• Sortir de la sidération et refuser la destruction de l’hôpital public | Pauline Londeix et Jérôme Martin
    https://www.humanite.fr/sortir-de-la-sideration-et-refuser-la-destruction-de-lhopital-public-694438

    Nous savons tous que l’austérité est en train de détruire l’hôpital et notre système de santé publique. Depuis vingt ans, des dizaines de milliers de lits hospitaliers ont été supprimés, l’activité à l’hôpital augmente, notamment aux urgences, mais le recrutement des personnels ne suit pas. Pourtant, l’action politique ne change pas. Source : via L’Humanité

  • « Souveraineté numérique : les câbles sous-marins, un enjeu aussi important que la 5G ». La tribune de Cyrille Dalmont, chercheur associé à l’Institut Thomas-More https://www.lopinion.fr/edition/economie/souverainete-numerique-cables-marins-enjeu-aussi-important-que-5g-225405

    Le débat sur la souveraineté numérique relatif à la 5G fait rage depuis quelque temps en France, en particulier en raison des risques pour notre souveraineté et notre sécurité intérieure que soulève une éventuelle participation de l’entreprise Huawei au déploiement des antennes relais. Ce débat, selon des modalités et une intensité variables, la plupart des pays occidentaux l’ont ou l’ont eu. La 5G et ses implications (comme la crise sanitaire d’ailleurs) nous ramènent inévitablement aux fondamentaux de la politique : qui commande ? Qui dit « nous voulons » ?

    Mais une autre guerre des mondes sévit dans le même temps à bas bruit : celle des câbles internet. La réalité est simple : pour les communications internationales, plus de 99% du trafic Internet passe par des #câbles_sous-marins. En 2020, on en recense près de 380 à travers le monde, pour un total de 1,3 million de kilomètres posés. (…)

    Accélération chinoise. Sur le terrain, la Chine est particulièrement offensive et son fer de lance était jusqu’à il y a peu la société #Huawei marine networks, créée en 2008. Dans le cadre des « Routes de la soie numériques », elle a travaillé à elle seule sur près d’une centaine de projets de construction ou de modernisation de liaisons par fibre optique sur les fonds marins. Cet expansionnisme a connu un coup d’arrêt avec l’embargo récent (15 mai 2019) de l’administration Trump à l’encontre de la firme chinoise Huawei. Accusé d’espionnage à grande échelle au profit du gouvernement chinois, il est désormais interdit aux sociétés américaines de travailler avec le constructeur chinois. Donald Trump a encore haussé le ton en mai dernier et cet embargo s’applique désormais aux fournisseurs basés hors des Etats-Unis, dès lors que leurs produits ou services utilisent des technologies américaines, qu’il s’agisse de propriété intellectuelle, de logiciels ou d’équipements de production.

    Mais cet embargo sera vite contourné car la Chine a trouvé rapidement la parade : Huawei a annoncé en juin la cession de 51% de Huawei marine networks à Hengtong optic-electric, une autre entreprise chinoise. Bien évidemment, la Chine non seulement ne ralentit pas mais entend amplifier son programme de pose de câbles comme l’a confirmé, au retour de sa tournée européenne, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, lors de la signature d’un accord avec le Kazakhstan.

    De leur côté, les Etats-Unis, inventeurs d’Internet, dominent toujours aujourd’hui le marché mondial du transfert de données, notamment grâce à l’activité débordante des Gafam, en particulier Facebook et Google dont l’appétit pour la pose de câbles est à la hauteur des ressources, c’est-à-dire sans limite. Google possède ou contrôle aujourd’hui pas moins de 14 câbles (dont trois en propre). Facebook en possède 10, Microsoft quatre et Amazon trois.

    Si elle est moins dépendante des câbles sous-marins que les Occidentaux, en raison du continuum de son territoire, et moins active dans la pose de câbles, la Russie, quant à elle, n’hésite pas à jouer les trouble-fêtes avec ses mini-sous-marins espions de plongée profonde à propulsion nucléaire, connus sous le terme russe AGS. Ou à mettre la pression sur des pays de son environnement pour imposer sa volonté quant au choix d’une société de pose de câble.

    C’est ce qui s’est passé en Géorgie, pour le groupe azéri Neqsol avec l’acquisition de Caucasus Online, seule société géorgienne détenant la gestion du réseau de fibre venant d’Europe à travers la Mer Noire, dans le cadre d’un projet de route de fibre optique entre l’Europe, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l’Asie, qui devait permettre une alternative aux routes terrestres actuelles à travers la Russie. Cette opération, finalisée en 2019, est bloquée depuis juillet, la Commission nationale géorgienne des communications semblant chercher tous les moyens d’annuler la vente. Tous les coups sont ainsi permis dans cette guerre où le droit du plus fort devient le droit tout court.

    Et l’Europe dans tout cela ? Dans ce domaine comme dans tant d’autres, dotée d’une expérience industrielle indéniable (notamment avec le groupe Alcatel submarine networks, désormais filiale de Nokia) mais privée de direction comme de volonté politique, elle n’a ni stratégie, vision de long terme. Les entreprises européennes se contentent donc le plus souvent de participer à des projets de groupement internationaux telle que le projet 2Africa de câble sous-marin de 37 000 kilomètres reliant 23 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe et s’étendant vers l’Asie. (…)

    Les câbles sous-marins au centre des tensions entre Pékin et Washington https://www.zdnet.fr/actualites/les-cables-sous-marins-au-centre-des-tensions-entre-pekin-et-washington-399105

    Dernière illustration en date début septembre, lorsque Facebook et Google ont dû renoncer à leur ambitieux projet de câble sous-marin reliant Los Angeles à Hong Kong, baptisé "Pacific Light Cable Network" (PLCN). Annoncé initialement en 2016, ce projet constitué de six paires de fibres optiques visait pourtant à connecter directement Hong Kong à Los Angeles. Un trajet de près de 13 000 kilomètres, qui a dû être remanié en catastrophe afin d’obtenir l’approbation du régulateur américain, dont la direction est réputée proche de l’administration Trump – particulièrement hostile au régime chinois.

    En juin dernier, le gendarme américain des télécoms avait en effet refusé l’exploitation de ce système de câbles sous-marins se connectant directement à Hong Kong, arguant que ce projet serait contraire à l’intérêt de la sécurité nationale américaine.

    La FCC faisait également valoir que la grande capacité et la faible latence du réseau encourageraient le trafic de communication américain traversant le Pacifique à faire un détour par Hong Kong avant d’atteindre la destination prévue, ce qui augmenterait inutilement la quantité de données passant par les infrastructures contrôlées par le gouvernement chinois. Ce qui a conduit Google et Facebook à revoir leurs plans. Si Google et Facebook ont indiqué qu’elles déposeraient bientôt une nouvelle demande de licence « pour un système reconfiguré » acceptable par l’administration de Trump, celle-ci n’a toujours pas été rendue publique.

  • Mélenchon, « République » etc. « La créolisation n’est pas un projet ou un programme, c’est un fait » https://www.nouvelobs.com/debat/20200925.OBS33823/tribune-jean-luc-melenchon-la-creolisation-n-est-pas-un-projet-ou-un-prog

    « Créolisation ». Un mot dans mon discours sur la République a fait parler. Je laisse de côté la poignée de sots pour qui ce fut une nouvelle occasion d’essayer de me faire endosser la camisole de force de leurs hantises identitaires. Ainsi de madame Saporta. Son ignorance crasse éclata quand elle affirma que le concept de créolisation renvoyait aux « origines » de chacun. Elle ignore donc ce que veut dire ce mot depuis qu’Edouard Glissant l’a mis en scène. Commençons donc par lire ce qu’en disait Edouard Glissant en 2005 dans une interview au journal « le Monde » :

    « La créolisation, c’est un métissage d’arts, ou de langages qui produit de l’inattendu. C’est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C’est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l’interférence deviennent créateurs. C’est la création d’une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l’uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. Elle se fait dans tous les domaines, musiques, arts plastiques, littérature, cinéma, cuisine, à une allure vertigineuse… »

    Le verbe riche d’Edouard Glissant fonctionne ici dans toute sa performance. Il permet de comprendre ce que désigne le mot « créolisation » sans aucun doute d’interprétation.

