Sombre

“Only the mob and the elite can be attracted by the momentum of totalitarianism itself. The masses have to be won by propaganda.” (Hannah Arendt)

  • Riviera 76 : comment le Woodstock français a viré au fiasco - Documentaire complet - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=dqH2jLPEa_w

    Été 1976, les promoteurs américains du mythique Woodstock de 1969 débarquent sur la Côte d’Azur avec une ambition folle : recréer le légendaire festival en Provence, sur le circuit du Castellet.

    Pour la première fois, ce documentaire raconte l’histoire oubliée du « Woodstock français » : Riviera 76.

    Pendant 3 jours, Joe Cocker, Betty Davis, Gil Scott Heron, Jimmy Cliff, Magma ou John McLaughlin jouent devant une jeunesse venue chercher musique, liberté, nuits sans sommeil et rêves grandeur nature. Mais derrière l’affiche flamboyante et une atmosphère des plus psychédéliques, tout part joyeusement de travers : chaleur infernale, finances dans le rouge, resquilleurs par milliers, Joe Cocker en perdition… et la mafia varoise qui décide de faire main basse sur les recettes.

    Exhumées d’une cave parisienne près d’un demi-siècle après, ces images d’archives exceptionnelles ressuscitent un festival maudit, le dernier souffle des grandes transhumances hippies, et redonnent vie à un épisode disparu de la pop culture en France.

    Retrouvez d’autres documentaires sur notre chaîne Youtube : • Les documentaires complets 💯

    Réalisé par : Christophe Duchiron
    Production : Alma Productions / INA / France Télévisions

  • La sécheresse prive la Hongrie d’électricité, le ministre de l’Énergie redécouvre les jeux de société
    https://reporterre.net/Secheresse-l-arret-d-une-centrale-nucleaire-force-la-Hongrie-a-la-sobrie

    L’ironie climatique est brutale. La canicule qui sévit — plus de 41 à 42 °C par endroits — fait grimper le recours à la climatisation, tandis que la sécheresse étrille la principale source d’électricité censée l’alimenter. Les panneaux solaires (8 gigawatts de puissance installée fournissent un tiers de l’électricité du pays) soulagent le réseau électrique le jour, puis s’effacent quand les habitants rentrent chez eux le soir. Entre 17 et 22 heures, la production solaire chute quand la consommation, elle, monte.

    Le gouvernement a donc appelé chacun à reporter ses machines à laver, lave-vaisselle, recharge des voitures électriques et climatisation lorsque cela est supportable. Les administrations sont passées au télétravail, les éclairages décoratifs ont été éteints et les trains de marchandises mis à l’arrêt. Même la présidente de la République par intérim, Ágnes Forsthoffer, a mis la main à l’interrupteur : fermeture des volets et extinction de l’illumination nocturne au palais.

    Sur ses réseaux sociaux, István Kapitány, le ministre de l’Énergie — ancien haut dirigeant de Shell, plus habitué aux stations-service qu’aux veillées à la bougie — a relayé des témoignages de familles qui ont ressorti les jeux de société plutôt que d’allumer leur poste de télévision. Ironique comme un ancien dirigeant pétrolier se retrouve ainsi à organiser, sous la contrainte d’un Danube exsangue, la première grande expérience hongroise de sobriété électrique. En temps normal, le faible prix de l’électricité — 10 centimes par KWh, contre 22 centimes en France — n’incite pas aux économies.

  • Le tonton fils-à-papa-facho-gênant du Télégramme nous chante sa chanson de fin de repas

    [Édito] La faillite de l’écologisme | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/edito-la-faillite-de-lecologisme-7094835.php

    Notre éditorialiste, Hubert Coudurier, nous livre son point de vue (...)

    Toujours hostiles au nucléaire qui offre une énergie décarbonée, à la climatisation s’avérant désormais nécessaire et au débroussaillage permettant de mieux circonvenir les feux de l’été, les écolos s’enferment dans un discours intellectuel gauchisant.

    Hubert Coudurier — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Coudurier

    Hubert Coudurier débute à l’Agence France-Presse (1983-1985). Il est ensuite grand reporter, notamment à France 3 (1985-1990), puis chroniqueur de politique étrangère à I-télé.

    En 1986, Hubert Coudurier rejoint Le Télégramme dirigé par son père, en qualité de secrétaire général adjoint. Il devient plus tard directeur de l’information du quotidien et administrateur du Groupe Télégramme. Son frère Edouard Coudurier, né en 1961, devient président du conseil d’administration en décembre 2001, succédant à son père Jean-Pierre Coudurier décédé en novembre 2001. Edouard représente la quatrième génération Coudurier à la tête du Télégramme[1].

    Au printemps 2007, Hubert Coudurier fait partie des journalistes qui suivent et starifient le couple Sarkozy[2]. En septembre 2008, il publie le livre Amours, ruptures et trahisons dans lequel il fait quelques révélations sur la vie amoureuse du président français[3],[4].

    Hubert Coudurier est un ancien auditeur (quarante-cinquième session) de l’IHEDN.

    Il est, depuis son lancement en novembre 2009, président de Télévision Bretagne Ouest (Tébéo), après avoir été vice-président de Nantes 7.

    Depuis la rentrée 2021, il intervient comme chroniqueur radio dans la pré-matinale Le Cinq sept de France Inter, il y tient une chronique d’Histoires politiques[5].

    En mai 2025, un édito défendant le milliardaire Vincent Bolloré face à des militants écologistes lui a valu un conflit avec la Société des Journalistes du Télégramme (SJT). Il lui a notamment été reproché d’omettre son activité de chroniqueur régulier de CNews, chaîne du groupe Bolloré

  • Incendie et incompétence à tous les étages
    https://contre-attaque.net/2026/08/05/incendie-et-incompetence-a-tous-les-etages

    « Soyez fiers d’être des amateurs », avait déclaré Macron à ses députés qui avaient voté contre l’allongement des congés pour les parents ayant perdu un enfant, en 2020. « Amateur » est synonyme d’inhumain et dangereux, dans la langue du pouvoir. Une nouvelle preuve avec la gestion des gigantesques incendies en Gironde.

    Une préfète qui ne sait pas combien d’habitants évacuer

    La préfète de Gironde se nomme Sophie Brocas, et elle a semblé improviser lors de ses différentes apparitions. Lors d’une conférence de presse donnée le 24 juillet, elle était interrogée sur le nombre de personnes à évacuer face à l’incendie, et s’est mise à bégayer : « Heu, les communes à venir, je ne sais pas, il faut qu’on regarde » puis : « Le nombre d’habitants que je demande d’évacuer ? Vous regarderez sur Wikipedia. Je n’ai pas fait le décompte ».

    Cette dame a fait carrière au sein du PS, elle est passée par le Sénat, puis à l’Élysée sous Hollande et a été conseillère d’Élisabeth Borne avant de se reconvertir dans l’administration préfectorale. Elle écrit aussi des romans, comme l’ont abondamment rapporté divers média. Un passe-temps moins dangereux, pour une personne qui oublie ses notes en pleine chaos climatique.

    La ministre de la santé donne des conseils dangereux

    Le monoxyde de carbone est un gaz qui peut se dégager d’une combustion, et il est très nocif car il provoque une asphyxie sans que l’on s’en rende compte. Il cause d’abord des maux de tête, nausées, fatigue, vertiges puis, si rien n’est fait, le coma et la mort.

    Notre ministre de la Santé, la personne qui gère le soin pour toute la population, a expliqué tranquillement à propos du monoxyde : « L’avantage, c’est que c’est quelque chose que l’on sent ou que l’on voit. Si vous sentez le brûlé ou si vous voyez un gros nuage de fumée, si vous avez des fragilités, il vaut mieux mettre un masque FFP2, que vous pouvez trouver dans les pharmacies ». Des propos rassurants mais totalement faux. Le monoxyde de carbone est justement dangereux car il ne se voit pas et ne sent rien, contrairement à d’autres gaz. Et un simple masque ne protège pas d’une intoxication.

    Pendant des jours, les urgences de Bordeaux ont vu « arriver des patients haletants après avoir été exposés aux fumées des incendies ravageurs dans la région », certaines ayant respiré du monoxyde de carbone, et ont été « mises sous oxygène pour chasser l’intoxication et éviter le coma » explique Reporterre.

    La ministre de la Transition écologique part en vacances

    Monique Barbut pourrait être une caricature de cartoon, mais elle existe bel et bien. Au début de l’été, elle a mis en scène une fausse démission après la ré-autorisation de pesticides hautement toxiques par le gouvernement, avant de retourner à son poste illico. Elle doit considérer que la paie et les privilèges valent plus que conserver un peu de dignité.

    Depuis le début des incendies, Monique Barbut n’a tout simplement rien fait. Elle n’est pas intervenue publiquement, n’a livré aucune analyse sur le chaos climatique, n’a pris aucune mesure face à l’écocide en cours. Elle n’était même pas aux réunions de crise : elle a préféré aller prendre des vacances dans sa villa dans le Var ! C’est une révélation du Canard Enchaîné : Monique Barbut est partie le 22 juillet, et n’est pas revenue malgré les méga-feux. Elle s’est contentée de participer « en visio » aux réunions depuis son transat.

    Le 20 juin déjà, au début de la première canicule qui a causé des milliers de morts, la ministre était absente. Elle avait préféré maintenir un déplacement dans les Pyrénées-Orientales, où elle a prononcé un discours de 12 minutes, mangé chez un traiteur de luxe, avant de décommander le TGV qui lui avait été réservé pour prendre un trajet en avion.

    Le Premier ministre traite les habitants sinistrés de complotistes

    La commune du Porge est le village martyr de l’incendie : 183 habitations anéanties sur 240. Les habitants en sont certains, « le Porge a été sacrifié sur l’autel de la presqu’île du Cap Ferret », lieu privilégié et hors de prix où se trouvent les villas de célébrités et de grands patrons. Un collectif de 700 habitants s’est d’ailleurs constitué pour déposer plainte, afin d’établir les responsabilités et d’en savoir plus sur leur abandon.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a balayé ces critiques avec dédain, le 1er août, en parlant d’une douleur « instrumentalisée par des complotistes », ajoutant que « c’est irresponsable ». On l’a compris, tout ce qui ne va pas dans le sens du narratif macroniste est « complotiste », et poser des questions face à l’incurie du gouvernement est « irresponsable » et sera bientôt interdit.

    Bruno Retailleau se vante d’avoir refusé une base de Canadairs

    L’ancien Ministre de l’Intérieur d’extrême droite assume tout. Lorsqu’il était au gouvernement, Retailleau avait annulé la construction d’une base permanente de Canadairs à Mont-de-Marsan dans les Landes. C’était l’année dernière, et cette base serait bien utile dans une région aussi exposée aux sécheresses, et avec des forêts de pins particulièrement inflammables. Interrogé à ce sujet, il dit qu’il ne regrette pas son choix. Forcément, entouré de ses policiers et gardes du corps, personne n’ira lui faire payer son comportement.

    Macron découvre que les Canadairs ne volent pas la nuit

    Le 27 juillet, au plus fort des incendies, Macron organisait un show retransmis sur toutes les chaînes : il apparaissait dans le QG des pompiers, l’air grave. Le directeur du SDIS de Gironde lui expliquait : « Si l’on pouvait avoir un appui aérien complémentaire la nuit, ce serait vraiment une plus-value ». En effet, les incendies nocturnes avançaient brutalement, ce qui compliquait encore les interventions le lendemain. Macron semblait découvrir que les Canadairs n’interviennent pas la nuit pour des raisons de sécurité, et qu’aucun moyen de compensation n’a été envisagé. Il est pourtant au pouvoir depuis 9 ans, et a connu de nombreux incendies, tous aussi mal gérés les uns que les autres.

