• Les désillusions de Britanniques expatriés en France
    https://www.courrierinternational.com/article/depart-les-desillusions-de-britanniques-expatries-en-france_2
    SOURCE : Courrier Expat

    Amoureux de l’Hexagone, ils décident de tout plaquer pour tenter l’aventure chez le voisin français. La réalité est parfois plus difficile à vivre que ce qu’ils avaient imaginé.

    [Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 26 août 2025 et republié le 31 août 2026]

    “La belle vie française”, “la joie de vivre”… Des expressions (en français dans le texte) qui reflètent les clichés qu’ont nombre d’étrangers de la vie dans l’Hexagone et dont cet article du Daily Telegraph est parsemé. Le quotidien britannique donne la parole à des expatriés qui ont traversé la Manche pour vivre ce qu’ils pensaient être leur meilleure vie, loin de la grisaille londonienne.
    Le journal eurosceptique commence avec Andrew et Carolin. La soixantaine bien mise, ils ont un amour débordant pour leur voisin, et “après avoir visité 250 propriétés”, ils tombent sur une ruine, autrefois faisanderie au XVIIIe siècle.

    Ils retapent de fond en comble la demeure “avec des trous au plafond, des chauves-souris partout, sans chauffage”. Carolin attendrit le lecteur lorsqu’elle se rappelle “regarder Downtown Abbey dans le noir, grelottant et pensant : c’est ça, la vie !” Trois ans plus tard, mission accomplie, le couple en a fait un lieu de réception de 32 chambres sur 80 hectares. Une paille. Jusqu’à ce que le perfide Trésor public français ne vienne s’en mêler.

    Obligés de vendre leur appartement londonien en raison du Covid-19, les Lewis découvrent les joies de la fiscalité française. “En tant que nouveaux résidents fiscaux français après le Brexit, ils ont été soumis à l’impôt sur les plus-values au Royaume-Uni, car il ne s’agissait pas de leur résidence principale, puis à nouveau en France, sans abattement ni réduction progressive”, note dans une ironie grinçante le quotidien conservateur, qui redonne la parole à Andrew :
    “En plus du gouffre financier que nous essayions encore de rendre viable, cela nous a vraiment pris au dépourvu.”

    Si Carolin et Andrew ont fini par faire de leur faisanderie une affaire rentable et vivent leur vie de châtelain dans le Gard, Ann et Chris, tous deux francophones, ont fini par refaire leurs valises après une dizaine d’années passées dans l’Aude “où l’été est insupportable et les hivers sont glacés”.

    Ils ont également peu goûté le manque d’hospitalité des Français. Si le couple s’intéresse à la vie locale en participant aux fêtes de village ou en s’investissant dans le club de sport local, “se faire des amis français a été assez dur. Ils ne sont pas inamicaux, ils évoluent juste dans des sphères très privées. Il nous a fallu cinq ans pour que nos voisins nous invitent, bien que nous-mêmes ayons passé notre temps à les inviter.”

    Le froid de l’Aude et de ses habitants ont donc ont eu raison d’Ann et Chris, qui ont mis en vente leur maison et sont rentrés dans leur Angleterre natale.

    Alors que 508 000 Britanniques ont quitté le royaume en 2023, la France peut certes leur paraître attirante et proche, mais l’herbe n’est que rarement plus verte ailleurs.

    Courrier expat

    • Mazette on serait donc sommé de pleurer pour les propriétaires de manoirs de 32 chambres sur 80 hectares.
      Au fin fond du Limousin, découvre les anglais middle class qui font de la plomberie et des petits boulots manuels en vivant dans des bicoques. C’est curieux, ils ont quelques potes locaux eux :)
      Je me fais l’avocat du diable, car oui les français savent ne pas être accueillants du tout ceci dit.

  • Elon Musk justifie les craintes de Platon sur l’infinie cupidité des ultrariches
    https://www.courrierinternational.com/article/opinion-elon-musk-justifie-les-craintes-de-platon-sur-l-infin
    SOURCE : The New York Times


    Elon Musk, en février 2025, lors de la CPAC, le grand raout des conservateurs américains, à National Harbor, dans le Maryland.
    PHOTO NATHAN HOWARD/REUTERS

    Par sa fortune inimaginable, son avidité sans borne et son manque d’empathie, le magnat de la tech incarne la faillite morale que le philosophe grec associait à l’extrême richesse. Redoutant les effets délétères des inégalités, Platon voulait fixer des limites à l’accumulation d’argent. Sa préoccupation est plus que jamais d’actualité, écrit cet historien de la pensée politique.

    Depuis qu’Elon Musk est devenu la première personne au monde à amasser un patrimoine de 1 000 milliards de dollars, les gens cherchent à comprendre l’ampleur de son inimaginable fortune [du fait des variations boursières, celle-ci a un peu diminué. Au 30 août, elle se situait autour de 873 milliards de dollars].

    Certains ont remarqué que, sous la forme de billets de 100 dollars, 1 000 milliards de dollars formeraient une pile de quasi 1 100 kilomètres de haut. L’économiste Steven Durlauf a observé qu’un temps, le patrimoine de John D. Rockefeller équivalait à environ 1,5 % du PIB des États-Unis, contre plus de 3 % pour celui de Musk aujourd’hui. Les supporteurs des Knicks à New York auront peut-être remarqué que même leur basketteur vedette, Jalen Brunson, qui gagne 39 millions de dollars par an, devrait jouer plus de 25 000 saisons pour accumuler autant d’argent.

    De tous les chiffres que j’ai vus, celui qui m’a le plus frappé est le calcul du New York Times selon lequel la fortune de Musk équivaut à cinq millions de fois celle d’une famille moyenne aux États-Unis.

    La proposition radicale de Platon
    Moi qui suis historien de la pensée politique, j’ai immédiatement pensé à Platon, premier philosophe occidental à réellement réfléchir aux inégalités économiques. Dans Les Lois, […]

    lire l’article original : https://www.nytimes.com/2026/06/21/opinion/elon-musk-trillionaire-wealth-plato.html

  • Sony et Warner attaquent Anthropic en justice : “Un des vols les plus importants de l’histoire”
    https://www.courrierinternational.com/article/musique-sony-et-warner-attaquent-anthropic-en-justice-un-des-


    Taylor Swift durant un concert à Vancouver au Canada, le 6 décembre 2024. Sony et Warner affirment que la chanson “Paper Rings” de l’artiste américaine figure parmi les titres piratés par Anthropic
    JENNIFER GAUTHIER / REUTERS

    La maison mère du chatbot Claude est visée par une plainte déposée en Californie par Warner Music et Sony Music. Les deux majors de l’industrie musicale accusent la start-up d’intelligence artificielle de “l’un des vols de propriété intellectuelle les plus importants et les plus flagrants de l’histoire”. Des dizaines de milliers de chansons sont concernées.

    Deux des plus importants éditeurs de musique du monde, Sony Music et Warner Chappell Music ont décidé de porter plainte contre Anthropic, la maison mère du modèle d’intelligence artificielle (IA) Claude, rapporte le site Music Business Worlwide. Les deux majors accusent la start-up d’avoir illégalement entraîné ses modèles à partir de “dizaines de milliers” de compositions protégées par le droit d’auteur.

    Il s’agit de “l’un des vols de propriété intellectuelle les plus importants et les plus flagrants de l’histoire”, explique la plainte de 48 pages déposée le 28 août devant un tribunal fédéral de Californie. Dario Amodei, cofondateur et directeur général d’Anthropic, et Benjamin Mann, cofondateur du laboratoire d’IA, sont personnellement mis en cause.

    “Dario Amodei et Benjamin Mann ont mené une campagne éhontée de téléchargement illégal, de récupération et de partage de données à grande échelle d’œuvres protégées par le droit d’auteur afin de développer, d’exploiter et de tirer d’énormes profits de la série de modèles d’IA Claude”, stipule la plainte citée par Music Business Worlwide.
    Parmi les titres les plus célèbres piratés par Anthropic, Sony et Warner mentionnent Eye of the Tiger, le tube du groupe Survivor, Ain’t No Mountain High Enough, de Marvin Gaye, All I Want for Christmas […]

    #paywall

    • Doctorow pense que c’est une mauvaise idée d’attaquer l’IA sous l’angle des droits d’auteurs : parce que pour que ça s’applique de manière juridiquement solide, il faudrait une fois de plus soutenir des restrictions d’accès massives.

    • Toi aussi tu penses que le droit moral, c’est dépassé ?

      Plus sérieusement, évidemment que de vouloir revenir aux brevets logiciels, c’est absurde et que l’enjeu n’est pas là. Ceci dit, cela démontre le nihilisme complet de la période. Puisqu’on prétend tous remplacer les gafam par du libre, détruisons la propriété intellectuelle, afin d’atteindre le libre en nous l’appropriant au travers des contributeurs payés par les boites d’IA qui prennent le contrôle de fait des projets, en les submergeant de réécritures, de forks et de changement de licences. Par exemple. C’est la même chose avec la production de livres, de vidéos, de sites...

    • Sauf que tu parlais du New York Times et de Warner/Sony, dont le bizness repose sur les droits patrimoniaux, pas moraux (ce sont des gens qui, déjà, exploitent voire arnaquent les créateurs/créatrices).

      Mais sinon non, je ne suis pas fana non plus des droit moraux. On le utilise pour défendre la possibilité du logiciel libre dans un monde entièrement privatisé via une licence d’utilisation juridiquement solide, mais dans l’absolu c’est utiliser un des outils du système pour se défendre. Mais pour autant « moralement » ce n’est pas idéal. Note aussi que le logiciel libre, c’est Drupal et Wordpress aussi, avec leurs levées de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars. C’est du logiciel libre qui se fait au détriment de SPIP, par exemple, qui lui n’est pas soutenu par un écosystème ultra-capitaliste (pas parce qu’on n’aurait pas pu le faire, mais parce qu’on l’a sciemment refusé quand on nous le proposait).

      Note que sur mon flux Seenthis, j’ai réglé mes « droits moraux » sur « Art libre ». Pas sur CC-By. Et que j’ai conçu un certain nombre d’aspects de Seenthis sur ma détestation du personal branding, qui a tué tout un aspect collectif du Web (le collectif est très compliqué quand, dans le même temps, il faut reconnaître la primauté naturelle de l’auteur et de ses droits « moraux » sur la création collective des idées). Certains textes de la grande époque du Web libertaire n’étaient pas signés, ou signés sous pseudonyme collectif.

    • Depuis quelques jours, on a un vieux qui déblatère sur mastodon du haut de sa grande expérience que l’IA, c’est le futur, et ne pas l’admettre, c’est être anti-tout. Dans le fil du débat, t’as eu la réflexion que le droit moral, c’est la PI (propriété intellectuelle) et que la PI, c’est dépassé. Alors même qu’il répondait à des gens qui faisaient valoir leur souhait de voir leur droits moraux respectés, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement, évidemment, comme chacun le sait. Époque et débats nihilistes. Ces droits ne sont pas sortis de nulle part, et répondent à un besoin social particulier. Les détruire comme on semble tous trouver ça réjouissant, c’est pas le bon sens. C’est la même histoire pour l’ONU ou la CIJ, ceci dit, même débat, même nihilisme, même résultat.