    Notons l’essentiel. Primo : la créolisation n’est ni un projet ni un programme. C’est un fait qui se constate. Il se produit de lui-même. D’où la sottise de ceux qui m’attribuent la créolisation comme un objectif politique. Veulent-ils s’opposer au processus spontané de la créolisation ? Mais alors il faudrait qu’ils disent pourquoi. Et surtout comment comptent-ils s’y prendre. Secundo : la créolisation ne concerne pas exclusivement la langue comme fait semblant de le croire Eric Zemmour. Elle implique bien davantage l’ensemble des usages de l’existence sociale. Ce sont ces habitudes par lesquelles chacun accède à la vie en société et qui lui paraissent naturelles, évidentes. J’aurais dû écrire « habitus » pour être aussi précis que possible. Cela désignerait alors la façon personnelle avec laquelle cette intégration des usages se fait pour chacun, en relation avec ses appartenances sociales telles que le lieu de vie, la classe sociale, les réseaux de vie collective.

    Le vieux Thomas Legrand en faisait sa chronique ce matin : https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-30-septembre-2020

    Au moins, en posant ce débat, Mélenchon fait-il réfléchir… On l’avait oublié [non, toi], mais ce devrait être aussi ça, la politique.

    Faut que je regarde ça maintenant, je ne te remercie pas @fil.
    https://www.youtube.com/watch?v=4nNP1g5_6-M

    Anyway, depuis le temps que je veux lire ceci de feu Alain Ménil :

    Édouard Glissant, signataire du Manifeste des 121 en 1960, « pour un droit à l’insoumission », jusqu’à la créolisation de la FI en 2020, tout s’explique — en attendant le ticket Mélenchon-Taubira : )

    Déformation professionnelle oblige, deux archives du @mdiplo :

    Il n’est frontière qu’on n’outrepasse (octobre 2006)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2006/10/GLISSANT/13999

    La Martinique : une société morbide et ses pulsions (juin 1977)
    https://www.monde-diplomatique.fr/1977/06/GLISSANT/34289

    Dépouillée de ses valeurs culturelles, condamnée à une mendicité officielle, parée d’une bourgeoisie de pure fiction, la Martinique pourtant résiste à la politique d’assimilation.

    • écrire en compagnie - Vacarme
      https://vacarme.org/article2999.html

      Dire « le monde », c’est penser avec Édouard Glissant ?

      Tiphaine Samoyault : Glissant est central pour moi. Avec lui, on quitte l’équivalence entre monde et universel et on rattache monde et divers. Il y a eu un moment historique où mondial fonctionnait avec universel et avec cosmopolitisme. Ce moment est passé. Monde doit être branché sur d’autres mots. J’emprunte à Glissant la façon dont il s’en sert comme d’un adjectif, comme dans « littérature-monde ». Quand il parle du « Tout-monde », il créolise le français, parce que monde en créole, c’est « les gens ». « Tout moun » est une expression des plus courantes pour dire « les autres », « la bande », « la fine équipe ». Glissant ne l’invente pas, mais il en joue, parce que « Tout-monde » en français a une résonance autrement plus autoritaire, avec laquelle il ironise.

    • Dans le fond, on ne peut que se féliciter qu’un penseur comme Édouard Glissant puisse être pris comme référence dans les débats politiques que connaît la France aujourd’hui. Et cela, pour tout un tas de raisons qui me conduisent à dire (avec d’autres) que Glissant fait partie de ces penseurs dont on a besoin en ces temps de confusion, tant il a envisagé je crois des perspectives qui peuvent être très utiles face aux enjeux que l’on connaît aujourd’hui en France. Je ne crois pas personnellement qu’en évoquant la notion glissantienne de créolisation, Jean-Luc Mélenchon puisse être accusé en quoi que ce soit d’opportunisme, de récupération ou même de provocation comme cela a été dit par ceux qui ont voulu créer là une polémique stérile. Certaines voix ont tenté de simplifier ce qu’il a dit, qui me paraît au contraire non seulement bienvenu, mais de surcroît porteur de pistes stimulantes pour le présent. On pourra bien sûr étayer çà et là, discuter, préciser (et c’est nécessaire parce que Glissant est un penseur de la nuance et de la complexité du réel), mais justement, c’est ce que je trouve stimulant : le fait que cette évocation ouvre des voies intéressantes dont il est nécessaire de débattre. Donc oui, pour le redire, je pense que cette référence a été faite à bon escient.

      https://blogs.mediapart.fr/loic-cery/blog/111020/edouard-glissant-la-creolisation-et-son-interpretation

  • Reprise de l’audience pour l’extradition d’Assange | Craig Murray
    https://lundi.am/Reprise-de-l-audience-pour-l-extradition-d-Assange

    Nous re-publions ici une traduction du compte-rendu fait par Craig Murray du premier jour de la reprise de l’audience en extradition vers les États-Unis du fondateur de Wikileaks. Craig Murray, ancien diplomate ayant lancé l’alerte sur les manigances criminelles de l’empire Britannique, a suivi l’affaire Assange de près et depuis bien longtemps. Il était parmi les 5 (!) membres du public autorisés à assister physiquement à l’audience. Source : Lundi matin

    • Your Man in the Public Gallery : Assange Hearing Day 13
      September 20, 2020 Craig Murray
      https://www.craigmurray.org.uk/archives/2020/09/your-man-in-the-public-gallery-assange-hearing-day-13

      Friday gave us the most emotionally charged moments yet at the Assange hearing, showed that strange and sharp twists in the story are still arriving at the Old Bailey, and brought into sharp focus some questions about the handling and validity of evidence, which I will address in comment.

      NICKY HAGER

      The first witness of the day was Nicky Hager, the veteran New Zealand investigative journalist. Hager’s co-authored book “Hit and Run” detailed a disastrous New Zealand SAS raid in Afghanistan, “Operation Burnham”, that achieved nothing but the deaths of civilians, including a child. Hager was the object of much calumny and insult, and even of police raids on his home, but in July an official government report found that all the major facts of his book were correct, and the New Zealand military had run dangerously out of control:

      “Ministers were not able to exercise the democratic control of the military. The military do not exist for their own purpose, they are meant to be controlled by their minister who is accountable to Parliament.” (...)

  • Depuis mars, je produis chaque mois un podcast autour du @mdiplo en kiosques. Ici l’épisode 7 « Voix du Seigneur et “État profond” », avec notamment Anne Vigna, @alaingresh et Marc Endeweld. https://www.monde-diplomatique.fr/podcast/2020-09-Voix-du-Seigneur-Etat-profond

    Une plongée au sein de l’Internationale des Chrétiens évangéliques, un retour sur le mois de septembre 1970 en Jordanie et au Chili, ainsi qu’un hommage au pouvoir diplomatique.
    https://www.monde-diplomatique.fr/audio/Podcast_diplo/2020-09-Episode_7.mp3


    Avec la voix de stentor de Jean-Michel Dumay. Illustré par @baroug. En accès libre.

