• Rock Against Police – Des lascars s’organisent
    http://rapdocsonores.org

    Ce blog héberge une série de six documentaires sonores, composés d’entretiens, d’archives et de musiques, qui racontent l’expérience politique du réseau Rock against police.

    A la fin des années 70, dans un contexte de crise économique et de chômage, les expulsions de jeunes immigrés et les meurtres en banlieue, qu’ils soient commis par des flics ou des beaufs, se multiplient. Un réseau informel et fluctuant se constitue pour réagir collectivement en organisant une série de concerts Rock against police au beau milieu des cités. De 1980 à 1983, l’initiative fait tâche d’huile. Plusieurs concerts sont organisés en région parisienne : Paris, Vitry, Nanterre, Cergy, Argenteuil. L’idée est également reprise par d’autres groupes en France, notamment à Marseille, Saint Dizier, et Lyon avec les concerts organisés par Zâama d’banlieue.

    A partir de ces concerts gratuits et auto-organisés, d’une « musique sociale issue du quotidien », l’idée est « de brancher des gens qui vivent dans la même merde, qui partagent les mêmes besoins, les mêmes envies », de créer des occasions de rencontres et de circulations à l’intérieur des cités, mais aussi entre différentes banlieues. Dans une conjoncture particulièrement tendue, face aux meurtres, au racisme et à l’occupation policière, l’enjeu est de se réapproprier « le territoire social » de la cité. Et donc, pour les « jeunes immigrés et prolétaires de banlieue », cible et bouc-émissaire principaux de l’idéologie sécuritaire, de s’affirmer et de prendre la parole de façon autonome, en dehors des cadres et des discours établis. C’est pourquoi le rock, comme mode de vie et langage, mais aussi le théâtre, la radio, les journaux de contre-information, le super 8 ou la vidéo, dès lors qu’ils sont réappropriés par les « lascars », participent pleinement d’une dynamique de lutte. A travers la recherche d’un imaginaire et d’une identité collective propres, il s’agit très concrètement d’arracher une possibilité d’existence, d’affirmer ses besoins et ses aspirations à une autre vie.

    Cette série documentaire a été réalisée à six mains. La découverte d’un journal-tract intitulé « Rock against police : concert de jeunes immigrés et prolétaires de banlieue » et la recherche universitaire de l’une d’entre nous, en furent le point de départ. A partir des nombreuses heures d’entretiens déjà enregistrées, la décision a été prise de prolonger la forme orale, et donc sonore, de cette enquête.

    L’histoire de l’expérience Rock against police a ainsi été reconstruite à partir des témoignages de personnes y ayant directement pris part : qu’ils soient à l’époque organisateurs ou simples participants, lycéens, militants politiques, musiciens. Leurs souvenirs et analyses dialoguent avec trois types d’« archives » : des lectures des journaux-tracts diffusés lors des concerts ; des extraits sonores tirés de films ou d’émissions de radio réalisés par des proches du réseau Rock against police, ainsi que d’émissions de télé ; des morceaux de musique, parfois issus des groupes ayant joué pendant les concerts, ou qui ont marqué cette période.
    Au final, l’histoire proposée reste à la fois partielle et partiale. D’une part parce qu’elle est, à près de trente années de distance, passée au filtre des souvenirs et de la mémoire de ses protagonistes. Mais aussi parce qu’elle est liée à des choix de montage effectués en fonction de nos propres questionnements présents. Le récit reste donc ouvert, à l’image sans doute de toute expérience collective de lutte. Nous n’avons pas abordé l’expérience du réseau Rock against Police comme une lutte exemplaire ou un modèle à suivre, mais plutôt comme un gisement d’affirmations qui résonnent encore fortement aujourd’hui.

    Si la Marche pour l’égalité et contre le racisme de décembre 1983 est reconnue comme le moment d’émergence de la dite « seconde génération » immigrée, l’histoire officielle retient peu les luttes et les mouvements qui ont amené des dizaines de milliers de personnes à marcher derrière des jeunes brandissant les portraits de leurs compagnons assassinés. Luttes concrètes sur les préoccupations immédiates de la jeunesse précaire et immigrée, elles ne cadrent pas avec l’image d’une société multi-culturelle alors façonnée de toutes pièces par certains partis et associations de gauche comme SOS Racisme. Elles collent à la vie quotidienne des cités : harcèlement policier, menaces d’expulsions, conditions de logement pourries, difficultés à circuler, manque d’argent, le tout aggravé le plus souvent par une gestion municipale ouvertement raciste et sécuritaire… Mais elles collent d’abord et avant tout aux comportements diffus de révolte, de refus, de créativité, qui traversent alors le jeune prolétariat métropolitain, et croisent de ce fait d’autres expériences de rupture de l’époque comme les coordinations lycéennes, le mouvement squat, les luttes anti-carcérales ou les luttes de femmes. Ces luttes autonomes ont pour point commun d’affirmer des comportements et des besoins sociaux spécifiques et de refuser les organisations politiques traditionnelles. Elles affrontent le compromis social et productif issu des Trente Glorieuses, à un moment où celui-ci est en train de craquer de toutes parts. C’est particulièrement vrai de ces « jeunes immigrés et prolétaires de banlieue » qui mettent à nu les contradictions de l’histoire ouvrière et immigrée dont ils sont le produit. Chômeurs qui refusent bien souvent le travail et le destin de leurs parents, enfants d’immigrés qui s’affirment pleinement d’ici et non d’ailleurs, délinquants « sociaux » qui s’assument comme tels, mais aussi apprentis-journalistes ou cinéastes, musiciens, « écrivains de l’ombre » qui prennent la parole pour eux-mêmes…
    En ce début des années 80, l’initiative des concerts Rock against police sera l’une des expressions de ce courant de révolte et d’affirmation subjective. Une caisse de résonnance parmi d’autres, mais aussi une tentative de « transcription politique » plus large de cette dynamique à l’oeuvre à l’intérieur des cités et des quartiers populaires. L’histoire de Rock against police semble s’être écrite dans cette tension : comment s’en sortir (vivre et non plus survivre !) sans sortir, sans quitter le terrain social quotidien ? Comment s’affirmer « tel qu’on est », appuyer les dynamiques déjà existantes dans la jeunesse prolétaire et immigrée, tout en les reliant à d’autres composantes sociales de la cité et de la société : luttes des familles dans les cités de transit, luttes de l’immigration autour des « papiers », du droit au séjour, et contre les conditions d’exploitation dans les usines, luttes anti-carcérales, luttes des chômeurs et précaires… Comment organiser une riposte collective face aux meurtres et à l’occupation policière, tout en évitant le piège mortel, tendu par le pouvoir, du face-à-face et de l’isolement ?
    A travers cette série de montages sonores, nous avons avons cherché à rouvrir ces questionnements ainsi qu’à documenter les pratiques sociales et politiques qui s’y sont confrontées. Entre intervention militante et expérience sociale, entre rage de vivre et volonté de s’organiser, il nous a semblé que cette histoire collective, assez peu connue, n’avait pas encore dit son dernier mot et valait la peine d’être racontée.

