• Matignon met France Stratégie sous tutelle, jugeant son rapport « farfelu »

    http://www.latribune.fr/economie/france/matignon-met-france-strategie-sous-tutelle-jugeant-son-rapport-farfelu-753

    Edouard Philippe va annoncer vendredi une reprise en main de France Stratégie, l’organisme de réflexion économique dépendant de Matignon, après un rapport aux propositions jugées « farfelues », notamment un nouvel impôt immobilier, a-t-on appris jeudi de source proche du Premier ministre.

    La décision fait suite à la publication d’un rapport mercredi aux pistes volontairement « radicales » pour résorber les dettes publiques en Europe, aux propositions visiblement très éloignées de l’esprit de l’exécutif Macron-Philippe.

    Dans son rapport publié mercredi, France Stratégie proposait notamment une solidarité financière accrue des Etats de la zone euro, un rachat de la dette publique des Etats par la BCE, ainsi qu’un impôt exceptionnel sur le capital immobilier.

    Selon cette proposition de nouvel impôt, l’Etat pourrait décréter « qu’il devient copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels, à hauteur d’une fraction fixée de leur valeur ».

    Il deviendrait ainsi « créditeur d’une somme annuelle, correspondant à une part de la fraction de la rente immobilière associée à la copossession du terrain ».

    • Mieux que Super Dupont ! Super Edouard Philippe va sauver la France !

      Je demande à mes potes (ou disons mes patrons) de pondre une ineptie effrayante pour les quelques un(e)s qui ont voté pour moi.
      Je fais le sauveur !
      Pendant ce temps là, j’éradique tout le social de ce pays, au profit de mes susdits potes.
      Belle opération de #manipulation #médiatique.

    • Comme parmi d’autres instances qui contribuent à gouverner la restructuration (par ex. le FMi sur la dette grecque), il se passe quand même des choses bizarres au Conseil d’analyse économique. La politique néolibérale parait tanguer quand, par exemple, l’économiste du régime, Aghion, se voit démenti par ce conseil.

      https://blog.mondediplo.net/2017-10-03-Le-service-de-la-classe

      Le 21 septembre au 7-9 de France Inter, la science économique en majesté avec Philippe Aghion. Question : « Y a-t-il un lien prouvé et démontré entre la facilité à licencier et la facilité à embaucher ? ». Réponse aux avirons : « Je pense qu’il y a eu des études, je ne peux pas vous dire quelle étude, mais enfin c’est prouvé, c’est établi ». La science donc, un peu bafouillante, mais la science : il doit y avoir « une étude » quelque part, mais on ne sait plus où on l’a mise, ni même si elle existe, peu importe en vérité : « c’est prouvé ». Ah mais flûte, voilà qu’on a retrouvé une « étude », du Conseil d’Analyse Economique, dont Aghion fut membre de 2006 à 2012, et qui dit ceci : « Il n’y a pas de corrélation démontrée entre le niveau de protection de l’emploi et le #chômage (8) »… Dans n’importe quelle société démocratique décemment constituée, voir engagé si lourdement le sort de tant de personnes par de pareils tocards sur des bases aussi inexistantes serait instantanément un objet de scandale national. Pas ici.

    • par rapport au commentaire de @colporteur le « focus » du conseil d’analyse économique se trouve ici : http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-focus03.pdf

      et ses conclusions sont :

      Au total, deux conclusions essentielles peuvent être tirées de
      ces travaux empiriques :
      > il n’y a pas de corrélation démontrée entre le niveau de protection de l’emploi et le taux de chômage ;
      > une protection plus stricte de l’emploi réduit l’emploi.

      Je me permets de douter du caractère « essentiel » de ces conclusions, au vu de « l’ambiguïté » (selon le mot de l’auteure du focus elle même) du rapport entre ces notions Protection/TauxEmploi/TauxChomage dans les études économiques (théoriques ou empiriques).

    • tout-à-fait, d’ailleurs cette interview de france inter du « grand chercheur en économie » est effarante à ce sujet : monsieur aghion qui a « tout écrit, tout prévu », en guise de démonstration, nous dit qu’il « croit dans la flexisécurité » et le « tropisme scandinave » ... et donc qu’il faut flexibiliser ! Pensez donc, si j’y crois, c’est que c’est vrai !!!

      https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-21-septembre-2017

      du coup, osons causer a fait une vidéo à ce sujet :
      http://osonscauser.com/loi-travail-baisse-chomage-cest-faux-dit-science-economique


    • Cf. Et si l’on refondait le droit du travail…, par Alain Supiot (@mdiplo, octobre 2017) https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/SUPIOT/58009

      Il faudrait être aveugle pour disconvenir de la nécessité d’une profonde réforme du droit du travail. Toujours, dans l’histoire de l’humanité, les mutations techniques ont entraîné une refonte des institutions. Ce fut le cas des précédentes révolutions industrielles, qui, après avoir bouleversé l’ordre ancien du monde en ouvrant les vannes de la prolétarisation, de la colonisation et de l’industrialisation de la guerre et des massacres, entraînèrent la refonte des institutions internationales et l’invention de l’État social. La période de paix intérieure et de prospérité qu’ont connue les pays européens après guerre est à mettre au crédit de cette nouvelle figure de l’État et des trois piliers sur lesquels il reposait : des services publics intègres et efficaces, une Sécurité sociale étendue à toute la population et un droit du travail attachant à l’emploi un statut garantissant aux salariés un minimum de protection.

      Nées de la seconde révolution industrielle, ces institutions sont aujourd’hui déstabilisées et remises en cause. Elles le sont par les politiques néolibérales, qui entretiennent une course internationale au moins-disant social, fiscal et écologique. Elles le sont aussi par la révolution informatique, qui fait passer le monde du travail de l’âge de la main-d’œuvre à celui du « cerveau d’œuvre », c’est-à-dire du travailleur « branché » : on n’attend plus qu’il obéisse mécaniquement à des ordres, mais on exige qu’il réalise les objectifs assignés en réagissant en temps réel aux signaux qui lui parviennent. Ces facteurs politiques et techniques se conjuguent en pratique. Il ne faut cependant pas les confondre, car le néolibéralisme est un choix politique réversible tandis que la révolution informatique est un fait irréversible, susceptible de servir des fins politiques différentes.

      Cette mutation technique, qui alimente les débats actuels sur la robotisation, la fin du travail ou l’uberisation, peut tout aussi bien aggraver la déshumanisation du travail engagée sous le taylorisme que permettre l’établissement d’un « régime de travail réellement humain », comme le prévoit la Constitution de l’Organisation internationale du travail (OIT), c’est-à-dire un travail procurant à ceux qui l’exercent « la satisfaction de donner toute la mesure de leur habileté et de leurs connaissances et de contribuer le mieux au bien-être commun ». Un tel horizon serait celui du dépassement par le haut du modèle de l’emploi salarié, plutôt que du retour au « travail marchandise ».

      (…) La révolution informatique offre une chance de conférer à tous les travailleurs une certaine autonomie, en même temps qu’un risque de les soumettre tous — y compris les indépendants, les cadres ou les professions intellectuelles — à des formes aggravées de déshumanisation de leur travail. Cette révolution ne se limite pas en effet à la généralisation de l’usage de techniques nouvelles, mais déplace le centre de gravité du pouvoir économique. Ce dernier se situe moins dans la propriété matérielle des moyens de production que dans la propriété intellectuelle de systèmes d’information. Et il s’exerce moins par des ordres à exécuter que par des objectifs à atteindre.