    Lors de cette séquence, un responsable en tenue glissait à côté de Macron, comme pour montrer que le gouvernement réagit : « On est en train d’analyser des offres de sociétés privées qui nous proposent des appareils pouvant voler la nuit ». Une illustration de cette époque d’incompétence néolibérale : toutes les politiques vitales ont été abandonnées au profit d’entreprises privées qui se remplissent les poches sur le désastre.

  • Arbres ou panneaux solaires ? En agriculture, la nouvelle quête d’ombre face au soleil brûlant
    https://www.latribune.fr/article/climat/51655661204421/arbres-ou-panneaux-solaires-en-agriculture-la-nouvelle-quete-dombre-face-a


    En Charente-Maritime, la ferme de Brouage pratique l’agroforesterie en bio sur un domaine de 4 hectares.
    MG / La Tribune

    Entre l’urgence climatique et la nécessité économique, les méthodes pour ombrager les exploitations divergent. En Nouvelle-Aquitaine, les promesses financières du photovoltaïque concurrencent les bénéfices environnementaux, mais plus lents, de l’arbre.

    À l’orée du marais de Brouage, en Charente-Maritime, la ferme maraîchère bio qui porte le même nom offre un accueil rafraîchissant. Sur une centaine de mètres, l’allée centrale est cernée de deux rangées de pommiers d’ornement qui apportent ombre et air frais. Derrière le feuillage, on devine déjà des carrés potagers délimités par des arbres clairsemés, qui ne dépassent pas trois à quatre mètres de hauteur.

    Autour d’un container bardé de bois, un ouvrier agricole dépose des cagettes gorgées de fruits et légumes. Carottes panachées, tomates charnues, prunes violacées, fenouil en friche : l’explosion de couleurs détonne avec la fournaise estivale qui assèche et ternit toute la végétation. Les canicules aussi vives que précoces laissent quand même leurs stigmates. « Il n’y a pas tant de tomates que ça », réfute le saisonnier. « On en sort 40 kilos cette semaine alors qu’on devrait être à 200. Les pieds ont arrêté de produire à cause de la chaleur, mais ça va repartir maintenant qu’il fait meilleur », prédit-il.

    Les essences plantées il y a sept ans sur ce domaine de quatre hectares aident à atténuer les emballements du climat. Que ce soit face au vent violent, à la sécheresse, aux brûlures du soleil ou au gel, à chaque fois l’arbre fait tampon. Sur ces anciennes prairies à l’abandon, l’initiative est le fruit de la reconversion et des envies d’Hanh et Antoine Lévêque. Le couple a planté pour créer une symbiose.


    Hanh et Antoine Lévêque se sont installées sans être issus du monde agricole.
    Crédits : MG / La Tribune

    « Nos parcelles font 20 mètres par 30, elles sont entrecoupées de lignes d’arbres et d’aromates », trace le maraîcher. « Les arbres ont été plantés par strates. Là on a des cerisiers, puis des noisetiers et en-dessous des arbousiers. C’est un principe de culture dite syntropique, qui vise la densité de végétation et la variété de hauteurs », expose-t-il à l’ombre d’un chalef d’automne (un arbuste persistant) où l’on ressent une sensation de fraîcheur en ce milieu de matinée. Des associations qui multiplient les ombrages, les apports nutritifs, les échanges dans le sol ou les habitats pour la faune et la flore.

    #paywall

    • « L’agroforesterie serait une incohérence à cet endroit »

      Les cimes ne protègent même pas un hectare de cultures maraîchères sur le domaine. Mais cela suffit pour dégager 100 000 euros de revenus par an et générer trois emplois et demi. La ferme fournit les restaurants prestigieux de la région, qui trouvent ici des qualités gustatives intéressantes. Face aux assauts du climat, rien n’est pourtant gagné. « Les arbres de plus de trois ans se protègent les uns les autres. Pour les arbustes et plantes, c’est plus compliqué. On aimerait que les arbres soient plus hauts pour mieux protéger, mais il ne faut pas non plus trop d’ombre », montre le cultivateur. Problème, plus les arbres sont massifs, plus ils pompent la ressource en eau.

      C’est justement ce qui a dissuadé Christian Daniau d’en faire de même en Charente, dans le département voisin. La nature de son exploitation n’a rien à voir avec la ferme de Brouage. Le céréalier pratique, lui, l’agriculture intensive sur près de 240 hectares, avec un sol calcaire « à très faible potentiel » qui retient peu l’eau. Ici l’arbre boirait tout. « L’agroforesterie serait une incohérence totale à cet endroit-là. Beaucoup sont en même temps en train de mourir car ils manquent d’eau », observe-t-il.

      Lui aussi en quête d’ombrage et de protection, cet ancien président de la chambre d’agriculture et figure du syndicat productiviste FNSEA a opté pour une autre forme d’ombrage : le panneau photovoltaïque. Une canopée solaire est en cours d’installation sur trois hectares. La structure est composée de pieux en acier reliés par des câbles où sont fixés les panneaux noirs producteurs d’électricité. Le taux de couverture ne dépasse pas 35 %, afin de laisser passer une grande partie de la lumière. En plus de générer une énergie renouvelable, ils permettront d’apporter du répit aux cultures face au climat sévère.

      « Les panneaux solaires ne pomperont pas l’eau et ils feront de l’ombre. Je suis convaincu que ça va apporter un plus et protéger nos cultures », croit-il. « Ici, les rendements sont très moyens voire mauvais. J’aurais bien voulu le tester dès cette année », appuie-t-il quelques jours après avoir bouclé une campagne de moissons historiquement précoce. La saison prochaine, il testera sous les panneaux la culture de blé et de soja. L’installation a été dimensionnée pour permettre aux tracteurs de passer en dessous.

      Le problème de l’ombre d’hiver

      C’est le développeur d’énergies renouvelables TSE qui porte ce concept de canopée photovoltaïque. Il dispose de six installations en France, au-dessus de cultures végétales et de prairies d’élevage, et compte bien décupler l’effectif. « Il y a moins d’évapotranspiration des plantes, moins d’évaporation de l’eau du sol. La canopée tempère les extrêmes de température, basses comme hautes. Les végétaux comme les animaux sont moins en stress et la pousse de l’herbe est meilleure », déroule Frédéric Imbert, agronome et chargé de projet pour TSE.

      L’installation énergétique est aussi source de rentes pour les agriculteurs. Mais la loi encadre strictement les pratiques agrivoltaïques en imposant le maintien des cultures et de leurs rendements sous les panneaux. L’énergie ne doit pas aller sans l’agriculture dans ce domaine. Les solutions d’ombrage restent en tout cas dérisoires à l’échelle française puisque seule 1 % de la surface agricole utile pourrait être couverte de panneaux à terme, tandis que l’agroforesterie ne pèse pas plus de 1 à 2 % des surfaces.

      Les systèmes sont tout de même multiples puisque le photovoltaïque s’invite même désormais sur les serres maraîchères pour créer de l’ombre. Différents développeurs proposent des modèles adaptés facilement intégrables. À Gémozac, en Charente-Maritime, Bertrand Gazeau, installé en polyculture bio, a fait ce choix. Sa serre a été raccordée en 2024. Depuis, l’ombre est une alliée de circonstance. « Incontestablement la serre photovoltaïque est une protection, mais j’ai du mal à me dire que c’est un avantage en termes de création d’ombre, sauf à des moments d’ensoleillement très intenses comme cela a été le cas dernièrement », note-t-il. La lumière reste au fondement du besoin de la plante pour pouvoir effectuer la photosynthèse.

      Il n’empêche que l’outil a permis d’éviter des dégâts majeurs pendant les canicules. « Ce qui relevait de l’inconvénient en hiver est devenu un avantage en été », plaide Bertrand Gazeau. En plus, une large partie de la construction a été prise en charge par le développeur Reden Solar. Le bénéfice ne peut pas être négligeable dans ces métiers où les revenus sont très serrés.

      Temps court ou temps long

      Gain économique, facilité d’entretien, entreprises survoltées : les arguments du solaire ont de quoi séduire. Alors, la course à l’énergie relèguerait-elle les arbres capables de rendre de nombreux services environnementaux ? Pour beaucoup, l’instantanéité des bénéfices photovoltaïques est plus abordable que les promesses à long terme de l’agroforesterie. « L’arbre est l’élément le plus naturel, le plus complémentaire et celui qui remplit le plus de fonctions pour un prix dérisoire. Il est au centre des lois de la nature », défend le maraîcher Antoine Lévêque. « Pourtant, on voit que tout le monde est encouragé à trouver d’autres méthodes pour le remplacer », regrette-t-il.

      Seuls les plus téméraires s’aventurent à faire cohabiter arbres et plantes à une époque où beaucoup de connaissances en la matière ont été perdues. « On n’a pas une réponse immédiate en agroforesterie », prévient Eric Cirou. L’homme est chargé de mission sur le sujet depuis 30 ans pour la chambre d’agriculture de Charente-Maritime et Deux-Sèvres. « Le temps que les arbres se développent, il faut compter cinq à dix ans pour obtenir des effets significatifs. Ce n’est pas une réponse miraculeuse, c’est un investissement », enseigne-t-il. Si l’arbre a besoin d’eau pour sa croissance, il peut aussi la puiser en profondeur et la restituer au sol superficiel lorsqu’il a atteint une certaine maturité. Une affaire de patience avant tout.

      Dans le département maritime, ultra-spécialisé entre viticulture et céréales, les haies et les cultures mélangées avec les arbres n’ont cessé de disparaître depuis des dizaines d’années. Ce qui a créé des problèmes d’accès à l’eau et amplifié les effets du dérèglement climatique. Des groupements d’agriculteurs en viennent ainsi à porter des projets de retenues d’eau XXL tandis que l’irrigation en viticulture, toujours prohibée, se pose aujourd’hui comme une question sérieuse.

      « Ce n’est pas simple de développer le sujet ici », témoigne Eric Cirou. « Il faut voir l’agroforesterie comme une réponse multifonction, où on travaille sur les ressources, les sols, la biodiversité, les paysages...Il ne faut plus tarder car on met en place aujourd’hui des systèmes qui porteront leurs fruits dans 15 ans », mobilise-t-il. Il n’est pas trop tard, mais bienheureux sont ceux qui ont su anticiper avant l’état d’urgence.

  • J’essaye d’anticiper sur le feuilleton estival.
    1/ Juin. La canicule, c’est à cause qu’on n’a pas de clim.
    2/ Juillet. Les incendies, c’est à cause des salauds qui mettent le feu.
    3/ Août. Les coupures d’eau potable, c’est à cause que les éco-terroristes sont contre les méga-bassines.
    4/ Septembre. Les glissements de terrain/inondations, c’est horrible de voir toutes ces voitures sous l’eau.

  • More women die in heatwaves, but biology ’isn’t main cause’
    https://www.dw.com/en/more-women-die-in-heatwaves-but-biology-isnt-main-cause/a-78187451

    Across the board, he says, women spend 30% to 50% more of their working time above heat-stress thresholds than men. In construction, when comparing men and women doing the same job, the figure rises to around 50%.

