• Nouvelle trouvaille de l’extrême-droite (pardon, du Ministre de la violence légitime) : retourner le vocabulaire des victimes pour lui faire perdre son sens. « J’étouffe » (I can’t breath ») devient donc : « Quand j’entends le mot "violences policières" personnellement je m’étouffe ».

    Violences policières : Un terme qui fait « s’étouffer » Gérald Darmanin
    https://www.20minutes.fr/politique/2830615-20200728-violences-policieres-terme-fait-etouffer-gerald-darmanin

    « Quand j’entends le mot "violences policières" personnellement je m’étouffe », a déclaré le ministre de l’Intérieur. « La police exerce une violence certes mais une violence légitime. (…) Elle doit le faire de manière proportionnelle, elle doit le faire de manière encadrée. Que quelques personnes le fassent en dehors des règles déontologiques, la sanction doit être immédiate », a-t-il ajouté. « Mais il est normal que les policiers et gendarmes soient armés, interviennent par la force, pour que la force reste à la loi de la République et pas celle des bandes ou des communautés », selon lui.

    Et donc, oui, on peut très bien faire plus ignoble que Castaner. (« Non, les policiers ne mutilent pas les manifestants, j’y mettrais ma main à couper. D’ailleurs ça crève les yeux. »)

  • Linux team approves new terminology, bans terms like ’blacklist’ and ’slave’ | ZDNet
    https://www.zdnet.com/article/linux-team-approves-new-terminology-bans-terms-like-blacklist-and-slave

    Going forward, Linux developers have been asked to use new terms for the master/slave and blacklist/whitelist terminologies.

    Proposed alternatives for master/slave include:

    primary/secondary
    main/replica or subordinate
    initiator/target
    requester/responder
    controller/device
    host/worker or proxy
    leader/follower
    director/performer

    Proposed alternatives for blacklist/whitelist include:

    denylist/allowlist
    blocklist/passlist

    The Linux team did not recommend any specific terms but asked developers to choose as appropriate.

    The new terms are to be used for new source code written for the Linux kernel and its associated documentation.

    The older terms, considered inadequate now, will only be allowed for maintaining older code and documentation, or “when updating code for an existing (as of 2020) hardware or protocol specification that mandates those terms.”

    The move to phase out the master/slave and blacklist/whitelist terminologies came after a proposal filed by Linux kernel maintainer Dan Williams on July 4. Linux creator Linus Torvalds approved the proposal on Friday in a pull request for the Linux 5.8 repository.

    #Linux #Language #Racisme_systémique #Antiracisme

  • https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/07/01/comment-emmanuel-macron-veut-contrer-la-poussee-ecologiste_6044816_823448.ht

    « Il faut faire attention, car l’envie que la transition écologique soit la première priorité des élus, tant au plan local que national, est très forte chez les Français », met en garde le député LRM de l’Isère, Jean-Charles Colas-Roy, chargé de cette thématique.

    Tu as raison, Jean-Charles, il ne faudrait quand même pas que l’écologie soit la priorité des élus.

  • Le même jour :

    – Le Monde nous fait l’article usuel sur Poutine, au pouvoir depuis 20 ans (les jeunes gens n’ont connu que lui à la tête du pays) : « Poutine, ce n’est pas un président, c’est devenu un mode de vie » : avoir 20 ans en Russie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/01/generation-poutine_6044824_3210.html

    – Libération panthéonise Angela Merkel, pourtant au pouvoir depuis 15 ans (les jeunes Allemands n’ont connu qu’elle)… En quittant le club des radins, Merkel aux portes du Panthéon européen
    https://www.liberation.fr/planete/2020/06/30/en-quittant-le-club-des-radins-merkel-aux-portes-du-pantheon-europeen_179

    Note : ça n’est pas un argument sur le fait que l’Allemagne et la Russie auraient les mêmes conditions de démocratie. Mais juste remarquer que les considérations sur la seule durée du pouvoir personnel, c’est problématique si elle rend aveugle : Angela Merkel, pour les Allemands, ce n’est pas un « mode de vie » aussi ?

  • 110 km/h sur l’autoroute, semaine de 28h... La Convention citoyenne pour le climat à l’heure des choix | LCI
    https://www.lci.fr/planete/convention-citoyenne-pour-le-climat-limitation-de-vitesse-a-110-km-h-sur-l-autor

    Parmi ses propositions phares, on peut retenir le recyclage obligatoire de l’ensemble du plastique ainsi que la suppression de tous les plastiques à usage unique dès 2023, ou bien la réduction du temps de travail hebdomadaire qui passerait de 35h à 28h avec un salaire inchangé.

    Ah ah, devine quelle mesure sera éventuellement soumise à référendum populaire, et quelle mesure ne le sera jamais.

    • Les boulets du NYT d’après l’OEA :
      – négation de l’Holodomor en 1931
      – refus de publication de l’existence de camps d’extermination en 1944
      – récit pro-castriste en 1957.

      Et ce morceau de bravoure : le NYT a, bien sûr, le droit de mentir, le secrétariat général de l’OEA, de son côté, préfère exercer avec prudence son droit de dire la vérité.

      Por su parte, aunque menos relevante, un artículo del NYT también ha intentado de alguna manera ir por ese camino de negar el fraude electoral en las elecciones de octubre de 2019 en Bolivia. Una vez más, no corresponde a este comunicado entrar en una discusión política con el equipo del NYT, pero sí es necesario contextualizar esta campaña. El NYT tiene una historia controversial con la verdad en contextos de dictaduras y totalitarismos que ha sido documentada. Por ejemplo, en 1931 el corresponsal del NYT en la Unión Soviética Walter Duranty falló en identificar y reportar la hambruna de millones de ucranianos provocada por el régimen totalitario de Joseph Stalin. El corresponsal del NYT terminó representando más defensa de Stalin que de la verdad. Se podrá decir que era “otro” NYT, aun así, el Premio Pulitzer que Duranty obtuvo por este trabajo sobre la Unión Soviética, no ha sido despojado por la Junta del Pulitzer ni rechazado por el “actual” NYT.

