Supergéante

Retoquée profesionnelle.

  • « Baraka 1980 » Brigitte Fontaine & Areski Belkacem - Editions Saravah
    https://www.saravah.fr/actualite/baraka-1980-brigitte-fontaine-areski-belkacem

    Après le foudroyant Comme à la radio, irradié par le tumulte #free_jazz de l’Art Ensemble of Chicago, Brigitte Fontaine et #Areski_Belkacem ont produit, ensemble ou séparément, pas moins de six albums entre 1972 et 1977. Tandis que les tubes français de l’époque font résonner de riches orchestrations conçues à l’avance sur partition par un arrangeur professionnel, les chansons écrites par Brigitte et composées par Areski semblent enregistrées en prise directe, le plus souvent accompagnées d’une simple guitare et de percussions, quand elles ne sont tout simplement pas interprétées a capella. Cette approche vivante mais minimaliste leur permet de concentrer toute l’attention de l’écoute sur la #poésie subversive des textes et la délicatesse des mélodies. Parce qu’elle ne cherche pas à imiter les standards anglo-saxons, cette démarche unique en son genre leur vaut une reconnaissance critique dans le champ de la contre-culture ainsi qu’une certaine fidélité des initiés de l’underground. ...

  • Projet de loi SURE : main basse sur les données génétiques par la police
    https://www.laquadrature.net/2026/05/20/projet-de-loi-sure-main-basse-sur-les-donnees-genetiques-par-la-police

    Vous souvenez-vous du kit de test génétique offert par votre proche à Noël ou pour votre anniversaire ? Curieux·se d’en savoir plus sur vos origines, vous avez soigneusement emballé votre échantillon de salive pour l’envoyer à…

    #Données_personnelles #Surveillance

    • Je me rappelle d’une époque quand on geulait á toutes les manifs Polizei, SA, SS et voilà nous y sommes. L’ #eugénisme, le #predictive_policing et l’ #intelligence_artificielle se lient d’amitié avec les états entre les mains des criminels organisés. Pas la peine d’être palestinien en terre occupée, le nouveau fascisme a déjà conquis l’occident, nous sommes tous pareils face à l’ennemi. Étant dépourvu de culture humaine il est en train de chercher sa devise officielle pour la postérité . Le RN et l’AfD se chargeront de l’élimination des races impures, ensuite les riches et puissants n’auront plus qu’à faire euthanasier la populace superflue par les robots plus intelligents que les consommateurs de Tiktok.

      Voilà l’apocalypse IA, John Galt sera un robot au service de l’élite éliminatoire, pas besoin de soylent green pour le nourrir.

      Heureusement les batailles ne se déroulent jamais comme prévues. 炮打司令部 !

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardez_le_quartier_g%C3%A9n%C3%A9ral

      #eugénisme #it_has_begun

  • En salles depuis un mois, Michael « reconfigure la culture de la pédocriminalité » — La Déferlante
    https://revueladeferlante.fr/en-salles-depuis-un-mois-michael-reconfigure-la-culture-de-la-pedo

    Sorti dans les salles fran­çaises il y a tout juste un mois, Michael, le film à la gloire de Michael Jackson, vient de passer la barre des 3,5 millions d’entrées, ce qui le classe parmi les biopics les plus vus du box-office hexagonal. Un succès qui, au-delà du film lui-même, interroge la per­ma­nence des repré­sen­ta­tions pédo­cri­mi­nelles au #cinéma.

    #pédocriminalité

  • Violés, torturés, humiliés, affamés… Après leur expulsion d’Israël, les membres de la flottille Global Sumud racontent leur calvaire
    Publié le 22 mai 2026 - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/monde/armee-israelienne/tortures-humilies-affames-apres-leur-expulsion-disrael-les-membres-de-la-fl

    Les membres de la flottille pour Gaza ont été expulsés d’Israël jeudi 21 mai vers la Turquie et sont enfin arrivés ce vendredi à Paris. Sept membres de la Global Sumud Flottilla (GSF) sont arrivés à Roissy en fin de matinée et un deuxième avion en milieu d’après-midi. Arrêtés illégalement par l’armée israélienne le lundi 18 mai, les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés.

    Viols, clavicules cassées, agressions sexuelles, décharges électriques, tortures, humiliations, privations de sommeil… Les premiers témoignages des civils et citoyens qui étaient à bord confirment des conditions de détention inhumaines et des crimes commis par l’armée israélienne.

    « Pour l’instant, c’est 15 personnes qui se sont faites violer. Il y a une trentaine d’os du corps qui ont été brisés, que ce soit des côtes, des clavicules, des tibias, etc. Il y a plusieurs personnes qui sont hospitalisées, dont certaines dans un état grave et très préoccupant. Et au-delà de ça, il y a eu des situations de viol collectif où les navigants étaient réveillés en plein milieu de la nuit, dans des tentes et violés collectivement par des soldats israéliens. Il y a aussi eu des séquestrations de plusieurs navigants qui ont été forcés de regarder des images de décapitation avec les soldats israéliens qui répétaient en boucle, ”Vous voyez ça, c’est vos petits amis du Hamas qui se font décapiter” », témoigne Hélène Couron porte-parole de GSF. (...)

    #Flottille #Flottille_Gaza

  • « Enhanced games » : le délirant projet d’hommes d’affaires proches des Trump qui veulent transfigurer le sport en dopant les athlètes
    Samuel Ravier-Regnat

    Ne dites plus « dopés », mais « augmentés » ou « améliorés ». Ne parlez pas non plus de « fraude » ou de « triche », mais de « performance humaine d’élite » et du « droit des individus à devenir extraordinaires ». Bienvenue dans le monde merveilleux des « Enhanced Games » (« Jeux augmentés », en français), qui se tiendront pour la première fois dans un hôtel casino de Las Vegas, aux Etats-Unis, ce dimanche 24 mai. Le principe de cette compétition, financée par des milliardaires de la tech férus de transhumanisme comme le technofasciste Peter Thiel, cofondateur de Paypal et argentier des campagnes présidentielles de Donald Trump ? Le dopage y est autorisé, encouragé, et même largement organisé.

    Annoncée en 2023, la tenue de l’événement a été confirmée au printemps 2025. A coups de déclarations spectaculaires et de promesses pompeuses : Aron D’Souza, le juriste australien à l’origine du projet, a expliqué dans la presse que les « Enhanced Games » devaient « changer le visage du sport à jamais ». A terme, assurait cet entrepreneur quadragénaire fan de technologie, ils seraient « l’un des plus grands événements sportifs de la planète, au même niveau que le Super Bowl ». L’ambition de l’événement de dimanche est plus modeste. La compétition est limitée à trois heures de « show » dans une halle éphémère de 2 500 places, retransmises sur YouTube faute d’intérêt émanant des diffuseurs traditionnels. Trois disciplines ont été retenues : la natation, le sprint et l’haltérophilie.
    https://www.liberation.fr/sports/jeux-pour-athletes-dopes-le-delirant-projet-dhommes-daffaires-dont-le-fil

  • Ovidie, autrice : « Il y a plein de gens qui n’ont pas de rapport sexuel et c’est le secret le mieux gardé du monde » | France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/ovidie-met-en-scene-son-texte-la-chair-est-triste-helas-2888883

    “Arrêter le sexe avec les hommes, ce n’est pas juste arrêter le coït, c’est arrêter tout ce que cela implique d’être une femme et de constamment lutter pour rester désirable. C’est un boulot à temps plein que d’être un sexe à convoiter, entre le temps qu’on passe à s’épiler, à se faire de la médecine esthétique, à se couvrir les cheveux gris parce qu’on a peur de ne plus être coté à l’argus...c’est un temps infini que moi, j’avais envie de récupérer.”

    • Un peu de nuance ne nuit pas : chacun a le choix par rapport aux hommes, comme par rapport au sexe.

      On peut trouver aussi un homme qui vous trouve désirable avec poils, cheveux gris, sans maquillage et en guenilles d’intérieur ... ;-)

      Ça existe

      Ne pas exiger de lui qu’il ressemble à superman ... mais il y en a même des comme ça très mignons ! ;-)))

      Ceci-dit elle a raison de remettre en question les normes et de déculpabiliser.

    • La chair est triste hélas De Ovidie © Éditions Julliard
      https://www.theatre-atelier.com/event/la-chair-est-triste-helas-ovidie-annamouglalis2025

      Texte cathartique, La chair est triste hélas , publié en 2023, s’est imposé comme un objet littéraire essentiel.
      Dans une prose incisive et teintée d’humour, #Ovidie y relate les raisons de sa grève du sexe, déconstruisant avec une lucidité tranchante les injonctions qui pèsent encore sur la question du désir et de la #sexualité. À la croisée du #pamphlet_féministe et de l’étude sociologique, ce cri du cœur réadapté par l’autrice prolongera sa portée avec #Anna_Mouglalis dans un seule en scène inédit.

      Un jour, j’ai arrêté le sexe avec les hommes. ” Ovidie
      https://seenthis.net/messages/1137797

      « Cela n’a pas été d’emblée une grève. Juste un grand rejet de tout ce qu’implique le système hétérosexuel. Ces hommes si nuls au lit. Tout ce temps gâché à donner du plaisir sans en prendre, ces nuits où je me suis ennuyée, où j’ai simulé, par politesse. Ces sacrifices pour rester cotée sur le marché de la baisabilité : les heures de cardio pour perdre du poids, les chaussures à talon, le maquillage, etc. Alors, j’ai arrêté. Désenchantée », répond l’ancienne actrice, autrice et réalisatrice et aujourd’hui enseignante.