    The reasons, he says, are structural. Women often wear more clothing for the same job. Men are more confident asking for breaks. And where men’s work is visibly strenuous, it’s recognized as a heat risk and rewarded with rest. But women’s work is steadier, less obviously punishing, and gets no such relief.

    Parsons compares it to the difference between a plane crash and asbestos exposure: One is a sudden, visible catastrophe, the other a slow, constant harm that’s easy to miss. “Male heat stress tends to be this taller risk, where you get relatively visible moments of physical distress that can be managed,” he says. “Female heat stress is constantly there, but much less visible, because it doesn’t have those same obvious peaks in the working day.”

  • Les IA vont-elles tuer les liens hypertextes, ces briques fondamentales du Web ?
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/02/les-ia-vont-elles-tuer-les-liens-hypertextes-ces-briques-fondamentales-du-we

    (...) pourquoi cliquer sur ces [liens] puisque tout peut être servi à votre porte ? Le 22 juillet, Google a déployé en France ses « aperçus IA » (« AI Overviews »). Quand elle est activée, la fonctionnalité relègue l’antique liste des « 10 premiers liens » au fond de la première page de résultats du moteur de recherche et la remplace par un résumé, écrit automatiquement par l’intelligence artificielle (#IA) Gemini.

    Résultat : de nombreux éditeurs de sites Internet craignent pour l’avenir de leurs activités en ligne. En Allemagne, où l’option était déjà en place, la société de référencement Sistrix enregistrait une chute de 6,6 % du nombre de clics en provenance du Google. Mais plus encore qu’une problématique de modèle économique pour les sites Internet, la question est presque philosophique. Le #Web s’est bâti sur le concept même de #liens qui, par leur multiplication, forment ce qu’on appelle communément la « Toile ». Si ces liens ne sont plus parcourus, ont-ils encore une raison d’exister ?

    [...]

    « Les hyperliens et l’hypertexte [la technologie qui les sous-tend] ont été mis au défi par le tournant commercial du Web », complète Valérie Schafer, évoquant la transformation d’un « réseau de pages et documents » en un « réseau de services et plateformes, où sont incorporés de multiples outils, contenus et liens cliquables dont certains sont fournis par les plateformes, ou encore générés par des machines ».
    En parallèle, d’autres mécanismes mettent à mal les principes initiaux de l’hypertexte.
    « Les réseaux sociaux, les applications mobiles, les environnements derrière un paywall… ont érodé la notion de liens ouverts, souvent pour des raisons uniquement commerciales »_, explique au Monde Alberto Di Meglio, responsable de la stratégie numérique du CERN. Les choix de développement de ces plateformes ont, souvent, consisté à faire rester le plus longtemps possible leurs utilisateurs dans leur environnement, et dévalorisé les liens externes permettant de s’en échapper.
    Et cette tendance se poursuit : les utilisateurs qui conversent avec les agents conversationnels comme ChatGPT (OpenAI) ou qui se voient proposer les résumés par IA de Google n’ont en théorie plus de raison de cliquer sur des liens puisque les réponses à leurs interrogations leur sont fournies clés en main.

    https://justpaste.it/abrgm

    #hypertexte #hyperliens

    • Pour une fois que les femmes ne disparaissent pas de l’histoire du web note l’apparition bienvenue de ces chercheuses :
      #Anne_Helmond, de l’université d’Utrecht (Pays-Bas) Historiographie de l’hyperlien » parue en 2018
      #Olia_Lialina, artiste russe parmi les pionnières de l’art en ligne
      #Valérie_Schafer, historienne des télécommunications, de l’informatique et des cultures numériques

    • Avec l’introduction des « aperçus IA », « le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation numérique »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/04/avec-l-introduction-des-apercus-ia-le-web-et-les-applications-mobiles-pourra

      Est-il imaginable que les #médias ferment leurs contenus aux fournisseurs d’IA, comme la plateforme Reddit semble désormais vouloir le faire aux Etats-Unis ? Peu d’acteurs disposent d’un tel pouvoir de négociation. Pour la plupart des médias, le dilemme est redoutable : accepter que leurs #contenus alimentent ces nouveaux systèmes au risque de perdre leur audience, ou s’en retirer au risque de devenir progressivement invisibles dans les interfaces qui structureront demain l’accès au #savoir. Et dans cette lutte, il n’est pas certain que Google gagne à ne pas rémunérer équitablement les producteurs d’information.

      En effet, si les interfaces d’IA promettent de rendre l’information plus accessible que jamais, leur succès conduit à fragiliser ceux qui produisent cette information. Elles risquent de compromettre, à terme, la ressource dont elles se nourrissent. Une société qui ne finance plus la production des faits ne pourra pas longtemps bénéficier de la qualité de leurs synthèses.

      Déplacement du pouvoir

      Ce que l’introduction des AI Overviews traduit, c’est l’effacement du Web, qui avait lui-même remplacé une partie des médiations traditionnelles. Il devient une infrastructure invisible, tout comme les applications mobiles qui s’effacent également derrière des interfaces conversationnelles. Le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation #numérique.

      https://justpaste.it/dtnq8

  • Virginie Despentes, Cher Connard, Grasset
    page 72

    On supporte très bien l’idée que les femmes soient tuées par les hommes, au seul motif qu’elles sont des femmes. Sauf si elles sont de petites filles ou de vieilles dames. Ce qui veut dire qu’on supporte très bien l’idée qu’une femme soit victime d’un homme tant qu’elle est en âge d’avoir une sexualité active. Même si elle est mariée, même si elle est maman, même si elle est bonne sœur - à partir du moment où elle est pubère et jusqu’à ses soixante quinze ans - elle est une victime acceptable.
    Et je crois que c’est parce qu’elle est éventuellement sexuelle. La société comprend l’assassin. Elle le condamne, évidemment. Mais avant tout elle le comprend. C’est plus fort que lui. Que ce soit sa femme ou une inconnue.
    Imagine qu’à la place des femmes qui sont tuées par les hommes, il s’agisse d’employés tués par leurs patrons. L’opinion public se raidirait davantage. Tous les deux jours, la nouvelle d’un patron qui aurait tué son employé. On se dirait, ça va trop loin. On doit pouvoir aller pointer sans risquer d’être étranglé ou criblé de coups ou abattu par balles. Si tous les deux jours un employé tuait un patron ce serait un scandale national. Pense à la gueule des gros titres : le patron avait déposé trois plaintes et obtenu un ordre d’éloignement mais l’employé l’a attendu devant chez lui et l’a abattu à bout portant. C’est quand tu le transposes que tu te rends compte que le féminicide est bien toléré. Les hommes peuvent te tuer. Ça flotte au-dessus de nos têtes. On le sait. C’est comme si on te recommandait de jouer à la roulette russe. Je n’ai jamais eu envie de mourir mais j’ai aimé les drogues dures, les hommes violents et la vitesse. On m’aura beaucoup plus sermonnée sur les drogues dures que sur les hommes.

    #transposition #féminicide #violences

    • faites donc cher sombre, trollez, il en restera toujours quelque chose

      Mais ce n’est pas que grasset et grobollet qui chie sur les auteurices. Ce sont les intellectuelles et les artistes que cette société maltraite en leur expliquant concrètement qu’ils ne servent à rien.

      Il faudrait que je liste ici tous les modes d’abandon mis en place pour que les auteurices ne puissent plus survivre financièrement. Alors que ces métiers étaient considérés comme à protéger et bénéficiaient de quelques protections exceptionnelles. Les auteurices sont devenues des entreprises indépendantes reliées à l’urssaf qui n’ont ni chomage, ni congés et bossent quand on daigne leur acheter leur production ou leur faire une commande. Quant aux factures electroniques avec recapitulatif trimestriel cela ne va pas aider.

    • Le terrain était bien préparé, socialement et philosophiquement par les libéraux. On est bien domestiqué avec des œillères Travail, l’obligation tacite de ce commerce de la sueur à la monnaie passe par le salariat employé/patron. Et surtout ne pas avoir le temps de penser. Continuité de l’esclavage dans le sens ou même ton avenir rendu plus glorieux et même joyeux dans l’acceptation de ce deal se concrétise dans une vie de non homme libre . Puis on ratisse tout autour et on fait tomber les têtes des « libres » : chomeurs, précaires, artistes, auteurices ...
      Je fréquente pas mal de gens qui ont vécu ou vivent dans la rue, oui c’est dur et violent mais ce sont de vraies personnes pas du chiqué baratineur cochon d’inde dans sa roue que beaucoup devienne une fois intégré au monde du travail où il n’y a pas plus le temps de revenir à Ah mais keskejefaila ?
      Le process des politiques des hypermarchés. On accepte le contrat car on le croit pratique et plus économique jusqu’à ce que l’idée même du paysan disparaisse de nos mœurs, remplacé par nos chaines en bétons.
      Je perds mon sang froid, tatatata.
      Ma vue me joue des tours, j’ai lu le macronisme est un traumatisme , c’est bien la réalité.

  • La Banquise à Dunkerque – ARCHIPHOTOS
    https://blogarchiphotos.com/la-banquise-a-dunkerque

    Article de La Voix du Nord qui relate cet évènement : « Le jour où j’ai marché sur les eaux. » Le phénomène de « banquise » à Dunkerque ou Malo s’est produit plusieurs fois, notamment en 1954, 1963 ou plus proche, en 1997. Il y a la banquise à Malo les Bains ! La rumeur avait à peine franchi mes oreilles que ma décision était prise : aujourd’hui, je marche sur les eaux ! Cette aventure (car c’en fut une), remonte à janvier 1997. Un bulletin météo à la radio, l’annonce que la mer du Nord était prise par les glaces… Il n’en fallait pas plus pour vouloir y aller. Et en famille. Il faisait du genre – 12 ou – 15 C°. On s’était emmitouflés comme jamais. Arrivés à la digue, l’horizon d’habitude barré d’une bande opale était cette fois marqué d’une barre blanche sur laquelle évoluaient un tas de petits points noirs. C’était des milliers de curieux. Le spectacle était hallucinant et féerique. Très vite, on s’est retrouvé à marcher sur cette banquise qui atteignait facilement 1,2 m d’épaisseur par endroits. De gros blocs se détachaient, simulant des icebergs. On est restés là deux heures. Pas davantage car il faisait très froid. Ce jour-là, à Malo, il ne manquait plus que les ours blancs ! Photos © Didier Raux – Source La Voix du Nord

  • Rions (quand même) un peu :

    Alice Cordier fut retrouvée en position latérale de sécurité après avoir posté cette image IA « super cringe » d’elle-même et Elon Musk en « héros » devant un paysage futuriste.
    Les urgentistes auraient immédiatement diagnostiqué une sévère crise de syndrome du personnage principal, une pathologie rare qui pousse certaines grosses têtes à s’insérer eux-mêmes dans leur propre fan-fiction jusqu’à confondre leur fil d’actualité avec bande-annonce Marvel. Malheureusement, Elon Musk n’a pas donné suite à cette énième demande d’insémination un peu trop frontale.
    Selon plusieurs spécialistes du cringe numérique, l’image aurait provoqué un tel niveau de malaise qu’elle serait désormais utilisée dans certaines écoles de communication pour illustrer le chapitre intitulé : « Pourquoi il faut parfois fermer sa gueule et aller prendre l’air avant de poster de la merde. »
    Interrogé sur cette étrange mise en scène, Elon Musk aurait simplement répondu qu’il ne connaissait pas cette personne bizarre, avant d’ajouter qu’il était déjà sur le front d’un tas de problèmes de réputation pour qu’on vienne lui ajouter un autre.
    Les laboratoires OpenAI, Midjourney et Adobe auraient quant à eux publié un communiqué commun rappelant que leurs intelligences artificielles étaient conçues pour générer des images funs, pas des fantasmes glauques.
    À l’heure où nous écrivons ces lignes, les équipes de SpaceX confirment qu’aucune mission habitée vers Mars n’est prévue avec des passagers souffrant d’un tel taux d’embarras, la fusée risquant de se désintégrer sous le poids du malaise avant même d’avoir quitté la surface de la tête.

