Rémi Gendarme

Auteur-réalisateur de films documentaires et par ailleurs, mais vraiment ailleurs, on peut dire en plus, en tout cas pas en moins porteur d’un handicap.


    • En naviguant sur you tube suite à cette vidéo plutôt bien foutue je tombe très rapidement sur une autre du même collectif #les_parasites que je trouve foncièrement déplacée en plus d’être très mauvaise.
      https://www.youtube.com/watch?v=sfmG04ov6Vg


      Ainsi je propose que ce lien sur le portail des copains soit supprimé malgré l’intérêt de la vidéo #jeu_de_societe. Après vous savez moi je dis ça...je dis rien.
      #culture_du_viol #c'est_arrive_pres_de_chez_vous #mauvais_pastiche #irresponsable @fil @rezo @aude_v @mad_meg

    • Non non non ! Compte tenu de mes avis ambigus sur ce que je regarde, hors de question de me faire confiance !!! Il faut voir cette vidéo et étudier si celle-ci est bien au cynisme insupportable et révoltant.
      Très clairement cette vidéo s’inspire, sans le citer, du film C’est arrivé près de chez vous. Mais alors la question sur laquelle j’invite tous et toutes à réfléchir : quelles différences (contexte, forme, propos, humour,...) entre ces deux objets ? Et en quoi certains ou certaines peuvent considérer le premier très bon et le second très mauvais voire dangereux alors que tous les deux contiennent une scène de viol.

    • On a regardé récemment toutes les vidéos de ce collectif. Il y en a de très bonnes. C’est vrai que celle que tu pointes Rémi est particulièrement dérangeante. Je n’ai pas vu « c’est arrivé près de chez vous » du coup je ne peux pas comparer (je sais même pas de quoi ça parle), mais je n’ai pas trouvé que ce court métrage faisait l’éloge du viol en question ; il me dérange car on ne peut pas intervenir pour empêcher ce type de commettre cet acte, et personne ne l’en empêche… J’ai l’impression que ça montre aussi l’impuissance des victimes, l’impunité de cette violence. Était-ce utile d’en faire un film, de montrer… je sais pas. En tout cas ça brasse l’estomac.

    • Oula gros #trigger_warning ! J’aurais quant même pu te faire confiance @unvalide
      J’ai pas pu regarder en entier. C’est a mes yeux un tutoriel pour violeurs ! Ca me brasse aussi l’estomac et ca me le retourne...
      Effectivement vaudrais mieux ne pas faire la promo de ce collectif.
      Merci @unvalide d’avoir vu et signalé ca.

      Comme j’ai pas pu voire le film en entier, alors que j’ai vu « c’est arrivé près de chez vous », je suis pas capable non plus d’en parler.

    • Ce que je trouve en particulier gênant c’est la désinvolture de ce film. En particulier le viol lui-même n’a pas du tout l’air d’en être un. Le geste a effectivement lieu mais n’est filmé aucune conséquence ni aucune résistance particulière, d’ailleurs la caméra s’en fout complètement c’est à dire que le comportement de la fille ne nous intéresse pas du tout, ni sa réaction ni son manque de réaction (contrairement au film de Verhoeven par exemple). Ici la caméra se tourne vers l’homme qui continue à faire sa comédie. Le film est tout entier tourné vers la petite anecdote rigolote, la vidéo youtube qui fait rigoler 5 minutes mais qui n’est pas très très bien faite. Le film se termine par un demi twist : la victime était vierge.
      Le film de Rémy Belvaux (frère de Lucas et qui a mis fin à ces jours il y a 10 ans) est très ancien (92) c’est le genre de film que j’ai toujours trouvé très en avance sur son époque. C’est un faux documentaire où une équipe d’étudiants suit un tueur en série (Benoît Poelvoorde dans son premier rôle magnifique ambigu séduisant et détestable en même temps). Le film commence par susciter une curiosité satisfaite par le très jeune collégien que j’étais pour glisser lentement vers une glauquitude insupportable.

    • C’est vrai que « le jeu de société » est réussi, et que ca serai une bonne idée de leur écrire pour leur signaler le caractère problématique de la video. Par contre je suis pas partie prenante de @rezo et j’ai même pas vu le film en entier alors je ne pourrai par participé.

    • @unvalide

      De mémoire, la scène de viol dans C’est arrivé près de chez vous est bien pire, puisqu’il est à un moment suggéré que la victime aime ça (« t’endends ça ? Elle gueule dis-donc ! ») et, si je me souviens bien, le lendemain les gars (c’est toute l’équipe qui passe dessus) se réveillent avec à l’arrière-plan son corps éventré. C’est vraiment une scène horrible, que justement on ne peut plus prendre à la rigolade comme le reste (meurtre d’enfant, de vieux, etc. ), alors que pourtant ce sont des réalités tout aussi abominables. Elle fait office de douche froide, et de point de retournement, car il me semble que c’est juste après que l’équipe, le tueur et ses proches commencent à se faire tuer.

      (Benoît Poelvoorde dans son premier rôle magnifique ambigu séduisant et détestable en même temps)

      Non justement, je crois que la différence entre le personnage de Poelvoorde et M. Carotte ici, c’est que le premier est précisément un pur beauf, qui enchaine perle sur perle : les noirs qui ont un contact naturel avec les animaux et vivent de leur gros sexe, les vieux qui ont tous de la thune de côté, le fait de regarder une gamine en ne trouvant rien d’autre à dire que dans vingt elle sucera des bites comme sa mère, etc. le tout avec une suffisance incroyable. À aucun moment on n’adhère, mais pourtant on continue à regarder, bien confortablement installé dans le second degré, jusque cette apothéose de scène de viol qui dépasse tout et nous renvoie à notre complaisance. Avec M. Carotte, au contraire, on est dans quelque chose de bâtard, car dans la scène du parpaing on est plutôt avec lui. Donc, après, quand il continue en redresseur de tort avec son projet de viol pédagogique, parce que c’est vraiment de cela qu’il s’agit, on ne sait pas trop sur quel pied danser, et d’autant moins que la critique du voyeurisme (le viol fait le buzz, ce que recherchent les gens sur ces réseaux), se mue en un truc dont on ne voit pas quoi conclure, puisque les témoignages de solidarité génèrent encore plus de vues. Ça donne quelque chose du genre « les gens sont cons de s’exhiber sur le net pour qu’on s’intéresse à eux, je les humilie pour leur montrer qu’ils sont cons de vouloir capter l’attention, mais du coup on s’intéresse plus encore à eux, ce qui fait que... ? »

      En fait, je crois que le problème c’est que le viol est complètement escamoté en tant que viol, mais au niveau du spectateur de la vidéo et pas à celui des spectateurs dans la vidéo. On nous montre que la logique du buzz peut prendre le pas sur les pires choses, mais la démonstration tient parce que la vidéo épouse au final le point de vue de M. Carotte alors que ce qui se passe quasi hors-champs dans les interactions entre la fille et son réseau montre qu’au contraire les gens ne s’en moquent pas (on peut douter de l’efficacité finale de cette forme de solidarité, mais c’est un autre problème).

