• Anatomie du pouvoir, par Charles Wright Mills
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/122/MILLS/56836

    (…) Comme le cercle des hommes qui décident se rétrécit, comme les moyens de décision se centralisent, et comme les conséquences des décisions prennent une ampleur énorme, le cours des grands événements dépend souvent des décisions prises par certains cercles déterminables. Cela ne signifie pas forcément que le même cercle d’hommes dirige le fil des événements d’un bout à l’autre, au point que l’histoire tout entière soit le résultat de leur complot. Le pouvoir de l’élite ne signifie pas nécessairement que l’histoire n’est pas forgée aussi par une série de petites décisions, dont aucune n’est mûrement pesée. Il ne signifie pas que la politique en cours et l’événement vivant ne sont pas soumis à mille petits arrangements, compromis et adaptations. L’idée d’une élite au pouvoir n’implique aucune conception du processus de décision en tant que tel : c’est une tentative de délimiter les domaines sociaux dans lesquels ce processus, quel qu’il soit, se déroule. C’est la recherche des hommes qui sont impliqués dans ce processus. (…)

    Si l’#histoire a un sens, c’est « nous » qui le lui donnerons par nos actes. Pourtant le fait est que, si nous sommes tous dans l’histoire, nous n’avons pas tous le même pouvoir de faire l’histoire. Prétendre le contraire est une absurdité sur le plan sociologique, et une marque d’irresponsabilité sur le plan politique. C’est une absurdité parce que tout groupe et tout individu sont limités, avant tout, par les moyens de pouvoir techniques et institutionnels dont ils disposent ; nous n’avons pas tous le même accès aux moyens de pouvoir qui existent, ni la même influence sur l’usage qu’on en fait. Prétendre que « nous » faisons l’histoire est une marque d’irresponsabilité politique, parce que cela nous empêche de savoir à qui incombe la responsabilité des grandes décisions prises par ceux qui ont accès aux moyens de pouvoir.

    En étudiant l’histoire de la société occidentale, même d’une façon très superficielle, nous voyons que le pouvoir des décideurs est avant tout limité par le niveau technique, par les moyens de pouvoir, de violence et d’organisation qui existent dans une société donnée.

    Sous le même angle, nous voyons aussi dans toute l’histoire de l’Occident une ligne ascendante, et pratiquement ininterrompue : les moyens d’oppression et d’exploitation, de violence et de destruction, comme les moyens de production et de reconstruction, se sont progressivement élargis et centralisés.

    Comme les moyens institutionnels de pouvoir et les moyens de communication qui les relient entre eux sont de plus de plus efficaces, ceux qui les dirigent sont à la tête d’instruments de domination sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

    #conspirationnisme #pouvoir #politique

    Extrait de l’ouvrage L’Élite au pouvoir, (préface de François Denord), réédité aux éditions Agone, Marseille, 2012.


  • Extrait de « The Phantom Public » (Le public fantôme), de Walter Lippmann (1889-1974) http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/14545/HERMES_2001_?sequence=1

    (…) Il n’y a rien de particulièrement nouveau dans le désenchantement qu’exprime le #citoyen, dans la sphère privée, en ne votant pas du tout, en votant seulement pour la tête de liste, en étant indifférent aux primaires, en ne lisant pas les discours et les documents électoraux et par toute la liste des péchés par omission pour lesquels il est critiqué. Je ne le critiquerai pas davantage. Mes sympathies lui sont adressées, dans la mesure où je crois qu’il a été chargé d’une tâche impossible et qu’on lui demande de mettre en pratique un idéal inaccessible. J’en suis d’autant plus convaincu que je n’ai pas moi-même, alors que les affaires publiques sont mon principal intérêt et que je passe le plus clair de mon temps à les observer, pu trouver le temps pour faire ce qu’on attendait de moi dans la théorie de la #démocratie : savoir ce qui se passe et avoir une opinion méritant d’être exprimée sur chaque question relative à une communauté s’auto-gouvernant. Et je n’ai jamais rencontré personne, du président des Etats-Unis à un professeur de science politique, qui soit parvenu à incarner, même partiellement, l’idéal admis d’un citoyen omni-compétent et souverain.

    (…) L’auteur du manuel, évoquant, conformément à ses desseins, tous les sujets, des égouts urbains à l’opium indien, passe à côté d’un fait décisif : le citoyen ne consacre que peu de son temps aux affaires publiques, n’a qu’un intérêt épisodique pour les faits et peu d’appétit pour la théorie.

    Il n’est jamais arrivé à ce précepteur du devoir civique de fournir à l’étudiant une règle qui lui permette de savoir s’il est de son devoir de réfléchir, le jeudi, à la question des métros à Brooklyn ou de la voie ferrée en Mandchourie, ni, s’il décide le jeudi d’exprimer sa volonté souveraine sur le problème du métro, comment combler les lacunes de son savoir sur ce point, lacunes qui sont imputables au temps passé, la veille, à réfléchir à l’expression de sa volonté souveraine à propos des crédits ruraux dans le Montana et les droits de la Grande-Bretagne sur le Soudan. Il ne peut pourtant pas tout connaître sur toute chose à tout moment, et, alors qu’il examine une chose, un millier d’autres connaissent des changements importants. À moins qu’il ne découvre des fondements rationnels pour fixer son #attention là où elle sera la plus précieuse et d’une manière adaptée à ses moyens nécessairement amateurs, il sera aussi désorienté qu’un chiot tentant de lécher trois os à la fois.

    #politique #abstention #citoyenneté #médias #temps

    Source : The Phantom Public, Mcmillan & Co, 1925, p. 13-39. Traduit de l’anglais par Sandrine Lefranc pour la revue Hermès


  • « Avec Laurent Gayard, plongée dans les profondeurs du #Darknet »

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/26/31003-20180126ARTFIG00288-avec-laurent-gayard-plongee-dans-les-profondeurs-

    Comme vous vous en doutez, l’article est nul, sensationnaliste et de droite. Mais comme un lecteur de mon blog m’a demandé quelles étaient exactement les erreurs dans l’article, je me sers de SeenThis pour en dresser la liste. J’ai hésité car il faut bien plus de temps pour réfuter les conneries que pour en produire, les correcteurs seront donc toujours en retard sur les pipeauteurs mais, bon, c’est un exercice intellectuel qui peut être intéressant.

    « Cet Internet crypté où l’anonymat est garanti » Cela serait bien pratique, par exemple pour les dissidents, si une technique pouvait « garantir » l’anonymat. Hélas, ce n’est pas le cas. Il existe de nombreuses techniques d’investigation permettant de venir à bout des protections techniques (l’article est d’ailleurs contradictoire puisqu’il rappelle que le fondateur de Silk Road a bien été arrêté). Il suffit d’aller à des conférences comme CoRI&IN https://www.globalsecuritymag.fr/CoRI-IN-retour-sur-quelques-cas-d,20170206,68781.html pour s’en convaincre. Sans compter que les ignorants en sécurité confondent anonymat et pseudonymat (Bitcoin fournit le pseudonymat, pas l’anonymat.)

    « [Darknet] désigne tout réseau parallèle crypté » Utiliser le terme « crypté » montre une grave ignorance de la cryptographie. « Décrypté » existe mais pas « crypté », pour les raisons expliquées en http://www.bortzmeyer.org/cryptage-n-existe-pas.html

    « nécessitant un protocole très spécifique » Ce n’est même pas faux, c’est absurde. Tout réseau nécessite un protocole spécifique à ce réseau.

    « Le « deep web » ou « web profond » désigne tout simplement l’ensemble des pages ou des sites qui ne sont pas référencées par les moteurs de recherche traditionnels. » C’est également absurde, puisqu’on ne sait même pas de quel moteur de recherche on parle. Le Googlebot ou bien le « crawler » de Qwant. Si le Googlebot devient plus énérgique, et indexe davantage de pages, le Deep Web va se réduire ?

    « Le « darknet », c’est l’ensemble des réseaux cryptés qui existent sur Internet. » Donc, ma banque est dans le Dark Net (elle utilise HTTPS) et quand je me connecte en SSH à un ordinateur distant, je suis dans le Dark Net ? Cette définition sortie de l’imagination de l’auteur n’a clairement pas de sens, surtout si on la combine avec :

    « Cela ne représente que moins de 0,05 % du volume de données sur Internet » C’est probablement la majorité du trafic qui est chiffrée, surtout depuis les révélations Snowden, donc ce chiffre est clairement faux. Firefox voit aujourd’hui 70 % de pages chiffrées https://letsencrypt.org/stats/#percent-pageloads

    « La difficulté qu’on rencontre à intervenir sur ces réseaux cryptés pose des questions cruciales en termes de capacité juridique nationale et internationale et en termes de gouvernance mondiale. » Là, l’auteur abat ses cartes : le but de l’article est de justifier davantage de contrôle et de répression.

    « Facebook et Twitter ne sont pas des lieux de transparence absolue. En théorie, les deux réseaux sociaux imposent de créer des comptes sous son véritable patronyme. » Seul Facebook a une « Real Names policy ». Même sur des faits non techniques, l’auteur se trompe.