      Por alguna inaceptable e incomprensible razón, el NYT tampoco reportó en sus primeras planas la evidencia del genocidio del Holocausto y los campos de concentración Nazi en los últimos años de la Segunda Guerra Mundial. El criterio de publicación de NYT no pasa por las coordenadas de veracidad y objetividad, sino más bien de conveniencia política. En este Hemisferio, en 1957, su corresponsal Herbert Matthews fue instrumental en la construcción de una narrativa pro-Castro del cual el mismo Fidel Castro se burló y se benefició en su proceso de destrucción totalitaria. Nada de esto ha sido objeto de revisión por el actual NYT. Hoy, por su parte, pretende negar al pueblo boliviano la posibilidad de elegir un nuevo presidente que no sea Evo Morales en una nueva elección.

      Obviamente le reconocemos al NYT su derecho a mentir, tergiversar, distorsionar la información, los datos y los hechos, así como a mezclar verdad y mentira todas las veces que quiera; reconociendo que estos derechos que tiene son inalienables y pertenecen a la esencia del ejercicio de la libertad de prensa y de expresión y definitivamente haremos todo lo que sea necesario siempre para asegurar el ejercicio de estos derechos. Por parte de la Secretaría General, ejerceremos, con prudencia, nuestro único derecho a decir la verdad y a presentar los hechos tal cual son.

      Sur le Venezuela, Almagro observe tout aussi scrupuleusement son droit de dire sa vérité…

  • Je ne suis pas fan de Trudeau, mais je remarque qu’après son petit sketch (20 secondes silence) pour (ne pas) dire ce qu’il pense des positions de Trump, il ajoute ceci :
    https://nationalpost.com/news/canada/as-u-s-boils-over-trudeau-says-systemic-racism-in-canada-must-be-addre

    “But it is a time for us as Canadians to recognize that we too have our challenges, that black Canadians and racialized Canadians face discrimination as a lived reality every single day.

    “There is systemic discrimination in Canada, which means our systems treat Canadians of colour, Canadians who are racialized, differently than they do others.”

    En France on en est encore à :
    https://www.liberation.fr/france/2020/05/28/laurent-nunez-le-racisme-n-a-pas-sa-place-dans-la-police_1789710

    Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur défend des forces de sécurité mises en cause pour leur action pendant le confinement et réfute la défiance d’une partie de la jeunesse et des mouvements sociaux.

    • Je ne comprends pas qu’on puisse monopoliser la machine judiciaire pour interdire à une personne d’exprimer son ressenti.

      Quand tu dis « je me sens ceci » ou « je ne me sens pas cela », je ne vois pas comment, cela peut être attaquable, comment quelqu’un d’autre — et à forciori une institution — peut te dire  : « non, tu as tort, tu ne ressens pas ça, tu n’as pas le droit de ressentir ceci, tu dois ressentir cela, ton ressenti offense telles personnes ou valeurs… »

    • @monolecte Alors autant je pense que les personnes racisées ont à la fois raison et le droit de dire qu’elles ont peur, autant le côté « exprimer son ressenti donc pas de poursuites » ne me semble pas totalement défendable.

      Si quelqu’un va à la télévision et déclare : « quand je croise un arabe dans le métro, je me sens menacé/en danger », « si j’apprend qu’un commerçant est juif, j’ai peur de me faire arnaquer », je pense qu’il est légitimement passible de poursuites.

      (Après, deux poids deux mesures tout ça, le type qui a explicitement dit qu’il préférait descendre du bus quand il y a une femme voilée, je ne crois pas qu’un ministre ait annoncé qu’il allait porter plainte.)

    • Il nous faudrait un philosophe, dans le coin.

      Je te suis parfaitement dans ce que tu dis (le mec utilise son ressenti pour exprimer une pensée raciste), mais de la même manière, je me sens menacée quand je croise un chasseur ou un skin. Ou une femme se sent généralement menacée dans l’espace public.

      Oui, je vois qu’il y a la dissymétrie oppresseur/opprimé, mais il y a un loup à attaquer un sentiment.

  • Les habitants des régions d’altitude moins sensibles au coronavirus ?

    https://www.altitude.news/culture/sciences/2020/05/20/habitants-regions-altitude-moins-sensibles-coronavirus

    Un lien serait établi entre affaiblissement du covid-19 et altitude. Les populations vivant au-delà de 3.000 mètres d’altitude seraient moins infectés, notamment grâce à leur « acclimatation physiologique à l’hypoxie ».

    #bolivie #équateur #tibet #altitude #covid19

  • Le gouvernement britannique avait apparement justifié sa décision de #confinement de la population par une #simulation effectuée par des chercheurs en #épidémiologie de l’#Imperial_College de Londres. Comme la grande majorité des articles scientifiques, le code source des programmes ayant produit les résultats publiés n’était pas disponible. Cela a, à juste titre, fait râler, et le code (ou bien une version améliorée, ce n’est pas clair) a été publié :

    https://github.com/mrc-ide/covid-sim

    (peut-être aussi en https://www.imperial.ac.uk/mrc-global-infectious-disease-analysis/covid-19/covid-19-scientific-resources )

    Il a fait l’objet de pas mal de critiques, tellement il est mal foutu et bogué. Attention : toutes les critiques ne sont pas justes, car il se mêle à ce débat des considérations politiques, complotistes (il y a un mouvement anti-confinement conspirationniste fort dans les pays anglophones), de la jalousie entre programmeurs (le code écrit par les autres est toujours jugé illisible), des positions idéologiques (l’université, ce sont forcément des amateurs) donc, prudence. L’intérêt que je vois à ce débat, c’est que des tas de gens se rendent soudainement compte que 1) des tas de décisions sont basées (ou en tout cas justifiées) par le résultat d’un programme informatique 2) que la majorité des programmes sont bâclés et ont des bogues.

