Sombre

The point, as Marx saw it, is that dreams never come true. (Hannah Arendt)

  • Quel est cet arbre dans ma ville ? Le #micocoulier de Provence
    https://theconversation.com/quel-est-cet-arbre-dans-ma-ville-le-micocoulier-de-provence-142407


    Parce que @arno le vaut bien  ! 😘

    Le micocoulier de Provence (Celtis australis L.) est une espèce ligneuse maintenant rattachée, suite à l’adoption d’une classification phylogénétique des espèces, à la famille des Cannabaceae (la famille du chanvre et du houblon), alors qu’il était antérieurement rattaché à celle des Ulmaceae (la famille des ormes).
    Le micocoulier de Provence possède un tronc à écorce lisse, devenant fissurée pour les vieux arbres (à droite). Serge Muller/MNHN, CC BY-NC-ND

    C’est un bel arbre pouvant dépasser les 30 mètres de hauteur et atteindre plusieurs centaines d’années d’âge, formant alors une cime ample et érigée. Son tronc, qui peut dépasser le mètre de diamètre, présente une écorce lisse et grise, devenant plus ou moins fissurée pour les vieux arbres.

    • J’ai découvert cet article ce matin et j’ai hésité à le diffuser ici. Des micocouliers, j’en avais sûrement rencontré dans mes pérégrinations méridionales et je n’avais pas su mettre un nom dessus. Qu’est-ce que c’est bien, les arbres dans la ville ! Quand je pense que dans mon chef-lieu, pour faire passer la deuxième ligne de tram, la municipalité a fait abattre tous les platanes qui ombraient les avenues et leurs habitations. Tout comme la cour intérieure de la cité où nous avons habité et où le « bailleur social » a fait abattre tous les vieux arbres qui protégeaient cette cour où venaient jouer des enfants. Il paraît que leurs cris dérangeaient certains résidents. De plus ils ont muré tous les accès à cette cour. Et hop ! les mômes, assigné·es à leurs tablettes, playstations et autres smart-faunes. Notre ancienne voisine en était toute revorchée. Quelle pitié !
      Heureusement qu’ils nous reste la littérature et celles ou ceux qui savent élaborer des récits roboratifs. J’attends le prochain article avec impatience.

  • La banalité du mâle
    https://joellepalmieri.org/2020/07/13/la-banalite-du-male

    La nomination du dernier gouvernement français suscite bien des commentaires et des réactions véhémentes du côté des féministes. Certaines demandent sa démission. Ont-elles raison ? Cette option est-elle la bonne ? Une chose est sûre : cette nomination et le verbiage médiatique qui l’accompagne sont cruellement soit stupides soit stratégiques. Dans le premier cas – stupidité –, on … Lire la suite →

    #Humeurs #Domination #Fascisme #Féminisme #France #Luttes #Militarisation #Pensée #Racisme #Religion #Violences


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa

  • De la dissolution de la normalité - en finir avec ce monde
    http://en-finir-avec-ce-monde.over-blog.com/2020/07/de-la-dissolution-de-la-normalite.html

    La modernité, en instrumentalisant la vie humaine, a mécaniquement conduit à considérer la mort comme un échec de la techno-médecine, l’aggravation de la mécanisation du vivant s’accompagnant d’une déritualisation de plus en plus poussée de la mort, comme négation symétrique de la vie. La modernité finissante a sans doute passé un palier avec la crise du coronavirus : jamais peut-être la négation de la mort comme moment de la vie n’avait été poussée aussi loin (2), du moins en situation de paix dans nos contrée bouffies de ses illusions progressistes et de son humanisme creux. L’abandon des vieux, l’abandon des malades, tout particulièrement ceux en fin de vie, l’abandon des morts, resteront comme une tache indélébile de cette période singulière.

  • Ella Cara Deloria, l’indispensable Sioux de Franz Boas
    https://www.telerama.fr/idees/ella-cara-deloria-lindispensable-sioux-de-franz-boas-6658728.php

    Née en 1889 dans une réserve dakota, Ella Cara Deloria fut, pour le fondateur de l’anthropologie moderne américaine Franz Boas, une indispensable traductrice de la langue et des coutumes sioux. Qu’elle s’employa à défendre et à faire connaître sa vie durant. Pourtant, son travail n’a jamais été reconnu…

    Dans les années 1930, lorsqu’elle résidait à Manhattan, l’Américaine d’origine sioux Ella Cara Deloria (1889-1971) avait l’habitude de déjeuner tous les jeudis avec les représentants éminents des sciences humaines américaines, soit le Pr Franz Boas (1858-1942) et ses élèves, Ruth Benedict et Margaret Mead. Le premier, enseignant à l’université Columbia, spécialiste des Amérindiens, est considéré comme le fondateur, au début du XXe siècle, de l’anthropologie américaine moderne. Les secondes, ses émules, domineront la discipline à sa suite. Ella Cara Deloria, quant à elle, a été la collaboratrice du maître, rencontré dans cette même université en 1914 alors qu’elle étudiait à l’école normale pour devenir institutrice et éducatrice. Elle parle couramment tous les dialectes des communautés sioux sur lesquels il travaille : une « perle rare », comme le lui écrira Boas plus tard.

    Reste que son nom ne dit pas grand-chose aux États-Unis, hormis dans les communautés concernées, et encore moins en Europe. Figure de l’ombre, Ella Cara Deloria a pourtant réalisé durant quinze ans des enquêtes sur le terrain et effectué de nombreuses traductions, cheville ouvrière indispensable aux recherches de Boas. Elle a ensuite continué avec Ruth Benedict, tout en menant des travaux personnels sur la culture traditionnelle et les langues autochtones. Formée sur le tas mais non diplômée, femme, et de surcroît indienne — autant de freins importants, à l’époque, à une pleine reconnaissance —, elle est la première ethno-linguiste de terrain à avoir étudié de l’intérieur sa propre communauté.

    « Belle comme le jour », ou Anpetu Washte-win, son nom en langue dakota (un des trois groupes dialectaux sioux), est née dans la réserve de Yankton, Dakota du Sud, terre ancestrale des Indiens des plaines — les Sioux, de leur nom générique. Ella a 2 ans lorsque l’armée attaque, un petit matin de décembre 1890, un campement dans la réserve voisine de Pine Ridge. Les Sioux y sont réunis autour du chef Big Foot pour une danse rituelle interdite par les autorités. Trois cent cinquante personnes, dont beaucoup de femmes et d’enfants, sont tués. Tragédie historique, le massacre de Wounded Knee marque la fin de plus d’un siècle de guerres indiennes. Parqués dans des réserves qui se réduisent comme peau de chagrin, les autochtones s’étiolent, leur population tombe, fin XIXe, à trois cent mille personnes, voire cent cinquante mille selon les estimations les plus basses ; ils sont cinq millions aujourd’hui. Les enfants sont envoyés dans des pensionnats où il leur est interdit de parler leur langue. Objectif du gouvernement : l’assimilation forcée.

    Une vie nomade et modeste

    L’histoire se répétera à Wounded Knee en 1973, deux ans après la mort d’Ella Cara Deloria, avec l’occupation, cette fois-ci pacifique, du site durant plus de deux mois par des militants autochtones en lutte contre la corruption des Affaires indiennes et la spoliation de leurs droits (Le Renouveau indien aux États-Unis, de Joëlle Rostkowski, éd. Albin Michel). Ella Cara a vécu entre ces deux dates symboliques, consciente que l’époque était en train de basculer. « Elle fait partie de cette génération qui a connu des transformations incroyables, alors elle s’est adaptée. Son idée a toujours été de faire valoir la pertinence de la culture et de l’histoire des siens pour qu’ils puissent se faire eux-mêmes une place moderne dans la société », explique son petit-neveu, Philip Deloria, professeur d’histoire à la prestigieuse université de Harvard, spécialiste de l’histoire indienne. Fils d’un activiste célèbre, Vine Deloria, lui-même neveu d’Ella, il a publié l’année dernière un livre sur une autre inconnue de la famille, Susan, la sœur de notre ethnologue sioux (Becoming Mary Sully : Toward an American Indian Abstract, de Philip Deloria, University of Washington Press, 2019, en anglais). 