      Constater que les ayant-tous-les-droits se font rabrouer par les faiseurs d’IA est une information.

    • Mais de la même façon l’ONU et la CIJ sont très loin d’être les modèles idéaux auxquels ils prétendent moralement. Sauf que sans eux ce serait peut-être pire (pour l’instant on n’est tout de même pas totalement certain que la CIJ parvienne à protéger des peuples non-blancs, surtout si les massacreurs sont soutenus par les Occidentaux, quand ils ne sont pas blancs eux-mêmes). Et donc désormais même ceux qui critiquaient toute la structure du « droit international » comme uniquement au service de l’Occident se raccrochent à ce qui reste. (De la même façon qu’on est bien obligés de recourir à une licence d’utilisation basée sur la propriété intellectuelle pour protéger le libre. Mais ça n’est pas du nihilisme que de dire que ce n’est pas la panacée ; c’est l’outil dont on dispose pour protéger ce qu’on peut, mais on sait très bien que toute extension de la propriété intellectuelle, on sera les premiers baisés comme on l’est depuis des décennies. J’étais au procès de Guillermito à l’époque, parce qu’il avait décompilé un logiciel pour prouver qu’il ne faisait rien de ce qu’il prétendait faire - une de ces lois pour protéger le PI au seul profit des entreprises prédatrices, aucunement des usagers.)

      Doctorow dit qu’attaquer l’industrie de l’IA par le copyright n’est pas la bonne façon, mais en aucun cas il ne dit qu’il ne faut pas attaquer l’industrie de l’IA.

  • Au cœur d’une #cyberattaque sans précédent qui a ébranlé le notariat français

    Enquête Des pirates ont détourné au moins 35 millions d’euros au sein de centaines d’offices notariaux pendant deux ans. Les hackeurs étaient si prolifiques que les autorités ont craint l’émission de faux actes notariés.

    Le 20 mars 2024, dans les bureaux d’un notaire breton, le téléphone n’arrête pas de sonner. Au bout du fil, des dizaines de ses homologues de toute la France ont reçu un étrange dossier de vente de la part de leur confrère. Ce dernier n’y est pour rien : le document, piégé, a été conçu et envoyé par des pirates informatiques qui ont pris le contrôle de son système informatique. L’appât fonctionne : sur les plus de 10 000 officiers publics l’ayant reçu, 80 % auraient cliqué, selon un document interne de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), l’agence de cybersécurité de l’Etat.

    Cet épisode n’est qu’une infime portion d’une vaste campagne de piratages ayant touché plus de 500 offices notariaux en France ainsi que l’instance qui les chapeaute, le Conseil supérieur du notariat (CSN). Révélées ici pour la première fois sur la base de documents internes de l’Anssi, du CSN ainsi que de plusieurs sources proches du dossier, ces attaques n’ont pas seulement causé un important préjudice financier : pendant au moins deux ans, elles ont ébranlé le notariat dans ses fondements même.

    Les hackeurs piratent les premiers offices notariaux en décembre 2022 avant de propager leurs initiatives à d’autres offices, notamment par le biais de courriels piégés. Leur but ? Réaliser des virements bancaires.

    Avec les notaires français, les hackeurs ont trouvé un filon de choix. En tout, « plus de 500 études » – soit 7 % d’entre elles – sont victimes du groupe de pirates, qui détournent entre 35 et 40 millions d’euros, selon une estimation « basse » citée par l’Anssi dans un document interne de novembre 2024. Ces montants seront remboursés en partie par l’assurance des notaires.
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/09/03/au-c-ur-d-une-cyberattaque-sans-precedent-qui-a-ebranle-le-notariat-francais

    https://justpaste.it/gauqs
    #escroquerie #riches

  • Burkina Faso bans “#poverty_porn”: photography as a neocolonial artefact

    Burkina Faso has made a historic move against imperialism: it banned poverty porn.

    On July 2nd, the Council of Ministers adopted a new decree regulating humanitarian aid, including a ban on NGOs photographing vulnerable people next to the donations they’ve just received.

    The decree, which restricts degrading or exploitative images of aid recipients and requires informed consent, is part of a larger, radical anti-imperialist project led by the country’s leader, Captain Ibrahim Traoré, who has also nationalised gold mines, rejected IMF loans, and ordered the withdrawal of French troops from the country — all in service of his self-declared war on imperialism.

    Although many around the world celebrate the Burkinabe government’s anti-colonial project, the political conditions in which it is being carried out are far from auspicious, with a government crackdown that has dissolved political parties, shut down civil society groups, and tightened control over NGO money and operations.

    Even in a regrettable political context, this small line in a larger policy is a significant win in a much bigger fight over who gets to tell the story of crisis, and it exposes a deeper truth about the humanitarian sector’s obsession with turning crises into content.

    We have to ask ourselves: why has the Burkinabe government targeted humanitarian action as part of its war on imperialism?
    Human billboards, virtue signalling, and opportunities for compassion

    The new rules bar humanitarian actors from taking, displaying, or sharing images or videos that depict beneficiaries with donated items in a manner considered degrading or exploitative. The regulations are intended to ensure vulnerable people are treated with dignity and respect.

    A couple of months ago, one of the top voices in fundraising made the same point in his Substack newsletter. Beneficiaries shouldn’t have to carry around donated goods that bore the logo of the aid organization, he said. There really is no need for kids to carry a backpack with a huge NGO logo to school, to be constantly reminded of their position as aid recipients. It’s just unnecessary.

    You shouldn’t have to turn real people into billboards to convince others that your work is worth funding.

    I thought this was an obvious claim that did not need further discussion, that we were past using communities in crises as props for promotional communications. But I guess I was wrong.

    An American man, who had built his career as a Strategic Advisor to U.S.-based philanthropies and NGOs, took to LinkedIn to call this idea “peak ridiculousness”. “Storytelling takes many forms,” he argued, “and telling the stories of others is a perfectly valid way of creating opportunities for compassion.” He went on to declare that communities in crisis did not need this kind of “virtue signalling” and “we should be honest about what gets audiences to open their hearts and wallets”.

    Here is the uncomfortable thing: he is not wrong about the mechanics.

    The sad photo works. A 2024 study interviewing fundraising managers at NGOs in Ghana found they knew exactly what they were doing, described the imagery as effective, and considered the ethical cost worth the money it raised. In a way, the American strategist was right — beneficiaries need the money more than they need the virtue signalling.

    But what if it wasn’t about that? What if what Burkina Faso found was that these depictions carry more than just a moral cost, but perhaps also a monetary and political one?

    The real story isn’t who benefits from the picture, but what it costs, and who pays.
    A false story of passivity
    What he was doing was defending what is commonly known as “poverty porn”, a form of humanitarian imagery that uses graphic, shocking, or stereotypical depictions of poverty to elicit sympathy, pity, guilt, or donations, often by portraying people as helpless, dependent, and devoid of agency.

    This kind of distorted representation was first described by Jørgen Lissner in Merchants of Misery (1981), who warned against the “pornographic” use of suffering in aid imagery. His critique, and the work that followed, made a simple but important point: when people’s grief, bodies, and fear are displayed for emotional consumption by distant audiences, they are effectively stripped of their agency and their lives flattened into suffering.

    One thing I’d like to say up front, before I go deeper into this topic, is this: communities in crisis should not be reduced to simply being aid recipients.

    In many cases, they are also direct responders, actively leading resilience, peacebuilding, and reconstruction efforts. They effectively organize themselves within and outside of the sphere of international humanitarian assistance, forming community patrol groups to protect civilians in displacement camps, Village Savings and Loan Associations to pool resources for emergency funds, and mutual aid groups to deliver essential services where others cannot reach.

    When INGOs flood their communication materials with images of these communities receiving aid, they are perpetuating a false narrative of passivity, actively shaping how audiences judge what affected people are capable of.

    Now comes the million-dollar question: who is truly benefiting from this narrative?

    Hint: it’s not the communities.
    The White Savior Industrial Complex

    Poverty porn is not just a fundraising style but a business model.

    It relies on infantilizing and degrading stereotypes of beneficiaries to keep the colonial trope of the helpless ‘other’ alive, as a vehicle for sustaining humanitarian business.

    Why do you think most nonprofit leaders in the Global North believe that by emphasizing powerlessness, they will unlock more generosity? Because it reinforces the same moral script Western humanitarian fundraising has long relied on. The more desperate the people in the photo, the more righteous the donor feels for helping them.

    That is what this kind of visual stereotyping does. It casts the person in the photo as helpless and the organization as the savior, turning aid into a performance of moral authority that reinforces harmful narratives of white saviorism that are at the core of international development.

    A recent study looked at 363 charity ads in the UK and found that the majority of photographs used by INGOs featured children, or women and children, and depicted rural areas and poverty. Not a man, teenager, electrical device, or shoe in sight.

    This portrayal is intentional. The use of indigenous women and children as symbols of innocence and fragility, and the use of rural scenery to portray Global Majority countries as underdeveloped can be traced back to the origins of colonialism, when foreign lands were described as virginal, fertile, untouched (do you see the pattern here) and the people living in them as uncivilized savages in need of saving.

    The same study also demonstrated that Africa remains the predominant subject of charity appeals, even when this does not reflect the ratio of programmatic delivery by the organisations producing these ads. Read that twice. We have turned Africa into a ~literal~ begging bowl.

    “This continuous majority casting of African nations in the theatre of global development as recipients of humanitarian assistance, serves only to aid and abet the colonial notion of Africa as one huge ‘begging bowl’” — Deborah Adesina and David Girling, Charity Representations of Distant Others

    This kind of fundraising tactic profits from neocolonial ideological constructions, white sentimentality, and white guilt without requiring the viewer to confront their own role in the systems of power that created that injustice in the first place.

    Teju Cole, who coined the term ‘White Savior Industrial Complex’ in his 2012 article of the same name, named this dynamic years ago, and it is still with us. In his own words: “The White Savior Industrial Complex is a valve for releasing the unbearable pressures that build in a system built on pillage. We can participate in the economic destruction of Haiti over long years, but when the earthquake strikes it feels good to send $10 each to the rescue fund.”

    In other words, Global North charities, development, and humanitarian organizations, in their performance of white saviorism, are simultaneously benefiting from the exploitative and extractive post-colonial global order and helping perpetuate it by creating a cognitive “vent” through which the moral pressure of existing on the winning side of this system is relieved.
    Photography as a tool for empire

    So there it is, the ugly truth. International aid uses photography not for storytelling but for extraction.

    None of this is new. Photography has been a powerful tool for empire since its invention in 1839, shaping what could be seen, known, and believed about colonised peoples and places long before it decided what could be crowdfunded.