    Un article du #Telegraph : https://www.telegraph.co.uk/technology/2020/05/16/coding-led-lockdown-totally-unreliable-buggy-mess-say-experts (c’est derrière un paywall mais en affichant le source de la page, on voit tout).

    Une critique très sévère (et souvent injuste, le type ne semble pas connaitre le monde réel, par exemple quand il exige que tout programme ait une suite de tests de non-régression complète) : https://lockdownsceptics.org/code-review-of-fergusons-model https://lockdownsceptics.org/second-analysis-of-fergusons-model

    Une réponse aux critiques : http://blog.khinsen.net/posts/2020/05/18/an-open-letter-to-software-engineers-criticizing-neil-ferguson-s-epide

    Opinion personnelle : oui, les chercheurs non-informaticiens (biologistes, physiciens, SHS…) écrivent du mauvais code car ils n’ont pas de formation, s’en foutent, et ça ne compte pas pour leur avancement de toute façon (les "reviewers" ne vérifient jamais le code). En prime, ils n’ont pas d’argent pour payer des programmeurs (cf. le recrutement des « ingénieurs de recherche » au CNRS). Mais ce n’est pas spécifique à cette étude. Si on regardait aussi soigneusement tous les programmes (même écrits dans le privé), on pousserait les mêmes cris d’horreur.

  • Réouverture des écoles : les mesures préconisées sont « inhumaines »
    https://reporterre.net/Reouverture-des-ecoles-les-mesures-preconisees-sont-inhumaines

    « Des collègues qui ont gardé des enfants de soignants n’ont pas tenu une demi-journée les règles de distanciation, raconte Véronique Decker, ex-directrice d’école et autrice de Pour une école publique émancipatrice (Libertalia, 2019). Il est inenvisageable de ne pas laisser les enfants s’approcher les uns des autres, à moins de faire des choses horribles. Ce protocole vise uniquement à couvrir les dirigeants qui ont décidé cette réouverture précipitée. Ils ont réuni des conditions irréelles pour rendre acceptable sur le plan sanitaire la reprise du travail. Tout repose sur les épaules des enseignants et du personnel. »

    À Marseille, l’école de Marie-Anne accueille aussi des enfants autistes et une douzaine d’enfants « à besoins particuliers ». Qu’en sera-t-il pour ces élèves qui n’ont parfois pas la maîtrise de leur corps ? Le protocole ne les mentionne pas, et rien n’a été publié pour les assistantes de vie scolaire qui s’en occupent. « Le personnel va devoir faire semblant d’appliquer les mesures sanitaires même si, dans les faits, tout le monde sera en contact rapproché toute la journée. »

    #covid19 #école_déconfinée #déconfinement

  • Medicus sur Touiteur (10 mai) :
    https://twitter.com/medicusfr/status/1259484800794202115

    D’ici au mois de juin,
    – 20 études dans le monde sur l’hydroxychloroquine se termineront. Elles auront mobilisées 40 000 patients.
    – 4500 patients pour le remdesivir (5 études)
    – Moins de 1000 pour le tocilizumab (5 études).
    L’effet Raoult a totalement embolisé la recherche.

    https://video.twimg.com/tweet_video/EXqWv2uWsAE7X8f.mp4


    L’article (en pré-print) indique également quels critères principaux sont étudiés le plus :
    – Clinical recovery (54.4%)
    – Respiratory recovery (28.2%)
    – Mortality (27.4%)
    – Viral load/negativity (20.4%)
    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.05.20091785v1

    On a donc mis la majorité de nos moyens de recherche sur un médicament qui, dès la première étude, mal faite en plus, a été incapable de démontrer une efficacité.

    Les chiffres donnent le tournis. On a mis tout nos oeufs dans un panier percé ! En 2020, les essais auront recruté 66 000 patients pour tester la chloroquine ou l’hydroxychloroquine.
    Et si on inclut les projets en 2021, on arrive à 100 000 patients dans des essais cliniques.

    En incluant 2020 et 2021, les essais cliniques dans le monde prévoient donc de recruter environ :
    – 93k personnes pour l’hydroxychloroquine
    – 20k pour le kaletra
    – 13k pour le remdesivir
    – 12k pour la chloroquine

    Aucun de ces produits n’a démontré d’efficacité.
    On est dans l’irrationnel le plus total.
    Un patient dans un essai clinique coûte environ entre 5 et 10K euros par patient.
    Le monde s’apprête à bruler entre 0,5 et 1 Milliard d’euros en recherche clinique pour démontrer que l’hydroxychloroquine ne fonctionne pas.

    https://video.twimg.com/tweet_video/EXqnDgWXkAEGdNV.mp4


    • The race to find a SARS-CoV-2 drug can only be won by a few chosen drugs: a systematic review of registers of clinical trials of drugs aimed at preventing or treating COVID-19 | medRxiv
      https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.05.20091785v1

      During 2020, a huge amount of clinical trials are expected to be completed: 41 trials (60,366 participants) using hydroxychloroquine, 20 trials (1,588 participants) using plasma, 18 trials (6,830 participants) using chloroquine, 12 trials (9,938 participants using lopinavir/ritonavir, 11 trials (1,250 participants) using favipiravir, 10 trials ( 2,175 participants) using tocilizumab and 6 trials (13,540 participants) using Remdesivir. The distribution of the number of registered clinical trials among the different therapeutic options leads to an excess of sample size for some and a lack for others. Our data allow us to conclude that by the end of June we will have results of almost 20 trials involving 40000 patients for hydroxychloroquine and 5 trials with 4500 patients for remdesivir; however, low statistical power is expected from the 9 clinical trials testing the efficacy of favipiravir or the 5 testing tocilizumab, since they will recruit less than 1000 patients each one.

