• Le groupe Covid19 - Non au darwinisme social ! (fb) n’est pas un groupe d’opinion générale, mais un groupe de lutte, qui s’est construit autour de la lutte contre le TRI mortel de centaines, et sans doute de milliers de patients, tri parfois systématique au niveau d’un établissement Ephad/Ems, tri fondé sur des critères âgistes, validistes, capacitistes et discriminatoires, par manque de respirateurs et de lits (et donc sans rapport avec le « tri normal »), qui A EU LIEU, comme le montre notre Verbatim chronologique des témoignages, dans le Grand Est, la Région parisienne, mais pas uniquement, aux mois de mars et avril 2020. Tri constituant une rupture d’égalité dans l’accès aux soins, et une mise à mort prématurée de centaines de personnes et sans doute plus, qui pourrait relever de poursuites y compris pour mise en danger de la vie d’autrui et/ou homicides involontaires (de masse).

    En aucun cas nous n’accepterons que les soignantEs soient mis en cause, face à ces choix impossibles dictés par une pénurie de lits et de respirateurs organisée et voulue par les administrateurs de la santé publique (Ars notamment) qui ont émis les directives et recommandations discriminatoires, et les gouvernements et ministres de la santé successifs, qui ont continué de supprimer des milliers de lits alors qu’ils étaient largement avertis de l’augmentation et de l’imminence du risque pandémique.

    Aussi nous appelons les soignantEs, infirmières, aide-soignantes, anesthésistes-réanimateurs, responsables d’unités covid, régulateurs du Samu, médecins de ville, personnels des Ephad et des Ems, des hôpitaux et cliniques, à témoigner, rendre publics les documents et statistiques incriminants qui ne le sont pas encore, informer les proches de victimes de ce tri de l’existence du collectif Coronavictimes : Association de défense des victimes du Coronavirus et leur communiqué son mail coronavictimes@gmail.com, à se retourner contre les administrateurs et décideurs qui leur ont recommandé, suggéré, dicté le tri discriminatoire lors des saturations des réanimations, ou les refus d’hospitalisation parfois systématiques auxquels ils ont été confrontés en médecine de ville.

    Adresse du groupe : https://www.facebook.com/groups/591274398144542
    Adresse de la pétition : https://www.change.org/p/non-au-darwinisme-social-et-au-tri-âgiste-validiste-et-capacitiste-par-manqu
    Lien permanent du Verbatim chronologique des témoignages sur le tri âgiste, validistes et capacitiste en mars et avril 2020 dans le Grand Est et la Région Parisienne : https://www.facebook.com/groups/591274398144542/permalink/609704719634843
    Manifeste du groupe : https://paris-luttes.info/covid-19-non-au-darwinisme-social-13890
    Liens et mail de coronavictimes.net : https://www.facebook.com/groups/591274398144542/permalink/607968249808490
    #validisme #âgisme #capacitisme #égalitédaccèsauxsoins #négligence #homicideinvolontaire #tridiscriminatoire #covid #coronavirus #santé

  • I ~ Existence avérée du tri des patients covid19 âgés dans le Grand Est et la Région Parisienne.

    Dans le courant du mois de mars 2020, alors que la pandémie de Covid19 se répand sur l’ensemble du territoire, des soignants alertent sur la saturation des services de réanimation, en particulier dans le Grand Est et l’Île-de-France. Seuls 5000 lits sont alors disponibles contre 10 000 en Allemagne. Le fruit d’une politique néo-libérale criminelle, commune aux gouvernements macron, hollande et sarkozy, de destruction méthodique de l’hôpital public, de véritables campagnes de fermetures de lits, politique délibérée et chapotée par les ministres de la santé successifs et leurs cabinets, et déclinée en région par les bureaucraties des ARS.
    La presse allemande se fait l’écho le 26 mars d’un rapport médical de spécialistes allemands sur la situation catastrophique qui règne dans les hôpitaux alsaciens, en particulier à Strasbourg (1) : par manque de matériel (respirateurs et lits), les patients âgés n’y sont plus ventilés. « Toute personne de plus de 75 ans n’est plus intubée”, titre la Frankfürter Allgemeine Zeitung, ou le Tagesspiegel. Die Welt souligne « qu’“on aide désormais plus les patients les plus âgés qu’à mourir”. Ce rapport médical émane d’une équipe de médecins allemands de l’institut DIKFM qui se sont rendus à l’hôpital de Strasbourg. Le Tagesspiegel rapporte ainsi que “les personnes de plus de 80 ans n’y sont plus ventilées”, mais placées en soins intensifs et sous somnifères.“Le triage – la sélection des patients ayant de meilleures chances de survie – est depuis quelque temps à l’ordre du jour en Alsace”, déplore Die Welt, qui a interrogé Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, reconnait ainsi que « les patients de plus de 80 ans, de plus de 75, certains jours même de plus de 70 ans ne peuvent plus être intubés car nous manquons tout simplement de respirateurs ».
    La situation est identique aux hôpitaux de Colmar et de Mulhouse comme le révèle un article de Rue89-strasbourg du 16 mars (9) : « Face à l’épidémie de coronavirus, l’hôpital Émile Muller de Mulhouse n’est pas en capacité d’hospitaliser tous les patients. Un mail du chef des urgences de Colmar indique que des réflexions sont en cours sur « les critères (notamment d’âge) de limitation d’accès à la réanimation. » »
    Adjoint au maire à Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire révèle quant à lui dans une interview de bfmtv (2) que cette pénurie organisée de lits et de respirateurs s’est traduite par des refus non seulement de réanimation mais même d’hospitalisation, de résidents d’Ephad atteints du Covid-19 : « Il est arrivé que nous soyons confrontés à des appels qui ne puissent PAS être PRIS EN CHARGE et donc qui ont conduit à la MORT en établissement d’un certain nombre de résidents atteints du Covid-19 […] Le SAMU dit « je ne viens pas », « je ne PEUX pas », et les patients RESTENT dans la chambre ». Et d’ajouter : « On a TOUJOURS SU que la difficulté de cette épidémie, c’est la SATURATION DES LITS DE RÉANIMATION » ; c’est dire à quel point l’anticipation du risque pandémique, a toujours été le cadet des soucis des darwinistes sociaux ultra-libéraux qui nous gouvernent depuis plus de trois décennies ; c’est dire la profondeur du mépris de nos vies et de notre santé collective cqui règne chez ces zélés capos du Capital.

