• Fichage génétique : la majorité renonce à l’extension du Fnaeg
    https://www.mediapart.fr/journal/france/051218/fichage-genetique-la-majorite-renonce-l-extension-du-fnaeg

    Au début du mois de novembre, les députés LREM, soutenus par le ministère de la justice, avaient adopté un amendement étendant considérablement le domaine d’application du Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg). Finalement, lors du vote final, un amendement de suppression communiste soutenu par le gouvernement a été voté. Les députés ont finalement abandonné, mardi 4 décembre, leur projet d’extension du domaine d’application du Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg) dénoncé par les (...)

    #génétique #biométrie #surveillance #FNAEG


  • Macron met les droits de l’homme en sourdine
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/05/macron-met-les-droits-de-l-homme-en-sourdine_5392727_3232.html

    La question des droits humains n’est plus centrale dans la politique extérieure française, le chef de l’Etat privilégiant une approche au cas par cas plus pragmatique, analyse le journaliste du « Monde » Marc Semo.

    Il était une fois la politique des droits de l’homme… Affichée pendant ce dernier quart de siècle par une diplomatie française héraut d’un droit d’ingérence humanitaire dont elle fut l’inventeur, la question n’est plus centrale dans la politique extérieure. Le chef de l’Etat l’insère dans le cadre plus général de son combat pour le multilatéralisme, le développement et la préservation des « biens communs » de l’humanité. « Les droits de l’homme n’intéressent ni Emmanuel Macron ni Jean-Yves Le Drian, ce n’est pas leur truc, et c’est vrai aussi pour la classe politique en général », soupire un diplomate.

    Révélateur à cet égard est la relative discrétion des autorités françaises à propos du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme solennellement adoptée à Paris, au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948 par 50 des 58 pays alors membres de l’ONU. Aucune voix contre, mais huit abstentions, dont celle de l’Union soviétique. Le Quai d’Orsay organise une grande cérémonie avec diverses tables rondes et invités de marque de la société civile comme des ONG mais rien n’est prévu à l’Elysée.

    #paywall



  • Les « gilets jaunes », qu’est-ce que c’est ?
    http://theconversation.com/les-gilets-jaunes-quest-ce-que-cest-108213

    Pour être visibles et audibles, et attirer l’attention des médias, les gilets jaunes sont déjà venus à deux reprises à Paris, et ont tenté de manifester au plus près des lieux symboliques du pouvoir. La réussite, de ce point de vue, a été dans l’impact médiatique dû aux affrontements avec les forces de l’ordre et non pas tant à une présence massive de « gilets jaunes », en fait peu nombreux.

    #michel_wieviorka

    • C’est ainsi que quatre tendances se dessinent, au moins.

      La première – transmission en langage politique du discours des acteurs quand ils scandent « Macron démission ! » – consiste à exiger un référendum. Ce qui, dans la tradition française et compte tenu des circonstances, ne peut être qu’un plébiscite à l’envers : la question en serait dictée par les contestataires, et le résultat prévisible en serait la mise en échec du président, avec à la clé son départ.

      La deuxième est une mise en forme politique de l’idée « dégagiste » selon laquelle il faut en finir avec les parlementaires en place. Elle passe par la dissolution de l’Assemblée nationale, et ne peut aboutir qu’à une cohabitation, puisque le président reste en place dans une telle hypothèse.

      Troisième tendance : l’autoritarisme, qui commence à se faire entendre. Il est alors demandé à la tête du gouvernement un nouveau premier ministre qui ait de la poigne – le nom du Général de Villiers circule dans certains milieux, vraisemblablement à son corps défendant. Parfois encore, quatrième tendance, il redevient question d’un changement institutionnel radical, et le thème de la « VIe République » refait alors surface.

      Ainsi, faute de niveau intermédiaire dans le système politique et social institutionnel, les demandes du mouvement deviennent des projets politiques au sommet. Elles ne sont susceptibles d’aboutir alors qu’au prix d’un spasme social prolongé et paralysant pour le pays, encouragé par des politiciens désireux non pas de voir ramener rapidement la paix, le dialogue et la négociation que de faire vivre les tensions incarnées par le couple paradoxal gilets jaunes–violence.


  • Le monde découvre le “Printemps Français”
    http://www.dedefensa.org/article/le-monde-decouvre-le-printemps-francais

    Le monde découvre le “Printemps Français”

    5 décembre 2018 – On connaît l’importance que nous accordons à la communication ; là-dessus, on connaît l’importance que nous accordons à la communication antiSystème, et, dans ce contexte, à la presse antiSystème ou “alternative” ; l’on connaît, enfin, l’importance que nous sommes obligés d’accorder, dans tous ces domaines, à la langue anglo-américaine dans la communication (y compris antiSystème) et à la communication de la presse antiSystème aux USA.

    (Dans ce cas, nous laissons de côté la presseSystème internationale et anglo-saxonne, et US certes, qui, elle, parle des Gilets-jaune depuis le début. Cette presseSystème est complètement orientée, sur la défensive devant tout ce qui rappelle la poussée populiste. Directement, elle n’a aucun rôle dans la recherche de la (...)

    • Par conséquent, l’importance considérable que ZeroHedge.com accorde brusquement aux événements français, depuis dimanche et les événements de samedi, est pour nous un signe convaincant que la communication anglophone/USA/antiSystème :

      1) a pris conscience de l’importance des événements français ; et

      2) qu’elle leur a donné, ce faisant, c’est-à-dire par cette intervention elle-même, une importance supplémentaire en les haussant justement au niveau mondial, en en faisant par le fait de leur soudain intérêt une crise mondiale... Comme l’écrivaitWSWS.org lundi matin, effectivement « ...[c]es événements constituent un tournant décisif non seulement pour la France et l’Europe, mais pour le monde entier. »

      Qu’est-ce qui a causé cet événement de la Grande Diffusion globale de communication de l’événement français depuis le week-end ? Son importance sur la durée dira-t-on, mais beaucoup plus sûrement le paroxysme de violence de samedi perceptible dans la communication, et principalement selon nous le symbolisme formidable de l’image de l’Arc de Triomphe devenu enjeu de la bataille de rue ; l’Arc-de-Triomphe, symbole de Paris-en-France, à la différence de la Tour Effel à notre sens, qui est plutôt le symbole de Paris-seul, ou Paris et la modernité. (Dans tous les cas, interprétation symbolique n’impliquant nullement dans notre chef ni un jugement de valeur, ni un jugement esthétique.)

    • Suit l’énumération de quelques «  explications  » vues de l’(étrange !) étranger…

      Autre son de cloche qui montre bien l’internationalisation et la diversification de la découverte et de la perception avec l’imagination “en marche” de la crise Gilets-jaune hors de France : la thèse selon laquelle ce mouvement est du type #regime_change, instrumentée par des USA extrêmement prompts à réagir et à mobiliser ”les esprits et les cœurs” devant les projets macroniens d’“armée européenne” soi-disant concurrente de l’OTAN, selon le compte-rendu du réseau TV russe Vesti Nedeli ; les Gilets-jaunes défenseurs de l’OTAN, voilà une interprétation originale, tout comme une autre thèse de la même tendance, celle où les Gilets-jaune seraient manipulés par la Grande-Bretagne, avec un parallèle avec Kadhafi...

      De la même Russie, la Française Karine Bechet-Golovko sur son site Russie politics dédié à « l’actualité russe en français » et qui, pour cette fois, évalue l’actualité française vue de Moscou dans un article qui fait des Gilets-jaunes une insurrection contre la postmodernité macronienne, et de « Macron, la caricature de Porochenko : c’est peu dire ».


  • Île de Pâques : le combat du peuple Rapa Nui pour la restitution de son patrimoine culturel
    https://www.franceculture.fr/sculpture/ile-de-paques-le-combat-du-peuple-rapa-nui-pour-la-restitution-de-son-

    C’est le symbole de l’Île de Pâques. Le moaï est devenu indissociable de cette île, rattachée au Chili depuis 1888, comme la Tour Eiffel l’est pour Paris. Près de mille statues aux airs de géant de pierre se dressent encore aujourd’hui sur cette île de 166 km2, située entre Tahiti et les côtes chiliennes. Mais certaines oeuvres manquent à l’appel et sont exposées dans des musées à l’étranger, comme à Paris, quai Branly. 150 ans après la disparition du moaï Hoa Hakananai’a, une délégation de l’Île de Pâques s’est rendue mardi 20 novembre au British Museum de Londres pour réclamer la restitution de la statue. La statue a été emportée sans autorisation en 1868 par un navire britannique. La reine Victoria l’avait ensuite offerte au musée londonien, mal à l’aise devant cette représentation dénudée.

