Sombre

The point, as Marx saw it, is that dreams never come true. (Hannah Arendt)

  • Entretien exclusif avec Fatima E. : « Je ne voulais pas craquer devant les enfants »
    via CCIF – Collectif contre l’islamophobie en France
    https://www.islamophobie.net/2019/10/15/entretien-exclusif-avec-fatima-e-je-ne-voulais-pas-craquer-devant-les-

    Comment je vais… Fatiguée, j’ai peur de tout. Parfois le visage de cette dame me revient, j’ai des frissons et je tremble. Sincèrement, ils ont détruit ma vie… Moi je suis une adulte, je peux encore encaisser tout ça. Devant mes enfants, je fais comme si tout allait bien. Je suis obligée de rire avec mon fils de cette histoire. On regarde la photo, et je le taquine en lui disant qu’il est devenu une star. Je veux qu’il passe à autre chose. Mais moi, la première nuit, je me suis réveillée une dizaine de fois dans la nuit, avec une boule au ventre. J’étais en train de réaliser ce qui s’était passé. Je reprenais conscience, en fait.

    #islamophobie #racisme #RNcisation

    • J’ai parlé avec la maman d’un autre enfant qui participait à cette sortie scolaire, et elle m’a parlé de son fils en disant que depuis ce weekend, il a la rage et la haine. Je lui ai répondu que c’est exactement ce que veut l’élu du RN. Il vient de détruire tout un travail que je faisais indirectement auprès de cette classe, dont les élèves d’origine immigrée étaient parfois dans une attitude de penser que la France était contre eux et qu’ils sont rejetés. Et moi j’ai toujours argumenté contre ce discours. J’essayais tout le temps de les rassurer. Quand on est sortis du conseil régional, ils sont venus vers moi pour me dire : « Tu vois, on te l’avait dit ! Ils ne nous aiment pas ! ». Et là, je ne pouvais même plus parler. Les enfants sont venus là pour apprendre : qu’ont-ils appris ?

    • Je prends les escaliers, je descends et je tombe face à Karine Champy [ndlr. élue qui était auparavant au FN]. Et là elle commence à m’attaquer : « Vous êtes contente ?! Vous avez réussi votre coup ? » Et elle commence à monter les escaliers en criant. Je lui dis que si elle veut parler, qu’elle me parle convenablement. Là elle redescend, très énervée, et s’approche de moi : « Vous allez voir, on va gagner. Les Russes vont arriver ! ». Je vous avoue que je n’ai pas du tout compris pourquoi elle m’a dit ça… Elle gesticulait beaucoup, et était à la limite de me bousculer. En y réfléchissant, je suis sûre qu’elle voulait me provoquer physiquement pour que je réagisse.

      #les_russes_vont_arriver

      au conseil régional ladite Karine Champy est membre de la commission chargée entre autres de « laïcité - lutte contre les discriminations » (sic).
      https://www.bourgognefranchecomte.fr/node/135

    • A toi, le petit garçon qu’un élu de la République a fait pleurer parce qu’il s’en est pris publiquement à ta maman, je veux te dire que ce n’est pas cela la République. Dijon est la ville où j’ai grandi, alors je ne veux pas que tu gardes ce souvenir amer de ce vendredi.

      Sèche tes larmes et sois fier de ta maman, fier de qui tu es, de ta famille et aussi de ton pays. Rassure-toi, nous sommes légions derrière toi pour faire face à ces discours de haine du quotidien, qui montent résistiblement.

      Il faut que tu le saches, ce n’est pas cela la promesse républicaine. Oui, ta maman peut s’habiller comme elle le veut et t’accompagner avec tes camarades lors des sorties scolaires, sans se faire moquer ou attaquer comme une dangereuse « provocatrice communautariste » comme l’a traitée M. Julien Odoul.

      Nos lois, tout comme l’article 6 du règlement du Conseil Régional invoqué par M. Odoul le disent clairement : « La présidente de région peut interdire l’accès à une personne ou à un groupe de personnes dont le comportement est susceptible de troubler le déroulement d’une séance ».

      Ta maman ne perturbait pas la séance, elle avait à cœur de te montrer comment fonctionne une assemblée démocratiquement élue, au pays des droits de l’Homme. Le perturbateur de séance, c’était lui, celui qui a attaqué ta maman pour qu’on le remarque et non pas l’inverse.

      Sous prétexte d’être un élu, il pervertit les textes de loi et confond la laïcité avec la censure. La laïcité, ce n’est pas se moquer des autres ou leur interdire l’entrée des lieux de la République, la laïcité, c’est un concept fragile mais qui nous permet de vivre ensemble, en toute liberté.

      Dans l’ordre laïque, la place de chacun est respectée et la liberté de chacun est reconnue, ce qui permet l’apprentissage de la liberté réelle : être reconnu par l’autre comme son égal, en tant que sujet libre. La laïcité est un terreau fertile pour l’apprentissage des lois en assurant que la citoyenneté transcende les identités individuelles. La laïcité doit pouvoir donner à tout citoyen le sentiment d’appartenance à une communauté libre, où le respect de sa personne se fait à priori sans distinction et sans prérequis. C’est le rôle de l’éducation républicaine promulguée par la France : montrer le caractère universel et l’aspiration de tous à la liberté.

      C’est ce cadeau qu’à voulu te faire ta maman, en t’accompagnant voir le fonctionnement d’une assemblée libre. Ne laisse pas un idiot te le gâcher, cette République est la tienne, la mienne, et aussi la sienne. On peut ne pas être d’accord entre tous les citoyens, mais jamais le fantasme ne fera la loi.

      Un jour, tu te poseras peut être la question de la foi religieuse, tu douteras même peut être de l’existence d’un dieu, ce sera ta vie, tu te poseras toutes les questions que tu voudras.