      À la différence des précédentes révolutions industrielles, ce ne sont pas les forces physiques que les nouvelles machines épargnent et surpassent, mais les forces mentales, ou plus exactement les capacités de mémorisation et de calcul. Incroyablement puissantes, rapides et obéissantes, elles sont aussi — comme aime à le répéter le savant informaticien Gérard Berry — totalement stupides. Elles offrent donc une chance de permettre aux hommes de se concentrer sur la part « poïétique » du travail, c’est-à-dire celle qui exige imagination, sensibilité ou créativité — et donc celle qui n’est pas programmable.


  • Loi antiterroriste : « Nous sommes passés de l’Etat de droit à l’Etat de surveillance »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/11/mireille-delmas-marty-nous-sommes-passes-de-l-etat-de-droit-a-l-etat-de-surv

    L’accumulation de textes sur la sécurité inquiète la juriste Mireille Delmas-Marty. ­ Elle dénonce une quasi-fusion entre le droit d’exception et le droit commun.

    Quel regard portez-vous sur les lois ­antiterroristes adoptées en France ­ces dernières années ?

    Quand on compare le débat sur la loi Sécurité et liberté présentée par Alain Peyrefitte, au ­début des années 1980, à ce qui s’est passé ­depuis une quinzaine d’années, on a l’impression d’avoir changé d’univers : à partir des ­années 1970, la montée en puissance des droits de l’homme semblait irréversible et l’Etat de droit un dogme inébranlable.

    Depuis les attentats du 11 septembre 2001, un repli ­sécuritaire et souverainiste semble avoir levé un tabou : il légitime jusqu’à la torture aux Etats-Unis et déclenche un peu partout une spirale répressive qui semble accompagner une dérive sans fin de l’Etat de droit.

    Peut-on reconstituer la généalogie de ce changement de monde ?

    L’Etat de droit a commencé sa dérive avec le Patriot Act, qui a été adopté aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

    L’exemple américain a encouragé d’autres pays démocratiques, y compris en Europe, à faire de même : en ce début du XXIe siècle, des pays comme l’Allemagne ou la France ont abandonné peu à peu des garanties qui paraissaient pourtant définitivement acquises. Outre-Rhin, la Cour de Karlsruhe a ainsi ­accepté, en 2004, la réactivation d’une loi nazie de 1933 sur les internements de sûreté qui n’avait pas été abrogée mais qui était longtemps restée inactive.

    En France, une loi de 2008 a introduit une ­rétention de sûreté conçue sur le modèle allemand de 1933. La dérive s’est ensuite

    • Mireille Delmas-Marty est juriste, professeure émérite au Collège de France. Elle a notamment publié Aux quatre vents du monde. Petit guide de navigation sur l’océan de la mondialisation (Seuil, 2016). A l’occasion du projet de loi antiterroriste, qui a été adopté à l’Assemblée nationale mercredi 11 octobre, elle analyse, ici, les dérives sécuritaires depuis le 11 septembre 2001.

      Quel regard portez-vous sur les lois ­antiterroristes adoptées en France ­ces dernières années ?

      Quand on compare le débat sur la loi Sécurité et liberté présentée par Alain Peyrefitte, au ­début des années 1980, à ce qui s’est passé ­depuis une quinzaine d’années, on a l’impression d’avoir changé d’univers : à partir des années 1970, la montée en puissance des droits de l’homme semblait irréversible et l’Etat de droit un dogme inébranlable.

      Depuis les attentats du 11 septembre 2001, un repli ­sécuritaire et souverainiste semble avoir levé un tabou : il légitime jusqu’à la torture aux Etats-Unis et déclenche un peu partout une spirale répressive qui semble accompagner une dérive sans fin de l’Etat de droit.

      Peut-on reconstituer la généalogie de ce changement de monde ?

      L’Etat de droit a commencé sa dérive avec le Patriot Act, qui a été adopté aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

      L’exemple américain a encouragé d’autres pays démocratiques, y compris en Europe, à faire de même : en ce début du XXIe siècle, des pays comme l’Allemagne ou la France ont abandonné peu à peu des garanties qui paraissaient pourtant définitivement acquises. Outre-Rhin, la Cour de Karlsruhe a ainsi ­accepté, en 2004, la réactivation d’une loi nazie de 1933 sur les internements de sûreté qui n’avait pas été abrogée mais qui était longtemps restée inactive.

      En France, une loi de 2008 a introduit une ­rétention de sûreté conçue sur le modèle allemand de 1933. La dérive s’est ensuite accélérée après les attentats de Paris commis en 2015.

      Il était légitime de proclamer l’état d’urgence mais les prolongations qui ont suivi ne s’imposaient pas. D’autant que, simultanément, la France a adopté plusieurs lois sur la sécurité, dont celle sur le renseignement de juillet 2015 qui légalise des pratiques restées en marge de la légalité. Cette accumulation n’a pas de précédent dans l’histoire du droit pénal français.

      Décèle-t-on, dans les années qui ­précèdent, les germes de ce mouvement de dérive de l’Etat de droit ?

      En France, ce mouvement est tangible dès la loi sur la rétention de sûreté de 2008, qui ne ­ concerne pas le terrorisme mais la criminalité à caractère sexuel. C’est à cette époque que l’on voit naître l’idée d’une dangerosité détachée de toute culpabilité.

      En vertu de ce texte, un simple avis de dangerosité émis par une commission interdisciplinaire suffit pour que le juge pénal ordonne la rétention d’une personne ayant déjà exécuté sa peine, et ce pour une ­période d’un an renouvelable indéfiniment.

      Depuis 2007, les discours politiques sur la ­récidive suggéraient de transposer le principe de précaution, jusqu’alors réservé aux produits dangereux.

      Cette démarche repose sur une vision anthropologique nouvelle. Auparavant, la justice s’inspirait de la philosophie des Lumières, qui est fondée sur le libre arbitre et la responsabilité. Avec le principe de précaution, on entre dans une philosophie déterministe : la personne étiquetée dangereuse est comme prédéterminée à commettre le crime. C’est une forme de déshumanisation qui me semble très dangereuse.

      Cette loi de 2008 a-t-elle inspiré les lois ­antiterroristes ?

      La notion de dangerosité est en effet très présente dans les textes de ces dernières années. En matière de terrorisme, la police administrative ne connaît qu’une seule limite : une formule standard qui prévoit que l’autorité administrative peut agir si elle a des « raisons sérieuses de penser » qu’une personne constitue une menace pour l’ordre public. Cette formule magique est beaucoup trop vague : ­répétée de loi en loi, elle dispense de démontrer en quoi le comportement de l’intéressé constitue une menace.

      Pourtant, c’est précisément la notion de ­limite qui caractérise l’Etat de droit dans une démocratie. La justice pénale est ainsi limitée par le principe de la légalité des délits et des peines et par la présomption d’innocence, qui impose de prouver la culpabilité avant de prononcer une peine.

      Avec la notion de dangerosité, on entre dans une logique d’anticipation qui, par définition, n’a pas de limites. Comment savoir où commence et où se termine la dangerosité ? Comment une personne peut-elle démontrer qu’elle ne passera jamais à l’acte ? Il ne peut pas y avoir de « présomption d’innocuité » car nous sommes tous potentiellement dangereux : nous sommes donc tous des suspects en puissance.

      Diriez-vous que les lois antiterroristes ­menacent fortement l’Etat de droit ?

      C’est tout l’ensemble qu’il faut considérer pour mesurer à quel point les garanties se sont affaiblies : en quelques années, nous sommes passés de l’Etat de droit à un Etat de surveillance, voire à une surveillance sans Etat au niveau ­international. Il faut nuancer, bien sûr : après 2015, la France n’a pas instauré la torture, ni ­remis en cause l’indépendance de la justice – nous ne sommes ni en Turquie ni en Pologne.