    Sur les rares photos en noir et blanc, Ella Cara Deloria incarne les deux faces d’un même personnage complexe et fascinant. D’un côté l’intellectuelle new-yorkaise dynamique, robe à jabot et chignon impeccable, et de l’autre la Sioux dakota tout aussi élégante, robe de peau ornée de perles et de piquants de porc-épic, le front ceint d’un bandeau brodé retenant ses nattes. Le costume traditionnel lui sert surtout pour la promotion de ses conférences sur son peuple, qu’elle organise dans tout le pays, sillonnant les États-Unis en voiture. Elle y dort aussi parfois, et vend, pour gagner quelques sous, des artefacts en perles brodées. Ella vit avec sa sœur, Susan, qui a pris comme nom d’artiste « Mary Sully » pour signer les illustrations de couverture de ses livres et de superbes fresques colorées rappelant l’art brut. En parallèle à ses activités ethnographiques, Ella se fait aussi institutrice dans différents établissements du Dakota, prof de gymnastique et de danse au Texas, éducatrice au YMCA, consultante du Bureau des Affaires indiennes, pour lequel elle effectue des missions, notamment en pays navajo ou en Floride. Sa situation économique est compliquée, avec un père âgé et sa sœur à charge. La famille passant avant tout, elle renonce plusieurs fois à des propositions de travail de Boas.

    Une généalogie étonnante

    Remonter l’arbre généalogique des Deloria révèle les brassages nord-américains. Côté paternel, une arrière-grand-mère yankton a épousé un explorateur français, Philippe Des Lauriers, huguenot établi sur les rives du Missouri en 1822. Comme nombre de ses concitoyens à la charnière du XXe siècle, leur fils, Francis Deloria — version américanisée du patronyme français —, chaman célèbre et leader charismatique, se convertira à la fin de sa vie à la religion chrétienne épiscopale. Le fils de celui-ci, Francis junior, père d’Ella, est le premier Indien ordonné prêtre en Amérique — il a droit à une statue dans la cathédrale nationale de Washington. Côté maternel, la filiation s’avère tout aussi étonnante, avec un arrière-grand-père artiste, d’origine anglaise, Thomas Sully, portraitiste de La Fayette et de la reine Victoria, et un grand-père officier de cavalerie, héros de la guerre de Sécession puis de la conquête de l’Ouest et par conséquent tueur d’Indiens. Pourtant, sa fille épousera le fils du grand chaman Deloria…

    À la fin du XIXe siècle, le père d’Ella fonde une mission dans la réserve de Standing Rock, Dakota du Sud, où grandissent ses enfants. Ils étudient en anglais, mais à la maison tout le monde parle dakota, la langue des ancêtres, qu’Ella Cara étudiera toute sa vie, enregistrant et retranscrivant des milliers de légendes et de mythes, décortiquant la phonétique et la grammaire de dizaines de dialectes, publiant une Grammaire dakota épaisse comme un bottin. Son dictionnaire dakota/anglais, riche de cinq mille entrées, n’a jamais été édité. Rédigé au début des années 1940, son roman Waterlilly (Nénuphar) ne sera publié en anglais et en français par une maison d’édition canadienne que vingt ans après sa mort. Captivant et d’une écriture limpide — exactement comme parle la grand-mère du récit, qui tient en haleine les gamines en mocassins —, il raconte le destin de trois générations de femmes dakota dans la seconde moitié du xixe siècle. Et devient culte. Rendant enfin justice à Ella Cara Deloria, fascinante représentante d’une dynastie étonnante.

    Sophie Cachon

    #peuples_premiers #native_american #anthropologie #linguistique #patriarcat #discrimination

    A propos de Franz Boas : https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Boas

  • Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie
    https://reporterre.net/Briser-l-omerta-des-journalistes-bretons-s-unissent-face-aux-pressions-d

    En Bretagne, des journalistes se sont réunis en collectif contre la « loi du silence » imposée par l’agroalimentaire. Procès-bâillons, intimidations... Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

  • Un peu de géopolitique à l’aune de la stratégie « choc et effroi » (shock and awe). Développement autour du concept de #barbare par Pepe Escobar

    La barbarie commence chez soi. Pepe Escobar - El Correo
    http://www.elcorreo.eu.org/La-barbarie-commence-chez-soi#nb2

    La Grèce a inventé le concept de barbaros. La Rome impériale en a hérité sous le nom de barbarie. La signification originelle de barbaros est ancrée dans le langage : une onomatopée signifiant « parole inintelligible » car les gens font « bar bar bar » quand ils parlent.

    Homère ne fait pas référence à barbaros, mais à barbarophonos (« à la parole inintelligible »), pour ceux qui ne parlent pas grec ou qui parlent très mal. Le poète comique Aristophane a suggéré que Gorgias était un barbare parce qu’il parlait un dialecte sicilien.

    Barbaru signifiait « étranger » en babylonien-sumérien. Ceux d’entre nous qui ont étudié le latin à l’école se souviennent de balbutio (« bégaiement », « balbutiement », babillage »).

    C’est donc la parole qui a défini le barbare par rapport au grec. Thucydide pensait qu’Homère n’utilisait pas le terme « barbare » car, à son époque, les Grecs « n’avaient pas encore été divisés et n’avaient donc qu’un seul nom commun pour marquer le contraste ». Le point est clair : le barbare a été défini comme étant en opposition au Grec.

    Les Grecs ont inventé le concept de barbare après les invasions perses de Darius Ier et Xerxès Ier en 490 et 480-479 avant J.-C. Après tout, ils devaient se séparer clairement des non-Grecs. Eschyle a mis en scène les Perses en 472 avant J.-C. Ce fut le tournant ; derrière ce « barbare », il y avait tous ceux qui n’étaient pas grecs – Perses, Phéniciens, Phrygiens, Thraces.

    A propos de Pepe Escobar : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pepe_Escobar

    et de la stratégie sus-mentionnée : https://fr.wikipedia.org/wiki/Choc_et_effroi

  • EN FRANCE, DES NÉO-NAZIS FONT CARRIÈRE DANS L’ARMÉE
    https://www.nantes-revoltee.com/en-france-des-neo-nazis-font-carriere-dans-larmee

    Des soldats se revendiquant du nazisme sont payés, entrainés et armés par l’Etat dans l’impunité totale. Un nantais fait partie du lot La police n’est pas la seule concernée par la présence de militants d’extrême droite dans ses rangs. Dans l’armée aussi, des néo-nazis se préparent à la guerre en toute impunité. Mediapart a retrouvé […] L’article EN FRANCE, DES NÉO-NAZIS FONT CARRIÈRE DANS L’ARMÉE est apparu en premier sur Nantes Révoltée par homard DeRugy.

  • France Is Officially Color-Blind. Reality Isn’t. - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/international/archive/2020/07/france-race-racism-grande-ecoles/613924

    The entrance exams themselves are not simply written affairs or multiple-choice tests, but involve oral exams in which a faculty jury asks prospective students to speak with fluency on a range of topics—more like the bar exam than the SAT. The mise-en-scène, or stagecraft, is designed “to produce deference, respect, social distance between the student and the institution,” and thus produces inequality, Annabelle Allouch, a sociology professor at the University of Picardie Jules Verne in Amiens and Sciences Po, and the author of a book on the exams, told me. “The grandes écoles are invested in this kind of magic thinking that they are superior.” Students from ethnic minorities in France have “internalized the fact that discourse about social class is legitimate and the discourse about race is illegitimate,” she added.

  • Décision-cadre portant recommandations générales sur les pratiques du maintien de l’ordre au regard des règles de déontologie
    PDF, 23 pages : https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/decision_cadre_maintien_de_lordre_-_defenseur_des_droits.pdf

    Toubon quitte le poste de Défenseur des droits en publiant un rapport final critiquant le Maintien de l’ordre depuis le changement de doctrine contre les Gilets jaunes.