      Mais ne doute jamais de l’amitié et du soutien de nous tous, qui avons pleuré avec toi ce jour là.

      https://www.lemondemoderne.media/a-toi-le-petit-garcon-quun-elu-de-la-republique-a-fait-pleurer

  • Chemins de croix épisode 1 : les enfants fantômes | Histoires d’enquête
    https://ici.radio-canada.ca/premiere/balados/5548/histoires-enquete-reportage-proces-affaire-judiciaire

    Au début des années 70, neuf enfants d’une toute petite communauté de la Basse-Côte-Nord, Pakuashipi, ont disparu. « Dans une communauté d’alors 80 personnes, [c’était] une véritable saignée », souligne la journaliste Anne Panasuk. Contactée par des membres de la famille de ces enfants disparus, elle se lance dans une quête pour savoir ce qui leur est arrivé. Durée : 8 épisodes d’une dizaine de minutes chacun. Source : Radio-Canada Première

    https://soundcloud.com/iciradiocanadapremiere/chemin-de-croix-les-enfants-fantomes-a-histoires-denquete

  • Cédric O : « Expérimenter la reconnaissance faciale est nécessaire pour que nos industriels progressent »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/14/cedric-o-experimenter-la-reconnaissance-faciale-est-necessaire-pour-que-nos-

    Il ne faut pas avoir une vision exclusivement nihiliste de la reconnaissance faciale : il y a beaucoup d’usages qui, s’ils sont bordés juridiquement et techniquement, ne posent aucun problème et apportent de la simplification – par exemple, pour tout ce qui nécessite aujourd’hui de se présenter à un guichet ou pour valider une formation en ligne. Expérimenter est également nécessaire pour que nos industriels progressent.

    #reconnaissance_faciale #techno_neuneus #saloperie #flicage #fichage #liberté

  • #Muffins à la #Citrouille
    https://cuisine-libre.fr/muffins-a-la-citrouille

    Muffins à la citrouille de l’automne nord-américain. Préchauffer le #Four à 180°C/350°F. Beurrer des moules à muffins ou disposer des caissettes en papier dans chaque alvéole. Dans un grand bol, tamiser la farine avec les épices, la levure, le bicarbonate et le sel. Mélanger et laisser de côté. Dans un autre bol, battre les œufs avec la cassonade. Ajouter la purée de citrouille, l’huile, le lait et la vanille en fouettant jusqu’à obtention d’un mélange homogène. Verser dans les ingrédients secs et mélanger… Citrouille, Muffins / #Sans_viande, Four

  • Ce matin en voiture, j’entends France Culture annoncer un accord entre les kurdes et le gouvernement syrien. Et hop, les mots-croisillons de la « révolution syrienne » ressortent de manière totalement mécanique : les kurdes étaient des « alliés objectifs » de « Damas » depuis 2011, ce qui glisse illico en « accord tacite », puis carrément en « pacte de non-agression », tout aussi évidemment « ce que “le régime” appelle “l’agression turque” », naturellement « les troupes de Bachar al-Assad », et tant qu’à faire, on explique que « cette arrivée des troupes [de Bachar] fait craindre une escalade… ».

    Huit ans et demi de guerre en Syrie, et les médias français poursuivent leur courageux combat contre la réalité.

  • Le bilinguisme en procès, cent ans d’errance (1840-1940) - Andrée Tabouret-Keller | Éditions Lambert Lucas
    http://www.lambert-lucas.com/livre/bilinguisme-en-proces-cent-ans-derrance-1840-1940-le

    « Mon objectif est d’examiner la persistance d’une idée fausse : la nocivité du bilinguisme. Comment cette idée a-t-elle pris forme ? Comment a-t-elle pu perdurer ? L’enquête ainsi annoncée commence au milieu du XIXe siècle au Pays de Galles et se poursuit jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. Sont successivement versées au dossier les thèses largement diffusées en fin de siècle qualifiant le bilinguisme de fléau social, moral et d’empêchement de penser, les conférences internationales sur l’éducation en situation bilingue de 1911 à 1933, la mise au point des tests d’intelligence qui donnent un tour scientifique à la dénonciation du bilinguisme, les études universitaires et les publications de grands linguistes de l’entre-deux-guerres. »

    Andrée Tabouret-Keller mène son enquête au plus près des documents avant de s’interroger sur les circonstances historiques, les situations sociales et les soubassements idéologiques qui jouent dans la persistance et le renouvellement de l’idée de nocivité du bilinguisme : scientisme et nationalisme y trouvent bonne place sur fond de rejet du mélange et de l’impur. Pour ouvrir une perspective où les situations linguistiques complexes bénéficieraient d’une approche anthropologique faisant aussi place à l’histoire personnelle des bilingues.

    #bilinguisme #langue #langues #Andrée-Tabouret-Keller

  • Notes anthropologiques (XL)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XL

    Naissance de la religion (I)
    La fonction sociale du sacrifice

    Pour l’immense majorité des historiens ou des sociologues, pour ne pas évoquer les archéologues et autres paléontologues, la religion apparaît avec l’homme : c’est l’esprit qui émane et dépasse la société proprement dite et avec lequel la société entretient une forme de communication, c’est la thèse mise en avant par Durkheim, par exemple. Loin de moi, l’idée de critiquer ce point de vue, je voudrais seulement dans les notes qui vont suivre émettre l’hypothèse que la religion commence avec le sacrifice et avec l’idée d’une dette contactée par cette même société vis-à-vis de son propre esprit, perçu alors comme esprit séparé. Tant que l’esprit social se trouvait immanent à la société, faisant corps avec elle, la question du sacrifice et de la dette ne se posait pas encore. Il est bien possible que la religion apparaisse avec cette séparation que met au jour le rituel du sacrifice.

    Mon point de départ est l’échange cérémoniel et j’avance que le sacrifice est un échange cérémoniel tronqué. L’autre, l’autre clan avec lequel j’échangeais des cadeaux, a disparu et à sa place s’est substitué un dieu. Et je me demande pourquoi ? (...)