    • Euh... Et bien oui tout à fait en fait merci de me rappeler les détails de ce film que j’ai du voir il y a un peu trop longtemps. Le second degré, surtout appris en bas âge, a comme effet de nous faire oublier le premier degré...
      C’est ce qui est vraiment réussi dans le premier film. Comme tu le dis, l’humour noir qui devient culte (le fameux jeu du petit Grégory) qui se retourne pour devenir insupportable et prendre le spectateur en défaut de « bien se marrer » avec du meurtre d’enfant, de la vulgarité revendiquée, et du viol. Le personnage commence par être une star (je continue à penser que sa bêtise manifeste est un élément de séduction et pour les apprentis documentaristes et pour les spectateurs/trices avant de se faire prendre des distances infinies par le film qui change de point de vue.
      La vidéo Youtube ne fait rien, ne dit rien et prend des faux airs décomplexés du genre « on a même pas fait exprès de faire une vidéo toute pourrite ».
      En gros moi dans les films, la torture, oui mais pas par-dessus la jambe ! On assume et on fait en pensant à toutes les obligations symboliques ou alors on ferme sa gueule !

    • Je n’ai pas regardé le reste, donc je ne sais pas si la vidéo est juste ratée (si on arrivait à nous montrer effectivement le phénomène de déréalisation consécutif à la consommation du spectacle de la vie d’autrui, je pense que le tout pourrait se tenir), ou vraiment bête (on cite un film sans s’interroger sur ce qu’il dit), voire carrément sexiste (genre « tu récoltes ce que tu sèmes, meuf », mais je pense honnêtement qu’il y avait une autre tentative derrière).

      Sinon pour C’est arrivé près de chez vous, le retournement vis-à-vis du spectateur est relatif, puisqu’on continue sur de l’humour très noir (ils découvrent la protégée fifille-à-son-papa du tueur avec sa flûte traversière dans le cul, puis la scène d’après on le voit sortir de chez sa mère — précédemment jouée par la vraie mère de B. Poelvoorde — un balai à la main et déclarer hors de lui à la caméra « Ben quoi ? ma mère est pas musicienne si c’est ce que tu veux savoir ! » ), simplement on sait qu’ils doivent tous crever non seulement comme rétribution pour ce qu’ils ont fait, mais aussi pour nous dédouanner un peu – ouf ! les méchants meurent à la fin et nous on est encore là pour se marrer.

      Je crois pour ma part que la séduction vient de ce qu’on croit pouvoir regarder le film innocemment. On voit l’équipe du tournage se faire aspirer par leur sujet (je me rappelle plus la gradation, mais je crois qu’ils commencent par accepter son fric — car ce n’est pas un tueur en série, mais un pur détrousseur qui fait du meurtre son métier — puis l’aident à enterrer les cadavres quand la rivière où il les jette s’assèche, puis se font ses complices lorsqu’ils exécutent eux-mêmes l’équipe de tournage qui suivait un autre tueur, avant de participer à ce viol horrible). On se dit « ah, les cons ! ils tombent dedans » tout en occultant qu’avec le second degré on a accepté la même chose des réalisateurs du film. C’est un peu le « lecteur, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère » de Baudelaire : on ne nous met pas en accusation, mais on nous dit qu’on est quand même un peu tous des dégueulasses dans cette affaire, et c’est sur cet accord, sur ce dépassement, que ce fait la complicité spectateur-réalisateurs.

    • Merci pour vos échanges passionnants.

      J’ajouterais juste que les divers courts que j’ai vu des Parasites sont très inégaux : de belles découvertes, comme ce Jeu de société, très mature, ou Lanceur d’alerte, mais par ailleurs des blagues de potaches ou des séries Z pas très convaincantes. Le collectif paraît très jeune, et est peut être encore en train de construire son style aussi bien que son analyse sociale (car ils font tout, du scénario à la réalisation). Bref, il faut espérer qu’il creuse plutôt du côté Jeu de société que M. Carotte...

    • Lanceur d’alerte n’est pas mal, effectivement, même si on tire un peu trop vers le (télé)film d’espionnage, sur un format du coup trop petit pour ça. Jeu de Société, avec sa dimension métaphorique, s’y prête beaucoup mieux, à mon avis.



  • @rastapopoulos De fait, les 99% existent ! Et ces « 2 classes » aussi. Cela ne veux pas dire « nous sommes tous frères et soeurs », cela veux dire que des écarts inimaginables et insupportables existent. Et de surcroit tous les antagonismes existants à l’intérieur de ces 99% sont chapeautés par cet antagonisme capital/travail !

    • La fin de la phrase confirme la mésentente (1%/99% == capital/travail) : non, désolé, mais le capital ce n’est absolument pas 1% de la société. En désaccord absolu et complet autant avec cette vision des classes sociales (en seulement 2, et en plus totalement disproportionnées) qu’avec le découpage et la définition du capitalisme. 1% de méga riches et/ou méchants financiers, c’est démagogique et dangereux pour la compréhension des problèmes (et donc les actions ensuite). C’est un slogan de publicitaire (au figuré comme au propre : les « 99% » sont apparemment vraiment un slogan d’un ancien publicitaire passé à Adbuster).

