Supergéante

Retoquée profesionnelle.

  • #rip J’avais beaucoup apprécié Nickel and dime

    Barbara Ehrenreich, Explorer of Prosperity’s Dark Side, Dies at 81

    Her book “Nickel and Dimed,” an undercover account of the indignities of being a low-wage worker in the United States, is considered a classic in social justice literature.

    https://www.nytimes.com/2022/09/02/books/barbara-ehrenreich-dead.html

    #BarbaraEhrenreich #Ehrenreich

  • Bifurquer avant l’impact : l’impasse du capitalisme de surveillance
    https://framablog.org/2022/08/29/bifurquer-avant-limpact-limpasse-du-capitalisme-de-surveillance

    La chaleur de l’été ne nous fait pas oublier que nous traversons une crise dont les racines sont bien profondes. Pendant que nos forêts crament, que des oligarques jouent aux petits soldats à nos portes, et vu que je n’avais … Lire la suite­­

  • Google va bannir les applis VPN qui bloquent les pubs sur Android
    https://www.01net.com/actualites/google-va-bannir-les-applis-vpn-qui-bloquent-les-pubs-sur-android.html

    Pour justifier la mise en place de cette nouvelle politique, Google explique vouloir prendre des mesures pour combattre les applications VPN frauduleuses. Sous couvert de fournir un service VPN, des développeurs mal intentionnés se servent en réalité du protocole pour suivre les données des utilisateurs et de monétiser leur application en redirigeant le trafic publicitaire vers d’autres serveurs.

  • Ere numérique : que sommes-nous devenus ? Avec l’économiste Daniel Cohen (40mn)

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/ere-numerique-que-sommes-nous-devenus-avec-l-economiste-daniel-cohen-794

    La révolution numérique a bouleversé nos sensibilités, notre idéologie, notre économie. De quelle société la révolution numérique est-elle en train d’accoucher ? Est-on en passe de vivre un changement de civilisation ?
    avec :

    Daniel Cohen (Économiste et directeur du département d’économie de l’École Normale Supérieure, Président de l’Ecole d’Economie de Paris).

    #libéralisme#industrialisation#numerique#résaux_sociaux#Facebook#Eva_Illouz#Daniel_Cohen#anomie_sociale

  • What happened to the Japanese man who ’married’ virtual character Hatsune Miku ?
    https://mainichi.jp/english/articles/20220111/p2a/00m/0li/028000c

    What has changed for Kondo since his wedding ceremony is that he can no longer enjoy conversations with the character, as the company that developed the service terminated it in March 2020, saying the limited production model had run its course. But Kondo maintains, “My love for Miku hasn’t changed. I held the wedding ceremony because I thought I could be with her forever.”

    Le leçon ici, c’est que si tu décides d’épouser un algorithme pour le meilleur et pour le pire et jusqu’à ce que le mort nous sépare, il vaut mieux que ce soit un logiciel libre.

  • La difficile régulation des thérapies « alternatives », comme la naturopathie

    Une vidéo où Irène Grosjean, grand nom de la naturopathie, recommande la friction des organes génitaux pour endormir un enfant malade a rappelé l’enjeu de l’encadrement de ces pratiques et de leur présence sur des sites comme Doctolib.

    Lundi 22 août, le compte Twitter du collectif L’Extracteur, qui veut dénoncer les dérives des pseudo-médecines, publie une vidéo dans laquelle Irène Grosjean, figure nonagénaire de la médecine dite « alternative », évoque la pratique des bains dérivatifs sur les enfants. Le principe de cette méthode, présentée comme ancestrale, consiste, selon elle, à « frictionner » les organes génitaux, plongés dans de l’eau glacée, des enfants fiévreux, afin de les endormir. « Au début, il [l’enfant] ne sera pas d’accord », admet la naturopathe, enjoignant de continuer tout de même. L’Extracteur détaille d’autres conseils dangereux de Mme Grosjean, qui recommande, par exemple, le jeûne aux femmes enceintes ou allaitantes.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/08/31/naturopathie-reiki-lithotherapie-la-difficile-regulation-des-therapies-alter

    • Le tollé est immédiat, et cible rapidement la plate-forme Doctolib, accusée de référencer des praticiens se réclamant de Mme Grosjean, offrant de fait une caution de sérieux à ces pratiques non scientifiques, voire dangereuses. Dans un communiqué, le 23 août, le Conseil national de l’ordre des médecins « s’inquiète » de la confusion entretenue par Doctolib entre médecins et pratiques « ne s’inscrivant pas dans l’exercice médical » et appelle à des discussions. Plus véhément, un syndicat de médecin, l’UFML, demande que Doctolib s’en tienne au référencement des seules professions médicales reconnues.

      Dix-sept naturopathes déréférencés

      La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les pratiques sectaires (Miviludes), mobilisée depuis plusieurs mois sur les dérives des médecines alternatives, propose à son tour une réunion. Après une « discussion avec les responsables de Doctolib sur la nécessité de mieux former leurs équipes », la Miviludes organisera, « à la demande de la secrétaire d’Etat à la citoyenneté, Sonia Backès, une réunion de travail commune » dans la semaine du 5 septembre, explique son président, Christian Gravel.

      Pris de court, Doctolib a annoncé déréférencer 17 naturopathes ayant été formés par Mme Grosjean. Arthur Thirion, directeur France de l’entreprise, largement majoritaire sur le marché de la prise de rendez-vous médicaux, confirme au Monde qu’une « consultation large » est lancée, tout en rappelant que Doctolib « n’a pas autorité pour statuer sur le fait que les professions non réglementées » aient un droit d’exercice.

      Doctolib, qui a déjà modifié la signalisation sur sa plate-forme, promet des décisions rapides sur le sujet, mais demande également un débat « plus large » autour des médecines alternatives, en y incluant les associations de patients. Autant d’initiatives « accueillies favorablement » par le ministère de la santé, qui se dit « profondément attaché à la clarté et à la lisibilité de l’information en santé » mais ne s’exprime pas plus avant sur cette question sensible. En attendant les résultats de ces consultations, Doctolib a gelé les nouvelles inscriptions de praticiens de médecines « non conventionnelles ».