    Bonne écoute !

  • Arrêtons de tuer l’Afrique en faisant croire qu’on l’aide ! | L’Indigné du Canapé
    http://www.indigne-du-canape.com/arretons-de-tuer-lafrique-en-faisant-croire-quon-laide

    Arrêtons de tuer l’Afrique en faisant croire qu’on l’aide !

    La France, comme tous les pays dits « occidentaux », s’appuie sur une économie de type capitaliste, de plus en plus libérale, pour fonctionner. Ce n’est un secret pour personne. Et cette économie est basée sur l’exploitation des richesses naturelles et l’exploitation du travail humain pour obtenir de la croissance, et enrichir ceux qui avaient déjà de l’argent au départ et qui ont investi dans ces moyens de production.
    Lire aussi : Pourquoi la fortune des ultra-riches crée inégalités et pauvreté ?
    Dans ces pays capitalistes, comme la France donc, rien n’est plus important que la croissance, rien. Vous pensez être des citoyens libres et éclairés ? Non, car ce n’est pas dans cette optique-là que vous avez été éduqués. Avant, bien avant d’être des citoyens, vous êtes des consommateurs : vous devez consommer, consommer, consommer, pour que votre nation (enfin, on parle des 5% les plus riches surtout) prospèrent. Vous, on veut juste que vous grappilliez tout juste de quoi continuer à consommer, jusqu’à la fin de votre vie.
    Mais comment peut-on être si « riches », ici en France, alors que nous avons si peu de richesses naturelles ?
    D’accord, on travaille bien – et c’est important de le souligner tant on nous rebat les oreilles sur notre soi-disant manque de compétitivité -mais après ?
    La réponse se situe dans nos anciennes colonies et dans tous les pays émergents du monde. Comme dans toute économie capitaliste, malgré la fin de l’esclavage et de la colonisation, nous sommes allés nous imposer dans d’autres pays en leur expliquant qu’ils n’avaient pas les moyens matériels de mettre en place ces usines, ces industries, ces ateliers, etc., et que nous allions le faire à leur place. Nous avons érigé une partie de leurs infrastructures, mais à notre avantage. Car nous avons exploité leurs richesses. Nous avons utilisé leur main d’oeuvre – pas chère – pour le faire. Et nous avons envoyé la grande majorité du fruit de leur travail chez nous, pour alimenter notre économie, et nos trains de vie écocides…
    L’exploitation occidentale des pays les plus pauvres explique à la fois notre richesse et leur pauvreté. Il faut très vite que l’on arrive à faire passer ce message pour changer nos mentalités sur ce sujet : ce n’est pas nous qui aidons les pays « pauvres », ce sont eux qui nous aident, notamment à vivre nos trains de vie « luxueux » (par rapport à eux).

    #capitalisme #neocolonialisme #pillage #afrique

  • Quelle place pour les blancs dans les mouvements antiracistes ? Expériences américaines, réflexions françaises – CONTRETEMPS
    http://www.contretemps.eu/place-blancs-mouvements-antiracistes-experiences-americaines-reflexions-

    L’organisation d’un camp d’été décolonial a défrayé la chronique en 2016, étant attaqué par des députés et des ministres comme incarnation d’un « racisme anti-blanc »[2]. Si les réactions de soutien ont été maigres, y compris à l’extrême-gauche, une tribune de militants et d’universitaires blancs avait néanmoins pris position pour défendre les vertus politiques des espaces non-mixtes temporaires[3]. Cette séquence révélait toutes les difficultés qu’il y a à penser, en France, la place des groupes sociaux majoritaires et privilégiés dans les luttes d’émancipation des minorités racisé.e.s. Sans qu’il faille nécessairement suivre le chemin tracé par l’Amérique du Nord, des militants états-uniens réfléchissent depuis plusieurs décennies à la place que peuvent jouer les blancs dans les luttes d’émancipation des minorités. Depuis le début des années 2000 en particulier, des groupes de blancs s’organisent de façon non-mixte afin de mettre à mal la « suprématie blanche » et se constituer en alliés des mouvements de groupes minorisés, ainsi que l’appelait déjà de ses vœux Stokely Carmichael plusieurs décennies auparavant. Ces mobilisations anti-racistes connaissent un dynamisme important depuis l’émergence du mouvement Black Lives Matter en 2013 et plus encore avec l’avènement de Donald Trump qui pose de façon centrale la question de la déconstruction des privilèges blancs. Ces groupes ont joué un rôle clé ces dernières semaines pour organiser la riposte aux manifestations de l’alt-right et au meurtre perpétré par un militant suprématiste blanc à Charlottesville. Après avoir présenté la philosophie et les modes d’action de ces groupes auxquels j’ai participé pendant plusieurs mois, j’esquisserai quelques pistes sur la façon dont ces expériences peuvent nourrir les réflexions en France.