    The Decolonial Centre explored this in the article Photography and Colonialism, which explains how Western photographic practices have been used to create Eurocentric ‘visual regimes.’ Using Palestine as a case study, it examines how European photographic representations after World War I othered, erased, or deliberately mischaracterized Palestinians, framing them as disorderly subjects in need of control in times of resistance, and using visual erasure to deny their historical ties to the land.

    As anti-colonial theorist and psychiatrist Frantz Fanon famously said, colonialism is a psychological project as much as a political one.

    That’s what the American strategist missed. Photography is not just another form of storytelling. It is an inherently political medium, and it serves colonial interests now as much as it did a hundred years ago.
    The Grand Bargain’s Lie

    I know what you might be thinking: Woah, Paola, slow down.

    First you say poverty porn is a fundraising tactic, then a business model, and now you’re saying it’s a political tool? You’re starting to sound a bit conspiranoid.

    To which I say: hold my tinfoil hat.

    In 2016, the biggest players in humanitarian aid signed the Grand Bargain and promised to move at least 25% of funding to local and national responders, as directly as possible. It was going to be the great correction.

    In 2024, less than 10% of international humanitarian funding reached local and national actors at all, counting money that passes through intermediaries first. Direct funding sat at 3.8%. More than ninety cents on every dollar stayed with international organizations, most of it with UN agencies and international NGOs.

    So there is the stated bargain, and then there is the real one, the one nobody signed but everyone honors: keep the old architecture intact while performing its dismantling. Say decolonize in the panel. Wire the money north after.

    It’s all a clever scheme. The real bargain allows rich countries to quieten and distract from calls for global redistributive justice and new systems of global equity-based power distribution, which gained traction in Global Majority countries after World War II. All while keeping more than 90% of the tens of billions of humanitarian dollars flowing through and to Global North institutions.

    How do they do it? Use human rights as a distraction, humanitarian action as a band-aid, and development as the smokescreen.

    This is what makes aid imagery so politically useful to the existing order. As Janice Nathanson argues, aid photography often isolates suffering from the political and historical causes that produce it, so audiences are encouraged to see crisis rather than structural injustice. In other words, the same visual economy that turns poverty into pity also helps depoliticize inequality, making it easier to sustain a humanitarian system that manages symptoms while leaving the broader architecture of global redistribution untouched.

    The international humanitarian community uses sad pictures of vulnerable people to manufacture moral authority, which allows it to keep operating exactly as it does now.

    It makes international aid look essential, its value undeniable, its continuation imperative.

    It benefits us, the expensive intermediary layer sucking up 90% of the money, because it makes us seem necessary, instead of optional and redundant.

    It takes agency away from affected communities, which is convenient to international NGOs, because it justifies gatekeeping resources from local and national actors, rather than treating them as equal partners. It assumes communities in crisis should be grateful no matter what, which divests accountability to them and spares INGOs the work of meaningfully engaging them and capturing their voices.

    It’s a hard truth that most people in the system will never admit: that they need communities to stay dependent on international aid, so they can continue benefiting from their struggle.

    The humanitarian and development sectors don’t really want resilient communities. They want to get paid to foster resilience in communities.

    This bargain is so enmeshed in the fabric of the system that even people within it, like you or me, will inadvertently contribute to its continuation.
    The alternative: pictures that honor agency, dignity, and resilience

    But is it true that this genre of imagery is the most effective way to raise money? Obviously not.

    Stories of resilience, transformation, and overcoming travel much farther than stories of despair. Agency and persistence in the face of adversity will always be more compelling to audiences than sad stories that flatten the diversity of human experience.

    Look at what comes out of Gaza every day, images and videos made by Palestinians insisting on being seen as full people under conditions built to erase them, and how far those images move compared to any appeal a Western agency has ever art-directed.

    If poverty porn turns crisis into a spectacle of passivity, then the images and videos coming out of Gaza offer a radically different visual grammar. They reveal a struggle not only over land but over subjecthood itself — over who gets to define the meaning of life under conditions of domination. As Zahra from The Mazaj argues in her article Colonisation is as Much a Psychological Project as it is a Political One, Palestinians’ insistence on visibility and dignity on their own terms is an act of radical resistance to the oppressor’s decades-long attempt at narrative erasure. In that sense, the videos and images Palestinians create and circulate are not just records of suffering; they are acts of self-definition.

    And these images are more effective in unlocking generosity than swollen bellies and dusty feet. Susan Sontag warned that compassion is not a stable resource; it must be translated into action or it withers. The problem with poverty porn is not simply that it shows suffering, but that it so often leaves viewers in a state of passivity, where repeated exposure can slide into boredom, cynicism, or emotional numbing rather than solidarity. The sad photo does not just cost the person in it. It exhausts the audience it depends on.

    The videos circulating from Gaza confront this passivity directly: they demand that viewers not only witness suffering, but respond: to prove, as it were, that they are still human enough to be moved. — Laila Gutknecht, «Please don’t scroll»: Social Media as Humanitarian Communication in Gaza

    These alternatives exist in humanitarian work: plenty of local and lived-experience-led organizations already use visuals that center resilience without erasing pain. They show people as responders, organizers, and political actors, not just as aid recipients — and they don’t bypass dignity or consent in order to inspire generosity.

    The way forward

    Burkina Faso’s new decree does not solve the politics of aid, but it does expose a basic truth: the people being photographed are not props in someone else’s fundraising campaign. They have the right to refuse that role, and the aid sector has the right to be judged by how seriously it takes that refusal.

    The people caught in crisis are already rewriting the narrative behind a system that uses poverty and human suffering as promotional and fundraising tools. Our job is not to overwrite those accounts with prettier, more fundable narratives. It is to stop mistaking extraction for storytelling, and to build fundraising and communications strategies that do not depend on humiliation as a shortcut to compassion.

    We are undergoing a collective reckoning, and the new order — the one where mutual aid groups substitute foreign aid and South-South cooperation becomes the new ODA — will not be dependent on white pity.

    And it matters that we have honest conversations about this, not only as fundraisers, humanitarians, or donors, but as individuals who make choices about where our money, attention and support go. Our everyday decisions about how to engage, represent, and stay accountable to communities are how we build more equitable and sustainable alternatives to the current system.

    https://pitchandpurpose.substack.com/p/burkina-faso-bans-poverty-porn-photography
    #Burkina_Faso #photographie #photojournalisme #nécolonialisme #interdiction #impérialisme #humanitaire

  • IA : l’administration #Trump défend le droit d’#OpenAI à utiliser les archives du « New York Times » sans verser de droits d’auteur
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/09/03/ia-l-administration-trump-defend-le-droit-d-openai-a-utiliser-les-archives-d

    Alors que le quotidien poursuit le concepteur de #ChatGPT pour avoir entraîné ses modèles d’intelligence artificielle avec ses articles, le ministère de la justice a estimé, mercredi, qu’il n’y avait ni préjudice commercial ni violation du droit d’auteur, mais une exigence de respect de la concurrence et de « sécurité nationale ».

    Trump a décidé de faire la guerre aux ayants_tous_les_droits. C’est chouette.

    (tu auras compris qu’il ne fait que rappeler qui a tous les droits, pour de vrai, et qu’il convient donc de respecter la hiérarchie naturelle...)

    #nyt

  • Norway seizes Russian Arctic science vessel at Kiev’s request — RT World News
    https://www.rt.com/news/645071-norway-seized-molchanov-arctic-vessel

    The Norwegian authorities have seized a Russian research vessel in Svalbard at the request of Ukraine’s state-owned energy company, Naftogaz, amid growing tensions between Moscow and NATO states over access to and control of the Arctic.

    The Professor Molchanov was detained on Wednesday while docked in Barentsburg, a Russian settlement on the Norwegian-administered archipelago. The Governor of Svalbard said the move followed an August 31 order by the Nord-Troms and Senja District Court granting Naftogaz the right to seize the ship. The vessel has been barred from leaving Barentsburg until further notice.

    The crew and passengers aboard the vessel learned about the seizure from media reports, a TASS correspondent traveling with the expedition said. Russian Far East and Arctic Development Minister Aleksey Chekunkov said on Thursday that the crew is safe, adding that lawyers for the Arktikugol trust would soon issue a legal response and intended to challenge the seizure order.

    The Professor Molchanov is a Russian state-owned research vessel operated by the country’s hydrometeorological service, Roshydromet. Alongside scientific expeditions, it has served since last year as a regular passenger and cargo link between Murmansk and Barentsburg, transporting scientists, employees of the state-owned Arktikugol, contractors, their families, and supplies to the Russian settlements on Svalbard.

    READ MORE: Putin warns West over ship seizures
    Direct air links between Russia and Svalbard ceased in 2020, while direct maritime passenger service was restored in 2025. The Professor Molchanov is currently the only vessel operating the route, with ten round trips between Murmansk and Barentsburg planned for 2026.

  • Iran receives over $1B in oil revenues in 11 days : Report
    https://www.aa.com.tr/en/middle-east/iran-receives-over-1b-in-oil-revenues-in-11-days-report/4046091

    More than $1 billion in oil revenues entered Iran during the first 11 days of the period ending Sept. 2, the semi-official Fars News Agency reported Thursday.

    Citing documents reviewed by its reporter, the agency said oil-related foreign currency was added to the country’s foreign exchange reserves during the period.

    The report said the additional funds would increase the Central Bank’s ability to meet the country’s foreign currency needs.

    It also said Iran’s oil sales during the first five months of the current fiscal year generated revenues equivalent to more than 80% of the oil income projected in Iran’s 2026-27 budget, which runs from March 21, 2026, to March 20, 2027.

    The latest figures follow similar data released by Iran’s Oil Ministry in late August, showing that $7.5 billion in foreign currency generated from oil sales during the first four months of the fiscal year, from March 21 to July 22, had been transferred to the Central Bank.

    En totale contradiction avec cette dépêche (piochée sur l’Orient)

    Pour Israël, la pression économique pourrait pousser l’Iran à des « mesures désespérées »
    Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a estimé que la pression économique américaine pourrait pousser l’Iran à prendre « des mesures désespérées », tout en menaçant de renvoyer son ennemi à « l’âge de pierre » en cas d’attaque contre son sol.

    Evoquant la « lourde pression économique » subie par l’Iran et la « crainte (du pouvoir) d’un soulèvement et de l’effondrement du régime », le ministre israélien a dit voir des « signes » selon lesquels Téhéran pourrait être poussé à « des mesures désespérées ».

  • Après avoir frôlé la mort, il rédige ses dernières volontés dans l’application « Notes » de son téléphone : la justice juge valide le testament - lindependant.fr
    https://www.lindependant.fr/2026/09/03/apres-avoir-frole-la-mort-il-redige-ses-dernieres-volontes-dans-lapplic

    En Australie, un homme ayant frôlé la mort à la suite d’une grave complication liée à son diabète a rédigé ses dernières volontés dans l’application Notes de son iPhone. Intitulée « Testament », datée, signée électroniquement de ses initiales et assortie d’instructions précises sur la répartition de son patrimoine, cette note a fait l’objet d’une bataille judiciaire après le décès de son auteur.

