• Je suis prof | Pierre Tevanian
    https://lmsi.net/Je-suis-prof

    Les lignes qui suivent ont été inspirées par la nouvelle atroce de la mise à mort de mon collègue, Samuel Paty, et par la difficile semaine qui s’en est suivie. En hommage à un enseignant qui croyait en l’éducation, en la raison humaine et en la liberté d’expression, elles proposent une quinzaine de réflexions appelant, malgré l’émotion, à penser le présent, et en débattre, avec raison. Ces réflexions ne prétendent évidemment pas incarner la pensée de Samuel Paty, mais elles sont écrites pour lui, au sens où l’effort de pensée, de discernement, de nuances, de raison, a été fait en pensant à lui, et pour lui rendre hommage. Continuer de penser librement, d’exprimer, d’échanger les arguments, me parait le meilleur des hommages. Source : Les mots sont (...)

    • Il s’est rapidement avéré, du coup, que cette offensive sans rapport réel avec la lutte anti-terroriste s’inscrivait en fait dans un tout autre agenda, dont on avait connu les prémisses dès le début de mandat d’Emmanuel Macron, dans les injures violentes et les tentatives d’interdiction de Jean-Michel Blanquer contre le syndicat Sud éducation 93, ou plus récemment dans l’acharnement haineux du député Robin Réda, censé diriger une audition parlementaire antiraciste, contre les associations de soutien aux immigrés, et notamment le GISTI (Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés). Cet agenda est ni plus ni moins que la mise hors-jeu des « corps intermédiaires » de la société civile, et en premier lieu des contre-pouvoirs que sont les associations antiracistes et de défense des droits humains, ainsi que les syndicats, en attendant le tour des partis politiques – confère, déjà, la brutalisation du débat politique, et notamment les attaques tout à fait inouïes, contraires pour le coup à la tradition républicaine, de Gérald Darmanin contre les écologistes (Julien Bayou, Sandra Regol et Esther Benbassa) puis contre la France insoumise et son supposé « islamo-gauchisme qui a détruit la république », ces dernières semaines, avant donc le meurtre de Samuel Paty.

      Un agenda dans lequel figure aussi, on vient de l’apprendre, un combat judiciaire contre le site d’information Mediapart.

    • En d’autres termes, même si l’on juge nécessaire de rappeler, à l’occasion de ce crime et des discussions qu’il relance, qu’il est bon que tout ne soit pas permis en matière de liberté d’expression, cela n’est selon moi tenable que si l’on y adjoint un autre rappel : qu’il est bon aussi que tout ne soit pas permis dans la manière de limiter la liberté d’expression, dans la manière de réagir aux discours offensants, et plus précisément que doit être absolument proscrit le recours à la violence physique, a fortiori au meurtre. Nous sommes malheureusement en un temps, je le répète, où cela ne va plus sans dire.

      6. La remarque qui précède est, me semble-t-il, le grand non-dit qui manque le plus dans tout le débat public tel qu’il se polarise depuis des années entre les « Charlie », inconditionnels de « la liberté d’expression », et les « pas Charlie », soucieux de poser des « limites » à la « liberté d’offenser » : ni la liberté d’expression ni sa nécessaire limitation ne doivent en fait être posées comme l’impératif catégorique et fondamental. Les deux sont plaidables, mais dans un espace de parole soumis à une autre loi fondamentale, sur laquelle tout le monde pourrait et devrait se mettre d’accord au préalable, et qui est le refus absolu de la violence physique.

      […]

      On a le droit de détester cet humour, on a le droit de considérer que certaines de ces caricatures incitent au mépris ou à la haine raciste ou sexiste, entre autres griefs possibles, et on a le droit de le dire. On a le droit de l’écrire, on a le droit d’aller le dire en justice, et même en manifestation. Mais – cela allait sans dire, l’attentat de janvier 2015 oblige désormais à l’énoncer expressément – quel que soit tout le mal qu’on peut penser de ces dessins, de leur brutalité, de leur indélicatesse, de leur méchanceté gratuite envers des gens souvent démunis, de leur racisme parfois, la violence symbolique qu’il exercent est sans commune mesure avec la violence physique extrême que constitue l’homicide, et elle ne saurait donc lui apporter le moindre commencement de justification.

      […]

      Que reste-t-il en effet de la liberté d’expression si l’on défend le droit à la caricature mais pas le droit à la critique des caricatures ? Que devient le débat démocratique si toute critique radicale de Charlie aujourd’hui, et qui sait de de Zemmour demain, de Macron après-demain, est d’office assimilée à une incitation à la violence, donc à de la complicité de terrorisme, donc proscrite ?

      Mais inversement, que devient cet espace démocratique si la dénonciation de l’intolérable et l’appel à le faire cesser ne sont pas précédés et tempérés par le rappel clair et explicite de l’interdit fondamental du meurtre ?

  • Marre d’entre parler d’#islamo-gauchisme. J’ai jamais vu quelqu’un de gauche armer des Islamistes.

    Dans le Nord, on est plutôt concerné par les #Islamo-fachos.

    Claude Hermant, l’identitaire « indic » jugé pour trafic d’armes - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2017/09/11/claude-hermant-l-identitaire-indic-juge-pour-trafic-d-armes_1595616

  • Captain Maurice Seddon - The Seddon Tapes Volume 1 - Boomkat
    https://boomkat.com/products/the-seddon-tapes-volume-1

    Classic British eccentric and electronics whizz Captain Maurice Seddon is subject of this remarkable collection of recordings, posthumously salvaged from tapes found strewn around his house in Datchet, directly beneath the flight path to Heathrow.

    A real treat for voyeurs and listeners who appreciate an extremely plummy British accent prone to regularly slip into German, The Seddon Tapes Vol. 1 features 12 excepts from Seddon’s taped telephone recordings, which would be received and dealt with on a homebuilt system controlled by pedals which brilliantly enough only allowed one person to speak at a time - if they were quick enough to get a word in between Seddon’s stories about school at Gordonstoun, his homemade heated clothing, or his pack of dogs.

    It’s almost worth the entry alone just to hear the Captain firmly tell an American TV fixer from The Tonight Show that he needs more money to appear on their programme, but also for amazing 8-page booklet of extensive, in-depth descriptions of Seddon’s home and history by the record’s producers, Clive Graham and William English.

