Supergéante

Retoquée profesionnelle.


  • Longue et riche (et rare) discussion sur le rap, la musique, l’écriture, l’indépendance, avec Nikkfurie de La Caution

    Une discussion en profondeur avec Nikkfurie (La Caution) | Captcha Magazine
    http://captchamag.net/blog/2017/04/21/une-discussion-en-profondeur-avec-nikkfurie-la-caution

    Aujourd’hui, ça devient bizarre. La culture Rap est dans une phase assez superficielle : celle de "l’enjaillement" unique. On m’a déjà opposé que l’entertainment faisait partie du rap et, oui, pas de souci là-dessus, mais l’enjaillement c’est plus une sorte d’entertainment ultra primaire et vulgarisé. C’est compliqué de parler de ça parce que les gens voient tout en mode binaire chelou : soit tu t’enjailles soit t’es en mode relou qui réfléchit. C’est l’exact inverse de l’esprit Hip-Hop. Et des exemples, t’en as plein. Récemment par exemple, t’avais un questionnaire sur un site où la question à un mec c’était pourquoi Young Thug était son rappeur préféré, il a répondu « parce que c’est lui qui se sape le mieux » !

    Déjà outre le problème de testostérone, ça en dit long sur une sorte de perception "anti-rap" du rap, à l’heure où très peu sauraient capter pourquoi on peut dire que Young Thug est parfois très bon … En tout cas, c’est pas pour jouer l’intellectuel, mais on va pas tout vulgariser non plus. Et dans plein de domaines. On a souvent perdu à ce jeu là d’ailleurs … Prends les artisans marocains, par exemple. Ils ont un savoir-faire traditionnel de ouf, mais peu d’entre-eux ont su réellement valoriser leur travail, jusqu’à ce que des gens d’autres pays soient venus en récupérer le fruit pour le valoriser et le vendre. Et quand tu vois les sommes qu’ils demandent alors qu’ils ont payé ça une misère, t’as mal au crâne !

    C’est le grand problème des communautés "sans stratégie". Communautés au sens large. Elles sont peu basées sur la réflexion à long terme. C’est beaucoup plus “faire un illet-bi" au plus vite sans le souci de bien valoriser ses qualités, sa place et de s’auto-pérenniser quelque part. Et si tu l’appliques au Hip-Hop, c’est le même problème. On a laissé à l’industrie, aux rappeurs d’enjaillement et aux gens qui n’y connaissent rien, la direction artistique empirique du truc… Qu’on se comprenne bien, j’ai rien contre la légèreté etc. il y en a toujours eu et y en aura toujours mais qu’un courant aussi profond, fin, spontané et technique devienne presque uniquement ça, c’est quand même tendu !

    #musique #hip-hop #rap #La_Caution #Nikkfurie #indépendance #écriture #culture


  • Resurfacing the Work of a Filmmaker Who Was Obsessed with the Underwater World
    https://hyperallergic.com/371767/jean-painleve-underwater-filmmaker

    https://hyperallergic.com/wp-content/uploads/2017/04/jeanpainleve09.jpg

    Resurfacing the Work of a Filmmaker Who Was Obsessed with the Underwater World
    In the early 20th century, #Jean_Painlevé used inventive film and photography techniques to capture the odd nature of marine life.

    https://hyperallergic.com/wp-content/uploads/2017/04/jeanpainleve04.jpg
    Jean Painlevé with a Debrie camera in a waterproof box (1935)
    © Archives Jean Painlevé, Paris, courtesy Ikon Gallery, Birmingham

    bip @mad_meg

    (toujours via gCaptain et son Maritime Monday)


  • Quand Apple menaçait de supprimer Uber de l’App Store pour mettre fin à son traçage illégal
    http://www.numerama.com/tech/251646-quand-apple-menacait-de-supprimer-uber-de-lapp-store-pour-mettre-fi

    En 2015, Tim Cook recevait le CEO d’Uber au siège d’Apple pour le menacer de la plus importante sanction possible pour Cupertino : la suppression de l’App Store. En cause : le non-respect des règles de confidentialité du magasin virtuel par Uber, qui utilisait un système de tracking sur iPhone pour repérer ses chauffeurs frauduleux. La longue et très instructive enquête du New York Times sur la vie et les échecs de Travis Kalanick, le CEO d’Uber, révèle que ce dernier s’est littéralement fait (...)

    #Apple #AppStore #Uber #géolocalisation #travailleurs


  • Les cahiers du social | Identification et protection des victimes de la traite dans un contexte de migration de transit
    https://asile.ch/2017/04/24/cahiers-social-identification-protection-victimes-de-traite-contexte-de-migrat

    https://asile.ch/wp/wp-content/uploads/2017/04/th_couverture-methodologie.jpeg

    Dans le cadre du projet « Identification et orientation des victimes de traite des êtres humains dans le département du Pas-de-Calais » (projet mené du 1er novembre 2015 au 30 avril 2017), France terre d’asile a élaboré une méthodologie pour l’identification et la protection des victimes de traite à Calais, et plus généralement dans un contexte de […]


  • Au fait : le bon gros mot-clé à la con du moment chez les journalistes, c’est « plafond de verre » :

    – Le Pen à l’épreuve du "plafond de verre"
    http://www.capital.fr/economie-politique/le-pen-a-l-epreuve-du-plafond-de-verre-1223238

    – Présidentielle : Marine Le Pen Peut-Elle Briser Le “Plafond De Verre” ?
    https://www.forbes.fr/politique/presidentielle-marine-le-pen-face-au-plafond-de-verre-programme-economique

    – « Entendu sur Europe 1 : “Le plafond de verre, moi j’y crois pas du tout.” »
    http://www.europe1.fr/politique/a-henin-beaumont-on-y-croit-enormement-chez-les-supporters-de-le-pen-3309593

    – « Elle risque de se heurter à un plafond de verre encore plus épais et plus solide que lors des dernières élections régionales. »
    https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/presidentielle-un-premier-tour-decevant-et-historique-pour-marine-le-pen_

    – « Quinze ans après son père, la présidente du Front national se qualifie pour le second tour de l’élection présidentielle avec pour ambition de briser ce “plafond de verre” qui continue à maintenir son parti aux marges du pouvoir. »
    http://www.la-croix.com/France/Politique/Marine-Le-Pen-pari-normalisation-2017-04-23-1200841742

    – Présidentielle : Marine Le Pen veut briser son "plafond de verre" à coups d’abstention
    https://www.marianne.net/politique/presidentielle-marine-le-pen-veut-briser-son-plafond-de-verre-coups-d-abst

    – L’Europe : le plafond de verre de Marine Le Pen
    https://www.franceinter.fr/emissions/histoires-politiques/histoires-politiques-17-avril-2017

    Alors, espèce de débile, je vais te le dire lentement : le plafond de verre désigne le fait que certaines populations – les femmes, les minorités, les jeunes – n’ont pas accès aux échelons supérieurs des hiérarchies (« plafond »), pour des raisons qui ne sont jamais explicitées, ou non visibles (« de verre »). Le fait que les gens ne votent pas pour une fasciste n’est pas un plafond de verre.

    Pour être très clair : tu te rends compte qu’en détournant les mots, tu laisses ainsi entendre que l’extrême-droite française est victime de… préjugés sexistes ?

    • D’ailleurs si on prend l’article de The Atlantic (en anglais, donc), originellement titré “Marine Le Pen’s Glass Ceiling”, la confusion avec la plafond de verre que subissent les femmes est tout à fait explicite : How Being a Woman Helped Marine Le Pen
      https://www.theatlantic.com/international/archive/2017/04/how-being-a-woman-helped-marine-le-pen/522456

      When voters in France cast their ballots in the first round of the country’s presidential election on Sunday, Marine Le Pen, the candidate of the far-right National Front (FN), is projected to become the second woman in French history to advance to the second round of a presidential election. That’s probably as far as she’ll go in her quest to become France’s first female head of state—recent polls say she will win the first round, only to lose to whoever she faces in the runoff in May.

    • Ou alors il s’agit d’un aveu inconscient : « Ça fait quinze ans qu’on applique avec constance les pans les plus moches de son programme, c’est quand même inexplicable qu’elle continue à faire peur à ce point ».


  • L’Atoll, faux lieu - Elsa Rivière-Poupon - Visionscarto
    https://visionscarto.net/atoll
    https://visionscarto.net/local/cache-vignettes/L1024xH678/34186853366_43ce-f90df.jpg

    Inauguré en avril 2012 dans la commune de Beaucouzé, dans la vallée de la Loire, le centre commercial de l’Atoll a des allures à la fois de stade olympique et de jardin public, capable d’accueillir plusieurs centaines de milliers de clients. Ceux-ci viennent souvent en famille et peuvent y passer la journée, à flâner entre boutiques, chaînes de restaurants et espaces verts.

    #photo #commerce #faux

    par @elsa, qui inaugure ainsi la nouvelle version du site, ajustée graphiquement et à la navigation grandement améliorée par @arno


  • Un mois de mouvement social en Guyane + Quand La Poste profite des élections | L’Actualité des Luttes
    https://actualitedesluttes.info/?p=2272

    Nous débutons l’émission avec la lecture de quelques mobilisations à venir, puis nous avons par téléphone Nadine, de Guyane, pour faire un point sur les mobilisations en cours et les perspectives a venir. En seconde partie d’émission, nous parlons avec Brahim, postier à Asnières, de l’initiative de la Poste pour tenter de faire distribuer gratuitement les plis électoraux par les postier-e-s. Durée : 59 min. Source : Fréquence Paris Plurielle

    http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2017/04/170419.mp3


  • Hashima dite Gunkanjima (l’île cuirassé)
    https://www.youtube.com/watch?v=pJwwQFYAm8I

    #ghost_island #ghost_city

    via la compilation hebdomadaire de gCaptain Maritime Monday
    http://gcaptain.com/maritime-monday-april-24-2017

    http://3kbo302xo3lg2i1rj8450xje.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2017/04/hashima.png
    Why Nagasaki was such a popular coaling spot: The Hashima Coal Mine; c1910 – commonly called Gunkanjima (meaning Battleship Island) lies approx 15 kilometers (9 miles) from the city of Nagasaki, in southern Japan. The 6.3-hectare (16-acre) island was known for its undersea coal mines, established in 1887, which operated during the industrialization of Japan.
    suivi d’un lien vers un site qui interdit toute reprise de ses textes ou images…
    http://www.japansmeijiindustrialrevolution.com/en/site/nagasaki/component04.html


    • en fait j’étais tellement persuadé qu’il était dispo en PDF librement … je n’avais pas vérifié !

    • En fait, ils ont indiqué que les textes restaient sous licence CC suite à une intervention de Lionel Maurel (c’est visiblement une erreur de leur part de ne pas l’avoir indiqué directement sur le livre).
      Après, licence CC ne veut pas dire que c’est à eux de mettre le source en ligne... ça veut dire qu’ils ne s’opposeront pas à ce que quelqu’un le fasse.
      Sinon, cela voudrait dire qu’ils ne font plus de commerce... donc plus d’argent, plus de traduction, et au final pas de diffusion. L’équilibre économique de l’édition est quelque chose d’assez difficile à obtenir.

    • @hlc Il me semble que les éditions de l’éclat et d’autres, font les deux c’est à dire du commerce et des lybers, je crois que c’est la filiale de la découvertes Zones qui fait ça aussi. Les livres sortent en librairie et sont disponibles en ligne. Je pense aussi à ce bouquin, qui a eu déjà plusieurs éditions et est à nouveau épuisé :
      http://micropolitiques.collectifs.net

      @suske c’est parce que tu manques de boulets sauce lapin !

    • @supergeante Oui, il y a toujours plusieurs modèles économiques avec les Creative Commons... mais il ne sont pas obligatoires (à la différence de la GPL pour les logiciels qui contraint à ouvrir et partager le code modifié... mais l’économie du logiciel + service est totalement différente de l’économie du livre).
      C’est pas facile de trouver un bon modèle qui partage et qui permette une économie. On a essayé de le formuler avec notre Licence édition équitable (http://edition-equitable.org)... mais c’est pas facile.
      Et puis pour moi, le « partage », c’est entre gens qui se connaissent (des « communautés »), et le « gratuit » c’est souvent un prix d’appel, un arbre qui cache une forêt de captation des traces ou bien le dumping de ceux qui ont les moyens pour couvrir le monde de leur vision des informations (cf les journaux « gratuits » de propagande distribués dans nos villes).

    • @hlc il est tout à fait logique que tu ramènes cette question à ta propre expérience d’éditeur, et tout le monde convient que cette équation économique n’est pas facile. Même si, comme le dit Peg, l’expérience lyber montre que la question n’est pas si tranchée que tu sembles vouloir le dire (internet => pas d’argent => pas de traduction).

      Mais là on ne fait pas des généralités : dans ce cas précis, pour cet auteur précis, sur ce sujet précis, le fait de ne pas distribuer le livre librement et volontairement paraît (pour le dire gentiment) un contre-sens.

      Et suggérer que quelqu’un prenne le risque de « pirater » le livre (comment, d’ailleurs ?) en disant « il est probable que l’éditeur ne va pas poursuivre en justice », c’est incompréhensible quand on met ça en rapport avec l’histoire d’Aaron.

    • En fait l’expérience a souvent montré que les livres disponibles en Lyber étaient aussi ceux qui se vendaient le mieux en librairie, ou en tout cas que leur disponibilité n’entravait pas les ventes (ceux qui les lisent en ligne ne les auraient de toute façon pas achetés).

      Cf. le texte de Michel Valensi « Petit traité plié en dix sur le Lyber »
      http://www.lyber-eclat.net/lyber/lybertxt.html


  • You can’t ‘feel’ race, but can you ‘feel’ female ? On Rachel Dolezal, Caitlyn Jenner, and unspeakable questions » Feminist Current
    http://feministcurrent.com/12254/you-cant-feel-race-but-can-you-feel-female-on-rachel-dolezal-caitly

    Identity can be an individual thing. But systemic oppression, whether it be through race, class, or gender, is not simply about individual feelings or how one chooses to present or express themselves out in the world. It is not a personal matter or a personal choice. And as complex as these issues are and as much as I struggle with them, myself, this is something that must be acknowledged within political movements.