    –—

    Présentation : https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2020/07/maintien-de-lordre-les-recommandations-generales-du-defenseur-de

    Le Défenseur des droits :

    alerte sur les conséquences des interpellations préventives de personnes aux abords des manifestations, au motif qu’elles sont trouvées porteuses de masques de protection, de lunettes de piscine ou de gilets jaunes. Cette pratique relativement récente induit un risque de recourir à des mesures privatives de liberté de manière disproportionnée et de favoriser les tensions

     

    recommande que le cadre juridique du recours à la confiscations d’objets à l’occasion des opérations de maintien de l’ordre soit clarifié en distinguant les mesures prises à des fins judiciaires de celles prises à des fins administratives. En l’absence de cadre légal, de modalités de confiscation, de stockage ou de restitution, ces mesures portent atteinte au droit de propriété.

     

    rappelle que la liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques et qu’il repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Il recommande qu’une vigilance particulière puisse être accordée aux journalistes afin qu’ils puissent exercer leur profession en toute sécurité lors des opérations de maintien de l’ordre. Le Défenseur des droits recommande que la même vigilance soit accordée aux observateurs identifiables issus de la société civile.

     

    constate des difficultés faisant obstacle au contrôle de l’action des forces de l’ordre. Certaines de ses enquêtes ne peuvent aboutir faute de pouvoir identifier les agents notamment lorsqu’ils sont porteurs de casque ou encore par la manque de fiabilité dans la mise en œuvre de la traçabilité des usages d’armes. Le Défenseur des droits rappelle que le contrôle effectif des agents des forces de l’ordre doit permettre de répondre aux critiques exprimées par les citoyens à l’égard des forces de l’ordre et recommande ainsi que soient prises des mesures permettant l’identification des agents des forces de l’ordre.

    • La question du maintien de l’ordre, l’ultime décision du Défenseur des droits

      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/07/10/la-question-du-maintien-de-l-ordre-l-ultime-decision-du-defenseur-des-droits

      Dans un document que « Le Monde » a pu consulter, Jacques Toubon formule huit recommandations inédites pour mettre fin à des pratiques qui ne respectent pas les droits des citoyens.

      C’est à la fois l’épilogue d’un mandat marquant et un cadeau de bienvenue empoisonné. Jacques Toubon a rendu, jeudi 9 juillet, son ultime décision en tant que Défenseur des droits ; elle porte sur la question du maintien de l’ordre.

      Dans un document de vingt-trois pages, que Le Monde a pu consulter, et qui a été remis directement sur le bureau du nouveau ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, il formule huit recommandations inédites aux forces de l’ordre pour mettre fin à des pratiques qui ne respectent pas les droits des citoyens. Il en rappelle quatre autres déjà faites ces derniers mois, à commencer par l’interdiction du lanceur de balles de défense (LBD) dans un contexte de maintien de l’ordre.

      Fondée sur les 198 saisines reçues depuis début 2019 par l’institution, cette « décision-cadre » demande notamment « qu’il soit mis fin à la pratique conduisant à priver de liberté des personnes sans cadre juridique ». Un réquisitoire sévère contre l’usage abusif des gardes à vue, des interpellations de groupe, des contrôles délocalisés… Autant de dévoiements des textes administratifs qui visent en réalité à empêcher des personnes d’exercer leur droit de manifester, pourtant garanti par la Constitution.

      Le calendrier de la remise du rapport est très politique. Ce document vient opportunément rappeler au nouveau ministre, à peine nommé, le travail effectué par le Défenseur des droits et le rôle que l’institution entend continuer à jouer, au-delà du départ de M. Toubon.

      Mettre fin à la technique dite de « l’encagement »

      C’est également une manière de tenter de peser sur le schéma national du maintien de l’ordre. Ce bréviaire, en cours d’élaboration depuis un an et dont la publication a été maintes fois repoussée, est l’un des dossiers prioritaires sur le bureau de Gérald Darmanin.

      Il est censé reposer les bases du maintien de l’ordre à la française, un modèle dont la police nationale a longtemps été très fière mais qui a été fortement bousculé depuis quelques années, et plus particulièrement avec le mouvement des « gilets jaunes » et les accusations de violences illégitimes. Dans sa lettre au ministre, M. Toubon demande d’ailleurs que sa décision soit jointe à la définition du futur schéma.

      Parmi les recommandations principales, le Défenseur des droits demande que soit mis fin à la technique dite de « l’encagement », qui « consiste à priver plusieurs personnes de leur liberté de se mouvoir au sein d’une manifestation (…) au moyen d’un encerclement par les forces de l’ordre qui vise à les empêcher d’entrer ou de sortir du périmètre ainsi défini ».

      Il vous reste 60.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

  • Le Défenseur des droits souligne « l’urgence » de faire évoluer le maintien de l’ordre - France - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/le-defenseur-des-droits-souligne-l-urgence-de-faire-evoluer-le-maintien


    Jacques Toubon, Défenseur des droits.
    Martin Bureau / AFP

    Alors qu’il quitte ses fonctions au sein du Défenseur des droits dans une semaine, Jacques Toubon a adressé des recommandations au nouveau ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

    Un message opportun après le remaniement : dans une décision adressée au nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le Défenseur des droits insiste sur « l’urgence » de faire évoluer le maintien de l’ordre, notamment en interdisant le LBD et le port de la cagoule chez les policiers.

    Jacques Toubon, qui quitte dans une semaine cette autorité indépendante après six ans passés à sa tête, semble vouloir faire entendre sa voix jusqu’au bout. Dans cette décision-cadre consultée par l’AFP, le Défenseur des droits actualise ses recommandations en matière de maintien de l’ordre, à la lumière des presque 200 réclamations qu’il a reçu pendant le mouvement des gilets jaunes.

    Interdiction des LBD dans les manifestations
    L’ancien ministre de Jacques Chirac souligne « l’urgence (…) à ce que les réflexions sur ces thématiques aboutissent », alors que Christophe Castaner a quitté Beauvau sans publier le schéma national du maintien de l’ordre promis pour tirer les enseignements du mouvement social, marqué par une grande violence.

    Avec cette décision, envoyée pour « être jointe à la définition » de ce schéma, Jacques Toubon reprend un bon nombre de recommandations déjà formulées par l’institution depuis début 2018 et son rapport dédié à la doctrine du maintien de l’ordre en France, qui proposait de révolutionner les pratiques policières.

    Le Défenseur des droits réclame ainsi toujours l’interdiction d’utiliser les lanceurs de balle de défense (LBD) dans les manifestations, une arme accusée de provoquer des blessures graves comme l’éborgnement.

    Il recommande aussi de mettre fin aux « nasses », cette technique d’« encagement » utilisée par les forces de l’ordre pour encercler les manifestants, et d’arrêter les « contrôles d’identité délocalisés », qui consistent à interpeller une personne dans la manifestation pour la contrôler ensuite en marge du défilé, parfois dans un commissariat.

    Ces pratiques conduisent « à priver de liberté des personnes sans cadre juridique », résume le Défenseur.

    L’institution s’interroge également sur le « cadre juridique » des « interpellations préventives » effectuées lors des manifestations de gilets jaunes.

    Souvent « motivées par la détention d’objets » comme des masques de protection pour les yeux, des lunettes de piscine ou de simples gilets jaunes, qui « ne représentent aucun danger », elles peuvent « priver un individu de son droit de manifester », estime-t-elle. Elle demande par ailleurs que le « cadre juridique » permettant aux policiers de confisquer des objets « soit clarifié ».

    Identifier les policiers
    Le Défenseur réclame également des mesures pour « garantir l’identification des forces de l’ordre » et proteste contre les « policiers en civil » qui portent des « casques intégraux » ou des « cagoules ».

    Des pratiques adoptées « en dehors de tout cadre légal ou réglementaire », rappelle l’institution, qui constate « une forme d’acceptation, de tolérance de la part de la hiérarchie » policière sur ce sujet.

    « La confiance que la population doit avoir en sa police repose sur la transparence de son action », estime-t-elle, en jugeant « difficilement admissible » que des plaintes soient classées parce qu’un fonctionnaire n’est pas identifié.

    Jacques Toubon préconise enfin que les forces de l’ordre accordent une « vigilance particulière » aux journalistes et aux observateurs associatifs, pour leur permettre d’exercer leurs missions pendant les manifestations, et à « une vigilance accrue » concernant l’emploi proportionné de la force lorsque les manifestants sont mineurs.

    La place Beauvau, où vient d’être nommé Gérald Darmanin, dispose de deux mois pour répondre à ce document consultatif.

