• Ça fait plus de 20 ans que l’Internet est un outil d’information grand public. Hier, on nous annonce que « L’ONU identifie 112 sociétés ayant des activités dans les colonies israéliennes ». Maintenant, essaie de me trouver un seul article de grand média reprenant cette information avec un lien hypertexte vers le document d’origine sur le site de l’ONU… (bon courage).

    Moi j’ai pas trouvé. Le document est là, à la ligne « A/HRC/43/71 » : Database of all business enterprises involved in the activities detailed in paragraph 96 of the report of the independent international fact-finding mission to investigate the implications of the Israeli settlements on the civil, political, economic, social and cultural rights of the Palestinian people throughout the Occupied Palestinian Territory, including East Jerusalem - Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights
    https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/RegularSessions/Session43/Pages/ListReports.aspx

    Et la liste elle-même :
    https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/RegularSessions/Session43/Documents/A_HRC_43_71.docx

    Par ailleurs, le texte de la résolution définissant les critères de cette base de données est ici (1er février 2018) :
    https://digitallibrary.un.org/record/1475002?ln=en

    Où l’on constate que l’intitulé des médias français (dont, évidemment, le Monde), décrivant cette liste comme celle d’entreprises « ayant des activités dans les colonies », « qui continuent de commercer illégalement avec les colonies », est un bel euphémisme : la résolution dénonce des entreprises qui « avaient, directement et indirectement, permis la construction et la croissance des colonies de peuplement, les avaient facilitées et en avaient profité ». On n’est pas dans la simple « présence », mais dans la complicité. Le texte de la résolution précise :

    3. La résolution 31/36 dans laquelle le Conseil des droits de l’homme demandait la création d’une base de données faisait suite au rapport de la mission internationale indépendante d’établissement des faits chargée d’étudier les effets des colonies de peuplement israéliennes sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels des Palestiniens dans le Territoire palestinien occupé, ycompris Jérusalem-Est (A/HRC/22/63). Dans ce rapport, la mission d’établissement des faits constatait que certaines entreprises avaient, directement et indirectement, permis la construction et la croissance des colonies de peuplement, les avaient facilitées et en avaient profité ; au paragraphe 96 du rapport, elle donnait la liste des activités suscitant des préoccupations particulières sur le plan des droits de l’homme (« activités énumérées »). Dans la résolution 31/36, le Conseil a défini comme suit, conformément à la liste établie dans le rapport de la mission d’évaluation, les paramètres des activités visées aux fins de la base de données :
    a) La fourniture d’équipements et de matériel facilitant la construction et l’expansion des colonies de peuplement et du mur, ainsi que des infrastructures associées ;
    b) L’installation d’équipements de surveillance et d’identification dans les colonies de peuplement, le long du mur et aux points de contrôle directement liés aux colonies de peuplement ;
    c) La fourniture d’équipements destinés à la démolition de logements et de propriétés et à la destruction de fermes agricoles, de serres, de vergers d’oliviers et de plantations ;
    d) La fourniture de services d’équipements et de matériel de sécurité à des entreprises exerçant dans les colonies de peuplement ;
    e) L’offre de services et de prestations contribuant à l’entretien et à l’existence des colonies de peuplement, y compris dans le domaine des transports ;
    f) Les opérations bancaires et financières contribuant au développement, à l’expansion et à l’entretien des colonies de peuplement et de leurs activités, y compris les prêts immobiliers destinés à la croissance des entreprises ;
    g) L’utilisation de ressources naturelles, en particulier l’eau et la terre, à des fins commerciales ;
    h) La pollution et le dépôt de déchets dans les villages palestiniens ou le transfert de tels déchets vers les villages palestiniens ;
    i) L’utilisation des profits et des réinvestissements réalisés par les entreprises appartenant en totalité ou en partie à des colons pour développer, élargir et entretenir les colonies de peuplement ;
    j) La captivité des marchés financiers et économiques palestiniens et les pratiques qui mettent les entreprises palestiniennes dans une situation défavorable, notamment les restrictions à la liberté de circulation, les restrictions administratives et les contraintes juridiques.

  • Affaire Matzneff, par Marc Esposito
    30 janvier, 18:05

    On parle d’un mec qui a violé des centaines d’enfants.