      Zoom Gouinistan - Festival résistances 2025
      https://festival-resistances.fr/zoom-gouinistan-2025

      Plus qu’un pays, le Gouinistan c’est le monde des gouines ! Un monde à la fois imaginaire et bien réel, peuplé d’une communauté de queers et de lesbiennes sorties de l’hétéro-patriarcat et qui partagent des liens affectifs, culturels, politiques et plus si affinités…

      Les cinéastes du Gouinistan filment leur Histoire pour la visibiliser et garder les traces de leurs existences et de leurs luttes. Le Zoom Gouinistan, c’est l’occasion de découvrir un espace symbolique dédié à la culture gouine mais aussi un espace politique de résistance féministe face à l’invisibilisation et aux stéréotypes qui touchent les lesbiennes et les queers.

      Et rassurez-vous, pas besoin d’être gouine pour apprécier les productions gouinistanaises !

      #théâtre #cinéma #documentaire #féminisme

  • IA : la porte-parole du PS travaille chez Palantir, l’ogre de la surveillance algorithmique choyé par Donald Trump - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/politique/big-data/la-porte-parole-du-ps-pour-lia-travaille-chez-palantir-le-geant-de-la-surve

    Salariée depuis trois ans de Palantir, le très libertarien fleuron de la big tech américaine, Julie Martinez a rejoint, depuis un mois, l’équipe des porte-parole du Parti socialiste. Un grand écart, pour cette jeune femme et les déclarations publiques de ses représentants.

    https://archive.ph/43g3q

  • La théorie de la mort d’Internet devient réalité : tout disparaît entre crevettes sacrées et dopamine
    https://www.netcost-security.fr/actualites/258982/la-theorie-de-la-mort-dinternet-devient-realite-tout-disparait-entr

    Une nouvelle tendance menace l’intégrité d’Internet. L’évolution des contenus automatisés, alimentés par l’intelligence artificielle, modifie radicalement le paysage numérique, avec des conséquences inquiétantes pour les utilisateurs et les créateurs. Les études indiquent une domination croissante des bots et une érosion continue de contenus authentiques.
    Immagine

    Beaucoup ont remarqué des chats musclés, des crevettes à l’image de Jésus et des singes au corps de banane. Ces images envahissent les réseaux sociaux, transformant progressivement le web en autre chose. C’est ce qu’on appelle la théorie de la mort d’Internet : l’idée que le réseau, autrefois espace de liberté, devient une immense machine automatisée. En effet, Internet agit comme une toile d’araignée, autoalimentée. Plus de pages et de contenus humains disparaissent, plus le risque de créer un effet domino augmente. Ainsi, Internet pourrait être davantage mort que vivant dans les trois prochaines années.

    Un rapport de 2024 publié par la société de cybersécurité Imperva révèle qu’environ la moitié du trafic Internet mondial est désormais automatisé : les bots représentaient 42,3 % en 2021, et ont atteint 49,6 % en 2023. À ce rythme, la majorité du contenu en ligne risque de ne plus être « humain » d’ici quelques années. On assiste à l’invasion de contenus artificiels tels que photos, articles et vidéos, tandis que le web s’épuise. D’après une recherche du Pew Research Center, 38 % des pages créées en 2013 ont déjà disparu, victimes du phénomène connu sous le nom de lien mort. Cela concerne des liens qui mènent à des erreurs ou à des contenus supprimés. Ce processus est naturel sur le web, où des sites ferment, des plateformes évoluent et les archives numériques se vident. Le résultat, entre érosion et invasion, est la mort d’Internet.
    Une explosion de déchets numériques

    La journaliste américaine Taylor Lorenz souligne que cette dégringolade a débuté bien avant l’arrivée de ChatGPT : « Les systèmes d’algorithmes de classement ont inondé le web de contenus sans valeur, optimisés de manière absurde. » Une analyse récente de NewsGuard (mai 2025) indique que plus de mille sites d’information sont déjà en grande partie gérés par des intelligences artificielles.

    De plus, l’IA générative est utilisée pour les critiques de produits Amazon, permettant de promouvoir de manière artificielle des articles de faible qualité avec des avis positifs. La quantité de « déchets artificiels » publiés sur le web augmente rapidement, allant des livres fictifs écrits par IA aux images violant le droit d’auteur. La logique est économique : dans un contexte où l’attention en ligne se traduit par des revenus publicitaires, utiliser des bots et des systèmes génératifs pour « fabriquer » des contenus devient un modèle économique rentable.
    Quand le web ne vend que de la dopamine

    L’augmentation de ces contenus signale le début d’une nouvelle phase de dégradation du contenu en ligne, appelée « enshittification », terme forgé par l’écrivain Cory Doctorow. « L’IA inonde le web de matières pauvres, nuisant aux communautés et aux artistes tout en saturant des plateformes comme YouTube de contenus de faible qualité », explique Akhil Bhardwaj, professeur à l’Université de Bath, dans une interview au Guardian.

    Les vidéos grottes créées par IA représentent l’ultime phase du capitalisme de la dopamine. Il ne s’agit plus de vendre des produits ou des histoires, mais de provoquer des décharges chimiques. Ce ne sont ni narrations, ni art, ni satire. Ce ne sont que des stimuli.

    La communication personnelle – discussions entre amis, messages privés, publications familiales – ne disparaîtra pas. Cependant, l’idée romantique d’un Internet comme espace de créativité collective semble appartenir au passé. « C’est à ce titre que le web que nous connaissions est mort », affirment les chercheurs Jake Renzella et Vlada Rozova dans un article sur The Conversation. Paradoxalement, la nostalgie pour cette « humanité » du net semble se renforcer alors que le nouveau web sature avec des crustacés numériques se présentant comme Jésus et des requins portant des sneakers.

    #Capitalisme_de_la_dopamine #Dopamine #Web_synthétique

    • Ma compagne me disait il y a quelques jours que cela devenait impossible de faire des recherches par image (en l’occurrence pour trouver des idées d’aménagement intérieur) car tout est pollué par des (mauvaises) images générées par IA. Ce que je trouve tout de même cocasse dans cette histoire c’est que les grosses boîtes comme Google scient allègrement la branche sur laquelle elles sont : les utilisateurs vont finir par fuir et les « IA » - sur lesquelles tout est misé à coup de milliards de dollars - ne vont trouver que du bullshit pour s’entraîner et être encore plus mauvaises (les derniers chiffres semblent d’ailleurs montrer que le processus est déjà en route)... Je m’attends quand même à une grosse « correction » dans les mois qui viennent, reste à voir qui sera le plus touché.

  • « L’Internet ouvert est déjà en déclin » : Google admet qu’Internet n’est plus ce qu’il était
    https://www.frandroid.com/marques/google/2788181_linternet-ouvert-est-deja-en-declin-google-admet-quinternet-nest-

    09 septembre 2025 • 17:54

    L’aveu était dans l’air depuis longtemps. Google reconnaît enfin, dans un document judiciaire, ce que les créateurs de contenu observent quotidiennement : l’Internet ouvert s’effrite.

    Google vient de lâcher une phrase qui résonne comme un aveu : « L’Internet ouvert est déjà en déclin« . Problème ? Cette déclaration, faite devant un tribunal américain, contredit complètement ce que l’entreprise raconte publiquement depuis des mois.

    Pour comprendre l’importance de cet aveu, il faut d’abord saisir ce qu’on entend par « Internet ouvert ». C’est le web originel, celui où n’importe qui peut créer un site, publier du contenu et espérer être découvert grâce aux moteurs de recherche. Un écosystème décentralisé où les internautes naviguent librement de site en site, où les créateurs peuvent toucher leur audience directement.

    Cette vision s’oppose à l’Internet des plateformes fermées – les jardins clos de Facebook, les algorithmes opaques de TikTok, ou les réponses directes de Google qui gardent les utilisateurs captifs. L’Internet ouvert, c’est la différence entre explorer une bibliothèque immense et se contenter des résumés qu’on vous présente à l’entrée.
    Un aveu stratégique

    Cette confession de Google n’arrive pas par hasard. Elle surgit dans le cadre d’un procès où le ministère américain de la Justice veut démanteler l’empire publicitaire de l’entreprise pour abus de position dominante. Pour se défendre, Google argue que briser ses activités pub « ne fera qu’accélérer le déclin de l’Internet libre » et « portera préjudice aux éditeurs qui dépendent des revenus publicitaires« .
    L’AI Mode de Google pour des recherches plus approfondies sur le web. // Source : Google (montage Frandroid)

    L’ironie de la situation saute aux yeux. Google utilise le déclin qu’il contribue largement à créer comme argument de défense.

    Car Google porte une lourde responsabilité dans cette transformation. Ses featured snippets répondent aux questions sans nécessiter de clic vers les sites sources. Ses réponses générées par IA gardent les utilisateurs sur ses pages. Son algorithme favorise un web optimisé pour lui plutôt qu’un web riche et diversifié.