    • https://www.soundohm.com/product/the-seddon-tapes-volume-1

      These recordings were collected by William English from the floor of Captain Seddon’s cottage shortly after he died and just before the building was demolished. Many other tapes were left behind. The only recordings he made were audio letters, diaries and most prolifically, his phone conversations. The 12 pieces on this LP were recorded between 1968 and 2003 and mainly consist of phone calls, incoming and outgoing; to TV and radio stations, friends, relatives, his dentist and sundry others. That anyone would routinely record their phone conversations on a 2-way system of their own devising is odd enough, but the sheer range and sometimes bizarre nature of these calls turns them into a strange ‘objet trouvé’, and offers a glimpse into the life of a man who undoubtedly left a strong impression on everyone he came into contact with. Edition of 500 numbered copies, Comes with an 8 page 12” insert to help explain it all.

      Captain #Maurice_Seddon — a living anachronism. A unique combination of eccentricity and military discipline. He also bore the confidence endowed by an elite public school education, but due to a change of family fortune he was left with no money, and eventually, no job. Far from being snobbish, he faces the world anew and becomes an inventor of heated clothes, with a tremendous willingness to talk to and meet people from all walks of life, cheerfully maintaining and advocating his own exacting standards, occasionally proclaiming a well measured indignation towards the modern age. Somehow he manages to stay (most of the time), on the right side of pomposity, by exuding a calm, forgiving good nature and natural charm. Speaking English, but lapsing into German, only adds to the eccentricity.

  • « Pour les élèves des quartiers populaires, la possibilité de s’exprimer est bafouée en permanence » par Cloé Korman
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/21/pour-les-eleves-des-quartiers-populaires-la-possibilite-de-s-exprimer-est-ba

    Une excellent tribune, à lire absolument.

    Tribune. Conflans-Sainte-Honorine, 78, ce contexte précis : il y a une ironie redoublée dans l’horreur de ce qui s’est produit, qui tient à la sociologie de l’endroit, puis à son traitement médiatique. Le nom de cette ville, je l’ai vu apparaître des dizaines de fois dans les phares de ma voiture, vers 7 h 30 du matin, en allant enseigner juste à côté, dans le lycée d’Herblay (Val-d’Oise) où je faisais mon stage de professeure de français. J’ai rarement vu un lieu, en France, aussi équilibré sur le plan social et ethnique que ce petit lycée de région parisienne.

    L’équilibre entre les origines de mes élèves, les professions des parents, les couleurs de peau : quiconque veut contempler le visage idéal, et quand même assez rare de la République, devrait se précipiter avec sa voiture, ou la ligne J, en direction de la Patte-d’Oie d’Herblay, et rencontrer les élèves de mon ancien lycée. Ou ceux du collège du Bois-d’Aulne de Conflans – les visages des élèves de Samuel Paty.

    Constater que le terrorisme a pu y trouver des complices, trouver ici un parent suffisamment fanatisé pour faire alliance, met au désespoir. Depuis ce 16 octobre, il y aura donc une preuve que « même là » et qu’« ici aussi », l’islamisme aura pu faire la publicité de son emprise avec sa signature, celle de caricaturer l’islam.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Le fanatisme remplace Dieu par un objet fini et croit ainsi pouvoir le posséder »
    La séduction du cours

    En outre, si je n’étais moi-même si mécréante, j’aurais l’impression d’entendre une deuxième fois le rire du diable en voyant le glissement qui se produit entre Conflans, « une banlieue », et bien d’autres banlieues. C’est un bord de Seine arboré et tranquille, où les enseignants vivent presque tous (ce qui est loin d’être le cas ailleurs) dans le voisinage de leurs élèves, et où ils se retrouvent le week-end pour le club de randonnée. Il n’a pas grand-chose à voir avec les cités à forte immigration où certains médias semblent situer les faits, ajoutant une nouvelle fois, pour leurs habitants, les stigmates aux stigmates.

    « Je crois qu’il serait bon de créer les conditions pour que les élèves expliquent ce qu’ils pensent »

    Je n’enseigne plus à Herblay, mais dans un de ces quartiers de Seine-Saint-Denis où la violence est monnaie courante. Je sais qu’ici, j’ai beaucoup plus d’élèves qui se sentent légitimement marginalisés et déconsidérés, et combien il faut réfléchir pour qu’un cours sur la religion, sur la liberté d’expression ou sur le racisme soit perçu comme l’occasion d’un dialogue et non un moment de violence symbolique.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Attentat de Conflans : « Beaucoup d’enseignants redoutent d’être jugés pour des difficultés rencontrées en classe »

    Si la liberté d’expression existe, si ce n’est pas une simple posture, je crois qu’il serait bon de créer les conditions pour que les élèves expliquent ce qu’ils pensent. Or ces conditions ne leur sont pas offertes et, réciproquement, le contexte rend difficile pour moi l’expression du doute, de l’hésitation, que je considère pourtant comme essentiels à cet échange intellectuel.

    Cet aspect tâtonnant de l’acte d’enseigner est remarquablement décrit dans un essai paru à la rentrée, L’Ecole de la vie (Flammarion, 288 pages, 19 euros) du philosophe Maxime Rovere. Espièglement sous-titré, « érotique de l’acte d’apprendre », son livre raconte l’espace discursif relâché, mouvant, l’espace de perpétuelle improvisation de la salle de classe.

    Si l’apprentissage est une rencontre physique, avant toute chose un temps partagé dans une salle, cette érotique invite à s’interroger sur les aspects sociologiques et matériels du savoir. La séduction du cours peut-elle agir dans un lieu où les sanitaires puent ? Le charme s’opère-t-il quand on a déjeuné en cinq minutes, après avoir attendu une heure dans le chahut ? Il n’est pas sûr que Platon tiendrait son banquet, que Rabelais installerait Thélème dans un collège du 93. Les débats auxquels nous assistons ces jours-ci sur la liberté d’expression semblent bien trop loin de la réflexion nécessaire sur la pauvreté à l’école.
    Préjudices sociaux

    Les établissements scolaires des quartiers défavorisés sont loin d’être les lieux protégés qu’ils devraient être, à cause de décisions politiques dévastatrices. Il n’y a pas assez de recrutements de professeurs, pas assez d’adultes pour y assurer le calme et la sérénité. Il faut s’imaginer ce que sont des journées sans CPE [conseiller principal d’éducation] ou sans médecin scolaire, sans assistante sociale. Il faut s’imaginer les couloirs livrés à la bousculade et l’hypocrisie qui redouble ces cris, par temps de Covid-19. Ces choses-là constituent une atteinte permanente à la paix, à la concentration nécessaire pour apprendre.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Attentat de Conflans : « Comme de nombreux professeurs, je me sens honteux d’appartenir à une institution si faible »

