Tradfem

La collective TRADFEM est née en 2013 autour de plusieurs projets de traductions, en particulier le texte d’Andrea Dworkin « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol ». Ce texte a été travaillé par un petit groupe de gens qui ont alors souhaité prolonger cette collaboration. Celle-ci s’est ensuite étendue avec l’arrivée de nouvelles personnes. Aujourd’hui (2016), la collective rassemble une dizaine de membres, qui ne sont pas nécessairement des professionnel.le.s de la traduction et qui s’y investissent selon leurs possibilités respectives. TRADFEM est mixte avec des personnes vivant en France, au Québec, en Espagne et en Allemagne.

  • Améliorons les débats sur le genre, le sexe et les droits des transgenres
    par #Sophie_Allen, #Jane_Clare_Jones, #Holly_Lawford-Smith, #Mary_Leng, #Rebecca_Reilly-Cooper et #Kathleen_Stock
    (Des philosophes féministes radicales et critiques du concept de genre invitent leurs opposant·e·s à éviter certains arguments qui sont clairement déficients.)
    http://tradfem.wordpress.com/2019/10/05/ameliorons-les-debats-sur-le-genre-le-sexe-et-les-droits-des-tran

    Nous sommes un collectif de philosophes universitaires féministes radicales, critiques du concept de genre. Certaines d’entre nous affirment, dans leurs travaux, que les femmes sont, par définition, les êtres humains adultes femelles. Selon ce point de vue, une “transfemme” ne peut être classée comme femme, puisqu’elle n’est pas un être humain adulte femelle. Le reste d’entre nous sont présentement agnostiques sur cette question, hésitant entre 1) adopter exclusivement cette première position et 2) adopter également une position qui affirmerait l’existence d’un autre sens, significatif, à donner au concept de « femme », soit son application aux personnes occupant un certain rôle social féminin, sur la base d’une appartenance perçue à la catégorie de sexe féminin.

    Contrairement à la première acception, cette seconde définition implique qu’une partie des transfemmes comptent comme femmes, en au moins un sens. Néanmoins, cette inclusion est limitée, puisqu’un grand nombre de transfemmes n’occupent pas un rôle social féminin sur la base d’une appartenance perçue à la catégorie du sexe féminin.

    Dans les deux cas, nous sommes toutes sceptiques quant à la valeur politique de comptes rendus de l’être-femme (womanhood) qui l’identifient essentiellement à la possession d’une « identité de genre » féminine. Nous insistons toutes également sur le fait qu’il est politiquement essentiel de maintenir une différentiation conceptuelle claire entre les hommes et les femmes, afin de pouvoir continuer à identifier et à qualifier des modèles de comportements oppressifs basés sur le sexe et des stéréotypes socioculturels nocifs au sujet des « façons correctes » d’être, respectivement, des hommes et des femmes.

    Notre objectif ici n’est pas de résumer nos arguments en faveur de ces conclusions : nous le faisons ailleurs dans nos travaux (dont vous trouverez les liens sous nos noms, en tête de cet article). Nous souhaitons plutôt mettre en lumière divers sophismes et faux procès que nous avons souvent remarqués dans des réflexions sur nos travaux.

    Traduction : #Ana_MINSKI pour #Tradfem
    Version originale : http://medium.com/@kathleenstock/doing-better-in-arguments-about-sex-and-gender-3bec3fc4bdb6
    #philosophie_féministe #transgenrisme #identité_de_genre #non-mixité_féministe

  • #Martin_Dufresne et #Suzanne_Dufresne : « CASSE-TOI, CASSANDRE! »
    http://tradfem.wordpress.com/2019/10/02/casse-toi-cassandre

    Une jeune dramaturge canadienne, Elena Belyea, a récemment signé et interprété une pièce en un acte qui traite d’une foule de sujets d’actualité : la généralisation d’une violence masculine à l’égard des femmes et enfants, la dégénérescence d’une société où des enfants doivent être prêtes à défendre leur vie à l’école, le sentiment d’impuissance, l’hostilité du pouvoir à l’égard des lanceuses d’alerte qui refusent ces situations, et les émotions qui en résultent.

    Deux d’entre nous avons vu cette pièce à Montréal, au moment d’une immense manifestation guidée par la jeune féministe suédoise Greta Thunberg, et nous avons rédigé cette recension à quatre-z-yeux, avant que la poussière ne retombe.

    #Greta_Thunberg #mobilisation #urgence_climatique

  • #Jessica_Eaton : Le trouble de la personnalité limite (ou « borderline ») est une foutaise misogyne.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/10/03/le-trouble-de-la-personnalite-limite-ou-borderline-est-une-foutai

    Aux côtés du racisme et du classisme, on trouve dans les systèmes psychiatriques une épouvantable misogynie. Aujourd’hui, en 2019, les filles et les femmes sont 7 fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic de trouble borderline que les garçons et les hommes présentant les mêmes symptômes.

    Les origines de cette oppression remontent à des centaines d’années : dès le XVIIIe siècle, l’hystérie a été classée comme une maladie féminine, liée à la féminité et à la physiologie féminine.

    « L’hystérie est l’état naturel de la femme » (Laycock, 1840)

    « Une fille hystérique est un vampire qui suce le sang des gens sains qui l’entourent » (Mitchell, 1885 : 266).

    Une grande partie du diagnostic borderline est basée sur les stéréotypes de genre et le sexisme. Les filles et les femmes sont censées être polies, gentilles, heureuses, satisfaites, calmes, n’avoir ni opinions ni ambitions, et vivre pour servir les autres. Les « femmes difficiles » sont souvent diagnostiquées avec un trouble de la personnalité limite (Ussher, 2013).

    Le patient borderline typique a été décrit comme “une femme exigeante, en colère et agressive » (Jimenez, 1997 : 162, 163) : elle sera alors étiquetée comme souffrant d’un « désordre mental » pour des comportements qui sont parfaitement acceptables chez un homme. Cela rejoint les résultats de la recherche : là où la tristesse et la colère des hommes sont considérées comme étant liées à des facteurs situationnels – comme le fait d’avoir « passé une mauvaise journée » – lorsque les femmes sont tristes ou en colère elles sont jugées « trop émotives » (Barrett et Bliss-Moreau, 2009).

    Traduction : Erell Hannah pour Tradfem
    Version originale : https://victimfocus.wordpress.com/2019/09/14/work-with-women-and-girls-its-time-to-reject-psychiatry ?
    #psychiatrie #féminisme #misogynie

  • #Michelle_Kelly : La pornographie, c’est de la prostitution filmée, et totalement dépénalisée. Cela ne la rend pas sûre.
    http://tradfem.wordpress.com/2019/10/01/la-pornographie-cest-de-la-prostitution-filmee-et-totalement-depe

    En tant que survivante de l’exploitation sexuelle commercialisée, tant dans le secteur de la prostitution que dans celui de la pornographie, je trouve absolument ridicule la prétention qu’il faille dépénaliser les tierces parties, par exemple les proxénètes, pour « assurer la sécurité de toutes les femmes ».