    • En fait je n’ai pas exactement les chiffres mais je crois que la proportion est encore plus vertigineuse, plutôt autour de 0,1%/99,9% si on s’en tient en termes de richesses. Évidemment ce n’est qu’un slogan, et ça ne dit pas en particulier : 1% de la population mondiale fait travailler les 99% qu’il reste. Fait travailler, c’est-à-dire, profite des richesses produites par ceux-là.
      Pour en revenir à Merci patron ! et à la fortune de Bernard, une chose me fou un vertige que mon cerveau préfère oublier : si on prend la fortune de celui-ci et qu’on s’amuse à regarder combien de smic ça fait et qu’on regarde combien d’années ça représente, en partant d’aujourd’hui et bien on arrive avant la naissance de Jean-Claude Christ (mes chiffres ne sont pas super exactes et certain.e.s me donneront de meilleures infos) #marxisme #inégalités #capital #travail #merci_patron



  • Quelques mots sur Blade II dont j’avais déjà parlé : https://seenthis.net/messages/353330*
    http://i1113.photobucket.com/albums/k508/minuitsang2/photos_de_films/Blade2-018.jpg

    En fait je l’ai revu hier soir. Il est toujours aussi bien. C’est du film haribo, on peut s’en goinfrer toute la journée et plusieurs fois par jour, ça passe. Je vous jure ! Essayez !
    *Sur l’action et particulièrement les films d’actions d’aujourd’hui.

    Le cinéma c’est voir et entendre, entendre et voir @intempestive .
    Dans l’idée d’un film d’action que doit-on percevoir ? Et sentir ? on doit voir et entendre l’action. Et peut-être du coup laisser le cinéma faire son tour de passe-passe projection-identification-répulsion.
    C’est à dire encore à peu près, ne pas essayer de prendre le spectateur, le secouer dans tous les sens devant un écran super géant et sur-découper à mort (et toujours en vain) les scènes d’action en imaginant qu’il va s’agir de faire VIVRE l’action au sens le plus plat du terme. Faire ceci c’est vraiment avoir une piètre idée du cinéma. C’est vraiment faire du visuel au sens le plus vide et communicationnel du terme.
    Et Guillermo ne fait pas ça, c’est ça qui est très bien. C’est sûre pour des amis de mes parents ça semblera sur-découpé mais ils n’ont pas vu les Jason Bourne. Il y a vraiment pire !
    On pourrait dire qu’un combat va vite et, pour bien le filmer, il ne faut pas tenter de faire ressentir cette vitesse, il faut s’attacher à placer méticuleusement la caméra pour saisir l’action des corps. Si un combat va vite et qu’on veut saisir bien chaque geste, évidemment, le montage ira vite.
    Mais ce n’est pas la vitesse du montage qui créera l’action. Et ça, Blade II l’a compris.

    Une réflexion sur le sexisme dans les films
    Je me disais ça à propos de nos derniers échanges.
    Je pense qu’il est risqué de faire un film où quelques personnages mettent en jeu la sexualité. ça doit être extrêmement dur de ne pas se faire, dans ce cas, épingler par quelques-uns et quelques-unes d’entre nous.
    Ce que je veux dire c’est qu’énormément de films hollywoodiens sont étiquetés sous le label ne-parle-pas-de-ça. Blade II par exemple, parle de la filiation, du rapport au père mais c’est un putain de gros film d’action et pareil pour des milliers d’autres films. Pourtant je ne suis pas loin d’affirmer que le simple fait d’être un film de studio américain et de ne traiter aucunement des questions de sexualité, de culture du viol et de féminisme n’empêche pas d’être tout à fait diffuseur de cette culture du viol. « Ca n’empêche pas » et même, est-ce que ça ne cautionnerait pas carrément ?
    #action #montage #découpage #culture_du_viol #sexualité #féminisme @mad_meg @aude_v

    • Baeh !!! Pas du tout... me semble-t-il. Last action hero, bien sûr ! Evidemment ! Le plus grand de tous les plus grands. McTiernam, l’aieux à coup sûr de Del Torro ! Mais franchemeeeeeent comparer Last action hero à Demolition man prrrr...
      Et au fait ça veut dire quoi #troll parce que troll hunter est pas mal du tout mais je ne l’aurais pas qualifié de film Haribo.

    • Vous mangez des haribo toute la journée @unvalide et @sandburg ? Et vous n’avez jamais la gerbe ? Je ne sais pas, il y a des films que j’ai vus dix fois mais en attendant un peu entre les visionnages. Une fois je suis restée dans un cinéma permanent (dans le quartier latin) pour voir la séance suivante du même film mais c’est parce que le projectionniste s’était loupé au générique de début et que c’était du Saul Bass. Je suis partie après le deuxième générique. En revanche je matais trois films par jour dans mes jeunes années, mais c’était plus un repas complet que des paquets de haribo.

    • Franchement, @unvalide, tu es bien à Bordeaux. Moi à Lille je paie plus cher pour un cinéma qui met de la pub avant, montre beaucoup moins de films et les dégage parfois en une semaine. Il y a du patrimoine, certes, mais pas des masses. Sans compter qu’à part les quelques semaines où une copine a fait la caisse, l’accueil est très peu sympathique (en comparaison, j’ai fait un stage à U et on papote toujours dans le hall).

      J’aime bien retourner à Bordeaux pour ça. Paris, c’est vrai que c’est un vrai magasin de bonbons à côté...


  • l’affinage d’assaut
    http://www.notrecinema.com/images/cache/prince-des-tenebres-affiche_398142_42925.jpg
    Prince des ténèbres, Prince of darkness, John Carpenter, 1987
    Ah la pied ! Peut-être le meilleur film de Jonathan que j’ai vu. Une manière d’utiliser les théories du cinéma et de les mettre en image. Je sens bien qu’il faudrait que je donne des exemples.
    Sur des concepts aussi simples que intérieur/extérieur, John est ultra rigoureux. Des gens dedans et dehors des êtres debout qui ne bougent pas... Sauf des fois pour passer de l’autre coté d’un miroir.
    Et toujours sa musique faite lui-même et au synthé... Il y a vraiment quelque chose de trop bien.
    Quand est-ce qu’on a aujourd’hui des vrais films d’horreur ?
    https://www.youtube.com/watch?v=Ii_tDeid7qU


    #Prince_des_ténèbres #Prince_of_darkness #John_Carpenter #1987 #cinéma #critiques_a_2_balles #horreur #huis_clos #gore #c'etait_mieux_avant


  • Marielle peut dire n’importe quoi, il aura toujours la classe
    http://media.senscritique.com/media/000000059065/source_big/Les_deux_crocodiles.jpg
    Les deux crocodiles, Joël Seria, 1987
    Le déclin formidable de Joël Seria. Marielle joue un ancien malfrat recherché par interpole réfugié en Bretagne comme directeur d’un bordel. Et Carmet je sais pas quoi. Un mec riche et paumé.
    Il se passe quoi ? Devinez quoi, un road-movie en Bretagne.
    Alors pour un temps on est vraiment certain que Marielle veut arnaquer Carmet. Seulement voilà c’est du Seria.