    (source : https://www.facebook.com/lacroute.org/posts/pfbid02Q9Etxc6TXY5dFXMauqy6aTEPD2VFZpFrXLhYNBEcuTZB55eioFUpfW9LZhMU4YASl)

  • How Anti-Imperialists Copy Empire’s Anti-Arab Hatred
    https://bettbeat.substack.com/p/how-anti-imperialists-copy-empires

    A pattern becomes unmistakable: Arab is a word reserved for failure. And any attempt to reclaim it for courage, resistance, or steadfastness, will make Westerners step in to correct you. Those positive examples, they insist, simply do not count as Arab.

    That absence matters. Arab identity becomes visible when there is humiliation to assign and invisible when there is courage to acknowledge.

    • Israël est une nation d’assassins d’enfants.

      Ce qui ne signifie pas qu’il n’existe pas une courageuse petite minorité qui résiste.
      Mais le massacre (assassinats de Palestiniens de tous ages) est l’outil d’Israël depuis son origine.

  • L’afflux de #migrants à #Ceuta s’est transformé en crise diplomatique intra-européenne

    https://www.rfi.fr/fr/europe/20260731-l-afflux-de-migrants-%C3%A0-ceuta-s-est-transform%C3%A9-en-crise-diplom

    Les migrants arrivés par dizaines de milliers à Ceuta en cette fin de semaine ont largement repris le chemin du #Maroc selon les autorités espagnoles, ce qui dessine une issue à la partie la plus urgente de la crise migratoire. Il reste qu’elle s’est largement transformée en crise diplomatique intra-européenne avec un certain retard à l’allumage des dirigeants des institutions de l’#UE.

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

    ***

    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

  • #Ceuta : une soit disant crise migratoire bien instrumentalisée par l’internationale réactionnaire ?

    Ce post de Mr Mondialisation sur FB (je n’ai pas trouvé l’article correspondant sur leur site) et cet article de l’Huma (sous #paywall) :

    https://www.facebook.com/M.Mondialisation/posts/pfbid0fjHJR3QnKoeSdQQoZzfwUWKSxSsaYqXu6aZdvKehLBbBQuUtkQs2MUks77a1PLPsl

    Comprendre l’opération de déstabilisation de l’Espagne qui se joue depuis plusieurs jours par une guerre d’images parfaitement organisée.
    Pendant que certains médias parlent d’une simple « vague migratoire », les images racontent une autre histoire. De nombreuses vidéos montrent des camions et des autocars déposant des milliers de jeunes hommes en même temps, à proximité immédiate de Ceuta, avant leur ruée organisée vers la plage du Tarajal.
    Les vidéos montrent surtout que les autorités Marocaines aident à la logistique sur la route, sans les arrêter. Une logistique de cette ampleur n’a rien d’un déplacement spontané de candidats à l’exil. Nombre de ces jeunes arrivent en rigolant, avec des bouées et même des sticks pour filmer leur exploit et les publier en ligne parfois en direct. Plusieurs ont perdu la vie en sous estimant le risque de contourner ce simple bras de terre. Ces individus n’ont rien de migrants classiques en situation d’exil, ce qui devrait à minima alimenter des questions. Pourtant, tous les médias ont un narratif unique axée sur la peur : la vague migratoire est à nos portes. Ce n’est pas le cas.
    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la technique est utilisée. En 2021 déjà, lors de la crise de Ceuta, le relâchement soudain et volontaire des contrôles frontaliers par Rabat avait été largement interprété comme un moyen de pression diplomatique sur Madrid dans le contexte du Sahara occidental. À la différence que cette fois, des dizaines de camions ont déversé ce flot humain sur les plages au même moment, poussant certains à la noyade.
    En résumé, des jeunes sont utilisés pour faire pression à la frontière de manière à générer un choc politique par l’image. La majorité d’entre eux sont rentrés chez eux le soir même, faute de nourriture, en passant la frontière dans l’autre sens.
    Une question demeure : comment des dizaines de milliers de personnes peuvent-elles se retrouver simultanément devant une frontière parmi les plus surveillées d’Afrique sans une organisation logistique ? Les vidéos montrant des véhicules transportant des groupes de jeunes méritent, à elles seules, une enquête approfondie. Les médias officiels restent pourtant discrets sur la question et ne publient pas ou peu ces images.
    Que chacun se fasse son opinion. Mais présenter ces événements comme un simple mouvement migratoire pour faire peur occulte les buts de l’opération : isoler l’Espagne de la scène internationale tout en alimentant la montée réactionnaire en Europe, favorable aux intérêts
    capitalistes. Par ailleurs, le contrôle du Détroit reste un enjeu économique majeur dans la région, y compris pour les Etats-Unis. Trump et Israël, alliés du Maroc, sabrent le champagne devant cette opération médiatique de grande envergure qui divise l’Europe.

    https://www.humanite.fr/monde/espagne/afflux-de-migrants-a-ceuta-le-gouvernement-espagnol-attaque-par-une-extreme

    L’arrivée de dizaines de milliers de jeunes Marocains dans l’enclave espagnole, la semaine dernière, même éphémère, a déchaîné les paniques racistes de l’extrême droite mondiale. Ce qu‘il s’est passé soulève des questions sur l’utilisation de l’immigration comme levier de déstabilisation mais aussi sur l’attitude des autorités marocaines.

    https://justpaste.it/e53bt

    • https://seenthis.net/messages/1184811

      La construction du récit de « l’invasion »

      Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

      Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

      Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    • https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/l-instrumentalisation-de-la-situation-a-ceuta-vire-a-la-caricature-de

      Plusieurs sources, dont l’AFP, laissent plutôt entendre que l’afflux massif de ces derniers jours résulte d’une nouvelle brouille diplomatique entre Madrid et Rabat, à l’heure où le Premier ministre espagnol essaie de se rapprocher de l’Algérie plutôt que du Maroc. Pedro Sanchez était à Alger il y a dix jours à peine pour essayer de tourner la page de quatre années difficiles. Dans ce contexte, un journaliste de l’agence de presse française affirme que des jeunes Marocains, rassemblés à la lisière de Ceuta, lui ont expliqué avoir entendu que « la frontière avait été ouverte ».

      Un contexte qui rappelle inévitablement la précédente crise migratoire de 2021, lorsque des milliers de Marocains avaient traversé la frontière à la faveur d’un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un premier différend diplomatique avec l’Espagne. À l’époque, le Maroc avait reproché à Madrid l’accueil, pour y être soigné, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario (soutenu par l’Algérie contre le Maroc).

      D’ailleurs, Pedro Sanchez - qui doit se rendre à Ceuta ce vendredi - a déjà expliqué que « des mesures pour le transfert » vers le Maroc seront prises pour « toutes les personnes qui sont entrées illégalement » dans l’enclave espagnole, après ce qu’il qualifie « d’attaque contre la souveraineté » de son pays. Du reste, nombre d’entre elles, 25.000 selon les premières évaluations, sont déjà retournées au Maroc, ce vendredi. Ce que ne disent pas les réactions françaises, promptes à qualifier ces migrants de danger imminent, quand bien même ils se trouvent actuellement sur un autre continent, dans une zone qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, à 1 000 kilomètres du territoire français, de l’autre côté de la Méditerranée.

      Qu’importe, la pression porte ses fruits. Laurent Nunez s’est empressé ce vendredi matin d’annoncer que la France allait immédiatement renforcer ses contrôles aux frontières, « en profondeur », avant d’être appuyé par Emmanuel Macron, qui a demandé à la mi-journée à ce que « toutes les dispositions soient prises pour renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne ». Quitte à donner le point aux nationalistes et à leurs raccourcis.

    • La menace ne vient pas des immigrés de Ceuta, mais de nos propres dirigeants !

      L’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de jeunes Marocains à Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, a immédiatement provoqué un déchainement de mensonges. Non seulement la droite et l’extrême droite, mais aussi la plupart des gouvernants européens rejoints par Trump aux États-Unis, ont brandi la menace d’une « invasion » dont il faudrait se défendre.

      Le fait qu’il y ait eu une centaine de morts ne leur a pas tiré une larme. Pas plus le fait que les migrants soient restés dehors, avec les seuls vêtements qu’ils portaient pendant leur traversée, sans argent ni accès à un minimum d’hygiène, en butte aux violences des militaires et de certains habitants. « On croyait atteindre le paradis, et on s’est retrouvé en enfer », résumait l’un d’eux, avant de regagner le Maroc, comme l’ont fait la très grande majorité d’entre eux.

      Liberté de circulation pour tous les travailleurs !

      Ces jeunes, parmi eux de nombreux adolescents de moins de 15 ans, ont voulu fuir la pauvreté, le chômage, qui touche, au Maroc, près de la moitié de la jeunesse. Pouvoir travailler et réaliser ainsi leurs rêves était leur seul but, le même que tous les jeunes de leur âge dans le monde. La liberté de se déplacer et le droit de s’installer là où les travailleurs peuvent gagner leur vie devrait être un droit élémentaire. Que des jeunes soient obligés, pour cela, de risquer la mort est révoltant !

      Le Premier ministre espagnol Sanchez a annoncé l’envoi de policiers, de militaires et de blindés, évoquant « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Mais que dire de l’intégrité du territoire marocain, alors que les enclaves de Ceuta et Melilla constituent des vestiges du colonialisme espagnol !

      Tous les dirigeants européens savaient très bien que ces milliers de jeunes ne pouvaient pas se rendre en Espagne ni dans l’Union européenne. En effet, Ceuta est soumis à un statut dérogatoire tel que l’accès au reste de l’Europe est aussi difficile qu’à partir du Maroc. Mais Macron a tout de même multiplié par cinq le nombre de policiers et de gendarmes à la frontière franco-espagnole.

      Les mensonges des dirigeants européens

      La palme du cynisme revient à la Première ministre italienne d’extrême droite Meloni, qui a annoncé la suspension de la libre circulation de l’espace Schengen à l’Espagne, avec laquelle l’Italie ne partage pourtant aucune frontière. La quasi-totalité des autres dirigeants de l’Union européenne lui ont emboité le pas. Tous ont délibérément menti car ils sont d’accord pour faire comme si l’immigration était aujourd’hui le danger principal. C’est une diversion ignoble, mais aussi dangereuse, utilisée par l’extrême droite, championne du repli sur soi, et par bien des politiciens.