    Saisie de l’affaire, la Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud a d’abord rejeté le document, estimant qu’il s’agit d’un projet de testament non finalisé car l’homme n’avait entrepris aucune démarche officielle pour le valider. Cependant, l’exécuteur testamentaire a fait appel de cette décision pour soutenir qu’il s’agissait bien de la volonté ultime du défunt. La Cour d’appel a finalement infirmé le premier jugement en reconnaissant la validité juridique de cette note numérique, rapporte Noticias Trabajo.

    Pour trancher en la faveur de l’exécuteur testamentaire, les juges d’appel se sont appuyés sur le contexte d’urgence absolue dans lequel le texte avait été rédigé juste après cette expérience de mort imminente, attestant d’une volonté claire de régler sa succession. La rigueur de la rédaction, la présence de la date, le titre explicite et la signature par initiales ont également pesé dans la balance. Enfin, le défunt avait lui-même confié à un ami qu’il avait achevé la rédaction de son testament, confirmant ainsi aux yeux de la justice qu’il ne comptait pas passer par un cabinet de notaires et que le document sur son téléphone constituait bien l’acte final régissant l’ensemble de ses biens.
    Une telle situation est-elle possible en France ?

    A priori non, car le droit français est extrêmement strict sur les formes de testaments autorisés. Contrairement aux pays de tradition juridique anglo-saxonne (comme l’Australie), où le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation pour valider l’intention du défunt malgré un vice de forme, la justice française applique le Code civil à la lettre.

    Pour qu’un testament rédigé sans notaire (appelé testament olographe) soit valable en France, le Code civil impose trois conditions : qu’il soit écrit entièrement à la main par le testateur, daté précisément (jour, mois, année) et enfin signé de la main du testateur.

    Un texte saisi sur un ordinateur, une tablette ou dans l’application Notes d’un smartphone est juridiquement nul en France, même s’il est daté, même s’il comporte des initiales ou une signature électronique, et même si l’intention de l’auteur ne fait aucun doute.

  • Saudi Oil Exports Dive as Tankers at Risk From Hormuz to Red Sea - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-09-02/saudi-oil-exports-dive-as-tankers-at-risk-from-hormuz-to-red-sea

    Saudi Arabia’s observed crude exports last month slumped to the lowest in at least nine years, as tankers were attacked following rising tensions in the Middle East.

    The kingdom’s oil exports were about 3 million barrels a day in August, tanker-tracking data compiled by Bloomberg, Vortexa and Kpler show. The number, the lowest in records going back to early 2017, chimes with the assessment of crude traders and a person familiar with Saudi operations.

  • Soutien à Autistici/Inventati, hébergeur désigné comme « terroriste » par l’administration Trump – La Quadrature du Net
    https://www.laquadrature.net/2026/09/01/soutien-a-autistici-inventati-hebergeur-designe-comme-terroriste-par-l

    Le 26 août 2026, les États-Unis ont désigné le collectif numérique italien Autistici/Inventati comme « Specially Designated Global Terrorist » (Terroristes internationaux) et l’ont ajouté à la liste d’organisations placées sous sanctions états-uniennes appelée « Specially Designated Nationals list », sous l’ordre exécutif 13224. Les organisations états-uniennes en lien avec Autistici/Inventati (banques, fournisseurs…) bénéficient d’une autorisation temporaire de mener à bien les transactions déjà engagées avec A/I avant cette classification. Cette autorisation prend fin le 25 septembre 2026 à 00h01 à l’heure de Washington. Après cette date limite, les relations devront être suspendues, sous peine de sanctions.

    Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit.

    L’annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l’infrastructure d’A/I. Elle ne montre pas qu’A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ?

  • La banque centrale des Pays-Bas transfère à Londres une part de ses réserves d’or d’Amérique du Nord - 02/09/2026 à 17:20 - Boursorama
    https://www.boursorama.com/bourse/actualites/la-banque-centrale-des-pays-bas-transfere-a-londres-une-part-de-ses-rese

    La Banque centrale ‌néerlandaise (DNB) a annoncé mercredi avoir transféré 86 tonnes d’or ​d’Amérique du Nord vers Londres au cours des six derniers mois, précisant qu’il s’agit pour elle de mieux se préparer ​à une éventuelle crise dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.

    La Banque ​des Pays-Bas a ainsi transféré vers ⁠la Banque d’Angleterre 27,5% de ses réserves d’or détenues ‌pour elle par les Etats-Unis et le Canada.

    « Compte tenu de l’agitation géopolitique croissante, la DNB renforce ​sa préparation aux ‌situations de crise », a déclaré la banque.

    « L’or détenu ⁠auprès de la Banque d’Angleterre est considéré comme l’or le plus facilement négociable au monde et sera donc le plus ⁠facilement accessible ‌en cas de crise », a-t-elle ajouté.

    La Banque d’Angleterre, à ⁠Londres, stocke l’or pour le compte de nombre de ‌banques centrales et la capitale britannique abrite la ⁠plus grande place mondiale de négoce d’or de ⁠gré à gré, ‌où les participants négocient directement entre eux plutôt que par ​l’intermédiaire d’une bourse.

    La BoE ‌n’a pas immédiatement répondu mercredi à une demande de commentaires.

    Le transfert de l’Amérique ​du Nord vers la Grande-Bretagne n’a pas modifié le volume des réserves d’or néerlandaises, qui demeurent à ⁠612,4 tonnes. Les Pays-Bas entreposent désormais 32% de leur or à Londres, près de 31% sur leur territoire et 37% répartis à parts égales entre les Etats-Unis et le Canada.

  • Au Canada, les étudiants étrangers délaissent les universités après le resserrement des conditions d’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/31/au-canada-les-etudiants-etrangers-delaissent-les-universites-suite-au-resser

    Au Canada, les étudiants étrangers délaissent les universités après le resserrement des conditions d’immigration
    Par Alexandre Lepoutre (Montréal, correspondance)
    Sur le campus de Polytechnique Montréal, l’effervescence de la rentrée bat son plein. Dans les couloirs, les nouveaux étudiants prennent leurs repères, pendant que leurs aînés leur préparent une soirée de bienvenue. Au salon étudiant, une guirlande de drapeaux d’une dizaine de pays flotte au-dessus des tables. Un clin d’œil à la vocation internationale de l’établissement, où les étudiants étrangers représentaient, fin 2024, 60 % des inscrits en master, et près de 70 % en doctorat. « Mais on a vu une baisse drastique ces dernières années », observe Imane Chafi, étudiante québécoise en génie informatique et ancienne présidente de l’Association étudiante des cycles supérieurs de Polytechnique.
    Depuis 2024, le gouvernement fédéral canadien et celui du Québec ont considérablement durci leur politique migratoire, dans le but revendiqué de soulager la pression sur le marché du logement et les services publics. Ottawa a ainsi plafonné le nombre annuel de permis d’études, et resserré les critères d’admission. A l’échelle du pays, le nombre de nouveaux étudiants étrangers a chuté de plus de 80 % en deux ans : ils étaient près de 125 000 admis au premier semestre 2024, contre environ 22 000 sur la même période en 2026.
    Le recul est tel que le Canada peine désormais à atteindre ses propres objectifs d’accueil : sur les 155 000 nouveaux étudiants que le pays s’est engagé à recevoir cette année, seuls 15 % sont arrivés à ce jour. « Beaucoup d’étudiants ont vu leur avenir bouleversé. Ils ont été dissuadés de venir ici », abonde Imane Chafi. De son côté, Théo Denorme, étudiant de doctorat en génie mathématique à Polytechnique Montréal, et originaire du nord de la France, navigue dans l’inconnu, bien qu’il soit déjà installé au Québec. « J’ignore quelles seront les règles après l’expiration de mon visa, en 2027, explique-t-il. Les choses changent en cours de route, ce que je trouve un peu stressant. »
    L’école d’ingénierie, qui abrite également l’un des plus grands centres de recherche en génie au Canada, redoute des effets négatifs sur l’attractivité scientifique du pays. « On a besoin de cette diversité, c’est une grande richesse, insiste la directrice générale de Polytechnique Montréal, Maud Cohen. Quand on est plus ouvert sur le monde, on se confronte aussi à ce qui se fait ailleurs dans la recherche. » Elle cite en exemple l’apport de l’astronaute français Thomas Pesquet, passé par cette université en 2000-2001 en tant qu’étudiant étranger.
    En deux ans, les inscriptions d’étudiants étrangers en doctorat ont baissé de 25 %. Pour tenter d’enrayer le mouvement, Polytechnique Montréal a ouvert une antenne à Paris pour convaincre les étudiants français de faire le choix du Canada malgré les embûches administratives. Des moyens supplémentaires ont également été mis à Montréal pour accompagner les étudiants dans leurs démarches d’immigration. « C’est un rôle que devraient plutôt remplir les pouvoirs publics, reconnaît Maud Cohen, mais nous nous sentons une certaine responsabilité vis-à-vis des étudiants. »
    Universités Canada, qui représente une centaine d’établissements, alerte, de son côté, sur le manque à gagner financier pour les universités. La baisse des inscriptions a produit des effets très concrets : certains établissements ont dû suspendre des programmes d’études, faute d’un nombre suffisant d’étudiants. « Est-ce que le Canada pourra atteindre ses objectifs économiques ?, se demande le président-directeur général de l’organisme, Gabriel Miller. Le pays est dans une course pour construire des infrastructures et diversifier ses relations commerciales. Les étudiants étrangers de qualité sont nos meilleurs atouts pour y arriver. »D’autres voix relèvent la contradiction du discours porté par le gouvernement de Mark Carney, qui met en avant la souveraineté économique du Canada tout en portant atteinte au modèle universitaire et académique dont celle-ci dépend. « On participe au développement économique du pays, défend la directrice générale de Polytechnique Montréal. On fait le pari que le gouvernement va entendre raison, et qu’il va peut-être essayer d’assouplir les règles. »Sans renoncer à son tour de vis sur l’immigration, le gouvernement fédéral a lancé, en décembre 2025, un nouveau programme de bourses destiné à attirer des chercheurs de renommée internationale, notamment ceux qui cherchent à fuir les Etats-Unis. Universités Canada salue la mesure, mais estime que le pays aura fort à faire pour redorer son image auprès des étudiants étrangers, qui ont le sentiment que les portes leur sont fermées. Gabriel Miller veut les convaincre du contraire : « Il y a de la place pour vous. Nous voulons que vous soyez ici. Nous voulons que vous soyez nos ingénieurs, nos entrepreneurs, nos médecins, parce que ce pays est appelé à grandir. »

    #Covid-19#migration#migrant#canada#etudiant#politiquemigratoire#immigration#droit#sante

  • Après une cyberattaque, les nouveaux pacemakers de ce géant de la santé ne peuvent plus transmettre leurs données à distance - Numerama
    https://www.numerama.com/cyberguerre/2322405-apres-une-cyberattaque-les-nouveaux-pacemakers-de-ce-geant-de-la-s

    Le fabricant de dispositifs cardiaques Boston Scientific a confirmé qu’une cyberattaque affecte directement la télésurveillance de certains de ses nouveaux implants.