      M. Thirion assure que Doctolib n’a pas les moyens de vérifier individuellement « chaque naturopathe pour savoir qui fait quoi et qui dit quoi ». De fait, il est aisé de trouver sur la plate-forme des pratiques tenant plus du mysticisme que du soin : coupeurs de feu supposés guérir allergies ou érythèmes par apposition des mains ; praticiens du reiki promettant d’améliorer la circulation énergétique, y compris par des séances à distance ; adeptes de la lithothérapie, qui assurent soigner en usant des propriétés de certaines pierres…

      En réalité, note Sohan Tricoire, elle-même ancienne naturopathe, qui dénonce sur sa chaîne YouTube les dérives de cette discipline, il est difficile de distinguer « bonne » et « mauvaise » naturopathie, tant elle est constituée d’un amalgame de pratiques. « Il y a une grande porosité de disciplines. Chaque naturopathe va puiser à droite et à gauche, de l’ayurvéda hindou à la médecine chinoise. »

      « Hygiène de vie optimum »

      Née au XIXe siècle, notamment en Allemagne – où elle bénéficie aujourd’hui d’un statut légal –, la naturopathie n’a pas de définition médicale ni officielle en France, où elle est assimilée à une simple profession libérale, sans aucune exigence de diplôme ou de formation. Si la popularité de la discipline est incontestablement en hausse, portée par les crises sanitaires, les scandales de l’industrie pharmaceutique et l’aspiration à des vies plus saines, il est impossible de déterminer précisément combien de naturopathes exercent dans le pays.

      La Fédération française de naturopathie (FÉNA), qui a l’ambition de rassembler le secteur, la définit comme une pratique visant à « mettre en œuvre une hygiène de vie optimum et individualisée, (…) dont le but est le bien-être global et durable de la personne ». La porte-parole de la fédération, Sophie Pihan, se désole de cette polémique, assurant que « 95 % des naturopathes font ce métier en sachant quelle est leur place », celle d’un « éducateur de santé ».

      La FÉNA milite pour une reconnaissance officielle de la discipline, qui permettrait, selon elle, d’améliorer la qualité des formations, voire pour une « médecine intégrative » qui mêlerait naturopathie et pratique scientifique. Un vœu pieux, estime Clément (qui n’a pas souhaité donner son nom), l’un des membres du collectif L’Extracteur, tant la naturopathie se définit bien souvent par son hostilité à l’allopathie (la médecine scientifique), accusée d’être la cause même des problèmes de santé. La naturopathie se fonde sur des notions comme le causalisme – « penser que les problèmes de santé proviennent de notre éloignement des lois naturelles, voire divines », détaille Sohan Tricoire –, l’hygiénisme ou le vitalisme, l’idée que nous sommes traversés d’énergies mystiques, qu’on peut mobiliser et canaliser.

      « On y trouve beaucoup de discours antichimiothérapie, ou disant que le VIH n’existe pas », explique Mme Tricoire. C’est l’une des thèses d’Irène Grosjean – qui n’a pas répondu à nos sollicitations. Dans un de ses ouvrages, elle prétend avoir vu un patient atteint du VIH guérir grâce au jeûne et à la consommation de jus de légumes.

      Mme Grosjean organise des stages avec un autre praticien, Miguel Barthéléry. En 2021, ce naturopathe a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour exercice illégal de la médecine, un jugement pour lequel il a interjeté appel. Des familles d’anciens clients l’accusent d’avoir éloigné leurs proches, atteints de cancer, de la médecine traditionnelle et des traitements adaptés, en prétendant les soigner par des remèdes naturels. « Il y a un certain nombre de référents en naturopathie qui sont au cœur de dérives thérapeutiques et sectaires », juge Christian Gravel, dont « une part importante des signalements » concernent le domaine de la santé. Pour lui, le discours d’Irène Grosjean, qui a déjà fait l’objet de saisines, dont certaines « particulièrement inquiétantes », « comporte un risque réel de détournement des malades des soins éprouvés et induit, chez certaines personnes, une emprise psychologique ».

      « Audience antisystème »

      L’institution s’était déjà saisie du cas de Thierry Casasnovas, naturopathe youtubeur à l’influence certaine, objet, lui aussi, d’un record de saisines à la Miviludes pour des soupçons d’emprise sectaire. M. Gravel assure être « lucide sur le dynamisme de ces réseaux, qui après la crise sanitaire ont bénéficié de l’exploitation d’un climat anxiogène et des peurs ».

      De fait, on trouve, au sein du front antipolitique sanitaire né de la crise liée au Covid-19, nombre de tenants des médecines naturelles. « Ces mouvances gagnent toute une partie de l’audience antisystème », note Tristan Mendès France, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication et spécialiste du complotisme en ligne, pour qui la naturopathie, en offrant « une approche holistique, globale, une façon d’être », séduit des publics en recherche d’un discours « alternatif au mainstream en matière de santé ».

      Irène Grosjean devait d’ailleurs participer, le 3 septembre, au cinéma Le Grand Rex, à Paris, à l’avant-première du documentaire L’Empreinte, film consacré à Florian Gomet, ancien enseignant converti au crudivorisme et à la naturopathie, qui a parcouru 3 500 kilomètres en courant pieds nus. Un film coréalisé par Pierre Barnérias, déjà réalisateur de Hold-up, un documentaire conspirationniste à succès sur la pandémie. Face à la polémique, la salle a finalement préféré annuler l’événement. Mme Grosjean, pour sa part, assure sur Facebook vouloir « transformer ce qui arrive en une véritable opportunité pour faire découvrir au plus grand nombre les bienfaits de ce fameux bain de siège à friction ».

      #santé #naturopathie #doctolib #miviludes et #bain_de_siège_à_friction

    • La naturopathie se fonde sur des notions comme le causalisme – « penser que les problèmes de santé proviennent de notre éloignement des lois naturelles, voire divines », détaille Sohan Tricoire –, l’hygiénisme ou le vitalisme, l’idée que nous sommes traversés d’énergies mystiques, qu’on peut mobiliser et canaliser.

      #arnaque #entreprise #extrême_droite

  • ‘It’s like the loss happened yesterday’: prolonged grief is now a disorder in the US – so how long is too long to mourn?

    Losing a loved one can be life-changing and, for some, debilitating. Could a diagnosis help, or are we medicalising a natural human emotion?
    https://www.theguardian.com/society/2022/jun/16/prolonged-grief-disorder-diagnosis-us

    #psychiatrisation #deuil #dsm4

    The idea of prolonged or extended grief has been a controversial one – is it possible, or desirable, to put a time limit on a natural human emotion? – but in March, after years of wrangling, the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM) officially recognised prolonged grief disorder (PGD).