  • Migrations, cartes de vents et calligramme cartographique
    https://neocarto.hypotheses.org/9919

    La solution dont nous allons discuter a été imaginée par le prolifique Waldo Tobler dans les années 70 / 80. Tobler a travaillé sur différentes méthodes de visualisation et a évoqué une approche particulière dans différents articles, permettant de reconstruire un champ vectoriel (tel que ceux rencontrés dans la description des vents, par exemple) pour décrire des migrations observées. L’article A Model of Geographic Movement publié en 1980 est une bonne présentation synthétique de ses recherches sur cette question. Pour les curieux, je vous recommande également ces 2 présentations : A Movement Talk et Asymmetry to Potentials dans lesquelles il évoque les données de migrations entre communes Françaises comme cas d’étude pour sa méthode.
    Dans le cadre du projet Tribute To Tobler (TTT), nous avons donc trouvé naturel de produire des cartes dynamiques sur les migrations résidentielles françaises telles que celle-ci pour remettre en avant cette méthode.

    #od #cartographie #streamlets

  • Institut Pasteur - Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France
    https://hal-pasteur.archives-ouvertes.fr/pasteur-02548181

    Abstract : France has been heavily affected by the SARS-CoV-2 epidemic and went into lockdown on the 17th March 2020. Using models applied to hospital and death data, we estimate the impact of the lockdown and current population immunity.

    We find 2.6% of infected individuals are hospitalized and 0.53% die, ranging from 0.001% in those <20y to 8.3% in those >80y. Across all ages, men are more likely to be hospitalized, enter intensive care, and die than women.

    The lockdown reduced the reproductive number from 3.3 to 0.5 (84% reduction). By 11 May, when interventions are scheduled to be eased, we project 3.7 million (range: 2.3-6.7) people, 5.7% of the population, will have been infected. Population immunity appears insufficient to avoid a second wave if all control measures are released at the end of the lockdown

    article résumé ici :
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/21/coronavirus-5-7-de-la-population-francaise-aura-ete-infectee-le-11-mai-selon

  • Coronavirus : 5,7% des Français auront été infectés d’ici au 11 mai, selon une estimation de l’Institut Pasteur
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-moins-de-6-des-francais-ont-ete-infectes-selon-une-etude-de

    Ce taux est très insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées après le 11 mai. Le déconfinement devra donc être très progressif.

    Seuls 5,7% des Français, soit 3,7 millions de personnes, auront été infectés par le nouveau coronavirus au 11 mai, jour du début du déconfinement, selon des estimations (en anglais) présentées dans une prépublication de l’Institut Pasteur, mardi 21 avril. Un niveau très insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées à cette date. « Pour que l’immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70% de personnes immunisées. On est très en dessous », explique l’auteur principal de l’étude, Simon Cauchemez.

    Par conséquent, « au sortir du confinement, si on veut éviter une deuxième vague importante, des mesures doivent être maintenues », ajoute l’épidémiologiste. La perspective d’un rebond de l’épidémie obligera à un déconfinement très progressif à partir du 11 mai, a d’ailleurs prévenu dimanche le Premier ministre, Edouard Philippe, selon qui les Français ne retrouveront « pas tout de suite et probablement pas avant longtemps » leur « vie d’avant ».

    Un taux plus élevé en Ile-de-France et dans l’Est
    Réalisée par l’Institut Pasteur en collaboration avec l’agence sanitaire Santé publique France et l’Inserm, l’étude se base sur des modélisations mathématiques et statistiques. Ces outils permettent de croiser les données sur les décès et sur la probabilité de mourir quand on est infecté, afin de parvenir à une estimation de la part de population touchée par le virus.

    Comme le relève Le Monde, cette proportion varie d’une région à l’autre. En Ile-de-France ou dans le Grand Est, les régions les plus touchées, les épidémiologistes estiment le taux d’infection à 12% en moyenne, mais celui-ci chute à moins de 2% en Nouvelle-Aquitaine, en Bretagne ou en Pays de la Loire. 

    « L’intervalle d’incertitude est important, entre 3 et 10% », note Simon Cauchemez. Mais « que ce soit 6%, 10% ou même 20%, ça ne change pas vraiment la nature du problème, qui est que dans tous les cas, on sera très loin des 70% dont on aurait besoin pour pouvoir faire une sortie du confinement sans problème », souligne-t-il.

    La faible part de population infectée est due au confinement lui-même, relève l’étude, selon laquelle « le nombre moyen de personnes infectées par un cas est passé de 3,3 » avant le confinement « à 0,5 pendant ».