    #anthropologie #religion #sacrifice #Grèce_ancienne #Odyssée #aristocratie #échanges #don #offrande #défi #réciprocité #allégeance #subordination

  • Dans la revue « Books », le mérite en héritage - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/27/dans-la-revue-books-le-merite-en-heritage_1717782

    Dans son numéro d’avril, le magazine Books s’interroge : « Que reste-t-il de l’ascenseur social ? ». Et la réponse est immédiate : pas grand-chose. Dans l’introduction du dossier, on lit : « Ceux qui ont accédé à l’argent et au pouvoir sont incités à utiliser les moyens dont ils disposent pour aider leurs enfants à accéder aux meilleurs diplômes. » Et c’est toute la question de la reproduction des inégalités sous couvert d’un système qui se présente comme méritocratique qui est posée. L’occasion d’en apprendre plus, grâce à un passionnant article signé du philosophe Kwame Anthony Appiah, sur le mot « méritocratie », inventé de manière satirique en 1958 par le sociologue britannique Michael Young dans son ouvrage l’Essor de la méritocratie. Il a conscience du piège de cette idéologie et il veut dénoncer avant tout l’idée qu’on puisse vouloir « classer les gens par ordre de valeur ». Appiah explique que, pour le sociologue, « la carapace du mérite n’a servi qu’à vacciner les gagnants contre la honte et le reproche » et qu’il faut « en finir avec le mépris envers ceux que pénalise l’éthique de la concurrence par l’effort ».

    À lire avec ça.
    https://www.inegalites.fr/Comment-l-elitisme-social-est-maquille-en-elitisme-republicain

    #inégalité #mérite #aristocratie

  • Extinction Rebellion : analyse critique Olivier Tonneau
    https://blogs.mediapart.fr/olivier-tonneau/blog/101019/extinction-rebellion-analyse-critique

    Le « capitalisme vert » n’est pas seulement le discours creux d’acteurs économiques qui ne veulent rien changer : c’est la stratégie par laquelle les capitalistes entendent s’approprier et financiariser l’inévitable transformation des sociétés humaines qui s’annonce. Dans The Right to Nature, un ouvrage remarquable paru récemment mais sans doute écrit avant l’émergence d’XR, Elia Apostolopoulou et Jose Cortes-Vazquez soulignent que l’emprise des multinationales sur la transition énergétique se légitime par des discours apocalyptiques qui suscitent une angoisse telle qu’on en viendrait à accepter d’être sauvé de la destruction par n’importe qui, à n’importe quel prix, fusse à celui de la dépossession et de l’oppression.[1] C’est peut-être à cela que pensait Jutta Ditfurth en reprochant à XR ses exhortations au sacrifice avant la fin du monde.

    S’il existe une porosité réelle entre XR et le capitalisme vert, il faut cependant souligner que la majorité de ses militants incline sans doute dans la direction inverse. Si Gail Bradbrook incarne l’aile corporate du mouvement, son autre fondateur Roger Hallam est la figure de son aile radicale. Issu d’un milieu ouvrier, il a consacré sa vie à la lutte sociale – pour les loyers, les conditions de travail… - avant de se lancer dans XR. Ses écrits contiennent de virulentes dénonciations du capitalisme, nommément désigné comme la cause première de la catastrophe climatique. Comment situer, entre ces deux pôles, les activistes qui font vivre le mouvement ? Tout indique qu’ils inclinent vers une radicalité sinon anticapitaliste, du moins décroissante. Ce n’est pas pour rien que l’initiative XR business a capoté : c’est qu’elle allait contre les convictions de la grande majorité des acteurs du mouvement.

    On reproche souvent aux militants de XR de n’avoir pas de programme politique et de se contenter de promouvoir un idéal spirituel un peu flou fait de sobriété, d’empathie et d’amour du prochain. Il est vrai que ce moralisme, loin de s’opposer au capitalisme vert, a toujours servi à en déguiser les véritables finalités. Pourtant il me semble trop simple de ridiculiser l’aspect moral de XR. D’abord, leur idéal de sobriété vise bel et bien les riches, sinon en critiquant le système qui les enrichit, du moins en condamnant leur mode de vie. XR condamne le luxe et les consommations ostentatoires, et ne mène pas des actions contre les prolos qui roulent au diesel mais contre ceux qui voyagent en avion. Ensuite, sauf à nier les effets psychiques de siècles de propagande consumériste, il faut bien admettre que la capacité à mobiliser contre le capitalisme suppose de lutter également contre les affects qu’il cultive.

          S’il est vrai que la focalisation sur le « spirituel » est une façon d’invisibiliser les rapports de pouvoir, il est tout aussi vrai que la transformation de ces rapports de pouvoir suppose également une transformation spirituelle. Toutes les révolutions politiques ont rencontré à un moment ou un autre la nécessité d’une révolution culturelle. Le schéma du vingtième siècle, qui voyait une minorité prendre le pouvoir avant de tenter de reprogrammer les masses par la force n’a pas vraiment fait preuve de son efficacité. Le travail que mène XR en amont n’est donc pas sans valeur – à la condition qu’il s’accompagne d’une désignation claire des adversaires politiques. C’est au mouvement à s’assurer qu’il ne sert pas de paravent à ceux qu’il doit combattre.

          Il existe donc, à l’origine de XR, des gens issus du capitalisme vert, d’autres issus de la lutte sociale, qui cohabitent aujourd’hui avec des militants qui, sans être rompus à la lutte de classe, sont dans une véritable rupture avec le « système ». Dans tout cela, comment le mouvement déterminera-t-il sa direction ? Une façon de répondre est de lire le recueil d’essais que vient de publier XR en guise de manifeste : This Is Not a Drill. C’est dans les cinq derniers essais que sont posés des enjeux économiques et politiques.

    #XR #capitalisme_vert

    • Dans 10 ans, une partie d’entre vous combattrons les gilets jaunes après avoir rallié le pouvoir financier, et les autres rallieront les gilets jaunes. Votre sociologie étroite vous condamne à cela.