    • The change, she thinks, happened gradually. Along with advances in medicine and longer life expectancies, the rise of capitalism and postwar productivity has also had an impact, she believes. The idea of “productivity” being the optimum state “is western, but it’s very American. Within that concept, it doesn’t make space for grieving or illness or all sorts of things, even care of children. We have created a somewhat artificial concept of ‘normal’ being a state of non-grieving. Then of course, you’re going to pathologise grief and [believe that] if you are clinging to your grief, that’s an abnormal way to live your life, as opposed to recognising that grief is a constant intimate companion. When you lose someone close to you, it’s more like an amputation. It’s not like getting the flu and recovering. It’s like: ‘I’ve lost a limb, and now I have to adjust.’ So nothing you do is exactly the same again.”

  • Des chercheurs font voler en éclat l’anonymat présumé du #bitcoin - ZDNet
    https://www.zdnet.fr/actualites/des-chercheurs-font-voler-en-eclat-l-anonymat-presume-du-bitcoin-39943120.htm


    Ça sent le krash…

    Leur principale découverte est que, durant ces deux premières années, « la plupart des bitcoins ont été minés par seulement 64 agents [...] représentant collectivement 2 676 800 bitcoins (soit une valeur actuelle de 84 milliards de dollars) ». Ils font référence au processus de frappe de nouveaux coins en résolvant des défis informatiques.

    Ce nombre, 64 personnes au total, est « 1 000 fois plus petit que les estimations précédentes de la taille de la première communauté Bitcoin (75 000) », observent-ils. Parmi ces 64 personnes, on trouve des personnalités qui sont déjà devenues des légendes, comme Ross Ulbricht, connu sous le nom de Dread Pirate Roberts. Ross Ulbricht est le fondateur de Silk Road, une opération de marché noir qui utilisait des bitcoins à des fins illicites – jusqu’à ce qu’elle soit fermée par le FBI.

  • #Nucléaire en #Belgique - comédie en quelques actes

    – 22/10/2021 | Marie-Christine Marghem (MR) : "Nous ne sommes pas prêts pour sortir du nucléaire" https://trends.levif.be/economie/politique-economique/marie-christine-marghem-mr-nous-ne-sommes-pas-prets-pour-sortir-du-nucleaire/article-normal-1482899.html
    – 26/10/2021 | Spécialiste : "Ecolo n’adresse le problème de l’urgence climatique que sous la contrainte" - Politique Economique - Trends-Tendances
    https://trends.levif.be/economie/politique-economique/damien-ernst-ecolo-n-adresse-le-probleme-de-l-urgence-climatique-que-sous-la-contrainte/article-normal-1483655.html
    – 09/03/2022 | Le gouvernement mise sur un “grand accord” énergétique pour le 18 mars | Belgique | 7sur7.be
    https://www.7sur7.be/belgique/le-gouvernement-mise-sur-un-grand-accord-energetique-pour-le-18-mars~aca002e2
    – 17/05/2022 | Engie pose ses conditions à une prolongation du nucléaire jusqu’en 2035 | Economie | 7sur7.be
    https://www.7sur7.be/economie/engie-pose-ses-conditions-a-une-prolongation-du-nucleaire-jusquen-2035~a148241

    Et entretemps...

    – 04/05/2022 | Electrabel double les dividendes d’Engie en lui remontant 1,2 milliard d’euros - Le Soir
    https://www.lesoir.be/440014/article/2022-05-04/electrabel-double-les-dividendes-dengie-en-lui-remontant-12-milliard-deuros

    Les résultats d’Electrabel en 2021 lui ont permis d’envoyer 1,24 milliard d’euros de dividende à Engie – sa maison mère –, écrivent L’Echo et De Tijd dans leur édition de mercredi.

    Et...

    « Cela est conforme à la politique adoptée par Electrabel, qui suppose de reverser entre 65 et 75 % des résultats récurrents à la maison mère », explique Patrick Gaussent, son directeur financier.

    C’est la politique de la maison ^^. C’est qui encore qui a financé tout ça dans les années, disons 1960-1970 ? Contribuquoi ?

  • Du Mali au Zimbabwe, le lithium africain suscite des convoitises
    https://www.voaafrique.com/a/du-mali-au-zimbabwe-le-lithium-africain-suscite-des-convoitises/6605128.html

    Il y a x compagnies étrangères en Afrique, mais l’étasunien « VOA » ne veut pointer que la Chine

    Les mines fournissent des emplois, mais les critiques disent que les populations locales ne voient pas assez les retombées de ces projets de plusieurs millions de dollars.

    En 2021, le président congolais Félix Tshisekedi a déclaré que les personnes vivant dans les régions où se trouvent des mines « croupissent toujours dans la misère », alors que les multinationales étrangères prospèrent. Il a lancé un examen des contrats « minéraux contre infrastructures » conclus par son prédécesseur avec des sociétés minières chinoises.

  • Mon premier #NFT, et pourquoi il n’a pas changé ma vie

    https://www.makery.info/2022/05/31/english-my-first-nft-and-why-it-was-not-a-life-changing-experience

    « Des communs aux NFT » est une série d’écriture (élargie) initiée par Shu Lea Cheang (Kingdom Of Piracy), Felix Stalder (World-Information.Org) et Ewen Chardronnet (Makery). En réaction à la bulle spéculative des NFT, la série ramène la notion de biens communs du tournant du millénaire pour réfléchir et intervenir dans la transformation de l’imaginaire collectif et de ses futurs divergents. Chaque dernier jour du mois Makery publie une nouvelle contribution à cette « chaîne d’essais ». Cinquième texte par Cornelia Sollfrank.

    • Les NFT existent depuis quelques années déjà, mais en tant que phénomène culturel, ils ont bénéficié d’une large attention médiatique à la suite des ventes de NFT pour des œuvres d’art, pour lesquelles plusieurs millions ont été payés (4). Soudain, tous les regards se sont tournés vers cette question, et je me suis demandé quelle était la raison de ce soudain intérêt pour l’art numérique ? Pourquoi payait-on maintenant des millions pour des fichiers numériques ? Il est évident que les certificats numériques de propriété ont créé non seulement un engouement, et aussi un nouveau marché pour l’art numérique, mais quelle est la dynamique derrière ? Qui sera en mesure de participer au monde des NFT d’art, et qui le fera avec succès ? Ses opportunités sont-elles plus démocratiques que celles du monde de l’art traditionnel ? Et surtout, quel est le rôle de la technologie ? Qui l’invente ? Qui la contrôle et dans quel intérêt ? Y a-t-il un génie bizarre derrière tout cela qui a réussi à créer un fétiche qui ne sert à rien d’autre qu’à occuper nos esprits et nos machines ?

