• Germain Forestier sur Twitter : "1/ Premier essai d’un « grid cartogram » ou « grid/tile map » pour la France. Dans cette représentation chaque département a la même taille (ici un carré).

    https://twitter.com/gforestier/status/1342789451571982336
    https://threadreaderapp.com/thread/1342789451571982336.html

    #cartographie #covid #grid-cartograms

    Y a plein de gens qui aiment les cartes ici. (le thread cite un article de @severo d’ailleurs https://observablehq.com/@severo/grid-cartograms)

    Ceci dit, la France mérite des héxagones, quand même, sapristi...

  • Inceste

    Serait-il en passe d’être levé ? Dans une enquête Ipsos pour l’association Face à l’inceste*, un Français sur dix ose affirmer avoir été victime d’inceste : 6,7 millions de personnes, dont 78 % de femmes.

    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/un-francais-sur-dix-affirme-avoir-ete-victime-d-inceste-20201119
    78% des victimes sont des femmes, mais comme le masculin l’emporte non seulement on parle au masculin exclusif mais ce qui compte c’est pas l’énormité de ce chiffre, ni l’ampleur des violences faites aux filles et aux femmes, le pbl c’est que les victimes ne soient à 78% que des femmes :

    le chiffre pourrait même être sous-évalué car, même si la parole se libère, de nombreuses victimes n’osent pas parler. C’est surtout vrai des hommes victimes d’un parent abuseur masculin.

    https://www.europe1.fr/societe/un-francais-sur-dix-a-deja-ete-victime-dinceste-une-difficile-liberation-de-
    Il y a peut être encore plus de femmes victimes qui ne parlent pas que d’hommes mais la parole des femmes compte manifestement autant que celle des vaches.

    J’ai du mal à comprendre la démarche de cette asso, 6,7 millions de personnes ca n’est pas assez mobilisateur. Pourquoi ce concentré sur la minorité des victimes. Si il y a une chose à dire des hommes face à l’inceste, c’est que 98% des agresseurs sexuels sont des hommes. On ne rappel pas non plus que parmi ces 22% d’hommes victimes beaucoup deviennent agresseurs (d’enfants, de femmes, d’hommes et d’animaux non-humains) tandis que les femmes sont elles exposé à des violences physiques, psychiques, sexuelles et économiques répétées tout au long de leur vie.

    Sinon cette asso n’est relayé que sur des médias de droite, peut etre parce qu’elle insiste sur les hommes en tant que victimes et non en tant qu’agresseurs. CQFD

  • Après le double-meurtre de Cholet, je vois passer une grosse soixante d’articles dans Gougougle Niouzes. Et c’est intéressant :

    – seulement deux titres mentionnent le terrorisme, mais pour indiquer que « la piste terroriste est écartée » ;

    – seulement deux titres mentionnent que l’auteur est catholique :
    Agressions à Cholet. Le suspect se dit catholique et tient un « discours de haine des non-croyants »
    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/agressions-mortelles-a-cholet-le-suspect-tient-un-discours-de-haine-des
    Cholet : l’homme interpellé se décrit comme un prophète catholique pour punir les incroyants
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/maine-et-loire/cholet-homme-interpelle-se-decrit-prophete-catholique-p

    Est-ce que je suis devenu totalement paranoïaque, parce que je absolument certain que, si le gars (même avec un parcours psychiatrique) avait expliqué qu’il était un prophète musulman chargé de punir les incroyants, on aurait les mots « terrorisme » et « musulman » dans chacun des 60 titres de Gougoule ?

    • Le pays choletais fut un haut lieu des batailles livrées par l’armée catholique et royale aux « bleus » républicains. En 1793, tout le département de Maine-et-Loire s’était rallié à la Vendée militaire. Apparemment, certains autochtones ont eu du mal à s’adapter et n’en démordent pas de leur fidélité à Dieu et au Roy.

    • Le premier détail qui saute aux yeux sur la photo de l’article de Fouette Rance :
      Tiens ? Un cul-béni qui porte son masque sous le pif ! Signe de ralliement de la nouvelle armée catholique et royale ?

      à force de prêcher la bonne parole, il a dû chopé le corona.

      En fait, #Jésus_le_petit l’aurait plutôt refilé à ses disciples. Et comme les #catholicistes sont de super-contaminateurs, voilà le résultat ... Cornegidouille ! Là, on est mal !

      https://www.youtube.com/watch?v=o_IT-TywXKw

    • Les mous de la fesse. Dans un article de fouette-rance, ce communiqué du diocèse de Vannes, région de terre sainte en basse Bretagne.

      https://www.vannes.catholique.fr/diocese-communique-du-30-octobre-2020

      La pratique liturgique n’est pas le tout de la vie chrétienne qui ne s’épanouit que dans l’exercice d’une authentique charité, charité des ministres du culte vis-à-vis des fidèles désemparés, charité de ces derniers qui pourra se traduire et s’accroître par toute activité en faveur du prochain, visites aux malades avec les précautions nécessaires, appels téléphoniques, aide aux courses des personnes en situation de nécessité, permanence dans les églises pour une écoute et un accompagnement spirituel, organisation de maraudes en ville , en lien avec la diaconie diocésaine, encouragement aux associations caritatives (Secours catholique, Conférence st Vincent de Paul, hospitalité diocésaine…), participation aux associations non confessionnelles (Resto du Cœur, Banque alimentaire,…).

      Je confirme pour le secours alimentaire, dans mon coin, ces associations sentent très fort l’eau bénite.

