• Renouvellement urbain au Sanitas : « On est attachés à ce quartier, malgré ses problèmes ! »

    https://larotative.info/renouvellement-urbain-au-sanitas-2390.html

    Les plans établis par la mairie de Tours et le bailleur social Tours Habitat prévoient la destruction de 430 logements sociaux dans le quartier. Jasmine, qui fait partie du collectif d’habitants mobilisés contre le projet, dénonce le manque de concertation et le mépris que subit la population. Entretien.

    Avant de venir, j’avais des préjugés sur le Sanitas, alimentés par la presse, les discours des élus. C’est facile, quand on habite à l’extérieur, d’avoir des idées reçues. Aujourd’hui, j’ai un peu honte d’avoir eu ces préjugés. Quand on parle du Sanitas, on n’en parle pas de la bonne manière. On ne dit pas ce qui va : il y a une certaine solidarité, une vraie convivialité, malgré les problèmes. On sent vraiment qu’il existe du mépris par rapport à ce quartier. Et ce mépris se répercute sur les habitants. Certains ne rêvent que d’une chose, c’est de quitter le Sanitas.

    Notre combat est politique. C’est pourquoi nous devons interpeller les institutions, les confronter à certaines évidences, et qu’elles arrêtent de se moquer de notre intelligence. Les problèmes qui existent dans ce quartier ne peuvent pas être utilisés pour justifier qu’on nous enlève des droits. Sinon, on ne va plus pouvoir vivre. Mais on entend des gens résignés dire : « On s’en fout, ils ne pensent pas à nous ». Il y a un climat de défiance qui s’installe vis-à-vis de l’État et des institutions.

    On parle beaucoup d’habitat dans le cadre de ce projet, mais on parle vraiment très peu des habitants. Et on nous tient très peu au courant, comme si nous étions incapables de comprendre ce qui se joue. « On fait ça pour vous », cette expression revient à chaque fois. Pour moi, c’est une grosse arnaque. Quand on rencontre les acteurs du projet, on sent bien que la démolition, pour eux, est un moyen d’effacer nos problèmes.

    On nous parle d’habitat, et de mixité sociale. Le directeur de Tours Habitat nous explique qu’il veut attirer d’autres populations, qui ne viennent pas à cause de l’insécurité, etc. Mais si l’habitat était rénové, si les réparations étaient faites rapidement, peut être que les gens feraient le choix de venir habiter dans ce quartier. Ce qui est choquant, c’est que le bailleur veut détruire avant de rénover. Il ne s’occupe pas de l’état de nos appartements, mais il veut détruire des immeubles pour faire arriver une autre population... On a l’impression d’être toujours mis de côté.

    #ZUP #ANRU #mixité_sociale #urbanisme #quartiers_populaires

    cc @reka @fil


  • La « métropolisation » stade suprême de l’urbanisation capitaliste
    https://larotative.info/la-metropolisation-stade-supreme-2119.html

    Réflexion sur le modèle métropolitain, à l’heure où la communauté d’agglomération Tour(s)plus s’apprête à devenir une métropole, sous les applaudissements de l’ensemble du personnel politique local (à l’exception de la maire PCF de Saint-Pierre-des-Corps). Ce texte de Jean-Pierre Garnier a initialement été publié dans le journal {Avatarium} en 2013.

    Tout d’abord, le « changement d’échelle » ne met pas fin à la ségrégation socio-spatiale inhérente à l’urbanisation capitaliste. Bien au contraire. L’extension sans fin de l’urbain ne fait que renforcer la séparation socio-spatiale et le séparatisme politico-idéologique qui l’accompagnent entre les « beaux quartiers » ou les « banlieues résidentielles » réservés aux riches, et les zones de relégation où sont parqués les pauvres. Mais surtout, tandis qu’une partie de l’urbain se disperse et se dilue au large des agglomérations, l’autre se concentre et se renforce au cœur de la ville centre pour se brancher sur les réseaux de l’économie globalisée et en capter les flux par des aménagements appropriés. C’est là que se regroupent les fonctions « nobles » dites aussi « directionnelles », avec les services et les équipements afférents, ainsi que les bourgeois et les « bobos » attachés, par obligation professionnelle et/ou par inclination culturelle, à la « centralité urbaine ». Pour leur faire de la place, il faut « étendre le centre », comme le serinent les aménageurs. Aussi, des opérations de « reconquête urbaine » sont-elles menées tambour battant.

    #urbanisme #métropole

    • C’est totalement ça : la #colonisation des #territoires ruraux et leur #soumission aux seuls besoins des urbains argentés. Le maillage territorial et leur organisation saisonnière sont éloquents : #train, #avion, #autoroutes relient strictement les centres métropoles entre eux et sont privatisés avec une pure logique de rentabilité (vs. aménagement du territoire qui garantissait l’égalité républicaine).

      Sur les nouvelles voies (TGV, autoroutes), totalement privées, ce sont les collectivités locales qui paient pour être éventuellement raccordées… à l’exception des grands centres touristiques qui concernent les métropolitains. Aller à Paris depuis chez moi prend pratiquement deux fois plus de temps qu’il y a 30 ans et les possibilités de le faire se sont réduites. Pourtant, il y a des trains supplémentaires qui sont programmés pour aller dans mon coin, mais seulement de Paris vers chez moi et pour les départs en vacances. Le reste du temps, on peut crever.
      Même affaire sur les réseaux importants comme l’électricité, l’eau ou les télécommunications. Il y a un gars qui a construit il n’y a pas très longtemps dans le coin : on lui a expliqué cash qu’il ne serait raccordé à rien (y compris électricité !) sauf s’il paie de sa poche le raccordement. On est blindé de zones blanches et grises, mais quand je vais en montagne l’été, sur le domaine skiable, je peux voir que les brebis ont la 4G…

    • Peut-être, peut-être pas : les municipalités délivrent les permis de construire. Pour le téléphone fixe, on est revenu à des temps d’attente période PTT pour les nouveaux arrivants : comme tout est privé, comme toutes les lignes sont déjà saturées et peu entretenues, comme il n’y a plus que des sous-traitants de sous-traitants, avoir une nouvelle ligne de téléphone peut prendre des mois ou ne pas aboutir.
      D’ailleurs, pour la qualité de communication, on est pire qu’à l’époque PTT : friture, coupures, etc.

    • Les élus locaux ont pris le train de la gentrification en marche en mettant en œuvre des politiques souvent appelées de « renouvellement urbain », qui prennent la forme de programmes de rénovation et de réhabilitation. On restaure l’existant mais en l’adaptant pour en faire un cadre de vie adapté pour de nouveaux habitants, en réaménageant l’intérieur des logements par exemple.
      https://seenthis.net/messages/446847

      Pour la SNCF : le temps, c’est de l’argent…

      Impossible d’y échapper tant Rennes Métropole, la SPL « Destination Rennes » et la Région ne cessent de communiquer dessus. L’arrivée de la future ligne LGV Bretagne en juillet prochain permettra de rapprocher Rennes à moins d’une heure trente de Paris sur certains trajets (pas tous, einh…).

      En contrepartie, il faudra mettre la main à la poche pour rejoindre la capitale puisque le billet augmentera de 6 euros en moyenne. La directrice générale de Voyages-SNCF, Rachel Picard, n’y trouve rien à redire et explique même que « l’évolution des prix sera toujours inférieure au gain de temps ». Payer plus pour gagner plus… de temps ? Argument non recevable pour Dominique Serouin, vice-président de l’association des usagers des transports en Ille-et-Vilaine (AUTIV) dans l’édition du Télégramme de dimanche dernier : « Nous ne sommes pas contre le principe de gagner du temps mais les tarifs actuels sont déjà excessifs et inabordables pour les voyageurs aux revenus modestes et les familles ».

      Mais « qui se soucie de gagner au maximum 40 minutes sur un trajet reliant notre ville à la capitale ? » se demandaient déjà les élu⋅e⋅s du parti de gauche rennais, il y a plus d’un an. A y regarder de près, il faut craindre que ce nouveau dispositif ne soit destiné finalement qu’à quelques intérêts particuliers : cadres dynamiques, clientèle d’affaire, personnes aux revenus confortables. La SNCF ne s’en cache même pas puisqu’elle souhaite mettre en place de nouveaux services comme le wifi à bord, des files d’embarquement dédiées ou encore des salons grand voyageur rénovés afin de capter la clientèle professionnelle habituée des trajets aériens.

