Supergéante

Retoquée profesionnelle.

  • A #bruxelles, laisser ses enfants se rendre à l’école à pied ou à vélo est un acte de résistance - Belgique - LeVif.be
    http://www.levif.be/actualite/belgique/a-bruxelles-laisser-ses-enfants-se-rendre-a-l-ecole-a-pied-ou-a-velo-est-un-acte-de-resistance/article-opinion-851935.html

    A chaque passage piéton, cinq mètres doivent rester libres pour pouvoir garantir le minimum de visibilité requis et de sécurité à l’usager faible. A Bruxelles, cette règle est partout violée, parce que cinq mètres c’est l’équivalent d’une place de parking, le Saint-Graal pour de nombreux bourgmestres de Bruxelles ! Cet arbitrage totalement inégal opéré entre parc de stationnement et vies humaines n’est plus seulement cynique, mais criminel et cela a assez duré ! — Permalink

    #mobilité #urbanisme


  • Uber’s plans to identify drunk passengers could endanger women
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/jun/13/uber-identify-drunk-passengers-endanger-women-sexual-assault-ai

    The company’s poor track record when it comes to sexual assault makes its new AI project a scary prospect It’s impossible to say exactly how much money Uber makes from drunk people, but if the number of bleary-eyed people wandering around on Friday and Saturday nights trying to find their summoned cars is anything to go by, it’s probably quite a lot. The company clearly knows its audience : this week, it applied for a patent for an AI that could spot drunk or high passengers simply by the way (...)

    #Uber #viol #alcool


  • Morts à la suite d’interventions policières - une enquête de Basta Mag
    https://www.bastamag.net/6799

    Les forces de police et de gendarmerie ont pour mission d’assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions. À ce titre, elles disposent du pouvoir de recourir à la force et d’utiliser leurs armes à feu, dans des circonstances précises. Ce pouvoir, conféré par l’Etat, occasionne des morts. Source : Basta !


  • Les vélos flottants, vraiment une très très bonne idée...

    The Bike Share War Is Shaking Up Seattle Like Nowhere Else


    Residents are divided over whether the city’s dockless bike share program is revolutionizing transit—or creating an unwieldy, dangerous mess.
    https://www.wired.com/story/the-bike-share-war-is-shaking-up-seattle-like-nowhere-else


  • Netflix dynamite la télé et le septième art
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/12/netflix-dynamite-la-tele-et-le-septieme-art_5297787_3234.html

    Malgré sa puissance, le modèle de Netflix ne fait pas consensus. « Il entraîne une destruction de valeur, estime un producteur français, qui préfère rester anonyme, car la plate-forme promet de financer en France une dizaine de séries et films par an. Au début, quand Netflix commandait un film ou une série, il exigeait d’avoir les droits pour le monde entier sur dix ans, en échange d’un prix au-dessus de la moyenne. Aujourd’hui, on doit toujours abandonner tous les droits, mais les prix ont baissé. »

    Michael Pachter, de Wedbush Securities, fait aussi partie des sceptiques : « #Netflix dépense plus de cash qu’il n’en engrange. Et cela ne va pas s’arrêter s’ils essaient de créer du contenu dans chacun des pays où ils sont présents. » Tous les analystes anticipent une surenchère sur les contenus.
    Bataille de géants

    Car Netflix voit chaque jour son horizon concurrentiel s’obscurcir. La création d’une plate-forme de vidéo à la demande par abonnement est au cœur de la bataille que se livrent le câblo-opérateur américain Comcast et le studio Disney pour racheter la « Fox » et son précieux catalogue de films et de séries. Cette concentration inspire les autres studios, dont HBO ou CBS.

    Du côté des #GAFA, Amazon vient de promettre d’engloutir 1 milliard de dollars pour adapter Le Seigneur des anneaux en série. La firme de Jeff Bezos a aussi secoué le secteur en annonçant que 100 millions de personnes utilisaient son service de vidéo à la demande, accessible aux abonnés à Prime, son service payant de livraison accélérée. Facebook ne cache pas ses ambitions dans l’audiovisuel, et Google n’a pas renoncé à faire décoller YouTube Red, la version payante de sa puissante plate-forme de vidéo. L’idée que Netflix finira rachetée par l’un de ces richissimes géants n’a jamais vraiment disparu.

    « Toutes les grandes entreprises de technologie et de contenu sont à nos trousses. Cela veut dire qu’il y a un marché pour ce que nous faisons déjà », répond Reed Hastings, arborant un large sourire.


  • Tombés du ciel ?
    Petite et grande histoire des luttes pour les droits des personnes handicapées
    https://filmshandicap.lefilrouge.org/2016/03/27/tombes-du-ciel


    https://vimeo.com/161107002

    A travers divers entretiens, ce documentaire évoque la construction des droits des personnes handicapées depuis la révolution industrielle jusqu’à aujourd’hui. Le sociologue Henri-Jacques Stiker présente la « grande histoire » et les acteurs emblématiques grenoblois sur la scène du handicap présentent la « petite histoire ». Ces témoignages nous rappellent à quel point la construction des droits est le résultat d’un jeu d’acteurs à l’échelle internationale, nationale et aussi locale.
    #film #luttes #handicap #grenoble #tram #transports #archivage_militant




  • Amazon refuse que Signal se cache dans son trafic pour éviter la censure
    https://www.numerama.com/tech/364702-amazon-refuse-que-signal-se-cache-dans-son-trafic-pour-eviter-la-ce

    Amazon a averti Open Whisper Systems, l’organisation qui développe Signal, de bien respecter les conditions d’utilisation de son infrastructure dans le cloud. En effet, la société américaine a appris que Signal envisage de cacher son trafic pour esquiver la censure dans certains pays. Il n’y a pas que Telegram qui rencontre quelques problèmes avec le stratagème anti-censure appelé « domain fronting ». L’application de messagerie Signal pourrait aussi avoir des ennuis si elle ne change pas très vite de (...)

    #Google #OWS #Amazon #Signal #censure #cloud



  • « La misère sexuelle est une construction sociale, et elle fait des ravages »

    http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2018/04/29/frustration-et-terrorisme-nos-croyances-sexuelles-nous-massacrent_5292137_44

    Un « célibataire involontaire » a foncé sur la foule et tué dix personnes à Toronto lundi. Pour les « Incels », le sexe est un dû. Cette conception transactionnelle du plaisir ne sort pas d’esprits malades ou perturbés, mais de notre culture, estime la chroniqueuse de « La Matinale du Monde », Maïa Mazaurette.