    Cette revendication date en fait d’une trentaine d’années et s’inscrit dans un combat pluriel du peuple Rapa Nui. Sa terre est d’ailleurs sur le point de changer officiellement de nom pour s’appeler « Rapa Nui - Isla de Pascua ». « Nous voulons faire un acte de reconnaissance historique, de revendication : reconnaître l’origine et l’histoire millénaire de l’île », a ainsi déclaré le président du Chili, Sebastián Piñera. Le musée norvégien Kon-Tiki pourrait d’ores et déjà avoir créé un précédent : il vient lui de s’engager à restituer toute sa collection de pièces archéologiques et photographies de Rapa Nui.

    #restitution #art #musée #colonialisme #Ile_de_Pâques #Rapa_Nui

    • Les colonisateurs se sont appropriés les richesses et les œuvres d’art partout où ils passaient.
      Quand tu visites les musées européens, tu retrouves partout les traces de ces pillages. Par exemple à Berlin, l’Autel de Pergame (Grèce) ou la Porte d’Ishtar (Babylone) ou à Paris, rien que l’Obélisque de Louxor qui trône au milieu de la concorde (avec son piédestal carrément modifié car jugé indécent) ou les collections du département de l’Egypte ancienne au Louvre. Tous les continents ont été impactés par cette voracité européenne, du palais impérial chinois aux trésors des Dogons.
      Et ça se poursuit encore aujourd’hui avec le commerce « des antiquités » il suffit de faire un tour à Drouot ou dans les salles de vente.
      Et tout ces vols sont exposés avec fierté par ces Etats dit démocratiques qui ont fait de l’Art une marchandise rentable.

      #appropriation_culturelle #tableaux_de_chasse #pillage #trophées_de_guerre


  • El narcisismo toca a la puerta como una figura aterradora
    http://www.el-nacional.com/noticias/entretenimiento/narcisismo-toca-puerta-como-una-figura-aterradora_262040

    Una escritora (Sandy Siquier) pasa por ese momento espantoso que muchos autores han enfrentado: el bloqueo imaginativo. Mientras intenta redactar un buen texto, llegan a su casa extraños paquetes con partes de un cuerpo humano. Writer’s block, dirigido por el venezolano Alex Méndez Giner, retrata el narcisismo del artista y los miedos que pueden surgir en medio del acto creativo.

    El cortometraje, cuya realización le tomó a Méndez un año, ganó el Premio al Mejor Cortometraje de la segunda edición del Festival Internacional de Cine de Autor, que se realizó en la ciudad de Guadalajara, México, del 16 al 21 de noviembre.

    Este galardón para mí es una gran alegría. Quizás es una confirmación de que lo que he venido haciendo tiene un espacio. Porque tal vez lo más difícil de ser cineasta es encontrar lugares para mostrar el trabajo. En el caso de los cortometrajes, siempre se depende de los festivales. El universo del cine se ha expandido tanto y hay tantos cortos que es complejo encontrar sitios para exhibir”, señala Méndez desde Syracuse, Nueva York, donde vive desde el año 2012.

    En 2011, el director caraqueño ganó el Premio del Público con el cortometraje Centripetal en la 14º edición del Festival Internacional de Cine de Shangai. “El de Shangai es el galardón más importante que he obtenido en mi carrera”, afirma.

    La idea de Writer’s block, que tiene una duración de nueve minutos, se le ocurrió hace ocho años. Cuando iba a cursar la maestría en Guion Cinematográfico en la Universidad Autónoma de Barcelona, presentó esa historia para ser admitido. Luego se le dio la oportunidad de realizar un proyecto con un solo personaje gracias al apoyo de Syracuse University y Whiskey Films, así que decidió materializar el filme.

    Writer’s block parece una película de terror. El tema es un poco macabro. Pero no se trata de terror, sino de cómo el artista, dentro de su narcisismo, crea pedazos de sí mismo. Es como si algo dentro de ti te persiguiera”, explica el director de 43 años de edad, que imparte clases de Producción, Cinematografía y Guion en Syracuse University, donde hizo en 1999 el Master of Fine Arts. El pregrado lo estudió en la Universidad Católica Andrés Bello, de donde egresó como comunicador social en 1998.

    • Writer’s Block Trailer, Alex Mendez Giner
      https://vimeo.com/238923316

      bande annonce d’une minute, pour un #court-métrage de huit…

      Film | Alex Mendez Giner Filmmaker
      https://www.alexmendezginer.com/film

      A writer in the middle of her creative process, receives a series of anonymous packages with morbidly disturbing content.

      Writer’s Block unfolds at the intersection of the natural and supernatural. The mysterious packages contain isolated body parts that are at once incongruous and recognizable. In exploring the relationship between fear and creativity, Writer’s Block resonates with themes embedded in Gothic literature: the fear of the shadow, the evil double and the psychically split personality. An artist’s attempt to re-create a facsimile of life is doomed: in the end, she must surrender to her creation in an ironic “ultra-narcissistic” suicide.

      In Writer’s Block, word by word, part by part, the writer’s fears and desires conspire to commit the perfect crime: tormenting the artist with her own reflection.

      #angoisse_de_la_page_blanche


  • The Holocaust and the Bush family fortune - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2018/12/05/intr-d05.html

    Ouh la la ...

    This article exposes the fact—well known to the corporate media and the politicians of both parties—that a substantial portion of the Bush family fortune was derived from the extensive business relations over many years between the Nazis and the family patriarch, Prescott Bush, George Bush Senior’s father and “Junior’s” grandfather.

    #bush #nazis #fortune quels autres hashtags ?



  • Pierre Haski & Stuart Ewen « Propaganda : la fabrique du consentement » | Archive INA - YouTube

    J’en ai regardé un peu ce matin, c’est passionnant. Trop en retard sur les projets pour aller plus loin aujoud’hui mais je suis impressionné par les qualités de Pierre Haski, et la pertinence des réflexions de Stuart Ewen. On devrait s’intéresser de plus près à tous ces processus de manipulation, ces processus qui nous sont imposés et qui nous conduisent à obéir à des injonctions obscènes, etc... ne serait-ce que pour lutter contre.

    https://www.youtube.com/watch?v=wACE6WcNuT0

    A l’heure des réseaux sociaux et de la présidence de Donald Trump, Pierre Haski interroge Stuart Ewen, historien des médias. Ce grand-entretien porte sur la fabrique de l’opinion publique, enregistré dans la cadre de la soirée Propagande & Démocratie du 20/09 au Cinéma Etoile le Saint-Germain-des-Prés à Paris. Le documentaire « Propaganda : la fabrique du consentement » est disponible sur Ina Premium

    –—

    6 questions à Stuart Ewen | Archive INA - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=f1tbl9P_qA0

    6 questions à Stuart Ewen, historien américain des médias et de la publicité que nous avons rencontré en octobre 2018, à l’occasion de son passage Paris.

    #propagande #marketing #manipulation #crapulerie #consommation #camitalisme #edward_bernay #manœuvre #fabrique_du_consentement #obéissance #neutralisation


  • Siberian region fights to preserve permafrost as planet warms | Bangkok Post: news

    https://www.bangkokpost.com/news/world/1588110/siberian-region-fights-to-preserve-permafrost-as-planet-warms

    YAKUTSK, Russia: Eduard Romanov points to a spot on a block of flats where a major supporting beam has sagged and begun to crack, destabilising the nine storeys of apartments above.

    Many houses in Yakutsk are made up of concrete panels and stand on stilts which ensure ventilation of the building’s underbelly and prevent it from heating the permafrost, the layer of mineral cemented together with water which is stable as long as it stays frozen. But warmer temperatures are threatening that

    In Russia’s Siberian city of Yakutsk, one of the coldest on Earth, climate change is causing dangerous melting of the frozen ground, or permafrost, on which the buildings stand.

    #climat #arctique #permafrost #russie


  • Sahara occidental : l’ONU tente de relancer le dialogue - RFI
    http://www.rfi.fr/afrique/20181205-sahara-occidental-onu-tente-relancer-le-dialogue

    Alors, on reparle du #Sahara_occidental après quelques années de silence

    Le dialogue sur le Sahara occidental doit reprendre ce mercredi 5 décembre. Les discussions se dérouleront pendant deux jours, au Palais des droits de l’homme des Nations unies de Genève. Le Sahara occidental est situé au sud du Maroc, à la frontière avec la Mauritanie et l’Algérie. Depuis le retrait en 1976 de l’Espagne, qui l’avait colonisé, ce territoire est contrôlé à 80% par le Maroc alors que le Front Polisario, mouvement politique et armé sahraoui, demande son indépendance. Les négociations, sous l’égide de l’ONU, sont au point mort depuis 2012. Jusqu’à ce que, Horst Kohler, nouvel envoyé des Nations unies sur cette question, ne décide de ressusciter le dialogue en invitant tous les acteurs à Genève.