  • « Checker les privilèges » ou renverser l’ordre ? | Kaoutar Harchi
    https://www.revue-ballast.fr/checker-les-privileges-ou-renverser-lordre

    « Check Your Privilege » : le mot d’ordre est désormais fameux. On trouve même, sur Internet, des tests visant à calculer son niveau précis de privilège — en fonction des remarques que l’on reçoit sur son accent, du logement que l’on occupe, des tentatives de suicide que l’on a ou non commises ou encore de l’existence d’un lieu de culte honorant sa religion dans la ville que l’on habite. On dénombre ainsi un « privilège masculin », un « privilège hétérosexuel », un « privilège de classe », un « beauty privilege » ou bien un « privilège blanc ». C’est ce dernier, mobilisé aux États-Unis depuis les années 1970, qui retient ici l’attention de la sociologue et écrivaine Kaoutar Harchi. Si l’on ne saurait nier, avance-t-elle, toute pertinence théorique à ce concept, son succès académique et militant fait question : il (...)

    • [ce concept] dépolitise les luttes pour l’égalité et se conforme aux attendus de l’individualisme libéral. Car c’est la structure de l’ordre dominant (capitaliste, raciste, sexiste) qu’il s’agit bien plutôt de penser — autrement dit, de démanteler. [...]

      Le concept de « privilège blanc » s’est imposé, via la constitution des « Whiteness Studies » https://fr.wikipedia.org/wiki/Blanchité aux États-Unis au début des années 1980, comme un outil opératoire de désignation des rapports de pouvoir que le déni des inégalités raciales occultait alors. C’est que ce concept a pour force de briser ce que Roland Barthes, à propos du rapport social de classe, a désigné par l’expression d’« ex-nomination » : soit cette aspiration de la bourgeoisie à se percevoir et à être perçue comme société anonyme . Et le philosophe de préciser : « Comme fait économique, la bourgeoisie est nommée sans difficulté : le capitalisme se professe. Comme fait politique, elle se reconnaît mal : il n’y a pas de parti bourgeois à la Chambre. Comme fait idéologique, elle disparaît complètement : la bourgeoisie a effacé son nom en passant du réel à sa représentation, de l’homme économique à l’homme mental : elle s’arrange des faits, mais ne compose pas avec les valeurs, elle fait subir à son statut une véritable opération d’ex-nomination ; la bourgeoisie se définit comme la classe sociale qui ne veut pas être nommée2 ». Rapporté au rapport social de race, l’ex-nomination est cette pratique symbolique et matérielle de production d’une identité blanche innommée, réclamant pour elle tous les noms et se rêvant, de là, universelle : une identité que le concept de « privilège blanc » nomme, tout à coup, c’est-à-dire définit, particularise et met in fine à nu. Le concept voyage durant les années 2000 : il quitte l’îlot académique et s’ancre au sein des mondes militants, finissant par atteindre les rives françaises3.

      « Renoncer » : un idéal individuel

      Mais nommer ne suffit pas. Et, à y regarder de plus près, le succès de ce concept, aisément mobilisable sous régime libéral, ne nous aide pas à travailler collectivement au renversement de l’ordre social. En 2016, déjà, la féministe Mirah Curzer publiait l’article « Let’s Stop Talking So Much About Privilege ». https://medium.com/human-development-project/let-s-stop-talking-so-much-about-privilege-8f9fe543c57e Elle y développait l’idée selon laquelle la focalisation, bien que légitime, des débats autour du « privilège blanc » réduisait mécaniquement les possibilités de développer une approche en termes de droits. En ce sens, le risque est grand de lutter — et de se donner à voir comme luttant — pour moins de privilèges alors qu’un enjeu politique bien plus radical consisterait à lutter, matériellement et symboliquement, pour l’accès de tous et de toutes à la justice sociale. Un critique plus frontale encore a été formulée un an plus tard par Arielle Iniko Newton, essayiste et co-organisatrice de Movement for Black Lives, dans l’article : « Why Privilege Is Counter-Productive Social Justice Jargon ». https://blackyouthproject.com/privilege-counter-productive-social-justice-jargon Elle lance : « Le privilège est une notion limitante qui accorde la priorité aux comportements individuels au détriment des failles du système, et suggère que changer nos comportements serait une manière suffisante d’éradiquer l’oppression. […] Personne ne peut abandonner ses privilèges mais nous pouvons faire en sorte que l’oppression soit remise en cause. » Ainsi, Arielle Iniko Newton plaide pour une reconsidération révolutionnaire des forces sociales historiques qui structurent, de part en part, le suprématisme blanc — appelant, par suite, à sa destruction totale.

      https://seenthis.net/messages/861443
      #privilège #privilège_blanc #racisme #rapports_sociaux #domination #domination_blanche #individualisation #individualisme

    • • Quel est l’impact environnemental de la 5G ?

      Selon ses promoteurs, la 5G devrait être plus économe en énergie que la 4G en raison du déploiement d’antennes intelligentes qui permettront de focaliser le signal radio vers les utilisateurs sollicitant le réseau, plutôt qu’il soit émis de manière constante. « Pour acheminer 1 Go de données, la 5G utilisera deux fois moins d’énergie que la 4G à son lancement », selon l’opérateur Orange cité dans un rapport sénatorial publié en juin. Cependant, les usages de la téléphonie mobile, amenés à augmenter, pourraient « annuler, voire surpasser, ces gains d’efficacités énergétiques », nuance le rapport. Le groupe de réflexion Shift Project, qui vise à réduire la dépendance de l’économie aux énergies fossiles, a estimé en janvier dans Le Monde que « la consommation d’énergie des opérateurs mobiles serait multipliée par 2,5 à 3 dans les cinq ans à venir » avec la 5G.

      https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/le-cout-ecologique-de-la-5g-en-4-questions-1228972
      v/ Brief.me

  • Pierre Nora : « Pourquoi nous arrêtons “Le Débat” » - Ok, boomer
    https://www.lepoint.fr/postillon/pierre-nora-pourquoi-nous-arretons-le-debat-29-08-2020-2389471_3961.php

    (…)
    Alors, interprétons. Vous aviez lancé « Le Débat » avec l’idée de pouvoir débattre de manière calme, rationnelle, respectueuse. Est-ce cette idée-là qui sombre dans le contexte actuel ? Peut-on mener encore ce débat ?
    Il y a certes un gauchissement de l’idéologie radicale, qui complique le débat. Nous pensions être de #gauche, nous sommes considérés comme une droite qui ne dit pas son nom. La radicalité est devenue un trait majeur. Les sensibilités des communautés et des minorités imposent leurs revendications. Lorsque nous avons lancé Le Débat, en 1980, c’était la fin des intellectuels révolutionnaires, les intellectuels se ralliaient à la démocratie. Or la démocratie, c’est le débat. C’était la fin du slogan léniniste, « en finir avec… » Nous entrions dans le monde de la discussion, de l’analyse d’un monde en pleine transformation. Les repères gauche/ droite commençaient à s’effondrer, marxisme et psychanalyse étaient en crise, il fallait trouver d’autres outils intellectuels. À l’époque, un éditeur nous avait prédit que nous ne tiendrions pas plus de huit numéros. Antoine Gallimard lui avait répondu que nous durerions au moins vingt ans. Nous avons duré le double.

    (…)

    Si l’État n’a pas à dire l’Histoire, on l’a vu lors du débat sur les lois mémorielles, un président comme Emmanuel Macron a-t-il son mot à dire dans cette dérive ?
    Plus qu’un mot à dire, un cap à fixer. Or ce cap, hélas, n’est pas donné. Nous assistons à la liquéfaction finale de la conscience historique des Français. Cela remonte à loin. En 1978, on a fait de l’Histoire une discipline d’éveil. Elle n’était plus une discipline pivot. Ce n’est pas seulement une déshistorisation, mais une défaite de la conscience. Les jeunes sont aujourd’hui accablés par le poids de l’Histoire, qu’ils esquivent. Je crains que le temps ne soit pas éloigné où les historiens n’écriront plus que pour les historiens.