    • Ce passage du monde de l’art traditionnel, y compris sa légitimation en tant qu’art reconnu, vers les NFT, ainsi que le nouvel art cryptographique spécifique, contribuent tous à légitimer le monde cryptographique et à y injecter davantage d’argent frais. Tous les joueurs qui viennent du monde de l’art le font dans le but de participer au jeu et d’être chanceux dans le capitalisme du casino. Cela me rappelle à nouveau David Gerard et la façon dont il décrit la dynamique qui, selon lui, n’est rien d’autre qu’une arnaque :

      1. Dites aux artistes qu’il y a une avalanche d’argent gratuit !
      2. Ils doivent acheter des crypto-monnaies pour obtenir l’argent gratuit.
      3. Ils deviennent des défenseurs de la crypto, font des excuses au sujet de la preuve de travail et ainsi de suite.
      4. Quelques artistes gagnent vraiment de l’argent et changent leur vie grâce à cela !
      5. Vous ne serez probablement pas l’un d’entre eux. (31)

  • Thread by TheoLaubry on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1536395036279066624.html

    Donald Trump avait été informé par son équipe de campagne de l’absence de fraude lors de l’élection présidentielle 2020. Il a délibérément choisi d’embrasser les thèses complotistes. C’est la conclusion de la seconde session publique de la commission du 6 janvier. 1/5

    C’est Rudy Giuliani, complètement ivre le soir de l’élection, qui l’a poussé en premier à refuser la défaite. Son directeur de campagne Stepien évoque un Trump frustré par l’absence de preuve de fraude se détachant petit à petit de son équipe pour rallier la branche conspi. 2/5

    Jared Kushner, mari d’Ivanka Trump, a dit à la commission qu’il avait conseillé à son beau-père de ne pas suivre les délires de Giuliani. Il ne l’a pas écouté : « j’ai confiance en Rudy » lui a-t-il répondu. 3/5

    https://video.twimg.com/amplify_video/1536379569766338565/pl/BqvxhzW0xjS8k9z4.m3u8

    Le témoignage de Bill Barr, son ministre de la Justice, est assez fou. Il évoque des « conneries » qui n’avaient aucun sens au sujet des propos de Trump sur la fraude. « Il était totalement détaché de la réalité ». 4/5

    Si cette entreprise de renversement du résultat de l’élection n’a pas réussi, elle a tout de même rapporté gros à la campagne Trump : près de 250 millions de dollars selon la commission du 6 janvier, dont 100 millions en une seule semaine. (les supporters MAGA ont banqué). 5/5

    • Ces données suggèrent donc que, chez les sujets non vaccinés, BA.4 et BA.5 ne sont pas reconnus par le système immunitaire de la même façon que BA.1 et BA.2. Chez ces sujets dits « naïfs » sur le plan vaccinal, les nouveaux variants BA.4 et BA.5 présentent donc un profil antigénique particulier, très distinct de celui de BA.1 et plus proche de celui de BA.2. En d’autres termes, les anticorps dirigés contre BA.2 reconnaissent mieux BA.4 et BA.5 que ceux dirigés contre BA.1.

      […]

      Dans un modèle animal (hamster infecté), il s’avère que BA.4 et BA.5 sont plus pathogènes que BA.2. Ces nouveaux variants provoquent en effet une atteinte pulmonaire plus importante que BA.2.

      Ah ben c’était vraiment un idée géniale de ne pas vacciner les enfants français et de les laisser se contaminer massivement à l’école pour qu’ils soient immunisés naturellement (non) contre la vague suivante… (Encore une surprise vachement pas surprenante.)

      C’est moi qui fantasme, où le ministre de la santé de notre pays avait expliqué que si ça se trouve, avec Omicron on n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle ?

    • Notre ministre de la santé chéri a changé de crèmerie, le pauvre, il reste ministre mais est absous de ses péchés passés amen ; pour autant, ptet que les citoyens revanchards de la 38-01 vont le dégommer dimanche grâce à Salomé la jeune Nupes ; c’était 40% pour lui et 37% pour elle au 1er tour, avec 60% de votants :-)

  • Chris Dixon thinks #web3 is the future of the internet — is it ? -
    https://www.theverge.com/23020727/decoder-chris-dixon-web3-crypto-a16z-vc-silicon-valley-investing-podcast-i
    via @baroug qui bosse sur les #NFT

    Yes, I know a lot of those people. I understand the argument. We just had Steve Aoki on the show. He is doing NFTs for exactly the reasons you described. Steve is a famous guy; he can just tweet, “I made an NFT,” and people will buy it. The unsigned musician — who is not making any money on Spotify — can go to one of your services if they hit scale, put an NFT up, and may still be in that long tail that does not make any money.

    It is early. I cannot prove a lot of these statements, but I am clearly betting on them. I think this is the chance to finally realize the “1,000 True Fans” visions. Kevin Kelly has a famous blog post from around 2002 where he mentions this great thing about the internet. For people like me, who were around for the first year of the internet, this was always the dream. You could now have someone who is into some kind of niche activity that most of the world does not love, but there are 1,000 people that really love it and are willing to patronize, buy books, and visit when there’s a talk.

    I believe that never happened in Web2. It did not happen because of the nature of the business models. They are very extractive — Facebook is well-known for this — and they will deliberately let you build a big organic reach, then change the algorithm to lower your reach and make you pay to get back there. They are incredibly sophisticated money extraction machines. This is why they are so profitable and so successful.

    (faudrait que je lise tout mais bon)

    • deux passages marrants sur les nft et leur vanité :

      Why do people value wearing fashion — like Supreme T-shirts — or cars? A lot of value in the world is about showing that you are early to something, that you are high-status, and that you have great taste.
      NFT culture is very familiar in the offline world, just applied to the online world.

      Why do you buy the wolf cloak in League of Legends? It’s high status, it’s funny, or it’s cool. You know that in those games, everything is cosmetic. To me, NFTs are very similar.

  • « Lemon Incest » ou la question des limites
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-lundi-13-juin-2022-9747384

    Aujourd’hui dans Affaires Sensibles, retour sur un artiste culte, un album culte, et une chanson... problématique. Cette chanson, c’est Lemon Incest, issue du non moins frappant Love on the beat, l’album que Serge Gainsbourg compose en 1984.