    La pénétration est la seule rétribution attendue, la seule modalité du dialogue. Sans sexe, la vie est tellement indigne qu’on préfère la terminer en prison, ou entraîner des inconnus dans la mort. Là encore, les germes culturels sont solides. Notre modernité est obsédée par l’idée de « rater sa vie » : il faut s’épanouir, tout le temps, partout. Cet épanouissement ne se limite pas à la sexualité : une femme sans enfant rate sa féminité, une personne sobre rate la transcendance par l’alcool… ne parlons même pas des losers qui ratent la Rolex avant 50 ans ! La dignité humaine, garantissant au départ nos droits constitutionnels, est devenue un argument de vente tout-terrain : « Après une journée difficile au boulot, vous méritez une tarte tropézienne et un missionnaire avec bobonne. »

    Notre culture se coltine donc deux conceptions ultra-limitantes du plaisir charnel : 1) la sexualité est incontournable, 2) dans sa version légitime, elle exclut 99 % des possibilités érotiques. Cette sexualité authentique se fiche des massages, tolère vaguement les fellations, méprise les sextos, néglige les conversations enflammées, considère les attouchements comme de simples amuse-bouches. Elle renvoie les douches prises ensemble, les masturbations partagées, à du sexe incomplet.

    Il ne s’agit nullement de modifier les noms de nos malheurs pour les faire disparaître : la misère sexuelle est une construction sociale, et elle fait des ravages. A Toronto comme à Paris, Marseille ou Epinay-sur-Orge, nous récoltons la colère que nous semons. Il est temps de se débarrasser de cette vision bornée de la sexualité. Si nous ne le faisons pas pour nous-mêmes, faisons-le pour éviter le prochain massacre.



  • Les courriers du coeur du cul - Orgaaasmes
    http://www.radiopanik.org/emissions/les-courriers-du-coeur-du-cul/-6-5
    Une nouvelle émission de #radio_panik qu’elle est bien !

    Les courriers du coeur du cul est une émission de libre antenne pour toutes personnes se posant des questions ou voulant partager des expériences d’ordre émotionnel et/ou sexuel.


    Une question de coeur ou de cul ? Viens on essaie d’y répondre ensemble !
    Une petite annonce à faire passer ? Un secret à partager ? Un témoignage à apporter ? Une grande déclaration à exprimer ? Appelle-nous ! écris-nous !

    L’équipe de cette mission se veut dans une dynamique d’empowerment, de partage et d’échange , c’est pour ça qu’on voudrait déconstruire ensemble les diktats que nous imposent l’hétéropatriarcat même jusque dans nos lits et dans nos façons d’envisager nos relations affectives.

    Du queer, de la bonne humeur et de l’autodérision au rendez-vous, soyez-en sûr.es !

    #sexualités #genre #sexe #femmes


    • Le premier :
      https://framablog.org/2016/09/12/des-routes-et-des-ponts-1

      Pourtant, je suis tombée sur un certain nombre de projets open source qui mettaient à mal ces préjugés. Il s’est avéré que maintenir les projets dans la durée était un problème connu dans le monde des contributeurs de l’open source. Plus je creusais la question et plus je découvrais des billets de blog, des articles et des forums de discussion qui abordaient la tension et l’épuisement éprouvés par ceux qui maintiennent les projets open source. Tout le monde m’indiquait une autre personne à contacter et sans m’en apercevoir j’ai récolté un nombre incroyable de témoignages à ce sujet.

      Je me suis rendu compte que j’avais découvert un problème certes « bien connu » des producteurs (les contributeurs de l’open source) mais dont les consommateurs (les entreprises de logiciels et les autres utilisateurs de code open source) n’avaient apparemment aucune idée. Cette anomalie m’a incitée à me pencher sur le problème.

      Par ailleurs, il semble que le milieu de l’open source soit lui-même en train d’évoluer, voire de bifurquer. J’ai eu des conversations très diverses avec des interlocuteurs de différentes générations, tous contributeurs open source. Ils semblaient avoir des philosophies et des valeurs divergentes, au point de donner l’impression de ne pas utiliser le même vocabulaire. J’ai appris que dans les trois à cinq dernières années, la production ainsi que la demande avaient explosé dans le monde de l’open source grâce à l’amélioration des outils pour les développeurs et à celle de l’organisation du travail. Les contributeurs de l’open source d’aujourd’hui sont très différents de ceux d’il y a 10 ans, sans parler de ceux d’il y a 30 ans. Or ces différentes générations ne communiquent pas entre elles, ce qui rend difficile toute conversation productive sur la maintenance pérenne des logiciels.

      #épuisement #travail #pérennité #long_terme #infrastructure

      Aussi signalé par @monolecte
      https://seenthis.net/messages/523810
      et
      https://seenthis.net/messages/525857

    • https://framablog.org/2016/11/14/des-routes-et-des-ponts-9-largent-et-lopen-source

      Beaucoup de projets open source ne sont rien de plus qu’un dépôt numérique public où est stocké du code auquel un groupe de gens contribue régulièrement : l’équivalent d’une association officieuse sur un campus universitaire. Il n’y a pas de structure légale et il n’y a pas de propriétaire ou de chef clairement défini. Les « mainteneurs » ou les contributeurs principaux émergent souvent de facto, en fonction de qui a créé le projet, ou de qui y a investi beaucoup de temps ou d’efforts. Cependant, même dans ces cas-là, dans certains projets on répugne à introduire une hiérarchie favorisant clairement un contributeur par rapport à un autre.

      […]

      La nature décentralisée du monde open source en a fait ce qu’il est : des logiciels produits de façon participative, que n’importe qui peut élaborer, partager, et améliorer. Mais quand vient le moment de discuter des besoins organisationnels, ou de la viabilité, il peut être difficile de prendre des décisions faisant autorité.

      […]

      De plus, de nombreux projets fonctionnent très bien de manière communautaire lorsqu’ils sont d’une des deux tailles extrêmes possibles, c’est-à-dire soit des petits projets qui ne demandent pas de maintenance significative (comme dans l’exemple de Arash Payan et Appirater), soit de très gros projets qui reçoivent un soutien important de la part d’entreprises (comme Linux).

      Cependant, beaucoup de projets sont coincés quelque part entre les deux : assez grands pour avoir besoin d’une maintenance significative, mais pas d’une taille suffisante pour que des entreprises déclarent leur offrir un soutien. Ces projets sont ceux dont l’histoire passe inaperçue, ceux dont on ne parle pas. Des deux côtés, on dit aux développeurs de ces projets « moyens » qu’ils sont le problème : du côté des « petits projets », on pense qu’ils devraient simplement mieux s’organiser et du côté des « gros projets », on pense que si leur projet était « assez bon », il aurait déjà reçu l’attention des soutiens institutionnels.