    The way in which the political and activist landscape has been overtaken by identity politics, by which I mean both that we tell one another we have no right to speak to particular issues unless we have direct experience with whatever it is we are commenting on (i.e. “You may not have an opinion about the sex industry unless you identify as a sex worker”) as well as the trend of individualizing absolutely every experience and obsessing over our own personal feelings above all else (for example, “Taking sexy selfies makes me feel empowered, ergo self-objectifying is empowering because I feel it and because I say so”) has had a detrimental impact on movements, particularly the feminist movement.

    If gender identity is an individual, personal thing, as we are told, is gendered oppression no longer a social issue but rather a malleable choice?

    Pas mal d’échos d’un truc qui défraie la chronique aux USA. Il y a quelques semaines, un riche Républicain est sorti du placard en tant que femme trans. Plus récemment, une activiste du NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) a été outée comme étant blanche, en dépit de son auto-identification comme personne de couleur. J’ai vu passer pas mal de trucs qui mettent en regard les deux affaires et posent la question de l’identité : fait social ou fait individuel ? Pourquoi l’auto-identification de la femme trans républicaine et friquée pose spontanément moins de problèmes que celle de l’activiste anti-raciste ?

    C’est une question qui pour moi est loin d’être anodine et réservée à l’activisme américain, puisqu’elle s’est posée très durement il y a peu dans l’asso féministe dans laquelle j’étais engagée depuis quatre ans. On a vite laissé tomber l’idée selon laquelle être femme, c’était avoir des ovaires mais on est arrivé (sans moi) à l’idée que le genre était un vécu individuel, une identité avec laquelle on est né et pas un fait social, une expérience de la vie en société qui nous renvoie à une statut subalterne.

    Et Megan Murphy, qui est une féministe canadienne que j’apprécie beaucoup, plus matérialiste que queer et plus marxiste que libérale, assez peu orthodoxe parmi les féministes "radicales" de sa génération (et de la mienne), a écrit une contribution qui me semble vraiment bien : située, bienveillante mais pas complaisante.

    • Il me semble que ce qui choque aussi dans un des cas c’est que la personne est impliquée dans une organisation de défense des personnes de couleurs alors que même si elle s’identifie comme une personne de couleur et a pu être discriminée en tant que personne de couleur, elle a quand même un gros bagage de personne blanche. Du coup je comprends que certaines personnes de couleurs grincent des dents.

    • Oui, je comprends : être perçue comme blanche, c’est échapper à une expérience du social que font les personnes de couleur. Être noire dans sa tête et dans son cœur n’y fait rien et je pense légitime de faire remarquer que peu de femmes noires ont eu les opportunités qu’a eues cette militante perçue comme blanche.

      Mais ça pose aussi la question du parcours de femmes trans qui sont encore perçues comme des hommes ou étaient encore perçues comme des hommes il y a peu. Une différence de taille : c’est discriminant en soi de se penser différemment de ce que les autres voient. Murphy en parle bien :

      So it’s difficult, when we see race and class as categories that one cannot simply identify our way in and out of, to know what to make of someone like Jenner, who lived her whole life as a rich, white man, until recently. She may believe she felt like a woman on the inside and will likely learn what it is like to move about as a woman, now, but she was treated and socialized, for her whole life, as a man with a great deal of privilege.

      Mon asso féministe accueille depuis quelques semaines une personne se définissant comme une femme trans, qui il y a peu parlait encore de soi au masculin et portait une barbe, soit cultivait une apparence masculine. Et on était peu nombreuses à penser que l’auto-identification a ses limites et tendrait à faire oublier que le genre est une construction sociale (rapports sociaux de sexe).


  • Il y a deux ans, #Rachel_Dolezal, la présidente du NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), a été outée comme étant blanche, en dépit de son auto-identification comme noire, et contrainte à la démission. @aude_v en avait parlé ici :
    https://seenthis.net/messages/383197
    https://seenthis.net/messages/384296

    Entre temps, elle change de nom (Nkechi Diallo), publie un livre (In Full Color : Finding My Place in a Black and White World), et donne une conférence TEDx pour raconter sa vie, donner sa version des faits et sa façon de voir les choses. Peut-on être #transracial ?

    Rachel Dolezal memoir to explore ’discrimination while living as black’
    Alan Yuhas, The Guardian, le 31 octobre 2016
    https://www.theguardian.com/us-news/2016/oct/31/rachel-dolezal-memoir-in-full-color-race-black-white

    La chaîne officielle des TED Talks avait hésité avant de diffuser cette conférence (les TEDx sont organisées de façon indépendantes), mais elle a fini par le faire :

    Rachel Dolezal’s TEDx Talk
    Le 2 novembre 2016
    http://blog.ted.com/rachel-dolezals-tedx-talk

    #Claire_Hynes n’est pas convaincue et fait, bien entendu, le lien avec le transféminisme :

    Rachel Dolezal’s pick-your-race policy works brilliantly – as long as you’re white
    Claire Hynes, The Guardian, le 27 mars 2017
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/mar/27/rachel-dolezal-race-white

    Commentaire personnel : au delà de la transition blanche-noire qui peut se discuter, elle aurait pu éviter de postuler à la présidence du NAACP qui était non seulement exagérée, mais en plus volait le poste à un.e « vraie » personne identifiée comme noire...

    Ceci rappelle et renvoie à un autre débat récent :
    https://seenthis.net/messages/579254

    #Racisme #Race #Identité #Backlash #Femmes #Transfemmes #Féminismes #Intersectionnalité

    • The express-your-real-self argument appears reasonable enough on the surface, especially at a time when half of young people define gender on a spectrum. If people can transition from one gender to another, why not from one race to another? Why shouldn’t we define ourselves afresh if we feel another description better reflects our inner selves? Fluidity for everyone, right?

      Dolezal is correct to argue that race is largely a social construct rather than a science. And her transracial claims flag up the difficulties around defining who we are.

      In a TEDx talk presented by Dolezal last year, she appeals to the predominantly white audience, asking: “Is the identity that you were assigned at birth the best description of who you really are and what your purpose is for being in the world?” And she urges: “What is life if we can’t draw our own pictures and write our own stories?”

      Some trans rights activists have rejected Dolezal’s argument on the grounds that gender reassignment is a matter of medical necessity rather than choice. But Dolezal’s choice argument also fails because, in reality, the pick-your-own-race principle works only for a privileged minority.

      #non-binaire #fluide #individualisme #classe de sexe, de #race


  • Le problème qui n’a pas de nom… parce que le mot « femme » est qualifié d’essentialiste | Claire Heuchen
    https://tradfem.wordpress.com/2017/03/17/le-probleme-qui-na-pas-de-nom-parce-que-le-mot-femme-est-qualifie

    « Y a-t-il une façon plus courte et non essentialiste de parler de « personnes qui ont un utérus et tous ces trucs » ? », a demandé sur le réseau Twitter la journaliste Laurie Penny. À plusieurs égards, la quête de Penny pour trouver un terme décrivant les personnes biologiquement femmes sans jamais utiliser le mot femme décrit le principal défi posé au langage féministe actuel. La tension entre les femmes qui reconnaissent et celles qui effacent le rôle que joue la biologie dans l’analyse structurelle de notre oppression s’est transformée en ligne de faille (MacKay, 2015) au sein du mouvement féministe. Source : (...)

    • Toute cette polémique résulte d’une déclaration de #Chimamanda_Ngozi_Adichie

      Alors, quand des gens soulèvent la question « est-ce que les transfemmes sont des femmes ? », mon sentiment est que les transfemmes sont des transfemmes. Je pense que si vous avez vécu dans le monde en tant qu’homme, avec les privilèges que le monde accorde aux hommes, et que vous changez ensuite de sexe, il est difficile pour moi d’accepter que nous puissions alors comparer vos expériences avec les expériences d’une femme qui a toujours vécu dans le monde en tant que femme, qui ne s’est pas vu accorder ces privilèges dont disposent les hommes. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose d’amalgamer tout cela. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose de parler des enjeux des femmes comme étant exactement identiques aux enjeux des transfemmes. Ce que je dis, c’est que le genre ne relève pas de la biologie, le genre relève de la sociologie.

      #femmes #transfemmes #identité #queer #TERF #féminismes #backlash #Claire_Heuchen

    • « Supprimer le mot femme et les termes biologiques de tout échange concernant la condition féminine corporelle semble dangereux, écrit la chroniqueuse Vonny Moyes. Refuser de reconnaître l’anatomie des femmes, leurs capacités reproductives et leur sexualité a longtemps été le fait du patriarcat. Il semble que nous ayons bénéficié de quelques décennies dorées de reconnaissance, et que nous avons pu afficher fièrement notre expérience vécue de la condition féminine corporelle, mais nous devons maintenant abdiquer ce vocabulaire au nom du reste du groupe. Même si la logique semble être aux commandes, il est difficile de ne pas ressentir l’effacement de cet aspect de la condition féminine, avec de troublants échos du patriarcat traditionnel. »

      ouais, pas qu’un peu, d’autant qu’à la racine du patriarcat se trouve l’exploitaton du #travail_reproductif

    • Cher-es éditeurices de @rezo !
      Cet article est problématique de par sa position transphobe (soutenir que les femmes trans ne sont pas des femmes ou que "le" féminisme ne devrait pas se soucier d’inclure les femmes —et autres personnes— trans, c’est transphobe).

      Si ça ne suffisait pas, l’autrice (et la traductrice française à sa suite) fait l’amalgame entre une théorie queer caricaturale et le transféminisme, et balance certaines affirmations basées sur du vent, style : "Dans un tel scénario, celles qui possèdent un corps féminin, les femmes, pourraient simplement échapper par auto-identification à l’oppression structurelle, et choisir de faire partie de n’importe quel autre groupe qu’une classe opprimée"

      Personne, à ma connaissance, ne défend ça. Il y a de grandes chances pour que l’autrice ait sorti cette accusation de son chapeau en la présentant comme une conséquence logique de l’"idéologie queer" (alors qu’elle parle en réalité non de queer mais de transféminisme) ; c’est un “sophisme de l’homme de paille” (https://fr.wikipedia.org/wiki/Épouvantail_(rhétorique)), consistant à argumenter contre un-e adversaire dont on a pris soin auparavant de déformer ou d’exagérer les positions ; bref, de la belle malhonnêteté intellectuelle !

      Et il y a plus mais je vais m’arrêter là, j’ai commenté l’article en (un peu) plus de détail mais je ne suis pas sûre d’être validée par la modératrice...

      Donc au minimum, même si encore vous n’êtes pas sûr-es de votre position sur la transphobie (et je vous encourage à vous renseigner au plus vite, http://www.juliaserano.blogspot.fr est une autrice très accessible, pointue, mesurée... mais c’est en anglais) évitez au moins de relayer des articles d’une telle mauvaise foi s’il vous plaît ! Et si vous ne comprenez pas les enjeux (qui sont immenses, pour une population certes marginal(isé)e et numériquement faible) alors abstenez-vous de peser dans le débat.

      Par ailleurs, un immense merci pour votre travail formidable qui m’a aidé à forgé ma conscience politique sur de très nombreux thèmes.
      —Miluyali

    • @milyali Merci. Je le partageais surtout pour aller à la pêche aux réactions et aux critiques (ce n’est pas très malin, je sais), parce que je ne connais pas grand chose au sujet. Je vais essayer d’y remédier assez vite !

    • Mesurée, Julia Serano ?

      @JuliaSerano : « ...but I have to say that as an infertile woman, all this contraception-centric feminism over the last months has been alienating for me... », twitter.com, 4 mars 2012.

      Quand le torchon brûle entre femmes trans et féministes cis, c’est bien dommage et à mon avis ça demande de mettre beaucoup de trucs sur la table pour s’accorder mieux contre le patriarcat. En revanche, je ne suis pas sûre que ce soit très constructif de traiter ses opposant-es de malades mentales (marre du lexique en -phobe) ou de prendre à partie les personnes qui écrivent, traduisent, éditent ou même lisent les textes qu’on n’aime pas. J’espère que ton com passera, @milyali, mais ton procédé qui consiste à suggérer la dépublication par @rezo n’est pas très très classe.

    • Bonsoir @mona, si c’est vous qui avez enlevé le lien de la page de @rezo je vous en remercie, je vais tâcher d’être un peu plus constructive dans mes suggestions de lecture si ces sujets vous intéressent (cf. plus bas)

      J’ai réagi un peu dans l’urgence parce que je lis depuis quelques temps avec inquiétude les clashs assez orageux qui opposent certaines féministes radicales (décrites par leurs opposant-es comme TERFs, pour "Trans-Exclusionary Radical Feminists) aux femmes trans aux USA. On n’en est pas arrivées là en France, mais à mesure que les problématiques trans gagnent en visibilité, on va avoir droit au backlash qui risque de venir avec. Les traductrices de TradFem semblent vouloir contribuer à introduire en français certaines des idées (et amalgames surtout) phares des TERFs donc ça me semblait important de commencer dès maintenant à y faire face...

      @aude_v : bien vu, j’avais jamais réfléchi à la connotation psychiatrisante des termes en -phobie... Selon toi est-elle présente également dans "xénophobie", "homophobie", "islamophobie" ? je ne me rend pas toujours bien compte de cette influence insidieuse de l’étymologie.

      En tous cas pour "transphobie" je trouve ça pas top en effet, même si le mot existe depuis trop de temps et a une histoire qui le rend incontournable et légitime dans certains contextes, de la même façon que "antisémitisme" ne se réfère pas (plus) à la haine des "sémites" mais des seul-es juif-ves. L’usage prime finalement sur l’étymologie, ce qui ne doit pas nous empêcher de réfléchir à de meilleurs termes.

      N’empêche, c’est vrai que j’aurais pu dire "anti-trans" ou "cissexiste", au moins on est clair sur la dimension politique de ces discours.

