Tony Fortin

Observatoire des armements

  • The Ghost of Brazil’s Military Dictatorship
    https://www.foreignaffairs.com/articles/brazil/2019-01-01/ghosts-brazils-military-dictatorship

    Brutal military dictatorships governed many Latin American countries during the 1970s and 1980s. But most of those countries—including Argentina, Chile, and Uruguay—established truth commissions in the aftermath of the #repression. Such reconciliation processes allowed successor governments to prosecute at least some human rights abusers, as well as to forge a national narrative that could begin to set the period’s #demons to rest.

    The Brazilian government took a different path. It waited until 2012 to establish its commission, never charged anyone with a #crime in connection with the dictatorship, and did not seriously encourage a national dialogue about the country’s authoritarian past. Rather than develop a politics of memory, as other Latin American countries have done, Brazil has chosen to pursue a politics of forgetting. This response may help explain how an apologist for #torture and dictatorship was able to rise to power in Brazil in 2018.

    #Travail_de_mémoire #Brésil #dictature #Bolsonaro #Amérique_latine


  • A la demande de l’#Arabie_saoudite, #Netflix retire un épisode critique envers le régime - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/a-la-demande-de-l-arabie-saoudite-netflix-retire-un-episode-critique-enve

    Netflix a confirmé avoir retiré l’épisode la semaine dernière de ses canaux de diffusion saoudiens, relate le Financial Times. Une décision prise après une demande de la Commission des Communications et de la Technologie d’Information du pays au nom d’une loi contre la #cybercriminalité.

    « Nous soutenons fermement la liberté artistique dans le monde entier, et nous avons seulement supprimé cet épisode en Arabie saoudite après avoir reçu une requête légale valide, afin de respecter la loi locale », a défendu le géant du streaming en ligne au journal américain.

    La loi citée par la Commission saoudienne préconise que toute « production, préparation, transmission ou hébergement de contenu empiétant sur l’ordre public, les valeurs religieuses, la moralité publique, ou la vie privée, via des réseaux d’informations ou des ordinateurs », est un crime passible de cinq ans de prison et d’une amende pouvant s’élever à 3 millions de riyals saoudiens, soit environ 700 000 euros.


  • Chris Marker - La Jetée (1962)

    https://vimeo.com/191131906

    La Jetée" est un film français de science-fiction de #Chris_Marker, sorti en 1962 et d’une durée de 28 minutes. Ce film expérimental, considéré comme un chef-d’œuvre par nombre de critiques et de réalisateurs, est en fait, à l’exception d’un seul plan filmé, un diaporama de photographies en noir et blanc (un « photo-roman » selon le générique), commentées par un narrateur unique. Le film est accompagné d’une bande-son réalisée par Trevor Duncan. Cela donne à ce récit très singulier un fort contenu poétique et sert à représenter une face de la « réalité » : les souvenirs que l’on a d’un moment de sa vie sont partiels, tronqués et lorsqu’on regarde un album photos, les souvenirs viennent dans le désordre avec des « sauts dans le temps ».


  • Résister à la militarisation
    http://obsarm.org/spip.php?article316

    Créé en 1967 par quelques militants déjà aguerris — leurs convictions étaient, de manière prépondérante, pacifistes, non-violentes, chrétiennes et / ou socialistes — le Garm (Groupe d’action et de résistance à la militarisation), s’est enrichi de l’esprit libertaire de Mai 68 et de l’apport de nombreux jeunes. Il a mobilisé des centaines de membres et des milliers de sympathisants. Ses actions dans la région lyonnaise, souvent spectaculaires et teintées d’humour, ont provoqué un retentissement national. (...)

    Actualités

    / Service national / conscription, #Actions_contre_la_guerre, #Antimilitarisme, #Mouvements_de_paix_et_de_désarmement, #Pacifisme, #Guerres, #Armes_nucléaires, #Politique_de_défense, Transferts / (...)

    #Service_national_/_conscription #Transferts_/_exportations
    http://obsarm.org/IMG/pdf/re_sister_a_la_militarisation.pdf


  • Retailers Are Using Facial-Recognition Technology Too
    http://nymag.com/intelligencer/2018/10/retailers-are-using-facial-recognition-technology-too.html

    “They’re all in a panic,” he said. “How do we bring relevance back to our brick-and-mortar?” Facial recognition, he said, along with location tracking on smartphones, could make the “physical cookie” possible.

    #e-trace


  • TreeHugger
    https://www.treehugger.com/green-food/denmark-wants-make-climate-impact-labels-mandatory-food.html

    Denmark has apparently been working with the European Union for ten years to develop a climate impact label for food, but after the International Panel on Climate Change published its jarring report earlier this month, stating that extreme measures are required within the next 12 years if global warming is to be kept below 1.5C, the Danish government included food labelling in its 38-point plan for a greener future, issued the same week as the IPCC report.

    #climat


  • Petite géographie du palmier à huile - Agnès Stienne - Visionscarto
    https://visionscarto.net/palmier-a-huile

    L’atmosphère est moite, les températures oscillent entre 24° et 28 °C. Ses longues feuilles épineuses, au port dressé en couronne et retombant, flanquées au sommet d’une tige rugueuse s’étalent sous les cieux lumineux des régions tropicales. On l’apprécie tant pour ses lourds régimes de fruits charnus que partout où les conditions lui sont favorables on le cultive sur des milliers d’hectares. On l’accuse de tous les maux. Voici Elaeis guineensis (Elaeis de Guinée), le #palmier_à_huile.
    par Agnès Stienne

    #cartographie

    etc... :)

    • Avant de me lancer j’ai cherché si oui ou non c’était un arbre et si il y avait une différence (par exemple en carbone) entre stipe et arbre. La question n’est pas tranchée ici (à propos du raphia et de l’avis de Francis Hallé)...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Arbre.
      Maintenant, je ne pensais pas que ça ferait débat. Du coup je vais peut-être retirer cette phrase dans la mesure où il y a doute et que finalement ça n’apporte pas grand chose au sujet lui-même.

    • Oh, je crois que Francis Hallé aime déranger en disant ça et je le signalais parce que ça pouvait t’intéresser. Lui focalise beaucoup sur l’architecture des arbres, en rupture avec la tradition occidentale qui préfère l’examen des organes reproducteurs. Le palmier ne produit pas de bois à proprement parler, c’est une grande différence. Je dirais que c’est un détail et qu’on te comprend bien... mais un vieux barbon wikipédien ne te lâcherait peut être pas ! En tout cas, bravo, je viens de partager avec mes potes écolos d’Indonésie et de Malaisie en leur disant de ne pas s’arrêter au texte en français parce que c’est aussi très beau et très bien visualisé.

    • Oui et par exemple (je viens de l’apprendre, du coup), en terme de stockage carbone, ce n’est pas si catastrophique (en tout cas assez inattendu pour un stipe !)...

