL de cet article 35860
    https://www.legrandsoir.info/le-coronavirus-et-la-chine-lettre-ouverte-a-reporters-sans-frontieres.

  • Coût total d’u traitement COVID 19 aux États-Unis : $34,927.43 – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/03/23/cout-total-du-traitement-covid-19-aux-etats-unis-34927-43

    Quand Danni Askini commença à ressentir des douleurs thoraciques, un essoufflement ainsi que de la migraine, le tout au matin d’un samedi de la fin février, elle appela son cancérologue que avait traité son lymphome. Son médecin pensa qu’elle pouvait mal réagir à un nouveau traitement aussi il adressa Askini vers un centre d’urgence de la région de Boston.

    Là-bas, les médecins diagnostiquèrent une suspicion de pneumonie et la renvoyèrent chez elle.

    Lors des quelques jours suivants Askini se rendit compte que sa température augmentait et plafonnait dangereusement et qu’elle développait une toux grasse en raison d’un liquide dans ses poumons. Après deux autres voyages vers le centre d’urgence cette semaine, Askini subit un test final le septième jour de sa maladie et après que les médecins l’eurent aidée à combattre sa grippe et ses symptômes pulmonaires elle fut de nouveau renvoyée chez elle pour convalescence.

    Elle dut attendre encore trois jours afin que le labo finalise le test et finalement obtint un diagnostic : « COVID 19 ».

    Quelques jours après Askini reçut la facture pour son test et son traitement. 34 927 USD et 43 cents. « Je suis restée scotchée et choquée » dit elle. « Je ne connais personnellement personne qui possède cette somme ».

    Ainsi que 27 millions d’autres Étasuniens, Askini n’était pas assurée quand elle était partie à l’hôpital. Elle et son mari avaient prévu d’aller à Washington DC ce mois-ci afin de trouver un nouveau job, mais ils n’ont pas pu le faire.

    Maintenant tout est en suspend. Askini compte sur « Médicaid » et espère que le programme pourra être activé à postériori .

    Sinon elle n’est pas près d’être tirée d’affaire.

    Abigail ABRAMS

    https://time.com/5806312/coronavirus-treatment-cost

    Traduit de l’anglais par Geb avec les habituelles fautes et coquilles…

    Bon, si vous avez pas compris ce qu’on nous prépare, et qu’il va falloir foncer, y a plus d’espoir.

    Moi je vais désinfecter mon gilet jaune pour quand il lâcheront la laisse, et peut-être astiquer les outils.

    On va pas se laisser faire ça.

     » » https://time.com/5806312/coronavirus-treatment-cost

    URL de cet article 35821
    https://www.legrandsoir.info/cout-total-d-u-traitement-covid-19-aux-usa-34-927-43.html

  • Le wali de Mostaganem, un blâme et tournons la page ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/03/10/le-wali-de-mostaganem-un-blame-et-tournons-la-page

    Ils ne changeront pas. Ils se croient tout permis. Ils prennent toujours une fois assis sur le piédestal de la wilaya une autre posture que celle qui les caractérisait quand ils n’étaient que quantité insignifiante. Le ministre de l’Intérieur actuel était un chef de daïra à Ain Arnat alors petite agglomération à la périphérie de Sétif. Le reste est le fruit d’une association d’hommes et de circonstances. L’irrespect qu’avait entretenu le wali de Mostaganem envers un citoyen zoné à l’ombre est d’abord un signe de totale insouciance quant à l’angoisse rugie pourfendant ce citoyen et cette femme encore crédules en l’écoute salvatrice du premier représentant de l’Etat. Ensuite c’est un reflexe méprisant acquis du mépris déjà subi. Pour ces citoyens, la République, ses assemblées, sa rectitude, ses charités sont toutes incarnées dans ce bonhomme qui arrive sous trompette. Ils croient y trouver refuge. Un bon secours. Il en est autrement.

    Vite la toile s’est attisée de répréhension et de grande colère. La riposte des pouvoirs s’attendait à ce qu’elle se fasse immédiatement comme celles qui avaient suivi certains walis impliqués presque dans le même sac d’ignominie, d’écart de langage ou de frontal dédain. Le wali de Msila à cause d’un puits, le wali de Blida pour la mise en quarantaine du choléra, le wali de Skikda pour exécrable verbiage, entre autres. Le limogeage. L’évincement et non un simple communiqué clamant le mécontentement du ministre de l’Intérieur en soulignant l’infliction d’un blâme. A ce rang de la responsabilité, le blâme ou les sanctions édictées dans la fonction publique n’ont pas de place. Il ne s’agit pas d’un administrateur à réprimander pour faute professionnelle. Là, nous sommes en face d’un déni de citoyenneté. D’une immoralité sociopolitique. A ce niveau de responsabilité, on n’avertit pas, on ne siège pas en commission de discipline. On sévit. A la limite on se fait démissionner.

    C’est dire que cette fournée de récents walis made in Bedoui accuse un manque criard dans l’instinct de pouvoir rallier prestance et élégance. Elle était promue juste par esprit d’obédience, de copinage et de plate mesquinerie. Pour combler ce déficit et bien d’autres en termes d’aptitudes, de punch, recourir à la démonstration de l’habit de la puissance publique reste un moyen de sournoise apparence. Alors qu’une fois out, ils raseront les murs et n’oseront même pas affronter cette société qu’ils fustigent maintenant. Pour les autres, voulant paraitre plus dociles, excessivement gentils, très ouverts à l’écoute, ils tombent dans le pire populisme, la farce, les fausses promesses, les longs discours lénifiants et émotionnels. Ils pensent en rendant visite à une localité avoir réglé tous ses problèmes ou tenant des centaines de réunions d’exécutif ou d’élus en vociférant avoir réalisé des prouesses. Rien. Walou.

    Le médiateur de la République s’est aussi introduit dans l’affaire et « condamne les agissements du wali ». Pas plus. Ca nous rappelle ces fameuses déclarations humoristiques de telle kasma du FLN qui à l’époque disait « condamner l’impérialisme américain ». Ya si Karim, ce n’est pas de ton ressort, tu n’es pas une cellule de veille citoyenne, tu n’es pas une alarme. On ne sait pas entre qui et qui ta médiation est à se faire. Penser à concevoir une charte de moralisation publique administrateur/administré serait un bon plan de charge pour cette structure.

    Est-il enfin temps que ces walis cessent d’agir comme ils ont vu le faire par leurs anciens chefs ? Ni les gabarits des uns et des autres, ni les époques, ni la maturation des citoyens ne sont identiques. Le monde bouge. L’Algérie et ses habitants aussi. Sourire avec sincérité au lieu de grogner est la vertu des grands. La modestie, un signe de seigneurie. Gérer n’est pas pouvoir gueuler ou savoir faire la gueule. Encore loin d’imposer son avis décoloré et trop administratif le plus souvent obsolète et irradié par la nouveauté et la technologie urbaine et l’exigence des jeunes.

    Si le wali de Mostaganem ne sera pas débarqué et sa tutelle se suffira au blâme infligé, ça sera un dangereux précédent pour l’Etat et un durcissement de méfiance citoyenne. Et si jamais un autre et un autre ou le même wali auraient à commettre les mêmes attitudes, va-t-on leur produire encore et encore les mêmes admonestations ? Un blâme et tournons la page ? L’Etat que veut le citoyen est un Etat debout.

    Par El_Yazid_Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5287653

  • La rengaine – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/02/14/la-rengaine
    https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcT_KOgq7QHcxB2yU24Vyv1NqGr0orB7Z45ri4YPe

    La rengaine est cette chose qui revient pour la énième fois. Elle s’efforce à chaque fois à s’habiller autrement. Même ceux qui la voyaient n’auraient que le même œil pour la revoir une énième fois. La ritournelle est dedans un gouvernement, elle aussi au sein de l’assemblée.

    L’on peut toujours empaqueter un produit déjà manufacturé pour le revendre de surcroît à une nouvelle clientèle, à peine sortie sinon encore étourdie, d’un mensonge officiel . Pourtant tout ce qui est dit dans la feuille de Djerrad semble s’inscrire dans une optique que l’on s’efforce à vomir pour y voir du nouveau, de l’inédit ou de l’exploit. Hormis des mesures claires et tranchantes dans leur fond populiste – smig, imposition, création de structures…- le reste est une phraséologie usitée, rabâchée longuement susurrée.

    De Sellal, Ouyahia ou Bedoui, le papier dit programme est le même. Sauf que l’un ou l’autre, chacun selon son contexte, porte un intitulé générique parfois altruiste, emphatique, parfois du n’importe quoi. Ainsi Sellal parlait de centralité, Ouyahia de patriotisme économique, Bedoui de rien. La dépense publique c’est tout. C’est son dada de dispendieux prodigue de deniers publics. Voilà que Djerrad parle maintenant de « nouveau pacte et de New deal for a new Algeria » qu’il compte concrétiser à travers « le triptyque développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et numérique ». Il avait, soutenant le Hirak qualifié de soulèvement du peuple face à la gabegie, affirmé que le pouvoir précédent avait détruit le pays et dilapidé ses richesses. Des ministres de ce même pouvoir sont encore en poste. Il n’a pas omis de mentionner l’année fatidique de Bedoui dans sa présentation où il ne manquait qu’à le citer nommément. Durant moins d’une année à la chefferie du gouvernement, ce dernier avait su diaboliquement ruiner les frêles potentialités financières du pays en versant dans le bas populisme espérant faire contenir la marche du Hirak. Il avait fait voter la déprédation des hydrocarbures, une loi de finances des plus scélérates, un découpage administratif sans soubassement économique, des insertions sans ressources budgétaires et autres frénésies de dernières volontés d’un mourant.

    Paradoxe des choses, ce sont les mêmes députés devant qui le Premier Ministre tenait avec conviction à « dénoncer les dispositions fiscales arbitraires » qui ont voté toutes mains levées entre autres la loi de finances 2020 qui les contient. Outrecuidance ! Ce sont les mêmes députés qui ont décampé de l’hémicycle aux premières heures du soulèvement et boudé les visites ministérielles du dernier gouvernement de Bouteflika. A cette époque là, on les voyait plus roder à la wilaya. Gardant l’œil sur la trajectoire des événements, dévêtus de leurs comiques cravates, ils guettaient comme des loups les meilleures opportunités pour réapparaitre. Ce sont eux qui ont inauguré, voire affirmé l’agissement illégal de l’Etat extraconstitutionnel quand ils ont verrouillé et cadenassé une institution républicaine. Et voilà qu’ils se découvrent par miracle dans une position d’attaque frontale avec le gouvernement Djerrad tout en embaumant le processus ayant ramené l’Algérie là où elle semble stagner.

    Pour cette séance de presentation, Il n’y aurait pas trop d’absentéisme. Redoutant une probable fin de législature toujours sous la menace de la dissolution ; ils tentaient en ultime dessein de se faire valoir, pas aux yeux des électeurs mais du pouvoir. Les fortes gesticulations d’amabilité envers les tout nouveaux ministres faisaient l’ordre du jour des coulisses farcies de fausseté de l’assemblée nationale. Les cartes de visites s’offraient avec ce sourire sournois et un arraché de rendez-vous. C’est une zerda gouvernementale.

    Il y a de quoi se faire voir, se faire entendre. Tout est à vendre. A prendre. Le recrutement avant la déchéance se hisse au niveau de prouesse et de management. Une sulfureuse intervention pleine de diatribes, critiques à l’égard de frais ministres à même d’aller dans le sens de l’adhésion populaire et l’allégeance au Président de la République ; peut bien mener au poste de ministre. La députée de Batna en à tiré avantage. Elle qui apostrophait Ouyahia, en déclamant avec emphase ses tirades que « le peuple n’est pas heureux ». Est-il heureux aujourd’hui, ce peuple Madame la Ministre ? L’êtes-vous, vous-même, ministre que vous êtes ?

    C’est cette brèche commise dans les critères amèrement ridiculisés de nomination des ministres qui excite le modèle à suivre pour le même parcours et qui fait que les intervenants ont tous mis du leur pour paraître en diapason avec la rue tout en veillant à ne pas écorcher le pouvoir suprême et le pouvoir de fait. Un ministre jetable c’est facile de le torpiller. La langue de bois, l’esbroufe l’inutile étaient tous présents sur le pupitre habituellement réservé aux réponses des ministres. Les chefs de groupe parlementaires faisaient ainsi dans l’étalage de l’arrangement obséquieux. On ne les a pas entendus disserter sur des chiffres qui manquaient d’ailleurs dans le programme du gouvernement ou proposer plus que ne le fait le projet à discuter. Juste répéter ce qui est su et dit.

