Supergéante

Retoquée profesionnelle.

  • Sarah Schulman

    Fin 2018 pénible, grosse fatigue en 2019. Je me rends compte que je ne seenthis plus tellement. Par exemple, je n’ai quasi rien posté sur la sortie en français de "Gentrification of the mind la gentrification des esprits", de Sarah Schulman. Bon, l’éditeur, avait déjà commis une version sans #lyber des écrits d’Aaron Swartz, ce qui me le rend assez suspect, avec comme prétexte comme toujours des questions de rentabilité, ce qui est ridicule (voir éditions #zones). Bref. Sarah Schulman a accompagné la sortie française de son livre en donnant pas mal d’interviews et en participants à de nombreuses rencontres dont une ci-dessous dans l’école où j’interviens. Je fais le porte micro, alors qu’il n’y a besoin de rien, elle parle seule et c’est très intéressant. Je vais rassembler ici certaines des articles autour de son bouquin.

    Pour ceusses qui ne connaissent pas son travail, Sarah Schulman est une journaliste, écrivain et militante américaine, qui a initié entre autres choses le projet d’archives orales d’Act-up, le festival MIX et est une membre active du Jewish Voice for Peace une asso pro-BDS. Elle est aussi auteure d’essais (dont le fabuleux Conflict is not abuse) et de romans.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Sarah_Schulman

    Sarah Schulman : "La ville ne voulait pas aider les gens elle voulait les punir"
    https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/claude-leveque


    http://rf.proxycast.org/1494916272826097664/13954-24.10.2018-ITEMA_21865834-0.mp3
    Sarah Schulman Explains How Rent Straightwashed Queer Lives and AIDS Activism
    https://www.them.us/story/sarah-schulman-rent
    Sarah Schulman à L’erg, Bruxelles
    https://vimeo.com/297743653

    Sarah Schulman : « La gentrification est une domination blanche » (La gentrification des esprits)
    https://diacritik.com/2018/10/19/sarah-schulman-la-gentrification-est-une-domination-blanche-la-gentrifica
    https://en.wikipedia.org/wiki/Sarah_Schulman

    Existe-t-il une « gentrification des esprits » ?
    https://www.vice.com/fr/article/kzjvky/existe-t-il-une-gentrification-des-esprits

    « Si tu vis dans un quartier gentrifié, est-ce que tu connais tes voisins ? Est-ce que tu frappes à leur porte pour leur dire bonjour ? Est-ce que tu es bénévole dans une maison de quartier ? »

    En lien donc avec : https://seenthis.net/messages/792946

    #Sarah_Schulman

  • L’IA ne comprend rien aux images – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/9739

    Alors que l’analyse automatique s’attaque à la détection des émotions, l’absence d’une interprétation correcte de la nature des messages visuels fait apparaître les limites de la simplification algorithmique. Le principe de l’identification des expressions faciales les réduit à un vocabulaire dont il suffirait d’établir le relevé. Mais les jeux expressifs, comme les emojis, sont des modalisateurs qui ne prennent sens qu’au sein d’une interaction. Leur compréhension relève d’une analyse du discours en contexte, que chacun effectue spontanément – mais qui est hors de portée des machines.

  • #Raoul_Peck, auteur de “Exterminate All the Brutes”, sur le suprémacisme blanc : “Je mets sur la table la vraie histoire”
    https://www.telerama.fr/ecrans/raoul-peck-auteur-de-exterminate-all-the-brutes-sur-le-supremacisme-blanc-j

    Salué par la critique américaine après sa diffusion sur #HBO début avril, le documentaire choc “Exterminate All the Brutes” de Raoul Peck s’attaque sans détour aux fondements racistes du suprémacisme blanc en Europe et aux États-Unis. Le cinéaste haïtien nous dévoile en avant-première la genèse de cette œuvre personnelle et universelle, à découvrir cet automne sur Arte.

    C’est certainement l’une des œuvres les plus ambitieuses de Raoul Peck. Son nouveau documentaire Exterminate All the Brutes, dont la diffusion sur la chaîne HBO les 7 et 8 avril a été saluée par la critique aux États-Unis, porte un regard cru et sans détour sur les racines du #suprémacisme_blanc européen et ses ravages à travers les siècles et les continents.

    https://blogs.mediapart.fr/jean-jacques-birge/blog/130421/exterminate-all-brutes-nouveau-chef-doeuvre-de-raoul-peck

    • (Suite de l’article de Télérama)

      Salué par la critique américaine après sa diffusion sur HBO début avril, le documentaire choc “Exterminate All the Brutes” de Raoul Peck s’attaque sans détour aux fondements racistes du suprémacisme blanc en Europe et aux États-Unis. Le cinéaste haïtien nous dévoile en avant-première la genèse de cette œuvre personnelle et universelle, à découvrir cet automne sur Arte.

      C’est certainement l’une des œuvres les plus ambitieuses de Raoul Peck. Son nouveau documentaire Exterminate All the Brutes, dont la diffusion sur la chaîne HBO les 7 et 8 avril a été saluée par la critique aux États-Unis, porte un regard cru et sans détour sur les racines du suprémacisme blanc européen et ses ravages à travers les siècles et les continents. Mettant en relation l’esclavage, le génocide amérindien et la Shoah, le cinéaste haïtien (Je ne suis pas votre nègre, Lumumba) s’attaque aux mythes raciaux nés sur le Vieux Continent.