    Lors de la passation de pouvoirs mardi, Christophe Castaner a indiqué que le nouveau schéma national de maintien de l’ordre, qui devait initialement être dévoilé en janvier, était « à disposition » du nouveau ministre. Il doit « placer la médiation et la baisse du conflit au cœur même de la gestion de l’ordre public », a-t-il promis.

    Gérald Darmanin doit mener à bien ce chantier dans un contexte délicat, alors que la recrudescence du débat sur les « violences policières », terme réfuté par l’exécutif, a poussé son prédécesseur à annoncer la fin de l’enseignement d’une méthode d’interpellation dite de la clé d’étranglement, provoquant la colère des policiers.

    Lors de son premier discours comme ministre de l’Intérieur, il a assuré mardi les forces de l’ordre de son « soutien total ».

    • En résumé, Toubon flingue l’ensemble des pratiques de la police auxquelles tout manifestant a été confronté depuis au moins 4 ans.

      Pour le nouveau ministre : soutien total aux FdO. Pas un mot sur l’illégalité des pratiques ou le recours aux armes moins létales. On peut donc s’attendre à ce que la «  doctrine  » ne bouge pas d’un iota.

  • « Ne parlez pas de violences policières » : un hors-série La Revue dessinée et Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/claire-denis/blog/230620/ne-parlez-pas-de-violences-policieres-un-hors-serie-la-revue-dessine

    https://www.youtube.com/watch?v=D_s_ZXfCRuI

    Un homme qui crie sept fois « j’étouffe » avant de mourir lors d’un banal contrôle routier. Des lycéens agenouillés les mains derrière la tête. Des pompiers frappés par des policiers. Des soignantes traînées au sol par les forces de l’ordre. Des « gilets jaunes » mutilés. Des actes, des paroles et des écrits racistes banalisés. Des rassemblements noyés sous les gaz lacrymogènes et victimes des LBD. Une police des polices qui enterre les dossiers. Et des familles endeuillées, qui ne demandent qu’une chose depuis des années : « justice et vérité ».

    Face à cela ? Un déni, un outrage même, prononcé par le président de la République en personne : « Il n’y a pas de violences policières. »

    Raconter les vies brisées, décrypter la fabrique de l’impunité, remonter les chaînes de responsabilité, voilà qui devient une nécessité, que ce soit écrit, filmé ou dessiné. D’où ce hors-série exceptionnel Mediapart/La Revue dessinée, à mettre sous les yeux de tous ceux qui veulent comprendre, et de tous ceux qui détournent le regard.

    Au sommaire : 160 pages d’enquête en bande dessinée.
    Avec : Marion Montaigne, Assa Traoré, David Dufresne, Fabien Jobard, Pascale Pascariello, Vanessa Codaccioni, Camille Polloni, Louise Fessard, Claire Rainfroy, Benjamin Adam, Vincent Bergier, Michel Forst, Aurore Petit, Thierry Chavant, Géraldine Ruiz.

    Accuser le coup
    
L’affaire Geneviève Legay : une charge, des révélations en série, de l’embarras, des médailles et du déni.

    Colère noire
    Après le meurtre de George Floyd aux États-Unis, plongée dans le mouvement Black Lives Matter, de l’étincelle à l’embrasement.

    Corriger le tir
    
Sourde aux critiques qui lui sont adressées, la France est l’un des rares pays européens à utiliser sans réserve les LBD.

    La vie volée de Maria
    Après un déchaînement de violence contre une jeune femme, la police des polices protège les siens.

    Le flic du futur
    Drones, robots et policiers augmentés... Au salon Milipol se dessine l’avenir high-tech des forces de l’ordre.

    Plusieurs entretiens au fil du numéro
    Assa Traoré, Fabien Jobard, Vanessa Codaccioni, David Dufresne et Michel Forst.

    #police #violence_policiére #violences_policiéres

  • Quand le lobby de l’agro-industrie fait pression sur des journalistes et leurs rédactions avec l’assentiment des pouvoirs publics.

    Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie
    https://reporterre.net/Briser-l-omerta-des-journalistes-bretons-s-unissent-face-aux-pressions-d

    Les pressions commencent parfois très tôt. C’est ce qu’ont constaté deux étudiantes en journalisme de l’IUT de Lannion, lors d’une immersion à l’hebdomadaire Le Poher, en Centre-Bretagne en 2017. « Contrairement aux articles des autres étudiants, leur enquête sur l’ouverture d’une nouvelle usine de lait en poudre à Carhaix-Plouguer (29) n’a pas été publiée, raconte le journaliste Pierre-Yves Bulteau qui enseignait à l’IUT à l’époque. L’enquête révélait, contrat à l’appui, que contrairement à la promesse d’emplois pérennes pour dix ans, les investisseurs chinois de Synutra se réservaient le droit de quitter Carhaix en fonction de la rentabilité financière du projet. » Ce qui a fini par arriver deux ans plus tard. Mais au moment de l’inauguration, on préfère la version optimiste « de la bouffée économique » offerte à ce territoire régulièrement frappé par la crise du lait. « Un responsable éditorial a alors refusé la publication de l’enquête sous prétexte qu’elle manquait de contradictoire alors que les étudiantes avaient proposé à la direction de l’usine de s’exprimer, en vain. Il avait surtout anticipé que la sortie de l’enquête sur « son » territoire aurait pu fermer les sources aux journalistes du Poher. »

    L’enquête a finalement été publiée sur la plateforme en ligne Alimentation générale. « Il n’y a pas eu de poursuites lors de sa publication. Ça montre bien que ce n’est pas le fond qui était en question mais bien le rapport aux sources, notamment institutionnelles. Pas évident quand on travaille sur un petit territoire où l’on rencontre ceux sur qui l’on écrit à la boulangerie », conclut Pierre-Yves Bulteau.
    De telles histoires sont courantes en Bretagne, d’où la création du collectif Kelaouiñ : « On ne monte pas ce collectif pour se plaindre, prévient Pierre-Yves Bulteau. On en parle parce que ces pressions vont de pair avec le droit de savoir des citoyens sur ce qui se passe autour de chez eux. »

    #Bretagne #Kelaouiñ (collectif) #agroindustrie #FNSEA #emploi (chantage à l’) #Inès_Léraud

    https://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A8s_L%C3%A9raud

  • Coronavirus : l’insouciance d’une partie des Etats-Unis en pleine épidémie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/09/aux-etats-unis-le-nombre-de-cas-de-covid-19-explose_6045665_3210.html

    La relative indifférence – ou insouciance – d’une partie de la population est peut-être aussi à mettre en relation avec le fait que la maladie frappe de manière très inégalitaire. En portant plainte, en vertu de la loi sur la liberté de l’information (FOIA), le New York Times a réussi à se procurer un état des lieux. Ce qui n’a pas été sans peine : les comtés n’ont pas les mêmes critères de comptabilité des cas, et l’obligation de les signaler au niveau fédéral ne date que de quelques semaines. Les chiffres, qui ne prennent pas en compte le summer surge (la recrudescence estivale actuelle), montrent que les Noirs et les Latinos ont trois fois plus de probabilités de contracter le virus que les Blancs, et deux fois plus d’en mourir. Jusqu’ici, les disparités dans la maladie étaient attribuées aux comorbidités plus fréquentes parmi ces populations. A la lumière de cette enquête, les experts pensent qu’elles sont surtout le reflet du danger auquel sont exposées, de manière disproportionnée, les minorités, du fait de leur statut économique. Noirs, Latinos et autres « personnes de couleur », selon la nomenclature américaine, forment la majeure partie des travailleurs « essentiels », que ce soit dans les services de nettoyage, de transports ou d’alimentation. Des catégories qui ne prennent pas le risque de s’exposer au virus au nom de la liberté individuelle mais par nécessité.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#inegalite#sante#minorite#travailleuressentiel#risque

  • Je crois ne jamais m’être exprimé sur #Didier_Raoult ici, et je ne vais pas commencer. Au delà des discussions sur l’efficacité de "ses" deux molécules phares que sont l’ #antipaludéen et l’ #antibiotique sur le #coronavirus, ce qui me préoccupe est aussi que depuis des années on insiste sur l’idée de ne pas les prescrire à la légère car les bestioles qu’ils sont censés combattre développent des #résistances (en particulier en Afrique pour ce qui est du paludisme). Les conséquences pourraient donc être dramatiques en Afrique mais aussi dans le monde entier puisque les antibiotiques ne seront plus capables de soigner des maladies qui jusqu’ici étaient sous contrôle...

