Suske

Dans LapSuske, il y a Lapsus et Suske, tu saisis ?

  • l’histgeobox : « 99 luftballons » de Nena ou le spectre de l’apocalypse nucléaire en chanson.
    http://lhistgeobox.blogspot.com/2018/09/nena99-luftballons-de-nena-ou-le.html

    Les négociations en vue d’une réduction des armes nucléaires s’avèrent très difficiles. A peine élu, le nouveau président américain Reagan qualifie l’Union soviétique d’"Empire du mal", quand son homologue soviétique Andropov l’accuse de négocier « en alternant les grossièretés et les sermons hystériques. »


  • GIS : légende par mots clés

    Une carte s’interprète d’après une légende.
    Sur une carte web, des éléments de cette légende peuvent permettre à l’utilisateur de choisir ceux qu’il veut voir afficher : gares, écoles, ...
    Dans SPIP les objets peuvent être liés à des mots clés. Les mots clés peuvent être munis d’un logo.
    Ce tutoriel propose d’utiliser ces logos de mots clés comme éléments de légende pour les objets « géotagués » (ayant un points gis) sur la carte. Un formulaire permettant de choisir les éléments à afficher.

    https://contrib.spip.net/GIS-legende-par-mots-cles

    #spip_blog



  • Le Comité de l’ONU contre la torture s’oppose à un transfert Dublin vers l’Italie

    En vertu des accords de Dublin, la Suisse souhaitait renvoyer vers l’Italie un requérant d’asile érythréen victime de tortures dans son pays d’origine. Dans une décision récente le Comité des Nations unies contre la torture a demandé à la Suisse de ne pas renvoyer l’intéressé en Italie invoquant le respect de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1984).
    A.N. victime de torture en Erythrée est venu en Suisse où vit son frère

    A.N. requérant d’asile érythréen, a fui son pays où il a été détenu durant cinq et régulièrement torturé. En 2015, il dépose une demande d’asile en Suisse où il reçoit rapidement des soins auprès de la Consultation pour victimes de torture et de guerre (HUG). Plusieurs rapports médicaux détaillés concernant les tortures subies sont soumises aux autorités suisses – Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) et Tribunal administratif fédéral (TAF). Mais elles le déboutent et il est transféré en Italie en octobre 2016. Là-bas il ne trouve aucun logement, rien pour se nourire, aucune aide. Après deux jours il décide de revenir en Suisse où il dépose une seconde demande d’asile. En Suisse il est accueilli par son frère et reçoit des soins médicaux réguliers. Les autorités d’asile le déboutent à nouveau et ordonnent son renvoi vers l’Italie ignorant complètement la situation médicale de l’intéressé et l’importance des soins dont il a besoin.

    Un renvoi vers l’Italie pourrait être fatal

    En avril 2016, A.N., le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM) soumet une requête au Comité des Nations unies contre la torture (CAT) invoquant une violation des articles 3, 14 et 16 de la Convention contre la torture.

    En bref que disent ces dispositions ?

    L’article 3 stipule qu’ “aucun Etat partie n’expulsera, ne refoulera, ni n’extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu’elle risque d’être soumise à la torture”,
    l’article 14 stipule que “tout Etat partie garantit, dans son système juridique, à la victime d’un acte de torture, le droit d’obtenir réparation et d’être indemnisée équitablement et de manière adéquate, y compris les moyens nécessaires à sa réadaptation la plus complète possible” et
    l’article 16 stipule que “tout Etat partie s’engage à interdire dans tout territoire sous sa juridiction d’autres actes constitutifs de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants qui ne sont pas des actes de torture telle qu’elle est définie à l’article premier lorsque de tels actes sont commis par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel, ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite.”

    Contre l’avis des autorités suisses, le #Comité_contre_la_torture a rappelé que l’interdiction de refoulement doit être respectée aussi lorsqu’il existe des craintes avérées de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans le pays de destination. En outre l’obligation de fournir réparation aux victimes de torture et des moyens de réadaptation, s’impose même lorsque les actes de tortures ont été commis dans un autre pays.

    Le Comité des Nations unies s’est rallié à la cause du requérant érythréen sur toute la ligne notant en passant qu’à aucun moment les autorités suisses n’ont vérifier avec leurs correspondants italiens si des soins seraient accessibles en Italie. Le Comité a tenu compte des nombreux rapports sur les structures d’accueils défaillantes en Italie et le manque d’accès aux soins médicaux spécialisés et psychiatriques pour les victimes de torture. En renvoyant de force l’intéressé vers l’Italie, la Suisse violerait son devoir de réhabilitation. Le Comité a souligné que dans le cas précis, les mauvais traitements auxquels l’intéressé serait exposé en Italie, conjugué avec l’absence d’un environnement social stable, entraînerait un risque sérieux de détérioration de son état dépressif pouvant mener au suicide. Dans ces circonstances, les mauvais traitements subis en Italie mèneraient à un niveau de souffrance grave, équivalent à de la torture.
    Une grande nouvelle

    Pour Boris Wijkstroem, Directeur du CSDM, cette nouvelle est particulièrement réjouissante car elle “ apporte des lignes directrices aux autorités étatiques sur la manière d’appliquer le règlement Dublin en conformité avec les droits fondamentaux des personnes concernée.” Dans son communiqué de presse, le CSDM demande au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) de “veiller à ce que toutes les décisions prononcées en application du Règlement Dublin relatives à des procédures pendantes ou futures concernant des demandeurs d’asile vulnérables, soient prononcées en conformité avec cette nouvelle jurisprudence”.

    Cette décision est une avancée dans la protection des droits fondamentaux des requérants d’asile, injustement bafoués par le système Dublin. Désormais les autorités suisses devront garantir aux victimes de torture leur droit individuel à la réadaptation conformément à l’article 14 de la Convention.

    Pour A.N. c’est une immense bonne nouvelle. Sa demande d’asile sera désormais traitée en Suisse.

    https://blogs.letemps.ch/jasmine-caye/2018/09/10/le-comite-de-lonu-contre-la-torture-soppose-a-un-transfert-dublin-vers
    #Dublin #renvoi_Dublin #asile #migrations #réfugiés #Suisse #Italie #torture

    Communiqué de presse du CSDM :
    https://blogs.letemps.ch/jasmine-caye/wp-content/uploads/sites/66/2018/09/Communique%CC%81-de-Presse-CSDM-10.09.2018-Franc%CC%A7ais.pdf

    cc @isskein

    • L’ONU bloque le renvoi d’une victime de torture vers l’Italie

      À l’avenir, en expulsant une victime de torture vers l’Italie, la Suisse violerait la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Amnesty International se réjouit de la décision du Comité des Nations unies contre la torture (#CAT) de fixer enfin des limites claires au rapatriement, sur la base du Règlement de Dublin, des demandeurs d’asile particulièrement vulnérables.

      « Le règlement de Dublin doit être appliqué conformément aux obligations de la Suisse en matière de droits humains. C’est ce qu’indique clairement cette décision du Comité contre la torture de l’ONU », a déclaré Muriel Trummer, experte en droit d’asile de la Section suisse d’Amnesty International. « Si, par exemple, une personne demandant l’asile est en mauvaise santé, a subi un grave traumatisme ou est très âgée, son expulsion en vertu du règlement de Dublin peut constituer un traitement inhumain et est donc interdite en droit international ».

      « À ce jour, les autorités suisses en matière d’asile n’ont pas pris les mesures nécessaires pour que le règlement de Dublin soit appliqué dans le respect des droits humains. Amnesty International connait de nombreux cas dramatiques, dans lesquels des expulsions ont été ordonnées, qui ont causé d’immenses souffrances » a déclaré Muriel Trummer.

      Expulsé malgré un grave traumatisme

      Le Comité contre la torture a rendu une décision de principe dans l’affaire d’un Érythréen qui avait demandé l’asile en Suisse (A.N. c. Suisse, communication no 742/2016). L’homme a été emprisonné chez lui pendant cinq ans - dont plusieurs années à l’isolement - pour des raisons politiques. Il a été torturé et maltraité de manière répétée. Après sa libération, il a été recruté de force dans le corps des gardes-frontières jusqu’à ce qu’il réussisse à fuir le pays.

      Lorsqu’il a demandé l’asile en Suisse en septembre 2015, il était gravement traumatisé et avait besoin d’un traitement médical urgent. Plusieurs rapports médicaux ont décrit en détail les lourdes conséquences physiques et psychiques des tortures subies et l’ont identifié sans doute possible comme victime de la torture. Les autorités suisses compétentes en matière d’asile ont malgré tout ordonné à plusieurs reprises son expulsion vers l’Italie sur la base du règlement de Dublin.

      La décision du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a été confirmée à deux reprises par le Tribunal administratif fédéral. En avril 2016, l’organisation non gouvernementale CSDM (Centre Suisse pour la Défense des Droits des Migrants) a déposé une plainte auprès du CAT. L’un des motifs invoqués était qu’il se verrait refuser l’accès à un traitement médical adéquat en Italie, ce qui constituerait une violation du droit à la réhabilitation prévu à l’article 14 de la Convention.

      Dans sa décision, le CAT a noté que la Suisse n’avait pas suffisamment investigué la situation individuelle du demandeur d’asile en tant que victime de torture et n’avait pas clarifié les conséquences possibles d’un transfert forcé en Italie. De l’avis du CAT, il aurait dû être clair que le risque était important que le requérant d’asile n’ait pas accès au traitement médical nécessaire et soit contraint à vivre dans la rue, ce qui constitue une violation de l’article 14 de la Convention. L’expulsion signifierait, en plus, la séparation d’avec son frère vivant en Suisse et donc la perte d’un environnement stabilisateur.

      L’expulsion de cette personne gravement traumatisée vers l’Italie constitue un traitement inhumain et violerait les articles 3 et 16 de la Convention (violation du principe de non-refoulement), a déclaré le CAT. La demande d’asile de l’homme doit maintenant être examinée en Suisse.

      Amnesty International demande au SEM de changer sa manière de penser

      « À la lumière de cette nouvelle jurisprudence, Amnesty International demande au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) d’élaborer de nouvelles directives pour l’évaluation des demandeurs d’asile particulièrement vulnérables et, dans l’attente de leur mise en œuvre, de demander aux cantons de ne pas éliminer les cas définitifs ». « En outre, Amnesty International demande au SEM et au Tribunal administratif fédéral de statuer sur toutes les affaires pendantes et à venir concernant des demandeurs d’asile particulièrement vulnérables, en prenant en compte les considérations du CAT », a déclaré Muriel Trummer.