      Le film, qui mêle graphiques, animations, images d’archives et scènes de fiction, déconstruit en quatre épisodes l’Histoire, telle qu’elle a été écrite par les « vainqueurs » – des stéréotypes sur les Amérindiens dans Alamo (1960) de John Wayne à la révolution haïtienne de 1804. Soit la première révolte d’esclaves réussie de l’ère moderne, pourtant largement ignorée dans les manuels occidentaux. En avant-première pour Télérama, Raoul Peck se confie sur cette nouvelle œuvre à la fois personnelle et universelle, qui devrait être diffusée en France sur Arte en septembre ou en octobre prochain.

      Vous avez décrit ce documentaire comme l’un de vos plus grands défis de cinéaste. Pourquoi ?
      En présentant mon film Je ne nuis pas votre nègre, sur l’auteur afro-américain James Baldwin, dans plusieurs pays, je me suis rendu compte qu’il y avait une grande propension au déni en Europe, et notamment en France, où le suprémacisme blanc était vu comme un problème américain. Je me suis également aperçu d’une certaine « tribalisation » des combats au sein des communautés de la diversité qui ont du mal à trouver un discours commun et créer un front uni, laissant trop de place aux amalgames « souverainistes » et racistes.
      À travers ce documentaire, j’ai donc voulu remonter aux origines du racisme, du privilège blanc et de l’euro-centricité de l’Histoire en mettant en relation éléments historiques, moments personnels et travaux d’universitaires. Ce n’est pas une mince entreprise que de s’attaquer à une déconstruction de plus de sept cents ans d’histoire européenne dans un seul film ! Raconter et mettre ainsi en relation le génocide amérindien, l’esclavage, la Shoah et d’autres crimes collectifs, représente une approche unique au cinéma. Cette communauté humaine porte les blessures d’une histoire commune qui s’est répétée d’un continent à l’autre à des époques différentes.

      HBO vous a donné carte blanche, c’est rare pour une chaîne américaine…
      Ce film est un miracle. C’est en partie le résultat de ma relation personnelle avec Richard Plepler, l’ancien PDG de HBO. Après Je ne suis pas votre nègre, il m’avait gentiment houspillé pendant dix minutes pour ne pas avoir fait le film avec HBO. Il avait fini par me demander ce qu’il en était de mon prochain projet. À l’époque, je n’en savais encore rien. Je lui ai répondu que j’avais besoin de temps, de moyens pour des recherches, de lire et surtout de beaucoup de liberté. Il a dit oui à chacun de ces points.
      Le projet a vraiment pris corps quand j’ai découvert le livre de l’auteur suédois Sven Lindqvist, Exterminez toutes ces brutes !, sur la reconstruction du processus génocidaire, que m’avait passé Laurent Beccaria, éditeur des Arènes. Ça a été un déclic. Tout était là. Puis j’ai complété cette base avec les livres de Roxanne Dunbar-Ortiz sur l’Amérique des peuples indigènes, et de Michel-Rolph Trouillot sur la réécriture de l’Histoire par l’Occident. Avec ces ouvrages, je possédais désormais une solide structure historique. Ajoutez à cela trois ans de travail avec une formidable équipe… et quarante-cinq années de vécu personnel entre Haïti, l’Allemagne, le Congo, la France et les États-Unis.

      Entre les images de votre famille, votre voix off et le récit de vos expériences, vous faites partie intégrante du documentaire. D’ailleurs, vous dites dans le premier épisode que “la neutralité n’est plus une option”. Comment en êtes-vous arrivé là ?
      Cela fait quarante ans que je fais des films dits « engagés », mais je ne peux pas dire qu’ils ont changé le monde. Encore récemment, l’ancien sénateur américain Rick Santorum déclarait qu’il n’y avait personne aux États-Unis avant l’arrivée des colons. Cet homme est collaborateur de la chaîne CNN ! On se demande comment rester diplomate et pédagogue quand d’autres tiennent des propos aussi ostensiblement négationnistes. Il faut arrêter d’être « gentil » et commencer à dire les choses crûment s’il le faut. C’est une question de vie ou de mort, pour l’avenir de tous.

      Le documentaire s’appuie sur des images très variées : graphiques, animations, archives de films, scènes de fiction avec l’acteur Josh Hartnett, qui joue le rôle d’un raciste blanc générique qu’on retrouve dans différents siècles, lieux… Pourquoi recourir à une telle palette ?
      Ma doctrine sur ce plan, c’est celle de Malcolm X : « Par tous les moyens nécessaires. » Je n’ai pas d’autre choix. Compte tenu de mes origines, je n’ai malheureusement pas le privilège de posséder ma propre banque d’archives historiques. Si je veux raconter mon histoire, je suis condamné à utiliser ce qui existe déjà, à déconstruire les archives et à en « fabriquer » lorsqu’elles n’existent pas.
      Comment faire sentir la douleur et la promiscuité d’esclaves dans une cale de bateau ? Comment représenter les dizaines de milliers de cadavres de victimes de la traite négrière reposant au fond des océans ? Il faut inventer ces images, car il n’y en a pas. Mon travail consiste aussi à déconstruire les images existantes, même lorsqu’elles se trahissent elles-mêmes, comme pour la comédie musicale Un jour à New York, de Stanley Donen, avec Frank Sinatra, où les protagonistes dansant dans un musée imitent des personnages africains et amérindiens sur une chanson intitulée Prehistoric Man (« homme préhistorique »). Il y a aussi des images délicates à utiliser, notamment de femmes abusées par les colons. Il fallait faire attention à ne pas les victimiser une nouvelle fois.