    J’avais l’intention de lire ‘’Le consentement’’ de Vanessa Springora, à propos de sa relation avec Gabriel Matzneff quand elle avait 14 ans et lui 50, mais je ne sais finalement pas si je le lirai, car je crains trop de me mettre en colère à chaque page.
    J’ai beau être à Bali, j’ai vu et revu, grâce à facebook, l’émission d’Apostrophes de 1990 où Denise Bombardier est la seule à attaquer Gabriel Matzneff, celle, très récente, où François Morel défend Bernard Pivot tout en avouant n’avoir jamais lu Matzneff, celle où Georges-Marc Benamou confond Frédéric Beigbeder, tout péteux d’avoir soutenu Matzneff, et aussi celle de Yann Barthès où Springora parle de son livre.
    A chaque fois, j’ai été choqué par certains propos, et j’ai envie d’ajouter mon grain de sel, parce que moi j’ai lu Matzneff, et parce que j’ai entendu trop de conneries insupportables.
    D’abord, Vanessa Springora. Dans l’émission de Barthès, elle traite Gabriel Matzneff de ‘’malade’’. Utiliser ce mot est pour moi une façon de l’excuser. Matzneff n’est pas un ‘’malade’’, c’est une ordure malfaisante, un serial violeur, ce qui est très différent. Je n’aime pas le mot ‘’pédophile’’, qui signifie, stricto sensu, ‘’qui aime les enfants’’. Matzneff n’aime pas les enfants, il aime sodomiser des enfants, ce qui est très différent. C’est un #pédocriminel.
    J’ai également été très choqué par cet extrait de la 4ème de couve du livre de Springora, que j’ai vue sur le site de Grasset : ‘’…elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.’’ Lire de telles conneries au dos d’un livre qui prétend dénoncer Matzneff, donner ainsi du crédit aux clichés mensongers qui ont permis à ce mec de commettre ses méfaits pendant un demi-siècle, je trouve ça ahurissant.
    Car, non, cent fois non, l’époque n’a rien à voir là-dedans, ma colère n’est pas révélatrice d’une montée de puritanisme propre à cette décennie, les premières lois punissant la pédocriminalité datent de 1791 ! Les comportements pédocriminels ont toujours été inadmissibles, ils n’étaient pas plus tolérés par la quasi-totalité des Français dans les années 1970 ou 1990 qu’aujourd’hui.
    ‘’La complaisance d’un milieu’’, oui, évidemment, mais ‘’aveuglé par le talent et la célébrité’’, non, mille fois non. Matzneff a dû avoir une érection en lisant ces deux mots associés à son nom : talent et célébrité. J’ai lu Matzneff, et je trouve, et je ne suis pas le seul, qu’il n’a aucun talent, il n’écrit pas ‘’bien’’ comme je l’ai beaucoup lu partout, pas du tout, il écrit propret, son ‘’style’’ n’a aucune personnalité, ce n’est pas pour rien s’il n’a jamais séduit les lecteurs de son époque, même avec ses quelques livres qui ne parlaient pas de ses pratiques sexuelles. Et il n’est donc pas du tout ‘’célèbre’’ - sauf peut-être depuis que Springora a écrit ce livre et que son visage est apparu partout sur les réseaux sociaux. Au moment où Springora a vécu son histoire avec lui, il n’était connu que du micro-milieu germanopratin des éditeurs et des écrivains, ses livres se sont toujours très mal vendus - son Prix Renaudot de l’essai, attribué en 2013, s’est vendu à 3 600 exemplaires. Ça veut dire que, malgré les éloges de Jean d’Ormesson, BHL ou Mitterrand, malgré ses invitations chez Pivot, le grand public n’a jamais eu envie de lire ce mec. On ne peut que lui dire bravo et merci.

    Contrairement à beaucoup de gens qui s’expriment sur ce sujet, j’ai lu, une fois dans ma vie, 40 pages d’un ‘’Journal’’ de Gabriel Matzneff, et ça explique pourquoi je n’ai aucune indulgence vis-à-vis de lui.
    C’était lors de mon premier séjour à Bali, en 1994, j’étais dans un hôtel de Candi Dasa, je n’avais plus rien à lire, je suis allé jeter un œil à la bibliothèque de l’hôtel, il n’y avait que 3 ou 4 livres français, dont un ‘’Journal’’ de Matzneff, je ne sais plus lequel (il en existe 15 tomes, publiés chez trois éditeurs différents, pendant 30 ans !), je me souvenais des polémiques au sujet de ses pratiques sexuelles, j’ai voulu voir de quoi il retournait, et j’ai vu. Et j’ai été scandalisé. Que ce mec ne soit pas en prison, et qu’il y ait des éditeurs, et non des moindres, Gallimard en tête, pour publier ces horreurs. A l’époque, internet et facebook n’existaient pas, je n’avais aucun moyen de crier ma colère.
    Ce livre est un journal intime très classique, avec des dates précises, parfois 10 lignes sur une date, parfois quelques pages, et il montre que Matzneff ne pense absolument qu’à ça : se taper des enfants et des ados, garçons ou filles. Et il n’aime que les deux choses que l’on peut faire indifféremment avec des enfants des deux sexes : enculer et se faire sucer. Il ne se fait jamais enculer et il ne suce jamais – vu que ses proies sont toujours ou des gamines ou des gamins pré-pubères, c’est tout simplement impossible. Il est toujours le seul qui jouit.
    Je ne me souviens pas d’un seul portrait d’un ami ou d’un parent, ou d’une note de lecture un peu consistante sur un livre qu’il a aimé, non, les pages que j’ai lues ne parlaient que de ses relations sexuelles avec des enfants et des ados.
    Dans tous les extraits d’émissions que j’ai vus depuis avec lui, il parle d’’’amour’’, il n’a que ce mot à la bouche, et d’après ce que j’ai lu du livre de Springora, il utilisait ce mot à propos de leur relation, mais dans les 40 pages que j’ai lues, il n’en était jamais question. Il ne parlait que de ses actes sexuels, de sa satisfaction sexuelle, et de sa jouissance à avoir ajouté une nouvelle proie à son tableau de chasse. C’était tellement dégueulasse que j’ai arrêté de le lire au bout de 40 pages, quand j’ai compris que ça ne parlerait que de ça jusqu’au bout, j’ai déchiré le livre et je l’ai jeté à la poubelle, pour que personne d’autre ne le lise.
    Si les 40 pages que j’ai lues sont révélatrices de la consommation sexuelle habituelle de Matzneff, et pourquoi ne le seraient-elles pas, ce mec se tapait des dizaines d’enfants par an, répartis en deux catégories : des collégiennes parisiennes et des jeunes prostitués asiatiques. Ce rythme frénétique, sur 50 ans de parcours, permet d’estimer, sans risque de se tromper, le nombre de ses victimes à plusieurs centaines, peut-être plusieurs milliers. Depuis, j’ai lu, par exemple, cet extrait qui confirme cette estimation : ‘’Il m’arrive d’avoir jusqu’à quatre gamins – âgés de 8 à 14 ans – dans mon lit en même temps, et de me livrer avec eux aux ébats les plus exquis.’’ (in Un galop d’enfer, 1985).