      En novembre 2017, Amnesty International, avec 200 autres organisations et 33 000 personnes, a soumis au Conseil fédéral un appel national muni de 33’000 signatures contre l’application trop stricte du règlement de Dublin. Elle appelle à une application plus humaine de ce règlement pour les personnes particulièrement vulnérables.

      https://www.amnesty.ch/fr/pays/europe-asie-centrale/suisse/docs/2018/onu-bloque-le-renvoi-dune-victime-de-torture


    • Fausse note. Jean-Sébastien Bach est mort il y a plus de 300 ans, à une époque où le droit d’auteur n’existait même pas. Cela semble une évidence, mais visiblement pas pour Facebook ! Un pianiste qui avait mis en ligne une vidéo dans laquelle il interprétait lui-même un morceau de Bach a été retirée par le système automatique de repérage du réseau social, après avoir identifié une correspondance avec une œuvre sur laquelle Sony détiendrait des droits. La machine a simplement confondu avec une autre interprétation du même morceau. Rappelons que l’Union européenne réfléchit en ce moment à généraliser ces filtres automatiques pour protéger le droit d’auteur ; si cela devait arriver, autant dire que ce serait une terrible nouvelle pour le domaine public sur Internet !



  • Petite mise au point sur les « GAFA | « Calipia : le blog
    https://blog.calipia.com/2018/08/28/petite-mise-au-point-sur-les-gafa

    Assises sur des montagnes de cash « les GAFA » sont désormais en position de force, ils rachètent des sociétés à tour de bras et empêchent l’arrivée de nouveaux entrants, parfois en copiant purement et simplement leurs produits.

    A tel point, que l’âge d’or des start-ups pourraient bien toucher à sa fin d’autant que la nouvelle vague technologique qui émerge (intelligence artificielle, voitures autonomes, réalités altérées, crypto-monnaies virtuelles, …) favorise les grosses firmes qui possèdent déjà les données et la puissance informatique.

    Car en plus de racheter de nombreuses sociétés les GAFAM investissent massivement dans les infrastructures Cloud dites hyperscale qui sont et seront nécessaires à la mise en œuvre des nouveaux services à venir pour les entreprises et utilisateurs.

    Ces dépenses d’investissement (Capex) en infrastructure des opérateurs cloud à très grande échelle ont atteint 75 milliards de dollars en 2017, dont 22 au quatrième trimestre, soit une croissance de 19 % par rapport à 2016.

    Amazon, Apple, Facebook, Google et Microsoft ont représenté plus de 70 % des investissements à très grande échelle du quatrième trimestre, ce qui fait d’eux les cinq premiers investisseurs, selon les données collectées par Synergy Research Group[3]. En fait, le cabinet d’études souligne que les GAFAM ont dépensé plus de 13 milliards de dollars par trimestre en 2017 sur ce simple secteur.

    Une solide culture d’évasion fiscale

    Les outils traditionnels de régulation (taxes, anti-trust, …) semblent bien inadaptés pour maîtriser cette nouvelle puissance concentrée entre les mains de quelques-uns. Semblant intouchables, ils utilisent leur fortune à renforcer leur influence. Pas facile d’aller ennuyer ceux qui jonglent avec nos informations les plus secrètes, qui sont en passe de maîtriser les outils de l’intelligence artificielle (avec les changements sociétaux y afférant), qui bouleversent radicalement le marché de l’emploi, et qui sont sollicités par les états lorsque leurs budgets ne permettent plus de financer leurs ambitions d’investissement.

    Champions de l’optimisation et des paradis fiscaux, ces géants, pourtant si riches et si rentables, sont aussi accusés de ne pas prendre part au bien commun des sociétés par l’impôt et de ne pas savoir faire face à leurs nouvelles responsabilités sociales.

    Pas facile non plus d’appliquer des lois anti-trust quand les prix de leurs services restent bas ou gratuits, et de plus en plus addictifs puisque les GAFA restent immensément populaires en simplifiant la vie du consommateur qui continue d’utiliser massivement leurs services et appareils.

    Google et Facebook ont désormais une influence sur plus de 70% du trafic Internet et la majorité du trafic des sites d’infos dépend de ces deux plateformes (recherche et trafic social). Des tests effectués récemment dans six pays par Facebook ont montré comment une modification de son algorithme pouvait priver des sites d’informations des trois quarts de leur trafic. Et cette expérience est vécue quotidiennement par les organes de presse ayant des articles référencés sur Apple News (selon des critères pour le moins opaques) accessibles aux utilisateurs d’iPhone. Un déréférencement pouvant faire chuter le nombre de lecteur de 35 %[4].

    Donc Facebook, meilleur moteur de ciblage, et Google, meilleur moteur de recherche, ont pris le contrôle de la distribution des créateurs et des médias d’information.

    Mais sans les responsabilités qui sont généralement associées, car Google, Facebook, Apple, Twitter ou LinkedIn se présentent comme des plateformes technologiques neutres, des hébergeurs, qui ne prennent pas de décisions éditoriales, ne produisent pas de contenus elles-mêmes, et n’emploient pas de journalistes.

    Elles estiment donc, contre toute évidence, ne pouvoir être donc assimilées à des médias, refusant d’en assumer les devoirs. Or non seulement, elles diffusent les contenus, qui informent bien ou mal les citoyens, mais elles vivent (plutôt bien) de la pub qui y est associée.

    Sur cet aspect de l’utilisation des technologies de Machine Learning dans les algorithmes définissant les contenus et les publicités proposés aux utilisateurs de moteurs de recherches ou de réseaux sociaux, je vous recommande la lecture d’un article[5] de François Chollet (chercheur en Intelligence Artificielle chez Google, spécialiste de « l’apprentissage profond »), dans lequel il distingue quatre techniques d’optimisation sociale actuellement utilisées :

    Le renforcement social négatif : si vous publiez un post qui exprime un point de vue que l’algorithme de contrôle ne veut pas que vous teniez, il peut choisir de ne le montrer qu’à des personnes ayant un point de vue opposé au vôtre et qui auront une critique sévère afin de vous isoler.
    Le renforcement social positif : si vous faites un post qui exprime un point de vue que l’algorithme de contrôle veut propager, il peut choisir de montrer votre post à des gens (ou des robots) qui vont l’aimer afin de renforcer votre ego.
    Le biais d’échantillonnage : l’algorithme favorise parmi les publications de vos amis celles qui défendent l’opinion qu’il veut que vous ayez.
    La personnalisation des arguments : l’algorithmes peut observer que l’exposition de personnes dont le profil psychologique est proche du vôtre à certains contenus provoque souvent un changement de point de vue. A terme, l’algorithme peut générer ce genre de contenu spécialement pour vous convaincre.

    #Plateformes #GAFA #Politique_algorithmes

    • Le monde se referme...

      Car en plus de racheter de nombreuses sociétés les GAFAM investissent massivement dans les infrastructures Cloud dites hyperscale qui sont et seront nécessaires à la mise en œuvre des nouveaux services à venir pour les entreprises et utilisateurs.

    • (...) je vous recommande la lecture d’un article[5] de François Chollet (chercheur en Intelligence Artificielle chez Google, spécialiste de « l’apprentissage profond »), dans lequel il distingue quatre techniques d’optimisation sociale actuellement utilisées :

      Le renforcement social négatif : (...)
      Le renforcement social positif : (...)
      Le biais d’échantillonnage : (...)
      La personnalisation des arguments : (...)

    • Des copines d’un groupe politique m’envoient sur notre super outil de partage : Google Drive ! Je leur ai répondu que je n’ai pas d’adresse Gmail et que je n’avais pas accès. Tout ça après des mois à proposer une arborescence de pages sur Framapad : une page d’accueil et des pages spécifiques en lien, le tout avec obsolescence de six mois. Oui, c’est moins bien. Elles ont refusé parce qu’on ne peut pas mettre de couleur dans les Framacalc. Ah oui, tiens, si je peux pas mettre de couleurs je vais aller chez Big Brother, c’est tellement plus important, de pouvoir mettre des cases en rose, que de préserver un peu de liberté dans ce monde. Arrrrrgh !


  • Holly shit de grande « plateformes » - 15 ans de service puis boum, un 31 mai on dit aux gens qu’ils ont un mois pour déménager... Il y a des milliers de pages perdues là, de tous niveaux. Et perso je peux effacer une paquet de liens en rapport avec Bruxelles, son histoire et les photos anciennes...

    Créez votre Skynet Blogs en cinq minutes - Alimentez le pendant 15 ans, on vous le détruira en un mois...
    http://blogs.skynet.be

    Cher blogueur,

    À partir de ce 30 juin 2018, nous mettons fin à la plateforme des Skynet Blogs. C’est une aventure de près de 15 ans qui s’achève, et nous souhaitons de tout cœur vous aider à surmonter ce cap en limitant au maximum les désagréments liés à cette fermeture et en vous guidant vers des solutions encore plus puissantes pour accueillir et développer votre blog. Concrètement, dès ce 31 mai 2018, les blogs ne seront plus accessibles au public, mais il vous sera encore possible d’accéder à l’interface de gestion de vos blogs. À partir du 30/06 2018, la plateforme sera totalement inaccessible.


  • #Microsoft enfreint la #loi aux #Pays-Bas concernant les #données_personnelles – Association des juristes europeens
    http://www.association-des-juristes-europeens.eu/microsoft-enfreint-la-loi-aux-pays-bas-concernant

    La CNIL néerlandaise [...] affirme que Microsoft collecte des données de performance technique et utilisateurs de manière continue. Cela concerne la manière dont les applications sont utilisées ainsi que les habitudes de surf web depuis les terminaux Windows 10 Home et Pro. La stratégie d’approche choisie par Microsoft fut d’une telle subtilité que les utilisateurs perdaient aisément le contrôle de leurs données.

    [...] une toute nouvelle version du système d’exploitation Windows 10 sera à l’ordre du jour. De son nom Fall Creators Update, cette nouvelle version permettra de pallier aux soucis relatifs à la protection des données personnelles.

    #infraction #RGPD

    J’avais pas vu ça fin juin.


  • « Les crêpes que j’ai mangé » : un nouvel accord pour le participe passé - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/09/02/les-crepes-que-j-ai-mange-un-nouvel-accord-pour-le-participe-passe_167613

    La fédération Wallonie-Bruxelles souhaite modifier les règles du fameux « accord du participe avec l’auxiliaire avoir », jugées complexes et grammaticalement peu pertinentes. Et invite les autres pays francophones à la suivre.

    « Employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct quand celui-ci le précède (les crêpes que j’ai mangées). Mais si le complément suit le participe, il reste invariable (j’ai mangé les crêpes). »

    A l’école les enfants se demandent : pourquoi avant et pas après ? Souvent, les enseignants savent expliquer comment on accorde, mais pas pourquoi. L’incohérence des règles traditionnelles les empêche de donner du sens à leur enseignement. Le temps moyen consacré aux règles actuelles est de 80 heures, pour atteindre un niveau dont tout le monde se plaint. Il serait tellement plus riche de le consacrer à développer du vocabulaire, apprendre la #syntaxe, goûter la littérature, comprendre la morphologie ou explorer l’étymologie, bref, à apprendre à nos enfants tout ce qui permet de maîtriser la langue plutôt qu’à faire retenir les parties les plus arbitraires de son code graphique.