      […]

      Beaucoup de projets open source sont en train d’expérimenter la difficile transition d’une création désintéressée à une infrastructure publique essentielle.
      Ces dépendances toujours plus nombreuses signifient que nous avons pour responsabilité partagée de garantir à ces projets le soutien dont ils ont besoin.

      #organisation

    • https://framablog.org/2016/12/05/des-routes-et-des-ponts-13-des-mecenes-pour-les-projets-open-source

      La deuxième option pour financer des projets d’infrastructure numérique consiste à trouver des mécènes ou des donateurs. Il s’agit d’une pratique courante dans les cas de figure suivants :
      – Il n’existe pas de demande client facturable pour les services proposés par le projet.
      – Rendre l’accès payant empêcherait l’adoption (on ne pourrait pas, par exemple, faire payer l’utilisation d’un langage de programmation comme Python, car personne ne l’utiliserait ; ce serait comme si parler anglais étant payant).
      – Le projet n’a pas les moyens de financer des emplois rémunérés, ou bien il n’y a pas de volonté de la part du développeur de s’occuper des questions commerciales.
      – La neutralité et le refus de la commercialisation sont considérés comme des principes importants en termes de gouvernance.

      […]

      Pour expliquer sa décision de lever des fonds pour un projet open source, Godwin écrit :

      « Une quantité importante de code open source est écrit gratuitement. Cependant, mon temps libre est limité. Je dispose actuellement d’une seule journée libre par semaine pour travailler, et j’adorerais la consacrer à l’amélioration de Django, plutôt qu’à du conseil ou à de la sous-traitance.

      L’objectif est double : d’une part, garantir au projet un temps de travail conséquent et au moins 80 heures environ de temps de codage ; et d’autre part prouver au monde que les logiciels open source peuvent réellement rémunérer le temps de travail des développeurs. »

      […]

      John Resig est l’auteur de jQuery, une bibliothèque de programmation JavaScript qui est utilisée par près des 2/3 du million de sites web les plus visités au monde. John Resig a développé et publié jQuery en 2006, sous la forme d’un projet personnel. Il a rejoint Mozilla en 2007 en tant que développeur évangéliste, se spécialisant notamment dans les bibliothèques JavaScript.

      La popularité de jQuery allant croissante, il est devenu clair qu’en plus des aspects liés au développement technique, il allait falloir formaliser certains aspects liés à la gouvernance du projet. Mozilla a alors proposé à John de travailler à plein temps sur jQuery entre 2009 et 2011, ce qu’il a fait.

      À propos de cette expérience, John Resig a écrit :

      « Pendant l’année et demi qui vient de s’écouler, Mozilla m’a permis de travailler à plein temps sur jQuery. Cela a abouti à la publication de 9 versions de jQuery… et à une amélioration drastique de l’organisation du projet (nous appartenons désormais à l’organisation à but non lucratif Software Freedom Conservancy, nous avons des réunions d’équipe régulières, des votes publics, fournissons des états des lieux publics et encourageons activement la participation au projet). Heureusement, le projet jQuery se poursuit sans encombre à l’heure actuelle, ce qui me permet de réduire mon implication à un niveau plus raisonnable et de participer à d’autres travaux de développement. »

    • https://framablog.org/2016/12/12/des-routes-et-des-ponts-14-synthese-sur-les-difficultes-de-financement

      En plus de l’enjeu macroéconomique des communs, il y a plusieurs raisons pour lesquelles le financement des infrastructures numériques est particulièrement compliqué. Ces raisons ont déjà été abordées au cours de cette étude, mais sont toutes résumées ici.

      On croit à tort qu’il s’agit d’un « problème résolu ».
      […]

      Il manque une prise de conscience et une compréhension culturelle de ce problème.
      En dehors de la communauté open source, tout le monde, ou presque, ignore les problèmes de financement de ces projets d’infrastructure, et le sujet est perçu comme plutôt aride et technique. Les développeurs qui ont besoin de soutien ont tendance à se concentrer principalement sur la technique et sont mal à l’aise lorsqu’il s’agit de défendre l’aspect financier de leur travail. Au bout du compte, on ne parvient pas à trouver l’élan qui pourrait modifier cette situation en panne.

      Les infrastructures numériques sont enracinées dans l’open source, dont la culture du bénévolat n’encourage pas à parler d’argent.
      Même si cette attitude a fait de l’open source ce qu’elle est aujourd’hui, elle crée également un tabou qui rend difficile pour les développeurs l’évocation de leurs besoins, car ils se sentent coupables ou ont peur de passer pour des personnes qui n’auraient pas l’esprit d’équipe.

    • Le livre est intéressant, et elle aborde frontalement l’épuisement des gens et des projets, ainsi que la nécessité d’ouvrir au maximum les projets à plein de profils différents pour maximiser les contributions, l’écosystème, le cercle vertueux, dans le dernier chapitre.

      Mais une reproche que je ferais, c’est qu’elle ne parle que de financement direct. Et donc uniquement de projets, qui même lorsqu’ils sont très communautaires et à but non lucratif, sont seulement ceux qui ont une fondation ou association officielle qui permet de récolter des dons privés ou publics, pour ensuite le redistribuer à des développeureuses, des gens qui font la doc, la com ou autre.

      Bon, on est vraiment mais alors VRAIMENT parmi les seuls au monde entier dans SPIP à être une communauté sans aucune structure juridique officielle. Du coup c’est très difficile de s’identifier dans son livre et de faire des rapprochements.

      Par ailleurs, elle aborde un peu le financement indirect mais pas tant que ça et ce n’est pas très détaillé sur le type de tâches que ça permet de faire avancer.

      Cela fait des années que je redis régulièrement la même chose, mais je pars de mon expérience dans SPIP évidemment. J’affirme, et je pense que c’est quantifiable et que je peux le prouver, que mis à part au début, la majorité des dernières contributions à SPIP dans les dernières années plugins ET noyau, l’ont été soit durant des temps travaillés et payés, soit en rapport avec le travail quand même car investissement du fait que SPIP est la base sur laquelle est montée le travail, le salaire, la vie des gens qui ont fait ces contributions. Je ne parle donc pas que de moi. Je trouve qu’il y a une sorte de non-dit sur ce sujet, volontaire ou pas, et que c’est un fait difficile à reconnaitre (et donc à en tirer les conséquences !).