    Et puis voilà, c’est extrême, c’est grandiloquent, des personnages sont machos, des personnages misogynes, des personnages sont complètement barrés et des personnages sont beaux. En fait non, tous les personnages sont beaux.
    Marielle ouvre la bouche et toute la campagne dégueulasse d’ennui que tu t’es tapé toute ta jeunesse est enchantée et regorge de saveur.
    https://www.youtube.com/watch?v=32_uPo2URn4


    #les_deux_crocodiles #Joël_Seria #1987 #cinéma #critique_a_2_balles #jean-Pierre_Marielle #Dieu


  • Comme quoi on peut être fou et faire des films trop biens.
    https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51WHFVP4D0L.jpg
    Une vraie jeune fille, Catherine Breillat, 1976
    2001 c’est l’année de ma première vraie grande histoire amoureuse. C’est aussi l’année où j’ai vu A ma sœur et Sexe is comédie. Ces deux films m’avaient bouleversé au plus profond de moi-même. J’ai raconté l’histoire de cette première histoire parce que ces deux films avaient agis comme un miroir. Ils m’avaient fait entrevoir des choses qui étaient comme un echo à ce que je vivais par ailleurs.
    Mais sous un angle imperceptiblement différent.
    En tout cas, il m’est impossible d’en parler d’avantage car je ne m’en rappelle plus assez. Raison de plus pour faire ce que je viens de décider : Me faire un cycle Breillat. Je vais même essayer dans l’ordre. Mais bon, j’alterne comme vous savez alors ce sera sur plusieurs mois.

    C’est son premier. et putain que c’est intéressant. ça dit des choses ça en dit beaucoup. Une jeune fille à la première personne passe deux mois de vacances chez ses parents. Et elle s’ennuie. Chez Breillat l’ennui est terriblement sensible à l’érotisme.
    C’est fille fillette en train de grandir et de devenir adulte.
    Breillat fait le choix d’explorer son univers fantasmatique. Je veux dire pas son univers de fantasme au sens de ses désirs sexuels, je parle du territoire d’images mentales à partir de l’expérience du réel.
    Je crois que j’en parlais anecdotiquement lorsque je pensais à la confrontation entre l’esprit de l’enfant âgé avec son désir et son corps répugnant pour lui-même.
    https://www.youtube.com/watch?v=CJUuJfcP__Y


    #une_vraie_jeune_fille #Catherine_Breillat #1976 #cinéma #critiques_a_2_balles #sexualité #adolescence #pas_viol_mais_scène_de_pénétration_par_de_verres_de_terre


  • Encore une merveille
    http://www.orient-extreme.net/image/cinema/66_cinema_critiques.jpg
    Les exécuteurs de Shaolin, Hong Xi Guan, Liu Chia-Liang, 1977
    Oui mais, à mon âge, trop de merveilles n’est pas très bon. Que dire de plus ? Peut-être que Jean-Pierre Dionnet pourrait en dire beaucoup plus que moi.
    Je peux dire que ce film respecte ses acteurs qui doivent passer 8 heures par jour à s’entrainer au kung-fu. Les combats sont simplement bien filmés avec aucun sur-découpage dégueulasse d’aujourd’hui. @intempestive si tu vois une version sur youtube, sûrement que le mixage est tout pourri. Moi j’ai chopé un coffret de Ching Siu-Tung et tout était remasterisé.
    Cette barbe blanche est tout à fait séduisante. Et bien sûr ce geste de ce caresser la barbichette comme on se caresse les testicules. A la la c’est merveilleux.
    L’héroïne est aussi une bête en kung-fu. Elle n’est pas le personnage principal mais elle lui apprend beaucoup beaucoup. Les deux sont rapidement amoureux et c’est tout à fait intéressant la position de la femme dans ce film là. Notamment à voir dans leur scène de séduction et leur jeu amoureux. Ils décident de voir lequel des deux est le plus une bête en kung-fu. Elle se met sur le dos, serre les genoux l’un contre l’autre et lui doit les ouvrir. Ca dure longtemps et au final il abandonne, elle a gagné.
    A noté enfin les très beaux enchainements avec le mannequin. Je peux pas en dire plus : j’ai rien compris.
    https://www.youtube.com/watch?v=i5hx-4E96SU


    #critique_a_2_balles #les_executeurs_de_shaolin #liu_chia_liang #1977 #cinema #pas_viol #kung_fu #hong_xi_guan #jean-pierre_dionnet


  • Même sur leur lit de mort ils sont marrants ces québécois
    http://fr.web.img3.acsta.net/c_300_300/medias/nmedia/18/35/13/82/18863091.jpg
    Les invasions barbares, Denys Arcand, 2003

    C’est la suite du déclin de l’empire américain, mais fait 15 ans plus tard.
    Le déclin... ne parlait que de sexualité. Du moins on le croyait. 15 ans après Rémy, l’un des personnage principal du déclin... découvre qu’il est atteint d’un cancer. Il va mourir avant le générique de fin. Le film parle encore beaucoup de sexualité et c’est bien normal puisque c’est la vie.
    Mais ce que je veux dire c’est qu’avec une telle ellipse de 15 ans réelle et filmée, le film nous fait voir vraiment mille et un détails, mille et une vibration sur le temps, ou plutôt, la pensée de Denys au sujet du temps qui passe.
    Mais c’est toujours très très, très drôle sauf que là c’est aussi très très, très triste.

    https://www.youtube.com/watch?v=CLhGZLhYf_4


    Ah lala ça m’énerve, je viens de voir cette bande annonce. C’est racoleur. Je n’ai pas écrit assez pour dire les multiples vertiges que la vision de ces deux films peut nous donner. Pas seulement une comparaison entre le temps d’avant et le temps d’après, mais la vision de ces corps pensants qui reviennent sur une vie que l’on a connu dans le film d’avant. Moi, ça m’a grave touché.