    #antiracisme #non-mixité

  • Chrono-cartographie du massacre du 17 octobre 1961, par Léopold Lambert (traduction : @isskein)
    http://www.vacarme.org/article3082.html

    Aux cartes minutieuses des lieux où se sont produites violences et massacres le 17 octobre 61, Léopold Lambert, architecte, essayiste et directeur de la publication de la revue The Funambulist joint une analyse de la temporalité de cette guerre coloniale d’abord dénommée « opération de police ».

  • LE 17 OCTOBRE 1961 ET LES MÉDIAS
    DE LA COUVERTURE DE L’HISTOIRE IMMÉDIATE AU “TRAVAIL DE MÉMOIRE

    http://www.hommes-et-migrations.fr/docannexe/file/1228/1228_14.pdf

    Si dans les jours qui suivent le massacre d’octobre 1961, une bonne partie de la grande presse évoque disparitions, violences et internements, la censure est un épouvantail trop présent pour que vérité et protestations éclatent. Des intellectuels et la presse d’opinion prennent le relais, mais la mémoire de l’événement sombrera peu à peu dans la confusion. Elle refait surface dans les années quatre-vingt, et la diversification des médias permet alors de restituer l’émotion. La question du bilan réel sera à nouveau d’actualité avec le procès Papon en 1997, question qui demeure à ce jour sans réponse précise

    Il y a 56 ans, les médias et le massacre du 17 octobre 1961
    http://www.acrimed.org/Il-y-a-56-ans-les-medias-et-le-massacre-du-17#nb2

  • Urbaniser pour dépolitiser : la rhétorique du #spatialisme et du #localisme

    #Jean-Pierre_Garnier s’intéresse ici aux #violences_urbaines, s’interroge sur leur définition et sur leurs origines. Il précise ainsi qu’il s’agit des violences « qui troublent l’#espace_public urbain ». Il montre ensuite que le fait de qualifier un problème d’urbain est une façon de neutraliser le conflit et de nier la division, en un mot de dépolitiser le problème.

    Il s’intéresse ensuite au traitement de ces violences par le recours à deux idéologies : l’idéologie du spatialisme et celle du localisme. Le spatialisme consiste à transfigurer les problèmes sociaux en problèmes dus à un certain type d’espace. C’est une idéologie en vertu de laquelle le cadre de vie détermine très largement le mode de vie : la configuration du bâti conditionne les comportements. Le localisme est une démarche qui consiste à formuler, étudier et traiter les problèmes là où ils se posent : au lieu de remonter aux processus globaux générateurs des violences, on se borne à traiter les conséquences locales.

    https://www.canal-u.tv/video/ecole_normale_superieure_de_lyon/urbaniser_pour_depolitiser_la_rhetorique_du_spatialisme_et_du_localisme.5037
    #urbanisme #urban_matter #villes #violence

    • "Urbaniser" pour dépolitiser. La rhétorique du spatialisme et du localisme

      “ Tant que la misère est rangée quelque part, ça arrange beaucoup de monde. Le problème, c’est qu’au bout d’un moment, ça déborde. ”
      Jean-Louis Borloo, ministre de la ville

      La “politique de la ville” porte bien mal son nom. Du moins si l’on entend par politique un champ et des pratiques qui ont partie liée avec la division et le conflit. Non pas que l’une et l’autre soient absents des préoccupations qui sont à l’origine de la dite politique. Bien au contraire, puisque sa raison d’être majeure, aussi inavouée soit-elle dans sa présentation officielle, est précisément de chercher coûte que coûte à neutraliser le conflit et à nier la division. Pour ce faire, il suffira de qualifier d’“ urbaine ” la question posée. Et de circonscrire à “la ville” les réponses qui lui seront apportées.
      Cette question est celle de la (ou des) “violence(s)” et de “l’insécurité” qu’elle(s) engendre(ent). Mais pas n’importe lesquelles. On ne parlera guère, sinon sur le mode allusif, des violences d’ordre économique, institutionnel ou symbolique infligées aux couches populaires dans une société de plus en plus inégalitaire, pas plus que l’insécurité qui en résulte pour elles au plan matériel (professionnel, résidentiel, sanitaire, alimentaire...), mais aussi psychologique et existentiel. Cette violence sociale s’aggrave, pour les générations issues de l’immigration, des vexations racistes en tout genre (discrimination à l’embauche ou dans l’accès au logement, “contrôles d’identité” à répétition, jugements iniques dans les tribunaux, etc.) suscitées par leur “faciès” ou leur nom.

      http://1libertaire.free.fr/JPGarnier04.html

  • Plusieurs arrestations en marge des manifestations de la soif à Zagora | Telquel.ma
    http://telquel.ma/2017/10/09/plusieurs-arrestations-en-marge-des-manifestations-de-la-soif-a-zagora_15639

    Les habitants de Zagora ont manifesté ce dimanche 8 octobre contre la pénurie d’eau dans la ville et ses environs. Bilan : 23 personnes ont été interpellées. Au total, 11 sont en garde à vue et 12 mineurs ont été placés sous contrôle judiciaire.