      #fous_de_dieu #molles_de_la_fesse

    • Meurtres à Cholet. Garde à vue levée : le suspect hospitalisé d’office en psychiatrie
      Ouest-France Vincent DANET. Modifié le 16/11/2020 à 18h09 Publié le 16/11/2020 à 17h20
      https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/meurtres-a-cholet-garde-a-vue-levee-le-suspect-hospitalise-d-office-en-

      La garde à vue d’un Choletais de 35 ans, interpellé samedi 14 novembre à Cholet (Maine-et-Loire) à la suite d’une double agression ayant notamment causé la mort de deux hommes, a, selon nos informations, été levée à la suite d’une incompatibilité avec son état de santé.
      (...)
      Signée par le préfet, une hospitalisation suspend de fait la procédure judiciaire en vue d’une mise en examen. Qui ne pourra être décidée que le jour où le Choletais sortira de l’hôpital.

      Dimanche, sans rentrer dans les détails, le procureur a confirmé que celui-ci avait effectué un séjour « sous contrainte » en hôpital psychiatrique en 2018.

      Cet homme est soupçonné d’avoir violemment frappé un couple d’octogénaires et un homme d’une cinquantaine d’années. Seule la femme, grièvement blessée, a échappé à la mort.

  • Ubu en Calabre. Dernières nouvelles de Cesare Battisti
    https://lundi.am/Ubu-en-Calabre

    « Je vais jouer au foot avec la tête de tes parents d’abord, et avec la tienne ensuite » : tel est le contenu des lettres que reçoit Cesare Battisti au Centre Pénitentiaire de Rossano, en Calabre. Ce sont curieusement les seules lettres qu’il reçoit puisqu’une censure stricte s’est abattue sur le reste de son courrier. Pourvu qu’on ait un peu suivi ses vicissitudes sur lundimatin, on sait qu’après avoir été enlevé en Bolivie dans des circonstances exorbitantes du droit international et montré comme un trophée de chasse à son arrivée en Italie, Cesare a été incarcéré dans la prison sarde d’Oristano sous le régime de surveillance spéciale réservé aux terroristes. Source : Lundi (...)

  • [NB] CAJAC (Cerdon Acoustique JAzz Club) / AAA (autonomie, anationalisme, athéisme)
    http://nicolas.bruche.free.fr/record/rochy/index.html

    Album sorti le samedi 4 juillet 2020.
    Le premier d’une longue série d’albums instrumentaux. Le CAJAC (Cerdon Acoustique JAzz Club) revendique ses idéaux par une musique instrumentale faite de notes noires et de partitions jaunes cuivrées. Cet album est acoustique, écrit à la main et joué à l’aide d’instruments à vent et de percussions. « On ne crée pas de l’art beau, on met en œuvre un mode de vie. »
    Crédits
    Blandine Puéchavy : flûte traversière, soubassophone, saxophone alto, saxophone ténor, dessin, visuel
    Nicolas Bruche : trompette, bugle, trombone à pistons, guitare basse, guitare, clavier, mixage
    πR Freyermuth : vibraphone, saxophone baryton, batterie, percussions

    http://nicolas.bruche.free.fr/record/rochy/cajac_aaa.ogg

    #jazz, #musique, #libre, #anarchisme, #autogestion
    ping @severo

  • Le grand moment de solitude (réjouissant) du matin (c’est du vieux : 2017) :
    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1150875601550675968/pu/vid/720x720/9B4BB2heDOqWl1dk.mp4

    Pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec l’accent sudiste : le monsieur explique que, quand on est élu aux États-Unis, on est obligé de prêter serment sur la Bible. Lui a été élu plusieurs fois, et à chaque fois il a juré sur la Bible. Donc, « éthiquement », un élu ne peut pas être musulman, parce qu’il ne peut pas jurer sur la Bible.

    Le journaliste : je ne sais pas si vous savez, mais on n’est pas obligé de jurer sur la Bible. On peut jurer sur ce qu’on veut.

    Le gugusse : oh non, on doit jurer sur la Bible. C’est ce que j’ai fait à chaque fois…

    Le journaliste : non, vraiment, ce n’est pas loi. Selon la loi, vous pouvez jurer sur ce que vous voulez. Vous ne le saviez pas peut-être.

    Le gugusse : …

    Puis : …

    Et encore : …

    Et enfin : Je sais pas. Je sais que Donald Trump a juré sur la Bible…

  • Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir leur dire, aux fachos du clan Pen, quand ils seront au pouvoir ? « Ah désolé, mais toutes ces lois de surveillance, de censure et de répression, on les a légitimées et on les a votées, mais c’était pas pour que vous les utilisiez, c’était seulement pour tant qu’on avait des gentils extrême-centristes au pouvoir. Quand on dénonçait les rayons casher et halal, les femmes voilées et les islamo-gauchistes, c’était pas pour que vous le fassiez aussi, hein, ça tenait que quand c’était nous les ni-droite-ni-gauche qui étions au pouvoir. Comment ça, vous aussi vous êtes ni-droite-ni-gauche ? Ah merde… »

  • Début novembre, plusieurs dynamiques à l’œuvre :
    – Seuls les bourgeois peuvent se confiner. Tous les autres sont priés de bosser ou de se laisser contaminer ;
    – La politique de hausse de l’âge de la retraite rencontre la politique de soleil vert, ie élimination des vieux par circulation du virus ;
    – Les meurtres odieux commis par des excités relevant de l’hôpital psychiatrique sont utilisés comme fumigènes puis comme prétextes à une horde d’incapables ne connaissant même pas le texte de la constitution et qui, voyant comme cela fonctionne pour Trump, se voient déjà en prochain Président...
    – Les débats ineptes sur la gestion du confinement (qui ouvre, qui n’ouvre pas) sont eux aussi utilisés comme fumigènes...
    – Ces fumigènes permettent aux équipes gouvernementales de faire voter des palanquées de textes anticonstitutionnels dont on voit mal comment les planquées liquides et corrompus du conseil constitutionnel pourraient les laisser passer sans une surenchère prochaine, du fait du prochain meurtres commis par le prochain malade en mal de passage à l’acte vues le nombre de provocations par minute que l’on peut entendre sur les ondes.