      Ce documentaire s’adresse-t-il avant tout aux Blancs ?
      Sur ce plan, je suis proche d’un James Baldwin : il n’a jamais écrit contre les Blancs ou pour les Noirs... Il décrivait l’état des lieux et mettait le doigt là où ça blessait, en déconstruisant comme un psychanalyste ce regard euro-centré. L’extermination n’est pas une affaire de Blancs, de Noirs, de Jaunes ou de Rouges. C’est l’Europe impérialiste qui l’a définie ainsi et mise en action. Mon récit n’est ni une demande de comptes, ni une agression gratuite. Je mets simplement sur la table la vraie histoire, une fois pour toutes, pour ceux qui veulent s’en saisir. Comme l’écrit Sven Lindqvist : « Ce ne sont pas les connaissances qui nous manquent. Ce qui manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons et d’en tirer les conclusions. »

      Après les années Trump et le meurtre de George Floyd en mai dernier par un officier de police blanc, les États-Unis sont-ils plus avancés que l’Europe dans la reconnaissance du suprémacisme blanc ?
      L’Europe et l’Amérique sont profondément ancrées dans le déni, chacune à sa manière. Les États-Unis sont une continuité historique de l’Europe : les Anglais, les Espagnols et les Portugais ont colonisé l’Amérique et ont été les premiers génocidaires. La plus grande puissance au monde a été bâtie sur deux génocides : les Indiens d’Amérique et les Noirs qu’on a transportés comme esclaves. Tant que l’on n’accepte pas les conséquences de ces deux crimes, on ne pourra pas s’entendre. Ce n’est certainement pas une question de dirigeants politiques. On a bien eu Obama… et il a mené à Trump.

  • The Urgent Need for Indoor Air Quality Regulation | The Regulatory Review
    https://www.theregreview.org/2021/05/17/blanc-urgent-need-indoor-air-quality-regulation

    A year ago, I noted that in the early stages of the COVID-19 pandemic, many governments had struggled to effectively assess and communicate risks, and regulatory systems had difficulties with unexpected risks and handling uncertainty. SARS-Cov-2 contagion was not fully understood––even though strong findings in support of aerosol transmission already existed as well as research that showed that surface transmission was very unlikely.

    Since the initial research findings from summer 2020, the scientific picture has grown ever clearer and stronger about the essential importance of aerosol transmission, but regulation has largely remained based on outdated science and ends up being dangerously inadequate or even counterproductive.

    The problem of inadequate rules and guidance started with the wearing of masks, which governments were slow to encourage or mandate—possibly deliberately downplaying it to avoid panic buying ­­­­or to limit costs. But inadequacy extends to “safe” distances, hand disinfection, “sanitizing” of objects and premises, installation of plexiglass panels, requirements on ventilation, regulation on the use of outdoor space. Some jurisdictions get some of these measures right, but many do not, or only partially. As a result, resources are spent on useless, sometimes harmful, and at best marginally helpful “mitigation” measures.

    People are placing confidence in “protection” that does not protect. This false protection allows the virus to spread further, claiming lives and harming societies. Eventually, that false protection will further damage trust in government and institutions as it becomes clear that unfounded measures were imposed.

    Governments should address vital short-term remedies first. Some of the feasible regulatory remedies include strengthening mask mandates indoors, improving information on face masks, facilitating the use of public space for open air food service, and mandating short-term measures to improve ventilation. In addition, some practices should be phased out, including the use of plexiglass shields—which do not protect from aerosol transmission. Widespread sanitation of surfaces should be de-emphasized as the practice is useless, costly, impractical, and environmentally harmful. Governments should also develop and implement long-term remedies.

  • Après l’annonce du divorce de Bill Gates, les révélations se multiplient sur le créateur de Microsoft

    Procédure de séparation lancée il y a deux ans, proximité avec Jeffrey Epstein, liaison avec une salariée du géant informatique et tentatives avec d’autres… La presse américaine a lancé un grand déballage sur le milliardaire et philanthrope.

    https://ghostbin.co/paste/hc7a38

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/05/18/bill-gates-apres-l-annonce-de-son-divorce-les-revelations-sur-le-createur-de

    #grands_hommes

    • L’article référencé est intéressant en ce qu’il montre comment les différents cercles de très riches et super riches hommes surtout mais femmes aussi se cotoient au point d’être intimement liés et interconnectés.

      Vu que l’ancien couple Gates est aux rênes de l’organisation la plus puissante du monde dans le domaine de la gestion de l’intervention dans la recherche médicale, je propose de jeter un regard sur le comportement des institutions culturelles, politiques et médicales des États Unis pour découvrir leur éthique et comportement pratique par rapports aux éthnies considérées ouvertement comme inférieures par les puissants du monde dans le passé récent.