    Pour ce qui est de la consistance du programme, elle n’est pas plus étoffée que celle qui l’ont précédée à travers les itinérances chef-gouvernementales. Parler encore d’une économie hors hydrocarbure, disant recourir à la diversification de ses segments, stimuler les PMA ou les TPE (toutes petites entreprises) et autres théories de brochures ; ce n’est que recommencer l’échec. On aurait bien voulu lire les contributions habituelles de Amar Belhimer ou du professeur Chitour à propos de cette rengaine répétitive

    Le programme de Djerrad, un plan narratif est décliné en actions phraséologiques à même de vulgariser la contenance pragmatique du programme présidentiel dans ses 54 engagements. Il lui manque un échéancier où les délais de réalisation se hisseront à la règle d’un contrat de performance pour chaque secteur. Ce qui par ailleurs rendra facile toute action de contrôle dans le temps et dans l’espace. Contrairement à Ouyahia, véritable tribun et grand orateur, le chiffre ne semble pas être dans le cœur de Djerrad. La statistique, les ratios et autres indicateurs ont été faits pour cacher le vrai désarroi populaire. A quoi avaient servi ces tangentes, ces courbes, ces camemberts, ces graphiques ? L’inflation et la planche à billet. La réaction des élus parlementaires va vite se cogiter comme à l’accoutumée en des interpellations pour un besoin local. L’on dirait qu’un député est uniquement représentant de la population qu’il l’aurait élu. Oubliant sa vocation de mandataire national, il accentue, pour l’un son zoom à être capté et sa démonstration de maitrise du parler pour l’autre. Pour dire que cette assemblée n’est qu’une facture salée qui coûte cher au trésor public. Hélas une dépense obligatoire, néanmoins pas trop inutile du fait de l’utilité parlementaire dans un régime se vouant pleinement aux caprices de dame démocratie.

    Question d’illégitimité, les deux chambres persévèrent dans la corroboration de cette accusation voire de ce constat. Au niveau du perchoir le président est un intrus, voire un candidat clandestin placé en un temps où la brouille envahissant tous les espaces institutionnels. Au sénat un invétéré des postes et des évolutions sur les bandes d’arrêt d’urgence, l’intérimaire présage que rien na changé et que l’on est en passe de recréer le même climat qui régnait dans le règne que l’on croit disparu. Le monsieur veut naitre et renaitre.

    L’assemblée n’a pu avoir depuis sa formation, l’impact attendu. Considérée comme un contre pouvoir dans le principe sacro-saint des constitutionnalistes relatif à la théorie de la séparation des pouvoirs, elle n’avait pu remplir qu’une fonction d’un organe nécessaire dans le tissage d’un Etat. Avec ou sans prérogatives, cette assemblée reste caractérisée dans ses membres par l’esprit de courtisanerie face au pouvoir en place. De mémoire, elle n’aurait fait obstacle à l’élan exécutif d’aucune autorité. En pleine tourmente de la catastrophe nationale (vacance de pouvoir, manque d’autorité, terrorisme, séisme, fraude électorale, injustice, déposition et inégalité de cadres, mutineries, rébellions, suicides, accidents routiers, criminalité, drogue, dépravation des mœurs, corruption etc. ) notre auguste cénacle n’adoptait qu’une seule démarche entérinée par des questions orales. Ce fut et se continue de se faire, une séance de bonne récréation, sauf cette fois, un semblant « d’hommerie » était à démontrer. Son absence d’implication s’absorbait dans la lutte des sièges de présidence, de vice présidence et de chefs de commissions. Le passage que franchissait douloureusement le pays n’était, perçu dans cet hémicycle que comme un menu commun de conciliabules et de tractations intuitu-personae. Ici sont nés tous les qualificatifs conjoncturels. Du révolutionnaire au contre-révolutionnaire, du progressiste au réactionnaire, du pro-machin à l’anti-truc, du démocrate au nationaliste, de l’islamiste à l’assimilationniste, du redresseur au contre-redresseur. Pour les uns, les portefeuilles ministériels étaient lorgnés dès le début du mandat. Pour les autres, les lots marginaux constituaient les fins du mandat. Encore, voilà qu’ils cherchent le passeport diplomatique ! Enfin pour certains, probes et corrects mais malheureux, ce sont le leurre, la déception et la mélancolie du poste électif qui font de leur séjour parlementaire un aveu d’incapacité et d’impuissance face à la déviation de l’état des lieux.

    Maintenant que les débats vont s’achever, les réponses du chef du gouvernement assurées, peu importe cette phase d’examen. Le projet sera adopté sans surprises. Là, n’est pas le problème, quand celui-ci se situe dans le facteur temps, le facteur humain. Restons tout de même optimistes.

    par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5286680

  • Soleimani assassiné : pourquoi le secrétaire Esper dément les propos de Trump ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/01/13/soleimani-assassine-pourquoi-le-secretaire-esper-dement-les-

    Le missile balistique de haute précision Zolfaqar. ©Fars News
    Àen juger les aveux du dimanche soir du chef du Pentagone Mark Esper, l’US Army est totalement sens dessus dessous. À l’antenne des médias, Mark Esper a refusé tout simplement de confirmer ce que Trump raconte depuis 10 jours et à qui veut entendre comme étant le principal motif de l’attentat ciblé ayant coûté la vie au général de corps d’armée Qassem Soleimani et au commandant en chef adjoint des Hachd, Abou Mohandes et 10 autres officiers et militaires des Hachd, à savoir « l’intention prêtée au général de vouloir faire sauter quatre ambassades US, dont celle de Bagdad ». Dimanche soir, le secrétaire général du Hezbollah a qualifié cette allégation de « mensonge éhonté » colporté par le président le plus menteur de toute histoire des États-Unis. Il a fallu quelques heures à peine pour que les propos de Nasrallah soient cautionnés par le secrétaire US à la défense, dans ce qui constitue une royale marche arrière. 

    Le secrétaire à la Défense, Mark Esper, a déclaré qu’il « n’avait pas vu » de preuves précises que « le haut commandant militaire iranien, Qassem Soleimani planifiait des attaques contre quatre ambassades américaines » : « Le président n’a cité aucun élément de preuve spécifique. Ce qu’il a dit, c’est qu’il croyait. Je n’en ai pas vu, en ce qui concerne quatre ambassades. Ce que je dis, c’est que je partageais l’opinion du président que probablement – je m’attendais à ce qu’ils s’en prennent à nos ambassades. J’ai partagé ce point de vue. Je sais que d’autres membres de l’équipe de sécurité nationale ont partagé ce point de vue. C’est pourquoi j’ai déployé des milliers de parachutistes américains au Moyen-Orient pour renforcer notre ambassade à Bagdad et dans d’autres sites de la région ».

    Pas plus que le Pentagone, le Congrès non plus n’arrive pas à croire le méga mensonge de Trump. Justin Amash, représentant du Michigan à la Chambre des représentants des États-Unis y va de son commentaire :« L’administration Trump n’a présenté aucune preuve au Congrès concernant une seule ambassade. Et ils n’ont jamais présenté de preuve d’imminence – une condition nécessaire pour agir sans l’approbation du Congrès – en ce qui concerne tout cela », a-t-il écrit sur son compte twitter

    Missiles iraniens de haute précisionDes exercices de défense antiaérienne censés protéger les zones sensibles de l’Iran sont en cours.

    Mais pourquoi le Pentagone tend à se dissocier de la Maison Blanche ? Pour les analystes politiques et militaires, la réponse réside dans la nature de la « riposte balistique iranienne » du 8 janvier et de ses conséquences et surtout le fait que l’armée américaine est désormais sûre et certaine qu’une confrontation militaire à grande échelle lui serait fatale. Les 13 missiles balistiques iraniens Qiam d’une portée de 600 kilomètres ont été de haute précision, fait technique nouveau puisque des missiles balistiques ne sont pas de haute précision. Ces engins ont visé avec précision le centre de commandement et de contrôle, les hangars et les dortoirs de la plus grande base US au Moyen-Orient, base qui au contraire des bases comme Taji (Bagdad) ou Balad (Salaheddine) ou encore celles qui les États-Unis détiennent au Koweït, aux Émirats, en Jordanie oui encore en Arabie saoudite, ne compte que des soldats américains, entre 3 000 et 3 500 au nombre desquels figurent outre des soldats de profession, des contractors mais aussi des mercenaires. De nouvelles informations font état de la mort d’au moins 100 GI’s tandis que le bilan des blessés relèverait à 150 répartis toujours en Israël, en Jordanie voire en Allemagne. D’où sans doute ce reportage très significatif et ultra censuré de CNN où la journaliste n’est autorisée qu’à tourner les images sous un angle bien rétrécit sans doute pour éviter que l’ampleur des dégâts ne soit révélée. À ceci s’ajoute le fait que toute possible riposte militaire US à la « gifle iranienne » se suivra par une plus grande riposte balistique iranienne visant toutes les bases US dans les pays du golfe Persique là où les « soldats golfiens » travaillent ou mieux dit servent de bouclier aux GI’s. D’où sans doute ce ballet des responsables arabes et régionaux à Téhéran qui pas plus tard que dimanche 12 janvier a accueilli l’émir du Qatar, le ministre des A.E étrangères pakistanais, venus sans doute proposer des compromis.

     Guerre US/Iran : 3 scénarios israéliensIsraël vit une panique sans précédent face à la puissance militaire de l’Iran.

    Mais il y a aussi Israël, totalement atone ces jours et absorbé par l’exploit militaire et technique qu’a été la frappe balistique iranienne du 8 janvier. Les analystes conseillent désormais très énergiquement à Netanyahu et Cie de fermer leur bec et de ne pas trop vanter « l’implication du Mossad dans assassinant du général Soleimani » s’ils veulent que les foudres de Téhéran ne les affectent pas directement. Selon des informations bien fiables, la désormais impraticable base Aïn al-Asad ne dispose que d’un seul abri, ce qui veut dire que les 3000 GI’s stationnés étaient bel et bien exposés. La base a une superficie de 50 km². Des Irakiens eux, affirment que le soir de frappe, les Américains leur ont demandé non seulement de l’assistance médicale, mais encore de l’assistance logistique : des mains-d’ouvres pour déplacer les gravats et tirer des corps, mains-d’œuvres que les GI’s escortaient pour qu’ils ne voient pas ce qu’il n’était pas à voir. Le Pentagone serait sans doute capable de frapper l’Iran ce dont il est incapable d’arrêter l’enfer qui va suivre. 

    http://french.presstv.com/Detail/2020/01/13/616063/Iran–les-USA-mettent-les-pieds-dans-le-plat

  • Clausewitz, Trump et Soleimani – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/01/13/clausewitz-trump-et-soleimani

    Le philosophe militaire du XIXe siècle Carl von Clausewitz a observé que la guerre était la continuation de la politique par d’autres moyens. Ceci est une description appropriée de la stratégie militaire iranienne et des affaires géopolitiques. Ceci est conforme à la logique qui a guidé le général Qassem Soleimani au cours des deux dernières décennies.

    En tant que fin stratège militaire, Soleimani a compris que la distance entre A et B n’était pas nécessairement identique à la distance entre B et A. L’Iran et Israël ne partagent pas de frontière physique. Téhéran et Tel-Aviv sont distants d’environ 1600 km. Malgré ses menaces incessantes, il n’a jamais été clair qu’Israël avait les capacités militaires d’infliger des dommages considérables à l’Iran. On ne sait pas encore de quelle manière les pilotes israéliens vont s’y prendre pour couvrir la distance entre les deux pays et voler au dessus de la Jordanie, de la Syrie ou de l’Irak sans être détectés, ni même comment vont se ravitailler les avions israéliens, et ainsi de suite. Israël n’a pas encore réussi à résoudre cette équation militaire logistique. Mais il a été assez intelligent pour comprendre que le fait de pousser l’Amérique dans un conflit tous azimuts avec la République islamique pourrait résoudre le problème. Malgré la concurrence (avec la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne), les USA représentent la colonie la plus servile d’Israël. Ils ont sacrifié allègrement leurs fils et leurs filles sur l’autel sioniste depuis des années.

    Le général Soleimani a conçu des tactiques militaires de génie pour contrer aussi bien les plans américains qu’israéliens ; bien qu’Israël ne partage pas de frontière avec l’Iran, l’Iran partage assurément une frontière avec Israël. Le déploiement de Gardiens de la révolution aux côtés de milices locales pro-iraniennes a permis à Soleimani d’encercler l’État juif à l’aide d’un mur de résistance féroce. Les alliés régionaux de l’Iran sont parfaitement entraînés, motivés idéologiquement et religieusement, et bénéficient du riche arsenal balistique iranien et d’une technologie qui peuvent infliger un châtiment mortel à Israël en cas de conflit. Depuis un certain temps, l’élite militaire israélienne et les analystes ont dû accepter que, dans le contexte d’une guerre israélo-iranienne, l’Iran et ses alliés régionaux étaient capables de faire pleuvoir sur Israël des milliers de missiles balistiques, de missiles de croisière et de missiles à guidage de précision. Une telle perspective pourrait anéantir les villes israéliennes en quelques jours.

