salim sellami

La liberté d’expression n’a jamais été la l’expression de la liberté

  • ♦ Quand un ministre français est pris en flagrant délit de soumission à Israël – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2021/02/12/%e2%97%8f-quand-un-ministre-francais-est-pris-en-flagrant-de
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    Eric Dupond-Moretti, un ministre français au service de l’entité sioniste.
    Des intellectuels français ont adressé une lettre ouverte au ministre français de la Justice pour lui demander des explications sur une note dont il s’est fendu pour réprimer le boycott des produits israéliens. « Vous avez récemment diffusé une circulaire à l’attention de tous les procureurs et des présidents de tribunaux dans laquelle il leur est demandé de condamner les appels au boycott des produits israéliens qui correspondraient à une provocation à la discrimination à l’égard d’une nation, et cela en dépit de l’arrêt du 11 juin 2020 de la Cour européenne des droits de l’Homme », lit-on dans le texte.

    « Les quelques précautions de rédaction contenues dans votre circulaire – où vous conseillez notamment aux magistrats de mieux motiver leurs condamnations – cachent mal le fait que vous revenez à la charge en tentant d’assimiler le boycott d’Israël à de l’antisémitisme, comme le réclament des groupes de pression pro-israéliens », déplorent les signataires de la lettre, selon lesquels Eric Dupond-Moretti en apporte la preuve « en recommandant aux magistrats, dans le paragraphe sur les pénalités, d’obliger les boycotteurs – sauf comportement réitéré – à effectuer un « stage Shoah ».

    « Non content de faire peu de cas de l’indépendance de la magistrature – en vous adressant aux présidents des tribunaux – et des jugements de la CEDH auxquels la France a pourtant l’obligation de se conformer, en tant que membre de l’Union européenne, et a fortiori du Conseil de l’Europe, vous venez […] quand on veut se porter au secours du peuple palestinien sous occupation, colonisé, ghettoïsé, martyrisé, nous parler des persécutions subies par les Juifs ? C’est une démarche absolument abjecte, c’est une insulte », s’indignent les auteurs de la lettre.

    « Vous montrez par-là, non seulement votre mépris pour un peuple opprimé, mais aussi pour les femmes et les hommes de conscience qui sont contraints de recourir, comme l’ont fait Gandhi, Martin Luther King ou Mandela, à l’appel au boycott, parce que nos gouvernants n’ont aucun respect pour les résolutions et conventions qu’ils ont signées en matière de droits de l’Homme et de droit international dès qu’il s’agit d’Israël », ajoutent les signataires, parmi lesquels le journaliste et écrivain Jacques-Marie Bourget.

    « L’Etat français est déjà tombé bien bas en inquiétant des personnalités comme Stéphane Hessel, Edgar Morin ou Daniel Mermet pour leurs critiques sur la politique israélienne », déplorent encore les auteurs de la lettre pour lesquels Noam Chomsky, Norman Finkielstein, Ken Loach, Roger Waters, Desmond Tutu, Ronnie Kasrils et bien d’autres auraient subi le même sort s’ils vivaient en France.

    « Pensez-vous qu’un stage Shoah pourrait convenir aux Israéliens juifs qui, eux aussi, appellent au boycott de ce même Etat », interrogent ces intellectuels antisionistes, en acculant le ministre : « Que feriez-vous de l’ancien président du Parlement israélien, Avraham Burg, qui a tellement honte de la politique israélienne qu’il a demandé à ce que sa nationalité juive soit supprimée ? Quelle sentence pour les jeunes Israéliens juifs, ces refuzniks, qui préfèrent aller en prison plutôt que de servir dans une armée d’occupation ? » « Ce serait une grave erreur de penser que tous les juifs sont coulés dans un même moule et qu’ils soutiennent tous un Etat qui commet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, uniquement parce qu’il se prétend juif », notent-ils, en relevant que « ce n’est pas parce qu’on ne leur donne jamais la parole que les juifs sachant reconnaître l’injustice et l’oppression n’existent pas ».

    « Vous osez parler de discrimination à l’égard d’une nation (Israël, ndlr) quand un peuple entier est privé de ses droits les plus fondamentaux, dont sa liberté de mouvement, depuis des décennies, par un occupant brutal, qui viole en permanence les droits de l’Homme et le droit international, en remettant au goût du jour la notion de race supérieure ? » s’insurgent encore les intellectuels français qui mettent en garde le destinataire de leur missive de « ne pas contribuer au développement de l’antisémitisme en France […] en érigeant Israël au-dessus des lois, en lui garantissant l’impunité, en envoyant aux magistrats une circulaire qui ne traite que du boycott d’Israël, et d’aucun autre pays, en vous soumettant aux volontés d’un lobby pro-israélien sans scrupules, qui encourage en France les agissements violents des nervis d’extrême-droite de la Ligue de défense juive ». En agissant ainsi, « on répand l’idée malsaine, et au final antisémite, que les juifs forment une catégorie de gens à part, au-dessus des lois », estiment-ils.

    « Au lieu de vouloir nous bâillonner parce que nous appelons à des sanctions contre Israël visant à donner du sens à vos plus jamais cela de façade, vous devriez comprendre […] que les actions BDS, qui réunissent des personnes de toutes confessions (y compris juive) et athées, sont, au contraire, de nature à lutter contre le racisme, dont l’antisémitisme », concluent les auteurs de la lettre ouverte signée par des historiens, des sociologues, des militants antiracistes, des avocats, des scientifiques, des hommes de religion et des artistes.

    Par Houari A.

  • ♦ Le partage du territoire – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2021/02/13/%e2%97%8f-le-partage-du-territoire

    Il est clair et d’usage de dire que les institutions ne valent que ce que valent leurs représentants. Améliorer le confort d’une maison et négliger la qualité de l’utilisateur ne va qu’en créant un dysfonctionnement dans l’une et une inutilité dans l autre.

    L’Algérie est plus qu’un simple territoire au sens physique, c’est une géographie à multiples équations. A lui seul, le sud est un pays avec ses besoins, ses aspirations et ses conditions. Donc, porter le même dessin, le calquer et le transposer identiquement sur le tout ne constituera pas une solution. C’est la nature du problème qui aura à recommander la solution idoine Repenser le territoire équivaudrait à l’acte de ne plus le laisser dans sa portion statique mais le rendre plus dynamique. Rentable dans son espace, efficace dans son temps. Le découpage esquissé par Bedoui dans ses agonies de dernier quart d’heure n’étaient aux yeux de tous qu’un ultime coup de pouce à une politique basée uniquement sur le populisme loin de toute norme de management des territoires. C’était, avec l’insertion des jeunes du filet social ; un carburant frelaté qu’il croyait de booster et passionner l’aller vers le mandat de trop.

    Voilà que le ministre actuel et le pouvoir en place, peinent à réaliser ses engagements irréfléchis. Que faire ? Il se dit dans la rue et dans les réseaux sociaux que l’Algérie en fait ne vit pas trop une crise exclusivement économique, mais bel et bien une crise de confiance qui n’arrive plus à faire fédérer tous les acteurs de la nation. L’Etat est toujours présent de par ses instituions, ses démembrements extérieurs. C’est une évidence vitale. Ses représentants exercent des missions de professionnels et non des mandats électifs. Ils assurent et garantissent la permanence de l’Etat et non d’organisations politiques en valorisant le rôle et les missions polymorphes de l’Etat en tout domaine notamment ceux destinés à l’amélioration des conditions de vie (logements, scolarité, santé, loisirs, administration électronique etc…). Alors qua ces missions semblent continuer à se faire ; la présence de l’Etat plus particulièrement sur les réseaux virtuels ne tient en vérité qu’à un langage de protocole et de solennité, incapable de s’intégrer dans celui que les internautes.

    Sans le rétablissement de cette confiance, cette justice territoriale, cette justesse de vison, ce bon choix des hommes ; il serait difficile de dépasser les impasses et les couacs qui minent le paysage national. Parlant du projet relatif à la loi sur les collectivités locales, le ministre a fait remarquer que les lois relatives à « la commune et à la wilaya avaient montré leurs limites, eu égard aux mutations politiques et socioéconomiques et aux nouvelles exigences du pays », ajoutant qu’il « est impératif de revoir leurs dispositions », d’autant plus que les collectivités territoriales, étant des structures publiques de l’Etat par excellence, constituent « la pierre angulaire pour l’exécution des dispositions constitutionnelles, voire un espace adéquat pour l’exercice de la démocratie.

    Il ne suffit pas de raccommoder le territoire ou lui faire des découpes selon l’humeur locale, il faudrait surtout réinventer la vie dans ces espaces. Il ne suffit pas non plus de toiletter les textes et donner des arguments a des dispositions qui n’auront pas de réalité sur le terrain. Prenons le temps de scanner superficiellement les piliers organiques dans l’architecture du territoire.

    L’APC, la zone d’ombre de la république

    La préoccupation, disons classique d’une commune se confine dans ce souci de pouvoir rendre plus agréable et attractif le cadre de vie citoyen. – Si c’est l’Etat qui crée les communes, ce sont en effet les partis qui procréent ses élus. D’où la nécessité de revoir impérativement la loi sur les partis et légiférer aussi le profil de leurs adhérents qui forcement doivent être exclusivement leurs futurs candidats et non pas recruter des gens sans militantisme et à la veille des dépôts de candidatures. Le salut c’est d’avoir une commune qui agit et ne subit pas l’ordre extra-populaire. C’est de la commune, de la base populaire que doit démarrer toute croissance car elle symbolise l’expression des principes généraux de l’organisation territoriale et n’est pas simplement une assemblée d’élus, mais une partie de la république algérienne, une pièce foncière de la nation. Elle doit sortir de la zone d’ombre de l’organigramme territorial.

    L’on doit creuser pour renouveler les critères d’admission au statut de commune. Le taux démographique doit changer de lecture. Toutes nos villes, nos douars ; en termes de population sont en pleine adéquation, seulement la ressource naturelle, les possibilités de progrès font défaut dans l’évaluation d’admission. Comme il y a des communes qui dépassent largement le cadre d’une commune. Sétif ; à l’exemple chaque quartier est en lui une commune. Ainsi la vile se meurt. Elle a perdu ses palmes et ses atouts.

    On ne la chante plus aux multiples sons de propreté et de ville accueillante. Sétif se meurt sous l’œil borné de ceux qui sont à la tête de la municipalité. Un maire ne doit pas se confiner dans un ancien costume obsolète d’un ex-chef de daïra ou se pendre pour un haut fonctionnaire. Si c’en était le cas, il aurait pu grimper et réussir la tangente dans la carrière professionnelle et non pas croire l’allonger sur les bords d’un mandat électif obtenu par défaut d’acariâtres postulants. Ne pas comprendre que la commune est le trône où s’assoit par excellence le consensus populaire local, vous laissera la voie libre de la vendre à toute hiérarchie illégitime.

    Une commune à qui l’on refuse d’être le socle solide et durable d’où s’érige et s’élève tout le bonheur social national, qui n’incarne pas la volonté citoyenne, qui ne s’implique pas dans la dynamique économique, qui ne fédère ni consolide la cohésion, qui n’avance pas est une commune tout à fait commune, banale et insignifiante. Enfin une Commune est une commune avec un maire qui sourit et sème l’espoir debout, rentable et pleinement responsable.

    L’APW, une coquille vide

    On a beau avoir les textes tant de fois triturés, voire torturés pour donner l’illusion que le pouvoir fonctionne en autogestion. Les assemblées élues, dites populaires sont là, au sens de l’idéologie et de la phraséologie légale comme une plate-forme où viennent s’exprimer les attentes du peuple et rêver voir ses projets s’y épanouir. La façade étayée et argumentée est belle, la morphologie organique est d’un noble sentiment de centralisme démocratique ; mais la réalité est tout, sauf ce qui est visé par l’esprit d’une certaine escroquerie de législateur. En fait, c’est un leurre de croire prendre cette assemblée comme l’authentique habit d’un exercice citoyen. Elle est ficelée dans ses figurantes attributions comme l’est sa sœur ainée l’assemblée nationale. Au moins la commune touche le terrain et reste en contact d’une amère réalité malgré sa précarité attributive. Il se dit qu’elle est aussi l’expression populaire du pouvoir local par le peuple local. Là, le citoyen local se retrouve triplement représenté. Il l’est au niveau de sa commune, de sa wilaya et de son pays. Avec trois niveaux de défenseurs, trois représentations de sa personne , il n’arrive pas le pauvre à faire toutefois entendre sa p’tite voix ni encore avoir de vraies réponses pour ce qui se passe dans sa localité.

    Cette assemblée sensée être un contrepoids et un outil de contrôle face à l’exercice en devoirs et en droits du wali, n’est même pas une chambre d’enregistrement. C’est un faire valoir souple et adéquat, son utilité pas trop importante, nullement contraignante est démontrée par ces impasses, voire ces inerties qui se greffent à certains assemblées de wilaya où la vie ne bat que dans le cœur, d’un président et d’un wali. Il ne s’agit pas de différence idéologique, de courants politiques ou de différends personnels. Le mal se nicherait dans cet appât de gain, dans cette militance « gratifiée et payée » Il s’agit de ces sacrées maudites indemnités instituées en 2012 et allouant grassement les postes organiques dans cette auguste assemblée. Auguste ; si elle était telle qu’imaginée dans l’esprit de sa loi, dans se genèse. Cette assemblée au niveau des wilayas n’est qu’une façade politique tiède, molle et pâle à un immeuble politique qui tend à donner du crédit et de l’illusion à une démocratie en peine d’éclosion. En l’état actuel, l’on peut s’en passer et passer à autre chose plus consistante, autant que la constitution n’en évoque nullement. La régionalisation ? On verra.

    Le wali, le tout saint patron

    A défaut d’avoir de bons maires, forts, résistants, ayant du punch et du gabarit, le wali continue à diriger toutes les communes qui sont dans sa géographie. C’est à lui seul qu’échoit la création du bonheur social ou le renforcement de la pauvreté communale. Toutes les décisions qui se prennent à tout niveau ministériel tombent, pour application sur son bureau. Toutes les fiches techniques d’inscription de projets se filtrent sur le même bureau. Le chef de daïra comme le téléphone est un instrument de travail. Le maire comme l’élu mal élu est un mobilier urbain servant de décor à la façade démocratique. Le wali ainsi est un fournisseur de légitimité à ceux qui en manquent, une solution encore problématique aux problèmes qu’auraient créés ses prédécesseurs.

    Depuis Bedoui, ce corps s’est métastasé, il s’est pétri de fausses valeurs où la noblesse du poste n’est plus une valeur républicaine, mais une adjonction de connivence et de complaisance. Ia ceux qui parlent trop, promettent, engagent l’Etat et partent. Il y a ceux qui font passer le temps, s’enferment ou s’articulent autour des sujets uniquement du jour. L’illustration s’est faite à Sétif entre autres. Chacun des passants à laissé une ardoise de dires et de contes. Certains en caricatures, en anecdotes, d’autres en esbroufe, canular et inaptitude.

    Voyez-vous, chaque agglomération à ses propres témoins, ses enregistreurs mémoriels. Cette ville à connu des walis en totale incohérence avec sa dimension. Ils n’égalaient en rien son altitude autant ils étaient petits cherchant à s’agrandir par sa hauteur. Elle en a fait des noms, des ministres et même un premier ministre. Les situations d’évincement, de renvoi, voire d’humiliation, en plus des cas d’emprisonnement, de déboires judiciaires, de santé, d’isolement social, de rejet familial, de solitude amicale ne semblent pas avoir eu d’impact ou de redressement, de vigilance ou de faire prendre attention chez certains qui perdurent à s’apposer muscles, indifférence et insouciance. Heureusement pour la félicité de la patrie, qu’il subsiste bien, des hommes aptes à relever les défis de la fonction, autant, ils sont à leur propre mesure, à leur propre rang de simples travailleurs au service d’une nation. Sinon au nom de quel artifice légal ou managérial ; justifient-ils la continuité dans la pratique obsolète, de diriger les affaires publiques ? Autre temps, autres hommes.

    C’est dire…

    La prochaine révision des lois sur les collectivités locales, notamment les codes de la wilaya et de la commune doit se débarrasser de cette terminologie rébarbative usitée jusqu’à présent et qui sent le souffre de la propagande. C’est quoi en vrai, cette « démocratie participative » ? Qu’elle est la relation entre un citoyen et son élu ? Beaucoup de notions politiciennes ont supplanté celles de raison juridique. Le droit et la politique ne forment par tout le temps le bon ménage. L’on parle de l’Etat de Droit et non de l’Etat politique.

    Devant la compétitivité des territoires et à la faveur d’un climat plus ou moins concurrentiel ; la Commune demeure dans l’obligation de s’inscrire dans cette trajectoire d’accompagnement et de mise en disponibilité de l’ensemble de ses atouts. C’est ce qu’en fait recherche le ministre de l’intérieur. De la flexibilité des instruments juridiques jusqu’au devoir de la prise de décision ; elle est au-devant d’une exigence devenue maintenant irrésistible et à ne point reporter. Il parle, comme tous ses prédécesseurs et aussi dans le discours officiel même celui de la culture, de termes génériques de « investisseur », « operateur économique », « homme d’affaires » alors qu’il faudrait parler d’entreprise. Car L’entreprise est un projet. Elle fait toujours appel à la créativité et à l’innovation pour satisfaire dans les meilleures conditions un besoin ressenti. C’est à elle qu’échoit la croissance locale et à travers elle que se réalisent la politique du gouvernement et les ambitions citoyennes. Elle est appelée, une fois constituée à exercer son activité dans un espace donné obligatoirement situé dans la compétence territoriale d’une collectivité locale. Par conséquent, la commune pour son développement et afin de booster ses potentialités pour les rendre fructueuses et rentables se doit d’offrir un contexte précis en plus d’un environnement des plus propices en vue de faire réussir « l’entreprise ». Elle sera comme un citoyen. Elle a ses ambitions, ses aspirations et ses besoins.

    Il est donc facile de remodeler les textes, alors que l’essentiel est aussi dans le remodelage des profils de ces hommes appelés à gérer, appliquer et contrôler ces mêmes textes. L’aménagement du territoire n’est pas un trait de crayon par-là et un coup de gomme par-ci. C’est un projet. Une anticipation dans le long terme qui ne se soumet qu’à une intelligence de bonheur incessant et non pas à un agenda politique.

    « Un nouveau découpage administratif avant la fin 2021 » aurait lancé l’actuel ministre de l’intérieur face aux sénateurs. C’est là, un autre défi lancé, alors que celui lancé par Bedoui pour le même propos fait encore du surplace. Changer l’appellation d’une localité donnée sans l’octroi des conditions de viabilité et d’évolution se terminera par avoir la même localité seulement sous un autre nom, plus pompeux, plus gonflant. La dimension de wilaya ou wilaya déléguée s’exprime d’abord dans sa capacité à déconstruire la bureaucratie et se placer ensuite en un centre autonome de décision. Si la wilaya déléguée El-Eulma, par exemple aura toujours besoin de Sétif ; elle sera toujours une simple antenne administrative avec cependant une très belle enseigne lumineuse. Découper pour découper, mieux vaut couper le lien ombilical et recouper admirablement les cartes.

    Par El-Yazid Dib ..

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5298511

  • ♦ Le label « Kabyle AOC » : une appellation d’origine contrôlée – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2021/02/12/%e2%99%a6-le-label-kabyle-aoc-une-appellation-dorigine-contr

    Lors d’une marche du mouvement MAK à Paris. D. R.
    Initialement, je ne savais pas si j’allais intituler cette contribution « Comment le peuple kabyle fut inventé », avec le risque de plagiat du titre du livre de Shlomo Sand (Ed. Fayard, 2008), et puis j’ai finalement opté pour la voie du commerce des épiciers issus de l’élevage idéologique intensif, qu’on peut catégoriser en AOC – Appellation d’origine contrôlée. Comme tout le monde le sait, il s’agit d’un label permettant d’identifier un produit dont les étapes de fabrication (production et transformation) sont réalisées dans une même zone géographique et selon le savoir-faire de Nicolas Bibesco qui a conclu : « Est-ce trop présumer de la cause kabyle que d’y voir une cause féconde et juste ? A ceux sans doute qui ont la haute expérience et le maniement pratique des affaires de tracer, dans ce projet de kabyliser l’Algérie, les limites du possible. Pour notre part, nous croyons fermement qu’il n’y a pas là seulement une idée spéculative ; il y a une vérité applicable qui mérite de faire son chemin, et qui le fera. »

    Comme dirait Elie Kakou, après j’t’explique.

    Assis au coin de la table, en train de siroter ma « gnôle », mot non valide au jeu de scrabble, qu’un ami breton (lui qui est français) m’avait offert avant le confinement sanitaire et politique, pour faire passer « le conte » qui n’est pas bon de Benjamin Stora, je m’apprêtais à feuilleter, pour la deuxième fois, le nouvel « album photos » de flagellation du peuple algérien d’un des « guides démocratiques » du « Coran islamique ». On aurait pu faire d’une pierre deux coups, sur ces deux bras (islamiste et berbériste) de « la régression féconde » des « savons » algériens qui veulent abattre l’Algérie et son peuple et, par la même occasion, battre des records de tragédies mais ce serait trop long pour le lecteur qui risque de se perdre dans le labyrinthe de ces spéléologues politiques des « Corans islamiste et berbériste ». C’est ainsi que j’ai fait le choix de reporter la dissertation sur l’album photos (dont j’ai gardé une copie) sur cet autre expert démocrate, avant que « l’h auteur » ne fasse les corrections après publication dans sa maison d’édition en carton.

    Pas le temps de finir ma douceur en cette soirée du 27 janvier 2021 qu’un ami m’alerte, à 22h58, du saut par le petit écran médiatique de France 5 (émission « C ce soir, le débat »), de celui qui a bondi par la fenêtre, alors qu’on l’attendait par la porte, pour la grande fête de la réconciliation entre les peuples d’Algérie et de France. On ne peut plus le retenir, Benjamin Stora, cet expert de l’histoire de la guerre d’Algérie, lui qui s’est engouffré dans l’expertise des « sauts » par les fenêtres, surtout médiatiques, par ces temps de pandémie, pour, nous dit-il, « apaiser le passé pour restaurer l’unité nationale ». Je ne crois pas qu’il œuvre pour l’unité nationale en Algérie, bien au contraire, puisqu’il a sorti l’Appellation d’origine contrôlé (AOC) de Nicolas Bibesco sur « le Kabyle » et le régionalisme nourri et entretenu par les colons. Du coup, tu as l’impression que cet expert de l’histoire passée de la Guerre d’Algérie veut écrire à l’avance une nouvelle page de la prochaine guerre d’Algérie de troisième et de quatrième générations. Fait-il de la politique « identitaire » ou de l’Histoire ?

    J’avais déjà relevé le jeu « trouble » auquel se livre notre historien, notamment en écrivant en page 3 de son rapport : « Au moment où la rédaction de ce rapport touchait à sa fin, des attentats meurtriers ont frappé la France, la décapitation du professeur d’histoire Samuel Paty et l’assassinat à Nice de trois fidèles dans une église, victimes du terrorisme islamiste… » Quel est le lien entre la mémoire, l’histoire de la guerre d’Algérie et la décapitation barbare de Samuel Paty ? S’il y a, dans ce rapport, un chapeau trop gros à faire porter au peuple algérien, qui m’a marqué et me marquera ad vitam æternam, c’est bien cette « reptation politique » dans un rapport qui se veut être l’histoire de la Guerre d’Algérie.

    Comme dirait Elie Kakou, après j’t’explique.

    Durant cette séance de sauts par la fenêtre médiatique sur France 5 (émission « C ce soir, le débat »), on fera appel à « la distribution de bananes » dans les rues de la ville de Tizi Ouzou (tiens, par hasard !) pour pratiquer le théorème de l’inversion des rôles et des valeurs à volonté. C’est ainsi qu’on nous « dés »informera que Abane Ramdane, l’un des architectes de la Révolution algérienne (la vraie, pas celle du fruit exotique appartenant à la guerre de 4e génération), n’est pas brandi par les manifestants qui scandaient « ouled frança – arew n’frança – descendants des colons » pour demander des comptes à la « France coloniale » mais pour critiquer le pouvoir en place. Tu comprends bien le théorème de « l’inversion des valeurs et des rôles » ou pas ? « Les Algériens appelleraient donc au retour du colon. » Et naturellement, il ne sera jamais question du fait qu’Abane Ramdane avait ordonné la liquidation des Berbéristes. Bien joué, surtout que l’informateur sur le plateau nous apprend que c’est ce qu’il a vu sur les réseaux sociaux. Un peu comme les délibérations du Parlement européen, votées sur la base des manifestations observées sur les réseaux sociaux par tous les députés de l’arc-en-ciel politique (de la gauche, en passant par la droite, les Verts et jusqu’à l’extrême droite).

    Comme dirait Elie Kakou, après j’t’explique.

    Comme si l’assignation à résidence ethnique du tribalisme « berbère », dont il nous a flagellés dans son rapport sur la « réconciliation des mémoires » remis au commandeur Macron le 20 janvier 2021, ne suffisait pas, il vient enfoncer le clou avec le « sujet kabyle AOC » de Nicolas Bibesco, alors que nous, nous croyons être des citoyens. Du coup, tu comprends que le mec qui bondit par les fenêtres, pour venir te renvoyer à l’employeur, vient de nous badigeonner d’une lecture ethnique et tribaliste « Kabyle AOC » qui nous exclut de notre citoyenneté. C’est drôle de voir celui qui prétend vouloir construire la « réconciliation » des mémoires d’ici et là-bas battre le briquet du tribalisme et du régionalisme en Algérie. On est renvoyés donc au « mythe berbère », décliné principalement en « mythe kabyle » sur les bases coloniales « racialistes » que les militaires coloniaux (dawla askaria, régime militaire), premiers Français à flirter avec les « indigènes », ont inventé dans leurs laboratoires de guerre pour étouffer toute forme de résistance à la domination des populations.

    Yassine Temlali, dans La Genèse de la Kabylie. Aux origines de l’affirmation berbère en Algérie (1830-1962), 2015. Editions Barzakh (Alger), dans le chapitre « La politique berbère (kabyle) de la France en Algérie : mythes et réalités », dans l’Orient XXI, évoque les écrits du colonel Daumas et du capitaine Fabre (1847) sur la « race kabyle », du capitaine Ernest Carette (1848) ; d’Henri Aucapitaine, plus connu sous le nom du « baron Aucapitaine » (1857) ; du général Edmond Pélissier de Reynaud qui professait la fusion entre Européens et « Barbares kabyles » et de l’amiral Louis-Henri de Gueydon pour qui l’avenir était dans « l’assimilation du peuple kabyle » et qui, auprès de ses supérieurs, a défendu avec conviction le projet d’une entité administrative purement kabyle dans laquelle serait appliquée la justice française.

    Il n’est pas compliqué, du coup, de se connecter directement aux questions sur les « Kabyles AOC » ((ici 1) et (là 2)) déposées à l’Assemblée nationale au gouvernement français, en défense de cette mouvance extrémiste, par Valérie Boyer, députée LR et peut être nostalgique de l’Algérie française. Valérie Boyer, c’est celle qui s’est opposée avec fracas au droit du sol, qui a fait beaucoup parler d’elle avec son tweet emprunté à JM Le Pen : « Le droit du sol est l’absurdité qui consiste à dire qu’un cheval est une vache parce qu’il est né dans une étable. » Voilà le retour à l’employeur colonial, où les affaires algériennes étaient traitées en métropole.