    Matzneff n’est donc pas un pédocriminel parmi tant d’autres, c’est un pédocriminel hors normes, un serial #violeur de grande envergure. Et les détails de ses modes opératoires montrent qu’il serait un être humain haïssable, même si ses victimes étaient majeures. Il y a deux passages du livre que je n’ai jamais oubliés, et qui expliquent pourquoi j’écris ça.
    1. Matzneff est à Manille ou Bangkok, il vient de sodomiser un petit prostitué de 10 ou 12 ans, et le gosse a le malheur de lui réclamer le double du prix ‘’normal’’ de la passe, un prix dont je me souviens qu’il était ridiculement bas, le gosse avait dû réclamer l’équivalent de 10 dollars au lieu de 5, ou 20 au lieu de 10, pas plus. Et Matzneff raconte tout fiérot qu’il a refusé de payer ce prix démesuré, qu’il a jeté sans ménagement le gosse hors de sa chambre, et il se vante de ne pas avoir été un pigeon victime de cette petite salope.
    2. Matzneff est invité à un dîner chez des ‘’amis’’ qui veulent lui montrer leur ouverture d’esprit et leur tolérance en l’invitant à leur table malgré sa réputation sulfureuse. C’est Matzneff qui l’écrit et décrypte ainsi cette invitation. Et pour montrer à quel point ils lui font confiance, leur fille de 14 ans participe au dîner. Le paragraphe d’après, Matzneff se vante d’avoir sodomisé la gamine les jours qui ont suivi et rigole du bon tour qu’il a joué à ces intellos de gauche stupides qui lui ont fait confiance.

    Donc, quand j’entends des François Morel ou des Frédéric Beigbeder, dire avec un petit sourire : ‘’eh oui, il y a des gens qui ont du talent et qui sont des salauds…’’, ça me met très en colère. Parce que Matzneff n’a aucun talent, je l’ai déjà dit, et parce qu’il n’est pas juste un ‘’salaud’’, il est l’un des pédocriminels les plus malfaisants de tous les temps, et il est toujours en liberté. Je répète : on parle d’un mec qui a violé des centaines d’#enfants.
    Si tous ceux qui lui ont serré la main, lui ont donné des prix, l’ont invité à leurs émissions, lui ont filé des subventions, ou un appartement de la ville de Paris à loyer ultra modique, ont lu ce que j’ai lu, ce sont des ordures aussi.
    Je suis peut-être naïf, mais je préfère penser que leur seule ‘’excuse’’ est de n’avoir jamais lu ces journaux intimes.

    Ceux qui sont impardonnables, ce sont ses éditeurs. Eux, c’est sûr, ont lu ces horreurs, et ils lui ont même donné des sous en échange !
    Antoine Gallimard en tête, qui a eu le culot, récemment, de retirer les livres de Matzneff de la vente, façon vierge outragée, comme si c’était le livre de Springora qui lui avait révélé l’ignominie du personnage, après l’avoir accueilli dans sa grande maison en 1990 alors qu’il avait déjà publié une dizaine de ses journaux intimes, pour lui permettre de continuer ce magnifique travail, et qui l’a mensualisé jusqu’en 2004 !
    Et son ‘’éditeur’’ personnel, Philippe Sollers, que je m’honore de n’avoir jamais lu, parce que je l’ai toujours trouvé débectant dans toutes ses interventions à la télé, bien avant de savoir qu’il éditait Matzneff. Rappelons que ce Philippe Sollers, qui est une icône de l’intelligentsia parisienne – forcément, éditeur chez Gallimard, c’est un pouvoir énorme – est aussi celui qui a élégamment traité Denise Bombardier de ‘’mal baisée’’ quand elle a osé attaquer Matzneff chez Pivot en 1990.
    L’’’éditeur’’, le grand public ne le sait pas forcément, c’est celui qui aide l’auteur à améliorer son texte. Ça signifie que Sollers a eu avec Matzneff des conversations du genre :
    – Dis-moi, dans ta phrase : ‘’je suis rentré dans son petit trou comme dans du beurre’’, tu préfères pas ‘’entré’’ plutôt que ‘’rentré’’ ?
    – Non je préfère ‘’rentré’’, c’est plus explicite.
    – Oui, tu as raison, c’est mieux.

    Ces gens me dégoûtent. Il y a beaucoup d’hommes enfermés dans les prisons françaises qui ont commis des actes bien moins répugnants.

    https://www.facebook.com/marc.zaffran/posts/10157848653093150?notif_id=1581079808340952&notif_t=feedback_reaction_gene

    • Qu’il ait été protégé, édité, félicité et qu’il n’ait jamais été inquiété restera une des plus grandes énigmes judiciaires de la fin du siècle dernier. Quand on sait que le parquet est capable de poursuivre et potentiellement de faire incarcérer une citoyenne qui vient en aide à un migrant, il y a de quoi légèrement douter de notre démocratie humaine.