    De notre envoyée spéciale à Genève,

    C’est la grande nouveauté de ces discussions. Pour la première fois, le Front Polisario, le Maroc, mais aussi l’Algérie et la Mauritanie, ont été invités à s’asseoir autour de la table, avec le même statut. L’idée, c’est de sortir du clivage entre le Maroc et le Front Polisario, qui dure depuis plus de quarante ans. Le point de crispation majeur c’est celui du statut du Sahara occidental.


  • Cette colère des gilets jaunes est le résultat de vingt ans de politiques néolibérales - Libération

    https://www.liberation.fr/debats/2018/12/03/cette-colere-des-gilets-jaunes-est-le-resultat-de-vingt-ans-de-politiques

    La mobilisation des classes populaires et moyennes est due aux mesures d’austérité, incluant modération salariale et désengagement de l’Etat. La solution : changer de cap en conjuguant défi écologique et question sociale.

    Cette colère des gilets jaunes est le résultat de vingt ans de politiques néolibérales


  • US senators : ’Zero chance’ MBS not involved in Khashoggi killing | News | Al Jazeera
    https://www.aljazeera.com/news/2018/12/senators-doubt-mbs-ordered-khashoggi-killing-181204175113812.html

    US senators: ’Zero chance’ MBS not involved in Khashoggi killing

    Formulation plus énergique que celles que l’on retrouve ailleurs (Le Monde : Khashoggi : l’audition de la directrice de la CIA conforte la volonté de sanction du Sénat américain- France 24 : Affaire Khashoggi : des sénateurs américains accusent le prince saoudien et contredisent Donald Trump

    #khashoggi


  • Le message le plus récent de Trump, en ce moment, sur son flux Twitter, c’est un retweet halluciné :
    https://twitter.com/charliekirk11/status/1069811169010089984

    There are riots in socialist France because of radical leftist fuel taxes

    Media barely mentioning this

    America is booming, Europe is burning

    They want to cover up the middle class rebellion against cultural Marxism

    “We want Trump” being chanted through the streets of Paris


  • Non, le #smic n’augmentera pas de 3% en janvier
    http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/explicateur/2018/12/04/29004-20181204ARTFIG00204-non-le-smic-n-augmentera-pas-de-3-en-janvier.php

    En réalité le chef du gouvernement intègre dans son calcul plusieurs autres mesures déjà validées et dont les Français devraient commencer à sentir les effets début 2019 : la disparition des cotisations salariales début octobre, et la hausse de la « prime d’activité », qui est passée de 531,51€ à 551,51€ le même mois. Concrètement, par exemple, la suppression des cotisations salariales a permis aux salariés payés au smic de gagner chaque mois 23 euros net. Il ne s’agira donc pas concrètement d’une hausse de 3%, mais plutôt d’une revalorisation de 1,8% à laquelle s’ajouteront les gains de pouvoir d’achat provoqués par les autres réformes déjà mises en place par le gouvernement.

    #foutage_de_gueule


  • L’incroyable faillite du maintien de l’ordre macronien | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/041218/lincroyable-faillite-du-maintien-de-lordre-macronien

    C’est là le grand danger. Car au bout du compte, tous ces manifestants, gilets jaunes aujourd’hui mais ZAD auparavant, ont des objectifs politiques, et n’obtiennent aucune réponse (sauf dans le cas de la ZAD, au forceps comme on le sait et avec des dérapages dans le maintien de l’ordre là aussi incroyables, visant à disqualifier et à humilier, pour être sûr qu’ils n’enregistrent pas une victoire). Or, ces sentiments d’amertume, puis de rage se transforment petit à petit en haine, ciblée clairement contre Macron lui-même (comme l’a relevé François Ruffin), avec une contagion même dans l’administration qui ne comprend ni l’arrogance ni la rigueur de ce mode de traitement non-politique des problèmes. Car on peut dire tout le mal que l’on veut du vieux monde politique, son obsession pour sa réélection et pour sa réputation était utile pour corriger le tir dès lors que le rapport de force politique était défavorable. Ce déni de politique déteint sur la politique sécuritaire qui ne sait plus créer de lien, ni de réseau, ni offrir d’alternative. C’est déjà la façon dont Valls a procédé avec une brutalité qui est encore renforcée par le modèle technocratique de gestion des confits du commando Macron (puisqu’ils admettent avoir pris le pouvoir en mode commando). Mais le commando risque de trouver à très court terme de vrais commandos en face de lui, dans la rue voire ailleurs, car leur haine pour l’instant désorganisée commence à se cristalliser grâce à l’apprentissage actuel à grande vitesse. Et la faillite du maintien de l’ordre face à des foules désorganisées ne pourra qu’être encore aggravée par les débuts de structuration violente qui pourrait en résulter.

    • De ce point de vue, la remarque de E. Todd, sur France 2, sur l’attrait du coup d’Etat est très judicieuse et inquiétante. Car toutes ces logiques de révoltes dans un contexte de dépolitisation délibérée par les élites libérales sont privées de toute chance de se construire un avenir, puisque nous vivons dans le monde de TINA. On peut dès lors comprendre ce qui se met en place du point de vue sécuritaire comme une préparation des esprits à la mainmise totale d’une oligarchie, déjà réussie sur le plan économique, réussie aussi sur le plan institutionnel par le commando Macron, et complétée par l’Etat autoritaire que l’expérience sécuritaire actuelle, aussi désastreuse soit-elle, ou parce qu’elle est désastreuse, prépare. La composante sécuritaire du libéralisme extrême est déjà mise en place idéalement en Chine à partir d’un tout autre référentiel et ne cesse de faire des envieux, tous ceux qui veulent se débarrasser une fois pour toutes du politique, c’est-à-dire du débat, et du débat contradictoire, ce contradictoire le droit permet dans nos démocraties et sur lequel elles reposent mais qui semble sans cesse réduit au profit du « solutionnisme technico-libéral » que représente si bien le slogan macronien de la start up nation.

    • Ceci dit, emmanuel macron est très efficace pour faire tuer les vielles dames par ses gendarmes

      Une octogénaire décède après avoir été touchée par une grenade lacrymogène à Marseille
      https://seenthis.net/messages/740723

      Une femme de 80 ans blessée dans son appartement par des éléments d’une grenade lacrymogène tirée lors des incidents qui ont suivi les manifestations organisées samedi à Marseille , est morte dimanche dans le bloc opératoire d’un hôpital marseillais, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

      La victime se trouvait chez elle, fermant les volets de son appartement, au quatrième étage d’un immeuble proche de la Canebière, lorsqu’un projectile l’a heurtée au visage, ont indiqué ces sources.
      . . . . . .

    • L’incapacité à contrôler les actions violentes reste très étonnante compte tenu des effectifs mobilisés. On paye, sur le plan technique, un aveuglement par l’état d’urgence et, sur le plan politique, une approche méprisante de tout public qui manifeste. Sans réponse politique, l’apprentissage de l’émeute qui se produit actuellement peut conduire à un « mai rampant » de funeste mémoire en Italie.

      Le mouvement des gilets jaunes n’est pas structuré, il n’a pas de leader, de service d’ordre, il vient d’émerger, etc. Doit-on en conclure qu’on ne peut rien en connaitre ? Non, certainement pas, et le suivi des réseaux sociaux par les services de renseignement français s’est d’ailleurs déplacé depuis récemment sur les mouvements dits « extrémistes » puisque le terrorisme et la radicalisation islamique semblaient se mettre en veilleuse. On a donc des infos sur ce qui se dit, sur la conversation, sur sa tonalité (beaucoup d’agences font cela pour les marques), voire sur les comptes des personnes qui parlent, qui agissent pour la plupart sans masque. On peut donc savoir le degré d’énervement, les cibles potentielles, les déplacements prévus, tout au moins en partie. Evidemment, ça ne permet pas une analyse fine in situ, au moment des manifestations et sur les barrages, car dans ce cas, il faut du personnel, sur place, infiltré ou non, pour tenter de comprendre ce qui se passe et quels sont les leaders potentiels. Si cette infiltration archi connue de la part des RG à une époque ne se fait plus, serait-ce dû à la fusion des services qui a connu quelques ratés, c’est le moins qu’on puisse dire ? ou serait-ce parce qu’on ne comprend le renseignement direct que comme une arme de répression et non un outil de pilotage ? Car avec un mouvement aussi peu structuré, le travail de renseignement devrait paradoxalement servir à les aider à se structurer (et non à les casser ou à les embarquer indistinctement).

      #sociologue_policier #police #maintien_de_l’ordre


  • Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »
    https://theconversation.com/deux-ou-trois-choses-dont-je-suis-presque-certain-a-propos-des-gile

    La colère des gilets jaunes doit donc être prise au sérieux. Et elle ne devrait pas surprendre. Elle s’inscrit en effet dans une évolution à la fois économique (le recul ou la stagnation du pouvoir d’achat), sociale (le creusement des inégalités, les difficultés du logement, de l’accès à l’université, la disparition des services publics de proximité…), territoriale (le déclassement réel ou ressenti des habitants des périphéries, des périurbains et des ruraux) et politique.