      Bombing Of Osage, Special | 57m 26s
      https://seenthis.net/messages/915966

      Quand les États Unis récupèrent les dechets des victimes de l’expérimentation humaine conduite par les Mengele japonais
      https://seenthis.net/messages/915980

      A mon avis on peut dessiner une ligne ligne directe entre les exactions étatsuniennes historiques et les interventions actuelles de la Bill & Melinda Gates Foundation . Ceci n’est pas le résultat du mauvais caractère des personnes responsables mais une conséquence incontournable de l’optimisation capitaliste et médicale mis en oeuvre par les acteurs historiques et présents.

  • Radio : Julien Mattern, Le mythe du progrès en sociologie , 2016

    Pour #Julien_Mattern, maître de conférences en #sociologie à l’Université de Pau, « l’idée que jusque dans les années 1980, la société occidentale était dans une forme d’extase progressiste est une idée reconstruite ». En effet, dès le XIXe siècle, les sociologues classiques constatent les effets néfastes du progrès tout en se résignant à l’embrasser.

    Ce rapport paradoxal de la sociologie au #progrès est illustré par la pensée d’#Émile_Durkheim : alors que ce sociologue français de la seconde moitié du XIXe siècle observe l’explosion du taux de suicides à son époque, il établit que le progrès est une loi de la nature qui s’impose aux hommes. Si le présent semble si chaotique, c’est parce que le monde est en transition. De même, #Georges_Friedmann, sociologue du XXe siècle, déplore la perte de contact avec la Nature, même s’il juge lui aussi qu’elle est inéducable.

    « L’adhésion des classiques au mythe du progrès relève d’un pari : celui que l’on peut sortir par le haut en opérant la transition la plus harmonieuse possible humanisant le progrès. »

    Le texte de cette conférence, revu et augmenté, est disponible dans la revue L’Inventaire n°9, automne 2019 (éd. La Lenteur), avec pour titre “La #transition perpétuelle ou le pari perdu de la sociologie dominante”. Voici un paragraphe d’introduction de cet article :

    « La notion de transition, bien que très à la mode actuellement, n’est pas neuve. Jean-Baptiste Fressoz à montré [cf. RMU n°49, “Le mythe de la transition énergétique”, 2018] que le concept de “transition énergétique” est né aux États-Unis dans les années 1970, comme réponse “positive” au thème alors omniprésent de la “crise énergétique”. Il s’agissait surtout de rassurer la population, de garantir qu’il existait bien des solutions techniques et que tout serait mis en œuvre pour les réaliser. L’idée de transition énergétique est devenue un thème central du discours prospectiviste en Occident. Mais cela faisait en réalité plus d’un siècle que les sociologues parlaient de transition pour décrire les transformations de leur époque et leur donner un sens. Même s’il a été utilisé dans des perspectives parfois divergentes durant toute cette période, le mot renvoie presque toujours à l’idée que nous serions dores et déjà engagés dans un processus serein et consciemment assumé nous menant d’un stade de développement à un autre – en général vers une société qui serait tout à la fois de masse, technicienne et en harmonie avec la nature. »

    https://sniadecki.wordpress.com/2021/05/06/rmu-mattern-sociologie

    #Racine_de_Moins_Un, #Radio_Zinzine, #technocritique

    • CT : Vous parlez d’une tendance de plus en plus fréquente à « surestimer le préjudice » qui nous est fait lors d’un conflit en l’interprétant comme une agression, comment expliquez-vous cela ?

      S.S : Je pense qu’il y a deux dynamiques importantes qui participent souvent d’une escalade de la violence : l’une est liée à une situation de domination et l’autre au traumatisme. Lorsqu’une personne en situation de domination s’installe dans l’idée qu’elle ne devrait pas être remise en question et que quelqu’un exprime sa différence, l’inconfort vécu par la première est souvent interprété comme une attaque. Différemment, lorsque vous avez vécu des traumatismes, la différence que l’autre incarne dans le cadre d’un conflit est parfois si difficile à gérer émotionnellement qu’elle en vient à son tour à être perçue ou présentée comme une menace.

      Dans tous les cas, nous transformons des situations de conflits en prétendant qu’elles sont des agressions afin de nous positionner comme une victime irréprochable. À notre époque, pour être digne de compassion, nous devons incarner cet idéal de pureté. Si l’on participe d’une quelconque manière à un conflit, nous ne sommes plus éligibles à la compassion. Je pense pourtant que tout le monde devrait être digne de compassion sans condition.

    • #Sarah_Schulman

      Le conflit n’est pas une agression
      Rhétorique de la souffrance, responsabilité collective et devoir de réparation

      https://editions-b42.com/produit/le-conflit-nest-pas-une-agression

      Traduit de l’anglais par Julia Burtin Zortea et Joséphine Gross.