    Des tactiques similaires ont été mises en œuvre par le général Soleimani contre les forces militaires américaines dans la région. Certes, l’Iran ne partage pas de frontières avec les États-Unis, mais les milices irakiennes pro-iraniennes ont réussi à encercler les forces américaines en Irak. L’Iran domine également les détroits les plus stratégiques du golfe Persique grâce à ses milices chiites au Yémen.

    L’attaque iranienne d’hier contre des bases aériennes américaines a montré que les hauts dirigeants iraniens ont également intégré la philosophie de Clausewitz. L’attaque a été mesurée. Elle visait des installations militaires américaines et, selon certains rapports, ce sont des pistes d’aviation et des bâtiments vides qui ont été pris pour cible. Cependant, l’attaque a été menée depuis le territoire iranien et a été ouvertement revendiquée par le régime iranien. Elle a servi à transmettre le message de la détermination et de la fermeté iranienne. L’attaque a été suffisamment mesurée pour permettre à l’administration Trump de sortir de la voie imprudente qu’elle avait choisie, même si elle lui a également laissé une corde assez longue pour se pendre avec si elle insistait pour le faire.

    Le conflit entre les États-Unis et l’Iran est particulièrement irrationnel, on frise même la folie. L’Amérique n’est plus dépendante du pétrole du Golfe. Sa stratégie générale dans la région a été vaine et a échoué. L’Irak souhaite que les militaires américains s’en aillent. En Syrie, les forces américaines ont été vaincues. La Russie s’occupe maintenant de ce que l’Amérique prétendait superviser et qu’elle n’a, en pratique, jamais fait. On peut légitimement se demander ce que fait l’Amérique en Irak ou en Syrie et où est-ce que tout cela mène.

    De nombreuses études universitaires ont établi que la politique étrangère américaine est dominée par le lobby israélien. La vérité accablante c’est que l’Amérique mène des guerres au profit d’Israël depuis des décennies. Jusqu’à présent, les USA ont été confrontés à des forces militaires inférieures. Or, une bataille avec l’Iran pourrait s’avérer bien plus compliquée. Des décennies de sanctions ont fait de l’Iran une superpuissance technologique indépendante. La technologie des drones iraniens est au moins aussi avancée que celle d’Israël et des États-Unis et, concernant les missiles de croisières et les missiles à guidage de précision, l’Iran est même plus avancé. Contrairement aux soldats américains qui se battent pour Israël et qui sont nourris par les renseignements trompeurs fournis par ce pays, les Iraniens et les milices chiites locales se battent sur leur propre sol. La bataille est destinée à être un défi pour l’armée américaine et ses conséquences seraient imprévisibles.

    Entouré par l’incompétence, Trump a pris des décisions désastreuses qui ont fait de l’Amérique et d’Israël les plus grands dangers pour la paix mondiale. La situation est si sombre pour l’Amérique qu’elle ne semble pas pouvoir trouver les ressources suffisantes en elle-même pour comprendre que la présence dans ce purgatoire lui est imposée.

    Le seul moyen pour comprendre l’opération bizarre des États-Unis est de prendre la réflexion de Clausewitz par l’autre bout de la lorgnette : la politique américaine est une continuation des guerres sionistes par d’autres moyens. L’Amérique a renoncé à son prestige au profit de l’État juif. Les politiciens américains prêtent, sans vergogne, allégeance à l’État juif plutôt qu’au leur. Ils font tout leur possible pour satisfaire les groupes de pression juifs, qu’il s’agisse de l’ultra sioniste AIPAC ou de l’opposition contrôlée J Street. Les États-Unis ne seront pas la première superpuissance détruite par Sion. Le problème, c’est qu’une guerre régionale impliquant l’Amérique et Israël pourrait rendre le groupe Extinction Rebellion hors sujet étant donné que ces deux puissances destructrices pourraient réduire notre planète en poussière afin de sauver leurs dirigeants actuels de leur problèmes juridiques qui s’accumulent.

    Je suis convaincu que de nombreux Américains sont persuadés du danger qui frappe à leur porte. Cependant, la matrice du pouvoir sioniste a démantelé la capacité des Américains à appeler un chat un chat, car cela est considéré comme antisémite.

    Ma bataille pour la vérité et la liberté implique des services juridiques coûteux. J’espère que vous envisagerez de faire un don mensuel, quel que soit le montant que vous pourrez vous permettre. Des contributions régulières me permettront d’éviter d’être dos au mur et d’avoir le dessus sur les harcèlements sans fin des opérateurs sionistes qui tentent de me faire taire.

    Texte de Gilad Atzmon traduit à partir de l’anglais par Alimuddin Usmani

    https://www.egaliteetreconciliation.fr/Clausewitz-Trump-et-Soleimani-57713.html

  • Bolivie : la dictature s’installe – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/11/20/bolivie-la-dictature-sinstalle

    Trois jours seulement après avoir exigé la démission du président légitimement élu, Evo Morales, le général William Kaliman s’est installé aux Etats-Unis après avoir reçu 1 million de dollars, en échange de ses bons et loyaux services, de la part de l’attaché commercial de l’ambassade des Etats-Unis à La Paz, Bruce Williamson.

    La même somme a été remise à tous les autres commandants militaires et seulement 500 000 dollars, les pauvres, aux hauts dirigeants de la police, tous partis aux Etats-Unis. C’est Bruce Williamson qui a été chargé de les contacter et de coordonner les actions qui ont mené au coup d’Etat, entre la mutinerie de la police et l’inaction de l’armée.

    La sénatrice auto-proclamée présidente, Janine Añez s’est empressée de nommer d’autres commandants en remplacement des fuyards, en évitant ainsi toute enquête immédiate des instances locales et internationales. Comme par hasard, la majorité d’entre eux viennent des provinces de Santa Cruz, Beni et Oriente qui sont, traditionnellement, les foyers les plus réactionnaires et d’où sont nés la plus grande partie des coups d’Etat dans ce pays qui en compte presque plus que d’années d’indépendance. Les nommés sont :

    – Pablo Arturo Guerra Camacho, Commandant en chef d’Etat-major des Forces Armées
    – Iván Patricio Inchausti Rioja, Commandant de l’Armée de Terre
    – Ciro Orlando Álvarez, Commandant de l’Armée de l’Air
    – Moisés Orlando Mejía Heredia, Commandant de la Marine
    Ils sont les responsables de la répression actuelle et à venir.

    Constitutionnellement, c’est la sénatrice Adriana Salvatierra qui devait assumer la présidence après la démission d’Evo Morales et du vice-président Álvaro García Linera, les deux sous la contrainte et des menaces de mort, mais la police lui a interdit d’entrer au congrès qui a, dans la foulée, élu Janine Añez, sans que soit approuvé les démissions du président et du vice-président à la majorité des 2/3. Les 26 sénateurs du MAS (Movimiento Al Socialismo) n’ont pas pu entrer et ce ne sont que les 10 sénateurs putschistes qui ont pu s’exprimer.

    Par ailleurs, les journalistes locaux et étrangers qui n’appuient pas le nouveau régime sont considérés comme séditieux et sont arrêtés immédiatement. En deux jours, les Une des journaux ont dû se conformer à donner une bonne image du putsch. Les journalistes récalcitrants sont harcelés et agressés par des évangélistes fanatiques. Les journalistes de TeleSur et de la télévision russe RT ont dû se réfugier à El Alto, sur les hauteurs de La Paz et où la population pauvre est favorable à Morales.

    600 médecins cubains, qui ne faisaient qu’apporter leur aide à la population la plus démunie, ont été priés de quitter le territoire immédiatement.

    La population résiste héroïquement mais les morts s’accumulent sous une répression féroce envers la population amérindienne.

    C’est dire les hautes valeurs démocratiques et sociales que portent les nouveaux tenants du pays.

    Jean-Michel HUREAU

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/14/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/14/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/15/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/15/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

    URL de cet article 35444
    https://www.legrandsoir.info/bolivie-la-dictature-s-installe.html

  • Algérie : La Révolution trahie par les berbéristes – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/11/16/algerie-la-revolution-trahie-par-les-berberistes

    Nous étions presque parvenus à la réalisation de l’unité du peuple, pour renverser définitivement la dictature militaire et édifier un état civil, démocratique et souverain.

    Hélas, les berbéristes ont d’autres calculs en tête et leur principal objectif est de se distinguer du reste des Algériens, en revendiquant leur fantasme de pureté ethnique au détriment de la personnalité de base de l’Algérien et de la citoyenneté algérienne, transculturelle et métissée. Celle-là même qui a permis au peuple Algérien de s’unifier autour d’un intérêt commun : mettre fin à la dictature au nom de l’algérianité.

    Militants indépendants ou associatifs, médias privés, partis politiques, ont tous contribuer à cette trahison, qui a permis à l’état-major d’imploser la Révolution en deux blocs antagoniques : les berbéristes et le reste des Algériens. Berbère télévision, El Watan, Le Matin, le site Chouf Chouf, la LADDH, le RAJ, et tant d’autres, sont très actifs pour réaliser cet objectif de division du peuple, pour faire échouer la Révolution.

    Leur lâcheté n’a d’égale que la perversion qui caractérise leur posture de victimisation, en inversant les rôles de la manipulation et de la diversion. Prétendant que ce serait l’Etat-Major qui a divisé le peuple en interdisant le drapeau amazigh, alors que ce sont eux qui ont en premier doubler le drapeau de l’unité du peuple pour le diviser et offrir ainsi l’alibi à l’Etat-Major de sévir !

    Leur stratégie de victimisation vise à exploiter la radicalisation du peuple dans la conjoncture critique actuelle, qui est caractérisée par un refus de l’armée de satisfaire ses exigences de souveraineté, pour l’amener à tomber dans son piège, celui de se solidariser avec le drapeau amazigh sans en mesurer la portée. Leur arrière-pensée est de pousser à l’affrontement le peuple et son armée et créer ainsi les conditions pour se séparer du reste des Algériens. Notamment, par un désir inavoué de semer la confusion, synonyme de chaos et d’ingérence étrangère, dont ils seront sans aucun doute les principaux bénéficiaires. Contre l’Algérie et contre son peuple.

    Autrement, on ne voit pas quel est l’intérêt de s’évertuer à brandir ostentatoirement le drapeau Amazighe ! En Algérie, il n’y a ni pures arabes, ni pures amazighes, ni quelque autre ethnie à prétendre au fantasme de la pureté. En Algérie, il n’y a que des Algériens, produit d’un métissage millénaire entre les peuples autochtones amazighes et tous les autres peuples qui sont venus s’établir sur le territoire national depuis des milliers d’années. C’est le seul slogan qui sera le garant de l’aboutissement de la Révolution et de la réalisation de ses objectifs, en premier, celui de reléguer la religion et l’identité dans le privé et l’armée dans les casernes.

    Youcef Benzatat, le 3 juillet 2019

    https://blogs.mediapart.fr/y-benzatat/blog/030719/algerie-la-revolution-trahie-par-les-berberistes

  • Fourest, Allah sot ! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/10/29/fourest-allah-sot%e2%80%89

    Pour ses débuts dans le cinéma, Caroline Fourest s’est lancée dans le film de guerre. Le résultat, Sœurs d’armes, se distingue de La Grande Vadrouille par son comique involontaire.

    Caroline Fourest n’a pas de limites. C’est d’ailleurs à cela qu’on la reconnaît. Après avoir été essayiste honnête, spécialiste en tout dans les médias, ethnologue chez les Femen et groupie de Manuel Valls, la voilà qui commet un film, Sœurs d’armes. Comme Murnau, Renoir et John Ford. Ou Yann Moix, Baffie et BHL. Au choix.

    Pour ses débuts, Caroline Fourest s’est lancée dans le film de guerre. Pas vraiment La Grande Vadrouille, mais avec une dimension comique tout de même – involontaire. D’un côté, les « sœurs d’armes » du Kurdistan syrien, des amazones sexy en diable ; de l’autre, des Daechiens sauvages à poil dur.

    Disposant d’un gros budget, Caroline Fourest a multiplié les scènes d’action. Moult pan-pan par-ci, force boum-boum par-là, et une pluie de roquettes qui tombent du ciel sur les méchants. À côté, Apocalypse Now, c’est Le Désert des Tartares.

    La réalisatrice a étoffé sa palette esthétique en prenant conseil auprès de (faux) amis. L’un d’eux lui a montré la touche « ralenti » pour faire artistique ; un autre lui a appris la recette du saindoux sonore dont elle a bardé ses images ; un troisième lui a fait visiter le salon de l’explosif. On reconnaît les grands maîtres à leur sobriété. Et les tartineurs à leur tartinage.