      « Nous appelons tout le monde à converger avec nous. On appelle tous les #Giletsjaunes à venir nous rejoindre, en revanche il y a beaucoup de Gilets jaunes qui ont du mal avec notre stratégie de non-violence. »
      Léa, activiste d’ #ExtinctionRebellion dans CPolitique
      https://twitter.com/MFrippon/status/1183453499503337474

    • XR France a donc peut-être enfin réussi à faire ce que médias et politiques échouent à faire depuis un an : tuer les Gilets Jaunes. La tactique n’est pas nouvelle non plus, les marches pour le climat étant systématiquement organisées en concurrence avec les manifestations des Gilets Jaunes. Voilà l’action positive d’XR France, du point de vue de nos gouvernants. « Quoi de mieux pour ringardiser et décrédibiliser ces sales Gilets Jaunes antisémites et pollueurs que le spectacle de cette belle jeunesse non-violente qui danse pour nous faire mettre en œuvre les politiques que nous avons déjà décidées ? ».

      Cela n’empêche pas, bien sûr, les membres d’XR de répéter le mantra de « convergence des luttes » de manière totalement incantatoire.

      Conseils aux « rebelles »

      Chers membres d’XR , prenez le temps de faire un pas de côté. Êtes-vous vraiment des « rebelles » ? Devient-on rebelle en adhérant à une organisation mondiale, en donnant son nom, son adresse mail et son numéro de téléphone pour participer à des « actions » ? En apprenant des méthodes et des procédures toutes faites, à appliquer sans se poser de questions ?

      Chers membre d’XR , vos revendications sont déjà mises en œuvre. Le Royaume-Uni a déjà déclaré l’ « état d’urgence climatique » , une assemblée de citoyens a déjà été tirée au sort pour « accélérer la transition écologique » .

      Chers membres d’XR , vous rendez-vous compte que les médias ont préparé vos émotions, votre peur de fin du monde, et qu’XR ne fait que moissonner cette angoisse ? Que vous êtes pour nombre d’entre vous dans un état d’extrême fragilité psychologique ?

      Chers membres d’XR , prenez le temps de vous regarder en face. Vous êtes majoritairement issus de la classe moyenne, vous êtes souvent des petit-bourgeois, croyez-vous que votre classe peut être révolutionnaire ?

      Chers membres d’XR , prenez le temps d’un regard vers le mouvement des Gilets Jaunes. Vous venez d’assister, depuis un an, au plus grand mouvement populaire que la France ait connu depuis bien longtemps, et vous avez vu comment le pouvoir a tout fait pour l’étouffer. Avez-vous senti l’intensité de la répression, le vrai visage fasciste du pouvoir dévoilé, la servilité des médias, leurs mensonges ? Vous rendez-vous compte de la différence de traitement que vous recevez ?

      Chers membres d’XR , être rebelle, c’est soutenir cette lutte, se solidariser avec le prolétariat contre le pouvoir. Lutter contre le capitalisme, c’est lutter contre le pouvoir. Et c’est beaucoup plus dangereux, effectivement, que de danser sur un pont habillé en clown, applaudi par les médias bourgeois et protégé par la police.

      Il est plus que probable que votre organisation ne serve qu’à légitimer des politiques déjà décidées au niveau mondial, et ces politiques ne feront que renforcer le capitalisme. C’est nous, le peuple, qui allons payer la facture du climat. Le pouvoir n’a qu’un objectif : le contrôle. Le pouvoir mondialisé cherche à rationaliser tous les échanges, faire l’inventaire de toutes les ressources pour les marchandiser, et contrôler les populations.

      Si on compare le phénomène XR aux précédentes œuvres de l’Open Society dans le monde, il y a de quoi craindre que derrière les clowns, d’autres forces se tiennent prêtes.

      Chers rebelles, soyez attentifs .

      https://www.legrandsoir.info/extinction-rebellion-nouvelle-manipulation-de-masse-dans-quel-but.html

  • Invasion par la Turquie

    Carte de l’offensive mise à jour régulièrement
    https://syria.liveuamap.com

    The Annihilation of Rojava
    https://www.jacobinmag.com/2019/10/rojava-syria-erdogan-turkey-united-states-military

    A US withdrawal from Syria that cleared the way for the destruction of the Kurds’ radical democratic experiment would not serve the cause of peace — and it would not be a blow to US imperialism.

    New education system was central to the Kurds’ Rojava Revolution in northern Syria – now it’s under attack
    http://theconversation.com/new-education-system-was-central-to-the-kurds-rojava-revolution-in-

    #Kurdes #Rojava #revolution_Rojava

  • “Joker”, un film “détestable”. Et les “élites” de nos sociétés ultra-libérales et consuméristes détestent qu’on leur mette le nez dans leur caca.

    TIFF 2019: Joaquin Phoenix’s Joker is the antihero the alienated and angry have been waiting for, and that’s precisely the problem - The Globe and Mail
    https://www.theglobeandmail.com/arts/film/tiff/article-tiff-2019-joaquin-phoenixs-joker-is-the-antihero-the-aliena

    TIFF 2019: Joaquin Phoenix’s Joker is the antihero the alienated and angry have been waiting for, and that’s precisely the problem

    https://www.revolutionpermanente.fr/Le-Joker-entre-le-desespoir-du-capitalisme-et-l-espoir-de-l-eme

    Le Joker : entre le désespoir du capitalisme et l’espoir de l’émeute

    Toutes les critiques américaines ont détesté le Joker : elles le voient comme un film sans message, ou comme une source d’inspiration pour le terrorisme de droite. Quel film ont-elles vu ? En réalité, son message ne pourrait pas être plus clair : les travailleurs doivent diriger leur rage contre les riches.

    • A lire les critiques je constate qu’il y a des chiens de Pavlov partout. En contenant ses réflexes conditionnels on arrive à regarder l’oeuvre comme telle.