    Cette dernière (l’évolution politique) est double puisqu’il s’agit à la fois du discrédit croissant des élites (tant politiques que journalistiques du reste) et de la crise de l’offre politique qui a abouti, en 2017, à un paroxysme dont on n’a peut-être pas assez réfléchi les conséquences.

    Qu’Emmanuel Macron ait été élu par défaut ou par un concours de circonstances est une évidence que sa mise en scène d’un présidentialisme exacerbé ne rend que plus grotesque et énervante. Mais, au passage, les formations politiques classiques de gauche et de droite semblent avoir sombré durablement, et avec elles une partie de leurs relais syndicaux et associatifs. Du coup, la distance est maximale entre, d’une part, un pouvoir politique perçu comme l’appropriation des institutions par une petite élite parisienne de technocrates et de rentiers du monde économique et financier et, d’autre part, un « peuple » ou une « base » se retrouvant plus que jamais sans corps intermédiaires et sans médiation avec ce pouvoir politique.

    Le désarroi des élus locaux – qui s’exprime notamment lors de leurs congrès annuels – est en ce sens révélateur et inquiétant. Il est du reste passé trop inaperçu, ou bien a été lui aussi trop vite ramené à de simples questions de fiscalité. Qu’un maire sur deux déclare être à bout et ne pas vouloir se représenter aux prochaines élections municipales, en 2020, est un fait qui peut également être pris comme un signal d’alarme.


  • QUELQUES REFLEXIONS SUR LE MOUVEMENT DES GILETS JAUNES, SUR SON IMPORTANCE, ET SUR LE MÉPRIS ET L’EXTRÊME VIOLENCE À LAQUELLE ON ASSISTE AUJOURD’HUI A L’ÉGARD DES CLASSES POPULAIRES
    par Edouard Louis
    (texte publié le mardi 4 décembre 2018 sur son compte FB)

    Depuis quelques jours j’essaye d’écrire un texte sur et pour les gilets jaunes, mais je n’y arrive pas. Quelque chose dans l’extrême violence et le mépris de classe qui s’abattent sur ce mouvement me paralyse, parce que, d’une certaine façon, je me sens personnellement visé.

    J’ai du mal à décrire le choc que j’ai ressenti quand j’ai vu apparaitre les premières images des gilets jaunes. Je voyais sur les photos qui accompagnaient les articles des corps qui n’apparaissent presque jamais dans l’espace public et médiatique,

    des corps souffrants, ravagés par le travail, par la fatigue, par la faim, par l’humiliation permanente des dominants à l’égard des dominés, par l’exclusion sociale et géographique, je voyais des corps fatigués, des mains fatiguées, des dos broyés, des regards épuisés.

    La raison de mon bouleversement, c’était bien-sûr ma détestation de la violence du monde social et des inégalités, mais aussi, et peut-être avant tout, parce que ces corps que je voyais sur les photos ressemblaient aux corps de mon père, de mon frère, de ma tante. ..

    Ils ressemblaient aux corps de ma famille, des habitants du village où j’ai vécu pendant mon enfance, de ces gens à la santé dévastée par la misère et la pauvreté, et qui justement répétaient toujours, tous les jours de mon enfance « nous on ne compte pour personne, personne ne parle de nous »

    – d’où le fait que je me sentais personnellement visé par le mépris et la violence de la bourgeoisie qui se sont immédiatement abattus sur ce mouvement. Parce que, en moi, pour moi, chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père.

    Tout de suite, dès la naissance de ce mouvement, nous avons vu dans les médias des "experts" et des "politiques" diminuer, condamner, se moquer des gilets jaunes et de la révolte qu’ils incarnent.

    je voyais défiler sur les réseaux sociaux les mots "barbares", "abrutis", "ploucs", "irresponsables". Les médias parlaient de la "grogne" des gilets jaunes : les classes populaires ne se révoltent pas, non, elles grognent, comme des bêtes.
    J’entendais parler de la "violence de ce mouvement" quand une voiture était brulée ou une vitrine cassée, une statue dégradée.

    Phénomène habituel de perception différentielle de la violence : une grande partie du monde politique et médiatique voudrait nous faire croire que la violence, ce n’est pas les milliers de vie détruites et réduites à la misère par la politique, mais quelques voitures brûlées.

    Il faut vraiment n’avoir jamais connu la misère pour pouvoir penser qu’un tag sur un monument historique est plus grave que l’impossibilité de se soigner, de vivre, de se nourrir ou de nourrir sa famille.

    Les gilets jaunes parlent de faim, de précarité, de vie et de mort. Les "politiques" et une partie des journalistes répondent : "des symboles de notre République ont été dégradés". Mais de quoi parlent ces gens ? comment osent ils ?? d’où viennent ils ??

    Les médias parlent aussi du racisme et de l’homophobie chez les gilets jaunes. De qui se moquent-ils ? Je ne veux pas parler de mes livres, mais il est intéressant de noter que chaque fois que j’ai publié un roman, j’ai été accusé de stigmatiser la France pauvre et rurale

    justement parce que j’évoquais l’homophobie et le racisme présents dans le village de mon enfance. Des journalistes qui n’avaient jamais rien fait pour les classes populaires s’indignaient et se mettaient tout à coup à jouer les défenseurs des classes populaires.

    Pour les dominants, les classes populaires représentent la classe-objet par excellence, pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu ; objet manipulable du discours : de bons pauvres authentiques un jour, des racistes et des homophobes le lendemain.

    Dans les deux cas, la volonté sous-jacente est la même : empêcher l’émergence d’une parole des classes populaires, sur les classes populaires. Tant pis s’il faut se contredire du jour au lendemain, pourvu qu’ils se taisent.

    Bien-sûr, il y a eu des propos et des gestes homophobes et racistes au sein des gilets jaunes, mais depuis quand est-ce que ces médias et ces "politiques" se soucient du racisme et de l’homophobie ? depuis quand ?

    Qu’est-ce qu’il ont fait contre le racisme ? Est-ce qu’ils utilisent le pouvoir dont ils disposent pour parler d’Adama Traoré et du comité Adama ? est-ce qu’ils parlent des violences policières qui s’abattent tous les jours sur les Noirs et les Arabes en France ?

    est-ce qu’ils n’ont pas donné une tribune à Frigide Barjot et à Monseigneur je-ne-sais-plus-combien au moment du mariage pour tous, et, en faisant cela, est-ce qu’ils n’ont pas rendu l’homophobie possible et normale sur les plateaux de télé ?

    quand les classes dominantes et certains médias parlent d’homophobie et de racisme dans le mouvement des gilets jaunes, ils ne parlent ni d’homophobie ni de racisme. Ils disent : "Pauvres, taisez-vous ! "

    Par ailleurs, le mouvement des gilets jaunes est encore un mouvement à construire, son langage n’est pas encore fixé : s’il existe de l’homophobie ou du racisme parmi les gilets jaunes, c’est notre responsabilité de transformer ce langage.
    Il y a différentes manières de dire : "Je souffre" : un mouvement social, c’est précisément ce moment où s’ouvre la possibilité que ceux qui souffrent ne disent plus :" Je souffre à cause de l’immigration et de ma voisine qui touche des aides sociales »,

    mais : "Je souffre à cause de celles et ceux qui gouvernent. Je souffre à cause du système de classe, à cause d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe." Le mouvement social, c’est un moment de subversion du langage, un moment où les vieux langages peuvent vaciller.

    C’est ce qui se passe aujourd’hui : on assiste depuis quelques jours à une reformulation du vocabulaire des gilets jaunes. On entendait uniquement parler au début de l’essence, et parfois des mots déplaisants apparaîssaient, comme « les assistés ». On entend désormais les mots inégalités, augmentation des salaires, injustices.

    Ce mouvement doit continuer, parce qu’il incarne quelque chose de juste, d’urgent, de profondément radical, parce que des visages et des voix qui sont d’habitude astreints à l’invisibilité sont enfin visibles et audibles.

    Le combat ne sera pas facile : on le voit, les gilets jaunes représentent une sorte de test de Rorschach sur une grande partie de la bourgeoisie ; ils les obligent à exprimer leur mépris de classe et leur violence que d’habitude ils n’expriment que de manière détournée, ce mépris qui a détruit tellement de vies autour de moi, qui continue d’en détruire, et de plus en plus, ce mépris qui réduit au silence et qui me paralyse au point de ne pas réussir à écrire le texte que je voudrais écrire, à exprimer ce que je voudrais exprimer.