    La brigade internationale des combattantes kurdes intègre des nouvelles recrues françaises : une juive et une Arabe. Yaël (Esther Garrel), dotée d’un master « génocides » (sic), dont la grand-mère a été déportée ; et Kenza (Camélia Jordana), dont la sœur a été tuée pour avoir refusé de porter le voile en Algérie durant les années de plomb. L’Arménienne et la chrétienne d’Orient ont dû être coupées au montage…

    Kenza se proclame « musulmane cool ». Mais, selon Fourest, il y a mieux pour une musulmane : la mécréance. Telle est la cheffe kurde de la brigade (Amira Casar). L’islam, ce serait tellement plus cool s’il n’y avait personne pour y croire !

    La réalisatrice, qui n’oublie pas qu’elle sait des choses, éduque le spectateur sur les Yézidis, le Kurdistan ou la laïcité version islamophobe. Sœurs d’armes, c’est « Connaissance du monde » pour les nazes. On dit merci qui ?

    L’an dernier, Les Filles du soleil, d’Eva Husson, racontait la même histoire. Un ratage que Caroline Fourest sauve à sa manière en faisant pire. Le visionner l’aurait peut-être édifiée. D’autres films aussi, des classiques par exemple, qui lui auraient donné une idée de ce à quoi ressemble le cinéma. À vouloir tout (ré)inventer comme une grande, la vestale laïcarde signe un chef-d’œuvre de souverains poncifs.

    PAR CHRISTOPHE KANTCHEFF

    https://www.politis.fr/articles/2019/10/fourest-allah-sot-40912

  • Zeribi sur Mélenchon : l’ignominie du traitre. – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/09/20/zeribi-sur-melenchon-lignominie-du-traitre

    De petit gars des banlieues d’Avignon et de gauche, après avoir parcouru tous les sentiers du pouvoir, c’est un Karim Zéribi maintenant « En Marche » – et mis en examen pour des carambouilles marseillaises – qui, sur « CNews », la télé de Bolloré, est convoqué pour flinguer Mélenchon. Vomissons.

    Ma zapette est si étroite, et peu claire genre tableau de bord d’un Airbus, qu’hier soir mon doigt a dérapé sur CNEWS. Le matin ce genre de fausse route peut être tragique. Nous tombons alors sur un ancien employé du FC Nantes, un club de foot, sur un certain Praud qui est à la vérité ce que la musique militaire est à la symphonie. Le soir ce n’est pas mieux puisque je me suis fracassé sur un pilier de la Sarkozy : Laurence Ferrari. Passons, si je puis dire, sur la blonde pour en venir au fait. Sur son plateau, du genre room service des établissements Macron, hurlait un type que j’ai d’abord pris pour un sosie de Karim Zéribi. Mais c’était lui. Le sujet du « débat » portait sur le passage en correctionnelle du grand délinquant Mélenchon. Capable de mettre au tapis un procureur et des flics de ses simples postillons (ce qui prouve qu’on pourrait les vendre à l’Arabie Saoudite comme arme de destruction massive).

    Paralysé, je n’ai pas noté les paroles de Zéribi, ce Saint-Jean-Bouche-du-Rhône d’or. Mais il y allait au bazooka. Lui et la clique invitée de Laurence Ferrari, navigant politiquement entre la droite et l’extrême droite, ce qui est un indice d’équilibre, constituaient un peloton d’exécution, genre Goya et « Tres de mayo ». Mort le Jean-Luc Mélenchon. Enterré vivant. Aucun châtiment ne sera assez cruel pour cet Insoumis, injure vivante et cracheur à la gueule de la démocratie. Vincent Bolloré a ce soir-là un bon retour sur investissement.

    Ce qui me fascine dans ce « journalisme » de comédie c’est Zéribi. Car je l’ai bien connu le petit jeune homme d’Avignon devenu un Rastignac de la honte. Il était alors de gauche, voulait sauver les banlieues. Mais, en attendant, jouait les cégétistes à la SNCF. En 1998, lassé des trains qui arrivent toujours à l’heure, notre Karim contacte Jean-Pierre Chevènement alors ministre de l’Intérieur : « Moi je peux vous retirer du pied l’épine des banlieues… ». Le « Che », dont le meilleur acte politique fût de démissionner pendant la « Guerre du Golfe », engage le cheminot comme tender beur. Entre 2000 et 2002, il devient chef de la mission sur les « politiques de recrutement » à la direction de l’administration de la Police nationale. Mieux qu’un pompier, ou qu’une grenouille de météo, Zéribi sait grimper aux échelles du pouvoir.

    Mais le linéaire, la platitude du rail, lui sert encore à avancer. Entre 2002 et 2006 la SNCF lui confie la responsabilité de « Chef du pôle formation », chargé de « l’égalité des chances ». Tous les hommes sont ego, et Karim plus que d’autres. Devenu indispensable il garde son poste de triage sous Gallois, Idrac et Pépy. Mais s’ennuie un peu, lui qui mène un train d’enfer. Il se colle donc à la politique. A Marseille, il devient le porte-parole de l’admirable Jean-Noël Guérini et, en 2008, est élu conseiller municipal.

    La suite, c’est la présidence du Conseil d’administration de la Régie des transports de Marseille. Puis un titre de député européen. Pas mal. Pourvu que ça dure. Mais ça va pourtant dégringoler. En dépit de son nouvel élan du cœur pour les « Verts ». Et la faute à un maudit juge qui, après perquisition de son ancien local de campagne, le met en examen, en avril 2015. Le tout pour « détournement de fonds publics » et « abus de confiance ». Le magistrat vise deux associations fondées par Zéribi, chargées de la « promotion de la diversité ». Les oracles du Monde écrivent alors que Monsieur Zéribi est soupçonné d’avoir « détourné 50 000 euros de subventions » Et, en janvier 2018, le parquet de Marseille requiert le renvoi de ce Karim, un innocent, en correctionnelle.

    Faut-il ajouter qu’en tant qu’expert des trains et de ce qui roule, Zéribi est en 2017 devenu un homme « En Marche » ?Macron est son modèle. « Marcheur », mais avec beaucoup de loisirs, Zéribi peut ratisser les plateaux de télévision. Partout où s’exprime la plus grande vulgarité : « Les Grandes Gueules », « Super Moscato Show », et le si subtil « Balance ton post » d’Hanouna.

    Mais, nous l’avons vu avec Laurence Ferrari et « CNEWS », quand on a besoin d’un chef de peloton d’exécution on peut convoquer le centurion Zéribi. Rien de mieux qu’un mis en examen pour nous parler de la justice. Vas-y Karim la « République en marche » saura peut-être atténuer ton sort ; dans cet univers où les juges sont indépendants. Surtout quand ils cuisinent du Mélenchon. Zéribi tu me fais honte. Parce que plusieurs fois je t’ai serré la main. Entre Hanouna et Moscato, si tu as un moment de libre je te conseille de lire un bon livre de Pierre Bourdieu : Trois études d’ethnologie kabyle ». On y parle d’honneur.

    Jacques-Marie BOURGET

    URL de cet article 35236
    https://www.legrandsoir.info/zeribi-sur-melenchon-l-ignominie-du-traitre.html

  • Le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste | Mounadil al Djazaïri
    https://mounadil.wordpress.com/2018/05/17/le-reve-sioniste-converge-avec-le-cauchemar-supremaciste

    Le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste
    Un texte intéressant de Lluís Bassets. Si l’article figure dans la rubrique opinion du journal El Pais, il n’en reste pas moins que Bassets est non seulement journaliste (et pas n’importe lequel) mais également directeur adjoint de ce journal espagnol pour la Catalogne.

    Lluís Bassets

    Bassets capte bien l’essentiel de ce qui se joue en ce moment en Palestine, terre où s’exerce avec une force inégalée l’idéologie agressive et suprémaciste qui domine actuellement aux Etats Unis, pays où elle n’a jamais disparu malgré les succès de la lutte pour les droits civiques. C’est la convergence de ces suprémacismes qui est au cœur du texte présenté ici.

    Comme le dit Lluís Bassets en conclusion, la Palestine est le miroir où chacun peut se regarder et où sont condensés tous les maux qui affectent le monde et l’empêchent de vivre en paix.

    Avec Netanyahou et Trump, le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste
    Par Lluís Bassets, El Pais (Espagne) 17 mai 2018 traduit de l’espagnol par Djazaïri

    La mutation est achevée. Le rêve a tourné et ne se différencie guère maintenant, 70 ans plus tard, du cauchemar Trumpien. Au moment même où des habitants de Gaza tombaient, tués par des tirs de snipers [sionistes], la fille de Donald Trump et son mari, Jared Kushner, accompagné par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, inauguraient l’ambassade américaine à Jérusalem. Douleur pour les uns et gloire pour les autres, le même jour et à seulement environ 80 kilomètres de distance.

    14 mai 2018 : inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem occupée.    Sara et Benjamin Netanyahou, Ivanka Trump et Jared Kushner

    Le statut de la ville est l’un des trois sujets majeurs d’un différend persistant (les deux autres sont la restitution des territoires occupés et le droit au retour des Palestiniens expulsés). Dans tous les plans de paix, la question de Jérusalem devait être abordée en dernier. Ce ne sera plus le cas, puisque Washington, qui avait jusqu’alors prétendu agir en médiateur honnête, l’a laissée au bon vouloir de son président.

    Trump tient ainsi sa promesse électorale. Au Moyen-Orient, on n’est pas dupe : il fait ce que veut Netanyahou, que ce soit rompre l’accord nucléaire avec l’Iran, ou reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Ce n’est pas une question de politique internationale. La seule politique qui l’intéresse est la politique intérieure des États-Unis, où il soigne son électorat avant les élections de mi-mandat au cours desquelles la majorité républicaine est en jeu au Congrès et au Sénat et l’éventualité d’une réélection à la présidence en 2020

    Le geste aura un impact international relatif. Peu de pays, et seulement de petits pays, le suivront dans la relocalisation des ambassades. Mais la répression militaire qui s’abat sur les Gazaouis est déjà de toute évidence disproportionnée. La tuerie isole encore plus Israël et détériore son image de démocratie civilisée, bien que cela ne soit guère important pour Netanyahou du moment que Trump est inconditionnellement de son côté.

    La dérive de Washington laisse un vide que personne ne comblera. La Russie ne le fera pas, qui est revenue dans la région avec des réflexes tactiques de superpuissance prudente, mais sans la capacité d’agir comme un médiateur honnête. C’est encore moins le cas de la Chine, pas encore mûre pour agir comme une superpuissance mondiale. Ce n’est pas le cas non plus de l’Union Européenne qui, comme l’a souligné Jeremy Shapiro dans Foreign Affairs, manque d’unité et de volonté (« Pourquoi Trump peut-il tranquillement ignorer l’Europe ? Ses dirigeants s’empressent de condamner mais n’agissent jamais »).

    Selon Netanyahou, également maître dans l’art de l’inversion du sens, Trump a fait l’histoire dans un grand jour pour la paix. C’est pourquoi il donnera son nom à une place, à une gare et même à un club de football, le Beitar Jerusalem qui ajoutera le nom du président à son nom.

    La lumière parmi les nations est maintenant un miroir du monde. De l’unilatéralisme, du désordre international, du bellicisme, et aussi des inégalités, de l’injustice, de la discrimination, de l’extrémisme, du suprémacisme. Dans ce territoire disputé, deux nations sont dans une étreinte sanglante , victimes de différents moments historiques : l’une ayant obtenu réparation et l’autre mise à terre, 70 ans ensemble, mais sans paix, sans pitié, sans pardon. Le miroir où nous regarder.

  • Souscription pour le tournage d’un film sur le plus vieux prisonnier politique en Europe – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/09/11/souscription-pour-le-tournage-dun-film-sur-le-plus-vieux-pri

    Grâce à une souscription lancée ici, un livre sur les Gilets Jaunes (« La rue était noire de jaune ») va être bientôt en librairie. Le Grand Soir a été pressenti pour aider de la même manière au tournage d’un film sur GEORGES IBRAHIM ABDALLAH.

    Le réalisateur est Pierre Carles.

    Grâce à une souscription lancée ici, un livre sur les Gilets Jaunes (« La rue était noire de jaune ») va être bientôt en librairie.
    Le Grand Soir est à présent pressenti pour aider de la même manière au tournage d’un film de Pierre Carles sur GEORGES IBRAHIM ABDALLAH.

    LE RÉALISATEUR.
    Journaliste qui a travaillé pour plusieurs chaînes de télévision, Pierre Carles s’est fait connaître en dénonçant par l’image en 1992 la fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d’Arvor.
    En 1995, il réalise un documentaire pour Canal+, intitulé « Pas vu à la télé » dans lequel il démontre spectaculairement les connivences entre nos journalistes et les personnalités politiques. Son reportage sera diffusé en 1996 par la télévision…belge.