    • euh juste : springora utilise le mot #pédocriminel dans son livre et ça arrive de mal s’exprimer en direct live à la télé quand tu raconte ton viol. Visiblement, le mec qui écrit ce texte ne pense pas à ça. Sinon, c’est les éditeurs qui écrivent le quatrième de couv’. Donc je vois pas trop l’intérêt de « commencer » ses griefs par springora, qui a écrit un très bon livre, mais surtout qui joue gros, et pour nous tous, en s’exposant comme ça... Juste un peu de respect quoi.

    • ça doit être pour poser une sorte de gage d’objectivité que le mec commence par s’attaquer à Springora. Eh bien c’est naze. Et le mystère qu’il expose n’en pas un, les violeurs à répétition, ça fucking court les rues.

    • Je rejoins @reka
      Ce qu’il faut mettre à jour dans cette histoire, ce sont les raisons du succès médiatique de Matzneff.
      Parce que oui il a eu un succès médiatique. Je me souviens l’avoir vu dans beaucoup d’émissions de télévision avec son physique si particulier, et le vertige que ses paroles provoquaient : « C’est réel ce qu’il raconte ? On dirait. Mais alors si c’est réel, pourquoi a-t-il le droit de parler à la télé ? »

      Est-ce seulement la curiosité pour la monstruosité qui ont fait son succès, ou y a-t-il eu des complicités plus profondes ?

      On aimerait une vraie enquête sur Pivot, les producteurs de Pivots, etc...

    • Je rejoins @reka pour dire qu’on ne peut vraiment que douter de nos « démocraties » devenues des coquilles vides de la gouvernance de nos sociétés.
      J’ai suivi le « 28 minutes » sur ARTE du 6 février dernier. Pardon s’il y en a parmi vous que cette « chaîne franco- allemande » saoule grave mais il m’arrive fréquemment de suivre cette chronique assez inégale suivant sûrement les thèmes qui y sont abordés et aussi surtout à cause des intervenant·es qui y sont invité·es.

      Dans l’émission de ce mercredi, le débat portait sur l’opportunité ou non de rendre les crimes à caractère sexuel imprescriptibles. La séquence commence par rappeler les faits concernant Sarah Abitbol qui dut subir les agressions répétées de son entraîneur pendant toutes ses années d’entraînement en tant que patineuse.

      Participaient au débat :
      – Muriel Salmona : psychiatre spécialiste des violences sexuelles, présidente de l’association Mémoires Traumatiques et Victimologie
      - Carole Ardouin-Legoff : maître de conférence en droit privé et science criminelle à l’université Panthéon Assas
      – Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire au Figaro.

      Voici un court extrait du débat où intervient Carole Ardouin-Legoff en réponse à une question de Renaud Dély :

      Renaud Dély :
      -- Ça signifie, quand on écoute Muriel Salmona, que le droit à l’oubli n’existe pas pour les victimes de crimes sexuels. Or, ce droit à l’oubli c’est une justification de la prescription pour les auteurs de crimes sexuels. Pourquoi est-ce que ça fonctionnerait pour les auteurs et pas pour les victimes ?

      Carole Ardouin Legoff :
      -- La prescription de l’action publique a effectivement pour fondement l’oubli, de l’infraction, l’oubli du crime, mais pas pour l’auteur ni pour la victime, mais pour la société tout entière. Lorsqu’une action publique est intentée, un procès pénal est conduit et la société est représentée par le Ministère Public. Le ministère public agit au nom de tout un chacun, pour la simple et bonne raison que lorsqu’une infraction est commise, en particulier lorsqu’il s’agit d’un crime, ce crime trouble l’ordre public. La société tout entière est troublée par l’existence de cette infraction et donc, l’action publique a vocation de réparer ce trouble à l’ordre public. Autrement dit, en raison de l’écoulement du temps, si beaucoup d’années se sont passées depuis la commission du crime, et bien le trouble à l’ordre public a pu se réparer tout seul, du fait de cet évènement naturel qu’est le cours du temps. Et donc un droit pénal moderne n’a alors aucune raison d’entrer en jeu. On ne sanctionne pas pour sanctionner. On punit simplement quand il y a un intérêt à punir, à répare un trouble à l’ordre public. Ce qui n’est plus le cas lorsque c’est prescrit. Donc certes, la mémoire de la victime peut demeurer, la mémoire du criminel aussi. L’action publique n’est pas là pour protéger un criminel mais une victime.

      Et là je dois bien avouer que je suis resté interloqué. La mission du Ministère Public n’est donc pas de dire le droit, de reconnaître des droits à réparation aux victimes et de punir d’éventuels coupables mais de protéger la société tout entière contre de possibles « troubles à l’ordre public ». C’est compliqué la « Justice » non ?

      Le lien vers l’émission (à partir de la 14e minute)

      https://www.arte.tv/fr/videos/088472-117-A/28-minutes

    • Et personne ne se questionne sur le pourquoi et comment Matzneff a pu être interviewé (par l’extrême droite) dans le quartier latin fin 2019 et puis mystérieusement s’évaporer et quitter la france, sans qu’aucune police ne le retrouve ?
      Pas plus que tu n’as à te demander pourquoi Epstein a pu sortir librement de france où il y violait régulièrement des enfants et des femmes avec ses amis dans ses nombreux appartements proches des champs élysées.
      Comme tu es prié d’oublier que David Hamilton a vécu jusqu’à sa mort à Paris sans être inquiété, et que le gouvernement actuel comme les instances tel le CNC ont soutenu et financé Polanski pour son dernier film alors qu’il n’a pas purgé sa peine aux USA.

      Nan, nan, tu retiendras seulement que c’était une autre époque.