    Cela fait plus d’une semaine que Boston Scientific avance à vue.

    Depuis la détection d’un incident de cybersécurité, le 25 août, le groupe américain fait face à une panne majeure de son réseau, qui perturbe l’ensemble de ses opérations informatiques.

    Dès le lendemain, l’accès à certains systèmes d’exploitation et applications métier a été interrompu, affectant directement sa capacité à fabriquer, traiter et expédier les commandes de ses clients.

    Depuis, la situation reste largement inchangée. L’entreprise affirme n’avoir constaté aucune activité non autorisée sur son réseau depuis le 25 août. Elle indique également pouvoir continuer à enregistrer les commandes reçues par voie électronique, celles-ci étant placées en attente d’un traitement ultérieur. Mais Boston Scientific n’a toujours communiqué aucun calendrier de rétablissement complet.

    Dans une mise à jour publiée le 30 août, Boston Scientific a toutefois détaillé les répercussions de l’incident sur ses dispositifs médicaux, notamment certains systèmes utilisés pour programmer ou suivre des pacemakers.

    Ce qui change pour les patients
    Le point nouveau concerne la télésurveillance des dispositifs cardiaques posés depuis le début de l’incident. Pour les nouveaux appareils de gestion du rythme, comme les pacemakers, Boston Scientific ne peut plus activer le communicateur destiné au suivi à distance. Les données recueillies par l’implant ne remontent donc pas automatiquement vers les systèmes utilisés par les équipes médicales.

    Les nouveaux moniteurs cardiaques implantables (ICM) sont touchés par un problème voisin, mais distinct. Ces petits dispositifs, qui enregistrent l’activité électrique du cœur sans délivrer de traitement, ne parviennent plus à être associés à l’application mobile du patient. Là encore, la transmission automatisée des données est bloquée.

    Le groupe assure toutefois que l’incident ne compromet pas le fonctionnement thérapeutique des pacemakers et autres dispositifs de gestion du rythme. Les ICM continuent, de leur côté, à enregistrer les éventuels épisodes cardiaques. Pour les nouveaux patients, ces informations doivent néanmoins être récupérées manuellement, lors d’une consultation.

    Les patients dont le suivi à distance avait été configuré avant le 25 août ne seraient pas concernés et continueraient d’être surveillés normalement.

    Toujours aucune revendication
    À ce stade, aucune revendication crédible n’a été rendue publique. Boston Scientific n’a identifié ni le groupe à l’origine de l’intrusion, ni le mode d’accès initial, ni la nature exacte de l’attaque. L’entreprise n’a pas non plus indiqué si des données avaient été exfiltrées ou si elle avait reçu une demande de rançon.

    Le scénario d’un rançongiciel ne peut donc pas être écarté, au regard de l’ampleur de la paralysie des systèmes et de la durée de l’interruption.

  • La prix Nobel Elfriede Jelinek dénonce un « mensonge » de l’Occident sur l’État palestinien, qui ne verra « jamais » le jour « au train où vont les choses »
    https://www.sudouest.fr/international/moyen-orient/israel/la-prix-nobel-elfriede-jelinek-denonce-un-mensonge-de-l-occident-sur-l-etat

    L’écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek fustige le discours des dirigeants européens sur la solution à deux États, jugeant la colonisation israélienne incompatible avec l’émergence d’un État palestinien

    La prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek estime que le discours occidental sur une solution à deux États au Proche-Orient relève désormais du « mensonge », la colonisation israélienne empêchant selon elle l’émergence d’un État palestinien, dans un texte publié sur son site internet.

  • Donald #Trump s’attaque à la science américaine et prend le risque qu’elle soit distancée par la Chine
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/01/donald-trump-s-attaque-a-la-science-americaine-et-prend-le-risque-qu-elle-so

    Vu de Paris, cela ressemble à un mystère. Comment les Etats-Unis, qui depuis près d’un siècle donnent le tempo de la science mondiale, peuvent-ils détruire méthodiquement leur position dominante, et, surtout, pourquoi le font-ils ? Pourquoi le pays renonce-t-il à un instrument fondamental de son soft power, alors qu’il semble obsédé par sa propre puissance ? Jusqu’où peut-il laisser des pans entiers de sa recherche s’effondrer, au risque de laisser à son premier concurrent, la Chine, le nouveau leadership planétaire ?

    Dès son retour aux affaires, en janvier 2025, le président américain, Donald Trump, a pris plusieurs décrets afin de s’attaquer à une science selon lui rongée par le gauchisme et par l’« idéologie woke ». Les programmes de diversité, équité et inclusion, qui encadraient l’organisation universitaire, ont été supprimés. Plus de 350 mots ou expressions, parmi lesquels « crise climatique », « mixité », « pollution » ou encore « femme », ont été prohibés, sous peine de retrait de financement. Des centaines de bases de données ont vu leur accès bloqué, quand elles n’étaient pas simplement détruites.

    Les agences fédérales ont toutes vu leurs têtes tomber, des départements entiers disparaître dans la recherche sur le climat, les discriminations, l’environnement. Près de 300 000 emplois ont été supprimés en dix-huit mois. L’administration Trump a annoncé une saignée budgétaire pour 2026 : − 24 % pour l’agence spatiale (la NASA), − 40 % pour les Instituts nationaux de la santé (NIH), et même − 56,9 % pour la National Science Foundation, qui finance la recherche universitaire. Cette fois, ce ne sont plus des domaines précis qui sont visés pour leur portée idéologique, mais la science dans son ensemble.

    Des dégâts déjà visibles
    Au Congrès, les élus démocrates, mais aussi de nombreux républicains, sont sous le choc. La #Constitution de 1787 n’a-t-elle pas pris soin d’inclure, dès son article premier, une clause visant à « promouvoir le progrès de la #science et des arts utiles » ? Depuis le projet Manhattan sur la bombe atomique jusqu’à la conquête spatiale, la science a rythmé l’histoire des Etats-Unis. Les parlementaires ont fini par rétablir l’essentiel des crédits, mais l’administration ne s’avoue pas vaincue. Elle a bloqué la distribution des fonds fédéraux et annoncé une réforme du bureau chargé de l’exécution budgétaire (Office of Management and Budget, #OMB). Ce ne sont plus des commissions de #chercheurs qui désormais décideront des projets à soutenir – leur avis ne sera plus que consultatif –, mais un représentant de l’OMB. Son rôle : s’assurer de la « #conformité des #recherches avec les priorités gouvernementales ».

    Le président américain, Donald Trump, au centre spatial Lyndon B. Johnson de la NASA, à Houston (Texas), le 28 août 2026. WIN MCNAMEE/AFP
    La réforme doit s’appliquer le 1er octobre. D’ici là, l’OMB devra examiner les 496 000 commentaires qui se sont déversés sur son site – dont 95 % sont opposés à la #réforme, selon un examen par la presse américaine des 52 000 premiers commentaires publiés. Outre le #contrôle_politique, ces messages dénoncent l’« interdiction de fonds fédéraux pour les #collaborations_étrangères », explicitement prévue par le texte, la possibilité d’interrompre à tout moment un soutien fédéral, ou encore l’accès limité aux conférences et aux #publications scientifiques, pourtant au cœur du processus de #recherche.

    « Les Etats-Unis ont bâti la plus grande entreprise scientifique de l’histoire de l’humanité sur une idée simple : financer les meilleures idées, choisies par les meilleurs experts, et ne pas s’en mêler, écrit ainsi David Miller, physicien de l’université de Chicago, dans un commentaire repris par le site d’enquête Propublica. Ce n’est pas un principe partisan. C’est le principe qui a donné naissance au transistor, à Internet, au GPS, à l’IRM et à tous les vaccins modernes. (…) Ce projet de règlement démantèle entièrement ce principe. »

    D’ores et déjà les dégâts sont visibles. Le nombre d’entrées en thèse a diminué de 15 % cette année dans les 55 principales universités américaines. Les meilleurs étudiants étrangers ne veulent plus se confronter à l’arbitraire du système des visas. Des sociétés savantes américaines délocalisent leurs congrès à l’étranger pour accueillir la fine fleur de la science mondiale.

    L’annonce, début juillet, par le Jordano-Palestinien Omar Yaghi, Prix Nobel de chimie 2025, qu’il quittait l’université de Californie à Berkeley pour l’université Tsinghua, à Pékin, a fait sensation. La Chine supplante désormais les Etats-Unis dans de nombreux domaines scientifiques. Depuis 2019, elle est passée au premier rang mondial dans les dépôts de brevet ; depuis 2023, elle domine le Nature Index des publications scientifiques et ne cesse de creuser l’écart. En 2024, elle a aussi dépassé les Etats-Unis dans les dépenses de recherche et développement. Un déclin amorcé avant le second mandat de Donald Trump, qui promet de s’accélérer.

    Alors pourquoi un tel sabordage ? Par bêtise, disent certains. Inutile de financer la recherche en biologie, puisque les nouveaux médicaments seront découverts grâce à l’intelligence artificielle, a ainsi expliqué le secrétaire américain à la santé, Robert Kennedy Jr. Présidente de #Stand_Up_for_Science, le mouvement d’opposition à l’offensive gouvernementale né en janvier 2025, la psychologue Colette Delawalla rappelle que le secteur des sciences, technologies et médecine représente 39 % du produit intérieur brut des Etats-Unis.

    Le business devrait donc, au contraire, conduire les trumpistes à soutenir la science… mais une autre dimension intervient. « A leurs yeux, embrasser la science revient à s’éloigner de Dieu, explique-t-elle. Leur vision nationaliste chrétienne du monde ne laisse aucune place à une réalité où la science et la religion pourraient coexister. » Le puritanisme contre la science : une vieille histoire à laquelle les Etats-Unis offrent une nouvelle jeunesse.

  • « On pourra même faire des demandes en breton » : l’Institut culturel de Bretagne fait le pari d’une IA au service de la culture bretonne | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes-56000/on-pourra-meme-faire-des-demandes-en-breton-linstitut-culturel-de-breta


    Jean-Jacques Page, nouveau président de l’institut culturel de Bretagne, entouré de Carole Gendron, chargée de mission sur l’IA appliquée à la pensée bretonne ; et Sten Charbonneau, membre du bureau en charge de l’international.
    Photo Bertrand Le Bagousse/Le Télégramme

    Le Vannetais Jean-Jacques Page, nouveau président de l’Institut culturel de Bretagne, mise sur l’intelligence artificielle pour valoriser la culture bretonne. Un projet d’IA « labellisée Bretagne » verra le jour en 2027.

    Impulser une nouvelle dynamique à l’institut culturel de Bretagne ! C’est la feuille de route que s’est donnée son nouveau président, le Vannetais Jean-Jacques Page. L’homme est bien connu dans la cité des Vénètes. Âgé de 65 ans, Jean-Jacques Page a été élu au conseil municipal pendant douze ans, notamment comme délégué à la culture bretonne lors du précédent mandat. Ex-cadre des finances publiques, bretonnant, sonneur de cornemuse, porte-drapeau au festival d’Arvor, infatigable défenseur de la culture et de la langue bretonne, il a été élu président de l’ICB, le 23 mai dernier, pour un mandat de trois ans.