    Pourquoi l’esprit critique s’arrête-t-il au seuil de l’orthographe ? Parce tout le monde a appris à ne plus se demander pourquoi. Enfin, pas tout le monde. La fédération Wallonie-Bruxelles, en accord avec ses instances linguistiques, envisage sérieusement d’instaurer l’invariabilité du participe passé avec l’auxiliaire avoir. Elle s’appuie pour cela sur les avis du Conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles (#CLFPL) et du Conseil international de la langue française (#Cilf). Elle suit aussi les recommandations d’André #Goosse, successeur de Maurice #Grevisse au Bon Usage, du groupe de recherche #Erofa (Etude pour une rationalisation de l’orthographe française d’aujourd’hui), de la Fédération internationale des professeurs de français et de sa branche belge, de certains membres de l’Académie royale de Belgique et de l’Académie de langue et de littérature françaises de Belgique, ainsi que des responsables des départements de langue, de littérature et de didactique du français de la plupart des universités francophones… Quant à l’Académie française, n’étant pas composée de linguistes, elle n’est jamais parvenue à produire une grammaire décente et ne peut donc servir de référence.

    Pour comprendre les raisons de ce changement, revenons au Moyen Age. Les moines copient alors au fil de la plume. Quand ils écrivent, par exemple : « Les pieds que Jésus a lavés », un simple regard vers la gauche permet d’identifier ce que Jésus a lavé. Il a lavé quoi ? Les pieds. Donc le moine accorde. Par contre, quand il écrit : « Jésus a lavé », il s’interroge. Jésus a lavé quoi ? Je ne sais pas, je vais attendre la suite du texte. Le moine poursuit : « Avant la fête de Pâques, sachant que son heure était venue, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, et patati et patata, … les pieds. » A tous les coups, quand le moine est arrivé à « les pieds », il a oublié qu’il avait un participe à accorder, ou il n’a plus la place pour écrire le « s » parce qu’au Moyen Age, les mots sont souvent attachés les uns aux autres. C’est cet oubli qui est à l’origine de la règle des accords avec l’auxiliaire avoir. Au XVIe siècle, Clément Marot, constatant le même phénomène en italien, en fait la promotion à l’aide d’un joli poème, ce qui fera dire à Voltaire : « Il a ramené deux choses d’Italie : la vérole et l’accord du participe passé. Je pense que c’est le deuxième qui a fait le plus de ravages ». Le Bescherelle désigne cette règle comme « la plus artificielle de la langue française ». Elle entraînera une cohorte de complications, comme les fameux accords des verbes exclusivement, essentiellement ou accidentellement pronominaux qu’on retrouve dans les quatorze pages d’exceptions du Bon Usage de Grevisse.

    Voici donc la nouvelle règle sur laquelle s’appuyer : « Le participe passé, avec l’auxiliaire être, s’accorde comme un adjectif (c’est-à-dire avec le mot auquel il se rapporte). Avec l’auxiliaire avoir, il ne s’accorde pas. » L’invariabilité du participe avec avoir peut heurter certaines personnes, que nous renvoyons à la formulation complète que le Cilf a proposé. Ainsi, dans cette dernière phrase, « la formulation que le Cilf a proposé », rien ne permet de considérer qu’il y a une faute grammaticale car le participe avec avoir n’a plus valeur d’adjectif, contrairement à ce qui se passe quand on utilise l’auxiliaire être.

    L’usage oral s’est fait l’écho de cette logique. L’invariabilité est une tendance en augmentation dans tous les milieux, dans tous les médias et dans tous les pays francophones. Parce que cet accord n’est plus porteur de sens. Il ne s’agit pas de justifier une faute, mais de rappeler que cet usage est légitime et qu’il serait injuste de le sanctionner. Les linguistes vous le diront : l’orthographe n’est pas la langue, mais l’outil graphique qui permet de transmettre, de retranscrire la langue, comme les partitions servent la musique. Puisque les langues évoluent, leur code graphique devrait en faire autant, ce qu’il n’a cessé de faire en français. Il serait absurde de croire que notre orthographe aurait atteint un degré de perfection intangible. Cela reviendrait à la considérer comme morte.

    Evitons les faux dilemmes. Il ne s’agit pas de tout changer, de déstabiliser tout le système ou de supprimer ce qui est porteur de sens dans notre orthographe, mais de maintenir une norme unique, renforcée dans sa cohérence. Il est surprenant de constater le peu de rigueur dont nous faisons preuve envers l’orthographe elle-même. La plupart des formes ou des règles sont justifiables, mais d’autres le sont moins, voire pas du tout. Tout dans l’#orthographe ne peut avoir la même valeur. Osons l’affirmer : les règles d’accord du participe passé actuelles sont obsolètes et compliquées jusqu’à l’absurde. Compte tenu du fait qu’elles ne sont pas fautives, qu’elles suivent l’usage, qu’elles libèrent du temps scolaire, qu’elles sont recommandées par toutes les instances officielles d’avis sur la langue et les universités, on est en droit de se demander pourquoi ces règles ne sont pas appliquées.
    Plus d’informations et liste des soutiens sur www.participepasse.info.
    Arnaud Hoedt et Jérôme Piron Anciens professeurs de français

    Vive les Belges !

    les fameux accords des verbes exclusivement, essentiellement ou accidentellement pronominaux qu’on retrouve dans les quatorze pages d’exceptions du Bon Usage de Grevisse

    ça c’est une règle qui m’a toujours tuée !!!

    #grammaire #linguistique #Belgique #Wallonie #participe_passé

    • Je suis un peu lent : est-ce que ça veut dire que tu aurais dû conclure par « ça c’est une règle qui m’a toujours tué » ?

      Si je me souviens bien, selon la règle classique :
      – « c’est une règle qui a toujours tué ma personne »
      – « c’est une règle qui m’a toujours tuée » (moi qui suis une fille)
      et si je comprends l’article, c’est cette incohérence entre le COD avant et le COD après qu’il s’agit de résoudre.

      Et donc... si je pousse, on se retrouverait à supprimer encore plus d’occasions d’utiliser le féminin ? (Dites-moi que j’ai tort.)

    • Quant à l’Académie française, n’étant pas composée de linguistes, elle n’est jamais parvenue à produire une grammaire décente et ne peut donc servir de référence.

      Ah ah ! Vrai !

      Sur les verbes pronominaux, c’est :
      Je me suis lavée.
      Je me suis lavé les cheveux ?
      C’est une règle qui se comprend très bien au niveau du sens.


  • Samoussas de courgettes au fromage frais
    http://www.cuisine-libre.fr/samoussas-de-courgettes-au-fromage-frais

    Détailler les courgettes en bâtonnets, les faire revenir avec l’oignon et l’ail émincés dans de l’huile d’olive. La chair des courgettes doit devenir fondante. Laisser refroidir. Ajouter le fromage frais, le sel, le poivre et le piment d’espelette. Bien mélanger. Couper les feuilles de brick en 2, replier chaque moitié en 2 dans la longueur. Sur le bord droit déposer un peu de préparation à la #Courgette et plier en formant un triangle. Déposer les samoussas sur la plaque du #Four les badigeonner d’un peu…


  • La Convivialité (Théâtre/Conférence)
    https://www.laconvivialite.com

    Page d’accueil du site de la conf.

    L’#orthographe de la plupart des livres français est ridicule. (...) l’habitude seule peut en supporter l’incongruité. L’écriture est la peinture de la voix : plus elle est ressemblante, meilleure elle est.
     
    Voltaire, Dictionnaire Philosophique, 1771


    L’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité
     
    Raymond Queneau, Batons, chiffres et lettres, 1950


    L’orthographe, divinité des sots.
     
    Stendhal, Lettres à Pauline, 1804


    Orthographe : Y croire comme aux mathématiques. N’est pas nécessaire quand on a du style.
     
    Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues, 1913


    Je crains bien que nous ne nous débarrassions jamais de Dieu, puisque nous croyons encore à la grammaire
     
    F. Nietzsche., Crépuscule des idoles, 1888
     

    Pour un historien de la langue, les accidents de l’orthographe française sont explicables : chacun a sa raison, analogique, étymologique ou fonctionnelle ; mais l’ensemble de ces raisons est déraisonnable, et, lorsque cette déraison est imposée, par voie d’éducation, à tout un peuple, elle devient coupable. Ce n’est pas le caractère arbitraire de notre orthographe qui est choquant, c’est que cet arbitraire soit légal.
     
    Roland Barthes, Le Monde de l’Education, 1976.

    #la_convivialité


  • Jour de relâche : La Convivialité - latrois : programme du Lundi 03 septembre à 21:06
    https://www.rtbf.be/tv/guide-tv/detail_jour-de-relache-la-convivialite?uid=1799352545668&idschedule=abc8bc65586

    Pourquoi mettre un « t » à édit ou bruit (comme dans éditer ou bruiter), mais pas à abri ?

    Pourquoi écrit-on gelée de groseille au singulier et confiture de groseilles au pluriel ?

    Le seul son « S » peut s’écrire de 12 manières différentes.

    « #La_Convivialité » est une #conférence ludique, instructive et interactive sur notre rapport à l’#orthographe. Une passion pour certains et un chemin de croix pour d’autres, elle s’inscrit comme un évaluateur tout le long de notre scolarité alors que son évolution est faite d’erreurs et d’incompréhensions, de raccourcis et d’illogisme.

    Ce débat passionné mené par deux comédiens, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, diplômés en philologie romane, dépouillent, de manière drôle et instructive, les #préjugés durement ancrés concernant la langue française et l’instruction. Leur approche farfelue de l’accord du participe passé va vous faire changer d’avis sur l’#écriture et son cortège d’#exceptions.



  • Scoliose : quand le dos se détraque | Dossier
    https://www.futura-sciences.com/sante/dossiers/sante-scoliose-dos-detraque-2000

    La #scoliose touche, de façon plus ou moins sévère, 1 à 3 % des enfants âgés de 10 à 16 ans et concerne également l’adulte. Cette déformation de la colonne vertébrale n’est pas forcément associée à un mal de dos (contrairement à la hernie discale ou la sciatique), d’où la difficulté de la dépister.
    Il existe différents types de scolioses comme la scoliose lombaire ou la scoliose dorso-lombaire. La scoliose est différente de la cyphose (la cyphose étant un autre type de déformation de la colonne vertébrale). La scoliose est le plus souvent dites idiopathique, c’est-à-dire que sa cause n’est pas définie. Un traitement précoce permet une prise en charge rapide et des dégâts moindres sur l’organisme.