    Nous avons nos bulles de filtre sur les réseaux sociaux, pouvant nous donner l’impression que de la lumière brille encore qq part, mais... personnellement, j’ai un petit peu l’impression de glisser dans une société dirigée par des crétins dangereux bien décidés à utiliser la boite d’allumettes toute entière.

  • #Islam, « #islamisme », #jihadisme: en finir avec les amalgames | L’Anticapitaliste
    https://lanticapitaliste.org/opinions/oppressions/islam-islamisme-jihadisme-en-finir-avec-les-amalgames

    Depuis l’horrible assassinat de Samuel Paty, c’est à un véritable déchaînement islamophobe que l’on assiste, qui se nourrit notamment d’une confusion entre islam, « islamisme » et jihadisme. Une confusion qu’il s’agit de refuser et de démonter, en paroles et en actes.

    L’assassinat de Samuel Paty par un jeune Tchétchène radicalisé par les thèses jihadistes est l’expression de la persistance de l’existence, en France, d’individus pouvant « passer à l’acte » dans le cadre d’opérations violentes au nom d’un fondamentalisme islamique de type spécifique, le jihadisme. Si rien ne semble indiquer que ce jeune ait agi sur ordre, cela ne signifie pas pour autant que son geste serait le « coup de folie » d’un « déséquilibré ». Comme le montre sa revendication sur Twitter – qu’il avait pré-rédigée avant l’assassinat –, il donne un sens politico-religieux à son acte : il s’adresse nommément à Macron, « le dirigeant des infidèles », affirmant qu’il vient de tuer « un de [ses] chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad » et ordonnant au président français de « calme[r] ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment ».

  • Zoom Deleted Events Discussing Zoom “Censorship”
    https://www.buzzfeednews.com/article/janelytvynenko/zoom-deleted-events-censorship

    “Everyone working in higher education right now depends on Zoom and we cannot be in a position of allowing a corporate, third-party vendor to make these kinds of decisions,” Ross said. “It’s simply unsustainable.”

    #dictature

  • Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dénonce « l’islamo-gauchisme » qui « fait des ravages à l’université »
    https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/religion-laicite/le-ministre-de-l-education-nationale-jean-michel-blanquer-denonce-l-isl

    Il a notamment ciblé le syndicat étudiant UNEF, ainsi que la France insoumise. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a dénoncé jeudi 22 octobre « l’islamo-gauchisme » qui « fait des ravages à l’université », lors d’une interview à Europe 1. 

    « Notre société a été beaucoup trop perméable à des courants de pensée. Ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme fait des ravages », a déclaré Jean-Michel Blanquer. "Il fait des ravages à l’université, il fait des ravages quand l’UNEF cède à ce type de chose, il fait des ravages quand dans les rangs de la France Insoumise, vous avez des gens qui sont de ce courant-là et s’affichent comme tels."

    Appelant à « combattre le fanatisme », le ministre de l’Education nationale a pointé du doigt toutes les formes de « complicités intellectuelles » de crimes comme l’assassinat du professeur Samuel Paty, tué près de son collège de Conflans Sainte-Honorine (Yvelines) pour avoir montré des caricatures de Mahomet.

    Ah bon sang, notre bande d’incompétents ravagés du bulbe qui passe en mode Maréchal-nous-voilà, on a beau s’y attendre, c’est tout de même impressionnant.

  • Un Genevois crée la première #typo inclusive

    Étudiant à la HEAD, #Tristan_Bartolini a inventé plus de 40 caractères typographiques non genrés. Il vient de recevoir le Prix Art Humanité 2020 de la Croix-Rouge.

    On aurait adoré ponctuer cet article de mots comprenant des signes typographiques inventés par Tristan Bartolini. Juste pour rendre le propos limpide et distrayant. Mais c’est impossible. Notre clavier ne connaît pas ces caractères-là. Notre clavier est vieux jeu. Mais dans dix ans peut-être, tous les rédacteurs de la planète utiliseront « l’inclusif-ve » pour taper leur prose.

    On notera au passage la mocheté de ce « sif-ve » à la fin d’« inclusif-ve ». C’est justement pour éviter ces acrobaties graphiques – et œuvrer pour un monde meilleur – que le jeune Tristan a créé une typo épicène. Et raflé conséquemment le Prix Art Humanité 2020 de la Croix Rouge la semaine dernière.
    Coup de foudre pour la typo

    Mais reprenons depuis le début. Un CFC de graphisme en poche, Tristan Bartolini se retrouve sur les bancs de la HEAD. Il y découvre les arcanes de la typographie. Coup de foudre. « C’est une activité sans fin, quasi méditative. Il y a toujours une courbe à rectifier. J’adore. On s’immerge corps et âme dans ce travail. D’abord, j’ai redessiné des lettres qui existaient déjà. Et puis j’ai voulu m’échapper de l’alphabet. »

    Le Genevois cherche un thème pour son travail de diplôme. « Un thème au service d’une cause, en accord avec mes engagements et convictions. » Une police de caractères inclusive s’impose comme une évidence. « L’idée m’est tombée du ciel. Il y avait beaucoup de débats autour de l’écriture épicène. Elle devenait de plus en plus fréquente dans les documents administratifs, les publicités. Je me suis dit que ce n’était pas qu’une affaire de linguistes, que l’on pouvait amener des solutions graphiques. »

    Le concept ? Simple et lumineux : la création de nouveaux caractères non genrés, en lovant deux ou plusieurs lettres. Oui, comme dans le joli bisou du O et du E dans notre vieux « Œ ». Tristan enlace donc le E et le A de Le et La ; le P et le M de Père et Mère ; voire le HO et FE de Homme et de Femme. Adieu barbants tirets, points et parenthèses. Voyez l’osmose typographique. Voyez l’ouverture du champ des possibles entre les deux pôles extrêmes que sont le masculin et le féminin.