    Comme dirait Elie Kakou, après j’t’explique.

    Dans ce « conte » qui n’est pas toujours pas bon, il n’est pas possible d’échapper au piège du moine Ferhat Mendel Mhenni (FM2), roi de la tribu des « kabyles AOC », qui sélectionne « les petits pois kabyles lisses » et « les petits pois kabyles ridés ». Il célèbre même son adversaire d’hier à la barre, Matoub Lounès, notamment grâce à la bénédiction de la municipalité de Saint-Etienne pour nous faire oublier le procès en diffamation, et l’ordonnance du 11 septembre 1997 de la 11e chambre du tribunal de Paris. Alors Matoub a-t-il organisé son rapt ou pas ?

    Cet expert des spectacles (musicaux, politiques, judiciaire, mais aussi des réseaux sociaux) qui fabrique des « fosses » cartes d’identité, comme je l’avais indiqué dans le « Coran berbériste », s’est octroyé les droits de l’AOC sur « le sujet kabyle ». Le commerce de ce label « kabyle » du régime militaire colonial rapporte gros, puisque même Idir Djouder, l’ancien détenteur des « bourses » du moine généticien Mendel, parle de 250 000 €/mois qui tomberaient du ciel monarchique de l’Ouest. A ce prix, tu peux même faire le « pangolin » dans cette épidémie identitaire du régime militaire de la France coloniale, reprise par l’historien B. Stora dans l’émission (« C ce soir, le débat ») de France 5 du 27 janvier 2021.

    Après la formule d’Hegel « l’Homme africain est insuffisamment entré dans l’Histoire » reprise par N. Sarkozy le 26 juillet 2007, à l’université de Dakar, voilà que le moine généticien Mendel s’est permis de traiter « les pays africains de déchets » (vidéo à la 2’34’’) à Quimperlé le 8 novembre 2015. Imbibé par La Matraque coloniale. Le Code de l’Indigénat en Algérie de Samira Benhaddou (qui a consacré de nombreuses années de recherches dans les Archives nationales, contrairement à Rachida El-Azzouzi du site Mediapart qui se consacre au directeur des Archives en Algérie). Ed. Albouraq, 2020, Mendel n’hésite pas à menacer publiquement en France les Kabyles qui ne veulent pas de son « label AOC de camelotes ». Il a été reçu mardi 19 janvier 2021, à 17h, au salon Victor-Hugo du Sénat pendant une heure par Richard Yung, sénateur des Français de l’étranger. Tout un symbole, n’est-ce pas ? Et puis, à y regarder de près, notre sénateur, qu’il ne faut pas confondre avec l’autre sénateur romain, Salluste, qui disait de nous « … rudes, grossiers, nourris de la chair des fauves, mangeant de l’herbe comme des bêtes… », aurait pu repérer ce commerçant clandestin du « Kabyle AOC », puisqu’il est expert de la « contrefaçon » (le Sénat avait adopté sa proposition de loi sur la « contrefaçon » en 2014) et a été même directeur de l’administration générale de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) à Genève.

    Si l’on en croit le compte rendu du mouvement de notre moine Mendel, Richard Yung, le sénateur des Français de l’étranger et des « Kabyles AOC », a promis d’en parler autour de lui. On dirait qu’il a une voix qui porte.

    Il faut dire que le sénateur R. Yung est, entre autres, membre de la Commission de la défense (ou de l’attaque ?) et des forces armées françaises qui avaient publié sur Twitter une photo « pour garder le cap ». En effet, sur la photo, on voit un soldat en train de clouer des panneaux directionnels, portant le nom de villes et de pays, dont l’un mentionne « DZ » (Algérie) et Tizi-Ouzou (Bylka) (Kabyle en verlan). Du côté de nombreux promoteurs israéliens, on trouve notamment Jacques Kupfer, ex-président du Likoud mondial, auteur de la Place de la République remplie de « Nuit Debout », est la parfaite illustration de cette inculture et d’un antisémitisme socialiste avéré par l’abyssale imbécilité des propos tenus, qui avait organisé la visite « officielle » de notre moine généticien en Israël et qui a dévoilé son « rêve d’un Etat Kabyle face aux Arabes ». Salah Guemriche, dans sa lettre ouverte à notre moine Mendel, exprime publiquement ce que beaucoup d’observateurs attentifs de ce mouvement « Kabyle AOC » déduisaient implicitement : « (…) Il y aura une base militaire israélienne en Kabylie, si jamais cette région arrivait à obtenir son détachement de l’Algérie (…) » Du coup, tu te poses la question de l’attribution du portefeuille d’ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée à Karim Amellal, celui qui serait donc proche de l’extrême droite du MAK, détentrice du sujet « Kabyle AOC », et qui, lui aussi, a été consulté par Benjamin Stora pour l’élaboration de son rapport.

    Il n’est pas inutile de rappeler ici les propos de Bernard Emié, ancien ambassadeur de France en Algérie, aujourd’hui à la tête de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), accusé de discrimination en 2016 sur les visas octroyés principalement aux « Kabyles AOC ».

    Comme dirait Elie Kakou, après j’t’explique.

    Comme la langue s’écrit avec tarwiht (l’âme en kabyle), selon notre Hugo Daoud à nous, alors Kamel, celui qui loge dans un média génétiquement identifié, s’est mis à la recherche des « petits pois kabyles lisses de type AOC ». Il ne rencontre pas d’êtres humains, non, non ; il rencontre des « Kabyles AOC » à Philadelphie, à Times Square et il nous a même trouvé un shérif « Kabyle AOC » en Californie. Son collègue de chaîne, Mohand Kacioui, a trouvé, lui aussi, en 2016 un premier maire « Kabyle AOC » en France. En revanche, Azzedine Taïbi, maire de la ville de Stains depuis 2014, n’est pas un « maire Kabyle AOC ». Tu vois ou pas le truc de l’information ? On veut même te faire croire que 2014 vient après 2016, au moyen du théorème de l’inversion des valeurs et des dates, ce qui a facilité la compréhension de notre avance (souterraine) sur l’humanité – on est en 2971. Azzedine Taïbi, ce maire citoyen, engagé contre le racisme et les discriminations, défendant les établissements scolaires de sa ville, des chômeurs, des sans-logis, des sans-culottes, est victime d’injures racistes (on doit tous vous assassiner et vous déloger, vous jeter à la mer et retour en Afrique (…), on doit vous trancher la gorge au katana (sabre japonais), bougnoules, profiteurs, sale race, parasite, terroriste, « retourne au bled, de menaces de mort (regarde bien sur les côtés, en haut et en bas, car on va venir te crever quand tu ne t’y attendras pas, espèce (…) de ta race). Il est même poursuivi par l’Etat, patrie des « droits de l’Homme », comme un délinquant, pour son soutien indéfectible affiché en faveur justement du « droit et de la justice » aux côtés du peuple palestinien. Par conséquent, on peut en déduire qu’Azzedine Taïbi n’est pas une « Tuile », comme la Karine qui siégeait à côté de B. Stora à l’émission « C ce soir, le débat », puisqu’il a eu le courage de rendre hommage au grand militant Fernand en inaugurant un square dans sa ville portant son nom en 2015.

    Comme dirait Elie Kakou, après j’t’explique.

    Il y a aussi Slimane Zeghidour, ce Kabyle d’Elie Barnavi (ambassadeur d’Israël en France de 2000 à 2002), « son ami de plus de trente ans », qui loge à TV5 monde, et qui est aussi de la partie ; Il est sorti, la route l’attend (Editions des Arènes, 2017), comme je le disais précédemment, et comme il l’écrit : « Géographie équivoque s’il en est, puisque, aujourd’hui encore, je ne peux m’empêcher d’éprouver un moment d’hésitation chaque fois que je dois remplir la case pays de naissance d’un formulaire. Si j’indique Algérie, c’est vrai mais inexact ; si j’opte pour France, c’est exact mais caduc ; et si je mentionne Algérie française, c’est plus précis mais un peu ringard… » Il n’est pas beau son poème ?

    Comme dirait Elie Kakou, après j’t’explique.

    A voir les titres et les décorations de François-Aïssa Touzi, ce « Kabyle AOC » de l’Echo Républicain, tu peux en déduire que ce mec peut faire voler même les poissons. Avec ce titulaire de la Légion d’honneur, qui est régulièrement consulté par l’Elysée et Bercy, il y a l’interdit à dire et il y a le « terdit » à dire. Ce qui est « terdit » : « Cofondateur du think tank CAPmena et du Mena Economic Forum, conseiller du fonds d’investissement Ardian (ex-AXA Private Equity – société d’investissement privée mondiale avec 110 milliards de dollars d’actifs) et ancien conseiller Afrique du Nord – Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères, vice-président du conseil France-Pays du Golfe du Medef international et spécialiste des pétromonarchies. » Ce qui est interdit de dire, c’est son appartenance au cœur de la filière « France-Algérie » ; Marc Endeweld parle d’un « parrain kabyle à la manœuvre » dans son livre Le Grand Manipulateur. Ed. Stock-2019,

    https://books.google.fr/books/about/Le_grand_manipulateur.html?id=GeyUDwAAQBAJ&printsec=frontcover&source=k
    et cite, entre autres, nommément son ami Issad Rebrab, l’une des plus grande fortune d’Afrique, qui aurait bénéficié, selon Belaid Abdeslam, ancien Premier ministre, de privilèges « grâce au zèle interventionniste dans les ministères tenus par « Saïd Samedi ». Tiens, « Saïd Samedi », après que j’eus rendu publique sa « génétique familiale (non kabyle) » originaire de Biskra, le 16 septembre 2019, cette mention s’est volatilisée comme par miracle de sa biographie, sur sa page Wikipedia, le 17 septembre 2019, à 3h20 du matin. C’est pour dire l’importance du label « Kabyle AOC » dans la construction politique du berbérisme.

    Même dans la galaxie de la diplomatie du « Quai d’Orsay », on te fait tourner le film du label « Kabyle AOC ». Sinon, comment peux-tu comprendre l’attelage d’un moteur à hydrogène pour la carrière fulgurante de François-Aïssa Touazi, le « Kabyle AOC » de l’Echo Républicain, et « le stéréotype de classe Pas d’Arabe au Quai » porté par Zaïr Kédadouche, ce Franco-algérien, ambassadeur de France à Andorre, dans sa lettre du 18 juin 2013 (adressée à Laurent Fabius, son ministre de tutelle, au président F. Hollande, au président du Sénat, au président de l’Assemblée nationale et à la présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’AN) ? Il faut dire que cet ambassadeur de France, qui pointe le « racisme » et déclare à la barre : « Il n’y a pas un jour où je n’ai pas souffert, où on ne m’a pas fait sentir le poids de mes origines. C’était une violence permanente, qui passait par les silences, une humiliation que je n’avais jamais ressentie ailleurs », n’était pas porteur du label « Kabyle AOC ». Xavier Driencourt était dans le coup, et accédera au poste d’ambassadeur de France à Alger entre 2008-2012 et 2017-2020, avec un cortège inégalé de tensions entre les deux rives, des embuscades politiques, des croche-pieds, des distributions de « bananes » et des affaires d’espionnage. Du bon boulot quoi ! Avec les honneurs d’un canard connu pour être proche de François-Aïssa Touazi.

    Ah ! J’oubliais : Elie Kakou, qui n’est plus là pour t’expliquer que ce « Coran berbériste » t’a déjà identifié génétiquement comme un nazi, car il te fait porter le même code génétique qu’Hitler (http://www.slate.fr/story/26491/adn-hitler-juif-berbere-science). Et moi, qui suis un citoyen, je ne suis pas mécontent, bien au contraire, que le moine généticien Mendel m’ait excommunié de son label « Kabyle AOC » le 1er novembre 2017, par la voix en burka, dans le canard des ténèbres (appelé « Le Matin DZ »).

    Boualem Snaoui

    Le label « Kabyle AOC » : une appellation d’origine contrôlée – Algérie Patriotique (algeriepatriotique.com)

  • ♦Le jeu de mémoires, l’enjeu de l’histoire – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2021/02/10/%e2%99%a6le-jeu-de-memoires-lenjeu-de-lhistoire-2

    « L’histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré » Thucydide Historien athénien

    L’histoire est un fait têtu et non pas un libre commentaire d’historien. On ne joue pas avec. « C’est un produit dangereux ». Ça ne sera pas à un rapport de 146 pages blanches pauvrement remplies d’encre et de style mi-figue, mi-raisin de pouvoir effacer 132 années horriblement remplies de noir et de sang. 

    Je ne peux parler d’histoire que de la mienne, celle qui a endeuillé ma mère en ce 8 mai 1945, voyant son père, son oncle et son neveu abattus par des soldats.

    Elle me racontait cette atroce journée. Benjamin ne parle pas de mes grands-parents ni de ceux des autres, il survole le siècle à coup de stylo. L’histoire dans sa nouvelle version si l’on ose dire doit concerner cette Algérie que lin nommait « Algérie française « c’est là où se trouve toute la trame des malheurs qui se tractent à ce jour. Inutile de vouloir arrêter le train de l’histoire lorsqu’on se prend toujours pour le maître-conducteur.

    L’Algérie n’a pas besoin d’un rapport qui s’est écrit sur les bords de la Seine, le sien s’est vécu dans les monts, les oueds, les zones interdites, les dechra incendiées, les Aurès, Djurdjura et l’Ouarsenis. L’écriture de l’histoire ne peut s’habiller de fausses vertus ou de mauvaise fierté, c’est une question douloureuse qui n’est plus personnelle une fois vécue collectivement par toute une communauté. Elle embrase pour longtemps l’avenir malgré la fraîcheur des blessures qu’un simple couac diplomatique peut les rouvrir.

    Alors, la victime n’attend pas grand-chose du bourreau. Pas même un rapport qui aspire à tenir lieu de pansement. Les phrases creuses ne cicatrisent pas les blessures, seuls l’aveu, le remord, disons la repentance peuvent et encore attiédir le mal qui subsiste toujours et persévère à nicher ses ecchymoses sur les parois de la mémoire nationale. Le peuple algérien, sa jeunesse peut procéder à se mettre un temps dans une case d’oubli mais jamais dans le déni de ce qui s’est passé. Dans son rapport l’historien respecté un temps chez nous, retrace l’évolution de la sémantique officielle utilisée et donnée à « l’histoire « du qualificatif de « troubles « d’ « événements » …. à celui carrément de « guerre » et là aussi, il invoque une nuance sournoise pour amalgamer entre « guerre d’Algérie « et « guerre en Algérie « arguant qu’une guerre est présumée se faire entre deux belligérants ,soit deux Etats indépendants, alors que cette « guerre » à son sens s’est passée en Algérie, considérée alors comme territoire français.

    D’où son « guerre en Algérie ». En l’état de ces baroques définitions, il aurait mieux fait de dire « une guerre civile », entre citoyens français tout simplement. Voire entre un Etat français et un groupe de rebelles, de terroristes, de fellagas, de felouzes, de bandits, d’insurgés et de hors-la-loi. Mitterrand en visite dans les Aurès le 29 novembre 1954 parlait de « tentative insurrectionnelle manquée ». Devant l’assemblée nationale le 12 novembre 1954 il discourait que « l’Algérie c’est la France, que les départements de l’Algérie sont des départements de la république française » pour un temps après le même homme déclare à Alger « la France historique salue l’Algérie indépendante ». Après quoi est-elle devenue indépendante ?

    La réponse justement est dans cette histoire, tissée de sacrifices, de lutte et de martyre. Ainsi dans ce sillage de déclarations, tous ses successeurs ont eu à faire autant, selon le baromètre électoral du moment. Le chemin est donc long, très long autant, béantes sont encore les déchirures .Le temps est encore court pour tenter de s’introduire dans ce qui s’apparente à un gros combat non seulement de mémoire mais aussi de moral. Ce dernier n’est pas disponible du tout à invoquer ce qui ne lui permet pas d’être au bon fixe. On ne peut tourner la page si facilement quand le sombre livre toujours ouvert nous renseigne d’un hier pas trop brillant.

    Sur un autre registre, le rapport espérant venir à bout du désenclavement de ce dossier mémoriel brûlant, avait réussi là où le silence officiel du pouvoir français à ce propos l’avait laissé aux bouts des lèvres. Savoir d’une façon tranchante et catégorique et déclarer que la France « ne présentera pas ses excuses »et se contentera de fournir des « gestes symboliques » est en soit une atteinte à l’approche de réconciliation.

    Il valait mieux continuer à se taire et tapir sa face, face à une vérité historique indéniable. Le colonialisme criminel, meurtrier et génocidaire. Le colonialisme ne peut avoir d’autres sens selon les humeurs du moment. Il ne peut aussi avoir d autres noms flexibles et amovibles selon la nationalité des uns ou des autres. Le colonialisme ne peut avoir de facettes civilisationnelles. On osera un jour le prendre pour mission humanitaire, un partenariat unilatéral, forcé. L’Algérie a été colonisée, conquise, prise, dépouillée, violée par la France. Cela a duré 132 ans. Souffrances, tortures, misères, assassinats, enfumades ont émaillée cette « œuvre civilisationnelle »

    Il a bien suggéré l’édification en France d’une stèle à la mémoire de l’Emir Abdelkader, une bonne chose en soi, et pourquoi pas une autre pour Mostefa Benboulaid, Amirouche ou Didouche ? Ou bien baptiser l’une des avenues de Paris ou de Béziers au nom de Djamila Bouhired ou Malika Gaid ? Ces héroïnes algériennes que l’on appelait « les poseuses de bombes » ou l’une ou l’autre des esplanades des gares de l’Est ou de Saint Lazare au nom de Helene Cuenat ou Francis Johnson, que l’on appelait « les porteurs de valises » Des personnalités ont été citées dans le cadre des « révoltes populaires » et du « mouvement nationaliste » et pas un mot, un nom des glorieux héros de novembre 1954 l’entièreté de la fierté algrienne. Bizarre non, alors que c’est ici et là que toute la quintessence de notre histoire se situe ?

    Réconcilier les mémoires dites-vous ? Ce n’est pas un jeu de mots ou une simple embrassade entre deux présidents mortels. On n’efface pas d’une signature ce que la monstruosité coloniale gravée en lettres de sang sur le roc d’un peuple héroïque. Chaque visage exprime par ses rides une mémoire encore vivace d’une rive à l’autre.

    Il y a une profusion de témoignages, d’écrits, de films, de reportages et d’aveux de ceux-là même, francais qui ont fait la sale guerre. Ils essayent de soulager leur conscience pour ne plus se morfondre dans les remords d’un contingent obligatoire ou d‘une mission honteuse qui les pourchasse jusqu’à présent ou dune mission honteuse qui les pourchasse jusqu’à présent. De ceux-ci le rapport n’en dit mot, ne les tirent pas en référence. Proposer de célébrer un 19 mars comme journée des harkis ressemblerait à la condition où la France actuelle s’autorisait avec fanfares à fêter le 10 juillet 1940, date de la promulgation de la loi constitutionnelle donnant plein pouvoir au maréchal Pétain. Ce genre d’êtres humains dans les postions historiques nous, nous les appelons harkis, à l’équivalence de collaborateurs.

    A lire la presse algérienne, l’on sent encore le souffle de la révolution de l’indépendance chez tout citoyen. L’oubli est un produit qui ne se fabrique pas du jour au lendemain. Les excuses seraient difficiles à les prononcer, de surcroît à la veille d’une élection présidentielle qui nécessairement doit se planter dans un décor historique. On vous a compris. L’Algérie algérienne est une pilule amère à l’avalement notamment chez les nostalgériques. Quelle que soit la longueur de la nuit, le soleil finira par se lever aurait dit un Victor Hugo apprécié.

    Cette opiniâtreté à s’accrocher à sa propre mémoire légitimée du reste par la négation des uns des conditions dramatiques des autres n’exclut nullement un rapprochement entre les peuples. Bachir hadj Ali disait déjà en 1960 : « Je jure sur la raison de ma fille attachée…Je jure sur la patience de ma mère…Je jure sur l’intelligence et la bonté d’Ali Boumendjel et le front large de Maurice Audin mes frères mes espoirs brisés en plein élan….Que nous n’avons pas de haine contre le peuple français ». Pour s’assurer d’un avenir meilleur, il faudrait que le présent soit dépassionné pour pouvoir convoquer le passé. Car, l’on peut croire manipuler facilement les gènes du futur mais jamais ceux du passé. Il sera là, intact et tel que vécu.

    Pour dire vrai qu’il n’appartient à nul historien ayant un soupçon d’analyse ou de déchiffrement documentaire de se prévaloir champion ou maitre de telle ou telle histoire de nation. Sans aucune prétention de ma part de vouloir apporter une critique académique au « rapport » de Benjamin Stora dont je n’ai ni le « patrimoine archivistique » emprisonné ni l’outil pédagogique d’exploitation dont il dispose, seulement j’énonce librement ma frustration d’ex-colonisé.

    Voyez-vous l’algérien est issu d’une sève toujours généreuse comme la terre qui a vu naitre ses entrailles. Il suffit à un tord commis pour se faire oublier à défaut de pouvoir s’effacer une confession sincère blâmant par reconnaissance sa commission.

    –Dieu nous accorde le pardon que sur un seul repentir- Si le « rapport » écarte brutalement, par orgueil d’empire toute issue à tout repentir, du moins pour le moment , attendons d’autres « rapports » et œuvrons à « la paix des mémoires » sans en faire un jeu ni la faire par souci politico-économique ou la faire habiller dangereusement d’un enjeu historique.

    Illustration : Benyamin Stora bloque l’auteur de la chronique ….

     El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5298294

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    Assange gagne. Le coût : la #liberté de la #presse est écrasée, et la #dissidence qualifiée de #maladie_mentale
    La décision inattendue de la juge #Vanessa_Baraitser de rejeter la demande américaine d’extradition de #Julian_Assange, déjouant ainsi les efforts visant à l’envoyer dans une prison américaine pour le reste de sa vie, est une victoire juridique bienvenue, mais elle est submergée par des leçons plus importantes qui devraient nous troubler profondément.

    Ceux qui ont fait campagne avec tant de vigueur pour que le cas d’Assange reste sous les feux de la rampe, alors même que les médias commerciaux américains et britanniques ont travaillé si dur pour le maintenir dans l’obscurité, sont les héros du jour. Ils ont rendu le prix trop élevé pour que Baraitser ou l’establishment britannique acceptent d’enfermer Assange indéfiniment aux États-Unis pour avoir exposé ses crimes de guerre et ses crimes contre l’humanité en Irak et en Afghanistan.

    Mais nous ne devons pas minimiser le prix qui nous est demandé pour cette victoire.

    Un moment de célébration

    Nous avons contribué collectivement, par nos diverses petites actions, à redonner à Assange un certain degré de liberté et, espérons-le, un sursis à ce qui pourrait être une condamnation à mort, alors que sa santé continue de se détériorer dans une prison de haute sécurité surpeuplée de Belmarsh, à Londres, qui est devenue un terrain propice au Covid-19.

    Pour cela, nous devrions nous permettre un moment de célébration. Mais Assange n’est pas encore sorti de l’auberge. Les États-Unis ont déclaré qu’ils feraient appel de la décision. Et il n’est pas encore clair si Assange restera emprisonné au Royaume-Uni - peut-être à Belmarsh - alors que de nombreux mois d’arguments juridiques supplémentaires sur son avenir se déroulent.

    Les élites américaines et britanniques ne se soucient pas de savoir où Assange est emprisonné - que ce soit en Suède, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Le plus important pour eux est qu’il continue d’être enfermé à l’abri des regards dans une cellule quelque part, où sa force physique et mentale peut être détruite et où il est effectivement réduit au silence, ce qui encourage les autres à tirer la leçon qu’il y a un prix trop élevé à payer pour la dissidence.

    La bataille personnelle pour Assange ne sera pas terminée tant qu’il ne sera pas libéré. Et même alors, il aura de la chance si la dernière décennie de diverses formes d’incarcération et de torture qu’il a subies ne le laisse pas traumatisé de façon permanente, avec des dommages émotionnels et mentaux, l’ombre pâle du champion de la transparence, vigoureux et sans reproche, qu’il était avant le début de son épreuve.

    Ce sera une victoire pour les élites britanniques et américaines qui étaient si embarrassées et effrayées par les révélations de Wikileaks sur leurs crimes.

    Rejetée sur un point de détail

    Mais à part ce qui est une victoire personnelle potentielle pour Assange, en supposant qu’il ne perde pas en appel, nous devrions être profondément inquiets des arguments juridiques avancés par Baraitser pour refuser l’extradition.

    La demande d’extradition des États-Unis a été rejetée pour ce qui était en fait un détail technique. Le système américain d’incarcération de masse est si manifestement barbare et corrompu que, comme l’ont montré de façon concluante les experts lors des audiences en septembre dernier, Assange courrait un risque sérieux de se suicider s’il devenait une autre victime de ses prisons super-max.

    Il ne faut pas non plus écarter une autre considération probable de la classe dirigeante britannique : dans quelques jours, Donald Trump aura quitté la Maison Blanche et une nouvelle administration américaine prendra sa place.

    Il n’y a aucune raison d’être sentimental à l’égard du président élu Joe Biden. Il est aussi un grand fan des incarcérations de masse et il ne sera pas plus l’ami des médias dissidents, des dénonciateurs et du journalisme qui remet en cause l’État de sécurité nationale que ne l’était son prédécesseur démocrate, Barack Obama. Ce qui est tout sauf un ami.

    Mais Biden n’a probablement pas besoin d’une affaire Assange suspendue au-dessus de sa tête, qui deviendrait un cri de ralliement contre lui, un résidu inconfortable des instincts autoritaires de l’administration Trump que ses propres fonctionnaires seraient obligés de défendre.

    Il serait agréable d’imaginer que les institutions juridiques, judiciaires et politiques britanniques ont eu le courage de se prononcer contre l’extradition. La vérité, bien plus probable, est qu’ils ont sondé l’équipe de Biden et ont reçu la permission de renoncer à une décision immédiate en faveur de l’extradition - sur un point de détail technique.

    Gardez un œil sur la décision de la nouvelle administration Biden d’abandonner l’affaire en appel. Il est plus probable que ses fonctionnaires la laisseront mijoter, en grande partie sous le radar des médias, pendant encore de nombreux mois.

    Le journalisme en tant qu’espionnage

    Il est significatif que le juge Baraitser ait soutenu tous les principaux arguments juridiques de l’administration Trump en faveur de l’extradition, même s’ils ont été complètement démolis par les avocats d’Assange.

    Baraitser a accepté la nouvelle définition dangereuse du gouvernement américain du journalisme d’investigation comme « espionnage », et a laissé entendre qu’Assange avait également enfreint la draconienne loi britannique sur les secrets officiels en exposant les crimes de guerre du gouvernement.

    Elle a convenu que le traité d’extradition de 2007 s’applique dans le cas d’Assange, ignorant les termes mêmes du traité qui exemptent les cas politiques comme le sien. Elle a ainsi ouvert la porte à la détention d’autres journalistes dans leur pays d’origine et à leur remise aux États-Unis pour avoir mis Washington dans l’embarras.

    Baraitser a reconnu que la protection des sources à l’ère numérique - comme l’a fait Assange pour la dénonciatrice Chelsea Manning, une obligation essentielle des journalistes dans une société libre - équivaut désormais à du « piratage » criminel. Elle a dénigré les droits à la liberté d’expression et de la presse, affirmant qu’ils n’offraient pas « une discrétion sans entrave à M. Assange pour décider de ce qu’il va publier ».