    A cela s’ajoutent des préjudices sociaux très aigus, qui sont de l’ordre de la discrimination : dans ces quartiers, la distribution des filières est ainsi faite que les élèves sont orientés en grande partie vers des métiers subalternes. Il m’arrive régulièrement de me rendre compte que des élèves tout à fait doués, capables de faire un bac général, sont en route pour un bac technologique : par habitude, par manque d’encouragement, et surtout faute de places, ils sont envoyés pendant ces années cruciales vers un enseignement restreint à la fois sur le plan intellectuel (l’enseignement de l’histoire-géographie, par exemple, y a été réduit), et sur le plan des débouchés professionnels.
    Lire aussi « Dans les quartiers populaires, nos enfants n’ont droit qu’à un enseignement de moindre qualité »

    Pour les élèves pauvres des quartiers populaires, la possibilité de s’exprimer est bafouée en permanence. Elle est bafouée physiquement, dans ces lieux de brutalité et de bruit, d’absence de soins et d’hygiène, que sont leurs établissements scolaires. Elle est bafouée dans cette orientation limitée et dans un personnel insuffisant. Elle l’est enfin sous l’angle conceptuel, quand on stigmatise les élèves de banlieue, les élèves musulmans ou ceux des quartiers parce qu’ils refusent d’être Charlie, qu’ils expriment leur désarroi devant l’expression du blasphème, ou quand les représentations médiatiques les réduisent à ces attitudes, quand elles ne montrent pas tous ceux qui pensent de façon plus complexe.

    Dans le feu de cette actualité où la liberté d’expression apparaît une fois de plus comme une liberté mortelle, il me semblerait utile et juste d’en parler aussi comme d’un droit, et d’envisager les moyens d’exercice de ce droit. Sans cela, on ne parle pas aux élèves de liberté d’expression, pas de cette force collective, mais on leur adresse un vain mot, un simple « cause toujours ».

    Cloé Korman est écrivaine et professeure de français. Dernier titre paru « Tu ressembles à une juive » (Seuil, 108 pages, 12 euros).

    #Conflans #Radicalisation #Ecole #Enseignement #Pauvreté #Service_public

  • Ce que la foule dit de nous - Mehdi Moussaïd (Fouloscopie) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=r2oiCmsCDWM

    Mehdi Moussaïd est chercheur en sciences cognitives au « Max Planck Institute » de Berlin et son but est de prédire et comprendre les mouvements de foules. Son travail est unique car s’il utilise beaucoup les sciences cognitives, il met à contribution de nombreuses autres disciplines pour pratiquer ce qu’il appelle la fouloscopie.
    Qu’est-ce qui explique les bousculades meurtrières ?
    Pourquoi le comportement des piétons diffère-t-il selon les pays ?
    Peut-on comparer les Hommes à des bancs de poissons ?
    Quels enseignements tirer de Facebook et des réseaux sociaux ?

    Notre avenir est forcement collectif, en tout cas pour ce qui est des grandes questions traitées dans ce podcast. Et quand bien même nous sommes des individus apparemment libres de nos choix, nous sommes d’une part largement influencés par le comportement des autres et d’autre part, la somme de nos actions individuelles donne parfois des résultats inattendus. Mieux comprendre la foule peut donc nous aider mieux réfléchir à notre destin commun, à comment le modifier ou comment s’y préparer.

    https://www.youtube.com/watch?v=r2oiCmsCDWM

    #foule #monde #collectif #organisation #comportement #sociologie

  • Des traces de coronavirus découvertes pour la première fois dans l’eau d’un lac aux Etats unis

    Aux États-Unis, des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université du Minnesota ont détecté des traces du virus responsable du Covid-19 dans l’eau du lac Supérieur à Duluth. Une découverte inédite depuis le début de la pandémie.

    https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/108049/reader/reader.html#!preferred/1/package/108049/pub/164087/page/6

    • J’aime beaucoup cette discjockey #Anz. Les échos du son nigerian en france, c’est cette chanson qui passe dans tous les bons supermarchés :

      https://www.youtube.com/watch?v=fCZVL_8D048

      sur ce SARS que je ne connaissais pas , wp dit :

      End Special Anti-Robbery Squad ( End SARS ) ou #EndSARS est un mouvement social au Nigeria qui a commencé sur Twitter pour appeler à l’interdiction de la Special Anti-Robbery Squad, une unité de la police nigériane1. C’est un appel à mettre fin à l’oppression et à la brutalité policières au Nigéria. Les manifestations ont commencé comme une campagne sur les réseaux sociaux utilisant le hashtag #ENDSARS pour demander au gouvernement nigérian d’abandonner et de mettre fin au déploiement de la brigade spéciale anti-vol de la police nigériane, connue sous le nom de SRAS.2,3,4 En un week-end (du 9 au 11 octobre 2020), le hashtag #ENDSARS a enregistré jusqu’à 28 millions de tweets.5 Les Nigérians ont partagé à la fois des histoires et des preuves vidéo de la façon dont des membres du SRAS se sont livrés à des enlèvements, des meurtres, des vols, des viols, des tortures, des arrestations illégales, des actes autoritaires, des humiliations, des détentions illégales, des exécutions extrajudiciaires et des extorsions.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/End_SARS

      #violences_policières #nigeria #highlife #disco #fela #zombies

  • Hommage à Samuel Paty : les caricatures de Charlie Hebdo projetées sur les hôtels de région à Toulouse et Montpellier
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/hommage-samuel-paty-caricatures-charlie-hebdo-projetees

    Pendant qu’Emmanuel Macron prendra part à l’hommage national dans la cour de la Sorbonne, que certains observeront une minute de silence place du Capitole à Toulouse ou que d’autres se recueilleront partout en France en mémoire de Samuel Paty, les caricatures de Charlie Hebdo seront projetées sur les façades des deux hôtels de région de Toulouse et Montpellier. Une façon pour Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, de rendre hommage à cet enseignant assassiné vendredi soir à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines) et de défendre la liberté d’expression.

    Oh, ces merdes islamophobes sur 10 mètres de haut, génial. Et voilà le travail.