    Plusieurs études indépendantes documentent ce déclin que Google nie publiquement. Le cabinet de recherche Pew a notamment démontré que les utilisateurs cliquent moins sur les liens quand ils voient d’abord un résumé IA de la réponse. Logique : pourquoi aller plus loin si l’essentiel apparaît déjà dans les résultats ?

    Cette tendance se vérifie sur le terrain. Les éditeurs web observent une érosion de leur trafic organique, une baisse de l’engagement des visiteurs, une réduction du temps passé sur leurs sites. Les utilisateurs arrivent, consomment rapidement l’information et repartent, souvent satisfaits par ce qu’ils ont déjà glané sur Google.

    L’IA générative amplifie ce phénomène. ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity… ces outils proposent des réponses directes sans navigation web. On s’habitude ainsi à obtenir l’information sans jamais visiter de sites.

    L’enshittification généralisée du web

    Cette transformation s’inscrit dans un mouvement plus large que le chercheur Cory Doctorow a baptisé « enshittification » – littéralement « emmerdification ». Ce processus décrit comment les plateformes dégradent progressivement leur service pour maximiser leurs profits.

    Le schéma est toujours le même : d’abord, attirer les utilisateurs avec un service gratuit et de qualité. Puis capter les entreprises en promettant l’accès à ces utilisateurs. Enfin, presser les deux groupes pour extraire un maximum de valeur, dégradant l’expérience de tous au passage.

    Google illustre parfaitement cette évolution. Le moteur de recherche, conçu initialement pour diriger vers les meilleurs sites, retient aujourd’hui les utilisateurs sur ses propres pages. Les résultats se noient dans la publicité, les réponses IA remplacent les liens organiques, l’expérience utilisateur se dégrade au profit de la monétisation.

    Et l’intelligence artificielle générative pose un problème économique fondamental à l’Internet ouvert. Ces modèles s’entraînent sur des contenus créés par des humains mais ne rémunèrent pas leurs auteurs. Ils offrent ensuite des réponses directes qui évitent aux utilisateurs de visiter les sites sources.

    C’est un parasitisme économique qui sape les fondations du web. Si les créateurs de contenu ne reçoivent plus de trafic, comment financeront-ils leur production ? Si les éditeurs ne génèrent plus de revenus publicitaires, qui créera l’information de demain ? L’IA générative consomme la substance du web sans contribuer à sa régénération.

    Google le sait parfaitement. Son aveu judiciaire témoigne d’une conscience aiguë de cette dynamique destructrice. Mais l’entreprise préfère préserver ses intérêts commerciaux plutôt que l’écosystème qui l’a enrichie.

    #Google #Internet_Ouvert #IA

  • Les livres de C&F Éditions sur Cairn.info (et donc les miens aussi) – affordance.info
    https://affordance.framasoft.org/2025/09/les-livres-de-cf-editions-sur-cairn-info

    Olivier Ertzscheid15 septembre 2025

    Mes trois derniers livres ont été publiés chez un éditeur un peu particulier, C&F Éditions, auquel j’ai un attachement également particulier au travers des deux personnes qui depuis longtemps font en sorte de sa bagarrer pour une certaine vision de l’édition indépendante, et qui aussi et surtout, ont permis de créer l’une des plus belles collections de livres « autour » du numérique, comme Thelonious Monk a créé sa plus belle oeuvre autour de minuit (d’ailleurs les amis de C&F Éditions ils éditent aussi des livres autour du jazz). Bref. Tout cela vous le savez, tout cela je vous l’ai déjà écrit et décrit.

    Mon dernier livre, « Les IA à l’assaut du cyberespace : vers un web synthétique« , s’est vendu à un peu moins de 350 exemplaires. Alors certes c’est plus que celui de Marlène Schiappa (245 exemplaires de « Sa façon d’être à moi », source Edistat), c’est plus que celui de l’ex-ministre déléguée au logement, Emmanuelle Wargon (157 exemplaires de « Bienvenue en politique : à ceux qui sont tentés de renoncer », source Edistat), mais mais mais, et c’est une vraie blessure narcissique, c’est beaucoup moins que celui de l’ectoplasme faux-derchique aka Jean-Michel Blanquer (888 ventes de « Ecole ouverte », source Edistat).

    Vous me direz, C&F Editions n’a pas de diffuseur, il faut donc commander les ouvrages, et j’ai fait beaucoup moins de plateaux télé que Wargon, Schiappa et Blanquer pour en assurer la promotion. Donc bah c’est pas si mal. Mais ce n’est pas suffisant pour assurer la pérennité de ces « petites » maisons d’édition qui sont – par-delà la qualité de leur catalogue – l’un des tout derniers points de résistance face à un paysage éditorial totalement gangréné par des idéologies au mieux réactionnaires, de Vincent Bolloré à Vincent Montagne.

    Donc achetez ou n’achetez pas mes livres, mais par contre achetez des livres en papier chez C&F Editions et chez d’autres éditeurs indépendants.

    Lorsque l’on veut que des idées circulent et s’imposent, on peut miser sur le matraquage publicitaire et les grands groupes éditoriaux au service de leurs intérêts rétrogrades, mais l’on peut aussi s’appuyer sur un autre essentiel, cet essentiel qui est celui de la « citabilité » des textes et donc des idées. Le fait qu’elles soient trouvables, accessibles et citables, et que par le biais de ces citations ces idées puissent se répandre et se répondre chez d’autres.

    C’est en partie pour cela que C&F Editions a décidé de diffuser son catalogue sur le site Cairn.info. Me concernant, voilà ce que ça donne.

    Et lorsque l’on clique sur l’un des ouvrages, on arrive sur cela :

    Avec donc une « barrière payante » qui vous permettra d’acheter une version numérique à 9 euros d’un ouvrage toujours en diffusion papier à 15 euros. Cairn.info permet également d’acheter « au chapitre », et il vous en coûtera alors 5 euros (le chapitre).

    Mais la vraie force de Cairn.info, c’est que l’essentiel de son catalogue est accessible gratuitement à toute une communauté d’étudiantes et d’étudiants, d’universitaires, mais aussi de journalistes, « gratuitement » car les services de documentation de bibliothèques universitaires mais aussi municipales, achètent un accès à la base Cairn.info pour leurs usagers. C’est encore une autre bataille que de faire en sorte que les universités aient assez d’argent pour « offrir » cet accès gratuit à leurs étudiant.e.s et à leurs enseignant.e.s, mais pour l’instant en tout cas, cela fonctionne encore.

    Et à la fin tout le monde s’en trouve un peu plus intelligent, instruit et curieux.

    Mais le combat est encore très loin d’être gagné comme le rappelle Hervé le Crosnier (je souligne) :

    Quand une institution (bibliothèque, université, centre de recherche…) a pré-payé un accès global à Cairn, les usagers et les usagères peuvent profiter du service. Ils et elles ont alors un impression de gratuité, qui bien entendue est soutenue par des décisions de service (public) et donc qui dépendent des modes de financement de ces institutions. Nous passons en fait d’un achat individualisé (un lecteur ou une lectrice achète un livre) à un service socialisé. Dans les moments troublés que nous traversons, quand il n’est plus question que de dette d’un côté et de refus des « taxes » de l’autre, il nous semble important de rappeler cela. Le « consentement à l’impôt » est ce qui fait société, car il permet d’accès en dehors des règles du marché.

    Cairn assure une rémunération des éditeurs qui est retransmise aux auteurs et autrices via les droits d’auteur. Mais cela reste avant tout un « mode socialisé de diffusion », qui facilité le travail universitaire (recherche analyse, citation).

    Pour autant, du point de vue de l’éditeur, c’est l’achat décentralisé qui fait la majeure partie de ses revenus, et donc sa capacité à continuer d’éditer des livres. Nous espérons donc que l’accès via Cairn fera découvrir des ouvrages, et incitera à les acheter pour constituer des bibliothèques personnelles. Nous croisons les doigts, nous avons besoin des revenus et nous aimons le support imprimé et l’indépendance de la réflexion qu’il permet.

    Alors voilà. Lisez, lisez, lisez. Consultez, consultez, consultez. Et si vous le pouvez, achetez, achetez, achetez. Des livres de maisons d’édition indépendantes.
    Catégorie : Métier Ouvrages et parutions Rubrique à brac
    Olivier Ertzscheid

    #Olivier_Ertzscheid #CFéditions #Cairn

  • Ce champignon résistant aux traitements se répand dans les hôpitaux, alerte l’Europe
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/un-champignon-multiresistant-se-repand-dans-les-hopitaux-alerte-l-e

    Il survit sur la peau des patients, sur les tables de chevets, sur les lits des malades et même sur l’équipement médical, comme les thermomètres ou les tensiomètres. Le champignon Candiozyma auris se propage à une vitesse alarmante dans les hôpitaux européens, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ce champignon, résistant aux médicaments antifongiques, est à l’origine de 29 à 53% de décès lorsqu’il infecte un malade. Dans leur dernier rapport, les autorités alertent sur la situation et exhortent les pays européens à répondre à ce risque d’infection nosocomiale.

    Entre 2013 et 2023, plus de 4 000 cas de contamination au champignon Candidozyma auris ont été recensés dans l’Union européenne, avec une nette hausse de 1 346 cas répartis dans 18 pays rien que pour l’année 2023. En tête des contaminations ces dix dernières années figurent l’Espagne, la Grèce, l’Italie, la Roumanie et l’Allemagne. La France, Chypre et l’Allemagne font eux partie des pays où les épidémies les plus récentes ont eu lieu.