    Elle semble approuver les nombreuses preuves montrant que les Etats-Unis ont espionné M. Assange à l’intérieur de l’ambassade équatorienne, en violation du droit international et de son privilège de client avocat - une violation de ses droits juridiques les plus fondamentaux qui aurait dû à elle seule stopper les poursuites.

    Baraitser a fait valoir qu’Assange bénéficierait d’un procès équitable aux États-Unis, même s’il était presque certain qu’il se déroulerait dans le district oriental de Virginie, où sont basés les principaux services de sécurité et de renseignement américains. Tout jury là-bas serait dominé par le personnel de sécurité américain et leurs familles, qui n’auraient aucune sympathie pour Assange.

    Alors que nous célébrons ce jugement pour Assange, nous devons aussi le dénoncer haut et fort comme une attaque contre la liberté de la presse, une attaque contre nos libertés collectives durement gagnées, et une attaque contre nos efforts pour tenir les élites américaines et britanniques responsables d’avoir bafoué les valeurs, les principes et les lois qu’elles prétendent défendre.

    Alors même qu’on nous offre d’une main un petit prix dans la victoire juridique actuelle d’Assange, l’autre main nous prend beaucoup plus.

    La diffamation continue

    Il y a une dernière leçon à tirer de l’arrêt Assange. La dernière décennie a été marquée par le discrédit, la disgrâce et la diabolisation d’Assange. Cette décision doit être considérée comme la continuation de ce processus.

    Baraitser a refusé l’extradition uniquement en raison de la santé mentale d’Assange et de son autisme, et du fait qu’il présente un risque de suicide. En d’autres termes, les arguments de principe en faveur de la libération d’Assange ont été rejetés de manière décisive.

    S’il retrouve sa liberté, ce sera uniquement parce qu’il a été qualifié de mentalement faible. Cela servira à discréditer non seulement Assange, mais aussi la cause pour laquelle il s’est battu, l’organisation Wikileaks qu’il a contribué à fonder et toute dissidence plus large par rapport aux discours de l’élite. Cette idée s’installera dans le discours public populaire, à moins que nous ne contestions une telle présentation à chaque fois.

    Le combat d’Assange pour défendre nos libertés, pour défendre ceux qui, dans des pays lointains, sont bombardés à volonté pour promouvoir les intérêts égoïstes d’une élite occidentale, n’était pas autiste ni une preuve de maladie mentale. Sa lutte pour rendre nos sociétés plus justes, pour obliger les puissants à rendre compte de leurs actes, n’était pas une preuve de dysfonctionnement. C’est un devoir que nous partageons tous de rendre notre politique moins corrompue, nos systèmes juridiques plus transparents, nos médias moins malhonnêtes.

    Si nous ne sommes pas beaucoup plus nombreux à nous battre pour ces valeurs - pour un véritable bon sens, et non pour les intérêts pervers, invivables et suicidaires de nos dirigeants - nous sommes condamnés. Assange nous a montré comment nous pouvons nous libérer et libérer nos sociétés. Il incombe au reste d’entre nous de poursuivre son combat.

    #Jonathan_COOKE

    Traduction "En résumé : « Si nous n’avions pas détruit Julian Assange, si sa santé l’avait permis, nous l’aurions volontiers extradé vers les US. En attendant, nous entérinons la criminalisation du journalisme authentique. Gare aux autres » par Viktor Dedaj avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

    https://www.legrandsoir.info/assange-gagne-le-cout-la-liberte-de-la-presse-est-ecrasee-et-la-dissid

  • La pantalonnade du Capitole – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2021/01/10/la-pantalonnade-du-capitole

    Les médias « mainstream » ont fait un bombardement intensif d’images et de commentaires sur « la prise d’assaut du Capitole » par quelques centaines de personnes, excitées par Trump. Après avoir joué la peur et la stupéfaction, les commentateurs rassurés ont fait l’éloge de la solidité de la démocratie américaine.
    Réaction à chaud.

    La mise en scène
    En boucle nous avons vu depuis hier des individus s’agiter devant, puis dans le Capitole avec force banderoles et pancartes. En moins de quatre heures, les forces de l’ordre fédérales les évacuèrent et les tinrent en respect par un rideau de boucliers, de fusils et de matraques qui ne sont pas sans nous rappeler les scénarios bien connus dans notre propre pays ! Après des velléités de contestation des résultats électoraux (fédéraux et propres à la Géorgie), appelant à une manifestation devant le Capitole – ce temple du théâtre d’ombre de la « démocratie » yankee, Donald Trump capitula en rase-campagne et appela les troupes « à rentrer à la maison » ! Ainsi ce qui devait être un « coup d’État » (pour les opposants) et une reconquête de l’élection supposée truquée (par le camp Trump) s’est rapidement transformé en reddition sans condition au système de la « démocratie représentative » étatsunien. Et ceci à la plus grande satisfaction des « démocrates » qui ne valent pas plus que leurs homologues « républicains ». L’ordre règne à Washington, Biden sera investi le 20 janvier, et le capital sera tranquille au Capitole !

    Les raisons de cette pantalonnade
    Le capital yankee est divisé entre deux tendances, qui ne sont pas le propre du capitalisme des Etats Unis. D’un côté les « continentalistes », qui veulent protéger les positions acquises aux Amériques (nord et sud), et qui veulent faire ce que Trump a fait, c’est-à-dire pratiquer le repli sur le continent par une politique de droits de douanes et de protectionnisme de droite, pour se préserver de la concurrence de plus en plus vive de la Chine et d’autres pays « émergents » (Inde, Brésil, Indonésie, Russie…). Cette tendance est représentée par la fraction de la bourgeoisie yankee qui a voté Trump et les « républicains » (Bien que le Grand Old Party soit désormais divisé).

    De l’autre côté, les « mondialistes », représentés par les « démocrates », qui veulent reprendre la mission civilisatrice de l’impérialisme américain classique et qui veulent revenir à la domination mondiale des Etats-Unis en tant que « défenseurs de la démocratie » et de « ’la liberté d’entreprendre ». Autrement dit les leaders du capitalisme mondialisé, financiarisé, anti-communiste, et néo-colonialiste, et qui aimeraient bien reprendre la bonne et vieille politique des Clinton, Bush et Obama partout dans le monde, comme en Afghanistan, en Irak, en Libye ou en Syrie. Cette tendance ne se résout pas à la montée en puissance de la Chine, de l’Inde ni, dans une moindre mesure, de la Russie. Il est inutile de parler de « l’Europe » car celle-ci a été totalement subordonnée et réduite, depuis la fin du gaullisme, à une quasi-colonie des États-Unis. Rappelons aussi que Clinton avait envisagé une guerre nucléaire préventive contre la Chine au début de son mandat !

    Quelles conclusions tirer de cette farce du Capitole ?
    On a vu la précipitation avec laquelle tous les gouvernements de l’UE – totalement crétinisés et se complaisant en paillassons des Yankees – se sont scandalisés, au premier rang desquels l’ineffable Macron (drapeau des EU à côté du drapeau français et de celui de l’UE) et qui dénonça un complot contre la démocratie, ne manquant pas de stigmatiser indirectement tous ceux qui se risqueraient à contester son propre pouvoir en France ! On voit bien que l’Union européenne est totalement inféodée aux Etats-Unis, à l’OTAN, à « l’atlantisme », et que c’est une imposture et une plaisanterie de prétendre promouvoir une « Europe souveraine » !

    En vérité, « la prise du Capitole » n’est qu’une escarmouche entre fractions divisées de la bourgeoisie yankee, toujours solidaires sur l’essentiel : la domination du capital sur les peuples. Trump a voulu montrer ses muscles, et une partie du peuple l’a suivi, mais il ne voulait pas faire un coup d’État. Cependant il y a trois leçons à tirer de cette pantalonnade.

    1. Lorsqu’il s’agit de sauver les meubles, de sauvegarder l’essentiel – c’est-à-dire la domination politique et économique du capital sur le peuple des États-Unis et les peuples du monde, la bourgeoisie resserre les rangs et siffle immédiatement la fin de la récréation (les multiples coups d’État dans le monde, organisés par le Pentagone et la CIA l’illustrent, de même que l’utilisation sauvage et non justifiée de la bombe atomique sur le Japon en 1945 !).

    2. Le système politique yankee n’est pas plus solide que les autres et peut très bien s’effondrer pour peu que le peuple le décide ! La Constitution des « pères fondateurs » n’est qu’un rapport de forces temporaire, institué par la bourgeoisie yankee en 1787 et consolidé par plus de deux siècles de domination bourgeoise et impérialiste. Elle peut très bien être liquidée par les forces populaires, si celles-ci se donnent les capacités politiques pour la renverser !

    3. Bien que la puissance yankee ne veuille pas le reconnaître, elle est sur le déclin. Elle ne pourra pas résister longtemps à l’avancée d’autres puissances comme la Chine, l’Inde ou la Russie et elle sera contrainte de compter avec elles. Ce faisant, sa puissance extérieure déclinant, elle offre son flanc intérieur aux forces populaires nord-américaines.

    Il convient de réfléchir au sens de cette image du Capitole envahi par une partie du peuple irrévérencieux, bien que sur des bases erronées. Le peuple des États-Unis, sans aucun doute, méditera sur cet épisode…

    Jean-Michel TOULOUSE, membre du Bureau politique du Parti de la démondialisation
    Le 7 janvier 2021.

    URL de cet article 36829.
    https://www.legrandsoir.info/la-pantalonnade-du-capitole.html

  • ♦ 2020, l’année virale - MammAfrica
    http://omarsellami.eklablog.com/2020-l-annee-virale-a204964094

    On aura tout vu. Des sombres cieux, des cimetières, des scandales et aussi des incompétences et du populisme. Une année à multiples virus. Peu de joies masquées et beaucoup de chagrin, de mal et d’illusions à proche distance.

    Je ne saurais dire, si au moment où on lira ces lignes, le président serait là ou non, parmi nous pour signer la loi de finances en ce 31 décembre, délai exigé par l’orthodoxie budgétaire de par son principe d’annualité. Je ne saurais dire si en ce jour, des changements ont eu lieu la veille ou bien la vie allait continuer son cours malgré l’anormalité des choses. L’essentiel en toute évidence est que les choses vont bouger un jour ou l’autre, que le décor politique connaitra des nuances, que des noms vont apparaitre, d’autres disparaitre. Un jour ou l’autre de l’année qui commence et s’annonce en vaccin hypothétique, en défis continuels, en danger permanent, en clans résistants, en anémie économique et pénurie financière et en angoisse sociale.

    Tous les espoirs que l’on aurait récoltés au cours d’une année passée, semée de hirak, de nouvelle version de vie, de nouveaux réflexes, de nouvelles têtes, de nouvel air politique, de volonté à ne plus rêver, de et de… se sont tous échoués à la naissance de cette fatidique année. 2020, commençait déjà par l’odeur funéraire, les emprisonnements téméraires, les fermetures libertaires. Que de membres de famille, d amis, de voisins, de personnalités sont partis par cette démente saloperie. Que d’autres sont encore sous ses affres. Il n’y a pas, diront certains que ce virus qui tue. Il y a l’autre ; la frustration, le déni de droit et se justice, la faillite du pays qui, certes n’ôtent pas la vie mais font suffoquer les poitrines et rétrécissent l’expression.

    Nous aurions vu en cette année là, encore ces visages dégarnis de toute conscience, imparfaits à la tache qui de surcroit ont fait les annales de la décennie révolue. Ces mêmes gueules recrutées sur le bûcher d’un Hirak mutilé à bon escient. Des conseillers, des médiateurs et communicants installés impoliment sur les devant d’une précarité présidentielle. Les mêmes gens détenteurs de portefeuille publics sont toujours en service. Ils sillonnent le pays, crèvent les écrans sans rougir aucunement. Qu’a-t-il à faire à Sétif ou à Batna le médiateur de la république ? Il n’a en tant que tel nulle attribution pour résoudre le moindre problème d’un tracé routier, d’une cantine scolaire ou d’un déblocage communal. Voilà une façon de pérenniser l’ancienne Algérie qui demeure encore debout. Cette année là, aurait été bénéfique pour garder les contestations au stade d’un confinement que ce maudit virus en amplement favorisé. C’est en son nom que tout avait été bouclé, cadenassé, sauf sa propagation et ses atteintes mortelles. Un malheur annihile le bonheur des uns et s’accroit chez les autres et semble parfois faire un bonheur chez certains.

    Le hic, c’est que ceux qui dirigent le pays ou disent agir pour son compte n’arrivent pas à évaluer le temps. Âgés et conséquemment malades, parfois impotents, ils ne peuvent penser à partir. Seule la biologie saura faire son œuvre. Ni l’usure des os, ni la fébrilité des sens n’ont pu leur exprimer que tout doit avoir une fin, que le pays a grandement besoin d’un sang neuf, qu’il est plein d’une jeunesse qui vieillit à mesure que grandissent ses problèmes et qu’il est largement temps de reprendre enfin ce « flambeau » éteint, déteint et mal remis. Ils sauront lui insuffler la flamme qui lui manque, l’étincelle qui fera briller l’avenir. Toute une gérontocratie est toujours aux manettes du pouvoir. Tout un arsenal obsolète d’arguments et de communication est toujours mis à l’avant sans toutefois ne convaincre aucun. Du spectre complotiste étranger à la suspicion malveillante des forces néfastes intérieures, le rituel ne s’arrête pas. Un président de sénat illégal, tant l’intérim assuré l’est aussi, avance en guise d’acte de présence que des slogans qu’il ressort des fonds du grenier poussiéreux qu’il veut remettre au goût du jour. Personne ne croit à vos élucubrations. Vous avez donné certes soi-disant, plus de 60 ans de vos vies à l’Algérie, mais cette même Algérie vous a suffisamment honoré, glorifié, chouchouté. Elle a fait de vous ce que vous ne pensiez jamais l’être. Les martyrs sont partis, vous êtes toujours là. Le pays tout au plus aurait besoin de vos mémoires et non vos déboires.

    Le pays est en proie à un désespoir, qui venu tôt remplir les cœurs encore attachés aux lueurs à venir, avait vite fait mourir les jours et leur joie de les vivre. Le brouillard à envahi tout le paysage. On ne distingue rien, ni du mal ni du bien. Un président absent, des institutions figées, un gouvernement à l’arrêt, des assemblées pourries, des geôles investies, des libertés retenues, que dire de plus ?

    Une année pleine de crocs et de non-dits. Le retour controversé de Nezzar et des rumeurs l’entourant, la suspension de promulguer une constitution mal votée en suspension de promulgation, la normalisation à nos flancs, le danger y est plus qu’en autres temps. Une année qui a vu d’innombrables soubresauts, des sautes d’humeur et des fâcheries va encore partir pour garnir l’histoire contemporaine d’un pays toujours en quête de son projet, pire encore de sa survie. La caractéristique la plus expresse de l’année a été cette passion dévorante d’exercer le pouvoir et l’ardeur d’y mettre le peuple à ses tendances. Le vœu qu’enfin, l’on pourrait voir de bons présages et de surpasser de sulfureux passages a été rapidement éclipsé. Bien avant la survenance de cette fatidique année, l’espoir de tous de la voir arriver en bonne année, était enveloppé dans les vœux. Mon ami, Belaidi Abdelmadjid internaute prolifique, affichant alors toute la béatitude de son béat optimisme postait ce 28 décembre 2019 : « Nous sommes le vingt-huit. Plus que quelques jours et l’année 2019 sera du domaine des souvenirs et l’année 2020 sera le grand espoir pour nous. L’espoir de voir les voix sages se faire entendre. L’espoir de la prise de conscience de ce qui se trame à nos frontières. L’espoir d’une unification fusionnelle de toutes et de tous, rien que pour la paix intérieure. L’espoir de la réalisation du grand rêve des géants de novembre 1954 » rien de tout cela ne fut.

    Des structures de santé débordées mises a pires épreuves, la rupture d’oxygène, des guichets postaux en manque de liquidités, des primes non mandatées, des confinements zélés, des complots dénoncés, des coupures d’eau, d’électricité, d’Internet, des ministres et walis encore en prison, d’autres aussi et tout un chapelet de faits et d’événements ont émaillé cette année virale. L’on n’est pas encore sorti de ses ténèbres malgré sa finition calendaire. Les mesures drastiques prises dans l’objectif d’endiguer la propagation du virus ne se sont pas passées sans faire des dégâts sur la situation économique notamment celle des ménages. La pauvreté s’est accrue d’un cran. Les petits commerces, les taxieurs, les coiffeurs, les journaliers occasionnels ont tous subit la faillite engendrée par ces mesures. La compensation de l’Etat n’était pas au rendez-vous voulu et espéré. Ainsi en plus qu’il est une principale cause de grande mortalité, ce virus est devenu un grand facteur d’appauvrissement des populations déjà pauvres et appauvries. En face, rien n’est garanti pour freiner cette récession économique brutale.

    Les jeunes de moins de 30 ans viennent de découvrir les conditions du couvre-feu. Le premier des années 90 était une barrière contre un virus criminel et anonyme, le second un geste barrière contre un virus tout aussi criminel et anonyme. A la différence que le premier était bien de chez nous, plus meurtrier et atroce. 2021, ne sera une bonne année que si tous les virus s’évacueront. Une pandémie peut à la longue, recherche scientifique aidant être vaincue. L’épidémie qui se greffe dans les méninges du système demeure pénible et réticente à vouloir se dissiper de sitôt. Le mal est génétique, il se niche dans les parois infranchissables que contiennent les têtes au pouvoir.

    On ne peut oublier cette année qui s’achève tant elle avait pris des êtres chers, causé des destructions familiales en emportant dans son linceul la joie, les doux moments et les radieuses espérances. Elle avait pris toute une année de notre temps et l’avait rétrécit à des masques et des gestes de distanciation. Elle nous avait interdit de s’embrasser, de se serrer ou de faire des câlins à nos p’tits enfants. On était privés de cette liesse dans le partage des gâteaux fait maison lors des deux aids, on ne pouvait s’asseoir au chevet d’un frère malade ou présenter par présence nos condoléances étouffées.

    Malgré toutes ces anicroches, l’on reste toujours en quête de ce bonheur né le 22 février et mis en sourdine un temps après. L’on reste accroché à voir une Algérie nouvelle pas au sens de ceux qui la prônent en générique populiste tout en étant bien assis sur le socle inébranlable de l’ancienne, mais une Algérie d’égalité, de droit et de justice. Un pays qui cessera d’être la propriété des uns et une prison pour les autres. Un territoire indivisible, uni qui s’espacera à tout un chacun et où ce tout un chacun aura une part du soleil qui brille, où le mérite l’emportera sur le copinage et surtout où la compétence suppléera l’inertie des vieux et itératifs responsables. Aussi m’abstiendrais-je à tout souhait, que la santé, laissant la providence faire ce qui se susurre dans le cœur de quiconque.

    par El Yazid Dib

    2020, l’année virale (lequotidien-oran.com)

  • ♦ Caricatures : la France a-t-elle perdu la raison ? - MammAfrica
    http://omarsellami.eklablog.com/caricatures-la-france-a-t-elle-perdu-la-raison-a204545748

    En France, la liberté d’expression est un droit fondamental, mais l’insulte et la diffamation sont des délits, rappelle l’éditeur Arno Mansouri. De ce point de vue, si l’on a le courage de regarder les faits en face et non pas de se laisser subvertir par le discours dominant, Samuel Paty ne défendait pas la liberté d’expression, mais insultait tous les musulmans. Nous ne pouvons ni soutenir les intégristes islamistes qui l’ont abjectement assassiné, ni les intégristes laïcs qui masquent leurs insultes contre des religions derrière un droit fondamental. Nous militons au contraire pour liberté de conscience, pour la laïcité au sens de la loi de 1905.                               

    Hommage de la nation à un provocateur irresponsable

    Sommes-nous devenus fous ?
     

    "L’Éducation nationale a-t-elle perdu la tête ? Ou bien est-ce la France tout entière ?"

    "Le discours de toute la caste médiatique (et politique) selon lequel Samuel Paty ne faisait que son travail, que son devoir républicain, et qu’il enseignait à ses élèves la tolérance et la liberté d’expression, ainsi que la laïcité, me met hors de moi.

    Je m’insurge totalement contre ce discours totalement faux, parfaitement biaisé, complètement coupé de la réalité et du bon sens, et surtout dangereux !

    Dans tous les médias, la caricature incriminée est décrite comme un dessin représentant le "prophète accroupi avec une étoile dessinée sur ses fesses". Si ce n’est pas entièrement faux, cette description relève pour le moins de l’euphémisme ; en fait, on peut même parler de mauvaise foi abyssale. Il est d’ailleurs à noter que la plupart des médias ont pris grand soin de ne pas montrer l’image en question.

    Pourquoi donc un tel luxe de précaution, si elle était réellement aussi anodine, inoffensive ?

    La réponse est évidente à qui voit le dessin, ci-dessous, car il faut voir les choses pour pouvoir les analyser.
    *(La rédaction de ZoneFR a décidé de ne pas publier cette image indécente du prophète par respect pour nos compatriotes musulmans et pour la communauté musulmane dans le monde entier.)

    Le prophète n’est pas juste "accroupi" : hormis son turban, il est à poil, à 4 pattes, cul levé ou tendu, de trois-quarts dos, de manière à ce que l’on voit ses couilles poilues, sa bistouquette, y compris avec une goutte de pisse… et l’étoile n’est pas "dessinée sur ses fesses" : elle est exactement à la place de son trou de cul (comme si c’était son anus).

    Alors, je m’exprime en tant qu’athée (au mieux agnostique), c’est-à-dire ni musulman, ni catholique, ni croyant et encore moins fondamentaliste : j’ai eu beau chercher longtemps, me creuser longuement les méninges, j’avoue que je ne comprends pas ce qui est intelligent, signifiant, pertinent, spirituel, ou même simplement drôle dans cette image.

    Bien au contraire, je n’y vois qu’un gribouillis laid, mais surtout extraordinairement insultant pour la communauté musulmane, pas seulement en France, mais partout dans le monde.

    Ce n’est pas un simple blasphème, c’est une véritable injure adressée à plus d’un milliard d’êtres humains qui, il serait bon de s’en souvenir, partagent la planète avec nous, Occidentaux.

    Il est légitime de constater, à l’instar de M. Delfeil de Ton (l’un des fondateurs du Charlie Hebdo historique, qui n’a rien à voir, à part le titre, avec le journal homonyme, créé en 1992 par Philippe Val) qui écrivait au lendemain des attentats de janvier 2015 : "Il fallait pas le faire mais Charb (Charlie) l’a refait". Tout était déjà dit dans sa tribune que je vous invite à relire, ici. (lien inactif)

    Cette image dégradante n’avait pas sa place même dans un magazine satirique, car elle n’est nullement emblématique d’un soi-disant "droit au blasphème" et encore moins de la "liberté d’expression" ou (comble du ridicule) du "respect de la laïcité".

    Je ne vais pas me faire l’exégète de son auteur (j’en serais bien incapable) ; j’imagine que Mme Corinne Rey (qui signe Coco) s’en prenait aux seuls fous d’Allah (du type des djihadistes de Daesh) qui pervertissent la religion musulmane et la souillent ; je veux croire, en lui laissant le bénéfice du doute, qu’elle ne souhaitait pas insulter les musulmans dans leur ensemble, qu’ils soient nos compatriotes ou non.

    Et cependant, c’est un fait, qu’il n’est à vrai dire pas difficile de comprendre : les musulmans de France, et bien plus encore ceux qui vivent au-delà de nos frontières, se sentent profondément humiliés, injuriés et dégradés par ce dessin. Et pas seulement eux : il en va de même pour beaucoup de croyants d’autres religions, et même des athées qui comme moi respectent les croyances religieuses de leurs frères en humanité.

    Coco peut gribouiller un tel dessin : c’est son droit le plus absolu. Elle a payé un lourd tribu 3 ans plus tard lors des attentats, et je compatis à son calvaire. La décision de Charlie de le publier en 2012 est en revanche éminemment questionnable, et je vais expliquer pourquoi. Bien sûr, il faut remettre les choses dans leur contexte. Les premières « caricatures de Mahomet » ont été publiées en France en février 2006, par France-Soir puis par Charlie Hebdo (alors toujours possédé et dirigé par Philippe Val) qui ajoute les siennes propres, ainsi que d’autres journaux européens ou même dans le monde arabe. (Il est à noter qu’au Royaume-Uni, aucun journal ne les a publiées, pas même un tabloïd, et qu’aux USA – pays qu’on ne soupçonnera pas d’entraver la liberté d’expression -, seul Harper’s l’a fait dans le cadre d’un article quasi universitaire.) Au départ, c’est-à-dire fin septembre 2005 soit moins de 3 mois après les attentats meurtriers de Londres, elles émanaient d’un quotidien danois conservateur (le Jyllands-Posten) dont l’éditeur des pages Culture de l’époque, Flemming Rose, était un proche du néo-conservateur Daniel Pipes [1]. Le Premier ministre danois est alors Anders Fogh Rasmussen qui deviendra le secrétaire général de l’Otan en 2009.

    Les 12 caricatures étaient presque anodines en regard de ce qui suivra. La plus « scandaleuse » présentait un musulman barbu coiffé d’un turban prenant la forme d’une bombe, sur laquelle s’inscrivait la profession de foi musulmane (« Dieu est Grand et Mahomet est son prophète »).

    Toutefois, malgré l’innocuité de ces dessins, les autres quotidiens danois prennent leurs distances et critiquent un coup d’éclat publicitaire réussi. Un des caricaturistes avouera même que « le Jyllands-Posten voulait dès le départ uniquement provoquer ».

    D’ailleurs, le président Jacques Chirac, l’ex-président Bill Clinton et le secrétaire général de l’Onu, parmi d’autres dirigeants, condamnent un usage abusif de la liberté de parole et appellent à plus de « responsabilité et de respect envers les sentiments religieux ». Ils sont évidemment conscients que le contexte géopolitique est explosif. Rappelons quand même aux plus jeunes lecteurs comme à ceux qui ont le moins de mémoire qu’en 2006, les guerres illégales en Afghanistan et en Irak battent leur plein, et font des ravages inouïs dans la population civile… musulmane. Ils ne se trompent pas, car des boycotts des produits danois sont lancés, des menaces de mort proférées, de nombreuses émeutes et manifestations violentes se produisent dans différents pays musulmans, d’autant que les Frères musulmans continuent de jeter de l’huile sur le feu, comme ils le font depuis le début.

    En novembre 2011, année des prétendus "Printemps arabes", les locaux de Charlie sont incendiés après la parution du numéro spécial Charia Hebdo. Le dessinateur Wolinski confie : "Je crois que nous sommes des inconscients et des imbéciles qui avons pris un risque inutile. C’est tout. On se croit invulnérables. Pendant des années, des dizaines d’années même, on fait de la provocation et puis un jour la provocation se retourne contre nous. Il fallait pas le faire."

    La surenchère dans la provocation continue pourtant. Comme l’écrit Delfeil de Ton dans sa tribune : "Un an plus tard, septembre 2012, après une provocation qui avait fait mettre nos ambassades en état de siège dans les pays musulmans, déployer toutes nos polices dans nos villes, je fus amené à écrire, m’adressant à Charb, toujours dans l’Obs : "Se situer à l’extrême gauche et s’entendre dire par le NPA qu’on "participe à l’imbécillité réactionnaire du choc des civilisations", se définir écologistes et être traités de "cons" par Daniel Cohn-Bendit, ça devrait donner à réfléchir. Surtout quand dans le même temps on est applaudi par la famille Le Pen, Rioufol du Figaro et le Premier ministre de Sarkozy"."