      L’Etat de droit, au confluent de la séparation des pouvoirs et du respect des droits de l’homme, est d’ailleurs un horizon que l’on n’atteint jamais complètement, comme la ­ démocratie. Mais cette avalanche sécuritaire nous en éloigne et l’on peut craindre que le mouvement continue. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a précisé que le projet en discussion « est loin d’épuiser le sujet ».

      Alors que la loi sur le renseignement de 2015 restreint déjà fortement le droit au respect de la vie privée, certains de ses dispositifs réservent encore des surprises, notamment les ­fameux algorithmes de détection des profils suspects, qui n’ont pas encore été expérimentés en France. Avec ces algorithmes, la surveillance ciblée sur les individus risque de basculer vers une surveillance de masse. Le tri des suspects potentiels pourrait se faire par une sorte de « pêche au chalut » à partir d’une masse de données indifférenciées, les big data, que des logiciels automatiques auraient la possibilité d’interpréter.

      Plus largement, les lois antiterroristes instituent une confusion générale des pouvoirs alors que l’Etat de droit repose, au contraire, sur la séparation des pouvoirs.

      En matière de terrorisme, la police administrative, qui est traditionnellement préventive, devient ­répressive : le ministre de l’intérieur ou le préfet peuvent ainsi imposer des assignations à résidence qui ressemblent à une peine, le suivi sociojudiciaire. A l’inverse, la justice ­pénale, qui est traditionnellement répressive, devient préventive, puis prédictive, voire divinatoire : en invoquant la notion de dangerosité, on remonte à des intentions qui n’ont aucun commencement d’exécution.

      Les lois antiterroristes du gouvernement font entrer certaines des dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun. Craignez-vous un phénomène de ­contamination ?

      On est au-delà de la contamination, il y a presque fusion entre le droit d’exception et le droit commun : on ne voit plus très bien ce qui les distingue ! Le rapporteur de l’Assemblée nationale a d’ailleurs expliqué que les nouveaux pouvoirs de l’autorité administrative étaient « inspirés » par l’état d’urgence. Et le projet durcit le droit commun en étendant les ­contrôles de police dits « aux frontières » par un amalgame douteux entre terrorisme et migrations irrégulières.

      Comment caractériseriez-vous la période que nous vivons ?

      Je parlerais à la fois de confusion et de fusion. Confusion entre terroristes et étrangers, ­entre mesures administratives et mesures pénales, entre droit commun et droit d’exception. Mais aussi fusion entre paix et guerre.

      George W. Bush, après les attentats du 11-Septembre, a proclamé l’« état de guerre », mais il n’y avait pas d’autre moyen, aux Etats-Unis, pour transférer des pouvoirs à l’exécutif : la Constitution américaine ne prévoit pas d’état d’exception.

      En 2015, la France était en revanche dans une autre situation : il n’était pas nécessaire de ­ déclarer la guerre pour appliquer la loi de 1955 sur l’état d’urgence, et pourtant, les discours officiels ont usé et abusé de l’expression « guerre contre le terrorisme », et pas seulement comme un argument rhétorique ou une simple métaphore.

      La France a mené des opérations militaires dans plusieurs pays étrangers et elle y a ajouté des opérations de police, puis des « attentats ciblés » et autres « exécutions extrajudiciaires » qui marquent une nouvelle confusion des rôles : le chef d’Etat déclare la culpabilité, prononce la peine et la fait exécuter.

      Comment résister à cet affaiblissement de l’Etat de droit ?

      Ce qui m’inquiète le plus, c’est la résignation apparente d’une grande partie de la société qui s’est habituée aux dérives de l’Etat de droit. La France semble atteinte d’une espèce d’anesthésie générale, un assujettissement consenti.

      Suivra-t- elle la voie américaine du repli souverainiste qui conduit au populisme ? Je crains en tout cas de voir un jour l’avènement de ce que Alexis de Tocqueville [1805-1859] appelait le « despotisme doux » : il fixe, écrivait-il, « les humains dans l’enfance et réduit chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux dont le gouvernement est le berger ».

      Il est vrai que les dernières élections ont prouvé que l’espérance pouvait aussi changer la donne, y compris sur le destin de l’Europe. Ma réponse à votre question est peut-être de garder l’esprit critique et de refuser d’être gouvernés par la peur.

      Puisque le Parlement est décidé à voter le texte, prenons ses promesses au sérieux et interprétons les ambiguïtés de la nouvelle loi comme un tremplin pour résister aux dérives sécuritaires.

    • Merci @enuncombatdouteux pour le détail de l’interview.

      Je suis interloquée par ceci :

      Outre-Rhin, la Cour de Karlsruhe a ainsi ­accepté, en 2004, la réactivation d’une loi nazie de 1933 sur les internements de sûreté qui n’avait pas été abrogée mais qui était longtemps restée inactive.

      Les lois nazies n’ont pas été supprimé après guerre ?!


  • How Facebook ads helped elect Trump - CBS News
    https://www.cbsnews.com/news/how-facebook-ads-helped-elect-trump

    “Twitter is how [Trump] talked to the people, Facebook was going to be how he won,” Parscale tells Stahl.  Parscale says he used the majority of his digital ad budget on Facebook ads and explained how efficient they could be, particularly in reaching the rural vote.  “So now Facebook lets you get to…15 people in the Florida Panhandle that I would never buy a TV commercial for,” says Parscale.  And people anywhere could be targeted with the messages they cared about. (…)

    Parscale received help utilizing Facebook’s technology from Facebook employees provided by the company who showed up for work to his office multiple days a week. He says they had to be partisan and he questioned them to make sure.  “I wanted people who supported Donald Trump.”  Parscale calls these Facebook employees “embeds” who could teach him every aspect of the technology. “I want to know everything you would tell Hillary’s campaign plus some,” he says he told them.

    #facebook #publicité #embed



  • Digital Labor Studies Go Global: Toward a Digital Decolonial Turn | Casilli | International Journal of Communication
    http://ijoc.org/index.php/ijoc/article/view/6349/2149

    This article elucidates the global dimensions of #digital_labor. The field of study touching on platform-based activities has scaled up to reflect the increasing reliance of digital economies on supply chains outsourcing tasks to developing and emerging countries. To what extent can an economy predicated on data and value transfer from the Global South to the North be construed as “neocolonial”? Theoretical parallels with slavery, imperialism, and colonization fail to assess the historical uniqueness of new global inequalities. This article claims that the germane notion of “coloniality” (by relating to existing works at the intersection of race, gender, postcolonial, and subaltern studies) better addresses the dynamics of social exclusion and exploitation at play in Western and non-Western countries. I conclude by arguing for a “digital decolonial turn” pursuing the chief goal of digital labor studies: making invisible work visible.

    #mondialisation #décolonisation #inégalités (Nord/Sud) par @antoniocasilli, extrêmement intéressant en plus d’être un état de l’art des études sur le digital labor (ping @pguilli)

    • Va à l’encontre de ce qui est affirmé ici :

      Microtravailleurs de tous les pays, unissez-vous ! | Usbek & Rica https://usbeketrica.com/article/microtravailleurs-de-tous-les-pays-unissez-vous

      (…) Mais il présente aussi une forme de rupture avec la division internationale du travail déjà présente entre Nord et Sud économiques. Là où jadis le Nord conceptualisait et commandait des produits à un Sud qui exécutait, le microtravail renverse les hiérarchies existantes. Sur les plates-formes se côtoient freelancers indiens, serbes ou canadiens qui travaillent pour des entreprises de services pakistanaises, philippines ou américaines.