    #Maroc

  • Expliquer le privilège blanc à une personne blanche et pauvre | Etat d’Exception
    http://www.etatdexception.net/expliquer-le-privilege-blanc-a-une-personne-blanche-et-pauvre

    Moi, peut-être plus que d’autres personnes, peux tout à fait comprendre pourquoi des blancs pauvres sont énervés quand le mot « privilège » est jeté dans la conversation. Enfant, j’étais constamment discriminée parce que pauvre, et cette blessure est encore très profonde. Mais heureusement, mon cursus à l’université a introduit en moi un concept plus nuancé du privilège : le terme intersectionnalité. Le concept de l’intersectionnalité reconnaît que les gens peuvent être privilégiés à certains égards, et certainement pas privilégiés à d’autres. Il y a beaucoup de types différents de privilèges – et pas seulement le privilège racial – qui ont un impact sur la façon dont les gens peuvent se déplacer à travers le monde ou sont confrontés à des #discriminations. Ce sont toutes ces choses dans lesquelles vous êtes né-e, et non pas les choses que vous avez obtenues, qui vous offrent des possibilités que les autres ne peuvent pas avoir.

    #privilège_blanc #pauvreté #inégalités #hiérarchie

  • Liens – Linkothèques à suivre – CamEpicenes
    https://camepicenes.wordpress.com/2017/04/06/liens-version-de-la-lisibilite-p

    Voilà le plan, un petit CRTL+F vous permettra de vous y retrouver plus vite ?

    Convergence des luttes
    Intersectionnalité
    La valeur des enfants
    La non-mixité
    Pédagogie
    Patriarcat
    A balancer aux relou.es
    A – Système
    Etudes/travail
    Culture pop
    Culture du viol & violences
    Prostitution & féminisme pro-sexe
    Enfants
    B – Hommes vs femmes ?
    Place des hommes ?
    Misandrie
    Différences anatomiques ? I call bullshit
    Mansplaining
    C – Problèmes de non-(homme cis)
    Contraception & IVG
    Règles
    Joies de la rue
    D – Lutte Queer
    Genre
    Pronoms inclusifs et neutres
    Notions d’état civil
    E – Dépistages et IST
    Racisme
    Discriminations structurelles
    Validisme
    Sur la douleur
    Sur le poids
    Véganisme
    Enfants
    Ressources utiles
    Recettes
    Politique au sens commun
    Dois-je voter ? (non)
    Publications scientifiques
    Zététique
    Equitable

    #féminisme

  • L’invention du Sud - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2017/06/23/l-invention-du-sud_1579097

    Le Sud n’est pas un lieu, mais plutôt l’effet de relations entre pouvoir, connaissance et espace. La modernité coloniale invente une géographie et une chronologie : le Sud est primitif et passé. Le Nord est progrès et futur. Le Sud est le résultat d’un système racial et sexuel de classification sociale, une épistémologie binaire qui oppose haut et bas, l’esprit et le corps, la tête et les pieds, la rationalisation et l’émotion, la théorie et la pratique. Le Sud est un mythe sexualisé et racialisé. Dans l’épistémologie occidentale, le Sud est animal, féminin, infantile, tarlouze. Le Sud est potentiellement malade, faible, stupide, incapable, paresseux, pauvre. Le Sud est toujours représenté manquant de souveraineté, manquant de connaissance, de richesse et, par conséquence, intrinsèquement endetté vis-à-vis du Nord. Dans le même temps le Sud est l’endroit où se déroule l’extraction capitaliste, le lieu où le Nord capture énergie, sens, jouissance et valeur ajoutée. Le Sud est la peau et l’utérus. L’huile et le café. La chair et l’or.

    A l’autre extrémité de cette épistémologie binaire, le Nord apparaît comme humain, masculin, adulte, hétérosexuel, blanc. Le Nord se présente toujours plus sain, plus fort, plus intelligent, plus propre, plus productif, plus riche. Le Nord, c’est l’âme et le phallus. Le sperme et la monnaie. La machine et le software. C’est le lieu de la mémoire et du profit. Le Nord, c’est le musée, l’archive, la banque.

    La division Nord-Sud domine sur toute autre forme de spatialisation. Chaque société désigne un Sud, un lieu où va s’organiser l’extraction et où se déverseront les ordures. Le Sud est la mine et le cloaque. Le cœur et l’anus. Le Sud est aussi le lieu craint par le Nord en tant que réserve de puissance révolutionnaire : c’est pourquoi que c’est là que s’intensifient contrôle et vigilance. Le Sud est le terrain de guerre et la prison, l’endroit de la bombe et des résidus nucléaires.

  • « Gauche blanche », « #racisés », « non concernés » : ces clivages qui agitent la lutte et les mouvements #antiracistes - Basta !
    https://www.bastamag.net/Gauche-blanche-racises-non-concernes-ces-clivages-qui-agitent-la-lutte-et-

    Malgré les lois et les constats, sans cesse renouvelés, rien n’y fait : les discriminations racistes continuent à peser sur la vie de millions de personnes en France, que ce soit ​
    dans l’éducation, l’accès aux soins médicaux, le monde du travail ou les relations avec la police. Trois études récentes illustrent leur persistance. En décembre dernier, le ministère du Travail publie les résultats d’une enquête sur « les discriminations à l’embauche » : ils confirment que des entreprises françaises, malgré leurs engagements en faveur de la « diversité », pratiquent une politique discriminatoire à l’égard des personnes aux noms perçus comme « maghrébin » ou « non hexagonal » (sic). Mi-mars, la ministre du Travail Myriam El Khomri pointait publiquement les entreprises Accor et Courtepaille – une chaîne de restaurants propriété d’un fonds spéculatif britannique – pour leurs mauvais résultats en matière de lutte contre les discriminations [1].