    Voici pourquoi.

    Au Royaume-Uni, l’industrie pornographique est quasi-totalement dépénalisée. Seule la pornographie mettant en scène des agressions sexuelles sur mineur-es, de la nécrophilie, de la bestialité ou des actes impliquant des dangers de mort est touchée par les lois pénales relatives à sa distribution et sa détention.

    Considérée comme une industrie commerciale et un business légitime, on pourrait s’attendre – si les affirmations du lobby pro-porno étaient véridiques – à ce que la pornographie soit le domaine le plus sûr de l’industrie du sexe pour les femmes qui s’y trouvent.

    C’est faux.

    D’après mon expérience, l’industrie du porno a été de loin la forme de prostitution la plus violente et toxique que j’aie vécue. Le fait qu’elle soit légale ne me donnait pas accès aux « droits du travail » en tant qu’ « actrice », mais créait plutôt un environnement non réglementé pour les proxénètes et les pornographes pour violenter et exploiter à loisir.

    C’était un secret de polichinelle. À l’époque, les deux artistes les plus prisées de l’industrie y avaient été introduites à l’âge de 14 et 15 ans. J’ai entendu des pornographes discuter de l’obtention de fausses cartes d’identité pour y amener des mineures, et j’ai assisté à une conversation qui stipulait que les jeunes femmes « fraîchement sorties du système d’aide sociale » étaient les plus susceptibles de travailler dans l’industrie. Ces flagrantes manipulation et mise au pas de filles et de jeunes femmes vulnérables, je ne l’ai jamais entendu condamner une seule fois par ceux – principalement des hommes – qui organisaient, produisaient et distribuaient des films pornographiques.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://nordicmodelnow.org/2019/09/04/porn-is-videoed-prostitution-and-fully-decriminalised-that-doesnt-ma
    #violences_masculines #prostitution_filmée #système_prostitutionnel #pornographie #agentivité

  • #Greta_Thunberg répond à ses détracteurs
    http://tradfem.wordpress.com/2019/09/27/greta-thunberg-repond-a-ses-detracteurs

    J’ai vu récemment beaucoup de rumeurs circuler à mon sujet, ainsi que d’énormes quantités de haine. Ce n’est pas une surprise pour moi. Je sais que comme la plupart des gens ne sont pas conscients de la pleine signification de la crise climatique (ce qui est compréhensible puisqu’elle n’a jamais été traitée comme une crise), une grève scolaire pour le climat peut généralement sembler très étrange aux gens.

    Permettez-moi donc de clarifier certaines choses au sujet de ma grève scolaire.

    En mai 2018, j’ai été l’une des lauréates d’un concours de rédaction sur l’environnement organisé par Svenska Dagbladet, un journal suédois. J’ai soumis mon article pour publicaton et certaines personnes m’ont contactée, entre autres Bo Thorén de l’organisation Fossil Free Dalsland (Dalie sans Carburants Fossiles). Thorén animait une sorte de groupe avec des gens, surtout des jeunes, qui voulaient faire quelque chose au sujet de la crise climatique.

    J’ai eu quelques réunions téléphoniques avec d’autres militantes. Nous avions pour but de trouver des idées de nouveaux projets pour attirer l’attention sur la crise climatique. Bo avait quelques idées de ce qu’on pourrait faire. Cela allait de défilés jusqu’à l’idée vague d’une sorte de grève scolaire (que les élèves fassent quelque chose dans les cours d’école ou dans les salles de classe). Cette idée nous était venue des Parkland Students, des écolières et écoliers qui avaient refusé de retourner à l’école après la fusillade dans leur école.

    J’aimais l’idée d’une grève scolaire. Je l’ai donc développée et ai essayé d’amener les autres jeunes à se joindre à moi, mais personne n’était vraiment intéressé. Ils et elles pensaient qu’une version suédoise de la Marche mondiale pour le climat aurait un impact plus important. J’ai donc continué à planifier la grève scolaire toute seule et, après cela, je n’ai plus participé à d’autres réunions.

    Quand j’ai parlé de mes projets à mes parents, ils n’ont pas beaucoup aimé cela. Ils n’étaient pas favorables à l’idée d’une grève dans les écoles et m’ont dit que si je l’organisais, je devrais le faire entièrement seule, sans soutien de leur part.

    Traduction : #Tradfem
    #écologie #urgence_climatique #remettre_les_pendules_à_l'heure #vieux_réac_agiste

  • #Greta_Thunberg : Si les dirigeants du monde choisissent de nous abandonner, ma génération ne leur pardonnera jamais.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/24/si-les-dirigeants-du-monde-choisissent-de-nous-abandonner-ma-gene

    Vous dites que vous nous « entendez » et que vous comprenez l’urgence. Mais peu importe à quel point je suis triste et en colère, je ne veux pas vous croire. Parce que si vous compreniez entièrement la situation et que vous continuiez à ne pas agir, alors vous seriez méchants. Et cela, je refuse de le croire.

    L’idée populaire de réduire nos émissions de moitié en 10 ans ne nous donne que 50% de chances de demeurer en dessous d’un réchauffement de 1,5°C, et du risque de déclencher des réactions en chaîne irréversibles hors du contrôle humain.

    Vous trouvez peut-être acceptable ce pourcentage de 50%. Mais ces chiffres n’incluent pas les points de basculement, la plupart des boucles de rétroaction, le réchauffement additionnel masqué par la pollution atmosphérique toxique ou les enjeux de justice et d’équité. Ces chiffres comptent aussi sur ma génération et celle de mes enfants pour aspirer hors de l’atmosphère des centaines de milliards de tonnes de votre CO2 avec des technologies qui existent à peine. Voilà pourquoi un risque de 50 % n’est tout simplement pas acceptable pour nous – nous qui devons vivre avec ses conséquences.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.youtube.com/watch?v=TMrtLsQbaok


    #urgence_climatique

  • #Janice_G._Raymond et #H._Patricia_Hynes : Les vérités éprouvantes d’#Andrea_Dworkin
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/10/les-verites-eprouvantes-dandrea-dworkin

    De son vivant, Andrea Dworkin désespérait que son travail soit un jour reconnu à sa juste valeur. L’écriture était sa vie ; elle a dit un jour : « Communiquer et survivre, en tant qu’écrivain et en tant que femme : les deux font un pour moi. » La parution d’une nouvelle anthologie d’écrits de théorie et de fiction de Dworkin, Last Days at Hot Slit, a simplement stimulé une réévaluation du travail de cette autrice en considérant ses écrits avec sérieux – ce qui est bien différent du traitement qu’ont reçu ses livres lors de leur parution initiale.