    II ~ Négationnisme et Déni du Pouvoir politique et des Médias sur l’existence du tri.

    Mais à part cette interview surprenante de Bfmtv, l’existence de ce tri entre ceux qui vont vivre et ceux auxquels la mort sera administrée faute de respirateurs n’est évoquée nulle part dans les massmedias télévisés et la presse mainstream. Silence radio général. L’existence et les chiffres de cet insupportable tri ne figurent bien évidemment jamais dans les compte-rendus télévisés quotidiens de Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé, lequel a longtemps occulté les morts dans les Ephad, et continue à ce jour à ne pas se donner les moyens de connaître les chiffres des morts Covid19 à domicile (notamment en excluant les tests post-mortem)… Quand la question leur est posée, Pouvoir Lrem et médias dominants (propriétés de milliardaires et de marchands d’armes) affirment contre l’évidence que ce tri n’existe pas, nulle part. « Le tri n’existe pas » is the new « il n’y a pas eu de retard dans les mesures de confinement ».

    III ~ Changement du discours d’évitement dominant : il s’agit de tri mais celui-ci est habituel et ce sont de banals « soins palliatifs » administrés à des patients « en fin de vie », pour éviter tout « acharnement thérapeutique ».

    Comprenant qu’il est trop tard pour camoufler la vérité sur l’existence effective de ce tri, médias et pouvoir Lrem adoptent alors un nouveau discours : les patients Covid19 refoulés des hôpitaux et des services de réanimation seraient tous des patients « en fin de vie », qui n’auraient pas supporté la réanimation, et auxquels seraient administrés de banals « soins palliatifs »…Des organes de « fact checking » de la presse mainstream de Patrick Drahi (libération, checknews), Xavier Niel et Matthieu Pigasse (le monde) se sont empressés de crier aux « fake news ». Un article du Monde (13ter) dénué de toute déontologie journalistique qualifie d’emblée et dans le titre ces patients covid19 âgés et triés pour la mort de « malades en fin de vie » là où beaucoup sont en fait parfaitement soignables, comme le montrent les témoignages suivants, avec les moyens nécessaires… De même, tout l’article de francetvinfo.fr intitulé « Non, un décret ne légalise pas l’euthanasie pour les seniors atteints par le coronavirus » (7) ne repose que sur une affirmation mensongère ; Olivier Guérin, professeur de gériatrie au CHU de Nice y déclare en effet qu’ »il est bien entendu hors de question de faire de la sédation sur des patients qui nécessiteraient une hospitalisation » !
    Ces affirmations péremptoire et sans fondement sont démenties par tous les témoignages que nous rapportons ici. Ainsi dans des hôpitaux du Grand Est, l’équipe de médecins allemands et le témoignage de Brigitte Klinkert évoqués plus haut (1) montrent au contraire, d’une part le caractère systématique des exclusions de réanimation en fonction d’un âge-seuil variable selon la saturation des réas, et d’autre part le fait que c’est bien la PÉNURIE DE RESPIRATEURS, et non l’état prétendument désespéré de tous ces patients, qui conditionne ce tri. Le témoignage d’Emmanuel Grégoire va dans le même sens, ainsi que la plupart de ceux mis en lumière ci-après.
    Cet état de fait systématique dans certains hôpitaux et Ephad transparaît clairement dans le titre sans ambiguité d’un tract (3) des soignants de la CGT HAD AP-HP pour la situation parisienne : « La seule issue pour les personnes âgées en EPHAD atteintes du coronavirus : La Mort ! Inacceptable ! ».
    Un autre témoignage révèle le caractère foncièrement mensonger de ce discours, cette fois concernant la Région Parisienne. C’est celui de Jean-François Corty pour Mediapart (4), un soignant « rompu à la médecine de guerre » qui exerce dans une clinique parisienne « interface entre l’hôpital et l’Ehpad », qui s’occupe de patients Covid19 dans un état grave mais considérés comme « NON-PRIORITAIRES » par les services de réanimation parisiens « DÉBORDÉS ». L’AP-HP a recours à cette clinique pour désengorger l’hôpital en y orientant des patients Covid19. Son témoignage est un réquisitoire pour des êtres sans éthique comme Jérôme Salomon, et tous ceux qui de leur strapontin affirment que cet ignoble tri est une chose habituelle et ne concerne que des patients non-soignables : « Depuis quinze jours, il est DE PLUS EN PLUS DUR DE TRANSFÉRER des patients en réanimation à Paris. De fait, nous sommes amenés à faire dans une PROPORTION ANORMALE DU SOINS PALLIATIF, car nous n’avons pas de service de réanimation. […] J’entendais le directeur de la santé [Jérôme Salomon] balayer d’un revers de main le tri des patients. Son analyse ne fait pas écho à ma réalité de terrain. Que ce soit en clinique où j’exerce ou dans les Ehpad, on est OBLIGÉS de faire du palliatif de manière IMPORTANTE. C’est simple. Pour les cas graves, c’est soit la réanimation, soit le soin palliatif, car on pense que vous avez peu de chances de survivre, CHANCE QU’ON VOUS AURAIT OCTROYÉ dans un autre contexte sanitaire [et avec une réserve de respirateurs à la hauteur du risque pandémique, lequel s’accroissait d’année en année et était annoncé de longue date, ndlr]. Cela s’appelle bien du TRI, de la médecine de catastrophe. »
    Un article de Révolution Permanente (8) apporte un témoignage de plus du fait que les personnes refusées en réanimation n’étaient pas toutes « en fin de vie », loin s’en faut : « Le manque de matériel est criant alors que c’est la base de l’hygiène pour protéger les patients, en fournir massivement la seule aurait pu sauver des vies. […] A cela s’ajoute le SENTIMENT D’AVOIR TUÉ LEURS PROPRES RÉSIDENTS car « ILS AURAIENT ENCORE PU VIVRE DE BELLES ANNÉES, nous les EHPAD on a été abandonnéS. Comme c’était des personnes âgées, ils ont décidé qu’on ne les prendrait pas à l’hôpital ». »

    ...