    Puis c’est l’attentat du 7 janvier 2015. Toujours sous la plume d’un Delfeil de Ton extrêmement lucide : "Cet attentat entre dans le cadre d’une guerre déclarée à la France mais aussi dans celui de guerres que mène la France, se mêlant d’intervenir militairement dans des conflits où sa participation ne s’imposait pas, où des tueries pires encore que celle de Charlie Hebdo ont lieu tous les jours, et plusieurs fois par jour, et auxquelles nos bombardements ajoutent des morts aux morts, dans l’espoir de sauver des potentats qui se sentent menacés, pas plus recommandables que ceux qui les menacent, dont le pouvoir s’est certainement assis sur le versement de beaucoup de sang et qui décapitent aussi bien que leurs adversaires, torturent et tranchent mains et pieds au nom d’Allah, comme leurs adversaires, et pourquoi donc, grands dieux, notre République, si fière d’être laïque, va-t-elle choisir entre ces sectateurs qui brandissent pareillement d’une main le cimeterre, de l’autre le Coran ? Si Barack Obama n’avait pas retenu notre François Hollande, celui-ci partait en Syrie à la chasse de Bachar al-Assad, comme Sarkozy son prédécesseur est parti à la chasse en Libye de Mouammar Kadhafi, qu’il a éliminé, mais avec le résultat que l’on sait. Combien de Syriens la France aurait-elle tués et probablement tuerait-elle toujours ? Laisser les peuples disposer d’eux-mêmes, n’est-ce pas un principe sacré ? S’ils sont en guerre intestine, de quel droit nous en mêler ? Nous ne comprenons rien à leurs querelles, nous ne faisons que les faire durer davantage et il nous faut nous étonner, ensuite, s’ils les transportent sur notre sol ?"

    Un simple article ne permet pas d’aborder le vaste sujet, bien documenté, de l’instrumentalisation géopolitique de l’Islam : j’ai publié des livres essentiels qui traitent la question comme Sous nos yeux de Meyssan, Le Charme discret du Djihad de F.W. Engdahl ou Les Guerres illégales de l’Otan de Ganser ou La Guerre contre la vérité de Nafeez Ahmed.

    Mais revenons maintenant au dessin "Mahomet : une étoile est née". Si ce n’était pas un dessin, mais une photographie, il aurait été qualifié de pornographique.

    Figurer le fondateur d’une religion, pas seulement nu mais dans sa nudité la plus crue (bite et couilles poilues pendantes) et la plus crasse (goutte pendant du vit), quand on sait l’importance de la pudeur dans le monde musulman est bien au-delà de l’irrespect. Détourner la position physique d’un musulman en prière (c’est-à-dire dans l’attitude humble de soumission devant son Créateur) en le montrant en levrette, c’est-à-dire en en faisant un sujet de lascivité (voire de luxure) est le comble de l’injure. Mais je dirais que le pire aspect de ce dessin est de réduire le prophète (symbolisé par sa barbe et son turban) à son anus ("une étoile est née"), dont la fonction physiologique est d’excréter les déjections.

    Bien sûr, la puissance dévastatrice de la caricature réside dans le fait de ne pas dire les choses, mais de les suggérer, de les faire sentir et ressentir. La caricature nous fait réagir, émotionnellement, jamais penser.

    Pourtant, sans filtre, ce dessin signifie littéralement que "les musulmans vénèrent un faux prophète lubrique qui n’est qu’un trou du cul ; leur religion est littéralement de la merde ; qu’ils aillent se faire enculer, ces faux-culs obsédés".

    Ce n’est certes pas écrit en toutes lettres, auquel cas cela tomberait sous le coup de la loi pour incitation à la haine, mais que Coco, Charlie, ou M. Paty le veuillent ou non, c’est ainsi que le message est perçu, plus ou moins consciemment, par toute une communauté de croyants, dont plus de 99,99 % ne sont pas des intégristes islamistes ou djihadistes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est violent.

    Mais c’est aussi illégal. L’injure n’a rien à voir avec la liberté d’expression, laquelle est strictement encadrée, justement pour empêcher les dérives. Il est en effet clairement établi dans l’article 29 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse que l’injure et la diffamation sont passibles de prison et d’amendes.

    "Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure" et "Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation".

    Renseignements pris, il s’avère que le Prophète Mohammed n’a pas porté plainte contre la diffusion de ce dessin, pas plus que la LICRA, ou les organisations représentatives des musulmans, échaudées il est vrai par les articles de presse, qui lors du premier procès contre les caricatures en 2007 furent présentées à tort comme voulant établir en France l’interdiction du blasphème, voire celle de représenter leur prophète.

    Les caricaturistes sont eux aussi soumis aux lois régissant la presse et la liberté d’expression ; ils ne peuvent s’y soustraire en prétendant que l’art (même si dans le cas précis de ce dessin, il est difficile de parler d’art) serait au-dessus des lois : ce n’est pas le cas. Par ailleurs, la jurisprudence sur la menace de troubles à l’ordre public à elle seule pourrait justifier de l’interdiction d’un tel dessin.

    Enfin, et surtout, d’un point de vue pénal, le fait de montrer des images pornographiques à des enfants de moins de 15 ans, qui plus est par un enseignant dans l’enceinte scolaire (circonstance aggravante puisqu’il devient personne ayant autorité de fait sur les enfants) pourrait tomber sous le coup de l’article 227-24 du code pénal (mise en péril des mineurs) qui punit de 3 ans de prison et 75 000 euros d’amende, "Le fait (…) de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine (…) lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur."

    Qu’a-t-il bien pu passer par la tête de M. Samuel Paty, un enseignant de 47 ans, pour qu’il choisisse précisément cette image pour illustrer son cours d’EMC (enseignement moral et civique) à destination de ses élèves adolescents de 13-14 ans ? Cela me laisse sans voix. Car pour parler de la liberté d’expression, il avait pléthore de choix, à commencer par le plus emblématique de tous : le procès en cours contre Julian Assange au Royaume-Uni, autrement plus signifiant et important.

    Mais non, le professeur d’histoire a choisi le dessin le plus ordurier, le plus obscène, le plus incendiaire de toute la série des caricatures de Mahomet. Je me demande ce que cela est supposé apporter, réellement, aux élèves… Les musulmans vont non sans raison se sentir insultés, pas seulement dans leur foi, mais dans leur existence même ; et les autres vont penser que ce n’est pas grave de nier les valeurs spirituelles de l’autre puisque c’est légal et par ailleurs enseigné en classe, (donc avalisé en bloc par l’État, la République, le Savoir).

    Franchement, si je voulais faire de l’humour "à la Charlie", j’écrirais que M. Paty avait perdu la tête avant même l’intervention de son assassin !

    Mais le plus grave dans ce fait divers qui est aussi un fait de société majeur à bien des égards est que l’Éducation nationale accepte et cautionne de telles pratiques, qui ne participent en rien du vivre ensemble, de la morale ou du civisme mais bien au contraire violent les principes mêmes de la Charte de la laïcité à l’école.

    À savoir :
    §6. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix.
    §7. La laïcité assure aux élèves l’accès à une culture commune et partagée.
    §8. La laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élèves dans la limite du bon fonctionnement de l’École comme du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions.
    §9. La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations, garantit l’égalité entre les filles et les garçons et repose sur une culture du respect et de la compréhension de l’autre.
    §10. Il appartient à tous les personnels de transmettre aux élèves le sens et la valeur de la laïcité, ainsi que des autres principes fondamentaux de la République.
    §11. Les personnels ont un devoir de stricte neutralité : ils ne doivent pas manifester leurs convictions politiques ou religieuses dans l’exercice de leurs fonctions.

    Je pense avoir fait la démonstration plus haut que le dessin incriminé n’a rien à voir avec "une culture du respect et de la compréhension de l’autre", qu’il soumet les musulmans, les croyants d’autres religions et les athées à une intense "pression qui les empêchent de faire leurs propres choix" (que vaut la parole d’un ado de 14 ans face à celle d’un enseignant de 47 ans représentant de l’institution scolaire), qu’il ne "rejette pas la violence" mais la promeut, et qu’il dévoie "le sens et la valeur de la laïcité", et qu’en conséquence, M. Paty, en manifestant ses "convictions politiques ou [anti-]religieuses dans l’exercice de [ses] fonctions" a enfreint "son devoir de stricte neutralité".

    Dans un monde normal, M. Paty aurait dû au minimum être vivement rappelé à l’ordre par sa hiérarchie, blâmé, voire sanctionné.

    Il est évident pour tous que ses graves et multiples atteintes à la Charte de la laïcité n’auraient pas dû mener à son exécution capitale dans ses conditions abominables par un adolescent mentalement dérangé. Un fait divers ignoble et macabre que l’on ne peut que s’étonner de voir les autorités politiques et judiciaires tenter, pour l’instant sans succès, de présenter comme un attentat terroriste aux vastes ramifications.

    Mais je suis stupéfié de constater que sous le coup d’une émotion compréhensible, des voix se sont élevées pour faire entrer M. Paty au Panthéon, un hommage national lui est rendu par le Président de la République en personne, et la classe politique dans son ensemble, tout comme la presse, est unanime pour célébrer le « héros mort pour la liberté ».

    Notre pays est clairement devenu fou ; il a littéralement perdu la tête. Au fil des 3 dernières décennies, la loi de 1905 codifiant la laïcité (la séparation de l’Église et de l’État) a été pervertie, jusqu’à être totalement dévoyée. Rappelons qu’elle stipule dans son Article premier : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » Elle ne promeut pas la haine des religions ou des croyants, ni l’injure, ni la stigmatisation ou l’ostracisation d’une partie de nos concitoyens du fait de leurs convictions religieuses.

    À ceux qui n’ont pas été convaincus par mon analyse du dessin « Mahomet : une étoile est née », je propose un exercice de pensée. Qu’ils imaginent l’impact que pourraient avoir dans notre beau pays laïc et dans le monde, l’équivalent chrétien d’une telle caricature, présentant la Vierge Marie nue en levrette, de trois-quarts dos, croupe offerte, con poilu ouvert et dégorgeant du foutre (du Saint-Esprit), avec en légende : « Exclusif : la PMA a 2000 ans ! » [2]

    Deux voies s’offrent à nous : continuer dans la surenchère de provocations ou reprendre ses esprits et revenir à l’esprit de la loi de 1905. La première, celle qui malheureusement semble se profiler chaque jour un peu plus, est certaine de nous mener à terme à la prophétie auto-réalisatrice des guerres de civilisations, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Est-ce souhaitable ? D’évidence non. L’intégrisme islamiste ne peut être combattu par la guerre sainte de la laïcité. Refuser d’« Être Charlie » en 2015 ne signifie pas justifier ou avaliser les crimes, refuser d’« Être enseignant » aujourd’hui ne signifie nullement se réjouir du sort de M. Paty ; dans un cas comme dans l’autre, c’est simplement refuser le faux choix qui nous est offert : ni Charlie, ni Kouachi (ou ni Prof, ni assassin) car nous n’avons pas à choisir quelle voie nous mènera à la guerre des civilisations : nous devons impérativement la refuser. C’est fort heureusement le souhait de l’immense majorité de nos concitoyens.

    Certains me rétorqueront que renoncer, c’est abdiquer face aux intégristes et aux djihadistes. Déjà, il faudrait bien prendre conscience que l’islamisme politique a été favorisé de longue date par différentes puissances occidentales à des fins géopolitiques, comme ce fut le cas lors de la Grande Révolte arabe pilotée par les Anglais contre l’Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale. Ou pour prendre un exemple plus récent, on oublie un peu facilement qu’il fut un temps où certaines femmes afghanes allaient en jupe à l’université de Kaboul dans les années 1970 (certes une infime minorité appartenant à l’élite) ; c’était avant que le pays ne soit déstabilisé par les États-Unis qui souhaitaient offrir à l’URSS son propre Vietnam. Qui peut dire ce que serait ce pays, 50 ans plus tard, s’il n’avait pas connu 40 ans de guerre ininterrompue ? À l’époque, les djihadistes étaient présentés en Occident, et accueillis à la Maison-Blanche comme des combattants de la liberté, une stratégie funeste maintes fois reprises par la suite, jusqu’à nos jours (de la Bosnie et du Kossovo, en passant par la Tchétchénie, la Libye ou au front al-Nosra ou Daesh en Syrie).

    L’intégrisme, le fanatisme ne sont l’apanage exclusif d’aucune religion spécifique. On peut aussi être un intégriste fondamentaliste de la laïcité, et la dévoyer de la même manière que les fous de Dieu, quelle que soit leur obédience, peuvent dévoyer une religion. Croire que l’on peut combattre l’intégrisme religieux en adoptant une position antagoniste et violente (même si la violence n’est en l’occurrence que symbolique, elle demeure réelle) n’est pas seulement une illusion dénuée de fondement : c’est une posture intellectuellement et humainement irrecevable, qui s’avère dangereuse, mortifère et comme le prouvent les attentats contre Charlie Hebdo ou la décapitation de M. Paty, mortelle et sans issue.

    Arno Mansouri

    [1] « Daniel Pipes, expert de la haine », Réseau Voltaire, 5 mai 2004.

    [2] Attention, je n’incite pas les caricaturistes de Charlie ni quiconque à la mettre en pratique, car cela risquerait fort non seulement de heurter la sensibilité des Chrétiens partout dans le monde, mais de déclencher des émeutes, des manifestations violentes, et très probablement des morts, (que l’on se souvienne des réactions que suscita lors de sa sortie en France en 1988 le film La Dernière Tentation du Christ, du pourtant très respectueux et très catholique Martin Scorcese). En fait, la problématique peut être facilement résumée : le droit au blasphème implique-t-il de facto la nécessité ou l’obligation de blasphémer de la manière la plus injurieuse possible ?                                                                                                                                             Eric Montana       

     
     
     Source : 

    https://www.voltairenet.org/article211344.html

  • ♦ La Palestine et le trot empressé de la normalisation - MammAfrica
    http://omarsellami.eklablog.com/la-palestine-et-le-trot-empresse-de-la-normalisation-a20450914

    Le constat est évident. La normalisation des relations entre Israël et le Maroc, dernier pays arabe en date à avoir franchi le pas, est un coup de poignard dans le dos des Palestiniens. Depuis le début des années 2000, la position officielle des membres de la Ligue arabe était pourtant claire : pas de normalisation sans restitution des territoires occupés. Autrement dit la paix et la sécurité contre la possibilité d’un État palestinien viable, possédant une continuité territoriale et avec Jérusalem-est pour capitale. Rien de plus et rien de moins que ce qu’exigent nombre de résolutions des Nations Unies.

    La corbeille de mariée offerte au Maroc semble bien garnie : reconnaissance par les États-Unis de sa souveraineté sur le Sahara Occidental - reconnaissance qui va à l’encontre des résolutions des Nations-Unies -, promesses d’investissements (qui en profitera ?) et livraison de matériel militaire (pour en faire quoi ?). Mais Rabat, comme les Émirats arabes unis, Bahreïn ou le Soudan (dont on n’est plus très sûr qu’il veut vraiment normaliser ses relations avec Tel Aviv), n’a obtenu aucun geste, aucune compensation pour les Palestiniens. Cela rappelle un peu les accords de 1978-1979 entre l’Égypte et Israël, quand feu Anouar Sadate n’avait, en réalité, qu’un seul objectif : récupérer le Sinaï.

    En réalité, ces normalisations, ces empressements à officialiser des relations qui, de toutes les façons existaient déjà, ne changent rien à la situation qui prévaut à Gaza et en Cisjordanie. Blocus total pour la première malgré une situation humanitaire catastrophique, occupation de fait pour la seconde avec grignotage constant de territoire palestinien. En deux décennies et demie, le nombre de colons installés dans ce qui est censé être l’État palestinien atteint le record de 400 000 personnes, 600 000 si l’on inclut Jéruslam-est. Pour jeter un petit os à ses nouveaux amis, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a indiqué que le processus d’annexion de ces colonies est « gelé ». Pas question de démantèlement... Et, on en fait le pari, le « gel » durera quelques semaines mais déjà on apprend qu’ici et là de nouvelles constructions sont prévues. Rappelons, encore une fois, que les Nations Unis considèrent ces colonies comme illégales au regard du droit international.

    Ces normalisations font prendre conscience que le « processus de paix » né des accords d’Oslo est une fable. C’est une arnaque dont le seul résultat tangible est le mitage de la Cisjordanie. Si l’État palestinien devait exister aujourd’hui, en tenant compte des colonies, des routes interdites aux Palestiniens et des assises territoriales des « implantations » dont personne ne connaît l’étendue sur le plan géographique et administratif (les Israéliens considèrent qu’une colonie va bien au-delà de ses bordures extérieures), il ressemblerait à un archipel indonésien. Des centaines de petits bouts de terre qu’il serait matériellement impossible de connecter les uns aux autres sans l’aval israélien.

    L’autonomie palestinienne dont on parle tant pour faire croire que nous avons affaire à un conflit entre parties égales est une chimère. La seule capacité de décision de Mahmoud Abbas, l’indéboulonnable président de l’Autorité palestinienne (à quand des élections ?) est de museler son propre peuple au nom de la coopération sécuritaire avec Israël. Laquelle coopération sécuritaire n’a certainement pas été suspendue malgré les évolutions récentes. Les pantouflards de l’Autorité y auraient trop à perdre. Demain, dans le meilleur des cas, ce semblant de gouvernement aura peut-être le droit de régner sur quelques bantoustans - les grandes villes palestiniennes - mais sans souveraineté et certainement sans aucun droit de regard sur les colons israéliens. Naplouse ou, plus encore, Hébron, où quelques milliers de colons imposent leur loi à la population palestinienne, sont de véritables cas d’école en la matière.

    L’absence de relations diplomatiques entre les pays arabes et Israël visait à se garder un élément de négociation. Dans un monde globalisé, Tel Aviv sait que son économie aurait beaucoup à gagner dans un ensemble régional qui lui serait enfin accessible. De quoi obtenir des concessions. Mais au-delà de l’aspect économique, il est un fait paradoxal dont on parle peu : c’est la fascination qu’exerce le monde arabe sur une partie de la population israélienne. Pour une bonne partie d’entre-elle, c’est le mystère des origines, la part de soi qui a été perdue. C’est aussi ce qui manque pour asseoir définitivement la reconnaissance internationale de son pays. Colloques, réunions internationales, compétitions sportives, camp de scouts : n’importe quelle personne venant du monde arabe et ayant croisé des Israéliens lors de ces événements peut en témoigner : la recherche du contact, la sollicitation, vient presque toujours d’eux. En s’engageant dans la cavalcade sans pudeur aucune de la normalisation, référence au fameux poème de Nizzar Qabbani (« El-Mouharwiloune* »), Rabat comme ses pairs se prive d’un atout qui aurait été utile en cas de négociations sérieuses avec Israël. Encore faudrait-il qu’il y en ait ou qu’il existe une volonté arabe de continuer à peser sur ce dossier ().

    Quid alors du cas algérien ? Si la majorité de la population continue de soutenir les Palestiniens, certains, de guerre lasse ou par calcul, proclament leur désintérêt. Il faut dire que cela ne concerne pas que les citoyens anonymes. A la fin des années 2000, déjà, une délégation de représentants de partis membres de l’Organisation de libération palestinienne (OLP) s’était vue opposer une fin de non-recevoir par les autorités algériennes sollicitées pour mener une conciliation entre le Fatah et le Hamas. Cela fait deux décennies, trois en comptant les années 1990, que l’Algérie n’a pas fait grand-chose pour les Palestiniens. On dira que nous avons d’autres chats à fouetter. On dira aussi, en reprenant, sans peut-être s’en rendre compte, un argument de la propagande sioniste, qu’il y a d’autres drames dans le monde qui méritent eux-aussi un engagement.

    Sauf que la Palestine est une injustice infinie. Une question de respect du droit international et une affaire de décolonisation. Cela exige de la solidarité mais aussi une vigilance extrême pour ne pas en faire un combat religieux - car tel n’est pas le cas - ou pour ne pas verser dans l’antisémitisme. Savoir ce qui se passe vraiment en Palestine est la condition qui accompagne le refus de la normalisation. Lire, comprendre, s’informer est une obligation car les incantations de soutien ou l’agitation de drapeaux ne suffisent pas. C’est savoir, par exemple, que, contrairement aux bêtises relayées par certains internautes algériens ou marocains, les Palestiniens n’ont pas du tout renoncé. Ils sont dans le temps long. Ils résistent, à leur manière. Ayant deviné depuis longtemps qu’ils n’ont rien à attendre des États arabes.

    () « (...) Sont tombés, les derniers murs de la pudeur /Et nous étions heureux... et nous avons dansé / Et nous-nous sommes félicités de signer la paix des lâches / Plus rien ne nous fait peur / Plus rien ne nous fait honte /En nous les veines de la grandeur se sont asséchées ».

    (*) Lire aussi l’article prémonitoire de M. Saadoune, « Palestine trahie : après les Emirats, Bahreïn, Oman et.... le Maroc ? », 24hdz.com, 18 août 2020. Ainsi que notre article « Idylle entre les pays du Golfe et Israël », Le Monde diplomatique, décembre 2020.                                                                                                                                                                          par Paris : Akram Belkaïd                                                                   http://www.lequotidien-oran.com/?news=5296655

  • Le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste | Mounadil al Djazaïri
    https://mounadil.wordpress.com/2018/05/17/le-reve-sioniste-converge-avec-le-cauchemar-supremaciste

    Le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste
    Un texte intéressant de Lluís Bassets. Si l’article figure dans la rubrique opinion du journal El Pais, il n’en reste pas moins que Bassets est non seulement journaliste (et pas n’importe lequel) mais également directeur adjoint de ce journal espagnol pour la Catalogne.

    Lluís Bassets

    Bassets capte bien l’essentiel de ce qui se joue en ce moment en Palestine, terre où s’exerce avec une force inégalée l’idéologie agressive et suprémaciste qui domine actuellement aux Etats Unis, pays où elle n’a jamais disparu malgré les succès de la lutte pour les droits civiques. C’est la convergence de ces suprémacismes qui est au cœur du texte présenté ici.

    Comme le dit Lluís Bassets en conclusion, la Palestine est le miroir où chacun peut se regarder et où sont condensés tous les maux qui affectent le monde et l’empêchent de vivre en paix.

    Avec Netanyahou et Trump, le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste
    Par Lluís Bassets, El Pais (Espagne) 17 mai 2018 traduit de l’espagnol par Djazaïri

    La mutation est achevée. Le rêve a tourné et ne se différencie guère maintenant, 70 ans plus tard, du cauchemar Trumpien. Au moment même où des habitants de Gaza tombaient, tués par des tirs de snipers [sionistes], la fille de Donald Trump et son mari, Jared Kushner, accompagné par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, inauguraient l’ambassade américaine à Jérusalem. Douleur pour les uns et gloire pour les autres, le même jour et à seulement environ 80 kilomètres de distance.

    14 mai 2018 : inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem occupée.    Sara et Benjamin Netanyahou, Ivanka Trump et Jared Kushner

    Le statut de la ville est l’un des trois sujets majeurs d’un différend persistant (les deux autres sont la restitution des territoires occupés et le droit au retour des Palestiniens expulsés). Dans tous les plans de paix, la question de Jérusalem devait être abordée en dernier. Ce ne sera plus le cas, puisque Washington, qui avait jusqu’alors prétendu agir en médiateur honnête, l’a laissée au bon vouloir de son président.

    Trump tient ainsi sa promesse électorale. Au Moyen-Orient, on n’est pas dupe : il fait ce que veut Netanyahou, que ce soit rompre l’accord nucléaire avec l’Iran, ou reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Ce n’est pas une question de politique internationale. La seule politique qui l’intéresse est la politique intérieure des États-Unis, où il soigne son électorat avant les élections de mi-mandat au cours desquelles la majorité républicaine est en jeu au Congrès et au Sénat et l’éventualité d’une réélection à la présidence en 2020

    Le geste aura un impact international relatif. Peu de pays, et seulement de petits pays, le suivront dans la relocalisation des ambassades. Mais la répression militaire qui s’abat sur les Gazaouis est déjà de toute évidence disproportionnée. La tuerie isole encore plus Israël et détériore son image de démocratie civilisée, bien que cela ne soit guère important pour Netanyahou du moment que Trump est inconditionnellement de son côté.

    La dérive de Washington laisse un vide que personne ne comblera. La Russie ne le fera pas, qui est revenue dans la région avec des réflexes tactiques de superpuissance prudente, mais sans la capacité d’agir comme un médiateur honnête. C’est encore moins le cas de la Chine, pas encore mûre pour agir comme une superpuissance mondiale. Ce n’est pas le cas non plus de l’Union Européenne qui, comme l’a souligné Jeremy Shapiro dans Foreign Affairs, manque d’unité et de volonté (« Pourquoi Trump peut-il tranquillement ignorer l’Europe ? Ses dirigeants s’empressent de condamner mais n’agissent jamais »).

    Selon Netanyahou, également maître dans l’art de l’inversion du sens, Trump a fait l’histoire dans un grand jour pour la paix. C’est pourquoi il donnera son nom à une place, à une gare et même à un club de football, le Beitar Jerusalem qui ajoutera le nom du président à son nom.

    La lumière parmi les nations est maintenant un miroir du monde. De l’unilatéralisme, du désordre international, du bellicisme, et aussi des inégalités, de l’injustice, de la discrimination, de l’extrémisme, du suprémacisme. Dans ce territoire disputé, deux nations sont dans une étreinte sanglante , victimes de différents moments historiques : l’une ayant obtenu réparation et l’autre mise à terre, 70 ans ensemble, mais sans paix, sans pitié, sans pardon. Le miroir où nous regarder.

  • ♦ L’Algérie n’est plus « la chasse gardée » de la France depuis la chute de Bouteflika - MammAfrica
    http://omarsellami.eklablog.com/l-algerie-n-est-plus-la-chasse-gardee-de-la-france-depuis-la-c

    La résolution d’« urgence » sur la situation des droits de l’homme en Algérie, adoptée par le Parlement européen le 26 Novembre, au-delà de son ingérence inacceptable confirme que l’Algérie n’est plus « la chasse gardée » de la France, depuis la chute de Abdelaziz Bouteflika. Autrement ses lobbies n’auraient pas eu recours à ce procédé pour souffler à des eurodéputés de pondre un chef d’œuvre d’injonctions à fort relent colonial, aussi bien dans la forme que dans le fond.

     

    Quelque soit la politique suivie par le Gouvernement algérien et sa contestation par les citoyens et l’opposition, la construction d’un système démocratique reste une affaire interne, algéro-algérienne. Ce n’est pas seulement une question de « nif » ou d’honneur national, mais pour la simple raison qu’il ne peut y avoir de démocratie sans souveraineté et un pays sans souveraineté ne peut construire ni démocratie ni aucun projet économique et social pouvant garantir l’exercice des Libertés et des droits de ses citoyens. 

    Or, il y’a comme un jeu malsain chez les Gouvernements des pays dits développés dominants en ce concerne ces questions de démocratie et de droits de l’Homme. Ils empêchent par plusieurs voies légales ou détournées les pays sous-développés, anciennement colonisés, de décider de la gestion de leurs propres ressources pour leur développement et au profit de la majorité de leurs citoyens sous prétexte de libéralisme économique tout en dénonçant les atteintes aux droits de l’Homme. 