    « Cela rappelle beaucoup les premiers temps d’Internet, à la fin des années 90 et au début des années 2000 » Il y a plusieurs définitions possibles d’Internet, et qui donnent des dates différentes pour ses débuts. Néanmoins, aucune de ces dates n’est postérieure à 1985. L’auteur semble confondre l’existence de l’Internet, avec le fait que les journalistes et les ministres aient remarqué son existence.

    « Tails [...] Un équivalent de Windows » C’est un peu comme écrire « Le FN, un équivalent du PS » simplement parce que les deux sont des partis politiques…

    « Le Darknet a aussi une face sombre : c’est le lieu privilégié des cybercriminels » (cette phrase eest une question, pas une réponse de l’interviewé) Rien ne le prouve, bien au contraire. Non seulement tous les cyberdélinquants ne sont pas compétents en sécurité (et n’utilisent donc pas toutes les précautions possibles) mais ils ont besoin d’interagir avec leurs victimes, qui ne sont pas sur ce mythique darknet.

    « Les attaques d’avril et mai 2017 ont été les premières attaques pirates globales » C’est sans doute une référence à Wannacry. L’appeler « attaque » est exagéré, Wannacry ne ciblait pas ses victimes, il se répandait partout où il pouvait. Et ce n’est pas le premier ver à propagation mondiale, le premier était Morris… vingt-neuf ans avant (date où, si on en croit l’auteur, l’Internet n’existait même pas).

    « elles ont utilisé des logiciels vendus sur des forums du darknet » Wannacry utilisait surtout une arme numérique développée par la NSA (et qui a fuité par la suite), ce que l’auteur, tout occupé à justifier davantage de pouvoir pour les États, oublie soigneusement de dire.

    « La citation est de John Gilmore » Non, de John Perry Barlow. L’auteur ne connait pas mieux le rock que la cybersécurité.


  • New York Attorney General to Investigate Firm That Sells Fake Followers - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/01/27/technology/schneiderman-social-media-bots.html

    “Impersonation and deception are illegal under New York law,” Mr. Schneiderman wrote on Twitter. “We’re opening an investigation into Devumi and its apparent sale of bots using stolen identities.”
    Photo
    Eric T. Schneiderman, the attorney general of New York. Credit Sasha Maslov for The New York Times

    The investigation is the latest in a series of federal and state inquiries into the commercial and political abuse of fake accounts on social media. Tens of millions of fake accounts have been deployed to defraud businesses, influence political debates online and attract customers.

    Social media companies, including Twitter and Facebook, have drawn intense scrutiny for not taking greater steps to weed them out. Many of the accounts identified by The Times appear to violate Twitter’s own policies, but remained active on the social media platform for years, each retweeting and promoting Devumi customers.

    “The internet should be one of the greatest tools for democracy — but it’s increasingly being turned into an opaque, pay-to-play playground,” Mr. Schneiderman said.

    #Fake_news #Followers_gate


  • Le Web est mort, et sa grand-mère aussi - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/26/le-web-est-mort-et-sa-grand-mere-aussi_1625174

    Mary Lee Berners-Lee, #pionnière de l’informatique et mère de Tim Berners-Lee, s’est éteinte fin 2017. Au même moment étaient enterrées les promesses d’un Web pensé à l’origine pour être avant tout un « commun ».

    29 Novembre 2017. Aujourd’hui, grand-mère est morte.
    Elle avait 93 ans et était née Mary Lee Woods. Son histoire est peu connue et mériterait de l’être bien davantage. Pionnière de la programmation informatique, #militante osant réclamer – et obtenir ! – auprès de son employeur le même salaire pour les femmes que pour les hommes vingt ans avant que la loi sur l’égalité salariale soit votée au Royaume-Uni.

    https://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Lee_Woods


  • Derrière l’application de Google qui trouve votre sosie artistique, du digital labor (gratuit) pour entraîner son IA de reconnaissance faciale http://www.rtl.fr/actu/futur/l-application-de-google-qui-trouve-votre-sosie-artistique-souleve-des-inquietude

    (Le seul article un peu critique que j’ai trouvé provient donc de rtl.fr)

    La dernière version de l’application Google Arts & Culture est l’une des plus populaires du moment aux États-Unis. La raison ? L’ajout d’une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de découvrir quel est leur sosie artistique. Intitulée "Is your portrait in a museum ?" (« Votre portrait se trouve-t-il dans un musée ? »), elle propose de comparer un selfie à des portraits célèbres réalisés par des peintres de renom.

    L’expérience repose sur la technologie de reconnaissance faciale Face Net. Développée par #Google, elle scanne la photo envoyée par l’utilisateur pour créer une empreinte numérique de son #visage et la comparer aux 70.000 œuvres de sa base de données. Une fois les correspondances trouvées, les résultats les plus pertinents sont affichés avec leur pourcentage de ressemblance.

    Cette fonction a largement emballé les internautes américains. Depuis sa mise à jour mi-décembre, #Google_Arts_&_Culture truste les premières places des applications les plus téléchargées aux États-Unis sur l’App Store d’Apple et le Play Store de Google. Disponible uniquement outre-Atlantique, elle fait l’objet d’une expérimentation par Google.

    (…) Devant la popularité de l’application, certaines voix se sont élevées aux États-Unis pour mettre en garde le public contre le véritable objectif poursuivi par Google. "Le stagiaire de Google qui a inventé cette application pour tromper les utilisateurs en les incitant à envoyer des images pour remplir sa base de données de reconnaissance faciale a certainement eu une promotion", a observé sur Twitter l’analyste politique, Yousef Munayyer. "Personne ne s’inquiète d’abandonner les données de son visage à Google ou vous estimez tous que c’est déjà le cas ?", s’est aussi émue l’actrice et activiste américaine, Alyssa Milano.

    Google propose régulièrement des outils ludiques et gratuits aux internautes pour faire la démonstration de ses progrès dans l’intelligence artificielle. Ces programmes permettent aussi à l’entreprise américaine de mettre ses réseaux de neurones artificiels à l’épreuve de neurones humains afin de les perfectionner à peu de frais. Les programmes Quick Draw ! et AutoDraw visaient notamment à améliorer la #reconnaissance_visuelle de ses algorithmes. La société utilise aussi la reconnaissance des caractères des #Captcha pour aider ses robots à déchiffrer les pages de livres mal conservés sur Google Book et les indexer par la suite à son moteur de recherche.

    (…)

    Interrogé par plusieurs médias américains sur la portée réelle de son application « Arts & Culture », Google se veut rassurant. Selon la firme américaine, les photos téléchargées par les utilisateurs ne sont pas utilisées à d’autres fins et sont effacées une fois trouvées les correspondances avec des œuvres d’art. La dernière expérience du géant américain illustre à nouveau les craintes suscitées par les progrès rapides de l’#intelligence_artificielle et plus particulièrement de la #reconnaissance_faciale, dont les applications ont pris une place grandissante dans nos vies ces derniers mois.

    Apple a fait entrer cette technologie dans la vie de millions d’utilisateurs cet automne en intégrant le dispositif #Face_ID à l’iPhone X pour déverrouiller l’appareil d’un simple regard. Dans le sillage de la pomme, un grand nombre de constructeurs travaille à généraliser ce système sur des smartphones à moindre prix. Facebook a recours à la reconnaissance faciale depuis décembre pour traquer les usurpations d’identité sur sa plateforme. Google l’utilise déjà dans son service Photos, utilisé par 500 millions d’utilisateurs, capable depuis peu de reconnaître les animaux de compagnies.

    Les défenseurs des libertés craignent que la généralisation de la reconnaissance faciale dans des outils utilisés à si grande échelle ne glisse vers une utilisation plus large par les publicitaires ou les autorités. En Chine, cette technologie est déjà utilisée pour surveiller les citoyens dans les endroits publics. 170 millions de caméras de surveillance sont installées à travers le pays. Un nombre qui doit atteindre 400 millions à horizon 2020. La plupart sont dotées de programmes d’intelligence artificielle pour analyser les données en temps réel et inciter les individus à ne pas déroger à la norme édictée par le pouvoir.

    #digital_labor #IA

    Et puis cf. le thread d’@antoniocasilli sur son fil Twitter :

    Avez-vous déjà vu, partagé, commenté les « art selfies » de l’appli @googlearts ? Savez-vous qu’ils utilisent votre visage pour constituer un fichier biométrique ? J’en veux pour preuve qu’ils ne sont pas disponibles en Illinois—état où les lois sur la biométrie sont plus strictes.

    https://twitter.com/AntonioCasilli/status/953662993480474624

    • Version optimiste, ft. John Berger :

      In one way, the art selfie app might be seen as a fulfillment of Berger’s effort to demystify the art of the past. As an alternative to museums and other institutions that reinforce old hierarchies, Berger offered the pinboard hanging on the wall of an office or living room, where people stick images that appeal to them: paintings, postcards, newspaper clippings, and other visual detritus. “On each board all the images belong to the same language and all are more or less equal within it, because they have been chosen in a highly personal way to match and express the experience of the room’s inhabitant,” Berger writes. “Logically, these boards should replace museums.” (As the critic Ben Davis has noted, today’s equivalent of the pinboard collage might be Tumblr or Instagram.)