      Le film ressemble étrangement à Bad Lieutenant d’Abel Ferrara où Harvey Keitel nous expose au processus de décomposition d’un caractère aliéné.

      https://www.youtube.com/watch?v=Ir8Y4iFrWk8

      Le joker ne subit pas sa décomposition, bien au contraire il provoque la Aufhebung de sa souffrance dans un soulèvement de masse clownesque. Le dernier rempart contre sa révolte est une psychiatre noire intégrée au système carcéral. Finalement elle est aussi impuissante comme la police et les médias contre les puissances qui font du Joker l’expression d’un malaise concernant tout le monde.

      https://www.youtube.com/watch?v=QxkBTqQY9vk

      Solution pratique pour mieux comprendre ce film : Consacrez sept minutes à une introduction dans la pensée de Hegel, ce qui est peu de temps mais c’est un début.
      https://www.youtube.com/watch?v=H5JGE3lhuNo

      Le film se termine par une chanson de Frank Sinatra qui désigne le Joker comme incarnation actuelle de l’américain idéal. Elle explique la morale de l’histoire. J’y découvre beaucoup d’ironie, mais c’est uniquement mon impression personnelle. Et la vôtre ?

      https://www.youtube.com/watch?v=KIiUqfxFttM

      Frank Sinatra – That’s Life Lyrics
      https://genius.com/Frank-sinatra-thats-life-lyrics

      [Verse 1]
      That’s life (that’s life), that’s what people say
      You’re riding high in April, shot down in May
      But I know I’m gonna change that tune
      When I’m back on top, back on top in June
      I said, that’s life (that’s life), and as funny as it may seem
      Some people get their kicks
      Stompin’ on a dream
      But I don’t let it, let it get me down
      Cause this fine old world it keeps spinning around

      [Chorus]
      I’ve been a puppet, a pauper, a pirate, a poet
      A pawn and a king
      I’ve been up and down and over and out
      And I know one thing:
      Each time I find myself flat on my face
      I pick myself up and get back in the race

      [Verse 2]
      That’s life (that’s life), I tell ya, I can’t deny it
      I thought of quitting, baby
      But my heart just ain’t gonna buy it
      And if I didn’t think it was worth one single try
      I’d jump right on a big bird and then I’d fly

      [Chorus]
      I’ve been a puppet, a pauper, a pirate
      A poet, a pawn and a king
      I’ve been up and down and over and out
      And I know one thing:
      Each time I find myself laying flat on my face
      I just pick myself up and get back in the race

      [Verse 3]
      That’s life, that’s life
      And I can’t deny it
      Many times I thought of cutting out but my heart won’t buy it
      But if there’s nothing shaking come here this July
      I’m gonna roll myself up in a big ball and die
      My, my

      That’s Life (song) - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/That%27s_Life_(song)

      “That’s Life” is a popular song written by Dean Kay and Kelly Gordon and first recorded by Marion Montgomery. The most famous version is by Frank Sinatra, released on his 1966 album of the same name. Sinatra recorded the song after hearing an earlier cover of it by O.C. Smith; the song proved successful and reached the fourth spot on the Billboard Hot 100 singles chart. Following the success of Sinatra’s version, it was subsequently recorded by a number of artists including Aretha Franklin, James Booker, Shirley Bassey, James Brown, Van Morrison, David Lee Roth, Michael Bolton, Michael Bublé, Russell Watson, and Deana Martin and Holt McCallany. Sinatra’s version appeared in the 1993 film A Bronx Tale, the 2019 film Joker (2019 film), and the 2004 video game Tony Hawk’s Underground 2, while a cover by Bono was on the soundtrack of The Good Thief (2002).

      #film #cinéma #terrorisme #USA #band_dessinée #Batman #décadence #révolte #dialectique

  • ZinTV : Les combattantes du Rojava ne se reconnaissent pas dans le film de Caroline Fourest
    https://www.zintv.org/Les-combattantes-du-Rojava-ne-se-reconnaissent-pas-dans-le-film-Soeur-d-arme-

    Malgré l’actualité brûlante au Rojava ces derniers jours, il nous fallait mettre au clair les utilisations médiatiques du Rojava par les médias occidentaux, en particulier avec la sortie de Sœurs d’armes cette semaine.

    Le film de Caroline Fourest et Patrice Franceschi sort aujourd’hui au cinéma. La réalisatrice, dont c’est le premier film, traite par la fiction du génocide des Yézidis commis par Daech en 2014. Il n’est pas difficile de reconnaître que le scénario souligne bien le rôle des femmes dans cette guerre et illustre efficacement la barbarie des djihadistes. Ce sont bien là ses deux seules qualités.

    
Caroline Fourest présente les forces kurdes comme une entité unique, aux contours politiques flous. Peshmergas et combattants du PKK sont présentés comme luttant côte à côte contre les djihadistes. Pourtant, ce sont bien les combattants du YPG et du PKK qui ont ouvert un corridor humanitaire permettant de sauver les Yézidis, alors que les Peshmergas s’enfuyaient face à l’avancée des djihadistes. Fourest, ayant réalisé son film au Kurdistan irakien, a choisi de faire plaisir à ses hôtes, quitte à travestir la réalité historique dans son film. De discrètes allusions, que seuls les fins connaisseurs de la cause kurde peuvent comprendre, viennent nuancer cette grossière tentative de réécriture de l’Histoire. La fiction n’est pas un passe-droit permettant de s’affranchir de la réalité d’un conflit en cours.
 Les scènes de combat, qui font la fierté de la réalisatrice et de son consultant militaire Patrice Franceschi, n’ont absolument aucune crédibilité. Elles sont médiocrement inspirées d’une vision hollywoodienne de la guerre (le budget en moins) à laquelle même un enfant ne pourrait croire. La réalisatrice et son actrice Camélia Jordana, ont répété sur le plateau de Quotidien cette semaine combien elles s’étaient « éclatées » à faire un film de guerre. La guerre n’est pas un divertissement. La montrer sous son vrai visage, même dans une fiction, a toujours une fonction éducative.

    Cette guerre, nous l’avons faite et nous ne nous sommes pas « éclatés ». Les deux héroïnes du film sont des volontaires françaises rejoignant les rangs des kurdes, pourtant Caroline Fourest n’a pas interrogé un seul d’entre nous. La réalisatrice n’est manifestement pas intéressée par la réalité de notre expérience. Ce qui lui tient à cœur c’est de défendre sa propre vision de cette lutte pour lui faire dire ce qui sert son propre combat politique et sa propre vision du féminisme, quitte à gravement caricaturer la cause qu’elle prétend défendre. Pour preuve, des combattantes kurdes sont représentées en train de consommer de l’alcool, ou de flirter avec leurs homologues masculins. La consommation d’alcool ou les rapports intimes sont deux tabous absolus au sein YPG-J.