    Logement, emploi, contrôle au faciès : des discriminations fortes

    Début mars, les résultats d’un testing mené par des chercheurs du CNRS ont été publiés par le ministère du Logement. Des identités fictives ont répondu à 504 annonces immobilières dans Paris au cours de l’année 2016. Les résultats montrent des discriminations « très fortes » pour les personnes d’origine nord-africaines dans l’accès au logement, encore plus lorsque l’annonce immobilière émane d’un particulier plutôt que d’une agence. Un fonctionnaire avec un nom évoquant une origine maghrébine aura ainsi trois fois moins de chance d’obtenir une réponse positive comparé à un fonctionnaire « d’origine française » avec un revenu similaire [2].

    En janvier, un travail mené par le Défenseur des droits auprès d’un échantillon représentatif de plus de 5 000 personnes (une première à l’échelle nationale) pointait cette fois que « 80% des personnes correspondant au profil de “jeune homme perçu comme noir ou arabe” déclarent avoir été contrôlées dans les cinq dernières années (contre 16% pour le reste des enquêtés) ». Ces profils ont donc vingt fois plus de risques d’être contrôlés. Les violences policières concernent aussi particulièrement les jeunes hommes d’origine immigrés [3].

    Pourquoi ces #discriminations se perpétuent-elles aussi fortement alors que le droit est censé pénaliser toute discrimination à raison de la race, la religion, l’ethnie ou la nation ? « Les pratiques de testing et les études sur les discriminations font exister une réalité invisible dans l’espace public d’un point de vue statistique. Mais pour passer du constat à la lutte contre les causes du problème, il y a une grande difficulté », constate le politologue Abdellali Hajjat, maître de conférences à l’université de Nanterre.

    #gauche_blanche

  • Inspecteur Ruffin mène l’enquête : chronique de la divergence des luttes
    https://leseumcollectif.wordpress.com/2017/09/24/inspecteur-ruffin-mene-lenquete-chronique-de-la-divergenc

    Qui se souvient du 32 Mars 2016 et des semaines qui suivirent ? Qui se souvient des nuit-deboutistes qui, la main sur le cœur, appelaient à la convergence des luttes ? Qui se souvient des AG en plein air avec, entre deux interminables diarrhées verbales de poètes maudits, des appels solennels adressés à – retenez votre souffle – les-quar-tiers-po-pu-laires. “Parce que le gouvernement est notre adversaire à tou-te-s donc faut s’unir, faut con-ver-ger !’’ Et les appels du pied devenaient vite des sommations vexées (« mais pourquoi diable nous snobent-ils ? ») et vexantes (« mais vous ne comprenez pas, pauvres bougres, qu’on a des intérêts communs » ?!). Source : Le Seum (...)

    • Il semble donc qu’il faille tout expliquer à Monsieur Ruffin, alors soyons brefs et constructifs : François, tu arrêtes tes sketches et tu relaies un soutien inconditionnel partout où une audience t’est accordée – les médias que tu affectionnes et l’assemblée nationale paraissent être un bon début. Tu ne tires pas la couverture à toi et, pitié, tu évites d’en faire un film où tu te compares à Robin des Bois. Pigé ? Et quand tu as fait tout ça, ne t’attends pas à des félicitations : on ne dira jamais « merci patron » à des égos sur pattes qui nous prennent pour de la chair à convergence quand ça les arrange.

      Voilà ...

      #gauche_blanche

    • Ruffin et Justice pour Adama : l’hypocrisie de la gauche radicale française sur la question raciale
      28 septembre 2017
      http://hustle-mag.com/ruffin-justice-adama-gauche-racisme

      Que pensez-vous de la réaction particulière de Ruffin ?

      Il représente à merveille cette gauche qui refuse de prendre en compte ces questions comme priorité. Il refuse de s’en emparer, de dénoncer, d’assumer son rôle également en tant que député. Il a dit qu’il voulait d’abord s’assurer que tout soit vrai, ce qui est absurde. Comme il le dit lui-même, il y une désinformation sur le traitement des médias sur les grèves, les mouvements sociaux.

      D’un côté, il arrive à avoir cet esprit critique sur les questions sociales, par contre il n’arrive pas à avoir cet esprit critique sur le traitement qui a pu être fait sur Adama, mais aussi sur toutes les affaires de violences policières où on reprend les versions officielles qui sont souvent des mensonges. On a menti sur les causes de la mort d’Adama. La famille, le comité a créé un rapport de force avec le parquet de Pontoise pour obtenir une contre-expertise pour avoir les vrais raisons de la mort d’Adama. D’ailleurs, le procureur du parquet de Pontoise a été dessaisi de l’affaire, celle-ci a été dépaysée au Tribunal de Grande Instance de Paris.

      Il veut « mener l’enquête », mais l’enquête a déjà été menée, par nous, par ceux qui luttent. Comme ceux qu’il défend à Moulinex, Good Year, à Continental, à qui il ne va jamais remettre en cause leur parole, il ne va pas enquêter évidemment.

      C’est toujours la même chose, la suspicion, on n’est pas des vraies victimes, on fait semblant, peut-être que c’est faux, on invente. En se positionnant ainsi, il a remis en cause la lutte du comité Justice pour Adama et notre légitimité à venir interpeller l’Etat et les versions officielles.