      Le microtravail s’inscrit également dans une évolution classique des processus de délocalisation, à un détail près : « Le freelancing numérique place désormais le poids de l’investissement du capital fixe (téléphones, ordinateurs, etc.) sur les travailleurs », souligne Mark Graham, chercheur au Oxford Internet Institute. La plupart des risques sont ainsi pris par le travailleur et non par l’entreprise. Si votre ordinateur est en panne, votre travail sera donné à un autre. Microtravail rimerait-il donc avec loi du plus fort ? À certains égards, oui, et la responsabilité en incombe, au moins en partie, aux plates-formes.

      #travail #micro-travail


  • Spectrum News
    https://chrome.google.com/webstore/detail/spectrum-news/hildmmidfhdahbdpkkdmkmadgbpgfkdb

    See the other side
    Spectrum fights the filter bubbles that divide America by providing perspectives from the other side. Get articles on topics of your interest from sources that challenge you to consider other viewpoints. Learn and understand the other side while maintaining your existing news reading habits.

    pour combattre les #fake_news et le #filter_bubble on rajoute du bruit, fausse bonne idée si tu veux mon avis


  • Il ne faut pas ’libérer les données’. Il faut se libérer par les données. - Nicolas Kayser-Bril
    http://blog.nkb.fr/se-liberer-par-les-donnees

    Plutôt que de réutiliser les données de l’administration, il faut créer ses propres bases de données. C’est seulement en développant une statistique en dehors de l’état que l’on est capable de mesurer le monde - y compris l’action de l’état - en restant indépendant.

    #données #journalisme


  • Comment le nouvel algorithme de Google détruit la presse progressiste aux Etats-Unis

    Une lettre du boss de Alternet dans le cadre d’une demande de soutien. Un tableau des plus significatif :

    et pour les lecteurs pressés cette phrase des plus claire :

    So the reality we face is that two companies, Google and Facebook—which are not media companies, which do not have editors, or fact checkers, which do no investigative reporting—are deciding what people should read, based on a failure to understand how media and journalism function.

    La lettre dans son intégralité.

    Dear AlterNet Reader:

    The story I am going to share with you is very disconcerting for independent media and America’s future, and frankly it is unprecedented in AlterNet’s history.

    It is hard to imagine anything scarier than Donald Trump’s presidency. But this problem is actually bigger than Trump, and it is a situation that certainly helps him.

    This story affects you too, in ways you may not fully be aware of—in fact it affects our whole media system and the future of democracy, and that is not an exaggeration.

    We have not yet gone public with our own story. I wanted you, and the rest of our supportive community, to know the details first. We are going to need your help.

    The New Media Monopoly Is Badly Hurting Progressive and Independent News

    The story is about monopoly on steroids. It is about the extreme and unconstrained power of Google and Facebook, and how it is affecting what you read, hear and see. It is about how these two companies are undermining progressive news sources, especially AlterNet.

    In June, Google announced major changes in their algorithm designed to combat fake news. Ben Gomes, the company’s vice president for engineering, stated in April that Google’s update of its search engine would block access to “offensive" sites, while working to surface more “authoritative content.”

    This seemed like a good idea. Fighting fake news, which Trump often uses, is an important goal that we share.

    But little did we know that Google had decided, perhaps with bad advice or wrong-headed thinking, that media like AlterNet—dedicated to fighting white supremacy, misogyny, racism, Donald Trump, and fake news—would be clobbered by Google in their clumsy attempt to address hate speech and fake news.

    The Numbers Are Striking

    We have had years of consistent search traffic averaging 2.7 million unique visitors a month, over the past two and a half years. But since the June Google announcement, AlterNet’s search traffic plummeted by 40 percent—a loss of an average of 1.2 million people every month who are no longer reading AlterNet stories.

    AlterNet is not alone. Dozens of progressive and radical websites have reported marked declines in their traffic. But AlterNet ranks at the top in terms of audience loss because we have a deep archive by producing thousands of news articles for 20 years. And we get substantial traffic overall—typically among the top five indy sites.

    So the reality we face is that two companies, Google and Facebook—which are not media companies, which do not have editors, or fact checkers, which do no investigative reporting—are deciding what people should read, based on a failure to understand how media and journalism function.

    The Harvey and Irma of Journalism

    Britain’s famed journalist Sir Harold Evans described Facebook and Google as “the Harvey and Irma of journalism—and democracy”:

    “Whatever else they do, the electronic duopoly deprive millions of information and argument as surely as the series of super storms deprive millions of light, power, home and hearth.

    “The climate change deniers will go on calling the link between hurricanes and greenhouse gases a ‘hoax’… but no one can deny the devastating effect of Facebook and Google on the viability of news organizations to investigate complexity and resist suppression.”

    The Google Hit Goes Right to Our Bottom Line

    We need your help because we are going to take a financial hit over the coming months.

    Why? Because Google’s undermining of progressive journalism means we have lost a major chunk of audience and as a result are looking at big potential losses in ad revenue.

    AlterNet’s long-term success is based on our balanced economic model. We get roughly half of our revenue from advertising and half from contributions from readers and supporters like you, as well as a handful of foundations. But now 40 percent of our traffic, earned over many years, has disappeared due to Google’s arbitrary tactics.

    We need to stay strong, keep our great staff, and fight Donald Trump and his cult of core supporters.

    We are proud to have never made a desperate appeal for money. We were pleased that we didn’t harass you with fundraising pitches every day for months. We had a very healthy balance, and our financial supporters contributed exactly what we needed each year. But now, due to media monopoly on steroids, we are very concerned.

    Can you rededicate yourself to AlterNet and its mission of producing important and powerful independent journalism?

    This fall fundraising campaign is necessary; we need to bolster our finances and prepare to pivot AlterNet so it can survive and continue to be read by a huge audience of millions, without having to rely on Facebook and Google to do it. That means we need to rely on you—will you help?

    Warmly,

    Don Hazen
    Executive Editor, AlterNet

    P.S.: Your contribution today is 100% tax-deductible.

    AlterNet | 1881 Harmon St. | Berkeley, CA 94703


  • « Le travail moderne, c’est un retour au tâcheronnage du XIXe siècle »

    Rencontre avec un collectif de livreurs à vélo en lutte

    Par Jef Klak

    Avec le concours de Jean-Baptiste Bernard

    http://jefklak.org/?p=4412

    Jérôme : L’outil numérique nous a été imposé comme outil de travail, et nous essayons de le retourner en arme. Comme à Marseille en mars dernier, face à Deliveroo : une quinzaine de livreurs ont décidé de réagir à une baisse marquée de la tarification de la livraison. Ils ont bloqué quatre restos marseillais, empêchant les autres livreurs de prendre livraison des commandes. Deliveroo a dû gérer le mécontentement des clients, puis les rembourser. Elle a aussi dû rembourser les restaurateurs, qui avaient préparé les repas. Un beau bordel !

    Quatre restos bloqués, ça n’a l’air de rien. Mais Marseille est une ville où le marché de la livraison est encore jeune : il n’y a que quarante restaurants partenaires. En bloquer 10 %, c’est déjà beaucoup. Surtout que le mouvement a pris : les livreurs débarquant devant les piquets se mettaient en grève à leur tour. Ça n’a évidemment pas plu à la plateforme, qui a « débranché » les contestataires dès le premier soir. Sans avoir les moyens de ses ambitions : les livreurs désactivés faisaient partie de ceux qui travaillaient le plus, si bien qu’elle a annulé leur déconnexion dès le lendemain. Le mouvement a continué, et Deliveroo a finalement craqué.