    En plus d’une introduction opportune aux écrits de Dworkin, le livre contient des extraits de Woman Hating (sa première œuvre, publiée en 1974), l’analyse tumultueuse qu’elle a signée avec Pornography : Men Possessing Women et son bouleversant roman, Mercy. On y trouve également des lettres de Dworkin à ses parents et un essai inédit intitulé « Adieu à tout ceci », une réplique mordante aux femmes « fières d’être prosexe et libérées ». À ses yeux, elles ont combattu « pour le droit d’être humiliées… pour le droit d’être ligotées et fières de l’être, pour le droit d’être blessées ». Last Days at Hot Slit se termine par « My Suicide », un essai inédit écrit avant le décès de Dworkin en 2005 à la suite d’une myocardite, une inflammation du muscle cardiaque.

    Lorsque nous avons interviewé des femmes au sujet de l’impact des écrits de Dworkin sur leur vie et sur leur travail, la romancière, poète et éditrice de livres féministes australienne Sue Hawthorne a d’abord parlé de ses œuvres de fiction :

    Je me souviens de la réaction viscérale que j’ai eue à sa nouvelle « Slit » et à son livre Ice and Fire. Mais son principal effet sur moi est venu de la lecture de Mercy… qui relate dans les détails les plus incroyables ce que l’on ressent en tant que fille et en tant que femme d’être violée sexuellement pendant une partie importante de sa vie. C’est un texte intense, à la lecture éprouvante. Mais beaucoup d’œuvres littéraires importantes sont difficiles à lire. Si elle avait été un homme, je suis presque certaine que Mercy serait considéré au même titre qu’Ulysse de James Joyce.

    La lecture de Mercy a inspiré Hawthorne à écrire son propre roman, Dark Matters, sur l’effacement des lesbiennes et la violence à leur égard, « un livre que je devais écrire comme un geste à poser et dans l’espoir que par la fiction je pourrais arriver à changer le monde. À tout le moins, je devais essayer de le faire. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.truthdig.com/articles/andrea-dworkin-teller-of-hard-truths
    #pro-sexe #féminisme_radical #misogynie #antiféminisme #pornographie #système_prostitutionnel #courage_féministe

  • #Tonje_Gjevjon : La Fierté gaie n’est plus une lutte contre la discrimination ; il n’est pas étonnant que des gens choisissent de ne pas hisser leur drapeau.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/04/la-fierte-gaie-nest-plus-une-lutte-contre-la-discrimination%e2%80

    Comme la Fierté gaie est célébrée partout dans le monde, on s’attend maintenant à ce que les politiciens et les organismes publics hissent le drapeau symbolisant cette Fierté tout le mois d’août. Tout refus de le faire donne généralement lieu à de sévères critiques et à des accusations d’homophobie. Trop souvent, on suppose et on en déduit que ceux et celles qui refusent de hisser ce symbole (et, en général, d’appuyer tout ce que représente ce mouvement) sont des opposants de la diversité et de l’inclusion.

    Lorsqu’un maire de Pennsylvanie a empêché le conseil municipal local de hisser ce drapeau en juillet, des groupes LGBT ont promis de protester et certains résidents ont menacé de porter plainte auprès de la commission des relations humaines de la ville.

    En Norvège, le Présidium du Parlement a refusé d’arborer le drapeau arc-en-ciel devant le bâtiment du Parlement pendant le mois de la Fierté gaie en juin, ce qui a amené Une Aina Bastholm, députée du Parti vert norvégien, à dire aux médias qu’elle avait dû « prendre une grande respiration ». Dans un article publié dans Dagbladet, un tabloïd national, Mari Holm Lønseth, une députée conservatrice, a soutenu que « tous les conseils doivent se montrer inclusifs et hisser le drapeau de la Fierté ». Après que Kjell Ingolf Ropstad, ministre de l’Enfance, de la Famille et des Affaires religieuses, ait déclaré qu’il n’assisterait pas au défilé de la Fierté gaie cette année, vu son désaccord avec la politique de la FRI (Organisation norvégienne pour la diversité sexuelle et de genre) sur « la polygamie, un troisième sexe, l’abolition de la loi contre l’achat de sexe, et la maternité par substitution », il a été accusé, avec d’autres députés du Parti chrétien-démocrate, de non-inclusivité. Le chef du parti travailliste norvégien, Jonas Gahr Støre, a déclaré :

    « Je pense que le ministre de l’Enfance, de la Famille et des Affaires religieuses devrait assister au défilé. Il n’a pas besoin d’être d’accord avec tous les slogans figurant sur les bannières, mais c’est le jour où les politiciens devraient dire aux gens que tout le monde devrait vivre en sécurité. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2019/08/03/pride-is-no-longer-about-fighting-discrimination-its-no-wonder-peop
    #LGBTQ+ #Pride #identité_de_genre #fierté_lesbienne #droits

  • #Meagan_Tyler : Le féminisme radical d’Andrea Dworkin : plus pertinent que jamais
    https://tradfem.wordpress.com/2019/09/02/le-feminisme-radical-dandrea-dworkin-plus-pertinent-que-jamais

    Avec le retour du féminisme à l’avant-scène, il ne devrait pas être surprenant de voir le nom d’Andrea Dworkin refaire surface dans le discours. Et pourtant ça l’est.

    Le mouvement #MoiAussi et la violence masculine envers les femmes font les manchettes internationales. La misogynie à l’égard des Noires et les points d’intersections du racisme et du sexisme sont des sujets d’actualité dans la culture populaire. La nature patriarcale de l’autoritarisme de droite inquiète les analystes politiques. Il est donc tout à fait logique que le travail de Dworkin soit considéré comme particulièrement approprié, puisqu’elle a passé la plus grande partie de sa vie à combattre le patriarcat suprématiste et capitaliste blanc.

    Mais la vision du changement révolutionnaire que Dworkin a défendue avec tant de passion a été en grande partie ridiculisée de son vivant – y compris par d’autres féministes, généralement libérales ou libertaires. Et, aujourd’hui, alors que l’on évite l’analyse féministe radicale dans les universités et que les militantes féministes radicales sont de plus en plus chassées des tribunes et des manifestations, il est étonnant de voir le travail d’une penseuse féministe radicale aussi importante être revisité de façon relativement positive.