    A l’inverse, la Grèce, l’Italie, la Roumanie et l’Espagne affirment ne plus réussir à identifier les points de propagation tant le champignon s’est disséminé à l’échelle nationale. « En général, Candidozyma auris se propage via les patients qui le portent déjà et qui sont transférés d’un hôpital à l’autre. C’est comme cela que se produisent les flambées », explique le service de communication de l’ECDC à Sciences et Avenir.
    Parmi les personnes infectées, 29% à 53% ne survivront pas

    Dans les hôpitaux, tous les malades ne sont pas égaux face à ce champignon. En effet, la population générale est majoritairement résistante au champignon. Mais au fil du temps, la plupart des antifongiques sont devenus inefficaces pour venir à bout de Candidozyma auris (auparavant appelé Candida auris). Les patients infectés reçoivent une première ligne de traitement, si elle ne fonctionne pas, une deuxième ligne de traitement est tentée. Mais « dans de nombreux cas, Candidozyma auris se montre résistant à tous les agents antifongiques disponibles. Il n’y a alors pas de traitement efficace disponible », déplore l’ECDC, qui précise que les patients les plus à risque d’être infectés sont ceux gravement malades, ceux qui sortent tout juste d’une opération chirurgicale lourde, ceux qui ont des cathéters ou des trachéotomies.

    S’y ajoutent « les patients immunodéprimés, tels que les patients atteints de cancer ou ayant subi une greffe de moelle osseuse ou d’organe. Parmi les autres facteurs de risque figurent l’insuffisance rénale, un séjour hospitalier de plus de 10 à 15 jours, l’utilisation de la ventilation mécanique, la pose d’un cathéter veineux central, la nutrition parentérale totale (par intraveineuse, ndlr) et la septicémie », précise l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Parmi les personnes infectées, 29% à 53% ne survivront pas, selon une étude de 2022. Il arrive toutefois que les patients portent le champignon sur leur peau sans l’apparition de symptômes. Ils vivent alors avec le champignon sans même le remarquer.

    « Les hôpitaux doivent être préparés »

    Sur les 36 pays européens pris en compte dans ces travaux, seuls 17 d’entre eux disposent d’une politique de surveillance nationale pour Candidozyma auris, déplore l’ECDC. Et seuls 15 ont développé une politique de prévention nationale et de contrôles. « A l’échelle nationale, les systèmes de santé doivent être alertés du risque, établir une surveillance, fournir des guidelines afin de prévenir et contrôler les infections, et s’assurer que les laboratoires de biologie médicale aient bien la capacité de répondre à la situation », nous explique l’ECDC. « Les hôpitaux doivent être préparés à identifier les cas, mettre en place une prévention efficace et enfin s’assurer que lors de transferts de patients, les hôpitaux soient bien alertés que le patient est porteur du champignon. »

    L’Europe n’est pas le seul continent à connaître une hausse préoccupante de la propagation de Candidozyma auris. En 2023 déjà, les agences fédérales américaines de santé publique s’alarmaient d’une rapide hausse des cas. Ils étaient passés de 476 en 2019 à 1 471 en 2021.

  • « Je vivais un Bataclan tous les soirs » : le témoignage choc de la Pr Céline Greco sur les violences contre les enfants | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/sante/je-vivais-un-bataclan-tous-les-soirs-le-temoignage-choc-de-la-pr-celine

    Vingt ans d’espérance de vie en moins, des risques de maladies décuplés. Les conséquences des violences subies par les enfants et les dysfonctionnements de la protection de l’enfance ont aussi un coût financier pour la société : plus de 32 milliards d’euros par an.

    « Avez-vous déjà croisé un ours dans une forêt ? » La question posée par la cheffe du service de médecine de la douleur et palliative de l’hôpital Necker-enfants malades, la professeure Céline Greco, a probablement surpris la commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de l’ASE, le 21 mai 2025. Également présidente d’une association de protection de l’enfance (Im’Pactes), la médecin illustre devant les parlementaires les conséquences des violences infligées aux enfants.

    Deux fois plus de cancers, onze fois plus de démences
    Retour à l’exemple de l’ours, avec le mécanisme de survie que le cerveau déclenche en pareil cas : libération d’adrénaline et de cortisone, pour acheminer plus de sang vers les muscles. Pour vous permettre de combattre, ou de fuir. « Mais que se passe-t-il lorsque l’ours rentre chaque soir à la maison ? », interroge la scientifique. Les deux substances sont alors « sécrétées en permanence », engendrant de multiples dysfonctionnements. À la clé, pour ces enfants qui rencontrent « un ours », chaque soir : « Deux fois plus de maladies cardiovasculaires, deux à trois fois plus de maladies respiratoires, deux fois plus de cancers et onze fois plus de démences, égrène Céline Greco. Qui liste une cascade d’autres déconvenues : « Asthme, troubles intestinaux, pathologies auto-immunes (diabète de type 1, sclérose en plaques, polyarthrite…), modification de l’architecture du cerveau entraînant une mauvaise gestion des émotions, des troubles de la concentration et de l’apprentissage… »

    Le prix de 80 hôpitaux neufs
    Elle-même ancien enfant placée, à l’âge de 14 ans, en raison de violences intrafamiliales, elle évoque cette époque où elle rentrait chez elle, le soir, en se demandant si elle serait « encore vivante, le lendemain matin ». « Les enfants victimes de violences psychologiques, physiques et sexuelles vivent un Bataclan tous les soirs », assène-t-elle.

    Citant une étude américaine « que l’on pourrait transposer à la France », Céline Greco rapporte que « les violences faites aux enfants coûtent 32 milliards d’euros par an à notre société, soit 1,4 % de notre produit intérieur brut (PIB) ». L’équivalent du prix de construction de 80 hôpitaux neufs et bien équipés, ou de 640 lycées ou encore plus de 213 000 maisons. « Si l’on prenait ces violences en charge très précocement, on pourrait économiser 90 % de ces coûts », estime-t-elle. Alors que c’est obligatoire, seul un enfant sur dix au sein de la protection de l’enfance bénéficie d’un suivi de santé.

  • L’IA, une machine à dégrader le travail | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/010925/l-ia-une-machine-degrader-le-travail

    « La perspective défendue ici est une invitation à repolitiser la technologie », résume d’emblée Juan Sebastián Carbonell. Si la technologie est politique, c’est parce qu’elle n’est pas que le simple produit d’un « progrès » irréductible de la science. Elle est le fruit de choix sociaux qui sont, eux-mêmes, le produit d’une organisation sociale. En conséquence, il y a des gagnants et des perdants dans toute révolution technologique.
    Comment les technologies s’imposent

    Et cette répartition reproduit la structure de domination de la société. Si une technologie est présentée comme un « progrès » pour la « société », c’est qu’elle est, d’abord et avant tout un progrès pour la « société » telle qu’elle est, c’est-à-dire pour ceux qui dominent ladite société. Tous les autres arguments servent à couvrir cette réalité.

    « Une technologie ne s’impose pas inéluctablement parce qu’elle est plus “efficiente”, mais parce que des acteurs qui contrôlent les ressources économiques, considérant qu’elle correspond mieux à leurs intérêts, décident de lui donner réalité », résume l’auteur. Autrement dit, le changement technologique est toujours construit et il est toujours construit à dessein. C’est précisément ici que l’aspect politique est central.

    La question n’est plus la « disparition du travail », mais bien davantage une « dégradation du travail entre les mains des entreprises ».

    Les technologies en général, et l’IA en particulier, sont donc des phénomènes socialement construits. « Les voies du changement technologique sont multiples », rappelle l’auteur, qui décrit de façon très précise le mécanisme médiatique, économique et politique qui conduit l’IA à devenir incontournable.

    Des « attentes technologiques » se mettent alors en place, lancées par l’industrie et relayées par des médias. Ces attentes forgent un « rêve » et permettent de diriger les financements et les recherches dans un sens très précis. « Les prédictions de l’IA se réalisent, non pas parce que les prédictions sont vraies, mais parce que les bons acteurs se saisissent des bonnes promesses au bon moment », résume Juan Sebastián Carbonell.

    • Pour mémoire (la mienne surtout), un peu de « théorie »

      https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2C.htm

      Un chapitre inédit du Capital
      Karl MARX

      Ces particularités du procès capitaliste de valorisation ne sont pas sans entraîner, dans le procès de production, certains changements de la forme réelle du capital, de sa forme de valeur d’usage. Premièrement, les moyens de production doivent être disponibles en une quantité assez grande pour absorber, non seulement le travail nécessaire, mais encore le surtravail. Deuxièmement, l’intensité et l’extension du procès de travail réel s’en trouvent modifiées.

      Les moyens de production utilisés par l’ouvrier sont certes la propriété du capitaliste et, comme nous l’avons déjà montré, ils s’opposent, en tant que capital, au travail, qui est l’expression même de la vie de l’ouvrier. Mais, il n’en reste pas moins que c’est l’ouvrier qui les utilise dans son travail. Dans le procès réel, il use des moyens de travail comme d’un support de son travail, et de l’objet du travail comme d’une matière dans laquelle son travail se manifeste. Ce faisant, il transforme les moyens de production en la forme appropriée du produit.