    En 1998, son film « Pas vu pas pris », fait à partir du documentaire censuré à la télé française, sort dans les salles de cinéma.

    En 2019, Pierre Carles s’attaque à un interminable scandale politico-judiciaire méconnu. Par neuf fois, faisant fi de la décision du tribunal d’application des peines, le Parquet (sous l’autorité des gardes des sceaux successifs, se pliant au veto des USA) a refusé la libération et l’expulsion du prisonnier Georges Ibrahim Abdallah.

    Chers lecteurs, merci d’aider à la réalisation de ce film en versant votre contribution (même modeste) à : Le Pot commun
    https://www.lepotcommun.fr/pot/q49nxyby
    Le Grand Soir

    FILM DE PIERRE CARLES SUR GEORGES IBRAHIM ABDALLAH
    Présentation du projet par Pierre Carles
    WE WANT GEORGES IBRAHIM ABDALLAH IN JAIL
    (Nous voulons Georges Ibrahim Abdallah en prison)

    Le 25 octobre 2019, cela fera 35 ans que le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah croupit en prison en France pour… complicité d’homicide volontaire. Oui, on a bien lu : cet homme a accompli une peine d’une telle longueur pour complicité d’assassinat (et non pour avoir tué des gens). Les actions en question ont été commises par son groupe les FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises) contre des militaires étasuniens et israéliens en poste dans l’Hexagone, complices de l’invasion du sud-Liban par Israël à la fin des années 70/début des années 80.
    En dehors de Georges Ibrahim Abdallah, nul être humain n’est actuellement détenu en Europe depuis près de 40 ans pour des faits à caractère politiques. Ainsi, Georges Ibrahim Abdallah détient le triste record de plus vieux prisonnier politique du vieux continent. Neuf demandes de libération conditionnelle ont été déposées par ses avocats depuis le début des années 2000, la dernière en 2015. Sans succès. Dès qu’un tribunal d’application des peines considère qu’il n’a plus sa place en prison, le parquet, qui est inféodé au pouvoir politique (contrairement aux juges d’application des peines) fait appel de la décision quand ce n’est pas le ministre de l’Intérieur qui refuse de signer l’arrêté d’expulsion vers le Liban, où Georges Ibrahim Abdallah est considéré comme un résistant à l’invasion de son pays par une puissance étrangère. Mais pourquoi un tel acharnement ?

    En 2012, Me Jacques Vergès, l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, affirmait : « C’est le gouvernement des Etats-Unis qui oppose un veto intolérable à sa libération. » La révélation par WikiLeaks, en 2016, de propos échangés par Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat des USA et Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères français, accrédite cette hypothèse.

    Il n’est pas inhabituel que des puissances étrangères tentent d’interférer dans les affaires internes d’un pays. En 2017, la Colombie a réclamé à la Chine pour qu’un de ses ressortissants condamné à la peine de mort pour trafic de stupéfiants voie sa peine commuée. Cela n’a pas pour autant empêché qu’Enrique Arciniegas soit exécuté. Le gouvernement cubain, quant à lui, a longtemps réclamé aux USA l’extradition de Luis Posada Carriles, un militant anticastriste tenu pour responsable d’un attentat terroriste contre un avion cubain qui fit 73 morts en 1976. Sans succès, là encore. Carriles a vécu jusqu’à l’âge de 90 ans en Floride, où il est décédé en 2018 sans jamais avoir eu affaire à la justice cubaine. En revanche, lorsque les Etats-Unis d’Amérique ordonnent, en 2013, à la France et à trois autres pays europééns (Espagne, Italie, Portugal) de fermer leur espace aérien à l’avion du président bolivien Evo Morales soupçonné de transporter le lanceur d’alerte Edouard Snowden, ces quatre pays présumés souverains obtempèrent sans se poser de questions. A l’évidence, le scandale de la non-libération de Georges Ibrahim Abdallah témoigne d’un manque d’indépendance de la France vis à vis des USA. Cet acharnement sécuritaire à l’égard de ce militant communiste ne trouve pas d’autres explications.

    Chaque année, devant la prison de Lannemezan, des centaines d’hommes et de femmes se réunissent pour réclamer la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Avec le documentaire « We want Georges Ibrahim Abdallah in jail » nous tenterons d’alerter un public plus nombreux sur ce scandale afin – qui sait ? – de réussir à faire bouger les lignes sur la question de la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Pour fabriquer un documentaire se distinguant du simple tract vidéo militant (qui a son utilité mais aussi des limites), il est préférable de disposer d’un minimum de ressources pour couvrir les frais de tournage, de montage, de mixage, d’étalonnage… Grâce à Gilbert Hanna (radio La Clé des Ondes), à Isabelle Vallade (comité de soutien de Bordeaux) et à une douzaine de membres des comités de soutien à travers la France, environ 3500 € ont été collectés et le tournage du film a pu démarrer. Mais cette somme est bien insuffisante pour fabriquer un film de qualité. Aussi, nous lançons un appel à dons pour tenter de réunir les 10 000 € nécessaires permettant d’être en mesure d’avancer plus rapidement sur ce projet. Un tout premier état de ce travail sera présenté le 24 octobre prochain au cinéma Utopia à Bordeaux. Ce jour-là, Georges Ibrahim Abdallah attaquera sa 36ème année de détention.

    Pierre CARLES

    URL de cet article 35206
    https://www.legrandsoir.info/souscription-pour-le-tournage-d-un-film-sur-le-plus-vieux-prisonnier-p

  • Fekhar – La mort qui donne à voir – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/06/08/fekhar-la-mort-qui-donne-a-voir

    Qui sait ? que savons-nous ? sur notre horizon sombre, 

    Que la création impénétrable encombre 

    De ses taillis sacrés, 

    Muraille obscure où vient battre le flot de l’être, 

    Peut-être allons-nous voir brusquement apparaître 

    Des astres effarés. [Victor Hugo] 

    Il y a des arbitraires qui crient plus fort que d’autres, parce qu’ils préviennent contre des dérives et des arbitraires beaucoup plus grands. La mort de Fekhar est de ces morts qui, par leur irruption, chaque Algérien doit gémir à fendre l’âme, parce qu’elle révèle les obstacles et les résistances à accepter encore le changement ; mais elle révèle en même temps les raisons profondes pour lesquels nous devons inexorablement inventer un nouveau « jeu politique », à partir de ces capacités collectives nouvelles dont ce mouvement est l’expression. 

    Ce changement, Fekhar l’a voulu jusqu’à la fin. Aujourd’hui, Fekhar est mort, sans aucun doute, mais sa mort nous invite à conjurer la fatalité : le temps est venu pour nous débarrasser des vieilleries du fatalisme pour construire un Etat de droit, un pays viable, débarrassé de ses vieux démons. Le fatalisme n’a pas d’autre sens, dans pareilles circonstances, que celui de la « complicité ». Entre ceux qui ont peur du changement et ceux qui ne veulent pas de changement du tout, la distance est très mince. 

    Nous n’avons pas besoin des discours qui s’inspirent des mécaniques de pensée qui, une fois reçues, ne font que perpétuer la situation dans laquelle nous nous trouvons. Avec ces idées ordinaires, ordinairement construites, l’on se retrouvera fatalement dans des conflits éternels. Nous avons besoin de poser les vrais problèmes ; nous n’avons pas besoin de ressasser les évidences. Les Algériens ont payé de lourds tributs, depuis des décennies, dans l’espoir de connaître un jour le parfum de la liberté et de la démocratie, pour accepter de revenir fatalement à la case départ comme un éternel retour. 

    La mort de Fekhar était un mal évitable, qu’importe à chacun ce qu’il aurait pu/dû faire pour l’éviter. S’il y a quelque chose qu’elle nous fait revivre aujourd’hui comme une sempiternelle ritournelle, c’est bien cette image familière des « morts faciles », des étincelles de vie et des passions éteintes par un coup de décision. Mais elle nous montre le chemin pour construire un vrai Etat de droit dans lequel aucune mort ne doit être indifférente, aucune revendication, aussi petite soit-elle, ne doit passer inaperçue. Elle nous rappelle cependant que la force d’un Etat ne se mesure pas à la force de la répression, mais à la force de ses institutions sociales dont la justice est leur première qualité. Si le monopole de la « violence symbolique » légitime est le propre d’un État, elle ne doit pas être dirigée sciemment contre le citoyen pour l’atteindre dans ses droits civiques, ses libertés. Ce citoyen doit avoir une protection assurée (fondée sur la justice) contre toutes les formes d’exactions, parce qu’être libre dans une société juste, c’est aussi avoir le droit de ne pas être d’accord avec les idées de l’autre, qu’il soit chef d’Etat, président d’un parti ou imam. 

    Ces indications suffisent normalement pour poser le problème crucial de la justice qui s’invite au centre de cette problématique cruciale du changement comme une erreur dans un processus de raisonnement. Car aucune société n’est organisée si elle n’est pas fondée pour assurer le bien-être de la communauté, sur les principes de la justice qui arbitrent les conflits et les différentes visions de ses membres. Il faut donc laisser les prophétismes aux prophètes et chercher plutôt à construire un vrai Etat de droit, en construisant une problématique à partir des vrais problèmes de la réalité politique, économique et sociale (comme celui de la justice). Les analyses politiques ne travaillent pas les évidences, mais les problèmes et les paradoxes.

    par Hakim Hessas*

    *Docteur en sciences du langage, de l’EHESS, Paris – Chercheur au Laboratoire 3L.AM-ANGERS | UPRES EA 4335 – Langues. Littérature. Linguistique des universités d’Angers et du Mans 

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5277580

  • Bensalah persiste et signe. – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/06/08/bensalah-persiste-et-signe

    ❝Dans un discours qui aurait pu être une décantation quant à la crise qui noue le pays dans sa Constitution mal en point, Bensalah y est venu pour confirmer bel et bien son maintien. « C’est cette responsabilité patriotique qui m’oblige à assumer mes fonctions jusqu’au bout », semblait dire le Monsieur. Visage patibulaire et émacié, crâne dégarni, yeux perdus, il savait qu’il n’allait pas satisfaire une revendication fondamentale persistante scandée depuis la « révolution », soit le départ de tous les vestiges de l’ancien système.

    Le problème n’est pas Bensalah, c’est l’autre 

    Il est évident que le départ des deux « B », encore en mode de fonctionnement, est une impérieuse exigence populaire. Si le pouvoir factuel, le pouvoir de l’heure, celui qui est dans le fait aux commandes d’un futur incertain pour une Algérie nouvelle, semble s’inscrire dans leur maintien malgré les convulsions de tous les vendredis, il est du moins aisé de s’en débarrasser en priorité urgente de l’un d’eux. Bensalah, coupé de sa base, de ses liens, de ses mentors, ne constitue pas un grand danger comme le serait Bedoui. Connu pour son silence, ses réserves et ses facultés adaptatives avec tous les régimes, Bensalah ne développe aucune ambition du haut de son âge, de sa maladie, enfin de son auto-conviction quant à sa fin publique. 

    Il sait qu’il est fini. En tous les sens. Et puis, rien n’a filtré sur lui qui puisse le faire comparaître devant un tribunal, contrairement à l’autre. Bensalah n’a rien géré ni des finances, ni du foncier domanial, ni des promotions immobilières, ni des zones industrielles. Il n’a pas eu à présider et décider des séances du Calpiref, des poches vides, des lots marginaux, des terrains excédentaires ou des indemnisations pour fausse utilité publique. Il n’a pas eu à connaître des frasques orgiaques, ni faire promouvoir des vauriens, des larbins, des insignifiants à des fonctions préfectorales. Il n’a pas tissé un large réseau dans les rouages des collectivités locales acquis à ses fantasmes et ses entremises car puisé dans son propre répertoire et son intime cercle d’obséquiosité. C’est vrai tout de même que Bensalah adorait le cadre qu’il prenait pour une solidarité géographique, mais il n’en était pas le concepteur ou l’initiateur. Donc, Bensalah ne forme pas un problème dans le processus transitoire. Par contre, l’autre, il est le noyau de l’impasse. C’est lui l’élément qui bloque la symbiose entre un peuple et une armée populaire, entre un rêve collectif et un passé cauchemardesque. Il forme avec tous ceux qu’il a nommés et qui lui sont intéressement conquis le dernier front d’un système encore agonisant. 