      Merde, c’est juste aujourd’hui.

    • @sombre il y a une #aporie ici. Ce qui a été pris ne sera jamais rendu. Punir les agresseurs ne pourra jamais « rattraper le coup ». Il n’y a donc pas, d’un point de vue radical, de #justice possible. C’est toujours trop tard. Comme un assassinat. Effectivement la société s’achète une conscience, avec des punitions. Les punitions sont de la #vengeance. Et les #interdits n’empêchent rien. Il faut donc inventer autre chose, et je n’ai pas la moindre idée de quoi. La seule chose qu’on peut se dire, dans l’état actuel des choses, et c’est ce qui motive toutes ces anciennes victimes à agir, qu’au moins, certains s’arrêtent. Parce que mtnzf, même à 80 ans, est toujours actif et dangereux. Les autres aussi.

      On peut imaginer changer la société, radicalement, notamment en transformant la sexualité masculine, qui me semble moteur dans toutes ces histoires. Imaginer une autre sexualité où l’érotisation des rapports de domination euh... disparaitrait. C’est tellement énorme que presqu’ inimaginable.

    • Punir les agresseurs ne pourra jamais « rattraper le coup »

      @tintin Bien sûr, je comprends ta position, mais ce n’est pas seulement punir dont il est question, c’est dénoncer cet aveuglement pour protéger d’autres enfants en arrêtant les violeurs récidivistes et leurs soutiens. Pour Hennion, pote de Mtzneff, entre autres de ses amis violeurs, c’est plus de 200 enfants en Thaïlande dont la justice l’a accusé.
      Il faudrait déjà, (à commencer par qui ? qui accepte de voir ses horreurs ?) qu’une partie de la société accepte de voir en face que le combat contre les violences sexuelles est face à la force des réseaux de soutien de la pédophilie du proxénétisme et de la pornographie, qu’ils soient médiatiques, juridiques, philosophiques, littéraires, politiques ou policiers. Aujourd’hui. Maintenant.

      Sauf que soit culturellement soit face à l’ampleur du désastre, soit par lâcheté, personne ne veut entendre parler de ces collusions.

    • Un écrivain pédophile — et l’élite française — sur le banc des accusés :

      Il a été invité à déjeuner à l’Élysée par François Mitterrand et a fréquenté Jean-Marie Le Pen , le dirigeant d’extrême-droite.

      Il a bénéficié des largesses du couturier Yves Saint Laurent et du compagnon de ce dernier, le puissant homme d’affaires Pierre Bergé .

      https://www.nytimes.com/fr/2020/02/11/world/europe/france-gabriel-matzneff-pedophilie.html

    • En 2002, M. Girard, l’ancien collaborateur d’Yves Saint Laurent, était devenu adjoint à la culture du maire de Paris, un poste qu’il occupe de nouveau à l’heure qu’il est . Il fit pression pour que M. Matzneff obtienne une allocation annuelle à vie du Centre National du Livre, un privilège rarement attribué, comme l’a révélé son directeur actuel, Vincent Monadé, au quotidien L’Opinion.
      https://www.nytimes.com/fr/2020/02/11/world/europe/france-gabriel-matzneff-pedophilie.html

    • Ce n’est pas la première fois que je vois le nom de #Harlem_Désir (en photo avec matzf)

      #Christophe_Girard, socialiste, actuellement chargé de la culture à Paris (si si) est cité dans l’article pour avoir fait l’entremetteur pour #Yves_Saint_Laurent et #Pierre_Bergé.

      WP :

      En 1998, [C.Girard] devient membre des Verts. Il est présent en 1999 en position non éligible sur la liste de Daniel #Cohn-Bendit aux élections européennes. En 2001, après l’élection de Bertrand Delanoë, il est nommé adjoint au maire de Paris chargé de la culture3. Il occupe son poste tout en restant chez LVMH

      En 2002, M. Girard, l’ancien collaborateur d’Yves Saint Laurent, était devenu adjoint à la culture du maire de Paris, un poste qu’il occupe de nouveau à l’heure qu’il est. Il fit pression pour que M. Matzneff obtienne une allocation annuelle à vie du Centre National du Livre

    • Pour éviter l’accusation de délire ou de complotisme concernant des réseaux qui n’existent évidemment pas … je recopie seulement cette page Wikipédia, encyclopédie en ligne qui a pourtant une facheuse tendance à empêcher toute participation des lanceurs d’alerte dénonçant les pédocriminels et leurs soutiens.
      Faites en ce que bon vous semble mais arrêtons de fermer les yeux svp.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Apologie_de_la_pédophilie

      En 2013, la remise d’un prix à Daniel Cohn-Bendit suscite une nouvelle polémique en Allemagne ; le Parti vert allemand, auquel appartient Daniel Cohn-Bendit, décide alors de se pencher sur son propre passé et de commander au politologue Franz Walter une étude sur l’influence qu’ont pu avoir les militants pédophiles sur le mouvement écologiste allemand. Les travaux de Franz Walter mettent au jour d’anciennes positions pro-pédophiles des Verts allemands, poussant notamment l’ancien ministre Jürgen Trittin - responsable en 1981 d’une plate-forme électorale qui prônait la dépénalisation des actes sexuels entre enfants et adultes - à s’expliquer et à reconnaître ses erreurs. Un article du Frankfurter Allgemeine Zeitung accuse les Verts allemands d’avoir, dans le passé, « créé une idéologie qui favorisait l’abus d’enfants », Daniel Cohn-Bendit étant notamment dénoncé comme « le porte-drapeau le plus éminent des pédophiles ». Franz Walter souligne par ailleurs que les pédophiles ont, dans le passé, également influencé le Parti libéral-démocrate.