      Mais, tout change, lorsqu’on examine le procès de valorisation. Ici, ce n’est pas l’ouvrier qui utilise les moyens de production, mais les moyens de production qui utilisent l’ouvrier. Ce n’est pas le travail vivant qui se réalise dans le travail matériel comme en son organe objectif, mais le travail matériel qui se conserve et s’accroît, en absorbant du travail vivant, si bien qu’il devient valeur créant de la valeur, capital en mouvement.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_valeur_(marxisme)

      La théorie de la valeur est un concept marxiste d’analyse et de critique de l’économie. Karl Marx reprend partiellement l’idée de la valeur-travail développée par David Ricardo, mais la complète par une critique radicale (en utilisant la notion de travail abstrait) : la valeur d’un bien dépend de la quantité de travail direct et indirect nécessaire à sa fabrication. Marx utilisera le terme de « quantité de travail socialement nécessaire », la quantité de travail moyenne, changeante au fil du temps et qui explique les fluctuations des prix, une distinction fondamentale avec les théories de la valeur précédentes. Mais alors que Ricardo considère le travail comme une marchandise ordinaire[1], Marx juge impropre l’expression « valeur du travail », puisque le travail est à l’origine de toute valeur d’échange. Pour autant, Marx précise que « Le travail n’est pas la source de toute richesse. La nature est tout autant la source des valeurs d’usage (qui sont bien, tout de même, la richesse réelle !) que le travail, qui n’est lui-même que l’expression d’une force naturelle, la force de travail de l’homme »[2].

      Pour Marx, les salaires ne représentent pas la valeur du travail mais la location de la force de travail du salarié (Arbeitskraft). Il propose d’expliquer l’origine du profit de la façon suivante : de la valeur nouvellement créée, le salaire du travailleur ne représente que la part nécessaire à sa propre survie, le reste constituant la plus-value qui est empochée par les capitalistes.

      Egalement, selon l’économiste marxiste Isaak Roubine, la théorie de la valeur selon Marx doit être comprise en lien avec le concept de fétichisme de la marchandise : la « théorie du fétichisme est, per se, la base de tout le système économique de Marx, et en particulier de sa théorie de la valeur »[3].

      #théories_de_la_valeur #travail_mort #capitalisme #libéralisme #plus-value

    • Leur mise à mort se décline sous une forme réaliste, mais aussi et surtout symbolique : érotisation du meurtre, esthétique du démembrement, dissection de la belle défunte, escamotage de dames par un magicien, désintégration du robot femelle. Ces représentations narratives et visuelles composent une culture du féminicide.

      Tuer des femmes : une longue histoire. Comment le meurtre sexualisé est-il devenu une pièce centrale de nos imaginaires – une évidence, un horizon d’attente, la grammaire de nos livres et de nos films ?

  • L’intelligence artificielle au cœur d’une guerre des sources : un administrateur Wikipédia des Pyrénées-Orientales témoigne
    https://madeinperpignan.com/pyrenees-orientales-coulisses-wikipedia-intelligence-artificielle-g

    La fiabilité est en effet une question centrale de l’intelligence artificielle. Un nouveau type de site internet vient d’arriver dans la sphère de la désinformation. Il s’agit de sites intégralement produits par IA qui fabriquent des articles à la chaîne sans intervention humaine. Leur seul but : monétiser la fréquentation. On trouve des sites pour amateurs de voitures qui inventent littéralement des véhicules. Presque tous les loisirs sont concernés.
    Un site d’information catalan avec des villages qui n’existent pas

    Les Pyrénées-Orientales sont également touchées. Depuis son rachat il y a quelques mois, le site d’information « Le Journal Catalan » piège par exemple les touristes avec de faux articles générés automatiquement. On y présente des villages imaginaires, des lacs qui n’existent pas, une histoire locale fictive, à l’image de ces fausses « gravures préhistoriques interdites » dans une grotte de Tautavel… Le tout illustré par des visuels générés par IA sans rapport avec la réalité. Chat GPT lui-même se fait avoir à l’occasion, puisqu’il pioche dans ce média pour certaines réponses. L’IA qui se source dans l’IA aboutit à une consanguinité de la désinformation.

    Notre regard change, et puisque tout peut être faux, nous passons de l’art du doute à la mécanique du soupçon. Comme l’explique l’essayiste canadienne Naomi Klein, il est tentant d’utiliser la notion de fake news à la manière d’un Trump, en qualifiant de « fait par IA » ce qui dérange nos convictions, au lieu de chercher la vérité.

  • Slouching Into Fascism - Are we already past the tipping point? - Garrett Graff
    https://www.motherjones.com/politics/2025/08/slouching-into-fascism

    American fascism looks like the president using armed military units from governors loyal to his regime to seize cities run by opposition political figures and it looks like the president using federal law enforcement to target regime opponents.

    American fascism looks like the would-be self-proclaimed king deploying the military on US soil not only not in response to requests by local or state officials but over — and almost specifically to spite — their vociferous objections.

    The president’s military occupation of the capital has escalated in recent days into something not seen since British troops marched the streets of colonial Boston — even though precisely nothing has happened to warrant it, the Pentagon has now armed the National Guard patrolling DC and armored vehicles, designed for the worst of combat, are patrolling the capital, where they’re colliding with civilian vehicles because war transports are not supposed to be on civilian streets. (Why a 14-ton MRAP is in any way necessary for a domestic police mission is its own worthy line of questioning!)

    Word came over the weekend that the president is now drawing up plans and explicitly threatening domestic political opponents like the governors of California and Illinois with similar military occupations — exercising emergency powers in a moment where the only emergency is his own abuse of power.

    Civilians who try lawfully to exercise their right to document the abuses of the regime are themselves arrested and charged with felonies through trumped-up charges teeming with official lies. The fact that this military takeover and federal occupation is being done to the city’s residents — and not on their behalf — is evident in how deserted DC has become as residents refuse to enter public spaces where they might have to interact with agents of the state.

    America has become a country where armed officers of the state shout “Papers please!” on the street at men and women heading home from work, a vision we associate with the Gestapo in Nazi Germany or the KGB in Soviet Russia, and where masked men wrestle to the ground and abduct people without due process into unmarked vehicles, disappearing them into an opaque system where their family members beg for information.

    It looks like a president, who is supposed to be the figurehead of the party of small government, is extorting US companies for the regular act of doing business — earning his good will in recent weeks has required seizing parts of major US companies or imposing bizarre taxes on others in exchange for his personal support.

    It looks like a country where our largest and most powerful corporate titans line up to pay tribute personally — delivering literal gold to the president in full view of cameras — and where foreign governments bribe him with largesse as gross as a 747 plane for his personal use after he leaves office, and where media companies have to censor their own staffs in order to be allowed to operate.

    It looks like a country where inconvenient figures are kidnapped and disappeared overseas to torture gulags with no due process or dumped in countries where they have no possible connection. Kilmar Albrego Garcia has been punished for months with the full weight of the US government simply because he embarrassed the Trump administration. It looks like a country where the government, devoid of irony, is reopening concentration camps on the site of some of the country’s darkest hours of history where it previously hosted concentration camps.

    It looks like a government where agency by department, people who try to uphold the rule of law are being purged — sometimes for nothing more than personal friendships or because they voiced an inconvenient fact, and where even the loyalists deemed insufficiently loyal are cashiered. Billy Long, the stunningly unqualified former cattle auctioneer placed in charge of the IRS, evidently was removed after he tried to uphold the most basic legal requirements for sharing taxpayer data.

    It looks like a country where Trump assumes he can control and dictate our history, what books we read, our arts, and even our sports heroes. He assumes there is no line between his taste and our nation.

  • Ce jour,

    Gaza postwar plan envisions ‘voluntary’ relocation of entire population - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/national-security/2025/08/31/trump-gaza-plan-riviera-relocation

    A postwar plan for Gaza circulating within the Trump administration, modeled on President Donald Trump’s vow to “take over” the enclave, would turn it into a trusteeship administered by the United States for at least 10 years while it is transformed into a gleaming tourism resort and high-tech manufacturing and technology hub.

    https://www.washingtonpost.com/documents/f86dd56a-de7f-4943-af4a-84819111b727.pdf

    • Trump mulling postwar Gaza plan relocating 2 million Palestinians for multi-billion d
      https://www.ynetnews.com/article/bjk007h11cgx

      The 38-page proposal, known as the Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation Trust, or #GREAT Trust, is modeled on President Donald Trump’s pledge to “take over” Gaza and oversee it for at least 10 years while turning it into a high-tech and industrial center and a luxury tourist destination.

    • Itay Epshtain sur X : “The #Gaza Reconstruction Acceleration and Transformation Trust (GREAT), exposed by washingtonpost, is the twisted brainchild of @BCG, commissioned by @POTUS and @SecRubio to design a great breach of peremptory norms of international law. A short thread:” / X
      https://x.com/EpshtainItay/status/1962127476731109834

      Le #Gaza Reconstruction Acceleration and Transformation Trust (GREAT), exposé par le “washington post”, est l’idée tordue du #BCG, commanditée par le POTUS et SecRubio pour concevoir une grave violation des normes impératives du droit international. Un court fil :

      1/4 La Commission du droit international des Nations-Unies a codifié en 2022 les normes impératives du droit international (jus cogens), pour lesquelles aucune dérogation n’est permise, incluant l’interdiction de l’agression et du génocide, les règles fondamentales du droit international humanitaire, et le droit à l’autodétermination des peuples. L’objectif du ’GREAT’ est de violer systématiquement ces normes sacro-saintes.