      Des relations intimes aux politiques globales, Sarah Schulman fait le constat d’un continuum : individus comme États font souvent basculer les situations conflictuelles dans le registre de l’agression, criminalisant leurs opposants pour couper court à la contradiction et échappant ainsi à leur propre responsabilité dans les conflits. En distinguant conflit et agression, l’autrice interroge notre culture de la stigmatisation. Ce travail profond, aussi courageux qu’impertinent, montre comment la sanction et la répression prennent le pas sur l’auto-analyse à l’échelle individuelle et collective, et comment l’altérité sert de justification à la violence et à l’exclusion. Ce livre intentionnellement polémique offre un aperçu des dynamiques contemporaines et historiques qui prennent les différences intimes, raciales et géopolitiques pour des éléments déclencheurs de la course à l’injustice, à l’exclusion et à la répression. Le conflit n’est pas une agression est un virulent plaidoyer contre le phénomène culturel de l’accusation, révélant combien les personnes en situation de pouvoir exacerbent et manipulent la crainte de l’« autre » pour éviter toute remise en question.

  • « Underground Railroad » sur Amazon Prime

    Dans la série « Underground Railroad », l’oscarisé Barry Jenkins livre une fresque stylée, hantée par l’Amérique esclavagiste.

    Composée de dix épisodes, la série suit le parcours hors du commun de Cora, 16 ans, esclave dans une plantation de coton en Géorgie, abandonnée par sa mère qui a pris la fuite. Lorsqu’elle va prendre connaissance du Chemin de fer clandestin - qui a permis à de nombreux esclaves de fuir aidés, notamment, par les abolitionnistes -, la jeune femme va enfin toucher du doigt la liberté.

    (Sur Amazon Prime à partir du 14 mai 2021). Dans la série « Underground Railroad », l’oscarisé Barry Jenkins livre une fresque stylée, hantée par l’Amérique esclavagiste.

    Composée de dix épisodes, la série suit le parcours hors du commun de Cora, 16 ans, esclave dans une plantation de coton en Géorgie, abandonnée par sa mère qui a pris la fuite. Lorsqu’elle va prendre connaissance du Chemin de fer clandestin - qui a permis à de nombreux esclaves de fuir aidés, notamment, par les abolitionnistes -, la jeune femme va enfin toucher du doigt la liberté.

    (Sur Amazon Prime à partir du 14 mai 2021). Dans la série « Underground Railroad », l’oscarisé Barry Jenkins livre une fresque stylée, hantée par l’Amérique esclavagiste.

    Composée de dix épisodes, la série suit le parcours hors du commun de Cora, 16 ans, esclave dans une plantation de coton en Géorgie, abandonnée par sa mère qui a pris la fuite. Lorsqu’elle va prendre connaissance du Chemin de fer clandestin - qui a permis à de nombreux esclaves de fuir aidés, notamment, par les abolitionnistes -, la jeune femme va enfin toucher du doigt la liberté.

    (Sur Amazon Prime à partir du 14 mai 2021).

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/tous-les-cin%C3%A9mas-du-monde/20210507-underground-railroad-sur-amazon-prime

    On en parle avec nos 3 invités :

    – Rhoda Tchokokam, critique et fondatrice de la plateforme Atoubaa, co-autrice du « Dérangeur, petit lexique en voie de décolonisation » (Éditions Hors d’atteinte)

    – Rose Ndengue, historienne et sociopolitiste, spécialiste des mobilisations des femmes africaines et afrodescendantes en contexte colonial et postcolonial, enseignante à l’Université de Rouen

    et

    – Gregory Pierrot, enseignant en Littérature africaine-américaine à l’Université du Connecticut.

  • Vraiment super :
    De premiers embryons chimériques homme-singe ont été créés

    Deux équipes, l’une française, l’autre sino-américaine, ont cultivé durant trois à dix-neuf jours des embryons de macaques, dans lesquels ils avaient ajouté des cellules humaines. Si ces travaux offrent, à terme, la promesse de progrès biomédicaux, notamment pour la médecine régénérative, ils suscitent un profond questionnement éthique.

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2021/04/15/de-premiers-embryons-chimeriques-homme-singe-ont-ete-crees_6076911_1650684.h

    https://justpaste.it/838rd

    #pierreboulle

  • Très cher patriarcat... — La Déferlante
    https://revueladeferlante.fr/2021/04/09/tres-cher-patriarcat

    Mon cal­cul est très concret : j’ai mis face à face la pro­por­tion d’hommes pour chaque infrac­tion et les dépenses bud­gé­taires qui y sont liées, puis j’ai retran­ché les coûts des infrac­tions com­mises par des femmes. Ça donne une esti­ma­tion du sur­coût de la viri­li­té, sans doute sous-estimé car toutes les don­nées ne sont pas dis­po­nibles. Je fais, par ailleurs, le constat que les femmes, qui repré­sentent un peu plus de la moi­tié de la popu­la­tion, sont édu­quées loin des normes viriles, via des valeurs plus en adé­qua­tion avec notre socié­té de droit. Au final, elles ne repré­sentent que 17% des per­sonnes mises en cause par la jus­tice. J’estime donc que nous avons la solu­tion sous les yeux : il faut édu­quer les gar­çons comme on éduque les filles, leur apprendre l’empathie, contraindre leur brus­que­rie et leur faire res­pec­ter les règles communes.