    Mais nous devons gagner : nous sommes nombreuses et nombreux à se dire qu’on ne pourrait pas supporter une défaite de plus pour la gauche, et donc pour celles et ceux qui souffrent.

    https://www.facebook.com/edouard.bellegueule/posts/2221929904538646

    #giletsjaunes #gilets_jaunes #EdouardLouis


  • La France est peut-être en train de redevenir la France avec les gilets jaunes, Emmanuel Todd, France Culture 3/12/2018

    Emmanuel Todd : « Le risque majeur pour la France n’est pas la révolution mais le coup d’Etat » - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=RvQc0TJUVdE

    Suite de notre entretien avec l’historien et anthropologue Emmanuel Todd, invité sur notre antenne pour dresser une cartographie des colères françaises incarnées par les #GiletsJaunes.

    • Lien et transcription partielle de l’entretien avec Emmanuel Todd du 3/12/2018 sur France Culture

      Cartographie des colères françaises avec Emmanuel Todd
      https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/cartographie-des-coleres-francaises-avec-emmanuel-todd

      Un sondage Elabe pour BFMTV publié la semaine dernière montre que 75% des Français approuvent le mouvement des « gilets jaunes ». Le mouvement semble dès lors parti pour durer, d’autant que les propositions formulées mardi dernier par Emmanuel Macron pour répondre aux revendications des « gilets jaunes » n’ont pas convaincu, et que la rencontre avec le Premier ministre qui devait avoir lieu vendredi a été largement boycottée par leurs représentants. 

      Après la nouvelle manifestation de samedi dernier, nous nous penchons sur la complexité et la diversité sociale de ce mouvement. Peut-on savoir qui sont les « gilets jaunes » ? 

      Pour en discuter, nous recevons Emmanuel Todd, historien et anthropologue, auteur de Après la démocratie (Gallimard, 2012) et Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine (Seuil, 2017).

      Cartographie des « gilets jaunes » :

      La carte de la révolte des « gilets jaunes » ne correspond plus aux vieilles régions anthropologiques et religieuses… On a vraiment l’impression que la carte de ces mouvements de "gilets jaunes" est plutôt homogène sur le territoire national.

      La position du gouvernement : 

      On peut imaginer que, dans une situation de chaos et d’inquiétude, cette sympathie générale de la population pour le mouvement cède devant la peur du désordre. Et je pense que le gouvernement cherche le chaos pour créer cette rupture.
      […]
      Je considère que Macron est à l‘offensive dans cette stratégie du chaos… la priorité d’un gouvernement républicain responsable dans cette ambiance de chaos qui est en train de s’installer, c’est d’abolir ces taxes sur les carburants.
      […]
      Macron n’a aucun pouvoir à cause de l’Euro. Il n’a le pouvoir que de contracter les dépenses… les Français ne s’en rendent pas compte…. La zone euro est devenue une zone de guerre commerciale maximale… On vit dans une société où le mot d’ordre est la compression de tout.

      L’éducation :

      Si vous regardez les stratifications du vote en termes de niveau d’éducation, les sondeurs se rendent compte que le meilleur prédictif du vote, ça va être le niveau éducatif atteint.

      Climat social : 

      Au stade actuel, on est dans un moment que les gens décrivent comme insurrectionnel, ce qui est exagéré. Mais il y a une certaine urgence à apaiser le climat social… Je pense que le risque majeur pour la France, ça n’est pas la révolution maintenant, c’est plutôt le coup d’Etat.


  • Breton et langue des signes se répondent dans Klew - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=7PeYgAsDerc


    (pas de sous-titres…)

    Deux musicienne, une chanteuse et une danseuse qui chante... en langue des signes. Le spectacle Klew est une hymne à la diversité, pour présenter la différence aux enfants. Il tourne en Bretagne dès décembre 2018 : Quimper puis Poullaouen (le 8), Kergrist-Moelou (le 13), Langonnet (le 16), Callac (le 20) et les Champs Libres à Rennes pendant les vacances de Noël.


  • Les conducteurs d’Uber n’ont plus le droit de noter leurs passagers au Portugal
    https://www.numerama.com/vroom/436905-les-conducteurs-duber-nont-plus-le-droit-de-noter-leurs-passagers-a

    Au Portugal, les sociétés de VTC doivent se plier à plusieurs exigences pour continuer à exercer, depuis l’entrée en vigueur de la loi Uber, le 1er novembre 2018. Elles s’engagent notamment à ne pas laisser aux conducteurs la possibilité de noter les passagers. Mais la réciproque est toujours en vigueur...

    Depuis le 1er novembre 2018, les sociétés de VTC doivent se contraindre à la nouvelle législation portugaise pour continuer leur activité dans le pays. Parmi les nouveautés, l’une résonne particulièrement à l’ère de l’économie collaborative : les conducteurs d’Uber ou Taxify ne pourront plus noter leurs passagers, comme ils le font encore en France ou aux États-Unis.

    Uber a dû mal à gérer les conséquences de son implantation rapide, partout dans le monde. S’il n’a aucun problème à trouver des utilisateurs, le géant américain doit se confronter à des législations nationales diverses. Or, la liste des pays européens qui suspendent les services de VTC s’agrandit chaque mois. Grèce, Slovaquie et Autriche ont déjà mis un terme aux autorisations des plateformes de VTC. De son côté, la Cour de justice de l’Union européenne permet aux régulateurs de considérer ces sociétés comme relevant de la réglementation des entreprises de transport, et non de celle des services.

    NOTEZ LES CONDUCTEURS, PAS LES PASSAGERS

    Si aujourd’hui on propose aux utilisateurs de noter à peu près tout (et parfois n’importe quoi) l’économie collaborative sur laquelle s’appuie les services de VTC implique de plus en plus une réciprocité. Sur l’application d’Uber par exemple, vous avez accès à la note moyenne donnée par vos chauffeurs à partir de 5 voyages. Le géant américain a même récemment mis en place en Australie et en Nouvelle-Zélande un système d’exclusion des plus mauvais passagers. Les conducteurs peuvent s’appuyer sur cette note pour sélectionner leurs passagers, mais doivent justifier leur choix s’ils notent en-dessous de 4.

    « LE PORTUGAL SERA LE SEUL PAYS »

    Au Portugal, la loi va interdire ce genre de notation. Uber et Taxify se sont empressés de préciser que le pays serait le seul à ne pas proposer la notation par les chauffeurs. La possibilité de notation par le passager est, à l’inverse, obligatoire sous la nouvelle loi portugaise. Présentes dans respectivement 65 et 29 pays, les deux startups n’ont pas intérêt à ce que cette décision forcée par le gouvernement portugais devienne la norme.

    LA NOTE : UN PEU CAROTTE, SURTOUT BÂTON

    La note a une place primordiale dans le système d’Uber. Si celle des chauffeurs descend en dessous de 4, le géant peut décider, unilatéralement et sans préavis, de désactiver leur compte. Parfois, ces arrêts de travail pour les conducteurs proviennent d’un seul commentaire particulièrement négatif. Le temps qu’Uber décide de la réactivation ou non de leur compte, les chauffeurs restent sans revenu et sans compensation, puisqu’ils ont le statut de travailleur indépendant.

    Souvent critiqué pour son utilisation des notes, la startup américaine a décidé d’utiliser la carotte en plus du bâton et récompense depuis le 1er novembre les premiers de classe aux États-Unis. Avec une note au-dessus de 4,85/5 sur plus de 3 000 trajets, les chauffeurs atteignent les rangs platine et diamant du programme Uber Pro. Ce statut leur donne accès à une ristourne aux stations d’essences, une prise en charge partielle de la maintenance de leur véhicule dans certaines enseignes, et une bourse pour des cours en ligne de l’université d’Arizona State.

    La notation des passagers permet aux chauffeurs de se protéger de clients peu scrupuleux. Et s’ils gardent le droit de refuser un passager au comportement dangereux, ils perdent aujourd’hui, au Portugal, une information qui leur était utile pour choisir leur client. Mais le client reste roi, et les chauffeurs ont désormais un moyen en moins de s’en protéger. Uber se décharge de cette responsabilité, puisque ses conducteurs ne sont pas employés, mais travailleurs indépendants.

    Des bâtiments historiques sur Google Maps aux restaurants sur Trip Advisor, tout est soumis à la notation. La ministre de la santé Agnès Buzin avait même créé un tollé en septembre 2018 avec son plan de notation des services hospitaliers.

    UN 4/5 QUI PARAÎT GÉNÉREUX PEUT AVOIR DE LOURDES CONSÉQUENCES

    La note est par essence subjective, et peu sont conscients des conséquences que peut avoir une mauvaise notation. D’autant plus que dans le cas des services de VTC, l’exigence n’est pas à la moyenne, mais à la perfection. Et dans un système français où le 10/20 fait loi, un 4/5 qui parait généreux peut avoir de lourdes conséquences pour le chauffeur. Karen Levy, coauteure avec Luke Stark de l’article Le consommateur surveillant, pointe que l’usage de la notation par les nouvelles startups permet de transformer le consommateur en organe de contrôle. Le travailleur est ainsi responsable devant son manager, mais aussi devant son consommateur. Au Portugal, ce rapport sera désormais à sens unique.