    #critique_a_2_balles #les_invasions_barbares #Denys_Arcand #2003 #cinéma #très_très_drôle #très_très_triste #déclin_de_l'empire_américain #sexualité #fin_de_vie #palliatif #vertige #québec

    • J’étais tombée il y a longtemps sur une scène dans laquelle un personnage se faisait astiquer la bite par une étudiante racisée qui avait besoin du pognon. Il découvre qu’elle est en thèse ou à un niveau d’études qui la rend intéressante, ça papote mais au bout d’un moment il lui dit poliment qu’il doit interrompre la conversation parce que son poireau va dégorger. Ça ne m’avait pas donné envie de voir le film et sa suite, malgré les éloges.

    • Non, non, non, @aude_v !
      D’abord il me paraît nécessaire de dire que cette femme n’est pas racisée (du moins il me semble, sauf si être brune suffit à être considérée comme racisée). Le besoin de pognon de ce personnage n’est pas dit par la scène. Attention ! Je n’affirme surtout pas que si une étudiante se prostitue ce n’est pas, très souvent, pour financer ses études, ou la la je ne dis pas ça. Mais la scène ne le dit pas. Et c’est toute la différence avec un film qui va flirté avec la question de pourquoi des femmes se prostituent.
      D’autre part, ce personnage homme tombe amoureux d’une femme à l’occasion de cette scène où il découvre que celle-ci étudie à haut niveau le même sujet que lui pratique en tant que professeur. Nous discutons bien d’images. D’un film. Et, par ailleurs, de la vie d’un personnage. Il y a évidemment un écart entre les deux. Le film n’est pas le personnage.
      Si encore il n’y avait qu’un seul personnage principal, on pourrait peut-être faire le raccourci : ce que le personnage pense, le film le pense aussi. Et encore...
      Enfin, aucune scène d’un film, aussi hypothétiquement détestable soit-elle, ne justifie à elle seule qu’on choisisse de faire l’impasse sur celui-ci.
      Ce qui justifie, en revanche cette impasse c’est le ressenti d’un ou d’une spectatrice au contact de certaines scènes. C’est en fonction de ses convictions, de ses choix, de son vécu. Du temps qu’il ou elle a devant lui pour regarder la pile de dvd qui s’entasse sur son bureau. Mais cela concerne-t-il encore le film.
      #cinema #ressenti #le_declin_de_l'empire_americain #mauvaise_foi #amour

    • Dans mon souvenir elle était asiatique mais j’ai peut-être mis tous mes préjugés dessus, ça date d’il y a peut-être vingt ans. Je pars du principe que les femmes qui se prostituent le font pour l’argent, ni parce qu’elle ont un grand cœur ni parce que ce sont des perverses. Tant qu’elles ne reversent pas l’argent à #Amnesty_International_la_honte !

      C’est à peu près ça, le prof de fac va se faire branler la nouille parce qu’il a la flemme de la secouer tout seul et assez de sous pour s’en dispenser et là, surprise, non seulement la branle-nouille est une personne mais en plus une personne qui a super la classe : non seulement elle fait partie de « l’élite de la nation » (c’est l’expression ironique utilisée par une universitaire qui m’a humiliée, notamment en me disant que je n’avais « pas de fondations » alors que nombre dans sa profession n’ont pas de fond) mais en plus elle est super jolie alors que lui c’est un vieux avec un gros ventre mou (pardon pour l’âgisme mais comme il tombe amoureux de la jolie jeune femme et pas d’une dame moyennement jolie de son âge, je me permets).

      Je regarderai peut-être un jour les deux films, qui ont assez bien résisté au passage du temps pour avoir des fans, mais j’arbitre bien entre mes désirs de cinéphile et mes exigences de féministe qui n’a pas envie de voir une énième fois comment on vit dans une société sexiste avec des exigences super élevées posées sur les femmes et tout le reste de cette merde. Et pourtant je suis plus cinéphile que féministe, surtout en aimant beaucoup les années 30 et 40 je me suis fadé plein de merde. Mais la merde des relations femmes-hommes dans des sociétés « libérées » sexuellement est la pire. Bon, je regarderai ça peut-être un jour et bien sûr je te dirai !

    • @aude_v J’espère très sincèrement que tu sauras voir la joie dans le premier. Mais surtout, je t’en pris, ne le regarde pas si tu n’es pas prête à apprécier un film avec des hommes entre eux qui parlent comme des hommes (on devrait dire des mecs-copains) et des femmes entre elles de même. C’est truffé de lieux communs (attention je n’ai pas dit préjugés).
      Je souhaite que tu te laisses submerger par le vertige du second. Mais c’est promis, on regardera 40 jours 40 nuits tous les deux en mangeant du caca.
      #scatophilie #invitation #40_jours_40_nuit


  • Un film d’horreur de toute beauté
    http://media.senscritique.com/media/000004182428/source_big/Creep.jpg
    Creep, Christopher Smith, 2004

    C’est court. C’est sombre. Ca fait peur. Méga peur. Méga glauque. Méga crado. Délicieux.
    Truffé de maladresse mais très efficace. Sordide à souhait.
    Je spoile : C’est l’histoire d’un métro qui tombe en panne. C’est tout.

    Je vais dire un peu ce qu’il n’y a pas : il y a pas quoi ?
    Y a pas de twist tout pourri. Y a pas de - début qui fonctionne super bien pour finalement s’emmerder pendant deux tiers du film -. Y a pas de kung-fu. Y a pas d’effet spéciaux trop mal fait mais y a pas non plus rien du tout. Je veux dire qu’il y a des films qui s’attachent à faire monter la pression pendant 1h30 pour à la fin donner un générique. Y a pas un film d’horreur qui met tout sur le visuel @intempestive.
    https://www.youtube.com/watch?v=p9vbt_3lFGY


    #dritique_a_2_balles #cinema #creep #2004 #horreur #métro_en_panne #Christopher_smith #meurtre_de_femme_bien_crado #gore #angoisse #glauque #court #cours #solitude #organes_à_l'air #tentative_de_viol_et_c'est_la_qu'on_voit_que_les_monstres_ont_un_intérêt


  • Etonnant comme David a pu faire plein de choses différentes
    http://www.fulltv.com.ar/images/peliculas/las-cosas-cambian.jpg
    Parrain d’un jour, things change, David Mamet, 1988