      « Les chiffres de stockage sur des plantations à croissance rapide de palmiers à huiles en Asie du Sud-Est, obtenus par le Centre international de recherche agronomique pour le développement (CIRAD), donnent, en conditions optimales et sans récolte, quelques 10 tC/ha/an qui semblent parmi les plus élevés connus aujourd’hui et sur avec une durée de vie réduite des peuplements. Seules les plantations d’eucalyptus à croissance rapide et dans des conditions particulièrement favorables obtiennent des résultats supérieurs (entre 12 et 20 t/ha/an). »

      https://hal-paris1.archives-ouvertes.fr/hal-00590692/document


  • https://www.mediapart.fr/journal/international/221018/bresil-une-economie-en-panne-minee-par-les-inegalites

    Une copine m’envoie voir cet article qu’elle juge important sur la montée du fascisme au #Brésil.

    L’économie brésilienne peine à se remettre de la crise de 2015. Malgré les années Lula, les inégalités restent immenses et repartent à la hausse. Un carburant pour Jair Bolsonaro, qui promeut un programme néolibéral démagogique.

    À la différence des scrutins précédents, l’économie n’a guère été au centre de la campagne présidentielle brésilienne. La sécurité et la corruption ont été beaucoup plus déterminantes. Et de fait, les deux candidats qui s’affrontent au second tour le 28 octobre, Jair Bolsonaro, du Parti social-libéral (PSL, extrême droite), et Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche), sont restés très flous sur leurs programmes économiques. Pourtant, la situation du Brésil est loin d’être réjouissante et le pays demeure perclus par de très fortes inégalités, qui se creusent à nouveau. Souvent négligée, la cause économique de la crise politique n’est pourtant pas inexistante.

    Un modèle en crise depuis 2015

    Durant les présidences de Lula (2003-2011) et le premier mandat de Dilma Rousseff (2011-2014), le Brésil a connu une forte croissance, avec une moyenne annuelle de 3 %, et même de 5 % en 2011. Cette croissance a permis, sous l’impulsion du PT, de réduire fortement la pauvreté monétaire (qui avait cependant commencé à décroître une décennie auparavant). Selon la Banque mondiale, la part de la population vivant sous le taux de pauvreté est ainsi passée de 11,1 % en 2003 à 2,8 % en 2014. Le Brésil faisait alors partie des BRICS et faisait rêver les investisseurs internationaux. Lors de la crise de 2007-2009, il a montré une résistance remarquable, avec un recul du PIB de 0,13 % en 2008 et un rebond de 7,54 % en 2009.

    À cette époque, le modèle économique brésilien relevait d’un modèle classique pour le pays et les grands pays d’Amérique latine. La croissance s’appuyait principalement sur les exportations de produits agricoles et de matières premières, puis sur le réinvestissement par l’État de ces ressources pour développer la demande intérieure. Entre 2000 et 2015, ce modèle a été rendu possible par la forte demande de produits brésiliens venant principalement des autres pays émergents et en particulier de Chine. Entre 2003 et 2014, les exportations de biens brésiliens sont passées de 73,2 à 225,1 milliards de dollars, soit trois fois plus. La Chine comptait alors pour près de 20 % de ce total et 87 % des livraisons à l’empire du Milieu étaient constituées de matières premières. Parallèlement, l’investissement public a bondi de près de 11 % par an. Le PT a cependant mis l’accent sur la lutte contre la pauvreté et la précarité, notamment par la hausse continue du salaire minimum de près de 5 % par an.

    Composition des exportations vers la Chine du Brésil © OEC

    À partir de 2011, la demande de matières premières commence à reculer, notamment parce que la Chine, qui a sauvé l’économie mondiale en 2008-2009 par un vaste plan de relance, se retrouve dans une situation de surproduction industrielle. L’empire du Milieu entame alors un rééquilibrage stratégique vers la demande et la production intérieures. En 2012, les livraisons de minerais et de pétrole reculent. Parallèlement, les prix des produits agricoles chutent brutalement. Le boisseau de soja, dont le Brésil est le premier producteur mondial, passe de 17,37 dollars en septembre 2012 à 9,05 dollars trois ans plus tard. Un recul qui s’accompagne d’une nouvelle phase d’aversion au risque des investisseurs internationaux, échaudés par la crise européenne et le resserrement monétaire aux États-Unis.

    Fin 2013, la croissance brésilienne commence à ralentir. En 2015, le Brésil entre dans une récession qui durera deux ans, avec un recul des exportations de 15,2 %, suivi l’année suivante d’une baisse de 11,2 %. En deux ans, le PIB en volume a perdu plus de 7 % de sa valeur. Pour éviter une crise des changes et continuer à attirer les flux internationaux de capitaux, la Banque centrale du Brésil (BCB) a brutalement relevé son taux directeur, le Selic, de 10 à 14,25 %, déprimant la demande intérieure. La crise s’accompagne d’une forte détérioration des finances publiques, en raison de la baisse des recettes fiscales et d’une hausse des dépenses sociales, mais aussi et surtout de celles liées au crédit.

    Au Brésil, en effet, comme le souligne une note récente de BSI Economics, les banques commerciales jouent un rôle réduit dans le financement de l’économie : les crédits privés ne représentent que 26 % du PIB, contre 72 % dans l’OCDE. Dans un secteur faiblement concurrentiel, les instituts financiers préfèrent leurs marges aux volumes et pratiquent des taux prohibitifs. Avec la hausse des taux de la BCB, les entreprises se sont tournées vers la Banque nationale pour le développement économique et social (BNDES), qui propose des taux bonifiés inférieurs au taux de la banque centrale. Sa part dans le financement a doublé en quelques années pour représenter la moitié des encours. Mais le coût de ces taux revient au budget fédéral, qui doit donc s’endetter pour payer la différence à des taux élevés auprès... des banques commerciales. Ce cercle vicieux a plombé le budget de l’État. Le déficit est passé de 3 % du PIB en 2014 à 10,32 % en 2016, avec un coût de la dette qui s’élevait à 8,4 % du PIB. Cela a amené le deuxième gouvernement de Dilma Rousseff, puis de son successeur Michel Temer, à contracter les dépenses, notamment les investissements publics et les transferts sociaux.

    Une croissance durablement en panne

    La récession s’est terminée en 2017 grâce à la reprise de la demande internationale, mais le pays n’en est pas sorti indemne. Le rythme de croissance n’est plus le même. Il a été de 1 % en 2017 et sera, selon le FMI, de seulement 1,4 % cette année, un chiffre encore révisé à la baisse récemment. À moyen terme, le FMI prévoit une croissance de 2,2 %, plus de moitié moins que dans les années 2000. Le ressort est brisé : l’investissement public et les transferts sociaux ne permettent plus d’irriguer la demande intérieure.

    Parallèlement, la BCB a certes fortement baissé son taux directeur, jusqu’à 6,5 % en mars dernier. Mais avec une inflation de 3,67 % en moyenne prévue par le FMI cette année, les taux réels restent élevés, proches de 3 %. La BCB a continué à augmenter des réserves en devises déjà excédentaires par rapport aux recommandations du FMI, alors que le flux des investissements directs étrangers continuait à baisser dans la foulée de la remontée des taux de la Fed. Cette politique monétaire s’est assouplie, mais elle demeure encore restrictive. Certes, elle a en partie permis d’éviter une crise du type de celle de la Turquie et de l’Argentine, alors que, comme ces pays, le Brésil affiche un déficit courant. Le réal a bien baissé de 30 % en janvier et septembre, mais c’est deux fois moins que l’effondrement du peso argentin, alors que la BCB a baissé ses taux en mars. Ces réserves (et la faiblesse de l’endettement en dollars) permettent donc de maintenir la confiance.