      2/4 L’objectif principal de « GREAT » est l’acquisition du territoire de Gaza par l’usage de la force - par Israël et les #États-Unis en tant que co-conspirateurs - et la suppression de l’indépendance politique et de l’intégrité territoriale palestiniennes.

      3/4 L’agression est définie par la Résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations Unies comme l’utilisation de la force armée par un État - dans ce cas, par Israël et les États-Unis - contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de la Palestine, y compris toute annexion, appropriation et exploitation du territoire par le « trust ».

      4/4 Au cours de la perpétration d’une agression, « GREAT » envisage également une violation grave du droit international humanitaire : des transferts forcés individuels ou de masse, ainsi que des déportations de personnes protégées à l’intérieur ou à partir d’un territoire occupé, ce qui est absolument interdit en vertu de l’article 49 de la quatrième Convention de Genève.

      PS. L’entité associée aux graves crimes de « GREAT » n’est autre que la « Gaza Humanitarian Foundation » #GHF, qui continuera à dissimuler l’obstruction de l’aide humanitaire et l’utilisation de la famine comme méthode de guerre.

  • 📚 Pierre Bourdieu : Pourquoi la sociologie dérange autant ? | INA Culture
    https://www.youtube.com/watch?v=weKSCVRKvOI

    Les grands entretiens du cercle | France 2 | 28/04/1998

    Et si la liberté n’était qu’une illusion ? Dans cet entretien exceptionnel, Pierre Bourdieu démonte les faux-semblants de notre société. Loin d’un savoir froid et distant, la sociologie devient un outil puissant de compréhension de soi et du monde. Il évoque le poids des déterminismes, l’hypocrisie des élites, le rôle des médias et les croyances qui façonnent nos vies, parfois à notre insu.
    Un moment rare de lucidité, de colère maîtrisée et d’engagement, porté par l’un des penseurs les plus influents du XXe siècle.

    #Pierre_Bourdieu #Bourdieu #sociologie #interview

  • « Je voudrais un toit pour mon fils » : le nombre d’enfants à la rue avant la rentrée atteint un nouveau record
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/28/je-voudrais-un-toit-pour-mon-fils-le-nombre-d-enfants-a-la-rue-avant-la-rent

    Le 7ᵉ baromètre « #enfants à la rue », publié jeudi 28 août par l’Unicef France et par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), révèle que 2 159 mineurs ont été laissés sans solution d’#hébergement au soir du 18 août, après que leur famille a réussi à joindre le #115. Leur nombre a progressé de 6 % en un an, de 30 % depuis 2022 – quand le ministre du #logement de l’époque avait promis qu’il n’y aurait plus d’enfant à la rue – et de 133 % depuis 2020.

    Parmi les mineurs décomptés, 503 ont moins de 3 ans – 38 % de plus qu’en 2022. Et ces données n’incluent pas les familles qui n’arrivent pas à joindre le 115 – le numéro est sans cesse saturé – ni celles qui n’essaient pas ou plus, faute de chance d’être hébergées. Les #mineurs_non_accompagnés ne sont pas non plus pris en compte. En mars 2024, la coordination nationale jeunes exilé.es en danger en a recensé 1 067, refusés ou en recours de minorité, contraints de vivre dans la rue.

    « Ces chiffres sont accablants. Le grand public n’imagine pas que dans un pays riche tel que le nôtre, il puisse y avoir des enfants à la rue. Mais, malgré nos alertes répétées, ils sont de plus en plus nombreux et des enfants en meurent – au moins 31 en 2024, selon le recensement effectué par le Collectif des morts de la rue », s’indigne la présidente de l’Unicef France, Adeline Hazan, qui exhorte à un « sursaut politique ».

    La progression du nombre d’enfants à la rue s’explique par une accumulation de facteurs : la crise du logement s’est intensifiée, avec notamment une baisse des créations et des attributions de logements sociaux. La forte inflation a contribué à l’augmentation de la #pauvreté. Les #expulsions locatives, facilitées par la loi Kasbarian-Bergé de 2023, ont flambé. Les obtentions et renouvellements de titres de séjour ont, quant à eux, diminué. Tout cela a créé du sans-abrisme, d’une part, et empêché des personnes de quitter l’hébergement d’urgence, d’autre part. Or celui-ci est resté stable, avec 203 000 places, un niveau record atteint durant la crise sanitaire liée au Covid-19.

    Le dispositif sature et l’Etat respecte de moins en moins le code de l’action sociale et des familles, qui lui enjoint d’héberger de façon inconditionnelle et continue les personnes sans abri en situation de détresse. Il a fixé aux associations qui gèrent le 115 des critères de priorisation, souvent assortis de durées de prise en charge.

    [...]

    L’Ile-de-France concentre le plus grand nombre d’enfants laissés sans hébergement après appel au 115. Mais cet indicateur ne permet pas de rendre compte de la situation très dégradée dans les territoires ultramarins, particulièrement à La Réunion et à Mayotte, victime du cyclone Chido fin 2024, où une récente loi autorise l’Etat à déroger à l’obligation d’héberger les personnes dont il détruit l’habitat précaire.

  • ALIMENTATION : TOUT EST FAIT POUR VOUS FAIRE CHOISIR DES PRODUITS MAUVAIS POUR LA SANTÉ

    Qui aujourd’hui a les moyens de bien manger ? En France, des millions de personnes ne mangent pas à leur faim ou ont une alimentation peu diversifiée et dangereuse pour leur santé. Malgré la stabilisation de l’inflation, les prix restent trop élevés pour la grande majorité des Français et ils ont un impact sur ce qu’ils décident d’acheter : moins de produits frais, de fruits, de légumes. Contraintes dans leurs choix alimentaires, les personnes précaires sont aussi « les premières victimes de maladies liées à une mauvaise alimentation ». Un tiers des apports caloriques journaliers des Français vient d’aliments ultra transformés.

    Et tout ceci n’est pas la faute des consommateurs comme on l’entend bien souvent…
    “Tout est organisé pour que les consommateurs choisissent des produits mauvais pour leur santé” c’est ce que dénonce Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch France dans son livre “Les Dangers de l’alimentation”. Elle y propose un décryptage des dérives de notre système agro-alimentaire, un système gangréné par les intérêts du privé au détriment de notre santé et des écosystèmes naturels. Karine Jacquemart invite aussi à l’action et à la résistance collectives, pour reprendre le pouvoir sur notre alimentation et donc sur nos vies.

    À l’heure où 1 français sur 3 n’est pas toujours en capacité de se procurer une alimentation saine en quantité suffisante pour manger trois repas par jour selon le Secours Populaire.
    1 étudiant sur 5 a recours à l’aide alimentaire et 1 agriculteur sur 5 vit sous le seuil de pauvreté.

    Karine Jacquemart le rappelle, l’accès à une alimentation saine, digne et de qualité est un droit fondamental et pourtant il n’est aujourd’hui pas suffisamment garanti en France.
    Dans le même temps, l’industrie agro alimentaire a vu ses profits doubler en pleine inflation. Les scandales se répètent, se ressemblent. Ils montrent à quel point l’alimentation est un enjeu politique majeur pour notre présent et notre avenir.

    Alors comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation ? Comment déverrouiller le système agro-alimentaire et donner accès à une alimentation saine, choisie et produite dans le respect des écosystèmes ? Réponses à ces questions et bien d’autres dans cet entretien de Paloma Moritz avec Karine Jacquemart

    https://www.youtube.com/watch?v=QYAp8Cln9IA

    #alimentation #politique #interview #Karine_Jacquemart

  • Entre amis ou en famille, tout le monde se géolocalise
    La pratique consistant à partager sa position en permanence avec ses proches s’est largement banalisée, notamment chez les plus jeunes. Le signe d’une certaine banalisation de la surveillance, selon certains chercheurs.
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2025/08/25/entre-amis-ou-en-famille-tout-le-monde-se-geolocalise_6634653_4408996.html

    #geolocalisation #gps #surveillance

    https://pastebin.com/PxCD4Bij

    • En partageant sa localisation avec ses proches, on partage sa localisation avec des sociétés privées, ainsi qu’avec l’état. Nous n’avons rien à cacher, paraît-il, certes, mais il me semble qu’à un moment, c’est donner le bâton pour se faire battre. A la façon dont on décide d’utiliser un seul moteur de recherche, une seule IA générative, un seul prestataire de messagerie, un seul fournisseur de suite collaborative en ligne, etc.

  • L’intelligence artificielle au cœur d’une guerre des sources : un administrateur Wikipédia des Pyrénées-Orientales témoigne
    https://madeinperpignan.com/pyrenees-orientales-coulisses-wikipedia-intelligence-artificielle-g

    (...)

    C’est bien simple, la fréquentation s’effondre. D’abord parce que Google s’est transformé en moteur de réponse plutôt qu’en moteur de recherche, diminuant le recours à l’encyclopédie. Mais désormais à cause de l’IA. « La deuxième chute, elle arrive maintenant. Et là c’est beaucoup plus important. » Rien qu’en 2025, Wikipédia voit une baisse de 10 à 15 % de son trafic. « Les gens n’utilisent même plus Google, ils demandent directement à Chat GPT ou Gemini. »

    (...)