      De manière plus concrète : un (très) grand nombre de plugins majeurs ont été créé et/ou augmenté dans le cadre de fonctionnalités nécessaires durant des projets payés par des clients à des gens qui vivent de SPIP. Pour le noyau, de nombreuses modifications ont été fait dans ce même cadre, et certaines majeures au moment du montage de Nursit, pour la sortie de SPIP 3.0. Pour moi il s’agit clairement d’un investissement, qui sert à monter une activité plus stable ensuite. Je ne fais strictement aucune critique : je trouve ça très bien et sain. Mais je voudrais juste qu’on le reconnaisse plus explicitement : non malgré nos (y compris moi !) positionnements très libertaires, en défense du monde associatif et militant, etc, et bien non, la plupart des plus grosses évolutions en plugins importants et en noyau, n’ont pas été fait bénévolement pour l’amour de l’art ou pour servir le militantisme gauchiste.

      Malheureusement ce type de financement indirect, qui est donc assimilable pour moi à du « mécénat », par la redistribution de nouvelles fonctionnalités ou d’amélioration de l’existant à toute la communauté, permet de faire avancer seulement des fonctionnalités précises (« on veut pouvoir créer des sélections de contenus manuellement », « on veut pouvoir payer en ligne », etc) ou des corrections de bugs ou des améliorations pas trop énormes.

      Je n’ai jamais vu qu’un mécénat comme ça, fournissant du temps, arrive à « financer » des modifications majeures d’infrastructure, de communication, d’ergonomie générale.

      En effet, durant un projet pour un client, on peut arriver à faire financer la création d’un nouveau plugin, ou l’amélioration d’un truc existant. Mais personne ne va jamais financer la refonte complète de l’admin qui est un chantier énorme de plusieurs mois à plein temps. Et personne ne va financer la refonte complète et mise en cohérence des documentations, qui est aussi un énorme chantier. De même nous avions parlé avec @marcimat de la refonte de l’infrastructure au cœur du logiciel, en utilisant des librairies existantes (composer, sfy…) : c’est aussi un énorme chantier de plusieurs mois (et qui à mon avis est essentiel à long terme, autant que l’admin ergonomique et responsive).

      Pour tous ces énormes chantiers, quand bien même on arriverait à s’organiser de manière moins bloquante et conflictuelle qu’avant (comme je l’ai déjà exposé), ça ne change rien au fait que le temps à y passer est énorme, et qu’il ne peut être uniquement bénévole (même s’il y en a aussi, on passe tous plus de temps, pas payé, à améliorer SPIP), sinon on n’a plus de vie, et c’est burn out, etc. On a tous une vie, une famille, des enfants, des ami⋅e⋅s, des loisirs, des lectures… En dehors de nos heures de travail, on ne peut pas faire que continuer à coder pareil.

      Prendre pour étalon de la contribution l’idéal-type d’une personne qui en plus de ses 7h par jour à coder pour le travail, re-passe 4h par jour (ou plus !) à contribuer bénévolement, ce n’est pas possible, on ne peut pas plus anti-inclusivité que ça à mon sens. (Et l’autrice du livre va entièrement dans ce sens.)

      Voilà un peu une partie de mes sentiments autour d’une manière de s’organiser dans « ma » communauté qui n’a justement pas de fondation à qui donner des dons, et dont on est assez fier, mais qui a de gros soucis à se faire dans les années qui arrivent d’après moi.


  • Open source isn’t the community you think it is | ITworld
    https://www.itworld.com/article/3268001/open-source-tools/open-source-isnt-the-community-you-think-it-is.html

    Name your favorite open source project, and the odds are good—very good—that a small handful of contributors account for the vast majority of significant development thereof. The odds are just as good that most of those contributors work for just one or a few vendors. Such is open source today, and such has been open source for the past 20 years.

    So, does that mean open source is really just commercial software by another name?
    [ Community: Who really contributes to open source. | Celebration: 20 years of open source: Its world-changing history. | Contrarian: 20 years on, open source hasn’t changed the world as promised. ]

    No, it does not. But it means the popular stereotype of a broad community coming together to create software is a myth. The reality of open source is different than the myth, but still a good, positive alternative to commercial software.
    Why only a few vendor-paid developers do almost all the work

    Thirteen years ago, I dug into academic research that showed how Mozilla’s Firefox browser and the Apache HTTP Server were both developed by a small cadre of core contributors. While the population of contributors broadened with things like bug fixes, the central development work for these and virtually all other projects was done by a talented group of core committers.

    Today, an analysis from Redmonk’s Fintan Ryan on projects housed under the Cloud Native Computing Foundation shows nothing has changed. Kubernetes is the most famous CNCF tenant, with Google and Red Hat contributing the lion’s share of code, but the other, lesser-known CNCF projects follow this same pattern. Indeed, perhaps the only real surprise in this fact of concentrated contributions is that the pattern has remained constant for so long.

    Look at any CNCF project, Ryan has shown, and you’ll see that virtually all of its contributions come from fewer than ten people. In fact, if you drill down deeper, you see that most work is done by just two people on any given project.

    As Ryan has written:

    It is fair to say that for almost all of the projects in the CNCF, specific vendors account for most of the development work being done.

    This is not to say that this is a bad thing—it is not; it is just a statement of reality. While the broad community around the projects may be large, the number of significant core contributors is relatively small, and the number of truly independent contributors is smaller still. This pattern is common across many open source projects.

    Not just “many” open source projects—all of them. I can’t think of a significant counterexample. For big, diverse projects like Linux, if you peel away the overall wrapping and count contributors for the subprojects, you see the same phenomenon: A few developers, nearly all of them employed by vendors, generate a huge percentage of core contributions.

    But if you step back, you realize it could only be thus. After all, anysoftware project degrades in efficiency the more bodies you throw at it (as Fred Brooks’s seminal book The Mythical Man Month anticipated).

    As for why most of these developers would be funded by vendors, that’s easy to explain, too: Developers have rent to pay, too, and they can only afford to heavily contribute if they are paid to do so. Companies, pursuing their corporate self-interest, employ developers to work on projects that help their business.

    Smart vendors understand how to use this to their advantage. Red Hat, for example, devoted part of its most recent earnings call to tout its Kubernetes contributions (second only to Google). As CEO Jim Whitehurst argued, those contributions let Red Hat both influence Kubernetes’s roadmap as well as better support its customers. Contributions, in short, give it a competitive advantage in selling Kubernetes.
    What “community” really means for open source

    So, is “community,” that mythical beast that powers all open source, just a chimera?