    Evolution du PIB par habitant, en parité de pouvoir d’achat © Banque Mondiale

    Mais cette sécurité a plusieurs coûts, très lourds. La croissance est plus faible et le budget est moins mobilisable pour la relancer, puisque le financement des entreprises dépend des prêts bonifiés de la BNDES. En 2018, le déficit budgétaire brésilien devrait encore atteindre 8,6 % du PIB. La dette publique a bondi à 88 % du PIB, contre 61 % en 2010. Certes, la dette externe est faible – 26 % du PIB –, mais le poids du service de la dette contraint les autorités à réduire le déficit primaire, donc à abaisser encore l’investissement public et les transferts sociaux directement ou indirectement (par exemple par des incitations à l’emploi faiblement rémunéré). En début d’année, deux agences de notation, Moody’s et S&P, ont dégradé la note brésilienne, renchérissant le coût de la dette brésilienne, qui est passé de 10 % à 12 %. Or l’investissement privé ne prend pas le relais. Pire, le crédit privé recule, alors que l’État n’a plus de marge de manœuvre pour financer le crédit bonifié. Résultat : la productivité reste atone et le Brésil en est réduit à dépendre de ses seules exportations, de faible niveau de gamme ou de matières premières. La croissance risque donc de rester structurellement faible.

    Les inégalités, creuset de la poussée de l’extrême droite

    Le modèle sur lequel le PT a organisé l’économie brésilienne entre 2003 et 2013 ne fonctionne donc plus. Deux de ses principaux moteurs sont à l’arrêt. La conséquence est que le Brésil s’est appauvri. Le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est, selon le FMI, encore sous son niveau de 2009 et, d’ici à 2023, il ne devrait pas revenir à son point haut de 2013. Même constat au niveau du taux de chômage. En août 2018, il était à 12,1 % de la population active. En 2014, il était à 6,8 %. Et le FMI estime que dans cinq ans, ce taux sera encore à 9,5 %... Autrement dit, la croissance brésilienne fonctionne désormais à un régime trop faible au regard de la situation démographique. Ce qui induit une capacité de redistribution faible dans un pays déjà miné par les inégalités.

    Car, de ce point de vue, le Brésil demeure un cas d’école. Malgré la baisse de l’extrême pauvreté durant la domination du PT, les inégalités sont toujours élevées. Selon la Banque mondiale, le Brésil est 148e sur 158 pays concernant l’indice de Gini, qui mesure les inégalités de revenus. Selon le rapport World Inequality Report (WID), les 0,1 % les plus riches (140 000 personnes) captent 14,4 % de l’ensemble des revenus, soit plus que les 50 % les moins riches (70 millions de personnes), qui obtiendront un peu plus de 12 % des revenus. Mais le plus frappant est que, grosso modo, l’évolution de ces deux classes a été la même depuis le début des années 2000, puisqu’en 2001, elles captaient la même proportion des revenus, autour de 11 %.

    Évolution de la part des revenus des 0,1 % les plus riches et des 50 % les plus pauvres au Brésil de 2001 à 2015 © WID Évolution de la part des revenus des 0,1 % les plus riches et des 50 % les plus pauvres au Brésil de 2001 à 2015 © WID

    La politique du PT a certes amélioré le sort des plus pauvres, mais aussi celui des plus riches. Les 1 % comme les 0,1 % les plus riches ont vu leur part du revenu global progresser. Le rapport du WID souligne ainsi qu’entre 2001 et 2015, les 10 % les plus riches ont obtenu 58 % de la richesse créée, contre 16 % pour les 50 % les moins riches. Les vrais perdants ont cependant été les classes moyennes. Les 40 % qui sont autour du revenu moyen ont vu, sur la même période, leur part dans le revenu passer de 34 % à 30 %. Un sentiment de déclassement qui, dans une société déjà très inégalitaire, est une bombe politique et favorise souvent l’extrême droite.

    À cela se sont ajoutées les conséquences de la crise et de la politique menée depuis 2016. La hausse du chômage et la reprise uniquement tirée par les exportations ont creusé encore les inégalités. Selon une autre note sur le sujet de BSI Economics qui cite une étude de la Fondation brésilienne Getulio-Vargas, le revenu moyen mensuel des 20 % les plus pauvres a reculé de 5 % en termes réels, alors que celui des 20 % les plus riches progressait de 10,8 % réellement. L’extrême pauvreté est repartie à la hausse et touchait, en 2017, 7,2 % de la population, contre 6,5 % en 2016.

    Evolution du marché du travail au Brésil © BSI Economics Evolution du marché du travail au Brésil © BSI Economics

    Plusieurs facteurs ont concouru à cette situation, notamment la politique de réduction des dépenses menée par Michel Temer, mais aussi, comme le signale BSI Economics, la progression du travail informel peu qualifié, qui concentre l’essentiel des créations d’emploi et qui induit des revenus et des protections plus faibles. Également en cause, la réforme du marché du travail du président sortant de juillet 2017, qui ressemble à s’y méprendre aux ordonnances françaises de la même époque : inversion de la hiérarchie des normes, réduction du rôle des syndicats, rupture conventionnelle favorisée, développement de l’intermittence et réduction des possibilités de recours aux prud’hommes. Cela a conduit à des licenciements de travailleurs peu qualifiés, qui n’ont d’autres recours, lorsqu’ils le peuvent, que d’accepter des emplois informels.

    Mais ces inégalités extrêmes freinent aussi l’économie brésilienne en la maintenant dans ses structures traditionnelles et en décourageant l’innovation, ainsi que toute hausse de la productivité. L’économie du pays est donc enfermée dans un cercle vicieux où les inégalités et le vieux modèle exportateur de matières premières s’auto-entretiennent.

    Le Parti des travailleurs n’a donc pas été en capacité de réellement réduire fortement les inégalités du pays. Le régime fiscal demeure très inégalitaire et le système éducatif peu performant. La crise économique et politique de 2015-2016 a fait repartir les inégalités et la pauvreté. À la crainte de déclassement des classes moyennes s’est ajoutée la crainte des classes les plus modestes de retourner dans la pauvreté extrême, deux moteurs classiques du succès de l’extrême droite. Jair Bolsonaro a pu jouer sur ces ressentiments pour fustiger les actions du PT pour les plus pauvres comme la « Bolsa Família » (« Bourse familiale ») vis-à-vis des classes moyennes, qui risquent le déclassement, mais aussi vis-à-vis des classes populaires, qui craignent de retourner dans la pauvreté.

    La situation économique et sociale peut donc expliquer aussi en partie le succès de Jair Bolsonaro. Si Lula pouvait encore rassembler les bénéficiaires de l’âge d’or de sa politique, Fernando Haddad n’a pas cette capacité. Mal à l’aise sur l’héritage du PT qui a initié la politique d’austérité, il est resté flou sur sa politique économique. Il a donc créé un vide dans lequel s’est engouffré le candidat du PSL, déjà porté par une classe moyenne qui ne veut plus de la droite traditionnelle, discréditée par la politique désastreuse de Michel Temer. Un sondage de Datafolha du 2 octobre, cité par le chercheur britannique Matthew Richmond, confirme cette alchimie : la classe moyenne, gagnant entre deux et cinq salaires minimums et entre cinq et dix salaires minimums, vote massivement pour Jair Bolsonaro, mais les classes populaires ont aussi placé le candidat d’extrême droite en tête.