    Lire la suite :
    https://akratnode.wordpress.com/2020/05/02/covid19-on-acheve-bien-les-vieux-et-les-handicapes
    #validisme #eugénisme #trieuthanasique #âgisme #poursuites

  • Canard Enchaîné du 29 Avril 2020 : « Dans un hôpital public d’Île-de-France – des documents en possession du « Canard » en attestent – aucun patient de plus de 70 ans n’a été admis en réa durant les 6 jours les plus critiques de la crise. »

    Partagez, faites lire et signer la pétition : https://www.change.org/p/non-au-darwinisme-social-et-au-tri-euthanasique-par-manque-de-lits-et-de-res

    https://akratnode.wordpress.com/2020/05/02/aucun-patient-de-plus-de-70-ans-na-ete-admis-en-rea-durant-les-

    #validisme #eugénisme #trieuthanasique #âgisme #poursuites

  • « Quand le ministre de la santé affirme qu’il n’y a pas de tri entre malades dans les hôpitaux, je réponds : « c’est faux ! » dit Pierrick Buchon, directeur général de l’association Marie-Pire, 330 personnes handicapées dans différentes structures. Au centre de Riespach, des résidents ont commencé à tousser début mars. […] Un vendredi soir Alain 58 ans se met à suffoquer. L’aide soignante se souvient d’avoir appelé le SAMU : « venez vite, il va me mourir dans les bras ! » L’opérateur évoque la surcharge. Deux JOURS plus tard, Alain expire dans sa chambre » […] Le cahier des transmissions internes raconte la nuit du 25 mars. A 20h30, le SAMU est alerté pour Marie-France, à 21h15 pour Bruno, à 1h30 pour Gilbert, à 2h45 pour Françoise. A 3 heures, c’est le SAMU qui rappelle lui-même : « Arrêtez de téléphoner, on est saturés. »

    https://akratnode.wordpress.com/2020/05/02/tri-euthanasique-article-de-florence-aubenas-le-monde-26-avril

    #validisme #eugénisme #trieuthanasique #âgisme #poursuites

  • LE VENDREDI ON TRIE ! (à 3’30)
    « le vendredi, on trie » (à 3’30)
    Témoignage accablant d’une soignante en colère, Agnès Hartemann, cheffe du service diabétologie de la Pitié-Salpêtrière. Elle fait partie des 1200 médecins qui ont choisi de démissionner de leurs responsabilités administratives pour alerter sur le manque criminel de moyens à l’hôpital public....
    https://www.facebook.com/groups/591274398144542/permalink/603478376924144
    #trieugénique #validisme #darwinismesocial #covid19

  • Premier matin de novembre – Que partout, refleurissent les premiers matins de novembre
    https://pmdn.home.blog

    Contrairement à ce qu’on l’air de penser les « camarades » qui préfèrent encore la grille de lecture des misérables d’Hugo et ceux de Ladj Ly, écrire une fanfiction du Capital pour expliquer tout ceci ne suffira pas. Ces révoltes ont bel et bien un coût politique pour les gouvernants, la bourgeoisie, le capital ou peu importe le petit nom que vous leur donnez, c’est juste pas nous qui rafflons la mise. Elles les rendent à chaque fois un peu plus dépendant et tributaire d’une bande de terroristes qui ne s’interdit à peu près rien. Qu’ils se soient mis eux même dans cette position pour entretenir un certain ordre social et colonial en banlieue est une certitude, qu’ils maîtrisent encore cette situation, en revanche, le doute est largement permis. On peut penser au préfet de Paris et à son camp qui ne rendent plus de compte à personne et surtout pas au pouvoir politique. On peut penser aussi en voyant la brigade scientifique s’activer sur des encombrants jeté a des déchets à Villeneuve La Garenne, comment les miliciens ont obtenus la préservation de leur régime de retraite en un temps record au point de laisser lesdits policiers scientifiques sur le carreau.

    Le pouvoir policier est devenu incontrôlable donc. Pris dans ses pulsions de mort et baignant dans les plus sales représentations on ne l’arrête plus. De la même manière que le code noir n’a pas arrêté le maître qui battait ses esclaves, quand bien même cela ne correspondait en rien à ses intérêts capitalistes. En banlieue, les porcs ont monopolisé le pouvoir, ce n’est pas, ou pas que, la bourgeoise, le capital où l’Etat qui tient les rênes, c’est eux

  • « On n’a pas fait une médecine de guerre, on a fait une médecine de pénurie » – ACTA
    https://acta.zone/on-na-pas-fait-une-medecine-de-guerre-on-a-fait-une-medecine-de-penurie

    Exacerbations des inégalités de santé avec un taux de mortalité surélevé dans le 93, pénurie structurelle de moyens comme aboutissement de vingt ans de restructurations de l’hôpital, aveuglement politique même au cœur de la crise. Mais aussi solidarités collectives, auto-organisation des soignants, conscience que le changement ne pourra venir que par la lutte … Nous avons rencontré Yasmina, infirmière à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis.

    Tu peux nous décrire ton quotidien, dans quelle structure tu es et comment se passe ton travail dans la période actuelle ?