    Aller vers tous les publics
    Jean-Jacques Page succède à Catherine Latour à la tête de cette institution créée en 1981, avec la mission de valoriser la culture bretonne, sous toutes ses formes, à travers des colloques, conférences, expositions et son fonds littéraire, documentaire et linguistique (la médiathèque de l’Hermine et ses 8 000 livres) et la remise, chaque année, du collier de l’Hermine… « L’ICB a une aura mais peu reconnue. Elle a un peu pris des airs de société savante, dit Jean-Jacques Page. Aujourd’hui, nous souhaitons aller vers tous les publics, notamment vers les jeunes, et avoir une politique de mécénat auprès des particuliers pour moins dépendre des subventions publiques »…

    Bientôt une IA labellisée bretonne
    Pour inscrire l’ICB dans l’innovation, tout en mettant en valeur la culture bretonne, Jean-Jacques Page souhaite surfer sur l’intelligence artificielle, aujourd’hui incontournable, en lançant une IA appliquée à la pensée bretonne. Pour relever ce défi, il pourra compter sur les compétences de Carole Gendron. Ancienne directrice IA de Cap Gemini aux Pays-Bas, cette Vannetaise, spécialiste Data, a créé NéoBreizh studio en 2025. « L’idée est d’imaginer une IA labellisée Bretagne, dit-elle. Comment ? En créant une base de données bretonne, à partir de la numérisation de livres existants, pour créer un filtre de connaissance appliqué à un modèle de langage de type Chat GPT ».

    « On va apprendre à une IA à se spécialiser Bretagne. On pourra même faire des demandes en breton » s’enthousiasme Jean-Jacques Page. Le dispositif, qui devrait être lancé en 2027, sera élaboré avec la collaboration du centre de recherche SequoIA de l’université de Rennes 1. Une exposition se tiendra d’octobre à novembre, à Tiar Vro Gwened (où l’ICB a son siège), à Vannes, pour présenter ce projet.

    À Helsinki à septembre
    L’institut culturel de Bretagne n’en oublie pas, pour autant, ses missions plus classiques, notamment internationales. Il organisera, lors du prochain festival interceltique à Lorient, le deuxième forum interceltique et participera, du 17 au 20 septembre prochain, au congrès de l’union fédérale des nationalités européennes à Helsinki.

  • EN DIRECT - L’Iran dénonce les nouvelles attaques américaines et dit avoir riposté en « légitime défense » - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260830-en-direct-nouvelles-frappes-am%C3%A9ricaines-sur-l-iran-les-gardiens-de

    Quelque 10 navires ont emprunté le détroit d’Ormuz ce week-end

    Le ⁠nombre de navires ayant ​traversé le détroit d’Ormuz au cours du ​week-end est resté très bas, à cinq par jour, soit une fraction de ce qu’était le trafic avant la ​guerre ‌entre l’Iran et les États-Unis, ⁠en raison de la crainte des armateurs de voir leurs bateaux ‌attaqués, selon des données publiées lundi.

    Ces chiffres de #Kpler ⁠pourraient évoluer, certains navires ayant désactivé leurs transpondeurs lors de leur traversée. Vendredi, 14 bateaux ​avaient emprunté le détroit, dont un ‌très gros pétrolier transportant deux millions de baril de brut qatari qui a navigué avec ses transpondeurs désactivés.

    Avant ‌le déclenchement de la guerre contre l’Iran par les États-Unis et ​Israël le 28 février, entre 130 et 140 navires traversaient chaque jour le détroit d’Ormuz.

  • Un militant acquitté d’incitation au soutien au Hamas
    21 août 2026 | BBC
    https://www.bbc.com/news/articles/cwym4gg7vr1o

    Un militant juif a été innocenté de l’accusation d’avoir appelé à soutenir le Hamas sur les réseaux sociaux après les attaques du 7 octobre.

    Tony Greenstein, 72 ans, de Brighton, était accusé d’un chef d’accusation d’appel à soutenir une organisation terroriste interdite en lien avec trois publications qu’il avait mises en ligne, à la suite de l’attaque menée par le Hamas contre Israël en 2023.

    Greenstein, dont le père était un rabbin juif orthodoxe, a qualifié Gaza de « prison humaine » et a déclaré devant la Cour d’assises de Kingston que, bien qu’il estime que l’attaque était « justifiée », il ne soutient pas le Hamas.

    Le jury a déclaré Greenstein non coupable après un peu plus de deux heures de délibération.

    Dans ses publications sur les réseaux sociaux, Greenstein avait écrit : « Merci de partager. Soutien total au soulèvement du ghetto de Gaza », a-t-on entendu à la cour.

    Les jurés ont appris que ces publications comportaient des liens vers un blog, qui contenait la phrase que l’accusation avait qualifiée d’appel au soutien du Hamas : « L’heure du combat a sonné. Quelles que soient les critiques que l’on puisse formuler à l’encontre du Hamas, nous devrions le féliciter pour cette attaque audacieuse et bien planifiée contre l’ennemi sioniste. »

    Greenstein a fait valoir que « féliciter » le Hamas était une figure de style et a qualifié l’affirmation du ministère public d’« absurde ».

    Témoignant devant le tribunal jeudi, Greenstein a déclaré que les Palestiniens étaient « enfermés » depuis 57 ans et a ajouté que « la classe dirigeante de ce pays… ferme les yeux sur le génocide ».

    Il a déclaré : « Lorsqu’une puissance coloniale opprime un autre peuple, celui-ci a le droit de résister. »

    La juge Sarah Plaschkes, KC, a mis en garde M. Greenstein contre le fait de traiter ce procès comme un « forum politique » et a précisé que le jury « ne se préoccupait pas des événements au Moyen-Orient ».

    M. Greenstein a déclaré à la cour que Gaza était « une cage dans laquelle vivaient des gens ».
    « Imaginez que vous ne puissiez pas vous échapper d’une zone située à 25 miles au nord d’ici et large de cinq miles, et imaginez devoir y vivre sans être autorisé à en sortir », a-t-il déclaré.

    Le tribunal a appris qu’il avait également longuement exprimé son désaccord avec le Hamas sur son blog, qui compte plus de 3 500 articles.

    Parmi les titres des articles publiés par Greenstein figurait « Le Hamas fait tout pour rendre la vie des Palestiniens misérable », et il encourageait ceux qui se faisaient des « illusions » sur le Hamas à « y réfléchir à deux fois ».

    L’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023 a fait environ 1 200 morts, tandis que 251 autres personnes ont été prises en otage.

    Depuis lors, plus de 73 000 personnes ont été tuées par les opérations militaires israéliennes à Gaza, selon le ministère de la Santé du territoire, dirigé par le Hamas – des chiffres considérés comme fiables par l’ONU.

    • In a stinging rebuke to the judge, the jury members unanimously acquitted him after just two hours of deliberation. As it turned out, it was not Greenstein on trial; it was British justice.

      Once given a chance to hear all the facts, not just the ones curated by the Crown, the jury accepted Greenstein’s arguments, including his accusation that the judiciary were readily conniving in the growing authoritarianism unleashed by the UK state’s complicity in genocide.

      Which may explain why Greenstein’s landmark victory in a case with huge implications for free speech – and the right to speak out on the British state’s partnership in Israel’s genocide – was almost entirely ignored by the establishment media.

      Et aussi :

      Fearful that the judge would punish his barrister for delivering a closing speech that properly defended him, Greenstein instead spoke directly to the jury.
      [...]
      Greenstein had to dismiss his barrister for the closing speech because, had the barrister spoken to the jury as Greenstein himself did, he would have most likely shared the fate of another distinguished lawyer, Rajiv Menon KC.

      Menon is facing contempt of court proceedings over his masterful closing speech in the trial of six Palestine Action defendants [...] As a result of Menon’s speech [...] the jury refused to convict any of the defendants of any of the offences for which the state had put them on trial.

      The judge in that case, Jeremy Johnson, was so eager to make an example of Menon – and intimidate other lawyers so they would be dissuaded from giving other Palestine solidarity activists a proper defence – that he managed to abuse the established legal procedure specifically designed for contempt of court referrals.

  • « Le débat qui oppose « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du réel »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/30/voila-ce-que-pourrait-etre-une-politique-migratoire-mediterraneenne-organise