    Encore fallait-il rendre cette étreinte élégante. C’est là que l’art du graphiste entre en scène. Après des mois de cogitations et préalables théoriques, Tristan se met à la création graphique proprement dite en mars dernier, alors que sonne le sinistre clairon du confinement. « Il me fallait une systématique. J’avais un critère de base : la visibilité. Je voulais des caractères évidents, pratiques, faciles d’utilisation. J’ai opéré d’interminables allers-retours, en poussant l’expérimentation au plus complexe pour souvent revenir au plus simple », sourit le jeune homme.
    Le début d’un grand chamboulement

    À l’orée de l’été, « l’inclusif-ve » déroule une quarantaine de nouveaux signes épicènes, superposables aux terminaisons genrées, pronoms et même à certains mots. C’est ingénieux. C’est poétique. C’est peut-être aussi le début d’un grand chamboulement graphique et sociétal.

    Et maintenant ? « J’aimerais que ce projet ne soit qu’un début. Ce système de caractères peut s’adapter à d’autres polices d’écriture. Dès lors, ce serait bien que des typographes intègrent mes signes dans leurs propres créations. J’ai simplement créé un outil de communication. D’autres pourraient l’utiliser pour faire passer un message. »

    https://www.tdg.ch/un-genevois-cree-la-premiere-typo-inclusive-168461901432
    #typographie #écriture_inclusive #écriture_épicène #français #langue #écriture #langue_française

    ping @reka @nepthys

  • C’est toujours pénible (et un peu risqué, en ces temps de fichage S) à rappeler, mais organiser de grandes manifestations sur le thème unique de la « liberté d’expression », après chaque tuerie liée aux caricatures de Mahomet, c’est largement un thème imposé par l’extrême-droite depuis les assassinats de Pim Fortuyn (2002) et de Theo van Gogh (2004). Les caricatures sont nées dans Jyllands-Posten, explicitement en référence à ces meurtres, en 2005.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Caricatures_de_Mahomet_du_journal_Jyllands-Posten

    Les « caricatures de Mahomet » sont les caricatures de douze dessinateurs parues le 30 septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten, en réponse à Kåre Bluitgen, un écrivain se plaignant que personne n’ose illustrer son livre sur Mahomet depuis l’assassinat de Theo van Gogh aux Pays-Bas le 2 novembre 2004.

    Ce sont ces mêmes caricatures qui sont « republiées » par Charlie Hebdo en 2006, agrémentées de nouveaux dessins maison.

    C’est un piège, puisqu’évidemment il est impossible de discuter réellement de liberté d’expression, alors que l’horreur des assassinats interdit (implicitement et explicitement) de dire ce que l’on pense, par ailleurs, de ces dessins. En France, c’est très explicite : on doit « accepter » la liberté d’expression de ces dessins, mais si on exprime mal le fait qu’on trouve ces dessins gerbants, on est bien prévenu que ce sera conseil de discipline et signalement aux autorités.
    https://www.20minutes.fr/societe/2888467-20201019-attentat-conflans-lr-propose-serie-mesures-urgence-partic

    A l’école, il estime que les élèves à partir du collège devront lors de la rentrée du 2 novembre avoir « des débats sur ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine », pour « crever l’abcès », et « en cas de manifestation d’une forme ou d’une autre de soutien à cette action barbare, il faudra convoquer les parents et un conseil de discipline ! »

    Encore ce mois-ci, pendant le procès du massacre de Charlie Hebdo, on a largement fait savoir que Mediapart, la France insoumise et plus généralement les islamo-gauchistes étaient carrément complices des frères Kouachi. C’est tout de même une vision très orientée de la liberté d’expression.

    On ne peut pas aborder la liberté d’expression en répétant l’apocryphe voltairien « Je déteste ce que vous dites, mais je me battrai pour votre droit à le dire » (comprendre ici : les musulmans doivent accepter les caricatures), tout en interdisant d’exprimer que l’« on déteste ce que vous dites ». Je veux bien qu’on se « batte » pour que Charlie ait le droit de publier ses merdes, mais je dois avoir le droit de dire que je déteste ces merdes ; c’est le fondement de la branchitude voltairienne. Pourtant on se souvient à quel point il fallait manifester « pour » la liberté d’expression, mais à quelle point il était dangereux de dire qu’« on n’était pas Charlie » pour autant. Des familles convoquées parce que le gamin n’était pas assez Charlie… jusqu’au pourtant très poli Emmanuel Todd et les polémiques autour de son bouquin Qui est Charlie ? :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Qui_est_Charlie_%3F

    Parmi les membres de la rédaction de Charlie Hebdo, Patrick Pelloux estime que l’ouvrage d’Emmanuel Todd constitue une insulte aux millions de manifestants et « soutient en quelque sorte l’intégrisme religieux ». Le journaliste Philippe Lançon, blessé dans l’attentat, compare la démarche d’Emmanuel Todd à celle d’« un corbeau, les corbeaux qui se déposent sur les champs de cadavres une fois que la bataille a eu lieu » et s’agace du « mépris » exprimé envers « les gens qui avaient été, je crois pour la plupart, sincèrement horrifiés par cet événement ». Pour lui, l’ouvrage de Todd constitue « une prime à la pensée pour la violence, une sorte de justification sous-jacente à l’acte qui avait été commis en faisant des frères Kouachi les représentants d’un peuple, d’une population ou d’une communauté opprimés ». La dessinatrice Coco juge quant à elle qu’« Emmanuel Todd s’est branlé sur des trucs sociologiques à la mords-moi-le-nœud ».