  • Fenced out: Los Angeles businesses find new way to keep away homeless | Society | The Guardian

    https://www.theguardian.com/society/2018/aug/24/where-the-sidewalk-ends-businesses-keep-out-homeless-with-fences

    he day the fence arrived, Gabe was sitting next to his tent, right at the heart of Los Angeles’ Skid Row. It was a chain link fence – about six feet tall – placed at the edge of the sidewalk, where it neatly enclosed Gabe, his neighbors, and the tented homes they have made for themselves on the streets of what is sometimes called the homeless capital of the country.

    “They put the whole sidewalk inside the fence,” said Gabe, an older black man with kind eyes and a disarming demeanor who has lived on the streets of Skid Row for about five years. He was scaling a fish over a red plastic cooler as he talked. “I felt like we were in prison on the sidewalk. It felt like we were in prison and could get out, but still in prison, you know what I mean?”

    #mur #barrière #los_angeles #pauvreté #sdf #discrimination #séparation

    • J’y étais en avril... Il y avait là un quartier de... 12 îlots (?) dont les trottoirs étaient intégralement occupés par des tentes réelles ou de fortune. Traversée en voiture avec un proche qui nous montrait « la ville » comme elle est. Un kilomètre plus loin, le site des sports : stade de basket qui se transforme en stade de hockey sur glace en 8 heures. Frissons. Sous 23°C en avril.


  • L’Europe aux mains de gens qui n’ont pas d’enfant. Théophraste R. - 31 août 2018 - LGS

    Trouvé sur Facebook et signé Danielle Lapierre :
    « Un terrible constat »


    - Emmanuel Macron, le président français, n’a pas d’enfant.
    – La chancelière allemande Angela Merkel n’a pas d’enfant.
    – Le Premier ministre britannique Theresa May n’a pas d’enfant.
    – Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni n’a pas d’enfant.
    – Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte n’a pas d’enfant.
    – Le Premier ministre suédois Stefan Löfven n’a pas d’enfant.
    – Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel n’a pas d’enfant.
    – Le Premier ministre écossais Nicola Sturgeon n’a pas d’enfant.
    – Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker n’a pas d’enfant.
    Donc, l’avenir de l’Europe est confié à des gens qui n’ont pas d’enfant ! Ils ont donc une vision à COURT TERME et se foutent COMPLÈTEMENT de l’avenir de NOS enfants ».

    Je relève une petite erreur : Juncker a une fille, surnommée « La Biture ». Aimante et dévouée, elle ne le quitte pas.

    Théophraste R. (Père de famille et donc « aventurier des temps moderne » selon Péguy).

    #avenir #enfants #Premier_ministre #europe #UE #union_européenne


  • Statistiques 2017 : ce que disent les chiffres de l’expulsion des personnes exilées

    Les dispositifs d’expulsion des personnes exilées sont vus par les pouvoirs publics comme l’alpha et l’oméga des politiques migratoires. L’objectif est double : empêcher les personnes d’entrer sur le territoire et exercer un contrôle des personnes présentes pour faciliter leur expulsion. Derrière ces chiffres, une violence institutionnelle et un coût humain sans précédent.

    REFOULEMENTS DES L’ARRIVÉE DES PERSONNES AUX FRONTIÈRES DE LA FRANCE

    86000 refoulements dont 17 000 jeunes mineures
    (source DCPAF et Eurostat)

    Chiffre sans précédent qui est la conséquence directe du rétablissement des contrôles aux frontières. Jusqu’en 2015, la moyenne annuelle se situait autour d’un maximum de 15 000 refus d’entrées. Un peu moins de 10 000 ont été pris à une frontière aérienne, 728 dans un port et 75 000 aux frontières terrestres. 3/4 des refus d’entrées terrestre ont lieu dans les Alpes-Maritimes. La France est championne d’Europe dans cette discipline puisqu’elle effectue à elle seule 43 % des refus d’entrées terrestres de l’Europe, soit deux fois plus que la Pologne. La première nationalité des personnes victimes de ces refus est le Soudan (plus de 10 000) suivi de la Guinée (6 800), et du Maroc (5 450). A noter qu’un nombre important de personnes est comptabilisé plusieurs fois dans la mesure où une personne peut se voir notifier plusieurs refus d’entrées à l’occasion de différentes tentatives de passage.

    EXPULSIONS DU TERRITOIRE NATIONAL

    Le chiffre total des expulsions effectives en métropole est à peu près le même depuis ces 5 dernières années.

    Il est intéressant de souligner que moins de la moitié des expulsions le sont vers des pays tiers à l’Union européenne.

    Les principales nationalités de personnes expulsées vers les pays tiers sont selon Eurostat :
    l’Albanie (2 605), l’Algérie (1 235), le Maroc (940), la Tunisie (740). Le chiffre global des expulsions vers les pays tiers est de 6 903.

    Près d’un quart des expulsions concernent les personnes européennes ( soit 3 367 personnes) : il s’agit principalement du renvoi des personnes roumaines et bulgares souvent d’origine rom, cibles privilégiées d’une politique discriminante en direction des européen·ne·s pauvres. Depuis 2011, les personnes roumaines oscillent entre la 4ème et la 5ème nationalité la plus enfermée en centre de rétention et est de très loin la première parmi les citoyens et citoyennes de l’Union.

    18% des expulsions (soit 2 633) concernent des décisions de transfert vers un autre pays européen du fait de l’application du règlement Dublin. Ce règlement prévoit que le premier pays par lequel la personne a transité, qu’elle y ait ou non demandé l’asile, est le pays qui doit examiner la demande de protection de la personne. 41 500 personnes (mineures compris) été placées sous le coup de procédure Dublin en 2017. Ce chiffre est en hausse de 62% par rapport à 2016 (25 693) et de 256% par rapport à 2015 (11 657) et représentent 36% des demandes d’asile en 2017.

    Les expulsions Schengen correspondent aux personnes renvoyées vers un autre pays européens conformément à la convention de Schengen : il s’agit de personnes en situation régulière dans un autre pays européen ou de personnes ayant transité par un autre Etat membre. Les renvois se font principalement via le placement dans un centre de rétention frontalier.

    Il est enfin à souligner que selon Eurostat la France (85 268) est avec l’Allemagne (97 165) championne d’Europe dans la délivrance d’obligations à quitter le territoire (OQTF) loin devant le Royaume-Uni (54 910) alors même qu’elle accueille un nombre de personnes beaucoup plus restreint. A titre illustratif en 2015, l’Allemagne a accueilli 1 543 800 personnes exilées et la Grande-Bretagne 631 500 alors que la France n’a reçu que 363 900 personnes.

    22 541 expulsions en outre-mer

    En outre-mer, le chiffre des expulsions est supérieur à celui de la métropole. 16 648 ont lieu de Mayotte et 5 268 de Guyane. Par dérogation au régime applicable en métropole, le recours engagé par une personne étrangère contre la mesure d’éloignement ne suspend pas l’exécution de l’expulsion. En pratique les personnes sont donc souvent expulsées alors même que leur recours n’a pas encore été examiné par un·e juge.
    LIEUX D’OÙ SONT EXPULSÉES DE FORCE LES PERSONNES

    Depuis 2012, on observe une augmentation des expulsions « hors les murs » qui viennent s’ajouter aux expulsions des centres de rétention administratives (CRA).

    Les personnes sont alors directement embarquées de leur domicile (domicile personnel ou lieu d’hébergement collectif) d’un commissariat ou du guichet de la préfecture.

    Les expulsions des centres de rétention restent très majoritaires : 71% (soit 10 114). Pour des précisions approfondies sur ces expulsions : cf le rapport 2017 sur les centres et locaux de rétention .

    Il est cependant à souligner l’émergence des expulsions via les centres « DPAR » (dispositif de préparation au retour) avec un taux de 8% (soit 1 165 personnes). Pourtant, il n’existe pas de cadre légal à ces centres qui ne sont pas réglementés et n’apparaissent que dans une circulaire de juillet 2015 à titre expérimental. La loi de finances 2017 prévoit leur généralisation dans toutes les régions en 2018. Ces centres sont inspirés d’un modèle belge de centres dédiés au « retour » : ils ont pour objectif de conditionner l’hébergement des personnes à leur acceptation du retour. L’OFII y intervient pour promouvoir et mettre en œuvre les dispositifs d’aide au retour volontaire (ARV). Le caractère « volontaire » du retour glisse cependant très rapidement vers le retour forcé : l’ensemble des personnes dans ces centres est assigné à résidence et est donc sous le contrôle de l’administration. La durée de cet hébergement est d’ailleurs calée sur celle de l’assignation à résidence, soit 90 jours (45 jours renouvelable une fois). A ce jour, aucune liste officielle ne recense ces centres mais La Cimade en a répertorié 8 en février 2018, ce qui qui représentent 607 places.

    Il s’agit de cumuler la carotte (l’aide financière), la restriction de liberté (l’assignation à résidence) et la coercition via le chantage soit à la rue (fin de l’hébergement) soit à l’enfermement (expulsion forcée) en cas de manque de “collaboration” des personnes. Une des grandes efficacités de ces centres en développement est leur opacité et l’absence totale d’accompagnement juridique et d’accès aux droits.

    Il est mentionné dans l’étude d’impact du projet de loi que 76 % des personnes placées dans ces centres « retournent » effectivement dans leur pays, ce qui est une moyenne bien plus élevée qu’en centre de rétention (40%). Pour autant, il n’est apporté aucun élément statistique sur le nombre de personnes qui n’ont pas accepté de se rendre dans ces dispositifs ou qui l’ont quitté en cours de route…

    On peut déduire que les 21% (4 229 personnes) d’expulsions hors CRA et centres DPAR résultent pour partie des personnes expulsées de force suite à des interpellations soit à leur domicile (personnel ou lieux d’hébergements collectif), soit au commissariat soit au guichet en préfecture. Ces expulsions en dehors des centres de rétention sont à rapprocher du développement exponentiel des assignations à résidence. Elles vont également de pair avec le développement de missions de surveillance administrative à l’intérieur des lieux d’hébergements collectifs des personnes exilées et de l’hébergement d’urgence. L’autre partie provient des expulsions des personnes en sortie de détention même si aucun élément statistique ne semble exister là-dessus.

    DISPOSITIFS DE CONTRÔLE : L’ASSIGNATION A RÉSIDENCE

    Créées par loi de juin 2011, les assignations à résidence de 45 jours (renouvelables une fois) sont des mesures de contrôle restrictives de la liberté d’aller et venir des personnes en vue de l’expulsion. Ces dernières sont contraintes de rester dans un périmètre donné et doivent pointer régulièrement, jusqu’à une fois par jour, au commissariat ou en gendarmerie.

    Ces « assignations-expulsions » constituent un nouvel outil qui vient compléter et renforcer les outils plus anciens de la rétention et des retours dits « volontaires » en vue de renforcer la politique d’expulsion. Il n’est pas rare que des personnes se voient soumises d’abord au régime de l’assignation puis à la rétention administrative, sans justification de ce basculement.