      Yet in Berger’s story this flattening represents the people prying away power from “a cultural hierarchy of relic specialists.” Google Arts & Culture is overseen by a new cadre of specialists: the programmers and technology executives responsible for the coded gaze. Today the Google Cultural Institute, which released the Arts & Culture app, boasts more than forty-five thousand art works scanned in partnership with over sixty museums. What does it mean that our cultural history, like everything else, is increasingly under the watchful eye of a giant corporation whose business model rests on data mining? One dystopian possibility offered by critics in the wake of the Google selfie app was that Google was using all of the millions of unflattering photos to train its algorithms. Google has denied this. But the training goes both ways. As Google scans and processes more of the world’s cultural artifacts, it will be easier than ever to find ourselves in history, so long as we offer ourselves up to the computer’s gaze.

      https://www.newyorker.com/tech/elements/the-google-arts-and-culture-app-and-the-rise-of-the-coded-gaze-doppelgang

      Version réaliste, par Evgeny Morozov :

      Google vient de lancer une plateforme d’IA destinée aux entreprises qui veulent mettre en œuvre une infrastructure d’apprentissage automatique (machine learning) de afin de construire leurs propres modèles (contre rétribution, bien entendu). Il sait pertinemment qu’il est toujours rentable de s’attirer la sympathie des utilisateurs, par exemple en leur donnant des outils d’IA pour trouver des œuvres d’art qui ressemblent à leur visage (1). Ces instruments gagnent ainsi en précision et peuvent ensuite être vendus aux entreprises. Mais pour combien de temps encore Google aura-t-il besoin de cobayes ?

      https://blog.mondediplo.net/2018-01-27-Mark-Zuckerberg-vous-veut-du-bien


  • Beyond the Bitcoin Bubble | The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/01/16/magazine/beyond-the-bitcoin-bubble.html

    (…) You may be inclined to dismiss these transformations. After all, #Bitcoin and Ether’s runaway valuation looks like a case study in irrational exuberance. And why should you care about an arcane technical breakthrough that right now doesn’t feel all that different from signing in to a website to make a credit card payment?

    But that dismissal would be shortsighted. If there’s one thing we’ve learned from the recent history of the internet, it’s that seemingly esoteric decisions about software architecture can unleash profound global forces once the technology moves into wider circulation. If the email standards adopted in the 1970s had included public-private key cryptography as a default setting, we might have avoided the cataclysmic email hacks that have afflicted everyone from Sony to John Podesta, and millions of ordinary consumers might be spared routinized identity theft. If Tim Berners-Lee, the inventor of the World Wide Web, had included a protocol for mapping our social identity in his original specs, we might not have Facebook.

    The true believers behind #blockchain platforms like Ethereum argue that a network of distributed trust is one of those advances in software architecture that will prove, in the long run, to have historic significance. That promise has helped fuel the huge jump in cryptocurrency valuations. But in a way, the Bitcoin bubble may ultimately turn out to be a distraction from the true significance of the blockchain. The real promise of these new technologies, many of their evangelists believe, lies not in displacing our currencies but in replacing much of what we now think of as the internet, while at the same time returning the online world to a more decentralized and egalitarian system. If you believe the evangelists, the blockchain is the future. But it is also a way of getting back to the internet’s roots.

    • Comment les industries culturelles peuvent tirer parti de la blockchain | Meta-media | La révolution de l’information
      https://www.meta-media.fr/2018/02/12/comment-les-industries-culturelles-peuvent-tirer-parti-de-la-blockchain.h

      Octobre 2015, The Economist affiche en Une la question suivante : « Comment la technologie derrière le bitcoin pourrait changer le monde ? ». Cette couverture est un déclic pour le monde de la tech. Et pour cause, cette technologie qui permet de stocker et d’échanger de l’information de manière décentralisée, sans passer par un tiers de confiance, pourrait avoir un impact structurel sur de nombreux secteurs.

      Benoît Defamie, expert de la blockchain musique et de la startup Scenso TV, que nous avons rencontré lors d’un meet-up à Paris la semaine dernière, affirme que le nombre de « mineurs », ces personnes qui décident de prendre part à la blockchain en vérifiant les échanges d’informations à l’aide de leurs terminaux, a été multiplié par six en l’espace d’une année. Le phénomène commence à prendre de l’ampleur et il est temps de se demander comment les industries culturelles pourraient tirer parti de cette technologie.


  • Communiqué commun du mouvement anti-aéroport, suite à la décision du gouvernement
    mercredi 17 janvier 2018
    https://zad.nadir.org/spip.php?article5034

    (...)En ce qui concerne l’avenir de la zad, l’ensemble du mouvement réaffirme dès aujourd’hui :

    –La nécessité pour les paysan-ne-s et habitant-e-s expropriés de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite.

    –Le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre ainsi qu’à en prendre en soin.

    –Une volonté de prise en charge à long terme des terres de la zad par le mouvement dans toute sa diversité - paysans, naturalistes, riverains, associations, anciens et nouveaux habitants.

    Pour le mettre en œuvre, nous aurons besoin d’une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres. Dans le futur, ce territoire doit pouvoir rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

    En ce qui concerne la question de la réouverture de la route D281, fermée par les pouvoirs publics en 2013, le mouvement s’engage à y répondre lui-même. La présence ou l’intervention policières ne feraient donc qu’envenimer la situation.

    Nous souhaitons par ailleurs, en cette journée mémorable, adresser un fort message de solidarité vis-à-vis d’autres luttes contre des grands projets destructeurs et pour la défense de territoires menacés.

    Nous appelons à converger largement le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et pour poursuivre la construction de l’avenir de la zad.(...)

    • L’arrêt définitif du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est une victoire. C’est évident. Et la déconfiture rageuse des divers clans de bétonneurs est un régal pour tous ceux qui ont combattu ce projet toxique, cet « éléphant blanc » pour safaris ravageurs.
      C’est la menace d’actes de résistance de milliers de personnes dans toute la France et le risque de « déstabilisation » que ça lui faisait courir qui a contraint le gouvernement à ainsi lâcher du lest, et non la « sage » considération expertisée d’un projet « obsolète ». Ce gouvernement n’est pas moins que ses prédécesseurs souteneur de « grands projets inutiles » ou plutôt utiles seulement à quelques saigneurs de l’humanité et de la planète. Il est plus prudent, voilà tout.
      Mais c’est une victoire qui vise à préparer une défaite.
      Depuis des années, le véritable affrontement entre l’état, ses gérants, la grande majorité des politicards, les barons du business, et les Zadistes et leurs soutiens, n’est pas seulement l’affrontement pour ou contre un débile projet d’aéroport mais aussi et surtout pour ou contre certains choix de société. C’est d’ailleurs ce qu’ont déclaré souvent les plus forcenés partisans du projet : pour eux, le plus important était, et reste de détruire la Zad. En effet, cette zone contre laquelle ils ne cessent de vitupérer à coups de mensonges grossiers la déguisant en repaire de casseurs et terroristes ; cette zone qu’ils dénoncent comme « Zone de non droit » est une zone ou le « droit » d’asservir et d’exploiter a largement pris fin. C’est un exemple concret que l’on peut vivre autrement que broyés par une « économie » cannibale, asservis à des patrons et des actionnaires toujours plus voraces, truandés par des financiers rapaces, menotté par des « lois » carcérales, matraqué ou flingué par des « autorités » mafieuses. C’est la preuve que des humains peuvent avoir d’autres relations que la guerre de tous contre tous. La preuve que des citoyens peuvent s’auto-organiser au moyen d’une véritable démocratie directe au lieu d’abdiquer leur pouvoir aux mains de démagogues véreux. C’est évidemment une menace pour toutes les oligarchies régnantes. C’est cela qu’ils veulent anéantir.
      En habiles politicards, Macron et sa clique s’affairent donc à ôter son prétexte à la résistance. La sauvegarde des intérêts des vampires de l’humanité vaut bien le sacrifice d’un aéroport ! Si ce projet d’aéroport est abandonné, la Zad n’a plus de raison d’exister, argumentent-ils. Ils visent ainsi à faire éclater ce qui a fait la force du mouvement de résistance : sa capacité à concilier diverses opinions et stratégies en un front uni. Ils espèrent que certains vont se contenter de l’abandon du projet d’aéroport et lâcher les Zadistes, égoïstement, sans considération pour le fait que « sans eux, l’aéroport serait déjà fait », comme le constate lucidement un opposant « historique ».
      Ils se préparent ainsi à mettre fin à ce qui reste un territoire libéré de leur domination ; à une expérience de changement social dont ils redoutent qu’elle fasse tache d’huile ; à cette « commune » exemplaire.
      Pour ceux qui estiment que celle-ci est à défendre, il est donc prématuré d’applaudir trop fort cette « victoire ». Il faut, au contraire, se préparer à de nouvelles attaques, qu’elles soient lancées par la force ou, plus subtilement, au moyen d’échafaudages diplomatiques plus ou moins « verts ». Le collectif des diverses composantes du mouvement en est conscient, en écrivant dans son communiqué du 17 janvier : Dans le futur, ce territoire doit pouvoir rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

      Plus que jamais, la #Zad reste une zone à défendre.