      Tous veulent faire croire aux travailleurs que les immigrés constitueraient une menace et que les frontières pourraient protéger du chômage et de la pauvreté. Mais le responsable du chômage, de la précarité et des bas salaires est d’abord le patronat, et le faire reculer dépend exclusivement des luttes que le monde du travail est capable de mener pour s’opposer à sa rapacité. Ceux qui répètent qu’on ne peut pas « accueillir toute la misère du monde » nous prêchent en réalité la résignation et veulent nous faire accepter, comme une fatalité qu’on ne pourrait pas changer, l’état catastrophique des hôpitaux et de tous les services publics les plus vitaux…

      Combattre les vrais responsables de la misère

      Les véritables responsables de la misère, en France comme dans les autres pays, ce sont les actionnaires des géants du CAC 40 dont les profits ont augmenté de plus de 44 % au premier semestre 2026, pour atteindre à 74,93 milliards d’euros. Une minorité de richissimes bourgeois, 153 familles milliardaires, accapare les richesses produites par des millions de travailleurs. Une minorité de capitalistes et les gouvernants à leur service organisent l’exploitation de tous les peuples et le pillage des ressources des pays pauvres. Avec leurs rivalités et leurs guerres, des régions entières du monde sont détruites et rendues invivables.

      C’est tout cela qu’on voudrait nous faire oublier avec l’épouvantail de l’immigration. Garantir à tous une vie à la hauteur des immenses possibilités que recèle la société ne sera possible qu’en renversant le capitalisme. Quelles que soient leur nationalité, leur origine et leur religion, les travailleurs doivent refuser les divisions pour pouvoir mener ce combat commun contre leurs exploiteurs.

      Nathalie ARTHAUD

      https://www.lutte-ouvriere.org/portail/editoriaux/menace-vient-immigres-ceuta-propres-dirigeants-196142.html

    • Issu de https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/01/comment-se-positionnent-les-pays-europeens-face-a-la-crise-de-ceuta

      La lettre en question  : «  Vingt-deux chefs d’État et de gouvernement ont cosigné une lettre initiée par l’Italie et le Danemark, exigeant une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur. Ces derniers se retrouveront en visioconférence mardi 4 août.

      Si l’exclusion de l’Espagne de la zone Schengen n’est plus évoquée, les 22 s’en prennent à la politique de régularisation massive menée par l’Espagne, qu’ils accusent d’avoir provoqué un appel d’air ayant concouru à cette intrusion.  »

      La France qui envoie sa police pourchasser des migrants aussi imaginaires que les dahuts dans les Pyrénées fait partie des états les plus compréhensifs vis-à-vis de l’Espagne. Mon petit doigt me dit que ça doit bien lui arracher la gueule à notre pauvre Macron de pas hurler avec les loups, mais dérouler 700km de barbelés n’étant pas envisageable dans l’immédiat, il a du prendre sur lui. J’espère quand même que l’on va lui ouvrir une cellule psychologique à l’Élysée pour le soutenir dans cette douloureuse épreuve.

    • Évidemment ce bon vieux Rudy s’est immédiatement fendu d’un article défendant Israël, mais il faut tout lire et ça donne des sources :
      https://www.conspiracywatch.info/ceuta-le-reflexe-complotiste.html

      Le raisonnement à l’œuvre est un condensé de logique complotiste : on part des bénéficiaires supposés de l’événement (le fameux « is fecit cui prodest ») pour remonter aux commanditaires, et l’on tient la satisfaction affichée par certains pour un aveu. Or, comme l’écrit le politologue américain Michael Shurkin, « la Schadenfreude [« joie malsaine » − ndlr] n’est pas une preuve de complicité ou de responsabilité ». Il poursuit : « Je trouve fascinant que tant de gens sautent à la conclusion que cela doit forcément concerner Israël. Comme si le Maroc et l’Espagne n’étaient pas capables d’avoir leurs propres différends sans rapport avec Israël, ou comme si le Maroc était incapable d’agir ainsi pour ses propres raisons. »

      Sans surprise, les réseaux prorusses se sont emparés de l’affaire. Le centre de recherche Cyfluence a documenté l’amplification de la thèse du complot « israélo-américain » par des comptes alignés sur Moscou ainsi que sa reprise par RT et par le réseau de sites « Pravda ». Un seul post a cumulé des millions de vues et plus de 4 400 retweets.

      À supposer même que cet afflux ait été téléguidé, le Maroc n’a besoin de personne pour « arsenaliser » les migrants − ainsi que l’ont déjà fait Moscou et Minsk contre la Pologne. En mai 2021, Rabat avait laissé plus de 8 000 personnes entrer à Ceuta en quarante-huit heures pour punir Madrid d’avoir discrètement hospitalisé le chef du Front Polisario (mouvement luttant pour l’autodétermination du Sahara occidental, soutenu par Alger). Ni Israël ni les États-Unis ne s’en étaient mêlés.

    • Crise de Ceuta : pourquoi les révolutionnaires défendent l’ouverture des frontières ? Billet d’Anasse Kazib
      https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-de-Ceuta-pourquoi-les-revolutionnaires-defendent-l-ouvert

      Anasse Kazib, candidat à l’élection présidentielle de 2027, réagit aux questions d’électeurs de gauche depuis le début de la tragédie de Ceuta, où plus de 100 personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’enclave espagnole depuis le Maroc. Il revient sur la nécessité de défendre l’ouverture des frontières, à rebours d’une gauche institutionnelle qui s’adapte aux politiques de l’Europe forteresse.

      Les frontières permettent de fabriquer une main-d’œuvre privée de droits, notamment les sans-papiers, que le patronat peut surexploiter avec des salaires plus bas, des horaires plus longs et la menace permanente de l’expulsion. Cette pression ne s’exerce pas seulement contre les travailleurs immigrés : elle tire aussi vers le bas les conditions de l’ensemble de la classe ouvrière.

      On nous répète sans cesse que les frontières sont là pour protéger les travailleurs. En réalité, elles protègent avant tout les intérêts des classes dirigeantes. Le capital, lui, ne connaît pas de frontières. Les multinationales déplacent leurs usines là où les salaires sont les plus bas, investissent où les profits sont les plus élevés, spéculent d’un continent à l’autre et pillent les ressources du monde entier sans passeport ni visa. Les marchandises et les capitaux circulent librement.

      La classe ouvrière n’a pas d’intérêt à défendre les frontières de sa bourgeoisie. Son intérêt est de s’unir au-delà des nationalités et des origines pour combattre ceux qui vivent de son exploitation. Il faut refuser un monde où l’argent est libre de circuler, ou le patronat peut exploiter qui il veut ou il veut mais où les êtres humains sont enfermés derrière des barbelés. Il faut exactement l’inverse : lutter contre le capital, garantir à toutes et tous la liberté de circulation et d’installation, et construire l’unité internationale des travailleurs...

    • Ceuta : une frontière impériale devenue un tombeau

      Ceuta n’a jamais été une simple limite administrative. Elle est à la fois le produit d’une histoire impériale ancienne et le point de rencontre de décisions économiques beaucoup plus récentes. Ni l’une ni les autres ne peuvent être traitées uniquement avec des clôtures, des patrouilles et des procédures d’éloignement.

      Que faire ?

      D’abord, établir les faits. Chaque mort doit être identifiée. Chaque disparition doit être documentée. Chaque usage de la force doit pouvoir être examiné. Le contrôle d’une frontière ne suspend ni le droit à la vie ni l’obligation de rendre des comptes.

      Ensuite, reconstruire une véritable politique économique frontalière.

      L’Union européenne et l’Espagne ne peuvent demander au Maroc de contenir les départs tout en considérant la situation sociale de Fnideq comme une affaire exclusivement marocaine. Une coopération crédible devrait financer des emplois formels, des formations professionnelles, des infrastructures productives et des activités susceptibles de remplacer durablement l’ancienne économie de contrebande.

      Enfin, il faut donner une réalité aux voies régulières de mobilité.

      L’Espagne dispose déjà de programmes de gestion collective des recrutements dans les pays d’origine, le dispositif dit « GECCO ». En 2025, 25 767 travailleurs étrangers ont participé à ces dispositifs de migration circulaire dans dix-sept pays partenaires, en hausse de 25 % en un an. Ces programmes démontrent qu’une mobilité organisée, assortie d’un contrat de travail et d’un cadre public, est possible.

      Ils ne sont pas exempts de critiques. La dépendance envers l’employeur, les conditions d’hébergement et les risques d’exploitation, notamment dans l’agriculture, doivent être combattus. Mais la réponse à ces insuffisances n’est pas de renoncer aux voies légales. Elle consiste à les étendre, à les diversifier et à mieux protéger ceux qui les empruntent.

      Le travail, les études, la formation et la circulation temporaire ne supprimeront pas tous les départs irréguliers. Ils permettront au moins de retirer aux passeurs, aux rumeurs et aux crises diplomatiques le monopole du calendrier migratoire.

      L’Europe a progressivement délégué une partie de sa politique migratoire aux États chargés d’empêcher les départs. Ce modèle crée une dépendance dangereuse. Lorsque le contrôle se relâche, volontairement ou non, la frontière cesse en quelques heures d’apparaître comme une protection : elle devient un piège.

      L’histoire ne se répète pas. Elle lègue des lieux, des institutions et des frontières.

      En 1415, la conquête de Ceuta ouvrait l’expansion portugaise outre-mer. En 1578, Ksar el-Kébir en révéla les limites sanglantes. En 2026, la ville est devenue, pour une partie de la jeunesse marocaine, un horizon visible à l’œil nu et pourtant presque inaccessible.

      L’écho entre ces dates n’est pas celui d’une prétendue guerre de civilisations.

      Il est celui d’une géographie héritée de la puissance sur laquelle viennent aujourd’hui se briser les inégalités économiques et l’inégale liberté de circuler.

      Une Europe fidèle aux droits qu’elle proclame ne peut se contenter de mieux fermer cette frontière.

      Elle doit agir pour qu’aucun mur, aucune digue et aucun bras de mer ne redeviennent un tombeau.

      https://blogs.mediapart.fr/alexis-vessat/blog/070826/ceuta-une-frontiere-imperiale-devenue-un-tombeau

  • La plus grande victoire de la mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.

  • Pourquoi, pendant les canicules, les #arbres ne jouent plus leur rôle ? - Questions d’environnement - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/questions-d-environnement/20260728-pourquoi-pendant-les-canicules-les-arbres-ne-jouent-plus-leur-r%C3%B4le

    Certaines forêts françaises, lors de la vague de chaleur fin juin, ont émis plus de #CO2 qu’elles n’en ont absorbé. Un véritable cercle vicieux : la canicule fragilise les arbres qui n’assurent plus leur fonction essentielle contre le réchauffement climatique qui met en péril les forêts.

    #climat

  • Dérèglement climatique : cet ingénieur a simulé l’avenir de l’humanité jusqu’en 2100, « c’est assez effrayant »
    https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/un-clermontois-cree-un-site-pour-simuler-l-evolution-de-l-humanite-jusqu-

    Face aux épisodes caniculaires, aux mégafeux, à la réalité du dérèglement climatique qui frappe la France cet été 2026, Laurent Baleydier, ingénieur en système complexe, a créé un site simulant l’évolution de l’humanité jusqu’à 2100. Instructif. Et effrayant.

    (...)

    300 millions de survivants si l’on ne fait rien

    (...)