      Hum je n’avais pas l’impression d’avoir suggéré la dépublication, je ne réalisais pas que ça se faisait. Je viens de m’inscrire sur seenthis et c’est la première fois que j’interagis directement avec @rezo en fait, depuis 2012 que c’est ma page de démarrage j’en avais encore jamais ressenti la nécessité ! En tous cas ça me va bien d’avoir (apparemment) suggéré ça, et j’assume sans problème l’inélégance de cette démarche. Pour moi, le texte de Tradfem ne tient pas un discours méritant d’être débattu, à deux titres : malhonnêteté intellectuelle et manque de cohérence argumentative d’une part ce qui laisse présumer un débat stérile ; et puis position essentialiste anti-trans, déni du vécu, de la subjectivité et des revendications des personnes trans. Et là il n’y a rien à débattre, on est sur des positions de principes fondamentalement incompatibles.

      Après on peut décider d’assumer ce refus d’entendre les voix des personnes trans, mais je ne me fatiguerai pas à en débattre, je me contenterai de le combattre. À quoi bon discuter face à un discours dont les croyances ou valeurs sous-jacentes ("les femmes trans ne sont pas des femmes") sont incompatibles avec les miennes, et qu’aucune de ces deux positions n’est démontrablement plus "vraie" que l’autre ?

      Concernant Julia Serano :
      Merci de partager ce tweet dans lequel en effet elle dit un peu de la merde (j’imagine que tu as vérifié que c’était pas du second degré, ou que c’était lié à un contexte trop spécifique ?). Je vais pas la défendre à tout prix, même au contraire si elle a dit d’autres trucs du même acabit ou encore si elle tient d’autres positions problématiques c’est cool de le partager. Merci ! Ceci étant dit le tweet en question ne me semble pas suffisant pour la décrédibiliser, ou démentir le fait qu’elle a (selon moi, et en général) une écriture plutôt fine et intelligente. Mais oui c’est vrai que c’est pas très “mesuré" ni très intelligent comme remarque.

      En tous cas c’est de bonne guerre, linker le site d’une autrice plutôt prolifique et éclectique en disant "tiens lis ça" c’est un peu facile. Dont acte, je farfouille pour donner des références précises :

      > J’ai lu récemment son premier livre, "Whipping Girl" dont quelques chapitres sont traduits et publiés par Tahin Party (http://tahin-party.org/serano.html). J’ai trouvé ça hyper intéressant, et je le recommande. Elle explique notamment comment l’exclusion et la dévalorisation des femmes trans, y compris par certaines féministes, est au moins en partie due selon elle à une dévalorisation de la féminité, et donc à de la misogynie intégrée.
      > http://msmagazine.com/blog/2012/04/18/trans-feminism-theres-no-conundrum-about-it —Ça répond en partie à certains des reproches que Claire Heuchan adresse aux transféministes.
      > http://juliaserano.blogspot.fr/2011/08/whipping-girl-faq-on-cissexual.html —Là c’est de la terminologie, c’est pas fun à lire mais au cas où ça couvre des points qui me semblent importants comme base.
      > http://juliaserano.blogspot.fr/2013/11/why-myriad-double-standards.html —Où JS pose les bases d’un féminisme "holiste" prenant en compte l’intersection d’une myriade de "deux-poids-deux-mesures", pas seulement celui qui défavorise les femmes au bénéfice des hommes.
      > http://juliaserano.blogspot.fr/2013/11/what-is-gender-artifactualism.html —Un point sur l’inclusion de facteurs biologiques dans l’identité de genre. La discussion avec RadTransFem en commentaire est intéressante

      Voilà... PS— merci @mona et @aude_v. pour vos écrits que je suis depuis quelques années, Vous m’avez chacune fait avancer dans mes réflexions et je vous en suis très très reconnaissante ! :)
      ~Miluyali~

    • Le lien a été dépublié de rezo.net, sérieux ? Je n’avais pas lu le texte, je craignais le pire à voir les réponses qu’il inspire et si je ne suis pas d’accord avec tout, je trouve ça super choquant de censurer des lesbiennes noires féministes parce qu’elles devraient être féministes comme on pense et pas autrement. Et des blanches hétéro pareil.

      Je pense que les inquiétudes qu’expriment les féministes traduites par Tradfem sont sérieuses. Meghan Murphy raconte l’attaque contre la librairie de Vancouver et la campagne violente contre une librairie anglaise http://www.feministcurrent.com/2017/02/14/podcast-julie-bindel-growing-working-class-lesbian, parce qu’elles accueillent des (livres de) féministes qui seraient à censurer. Murphy note qu’au final la présence de mecs hétéro cis en soutiens parfois actifs est plus que problématique : toi aussi, trouve une bonne raison pour aller dire à des meufs quoi penser.

      Outre ces cas de violence, je pense que la manière dont les espaces des femmes sont grignotés est problématique. Murphy, encore elle, raconte qu’au Canada les personnes peuvent désormais choisir leurs vestiaires et toilettes sur la base de leur ressenti (un lien au passage https://raymondreviens.wordpress.com/2016/07/01/c-est-mon-ressenti). Ça veut dire qu’être femme n’est plus affaire de biologie ni de socialisation mais de choix. Serano, d’ailleurs, fait un sort à cette idée qui peut sembler cool pour en finir avec le sexisme (arrête d’être une meuf et ça ira mieux) mais n’est pas opérante. Être une meuf, c’est être identifiée comme une meuf et subir à cause de cela violence sexuelle, symbolique, censure, etc.

      Je pense qu’il est super important de noter que les personnes qui vivent ça ont besoin de non-mixité. Que ce soit politiquement pour construire une réponse collective ou en pratique pour avoir des lieux safe, dans lesquels il n’y a aucune chance qu’elles se fassent agresser par une personne qui tente de la pénétrer avec son pénis comme elles ont pu en faire l’expérience. Perso j’étendrais volontiers cette mixité aux femmes trans mais je constate beaucoup d’abus à ce sujet, par exemple quand on décide qu’il est oppressif de renvoyer à une femme trans une identité masculine alors qu’elle se présente au monde avec un physique masculin, que personne ne lui a jamais renvoyé d’injonctions féminines, ni enfant, ni adulte et qu’elle ignore donc en grande partie ce qui fait une vie de meuf.

      Je sais que la réaction évidente, c’est de dire que chacun.e doit s’autodéfinir. Même moi, quand l’an dernier à la teuf du 8 Mars une petite fille m’a regardée en face pour me demander pourquoi j’étais dans les toilettes des filles (je suis un peu butch mais pas ambiguë), au lieu de lui dire qu’il y avait plein de femmes différentes je lui ai dit qu’il fallait laisser à chacun.e le droit de choisir ses chiottes. Alors qu’en fait je trouve bien que des personnes avec un pénis n’aient pas le loisir de se retrouver comme moi dans les chiottes avec une petite fille sans un minimum de garantie sur leur adhésion à la classe des femmes. Parce que le truc a l’air abstrait, Serano théorise de manière très fine, mais ce qui finit par avoir lieu dans la vraie vie, c’est que n’importe quel malade peut investir de bonne ou de mauvaise foi un lieu ou des femmes se réunissent entre elles et leur imposer sa présence.

      J’ai quitté un lieu féministe ou Serano avait justement été convoquée pour justifier l’accueil d’une personne barbue et parlant de soi au masculin qui était visiblement débile léger, exploitait une femme à la maison, se disait trans mais a finalement refusé l’aide des meufs trans de l’asso et s’est fait lourder d’une asso amie pour avoir dragué des femmes qui étaient accueillies dans le cadre de violences genrées dont elles sont victimes/survivantes. Classe. Que la question ne se pose pas pour d’autres meufs trans dans le lieu en question et se pose pour cette personne, ça n’a jamais été un argument convaincant, c’était soit biologie ou autodéfinition. Alors qu’il a bien été démontré qu’être femme était un fait social et que le regard des autres, leurs injonctions que tu finis par intérioriser, compte bien pour faire d’une personne une femme.

      Je ne sais pas encore trop quoi penser des inquiétudes sur la condamnation du mot femme mais il me semble évident qu’il y a a minima une compétition entre femmes trans et femmes cis pour la définition de ce que devrait être le féminisme (c’est ce que montre Serano quand elle se plaint que les féministes en fassent trop sur les droits reproductifs), et que certaines femmes trans et leurs allié.es luttent violemment pour ça, contre une classe de personnes qui ont un privilège cis assez douteux parce que non, être perçue comme une femme dans une société sexiste n’offre pas vraiment de privilège, à part le fait d’être dans une norme statistique. Être représentée, ne pas être invisibilisée ? Vu la qualité des représentations, on aimerait parfois mieux pas.

      Je n’ai pas trop compris le truc de féminisme holistique de Serano mais je pense que ça commence en comprenant comment des féministes comme moi, à priori transinclusives et pas essentialistes, peuvent finir par se sentir menacées. L’autodéfinition et la non-binarité sont en l’état du sexisme des tentations assez dangereuses pour invisibiliser les femmes et nier leurs besoins politiques et bassement pratiques.

    • Et j’en remets une couche pour remercier de nouveau @tradfem de la mise à disposition de ces textes. Je ne suis pas d’accord avec tout mais j’y ai trouvé des super ressources pour comprendre le pétage de câbles que j’observe au sujet de l’identité en ce moment. Claire Heuchen entre autres explique super bien la racine du problème, le fait que le genre n’est pas une identité individuelle mais un système de classement social des personnes entre hommes et femmes, à fin d’établir l’oppression des uns sur les autres. Il s’agit donc moins d’identité que d’appartenance à une classe quand il est question d’être une femme. Et l’appartenance, elle, se construit avec les autres.

      C’est grave, de faire taire ces voix...

    • @aude_v : Merci pour tes réponses !

      Bon, j’ai envie de revenir sur ma position.
      Les enjeux, du moins certains me dépassent.
      J’ai du mal à voir pourquoi ça dépendrait de moi (je ne suis membre d’aucun groupe de SJW qui pourrait tenter de détruire la réputation ou hacker les serveurs de Rezo.net ou quoi, qu’on se rassure je ne parlais qu’en mon nom propre et n’avançait aucune menace masquée autre que ma propre désapprobation)... mais bref, si mon avis compte sur la republication de l’article, je vote pour, tout en encourageant l’équipe @rezo à publier des positions contradictoires.

      Donc OK j’ai réagi avec virulence avant d’être bien au clair sur ma position. Je m’excuse et me rétracte. J’ai la sensation d’être dépassée par cette discussion, mon expérience de ces débats est informée par mon propre prisme et vécu qui tendent à me faire privilégier les voix trans et trans-inclusives. Je réalise un peu mieux les abus que peuvent entraîner une telle position poussée à l’extrême, merci d’avoir partagé ton vécu et ces liens.

      Pour parler un peu du fond, je trouve pas que tout ce que dit Heuchen dans cet article est faux. loin de là. Je ne suis pas du tout convaincue par les positions qui nient complètement la réalité de la socialisation masculine pour les femmes trans. En tout cas je répète, concernant Heuchen il me semble qu’elle ignore de large pans de discours trans pour en faire une caricature grotesque, cherche à s’accaparer « le » féminisme, jette les femmes trans et leurs vécus hyper divers avec l’eau du queer de façon éhontée et franchement ça ne prête pas à l’échange. Oui moi aussi en fait je pense qu’on a besoin de sérieuses discussions sur ces questions de socialisation masculine, d’inné-et/ou-construit, d’autoidentification, de binarité ou non. Je suis loin d’être tranchée sur toutes ces questions et le débat me semble important.

      Ceci étant dit, « la #censure » n’est jamais qu’affaire de ligne de démarcation, dont le choix du tracé est éminemment politique, entre ce qu’on veut bien et ce qu’on ne veut pas entendre. Si @rezo relayait les idées racistes de Caroline Fourest je pèserais de tout mon p’tit poids pour que ça soit dépublié. ça te parle ? Le rapprochement te paraît justifié ou non ? (certes Fourest est très bien relayée déjà, mais ce texte de Heuchen ajoute de l’eau à un moulin transmisogyne qui tourne déjà très bien tout seul sans l’aide des féministes radicales. pour moi leur caricature de transféminisme n’est pas du tout subversive)

      Sinon, juste :
      « être perçue comme une femme dans une société sexiste n’offre pas vraiment de privilège » :
      –> Etre blanche (bourgeoise, valide, etc) comporte des privilèges non ? pourquoi être cis ce serait pas le cas ? Ça ne change rien à l’oppression subie par les femmes cis, en tant que femmes.

      Encore merci. Bonne soirée.

    • @milyali, j’ai trouvé ton expression très mesurée. Pour la (dé)publication de Fourest, la question ne se pose pas car elle est mainstream depuis longtemps. Pas vraiment le cas de Claire Heuchen, si j’ai bien compris.

      Sur le privilège des blanches et des bourgeoises, justement j’en causais aujourd’hui avec des copines à propos du prochain texte de Mélusine qu’on publie et qui parle d’une spécificité assez trash du vécu meuf dans une classe globalement dominante. L’exemple que je donne souvent, c’est Delphy en 1977 sur l’intersection classe-sexe qui parle de la violence spécifique dont font l’objet les bourgeoises *parce qu’*elles sont la propriété du bourgeois et qu’elles dominent mais elles, c’est illégitime. Il y a des scènes de culture du viol prolétarien sur bourgeoises dans le cinéma subversif super « rigolotes » qui rendent bien compte de ce fait que les bourgeoises ne dominent pas vraiment les ouvriers, en tout cas, loin de la manière dont les bourgeois dominent les ouvriers. C’est pareil pour les femmes blanches objet de convoitise spécifique (il m’arrive de m’énerver encore d’agressions sexuelles dont j’ai fait l’objet alors que les femmes locales, moins privilégiées, en étaient préservées) ou que le privilège hétérocis d’ados US en cloque à 500 km du premier centre d’avortement. Je crois qu’il faudrait limiter la notion de privilège à des bénéfices aux dépens d’une autre classe, déjà, pas à des positions différentes qui ne font pas de vase communiquant...

    • Je résume : sous mes petits yeux qui n’en reviennent pas, le lien vers cet article aurait disparu de la page de @rezo. Ou c’est moi qui ne le retrouve pas. Dans tous les cas j’aimerais bien que les responsables de cette censure m’ôtassent un doute.