    Quel projet économique pour l’extrême droite ?

    Reste une question centrale : que veut Jair Bolsonaro pour l’économie ? Lui-même reconnaît « ne rien y connaître ». Son opposition réflexe à la gauche lui fait rejeter la politique de redistribution du PT et sa culture politique issue de la dictature militaire le ferait pencher vers une protection douanière du marché intérieur ménageant les marchés exportateurs du pays. Sa campagne a pu prendre parfois des accents proches de ceux de Donald Trump : se protéger des appétits chinois et se méfier des accords de libre-échange en cours, comme le Mercorsur, le marché commun établi avec les voisins argentins, uruguayens et paraguayens.

    Mais rien ne semble certain, car Jair Bolsonaro a un mentor en économie, Paulo Guedes, qui devrait être son ministre des finances. Cet homme de 69 ans a été formé à l’université de Chicago dans les années 1970, au moment où elle était le creuset des idées néolibérales et monétaristes. Il a ensuite été professeur d’université à Santiago du Chili pendant la dictature du général Pinochet, dont la politique économique a été influencée par Friedrich Hayek et Milton Friedman. Intellectuel influent par la suite au Brésil, il défend des positions néolibérales classiques : impôt à taux unique de 15 % (comme la Lega italienne), réduction drastique du rôle de l’État, réforme radicale des retraites.

    Jair Bolsonaro et son gourou économique Paulo Guedes. © Reuters Jair Bolsonaro et son gourou économique Paulo Guedes. © Reuters

    Sont-ce des positions incompatibles avec le « trumpisme » de Jair Bolsonaro ? Nullement. Comme Donald Trump, le nouveau président brésilien pourrait favoriser des accords de libre-échange avantageux au cas par cas. Concernant le Mercorsur, le conseiller du candidat du PSL, Luiz Philippe de Orleans e Bragança, par ailleurs descendant de la famille impériale brésilienne, a indiqué qu’il s’agissait de « réévaluer la valeur du Mercosur » pour s’assurer qu’il n’est pas « comme aujourd’hui, un obstacle au libre-échange ». Ce que vise le Brésil, c’est sa capacité à retrouver sa liberté de négocier des accords bilatéraux de libre-échange et de taxer les importations.

    Jair Bolsonaro et Paulo Guedes proposent donc une alternative au modèle brésilien traditionnel, alternative fondée sur une forte déréglementation interne pour relancer la productivité et dynamiser la demande intérieure, et accompagnée d’une politique commerciale ciblée. C’est l’anticipation de cette politique qui a été saluée par l’envolée de la bourse de São Paulo au lendemain du premier tour. Paulo Guedes a permis de rallier à Jair Bolsonaro la finance internationale : le real a gagné 10 % en un mois et le Wall Street Journal a soutenu le candidat d’extrême-droite dans un éditorial. Il est vrai que les investisseurs internationaux voient dans les projets de Paulo Guedes d’immenses opportunités, par les baisses d’impôts, l’ouverture des marchés et les privatisations. Même les banques, a priori visées par la déréglementation et le développement de la concurrence, ne peuvent que se réjouir d’une politique qui donnera, par la réforme des retraites, la priorité au remboursement de la dette publique qu’elles détiennent massivement.

    Cette politique s’annonce néanmoins périlleuse. D’abord parce que le premier client du Brésil est la Chine et le deuxième les États-Unis. Le pays est donc au centre de la confrontation commerciale en cours. Or Jair Bolsonaro semble tenté de donner l’avantage à Washington. En août, il a fustigé la Chine, qui « n’achète pas au Brésil, mais achète le Brésil ». Le pays peut-il cependant se passer des marchés chinois et des investissements chinois, alors que son épargne intérieure est faible ? Rien n’est moins sûr.

    Surtout, mener une politique néolibérale dans un Brésil déjà perclus d’inégalités immenses semble suicidaire va encore précariser et fragiliser les plus modestes. De cette façon, il est peu probable que la productivité s’améliore. Surtout, les tensions sociales et la criminalité ne sauraient être endiguées par ce type de politique. L’expérience chilienne, qui est une référence de Paulo Guedes, montre une explosion des inégalités. Une étude datant d’avril 2015 et signée par Javier Rodríguez Weber, de l’université de la République d’Uruguay, a montré que durant le régime Pinochet, les inégalités se sont creusées d’un tiers au Chili. Seule la répression a permis de soutenir une telle situation. On voit mal comment une telle politique peut développer et soutenir la demande intérieure. Les études les plus récentes montrent que les inégalités sont une source de réduction de la croissance de la productivité. La compétition et les inégalités ne débouchent que sur la formation d’une nouvelle oligarchie ou le renforcement de l’ancienne.

    Il y a là de la naïveté propre à l’idéologie néolibérale de croire que la baisse des impôts et la dérégulation peuvent apporter la prospérité pour tous. Mais dans un Brésil traumatisé par la crise, miné par les inégalités et orphelin de son modèle économique, ce discours simpliste pouvait prospérer. Il est cependant peu probable qu’il donne des résultats.


  • Facebook dispose d’informations sur vous que vous ne lui avez jamais données
    http://www.slate.fr/story/167831/facebook-informations-sur-vous-pas-donner

    Vous êtes-vous déjà demandé si Facebook vous enregistrait ? Vous avez une discussion avec une connaissance sur un sujet en particulier. Alors que vous n’en avez par ailleurs pas parlé par message, ni par mail, ni googlé quoi que ce soit en rapport, le soir même Facebook vous propose une pub relative à ce sujet. Autre exemple, vous rencontrez une personne pour la première fois à une soirée et le lendemain, le réseau social vous la suggère en amie. Vous êtes loin d’être le seul dans ce cas là. (...)

    #Facebook #algorithme #domination #données #BigData #profiling



  • Banksy ou le paradoxe de la critique du capitalisme - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/091018/banksy-ou-le-paradoxe-de-la-critique-du-capitalisme

    L’artiste britannique Banksy a voulu procéder à un acte suprême de rébellion face à la marchandisation de l’art : la destruction de sa propre œuvre. Mais s’il a échoué à détruire de la valeur, il a réussi à montrer les tares du capitalisme moderne.

    À nihiliste, nihiliste et demi. Le capitalisme moderne est beaucoup plus nihiliste que sa critique : il a acquis cette capacité de faire des millions avec rien ou presque rien. La négation de la marchandise devient elle-même marchandise. On peut même estimer que si la broyeuse avait achevé son œuvre, le prix de l’œuvre n’aurait encore fait qu’augmenter et que les lamelles de la toile auraient chacune valu les 860 000 livres de l’œuvre entière.