    The easy answer is “no.” That’s also the hard answer. Open source has always functioned this way.

    The interesting thing is just how strongly the central “rules” of open source engagement have persisted, even as open source has become standard operating procedure for a huge swath of software development, whether done by vendors or enterprises building software to suit their internal needs.

    While it may seem that such an open source contribution model that depends on just a few core contributors for so much of the code wouldn’t be sustainable, the opposite is true. Each vendor can take particular interest in just a few projects, committing code to those, while “free riding” on other projects for which it derives less strategic value. In this way, open source persists, even if it’s not nearly as “open” as proponents sometimes suggest.

    Is open source then any different from a proprietary product? After all, both can be categorized by contributions by very few, or even just one, vendor.

    Yes, open source is different. Indeed, the difference is profound. In a proprietary product, all the engagement is dictated by one vendor. In an open source project, especially as licensed under a permissive license like Apache 2.0, there’s always the option for a new developer or vendor to barge in and upset that balance. Kubernetes is a great example: Google started as the sole contributor but Red Hat (and others) quickly followed.

    No, this doesn’t help the casual corporate contributor that wants influence without making a sacrifice of code, but it does indicate that it’s possible to have an impact on an open source project in ways that proprietary products don’t afford.

    In short, there’s little to fear and much to celebrate in how open source works. Indeed, it is precisely this self-interested seeking of individual corporate (or personal) benefit that should keep open source flowering for decades to come.

    As should be evident 20 years into open source’s rise, the model works at both the community level and at the vendor level. Will it work for another 20? Yes.

    This story, “Open source isn’t the community you think it is” was originally published by InfoWorld.

    #Logiciels_libres #Communs #Communautés

    • @rastapopoulos Je viens de lire tes remarques sur l’excellent livre Roads and Bridges (j’avais envie de le traduire, mais je vois que Framablog l’a déjà fait... c’est bien l’open traduction ;-)

      Si on compare ce que tu dis que logiciel libre et des contraintes de financement, avec ce qui se passe également dans le monde associatif, où la course aux projets et subventions permettant de payer les permanents est devenue une nécessité, on voit bien qu’il y a un élément commun à creuser sur l’activité autonome des multitudes. Pour construire du ou des communs, il faut trouver des partenariats (communs-public ou communs-privé)... sinon, le projet risque d’être très beau, mais la réalisation pêcher par manque de solidité, de rayonnement,... (mon coeur saigne quand j’y pense ;-)

      Cela souligne d’autant plus la nécessité d’une élaboration théorique forte pour trouver des voies à l’émancipation, quel que soit le domaine. Les vieilles recettes (comme les vielles fractures des mondes militants) doivent être interrogées... et depuis trente ans, c’est cela que provoque le numérique.



  • Artistes à l’eau, histoire d’embarcations pirates
    https://www.makery.info/2018/03/06/artistes-a-leau-histoire-dembarcations-pirates


    Pour anticiper « Trans//Border », hommage à l’activiste et navigatrice Nathalie Magnan à Marseille, plongée avec Rob La Frenais dans des projets aquatiques de makers, artistes et militants.

    #javaispavu @fil #femmage à @volt #transborder #navigation


  • Alors comme ça, on veut quitter Facebook ?
    http://www.makery.info/2018/03/27/alors-comme-ca-on-veut-quitter-facebook

    L’affaire Cambridge Analytica fait vaciller le réseau social. Quelle stratégie adopter après ces révélations : supprimer son compte, exiger ses datas, passer au libre ? On savait qu’il y avait du rififi chez Facebook. Mais alors là, c’est le pompon. Depuis que The Guardian, The Observer et le New York Times ont révélé les pratiques plus que douteuses de l’entreprise Cambridge Analytica, la tentation de supprimer Facebook semble être plus grande que jamais dans la communauté aux 2,13 milliards d’amis. (...)

    #CambridgeAnalytica #Facebook #algorithme #thisisyourdigitallife #élections #manipulation #électeurs #comportement #données #publicité #BigData #marketing #prédictif (...)

    ##publicité ##profiling


  • « Il existe un bon réfugié comme il existe un bon élève ou un bon soldat »
    Alors que les agents de la Cour nationale du droit d’asile sont en grève contre le projet de loi Asile et Immigration, le sociologue Smaïn Laacher revient, dans un livre, sur ses 14 ans d’expérience en tant que juge au sein de l’institution.
    https://www.vice.com/fr/article/8xk8q4/il-existe-un-bon-refugie-comme-il-existe-un-bon-eleve-ou-un-bon-soldat


    #asile #migrations


  • It’s time to rebuild the web - O’Reilly Media
    https://www.oreilly.com/ideas/its-time-to-rebuild-the-web

    The web was never supposed to be a few walled gardens of concentrated content owned by Facebook, YouTube, Twitter, and a few other major publishers. It was supposed to be a cacophony of different sites and voices. And it would be easy to rebuild this cacophony—indeed, it never really died. There are plenty of individual sites out there still, and they provide some (should I say most?) of the really valuable content on the web. The problem with the megasites is that they select and present “relevant” content to us. Much as we may complain about Facebook, selecting relevant content from an ocean of random sites is an important service. It’s easy for me to imagine relatives and friends building their own sites for baby pictures, announcements, and general talk. That’s what we did in the 90s. But would we go to the trouble of reading those all those sites? Probably not. I didn’t in the 90s, and neither did you.

    Yes, there would still be plenty of sites for every conspiracy theory and propaganda project around; but in a world where you choose what you see rather than letting a third party decide for you, these sites would have trouble gaining momentum.

    I don’t want to underestimate the difficulty of this project, or overestimate its chances of success. We’d certainly have to get used to sites that aren’t as glossy or complex as the ones we have now. We might have to revisit some of the most hideous bits of the first-generation web, including those awful GeoCities pages. We would probably need to avoid fancy, dynamic websites; and, before you think this will be easy, remember that one of the first extensions to the static web was CGI Perl. We would be taking the risk that we’d re-invent the same mistakes that brought us to our current mess. Simplicity is a discipline, and not an easy one. However, by losing tons of bloat, we’d end up with a web that is much faster and more responsive than what we have now. And maybe we’d learn to prize that speed and that responsiveness.

    #HTML #Web #Design

    • Je pense qu’il se trompe totalement de sujet. Le problème n’est pas la difficulté technique, mais l’économie de l’attention.

      Avant que « tout le monde » se mette à publier sur Facebook, il y avait les « blogs », y compris centralisés, tels que Blogspot. Aujourd’hui il y a Medium (et d’autres). Si on veut publier en dehors de Facebook, techniquement, c’est simple, c’est puissant et c’est beaucoup plus joli.