      Alors que le coût total de la ligne s’élève autour des 3,4 milliards d’euros, alors que le PDG de la SNCF(1) juge déjà déficitaire les deux nouvelles lignes LGV (avec celle de Paris-Bordeaux), alors que le modèle économique du LGV/TGV est à bout de souffle (faute de rentabilité, son développement absorbe une grande part des contributions publiques dédiées au ferroviaire), cette manne financière n’aurait-elle pas pu être mieux utilisée pour un projet ou une ambition utile au plus grand nombre ?

      En même temps, si le « #Rennes2030 » s’adressait aux plus modestes d’entre nous, cela se saurait, non ? Le centre des congrès, le quartier d’affaire #Eurorennes, les hôtels de luxe, la disparition de petits lieux conviviaux (comme récemment le bistrot du Chat Bavard) sont des exemples rayonnants d’une gentrification déjà bien entamée.

      http://alter1fo.com/sncf-lgv-gentrification-108617#comment-469173


      https://twitter.com/search?f=tweets&q=%23Rennes2030&src=typd


  • Travailleurs détachés : « La solution n’est pas un repli nationaliste, mais un syndicalisme transfrontalier »

    https://larotative.info/travailleurs-detaches-la-solution-2040.html

    Environ 250 000 salariés originaires de différents pays européens travaillent sur le territoire français, sans pour autant y être installés. Les droits de ces travailleurs dits « détachés » sont encadrés depuis 1996 par une directive européenne, mais les employeurs se livrent à une fraude massive. Entretien avec K., salarié dans le bâtiment et syndicaliste.

    Depuis les années 2000, il y a une massification du recours à la main-d’œuvre détachée. Normalement, même si les cotisations sociales sont payées au taux du pays d’origine, le prix du recours au travail détaché devrait être supérieur au salaire minimum français. En effet, il faut ajouter les frais de déplacement, d’hébergement, etc. Ça, c’est la théorie.

    Mais les pourvoyeurs de main-d’œuvre ont trouvé la parade assez rapidement : elle consiste à organiser du travail dissimulé. En apparence, le contrat de travail respecte le droit français, avec un taux horaire qui est globalement respectueux de la convention collective — même si les travailleurs détachés sont généralement payés au SMIC, alors qu’ils devraient être reconnus comme ouvriers qualifiés. Seulement, le temps de travail réel est largement supérieur au temps déclaré.

    Le premier parti politique à avoir mis cette question sur la table, c’est le Front~National, via un communiqué de presse signé par Marine Le~Pen et Florian Philippot. Ils dénonçaient la directive détachement et se prononçaient pour son abrogation. Mais si on abroge cette directive, on perd la protection qu’elle accorde en ce qui concerne l’application de la réglementation du pays d’accueil ! On reviendrait à la situation antérieure, dans laquelle un travailleur provenant d’un pays à faibles coûts sociaux serait payé au tarif en vigueur dans son pays. Le FN est progressivement monté en puissance sur cette question, ce qui a pris au dépourvu les autres partis, qui n’avaient pas bossé le sujet. Et depuis un an, de Mélenchon à Montebourg, tous s’alignent de fait sur la position du Front National.

    #travail #détachement #syndicalisme #nipatrienifrontières cc @rezo


  • Réforme du Ceseda : nouvelles régressions du droit d’asile et du séjour des étrangers
    https://rebellyon.info/Reforme-du-Ceseda-la-lutte-contre-l-16334
    Un retour bienvenu sur les modifications du Ceseda votées récemment et passées relativement inaperçues. Elles mériteraient pourtant d’être plus connues. Notamment le nouveau rôle des préfectures :

    La mesure phare de la loi porte sur la création d’un titre de séjour pluriannuel. (…) Mais cet avantage est contrebalancé par une règle simple : toutes les cartes de séjour temporaire (1 an) et les cartes pluriannuelles pourront être retirées par la préfecture à tout moment si le ou la migrante ne remplit plus les conditions nécessaires.

    Jusque-là, le droit offert par une carte de séjour d’un an ne pouvait être remis en cause, sauf cas particulier, qu’au moment de son renouvellement. Maintenant, la préfecture a le pouvoir de le faire à n’importe quel moment. Quitter son emploi, mettre fin ou faire une pause dans une relation, arrêter ses études ne pourra se faire sans prendre le risque de se retrouver rapidement en situation irrégulière. Une suspicion permanente portera sur les personnes étrangères. Pérennisation de leur statut nous disait-on... ou précarisation ?

    Quel avantage subsiste à la création de cette carte pluriannuelle ? Economie et gain d’efficacité pour les préfectures. La préfecture est dotée d’une nouvelle mission : surveillance permanente et généralisée des personnes étrangères en situation régulière. Pour pouvoir contrôler de manière précise et en toute tranquillité, la préfecture a maintenant accès à des données jusque-là protégées par le secret professionnel.

    Ainsi la préfecture pourra obtenir des informations auprès d’établissements scolaires, de fournisseurs d’énergie, d’établissements de santé, de mairies... que ces institutions ne pourront pas refuser de transmettre. Pour lutter contre la fraude, la vie privée des étrangers et le secret professionnel méritent bien de s’effacer.

    #toctoc #migrants #asile


  • Meghan Murphy : La Slutwalk d’Amber Rose est l’apogée naturelle des Slutwalk

    https://tradfem.wordpress.com/2016/01/29/meghan-murphy-la-slutwalk-damber-rose-est-lapogee-naturelle-des-s

    A l’époque, j’ai rigolé à l’idée que cet individualisme loufoque soit qualifié de « mouvement ». On n’y trouvait ni solidarité, ni analyse de classe, ni compréhension des systèmes d’oppression, ni compréhension de l’oppression tout court… C’était juste un méli-mélo de mantras que les publicitaires et l’État capitaliste américain nous balançaient depuis des décennies : ton destin est ce que tu en fais. Ta capacité à « choisir » des implants mammaires ou à profiter en quelque façon d’un système exploiteur est, en fait, autonomisante. Si je me traite de salope et que ça me plaît, me voilà libérée avec succès du patriarcat. Évidemment, fantasmer notre libération tout en restant sous la coupe d’un système qui nous détruit est exactement ce que souhaitaient les détenteurs du pouvoir. [...]

    Qu’on s’entende bien, je n’ai pas d’aversion pour Rose. Je respecte le fait qu’elle essaye de guérir de tout ceci, et je respecte le fait que ses intentions étaient bonnes en organisant cet événement. J’ai été émue par ses propos quand elle a parlé, en larmes, de sa douleur à être humiliée et insultée par des hommes qui l’ont utilisée, qu’elle a aimés, et dont elle a porté un enfant. Mais le « pardon » et « l’énergie positive » n’ébranleront jamais le patriarcat. Et sincèrement, la Slutwalk ne souhaite pas ébranler le patriarcat.

    Traduction : Tradfem
    Article original : http://www.feministcurrent.com/2015/10/07/amber-roses-slutwalk-is-the-natural-pinnacle-of-slutwalk

    #Meghan_Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Vous pouvez la suivre sur Twitter : https://twitter.com/MeghanEMurphy

    #Slutwalk #Amber_Rose #Feminist_Current #tradfem


  • Sanitas, Rabaterie, Rabière : abstention massive dans les quartiers populaires de l’agglomération
    http://larotative.info/sanitas-rabaterie-rabiere-1324.html

    Dans les « quartiers prioritaires » de l’agglomération tourangelle, les chiffres de la participation aux #élections régionales des 6 et 13 décembre sont parfois inférieurs de plus de 20 points à la moyenne du département. Cette non-participation s’explique notamment par la ségrégation dont ces quartiers font l’objet.

    « Forte #abstention » au premier tour de l’élection, « sursaut de la participation » au second tour... Tous les médias nationaux se sont penchés sur ce phénomène, qui revient à chaque scrutin : une forte proportion de la population ne se mobilise pas les jours d’élections.

    En Indre-et-Loire, une personne inscrite sur deux ne s’est pas déplacée jusqu’à son bureau de vote au premier tour des élections régionales. Au deuxième tour, la participation a progressé de 10 points, passant à près de 60 %. Des chiffres en ligne avec ceux observés au niveau national.