    #Uber #Portugal



  • Comment Facebook attise le feu des « #Gilets jaunes »
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/comment-les-reseaux-sociaux-attisent-le-feu-des-gilets-jaunes-799656.html

    Tout est parti d’une simple pétition en ligne contre la hausse des taxes du carburant. Les internautes se sont ensuite emparés du réseau social pour exprimer leur désarroi et leur ras-le-bol à coups d’articles partagés, de vidéos coups de gueule et surtout d’appels aux blocage du pays. De fil en aiguille, des centaines de milliers d’internautes ont rejoint ces groupes, qui sont devenus les réceptacles d’une colère qui échappe aux syndicats et aux partis politiques. Pour Fabrice Epelboin, professeur à Sciences Po et spécialiste des médias sociaux et du web social, Facebook est donc devenu un "outil d’opposition" particulièrement redoutable :

     « Il n’y pas de raison, pour l’heure, de penser que le mouvement va s’atténuer sur Facebook. Il permet d’avoir une forme d’infrastructure sociale. [...] Facebook, c’est pour le peuple, c’est un outil de proximité », nous explique Fabrice Epelboin, rappelant également que « la dynamique du printemps arabe s’était formée de la même façon ».

    Contacté par La Tribune, Facebook a affirmé ne pas être en mesure de chiffrer le nombre de groupes et de pages liés aux Gilets jaunes créés depuis le début du mouvement. Parmi les plus notables, on retrouve le groupe « Gilet Jaune » (137.000 membres) ou encore la page « Les Gilets Jaunes » (54.000 likes), qui diffuse des annonces de recrutement de militants ou encore des tutoriels pour se protéger contre le gazage lors des manifestations.
    […]
    Facebook joue aussi un rôle dans l’entretien de la colère via les informations qui circulent sur la plateforme. Certaines sont réelles, comme certaines photos et vidéos d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, qui sont devenues virales. Mais des fausses informations se joignent au flux. De nombreuses images ont notamment été détournées dans le but de suggérer des violences policières. Une photo de manifestantes tabassées par des CRS avait aussi été publiée au lendemain de la première manifestation, le 17 novembre, et avait été relayée plus de 130.000 fois sur Facebook. Il s’agissait, en fait, de photos de femmes ensanglantées prises en Espagne. Une vidéo, publiée le 30 novembre sur Twitter, montre également des CRS matraquer des enfants, sans que le contexte de la vidéo soit précisé. L’AFP Factuel, le service de fact-checking de l’agence de presse, a par la suite révélé que ces images dataient d’une mobilisation du 29 novembre 2015.

    Pourtant, ces fake news, qui parviennent à attiser la colère des manifestants, n’auront pas d’impact sur la crédibilité du mouvement, selon Fabrice Epelboin, .

    Les gilets jaunes pensent que "la caste supérieure" leur ment. On est dans le complotisme généralisé. C’est un dialogue de sourds », affirme-t-il.

    Les gilets jaunes avaient également dénoncé un complot de la part de Facebook, qui tenterait, selon eux, de censurer le mouvement sur le réseau social. De nombreuses publications ou événements ont été supprimés, mais l’entreprise américaine assure qu’elle n’a pas cherché à censurer les propos des manifestants.


  • Violences des « Gilets jaunes » sur les Champs-Élysées : un surveillant de prison jugé ce lundi - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/violences-des-gilets-jaunes-sur-les-champs-elysees-un-surveillant-de-pris

    Les forces de l’ordre ont utilisé samedi 5 000 #grenades lacrymogènes, « plus de un(e) par minute, c’est du jamais vu », selon le préfet de police de Paris.

    Les forces de l’ordre ont procédé samedi à 103 interpellations (98 majeurs et cinq mineurs) suite aux heurts qui se sont déroulés toute la journée sur les Champs-Élysées dans le contexte de la #manifestation des #Gilets-jaunes. À l’issue de ces gardes à vue, 45 personnes ont été déférées devant le parquet. 14 personnes suspectées d’avoir participé aux violences seront jugées ce lundi en comparution immédiate. Parmi elles, un profil se détache particulièrement, celui d’un surveillant pénitentiaire de la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). Le fonctionnaire a été arrêté porteur d’une cagoule et de lunettes de protection, et en possession d’un marteau. Il sera jugé pour #participation_à_un_attroupement_armé en vue de commettre des violences.

    Deux #manifestants vont être jugés selon la procédure du plaider-coupable, tandis que que six autres seront jugés ultérieurement par le tribunal. Pour 23 d’entre eux, le parquet a privilégié une alternative aux poursuites en optant pour un rappel à la loi devant un délégué du procureur. Enfin, 23 gardes à vue ont fait l’objet d’un classement sans suite, essentiellement car les infractions n’étaient pas suffisamment caractérisées.

    Le sort de 27 manifestants dont les gardes à vue ont été prolongées reste encore en suspens. C’est notamment le cas du jeune homme suspecté d’avoir jeté un écrou sur un policier qui risque de perdre son oeil. L’auteur de ce jet de projectile a été placé garde à vue pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une infirmité permanente ou une mutilation à l’occasion d’une manifestation », une incrimination passible de 15 ans de réclusion.

    Les heurts sur les Champs ont fait en tout 24 blessés dont cinq parmi les forces de l’ordre. Enfin, selon une source officielle, les dégâts sur les Champs ont été estimés à 1,5 million d’euros.

    #justice #maintien_de_l'ordre

    • Les « gilets jaunes » au tribunal : « J’aurais jamais dû mettre les pieds à Paris ! », Pascale Robert-Diard

      Une quinzaine de manifestants poursuivis pour violences ou dégradations en marge du défilé de samedi à Paris ont été jugés en comparution immédiate, lundi.

      Il ne faut pas se fier aux apparences. Par exemple, ce grand gaillard barbu de 32 ans « sans domicile fixe » qui ne dispose que d’une adresse postale chez ses parents et d’une carte d’identité périmée depuis longtemps. Il comparaît, lundi 26 novembre, parmi une quinzaine d’autres participants à la manifestation des « gilets jaunes » de samedi, devant la 23e chambre correctionnelle de Paris pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Il a été interpellé non loin des Champs-Elysées avec un pavé et un couteau.

      La justice, qui traque les casseurs en marge du défilé, pense en tenir un. La présidente, Corinne Goetzmann, avise le tee-shirt noir porté par le prévenu, barré d’un slogan imprimé façon tag qu’elle a lu un peu trop vite.
      « Et ce tee-shirt ?, lui demande-t-elle.
      – Ben, la chèvre, c’est l’Ardèche. Et “goat”, c’est chèvre en anglais. Il épelle : We’ve GOAT the power… »
      Il vit en Ardèche, dans un camion. « En fait, je suis woofer sur un petit terrain. Je paie pas l’électricité en échange de quelques travaux. Le pavé, je l’ai ramassé parce que là, je fais une formation de tailleur de pierres. Et le couteau, c’est une question d’habitude, je me lève le matin, je mets mon pantalon et mon couteau dans ma poche. » Condamné à deux mois avec sursis pour port d’armes.

      « Je gagne environ 8 000 euros par mois »
      Le suivant portait, lui aussi, un couteau, un Opinel. Il a 26 ans, il vient de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie. « Détenir une arme de catégorie D est une infraction », lui explique solennellement la procureure. Le prévenu hausse les épaules. « Vous savez, chez nous, tout le monde a un Opinel sur soi. Je vais pas me défendre de ça. » Il avait aussi une matraque dans son sac. « Je l’ai ramassée par terre, je voulais la ramener en souvenir. Je suis conseiller financier, je suis pas venu pour casser du policier ! Je voulais juste exprimer mon mécontentement.
      – Quels sont vos revenus ?
      – Je travaille en Suisse, je gagne environ 8 000 euros par mois.
      Son jeune avocat commis d’office écarquille les yeux.
      – Et votre compagne ?
      – Elle travaille aussi en Suisse. Elle gagne 3 500 euros. »
      Condamné à trois mois avec sursis pour port d’arme.

      Le tour de France des mécontents se poursuit. Venu de Poitiers, un beau gars en pull vert a été arrêté avec des gants, des pierres et une tête de grenade. Il a 33 ans, vit chez ses parents, accumule les CDD au Futuroscope.
      En provenance de La Rochelle, un gamin de 22 ans, interpellé avenue Montaigne avec barre de fer, cagoule et deux flacons de parfum Christian Dior – « ramassés dans la rue », dit-il –, vit lui aussi chez ses parents. Il travaille en intérim pour 1 500 euros mensuels. « Je voulais faire du sport, j’ai été obligé de me rabattre sur le métier de peintre en bâtiment », souffle-t-il. Soixante-dix heures de travaux d’intérêt général.
      De Saint-Georges-la-Pouge, un village de 365 habitants dans la Creuse, arrive un homme de 35 ans, qui tremble de tous ses membres. Il perçoit 950 euros d’indemnités chômage, a travaillé comme charpentier et monteur de réseau aérien. Il est accusé d’avoir jeté des pavés contre un kiosque à journaux et contre les forces de l’ordre. Il demande le renvoi de son procès, la procureure requiert son placement en détention d’ici là.