    Je m’appelle Yasmina, je suis infirmière à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis, au service d’urgence adulte. J’y travaille depuis bientôt quatre ans et depuis quatre ans mon quotidien a beaucoup changé en termes de conditions de travail, et ça c’est accéléré depuis le début de la crise du Covid. Au début il y a eu une espèce de sidération parmi les hospitaliers et les collègues, quand on a commencé à voir ce qu’il se passait en Chine, puis progressivement quand ça se rapprochait avec la situation en Italie. Il y a eu tout un discours politique pour dire que le système de santé italien était quand même moins bon et qu’il n’arrivait pas à faire face. Là-dessus, je pense qu’on a été assez clair dès le départ en disant qu’on ne ferait pas mieux. Quand on voyait les difficultés très importantes notamment sur les respirateurs et les places en réanimation, on a commencé à se dire « comment ça va se passer chez nous ? », en sachant que la parole gouvernementale n’était pas très claire. On n’a pas été beaucoup mieux informés que vous au départ sur cette crise et les patients commençant à arriver progressivement, un certain nombre de protocoles ont été mis en place. Début mars surtout, notre hôpital est passé en « plan blanc élargi », un plan de crise qui a permis qu’on n’accueille plus les patients considérés comme du « non-urgent », pour pouvoir dégager à la fois du personnel et des lits pour des patients Covid. On a fermé ce qu’on appelle les consultations et l’hôpital de semaine, mais en les fermant on savait que ça allait forcément poser des problématiques de suivi des pathologies chroniques, que ça allait avoir un impact sur la santé de nos patients. Donc pour nous, en commençant par fermer le « non-urgent », on commençait déjà à rentrer dans le problème. Par ailleurs, on a transformé deux éléments dans l’hôpital : l’unité de soins intensifs pédiatriques et la salle réveil post-opératoire ont été réaménagées en deuxième et en troisième « réa ». On a su assez tôt que le nombre de lits de réanimation allait être compliqué à gérer parce qu’au début de la crise on nous a annoncé une fourchette entre 400 et 1000 patients en « réa » pour le Covid et il y avait 1250 places de réanimation au maximum en Ile-de-France. Au tout début, on ne gardait pas les patients, on les détectait dans nos hôpitaux et on les renvoyait à Paris. On devait appeler les hôpitaux parisiens pour « valider » nos suspicions Covid et pour avoir le droit de tester le patient parce que les critères étaient restreints alors qu’on voyait des patients qui avaient des symptômes évocateurs. Ceux qui avaient été en contact avec un Covid avéré ou ayant voyagé dans les zones à risques étaient considérés comme Covid, les autres non, mais en même temps on savait que le virus commençait déjà probablement à circuler dans le pays. Il y a eu une période de flottement pendant laquelle on ne comprenait pas trop.

    Quand tu parles de cette période, c’est avant le confinement ?

    Oui, au moment du confinement c’est là qu’on a vraiment fermé des lits et qu’on s’est transformé en hôpital Covid, le jour de la première annonce de Macron [le jeudi 12 mars]. On a commencé par recevoir des patients assez graves donc ça nous a mis une petite claque, surtout des patients qui n’étaient pas si vieux, souvent avec des comorbidités associées qui peuvent favoriser le développement d’un Covid grave. Progressivement, on n’a plus reçu de patients hors-Covid, avec la grande question de « qu’est-ce que ces gens-là deviennent ? » parce que les AVC et les infarctus continuent d’exister. Après, c’est devenu 99,9% de patients Covid jusqu’à maintenant [entretien réalisé le mardi 14 avril] où les autres patients ne sont pas encore revenus, ou alors au compte-goutte. Entre-temps, on a connu trois semaines de véritable enfer dans le 93 avec bien dix jours sans places en réanimation. Ça a été très dur à vivre et à gérer. Il a fallu faire des choix, il a fallu gérer comme on pouvait et on ne pouvait pas transférer rapidement des gens parce qu’on était déjà en sous-effectif au sein même de notre service, alors qu’on était en « plan blanc » et qu’on était censé être dans une situation sanitaire exceptionnelle. Le Covid, c’est une crise sanitaire qui arrive au milieu de ce qu’on pouvait déjà considérer comme une crise sanitaire, qui percute une crise déjà établie au sein de l’hôpital public. Les problématiques qu’on avait avant se démultiplient maintenant. Par exemple, beaucoup de collègues ont été contaminés dès le départ, du coup le sous-effectif était aussi lié à ça, on est rentré dans un cercle vicieux. Maintenant, les collègues commencent à revenir, on a baissé notre activité, ça va beaucoup mieux chez nous, ça va moins bien dans les services de gériatrie, ça va moins bien dans le reste de l’hôpital, mais aux urgences ça s’est vraiment apaisé.

    #soin #travail #crise_sanitaire #pénurie #médecine_de_pénurie #93

  • " Non à l’Euthanasie des malades covid19 âgés / handi par manque de lits et de respirateurs.
    (49 sources online - dernier ajout : 18 avril 2020, section Updates)

    COVID19 : ON ACHÈVE BIEN LES VIEUX ET LES HANDICAPÉS !

    [Avertissement : cette pétition ne s’adresse pas aux fascistes « pro-vie » d’alliance vita et autres civitas, qui ont soutenu jusqu’au bout l’acharnement thérapeutique contre Vincent Lambert, au mépris le plus total de sa propre volonté, et qui confondent délibérément droit au suicide assisté, à mourir dans la dignité, et politique d’euthanasie d’état. Cette pétition s’adresse aux pro-choix, pour la fin de vie comme pour l’avortement. Mon corps, ma vie, mon choix]

    Faute de places en réanimation (du fait de choix ultralibéraux), par décret du 28 mars 2020, le gouvernement macron autorise l’euthanasie non-choisie et administrée sous l’autorité et avec l’assentiment de l’état. Il ne s’agit en aucun cas de droit à mourir dans la dignité , ni des directives anticipées des patients. Il s’agit D’ASSASSINATS, la préméditation des meurtres étant établie par l’existence du décret.

    LA SÉDATION TERMINALE AU TITRE DES SOINS PALLIATIFS N’EST AUTORISÉE QUE POUR LES CAS DÉSESPÉRÉS, PAS POUR PALLIER AUX MANQUES MATÉRIELS ORGANISÉS PAR L’ÉTAT ! (...) "

    https://www.change.org/p/non-à-l-euthanasie-des-malades-covid19-âgés-handi-par-manque-de-lits-et-de-r

  • Dissimulation de preuves ? ou est l’IGPN
    https://www.nantes-revoltee.com/dissimulation-de-preuves-ou-est-ligpn

    Ce dimanche matin , sur le lieu du drame d’hier à Villeneuve(92) , le frère de la victime percuté hier soir montait la garde .A 7 heures 30 , un équipage de la police national en voiture sérigraphié arrive sur la scène du crime . Sur la vidéo , nous voyons clairement les policiers s’emparer […] L’article Dissimulation de preuves ? ou est l’IGPN est apparu en premier sur Nantes Révoltée par homard DeRugy.