    Mais ces grandes moyennes masquent de fortes disparités en fonction des territoires. Dans l’agglomération tourangelle, l’examen des résultats des bureaux de vote situés dans les « quartiers prioritaires » montre des taux de participation parfois inférieurs de plus de 20 points à la moyenne départementale. Et même si la participation y a progressé au second tour, dans la même proportion qu’à l’échelle nationale, elle reste fortement en retrait.

    Dans le bureau 16-26, on a donc un taux d’abstention de 78,8 %, contre 50,65 % au niveau du département. (...) Au premier tour, le taux d’abstention dans les bureaux de vote de La Rabaterie est de 65,5 %, 15 points au-dessus du taux d’abstention dans le canton (51,5 %).❞

    Durement touchés par le chômage et la précarité, ces quartiers connaissent une ségrégation sociale qui se traduit également par une une « ségrégation électorale ». C’est ce que notent Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen dans un article du Monde diplomatique intitulé Ce que s’abstenir veut dire :

    « Avec leur population jeune et défavorisée, les quartiers de grands ensembles et d’habitat social connaissent ainsi une non-participation (non-inscription et abstention) qui peut atteindre des proportions impressionnantes. (...) Plus jeunes, moins diplômés, plus affectés que la moyenne par le chômage, les habitants interrogent l’utilité d’un geste qui ne conduit pas à améliorer leurs conditions d’existence. »

    « Les territoires où la participation a été la plus faible au premier tour de 2014 (..) dessinent une France des grands ensembles, de l’immigration et de la précarité au sein de laquelle la ségrégation sociale et ethnique produit une ségrégation électorale. Villiers-le-Bel (où l’abstention atteignait 62,2 %), Vaulx-en-Velin (62,1 %), Evry (61,3 %), Stains (61 %), Clichy-sous-Bois (60,2 %) et Bobigny (59,4 %) — cinq banlieues de Paris et une de Lyon — comptent parmi les dix villes les plus abstentionnistes de France. »

    Avec des tableaux et du @mdiplo dedans.

    #quartiers_populaires


  • J’accuse Michel Cadot, préfet de police de Paris, de violences et de désinformation !
    http://paris-luttes.info/j-accuse-michel-cadot-prefet-de-4352

    La préfecture de Police de Paris considéré comme un véritable « état dans l’état » est gouverné d’une main de fer depuis janvier 2012 par Michel Cadot. Derrière chaque action, il y a des individus qui prennent des décisions, font des choix et doivent en assumer les actes ! Aujourd’hui comme hier, Michel (...) — cu_czbywwaaug1e.jpg_large.jpg, 12310424_10154358208153222_7187090291990779079_n.jpg, Répression - prisons, manifestation, police, République, COP21, état d’urgence


  • Choses vues à Tours sous l’état d’urgence
    http://larotative.info/choses-vues-a-tours-sous-l-etat-d-1293.html

    Dans les jours qui suivirent, de nombreuses personnes vinrent se rassembler devant l’hôtel de ville, pour y déposer des fleurs, une bougie, un dessin ou un message. On s’y rassemblait comme les Parisiens se rassemblaient place de la République. Comme si les hommages rendus après les attentats de janvier avaient instauré une forme de tradition macabre.

    Le préfet avait tenté de décourager les bonnes volontés, parfois en leur déconseillant de se rassembler, parfois en leur interdisant. Mais ces réunions interdites étaient quand même vues d’un bon œil ; l’hommage aux victimes était compatible avec les valeurs de la République. On vit ensuite que cette tolérance ne s’étendait pas à tous les types de rassemblements interdits : une manifestation de soutien aux réfugiés qui eut lieu à Paris le 22 novembre fit l’objet d’une répression s’appuyant pour bonne part sur les fiches de renseignement préalablement composées par les autorités. La France ne surveille pas que les terroristes : elle fiche aussi ceux et celles qui se rangent du côté des victimes de la guerre et du terrorisme.

    Le mardi 24, des syndicalistes étaient rassemblés devant la préfecture, faute d’être autorisés à manifester. Ils évoquaient la mémoire de camarades tués sous les balles des terroristes, tout en appelant à la paix et au respect des libertés. Le message ne passa pas les grilles du bâtiment.

    (...)


  • De Notre-Dame-des-Landes à Paris, « pour braver l’état d’urgence et dénoncer l’hypocrisie de la COP21 »
    http://larotative.info/de-notre-dame-des-landes-a-paris-1295.html

    Environ 200 personnes mobilisées contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont parties en convoi vers Paris le 21 novembre, à vélo ou en tracteur. Initialement pensé comme une manière de porter une alternative politique forte, ce convoi est aussi devenu une forme de contestation en actes de l’état d’urgence. Malgré les tentatives d’intimidation et les obstacles mis sur leur route par les autorités, il devrait arriver à Paris demain. Entretien.

    Et puis, comme les sommets sur le climat sont souvent des grands moments de masse, on voulait porter quelque chose de très concret, de très fort et d’enraciné, qui vienne amener du sens politique depuis ce qui se créé à la ZAD : d’un côté, l’idée qu’on peut arrêter ici et maintenant leurs projets nuisibles ; et d’un autre côté, l’idée qu’on peut inventer d’autres formes de vie, qui sortent un peu de l’économie, de la marchandisation du monde, d’autres manières de cultiver, d’habiter, de vivre.

    (...)

    A la suite des attentats de Paris, le gouvernement a manifesté sa volonté de poser une chape de plomb sécuritaire sur toutes formes de manifestation ou de contestation sociale ou environnementale, et sur tout ce qui devait se dérouler lors de la COP21. A ce moment-là, le convoi a pris un autre sens. Dès le lendemain de notre départ, alors qu’on était encore en Loire-Atlantique, plusieurs centaines de policiers ont bloqué le passage du convoi, et nous ont signifié l’interdiction d’entrer en Ile-de-France : on n’arriverait pas jusque-là, parce que toutes les manifestations y seraient interdites. Nous avons tous refusé de donner nos identités, de nous plier aux demandes des gendarmes, et nous avons déclaré que nous irions quand même jusqu’en Ile-de-France, qu’on ne céderait ni aux pressions, ni aux menaces. Le convoi est alors devenu une forme de contestation de l’état d’urgence, une manière de braver en actes l’état d’urgence, les interdictions de manifester et les politiques répressives qui se sont mises en place.

    #NDDL #COP21 #répression cc @rezo


  • Entendez-vous dans nos campagnes…
    http://ptitrouge.larotative.info/spip.php?article8

    Pendant un mois et demi, l’équipe d’un journal d’info alternatif des années 70 reprend du service. Et ça commence fort, avec un retour sur Creys-Malville et la mort de Vital Michalon.

    Il y a un an, donc, Rémi Fraisse était tué par une grenade en pleine cambrousse, lors d’une manifestation écolo , et tout de suite tout le monde ressort le cold case Creys-Malville.
    C’était en 1977. Pendant des semaines avant la manif contre la construction du surgénérateur de Malville, Superphénix, le débat courait un peu partout : fallait-il y aller ou pas ?
    Les organisateurs annonçaient une « marche pacifique offensive », à l’initiative en particulier du Comité Malville de Grenoble et de la coordination des comités Malville qui avaient leur journal Superpholix et Radio Active, une radio pirate.

    Le discours dominant était belliqueux.La présence de la garde prétorienne trotskiste (les troupes bien organisées de la LCR et quelques autres) aussi bien que de militants allemands était claironnée, provoquant un sérieux pétage de plombs du préfet du coin en pleine conf’ de presse, parlant d « occupation par les boches » voyant débouler « la bande à Baader » (ceux qui ne savent pas ce que c’est, allez vous rafraîchir la mémoire sur Gogol, on ne va tout de même pas tout vous mâcher), et n’hésitant pas à ajouter « s’il le faut je ferai ouvrir le feu sur les contestataires ».
    Tout le monde savait que l’ambiance risquait fort d’être particulièrement rock n roll. Ici, au P’tit Rouge, nous avions décidé de ne pas y aller, l’envoi de gamins pacifistes au casse-pipe dans la luzerne n’a jamais été vraiment notre truc et la dérive militaro d’une partie de ce que la grande presse appelait « l’extrême gauche » ne nous fascinait pas plus que ça.