    Ils encouragent une « démocratie de façade » et une gouvernance mafieuse qui permettent le détournement des richesses de ces pays, mais en même temps ils envoient à leur trousse toute une multitude d’ONG financées par le multimilliardaire George Soros, le faiseur des « printemps arabe » pour faire tomber ces gouvernements autoritaires dès qu’ils s’éloignent des intérêts des pays occidentaux, de leurs oligarchies et multinationales. Ces ONG se révèlent alors comme des instruments de pression et de chantage pour que les pouvoirs autoritaires du Tiers monde restent dans le giron des plus puissants. Et la boucle est bouclée !

    Après l’indépendance, l’Algérie est resté dans la « zone d’influence » française, comme le prévoyait l’ordre néo- colonial. Ce qui signifie que tous les pays occidentaux devaient se référer à l’avis de la France avant de prendre leurs décisions concernant leurs relations avec l’Algérie. Les études, les analyses, les rapports et recommandations officiels français devaient leur tenir de références. Même sur le plan médiatique, les médias officiels français, étaient et restent la référence pour les journalistes européens dans la couverture des évènements en Algérie. 

    Hormis Houari Boumediene qui a mené une politique souverainiste, les autres mandats présidentiels notamment ceux de Chadli Bendjedid et surtout Abdelaziz Bouteflika n’ont pas adopté une politique remettant en cause la position dominante des intérêts français. Au contraire ces deux présidents étaient proches de l’Elysée. Boumediene a mené une politique indépendante basée sur l’option socialiste dans un contexte mondial où les pays du « bloc de l’Est » (Russie, Yougoslavie) venaient en aide aux pays qui venaient de se libérer du colonialisme. Suite à la mort (suspecte) de Boumediene, son successeur Chadli va instaurer le libéralisme après les révoltes d’octobre 88, que certains observateurs ont qualifié de premier « Printemps arabe ». Bouteflika qui avait déjà ses entrées à l’Elysée lorsqu’il était Ministre des affaires étrangères, arrive, à la sortie d’une guerre contre le terrorisme, pour instaurer le néo libéralisme qui va faire saigner l’Algérie. 

    Durant les quatre quinquennats de Bouteflika qui allait plusieurs fois par an à Paris alors qu’il n’a jamais visité un pays africain, la France était privilégiée, ses entreprises favorisées dans les projets d’investissement et les oligarques algériens proches du clan présidentiel transféraient des sommes d’argent colossales, illégalement, pour investir dans l’immobilier et le commerce à Paris. Les lobbies français présents au sommet de l’Etat, des ministres, bi- nationaux corrompus comme Abdeslam Bouchouareb, sabotaient les projets avec les partenaires d’autres pays européens ou asiatiques pour les attribuer aux sociétés françaises. C’était la lune de miel entre Alger et Paris. C’est pourquoi durant les 20 ans de règne de Bouteflika, on a rarement entendu les critiques et les rapports concernant sa démocratie de façade installée par la corruption qui s’est répandu à tous les niveaux ! 

    C’est ce qui explique le soutien apporté par Paris à tous les mandats de Bouteflika, y compris le cinquième mandat et la prolongation d’une année de transition du 4ème mandat, avant de changer de fusil d’épaule et de soutenir le Hirak qui a affirmé qu’il ne voulait « ni de Abdelaziz ni de Saïd ». Quand le Hirak s’est imposé et que l’armée a lâché Bouteflika et qu’elle ne voulait pas entendre d’un mandat par procuration pour son frère Saïd. Le scénario d’un fauteuil pour deux présidents qui était soutenu par Paris, n’a pas fonctionné non plus. 

    Des lobbies français infiltrés au sein du mouvement populaire du 22 Février ont alors tenté de pousser celui-ci à la violence afin de provoquer des affrontements avec l’armée qui sera fustigée à travers des slogans comme « Etat civil et pas militaire » ou encore « les généraux à la poubelle ». Mais ce scénario du « chaos » ou « printemps arabe », a aussi capoté grâce à la vigilance et la maturité du peuple algérien qui est resté pacifique et dénonçait toute ingérence qu’elle vienne de l’Occident (France USA) ou de l’Orient (Emirats arabes Unis, Qatar, Arabie Saoudite) que Bouteflika avait ramené de son exil doré aux EAU. 

    Cette nouvelle tentative à travers le Parlement européen, confirme bien que les plans de l’Hexagone n’ont pas fonctionné et que l’Algérie n’est plus la chasse gardée de la France depuis la chute de Bouteflika. Le nouveau Pouvoir n’est pas dans les bonnes grâces de Paris, probablement pour avoir refusé d’accéder à des certaines demandes de l’Elysée en matière économique et sécuritaire, en faisant prévaloir les intérêts nationaux de l’Algérie. Car c’est connu quand un gouvernement défend les intérêts de son pays et non ceux de la France-Afrique, Paris fait tout pour le renverser comme on le voit dans la plupart des pays d’Afrique. C’est la guerre coloniale qui se poursuit sous d’autres formes. 

    La démocratie ne s’exporte pas. Ceux parmi les Algériens qui pensent que les français qui luttent en ce moment pour leurs propres libertés, ou les américains (en ce moment en prise avec leur démocratie éclaboussée par les accusations de fraude électorale) peuvent leur donner la recette miracle pour construire un système politique démocratique, se trompent. C’est avant tout un système qui doit être pensé et mis en pratique par les Algériens et pour les Algériens, en partant de leur propre expérience. 

    Les Algériens qui approuvent cette « démocratie importée » sans doute parmi les jeunes influencés par les médias et les réseaux sociaux pensant sans doute que cela leur permettra de bénéficier de tous les bienfaits du monde moderne ici et maintenant, devraient poser la question aux jeunes des pays qui ont applaudi à « La démocratie exportée » comme la Lybie voisine, la Syrie, le Yémen pour savoir ce qu’ils en pensent. Une dizaine d’année après « le Printemps arabe » de 2011, censé libérer les peuples de leurs autocrates et faire respecter la liberté et les droits de l’Homme, c’est toujours la guerre ou des conflits larvés. La démocratie n’est pas une marchandise qui s’exporte comme une usine clef en main ou un costume prêt à porter. 

    Ces jeunes algériens savent-ils que les amazighs ont inventé la démocratie bien avant les européens. « Tajmaath », cette démocratie villageoise, « directe », « républicaine » dans les villages kabyles, alors inconnue en Europe, a suscité l’intérêt des chercheurs et observateurs français et européens, dont le célèbre Karl Marx. Celui-ci décrit cette organisation villageoise, comme « un exemple concret du socialisme » de ses rêves. C’est ce qu’il écrit dans ses « Lettres d’Alger et de la Côte d’Azur » rédigées en 1882, suite à son voyage à Alger (du 20 février au 2 mai). Il devait se rendre en Kabylie pour étudier cette organisation qui remonte au 18ème siècle, mais la maladie l’en empêcha. 

    Ces jeunes algériens qui confondent « solidarité des peuples » et ingérence étrangère ont t-il remarqué le caractère méprisant et donneur de leçons aux « indigènes » que nous restons à leurs yeux, par ces députés et surtout le caractère sournois et diviseur de leur texte en parlant « d’ethnies » et de « minorités » opprimées, pour s’attaquer à la cohésion nationale, ce qui montre bien leur mauvaise intention. Ces députés oublient que la nation algérienne a été unifiée depuis plusieurs siècles et soudée par le sang versé par le peuple algérien sur tout le territoire national, pour se libérer de la colonisation française. 

    La démocratie n’est pas une construction ex nihilo, elle prend racine dans les luttes de chaque peuple, dans son histoire, son économie, sa culture. Les peuples européens ont mis des siècles pour construire leur système démocratique et aujourd’hui ils sont eux-mêmes en lutte pour défendre leur souveraineté nationale contre la « machine bureaucratique » de Bruxelles où nombre de députés ont oublié les intérêts des travailleurs et de leurs concitoyens pour se transformer en défenseurs des multinationales et des super milliardaires du Capitalisme financier mondial partisans d’un « Nouvel ordre mondial ».

    Ce nouvel ordre mondial signifie la fin des Etats –nations, que l’on cherche à détruire au moyen des opérations de type « Printemps arabe », la fin de la souveraineté nationale pour chaque pays, la disparition des frontières, la fin des Gouvernements nationaux et leur remplacement par un Gouvernement mondial –qui ne sera pas élu démocratiquement mais désigné par les plus riches alors adieu la démocratie et la liberté pour toujours ! 

    A Paris des milliers de manifestants se sont insurgés et réprimés Place de la Bastille pour rejeter le projet de loi contre « la sécurité globale » de Macron. Et que fait le Parlement européen pour défendre ces citoyens ? Il s’occupe de l’Algérie ! 

    Cependant il faut remarquer, par un curieux hasard, que ce nouvel épisode de l’ingérence européenne dans les affaires internes algériennes intervient dans un contexte régional explosif à la frontière Ouest du pays avec la guerre qui a éclaté entre la RASD et le Maroc, peu de temps après l’apparition d’un nouvel acteur dans cette région, les Emirats arabes unis (EAU), qui ont installé un consulat à El- Ayoun (Sahara occidental occupé). 

    Pourquoi un tel consulat dans un territoire occupé où il n’y a aucun ressortissant de ce pays qui pourrait justifier une présence diplomatique ? Ce geste, qui n’a pas pu se faire sans l’aval de Paris et d’Israël, tous deux très influents au Maroc a été interprété par les observateurs comme une manœuvre ciblant l’Algérie qui avait critiqué la normalisation des relations entre certaines monarchies du Golfe, dont les EAU, avec Israël. 

    Que cherche l’axe France- Israël-EAU dans cette région de l’Afrique du Nord ? Maintenir la stratégie de la tension pour réaliser un autre « Printemps arabe » comme celui qui a détruit la Lybie et déstabilisé la Tunisie avec l’aide des partis islamistes ? Provoquer l’Algérie pour l’amener à entrer dans une guerre avec le Maroc alors qu’il s’agit d’un conflit entre ce dernier et la RASD ? 

    Couper l’herbe sous les pieds du Président Abdelmadjid Tebboune qui avait appelé à un rapprochement entre Alger et Rabat, en déclarant que « l’Algérie n’avait pas de problème avec le Maroc. Et si c’est le cas qu’ils viennent le poser ». La cause du Sahara occidental, est une question de décolonisation posée au niveau de l’ONU », solution que le roi Hassan II avait approuvée en 1989. 

    Le peuple sahraoui qui a patienté depuis 1991 a décidé de reprendre les armes après l’attaque marocaine rompant le cessez –le feu à El-Guerguerat, mais ce n’est pas de gaité de cœur, comme l’ont déclaré ses dirigeants, mais pour défendre ses droits reconnus internationalement. Cela fait plusieurs années d’ailleurs que le Polisario avait menacé de reprendre la guerre en raison du statut quo maintenu par le Maroc et l’inertie de l’ONU. C’est une injustice que les partisans de la paix doivent réparer sans plus tarder. 

    Une guerre algéro -marocaine n’est pas dans l’intérêt des deux peuples unis par des liens familiaux et historiques. Ils ne doivent pas céder aux provocations. Il faut convoquer la sagesse et la raison, laisser la diplomatie faire son travail, pour éloigner le spectre d’une guerre fratricide dont ne tireront profit que les anciens et nouveaux colonisateurs de l’Afrique et leurs zélés serviteurs. 

    Houria Ait Kaci

    Journaliste                                                                                 L’Algérie n’est plus « la chasse gardée » de la France depuis la chute de Bouteflika | Algérie 1 (algerie1.com)

  • L’indépendance de la justice à la lumière du cas Abdelaziz Bouteflika – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/07/15/lindependance-de-la-justice-a-la-lumiere-du-cas-abdelaziz-bo

    J’avoue que cette réflexion m’a été inspirée en regardant l’interview donnée par le président de la République à la chaîne française France 24 à l’occasion de la fête de l’Indépendance de notre pays. Interview où il a soufflé le chaud et le froid, laissant planer une impression désagréable de superficialité, d’être resté sur notre faim sur la plupart des sujets abordés, notamment celui de la nécessité de juger ou non le président déchu Abdelaziz Bouteflika qui, aujourd’hui, nous intéresse le plus.

    En effet, à un certain moment d’une interview très policée et très tranquille, le journaliste a demandé au président de la République « s’il fallait ou non juger Abdelaziz Bouteflika ? » Et là, A. Tebboune a eu des réponses ô combien ambiguës. Je le cite : « Je peux vous donner un ordre de faire rapidement passer ce marché, mais vous en profitez pour en abuser… », a-t-il déclaré ou « si la justice le demande, c’est son affaire, mais pour le moment, il n’en est pas question ».

    Cette attitude timorée, floue par moment, ambiguë par d’autres, est à mon sens à contre-courant des aspirations de justice portées par le peuple algérien pendant plus d’une année et cela pour plusieurs raisons. Doit-on comprendre que toutes les affaires de corruption, de dilapidation et de mise à sac de notre économie sont des accidents de parcours dus à des « abus de la part d’exécutants » peu amènes ? Remarquez le terme « abuser » utilisé au lieu de corruption, détournement, crime économique ….

    Et à partir de là, peut-on comprendre que le président de la République a absous son prédécesseur et a décidé que ce sont les exécutants, comme il le dit, seuls responsables ? Peut-on imaginer un instant que ce qui était devenu une marque de fabrique de la gouvernance de Abdelaziz Bouteflika soit due uniquement à des exécutants véreux et que celui qui se vantait de détenir tous les pouvoirs entre ses mains ne soit pas au courant ou n’est pas responsable comme semble vouloir nous le faire croire M. A. Tebboune ? Difficile à admettre. Peut-on parler de justice impartiale et indépendante quand tous les anciens responsables, ministres, premiers ministres, patrons, hauts responsables jugés pour corruption montrent du doigt Abdelaziz Bouteflika et ne cessent de répéter au tribunal qu’ils n’ont fait qu’obéir à ses ordres ou appliquer son programme et que cela n’entraîne aucune réaction des juges qui font semblant de n’avoir rien entendu ? Assurément pour le moins que l’on puisse dire, cela pose problème.

    Et si tel est le cas, tous ces procès et les condamnations à de lourdes peines de ces hauts responsables seront entachés à jamais d’une injustice et d’un manquement grave que l’histoire retiendra. Quels que soient les crimes imputés à ses hauts responsables, nous nous devons de leur assurer des procès équitables et faire entendre l’ancien président déchu par la justice fait partie de cette équité.

    Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que ce ne sont ni des partis politiques croupions ni une autre force constitutionnelle aussi puissante soit-elle, qui ont permis de dégager le système Bouteflika et de faire de vous le premier magistrat du pays. C’est le hirak et cela personne ne doit l’oublier. Et justement, une des revendications premières de cette révolution populaire pacifique unique dans notre histoire, était de « juger la issaba », toute la « issaba ».

    Alors peut-on juger une bande et accorder, pour des raisons obscures, l’immunité à son chef, celui qui donnait les ordres. C’est tellement contre toute logique que cela sent le deal et une justice qui ne se met en branle que sur injonction des puissants du moment encore une fois. Non Monsieur le Président, la corruption n’était pas un accident de parcours du règne de Abdelaziz Bouteflika, elle est due à des fonctionnaires véreux et malhonnêtes. N’est-ce pas lui qui avait imposé une nouvelle mouture du code des marchés (Journal officiel n° 52 du 28 juillet 2002) qui ouvrait un boulevard de gré à gré et à la corruption ? Le dernier alinéa de l’article 37 de ce nouveau code stipulait « le service contractant à recours au gré à gré simple exclusivement dans les cas suivants quand il s’agit d’un projet prioritaire et d’importance national ». Sans donner aucune définition ni précision de ce qu’on entendait par projet prioritaire ou d’importance nationale pour pouvoir éviter les dérives. Et évidemment, ce qui devait arriver arriva, une corruption tous azimuts .

    Le scandale de l’affaire Khalifa est resté lui aussi comme une tache noire et un symbole de l’iniquité d’une justice aux ordres qui punissait les faibles et protégeait les puissants. Des dizaines de ministres, hauts cadres et proches de Abdelaziz Bouteflika ont été cités dans ce procès du siècle mais n’ont jusqu’à ce jour jamais été inquiétés et cela malgré toutes les promesses de les juger par la Cour suprême qui nous ont été faites à l’époque. Seuls les lampistes ont été jugés et condamnés. Qu’a fait A. Bouteflika qui, faut-il le rappeler, était au sommet de sa puissance et se targuait de ne pas être un trois-quart de président pour mettre fin à ce scandale judiciaire ?

    Dès sa prise de pouvoir en 1999, n’avait-il pas dit : « Je suis le chef du gouvernement le patron de la télé, le directeur de l’agence de presse officielle… » Combien d’affaires de corruption et de dilapidation de deniers publics touchant ses ministres ou ses proches ont été, avec moult détails, étalées pendant des jours à la une des journaux sans que le Président déchu ne bouge le petit doigt pour que justice soit faite ? Au contraire, il a couvert tout cela du manteau de l’impunité tissé dans le mépris profond qu’il vouait à la presse et à son peuple. Qui a catapulté un certain Amar Saadani, homme inculte et corrompu à la tête de l’auguste APN en faisant de lui le troisième personnage du pays !
    Pire encore, n’oublions pas le limogeage brutal de l’actuel ministre de la Justice qui avait osé, à l’époque en tant que procureur général, lancer un mandat d’arrêt contre un de ses proches, en l’occurrence le tristement célèbre Chakib Khelil pour ne pas le nommer, très vite ex-filtré d’ailleurs hors du territoire pour ne pas répondre de ses actes devant la justice. Cette liste est loin d’être exhaustive, mais c’est pour dire encore une fois que la mise à sac du pays et la destruction de ses institutions n’étaient pas un accident de parcours mais un mode de gouvernance chez Abdelaziz Bouteflika. Et vouloir lui accorder l’immunité aujourd’hui serait en quelque sorte une manière de renouer avec les pratiques d’un passé qu’on espérait révolu à jamais.

    Pour mieux cerner le personnage, n’oublions pas aussi dans quel état d’esprit de revanche et de mépris vis-à-vis de son peuple il était avant et après avoir été élu à la fonction suprême en 1999. Le journaliste Farid Allilat, auteur du livre biographique Bouteflika, l’histoire secrète rapporte qu’une fois élu à la magistrature suprême et faisant allusion à sa condamnation par la Cour des comptes en 1983 pour détournement de fonds publics, il aurait dit à ses proches : « Ils m’ont traité de voleur ? J’en ferai tous des voleurs !!! »
    D’aucuns seront tentés peut-être de nous accuser de vouloir tirer sur une ambulance. Ceci n’est sûrement pas le cas, car nous avions déjà et à de nombreuses reprises dénoncé la corruption et la gouvernance du système Bouteflika dans des contributions parues dans les journaux (Le Soir d’Algérie des 12.8.2013, 6.2.2016, 16.4.2016, 7.11.2016 et El Watan des 15.4.2014, 12.3.2019…) et la liste n’est pas exhaustive. Ceci fait qu’aujourd’hui, nous sommes tout à fait à l’aise pour en parler et demander que justice soit faite à ce pays.

    Nous assistons depuis des mois à une situation tout simplement incroyable, inédite, du jamais vu dans aucun pays ! Premiers ministres, ministres, grands patrons, hauts gradés, frère du président, tout ce beau monde jugé et condamné à de lourdes peines avec une célérité qui en a étonné plus d’un. Oui, on avait tellement soif de justice qu’on a bien voulu croire au miracle d’un système judiciaire qui avait, du jour au lendemain, retrouvé à la fois à la vue, l’audition, sa conscience et son impartialité perdues pendant des décennies. On a fait taire en nous cette petite voix qui essayait de nous dire de nous méfier des miracles. Mal nous en a pris, car très vite on a compris aussi qu’apparemment cette prise de conscience était sélective et qu’une ligne rouge à ne pas dépasser a été tracée par un mystérieux arbitre avec comme mot d’ordre : pas touche au chef de bande !

    Il serait pour le moins catastrophique pour notre pays que cette illusion de justice indépendante retrouvée à laquelle on voulait croire, ne soit tout simplement qu’un mirage, un changement dans la forme uniquement, ou tel donneur d’ordre est remplacé par un autre.
    Il est très important pour l’équité de tous ces procès et la réputation de la justice de juger celui vers qui tous les doigts accusateurs convergent aujourd’hui. Juger sans esprit revanchard bien sûr et sans chercher à humilier qui que ce soit, comme cela a été malheureusement le cas pour Ahmed Ouyahia qui, quoi qu’on puisse penser de lui, se devait d’ être préservé dans sa dignité d’homme. On ne doit pas faire ce qu’il a fait aux cadres qu’il a injustement mis en prison et brisé à jamais, sinon il n’y aura aucune différence morale entre nous et lui.

    Non, la justice doit rester sereine et juste.

    Juger Abdelaziz Bouteflika est important pour le symbole, pour l’exemple, pour réaffirmer que nul n’est au-dessus de la loi, donner un gage de rupture avec l’ancien système et réaffirmer que la justice ne peut accepter de deal. Cela nous permettra de ne pas en douter de tourner définitivement la page dramatique du règne de Abdelaziz Bouteflika. Mais que ce soit clair, juger Abdelaziz Bouteflika ne veut pas dire l’emprisonner obligatoirement. Certes, cette justice dont l’indépendance est malheureusement sérieusement mise en doute déjà à cause des détenus d’opinion doit être juste, sereine mais aussi humaine.

    A. Tebboune dit que pour le moment, il ne voyait pas l’intérêt de juger Abdelaziz Bouteflika. Les dangers de ce déni de justice sont grands à mon avis. En effet, qui continuera à croire en l’indépendance d’une justice qui ne veut même pas entendre un homme vers lequel tous les doigts accusateurs convergent et qui en même temps ne peut s’empêcher de continuer à emprisonner à tour de bras des jeunes et moins jeunes uniquement pour leurs opinions dérangeantes pour le pouvoir en place ?

    Comment ne pas penser alors que Abdelaziz Bouteflika est protégé et qu’un deal entre les clans au haut sommet de l’Etat lui permet de continuer à couler des jours tranquilles aux frais du contribuable ? Comment ne pas donner du grain à moudre à tous ceux qui pensent que rien n’a changé et que le système s’est régénéré par lui-même ? Certes, juger un vieillard impotent et malade peut paraître peu glorieux, mais il est dit aussi qu’ il y a des indulgences qui sont tout simplement un déni de justice (Joubert. J).

    Que ce soit pour les détenus d’opinion ou pour le cas Abdelaziz Bouteflika, on a l’impression que pour le moment, le Président A. Tebboune tient comme le dit un adage bien de chez nous « le bâton par le milieu », en espérant pouvoir continuer à se cacher derrière son petit doigt. Espérons que sa main puisse glisser et tenir le bâton par le bon bout qui nous permettra d’exorciser les drames qu’a vécus notre pays. Car il est dit, là aussi, que « gouverner c’est maintenir les balances de la justice égales pour tous »

    (F. D. Roosevelt). Osons espérer aussi que l’apaisement dont parle souvent le président de la République ne soit pas un slogan creux et se traduise dans les plus brefs délais par la libération effective et immédiate de tous les détenus d’opinion. Ce n’est qu’à ces conditions qu’on arrivera peut-être à retisser ce lien de confiance rompu entre les citoyens, la justice de leur pays de même qu’avec leurs gouvernants. Constitutionnaliser le hirak comme vous le proposez Monsieur le Président, c’est bien, l’écouter c’est mieux.

    Par Djidjeli Nacer , Professeur de chirurgie pédiatrique

    Source : elwatan.com

  • La nationalité de l’ombre - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/la-nationalite-de-l-ombre-8.html

    « En nationalité, c’est tout comme en géologie, la chaleur est en bas ; aux couches inférieures, elle brûle ». Jules Michelet

    Le temps d’un peu plus d’une semaine a consigné la juxtaposition d’un ministre manqué, bi-nationalisé français et le retour de France d’une mémoire de résistance enfouie dans des crânes entreposés dans l’oubli depuis 170 ans.

    Avait-il eu un chagrin à voir ces probes symboles de dépouilles sans corps venir de si loin, de là où il avait élu statut et domicile ? Certainement, oui. Il doit avoir produit des pleurs intérieurs et silencieux. L’on ne peut d’un revers de signature anéantir ainsi les graines radicales qui ont fait du brin herbacé une tige qui croît joyeusement et croit que tout est permis. L’appel anonyme et incontrôlable vous happe et vous désarme par-devant tous les justificatifs, toutes les parodies et tous les nouveaux rôles. Le « moi », resurgit à chaque instant que l’on y pense.

    Il n’y a pas d’affaire, il y a juste une longue histoire d’antécédents, de légitimité et aussi de casting. Le sieur qui d’ailleurs ne remplit pas l’œil en tous ses angles n’était pas un choix idoine. Il était en face d’un devoir légal. Renoncer à un statut juridique ne disqualifie pas l’attachement intime à la matrice de ce statut. Certes, le patriotisme ne s’exprime pas par un bout de papier. Il ne peut être mis en cause par une quelconque procédure en quête d’un hypothétique bien-être. Le sieur est libre de se positionner dans ce en quoi il est convaincu. S’il cherche l’ombre, il ne peut prévaloir une origine.

    Être ministre c’est avoir une parcelle de souveraineté, c’est faire une partie de l’Etat national, être au parfum des hautes institutions, avoir parfois accès, selon leur classification à des dossiers sensibles. Presque frappés du sceau du secret, quoiqu’en ces temps qui courent tous les secrets finissent par s’éventer. A ce niveau là, on ne na pas à jouer un double jeu. Ou l’on est avec une équipe ou l’on est avec l’autre. Par contre, en dehors de ceci, toute autre attitude est plausible.

    Et puis ce poste ne rime à rien. On la bien essayé avec un certain effacé Sahli. Il correspondait à une lucarne gouvernementale avec vue sur mer. Voire une minuscule succursale sous étreinte restreinte de l’envahissant département des affaires étrangères. Quelques doléances par-ci, quelques couacs consulaires par-là, beaucoup de voyages et de contacts et les grands problèmes de notre émigration sont toujours les mêmes. Ne faudrait-il pas, à ces fins encourager l’instinct associatif, l’esprit du lobbying et la positivité de la diaspora installée ailleurs ? Des associations fortes, comme l’était l’Amicale dans son temps pourrait suppléer à ce besoin de porte-voix d’une frange que l’on n’écoute que lors des rendez-vous électoraux.

    Par principe cardinal l’on ne rentre pas dans la tête d’une république par clandestinité. Le filtre et le scanner se devaient d’agir à priori. La nomination de ce sieur dépasse la simple erreur du formalisme exigible en pareil cas. C’est une question d’enquêtes ou de passer outre. Et puis, y a aucun mal. Il est nommé puis dégommé. Pourvu que l’autre comparse bien introduit dans le règne précédent ne puisse pas donc briguer la lucarne. Pour une grosse « tête » belle ou pas ; c’est dangereux. Elle serait également prise aux filets d’autres trucs, d’autres machiavélismes.