      Gédicus,
      18 janvier 2018.

      http://gedicus.ouvaton.org/spip.php?article135
      #NDDL

    • L’offensive contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes se prépare… sur les plateaux télé
      Samuel Gontier Samuel Gontier Publié le 19/01/2018
      http://www.telerama.fr/television/loffensive-contre-la-zad-de-notre-dame-des-landes-se-prepare...-sur-les-pla

      Peu préoccupés d’écologie ou d’aéronautique, les journalistes de BFMTV et LCI prônent l’impérative et immédiate évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Leurs meilleurs experts ont imaginé une offensive militaire qui ne devrait laisser aucune chance aux irréductibles zozos doctrinaires, aux jusqu’au-boutistes de l’ultra-violence. (...)


    • Mieux capter son époque avec Anne Roumanoff.
      @loutre Dans la nuit de samedi à dimanche, comme souvent pour chercher le sommeil, je balaye la douzaine de fréquence qu’un vieux radio-réveil capte encore. Fip : impossible à écouter en restant allongé, France Cul : parfois ronflant, très bon somnifère, les grosses têtes : 10 mn max et ce soir là, je tombe sur europe n°1 :
      http://www.europe1.fr/emissions/le-canular-danne-roumanoff/le-canular-danne-roumanoff-pouvez-vous-coiffer-les-zadistes-pour-quils-se-re
      son canular en replay diffusé dans son émission du samedi matin sur les ondes de radio Lagardère Active. Je mets le lien mais pas le podcast, déjà parce que je le trouve pas et qu’il est insultant pour les résistant.es de la ZAD ; Anne Roumanoff n’est pas drôle, après Drucker et son canapé rouge, elle croit faire de l’humour avec ce canular vraiment nul en prenant les zadistes pour des crasseux.euses, pouilleux.euses inséparables de leurs chiens, rats...
      Je propose de lâcher une caisse de rats d’égout au n°26 bis
      rue François-Ier.

      les 2 meilleurs amis d’anne Roumanoff.


  • Autodéfense et politique de la rage. Extrait de « Se défendre », par Elsa Dorlin (2017)
    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=180002

    Constituer la « #sécurité » comme norme de vie n’est possible qu’à la condition de produire des insécurités contre lesquelles l’État apparaît (et se présente) comme le seul recours. Dans les années soixante-dix, les groupes de lesbiennes noires, Women of Color, Third World, ne cessent de dénoncer cette logique qui a des effets sur l’agenda du féminisme. La violence policière dont elles (et aussi leurs enfants) sont parmi les cibles privilégiées, va de pair avec la construction raciste des femmes noires réputées à ce point capables de se défendre qu’elles n’auraient pas à être défendues, pire, qu’il est nécessaire de se défendre d’elles – et à plus forte raison lorsqu’elles sont en groupe. L’équipe de softball Gente, auto-organisée en groupe d’autodéfense féministe de lesbiennes noires fondé à Oakland, souligne en 1974 combien les lesbiennes de couleur paraissent « invisibles si elles sont seules, violentes si elles sont en groupe ». En mars 1984, le journal ONYX, premier périodique états-unien lesbien africain-américain, sort un numéro dont le dessin de couverture représente un groupe de femmes noires se défendant de la violence d’un policier blanc à cheval qui vient de frapper l’une d’entre elles, étendue sur le sol.

    La promotion d’un pacte de sécurité et son incorporation dans certains agendas militants ont donc eu pour ultime conséquence, non seulement de blanchir la violence d’État, mais aussi de prédéterminer des modes de contestation et de coalition, de créer un certain type de militance, une forme d’autodéfense protectionniste, délétère parce que articulée à une cartographie émotionnelle piégée. « Se défendre » a ainsi consisté à répondre à l’injonction de « se mettre en sécurité », à s’engager dans des actions de protection en fonction de la manière dont des quartiers, des rues, des identités, des individus ou des groupes affectaient des collectifs ou des causes ; ou en fonction de ce qui leur faisait violence (un individu « menaçant », « déviant », « étranger »). Les politiques sécuritaires ont ainsi été coproduites dans et par un « système de marques affectives » : une territorialité sentimentale qui non seulement quadrille des espaces, stigmatise des corps et naturalise le rapport agression/victimation, sécurité/insécurité, Nous/Eux, peur/confiance, mais, plus encore, opère une mutation des subjectivations politiques en sentimentalisme de la menace et du risque. C’est le tournant émotionnel des luttes qui se (re)joue ici. Et le dénominateur commun sur lequel des coalitions sont possibles devient à ce point indéfendable qu’il finit effectivement par relayer les stratégies de division opérées par les dispositifs de pouvoir.

    Il faut aussi prendre la mesure de ce que ces stratégies ont fait aux collectifs eux-mêmes, aux vies militantes, aux corps militants ; les impasses dans lesquelles ces derniers se sont épuisés, voire autodétruits. L’injonction à être safe, en sécurité « #entre_soi », « chez soi », équivaut à une politique de contrôle des mouvements de contestation qui s’avère des plus efficaces pour les cantonner. Acculer à des stratégies séparatistes plus ou moins réfléchies où les militant.e.s se protègent en délimitant des espaces « sécurisés », répondant de façon mimétique à un « pacte de sécurité », le relayant, le généralisant. Dans ces espaces prétendument safe, où l’on se retranche entre pair.e.s, ces dernier.e.s seraient, par définition, sans danger. L’entre-soi safe est alors défini par opposition à une extériorité insecure, suscitant la #peur ou la haine ; ce qui rend proprement impensable ou inacceptable de considérer que les rapports de pouvoir, la conflictualité, les antagonismes subsistent inévitablement à l’intérieur et s’exercent sans discontinuité. En restant dans un tel cadre d’intelligibilité imposé, la seule « défense » face à l’insécurité tapie dans l’intimité même des collectifs, pour ceux d’entre eux qui refusent légitimement de s’en remettre à la police ou à la justice d’État, est de cloisonner, quadriller, sécuriser encore un peu plus les lieux communautaires – isolant telle personne pour que sa seule présence ne fasse pas violence à telle autre ; excluant, excommuniant, tel.l.e pair.e, parce qu’elle/il a failli, trahi, en exerçant son pouvoir dans l’entre-soi. Des institutions judiciaires DIY se constituent alors comme des simulacres monstrueux : s’il s’agit de ne pas s’en remettre à la police et à la justice dominantes, on en autorise de fait des émanations qui colonisent les collectifs. Cette gestion au quotidien des violences intermilitantes, ne pouvant être vécues que sur le mode d’offenses et de blessures subjectives, est chronophage, anthropophage pour les collectifs. Elle entame l’imaginaire qui rend possible la création d’autres modalités de travail de la #violence. Elle est aussi émotionnellement et politiquement épuisante, elle désoriente les processus de conscientisation politique, elle abîme les engagements.


  • L’audiovisuel public dans le miroir de l’affaire Gallet
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160118/l-audiovisuel-public-dans-le-miroir-de-l-affaire-gallet

    Dans un souci d’« exemplarité », la ministre de la culture invite #Mathieu_Gallet, condamné pour favoritisme, à abandonner son poste de PDG de Radio #France. Mais le pouvoir gagnerait en crédibilité s’il n’avait toléré, avec le CSA, que l’audiovisuel public se transforme en pétaudière, avec des PDG nommés dans des conditions opaques, garantissant une tutelle permanente et oppressante de l’Élysée.

    #Delphine_Ernotte #France_Télévisions #Françoise_Nyssen #Radio_France


  • The Ghost of the Mechanical Turk | Jacobin
    https://www.jacobinmag.com/2017/12/middle-east-digital-labor-microwork-gaza-refugees-amazon

    It is significant that the World Bank thinks that Gaza and the West Bank are “particularly relevant” destinations for #microwork. In the global race to the bottom, the “bottom” is an open-air prison and an area under military occupation. According to their 2014 report, these sites pose “limited risks” to employers in terms of having to pay any full-time employment benefits or a minimum wage. Protections may be “risky” for employers. But making someone dependent for their survival on an algorithm with zero accountability is risky. Not paying them an adequate hourly rate to feed themselves or their family is risky. Irregular or excessive working hours resulting in repetitive strain, eye problems, or insomnia are risky.

    One of the big selling points of digital workplaces is also that they are blind to race and gender. But the inherent inequalities of these systems don’t go away just because participants remain anonymous. After Chinese labor camps were exposed for forcing prisoners to play profitable online games, gaming chatrooms began to use “Chinese gold-farmer” as a pejorative for worker-players trying to sell virtual goods. Syrian players in Shatila who viewed their gaming activities as leisure rather than work complained that their broken English or Arab names meant they were viewed by other players as unwanted guest workers or “gold-farmers.” Microworkers have no protection from similar dynamics on digital labor platforms.

    #digital_labor #Proche-Orient via @antoniocasilli


  • The entire history of Black Mirror, as told by its stars | Dazed
    http://www.dazeddigital.com/film-tv/article/38414/1/the-entire-history-of-black-mirror-as-told-by-its-stars

    Over the course of three months, we spoke with the key creators of #Black_Mirror to reflect on its three series to date, discover its origins and future, and uncover how the episodes are built for the most wildly original and unrelentingly dark show on television. Strap in.


  • Est-il vrai que Facebook rémunère « Le Monde » et « Libération » pour aider à trier les fake news ? Oui.
    http://www.liberation.fr/checknews/2018/01/08/est-il-vrai-que-facebook-remunere-le-monde-et-liberation-pour-aider-a-tri

    Dans son édition de la semaine dernière, le Canard enchaîné a publié un article intitulé : « Entre Le Monde et Facebook, un beau compte de fake », qui fait beaucoup parler. Le palmipède « révèle » que le réseau social finance le Monde . Un article à la fois un peu survendu et incomplet.