    La récente réévaluation du travail de Dworkin a, en partie, été motivée par la publication d’une nouvelle anthologie, intitulée Last Days at Hot Slit. On y trouve un ensemble impressionnant d’écrits recoupant l’ensemble de sa carrière, y compris mon préféré, le décapant « Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de viol » – une allocution adressée à un auditoire de 500 hommes :

    Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi nous ne sommes pas en conflit armé avec vous ? Ce n’est pas parce qu’il y a une pénurie de couteaux de cuisine dans ce pays. C’est parce que nous croyons en votre humanité, malgré toutes les preuves du contraire.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.abc.net.au/religion/are-the-only-good-feminists-dead-feminists-learning-from-andrea/11359142
    #féminisme_radical #Andrea_Dworkin #metoo #violences_masculine #pornographie #prostitution

  • #Michèle_Briand : Andrea Dworkin… c’est du stock!
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/29/andrea-dworkin-cest-du-stock

    J’ai révisé la traduction de Les femmes de droite (Right Wing Women), le premier livre d’Andrea Dworkin à paraître en français, au début du mois de décembre 2012 aux Éditions du remue-ménage. Je l’ai donc lu, relu et encore relu à haute voix. Comme on dit, c’est du stock ! [C’est du lourd !]
    Voici ce que j’en ai compris. Les femmes qu’on appelle « de droite » comprennent instinctivement comment fonctionne le patriarcat. Leur instinct de survie leur dicte des stratégies de femmes qui savent que les hommes en groupe sont dangereux et possèdent le pouvoir. Elles choisissent donc de tenter de se procurer la protection d’un homme contre tous les autres, même si cette protection est dérisoire. C’est la seule manière qu’elles ont trouvée pour avoir une chance, peut-être, de vivre un peu en paix. Autrement, il ne leur resterait que la mort. Et elles veulent vivre.
    Elles comprennent que celles qui ne deviennent pas propriété privée restent propriété publique et que tous les hommes doivent veiller à leur obéissance collective pour conserver leurs privilèges. Et ils veulent conserver leurs privilèges. Les femmes aussi aimeraient bien en avoir, d’ailleurs. Et lorsque des êtres humains ont un privilège, peu de gens se demandent quel est le prix à payer, en termes de ressources tangibles et intangibles, pour ce privilège. Mais la dette s’accumule et il va bien falloir la payer.

  • #Cian_Ó_Catháin : Misogynie et homophobie « tendance » (un gay prend à partie l’idéologie transgenriste)
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/27/misogynie-et-homophobie-%e2%80%89tendance%e2%80%89-un-gay-prend-a

    Les enfants non conformes au genre, dont beaucoup sont susceptibles de devenir plus tard attirés par les gens de leur sexe, se font enseigner le mensonge qu’aimer des choses « féminines » signifie qu’ils sont peut-être une fille, même s’ils sont de sexe masculin, et qu’aimer des choses « masculines » signifie qu’ils sont peut-être un garçon, même si elles sont de sexe féminin. De plus en plus, beaucoup de ces jeunes — en majorité des filles — se rendent dans des « cliniques du genre » et se font prescrire des hormones qui enraient la puberté naturelle, des hormones de l’autre sexe, des mastectomies complètes et des chirurgies dites de « réassignation sexuelle ».
    C’est terriblement régressif, nuisible et homophobe. Ça enseigne aux enfants que ce qui fait d’eux un homme ou une femme est ce que la plupart d’entre nous appelleraient simplement des « stéréotypes sexuels », et qu’on doit imposer une filière médicale aux enfants qui trouvent difficile de composer avec notre société de stéréotypes sexuels. C’est odieux et je suis d’accord avec ceux et celles qui qualifient cette pratique d’eugénisme gay.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rdln.wordpress.com/2019/08/13/woke-misogyny-and-homophobia-a-gay-critique-of-trans-ideology
    #misogynie #identité_de_genre #non-mixité #LGBT #eugénisme_gay #antiféminisme

  • #auntiewanda : Oui, Tous les Hommes
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/26/oui-tous-les-hommes

    Je pensais récemment à la façon dont on s’attend à ce que les femmes « se protègent », mais les hommes s’énervent généralement quand on se méfie d’eux.

    Ted Bundy était un type normal, sans prétention. Il a tué plus de 30 femmes, exhibé leurs têtes coupées, violé leurs cadavres.

    Il appâtait souvent ses victimes en portant un faux emplâtre ou une fausse écharpe, en paraissant sans défense et en profitant des soins et de l’aide que l’on a toujours appris aux femmes à prodiguer. Il leur demandait de l’aider à amener quelque chose à sa voiture et alors il les assommait.


    C’est pourquoi vous ne devriez pas demander aux femmes d’accorder le bénéfice du doute aux hommes qu’elles connaissent à peine.

    Vous ne devriez pas dissuader les femmes d’écouter leur propre instinct, en les traitant de méchantes ou de garces parce qu’elles sont prudentes.

    Traduction : Carole Barthès pour #Tradfem
    Version originale : https://radfemming.tumblr.com
    #féminicide #violences_masculines #confiance #manipulation #prédation_masculine

  • #Gail_DINES : L’oppression des femmes EST systémique.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/25/gail-dines-loppression-des-femmes-est-systemique

    « Je suis choquée par la controverse qui a éclaté au sujet de ce que je considère comme un concept fondamental du féminisme : les femmes en tant que classe sexuelle sont victimes du patriarcat. Tout mouvement de libération exige une compréhension structurelle de la manière dont l’oppression est systémique et codifiée dans des institutions clés qui créent les conditions de l’oppression. En l’absence d’une telle analyse, le fait d’être une victime est redéfini comme un échec individuel ou un ensemble de mauvais choix de la part des femmes. L’idéologie même qui légitime la violence des hommes comme le fait de quelques pommes pourries, plutôt que comme un moyen de terroriser les femmes pour les soumettre. »

    par l’autrice de

  • #PROSTITUTION ET #ABOLITIONNISME
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/17/prostitution-et-abolitionnisme