      « J’suis quelqu’un de la campagne, moi »
      « Je regrette vraiment d’avoir pris ces deux bon sang de pavés. Je voulais juste être écouté et voilà où ça m’a mené. » Il pleure soudain comme un enfant. « J’suis quelqu’un de la campagne, moi. J’suis d’un milieu pas facile. Ma copine a un dossier de surendettement. J’suis fait pour vivre dehors. Si vous m’enfermez, je me ferai du mal. J’aurais jamais dû mettre les pieds à Paris… » Il ressort sous contrôle judiciaire en attendant son procès, en janvier.
      De Bou, 902 habitants dans le Loiret, est monté dimanche à Paris un soudeur de 34 ans, 1 700 euros par mois. « Je vis chez ma mère, mais je participe aux charges familiales, précise-t-il. Je regrette, je me suis laissé emporter. Je voudrais bien rentrer pour reprendre mon travail. »
      Un célibataire sans emploi de 29 ans, qui a bossé « dans l’élagage, l’imprimerie, les serres et, pour finir, comme cariste », espère à tout prix retourner le soir même en Corrèze, où sa grand-mère est décédée dimanche. « J’ai manifesté chez moi le week-end dernier et pendant la semaine. Comme il y a des gens qui étaient venus nous agresser, j’ai pris une lacrymo et un poing américain pour Paris. Mais c’était pour me défendre, pas contre les policiers ! »
      Un conducteur de chantier de 23 ans, une chômeuse de 27 ans, mère célibataire d’une petite fille, dont le dernier emploi était serveuse chez McDo, supplient, eux aussi, le tribunal de les laisser rentrer chez eux. Tout comme ce chauffeur de bus en formation. « Ça se termine vendredi et après, normalement, j’accède directement au centre bus de la RATP. »

      Le plus âgé des prévenus a 40 ans. Il a manifesté, dit-il, « contre la dégradation du service public ». Il a été arrêté avec une cagoule, des gants et un marteau. Ancien militaire, il est depuis plus de dix ans surveillant pénitentiaire.
      Pascale Robert-Diard

    • Les « gilets jaunes » en comparution immédiate : « Les bouteilles d’essence, c’était pour faire le malin devant les copains », Pascale Robert-Diard et Jean-Baptiste Jacquin

      Soixante-dix prévenus ont été jugés, lundi, à Paris, après les interpellations en marge de la manifestation du 1er décembre. Dix-huit peines de prison ferme ont été prononcées.

      Il est minuit passé de quelques minutes et, dans le box de la salle d’audience 6-05 du tribunal de grande instance de Paris, l’un des six prévenus reste prostré sur le banc, la tête enfouie dans ses mains. Le tribunal vient de lui annoncer sa condamnation à trois mois ferme avec #mandat_de_dépôt, il part donc immédiatement en #prison. Il a 21 ans, vit dans une bourgade proche de Nevers et travaille comme intérimaire dans une usine de métallurgie. Il a été interpellé samedi 1er décembre, en fin de matinée, boulevard Haussmann, près des grands magasins. Dans son sac, les policiers ont trouvé deux paires de lunettes de piscine, sept masques de protection, un masque de plongée, un casque de ski, des genouillères, des protège-tibias, une protection dorsale, un pistolet à gaz, un poing américain, deux matraques télescopiques, des bouteilles en verre et d’autres en plastique contenant deux litres d’essence, des chiffons imbibés et… un gilet jaune.

      « On a vraiment l’impression que vous êtes venu pour en découdre », observe la présidente, Anne Wyon. Il lève vers elle un long visage blême, un regard terrorisé. « J’sais pas si j’aurais été capable. Les bouteilles d’essence et tout, c’était pour faire le malin devant les copains », répond-il. « Là, vous parlez d’une toute petite voix, mais au téléphone, vous vous réjouissiez beaucoup », réplique-t-elle. Sa messagerie est en effet bavarde. Les policiers ont consigné les échanges qu’il a eus avec son groupe sur l’application WhatsApp. « Un pote militaire m’a dit, le feu c’est mieux », « on est bien équipé [il dressait la liste] mais pour les cocktails, j’hésite ». Entre eux, ils réglaient les derniers détails de leur venue à Paris. « Y’en a vingt qui montent et on rejoint les black blocs », lui dit un de ses interlocuteurs. Lui a pris le train de 6 heures samedi à Nevers. « Faut bouger son cul maintenant, y’en a marre », a-t-il écrit.

      Soixante-dix prévenus jugés
      Au même moment, dans la chambre voisine présidée par Isabelle Prevost-Desprez, un électricien de 23 ans est condamné à dix mois de prison avec mandat de dépôt. Venu manifester de Saincaize-Meauce dans la Nièvre, il nie les accusations portées par la police. Il ronge ses ongles en affirmant que la pince, les boulons et les morceaux de bitume retrouvés dans son sac à dos lors de la fouille qui a suivi son interpellation avenue de Friedland à 15 h 15, « ce n’est pas à moi ».
      « Et les policiers qui vous ont vu jeter des pavés ?, interroge la présidente.
      – Ils ont dû confondre avec quelqu’un d’autre. »


      Le 3 decembre 2018, Tribunal de Paris. Ce père de famille de 3 enfants écope de 3 ans ferme aménageable. Il était accompagné de 4 personnes, à peine sortis de la voiture ils auraient été arrêtés par les CRS et placés en garde à vue car certains avaient des masques en papier et d’autres des pétards. Ils n’auraient même pas eu le temps d’aller à la manifestation des gilets jaunes samedi 1 dec 2018. En garde à vue, les lacets sont retirés.

      Un peu plus tôt dans l’après-midi, dans une autre des cinq chambres mobilisées pour les comparutions immédiates à la suite des violences du 1er décembre à Paris, un Nîmois de 40 ans, sans emploi, qui vit du RSA, squatte chez des copains en échange de petits services de mécanique, a été condamné lui aussi à six mois d’emprisonnement dont trois ferme avec mandat de dépôt. Il a été interpellé avec tout un attirail de protection, un lance-pierre « professionnel » et des billes de plomb. « J’allais chez des copains, le lance-pierre, c’était pour tirer sur des canettes avec les enfants », avait-il tenté d’expliquer. Mais lui aussi avait eu l’imprudence de poster des messages sur la page Facebook des black blocs, de retour de plusieurs blocages sur les ponts à Valence avant de se décider à « monter sur Paris ». « C’est bien la guerre. Il faut s’organiser. Je suis déterminé », écrivait-il.

      Sur les soixante-dix prévenus jugés lundi, dix-huit peines de prison ferme – toutes aménageables – ont été prononcées et six mandats de dépôt ont été décernés. Loin des prévisions de l’administration pénitentiaire qui s’était organisée pour accueillir une cinquantaine de condamnés dans la nuit. Loin, surtout, des images de violences qui ont déferlé sur les écrans de télévision tout au long de la journée du 1er décembre.

      Chaos et confusion
      « Mais comment ça se fait qu’on n’a pas les casseurs ? », demande une des policières affectée à la surveillance d’une salle d’audience à ses collègues de la Préfecture de police de Paris venus pointer sur leurs ordinateurs portables les résultats des interpellations. « Ils courent plus vite et sont plus malins. Et on est coincé. Là, les manifs ne sont pas encadrées. Ça part dans tous les sens. Si on y va trop fort, on va faire mal. Si on lâche, ça va continuer », soupire son interlocuteur.

      Les lieux et les heures d’interpellation des prévenus témoignent du chaos et de la confusion de la journée de samedi. Certains ont été cueillis lors de contrôles matutinaux gare de Lyon, d’autres en milieu de matinée dans les rues autour de l’Arc de triomphe, et sur les Champs-Elysées et, plus tard, près de la Bastille, dans le quartier des grands magasins, ou encore près de la gare de Nord, alors qu’ils s’apprêtaient à reprendre leur train.