    Survendu parce que ce n’est pas un scoop. Incomplet parce que le Monde n’est pas le seul média français financé par Facebook pour faire la chasse aux fausses nouvelles. Libération (ainsi que d’autres médias) sont également payés par FB pour la même besogne. (…)

    Concrètement, plusieurs médias français (mais aussi américains) sont destinataires d’une liste de liens envoyée par Facebook, liste qui renvoie vers des contenus signalés par l’algorithme ou des internautes. Il y a plusieurs centaines de liens dans la liste. Ce lundi matin, on en compte par exemple 374. (…)

    A charge des médias partenaires de vérifier ces contenus. Il n’existe évidemment aucune obligation de quantité. De même, les médias ne traitent que les contenus qu’ils jugeront intéressants. Quand on considère que l’info est fausse, on écrit un article pour en faire la démonstration. Facebook accolera ensuite au contenu douteux cet article en lien. De manière à ce que l’internaute soit averti que l’info est jugée fausse par des médias. (…)

    En échange de ce travail, Facebook nous rémunère donc. Le montant versé dépend du nombre de papiers vérifiés. A Libé, le montant perçu en 2017 (première année du contrat) nous permet à peu près de financer deux postes supplémentaires.

    Loi sur les #fake_news, Macron décodeur-en-chef : https://seenthis.net/messages/658069

    Car il devient de plus en plus difficile de se déclarer soldat de la vérité. L’enrôlement plus ou moins crapoteux au service du grand capital numérique n’était déjà pas bien glorieux – on ne s’était d’ailleurs pas trop précipité pour faire la publicité de ces collaborations. On apprend en effet depuis peu que bon nombre de rédactions touchent de Google et Facebook pour mettre à disposition des équipes de journalistes-rectificateurs aidant à purger les tuyaux. Il faut vraiment que l’argent manque pour accepter ainsi de se transformer en égoutiers de l’Internet pour le compte des Compagnies des Eaux qui prospèrent en surface. Bien sûr ça n’est pas de cette manière qu’on présente les choses, cependant même ré-enjolivée en cause commune de la vérité démocratique, l’association normalisatrice avec les grossiums de la donnée produit déjà un effet bizarre.

    Où il est aussi question du récent sondage sur le #conspirationnisme : https://seenthis.net/messages/657780

    • Comment fonctionne le partenariat entre « Le Monde » et Facebook sur les fausses nouvelles
      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/01/09/comment-fonctionne-le-partenariat-entre-le-monde-et-facebook-sur-les-fausses

      L’enterprise donne accès aux médias partenaires à un fil d’articles signalés comme « suspects », issus des signalements d’internautes ou repérés par les algorithmes de la plateforme. On y trouve chaque jour des dizaines de nouveaux contenus de toutes sortes. Certains émanent de médias traditionnels, y compris du Monde, d’autres de sources diverses et variées.

      Les médias partenaires peuvent ensuite examiner ces contenus et peuvent donner une des appréciations suivantes pour chacun d’entre eux :
      • « Vrai », lorsqu’il s’agit d’une information avérée dans les grandes lignes ;
      • « Faux » , pour les articles dont l’information principale est fausse ;
      • « Mélange » , lorsque l’article contient de fausses informations, mais que l’information principale est correcte ;
      • « Non éligible », lorsqu’il est possible d’apporter des précisions concernant un article, sans se prononcer sur sa véracité.

      Lorsqu’un article a été signalé comme « faux » par un média partenaire de Facebook, la plateforme envoie un message d’alerte à tout internaute souhaitant le partager pour le prévenir qu’il existe des articles en contestant le contenu, en lui proposant de les lire.

      Par ailleurs, la plateforme dit réduire nettement la visibilité des contenus signalés comme « faux », et dans une moindre mesure celle des articles labellisés « mélange ».

      Près d’un an après le début de ce partenariat avec Facebook, nous avons examiné des milliers d’articles dans le cadre de celui-ci et évalué des centaines d’entre eux. A chaque fois que nous avons indiqué une appréciation sur la véracité des informations contenues dans un article, nous avons étayé celle-ci par un article publié dans la rubrique de vérification des faits des Décodeurs du Monde ; ce travail est consultable par chacun en remontant le fil de notre rubrique ou en parcourant notre annuaire recensant les fausses informations qui circulent en ligne.

      Ce sont ces liens que Facebook invite à lire lorsqu’un internaute veut partager un contenu signalé comme « faux ». Dans les autres cas, les contenus que nous proposons peuvent être mis en avant sous les articles en question sur Facebook, pour proposer à leurs lecteurs des informations complémentaires.
      […]
      Ce partenariat n’entrave en rien notre indépendance éditoriale vis-à-vis de Facebook. Ces dernières semaines nous nous sommes notamment interrogés sur la pertinence ou non des efforts engagés par l’entreprise dans la lutte contre les fausses informations.


  • La destruction d’archives se heurte à la communauté scientifique
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020118/la-destruction-d-archives-se-heurte-la-communaute-scientifique

    Le site de conservation des #archives à Pierrefitte Un projet du #ministère_de_la_culture visant à réduire le nombre d’archives publiques afin d’économiser 7 millions d’euros en cinq ans provoque une belle unanimité contre lui. Car les archives n’intéressent pas que les chercheurs : « Des archives publiques bien tenues sont essentielles à un État de droit », rappelle l’historienne Raphaëlle Branche.

    #France

    • Des archives que personne, jamais, ne pourra lire.

      C’est ce que l’État a créé avec sa loi sur les archives de 2008 : des archives dites « incommunicables », qui ne seront jamais consultables par le citoyen. Les documents concernés sont ceux se rapportant aux armes de destruction massive, au sens très large (armes chimiques, armes nucléaires...). Une invention de 2008 et qui pour l’historienne, rédactrice en chef de la revue XXe siècle, et membre du Conseil supérieur des archives Raphaëlle Branche, pose un vrai problème. "On aurait tout à fait pu faire autrement, argumente-t-elle. On aurait pu créer un délai de 200, 150 ans, un délai très long. Symboliquement, politiquement, ça n’aurait pas du tout eu la même portée. Là, l’État dit au citoyen son absolu pouvoir".

      https://beta.arretsurimages.net/articles/archives-incommunicables-letat-dit-au-citoyen-son-absolu-pouvoi

    • Mémoire en danger : le démantèlement des archives nationales

      Au mois de novembre, un document interne du ministère de la culture a fuité auprès du grand public. Ce document, intitulé « Comité d’action publique 2022 », avait notamment pour ambition la réduction des archives nationales. Il prolonge les tentatives des gouvernements successifs depuis 2008 pour affaiblir l’archivage public.

      Les archives nationales sont un service public, organisé par le ministère de la culture. Elles existent depuis la Révolution française, afin de garantir à tous les citoyens un accès libre et gratuit aux décisions de l’Etat et aux actes publics. Le rapport ministériel mentionnait trois pistes en l’espace de quatre pages : réduire « de 10 à 20% la collecte annuelle » d’archives pour se focaliser sur « l’essentiel », « réévaluer en stock au moins 15 kilomètres » d’archives, et les dématérialiser sous forme numérique. Or, cela constitue une attaque sans précédent contre la mémoire nationale et celle de nombreux individus. Il redouble les tensions déjà ouvertes par la fermeture du dépôt de Fontainebleau en 2020. Les fragilités du bâtiment et l’inondation qui l’a frappé imposent de transférer les 90 kilomètres d’archives qu’il comporte, parmi lesquelles les comptes de campagne, les documents du Conseil d’Etat et les dossiers de naturalisation, des pièces essentielles à la vie démocratique du pays. Plutôt que d’en assurer la conservation, le gouvernement s’entête à économiser des bouts de chandelle !

      Or, les dépôts d’archive sont utiles à un grand nombre de personnes. Les unes retracent des généalogies familiales. Les autres étudient des décisions publiques, ou révèlent des documents délaissés et oubliés. Certaines reconstituent leurs carrières professionnelles, renouvellent des titres d’identité, vérifient des successions. Enfin, des individus font valoir la responsabilité des autorités publiques dans des scandales, ou dépouillent des fonds tout juste transférés pour mieux comprendre notre passé. Lesquelles de ces personnes accomplissent une recherche « essentielle » pour les managers de l’Elysée, et lesquelles vont être privées de leur accès à la mémoire nationale ? Historiens, journalistes, étudiants, immigrés, fonctionnaires, retraités : si le gouvernement maintient ses plans de liquidation des archives nationales, certains seront perdants.