    Ce type de protestation se généralise, avec des grèves en Angleterre, des manifs en Allemagne, des blocages en Italie… À chaque fois, une soirée suffit à mettre une pagaille monstre. C’est révélateur de la fragilité de cette économie : quinze livreurs bloquent quatre restos, et boum ! l’appli est dans les choux.




  • The shorter your sleep, the shorter your life: the new sleep science | Life and style | The Guardian
    https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2017/sep/24/why-lack-of-sleep-health-worst-enemy-matthew-walker-why-we-sleep

    But Walker believes, too, that in the developed world sleep is strongly associated with weakness, even shame. “We have stigmatised sleep with the label of laziness. We want to seem busy, and one way we express that is by proclaiming how little sleep we’re getting. It’s a badge of honour. When I give lectures, people will wait behind until there is no one around and then tell me quietly: ‘I seem to be one of those people who need eight or nine hours’ sleep.’ It’s embarrassing to say it in public. They would rather wait 45 minutes for the confessional. They’re convinced that they’re abnormal, and why wouldn’t they be? We chastise people for sleeping what are, after all, only sufficient amounts. We think of them as slothful. No one would look at an infant baby asleep, and say ‘What a lazy baby!’ We know sleeping is non-negotiable for a baby. But that notion is quickly abandoned [as we grow up]. Humans are the only species that deliberately deprive themselves of sleep for no apparent reason.” In case you’re wondering, the number of people who can survive on five hours of sleep or less without any impairment, expressed as a percent of the population and rounded to a whole number, is zero.

    #sommeil #santé #société


  • Facebook’s war on free will | Technology | The Guardian
    https://www.theguardian.com/technology/2017/sep/19/facebooks-war-on-free-will

    All the values that Silicon Valley professes are the values of the 60s. The big tech companies present themselves as platforms for personal liberation. Everyone has the right to speak their mind on social media, to fulfil their intellectual and democratic potential, to express their individuality. Where television had been a passive medium that rendered citizens inert, Facebook is participatory and empowering. It allows users to read widely, think for themselves and form their own opinions.

    We can’t entirely dismiss this rhetoric. There are parts of the world, even in the US, where Facebook emboldens citizens and enables them to organise themselves in opposition to power. But we shouldn’t accept Facebook’s self-conception as sincere, either. Facebook is a carefully managed top-down system, not a robust public square. It mimics some of the patterns of conversation, but that’s a surface trait.
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    In reality, Facebook is a tangle of rules and procedures for sorting information, rules devised by the corporation for the ultimate benefit of the corporation. Facebook is always surveilling users, always auditing them, using them as lab rats in its behavioural experiments. While it creates the impression that it offers choice, in truth Facebook paternalistically nudges users in the direction it deems best for them, which also happens to be the direction that gets them thoroughly addicted. It’s a phoniness that is most obvious in the compressed, historic career of Facebook’s mastermind.

    Though Facebook will occasionally talk about the transparency of governments and corporations, what it really wants to advance is the transparency of individuals – or what it has called, at various moments, “radical transparency” or “ultimate transparency”. The theory holds that the sunshine of sharing our intimate details will disinfect the moral mess of our lives. With the looming threat that our embarrassing information will be broadcast, we’ll behave better. And perhaps the ubiquity of incriminating photos and damning revelations will prod us to become more tolerant of one another’s sins. “The days of you having a different image for your work friends or co-workers and for the other people you know are probably coming to an end pretty quickly,” Zuckerberg has said. “Having two identities for yourself is an example of a lack of integrity.”

    There’s another way to describe this historical progression. Automation has come in waves. During the industrial revolution, machinery replaced manual workers. At first, machines required human operators. Over time, machines came to function with hardly any human intervention. For centuries, engineers automated physical labour; our new engineering elite has automated thought. They have perfected technologies that take over intellectual processes, that render the brain redundant. Or, as the former Google and Yahoo executive Marissa Mayer once argued, “You have to make words less human and more a piece of the machine.” Indeed, we have begun to outsource our intellectual work to companies that suggest what we should learn, the topics we should consider, and the items we ought to buy. These companies can justify their incursions into our lives with the very arguments that Saint-Simon and Comte articulated: they are supplying us with efficiency; they are imposing order on human life.

    Algorithms can be gorgeous expressions of logical thinking, not to mention a source of ease and wonder. They can track down copies of obscure 19th-century tomes in a few milliseconds; they put us in touch with long-lost elementary school friends; they enable retailers to deliver packages to our doors in a flash. Very soon, they will guide self-driving cars and pinpoint cancers growing in our innards. But to do all these things, algorithms are constantly taking our measure. They make decisions about us and on our behalf. The problem is that when we outsource thinking to machines, we are really outsourcing thinking to the organisations that run the machines.

    Facebook would never put it this way, but algorithms are meant to erode free will, to relieve humans of the burden of choosing, to nudge them in the right direction. Algorithms fuel a sense of omnipotence, the condescending belief that our behaviour can be altered, without our even being aware of the hand guiding us, in a superior direction. That’s always been a danger of the engineering mindset, as it moves beyond its roots in building inanimate stuff and begins to design a more perfect social world. We are the screws and rivets in the grand design.

    #Facebook #Algorithme #Société_calcul #Ingénierie


  • Minsk se rebiffe (très légèrement) contre le grand frère russe, par Ioulia Shukan (@mdiplo, juin 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/06/SHUKAN/57560

    (…) Minsk n’entend pas contester plus ouvertement à la Russie son statut de partenaire privilégié, même s’il reste attaché à sa neutralité dans la crise ukrainienne et, par-delà, face à la confrontation entre la Russie et l’OTAN. Il accueillera ainsi, à l’automne 2017, les manœuvres militaires russo-biélorusses #Zapad (Ouest), conformément à une tradition stratégique soviétique restaurée en 1999.

    Cette position de neutralité de M. Loukachenko tout comme son aspiration à plus d’autonomie relèvent d’une stratégie de préservation de son régime. Dans le contexte actuel, cette stratégie implique l’affirmation de la souveraineté de la Biélorussie, une politique extérieure plus équilibrée et même une certaine ouverture. Elle trouve aussi un large écho auprès de la population, qui, face au conflit entre les Deux Grands, opte pour une position de retrait : à l’été 2016, 58 % des personnes interrogées déclaraient vouloir se tenir à distance de la confrontation entre la #Russie et l’#OTAN.


  • Les principales chaînes mondiales d’information en continu, par Cécile Marin (@mdiplo, avril 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/chaines-info

    FBI, DOJ Eye Russian Media Outlets as ’Foreign Agents’
    http://therealnews.com/t2/index.php?option=com_content&task=view&id=31&Itemid=74&jumival=19989

    Alyona Minkovski : (…) I used to work for #RT. I hosted a show at RT America. And they all exist under this kind of umbrella structure of Russian government-funded media organizations. Sputnik and RT both have offices in DC. Sputnik now has an FM station that they’ve taken over. RT America, the DC, New York, Miami bureau, they have their own programing that’s different from what RT International does, that airs just in the United States. (…) So I think that something like this raises a lot of questions because there are a lot of good people who are trying to do good journalism at those organizations, and there’s a lot of questionable journalism at those organizations, too. But whether or not you should use a World War II era law that makes these entities register as foreign agents, I think should make us ask a lot questions because then there’s a certain precedent being set because normally that’s not actually enforced from what I understand here in the United States. When Russia actually kicked out a lot of NGOs because they had a same foreign entity law that was passed, human rights organizations widely criticized it.