      Je ne sais pas si vous avez remarqué mais j’ai assez peu de complaisance pour les modes militantes, la bien-pensance et le confort intellectuel. Et puis je n’aime pas les accusations de maladie mentale, je ne sais pas d’ou je tiens ça... Je n’ai pas l’intention de mettre mon mouchoir sur cette histoire, je souhaite qu’on en discute.

      Parce que ça n’a l’air de rien comme ça mais la réduction du genre à une identité perso et qu’il ne soit plus compris comme un système de classe (un fait que Claire Heuchen, une étudiante lesbienne afro-féministe écossaise si j’ai bien compris, explique très bien dans un texte connexe) me semble une attaque dangereuse contre ce que représente pour moi le féminisme. Au point que depuis deux ans je suis dans la nature, plus capable de m’investir dans une asso féministe.

      Je ne suis pas une femme parce que je l’ai choisi (a priori, moi, c’était non) ni parce que j’ai un utérus (dont je ne prendrai pas la peine de vérifier qu’il fonctionne) mais parce que c’est une classe à laquelle j’ai été assignée. Je suis une sous-personne dont beaucoup d’hommes trouvent loisible d’exploiter la bonne volonté, comme dans ces histoires que je raconte et qui sont moyennement rigolotes.
      http://blog.monpatronestprofeministe.eu

      Je ne suis pas a priori opposée à la participation des femmes trans au mouvement féministe, je pense que les parcours trans sont intéressants pour comprendre le genre (dis, on te parlait mieux quand on te voyait comme un gars ?) et j’ai déjà eu des copines trans féministes mais je suis très inquiète de la complaisance absolue sur l’appartenance de jure de toutes les personnes socialisées comme des hommes mais ayant un jour un souci d’identité et qu’il faudrait accueillir sur la base de leur auto-identification. Je pense que ce changement d’appartenance, il implique le regard des autres et en premier lieu des féministes dont on exige la sororité. Et devant le terrorisme qui exige des féministes cet accueil généreux, parfois aux dépens de leur intégrité (j’ai quitté mon groupe féministe d’appartenance parce que je craignais des abus dont je n’ai ensuite pu qu’entendre le récit), des textes dont celui-ci m’aident à penser pour protéger des espaces que j’estime être vitaux quand on est une meuf et qu’a priori on est l’objet de violences minuscules ou gravissimes, symboliques ou physiques, qui sont bien documentées ici.

      Je n’aurai pas spécialement envie de continuer à discuter de féminisme comme si de rien n’était si la censure de ce texte passe comme une lettre à la poste.

      @mad_meg @intempestive @odilon @touti @monolecte @mona @supergeante
      @rastapopoulos @reka @philippe_de_jonckheere @fil @biggrizzly @sombre @nicolasm

    • @rezo publie sans éditorialiser et laisse aux internautes le soin de s’y retrouver parmi plein de discours qui prennent parti et qui n’ont pas toujours vocation à être consensuels. C’est pas un arbitre du bon goût mais un lieu de découverte, si j’ai bien compris.

      Ce texte-là n’a pas franchement choqué @sinehebdo et @koldobika qui sont les premiers à avoir commenté avant que @milyali nous dise ce qui a été compris comme ce qu’il faut penser...

      Tiens, @cqfd au passage.

    • @aude_v : je comprends bien ta volonté d’en débattre et ta colère. Si je ne suis pas intervenue dans le débat jusqu’ici c’est que je n’y connais rien, que j’en découvre les termes et qu’il me manque pour l’instant aussi bien des ressources que du temps de réflexion et des discussions pour pouvoir y contribuer. Ce texte traduit par @tradfem et les réactions qu’il suscite engage ma formation sur les chapeaux de roue...

      (Incidemment, je n’ai pas reçu de notification même si tu as inclus mon pseudo dans ton commentaire, alors que cela fonctionne normalement.)

    • Mon coloc est tombé sur l’article sur rezo.net. Il me dit avoir trouvé l’article globalement très intéressant mais que quelques tournures lui semblaient violentes, trop polémiques. Et qu’il lui semble regrettable d’enlever cette pièce du débat. Moi qui ai lu alertée par cet échange, je craignais le pire et donc la surprise a plutôt été de trouver un texte argumenté et pas un tissu d’insultes.

    • Je découvre le texte et les commentaires sans y avoir pensé auparavant. Je trouve qu’il a le mérite d’ouvrir la discussion sur cette question.
      À chaud, j’ai tendance à penser que l’expérience d’une femme n’est pas la même que celle d’une « transfemme » et qu’on le veuille ou non, ce vécu est indélébile. Ça n’a rien de stigmatisant, c’est un fait. Tout cela mérite évidemment d’y réfléchir.

    • Merci @aude_v de ne rien lâché. C’est courrageux de ta part tant la discutions autour du transféminisme est difficile et violente. Je serais pour une republication de ce texte de tradfem eventuellement accompagné d’un autre texte qui explique les bases du transféminisme ou répond à certaines questions soulevés par le texte de tradfem. @milyali si tu as un texte à proposé ca pourrait equillibré le debat et peut etre aider toutes celles et ceux qui son largué·e·s a y comprendre qqchose.

    • Je ne suis intervenu ici que pour dire que ce texte est l’une des nombreuses réactions, des deux « côtés », à une polémique qui fait suite à une déclaration de Chimamanda Ngozi Adichie, une auteure féministe que j’aime beaucoup et qui est aussi attaquée pour son statut de célébrité (je ne la défend pas en disant cela, je constate juste), et de célébrité noire.

      Au delà du débat actuel sur l’identité, il me parait donc important de ne pas oublier la source de cette polémique, une petite minute, entre 2’40" et 3’40", et peut-être de se faire un avis dessus avant de se faire un avis sur les commentaires :

      Chimamanda Ngozi Adichie on feminism, Channel 4, le 10 mars 2017
      https://www.channel4.com/news/chimamanda-ngozi-adichie-on-feminism

      Et il pourrait ensuite être intéressant de citer d’autres articles de cette polémique, comme celui ci par exemple :

      When Callouts Become Anti-Black : On Chimamanda Ngozi Adichie’s Transphobia, Disposability Culture & British Colonialism
      Thembani Mdluli, Rest for Resistance, le 16 mars 2017
      https://www.restforresistance.com/zine/when-callouts-become-antiblack-on-chimamandas-transphobia

      Adichie and her work are important, and we cannot throw her away simply because she has demonstrated herself to be imperfect and even capable of inflicting harm upon people more marginalised than herself.

    • Call-out culture refers to the tendency among progressives, radicals, activists, and community organizers to publicly name instances or patterns of oppressive behaviour and language use by others. People can be called out for statements and actions that are sexist, racist, ableist, and the list goes on. Because call-outs tend to be public, they can enable a particularly armchair and academic brand of activism: one in which the act of calling out is seen as an end in itself.

      (...) “calling in” has been proposed as an alternative to calling out: calling in means speaking privately with an individual who has done some wrong, in order to address the behaviour without making a spectacle of the address itself.

      How do we hold people to account who are experts at using anti-oppressive language to justify oppressive behaviour? We don’t have a word to describe this kind of perverse exercise of power, despite the fact that it occurs on an almost daily basis in progressive circles. Perhaps we could call it anti-oppressivism.

    • Tiens, justement, un article de plus sur le sujet, traduit par @tradfem :

      L’essai de récupération de Chimamanda Ngozi Adichie par la Troisième vague est tout sauf intersectionnel
      RAQUEL ROSARIO SANCHEZ, Feminist Current, le 20 mars 2017
      https://seenthis.net/messages/580713

      Et dans le Guardian:

      Chimamanda Ngozi Adichie on transgender row: ’I have nothing to apologise for’
      David Smith, The Guardian, le 21 mars 2017
      https://www.theguardian.com/books/2017/mar/21/chimamanda-ngozi-adichie-nothing-to-apologise-for-transgender-women

      #Raquel_Rosario_Sanchez

    • Bonjour ! Bon j’ai passé une bonne partie de la nuit à lire et sélectionner quelques textes de personnes trans (et d’une ou deux femmes cis transinclusives) qui parlent de divers aspects des questions qu’on a abordées ici ! J’espère que ça donnera des pistes de lecture, et des idées de publication à @rezo. C’est très long parce que j’ai balancé des extraits substantiels pour chaque lien histoire de donner une idée de quoi ça parle et dans quel sens ça va.

      J’ai choisi surtout des auteurices matérialistes et/ou radicales, en tout cas pas franchement queer... non parce je voulais prouver qu’ielles existent et que Heuchan a tort de foutre tout le transféminisme dans la case "idéologie queer" (ce qui fait légèrement penser à la "gender" de LMPT franchement...) mais simplement parce que ce sont les blogs que je suis moi, et qui me parlent à moi.

      Les positions défendues dans les différents textes sont parfois au moins autant en désaccord entre elles qu’avec Heuchan :)

      Mais avant toute chose, @aude_v c’est quoi cette histoire de maladie mentale, personne n’accuse personne— OK, je (suis toute seule j’crois) n’accuse personne de maladie mentale. Lorsque je dis d’une personne qu’elle est transphobe (c’est bien à ça que tu fais référence ?), ouijesais c’est le même suffixe que "agoraphobe" ou "claustrophobe", mais aussi que "homophobe" ou "islamophobe" (que personne ne considère comme des maladies mentales à ma connaissance ?). L’accusation de transphobie porte sur le fait de prendre part, renforcer, légitimer une oppression systémique dans laquelle les personnes trans sont opprimées en tant que trans. Le mot n’est pas idéal, il a des connotation psy de par sa racine "phobie" je suis d’accord avec ça. Mais pour autant tu crois réellement que je porte des "accusations de maladie mentale" ? Toutes façons ça n’a pas de sens, être malade mental n’est pas un tort, on ne peut donc pas en accuser celleux qui en souffrent. En tout cas je fais de mon mieux pour éviter d’impliquer ça. Mais là y avait-il vraiment la moindre ambiguité ? Si c’est le cas je m’en excuse et je veux bien qu’on discute clairement de ce que le mot signifie ou de quel mot tu souhaiterais qu’on utilise ici pour en parler.

      Non parce qu’en revanche, quand une personne persiste à dire des trucs transphobes au bout d’une certaine exposition à des discours transféministes, je le lui reproche. "j’accuse" je sais pas (j’aime pas ce mot), mais je reproche ouais.

      Bref, donc quelques liens :

      SOCIALISATION MASCULINE :
      > "Les socialisations trans" http://misskoala.canalblog.com/archives/2013/04/04/26836748.html

      Au final considérer que j’ai socialisé comme un mec car AMAB (assignated as men at birth) c’est foutre en l’air les quatre dernières années de ma vie qui ont été les plus importantes pour moi. A vrai dire considérer que j’ai socialisé comme meuf car MtF me gênerait tout autant car c’est occulter les 23 premières années de ma vie avec cette foutue étiquette qui me démangeait ce mal-être permanent, cette envie d’être fille quand on me demandait d’être garçon. Alors que dire ?
      Que j’ai socialisé comme trans AMAB, comme trans MtF. Ouais ce serait mieux, je préférerais qu’on dise que j’ai socialisé comme Cassandra Koala mais au moins en considèrent que j’ai socialisé comme trans on ne colle pas un modèle cis sur ma vie.
      Il faut se faire une raison : NOUS NE SOMMES PAS CIS !
      Nos expériences, nos vécus, nos vies ne peuvent donc pas être ramené·e·s aux expériences, vécus ou vies de cis.

      > "J’emmerde votre socialisation" https://raymondreviens.wordpress.com/2015/11/09/jemmerde-votre-socialisation

      Notre socialisation elle, c’est à dire littéralement la façon dont nous avons relationné avec les personnes de notre entourage, elle nous a permis d’affirmer « j’appartiens au groupe des meufs, j’en suis une. ». A partir de ce constat fait plus ou moins tardivement, toute notre vie a été consacrée à nous débattre avec ça dans un monde qui nous dit que c’est pas possible, qu’on n’existe pas, que parce qu’on a une paire de couilles et des poils au menton on est pas supposées appartenir à ce groupe, on doit vouloir et aimer être dans celui des hommes. Alors on se débat pour s’accepter, tenter de démonter l’arbitraire et la fausseté de cette affirmation, et ça se voit. Eux, les hommes (cisgenres si vous voulez) le voient.

      Parce que ne vous y trompez pas, ils ont beau être ineptes pour 90 % des activités de la vie (forcément, ils obligent les meufs à tout faire pour eux), les 10% restants incluent toutes les activités coercitives. Ainsi ils sont très forts quand il s’agit de détecter et punir la personne qui au milieu de leurs rangs n’est pas comme eux : la personne féminine. Ça inclut pas mal de monde y compris des hommes homosexuels, mais la personne qui est la plus vulnérable, c’est la personne transféminine balancée chez eux par « erreur ». Et vous savez je suppose aussi bien que moi comment les mecs punissent les meufs qui transgressent les règles : violences psychologiques et physiques, agressions y compris sexuelles. Ça a été pour beaucoup notre lot quotidien durant l’enfance, l’adolescence et/ou une partie de l’âge adulte.

      FEMINISME TRANSPHOBE :
      > "Ça chante faux ; f-trans, « inclusives », radfem" http://lapetitemurene.over-blog.com/article-a-chante-faux-f-trans-inclusives-radfem-117692613.

      J’avoue, après réflexion et retour sur ce que j’ai vécu et subi à bio-féministlande, je ne m’associe pas à la chorale d’indignation vertueuse et inclusiviste envers les nanas qui se définissent ou se rassemblent comme Radfem®.

      Par ailleurs, je ne vois absolument aucune raison que je puisse soutenir d’empêcher des nanas de se réunir en non-mixité, fusse cette non-mixité imprégnée de haine et de bêtise réductrice et acritique. [...] Je suis juste de celles qui préfèrent que les choses soient claires : c’est une non-mixité f-bio. Mais faut le dire. Exactement comme pour la plupart des non-mixités qui se proclament « inclusives » et ne le sont pas en fait.