    Bedoui, une carrière par défaut 

    Son ascension absurde, en rapport à une logique d’Etat, avait fait de lui juste un cadre public en mission ordinaire qui aurait nécessité d’innombrables atouts. Le discernement, la responsabilité, le commandement et la perspective ne sont pas donnés à tout le monde. C’est ainsi que toutes les éthiques ou les probables manuels de la gestion des affaires de l’Etat recommandent à un certain niveau de la hiérarchie supérieure l’obligation d’être vrai et rester soi-même. D’être soucieux, pas de sa carrière, ni satisfaire son propre ego ou prendre revanche sur une histoire mal lotie, mais de penser à ce que récolteront les générations du champ où l’on avait longtemps gambadé croyant y avoir semé des graines fécondes. Ce sont ces comportements « biométriques » qui ont créé le 22 février. Ces communes « intelligentes » qui ont emmuré certaines d’entre elles. Cette « démocratie participative » qui a inondé les rues et les boulevards. Si le personnage en sa qualité intrinsèque est l’homme affable, respectueux et gentil, la haute fonction en a fait une machine organique qui n’obéit qu’à un canas d’usage pour des objectifs tracés loin de ses propres convictions. 

    Il n’aurait pas été ce genre de responsable à ordonner le passage à tabac des médecins internes, ni cet ordonnateur d’emprisonner les gens pour l’émission d’un avis contraire ou cet empêcheur de regroupements estudiantins. Il a servi un régime au lieu de servir un Etat, comme à ses débuts de jeune administrateur. Qu’il en assume et se retire avec ses cadres, ses fakhamatous et tous ses clous rouillés qu’il a plantés un peu partout. 

    Un discours aux mêmes paramètres 

    C’est quoi en fait ces notions toujours rabâchées et ressassées de « société civile », « personnalités nationales », « acteurs politiques » ou « représentants du hirak », avec qui le « pouvoir » appelle à dialoguer ? L’on est ainsi en passe d’oublier que le peuple rejette en bloc tous ces prétendus représentants. Que le pays vit vraiment une grave crise de représentativité. Personne n’est assez légitime pour brandir une quelconque procuration d’un peuple en quête de véritables défenseurs de ses aspirations, d’authentiques gestionnaires de ses impasses. 

    Dialoguer ou se concerter avec qui ? 

    Les deux parties appelées au dialogue restent ensemble, totalement rejetées. L’on verra mal Bedoui se réunir avec Bouchareb, Ghoul, Benamara et Ouyahia ou Salhi, Sahli, Tabou, Bouchachi and co. Ça sera de la pure rigolade. Alors que faire ? 

    L’armée seule garante de la stabilité 

    Elle n’est pas venue d’un néant. Elle provient de la profondeur des souches sociales. L’armée algérienne n’est pas une entité creuse et dénuée de tout fondement. Elle plonge ses racines dans la longue histoire du pays. Grâce à elle, toute la partie visible de l’oligarchie est en prison. Ceux qui ont dilapidé l’argent du Trésor, bâti des fortunes colossales, ceux qui se sont érigés en maîtres des nominations de ministres, de walis et de promoteurs de cancres et d’obséquieux ne sont plus dans les rouages de l’Etat. A elle, maintenant, de mener à bon port le pays par une écoute très attentive de ce que réclame le peuple. L’on sait que des forces oligarchiques appartenant à l’ancien système, doublées de leurs accointances avec certains cercles étrangers agissent encore pour la déstabilisation. 

    Il est cependant essentiel, voire urgent, qu’à défaut du départ des deux « B », Bedoui doit partir en emportant dans ses bagages tous ceux qui lui servaient de relais. 

    par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5277544

  • Il n’y a pas que les « B » – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/05/05/il-ny-a-pas-que-les-b

    Il y a surtout ceux qui les supportent. Ils sont audacieux à persister à s’en foutre de ceux qui sont censés recevoir joie et bonheur. Après la chute d’un « B » il en reste toute une multitude d’unités dans l’alphabet systémique. Il n’y a pas que les « B », il y a aussi les petites lettres initiales qui pivotent autour de ces effroyables majuscules. Les minuscules personnages qui en fait sont les plate-formes qui les raffermissent.

    Outre l’existence parmi cette faune orthographique d’éléments nuisibles, d’autres autrement identifiés subsistent également dans les périphériques qui jouxtent les grands « B ». C’est dire que la consonance de ces « B » est un peu générale. Elle s’entend comme une musique baroque à tous les niveaux des structures étatiques.
     

    Comme il ne faudrait pas jeter l’anathème sur ceux qui portent glorieusement ce « B ». Ceux qui sans l’avoir avaient tenté sans coup férir de porter l’idéal populaire vers sa rampe naturelle. Le recouvrement de sa propre légitimité. Il n’est pas question là de symbole graphique ou phonique ou d’une certaine lettre devenue alpa-merdique. C’est toute la comptabilité de l’insalubrité et de la désinvolture qu’ils prenaient au nom de la loi et la clamaient au profit du peuple. Ils étaient derrière l’encadrement du cadre et du cachir sans le moindre déshonneur et avec l’amplitude passionnelle qu’aurait eue un artiste enthousiaste. Allez-y, lancez un regard dans ces nominations d’ultimes quarts d’heure, dans ces signatures interposées ou déléguées, dans ces entreprises locales, ces postes électifs ! Il y a toujours du « sauve-qui-veut » dans les demeures qui menacent ruine.

    Alors qu’en ces temps-là où tout est remis en cause, là où des « j’accuse » fusent de partout, il était indispensable de se taire et commencer à s’accommoder des prémices d’une mort certaine. Au moins s’assurer une belle agonie sans fracas et sans tracas pour sa postérité personnelle. Ces gens-là qu’ont-ils légués à leur progéniture ? Les immeubles ou les comptes bancaires ne sauront redresser les insanités, ni effacer des annales les mauvaises fins de carrières que l’on prenait pour brillantes. Personne des descendants des Romanov, de Louis XVI ou d’autres despotes n’a survécu dans un air de noblesse ou de notabilité. Ou sont ces personnes qui, dans un récent passé, faisaient la pluie et le beau temps et que le citoyen craignait et en éprouvait de la haine sans pouvoir la décrire ? Ou sont ces nom-phares de la place algéroise, des cercles de décision, ceux qui détenaient le miracle d’enrichir, d’appauvrir, d’encelluler ou de glorifier ? Il en reste cependant beaucoup de leurs entremetteurs, leurs rabatteurs, leurs agents de liaison.

    Quel respect légal peut-on avoir ou croit-on l’observer quand la loi est elle-même remise totalement en cause par ceux-là mêmes au nom de qui elle a été élaborée, votée et promulguée ? N’est-elle pas l’émanation de ce peuple qui crie à son abolition de par ces applications injustes, inégales et perverties ? C’est en vertu de ces dispositions tant rabâchées du 7 et 8, qu’il est possible qu’un autre « B » puisse quitter la scène. Le dépôt de démission du gouvernement auprès du chef de l’Etat sera une suite de logique constitutionnelle et sauvera un peu les meubles quant au respect à l’humeur de cette loi. Du coup, il satisfera la demande discontinue et pérenne de la rue. Puisque c’est ce même chef d’Etat, prenant des pouvoirs présidentiels qui avait nommé et démis tant et tant de hauts responsables ; il lui est donc commode de faire démissionner ce « B », vestige d’un règne indigeste et designer un nouveau gouvernement sans qu’il ne soit attribué à ses membres le titre de ministres. Ils ne seront en fait que des chargés de mission, laquelle ne peut dépasser la seconde indépendance -si tout ira bien- prévue le 5 juillet prochain. Publié par El- Yazid Dib

     
    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5276343

  • NE PAS TRAVESTIR L’HISTOIRE. – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/05/01/ne-pas-travestir-lhistoire

    Dans un de vos textes intitulé « Rendre à césar ce qui appartient à césar et à dieu ce qui appartient à dieu », paru sur la page facebook du groupe Algérie Debout en date du 28 avril, vous me citer en utilisant le qualificatif « survivant » sans me nommer et en déformant mes propres propos. Vous auriez pu avoir l’honnêteté intellectuelle de citer mon livre, ou mon témoignage diffusé sur la chaine France2 se trouvant également sur Youtube afin d’éclairer vos lecteurs. Plus encore, vous prenez la phrase qui vous intéresse, vous l’enlevez de son contexte, vous la déformez pour en faire un argumentaire fallacieux. Les règles déontologiques veulent que quand vous parlez de quelque chose ou de quelqu’un, vous avez l’obligation de citer les sources.

    Vous commencez votre texte pour justifier votre colère, par : « plusieurs voix se sont élevées pour attribuer et imputer, de nouveau, les 200 000 morts de la décennie noire à l’armée algérienne. ». Il n’échappe à personne quevous faites exactement la même chose en attribuant tous ces crimes aux radicaux islamistes. Il n’y a que ceux qui ne connaissent rien à l’Histoire de l’Algérie qui croient encore que les assassins étaient dans l’un ou l’autre des deux camps.

    Pouvez-vous dire à vos lecteurs d’où vous sortez le chiffre de 200 000 morts que vous attribuez à M. Abassi El Madani et au FIS ? Les morts n’ont plus aucune importance ? N’y a-t-il plus que les chiffres qui comptent, qui existent simplement pour incriminer l’autre ? 150 000, 200 000, 250 000, de la simple surenchère, alors qu’aucune enquête sérieuse n’a eu lieu en Algérie. Des milliers de personnes sont enterrés sous « x » dans les cimetières, de nombreux charniers jonchent le sol algérien sans volonté des autorités algériennes d’ouvrir des enquêtes, ou de remettre les corps à leurs familles pour qu’elles puissent faire le deuil. Il suffit d’un simple test ADN pour libérer ces familles qui pleurent leurs proches depuis des décennies.

    Vous ajoutez, je cite : « Un survivant racontera que les assaillants leur ont dit : « nous avons toute la nuit pour violer vos femmes et les enfants, boire votre sang. Même si vous nous échappez aujourd’hui, nous reviendrons demain pour vous finir ! Nous sommes ici pour vous renvoyer à votre Dieu ! Le lendemain le GIA revendiquait les massacres de Raïs et de Ben Talha qualifiant les victimes « d’offrandes à Dieu »

    .

    Quelle drôle de coïncidence, Le jour même ou j’appelle à paix, vous, vous appelez à la haine. Je me permets donc de répondre à vos arguments, vos insinuations et mensonges, point par point, afin de rétablir les faits et « vérités » qui permettront d’éclairer vos lecteurs en particulier et l’opinion publique en général.

    Je tiens tout d’abord à préciser que mon livre « qui a tué à Bentalha ? » dont vous taisez le titre, édité par la maison d’éditions « La découverte » en octobre 2000 est toujours interdit en Algérie, comme d’ailleurs beaucoup d’autres. Cela n’a pas empêché les algérien.nes de le photocopier, de le faire circuler « sous le manteau » pendant des années. A l’heure actuelle des vidéos relatant les faits circulent sur internet. Vous pouvez donc tromper une infime partie des algériennes et algériens mais vous ne pouvez pas tromper tout un peuple.

    Si hier, les médias bâillonnés par l’ex-DRS ont manipulée l’opinion publique, il faut savoir qu’aujourd’hui des journalistes courageux se révoltent pour dénoncer cette main mise sur les organes d’information et ces pratiques moyenâgeuses qui sont toujours d’actualité. Depuis 1998, à quelques exceptions près, tous les médias m’ont interdit le droit parler, le droit de répondre à mes détracteurs, à cette gigantesque campagne menée contre ceux qui dénonçaient tous les crimes et non seulement les crimes odieux des radicaux islamistes.

    Si pendant longtemps les défenseurs des deux camps criminels se sont renvoyés la responsabilité, je peux affirmer que la situation à l’époque était plus complexe que l’on ne le pense. Il faudrait des pages entières pour l’expliquer, la développer. Alors je vous renvoie simplement aux déclarations de Madame Louisa Hanoune, présidente du Parti des travailleurs, reprenant les dires de M. Liamine Zaroual, ex-président de la république entre 1995 à 1999, qui parle, lui de 300 escadrons de la mort dirigés par de puissants centres d’intérêts algériens.*

    Aujourd’hui les choses ont changé, internet et les réseaux sociaux existent et sont ouverts à toutes et à tous. La charte pour la paix et la réconciliation de 2005 qui a interdit aux victimes de parler, qui a décrété l’impunité et qui encourage les pires mensonges, ne pourra effacer la mémoire de tout un peuple. Les historiens auront beaucoup de matière pour travailler sur l’histoire de l’Algérie contemporaine et particulièrement sur celle de la décennie noire.

    Au procès pour diffamation de Khaled Nezzar contre Habib Souaïdia qui se déroula à Paris du 1er au 5 juillet 2002, feu Aït Ahmed dit au général : « ce qui nous sépare, monsieur, c’est un énorme fleuve de sang ». Dans son verdict final le président de la cour renvoya dos à dos les deux parties en disant que l’Histoire jugera (voir les minutes du procès sur Algéria-Watch).