      Peu de « pilleurs », parmi eux. Un maçon de 24 ans, interpellé à 20 h 45 rue du Faubourg-Saint-Honoré pour avoir ramassé un casque de vélo devant le magasin Decathlon dont la vitrine venait d’être brisée, se défend d’en être un. « Ça balançait de partout, il y avait autant de cailloux qui tombaient par-derrière que de bombes lacrymogènes qui volaient par devant, j’ai pris le casque pour me protéger, pas pour voler », s’est-il justifié. Le casque a été placé sous scellé et son bref utilisateur, déjà condamné pour vol dans le passé, a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

      « J’allais m’acheter des chaussures chez Louboutin »
      Trois amis de Bondy (Seine-Saint-Denis), âgés de 21 et 22 ans, ont été arrêtés beaucoup plus tard, vers 3 heures du matin sur le périphérique nord. En contrôlant l’intérieur de leur BMW, les policiers ont trouvé un lot de médailles de collection à l’effigie de l’Arc de triomphe, les mêmes que celles qui avaient été dérobées lors du saccage du monument. Ils ont affirmé les avoir négociées « 10 euros pièce » à un receleur. L’examen de leurs portables a révélé que deux d’entre eux se trouvaient dans la matinée au centre de Paris. « Rien à voir avec la manif, j’allais m’acheter des chaussures chez Louboutin et mon copain m’accompagnait », explique le prévenu. Le tribunal écarquille les yeux. « Des Louboutin ? Vous pouvez préciser le prix d’une paire de chaussures chez Louboutin ?
      – Dans les 800 euros.
      – Et vous gagnez 1 800 euros comme chauffeur-livreur ?
      – C’était pour mon anniversaire. »
      Ils sont condamnés à quatre-vingt-dix jours-amendes à 20 euros pour l’un, 10 pour l’autre. Le troisième est relaxé.
      Venus à Paris par petits groupes, en covoiturage ou en car, ils arrivaient de Gap, d’Yssingeaux, de Harfleur, d’un village des Ardennes, de Dreux, du Loiret, de Nice, de Brezolles dans l’Eure-et-Loir, de Gournay-en-Bray en Seine-Maritime, de Moselle, de Feuquières-en-Vimeu dans la Somme, de Toulon, d’Echemiré dans le Maine-et-Loire, de Carcassonne ou encore de Bernay dans l’Eure. Ils ont acheté leur panoplie de manifestants (masques de protection, bombes de peinture, huile de vidange, lunettes de piscine) chez Decathlon, Leroy-Merlin, ou Action « à 89 centimes la bombe de peinture à l’eau », précise l’un des prévenus. « L’huile de vidange, c’était juste pour rendre la peinture plus graissante », indique un autre.
      « Un coup de sang »
      Ils – les prévenus sont tous des hommes – sont chauffeurs de poids lourds – bien représentés – et gagnent de 1 200 à 2 500 euros par mois, soudeur ou mécanicien à 1 250 euros, auxiliaire de vie à 3 000 euros « auprès d’un vieux monsieur à Nice, mais je suis surendetté suite à des accidents de vie », livreur à 1 500 euros, imprimeur « depuis vingt et un ans dans la même entreprise », « enquêteur de satisfaction » à 1 287 euros, forgeron, électricien chez Enedis, menuisier salarié d’une commune à 1 365 euros, agent de fabrication à 1 700 euros « sur treize mois », maçon en intérim, conducteur d’engin chez Suez à 1 700 euros, responsable de projet chez ArcelorMittal à 3 500 euros, éboueur chez Derichebourg, « poseur de voies » à la RATP, cantonnier à 1 200 euros – « Moi, le gilet jaune, c’est ma tenue de travail », dit-il – garçon boucher.

      Lui, justement, fait partie de ceux qui ont été condamnés à de la prison ferme (quatre mois). Il a eu, explique-t-il, « un coup de sang » et il a foncé tête baissée sur les policiers. Il lui en reste un énorme coquard bleu virant au violet sur le visage. Il dit qu’il a voulu « s’investir dans le mouvement, en devenir l’un des porte-parole, parce que le peuple, la société, vont très mal. Très, très mal. Nos retraités ont travaillé toute leur vie et on leur enlève 100 euros. Et moi, j’ai la corde au cou. Je me lève tous les matins pour aller à l’abattoir. »
      « Vous avez des dettes ?, s’enquiert le juge.
      – Ben, des poules, des canards, des lapins…
      – Non, je demandais si vous avez des dettes », répète le juge.
      Un autre explique qu’il « fait de l’empotage ».
      – Vous travaillez dans une jardinerie ?
      – Non, je remplis des containers. Vous voyez ? »
      Le tribunal n’a pas l’air de voir vraiment.
      « C’est le chat qui se mord la queue »
      Tous affirment qu’ils voulaient manifester « pacifiquement ». « J’imaginais pas tomber sur des violences comme ça. Je suis un peu déçu par le mouvement, même si je le soutiens », déclare un carrossier peintre de Senlis, qui touche le RSA depuis quelques mois et dort, faute de logement à lui, dans le garage d’un copain depuis sa rupture conjugale. « Mon copain voulait m’embaucher mais il ne peut pas, à cause des charges. Alors vous voyez, Mme la juge, quand vous avez pas de logement, vous avez pas de boulot, c’est le chat qui se mord la queue et on se sent abandonné.
      – En même temps, quand vous allez à l’hôpital, on vous soigne gratuitement, observe la présidente.
      – Bah, je vois pas le rapport…
      – C’est parce que vous dites que vous vous sentez abandonné.
      – Heureusement, je touche du bois [il appuie ses mains sur la barre du box]. J’ai pas de problèmes de santé. Mais je trouve qu’on a vite fait de tomber dans l’oubli, aujourd’hui. »
      Ce gamin de 19 ans et trois jours était venu d’Angers, « manifester pour le peuple et pour [s]es parents ». « Ils sont surtaxés, il faut que ça s’arrête », explique-t-il, tête baissée. Avec son casque rouge sur la tête à quelques encablures de l’Arc de triomphe, il a été vite repéré par les policiers.
      « Pourquoi avez-vous jeté un pétard sur les CRS ?, lui demande Isabelle Prevost-Desprez.
      – Pour les disperser !
      – Vous êtes un peu prétentieux », s’amuse la magistrate.
      Le problème est qu’il a écrit « on va grailler du CRS » sur l’application Messenger à l’attention de sa petite amie.
      « Ça veut dire quoi grailler du CRS ?
      – Manger du CRS… Mais c’était pour crâner devant elle. »
      Habitant chez ses parents dans la campagne du Maine-et-Loire, sans la moindre qualification après avoir quitté le collège en cours de 3e, il n’est inscrit ni à Pôle emploi ni à la mission locale. La présidente évoque un travail d’intérêt général. Il fait la moue. Ce sera finalement douze mois de prison dont six ferme et six en sursis avec mise à l’épreuve.
      « Je suis venu pour ma grand-mère »
      Deux beaux-frères – chacun a épousé la sœur de l’autre – entrent côte à côte dans le box. Ils sont montés à 2 heures du matin samedi dans le bus « des 57-54 » celui de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, « pour montrer notre mécontentement à M. Macron. » « Moi, je soutiens le mouvement, parce que j’en ai marre des taxes. Je gagne bien ma vie mais je suis venu pour ma grand-mère qui s’excuse auprès de ma fille de lui donner qu’un billet de 5 euros pour Noël. » Il est venu aussi avec un Taser et des casques de chantier. « Les slogans et les banderoles, ça ne suffit pas ? », lui demande un des juges. « A Longwy, l’autre jour, quand on faisait des barrages, on a eu des personnes, disons, peu recommandables, qui nous ont agressés. C’était des gens de la cité qui cherchaient la misère… Alors, on a voulu se protéger. »
      Le procureur Pascal Besnier s’agace : « C’est curieux cette manifestation où tout le monde dit vouloir se protéger de tout le monde : les antifa se protègent des fachos, les fachos des gauchos et les autres de ceux des cités… » Dans leurs réquisitions, les représentants du parquet insistent tous sur le « contexte ». « A partir de 8 h 50, tous les médias ont relayé en boucle les affrontements qui avaient commencé près des Champs-Elysées, puis les voitures incendiées et les projectiles lancés sur les forces de l’ordre. Ceux qui décidaient alors de se rendre sur ces lieux savaient que ce n’était plus pour manifester pacifiquement, mais pour en découdre avec les forces de l’ordre », a ainsi martelé la procureure devant la chambre 24.1.

      Un argumentaire qui permet de poursuivre des personnes interpellées avant même qu’elles aient rejoint les manifestants ou commis la moindre dégradation, comme ce groupe de cinq trentenaires de l’Essonne qui venaient de se garer avenue des Ternes et se sont fait arrêter alors qu’ils payaient à l’horodateur. Quatre d’entre eux ont de belles situations d’ouvriers spécialisés chez Safran et travaillent sur des moteurs d’avion. En fonction de ce qu’ils transportaient dans leurs sacs (masques, pétards, sérum physiologique, etc.), leurs peines s’échelonnent de huit mois avec sursis à trois mois ferme.
      Ceux qui ont demandé le renvoi de leur procès à une date ultérieure pour préparer leur défense, sont repartis lestés d’un contrôle judiciaire qui leur interdit de revenir à Paris d’ici là et d’une obligation de pointage au commissariat ou à la gendarmerie, souvent fixée, à la demande du parquet, au samedi matin. La part (infime) de la justice pour tenter de réduire le nombre des prochains manifestants dans la capitale.