  • Le « problème des Blancs avec les Noirs », à propos de W.E.B. Du Bois
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/la-suite-dans-les-idees-emission-du-samedi-14-decembre-2019

    La traduction en français, 120 ans après sa publication aux Etats-Unis, des « Noirs de Philadelphie » offre l’occasion de revenir sur son auteur désormais considéré comme l’un des fondateurs de la sociologie, W. E. B. Du Bois.

    #états-unis #racisme #cartographie #webdubois #web_du_bois

  • Seenthis, j’ai une question ! Comme tout le monde, je suis les vidéos de Rick Beato sur Youtube – comme celle-ci par exemple :
    https://www.youtube.com/watch?v=GVDWSTCKgng

    Et donc ma question : est-ce que tu sais comment il fait pour, systématiquement, avoir les différentes pistes séparées (il arrive à faire écouter la voix seule, la guitare seule, la basse seule, etc.) ? Je ne pense pas qu’il dispose des bandes originales, surtout qu’il fait ça aussi avec des disques tellement anciens que je suspecte qu’on n’a pas de pistes séparées même à la maison de production.

    Du coup : je suspecte qu’il existe un logiciel qui fait ça. D’où : est-ce que tu sais quel logiciel est capable de faire ça ?

  • Tu as certainement déjà vu passer cet extrait de CNews :
    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1214319034465951746/pu/vid/1280x720/f5uNBBjoi0q9gDJR.mp4

    Je regrette que tous les commentaires qui y sont consacrés se focalisent sur le fait que les abrutis de CNews sont totalement incompétents et racontent n’importe quoi sur les chiites et les sunnites : « ils n’y connaissent rien », etc. Or le problème, c’est l’imposition du sujet lui-même : « les chiites, leur religion, leur mentalité, leur rapport au texte coranique… ». Or on s’en fout.

    Ce n’est pas le sujet, ça n’a pas grand intérêt, et c’est même le sujet imposé incontournable à chaque fois qu’on veut faire la guerre dans la région. C’est du flan. Les mêmes ne passent pas leur temps à discuter « les Protestants, leur religion, leur mentalité, leur clergé, leur référence à la Bible… » pour commenter la politique étrangère américaine.

  • L’évasion de Carlos Ghosn me rappel le détournement de l’avion du président de Bolivie pour chopper Snowden.


    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/07/03/une-rumeur-sur-snowden-provoque-une-crise-diplomatique-entre-paris-et-la-paz

    Le président bolivien Evo Morales a finalement atterri à l’aéroport d’El Alto, près de La Paz, en Bolivie, mercredi à 23 h 39, heure locale (5 h 39 à Paris, jeudi), après un voyage tumultueux et une escale forcée en Autriche, qui lui a valu les « regrets » de la France.

    Le refus de quatre pays européens (France, Portugal, Espagne et Italie) d’ouvrir leur espace aérien faisait suite à une rumeur faisant état de la présence à bord de l’avion présidentiel, qui rentrait de Moscou, de l’informaticien américain Edward Snowden, recherché par les Etats-Unis pour espionnage. Un refus qui a suscité l’ire des Boliviens et une vague de protestation parmi les gouvernements sud-américains.

  • Pour un inventaire des lieux d’accueil des « gens du voyage » - William Acker - Visionscarto
    https://visionscarto.net/inventaire-lieux-accueil

    Constatant l’absence de chiffres opposables aux pouvoirs publics sur l’isolement de ces zones et leur rôle dans les inégalités environnementales, le chercheur indépendant et voyageur William Acker a décidé de les recenser, département par département. Il présente ici son approche cartographique, avec l’inventaire des zones « d’accueil » d’un premier département, les #Yvelines (78).

    #cartographie #France #relégation #pollution #santé #inégalités_environnementales

  • Responsive Images : comprendre srcset et sizes - Alsacreations
    https://www.alsacreations.com/article/lire/1621-responsive-images-srcset.html

    Images responsives : les attributs srcset et size de la balise <img> pour utilisation de multiples source et taille pour une image
    Voir aussi : https://developer.mozilla.org/fr/docs/Apprendre/HTML/Comment/Ajouter_des_images_adaptatives_%C3%A0_une_page_web

    #srcset #size #img #image #responsive #adaptive_image #HTML5 #CSS

  • Evo Morales est arrivé en Argentine, pays qui a l’intention de lui accorder le statut de réfugié.

    Las palabras de Evo Morales al llegar a Argentina: Estoy fuerte
    https://www.elnacional.com/mundo/las-palabras-de-evo-morales-al-llegar-a-argentina-estoy-fuerte


    Agradezco a México y Argentina por todo su apoyo y solidaridad", escribió Evo Morales en Twitter.
    EFE

    Evo Morales, ex presidente de Bolivia, aseguró al llegar a Argentina este jueves que está fuerte y animado, y seguirá su lucha por los más humildes.

    Evo Morales en Argentina: qué implica ser refugiado en el país
    «Hace un mes llegué a México, país hermano que nos salvó la vida; estaba triste y destrozado. Ahora arribé a Argentina para seguir luchando por los más humildes y para unir a la patria grande. Estoy fuerte y animado. Agradezco a México y Argentina por todo su apoyo y solidaridad», escribió en Twitter.
    […]
    El canciller explicó que Morales no ha pedido hasta ahora custodia y se desconoce dónde va a radicar su residencia, algo que tiene que especificar en el pedido oficial de refugio.