    • ll y a ceux qui semblent l’avoir bien cherché (des déjà « connus des services » et/ou condamnés, comme Théo et tant d’autres) et - rappelons nous les propos de Mélenchon sur l’assassinat e Rémi Fraisse - ceux dont on dit ou laisse entendre qu’il s’agirait d’"agents provocateurs" :
      https://iaata.info/Jean-Luc-Melenchon-et-l-assassinat-de-Remi-Fraisse-2091.html

      C’est entre autre grâce à la merde que la gauche a dans le crâne et fait partager que la mobilisation suite à la mort de Rémi est restée très minoritaire. Le permis de tuer des flics ne tombe pas du ciel de l’État, mais aussi de sa base et des pasteurs qui la cornaque.

      #France_insoumise #nationalisme #étatisme <=> #police #justice

  • Féministes rabat-joie (et autres sujets obstinés) – Sara Ahmed – Réflexions Queer & Décoloniales d’une entité rebelle
    https://sorryimnotsorry.wordpress.com/2017/05/15/feministes-rabat-joie-et-autres-sujets-obstines-sara-ahme

    Ne pas avoir sa chaise à la table du bonheur, c’est incarner une menace potentielle, non seulement pour la table elle-même mais aussi pour ce qui se trouve rassemblé autour et dessus. Si vous n’y avez pas votre place, vous risquez même de vous mettre dans les pattes des personnes qui y siègent et veulent par-dessus tout conserver la leur. Laisser planer la menace qu’elles pourraient perdre cette place rabat la joie des personnes assises. La figure de la rabat-joie féministe est tellement reconnaissable ! Tellement significative ! Prenons donc au sérieux la figure de la rabat-joie féministe. Rendre la parole à la rabat-joie pourrait être un projet féministe. Si assimiler les féministes à des rabat-joie constitue une forme de rejet, ledit rejet vient ironiquement révéler une capacité d’agir (agency) : nous pouvons répondre par ‘oui’ à l’accusation.

    La figure de la rabat-joie féministe prend tout son sens si nous la situons dans le contexte des critiques féministes du bonheur, de la manière dont le bonheur sert à justifier les normes sociales en les présentant comme des biens sociaux (dans la mesure où l’on comprend le bonheur comme quelque chose de bien, un bien social est une cause de bonheur). Pour citer la remarque astucieuse de Simone de Beauvoir : « Il n’y a aucune possibilité de mesurer le bonheur d’autrui et il est toujours facile de qualifier d’heureuse la situation qu’on veut lui imposer. » (Beauvoir 1997, p. 28).

    Ne pas accepter la place ainsi désignée, c’est peut-être aussi refuser le bonheur qu’on nous souhaiterait. S’engager dans l’activisme politique revient donc à engager un combat contre le bonheur. Quand bien même nous nous battons pour d’autres choses, quand bien même il y a d’autres mondes que nous voulons créer, sans doute partageons-nous ce contre quoi nous nous élevons. Raison pour laquelle nos archives militantes sont des archives du malheur. Pensons simplement à la somme de travail critique accomplie à ce jour : à toutes les critiques féministes de ‘l’épouse et mère comblée’ ; aux critiques noires du mythe du ‘joyeux esclave’ ; aux critiques queers de la ‘félicité conjugale’ que serait l’hétérosexualité version sentimentale. La lutte dont le bonheur est l’enjeu définit l’horizon de nos revendications politiques. Nous héritons de cet horizon.

    #féminisme #bonheur

  • Les hommes proféministes : compagnons de route ou faux amis – Recherches féministes – Érudit
    http://www.erudit.org/fr/revues/rf/2008-v21-n1-rf2309/018314ar

    Quelles raisons peuvent mener un homme à se dire proféministe et que peut-il faire pour aider le mouvement féministe ? Voilà les deux questions discutées ici. J’entends proposer pour les hommes proféministes de pratiquer le contraire de l’empowerment (ou autonomisation), soit le disempowerment, c’est-à-dire une (auto)réduction du pouvoir individuel et collectif qu’exercent les hommes sur les femmes, et un (auto)positionnement d’auxiliaire par rapport aux féministes. (...) La rhétorique qui consiste à prétendre que les hommes ont tout à gagner du féminisme passe sous silence que le renversement même partiel d’un système de domination est un processus politique qui implique nécessairement des perdants et des gagnantes. Les hommes jouissent en général dans le système patriarcal d’une vie stimulante et enrichissante (dans tous les sens du mot) et d’une grande autonomie politique. L’égalité suppose que les hommes perdent leurs privilèges, leur position de dominant et les possibilités d’exploiter des femmes individuellement et collectivement. C’est certainement pour cela qu’il y a si peu d’hommes proféministes, même parmi ceux qui se disent « progressistes », et que des hommes proféministes sont si souvent confrontés par des féministes qui leur reprochent leurs incohérences ou leurs trahisons. Parce que le féminisme implique des pertes réelles pour les hommes en général aussi bien que pour les hommes proféministes, ces derniers risquent toujours de reconsidérer leur engagement #proféministe et d’abandonner le processus de disempowerment. Ils peuvent même choisir de passer dans le camp antiféministe au gré des situations et des rapports de force. L’homme proféministe à l’heure actuelle sait d’ailleurs plus ou moins consciemment que, malgré les concessions qu’il accepte de faire face aux féministes qui le confrontent, il continuera de profiter de son statut de mâle dans la plupart de ses sphères d’activité – et même dans ses relations intimes avec des féministes – tant qu’il n’y aura pas une victoire totale des féministes contre le #patriarcat, ce qui a peu de probabilités de survenir de son vivant.