    Ces mesures connaissent depuis 2011 une augmentation exponentielle : de 373 mesures en 2011, elles sont passées à 2998 en 2014, puis 4687 en 2016 pour atteindre un niveau de 8 791 en 2017.

    Les personnes, assignées à leur domicile ou dans les centres d’hébergement souvent isolés des centres villes, n’ont pas accès aux droits et à la justice. L’opacité et l’invisibilité de ces lieux sont bien souvent le terreau de pratiques illégales, notamment en matière d’interpellations à domicile. Au regard d’une étude menée de janvier à juin 2018 dans les centres de rétention du Mesnil-Amelot et de Rennes ou intervient La Cimade, sur 13% d’interpellations à domicile ayant conduit des personnes assignées en centre de rétention, seules 3% d’entre elles avait été autorisé par un·e juge.

    Elles incarnent également le glissement d’une partie de l’hébergement d’urgence dédié aux personnes exilées et de l’hébergement d’urgence comme outil de contrôle des politiques migratoires avec une présence policière parfois à l’intérieur même des centres pour pointer les personnes présentes assignées à résidence (cas notamment dans certains PRAHDA (programme régional d’accueil des demandeurs d’asile) et l’émergence de centres d’assignation à résidence dédiés comme les centres DPAR (susmentionnés).

    A côté de ces assignations en vue de l’expulsion des personnes, il faut souligner deux autres types d’assignations à résidence :

    l’assignation à résidence de 6 mois qui concernent les personnes que l’administration ne peut pas renvoyer immédiatement et prévue à l’article L 561-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). Il s’agit en pratique par exemple des personnes avec une décision de suspension de la mesure d’expulsion par un·e juge national·e ou européen·ne ou encore de personnes étrangères malades. Elles représentent 9 % des mesures d’assignation et cachent parfois des situations que l’administration pourrait régulariser : c’est notamment le cas des personnes étrangères souffrant de grave pathologie.
    l’assignation à résidence « protection » d’une durée de six mois pour les personnes sous le coup de mesures de double peine qui sont très marginales (1%, soit 46 mesures de ce type délivrées en 2017 selon l’étude d’impact du projet de loi immigration 2018). Ces mesures illustrent la très grande précarité administrative de ces personnes soit parce qu’elles n’obtiennent pas ces mesures malgré des situations personnelles et familiales rendant impossible un retour dans leur pays d’origine (pathologie grave, arrivée en France dès le plus jeune page, …) soit parce qu’une fois qu’elles sont sous le coup de ces mesures, elles ne parviennent jamais à faire régulariser leur situation. L’exigence d’une motivation pour la prolongation de telles mesures au-delà d’une certaine durée par le Conseil constitutionnel n’empêche pas la prolongation de ces mesures à vie.

    AIDES AU RETOUR DITES « VOLONTAIRES » (ARV)

    5 776 adultes et 1 338 enfants, soit 7 114 personnes selon les chiffres publiés par l’OFII . Cela représente une augmentation de 49% par rapport à 2016 (3958). Les 5 principaux pays sont l’Albanie (21,9%), l’Afghanistan (13,6%), la Moldavie (5,9%), la Chine (5,2%) et Haïti (4,1%).

    Les aides au retour pour les ressortissant·e·s européen·ne·s diminuent (90 personnes).

    Il est important de souligner que la promotion et le développement de ces dispositifs vont historiquement de pair avec l’expansion des politiques migratoires d’expulsion. la dimension choisie du retour volontaire laisse ainsi place à une part de plus en plus importante à la contrainte et masque bien souvent des expulsions forcées.

    Cette augmentation des retours volontaires relève probablement de différents facteurs dont :

    Les pressions au retour exercées de plus en plus tôt dans la procédure, y compris dès l’arrivée des personnes : « bonjour et bienvenue vous voulez rentrer ? » ! Par exemple, l’OFII délivre une information sur le droit au retour dès le début de la procédure de demande d’asile, dans les campements et opérations d’évacuation ou encore dans les lieux d’hébergement dédiés aux personnes demandeuses d’asile ;
    La « crise » de l’accueil avec un certain nombre de personnes à la rue, épuisées par leur précarisation, découragées et soumises au chantage de l’expulsion et de l’enfermement, finissent par accepter contre leur gré cette option qui comprend un faible soutien financier (cas des albanais·e·s par exemple). L’arrêté du 17 avril 2015 est une bonne illustration puisqu’il permet dans le cadre d’opérations ponctuelles (comprendre : opérations d’évacuation de campements par exemple) de majorer l’aide au retour volontaire de 350 euros ;
    La création de centres d’assignations à résidence dédiés au retour (DPAR) ;
    Le soutien financier des politiques européennes sur ces dispositifs en lieu et place de soutien à des politiques d’accueil : par exemple, la mise en œuvre du programme européen « européen reintegration network-ERIN » dont le budget est de 9,7 millions d’euros selon le rapport de l’OFII 2017. Tel est le cas également pour les accords informels de l’Union Européenne comme celui passé avec l’Afghanistan pour faciliter les renvois ou bien encore la coopération franco-allemande via la signature d’un accord de partenariat effectif depuis mars 2016 pour faciliter et renforcer les retours volontaires des ressortissants kosovars.

    La mise en œuvre de ces dispositifs qui présentent le risque de réduire le champ des possibles à la seule option du « retour » se fait la plupart du temps en dehors de tout regard de la société civile et ne garantit pas un accès aux droits et au séjour effectifs. Par exemple, être débouté·e du droit d’asile ne signifie pas forcément que le droit au séjour est épuisé.

    Par ailleurs, ces aides pour la plupart réduites à une prise en charge minimale (frais de transport et des bagages) ne répondent aucunement aux défis d’un retour réussi. D’autant plus que ce choix intervient bien souvent dans la précipitation et sous la pression d’une perte d’un hébergement et/ou d’ chantage à l’enfermement.
    BANNISSEMENT

    Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF) ont connu en 2017 une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017. Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.

    Ces mesures impactent gravement le parcours des personnes en France :

    Interdiction de se maintenir et de retourner en France pendant toute sa durée ;
    Interdiction de se voir délivrer une carte de séjour, y compris en cas d’élément nouveau susceptible de permettre en principe la régularisation de la personne ;
    Possibilité d’enfermement, de contrôle et d’expulsion pendant toute sa durée.

    La durée de l’interdiction du territoire (de 1 à 5 ans) ne commence désormais qu’à compter de la sortie effective de la personne du territoire européen. Cela signifie que la personne, restée en France ou en Europe malgré cette mesure, sera bloquée ad vitam æternam dans ses démarches de régularisation. Ces mesures multiplient les situations de grande précarité administrative, d’atteintes aux droits fondamentaux comme le droit de vivre en Famille, et constituent un obstacle important à l’intégration des personnes en France privées de tout accès aux droits en France. Ces conséquences sont aggravées par le fait que :

    la seule protection prévue, en dehors des situations spécifiques liées à la traite, est prévue à travers la notion floue de « circonstances humanitaires ». Cela laisse un large pouvoir discrétionnaire d’appréciation par les préfectures et un contrôle restreint des juges ;
    il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.

    https://www.lacimade.org/statistiques-ce-que-disent-les-chiffres-de-lexpulsion-des-personnes-exilee
    #statistiques #chiffres #asile #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #2017 #refoulements #Dublin #assignation_à_résidence #CRA #détention_administrative #rétention #bannissement #retours_volontaires #ARV #DPAR


  • Nicolas Hulot, Candide en Macronie Christophe Penaguin - 30 Aout 2018 - Un bruit blanc
    http://www.unbruitblanc.com/politique/nicolas-hulot-candide-en-macronie

    Après l’annonce par Nicolas Hulot, sur France Inter, de sa démission du ministère de la Transition écologique et solidaire, on serait tenté de produire une analyse politique de l’événement et de ses conséquences. Cette analyse devra être faite car il s’agit d’un fait politique majeur qui nous apprend (ou plutôt nous confirme) beaucoup sur ce qu’est réellement le « macronisme ». Mais pour le moment, nous voudrions simplement dire que Monsieur Hulot nous a ému. L’émotion n’a pas la cote en #politique. Elle est censée révéler le manipulateur chez le politicien qui tente de la susciter. Elle trahit le doux rêveur ou le faible aux yeux des cyniques fiers de leur absence de sens moral qu’ils nomment généralement Sagesse ou Expérience.

    Lorsqu’il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites que ce soit par un jour où la campagne en fête poudroiera.

    Nous avons écouté et regardé Monsieur Hulot lors de sa prestation sur France Inter et il nous a fait mal. Il aurait pu être ridicule et même, d’une certaine manière, il l’a été. Le visage défait, les traits tirés, agité de tics, il a répété à de nombreuses reprises qu’il respectait profondément le Président Macron, le Premier ministre Philippe et ses désormais anciens collègues du gouvernement. Il a plusieurs fois mis en cause les oppositions politiques et l’absence de mobilisation de la société dans son ensemble et de chaque citoyen en particulier. Et il a longuement expliqué que, depuis le début, le Président et le Premier ministre lui ont refusé les moyens de mettre en œuvre la révolution écologique qui, seule, pourrait sauver la planète et donc l’humanité.

    Je prendrai mon bâton et sur la grande route j’irai, et je dirai aux ânes, mes amis : Je suis Francis Jammes et je vais au paradis

    On pourrait gloser sur la naïveté de Monsieur Hulot, sur l’étrange inconscience qui l’a empêché de voir que le projet du candidat Macron et l’ensemble de son positionnement politique sont absolument incompatibles avec une prise en compte sérieuse de l’urgence écologique. Mais on n’a pas envie de rire ni de se moquer. Parce que Monsieur Hulot a commencé son intervention en affirmant qu’il ne comprenait tout simplement pas pourquoi le désastre écologique n’était pas la priorité absolue de tous les gouvernements et de toutes les sociétés du monde. Il y avait quelque chose d’insoutenable dans cet aveu candide. Parce qu’il paraissait sincère. Mais aussi parce qu’il signe la faillite complète de la démocratie.

    Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu, pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreille, chassez les mouches plates, les coups et les abeilles

    Car en ce qui nous concerne, nous comprenons très bien l’inertie générale touchant l’écologie. La vérité est à la fois très simple et inouïe : la #planète va mourir et la plupart des gens s’en foutent. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Certains ont toutes les raisons de s’en foutre. Les pauvres, les chômeurs, les mères célibataires, les gens rongés par leurs conditions de travail, tous ceux qui se battent chaque jour pour conserver une vie à peu près digne de ce nom et à qui on vient en plus faire la morale en leur expliquant qu’il faut mettre les bouteilles en plastique dans la poubelle verte. D’ailleurs, ils le font, en règle générale ils ne sont pas contrariants. Et si d’aventure ils le deviennent, contrariants, on les baptise #agitateurs ou délinquants.