    Mon début de critique du film Homicide était dans le juste ! En fait le film était là ! La vraie nature de David Mamet était dans ce ton de comédie subtile. Toute la fin mégasionniste n’était qu’erreur passagère.
    Ce film là est plutôt une comédie. Mais c’est dur de dire ça en regardant, à côté, tous les Ben Stiller. Parce que bon ce n’est pas du tout pareil hein ?!
    Au début, et d’ailleurs pendant tout le film, tous les codes du film de mafias sont là. Magnifique. Mais vraiment bien foutus hein ?!
    Il y a un petit vieux tout gentil qui se retrouve, on va pas trop demander comment parce que c’est pas super bien branlé, à faire croire à tous les gens d’un hôtel de grand luxe possédé par la mafia locale, qu’il est lui même le parrain d’une des famille de mafieux. Et lui, oh la la, qu’il est touchant, l’acteur joue incroyablement bien la naïveté de ma grand mère. Non vraiment tout mignon. En tout cas infiniment mieux que la merde qui s’appelait Mafia Blues...
    https://www.youtube.com/watch?v=jIXL5ilQZaY


    #mafia #film_de_mafia #critique_a_2_balles #parrain_d'un_Jour #things_change #David_mamet #1988 #comédie #cinema


  • Comment un film change avec le temps
    http://4.bp.blogspot.com/-ZIO4RHI59g0/UHnjngBLkII/AAAAAAAAALk/U7LA-eBdqYA/s1600/The+Brood.jpg

    Chromosome 3, The brood, David Cronenberg, 1979

    En 2004 je me disais que tous les mois j’allais faire un tour sur Cdiscount pour acheter au moins dix dvd à moins de 2€. C’est comme ça que j’ai acheté ce machin. Vite regardé vite oublié. Je me suis dit que j’étais tombé sur un film d’M6 : Vite regardé, vite oublié.
    Et puis hier soir je l’ai revu. Et bah c’est franchement bien foutu ces histoires d’enfants de la colère. C’est vraiment pas du n’importe quoi gore pour le plaisir. Un vrai film. Avec des trucs profonds. Evidemment, à 20 ans je ne pouvais pas voir tout ce que les effets spéciaux en silicone pouvaient cacher de sens sur la nature humaine.

    https://www.youtube.com/watch?v=pz5wKDIE9dA

    #the_brood #chromosome_3 #David_cronenberg #1979 #cinema #cdiscount #série_b #série_z #pas_viol


  • Oubliez un peu la vie d’Abdel
    http://medias.unifrance.org/medias/64/28/7232/format_page/l-esquive.jpg
    L’esquive, Games of love & chance, Abdellatif Kechiche, 2003
    Je découvre progressivement que peu de monde ont vu l’Esquive.
    Moi qui était certain que ce film représentait pour tous et toutes un tournant dans l’histoire du cinéma français... Non mais, soyez-en sûrs ce film est un retournement, une méga claque, un jeu sur le langage. En le voyant je me suis retrouvé au collège, douze ans. En pleine contemplation du paradoxe ultime entre mes douze ans et mon inculture manifeste et Mathilde qui avait mon âge et qui rayonnait de tout côtés.

    Petit apparteid, beaucoup de gens sont bloqués en ayant vu la Vénus noire. Mais la Vénus noire est une erreur d’Abdellatif. Il avait des choses à dire, il voulait en mettre dans la gueule. Certains ont dit, se venger. Peut-être. Toujours est-il que ce film est relativement raté. C’est quoi ces décors Angleterre XIXème en carton filmés dans deux rues parisiennes ? Pour sûr qu’il aurait mieux fait de faire un doc sur la dépouille de cette femme lorsqu’elle est revenue en Afrique du Sud.
    En tout cas on oublie la Vénus noire, c’est le pire mauvais exemple.
    Non parce que il y en a un autre mauvais exemple, même qu’il a eu la palme du festival de Cannes. La vie d’Adèle ne la méritait pas comparé à ces merveilles que sont l’Esquive et La graine et le mulet. Des films qui vous font croire que c’est facile de faire un film et on sort tout émerveillé par la justesse et l’aisance de film qu’on dirait déposer sur la vie comme un pétale de pissenlit.

    https://www.youtube.com/watch?v=Cdjt61a-n0Q

    #critique_a_2_balles #l'esquive #2003 #abdellatif_kechiche #langage #banlieue #la_graine_et_le_mulet #la_vénus_noire #tournant_dans_le_cinema_français #cinema #petale_de_pissenlit #collège #pas_viol


  • Les vrais effets spéciaux ne vieillissent pas
    https://i.ytimg.com/vi/ZuYUf66Bpi0/maxresdefault.jpg
    King Kong, Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack, 1933
    Un vrai film magnifique. Avant. Avant que le cinéma ne devienne un art. Avant que les studios n’en fassent une usine. Avant le code Hayes. Il y a eu quelques années avec cet entredeux où le cinéma était d’abord matière à penser. 1933. C’était y a longtemps. Et moi, j’avais jamais vu ce film. Quel idiot ! Maintenant je vais le montrer à ma nièce de dix ans. Ca dure deux heures et en même temps que j’y trouve, comme d’habitude, de l’histoire du monde et du cinéma, de l’histoire du racisme impérialiste aussi, j’y trouve de l’histoire de la sensation. Ca fait quoi de représenter une bête de cinq mètres de haut sur un écran ? Ca faisait quoi pour les gens ?
    Et comment on faisait en 1933 pour être aussi juste, symbolique, psychanalytique, contestataire avec l’idée de la monstruosité. King Kong est monstre. King Kong est nous.
    https://www.youtube.com/watch?v=PbrikL8IjXM


    #Critique_a_2_balles #King_Kong #1933 #cinema #Mirian_C_Cooper #Ernest_B_Schoedsack


  • Mais c’est vrai ? On peut faire ça en vrai ? Je veux dire avec son corps ?
    http://aws.vdkimg.com/film/2/9/8/8/298866_poster_scale_188x250.jpg
    La mante religieuse, Shaolin mantis, Tang lang, Liu Chia-Liang, 1978

    Ah bah voilà ! On peut faire ça, des scènes de kung fu merveilleuses et sans découpage excessif et puis un scénario qui ne soit pas tout à fait ridicule. Un film qui sait où mettre ses priorités : des plans séquence de castagne chorégraphiés magnifiques, un scénario minimal avec très très peu de blagues ridicules. Du très très honnête.
    Mais alors pourquoi a-t-on arrêté d’utiliser des couleurs aussi belles ?
    Une très très bonne bande annonce
    https://www.youtube.com/watch?v=AZFsLGkWIB0