    Par ailleurs, le choix unique des caricatures comme héritage de Theo van Gogh, c’est encore une indication nette du piège que représente cette « défense et illustration de la liberté d’expression en Europe » dans ces conditions. Si l’on reprend la fiche Wikipédia du bonhomme, on a aussi un assez brillant passif antisémite :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Theo_van_Gogh_(réalisateur)

    Ses propos sur « la préoccupation juive autour d’Auschwitz » provoquent une vive indignation de la part de nombreux intellectuels juifs. Critiqué par l’historienne juive Evelien Gans, il écrit dans le magazine Folia Civitatis : « Je pense que madame Gans fait des rêves érotiques où elle se fait baiser par Josef Mengele ». En 1991, il est condamné à une amende pour ses propos dans le magazine Moviola où il parle d’« étoiles jaunes copulant dans la chambre à gaz » et l’« odeur de caramel » qu’il sent alors qu’on brûle des juifs diabétiques. En 1995, une autre plainte suit un éditorial dans lequel il reprend la formule de l’écrivain Robert Loesberg qui qualifie Jésus de « poisson pourri de Nazareth ».

    De fait, dans leur « défense de la liberté d’expression », il est particulièrement criant que ni le Jyllands-Posten ni Charlie Hebdo n’ont fait le choix d’illustrer ces désopilantes plaisanteries sur les chambres à gaz.

    Je ne fais pas cette remarque par whataboutisme (ne serait-ce que parce que je n’ai non plus envie qu’on s’impose les spectacles de Dieudonné en primetime sur France 2, au motif qu’il faudrait à tout crin défendre la liberté d’expression), mais pour bien faire ressortir que, dans leur approche de la liberté d’expression qu’il faudrait défendre après l’assassinat de Theo Van Gogh, Jyllands-Posten et Charlie Hebdo ont eux-mêmes fait un choix dans le nauséabond, choix qui permet de défendre une idée ainsi orientée de la liberté d’expression. Non comme un absolu libertaire au cœur de la « civilisation européenne », mais comme un provocation, une de plus, contre les populations racisées d’Europe.

    Je suppose que ceux qui réclament bruyamment qu’on affiche les caricatures du prophète dans toutes les classes et au fronton des mairies, au motif qu’elles incarneraient les valeurs de la République, auraient beaucoup plus de mal avec l’idée de baser des cours de « liberté d’expression » républicaine sur « l’odeur de caramel des juifs diabétiques à Auschwitz », en affichant ça dans toutes les classes ou sur les façades des bâtiments publiques. On aurait là un excellent sujet sur la persistance de l’antisémitisme en Europe, mais un cours très problématique sous l’angle de la seule liberté d’expression.

    Le choix de l’angle unique de la défense de la liberté d’expression est un piège, en ce que, très visiblement, il sert à légitimer (tu me diras : la faute aux assassins, oui pourquoi pas) des formes d’expression qui, auparavant, étaient déjà extrêmement problématiques. Parce que la question est vite réglée : évidemment que personne ne devrait mourir pour des dessins.

    Mais pour autant, cela ne fait pas de ces discours et de ces dessins des martyrs idéalisés des « valeurs » républicaines.

  • Mélenchon, « République » etc. « La créolisation n’est pas un projet ou un programme, c’est un fait » https://www.nouvelobs.com/debat/20200925.OBS33823/tribune-jean-luc-melenchon-la-creolisation-n-est-pas-un-projet-ou-un-prog

    « Créolisation ». Un mot dans mon discours sur la République a fait parler. Je laisse de côté la poignée de sots pour qui ce fut une nouvelle occasion d’essayer de me faire endosser la camisole de force de leurs hantises identitaires. Ainsi de madame Saporta. Son ignorance crasse éclata quand elle affirma que le concept de créolisation renvoyait aux « origines » de chacun. Elle ignore donc ce que veut dire ce mot depuis qu’Edouard Glissant l’a mis en scène. Commençons donc par lire ce qu’en disait Edouard Glissant en 2005 dans une interview au journal « le Monde » :

    « La créolisation, c’est un métissage d’arts, ou de langages qui produit de l’inattendu. C’est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C’est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l’interférence deviennent créateurs. C’est la création d’une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l’uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. Elle se fait dans tous les domaines, musiques, arts plastiques, littérature, cinéma, cuisine, à une allure vertigineuse… »

    Le verbe riche d’Edouard Glissant fonctionne ici dans toute sa performance. Il permet de comprendre ce que désigne le mot « créolisation » sans aucun doute d’interprétation.

    Notons l’essentiel. Primo : la créolisation n’est ni un projet ni un programme. C’est un fait qui se constate. Il se produit de lui-même. D’où la sottise de ceux qui m’attribuent la créolisation comme un objectif politique. Veulent-ils s’opposer au processus spontané de la créolisation ? Mais alors il faudrait qu’ils disent pourquoi. Et surtout comment comptent-ils s’y prendre. Secundo : la créolisation ne concerne pas exclusivement la langue comme fait semblant de le croire Eric Zemmour. Elle implique bien davantage l’ensemble des usages de l’existence sociale. Ce sont ces habitudes par lesquelles chacun accède à la vie en société et qui lui paraissent naturelles, évidentes. J’aurais dû écrire « habitus » pour être aussi précis que possible. Cela désignerait alors la façon personnelle avec laquelle cette intégration des usages se fait pour chacun, en relation avec ses appartenances sociales telles que le lieu de vie, la classe sociale, les réseaux de vie collective.