    • «Le Débat» est mort, les idées sont vivantes | Joseph Confavreux @Mediapart
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/010920/le-debat-est-mort-les-idees-sont-vivantes-0?onglet=full

      Dans l’entretien qu’il a accordé au Point pour expliquer l’arrêt de sa publication, Nora avoue en effet : « J’anticipe la remarque qu’on va nous faire, c’est le vieux monde qui meurt. Je répondrai : ce monde nouveau n’est pas meilleur. Notre revue s’appuyait aussi sur un triptyque, histoire, politique, société, qui s’est sans doute déplacé vers d’autres centres d’intérêt : la biodiversité, le spécisme, les crises climatiques, sanitaires. À d’autres de le faire ! » Minorer ou négliger à la fois les questions postcoloniales et climatiques, sans compter les questions de genre, rend pourtant difficile la prétention à publier de nos jours une revue intitulée Le Débat.

      Cette déconnexion de certains enjeux contemporains est surtout la marque de l’embourbement politique des principaux artisans du Débat et, avec eux, d’une génération d’intellectuels ayant déserté la question sociale, étréci une République réduite à sa dimension autoritaire et mis au centre des problèmes français la question de l’islam.

      Dans son édito, Pierre Nora refuse de voir cela et juge que Le Débat, contrairement à d’autres revues, n’aurait eu que pour seul but de « mettre des analyses de fond à la portée d’un public aussi large que possible. Des analyses, plutôt que des plaidoyers ou des manifestes. Une communauté d’exigence plutôt qu’une communauté d’opinion. La confrontation des points de vue plutôt que l’affirmation d’une appartenance ».

      Dans la réponse qu’il fait au Point, il complète sa pensée, estimant qu’il y a « un gauchissement de l’idéologie radicale, qui complique le débat. Nous pensions être de gauche, nous sommes considérés comme une droite qui ne dit pas son nom ».

      Pourtant, s’il serait aussi injuste que réducteur de juger Le Débat uniquement à l’aune de l’évolution personnelle et intellectuelle de ses deux codirecteurs, le philosophe Marcel Gauchet et l’historien Pierre Nora, le problème est-il vraiment celui décrit par ce dernier, d’une radicalisation gauchiste et maladroite du débat public, comprenant mal le positionnement politique des artisans de la revue publiée par Gallimard ?

      Ne serait-il pas, à l’inverse, que les directeurs du Débat, en relayant, comme l’a fait Marcel Gauchet, les thèses de la « Manif pour tous » au micro de Radio Vatican ou en signant, comme l’a fait Pierre Nora, des pétitions approximatives contre le « séparatisme islamiste » aux côtés d’Élisabeth Lévy ou d’Ivan Rioufol, ont fini par rompre toutes les amarres avec la gauche et le progressisme, poussés par le vent de droite dure assumé par Valeurs actuelles ou Causeur ?

      Dans l’éditorial où il annonce la fin de la parution du Débat, Pierre Nora se réjouit que la collection du même nom, également publiée par Gallimard, et déjà forte de 80 titres, puisse « prendre le relais » de la revue. Avant de conclure : « L’esprit du Débat n’est pas mort, continuons le combat. »

      Le choix de ce dernier terme peut surprendre, quelques paragraphes seulement après avoir estimé que Le Débat, contrairement aux autres revues, avait fait le choix du « déchiffrement d’une réalité complexe plutôt que la prise de position ». Mais il correspond à la collection « Le Débat », nettement moins ouverte que la revue homonyme et située, à quelques exceptions près, sur une ligne oscillant entre le Printemps républicain, un néoconservatisme à la française plus sirupeux et enrobé que son homologue américain, et la vindicte permanente contre la « vulgarité » contemporaine, nouvelle figure de la décadence chère aux réactionnaires de tous bords et de toutes époques.

      La collection a aussi publié les livres d’Hervé Juvin, candidat du RN aux élections européennes et idéologue d’un « localisme » d’extrême droite mâtiné d’écologie ; de Bernard Lewis, à la fois spécialiste de l’islam, négationniste du génocide des Arméniens et conseiller des faucons américains et israéliens ; ou encore de Claude Allègre, dont les dénis écologiques et climatiques ont ruiné le travail scientifique.

      Pour marquer les débuts du Débat (numéro 4, septembre 1980), Pierre Nora et Marcel Gauchet avaient lancé une enquête auprès d’une vingtaine d’alors jeunes auteurs (parmi lesquels une seule femme, Blandine Barret-Kriegel, et les signatures d’Alexandre Adler, Pascal Bruckner, Luc Ferry, Alain Finkielkraut ou François Ewald) en leur posant une même question : « De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? » Quarante ans après, cet avenir intellectuel s’écrit sans cette génération, avant même la décision de ses directeurs de mettre fin à la parution d’une revue qui l’incarne plus que d’autres.

  • Whiteness: not what it used to be | Historical Materialism
    http://www.historicalmaterialism.org/blog/whiteness-not-what-it-used-to-be

    The history of American capitalism, in this telling, is the history of white-supremacy. Class and race, in such a society, are instantiated in the same set of social relations. [...]

    One can dispute this analysis, and I do, while seeing its coherence. For example, I think the hypothesis that race is part of the “logic of capital” is, not wrong, but not yet proven. I think that Harvey was not so much imposing an “iron distinction” between anti-racism and anti-capitalism as, less controversially, a distinction. I think that class demands are not necessarily anti-capitalist demands. Nothing entitles us to claim every strike, occupation, protest, or challenge to an instituted expression of class power as a priori anti-capitalist. However, the point is to take the premise as a speculative wager, rather than a certainty. We don’t know everything about the “logic of capital”, so any position we take on it is a bit of a gamble. And asserting the ’anti-capitalist’ propensity of Black Lives Matter is, in a way, an attempt to realise that potential in practice, rather than dismissing it, and to impart the political clarification that it needs.

    #whiteness #roediger #dubois @thibnton @mdiplo

  • L’application TikTok victime des tensions entre la Chine et l’Inde
    https://www.ouest-france.fr/high-tech/l-application-tiktok-victime-des-tensions-entre-la-chine-et-l-inde-6888

    Coupez la musique ! Interdite par l’Inde pour des raisons de sécurité nationale après un affrontement militaire meurtrier avec la Chine, la plateforme chinoise TikTok s’est défendue, ce mardi 30 juin, d’avoir communiqué des données d’utilisateurs indiens à Pékin.

    La plateforme figure en tête de la liste de 59 applications chinoises publiées lundi soir par New Delhi, qui a ordonné leur blocage dans le pays pour assurer la sécurité et la souveraineté du cyberespace indien.

    La décision du gouvernement du Premier ministre Narendra Modi survient deux semaines après un rarissime accrochage meurtrier entre les armées indienne et chinoise autour d’un litige frontalier dans l’Himalaya, qui a suscité des appels au boycott de produits chinois dans le géant d’Asie du Sud.

    Cette interdiction constitue un revers majeur pour TikTok, extrêmement populaire auprès des jeunes Indiens, qui va perdre d’un seul coup une part importante de ses utilisateurs mondiaux.

    #TikTok continue de respecter la sécurité et le caractère privé des données aux termes du droit indien et n’a partagé aucune information sur nos utilisateurs en Inde avec des gouvernements étrangers, y compris le gouvernement chinois, s’est défendue mardi la branche indienne de la société, propriété du groupe chinois ByteDance, dans un communiqué.

    L’application permet de publier des vidéos de quelques dizaines de secondes où les utilisateurs se filment réalisant des sketchs, chantant en play-back ou dansant sur fond de musique.