    La prostitution est souvent comprise comme une série de décisions personnelles ou individuelles. Cette considération est insuffisante. La prostitution est une institution sociale et, en tant que telle, remplit une fonction sociale et non individuelle. Au cours des dernières décennies, la société espagnole a compris que la violence des hommes envers les femmes est un problème structurel et non individuel. Dans le passé, l’État s’st conformé au slogan « ce qui se passe à la maison reste à la maison » et la violence conjugale a été rejetée comme un problème isolé et déconnecté entre deux adultes.
    Plus récemment, cependant, la perception de la société dans ce domaine a changé ; le fait que les femmes sont toujours les victimes et les hommes les auteurs de cette violence apparemment sans rapport a été trop frappant. Il a été entendu qu’il ne s’agit pas de phénomènes individuels, mais d’un problème pour l’ensemble de la société, qui doit être combattu en tant que tel. Pourquoi est-il pourtant si difficile de comprendre la prostitution comme un problème pour l’ensemble de la société ?
    Pourquoi la prostitution continue-t-elle d’être réduite au consentement des prostituées ? Cela semble inexplicable dans un monde où plus de 99 % des personnes qui consomment la prostitution sont des hommes.
    La prostitution n’existe pas parce qu’il y a quelques femmes qui veulent se prostituer (si ce n’est pas encore clair avec « quelques unes », nous renvoyons encore à la préface de ce texte), même si le patriarcat dans sa forme néolibérale veut nous le faire croire. Et ça marche ! La question est pourquoi ? De cette façon, nous pouvons fermer les yeux en toute conscience et continuer à croire que le vrai problème, c’est le sexe et non la prostitution. La peur d’affronter l’ampleur réelle du problème est trop grande. Nous regrettons beaucoup de devoir dire cette vérité désagréable, mais le vrai problème de la prostitution est sa normalisation. Et maintenant, honnêtement, croyez-vous vraiment que les clients demandent aux prostituées si elles se prostituent volontairement ou si elles sont forcées ? Ou si une femme dans la prostitution forcée répondrait à une telle question par « oui, je suis forcée » ?

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.facebook.com/PAPWorldWide/?__xts__%5B0%5D=68.ARAo841oeFZp-ogiNNqgG8VUPIL49PbJ5dqAicU3b5mJLbtDqjnTjI1
    #liberté #travail_du_sexe #exploitation #violences_masculines #institution_patriarcale
    English version : https://tradfem.wordpress.com/2019/08/18/prostitution-and-abolitionism

  • #Toula_Drimonis : Nous avons un problème de racisme.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/14/toula-drimonis-nous-avons-un-probleme-de-racisme

    Il y a quelques semaines, deux vidéos ont atteint le stade viral au Québec. Dans l’une d’elles, un musulman raconte l’attaque au couteau dont il a été victime à Québec — un crime présumé haineux. La seconde vidéo montre une femme harcelée verbalement par un homme, alors qu’elle venait de récupérer de la garderie sa fille de trois ans.

    Le fait d’avoir parlé en arabe à sa fille aurait provoqué la colère de l’homme. On voit dans la vidéo l’homme s’approcher de l’enfant en pleurs et se pencher vers elle en lui disant : « Demande à ta mère si je peux la fourrer. »

    Les deux vidéos ont beaucoup circulé et la seconde s’est rapidement propagée à l’international pour une foule de raisons évidentes. Le harcèlement saute aux yeux. Non seulement cette attaque est injustifié et gratuite envers cette femme et son enfant, mais elle est également extrêmement troublante à regarder.

    Bien que la vue de ce pleutre terrorisant une mère et sa fillette soit dérangeante, ce qui m’a perturbée davantage, ce sont les efforts qui ont été déployés dans les médias sociaux pour nier les faits et en pervertir le sens. La plupart des gens ont heureusement condamné le geste et dit espérer que le service de police de Montréal (avec l’aide des internautes) trouve rapidement le coupable, mais beaucoup de gens ont aussi immédiatement opté pour le déni.

    « Cet homme ne peut pas être d’ici », ont dit certains. Cette vidéo a-t-elle été trafiquée ? » a demandé quelqu’un d’autre. « On n’a pas vu la cause de la dispute et ce qui a pu être dit pour l’énerver », ont rétorqué d’autres personnes, faisant écho à ce qu’affirmait Trump, après que des néo-nazis portant des torches Tiki aient défilé dans les rues de Charlottesville : « il y a des gens bien des deux côtés ». Comme s’il était possible de justifier de terroriser une enfant et de la faire fondre en larmes.

    Traduction : Johanne Heppell et #TRADFEM
    Version originale : https://cultmtl.com/2019/07/quebec-racism
    #racisme #agression_raciste #agression_sexiste #violence_masculine #québec

  • #Kajsa_Ekis_Ekman : Toute maternité de substitution est de l’exploitation — le monde devrait se rallier à l’interdiction adoptée en Suède.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/11/toute-maternite-de-substitution-est-de-lexploitation-le-monde-dev

    Cette semaine, la Suède a pris fermement position contre la maternité de substitution. L’enquête gouvernementale à ce sujet a publié ses conclusions, que le Parlement devrait approuver plus tard cette année. Il s’agit notamment d’interdire toute maternité de substitution, qu’elle soit commerciale ou altruiste, et de prendre des mesures pour empêcher les citoyens de fréquenter dans ce butdes cliniques situées à l’étranger.

    Il s’agit d’une décision révolutionnaire, un véritable pas en avant pour le mouvement des femmes. Initialement divisées sur la question, les celles-ci ont progressivement fait front commun et mieux ciblé cet enjeu. Au début du mois de février (2016), des militantes féministes et des droits de la personne du monde entier se sont réunies à Paris pour signer la charte contre la maternité de substitution, et le Parlement européen a également demandé à ses États de l’interdire.

    Les principales objections au rapport de l’enquête suédoise viennent d’hommes voulant devenir pères, qui affirment que si une femme veut devenir mère porteuse, il est certainement erroné de l’en empêcher. Par contre, il est révélateur de constater que très peu de femmes se désolent de cette occasion manquée. Il est clair qu’au bout du compte, c’est la demande qui alimente cette industrie.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/feb/25/surrogacy-sweden-ban
    #droits_humains #féminisme #GPA #maternité_de_substitution #suède

  • « Je suis une femme trans et je soutiens le droit des femmes de naissance à des espaces non mixtes »
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/11/je-suis-une-femme-trans-et-je-soutiens-le-droit-des-femmes-de-nai

    Je suis très découragée d’apprendre aujourd’hui que vous avez décidé d’empêcher la conférence Radfem Rise Up de se réunir dans vos locaux. Je comprends qu’à titre d’entreprise privée, vous avez le dernier mot sur les types d’expression que vous y autorisez. Toutefois, je crains que votre décision a probablement été influencée par des activistes trans qui non seulement n’ont pas à cœur les meilleurs intérêts des femmes, mais se comportent d’ailleurs souvent de façons misogynes.

    Le sexe a de l’importance. Nier cette importance du sexe repousse de plusieurs siècles le travail du mouvement féministe, voire le rend carrément impossible. Les femmes au 19e siècle n’ont pas été privées du droit de vote parce qu’elles « performaient la féminité » : on les empêchait de voter parce qu’elles étaient de sexe féminin (female). Les filles, qui sont de loin les principales victimes des agressions sexuelles dans l’enfance, ne sont pas attaquées parce qu’elles « s’identifient » comme filles – elles sont de sexe féminin et n’ont donc pas le choix en la matière. La pratique de l’avortement sexospécifique en Inde et en Chine, qui a dans certains secteurs déséquilibré le rapport entre les sexes en le portant jusqu’à 118/100 (masculin/féminin) n’a pas lieu à cause du « genre » du foetus, un concept évidemment risible dans ce contexte ! Il s’agit bel et bien d’un enjeu de sexe.