    Le vieux Thomas Legrand en faisait sa chronique ce matin : https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-30-septembre-2020

    Au moins, en posant ce débat, Mélenchon fait-il réfléchir… On l’avait oublié [non, toi], mais ce devrait être aussi ça, la politique.

    Faut que je regarde ça maintenant, je ne te remercie pas @fil.
    https://www.youtube.com/watch?v=4nNP1g5_6-M

    Anyway, depuis le temps que je veux lire ceci de feu Alain Ménil :

    Édouard Glissant, signataire du Manifeste des 121 en 1960, « pour un droit à l’insoumission », jusqu’à la créolisation de la FI en 2020, tout s’explique — en attendant le ticket Mélenchon-Taubira : )

    Déformation professionnelle oblige, deux archives du @mdiplo :

    Il n’est frontière qu’on n’outrepasse (octobre 2006)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2006/10/GLISSANT/13999

    La Martinique : une société morbide et ses pulsions (juin 1977)
    https://www.monde-diplomatique.fr/1977/06/GLISSANT/34289

    Dépouillée de ses valeurs culturelles, condamnée à une mendicité officielle, parée d’une bourgeoisie de pure fiction, la Martinique pourtant résiste à la politique d’assimilation.

    • écrire en compagnie - Vacarme
      https://vacarme.org/article2999.html

      Dire « le monde », c’est penser avec Édouard Glissant ?

      Tiphaine Samoyault : Glissant est central pour moi. Avec lui, on quitte l’équivalence entre monde et universel et on rattache monde et divers. Il y a eu un moment historique où mondial fonctionnait avec universel et avec cosmopolitisme. Ce moment est passé. Monde doit être branché sur d’autres mots. J’emprunte à Glissant la façon dont il s’en sert comme d’un adjectif, comme dans « littérature-monde ». Quand il parle du « Tout-monde », il créolise le français, parce que monde en créole, c’est « les gens ». « Tout moun » est une expression des plus courantes pour dire « les autres », « la bande », « la fine équipe ». Glissant ne l’invente pas, mais il en joue, parce que « Tout-monde » en français a une résonance autrement plus autoritaire, avec laquelle il ironise.

    • Dans le fond, on ne peut que se féliciter qu’un penseur comme Édouard Glissant puisse être pris comme référence dans les débats politiques que connaît la France aujourd’hui. Et cela, pour tout un tas de raisons qui me conduisent à dire (avec d’autres) que Glissant fait partie de ces penseurs dont on a besoin en ces temps de confusion, tant il a envisagé je crois des perspectives qui peuvent être très utiles face aux enjeux que l’on connaît aujourd’hui en France. Je ne crois pas personnellement qu’en évoquant la notion glissantienne de créolisation, Jean-Luc Mélenchon puisse être accusé en quoi que ce soit d’opportunisme, de récupération ou même de provocation comme cela a été dit par ceux qui ont voulu créer là une polémique stérile. Certaines voix ont tenté de simplifier ce qu’il a dit, qui me paraît au contraire non seulement bienvenu, mais de surcroît porteur de pistes stimulantes pour le présent. On pourra bien sûr étayer çà et là, discuter, préciser (et c’est nécessaire parce que Glissant est un penseur de la nuance et de la complexité du réel), mais justement, c’est ce que je trouve stimulant : le fait que cette évocation ouvre des voies intéressantes dont il est nécessaire de débattre. Donc oui, pour le redire, je pense que cette référence a été faite à bon escient.

      https://blogs.mediapart.fr/loic-cery/blog/111020/edouard-glissant-la-creolisation-et-son-interpretation

  • The OAS Accusation of Electoral Fraud Against Evo Morales Is Bullshit — And Now We Have the Data to Prove It
    https://jacobinmag.com/2020/09/oas-evo-morales-bolivia-coup-fraud-cepr

    The day after the Bolivian election, the Organization of American States suggested the result was fraudulent — then took months to provide any proof. Last month, it finally released its data — and researchers at the Center for Economic and Policy Research found a basic coding error that destroys the OAS’s case against Morales.

  • Le Monde annonçait dès ce matin son article hagiographique du jour, devenu depuis le sublime : Au Panthéon, Emmanuel Macron précise sa vision de la République
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/09/04/emmanuel-macron-celebre-la-republique-au-pantheon-pour-en-devoiler-sa-concep

    Et donc, le bulletin érémiste (je veux dire : de la REM) se fend d’un paragraphe d’introduction digne de Jaurès :

    Emmanuel Macron devait apporter, vendredi 4 septembre, une nouvelle touche à son tableau impressionniste. Celui d’un chef de l’Etat sans histoire politique qui esquisse depuis trois ans sa vision de la République, de la citoyenneté, de la laïcité, reprenant son travail par endroits, laissant des blancs à d’autres, quand certains (rares) pans de la fresque apparaissent, eux, figés pour de bon.

    Oui, sans déconner : « une nouvelle touche à son tableau impressionniste ». (Mon dieu mon dieu mon dieu…)

    Alors en fait, en guise de « tableau impressionniste » et de « vision de la République », tout ça pue le frelaté :
    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/la-republique-n-admet-aucune-aventure-separatiste-declare-emmanuel-macron-2

    Le président a toutefois mis en garde : la République est « précaire » et est « toujours à protéger ». Il a pointé du doigt « ceux qui, souvent au nom d’un dieu, parfois avec l’aide de puissances étrangères, entendent imposer la loi d’un groupe ». « La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste », a affirmé Emmanuel Macron, rappelant qu’un projet de loi serait débattu à l’automne sur le sujet.