    J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles, suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles, de ceux traînant des voitures de saltimbanques

    Mais il y a les autres, qui s’en foutent eux aussi mais qui n’ont aucune excuse. Les #lobbies, les #multinationales, les #organisations_patronales, la plupart des #gouvernements. Puisque Monsieur Hulot est #candide, soyons-le aussi, regardons simplement ce qui se passe, ce qui se dit, et tirons-en les conséquences. La chose est désormais abondamment documentée, ce n’est en rien un secret ni une révélation. Partout sur la planète, des lobbies font pression sur les gouvernements pour empêcher, en toute connaissance de cause, la mise en place de mesures de préservation de l’environnement. Ces lobbies ne sont pas des entités autonomes ou des manifestations sataniques. Ils emploient des avocats et des juristes, des gens bien sous tous rapports, qui se mettent au service d’entreprises ou de groupements d’entreprises afin de faire en sorte qu’aucune décision gouvernementale n’aille à l’encontre de leurs intérêts économiques. Ils pratiquent ouvertement le chantage en menaçant de licencier, de délocaliser, de pratiquer l’#optimisation_fiscale à grande échelle. Ils parasitent le processus démocratique en rendant de fait impossibles certaines décisions, même quand elles sont validées par la volonté populaire.

    De ceux à qui l’on met de petits pantalons à cause des plaies bleues et suintantes que font les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds

    Cette coalition d’intérêts privés purement, implacablement égoïstes et aveugles, c’est ce que Monsieur #Macron et beaucoup d’autres appellent le Réel. Il faut tenir compte du Réel, disent-ils, et il faut comprendre : si nous prenons certaines décisions, les marchés financiers et les grands groupes privés ruineront délibérément l’#économie. Or, le Réel, ce sont les oiseaux et les insectes qui disparaissent, les mammifères qui se raréfient, le climat qui se modifie, l’air qui devient irrespirable, l’eau polluée partout. Mourir de soif, développer un cancer à cause de produits chimiques, ou encore se promener dans un coin de campagne absurdement vide, silencieux, sans vie, c’est très réel.

    Mon Dieu, faites qu’avec ces ânes je Vous vienne. Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises

    Nous souhaitons bon vent à #Nicolas_Hulot mais, puisqu’il a répété plusieurs fois sur France Inter qu’il espérait que sa démission susciterait une prise de conscience, nous voudrions lui dire que la seule prise de conscience possible consiste à comprendre que le système capitaliste est mortifère et génère inévitablement la destruction de la planète. Et qu’on ne sauvera pas celle-ci en appelant à la coopération avec les entreprises et à la responsabilité individuelle.

    Et faites que, penché dans ce séjour des âmes, sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes (extraits de Prière pour aller au paradis avec les #ânes, de #Francis_Jammes, un gars qui ne valait rien mais qui aimait les ânes)

    #capitalisme


  • Je me passe des services des « Géants » du web. Du moins j’essaye.
    https://lapsuske.brubel.net/Je-me-passe-des-services-des-Geants-du-web-Du-moins-j-essaye

    Les GAFA sont une plaie sociale et environnementale, un danger démocratique, un trou noir de puissance non contrôlée à l’heure de la mondialisation. Il faut réduire leur importance et leur pouvoir, j’en suis persuadé.

    #Le_blog

    « http://fr.wikipedia.org/wiki/GAFA »
    « http://fr.wikipedia.org/wiki/Tizen »
    « http://fr.wikipedia.org/wiki/syst%C3%A8me_d%27exploitation »
    « http://www.samsung.com/in/consumer/mobile-devices/smartphones/others/SM-Z300HZKDINS »



  • La vacance de monsieur Hulot

    Nicolas Hulot : « Je prends la décision de quitter le gouvernement »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-28-aout-2018

    Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sa décision de quitter le gouvernement, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15273-28.08.2018-ITEMA_21786479-8.mp3

    Nicolas Voisin a dit :

    Ce 28 aout 2018, pour la première fois, un ministre a fait le procès du libéralisme, avoué que les lobbys gouvernent, constaté que la société (nous) s’en accommode, dénoncé ce que nous savons tous : ce modèle est un suicide. Puis il démissionna.

    Il faut écouter intégralement cette interview, ne pas se contenter d’extraits et encore moins des commentaires.
    Et ce n’est pas un fan de Hulot qui vous le recommande, loin s’en faut...

    • J’ai hésité à l’écrire, mais ce matin en rentrant de l’école sur la route le long du fjord, j’ai arrêté la voiture (électique je précise...) pour écouter ; j’étais sur le cul.

      Je ne suis pas fan du monsieur, mais je dois avouer que j’étais impressionné d’entendre un ministre d’état - pour la première fois - faire une déclaration, répondre aux questions d’une manière aussi puissante que minimaliste. Pas un mot de trop, un vocabulaire choisi pour en même temps rester dans les clous et en même temps dénoncer d’une manière assez violente et assez claire l’imposture macroniste (et rien que pour ça, chapeau). J’étais à des millions d’annés lumière de penser que la critique la plus radicale de la partition du pouvoir politique qui est en train de se jouer en France en ce moment allait venir de l’intérieur, du coeur même du pouvoir. Ça faisait aussi quelques années lumières que je n’avais pas entendu un responsable politique parler aussi vrai et aussi sincèrement. Pour un fois, je n’avais pas l’impression d’être ni dans la société du spectacle, ni dans la grossière langue de bois (hier, il y avait un lobbyiste à Élysée...). À côté de cette intervention, celle de Benjamin Griveaux qui réagissait sur une autre chaine était totalement minable, absolument effarente. Quelle langue les macroniens ont-ils inventé... Elles et ils parlent toutes et tous de la même façon, mais plus le temps va, plus on se rend compte que leurs narrations et leurs discours sont - outre d’une crapuleuse imposture - d’un vide sidéral.

    • Il y a quelques jours, un Indonésien m’aborde : Française, ha, #Nicolas_Hulot. Et il me fait l’éloge du bonhomme : télévision, politique. Surprise, d’habitude c’est plutôt de footeux qu’on me parle. Je fais « Ouais, ouais » et je pense au héros des pailles qu’on va interdire pour sauver la planète. Contente d’apprendre que le gars ne s’était pas perdu. Peut-être que son fan javanais avait vent de sa prochaine démission ?

    • Sur le #glyphosate et les #pesticides, il fait un bilan généreux de son action...
      « On me dit, sois patient. Mais ça fait trente ans qu’on est patient. »
      Cet été, « sur le changement climatique, on a perdu la main. »
      Je le trouve un peu limité sur l’articulation justice économique-écologie. Parce que ce que d’autres écolos comme Jean Gadrey ne cessent de répéter, c’est que les recettes habituelles ne servent à rien pour lutter contre le chômage de masse et les inégalités (il se murmure même qu’elles en sont responsables) et que l’écologie (de la transition éco à l’écosocialisme), c’est LA seule idéologie du moment qui propose une réponse à nos problèmes sociaux et économiques. Devant des interlocuteurs qui lui disent que ses priorités, elles ne sont pas prioritaires dans le contexte économique, je trouve ses réponses faiblardes, plus que faiblardes. Il répond que si, l’écologie est une priorité en soi et il déconnecte de l’éco. Des réponses qui ne portent pas beaucoup atteinte au projet néo-libéral macroniste. Ce qui est cohérent avec la position qu’il se donne, de mettre de l’écologie dans l’importe quelle idéologie (ici néo-libérale) à condition qu’elle soit de bonne volonté. Bof.

    • « Édouard et Manu, z’ont été sympa avec moi, je les aime. Mais bizarrement, chaque fois qu’on causait d’un truc concret, ils se barraient. Je comprends, hein, mais je suis un peu déçu. Alors je pars mais sans hostilité, je les aime encore beaucoup. »

      Ben je trouve ça dégueulasse. J’ai bossé pour des élu·es EELV qui ont réussi à faire, à force de ténacité, une part de ce qu’il n’a pas pu faire. Par exemple, il y en a un qui a mis sur pied un plan de financement de la rénovation thermique des logements avec remboursement sur les éco d’énergie pour permettre aux ménages de proprios pauvres d’en profiter. Le plan a été saboté une fois son mandat fini. Ignorer ce boulot et rester dans le camp macroniste en se flagellant de n’avoir pas su convaincre Manu, non mais ! On a besoin d’analyses plus fines que ça, plus fines que ce message auto-centré, qui manque d’analyse politique sur ce qu’est le néo-libéralisme aujourd’hui en France et ailleurs - même si, @reka a raison de le dire, son constat envi est juste.

    • @aude_v Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’absence de réflexion éco-sociale de Hulot, mais on ne peut pas dire que ça soit nouveau. Hulot, c’est pas Gorz... Ça a même toujours été ce qui l’empêchaît d’être crédible (pour moi en tout cas) : le côté « la nature les ptits zoiseaux » sans aucune pensée sociale sur la question. En plus, finalement, il a toujours revendiqué cette position.

    • Il y a des bouts de l’interview, ils sont tout de même épatants. Les pistes qu’il trace sont autrement plus ambitieuses que ce qu’on nous a relayé (les pailles « bientôt » interdites). Mais sans convenir qu’il a collaboré avec des malfaisants, il exonère ceux qui n’affaiblissent le politique que quand ça les arrange, et il fait comme s’il n’y avait personne derrière l’écologie (ce en quoi il n’a qu’à moitié tort).

      Démission surprise de Nicolas Hulot  : le verbatim de son interview
      https://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-hulot/demission-surprise-de-nicolas-hulot-le-verbatim-de-son-interview-593947

      Nicolas Hulot  : Oui. Non, mais attendez… Je le redis ici  : j’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron. Et pour Edouard Philippe. Et ce n’est pas, croyez-moi, pour atténuer l’effet de la décision de ce matin. Mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture. On n’a pas compris que c’est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu’on le remet en cause  ?

      Léa Salamé  : Vous voulez dire le libéralisme  ?

      Nicolas Hulot  : Oui, oui. Mais je l’avais dit dès le départ, je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le CETA et on va en avoir une floppée d’autres […] Mais attendez, moi, je ne critique personne. J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique  ? La réponse est non. Où est passée la taxe sur les transactions financières  ? […] Le nucléaire, cette folie inutile. Economiquement, techniquement dans lequel on s’entête. C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre, j’en prends ma part de responsabilité. Et je pense que ce que les gens attendent d’un ministre, c’est que s’il n’est pas à la hauteur, s’il n’arrive pas à ses fins. Et bien, il doit en tirer des leçons. Je les tire ce matin […]

      Pour ce qui est de la responsabilité française, j’invite parfois les observateurs qui critiquent, notamment les écologistes patentés, à comparer aussi avec les autres pays. La France est plutôt leader dans ce domaine là. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas une raison pour nous en accommoder. Nous n’y arriverons que si le gouvernement dans son ensemble a la même impulsion, la même ambition, la même feuille de route, la même vision. Moi, je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert. C’est pas l’idée que je m’étais fait. Je suis rentré dans un esprit de coopération, pas de confrontation. Je ne dis pas que rien n’a été fait […] sur le glyphosate, contrairement à ce que dit Yannick Jadot, la France a été en pointe et elle a montré le chemin.