    TikTok a démocratisé l’internet en étant accessible dans quatorze langues indiennes, avec des centaines de millions d’utilisateurs, d’artistes, de conteurs, d’éducateurs et d’interprètes qui en dépendent pour gagner leur vie, beaucoup d’entre eux étant des primo-accédants à internet, a regretté l’application dans son communiqué.

    Mardi matin, des utilisateurs en Inde pouvaient toujours accéder à l’application. TikTok a indiqué être en train de faire le nécessaire pour respecter l’ordre de blocage.

    Ce blocage d’applications chinoises, qui concerne également WeChat, Weibo et le jeu Clash of Kings, s’inscrit dans un contexte de vives tensions entre New Delhi et Pékin.

    Des troupes des deux nations les plus peuplées du monde se sont affrontées le 15 juin lors d’un corps-à-corps d’une extrême violence dans une vallée disputée du Ladakh (nord de l’Inde), première confrontation meurtrière entre leurs armées en 45 ans.

    Le choc a fait vingt morts côté indien, et un nombre inconnu de victimes dans les rangs chinois. Le décès des soldats indiens a suscité une vague d’indignation en Inde et provoqué une poussée de fièvre antichinoise, mettant le gouvernement nationaliste hindou sous pression.

    Un grand groupe d’hôtels de New Delhi a annoncé son refus d’accueillir désormais des clients chinois. Le fabricant chinois de téléphones portables Xiaomi, leader du marché en Inde, où il possède également des usines, doit cacher ses enseignes et logos derrière de grandes bannières proclamant Made in India.

    Le Premier ministre Narendra Modi doit s’adresser à la nation mardi à 16 h locales (10 h 30 GMT) mais on ignore s’il abordera le sujet des tensions indochinoises.

    L’intervention du chef de gouvernement pourrait porter sur l’épidémie de coronavirus, qui fait toujours rage en Inde et s’y propage rapidement. Le pays recense à ce jour 16 893 morts pour 566 840 cas déclarés, des chiffres en rapide progression.

    Les experts estiment que le pic de l’épidémie est encore à venir en Inde, malgré un confinement particulièrement sévère de fin mars à début juin qui a mis l’économie à genoux et laissé des dizaines de millions de personnes sans ressources.

  • Propaganda | Aārp

    « Propaganda », premier album composé l’été 2019, en pleines crises sociales. Très marqué par les injonctions politiques violentes qui se répercutent jusque dans les corps, il décide de les traiter avec son ironie propre. Aārp a en tête le livre Propaganda du spécialiste américain Edward Bernays, et tourne en dérision la malhonnêteté intellectuelle d’énoncés purement artificiels. Il en parsème les titre de ses morceaux, citant George Bush (« The ‘Axis of Evil’ » dont la ligne mélodique claire sur une trame dense, suggère Oneothrix Point Never), Margaret Thatcher (« There is no alternative »), mais aussi les oxymores cyniques de Monsanto (« Roundup, the herbicide that gets to the root of the problem ») ou Philip Morris (« Delivering a smoke-free future »).

    Pour incarner ces intentions, Aārp n’a pas recours aux bruits de manifestations ou d’explosions. Ses textures électroniques suffisent : matières organiques, frottements chromatiques, mélodies lumineuses… un lyrisme iridescent parfaitement à sa place chez InFiné. Aārp revendique sur cet album beaucoup de bricolages, une profusion de sons, des digressions maximalistes, n’aimant rien tant en musique que l’idée de mouvement, de vie, de sentiments débordants. Il a d’ailleurs mixé Propaganda lui-même, comme un tableau, laissant libre cours à son impressionnisme romantique. Il le clôt sur un message d’espoir, qui emprunte son titre à Saint-Just : « Les malheureux sont les puissances de la terre ». Citation qui se poursuit en affirmant : « ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent. » Avec Propaganda, Aārp rend justice à l’urgence de l’époque avec une maestria luxuriante et maîtrisée.
    http://obviously.fr/portfolio/aarp-propaganda

    https://aarp.bandcamp.com/album/propaganda

  • Who owns Australia ? Our biggest land barons are not from China
    https://www.news.com.au/finance/business/who-owns-australia-our-biggest-land-barons/news-story/875f6eb6185524dd50b83d4cef99d729
    https://cdn.newsapi.com.au/image/v1/1c64e31f3cd05c88d4b2ba240a34e69a?width=650

    Who owns Australia? You’d be surprised to learn that the billion dollar barons of our farmland are a Canadian government worker super fund, a New York teacher insurance fund and an Australian pastoral giant backed by a Dutch pension fund.

    These three groups, the Canadian PSP Investments, the New York Teachers Insurance and Annuity Association of America and Macquarie Agriculture own a total of 6.3 million hectares of our agricultural land, AgJournal has revealed.

    Je remets cette carte là

  • The NYT Admits Key Falsehoods That Drove Last Year’s Coup in Bolivia: Falsehoods Peddled by the U.S., its Media, and the NYT
    https://theintercept.com/2020/06/08/the-nyt-admits-key-falsehoods-that-drove-last-years-coup-in-bolivia-fa

    Bolivia’s three-term left-wing President, Evo Morales, was forced by the country’s military and police forces to flee to Mexico after Morales, the prior month, had been officially certified as the winner of his fourth consecutive presidential election. It was unsurprising that Morales won. As the Associated Press noted in 2014, his governance was successful by almost every key metric, and he was thus “widely popular at home for a pragmatic economic stewardship that spread Bolivia’s natural gas and mineral wealth among the masses.”

    While Morales’ popularity had marginally waned since his 2014 landslide victory, he was still the most popular politician in the country. On the night of the October 21, 2019, vote, Bolivia’s election board certified that Morales’ margin of victory against the second-place candidate exceeded the ten percent threshold required under Bolivian law to avoid a run-off, thus earning him a fourth term. But allegations of election fraud were quickly voiced by Morales’ right-wing opponents, leading to his expulsion from the country on November 11.

    #bolivie

  • Eric Schmidt on "Face the Nation," May 10, 2020 - CBS News
    https://www.cbsnews.com/news/transcript-eric-schmidt-on-face-the-nation-may-10-2020

    MARGARET BRENNAN: You know, corporations are being forced to try to do things in a different way right now. But many of them may use this as an excuse or as an accelerant to make some big strategic shifts. What does the economy look like on the other side of it? What does that mean?

    SCHMIDT: One way to think about this is that this one month, two months period has brought forth 10 years of forward change. So all of a sudden, the Internet is no longer optional. It’s fundamental to doing business, to operate, to live our lives, all sorts of much higher expectations as a result. For example, we need much better broadband in the rural areas. Another example will be tele-health. 80 percent of the visits to doctors are right now in tele-health. People have been wanting this to happen for years. Now using remote monitoring, we can actually measure everybody and do it remotely. And then only if you have to, you go in to see the doctor. And by the way, that’s more convenient for you as a- as a patient. There are all sorts of examples. Another thing that we’ll have to do is we’ll have to have all sorts of interesting sort of social monitoring of one kind or another to look for these hotspots. So systems will have to be developed to see, oh, my God, there’s an outbreak over there. Let’s get to it right now before the spread begins.

    Cité par Julien Brygo dans « Travail, famille, Wi-Fi », @mdiplo, juin 2020 #paywall https://www.monde-diplomatique.fr/2020/06/BRYGO/61870

  • Les sacrifiés de la sucrerie de Toury, Florence Aubenas
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/03/les-sacrifies-de-la-sucrerie-de-toury_6041561_3224.html


    MALIK NEJMI / VU POUR « LE MONDE »

    Les 128 salariés de cette usine d’Eure-et-Loir ont beaucoup travaillé pendant le confinement, notamment en produisant de l’alcool pour les gels hydroalcooliques. Mais cela n’empêchera pas la fermeture du site et leur licenciement le 30 juin.