    Ah tiens donc, « un dieu », une « aventure séparatiste » ? Mais de quelle religion parle-t-il de manière aussi mystérieuse ? Quelle religion menace ainsi sa « vision de la République », sur les marches du Panthéon ?

    Le chef de l’État a notamment salué « les policiers, les gendarmes, les magistrats, les maires, toutes celles et ceux qui luttent contre la violence, contre le racisme et l’antisémitisme » et qui « jouent un rôle déterminant » dans la République. « Ceux qui s’en prennent à eux, doivent être lourdement condamnés », a réclamé le président alors que les violences se sont multipliées au cours de ces derniers mois.

    Oui, « les violences se sont multipliées », mais quand on parle des policiers, j’ai comme qui dirait l’impression que c’est avec une vue un peu borgne de la question…

    Enfin, sur le déboulonnement des statues, réclamé par plusieurs mouvances de l’antiracisme, Emmanuel Macron a répliqué que « La République ne déboulonne pas de statues ». « On choisit la France, on ne choisit pas une part de son histoire », a demandé le chef de l’État.

    Et aïe donc. Outre exiger que l’on remette en place les statues de Pétain, j’aimerais bien savoir ce que c’est que cette histoire de « on choisit la France »… C’est quoi, c’est genre « la France, on l’aime ou on la quitte ? » Parce que ceux qui gueulent contre les statuts de négriers sont forcément d’origine pas-de-chez-nous ? (Moi j’ai choisi que dalle, je suis né là, et je peux te dire que la critique des statues d’entrecouillistes racistes, je comprends très bien.)

    Bon, bref, le Monde t’annonce une grandiose vision de la République, du chéfissime qui t’affine l’idéal républicain, et au final on a une parodie des Mégret gèrent la ville : les narabes, les narabes, les narabes !

  • Le pire du #fact-checking

    En Bolivie, le journal Pagina Siete ouvertement anti-Evo et anti-MAS (le parti de gauche) se sert du fact-checking pour propager de fausses rumeurs l’air de rien, grâce à une forme complètement malhonnête.

    https://twitter.com/pagina_siete/status/1299346135182577664

    Il faut vraiment avoir un oeil averti pour se rendre compte que c’est une vérification d’info et qu’il s’agit d’une fausse rumeur (la fausse rumeur serait que le MAS aurait un projet de loi pour baisser l’âge de mariage légal à 14 ans) :

    – publié sur le compte officiel du journal https://mobile.twitter.com/pagina_siete, au lieu d’utiliser un compte dédié. Le tweet est donc mélangé à des informations réelles
    – il n’est pas clair qu’il s’agit d’une rumeur ("Untel est accusé de ...")
    – rien ne dit que c’est une fausse rumeur
    – le tweet montre l’affirmation mensongère deux fois et en très gros : dans le texte, et dans l’image
    – vu la formulation du tweet, même si on comprend qu’il s’agit de fact-checking, on a plutôt l’impression que le journal valide la rumeur ("Bolivia Verifica")...

    #vomi

  • “The dark side of .io: How the U.K. is making web domain profits from a shady Cold War land deal

    The .io domain is a hit, but few startups using it appreciate the associations it carries — a mass expulsion that took place within living memory, and a crucial staging-post for the “War on Terror”.”

    http://gigaom.com/2014/06/30/the-dark-side-of-io-how-the-u-k-is-making-web-domain-profits-from-a-shady-co

    #ccTLD

  • Je découvre le Territoire britannique de l’océan Indien, qui gère le .io (les TLD de deux lettres sont toujours des ccTLD, c’est-à-dire des noms de domaines gérés par des États ou assimilés - merci @stephane).

    C’est avant tout une base militaire commune entre le Royaume Uni et les États Unis, et le tourisme n’y est pas autorisé.

    The British Indian Ocean Territory is not a tourist destination. Access is restricted and a permit is required in advance of travel. There are no commercial flights and permits are only issued to yachts for safe passage.

    https://www.gov.io/visiting/current-travel-advice

    Les 2000 habitants ont été expulsés en 1965.

    #visa #déplacement_de_population #dns

  • Incroyable !

    Enfin, un chercheur a réussi à reproduire l’analyse statistique de l’OEA sur les élections en Bolivie en octobre 2019.

    https://twitter.com/JakobJohnston/status/1296589462990983169

    Il fallait juste... formater les dates n’importe comment puis les trier par ordre alphabétique :

    – 21/10/2019 02:06am
    – 21/10/2019 02:06pm
    – 21/10/2019 02:07am
    – 21/10/2019 02:07pm
    – ...

    Évidemment, les données n’ont alors plus aucun sens, ce qui a permis à l’OEA de conclure le lendemain de l’élection que :

    los cambios en la tendencia del TREP eran difíciles de explicar y que no coincidían con las otras mediciones de las que se disponía

    L’erreur statistique de la part de l’OEA donne des résultats incompréhensibles, forcément, ce qui sert ensuite à justifier la théorie d’une fraude électorale. Le tour est joué.

    #oea #bolivie #oas #coup #élections

  • "Aucune communauté sur le sol de la République ne fait sa loi", déclare Gérald Darmanin à Saint-Dizier, après l’arrestation de plusieurs Tchétchènes
    https://www.francetvinfo.fr/politique/gerald-darmanin/aucune-communaute-sur-le-sol-de-la-republique-ne-fait-sa-loi-declare-ge

    Le ministre a rappelé que « c’est la police de la République, la gendarmerie, les forces légitimes d’intervention des forces de l’ordre qui font la loi dans notre pays ».

    Je vois ce qu’il veut dire, mais qu’il est con mon dieu qu’il est con. (Et le journaliste qui a utilisé la tournure « rappelé » pour énoncer une telle connerie est lui-même un abruti qui a visiblement raté ses études.)