    Si la volonté de Banksy était bien de réaliser un acte de protestation et de destruction de valeur, il a échoué parce que son œuvre ne lui appartient plus. Il appartient à un marché capable de tout transformer en argent et de créer de la valeur à partir de la négation même de ce qu’est une transaction commerciale. L’abstraction des rapports marchands est devenue telle que, désormais, la valeur vient de la destruction même de la valeur. Schumpeter est ici pris de court : sa destruction créatrice tant prisée par les décideurs d’aujourd’hui supposait que ce qui, n’ayant plus de valeur, était détruit devait être remplacé par une production nouvelle contenant davantage de valeur. La nouvelle destruction créatrice tient à ce que, désormais, le produit détruit vaut lui-même plus que ce qui le précède.

    Ceci ramène à la nécessité de ne pas confondre, comme on le fait aujourd’hui trop souvent, création et extraction de valeur.

    Cet épisode arrive à point nommé, c’est-à-dire au moment même où, lundi 8 octobre, le comité de la banque de Suède vient d’attribuer à Paul Romer et William Nordhaus le prix d’économie, souvent appelé « Nobel ». Tous deux ont cherché à défendre l’idée d’une croissance résistant à ses limites naturelles : comme le souligne Antonin Pottier dans Alternatives économiques, pour Nordhaus, le réchauffement climatique optimal est de 3,5 °C ! La destruction de l’œuvre de Banksy montre qu’une bonne petite idée (la broyeuse dans le cadre) peut, comme le dit Paul Romer, créer une grande valeur, de même que la destruction elle-même (comme celles qui interviendraient en cas de réchauffement à 3,5 °C) peut être optimale. C’est cette logique même qui risque de mener la planète à sa perte, au nom de l’idée que tout ce qui crée de la valeur est bon par nature.

    Mais l’épisode Banksy enseigne une seconde leçon, qui rend la première encore plus inquiétante. C’est que le capitalisme moderne ne peut désormais plus être critiqué, parce que sa critique devient elle-même un agent de la création de valeur. Lorsque Banksy peint sur un mur parisien l’image d’un homme qui offre à son chien la patte qu’il vient de lui couper, l’ancienne présidente du Medef Laurence Parisot juge l’œuvre « extraordinaire » et y voit une critique du rapport de l’homme à l’animal, alors même qu’il s’agit d’une allégorie de l’aliénation capitaliste décrite par Marx. La critique du capitalisme est devenue impossible, parce qu’incompréhensible. Il n’y a pas de récupération ou, comme on pouvait le dire jadis, de perversion de l’art par l’argent. Il y a simplement une incapacité à saisir ce que peut être une critique du fonctionnement du capitalisme, qui est devenu comme naturel. Laurence Parisot ne critique pas le capitalisme devant l’œuvre de Banksy, elle critique « l’homme », parce que l’homme est intrinsèquement capitaliste.

    #Banksy #Critique_artiste #Création_valeur #Extraction_valeur



  • La France partie prenante de la guerre contre le #Yémen
    http://obsarm.org/spip.php?article313

    Malgré l’état d’effondrement du Yémen et les preuves qui s’accumulent sur son implication dans ce conflit, la France reste inflexible et poursuit ses livraisons d’armes. Orient XXI publie un article en partenariat avec l’Observatoire des armements. Selon des informations inédites de l’Observatoire des armements transmises à Orient XXI, Paris apporte un soutien de premier plan en matière de guerre tactique à Riyad et Abou Dhabi : entraînement des forces spéciales saoudiennes, fourniture de leur (...)

    #L'Observatoire_dans_les_médias

    / Transferts / exportations, Yémen

    #Transferts_/_exportations


  • Nous avons eu tort de croire que nos démocraties étaient éternelles | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/167861/democraties-liberales-mortelles-turquie-russie-europe-democratie-illiberale-po

    Dans la dernière partie de son ouvrage, Yascha Mounk insiste sur les dangers de la démocratie illibérale telle qu’elle se manifeste en Turquie, en Russie ou dans certains pays d’Europe centrale, des mécanismes de gouvernement qui continuent à s’appuyer sur le suffrage universel mais qui remettent en cause de nécessaires contre-pouvoirs. Il est donc indispensable de trouver des parades convaincantes à un processus qui menace les fondements des démocraties occidentales. Il montre que des individus élus grâce aux mécanismes habituels du suffrage universel et portés par l’enthousiasme populaire sont tentés, à mesure que les difficultés s’accumulent et qu’ils ne parviennent pas à réaliser leurs promesses, de rogner sur les libertés. Les médias, la justice, les partis d’opposition deviennent des cibles commodes comme c’est le cas aujourd’hui en Pologne ou en Hongrie. Si on ne parvient pas à arrêter ce processus qui supprime tous les obstacles à la volonté populaire incarnée par la ou le chef, on peut déboucher sur une forme de dictature qui, elle, sera irréversible.


  • #LesInrocks - Alain #Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    https://www.lesinrocks.com/2018/01/24/actualite/alain-damasio-cest-tout-le-rapport-de-loccident-lactivite-quil-faut-repe

    Alain Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    24/01/18 18h15
    PAR
    Mathieu Dejean
    Samedi 27 janvier, une journée de débats est organisée à la Bourse du #Travail de Paris sous le titre : “Tout le monde déteste le travail”. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de “La Horde du Contrevent” (2004), nous en dit plus sur cet événement qu’il a co-organisé.
    Au milieu des années 1950, l’Internationale lettriste regroupée autour de Guy Debord annonçait l’esprit de Mai 68 avec un célèbre graffiti : “Ne travaillez jamais”. Cinquante ans après les “événements” de mai, un collectif souffle sur les mêmes braises réfractaires, et organise le 27 janvier à la Bourse du Travail de Paris une journée de débats et de création artistique sous le titre : “Tout le monde déteste le travail - Rencontres pour qui en a, en cherche, l’évite, s’organise au-delà...”.

    Annoncé sur le site lundimatin, proche du #Comité_invisible, l’événement rassemble la fine fleure de la pensée critique dans ce domaine – la sociologue Danièle #Linhart, le professeur de droit Emmanuel #Dockès, l’économiste Frédéric #Lordon, ou encore le journaliste indépendant Olivier #Cyran (auteur de Boulots de merde ! Enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers, 2016) -, mais aussi des syndicalistes, des zadistes et des écrivains (le programme complet est ici).

    Le collectif à son origine est aussi celui qui avait organisé la “chasse aux DRH” le 12 octobre dernier, pour empêcher la venue de Muriel Pénicaud au Congrès des DRH. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de La Zone du dehors et de La Horde du Contrevent, qui a co-organisé ce rassemblement, nous en dit plus.

    Quel est l’objectif de cette journée ?

    Alain Damasio – Lors d’une rencontre sur le plateau de Millevaches (Limousin) fin août avec des gens qui gravitent autour du Comité invisible, des artistes, Frédéric Lordon ou encore Julien #Coupat, on s’est dit qu’il fallait lancer une série d’actions pour lutter contre la deuxième loi travail. La première action, c’était la “#chasse_aux_DRH”. La deuxième, c’est cette journée au cours de laquelle nous allons essayer de déployer nos idées, nos visions, de proposer des choses. L’objectif, c’est de répondre à ces questions qui nous traversent tous : Comment dépasser le travail ? Comment sortir de cette fabrique du travailleur comme figure essentielle ?

    Ces rencontres sont réunies sous l’intitulé “Tout le monde déteste le travail”. Ça vous semble si évident que ça ?