    L’organisation met un point d’honneur à être irréprochable sur ces points, afin de garantir sa moralité aux yeux des sociétés kurdes et arabes extrêmement conservatrices. Dans son film, Caroline Fourest fait dire à une combattante kurde embrassant un camarade : « On ne s’est pas battu contre les soldats de Daech pour vivre comme eux ». Comme nous venons de l’expliquer, cette tirade n’illustre en rien la mentalité des combattantes kurdes, bien au contraire. En tentant de faire rentrer ces combattantes dans le moule de son féminisme occidental et institutionnel, Caroline Fourest commet une faute grave, qui va compromettre la réputation du YPJ à l’étranger, notamment dans le monde arabe où son film est diffusé.
 Nous appelons d’une façon générale une méfiance face aux représentants autoproclamés du Rojava et garder un esprit critique sur la vision impérialiste que peut avoir l’Occident à l’égard d’une révolution du Moyen-Orient.

    Pour les raisons que nous venons d’énoncer, le CCFR prend clairement position contre ce film, qui ne représente ni les combattantes et combattants français du YPG-J, ni la cause kurde qu’il prétend pourtant défendre, et appelons à ne pas aller le voir.

    #Kurdistan #guerre #Daesh #féminisme #occidentalisme

  • Pourquoi les #logements insalubres rendent-ils malade ?
    https://www.allodocteurs.fr/bien-etre-psycho/environnement-et-sante/pour-les-logements-insalubres-rendent-malade_27967.html

    « On a fait une étude qui montre que si on résorbait toutes les passoires énergétiques de France, les 7 millions de logement, c’est un gros chantier qu’on peut mener en dix ou quinze ans, on ferait quasiment un milliard d’euros d’économies de dépenses de soins parce que les gens, les enfants, les adultes auraient moins de pathologies et donc auraient moins recours à la #médecine et donc aux dépenses publiques de #santé », détaille Manuel Domergue.

    Rien qu’en #Ile-de-France, plus d’un 1,2 millions de personnes sont concernées par ces risques pour la santé, et 4 millions dans toute la #France.

  • Soupe avgolemono
    https://cuisine-libre.fr/soupe-avgolemono

    Délicieuse soupe grecque au #Poulet, liée à l’œuf et au citron. Réchauffer le bouillon de volaille. Y jeter le riz. Pocher les blancs de poulet à frémissement pendant 8 à 10 minutes, jusqu’à ce qu’ils soient tendres et cuits à coeur. Sortir le poulet et laisser tiédir avant de l’effilocher. Avgolemono Pendant ce temps, préparer l’avgolemono : Râper finement le zeste d’un #Citron.

    Presser le jus des citrons.

    Délayer la fécule dans le jus obtenu. Battre les œufs jusqu’à ce qu’ils soient mousseux.

    Saler, poivrer.… Poulet, Citron, #Soupes / #Sans_lactose, #Sans_gluten, #Bouilli

  • Du coup
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1197

    Voici une lettre de notre ami Tomjo, à propos du sordide ordinaire en « milieu radical ». C’est nous qui disons « sordide ordinaire », de manière sans doute réductrice, pour résumer son témoignage. Un abrégé de l’éducation politique d’un jeune gars de milieu populaire, arrivé d’Amiens, découvrant tout à la fois la grande ville de Lille et l’activisme « radical », à l’école des intellos universitaires. Tomjo, pour ceux qui ne le situeraient pas, c’est à la fois l’animateur du site Hors sol (ici), un contributeur des media alternatifs (La Brique, Lundi matin, CQFD, La Décroissance…) ; et l’auteur de nombre d’enquêtes en collaboration avec PMO. On pourrait écrire, en réaction à Du coup, l’un de ces livres que tant d’« ex » - communistes, gauchistes, communards -, ont écrit après coup pour expliquer ce qu’ils (...)

    http://hors-sol.herbesfolles.org #Faits_divers
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/du_coup.pdf

    • #audio #histoire #colonisation

      Lien avec

      L’Exploration du monde, Collectif, Sciences humaines - Seuil | Editions Seuil
      http://www.seuil.com/ouvrage/l-exploration-du-monde-collectif/9782021406252

      L’Exploration du monde
      Une autre histoire des Grandes Découvertes
      Collectif

      Voici une histoire par dates du VIIe au XXe siècle, riche en surprises, qui rend compte des profonds renouvellements qui ont transformé notre vision de ce qu’on appelait autrefois les « Grandes Découvertes ». Les dates « canoniques », revisitées à l’aune d’une réflexion critique sur les raisons de leur élection par les chronologies officielles, alternent avec les dates « décalées » qui font surgir des paysages et des personnages méconnus. Il est ici question de détricoter le discours qui, associant exploration du monde et « entrée dans la modernité », en réserve le privilège et le bénéfice à l’Europe, et, pour ce faire, de documenter d’autres voyages au long cours – extra-européens. Il est également question, prenant le contre-pied d’une histoire héroïque des expéditions lointaines qui en attribue le mérite à quelques singularités, de rappeler qu’il faut beaucoup d’illusions, et plus encore d’intérêts, pour faire un « rêve », et que Christophe Colomb n’aurait jamais appareillé sans les vaisseaux des frères Pinzón.
      Il s’agit ainsi de substituer des lieux, des instants et des visages aux cultures en carton-pâte et aux croyances en papier mâché ; de donner à voir les échecs autant que les réussites, les naufrages dans les estuaires de la même façon que les entrées triomphales dans les cités soumises ; d’inclure amiraux ottomans, navigateurs chinois, interprètes nahuatls et pilotes arabes dans le musée imaginaire de l’histoire globale ; de mettre en lumière tout un petit peuple d’assistants et d’auxiliaires, de sherpas et de supplétifs (que serait Magellan sans le Malais Enrique ? ou Cortés sans la Malinche ?) ; de passer outre une histoire au masculin en rendant droit de cité aux voyageuses et aux exploratrices ; et enfin de prêter une égale attention aux êtres et aux choses, sachant que, s’il faut une nef pour traverser un océan, une vague ou un bacille suffisent à la vider de ses occupants.