      Léa Salamé  : Rappelez-nous quels sont les acquis, les petits pas que vous avez réussi à faire ?

      Nicolas Hulot  : On a changé de tropisme sur les pesticides, on est rentré dans une dynamique qui va nous permettre de se séparer d’un certain nombre de molécules. On a programmé la sortie des hydrocarbures. C’est quand même des choses qui sont essentielles et importantes. J’espérais qu’on allait mettre le climat et la biodiversité dans l’article 1 de la constitution. Mais même là nos sénateurs ou l’opposition sur un truc qui n’est pas quand même une révolution culturelle, simplement par posture politicienne, étaient prêts à s’y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpétuels, alors que l’humanité a emprunté un chemin tragique… Je crois qu’au moins on peut m’accorder des convictions. Mais un homme, une femme, quel qu’il soit, même s’il a des convictions, s’il est isolé dans un gouvernement, s’il est isolé dans la société… Si vous regardez tout l’été, les résistances anti-éoliennes. Alors ok, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques… Comment on fait si on additionne tous les refus. Et puis ceux qui critiquent, à tort ou à raison, qu’est-ce qu’ils proposent  ? […]

      (...)

      Quand on se réjouit - ça va vous paraître anecdotique - de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs. Superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète ? La réponse est non. C’est sur toutes ces incohérences, ces contradictions. Et puis, dans cette équation impossible […] est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif, d’investir dans la transition écologique. Les investissements qui permettent de réduire nos dépenses énergétiques qui ne sont pas des dépenses mais des investissements. Est-ce qu’on s’est autorisé à essayer de sortir un peu de l’orthodoxie économique et financière  ? Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur les biens communs on l’a véritablement remise en cause  ?

      On va me dire mais en un an, on ne peut pas tout faire. Certainement, sauf qu’il y a une telle urgence. On me dit mais prends ton temps. Sois patient. Mais ça fait 30 ans qu’on est patient. Ça fait 30 ans qu’on laisse les phénomènes se dérouler et qu’ils sont en train de nous échapper. On me dit  : fixe-toi deux-trois priorités. Mais tout est prioritaire  ! Les sujets de santé-environnement qui viennent nous exploser à la figure dont on va se rendre compte qu’ils ont des conséquences…

      Léa Salamé  : L’économie est aussi prioritaire. Quand on est ministre, on sait qu’il y a des arbitrages à faire. D’un côté, il y a une urgence économique et de l’autre, une urgence écologique et que parfois, elle est contradictoire.

      Nicolas Hulot  : On peut essayer de choisir dans l’économie ce qui participe à la solution. Y aussi des grandes opportunités dans la transition écologique, énergétique. Vous avez même la possibilité de passer dans un modèle agricole qui soit intensif en emplois et non en pesticides […] C’est cette vision d’ensemble.

    • En fait, je crois que j’ai voulu interprèter entre les lignes. Je suis assez d’accord avec vous, le personnage est loin d’être parfait, je formule les même critiques que Aude et les autres (autocentrisme, inneficacité des actions), et il fait partie de la société du spectacle, de l’écologie spectacle, mais dans sa narration d’hier, il y a pris une position assez claire. Il ne pouvait pas faire autrement que de rester poli avec Macron et sa clique de crapules (j’admire Macron et Philippe, je ne veux pas gêner l’action du gouvernement, etc...) mais il faut comprendre les sens réle de ces déclarations, lire ce qu’il y a derrière les mots : ici, rien, ces « statements » n’ont aucun poids face au reste de son discours, et c’est ça que jai trouvé exceptionnel. Même s’il feint de tresser des lauriers au pouvoir macroniste, l’essentiel de ce qu’il dit est puissamment un dénonciation et une expression assez concrète du système Macron : en direct et venant d’un ministre d’état lui même, je crois n’avoir jamais vu ça. Pour le reste, ça ne dédouane pas Hulot de la manière dont il agit (spectacle), ce n’est pas mieux ni moins bien qu’Arthus Bertrand ou similaires (enfin si, un peu mieux parce qu’Arthus Bertrand, ça pu vraiment la merde).

      Je n’ai aucun doute sur la capacité des macronistes à récuperer et absorber l’événement de la manière la plus subtile, ils sont champions du monde dans ce domaine. C4est en effet triste, mais la seule chose dont je me réjouisse, c’est que cet événement va rester dans la mémoire et contribue à fragmenter encore plus à faire craqueler et discréditer le système Macron.

    • L’électrochoc est de taille, notamment pour Emmanuel Macron qui perd sa pastille verte. Poliment mais de facto, avec un réquisitoire implacable, Nicolas Hulot a renvoyé le Président comme le gouvernement dans le vieux monde, celui qui ne sait pas embrasser le temps long et qui se moule dans les exigences dogmatiques des traités européens, celui qui pense croissance à tout prix et impose des cures de régime toujours plus sévères pour les comptes publics. Dans cet univers, l’écologie ne se paie que de mots, de bonnes intentions communicationnelles qui sombrent dans les méandres de la règle d’or et de la rapacité du capital.

      Grosse perte pour Macron

      À sa façon, Nicolas Hulot a sanctionné le gouvernement pour son incapacité à sortir d’un imaginaire pré-réchauffement climatique et des mécanismes de la décision publique dictés par l’urgence et sous contrainte des lobbys. Glyphosate, pesticides, nucléaire… Les reculs se suivent et se ressemblent. Hulot a pointé du doigt l’austérité et le libéralisme économique comme des freins majeurs pour mener une politique écologiste.

      « On se fixe des objectifs mais on n’en n’a pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l’avance que les objectifs qu’on se fixe on ne pourra pas les réaliser », a-t-il simplement expliqué, dévoilant même que des plans sont présentés comme nouveaux alors qu’ils ne sont que réorganisation de budgets existants – par exemple, la rénovation énergétique du logement. Les traités de libre-échange, comme le Ceta, contredisent également la marche écologique, a-t-il également affirmé. En effet.

      Ce lien entre cause environnementale et normes néolibérales, Nicolas Hulot l’avait pourtant démontré dans son film Le syndrome du Titanic en 2009. On pourra s’étonner qu’il n’en ait pas tiré davantage de conséquences en acceptant d’entrer dans un gouvernement qui n’a jamais caché sa foi dans la loi du marché. Hulot a tenu à mener cette expérience et la conclusion sonne comme un désaveu pour une orientation politique clairement incompatible avec le combat vital contre les émissions de gaz à effet de serre, la destruction de la biodiversité, la folie consumériste. Hulot espérait sans doute constituer un rempart écologiste en macronie mais il s’est trouvé esseulé face à un mur. Comme s’il avait découvert à ses dépens que le gouvernement épousait la normalité d’un modèle plus soucieux des intérêts du capital que de la planète. « Le modèle dominant » est en cause et il n’est pas remis en cause, a-t-il amèrement regretté. À raison.

      Impossible politique écologiste

      La vision sans profondeur temporelle de ce gouvernement comme des précédents, comme de l’Union européenne, est clairement dénoncée par Nicolas Hulot. L’ancien présentateur d’Ushaïa et fondateur de la FNH a, dans cette interview, écorché la façon dont la politique se fabrique. Le défi écologique ne semble pas pouvoir entrer dans les clous de notre régime, les piles de dossiers traités toujours dans l’urgence répondent au temps court, à d’autres exigences. Les cercles du pouvoir politique sont trop interconnectés avec des groupes aux intérêts financiers contraires aux nécessités environnementales.

      Nicolas Hulot a également formulé cet aveu qui interroge la présence des personnalités de la société civile dans le monde politique institutionnel : « Peut-être n’ai-je pas les codes ». Peut-être faut-il surtout changer les codes. Mais nous n’y sommes pas. Et la situation « tragique » dans laquelle nous nous trouvons sur le plan environnemental avance à pas pressés. Nicolas Hulot a eu le mérite de la poser sur la grande table publique, sans détour, avec tout le poids de sa popularité dans notre pays et de sa sincérité ce matin. Les raisons de l’échec sont structurelles nous dit Hulot. Alors il faut modifier du sol au plafond notre système démocratique, social, économique. En un mot, faire grandir et gagner la force politique qui porte ces ruptures.
      Clémentine Autain

      http://www.regards.fr/politique/article/demission-de-hulot-macron-perd-sa-pastille-verte#comments

    • La nouvelle a atteint l’Indonésie, moi qui pensais parler de ça à mes potes écolo, pas eu besoin, il et elle avaient déjà vu passer la nouvelle. On en a un peu discuté et je voudrais affiner mon propos.

      C’est vrai que son truc sur le porte-conteneurs et autres, c’est assez classe. Mais ce qui m’embête, c’est qu’il présente une écologie contradictoire avec ce dont plein de gens ont besoin maintenant : des empois et des rémunérations qui ne sont pas tirées vers le bas. Je suis une piètre économiste mais il y a un tas de gens comme Gadrey, Dominique Méda, Éloi Laurent qui montrent que les investissements qui sont fait actuellement alimentent la crise climatique et que d’autres sont possibles pour une économie plus intensive en emplois et plus écologique et soutenable écologiquement et socialement. Quand on lui dit, comme l’intervieweuse : « Oui mais l’écologie, ça commence à bien faire, il y a des pauvres partout », il ne sait pas quoi répondre alors qu’il y a des pauvres partout et ça va continuer parce que ces propositions-là ne sont pas la prédation habituelle de budgets publics vers de grosses compagnies qui promettent de ruisseler (impôts-recherche et cie), parce que ces propositions-là sont ignorées - y compris par Hulot dans cette interview.

      C’est grave, parce que c’est comme proposer le nucléaire ou la bougie, présenter un faux choix. Un choix que, plus grave, peu de gens vont pouvoir arbitrer comme lui. Il nous inquiète à juste titre ou bien il nous fait plaisir en ne sortant pas le cocorico chaque fois qu’on chie un gros truc (ici un porte-conteneurs) mais il clive à mort alors que l’enjeu, c’est de réconcilier les classes populaires avec l’écologie parce que l’enjeu, c’est que nous adoptions des politiques écologiques et démocratiques, pas que les mêmes qui ont orienté les budgets publics vers la poche des acteurs éco les plus aisés finissent par organiser l’"administration du désastre".