    Les femmes trans ne sont pas de sexe féminin. Je vis comme une femme aujourd’hui, mais je suis née mâle et j’ai été élevée en garçon. J’ai effectué à la fin de mon cours secondaire la transition vers une vie en tant que fille/femme et j’ai maintenant vécu plus de la moitié de ma vie en tant que fille/femme. Composer avec le sexisme n’est pas une sinécure, mais je suis beaucoup moins malheureuse que je ne l’étais avant ma transition. (Le fait de « passer », d’être perçue comme de sexe féminin (passing as female) m’a également rendu la vie plus facile quand j’étais visiblement transgenre, et je suis chanceuse d’avoir eu cette expérience.) Toutefois, même après avoir pris toutes les hormones et avoir obtenu une SRS (chirurgie de réassignation sexuelle), je suis toujours de sexe masculin (I’m still male). Ma structure osseuse est masculine. Je suis encore quelqu’un qui a vécu en garçon jusqu’à ma transition. Je n’ai pas d’utérus et je ne serai jamais enceinte. Rien ne peut changer ces réalités ! Je vis ces jours-ci une existence « furtive », et la plupart des gens présument que j’ai eu une enfance normale de fille. Quand je suis au bord des larmes, il arrive que des copains s’inquiètent de m’avoir mise enceinte. Cependant, je me souviens encore de mon enfance, je connais mon corps, et je sais que je serai toujours différente d’autres femmes.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://snowflakeespecial.tumblr.com/post/54689372575/open-letter-to-beaver-hall-gallery-im-a-trans-woman
    #identité_de_genre #féminisme #non-mixité

  • #Michelle_Kelly : Survivre à l’industrie du sexe
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/10/michelle-kelly-survivre-a-lindustrie-du-sexe

    Je suis une Irlandaise britannique de classe ouvrière des West Midlands. Je suis mère, ex-enseignante et auteure à succès. Je fais du bénévolat depuis six ans dans un centre d’accueil de femmes prostituées de la rue, et je suis fiduciaire d’un organisme de bienfaisance qui offre à la fois un soutien de prévention et des services de sortie.

    Et je suis une survivante de la prostitution.


    J’ai commencé à me prostituer – bien qu’à l’époque j’appelais cela « faire de l’escorte » – au tout début de la vingtaine, et j’ai finalement arrêté après mes trente ans. Je n’ai pas été physiquement contrainte. Bien que les « gestionnaires » des agences d’escorte et des bordels qui me prostituaient aient toujours pris 70 % de mes revenus et qu’ils étaient souvent menaçants et intimidants, ils ne se seraient pas qualifiés de « proxénètes ». Au moment de mon entrée dans ce milieu, j’étais dans une relation de violence physique, émotionnelle et sexuelle, qui me maintenait sous un contrôle financier, tout en tentant de survivre à des traumatismes causés par des agressions sexuelles subies au cours de mon enfance. Ce n’est pas un hasard s’il existe entre les violences sexuelles infligées aux enfants et l’entrée dans la prostitution, comme en témoignent la plupart des survivantes. Ma motivation à me lancer dans la prostitution était d’essayer de réunir, dans un délai aussi court que possible, assez d’argent pour trouver un logement pour moi et mon fils de deux ans, afin de pouvoir échapper à un conjoint agresseur.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://medium.com/@michellekelly_79020/surviving-the-sex-trade-874b95f2c6af
    #système prostitutionnel #survivante #violences_masculines #acheteurs_de_sexe #mouvement_abolitionniste

    • Donc, je vais vous parler des acheteurs de sexe. Je n’ai jamais vu un acheteur sexuel s’assurer que la personne vendant l’accès à son corps avait l’impression de faire un choix libre. Ou leur demander leur âge. Je n’ai jamais entendu parler de cela. On m’a cependant déjà demandé si je devais donner des pourboires à mon proxénète, et on m’a dit de ne pas m’inquiéter, que je n’avais pas à faire semblant de jouir. En fait, l’acheteur préférait que je ne le fasse pas. D’après mon expérience, les acheteurs ne se donnent même pas la peine de s’imaginer que la vendeuse n’est pas exploitée. J’ai également assisté à des conversations entre proxénètes et pornographes au sujet du « type de femme » sur lesquelles on peut régulièrement compter pour se livrer à la prostitution. Le consensus parmi ces hommes était que les jeunes femmes fraîchement sorties du système d’aide à la jeunesse étaient les plus faciles à manipuler. J’ai également entendu des échanges sur la façon d’obtenir de faux papiers d’identité à l’intention de mineures. Le fait que la prostitution « traditionnelle » et la traite des personnes coexistaient et se chevauchaient était un secret de polichinelle que je n’ai jamais été autorisée à remettre en question.

  • #Shanie_ROY : #CYNTOIA_BROWN ENFIN EN LIBERTÉ !
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/07/cyntoia-brown-est-libre

    Cyntoia Brown, de tes 16 ans bientôt 30, de ton désir d’avoir été autre qu’une carcasse perdue dans le Tennessee, de ta chair vendue que tu as réclamée comme tienne par un coup de feu, de ton outrage d’avoir annihilé l’excitation d’un homme forçant tes jambes, de la castration par ta balle enfoncée dans son crâne de 43 ans.
    Parfois, je me surprend à jalouser ce petit moment de toute-puissance face à l’assouvissement dernier du Monsieur. Expérience que Cyntoia a payée plus cher que n’importe quel client : une vie en prison. Et ce qu’elle a fait, ce n’est que le fantasme quotidien de centaines de milliers de putes…
    Je félicite mes camarades abolitionnistes et les groupes alliés sur ce dossier. Mais, j’aimerais dire que, selon les données et mon terrain, environ le tiers des femmes incarcérées ont un passé de prostitution.
    En tk, je me sens un peu plus libre maintenant qu’elle l’est.

    #justice #prostitution #violences_masculines

  • #MaryKate_Fain : La montée en puissance de « l’homme féministe » n’est pas une victoire pour le féminisme
    https://tradfem.wordpress.com/2019/08/07/la-montee-en-puissance-de-lhomme-feministe-nest-pas-une-victoire-

    #Aziz_Ansari, un soi-disant homme féministe, fait un retour en force. Le 9 juillet, un nouveau spectacle humorstique, diffusé sur Netflix, a marqué son retour sous les feux de la rampe après son moment #MeToo de l’an dernier. En 2018, l’humoriste, comédien, acteur et concepteur de l’émission Master of None, s’était éclipsé du monde de la télévision après qu’un article publié sur le site Babe eût raconté l’histoire de « Grace », une femme alléguant qu’Ansari était sexuellement agressif à son égard lors d’une soirée qui avait mal tourné. Le site Babe a d’ailleurs lui-même mis la clé sous la porte après avoir été dénoncé pour avoir entretenu une culture de travail aussi machiste que celle d’une fraternity étasunienne, y compris de multiples cas d’inconduite sexuelle. (...)