      Et d’autre part, ça me fait tristement marrer que cette opportune colère dirigée sur quelques naffreuses qui sont la bien pratique honte de la famille, permette une fois de plus de washer le mouvement féministe dans son ensemble, et surtout dans ses secteurs modernes, de toute violence anti f-trans.

      Un des sales côtés de ce monde, qui se répète, c’est qu’on est quelquefois moins en danger avec des ennemies ouvertes qu’avec de prétendues amies qui vous pourrissent et vous méprisent. Parce qu’au fond, les deux pensent et sentent pareil. Juste elles n’en font pas la même chose.

      > "Mon problème avec le féminisme « trans-critique » (Mrs Dreydful)" http://web.archive.org/web/20140906095825/http://negreinverti.wordpress.com/2014/05/21/mon-probleme-avec-le-feminisme-trans-critique

      De manière générale, je me sens plus en proximité des femmes trans – qu’importe leur race – par le sexisme qu’elles subissent, tout en niant en plus leur appartenance à la catégorie « femme », ce qui est semblable sur certains points au sexisme des femmes noires (mysoginoir). Comme les femmes noires, les femmes trans sont hypersexualisées. Comme les femmes noires, les femmes trans sont souvent taxées trop masculines, ou justement trop soumises face au patriarcat (car valorisant parfois les rôles féminins traditionnels qui leur ont été historiquement refusées). Comme les femmes noires, les femmes trans sont vues agressives. Bien sûr, les histoires de ces mêmes représentations mentales sont différentes entre femmes noires et femmes trans (sans compter que bien sûr, certaines femmes sont noires ET trans), mais on peut voir des similarités sur comment le sexisme est vécu par ces deux catégories de femmes.

      > "Les meufs trans sont donc masculinistes" http://misskoala.canalblog.com/archives/2014/01/07/28877794.html

      La non-mixité doit être politique et pas se restreindre à un espace-temps restreint. Si c’est pour laisser des hommes cis hétéros reprendre le pouvoir hors de cet espace-temps, si c’est se contenter d’un espace-temps non-mixte qu’ils daignent nous accorder désolée mais => sac de coprolithes. Et on voit quoi dans les espaces féministes transphobes ?
      Une grande présence de mecs cis hétéros qui relaient des femmes et vont dire laquelle est légitime ou non, qui traduisent des féministes pour les relayer à l’étranger (et légitimer leur présence dans les espaces féministes par ce travail de traduction), utilisent les médias télé/radio/journaux pour nous dire à quel point ils sont de gentils gentleman anti-sexistes, travaillent en collaboration avec certaines féministes renommées (prenant la place que des femmes pourraient avoir et légitimant un peu plus leur omniprésence)...
      Et à côté de ça on va présenter une « micro-minorité » de meufs trans féministes comme l’ennemi public numéro 1 de la non-mixité ?
      Laissez-moi rire . . . ^o<
      Ah bah non en fait j’y arrive pas.

      > "Transphobie dans un entretien avec Christine Delphy : ma réponse" http://web.archive.org/web/20150723105458/https://negreinverti.wordpress.com/2013/11/26/transphobie-dans-un-entretien-avec-christine-delphy-ma-reponse

      « le queer » : c’est quoi ça ? Je ne suis pas au courant que les trans, de par leur transition avait à répondre « du queer » (peu importe ce que c’est…) ou des actions et discours de celles/ceux qui s’en revendiquent.
      Donc encore une fois, où est le rapport entre un ou une trans et « le queer » ? Il suffit de faire un minimum de recherche pour voir que l’association « trans » « queer » n’est pas un produit des trans, mais bien un truc qui fait mouiller plein de non trans obscédé-e-s par la « déconstruction du genre ».Sur un forum d’entraide trans, les parties ouvertes au public vous feront voir que personne n’en a rien à faire « du queer ».
      Les trans transitionneraient pour faire de la subversion individuelle queer ? Comment sincèrement croire que nous pourrions nous exposer à tant de galères institutionnelles et interpersonnelles juste pour de la « subversion » ou plus spécifiquement pour « le queer » ?

      > "Leçon de grammaire" https://raymondreviens.wordpress.com/2016/02/21/lecon-de-grammaire

      L’emploi du terme “cismec” pour dire “homme détestable” revient donc à faire la distinction entre d’un côté des hommes trans idéalisés, fétichisés comme avant-garde de la révolution du genre / masculinité sans la toxicité / hommes parfaits / etc… et d’un autre côté des “cismecs”, ces hommes bien réels qui ont un comportement d’appropriation des femmes et de l’espace encouragé par la société. Notons également comme une parenthèse que nier la possible transitude d’un homme au motif de son comportement est exactement le reflet de la scrutation dont sommes victimes les femmes trans, scrutation qui a pour but de guetter les moindres signes de “non-féminité” de notre part. Voilà donc pour résumer tout ça : on est en plein dans la transphobie, entre fétichisation et négation de la personne.

      NON-BINARITE(s), AUTODEFINITION :
      > " Comment je suis devenu problématique" http://imnotacisboy.blogspot.fr/2016/09/comment-je-suis-devenu-problematique.html

      Je pense que l’auto-définition a ses limites et que là ça va, on les a largement atteintes et dépassées. Soit cette personne n’a aucune intention de transitionner (et par transitionner je parle de transitionner socialement, pas de prendre des hormones ou de se faire opérer, je vous vois arriver pour me traiter de truscum), elle est cis. Soit elle est en questionnement (et je ne sais pas vous, mais quand j’étais en questionnement je n’allais pas expliquer la transphobie à des personnes qui la vivaient depuis des années). Au passage j’ai l’impression que maintenant, « en questionnement » c’est passé à la trappe et que certain-e-s poussent plutôt les gens à se créer leurs propres identités dans laquelle illes seront seul-e-s, ensuite on leur envoie des câlins non-oppressifs et puis voilà, démerde-toi avec ça.

      > "Anti-guide du questionnement de genre" https://raymondreviens.wordpress.com/2017/01/17/anti-guide-du-questionnement-de-genre

      Il s’agirait donc de se demander “suis-je cis ?” Malheureusement, ce n’est pas vraiment un questionnement, car la réponse est simple. “Trans” est une réalité sociale : la réalité de l’exclusion, des discriminations et des violences liées au changement de catégorie sociale sexuée. “Cis” étant l’opposé de trans, il s’agit aussi d’une réalité sociale : non pas celle de ne pas subir de violences du fait de sa catégorie sociale sexuée (les femmes sont littéralement définies par les violences qu’elles subissent), mais la réalité d’être épargnée par les violences liées au changement de catégorie.

      Ceci dit, avec la honte et la peur qui caractérisent un questionnement aussi complexe, il est clair qu’à un moment dans un questionnement de genre, on puisse se dire “je veux m’éloigner de la masculinité, mais j’ai peur d’être la monstruosité transsexuelle qu’on me montre un peu partout, y compris d’ailleurs dans les milieux queer.” A partir de là, se dire “je suis du troisième genre”, qu’on peut exprimer autrement, par exemple “non-binaire”, “genderqueer”, “agenre”, est une solution réconfortante. Cela permet de se dire que je ne suis pas un homme, et pas non plus une monstruosité. C’est une réponse facile, rassurante, à une question complexe et angoissante. Une réponse aussi pétrie de (trans)misogynie. Ce qui me met en rage et ce qui me dégoûte, c’est quand les milieux et les personnes qui accueillent et prétendent aider des personnes en questionnement, la renforcent au lieu de lutter, avec la personne en questionnement, contre cette (trans)misogynie interiorisée. Notre rôle n’est pas de dire “bien sûr chéri-e, tu es ce que tu dis que tu es”, mais plutôt d’aider à dépasser cette peur, cette honte, pour que la personne puisse faire progresser ce questionnement.

      > "Trans : identités politiques contre politiques identitaires" http://misskoala.canalblog.com/archives/2016/06/12/32543581.html

      Ce qui pose le second problème : l’absence de définition claire de ce qu’est être trans.
      Et ce n’est pas un problème anodin. On est plutôt d’accord que dire qu’on est tou-te-s un peu trans est craignos et je pense que bon nombre de non-binaires seront d’accord pour dire que c’est tout aussi craignos de venir dire qu’on est tou-te-s un peu non-binaire.
      Je pense vraiment que pour empêcher ça ce n’est pas les politiques identitaires queers ou Mogai apportant une multiplication d’identités rendant les définitions de plus en plus floues qu’il nous faut mais bien une approche matérialiste et la construction d’identités politiques clairement définies.
      Ca peut sembler dur, violent, excluant et tout ce qu’on veut mais c’est impératif. C’est impératif et c’est selon moi le seul moyen pour lutter contre les TERFs (et je parle là de féministes transphobes francophones prêtes à s’inscrire dans la même mouvance que leurs collègues américaines Brennan ou Jeffreys) et à nous traiter comme une menace lavende à éradiquer politiquement voire physiquement. C’est avec une définition claire de trans (et donc de cis) que l’on pourra répondre quand elles écrivent qu’elles refusent d’être appellées cis sous pretexte qu’elles n’entrent pas dans les normes de genre. Ce n’est qu’avec une approche matérialiste et des définitions claires qu’on pourra répondre à Delphy quand elle explique qu’être trans c’est croire que si un jour elle se nomme homme alors elle aura accès aux privilèges masculins.

      ET POUR SE DETENDRE
      > http://assigneegarcon.tumblr.com

      Merci à @sinehebdo pour ces liens sur Adichie, hyper intéressant. Je suis d’accord avec restforresistance.com, ça craint de censurer une autrice pour une boulette, ou pour une position problématique, surtout quand on tape toujours sur les mêmes.

      Pour rappel, même si j’y ai re-réfléchi et changé d’avis, j’ai pas appelé pas à censurer tout ce que Heuchan a a dire, juste ce qu’elle dit (de moisi) sur les questions trans. Elle s’est par ailleurs faite trasher sévère pour ses positions sur le racisme et à ce titre doit être défendue

      http://observer.com/2017/03/jk-rowling-twitter-claire-heuchan-feminism

      Bonnes lectures et merci pour cette discussion, à suivre j’espère !

    • Merci @milyali pour tous ces liens ! Je n’aurai pas le temps de tous les lire, mais je saurai où aller, ou bien où renvoyer les gens qui cherchent...

      Tu résumes bien ma position sur Adichie : elle a peut-être fait une boulette (je n’arrive pas à arrêter une position claire là dessus), mais il me semble qu’il ne faut pas la jeter aux orties pour ça...

    • Islamophobe ça me gonfle aussi pas mal, @milyali. Quand on avait eu le débat dans mon asso pour voir si on accueillait une meuf trans qui parlait, s’habillait et se comportait comme un vieux macho à qui tout est dû, j’avais imposé qu’on dise « préjudiciable aux personnes trans » pour des propos ou comportements ou idées qui pouvaient être préjudiciables aux personnes trans, sans épiloguer sur si la personne est ou non atteinte de phobie. Je ne supportais pas le terrorisme qui visait à me mettre une étiquette de transphobe alors que je suis a priori transinclusive et qu’il s’agit juste de ne pas se foutre de la gueule du monde, encore une fois de bonne foi ou de mauvaise foi.

      Dans un des extraits il est question des mecs proféministes qui peuvent mettre le grappin sur le féminisme et les meufs ne disent rien mais si c’est une meuf trans... Bien d’accord, ça fait longtemps que j’ai identifié le proféminisme comme une manière de se distinguer des autres mecs. Sur mon blog je raconte comment j’ai vu un des proféministes que j’estimais le plus se faire un épisode mascu à mes dépens, me pourrir de male tears et m’annihiler dans le cadre du travail. Heureusement que la commission harcèlement de la fac ne sert à pas grand chose, sinon il y aurait une tache à sa belle carrière de héraut des droits des femmes. Tous les proféministes sont des dangers en puissance, c’est leur évolution future qui est inquiétante. Rien à côté de ce qu’on imagine être la socialisation mec d’une femme trans.

      Pour moi, le problème principal réside dans l’auto-assignation et l’abandon de la question de l’appartenance de classe au profit de l’identité individuelle. Et peut-être aussi de l’invitation à jouer avec son genre sans assumer d’appartenance de classe, parce que justement elle prend le parti de la non-pertinence des classes. Une personne qui bouffe du privilège d’être un mec et se fait des égo-trips non-binaires le w-e, c’est comme un proféministe, au début tu compares avec un gros macho et tu trouves ça trop classe. Et puis tu te bouffes sont privilège masculin dans la gueule et tu déchantes...

      Je pense que tu pourrais poster séparément les liens, ça donnerait aussi l’occasion à plus de monde de tomber dessus.

    • On peut faire un lien avec un autre débat sur le #transracial. A propos de la théorie de #Rachel_Dolezal, #Claire_Hynes n’est pas convaincue :

      Rachel Dolezal’s pick-your-race policy works brilliantly – as long as you’re white
      Claire Hynes, The Guardian, le 27 mars 2017
      https://seenthis.net/messages/584438

      #Race #Racisme

      Plus de détails sur l’affaire Rachel Dolezal ici :
      https://seenthis.net/messages/383197
      https://seenthis.net/messages/384296


  • Arnaque des bières mensongères, comment lire une étiquette ?
    https://www.happybeertime.com/blog/2014/04/28/arnaque-bieres-mensongeres-comment-les-reperer

    Voilà six mois que je prépare ce dossier sur les fausses bières locales. Ce sont de véritables fléaux dans le domaine brassicole. Elles sont dignes des prestidigitateurs de rue des vieux films américains. Ceux qui haranguent les passants dans les rues pour effectuer leurs tours de passe-passe et vendre un élixir de jouvence sous l’œil ébahi de la foule hystérique. Il existe la même chose dans la bière, plus près de toi que tu ne le penses, certainement dans ta région ou bien même dans ta ville. Ce dossier a pour but d’éclairer une zone d’ombre volontairement cachée. Il a pour but de dénoncer une pratique de charlatan pourtant bien légale. Certaines marques de bières vous cachent la vérité, nous la dévoilerons à leur place.