    #Sivens #grenades

    poke @rezo

    • 38 ans plus tard, la #police est la même, il n’y a pas de raison que ça change, et la « #gauche » qui est provisoirement au pouvoir en ce moment nous prépare les nouveaux Sivens, les nouveaux Malville, il suffi d’entendre Manuel Valls, dans son rôle favori de pète-sec aux sourcils froncés, agitant la trique sous le nez des zadistes de Notre Dame des Landes, préparez les pansements, c’est pour bientôt.
      38 ans plus tard, la #désinformation est la même, rappelez vous comment a été annoncée la « découverte d’un corps » sur le site de Sivens, sans parler de lien avec les #affrontements qui venaient de se dérouler, puis, forcés par les témoignages diffusés en live sur les réseaux (hé oui, on n’est plus en 1977) les « autorités » ont concédé que c’était bien un manifestant qui était décédé on ne savait pas trop comment, ah, oui, il avait un sac à dos. Ils en ont tous. Il avait dû le bourrer d’explosifs…


  • Exploitation ordinaire dans le domaine du transport scolaire de personnes handicapées. Depuis deux mois, une nouvelle boîte a récupéré ce marché auprès du Conseil départemental d’Indre-et-Loire, en faisant une offre d’un montant inférieur de 20% à celles de ses concurrentes. Et pour pouvoir proposer de tels tarifs, Vortex, la boîte en question, contourne allègrement le droit du travail. Renseignez-vous, c’est peut être le prestataire de votre département.

    Deux articles sur la question :

    Salaires au rabais, heures non payées... les chauffeurs de Vortex manifestent devant le Conseil départemental
    http://larotative.info/salaires-au-rabais-heures-non-1218.html

    « On n’a jamais vu un bordel comme ça », témoigne une salariée qui a dix ans d’ancienneté et a vu se succéder les prestataires (Alphacars, VAD, Keolis, Veolia-Transdev...). Les salaires du mois de septembre ont été versés avec plusieurs jours de retard, et certains chauffeurs attendent toujours leur paye à la mi-octobre. Tous les salariés dont le contrat a été repris par Vortex ont observé une baisse de leur salaire horaire, passé à 10,11 euros, contre 10,31 euros précédemment (et 10,51 pour les salariés les plus anciens). La plupart ont constaté que des heures de travail, voire des journées, n’avaient pas été comptées. Au final, beaucoup d’entre eux se retrouvent avec une perte de salaire mensuel pouvant avoisiner la centaine d’euros sur des paies déjà maigres, qui tournent entre 400 et 900 euros.

    Les nouveaux embauchés, souvent plus chargés en heures que les anciens, ont dû payer de leur poche la visite médicale obligatoire ; certains l’ont passée après plusieurs jours de roulage. Il arrive régulièrement que les salariés soient amenés à avancer de leurs poches des prestations.

    Pour le mois d’octobre, il est dit que la paie concernera seulement les jours travaillés ; avec les vacances scolaires, cela ferait donc seulement 15 jours payés, alors que dans les boîtes précédentes un lissage du temps de travail était fait sur l’année, permettant une base garantie mensuellement.

    A., 59 ans, conductrice pour 432 euros par mois : « on veut pas rester avec Vortex, c’est des requins »
    http://larotative.info/a-59-ans-conductrice-pour-432-1217.html

    Là, on vient d’avoir nos salaires. Il y a des jours où j’ai travaillé, on me dit que j’ai pas travaillé, on me met « absence injustifiée », moins deux heures. J’ai été voir hier, soit-disant que ça va revenir. J’ai des jours où il y a marqué « provision », ça veut dire qu’ils nous comptent que deux heures au lieu de trois heures et demi. Donc faut encore attendre le mois prochain, parce qu’ils ont pas eu le temps depuis le 15 septembre de faire les feuilles de salaire...

    Il y a eu des retards dans les versements des salaires, et ils sont encore trois à ne pas avoir eu leur salaire. C’est pour ça qu’on se plaint, on n’en peut plus. On appelle à Montpellier, mais ils disent d’appeler à Tours, et quand on appelle à Tours ils disent d’appeler à Montpellier. Ils se permettent de téléphoner à 8h30 pour nous confier un enfant. On travaille le mercredi, alors que nos contrats prévoient qu’on ne travaille pas ce jour-là. Et j’ai un mercredi qui n’a pas été payé, soit-disant que je n’ai pas travaillé. D’ailleurs, on ne sait même pas si on est couverts dans ces cas-là.

    On doit se débrouiller seuls. L’autre jour, je suis allé chercher une enfant à La Rabière pour constater qu’elle était déjà partie avec un autre chauffeur. Tout se passe comme ça, c’est mal organisé. Les secrétaires, les pauvres, ne sont pas bien traitées.

    #transport #handicap #exploitation


  • #ToursTech : « Tous unis pour la croissance de nos start-ups »

    http://larotative.info/tourstech-tous-unis-pour-la-1192.html

    Coulon l’avait annoncé lors du conseil municipal du 7 avril 2015 :

    « Nous positionnerons aussi Tours comme une terre d’adoption numérique. On sait que notre territoire est souvent choisi (Moneo, McDo, Linky) par des tas d’entreprises qui ont testé ici leurs produits. (...) Nous voulons que les entreprises viennent innover en Touraine, en trouvant les compétences et les infrastructures qui leur permettront de réussir leurs projets d’innovation. »

    Apparemment, l’adjoint au maire est ravi de faire office de cobaye. Signalons quand même que Monéo s’est cassé la gueule [1], et que les compteurs Linky sont loin de faire l’unanimité, y compris dans le département. Quant aux bornes de commandes chez MacDonald’s, on laissera chacun juger de la pertinence de cet exemple en termes de progrès et d’innovation... Cela n’a que peu d’importance aux yeux des promoteurs de #ToursTech : l’important, c’est d’innover, de « faire », qu’importent les débouchés, les impacts ou les conséquences. La formule « Tous unis pour la croissance de nos start-up » reflète bien cet esprit : on promet un soutien sans condition, sans s’interroger sur ce que produisent ces entreprises, ou sur la manière dont elles le font. Le tout au nom de l’emploi (hypothétique) et du rayonnement (hypnotique).

    C’est le site de l’ancienne imprimerie Mame qui a été choisi pour faire office de « lieu totem » pour la candidature Tours Tech. Un « lieu magique » aux yeux de Thibault Coulon, qui pourra notamment accueillir un « Fab lab » et un « Living lab ». Et où l’on pourra organiser un « BarCamp », un « Startup Weekend », un « Coding Goûter », ou un « Hacking Monday ». Dire qu’il fut un temps où on se contentait d’y imprimer des livres...

    Le site Mame vient d’être racheté par Tour(s) Plus à la Société d’équipement de Touraine (SET), qui était chargée de sa reconversion, pour un coût de 9 millions d’euros. L’école des Beaux-Arts s’y est installée, reste à faire venir les entreprises du numérique qui donneront au site son identité de « véritable poumon de l’économie numérique locale ». Et pour cela, Thibault Coulon cherche à faire dégager les ouvriers de Michelin qui y trainent encore dans le cadre des ateliers de transition professionnelle mis en place suite à la suppression de 700 postes dans l’usine de Joué-lès-Tours. Certes, la SET présente Mame comme « un site d’échanges (..) et de rencontres entre tous les publics », mais il ne faudrait pas exagérer. C’est pas les types de Michelin qui vont nous faire entrer dans la modernité ; ils représenteraient plutôt un passé gênant à faire disparaître.

    #numérique #FrenchTech #EtMoiEtMoiEtMoi


  • Radio Turone, 96.2 : retour sur une aventure radiophonique militante (1982-1985)

    http://larotative.info/radio-turone-96-2-retour-sur-une-1158.html

    De février 1982 à juillet 1985, la CGT d’Indre-et-Loire disposait de sa propre radio, et envoyait ses militants faire des reportages au cœur des luttes. Christian, 28 ans à l’époque, revient sur cette « belle aventure ».