  • La radicalisation n’existe pas, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit rien | jef klak
    https://www.jefklak.org/la-radicalisation-nexiste-pas-ce-qui-ne-veut-pas-dire-quelle-ne-soit-rien

    Libérale dans ses présupposés, la sociologie de la « radicalisation » ne l’est pas moins dans son raisonnement. Le monde social y est présenté comme un tout homogène que seule l’idéologie extrémiste viendrait troubler, et toute autre conflictualité que celle suscitée par l’irruption de l’« extrémisme » est évacuée de l’analyse. Sur un plan épistémologique, l’enquête sur les individus « radicalisés » se contente de repérer chez elles et eux « l’inversion symbolique des normes dominantes 5 ». Quant à la lecture des « idéologues du jihad », celle-ci dissocie « l’extrémisme » de ses conditions sociales et historiques d’existence. Cette construction savante est permise par l’établissement d’une relation mécanique entre l’individu et l’idéologie, définie comme une pensée extérieure à l’expérience pratique. La conséquence de cette analyse savante est directe : quand bien même se manifesterait-il au sein de l’espace du gouvernement moderne, l’extrémisme lui est par essence extérieur.

    #radicalisation #islamisme #violence #terrorisme

  • Lettre ouverte aux militant-e-s d’Extinction Rebellion – ACTA
    https://acta.zone/lettre-ouverte-aux-militant-e-s-dextinction-rebellion

    Dès qu’un policier décède, toute la France est en deuil. Dès qu’un-e jeune meurt sous les coups de la police, dès qu’un-e manifestant-e perd un oeil, l’Etat sort des communiqués expliquant qu’il n’est jamais responsable. Et de la part d’un mouvement écologiste qui a trop vite oublié Rémi Fraisse assassiné sur la ZAD de Sivens par la gendarmerie en 2014, (dont le procès se tient à Toulouse ce 10 octobre 2019, avec la présence d’une cinquantaine de militants) un mouvement se voulant socialement inclusif, mais qui refuse de reconnaître la souffrance et la rage des quartiers populaires, qui refuse de se souvenir que certain-e-s ont été mutilé-e-s ou incarcéré-e-s pour s’être rebellé-e-s pendant les Gilets Jaunes, même pas un mot, pas une pancarte commémorant Ibrahima et les autres victimes des violences policières ?
    Plus généralement, se revendiquer “contre toutes les violences” est indécent et profondément violent.

  • « Do you speak bullshit english ? » - Comment l’anglais d’entreprise renforce la classe dominante (Partie I) - FRUSTRATION
    https://www.frustrationlarevue.fr/do-you-speak-bullshit-english-comment-langlais-dentreprise-renfor

    « De toute façon, on a la même target », me dit le DRH. La porte de l’ascenseur de cette tour austère de la Défense se referme sur nous. « Pas vraiment », ai-je envie de lui répondre. Je défends les salariés, il gère une “masse salariale”. Nous n’avons donc pas la même « target », si je comprends bien ce qu’il veut dire par là car, pour moi, « target »(“cible” en français) est un mot anglais utilisé pour désigner la personne avec qui l’on espère finir la soirée. Là où l’anglais des cours de lycée permet d’euphémiser des termes liés aux relations humaines et notamment amoureuses – un crush, une target, un date – celui des entreprises françaises contemporaines accompagne et encourage les évolutions managériales qui ont considérablement affaibli le camp des salariés au cours des trente dernières années, notamment parce qu’il adoucit et masque les rapports de domination.

    Semer le flou, première fonction de l’anglais d’entreprise

    Notre « target » commune, ce serait de comprendre et d’accepter le plan de licenciement qui va toucher la « holding » de la multinationale. Avant, on aurait dit « maison-mère », mais ça impliquerait un lien de maternité avec ses filiales, tandis que le terme « holding » en dit plus long sur la fonction de l’entité juridique centrale : elle détient d’autres entreprises et fait remonter les profits vers son sommet, où une armée de salariés qualifiés se chargent d’administrer l’ensemble pour contrôler la remontée de profit (le « controlling »), à rassembler les informations en provenance des filiales pour faire des bilans d’activité (le « reporting ») et à promouvoir l’image du groupe dans le monde et vis-à-vis de ses clients.
    .../...

    Préserver le français, un combat légal mais ô combien ringardisé

    Quand on évoque la question de l’usage de l’anglais auprès de la direction, le haussement d’épaule est de rigueur et les yeux écarquillés se multiplient. S’étonner de l’usage du bullshit english d’entreprise passe vraiment pour une posture préhistorique. Et pourtant, cet étonnement est justifié, car l’usage de l’anglais dans une entreprise française est en fait… illégal.
    .../...

    https://www.frustrationlarevue.fr/entrepreneurs-is-the-new-france-comment-langlais-dentreprise-renf

    Comment en est-on arrivé là ? Est-ce à partir du moment où des publicités « Do you speak Wall Street English ? » sont apparues dans les transports en commun de tout le pays, vantant aux cadres et salariés angoissés par leur niveau d’anglais de lycée des formations coûteuses mais aux résultats garantis ? Car, c’est connu, le Français moyen est « nul en anglais » et c’est une des nombreuses tares qui le rendent si « en retard à l’international »
    .../...

    « La langue des maîtres » ou l’anglais comme marqueur de classe

    Fascinés par le modèle américain de l’entreprise reine et de la finance sans frein, les patrons français se sont tous mis à parler leur langue, imités par l’ensemble de la classe bourgeoise. Cela lui a donné un supplément d’âme et un atout non négligeable, pas tant vis-à-vis de ses partenaires internationaux que de son propre peuple. L’anglais a ainsi accompagné un puissant récit de légitimation de la classe dominante française, des années 1990 à nos jours, qui lui a permis de repasser du bon côté de l’Histoire : les ouvriers seraient bornés, fermés d’esprit, repliés sur eux-mêmes, tandis que la bourgeoisie serait « ouverte sur le monde », « progressiste », favorable à la mondialisation et à l’intégration européenne.
    .../...