    #gainsbourg #culture_viol #matzneff #charlotte_gainsbourg #laxisme #complaisance

    Cf.https://seenthis.net/messages/941799

    Chanson qui m’a toujours glacée. Clip, puis film pénibles.
    Fiche wikipédia complaisante
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Lemon_Incest
    Émission parfois ambigue, il était conservateur donc G. n’entrenait pas un contexte de promiscuité incestueuse, il provoquait c’est tout. N’importe quoi.
    L’interviewé à la fin, un chanteur qui a repris Gainsbourg avec un orchestre, est assez irritant d’idiotie.

    _____
    Le contexte qui laisse dubitatif sur tous les commentaires excuses du genre « vertige de l’inceste et provocation »... #violences_domestiques
    https://madame.lefigaro.fr/celebrites/les-assiettes-volaient-charlotte-gainsbourg-revient-sur-les-conflits

    « Il y avait un côté sombre dans ce qu’il me transmettait, même si je n’en garde pas un souvenir triste, a-t-elle déclaré. Il avait le goût du drame. De la passion. Ses relations étaient loin d’être apaisées. » Elle évoque ainsi les disputes « corsées » survenues entre ses parents : « Avec ma mère, ils se mettaient pas mal sur la g***le, j’en garde des souvenirs cuisants, et elle n’était pas en reste. Même après leur séparation, quand il venait nous voir chez elle, les assiettes volaient. Ils buvaient beaucoup. L’alcool ne le rendait pas violent, plutôt doux au contraire. »
    La chanteuse est, par ailleurs, revenue sur le titre Lemon Incest, sorti en 1985. Le morceau qu’elle entonne alors aux côtés de Serge Gainsbourg, à l’âge de 13 ans, décrit un amour fusionnel entre un père et sa fille. Son clip a fait scandale, car l’artiste y apparaît torse nu, sur un grand lit, auprès de l’adolescente en chemise et culotte. À ce propos, Charlotte Gainsbourg s’interroge : « Est-ce qu’il m’a fait lire les paroles avant ? Quelle perception en avais-je ? Je m’en veux de ne pas avoir retenu ces instants. En tout cas, je me sentais à l’aise. » Avant de poursuivre : « Quelle expérience intense de me retrouver soudain derrière un micro, avec lui à mes côtés qui me donnait des indications à la façon d’un metteur en scène ! Il était ému quand il réécoutait les prises, ravi par les moments où ma voix déraillait un peu. C’est ce qu’il cherchait. »
    La jeune fille n’aurait, par ailleurs, eu aucune idée de la polémique qui en a résulté. « Ensuite, je suis repartie en pension, s’est-elle souvenue. Et je n’ai aucune idée de ce qui se passe quand le disque sort. Je suis à l’abri du scandale. Un tel disque ferait-il encore plus de bruit aujourd’hui ? Sûrement. Est-ce qu’il serait encore possible de l’enregistrer ? Lui le ferait. Et moi aussi. Lemon Incest est une déclaration d’amour pure et innocente d’un père pour sa fille. Bien sûr, il joue avec les mots et les interdits, mais n’était-ce pas sa force ? Évidemment, il y a des actes terribles qu’il faut condamner, mais la provocation artistique, je la trouve utile. »

    "Il faut croire que l’artiste appartenant à une caste à part, qu’il est un être aux vertus supérieures auquel nous offrons un mandat de toute-puissance, sans autre contrepartie que la production d’une oeuvre originale et subversive, une sorte d’aristocrate détenteur de privilèges exceptionnels devant lequel notre jugement dans un etat de sidération aveugle, doit s’effacer. "
    -- Vanessa Springora

  • Je lis le roman métaphysique fleuve de Vassili Grossman : Vie et destin. Malgré l’effet tunnel de ses 1200 pages (en poche), des pages inoubliables sur la vie des soldats de la bataille de Stalingrad entre 1942 et 1943, et quand on est dans la tête de Hitler et de Staline. La guerre à hauteur d’hommes et de femmes dans les sous-sols d’une usine de tracteurs (résonnant étrangement avec l’aciérie d’Azovstal ces jours-ci) ; la mise en parallèle de deux systèmes totalitaires également implacables et meurtriers.

  • Vivalia et l’euthanasie du secret médical
    https://www.lesoir.be/443968/article/2022-05-23/vivalia-et-leuthanasie-du-secret-medical
    La gestion des données personnelles en matière de santé doit faire l’objet d’un débat nettement plus public et éclairé qu’il ne l’est actuellement.

    Carte blanche -
    Par Vincent Magos, psychanalyste*

    La cyberattaque du groupe hospitalier Vivalia rappelle au grand public à quel point ce qui est dans un réseau informatique est en réalité à l’air libre. Déjà en 2017, nous étions alertés par le fait que des hôpitaux vendaient des données médicales à des firmes commerciales. Il nous fut répondu que ces données étaient anonymisées. Depuis lors les chercheurs ont pu montrer que l’anonymisation des données était un leurre. En France, la concentration des données médicales au sein d’Azure-Microsoft a provoqué un tollé et une remise en question de cette concentration. Aux USA, via son projet Nightingale, Google récolte déjà les données de quantité de patients ; Amazon ou Apple ont des programmes similaires.

    Je n’ai pas d’objection à ce que mon groupe sanguin soit public ni les radios de mon bras cassé. Mais qu’en est-il de ma séropositivité VIH ? De l’IVG pratiquée à l’insu de mes parents ? De la tentative de suicide lors de mon adolescence ? De la dépression survenue quand j’ai perdu mon boulot… Toutes données bientôt à l’air libre elles aussi.

    Car oui, que Vivalia paye ou non la rançon… peu importe, les données sont dans la nature. Qu’il s’agisse de hackers ou de business, d’un groupe hospitalier ou d’un autre… peu importe, tôt ou tard les données sont à la disposition d’un employeur, d’un assureur…

    Un marché de 200 milliards d’euros

    Au plan international, 4.000 courtiers en données (datas broker) s’affairent sur un marché évalué à 200 milliards d’euros. Données qui relèvent notamment de notre intimité, de notre santé mentale.

    Dans la série « En thérapie », le Docteur Dayan, indique qu’il ne prend pas de notes. Et c’est effectivement ainsi que beaucoup de psychothérapeutes procèdent, et ce pour deux raisons.

    D’une part, la mémoire nécessaire à notre travail n’est pas séquentielle ni même organisée mais bien « flottante », et un élément particulier reviendra à point nommé au détour d’un souvenir. C’est bien une des choses que l’on apprend au cours de notre (longue) formation : écouter de manière très particulière avec un cerveau qui n’a rien d’un disque dur.
    À lire aussi Nos données santé : une confidentialité menacée

    La seconde raison réside dans une règle très simple, condition de possibilité de notre travail : « Tout ce qui se dit ici reste ici ».