    L’idée de lancer la radio est née après l’arrivée de la gauche au pouvoir, le 10 mai 1981. Il existait une profonde envie d’avoir une information libre et démocratique. Cette envie traversait déjà la CGT avant mai 81, puisqu’il y avait déjà eu des expériences comme Lorraine Cœur d’Acier [1], radio née pendant le conflit des sidérurgistes de Lorraine.

    (...)

    On a collecté des moyens financiers et matériels auprès des syndicats. L’initiative a eu un bon écho parmi les copains, qui en avaient marre de ce qui était proposé en matière d’information. La mairie de Saint-Pierre-des-Corps nous a fourni un local, et nous a permis d’installer un mât pour fixer l’antenne de la radio. Ces locaux ont été démolis depuis ; ils se trouvaient à proximité de l’école et de l’hôtel de ville.

    (...)

    Plus tard, un copain a composé un jingle. Ça faisait partie de l’aspect collaboratif de la radio. Chacun y amenait ce qu’il pouvait, sans rien attendre en retour.

    (...)

    Dès qu’on a eu un peu de sous, on a acheté deux magnétophones Nagra, ce qui nous a permis de faire des reportages sur les luttes d’entreprises. Ça, c’était le must. Quand une boîte du département était en rideau, au lieu de se contenter d’une petite brève de France Bleu, on allait interviewer la direction du syndicat et les salariés dans la lutte, on passait des appels aux dons, on annonçait des rendez-vous. Ça permettait de développer des solidarités. Et puis on essayait parfois d’interviewer les directions d’entreprises, mais c’était un peu plus dur. On arrivait avec notre étiquette de radio de la CGT, et il y en a qui ne voulaient pas nous causer. On se faisait même virer manu militari. Mais ça nous permettait de gueuler sur le thème de la censure de l’information. On réalisait aussi des reportages dans les manifs, on faisait des prises de son avec nos magnétos.

    poke @rezo @intempestive

    #sons_et_luttes #syndicalisme

    • Plus que la nostalgie, la fin devrait attirer l’attention :

      Au départ, il y a eu un vrai engouement autour de la radio, et il était assez facile de faire participer des copains et copines. Une fois que l’outil a été installé dans la durée, ça a été plus difficile, les gens étaient moins motivés. Mais ce genre de difficultés se retrouvent toujours, sous d’autres formes. Alors entre la baisse de motivation, le manque de fric, et le vandalisme... Radio Turone s’est tue en juillet 85.

      – Vivre un présent sans cesse renouvelé dans l’éffervescence des zones alternatives temporaires, au risque de s’épuiser et ne pas trouver de nouvelle zone à rouvrir après la chute ?
      – ou tirer les leçons, parfois difficiles ou désagréables, des expériences passées, et se donner les moyens de construire des alternatives durablement fructueuses ?

      #alternativedurable

    • @passerelle je plussoie mille fois :) je rajouterai
      – la difficulté de transmettre des outils ou des expériences,
      – le miroir aux alouettes que peut représenter la « nouveauté ».
      Paris-luttes.info va par exemple héberger dans une partie du site l’opposition à la COP21, mais ça n’a pas été sans discussion. Pas encore vieux de 2 ans, malgré son relatif succès, le désir d’en faire un « outil commun » et sa volonté d’ouverture, des camarades – pourtant proches – trouvaient déjà chiant d’utiliser un dispositif existant et fonctionnel.
      C’est un souci en partie abordé dans « Micropolitique des groupes » http://seenthis.net/messages/14660


  • Hollande, « les journalistes de la France d’en bas » et les hippopotames

    http://larotative.info/hollande-les-journalistes-de-la-1169.html


    Déjeuner de presse au zoo de Vincennes, 1936

    Le 11 septembre, François Hollande, accompagné d’une poignée de ministres, s’est rendu à Monts, à Contres pour visiter l’usine Saint-Michel, et à Saint-Aignan-sur-Cher pour célébrer le 35ème anniversaire du zoo de Beauval.

    D’après Laurent Garofalo, président du Club de la Presse (et dirigeant d’une agence de communication basée à Bourges...) :

    « Lors des visites du Président en province, les journalistes locaux sont désormais tenus à l’écart. Seule la presse nationale et un, voire deux journalistes issus d’un organe de la PQR sont autorisés à approcher le Président. Tous les journalistes des médias locaux (radios, hebdos, gratuits, Internet…) et les indépendants restent sur la touche ».

    On pourrait crier à la censure, et alerter Reporter Sans Frontières pour qu’il intègre ces faits dans son Classement mondial de la liberté de la presse. Mais l’esprit du communiqué est un peu différent :

    « Lorsque le Président se déplace en région, il ne devrait pas avoir peur de s’adresser "aux régions" et le meilleur vecteur de communication, c’est sans doute ces journalistes de la France d’en bas, tant méprisés par le service de communication de l’Elysée. »

    En fait, ces journalistes locaux seraient ravis de rapporter fidèlement la parole présidentielle dans leurs hebdos, gratuits et sur leurs sites Internet bardés d’encarts publicitaires. Ils veulent juste obtenir un peu de reconnaissance, quelques minutes « d’accès » auprès du prince, histoire d’éclairer un quotidien occupé par les concours de Miss ou par les interviews complaisantes des élus ou patrons locaux. Approcher un ministre, voire le président, c’est autre chose qu’un entretien avec le chef du MEDEF local !

    Ces journalistes ne font pas de l’information, mais de la communication. Ils sont dévoués, remettent rarement en cause la parole des puissants, et sont passés maîtres dans l’art de décrire le vide. Une visite au zoo, c’est pile dans leurs cordes. Pourquoi, donc, les mettre sur la touche ? Ce n’est pas eux qui auraient mis un grain de sable dans l’opération de communication présidentielle. On comprendrait presque la peine de Garofalo.

    Faut dire aussi qu’elle avait l’air passionnante cette visite. Si l’on en croit les images disponibles sur le site de l’Élysée, Hollande a pris des airs inspirés devant la chaîne de fabrication des madeleines Saint-Michel. Et il a prononcé au zoo de Beauval un discours qui restera dans les annales de l’éloquence politique :

    « Je pense que c’est l’un des plus beaux parcs animaliers d’Europe, et peut-être même du monde. (...) Le parc animalier de Beauval, c’est aussi le témoignage de la vitalité économique de ce qu’on appelle nos territoires ruraux. (..) Il faudrait d’ailleurs que j’ai une mention spéciale pour celui ou celle qui vous a offert les deux premiers oiseaux. Car sans ce cadeau (...) il n’y aurait pas aujourd’hui le parc de Beauval. (...) Il y a un million de visiteurs qui viennent à Beauval, c’est-à-dire plus qu’à Chambord. Vous avez réussi, Françoise Delord, à faire mieux que François 1er. (Applaudissements).

    Rodolphe, Delphine, Sophie vous accompagnent et c’est ainsi que nous avons ici à Beauval non seulement des oiseaux de toutes sortes mais des gorilles, des pandas (...), et depuis 2012 ils sont ces pandas parmi les vedettes de votre parc zoologique (...) [1]. Il est possible de faire rayonner la France dans le monde tout en chavirant de bonheur un grand nombre de visiteurs, les plus jeunes comme les plus anciens. (...) Vous avez annoncé, et j’y suis sensible, de nouveaux investissements (...). J’ai bien entendu votre message sur la fiscalité (...). Je peux les comprendre, car il vous faut dégager de la marge financière si vous voulez continuer à proposer, pour demain, 2016, c’est tout près, les cétacés qui devront être présentés, et également les hippopotames.

    (...) Puis ensuite, je suis allé visiter une entreprise pas loin d’ici, qui fait en sorte de fabriquer des madeleines — et pas seulement des madeleines — Saint-Michel, et vous connaissez bien ces produits. Ils ne servent pas à la consommation ici des animaux, j’ai bien compris que la pomme était l’outil indispensable si l’on voulait pouvoir séduire les animaux présentés. Mais ces galettes, ces madeleines, ces produits qui sont fabriqués avec du lait, avec des œufs qui viennent de la France, nous devons absolument aussi démontrer que nous pouvons être les meilleurs — et nous le sommes — dans l’industrie agroalimentaire. C’est une filière d’excellence là aussi, qui nous permet de dégager près de 10 milliards d’excédents. »

    On arrête là, mais ça vous donne une idée de la nullité de l’exercice. C’est bien la peine de pleurnicher parce qu’on n’a pas pu suivre Hollande dans sa découverte de la fabrication de madeleines « avec des œufs qui viennent de la France ».