  • « Le solutionnisme technologique restreint complètement nos imaginaires politiques »
    https://lundi.am/StopCovid-Le-solutionnisme-technologique-restreint-completement-nos-imaginaire

    C’est ce que des informaticiens militants de longue date comme Eben Moglen ou Philippe Aigrain désignent sous l’expression de « dictature de la commodité ». Elle fonctionne depuis des années avec la carte d’identité plastifiée. Et c’est encore la stratégie que poursuit aujourd’hui le gouvernement avec son application Alicem, une application pour smartphone qui permettra de s’authentifier par reconnaissance faciale pour accéder aux services publics numériques. Montrer son visage devant la webcam de son smartphone ou de son ordinateur, c’est a priori bien plus rapide et pratique que d’avoir à retenir son nom d’utilisateur et son mot de passe. Et c’est sur cela que compte l’État pour imposer doucement la reconnaissance faciale comme mode d’identification. À partir d’août 2022, le ministère de l’intérieur commencera d’ailleurs à déployer la carte nationale d’identité électronique (CNIE), suivant des spécifications prévues par l’Union européenne à travers un règlement adopté en juin 2019. La puce de cette carte contiendra notre empreinte faciale et pourra à terme être utilisée pour s’identifier à travers la reconnaissance faciale, lors de contrôle policiers dans la rue ou dans différents guichets.

    La crise du Covid-19 risque d’ailleurs de participer à légitimer ces déploiements : outre la praticité, on vantera aussi l’aspect « sans contact » de la reconnaissance faciale, comme le fait déjà la police aux frontières étasunienne en expliquant que, en contexte pandémique, la reconnaissance faciale est plus « hygiénique » que les papiers d’identité.

  • Mixité : l’égalité déchante La Brique Lille - Philémon
    9 mars 2017 - Numéro 49

    http://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/862-mixite-l-egalite-dechante

    Édith Maruéjouls est chargée de mission « égalité » au sein de la mairie de Floirac, commune girondine de 16 000 habitant.es. Elle contribue à définir et à mettre en œuvre une politique d’égalité dans les pratiques de loisirs entre hommes et femmes. Elle a soutenu en 2014 une thèse en géographie du genre intitulée « Mixité, égalité et genre dans les espaces du loisir des jeunes. Pertinence d’un paradigme féministe ». Elle évoque dans cet entretien son travail sur les inégalités réelles entre les sexes et aborde plus particulièrement le cas des espaces de loisir des jeunes, terreau de ces processus.

    Vous expliquez que l’égalité est un projet fondamental qui structure la réalité des rapports entre hommes et femmes.

    L’égalité doit avoir un niveau opérationnel sur le territoire. Dans le triptyque républicain français « liberté-égalité-fraternité », l’égalité est un projet politique. La liberté et la fraternité sont davantage des notions philosophiques – qui sont certes aussi des projets sociétaux – mais la notion d’égalité doit avoir une mise en pratique sur le territoire. Aujourd’hui, il y a une égalité en droit mais, finalement, l’égalité de traitement est très fragile. L’égalité, dans un pays républicain et laïc, est la première des revendications, elle est censée permettre l’expression de la liberté. Si vous n’avez pas l’égalité en droits, ce n’est même pas la peine d’interroger l’égalité dans la société : c’est donc un enjeu démocratique.

    Comment s’observe concrètement la question de l’(in)égalité au sein des politiques publiques de loisir que vous avez étudiées ?

    Dans les loisirs, comme dans beaucoup d’autres domaines, il y a une inégalité sur trois champs : inégale redistribution de l’impôt, inégal accès, inégale valeur entre les filles et les garçons.

    L’inégale redistribution d’abord. Une société n’est pas égalitaire si la question de la justice sociale n’est pas posée. Mon travail questionne par exemple la redistribution de l’impôt. Lorsque des équipements sont mis en place via des politiques publiques, l’impôt est redistribué avec un objectif ; en l’occurrence, celui de permettre aux gens qui en sont le plus éloignés l’accès à des droits fondamentaux : l’équipement, la santé, la nourriture, etc. Si ces équipements et ces politiques-là s’adressent à 90 % à des hommes, c’est un problème égalitaire, ce n’est pas plus compliqué que ça. C’est comme si vous vous rendiez compte qu’il y a 90 % de patients de sexe masculin dans les hôpitaux publics : vous poseriez légitimement la question de la santé des femmes. Où vont-elles se faire soigner ? Qu’en est-il de leur santé ? Nous pouvons poser des questions similaires pour le loisir.

    Intéressons-nous aussi à l’égal accès : c’est la question de l’offre. Il faut sortir de l’idée selon laquelle tous les équipements sont ouverts ; que tout le monde peut faire ce qu’il veut ; que si les femmes ne viennent pas, c’est qu’elles n’en ont pas envie ; que si les femmes ne sont pas dans l’espace public, c’est qu’elles n’y trouvent pas leur compte. C’est faux. Parce que l’offre est déjà discriminante. Si vous êtes une jeune fille, vous ne pouvez pas pratiquer toutes les activités sportives comme un garçon, parce qu’il n’y a pas d’équipes féminines dans une majorité de sports.

    Enfin, le dernier problème, c’est l’inégale valeur : les choix politiques, les choix d’équipement montrent encore aujourd’hui l’hégémonie masculine. Et force est de constater, sur le terrain, que l’activité sportive d’une fille ou d’une femme n’a pas la même valeur que celle d’un garçon ou d’un homme, eu égard aux équipements, aux investissements.

    Vous parlez de « décrochage des filles de l’espace public à l’adolescence ». Dans quelle mesure des phénomènes d’inégalités observables chez les adultes (présence moindre dans l’espace public et une forme de cantonnement à certains lieux) s’ancrent déjà au moment de l’adolescence, voire de l’enfance ?

    Je fais depuis longtemps un travail pédagogique sur la question du micro-espace de loisirs que constitue la cour de récréation. Je travaille depuis 2010 dans une école, avec un projet d’école égalitaire. J’ai aussi expérimenté cette problématique au collège. C’est un lieu qui révèle que les questions de stéréotypes ne vous tombent pas dessus quand vous marchez. C’est au contraire inscrit durablement dans la question comportementale. Les stéréotypes sont aussi un vêtement social, un symbole d’appartenance à un groupe ; « Vous appartenez à ce groupe-là », et derrière, des déclinaisons : « Vous êtes une femme », donc « vous ne savez pas conduire », etc. Mais il n’y a pas que des choses caricaturales. Dans la cour de récréation, quand 20 % des enfants – les garçons – occupent 80 % de l’espace, cela interroge la capacité à négocier à égalité l’espace.