    • C’est très étonnant : l’ordre de présentation des données est rigoureusement inversé par rapport au « abstract » de Pasteur (Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France – je suis d’ailleurs curieux de savoir si « burden » conserve ici son aspect très négatif de fardeau, ou s’il s’agit d’un usage scientifique en virologie qui aurait perdu cette connotation), lequel commence par expliquer qu’il estime l’impact du confinement et l’immunité actuelle de la population. Les premiers chiffres sont les proportions de gens hospitalisés ou morts à cause de Covid-19. Puis le chiffrage (spectaculaire) de l’efficacité du confinement. Finalement la part de la population qui a été contaminée. Et conclusion sur le danger d’une seconde vague en cas de levée des mesures sanitaires à la fin du confinement.

      Abstract : France has been heavily affected by the SARS-CoV-2 epidemic and went into lockdown on the 17th March 2020. Using models applied to hospital and death data, we estimate the impact of the lockdown and current population immunity. We find 2.6% of infected individuals are hospitalized and 0.53% die, ranging from 0.001% in those <20y to 8.3% in those >80y. Across all ages, men are more likely to be hospitalized, enter intensive care, and die than women. The lockdown reduced the reproductive number from 3.3 to 0.5 (84% reduction). By 11 May, when interventions are scheduled to be eased, we project 3.7 million (range: 2.3-6.7) people, 5.7% of the population, will have been infected. Population immunity appears insufficient to avoid a second wave if all control measures are released at the end of the lockdown

      L’article (et j’ai bien l’impression que c’est exactement la même chose avec l’article du Monde) présente les infos exactement dans l’autre sens, l’efficacité (impressionnante) du confinement est citée après 7 paragraphes, et les 0,53% de décès et les 2,6% d’hospitalisations (chiffres eux-mêmes très importants) passent tout à la fin.

      Ce qui donne vraiment l’impression que la considération première est l’immunité de groupe (« insuffisante »), et que son coût humain est très secondaire (dernier paragraphe).

    • Je me suis levé plus tôt que toi on dirait
      https://seenthis.net/messages/845766

      La remarque d’@arno est très pertinente : on a un peu l’impression à lire ces textes que les régions les plus touchées sont « en avance », et les autres à la traîne et que c’est bien dommage… ou encore que c’est un problème si le confinement a limité l’épidémie…

    • La « solution » par l’immunité de troupeau (c’est moins vendeur mais il y a encore des épidémiologistes pour la nommer ainsi) c’est la pleine confiance en une « loi de la nature » qui ferait s’épuiser les effets du virus et sur laquelle nous pourrions faire fond. Et, bien qu’avec ce virus là l’immunité individuelle elle-même paraisse aléatoire et réversible, ça continue !
      Je lisais hier une infirmière racontant que son hosto parisien envisage de réduire les effectifs d’un service pédiatrique déjà exsangue car celui-ci a bien « fonctionné » durant le pic, lorsque de nombreux soignants de ce service était affecté aux prises en charge Covid_19.

      Leur liberté est le premier des crimes.

      #économie

    • La paragraphe sur les 2,6% d’hospitalisations dans l’article du Monde est remarquable par son champ sémantique systématiquement positif (« bien inférieur à une première estimation », « une minorité de patients »…).

      Pour préciser leur tableau de l’épidémie, les épidémiologistes ont aussi calculé la probabilité pour une personne infectée d’être hospitalisée. Selon leurs calculs, elle s’élève à 2,6 %, ce qui est bien inférieur à une première estimation de 4,5 % réalisée sur la base des données chinoises. Une fois hospitalisés, une minorité des patients doivent être admis dans un service de réanimation : c’est le cas de 18,2 % d’entre eux, après un délai moyen d’hospitalisation d’un jour et demi. Sans surprise, la probabilité de devoir aller en réanimation augmente avec l’âge, avec un « plafond » à 70 ans. Au-delà, les malades sont plus rarement transférés dans ces unités-là, car les chances de guérison sont très faibles.

      Il suffit pourtant de considérer 2,6% de 70% de 67 millions de français, ça fait 1,2 million de personnes hospitalisées avant d’arriver à l’immunité de groupe pour calmer cet enthousiasme.

      Et comme je l’ai déjà fait remarquer ici :
      https://seenthis.net/messages/845839#message845855
      l’ordre de présentation des informations est rigoureusement inversé par rapport au communiqué de Pasteur, donnant l’impression qu’on espère l’immunité de groupe, et que les considérations sur le risque mortel que ça représente pour des centaines de milliers de personnes est secondaire.

      Ce qui fait par exemple que la seconde partie du texte est intertitrée :

      En Ile-de-France, 12 % de la population immunisée

      avec force considérations sur les « taux d’immunisation » des différentes régions du pays alors que, pour rappel, l’immunisation après contamination n’est pas encore certaine : ici « immunisé » et « taux d’immunisation » est un pléonasme trompeur pour « contaminé » et « taux de personnes qui ont été contaminées » (donc, derrière, des hospitalisations, des gens en réanimation, et des morts).

      Là encore, le champ sémantique utilise des termes négatifs pour les régions où il y a eu moins de contaminations (et donc moins de morts) – « elle chute à moins de 2% », « moins de 6% de la population seulement… pose un problème majeur ». D’avantage de contaminations (donc plus de morts) est décrit de façon neutre et décontextualisée, comme dans l’intertitre, ou « a davantage circulé… », « ait pu développer… ».

      Les considérations sur les morts et les hospitalisations arriveront bien plus tard, et en plus avec ces champs sémantiques qui occultent la gravité du massacre.

      Par exemple sur les morts (0,5% de 70% de 67 millions de français, ça représenterait 250 000 morts, calcul qui n’est évidemment pas fait dans l’article), l’utilité de l’estimation de 0,53% est résumée au fait que ça permet d’estimer le nombre de personnes infectées au départ :

      A partir de là, il a suffi aux épidémiologistes de « remonter le temps ». « Si vous avez 100 morts et que la probabilité de mourir lorsqu’on est infecté est de 0,5 %, on peut en déduire le nombre de personnes infectées au départ », explique Simon Cauchemez.