    #Communication #zoo #PQR #médias #hippopotames


  • Ce qu’il advient après une expulsion – ici, celle des Francs-Tireurs
    https://paris-luttes.info/ce-qu-il-advient-apres-une-3699
    Témoignage écœurant sur les dessous et les suites ordinaires d’une expulsion en banlieue parisienne.

    Comme dans la nature, les charognards succèdent aux charognards jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les os blanchis de leurs victimes. C’est l’impression que donne cet endroit, où les misérables restes de nos vies passées sont jetés négligemment, avant d’être détruits définitivement après quelques mois.

    Le linge pourrit très rapidement, les matelas se recouvrent de moisi, l’électroménager rouille, les affaires disparaissent mystérieusement et les oiseaux chient dessus. Les déménageurs, qui appellent pudiquement « chantiers » le fait de collaborer à des expulsions, lorgnent sur les affaires que nous ne récupérerions pas, nous pressent de faire le tri.

    À la violence de l’expulsion, qui se traduit pour nous par une fragilisation du collectif, s’ajoute celle de devoir galérer pendant des semaines pour récupérer le strict minimum. Que penser alors des conséquences pour les familles jetées à la rue, sans réseau de solidarité pour stocker leurs affaires, souvent trop pauvres pour louer un véhicule et se rendre dans ces cavernes sinistres ?

    Nous, expulsés, sommes la matière première de toute une tripotée de crapules de la pire espèce, qui s’engraissent sur notre dos autant que possible.

    Les anciens occupant·es de ce squat de Pantin ont également filmé en caméra cachée le lieu, situé à plus d’une heure de Paris, où sont stockées les affaires personnes expulsées de la région
    https://www.youtube.com/watch?v=9ySSwTvAV6E


  • Coordination Pas Sans Nous : dans les quartiers populaires, « remplacer la violence par de la conflictualité »
    http://larotative.info/coordination-pas-sans-nous-dans-1105.html

    Depuis 2013, une centaine de personnes, responsables associatifs et acteurs de terrain, se sont réunies au sein d’une coordination qui se présente comme un « syndicat des quartiers populaires ». Rencontre avec l’un de ses membres, qui habite à Joué-lès-Tours [1].

    En 2005, suite aux révoltes qui ont répondu à la mort de Zyed et Bouna, Mohammed Mechmache crée un collectif nommé ACLEFEU [2]. Il se dit qu’il n’est plus possible d’aller de crise en crise, et que les habitant-es des quartiers populaires sont les mieux placé-es pour parler de leur réalité. Mechmache va réaliser un tour de France pour dresser un cahier de doléances en recueillant la parole des habitant-es. Mais quand il est allé présenter ce travail à un ministre, il lui a été demandé de laisser son rapport à l’accueil du ministère...

    Mechmache s’est alors allié à une universitaire travaillant sur les questions de la participation des habitant-es et d’empowerment [3], Marie-Hélène Bacqué. François Lamy, ministre de la Ville du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, va leur commander un rapport. Mechmache et Bacqué vont refaire un tour de France pour recueillir des témoignages d’habitant-es des quartiers populaires, de membres d’associations, etc. Ils sont notamment passés à Joué-lès-Tours, pour collecter doléances et propositions.

    Ce travail a donné naissance à un nouveau rapport contenant 31 propositions. Une centaine de responsables associatifs et d’acteurs de terrain des quartiers populaires ont été invités à critiquer, amender, corriger ces propositions. Et il a été décidé de considérer la question du droit de vote aux étrangers non-communautaires aux élections locales non pas comme une proposition parmi d’autres, mais comme une condition préalable de la participation citoyenne. C’est un engagement de campagne du candidat Hollande. On réclamait donc que cet engagement soit tenu. La centaine de participant-es à la conférence qui s’est tenue en juin 2013 se sont accordés pour dire que le rapport ne contenait pas 30+1 mesures, mais 1+30 mesures.

    Toutes les questions qui traversent notre société ont été abordées au cours de cette « conférence citoyenne » de juin 2013. Ça a été deux journées de folie. Il y a notamment eu de grosses empoignades autour du terme « laïcité » ; certains estimaient que la question de l’islamophobie devait avoir une place centrale dans le rapport, d’autres étaient plutôt dans une posture de déni face à cette question. A l’issue de ces deux jours, on s’est dit qu’il était indispensable de rester en contact, et on a monté la coordination « Pas sans nous ».

    Évidemment, une fois le rapport rendu au ministre de la Ville et passé à la moulinette législative, il n’en est rien resté, si ce n’est l’idée de créer des « tables de quartier ». Cela consiste à monter, dans tous les quartiers populaires, une instance reconnue par les autorités locales (préfecture, mairie) qui pourrait participer aux réflexions sur les politiques de la ville. La loi prévoyait donc que, dans toutes les villes où il existe un « quartier prioritaire », la signature du contrat de ville soit subordonnée à la création et à la reconnaissance d’un « conseil citoyen » (qui a été le nom retenu pour désigner les tables de quartier).

    (...)

    Pour l’instant, comment la mobilisation des habitant-es prend-elle forme ? Comment s’exprime-t-elle ?

    En matière de participation, les quartiers populaires sont par terre. Certains quartiers ont tellement morflé qu’il n’y a plus de dialogue. En même temps qu’on proposait ces conseils citoyens, il a fallu engager un travail de dialogue entre associations et de définition d’objectifs communs.

    (...)

    Le parquet a demandé la relaxe des deux policiers poursuivis pour « non-assistance à personne en danger » après la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois en 2005 [5]. Cette relaxe ne va-t-elle pas encore faire reculer la confiance des habitant-es des quartiers populaires vis-à-vis des institutions ?

    Il faut faire évoluer la relation des habitant-es avec la police. On ne peut pas continuer comme ça. Les policiers ne peuvent pas être systématiquement mis hors de cause, comme c’est le cas actuellement. C’est invivable, et chaque relaxe est vécue comme un coup de couteau par les quartiers. La coordination « Pas sans nous » propose notamment que la police vienne régulièrement dans les quartiers pour rendre compte de son action auprès des habitant-es. Les conseils citoyens pourraient être l’espace approprié. Cela permettrait à la police d’entendre ce que les habitant-es ont à leur reprocher, en dehors du contexte d’un contrôle d’identité. Sinon, nous irons de révoltes en révoltes.

    #participation #quartiers_populaires #ville

    cc @quartiersxxi @rezo


  • Quand le cancer d’un politicien sert à rappeler que la vie normale c’est le travail
    http://larotative.info/quand-le-cancer-d-un-politicien-1068.html


    Le président (UDI) du Conseil Départemental d’Indre-et-Loire vient de révéler publiquement qu’il souffre d’un cancer du foie. L’occasion pour lui et pour les médias locaux d’insister sur le fait qu’une maladie comme celle-ci n’empêche nullement de travailler normalement. Réaction de Thomas, qui vit avec une maladie grave et a de plus en plus de difficultés à souffrir... ce genre de discours.

    C’est au micro de France Bleu Touraine que Jean-Yves Couteau, récemment élu président du Conseil Départemental d’Indre-et-Loire s’est exprimé à propos du cancer du foie contre lequel il se bat actuellement. Une intervention qu’il motive de la façon suivante :
    « J’ai eu envie de dire les choses parce que j’en ai marre que sous le manteau, on dise n’importe quelle connerie. Là c’est moi qui le dit. On peut avoir une activité professionnelle normale ! »

    (...)

    Une fois de plus quand il est question de maladie, on nous ressort le grand classique mais foutrement rhétorique « ce qui ne tue rend plus fort ». France Bleu va encore plus loin en donnant des précisions sur son site :
    Selon Gilles Calais, professeur en cancerologie au CHRU de Tours, 9 patients atteints d’un cancer sur 10 qui sont en âge d’avoir une activité professionnelle sont en arrêt de travail pendant la période du traitement. Pour autant, les traitements n’altèrent pas les facultés de décision. Cela induit juste une fatigue supplémentaire.
    « Juste » ? Sérieusement ? Comme si la fatigue n’avait aucune influence sur notre capacité à réfléchir. On chercherait à nous faire comprendre que les 90% de cancéreux qui n’ont pas le courage de Jean-Yves Couteau abusent qu’on ne s’y prendrait pas autrement. On rappelle de plus à France Bleu que le cancer touche aussi des personnes dont le corps est l’outil de travail. Pour elles non plus, la fatigue n’est pas « juste » un petit parasite supplémentaire.