    Prenons l’exemple du foot : symboliquement, le terrain de foot sert d’abord à délimiter un espace réservé, davantage qu’à jouer. On se rend bien compte que les garçons ne respectent pas les lignes ; que quand le ballon sort, ils ne font pas de touches en respectant les règles du jeu. Une forme de relégation se révèle derrière la ligne du terrain de foot : non seulement elle signifie que le corps des filles ne peut pas prendre sa place, que les filles ne sont pas légitimes dans l’espace central, mais en plus elles n’apprennent pas à négocier. Les effets sont durables. Finalement, quand on dit aux filles : « Vous êtes une fille, vous ne pouvez pas faire... », « J’ai pas de sport pour vous, c’est pas possible de faire cette pratique », elles intègrent cette relégation. Sur tous les clubs que j’étudie, 9 à 11 sports sont non-mixtes masculins, alors qu’on ne trouve que trois sports non-mixtes féminins. Les filles font de la danse et du twirling-bâton, tandis que les garçons font du foot, du rugby, du tennis, du judo... Le décrochage vient de ces signes de la performance, ce qu’on appelle la police du genre au quotidien et qui fait que vous ne vous demandez plus si c’est juste ou injuste. Ça s’entretient dès l’école élémentaire : ce n’est pas que la question de l’adolescence. Le collège accentue la relégation, car c’est une période de construction identitaire. Il peut y avoir des groupes de garçons qui font des activités qui se rapprochent du monde défini des femmes et des jeunes filles, qui vont complètement cesser leur activité à l’entrée au collège. C’est symptomatique.



    _ On voit de plus en plus apparaître des structures réservées aux « jeunes », comme des skate parks. Pourquoi les filles ne pourraient-elles pas s’en emparer et se les approprier ?

    _

    La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/862-mixite-l-egalite-dechante

    #égalité #La_Brique #Femmes #Féminisme #Mixité #égalité #genre #espaces_de_loisir #politiques_publiques #choix #politiques #sport

  • Show #337
    http://www.radiopanik.org/emissions/l-etranger/show-337

    Ou•tré (uˈtreɪ) adj. Scrambling radio art/art of radio, social imaginary significations, collective fictional spaces, post-economic music, queer diasporas ... A relational outburst of ...

    Download audio of this show as mp3 (256kps) or OGG.

    Scrambled live:

    1. Negativland - Helter Stupid (excerpt) from S/T CD (RecRec Music, Switzerland, 1989) 2. Annie Anxiety - Barbed Wire Halo from S/T 7" (Crass Records, UK, 1981) 3. Streicher - Nihilist Assfucks Manifesto from ’ Annihilism’ cassette ( Zero Cabal, Australia, 1995) 4. Pump - Lung from ’The Decoration Of The Duma Continues’ LP (Forced Nostalgia, Belgium, 2011) 5. DJ Ra - Party Talk #3 from ’I’m So Bored With The USA #2' 7" (Diskono, UK, 1999) 6. Dieter Roth - Thy quatsch est min Castello from ’ Dieter (...)

    #experimental #freeform #outsider #weird
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/l-etranger/show-337_03370__1.mp3

  • L’émancipation sous contrainte La Brique Lille - Mutines - 9 mars 2017

    Depuis 2014, la ville de Lille expérimente les « marches exploratoires » par des femmes en non-mixité dont l’objectif est de favoriser les prises de parole des femmes dans l’espace public. Chouette, qu’on s’est dit : une initiative organisée par la mairie pour parler entre femmes de sexisme, pourquoi pas ? Après enquête, entretiens et tout le tintouin, on a un peu déchanté : tout n’est pas à jeter mais force est de constater que le résultat est un peu moins reluisant que sur la plaquette. Longue est la route vers l’égalité !

    Depuis quelques années, la thématique « genre et espace public » fait des ravages. Les colloques universitaires, think tanks1 (comme Genre et ville) et plans nationaux se multiplient. Les villes subventionnent les associations travaillant sur le sujet, et les entreprises s’emparent de la question (SNCF, RATP, etc.) à leur profit. Tous se demandent comment faire en sorte que les femmes occupent l’espace public autant que les hommes.

    Marcher pour s’approprier l’espace

    En 2014, le ministère des affaires sociales et de la santé lance un programme national afin d’inciter les mairies à organiser des « marches exploratoires » qui suivent toutes un même protocole : en non-mixité, les femmes se réunissent pour établir un diagnostic sur les endroits où elles ne se sentent pas à l’aise. Elles organisent ensuite une marche collective pour se rendre sur les lieux pointés, s’arrêtent, discutent, échangent sur ce qui devrait être fait pour améliorer le bien-être des habitantes du quartier. Enfin, dernière étape, la marche de restitution, lors de laquelle les élu.es sont présent.es et reçoivent les propositions formulées par les habitantes.

    Anne Mikolajczak, fraîchement nommée à la mairie de Lille en tant que 24e adjointe déléguée aux « droits des femmes – politique en faveur de l’égalité hommes-femmes », se saisit du projet. Nous l’avons rencontrée et, pour elle, « cette question du rapport femmes-espace public est une priorité ». Elle profite donc du contexte institutionnel pour impulser conjointement avec le service « politique de la ville » les premières marches exploratoires. Elles ont lieu dans deux quartiers de Lille, le faubourg de Béthune et Lille-Sud, et sont animées par l’association Paroles d’habitants.

    Tout cela sent à plein nez la démocratie participative en bonne et due forme : les pouvoirs publics récoltent l’avis de la population sans avoir pour autant l’obligation d’agir par la suite. Mais la démarche permet de se construire une belle vitrine démocratique. Pourtant, cette initiative semble donner des résultats intéressants. Les femmes se rencontrent, discutent et « vont même à Paris pour défendre le rapport auprès du ministère », précise l’élue. Anne Mikolajczak suit le travail de l’association de près et dit ainsi avoir vu « des femmes vraiment changer ».

    De l’origine de la vulnérabilité

    Dans le contexte actuel où le discours féministe a trouvé de nouveaux ennemis craignant de perdre leur position dominante (mouvements masculinistes, homophobes, contre la « manif pour tous »), ces initiatives contrastent et paraissent salutaires. Car si l’espace public est ouvert à tou.tes, un petit tour dans les rues montre vite que son occupation est fortement inégale et suit des critères genrés et hétéro-normés. Pour de nombreuses personnes (femmes, lesbiennes, gays, trans, mais aussi personnes « racisées »), sortir dans la rue revient en effet à s’exposer à des agressions verbales et physiques : regards soutenus, remarques sur les vêtements et l’attitude, insultes, gestes furtifs, autant d’affirmations machistes pour rappeler que nous n’avons pas tou.tes le droit d’y être.