      Et la seule autre considération, dont la dérive eugéniste est pourtant de plus en plus flagrante :

      Ces estimations varient cependant beaucoup selon l’âge et le sexe : le taux de létalité n’est que de 0,001 % chez les moins de 20 ans, mais s’élève à 8,3 % chez les plus de 80 ans.

      Ah là là, vivement qu’on soient tous contaminés ! (Oups, pardon : « immunisés ».)

    • On devrait p’têt en parler au Grand Mamamouchi de l’éducnat qui prétend qu’on va ré-ouvrir les classes de Grande Section, CP et CM2 et ce, dès le 11 mai. Mais par demi-classe, hein ! Et puis p’têt pas dans toutes les régions. Faut voir, quoi ... Bon, dites, les collègues : « la crosse en l’air », ça vous tenterait pas le 11 mai ?

    • @sombre : Je rappelle que d’après une étude récente, portant sur un individu jeune, les jeunes ne sont pas contagieux. En effet, 0 enfants et 0 adultes ayant fréquenté cet enfant contaminé n’ont été contaminés à leur tour. Alors, on va pas tergiverser et on va conclure pour de bon : les enfants peuvent reprendre l’école.

    • C’est vrai que l’article insiste plus sur le peu de contaminés plutôt que sur le peu de morts, mais n’est-ce pas le Catch-22 du confinement ?

      Si ça marche, on désengorge les hôpitaux, on diminue le nombre de morts... mais ne dit-on pas que les contaminations vont reprendre dès qu’on déconfinera, jusqu’à ce qu’à peu près 50% des personnes soient contaminées ? Est-ce que cette lecture est idéologique, comme vous semblez le dire, ou scientifique ? Ce n’est pas ce dont on parlait là ? :
      https://seenthis.net/messages/833167

      Et c’est là que le chiffre de 6% est inquiétant car il confirme qu’une « nouvelle vague » de contamination sera non seulement inévitable, mais même « souhaitable » (si tant est que les hôpitaux soient capables de les absorber et de les soigner), quitte à recommencer à alterner des périodes de confinement et de déconfinement, et donc qu’on est loin d’être sortis de l’auberge. Non ?

      Je comprends les critiques sur la forme, 1 million d’hospitalisés et 250.000 morts ça ne devrait pas rendre enthousiastes, mais est-ce qu’il y a un moyen d’éviter ça ? C’est une chose de ne pas se réjouir, mais c’est une autre chose de ne pas y croire... Je ne demande pas mieux que de changer d’avis...

      Etude de l’Institut Pasteur :
      https://seenthis.net/messages/845766

      Article de France Info :
      https://seenthis.net/messages/845839

      Article du Monde :
      https://seenthis.net/messages/845893

      #coronavirus #confinement #déconfinement #statistiques #flatten_the_curve

    • Un moyen d’éviter ça ? Sérieux... Je sais pas si c’est un effet du goût pour la collapsologie mais les bras m’en tombent.

      Des masques et du GHA pour tous (c’est très facile et pas cher), l’arrêt des activités productives non indispensables (plus compliqué), un dépistage PCR à une échelle pertinente, voire à une échelle de masse, entretien #clinique avec chaque contaminé lorsque ce dernier est en mesure de répondre pour pouvoir prévenir les personnes avec qui elle a été en contact rapproché (en lieu clôt), c’est-à-dire appui sur la médecine ordinaire de ville, et toutes les structures médicales et para médicales, dans le cadre d’un plan épidémiologique, réquisition des boites en mesure de fabriquer ce qui est indispensable (matériel de protection et de soin : merde ! Johnson a mis des boites auto au taff, Trump idem, Macron veut continuer à fabriquer des Airbus) tests sérologiques et étude sérieuse sur l’immunité individuelle, isolement des malades dans des conditions d’existence et sociales acceptables (les hôtels), obligation sous peine d’amendes et de fermeture pour raison sanitaire de respecter des procédures de prévention clairement définies dans tous les lieux confinés (quitte à embaucher en CDD quelques milliers de néo « inspecteurs du travail » dédiés à l’établissement de ces mesures de prévention) qui ressortent d’une propriété lucrative ou d’un équipement collectif, il y a une gamme de moyens qui pourraient être conjugués, dont le soutien explicite, matériel et institutionnel à une mobilisation populaire pour ces actions de prévention (et pas des coups de fils à LVMH, et pas la mendicité organisée pour ne serait-ce que nourrir les soignants), car la disponibilité existe, est démontrée (et quelle est plutôt exploitée et freinée, cf les embrouilles avec la police de pas mal de monde occupé à pallier l’incurie étatique). Des moyens autres que le seul (faux) confinement.
      Sinon, on cherche péniblement à gérer des stop and go pour péter la courbe lorsqu’elle risque de devenir ingérable pour le système hospitalier (on espère que le jugement de l’histoire s’exerce sur la méga machine et sa faillite éventuelle et pas ailleurs), au jugé, sans rien savoir, à part le nombre d’hospitalisations (quitte à faire passer les morts hors structures sous le tapis), et sans autre objectif que celui d’un retour de l’être aimé : le primat de l’économie.

    • OK, je comprends mieux ton (votre) point de vue... Certes, on peut donc, en plus de ralentir la propagation du virus, essayer de la diminuer. D’autant qu’entre temps on peut aussi espérer l’arrivée d’un vaccin ou d’un traitement. Merci.