     J’ignore ou vous viviez pendant cette période, surement pas en Algérie ? Alors que moi, j’ai vécu dans cette banlieue algérienne, dans ce village tristement célèbre qui s’appelle Bentalha, commune de Baraki. A de nombreuses reprises et au péril de ma vie et celles de mes enfants, j’ai combattu l’intégrisme, l’islamisme radical et dénoncé les crimes injustifiables, inqualifiables des militaires qui sous couvert de la lutte antiterroriste et sous couvert de l’éradication des réseaux d’aide aux islamistes ont prit le peuple algérien, surtout les couches les plus défavorisées, en otage. Ils ont fait exactement ce que nous reprochons toutes et tous à la France coloniale. 

    La torture, le viol, les disparitions forcées, les assassinats politiques, les assassinats extrajudiciaires sont tus volontairement. Ces pratiques inhumaines qui ont été pratiquées par les parachutistes français pendant la guerre d’Algérie, ont été reprises par notre armée contre son propre peuple. Si la torture a été utilisée dans les années 80 contre des militants, toutes ces graves violations des droits de l’Homme, ont été faites de manière méthodique pendant la décennie noire.

    Dans mon livre, j’explique aussi comment beaucoup de jeunes torturés, à plusieurs reprises, ont été contraints de rejoindre le maquis. J’explique aussi comment sur simple suspicion le citoyen algérien devenait l’ennemi à abattre. Les militaires et les policiers ont utilisé les mêmes méthodes de dénonciation (Bouchkara). Il n’échappe à personne que toute personne sous la torture est capable d’accuser n’importe qui, même sa mère, afin que s’arrête le supplice. A cette époque, les Algériens appelaient les brigades de gendarmerie, les commissariats de police : les « les bureaux de recrutement des terroristes ».

    Oui Monsieur, la haine entraine la haine, la vengeance et la haine détruisent tout ce qui les entoure. Ce qui est malheureux c’est que ceux qui ont été victimes de sévices corporelles pendant le printemps berbère et ceux qui l’ont dénoncé après l’avoir subi dans leur chair, l’on laissé faire pendant des années sur d’autres, la justifiant comme le faisait l’ex-colon comme seul outil pour « sauver des vies humaines ».

    Ce que j’ai vu de mes propres yeux, dans ce territoire de non-droit, que les algériens appellent le « Triangle de la mort », que je parcourais pour mon travail, est indicible. Par pudeur, je le tairai. Pendant que les militaires tuaient d’innocents citoyens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, ni avec les réseaux de soutien des groupes armés, les journaux aux ordres et complices, affirmaient que c’étaient des terroristes. Tout cela, je ne l’ai pas seulement lu dans les journaux, je l’ai vu de mes propres yeux.

    Je vous renvoie donc, vous et vos lecteurs, au travail laborieux de recherche effectué depuis des années, aux témoignages que nous avons récoltés et que vous trouverez sur le site web d’Algéria Watch.

    Je ne peux, monsieur, empêcher vos insultes, ni vous empêcher de décharger votre haine sur les vivants et les morts. En revanche je ne vous laisserai pas travestir l’Histoire.

    A un moment où le peuple algérien a besoin d’apaisement pour mener la transition, à un moment ou les esprits libres doivent accompagner ce mouvement pacifique pour lui donner les moyens de trouver des issues à la crise politique que traverse notre pays et les moyens de construire une république démocratique, sociale et plurielle, pendant que nous appelons à la paix pour protéger le Hirak, vous et vos semblables appelez à la haine, à la discorde et à la division.

    Pendant ce temps, nous sommes plusieurs à nous battre pour la vérité et la justice, pour un état de droit qui garantirait la protection de chacun et la justice pour tous. Pendant que vous vous amusez à jouer sur les blessures du passé et divisez les algériens, nous, nous travaillons pour que tous les criminels, sans exception, soient jugés un jour. Nous travaillons contre l’oubli imposé et pour que la vérité soit faite et dite au peuple algérien. Nous travaillons pour bâtir des mémoriaux pour toutes les victimes. Dans un état de droit, il ne peut exister de différences entre victimes.

    Nesroulah Yous

    Paris le 30 avril 2019

    – Voir en bas de page le texte que j’ai publié le même jour que vous sur facebook.

    – M. Louisa Hanoune responsable du parti des travailleurs, déclare plus de 300 escadrons de la mort en Algérie « Des escadrons de la mort dirigés par de puissants centres d’intérêts algériens »

    Le Jeune Indépendant, 4 décembre 2001

    – Escadrons de la mort : l’aveu de Zeroual

    Par Abed Charef, Le Quotidien d’Oran, 6 décembre 2001

    – L’Algérie a été condamnée à 8 reprises par la commission des droits de l’Homme de l’ONU sur des cas de disparition forcées. Nous rappelons que des milliers disparu.e.s, personnes enlevés par les forces de l’ordre, tous corps confondus.

    Des plaintes pour torture ont été déposées contre le général Khaled Nezzar.

    Message de paix,

     Je m’interdis de me réjouir de la mort d’une personne, même celle de mon pire ennemi. Pour avoir assisté pendant des années, malgré moi, à d’ignobles tueries, à d’ignobles injustices, à tant de souffrances, pour avoir été profondément touché, physiquement et psychologiquement dans ma chair, celle de ma famille, je sais ce que représentent la haine et la vengeance. Même si je m’en suis débarrassé, je connais les effets destructeurs de ces deux maux, ils m’ont longtemps habité. Aujourd’hui je m’en suis sorti, je suis guéri, par d’énormes efforts, par d’énormes travaux sur moi. Je sais les chemins difficiles qu’il faut prendre pour y arriver, cela n’a pas facile.

     Si à un certain moment, pendant un laps de temps, j’ai pris les armes pour protéger mes enfants, ma famille, je rappelle que c’était une situation très particulière.

     Aujourd’hui, j’appelle les Algériens et les Algériennes au calme et à la raison car je suis persuadé que la haine alimente la haine et que la destruction nourrie la destruction de tout ce qui nous entoure, tout ce qui existe. Cela ne veut pas dire que je pardonne ces crimes abjects. Toute la souffrance que le peuple Algérien a enduré est impardonnable ! Le pardon et le deuil sont de longs processus qui ne peuvent s’accomplir sans la reconnaissance des erreurs de l’autre, surtout quant il s’agit de crimes immondes à grande échelle et de crimes qualifiés de crimes contre l’Humanité.

     Ces ennemis qui ont mis l’Algérie à feu et à sang et ceux qui continuent à le faire en spoliant notre pays, je les combattrai jusqu’à ma mort mais uniquement sur le plan légal, à travers la justice, à travers des instances nationales ou internationales. Ils doivent payer et j’espère qu’ils paieront un jour. Pour celles et ceux qui sont déjà morts, je fais confiance à tous les Algériennes et Algériens pour bâtir des mémoriaux à travers tout le pays, pour lutter paisiblement contre l’oubli que l’on veut nous imposer, et de faire en sorte que l’Histoire les juge, tous sans exception

    Nesroulah Yous

    Le 28 avril 2019

    http://lequotidienalgerie.org/2019/05/01/ne-pas-travestir-lhistoire

  • Déclarations de Khaled Nezzar : Aveux d’impuissance des généraux et des médias éradicateurs – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/05/01/declarations-de-khaled-nezzar-aveux-dimpuissance-des-generau

    Sous un titre racoleur, le patriotisme de canaille (selon Bertolucci) nous dit que l’ex génénar s’exprime et révèle. De quoi s’agit-il ?
    Aveu du passé :

    Je suis, selon ce qui se dit çà et là, l’homme qui a « refusé » le verdict des urnes et a fait « avorter » une révolution démocratique et sociale en janvier 1992. J’assume d’avoir répondu avec le gouvernement et le Haut Conseil de sécurité à l’appel de l’immense majorité des Algériens pour éviter à l’Algérie l’instauration d’un Etat théocratique.(Khaled Nezzar)

    Est-ce qu’on peut être sérieux en disant que la minorité médiatique et idéologique est légitime pour délégitimer une expression populaire majoritairement antisystème ?

    Est-ce qu’on peut raisonnablement dire que le président par intérim Abou Lahya et le gouvernement de Abou Faracha étaient légitimes en 1992 ? Qu’est ce qui a changé entre 1992 et 2019 pour que les anciens Janvieristes fussent dans la légalité constitutionnelle en refusant le résultat des urnes alors que les Néo Janvieristes soient dans la légitimité populaire contre la légalité constitutionnelle pour ne pas aller au verdict des urnes ? Ils sont tellement convaincus de leur rhétorique stupide qu’ils s’imaginent découvrir la salinité de l’eau de mer et que nous allons boire de leur tasse nauséabonde.

    Il n’y a rien de changé !

    En octobre 1988, en janvier 1992 et en février 2019 nous avons assisté à une opération de communication où se conjuguent la réalisation de ce que Noam Chomsky appelle la fabrique du consentement et de ce que Noémi Klein appelle la stratégie de la terreur psychologique pour imposer :

    – Un libéralisme sauvage

    – Un démantèlement de l’Etat

    – Un alignement idéologique et culturel sur l’Occident athée.

    – Une exclusion de l’arabité et de l’islamité

    – Une terreur ou une confusion telle, qu’il est impossible de voir le réseau maffieux et ses sbires mettant sous emprise la société algérienne, ses ressources et son mental pour qu’il n’y ait jamais une justice, une liberté, une souveraineté, une démocratisation.

    A chaque fois, ils nous servent l’émigration algérienne en France comme étant la paternité du nationalisme algérien pour exclure le peuple algérien et ses Oulémas et ne conserver du 1er Novembre que l’interprétation laïciste et bérbériste, signifiant la libération de l’Algérie du colonialisme musulman et de la langue coranique. Ils ont sapé l’économie, l’école et la culture et ils ont noyauté l’ANP pour la détourner de sa vocation populaire et nationale. Ils ont réalisé ce que le colonialisme n’a jamais pu entreprendre : « Salir l’ANP et le FLN ».

    A chaque fois, ils nous servent Ait Ahmed en guise de référence, oubliant qu’entre Da Hocine Ait Ahmed et ces voyous, il y a non seulement des principes démocratiques, mais surtout l’effusion du sang des Algériens et la destruction de l’Algérie.

    A chaque fois, ils nous servent la peur de l’Etat théocratique. Face à eux il y a les indigents politiques de l’islamisme politique et de l’islamisme maraboutique, versés dans la rente ou dans la revanche, ils peuvent donc les manipuler, en faire des boucs-émissaires, des repoussoirs. Ils détiennent l’économie, la finance, les médias, les chancelleries : Ils peuvent raconter ce qu’ils veulent, personne ne peut les détromper.

    Dans ces moments de confusion, nous voyons de pseudo intellectuels « islamistes » et des agitateurs partisans de « l’islamisme infantile » se mobiliser contre Ghazi Hidouci et affirmer, sur impulsion des laïcistes et des éradicateurs, civils et militaires, que ce dernier est Juif et qu’il aurait judaïsé le Ministère de l’économie. Pourquoi la diffamation et le mensonge, pourquoi la diversion ?

    Le caractère pacifique et insistant du « Harak » les dérange, car ils ne parviennent pas à le caporaliser, il échappe à toute logique. Ils le poussent vers l’émeute, la surenchère et la haine de tous les anciens cadres pour cristalliser les mécontentements vers l’affrontement avec l’armée, le Darak et le Amn Watani. L’affrontement réalise leur vœu le plus cher : Partitionner l’Algérie, impliquer l’armée dans un bain de sang pour la rendre justiciable devant les tribunaux internationaux sinon les pousser à faire des concessions politiques, sécuritaires et économiques sur le plan géostratégique.

    C’est dans cette confusion et dans cette menace qu’ils réalisent le deal passé avec les oligarques qui leur octroient la manne financière de la publicité, de la logistique, des avantages et des salaires. Comme des symbioses, ils vivent les uns et les autres comme des parasites réciproques : Un seul meurt ou s’affaiblit et par effet mutuel l’autre périt avec lui.

    Pour éviter à l’Algérie l’instauration d’un Etat théocratique (Khaled Nezzar)

    Nous sommes dans la posture du serpent qui se mord la queue : Nous sommes revenus à l’équation de départ de 1989 : Que faire des islamistes algériens ? Il faut changer de peuple ou éradiquer l’Algérie ! On va se poser deux questions qui vont montrer l’aveu d’impuissance des éradicateurs laïcistes :

    La première question est liée au devoir de vérité et de justice : Une élection démocratique avec un Président légitime, une remise en marche de la vie parlementaire et une réhabilitation des appareils de sécurité et de justice vont remettre à l’ordre du jour « qui a tué qui », « qui a armé les milices laïcistes », « qui a armé les milices islamistes », qui et qui et pourquoi ? Les familles des victimes (civils et militaires, citadins et ruraux) du terrorisme, des disparus, des déplacés, des internés, des torturés, des exclus vont fatalement exiger des enquêtes et des indemnités. Qui portera la responsabilité ? Qui répondra de la corruption et des richesses accumulées durant la « décennie noire » ? Tous ceux qui ont du sang sur les mains et de l’argent sale dans les poches vont refuser d’aller au verdict des urnes. Tous les voyous et les incompétents vont préférer l’anarchie de « tout le monde est responsable » pour ne pas être tenu pour responsable.