    (...)

    Ces prises de positions publiques des politiciens sont quasi-systématiques, leur appui par la presse l’est tout autant. Il n’est qu’une seule image acceptable du malade. Celle de celui qui se bat pour que cela ne se voit pas, qui sait rester « digne » et ne se laisse pas abattre par la maladie qui le ronge.

    L’injonction à se conformer à cette image est très violente pour ceux qui quotidiennement font face comme ils peuvent, ni par courage ni par dignité mais parce qu’ils n’ont pas le choix. Elle est violente avec la grande majorité des malades qui ont la « faiblesse » de ne pas conserver une vie normale. Pas par choix en général. Cette violence sociale se surajoute à la violence intrinsèque à la maladie elle-même.

    Il faut le dire crûment : la réalité d’une maladie grave c’est que ça pourrit la vie quotidienne. Un point c’est tout. Les rodomontades des politiciens ne sont que des éléments de façade, faire bonne figure pour sauver les apparences ou éviter les regards accusateurs ou les questions indiscrètes. Les points positifs ou autres « bénéfices secondaires » après lesquels courent les partisans d’une maladie conforme à l’enthousiasme spectaculaire de notre société ne sont que des chimères.

    #normalité #travail #injonction #productivité


  • Quand les Lyonnais·es font pas comme les autres : retour sur 10 ans de Rebellyon
    http://rebellyon.info/Petit-retour-sur-Rebellyon-pour-ses-10.html
    A partir de lundi, le site lyonnais fête sa décennie pendant une semaine, l’occasion de faire un retour sur les origines du projet et son actualité.

    Après cette soirée, le projet d’Indymedia lyonnais s’essouffla et ne vit jamais le jour. Une autre initiative émergea quelques mois plus tard, en septembre 2004, à partir des critiques formulées et des expériences accumulées localement. Cinq éléments en particulier furent à l’origine des réflexions :
    – le besoin d’autonomie en matière de diffusion de l’information en période de mouvements sociaux, c’est-à-dire la possibilité pour les collectifs de s’organiser pour court-circuiter les médias dans le récit qui peut être fait d’un événement, d’une action, ou tout ce qui nous concerne. A condition pour cela de s’assurer d’une diffusion réelle pouvant rivaliser sur certains sujets avec la presse locale.
    – l’espace relativement large que les libertaires lyonnais constituaient alors (tant par le nombre de personnes que les structures ou thématiques abordées). Les nombreux outils communs dont il était doté favorisaient par ailleurs les rencontres et la confiance entre les « militant·es » ;
    – les journaux papiers libertaires, à travers différentes initiatives locales, du « Popouri » diffusé gratuitement au début des années 2000, à « IRL », qui avait représenté auparavant une force importante et rassembleuse du mouvement libertaire local ;
    – la volonté de proposer un espace ouvert aux contributions, ouvert à la publication de toutes les personnes, qui, localement, se retrouvaient dans nos idées, non réservé à des spécialistes de l’écriture, en proposant également de s’entraider ;
    – le système de publication sur Internet Spip, directement inspiré des journaux ou des fanzines, avec ses nombreux moyens d’interagir entre auteur·es d’articles et l’entraide qu’il permettait.

    Rebellyon, c’est aussi quelques chiffres qui intéresseront les personnes de #Spip sur la singularité de l’expérience :

    plusieurs milliers de lecteurs quotidiens, une moyenne de 3 à 5 articles mis en ligne chaque jour (hors mouvement social), environ 1 450 rédacteurs inscrits sur le site ayant proposé au moins un article chacun et plus de 10 000 articles en ligne.

    http://rebellyon.info/Rebellyon-info-a-10-ans-et-ca-se-fete.html

    #medias_libres #militants #anarchisme #mutu


  • Hommage à François Michelin
    http://larotative.info/hommage-a-francois-michelin-1024.html

    François Michelin est décédé le 29 avril 2015. Les politiques de droite ou gauche ont unanimement salué le capitaine d’industrie. Manuel Valls, qui aime l’entreprise, a rappelé que cet homme avait porté haut les valeurs de l’industrie française dans le monde. Jean-Pierre Serezat, militant syndical et ouvrier chez Michelin pendant 37 ans, rappelle que l’industriel était aussi le bailleur de fond de la Cagoule et de l’Opus Dei.

    HOMMAGE A FRANÇOIS MICHELIN

    Pendant que d’autres vont vous rendre hommage, moi, Monsieur François Michelin, je vais le rendre à ceux qui vous ont permis d’exister.

    Je rends hommage aux centaines de milliers de travailleurs anonymes qui ont fait votre fortune et celle de la Maison Michelin.

    Je rends hommage aux militants de la C.G.T. et aux travailleurs du siècle dernier qui ont été licenciés, interdits de travail, voire déportés en 1939-1945, comme le communiste Robert Marchadier.

    Je rends hommage aux dizaines de milliers de licenciés économiques abusifs.

    Je rends hommage aux 2 500 travailleurs reconnus en maladies professionnelles.

    Je rends hommage aux 250 malades de l’amiante dont la plupart sont décédés. `

    Je rends hommage à tous ceux qui ont été empoisonnés par l’industrie du caoutchouc : benzène, toluène, hydrocarbure, amines aromatiques, radioactivité, fumées, vulcanisations, etc.

    Je rends hommage à ceux qui ont combattu la « Cagoule » au sein de votre usine, pendant que certains de vos cadres montaient régulièrement à Paris pour organiser ce mouvement fasciste destiné à renverser la République. Vous avez poursuivi une étroite relation avec la branche la plus conservatrice de l’Église, puisque nombre d’observateurs ont pu vous voir au monastère intégriste de Randol proche de Clermont-Ferrand.

    Je rends hommage aux « pisses-vinaigres » que j’étais pour vous, vous ayant tenu tête.

    Je rends hommage aux syndicalistes que vous avez haïs et décrits comme « les vers dans le fruit ».

    Je rends hommage aux 189 licenciés reconduits en taxi, dont certains se sont suicidés suite à ce scandale.

    Je rends hommage aux travailleurs vietnamiens qui ont été assassinés dans vos plantations après avoir connu l’enfer de conditions de travail rappelant l’esclavage le plus ignoble.

    Je rends hommage à ceux qui se sont suicidés, au travail ou à leur domicile, suite au harcèlement mis en place contre eux.

    #travail #Michelin #syndicalisme


  • L’avenir des sites participatifs locaux ? Le retour vers le papier !
    http://atelier.mediaslibres.org/L-avenir-des-sites-participatifs.html

    Depuis une quinzaine d’années, l’arrivée d’Internet a profondément modifié les modalités d’expression de l’ensemble des militant·e·s. Les plate-formes de publication participative ont émergé au début des années 2000 en balayant les pratiques collectives qui permettaient jusqu’alors de réaliser un journal. Pour le meilleur : l’ouverture à des voix différentes, la prolifération des expressions, la coordination en temps réel, l’explosion de la diffusion et la mise à disposition de tous et toutes de textes jusqu’alors difficilement trouvables… Mais aussi parfois pour le pire : l’agrégat de contenu plutôt que la coordination, le flux plutôt que la réflexion, la dissension plutôt que la complicité…

    Voici quelques notes pour jeter un œil, quinze ans après, sur les pratiques des journaux « papier » et voir en quoi celles-ci pourraient renforcer nos sites participatifs locaux, cette formidable promesse de machines de guerre qui restent à concevoir ou à améliorer. En tentant de saisir ce que pourraient apporter des déclinaisons papier aux sites locaux, un vieux serpent de mer, en réfléchissant à comment ces pratiques pourraient insuffler une nouvelle dynamique, tout en conservant les possibilités fantastiques d’une publication quotidienne et ouverte.