    Le titre est une référence au slogan “Tout le monde déteste la police”, il fait la continuité avec les manifestations contre la loi travail. Il a aussi un côté affectif. Frédéric Lordon explique très bien que les mouvements politiques se déploient lorsqu’ils ont un affect commun. En l’occurrence, nous éprouvons la sensation qu’une majorité de gens souffrent au travail, subissent des conditions d’exploitation de plus en plus subtiles, que la pression du chômage les oblige à accepter. C’est pourquoi nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort.

    C’est aussi une provocation. Des gens vont lire l’affiche et se dire : “C’est pas possible, moi j’aime mon travail !” En fait, on pousse les gens à s’auto-convaincre qu’ils aiment ce qu’ils font. Quand tu subis une exploitation forte, dans un cadre très contraint car tu dois gagner ta vie, c’est une réaction naturelle. Intérieurement tu souffres et tu détestes ce que tu fais, mais tu as aussi une injonction à être à l’aise, à aimer ce travail. C’est aussi contre ce néo-management que nous nous érigeons.

    “Nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort”

    Nos vies vous semblent-elles de plus en plus réduites à cette seule activité : le travail ?

    J’ai le sentiment qu’on continue en tout cas à nous faire croire que l’horizon peut être le plein-emploi, qu’il suffit d’y mettre le fric, ou de “libérer” le travail pour qu’on recrée de l’emploi. Je suis convaincu qu’il faut au contraire définitivement enterrer cette idée. Pour moi, l’avenir du travail réside peut-être dans le revenu universel, même si le capital peut s’en accommoder. Cette idée ne fait d’ailleurs pas consensus entre nous.

    En effet il y a une version néolibérale du revenu universel... Comment en faire une mesure vraiment émancipatrice ?

    Les positions des participants à cette journée divergent à ce sujet. Ariel Kyrou, que j’ai fait inviter, a énormément défendu le revenu universel dans le cadre de la revue Multitudes. Pour moi, c’est un plancher minimal à partir duquel tu peux te débarrasser de la nécessité de travailler. Je pense que ça peut libérer énormément d’énergie pour créer, militer, organiser un autre type de vie. Ça ouvre la porte à des alternatives. Beaucoup de gens se moquent d’avoir un statut social. C’est ce que j’ai vu à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. De quoi vivent-ils ? Ils vivent souvent d’un RSA, et de l’autoproduction. En l’occurrence, le plancher du RSA leur permet de faire des choses fabuleuses localement.

    Entendez-vous revaloriser la paresse, l’oisiveté ?

    Je n’aime pas l’idée de paresse, car elle s’articule comme une négativité par rapport au travail. Par contre, étymologiquement, l’oisiveté vient du terme latin otium. Nier l’otium, ça donne le mot negotium, le "négoce", le commerce, et finalement, ce monde capitaliste dans lequel on est. Nietzsche l’écrivait très bien aux alentours de 1870, avant l’arrivée du marxisme, qui a été très pro-travail : pourquoi prôner le travail, alors que la noblesse spirituelle de l’époque était fondée sur une valorisation absolue de la disponibilité, de l’oisiveté, de la présence au monde, de la contemplation ? On a réussit à inverser cette hiérarchie des valeurs pour faire du travail quelque chose d’indispensable, le nec plus ultra.

    “C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser”

    L’oisiveté, ce rapport au temps libéré, cette disponibilité au monde, à la nature et aux autres m’intéresse. Prendre ce temps me paraît fondamental. C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser. En écrivant le texte du programme de cette journée avec Julien Coupat, on s’est posé la question du sens de l’activité. On a une telle compulsion au productivisme ! Moi-même, je n’arrive pas à passer à un rapport à l’activité qui ne soit pas auto-aliénant.

    Les technologies numériques semblent contribuer à accentuer l’emprise du travail sur nous, alors qu’on croyait qu’elles allaient nous en libérer. Pensez-vous qu’on peut mieux les maîtriser ?

    Je pense qu’on est dans un état d’adolescence par rapport aux technologies numériques. Il faudra encore une génération pour atteindre un bon niveau de recul, de maîtrise. Je vois très peu de parents capables d’éduquer leurs gamins aux jeux vidéo. Or s’il n’y a pas de transmission sur ce média, d’école pour éduquer aux jeux vidéo, comment voulez-vous que les gamins ne soient pas bouffés, vampirisés par des jeux addictifs ? C’est pareil pour les réseaux sociaux, les mails, etc. On peut passer des journées seulement en interactions avec des interfaces. Ça, c’est flippant.

    “La liberté est un feu : tout le monde a envie de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire”

    J’ai l’impression qu’il y a un mécanisme humain de fermeture au monde, de régression fusionnelle avec les outils technologiques. Cela crée des effets de bulle. Le psychanalyste Miguel #Benasayag l’a très bien expliqué dans Plus jamais seul. Les gens veulent rester dans un continuum affectif permanent avec leurs proches, ils ne supportent plus le moment où le lien se coupe, et où on se retrouve seul. Pourtant c’est dans l’absence, dans la rupture du continuum que le désir de l’autre se construit.

    On a réussi à faire de la technologie un magnifique vecteur d’auto-aliénation. C’est ce dont je parle dans La Zone du dehors : on est très forts pour le liberticide. La liberté, c’est un feu : tout le monde a envie de s’en approcher, de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire, parce que ça brûle, ça crame.

    Quelle #philosophie_du_travail défendez-vous collectivement ?

    Un de nos modèles, c’est la ZAD. La manière dont les zadistes conçoivent quotidiennement l’activité est différente. Elle est auto-générée. Pour construire un bâtiment avec du bois de la ZAD, ils constituent un collectif qui réapprend à faire les charpentes, ils réapprennent un artisanat et retrouvent une continuité naturelle avec la forêt. Il y a une autodétermination de bout en bout, corrélée à un territoire. On passe ainsi d’un statut d’ouvrier à un statut d’œuvrier. L’œuvrier décide lui-même de ce qu’il a envie de faire, du projet qu’il a envie de porter, et le fait avec des gens qu’il a choisis. C’est notre vision générale du travail.


  • Nucléaire, la fin d´un mythe | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/emission/documentaires/nucleaire-la-fin-d-un-mythe-132557

    D´ici à 2028, 34 des 58 réacteurs vont fêter leur quarantième anniversaire, âge limite d´exploitation fixé lors de la construction du parc. EDF surendetté n´a pas les moyens de remplacer ces réacteurs en fin de vie. Ce film raconte comment la France, par choix politique, s´est rendue totalement dépendante du nucléaire jusqu´à se mettre dans une dangereuse impasse.