    « Le débat qui oppose « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du réel »
    Tribune Hakim El Karoui
    Fondateur du Comité d’action pour la Méditerranée
    Après la crise à Ceuta, cet été, l’essayiste Hakim El Karoui note, dans une tribune au « Monde », les incohérences de la politique migratoire en Europe, en s’appuyant sur les données du dernier rapport du Comité d’action pour la Méditerranée, dont il est le fondateur.
    La crise survenue cet été à Ceuta [enclave espagnole située au Maroc], marquée par l’arrivée subite de 72 000 personnes en territoire européen, a ravivé la peur migratoire. Pourtant, le prochain grand tournant de la politique du Vieux Continent en la matière ne sera pas celui que l’on croit. Alors que le débat public porte sur la manière de réduire l’immigration, la principale question qui se posera aux gouvernements européens sera bientôt de savoir comment attirer les travailleurs étrangers, dont leurs économies auront besoin. D’ailleurs, ce basculement a déjà commencé.
    L’Italie en offre sans doute l’illustration la plus spectaculaire. En juin 2022, Giorgia Meloni, à l’époque encore dans l’opposition (elle allait devenir présidente du conseil en octobre), venait soutenir, en Andalousie, la candidate espagnole d’extrême droite de Vox, dénonçant au passage l’« immigration massive » et réclamant des frontières sécurisées. Neuf mois plus tard, à Cutro [en Calabre], après la mort en Méditerranée de 94 personnes, elle justifiait le rétablissement du decreto flussi [décret sur les flux migratoires] par les besoins du « monde productif » italien. Le dispositif devait permettre l’arrivée de 452 000 travailleurs étrangers entre 2023 et 2025, puis de près de 500 000 autres entre 2026 et 2028. Depuis que Mme Meloni est au pouvoir, l’immigration dans la Péninsule a crû de plus de 10 %.
    L’ancien premier ministre hongrois Viktor Orban (de 2010 à 2026) a suivi, avec moins de publicité encore, une trajectoire comparable. Celui qui avait fait de la lutte contre l’immigration l’un des piliers de son pouvoir a largement ouvert son pays aux « travailleurs invités ». Selon Eurostat, le nombre de nouveaux permis de séjour y est passé de 20 751 en 2015 à 87 624 en 2024, soit, rapporté à la population, plus que la moyenne européenne et presque deux fois le niveau français.
    Quant au gouvernement social-démocrate danois, vanté en général par l’extrême droite pour sa « politique migratoire intransigeante et dissuasive », il a délivré en moyenne trois fois plus de permis de séjour que la France en 2024 – 1,43 % de sa population, soit 86 000 nouveaux immigrés (pour une population de 6 millions d’habitants), 50 % de ceux-ci étant issus de pays n’appartenant pas à l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]. La seule baisse des flux au Danemark concerne ceux liés à l’asile, qui a été presque supprimé (11 000 réfugiés en 2015, 875 en 2025). Drôle de conception de la social-démocratie !
    On peut se moquer de l’incohérence des dirigeants européens et de leur double discours. Il est plus intéressant de comprendre les raisons de cette politique. Ils font, une fois au pouvoir, ce que leur démographie leur impose. En 2024, le taux de fécondité dans l’Union européenne est tombé à 1,34 enfant par femme. Sans immigration, la population européenne en âge de travailler pourrait diminuer de 20 % d’ici à 2050 (une baisse de 287 millions à 227 millions des 15-64 ans) – avec un recul de 31 % en Italie et de 29 % en Espagne. Les politiques natalistes peuvent atténuer cette tendance, de même que l’augmentation du taux d’activité des femmes et des seniors. La robotisation, quant à elle, supprimera certains besoins de main-d’œuvre. Toutefois, aucune de ces réponses ne suffira.
    Surtout, les pénuries ne touchent plus seulement quelques métiers peu qualifiés, dont on imaginerait facilement l’automatisation. Elles frappent désormais l’ensemble de l’économie. Dans le secteur de la construction, un travailleur sur quatre est étranger en Allemagne et en Espagne ; plus de 15 % des médecins exerçant outre-Rhin et en France ont été formés à l’étranger ; en Italie, 70 % des auxiliaires à domicile sont étrangers. Les besoins concernent également les ingénieurs, les informaticiens, l’hôtellerie, les travailleurs saisonniers et les personnels de santé. La proportion de diplômés parmi les métiers européens en pénurie augmente elle-même. L’immigration de travail n’est donc plus une hypothèse destinée à répondre au vieillissement futur : elle est déjà constitutive du fonctionnement de nos économies.
    De ce point de vue, le débat qui oppose invariablement « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du problème réel. La bonne question n’est pas de décider s’il y aura ou non une immigration de travail (il y en aura), mais plutôt de savoir si elle continuera à se faire dans le désordre ou si nous déciderons enfin de l’organiser, et ce, dans l’intérêt de toutes les parties.
    En effet, une immigration nécessaire n’est pas toujours une immigration réussie. L’Espagne en apporte une démonstration utile. Après la réforme de 2022, le nombre de travailleurs immigrés a progressé dans les secteurs en pénurie, mais plus encore dans ceux où il y avait déjà un surplus de main-d’œuvre. En Italie, la bureaucratie du decreto flussi produit une autre absurdité : en 2025, moins de 8 % des quotas ouverts ont effectivement abouti à l’obtention d’un titre stable. De ce fait, des étrangers sélectionnés pour un emploi stable peuvent se retrouver en situation irrégulière avant même d’avoir pu l’occuper.
    Ceuta, Lampedusa, les naufrages en Méditerranée et les campements improvisés sont les différentes manifestations d’un même échec. Nous avons organisé la fermeture des frontières beaucoup plus sérieusement que les voies permettant de les franchir légalement. Et nous nous étonnons que la mobilité s’organise elle-même, par les passeurs et par le marché noir du travail.
    Il existe pourtant une autre voie, comme le suggère l’Allemagne. Son accord avec l’Inde va au-delà de l’annonce d’un quota d’entrées puisqu’il a pour objectif de construire une filière. Des dispositifs évaluent les qualifications en amont, facilitent la reconnaissance des diplômes et orientent les travailleurs vers les domaines qui recrutent. Environ 90 000 travailleurs indiens arrivent ainsi chaque année en Allemagne. Leur salaire médian est supérieur de 1 200 euros par mois à celui des travailleurs allemands et leur insertion se concentre sur les secteurs en tension. Les demandes d’asile, elles, ont été divisées par deux depuis 2021. C’est ce passage de la migration subie à la mobilité organisée qui devrait inspirer la politique européenne.
    Néanmoins, il faut aller plus loin, car attirer les médecins, les ingénieurs ou les informaticiens dont nous avons besoin peut résoudre un problème européen, et en aggraver un autre de l’autre côté de la Méditerranée. Les pays d’Afrique du Nord connaissent toujours une croissance démographique positive et peinent souvent à offrir un emploi à leur jeunesse diplômée. Ils n’ont pas pour autant intérêt à financer la formation de médecins ou d’ingénieurs immédiatement recrutés à Paris, à Berlin ou à Milan. La fuite des cerveaux représente déjà une perte considérable. Le rapport du Comité d’action pour la Méditerranée, paru le 1er juillet, estime le seul coût annuel de formation des médecins et ingénieurs expatriés entre 172 millions et 214 millions d’euros pour le Maroc, de 420 millions à 510 millions pour l’Algérie, et autour de 325 millions pour la Tunisie. En Egypte, 120 000 des 220 000 médecins enregistrés auprès de l’ordre exerçaient à l’étranger en 2024.
    Une politique qui consisterait simplement à piller les compétences du Sud ne serait ni juste ni durable. Tôt ou tard, les Etats d’origine chercheraient à retenir leurs diplômés, et l’Europe se retrouverait en concurrence avec le Golfe, les Etats-Unis ou le Canada pour attirer une ressource de plus en plus rare. C’est ici que doivent s’exprimer les « solidarités de fait ». Elles consistent à ne plus traiter séparément les besoins européens de main-d’œuvre et les besoins méditerranéens de formation, mais à construire des mécanismes dans lesquels chacun trouve son compte.
    L’Europe souhaite plus de médecins ? Dans ce cas, qu’elle contribue à en former davantage au Sud, pour les systèmes de santé locaux comme pour les siens. Elle manque d’ingénieurs ? Eh bien, qu’elle investisse, de concert avec les universités marocaines, tunisiennes, égyptiennes ou algériennes, dans des filières qui forment plus d’ingénieurs qu’elle n’en recrute. Les pays du Sud veulent des emplois pour leurs diplômés et des moyens accrus pour leurs universités ? La mobilité peut précisément devenir l’un des instruments de leur financement.
    Lorsqu’un joueur de football professionnel change de club, la fédération internationale organise automatiquement une compensation au profit des structures qui l’ont encadré. Pourquoi ne pas imaginer un mécanisme comparable pour le capital humain ? Un « passeport des talents » retracerait le parcours d’un médecin ou d’un ingénieur et, lorsqu’il serait recruté par une entreprise ou un hôpital européen, une contribution alimenterait l’institution qui l’a formé, avec un seul objectif : permettre au pays d’origine de former davantage.
    On peut y ajouter des échanges « dette contre formation ». Si ne serait-ce que 10 % de certaines créances bilatérales détenues par les grands Etats européens étaient converties en investissements éducatifs, le rapport estime que l’on pourrait financer, au Maroc, la formation de 16 000 ingénieurs supplémentaires. Le mécanisme n’a rien d’utopique : l’Egypte pratique depuis longtemps des conversions de dette avec l’Allemagne et l’Italie, dont une partie finance déjà l’éducation et la formation professionnelle.
    Voilà ce que pourrait être une politique migratoire méditerranéenne : non plus négocier quelques visas contre la surveillance d’une frontière, mais organiser ensemble la formation, le recrutement, la circulation et, lorsque cela est possible, le retour des compétences, dans l’intérêt partagé des pays du Nord et des pays du Sud. Cartographier chaque année les pénuries, métier par métier, territoire par territoire ; former en amont ; apprendre la langue du pays d’accueil ; reconnaître les diplômes ; donner aux étudiants étrangers formés en Europe une voie claire vers les métiers en tension ; permettre la mobilité circulaire ; associer entreprises, universités et Etats à son financement : tout cela serait moins spectaculaire qu’un sommet consacré à la « maîtrise des flux », mais beaucoup plus efficace. Ce serait, en outre, une façon élégante et efficace de retirer aux pays du Sud le levier politique consistant à menacer d’une crise migratoire les pays européens qui sont en désaccord avec eux.
    La construction européenne elle-même n’a pas commencé par une déclaration abstraite d’unité. Elle a commencé par la mise en commun du charbon et de l’acier, c’est-à-dire par la mutualisation d’intérêts suffisamment concrets pour produire de l’interdépendance. Le charbon et l’acier d’aujourd’hui pour l’Europe vieillissante, ce sont la jeunesse et la formation. Dans la Méditerranée du XXIe siècle, le capital humain peut être le fondement d’une « CECA [Communauté européenne du charbon et de l’acier] migratoire », où l’investissement commun dans la jeunesse et la formation permettra d’organiser les mobilités, au bénéfice des deux rives. C’est ainsi que l’on remplacera progressivement l’anarchie des migrations par une mobilité organisée, et que Ceuta cessera d’être l’horizon de la relation entre les deux côtés de la Méditerranée.
    Hakim El Karoui est fondateur du Comité d’action pour la Méditerranée et l’auteur du rapport « La Méditerranée par le travail : un partenariat pour l’avenir », paru le 1er juillet.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#crisemigratoire#mobilite#politiquemigratoire

  • Panama Canal Congestion Drives Gas Tankers To Unusual Routes
    https://gcaptain.com/panama-canal-congestion-drives-gas-tankers-to-unusual-routes

    Aug 28, 2026 (Bloomberg) –Growing congestion at the Panama Canal is forcing some gas tankers into unusual journeys, from a rare detour around South America to the possible emergence of shuttling through the waterway.

    Two supertankers were recently observed conducting an unusual ship-to-ship transfer off Balboa port on Panama’s Pacific Ocean coast, according to vessel-tracking data, traders and shipbrokers. The process allows one of the tankers to shuttle back and forth through the canal to ensure the steady flow of liquefied petroleum gas to Asian customers, traders said.

    The Iran war has diverted more traffic through the canal, while authorities tightened restrictions on how much cargo vessels can carry along with the number of ships that can cross due to drier conditions triggered by El Niño. Waiting times for vessels that haven’t made bookings in advance to transit the waterway have grown in recent months and some operators are paying millions of dollars to jump the queue. 

    There are currently 14 ships waiting near the canal without reservations, while there’s a total of 115 scheduled to transit, a canal spokesperson said Friday. Of the 14 vessels without bookings, those seeking northbound passage face a maximum wait of 8 days, while those looking to go south have to wait as long as four days, the spokesperson said.

    The biggest impact has been on wider Neopanamax vessels, which are typically used to ferry LPG from the US Gulf Coast to Asian customers. Rates and wait times for the narrower Panamax tankers, which go through a separate set of locks, haven’t increased as much, according to traders.

    Off Balboa, the Panamax Energia Grandeur is transferring its cargo to the Eneos Wisdom, a Neopanamax tanker. The Energia Grandeur was previously carrying LPG across the Pacific toward Japan before U-turning. The move suggests its charterer saw more value in deploying the ship to shuttle gas through Panama, rather than tying it up on a month-long journey to Asia, traders said.