    Parce que c’est pas les flics qui « font la loi dans notre pays », Dieu merci : tout le monde sait que ceux qui font la loi, ce sont les députés godillots de LaREM.

    • Et une tournure à la Sarkozy, typique dog whistle lepéniste (les étrangers qui profitent et qui foutent le bordel) :

      « Avoir l’asile sur le territoire national ne crée par des droits de faire le bordel, des règlements de comptes ou d’attenter à la vie des uns et des autres », a-t-il justifié.

      (Sinon, j’aurais tendance à penser que le bordel, il faut bien que quelqu’un le fasse pour que les politiciens puissent y aller.)

  • Hors-Série - Des entretiens filmés avec de la vraie critique dedans
    https://www.hors-serie.net/emission.php?id=358
    https://www.hors-serie.net/medias/vimeo/=358/=358_medium.jpg
    Est encore en libre accès pour la journée.

    Le capitalisme patriarcal
    Dans le Texte
    Silvia Federici
    Judith Bernard

    De Silvia Federici, j’ai lu il y a quelques années Caliban et la sorcière. Et j’en avais été éblouie et ravagée à la fois. L’immense féminicide perpétré aux XVIème et XVIIème siècles, cette « chasse aux sorcières » dont l’école nous parle si peu, prenait sens sous la plume de Federici comme un phénomène lié à la structuration capitaliste de nos sociétés. Au sortir du Moyen-Age, alors que s’élaborait l’assignation des femmes dans la sphère domestique et les tâches reproductives, désormais séparées du travail de la production, les femmes qui tentaient d’échapper à cette assignation, en cultivant leur autonomie culturelle et économique, firent l’objet d’une vaste criminalisation qui les vit souvent finir au bûcher. Cette thèse, paraît-il, est discutée par certains historiens ; elle n’en est pas moins saisissante tant elle permet de rendre intelligible un événement qui, sans cela, risque de rester pris dans les ténèbres de l’incompréhensible.

    Elle est d’autant plus convaincante, cette thèse, que Federici détecte dans l’histoire du XIXème siècle un phénomène analogue ; non pas une nouvelle « chasse aux sorcières », mais une nouvelle opération d’assignation des femmes à résidence, sous l’empire du capital. C’est dans sa dernière publication, Le capitalisme patriarcal, que la féministe marxiste propose une série d’articles examinant les relations structurelles entre capitalisme et patriarcat, et notamment l’invention, par les structures économico-politiques, de la « ménagère prolétaire », vers la moitié du XIXème : le capital passe alors de l’industrie légère (textile, où les femmes travaillaient aux côtés des hommes) à l’industrie lourde (métallurgie, travail de force dont les femmes seront évincées), il est las des contestations ouvrières que lui oppose la force de travail, il veut un ouvrier robuste, bien nourri, et pacifié... Alors il lui offre une esclave domestique (la fameuse ménagère) en interdisant aux femmes le travail à l’usine, et fait du travailleur masculin son meilleur allié en augmentant son salaire assez généreusement pour qu’il suffise à nourrir la famille ; et voici les femmes entièrement dépendantes des hommes pour leur survie économique, assujetties à leur époux et exclusivement vouées à reproduire la force de travail.

    Ce à quoi elles doivent désormais exclusivement se consacrer, c’est ce que les féministes appellent le travail de la reproduction : invisible, gratuit, nié, ce travail est le pilier du capitalisme, que Marx a pourtant complètement ignoré et occulté - peut-être fallait-il être une femme pour mesurer l’ampleur de ce travail, et percevoir que c’était bien un travail, contraint par les conditions matérielles d’existence, et non pas l’expression d’une « nature » obéissant à son seul « instinct ». Bien sûr les femmes ont multiplié les stratégies pour tenter de déjouer cette assignation : qu’elles cherchent leur autonomie économique dans la prostitution - et aussitôt le corps social venait jeter l’opprobre sur ces conduites dépravées qui les détournaient de leur vocation ménagère - ou qu’elles opposent à leur esclavage sexuel et domestique des indispositions chroniques (frigidité, hystérie, et toute cette psychopathologie du féminin dont le XIXème a le secret) et c’est la psychanalyse en plein essor qui venait au secours de l’ordre social, en tâchant de rendre les femmes à la jouissance (des hommes).

    On le voit, la puissance politique du féminisme marxiste, sa capacité à éclairer les rapports d’exploitation dans leur profondeur la plus intime, la plus « invisible », est considérable : Federici n’est pas pour rien une figure tutélaire incontournable du féminisme contemporain. Puissent ses travaux connaître la descendance qu’ils méritent, surtout en France où le féminisme marxiste a peu essaimé : en déplaçant ainsi le centre de gravité du marxisme, depuis le travail de la production qui obnubilait Marx, vers le travail de la reproduction qui le rend possible, elle joue Marx contre Marx, comme elle dit, et nous offre des outils politiques d’une exceptionnelle robustesse. En nous évitant de nous en remettre à un féminisme d’Etat très indifférent à la persistance de structures de discrimination et d’exploitation que seules mesurent celles qui sont le plus directement concernées, Federici maintient la lutte à son niveau d’exigence, que bien des femmes prétendument « émancipées » pourraient avoir perdu de vue. Certes, en Occident, on se prétend souvent « libérée », sans voir forcément qu’on ne s’est soulagée du travail reproductif qu’en déléguant ses tâches aux migrantes et à leurs héritières. En conjugant marxisme et féminisme, l’auteure du Capitalisme patriarcal propose une critique sociale beaucoup plus exhaustive, capable de rendre compte des formes les plus sourdes de l’aliénation, et, partant, de leur opposer une lutte aussi lucide que déterminée.