    • Pardon, je ne parle que pour moi. D’autres diront sûrement des choses plus précises, d’autant que j’ai pas fait l’effort de truffer le post de références diverses à des avis informés qui ont été publiés ici-même (toubibs, pas tous chinois, épidémiologistes, personnes expérimentées en matière de prise en charge collective des questions de santé, pas seulement soignants attitrés, chercheurs de diverses disciplines et indisciplinaires, ...), car il ya énormément d’arguments pour une réponse sanitaire (soin et recherche) et sociale à la pandémie.
      Bien sûr que rien n’est garanti, que les incertitudes sont grandes sur ce qui va se passer (des simulations épidémiologiques comportent des hypothèses qui nous en font baver et mourir jusqu’en 2025).
      Mais tout cloche là-dedans. Par exemple on dit que la pollution baisse, mais pas celle aux particules fines qui trimballe le virus et favorise la contamination. C’est la guerre mais on touche pas à ce qui crée les particules fines (dont les épandages agricoles qui encerclent les villes)...
      Rien n’est garanti, mais selon la formule consacrée, il y une obligation de moyens. Reste à savoir qui en décide ET pas seulement sur la base des compétents a priori (en ai un peu marre de la dénonciation de l’incompétence des dirigeants qui marche bien ici et ailleurs, sous couvert de critique des dirigeants, c’est radicalement anti-démocratique : « donnez nous des dirigeants compétents », et pas « construisons collectivement les compétences adéquates » aux problèmes rencontres ou choisis/ considérés collectivement comme décisifs).
      Pour ce qui est des résultats, même le mauvais (pourquoi des joggeurs qui expectorent à 8 mètres doivent tenir 1mètre ? pourquoi vaquer ou flâner à l’air libre loin des autres doit-il être interdit à coups de patrouille de drones et d’hélicoptères en plus des 100 000 flics déployés ?) et faux confinement (acheter, travailler, sans masque ni raison) a déjà fait ses preuves, bien qu’il nous dégringole dessus d’un sacré surplomb et en cultivant le dobble bind.
      Son acceptabilité sociale (et pas seulement économique) pose problème, c’est comme ça qu’à reculons on nous prépare la production en masse de masques « grand public » comme ils disent (deux secondes avant ils disaient « alternatifs » parce que c’était produit partout avant que l’État lève le peut doigt de sa main gauche pendant que la droite faisait des mouvement désordonnés), non seulement pour faire gaffer, mais aussi pour concéder un bout de liberté de mouvement (au risque que les masques remplissent plusieurs fonctions, comme il est loisible de l’espérer et comme ils le craignent depuis le début, sur fond de mobilisation Loi Travaille, Gilets Jaunes et Retraites).
      Fondamentalement, ils en sont toujours à l’hypothèse loi de la nature / immunité de troupeau. Il leur faut juste marchander un peu le coût humain et social en l’étalant, en affichant une mobilisation, celle des écrans tévé, des gendarmes sur l’autoroute ou des Bac des dans les cités, des entreprises qui « aident » l’hôpital, les soignants, les pauvres, pour rester un tant soit peu légitime.
      Par ailleurs, si je citais la collapsologie, c’est qu’il me semble que c’est une manière de voir qui fait fi des rapports sociaux sauf à considérer qu’ils ont conduit à une perturbation catastrophique de ces mêmes « lois de la nature » (et encore, c’est plutôt une supposée autonomie de la technique qui remplit ce rôle dans une vison sans classe sociale ni exploitation, si ce n’est celle de « la nature »), que c’est une idéologie assez réac qui consonne avec leur malthusianisme et leur darwinisme social. Mais c’est dit trop cash et ça devrait s’argumenter davantage. De plus, la collapasologie a pas le monopole de cette affinité puisque personne n’est absolument exempt de l’idéologie dominante, sinon faudrait l’appeler autrement :)

    • La politique de l’immunité de troupeau tout en restant « sous la ligne » de la saturation du système de santé est elle-même rendue impraticable par les chiffres de Pasteur.

      Si on vise 70% de la population, on vise donc 250 000 morts, sans saturer le système de santé (1,2 millions d’hospitalisations). Si l’on considère la confinement actuel, dans lequel le système hospitalier est déjà bien saturé (mais non effondré), on a « réussi » (pour rester dans le champ sémantique positif des articles référencés) à tuer un peu plus de 20 000 personnes en 35 jours. Pour parvenir à nos 250 000 morts en restant à ce niveau de saturation (sans effondrement) des hôpitaux, une petite règle de 3 nous indique qu’il faudrait 437 jours.

      Même en comptant sur des optimisations du système de santé qui permettraient de tuer plus de gens plus rapidement sans effondrer les hôpitaux, ça nous met à plus d’un an à ce petit jeu : si on arrive à tenir un bon rythme de 1000 morts par jour (ce qu’on n’a pas réellement réussi à faire pour l’instant, même début avril), ça va prendre 250 jours.

      Si on reste aux considérations « positives » des articles, on a atteint 6% d’immunisés en 35 jours confinement. Pour atteindre 70% d’immunisés, compter dix fois plus longtemps (rebelote : près d’un an).

      Pour le coup, il faut vraiment garder ces chiffres des décès et des hospitalisations en tête parce que, même si on évacue la question morale, ce n’est pas une solution réalisable. Si l’on se base sur l’expérience qu’on vient de traverser, si on veut atteindre un taux de 70% de contaminés sans provoquer l’effondrement du système de soin, ça va prendre un an.