    Et pourtant...

    Covid-19 : le #Sénégal ne renonce pas à l’ #hydroxychloroquine
    Viviane Forson, Le Point, le 27 mai 2020
    https://www.lepoint.fr/afrique/covid-19-le-senegal-ne-renonce-pas-a-l-hydroxychloroquine-27-05-2020-2377281

    Un médecin de Saint-Cyr-sur-Mer revendique la prescription de l’ #azithromycine pour soigner les patients du Covid-19
    France 3, le 7 juillet 2020
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/la-ciotat/medecin-saint-cyr-mer-revendique-prescription-azithromy

    Il n’est d’ailleurs pas étonnant de trouver que Raoult ne croit pas non plus à la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques :

    Le Pr Didier Raoult lance un pavé dans la mare : « La résistance aux antibiotiques n’est pas une menace »
    Le quotidien du médecin, le 8 octobre 2015
    https://www.lequotidiendumedecin.fr/specialites/infectiologie/le-pr-didier-raoult-lance-un-pave-dans-la-mare-la-resistance-au

    #médecine #superstition #égoïsme #crimes_contre_l'humanité

    • Le Pr Didier Raoult lance un pavé dans la mare

      Classique, sauf que cette fois, le pavé se mit à flotter. Conclusion, ceci n’était pas un pavé.

      A mon (humble) avis, Raoult est un mec dangereux, pur produit de la société du spectacle. Et comme il a une grande gueule et qu’il l’a toujours ouverte, il est potentiellement un super contaminateur.

  • L’Art de la conversation revisitée par une chargée de recherche et un professeur de l’Université d’Aix - Marseille

    La complexe mécanique de la conversation ordinaire
    https://theconversation.com/la-complexe-mecanique-de-la-conversation-ordinaire-136284

    Que l’on soit au travail, entre amis ou en famille, en face à face ou au téléphone, la conversation orale est au cœur de notre vie sociale. Si la communication écrite connaît un essor considérable à l’heure d’Internet, des smartphones et des réseaux sociaux, la conversation orale reste le support privilégié de nos échanges interindividuels, dès les premières années de la vie, et dans toutes les sociétés humaines.

    Sans fil conducteur établi d’avance, la conversation est souvent sa propre raison d’être : on parle pour parler, de la pluie et du beau temps, de tout et de rien. Dans bien des cas, l’objectif premier n’est pas tant d’échanger des informations, que de nous engager dans ce mode particulier d’être avec autrui.

  • Le professeur Eric Caumes tire la sonnette d’alarme sur une « seconde vague de Covid-19 dès cet été »
    https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200706.OBS30955/le-professeur-eric-caumes-tire-la-sonnette-d-alarme-sur-une-seconde-vague

    Face à une légère hausse des cas de Covid-19 ces derniers temps, le Pr Caumes déplore les promesses non tenues du gouvernement au niveau des tests :
    « Où sont les 700 000 tests par semaine qu’on nous avait promis ? On n’en fait même pas un tiers. On ne peut pas se permettre ce relâchement. »

    Même si les indicateurs sont au vert, le professeur alerte sur un trop grand relâchement et un manque de prévention : « N’oublions pas non plus qu’il y a 20 % d’asymptomatiques et 50 % avec très peu de symptômes. Trois de mes collègues m’ont appelé pour me dire qu’il y avait des cas de Covid-19 parmi le personnel soignant de leur hôpital et pourtant l’équipe n’a pas été testée ! »

    S’il n’est pas contre une réouverture progressive des frontières, Eric Caumes insiste sur la nécessité de mieux les encadrer pour éviter une résurgence de cas liée aux retours de nombreux vacanciers : « Les personnes potentiellement infectées vont continuer d’embarquer, d’aller et venir en provenance de pays où le nombre de cas explose. On se voile la face et on ne fait pas bien le boulot alors qu’on le sait, le Covid-19 est une pathologie du voyageur. »

  • Coronavirus : dépistage massif organisé en Mayenne où le nombre de cas a quadruplé en dix jours
    Ça surchauffe dans le 5-3...

    En terme de taux de contamination, ça donne quoi au juste ? (J’ai juste un peu la flemme de retourner sur les équations. Et pis aussi, je fonctionne avec 25% de mes capacités cognitives avec un cerveau branché sur des batteries auxiliaires).

    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-depistage-massif-organise-en-mayenne-ou-le-nombre-de-cas-a-

    « Nous allons tester l’ensemble des Mayennais par étapes. Nous allons cibler la semaine prochaine les habitants de Laval et de la commune voisine de L’Huisserie, puis le sud du département et à la fin l’ensemble des Mayennais », a annoncé le directeur général de l’Agence régionale des Pays de la Loire Jean-Jacques Coiplet. Ce dernier a mis en garde contre une deuxième vague, souligne Ouest-France : « Face au coronavirus, le match n’est pas fini. Il ne faut pas baisser la garde »
    Ces dépistages seront réalisés sur la base du volontariat et devraient concerner au total environ 300.000 personnes. Les enfants de moins de 10 ans ne sont pas concernés.

    (La bonne blague ...)

    #pandémie #Covid-19

  • L’une des plus grandes décharges d’Europe attise les convoitises de Suez aux dépens de l’efficacité écologique
    https://www.bastamag.net/Decharge-montagne-de-dechets-incinerateur-Suez-tri-selectif-Serbie-polluti

    Une des plus grandes décharges à ciel ouvert d’Europe empoisonne les sols et l’air de la banlieue de Belgrade. Suez, géant français de la gestion des déchets et de l’eau, a conclu un très gros contrat avec la mairie de la capitale serbe pour bâtir un incinérateur. La montagne d’ordures va-t-elle disparaître et le recyclage se développer ? Pas si sûr. On a beau être à plus de 700 kilomètres de la côte la plus proche, une armée de mouettes obscurcit le ciel. Au milieu de coteaux agricoles, à quelques (...) #Décrypter

    / #Europe, Pollutions , #Toxiques, #Multinationales, #Reportages, A la une

    #Pollutions_

  • Les caissières : hier « héroïnes », aujourd’hui flouées malgré les profits de la grande distribution
    https://www.bastamag.net/primes-1000-euros-caissieres-fumisterie-caisses-automatiques-Casino-Auchan

    La grande distribution affiche de confortables profits, réalisés en particulier grâce au dévouement de leurs employés de caisse. Certaines grandes enseignes ont cependant décidé d’accélérer leur remplacement par des caisses automatiques, et les promesses de primes à 1000 euros n’ont pas vraiment été tenues. Enquête. Un peu partout en France, certains supermarchés ont fait un pas de plus vers l’automatisation pendant la crise du Covid-19. C’est le cas dans plusieurs magasins Casino parisiens, comme à Riquet (...) #Décrypter

    / A la une, #Transformer_le_travail, #Enquêtes, #Inégalités, Emploi

    #Emploi_

  • « Clowns », « Khmers verts »... Manuel de décryptage du discours #anti-écolo
    http://www.socialter.fr/fr/module/99999672/924/_clowns___khmers_verts__manuel_de_dcryptage_du_discours_anti_colo

    Grattez le vert et vous aurez donc du brun… ou du rouge. Car l’argument fonctionne aussi avec le #communisme. Ici, ce n’est pas tant la politique de l’URSS en la matière qui est convoquée qu’une resucée du combat très années 1970 des « nouveaux philosophes », emmenés par Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, contre le #totalitarisme rouge – soviétique ou chinois. Dans Le Nouvel Ordre écologique, Luc Ferry affirme que l’« #écologie profonde » d’Arne Næss « plonge certaines de ses racines dans le #nazisme et pousse ses branches jusque dans les sphères les plus extrêmes du gauchisme culturel ». Vingt-sept ans plus tard, l’ancien ministre n’en démord pas. Dans Le Figaro, où il tient un billet hebdomadaire, Luc Ferry s’est déchaîné tout l’été contre les écologistes. En juillet : « Après la chute du communisme, la haine du #libéralisme devait absolument trouver un nouveau cheval. […] Il fallait d’urgence trouver autre chose pour continuer le combat. Miracle ! L’écologisme fit rapidement figure de candidat idéal. » Puis, en août, à propos des théoriciens de l’effondrement : « C’est désormais l’écologisme radical qui, sous les couleurs de “l’effondrisme” (quel mot ridicule !), prend le relais de leur anticapitalisme, c’est lui qui poursuit l’idéal antilibéral du gauchisme et du tiers-mondisme défunts. » C’est ce qu’on appelle être fidèle à ses idées.