    RT trouble le concert de l’information internationale, par Maxime Audinet
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/AUDINET/57379

    Fort de 2 100 employés et disposant de bureaux dans 19 pays, le groupe s’est développé grâce aux moyens importants mis à sa disposition par l’État russe. Selon un sondage de l’institut Ipsos conduit en novembre 2015 dans 38 pays, ses chaînes sont regardées par 70 millions de personnes chaque semaine ; une audience qui se situe derrière celle du service international de la British Broadcasting Corporation (BBC), mais devant celle de la Deutsche Welle et de France 24. Avec respectivement 8 et 36 millions de téléspectateurs hebdomadaires, RT est en outre la cinquième chaîne internationale la plus regardée aux États-Unis et en Europe, ses cibles prioritaires. Depuis son lancement, son budget a décuplé, passant de 29 à 290 millions d’euros — près d’un quart des dotations publiques accordées aux médias. RT s’est adaptée rapidement à la promotion des contenus sur Internet, en utilisant massivement les technologies numériques virales (retransmission vidéo en direct, images à 360 degrés). Le groupe a ouvert de multiples comptes sur les réseaux sociaux, ainsi que sur YouTube, où il se présente comme la première source d’information du monde, avec 4,5 millions d’abonnés toutes chaînes confondues.

    #médias #information #télévision


  • Il était une fois le salarié du futur (Libération, 10/09/2017)
    http://www.liberation.fr/france/2017/09/10/il-etait-une-fois-le-salarie-du-futur_1595425

    Dominique est chanceux. A 28 ans, il vient de décrocher un CDD dans la PME située à deux pas de chez lui. Une boîte de fabrication de pièces pour automobiles où il peut exercer ses talents de fraiseur. Un CDD… de cinq ans, qu’il s’est empressé de signer. Fini, la durée maximale de 18 ou 24 mois pour les contrats à durée déterminée : la branche de la métallurgie a décidé de profiter à fond de la nouvelle loi réformant le code du travail, et de choisir la durée maximale autorisée par la jurisprudence européenne, dernier rempart, désormais, dans ce domaine.

    Son patron a aussi indiqué à Dominique que son CDD pourrait éventuellement être renouvelé plusieurs fois, avec un délai de carence réduit au minimum. Et tant pis si la banque lui a refusé son prêt immobilier pour manque de visibilité sur son avenir professionnel.

    Deux ans plus tard, comme Dominique travaille bien, son employeur le convainc de rompre d’un commun accord son CDD et d’accepter un CDI. Un CDI « d’opération ». Car là aussi, la branche a utilisé pleinement la nouvelle législation en instaurant des CDI « de chantier ou d’opération », dont la rupture intervient avec la fin des tâches prédéfinies dans le contrat. Pour Dominique, il s’agit de la mise en place des trois nouveaux robots fraîchement arrivés d’Allemagne. Une fois ceux-ci installés, le CDI s’éteindra de plein droit. Dominique est un peu déçu mais la rémunération continue de le motiver : il touche une prime de vacances et un 13e mois - les partenaires sociaux de la branche de la métallurgie viennent de l’adopter.

    Sauf que les temps sont durs. Peugeot menace de faire une croix sur les commandes, et les comptes risquent de virer au rouge. Pas très difficile, dans ces conditions, de persuader les élus du personnel de signer un accord supprimant à la fois le 13e mois et la prime. Une pratique permise par le nouveau code du travail, qui a exclu du domaine de la branche la plupart des thématiques qu’elle pouvait traiter et imposer à toutes les entreprises de son champ, avant la réforme. Dont les primes (hors travaux dangereux) et le 13e mois.

    Dominique est quand même heureux. Son salaire, 1 400 euros net par mois, est bien au-dessus du smic. Son secteur industriel paie toujours mieux que le bâtiment ou les services. Sauf que cette fois, c’est presque sûr, l’a prévenu son patron, ses concurrents sont allés plus loin dans les souplesses accordées par la nouvelle législation : Peugeot est à deux doigts de rompre son contrat avec la PME, qui représente presque 30 % du chiffre d’affaires. Pas le choix, il faut s’aligner sur les autres, au risque, sinon, de perdre un des plus gros clients.

    Mais le chef d’entreprise se rassure vite : la nouvelle loi permet de négocier de nouveaux accords de compétitivité, où tout ou presque est permis. Fini les garanties de l’ancien monde qui prévoyaient notamment que le salaire ne pouvait pas baisser. Pour « répondre aux nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise », ou (au choix) pour « préserver ou développer l’emploi », son patron a proposé aux salariés un accord qui réduira la rémunération de Dominique au niveau du minimum conventionnel, soit 230 euros de baisse mensuelle. Et qui l’oblige également à travailler en horaires décalés. L’accord a convaincu d’autant plus facilement les salariés que c’est Philippe, le délégué du personnel, proche du patron c’est vrai, qui a négocié. Les choses ont bien changé depuis le dernier accord, quand la CGT avait mandaté un salarié et suivi de près les négociations, comme l’imposait l’ancien code du travail. Avec la nouvelle loi, plus besoin de syndicat dans les entreprises de moins de 50 salariés pour négocier et signer un accord.

    Dominique reste néanmoins (encore un peu) optimiste. Il a toujours son boulot. Et depuis huit mois qu’il bosse en CDI (« d’opération »), il a déjà installé deux robots. Ne reste plus que le troisième à mettre en place. Sauf que… Dominique ne comprend pas, il vient de recevoir une lettre qui lui annonce la fin de son contrat. « Et le troisième robot ? » s’insurge-t-il.

    Il se plaint auprès de son collègue Antoine, dans les vestiaires : « C’est totalement injustifié ! » Antoine est sympa et lui livre les dernières rumeurs qui circulent : le patron aimerait bien embaucher son petit-neveu. Et il a les compétences parfaites pour le poste… de Dominique. « Mais chut, tu ne dis rien », lui demande Antoine. Cette fois-ci, c’en est trop pour Dominique : « Un CDD de cinq ans puis un CDI d’opération, la prime de vacances et le 13e mois supprimés puis la baisse de salaire de 230 euros par mois. Et maintenant un licenciement injustifié ? » Comme Dominique n’est pas du genre à se laisser faire, il va saisir les prud’hommes. Sûr, il va arracher un beau pactole à son patron pour cette injustice.

    Quelques mois plus tard, quand les juges des prud’hommes lui expliquent, il ne veut pas y croire : oui, ils savent que c’est le petit-neveu qui a été embauché. Et oui, ils auraient voulu sanctionner le patron. Mais Dominique ne pourra pas toucher plus de trois mois de salaire en compensation. C’est le nouveau barème qui veut cela : avec trente-deux mois de présence dans la boîte, et même si le licenciement est irrégulier, il ne peut pas toucher plus de trois mois de salaire brut d’indemnités.

    Quelques mois plus tard, Dominique n’est plus seul : le patron a licencié un tiers des salariés de la boîte. L’entreprise allait mal, paraît-il. « Même si elle faisait partie d’un groupe international qui pétait le feu ? » demande Dominique à Antoine, au chômage lui aussi. Antoine ne sait pas trop quoi répondre. Mais en allant aux prud’hommes, les juges leur disent qu’ils n’ont plus le pouvoir, avec la nouvelle loi, de juger des difficultés économiques au niveau du groupe. Seulement de la France. Dominique et Antoine attendent désormais avec impatience la réforme à venir de l’assurance chômage, prochain dossier social au menu du gouvernement.