  • Le marbre de Carrare, une malédiction ? | ARTE Regards - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=M4f1mmqHrvo

    Jusque dans les années 1980, Carrare fourmillait d’artistes et d’ateliers, le marbre étant transformé sur place. Trente ans plus tard, la magie a disparu. Aujourd’hui, seul un quart du marbre de Carrare est extrait en blocs. Le reste est pulvérisé pour être vendu sous forme de carbonate de calcium, une fine poudre qui entre dans la fabrication de produits commbloe le dentifrice, les enduits ou les adhésifs.

    coucou @albertocampiphoto

  • Trump amplifie ses menaces de violence et de #dictature - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/fr/articles/2020/10/20/pers-o20.html
    https://www.wsws.org/asset/9d43285f-6e47-4c94-a6df-8e1d44b259b1?rendition=image1280

    Il a ensuite proclamé sa détermination à rester en fonction pendant « quatre ans, huit ans, 12 ans, 16 ans », bien au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats. Il s’est moqué de ses détracteurs dans les médias, en disant : « Vous les rendrez vraiment fous si vous dites 12 ans de plus. Ensuite, ils disent que c’est un fasciste ». La foule de plusieurs milliers de personnes a répondu par des chants : « 12 ans de plus, 12 ans de plus ». Trump a ajouté : « Maintenant, l’histoire des fausses nouvelles sera : “C’est un fasciste !” »

    En réalité, les médias patronaux ont refusé d’appliquer l’étiquette « fasciste » à Trump, malgré ses efforts de plus en plus ouverts pour développer un mouvement armé, violent et antidémocratique centré sur lui et sa famille. Ni ses adversaires Démocrates pour l’élection du 3 novembre, Joe Biden et Kamala Harris, ni les Démocrates du Congrès à Washington n’ont osé utiliser ce terme, bien qu’il soit indéniable que c’est là la trajectoire de la campagne de Trump et du Parti républicain dans son ensemble.

    #Fascisme #théocratie

  • C’est toujours pénible (et un peu risqué, en ces temps de fichage S) à rappeler, mais organiser de grandes manifestations sur le thème unique de la « liberté d’expression », après chaque tuerie liée aux caricatures de Mahomet, c’est largement un thème imposé par l’extrême-droite depuis les assassinats de Pim Fortuyn (2002) et de Theo van Gogh (2004). Les caricatures sont nées dans Jyllands-Posten, explicitement en référence à ces meurtres, en 2005.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Caricatures_de_Mahomet_du_journal_Jyllands-Posten

    Les « caricatures de Mahomet » sont les caricatures de douze dessinateurs parues le 30 septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten, en réponse à Kåre Bluitgen, un écrivain se plaignant que personne n’ose illustrer son livre sur Mahomet depuis l’assassinat de Theo van Gogh aux Pays-Bas le 2 novembre 2004.

    Ce sont ces mêmes caricatures qui sont « republiées » par Charlie Hebdo en 2006, agrémentées de nouveaux dessins maison.

    C’est un piège, puisqu’évidemment il est impossible de discuter réellement de liberté d’expression, alors que l’horreur des assassinats interdit (implicitement et explicitement) de dire ce que l’on pense, par ailleurs, de ces dessins. En France, c’est très explicite : on doit « accepter » la liberté d’expression de ces dessins, mais si on exprime mal le fait qu’on trouve ces dessins gerbants, on est bien prévenu que ce sera conseil de discipline et signalement aux autorités.
    https://www.20minutes.fr/societe/2888467-20201019-attentat-conflans-lr-propose-serie-mesures-urgence-partic

    A l’école, il estime que les élèves à partir du collège devront lors de la rentrée du 2 novembre avoir « des débats sur ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine », pour « crever l’abcès », et « en cas de manifestation d’une forme ou d’une autre de soutien à cette action barbare, il faudra convoquer les parents et un conseil de discipline ! »

    Encore ce mois-ci, pendant le procès du massacre de Charlie Hebdo, on a largement fait savoir que Mediapart, la France insoumise et plus généralement les islamo-gauchistes étaient carrément complices des frères Kouachi. C’est tout de même une vision très orientée de la liberté d’expression.

    On ne peut pas aborder la liberté d’expression en répétant l’apocryphe voltairien « Je déteste ce que vous dites, mais je me battrai pour votre droit à le dire » (comprendre ici : les musulmans doivent accepter les caricatures), tout en interdisant d’exprimer que l’« on déteste ce que vous dites ». Je veux bien qu’on se « batte » pour que Charlie ait le droit de publier ses merdes, mais je dois avoir le droit de dire que je déteste ces merdes ; c’est le fondement de la branchitude voltairienne. Pourtant on se souvient à quel point il fallait manifester « pour » la liberté d’expression, mais à quelle point il était dangereux de dire qu’« on n’était pas Charlie » pour autant. Des familles convoquées parce que le gamin n’était pas assez Charlie… jusqu’au pourtant très poli Emmanuel Todd et les polémiques autour de son bouquin Qui est Charlie ? :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Qui_est_Charlie_%3F

    Parmi les membres de la rédaction de Charlie Hebdo, Patrick Pelloux estime que l’ouvrage d’Emmanuel Todd constitue une insulte aux millions de manifestants et « soutient en quelque sorte l’intégrisme religieux ». Le journaliste Philippe Lançon, blessé dans l’attentat, compare la démarche d’Emmanuel Todd à celle d’« un corbeau, les corbeaux qui se déposent sur les champs de cadavres une fois que la bataille a eu lieu » et s’agace du « mépris » exprimé envers « les gens qui avaient été, je crois pour la plupart, sincèrement horrifiés par cet événement ». Pour lui, l’ouvrage de Todd constitue « une prime à la pensée pour la violence, une sorte de justification sous-jacente à l’acte qui avait été commis en faisant des frères Kouachi les représentants d’un peuple, d’une population ou d’une communauté opprimés ». La dessinatrice Coco juge quant à elle qu’« Emmanuel Todd s’est branlé sur des trucs sociologiques à la mords-moi-le-nœud ».

    Par ailleurs, le choix unique des caricatures comme héritage de Theo van Gogh, c’est encore une indication nette du piège que représente cette « défense et illustration de la liberté d’expression en Europe » dans ces conditions. Si l’on reprend la fiche Wikipédia du bonhomme, on a aussi un assez brillant passif antisémite :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Theo_van_Gogh_(réalisateur)

    Ses propos sur « la préoccupation juive autour d’Auschwitz » provoquent une vive indignation de la part de nombreux intellectuels juifs. Critiqué par l’historienne juive Evelien Gans, il écrit dans le magazine Folia Civitatis : « Je pense que madame Gans fait des rêves érotiques où elle se fait baiser par Josef Mengele ». En 1991, il est condamné à une amende pour ses propos dans le magazine Moviola où il parle d’« étoiles jaunes copulant dans la chambre à gaz » et l’« odeur de caramel » qu’il sent alors qu’on brûle des juifs diabétiques. En 1995, une autre plainte suit un éditorial dans lequel il reprend la formule de l’écrivain Robert Loesberg qui qualifie Jésus de « poisson pourri de Nazareth ».