    S’il nous arrive donc de prendre note, ce sera tout au plus sur du papier avec un crayon et d’une écriture suffisamment indéchiffrable pour que le propos reste secret.
    Des pressions multiples

    Mais les choses changent et les pressions se font multiples pour que les psys passent eux aussi aux dossiers informatisés.

    Ainsi par exemple, le Ministre de la Santé déclarait dans Le Soir du 15 février qu’« Il est en effet demandé aux psychologues cliniciens de partager un rapport avec le médecin généraliste du patient. » « Pour nous, ajoute-t-il, cette condition était absolument évidente et essentielle. C’est ce qu’il se passe dans les soins de santé somatique. Le patient est indivisible ; les aspects ayant trait à la santé mentale et somatique sont intimement connectés. ». C’est hélas, surtout les donnés qui sont très « intimement connectées »…

    Voilà pourquoi j’invite mes collègues à entrer en résistance et à se refuser à toute informatisation de ce qui relève du domaine de la santé mentale. Personne n’a même besoin de savoir que Monsieur Dupont est un jour venu me voir.

    Voilà aussi pourquoi la gestion des données personnelles en matière de santé doit faire l’objet d’un débat nettement plus public et éclairé qu’il ne l’est actuellement.

    *Dernier ouvrage : Résister à l’algocratie, Ed Fabert, mars 2022.

  • #Belgique : Pas de retour à la normale avant plusieurs jours dans les hôpitaux Vivalia suite à une cyberattaque durant la nuit de vendredi à samedi Benjamin Carlier- RTBF
    https://www.rtbf.be/article/pas-de-retour-a-la-normale-avant-plusieurs-jours-dans-les-hopitaux-vivalia-1099

    La cellule de crise des hôpitaux du groupe Vivalia s’est réunie une nouvelle fois ce matin. Un planning de reprise des laboratoires, de la radiologie et de la remise en service de l’application permettant d’accéder aux dossiers des patients y a été présenté par les services informatiques. Selon le directeur du groupe Vivalia, Yves Bernard, cela prendra encore quelques jours avant un retour à la normale : « Il a été décidé ce matin de reporter les consultations et les opérations de demain. » Seules les urgences seront traitées ce mardi. Les centres de prélèvements sanguins au sein des hôpitaux du groupe seront également toujours fermés.


    Tous les patients concernés ont été prévenus par le groupe hospitalier. Une nouvelle réunion de la cellule de crise est prévue demain matin pour évaluer la situation et envisager encore plus concrètement le redémarrage des activités.
     
    Pour rappel, voici le dispositif communiqué par Vivalia pour l’annulation des différents soins :
    – Les opérations non urgentes sont supprimées sauf exception après avis concerté.

    – Les consultations sont annulées, un SMS a été envoyé individuellement aux personnes ayant un rendez-vous ce jour. Certaines consultations pourraient être maintenues suivant l’appréciation du médecin concerné qui prendra alors contact avec son patient ;

    – La médecine d’urgences est bien entendu maintenue. Nous insistons sur la nécessité de ne contacter ou se présenter à nos urgences qu’en cas de nécessité. Merci de consulter au préalable votre médecin généraliste ou le 1733 en soirée. En cas d’admission dans nos urgences, merci aussi de vous munir de votre vignette de mutuelle pour faciliter votre identification par nos équipes de soins ;

    – Radiologie/scintigraphie : tous les examens programmés sont annulés ;

    – Centres de prélèvements et Centres Covid : toute l’activité est arrêtée.

    #Santé #Hôpital #hacking #cyberattaque #cyberguerre #malware #ransomware #algorithme #sécurité #sécurité_informatique #piratage #cybersécurité #cyberattaques #internet

    • Imaginons que les #intérimaires en fin de contrat, les #vacataires lors de leur dernier jour de travail cliquent systématiquement sur les spam et malware afin de contaminer le système informatique de leurs négriers.

      Idem dans les unités de production.
      Morceau de cuivre dans les produits, ou morceau de verre, contamination du lait en poudre contaminé au à la listéria, . . . .

      N’est ce pas là une explications des « alertes » alimentaires ou informatique ?

      Les esclaves peuvent saboter le système.
      Il y a des conséquences pour les autres, mais ces autres se foutent éperdument du sort des petites mains de notre société, qu’est pas belle du tout à regarder.

      On appelait cela du #sabotage à une autre époque, ressemblant beaucoup à celle que nous subissons.

  • Vie privée : l’étrange parcours de vos données de santé
    https://plus.lesoir.be/362026/article/2021-03-22/vie-privee-letrange-parcours-de-vos-donnees-de-sante

    Vous pensiez que vos données médicales vous attendaient tranquillement à l’hôpital. En réalité, elles transitent par une filiale d’un conglomérat américain, sont stockées en Allemagne et traitées en Russie. Ce qui n’est pas sans risque pour votre vie privée. Une enquête menée par « Le Soir » et le magazine « Médor ».

    Depuis plusieurs années, vos données d’hospitalisation s’échappent en Russie. C’est là-bas que les bureaux d’un sous-traitant de la société 3M sont installés. Un transfert d’informations sensibles – des données de santé, entre autres – qui n’est actuellement pas organisé en respectant l’ensemble des garanties essentielles prévues par le RGPD (règlement général sur la protection des données, NDLR).

    En cause ? Des contrats « passoires » d’un point de vue vie privée passés entre 3M Belgium et des hôpitaux du pays, qui portent sur la fourniture d’un logiciel informatique, dont les prestataires de soins de santé peuvent difficilement se passer. Le Soir et Médor ont pu les consulter.

    Quasi tous les patients concernés

    Premier problème : les risques pèsent sur les données médicales d’un nombre considérable de patients belges.

    Le recours au logiciel développé par l’Américain 3M et commercialisé par sa filiale belge est en effet quasi généralisé en Belgique, conséquence, entre autres, d’un vieux monopole instauré par le biais de nos autorités (lire ci-dessous). « Une majorité des hôpitaux l’utilisent », confient responsables d’hôpitaux et différentes fédérations du secteur, sans jamais communiquer de chiffres précis. La dépendance à ce programme est une réalité, particulièrement pour les structures de plus petites tailles. « Personne n’arrive aux chevilles de 3M. L’outil est essentiel », précise, notamment (beaucoup d’intervenants ont préféré s’exprimer « off the record » sur ce dossier), André le Maire, directeur de l’information chez Vivalia, intercommunale des soins de santé en province du Luxembourg.