    #critique_a_2_balles #cinema #film_de_genre #shaolin_mantis #kung_fu #très_bonne_bande_annonce #liu_chia-liang #1978 #insecte


  • https://www.youtube.com/watch?v=tmlz5A1OA3Y


    Chère S.,

    Tu m’as écris ce matin pour me dire que tu avais vu le Fond de l’air est rouge et cet évènement empli mon cœur de joie. C’est que depuis 12 ans que je connais ce film je n’ai jamais pu réellement en parler avec quelqu’un. Très souvent les personnes à qui j’avais envie de le montrer n’avaient pas le temps de regarder un film de 3h. Et ceux et celles qui l’avaient vu n’avaient pas le temps d’en parler avec moi. Je veux dire, sérieusement, en ce posant et en prenant le temps de discuter et réfléchir dessus.
    Parce que, tu l’as bien vu S., il y a plusieurs cotés sous lesquels aborder ce film. Deux d’entre eux sont notamment l’histoire et le montage.
    L’histoire c’est le premier élément duquel tu m’as parlé par SMS. J’écrivais sur mon blog il y a deux semaines que lorsque j’ai vu ce film il y a 12 ans je comprenais très peu d’images qu’il me montrait. Aujourd’hui j’en comprends un peu plus mais beaucoup me restent encore inconnues. Ce que j’ai compris en revanche c’est que le film fait avec l’ignorance du spectateur. Je ne peux pas compter encore le nombre de jeux que le film entretien avec moi à chaque fois qu’il accole deux plans. Il faudrait que je le vois encore et encore et encore. Peut-être.
    Je crois que j’ai le droit de dire que le travail de Chris Marker est la mémoire. Il faut voir un autre grand de ses films : Sans soleil. Je crois qu’il n’a pas cessé de travailler sur la mémoire à partir de son premier outil : le montage. Et c’est pour ça que l’introduction du fond de l’air est rouge m’émeut toujours autant à chacun de ses visionnages. C’est une prouesse.
    Pardonne moi S. je vais te parler comme à quelqu’un qui n’y connait rien parce que je crois que je vais me servir de ce que j’écris actuellement pour le mettre sur mon blog.
    L’introduction de ce film est un montage. Il se sert de plans du film de fiction le Cuirassé Potemkine réalisé par Eisenstein en 1925 pour fêter les dix ans de la mutinerie du cuirassé du même nom.
    Il monte ces images de fiction avec d’autres images, toutes documentaires et toutes venant d’époques ultérieures de plus de 35 ans après le film de tonton Sergei.
    Toutes phrases analytiques au sujet de cette séquence qui tenteraient de paraphraser sa puissance poétique/politique me sembleraient bien vaines.
    L’icône par exemple du poing levé comme image de fiction et reprise par une foule qui peut-être ne connait pas ce film, dit le peuple en marche et le film qui saisit l’histoire.
    Il me semble que Chris touche ici à quelque chose qui dépasse tout discours. Et c’est ça que je voulais te dire l’autre jour au sujet du cinéma.
    Voilà pour aujourd’hui.
    Rémi


  • Une comédie sur la sexualité ? N’ayez pas peur
    http://nimga.fr/m/P3p82.jpg
    Le déclin de l’empire américain, Denys Arcand, 1986
    C’est rare, c’est vraiment rare de voir des films, disons, comédies bourgeoises, qui ne parlent que de cul et qui tentent de décrire un monde. Qui n’est pas puant de préjugés. Des hommes entre eux qui sont drôles et des femmes entre elles qui sont drôles aussi. Et bon, oui d’accord, ce n’est pas qu’une comédie. Quelques uns des affres de nos institutions on se les prend dans la gueule. Le mariage. La fidélité. Le couple.
    https://www.youtube.com/watch?v=x8XbDQkpQr0


    #pas_viol #Le_déclin_de_l'empire_américain #Denys_Arcand #1986 #sexualité #comédie #Québec


  • Une bonne chirurgie du fonctionnement du FN... à l’époque
    http://fr.web.img3.acsta.net/medias/nmedia/00/02/41/43/aferoce.jpg
    Féroce, Gilles de Maistre, 2002
    Je crois que depuis, le FN a considérablement fait évolué son fonctionnement et ses méthodes de communication. Mais pour l’époque c’était assez pointu. Enfin... je parle du FN mais le film parle plus généralement des groupes d’extrême droite qui ont une vitrine, et en sous-main des branches plus radicales, des FAFs.
    Le film a vraiment un tout petit budget ridicule et ça se voit. Le père Samy sauve un peu l’affaire, en particulier sur quelques plans fixes sur sa gueule avec un putain de regard. Mais bon, ça choque.
    Le film pose aussi la question de l’Homme et de sa cohérence. En gros Samy choisit de devenir garde du corps pour le parti d’extrême droite. Il a l’idée de se venger de sa sœur assassinée par une milice en tuant le numéro 1. Et du coup il abandonne toute sa vie, il mange du cochon il boit de l’alcool et coupe tout les ponts avec les siens.
    Sauf que, le boss va l’apprécier et le prendre comme gendre. Et finalement Samy va le trouver plutôt sympa.
    Et Elsa Zylberstein se démerde pas mal.
    https://www.youtube.com/watch?v=V5nevXh7rJ8


    #critique_a 2_balles #cinéma #Féroce #Gilles_de_Maistre #Samy_naceri #2002 #Elsa_Zylberstein #Front_National #Viol #Extrême_droite


  • Voilà. Plutôt que de regarder état des lieux, il faut regarder ça
    http://old.film-documentaire.fr/photos/films/abiento2.jpg
    A bientôt j’espère, Chris Marker, 1968
    Au cas où vous ne le sachiez pas. Chris Marker profite de la grève de la rhodia de Besançon fait en 67 pour filmer les ouvriers. Il fait ce film qui d’ailleurs est considéré, à tort, comme un monument du documentaire militant. Ensuite il le montre aux ouvriers et il enregistre les débats. Ces derniers trouvent que dans ce film le réalisateur se prend un peu pour un touriste qui les trouve si merveilleux ces ouvriers qui luttent. Alors il leur dit « un cinéma militant ne sera que l’oeuvre des ouvriers eux-mêmes ». C’est ainsi que naissent les groupes medvetkine. Leur premier film « classe de lutte », lui, est un vrai film merveilleux, militant, collectif, féministe, qui déchire.
    https://www.youtube.com/watch?v=VVWBRpT-hRI