    También subrayó que la condición de refugiados la da el Ministerio del Interior y que en las próximas horas se le concederá.

    Su llegada al país, donde ya están viviendo sus hijos desde finales de noviembre, se origina a menos de dos días después de que el peronista Alberto Fernández asumió la Presidencia de Argentina.

    En declaraciones al canal TN, el vicecanciller de México para América Latina, Maximiliano Reyes Zúñiga, dijo que el político boliviano optó por viajar a Argentina por la cercanía geográfica con su nación.

    «Y en vísperas de la organización del proceso electoral en su país, cada vez mayor comunicación y coordinación con su gente», añadió.

    • Le voyage d’Evo Morales au Mexique a coûté un peu moins de 2 millions de pesos (90 000 €) au gouvernement mexicain.

      México pagó casi 2 millones de pesos para que Evo Morales llegara
      https://www.elnacional.com/mundo/gobierno-de-amlo-pago-casi-2-millones-de-pesos-para-que-evo-morales-lleg

      La Secretaría de la Defensa Nacional (Sedena), de México, informó que el costo para llevar a Evo Morales al país por mandato de Andrés Manuel López Obrador fue de 2 millones de pesos. El monto se reveló como respuesta a una solicitud de información de transparencia que hizo un particular.

      El Estado Mayor de la Defensa Nacional, la Comandancia de la Fuerza Aérea mexicana y la dirección general de la Secretaría indicaron cómo hicieron los gastos realizados. La cifra se debió a la recarga de combustible y los servicios aeroportuarios en las naciones donde se aterrizó.

      Los organismos indicaron que por la recarga de turbosina de la aeronave, los aeropuertos de Perú, Paraguay y México cobraron 1.395.173 pesos, mientras que por los servicios aeroportuarios en las aduanas de estos países se pagaron 476.000 pesos. En total, costó 1.871.696 pesos la entrada del ex presidente Evo Morales a México.

  • peter gowan sur Twitter :

    "#CNN : "Warren surges to first place, Biden and Buttigieg in 2nd and 3rd ranks" https://t.co/bL0ZawJz8B" / Twitter
    https://twitter.com/peterjgowan/status/1202317259089358850

    Warren 23%
    #Sanders 23%
    Biden 22%
    Buttigieg 14%

    Ça me rappelle la blague sur la course à pied entre un ambassadeur étasunien et son homologue soviétique au temps de la guerre froide, gagnée par le premier et (dit la blague) rapportée comme suit par la Pravda :

    « Une course s’est déroulée dans laquelle notre représentant est arrivé deuxième et l’Américain avant-dernier. « 

    #sans_vergogne #MSM

  • On the Measure of Intelligence - François Chollet
    https://arxiv.org/abs/1911.01547v2

    To make deliberate progress towards more intelligent and more human-like artificial systems, we need to be following an appropriate feedback signal: we need to be able to define and evaluate intelligence in a way that enables comparisons between two systems, as well as comparisons with humans. Over the past hundred years, there has been an abundance of attempts to define and measure intelligence, across both the fields of psychology and AI. We summarize and critically assess these definitions and evaluation approaches, while making apparent the two historical conceptions of intelligence that have implicitly guided them. We note that in practice, the contemporary AI community still gravitates towards benchmarking intelligence by comparing the skill exhibited by AIs and humans at specific tasks such as board games and video games. We argue that solely measuring skill at any given task falls short of measuring intelligence, because skill is heavily modulated by prior knowledge and experience: unlimited priors or unlimited training data allow experimenters to “buy” arbitrary levels of skills for a system, in a way that masks the system’s own generalization power. We then articulate a new formal definition of intelligence based on Algorithmic Information Theory, describing intelligence as skill-acquisition efficiency and highlighting the concepts of scope, generalization difficulty, priors, and experience. Using this definition, we propose a set of guidelines for what a general AI benchmark should look like. Finally, we present a benchmark closely following these guidelines, the Abstraction and Reasoning Corpus (ARC), built upon an explicit set of priors designed to be as close as possible to innate human priors. We argue that ARC can be used to measure a human-like form of general fluid intelligence and that it enables fair general intelligence comparisons between AI systems and humans.

    #intelligence_artificielle

  • À peine trois semaines après le coup d’État en Bolivie, le gouvernement de facto est déjà en train d’autoriser les OGM.

    https://eldeber.com.bo/158332_en-10-dias-saldra-decreto-de-exportacion-y-gobierno-encamina-uso-

    Ils retirent aussi toutes les limites à l’exportation (qui servaient à assurer l’approvisionnement du marché national - maintenant on va surement exporter pour importer ensuite au prix international...)

  • Bolivie: un canevas serbe?

    https://lecourrier.ch/2019/11/26/bolivie-un-canevas-serbe

    Pour le conseiller en « révolution », il s’agit d’identifier le bon « momentum », le moment qui fera basculer l’opinion publique et favorisera ensuite la chute du « régime autoritaire » visé. En Bolivie, les incendies géants de cet été semblent avoir joué ce rôle.

    Le 25 août, le chef de Canvas retweetait une publication de son ancienne étudiante sur les incendies géants dans la Chiquitania (entre le Chaco et l’Amazonie), s’indignant que « la mauvaise gouvernance mène aux catastrophes environnementales ». Le 27, Jhanisse Vaca Daza lançait #SOSBolivia sur le compte Twitter de son ONG, Rios de Pie, qui est vite devenu un hashtag très utilisé par les opposants à Evo Morales.