    • Mais vous l’aurez compris, avant même de parler de nazisme ou de haine des hommes, le discours anti-écologie se nourrit d’abord d’un inépuisable carburant : la mauvaise foi.

      Et la diffamation aussi, peut-être ...

      On peut ne pas toujours être d’accord avec le discours de Greta Thunberg, les attaques ad personam de Michel Onfray à son encontre sont abjectes. De plus, cette petite crapule autoproclamée philosophe évite bien sûr d’aborder la problématique de fond.

  • Le Conseil d’Etat suspend l’autorisation préalable pour manifester, jugée « excessive »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/06/l-autorisation-prealable-pour-manifester-est-suspendue-les-rassemblements-de

    Le juge des référés du Conseil d’Etat a suspendu lundi 6 juillet le décret du 14 juin imposant un régime d’autorisation préalable pour l’organisation de toute manifestation sur la voie publique, pour garantir le respect des mesures de distanciation sociale lors de tels rassemblements.

    Le Conseil d’Etat, qui avait été saisi par plusieurs syndicats (dont la CGT, FO, FSU, Solidaires et le Syndicat de la magistrature, notamment) et différentes associations (dont la fédération Droit au logement et SOS-Racisme), souligne dans un communiqué que « l’obligation d’obtenir une autorisation avant d’organiser une manifestation sur la voie publique ainsi créée est excessive ».

    Le 13 juin, le Conseil d’Etat avait suspendu l’interdiction générale et absolue de manifester qui découlait du décret du 31 mai interdisant les rassemblements de plus de dix personnes. A la suite de cette suspension, le premier ministre, Edouard Philippe, avait, le lendemain, modifié ce décret pour prévoir que cette interdiction ne s’appliquerait pas aux manifestations autorisées par le préfet dans le respect des « mesures barrières ». C’est ce décret qui était attaqué.

  • « La propriété privée n’a absolument rien de naturel »
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-propriete-privee-na-absolument-rien-de-naturel

    C’est l’une des institutions les plus puissantes et les plus opaques de la modernité. Elle s’impose à tous et même en partie aux États, qui l’organisent mais ne peuvent y déroger que dans des circonstances limitées et codifiées. La propriété privée peut d’ailleurs être vue comme une forme de protection contre les dérives tyranniques ou autoritaires – c’est notamment une idée très implantée aux États-Unis. Mais cette même propriété privée est souvent présentée comme une évidence, comme quelque chose de naturel.

    Et pourtant… elle n’a absolument rien de naturel ! C’est une forme d’#appropriation qui a une histoire, qui n’est pas de toute éternité et qui est dépendante de nos codes sociaux, de nos valeurs et de nos usages. C’est vrai, plus généralement, des différentes formes de propriété : propriété publique, propriété commune, droits #collectifs... le monde de la propriété est vaste et complexe. Alors comment en sonder les mécanismes, les logiques profondes, les dimensions matérielles et écologiques ? Notamment avec cette idée du crash-test qui consiste à analyser ce qui se passe quand la propriété « percute » la survenue d’une #catastrophe, idée que nous avons cherché à développer dans un volume collectif codirigé avec mon collègue Marc Elie, Crash Testing Property2..

  • A Dijon, des habitants en colère face à l’inaction des forces de l’ordre
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190620/dijon-des-habitants-en-colere-face-l-inaction-des-forces-de-l-ordre

    Dans le quartier des Grésilles à Dijon comme au Mail à Chenôve, l’incompréhension domine depuis les violents heurts qui ont opposé membres de la communauté tchétchène et jeunes des quartiers. Certains habitants disent s’être « sentis seuls, comme si on ne valait rien ».

    • « C’était impressionnant, on aurait dit une guérilla », lâche Mourad* en prenant une gorgée de café. Mardi soir, soit quatre jours après les faits, il n’en revient toujours pas. À 39 ans, celui qui pensait avoir à peu près tout vu en étant issu d’un quartier populaire avoue n’avoir jamais vu ça. « Je ne suis pas originaire des Grésilles mais j’y vis depuis cinq ans. On s’est installés là, mon épouse et moi, pour les loyers modérés proposés dans le neuf. »

      Depuis des années, les Grésilles, quartier prioritaire de la politique de la ville, fait l’objet d’une rénovation urbaine importante. L’immeuble de Mourad fait partie de ceux qui ont donné un nouveau visage au quartier. Il donne face au parking qui a été le théâtre de violences, le week-end dernier, entre membres de la communauté tchétchène et habitants.

      Jeudi matin, six Tchétchènes ont été interpellés à Dijon et ailleurs en France dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte au parquet de Dijon et confiée à la sûreté départementale et à la police judiciaire de Dijon.

      Tout a commencé vendredi soir, au Black Pearl, place de la République à Dijon. Dans ce bar à chicha situé au centre-ville, Sherine* et Samia*, 18 et 17 ans, sont attablées avec six amis lorsqu’elles sont confrontées à « l’horreur ».

      « Il était 23 h 20 », note Samia en prenant comme repère un SMS qu’elle venait d’envoyer. Ses doigts jouent nerveusement avec la lanière de son sac à mesure que les images lui reviennent. « Une cinquantaine de Tchétchènes ont déboulé en hurlant et se sont mis à frapper les garçons. Ils ont cassé les miroirs et bouteilles en verre pour s’en servir d’armes. »

      Au départ, la jeune femme pense à un attentat. « Je les entendais crier Allahou akbar, j’ai cru qu’on allait tous mourir. Ça a dû durer cinq minutes mais j’avais l’impression qu’une heure s’était écoulée. » Avant d’arriver à se cacher dans la cuisine, son amie Sherine entrevoit des battes de baseball et des barres de fer.

      Lorsqu’elle en ressort, elle découvre une scène d’horreur. « Il y avait du sang partout… L’un de mes amis avait un bout de miroir enfoncé dans le crâne. J’ai tout de suite cherché Samia, pour qui j’étais très inquiète. » Celle-ci a reçu quelques coups de meuble mais va bien. Toutes deux appellent les secours et la police tout en aidant les blessés.

      En quittant le bar, Sherine et Samia aperçoivent les Tchétchènes, en voiture, ainsi que la police. « Ils nous ont suivies et nous ont prises en photo. Quand on demandait à la police d’intervenir, ils répondaient : “Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse, ils sont trop nombreux !” », se souvient Sherine. Elle retrouve son sac à main par terre, dans la rue, vidé de tous ses effets personnels. « Ils me l’avaient pris dans le bar. Je n’avais même plus mes clés pour rentrer chez moi. » Elles seront hébergées par un ami pour la nuit.

      Mercredi matin aux Grésilles, c’est encore la sidération. Ali*, la soixantaine, fait quelques achats et s’arrête pour discuter avec l’épicier et deux jeunes. « Tout ça, c’est voulu, ce n’est pas possible qu’on laisse des gens terroriser tout un quartier pendant trois jours sans réagir ! », lance le père de famille, qui vit ici depuis plus de vingt ans.

      « La police était présente dès vendredi et il y a des caméras partout, ajoute un autre en les pointant du regard. Ils n’ont arrêté personne, ils ont laissé faire. » Ce soir-là, après le bar à chicha, la place de la République aurait été barricadée par les forces de l’ordre pour protéger le centre-ville. Mais plusieurs témoins affirment que le boulevard Georges-Clemenceau – menant aux Grésilles – serait resté accessible.