    #oups

    • Je mets le site, car #paywall sur La Montagne. L’extrait d’article ne va pas jusqu’au lien.
      Je suppose que c’est ça :
      https://climat-2100.com

      L’aspect graphique pour les enfants écarté, on y trouve ça :
      Journal des seuils, scénario actuel :
      2035 — +1,5 °C franchis (limite de l’accord de Paris)
      2037 — événements extrêmes ×3 : surmortalité directe par les catastrophes
      2044 — +1,8 °C : la mortalité directe par la chaleur commence (seuil du modèle)
      2046 — sécurité alimentaire sous 84 % : la mortalité liée à la faim commence
      2049 — +2 °C franchis
      2050 — banquise arctique réduite de moitié
      2050 — pic de population atteint : 9.3 Md en 2047 — le déclin commence
      2068 — biocapacité sous 45 % : cascade d’effondrement des écosystèmes enclenchée

      Journal des seuils, scénario où on fait tous les efforts :
      2036 — +1,5 °C franchis (limite de l’accord de Paris)
      2039 — événements extrêmes ×3 : surmortalité directe par les catastrophes
      2047 — le fossile passe sous 40 % du mix énergétique
      2055 — sécurité alimentaire sous 84 % : la mortalité liée à la faim commence
      2059 — +1,8 °C : la mortalité directe par la chaleur commence (seuil du modèle)
      2064 — mix énergétique quasi décarboné (fossile < 10 %)
      2070 — pic de population atteint : 10.1 Md en 2064 — le déclin commence

  • Serge Joncour, romancier : « Depuis 2026, l’été n’a plus rien de léger, quelque chose a changé. L’été nous a été volé »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/01/serge-joncour-romancier-depuis-2026-l-ete-n-a-plus-rien-de-leger-quelque-cho

    En temps normal, une telle grisaille un 26 juillet, un jour frisquet de plein été, ce devrait être une journée foutue, une journée ratée, un crève-cœur pour qui avait prévu d’aller à la plage ou au bord d’une rivière. Mais, aujourd’hui, ce mauvais temps se vit comme un don du ciel, un pur bienfait où tout le monde souffle, enfin les corps respirent. La journée pourrie devient la journée bénie. D’autant qu’on le sait tous, la météo l’a dit, dès demain ça repart, les cartes repasseront au rouge dans presque tous les départements, une fois de plus on dépassera 40 °C, on battra tous les records de la semaine d’avant.

    [...]

    Pour 2026, on s’est tous trouvé un job d’été, tous le même : survivre. Quel que soit l’âge ou notre rang dans le règne animal, l’été ne propose qu’une seule activité : tenir. Parce que tout autour de nous des aînés meurent de chaud dans leurs appartements bouilloires, des forêts partent en fumée, des rivières s’assèchent et des terres se fissurent. En plus de ça, dans ce qu’il reste d’eau les noyés se comptent par centaines, presque 1 000 noyades à ce jour et près de 300 qui y sont restés. On fait déjà les comptes alors que l’été n’en est qu’à son premier mois.

    https://justpaste.it/dtsgb

    Alors ? Encore heureux qu’on va vers l’été ?

    #climat #canicules #été #fraîcheur

  • Atrocités climatiques : rester sidérés ou devenir écofurieux ? - Revue de presse commentée
    https://ricochets.cc/Atrocites-climatiques-rester-sideres-ou-devenir-ecofurieux-Revue-de-presse

    Grosse revue de presse : actus et réflexions. Des pompiers en sous effectif et sans moyens se protéger des fumées toxiques, des monocultures commerciales inflammables replantées après les incendies de 2022, les incendiaires en haut de l’Etat, des lobbies capitalistes/inustriels et des multinationales qui continuent de plus belle, l’articialisation des sols qui s’étend en zones naturelles/agricoles, etc. Moins de paysans, moins de diversité cultivée, plus de monocultures d’arbres, plus (...) #Les_Articles

    / #Catastrophes_et_atrocités_climatiques,_écocide_et_destructions_écologiques

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/01/incendies-le-lourd-tribut-des-pompiers-victimes-des-flammes-et-de-cancers-a-
    https://reporterre.net/Le-pin-est-une-veritable-boite-d-allumettes
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/29/en-mission-sur-les-feux-de-gironde-de-2022-un-ancien-pilote-de-canadair-se-s
    https://reporterre.net/Lutte-contre-les-incendies-10-ans-de-sous-investissement-rattrapes-par-l
    https://reporterre.net/On-a-signe-pour-aller-au-charbon-pas-a-l-echafaud-les-pompiers-asphyxies
    https://reporterre.net/Canicule-Le-rechauffement-climatique-a-pris-corps-beaucoup-de-personnes-
    https://reporterre.net/Atteint-le-30-juillet-le-jour-du-depassement-des-limites-planetaires-n-e
    https://reporterre.net/Le-risque-d-incendie-a-double-en-40-ans-en-Europe
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/31/les-regions-les-plus-sensibles-au-risque-d-incendie-sont-aussi-celles-ou-l-a
    https://reporterre.net/DIRECT-Incendie-en-Gironde-le-feu-stabilise-mais-une-meteo-defavorable
    https://reporterre.net/La-Gironde-face-aux-incendies-ceux-qui-restent-ceux-qui-fuient-ceux-qui-
    https://reporterre.net/Face-a-la-secheresse-l-Etat-accuse-de-tergiverser
    https://reporterre.net/Arbres-replantes-on-est-tres-loin-du-milliard-promis-par-Emmanuel-Macron
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/29/il-n-y-a-rien-qui-pousse-c-est-devenu-un-desert-la-creuse-confrontee-a-une-s
    https://reporterre.net/Que-du-macadam-pas-d-arbres-l-ete-infernal-des-gens-du-voyage-pres-de-Li
    https://reporterre.net/Canicule-a-Paris-sans-abri-le-jour-sans-place-la-nuit-des-familles-campe
    https://reporterre.net/Incendies-a-Fontainebleau-apres-les-flammes-quel-avenir-pour-cette-cathe
    https://reporterre.net/On-fait-ce-qu-on-peut-comme-on-peut-en-Gironde-des-benevoles-au-secours-
    https://reporterre.net/Canicule-la-LPO-appelle-a-donner-de-l-eau-aux-animaux
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/30/incendie-en-gironde-entre-pompiers-et-volontaires-une-collaboration-chaotiqu
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/30/derriere-le-defaut-des-moyens-aeriens-contre-les-incendies-l-intensite-des-f
    https://contre-attaque.net/2026/07/31/une-raison-de-plus-detre-antimilitariste-lincendie-en-gironde-a-fait
    https://reporterre.net/Le-changement-climatique-a-bien-favorise-les-feux-de-foret
    https://reporterre.net/Ce-qu-on-fait-subir-au-fleuve-on-se-le-fait-subir-une-nuit-de-bivouac-su
    https://reporterre.net/Precieux-allie-contre-les-incendies-le-castor-est-de-retour-dans-les-riv

  • Méga-feux en Gironde : Derrière Thomas Cazenave, la responsabilité accablante des artisans de l’austérité
    https://www.revolutionpermanente.fr/Mega-feux-en-Gironde-Derriere-Thomas-Cazenave-la-responsabilite

    Tandis que les incendies commencent à être stabilisés grâce à la mobilisation des pompiers et à un immense élan de solidarité, la question des responsables se pose. De Thomas Cazenave à ses anciens collègues du gouvernement, les artisans de l’austérité budgétaire portent une responsabilité écrasante dans l’ampleur du désastre.

  • Idées | Ce que les manifestations des « cafards » en Inde révèlent sur l’autoritarisme numérique | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/997991/ce-manifestations-cafards-inde-revelent-autoritarisme-numerique

    Les événements de ces dernières semaines révèlent une évolution qui dépasse les revendications étudiantes : l’émergence d’un mode de gestion de la contestation où la violence policière, la surveillance assistée par l’intelligence artificielle (IA) et les instruments numériques de contrôle se renforcent mutuellement.

    (…)

    Dans les jours qui ont suivi, la police de Delhi a déployé autour du site de protestation une infrastructure de surveillance dont la sophistication aurait semblé exceptionnelle il y a encore une décennie. Tours de surveillance, reconnaissance faciale assistée par l’IA, caméras à 360 degrés, caméras-piétons, unités mobiles et même lunettes intelligentes Meta ont créé un environnement dans lequel presque chaque déplacement des manifestants pouvait être enregistré, analysé et archivé. Après les affrontements, la police a indiqué que ces images seraient recoupées avec des bases de données criminelles afin d’identifier les personnes soupçonnées d’y avoir participé.

    #IA #totalitarisme

  • En sortant du film « The Odyssey » de Christopher Nolan, j’ai mentionné Emily Wilson, la première femme à traduire l’Odyssée d’Homer en anglais en 2017. Ma source venant de Tiktok et ce commentaire prenant place après une (très) longue tirade sur pourquoi j’ai absolument détesté ce film, il a été jugé pas pertinent.

    Ça c’était il y a plus d’une semaine. Aujourd’hui, je viens d’apprendre que Christopher Nolan se serait carrément inspiré de la version de Emily Wilson, et que celle-ci a visionné le film et a publié un review (en anglais) :
    https://www.lrb.co.uk/the-paper/v48/n14/emily-wilson/an-uncomplicated-man

    L’article entier est génial mais je tiens à noter mes passages préférés :
    – “At the end of the film, a character sets out to ‘sail beyond the sunset’ and I almost expected everyone to break into Elvish."
    – “There are more female characters than in most Nolan movies, thanks to the source material."
    – “(…) this Hollywood version of Mycenaean Greece is the only ‘civilisation’ in the world – the only place that still just about remembers that strangers and beggars must be welcomed, according to Zeus’ law."
    – “We don’t see the design or construction of the Trojan Horse; instead, a kitsch, poorly designed horse (with no wheels) appears on the windswept beach as if dumped there by drone. The difficulties of transporting large, unwieldy objects over difficult terrain must have been on the director’s mind as he lugged his IMAX cameras through the film’s many challenging locations."
    – “Mentor (Ryan Hurst), who helps Telemachus (Tom Holland), is not a disguised goddess but a helpful guy with a beard; Eurylochus is not an embittered rival to Odysseus but another helpful guy with a beard.”
    – “The Trojan War is an aberration, the fault of faceless, monstrous Agamemnon (the one in the weird Darth Vader outfit), who has failed as an American family man by killing his daughter.”
    – “We are not shown that war or killing are bad, only that good men sometimes feel bad about it”
    – “Pattinson is the only person on set who seems to be having any fun (…) he also deserves one of the Oscars that will shower down on this movie like the golden rain of Zeus.”
    – “There are no sex scenes, and all the food looks horrible.”

    • C’est mieux de mettre les citations… en citation :

      – “At the end of the film, a character sets out to ‘sail beyond the sunset’ and I almost expected everyone to break into Elvish."

      – “There are more female characters than in most Nolan movies, thanks to the source material."

      – “(…) this Hollywood version of Mycenaean Greece is the only ‘civilisation’ in the world – the only place that still just about remembers that strangers and beggars must be welcomed, according to Zeus’ law."

      – “We don’t see the design or construction of the Trojan Horse; instead, a kitsch, poorly designed horse (with no wheels) appears on the windswept beach as if dumped there by drone. The difficulties of transporting large, unwieldy objects over difficult terrain must have been on the director’s mind as he lugged his IMAX cameras through the film’s many challenging locations."

      – “Mentor (Ryan Hurst), who helps Telemachus (Tom Holland), is not a disguised goddess but a helpful guy with a beard; Eurylochus is not an embittered rival to Odysseus but another helpful guy with a beard.”

      – “The Trojan War is an aberration, the fault of faceless, monstrous Agamemnon (the one in the weird Darth Vader outfit), who has failed as an American family man by killing his daughter.”