    Ça commence comme Le Déserteur , l’hymne antimilitariste de Boris Vian : « Monsieur le président, je vous fais une lettre… » Kévin Rabouin, 31 ans, ne le connaissait pas quand il a écrit à Emmanuel Macron, en rentrant de l’usine, une nuit d’avril, à l’heure des séries sur Netflix. D’ailleurs, M. Rabouin ne s’insurge pas contre « l’effort de guerre » : il la jouerait plutôt à l’inverse, une cantate – sans rime ni musique – pour ceux qui ont œuvré jusqu’au bout, en plein coronavirus. « Monsieur le président, (…) Dans cette conjoncture exceptionnelle de pandémie, mes collègues et moi travaillons. Nous travaillons car, comme mentionné sur l’attestation de notre employeur, nous sommes “indispensables”. Nous fabriquons du sucre pour donner à manger aux Français et de l’alcool pour les produits d’entretien et le gel hydroalcoolique. Nous travaillons le jour, la nuit, dimanche et fériés, nous participons à cet “effort de guerre” en prenant des risques pour notre santé. »

    La phrase suivante tombe comme un couperet, mais sans une plainte : « Nous sommes dévoués malgré notre licenciement le 30 juin. » A cette date, et tandis qu’Emmanuel Macron multiplie les déclarations sur la nécessité de reconstruire « l’indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française », le glas sonnera pour la sucrerie de Toury, en Eure-et-Loir. Et Kévin, Flèche, Mathieu, Benjamin, Julien, Nénesse et les 128 salariés rejoindront cette nouvelle catégorie de Français, tout juste nés de la crise sanitaire : les travailleurs à la fois « indispensables » et « virés ».

    « Combien de temps il nous reste avant la fermeture ? » , lance Flèche. Ils sont une poignée d’ouvriers à boire des bières chez Kévin Rabouin, petit rite de déconfinement dans l’ombre verte des grands arbres. Aucun n’a le courage de répondre. On entend juste M. Rabouin lui-même batailler avec les saucisses et le barbecue. Marché mondial, restructuration, fusion. L’histoire est banale, eux-mêmes le disent, ils ont vu fermer tant d’usines, y compris des sucreries. Mais pour être sincères, ils ne pensaient pas que ça leur arriverait, à eux. L’autre jour, dans un bureau de l’usine, Mathieu, 30 ans, est tombé par hasard « sur le numéro de téléphone d’un gros ponte » . Une question lui brûlait les lèvres, il aurait voulu appeler : « Pourquoi nous ? On est des bons, pourtant. »

    Sucrerie petite mais performante

    Mathieu revoit l’émotion de sa mère le jour où il a été embauché : « Ça y est, tu as réussi ta vie. » A Toury, 2 900 habitants, il fallait voir le respect quand un employé de la sucrerie venait demander un emprunt à l’agence du Crédit mutuel. « Pour toi, pas la peine de prendre l’assurance perte d’emploi » , glissait le conseiller. L’usine fumait depuis cent quarante-cinq ans. Elle fumerait encore après eux. Une institution. Tous les jeunes voulaient y entrer, même ceux qui jouaient les caïds.

    Autour, la terre de Beauce dévore l’horizon jusqu’au ciel, un paradis agricole, avec des éoliennes plus hautes que les cathédrales, et l’A 19, surnommée « l’autoroute à betteraves », qui défile devant les cinq sucreries au sud de Paris. Trois d’entre elles appartiennent à Cristal Union, numéro 2 français, dont celle de Toury, acquise en 2011. A l’époque, la stratégie du groupe est de devenir le plus gros possible : les quotas européens pour la betterave doivent être supprimés en 2017 et ouvrir la concurrence sur le marché international. Evidemment, Toury n’est pas le Brésil, maître du monde sucrier avec ses plantations de canne. Mais Cristal Union, jusque-là basée dans l’est de la France, compte faire baisser ses prix de revient en multipliant les sites et en allongeant la durée d’exploitation.

    Au moment de son rachat, la sucrerie de Toury est « en bon état et avec des bénéfices » , se souvient Marcel Jolu, alors directeur général. Ici, on broie 10 000 tonnes de betteraves par jour, une petite structure même à l’échelle nationale, où certaines en font deux fois plus. Mais ses performances la classent parmi les meilleures du pays. En plus de la fabrication du sucre, Toury distille du bioéthanol et de l’alcool, recherché par les laboratoires pharmaceutiques et les parfumeurs de la « Cosmetic Valley », de Chartres à Orléans.

    Tous les salariés se souviennent du premier geste de Cristal Union : faire disparaître le buste d’Arthur Lambert, le fondateur. Le symbole ne trompe pas : la sucrerie vient de basculer d’un fonctionnement resté familial à celui d’un groupe agro-industriel, à la tête d’une dizaine d’usines. Voitures de fonction, va-et-vient de cadres parachutés. Un nouveau management est mis en place. « C’était notre usine et ils voulaient nous apprendre à faire du sucre » , dit Kévin Rabouin. Lui, c’est un garçon du coin, cool, pas le genre à s’exciter et qui vote du bout des doigts, surtout pour faire plaisir à ses parents.

    Les cours plongent

    En général, appartenir à un groupe permet des économies de fonctionnement. Ici, ça semble marcher à l’inverse. Les travaux et l’entretien ne sont plus réalisés en interne, mais facturés par des entreprises extérieures. Tout achat doit désormais transiter par la centrale de Cristal Union. Avec stupeur, Kamal, magasinier, voit les prix des fournitures bondir. Le manche à balai passe de 3 à 32 euros, le raccord d’eau de 4,60 à 65 euros. « Quand on disait : “C’est trop cher”, on nous répondait : “Qu’est-ce que ça peut te faire ? C’est toi qui paies ? On va vous booster, vous serez une usine pilote.” » Une déviation routière à 600 000 euros est financée par le département et la commune quand Cristal Union décide de remodeler son site.

    Mais lors de la suppression des quotas européens, rien ne se passe comme prévu : le cours du sucre s’effondre face à une surproduction mondiale. En France, la sécheresse puis de nouvelles règles sur les insecticides ont, en plus, plombé la récolte. Le 19 avril 2019, à Toury, les salariés sont appelés à se rassembler sur le parking. Il est 9 heures, un peu plus peut-être. L’annonce tombe dans la stupeur générale : fermeture définitive dans un an. L’usine est cataloguée « vieillissante » , notamment après une panne qui l’a handicapée quinze jours en 2018.