    #macronie


  • Retour du #jukendo à l’école japonaise (Le Monde, 11/05/2017)
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/11/japon-virage-a-droite-dans-l-education_5126256_3232.html

    Le Japon célèbre sa Constitution avec un jour férié, le 3 mai. Une Constitution pacifiste que le premier ministre, Shinzo Abe, entend réviser d’ici à 2020, afin de rendre au pays toute sa souveraineté en matière militaire. En attendant, une droitisation s’opère de manière plus sournoise par ­la résurgence d’un héritage banni depuis la défaite de 1945.

    Les #arts_martiaux que l’on enseigne à l’école secondaire se sont ainsi enrichis d’une nouvelle discipline : le jukendo. Proche du kendo, la « voie de la baïonnette » est une technique de combat développée par l’armée impériale. Associé au militarisme des années 1930-1940, son retour dans les écoles suscite des controverses. D’autant que le gouvernement vient aussi de réintroduire dans le cursus scolaire l’étude du « Rescrit sur l’éducation », document de 1890 par lequel l’empereur Meiji (1852-1912) appelait ses sujets à « se ­sacrifier à l’Etat si les circonstances l’exigent ».

    Basé sur l’« art du combat à la lance » ­(sojutsu) et le maniement de la baïonnette enseigné par les missions militaires françaises au Japon entre 1870 et 1890, le jukendo (appelé alors jukenjutsu) fut interdit, comme d’autres arts martiaux, par l’occupant américain. Rétabli dès que le Japon eut recouvré son indépendance en 1952, il est aujourd’hui pratiqué par 30 000 amateurs (en majorité des militaires) avec la réplique en bois d’un fusil à l’extrémité émoussée. Selon le ­vice-président de la fédération de jukendo, Takeshi Suzuki, « les objectifs de cet art de combat sont complètement différents » de ce qu’ils étaient avant-guerre.

    via @opironet


    • The series, titled “Portraits of Imaginary People” explores the latent space of human faces by training a #neural_network to imagine and then depict portraits of people who don’t exist. To do so, many thousands of photographs of faces taken from Flickr are fed to a type of #machine-learning program called a Generative Adversarial Network (GAN). GANs work by using two neural networks that play an adversarial game: one (the “Generator”) tries to generate increasingly convincing output, while a second (the “Discriminator”) tries to learn to distinguish real photos from the artificially generated ones. At first, both networks are poor at their respective tasks. But as the Discriminator network starts to learn to predict fake from real, it keeps the Generator on its toes, pushing it to generate harder and more convincing examples. In order to keep up, the Generator gets better and better, and the Discriminator correspondingly has to improve its response. With time, the images generated become increasingly realistic, as both adversaries try to outwit each other. The images you see here are thus a result of the rules and internal correlations the neural networks learned from the training images.

      http://www.miketyka.com/?p=00098000



  • Médiarchie : ce que (nous) font « lémédias »
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/mediarchie-ce-que-nous-font-lemedias

    http://rf.proxycast.org/1340041430340476928/16260-02.09.2017-ITEMA_21423335-0.mp3

    Notre imaginaire commun nous fait croire que nous vivons dans des « démocraties », alors qu’un regard plus distant sur la réalité de nos régimes de pouvoir suggère que nous vivons dans des « médiarchies ». C’est par cet énoncé aussi fort que lapidaire que s’ouvre le nouvel essai d’Yves Citton, sobrement titré Médiarchie.

    C’est par cette phrase de prime abord provocante et discutable que j’ai eu envie d’ouvrir la 19e saison de La Suite dans les Idées et d’inaugurer, avec vous, ce nouvel horaire, 12h45, juste après le journal de la rédaction de France Culture. Nouvel horaire et nouveau format : l’émission s’allonge de quinze minutes, et après mon entretien – aujourd’hui avec Yves Citton – nous accueillerons chaque samedi un ou une second invité, venue du monde de la culture ou du journalisme pour élargir la conversation, placer les sciences humaines et sociales en résonance avec d’autres modes de connaissance.

    #médias #attention (hygiène mentale, traduction automatique de data (donnée) en capta (prise), Yves Citton toujours intéressant ne serait-ce que parce qu’il lit et voyage beaucoup)


  • Le Comité invisible et les Communs : pourrons-nous encore être « amis » ?
    https://scinfolex.com/2017/08/31/le-comite-invisible-et-les-communs-pourrons-nous-encore-etre-amis

    Sur tous ces points – et bien d’autres – le livre est indéniablement précieux. Mais c’est pourtant une profonde sensation de malaise qui m’a étreint lorsque je l’ai refermé. Car si en apparence l’ouvrage – comme A nos amis le faisait déjà – met constamment en avant le concept « d’amitié » (en affichant l’objectif de « frayer des chemins » ou « d’organiser des rencontres » entre des « mondes amis fragmentés »), il constitue avant tout une expression particulièrement acerbe d’inimitiés, frappant à peu près toutes les composantes du mouvement social. Communistes, syndicalistes, négristes, écologistes, féministes, municipalistes, acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire, militants de la Transition : tout le monde y passe successivement, dans un esprit d’excommunication – j’emploie le mot à dessein – traquant la moindre compromission avec le système économique et politique comme motif de disqualification définitive. Ironiquement, les auteurs critiquent la tendance (hélas bien réelle…) des cercles militants à s’entre-déchirer (« Chaque groupuscule s’imagine gratter quelques parts du marché de la radicalité à ses rivaux les plus proches en les calomniant autant qu’il est possible.« ), mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le Comité Invisible tombe aussi complètement dans ce travers avec ce livre. Or le mouvement des Communs n’échappe pas à ce petit jeu de massacre et c’est ce qui me pousse à écrire sur Maintenant, parce qu’il me semble que de telles attaques appellent une réponse que je n’ai pour l’instant lue nulle part.

    #idées #commun #comité_invisible #livres

    • Excellent je ne sais pas, mais très intéressante argumentation détaillée. Je n’ai pas trop le temps d’aller très loin, comme souvent, surtout là avec la rentrée, mais je crois que je suis assez d’accord avec la première partie, sur la destitution PLUS l’institution, et non pas que la première.

      En revanche ensuite sur la sortie de l’économie (et contre l’ESS) et sur l’auto-organisation et Lordon, je pense qu’il y a pas mal de choses à redire, notamment parce que ce sont des mots d’ordre et des sujets abordés aussi par d’autres et que Calimaq ne se fixe que sur ce qu’en dit le Comité invisible, sans le mettre en perspective avec ces autres sources.

      Sur la sortie de l’économie, on se rapportera notamment à la lecture marxienne et le renouveau de la critique de la valeur, et sur le fait que le mot d’ordre « sortir de l’économie » signifie généralement sortir de l’économie capitaliste, tout comme Marx critiquait l’économie politique, et non pas « sortir de l’échange » ce qui ne voudrait pas dire grand chose. L’économie au sens moderne, c’est l’économie capitaliste intégrée. @ktche

      Et sur l’auto-organisation et Lordon, il parle de la ZAD, qui est idéologiquement proche des zapatistes sur de nombreux sujets (je ne dirais jamais que c’est pareil évidemment, chaque lieu et chaque temps a ses façons, comme dirait l’autre cagoulé), tout en rapprochant Lordon, alors que c’est exactement l’inverse, et que le livre de Lordon a été extrêmement bien critiqué par Jérôme Baschet dans une perspective zapatiste :
      https://seenthis.net/messages/487414

    • Bonjour. Merci @Rastapopoulos pour ce lien vers cette critique de Lordon, au vu des pratiques politiques au Chiapas. C’est particulièrement éclairant concernant la notion « d’Etat général » dont Lordon tire des conclusions extrêmement générales et fatalistes dans son bouquin concernant les possibilités d’émancipation des groupes. Néanmoins, je ne pense pas que cela invalide la manière dont j’utilise Lordon dans mon billet contre le Comité invisible. Ce qui m’intéresse chez Lordon, c’est sa description de la dynamique des groupes et la manière dont la « puissance de la multitude » est à l’origine d’institutions. Et c’est cela que j’utile contre le mot d’ordre du comité invisible « Destituons le Monde », qui condamne radicalement la notion d’institution. Je ne me réfère à aucun moment au concept d’Etat général dans le billet, qui me met à vrai dire mal à l’aise, et si je m’intéresse aux communs, c’est justement parce que je pense que la pratique instituante peut être porteuse d’émancipation, ce que décrit très bien ce texte sur le Chiapas. Et c’est aussi ce que l’on constate à la ZAD de Notre Dame des Landes. Mais ce n’est pas le point de vue du Comité invisible qui refuse complètement d’entrer dans le jeu institutionnel (sur la base d’un fatalisme très lordonien finalement, même s’ils en tirent des conclusions radicalement opposées). Merci en tout cas pour votre commentaire, car cela m’a permis de comprendre cela.