      À minuit, entre 150 et 200 membres de la communauté tchétchène ont pris d’assaut le quartier dans ce qui ressemblait à une expédition punitive pour venger l’un des leurs. « Ils n’ont rien cassé ou brûlé, note Mourad, réveillé par le bruit et les cris. Ils voulaient retrouver le commanditaire de l’agression d’un jeune Tchétchène un jour plus tôt. »

      Depuis la fenêtre de son salon, où il préfère ne pas allumer la lumière, le père de famille aperçoit 150 personnes dont les voitures envahissent le parking. « Ils avaient des battes de baseball, des barres de fer et des armes à feu. Un homme a été passé à tabac en bas de chez nous, ça aurait pu être moi », confie-t-il, ajoutant que son métier lui impose parfois des astreintes le faisant rentrer tard le soir.

      Yacine*, un autre habitant de l’immeuble dont l’appartement est en rez-de-jardin, est réveillé en panique par sa femme qui entend le vacarme dehors. Le trentenaire évoque une « scène de film ». « Je devenais fou, je ne savais plus quoi faire pour protéger ma femme et mes enfants. J’ai fini par les emmener chez un voisin au troisième étage. » Depuis trois jours, il a lâché son travail de nuit pour éviter de se mettre en danger.

      Près de l’Agence régionale de santé (ARS), Fatima* et Lina* discutent, debout, des récents événements. « On a vécu 72 heures de chaos sans que la police n’intervienne », s’indigne la première. « On a été insécurisés dans notre propre quartier alors que la vie est paisible d’ordinaire ici. Je peux me promener à 2 heures du matin sans problème ! »

      À 40 et 25 ans, elles ont toujours vécu ici et ne supportent pas de voir l’image de leur quartier salie. « On a été pointés du doigt avec des soi-disant bandes rivales et trafics de drogue, alors qu’il s’agissait d’une bagarre. On ne cautionne pas ces conflits, mais on n’a rien à voir là-dedans », regrette Lina. Et sa voisine d’ajouter : « Pour sauver l’honneur d’une personne, ils ont bafoué celui de tout un quartier. »

      Si Fatima reconnaît l’existence d’une petite délinquance, « comme partout », elle aime à rappeler qu’il s’agit d’une minorité. « 90 % des habitants sont honnêtes. On est allés sur les bancs de l’école française, on travaille et on est des citoyens comme les autres. » Pour elles, c’est certain, cela se serait passé autrement dans un quartier « plus cossu ».

      « On s’est sentis seuls, délaissés, comme si on ne méritait pas la protection des forces de l’ordre et qu’on ne valait rien. C’est une forme de racisme », dénonce Lina, qui jure qu’elle ne verra plus la police de la même façon. Toutes deux vivent dans la crainte que cela recommence. Fatima, qui travaille le soir pour arrondir ses fins de mois, se fait raccompagner depuis deux jours. « Je suis sous phytothérapie pour me calmer. On a tellement eu peur qu’on n’a pas dormi de la nuit. »

      À 17 heures, Rachid H. et Nabil s’attablent au café place Galilée, au centre des Grésilles. Le duo connaît bien le quartier : le premier y est né et y a grandi, le second est originaire du Mail à Chenôve (dans la banlieue sud-ouest de Dijon) mais a été entraîneur de football durant des années ici. Entre « passivité » et « complicité » des forces de l’ordre, le duo interroge la responsabilité du préfet.

      « Pour moi, c’est volontaire. Il y a quatre portes d’entrée à Dijon, ils auraient pu les empêcher d’arriver jusqu’à nous », commente Rachid H., qui attend que le préfet reconnaisse ce qu’il perçoit comme un « gros manquement » à ses obligations.

      Sur de nombreuses vidéos, des fourgons de police et de CRS apparaissent le long de l’avenue Champollion et du boulevard des Martyrs de la Résistance, deux artères qui prennent en étau le quartier des Grésilles. Dans une vidéo que Mediapart s’est procurée, tournée dimanche, pas moins de six fourgons de CRS sont stationnés place Galilée.

      « Je me suis demandé qui étaient ces milices et j’ai d’abord cru que l’extrême droite venait pour nous lyncher. On aurait dit une purge. Au final, le plus effrayant n’est pas l’action des Tchétchènes mais bien l’inaction des forces de l’ordre », poursuit-il.

      Quatre gardes à vue prolongées vendredi

      Très vite, ils évoquent l’impressionnante vidéo où l’on voit une voiture foncer sur l’ancienne place du marché, samedi après-midi. Si certains tendent à dire que cet habitant cherchait à faucher les Tchétchènes regroupés sur le parking, d’autres affirment qu’il aurait en fait été pris de panique et aurait cherché à s’enfuir par l’avenue des Grésilles.

      « On connaît bien le conducteur, c’est un gars tranquille. Il avait bossé toute la journée et avait un peu bu. Il s’est retrouvé au milieu de cette guérilla et il a essayé de sauver sa peau », explique Rachid H., présent sur les lieux ce jour-là. « On voit bien qu’il ne fonce pas sur la droite pour viser les Tchétchènes », complète Nabil.

      À Dijon, depuis deux jours, une rumeur circule selon laquelle des « représentants » de la communauté tchétchène et du quartier des Grésilles se seraient réconciliés à la mosquée – et a été confirmée par Marianne. « On ne comprend pas bien qui sont ces représentants, soupire Rachid. Il paraît que des moutons ont été offerts en guise d’excuses. On n’est pas au Moyen Âge ! Il faut du droit, on ne règle rien ainsi. »

      En fin d’après-midi mercredi, un défilé de camions de CRS et de voitures de police défile aux Grésilles. « Les CRS ont l’air de surveiller… Mais qui ? Ça sert à quoi maintenant qu’ils sont partis ? Ils n’ont rien fait quand on en a eu besoin », souligne une commerçante de la place Galilée au moment de rentrer chez elle en voiture.

      Alors que la nuit tombe, un groupe de femmes est installé sous le porche du marché. Elles sont une dizaine, âgées de 43 à 76 ans, et ont pour habitude de passer un moment ensemble ici chaque jour. Toutes se disent « traumatisées » de ce qu’il s’est passé. « On a été plusieurs à appeler la police, soit ils nous ont répondu qu’ils étaient au courant, soit ils nous ont raccroché au nez. » Yamina, la plus âgée, s’est terrée chez elle durant trois jours. « Je suis handicapée, imaginez ce qu’ils auraient pu me faire si j’étais tombée sur eux. »

      Certaines d’entre elles ont choisi de se confiner tandis que les autres sont allées se réfugier chez des proches en dehors des Grésilles. « On est en France ici, il y a des lois ! S’il y a eu une agression, ils peuvent porter plainte ! On n’a rien à voir là-dedans », grogne Soumya avant d’appeler ses enfants pour rentrer à la maison.

      Le lendemain matin dans le quartier du Mail à Chenôve, une commune voisine de Dijon, Rachid A. est assis dans le salon marocain de son appartement. Le trentenaire se tord de douleur, se penchant tantôt à droite, tantôt à gauche pour chercher la bonne position. « J’ai surtout été touché au dos », relève-t-il, le regard plongé dans le vide.

      Sur la table repose une copie du procès-verbal de la plainte qu’il a déposée samedi après son passage à l’hôpital. Sans aucune raison sauf peut-être son origine, Rachid A. a été tabassé par les Tchétchènes vendredi soir, alors qu’il était avec cinq amis aux Grésilles.

      « On était sur le parking quand on a vu dix voitures arriver. » Ils n’ont pas le temps de réagir. Rachid A. revoit encore la barre de fer au-dessus de lui. « Ils nous ont attaqués sans chercher à savoir qui on était. Ils étaient à 6 ou 10 contre chacun de nous… C’est leur chef, qu’ils appelaient el-Hadj, qui leur a crié “stop” au bout de dix minutes. »

      Mais alors qu’il croit son calvaire terminé, un autre l’interpelle. « J’ai crié que je n’étais pas d’ici mais de Chenôve. Il m’a demandé de quelle origine j’étais et quand j’ai dit marocain, il m’a mis un coup de poing et m’a insulté. Leur chef m’a escorté plus loin puis m’a dit : “Vas-y, casse-toi. Et ne frappez plus le petit !” Je ne savais même pas de quoi il parlait. »

      Rachid A. ne voit pas ses amis. Il s’enfuit et téléphone à un proche qui habite tout près. C’est lui qui l’emmène à l’hôpital, où les victimes du bar à chicha sont aussi présentes. Huit jours d’incapacité de travail, les os de la gencive cassés, le dos brisé… « J’ai eu de la chance par rapport aux autres. Un habitant des Grésilles a pris une balle, mes amis ont reçu des coups de barre de fer dans le crâne. »

      Son épouse et leur fils aîné sont en état de choc, ils n’en dorment plus la nuit. Sa femme Hanane, qui a repris le travail lundi, a fait une crise de panique. Son responsable l’a raccompagnée chez elle et l’a mise en arrêt une semaine.