    Son objectif ? Épauler les hôpitaux dans leur gestion financière. En Belgique, l’État les finance par type d’hospitalisation et de patients. Des budgets découpés en « blocs » et calculés sur base de moyennes nationales mesurées dans tous les établissements du pays, avec un décalage de plusieurs années dans le temps (le budget 2020 est ainsi délivré sur base des moyennes de 2018 et 2017).

    Le logiciel de « benchmark » offre aux clients de 3M, les hôpitaux, contre rémunération bien sûr, la possibilité de se comparer entre eux, presque en temps réel, via une analyse poussée et segmentée. En d’autres mots, si un hôpital constate que, pour une certaine pathologie et un certain type d’hospitalisation, ses médecins engagent des moyens trop importants par rapport à ceux de leurs pairs (durée de séjour trop longue, trop d’actes fournis…), il peut, directement, rectifier le tir. « En résumé, on peut tout de suite aller voir les médecins pour leur dire : vous consommez trop dans votre pratique médicale, les autres sont plus performants que vous », simplifie le directeur d’une clinique wallonne.

    Des contrats « brouillon »

    Deuxième problème : les contrats conclus entre 3M et les hôpitaux sont peu respectueux des garanties prévues par le RGPD.

    Un gros hôpital du pays, qui ne souhaite pas être cité, explique « avoir refusé d’utiliser l’outil de “benchmarking” en raison d’un procédé trop risqué appliqué à des données sensibles. Notamment parce que les contrats engagent pour trois années et parce que les données sont traitées en Russie ».

    Nous avons confronté les documents en notre possession à l’expertise de deux juristes spécialisés. Jean-Marc Van Gyseghem, d’abord, chercheur en droit à l’UNamur, avocat spécialisé dans la protection des données personnelles, associé chez Rawling Giles qui avait, à la demande d’une partie prenante, déjà réalisé une analyse complète de leur compatibilité avec le droit européen. Franck Dumortier, ensuite, chercheur Cyber and Data Security LAB à la VUB et consultant en sécurité des données, qui a examiné les termes à notre demande. Les deux confirment que l’hôpital en question a raison de se méfier.

    Rappelons-le : les données manipulées, parce qu’elles concernent votre dossier de santé, sont précieuses. Il s’agit du résumé minimum hospitalier (qui contient un numéro de patient et de séjour propre à l’hôpital, les actes infirmiers et médicaux invasifs posés, vos pathologies…) et des données de facturation (données de contact du patient, médicaments prescrits, date d’entrée et de sortie…). Il est impératif – le secret médical n’existe pas pour rien – que ces informations ne tombent pas dans les mains de n’importe qui, qu’elles ne soient pas un jour utilisées « contre vous », à des fins discriminantes notamment. C’est pourquoi, elles sont classées « sensibles » par le RGPD. Leurs traitement, stockage et transfert sont encadrés par des règles complexes et strictes.

    Dans le cas qui nous occupe, le parcours effectué par les données est le suivant : un premier transfert est opéré depuis les hôpitaux vers 3M Belgium, un deuxième transfert est ensuite effectué depuis 3M Belgium vers Smart Analytics, présentée comme une entreprise américaine mais dont les bureaux sont localisés en Russie. Les données sont « physiquement » stockées en Europe (en Allemagne, précisément) mais « elles sont rendues accessibles en Russie, ce qui constitue bien un transfert au sens du RGPD », précise Franck Dumortier.

    Pour de tels voyages, les principes de sécurité informatique recommandent de « gommer » le lien entre les données et l’identité des patients. Soit via l’anonymisation : le procédé est alors irréversible, le lien brisé et tout problème en termes de vie privée est, de facto, écarté. Soit via la pseudonymisation : le procédé est réversible, plus ou moins difficilement, selon les mesures de sécurité déployées (niveau de cryptage, etc.). Les contrats 3M ne mentionnent jamais l’anonymisation. « Sur base des documents que j’ai pu voir, les données personnelles qui seront manipulées ne sont pas listées avec suffisamment de précision. En outre, le contrat rend la pseudonymisation obligatoire uniquement pour le transfert vers Smart Analytics, pas pour le stockage des données en Allemagne, c’est un problème. Par ailleurs, en ce qui concerne la transmission des données vers la Russie, le type et le niveau de pseudonymisation ne sont pas assez détaillés dans le contrat », poursuit Franck Dumortier.

    Traduction ? En cas de hacking, il est impossible de savoir si les données stockées en Allemagne seront suffisamment protégées pour empêcher la ré-identification des patients. En ce qui concerne les données transmises vers la Russie, nul ne sait avec précision sur quelles données « pseudonymisées » les autorités russes pourraient mettre la main. En tous les cas : 3M ne s’engage pas contractuellement à apporter un niveau de protection suffisant à ces égards.
    Un transfert sans balise vers la Russie

    Comme 3M sous-traite la maintenance et la mise à jour des bases de données à une entreprise logée dans un pays tiers, le principe d’adéquation s’impose : le niveau de protection des données sensibles dans le pays tiers en question doit être le même qu’en Europe. Aux États-Unis comme en Russie, ce n’est pas le cas. Le transfert peut cependant avoir lieu dans le cadre de contrats (une clause contractuelle type dans le jargon ou « CCT », NDLR) passés entre entreprises.

    3M a bien signé une CCT avec Smart Analytics USA mais il n’y a pas de trace à notre connaissance d’un tel document avec ses bureaux russes. « Un arrêt récent de la Cour de Justice européenne remet en outre fortement en question la validité des CCT », explique Jean-Marc Van Gyseghem. « À la lecture du contrat, il nous semble très difficile de considérer ce transfert vers la Russie comme conforme au RGPD. La responsabilité des hôpitaux pourrait clairement être engagée en cas de problème ».

    Parmi, les complications possibles, comme mentionné plus haut, les services secrets russes pourraient très bien contraindre Smart Analytics à leur communiquer les données pseudonymisées…

    « En décidant de traiter les données en Russie, 3M définit pourtant un moyen essentiel de leur traitement. Il s’agit là d’un indice parmi d’autres, selon moi, pour considérer que l’entreprise est “coresponsable”. Or le contrat la considère comme un simple sous-traitant », poursuit Franck Dumortier.