  • Oppression et libération de la grosseur – dièses
    https://dieses.fr/oppression-et-liberation-de-la-grosseur

    Il n’y a pas à proprement parler d’approche sociologique de l’oppression de la grosseur. Bien qu’il existe à l’heure actuelle une sociologie du « corps », la discipline consacrée à cette problématique demeure sans voix sur la signification sociologique du corps gros3. À notre connaissance, seule l’analyse de Claude Fischler, qui se situe dans le domaine de la recherche scientifique, amorce une réflexion sur la « lipophobie » des sociétés modernes4, sans tenir compte toutefois de la situation des femmes dans ces sociétés. Il faut souligner ainsi l’un des points intéressants dans cette étude de Fischler, à savoir que la grosseur n’a jamais été à travers l’histoire en manque de signification. Le sociologue montre bien que, quelles que soient les connotations péjoratives ou mélioratives accolées historiquement à ce trait physique, la grosseur a toujours été contextuellement signifiante. Même si Fischler analyse les iconographies comme cas précis de cette pratique signifiante qu’il inscrit surtout au début du XXe siècle, il semble opportun, dans le cadre de cet article, de rapporter d’autres cas de la fin du XXe siècle et la façon dont les discours peuvent interpréter dans une conjoncture donnée le trait physique de la grosseur.

  • La campagne antiscientifique selon laquelle il faudrait accepter de « vivre avec le virus » - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/fr/articles/2021/04/14/viru-a14.html
    https://www.wsws.org/asset/f4b15be4-a83b-437c-9fd7-93e147f4ce52?rendition=image1280

    Cependant, l’utilisation récente du terme d’endémicité par la classe dirigeante et les scientifiques bourgeois a peu à voir avec sa compréhension épidémiologique et tout à voir avec une réponse fataliste à la pandémie de COVID-19. De la même manière que les fermetures et réouvertures répétées ont habitué certaines personnes à accepter la permanence du virus, le fait de parler d’endémicité du virus est utilisé contre tout autre effort d’atténuation qui empiète sur l’accumulation du profit.

    Indépendamment de ces conceptions défaitistes, la pandémie reste dans sa phase initiale et aiguë, avec un potentiel significatif d’infection d’une vaste partie de la population mondiale qui n’a pas encore été exposée au coronavirus. Une stratégie internationale cohérente utilisant les outils de santé publique à notre portée pourrait permettre de maîtriser la contagion avant qu’elle ne devienne endémique, au prix de millions de vies.

  • The new lawsuit that shows facial recognition is officially a civil rights issue
    https://www.technologyreview.com/2021/04/14/1022676/robert-williams-facial-recognition-lawsuit-aclu-detroit-police

    Robert Williams, who was wrongfully arrested because of a faulty facial recognition match, is asking for the technology to be banned. On January 9, 2020, Detroit police drove to the suburb of Farmington Hill and arrested Robert Williams in his driveway while his wife and young daughters looked on. Williams, a Black man, was accused of stealing watches from a luxury store. He was held overnight in jail. During questioning, an officer showed Williams a picture of a suspect. His response, he (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #procès #racisme #facial #reconnaissance #biais #discrimination (...)

    ##ACLU

  • Pfizer profite de la pandémie pour augmenter le prix de son vaccin (et s’en vante) | korii.
    https://korii.slate.fr/biz/vaccin-covid-19-pfizer-profite-pandemie-augmenter-prix-vaccin-bourse-pro

    Initialement négocié à 12 euros la dose en novembre 2020, le #vaccin #Pfizer avait finalement été acheté à 15,50 euros par l’Union européenne. Selon Borissov, la dose devrait nous coûter à l’avenir 19,50 euros.

    La facture finale risque donc d’être salée. « 19,50 euros pour 900 millions (de doses) coûteront près de 18 milliards d’euros à l’UE », calcule-t-il, avertissant les gouvernements européens qu’il leur faudra réviser à la hausse leur budget vaccination.

    Et encore, il ne s’agit peut-être que d’un début, les négociations n’étant pas terminées, souligne le site Business AM. Par comparaison, AstraZeneca s’est engagé à délivrer son vaccin à prix coûtant, soit 1,78 euro la dose, comme l’avait fait fuiter en décembre dernier la secrétaire d’État au Budget belge Eva De Bleeker. Le vaccin de Pfizer va donc revenir 11 fois plus cher que celui de son concurrent anglo-suédois.

    #spéculation #covid19 #santé #big_pharma

  • Elizabeth Blackwell ou la botanique comme instrument de libération | Le blog de Gallica
    https://gallica.bnf.fr/blog/13042021/elizabeth-blackwell-ou-la-botanique-comme-instrument-de-liberation?mode=

    Elizabeth Blackwell voit le jour en 1707 dans une famille de marchands d’Aberdeen et elle reçoit une bonne éducation. Elle épouse en secret son cousin Alexander Blackwell (1709-1747) et ils partent s’installer à Londres. Son mari ouvre une imprimerie sur le Strand, mais ses dettes le conduisent droit à la prison de Highgate où il doit purger une peine de deux ans d’emprisonnement. Elizabeth Blackwell, qui a reçu des leçons de dessin et de peinture, ne se laisse pas abattre : elle décide de tout faire pour réunir la somme qui permettra de libérer son mari.