    #bière #fausse_relocalisation #capitalisme


  • Alphabet, maison mère de Google, veut collecter les données de santé de 10 000 volontaires
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/04/20/alphabet-maison-mere-de-google-veut-collecter-les-donnees-de-sante-de-10-000

    Le projet Baseline vise à compiler, sur plusieurs années, ces données d’Américains en bonne santé, afin de servir de base de travail à des chercheurs. Quelles sont vos habitudes alimentaires ? Dormez-vous bien ? Quelle est votre fréquence cardiaque ? Comment vont vos yeux ? Et votre audition ? Votre respiration ? Et qu’en est-il de votre humeur ? Comment cela évolue-t-il avec le temps ? Voici quelques exemples des données que compte rassembler Alphabet, la maison mère de Google, dans un projet (...)

    #Alphabet #prédiction #santé #biométrie #Verily #Baseline #Google_X #BigData

    ##santé


  • Bose Headphones Secretly Collected User Data - Lawsuit | Fortune.com
    http://fortune.com/2017/04/19/bose-headphones-privacy
    https://fortunedotcom.files.wordpress.com/2016/12/quietcomfort_35_wireless_headphones_-_silver.jpg?w=720

    The audio maker Bose, whose wireless headphones sell for up to $350, uses an app to collect the listening habits of its customers and provide that information to third parties—all without the knowledge and permission of the users, according to a lawsuit filed in Chicago on Tuesday.

    According to the complaint, Bose created detailed profiles of customers’ listening histories and habits, and shared it with marketing companies, including a San Francisco firm called Segment whose website offers to “collect all or your customer customer data and send it anywhere.”

    Last month, for instance, a “smart sex toy” maker called We-Vibe agreed to pay around $3.75 million to settle claims its app had illegally collected information about how its customers used the product.
    According to Jay Edelson, the privacy lawyer who filed the Bose lawsuit, companies should not be able to help themselves to consumer data just because they can.
    “Companies need to be transparent about the data they take and what they are doing with it, and get consent from their customers before monetizing their personal information,” said Edelson.

    #surveillance #vie_privée


  • Agents de dispersion | Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/post/2017/04/19/agents-de-dispersion
    https://blog.monolecte.fr/wp-content/uploads/2017/04/eb35b1062cfd093ecd0b4204e2445b97e77ee0d319b9164190_1920-e1492608785965-1024x683.jpg

    L’autre jour, je discutaillais au téléphone avec Frédéric et nous nous faisions la remarque de notre inévitable dispersion sur les réseaux sociaux, cette espèce de malström à idées. Bien sûr, le constat connexe et inévitable était que plus nous nous adonnions à la discussion en ligne et moins nous étions créateurs d’un contenu construit, utile et pérenne.
    Bon, peut-être pas utile.

    #débat #Internet #médias #technologie


  • The Heart of Whiteness : Ijeoma Oluo Interviews Rachel Dolezal, the White Woman Who Identifies as Black

    Je poste peu ces derniers temps. Je suis attelée à des tâches de longue haleine, que j’espère mener à bien et qui souffrent du papillonnage. (cf. https://seenthis.net/messages/591091)

    Cependant jour off forcé, je démarre par une revue de presse matinale qui, hasards de la sérendipité, me voit tomber et soupirer sur un article à propos de Rachel Dolezal (pour ceux qui ont oublié cette histoire https://en.wikipedia.org/wiki/Rachel_Dolezal). Rachel - qui a changé son nom récemment pour Nkechi Amare Diallo . Cette histoire de #Dolezal me laisse perplexe depuis ses prémisses. Sur le coup, je me suis dit : quel est le problème qu’une femme blanche dirige un chapitre de la #NACCP(https://fr.wikipedia.org/wiki/National_Association_for_the_Advancement_of_Colored_People) : l’association a été fondée par des #afro-américains mais a toujours eu des membres de différentes complexions et communautés.

    Et puis, plus les articles défilaient, plus la perplexité tournait à un questionnement : pourquoi autant s’attarder sur une histoire qui relève - je vais aller vite en disant ça - d’un désordre individuel ou disons de la santé mentale (je ne sais pas quel est le terme qui conviendrait vraiment).

    Les commentaires se déchaînent et puis pause. On l’oublie.

    Et cet article, qui je trouve évoque bien les troubles liés à cette affaire : l’attention qu’elle suscite, le malaise qu’elle provoque et selon moi, une empathie malaise pour cette femme particulièrement étrange jusque dans son choix de nom. Et cette impression perturbante qu’elle confond complètement classe sociale et la « race » comme catégorie sociale.

    On évoque beaucoup dans les milieux militants #anti-racistes, "féministes, #LGBT etc... ces derniers temps les identités choisies, le fait de s’identifier à tel ou tel genre, tel ou tel groupe - j’ai déjà eu une conversation à la Ionesco avec une jeune femme libanaise qui s’identifiait comme africaine (noire) malgré ses yeux bleus et sa peau beige clair - comme outil anti-essentialiste, pour dépasser les dominations institutionnelles et sociales.

    Pourtant, il y a toujours un moment où ça bloque, et mais c’est une impression, pas une étude scientifique, ce moment où tu vois le serpent se mordre la queue, le propos revenir à la case départ en passant par la prison essentialiste. En bout d’échange, quelqu’un revient toujours au fait que l’identification c’est bien gentil, mais qu’au final ce n’est pas la même chose , qu’on ne peut pas être et ne pas être, surtout face aux discriminations institutionnelles, racistes aux violences policières etc. D’où apparition de ces barbarismes comme personnes racisés . C’est comme dire "je m’identifie aux pauvres" mais que tu n’as jamais de problème pour payer tes factures. Ça nous fait une putain de belle jambe. You feel me ?

    D’une certaine manière, Rachel Dolezal pousse l’identification à son paroxysme non ?

    Also, even if there were 50 Nkechi Amare Diallos in Spokane—trust me, as someone named Ijeoma Oluo who grew up in the white Seattle suburb of Lynnwood—you’d have a much better chance of getting a job interview if you changed your name to Sarah.

    (...)

    I am nothing if not stubborn, so I clarify my question: “I mean, if you were walking down a street in New York, just as an anonymous person, to a lot of people you would appear as a white woman. There’s a function of privilege to that, right? The way in which you would be able to walk through the street, how people would interact with you, the level of services you would receive, your ability to get a cab, all of that would be impacted. Does that privilege factor into your identity?”

    Dolezal looks at me as if my question is completely ludicrous: “Well, I understand your question, but once again, that’s not what I experience. I don’t experience people treating me as a white woman in New York or elsewhere, an anonymous white woman. That’s what I’m trying to explain. People either treat me like a freak because I’m the white woman that pretended to be black in their eyes or treat me as a light-skinned black woman. That’s how people see me.”

    Il n’y a pas de conclusion à ce post, c’est normal, je ne voulais que faire part de ma perplexité.

    http://www.thestranger.com/features/2017/04/19/25082450/the-heart-of-whiteness-ijeoma-oluo-interviews-rachel-dolezal-the-white-
    https://media1.fdncms.com/stranger/imager/u/large/25082445/racheldolezal-rajahbose-4.jpg


  • Color Is a Dance Between Your Brain and the World - Facts So Romantic
    http://nautil.us/blog/color-is-a-dance-between-your-brain-and-the-world

    http://static.nautil.us/12159_e58478453181d060df81288ac2012452.jpg

    Since our experience of color is mediated by neurobiological processes, there’s been a tendency in the philosophy of color to argue that color—rather than being a property or feature of an object—is actually an illusion.Photograph by Nick Quaranto / FlickrWhen Robbert Dijkgraaf was a little boy, growing up in the Netherlands, he’d play in his home attic after school, often with a friend. It was dark inside except for the light streaming in from one window. One time, they closed the shades so only a sliver of photons could pass through. Robbert, holding a prism to the beam, found that it was like “holding a rainbow in your hand.” The prism, as Newton had observed centuries before, divided the white light, by refraction, into its constituent colors. The magic of that moment inspired him to (...)



    • C’est la réflexion que je me fais depuis un moment sur seenthis, et que Mastodon vient de raviver.

      Aujourd’hui, Mastodon est clairement très pâle en comparaison de seenthis pour :
      – les archives structurées
      – l’organisation autour des discussions (y compris au niveau de la recherche)
      – l’édition de ses propres billets
      – l’import de flux rss
      – les tags
      – l’intégration des images / oembed
      – le design graphique et la structure des billets
      – la limitation à 500 caractères (pourquoi n’est-ce pas un réglage de l’instance ?)
      – (qu’est-ce que j’oublie ?)

      Mais, il faut voir que le petit nouveau a la structure de données et l’API qui vont bien, ce qui pourraient leur/nous permettre de l’améliorer sur tous ces points.

      De plus Mastodon a réussi à rassembler très vite une énorme communauté de développeur·es semble-t-il très motivé·es. Tandis que, côté seenthis, les devs sont <strike>fatigués</strike> occupés à autre chose…

      Bref il me paraît clair qu’on n’aura pas l’énergie de rendre notre système compatible GNU Social / Mastodon, et qu’on devrait plutôt essayer de faire avancer Mastodon pour qu’un de ses avatars puisse à terme rendre les mêmes services que seenthis. Si cela aboutit, il « suffira » le moment venu d’écrire la moulinette d’import/export des contenus de ce site vers une instance Mastodon, et zou.

      Je ne sais pas si vous partagez cette vision des choses.

    • bien que pas geek / dev je partage complèment cette vision, @fil en partant d’un autre constat : si y’a pas une dimension chat / social, il est impossible de faire bouger les gens des réseaux-sociaux-marchands... des années qu’on essaye et que ça change rien , c’est même de pire en pire côté luttes sociales et le CHT de Nantes tire la sonette d’alarme sur la disparition des mémoires de luttes...
      Bref il nous faut nous unir et concentrer sur les initiatives qui semble développer de l’enthousiasme et ça fait longtemps que j’en n’avais pas vu un aussi fort que pour #mastodon !

    • On avait évoqué le sujet avec @b_b : https://mastodon.social/@0gust1/1591122

      En plus des choses listées par @fil, l’interface même de Mastodon (inspiré de tweetdeck, je crois), les notifications temps réel, la mise à jour rapide des flux, etc.., créent une temporalité plus rapide sur Mastodon que sur Seenthis, et donc des usages différents.

      Il y a peu de longs posts sur Mastodon, et il m’est arrivé une fois ou deux, d’être gêné par la limite des 100 caractères.

    • D’accord avec les remarques de @fil

      Il manque (encore) à #Mastodon beaucoup de fonctionnalités, mais il en a de sérieuses aussi.

      Par exemple la possibilité d’être utilisé sur mobile, ce qui fait terriblement défaut à #Seenthis et qui fait qu’il y a tj des « trous » dans mon utilisation de celui-ci... Les moments, par exemple, où je ne peux réseauter que dans le métro, ou le matin en prenant mon café.

      En dehors du fait que je suis convaincu qu’il faut aider #Mastodon à se développer, ce qui serait intéressant c’est de développer des passerelles entre les réseaux indépendants et/ou alternatifs. Finalement, ne pas être prisonnier d’un seul outil, ne pas tout miser par #Mastodon parce que le vent souffle de ce côté en ce moment...

    • D’accord avec @0gust1 : la temporalité et les usages sont différents.
      Seenthis manque complètement du côté temps réel : pages web statiques et emails VS appli JS dynamique + notifications.

      Et comme tu le dis @fil, Mastodon a une API et du coup des outils qui se développent autour, plutôt que de devoir apprendre SPIP (et Seenthis) pour l’étendre.

      Mastodon c’est une expérience pour l’instant réjouissante, il faut en profiter et y participer, créer des passerelles et imaginer des usages.

      Synchroniser des fils rss ? Oui, bon, bien, mais je suis sûr qu’on peut faire mieux. Mais quoi, je sais pas encore...

    • Peut être parce qu’il n’y a pas (encore) de moteur de recherche digne de ce nom, et que ça parait difficile vu le côté décentralisé / dupliqué des contenus...

    • A force d’observer les différents réseuax et pratiques, il me semble que l’outil le plus puissant et commun demeure le hashtag : il est utilisé presque partout (il fait souvent défaut aux « medias libres » par contre" et si on réussissait à faire un outil paramétrable selon nos préférences de sources autour de ces hashtags, p’t’être on retrouverait un peu une lecture plus plurielle et transversale sur des luttes sociales, des évènements marquants... cette discussion avec le CHT m’a vraiment beaucoup fait réfléchir, ainsi que des personnes, pendant les rencontres autour des automedias, qui étaient inquiètes de la domination de l’immédiateté, au détriment de l’analyse de fond...

    • @hervelc pointe avec justesse :
      https://mamot.fr/@hervelc/304576

      Mais Seenthis a d’autres qualités. Je m’en sert comme d’un cahier de notes de mes lectures, et en plus Sentis me permet de les partager (mais pour moi, c’est un supplément d’âme).
      Alors que Mastodon, Twitter et autres sont des outils de circulation des informations que je peux lire, et parfois même des idées qui peuvent me traverser l’esprit. Je ne relis jamais et n’interroge jamais ces outils. C’est du flux quand Sentis est une mémoire. Vive Sentis.

      – Twitter comme flux, très volatil, où un post n’a qu’une existence éphémère. Ça reste superficiel : ça surfe, vite, en surface, dans l’immédiateté.
      – SeenThis comme (aide-)mémoire, perenne, propice à l’approfondissement. Ça permet de creuser, ensemble.
      – Mastodon, chépakor, me semble que ça se cherche encore. Pour l’instant, ça ressemble (visuellement) à Tweetdeck, mais je n’en cerne pas encore l’usage caractéristique. Il est sans doute trop tôt pour dire.

    • Oui et c’est délibéré : par exemple, l’envoi des notifications par email est fait avec un décalage de 10 minutes. Ça te permet d’éditer ton message tranquillement…

      Ce n’est pas forcément parfait : on pourrait imaginer des options pour rendre cette période plus longue ; d’autres options pour que les notifications ne viennent qu’une fois par jour sous forme d’un « digest », etc.