    #féminisme

    • Le problème de cet extrait est qu’il ne définit pas ce qu’est ou pourrait être un gain obtenu par le « disempowerment ». Il y a certes perte, et ceci est nécessaire, mais quel est le gain qui mériterait que des hommes soutiennent le mouvement féministe (et non pas y participent, le risque de le dénaturer serait trop grand).
      Je me souviens de mon beau-père me voyant changer mon bébé avec ce plaisir immense d’une relation directe dans un échange par le sourire, par les yeux, par la douceur de cet accordage que permet le soin aux bébés, et me dire « Hervé, quand je te vois, je sens que j’ai raté quelque chose ». Et ce revirement existe pour plein d’activités quotidiennes, y compris l’activité sexuelle : donner la jouissance est plus fort que de la prendre.
      Moins de pouvoir, moins de facilités, c’est aussi plus de vie et plus de bonheur. Je ne dirais jamais assez merci au mouvement féministe de me l’avoir montré.
      Mais c’est évidemment là une réaction individuelle, que j’espère nous sommes nombreux, et de plus en plus, à partager... et non la dynamique du « système patriarcal » qui, elle, est faite de violence permanente et qui doit être perdant et vaincu.C’est en distinguant les acteurs du système dans lequel ils sont enfermés que des brèches peuvent s’ouvrir...c’est d’ailleurs une des grandes leçons politiques du féminisme : le gain doit pouvoir se mesurer ici et maintenant, dans la vie quotidienne.

  • Gabrielle Hecht. Uranium africain, une histoire globale | Cairn.info
    http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=AFCO_258_0181&WT.mc_id=AFCO_258

    la disparité de traitement par les experts des ouvriers blancs et noirs – ces derniers ayant été exclus des études pendant longtemps à cause de préjugés raciaux. Une exclusion, certes, qui a contribué à l’invisibilisation des risques liés aux radiations pour les populations africaines, alors même que ces risques étaient rendus visibles lors des études sur les expatriés et les ouvriers européens.

    L’une des qualités qui fait de ce livre une œuvre majeure est sans aucun doute l’information qualitative et quantitative que Gabrielle Hecht a pu repérer dans les archives des pays africains où elle a mené ses terrains de recherche : archives inédites pour la plupart

    #livre (pas lu) #afrique #nucléaire #extractivisme

  • Mission Statement - People of Color in European Art History
    http://medievalpoc.tumblr.com/missionstatement

    The focus of this blog is to showcase works of art from European history that feature People of Color. All too often, these works go unseen in museums, Art History classes, online galleries, and other venues because of retroactive whitewashing of Medieval Europe, Scandinavia, and Asia. Sometimes it’s just about really looking at artworks you’ve seen many times before, with a fresh perspective.

    Although the focus is toward art dating from the fall of the Roman Empire until about 1650, it will also include Baroque and/or Early Modern pieces, as well as works from places other than Europe, Scandinavia and Asia. Ancient Greek, Egyptian and Celtic works featuring People of Color are also fair game.

    My purpose in creating this blog is to address common misconceptions that People of Color did not exist in Europe before the Enlightenment, and to emphasize the cognitive dissonance in the way this is reflected in media produced today.

    #art #decolonize

  • Pourquoi partir à l’étranger pour chercher de « l’authenticité » ne sert à rien
    https://www.vice.com/fr/article/a3dqk8/authenticite-voyage-mythe
    Alors que l’on oppose souvent le touriste au voyageur, on oublie que ce dernier est avant tout un consommateur de clichés.

    Dans ces temps où chacun a l’arrogance d’être plus malin que les autres, il est de bon ton, en matière de voyage, de mépriser « les touristes ». Dans les petits jeux de distinction où s’ébroue l’individu qui croit exister quand il rabaisse autrui, il importe de distinguer le touriste du voyageur. Au touriste, le goût grégaire de choix sans originalité, le besoin de sécurité dans une consommation « conformiste » qui ne laisse aucune place à la rencontre hors transaction marchande ; au voyageur, la singularité d’improviser son parcours au gré des rencontres et des envies. Au touriste, le camping, le Club Med, les offres « all inclusive » et les resorts – soit l’artificialité d’un imaginaire vulgaire de paradis en toc, construit par la publicité ; au voyageur, la « quête de l’authentique », la prétention à toucher l’altérité – comme s’il était possible d’y parvenir lors d’un parcours de quelques semaines, ou de quelques mois. Comme si, d’ailleurs, les autochtones n’avaient pas compris quel bénéfice ils pouvaient retirer à tromper le désir d’authentique d’un voyageur-pas-touriste qui, quoi qu’il en dise, reste d’abord un consommateur – et notamment, un « consommateur de clichés », comme l’écrit Paul Ariès.

    #exotisme @mona (ps : je savais pas que c’était un de vos collègues, sorry)

    • Cette dialectique entre un individualisme libéral et une nostalgie diffuse pour un idéal placé dans un ailleurs fantasmé est, selon nous, le résultat même de la mondialisation. Elle prend d’ailleurs divers visages. Le jihadiste qui assassine au nom d’Allah, le Français juif qui émigre en Israël, le nationaliste qui aspire à débarrasser son pays des impurs, les sympathiques « voyageurs de l’authentique » disposés à monnayer une séance de chamanisme : tous disent, d’une façon très diverse, la grande détresse de sens de l’individu dans une société qui se refuse à produire et affirmer de la valeur, de reconnaître comme fertiles ses « gisements culturels », comme les nommait Cornélius Castoriadis.