    De fait, dans leur « défense de la liberté d’expression », il est particulièrement criant que ni le Jyllands-Posten ni Charlie Hebdo n’ont fait le choix d’illustrer ces désopilantes plaisanteries sur les chambres à gaz.

    Je ne fais pas cette remarque par whataboutisme (ne serait-ce que parce que je n’ai non plus envie qu’on s’impose les spectacles de Dieudonné en primetime sur France 2, au motif qu’il faudrait à tout crin défendre la liberté d’expression), mais pour bien faire ressortir que, dans leur approche de la liberté d’expression qu’il faudrait défendre après l’assassinat de Theo Van Gogh, Jyllands-Posten et Charlie Hebdo ont eux-mêmes fait un choix dans le nauséabond, choix qui permet de défendre une idée ainsi orientée de la liberté d’expression. Non comme un absolu libertaire au cœur de la « civilisation européenne », mais comme un provocation, une de plus, contre les populations racisées d’Europe.

    Je suppose que ceux qui réclament bruyamment qu’on affiche les caricatures du prophète dans toutes les classes et au fronton des mairies, au motif qu’elles incarneraient les valeurs de la République, auraient beaucoup plus de mal avec l’idée de baser des cours de « liberté d’expression » républicaine sur « l’odeur de caramel des juifs diabétiques à Auschwitz », en affichant ça dans toutes les classes ou sur les façades des bâtiments publiques. On aurait là un excellent sujet sur la persistance de l’antisémitisme en Europe, mais un cours très problématique sous l’angle de la seule liberté d’expression.

    Le choix de l’angle unique de la défense de la liberté d’expression est un piège, en ce que, très visiblement, il sert à légitimer (tu me diras : la faute aux assassins, oui pourquoi pas) des formes d’expression qui, auparavant, étaient déjà extrêmement problématiques. Parce que la question est vite réglée : évidemment que personne ne devrait mourir pour des dessins.

    Mais pour autant, cela ne fait pas de ces discours et de ces dessins des martyrs idéalisés des « valeurs » républicaines.

  • #CNEWS : la chaine qui a tout misé sur la haine en ligne et la désinformation. Un certain Pétainisme boosté au Lepénisme « canal hystérique » :

    Comment CNews est devenue la Fox News française
    https://www.telerama.fr/television/comment-cnews-est-devenue-la-fox-news-francaise-6716083.php

    Par Samuel Gontier et Richard Sénéjoux

    En 2016, quand Vincent Bolloré reprend i>Télé et la rebaptise, beaucoup s’inquiètent. À raison. Chroniqueurs relayant des thèses extrémistes, présentateurs passifs… Enquête sur une chaîne devenue un outil de propagande où les fake news et les opinions ont remplacé l’information.

    Scène ordinaire d’un après-midi d’octobre sur CNews. Un débat arbitré par Clélie Mathias « oppose » quatre septuagénaires, les journalistes Jean-Louis Burgat, Gérard Carreyrou, Marc Menant et l’ancien magistrat Philippe Bilger, autour du projet de loi sur le « séparatisme islamiste ». Gérard Carreyrou dénonce « les dizaines de milliers de séparatistes sur le territoire national ». Marc Menant précise : « C’est les salles de sport, les clubs de sport qui sont minés. C’est les écoles qui se développent et qui sont payées par Erdogan. On peut pas continuer à se voiler la face. » Surtout quand on affirme qu’« il faut interdire aux jeunes filles de porter le voile, c’est la loi ». « Dans le projet présenté par le président de la République, regrette Gérard Carreyrou, il manque un volet immigration. » C’est précisément ce que vient de déclarer Marine Le Pen à l’antenne.

    Promotion des thèses d’extrême droite, informations erronées, complotisme, le tout devant une présentatrice passive… Ces quelques minutes piochées au hasard montrent que la dérive éditoriale de CNews ne se limite pas aux délires racistes de sa tête de gondole, Éric Zemmour, déjà condamné trois fois pour provocation à la haine et récemment objet de nouvelles plaintes pour avoir déclaré que les mineurs étrangers « sont voleurs, […] assassins, […] violeurs ». « CNews aujourd’hui, c’est grave, dramatique, scandaleux, résume Nassira El Moaddem, journaliste sur i>Télé (la future CNews) jusqu’en 2015. C’est l’autoroute de la réaction, il y a de quoi s’indigner vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »

    Comment en est-on arrivé là ? Retour en 2016. Vincent Bolloré, nouveau propriétaire du groupe Canal+, prend la main sur i>Télé, qui perd alors 40 millions d’euros par an. La chaîne est rebaptisée, et Serge Nedjar, un fidèle de Vincent Bolloré, nommé à sa tête, avec d’emblée « une volonté d’imposer une ligne éditoriale très conservatrice », note Nicolas Vescovacci, ancien pigiste de la chaîne, coauteur du livre Vincent Tout-Puissant (éd. Lattès). Jean-Michel Décugis, ancien chef du service police-justice, se souvient : « Serge Nedjar avait annoncé la couleur, il voulait faire Fox News [chaîne d’info américaine ultra-conservatrice, ndlr]. » Le recrutement de Jean-Marc Morandini, mis en examen pour corruption de mineurs, met le feu aux poudres, la rédaction mène une grève de cinq semaines. « Il était clair dès le départ qu’ils ne céderaient sur rien, qu’ils n’avaient rien à faire de la qualité de l’antenne », témoigne Claude Askolovitch, aujourd’hui à France Inter. Résultat, quatre-vingts journalistes, la moitié de la rédaction, quittent le navire.