    Représentant CGT, Frédéric Rebyffé prévient le syndicat. Personne ne réagit vraiment au siège, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Aucun permanent national ne se déplace non plus lors de la manifestation à travers la ville, pas même « la Commerciale », comme on surnomme celle qui descend chaque année collecter les cotisations, une cinquantaine en tout. « On n’est peut être pas assez nombreux pour eux » , rigole Stéphane, un syndiqué. A l’automne, une délégation de parlementaires et d’élus locaux monte plaider la cause de l’usine auprès du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume. « Ce qui intéresse Cristal Union ? Le fric, le fric, le fric » , martèle Philippe Vigier, député (UDI) d’Eure-et-Loir. En sortant de la réunion, Jean-Louis Baudron, président de la communauté de communes Cœur de Beauce, demande au ministre : « Vous croyez que ça va changer quelque chose ? » . Et l’autre : « Non. »

    A contre-courant de l’histoire

    La décision serait-elle la même, aujourd’hui, à Toury ? « Beaucoup ne le pensent pas, l’usine aurait toute sa place maintenant » , dit Laurent Leclercq, maire de la ville, lui aussi salarié de Cristal Union sur un autre site. La fermeture semble même aller à contre-courant de l’histoire. La crise sanitaire a fait exploser le chômage, révélé les fragilités et les dépendances françaises dans des secteurs essentiels. Partout, la demande d’alcool pharmaceutique bat des records, elle progresse en bioéthanol : une station-service est d’ailleurs en train de se monter à Toury. Ici comme ailleurs, on s’est enflammé pour le « made in France » et les circuits courts. Un fabricant local de pâtes fait un malheur, les asperges se sont arrachées chez les producteurs. Dans la cour de sa ferme, Eric Delorme, 50 ans, a installé un drive pour vendre ses pommes de terre. Ses champs sont à 6 km de la sucrerie, où la famille livre ses betteraves depuis trois générations. Mais au moment du rachat par Cristal Union, Eric Delorme a dû débourser 100 000 euros pour rester fournisseur : le groupe fonctionne en effet sur un modèle coopératif, auquel les planteurs doivent adhérer moyennant un droit d’entrée et une prise de participation. En échange, des garanties leur avaient été données pour la période redoutée d’après la suppression des quotas. Le groupe s’engageait à acheter les récoltes à un prix-pivot fixé d’avance : 27 euros la tonne sur trois ans, à partir de 2017.

    « Au début, on ne savait pas trop, mais on avait confiance : un agriculteur de la Marne est à la tête du groupe » , dit M. Delorme. Avec l’effondrement du cours mondial, la tonne sera, en réalité, payée 22 euros en 2018 et 2019. « Je suis beauceron : j’avais donné ma parole, eux la leur. Ils nous ont menés en bateau. On aime la betterave, la passion nous sauve. Sinon, toute la culture serait déjà partie à l’étranger. » En France, premier producteur européen, quatre sucreries viennent de fermer sur un total de 26. Trois groupes internationaux se les partagent, à l’exception de deux indépendants. Aujourd’hui, ce sont eux qui rémunèrent le mieux les agriculteurs, jusqu’à 25 % de plus.

    En apprenant la fermeture, les ouvriers ont d’abord pensé bloquer Toury. Kévin Rabouin se souvient des discussions dans les bâtiments, dans une ambiance électrique, au milieu des dirigeants qui répétaient : « Votre boîte est pourrie, la retaper coûterait trop cher. » La grève ? Les équipes n’arrivent pas à s’y résoudre. Elles veulent « vivre à fond » la dernière « campagne » , des mois de travail intense, jour et nuit, hors du temps, où les betteraves fraîches sont écrasées, à mesure du ramassage. Regarder encore une fois la fumée de l’usine remplacer les nuages. Respirer son odeur avec délice, si redoutée pourtant des visiteurs. « On s’est dit : “Notre sucrerie, elle est belle. C’est eux qui ne savent pas la faire tourner. On va leur montrer de quoi on est capable.” » , raconte Kévin Rabouin. Aux chefs qui donnent un ordre, Albin, 30 ans, s’entend soudain répondre : « Retourne dans ton bureau. L’usine, elle est à nous. » Bientôt, les ouvriers travaillent en roue libre, maîtres à bord. « On est redevenu ce qu’on était avant, on a retrouvé notre fierté. »

    « Travailleurs indispensables »

    L’année précédente, il avait fallu treize jours pour sortir le premier kilo de sucre. Cette fois, trente-six heures ont suffi. Record battu, objectifs dépassés. « On a demandé le palmarès du rendement, boîte par boîte : ils ont refusé de nous le donner » , assure Stéphane, syndiqué CGT. A la fin, tous les téléphones se sont levés dans la cour pour filmer les cheminées qui s’éteignaient une à une. Les yeux se brouillent, les mains tremblent. « Cette histoire, ça va encore finir en “gilets jaunes” » , lâche quelqu’un.

    Le « monde d’après », Frédéric Rebyffé, le représentant CGT, en a surtout entendu parler à la télé. Il n’est pas sûr d’y croire, « un discours d’homme politique » , selon lui. L’élection présidentielle de 2002 lui revient à l’esprit, le FN au second tour et les banderoles qui proclamaient « Plus jamais ça ». Avec le recul, il trouve que « rien n’a bougé, sauf en pire. Pas un gouvernant ne changera nos vies : chacun doit le faire soi-même ».

    Les dernières semaines, seule la distillerie travaillait encore pendant le confinement, tout entière tournée vers la fabrication du gel hydroalcoolique. « On est fier d’avoir décroché l’agrément “travailleurs indispensables” » , poursuit Kévin Rabouin. Un matin, sur la table du petit déjeuner, sa compagne a trouvé la lettre adressée à Emmanuel Macron. Il a fallu qu’elle arrive au bout pour réaliser que c’est Kévin qui la signait, lui qui n’écrit jamais. Le président, lui, n’a pas répondu.

    #travail #ouvriers

  • Laurent Lafforgue - « De l’utilité des mathématiques pour comprendre la dynamique des épidémies »
    https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200525.OBS29292/tribune-de-l-utilite-des-mathematiques-pour-comprendre-la-dynamique-des-e

    professeur à l’Institut des hautes études scientifiques, médaille Fields de mathématiques

    On constate que le temps de multiplication par 10, propre à l’épidémie de Covid avant que ne soient prises des mesures de lutte contre la contagion, est d’à peine 10 jours. Ce fait apparaissait déjà dans les statistiques publiques chinoises de la fin janvier : 25 morts au 23 janvier et 259 morts au 31 janvier, soit une multiplication par 10 en 8 jours.

    Il faut maintenant rappeler les nombres de morts du Covid comptabilisés dans les différents pays aux dates de début des confinements pour mieux comprendre dans quelle mesure chaque pays a été plus ou moins rapide à réagir

    (...) si l’Italie, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni ou l’Etat de New York avaient pris 10 jours plus tard les mesures qu’ils ont prises pour casser la progression exponentielle de l’épidémie, ils auraient déjà chacun plusieurs centaines de milliers de morts.

    Pour la même raison, si le confinement avait été décidé 10 jours plus tôt, c’est-à-dire en France le 6 mars, nous aurions aujourd’hui seulement quelques milliers de morts au lieu de dizaines de milliers.

    Quant au niveau restant de contamination, il serait au moins dix fois inférieur et bien moins d’efforts seraient encore requis pour éradiquer le Covid.

    Malheureusement, le Covid est toujours présent et nous devons tous continuer à faire barrage à sa circulation. Il suffirait que les contacts rapprochés dans la population retrouvent un niveau élevé pendant quelques semaines pour que, un mois ou deux plus tard, nos pays se retrouvent avec des centaines de milliers de morts.

    #in_retrospect #démonstration_implacable

    (texte complet trouvé sur https://justpaste.it/4yshz )

  • Manifeste des Sons Fédérés, assemblée des artisan·es radiophoniques et sonores
    https://sons-federes.org/manifeste

    Nous sommes inquiet·es face à la montée en puissance de ce que nous nommons le podcast industriel, à savoir les structures de production et de diffusion (au premier rang desquelles des studios privés et des radios publiques) qui se saisissent du son de façon comptable, pour en détruire tout ce qu’il fabrique de commun. Source : Relevé sur le Net...

    • Nous refusons l’industrialisation de nos métiers, de nos sons, de nos oreilles.