      Mais comment expérimenter si on n’a qu’une seule instance et presque plus de développeurs ? Ce qui me semblerait bien à ce stade, c’est d’essayer de documenter ce qui fait que seenthis marche bien pour nous, et voir si c’est transposable à Mastodon.

    • Je pourrais peut-être indiquer une nouvelle fois les deux principaux objectifs que j’avais en tête pour Seenthis à l’origine…

      (a) Un système de référencements commentés

      c’est ce qui donne la principale caractéristique formelle de Seenthis à mon avis, la structure de ses messages autour d’un extrait de texte : le titre, l’URL, un extrait et éventuellement un commentaire personnel (d’où, d’ailleurs, le non-recours aux « cards » de type Facebook/OpenGraph/Twitter, parce que le but est que ce soit le lecteur qui cite la partie du texte qu’il trouve pertinente ;

      (ça donne aussi des petits détails tels que : le soin apporté à la présentation des URL, la présence du petit logo du site d’origine, et l’indication de la langue de l’article lié, les traductions automatiques sur les citations, la détection de langue indépendante des blocs de citation pour leur appliquer les règles typographiques qui vont bien et non forcément celles de l’auteur du billet de référencement, le fait que la thématisation automatique utilise le texte de la page référencée et pas seulement le contenu du message local… puisque le rapport au texte référencé est fondamental)

      (b) Un outil de travail militant et collaboratif

      Je suis un peu chiant avec ça, mais c’est fondamental pour moi, comme ça l’était pour SPIP aussi. Il s’agit de favoriser un véritable travail personnel, favorisant la régularité, l’expertise et la collaboration. À l’inverse, il s’agit d’éviter le “personal branding” et le bavardage. En pratique, c’est ce qui a justifié dès le début la présence de forums sous les référencements quasiment à égalité avec le message principal, et l’usage de ces « forums » (dans la tradition d’uZine, d’ailleurs) est clairement très riche et constructif sur Seenthis (lire les “réponses” sur Twitter est juste pénible – je veux dire : humainement c’est pénible). Ou la présence du petit triangle avant un lien qui signale que ça a été déjà référencé, ainsi que le système de « partager » qui fait passer un message dont on n’est pas l’auteur dans son propre flux, sans qu’on soit clairement mentionné : ce qui pousse (force, quasiment, puisqu’on se fait vite rappeler à l’ordre par d’autres usagers) à ne pas se « brander » en récupérant les référencements des autres sans les citer, mais au contraire à faire circuler un même référencement initial et venir enrichir le « forum » de quelqu’un d’autre.

      (De fait, c’est certes une force de Seenthis, mais c’est aussi ses principaux défauts : si on n’est pas prêt à bosser régulièrement pour développer une certaine compétence sur un sujet, c’est pas du tout engageant comme endroit.)

    • Pour ce qui est du respect des sites référencés, un détail parlant : là où Seenthis accepte que les liens hypertextes vers Mastodon (en fait, vers l’extérieur en général) soient largement des liens « follow » (indiquant à Google qu’il peut suivre ces liens), tous les liens depuis Mastodon vers Seenthis sont en « nofollow » (comme chez Facebook et Twitter).

    • le fait que la thématisation automatique utilise le texte de la page référencée et pas seulement le contenu du message local… puisque le rapport au texte référencé est fondamental

      => ça ça fait belle lurette que ça ne fonctionne plus, si ça a jamais fonctionné au-delà des premiers jours.

    • Sur le fond, c’est clair qu’avec seenthis il y a un design initial (structurel, technique, graphique, et aussi thématique avec les premiers inscrits et flux rss) qui a orienté les choses d’une manière particulière, très riche et réjouissante.

      Ça en fait un lieu unique, avec une communauté unique.

      j’ajoute que l’outil est ainsi assez proche de l’idéal pour mes usages. (Pour moi le gros souci est l’absence d’une version offline synchronisée en permanence, qui ferait apparaître les seens dans mes recherches persos.)

      Mais vu le peu de développement, je m’interroge de façon ouverte sur l’avenir du logiciel, moins important à mon avis que l’avenir du lieu, de cette communauté. Et aussi sur les leçons qui pourraient aider au développement d’autres logiciels.

    • Une difficulté, à mon avis (ou à mon goût, c’est une de mes lubies), c’est qu’on a toujours tendance à mélanger plusieurs aspects. Et en matière de « réseaux sociaux libres », je reviens toujours à l’idée qu’on se focalise uniquement sur la technique au détriment du reste (rappel : quand j’ai ouvert Seenthis aux inscriptions publiques après des années à le faire tourner en petit comité, Cédric a trouvé malin de publier un article disant que c’était pas comme ça qu’il fallait faire ; quand on a libéré le code, alors que le réseau tournait depuis des années en produisant un contenu passionnant, sur Linuxfr les commentaires se sont focalisés sur le fait que « techniquement » ça ne pouvait pas fonctionner… et là on a un clone de Twitter, dans une logique éditoriale radicalement différente de Seenthis et on est déjà à se demander si Seenthis va mourrir faute de développements).

      Pour avancer, il faudrait (mais on le fait à chaque fois je crois) délimiter les questions :

      (1) il y a la question de la gestion, de l’économie du truc, de la responsabilité juridique/morale… dont on a parlé l’année dernière, l’idée d’une association, mais ça n’avance pas. Peut-être parce que ça retombe toujours dans la question « technique » de l’hébergement, alors qu’il faudrait insister sur la responsabilité éditoriale de la gestion d’un tel réseau social. (Pas inintéressant d’ailleurs que @biggrizzly évoque cette question en parlant des instances de Mastodon.)

      (2) il y a les aspects techniques, qu’on a plus ou moins relégués à des signalements sur Github. Perso, n’étant plus à confronté aux problèmes (notamment de charge) du serveur comme je l’ai été pendant des années, et je suppose comme beaucoup d’autres, je ne suis plus tellement au courant (ni motivé) sur les problèmes de tenue en charge, d’efficacité, etc. C’est certes fondamental, mais quand on n’a plus les mains dans le moteur, c’est difficile de savoir quoi faire ou même de se passionner pour des choses qui deviennent assez distantes. Le fait de n’avoir que deux instances en production, ça ne multiplie d’ailleurs pas les retours d’expérience de ce côté et l’investissement de développeurs.

      Après, ne pas perdre de vue que la communauté de Seenthis n’est très largement pas du tout technicienne. Ça m’avait marqué lors de la fête aux Grottes, et je trouve ça très réjouissant. Ça m’a surpris, puisque j’ai un passif dans les milieux à la fois militants et très techniques. Mais vraiment : c’est génial. (Mais ça fait aussi qu’on ramène peu de gens qui vont mettre les mains dans le cambouis pour répondre à leurs propres besoins, puisque c’est bien comme ça qu’on avait fait d’autres projets libres.)

      (3) il y a les questions des fonctionnalités, qui sont pour moi centrales. Mais : (a) quand ça commence c’est généralement ramené à des questions techniques, ce qui a tendance à faire taire les premier usagers (b) il n’y a à ma connaissance rigoureusement aucun autre réseau qui propose les fonctionnalités éditoriales qui caractérisent Seenthis ; et beaucoup d’usagers ne se rendent pas forcément compte de ces caractéristiques ; alors de là à réclamer de nouvelles fonctionnalités éditoriales, ça ne me semble pas évident de trouver des idées originales en plus (rappel : on a cette conversation, comme à chaque fois, parce qu’un nouveau clone de Twitter, très pauvre d’un point de vue éditorial, fait la Une).

      (4) ça serait bien de ramener du monde, c’est vrai et c’est encore un autre aspect ; mais je pense qu’il y a, de manière extrêmement pesante, le paradigme mortifère des « réseaux sociaux », qui fait que même avec la meilleure volonté possible, il est difficile de ne pas croire qu’on aura un impact sur le monde bien plus important et direct sur des réseaux où l’on nous promet des centaines de « likes », de « friends » et de « retweets » parce qu’il y a des millions d’abonnés. Ce n’est pas que Seenthis, c’est constaté régulièrement sur les plateformes militantes, avec les gens qui croient qu’il vaut mieux aller causer sur Facebook ; c’est sans doute aussi dans la perception de Rezo.net, dont on pourrait croire que l’impact serait extrêmement faible par rapport aux milliards de connexions de Twitter…

      Il faudrait sérieusement interroger ce paradigme. À ma petite échelle (mais je n’ai plus de « blog » avec des billets indépendants pour valider précisément cela, vu que je suis sur Seenthis :-)), mais à chaque fois que constate qu’il y a un impact extrêmement extrêmement extrêmement faible quand on est « retweeté » par une célébrité sur Facebook ou Twitter : ces réseaux sont faits pour qu’on ne les quitte pas, et les gens cliquent « like » juste pour marquer leur satisfaction et montrer socialement qui ils sont, mais en pratique ça ramène très très très peu de gens sur un article ou sur un site. Sur beaucoup de sites, il y a beaucoup plus d’intérêt à être référencé sur Rezo.net et/ou discuté sur Seenthis, même, que d’être « liké » par une célébrité sur Facebook. Je suis aussi sur Twitter, dont j’ai un usage « sérieux », mais je trouve rigoureusement impossible d’y tenir un discours constructif ou de faire reconnaître mon boulot. Sur Seenthis (sous un autre pseudo), c’est exactement le contraire : visites, référencements, citations, reprises… sur Twitter je ne suis qu’un des nombreux cons qui mettent de temps en temps un commentaire sous un message de Glenn Greenwald.

      (Sinon, autre aspect, que j’ai évoqué dans un message précédent ci-dessus : on paie à mon avis le fait que le format et le réseau humain imposent de venir avec pas mal de travail personnel, et que c’est pas évident de débarquer ici.)

    • Association : la question se pose du fait que l’hébergeur actuel souhaite changer de mode de fonctionnement. Personne ne l’a titillé directement, pour savoir comment améliorer la situation, mais il va bien falloir y répondre.

      J’ai une association sous la main, en coma dépassé, mais qui existe en Préfecture depuis (au moins) 10 ans, et qui ne demande qu’à vivre... il lui faudrait juste un Président, un Trésorier, un Secrétaire... et un compte en banque.

      La liste de diffusion pourrait permettre de discuter de tout cela.

      Globalement, sur les qualités de l’outil SeenThis, je suis de l’avis de Arno*.

    • Le seul élément qui manque essentiellement à Seenthis c’est la possibilité de partager facilement avec les mobiles - il faudrait juste un bouton « partager » après avoir marqué des éléments sur son appareil Android avec la possibilté de remplir un champs commentaire et/ou une liste des hashtags qu’on utilise d’habitude.

    • #Pitié, ne passez pas Seenthis sous Mastodon. J’ai testé j’y retrouve le vertige de l’immédiateté à la twitter, que j’ai déjà fuit pour renvoyer mon rss seenthis vers twitter. Le plus de seenthis, c’est la temporalité. Je peux revenir sur 7h36 deux semaines après et il y a toujours des choses intéressantes et d’actualité, il y a des débats de longue haleine faciles à suivre etc. A l’opposé de cette impression que l’on rate quelque chose si on n’est pas connecté en permanence. L’aspect communautaire est important aussi, si je peux me permettre ce mot.

    • @philippe_de_jonckheere @tetue @supergeante Je ne crois pas que quelqu’un ait proposé sérieusement de remplacer Seenthis par Mastodon. Les deux logiciels sont très différents, ont des cahiers des charges (cf. @arno pour sa description du cahier des charges de Seenthis) très différents. Certains préfèrent l’un, d’autres l’autre, et d’autres encore apprécient les deux, mais pour des usages différents.

      Reprocher à mastodon son « immédiateté », c’est comme critiquer un restaurant végétalien parce qu’il ne propose pas de viande. Mastodon est conçu pour l’immédiateté (« un flux, et pas une mémoire », avait dit @hlc).


  • geek - Le Jargon Français 4.1 - dictionnaire d’informatique
    http://jargonf.org/wiki/geek

    La définition de Zita Faucilhon (on sent le vécu) : « Passionné d’informatique qui passe 25h sur 24h devant son ordinateur pour se battre avec la technologie existante. Le geek s’habille n’importe comment et dégage beaucoup de personnalité par sa polyvalence. Derrière un geek, il y a parfois une femme qui assure et qui contribue au succès d’un vrai geek ».

    Dans la droite ligne du « travailleurs de tous les pays, qui lave vos chaussettes »… Y’a pas un terme pour désigner ces femmes qui prennent toute la logistique en charge pour permettre à l’autre de vivre sa passion pleinement ?

    #geek

    • C’est un truc marxiste que m’avait expliqué Irène Pereira.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ir%C3%A8ne_Pereira
      Je suis loin d’être à même d’expliquer Marx. Mais en gros, il y a :
      – le travail productif, qui vise à produire des choses échangeables (on additionne la matière première et le temps de fabrication (travail abstrait)) ;
      – le travail reproductif, qui englobe toutes ces choses qu’on fait pour éviter une détérioration de son environnement (travail familial dans certains textes) : ménage, cuisine, courses, entretiens divers…

      Donc quand une personne fait reposer sa capacité de travail incroyable sur une autre qui réalise les travaux reproductifs, soif il y a déni (la société aide à faire passer cela pour une norme), soit il y a contrat (droit d’arrêter, salaire, reconnaissance…) [parfois un subtil mélange des deux].
      Tu bosses 25h par jour ? C’est parce que tu as volé du temps et de la force de travail à quelqu’un d’autre.

      J’en parle un peu dans un texte rationnel sur les tâches ménagères en coloc : https://seenthis.net/messages/584379

      Irène Péreira a beaucoup utilisé cette notion dans les débats contre le revenu de base. (car rémunérer du travail reproductif (effectué par des femmes) pourrait amener à légitimer cette situation et à la renforcer)

    • Y’a pas un terme pour désigner ces femmes qui prennent toute la logistique en charge pour permettre à l’autre de vivre sa passion pleinement ?

      Oui : #femme
      Parce que c’est carrément ce qui caractérise le patriarcat : l’exploitation sans vergogne ni contrepartie du travail reproductif des femmes et seulement d’elles (les hommes sont encore moins représentés dans cette catégorie que les prostitutés).