      Et en dehors de ça, il y a toujours la possibilité de se mettre à plusieurs pour faire un site ensemble, ce qui est une aventure particulièrement enrichissante, et techniquement pas usante (si vraiment on veut s’exprimer dans ce cadre, hé ben on trouve le ou la geek du groupe qui te configure le truc et voilà).

      Les gens « publient » sur Facebook parce qu’on a développé un fantasme de l’audience et de l’attention. Les gens postent leurs vidéos où ils prétendent commenter sérieusement l’actualité au milieu des vidéos de chats sur Youtube plutôt que sur n’importe quel autre plateforme parce qu’on leur promet que l’audience est là, pas parce que ce serait plus difficile sur Vimeo par exemple. On veut s’exprimer sans bosser (hop, je balance mon indignation à deux balles sur n’importe quel sujet) sur des plateformes qui promettent une grosse audience, voire une audience captive. Et les militants vont aussi sur Facebook pour exactement les mêmes raisons : parce qu’on leur dit qu’ils y feront de l’audience. Genre à ce train, il faudra aussi penser à aller « militer » sur Musically…

      Et je suspecte que beaucoup de « militants » vont sur Facebook ou Twitter parce que ce sont des plateformes fliquées où l’on peut facilement s’exprimer à sens unique, sans gros risque de contradiction, parce que les « réponses » sont perdues dans un marigot de conneries crasses, avec une interface bien conçue pour que personne ne les lise.

      Tant qu’on ne s’interroge pas sur la réalité et la qualité de l’attention dont on croit bénéficier sur Facebook, on n’ira nulle part. On peut bien vouloir décentraliser, revenir à un beau bazar de Web, mais tant que la logique qu’on oppose à cela est systématiquement « oui mais “les gens” sont sur Facebook », c’est mort. Tant qu’on ne se demandera pas quel est le niveau d’attention réel de ce qui est compté comme une « vue », ou même un « like » sur Facebook ou Twitter, c’est peine perdue.

      Si on regarde la photo, à une époque Flickr est presque mort de sa médiocrité, malgré son audience, et les photographes avec une (petite) prétention à la qualité sont partis ailleurs (500px par exemple). Idem pour les vidéos : si tu as une prétention artistique, tu fuis Youtube et tu vas sur Viméo. Pourquoi la question ne se pose-t-elle pas (ou pas encore) pour les gens qui cherchent une qualité de lecture, d’attention et d’échange avant d’aller sur Facebook (ou même Twitter) ?

    • Puisque je suis lancé…

      – La question du personal branding (« marketing personnel »), que je pense fondamentale dans les nouveaux supports de publication. Facebook semble être idéal pour cela, en ce qu’il a dès le début promu l’« identité réelle », mais aussi la confusion volontaire entre vie publique et vie privée (alors que, pour ma génération, aller balancer des propos politiquement engagés au même endroit où l’on échange des photos de ses gamins avec ses beaux-parents et où l’on garde le contact avec ses anciens élèves et ses relations du boulot, c’était une idée totalement crétine).

      Le changement de support de publication s’est aussi accompagné de ce changement de comportement (on se souviendra des vieux de la vieille bataillant pour tenter de pouvoir rester sous pseudo sur Facebook). Dans le bazar des années 90, nous avions tous des pseudos et nous tenions au pseudonymat (théorisé par certains – on a un texte sur uZine à ce sujet – comme la seule façon d’écrire de manière réellement libre). Dans les années 2000, chacun son blog, mais avec la mise en place d’un vedettariat. Désormais c’est terminé. Écrire sous pseudo est largement suspect et irresponsable et fake-news et tout ça…

      – La disparition des liens hypertexte. Je mets ça dans les années 2000, où les gens se sont mis à ne plus faire de liens entre blogs. On cite des gros médias sérieux, on les commente, on y répond, mais on ne rebondit pas « entre blogueurs » aussi facilement qu’on le faisait dans les années 90. Une sorte de dramatisation du lien hypertexte, accentué par la paranoïa anti-confusionisme et anti-complotisme chez les blogueurs engagés à gauche. Oh là là, mon image-personnelle-super-brandée va s’effondrer si je fais un lien vers un autre site qui, un jour, pourrait faire un lien vers quelqu’un de pas bien ou, pire, qui pourrait dire un truc qui ne me conviendrait pas !

      À partir du milieu des années 2000, quand on avait encore un site indépendant/militant, la seule source de visites à peu près régulière a été le Portail des copains. Pour un site militant, avoir un billet référencé ou pas sur le Portail, ça revenait à être lu par quelques centaines ou milliers de visiteurs eux-mêmes militants, ou pas lu du tout. Je suppose qu’au bout d’un moment, hé ben les gens vont à la soupe sur Facebook, parce que « c’est là que sont les gens » et que l’écosystème de l’hypertexte est déjà perverti depuis un bon moment ; même si ça me semble largement illusoire d’être lu sérieusement entre deux considérations sur les photos de vacances des cousins, et si c’est politiquement mortifère.

    • Et du coup, deux aspects qui pourraient redonner goût aux gens engagés à retourner au bazar…

      – À force de paranoïa anti-fake news, la visibilité des médias « non marchands », « indépendants », « alternatifs » sur Facebook va de plus en plus dépendre de leur adhésion à une vision du monde validée par les grands médias, au travers des contrats de traque aux fake-news que ces grands réseaux ont signé avec les Decodex et Décodeurs… L’effort énorme de chasse aux propos hétérodoxes sur les réseaux est en train de faire un massacre de ce côté, avec des changements volontaires des algorithmes de classement. (Le fait qu’une partie de cette paranoïa anti-fake-news ait été largement menée par la gauche aux États-Unis et ici est, je dois dire, assez croquignolesque.) Constater, par exemple, qu’on n’a déjà qu’une très faible visibilité pour les médias alternatifs sur un machin comme Google News.