    La confusion que crée ce cas est à écarter de ceux nombreux où l’exclusivité de la nationalité algérienne est de .mise. Il s’agit en fait de certains postes et emplois précis par la loi consécutivement à la constitution. Certains transposent Belmadhi l’entraîneur des verts au cas du Sieur. Quand l’on saura faire la différence entre ce qui est apport technique et ce qui a rapport politique ; la compréhension se facilitera. On avait bien des coachs totalement étrangers, mais jamais de ministres.

    L’anicroche parfois n’est pas dans la couleur d’un passeport ou dans celle de sa dualité le cas échéant, elle réside toutefois dans la symbiose qui doit subsister entre le profil et l’emploi à exercer. Plusieurs de nos compatriotes inscrits à la case de la fuite des cerveaux ont eu de prestigieuses renommées notamment scientifiques en plus des signes de reconnaissances mondiales. S’ils peuvent valablement accomplir une fonction conforme intrinsèquement à leur métier quel que soit leur passeport ce ne sera qu’une une chose salutaire. Leur confier un portefeuille ministériel où la décision n’est que politique et que l’on sait être aussi une administration dévoreuse de compétences, c’est un peu les brûler, voire les émasculer.

    L’acquisition d’une nationalité suppose allégeance et loyauté aux principes fondateurs de l’Etat, de ses éphémérides, de ses référentiels constitutionnels. Il y a là, dans cette relation juridique un engagement solennel pour le respect et l’exécution des obligations civiles prévues par tous les textes en la matière. Une nationalité peut ne pas traduire expressément une identité morale ou ancestrale. Elle ne produit que des effets en termes de droits et devoirs.

    La citoyenneté est ainsi une faculté de pouvoir jouir de tous les avantages qui, toutefois ne seraient pas disponibles dans l’arsenal de la nationalité d’origine. Etre algérien et résider ailleurs sous une autre nationalité c’est éviter les formalités d’un visa d’entrée en Algérie. C’est dire qu’à l’obtention de la nationalité étrangère, l’on ne devient pas étranger dans ses gènes, ses réflexions, ses profondeurs. Y a cette croyance virtuelle, que l’on est dans le club. On a juste un passe-partout. Un masque local. On se moule dans le canevas sociétal, on s’y adapte. Le malheur ce sont ces têtes faites ici, qui d’un tour de spleen vomissent une empreinte matricielle jusqu’aux souvenirs de leur natalité. En dehors d’une religion, d’une idéologie ou d’une politique ; ils tentent de mettre en cause l’existence et la présence sur le globe du sol où ils ont lancé leur premier cri. Ils tirent sur tout ce qui se fait ici. Rien n’arrive à les satisfaire, pourtant s’ils n’ont plus l’Algérie dans le cœur, ils la gardent coincée à l’éternité dans leur tête. Du moins en guise de faire-valoir ; car ils n’ont pas renonce à leur nationalité initiale. Ils en parlent, suivent tout détail, scannent tout mouvement. En fait ils se mettent en permanence en position d’étrangers là où ils se tanguent et algériens aux frontières. Et dire, malgré l’application au point au nouveau prototype citoyen ; ils ne seront jamais dans les pures souches françaises qu’ils désiraient. Les plis acquis, le fond culturel inné, le pesant héritage mémoriel ne peuvent disparaitre, juste en ayant entre ses mains un passeport bleu. Tu peux changer de noms, de lieux et même de peau ; ca ne sera pas pour autant possible de changer de filiation, d’appartenance et de sperma-manufacturiel.

    Il y a l’assimilation à la communauté française comme support axial dans cette immersion. L’accueil dans la citoyenneté française engendre plusieurs protocoles, voire déclaration expresse et officielle et disposition morale et totale adhésion aux conditions du nouveau Club. Il est dit et transcrit quelque part : « L’acquisition de la nationalité française constitue une étape majeure dans le parcours d’intégration d’un étranger à la communauté nationale. Il serait exigé que cet événement soit accentué par une manifestation solennelle et symbolique d’accueil dans la citoyenneté française. Cette manifestation est organisée au niveau de chaque département par le préfet en présence des élus dans les 6 mois qui suivent l’acquisition de la nationalité française. La charte des droits et devoirs du citoyen français est remise à cette occasion à tous les nouveaux Français » n’y aurait-il pas un quiproquo à vouloir entonner kassamen sous le rythme de la marseillaise ? ou de hisser un tricolore dont le bleu ne puisse s’étoiler ? Sauf si tout ceci n’a rien à voir avec tout jurement, contrat, dévouement, patriotisme dans le fond et que ce n’est qu’une comédie humaine de régularisation administrative d’un séjour métropolitain allongé.

    Ainsi cette situation est à clarifier textuellement dans la prochaine constitution. Ne laisser aucune marge pour une éventuelle interprétation. Inclure des dispositions qui sérient, par sensibilité les postes supérieurs conditionnés de la sorte. Oui, je crois de mon avis personnel qu’en fait de hautes fonctions, l’exclusivité de la nationalité unique algérienne est exigible. Il y aussi des avis qui veulent étendre cette « unicité » à la résidence du récipiendaire. La résidence pourrait s’élever en un cas d’empêchement. Il y avait un ministre qui durant tout son âge plus que quinquagénaire, n’a séjourné en Algérie que deux ans de service national et quelques années, période de son office ministériel. Il était déconnecté de la réalité, de la culture du fonctionnement de la société profonde algérienne. Il était partant ; un assidu contribuable du trésor français. Et on ne lui a jamais mis en porte-à-faux son amour pour son pays d’origine. Peu importe le lieu où l’on naisse, l’importance est dans les fibres qui tissent nos souffles. Ceci n’empêche pas que l’apport des binationaux nés ici ou ailleurs est d’une primordialité accrue. Personne ne détient le droit de leur renier l’amour de la patrie à la façon qu’ils conçoivent.

    Pour ce qui est de ce député manquant de peu la peau d’un ministre , je ne pense pas qu’en s’abstenant à renoncer à sa bi nationalité , l’on comprendra un retrait aux âmes de Massinissa ou Benboulaid et qu’il puisse subir un attrait affectif envers Vercingétorix ou Clovis beaucoup plus qu’il le ressente pour le loisir des parcs, les grands boulevards, les terrasses de cafés et l’abri assuré en cas de « on ne sait jamais ». Pas plus. Sauf si les sirènes phocéennes ou les cors franciliens claironnent un son autre que celui de sa source génétique. La constitution est sommée de régler cette dualité au seul profit du pays et de faire éviter à certains de se mettre à l’ombre d’une autre nationalité quand le front les appelle à un devoir hautement sacré.
     

    par El Yazid Dib

  • L’inquiétante tendance derrière le déplateformage de Soral et Dieudonné - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/l-inquietante-tendance-derriere-le-deplateformage-de-soral-et-dieu

    On peut pouffer du sort de Dieudonné ou de Soral lorsqu’ils se font virer de plateformes grand public. Malheureusement, ceci masque une tendance de fond, le contrôle social à la chinoise.                                                      

    Petites larmes sur les internets interlopes : on apprend par discrète voie de presse qu’Alain Soral vient d’être viré de Youtube sans autre forme de procès.

    Le pauvret, malgré plus de 180 000 abonnés à ses logorrhées vidéastes produites ces dix dernières années, n’a pas échappé à la sanction de Youtube et Google, sa maison mère, qui estiment que l’essayiste a de trop nombreuses fois enfreint les règles en vigueur sur la plateforme : voilà que ses abonnés devront se réfugier sur Daimolytion et autres plateformes qui acceptent encore ses productions pour le moment.

    Du reste, il rejoint en cela Dieudonné qui a fait, il y a une semaine, les frais de l’actuelle vague d’épuration éthique de la part de plusieurs plateformes internet, depuis Twitter jusqu’à Facebook en passant donc par Youtube ou Instagram et autres.

     
    Sans surprise, beaucoup d’associations mensongèrement présentées comme en faveur des droits de l’Homme, comme la LICRA, se sont réjouies du triste sort de ces phares de la pensée moderne :

    Il va de soi qu’en France, personne ne s’étonnera des frétillements de ces associations, massivement subventionnées par le contribuable qu’il soit d’accord ou non avec leurs agendas tortueux et leurs prises de positions délicieusement diaphanes lorsque les victimes ne sont pas de la bonne couleur ou de la bonne religion : pour elles, la lutte pour les droits de l’Homme ne comprend pas celle de la vraie liberté d’expression, qui comprend celle de dire d’immondes âneries.

    Car ces associations ont, elles, compris exactement les limites de cette liberté d’expression qui ne peut s’entendre que largement corsetée par des lois qu’elles aident amplement à écrire, leur subtile sagesse et leur morale d’airain guidant leurs mains expertes et celles des députains qu’elles cornaquent.

    Il va aussi de soi – mais va toujours mieux en le rappelant – que les plateformes en question sont d’autant plus libres de virer ceux qu’elles n’aiment pas que les services d’hébergement qu’elles offrent sont généralement gratuits, que ce sont des entreprises privées et que l’impétrant qui y dépose ses petites vidéos le fait en acquiesçant explicitement aux conditions d’exploitations. Dès lors, à cheval donné, on ne regarde pas les dents et tant pis lorsque le couperet tombe.

    De surcroît, il sera difficile de nier que certains des propos tant de Soral que de Dieudonné, éminemment sulfureux, sont actuellement comme du vitriol sur les nombreuses petites plaies de tout ce que la ouin-ouinosphère compte de guerriers de la justice sociale éparpillés sur les réseaux sociaux et systématiquement en lutte contre les méchants, la haine et ces visions du monde qui heurtent leur sensibilité de fleur frêle : leurs petits cris stridents a fini par atteindre Google qui les aura promptement exaucés.

     

    Malheureusement, tout ceci illustre une tendance fort inquiétante qui culmine ces derniers mois, tendance dans laquelle le mouvement Black Lives Matter n’est que la partie émergée et virulente la plus visible et, paradoxalement, pas la moins difficile à canaliser. La partie immergée, elle, est beaucoup plus grande, pernicieuse et aux conséquences beaucoup plus graves.

    On observe en effet qu’à côté des mouvements violents prétendument antiracistes et qui tournent objectivement au pillage pur et simple, se développent des phénomènes de meutes dans lesquelles l’individu sera gommé au profit d’une pensée unique, extrêmement simpliste et binaire où celui qui émet des réserves, cherche la nuance, sera immédiatement assimilé à l’ennemi : celui qui rappelle qu’un mouvement de défense des Noirs ne doit pas devenir un mouvement d’oppression des Blancs est immédiatement taxé de raciste ; celui qui rappelle que tous les hommes ne sont pas des violeurs sera taxé de machiste ; celui qui rappelle quelques bases évidentes de la biologie sexuelle se voit taxé de transphobe sans nuance ; etc.

    Cette tendance de cliques, de meutes qui s’abattent sur les individus qui émettent des opinions différentes permet ainsi de mobiliser rapidement des troupes pour faire pression auprès des plateformes et d’éjecter ceux qui ont le malheur de penser de travers.

    La subtilité des opérations consiste à choisir d’abord les cibles les plus évidentes, ceux dont l’écrasante majorité ne pleurera pas la disparition des canaux les plus visibles. On commence donc par sucrer les voix les plus désagréables et personne ne dit rien parce que, soyons clair, tout ce qui était dit était outrancier, choquant, vilain, etc. Dieudonné et Soral rentrent admirablement bien dans cette confortable catégorie.

    Après ces voix infâmes, la vindicte populaire – jamais rassasiée – et les minorités collectivistes – jamais satisfaites – se tournent vers ceux qui ne sont pas infâmes mais suffisamment irritants. Bien évidemment, des protestations seront émises, car, voyez-vous, « le débat est sain »… Même si, à la fin, les irritants seront effectivement tus.

    L’étape suivante est évidente, et les mêmes hordes affamées se jetteront sur les opposants seulement vocaux. Ils n’ont pas besoin d’être vraiment irritants, ils ont juste besoin d’être opposés, d’émettre des avis contraires et qu’ils soient vaguement entendus.

    C’est plus compliqué pour ceux qui restent calmes, qui sont construits dans leurs argumentations, en ce qu’ils sont plus difficiles à faire tomber dans l’injure, l’expression malheureuse ou le mot de trop, mais, petit à petit, les uns après les autres tomberont, eux aussi. En appuyant suffisamment fort sur les bonnes personnes dans les médias, les partis politiques, les réseaux sociaux, on finit toujours par y arriver. Pour rappel, Mila n’a toujours pas retrouvé d’établissement scolaire, et ses harceleurs ne sont toujours pas condamnés…

    Et là, les protestations se font de plus en plus discrètes : beaucoup ont compris, à ce moment, qu’un mot malheureux, mal interprété, peut leur couper l’accès. Lorsque le média ou la plateforme représentent une source importante de revenus, la corde est raide et lorsque les meutes s’acharnent aussi sur les employeurs, il n’y a plus guère de marge de manœuvre. Les protestations disparaissent alors complètement, la peur de chacun de se retrouver subitement sans emploi, poursuivi par des hordes de petits kapos sans nuance, aidant grandement à faire passer le message : « taisez-vous, ou sinon… »

    L’étape d’après est malheureusement connue puisqu’il s’agira non plus de dénoncer, poursuivre puis « déplateformer » voire faire licencier ceux qui s’opposent, vocalement ou non, mais de faire cela à ceux dont on soupçonne seulement qu’ils pourraient penser s’opposer…

    Regardez autour de vous, regardez les lois que nos États passent ou tentent de passer, écoutez les discours tenus par les médias officiels : le doute n’est plus permis et la direction prise fait froid dans le dos.

    Oui, par une schadenfreude un peu facile, on peut pouffer du sort de Dieudonné ou de Soral lorsqu’ils se font ainsi virer de plateformes grand public. Malheureusement, ceci masque la tendance de fond qui, elle, s’installe de plus en plus en Occident actuellement qui, à ce train, rejoindra les pratiques chinoises du pire contrôle social qui soit.

  • Entretien de Julian Assange au journal Der Spiegel 2015 - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/entretien-de-julian-assange-au-journal-der-spiegel-2015.html

    Assange : De manière plus générale, les États-Unis me poursuivent toujours ainsi que WikiLeaks si on en croit une requête déposée par le gouvernement américain cette année. Une “cellule de guerre WikiLeaks” a été établie par le Pentagone et dotée d’un personnel de 120 agents des services de renseignement et du FBI. Le centre de cette salle a été transféré du Pentagone au ministère de la Justice, le FBI continuant à fournir “des bottes sur le terrain”. Dans leurs communications avec les diplomates australiens, les responsables américains ont déclaré qu’il s’agissait d’une enquête “d’une ampleur et d’une nature sans précédent” - plus d’une douzaine d’agences américaines différentes, allant du Département d’État américain à la NSA, ont été impliquées.

    SPIEGEL : Quelle affaire considérez-vous comme la plus menaçante ?

    Assange : Nous avons une douzaine d’affaires judiciaires différentes en cours. D’un point de vue du journalisme c’est la plus grande charge d’espionnage à l’international de l’histoire lancée contre un éditeur. C’est une affaire très sexy, contre laquelle les médias ont raison de protester chaque jour. Mais il y a une chose qui reste toujours plus sexy qu’un procès pour espionnage, c’est une affaire de sexe, peu importe si elle est bidon ou pas. Il y a une autre enquête en cours, qui concerne le rôle de WikiLeaks dans l’asile d’Edward Snowden. Et il y a la loi anti-terreur en Grande-Bretagne, qui est la raison pour laquelle Sarah Harrison, notre rédactrice en chef des enquêtes, doit rester demeurée basée à Berlin. L’Australie, mon pays d’origine, a également annoncé cette semaine une enquête criminelle contre nous pour avoir révélé un ordonnance de non-publication utilisée pour couvrir une importante affaire internationale de corruption impliquant des chefs d’État.

  • « Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak ? » L’enquête-vérité d’Ahmed Bensaada - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2020/07/qui-sont-ces-tenors-autoproclames-du-hirak-l-enquete-verite-d-ahme

    Le mythe de la « main de l’étranger » a-t-il été consciencieusement rangé au dépotoir d’insortables outils du régime, dont le FLN des années de plomb a fait un imparable usage ? Souvent, pour prévenir et museler toute révolte en rase campagne. Une jacquerie de paysans dans les terres de Slim, vite jugulée par une escouade de la maréchaussée ? Une vanne qui a sauté dans une usine de Souk Tleta ? Le comité des travailleurs mobilisé, à l’initiative de la cellule du parti, désignait et dénonçait la « main de l’étranger ». Immanquablement, le vénérable « El Moudjahid » signalait le délictueux événement qui enflammait ses éditoriaux. On s’en esclaffait dans les gargotes d’Alger et dans les salons de sidis, partout dans le pays. La folklorisation de la locution ne pouvait qu’ajouter à son étrangeté. Quelle époque !

    Le temps est passé. L’Histoire a-t-elle resservi les plats ? La lente démocratisation du pays, entamée après les journées mouvementées et les morts d’Octobre 1988, eut-elle éveillé et nourri des impatiences, ici et là ? L’Algérie a été exposée, dans les années 1990, à une crise à la fois sociale, économique, politique et militaire, suscitée par un islamisme foudroyant et sanglant : il en reste le bilan de deux cents mille morts et d’un pays profondément déstructuré. Le choc sociologique et psychologique de cette tragédie se prolonge et se répète aujourd’hui encore, près de trois décennies après cette tumultueuse page de notre histoire dans des deuils, des ruptures familiales, des déplacements de populations. Triste tableau d’hécatombes. Qui a financé l’islamisme meurtrier et destructeur ? Des émirs et des monarchies d’Orient. La main de l’étranger existe, elle n’a jamais été aussi frappante. L’Algérie et son peuple n’en ont pas épuisé le traumatisme.

    Cette « main de l’étranger » n’est pas dans son essence visible, ce qui fait douter de sa véracité. Pour la première fois dans l’histoire mouvementée de notre société un travail de recherche d’universitaire, appuyée par une incontestable documentation, lui donne une réalité, des acteurs – connus – et des agendas.

    L’INTÉRÊT ET L’ORIGINALITÉ D’UNE ENQUÊTE

    Cette « main de l’étranger », si terrible et mortelle, peut-elle, toujours, prêter à plaisanterie et goguenardise pour quelques vifs et dédaigneux esprits dans les salons d’Alger ? Était-il compréhensible, qu’à l’orée des années 2010, se répandent dans plusieurs pays du Maghreb et du Moyen Orient des révoltes populaires parfaitement synchronisées avec leurs états-majors et leurs soldats. De la manière la plus visible et la plus cruelle à Tunis, au Caire, et, durablement, à Tripoli, Sanaâ et à Damas, ouvertes à la confrontation militaire de puissances étrangères. Tout changement dans l’ordre de l’histoire des peuples et des nations produit son vocabulaire : on a parlé de « printemps ». Et il était évident de lui ajouter l’épithète « arabe ».

    Cette histoire politique contemporaine, aux impénétrables soubassements, ne s’enseigne pas, nécessairement, dans les instituts de science politique. Ahmed Bensaada s’y est attelé avec l’exceptionnelle patience du chercheur, du déchiffreur. Physicien, diplômé de l’Université de Montréal (Canada), éminent didacticien des sciences physiques, Bensaada est un pugnace publiciste, un fomentateur d’idées attaché à la marche du monde. Pour avoir partagé ses nombreux combats algériens, notamment dans la sphère culturelle, je peux témoigner de la probité intellectuelle et de la rigueur de ses questionnements. L’homme, le chercheur, le passeur d’idées est d’une signalée humilité : il n’impose jamais de réponse. 

    C’est bien cette démarche d’universitaire consciencieux qui a guidé ses enquêtes inaugurales sur les « printemps arabes » dont il a donné les clés dans ses ouvrages : « Arabesque américaine. Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (Montréal-Alger, 2011-2012), « Arabesque$. Enquête sur le rôle des États-Unis dans les révolutions arabes » (Bruxelles-Alger, 2015-2016), et dans un ouvrage collectif « La face cachée des révolutions arabes » (Paris, 2012). C’est avec le même élan de pédagogue qu’il se penche, aujourd’hui, sur le « hirak » algérien dans un précieux essai « Qui sont ces ténors autoproclamés du hirak algérien ? » (Alger, Apic éditions, 2020), introduit par Majed Nehmé, un rare continuateur du journalisme tiers-mondiste promu autrefois par Simon Malley et accompagné d’une postface du journaliste Richard Labévière, éminent spécialiste du Monde arabe et des questions de défense, amis sincères de l’Algérie, en parfaite résonance avec l’objet de l’ouvrage.

    Quelques ouvrages ont été publiés ces derniers mois sur le hirak dans une perspective plus propagandiste qu’analytique, dont les auteurs se sont davantage souciés de glorifier le mouvement que d’en expliquer la genèse. Certes, la distance critique et la documentation manqueront à toute écriture concise de l’histoire du mouvement des marcheurs algériens. Cependant, il y a des faits et une certitude observés : peu de jours, avant le 22 février 2019, date de lancement du hirak, le premier ministre Ahmed Ouyahia pouvait sereinement déclarer à la presse que son gouvernement avait les moyens de « maîtriser la rue ». 

    Le gouvernement était probablement informé de ce qui se tramait. C’était, déjà, le cas lors du « printemps algérien » avorté de 2011. Sans aucun ressort, cette fois-ci, sur d’ombreuses manipulations. Beaucoup de commentateurs ont pressenti que le hirak a été rendu possible par une crise au sommet du système, encouragé et maintenu, par le haut commandement de l’armée, notamment le général major Gaïd Salah, chef d’Etat-major de l’ANP et vice-ministre de la défense, menacé par le clan des frères Bouteflika. La fraternisation des foules avec l’armée (« khawa-khawa ») en témoignait. La rupture d’avec l’armée et de son commandement sera consommée plus tard lorsque les marcheurs scanderont « Houkouma madania machi askaria » pour réclamer la sortie définitive de l’armée du jeu politique.

    Ces évolutions dans le hirak ne sont pas considérées dans le travail d’Ahmed Bensaada puisque la reprise du mouvement reste potentielle et sa fin imprévisible. L’intérêt et l’originalité de son enquête est de livrer une connaissance extrêmement fouillée des chefs autoproclamés du hirak, en fait de ses acteurs portés par la presse privée (dite « indépendante »), qui en gardent, jusqu’à nos jours, le magistère.

    DERRIÈRE LE HIRAK, DES ACTIVISTES EN MARCHE

    À Constantine, la marche du 22 février 2019 s’est ébranlée de la Mosquée El Istiqlal après la Grande prière du vendredi. D’où les hypothèses nombreuses sur ses commanditaires, les islamistes au premier plan. Au gré de la marche, la cohorte était augmentée de jeunes des quartiers. Les slogans étaient, à l’unisson, les mêmes que ceux d’Alger, Oran et Annaba. Il y avait-là un remarquable processus de rationalisation qui échappait aux marcheurs. Les mots d’ordre et les attentes de la marche étaient pensés ailleurs. Seul le regroupement de foules était spontané. Cette béance du mouvement, qui n’épousait pas les formes d’une direction démocratique, était-elle voulue ? Ahmed Bensaada en propose une sûre compréhension. Il cite la position, elle sera au fil du temps déterminante, du sociologue lyonnais Lahouari Addi qui déclare au « Quotidien d’Algérie » (publication en ligne), le 19 novembre 2019, que « le hirak n’a pas vocation à être structuré » (p. 22). Il est vrai qu’une structuration du mouvement, révélant d’une ville à l’autre du pays de nouvelles figures d’activistes politiques, échappant à toute tutelle, précisément extérieure, n’était pas souhaitée. 

    L’enquêteur explique cet aggiornamento du mouvement. Le 14 mars 2019, à la veille du quatrième vendredi du hirak, Lahouari Addi donne une déclaration solennelle au journal en ligne « Le Matin d’Algérie » dans laquelle il invite les décideurs – ce qu’il en reste dans un régime chaviré – d’installer en remplacement du président Bouteflika, défaillant, un triumvirat composé des avocats algérois Youcef Bouchachi et Zoubida Assoul et de l’homme politique Karim Tabbou. Il avait, dans le même temps, délimité le cahier de charge de ce groupe présidentiel qui devait « exercer les prérogatives d’une présidence collégiale qui nommera un gouvernement provisoire qui gérera les affaires courantes et préparera les élections présidentielles et législatives dans un délai de six à douze mois » (p. 23). Tout est clairement énoncé et dans ce dispositif l’armée « doit aider à la réalisation de ce scénario », en termes plus pesés rentrer dans ses casernes.

    Lahouari Addi a donc évoqué un scénario, c’est-à-dire un récit parfaitement charpenté, pour conduire une révolution et un changement de régime en Algérie. Et ce scénario, qui vient de loin, de très loin, Bensaada en décortique les différentes phases et, surtout, rend visibles ces acteurs politiques, promus à la tête du hirak. Qui sont, finalement, ces maîtres du mouvement populaire des marcheurs adoubés par Lahouari Addi. Et qui est Lahouari Addi ? Au nom de quelle instance caverneuse s’exprime-t-il ? Tout Algérien croit connaitre un peu, voire même beaucoup, Addi, Bouchachi, Assoul et, en partie, Tabbou dont l’auteur diffère, par probité intellectuelle, son cas tant qu’il est en prison. Il est vrai que ce sont des personnages hyper-médiatisés, dont le moindre mot d’esprit, les papotages, les objurgations, sont répandus dans les diners de têtes de la capitale et les journaux privés, à l’affût, en raffolent littéralement. Ahmed Bensaada les campe sous la lumière crue de leurs intelligences avec des organismes étrangers en vue de changer le cours de l’histoire de l’Algérie avec des méthodes puissamment codifiées, qui ont été testées et attestées dans les pays de l’ancien bloc soviétique, dans ce qu’on a appelé les « révolutions colorées ».

    Cette révélation de l’activisme d’acteurs connus du champ politique algériens, souvent révérés, ne manque pas de troubler. En lisant « Qui sont ces ténors autoproclamés du hirak algérien ? », chaque Algérien saura proprement « qui est qui ». Preuves à l’appui. Tout y est : les organismes qui tirent les ficelles, les financements, les bénéficiaires, les missions et les stages à l’étranger, les participations aux colloques, les collusions avec des acteurs régionaux et mondiaux. Et Bensaada apporte des preuves qui en imposent, dans un patient et méticuleux travail de recoupement des informations inédit dans nos traditions universitaires et journalistiques. Il ne s’agit pas, ici, dans cette courte recension de dévoiler les liens de ceux qui dirigent encore le hirak avec les officines américaines, principalement, de déstabilisation du monde arabe et, dans ce cas particulier, de l’Algérie. Mais, revenons à une indispensable clarification.

    « CHANGE REGIME »

    Dans le cadre du programme du Grand Moyen Orient, l’administration gouvernementale américaine et des organismes non-gouvernementaux (ONG), dépendants des partis républicain et démocrate, en alternance au pouvoir, ont mené différentes opérations de « démocratisation » des républiques arabes, à l’exclusion des monarchies amies préservées. Pour situer nettement le fondement de la démarche américaine, Ahmed Bensaada rapporte le propos éclairant d’Allen Weinstein, un des fondateurs de la « National Endowment for Democracy » (NED), une des instituions primordiales du changement de régimes dans le monde : « Beaucoup de ce que nous [NED] faisons aujourd’hui se faisait secrètement il y a 25 ans par la CIA… » (p. 24). Il n’y a pas d’ambiguïté sur les intentions assignées. 