    Ceci dit, il faut souligner une donnée extrêmement importante sur la faute stratégique de Khaled Nezzar en 1992. Le FIS avait gagné les élections législatives, mais il pouvait être mis en échec sur le plan de la bureaucratie et de la nomination des cadres. Même si les parlementaires du FIS prenaient une décision de type « théocratique », le Journal Officiel aux mains de la haute administration pouvait le rendre inopérant en refusant de le publier. Même si le FIS parvenait à proposer un chef de gouvernement, des Ministres, des Walis, des cadres supérieurs, il lui manquerait l’approbation et la validation par deux hommes clés dans le système algérien : Le chef des services de sécurité et le directeur de cabinet du président. Nous aurions été conduit vers l’inertie et la crise politique avec de nouvelles élections ou bien une négociation secrète où le FIS, sans expérience politique et sans stratégie économique et institutionnelle aurait soit perdu la bataille soit fait des concessions majeures.

    Pourquoi aller vers l’affrontement violent alors qu’il y a des possibilités de contenir l’adversaire, de le désarmer et de le défaire ? Pourquoi détruire un pays ?

    La Guerre civile, conjuguée à la perte de souveraineté nationale, masquées sous le vocable de « la lutte antiterroriste », a permis de réaliser quatre objectifs :

    Pillage économique
    Sanction du peuple par les exactions des milices
    Pas de création d’emploi et de stabilité pour générer l’économie informelle et l’import sur les ruines de l’industrie et de l’agriculture algérienne
    L’éradication de l’adversaire idéologique.
    Jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du Président – son frère Saïd – s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées pour garder la haute main sur les affaires du pays. (Khaled Nezzar)

    C’est du vent médiatique, Nacer ou Said Bouteflika ne sont que des communicateurs de l’ancien président, le véritable pouvoir est ailleurs. Ils sont, pour cacher la résurgence du système et sa nature réelle, en train de nous envoyer depuis des mois de fausses pistes pour focaliser la colère et lui donner incarnation. Le peuple détruit par la mosquée, l’école et les médias, ne peut comprendre l’abstraction politique et économique, alors ils lui servent du concret personnifié qui le satisfait pour un exorcisme ou une catharsis sociale. Ils font de la diversion à l’image de la citation de Hegel : « Dans la forêt, on entend le vieil arbre qui tombe, mais on n’entend pas la jeune pousse qui émerge »

    Est-ce que Saïd Bouteflika et Tewfik peuvent, à eux seuls, incarner tous les malheurs de l’Algérie. Est-ce qu’on peut leur imputer cette situation de mutation du peuple algérien de résistant au colonisateur à des individualités qui se sont contentés de consommer, de fantasmer et de s’abrutir devant les chaines satellitaires alors que leur pays était pillé, leur école sinistrée, leur mosquée infantilisée et leur jeunesse poussée à devenir proie de la drogue et de la Harga vers l’Europe ? Il y a bel et bien une force organisée, intelligente et maléfique qui a anesthésié le peuple algérien ? Nos élites sont médiocres, serviles et incapables d’assumer leur responsabilité. Notre peuple était brave et travailleur.

    Ni Nezzar, ni ses patriotes ne peuvent nous expliquer les raisons profondes de l’effondrement du système : Ils sont l’excellence de la médiocrité de ce système, ses auxiliaires de service, ses désinformateurs. Ils ont été les sapeurs, parmi tant d’autres certes, mais sans doute les plus influents, de la destruction de l’Algérie. Ils ont sapé la langue, la foi, l’économie, la sécurité, la société sur ordre de qui et pour quels intérêts ? Aujourd’hui ils veulent récupérer la colère populaire, l’instrumentaliser, en faire écran… En même temps ils expriment, paradoxalement, leur crainte d’être submergé. Ils savent qu’il sont visés par le mouvement populaire.

    En effet qui a initié la planification du démantèlement de l’industrie nationale, qui a provoqué la disparition du secteur public et qui a mis fin à la gratuité des services fondamentaux ? Qui avait en charge l’exécution de la démolition des efforts de développement légués par feu Boumediene ? Qui est passé du statut de progressiste au libéral affairiste ?

    Du moment que les choses prenaient une autre tournure et touchaient l’ensemble de la hiérarchie de l’ANP avec des commissions rogatoires qui prétendent enquêter sur toute l’institution militaire (Khaled Nezzar)

    C’est la première fois qu’on lit quelque chose de sensé, même si en vérité nous sommes dans la situation de l’arbre qui se cache derrière la forêt faute de cacher la forêt. J’ai déjà publié mes arguments réfutant la poursuite de Khaled Nezzar par les tribunaux suisses et français. Nous devons laver notre linge sale en famille. Nous devons refuser que la faute d’un homme ou d’un groupe d’hommes puisse rejaillir négativement sur nos institutions et sur notre devenir en tant qu’État et Peuple. Celui qui échappe à la justice de son pays sera exposé à la Justice divine. On ne doit pas chercher la vengeance ou la revanche, même s’il y a mort d’homme surtout lorsqu’il s’agit de hauts responsables : Ce qui nous intéresse est davantage la faute ou l’erreur politique (économique) et non le fautif, pour réformer, rendre justice, mettre fin à l’injustice. Il faut se concentrer sur les processus et ne pas se laisser divertir par les hommes et les choses.

    L’ANP « débarrassée » de ses rentiers historiques et de ses sergents de l’armée française, par l’usure du temps et la mort inévitable, n’a rien à voir dans sa composante humaine actuelle avec les Janvieristes. Bien entendu, on veut la pousser vers l’État d’exception et la guerre civile. Dans un système démocratique, quel que soit le statut de l’armée, les militaires ne peuvent devenir des auxiliaires de la rente ou du sectarisme politique ni un arbitre entre factions et clans.

    Bien entendu, l’histoire rendra son verdict sur le plan idéologique, géopolitique, économique et mettra en évidence le rôle décisif des capitales occidentales, notamment française et américaine, dans l’annulation des élections, la nomination des cadres et la destruction de l’appareil économique.

    Pour l’instant nous savons tous par qui et comment l’ANP a été fragilisée et pour quels buts. Nous savons aussi pourquoi on veut achever le travail de fragilisation : Donner des concessions stratégiques aux étrangers et s’instaurer tutelle politique et idéologique sur l’Algérie.

    La désignation de membres de la société civile représentatifs pour assurer la transition (Khaled Nezzar)

    Un autre aveu d’impuissance et de mauvaise foi ! De quelle transition s’agit-il ? Vers quoi ? De quelle légitimité et sur quels critères politiques et idéologiques tel représentant de la société civile et non tel autre sera désigné ? Nos éradicateurs n’ont pas la probité de répondre.

    Le pire c’est qu’on peut être partisan, sectaire et malhonnête, mais faire son travail avec compétence et relative impartialité, du moins sur le plan formel. Nos médias, non seulement affichent avec prétention leur servitude au système tout en le dénonçant paradoxalement, mais ne donne pas la parole au peuple. Nous n’entendons et ne lisons que les déclarations des élites systèmes, des idiots utiles, des éradicateurs et des voyous. Ils agissent comme « faiseurs d’opinion » au lieu d’être des journalistes informateurs. Ils vivent de la manne financière des entreprises nées par la grâce du système, mais ils ne se considèrent pas comme des « serviteurs du peuple » ni des guides. Ils ne donnent l’opportunité à aucun jeune de s’exprimer, de parler de sa détresse sociale, de son désir de changement et de sa vision sur l’avenir.

    Nous ne voyons que les mêmes figures de 1989-1992 avec quelques nouveaux jeunes cooptés, avec le même discours, le même lexique, le même désir nihiliste. En fouillant un peu, nous voyons la mise en œuvre d’une société parallèle qui tente de prendre en main la « Révolution » populaire, nouveaux syndicats d’étudiants, de magistrats, de travailleurs, d’enseignants : Tous unis par le destin laïciste d’une culture qui n’est pas la nôtre, mais celle de la France.

    On trouve facilement, des ambitieux et des revanchards issus du mouvement islamiste ou des services de sécurité pour faire la promotion des programmes anti nationaux et anti armée nationale.

    Le site Algeriepatriotique, qui renaît pour le service de l’Algérie

    C’est bien dit et authentiquement correct : Maintenant que les affaires de corruption, de blanchiment, de subversion se révèlent dans leur ampleur et leur désastre, il faut se repositionner pour assurer le changement de façade dans la continuité du système. Il s’agit tout simplement de mettre en confiance ses troupes et ses alliés tout en se remettant en position de continuer le pillage économique, la lutte idéologique et l’appropriation du pouvoir sans partage ni légitimité ni légalité ni compétence.

    Les autoproclamés patriotes, démocrates et républicains non seulement excellent dans les syllogismes fallacieux par mauvaise foi, mais empruntent toutes leurs symboliques à la République française et aux techniques de communication idéologique du sionisme tout en s’affichant anti-français et antisionistes. Nous sommes dans le cas d’école du suprême de la lutte idéologique : Dénoncer par l’expression verbale ce qu’on veut imprimer dans la conscience du peuple mis en situation d’hystérie par ses moyens de propagande et de désinformation.

    Nous sommes dans la culture protéiforme, renaitre de ses cendres et se métamorphoser selon les circonstances comme le légendaire Protée de la mythologie grecque et ses troupeaux. Gilles Deleuze a fait une excellente analyse sur les capacités du capitalisme non seulement à se régénérer, mais à recycler ses déchets et à les vendre.

    Je n’ai pas de compte personnel à régler avec ces gens-là, mais du mépris. En effet, ils ont provoqué l’effusion de sang et la mise en panne des réformes politiques et économiques pour une raison simple et mesquine : Continuer à siroter sa bière ou son whisky. Personnellement je n’ai pas d’opposition sauf que j’aurais adhérer si cela se posait dans le cadre des revendications des libertés pour tous d’une part et dans le respect du regard social d’autre part.

    Mon second mépris c’est leur habileté à la lutte idéologique qui consiste à récupérer les égarés et les ambitieux ainsi qu’à noyauter les institutions et les appareils. Pour mon cas personnel, ils se contentaient de publier parfois certaines de mes analyses sans me demander l’autorisation et en sélectionnant ce qui les intéresse sur le plan idéologique. Ainsi ils « expurgent » tous les énoncés coraniques et les Hadiths que je cite et bien entendu reprennent, décontextualisés, les critiques que je fais aux islamistes, aux réformateurs et au système algérien dont tous nous en sommes les produits. Ils arrivent à sauter des phrases et des paragraphes faisant dire à mes textes ce qu’ils avaient envie d’entendre. C’est malhonnête.

    Ils prennent les Algériens pour des demeurés mentaux, alors que la majorité sait que ces médias sont honnis par le peuple qui les traitent de brosse du pouvoir, de porte-voix des éradicateurs et de véhicules tant des ambitions politiques que des convictions idéologiques de leurs parrains financiers.

    L’Algérie ne connaitra la Démocratie, la République et la Souveraineté nationale qu’après l’accès du peuple à l’exercice de l’information et la fin de la relation entre l’information et l’argent, entre l’information et le pouvoir. Pour l’instant et dans la confusion générale, ces médias aux ordres, nous permettent de prendre le pouls de ce qu’on appelle la « société civile » et qu’on commence enfin à désigner par « l’État profond, le deep State » de l’Algérie. Celui-ci nous prépare à l’émergence de « nouveaux acteurs de la scène publique » organisés et médiatisés par les forces occultes.

    Le peuple profond de l’intérieur du pays, qui a donné ses fils à l’ALN et à l’ANP, est tenu à l’écart du débat, il chante à tue-tête « Salmiya » et « Djeich Chaâb ». Même sans organisation et sans leader, le peuple algérien, sur impulsion de la mystique de l’Histoire, peut déjouer les calculs et dévoiler les éradicateurs dont la rhétorique flamboyante n’est qu’un suite d’aveu d’impuissance et d’échec en attendant l’aveu final devant une cour de justice indépendante pour incitation à l’éradication d’un peuple, complot contre la souveraineté de l’État et subversion contre l’unité de l’armée.

    Omar MAZRI – ALGERIE RUPTURE

    https://www.algerie-rupture.com/2019/04/30/declarations-de-khaled-nezzar-aveux-dimpuissance-des-generaux-et-de