    « Bolloré a réalisé un véritable hold-up, estime Jean-Michel Décugis. Et il a réussi à doubler l’audience en réduisant les moyens presque de moitié. » La recette : transformer CNews en chaîne de débats et d’opinion. « Ça coûte moins cher de diffuser des débats à longueur d’antenne que de faire du reportage, note un ancien d’i>Télé, très impliqué dans la grève de 2016. Mais c’est au détriment du journalisme. Ce qui m’a surpris, c’est de voir certaines vedettes faire la transition entre i>Télé et CNews sans réagir, à l’image de Laurence Ferrari. » Tranquillement, ces têtes d’affiche participent à la radicalisation de la chaîne. « L’insécurité, le mal français », peut ainsi asséner l’ancienne présentatrice du 20 heures de TF1, certifiant une « augmentation des actes de violence gratuits ». Affirmation gratuite, pour le coup, puisque cette catégorie n’existe pas dans la liste des délits. Peu importe, « les chiffres, on s’en fiche », revendique le présentateur Julien Pasquet au cours d’un autre débat sur la délinquance. Après un entretien avec Didier Raoult, Laurence Ferrari se vante aussi de ne pas avoir contredit « le plus éminent spécialiste en matière de maladies infectieuses ». Curieuse conception du journalisme. À ce jour, CNews est d’ailleurs la seule chaîne à refuser de recevoir des soignants qui portent un masque. « S’ils le portent, c’est parce qu’ils sont en contact avec des patients et donc qu’ils savent de quoi ils parlent, remarque Christian Lehmann, médecin et écrivain. Mais CNews préfère mettre des guignols en plateau plutôt que des gens masqués ! » La chaîne n’hésite pas à faire campagne contre la « dictature sanitaire », Pascal Praud en tête.

    Avec ses émissions L’heure des pros, l’ancien journaliste sportif est la figure de proue de cette extrême-droitisation et ajoute au terme « ensauvagement », employé par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le mot « racaillisation », directement emprunté à la fachosphère. Il vitupère : « Il s’agit d’être répressif ! Il faut de la vidéo partout ! En France, tu peux pas sortir dans la rue sans risquer ta vie ! » « C’est Pascal Praud qui fait la chaîne. Tous les jours, il est dans le bureau de Serge Nedjar pour décider de quoi on va parler », confie une salariée qui a requis l’anonymat. Difficile pour les journalistes en poste de témoigner à visage découvert. « La maison Bolloré, c’est une secte, il y a un côté totalitaire, stalinien, décrit Claude Askolovitch. Serge Nedjar instaure la terreur. » « C’est un petit Trump, très brutal dans son management, sa manière de s’adresser aux gens », confirme un ancien d’i>Télé. « La rédaction est comme anesthésiée, frappée d’apathie, rapporte une autre source anonyme. En conférence de rédaction, il n’y a plus de débat, d’échanges d’idées. On nous dit ce qu’on doit faire et c’est tout. »

    Pour sa défense, la direction argue que de nombreuses personnalités de gauche s’expriment sur CNews. C’est une obligation légale, la chaîne doit respecter un équilibre des temps de parole entre les différentes tendances politiques. Mais seuls les représentants officiels des partis sont intégrés à ce décompte, pas la pléthore d’éditorialistes, experts, consultants dont Gilles-William Goldnadel, Charlotte d’Ornellas, Jean-Claude Dassier (tous trois de Valeurs actuelles), Élisabeth Lévy (Causeur), Ludovine de La Rochère (La Manif pour tous), Eugénie Bastié (Le Figaro), Gabrielle Cluzel (présentée comme « rédactrice en chef de Boulevard Voltaire » sans préciser qu’il s’agit d’un site d’extrême droite condamné pour incitation à la haine raciale)… Et bien d’autres encore, dont Ivan Rioufol (Le Figaro encore), pour qui « heureusement qu’il y a la fachosphère parce que c’est là où se disent les vérités ». « Ivan Rioufol ne cesse de proférer des horreurs, commente une collaboratrice de CNews. La Société des rédacteurs le fait remarquer mais, à chaque fois, Serge Nedjar minimise : “Il n’a pas voulu dire ça.” » En face, les débatteurs dits « de gauche », qui servent de caution voire de punching-ball, se comptent sur les doigts d’une main. Citons Laurent Joffrin, le communiste Olivier Dartigolles, l’ex-député européen Karim Zéribi — récemment condamné pour abus de confiance et abus de biens sociaux. « La liste des gens qui ne veulent plus venir est longue comme le bras, révèle une salariée. La CGT, la CFDT, des élus LREM, PS, PC, LFI… » Et des avocats comme Arié Alimi, membre de la Ligue des droits de l’homme : « Je ne peux pas m’afficher sur une chaîne dont la ligne éditoriale est délibérément dans la provocation à la haine raciale. »

    La culture du clash permanent

    « Nos plateaux sont le reflet de ce qui se passe dans les rues », prétend pourtant Serge Nedjar dans Le Parisien. « On débat de ce dont les gens parlent à la machine à café », assure Pascal Praud dans Le Figaro — tous deux ont refusé de nous parler. « Il s’agit plutôt de ce dont Pascal Praud lui-même parle à la machine à café », tempère Nassira El Moaddem. « Ça tourne toujours autour de l’insécurité, des discours anti-islam, anti-jeunes, anti-femmes et pro-flics », déplore une de nos sources. « Ils ont un vrai gros problème avec les femmes, ajoute une autre. Quand une femme, sur un plateau où elle est seule contre quatre, se défend un peu trop vigoureusement, elle est traitée d’“hystérique”. » Et elle n’est plus réinvitée.

    Pour Nicolas Vescovacci, la ligne éditoriale de CNews se fonde avant tout sur le constat que « le clash, ça marche. Zemmour, ça marche [il réunit plus d’un demi-million de téléspectateurs tous les soirs, ndlr]. C’est une chaîne en perdition qui mise sur le clash permanent ». Une salariée explique que le parti pris droitier correspond aussi à un opportunisme économique. Serge Nedjar, venu de la pub, a décidé de « s’adresser à une niche d’extrême droite parce que le public de la chaîne dépasse les 60 ans et que les études sur ce public montraient qu’il y avait un créneau ». Cependant, « la ligne éditoriale est tout à fait en adéquation avec l’idéologie de Vincent Bolloré et de Serge Nedjar », assure un ancien d’i>Télé. « Serge Nedjar est en parfait accord avec Gilles-William Goldnadel, Ludovine de La Rochère ou Jean Messiha [dirigeant du Rassemblement national], atteste un salarié. Bolloré est un ultra-catholique de droite dure, il fait de CNews son outil de propagande. »

    Mais que fait la police ? « Le cahier des charges n’a pas été respecté, le CSA s’est totalement aplati », se désole Jean-Michel Décugis. La convention signée par la chaîne stipule que « l’éditeur veille à respecter les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses, à ne pas encourager de comportements discriminatoires ». Raté. Nassira El Moaddem pointe la faiblesse des sanctions, telles les « mises en demeure » : « Ça ne sert à rien de dire “c’est pas bien, les enfants”, il faut frapper au porte-monnaie. » Les dernières éructations racistes d’Éric Zemmour pourraient toutefois coûter très cher à la chaîne. L’émission n’étant pas diffusée en direct, sa responsabilité est engagée. Pour Arié Alimi, il faut aussi « s’attaquer à CNews comme acteur politique ». Logique pour un média qui, aujourd’hui, relève plus de l’outil de propagande que de la chaîne d’information.