    Prochaines diffusions sur LCP :
    Samedi 29 septembre 2018 à 22:30
    Dimanche 30 septembre 2018 à 11:30
    Samedi 06 octobre 2018 à 23:30
    Dimanche 07 octobre 2018 à 12:30

    #film_documentaire #nucléaire


  • Un contrat à 10 millions d’euros avec la DGSI
    http://www.telerama.fr/medias/palantir-big-data-renseignement,153229.php

    En mars 2015, quelques semaines après l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, Palantir a ouvert une filiale française, sur la très chic avenue Hoche, à quelques centaines de mètres de l’Arc de Triomphe. En toute discrétion, comme à son habitude. Après des mois de démarchages et de tractations, la firme américaine a trouvé un accord avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon nos informations, recueillies auprès de plusieurs sources au sein des services de renseignement, le contrat aurait été signé à l’été 2016. Montant estimé : 10 millions d’euros. 5% du budget de la DGSI. Auditionné par la commission défense de l’Assemblée nationale en mai dernier, Patrick Calvar, son patron, balisait le terrain en invoquant l’urgence : « Nous ne manquons pas de données ni de métadonnées, mais nous manquons de systèmes pour les analyser [...] Les entreprises françaises qui [les] développent ne sont pas encore capables de répondre à nos besoins, alors que nous devons acquérir ce big data immédiatement. Nos camarades européens sont dans la même situation. Le choix n’a pas encore été fait mais, en tout état de cause, la solution sera temporaire. »

    #palantir #dgsi #data #surveillance #silicon_army
    #Peter_Thiel #Alex_Karp #trump #NSA #RGPD


  • Thank you, Mother Russia, for imposing boundaries on Israel - For the first time in years another state is saying to Israel: Stop right there. At least in Syria, that’s the end of it. Thank you, Mother Russia.

    Gideon Levy SendSend me email alerts
    Sep 28, 2018
    https://www.haaretz.com/middle-east-news/.premium-to-russia-with-love-1.6511224

    A ray of hope is breaking through: Someone is setting limits on Israel. For the first time in years another state is making it clear to Israel that there are restrictions to its power, that it’s not okay for it to do whatever it wants, that it’s not alone in the game, that America can’t always cover for it and that there’s a limit to the harm it can do.
    Israel needed someone to set these limits like it needed oxygen. The recent years’ hubris and geopolitical reality enabled it to run rampant. It could patrol Lebanon’s skies as if they were its own; bombard in Syria’s air space as if it were Gaza’s air space; destroy Gaza periodically, put it under endless siege and continue, of course, to occupy the West Bank. Suddenly someone stood up and said: Stop right there. At least in Syria: That’s the end of it. Thank you, Mother Russia, for setting limits on a child whom no one has restrained for a long time.
    >>What Russia and Turkey really want in Syria | Explained ■ Russia’s claims on downed plane over Syria are dubious, but will usher in new reality for Israel | Analysis ■ Russia vs. Israel: The contradicting accounts of the downing of a plane over Syria

    The Israeli stupefaction at the Russian response and the paralysis that gripped it only showed how much Israel needed a responsible adult to rein it in. Does anyone dare prevent Israel’s freedom of movement in another country? Is anyone hindering it from flying in skies not its own? Is anyone keeping it from bombing as much as it pleases? For decades Israel hasn’t encountered such a strange phenomenon. Israel Hayom reported, of course, that anti-Semitism is growing in Russia. Israel is getting ready to play the next victim card, but its arrogance has suddenly gone missing.
    In April the Bloomberg News agency cited threats from retired Military Intelligence chief Amos Yadlin and other officers that if Russia gives Syria S-300 anti-aircraft missiles, Israel’s air force would bombard them. Now the voice of bluster from Zion has been muted, at least for the moment.
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    Every state is entitled to have weapons for defense against jet bombers, including Syria, and no state is permitted to prevent that forcibly. This basic truth already sounds bizarre to Israeli ears. The idea that other countries’ sovereignty is meaningless, that it can always be disrupted by force, and that Israeli sovereignty alone is sacred, and supreme; that Israel can mix in the affairs of the region to its heart’s content – including by military intervention, whose true extent is yet to be clarified in the war in Syria – without paying a price, in the name of its real or imagined security, which sanctifies anything and everything – all this has suddenly run into a Russian “nyet.” Oh, how we needed that nyet, to restore Israel to its real dimensions.
    It arrived with excellent timing. Just when there’s a president in the White House who runs his Middle East policy at the instructions of his sponsor in Las Vegas and mentor on Balfour Street; when Israel feels itself in seventh heaven, with an American embassy in Jerusalem and no UNRWA, soon without the Palestinians – came the flashing red light from Moscow. Perhaps it will balance out, just a bit, the intoxication with power that has overtaken Israel in recent years, maybe it will start to wise up and recover.
    Russia, without meaning to, may yet turn out to be better for Israel than all the insane, corrupting support it receives from the current American administration, and from its predecessors, too.
    Russia has outlined for the world the way to treat Israel, using the only language Israel understands. Let those who truly care for Israel’s welfare, and for justice, learn how it’s done: Only by force. Only when Israel gets punished or is forced to pay a price does it do the right thing. The air force will think twice now and perhaps many times more before its next bombardment in Syria, whose importance, if indeed it has any, is unknown.
    Had such a Russian “nyet” hovered above Gaza’s skies, too, so much futile death and destruction would have been spared. Had an international force faced the Israeli occupation, it would have ended long ago. Instead, we have Donald Trump in Washington and the European Union’s pathetic denunciations of the evictions at Khan al-Ahmar.


  • Maps Mania : Norway’s Secret Military Sites
    http://googlemapsmania.blogspot.com/2018/09/norways-secret-military-sites.html

    Norway has released an interactive map of all the military locations where it is forbidden to operate a drone (…)

    The map shows many of Norway’s most secret military installations, such as Norway’s secret war headquarters and the location of one of Europe’s two transmitters for communicating with NATO’s submarine fleet. The map also shows the location of 237 other important military and security locations. Some military and security experts have been shocked by the map’s release. For example former Chief of Maritime Safety and Naval Home Guard Commander Svein Jarle Jacobsen said that the map is “disastrous for operational safety. I can’t believe that they’ve really done this.”

    #Norvège #armée #secret #drones #open-data #cartographie


  • Maps Mania : Norway’s Secret Military Sites
    https://googlemapsmania.blogspot.com/2018/09/norways-secret-military-sites.html

    Norway has released an interactive map of all the military locations where it is forbidden to operate a drone and some security experts are not happy. All the markers on the Innmelding av Sensorflygning map indicates an area where it is illegal to take aerial photographs or video using a camera or any other type of sensors.

    The map shows many of Norway’s most secret military installations, such as Norway’s secret war headquarters and the location of one of Europe’s two transmitters for communicating with NATO’s submarine fleet. The map also shows the location of 237 other important military and security locations. Some military and security experts have been shocked by the map’s release. For example former Chief of Maritime Safety and Naval Home Guard Commander Svein Jarle Jacobsen said that the map is “disastrous for operational safety. I can’t believe that they’ve really done this.”

    The Deputy Director of NSM, (Norway’s National Security Authority) Frode Skaarnes, has dismissed claims that the map reveals the country’s military secrets. He claims that the map shows nothing that cannot already be viewed on any map with aerial or satellite imagery and that the map “doe not say anything about what exactly is there and what these facilities are used for.”



  • Ordinateur à l’université : « Combien y’a-t-il d’étudiants dont on ne voit jamais les yeux ? » - Libération

    Par Olivier Estèves, Professeur à l’université de Lille, spécialiste de l’histoire britannique. — 18 septembre 2018 à 17:32

    Alors que l’interdiction des téléphones portables au collège a été officialisée à l’échelle nationale, l’utilisation des ordinateurs portables dans les universités devrait elle aussi faire l’objet d’un débat sérieux.