    Ces dernières années, il est en effet devenu à la mode pour les hommes de s’identifier comme féministes. Selon certains sondages, la proportion d’hommes se disant féministes est passé de 20 pour cent en 2001 à 33 pour cent en 2016. Des groupes féministes libéraux comme HeForShe ont plaidé pour l’inclusion des hommes dans le féminisme, soutenant que nous avions besoin de l’appui des hommes pour améliorer la situation des femmes. La campagne « This Is What a Feminist Looks Like » (Voici ce à quoi ressemble un-e féministe), lancée en 2014 par le magazine Elle du Royaume-Uni a (surtout) mis en vedette des stars masculines affichant sur un t-shirt ce slogan controversé.
    Cet argument n’a rien de nouveau. Dans son livre de 1984, De la marge au centre. Théorie féministe, Bell Hooks a soutenu qu’en refusant d’admettre les hommes dans le mouvement, les féministes blanches créaient spécifiquement un monde plus sexué. La souffrance des hommes, écrivait-elle, « ne doit pas être passée sous silence ».
    Le problème, cependant, c’est que les hommes qui sont censés être nos alliés – c’est-à-dire les hommes féministes – ne sont pas toujours aussi éclairés qu’on pourrait s’y attendre.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2019/07/11/the-rise-of-the-male-feminist-doesnt-demonstrate-a-win-for-feminism
    #violences_masculines #proféministes #hommes_féministes #agression_sexuelle #féminisme_pro-sexe #pornographie #féminisme

  • #Amy_Dyess : Le mot « TERF » est une appellation haineuse et il est temps de s’en débarrasser.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/07/28/%e2%80%89terf%e2%80%89-est-une-appellation-haineuse-et-il-est-tem

    Pour la plupart, les médias grand public et les soi-disant organisations LGBT ont choisi d’ignorer une catégorie démographique particulière du mouvement #MeToo. « TERF » est une insulte utilisée pour harceler sexuellement, menacer et faire taire les lesbiennes. Au lieu de défendre les homosexuelles, les organisations et les médias « LGBT » persécutent les lesbiennes et déguisent cette haine en justice sociale. L’actuel gaslighting (enfumage) est plus subtil, mais la majorité des gens commence à s’éveiller à cette injustice. Ça suffit !

    TERF a débuté comme un acronyme qui signifiait « féministe radicale excluant les personnes trans » (Trans-Exclusionary Radical Feminist), mais cette expression a toujours été utilisée pour empêcher les femmes de lutter pour leurs droits. Depuis un an et demi, le mot TERF est largement utilisé comme propos haineux homophobe visant TOUTES les lesbiennes. Oui… TOUTES les lesbiennes.

    Il n’est pas nécessaire d’être une féministe radicale pour être qualifiée de TERF. Une lesbienne peut dire clairement qu’elle croit que les personnes transsexuelles méritent les droits humains et le respect, mais elle reste une « TERF » parce que son orientation sexuelle comprend une frontière innée. Cette frontière est l’attraction du même sexe anatomique pour d’autres femmes femelles adultes. Les lesbiennes sont la seule orientation sexuelle à exclure le pénis, ce qui fait de noues l’adversaire le plus dangereux du patriarcat.

    Traduction : #Typhaine_Olivier
    Version originale : https://medium.com/@amydyess83/terf-is-hate-speech-and-its-time-to-condemn-it-6efc897ce407
    #transphobie #féminisme #identité_de_genre #gay #lesbienne #insulte

  • CAMPAGNE DE SOCIOFINANCEMENT D’UN SOUTIEN AUX FEMMES VICTIMISÉES PAR UN TRANSACTIVISTE EN COLOMBIE-BRITANNIQUE
    Adaptation d’un appel du #SISTER_SOLIDARITY_FUND
    https://tradfem.wordpress.com/2019/07/22/campagne-de-sociofinancement-dun-soutien-aux-femmes-victimisees-p

    Au printemps 2018, plusieurs femmes ont été nommées dans une plainte déposée au Tribunal des droits de la personne de la C-B pour avoir refusé d’épiler à la cire des organes génitaux masculins. Certaines des plaintes ont été abandonnées après un règlement financier à la satisfaction du plaignant ; d’autres l’ont été dès que les intimées ont retenu les services d’un avocat.

    En juillet 2019, le Tribunal a commencé à faire comparaître les femmes restantes à la barre pour défendre leurs droits. Elles sont représentés bénévolement par un cabinet d’avocats à but non lucratif, le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF)(http://JCCF.ca).

    Beaucoup de ces femmes sont des immigrantes à faible revenu, travaillant à partir de chez elles pour joindre les deux bouts. Tout en maintenant leur confidentialité, nous aimerions partager leurs propres points de vue :

    – SP de Clayton Heights a expliqué qu’elle n’avait aucune formation en épilation d’organes génitaux masculins. Elle a allégué s’être sentie harcelée par JY après lui avoir refusé ce service.

    – MDS a refusé cette demande de service parce qu’elle craignait pour sa sécurité ; elle a fermé son entreprise après l’échange avec JY.

    – BH a refusé pour des raisons de sécurité et de religion. Cette immigrante sikhe travaille chez elle, où vivent aussi ses jeunes enfants.

    – SG, immigrante punjabi qui a également refusé d’effectuer ce service pour des raisons religieuses et de sécurité, se rendait chez ses clientes en voiture et le domicile de JY se situait en dehors de son rayon de travail. Elle a expliqué qu’elle pourrait se perdre. Depuis le début de l’affaire, elle souffre d’épilepsie et éprouve des difficultés émotionnelles .

    #solidarité_féministe #identité_de_genre #justice

  • #Meghan_Murphy : Les femmes vous avaient prévenus : la cause de droits de la personne intentée par J. Yaniv est le résultat inévitable de l’idéologie entourant la notion d’identité de genre.
    http://tradfem.wordpress.com/2019/07/20/les-femmes-vous-avaient-prevenus-la-cause-de-droits-de-la-personn

    Bizarrement tout le mouvement queer, la gauche et tous les médias grand public ont discrètement fermé les yeux sur le spectacle absolument scandaleux qui s’est déroulé au Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique ce mois-ci. (Une simple citoyenne, @goinglikeelsie, a été seule à en rendre compte sur son fil Twitter.)