      Dit autrement : « Flatten the curve » et rester sous le niveau de l’explosion du système de santé, en l’état actuel de la médecine (pas de vaccin, pas de traitement), ça repousse l’immunité de groupe aux calendes grecques (avec, outre les inconnues sur la réalité de l’immunité après contamination, l’augmentation de la probabilité d’une mutation du virus qui rend l’éventuelle immunité inopérante avant qu’on y arrive – avec cet aspect signalé par le médecin suisse hier : si on décide de laisser proliférer le virus en lui offrant plus d’hôtes, on multiplie encore les chances de mutation).

    • Mais un an (ou deux) ce sont des chiffres dont on parle depuis le début (là encore : https://seenthis.net/messages/833167 ), d’autant que c’est aussi le délai approximatif (et optimiste) de la mise au point d’un vaccin... Donc, oui, c’est le scénario « mainstream ».

      J’entends et je préfère aussi les autres scénarios (comme celui de @colporteur ), plus soucieux de préserver des vies humaines, à commencer par tester massivement, prolonger le confinement (au minimum pour ceux qui sont positifs), donner beaucoup plus de moyens pour l’hôpital etc. Cela dit, un scénario comme ça aussi, c’est minimum un an ou deux. C’est pas grave, mais c’est pour se préparer...

    • En parlant déconfinement avec insistance, en mettant sous le boisseau toutes les données un peu contrariantes, le gouvernement sait pertinemment qu’il est en train de déclencher un autodéconfinement de masse qui vise précisément à accélérer la contamination globale de la population (et donc son hypothétique immunité), tout en pouvant prétendre ensuite si ça part bien en couille niveau mortalité, que se sont les gens qui sont cons et indisciplinés et que le gouvernement n’a rien à voir avec tout ça.

    • Dans mon nouveau quartier le boutique de merdes design a rouvert, comme d’autres commerces encore qui sont indispensables à la vie quotidienne. Les voitures sont plus nombreuses, tout ça sent le déconfinement. L’idée qu’on puisse lâcher la grappe sur le confinement pour que ça merde et qu’on se trouve un autre ennemi que la gestion néolibérale des affaires publiques me fout en rogne.

    • Tout cela sous entend qu’une fois qu’on a eu le virus, on devient immunisé (et donc sans risque de retomber malade). Mais y a t il une étude qui le prouve ? L’immunité pourrait être variable dans le temps et dépendre des patients. Le risque de rechute pourrait être possible.

      Un article qui date un peu (fév 2020) avait émis certaines mises en garde :

      le consensus qui émerge parmi les épidémiologistes est un scénario dans lequel cette épidémie va devenir une nouvelle maladie saisonnière – un cinquième coronavirus endémique
      ...
      Avec ces quatre autres [coronavirus], les gens ne développent pas d’immunité à long terme", poursuit The Atlantic.
      ...
      Interrogé le 19 février par USA Today (article en anglais) au sujet de la possibilité d’être « réinfecté », le directeur du centre de prévention et de traitement de la pneumonie dans un hôpital de Pékin, Li QinGyuan, évoque lui aussi le rôle joué par les anticorps développés par les patients. « Pour certaines personnes, ils ne sont pas efficaces longtemps. Pour beaucoup de patients désormais guéris, il existe une chance de rechute. »
      ...
      Car pour Philip Tierno Jr., professeur en microbiologie et pathologie à l’école de médecine de l’université de New York, cité par Reuters, « une fois que vous avez été infecté, le virus pourrait rester en sommeil et avec des symptômes minimes, et vous pouvez ensuite avoir une aggravation s’il parvient jusqu’aux poumons. »

      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-peut-on-etre-infecte-plusieurs-fois-par-le-nouveau-coronavirus

      Si quelqu’un à des infos un peu plus récente sur ce phénomène pour me contredire, j’en serais heureux.

    • A priori a la dernière étude en date de l’institut pasteur, on ne sait toujours pas :

      Still, with a lockdown in place more than four weeks
      before the blood sampling, we believe that time to seroconversion has been sufficient for the majority
      of infected individuals. One important knowledge gap remains the extent to which the antibodies
      detected in this study would be immunoprotective. In the absence of this knowledge, we suggest that
      barrier measures and social distancing continue to apply the same way for people with and without
      antibodies.

      https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.18.20071134v1

  • Je résume les 3 alternatives du moment :
    – un futur dystopique dans lequel toute la population est confinée chez elle, avec les flics et l’armée dehors pour faire respecter l’interdiction de sortir et de se rassembler ;
    – un futur dystopique où nos mouvements et nos fréquentations sont surveillées, enregistrées et communiquées en temps réel aux forces de l’ordre grâce à un algorithme conçu par une entreprise fondée par un proto-fasciste pour le compte du renseignement américain ;
    – un futur dystopique où l’économie est vaguement sauvée, parce qu’on a euthanasié les vieux, les obèses, les handicapés, les diabétiques, les pauvres, les minorités ethniques…

    Voilà, c’était mon feel good message pour t’aider à bien démarrer le week-end.

  • The long tail of contact tracing · Issue #118 · DP-3T/documents · GitHub
    https://github.com/DP-3T/documents/issues/118

    We raise this issue out of concern for the way “contact tracing apps” are being proposed without taking into account the complexity of the social. The current discussions present only two options for living : one of surveillance and the other of confinement. We demand the possibility to imagine something else for future cohabiting. We raise this issue out of concern for the way “contact tracing apps” are being proposed without taking into account the complexity of the social. The current (...)

    #algorithme #smartphone #écologie #géolocalisation #racisme #technologisme #consentement #métadonnées #sexisme #addiction #BigData #discrimination #santé (...)

    ##santé ##surveillance
    https://avatars1.githubusercontent.com/u/63115688