    Le problème réside dans la légitimité dont bénéficient ces actes. Ils sont tellement fréquents et en accord avec la norme dominante qu’on n’en parle même plus. Pourtant, ils génèrent de nombreuses stratégies invisibles et quotidiennes : se déplacer en vélo plutôt qu’à pied, arrêter de porter des jupes, éviter certains quartiers à certaines heures. Ainsi, les personnes dites « vulnérables » s’excluent elles-mêmes de certains lieux et ont intégré certaines manières de se comporter pour être plus tranquilles dehors.

    Ces faits sont légitimés par une double croyance : il en aurait toujours été ainsi et les femmes étant « fragiles », elles préféreraient rester à l’intérieur. Or, même si elles n’apparaissent dans les statistiques qu’à partir de 1945, les femmes ont toujours travaillé et ont toujours occupé, d’une manière ou d’une autre, l’espace public. Par ailleurs, cette croyance fait perdurer une image faussée du foyer comme espace serein par excellence. Alors qu’en réalité la majorité des violences sur les femmes se déroule à leur domicile et est exercée par une personne connue, « son » homme la plupart du temps. On ne peut donc pas considérer qu’il existe une opposition réelle entre espace public-dangereux-masculin et espace privé-sécurisé-féminin.

    Un outil remastérisé

    Cette thématique n’est donc pas nouvelle, de même que les actions militantes développées pour faire parler d’elle. Dans ce cadre, les marches exploratoires apparaissent comme une version institutionnalisée d’autres manifestations telles que la marche des fiertés homosexuelles, forme plus politisée des Gay Prides, ou encore les marches de nuit non-mixtes qui ont lieu depuis quelques années à Lille, Paris ou Marseille. Organisées la plupart du temps sans l’aval des pouvoirs publics, l’objectif de ces manifestations est de revendiquer le droit à occuper l’espace public quels que soient le sexe et les préférences sexuelles des personnes, et ce de jour comme de nuit.
    Que ces démarches relèvent des pouvoirs publics ou des collectifs militants, on a envie de soutenir la multitude d’initiatives sur tous les niveaux d’actions possibles. Car pour adoucir la cuirasse et favoriser les prises de parole et occupations d’espace, il n’existe pas 36 solutions. Il faut sortir des situations individuelles, se rencontrer, partager les vécus, bref, créer de la solidarité pour prendre confiance mais aussi comprendre qu’il s’agit d’un problème social, qui concerne donc l’ensemble de la société.



    En parler quoi qu’ils en disent ?

    La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/860-l-emancipation-sous-contrainte

    #La_Brique #Marches_exploratoires #sécurité #féminisme #emancipations #harcèlement #sexiste #PS #Anne_Mikolajczak #mairie_de_Lille

  • Des femmes pour l’excuse sécuritaire La Brique Lille - Stella, Mona - 9 mars 2017

    Il a bon dos, le « plan de lutte national contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun » ! Ou comment une occasion de « bien faire » se transforme en opportunité de « faire bien ». À Lille, dans le secteur des deux gares, une marche participative a lieu courant novembre. Mais ce n’est ni notre sécurité effective, ni même un entrebâillement émancipateur pour les femmes que recherchent in fine les entreprises qui l’organisent, Keolis1, la SNCF et la SPL Euralille2. L’objectif suprême, c’est d’attirer davantage de clientes3. Sans surprise.

    Nous avons participé aux premiers temps du protocole : la réunion préparatoire, la marche exploratoire et la réunion de bilan. Une restitution auprès des élu.es locaux est prévue, mais pas avant janvier. Le taux de participation est dérisoire : une dizaine de femmes arrive péniblement à la réunion de préparation – il faut dire que même le personnel de la gare a du mal à nous indiquer la salle. On en retrouve moins du double à la marche ; quant à la réunion de bilan, le score plafonne à six ! Le projet aurait pourtant pu faire l’objet d’une communication massive : ces entreprises ont des pouvoirs de communication titanesques... Mais on n’est jamais mieux servi que par soi-même : dans cette mascarade pseudo-participative, à part nous et quelques autres femmes, toutes les participantes bossent soit pour Keolis, soit pour Citéo5. Lors de la première réunion, ces collègues se disent « intéressées par la démarche ». Elles veulent « voir si elles peuvent s’en inspirer » dans leurs services respectifs. Nous sommes tombées en pleine réunion de famille ! Et comme s’en réjouissent celles et ceux qui mènent la réunion : après le caractère expérimental des marches exploratoires vient le temps d’une véritable « industrialisation » du concept. Pour le meilleur du pire des mondes ?



    Merci papa

    C’est un homme qui ouvre la réunion préparatoire. Normal, pour introduire le projet d’une marche non-mixte. Ce monsieur, c’est le responsable du pôle sûreté de la SNCF de Lille. Comme c’est le chef, il nous explique comment ça va se passer. Il rappelle le cadre dans lequel s’inscrit l’action de son entreprise : le plan de lutte, sorti l’été dernier. Il évoque vite fait et sans lien le cas des frotteurs dans le métro parisien pour énoncer quelques secondes plus tard le prétendu objectif : réduire le sentiment d’insécurité des femmes dans les transports publics et aux abords des gares de Lille.

    Pour l’atteindre, trois étapes : diagnostiquer les points forts et les points faibles de la gare Lille Flandres et ses abords et établir un parcours ; ensuite, la marche aidant, proposer des solutions pratiques ; et enfin changer le regard des femmes sur les transports en commun. Par contre, le chef nous prévient : « Pour pas que vous soyez déçues... C’est pas parce que vous proposez quelque chose qu’on va le mettre en place. Les propositions sont examinées, évaluées... Et on demande à ce que ce soit réaliste parce que si vous me dites : "À cet endroit-là faut mettre 8 caméras et 20 spots halogènes", ça va pas le faire ». Forcément, pour lui, seul l’arsenal sécuritaire est une réponse envisageable. Et si nous voulons nous inspirer des propositions faites par d’autres femmes, dans d’autres quartiers ou d’autres villes ?