    • En fait, le travail massif et totalement invisible des femmes est l’angle mort de la plupart des théories et pensées des structures sociales qu’elles soient réformatrices ou révolutionnaires. Cette masse titanesque de travail gratuit est totalement occultée parce qu’elle se produit tout le temps, partout, c’est un impensé absolu.
      J’en avais parlé dans un de mes papiers parce qu’il faut finalement sans cesse se justifier du temps absorbé par ce cumul de tâches impensées et non mesurées et donc ce temps est considéré comme « non utilisé »… J’avais parlé de cette mythification, de cette pensée magique du frigo qui se remplit tout seul, du linge qui se lave et se range tout seul, des trucs qui se rangent tous seuls, de la crasse qui ne se dépose jamais ou qui disparait toute seule.
      Le plus marrant, c’est que quand la femme disparait et que l’homme ne parvient pas à contrôler l’#entropie, tout le monde le plaint…
      Mais oui c’est ça : c’est un travail qui ne produit rien de visible puisqu’il empêche le merdier de le devenir, visible. C’est le même principe pour tous les soutiers qui font tourner les villes et les services le WE, la nuit, dans l’indifférence et dont l’absence subite nous renverrait en quelques jours dans la barbarie…

      L’argent dévalorise ce dont il n’est pas la mesure.

      Ivan Illich, Le Chômage créateur.

      Du coup, ce qui ne se paie pas n’existe pas et ne vaut rien…

    • Ah bin j’avais déjà repris le slogan sur ce thème (« Geeks du monde libre, qui lave vos chaussettes ? ») du coup, pardon, je m’auto-cite :
      http://romy.tetue.net/714

      Certains, trop pour que ce soit ignorable, ne connaissent pas le mouchoir et reniflent bruyamment en fond de salle, ponctuant désagréablement l’intéressante conf sur l’accès aux bases NoSql en Python. Cette façon qu’ont certains de déléguer le support corporel à l’entourage, se contentant de n’être que purs esprits, me répugne. Pour les prochaines RMLL, prévoyez de distribuer des paquets de kleenex à l’entrée des salles, SVP ! […] Lorsqu’on est née femme, l’on sait très bien ce que cela sous-entend. L’on sent confusément que derrière chaque « esprit » se cache un support technique, plus précisément logistique et corporel, qui rend possible cette apparente désincarnation : généralement du féminin servile, des mères qui lavent les chaussettes sales, des cantinières qui préparent la bouffe, des petites copines qui tiennent la maison pendant que le geek code et invente le monde libre, et quelques développeuses égarées qui fourniront de quoi se moucher si nécessaire, ce qui évite d’avoir à y penser.

    • Je raconte régulièrement ma prise de bec avec mon directeur de recherche qui m’avait balancé qu’il regrettait que je ne consacre pas assez de temps à mon travail pour faire grandes choses.

      Ce à quoi, je lui avait répondu très sèchement que je n’avais pas quelqu’un comme sa femme pour déléguer les tâches ingrates.
      Qu’en dehors de la Fac, de la Bibli, des TP et du terrain, il me fallait trouver du temps pour faire les courses, me faire à bouffer, laver le linge, gérer les factures, l’administratif (y compris les LOOOONGUES files d’attente à la CAF), me tenir propre et en bonne santé, etc. Et encore, on partageait les tâches assez équitablement avec mon compagnon.

      Là, mon directeur de recherche, assez désarçonné par la verdeur de ma réplique, m’avait avoué que depuis son mariage, sa femme (elle-même brillante chercheuse) avait tout abandonné pour consacrer sa vie à 100% au confort et à la réussite de monsieur. Elle s’occupait absolument de tout, y compris son emploi du temps, les fringues prêtes à être enfilées le matin (pour ne pas perdre de temps à chercher, assortir), bagagerie en cas de déplacement, gestion des gosses pour ne pas déranger le grand homme, portage des repas dans le bureau pour ne pas interrompre le travail et même la relecture des ses cours, conférences, abstracts, épreuves de bouquins (ben oui, elle était en plus compétente), gestion des relations extérieures et familiales, absolument tout.

      Parce que j’avais fait ma soupe au lait devant sa remarque, il s’était rendu compte qu’il n’avait aucune autre charge mentale que sa réussite professionnelle. Je lui ai fait remarquer que c’était là un luxe inabordable pour une femme, parce que même le plus dévoué des compagnons ne s’effacerait pas à ce point-là… et surtout, que je ne pouvais pas souhaiter que quelqu’un doive faire ça pour moi…

    • Cette définition de Zita Faucilhon est citée dans quelques sites geeks à tendance linuxienne et/ou gameuse, mais aucune autre occurrence de ce nom : serait-ce un personnage imaginaire ?

    • Bien vu, ce truc du reniflage. Quand j’étais gamine, les instits ne supportaient pas ça et maintenant je les comprends. Il m’est arrivé d’aller chercher un mouchoir pour un inconnu (Amtrak met à disposition gratos des mouchoirs dans ses trains). J’avais l’impression de faire sa maman et peur de le vexer mais non, pas trop apparemment.
      PS : Définition nickel, @sandburg.

    • Du coup, ce qui ne se paie pas n’existe pas et ne vaut rien…

      Oui, c’est le travail reproductif comme ombre portée du travail producteur de (sur)valeur, celui qui se capitalise.

      Mais il faut aussi être attentif à ne pas faire de cette masse invisible un pole positif en soi, en « naturalisant » la lutte contre l’entropie par exemple, face au règne de la quantification abstraite. Car le problème est aussi dans le grand partage opéré entre productif et reproductif. Cette dissociation est en effet un moment indispensable au déploiement séparé de la sphère productive. Celle-ci peut alors déployer ses nuisances avec « les meilleures raisons du monde » puisque son contenu propre importe peu tant qu’il permet la valorisation. C’est sa raison d’être.

      Si une distribution égalitaire des tâches dans la sphère reproductive — et aussi entre sphère productive et sphère reproductive — est une revendication légitime et souhaitable dans le monde tel qu’il est, il faut aussi envisager qu’elle ne porte réellement ses fruits que si la dissociation est abolie. Il faut que toutes les tâches puissent trouver leur justification dans le contenu particulier qu’elles produisent, et non plus dans leur contribution à la marche sans fin de la valorisation de la valeur, qu’elle soit directe (tâches productives) ou indirecte (tâches reproductives)

      Pour ça, il faudrait pouvoir s’activer sans se préoccuper d’abord de savoir si cela participe à une activité rentable. Car en se fondant sur ce critère, soit la réponse est positive et l’on est amené à faire littéralement n’importe quoi, soit la réponse est négative et l’on est renvoyé dans un monde dissocié et invisibilisé.

      Cela veut dire fondamentalement ne plus produire de marchandises, ces choses qui n’existent qu’en se rapportant implicitement ou explicitement à un standard de productivité que personne ne décide mais sur lequel chacun doit s’aligner pour participer au « jeu ». Il faut abolir un certain rapport au temps (faire tant de choses en tant de temps) et à la norme (des choses comparables et interchangeables)

      Peut-être que la question de la répartition des tâches se posera à nouveau après cette abolition, et que resurgiront d’ailleurs des questions de genre. Mais elles seront posées sur de nouvelles bases, à partir d’un contenu concret et non plus dans un cadre où la dissociation opère déjà a priori le grand partage.

      Je remets ici un lien vers un texte qui aborde le sujet sous cet angle

      http://lapetitemurene.over-blog.com/pages/Roswitha_Scholz_Valeur_et_genre_Production_et_reproduction

    • @tetue oui, je n’ai pas trouvé d’occurrence d’une Zita Faucilhon. La définition est pratiquement toujours citée intégralement et sa première occurrence semble être ici (que tu pointes au début de ce fil)
      http://jargonf.org/wiki/geek
      et comme c’est un wiki, on peut vérifier que cette définition est présente depuis l’origine de l’article (juillet 2002) dont elle composait l’essentiel du contenu.

      Dans le paragraphe suivant (distinction geek/nerd) il y a un lien vers le blog copinedegeek.com qui a disparu depuis et est accessible en mode archive, p. ex. par ici :-)
      http://herbier.spip.net/copine-de-geek

      j’ai (un peu) regardé, je n’y trouve pas trace ni de Zita ni de la définition…

    • Dissociation des sphères productives et reproductives
      @ktche Tu mets les mots sur un truc que je n’avais pas perçu. Je m’opposais au Revenu de Base parce que ça légitime le travail sur les tâches reproductives et fait disparaître les questions autour de ce sujet.
      (Pour moi, c’est important qu’un outil pose des questions lors de son usage… c’est le summum d’un outil bien conçu)
      Mais quand tu dis qu’un tel outil pourrait aussi dissocier les sphères productives et reproductives. Je suis prêt à me questionner plus loin.
      En effet, ce qui est choquant derrière le travail salarié, c’est la reconnaissance qu’il apporte (même un travail à temps partiel non choisi). En gros : salarié = intégré socialement, chômeur = reclus.
      Seul une dissociation des sphères pourrait mettre au grand jour cette anomalie : pourquoi on qualifie de reclus les sans activité salariée. (une réponse au Japon peut-être ?)
      Donc voila, une question de fond qui reprend sa place dans mon esprit.

    • En effet, ce qui est choquant derrière le travail salarié, c’est la reconnaissance qu’il apporte (même un travail à temps partiel non choisi). En gros : salarié = intégré socialement, chômeur = reclus.

      Si le chômage induit une stigmatisation, il reste que le chômeur est identifié à la sphère de la production (il pourrait être productif, mais il ne l’est plus temporairement... il reste à la disposition d’un éventuel employeur... sa tâche principale est de chercher un emploi...). Sa figure n’a pas vraiment basculé dans la sphère dissociée, celle de la reproduction.

      Inversement, on pousse les femmes à trouver une forme de reconnaissance dans la sphère reproductive (même lorsqu’elles subissent aussi l’injonction de participer à la sphère productive). Bien sûr, cette reconnaissance est toujours subalterne à celle du travail productif, mais le patriarcat producteur de marchandises y voit tout de même une forme d’accomplissement.

      (On connait la « blague » : Un chômeur à qui on demande si sa femme travaille, répond : « Oh non, elle s’occupe des enfants et de la maison ! »)

      La dissociation sexuée ne distribue donc pas les rôles entre reconnu et non reconnu, qui est une ligne de partage différente. La dissociation n’est d’ailleurs pas non plus stricto sensu une coupure entre productif et reproductif. C’est une coupure entre une certaine vision du masculin (efficace, volontaire, rationnel...) et son pendant pour le féminin (sollicitude, sensibilité, émotivité...), qui expriment par ailleurs les « valeurs » attribuées respectivement au productif et au reproductif. Mais la dissociation peut parfaitement traverser chacune de ces sphères : les femmes ont par exemple une position subalterne dans la sphère productive (salaires moindres, carrière nécessitant plus d’effort...) ou lorsque les tâches domestiques sont partagées alors on dit que l’homme est exemplaire alors que la femme est tout simplement à sa place...


  • Machine Learning & Big Data : des dangers pour les logiciels libres ?, par Vincent Jousse
    http://vincent.jousse.org/blog/les-dangers-du-big-data-pour-les-logiciels-libres
    http://vincent.jousse.org/images/schema_dev_opensource_donnees.png

    le nerf de la guerre, c’est maintenant les données. C’est très vrai pour les entreprises, ça l’est encore plus pour le monde du #logiciel_libre. Les entreprises peuvent mettre les moyens, le monde du logiciel libre beaucoup moins. (…)

    Peut-être pourrions-nous créer ce que Framasoft est pour le #logiciel, mais pour les #données : une association/organisation qui s’assure que le monde du libre propose une alternative aux géants qui ont l’argent pour avoir des données à ne plus savoir qu’en faire. Aller plus loin que ce qui se fait sur l’#OpenData en France actuellement en créant de la donnée à destination des systèmes d’#apprentissage_automatique.

    #machine_learning #copyright

    • je ne suis pas certain de comprendre son billet, qui mélange plein de choses...
      i) sur les logiciels, justement, presque tout est en libre... les libraires python (ou R) sont majoritairement libres
      autant auparavant les logiciels commerciaux étaient très présents, autant aujourd’hui, ils semblent avoir disparus
      ii) sur les données, ce qui est évoqué, c’est la propriété des données, qui reste un vrai problème, mais assez différent de celui du code ouvert des logiciels

    • Il dit qu’il y a un nombre croissant de logiciels qui ont impérativement besoin de milliers de gigas de données (non libres) pour fonctionner. Et que du coup, leur code source a beau être libre/ouvert, ça ne sert à rien du tout, et le logiciel final qui en résulte n’est PAS libre car il est impossible de le faire fonctionner sans ses immenses données qui ne sont pas libres.

    • Oui, l’idée c’est surtout au niveau des luttes à mener : la bataille du logiciel libre peut être considérée considérée comme gagnée aujourd’hui, mais ont surgi entre temps d’autres champs de bataille : les services sur le web qui t’espionnent et récupèrent toutes tes données, le micro-travail non rémunéré, la propriété des grandes bases de données.
      C’est ce que traitent assez souvent Casilli, Ertzscheid, Morozov...


  • 40 ans de cinéma en atelier

    Profitant du projet « 40 ans de cinéma en atelier », les amis du
    Video-Express vous proposent une sélection spécifique de films réalisés
    en ateliers.

    LES ATELIERS ? Une spécificité : des maisons de production associatives
    mises en place au cours des 40 dernières années pour soutenir le
    développement, la production et la diffusion des films d’auteurs.
    http://cinemaenatelier.be
    Une sélection de plus de 80 films disponibles au Video-Express
    http://www.videoexpress.be
    Un projet mis en place par les amis du vidéo-express
    https://www.facebook.com/lesamisduvideoexpress
    https://scontent-ams3-1.xx.fbcdn.net/v/t31.0-8/12322682_1279704512046443_8664176586609811076_o.jpg?oh=f8e63b32ec10294d84d34476cf2dbfc2&oe=598E94B7

    #bruxelles #cinéma #leptitciné