    #critique_a_2_balles #a_bientôt_j'espère #chris_marker #1968 #groupe_medvetkine #cinema_militant


  • Ceux et celles qui disent que Tarantino fait surtout du Tarantino n’aiment pas le cinéma
    https://images2.alphacoders.com/249/249742.jpg
    Inglourious basterds, Quentin Tarantino, 2009
    Tarantino joue. Il joue et il joue merveilleusement bien. J’avais été déçu par Kill Bill. Et, depuis lors, j’ai toujours jubilé un peu plus à chacun de ses nouveaux films. Je prends mon pied bordel. On m’entends dans la salle rigoler à gorge déployée et c’est merveilleux.
    Ici mon émotion a été, comme dirais-je, un sentiment merveilleux d’insolence. Oui, c’est vrai, en fouillant bien, on en trouve des films où des juifs se vengent en exterminant des nazis. Mais franchement, aujourd’hui, avec la tête gonflée de films sérieux avec des résistants et des enfants juifs, il y a quelque chose d’impoli à mettre en scène des couillus ricains qui scalpent des nazis et qui incarnent ce qu’ils disent « la vengeance juive ». Quelque chose d’impoli aussi à faire une première scène de western avec la rafle d’une famille juive.
    Après Kill Bill, Death proof m’avait heureusement surpris. Plus tard Unglourious basterds m’avait motivé. Encore plus tard Django unchained m’avait enchanté. Et pour les Neufs salopards j’étais à l’hôpital alors j’en sais rien.
    https://www.youtube.com/watch?v=j4o3a8r3i8g


    #critique_a_2_balles #cinema #inglourious_basterds #quentin_tarantino #2009


  • Richet ? Un bel exemple d’une carrière opportuniste
    http://fr.web.img3.acsta.net/c_300_300/medias/nmedia/18/71/47/76/19417277.jpg
    Etat des lieux, Jean-François Richet, 1995
    Je savais juste qu’il avait fait ma 6-T va crack-er et après, Mesrine.
    On voit bien une putain de volonté dans ce premier machin qu’est vraiment un ovni. Un noir et blanc radical, un propos radical, des dialogues radicals... Du moins dans la volonté. En revanche, il aurait fallut qu’il apprenne à faire un film. Et pourquoi pas du doc, il aurait un impact avec la réalité un petit peu salvateur. Richet a une analyse, pour sûre, oui enfin je dirait plutôt qu’il est convaincu et qu’il veut à tout pris faire passer ses conviction dans ses films quitte à faire n’importe quoi. Donc pour résumer Richet est convaincu qu’avec suffisamment de salive on peut faire passer une aubergine dans un pot d’échappement. Il nous fait un catéchisme marxiste qu’il colle dans dans toutes les scènes, de grès ou de force. Et du coup il ramène Assassin pour leur faire dire n’importe quoi en B.O. Le problème c’est que le cinéma c’est du réel et qu’il faut du temps et du parcours pour que le réel arrive à ses conclusions à lui.
    Il aurait mieux fait de faire des doc mes il a peut-être un peu trop d’égo pour faire le film qui vient.

    Heureusement que la haine est arrivée.

    #critique_à_2_balles #cinéma #état_des_lieux #jean-françois_Richet #1995 #banlieue #la_haine
    http://www.dailymotion.com/video/xcsr0b_etat-des-lieux-la-police_shortfilms


  • une amourette franchouillarde et libertaire, mais si c’est possible
    http://francomac.26014.n7.nabble.com/file/n587/00243e20.jpeg
    L’été en pente douce, Gérard Krawczyk,1987
    D’abord il y a la musique qui m’entraîne dans un western, et des couleurs. Des couleurs de son.
    Oh la la, c’est tout mignon, tout mignon mignon. Et Bacri il râle, comme d’habitude, mais là il est jeune alors ça fait bizarre. C’est plein d’été, c’est agréable,au début Bacri achète sa copine à un connard de pote débile et macho. Il l’achète contre un lapin mort. Et puis tous les deux ils tombent amoureux vraiment beaucoup. Et Bacri il a un frère, Villeret, un peu bas de plafond, et tous les trois ils vivent ensemble. C’est tout mignon, vraiment vraiment. Alors cette musique mélancolique de western, elle détonne. Ca donne une angoisse, quelque chose qui dit que tout ça va finir...
    Ah oui et puis, il y a Guy Marchand et c’est trop bien.

    https://www.youtube.com/watch?v=YCwL0RCMbW8


    #critique_a_2_balles #cinema #1987 #Gérard_Krawczyk #lapin #western #l'été_en_pente_douce #jacques_villeret #jean-pierre_bacri #Guy_marchand


  • C’est en voyant ses films qu’on prend la température d’une époque
    http://toncanape.com/wp-content/uploads/2016/02/single1.jpg
    Célibataire, mode d’emploi, How to be single, Christian Ditter, 2016
    Je l’ai regardé avec Christine et je vous jure que pendant tout le film j’étais certain que la fin coïnciderait avec une morale pro-mariage conservatrice et méga politiquement correct.
    Je crois que j’avais raison pour le « conservatrice » et le « politiquement correct ». Mais pas franchement pour le « pro-mariage ».
    Mais mais mais, c’est très peu de dire ça. En fait le film s’accommode très bien de l’air du temps. Le mariage bien sur, tout le temps et toujours, mais il s’avère quelques fois que cet impératif laisse une priorité au devoir néo-libéral auto-entreprenarial. Allez j’y réfléchis et en attendant je vous mets le dernier monologue : « Quand on est célibataire il faut savoir le savourer parce que, qu’on soit seul.e une semaine, un an ou toute une vie, il se peut très bien qu’en fait il n’y ait qu’un seul instant. Un seul instant où on ne soit pas lié à qui que ce soit d’une manière ou d’une autre, à un parent, un frère, une sœur, un ami, un chat. Un seul instant où l’on est face à soi-même, seul.e, vraiment réellement seul.e. Et en un clin d’œil l’instant est passé ».
    http://www.dailymotion.com/video/x3eeg35


    #critique_a_2_balles #célibataire_mode_d'emploi #How_to_be_alone #Christian_Ditter #2016 #teen_movie #normes #mariage #pas_viol #logique_manageriale #auto_entrepreneur #indépendance #célibataire #même_American_Pie_c'était_mieux