      Dans le salon, BFM TV tourne en boucle. Le couple ne comprend pas pourquoi il aura fallu attendre six jours pour que les autorités procèdent à des interpellations. « Après ce qu’on a vécu, les Tchétchènes ont continué d’attaquer des innocents durant trois jours. Ils sont d’ailleurs venus à Chenôve dimanche soir », rappelle Hanane.

      Derrière chez eux, rue des Tamaris, mais aussi du côté du collège Édouard-Herriot. Rachid, Hotman et Bilal ne parlent que de ça depuis. Tous les trois habitent Chenôve. « On nous a prévenus qu’ils arrivaient. Une cinquantaine de voitures, dont les plaques d’immatriculation étaient cachées », détaille Bilal. Et Rachid A. B. de compléter : « Ils étaient accompagnés de six camions de CRS. Quand on a essayé de s’échapper, un flic m’a dit “Rentrez chez vous, ils arrivent ! Je vais leur donner ton adresse !” »

      Là aussi, plusieurs personnes auraient été blessées et les Tchétchènes auraient investi les cages de certains immeubles, dont un où des funérailles avaient lieu. « J’ai rencontré le maire ce matin et il dénonce ce que la population a vécu », confie Hotman.

      « C’est pour ça qu’on s’est rebellés lundi. Ils ont attaqué les Grésilles et le Mail alors que l’agression du jeune concernait quelqu’un de Quétigny. La police n’a pas réagi, on a dû se défendre comme on pouvait », justifie Bilal, du haut de ses 21 ans. Selon lui, une centaine de jeunes, mais aussi des pères de famille armés de bâtons, seraient allés prêter main forte aux habitants des Grésilles cet après-midi-là.

      Ils décident de brûler des poubelles pour bloquer les routes menant au quartier. Des voitures sont aussi brûlées, notamment au Mail, endommageant la façade d’un immeuble. Cagoules et armes en tout genre, ils veulent en découdre avec ceux qui ont semé la terreur durant trois jours, mais qui ne viendront pas au rendez-vous. « Il y avait les snipers du Raid sur les toits de la place Galilée », racontent plusieurs témoins.

      De nombreuses interrogations persistent dans cette affaire. Comment des groupes de 100 à 150 personnes ont-ils pu entrer à Dijon et s’y déplacer sans encombre durant trois jours, d’un quartier à l’autre ? Et où ont-ils passé la nuit ? Des photos prises par des habitants de Chenôve montreraient, sans certitude, un camp de Tchétchènes installé au parc de la Combe à la Serpent, près de Chenôve.

      Le secrétaire d’État Laurent Nuñez s’est rendu à Dijon mardi mais n’est pas allé aux Grésilles où il devait rencontrer les habitants. Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a appelé à une « réponse ferme ».

      Dans un communiqué, le procureur de la République de Dijon a indiqué que « cinq gardes à vue avaient débuté » jeudi matin. « Elles sont destinées à vérifier les premiers éléments de l’enquête », ouverte pour « tentative de meurtre en bande organisée, association de malfaiteurs et participation à un groupement armé », poursuit Eric Mathais.

      Dès 14 heures jeudi, une vingtaine de Tchétchènes se sont rassemblés devant le commissariat de Dijon pour marquer leur soutien aux membres de leur communauté interpellés le jour même. « Nos maris ont été interpellés dans la violence ce matin alors qu’on a des enfants en bas âge, indiquent deux femmes. Ils n’ont rien fait, ils ont juste tenté d’apaiser les choses. » Sherine et Samia, les victimes du bar à chicha, étaient également présentes pour porter plainte.

      Vendredi matin, le parquet a précisé que deux des interpellés avaient été mis hors de cause tandis que les gardes à vue de quatre personnes avaient été prolongées. Une vaste opération de perquisitions mobilisant 140 CRS a été menée aux Grésilles et au Mail.

      Une partie des habitants de ces quartiers envisagent d’organiser un rassemblement pacifique au centre-ville de Dijon, samedi, pour dénoncer les violences subies.

    • Oui, ici aussi notre société d’abandon est en cause. Mais le retrait des forces de l’ordre résulte « également » (à préciser...) du jeu des forces en présence. La police comme bras armé est supposée agir en fonction d’un évaluation de l’ampleur des troubles à l’ordre public et de toute « externalité négative » qu’occasionnerait tel ou tel choix tactique.
      Si des keufs se font buter, où même si leur présence ne suffit pas à pacifier ? c’est exploitable ( c’est notre projet ! ), mais c’est aussi une défaite symbolique qui peut en appeler d’autres, on fait quoi ?

      Si les flics qui arrivent les premiers en bas de chez Charliebeauflibéréhebdo attaqué reculent, c’est pas en vertu d’un blanc seing au djihadisme ou d’un désintérêt pour la survie de ce type de contributeurs au travail de police (le journaliste français, agent de subjectivation). C’est l’effet de rafales de kalach’. Faut essayer de se replier, attendre effectifs et matos adapté. stuff and staff , ici aussi. Point.

      À Dijon - des propos policiers l’ont montré - on a eu confirmation qu’un gang (État) doit composer avec d’autres forces, savoir lâcher prise, attendre le moment propice, le préparer (les instructions judiciaires sont une arme à longue portée, elles travaillent sur la durée).
      On sait aussi - et des garçons des Grésilles l’ont dit dans leurs termes - que lors de toute ce qui s’apparente à une « guerre des gangs » c’est une bonne mesure d’économie de l’action policière (et pour des tes judiciaires !) de ne pas agir, d’exploiter cette montée au meurtre (regardons Marseille, par exemple) et de n’agir qu’après- coup.

      Le monopole de la violence légitime, c’est une théorie qui éclaire sur les querelles et les affrontements de légitimité mais ça obscurcit (spécialement si on y adhère... comme le républicain bon teint Maisditàpart qui en réclame l’application) ce qu’il en est du réel de l’usage de la violence.

      #État #police #loi #violence_armée

  • La diaspora tchétchène au miroir de Dijon
    https://theconversation.com/la-diaspora-tchetchene-au-miroir-de-dijon-141838

    Mi-juin 2020, 150 personnes d’origine tchétchène ont afflué à Dijon en provenance de plusieurs villes de France – et même, semble-t-il, de Belgique et d’Allemagne – dans le but affiché de venger l’agression d’un Tchétchène de 19 ans par des dealers. Cette expédition punitive, précédée d’incidents de même nature à Nice, a provoqué une certaine sidération et rappelé la réalité de la présence de nombreux Tchétchènes dans plusieurs pays de l’Union européenne, dont la France.

    Force est de constater que c’est au rythme d’événements souvent violents surgissant dans l’actualité que les Tchétchènes réapparaissent dans l’espace public en Europe. On se souvient, notamment, d’une attaque au couteau commise le 12 mai 2018 à Paris par un Français d’origine tchétchène affilié à Daech, Khamzat Azimov : un passant a été tué et l’agresseur a été abattu par les forces de l’ordre. Des trajectoires de « radicalisation » islamiste, voire des départs en Syrie ont été évoqués pour certains ; aujourd’hui, c’est au tour de la « mafia tchétchène » d’être mise en avant par des hommes politiques, des médias et les services de renseignement.

    Au-delà des projecteurs braqués sur les agissements d’une centaine de personnes, que sait-on des Tchétchènes installés en Europe et des raisons de leur migration ?

    #Tchétchénie #diaspora #guerre (crimes de) #répression #assassinats_politiques #Ramzan_Kadyrov #dictature