    Novembre 2017 : lors d’un séminaire de master 2 (en langue anglaise) sur les origines de la révolution conservatrice aux Etats-Unis, je présente les slides d’un PowerPoint qui égrène le bilan morbide des violences urbaines des années 60. Un tableau récapitule les douzaines de morts à Watts (quartier de Los Angeles), Newark, Detroit, Chicago, etc. En parlant, je vois au fond de la salle deux étudiantes, d’ordinaire sérieuses, qui rient ensemble, les yeux rivés sur l’écran de leur ordinateur portable respectif. De toute évidence, leur esprit et attention sont accaparés par un contenu n’ayant absolument rien à voir avec celui du cours. Je les rappelle à l’ordre, une énième fois, tellement ce type de comportement est routinier. Cette anecdote trouve des centaines, pardon des milliers d’échos dans l’expérience quotidienne de collègues universitaires.

    Incapables de participer

    On aurait tort de croire qu’il s’agit là d’un problème lié à la massification de l’enseignement dans l’université française, à laquelle le lamentable et opaque Parcoursup serait censé répondre. En effet, le cours en question est en master 2, pour lequel une sélection existe déjà depuis un an. De toute façon, des filières sélectives en France connaissent exactement le même problème. Ayant animé un séminaire sur la question raciale dans les séries américaines à Sciences-Po Lille, reposant sur un ouvrage que j’avais publié avec mon collègue et ami Sébastien Lefait (Presses de Sciences-Po, 2014), je me souviens distinctement avoir montré des extraits de The Wire, The Sopranos, dont on devait débattre ensuite auprès d’un public dont un tiers avait les yeux rivés sur leurs propres ordinateurs portables tandis que je procédais au visionnage de scènes des chefs-d’œuvre de David Simon et David Chase.

    Une fois ce visionnage terminé, une bonne proportion des étudiants était incapable de répondre aux questions, encore moins de participer au débat en anglais. Rien de plus normal : beaucoup d’entre eux venaient de s’amuser sur Facebook, de faire les soldes en ligne, de répondre à leurs mails, sans oublier qu’un écran d’ordinateur portable sert très souvent à cacher… un téléphone portable d’où l’on envoie des textos. Depuis, notamment dans les Instituts d’études politiques, le nombre de collègues imposant des cours « sans écran » (ni téléphone ni ordinateur portable) n’a cessé de croître. Un certain nombre d’entre eux, en France mais aussi ailleurs, sont des enseignants d’informatique, très bien placés pour connaître les torts que causent ces machines à l’attention étudiante.

    (...)

    La question de la réussite étudiante est, légitimement, dans la bouche de nombreux décideurs, depuis les directeurs d’UFR jusqu’aux cabinets ministériels. Poser sérieusement la question de l’interdiction de ces armes de distraction massive dans certains enseignements ne coûterait rien au gouvernement et réintroduirait les conditions de cours où l’on puisse débattre, discuter, illustrer des contenus et répondre à la contradiction étudiante, sans laquelle les universitaires ne peuvent guère avancer. Avec des étudiants rivés sur leurs écrans d’ordinateurs cela n’est tout simplement pas possible. Le temps est venu de mettre ces problèmes sur la table. A titre personnel, je procéderai à l’interdiction pure et simple de tout appareil connecté dès l’année prochaine, même si je trouve lamentable qu’il soit nécessaire d’en arriver là.❞

    #attention #numerisation #interdiction_de_l'ordinateur

    • Eh ben écoute plutôt pas mal. Je ne suis pas trop arrivé à la faire respecter aux deuxième année (ils avaient déjà pris le pli...) mais pour les première année c’est plutôt efficace. Je les trouve plus attentifs. C’est très subjectif : difficile de distinguer ce qui relève du fait de ne pas avoir d’écran devant les yeux de ce qui relève de « l’effet promo » (d’une année sur l’autre ce n’est jamais pareil). Mais quoi qu’il en soit je vais continuer.

      Je ne crois pas que l’auteur de l’article aie raison de trouver lamentable d’en arriver là. Après tout il s’agit d’un apprentissage des usages.

      En revanche, en TD, donc quand ils sont une trentaine, j’autorise ceux qui veulent à utiliser l’ordi, mais pas pour prendre des notes : ce sont des TD d’algorithmique programmation, donc si certains se sentent de tester leurs solutions s’ils ont le temps, pourquoi pas.

    • @ericw : excuse-moi, mais ça m’intéresse beaucoup, donc je vais te demander des précisions.
      As-tu également demandé aux premières années de ne pas sortir leurs téléphones portables ?
      Qu’est-ce que t’ont dit les secondes années, est-ce que vous avez eu une vraie discussion ?
      Est-ce que tu en as parlé avec des collègues, qu’est-ce qu’ils en pensent ?

    • On a qu’à dire « autre chose » ! Je suis l’affaire de l’appel de Beauchastel — des enseignant-e-s qui désobéissent aux injonctions au tout-numérique dans l’Éducation Nationale — ainsi que celle des tableaux noirs de Gaillac, dont on a déjà parlé sur seenthis. Il commence à y avoir pas mal de professionnel-le-s qui, dans l’enseignement, prennent position, et c’est très précieux.


  • Revoir Doriot.
    https://tempspresents.com/2018/09/18/revoir-doriot
    https://www.youtube.com/watch?v=cnNTXk2Ec2s

    Jacques Doriot. Ce nom fit vibrer d’enthousiasme et trembler d’indignation. Ce fut un soldat, qui combattit sous l’uniforme français durant la Première guerre mondiale, et sous l’allemand trente ans plus tard. Ce fut un politique, qui fut l’espoir des ouvriers communistes et s’enrôla sur le front de l’Est en enfiévrant les collaborationnistes les plus résolus.

    De ce nom oublié aujourd’hui, il ne reste qu’une insulte précieuse. Il suffit de jeter un œil sur twitter : « Jacques Doriot » n’y apparaît guère dans les messages que dans deux cas : soit pour injurier Jean-Luc Mélenchon, en affirmant qu’il serait sur la même voie, soit chez des gens très à droite, pour affirmer que la Collaboration eût été avant tout l’affaire de la gauche. Le silence est souvent de mise chez cette dernière : Doriot serait une dérive personnelle, un parcours individuel qui en fait le prototype du traître, l’apostasie ne serait pas une question politique. Dans tous les cas, l’usage polémique ne correspond pas à la réalité des faits.

    Le documentaire de Joseph Beauregard que diffuse France 3 ce 13 septembre, à 23 h 55, Jacques Doriot, le petit führer français, est une belle occasion de saisir cet étonnant parcours.



  • Point de bascule... À #Nantes comme ailleurs, entre #Elan et #Exils, les calculs politiques font disparaitre l’humain.
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/29842792097

    Flickr

     :: EDIT / #Nantes : Le « déménagement » (😡) de Daviais serait pour demain 7h. Y’aurait 5 gymnases d’accueil temporaire et aucune garantie de ne pas être « triés » pour les dubliné-e-s ou les OQTF : tensions probables dès cette nuit, soutiens et traducteurices toujours bienvenu-e-s. Besoin aussi de lieux pour sécuriser des affaires voire des personnes qui ne peuvent prendre le risque d’être contrôlées... voir https://nantes.indymedia.org/events/42677