  • Activist suspected in Portland shooting was fired at 30 times by police, official says | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/oct/14/activist-portland-shooting-michael-reinoehl-police

    Un escadron de la mort de la police avait criblé de balles l’activiste antifasciste, #Michael_Reinoehl. Il n’y a pas eu de sommations et on l’a abattu alors qu’il montait dans sa voiture sur le parking d’un appartement dans l’État de Washington. La police faisait partie d’une force d’intervention US Marshal sous les ordres directs de #Trump et de son procureur général #William_Barr.

    https://www.wsws.org/fr/articles/2020/10/20/pers-o20.html
    #meurtre #liquidation #militant #fascisme #anti-fascisme #extrême-droite

  • Ce matin, j’ai passé 1/2 heure à faire des recherches avec les mots « femmes voilées » sur twitter et j’ai (toujours) pas les mots. DEUX FEMMES ONT ÉTÉ POIGNARDÉES A PARIS. Elles sont gravement blessées. C’était dimanche soir. La vidéo de l’agression circule.
    Aucun média mainstream n’en parlait jusqu’à ce midi.
    Je l’ai découvert par ce tweet : https://twitter.com/IslamMagfr/status/1318251224555266049

    IslamMag.fr :
    Hier soir sur le #champsdemars au pied de la #toureiffel, deux femmes se seraient faites poignarder, elles portaient le foulard. Elles sont aujourd’hui dans un état critique.
    Aucun média n’en a parlé c’est terrible !
    #islamophobie #acteAntiMusulman
    Source : FB Kevin Serine

    Devant les réseaux qui s’agitent de plus en plus, la préfecture fait un communiqué que le #journaliste-de-prefecture du Point relaie immédiatement en minorant le possible racisme ou la possible islamophobie avant même d’avoir les résultats de l’enquête

    Une demi-heure plus tard, Sihame Assbague fera un récit complet de l’agression, en ayant pris soin de récolter la version des victimes, permettant ainsi de mieux comprendre : https://twitter.com/s_assbague/status/1318500248843669504

    Ce 18 octobre 2020, 2 femmes ont été poignardées dans le parc du Champ-de-Mars à Paris. L’une d’elle porte le voile. Elles étaient en famille, avec des enfants en bas âge. Une dispute au sujet d’un chien a dégénéré. Les proches dénoncent une « agression raciste ».
    Que s’est-il passé ?
    Ce soir-là, Kenza (19 ans), sa cousine
    Amel (40 ans), ses sœurs & des enfants en bas âge se promènent au Champ-de-Mars. Elles passent à proximité de deux femmes avec un gros chien. « Ça devait être un staff » raconte Sabrina, la sœur de l’une des victimes.
    Le chien s’approche de la famille et des enfants. L’une des cousines demande donc à ses propriétaires de « le tenir ». Sabrina raconte « il est venu vers nous, c’était un gros chien, et il y a avait les enfants donc elle leur a demandé si elles pouvaient le surveiller. »
    D’après Sabrina, les deux jeunes femmes propriétaires du chien auraient très mal pris cette remarque & réagi sur la défensive : « elles ont commencé à nous dire qu’on n’avait pas à leur dire quoi faire, qu’elles font ce qu’elles veulent, etc. »
    Des insultes fusent.
    Dans le lot des insultes, Sabrina fait mention de propos racistes : « sale arabe », « rentrez chez vous », etc. Selon elle, le fait que plusieurs membres de la famille portent le voile a accentué l’agressivité des jeunes femmes qui leur faisaient face.
    Voyant sa sœur se faire insulter, Kenza s’approche des propriétaires du chien pour la défendre. Le ton monte. « Kenza lui a alors dit “mais tu vas faire quoi ?” et l’autre lui a répondu “voilà ce que je vais faire” & elle lui a sauté dessus » explique Sabrina.
    « Elles ont commencé à se battre, c’était violent. Il y a un enfant de 4 ans qui a été piétiné. Les enfants sont traumatisés » raconte Sabrina. Elle explique que tout s’est passé très vite et que d’un coup, sa cousine s’est mise à crier « elle m’a plantée ! ».
    Toujours d’après son récit, les 2 propriétaires du chien s’en sont alors prises à sa grande sœur, Amel. « Elles l’ont tabassée. Je voulais l’aider mais j’étais impuissante, le chien était sur moi. » Alertés par les cris, ce sont des vendeurs à la sauvette qui sont venus les aider.
    D’après Sabrina, la « police est intervenue rapidement & a pu interpeller l’une des femmes »
    Les victimes ont été prises en charge par les secours. Le pronostic vital n’est pas engagé. Amel souffre de plusieurs blessures & est encore hospitalisée. Kenza a été opérée & a pu sortir.
    La préfecture de police n’a pas encore donné suite à mes appels mais des « confrères » rapportent que c’est, selon elle, « un différend lié à des chiens, sans lien avec l’islam. » (via Actu Paris)
    Pour Sabrina & sa famille, c’est autre chose. Si l’agression est bien partie d’une dispute autour d’un chien, elles insistent sur les insultes racistes et sur le déchaînement de violence. « On s’en prend pas à une personne comme ça parce qu’elle a demandé de tenir un chien. »
    Une plainte a été déposée.
    La famille ne compte pas en rester là. En attendant, elles ont pris des rendez-vous avec des pédopsychiatres pour les enfants qui ont assisté à toute la scène.

    Cependant, si je n’avais pas les mots, c’est que l’autre raison de ma suffocation est le nombre impressionnant d’agression contre des femmes voilées sur lesquelles je suis tombée lors de mes recherches pour vérifie l’info, en sachant que beaucoup (trop) ne sont pas relayées...
    Par ailleurs, on ne me fera pas croire que deux femmes « de type européen » qui poignardent deux autres femmes « d’origine arabe » et pour partie voilées au sein d’un groupe de mères et d’enfants pour une question de chien mal tenu n’a rien de raciste ou islamophobe. Commettre un tel acte après l’atroce crime d’un fanatique qui fait basculer la politique française ne peut être considéré comme un fait divers.