    Tu vois, les IA génératives comme on te me les vend, c’est un monopole, un monologue, une centralisation de la parole, et si je voulais déblatérer, je dirais « un totalitarisme en devenir ».

    • Parmi les collégiens que je fréquente, sur lesquels pèse l’évaluation permanente de l’"école de la réussite", l’effet est atroce. Les questions ? "Ça sert à rien". Seules les réponses comptent.
      Dans le droit fil du désintérêt pour les observations écrites des profs sur les copies qui, lorsqu’elles sont remises, font bondir vers la calculette pour calculer sa moyenne sans qu’elles soient lues, les notices wikipedia sont perçues comme trop compliquées pour y piocher ce dont on a besoin.
      Tout se passe comme si dans l’abondance de l’information de puissants mécanismes de production d’une nouvelle pauvreté étaient à l’œuvre.

      #apprentissages #IA #internet #LLM

    • C’est le cœur de la construction de la démocratie qui est touché  : si tu ne peux plus faire confiance à rien, si tu ne peux plus trouver de faits, si tout est falsifié, comment compte-tu faire ton job de citoyen   ?

      Par ailleurs, quelle histoire de l’art, quelles inspirations, si les machines à falsifier volent et trafiquent des œuvres, voire en inventent à des artistes réels  ?

    • Au niveau de l’enseignement supérieur, c’est tout bonnement catastrophique. Une dizaine d’années à chercher des formes d’évaluation dialogiques, de favoriser la réflexion plutôt que le bachotage, hop tout ça à la poubelle. Ce n’est plus possible de demander un travail personnel à la maison. Je vais revenir aux devoirs sur table, aux oraux avec des questions surprises etc.

      Je demande les prompts depuis les chtgpg4. Dans le dernier essai en date, j’ai eu la preuve que toute notre culture open source a été débordée par le capitalisme de prédation. J’avais demandé à faire une lecture croisée de Fred Turner et de https://audimat-editions.fr/catalogue/teque-4... L’essai reçu en retour a été fait avec une compilation par le matou qui pète de recensions de revues et sites internet de je pense une partie des ouvrages fournis en version électronique (ou crawlé quelque part en v.o. pour le Turner).

      Le prompt qui m’a achevé dit « en gardant ce même texte rend le plus humain un style d’écriture proche du miens » parce que la forme était trop académique donc pas assez crédible venant de mon étudiant et il s’en est rendu compte.

      L’arrivée des gloubiboulga LLM en haut des résultats des moteurs de recherche rend totalement dingue d’autant plus que ces résultats sont pollués sur certains sujets par des fermes de site Made for advertising et autres slop IA.. vides de sens voir plein d’information fausses (je pense notamment à ce qui prolifère sur les questions de santé). L’internet mort ne commence pas en 2016, mais en 2023.

  • Comment les Israéliens ont élevé le déni d’atrocités au rang d’art

    Par Ron Dudai

    (...) Et pourtant, face au flot incessant de photos et de vidéos de civils morts, d’enfants affamés et de quartiers entiers réduits en ruines, une grande partie de l’opinion publique israélienne – et une part importante des partisans d’Israël à l’étranger – réagit de deux manières : soit tout cela est faux, soit les Gazaouis le méritaient. Souvent, paradoxalement, c’est les deux à la fois : « Il n’y a pas d’enfants morts à Gaza, et c’est une bonne chose que nous les ayons tués. »

    Une nouvelle ère de déni

    Le déni des atrocités est un phénomène mondial, mais la société israélienne en a fait un véritable art. Ce n’est pas un hasard si l’un des ouvrages universitaires les plus importants sur le sujet, « States of Denial » (2001), du sociologue Stanley Cohen, s’inspire de son expérience de militant des droits humains en Israël pendant la première Intifada, à la fin des années 1980.

    S’appuyant sur ces expériences, Cohen décrit un répertoire de déni employé tant par les États que par les sociétés : « cela n’a pas eu lieu » (nous n’avons torturé personne) ; « ce qui s’est passé est autre chose » (il ne s’agissait pas de torture, mais de « pressions physiques modérées ») ; « il n’y avait pas d’alternative » (la « bombe à retardement » a fait de la torture un mal nécessaire).

    En Israël, cette logique s’enracine dans le mythe de la « pureté des armes » (la croyance qu’Israël n’agit que par légitime défense) et dans la vieille mentalité du « tirer et pleurer » (l’idée que les Israéliens peuvent commettre des actes de violence tout en conservant une moralité singulière parce qu’ils en portent le deuil par la suite). Mais aussi odieux que puisse paraître cet état d’esprit, il repose néanmoins sur deux hypothèses importantes : que des atrocités comme la torture, le meurtre de civils et les déplacements forcés sont fondamentalement mauvaises et nécessitent donc d’être justifiées ou dissimulées ; et que la documentation et la révélation de la vérité ont une valeur, ne serait-ce que comme un obstacle à contourner.

    Aussi répugnante soit-elle, l’hypocrisie inhérente au mythe de la « pureté des armes » a son utilité : elle laisse une marge de manœuvre, aussi étroite soit-elle, pour corriger le tir. Une fois révélé, le fossé entre la rhétorique et la réalité peut provoquer l’embarras, voire exercer une pression pour le changement. Dans un tel monde, les images prises avec un téléphone et partagées instantanément ont un poids réel.

    Mais ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. En Israël, l’instinct de rejeter toute documentation provenant de Gaza comme étant « fake » a été intégré au discours dominant, des plus hautes sphères du pouvoir politique jusqu’aux commentateurs anonymes des sites d’information. Ce réflexe est ancré dans un esprit conspirationniste importé des milieux de droite américains, à l’image de la rhétorique de « l’État profond » du président Donald Trump, devenue l’un des arguments favoris du Premier ministre Benjamin Netanyahou et de ses partisans. (...)

    Ce type de discours a commencé à s’infiltrer dans la société israélienne avant même le 7 octobre, d’abord en ligne, puis dans les arènes officielles. À mesure que la guerre s’éternise, il est devenu une réaction répandue, souvent un réflexe : une vidéo de parents palestiniens berçant le cadavre d’un nourrisson dans leurs bras ? « Des acteurs tenant une poupée. » Des photos de civils filmées par des soldats israéliens ? « Générées par l’IA, manipulées ou prises ailleurs. » Et ainsi de suite, à l’infini.

    Cette rhétorique a souvent été associée au terme « Pallywood », un mot-valise à partir de « Hollywood palestinien ». Importé des milieux d’extrême droite américains au début des années 2000, il suggère que les images de la souffrance palestinienne ne sont absolument pas réelles, mais relèvent d’une industrie cinématographique élaborée : une vaste conspiration dans laquelle Palestiniens, organisations de défense des droits humains et médias internationaux collaborent pour fabriquer des atrocités.

    À une époque où les atrocités étaient niées, les accusations de mise en scène étaient pour le moins élaborées. Nombreux sont ceux qui se souviennent encore du cas de Muhammad Al-Durrah, le garçon de 12 ans tué à Gaza en septembre 2000, dont la mort est devenue un symbole de la deuxième Intifada. Les Israéliens et leurs partisans ont déployé des efforts considérables pour tenter de discréditer les images : des centaines d’heures d’analyse, de reportages et même de documentaires, analysant les angles de prise de vue, la balistique et les détails médico-légaux pour affirmer que l’événement avait été entièrement mis en scène [par le journaliste franco-israélien Charles Enderlin, correspondant de France 2, qui avait filmé la scène et a été harcelé pendant des années].

    Aujourd’hui, le déni ne requiert plus de tels efforts. Les théories du complot complexes du passé ont cédé la place à une forme plus grossière de négationnisme que les spécialistes appellent conspirationnisme : le rejet réflexif de toute preuve contraire à leurs intérêts, la qualifiant de fabriquée. La documentation des faits est simplement balayée d’un seul mot : « Fake ».

    Post-vérité, post-honte

    Prenons, par exemple, les preuves irréfutables de la famine massive à Gaza. La logique est d’une simplicité déconcertante : une population assiégée, dont tous les moyens d’autosuffisance ont été détruits, mourra inévitablement de faim. Pourtant, en Israël, des commentateurs anonymes en ligne aux plus hautes sphères du gouvernement, le réflexe reste le même : « Tout cela est faux. »

    Netanyahou a évoqué la « perception d’une crise humanitaire », prétendument créée par des « photos mises en scène ou manipulées » diffusées par le Hamas. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a qualifié les images d’enfants émaciés de « réalité virtuelle », citant comme preuve la présence d’adultes « bien nourris » à leurs côtés. L’armée a affirmé que le Hamas recyclait des images d’enfants yéménites ou fabriquait des fausses images générées par l’IA. Le journaliste de Ynet, Itamar Eichner, par ailleurs très critique à l’égard du gouvernement, a partagé le même sentiment : « Ils [les Palestiniens] comprennent que les photos d’enfants affamés sont un point faible. Ces photos sont probablement mises en scène, et les enfants pourraient être atteints d’autres maladies. »

    Ce déni récurrent transparaît même dans le discours universitaire. Un rapport récent du Centre Begin-Sadat d’études stratégiques de l’Université Bar-Ilan, intitulé « Démystifier les allégations de génocide : un réexamen de la guerre Israël-Hamas (2023-2025) », comportait une section intitulée « Fausses sources et autres sources générées par l’IA ». (...)