    Histoire du « management » ou comment l’anglais a semé les concepts les plus oppressants du XXIe siècle

    Marqueur de classe au sein de la société et à l’intérieur des entreprises, l’anglais ne se contente pas de semer le flou et de donner du style à des mots. Il est aussi un vecteur de diffusion de nouveaux concepts et a accompagné à lui seul la transformation du travail en France comme ailleurs. Prenons l’exemple du management. Une notion devenue tout à fait banale et intrinsèque à tout collectif de travail (sauf aux rares refusant ce genre de hiérarchie implicite) : « manager les gens ». On parle désormais même de « manager de proximité » qui, comme un commerce de proximité, se met au plus près de vos besoins de salarié… et à la plus précise des exigences patronales. Remplaçant les mots « chefs », « patron » ou encore « contremaître », « manager » fait partie de ces termes qui mentent sur la relation qu’ils désignent. A entendre les cadres de la holding où l’anglais est de mise, le manager serait une sorte d’ange-gardien dont on attend reconnaissance et protection (« Il m’aide à prioriser mes tâches »), et non plus un « chef » vis-à-vis duquel la conflictualité sociale serait possible.
    .../...

    « Entrepreneurs is the new France » ou comment l’utopie macroniste s’appuie sur l’anglais d’entreprise

    « Brave New France », l’utopie capitaliste d’Emmanuel Macron, a son propre langage. Un langage qui gomme les rapports de force, qui agresse sans en avoir l’air, qui ment sur qui domine, qui opprime et qui subit. Cette langue où l’on peut dire le contraire de ce que l’on fait et faire l’inverse de ce que l’on dit. Cette langue, qui n’est pas la langue de Shakespeare mais celle de Niel ou de Bernard Arnault, peut encore être combattue. Prenez le temps d’observer le visage de votre DRH quand vous lui demandez de traduire une expression qu’il emploie – la loi vous y autorise et lui donne tort. Observez le regard de vos collègues quand vous dites « ma hiérarchie » plutôt que « mon top manager ». Le capitalisme étant mondial, sa lutte tout autant, souvenons-nous que dans l’anglais notre classe dominante n’a puisé que ce qui l’arrange. A nous d’y faire notre marché : prenez le mot « strike » par exemple. Ça veut dire à la fois « combattre » et « faire grève ». N’est-ce pas charmant ?

  • « On est face à un Etat néo-libéral au service exclusif des plus riches qui a fait du mensonge son seul mode de communication avec le peuple » - Entretien avec Monique Pinçon-Charlot (Partie I) - FRUSTRATION
    https://www.frustrationlarevue.fr/on-est-face-a-un-etat-neo-liberal-au-service-exclusif-des-plus-ri

    S : Qu’est-ce que vous répondez aux personnes qui disent que vos travaux sont trop “militants”, alors que, finalement, comme tu l’expliques, les deux sont liés ?

    M : Le mot “militant” est selon moi un très joli mot, j’en suis fière, comme celui de “camarade”. Et quand le journaliste Maurice Szafran, de l’hebdomadaire Challenges, m’a dit en direct sur France 5, « J’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre des universitaires ou des scientifiques qui, utilisant le cursus, leur carrière, leur professorat, etc…dissimulent le fait qu’ils sont (et c’est légitime et c’est formidable) qu’ils sont des militants. ». De quelle légitimité ce « journaliste » qui dédie le livre sur Macron qu’il a écrit en collaboration avec Nicolas Domenach, peut-il se prévaloir lorsqu’il dédie ce livre à Claude Perdriel, le propriétaire de Challenges qui le nourrit et qui a consacré couvertures et articles louangeurs à Emmanuel Macron pendant la campagne des présidentielles ? S’il y a bien un militant néo-libéral sur cette terre, c’est lui. Ne parlons pas de Julien Damon, sociologue, éditocrate pour l’hebdomadaire Le Point de François Pinault qui a écrit dans le numéro du 7 février 2019, en se revendiquant sociologue, un petit article au titre : « Pinçon-Charlot, exercice frauduleux de la sociologie » . Il nous accuse de mettre « en péril l’édifice de la sociologie en tant que discipline. Sans rigueur dans les définitions, avec un rejet revendiqué de la neutralité la plus élémentaire, l’ensemble dérive vers ce que la science sociale fait de plus faible… C’est le systématisme pinçon-charlotien qui confine au ridicule. Leurs attaques définitives, matinées de complotisme et d’affirmations présomptueuses ne valent pas grand-chose. Flirtant avec l’air du temps, avec le dégagisme et la condamnation systématique d’un néolibéralisme prétendument omniprésent, la sociologie des Pinçon- Charlot est archaïque. Elle nourrit une défiance grandissante à l’égard de toute la discipline. Si les délits existaient, les auteurs devraient être poursuivis pour exercice illégal de la sociologie ou pour mise en péril d’une profession. » Excusez-moi de vous avoir lu cette savante expertise mais elle permet d’illustrer le militantisme néo-libéral. Ces intellectuels au service des médias des milliardaires sont là pour relayer, chacun à sa manière le discours performatif qui transforme les exploiteurs en « entrepreneurs créateurs des richesses » et les ouvriers en « coûts et variables d’ajustement » dans une inversion des rapports de classe fondé sur des manipulations linguistiques et idéologiques.

  • « Dernière sommation », le roman superficiel et mégalo de David Dufresne - La Rotative
    https://larotative.info/derniere-sommation-le-roman-3459.html

    Les éditions Grasset publient un ouvrage de David Dufresne, présenté comme « le grand roman de l’insurrection ». Le journaliste, qui s’est distingué pendant le mouvement des gilets jaunes par son travail de signalement des violences policières, livre un mauvais feuilleton où la haute opinion qu’il se fait de lui même prend toute la place, au détriment d’une analyse sérieuse de ce qu’il prétend décrire.

    #punk_de_comptoir #maintien_de_l'ordre