      – Le principe même de réseaux qui vendent de la publicité et qui, dans le même temps, sont des outils de marketing personnel, amène au rétrécissement de l’expression non-sponsorisée sur ces réseaux (Facebook annonçant par exemple restreindre la visibilité naturelle des « pages » dans les flux personnels, mais pas une réduction de la quantité de publicité dans ces mêmes flux…). En dehors des quelques indignations préformatées qui continueront à « buzzer », parce qu’il faut bien continuer à faire croire que ces réseaux servent à s’exprimer, il devient de plus en plus évident que, pour récupérer de la visibilité dans les flux des usagers, il faudra payer. Je suspecte qu’il existe déjà des gens qui achètent de la visibilité sur Facebook pour avoir plus de « like » sur leurs photos de mariage, et je pense que dans quelques années, ce sera une pratique aussi banale que de, justement, payer un photographe pour avoir de belles photos de mariage… alors cette faramineuse audience qu’on te promet sur Facebook, ça risque d’être un peu compliqué. (Sinon, il te reste l’option d’aller relancer le niveau de buzz – et donc le revenu afférent – en allant, arme à la main, foutre le dawa chez Youtube.)

      Du coup, ce double mouvement de chasse aux expressions hétérodoxes (« chasse », en revanche, très tolérante pour les foutaises mainstream fascisantes) et d’obligation de passer à la caisse pour récupérer de la visibilité, ça pourrait être l’occasion d’une renaissance d’un Web un peu plus éclaté et joyeusement foutraque (#ou_pas).

    • Merci pour cette analyse @arno. J’étoile pour tes commentaires.

      Comme cela y fait écho, j’ajouterai ici (quoique sa conclusion ne me semble pas du tout prendre en compte l’étendue de l’emprise et la difficulté à s’en défaire individuellement et collectivement) une réflexion d’Olivier Ertzscheid, qui proposait récemment une histoire de « 30 ans de web en 10 mots-clés » :
      https://seenthis.net/messages/671173

      1. PUBLICATION. Tout commence en Mars 1989. La matrice originale du web. Un média de la publication. Du rendu public. D’un rendu réellement public qui présuppose que chacun puisse disposer d’une page et d’une adresse. La promesse originelle. Cette utopie concrète que fut le web, qui paradoxalement commença de s’étioler alors que venait d’être publié l’un des textes les plus féconds de son imaginaire partagé.

      2. ATTENTION. Des années 1994 à 2000. L’arrivée de l’économie. D’un business model. Celui de l’économie de l’attention. Amazon est lancé en 1994. Adwords sera lancé en Octobre 2000.

      3. INTENTIONS. A partir de 2003. La base de donnée des intentions comme l’appelle John Battelle depuis 2003. Un an avant le lancement de Facebook. Comme un animal préparant sa mue prochaine. Et comme le dit en 2008 le responsable de la recherche chez Yahoo ! « We don’t need taxonomy of knowledge. We need taxonomy of desire. A marketplace of intent. » (Source)

      4. RÉVÉLATION / 5. MIGRATION / 6. RÉTENTION. Le tournant 2006-2007. La suite c’est ce double mouvement de révélation et de rétention. En 2006, la révélation c’est Wikileaks. La migration c’est celle du « Cloud ». Amazon Web Service sera lancé en 2007. Nos données, toutes nos données, publiques, privées, celles relevant de l’explicite et du déclaratif, mais également celles permettant de caractériser la nature de notre attention et la logique de nos intentions, toutes nos données sont captées et retenues, détenues dans ces énormes centres de (r&d)étention que sont les Data Centers. Rétention. Les grandes plateformes sont déjà passées à la phase suivante.

      7. PRÉDICTION. Circa 2010-2012. La prédiction est l’autre face de l’intention. Connaître la seconde c’est s’assurer de la fiabilité de la première. De cette corrélation nourrie de nos données va naître une chaîne de causalité inédite à cette échelle, à l’échelle de l’humanité connectée. Prévisible comme elle l’est depuis la nuit des temps, mais avec pour la première fois un déterminisme causal de la chaîne de prédictibilité des comportements dont les éléments tiennent presqu’entièrement dans le giron de quelques jardins fermés. « La sociologie est un sport de combat ». Nous le savions. Ce que nous ignorions c’est que combinée aux mathématiques statistiques et à l’algorithmie elle allait devenir une arme de destruction matheuse. « Predpol », emblématique algorithme de « police prédictive » convoquant l’imaginaire de Minority Report est lancé en 2011.

      8. ÉMOTIONS. Une autre base de donnée en construction. Nouvelle tour de Babel des annonceurs. En 2012 paraît « Opinion Mining et Sentiment Analysis » de Dominique Boullier et Audrey Lohard qui annonce la couleur de ce qui est déjà en train de devenir une véritable industrie. En 2017, dans « Le web affectif : une économie des émotions », Camille Alloing et Julien Pierre font un premier état des lieux. L’industrie se porte bien. Nous, peut-être un peu moins.

      9. ADDICTION. 2016 et après. Car puissante est la voix du côté obscur. Et que bien sûr la fabrique du consentement ne peut faire l’économie d’une fabrique de l’addiction. Fabrique par ailleurs parfaitement documentée par des repentis de plus en plus nombreux. Et comme on dit dans le grand banditisme, s’il y a des repentis, c’est bien qu’il y avait une mafia. Les révélations de Tristan Harris mais aussi celles du livre « Chaos Monkeys » ouvrent une brèche qui n’est toujours pas refermée aujourd’hui.

      10. DÉTENTION. Le passage d’un web libre, ouvert et décentralisé à des navigations carcérales dans les plateformes silos. Depuis 2010 le fondateur du web n’a de cesse de dénoncer et d’alerter sur le danger de ce qu’il nomme des « Walled Gardens ». En 2010 j’écrivais : « Choisir le web que nous voulons : l’exploration ou la prison ». Il semble que par défaut ce choix ait été fait. Et que nous n’en finissions plus d’explorer nos prisons.

      Se remettre à publier.

      Se défaire de cette chaîne. Remonter le cours. Comment ? Simplement. Se remettre à publier. Mais à publier ailleurs. Ailleurs que dans le giron des plateformes. Simplement sur une adresse que l’on aurait achetée chez un indépendant (par exemple Gandi). A publier sur autre chose que sur nos simples intentions. A réagir sur autre chose que sur nos simples émotions. Se remettre à publier donc. Le web restera un média de la publication. Gafa ou pas Gafa, plateformes hyper-centralisées ou architecture décentralisée, rien ne tient sans cette logique première de la publication. Se remettre à publier. Alors on se remettra à lire.