      Les archives résultent déjà d’un travail préalable de tri. Les petits comptables du ministère de la culture l’ignorent sans doute, mais 90% des documents produits sont écartés par les archivistes, dont c’est une des activités centrales. Tout le contenu des archives nationales est donc déjà « essentiel ». De plus, la numérisation est un mot d’ordre macroniste global (ils veulent numériser l’accès aux droits à l’assurance-chômage, par exemple…). Mais il pose deux problèmes. D’abord, certaines personnes ne sont pas à l’aise avec l’usage du numérique, et ont besoin d’une aide humaine pour parvenir à leurs fins. Ensuite, dans ce cas particulier, les parchemins sont bien plus sécurisés que le numérique ! Nul ne sait si les formats informatiques actuels seront encore consultables sur les futurs supports dans un siècle. En outre, les bugs informatiques ou le piratage rendent le stockage numérique potentiellement fragile – bien plus que l’écrit imprimé. Même si l’obsession de réduire le personnel menace également la pérennité des documents. Un technicien de surface en moins, c’est un lanceur d’alerte perdu en cas de moisissure, de fuite, de rongeurs ou de parasites ! Traiter convenablement les personnels est une condition essentielle pour préserver nos archives.

      Aussi faut-il demeurer très vigilant à ce que le gouvernement remplisse ses obligations, et ne détruise pas notre mémoire collective. Une pétition circule, pour obtenir un nouveau bâtiment de conservation, des embauches de personnel et une implication du grand public et des professionnels de la recherche dans la détermination des politiques d’archives de la Nation. La mémoire collective est un bien précieux et fragile, victime d’attaques budgétaires par un gouvernement qui privilégie les plus riches – lesquels ont naturellement les moyens d’entretenir une mémoire privée avec de l’archivage personnel dans des coffres-forts inaccessibles !


  • Prison : des téléphones fixes vont être installés dans chaque cellule - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/01/02/prison-des-telephones-fixes-vont-etre-installes-dans-chaque-cellule_16199

    Pour endiguer le trafic de #portables et favoriser le maintien des liens familiaux, le ministère de la Justice a lancé un appel d’offres pour équiper progressivement les cellules. Les détenus pourront ainsi appeler quatre numéros autorisés par un juge ou l’administration.

    En août, peu de temps après sa nomination, la ministre de la Justice Nicole Belloubet s’était illustrée par une déclaration plutôt audacieuse. Tranchant avec le discours de ses prédécesseurs, elle avait estimé, au sujet des téléphones en prison, que l’idée n’avait « rien d’absurde. […] Il faut donner aux détenus des moyens de communication. Par des portables contrôlés ou des lignes fixes ». Un flot de fantasmes carcéraux et réactions politiques hostiles n’avaient pas tardé, dont celle de Georges Fenech, ancien député et secrétaire national du parti Les Républicains, s’enflammant sur Twitter : « Stupéfaction ! La ministre de la Justice favorable au portable en prison ! La garantie du lien avec Daech. »

    Cinq mois plus tard, la ministre confirme son intention et tranche : ce ne seront pas des portables bridés mais des lignes fixes qui feront leur apparition dans les cellules. Contactée par Libération, la chancellerie résume : « L’idée est de maintenir le lien avec la famille et d’apaiser les tensions en détention. » Chaque détenu pourra appeler des correspondants parmi une liste de quatre numéros préalablement validés par les magistrats ou l’administration pénitentiaire. Selon les révélations du Monde, ce mardi, le ministère a lancé un appel d’offres en novembre – qui s’inscrit dans le cadre d’un renouvellement de concession du marché des « point-phones » – afin d’équiper les 45 000 cellules (en dehors des quartiers disciplinaires). Le contrat devrait être signé au printemps.

    « Point-phones » ou portables clandestins

    C’est une petite révolution dans le monde carcéral. « Nous saluons cette initiative qui va renforcer les liens et les possibilités de communication vers l’extérieur », déclare François Bès, coordinateur du pôle enquête à l’Observatoire international des prisons (OIP). Le sujet est en effet sensible, comme tous ceux qui ont trait à la délicate articulation entre libertés fondamentales et exigences de sécurité. Pour preuve, le téléphone a fait une entrée tardive entre les murs. Il a fallu attendre la loi pénitentiaire de 2009 pour que les condamnés, mais aussi les prévenus, puissent y avoir accès. « Les personnes détenues ont le droit de téléphoner aux membres de leur famille. Elles peuvent être autorisées à téléphoner à d’autres personnes pour préparer leur réinsertion. Dans tous les cas, les prévenus doivent obtenir l’autorisation de l’autorité judiciaire », précise l’article 39. Aujourd’hui, les détenus disposent non pas de cabines mais de « point-phones », répartis dans les coursives et les promenades et dont l’utilisation est strictement contrôlée. Chacun doit respecter une liste de contacts autorisés et des créneaux définis (généralement de 9 à 11 heures, puis de 14 à 16 heures). Cet encadrement génère plusieurs difficultés : le manque de confidentialité des échanges, le coût élevé de communication, la difficulté à joindre un conjoint qui travaille ou des enfants à l’école.

    Par conséquent, les « point-phones » sont volontiers délaissés au profit des portables clandestins qui fourmillent en détention : on estime que chaque détenu en possède un. Selon l’administration pénitentiaire, au premier semestre 2017, 19 339 téléphones et accessoires (puces, chargeurs, etc.) ont été découverts. Ils franchissent souvent les murailles par la voie des airs ou se faufilent discrètement via les parloirs. Certains surveillants ont également été épinglés pour corruption. C’est donc non seulement pour favoriser le maintien des liens familiaux, essentiels pour la réinsertion des détenus, mais aussi pour lutter contre ces trafics que la chancellerie a opté pour l’installation de postes fixes. A l’origine du projet, il y a une expérimentation, depuis 2016, dans les 290 cellules de la prison de Montmédy (Meuse). Si l’on ne peut pas parler d’éradication des portables, les effets sont tout de même encourageants : les saisies ont baissé de 30% sur le premier trimestre 2017. « Ça ne règle pas le problème des trafics mais ça les apaise », explique-t-on en interne.

    « Des factures de 150 à 200 euros par mois »

    Reste à savoir quels seront les tarifs en vigueur concernant les nouvelles installations. « L’appel d’offres parle de facturation à la minute, remarque François Bès. Or aujourd’hui, on est autour de 70 centimes dans la plupart des établissements. Certains détenus, à Réau en Seine-et-Marne, nous ont raconté qu’ils avaient des factures de 150 à 200 euros par mois ! Certes, à Montmédy, les tarifs ont été négociés à 20% à la baisse mais ça reste cher ». D’après la chancellerie, la société choisie prendra financièrement en charge l’ensemble de l’opération et sera rémunérée par le prix des communications payées par les détenus. « La concession sur dix ans devrait leur permettre d’avoir des tarifs plus abordables qu’à Montmédy », explique-t-on. Pour autant, cela ne marque pas la fin de la chasse aux portables illégaux. En parallèle, des brouilleurs « rebootés en permanence pour s’adapter aux nouvelles technologies » seront installés dans tous les établissements pénitentiaires.
    Julie Brafman

    Je les trouve totalement à côté de la plaque ! Pourquoi passer par un tel système avec des appels aussi chers et qui plus est placés sur écoute alors qu’on peut avoir un portable clandestin qui sera beaucoup plus pratique et moins cher ? Sûrement parce que ça nécessite encore une fois de passer par une entreprise privée qui va pouvoir s’en mettre plein les poches !
    #prison #administration_pénitentiaire #téléphone


  • #Facebook Says It Is Deleting Accounts at the Direction of the U.S. and Israeli Governments
    https://theintercept.com/2017/12/30/facebook-says-it-is-deleting-accounts-at-the-direction-of-the-u-s-and-

    Needless to say, Israelis have virtually free rein to post whatever they want about Palestinians. Calls by Israelis for the killing of Palestinians are commonplace on Facebook, and largely remain undisturbed.

    #Palestine


  • How Syria’s White Helmets became victims of an online propaganda machine | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2017/dec/18/syria-white-helmets-conspiracy-theories

    The Russian strategy has been very successful at shaping the online conversation about the White Helmets. By gaming the social media algorithms with a flood of content, boosted by bots, sock puppet accounts and a network of agitators, propagandists are able to create a “manufactured consensus” that gives legitimacy to fringe views. Even Russia’s official channels, such as its UK embassy Twitter accounts, post memes discrediting the organisation.

    “If you scroll through tweets about the White Helmets, pretty much every other conversation is equating them with Isis, calling them terrorists. It looks like they are the bad guys,” said Sam Woolley, who studies computational propaganda at the University of Oxford

    un article qui va « un peu » à l’encontre de ce qu’on lit en général sur seenthis…

    #propagande #Syrie #Russie #fow


  • Les Jeux Olympiques de Paris sombreront-ils dans la folie de la propriété intellectuelle ? – – S.I.Lex –
    https://scinfolex.com/2017/10/09/les-jeux-olympiques-de-paris-sombreront-ils-dans-la-folie-de-la-propriete

    Alors que le Parlement français vient à peine de faire passer l’essentiel de l’état d’urgence dans le droit commun, c’est donc un autre régime d’exception qui sera certainement instauré en 2024, avec des conséquences inquiétantes à la clé. Cette loi aura en effet pour but d’organiser un certain nombre de transferts d’autorité de l’Etat français vers le CIO. Le réseau de transport devra notamment être réagencé de manière à mettre en place une « Voie Olympique » permettant aux athlètes de circuler entre les différents sites des épreuves. Cela revient donc à dire que certaines voies publiques de circulation vont être « privatisées » durant la période des Jeux, ce qui arrivera aussi dans les nombreuses « fanzones » dont la capitale va sans doute se couvrir. Des dérogations au Code du travail pourraient également (encore…) être apportées afin de faciliter l’emploi de travailleurs jetables pour la construction des édifices olympiques ou pour assurer la logistique des Jeux.