    Une telle requalification des rôles impliquerait beaucoup plus de transparence pour le patient. Une base légale, soit son consentement éclairé ou un texte de loi qui encadrerait le traitement de ses données par l’entreprise privée, premièrement. Une obligation pour 3M de décrire au patient quelles données sont utilisées, par qui et dans quel but, ensuite. Enfin, 3M verrait sa responsabilité accrue en cas de violation constatée.

    Actuellement, c’est l’hôpital qui encaissera quasi toutes les conséquences d’une mauvaise utilisation des données. Avec, notamment, des sanctions financières à la clé, potentiellement très lourdes. « Si une plainte est déposée par un patient et reçue, ce qui n’est pas le cas à ma connaissance, une annulation du contrat est possible, comme une amende qui peut aller jusqu’à 20 millions d’euros », expose Hielke Hijmans, président de la chambre contentieuse de l’Autorité de protection des données.
    Le patient, grand perdant ?

    Au sein des hôpitaux, le sujet est visiblement sensible ces derniers mois. On nous confirme cependant partout – même si le contrat ne le prévoit pas obligatoirement – que « les données sont cryptées avant envoi à 3M ». Via un logiciel fourni par l’entreprise mais développé par un tiers. Des sources internes, notamment actives dans les départements de sécurité informatique, disent avoir, malgré la présence de cet outil, des inquiétudes, qu’elles ont parfois partagées avec leur direction : « 3M nous a juste dit qu’il s’agit d’un programme de cryptage. En fait, l’hôpital encode les données et le logiciel tourne mais on n’en sait pas plus. Aucune information n’est communiquée. Les contrats ne sont jamais lus à fond, une question de priorités » ; « On peut imaginer que 3M pourrait facilement décrypter les données »…

    Le dossier a donc atterri sur le bureau des fédérations du secteur. Du côté francophone, Santhea (fédération des hôpitaux publics) n’a pas donné suite à nos questions ; l’Unessa (fédération des hôpitaux privés) dit ne pas pouvoir se prononcer sur « des contrats auxquels elle n’a pas accès ». Du côté néerlandophone, Zorgnet Icuro, fédération des hôpitaux flamands, a récemment commandé une analyse de la conformité des contrats au RGPD au cabinet EY. Ce document ne nous a pas été communiqué. « Sur le plan technique, EY n’a relevé aucun problème ni danger concernant le traitement des données et la sécurité des systèmes (…). Les changements suggérés ne signifient pas que les contrats actuels enfreignent le RGPD, ils clarifient plutôt le rôle et les responsabilités de chaque partie », assure un responsable. 3M se serait engagé à effectuer les modifications recommandées lors du renouvellement des contrats.

    Deux détails qui n’en sont pas : la problématique d’une sous-sous-traitance à la Russie ne semble pas avoir été abordée par l’audit d’EY, qui confirme également le fait que 3M n’est qu’un sous-traitant. L’entreprise n’aurait donc à l’avenir pas grand-chose de plus à justifier au patient inquiet du sort réservé à sa vie privée.

    Ce dernier serait-il le grand perdant ? « Il a droit, en tout cas, à plus de transparence. Actuellement, il ne sait rien. Mais je pense que les hôpitaux sont également victimes de la position quasi-monopolistique de 3M », estime Jean-Marc Van Gyseghem.

    Les explications de 3M Belgium

    Amandine Cloot et A.C.

    « 3M Belgium reconnaît la sensibilité des données relatives à la santé qui lui sont confiées et a pris des mesures significatives pour assurer la protection des droits et libertés des personnes concernées lorsque leurs données sont traitées par nos produits. Nous collaborons étroitement avec les hôpitaux belges pour leur fournir les garanties requises par le RGPD, dans nos contrats en tant que sous-traitant, pour leur compte. 3M Belgium propose à ses clients des contrats de traitement des données, ainsi qu’une description de nos garanties pour permettre aux délégués à la protection des données des hôpitaux d’évaluer leur pertinence. Toutes les données traitées sont codées, pseudonymisées et cryptées avant d’être soumises aux serveurs. Ni 3M Belgium, ni ses sous-traitants, n’ont la capacité d’identifier les patients individuels dans l’ensemble des données fournies par les hôpitaux. En outre, toutes les données sont physiquement stockées dans l’Espace Économique Européen. Nous utilisons un sous-traitant, dénommé Smart Analytics, qui a fait l’objet d’une évaluation complète et qui s’est engagé contractuellement à fournir le même niveau de protection que celui que 3M Belgium offre aux hôpitaux belges. Le personnel de Smart Analytics étant situé en Russie, des clauses contractuelles types (CCT) sont conclues afin de garantir aux personnes concernées l’opposabilité de leurs droits et des recours juridiques effectifs. »

    #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #données #santé (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##santé ##3M

  • Connor Bamford sur Twitter
    https://twitter.com/cggbamford/status/1528385454617272322

    Given the recent interest in #monkeypox, here’s a few things that people should know about poxviruses from a virologist point of view (1/14)

    Tout ce qu’il faut savoir sur la variole du singe
    Je retiens que l’éradication de la variole a laissé le créneau ouvert pour un futur compétiteur (sans doute pas la variole du singe…)

    sur Threadreader (avec plein de pubs…)
    https://threadreaderapp.com/thread/1528385454617272322.html
    (avec plein de belles images de pustules et autres horreurs…)

  • Domination et douleur, et inversement proportionnel
    https://joellepalmieri.org/2022/05/23/domination-et-douleur-et-inversement-proportionnel

    Les jeudi 20 mai et vendredi 21 mai 2022 à Bourges, j’étais l’invitée d’Isabelle Carlier à l’Antre Peaux et de Catherine Fraixe à l’École nationale supérieure d’art, toutes rencontres à l’initiative de Reine Prat. La première rencontre, le jeudi à 19h, était ouverte à un public large et avait pour vocation de discuter de mon dernier ouvrage « La douleur impensée, … Continuer de lire Domination et douleur, et inversement proportionnel

    https://joellepalmieri.files.wordpress.com/2022/05/antre-peaux-20.5.22.m4a
    https://joellepalmieri.files.wordpress.com/2022/05/ensa210522.m4a

  • Maître Pandaï : l’augmentation du risque de diabète après une infection Covid
    https://twitter.com/Panda31808732/status/1506239276534702090

    Étude aux États-Unis sur 181 280 patients Covid+ avec deux groupes contrôle de plus de 4 millions de personnes. Un an après l’infection, le risque de diabète (à >99% de type 2) dans la cohorte Covid+ est augmenté de 40%.

    https://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(22)00044-4/fulltext