    Ceux qui ont lu les travaux de Bensaada sur « le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe » sont familiarisés avec quelques acronymes d’organismes promouvant la démocratie dans le monde, particulièrement arabe, aussi nombreux qu’inquiétants : Rand Corporation, POMED (Project on Middle East Democracy, qui a attribué un prix, au mois d’octobre 2019, au chef de parti politique Sofiane Djilali, créateur et chef du parti Jil Jadid), Open Society (du milliardaire George Soros, l’IRI (International Republicain Institute), NDI (National Democratic Institute), USAID, Freedom House, WMD (World Movement for Democracy), MEPI (Middle East Partnership Initiative) ; AFL-CIO, etc. Tous ces organismes américains d’exportation de la démocratie possèdent de fieffés superviseurs (ainsi, des universitaires réputés, comme Francis Fukuyama, théoricien de « la fin de l’histoire ») et des budgets colossaux.

    Outre Addi, Bouchachi, Assoul (dont on apprend qu’elle a été longuement absente d’Algérie, activiste auprès d’organismes financés par les Américains dans les pays du Moyen Orient entre 2000 et 2012, pp. 46 et infra), dont les parcours auprès de ces officines américaines sont largement documentés, les responsables successifs du RAJ, Hakim Addad et Abdelouahab Fersaoui, en sont aussi des clients assidus. Ainsi que la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme et certaines associations de personnes disparues. Et, c’est avéré, de grands directeurs de journaux privés dits « indépendants », parfois couronnés par ces officines, notamment Ali Djerri, ancien directeur du quotidien arabophone « El Khabar » (p. 37). 

    L’intérêt de l’enquête de Bensaada est de rendre lisible des carrières politiques algériennes aux compromissions peu avouables et d’expliquer une des ultimes évolutions du hirak, la jonction contre-nature de « démocrates » et d’islamistes. Addi n’est-il pas le meilleur des amis de l’assassin islamiste Mourad Dhina et de son odieux acolyte Mohamed-Larbi Zitout, activiste du Net, résidant en Suisse et en Angleterre ? Bouchachi est célébré comme l’avocat – pendant trente ans ! – du FIS et de ses satellites terroristes. Zoubida Assoul n’a jamais eu que des mots aimables envers ses amis de la chaîne islamiste « Al Magharibia », créée à Londres puis transférée à Paris par Oussama Abbassi, fils du défunt leader islamiste, dont elle ne rate aucun raout parisien (pp. 46-54).

    Zoubida Assoul est réputée en Algérie pour avoir créé avec Sofiane Djilali (qui fait, désormais, de l’entrisme au sein du pouvoir) le mouvement « Mouwatana », formé aux méthodes dures d’« agit-prop » des officines américaines d’exportation de la démocratie. Il est piquant de noter, pour la petite histoire, que ce mouvement qui avait choisi de passer son épreuve du feu à Constantine, avait été confronté dans la Cité Aérienne aux camions de la voierie municipale, qui ont précipité sa déroute nationale. Que peuvent les consignes les plus ardues de l’« agit-prop » contre un camion de poubelle ?

    L’ALGÉRIE AUX ENCHÈRES 

    L’ouvrage de Bensaada dérange, il est même censuré dans plusieurs titres de presse privée. L’auteur a subi, et continue de subir, des volées de bois vert. Et de ramasser des flots de haine. De politiciens, d’universitaires, de journalistes, d’activistes de toutes engeances, qui l’attaquent sans l’avoir lu. Et, même, le sombre commanditaire du sanglant terrorisme islamiste Mourad Dhina peut, depuis le canton de Genève, appeler sur lui les feux de la géhenne. Comme il l’a fait, autrefois, contre son frère Hocine Bensaada (1973-1992) assassiné par ses sbires. Et, aussi, l’inénarrable Lahouari Addi, compagnon de route de l’intégrisme armé, promoteur de l’inepte « régression féconde », l’autre nom de la « paix des cimetières » et des holocaustes islamistes, qui le menace de la potence de la justice du futur État hirakien. 

    Arrêtons-nous à Lahouari Addi, pour conclure (provisoirement). En vérité, la « mission » du sociologue lyonnais sur le hirak est (presque) réussie. L’avocat Bouchachi, chef de l’instance collégiale qu’il a envisagée, ne vient-il pas de se prononcer dans la presse algérienne, en tant que chef du hirak, pour reculer la date de son retour ? L’accomplissement de son œuvre d’activiste stipendié aux Américains serait de faire marcher « démocrates » et islamistes, la main dans la main. Mais, sur cet aspect-là, il n’y a rien d’assuré.

    Des activistes, à la solde d’agences américaines, ne peuvent prendre en otage la sécurité du pays au nom d’une improbable « démocratisation », menée de l’extérieur, ou du chaos. Ahmed Bensaada le martèle, en conclusion de son enquête-vérité : « Le Hirak, qui a été un événement unique et grandiose dans l’histoire de l’Algérie, se doit d’être intrinsèquement algéro-algérien et de ne permettre aucune collusion avec des intérêts étrangers » (p. 66). Il faudra pourtant en finir. Chaque Algérien sensé, de la plus haute autorité de l’État au simple marcheur, devrait lire le travail d’Ahmed Bensaada pour avoir tous les éléments d’appréciation sur les chefs désignés du hirak, qui mettent l’Algérie aux enchères, et sur leurs visées « révolutionnaires ».

    La « main de l’étranger » n’est plus une fable : elle prend des contours et une consistance inattendus. L’avenir et la sécurité de l’Algérie et des Algériens devraient-ils être soumis aux indicibles expérimentations de laboratoires américains et occidentaux de la « démocratisation » agis par des politiciens algériens qui attendent de prendre le pouvoir par la rue ?

    Abdellali Merdaci

    Photo en vedette : auteur de la photo prise à Béjaïa : Akechii. Source : Wikipédia

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca
    Copyright © Abdellali Merdaci, Mondialisation.ca, 2020

  • A L’ombre Du Virus - MammAfrica
    http://omarsellami.eklablog.com/a-l-ombre-du-virus-a191448498

    Tout évolue à son ombre. Depuis son apparition, une parenthèse a encerclé la vie. On agit, on attend, on espère et parfois on meurt. Il a décalé tous les agendas, explosé les poitrines, rendu impuissance toute puissance.

    Les autres pays n’auraient pas fait mieux que nous devant l’intensité de la pandémie. « La situation est sous maîtrise » avait affirmé le président de la république tout au début de la pandémie. Des flottements depuis ont eu lieu et la panique s’est confortablement installée au sein de la santé publique. Des mesures ont été prises. Elles étaient salutaires mais sans nulle opiniâtreté. Sans cette fermeté qui sied à la gravité de situation. Avec un recul l’on peut oser dire que jusqu’ici la gestion de cette crise par l’Etat était de niveau appréciable. Il manquait cependant certaines dispositions devant venir combler beaucoup de distorsions. L’application rigoureuse et stricte des instructions édictées souffrait d’une nonchalance voire parfois d’un sentiment de laisser-faire.

    Une sécurité sanitaire louable

    Une valeur ajoutée vient d’être injectée dans la volonté déclarée de l’Etat de vouloir encore procéder à une reforme de la santé nationale. L’Agence de Sécurité Sanitaire est créée. Confiée au professeur Sanhadji, un éminent spécialiste de renommée internationale dit-on. Va-t-il avoir les coudées franches ? Il avait d’emblée certifié « la souveraineté totale de l’agence ». Illusion ou excès de confiance ? Attendons voir. Comprendra t-il aisément la culture comportementale du citoyen algérien ? Sait-il le profil socio-tensionnel du citoyen-patient algérien, le fonctionnement bureaucratique des caisses d’assurances sociales, le but financier aux dépends du souci professionnel des cliniques privées, les vertus et les vices de la médecine gratuite ? Un lourd et pesant travail. Encore que les frontières du pays recèlent d’innombrables compétences. Il suffit de les dénicher et leur permettre un « contexte » d’épanouissement identique à celui offert à ceux qui ont ailleurs réussi. Ce n’est pas à l’universalité de donner la capacité à quelqu’un mais l’attention et le rendu de mérite.

    Quand l’on parle de sécurité sanitaire, l’on vise une affaire qui intéresse et concerne tout le monde. Dans la santé il n’y a pas que le secteur public qui doit affronter le mal. Ce virus nous a démontré que seul ce secteur, avec sacrifice et abnégation était au four et ou moulin. Au moment où le ravage décime des corps, les établissements privés ont mis la clef sous le paillasson. A l’exception d’un infime échantillon. Donc la santé n’a pas à être au couleur d’une idéologie ou d’un régime économique. Elle est à visage humain et au service du bien-être social. Que l’on n’importe pas de modèles exogènes et que l’on rétablisse la noblesse du local et du capital-expérience.

    L’actualité Covidée

    Quand l’actualité est malmenée et mouillée de plusieurs faits qui ne font pas les divers mais chacun est un essentiel, il est difficile de d’imposer une priorité. Celle-là s’impose cependant par l’angle de lecture qui se fait selon la profession de foi de chacun. D’ailleurs rare est l’événement qui prend la Une et unanimement. Le Covid (je le cite au masculin) persiste royalement à régner sur le trône du quotidien. C’est comme un capteur, il tracte toute l’actualité. Il régente les faits, les décisions et enfante ainsi l’information. Écrire en dehors de ce « contexte » ne semble pas emballer toutes les plumes. Pourtant, il existe bien des choses sur lesquelles beaucoup d’encre peut couler.

    Les affaires de foot, le tiers présidentiel, l’externalisation des missions de l’armée, la communication présidentielle. Mais, tenace qu’il est , le Covid affecte la primauté à ses desseins macabres et ne sen détache pas. Le Hirak et tous les penchants vers sa reprise, le FLN et ses vaines tentatives de se réanimer, le sénat et le silence constitutionnel qui l’entoure, récemment « l’incident » de Tin Zewatine dans le Sud et les complots qui le minent ; tout cela ne peut être traité sans avoir à l’œil le contexte « de la crise sanitaire ». Tout reste lié à la distanciation que prennent les uns par rapport à leur semblables masqués ou non, et les autres par rapport à ce qui se triture dans les hauteurs du pouvoir. En fait c’est ce « contexte » qui a tendance à déterminer durement et pour longtemps les contours de l’avenir. Un débat politique aurait dit-on à se tenir via le net, un achat de sous-vêtements également, un enterrement et des condoléances se font à distance, le café se prend clandestinement au gobelet, la bavette est un autre document de circulation devenu enfin obligatoire.

    Une constitution à déconfiner

    Le dit » contexte » n’a empêché personne d’apporter sa lecture à la mouture du projet constitutionnel. L’on cherche malgré tout à le déconfiner. Lever l’huis-clos. Seulement l’âme n’y est pas. Encore moins le cœur, quand la malédiction hospitalière, le cri des démunis, des damnés de la terre reste tout de même inscrit sur le fronton de ceux qui ne parlent pas trop. Ceux qui prennent le silence majoritaire pour une réponse à ne pas marginaliser. Il est de droit que le débat soit libre, tant est le vœu officiellement émis par le président. En plus, ce texte à discuter en long et en large ne doit pas connaître un confinement uniquement au sein de ses initiateurs. Il est de portée générale.

    Chacun détient naturellement toute possibilité d’émettre son avis sans qu’il ne soit mis à l’index ou puisse crouler sous les pires procédures judiciaires. Si l’on se met à en discuter, il nous faudrait une table et beaucoup de temps.  

    La constitution à ce stade de l’évolution nationale n’est pas une œuvre de tailleur d’habit en sur-mesure nonobstant les furtifs essayages. C’est un livre auquel tout le monde contribue, un contrat de devoirs et de droits qui tient en l’état tout le monde. D’où la totale liberté de dire et de redire ses ressentis, ses marquages et ses appréhensions.

    Une communication fiévreuse

    Toute information peut être objective, la propagande n’est qu’officielle. Ainsi, c’est cette « officialité » qui placerait l’information dans le rang de la propagande. L’histoire de l’humanité est riche en ces exemples. Beaucoup ne croient plus à ce qui se dit dans la sphère officielle. Tout discours est sensé, aux yeux de l’ensemble être entaché de roublardise. A un certain niveau, la communication de l’Etat doit être fiable et ne souffrant d’aucune hésitation. A ce niveau là, hélas on communique mal. La république gagnerait à changer de look communicatif. Une Algérie qui se veut nouvelle s’astreint également à la nouveauté des visages, des profils et des discours. Des voix neuves, innocentes, sans sensations ni spasmes d’un passé révolu auraient à créditer d’un blanc-seing citoyen tout ce qui se dit au nom du président. L’on n’explique pas la constitution, on doit se tenir à booster son explication par les autres, à les faire intéresser et non pas leur imposer une grille de lecture. Pour ce qui de la prévention et de la lutte contre cette saloperie de virus , la communication institutionnelle la traite ordinairement et avec les mêmes modes communicatifs usuels. Un spot sur les voies de transmission, des recommandations d’hygiène et bien d’autres messageries utiles certes, mais sans nulle incidence sur le récepteur. Ne faudrait-il pas passer à une autre vitesse plus effrayante, plus convaincante, plus horripilante ? Une communication qui produit de la peur, qui crée de la crainte. Montrer l’horreur, l’agonie, la mort. En soulignant que cela peut heurter les personnes sensibles. C’est à notre légendaire curiosité après, de faire son œuvre.

    Des chiffres l’on doute, des promesses l’on doute, pourtant du tangible il y en a quelque part. L’information devient douteuse quand elle manque de précision et de détails. Ce qui ouvre les pistes à tout genre de défiance et d’ambigüité.

    Sétif, le suicide collectif

    Ce même « contexte » de crise sanitaire ne fait citer Sétif qu’en ses termes de transmission virale en hausse, de classement en haut de la courbe. Le président de la République l’avait évoqué à maintes reprises dans sa dernière intervention. Ce n’était pas uniquement par exemplarité ou illustration de cas malheureux. Il voulait attirer l’attention sur le grand danger qui rôde et menace la deuxième population en nombre du pays. La wilaya vit la contamination et ne respire que l’horizon de la mort.

    Que font ceux qui officient à sa santé publique ? Peu ou prou. En théorie, en prise de mesures, en discours, en réunions, en sorties, en admonestations, en fermetures ; oui il y a eu du genre. Mais le résultat est là. Une courbe exponentielle. Certains citoyens et nombreux se foutent de l’élan préventif, d’autres n’y adhérent pas quand ils renient l’existence même du virus. Que faire alors ?

    Alors avec l’allégement des horaires du confinement, personne ne pense que la situation va être « maitrisée ». Pourtant, il se dégage à l’apparence une volonté de vouloir bien cerner la chose et bien le faire.

    Voir un responsable distribuer des masques grand public au grand public ,dans la rue , ça c’est du palpable, sauf que, ce n’est pas de ses attributions de le faire. Lire que les hôpitaux sont chargés, les angoisses sont multiples, les tests au compte-goutte c’est aussi du visible. Que faire donc ? Engager rapidement, par une commission nationale spécialisée en la matière une étude des foyers, des enquêtes épidémiologique pour détecter les noyaux de la contamination, les isoler et assurer la suite. Sévir à grande échelle par la loi dans sa totale et rigoureuse application. Limiter la circulation automobile, source qui favorise les regroupements. Enfin, par fatalité, accentuer les prières et dire Allah ghaleb. Le ridicule est à son comble dans une mairie amputée de cœur, ligotée d’esprit quand elle prétendant agir dans le bon sens hygiénique, se suffit à lancer un concours de propriété des cités. Pas trop d’effort à signer un avis, alors que l’effort recommandé et exigé est de mettre à la disposition de ces cités les moyens, de générer le premier pas, de produire de l’exemple et laisser la solidarité citoyenne ainsi faire le reste. Quand, il n’y a pas de bacs à ordures, juste un enlèvement superficiel, faut pas s’attarder sur un prix quelconque ou espérer la vie en co-propreté ou en rose bonbon. Un sourire aimable ou une éducation familiale est insuffisant pour croire être un bon maire de cette ville. Il vaudrait mieux avoir un administrateur sous tutelle qu’un fonctionnaire qui se prend pour un élu.

    ...Et la vie doit continuer

    L’histoire nous raconte qu’en 1918 la grippe dite espagnole aurait fait plus de 50 millions de décès parmi les 500 millions de contaminés. Elle s’étala sur deux ans et se propagea en trois vagues successivement meurtrières. La majorité des décès s’enregistra durant la seconde vague prenant ainsi à leur hérésie les gens qui eurent à se réjouir après le premier déconfinement. Croyant en une fin illusoire de la pandémie ils abandonnèrent, dégoût leur en pris ; tous les gestes de barrière et de distanciation. Pourvu que l’histoire pandémique ne se répète plus eu égard à l’avancée des sciences et des technologies. Cependant la vigilance reste de mise. Mettez un masque face à cette histoire.

    Malgré tout le soleil continue à se lever sur tous les dispensaires et le temps ne s’est pas arrêté au seuil de l’institut Pasteur. Les gens vaquent différemment à leurs déceptions, qui dans une inconscience princière, qui sous la conviction de l’alerte et du danger. On prépare déjà les examens et aussi les candidatures pour les locales, on s’initie au recyclage des personnages usées et on crache sur un passé que l’on tente curieusement de revivifier. L’espoir vit de la confiance que l’on a en soi, en ses profondes croyances que ce qui se passe n’est pas un simple jeu d’ombre.                                                                            
    par El Yazid Dib                                                                             http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5290898

  • Le coronavirus et la Chine. Lettre ouverte à Reporters sans Frontières – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/03/30/le-coronavirus-et-la-chine-lettre-ouverte-a-reporters-sans-f

    Il avait couvert un faux dans Libération, diffamé LGS dans Rue89, il est chroniqueur sur France Inter et il préside RSF qui tenta de nous faire censurer.

    Le 24 mars, j’ai reçu un courriel de Daniel Bastard contenant un communiqué de presse de RSF intitulé « Si la presse chinoise était libre, le coronavirus ne serait peut-être pas devenu une pandémie ». Le 25 mars et le 26 mars, j’ai reçu, de la part de Cédric Alviani, un autre texte de RSF intitulé « Ces héros de l’information que la Chine a étouffés ».

    Chers Messieurs Bastard et Alviani,

    Que les autorités chinoises aient commis des fautes lors du surgissement inopiné d’un nouveau virus, nul ne le conteste, en particulier le gouvernement de Pékin qui a déjà décidé de demander des comptes aux autorités de la métropole de Wuhan et de la province du Hubei.

    Vous profitez de ces événements dramatiques pour condamner sans appel un régime qui ne vous plaît pas. L’indignation à géométrie variable est une constante chez RSF.

    Vous êtes bien les héritiers de votre fondateur et ancien secrétaire général, le peu recommandable Robert Ménard dont l’engagement à RSF a été suivi par l’accession à la mairie de Béziers grâce au soutien de Marine Le Pen.

    Que le nouveau secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, ait déclaré se désolidariser de Ménard en 2006, cela ne l’a pas empêché, en 2019, d’aller chercher le Prix Dan David à Tel Aviv, dans un pays où l’on peut se permettre d’assassiner des journalistes palestiniens.

    Quant à l’ineffable Pierre Haski, votre président, dont les sentiments anti chinois sont bien connus, il a un jour réussi ce tour de force d’asséner en une seule phrases trois contre-vérités à l’égard de la Chine.

    En ces moments peut-être déterminants pour l’avenir du vivre ensemble sur la planète terre, il y a mieux à faire que de jouer à refaire l’histoire avec des si. « Si la Chine, etc. » et, pourquoi pas : « si les États-Unis respectaient le droit international », ou « si les multinationales ne dominaient pas la politique » ou « si l’Iran n’était pas victime de sanctions », etc.

    Quant aux héros de l’information étouffés, je pense en particulier à Julian Assange, le fondateur de Wikileaks : s’il bénéficie aujourd’hui d’un soutien médiatique qui se généralise, je n’oublie pas que, selon Marc Rees, rédacteur en chef de Next INpact, RSF a commencé par dénoncer « les diffusions irresponsables de Wikileaks », que RSF a mis en cause la méthodologie de Wikileaks « entamant sa crédibilité » et l’a même accusé d’être « un média par opportunisme », ce qui a sans doute retardé l’élan de solidarité à l’égard de Julian Assange. Ces réserves de la part de RSF sont assez compréhensibles, car les documents de Wikileaks dénonçaient explicitement des crimes de guerre commis par les États-Unis, qui sont, pour rappel, votre grand protecteur (voir Maxime Vivas, La face cachée de Reporters sans Frontières, éd. Aden, 2007).

    En ce qui concerne l’expulsion de journalistes étasuniens par la Chine, la mesure a été prise « deux semaines après une décision contraignant le travail des agences de presse chinoise sur le sol américain ». Le journal Les Échos écrit à ce propos : « Inédit, ce coup de force entend répondre à Donald Trump. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères précise que ses décisions sont de nécessaires contre-mesures que la Chine est obligée de prendre en réponse à l’oppression déraisonnable que subissent les médias chinois aux Etats-Unis ». Un détail que vous « oubliez » de mentionner.

    À votre prose partisane − sans pour autant être un inconditionnel de la Chine −, je préfère le discours ouvert et modéré de l’ambassadeur de la RPC à Paris.

    Veuillez agréer, chers Messieurs Bastard et Alviani, mes salutations distinguées.

    André LACROIX
    (citoyen belge).

    AJOUTS DU GRAND SOIR
    La photo du logo est celle de Pierre Haski, président de RSF, qui couvrit quand il était à Libération un faux grossier anti-chaviste, qui dirigea Rue89, un site où LGS était qualifiée de « site rouge-brun » et qui est maintenant chroniqueur quotidien impartial et honnête sur France Inter, radio nationale où il ânonne son texte.
    Pour en savoir plus : https://www.legrandsoir.info/pierre-haski-remplace-bernard-guetta-pour

    URL de cet article 35860
    https://www.legrandsoir.info/le-coronavirus-et-la-chine-lettre-ouverte-a-reporters-sans-frontieres.

  • Coût total d’u traitement COVID 19 aux États-Unis : $34,927.43 – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/03/23/cout-total-du-traitement-covid-19-aux-etats-unis-34927-43

    Quand Danni Askini commença à ressentir des douleurs thoraciques, un essoufflement ainsi que de la migraine, le tout au matin d’un samedi de la fin février, elle appela son cancérologue que avait traité son lymphome. Son médecin pensa qu’elle pouvait mal réagir à un nouveau traitement aussi il adressa Askini vers un centre d’urgence de la région de Boston.

    Là-bas, les médecins diagnostiquèrent une suspicion de pneumonie et la renvoyèrent chez elle.

    Lors des quelques jours suivants Askini se rendit compte que sa température augmentait et plafonnait dangereusement et qu’elle développait une toux grasse en raison d’un liquide dans ses poumons. Après deux autres voyages vers le centre d’urgence cette semaine, Askini subit un test final le septième jour de sa maladie et après que les médecins l’eurent aidée à combattre sa grippe et ses symptômes pulmonaires elle fut de nouveau renvoyée chez elle pour convalescence.

    Elle dut attendre encore trois jours afin que le labo finalise le test et finalement obtint un diagnostic : « COVID 19 ».

    Quelques jours après Askini reçut la facture pour son test et son traitement. 34 927 USD et 43 cents. « Je suis restée scotchée et choquée » dit elle. « Je ne connais personnellement personne qui possède cette somme ».

    Ainsi que 27 millions d’autres Étasuniens, Askini n’était pas assurée quand elle était partie à l’hôpital. Elle et son mari avaient prévu d’aller à Washington DC ce mois-ci afin de trouver un nouveau job, mais ils n’ont pas pu le faire.

    Maintenant tout est en suspend. Askini compte sur « Médicaid » et espère que le programme pourra être activé à postériori .

    Sinon elle n’est pas près d’être tirée d’affaire.

    Abigail ABRAMS

    https://time.com/5806312/coronavirus-treatment-cost

    Traduit de l’anglais par Geb avec les habituelles fautes et coquilles…

    Bon, si vous avez pas compris ce qu’on nous prépare, et qu’il va falloir foncer, y a plus d’espoir.

    Moi je vais désinfecter mon gilet jaune pour quand il lâcheront la laisse, et peut-être astiquer les outils.

    On va pas se laisser faire ça.

     » » https://time.com/5806312/coronavirus-treatment-cost

    URL de cet article 35821
    https://www.legrandsoir.info/cout-total-d-u-traitement-covid-19-aux-usa-34-927-43.html

  • Le wali de Mostaganem, un blâme et tournons la page ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/03/10/le-wali-de-mostaganem-un-blame-et-tournons-la-page

    Ils ne changeront pas. Ils se croient tout permis. Ils prennent toujours une fois assis sur le piédestal de la wilaya une autre posture que celle qui les caractérisait quand ils n’étaient que quantité insignifiante. Le ministre de l’Intérieur actuel était un chef de daïra à Ain Arnat alors petite agglomération à la périphérie de Sétif. Le reste est le fruit d’une association d’hommes et de circonstances. L’irrespect qu’avait entretenu le wali de Mostaganem envers un citoyen zoné à l’ombre est d’abord un signe de totale insouciance quant à l’angoisse rugie pourfendant ce citoyen et cette femme encore crédules en l’écoute salvatrice du premier représentant de l’Etat. Ensuite c’est un reflexe méprisant acquis du mépris déjà subi. Pour ces citoyens, la République, ses assemblées, sa rectitude, ses charités sont toutes incarnées dans ce bonhomme qui arrive sous trompette. Ils croient y trouver refuge. Un bon secours. Il en est autrement.

    Vite la toile s’est attisée de répréhension et de grande colère. La riposte des pouvoirs s’attendait à ce qu’elle se fasse immédiatement comme celles qui avaient suivi certains walis impliqués presque dans le même sac d’ignominie, d’écart de langage ou de frontal dédain. Le wali de Msila à cause d’un puits, le wali de Blida pour la mise en quarantaine du choléra, le wali de Skikda pour exécrable verbiage, entre autres. Le limogeage. L’évincement et non un simple communiqué clamant le mécontentement du ministre de l’Intérieur en soulignant l’infliction d’un blâme. A ce rang de la responsabilité, le blâme ou les sanctions édictées dans la fonction publique n’ont pas de place. Il ne s’agit pas d’un administrateur à réprimander pour faute professionnelle. Là, nous sommes en face d’un déni de citoyenneté. D’une immoralité sociopolitique. A ce niveau de responsabilité, on n’avertit pas, on ne siège pas en commission de discipline. On sévit. A la limite on se fait démissionner.

    C’est dire que cette fournée de récents walis made in Bedoui accuse un manque criard dans l’instinct de pouvoir rallier prestance et élégance. Elle était promue juste par esprit d’obédience, de copinage et de plate mesquinerie. Pour combler ce déficit et bien d’autres en termes d’aptitudes, de punch, recourir à la démonstration de l’habit de la puissance publique reste un moyen de sournoise apparence. Alors qu’une fois out, ils raseront les murs et n’oseront même pas affronter cette société qu’ils fustigent maintenant. Pour les autres, voulant paraitre plus dociles, excessivement gentils, très ouverts à l’écoute, ils tombent dans le pire populisme, la farce, les fausses promesses, les longs discours lénifiants et émotionnels. Ils pensent en rendant visite à une localité avoir réglé tous ses problèmes ou tenant des centaines de réunions d’exécutif ou d’élus en vociférant avoir réalisé des prouesses. Rien. Walou.