    […]

    En 2012, l’historien Pierre Clastres, spécialisé dans l’histoire des Jeux, avait livré une interview glaçante dans les colonnes de Libération, dans laquelle il revenait sur les aspects les plus inquiétants de la loi olympique pour conclure :

    Le CIO a besoin d’une #dictature ou d’un pays #ultralibéral pour imposer ses règles.

    Cela tombe bien : la France ressemble de plus en plus à la combinaison des deux et on n’ose imaginer ce que donnera la superposition du #régime d’#exception voulu par le #CIO et de l’#état d’#urgence perpétuel auquel nous sommes à présent soumis…


  • Après 24h d’emballement sur la toile, je me pose un peu pour vous relayer plus d’infos sur le décryptage de l’article bidon du JDD !

    Donc pour retrouver tout le décryptage, c’est par là : https://twitter.com/ValKphotos/status/942791427691614208

    Ou mis en forme par ici chez @lundimatin : FakeNews sur Notre-Dame-des-Landes - Quand le JDD publie de faux scoops avec des images volées ou détournées :
    https://lundi.am/fake-JDD-ZAD

    Articles après le décryptage :

    Le « Journal du Dimanche » a-t-il inventé une cache d’armes dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ?
    http://www.liberation.fr/checknews/2017/12/19/le-journal-du-dimanche-a-t-il-invente-une-cache-d-armes-dans-la-zad-de-no

    Le « JDD » publie des photos « secrètes » de NDDL... provenant en réalité des réseaux sociaux
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/12/19/le-jdd-publie-des-photos-secretes-de-nddl-en-realite-trouvees-sur-les-reseau

    Dans le JDD, des photos faussement "secrètes" de la ZAD... et venant directement de la gendarmerie
    https://www.arretsurimages.net/articles/2017-12-19/Dans-le-JDD-des-photos-faussement-secretes-de-la-ZAD-id10398
    libéré 48h : https://www.arretsurimages.net/TMP-108594BC36-10398-55089#

    Notre-Dame-des-Landes. Le JDD s’excuse pour des photos de la ZAD
    (reprise d’une dépêche AFP plutôt bancale)
    https://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/nddl/notre-dame-des-landes-le-jdd-s-excuse-pour-des-photos-de-la-zad-5458026

    Réactions du JDD :

    L’article a changé de titre et la vidéo contenant les images anachroniques rajoutées en plus de celles fournies par la gendarmerie a été retirée :
    http://www.lejdd.fr/societe/notre-dame-des-landes-les-photos-secretes-de-la-zad-3522752
    On peut retrouver la version initiale mais sans la vidéo ni une partie des photos :
    http://web.archive.org/web/20171217030208/http://www.lejdd.fr/societe/notre-dame-des-landes-les-photos-secretes-de-la-zad-3522752
    Le directeur se fend d’un "courrier aux lecteurs" et reconnait l’absence de vérification mais c’est quand même eux qui zont raison hein :
    http://www.lejdd.fr/societe/a-nos-lecteurs-au-sujet-des-photos-de-notre-dame-des-landes-3525275

    En réalité un autre rapport que celui présenté par le JDD vient d’être remis au gouvernement, il en est rapidement question dans le Quotidien du 16 décembre :
    https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/quotidien-deuxieme-partie-19-decembre-2017.html à partir de 16’30’’, mais il faut se créer un compte
    ou en résumé succin ici : https://twitter.com/Qofficiel/status/943197701008777222

    Je continue à m’interroger sur la réelle source du JDD :
    – soit un rapport de gendarmerie étonnamment "vide" en documents alors que des milliers de photos ont dû être faites
    – soit des personnes très énervées contre la tournure que prend le dossier du projet et qui utilisent un vieux rapport

    L’analyse du changement de communication est assez intéressante à faire aussi avec depuis une semaine un nouveau type d’invités qui soutiennent encore très mollement le projet ("oui on a fait des erreurs mais...") et qui pour certains changent radicalement, tel un Christophe Barbier, chef de l’Express et proche de Macron, qui explique qu’il ne faut absolument pas de violences pour évacuer la zad ! Par deux fois j’ai vu des journalistes tellement surpris par les réponses qu’ils n’arrivent pas à le dissimuler, en mode yeux ronds, et lors de l’interview de Castaner sur France 3 il a fallu que le journaliste aille le chercher sur le terrain de la violence supposée de la zad pour qu’il explique que vu l’article du JDD (sic !) il y avait effectivement de quoi s’inquiéter et envisager aussi une expulsion militarisée... Pour la première fois j’entends une nouvelle raison introduite pour expliquer l’évacuation : les conditions sanitaires, la présence d’enfants, etc.

    Évidemment je ne me leurre pas sur ce changement : gain de temps, encore, préparation de l’opinion publique, ou pourquoi pas, test pour voir comment serait perçue l’éventualité de "récupérer" la zad dans le giron du greenwashing vu le succès international de l’allocution de Macron au Planet Summit...

    En tout cas, je me suis bien régalée à voir l’ampleur que prenait le décryptage et ça fait du bien !
    Des négociations sont en cours avec le JDD, là aussi c’est assez "savoureux" !!!




  • Is #Facebook bad for you? Facebook says it is, and the company has a solution : more Facebook
    https://qz.com/1158984/is-facebook-fb-bad-for-you-facebook-says-it-is-and-the-company-has-a-solution

    Yesterday (Dec. 15), a strange post went up on Facebook’s corporate blog. It was strange because it suggested that Facebook might, in fact, be bad for you.

    What solution can the social network provide? The same answer it gives to every question: namely, more Facebook.

    https://newsroom.fb.com/news/2017/12/hard-questions-is-spending-time-on-social-media-bad-for-us

    The post was the latest in Facebook’s somewhat new series, “Hard Questions.” This set of blog posts aims to address concerns that social media broadly, and Facebook specifically, might be having a negative impact on society. Topics include “Hate Speech,” “How We Counter Terrorism,” and the latest one, “Is Spending Time on Social Media Bad for Us?”

    The structure of these posts is usually the same. Step one: identify some ill in society. Step two: admit that people think technology, and Facebook, might be contributing to that ill. Step three: assert that more Facebook, not less, is the cure for said ill.

    In the new post on the potential downside of social media, the authors, who are researchers at Facebook, begin by correctly saying that people are worried about the effect social media has on relationships and mental health. They then point to research that suggests scrolling through Facebook, and blindly hitting the “like” button, makes people feel like crap. “In general, when people spend a lot of time passively consuming information—reading but not interacting with people—they report feeling worse afterward,” they write.

    The key phrase is “passively consuming.” The authors’ solution to this problem is not, as you might think, using Facebook less. It is using it more, and more actively. Instead of just liking things, and scrolling through our feeds, they suggest that we should be all-in. Send more messages, post more updates, leave more comments, click more reaction buttons. “A study we conducted with Robert Kraut at Carnegie Mellon University found that people who sent or received more messages, comments and Timeline posts reported improvements in social support, depression and loneliness,” they cheerily note.

    They then adds a caveat that “simply broadcasting status updates wasn’t enough; people had to interact one-on-one with others in their network.” But wait. Isn’t Facebook a social network, connecting me to hundreds or thousands of other people? I don’t need Facebook to interact one-on-one, over text, email, or coffee.

    Facebook might admit it has some negative effects, but it is unwilling to face up to the fact that the solution might be using it less. This latest post mentions Facebook’s “take a break” feature. This will hide your ex-partner’s profile updates for you after a break-up, to help in “emotional recovery.” Because, sure, that seems healthier than just not using Facebook at all for a little while.

    Pretty much every Facebook post about the ill effects of the platform follows this formula. Hate speech on Facebook is a problem. The solution? Use Facebook more to tag hate speech, so we can get rid of it. Kids are on Facebook, and it might not be good for them. The solution? Give them Facebook Messenger Kids, a new app made just for them. Facebook is causing political divisiveness in America. The solution? Use Facebook to build digital “communities.”

    Turns out Facebook’s “hard questions” are actually pretty easy. The answer, after all, is always the same.

    #tmi #fomo #déconnexion

    Nombre de Dunbar
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Dunbar

    Le nombre de Dunbar est le nombre maximum d’individus avec lesquels une personne peut entretenir simultanément une relation humaine stable. Cette limite est inhérente à la taille de notre cerveau impliqué dans les fonctions cognitives dites supérieures, le néocortex.

    Ce nombre est estimé par l’anthropologue britannique Robin Dunbar entre 100 et 230 personnes et a une valeur admise en pratique de 150 personnes.

    Ce nombre provient d’une étude publiée en 1992 par le chercheur Robin Dunbar. Dans cette étude, il analyse la taille du néocortex de différents primates et la compare au nombre d’individus de leurs groupes respectifs. Il a ainsi extrapolé ses résultats afin de déterminer un nombre maximum pour la taille d’un groupe d’humains. Ce nombre ne devrait donc théoriquement pas dépasser 150 individus. Au-dessus de ce nombre, la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer le fonctionnement du groupe. Il faut ensuite passer à une hiérarchie plus importante, avec une structure et des règles importantes (on le voit par exemple à l’échelle d’un pays et de son gouvernement).