      Nous sommes très heureux·ses de voir combien ces univers sonores attirent de nouvelles personnes, toujours plus diverses. Quelles que soient leurs connaissances techniques ou esthétiques, nous ouvrons nos oreilles à ces nouveaux possibles qui surgissent et tentons d’en être les passeuses et les passeurs. Mais aujourd’hui, nous sommes inquiet·es face à la montée en puissance de ce que nous nommons le podcast industriel, à savoir les structures de production et de diffusion (au premier rang desquelles des studios privés et des radios publiques) qui se saisissent du son de façon comptable, pour en détruire tout ce qu’il fabrique de commun : modèle consumériste de la production sonore, réduction drastique des temps de captation comme de montage, recours massif à des banques de sons, centrage sur le discours efficace aux dépens de l’immense “reste” de la voix et du sonore, confusion entre formats publicitaires et journalistiques, quantification de l’écoute des auditeurs et des auditrices... Nous constatons dans ce milieu un appauvrissement de l’écriture sonore, ainsi qu’une récurrente méconnaissance de l’histoire de la #radio et des expressions sonores les plus diverses, comme de leurs acteurs et actrices. Sans parler de l’abandon manifeste du travail sonore, comme si un siècle de recherche sur la narration et la musicalité des sons n’avait pas existé.

      Nous refusons de laisser s’installer sans honte l’ignorance volontaire, le mépris délibéré pour l’histoire et le désintérêt organisé pour un immense patrimoine sonore et une multiplicité de formes vivantes en construction depuis mille lieux distincts. Ce ne sont pas les salarié·es, les pigistes, les intermittent·es, les auteurs et autrices du #podcast industriel que nous désignons, mais les outils, les moyens, les cadres et les objectifs de production fixés par les structures qui les emploient ou par l’autoentreprenariat. Face à la standardisation de l’écoute qui en découle, nous affirmons et défendons une #culture sonore protéiforme.

      (…) Nous faisons face à des personnes qui scandent des éléments de langage hors-sols, qui ne connaissent pas l’histoire de la radio et des expressions sonores dans leur multiplicité, qui organisent la coupure entre un monde fertile et vivant et un monde sans espace critique ni profondeur. C’est une volonté politique. Nous ne sommes pas dupes d’une telle négligence à notre égard et à l’égard du monde auquel nous tendons nos micros. Il s’agit d’une violence politique, institutionnelle et organisée. Nous en refusons la brutalité. Nous avons la ferme volonté de travailler, avec d’autres, à déterminer une politique culturelle de toutes les expressions sonores.

      Je connaissais pas merci. Ft. @intempestive

  • Le rapport trimestriel de #Netflix (T1/2020 #confinement)
    https://s22.q4cdn.com/959853165/files/doc_financials/2020/q1/updated/FINAL-Q1-20-Shareholder-Letter.pdf

    At Netflix, we’re acutely aware that we are fortunate to have a service that is even more meaningful to people confined at home, and which we can operate remotely with minimal disruption in the short to medium term. Like other home entertainment services, we’re seeing temporarily higher viewing and increased membership growth. In our case, this is offset by a sharply stronger US dollar, depressing our international revenue, resulting in revenue-as-forecast. We expect viewing to decline and membership growth to decelerate as home confinement ends, which we hope is soon.

    toujours intéressant à lire #industrie_culturelle

    • Meanwhile… 

      ‘Trolls World Tour’ Breaks Digital Records and Charts a New Path for Hollywood https://www.wsj.com/articles/trolls-world-tour-breaks-digital-records-and-charts-a-new-path-for-hollywood-11
      https://images.wsj.net/im-179727/social

      A massive marketing campaign was already under way for the studio’s April 10 release, “Trolls World Tour,” an animated sequel to the 2016 hit. The studio decided not to postpone the opening, instead making the movie available as a digital rental on platforms like Apple Inc.’s Apple TV for $19.99.

      Three weeks later, “Trolls World Tour” has racked up nearly $100 million in rentals.

      With nearly five million rentals in the U.S. and Canada, the digital release has in three weeks generated more revenue for Universal than the original “Trolls” did during its five-month domestic theatrical run, according to a person familiar with the matter. Its performance has convinced Universal executives that digital releases can be a winning strategy, and may diminish the role of theaters even after the pandemic passes.

      Hollywood has had its eye on “Trolls,” which may now offer the best ammunition yet in an industrywide push to change the way movies are released.

      #cinéma #SVOD

  • Il faudrait dire la vérité : une étudiante en médecine face au Covid – L’Avventura, le blog scientifique de Fiamma Luzzati
    https://www.lemonde.fr/blog/lavventura/2020/04/23/il-faudrait-dire-la-verite-une-etudiante-en-medecine-face-au-covid

    Maïa est en troisième année de médecine, quand la pandémie de Covid 19 explose, elle répond à l’appel du doyen de sa faculté et va prêter main-forte à l’hôpital. Elle se retrouve à faire les gardes de nuit en tant qu’aide-soignante, une expérience riche et difficile qui va changer sa vie. Je remercie Pablo, Adèle et Ymai, étudiants en médecine, qui m’ont inspiré ce récit.

    L’ AUTEUR DE L’ AVVENTURA
    Je suis un auteur de bandes dessinées indépendant et pas une journaliste du Monde, si ce blog vous plaît, partagez-le ! Vous pouvez me suivre sur Twitter, Facebook, Instagram, Linkedin . La femme qui prenait son mari pour un chapeau est mon dernier livre (disponible sur https://www.lalibrairie.com qui paie ses impôts et livre à domicile même pendant le confinement parce que le livre est un bien de première nécessité !

    Enfermer 10h les 150 plus hauts dirigeants du pays en condition d’exam et sans accès à aucune source avec pour consigne de rédiger quelque chose sur « La #crise_sanitaire, le #soin et le #dire_vrai » ; jury populaire, les recalés sont envoyés en stage à la charge de leur famille à la désinfection des transports en commun 6h par jour (restons magnanimes) jusqu’à la fin de la pandémie.

    #BD #récit #hôpital #élève #aide_soignante #vérité

  • Cochrane France leads collaborative COVID-19 living evidence project | Cochrane
    https://www.cochrane.org/news/cochrane-france-leads-collaborative-covid-19-living-evidence-project

    The project provides one location for decision makers to access information on COVID trials and synthesized results that is frequently updated by independent researchers with expertise in evidence synthesis. The project includes two main parts: living mapping of ongoing research followed by living synthesis of study results as soon as they are available.

    #dataviz réalisée par mézig https://www.covid-nma.com/dataviz

  • Le distributeur de journaux Presstalis a déposé le bilan
    http://www.leparisien.fr/economie/le-distributeur-de-journaux-presstalis-a-depose-le-bilan-21-04-2020-83033

    Presstalis a déposé le bilan alors que ses grands actionnaires, les magazines et les quotidiens, ne s’accordent pas sur une solution de sauvetage, a indiqué mardi le principal distributeur de presse en France, confirmant une information de la Correspondance de la presse.

    Le distributeur aux 900 salariés s’est déclaré lundi en cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Paris, une procédure « sans conséquence immédiate » sur ses activités, comme l’a assuré son PDG Cédric Dugardin, dans un message aux salariés. Les quotidiens comme les magazines devraient donc continuer à être acheminés sans interruption.

    « Presstalis est en proie à de graves difficultés et se trouve désormais dans l’impossibilité de faire face à ses engagements financiers », a souligné le spécialiste des entreprises en difficulté, nommé en février à sa tête.

    Presstalis, qui avait bénéficié d’un énième plan de sauvetage il y a deux ans, est de nouveau en difficulté et doit se restructurer. Mais deux plans s’affrontent : Presstalis défend avec les quotidiens le maintien d’une structure unique (qui continuerait à distribuer aussi bien les journaux quotidiens que la presse magazine), tandis que la coopérative des magazines et les MLP (Messageries lyonnaises de presse, concurrent de Presstalis), proposent une séparation des magazines et quotidiens.