    Le médiateur de la République s’est aussi introduit dans l’affaire et « condamne les agissements du wali ». Pas plus. Ca nous rappelle ces fameuses déclarations humoristiques de telle kasma du FLN qui à l’époque disait « condamner l’impérialisme américain ». Ya si Karim, ce n’est pas de ton ressort, tu n’es pas une cellule de veille citoyenne, tu n’es pas une alarme. On ne sait pas entre qui et qui ta médiation est à se faire. Penser à concevoir une charte de moralisation publique administrateur/administré serait un bon plan de charge pour cette structure.

    Est-il enfin temps que ces walis cessent d’agir comme ils ont vu le faire par leurs anciens chefs ? Ni les gabarits des uns et des autres, ni les époques, ni la maturation des citoyens ne sont identiques. Le monde bouge. L’Algérie et ses habitants aussi. Sourire avec sincérité au lieu de grogner est la vertu des grands. La modestie, un signe de seigneurie. Gérer n’est pas pouvoir gueuler ou savoir faire la gueule. Encore loin d’imposer son avis décoloré et trop administratif le plus souvent obsolète et irradié par la nouveauté et la technologie urbaine et l’exigence des jeunes.

    Si le wali de Mostaganem ne sera pas débarqué et sa tutelle se suffira au blâme infligé, ça sera un dangereux précédent pour l’Etat et un durcissement de méfiance citoyenne. Et si jamais un autre et un autre ou le même wali auraient à commettre les mêmes attitudes, va-t-on leur produire encore et encore les mêmes admonestations ? Un blâme et tournons la page ? L’Etat que veut le citoyen est un Etat debout.

    Par El_Yazid_Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5287653

  • La rengaine – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/02/14/la-rengaine
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    La rengaine est cette chose qui revient pour la énième fois. Elle s’efforce à chaque fois à s’habiller autrement. Même ceux qui la voyaient n’auraient que le même œil pour la revoir une énième fois. La ritournelle est dedans un gouvernement, elle aussi au sein de l’assemblée.

    L’on peut toujours empaqueter un produit déjà manufacturé pour le revendre de surcroît à une nouvelle clientèle, à peine sortie sinon encore étourdie, d’un mensonge officiel . Pourtant tout ce qui est dit dans la feuille de Djerrad semble s’inscrire dans une optique que l’on s’efforce à vomir pour y voir du nouveau, de l’inédit ou de l’exploit. Hormis des mesures claires et tranchantes dans leur fond populiste – smig, imposition, création de structures…- le reste est une phraséologie usitée, rabâchée longuement susurrée.

    De Sellal, Ouyahia ou Bedoui, le papier dit programme est le même. Sauf que l’un ou l’autre, chacun selon son contexte, porte un intitulé générique parfois altruiste, emphatique, parfois du n’importe quoi. Ainsi Sellal parlait de centralité, Ouyahia de patriotisme économique, Bedoui de rien. La dépense publique c’est tout. C’est son dada de dispendieux prodigue de deniers publics. Voilà que Djerrad parle maintenant de « nouveau pacte et de New deal for a new Algeria » qu’il compte concrétiser à travers « le triptyque développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et numérique ». Il avait, soutenant le Hirak qualifié de soulèvement du peuple face à la gabegie, affirmé que le pouvoir précédent avait détruit le pays et dilapidé ses richesses. Des ministres de ce même pouvoir sont encore en poste. Il n’a pas omis de mentionner l’année fatidique de Bedoui dans sa présentation où il ne manquait qu’à le citer nommément. Durant moins d’une année à la chefferie du gouvernement, ce dernier avait su diaboliquement ruiner les frêles potentialités financières du pays en versant dans le bas populisme espérant faire contenir la marche du Hirak. Il avait fait voter la déprédation des hydrocarbures, une loi de finances des plus scélérates, un découpage administratif sans soubassement économique, des insertions sans ressources budgétaires et autres frénésies de dernières volontés d’un mourant.

    Paradoxe des choses, ce sont les mêmes députés devant qui le Premier Ministre tenait avec conviction à « dénoncer les dispositions fiscales arbitraires » qui ont voté toutes mains levées entre autres la loi de finances 2020 qui les contient. Outrecuidance ! Ce sont les mêmes députés qui ont décampé de l’hémicycle aux premières heures du soulèvement et boudé les visites ministérielles du dernier gouvernement de Bouteflika. A cette époque là, on les voyait plus roder à la wilaya. Gardant l’œil sur la trajectoire des événements, dévêtus de leurs comiques cravates, ils guettaient comme des loups les meilleures opportunités pour réapparaitre. Ce sont eux qui ont inauguré, voire affirmé l’agissement illégal de l’Etat extraconstitutionnel quand ils ont verrouillé et cadenassé une institution républicaine. Et voilà qu’ils se découvrent par miracle dans une position d’attaque frontale avec le gouvernement Djerrad tout en embaumant le processus ayant ramené l’Algérie là où elle semble stagner.

    Pour cette séance de presentation, Il n’y aurait pas trop d’absentéisme. Redoutant une probable fin de législature toujours sous la menace de la dissolution ; ils tentaient en ultime dessein de se faire valoir, pas aux yeux des électeurs mais du pouvoir. Les fortes gesticulations d’amabilité envers les tout nouveaux ministres faisaient l’ordre du jour des coulisses farcies de fausseté de l’assemblée nationale. Les cartes de visites s’offraient avec ce sourire sournois et un arraché de rendez-vous. C’est une zerda gouvernementale.

    Il y a de quoi se faire voir, se faire entendre. Tout est à vendre. A prendre. Le recrutement avant la déchéance se hisse au niveau de prouesse et de management. Une sulfureuse intervention pleine de diatribes, critiques à l’égard de frais ministres à même d’aller dans le sens de l’adhésion populaire et l’allégeance au Président de la République ; peut bien mener au poste de ministre. La députée de Batna en à tiré avantage. Elle qui apostrophait Ouyahia, en déclamant avec emphase ses tirades que « le peuple n’est pas heureux ». Est-il heureux aujourd’hui, ce peuple Madame la Ministre ? L’êtes-vous, vous-même, ministre que vous êtes ?

    C’est cette brèche commise dans les critères amèrement ridiculisés de nomination des ministres qui excite le modèle à suivre pour le même parcours et qui fait que les intervenants ont tous mis du leur pour paraître en diapason avec la rue tout en veillant à ne pas écorcher le pouvoir suprême et le pouvoir de fait. Un ministre jetable c’est facile de le torpiller. La langue de bois, l’esbroufe l’inutile étaient tous présents sur le pupitre habituellement réservé aux réponses des ministres. Les chefs de groupe parlementaires faisaient ainsi dans l’étalage de l’arrangement obséquieux. On ne les a pas entendus disserter sur des chiffres qui manquaient d’ailleurs dans le programme du gouvernement ou proposer plus que ne le fait le projet à discuter. Juste répéter ce qui est su et dit.

    Pour ce qui est de la consistance du programme, elle n’est pas plus étoffée que celle qui l’ont précédée à travers les itinérances chef-gouvernementales. Parler encore d’une économie hors hydrocarbure, disant recourir à la diversification de ses segments, stimuler les PMA ou les TPE (toutes petites entreprises) et autres théories de brochures ; ce n’est que recommencer l’échec. On aurait bien voulu lire les contributions habituelles de Amar Belhimer ou du professeur Chitour à propos de cette rengaine répétitive

    Le programme de Djerrad, un plan narratif est décliné en actions phraséologiques à même de vulgariser la contenance pragmatique du programme présidentiel dans ses 54 engagements. Il lui manque un échéancier où les délais de réalisation se hisseront à la règle d’un contrat de performance pour chaque secteur. Ce qui par ailleurs rendra facile toute action de contrôle dans le temps et dans l’espace. Contrairement à Ouyahia, véritable tribun et grand orateur, le chiffre ne semble pas être dans le cœur de Djerrad. La statistique, les ratios et autres indicateurs ont été faits pour cacher le vrai désarroi populaire. A quoi avaient servi ces tangentes, ces courbes, ces camemberts, ces graphiques ? L’inflation et la planche à billet. La réaction des élus parlementaires va vite se cogiter comme à l’accoutumée en des interpellations pour un besoin local. L’on dirait qu’un député est uniquement représentant de la population qu’il l’aurait élu. Oubliant sa vocation de mandataire national, il accentue, pour l’un son zoom à être capté et sa démonstration de maitrise du parler pour l’autre. Pour dire que cette assemblée n’est qu’une facture salée qui coûte cher au trésor public. Hélas une dépense obligatoire, néanmoins pas trop inutile du fait de l’utilité parlementaire dans un régime se vouant pleinement aux caprices de dame démocratie.

    Question d’illégitimité, les deux chambres persévèrent dans la corroboration de cette accusation voire de ce constat. Au niveau du perchoir le président est un intrus, voire un candidat clandestin placé en un temps où la brouille envahissant tous les espaces institutionnels. Au sénat un invétéré des postes et des évolutions sur les bandes d’arrêt d’urgence, l’intérimaire présage que rien na changé et que l’on est en passe de recréer le même climat qui régnait dans le règne que l’on croit disparu. Le monsieur veut naitre et renaitre.

    L’assemblée n’a pu avoir depuis sa formation, l’impact attendu. Considérée comme un contre pouvoir dans le principe sacro-saint des constitutionnalistes relatif à la théorie de la séparation des pouvoirs, elle n’avait pu remplir qu’une fonction d’un organe nécessaire dans le tissage d’un Etat. Avec ou sans prérogatives, cette assemblée reste caractérisée dans ses membres par l’esprit de courtisanerie face au pouvoir en place. De mémoire, elle n’aurait fait obstacle à l’élan exécutif d’aucune autorité. En pleine tourmente de la catastrophe nationale (vacance de pouvoir, manque d’autorité, terrorisme, séisme, fraude électorale, injustice, déposition et inégalité de cadres, mutineries, rébellions, suicides, accidents routiers, criminalité, drogue, dépravation des mœurs, corruption etc. ) notre auguste cénacle n’adoptait qu’une seule démarche entérinée par des questions orales. Ce fut et se continue de se faire, une séance de bonne récréation, sauf cette fois, un semblant « d’hommerie » était à démontrer. Son absence d’implication s’absorbait dans la lutte des sièges de présidence, de vice présidence et de chefs de commissions. Le passage que franchissait douloureusement le pays n’était, perçu dans cet hémicycle que comme un menu commun de conciliabules et de tractations intuitu-personae. Ici sont nés tous les qualificatifs conjoncturels. Du révolutionnaire au contre-révolutionnaire, du progressiste au réactionnaire, du pro-machin à l’anti-truc, du démocrate au nationaliste, de l’islamiste à l’assimilationniste, du redresseur au contre-redresseur. Pour les uns, les portefeuilles ministériels étaient lorgnés dès le début du mandat. Pour les autres, les lots marginaux constituaient les fins du mandat. Encore, voilà qu’ils cherchent le passeport diplomatique ! Enfin pour certains, probes et corrects mais malheureux, ce sont le leurre, la déception et la mélancolie du poste électif qui font de leur séjour parlementaire un aveu d’incapacité et d’impuissance face à la déviation de l’état des lieux.

    Maintenant que les débats vont s’achever, les réponses du chef du gouvernement assurées, peu importe cette phase d’examen. Le projet sera adopté sans surprises. Là, n’est pas le problème, quand celui-ci se situe dans le facteur temps, le facteur humain. Restons tout de même optimistes.

    par El Yazid Dib

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5286680

  • Soleimani assassiné : pourquoi le secrétaire Esper dément les propos de Trump ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/01/13/soleimani-assassine-pourquoi-le-secretaire-esper-dement-les-

    Le missile balistique de haute précision Zolfaqar. ©Fars News
    Àen juger les aveux du dimanche soir du chef du Pentagone Mark Esper, l’US Army est totalement sens dessus dessous. À l’antenne des médias, Mark Esper a refusé tout simplement de confirmer ce que Trump raconte depuis 10 jours et à qui veut entendre comme étant le principal motif de l’attentat ciblé ayant coûté la vie au général de corps d’armée Qassem Soleimani et au commandant en chef adjoint des Hachd, Abou Mohandes et 10 autres officiers et militaires des Hachd, à savoir « l’intention prêtée au général de vouloir faire sauter quatre ambassades US, dont celle de Bagdad ». Dimanche soir, le secrétaire général du Hezbollah a qualifié cette allégation de « mensonge éhonté » colporté par le président le plus menteur de toute histoire des États-Unis. Il a fallu quelques heures à peine pour que les propos de Nasrallah soient cautionnés par le secrétaire US à la défense, dans ce qui constitue une royale marche arrière. 

    Le secrétaire à la Défense, Mark Esper, a déclaré qu’il « n’avait pas vu » de preuves précises que « le haut commandant militaire iranien, Qassem Soleimani planifiait des attaques contre quatre ambassades américaines » : « Le président n’a cité aucun élément de preuve spécifique. Ce qu’il a dit, c’est qu’il croyait. Je n’en ai pas vu, en ce qui concerne quatre ambassades. Ce que je dis, c’est que je partageais l’opinion du président que probablement – je m’attendais à ce qu’ils s’en prennent à nos ambassades. J’ai partagé ce point de vue. Je sais que d’autres membres de l’équipe de sécurité nationale ont partagé ce point de vue. C’est pourquoi j’ai déployé des milliers de parachutistes américains au Moyen-Orient pour renforcer notre ambassade à Bagdad et dans d’autres sites de la région ».

    Pas plus que le Pentagone, le Congrès non plus n’arrive pas à croire le méga mensonge de Trump. Justin Amash, représentant du Michigan à la Chambre des représentants des États-Unis y va de son commentaire :« L’administration Trump n’a présenté aucune preuve au Congrès concernant une seule ambassade. Et ils n’ont jamais présenté de preuve d’imminence – une condition nécessaire pour agir sans l’approbation du Congrès – en ce qui concerne tout cela », a-t-il écrit sur son compte twitter

    Missiles iraniens de haute précisionDes exercices de défense antiaérienne censés protéger les zones sensibles de l’Iran sont en cours.

    Mais pourquoi le Pentagone tend à se dissocier de la Maison Blanche ? Pour les analystes politiques et militaires, la réponse réside dans la nature de la « riposte balistique iranienne » du 8 janvier et de ses conséquences et surtout le fait que l’armée américaine est désormais sûre et certaine qu’une confrontation militaire à grande échelle lui serait fatale. Les 13 missiles balistiques iraniens Qiam d’une portée de 600 kilomètres ont été de haute précision, fait technique nouveau puisque des missiles balistiques ne sont pas de haute précision. Ces engins ont visé avec précision le centre de commandement et de contrôle, les hangars et les dortoirs de la plus grande base US au Moyen-Orient, base qui au contraire des bases comme Taji (Bagdad) ou Balad (Salaheddine) ou encore celles qui les États-Unis détiennent au Koweït, aux Émirats, en Jordanie oui encore en Arabie saoudite, ne compte que des soldats américains, entre 3 000 et 3 500 au nombre desquels figurent outre des soldats de profession, des contractors mais aussi des mercenaires. De nouvelles informations font état de la mort d’au moins 100 GI’s tandis que le bilan des blessés relèverait à 150 répartis toujours en Israël, en Jordanie voire en Allemagne. D’où sans doute ce reportage très significatif et ultra censuré de CNN où la journaliste n’est autorisée qu’à tourner les images sous un angle bien rétrécit sans doute pour éviter que l’ampleur des dégâts ne soit révélée. À ceci s’ajoute le fait que toute possible riposte militaire US à la « gifle iranienne » se suivra par une plus grande riposte balistique iranienne visant toutes les bases US dans les pays du golfe Persique là où les « soldats golfiens » travaillent ou mieux dit servent de bouclier aux GI’s. D’où sans doute ce ballet des responsables arabes et régionaux à Téhéran qui pas plus tard que dimanche 12 janvier a accueilli l’émir du Qatar, le ministre des A.E étrangères pakistanais, venus sans doute proposer des compromis.

     Guerre US/Iran : 3 scénarios israéliensIsraël vit une panique sans précédent face à la puissance militaire de l’Iran.

    Mais il y a aussi Israël, totalement atone ces jours et absorbé par l’exploit militaire et technique qu’a été la frappe balistique iranienne du 8 janvier. Les analystes conseillent désormais très énergiquement à Netanyahu et Cie de fermer leur bec et de ne pas trop vanter « l’implication du Mossad dans assassinant du général Soleimani » s’ils veulent que les foudres de Téhéran ne les affectent pas directement. Selon des informations bien fiables, la désormais impraticable base Aïn al-Asad ne dispose que d’un seul abri, ce qui veut dire que les 3000 GI’s stationnés étaient bel et bien exposés. La base a une superficie de 50 km². Des Irakiens eux, affirment que le soir de frappe, les Américains leur ont demandé non seulement de l’assistance médicale, mais encore de l’assistance logistique : des mains-d’ouvres pour déplacer les gravats et tirer des corps, mains-d’œuvres que les GI’s escortaient pour qu’ils ne voient pas ce qu’il n’était pas à voir. Le Pentagone serait sans doute capable de frapper l’Iran ce dont il est incapable d’arrêter l’enfer qui va suivre. 

    http://french.presstv.com/Detail/2020/01/13/616063/Iran–les-USA-mettent-les-pieds-dans-le-plat

  • Clausewitz, Trump et Soleimani – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/01/13/clausewitz-trump-et-soleimani

    Le philosophe militaire du XIXe siècle Carl von Clausewitz a observé que la guerre était la continuation de la politique par d’autres moyens. Ceci est une description appropriée de la stratégie militaire iranienne et des affaires géopolitiques. Ceci est conforme à la logique qui a guidé le général Qassem Soleimani au cours des deux dernières décennies.

    En tant que fin stratège militaire, Soleimani a compris que la distance entre A et B n’était pas nécessairement identique à la distance entre B et A. L’Iran et Israël ne partagent pas de frontière physique. Téhéran et Tel-Aviv sont distants d’environ 1600 km. Malgré ses menaces incessantes, il n’a jamais été clair qu’Israël avait les capacités militaires d’infliger des dommages considérables à l’Iran. On ne sait pas encore de quelle manière les pilotes israéliens vont s’y prendre pour couvrir la distance entre les deux pays et voler au dessus de la Jordanie, de la Syrie ou de l’Irak sans être détectés, ni même comment vont se ravitailler les avions israéliens, et ainsi de suite. Israël n’a pas encore réussi à résoudre cette équation militaire logistique. Mais il a été assez intelligent pour comprendre que le fait de pousser l’Amérique dans un conflit tous azimuts avec la République islamique pourrait résoudre le problème. Malgré la concurrence (avec la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne), les USA représentent la colonie la plus servile d’Israël. Ils ont sacrifié allègrement leurs fils et leurs filles sur l’autel sioniste depuis des années.

    Le général Soleimani a conçu des tactiques militaires de génie pour contrer aussi bien les plans américains qu’israéliens ; bien qu’Israël ne partage pas de frontière avec l’Iran, l’Iran partage assurément une frontière avec Israël. Le déploiement de Gardiens de la révolution aux côtés de milices locales pro-iraniennes a permis à Soleimani d’encercler l’État juif à l’aide d’un mur de résistance féroce. Les alliés régionaux de l’Iran sont parfaitement entraînés, motivés idéologiquement et religieusement, et bénéficient du riche arsenal balistique iranien et d’une technologie qui peuvent infliger un châtiment mortel à Israël en cas de conflit. Depuis un certain temps, l’élite militaire israélienne et les analystes ont dû accepter que, dans le contexte d’une guerre israélo-iranienne, l’Iran et ses alliés régionaux étaient capables de faire pleuvoir sur Israël des milliers de missiles balistiques, de missiles de croisière et de missiles à guidage de précision. Une telle perspective pourrait anéantir les villes israéliennes en quelques jours.

    Des tactiques similaires ont été mises en œuvre par le général Soleimani contre les forces militaires américaines dans la région. Certes, l’Iran ne partage pas de frontières avec les États-Unis, mais les milices irakiennes pro-iraniennes ont réussi à encercler les forces américaines en Irak. L’Iran domine également les détroits les plus stratégiques du golfe Persique grâce à ses milices chiites au Yémen.

    L’attaque iranienne d’hier contre des bases aériennes américaines a montré que les hauts dirigeants iraniens ont également intégré la philosophie de Clausewitz. L’attaque a été mesurée. Elle visait des installations militaires américaines et, selon certains rapports, ce sont des pistes d’aviation et des bâtiments vides qui ont été pris pour cible. Cependant, l’attaque a été menée depuis le territoire iranien et a été ouvertement revendiquée par le régime iranien. Elle a servi à transmettre le message de la détermination et de la fermeté iranienne. L’attaque a été suffisamment mesurée pour permettre à l’administration Trump de sortir de la voie imprudente qu’elle avait choisie, même si elle lui a également laissé une corde assez longue pour se pendre avec si elle insistait pour le faire.

    Le conflit entre les États-Unis et l’Iran est particulièrement irrationnel, on frise même la folie. L’Amérique n’est plus dépendante du pétrole du Golfe. Sa stratégie générale dans la région a été vaine et a échoué. L’Irak souhaite que les militaires américains s’en aillent. En Syrie, les forces américaines ont été vaincues. La Russie s’occupe maintenant de ce que l’Amérique prétendait superviser et qu’elle n’a, en pratique, jamais fait. On peut légitimement se demander ce que fait l’Amérique en Irak ou en Syrie et où est-ce que tout cela mène.

    De nombreuses études universitaires ont établi que la politique étrangère américaine est dominée par le lobby israélien. La vérité accablante c’est que l’Amérique mène des guerres au profit d’Israël depuis des décennies. Jusqu’à présent, les USA ont été confrontés à des forces militaires inférieures. Or, une bataille avec l’Iran pourrait s’avérer bien plus compliquée. Des décennies de sanctions ont fait de l’Iran une superpuissance technologique indépendante. La technologie des drones iraniens est au moins aussi avancée que celle d’Israël et des États-Unis et, concernant les missiles de croisières et les missiles à guidage de précision, l’Iran est même plus avancé. Contrairement aux soldats américains qui se battent pour Israël et qui sont nourris par les renseignements trompeurs fournis par ce pays, les Iraniens et les milices chiites locales se battent sur leur propre sol. La bataille est destinée à être un défi pour l’armée américaine et ses conséquences seraient imprévisibles.

    Entouré par l’incompétence, Trump a pris des décisions désastreuses qui ont fait de l’Amérique et d’Israël les plus grands dangers pour la paix mondiale. La situation est si sombre pour l’Amérique qu’elle ne semble pas pouvoir trouver les ressources suffisantes en elle-même pour comprendre que la présence dans ce purgatoire lui est imposée.

    Le seul moyen pour comprendre l’opération bizarre des États-Unis est de prendre la réflexion de Clausewitz par l’autre bout de la lorgnette : la politique américaine est une continuation des guerres sionistes par d’autres moyens. L’Amérique a renoncé à son prestige au profit de l’État juif. Les politiciens américains prêtent, sans vergogne, allégeance à l’État juif plutôt qu’au leur. Ils font tout leur possible pour satisfaire les groupes de pression juifs, qu’il s’agisse de l’ultra sioniste AIPAC ou de l’opposition contrôlée J Street. Les États-Unis ne seront pas la première superpuissance détruite par Sion. Le problème, c’est qu’une guerre régionale impliquant l’Amérique et Israël pourrait rendre le groupe Extinction Rebellion hors sujet étant donné que ces deux puissances destructrices pourraient réduire notre planète en poussière afin de sauver leurs dirigeants actuels de leur problèmes juridiques qui s’accumulent.

    Je suis convaincu que de nombreux Américains sont persuadés du danger qui frappe à leur porte. Cependant, la matrice du pouvoir sioniste a démantelé la capacité des Américains à appeler un chat un chat, car cela est considéré comme antisémite.

    Ma bataille pour la vérité et la liberté implique des services juridiques coûteux. J’espère que vous envisagerez de faire un don mensuel, quel que soit le montant que vous pourrez vous permettre. Des contributions régulières me permettront d’éviter d’être dos au mur et d’avoir le dessus sur les harcèlements sans fin des opérateurs sionistes qui tentent de me faire taire.

    Texte de Gilad Atzmon traduit à partir de l’anglais par Alimuddin Usmani

    https://www.egaliteetreconciliation.fr/Clausewitz-Trump-et-Soleimani-57713.html

  • Bolivie : la dictature s’installe – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/11/20/bolivie-la-dictature-sinstalle

    Trois jours seulement après avoir exigé la démission du président légitimement élu, Evo Morales, le général William Kaliman s’est installé aux Etats-Unis après avoir reçu 1 million de dollars, en échange de ses bons et loyaux services, de la part de l’attaché commercial de l’ambassade des Etats-Unis à La Paz, Bruce Williamson.

    La même somme a été remise à tous les autres commandants militaires et seulement 500 000 dollars, les pauvres, aux hauts dirigeants de la police, tous partis aux Etats-Unis. C’est Bruce Williamson qui a été chargé de les contacter et de coordonner les actions qui ont mené au coup d’Etat, entre la mutinerie de la police et l’inaction de l’armée.

    La sénatrice auto-proclamée présidente, Janine Añez s’est empressée de nommer d’autres commandants en remplacement des fuyards, en évitant ainsi toute enquête immédiate des instances locales et internationales. Comme par hasard, la majorité d’entre eux viennent des provinces de Santa Cruz, Beni et Oriente qui sont, traditionnellement, les foyers les plus réactionnaires et d’où sont nés la plus grande partie des coups d’Etat dans ce pays qui en compte presque plus que d’années d’indépendance. Les nommés sont :

    – Pablo Arturo Guerra Camacho, Commandant en chef d’Etat-major des Forces Armées
    – Iván Patricio Inchausti Rioja, Commandant de l’Armée de Terre
    – Ciro Orlando Álvarez, Commandant de l’Armée de l’Air
    – Moisés Orlando Mejía Heredia, Commandant de la Marine
    Ils sont les responsables de la répression actuelle et à venir.

    Constitutionnellement, c’est la sénatrice Adriana Salvatierra qui devait assumer la présidence après la démission d’Evo Morales et du vice-président Álvaro García Linera, les deux sous la contrainte et des menaces de mort, mais la police lui a interdit d’entrer au congrès qui a, dans la foulée, élu Janine Añez, sans que soit approuvé les démissions du président et du vice-président à la majorité des 2/3. Les 26 sénateurs du MAS (Movimiento Al Socialismo) n’ont pas pu entrer et ce ne sont que les 10 sénateurs putschistes qui ont pu s’exprimer.

    Par ailleurs, les journalistes locaux et étrangers qui n’appuient pas le nouveau régime sont considérés comme séditieux et sont arrêtés immédiatement. En deux jours, les Une des journaux ont dû se conformer à donner une bonne image du putsch. Les journalistes récalcitrants sont harcelés et agressés par des évangélistes fanatiques. Les journalistes de TeleSur et de la télévision russe RT ont dû se réfugier à El Alto, sur les hauteurs de La Paz et où la population pauvre est favorable à Morales.

    600 médecins cubains, qui ne faisaient qu’apporter leur aide à la population la plus démunie, ont été priés de quitter le territoire immédiatement.

    La population résiste héroïquement mais les morts s’accumulent sous une répression féroce envers la population amérindienne.

    C’est dire les hautes valeurs démocratiques et sociales que portent les nouveaux tenants du pays.

    Jean-Michel HUREAU

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/14/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/14/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/15/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

    https://noticias.tvmundus.com.ar/2019/11/15/region-golpe-de-estado-en-&#8230 ;

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