    #illustration #botanique #femme

  • Les conséquences de « l’airbnbisation » des #villes
    https://theconversation.com/les-consequences-de-lairbnbisation-des-villes-157004

    En mobilisant les petites surfaces, le processus Airbnb « chasse » de facto les étudiants, les personnes les plus précaires, les familles monoparentales des centres urbains, lorsque ces derniers ne possèdent pas de parc HLM suffisant.

    Mais, avec l’avènement des métropoles, ce processus s’accélère encore. Ces dernières bénéficient alors d’un nombre pléthorique d’équipements en termes de santé, de culture notamment. Ainsi, les personnes potentiellement discriminées, en situation de précarité et les étudiant·e·s dont les parents n’habitent pas les centres urbains, ou n’ont pas les ressources nécessaires, se retrouvent alors dans une troisième zone géographique encore plus éloignée des centres ; à plus de 30 kilomètres où les services le sont tout autant.

    En d’autres termes, nombre de logements sur la plate-forme sont entièrement dédiés à ceci et ne sont ni habités par les propriétaires, ni loués aux habitant·e·s. Ces logements sortent alors du parc de location traditionnel au bénéfice des touristes.

    #logement #territoire #exclusion

  • Déconfinement : « Il y a une illusion collective portée par la communication du gouvernement », dit le professeur Gilles Pialoux
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/deconfinement-il-y-a-une-illusion-collective-portee-par-la-communicatio

    « Le climat de réouverture me paraît complètement déconnecté de la réalité ou alors on accepte qu’on ait 300 morts par jour et on accepte qu’il y ait du ’stop and go’ qui épuise tout le monde, prévient Gilles Pialoux. Sur le plan du ressenti cette situation est difficile et on ne pourra pas maintenir ce rythme pendant une année ou plus ». Le vaccin n’est pas la solution à tout, explique le professeur. "On ne s’en sortira pas en France uniquement avec la vaccination." 

    « Les pays qui rouvrent les bars sont des pays qui ont associé une vaccination offensive avec un confinement sévère. Nous on n’est ni dans l’un, ni dans l’autre. Donc, on aura besoin des pass sanitaires, de garder des mesures de distanciation, de tracing, probablement de refermer les frontières. »
    Pr Gilles Pialoux franceinfo

    Gilles Pialoux alerte sur la situation épidémique en France. « On n’a pas à pavoiser sur la situation de circulation du virus. On est à un très haut niveau. Plutôt que d’écrire des protocoles au cas par cas avec les corporations, il faut écrire un protocole de suppression et de sortie de crise sanitaire. »

  • Décolonial, vous avez dit « décolonial » ? par Yann Moulier Boutang et Laugier Sandra
    https://www.multitudes.net/decolonial-vous-avez-dit-decolonial

    Contrairement au gloubi-boulga servi par quelques médias de droite, papiers, télévisuels ou numériques, ne mélangeons pas tout. Il n’en va pas du « #décolonial » comme de « #l’islamo-gauchisme ». Le premier, qui se dit en anglais subaltern ou post-colonial studies, est un véritable paradigme naissant de la pensée contemporaine, qui concerne les « minorités », femmes, queer, black, Amérindiens. Leurs concepts ont été forgés dans et par de nouveaux mouvements sociaux, exclus des anciennes analyses fondées sur les classes sociales, ou bien rabotés pour rentrer dans le lit de Procuste de l’orthodoxie politique de gauche comme de droite. Les sujets subjectifs de ces mouvements sortent de l’invisibilité et revendiquent une place, comme le fit le Tiers État. Le fait qu’ils deviennent des sujets de conversation, matières à débats ou à controverses scientifiques, n’implique pas de passer sous silence leur origine subjective. À la controverse qui accuse les recherches liées à ces mouvements d’être la trace d’un militantisme malséant, on a envie de répondre que c’est le jeu et la vie de la pensée. L’histoire des sciences, l’histoire tout court, la culture, la mémoire sont toujours un champ d’affrontements. Les débats que voudraient provoquer de façon récurrente les extrémistes de la République Une et Indivisible, face aux Démocrates anglo-saxons et aux multiculturalismes, sur l’usage du terme de race, de genre, d’#intersectionalité, en révèlent plus sur ceux qui les lancent que sur le sujet dont ils s’emparent. Il y a de tout dans cette querelle qui s’annonce, du symptomatique intéressant et sincère comme le dernier livre d’#Elisabeth_Roudinesco comme du prurit d’une intolérance maladive et ravageuse dans les multiples interventions médiatiques de Nathalie Heinich...

    [ Elisabeth Roudinesco, Soi-même comme un roi , Seuil, 2021.]

    ... L’universel est une exigence éthique et politique, toujours à construire, pas une rente de situation, ni l’attribution d’un strapontin tardif à ceux et celles que l’on a traités comme des domestiques pendant des siècles et que l’on continue d’exploiter dans d’autres formes de servitude.

    Voilà pourquoi #l’universel ne peut se satisfaire des vieilles catégories d’ « ouvrier », de « prolétaire », quand cela exclut les enfants (nombreux encore au travail dans le monde), les considérations de genre ou d’appartenance communautaire – qu’elle soit de couleur attribuée et assignée mais aussi vécue dans la chair -, de religion, de culture, de langue.