      #anomie

  • The #Rif and the Moroccan State’s Economic Pressure Cooker
    https://www.counterpunch.org/2017/07/14/the-rif-and-the-moroccan-states-economic-pressure-cooker

    Although these demands were drafted to respond to the concerns of the Rif, they echo similar ones carried by social movements throughout #Morocco. The #Hirak emerged from similar economic injustices found throughout the wide margins of the Makhzenist state, the neglected “backlands” that actually constitute the vast majority of the country. It should come as no surprise then that their movement has spread more easily to villages and towns in the Atlas (Central Morocco) and Asammr (Southeast) than to the former colonial metropolises (Rabat-Casablanca). Vestiges of colonialism, roads and train lines point to these wealthy urban centers, taking capital, raw resources and cheap migrant labor from the margins in return for remittances, “development” aid and weak tourism.

    In these epicentres of Moroccan capital, business goes on as usual. The neoliberal war waged on the poor rages on, encouraged and facilitated by institutions like the IMF and the World Bank. Today, the state works diligently to meet the requirements of their international debtors, beginning to sketch out the grounds for a new social contract. “It is time for the state to take its hands off certain sectors, like health and education” declared former Prime Minister Abdelilah Benkirane at the African Bank of Development’s 2014 conference, “the role of the state should be limited to assisting private operators who wish to engage in these sectors.”

    Indeed, the state has began to savagely privatize the education sector, making the 1984 fee hike of $5 appear miniscule. In the last few years, public elementary and secondary schools have been closing left and right. According to a report by militant organisations, 191 have closed in Casablanca and Rabat alone between 2008 and 2013. Those that remain are seeing overcrowding with some classrooms sometimes holding more than 70 students. Meanwhile, students at public universities will begin to pay subscription fees and graduate students will begin to pay tuition.

    Public health has also been undermined with the state completely disengaging itself from the sector — no new public hospitals are planned, increasingly fewer doctors are employed and equipment is rarely purchased or renewed. Instead, the state works in favor of expensive private clinics which escape regulations and controls. Public water and electricity services have also been privatized, with the public National Office for Electricity and Potable Water (ONEE) seeing entire cities taken off its grid, its tax-funded infrastructures given almost for free to foreign multinationals like France’s Suez Environnement and Veolia.

    #Privatization has meant increasing costs across the board, while the minimum wage has remained low at $250 per month. And that’s if you’re not part of the 10.7% that is unemployed, reaching 25.5% amongst younger Moroccans. Meanwhile, higher costs of rent, subsidy cuts on fuel (with more to come on other basic goods) and increasing costs of living in general have ravaged both proletarian and middle class households. Even lentils, considered the food of the poor, have almost tripled in price from about $1 to almost $3 per kilogram.

    Yet, it is not difficult to see why the state has so fully embraced these #neoliberal policies despite the anger they provoke. Rampant liberalization of the public sector has generally meant its recuperation by multinationals owned by the private Societé Nationale d’Investissement (SNI), the royal investment holding: from mining corporations like Managem, to banks like Attijariwafa Bank, to real estate giants like Addoha.

    Cracks in the Pressure Cooker

    In this context of capitalist predation, the uprising in the Rif should be seen as a justified expression of the popular anger which has been boiling both, under and over the surface for decades. But the last decade demarks itself as a period of unprecedented proliferation in social, political and even environmental movements. According to sociologist Abderrahman Rachik Social, labor-related protests and strikes have shot up by 200% since 2012, while the totality of protest actions in the country have gone from 700 protests in 2005 to 18,000 last year.

  • Qui est responsable du sous-développement de l’Afrique : les femmes africaines ou le #G20 ? par Nicolas Sersiron et Anouk Renaud | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2017/07/qui-est-responsable-du-sous-developpement-de-lafrique-les-femmes-africaines-

    Les causes du « sous-développement » africain ne sont apparemment pas enseignées à l’ENA, pas plus que celles des « sans-dents » de son prédécesseur. Confondre les symptômes d’une maladie, ou d’un grave problème comme la surpopulation, avec ses causes, est symptomatique de ces décideurs néolibéraux qui préfèrent faire porter la responsabilité des inégalités et des injustices sur les victimes plutôt que sur les responsables. Mais pour cela il faut ranger l’histoire dans un tiroir inatteignable de sa mémoire.

    Oublier le pillage des ressources naturelles de ce continent par l’Europe depuis le milieu du XIXe siècle à travers la violente colonisation d’hier, le dramatique #néocolonialisme d’aujourd’hui à travers les assassinats, la corruption, l’extractivisme, l’ingérence politique françafricaine et la dette illégitime. Oublier aussi la tragédie lointaine, de l’extraction de la force de travail durant les trois siècles précédents de ces dizaines de millions de jeunes africains, esclaves exportés dans des conditions pires que le bétail. Cette pensée tellement primaire de Macron sur les femmes africaines révèle un mépris raciste et sexiste, émanant du président français à savoir un homme, un blanc et un chef d’état

  • What To Do Instead of Calling the Police | Black Lives Matter Alliance of Broward
    http://blacklivesmatteralliancebroward.org/what-to-do-instead-of-calling-the-police

    How do you keep yourself safe without seeking protection from a system that is predicated upon the #surveillance and extermination of others?

    We start by shifting our perspective. We start by learning about the racist history of the #police. We start by saying, an alternative to this system should exist. We start by pausing before we dial 911. We start by making different choices where we can. We start by getting to know our neighbors and asking them to be a part of this process.