    Bizarrement, les journalistes qui couvrent l’actualité du monde queer ont préféré ne pas faire leur travail, malgré le fait que ces audiences n’ont lieu qu’en raison des progrès réalisés par le mouvement queer dans sa lutte pour faire passer en lois l’idéologie de l’identité sexuelle.

    Je trouve également bizarre que des gens qui se disent incroyablement préoccupés par les femmes « méprisables » qui osent soulever les incidences de permettre à des hommes de s’identifier comme femmes n’aient pas réussi à trouver le temps de commenter le cas d’une personne qui a porté plainte pour offense aux droits de la personne contre 16 femmes pour avoir refusé d’épiler ses organes génitaux, en affirmant que cela constitue de la discrimination fondée sur l’identité sexuelle.

    Bizarrement, des médias qui disposent des moyens financiers et du personnel nécessaires pour couvrir cette affaire en ont laissé le soin à des journalistes indépendants, qui sont beaucoup plus vulnérables et beaucoup plus pauvres qu’eux en termes de ressources.

    Traduction : Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2019/07/18/women-warned-you-yanivs-human-rights-tribunal-case-is-natural-result-of-gender-identity-ideology/%20

    #identité_de_genre #queer #médias_de_gauche #féminisme #violences

  • #NORDIC_MODEL_NOW : LETTRE OUVERTE adressée aux hommes de gauche
    https://tradfem.wordpress.com/2019/07/19/lettre-ouverte-adressee-aux-hommes-de-gauche

    Il y a environ un an, notre organisation, Nordic Model Now a été invitée à proposer une conférencière pour une réunion de circonscription du Parti travailliste qui se proposait de débattre de leur politique en matière de prostitution. #Rebecca_Mott, militante survivante, a accepté d’y prendre la parole et j’y ai été pour la soutenir. Son discours s’est avéré puissant et a clairement fait en sorte que certaines personnes voient la prostitution différemment. Voici un très court extrait de ce qu’elle a dit :

    « Je ne faisais que de la prostitution à l’intérieur — la façon sécuritaire d’être prostituée, selon un mythe répandu. J’ai découvert à mes dépens que ce n’était jamais sûr, seulement un peu moins pénible de temps à autre. Parce qu’être en prostitution pratiquée derrière des portes closes, c’est être placée dans une pièce avec une série d’étrangers autorisés. La liberté de choix, ce sont les prostitueurs qui l’ont. Chacun peut choisir d’être aussi violent qu’il le désire ou faire semblant d’être le chic type. Il sait en effet que sa violence n’aura aucune conséquence, et qu’il n’y aura aucune ingérence extérieure. »

    Après le débat, les membres de cette circonscription ont été invité-e-s à voter sur une motion demandant d’appuyer le modèle nordique. Le vote s’est fait à main levée. J’étais assise à l’avant, je me suis retournée et j’ai été confronté à une succession de rangées d’hommes, chacun d’entre eux la main levée, votant contre la motion. J’ai ressenti une sorte de rage. Comment pouvaient-ils ne pas tenir compte de ce que Rebecca venait de dire au sujet des terribles répercussions de la prostitution sur sa vie ? Et de la sagesse des autres femmes qui avaient parlé en faveur de la motion ?

    Et comment pouvaient-ils tomber dans le panneau des réponses simplistes et de la désinformation promulguée par les opposants de la motion, qui réclamaient tous une décriminalisation intégrale de tout le commerce du sexe, y compris les proxénètes, les tenanciers de bordels et les prostitueurs ? Les hommes aux mains levées croyaient-ils réellement que la dépénalisation des proxénètes conférerait plus de sécurité aux femmes ? Avaient-ils pris le temps de se demander comment cela rendrait les femmes plus en sécurité ? Personne n’a expliqué cela. Ils ne le font jamais. Parce que de réelles études menées dans les pays qui ont suivi cette voie n’ont pas révélé que les femmes étaient soudainement et miraculeusement en sécurité.

    Depuis ce soir-là, je parle à ces hommes dans ma tête. Récemment, j’ai pensé qu’il était temps de me sortir ça de la tête et de le mettre sur papier. Ou plutôt sur Internet.


    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://nordicmodelnow.org/2019/07/19/a-message-to-left-wing-men
    #système prostitutionnel #prostitueur #homme_de_gauche #féminisme #violence_masculine #droit

  • #Rebecca_Solnit : « En patriarchie, personne ne vous entend crier. »
    https://tradfem.wordpress.com/2019/07/16/en-patriarchie-personne-ne-vous-entend-crier-rebecca-solnit-10-ju

    L’un de mes livres préférés quand j’étais jeune était « La Quête du roi Arthur » de T. H. White ; et l’un de ses thèmes centraux est la tentative du roi Arthur de remplacer un ethos de « la loi du plus fort » par quelque chose de plus juste.

    La justice signifie que tout le monde est égal devant la loi – et l’égalité signifie à la fois que tout le monde a la même valeur devant la loi et que tout le monde est soumis à la loi. C’est un concept fondamental pour les États-Unis, mais la réalité est que la loi du plus fort n’a jamais cessé d’être la façon dont les choses fonctionnent vraiment, du moins en partie. Dans le roman de White, le « plus fort » renvoie principalement à la capacité de violence physique de la part des guerriers, des armées, des tribus et des royaumes ; mais à l’heure actuelle, ce qui importe réellement est la capacité des individus (et des entreprises et des nations) de commettre cette violence en toute impunité.

    L’immense travail accompli par des journalistes d’investigation ces dernières années nous a permis de voir en pleine lumière le pouvoir de ces « forts », faisant de leurs mieux pour piétiner, faire taire, discréditer les moins puissants et leurs droits, et avec eux l’idée du droit comme une éthique indépendante du pouvoir. Le fait que ces hommes dirigent les médias, le gouvernement et le système financier en dit long sur le genre de systèmes qu’ils composent. Ces systèmes ont travaillé dur pour les protéger, encore et encore. En effet, la puissance des « forts » n’est pas en eux, mais dans l’ensemble des individus et des institutions qui les environnent. Il est donc essentiel d’examiner, au-delà des agresseurs individuels, les systèmes qui leur permettent de commettre des crimes en toute impunité.

    Peut-être que l’une des raisons pour lesquelles le viol a si souvent été dépeint comme « un étranger surgissant des buissons » est pour nous faire imaginer des violeurs agissant seuls. Mais dans une multitude de cas, les violeurs ont de l’aide, au moment des faits et toute le reste de leur vie, et cette aide est généralement puissante, étendue et ancrée. C’est pourquoi nous parlons de culture du viol, et c’est pourquoi pour changer cela il faut changer la culture dans son ensemble.

    Traduction (provisoire) : Errell Hannah
    Version originale : https://lithub.com/in-patriarchy-no-one-can-hear-you-scream-rebecca-solnit-on-jeffrey-epstein-a