    Certes, il ne faut jamais perdre de vue les questions de classes sociales, de niveau économique, mais si les sociologues les plus avertis ont été contraints d’aborder les questions du racisme ou de la « racialisation », du genre (sous toutes ses formes, y compris donc la transsexualité), de l’ethnie, de la religion, des communautés et des langues, c’est parce qu’elles constituaient autant de biais délibérément utilisés comme instruments de division particulièrement efficaces ; c’est parce qu’une classe ouvrière unifiée par la grâce de la sociologie n’existe plus depuis belle lurette si tant est qu’elle ait jamais existé dans l’histoire. Si le chercheur en sciences sociales n’a pas recours à ces autres catégories à côté des vénérables distinguos de Marx et de Durkheim, il ne verra plus rien dans ses lunettes et en sera réduit à faire de la paléontologie de la classe ouvrière mâle, blanche, adulte, acculturée et assimilée, et bien plus subalternisée que le lumpen-prolétariat ou que la classe ouvrière des générations passées. Comme le disait très bien Rose-Marie Lagrave : « Le genre fait quelque chose à la classe sociale et la classe sociale fait quelque chose au genre, le souligner en ces temps délétères où l’intersectionnalité est mise en cause n’est pas un luxe ».

    C’est pourquoi le reproche que font Gérard Noiriel et Stéphane Beaud aux études de genre, de « race » et à l’intersectionnalité d’oublier la culture de classe tombe à plat. On ne peut en retenir qu’une seule vérité, reconnue de tous les chercheurs du champ : ériger en hypostases substantielles, indépendantes, le genre, la race, la religion, l’appartenance communautaire, c’est en fait pousser directement celles et ceux que cela intéresse au séparatisme qu’on leur reproche.

    « Un article d’actualité remarquable de Sandra Laugier et Yann Moulier, conte une vision rabougrie et trumpienne de la religion républicaine, soyons toutes et tous des "islamo-gauchistes décoloniaux et écoféministes transgenres » !


    • Le déboulonnage des statues au nom de la lutte contre le racisme déconcerte. La violence avec laquelle la détestation des hommes s’affiche au cœur du combat féministe interroge. Que s’est-il donc passé pour que les engagements émancipateurs d’autrefois, les luttes anticoloniales et féministes notamment, opèrent un tel repli sur soi ?
      Le phénomène d’« assignation identitaire » monte en puissance depuis une vingtaine d’années, au point d’impliquer la société tout entière. En témoignent l’évolution de la notion de genre et les métamorphoses de l’idée de race. Dans les deux cas, des instruments de pensée d’une formidable richesse – issus des œuvres de Sartre, Beauvoir, Lacan, Césaire, Said, Fanon, Foucault, Deleuze ou Derrida – ont été réinterprétés jusqu’à l’outrance afin de conforter les idéaux d’un nouveau conformisme dont on trouve la trace autant chez certains adeptes du transgenrisme queer que du côté des Indigènes de la République et autres mouvements immergés dans la quête d’une politique racisée.
      Mais parallèlement, la notion d’identité nationale a fait retour dans le discours des polémistes de l’extrême droite française, habités par la terreur du « grand remplacement » de soi par une altérité diabolisée : le migrant, le musulman, mai 68, etc. Ce discours valorise ce que les identitaires de l’autre bord récusent : l’identité blanche, masculine, virile, colonialiste, occidentale.

      Identité contre identité, donc.
      Un point commun entre toutes ces dérives : l’essentialisation de la différence et de l’universel. Élisabeth Roudinesco propose, en conclusion, quelques pistes pour échapper à cet enfer.

  • Experimental City: The Sci-Fi Utopia That Never Was - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-10-17/experimental-city-the-sci-fi-utopia-that-never-was

    To forestall the continuing growth of cities as “cancerous organisms,” the Minnesota Experimental City (MXC) was conceived in the mid-1960s by epochal technologist Athelstan Spilhaus. A modular settlement of 250,000 people or more, the city was to be powered by clean energy and run on public transit. Experimental City would be a tabula rasa—a place to begin anew, free from the constraints and compromises of past cities, located in the remote marshlands of northern Minnesota.

    Spilhaus could be gruff, but maintained a patrician air, expressed in his decades-running “Our New Age” comic strip, which confidently proclaimed science fiction to be science fact just around the corner. To advance the cause, he gathered around him a progressive cadre of experts including Buckminster Fuller and civil rights pioneer Whitney Young. The world they outlined was startlingly prescient.

    #urban_matter #utopie #ville #urbanité

  • Hadopi : 30 % des adresses IP restent anonymes, mais plus pour longtemps
    https://www.nextinpact.com/article/46428/hadopi-30-adresses-ip-restent-anonymes-mais-plus-pour-longtemps

    Depuis ses origines, la Hadopi est confrontée à un problème : le développement du « nattage », soit la mutualisation d’une adresse IP entre plusieurs abonnés. Un bug juridique l’empêche en effet d’adresser ses avertissements. Cette lacune, qui a profité à certains abonnés Free notamment, est en passe d’être corrigée. Rapport annuel après rapport annuel, la Hadopi n’a eu de cesse de dénoncer la problématique dite des adresses IP nattées. Ses racines sont à rechercher dans les textes fondateurs. Dans les (...)

    #HADOPI #surveillance #copyright