    Dunbar indique par ailleurs que le langage que nous avons collectivement développé joue un rôle important dans notre capacité à entretenir des relations sociales avec environ 150 personnes. En effet, le fait de pouvoir parler à plusieurs individus simultanément permet d’établir des rapports efficaces et durables entre nous tous. En l’absence d’un tel outil de communication collective, chacun d’entre nous passerait la moitié de son temps à entretenir individuellement chacun de ses liens sociaux.

    Différentes études ont retrouvé des résultats proches du nombre de Dunbar dans le comportement des utilisateurs de réseaux sociaux sur Internet, en particulier sur Twitter ou Facebook.

    Dans le @mdiplo, voir :

    · Le prix de la déconnexion, par Evgeny Morozov (23 février 2017) https://blog.mondediplo.net/2017-02-23-Le-prix-de-la-deconnexion

    · Le malade virtuel, par Virginie Bueno (juin 2015) https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/BUENO/53095

    · Twitter jusqu’au vertige, par @Mona Chollet (octobre 2011) https://www.monde-diplomatique.fr/2011/10/CHOLLET/21103



  • « Jamais un gouvernement n’était allé aussi loin. » En France, une politique migratoire d’une dureté sans précédent
    http://lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/12/16/en-france-une-politique-migratoire-d-une-durete-sans-precedent_5230634_16542

    Au fil des jours, la « ligne Macron » devient plus nette et dessine une politique migratoire d’une rudesse sans précédent. Vendredi 15 décembre, en fin de journée, une réunion interministérielle sur le projet de loi immigration, qui arrivera en discussion au printemps 2018, a révélé que les tenants de la ligne dure avaient la main. La même philosophie prévalant déjà sur le terrain et dans les textes ministériels.

    A Calais (Pas-de-Calais), alors que la ville grelotte, les couvertures des 700 exilés sont jetées au gré des opérations policières, les abris détruits. A Paris, les petites toiles de tente des plus chanceux des 800 migrants vivant dans les rues ont été lacérées cette semaine. Dans ces deux départements, la consigne donnée aux forces de l’ordre d’éviter la reconstitution de campements efface toute autre considération.

    Dans la Roya ou l’arrière-Briançonnais, la frontière se gère à coups de « refus d’entrée » notifiés en série. Et, dans les terres, les centres de rétention administrative se referment chaque soir sur de nouveaux prisonniers – de plus en plus souvent des familles –, comme dans celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), où un homme, marié avec une femme ayant obtenu le statut de réfugiée et père d’une petite fille, a entamé une grève de la faim et de la soif début décembre.

    Outre cette dissuasion policière, les dernières semaines ont été marquées par la publication de circulaires signant une volonté d’expulser massivement. Dans un texte daté du 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a demandé à chaque préfet de multiplier les renvois et d’élaborer un plan de bataille départemental. Les déboutés du droit d’asile, mais aussi des « dublinés », ces demandeurs qui ont laissé trace de leur passage dans un autre pays d’Europe avant d’arriver en France, sont dans la ligne de mire du ministère.

    Pour parvenir à expulser, l’intérieur va même désormais prendre la main sur l’hébergement d’urgence qu’il sait être une réserve de sans-papiers. Une autre circulaire, en date du 12 décembre, instaure la création de « brigades mobiles » envoyées pour contrôler les personnes hébergées dans les hôtels sociaux.

    Jamais un gouvernement n’était allé aussi loin. C’est la première fois, en effet, que le ministère de l’intérieur met un pied dans l’hébergement d’urgence géré par les affaires sociales. Depuis la création du ministère de l’identité nationale, au début du quinquennat Nicolas Sarkozy en 2007, l’immigration glisse doucement vers l’option sécuritaire, donc sous la coupe de la Place Beauvau.

    Le quinquennat Hollande n’a pas mis de coup d’arrêt à ce transfert. Et un nouveau pas est désormais franchi. C’est d’ailleurs l’analyse du Conseil de Paris, qui rappelle dans un vœu voté lundi 11 décembre « qu’un débat de nature comparable [sur les contrôles dans les centres d’hébergement] a déjà été ouvert en 2007 à l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’immigration ».

    M. Sarkozy y avait renoncé. Emmanuel Macron ira-t-il plus loin ? La question s’invite dans le débat alors qu’au vu de sa campagne présidentielle la France s’attendait à une politique plus nuancée. Le candidat d’En marche ! avait parlé d’« honneur de la France à accueillir les réfugiés » et avait cité l’Allemagne en modèle. Cet été, le président avait ouvert un autre espoir, promettant qu’à la fin de l’année plus personne ne dormirait « dans les rues, dans les bois ».

    Dans la pratique, depuis l’élection de M. Macron, la Place Beauvau et son ministre d’Etat, Gérard Collomb, ont la main sur la gestion territoriale, l’Elysée se penche sur les flux africains et se garde les opérations à haute portée symboliques comme la réinstallation de réfugiés venus d’Afrique ou de Turquie. Dans le fond, MM. Macron et Collomb semblent partager la même vision de la politique migratoire et s’accordent sur une stratégie en trois temps.

    D’abord ils souhaitent limiter les arrivées en France. Ce qui explique la politique menée en Afrique et notamment en Libye. Ensuite, M. Collomb déploie beaucoup d’énergie pour monter des dispositifs permettant de renvoyer tous ceux qui n’obtiennent pas l’asile. Et, dans un troisième temps, une fois les deux premiers points mis en place, il s’agira de mieux accueillir des réfugiés, qui, de fait, seront bien moins nombreux compte tenu de la politique de dissuasion migratoire appliquée.

    « On semble surpris, mais, en quelques phrases prononcées devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, M. Macron avait déjà tout dit », remarque Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et à l’Institut Jacques-Delors. Ce 31 octobre, il avait rappelé qu’il souhaitait une « petite révolution » qui consiste à donner le statut de réfugié « dès le pays d’origine », puis à « être intraitable avec celles et ceux qui ne relèvent pas du droit d’asile, accélérer nos procédures de manière drastique pour qu’en six mois, recours compris, nous puissions y voir clair, que la décision prise soit notifiée ». La raison était simple : « pouvoir efficacement reconduire dans leur pays celles et ceux qui n’ont pas ces titres à l’issue de la procédure ».

    Sept mois après l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron, plus question donc de penser qu’il y aurait deux lignes sur ce sujet. Le chef de l’Etat et Gérard Collomb semblent au diapason. Ce qui laisse d’autant moins de marges de manœuvre au secteur associatif, qui pallie quotidiennement ce que l’Etat n’offre pas en termes d’hébergement et de nourriture, et s’inquiète de la suite.

    « Le contrôle dans les hôtels sociaux va casser ce lien de confiance établi avec des populations en difficulté dans ces lieux sanctuarisés. Je reste très dubitatif sur les résultats, car les gens auront peur de nous et on risque de renvoyer à la rue des personnes qu’on avait sorties », observe Bruno Morel, le directeur d’Emmaüs Solidarité.
    Une crainte partagée par Laurent Giovannoni du Secours catholique, pour qui les mesures annoncées révèlent « un manque criant de pragmatisme ou de réalisme ». Selon lui, « des milliers de personnes et de familles seront à la rue dont les pouvoirs publics ne sauront que faire, malgré ce qu’ils prétendent ». Preuve que personne ne croit vraiment à la possibilité de renvoyer très massivement.

    Dans le silence des bureaux, certains observateurs évoquent quand même une possible ouverture pour les sans-papiers non expulsables auxquels il manquait juste un titre de séjour pour prendre le chemin de l’intégration. La circulaire qui autorise les recensements dans les foyers va concentrer l’attention sur eux. Rien n’empêchera demain les préfets de regarder les dossiers au plus près pour régulariser au cas par cas. Une vague de régularisations massives comme la France en a connu ces dernières décennies n’est plus dans l’air du temps. Mais il existe des manières moins voyantes de parvenir au même but.

    Si les associations comptent bien faire entendre leur voix sur ce point, elles espèrent aussi occuper le terrain lundi 18 décembre. La Journée internationale des migrants devrait marquer un temps fort dans leurs états généraux des migrations.

    Une initiative portée par 470 collectifs locaux ou nationaux qui ont envie, comme le rappelle Jean-François Dubost, d’Amnesty International, « de remettre au cœur des choix du gouvernement le respect des droits des migrants et des réfugiés, quel que soit leur statut, comme l’exigent les textes internationaux de protection des droits humains ». Et de montrer qu’il existe bien une France de l’accueil.

    #migration #réfugiés #frontières #macronie


  • Des leçons d’#autodéfense pour lutter contre la violence sexiste | HCR http://www.unhcr.org/fr-fr/news/stories/2017/12/5a2f95e9a/lecons-dautodefense-lutter-contre-violence-sexiste.html

    Avant que son activisme ne provoque les menaces qui l’ont menée à fuir son Yémen natal, Layla, 35 ans, a lutté passionnément pendant 10 ans pour défendre des #femmes qui avaient survécu à la violence. Aujourd’hui, elle a appris à se défendre aux côtés d’autres femmes réfugiées, grâce au premier centre d’auto-défense exclusivement dédié aux femmes du Moyen-Orient.