      – “We are not shown that war or killing are bad, only that good men sometimes feel bad about it”

      – “Pattinson is the only person on set who seems to be having any fun (…) he also deserves one of the Oscars that will shower down on this movie like the golden rain of Zeus.”

      – “There are no sex scenes, and all the food looks horrible.”

    • The race-neutral casting of Nolan’s Odyssey was inevitably deplored in some quarters. But there is nothing progressive about it. Most of the non-white actors – Zendaya, Lupita Nyong’o, Himesh Patel, Corey Antonio Hawkins, Travis Scott – play versions of the Black best friend, whose only role in the drama is to provide aid to the white protagonist. Scott, as the Ithacan bard, Phemius, yells a few words and pounds a stick, but does not get to sing, tell a story or play the lyre: the most melodic note in the percussive soundtrack comes from the plucking of Odysseus’ bow (a beautiful sonic image of the archer as musician, borrowed from the poem). Nyong’o’s double part as Helen and Clytemnestra is hugely underwritten; she is given only a few minutes of screen time to perform a set of brief tableaux of female victims (the outraged bereaved mother, the abused wife, the repentant adulteress).

    • https://justpaste.it/di29f

      Le problème éthique le plus préoccupant soulevé par L’Odyssée de Nolan concerne la décision de tourner une partie du film dans le territoire occupé du Sahara occidental, normalisant ainsi les violences persistantes à l’encontre du peuple autochtone sahraoui. Il est particulièrement révoltant que Nolan ait utilisé cette terre comme simple toile de fond visuellement saisissante pour un film qui met en avant, glorifie et réhabilite le héros d’une guerre territoriale au motif de sa reconnaissance tardive et partielle de sa propre culpabilité.

      Malgré tout cela, la sortie de L’Odyssée reste un événement à célébrer. À l’ère du streaming, comme on nous le répète sans cesse, cette épopée ramène le public dans les salles de cinéma. À une époque où l’on nous parle de déclin de l’alphabétisation et de « mort des sciences humaines », les traductions de L’Odyssée, y compris la mienne, s’arrachent en librairie. Certains de ceux qui achètent le livre ou se rendent au cinéma pour voir Tom Holland se mettront peut-être à étudier le grec ancien. Peut-être que le film convaincra quelques responsables d’établissements d’enseignement supérieur de ne pas supprimer leurs départements de littérature, de langues et d’histoire. Nolan, qui a étudié l’anglais à l’University College London – où les étudiants étudient toujours L’Odyssée comme « texte fondamental » en première année –, fait de son mieux pour inciter le grand public à se remettre à la lecture, et je lui en suis reconnaissant.

      Oups ! cette conclusion me laisse songeur ...

  • Un commentaire fâché d’un camarade sur la séquence brûlante de cette fin juillet.

    Cher(s) amis (ou pas d’ailleurs), ceux qui ne sont pas de Bordeaux, j’aurais tellement de choses à vous dire sur ce qu’il se passe ici, sur ce qu’on vit, mais je n’ai pas la force de vous écrire tout ce que j’aurais à dire. Je vais quand même essayer de vous traduire ici ce que, moi, je vois et lit, pris dans la bulle informationnelle des algorithmes qui fout le vertige tellement on voit passer de choses sur cet incendie monstrueux. Noté que tout ce que je dit est peu etre parfois exagérer, que ça n’est que mon point de vue a l’instant T, que je ne sait pas tout, ni n’est tout les éléments en ma conaissance, et que j’ai observé tout ceci a travers la lorgnette des réseaux sociaux pour l’essentiel. Je laisse volontier ceux qui vivent comme moi, plus ou moins de pres de cet incendie, apporté de la contradiction/rectification. Enfin le texte est long, pessimiste en grande partie et a charge, et chargé emotionellement, j’en est conscience. J’avais besoin d’exprimé tout cela, meme si personne ou presque ne lira, car ça me trottine dans la tete nuit et jour.

    Voici :

    Je pourrais parler des pompiers qui, pour certaines sections, sont composées d’une écrasante majorité de pompiers volontaires non professionnels, car, comprenez-vous, les pompiers professionnels bénéficient d’un code du travail, avec une rémunération horaire qui coûte plus cher que la masse des volontaires... (Ouais ouais, en pleine crise on fait des économies ! À tel point qu’un syndicat de pompiers s’en est plaint, ne comprenant pas pourquoi, pour de bêtes questions de planning, les pompiers pros ne sont pas ou peu envoyés sur les incendies... Voilà qui laisse songeur.) Ces pauvres types, volontaires donc, ne sont même pas équipés de masques, simplement de cagoules en Nomex qui ne filtrent rien du tout. Peut-être en disposent-ils mais ne les mettent pas ? Dans l’urgence, lorsqu’on bouge beaucoup, il est difficile de respirer avec un masque, même un simple FFP2 sous une cagoule, je le sais en toute connaissance de cause. On envoie donc des gens sacrifier leur santé parce qu’ils sont, euh bah... gentils, pendant qu’on fait des économies de l’autre ! Trop bon, trop con, comme on dit.

    Au fil des premiers jours, voyant que le gouvernement était complètement nul dans sa planification, on a vu sur les réseaux une quantité de bonne volonté et d’initiatives, de leur propre chef, sans demander la permission à personne, d’agriculteurs, de citoyens travaillant dans le BTP et disposant de matériel utile, venir prêter main-forte aux pompiers qui sont complètement dépassés par l’ampleur de la catastrophe. Et ça marche ! Ceux-là ne comptent pas leurs heures, ils sont venus dans un sentiment de solidarité qui fait un bien fou au moral, soudain c’est toute la société civile qui fait front, sans attendre rien d’un gouvernement dont personne, eh bien, n’attend plus rien justement !

    Et qu’apprend-on de notre préfète elle-même ? Que les agriculteurs, le BTP, les associations et les refuges d’animaux ne sont pas les bienvenus ! Oui oui... ce gouvernement, aigri de se voir dépassé par toute cette solidarité dont il est lui-même atrophié jusqu’à la moelle, se trouve très gêné par ce « débordement » de générosité humaine... Comprenez-vous, il ne voit pas d’un très bon œil de perdre le contrôle. Perdre le contrôle d’un incendie ne semble pas l’inquiéter autant que perdre le contrôle sur les masses... masses pourtant bien inoffensives, ça en dit long sur leur « projet ». L’argument de notre préfète, en chefaillon tout chafouin, est que ça poserait des problèmes d’organisation ! PARDON !!! (Oui, là on s’étouffe devant un culot pareil.) Ceux qui aident sont donc sommés de s’inscrire sur des listes, de demander des autorisations d’accès... Certes, un incendie c’est dangereux pour qui n’est pas formé, certes, un Canadair qui largue des tonnes d’eau sur ceux qui seraient en bas, par manque de coordination, eh bien ça tue. Seulement voilà, le pékin moyen et le gueux de base n’étant pas complètement cons, ils dialoguent avec les pompiers, tout aussi issus du même milieu, et tout ceci fonctionne à peu près, fort d’une bien plus grande flexibilité, d’une adaptation en temps réel, deux choses dont le grand État planificateur et mégalo semble complètement dépourvu. Pensez-y, zéro mort chez les bénévoles... comme quoi.

    Il faut donc bien comprendre que le pouvoir a peur d’une chose : perdre le contrôle, que les masses se parlent sans sa médiation, car les gens pourraient se rendre compte que, tout compte fait, ils s’en sortent sans gouvernement, ils s’en sortent même mieux ! Vous imaginez ? Tout ce pognon de dingue a payé des ministres grands ordonnateurs de la connerie et du tout pour le fric (mais le leur !) Pour rien ! On voit donc un gouvernement aigri, qui ne supporte aucune critique (à les écouter, ils ont tout bien fait, et ne se trompent jamais... C’est bien là la marque, le signe de l’incompétent démasqué qui pousse des cris outrés pour cacher son inutilité et son parasitisme).

    Bref, fort de ces beaux élans de solidarité citoyenne, et cela fait très longtemps que l’on n’en a pas vu de tels ! Je voulais participer à tout cela. Je me dis que, avec mes compétences propres, je pourrais venir prêter la main en me rendant au parc des expositions de Bordeaux où sont pris en charge les milliers de réfugiés des incendies, ceux qui ont dû quitter leurs logements car en zone évacuée (on parle de 220 000 personnes sur le département !). Je me dis que des tas de gens sont capables de faire à manger, collecter les dons, stocker, héberger, faire le taxi, etc., mais que moi, je sais faire des choses moins vitales pour les gens, mais aussi, peut-être, plus rares, à savoir les divertir, amuser les enfants, leur apprendre des trucs avec trois fois rien. Juste un petit moment à offrir pour les sortir de leurs préoccupations. Je voulais venir proposer des petits ateliers de jonglerie pour les enfants, pourquoi pas une petite démo, un petit spectacle à la fin. Histoire de faire ma part.

    Je veux donc m’y rendre, à l’improviste, car en un sens c’est le plus beau témoignage de l’attention portée aux autres : venir en aide sans prévenir, sans rien attendre en retour d’autre qu’un moment de partage dans cette période où nos corps sont en alerte non-stop, épuisés et angoissés par un avenir... eh bien sans avenir justement ! Seulement, les autorités nous enjoignent à ne pas nous rendre sur place, mais à remplir un formulaire en ligne pour le bénévolat. Soit, je ne suis pas là pour faire chier le monde, je me plie à l’exercice et me dis que c’est légitime, après tout il faut organiser un minimum ce bordel. Sauf que voilà, et là déjà ça me fait drôlement tiquer. On nous propose des plages horaires de disponibilité façon 3/8, déjà la spontanéité en prend un coup dans la gueule, voilà qu’il faut pointer comme à l’usine même si t’es bénévole ! Drôle de conception... mais je passe outre de cette sensation désagréable, qu’il y a déjà comme une couille dans le potage.

    Je remplis donc ce formulaire et l’envoie, puis, plus rien, pas de réponse, nada, peau de zob. Je me dis que c’est OK, ils sont débordés, il n’y a pas de souci, puis bon, ce n’est pas mon petit ego, syndrome du sauveur, qui doit primer sur l’intérêt général. (Déjà, quand tu dois t’excuser de vouloir aider autrui, en ton fort intérieur, pendant que les enc* d’en face ont littéralement arnaqué l’UNEDIC, vont se porter garants du financement de la campagne de Fafland, c’est qu’il y a un truc qui déconne et ce n’est pas toi le problème).
    Et puis le temps passe, on voit notre bien-aimé maire macroniste de la 1ère heure parader dans les allées du parc des expos, il joue tellement bien son rôle qu’il y paraît affairé parmi les bénévoles, sur le front, solidaire avec tous et toutes, il se veut rassurant, aimable et de bon cœur, on y voit un homme qui se bouge, nom de Dieu ! Bon, c’est aussi celui-là même qui a cosigné avec Attal, par décret, la suppression d’environ 50 à 53 millions d’euros de crédits dans le budget de la sécurité civile.

    OK, OK, on sait que le fabricant (Canadien) des avions Canadair a stoppé sa ligne de production et qu’il faudra du temps à redémarrer le schmilblick, et qu’il y a d’autres options sur la table... Bon, mais dites, hein, entre nous, même s’ils trouvent toujours les bonnes excuses qui vont bien, est-ce qu’ils ne seraient pas en train de nous prendre grave pour des c... les types ?