    • @arno Pas nécessairement pour te relancer, encore que, depuis ce matin je bois un peu tes paroles comme du petit lait, mais je remarque ceci. Ce que tu exprimes ici avec une clarté dont je suis jaloux et qu’il m’arrive donc aussi de défendre de façon pus obscure, est de manière tellement fréquente, en fait, disqualifié d’un revers de main qui entend ringardiser de tels propos. Je suis souvent frappé que ces tentatives visant à faire fi de tels avertissement aux accents de Cassandre comme on me dit si souvent émanent naturellement de personnes qui n’ont pas le centième du quart du tiers de nos compétences techniques (surtout des tiennes plutôt que des miennes, dont je ne doute pas qu’elles datent un peu), et ce sont les mêmes personnes axquelles il ne me viendrait pas à l’esprit de reprocher cette plus faible aptitude technique, qui vont ensuite dévouvrir que vraiment ce que font les plateformes de leurs réseaux asociaux avec leurs données personnelles, c’est quand même pas très bien. Naturellement, des ringards cassandriens comme toi et moi (surtout moi) tentons de saisir l’opportunité de telles réalisations tardives pour leur dire que peut-être ce serait le bon moment pour changer de lunettes, mais alors tombe, tel une masse sur une mouche, l’argument qu’ils et elles ne peuvent pas partir de la sorte de ces plateformes et qu’ils et elles vont perdre tous leurs amis et suiveuses. Et tout ce petit monde retourne dans le grand bain dans la pleine connaissance qu’il grouille de requins et sans doute se rassure en pensant que cela concernera un ou une autres et que statistiquement, dans la masse, il est peu probable que le requin viennent les croquer elles et eux, quand le vrai danger n’est pas tellement les requins mais les amibes, parfaitement invisibles et autrement plus contagieux, et, in fine, léthaux.

      Je n’insiste pas sur le fait que leur faible niveau de prophylaxie numérique éclabousse quotidiennement leurs proches, qui elles, et eux, si cela se trouve, prennent, au contraire, certains précautions.

      Enfin, dans ce grand dessein de reconstruire Internet, je remarque que très rarement la question de la convservation de ressources certaines anciennes est évoquée or il me semble que c’est une question importante. Combien de fois cela me ravit quand à la faveur de la recherche d’un renseignement précis, il m’arrive de tomber sur des sites aux esthétiques du millénaire précédent, tout en Times et les liens en bleu souligné. Et dans cette masse profuse sur laquelle se sont aglutinés des sédiments plus récents, il y a des pépites dont je me demande combien de temps encore les navigateurs contemporains pourront encore les interpréter justement sans les interpréter et les dénaturer.

    • On a encore les codes d’uZine si jamais :)

      Perso je veux juste réagir sur un point de l’article de départ : geocities c’était pas hideux (ou pas seulement), c’était inventif et festif. Avec un revival chez https://neocities.org qui a une approche très sympa (notamment un backend #ipfs pour la pérennité)


  • Attention à l’attention
    http://www.internetactu.net/2018/04/04/attention-a-lattention

    Pour éclairer les questions de conception attentionnelles, autour du programme Retro-Design de l’Attention lancé par la Fing, il nous a semblé essentiel de recevoir un éclairage provenant des neurosciences et de la #psychologie comportementale. C’est pourquoi nous nous sommes associés à Chiasma (FB, blog, @chiasmaparis) une association qui organise des (...)

    #Articles #Usages #attentionbydesign #cognition #design #économie_de_l'attention #neuroscience


  • L’app de rencontres gay Grindr est entièrement rachetée par le chinois Kunlun
    http://www.numerama.com/business/261103-lapp-de-rencontres-gay-grindr-est-entierement-rachetee-par-le-chino

    La plus populaire des applications pour rencontre entre hommes vient d’être entièrement rachetée par le sulfureux géant du jeu vidéo chinois Kunlun. L’entreprise de Beijing est souvent accusée de collusion avec le pouvoir communiste. Fondée en 2009 à Los Angeles, l’entreprise derrière Grindr, première application de rencontres gay au monde, est aujourd’hui intégralement chinoise. Avec plus de deux millions d’utilisateurs au quatre coin du monde, l’application est le plus important réseau social pour (...)

    #Grindr #surveillance #LGBT #Kunlun


  • Grindr Is Letting Other Companies See User HIV Status And Location Data
    https://www.buzzfeed.com/azeenghorayshi/grindr-hiv-status-privacy

    SINTEF’s analysis also showed that Grindr was sharing its users’ precise GPS position, “tribe” (meaning what gay subculture they identify with), sexuality, relationship status, ethnicity, and phone ID to other third-party advertising companies. And this information, unlike the HIV data, was sometimes shared via “plain text,” which can be easily hacked.

    “It allows anybody who is running the network or who can monitor the network — such as a hacker or a criminal with a little bit of tech knowledge, or your ISP or your government — to see what your location is,” Cooper Quintin, senior staff technologist and security researcher at the Electronic Frontier Foundation, told BuzzFeed News.

    “When you combine this with an app like Grindr that is primarily aimed at people who may be at risk — especially depending on the country they live in or depending on how homophobic the local populace is — this is an especially bad practice that can put their user safety at risk,” Quintin added.

    But just because users are comfortable sharing personal information in their profile or chats doesn’t mean they want it being shared more broadly.

    “Some people’s jobs may be in jeopardy if the wrong people find out about their status — or maybe they have difficult family situations,” said Chris Taylor of Seattle, who uses Grindr but no longer displays his HIV positive status on his profile. It’s “disconcerting,” he said, that Grindr is sharing this information with other companies. “It can put people in danger, and it feels like an invasion of privacy.”

    The disclosure of HIV status also raises questions about the app’s privacy policy, which states: “You may also have the option to provide information concerning health characteristics, such as your HIV status or Last Tested Date. Remember that if you choose to include information in your profile, and make your profile public, that information will also become public.”

    But the average person may not know or understand what they’ve agreed to in the fine print. Some experts argue that Grindr should be more specific in its user agreements about how it’s using their data.

    #Grindr #Vie_privée #CGU


  • Joplin - an open source note taking and to-do application with synchronisation capabilities
    https://joplin.cozic.net

    Joplin is a free, open source note taking and to-do application, which can handle a large number of notes organised into notebooks. The notes are searchable, can be copied, tagged and modified either from the applications directly or from your own text editor. The notes are in #Markdown format.

    #notes #écrire #open_source #outils


  • Une émission à suivre Totenradio
    Lysergie post-mortem
    http://www.radiopanik.org/emissions/toten-radio/toten-radio-3
    Une heure de sons aléatoirement captés dans l’outremonde qui sous-tend notre réalité, et rediffusés tels quels à l’antenne.


    Une émission proposée et rendue possible grâce au soutien du Groupe de Recherche sur les Manifestations Para-réelles de Cureghem et sa remarquable machine, le Funeracousmorium.
    #création_sonore #musique #drone #experimentation #curiosité #radiopanik #cureghem