  • Menacé de prison pour avoir relayé sur Internet des conseils en manif
    http://atelier.mediaslibres.org/Menace-de-prison-pour-avoir-relaye.html

    C’est de loin la menace judiciaire la plus inquiétante de ces dernières années contre un média alternatif français. Mercredi 7 mai, un Toulousain a été placé en garde à vue puis convoqué au tribunal le 29 juin. Il risque jusqu’à cinq ans de prison et 45 000 € d’amende, la peine la plus grave pour une affaire qui ressort du droit de la presse. Il est accusé de « provocation à la commission d’un crime ou d’un délit ». A titre de comparaison, le crime le plus sévèrement puni après ce délit est l’apologie de crime contre l’humanité, qui est puni d’un an d’emprisonnement.


  • Visite de Cazeneuve à Calais : après les discours, les violences policières continuent
    http://larotative.info/visite-de-cazeneuve-a-calais-apres-998.html

    Le 4 mai, le ministre de l’Intérieur est allé à Calais pour « observer les conditions d’accueil des migrants ». Dès le lendemain, les violences policières reprenaient.

    La vidéo ci-dessous, mise en ligne par le collectif Calais Migrant Solidarity, se passe de commentaires. On y voit des extraits du discours prononcé par Bernard Cazeneuve le jour de sa visite, entrecoupés d’images filmées le lendemain, montrant des policiers qui s’en prennent violemment à des migrants.

    https://www.youtube.com/watch?v=oLn4DP2J5ME


  • Face à la répression, l’information est une arme : soutien à IAATA.info
    http://larotative.info/face-a-la-repression-l-information-993.html

    Soupçonné d’être responsable de la publication d’un article sur IAATA.info, site collaboratif et anti-autoritaire toulousain, une personne est poursuivie par la justice.
    Parce qu’informer face à la répression policière est légitime et nécessaire, communiqué de soutien dénonçant la criminalisation et l’intimidation des médias libres.

    Ce jeudi 7 mai, la presse [1] a annoncé qu’un Toulousain était poursuivi par la justice pour « provocation publique à la commission d’un délit ou d’un crime ». Il est soupçonné d’être un « administrateur » de IAATA.info, un site d’information anti-autoritaire basé à Toulouse.

    Cette poursuite serait liée à la publication d’un compte-rendu de la manif du 21 février 2015 à Toulouse. Cette manifestation était organisée un an après la manifestation nantaise contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes où 3 personnes avaient été éborgnées par des tirs de flashball. Elle avait pour mot d’ordre « Contre les violences policières et en soutien aux ZAD ».
    L’article en question propose quelques pistes de résistance contre les techniques de maintien de l’ordre employées par la police. Ce sont ces mêmes techniques qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014 et qui entrainent la mutilation de nombreuses personnes, dans les manifestations et dans les quartiers populaires.

    Rappelons que, suite à la mort de Rémi, rien qu’à Toulouse sur l’ensemble des manifestations de novembre ce sont près de 60 personnes qui ont déjà été poursuivies et 4 sont encore en prison.

    Rappelons aussi que la police tue une dizaine de personnes chaque année [2].

    En 2014, Amadou Koumé à Paris, Abdelhak Gorafia à Roissy, Pierre Cayet à Saint-Denis, Abdoulaye Camara au Havre, Morad à Marseille, Houcine Bouras à Colmar, Bilal Nzohabonayo à Tours, Rémi Fraisse sur la ZAD des Sivens, Timothée Lake à Toulouse sont morts entre les mains de la police, sans compter les nombreuses et nombreux mutilé-e-s et blessé-e-s par les armes policières.

    Un grand nombre de personnes se battent depuis plusieurs années contre la police et sa violence. Les médias libres, les collectifs militants, les associations et les familles des victimes relaient régulièrement sur internet, par voie de tracts et d’affiches, des guides d’auto-défense juridiques, des conseils pour se protéger pendant les manifestations et des conseils pour sécuriser nos communications sur internet ou par téléphone.

    Les pratiques d’automedias sont d’autant plus importantes aujourd’hui que la police continue à mutiler et à tuer dans l’impunité. Il est inacceptable d’être poursuivi-e et arrêté-e pour « provocation publique à la commission d’un délit ou d’un crime », lorsqu’on appelle à se défendre face aux violences policières.

    Depuis toujours, les mouvements sociaux et les personnes en lutte se réapproprient des medias pour permettre la diffusion de l’information alternative, la coordination dans les luttes, l’émergence d’une voix autre que celle des medias dominants. IAATA.info en est un exemple parmi d’autres.

    IAATA est un site ouvert à la participation de tous et toutes, qui garantit l’anonymat des contributeur-ices et qui représente l’émanation collective d’une ville.
    La police cherche à identifier un-e responsable auquel-le faire porter le chapeau, à l’isoler en individualisant les poursuites. Il n’y a pourtant nulle responsabilité éditoriale individuelle à trouver puisque ce site s’appuie comme d’autres sur un fonctionnement collectif, participatif, sans hiérarchie, dans la continuité d’une ligne anti-autoritaire.

    A l’heure où l’État vote de nouvelles lois antiterroristes et la loi sur le renseignement, à l’heure où la liberté d’expression paraît n’appartenir qu’à certain-e-s, à l’heure où la justice relance l’affaire de Tarnac, à l’heure où les tribunaux poursuivent Le Jura Libertaire, il faut avoir une position claire.

    L’armada sécuritaire du gouvernement nous concerne tous ! Montrons-leur notre détermination.
    Nous continuerons à soutenir et diffuser tous contenus relatifs à l’autodéfense face à la police et à la justice !
    Nous continuerons à porter des projets de medias indépendants et anti-autoritaires face aux intimidations de l’État !

    Attaquer l’un d’entre nous, c’est nous attaquer tou-te-s !
    Solidarité avec les médias libres et avec tous les réprimé-e-s !

    Le 9 mai 2015.

    Premiers signataires :
    Les collectifs d’animation et de modération de Rebellyon, Paris-Luttes.info, Brest Médiaslibres, Renverse.ch, la Rotative, Reimsmédiaslibres, ...

    #répression #violences_policières #médias_libres


  • La mairie de Tours supprime la gratuité dans les cantines pour les enfants les plus pauvres
    http://larotative.info/la-mairie-de-tours-supprime-la-983.html

    Quand le maire FN du Vaucluse a annoncé une telle mesure (cf fin d’article) toute la presse nationale en a parlé. Mais à Tours et Toulouse, où se sont des maires UMP aux commandes, la question ne passe pas le stade du local...

    Heureusement, cette suppression de la gratuité pour les plus pauvres est une mesure destinée à les aider ! C’est ce qu’ose expliquer Marion Nicolay-Cabanne, conseillère municipale déléguée à l’action sociale et vice-présidente du CCAS, dans les pages du quotidien local. Dans son idée, laisser un reste à payer à ces familles aura un effet bénéfique, puisque cela les encouragera à aller mendier des aides supplémentaires auprès de travailleurs sociaux :

    « Ce sont des familles en difficulté qui ont sûrement besoin d’être épaulées. C’est donc une bonne chose qu’elles rencontrent des travailleurs sociaux. Ce n’est pas satisfaisant pour nous de n’être qu’un guichet ; on est là pour aider, proposer des solutions à ces personnes que nos services ne connaissent pas forcément. »

    L’élue reconnaît que ce sont des familles en difficulté, mais prétend que supprimer la gratuité des repas va les aider... On reste bien dans la ligne annoncée par Olivier Lebreton il y a quelques mois, et qui justifie toutes les coupes : « Du social, on en fait déjà beaucoup ».

    Au webzine 37°, Nicolay-Cabanne démontre ensuite qu’elle prend les pauvres pour des démeurés, en confondant problèmes de budget et problèmes de revenus :

    « Pour certaines familles, la gratuité des cantines ne permet pas de comprendre ni de réfléchir aux déséquilibres qu’il peut y avoir dans le budget familial. »

    Cette décision de la mairie de Tours sera certainement saluée par Joris Hebrard, maire FN du Pontet, qui en juin dernier envisageait de prendre une mesure similaire. Dans cette commune du Vaucluse, un élu UMP expliquait au journal Le Parisien : « C’est une mesure anti-sociale. On touche les familles les plus défavorisées, monoparentales, les gens au RSA ou en fin de droit au chômage ». Mais à Tours, la droite n’a pas ce genre de scrupules.

    #salauds_de_pauvres #wauquiez_président