    Parce que c’est fou ça, les gars, si on les écoute, ils sont irréprochables, tout empire dans ce pays, ça fait des lustres qu’ils sont au pouvoir, mais ce n’est pas de leur faute, les pauvres bougres, pardi, qu’on leur baise les pieds à ces saints hommes ! (Et femmes, parce qu’il y a des c*nasses aussi, pas de sexisme ici.)

    Bref bref, je reçois finalement un mail qui me dit patati patata « merci pour votre engagement » patati patata « trop de bénévoles, merci bien mais non merci, on vous appellera si on a besoin de vous »... Et vous serez mobilisé pour la sainte nation de la mère patrie de sa mère, spiritum sancti, amène le pèze et nique ta mère (bon ça va, je rigole). Donc donc donc, OK OK, on n’a pas besoin de moi, je ne vais pas en chier un pendule.

    Et puis voila que nous parviennent d’étranges temoignages. Des refugiés se plaignent que la solidarité chaleureuse des début fait place petit a petit a une sinistre petite musique militaire, celle de l’organisation stricte, ont commence a mal leurs parlé, on refuse des bénevoles frais a l’entrée par ce que "le putain de formulaire" alors que d’autres sont en full time job a l’interieur, épuisé. Qu’il manquerait de benevoles (alors qu’on nous dit officiellement que non), que commence a se mettre en place un QR code aux entrées, que ça soule les benevoles et qu’ils se barrent en masse (qui auait pu predire !).

    Tout ces temoignages sur les reseaux, c’est surement un coup des russes ! C’est pratique les russes, ça fait toujours le mechant ideal ! Et notre bienveillent gouvernement grand planificateur stratège nous a prouvé sa valeurs dans le passé, ça ne se peut ! Foutaise, calomnie ! Il est au dessus de tout soupsons. Bon, pas que j’ai la moindre sympathie pour Poutine, mais c’est a dire qu’on a de plus en plus de mal a faire la difference entre lui, dicateur de son etat, et notre suzerain a nous apprenti dicateur qui prend du galon. C’est a dire que si un jour on nous envoyait se foutre sur la geuleu avec les russes, a force de se torcher avec la democratie, on aurait quand meme vachement de mal a voir ou c’est qu’il est le camp du bien.

    Revenons a nos moutons, tu la voit la douille ? C’est le gouvernement qui suinte a travers les portes et qui viens chié sur le paillasson, il a pas digéré que les gens s’auto organise sans lui, il etait pas invité a la fete alors qu’il a mis les lieux a dispositions et gratuitement en plus ! Bon la bouffe, les vetements et les croquettes pour chats (enfin tout le reste quoi) c’est pas l’etat qui fourni, ce sont les gens, a qui il reste de l’empathie (et un peu de reste a vivre en fin de mois) pour leurs prochain malchanceux. Bon sauf pour les pauvres qui vivent dans le bidon ville de bordeaux lac a meme pas 300m de l’autre coté de la rive... eux c’est differents, ils sont basané, drogué et ils puent, et de toute façon personne ne les vois, cacher par les arbres, le long de la rocade. Ouais hein... ça serait dommage de leurs fournir a eux aussi toute cette bouffe et un toit, faut pas tout melanger, l’ultra pauvre doit garder sa place, loin des regards. A chacun son camp de refugié.

    On pourrait aussi parler des risques de catastrophe industrielle si l’incendie parvenait à atteindre les sites de l’industrie militaire et spatiale (tu as aimé les vents de fumée option odeur de bois cendré ? T’es pas prêt pour la version upgradée : vents radiotoxiques et chimiques). Visiblement, personne n’a semblé bon de prévenir un minimum la population, hormis quelques Cassandre anonymes comme moi. C’est seulement plus tard que ça a fait tilt dans quelques articles à la marge. Et nous pouvons faire confiance à la grande muette pour balayer sous le tapis et fermer sa gueule si elle a fait une connerie. Pas pour rien qu’on l’appelle la grande muette. On en est rendu à prier pour que le génie militaire ait bien fait son job, et c’est pas gagné. Qu’on se rassure, la super star médiatique, l’A400M, est sur le coup. Bon, il s’agit d’un unique prototype et il lui faut 3-4 h pour faire un aller-retour depuis Istres et balancer son retardant, mais ça va, nous sommes rassurés !

    Il y a aussi les gogos, tout contents, qui réclamaient les Centaures à grands cris (pas les hommes-poneys, les hommes-cognes turbo-gendarmes dans leurs fabuleux destriers blindés que même les ruskofs du FSB vont nous envier). Macron a exaucé leurs vœux le plus cher, les 10 Centaures sont arrivés.

    Bon, ils ne serviront presque à rien contre l’incendie, par contre ils sont encore bien frais, tout beaux, tout neufs pour casser la gueule des pompiers et agriculteurs déjà bien épuisés par la lutte contre le feu, si jamais ces derniers mouftaient un peu trop fort sur le manque de moyens. C’est tout de même beau, les super Robocop arrivent toujours en retard quand ça chie dans la colle, mais ils sont toujours à l’heure pour distribuer les baffes ! Une vocation !
    Je pourrais dire aussi que, désormais, en plus de se taper des canicules de l’enfer dans nos passoires thermiques, annihilant toute volonté des jours durant, nous ne pouvons même plus sortir de chez nous. Les fumées envahissent les rues, nous obligent à fermer nos fenêtres la nuit, en pleine canicule, on a réussi ce miracle de pourrir jusqu’à l’air qu’on respire.
    Aussi, si vous voulez savoir si la macronie va mettre des choses en place pour qu’un tel incendie n’arrive plus, il vous suffira d’écouter attentivement la réunion en salle de crise du CODIS lors de la visite de Macron premier (et dernier, c’est le fameux « en même temps »). Vous en aurez pour votre argent !

    Les gogos applaudissent le maire de Biganos pour avoir fait fermer sa gueule au père Macron ; il l’a insulté, en sous-texte, de « Parisien » ! Vous vous rendez compte ? Mais quel incroyable acte subversif !

    Bon, les gogos n’ont pas compris que rien ne va changer, c’est entendu : la sylviculture du pin maritime, bien en rang, n’est pas remise en cause. On va simplement sacrifier 2 000 hectares de plantations pour faire des routes pare-feu plus larges le long des parcelles, finalement comme en 2022 ! Eeet c’est la chenille qui redémareuuu lalalala.. C’est à se tordre de rire.

    Les sylviculteurs, les communes concernées et l’État sont tous d’accord ! On fait tout comme avant, mais en y mettant du sparadrap ! On parie sur la redite : "c’est pas un échec [...] c’est que ça n’a pas marché" ?

    Et tout ça devant les yeux de tous : les gogos applaudissent le caractère hautement subversif d’un maire bien de chez nous, alors que lui-même ne remet rien en cause. Ils n’ont rien capté, les cons ! Alors que tout a été dit, là, devant leurs yeux.

    Je finirai par ceci, conscient que ma petite diatribe est bien inoffensive et que c’est du pain béni pour les sinistres des renseignements généraux (plus besoin de chercher dans le maquis les opposants politiques, ils se sabordent eux-mêmes en pleine place publique !)

    Je leur dis, à eux, la flicaille zélée et carriériste dans l’âme, et surtout à leurs imbéciles de maîtres, je dis avec joie et rire, même s’ils ne me liront pas : vous avez peut-être gagné, oui. Les productivistes, capitalistes, et ceux qui les protègent, êtes en train de gagner, vous allez saloper, détruire toute la planète et tout ce qu’elle avait de plus beau. Vous avez déjà exterminé la plupart des oiseaux et insectes que l’on n’entend plus ni ne voit plus, le climat est hors de contrôle pour des siècles, le rapport Meadows prédit 100 millions de morts par an en moyenne, en 2100 (certains tablent dès 2050), c’est-à-dire plus que le bilan de la Deuxième Guerre mondiale en 6 ans de conflit, et cela tous les ans. De quoi faire passer Mao, Staline et Hitler pour des petits joueurs.

    On sait qu’à un certain seuil de réchauffement climatique, l’agriculture ne produira plus rien et même émettra elle-même son propre CO₂, mécanisation agricole ou pas. Transformant nos beaux paysages (qui ont déjà pris un sacré coup dans la tronche) en déserts arides, juste pour du fric, du pouvoir et des gadgets technologiques plus débiles les uns que les autres !

    Preuve de votre culpabilité et de votre panique face à vos créations mortifères que vous seuls avez activement voulues, il vous faut moult drogues dures pour tenir le coup dans les ministères et dans les casernes (oui, on sait, faut arrêter de nous prendre pour des cons), tel un alcoolique qui boit pour ne plus voir son propre naufrage.

    Bravo, vous avez un don inégalé à détruire absolument tout ce que vous touchez et c’est une sacrée performance en soi : gagner pour tout perdre, voilà un concept qui a de l’avenir, vers l’infini et l’au-delà, surtout l’au-delà.
    Mais nous aurons, nous les pauvres crétins pas assez bons à vous servir sans broncher un peu, tout de même notre petit plaisir, de savoir que nous mourrons avant vous, vous laissant le plaisir de voir le pire arriver pour votre fin à vous.

    Soit, enfermés entre quatre murs dans vos bunkers de luxe ou pas luxe, ça reste une prison, prison qui, si vous aviez un peu de culture scientifique, vous sauriez vouée à l’échec, car le système isolé du monde et fonctionnant en circuit fermé ad vitam æternam ne fonctionne pas, ce sont les lois de la thermodynamique qui nous le disent. Cela revient a vouloir crée un genre de mouvement perpetuel. Mais comme vous êtes d’énormes brêles, vous ne pigez rien à ce que c’est, mais savez très bien faire semblant d’avoir tout compris avec force de vocabulaire technique, que l’homme de science peut démystifier en quelques minutes, et que vous aurez mis au placard depuis un bail pour avoir osé vous faire passer pour les cons que vous êtes.

    Remplacé par un autre homme de science plus consensuel et servile, mais aussi souvent plus incompétent que le précédent, vous voilà pris à votre propre piège de votre si brillant management.

    D’autant plus qu’il faudra aussi cohabiter avec vos brutes qui aiment tâter de la matraque ; de là à imaginer qu’elles ne se retourneront pas contre vous et deviendront vos tortionnaires, ça serait bien optimiste. Vous aurez donc la joie de vous entretuer entre congénères, puisque, en définitive, c’est bien la seule chose que vous ayez jamais su faire avec talent.

    Ce monde-là, plus dystopique que jamais, on vous le laisse, à votre bon plaisir !

    Car nous ne serons plus de ce monde pour sauver votre cul de vos propres contradictions, cette fois-ci. Car oui, c’est de la conscience professionnelle, de la gentillesse et du sacrifice désintéressé de vos semblables, bien plus vertueux que vous, et pourtant que vous méprisez, que vous devez votre survie à chaque crise.

    Il est à espérer que nous ayons tous la flemme cette fois-ci. Plutôt crever que de vous servir, ça aurait de la gueule comme fin. Santé ! Et crevez bien dans le futur les champions de la terre.

    En attendant, moi, je vais aller applaudir à 20 h à mon balcon, cette immense bouffonnerie.

    https://www.facebook.com/bruno.dujura/posts/pfbid02ikn8W6Xqk83NdMtMenb5HucMs2T2eZVji4vGz6sgiKrCdHA55k1TNATgh3sfHyzsl

    #feux_de_forêt #France #Gironde #incendie #écologie #démocratie #solidarité