    A 13h12, enfin, le premier fack-checking finit de confirmer les faits. Insultes racistes, voile arraché, premier coup de couteau en direction du crane... Les victimes elles-mêmes ne parlent pas d’acte islamophobe, mais de là à assurer que ça n’a rien à voir comme l’a prestement fait la Préfecture, c’est enterrer l’enquête vite fait. Il est dommage qu’une heure plus tard l’article soit passé en #paywall
    Des femmes portant le foulard ont-elles été poignardées au pied de la tour Eiffel dimanche ?
    Libération : https://www.liberation.fr/checknews/2020/10/20/des-femmes-portant-le-foulard-ont-elles-ete-poignardees-au-pied-de-la-tou

    Deux femmes françaises d’origine algérienne ont été blessées au couteau dimanche soir sur le champ de Mars, à la suite d’un différend lié à un chien non tenu en laisse. Une enquête est ouverte et une suspecte a été interpellée.

    Dans tous les articles que j’ai pu consulter depuis, à chaque fois ce sont les « sources policières » qui réfutent la possibilité d’un passage à l’acte raciste. Pire, dans Le Parisien, la présence du voile sur la première victime est carrément nié.
    https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-deux-femmes-agressees-au-couteau-sur-le-champ-de-mars-suite-a-un-di

    ... Pardon à toute la communauté musulmane pour toute cette haine qui déferle...

    • Agression de deux femmes au Champ-de-Mars, à Paris : que s’est-il passé ?
      Par William Audureau et Nicolas Chapuis Publié aujourd’hui à 17h23,
      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/10/20/enquete-ouverte-apres-une-agression-contre-deux-femmes-au-champ-de-mars-a-pa

      Deux femmes ont été poignardées dans la soirée de dimanche sous la tour Eiffel. Un différend autour d’un chien non attaché serait à l’origine de l’incident, au cours duquel des insultes racistes auraient été proférées.

      (...) « Ce que je peux vous dire, c’est que des insultes ont été proférées. Maintenant vous dire que l’agression était intentionnelle, que c’était parce qu’elles portaient un voile, je ne sais pas », tempère Sofia, membre de la famille des plaignantes interrogée par Le Monde. Kenza confirme que le mobile n’était selon elle pas religieux, mais précise auprès de Libération avoir essuyé des insultes racistes (« sale arabe »), avant qu’elle et sa cousine ne reçoivent plusieurs coups de couteau. Une version confirmée auprès du Monde par sa cousine Amel, qui évoque également des « on est chez nous », « rentre dans ton pays », et précise que l’une des agresseuses a arraché le voile de sa cousine.

      Les deux plaignantes ont été prises en charge par les pompiers et transportées en milieu hospitalier, où la plus âgée des deux se trouve encore. Selon sa famille, la plus jeune des deux cousines, Amel, a reçu de multiples coups de couteau et a dû être opérée de la main. Elle a été placée en arrêt de travail pour deux mois. La seconde, Kenza, a reçu six coups d’arme blanche et subi une perforation du poumon. Ses jours ne sont pas en danger.

    • Deux témoignages recueillis par Taha Bouhafs
      Le parquet vient d’ouvrir une instruction et retient le caractère #raciste mais pas le caractère criminel.

      Amel a reçu 6 coups de couteaux, elle est toujours à l’hôpital avec le poumon perforé et une côte cassée.

      Hanane nous confie : elles étaient à deux sur elles à s’acharner avec haine, elles voulaient la tuer.

      [TW extraits de l’agression avec des cris difficilement soutenables] https://www.youtube.com/watch?v=_n5OiYiGG5c

      Kenza 18ans a reçu 3 coups de couteaux ce dimanche soir. Elle a déposé plainte ce matin avec sa famille pour tentative d’homicide en raison de l’appartenance religieuse.

      vidéo : https://twitter.com/T_Bouhafs/status/1318892603392360448

    • Précisions de Sihame Assbague :

      Agression au couteau de 2 femmes musulmanes à Paris : le parquet a ouvert une information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné une ITT de 8 jours, aggravées de 3 circonstances :
      violences en réunion
      avec usage d’une arme
      propos racistes.
      Les deux mises en cause ont été arrêtées et sont présentées à un magistrat instructeur ce jour.
      Les victimes ont porté plainte.
      Comme les enfants qui ont assisté à la scène, elles sont traumatisées.
      (Note à moi-même : il faudra rapidement revenir sur la manière dont cette agression a été traitée médiatiquement.)

      https://www.facebook.com/sihame.assbague/posts/2723305317910021

    • Agression à la Tour Eiffel : Une seconde suspecte interpellée, le parquet de Paris retient le caractère raciste de l’agression
      Thibaut Chevillard - Publié le 21/10/20
      https://www.20minutes.fr/societe/2890375-20201021-agression-tour-eiffel-seconde-suspecte-interpellee-parque

      ENQUETE Deux femmes, suspectées d’avoir agressé à l’arme blanche deux femmes voilées dimanche soir, dans le 7e arrondissement de Paris, vont être présentées ce mercredi à un juge d’instruction

  • Hervé Kempf, en vert et contre tous | La mule du pape
    https://www.lamuledupape.com/2020/10/19/herve-kempf-en-vert-et-contre-tous

    « Le #transhumanisme est un vrai projet, ils y croient beaucoup », prévient Kempf, qui reprend la citation de l’historien Yuval Noah Harari : « Il y aura une petite élite privilégiée d’humains augmentés […]. Ceux qui prennent le train du progrès acquerront des capacités divines de création et de destruction ; qui reste à la traîne sera voué à l’extinction ». Et le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, qui savoure le coronavirus : « La crise nous offre l’opportunité d’une transformation plus volontaire encore ». De quoi renforcer le fossé entre « ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien ».
    « Toute technologie numérique présentée comme devant simplifier la vie quotidienne est en fait un moyen supplémentaire de contrôle », écrit Hervé Kempf, qui cite également la glaçante Thatcher, pour qui « l’économie est une méthode ; le but est de changer le cœur et l’âme ». Visionnaire.

    #capitalisme

  • Nîmes : victime de violences conjugales une femme dénonce son mari comme islamiste armé et radicalisé
    Publié le 19/10/2020
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/gard/nimes/nimes-victime-violences-conjugales-femme-denonce-son-ma

    Ce lundi 19 octobre, la police procéde à une perquisition chez un habitant de Nîmes. Les forces de l’ordre pensaient arriver chez un islamiste radicalisé, c’était en fait un catholique intégriste dénoncé par sa femme pour se venger de violences conjugales.