    Parallèlement, le refus répréhensible de la grande majorité des médias israéliens de montrer ce qui se passe réellement à Gaza signifie que, lorsque des images parviennent à s’infiltrer, la réaction du public se résume souvent à un haussement d’épaules. Pourtant, presque à chaque fois, ce haussement d’épaules s’accompagne d’un « ils l’ont mérité », le déni et la justification s’entremêlant dans ce qui peut paraître paradoxal, mais qui reflète en réalité les deux faces d’une même médaille.

    Comme l’a récemment déclaré le ministre du Patrimoine, Amichai Eliyahu : « Il n’y a pas de famine à Gaza, et quand on vous montre des photos d’enfants affamés, regardez bien : vous en verrez toujours un gros à côté d’eux, en train de bien manger. C’est une campagne montée de toutes pièces. » Dans la même interview, il a ajouté : « Aucune nation ne nourrit ses ennemis. Avons-nous perdu la raison ? Le jour où ils rendront les otages, il n’y aura plus de faim. Le jour où ils tueront les terroristes du Hamas, il n’y aura plus de faim. »

    Après deux décennies de siège, durant lesquelles nous, Israéliens, avons tenté de faire disparaître Gaza et ses deux millions d’habitants palestiniens, le massacre du 7 octobre a brutalement ramené au premier plan ce que nous avions cherché à oublier. C’est peut-être à ce moment-là que les deux réponses – « faux » et « ils l’ont mérité » – ont pleinement convergé. La première sert l’image nationale (« nos enfants ne commettent pas d’atrocités ») et les exigences de la hasbara [propagande], gagnant du temps sur la scène internationale. La seconde est une réaction crue et viscérale à la douleur et à l’humiliation d’avoir été frappé par ceux longtemps considérés comme inférieurs. Ensemble, elles fusionnent en une réaction qui outrepasse tout appel à la moralité, ne nécessite aucune pause et n’exige aucune excuse.

    Et c’est là que réside le deuxième défi à la croyance selon laquelle les smartphones et les réseaux sociaux peuvent mettre fin aux atrocités. La lutte pour les droits humains a longtemps supposé que documenter les abus « pousserait » les auteurs à changer de comportement. Mais que se passe-t-il lorsque les auteurs n’éprouvent plus de honte et ignorent ouvertement la censure morale, voire l’idée même de vérité ? Dans ce cas, la documentation et la diffusion, aussi rapides et généralisées soient-elles, perdent leur pouvoir.

    En effet, comme l’ont montré les rapports sur les droits humains et les requêtes déposées devant les tribunaux internationaux ces deux dernières années, les dirigeants militaires, politiques et culturels israéliens admettent désormais ouvertement – ​​et de leur propre chef – ce que, dans d’autres circonstances, les groupes de défense des droits humains se seraient efforcés de prouver avec acharnement.

    Après des décennies de déni de la Nakba, allant jusqu’à interdire le terme lui-même, les législateurs israéliens déclarent aujourd’hui fièrement qu’Israël commet une seconde Nakba à Gaza. Alors qu’autrefois les bénévoles de B’Tselem devaient filmer minutieusement les atrocités en Cisjordanie, pour se voir opposer une excuse ou une autre, comme celle de dire que les incidents avaient été « sortis de leur contexte », aujourd’hui, les soldats israéliens enregistrent eux-mêmes les violations des droits humains et les publient sans hésiter sur les réseaux sociaux.

    Nous assistons à l’effondrement du cycle traditionnel de révélation, de déni et de confirmation. Dans une telle réalité, à quoi servent les smartphones et les réseaux sociaux ?

    Fissures dans l’édifice

    Si l’intérêt de documenter les atrocités est bien moindre que ce que nous espérions par le passé, il n’en demeure pas moins significatif. Au moment où j’écris ces lignes, il semble que les réflexes du « fake » et du « ils l’ont mérité » se heurtent enfin à des obstacles solides.

    Face aux preuves abondantes et inexorables de la famine à Gaza, les dénonciations de "fake" se font de plus en plus frénétiques et désespérés. L’allégation virulente, sans cesse répétée dans le discours israélien, selon laquelle un enfant gazaoui souffrant d’une maladie préexistante absoudrait en quelque sorte Israël de sa responsabilité dans la famine dont il est victime, n’a apparemment pas réussi à enrayer la reconnaissance croissante en Israël de la souffrance des Palestiniens et de son injustice fondamentale.

    Les contorsions désormais courantes dans les arguments israéliens – qu’il y a bien une famine à Gaza, mais que le Hamas en est responsable ; qu’il s’agit d’une conséquence involontaire de la guerre ; ou que le monde fait preuve d’hypocrisie en ne traitant pas la famine au Yémen de la même manière – nous renvoient tous au répertoire de dénégations décrit par Stanley Cohen. Pourtant, ils suggèrent aussi autre chose : la réapparition hésitante de la gêne, voire de la honte, au moins dans certains segments de la population israélienne.

    Ce qui semble avoir contribué à ce changement, ce sont, d’une part, les réactions de la communauté internationale face à la famine, et, d’autre part, la possibilité de reconnaître la faim sans impliquer directement les soldats et les pilotes (nos « meilleurs fils »). Pourtant, l’accumulation de photos et de documents incontestables provenant de Gaza a également joué un rôle. La persévérance des individus et des organisations à documenter et à dénoncer la situation – depuis Gaza et au-delà –, ainsi qu’à valider et diffuser ces informations en Israël et dans le monde, a finalement eu un impact.

    Mais le projet israélien d’occuper la ville de Gaza et de déplacer de force ses habitants vers ce qui pourrait s’apparenter à un camp de concentration, en prévision de leur éventuelle expulsion définitive, menace de transformer un désastre déjà grave en une situation encore pire. L’opinion publique israélienne va-t-elle s’enfoncer davantage dans le déni ou être enfin contrainte d’affronter la réalité ?

    https://www.972mag.com/israelis-atrocity-denial-gaza

    • Très juste. Article essentiel pour comprendre l’usage des mots et des « éléments de langage ».
      par exemple « la guerre Israël-Hamas », expression qui voulait simplement supprimer Gaza du paysage. Comme si les Gazaouis n’existaient déjà pas/plus, et que les armes « justes » ne visaient que les « terroristes ».
      La guerre, c’est toujours une affaire de territoire : imposer sa domination sur une portion du monde et ses habitants (ou alors supprimer les habitants).
      Cela a toujours été une guerre Israël-Gaza (qui d’ailleurs à commencé il y a plusieurs décennies).
      Qu’il ait fallu deux ans de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, et de génocide pour que les journaux arrêtent d’employer cette expression montre bien la force de ceux qui tiennent le langage et en font une arme de guerre (psychologique).
      Même chose dans la reprise durant deux années de l’expression « xxxx morts selon le Ministère de la santé du Hamas », alors qu’il s’agissait du ministère de la Santé de Gaza, certes détenu par le Hamas, mais qui assurait en l’occurrence une mission de service public. Mais prononcer « Hamas » dans une phrase avait pour mission de décrédibiliser tout ce qui constituait une information.
      Il aura fallu cet été pour que les chiffres soient corroborés par « des données confirmées par l’ONU ».
      Mais ce doit être parce que les journalistes ne peuvent pas entrer dans Gaza que les images qui en viennent sont soumises au doute ou à la dépréciation langagière. Les journalistes occidentaux sont tellement crédibles et indifférents aux pressions langagières des dominants qu’on en oublie que des journalistes locaux existent et sont sur place, décrivent, documentent. Certains ont même obtenu un Prix Pulitzer... avant d’être délibérément assassinés par l’armée israélienne, comme plusieurs centaines de ses confrères. Ne pas être présent n’a jamais empêché les journalistes de traiter de tas de sujets, de s’appuyer sur le travail de leurs confrères locaux, et aussi parfois de se servir de leur simple jugeote : sans eau, sans production locale, sans entrée de vivres... deux millions de personnes déplacées, vivant souvent dehors souffrent forcément au delà du dicible.

  • Ivan Jablonka : « Pour ne plus être drogué culturellement au #féminicide, il faut en changer les représentations »

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/ivan-jablonka-pour-ne-plus-etre-drogue-culturellement-au-feminicide-il-fa

    En 2016, l’historien Ivan Jablonka publiait Laëtitia (Seuil), livre de non-fiction qui avait été récompensé du prix Médicis du roman français. C’était une enquête sur le meurtre de Laëtitia Perrais, qui, à 18 ans, en 2011, fut assassinée, démembrée, poignardée. L’ouvrage était également un récit puisque Jablonka dressait autant que possible le portrait de Laëtitia Perrais, racontait son enfance, donnant ainsi à l’histoire de victime une densité que le rapport factuel du fait divers par les journaux ne lui octroyait pas.

    Depuis l’écrivain poursuit ce travail sur la masculinité et le patriarcat (Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités, en 2019 ; Un garçon comme vous et moi, en 2021, tous les deux édités au Seuil) et publie en cette fin août un texte sur les représentations culturelles et l’imaginaire du féminicide « depuis la Bible jusqu’à Netflix », comme il l’écrit lui-même.

    https://pastebin.com/BLx8zeJ9