      Intellectuellement, politiquement, je ne suis pas épatée par l’écologie réformiste sociale mais c’est quand même mieux que ce faux dilemme. Hulot ne sait pas quoi répondre quand l’intervieweuse l’emmène sur ce stéréotype éculé de l’écologie contre les pauvres et contre l’économie (et contre la croissance, ce qui est un enjeu culturel très risqué et qui a peut-être été perdu depuis 2002, quand l’écologie réformiste radicale s’en est emparée). Enfin si, qu’il a choisi sa priorité et il le dit de manière convaincante mais ça ressemble à du conservationnisme, ce loisir de mec blanc bourge qui a longtemps passé pour la seule écologie possible. C’est pas la seule, loin de là.

      Voilà pourquoi, même si la justesse du constat et les sorties m’ont un peu plu au début, je trouve qu’il alimente une idée dangereuse. Le mec était ministre d’État parce que l’écologie est un enjeu transversal, je ne lui demande pas de bien théoriser sur ce sujet mais de respecter le boulot de plein d’élu·es écolo de terrain qui (avec cette idée que l’écologie c’est le logement, les transports, c’est un peu tout) ont fait plein d’expériences de transition écologique dans lesquelles les budgets publics servaient à autre chose qu’à faire exploser les poches des gros capitalistes (désolée pour le cliché mais je ne sais plus comment appeler les classes qui se goinfrent grâce aux « erreurs » néo-libérales) et créaient plus d’emplois que Deliveroo et Uber réunis.

      Ce mec est un ennemi et je crois que ça se voit enfin. À condition de prendre un peu le temps d’y réfléchir, parce qu’a priori c’est très séduisant, ce franc parler calme mais résolu, gentil mais un peu critique. Un peu, pas trop !

    • J’ai écouté, dans le lien fourni au début, l’intégralité de l’entretien ; c’est un #grand_moment_de_radio

      À l’écoute, j’ai l’impression qu’en fait, il prend sa décision en parlant. Au tout début, à plusieurs reprises, on se dit «  il fait partie du gouvernement  ». Puis arrive le moment de «  l’examen de conscience  », où il passe en revue les «  choix  » qu’il a eus à faire — la série de questions auxquelles la réponse est invariablement " non " (décidément, le glyphosate, ça passe pas, le nucléaire on touche à rien et on laisse tourner les centrales, etc.), et, là, il se rend compte qu’il est en train de brûler ses vaisseaux. C’est le sommet de son émotion et c’est qu’il prend sa décision. Comme indiqué ultérieurement par L. Salamé, il n’était pas dans cet esprit avant l’interview. C’est en s’entendant qu’il se convainc. D’où la force du moment.

      Après, on passe plutôt dans un exercice de damage control, où il ressort les arguments rationnels qu’il a dû ressasser un bon nombre de fois depuis plus d’un an et où, surtout, il essaye de pas trop fâcher ses «  nouveaux amis  » du gentil gouvernement. Dont il est d’ailleurs plutôt facile de finalement ne leur reprocher que le #on_s'occupera_de_gérer_le_long_terme_quand_on_aura_fini_de_gérer_le_court_terme … prenant sur lui de n’avoir pas su impulser le changement nécessaire.

      Et c’est là que je me rappelle son métier d’origine : animateur télé qui descendait de son survol en ULM pour débarquer sur un plateau préparé par son équipe, mettre les pieds devant le feu de camp et titiller les émotions, la sienne, celle des participants et celle des spectateurs devant tant de grandiose beauté de la nature… Il sait toujours faire ça vraiment très bien et il nous (en tous cas, moi) embarque avec lui et lui-même avec.

      Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’opinion d’@aude_v

      Pour finir, en écrivant ça, ça me fait penser à Sabine Paturel. Mais je ne voudrais pas troller…
      https://www.youtube.com/watch?v=gD7trwyPGKA

    • Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé » – Politique | L’Opinion
      https://www.lopinion.fr/edition/politique/nicolas-hulot-l-histoire-lobbyiste-lobbye-160311

      Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

      Un point de vue de l’autre bord…

    • « Il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant ... »

      «  L’équipe Macron commence le dénigrement ( bashing) de Nicolas Hulot. Des barbares . [Nicolas Beytout, à sa façon en est un également ! ] Et ça va s’amplifier. La suite sera glauque. Les Benalla de la communication présidentielle sont au travail .... »

    • Je ferais bien un recueil de citations de #Gorz_André en vis-à-vis du Verbatim. Il en sortirait à coup sûr ceci : un penseur de l’écologie politique qui sur le fond mouche un phénomène médiatique, qui sur ce plan réussit sa démission. Mais pour le reste... Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe. Et soucieux de garder de bonnes relations avec ceux qui représentent cette societe qu’il semble critiquer tout en admirant ses chantres. La vision de l’un et l’incohérence de l’autre...
      Par contre, ne négligeons pas de tenter de ramasser les quelques fruits de cette démission médiatique !

    • Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe .

      Tout à fait.

      J’ai l’habitude, mais ça me chagrine à chaque fois quand je lis que « personne ne propose de vraies solutions ». Le programme « L’avenir en commun » propose un nombre de choses allant dans le sens que vous décrivez, tous, là. Et plusieurs fois ces jours-ci, j’entends dire « aucun politique ne tient ce langage ». Quand il faudrait plutôt dire « aucun média de masse ne s’intéresse à ces problématiques et n’interroge les politiques sur ces problématiques en y passant le temps nécessaire ».

      Le Hulot, on ne nous en a parlé que pour les pailles en plastique... mais à côté de cela, il réfléchissait visiblement sur l’agriculture intensive en main d’œuvre (par exemple) et sur quelques autres sujets... Exactement comme « le politique peut tout s’il le veut bien », « le comité de rédaction peut parler de tout s’il le veut bien » lui aussi... ce qui permettrait d’avoir une vision plus complète de la réalité.

    • Je ne connais pas très bien Hulot mais certainement qu’il connaissait bien ses sujets, agriculture bio et cie. La seule phrase où il mentionne ça est nickel. Tout ça a été balisé par un nombre incroyable de gens, moi j’ai vu ceux et celles des Verts et leurs partenaires asso, il y en a d’autres dans des partis de gauche, plein de fonctionnaires aussi qui ont plein d’idées et en mettent certaines en œuvre, avec leurs moyens. C’est un monde florissant (pas limité aux ego qui se battaient à feu EELV), pas toujours passionnant et des fois un peu technocrate, écrasé par les politiques, du PS à LR et aujourd’hui l’extrême centre. Et de cela, il n’est pas question.

      Enfin si, il dit qu’il n’y a personne derrière lui : il est « tout seul dans ce gouvernement », il n’a pas de parti pour peser, pas de société civile « structurée qui descend dans la rue pour sauver la biodiversité ». Le sabotage de l’écologie depuis son utilisation en 2007, il la met sur le compte des « gens » au mépris d’analyses systémiques sur le bouclage du pouvoir par le gouvernement représentatif, a fortiori majoritaire, pas d’analyse sur la captivité de « l’ensemble de la société » qui s’en branlerait, de l’écologie, alors que nous sommes nombreux et nombreuses à voir une société noyautée par les intérêts capitalistiques.

      Oui, il dit bien qu’il reste dans le gouvernement quelques minutes avant de dire qu’il part et sa phrase sur « la décision la plus difficile de sa vie » est bancale. Mais il dit avoir pris sa décision hier soir. Bizarre.

    • Hulot a le sens du spectacle en tous cas : alors que sa démission relevait de l’arlésienne, puisqu’il la brandissait comme une menace depuis le début, il est parvenu à en faire un moment médiatique important, presqu’une surprise. Du côté du pouvoir, je doute que la remise en question soit très profonde, l’épisode doit être considéré comme une grossière erreur de #management : si on veut garder un·e cadre, il faut savoir jouer habilement de ses espoirs et susceptibilités, et éviter, surtout, la couleuvre qui fera déborder le vase.

    • Dix ONG interpellent Macron : la démission de Hulot est « une invitation à changer de cap »

      Dans une tribune publiée jeudi, ces ONG rappellent à Emmanuel Macron que l’action en faveur de l’environnement « n’est plus une option mais une urgence ».

      Une démission, « symptôme d’une immense incompréhension ». La démission de Nicolas Hulot « est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et ’cinquante’ gaspilleuses » et « invite à un sursaut », écrivent ces ONG. Emmanuel Macron « aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise » qui est « le symptôme d’une immense incompréhension », conseillent-elles en observant que « la transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination ».

      « L’action n’est plus une option ». « Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (...) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France ’gouverner c’est choisir’ », insistent les signataires. « Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique », pressent ces ONG

      Le « en même temps » ne fonctionne pas, selon ces ONG. Selon elles, « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ». « En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et ’en même temps’ le glyphosate, la sobriété énergétique et ’en même temps’ le nucléaire, une redynamisation des centre-villes et ’en même temps’ (le mégacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et ’en même temps’ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et ’en même temps’ la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et ’en même temps’ une agriculture paysanne, le libéralisme et ’en même temps’ l’écologie », énumèrent-elles.

      Les ONG signataires de la tribune : la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage énergies et Société nationale de protection de la nature.


  • #IMPASSE

    Dire et filmer la #prostitution autrement. IMPASSE propose un regard sans fantasme ni concession sur une réalité brutale, celles de ces #femmes qui louent leur corps pour joindre les deux bouts ou qui sont prises dans des réseaux de #prostitution_forcée.

    Ce film est le fruit d’une année d’immersion, par tous les temps et à toute heure, sur une surface de 21 hectares, soit le périmètre de la prostitution du quartier de #Sévelin à #Lausanne. Dans le périmètre même de la #violence, de rencontres en rencontres, dans la rue ou dans les salons, la confiance se construit peu à peu et permet d’approcher l’endroit où une vérité cachée peut alors se murmurer.

    Le film prend le parti de considérer ce #quartier comme un véritable théâtre - ou la métaphore d’un théâtre, une mascarade sociale, mais dans laquelle se joue la vie d’êtres humains.

    A l’écart des clichés et des préjugés, des témoignages au plus proche de l’intime, racontent librement l’envers du décor : les impacts de la mise à disposition de son corps, la survie, le secret, la destruction et l’espoir.

    Un regard humain sur le froid visage de la prostitution.


    http://www.impasse-lefilm.ch
    #film #prostitution #asile #migrations #traite #traite_d'êtres_humains #documentaire #Nigeria #Suisse #Elise_Shubs



  • Aux Etats-Unis, le nombre de défauts d’emprunts étudiants explose
    https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0302147153710-aux-etats-unis-le-nombre-de-defauts-demprunts-etudiants-explo

    Selon le think tank basé à Washington, les communautés « hispanique » et « afro » sont plus touchées que les autres. « Les étudiants de couleurs, particulièrement les noirs, ont une probabilité plus importante que les blancs d’être en défaut », écrit l’auteur du rapport, Kristin Blagg.

    Dans le même sens, la chercheuse souligne que les cas de défaut sur des prêts étudiants sont plus importants dans les milieux modestes. Les zones où le revenu médian d’un foyer est d’environ 50.000 dollars sont plus impactées que les zones où il est d’environ 60.000 dollars.

    #bulle #dette