    Élodie Longuemart, chargée de mission pour l’égalité femmes-hommes à la mairie de Lille, s’apprête à dire oui, réjouie à l’idée de partager son travail. Mais le chef l’arrête d’un geste du bras. « Vous comprenez, on préfère que vous ne soyez pas influencées ». Non, on ne comprend pas : ça pourrait nous aider à ouvrir les yeux sur le terrain, de voir sur quels éléments d’autres femmes avant nous ont été vigilantes. Faire évoluer l’outil des marches exploratoires, s’en emparer. Comprendre ce que les femmes ont proposé pour renforcer le sentiment de sécurité... Sentiment ? C’est cette approche affective qu’on nous demande d’avoir. La philosophie de la marche est précisément fondée sur le « sentiment d’insécurité », terreau fertile de la propagande sécuritaire. Nous sommes là pour légitimer l’action des flics et élargir encore un peu plus les normes du contrôle. C’est compris, les filles ? Papa a dit : on ne réfléchit pas, on ressent !

    Au nom de la liberté, mon cul !

    Le processus est sexiste en lui-même, comment pourrait-il peser contre le harcèlement ou les violences sexuelles dans les transports ? Tout est misé sur les stéréotypes lourds et faciles de « demoiselle en détresse » et de « maman respectable ». On est en train de nous dire que nous fantasmons le danger, et que ce sont nos sentiments qui nous empêchent de mettre le nez dehors – et de biper nos tickets à puce RFID. Pas qu’on serait retenues à la maison par les tâches domestiques ou familiales, notre éducation, ou encore par des expériences fâcheuses...

    Keolis a déjà organisé des marches participatives dans le métro, en s’arrêtant particulièrement sur les stations Porte de Valenciennes à Lille, et Gare Lebas à Roubaix. Héloïse Gerber, coordinatrice prévention chez Keolis, nous diffuse alors un petit clip documentaire de Keolife5. On y voit quelques-unes des participantes à ces marches-là, ainsi que leurs motivations. Parmi elles, l’une des cheffes de La Redoute, ravie de participer pour que ses employées puissent aller et venir plus sereinement sur leur lieu de travail, sans se faire apostropher par les relous du quartier. Ah ! Le bien-être des salarié.es, c’est la performance possible, la confiance retrouvée dans sa hiérarchie ! Et puis cette madame Transpole aussi, qui sort clairement de ses habitudes en venant sur son propre terrain pour « comprendre » pourquoi elle compte moins de clientes que de clients. Après la vidéo, on s’attache à déterminer un parcours.



    Des sentiments et des gommettes

    La suite : http://labrique.net/index.php/thematiques/feminismes/861-des-femmes-pour-l-excuse-securitaire

    #La_Brique #Transpole #Keolis #Marches #exploratoires #sécurité #harcèlement #sexiste #PS #Élodie_Longuemart #Lille #mairie_de_Lille #puce_RFID

  • Lafarge, du financement de groupes armés au mur anti-migrants de Trump
    http://www.bastamag.net/Lafarge-du-financement-de-groupes-armes-au-mur-anti-migrants-de-Trump

    L’entreprise franco-suisse de ciment LafargeHolcim a reconnu, ce 2 mars, avoir financé des groupes armés en Syrie entre 2012 et 2014 pour maintenir en activité son usine syrienne dans un pays en pleine guerre (lire leur communiqué en anglais). Six mois après les premières révélations du quotidien Le Monde sur les pratiques douteuses de l’usine syrienne de Lafarge, l’entreprise a concédé que « les mesures prises pour poursuivre l’activité de son usine étaient inacceptables » et que la filiale locale de (...)

    En bref

    / #Guerres_et_résolution_des_conflits, #Multinationales, #Migrations, #Amériques, Proche et Moyen (...)

    #Proche_et_Moyen_Orient

  • « Crise migratoire » : ce que cachent les mots | Emmanuel Blanchard et Claire Rodier
    http://www.gisti.org/spip.php?article5586

    Au cours de l’été 2015, l’ouverture provisoire de possibilités concrètes d’arriver et de demander l’asile sur son territoire a fait entrer en « crise » une Union européenne qui avait depuis longtemps renoncé à prévoir l’accueil des réfugiés et des migrants. Source : Plein droit

  • #Nucléaire : le cancer d’un ouvrier irradié de l’Île Longue enfin reconnu en maladie professionnelle
    http://www.bastamag.net/Nucleaire-le-cancer-d-un-ouvrier-irradie-de-l-Ile-Longue-enfin-reconnu-en

    Louis Creachcadec était chaudronnier. Il a travaillé de 1974 à 2003 dans la base militaire de l’Île Longue, dans la rade de Brest, au contact des réacteurs de sous-marins nucléaires. Atteint d’un cancer de l’œsophage, il est décédé le 3 octobre 2010 à l’âge de 57 ans. Au terme d’un long combat judiciaire, le cancer de l’œsophage provoqué par les rayonnements ionisants vient d’être reconnu en maladie professionnelle. Le 1er mars, le Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Brest a jugé « (...)

    En bref

    / Nucléaire, Santé , #Le_risque_nucléaire, #Conditions_de_travail

    #Santé_
    http://www.bastamag.net/IMG/pdf/communique_creachcadec_asso_hp.pdf

  • La Base, émission n°29
    http://www.radiopanik.org/emissions/bruxelles-nous-appartient/la-base-emission-n29

    Retour sur un montage sonore effectué par BNA-BBOT autour d’une exposition et d’un livre à #Salon_de_Provence (F).

    Moments partagés avec les #Chibanis à Salon-de-Provence

    Salon Action Santé, association de promotion de la santé publique développe depuis une dizaine d’année à la résidence #ADOMA de Salon-de-Provence des interventions auprès des résidents âgés, immigrés du #Maghreb des trente glorieuses, les Chibanis. (Littéralement « cheveux blancs » en arabe dialectal algérien. Ce mot désigne avec beaucoup de respect les vieux travailleurs immigrés maghrébins arrivés en France dans les années 1960 pour travailler.)

    Un diagnostic réalisé par l’association Confluence a permis de proposer des actions adaptées après une identification des besoins en santé des résidents. Nous avons réalisé des actions collectives (...)

    #travail #migration #SONACOTRA
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/bruxelles-nous-appartient/la-base-emission-n29_03365__1.mp3