    The two supertankers were chartered by TotalEnergies SE. The French oil and gas major, along with Eneos Holdings Inc., which owns a stake in the ship manager of Eneos Wisdom, declined to comment. MOL Energia Pte., the owner and ship manager of Energia Grandeur, did not respond to a request for comment. 

    Separately, the Panama logjam has prompted another supertanker, Gas Scorpio, to embark on a rare voyage around South America in order to load a cargo in the US, a costly trip that adds around a month of transit time. The vessel is currently off Chile. A similar voyage was last made in 2023, after low rainfall snarled traffic through the waterway.

    “The global LPG market is already stretched thin from Strait of Hormuz tensions, and the Panama Canal is one more disruption it simply couldn’t afford,” said Julian Renton, lead analyst covering natural gas liquids at East Daley Analytics. “It’s a vivid illustration of how geopolitics, climate, and energy security are colliding in real time.”

  • Un faux groupe de réflexion américain, créé et financé par Israël, cherchait à manipuler l’IA à des fins de propagande
    Jason Wilson | Mercredi 26 août 2026, 13 h 00 CEST| The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2026/aug/26/fake-thinktank-israel-ai-propaganda

    Dans le but de conditionner des chatbots à présenter des arguments pro-israéliens, le site a publié 124 rapports, soit plus de 560 000 mots en neuf jours, comme le révèle une analyse du Guardian

    Un site web de diffusion de messages pro-israéliens, arborant le nom d’un groupe de réflexion qui n’existe pas, a publié plus d’un demi-million de mots en neuf jours, en s’appuyant sur une plateforme commerciale qui promet d’optimiser le contenu afin que les chatbots basés sur l’IA le citent.

    Le site présente la position d’Israël sur des sujets tels que la torture des prisonniers palestiniens, les crimes de guerre israéliens et la question de savoir si Israël a délibérément affamé les Palestiniens de Gaza, le tout présenté comme une recherche neutre.

    La société de production médiatique new-yorkaise Piro Inc a déclaré ce site auprès du ministère américain de la Justice ce mois-ci en vertu du Foreign Agents Registration Act (FARA), une loi de 1938 qui oblige toute personne travaillant pour un gouvernement étranger à le déclarer officiellement, en tant que contenu diffusé pour le compte du gouvernement israélien.

    Le site publie au nom de l’Hanover Institute for Public Policy, qui n’existe apparemment pas en tant qu’entité juridique dans aucune juridiction, ne dispose d’aucune adresse physique et ne mentionne aucun membre du personnel ni aucune signature sur aucun de ses rapports. Ses propres conditions d’utilisation sont régies par les lois de « l’État dans lequel l’Institut est établi », dont il refuse de révéler le nom.

    L’existence du site a été signalée pour la première fois le 14 août. Depuis lors, l’institut a ajouté une page intitulée « Financement », qui précise : « Une version antérieure de cette page indiquait que l’institut fonctionnait sans financement externe, ce qui était vrai au moment de sa rédaction. »

    Ce site s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large, financée par des dizaines de millions de dollars provenant du gouvernement israélien et acheminés par l’intermédiaire de tiers, notamment le groupe publicitaire européen Havas Media, visant à programmer des chatbots pour qu’ils défendent la cause d’Israël. Un contrat entre Havas et une autre entreprise américaine travaillant sur cette campagne prévoit le « déploiement de sites web et de contenus destinés à produire des résultats de cadrage GPT lors de conversations GPT ».

    Le Guardian a contacté Piro Inc, Havas Media et l’agence de publicité du gouvernement israélien LaPam pour obtenir leurs commentaires. Des commentaires ont également été sollicités via une adresse e-mail de contact publiée sur le site web de l’Institut Hanover.

    Cela intervient à un moment où l’image d’Israël auprès de l’opinion publique américaine s’est effondrée, et où les responsables israéliens ont commencé à faire savoir aux médias que l’argent dépensé pour les efforts dits de « Hasbara » en matière de diplomatie publique à l’étranger avait été gaspillé. (...)

    #Hasbara

  • Vis ma vie de dév en 2026 – Pour la Science, n° 587
    Thomas Gerbaud.
    lecture chaudement recommandée…

    à feuilleter en kiosque, p. 64-65…

    Une journée comme une autre dans une entreprise de technologie. Les outils d’IA générative ont un impact direct sur notre métier. Témoignage d’une développeuse à peine fictive.

    … ou en version en ligne (avec #paywall), titre et chapeau assez différents…

    L’IA devait aider les développeurs, elle les condamne à relire du mauvais code | Pour la Science N° 587
    https://www.pourlascience.fr/sr/redresseur-de-code/je-n-ecris-plus-je-relis-du-code-genere-par-l-ia-le-quotidien-d-une-de

    Et si le vrai coût de l’IA en entreprise n’était pas le code qu’elle écrit, mais la compréhension qu’elle remplace ? Récit fictif d’une développeuse qui voit son métier glisser de l’architecture vers la relecture de code généré par des agents.

    Hier j’ai passé deux heures à relire une pull request (PR) générée par le PM. Pas un dév, un product manager. Il a branché Cursor sur le repo, a décrit ce qu’il voulait, et il a ouvert une PR. Les tests automatiques avaient validé son code. Mais, surprise : le code ne faisait pas ce qu’il prétendait faire. Fatiguant.

    Dans ce code, une fonction de 80 lignes gérait à la fois la validation métier, l’accès à la base SQL et le formatage de la réponse HTTP. Aucune séparation de responsabilité, aucune réutilisation de code pré-existant. Le genre de truc qu’on corrige chez un stagiaire en semaine 2. Sauf que là, c’est en prod et c’est le PM qui a mergé sa propre branche sur main parce que les tests sont verts. Depuis quand son agent a les droits, déjà ! ? J’ai mis quarante minutes à écrire un commentaire suffisamment diplomatique pour ne pas déclencher une n-ième réunion de crise. Enfin, moi j’ai écrit la version franche, Claude l’a rendue acceptable.
    […]

    • c’est le PM qui a mergé sa propre branche sur main

      En dehors de personnes devs, je me demande qui comprend un tel charabia professionnel ?
      Tant qu’à rester sur terre, si tu te poses la question voici un semblant de traduction :

      c’est le responsable des produits qui a fusionné sur la branche en production sa propre branche sans même avoir été relu par un+e humain contrairement aux pratiques d’approbation des participants au code mutualisé sur une plateforme GIT.

    • Discussion avec un consultant intervenant dans une équipe d’un CAC40. Les dévs ont un budget de tokens de 1000€ par jour. C’est épatant. Lui, il a budget illimité. L’équipe a un budget de 100K€ mensuel de licences. Ils ne le consomment qu’à moitié.

      J’ai pas creusé. J’ignore la signification précise de ce qu’il m’a indiqué.

      Je suis épaté de ce que notre métier est en train de devenir, sous l’impulsion de ces gens convaincus qu’ils sont montés dans le bon bateau.

    • J’entends des collègues très à l’aise avec les LLM, qui ne se plaignent ni de accoutumance (du LLM, pas l’humain), qui sauvegardent leurs prompts, qui ont tout plugué avec tout (comme dans l’article, GitHub via agent et MCP), et pourtant quand je vois ce qu’ils en font, je ne trouve pas ça tellement mieux que mes simples chat opportunistes et en dilettante avec Deepseek (pour le boulot).
      A part se sentir en meilleure pratique, je ne vois pas par où ils se distinguent.

    • J’ai créé le code (php,js,html,css,json) et fait évoluer l’ensemble des fonctionnalités d’un site de vente en ligne durant une vingtaine d’années sur un CMS français (sur lequel je reversais mes contributions) avec quand même 18 ans de bénévolat.
      Le client, malgré de longues explications, c’est là ou ton statut de dev doit comprendre les enjeux diplomatiques, avait du mal à entendre ni mes conseils (les informaticiens vous êtes bien tous les mêmes ai-je entendu un jour) ni que le site soit en évolution constante ni qu’il faille adjoindre temporairement d’autres personnes au projet.
      Résultat ? le client est parti voir ailleurs puis encore ailleurs et après un an et vu l’état du bousin aujourd’hui, une IA a dû passé par là pour massacrer l’ensemble et le porter sur un CMS américain bien pourri. Ce qui me chagrine c’est au final le pur gachis, ce joli site peaufiné dans ses moindres détails est devenu môche et surtout plus rien ne marche, même les process de la boutique n’aboutissent plus !
      Sans parler de la reprise de toutes les photos par des IAs pour des sites qui vendent les mêmes produits et ne s’embarrassent pas d’éthique pour se placer au premier rang des moteurs de recherche en mulitpliant les copies de code et de textes.

      Bref, les iAS sans derrière un cerveau humain en état de fonctionnement pour exceller dans les pratiques du web qui sont complexes et relèvent d’un métier proche de l’artisanat avec des années de pratique, c’est vraiment de la merde. Et puis, en patriarchiasse, j’ai un handicap élevé, je suis une femme, on peut donc reprendre mes sites et s’approprier mes codes sans même me contacter pour savoir si je peux aider et donc avant c’était « si une femme le fait je peux le faire » maintenant un cerveau normalisé au masculinisme ambiant c’est « si une femme le fait je peux le faire dix fois mieux avec une IA ».
      Ben non, raté, #droit_dans_le_mur

    • Mais dans quelle boîte laisse-t-on quelqu’un du fonctionnel pousser du code en prod ?? C’est un niveau de connerie assez fou quand même.
      De mon côté, petite note optimiste mais je trouve que la hype redescend un peu. Certes les IA sont là mais ce n’est plus considéré comme complètement magique dans le milieu tech. Maintenant j’attends que la bulle explose pour donner le coup de grâce (alors, on aura probablement encore de l’IA mais à mon avis beaucoup moins vu que les coûts risquent d’exploser).

  • Symboles nazis, insultes racistes, élèves harcelés : une prépa catholique parisienne mise en cause [24 juin 2026]
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-reportage-de-france-inter/le-grand-reportage-du-mercredi-24-juin-2026-9231720

    Un autre professeur affirme, lui, avoir alerté la direction dès 2015 sur ce qu’il décrit comme des dérives préoccupantes : « Par curiosité, un soir, j’ai assisté à une messe avec l’aumônier de l’établissement. Ce dernier expliquait pendant la messe qu’il fallait reprendre le contrôle de la France face aux Juifs et aux francs-maçons, qu’il disait omniprésents. Et à la sortie de la messe les étudiant tractaient pour l’action française ». Un autre épisode l’a marqué : « En 2017, j’ai dû moi-même décrocher un portrait de Franco [dictateur espagnol, au pouvoir entre 1936 et 1975] affiché en salle des élèves. » Cet enseignant affirme avoir lui aussi alerté Eric Barbier : « Il me répondait systématiquement qu’il ne fallait pas faire de vagues, afin de ne pas mettre en danger l’École normale catholique. Mais qu’est-ce qui est plus dangereux que la #fascisation d’un établissement ? »

    #enseignement_privé_catholique #racisme