    #Bolivie #CoupDEtat #putsch #SantaCruz #RévolutionsOranges #ExtrêmeDroite

    • Srda Popovic est un habitué de ce « Davos de la dissidence », comme il le décrit, orchestré par la Human Rights Foundation (HRF), où exerce Jhanisse Vaca Daza depuis quatre ans. Cette ONG de défense des droits humains, dont le siège social se situe dans l’Empire State Building, a été fondée en 2005 par Thor Halvorssen Jr., militant libéral issu de la grande bourgeoisie vénézuélienne. Son cousin Leopoldo López est un opposant notoire au gouvernement de Nicolás Maduro, sur une ligne anticommuniste.

      sinon momentum signifie impulsion (quantité de mouvement en mécanique).

  • « La Suisse doit réagir au coup d’Etat en Bolivie »

    https://lecourrier.ch/2019/11/20/la-suisse-doit-reagir-au-coup-detat-en-bolivie

    Quelque quatre-vingt personnalités de la gauche et des Verts demandent au Conseil fédéral de suspendre toute coopération économique, et de veiller à la protection des droits humains sur place. La démission forcée du président Evo Morales, selon eux, est un coup d’Etat.

    Le communiqué en PDF : https://drive.google.com/file/d/1LOfotFrm7CBSxRj7_VPbInxNEBH1JAy9/view

  • Dites-donc, si ce n’est pas un coup d’extrême-droite, c’est drôlement bien imité…
    https://www.nytimes.com/2019/11/16/world/americas/bolivia-anez-morales.html?smid=nytcore-ios-share

    She injected Catholicism into government, swearing in her ministers in front of a large Bible and making speeches shadowed by an aide carrying a cross. Her heavy use of Catholic imagery was in sharp contrast to the Indigenous ceremonies held by Mr. Morales in the presidential palace.

    In a country where the vast majority of citizens consider themselves Christian, said Mr. Corrales, the analyst, Ms. Añez has turned to Bolivia’s conservative religious groups for support to mask her lack of a popular mandate.

    Ms. Añez’s close ally, Luis Fernando Camacho, on Wednesday held a political rally at which another speaker shouted disparaging references to the Indigenous culture that Mr. Morales championed: “We have tied all the demons of the witchery and thrust them into the abyss. Satans, get out of Bolivia now.”

    […]

    On Thursday, Ms. Añez issued a presidential decree exempting the military from criminal prosecution when maintaining public order. The following day, police cracked down with lethal force on the protesters in Cochabamba.

    The new interior minister, the right-wing Senator Arturo Murillo, began by promising to hunt down Mr. Morales’s top former minister, Juan Ramón Quintana, who has gone into hiding.

    “We’re going to go hunting for Juan Ramón Quintana,” said Mr. Murillo, “because he is an animal that feeds on the blood of the people.”

    […]

    The new communication minister, Roxana Lizárraga, is a radical commentator who often railed against Mr. Morales’s government. On Thursday, she threatened to persecute journalists who are “involved in sedition,” adding that she already has a list of troublesome members of the media.

  • Le nouveau président argentin, Alberto Fernández, termine une intervention en soutien au droit à l’avortement par :

    gracias a todos, a todas, a todes [tonnerre d’applaudissements]

    https://twitter.com/Marian_Carbajal/status/1195125468753731589

    En castillan, « todEs » est la forme inclusive qui est maintenant la plus utilisée, les autres étant « todxs » et « tod@s », sûrement parce qu’elle a l’avantage de pouvoir se dire, et pas seulement s’écrire.

    #écriture_inclusive

    • Will this cut us off from new developments made by the main iD developers? Absolutely. But I think an editor that respects our community consensus is more important than having a nice auto-complete that ensures the correct spelling of an American fast-food franchise outlet.

      huhu

  • 5 Faits intéressants sur le coup d’État militaire en Bolivie et ce que vous pouvez faire (Mint Press)
    https://www.crashdebug.fr/international/16742-5-faits-interessants-sur-le-coup-d-etat-militaire-en-bolivie-et-ce-

    En dépit de ce que les grands titres des médias voudraient vous faire croire, un coup d’État est en cours en Bolivie.

    par Emma Fiala

    11 novembre 2019

    Les États-Unis soutiennent actuellement un coup d’État militaire contre le premier président autochtone de Bolivie, Evo Morales, qui a récemment été réélu. La Bolivie a connu un calme relatif pendant la durée de la présidence de M. Morales, qui a débuté en janvier 2006. En 2008, Morales a expulsé l’ambassadeur des États-Unis et les agents de lutte contre les stupéfiants. Les deux pays n’ont pas eu de relation diplomatique depuis 2009.

    En dépit de ce que les grands titres des médias voudraient vous faire croire, un coup d’État militaire est en cours en Bolivie. Morales a été contraint de démissionner pour tenter d’éviter de nouvelles (...)

  • Revanche en Bolivie | Benito Perez
    https://lecourrier.ch/2019/11/11/revanche-en-bolivie

    Coup de tonnerre (ou d’Etat) : le président bolivien Evo Morales a démissionné hier en fin d’après-midi. Confronté depuis trois semaines à un mouvement de plus en plus insurrectionnel, l’ancien syndicaliste cocalero avait tenté plus tôt dans la journée d’apaiser la situation en annonçant de nouvelles élections et la rénovation complète du Tribunal électoral. Sans parvenir à calmer la fronde menée par la droite radicalisée. Source : Le Courrier