    • J’ai fait une lecture audio de cette critique qui m’a moi aussi éclairée pour certains passages.
      https://archive.org/details/ComiteInvisibleEtCommuns


      Cependant, pour d’autres passages, et particulièrement ceux concernant la zad, j’avoue être en désaccord pour la façon dont c’est présenté et n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir en fin de lecture.
      Là dessus, je trouve le Comité invisible plutôt pertinent dans une partie de ses critiques contre l’institutionnalisation, pour ce que j’en comprends et surtout pour ce je peux observer et entendre à la zad particulièrement ces derniers mois (je reconnais n’avoir lu aucun livre du CI, mais beaucoup d’extraits et beaucoup, beaucoup, de critiques....)

      Présenter les « zadistes » comme une entité qui décide est tout aussi faux qu’affirmer que la zad est gérée aussi par des composantes comme l’acipa et le cedpa. Le texte « Label zad et autres sornettes » paru en novembre 2015, est selon moi le plus représentatif de l’esprit « zad »... qui n’existe pas ;)
      https://nantes.indymedia.org/articles/32327 (aller directement aux point 4, 5 et 6)

      Certes tout le monde a, en principe, la possibilité de s’exprimer, voire, de peser dans les décisions qui seront appliquées comme « collectives », cependant comme n’importe où ailleurs, tout le monde n’est pas d’accord et les principes ont parfois des relents normalisants qui braquent plus souvent qu’à leurs tours.

      La plupart d’entre nous connaissons la zad « de présentation », celle qu’il a fallu nettoyer aussi, et dont certain-e-s voudraient encore plus de « bonne présentation », comme si de ça dépendait le fait de se faire accepter... Je vous passe beaucoup de choses dont je ne me sens pas de parler ici, en particulier sur « l’assemblée du mouvement », bien que l’acipa, elle, ne se gène pas pour le faire et en claquer la porte, mais essayer de trouver un terrain d’entente entre des éleveurs et des anti-spécistes, entre des tendances « viriles » et des féministes aguerries... c’est juste pas possible ! Le seul est unique texte dit collectif est celui que l’on surnomme les 6 points :
      http://zad.nadir.org/spip.php?article4629
      Pour le reste ce sont des émanations de groupes plus ou moins grands, plus ou moins représentatifs et du coup, plus ou moins acceptées. Mais les critiques qui en ressortent ne sont pas sur une modalité de désaccords politiques binaires, évidents pour quiconque habite là bas, mais bien sur la FORME et le FOND employées pour les prises de décision. Et l’institutionnalisation est clairement dénoncée dans des textes qui apparaissent, hélas, ailleurs, n’étant pas toujours acceptés sur le site web de la zad. En voici deux récents que j’ai trouvé (im)pertinents et très significatifs :
      https://nantes.indymedia.org/articles/38183
      https://nantes.indymedia.org/articles/38201

      Tout ça pour dire que les tentatives de calquer des recettes « démocratiques » telles qu’on les connait ne marchent vraiment pas toujours, et que oui, Lordon est déconnecté des néo-zapatistes comme beaucoup le sont des « zadistes »... Et qu’à Nantes où je vis, le #greenwashing a complétement récupéré les entreprises sincères de gens s’étant lancés dans l’EEs ou autres aménagements politiques. Alors oui, vraiment, régulièrement, je comprends les coups de gueules.


  • Simone Weil ou la brûlure de l’écoute (1909-1943)

    Redifusion de France Culture.

    Par Marie-Christine Navarro. Réalisation : Isabelle Yhuel. Rediffusion de l’émission du 16/03/1989. Avec la collaboration de Vanessa Nadjar et d’Annelise Signoret.

    Nourrie par la pensée grecque, la tradition égyptienne en Osiris, les Upanishads et la Bhagavad-Gita, bouleversée par la vérité de la Croix qu’elle vit dans son corps même, Simone Weil tente, à travers toutes les traditions mystiques non chrétiennes, de découvrir le sens universel de la rédemption christique.

    Juive malgré elle, contre elle, sa pensée rigoureuse et implacable se heurtera au judaïsme qu’elle méconnaît et balaie d’un revers de mots : c’est sans doute la limite qu’elle ne pouvait franchir et où, telle un fleuve immobile, son attention à Dieu ne se démentira jamais plus.

    Elle meurt à 34 ans, en Angleterre, en exil de tout et d’elle-même, coïncidant enfin, à son corps défendant, avec ce qu’elle avait vainement et obscurément cherché toute sa vie : être mendiante parmi les mendiants, pauvre d’entre les plus pauvres.

    Cette émission se propose de faire mieux connaître au public une pensée méconnue, exigeante, irremplaçable, qui s’inscrit dans la tradition mystique la plus pure et la plus haute : les écrits de Simone Weil se placent désormais aux côtés de ceux de Saint François d’Assise et de Saint Jean de la Croix.

    https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/simone-weil-ou-la-brulure-de-lecoute-1909-1943



  • John Lanchester reviews ‘The Attention Merchants’ by Tim Wu, ‘Chaos Monkeys’ by Antonio García Martínez and ‘Move Fast and Break Things’ by Jonathan Taplin · LRB 17 August 2017
    https://www.lrb.co.uk/v39/n16/john-lanchester/you-are-the-product

    The movie Zuckerberg is a highly credible character, a computer genius located somewhere on the autistic spectrum with minimal to non-existent social skills. But that’s not what the man is really like. In real life, Zuckerberg was studying for a degree with a double concentration in computer science and – this is the part people tend to forget – psychology.

    • What this means is that even more than it is in the advertising business, #Facebook is in the #surveillance business. Facebook, in fact, is the biggest surveillance-based enterprise in the history of mankind. It knows far, far more about you than the most intrusive government has ever known about its citizens. It’s amazing that people haven’t really understood this about the company. I’ve spent time thinking about Facebook, and the thing I keep coming back to is that its users don’t realise what it is the company does. What Facebook does is watch you, and then use what it knows about you and your behaviour to sell ads. I’m not sure there has ever been a more complete disconnect between what a company says it does – ‘connect’, ‘build communities’ – and the commercial reality. Note that the company’s knowledge about its users isn’t used merely to target ads but to shape the flow of news to them. Since there is so much content posted on the site, the algorithms used to filter and direct that content are the thing that determines what you see: people think their news feed is largely to do with their friends and interests, and it sort of is, with the crucial proviso that it is their friends and interests as mediated by the commercial interests of Facebook. Your eyes are directed towards the place where they are most valuable for Facebook.

      #publicité #information